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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le gouvernement français a relancé, mardi, son offre de « partenariat élargi » à la Belgique pour remplacer ses avions de combat par des Rafale.
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Paris améliore son offre pour remplacer les avions de combat de l’armée belge

Le gouvernement français a relancé, mardi, son offre de « partenariat élargi » à la Belgique pour remplacer ses avions de combat par des Rafale.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 18h11
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 18h27
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Le gouvernement français relance son offre de « partenariat élargi » à la Belgique pour le renouvellement de ses avions de combat, soit un marché de 34 appareils, estimé à ce stade à quelque 3,6 milliards d’euros. Une délégation du cabinet de Florence Parly, la ministre française des armées, a précisé, détaillé et amplifié, mardi 15 mai, son offre à la défense belge pour le remplacement de ses actuels F-16 américains.
Deux agences gouvernementales, celle des Etats-Unis et du Royaume-Uni, qui représentent respectivement Lockheed Martin (pour le F-35) et le consortium Eurofighter (pour le Typhoon), ont déposé une offre en février. Le gouvernement français avait, lui, choisi une autre voie, celle d’un projet à multiples facettes s’écartant du cahier des charges et de la grille d’évaluation fixés initialement par le gouvernement belge. Il s’articule autour du Groupement d’intérêt économique (GIE) Rafale – Dassault Aviation avec Thales et Safran avec une offre d’acquisition du Rafale, désormais assortie de divers compléments.
Paris a insisté, mardi, sur « la dimension politique » de son plan. Divers projets d’association sont proposés à Bruxelles. Pour de futures opérations, l’entraînement des pilotes, la mise en commun de diverses capacités, la mutualisation de simulateurs ou pièces de rechange, etc. La défense belge se voit également offrir l’option d’un partage de la capacité aéronavale de la France, et donc la possibilité d’opérer aussi à partir de porte-avions à l’avenir. La Belgique verrait aussi son accès à l’espace aérien français élargi, pour des exercices et des missions d’entraînement.

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« Aucun chantage à la clé »
Le projet souligne la nécessité d’une prise en compte du développement de l’Europe de la défense, dans le cadre notamment du système de combat aérien du futur, un projet franco-allemand, placé sous le leadership de Paris mais qui pourrait être élargi à la Belgique.
Dans le domaine clé des retombées industrielles, le consortium Eurofighter chiffre son offre à quelque 19 milliards d’euros et 6 000 postes de travail. Lockheed Martin est plus évasif mais insiste sur sa longue expérience en Belgique. La France fait de même et projette différents investissements dans les trois régions du royaume, en rappelant que la coopération industrielle dans le domaine aéronautique entre les deux pays dégage actuellement un chiffre d’affaires annuel de 800 millions d’euros.
« Un montant qui pourrait être augmenté », a-t-il été précisé à la partie belge. Et réduit si le gouvernement de Charles Michel ne choisissait pas le Rafale ? « Il n’y a aucun chantage à la clé, mais dans l’industrie un chiffre d’affaires n’est jamais garanti », souligne un expert.
« Heureuse » d’avoir pu présenter officiellement son projet, la délégation française attend désormais la décision belge. Censée tomber en juillet, celle-ci sera plus que vraisemblablement retardée, compte tenu notamment de divisions au sein de la coalition du libéral francophone Charles Michel et d’une polémique impliquant le ministre de la défense, le nationaliste flamand Steven Vandeput.

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Certains de ses rivaux affirment qu’il aurait volontairement négligé, pour favoriser le choix rapide du F-35, un rapport indiquant que la durée de vie des appareils actuels de l’armée pouvait être prolongée. Le ministre, appuyé par un audit officiel, nie avoir été informé de l’existence d’une telle étude.
Manifestement hostile à la procédure « parallèle » choisie par Paris et réputé favorable au choix de l’appareil américain, M. Vandeput ne semble plus en mesure, aujourd’hui, de faire pencher seul la balance. D’autant qu’au sein de la coalition et du parti du premier ministre, des voix se font entendre pour que la décision finale ne tombe qu’après un examen en profondeur des différents projets. Et d’une prise en compte de la dimension européenne du choix qui sera opéré, quitte à déplaire à l’administration américaine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ La justice russe l’a reconnu coupable d’avoir organisé le 5 mai une manifestation non autorisée, deux jours avant l’investiture de Vladimir Poutine.
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L’opposant russe Alexeï Navalny condamné à trente jours de détention

La justice russe l’a reconnu coupable d’avoir organisé le 5 mai une manifestation non autorisée, deux jours avant l’investiture de Vladimir Poutine.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 18h09
   





                        



   


Une semaine après le début du quatrième mandat de Vladimir Poutine à la tête de la Russie, son principal opposant se prépare à retourner en prison. Alexeï Navalny a été condamné mardi 15 mai à trente jours de détention pour avoir organisé une manifestation deux jours avant l’investiture de l’homme fort du Kremlin.
Après environ cinq heures d’audience, le juge Dmitri Gordeïev a reconnu M. Navalny « coupable en vertu de l’article 20.2 » sur l’organisation de manifestations non autorisées. L’opposant doit aussi être jugé mardi pour avoir « désobéi aux forces de l’ordre ». Il pourrait ne pas être incarcéré dès mardi en fonction d’un éventuel appel.
Habitué des tribunaux
Coutumier des procès, Alexeï Navalny, 41 ans, a multiplié ces derniers mois les manifestations pour faire pression sur le Kremlin, après avoir été déclaré inéligible à l’élection présidentielle du 18 mars, remportée sans surprise par Vladimir Poutine.
Ces rassemblements ont attiré notamment de nombreuses jeunes personnes, qui partagent abondamment sur les réseaux sociaux ses enquêtes sur la corruption des élites. Sous le slogan « Pas notre tsar », l’opposant avait appelé le 5 mai ses partisans à sortir dans les rues. Des milliers de personnes avaient alors manifesté dans de nombreuses villes du pays.

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Alexeï Navalny avait lui-même été interpellé à Moscou lors d’une manifestation émaillée de heurts entre ses partisans et des personnes en treillis qui scandaient des slogans pro-Kremlin. La police avait dispersé le rassemblement en employant la force.
En octobre, l’opposant avait déjà été condamné à vingt jours de détention pour appels à des manifestations non autorisées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le président russe a pris le volant d’un camion orange pour traverser l’ouvrage de dix-neuf kilomètres, construit en à peine trois ans. Un pont que l’Union européenne considère comme une violation de l’intégrité territoriale de l’Ukraine.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la commissaire européenne Mariya Gabriel et la ministre de la culture Françoise Nyssen plaident en faveur d’un cinéma européen puissant et pour un droit d’auteur renforcé à l’ère du numérique.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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« Le cinéma, qui représente des centaines de milliers d’emplois en Europe, doit réussir sa mutation numérique »

Dans une tribune au « Monde », la commissaire européenne Mariya Gabriel et la ministre de la culture Françoise Nyssen plaident en faveur d’un cinéma européen puissant et pour un droit d’auteur renforcé à l’ère du numérique.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 15h20
    |

Mariya Gabriel (Commissaire européen à l’économie et à la société numérique) et Françoise Nyssen (Ministre de la culture)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis soixante-douze ans, le Festival de Cannes célèbre la création cinématographique dans sa diversité, et contribue ardemment à en assurer la promotion, en promontoire mondial des œuvres cinématographiques d’exception. Imaginé par Jean Zay face à la montée d’un totalitarisme qui entendait mettre la création sous sa coupe, ancré sur une politique culturelle ouverte et sur un partenariat transatlantique au centre de ce que Jean Zay qualifiait déjà de « monde libre », le festival porte aussi, depuis son origine, un projet politique : consacrer la liberté et l’indépendance de la création artistique.
Partout où les cinéastes sont inquiétés, ce sont les valeurs fondatrices de la démocratie qui sont en danger
Cette dimension politique résonne plus que jamais, aujourd’hui, à l’heure où notre monde fait face à des bouleversements technologiques, sociétaux et géopolitiques profonds. Ces transformations sont une chance : jamais sans doute les opportunités n’auront été aussi grandes pour les citoyens, les entreprises et les artistes. Mais elles constituent aussi de véritables défis pour nos sociétés, parce qu’elles nourrissent des peurs qui favorisent la montée des extrêmes et du nationalisme.
Le cinéma est naturellement au cœur de ces enjeux. D’abord parce qu’il représente des centaines de milliers d’emplois en Europe, et qu’il doit réussir sa mutation numérique. Ensuite parce que le cinéma n’est pas un secteur comme un autre : il est présent au cœur de nos vies, il nous fédère, en révélant l’universalité d’histoires singulières, il est un ciment pour nos sociétés, en même temps qu’il nous alerte et nous éclaire. Enfin, parce que le cinéma est la pierre de touche de nos sociétés démocratiques : la liberté d’expression est la mère de toutes les libertés, partout où les cinéastes sont inquiétés, ce sont les valeurs fondatrices de la démocratie qui sont en danger.
Trois chantiers cruciaux
Fort de ces constats, l’Europe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Des diplomates européens étaient présents, lundi 14 mai, à l’inauguration de l’ambassade américaine dans la Ville sainte.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

L’UE désunie sur la reconnaissance de Jérusalem

Des diplomates européens étaient présents, lundi 14 mai, à l’inauguration de l’ambassade américaine dans la Ville sainte.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 13h28
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Agir « avec la plus grande retenue » : c’est le même appel qui a été lancé, lundi 14 mai, dans la plupart des capitales européennes après la répression sanglante des manifestations dans la bande de Gaza. Après Emmanuel Macron, qui a réaffirmé « la désapprobation de la France à l’encontre de la décision américaine d’ouvrir une ambassade à Jérusalem » et « condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants », la Grande-Bretagne exprimait son « inquiétude » et faisait savoir qu’elle désapprouvait toujours l’initiative des Etats-Unis. En Irlande, le ministre des affaires étrangères, Simon Coveney, estimait que ce déménagement avait « enflammé une situation déjà très tendue ».
A Bruxelles, la haute représentante de l’UE pour la diplomatie, Federica Mogherini, demandait « à toutes les parties d’agir avec la plus grande retenue afin d’éviter des pertes de vies humaines supplémentaires ». « En ce moment, nous aurions besoin de sagesse et de courage pour retourner à des négociations en vue d’une solution politique, dans l’intérêt mutuel des Israéliens, des Palestiniens et de toute la région », ajoutait Mme Mogherini.

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                Jérusalem fête son ambassade américaine, Gaza pleure ses morts



Celle-ci avait, au début de son mandat européen, fait d’un plan de paix avec une solution à deux Etats son principal objectif. Lundi, elle estimait encore que c’était le seul moyen pour les deux parties de « réaliser leurs aspirations et faire cesser le conflit », et répétait la volonté de l’Union à travailler « avec les deux parties et ses partenaires au sein de la communauté internationale ».
Inquiétudes
Le texte ne mentionnait pas le rôle des Etats-Unis dans la crise actuelle, soulignant seulement que l’UE continuerait, elle, à respecter la résolution de l’ONU sur le statut de Jérusalem et la « localisation des représentations diplomatiques ». Le ministre luxembourgeois des affaires étrangères, Jean Asselborn, était un peu plus explicite en soulignant sur Twitter que Washington – qui a par ailleurs bloqué lundi l’adoption d’un communiqué du Conseil de sécurité de l’ONU appelant à une enquête indépendante sur les événements à Gaza – avait enfreint cette résolution.

L’ouverture de l'ambassade des États-Unis à #Jérusalem est le résultat d’une décision unilatérale qui n’est pas conforme aux résolutions des Nations Unies. L’Union européenne doit s’investir davantage pour la solution à deux États – Jean #Asselborn pic.twitter.com/ZocQTzPrJU— MFA Luxembourg 🇱🇺 (@MFA_Lu) 14 mai 2018


Comme dans bien d’autres domaines, l’Europe n’était toutefois pas unanime, comme l’a illustré la présence, lors de l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem, de diplomates de certains pays membres de l’Union. Trois d’entre eux, la Roumanie, la Hongrie et la République tchèque, s’étaient opposés à la publication d’un communiqué commun condamnant le transfert de l’ambassade américaine.
En avril déjà, alors que l’UE s’efforçait de relancer un éventuel processus de paix et s’inquiétait des conséquences de la décision de l’administration Trump, certaines capitales évoquaient l’hypothèse d’un transfert de leurs propres services diplomatiques vers Jérusalem. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, était venu plaider à Bruxelles, en février, pour une telle décision qui, affirmait-il, rendrait la paix « possible ».
Mme Mogherini parlait plutôt d’un projet qui ne ferait qu’encourager l’extrémisme dans les deux camps. Outre plusieurs pays de l’Est, Chypre, la Grèce et la Lituanie ont semblé contester ce point de vue, mais sans émettre officiellement une opinion divergente.

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                Pourquoi le Guatemala est-il le deuxième pays à transférer son ambassade à Jérusalem ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Moscou a consacré trois milliards de dollars à la mégastructure, qui répond à des besoins tant pratiques que géopolitiques.
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Poutine a inauguré le plus grand pont d’Europe, reliant la Crimée annexée à la Russie

Moscou a consacré trois milliards de dollars à la mégastructure, qui répond à des besoins tant pratiques que géopolitiques.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 17h49
    |

                            Arthur Carpentier








                        



En jeans et blouson, Vladimir Poutine a desserré le frein à main du camion orange et commencé à rouler, mardi 15 mai, sur le pont tout neuf qui relie la péninsule de Taman, dans le sud de la Russie, à la péninsule ukrainienne de Kertch, en Crimée, annexée par Moscou en mars 2014. Le président russe a ainsi inauguré l’ouvrage d’art de 19 kilomètres – le plus long d’Europe –, à haute valeur stratégique pour Moscou. Les voitures et autobus devraient y circuler dès le 16 mai, selon le Kremlin, tandis que les trains devront attendre fin 2019.
Le pont est sorti de l’eau en un temps record – à peine plus de trois ans – pour répondre à des besoins tant pratiques que géopolitiques. La presqu’île, bordée par les mers Noire et d’Azov, n’est reliée à l’Ukraine que par quelques étroits bras de terre. « Depuis 2016, un décret du gouvernement ukrainien interdit tout commerce avec la Crimée occupée, rappelle Tetyana Ogarkova, coordinatrice internationale de l’Ukraine Crisis Media Center (UCMC), un groupe d’observateurs ukrainiens. Aucun train ne dessert la péninsule, que l’Ukraine a également cessé d’alimenter en électricité. Seules les voitures peuvent traverser la frontière, artificielle. » 

   


Défi d’ingénierie
Les postes frontières – illégitimes au regard du droit international – sont des goulots d’étranglement, qui ralentissent considérablement le passage vers le reste du monde. Autant dire que la péninsule était jusqu’à aujourd’hui une île. Ses deux millions d’habitants subsistent, pour le transport des biens comme des personnes, grâce à des liaisons maritimes et aériennes. Un lien cher et dépendant des conditions climatiques, qui attise l’inflation voire les pénuries.
Dix mille ouvriers, selon les médias russes, se sont relayés pour construire le pont, censé être emprunté par 40 000 voitures et une cinquantaine de trains chaque jour. En réalité, ce sont deux ponts distincts, l’un accueillant une autoroute de 2 x 2 voies, gratuite, l’autre deux voies de chemin de fer. Mais lors d’une visite en mars, quelques jours avant sa réélection à la présidence, M. Poutine avait exigé que le pont soit prêt dès mai, « pour que les gens puissent en profiter pendant la saison estivale ». Faire revenir les touristes dans la péninsule est un enjeu de taille pour le Kremlin.
La méga structure, qui traverse l’île de Touzla, représentait un véritable défi d’ingénierie. L’activité sismique n’est pas négligeable aux abords du détroit de Kertch. Il abrite également, par le fond, des reliques archéologiques et des mines de la seconde guerre mondiale, qu’il a fallu dégager. L’hiver, des blocs de glaces venant de la mer d’Azov constituent également un risque pour les piliers. Par ailleurs, l’édifice doit tout de même permettre aux navires de franchir le détroit, unique voie d’accès à la mer d’Azov.

   


Nicolas II le voulait déjà
Toutes ces contraintes, loin d’être nouvelles, sont connues depuis des décennies. Car avant Vladimir Poutine, Staline, Hitler et même Nicolas II voulaient ce pont. Durant la seconde guerre mondiale, une première structure en bois fut construite, et rapidement détruite pas les glaces. Au début du XXIe siècle, l’idée refit surface, et des partenariats russo-ukrainiens furent envisagés mais n’aboutirent jamais.
Ce cahier des charges aurait fait fuir n’importe quel entrepreneur. Selon une pratique habituelle pour les projets jugés stratégiques, Vladimir Poutine en a donc appelé à Arkadi Rotenberg, oligarque et proche ami du président, avec qui il pratique le judo depuis l’enfance. Le milliardaire, cité dans les « Paradise Papers », a nettement joué un rôle important dans la préparation des Jeux olympiques de Sotchi, en 2014. Le magnat, visé par les sanctions européennes et américaines depuis 2014, lors de l’annexion de la Crimée par la Russie, avait tous les attributs pour que le Kremlin lui laisse gérer les trois milliards de dollars alloués à cette démonstration de la puissance russe.
Les Etats-Unis, comme l’Ukraine, ont menacé de représailles toute entreprise occidentale qui participerait à l’édification du pont. Début mai, les Pays-Bas ont annoncé l’ouverture d’une enquête sur l’implication présumée de sept entreprises néerlandaises dans la construction de l’ouvrage d’art, qui contrevient également aux sanctions européennes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Opacité des décisions, prérogatives limitées des eurodéputés, Etats arc-boutés sur leur souveraineté... les critiques sont légion.
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En Europe, une démocratie vivante, mais perfectible

Opacité des décisions, prérogatives limitées des eurodéputés, Etats arc-boutés sur leur souveraineté... les critiques sont légion.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 12h41
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Les prochaines élections européennes se tiendront dans un an, du 23 au 26 mai 2019. Cependant, à Bruxelles et à Strasbourg, la campagne a déjà commencé, dans les couloirs des institutions de l’Union – Conseil, Commission et Parlement.
En effet, le renouvellement ne concernera pas seulement les postes d’eurodéputés (les élus britanniques quitteront définitivement l’hémicycle, du fait du Brexit), mais aussi ceux des commissaires. A cela s’ajoutera, en novembre 2019, le choix d’un nouveau président du Conseil, qui réunit les différents Etats membres.
En outre, qui prendra la place de Jean-Claude Juncker, président de la Commission depuis novembre 2014 : Michel Barnier, le « M. Brexit » de Bruxelles, Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), ou la Danoise Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence ? Les scénarios vont bon train, même si les diplomates mettent en garde : eu égard à l’actualité européenne, il est beaucoup trop prématuré pour avancer le nom de celui ou celle qui apparaîtra en haut de l’affiche, à l’été 2019.

D’autant que les citoyens de l’Union auront leur mot à dire, car si le principe des Spitzenkandidaten (têtes de liste) est maintenu en 2019 – après avoir été imposé par le Parlement européen en 2014 –, c’est la personne désignée par le parti européen arrivé en tête du scrutin européen qui présidera la future Commission.
C’est ainsi qu’il y a quatre ans, M. Juncker, choisi en amont comme le candidat du Parti populaire européen (PPE, la réunion des droites classiques de l’Union), avait été imposé aux dirigeants européens, qui jusqu’alors décidaient dans le huis clos des conseils bruxellois.
Manque d’incarnation
Cela reflète toute la complexité et les limites de la démocratie européenne. En 2014, les citoyens n’avaient pas voté pour ou contre M. Juncker, mais pour des candidats nationaux à la députation européenne. C’est la chancelière allemande,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Après l’élection de Quim Torra, les partis espagnols divergent sur la levée de la tutelle imposée à la région.
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Un président de combat à la tête de la Catalogne

Après l’élection de Quim Torra, les partis espagnols divergent sur la levée de la tutelle imposée à la région.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 10h57
    |

            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Ce que j’ai entendu ces dernières heures ne me plaît pas, mais je jugerai sur les faits. » Lundi 14 mai, le chef du gouvernement espagnol,Mariano Rajoy, a comme il se doit suivi avec at­tention l’élection par le Parlement catalan de l’indépendantiste Quim Torra à la présidence de la région.
Après cinq mois de blocage, ce novice en politique a obtenu 66 voix pour, 65 contre et les ­quatre abstentions des séparatistes radicaux de la Candidature d’unité populaire (CUP). Mais ce proche de Carles Puigdemont, son prédécesseur démis en octobre 2017 lors de la mise sous tutelle de la région par Madrid après sa déclaration unilatérale d’indépendance, risque de prolonger la confrontation avec l’Etat espagnol.
M. Torra a en effet assuré qu’il sera « fidèle au mandat [du référendum illégal] du 1er octobre : construire un Etat indépendant sous forme de République ». Pour lui, « l’ambition de la législature est l’élaboration d’un projet de Constitution. » Pour avancer vers l’indépendance, il a annoncé la création d’institutions parallèles, sans détailler leur fonctionnement et leur composition, mais en donnant un rôle éminent à son mentor, M. Puigdemont, toujours en attente en Allemagne d’une éventuelle extradition vers l’Espagne : « en exil, l’espace libre d’Europe, avec son conseil de la République », et en Catalogne, une « assemblée des élus » dont le rôle, « très important », n’a pas été précisé. M. Torra a aussi promis de « faire face avec plus de capacité de résistance aux procès des responsables politiques catalans », attendus à l’automne. Enfin, il a annoncé qu’il rétablira « toutes les lois suspendues par le Tribunal constitutionnel ».
« Entente » et « Concorde »
La réponse de Madrid n’a pas tardé. Mariano Rajoy a dit vouloir « miser sur l’entente et la concorde », tout en lançant un avertissement : « Je garantis que la loi, la Constitution...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Sorti du plan d’aide européen en 2014, le pays profite aujourd’hui du redressement de ses exportations. L’optimisme est de retour parmi la jeunesse lusitanienne.
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Le Portugal croit de nouveau en l’avenir

Sorti du plan d’aide européen en 2014, le pays profite aujourd’hui du redressement de ses exportations. L’optimisme est de retour parmi la jeunesse lusitanienne.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 12h37
    |

            Marie Charrel (Lisbonne, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

En ce matin ensoleillé de mars, difficile de se frayer un chemin Rua da Prata, au cœur de Lisbonne. Une bande de retraités japonais se serre devant la vitrine d’une conserverie traditionnelle, où les recettes de sardines revisitées s’arrachent à prix d’or.
En face, un vendeur de souvenirs déploie une collection de bracelets en liège sous le regard hésitant d’un couple enlacé. « Lorsque nous nous sommes installés ici, il y a sept ans, les immeubles tombaient en ruine et j’avais peur de marcher seule dans les rues désertes », se remémore Ana Santiago, l’une des dirigeantes de l’incubateur Startup Lisboa.
Les créateurs de start-up européens se battent pour décrocher une place au sein de l’incubateur Startup Lisboa
A l’époque, les caisses de la capitale portugaise sont vides. Le pays, en pleine récession, est sous la coupe des politiques d’austérité. Prête à tout pour sauver la cité, la mairie installe un lieu dévolu aux jeunes entreprises dans le centre-ville, alors décati. Le pari est osé, mais il fonctionne.
Aujourd’hui, les créateurs de start-up européens se battent pour décrocher une place au sein de l’incubateur, qui a essaimé dans d’autres quartiers. Quant aux touristes, ils prennent d’assaut les rues historiques, le nez levé vers les façades rénovées. « Pendant la crise, nous avons tout perdu, y compris la peur, résume Ana. C’est ce qui nous a donné la force de nous relever. »

Quelque chose a changé au Portugal. Cela ne tient pas seulement à l’essor du tourisme lisboète. Ni aux bons chiffres de la croissance retrouvée. En 2017, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 2,7 %, au plus haut depuis dix ans. Le taux de chômage est retombé sous la barre des 8 %, loin du pic de 17 % atteint en 2013.
« Le pouvoir d’achat s’est redressé »
« La structure de notre économie s’est transformée en profondeur, et nous avons gagné des parts de marché à l’étranger, détaille Augusto...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Les deux formations victorieuses aux législatives du 4 mars ont buté lundi sur le profil politique et l’identité d’un président du Conseil.
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En Italie, le Mouvement 5 étoiles et la Ligue prolongent leurs négociations

Les deux formations victorieuses aux législatives du 4 mars ont buté lundi sur le profil politique et l’identité d’un président du Conseil.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 10h51
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



   


Une fois de plus, rien ne s’est passé comme prévu. Au terme de trois journées de négociations pied à pied et de professions d’optimisme, la journée de lundi 14 mai devait être celle des effusions. Après un ultime tour de consultations mené par le président de la République, Sergio Mattarella, au palais du Quirinal, les deux vainqueurs des législatives italiennes du 4 mars, la Ligue (droite souverainiste) et le Mouvement 5 étoiles (antisystème), devaient rendre publics les termes de leur alliance. Et le président de la République devait désigner le candidat investi à la présidence du Conseil.
Un dénouement attendu, mettant un terme à une crise post-électorale de plus de deux mois pour, redoutent ses voisins, mieux plonger dans l’inconnu la troisième économie de la zone euro. Pourtant, lorsque, peu après 17 heures, le jeune dirigeant du Mouvement 5 étoiles (M5S), Luigi Di Maio, s’est avancé devant la presse, flanqué comme à l’habitude des deux chefs de groupe du mouvement au Parlement, le ton s’est soudain fait nettement plus prudent.

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                La Ligue et les 5 étoiles tentent de s’entendre, l’Italie retient son souffle



« Avec Matteo Salvini [dirigeant de la Ligue], nous sommes d’accord pour ne pas évoquer de noms en public », commence Luigi Di Maio, manière de dire qu’en privé les deux dirigeants parlent surtout de ça, avant de demander « quelques jours » de plus pour finaliser l’accord, et organiser un vote sur Internet des adhérents du mouvement. « Il y a des échéances internationales qui nous imposent de faire vite, poursuit-il, mais nous écrivons un programme de gouvernement pour les cinq prochaines années, pas un contrat de location. »
« Nous faisons des efforts considérables pour donner un gouvernement stable à ce pays », affirme Matteo Salvini, dirigeant de la Ligue
Une heure plus tard, quand arrive le tour de Matteo Salvini, le ton se fait encore plus prudent. « Nous faisons des efforts considérables pour donner un gouvernement stable à ce pays, parce que, si nous devions raisonner selon nos intérêts et les sondages, la Ligue devrait être la première (…) à demander de retourner aux urnes », commence-t-il, dans une menace à peine voilée de rompre les négociations pour appeler à un nouveau vote.
Et le chef de la Ligue de se lancer dans un inventaire de tous les points de désaccord existant entre les deux partis, non sans avoir rappelé les positions très anti-européennes de son mouvement : « Ou je réussis à faire naître un gouvernement qui rediscute nos engagements avec l’Europe, ou tout cela n’est qu’un rêve. » Enfin, comme pour ne pas être en reste face à la promesse du M5S de soumettre un éventuel accord à ses militants, M. Salvini s’est engagé à organiser une consultation publique, à la fin de la semaine.
Ainsi donc, subitement, les deux dirigeants semblent avoir choisi la prudence, au moment même où la situation nécessiterait, de la part de chacun, d’être prêt aux compromis les plus douloureux. Luigi Di Maio et Matteo Salvini l’ont fait de manière différente, le dirigeant du Mouvement 5 étoiles cherchant à apparaître comme un dirigeant responsable, conscient des engagements internationaux du pays, poursuivant ainsi la stratégie d’« institutionnalisation » du M5S commencée il y a maintenant plusieurs mois.
De son côté, M. Salvini poursuit ses attaques contre Bruxelles et les diverses institutions, réclamant par ailleurs « les mains libres » sur la sécurité et l’immigration, thèmes sur lesquels la Ligue soutient des positions particulièrement extrémistes.
Problème insoluble
Le nœud de l’affaire, au-delà des désaccords programmatiques – tel qu’il est annoncé, le « contrat » entre les deux parties est trop vague pour créer d’opposition –, semble bien être la personne du futur président du Conseil. L’affaire est d’autant plus complexe qu’elle n’engage pas que la Ligue et le M5S, mais également le président de la République, Sergio Mattarella, à qui incombe la responsabilité de donner l’investiture.

        Récit :
         

          Le « dégagisme » populiste s’étend en Europe



Ce dernier cherchait, ces derniers jours, à imposer une personne « neutre » au profil de technicien, mais les deux dirigeants ont repoussé cette éventualité, préférant rechercher des profils « politiques », lesquels se heurtent immanquablement au veto de l’un ou de l’autre.
Ainsi posée, la recherche d’un chef de gouvernement s’apparente de plus en plus à un problème insoluble. Le président, Sergio Mattarella, a accordé quelques jours supplémentaires aux deux dirigeants. En cas d’échec, le retour aux urnes paraît inévitable.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ La correspondante du « Monde » à Istanbul, Marie Jego, analyse la décision du président turc d’avancer de plus d’un an les élections alors que sa popularité plafonne.
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En Turquie, les limites de l’Erdoganomics

La correspondante du « Monde » à Istanbul, Marie Jego, analyse la décision du président turc d’avancer de plus d’un an les élections alors que sa popularité plafonne.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 12h26
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            
Analyse. Qu’est-ce qui a bien pu pou­sser le président turc, Recep Tayyip Erdogan, à avan­cer les élections, législa­tives et présidentielle, au 24 juin, soit un an et demi plus tôt que prévu ? Sa priorité est de briguer un nouveau mandat, avec des pouvoirs présidentiels illimités, avant que l’économie ne se détériore. Un développement inéluctable, selon l’agence de notation Standard and Poor’s, qui a récemment abaissé la note de la dette turque, ­prévoyant « un atterrissage difficile » de l’économie nationale. L’inflation à deux chiffres, la fragilité de la monnaie, l’endettement des entreprises privées (65 % du produit intérieur brut), le déficit accru des comptes courants sont autant de facteurs d’inquiétude.

Conscient que l’inflation (10,85 % en avril) et la chute de la monnaie locale (– 10 % par rapport au dollar depuis janvier) heurtent les classes populaires qui forment le socle de son électorat, le numéro un turc doit remettre au plus vite son mandat en jeu. Le pari n’est pas sans risque. Tous les instituts de sondage assurent que le candidat Erdogan ne parviendra pas à rassembler 51 % des voix pour l’emporter dès le premier tour de la présidentielle, et ce malgré l’alliance scellée avec le Parti d’action nationaliste (MHP).
La devise turque s’échange à 5 livres pour 0,96 euro, contre 2,25 livres pour 1 euro en 2011
La popularité du chef de file de l’islam ­politique turc plafonne. Pendant les quinze années passées à la tête du pays, l’homme issu du quartier populaire de Kasimpasa, à ­Istanbul, a engrangé les succès électoraux en faisant valoir les taux de croissance ­« chinois » de son économie.
2017 n’a pas fait exception, la Turquie affichant, avec 7,4  %, la croissance la plus élevée des pays du G20 – 6,9 % pour la Chine. Tirée par la relance budgétaire et le crédit facile, cette croissance a son revers. Elle est source d’inflation, d’aggravation des déficits, de dépréciation de la monnaie. Au moment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Les Fondations Open Society, présentes depuis plusieurs décennies en Hongrie, dénoncent les politiques « répressives » du gouvernement de Viktor Orban.
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« Réprimées » en Hongrie, les fondations du milliardaire George Soros quittent le pays

Les Fondations Open Society, présentes depuis plusieurs décennies en Hongrie, dénoncent les politiques « répressives » du gouvernement de Viktor Orban.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 09h15
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 09h51
   





                        



   


Cibles des critiques depuis plusieurs années du président hongrois Viktor Orban, les fondations du milliardaire américano-hongrois George Soros ont annoncé mardi 15 mai qu’elles allaient quitter la Hongrie. Dans un communiqué, les organisations, présentes depuis plusieurs décennies en Hongrie, précisent qu’elles comptent déménager à Berlin face aux politiques « répressives » du gouvernement de M. Orban.

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« Confrontées à un environnement politique et juridique de plus en plus répressif en Hongrie, les Fondations Open Society déplacent leurs opérations internationales et leur personnel de Budapest vers la capitale allemande. »
Projet de loi contre les ONG
Dans de nombreux discours, M. Orban a accusé le financier âgé de 87 ans de vouloir favoriser, via ses fondations, une immigration de masse vers l’Europe. Un projet de loi examiné au Parlement permettrait au ministre de l’intérieur d’interdire toute organisation non gouvernementale (ONG) active dans le domaine de l’immigration et qui serait considérée comme un « risque à la sûreté nationale ». Il prévoit également d’imposer une taxe de 25 % sur les dons venant de l’étranger destinés aux ONG qui soutiennent les réfugiés. Ce texte a été vivement critiqué par l’Union européenne.

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« Le gouvernement hongrois dénigre et dénature notre travail et réprime la société civile, au nom d’un profit politique, en ayant recours à des stratagèmes sans précédent dans l’histoire de l’Union européenne, a regretté de son côté Patrick Gaspard, président des Fondations Open Society. Il est devenu impossible de protéger la sécurité de nos opérations et de notre personnel en Hongrie contre l’ingérence arbitraire du gouvernement. »
Les organisations de M. Soros ont toutefois précisé qu’elles allaient continuer à soutenir le travail des associations de la société civile hongroise sur les questions des droits de l’homme, de l’art et de la culture, de la liberté de la presse, de la transparence, de l’éducation et de la santé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Le Fonds monétaire international invite la première puissance économique européenne à accroître la dépense publique, dans son rapport annuel sur le pays, publié lundi.
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Le FMI presse l’Allemagne de réduire ses excédents

Le Fonds monétaire international invite la première puissance économique européenne à accroître la dépense publique, dans son rapport annuel sur le pays, publié lundi.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 17h27
    |

            Marie de Vergès








                        



   


Le conseil n’est pas nouveau mais il se fait plus pressant : l’Allemagne d’Angela Merkel est invitée par le Fonds monétaire international (FMI) à accroître la dépense publique afin de réduire ses excédents massifs. Dans son rapport annuel sur le pays publié lundi 14 mai, le Fonds reconnaît les efforts annoncés à Berlin pour soutenir la croissance à long terme et réduire le risque de pauvreté. Pour autant, « plus de volonté politique est nécessaire pour améliorer de manière décisive l’investissement intérieur, ce qui pourrait aussi aider à rééquilibrer la balance extérieure », ajoute-t-il.
Ces commentaires suivent de près le discours prononcé par le président français Emmanuel Macron à Aix-la-Chapelle (Allemagne), jeudi 10 mai. Alors qu’il se voyait décerner le prix Charlemagne, la plus prestigieuse récompense européenne, le chef de l’Etat s’est permis d’exhorter Berlin à en finir avec ses « fétiches », référence claire au conservatisme allemand en matière budgétaire.

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                Les excédents allemands, boulet pour Merkel ?



Une gestion marcoéconomique « prudente »
Les excédents de l’Allemagne – courants et commerciaux – sont un sujet de débat récurrent parmi les partenaires de la première puissance économique européenne. Les crispations sont devenues plus vives depuis l’arrivée au pouvoir du président américain Donald Trump, prompt à reprocher à Berlin d’entretenir volontairement avec les Etats-Unis une relation commerciale déséquilibrée.
Le FMI presse l’Allemagne de mettre à profit ses « marges de manœuvre budgétaires assez considérables » pour accroître ses investissements publics dans les infrastructures et l’éducation. Berlin est aussi invité à envisager des réformes des retraites et de son marché du travail pour accroître la part des travailleurs âgés dans la population active, atténuer le risque de pauvreté chez les seniors et le besoin d’épargner beaucoup en prévision de la retraite.

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                En Allemagne, la fierté des excédents record a fait place au doute



Le bulletin du FMI n’en décerne pas moins une série de satisfecit à la première économie européenne : une croissance « robuste », un taux de chômage « tombé à des niveaux plus vus depuis des décennies », une dette publique « en déclin rapide ». Enfin, une gestion marcoéconomique « prudente ». Sans doute trop, donc.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Un test génétique prouve que Medhanie Tesfamariam Behre n’est pas le père de l’enfant du véritable passeur. Ce dernier serait libre en Ouganda.
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Compte rendu

L’ADN, nouvel élément à décharge pour l’Erythréen accusé en Italie de trafic d’êtres humains

Un test génétique prouve que Medhanie Tesfamariam Behre n’est pas le père de l’enfant du véritable passeur. Ce dernier serait libre en Ouganda.

Par                Gaël Grilhot et Antoine Harari



LE MONDE
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        Le 14.05.2018 à 15h32

     •
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        Mis à jour le 15.05.2018 à 17h05






    
Medhanie à son arrivée à l’aéroport italien de Palerme, depuis le Soudan, en juin 2016.
Crédits : Handout . / REUTERS


C’est un nouveau rebondissement dans l’affaire de Medhanie Tesfamariam Behre, cet Erythréen accusé en Italie d’être l’un des plus importants trafiquants d’êtres humains de la Méditerranée. Arrêté en mai 2016 grâce à la collaboration des polices anglaise, suédoise, italienne et soudanaise, et incarcéré à Palerme depuis bientôt deux ans, le jeune plombier n’a cessé de déclarer qu’il y avait erreur sur la personne. A cet effet, la défense a produit le 9 mai un test ADN qui pourrait être le dernier clou dans le cercueil de l’accusation.

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Le 6 avril, l’avocat Michele Calantropo s’était rendu en Suède pour y rencontrer Lydia Tesfu, la femme de Medhanie Yehdego Mered – le trafiquant présumé avec lequel l’accusé serait confondu –, et leur enfant Raei. « Il n’a pas été facile de lui expliquer l’importance que revêtait le prélèvement de sa salive et de celle de son fils. Mais elle a accepté de le faire pour sauver son honneur et montrer que son mari n’est pas celui emprisonné à Palerme », explique le défenseur de Medhanie Tesfamariam Behre. Après examen de ces échantillons, le généticien italien Gregorio Seidita a produit un compte rendu de onze pages, que Le Monde Afrique s’est procuré. Il y conclut : « Il ressort de l’analyse génétique conjointe de Lydia Tesfu, [de] son enfant Raei et de Medhanie, qu’il y a onze incompatibilités génétiques entre le père présumé et l’enfant. Cela nous permet d’affirmer sans aucun doute que Medhanie ne peut pas être le père biologique de l’enfant Raei. »
« Nous avons déjà apporté tellement de preuves »
Si ce test devait être accepté comme preuve par la justice italienne, la thèse du ministère public serait encore fragilisée. En effet, pour le procureur palermitain Calogero Ferrara, le Medhanie incarcéré est non seulement le mari de Lydia Tesfu mais surtout le père de Raei Yehdego. Il l’a répété plusieurs fois en audience et écrit dans l’acte d’accusation, malgré que Lydia Tesfu ait à plusieurs reprises déclaré que le prisonnier n’était pas son époux, et bien que la page Facebook de Mered, le passeur présumé, soit toujours en activité et affiche la photo de Raei comme image de profil.
En dépit de ces nouveaux éléments, l’avocat de la défense reste sceptique sur les chances de son client d’être libéré lors de la prochaine audience, le 21 mai. « Au vu de la masse des preuves que nous avons fournies, il y aurait assez d’éléments pour le libérer. Mais nous devrons sans doute attendre jusqu’à septembre pour obtenir le jugement de cette triste histoire », prévient-il. Un pessimisme que partage Seghen, la sœur de Medhanie. « Honnêtement, je ne sais pas comment on peut leur prouver qu’il n’est pas le trafiquant que l’on recherche. Nous avons déjà apporté tellement de preuves. Le plus frustrant, c’est que tout le monde sait que le vrai coupable se balade librement en Ouganda. Deux de mes amis sur place me l’ont encore confirmé le mois dernier », dit-elle depuis le Soudan, où elle réside.

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Cette information a été confirmée par plusieurs médias dont le quotidien britannique The Guardian et la télévision nationale suédoise SVT, qui ont révélé en avril que le véritable trafiquant se trouvait à Kampala, la capitale ougandaise. Les médias locaux se sont ensuite emparés de l’affaire. Le 14 avril, le quotidien progouvernemental New Vision en a même fait sa « une ». Mais du côté des responsables officiels ougandais, la plus grande discrétion reste de mise. Le ministre chargé des réfugiés, Hillary Onek, a ainsi déclaré lors d’une conférence de presse « n’avoir reçu aucune demande de la part d’Interpol ».
Secret de polichinelle
Le 18 avril, un autre quotidien, The Observer, s’est emparé de l’affaire. Citant « une source haut placée », il a affirmé que le trafiquant aurait voyagé sous un faux nom avec un passeport ougandais. Un élément embarrassant pour Kampala. Le porte-parole de la police, Patrick Onyango, a cherché à temporiser en expliquant vouloir en premier lieu « vérifier [cette] information » et affirmé qu’il s’était entretenu avec Interpol Ouganda sur ce sujet, sans avoir reçu de notification le concernant. Et pour cause, comme toutes les branches nationales de l’organisation, le bureau ougandais emploie des officiers locaux. Toute sollicitation d’une réaction de leur part se heurte à un refus poli, le demandeur étant renvoyé… vers Patrick Onyango.

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Mais au sein de la communauté érythréenne de Kampala, la présence dans le pays de Medhanie Yehdego Mered semble être un secret de polichinelle. Zecarias Gerrima, le directeur adjoint d’Africa Monitors, une organisation de défense des droits des réfugiés est-africains, est lui aussi persuadé que la personne jugée en Italie n’est pas la bonne. Comme plusieurs Erythréens qui ont témoigné l’avoir reconnu dans la capitale ougandaise, le plus souvent accompagné de gardes armés, Zecarias a souvent croisé Mered à Muyenga, un quartier animé de la ville. En particulier au Sami’s Bar, lieu de prédilection de la diaspora érythréenne. Situé sur une rue passante entre une pizzeria et des friperies, ce bar populaire aurait même appartenu un temps au trafiquant présumé.
Même si Zecarias reconnaît « ne pas avoir vu [ce dernier] depuis plusieurs mois », il reste très remonté contre l’Italie. « Les Italiens cherchent à sauver la face à tout prix, quitte à juger la mauvaise personne. Le vrai Mered est tranquille pour le moment, parce que personne ne le recherche officiellement », s’insurge le directeur adjoint d’Africa Monitors. Pour lui, il est même probable que Mered soit toujours impliqué dans des trafics : « Il a l’argent, les réseaux et il sait qui arroser, il n’y a aucune raison qu’il arrête. »


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Quim Torra, nouveau venu en politique, a été élu par 66 voix des grands partis indépendantistes contre 65 de l’opposition, et l’abstention de quatre députés d’un parti séparatiste d’extrême gauche.
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Espagne : Quim Torra, séparatiste convaincu, élu président de Catalogne

Quim Torra, nouveau venu en politique, a été élu par 66 voix des grands partis indépendantistes contre 65 de l’opposition, et l’abstention de quatre députés d’un parti séparatiste d’extrême gauche.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 14h59
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 06h36
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


« Sectaire », « radical », « antiespagnol », « xénophobe »… Les qualificatifs utilisés par l’opposition de droite comme de gauche pour définir le nationaliste Quim Torra, le nouveau président de la Catalogne, sont loin d’annoncer l’apaisement des tensions politiques dans la région espagnole.
Quim Torra i Pla a été élu lundi 14 mai au poste occupé par Carles Puigdemont jusqu’à la mise sous tutelle de la région après sa déclaration unilatérale d’indépendance, le 27 octobre 2017. Il a obtenu 66 voix pour, 65 contre et quatre abstentions, celles du parti d’extrême gauche CUP, qui avait décidé de ne pas rejeter sa candidature après des mois de blocage entre les forces indépendantistes.
Cet avocat de formation, âgé de 55 ans, est né à Blanes, dans la province ultra-indépendantiste de Gérone. Cultivé, adepte d’une ironie mordante, il occupa pendant près de vingt ans un poste de direction dans une multinationale d’assurance avant de créer en 2008 une maison d’édition, A Contra Vent, et de se consacrer à l’activisme indépendantiste, quand cette option était encore très minoritaire en Catalogne.
« Dernière colonie d’Europe »
Mais depuis que M. Puigdemont l’a désigné comme successeur, vendredi, le candidat numéro 11 de la liste Ensemble pour la Catalogne (JxC) est rattrapé par les nombreux articles d’opinions et de tweets qu’il a rédigés ces dernières années, multipliant les commentaires anti-espagnols, traduisant une conception ethnique du catalanisme – parlant par exemple de « l’ADN » des Espagnols, qui « ne savent que spolier ». Il y affiche son mépris de ceux qui parlent castillan dans la région, et n’hésite pas à qualifier la Catalogne de « dernière colonie d’Europe ».
Devant le Parlement, il a demandé pardon pour ses prises de position les plus polémiques. Il avait déjà effacé ses tweets. « Je regrette, cela ne se reproduira plus », a-t-il déclaré.
Essayiste, auteur de sept ouvrages, principalement sur les journalistes et intellectuels de Catalogne des années 1920 et 1930, il s’est engagé brièvement en 2009 au sein du parti Reagrupament, une scission de la Gauche républicaine (ERC) qui finit par s’allier avec la droite nationaliste. Il présida aussi brièvement une association indépendantiste, Souveraineté et justice. Entre 2010 et 2015, il fut à la fois membre du conseil de direction de l’Assemblée nationale catalane (ANC) et vice-président d’Omnium cultural, les deux puissantes associations indépendantistes catalanes.
« Sans trêve et sans flancher »
En 2012, il avait porté plainte devant la Cour européenne des droits de l’homme contre une résolution du Tribunal constitutionnel espagnol, qui avait censuré plusieurs articles du statut d’autonomie catalan. Sa plainte avait été rejetée, mais il s’était dit prêt à saisir « chaque possibilité, même infime, pour affronter le royaume d’Espagne jusqu’à la fin, sans trêve et sans flancher ».
Directeur du centre culturel El Born (BCC) de Barcelone, lorsque ce musée présentait une exposition sur les trois cents ans du siège de Barcelone de 1714 par les partisans du roi Felipe V, lors de la guerre de succession au trône d’Espagne, il définissait alors le lieu comme « le Ground Zero des Catalans ».
Mais c’est en tant que bref président d’Omnium cultural, après l’engagement politique de sa prédécesseure, en 2015, que cet ancien directeur de la Revista de Catalunya et du Centre d’études contemporaines de la Généralité – le siège du pouvoir catalan – a obtenu la fonction la plus médiatique de sa carrière. Un poste intérimaire qu’il quitta au bout de cinq mois.
Vers une dissolution ?
Cinq mois, ce sera peut-être aussi la durée de son mandat de président de Catalogne. Il aura sans doute du mal dans ces conditions à appliquer son programme, à commencer par la rédaction d’un projet de Constitution de la République catalane. C’est en tout cas ce qu’a assuré Carles Puigdemont au journal italien La Stampa, précisant que son successeur pourrait dissoudre le Parlement en octobre de manière à organiser des élections en plein procès des dirigeants sécessionnistes accusés de « rébellion ».
Car les principales qualités de Quim Torra, cet « indépendantiste émotionnel » comme il se définit, sont sans doute sa fidélité à sa terre au-dessus de tout, y compris de ses « propres convictions », et sa soumission à l’ancien président de la région. Soumission assumée par M. Torra dès les premiers mots de son discours d’investiture, insistant sur le fait que M. Puigdemont est encore le « président légitime » de la Catalogne.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Si les prix parisiens sont une exception, les marchés immobiliers évoluent de concert en Europe. Seuls les villes de Prague et Stockholm sont orientées à la baisse.
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Immobilier : la hausse des prix est générale en Europe

Si les prix parisiens sont une exception, les marchés immobiliers évoluent de concert en Europe. Seuls les villes de Prague et Stockholm sont orientées à la baisse.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 13h57
    |

            Jérôme Porier








                        



   


La hausse des prix observée en France n’est pas une exception en Europe, montre une étude réalisée par ERA. Créé en 1971 aux Etats-Unis, ce réseau compte 2 300 agences dans 35 pays, dont 14 en Europe.
Le climat reste favorable à l’immobilier résidentiel en Europe, estiment les auteurs de l’étude, qui ont ausculté onze pays du Vieux Continent, sous l’angle des prix du mètre carré, des taux d’intérêt des emprunts immobiliers, du pourcentage de propriétaires dans la population, etc.

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Premier constat, la flambée des prix dans les capitales européennes n’est pas terminée. Les prix demeurent orientés à la hausse dans 8 des 11 villes étudiées (Paris, Berlin, Lisbonne, Vienne, Bruxelles, Sofia, Luxembourg et Amsterdam). Seules Prague (République tchèque) et Stockholm (Suède) baissent, tandis que Bern (Suisse) stagne. A noter : Londres, Rome et Madrid ne figurent pas dans l’étude.
« Le niveau historiquement bas des taux de crédit immobilier n’est évidemment pas une exception française »
En hausse de 8,4 % sur un an, à 8 716 euros à la fin de 2017, le prix moyen du mètre carré observé à Paris par ERA atteint des hauteurs que seule Stockholm connaît (8 378 euros). La situation de la capitale française est donc une exception à l’échelle européenne. En revanche, dès que l’on s’intéresse aux prix au mètre carré au niveau national, la France rentre dans le rang. A 2 550 euros le mètre carré, elle est devancée par le Luxembourg (4 800 euros) et la Suède (3 280 euros).

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Le prix moyen d’achat au niveau national entre 2016 et 2017 a augmenté dans tous les pays étudiés sans exception. « Le niveau historiquement bas des taux de crédit immobilier n’est évidemment pas une exception française. Il résulte de politiques gouvernementales assez identiques, en matière économique, budgétaire et monétaire. Du coup, partout, il se crée un climat favorable au marché résidentiel », écrivent les auteurs de l’étude.
Toutefois, la notion de taux bas peut varier d’un pays à l’autre. En Bulgarie, il se traduit par un taux moyen de 4,1 % sur une durée de vingt à vingt-cinq ans. Comme la France, la Belgique et la République tchèque anticipent une remontée progressive du taux des crédits immobiliers en 2018. En revanche, les taux devraient rester stables en Autriche, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Suisse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Après avoir rencontré les porte-paroles des victimes, fin avril, François doit recevoir, à Rome, à partir de mardi, l’ensemble des évêques du Chili.
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Pédophilie : le pape reconnaît des dérives au sein de l’épiscopat chilien

Après avoir rencontré les porte-paroles des victimes, fin avril, François doit recevoir, à Rome, à partir de mardi, l’ensemble des évêques du Chili.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 10h52
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            

Soupçonnés, pour certains, d’avoir couvert des faits de pédophilie et d’agression sexuelle au sein de l’Eglise catholique de leur pays, trente et un des trente-deux évêques chiliens et deux évêques émérites sont arrivés à Rome pour affronter, sinon un moment de vérité, à tout le moins un examen de conscience. Ils y rencontreront, à sa demande, le pape François, du mardi 15 au jeudi 17 mai.
Le communiqué publié par le Vatican, samedi 12 mai, ne laisse guère de doute sur l’état d’esprit avec lequel le pontife argentin aborde cette réunion. Il veut « examiner en profondeur les causes et les conséquences » des « abus de pouvoir, sexuels et de conscience intervenus au Chili au long des dernières décennies », ainsi que « les mécanismes qui ont conduit, dans certains cas, à les couvrir et à de graves manquements envers les victimes ». Autant dire que, sur la réalité des dérives au sein de l’épiscopat chilien, François n’a plus aujourd’hui de doute.

Cette réunion pourrait amorcer le dénouement d’une crise qui n’a fait que s’approfondir depuis plusieurs années, et dans laquelle le pape s’est lui-même enfoncé. Elle avait culminé en janvier, lors de sa visite au Chili. François avait alors pris le parti des évêques mis en cause. Les anciennes victimes d’un prêtre reconnu pédophile par l’Eglise, en 2011, Fernando Karadima, reprochaient en effet à certains évêques d’avoir couvert ce dernier. Le pontife avait affirmé n’avoir vu aucune « preuve » de leurs assertions, qu’il avait qualifiées de « calomnies ».
Dans une lettre, le pape François écrit « avoir commis de graves erreurs d’appréciation et de perception »
Le scandale qui avait suivi les déclarations du pape François avait été tel que, de retour à Rome, il avait dépêché au Chili l’archevêque de Malte, Charles Scicluna, et le père Jordi Bertomeu, de la congrégation pour la doctrine de la foi, avec, pour mission, d’entendre toutes les victimes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Après avoir refusé de participer à une coalition, le chef du FDP tente désormais de concilier discours populiste et pro-européen.
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En Allemagne, Christian Lindner et les libéraux se cherchent

Après avoir refusé de participer à une coalition, le chef du FDP tente désormais de concilier discours populiste et pro-européen.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 10h40
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Tous les responsables politiques le savent : une phrase polémique peut suffire à faire oublier le reste d’un discours. Christian Lindner, le président du Parti libéral-démocrate (FDP), en a fait l’expérience, samedi 12 mai, à Berlin, lors du 69e congrès de son parti.
« Quand on fait la queue chez le boulanger et qu’on entend quelqu’un demander du pain dans un mauvais allemand, on ne peut pas savoir s’il s’agit d’un Indien hautement qualifié dans le domaine de l’intelligence artificielle ou d’un étranger qui séjourne chez nous illégalement », a déclaré M. Lindner, avant d’ajouter : « Pour qu’une société vive en paix, (…) tous ses membres doivent être sûrs que ceux qui s’y trouvent y séjournent de façon légale. »
La phrase a été très commentée, notamment sur les réseaux sociaux. Chris Pyak, un responsable allemand de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, le groupe auquel est affilié le FDP au Parlement européen, a annoncé qu’il quittait la formation de M. Lindner, accusant celui-ci d’« excuser les nazis qui agressent des personnes de couleur ».

« Hystérie »
De son côté, Alice Weidel, la coprésidente du groupe d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) au Bundestag, a pris acte des propos de M. Lindner avec un mélange d’ironie et de satisfaction : « Nous invitons le FDP à faire en sorte que ses paroles se traduisent en actes. »
« Ceux qui voient dans mes propos une forme de racisme ou de populisme d’extrême droite sont dans l’hystérie. Je pense que ces débats doivent être menés avec sobriété et réserve », s’est défendu M. Lindner, dimanche, dans une vidéo postée sur Twitter. Il n’empêche : sa petite phrase de samedi autant que sa mise au point de dimanche illustrent bien la difficulté qu’a son parti à trouver sa place sur une scène politique allemande plus fracturée que jamais.
Huit mois après les législatives du 24 septembre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ La directive « équilibre entre vie professionnelle et vie privée » propose que chacun des parents, à la naissance d’un enfant, ait droit à quatre mois de congés rémunérés à hauteur des indemnités maladie.
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A Bruxelles, la France s’oppose à un congé parental mieux rémunéré

La directive « équilibre entre vie professionnelle et vie privée » propose que chacun des parents, à la naissance d’un enfant, ait droit à quatre mois de congés rémunérés à hauteur des indemnités maladie.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 06h39
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            LETTRE DE BRUXELLES
Si elle penche clairement à droite en France, la présidence Macron avait, jusqu’à présent, un discours plutôt très progressiste à Bruxelles : convergence sociale et fiscale, création d’un super-ministre des finances et d’un budget conséquent pour la zone euro… Un programme parfaitement social-démocrate, ces avancées étant réclamées par le centre-gauche européen depuis des années.
Ces dernières semaines, pourtant, la France tient discrètement une ligne bien moins sociale dans les instances communautaires. Elle fait partie des nombreux pays qui bloquent toute avancée dans les discussions sur la directive « équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et aidants », proposée par la Commission européenne en 2017. Elle a même pris la tête de la fronde contre une des dispositions de ce texte, portant sur une harmonisation européenne du congé parental.
Bruxelles propose que chacun des deux parents, à la naissance d’un enfant, ait droit à une période de quatre mois de congés, non transférables de l’un à l’autre et, surtout, rémunérée, au moins à hauteur des indemnités maladie dans leur pays. Le congé peut par ailleurs être pris de manière fragmentée, ou à temps partiel. Jusqu’aux 12 ans de l’enfant.

Il s’agit de sortir du cercle vicieux actuel : ce sont les femmes qui, en priorité, prennent ces congés, pour l’instant trop peu rémunérés. Le choix pèse souvent sur leur carrière et freine les évolutions sociales, notamment le partage des tâches hommes-femmes dans les foyers.
Le hic, c’est qu’en France, le congé parental n’est que très faiblement rémunéré, bien moins que le niveau des indemnisations maladie (moins de 400 euros par mois, contre une moyenne de 950 euros pour les congés maladie). C’est précisément la raison pour laquelle un nombre infime de pères français profitent de leur congé parental : 4 % seulement, selon une étude de l’OCDE datant de 2016.
Liste de « droits et principes »
S’aligner...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Les leaders des deux partis antisystème, en discussion depuis plusieurs jours, doivent être reçus au palais présidentiel dans la journée.
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Italie : le M5S et la Ligue « prêts » à annoncer un accord de gouvernement

Les leaders des deux partis antisystème, en discussion depuis plusieurs jours, doivent être reçus au palais présidentiel dans la journée.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 21h15
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 07h14
   





                        



   


Les deux partis antisystème italiens, le Mouvement 5 Etoiles (M5S) et la Ligue, ont trouvé un accord sur un programme de gouvernement et le nom du premier ministre, ont annoncé dimanche 14 mai au soir les médias italiens.
Luigi Di Maio, leader du M5S « a passé un bref coup de téléphone » au secrétaire général de la présidence de la République italienne pour annoncer que lui et le chef de la Ligue, Matteo Salvini, sont « prêts à rendre compte de tout, y compris du nom du futur premier ministre », a indiqué l’agence AGI, citant des sources des deux partis.
Le nom du nouveau chef du gouvernement italien doit encore être validé par le chef de l’Etat, Sergio Mattarella, qui pourrait annoncer sa nomination en début de semaine. Selon la Constitution italienne, les ministres seront ensuite nommés par le président sur proposition du chef du gouvernement désigné.
Deux mois de discussions
Après plus de deux mois de discussions infructueuses entre les diverses forces politiques à l’issue des législatives du 4 mars, remportées par le M5S et la Ligue, le président Sergio Mattarella, en désespoir de cause, s’était prononcé en faveur d’un gouvernement « neutre », censé représenter le pays et tenir ses engagements internationaux jusqu’à la fin de l’année. Une initiative aussitôt rejetée par la Ligue et le M5S, qui ont obtenu un délai supplémentaire pour pousser leurs discussions en cours sur un possible accord de gouvernement.
Ensemble, les deux formations disposent d’une majorité de sept voix au Sénat et de trente-deux voix à la Chambre des députés, et elles pourraient bénéficier au coup par coup du soutien actif ou au moins d’une abstention bienveillante des partenaires de la coalition de droite, dont Forza Italia.
Les divergences semblent importantes entre la Ligue – formation nationaliste proche du Front national français –, qui a fait le plein des voix au Nord sur la promesse de baisses drastiques d’impôts, et le M5S, plus ambivalent sur l’Union européenne et plébiscité par le Sud pour avoir promis un revenu de citoyenneté.
Mais outre l’ambition de leurs jeunes dirigeants, les deux partis ont en commun un rejet des forces politiques traditionnelles et des promesses voisines en matière de retraites, de lutte contre l’immigration ou de moralisation de la vie politique.

        Lire :
         

          La Ligue et les 5 étoiles tentent de s’entendre, l’Italie retient son souffle



« Un politique, non un technicien »
A l’issue d’une nouvelle journée de tractations, à Milan, avec son homologue d’extrême droite, Matteo Salvini, et leurs principaux lieutenants, M. Di Maio a indiqué que le premier ministre choisi serait « un politique et non un technicien ». Les deux hommes doivent se voir à nouveau lundi à Rome, avant d’être reçus au Quirinal, le palais présidentiel.
Selon les médias italiens, le candidat proposé pour diriger la troisième économie de la zone euro serait une « tierce personne » n’appartenant ni à la Ligue ni au M5S. Il devra aussi faire autorité au plan international et être en mesure de rendre compatible avec Bruxelles la tonalité eurosceptique du futur exécutif.
Quelque 70 jours après les législatives qui n’ont pas permis d’aboutir à une majorité claire au Parlement, les deux partis protestataires auraient trouvé des points de convergences sur une vingtaine de sujets examinés, allant de l’âge de départ à la retraite à la « flat tax » en passant par l’immigration.



                            


                        

                        

