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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le chef du service International du « Monde » a décrypté, dans un tchat, la répression par Israël des manifestants près de la frontière avec Gaza, qui a fait au moins 58 morts, lundi 14 mai.
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« L’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem a décuplé la frustration des Palestiniens »

Le chef du service International du « Monde » a décrypté, dans un tchat, la répression par Israël des manifestants près de la frontière avec Gaza, qui a fait au moins 58 morts, lundi 14 mai.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 14h12
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 17h42
   





                        



   


Les tirs de l’armée israélienne contre les milliers de manifestants rassemblés à Gaza le long de la frontière ont fait au moins 58 morts et plus de 1 350 blessés par balles, lundi 14 mai. Au même moment, les Etats-Unis célébraient, à Jérusalem, le transfert de leur ambassade, en présence de Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien. Le chef du service International du Monde, Christophe Ayad, a fait le point avec les internautes au cours d’un tchat.
Benyamin : Bonjour, quelles sont les règles d’engagement des militaires israéliens ? Selon toute vraisemblance, les manifestants palestiniens abattus n’étaient pas armés…
Christophe Ayad : Bonjour. Les règles d’engagement stipulent que toute personne qui entre dans un périmètre de 100 à 300 mètres de la barrière de sécurité israélienne, même côté palestinien, est une menace et peut être abattue. D’où le grand nombre de morts et de blessés, car les Palestiniens se sont massivement rapprochés de la barrière cette fois-ci, et ils étaient bien plus nombreux que les vendredis précédents.
Pso : Qu’est-ce que la « marche du retour » ? Les événements d’hier sont-ils liés seulement à la question de l’ambassade ?
Vous avez raison de poser cette question. Les événements d’hier et la « marche du retour » ne sont pas liés à la question de l’ambassade. C’est une marche, dont l’initiative a été prise au tout début de l’année, pour commémorer la Nakba, c’est-à-dire la fuite des Palestiniens de leurs terres et de leurs habitations au moment de la proclamation de l’Etat d’Israël, en 1948, et de la guerre qui a immédiatement suivi.
Des centaines de milliers de Palestiniens avaient fui leurs foyers, volontairement ou forcés par l’armée israélienne. Ils sont depuis réfugiés à l’étranger (Syrie, Liban, Jordanie) ou à l’intérieur des territoires palestiniens (Gaza et Cisjordanie). L’inauguration de l’ambassade américaine n’a fait que décupler cette frustration et ce souvenir douloureux.

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Aya : Dans son article, votre correspondant écrit qu’il n’y a aucune arme à feu ni stratégie du Hamas dans ces manifestations. Alors de quoi les Israéliens ont-ils peur ?
La peur d’Israël, la raison des tirs de son armée, c’est que la barrière de sécurité qui sépare la bande de Gaza du territoire israélien soit violée. Cela créerait un précédent très difficile à gérer ensuite. Israël ne veut sous aucun prétexte qu’elle soit franchie.
Geogo : Est-ce que le Hamas n’a vraiment aucune main sur ces manifs ?
Il semble que le Hamas court derrière les manifestations plus qu’il les organise. Il soutient le mouvement, car ce mouvement est très populaire. Or, le Hamas se sait affaibli militairement et financièrement, à cause du blocus égypto-israélien mais aussi de l’ostracisme de son sponsor qu’est le Qatar et de ses différends avec l’Iran, notamment sur le soulèvement en Syrie. Il sait aussi que sa gestion dans la bande de Gaza a été un échec, donc il se rallie à un mouvement d’opinion fort et populaire. Ensuite, il apporte son soutien logistique, notamment en indemnisant les familles de victimes.
Olivier : La Cisjordanie semble sans réaction. Y a-t-il eu des manifs de soutien à Hébron ou Ramallah ?
Vous avez raison, la Cisjordanie est restée calme hier. Il y a eu de petites manifestations sporadiques à Ramallah, au check-point avec Israël, c’est tout ou presque. Cela illustre bien la déconnexion croissante entre les deux grands territoires palestiniens, une déconnexion physique mais aussi politique et économique. Les populations de Gaza et de Cisjordanie ne vivent pas du tout dans le même environnement.
Le Naggue : Quels sont les intérêts, pour les USA, de transférer leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem ? Et quels sont ceux de la France pour ne pas condamner plus fermement les agissements d’Israël ?
Il n’y a pas d’intérêt économique dans la décision américaine. Elle est surtout idéologique et motivée par la volonté de Donald Trump de satisfaire son électorat évangélique extrémiste. Elle tient aussi à la proximité de Jared Kushner, le gendre du président, avec les cercles nationalistes de droite en Israël.

   


La France a condamné, mais même si elle le faisait plus durement, cela n’aurait aucune influence sur le gouvernement Nétanyahou, sauf à provoquer une rupture diplomatique. Ce dont ne veut pas Emmanuel Macron, dont la philosophie consiste à parler à tout le monde.
Huboux : Comment réagit l’opinion publique israélienne à ces massacres ?
L’opinion israélienne est majoritairement indifférente au massacre à Gaza. C’est le résultat des années d’Intifada au début des années 2000 et des nombreux attentats-suicides à l’époque. Depuis, les Israéliens souhaitent une séparation nette avec les Palestiniens, ils ne veulent plus les voir ni en entendre parler. C’est le cas depuis le retrait israélien de Gaza et la construction du mur de séparation avec la Cisjordanie. Benyamin Nétanyahou a été élu sur un programme de droite, il n’y a aucune chance qu’il soit sanctionné par l’opinion pour avoir tenu une ligne dure.
David : Israël n’a-t-elle pas perdu hier le soutien des opinions internationales pour longtemps ?
Je pense que le soutien de l’administration Trump donne à Israël le sentiment d’un soutien diplomatique fort, mais c’est une illusion dangereuse. La journée d’hier a causé des dégâts considérables sur l’image d’Israël. Et le plus dangereux est que le pays ne s’en rende pas compte. Car même l’opinion américaine et, en particulier, la grande majorité des juifs américains sont choqués par ce qui s’est passé. Dans l’opinion mondiale, Israël est plus isolé que jamais.
Daniele : Comment réagissent les gouvernements arabes ?
Ils sont plutôt silencieux. Une réunion de la Ligue arabe a été convoquée, mais elle n’est que de pure forme et n’aboutira probablement à aucune décision majeure. Les principaux pays du Golfe (Arabie saoudite et Emirats arabes unis) sont surtout obsédés par l’Iran et voudraient passer une alliance avec Israël contre leur ennemi principal, quitte à oublier la cause palestinienne. Quant à l’Egypte, elle se méfie du Hamas, jugé lié aux Frères musulmans. Elle estime, en outre, que la bande de Gaza est une source de danger pour elle à cause des trafics d’armes avec les groupes djihadistes dans le Sinaï.

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Patrick : Peut-on imaginer une action iranienne à la suite de ces événements ? L’Iran semble être un des rares pays à condamner fermement les actions israéliennes.
Il faut voir comment le Hezbollah libanais va agir cet après-midi. Va-t-il laisser des Palestiniens s’approcher de la frontière nord d’Israël, comme plusieurs groupes de jeunes Palestiniens en ont l’intention aujourd’hui ? Cela permettra de mesurer l’attitude iranienne. Je ne crois pas, en revanche, en l’état actuel des choses, à une action iranienne depuis la Syrie par exemple (tirs de missiles). Le violent accrochage de la semaine dernière a probablement rendu les Iraniens plus prudents.
Si, en revanche, les massacres de grande ampleur devaient durer plusieurs jours à Gaza, l’Iran pourrait entrer dans la danse, notamment pour souligner la passivité des pays arabes et regagner une partie des opinions arabes sunnites perdues à la faveur du soutien au régime de Bachar Al-Assad en Syrie.
Lancastre : Pouvez-vous préciser les attentes des Palestiniens en matière de droit au retour ?
Officiellement, les Palestiniens réclament un droit au retour intégral des réfugiés. Cela n’est ni possible ni souhaitable soixante-dix ans plus tard. Et l’un des torts de l’Autorité palestinienne est de ne pas avoir dit qu’elle renonçait officiellement au droit au retour littéral en échange d’arrangements, mais, lors des négociations passées, des solutions ont été esquissées : des échanges de territoires, des compensations financières… Il existe donc des compromis possibles. Maintenir le dogme du droit au retour intégral donne à Israël une justification pour dire que son existence même est menacée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ L’ancien ministre, qui avait reconnu en 2013 avoir un compte caché, ne bénéficiera pas d’une remise de peine automatique ; la décision appartiendra au juge d’application des peines.
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Fraude fiscale : Jérôme Cahuzac condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis

L’ancien ministre, qui avait reconnu en 2013 avoir un compte caché, ne bénéficiera pas d’une remise de peine automatique ; la décision appartiendra au juge d’application des peines.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 18h39
   





                        



   


La cour d’appel de Paris a rendu, mardi 15 mai, un arrêt qui aggrave symboliquement la condamnation de Jérôme Cahuzac à quatre ans d’emprisonnement, mais l’assortit de deux ans avec sursis. La peine de l’ancien ministre de l’économie et des finances reconnu coupable de fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale passe ainsi en dessous du quantum qui l’aurait automatiquement envoyé en prison.
En effet, depuis les lois de 2004 et 2009, les personnes condamnées à une peine allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement peuvent échapper à l’incarcération en bénéficiant d’un aménagement (sous forme notamment de bracelet électronique). C’était l’unique objectif visé par la défense de Jérôme Cahuzac, assurée en appel par Eric Dupond-Moretti et Jean-Alain Michel.
« Je ne demande pas la lune, je vous demande même d’aggraver la peine, mais je vous supplie de ne pas l’envoyer en prison. La sanction sociale répond déjà à la peine » avait plaidé Me Dupond-Moretti. Par cet argument, la défense voulait contourner le principal obstacle de ce dossier, à savoir la peine définitive de deux ans ferme prononcée contre l’ex-épouse de Jérôme Cahuzac, poursuivie, elle aussi, pour fraude fiscale et qui n’avait pas fait appel de sa condamnation.
Eu égard aux responsabilités politiques exercées par Jérôme Cahuzac, qui avaient fait de lui le ministre chargé de la lutte contre la fraude fiscale, ses avocats ne pouvaient espérer que celui-ci, qui encourait sept ans d’emprisonnement, soit condamné à la même peine que son ex-épouse. D’autant que le parquet national financier, qui doit sa naissance à l’affaire Cahuzac, voulait faire de ce dossier un symbole de sévérité accrue en matière de délits fiscaux et financiers.

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                L’affaire Cahuzac en 15 dates



Cahuzac ne sera pas le nom d’une « jurisprudence »
Le tribunal avait suivi ces réquisitions en relevant, dans son jugement rendu en décembre 2016, que Jérôme Cahuzac s’était rendu coupable d’une « faute pénale d’une rare et exceptionnelle gravité, destructrice du lien social et de la confiance des citoyens dans les institutions de l’Etat et de ses représentants » qui nécessitait « une peine d’incarcération effective et non aménageable ».
A l’audience, l’avocat général Jean-Christophe Muller avait notamment répondu à la « peur » de la prison exprimée par Jérôme Cahuzac pour sa famille et pour lui, que « cette peine est infligée à 68 000 personnes et à 68 000 familles ».
Si la cour a les mêmes mots sévères à l’égard de l’ancien ministre et confirme l’inéligibilité de cinq ans prononcée par le tribunal, elle ne suit que partiellement les réquisitions « d’exemplarité » de la peine voulue par l’accusation. Jérôme Cahuzac ne sera pas le nom d’une « jurisprudence » pour les auteurs de fraude fiscale, comme l’avait souhaité l’avocat général en requérant contre lui la confirmation des trois années d’emprisonnement ferme prononcées en première instance.
La cour s’est contentée de refuser à l’ancien ministre l’aménagement de sa peine ab initio, c’est-à-dire qu’elle en a renvoyé la responsabilité à un juge d’application des peines. Celui-ci se prononcera lors d’une audience qui pourrait avoir lieu dans quelques mois, à huis clos.
La question de l’effectivité de la peine est par ailleurs au cœur de la réforme pénale présentée par Emmanuel Macron lors d’un discours prononcé le 6 mars devant l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire (ENAP), à Agen. Le président de la République a notamment annoncé une réduction drastique des possibilités d’aménagement de peine, en indiquant que celles-ci ne seront plus possibles au-delà d’un an ferme.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Le réalisateur français présente son dernier film en compétition officielle, au Festival de Cannes. Vincent Lindon incarne un leadeur syndicaliste qui lutte contre la fermeture de son usine.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Sécurité, santé, éducation, logement… la ministre des outre-mer, Annick Girardin, a présenté, mardi 15 mai, son plan de rattrapage pour le département.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Mayotte : le gouvernement présente un plan d’1,3 milliard d’euros

Sécurité, santé, éducation, logement… la ministre des outre-mer, Annick Girardin, a présenté, mardi 15 mai, son plan de rattrapage pour le département.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 18h22
    |

            Patrick Roger








                        


Le gouvernement s’apprête à mettre 1,3 milliard d’euros sur la table pour Mayotte. Au terme d’un déplacement de trois jours sur place, la ministre des outre-mer, Annick Girardin, a présenté, mardi 15 mai, son plan de rattrapage pour le département. Ce dispositif se veut « une réponse durable » à « un échec des politiques publiques depuis de nombreuses années », selon les termes de la ministre. « Certains estimeront ce plan insuffisant ou trop tardif, a déclaré Mme Girardin, anticipant les critiques à venir, mais la critique systématique dissimule parfois une forme de renoncement. Tout ne s’arrête pas avec ce plan. Regardons au-delà du quinquennat. Le plan proposé aujourd’hui n’est qu’une étape. »
Le plan, fruit du travail de concertation mené par le nouveau préfet délégué, Dominique Sorain, reprend dans les grandes lignes les annonces faites par le premier ministre, Edouard Philippe, le 19 avril à Matignon, après sa rencontre avec les élus mahorais, mais assorti d’un chiffrage et d’un calendrier. Il se décompose en six chapitres (sécurité, justice et immigration ; santé ; social ; éducation et formation ; logement ; infrastructures ; institutions et services de l’Etat), 53 engagements et 125 actions pour un coût global, selon la ministre, de 1,3 milliard d’euros hors personnels de l’éducation nationale (500 recrutements prévus). « Je m’assurerai que les citoyens de Mayotte puissent en suivre la mise en œuvre », a affirmé Mme Girardin.
L’immigration comorienne au cœur des débats
Les mesures pour la sécurité, la justice et l’immigration reprennent pour l’essentiel celles qui avaient été annoncées en mars par la ministre des outre-mer : mise en place de la police de sécurité du quotidien avec un renfort de 20 gendarmes dès 2019, augmentation des effectifs de police et de gendarmerie nationale, affection d’un troisième escadron de gendarmerie mobile pour la lutte contre l’immigration clandestine, création de deux brigades à Koungou. Depuis samedi, un nouveau sous-préfet a pris ses fonctions, spécifiquement chargé de la lutte contre l’immigration clandestine.
Sur ce point, toutefois, la situation reste pour l’heure bloquée compte tenu du refus opposé par les autorités comoriennes d’accepter le retour de ses ressortissants ayant fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire. De fait, les centres de rétention étant saturés, l’administration n’a d’autre choix que de relâcher les immigrés en situation irrégulière, ce qui exacerbe les tensions. « J’ai conscience que le temps de la diplomatie n’est pas propre à satisfaire les attentes de la population », a concédé Mme Girardin, tout en assurant que « nous ne céderons pas, ni moi ni Jean-Yves Le Drian », le ministre des affaires étrangères, qui mène les négociations avec les responsables comoriens.
Une offre de soins renforcée
Mayotte sera dotée, à partir de 2020, d’une agence de santé. Un programme de santé publique va être élaboré accompagné d’une augmentation en 2018 du fonds d’intervention régional, qui passera de 7,5 millions à 11,7 millions d’euros, pour doubler en 2019. Surtout, l’offre de soins va être renforcée et 200 millions d’euros vont être consacrés à la modernisation du Centre hospitalier de Mayotte, ou 30 postes d’assistants spécialisés vont être créés, et à des opérations urgentes d’investissement.
La couverture médicale des Mahorais va être améliorée avec la mise en place à partir de 2019 de la gratuité des soins (exonération du ticket modérateur pour les assurés sociaux sous conditions de ressources) et le déploiement, à partir de 2022, de la couverture maladie universelle complémentaire.
Social : une convergence avec la métropole
L’objectif est la convergence progressive des prestations et des minima sociaux avec ceux de la métropole sur le quinquennat. Cela va concerner l’extension de l’allocation éducation d’enfants handicapés et de l’allocation pour les adultes handicapés, l’allocation journalière de présence parentale, la prestation d’accueil du jeune enfant, la mise en place progressive de la prestation de service unique, l’extension de l’allocation de rentrée scolaire et de l’allocation de logement temporaire ainsi que l’augmentation de la prestation de restauration scolaire dès la rentrée 2018-2019. La ministre, toutefois, a indiqué qu’elle n’excluait pas de « limiter les conditions d’accès à ces ressources en fonction de la durée de présence sur le territoire ».
Mais « Mayotte manque de tout, le seul alignement des prestations ne va pas résoudre toutes les difficultés », ajouté la ministre. C’est pourquoi va être mis en place en 2019, pour la durée du quinquennat, un fonds de développement social pour investir dans les domaines de la parentalité, de l’éducation et de la prévention sanitaire ainsi que des dispositifs d’accueil de la petite enfance. En outre, dès 2018, 4 millions d’euros vont être alloués pour la construction de nouveaux équipements sportifs.
500 millions pour les constructions scolaires
Le vice-rectorat de Mayotte va être transformé en un rectorat de plein exercice. L’Etat va investir 500 millions d’euros sur le quinquennat pour les constructions scolaires, soit un doublement par rapport au rythme de constructions durant le précédent quinquennat. Une mission d’appui va être diligentée afin d’élaborer un plan pluriannuel d’investissements sur dix ans. L’offre de restauration scolaire va également être renforcée. Au total, près de 500 recrutements vont être opérés, dont 345 postes supplémentaires dès la rentrée 2018.
Concernant la formation, une direction régionale de Pôle emploi va être créée à Mayotte au premier trimestre 2019. L’Etat va renforcer le dispositif de service militaire adapté. Les étudiants mahorais et certains salariés à titre dérogatoire pourront bénéficier à la rentrée 2018 du dispositif Cadres avenir pour répondre au besoin de cadres locaux. En outre, 486 formations supplémentaires vont être financées en 2018 pour un coût de 2,2 millions d’euros. Enfin, le nombre de bénéficiaires de la Garantie jeune va être doublé en passant de 200 à 300.
D’avantage de logements sociaux
Dès 2018, les crédits de la politique du logement vont être augmentés de 50 %. L’objectif est de porter la construction de logements sociaux à 400 dès 2018. Une opération d’intérêt national va être engagée afin d’accélérer la production de logements en structurant parallèlement l’organisation des commerces, d’emplois, de services et d’équipements publics. Trois opérations de modernisation vont être engagées dès 2019 dans les quartiers de Kaweni à Mamoudzou, de Majicavo Koropa à Koungou et de la Vigie à Dzaoudzi.
Pour s’attaquer au « fléau des bidonvilles », de nouvelles procédures ont été introduites dans le cadre de la loi logement en cours de discussion au Parlement afin de réduire les délais d’opérations de destruction, sans intervention préalable du juge. « J’ai besoin de l’engagement de tous, à commencer par les élus locaux », a insisté Mme Girardin.
Des transports en commun développés
L’Etat s’engage pour un montant de 113,6 millions d’euros sur quinze ans, notamment pour le développement de transports en commun. Il augmente aussi son effort d’entretien des routes nationales et départementales pour un montant total de 16,3 millions d’euros. En ce qui concerne l’amélioration de la desserte aérienne et le développement de l’aéroport, une mission va être diligentée.
Un plan pluriannuel d’investissement pour les infrastructures et les réseaux d’assainissement de l’eau et la gestion des déchets va être mis en œuvre sur la période 2018-2020 pour un montant total de 150 millions d’euros.
Un soutien à l’économie locale
Il s’agit essentiellement d’apporter un soutien immédiat aux entreprises qui ont été durement éprouvées par la succession de mouvements sociaux, avec notamment un report des obligations fiscales et sociales et l’extension avec effet rétroactif de dispositif d’activité partielle.
En outre, les zones franches vont être renforcées et un dispositif spécifique d’allégement du coût du travail va être instauré qui permettra de compenser l’intégralité de la suppression de l’actuel crédit d’impôt compétitivité emploi. Enfin, l’Etat va accompagner le renforcement des filières pêche et agriculture et relancer la filière dite « ylang-ylang », dont la fleur est à l’origine du surnom « l’île aux parfums » attribué à Mayotte.
Vers une collectivité unique
« Nous ne reviendrons pas sur la départementalisation, a réaffirmé Mme Girardin, mais j’entends aussi le besoin d’adaptation », notamment sur l’évolution institutionnelle du conseil départemental en collectivité unique et sur la répartition des compétences entre l’Etat et les différents niveaux de collectivité. Par ailleurs, a-t-elle ajouté, « l’Etat doit aussi se réorganiser, renforcer ses compétences, renforcer ses effectifs » : « Je veux un Etat fort et un Etat efficace. »
En conclusion, la ministre a reconnu qu’il manquait aujourd’hui « une vision à plus long terme » : « Quelle place voulons-nous avoir dans l’Océan Indien ? Quel rôle pour Mayotte dans l’axe indo-Pacifique que le président de la République appelle de ses vœux ? Pour construire cette prochaine étape, l’État jouera pleinement son rôle au côté des élus. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Le journaliste et romancier américain, auteur notamment du « Bûcher des vanités » adapté au cinéma par Brian de Palma, s’est éteint lundi 14 mai à l’âge de 88 ans, à New York.
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édition abonné


L’écrivain américain Tom Wolfe est mort

Le journaliste et romancier américain, auteur notamment du « Bûcher des vanités » adapté au cinéma par Brian de Palma, s’est éteint lundi 14 mai à l’âge de 88 ans, à New York.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 17h26
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 18h01
    |

            Josyane Savigneau








                        



                                


                            

Il a souvent été celui qu’on adorait détester. Pour ses propos comme pour son apparence, soigneusement étudiée. Il portait toujours un de ses trente-deux costumes de flanelle blanche, coupés sur mesure, une de ses soixante-quinze chemises de diverses couleurs. Il avait dessiné lui-même ses chaussures, faites à Londres : le matériau blanc des guêtres marié au cuir noir. Tout était calculé, jusqu’aux boutons de manchette.
Derrière tout cela, il y avait, à l’origine, un petit gamin du Sud, né le 2 mars 1930 à Richmond, en Virginie. Son père, agronome, dirigeait une revue bimensuelle consacrée à la terre, aux arbres et aux plantes. Dès qu’il a su lire, à 5 ans, le jeune Tom a proclamé qu’il serait écrivain. Après des études à Yale et un petit boulot d’assistant camionneur, il est entré comme reporter au Springfield Union, dans le Massachusetts. Mais c’est à New York, dans les années 1960, quand il a commencé à travailler pour plusieurs quotidiens et magazines, dont Esquire, qu’il s’est fait remarquer. Il a subverti les règles traditionnelles du journalisme, et on a fait de lui l’inventeur d’un « nouveau journalisme » – mais on peut aussi appliquer ce qualificatif à des textes de Norman Mailer, de Truman Capote et de Hunter S. Thompson.
Lire aussi : Le siècle de Tom Wolfe
Nécessité de construire le reportage scène après scène
Il disait ne pas vraiment avoir défini les codes de ce nouveau journalisme, mais aimait à rappeler quelques principes. En particulier la nécessité de construire le reportage scène après scène « comme pour un roman », d’introduire des dialogues, de faire bien apparaître l’appartenance sociale des protagonistes. Mais le plus nouveau était l’obligation d’écrire à la première personne « pour que tout soit vu par les yeux des protagonistes et non celui du journaliste ».
S’il se réclamait de Zola, il ne parlait pas de naturalisme mais d’« hyperréalisme », commençant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Le réseau social américain dont les pratiques de modération font débat, supprime de plus en plus de contenus haineux et violents de sa plateforme.
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Facebook publie pour la première fois des chiffres sur la modération des contenus

Le réseau social américain dont les pratiques de modération font débat, supprime de plus en plus de contenus haineux et violents de sa plateforme.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 17h40
    |

            Martin Untersinger








                        



   


Facebook continue son opération transparence. Le réseau social américain organise, mardi 15 mai, à Paris, son premier « Content summit », un événement destiné à présenter et débattre de ses règles de modération. Il y a de quoi faire : de la nudité aux contenus djihadistes en passant par les faux comptes ou les discours de haine, la question de ce qui est autorisé ou non aux 2,2 milliards de ses utilisateurs est l’objet d’âpres et lancinantes discussions.
L’entreprise de Menlo Park, en Californie, profite de ce sommet pour publier, mardi, un rapport contenant des statistiques sur les publications qu’elle estime contrevenir à ses règles et leur place réelle dans le flot de contenus publiés. Une première. « Ces chiffres vont aider les gens à comprendre ce qu’est l’expérience typique de Facebook », veut croire Monika Bickert, directrice de la politique de contenus du réseau social dans un entretien au Monde.
On y apprend que la propagande djihadiste – Facebook est régulièrement accusé de laxisme à ce sujet – est très peu consultée par rapport aux autres contenus problématiques ; que le spam représente le gros des violations des règles de Facebook, et que les outils de détection automatique, notamment l’intelligence artificielle, déterminent de plus en plus ce qui peut y être posté ou non.

        Lire notre entretien avec Monika Bickert :
         

          « Ce n’est pas parce que quelque chose est offensant qu’il est contraire aux règles de Facebook »



Violence
Selon les mesures effectuées par l’entreprise sur la base d’un échantillon de l’activité des utilisateurs, sur mille consultations (par les utilisateurs) de contenus publiés (texte, image, vidéos, liens, vidéos en direct), 2,5 relevaient de la « violence évidente » au premier trimestre 2018, en légère augmentation par rapport au précédent trimestre (1,8).
Au total, le réseau social a retiré ou limité la diffusion de 3,4 millions de contenus relevant de cette catégorie. C’est bien plus que lors des trois mois précédents (1,2 million), une augmentation que Facebook explique essentiellement par le déploiement de nouveaux outils de reconnaissance automatiques. La très grande majorité (85,4 %) de ces contenus a été repérée avant même qu’un utilisateur ne le signale au réseau social.
Nudité
Sur mille visionnages de contenus par les utilisateurs de Facebook, sept concernaient des contenus sexuels ou de nus que Facebook estime ne pas être compatibles avec ses règles. De manière générale, Facebook dit tolérer la nudité lorsqu’elle est à visée politique ou artistique. C’est la règle qui fait le plus débat, car les sensibilités sur cette question au sein des 2,2 milliards d’utilisateurs varient considérablement.

        Lire :
         

          Censure de « L’Origine du monde » : une faute de Facebook reconnue, mais pas sur le fond



L’entreprise dit avoir supprimé ou limité la diffusion de 21 millions de contenus de nu ou sexuel contraires à ses règles : 95 % d’entre eux avant même qu’ils ne soient signalés par un utilisateur de Facebook.
Ces statistiques, explique Facebook, ne concernent pas les cas les plus graves de nudité, comme la pédopornographie ou la « promotion de la violence sexuelle ».
Terrorisme
Facebook est régulièrement accusé d’être un lieu privilégié de propagande et de recrutement terroriste. Actuellement, les seules statistiques dont dispose l’entreprise concernent Al-Qaida, l’organisation Etat islamique (EI) et leurs affiliés : c’est en effet contre ces mouvances djihadistes que se concentre l’essentiel de ses efforts, même si, précise Facebook, l’interdiction stricte de toute propagande « couvre toutes les organisations terroristes ».
La place de cette propagande est bien moindre que celle des autres contenus contraires à ses règles internes, explique-t-elle. L’entreprise donne des chiffres concernant le nombre de contenus djihadistes qu’elle a supprimés au premier trimestre : 1,9 million. Ce chiffre est en nette augmentation (73 %) par rapport aux trois mois précédents. Une augmentation attribuée à la fois au perfectionnement de ses outils de détection automatiques, mais aussi, et c’est notable, à l’augmentation de la propagande djihadiste.
La quasi-totalité de ces contenus (99,5 %) ont été retirés avant même qu’ils ne soient signalés à Facebook. Un point qu’a tout intérêt à mettre en avant le réseau social : les exécutifs de plusieurs pays européens, dont la France, réclament à l’entreprise d’être plus proactive en la matière.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Bruxelles presse les géants du Web de mieux lutter contre les contenus illicites



Discours haineux
L’entreprise définit le discours haineux comme toute « attaque directe sur les gens » basée sur certaines « caractéristiques » (« race, ethnicité, nationalité, affiliation religieuse, orientation sexuelle, sexe, genre, handicap ou maladie »). Contrairement à d’autres types de contenus, Facebook ne dévoile pas la fréquence à laquelle ils sont consultés mais affirme avoir supprimé 2,5 millions d’entre eux au premier trimestre 2018, en augmentation de 56 % par rapport au trimestre précédent.
Seuls 38 % de ces contenus supprimés ont été détectés par Facebook sans intervention des utilisateurs, un pourcentage qui s’explique par la nature des contenus difficiles à repérer par des systèmes de reconnaissance automatiques.
Spam
C’est le spam (contenu publié par des robots) qui représente le gros des contenus que Facebook estime ne pas avoir sa place sur la plateforme ; au premier trimestre 2018, 837 millions de contenus ont été supprimés, dont la quasi-totalité avant qu’ils ne soient signalés comme tels aux équipes de l’entreprise.
Facebook s’attarde en particulier sur les faux comptes, qui peuvent être destinés à usurper l’identité d’un tiers, mais qui sont surtout créés et utilisés de manière plus ou moins robotisée (pour booster la popularité d’une page Facebook ou d’un contenu). Ces comptes représentent 3 % à 4 % des comptes actifs.
Le volume de faux comptes supprimés par l’entreprise donne le vertige : 583 millions au premier trimestre (sur 2,2 milliards d’utilisateurs). D’autant que le réseau social précise que ne figurent pas dans ce chiffre les comptes dont la création est bloquée automatiquement, ce qui représente, dixit Facebook, plusieurs millions de comptes par jour.
Pourquoi publier ces statistiques ?
Facebook, comme d’autres géants de la Silicon Valley, fait face depuis plusieurs mois à des vagues de critiques. Si le scandale a récemment porté, avec l’affaire Cambridge Analytica, sur la question des données personnelles, celle de la modération des contenus est particulièrement sensible pour Facebook et ses deux milliards d’utilisateurs. La modération de Facebook est souvent jugée incompréhensible, trop lente, trop sévère ou trop laxiste.
« Nous voulons donner aux gens un meilleur aperçu de la manière dont nous gérons les contenus et dont nous appliquons les règles, assure Monika Bickert. Nous savons qu’il y a une soif d’informations à ce sujet. »
Certains éléments manquent pourtant à ce rapport, comme la durée pendant laquelle les contenus non repérés par Facebook mais signalés comme problématiques par ses utilisateurs restent en ligne, ou la proportion des contenus signalés par les internautes que le réseau social décide de maintenir en ligne.
Après la publication de ce rapport et quelques semaines après avoir publié les consignes données à ses équipes de modération, l’entreprise prévoit de les actualiser très régulièrement. « Nous allons mettre à jour nos règles beaucoup plus régulièrement, sans doute une fois par mois », explique ainsi Mme Bickert.
Facebook reste cependant très flou sur l’identité, la localisation et le bagage des équipes de modération (7 500 personnes selon le réseau social). L’entreprise est aussi extrêmement discrète quant à la relation contractuelle qui l’unit à ces travailleurs chargés d’encadrer la liberté d’expression de 2,2 milliards de personnes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Trois ans après « La Loi du marché », l’acteur est sur la Croisette avec Stéphane Brizé. Ils présentent « En guerre », où il incarne un dirigeant syndicaliste au milieu d’acteurs non professionnels.
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édition abonné


Vincent Lindon à Cannes : « J’essaie d’être dans des films qui servent un peu »

Trois ans après « La Loi du marché », l’acteur est sur la Croisette avec Stéphane Brizé. Ils présentent « En guerre », où il incarne un dirigeant syndicaliste au milieu d’acteurs non professionnels.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 16h25
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Solitaire écrasé par la contrainte économique dans La Loi du marché, qui lui a valu un prix d’interprétation à Cannes en 2015, Vincent Lindon revient en compétition en dirigeant syndicaliste dans En guerre, toujours sous la direction de Stéphane Brizé. En ce 1er mai, dans un bar de la place de la République, alors que les cortèges syndicaux se forment à quelques centaines de mètres, il parle de son personnage, Laurent Amédéo, ouvrier devenu figure publique pour tenter d’empêcher la fermeture de son usine. Reconduisant le dispositif mis en place dans La Loi du marché, le réalisateur l’a placé au milieu de comédiens non professionnels qui incarnent souvent des rôles proches de leur existence. Vincent ­Lindon revient sur cette expérience avant de reprendre le chemin du plateau de Toutes sauf une, où il incarne Giacomo Casanova, le séducteur du siècle des Lumières, devant la caméra de Benoît Jacquot.

Après quatre films ensemble, ­ « Mademoiselle Chambon », « Quelques heures de printemps », « La Loi du marché » et maintenant « En guerre », est-ce que vous avez défini un protocole de travail avec Stéphane Brizé ?
Je ne suis pas du tout impliqué dans l’écriture. Après La Loi du marché, il est immédiatement parti tourner Une vie. En en revenant, il hésitait entre une histoire d’amour, une balade entre deux hommes un peu comme Sideways, il avait aussi envie de parler de quelque chose qui le tracassait énormément, ces images du directeur des ressources humaines d’Air France qui tournaient en boucle. En effet, c’est abominable de se faire attaquer comme ça, de se faire arracher sa chemise. Mais Stéphane demandait : « Qu’est-ce qu’on a pu faire à ces hommes, à ces femmes pour qu’ils en arrivent là ? » Il m’en a parlé, a rencontré des syndicalistes, des ouvriers, des avocats, des DRH, des patrons, et pas des moindres. Il a fini par me donner...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Les trois hommes politiques soutiennent le club marseillais, qui dispute mercredi la finale de la Ligue Europa. C’est un de leurs rares points communs.
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Ligue Europa : l’OM réconcilie Macron, Hamon et Mélenchon

Les trois hommes politiques soutiennent le club marseillais, qui dispute mercredi la finale de la Ligue Europa. C’est un de leurs rares points communs.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 18h52
    |

            Abel Mestre








                        



   


« A jamais les premiers. » Les supporteurs de l’Olympique de Marseille aiment rappeler son palmarès européen et son statut de premier — et unique à ce jour — club français à avoir remporté la Ligue des champions, en 1993. Mais ce titre honorifique pourrait bien être décliné en politique. A quelques heures de la finale de la Ligue Europa qui oppose mercredi 16 mai, à Lyon, l’OM à l’Atlético Madrid, les Marseillais paraissent être les seuls à réconcilier l’inconciliable : des hommes politiques. En effet, Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ont un dénominateur commun, en plus d’êtres des hommes politiques ayant candidaté à l’élection présidentielle de 2017 : ils sont fans de l’Olympique de Marseille.
Emmanuel Macron en a d’ailleurs usé lors de sa campagne présidentielle. Le natif d’Amiens s’est volontiers affiché avec un maillot de son club de cœur. Il l’avait dit sur le plateau de « Quotidien », de Yann Barthès, sur TMC. Puis des enfants lui avaient offert le maillot marseillais lors de l’émission « Au tableau », sur C8. Dans le documentaire de Yann L’Hénoret, Emmanuel Macron, les coulisses d’une victoire, on voit même le futur chef de l’Etat jurer devant la défaite de l’OM face à Monaco. Il a également rendu une petite visite estivale au centre d’entraînement Robert-Louis-Dreyfus, chose rare pour un président de la République. Et s’il n’assistera pas à la finale mercredi soir, il soutiendra à distance les hommes de Rudi Garcia.

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                OM-Atlético : une finale de Ligue Europa sous tension et teintée par la rivalité entre Marseille et Lyon



« Fidèle à ma paroisse »
Benoît Hamon, est lui aussi, un fan de longue date de l’OM. Breton, membre pratiquant de l’Ovalie, il avoue aimer depuis l’enfance le Stade brestois et l’Olympique de Marseille. « Je suis désolé, je suis un fidèle, moi. C’est comme ça depuis tout petit. J’avais le Stade brestois et l’OM. Je pense qu’il faut être fidèle dans la vie. Et le problème du foot, c’est que ça ne se commande pas. Une fois que le cœur a parlé, vous avez beau être déçu, énervé… », avait notamment lancé le candidat socialiste lors de la campagne présidentielle.
Quand il évoque l’OM, le leadeur de Génération-s prend même des accents religieux. « Suis fidèle à ma paroisse. Ce soir je regarde encore la messe à la télé », avait-il tweeté avant le match retour face à Salzbourg.

Suis fidèle à ma paroisse. Ce soir je regarde encore la messe à la télé. #salzbourgOM #TeamOM https://t.co/F7dpxUXMS6— benoithamon (@Benoît Hamon)


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M. Hamon est un vrai amateur de football. Il en parle régulièrement avec les journalistes qui suivent la gauche et qui partagent la même passion pour le ballon rond (dont l’auteur de ces lignes). Il s’amuse également à composer « son » équipe de France et la compare à celle de son proche Pascal Cherki.
« Pas assez connaisseur »
On souligne souvent le zèle des nouveaux convertis, la chose est également vraie en matière de football. C’est le cas de Jean-Luc Mélenchon. Depuis qu’il a été élu député de Marseille, M. Mélenchon s’est découvert une passion pour l’équipe de sa ville. Finies ses saillies sur « l’opium du peuple » et les « RMIstes qui applaudissent des milliardaires ». Jean-Luc Mélenchon s’affiche désormais au Stade Vélodrome et dit suivre les « parties » de l’OM, même à Paris.

Les nerfs à vif. @dimpayet17 au secours ! 
— JLMelenchon (@Jean-Luc Mélenchon)


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Il s’est expliqué sur ce revirement dans un post de blog intitulé « L’OM et la bonne mère ». « Ma relation au foot n’a aucun rapport avec l’art du dribble, de la passe arrière, du tir au but croisé, ni d’aucune des merveilles appréciées dans ce sport. On sait aussi que je n’aime pas la place du fric dans ce milieu. Je n’ai pas changé d’avis », y reconnaît-il. Il est vrai qu’il est plus à l’aise avec les écrits de Chantal Mouffe et d’Ernesto Laclau, deux penseurs qui ont théorisé le populisme de gauche, qu’avec la règle du hors-jeu.
« L’ordre secret du chaos »
A sa lecture, l’on voit que, malgré ses efforts, le leadeur de La France insoumise a encore quelques lacunes footballistiques, et il lui arrive d’avoir des jugements à l’emporte-pièce. « La presse parisienne m’a bien brocardé. Il est vrai que la plupart des journalistes parisiens sont supporters du PSG et acceptent des places gratuites du club qatari », écrit-il entre autres. Un peu plus loin : « Mais je dois reconnaître combien je me suis aussi fait happer par le match. Le goût de la stratégie me faisait avoir un avis sur chaque déploiement. […] Je ne vais pourtant pas commenter le match : je ne suis pas assez connaisseur pour ça. »
On perçoit l’intérêt qu’ont les hommes politiques de premier plan de mettre en scène leur passion pour le football, sport universel, qui touche toutes les classes sociales. Dans un texte prémonitoire, écrit en 1997 pour Le Monde diplomatique, Manuel Vazquez Montalban expliquait pourquoi le football exerce une telle fascination sur les politiques. « Un anthropologue dirait que, désormais, les dirigeants politiques gèrent ce que d’autres (les marchés) décident ; le président d’un club, lui, connaît l’ordre secret du chaos et la discrète volonté des masses », avançait l’auteur catalan.
Une question reste en suspens : en cas de victoire olympienne face à l’Atlético Madrid, MM. Hamon, Mélenchon et Macron entonneront-ils ensemble « We Are the Champions » ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ La justice russe l’a reconnu coupable d’avoir organisé le 5 mai une manifestation non autorisée, deux jours avant l’investiture de Vladimir Poutine.
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L’opposant russe Alexeï Navalny condamné à trente jours de détention

La justice russe l’a reconnu coupable d’avoir organisé le 5 mai une manifestation non autorisée, deux jours avant l’investiture de Vladimir Poutine.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 18h09
   





                        



   


Une semaine après le début du quatrième mandat de Vladimir Poutine à la tête de la Russie, son principal opposant se prépare à retourner en prison. Alexeï Navalny a été condamné mardi 15 mai à trente jours de détention pour avoir organisé une manifestation deux jours avant l’investiture de l’homme fort du Kremlin.
Après environ cinq heures d’audience, le juge Dmitri Gordeïev a reconnu M. Navalny « coupable en vertu de l’article 20.2 » sur l’organisation de manifestations non autorisées. L’opposant doit aussi être jugé mardi pour avoir « désobéi aux forces de l’ordre ». Il pourrait ne pas être incarcéré dès mardi en fonction d’un éventuel appel.
Habitué des tribunaux
Coutumier des procès, Alexeï Navalny, 41 ans, a multiplié ces derniers mois les manifestations pour faire pression sur le Kremlin, après avoir été déclaré inéligible à l’élection présidentielle du 18 mars, remportée sans surprise par Vladimir Poutine.
Ces rassemblements ont attiré notamment de nombreuses jeunes personnes, qui partagent abondamment sur les réseaux sociaux ses enquêtes sur la corruption des élites. Sous le slogan « Pas notre tsar », l’opposant avait appelé le 5 mai ses partisans à sortir dans les rues. Des milliers de personnes avaient alors manifesté dans de nombreuses villes du pays.

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                Russie : plus de 1 600 opposants arrêtés lors de manifestations contre le « tsar Poutine »



Alexeï Navalny avait lui-même été interpellé à Moscou lors d’une manifestation émaillée de heurts entre ses partisans et des personnes en treillis qui scandaient des slogans pro-Kremlin. La police avait dispersé le rassemblement en employant la force.
En octobre, l’opposant avait déjà été condamné à vingt jours de détention pour appels à des manifestations non autorisées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ L’ex ministre déléguée à l’emploi d’Alain Juppé a été nommée présidente non exécutive, mardi, le temps de trouver un successeur à Jean-Marc Janaillac.
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Anne-Marie Couderc va assurer l’intérim à la présidence d’Air France-KLM

L’ex ministre déléguée à l’emploi d’Alain Juppé a été nommée présidente non exécutive, mardi, le temps de trouver un successeur à Jean-Marc Janaillac.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 13h24
    |

            Guy Dutheil








                        



   


Le conseil d’administration d’Air France-KLM a enfin trouvé un remplaçant temporaire à Jean-Marc Janaillac, qui a démissionné vendredi 4 mai. Anne-Marie Couderc a été nommée présidente non exécutive du groupe franco-néerlandais, mardi 15 mai, à l’occasion de l’assemblée générale des actionnaires d’Air France-KLM. L’actuel PDG, Jean-Marc Janaillac, avait dû démissionner après le rejet, à plus de 55 %, par les salariés de son projet d’accord salarial.
Frédéric gagey, l’actuel directeur financier d’Air France-KLM, fera fonction de directeur général du groupe. Un comité de direction collégial sera mis en place : y siégeront Frédéric Gagey, de Franck Terner, directeur général d’Air France, et de Pieter Elbers, PDG de KLM. Il aura pour mission le pilotage et le suivi des activités des fonctions groupe et la coordination des sujets stratégiques entre le groupe et ses compagnies aériennes.
Le groupe a précisé que M. Terner n’a pas reçu du conseil de nouveau mandat pour prendre des décisions remettant en cause la « stratégie de croissance », limitant de fait ses marges de manoevre face à l’intersyndicale.
« Dure, ferme mais cash »
Agée de 68 ans, Mme Couderc, ancienne secrétaire d’Etat du gouvernement Juppé en 1995 et ex-présidente de la société de distribution de journaux Presstalis, est déjà administratrice et présidente du comité des nominations et de la gouvernance d’Air France-KLM.
Pour la petite histoire, Mme Couderc avait été nommée au conseil par Alexandre de Juniac, prédécesseur de Jean-Marc Janaillac. De bons connaisseurs de la compagnie, la disent « dure, ferme mais cash ».
Un temps pressentie, Anne-Marie Idrac, elle aussi membre du conseil d’administration d’Air France-KLM, aurait refusé la proposition d’intérim. L’ancienne secrétaire d’Etat du même gouvernement Juppé et ex-présidente de la RATP puis de la SNCF aurait souhaité pouvoir aller jusqu’au bout du mandat de M. Janaillac, qui s’achève en mai 2019.
Perle rare
Après s’être réuni à plusieurs reprises depuis l’annonce du départ de M. Janaillac, il y a onze jours, le conseil d’administration d’Air France-KLM a souhaité un « intérim court » à la tête de la compagnie aérienne. Un intermède de deux ou trois mois, afin de dénicher un nouveau patron.
Selon le portrait du candidat idéal tracé par le conseil d’administration, le futur PDG devra « être un professionnel du transport aérien qui parle français, anglais et aussi hollandais », laisse-t-on entendre du côté d’Air France-KLM. Il devra aussi être « disponible immédiatement ».
Un profil qui cadre parfaitement avec celui souhaité par l’intersyndicale d’Air France. « Nous voulons quelqu’un du sérail, un spécialiste du transport aérien », exige Karine Monségu, cosecrétaire générale de la CGT Air France. Pour Philippe Evain, président du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), le futur patron devra, avant d’être nommé, « avoir négocié avec l’Etat un retrait d’une bonne partie de la surcharge de taxes et de charges » qui plombe la compétitivité d’Air France vis-à-vis de ses rivales.

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                Air France : le gouvernement et la CFDT accusent les pilotes



Un nom semble se dégager, celui du patron de KLM
Toutefois, cette perle rare pourrait être assez difficile à dénicher. Le conseil aurait un temps songé à nommer Fabrice Brégier, mais a dû renoncer. L’ex-numéro deux du groupe Airbus aurait fait savoir qu’il n’est pas intéressé.
D’autres noms circulent pour succéder à Jean-Marc Janaillac. Notamment ceux d’anciens cadres d’Air France, tels Lionel Guérin, ex-président de Hop ! Air France, Bruno Matheu, ancien patron du long-courrier d’Air France et ex-dirigeant de la compagnie du Golfe Etihad, ou encore celui de Pascal de Izaguirre, actuel président du tour-opérateur TUI France et de la compagnie aérienne Corsair.
En interne, certains se sentiraient pousser des ailes. A l’instar, notamment, de Nathalie Stubler, actuelle PDG de Transavia France, filiale à bas coûts d’Air France. Mais cette candidature intervient « trop tôt », indique un membre du conseil d’administration, selon lequel Mme Stubler manquerait d’expérience après avoir été nommée il y a un peu plus de deux ans seulement à la tête de Transavia France.
Pour l’heure, un nom semble se dégager, celui de Pieter Elbers. Au conseil d’administration, certains considèrent que le dirigeant néerlandais a « très, très bien réussi » à la tête de KLM. Pour le président du SNPL, cependant, ce choix serait « un signal politique extrêmement difficile à défendre », mesuré à l’aune « du transfert d’activité, réalisé depuis dix ans, d’Air France vers KLM ».
Pour être acceptée, sa désignation devrait être précédée « d’un engagement sur les équilibres de production » entre les deux compagnies, indique M. Evain, à titre personnel.
In fine, le futur PDG devra tenir compte du résultat de la consultation dont l’intersyndicale est sortie renforcée. « Nous n’oublions pas notre revendication », réitère le président du SNPL, qui réclame 6 % de rattrapage salarial. Selon lui, « il y a un espace de discussion ». Toutefois, il se dit « atterré par l’attitude de la direction d’Air France, qui nie le résultat de la consultation, comme s’il disparaissait avec le départ de M. Janaillac. »

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Le gouvernement français a relancé, mardi, son offre de « partenariat élargi » à la Belgique pour remplacer ses avions de combat par des Rafale.
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Paris améliore son offre pour remplacer les avions de combat de l’armée belge

Le gouvernement français a relancé, mardi, son offre de « partenariat élargi » à la Belgique pour remplacer ses avions de combat par des Rafale.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 18h11
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 18h27
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Le gouvernement français relance son offre de « partenariat élargi » à la Belgique pour le renouvellement de ses avions de combat, soit un marché de 34 appareils, estimé à ce stade à quelque 3,6 milliards d’euros. Une délégation du cabinet de Florence Parly, la ministre française des armées, a précisé, détaillé et amplifié, mardi 15 mai, son offre à la défense belge pour le remplacement de ses actuels F-16 américains.
Deux agences gouvernementales, celle des Etats-Unis et du Royaume-Uni, qui représentent respectivement Lockheed Martin (pour le F-35) et le consortium Eurofighter (pour le Typhoon), ont déposé une offre en février. Le gouvernement français avait, lui, choisi une autre voie, celle d’un projet à multiples facettes s’écartant du cahier des charges et de la grille d’évaluation fixés initialement par le gouvernement belge. Il s’articule autour du Groupement d’intérêt économique (GIE) Rafale – Dassault Aviation avec Thales et Safran avec une offre d’acquisition du Rafale, désormais assortie de divers compléments.
Paris a insisté, mardi, sur « la dimension politique » de son plan. Divers projets d’association sont proposés à Bruxelles. Pour de futures opérations, l’entraînement des pilotes, la mise en commun de diverses capacités, la mutualisation de simulateurs ou pièces de rechange, etc. La défense belge se voit également offrir l’option d’un partage de la capacité aéronavale de la France, et donc la possibilité d’opérer aussi à partir de porte-avions à l’avenir. La Belgique verrait aussi son accès à l’espace aérien français élargi, pour des exercices et des missions d’entraînement.

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« Aucun chantage à la clé »
Le projet souligne la nécessité d’une prise en compte du développement de l’Europe de la défense, dans le cadre notamment du système de combat aérien du futur, un projet franco-allemand, placé sous le leadership de Paris mais qui pourrait être élargi à la Belgique.
Dans le domaine clé des retombées industrielles, le consortium Eurofighter chiffre son offre à quelque 19 milliards d’euros et 6 000 postes de travail. Lockheed Martin est plus évasif mais insiste sur sa longue expérience en Belgique. La France fait de même et projette différents investissements dans les trois régions du royaume, en rappelant que la coopération industrielle dans le domaine aéronautique entre les deux pays dégage actuellement un chiffre d’affaires annuel de 800 millions d’euros.
« Un montant qui pourrait être augmenté », a-t-il été précisé à la partie belge. Et réduit si le gouvernement de Charles Michel ne choisissait pas le Rafale ? « Il n’y a aucun chantage à la clé, mais dans l’industrie un chiffre d’affaires n’est jamais garanti », souligne un expert.
« Heureuse » d’avoir pu présenter officiellement son projet, la délégation française attend désormais la décision belge. Censée tomber en juillet, celle-ci sera plus que vraisemblablement retardée, compte tenu notamment de divisions au sein de la coalition du libéral francophone Charles Michel et d’une polémique impliquant le ministre de la défense, le nationaliste flamand Steven Vandeput.

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Certains de ses rivaux affirment qu’il aurait volontairement négligé, pour favoriser le choix rapide du F-35, un rapport indiquant que la durée de vie des appareils actuels de l’armée pouvait être prolongée. Le ministre, appuyé par un audit officiel, nie avoir été informé de l’existence d’une telle étude.
Manifestement hostile à la procédure « parallèle » choisie par Paris et réputé favorable au choix de l’appareil américain, M. Vandeput ne semble plus en mesure, aujourd’hui, de faire pencher seul la balance. D’autant qu’au sein de la coalition et du parti du premier ministre, des voix se font entendre pour que la décision finale ne tombe qu’après un examen en profondeur des différents projets. Et d’une prise en compte de la dimension européenne du choix qui sera opéré, quitte à déplaire à l’administration américaine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Aux législatives, le premier ministre sortant, Haïder Al-Abadi, arrive derrière la coalition du chef populiste chiite et de celle des chefs de milices chiites de la Mobilisation populaire. Sa reconduction n’est pourtant pas écartée.
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Moqtada Al-Sadr s’impose comme le faiseur de roi en Irak

Aux législatives, le premier ministre sortant, Haïder Al-Abadi, arrive derrière la coalition du chef populiste chiite et de celle des chefs de milices chiites de la Mobilisation populaire. Sa reconduction n’est pourtant pas écartée.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 15h21
    |

            Hélène Sallon (Bagdad, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

La déception se lit sur le visage du premier ministre irakien, Haïder Al-Abadi. Lundi 14 mai en fin d’après-midi, alors que les résultats définitifs des premières élections législatives post-EI ne sont toujours pas publiés, des résultats partiels ne laissent aucun doute : il a perdu son pari. Sa coalition multiconfessionnelle Al-Nasr (« victoire ») n’est pas parvenue à s’imposer comme la première force politique du pays.
A l’exception de Mossoul et de sa province, elle a partout été devancée par plusieurs concurrents politiques. « Je félicite les coalitions qui ont remporté ces élections. Je suis prêt à prendre part à la formation d’un gouvernement fort qui œuvre contre la corruption, les ingérences étrangères et les faiblesses qui ont conduit Daech à contrôler le pays », a déclaré M. Abadi à la télévision irakienne.
L’appel du pied s’adresse au nouveau faiseur de roi, Moqtada Al-Sadr. A la surprise générale, la coalition Sa’iroun (« en marche ») que le dignitaire chiite de 44 ans a mise sur pied, dans une alliance inédite avec le Parti communiste irakien, est arrivée en tête du scrutin. Le faible taux de participation aux législatives – 44,52 % contre plus de 60 % à tous les scrutins qui se sont tenus depuis 2003 – a été favorable au chef populiste, capable de mobiliser une base de plusieurs millions d’Irakiens dans les quartiers défavorisés chiites de Bagdad et des provinces du sud du pays.

Toujours coiffé du turban noir des descendants du prophète, le dignitaire chiite doit cette popularité, empreinte de dévotion, autant à son lignage qu’au rôle politique qu’il a pris depuis l’invasion américaine de 2003. Après la mort de son parent, Mohamed Baqir Al-Sadr, réformateur de l’islam chiite exécuté en 1980 par Saddam Hussein, et de son père, le grand ayatollah Mohamed Sadiq Al-Sadr, tué avec deux de ses autres fils à Nadjaf en 1999, il a repris le flambeau du courant sadriste, en alliant islam puritain et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Manifestations étudiantes, guerre du Vietnam, printemps de Prague, l’année 1968 a changé la France... et le monde.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Soutenus par Apple et les gouvernements québécois et canadien, les industriels Alcoa et Rio Tinto comptent sur un nouveau procédé ne rejetant dans l’atmosphère que de l’oxygène.
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Le Canada veut produire de l’aluminium « vert », sans émission de carbone

Soutenus par Apple et les gouvernements québécois et canadien, les industriels Alcoa et Rio Tinto comptent sur un nouveau procédé ne rejetant dans l’atmosphère que de l’oxygène.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 17h42
    |

            Anne Pélouas (Montréal, correspondance)








                        



   


Dans le secteur de l’aluminium, l’élimination des émissions de gaz à effet de serre n’est pas pour demain, mais elle pourrait faire bientôt un grand pas en avant avec un mode de production non polluant, qui devrait être opérationnel à partir de 2024. Le 10 mai, les groupes Alcoa et Rio Tinto ont annoncé vouloir fonder une entreprise conjointe, Elysis, pour exploiter un procédé qui n’émet pas du tout de dioxyde de carbone contrairement à la technique de fusion traditionnelle. Apple ainsi que les gouvernements canadien et québécois leur apportent leur concours.
L’usine sera la première du genre dans le monde. Le projet doit se développer à Jonquière, dans le nord du Québec, centre névralgique de la production canadienne d’aluminium. L’investissement s’élève à 558 millions de dollars canadiens (365 millions d’euros). Ottawa et Québec mettent chacun 39 millions d’euros sur la table, Apple 8,5 millions, Alcoa et Rio Tinto 278 millions.
La nouvelle technologie, brevetée par Alcoa en 2009 après des années de recherche, entre dans sa phase industrielle. L’objectif est de la vendre sous licence dès 2024 pour de nouvelles installations ou pour modifier des usines existantes. Elle transformerait radicalement la phase de réduction de l’alumine en aluminium, à partir d’anodes inertes utilisant un matériau conducteur évolué qui libérerait de l’oxygène pur.
Des gains de productivité
Le procédé actuel soumet l’alumine à un puissant courant électrique pour provoquer une réaction d’oxydoréduction en faisant appel à des matières carbonées qui, en brûlant, libèrent des gaz à effet de serre. Avec le système d’Elysis, une céramique remplacerait le carbone de l’électrode du four, qui émettait du CO2 en se combinant à l’oxygène.
L’industrie pourrait ainsi obtenir de l’aluminium plus propre et plus rentable. Vincent Chris, nouveau PDG d’Elysis, parle de 15 % de gain de productivité et d’une baisse de 15 % des coûts de production.
Pour le premier ministre canadien, Justin Trudeau, « il s’agit de la plus importante innovation dans l’industrie de l’aluminium depuis plus d’un siècle et d’une étape décisive dans la lutte contre le changement climatique ». Elle pourrait, selon lui, contribuer à réduire de 6,5 millions de tonnes par an les émissions de gaz à effet de serre au Canada. On comprend son enthousiasme à l’heure où la lutte contre le réchauffement piétine dans ce pays.
« Si elle se concrétise, cette annonce pourrait apporter une véritable révolution pour l’industrie de l’aluminium, assure Patrick Bonin, responsable de la campagne climat énergie chez Greenpeace Canada. Reste à connaître tous les impacts environnementaux qui découleraient de l’utilisation de cette nouvelle technologie. »
1 % des émissions de gaz à effet de serre
A lui seul, le Québec produit 2,8 millions de tonnes d’aluminium primaire par an avec l’actuel procédé de fabrication par électrolyse, note Claude Villeneuve, spécialiste en sciences de l’environnement à l’Université du Québec, à Chicoutimi. Et pour en obtenir une tonne, la combustion émet 1,5 tonne de CO2. Cela ne devrait plus être plus le cas.
Apple – qui a provoqué le rapprochement entre Alcoa et Rio Tinto – veut se montrer écoresponsable, mais ses ordinateurs portables, iPad et iPhone demandent beaucoup d’aluminium. « Nous sommes fiers de participer à ce nouveau projet ambitieux », a déclaré son PDG, Tim Cook, assurant qu’il attend la suite « avec impatience ».
Pour le secteur de l’aluminium, qui génère directement 1 % des émissions de gaz à effet de serre de toute l’industrie mondiale (responsable elle-même de 21 % des émissions à l’échelle planétaire), ses performances en termes de bilan carbone devraient stimuler les ventes d’Elysis.
Une centaine de chercheurs, techniciens et ingénieurs vont s’installer prochainement à Jonquière pour travailler à la phase industrielle de la technologie d’abord développée dans les laboratoires d’Alcoa à Pittsburgh (Pennsylvanie). Il est prévu une année de tests avant d’aller plus loin.
« Le potentiel est là, estime Claude Villeneuve. Et si de gros acteurs comme Alcoa, Rio Tinto et Apple investissent autant, c’est qu’ils ont bon espoir d’arriver à parvenir à produire de l’aluminium sans émissions de CO2, peut-être entre 2023 ou 2028. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Des cornacs ont aidé les familles à traverser de larges rivières et des zones de jungle dans le nord du pays, comme le montrent des images tournées le 11 mai. Plus de 100 000 personnes sont actuellement déplacées dans la région, selon l’ONU.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Moscou a consacré trois milliards de dollars à la mégastructure, qui répond à des besoins tant pratiques que géopolitiques.
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Poutine a inauguré le plus grand pont d’Europe, reliant la Crimée annexée à la Russie

Moscou a consacré trois milliards de dollars à la mégastructure, qui répond à des besoins tant pratiques que géopolitiques.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 17h49
    |

                            Arthur Carpentier








                        



En jeans et blouson, Vladimir Poutine a desserré le frein à main du camion orange et commencé à rouler, mardi 15 mai, sur le pont tout neuf qui relie la péninsule de Taman, dans le sud de la Russie, à la péninsule ukrainienne de Kertch, en Crimée, annexée par Moscou en mars 2014. Le président russe a ainsi inauguré l’ouvrage d’art de 19 kilomètres – le plus long d’Europe –, à haute valeur stratégique pour Moscou. Les voitures et autobus devraient y circuler dès le 16 mai, selon le Kremlin, tandis que les trains devront attendre fin 2019.
Le pont est sorti de l’eau en un temps record – à peine plus de trois ans – pour répondre à des besoins tant pratiques que géopolitiques. La presqu’île, bordée par les mers Noire et d’Azov, n’est reliée à l’Ukraine que par quelques étroits bras de terre. « Depuis 2016, un décret du gouvernement ukrainien interdit tout commerce avec la Crimée occupée, rappelle Tetyana Ogarkova, coordinatrice internationale de l’Ukraine Crisis Media Center (UCMC), un groupe d’observateurs ukrainiens. Aucun train ne dessert la péninsule, que l’Ukraine a également cessé d’alimenter en électricité. Seules les voitures peuvent traverser la frontière, artificielle. » 

   


Défi d’ingénierie
Les postes frontières – illégitimes au regard du droit international – sont des goulots d’étranglement, qui ralentissent considérablement le passage vers le reste du monde. Autant dire que la péninsule était jusqu’à aujourd’hui une île. Ses deux millions d’habitants subsistent, pour le transport des biens comme des personnes, grâce à des liaisons maritimes et aériennes. Un lien cher et dépendant des conditions climatiques, qui attise l’inflation voire les pénuries.
Dix mille ouvriers, selon les médias russes, se sont relayés pour construire le pont, censé être emprunté par 40 000 voitures et une cinquantaine de trains chaque jour. En réalité, ce sont deux ponts distincts, l’un accueillant une autoroute de 2 x 2 voies, gratuite, l’autre deux voies de chemin de fer. Mais lors d’une visite en mars, quelques jours avant sa réélection à la présidence, M. Poutine avait exigé que le pont soit prêt dès mai, « pour que les gens puissent en profiter pendant la saison estivale ». Faire revenir les touristes dans la péninsule est un enjeu de taille pour le Kremlin.
La méga structure, qui traverse l’île de Touzla, représentait un véritable défi d’ingénierie. L’activité sismique n’est pas négligeable aux abords du détroit de Kertch. Il abrite également, par le fond, des reliques archéologiques et des mines de la seconde guerre mondiale, qu’il a fallu dégager. L’hiver, des blocs de glaces venant de la mer d’Azov constituent également un risque pour les piliers. Par ailleurs, l’édifice doit tout de même permettre aux navires de franchir le détroit, unique voie d’accès à la mer d’Azov.

   


Nicolas II le voulait déjà
Toutes ces contraintes, loin d’être nouvelles, sont connues depuis des décennies. Car avant Vladimir Poutine, Staline, Hitler et même Nicolas II voulaient ce pont. Durant la seconde guerre mondiale, une première structure en bois fut construite, et rapidement détruite pas les glaces. Au début du XXIe siècle, l’idée refit surface, et des partenariats russo-ukrainiens furent envisagés mais n’aboutirent jamais.
Ce cahier des charges aurait fait fuir n’importe quel entrepreneur. Selon une pratique habituelle pour les projets jugés stratégiques, Vladimir Poutine en a donc appelé à Arkadi Rotenberg, oligarque et proche ami du président, avec qui il pratique le judo depuis l’enfance. Le milliardaire, cité dans les « Paradise Papers », a nettement joué un rôle important dans la préparation des Jeux olympiques de Sotchi, en 2014. Le magnat, visé par les sanctions européennes et américaines depuis 2014, lors de l’annexion de la Crimée par la Russie, avait tous les attributs pour que le Kremlin lui laisse gérer les trois milliards de dollars alloués à cette démonstration de la puissance russe.
Les Etats-Unis, comme l’Ukraine, ont menacé de représailles toute entreprise occidentale qui participerait à l’édification du pont. Début mai, les Pays-Bas ont annoncé l’ouverture d’une enquête sur l’implication présumée de sept entreprises néerlandaises dans la construction de l’ouvrage d’art, qui contrevient également aux sanctions européennes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ #RaideCarpette. Sur la Croisette, juste devant le Martinez, tous les jours, tous les soirs, badaudes et badauds espèrent prendre des stars en photo.
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Cannes 2018 : « Je crois que j’en ai assez vu, ou pas assez »

#RaideCarpette. Sur la Croisette, juste devant le Martinez, tous les jours, tous les soirs, badaudes et badauds espèrent prendre des stars en photo.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 11h12
    |

                            Charlotte Herzog








                        





#RaideCarpette. 
« C’est dégueulasse qu’ils ne me laissent pas rentrer. » Qu’est-ce que c’est « dégueulasse » ? A Cannes, c’est loin du tapis rouge que l’on trouve la réponse, dans les bars de la Croisette où viennent se faire mousser ceux qui ne sont pas invités aux soirées. Mythos, refoulés, malchanceux, wannabe… c’est à eux que cette chronique veut donner la parole. Paillettes et glamour au placard, #RaideCarpette vous raconte le festival vu de l’autre côté des barrières ou du bar, là où « y a vachement moyen de faire du cinéma ensemble ». 

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Au pied de l’hôtel de luxe Martinez, de l’autre côté des barrières, badaudes et badauds se retrouvent avec leurs grandes aspirations. En attendant de capturer une épaule ou un bout de robe, ils conversent à plusieurs, à la volée, sans vraiment commencer leurs phrases et en les terminant rarement.
Il y a celle qui est venue « faire la curieuse, comme tout le monde ». Celle qui pourrait « vraiment pardonner la mauvaise météo à Cannes », si seulement elle pouvait apercevoir « une jolie coiffure, une paire de chaussures, une toilette qui fasse rêver ». Celle qui a bien calculé son coup : « Hier sur le tapis, il y avait plein de stars françaises. C’est possible qu’ils soient au Martinez, et comme je les connais, je vais pouvoir les reconnaître. » Car les mannequins Chopard avec « leur sacrée longueur de jambes que tout le monde suit des yeux, on ne sait pas qui c’est », abonde une voisine, sans détourner son regard, fixé sur l’arrivée des voitures.
Il y a celle qui donne des conseils : « Si ça crie, ne cherchez pas à savoir qui est là, criez comme les autres, ça peut marcher. » Il y a celui qui attend The Weeknd – « ma petite fille m’a demandé un autographe » – mais ne sait pas vraiment qui c’est. « Vous me direz quand ils seront là ? » Ce n’est apparemment pas au programme. Qu’importe, il n’a pas osé dire non à sa petite fille, il attendra.
« Ah pis une fois dans la voiture, c’est râpé. On voit plus rien avec les vitres fumées »
Il y a celui qui ne tient pas en place, frustré par « les porteurs de robe ou les maquilleurs qui gênent la vue. Ah pis une fois dans la voiture, c’est râpé. On voit plus rien avec les vitres fumées ». Il y a celle qui est là, mais « juste comme ça », car elle sait bien que « les vraies stars » sont à Antibes, à l’Eden Rock : « Ils viennent ici en coup d’hélico pour se faire préparer pour la soirée, mais c’est tout. » Il y a celle qui prend le risque de regarder ailleurs : « Les chauffeurs sont beaux mecs, j’aime bien, dommage, on ne voit pas leurs chaussures. » Celui qui papote mais qui n’a pas encore la technique : « Ah mince voilà, je cancane puis je rate la jolie blonde… c’était qui ? »
Il y a celle à qui on ne la fait pas : « Alors elle, avec ses cuissardes dorées, c’est bizarre, elle fait un show entre les trois poteaux, mais on ne sait pas qui c’est. Ça m’a l’air téléphoné tout ça. Je me demande si ce n’est pas une diversion. Je suis sûre que quelqu’un est sorti entre-temps. »
Il y a celui qui se renseigne, qui « se met à jour » : « C’est la mode les pantalons courts comme ça sur les hommes ? Chez nous, on appelle ça des feux de plancher, si si, un plancher en feu brûle les bas de pantalons ». « Moi j’aime bien les chevilles, ça ne me dérange pas », lui répond celle qui lui suggère, dans un second temps, de « s’habituer à tout, s’il veut rester dans le coup ».
« Ah non, c’est la pluie qui recommence à tomber, mais pas de star à l’horizon »
Il y a aussi l’insatisfaite, chez qui la dose de patience nécessaire fait défaut : « Je crois que j’en ai assez vu, ou pas assez justement. Je vais aller voir ce qu’il se passe au palais. » Il y a celui qui regrette « l’émission de Denisot pour Canal. Ah là on les voyait bien ! On pouvait prendre des photos, des selfies, tout ça… »
Il y a celle qui cherche son mari – « Il a dû aller m’attendre pas loin. Oh, je le retrouverais bien » – et qui me prend à part : « Vous savez mon mari, c’est un homme charmant, on ne partage pas les mêmes passions, c’est tout. Je ne lui en veux pas moi, c’est lui qui ne comprend pas pourquoi je m’intéresse tant à la vie de “gens qui ne savent même pas que j’existe”. Moi quand je vois toutes les stars qui se font trimballer en moto, je me dis qu’il aurait eu des clients avec sa [Honda] Gold Wing. On a peut-être raté notre vocation, allez savoir. »
Et puis, il y a celle qui cherche des signes : « Il doit y avoir quelque chose parce que les photographes sont tous derrière les arbres, regardez, moi en tout cas, je guette. Ah non, c’est la pluie qui recommence à tomber, mais pas de star à l’horizon. Et voilà, y a des jours comme ça. C’est comme la pluie. Un jour avec, un jour sans. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ En Meurthe-et-Moselle, une loi peu connue permet aux chômeurs de revenir à l’emploi. L’expérimentation court jusqu’en 2021 mais ses promoteurs espèrent une nouvelle loi pour en élargir le champ.
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Chômage de longue durée : dix territoires en France se mobilisent

En Meurthe-et-Moselle, une loi peu connue permet aux chômeurs de revenir à l’emploi. L’expérimentation court jusqu’en 2021 mais ses promoteurs espèrent une nouvelle loi pour en élargir le champ.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 14h51
    |

            Elise Barthet (Meurthe-et-Moselle, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Près du bassin où s’ébattent des carpes koï, trois hommes suent à grosses gouttes. Ils ont déjà rehaussé les murs, consolidé la charpente. Reste à couvrir l’auvent. Qu’importe si le soleil cogne fort ce vendredi 11 mai sur le bourg lorrain de Gerbécourt-et-Haplemont : Marc Duval-Hass et ses collègues en redemandent. Qui dit chantier dit travail. « Une bouffée d’air » inespérée après un an, parfois plus, à se ronger les sangs faute d’emploi.
Car les trois ouvriers sont des rescapés du chômage de longue durée. Le phénomène touchait encore 46,1 % des chômeurs au premier trimestre 2018, selon la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares). Un chiffre qui a explosé en 2008 avec la crise et peine depuis à diminuer. Surtout dans des territoires comme ce bout rural de Meurthe-et-Moselle, affectés de longue date par la désindustrialisation et la déprime du bâtiment.
Chauffeur pendant treize ans pour une entreprise de travaux publics, Marc Duval-Hass était aux premières loges. « Avant la crise, se souvient-il, quand je montais à la carrière en camion chercher du sable, je faisais la queue. Puis, il y a eu de moins en moins de monde au chargement… » L’entreprise qui l’employait a compté jusqu’à une centaine de salariés et intérimaires, avant d’enchaîner les plans de licenciements jusqu’en 2015. Quand est venu le tour du quinquagénaire, père de cinq enfants, « ça a été la claque. Trois mois sans salaire avant la liquidation. Un gouffre ». La chute est d’autant plus rude que Pôle emploi, ici, n’a pas grand-chose à proposer. Thanry, la scierie de Favières, a fermé ses portes au début des années 2000. A Toul, c’est l’usine de pneus Kleber qui a mis la clé sous la porte. Même la cristallerie de Vannes-le-Châtel a réduit la voilure.

Tout le territoire en profite
Pour l’ancien chauffeur, la lumière est venue d’une initiative peu connue, permise par une loi votée en février 2016...




                        

                        


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Reportage

Au Rwanda, des hommes enseignent la « masculinité positive »

Pour combattre les violences basées sur le genre, une ONG intervient dans les villages de ce pays qui, sur le papier, figure parmi les plus égalitaires du monde.

Par                Céline Zünd



LE TEMPS.CH
              datetime="2018-05-15T14:34:24+02:00"

        Le 15.05.2018 à 14h34






    
Le Rwanda Men’s Resource Center (Rwamrec) veut bousculer la vision traditionnelle, où l’homme décide et la femme lui est soumise.
Crédits : Jean-Marie Michel pour Le Temps


Serrés sur des bancs à l’intérieur de la petite salle communale de Gashenyi, une quarantaine d’adultes de tous âges, venus en couple, chantent des chansons à la gloire de l’unité entre les peuples au Rwanda. Ils terminent sur ce refrain : « Ensemble, nous devons combattre la violence de genre. » Dans ce village du district de Gisibo, une région rurale à environ 150 km de Kigali, ils ont été choisis au hasard pour suivre un cours sur l’égalité entre hommes et femmes.
Cette formation, financée par le ministère rwandais du genre, est donnée par le Rwamrec (Rwanda Men’s Resource Center), une ONG composée principalement d’hommes. Sa mission : « éradiquer » les violences à l’égard des femmes et enseigner la « masculinité positive ». « Les garçons grandissent dans l’idée qu’ils sont supérieurs. Nous voulons renverser cette conception et faire comprendre aux hommes que les femmes sont leurs égales », explique Calvin Mugabo, 50 ans, collaborateur de Rwamrec. Voilà quatre semaines qu’il parcourt les routes de terre de l’est du pays, à moto, avec deux autres collaborateurs, pour diffuser ce message.

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Dans le Rapport mondial sur la parité entre hommes et femmes, ce pays d’Afrique de l’Est de 12 millions d’habitants figure en quatrième position des plus égalitaires, juste derrière l’Islande, la Norvège et la Finlande. Ce classement, dressé tous les ans par le World Economic Forum, examine quatre indicateurs : santé, accès à l’éducation et à la politique, espérance de vie et opportunités économiques. En matière de représentation, le Rwanda arrive loin devant la Suisse (21e), la France (11e) et les Etats-Unis (49e).
« Certains refusent le changement »
Le Parlement compte 64 % de femmes. Un pouvoir relatif dans cet Etat autoritaire qui ne laisse pas de place à l’opposition, mais d’où est sorti un arsenal de lois améliorant la situation des Rwandaises : pénalisation de la violence, congé maternité, droit à l’avortement. Dans les rues de Kigali, l’empowerment féminin se décline en slogans publicitaires. Le pays n’est pas pour autant devenu un lieu sûr pour les femmes. Selon un rapport d’ONU Femmes de 2015, 44 % des Rwandaises rapportent avoir vécu des agressions physiques, 37 % disent avoir été insultées ou frappées par leur époux. Des femmes se voient encore refuser l’accès aux terres ou à l’éducation par leurs familles.

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Début mai, une nouvelle affaire a galvanisé les militants pour les droits des femmes. Un homme de 40 ans a tué sa jeune épouse, enceinte de son septième enfant, avant de la découper en morceaux. Peace Tumwesigire peine à contenir sa rage lorsqu’elle relate ce crime. « Au Rwanda, les lois sont bonnes, mais trop de monde les ignore », souligne cette militante, qui tient une émission hebdomadaire à la télévision locale, Family Magazine. A ses yeux, la violence se perpétue dans les foyers comme une forme de résistance à l’ascension des femmes. « Certains, beaucoup de femmes aussi, refusent le changement. Ils préfèrent l’image des rôles traditionnels, où l’homme décide et la femme lui est soumise. »

    
Hommes et femmes participent aux formations du Rwamrec visant à « éradiquer » les violences basées sur le genre.
Crédits : Jean-Marie Michel pour Le Temps


C’est cette conception que Rwamrec compte bousculer. « Qu’est-ce que le genre ? », demande Amon Mwumvaneza devant la classe. « C’est la liberté pour chacun », répond Olivia, une jeune participante. Le formateur continue à questionner : pourquoi les filles doivent-elles rester à la maison tandis que leurs frères apprennent à élever les chèvres et à gagner de l’argent ? Pourquoi une femme ne pourrait-elle pas conduire une moto ou un taxi ? « Les filles doivent comprendre qu’elles ont les mêmes possibilités que les garçons. Etes-vous pour l’éducation du passé ? » « Non », répond l’assemblée.
Ils en sont à leur quatrième session d’une formation de six mois. L’un des participants, un homme d’âge moyen, se lève : « Avant, je cachais l’argent hors de la vue de ma femme et je le dépensais dans la boisson, raconte-t-il. Mais j’ai compris maintenant que ce qui est bon pour elle est bon pour toute ma famille. Depuis, nous ne manquons plus de savon ni de sucre. » Un autre participant confie : « Avec mon épouse, nous nous sommes mis à parler ensemble assis sur le lit. » « Avant, mon mari buvait, tombait dans la boue et rentrait souillé. Il boit encore aujourd’hui, mais il ne tombe plus », dit une femme.
70 % de femmes au lendemain du génocide
L’ONG Rwamrec reflète la révolution lente qui travaille le Rwanda depuis plusieurs années. Le tournant a lieu en 1994, après le génocide qui a fait 800 000 morts et 3,5 millions de déplacés. Au lendemain des massacres, la population est composée de près de 70 % de femmes. Beaucoup d’entre elles ont la vie sauve, mais brisée par les viols et le traumatisme. Le génocide sera suivi d’un séisme sociétal. Avant 1994, les femmes n’avaient pas le droit d’hériter, de prendre un emploi ou d’ouvrir un compte bancaire sans l’accord de leur époux. Souvent illettrées, elles étaient cantonnées aux tâches domestiques.
Au lendemain de la guerre, la reconstruction du pays repose sur elles. Elles se rassemblent en coopératives, forment des groupes d’entraide pour les veuves et s’emparent peu à peu de métiers jusqu’ici réservés à leurs époux. « Les femmes sont devenues les hommes de la maison. Elles n’avaient pas le choix : elles ont dû se débarrasser des tabous et du poids de la culture traditionnelle, selon laquelle la femme se tient en retrait. Quant au gouvernement, il n’avait pas le luxe de reconstruire un pays sans la majorité de sa population », souligne Cédric Nsengiyumva, dont la voix grave s’élève sans peine au-dessus du brouhaha du café Canaberra, à Kigali. Ce Rwandais de la diaspora, revenu dans son pays il y a trois ans après avoir vécu au Canada, nourrit une passion pour la presse, à côté de son travail dans une agence publicitaire. Il a lancé le magazine Ingoby, qui relate des success stories féminines.

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Les femmes n’ont pas seulement dépassé le nombre d’hommes au Parlement. Elles occupent aussi des postes clés dans l’armée, la police ou à la tête d’entreprises. « Il y a un dicton en kinyarwanda qui dit que les femmes ne montent pas sur les toits. Aujourd’hui, non seulement elles montent sur les toits, mais elles en dirigent aussi la construction », souligne Cédric. En 2016, Diane Karusisi, double nationale suisse et rwandaise, a pris la direction générale de la plus grande banque du pays, la Bank of Kigali. C’est aussi une femme qui occupe le poste de second au sein du bureau rwandais chargé des investigations, un organe indépendant créé il y a deux ans pour enquêter sur des délits impliquant la police.

    
Pour Peace Tumwesigire, qui anime l’émission télévisée « Family Magazine », « au Rwanda les lois sont bonnes mais trop de monde les ignore ».
Crédits : Jean-Marie Michel pour Le Temps


Yvette Ishimwe a grandi dans cette société où tout semble possible. A 22 ans, elle dirige une entreprise de traitement des eaux, Iriba Water Group, qu’elle a créée en 2015. Sa société extrait de l’eau dans l’est du pays et l’achemine jusque dans les foyers. La jeune Rwandaise évoque son prochain projet avec entrain : garantir de l’eau courante potable dans les hôpitaux et les écoles. « Nous ne sommes pas une ONG mais une entreprise sociale rentable », tient-elle à préciser. Yvette Ishimwe se préoccupe davantage de l’image de l’Afrique et du Rwanda que de celle des femmes. « On nous perçoit trop souvent comme vulnérables. J’aimerais montrer que nous sommes capables de développer nos propres solutions. » Elle incarne une génération née sur les cendres du génocide mais braquée vers l’avenir.
« Je serai la risée de mes voisins »
Retour au village de Gashenyi. Les esprits s’échauffent dans la petite salle de classe. « Nous allons aux champs comme les hommes le matin. Pourquoi alors peuvent-ils aller boire des bières et se reposer toute l’après-midi, tandis que nous devons rentrer à maison pour faire le ménage ? », lance une femme, provoquant un brouhaha dans la salle. « Je ne peux pas laver les bébés, c’est impossible ! », s’exclame un homme. Son voisin résume ainsi le problème : « Ce sont les femmes qui vont chercher de l’eau au puits. Si je le fais moi-même, je serai la risée de mes voisins. Les autres hommes me diront que ma femme m’a jeté un sort pour me rendre obéissant. »

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Betty travaille pour un salaire d’environ 240 euros par mois dans un coffee shop de Kigali qui n’emploie que du café produit par des femmes. Avant, elle-même vivait de la culture d’un petit lopin de terre qu’elle possédait dans le district de Nyagatare, dans l’est du Rwanda. Mère célibataire d’un fils de 7 ans, elle rêve de gagner un concours de barmaid qui aura lieu en 2019 dans son pays. « Les femmes ont été colonisées par les hommes et ont dû s’en libérer, dit-elle en riant. Aujourd’hui, elles peuvent conduire des remorques ou être pilotes. »
Après 1994, ce pays où tout était à reconstruire a attiré une vague d’immigration de la diaspora, attirée par les nouvelles opportunités. Parmi elles, Sonia Kubwinama. Elle avait 25 ans lorsqu’elle est revenue, après avoir achevé ses études d’économie au Congo. Elle commence à travailler dans la filiale locale d’Heineken, Bralirwa. Après vingt-et-un ans de carrière, elle a décidé de reprendre l’entreprise de ses parents, Kinunu, qui produit du café et travaille avec 50 % de femmes. « Au Rwanda, c’est plus facile pour les femmes que dans d’autres pays africains. La grande majorité de la population accepte leur ascension car cela a un impact positif sur l’économie du pays. »


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ La République démocratique du Congo a donné son feu vert à l’utilisation d’un vaccin expérimental pour lutter contre l’épidémie qui s’est déclarée dans le nord-ouest du pays.
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Ebola : un vaccin expérimental sera utilisé en RDC

La République démocratique du Congo a donné son feu vert à l’utilisation d’un vaccin expérimental pour lutter contre l’épidémie qui s’est déclarée dans le nord-ouest du pays.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 15h43
    |

            Chloé Hecketsweiler








                        



   


Un vaccin expérimental contre Ebola pourrait être déployé dès lundi 21 mai en République démocratique du Congo (RDC). Alors que le virus s’est déclaré dans le nord-ouest du pays, les autorités ont donné leur feu vert lundi 14 mai à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les premières doses devraient être acheminées dans la semaine mais la logistique s’avère très compliquée. L’épicentre de l’épidémie, la ville de Bikoro, se situe dans une zone très reculée, à deux jours de route de la capitale Kinshasa. Par ailleurs, le vaccin doit être conservé à une température comprise entre – 60°C et – 80°C ce qui suppose l’envoi des équipements spécifiques.

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Mis au point par le laboratoire pharmaceutique Merck en 2016, le vaccin s’est révélé efficace lors d’essais sur les humains, mais il n’a pas encore reçu d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Connu sous le nom de code V920, il avait été testé en Guinée en 2015, à la fin de l’épidémie qui avait fait plus de 11 000 morts en Afrique de l’Ouest. Les résultats publiés dans The Lancet début 2017 semblent très prometteurs : sur les quelque 6 000 personnes vaccinées (dont près de 200 enfants) aucune n’a contracté la maladie dans les semaines suivant la vaccination. Les participants avaient été sélectionnés sur la base de leur proximité avec un patient infecté.
Le V920 s’appuie sur les travaux d’un laboratoire de recherche public canadien, et a d’abord été développé par la biotech américaine NewLink Genetics. Merck a conclu avec elle un accord de licence fin 2014, et commencé les vaccinations dès mars 2015 en Guinée. Les données collectées lors de cet essai clinique, le plus important conduit dans un contexte épidémique, seront étudiées à la loupe par les autorités de santé en Europe et aux Etats-Unis où Merck prévoit de déposer une demande d’AMM. Le laboratoire comptait présenter son dossier fin 2017 mais a pris du retard, et aucun calendrier n’a été avancé pour 2018.
Les vaccins ont été fabriqués par Merck
L’OMS dispose aujourd’hui de 4 000 vaccins, mais au moins 300 000 autres doses sont disponibles. Ces vaccins ont été fabriqués par Merck à la suite d’un accord passé avec Gavi, une organisation internationale dont l’objectif est de favoriser l’accès des pays pauvres aux vaccins. En janvier 2016, elle s’était engagée à verser 5 millions de dollars au laboratoire américain en contrepartie de la création d’un stock d’urgence. « Il est inquiétant de constater que le monde n’est toujours pas prêt à faire face aux nouvelles menaces sanitaires qui pourraient se présenter à l’avenir ; il faut absolument changer de mentalité et investir dès aujourd’hui dans la recherche et le développement pour assurer notre protection dans les années à venir, » avait à ce moment déclaré le Dr Seth Berkley, le directeur de Gavi.

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L’OMS a comptabilisé 39 cas suspects, probables ou confirmés de fièvre Ebola entre le 4 avril et le 13 mai aux alentours de Bikoro. Sur ces cas-là, 19 ont été mortels. Près de 400 personnes ayant été en contact avec les malades ont été placées en observation. Elles devraient être les premières à recevoir le vaccin, ainsi que le personnel soignant, l’objectif étant de limiter au maximum le risque de diffusion.
Mbandaka, la ville la plus proche, se situe à quinze heures de route. « Une épidémie urbaine majeure [à Mbandaka] est un risque immédiat », a souligné Peter Salama, responsable des situations d’urgence à l’OMS. « Une fois qu’Ebola arrive dans les zones urbaines, en particulier dans les bidonvilles urbains pauvres, il est très difficile d’éliminer la maladie », a-t-il ajouté. Les liaisons fluviales représentent aussi un risque : par le fleuve Congo, Bikoro est relié à la capitale Kinshasa (11,5 millions d’habitants) ainsi qu’à Brazzaville la capitale de la République du Congo (1,9 million d’habitants).



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 14/05/2018
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Cannes 2018 : « The House That Jack Built », le cauchemar meurtrier de Lars von Trier

Pour son retour au Festival de Cannes, le réalisateur danois fait d’un tueur en série le porte-parole de l’artiste maudit, entre acte de contrition et provocation.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 10h07
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Sélection officielle – hors compétition
L’ovation qui a accueilli Lars von Trier à son arrivée dans le Grand Théâtre Lumière, lundi 14 mai, fut nettement plus intense que celle qui a conclu la projection de The House That Jack Built, 155 minutes plus tard. Entre-temps la salle avait plongé dans les abîmes d’une noire dépression, qui se manifestait par des cauchemars assassins, féminicides dans leur immense majorité.
Ecrivant une demi-heure après que le générique a fini de défiler sur l’écran, je suis incapable de déterminer si ce long film, torturé et torturant, est un acte de contrition ou la revendication de toutes les fautes dont on a chargé son auteur, de Breaking The Waves à Nymphomaniac. La seule certitude, mais elle est ancienne chez Lars von Trier, c’est l’omniprésence et la permanence de la souffrance, physique et psychique.
Au début du film, alors que l’écran est encore noir, on entend deux voix dialoguer en anglais. La première, plus juvénile, demande l’autorisation de parler, la seconde est celle, reconnaissable entre toutes, est celle de Bruno Ganz, qui autorise son interlocuteur à raconter son histoire, même s’il a déjà tout entendu de ses compagnons au long de ce voyage indéfini, qu’il a manifestement accompli très souvent.

   


Plus tard, on saura que le vieillard s’appelle Verge, et si l’on n'a pas encore résolu l’énigme, il finira par revendiquer la paternité de l’Enéide. On ne découvrira ses traits qu’à la toute fin du film. Auparavant Verge aura commenté sur un ton navré la pratique et la théorie de Jack (Matt Dillon) au long de leur descente.
Lars von Trier se met en scène
Jack est tueur en série. Il revendiquera une soixantaine de meurtres dont Lars von Trier, dans son infinie miséricorde, ne met en scène qu’une poignée, répartis en cinq « exemples ». La plupart des victimes sont des femmes, aucune des actrices mobilisées pour tomber sous les coups du sociopathe (Uma Thurman, Siobhan Fallon Hogan, Sofie Grabel et Riley Keough), n’a eu droit à un personnage. Les femmes ne sont ici que matériau.

   


Le terme est utilisé par Jack qui revendique aussi sa qualité d’artiste, que lui conteste vigoureusement Verge. Il n’est pas besoin de détailler la litanie des crimes. Ils sont justifiés par leur auteur comme la manifestation d’une part irréductible de la nature, mais aussi comme une discipline voisine de l’architecture. Cette assimilation de la transgression la plus violente à l’art repose sur un leitmotiv : des séquences empruntées à la télévision canadienne montrant Glenn Gould jouant du piano chez lui. La bizarrerie légendaire du musicien, sa position torturée, ses incantations marmonnées pendant qu’il joue tout comme sa mauvaise santé psychique sont ainsi assimilées (et Glenn Gould n’est plus en mesure d’objecter) aux pathologies les plus terrifiantes.
En somme, il n’est pas besoin de chercher midi à quatorze heures pour conclure que Lars von Trier se met en scène sous les traits d’un génie dont l’art évoque et provoque la souffrance, et que l’incompréhension qu’il suscite n’est que la manifestation de l’étroitesse d’esprit de la plupart des humains.
Enfermé dans la répétition de ses crimes
Mais alors, pourquoi avoir fait de Jack le tueur en série le personnage le plus ennuyeux, le plus déprimant qu’on puisse imaginer. Avec une belle constance, Matt Dillon lui prête une autosatisfaction, une mesquinerie, une étroitesse de vue qui en font un être si laid que ses discours sur la beauté du mal (monologues qui permettent à Lars von Trier de renouveler ses provocations en exhumant Hitler et Speer des archives filmées) apparaissent dérisoires, banals et ennuyeux. D’autant que souvent la belle voix de Bruno Ganz lui cloue le bec (et c’est plus la qualité de l’élocution de Ganz que celle des dialogues que le scénario de Lars von Trier lui offre qui suscite cette impression).

   


Jack est enfermé dans la répétition de ses crimes, et le metteur en scène remet en service les procédés qui lui ont servi pour Nymphomaniac, entrelardant les violences faites aux corps de digressions philosophiques ou esthétiques. Le cadre instable, le montage saccadé ramènent à la période Dogma de Lars von Trier. L’infernale et prévisible conclusion de The House That Jack Built retrouve un peu de la beauté de Breaking The Waves ou Melancholia.
De toute façon, à ce stade du film, voilà déjà bien longtemps que Lars von Trier s’est cité lui-même, juxtaposant des extraits de sa filmographie à l’évocation des plus grands crimes du XXe siècle. Quant à savoir s’il regrette ou s’amuse de cette collision, il faudra le lui demander. Avant comme après la projection de son film à Cannes, Lars von Trier a gardé le même demi-sourire, le même regard absent.

Film danois de Lars von Trier. Avec Matt Dillon, Bruno Ganz, Uma Thurman (2 h 35). Sortie en salle prochainement. Sur le Web : www.filmsdulosange.fr/fr/film/248/the-house-that-jack-built



                            


                        

                        

