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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Le ministère du travail a annoncé que la présidente de Vigeo-Eiris, ancienne secrétaire générale de la CFDT, ne représenterait pas le gouvernement français au conseil d’administration du Bureau international du travail.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Pendant que le débat public se déroule en Guyane autour du projet de mine à ciel ouvert « Montagne d’or », éléments d’éclairage sur la pollution des mines d’or.
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Mines d’or et pollution : pourquoi le projet « Montagne d’or » en Guyane est contesté

Pendant que le débat public se déroule en Guyane autour du projet de mine à ciel ouvert « Montagne d’or », éléments d’éclairage sur la pollution des mines d’or.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 15h42
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 16h29
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


Alors qu’un débat public est ouvert jusqu’au 7 juillet pour « Montagne d’or », un projet de mine d’or à ciel ouvert en Guyane, les critiques se multiplient contre ce projet porté par le consortium russo-canadien Nordgold-Columbus Gold. Des voix s’élèvent au sein de la population, mais aussi chez les associations écologiques, dont le WWF, et certains responsables politiques.
Le député européen Yannick Jadot a, par exemple, dénoncé « une catastrophe », le 11 mai sur France Info. De son côté, Emmanuel Macron y est favorable. En 2015, alors ministre de l’économie, il plaidait déjà pour une augmentation de l’activité aurifère en Guyane.
La construction est prévue de 2019 à 2021, sous réserve d’autorisations, pour une production d’environ 6,7 tonnes par an, de 2022 à 2034. Explication en trois points.

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1. Risque élevé de déversement de cyanure dans la nature
Pour exploiter une mine d’or, il faut, en l’état des avancées technologiques, utiliser du cyanure. Ce composant chimique est tellement toxique que les députés européens ont demandé, sans succès, à la Commission européenne, via deux résolutions votées en mai 2010 et avril 2017, d’interdire le cyanure dans l’industrie minière des Etats membres. Les risques pour l’environnement se situent essentiellement au stade du transport, du stockage et du recyclage du cyanure.
Le cyanure permet notamment de rendre soluble l’or par « lixiviation » – ou dissolution chimique permettant d’extraire d’un minerai les métaux et minéraux de valeur. Après lixiviation, l’eau et les boues contaminées au cyanure sont stockées dans des bassins de rétention. En cas de débordement, à cause de fortes pluies par exemple, ou de rupture de digue, le cyanure est alors déversé dans la nature. « La présence de larges quantités de boue liquide, chargées en produits dangereux derrière des digues peut avoir des effets désastreux pour l’environnement en cas de fuite ou de rupture de ces digues », rappelle le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans un rapport de 2013.
L’accident le plus emblématique reste la rupture du barrage de la mine d’or de Baia Mare en Roumanie, en 2000. Il s’agit de la plus grande catastrophe écologique en Europe de l’Est depuis Tchernobyl. L’eau polluée, qui a tué des milliers de poissons, s’est déversée dans les rivières locales avant de gagner le Danube, pourtant à plusieurs centaines de kilomètres de distance. « Au moins 25 ruptures de digue ont eu lieu depuis 2000 dans le monde », recense l’ONG allemande Sauvons la forêt.
Le projet guyanais a la particularité de se situer à proximité de deux réserves biologiques intégrales, rappelle le WWF.

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2. Déforestation
Les projets de mine d’or sont source de déforestation. En 2015, des chercheurs de l’université de Porto Rico ont alerté sur le lien entre l’accélération de la déforestation des forêts humides d’Amérique du Sud et l’extraction aurifère. « La déforestation était significativement plus élevée au cours de la période 2007-2013, et cela était associé à l’augmentation de la demande mondiale d’or après la crise financière internationale », écrivent-ils.
Mais ce lien de causalité inclut l’orpaillage, ou recherche artisanale de l’or à petite échelle, souvent pratiqué dans l’illégalité. Une étude portant sur une zone de 600 000 kilomètres carrés, de l’Etat brésilien d’Amapá au Guyana en passant par la Guyane française et le Surinam, démontre que les cours mondiaux de l’or déterminent l’ampleur de la déforestation liée à l’orpaillage. « Lorsque le cours de l’or était en deçà de 400 dollars l’once, voici une quinzaine d’années, environ 2 000 hectares de forêts étaient annuellement déforestés par l’orpaillage. Quand il a flambé, pour atteindre 1 600 dollars l’once en 2011-2012, cette déforestation a atteint près de 9 000 hectares par an », pointent les chercheurs du Centre international de recherche agronomique pour le développement (Cirad), du CNRS et de l’université de Guyane.

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Les défenseurs du projet guyanais prédisent que la future mine facilitera la lutte contre l’orpaillage illégal, sans toutefois convaincre les opposants. Ces derniers estiment que ces deux éléments n’ont aucun rapport entre eux.
Dans le cas guyanais, le projet de 800 hectares implique de déboiser 374 hectares de forêt primaire ainsi que 200 hectares supplémentaires pour construire la ligne haute tension qui alimentera la mine en électricité. La superficie de la forêt primaire à déboiser représente l’équivalent de 820 terrains de football.
3. Dépenses d’eau et d’énergie
Comme toutes les industries minières, les mines d’or utilisent beaucoup d’eau. Dans le monde, une grande partie des mines d’or sont situées dans des zones de « stress hydrique » (en situation de pénurie d’eau). Par exemple, l’Australie compte parmi les principaux pays producteurs d’or alors qu’elle souffre déjà d’un stress hydrique important. Au Pérou, le projet de mine d’or et de cuivre de l’américain Newmont a été suspendu en 2012 après que la population a protesté, compte tenu du risque de pollution de l’eau, mais aussi de manque d’eau pour les habitants.
Pour le projet guyanais, « en moyenne, 140 000 litres d’eau par heure sont nécessaires », calcule l’association Sauvons la forêt.
Les besoins électriques de la mine s’élèveront, quant à eux, à 20 MW, soit 8,5 % de la consommation électrique totale de la Guyane, calcule le site Novethic. Par ailleurs, 142 millions de litres de fuel seront nécessaires sur les douze années de vie du projet.


Pour aller plus loin :

Projet de mine d'or en Guyane, dossier du maître d’ouvrage.
« Plateau des Guyanes : les cours mondiaux de l’or déterminent l’ampleur de la déforestation », dans la revue Etude du Cirad, 2017 (2017).
«  10 ans d’opération Harpie contre l’orpaillage illégal », dans la revue  ministère des Armées, 2018 (2017).


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Si les prix parisiens sont une exception, les marchés immobiliers évoluent de concert en Europe. Seuls les villes de Prague et Stockholm sont orientées à la baisse.
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Immobilier : la hausse des prix est générale en Europe

Si les prix parisiens sont une exception, les marchés immobiliers évoluent de concert en Europe. Seuls les villes de Prague et Stockholm sont orientées à la baisse.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 13h57
    |

            Jérôme Porier








                        



   


La hausse des prix observée en France n’est pas une exception en Europe, montre une étude réalisée par ERA. Créé en 1971 aux Etats-Unis, ce réseau compte 2 300 agences dans 35 pays, dont 14 en Europe.
Le climat reste favorable à l’immobilier résidentiel en Europe, estiment les auteurs de l’étude, qui ont ausculté onze pays du Vieux Continent, sous l’angle des prix du mètre carré, des taux d’intérêt des emprunts immobiliers, du pourcentage de propriétaires dans la population, etc.

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Premier constat, la flambée des prix dans les capitales européennes n’est pas terminée. Les prix demeurent orientés à la hausse dans 8 des 11 villes étudiées (Paris, Berlin, Lisbonne, Vienne, Bruxelles, Sofia, Luxembourg et Amsterdam). Seules Prague (République tchèque) et Stockholm (Suède) baissent, tandis que Bern (Suisse) stagne. A noter : Londres, Rome et Madrid ne figurent pas dans l’étude.
« Le niveau historiquement bas des taux de crédit immobilier n’est évidemment pas une exception française »
En hausse de 8,4 % sur un an, à 8 716 euros à la fin de 2017, le prix moyen du mètre carré observé à Paris par ERA atteint des hauteurs que seule Stockholm connaît (8 378 euros). La situation de la capitale française est donc une exception à l’échelle européenne. En revanche, dès que l’on s’intéresse aux prix au mètre carré au niveau national, la France rentre dans le rang. A 2 550 euros le mètre carré, elle est devancée par le Luxembourg (4 800 euros) et la Suède (3 280 euros).

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Le prix moyen d’achat au niveau national entre 2016 et 2017 a augmenté dans tous les pays étudiés sans exception. « Le niveau historiquement bas des taux de crédit immobilier n’est évidemment pas une exception française. Il résulte de politiques gouvernementales assez identiques, en matière économique, budgétaire et monétaire. Du coup, partout, il se crée un climat favorable au marché résidentiel », écrivent les auteurs de l’étude.
Toutefois, la notion de taux bas peut varier d’un pays à l’autre. En Bulgarie, il se traduit par un taux moyen de 4,1 % sur une durée de vingt à vingt-cinq ans. Comme la France, la Belgique et la République tchèque anticipent une remontée progressive du taux des crédits immobiliers en 2018. En revanche, les taux devraient rester stables en Autriche, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Suisse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Certains points du projet de loi suscitent la déception des associations de défense des droits des femmes et de protection de l’enfance.
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Violences sexistes et sexuelles : ce que contient le projet de loi

Certains points du projet de loi suscitent la déception des associations de défense des droits des femmes et de protection de l’enfance.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 13h11
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 14h04
    |

            Gaëlle Dupont








                        



   


L’Assemblée nationale examine, lundi 14 et mardi 15 mai, un projet de loi renforçant la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, défendu par la ministre de la justice, Nicole Belloubet, et la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Certains points du texte suscitent la déception des associations de défense des droits des femmes et de protection de l’enfance. En voici les principales mesures.

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Le délai de prescription pour les crimes sur mineur porté de vingt à trente ans après la majorité
L’objectif est de laisser davantage de temps pour porter plainte aux victimes, d’autant plus traumatisées qu’elles étaient mineures au moment des faits.
Quelques associations réclament l’imprescriptibilité pour les crimes sexuels sur les mineurs, en raison des très longues années nécessaires à certaines victimes pour briser le tabou et parler, voire de l’amnésie traumatique de certaines d’entre elles.
Les amendements allant dans ce sens ont été rejetés lors de l’examen du texte en commission des lois, mercredi 9 mai, en raison des difficultés à apporter des preuves d’un crime après des dizaines d’années, mais aussi parce qu’une telle mesure introduirait des incohérences dans les règles de prescription des différents crimes.

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La répression des infractions sexuelles sur les mineurs renforcée
C’est l’article qui suscite le plus de controverse. Alors que l’instauration d’une présomption de non-consentement pour les mineurs de moins de 15 ans a pendant plusieurs mois été évoquée par le gouvernement, le texte ne retient pas cette option.

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« En matière criminelle, il n’y a pas de présomption de culpabilité possible, défend la rapporteuse (LRM) de la commission des lois, Alexandra Louis. Le doute profite au mis en cause. C’est un principe fondamental de notre droit. »
La députée met en garde contre une censure du Conseil constitutionnel. « Quand une disposition est censurée, des victimes perdent l’opportunité de saisir le juge, explique-t-elle. Nous avons une responsabilité énorme. » 
Le texte, modifié par la commission des lois, précise la définition du viol sur mineurs dans le code pénal, afin d’aider les juges à mieux caractériser l’infraction. « Lorsque les faits sont commis sur la personne d’un mineur de moins de 15 ans, la contrainte morale et la surprise sont caractérisées par l’abus de vulnérabilité de la victime ne disposant pas du discernement nécessaire pour consentir à ces actes », précise le projet de loi.
Dans le même temps, il porte à sept ans la peine pour atteinte sexuelle (qui sanctionne toute relation sexuelle entre un majeur et un mineur de moins de 15 ans, même sans violence, menace, contrainte ou surprise), et à dix ans en cas de pénétration. Cette disposition en particulier « pose un interdit civilisationnel clair sur les rapports sexuels entre majeurs et mineurs de moins de 15 ans », selon Marlène Schiappa. 
Elle est cependant contestée par plusieurs associations, qui estiment qu’elle entraîne un risque accru de déqualification des viols sur mineurs en délits. Dans une lettre ouverte publiée lundi 14 mai, 250 personnalités, dont l’ancienne ministre des droits des femmes Yvette Roudy, l’écrivaine Geneviève Brisac, ou l’actrice Karin Viard, demandent le retrait de cette disposition.

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Lutte contre le harcèlement groupé
C’est la disposition la plus consensuelle du texte. Le gouvernement prévoit que les délits de harcèlement sexuel et de harcèlement moral, punis respectivement de trois et deux ans de prison, seront constitués « lorsque ces propos ou comportements sont imposés à une même victime de manière concertée par plusieurs personnes, alors même que chacune de ces personnes n’a pas agi de façon répétée ».
La commission des lois a ajouté que les faits seraient caractérisés « lorsque ces propos et comportements sont imposés à une même victime, successivement, par plusieurs personnes qui même en l’absence de concertation, savent qu’ils caractérisent une répétition ». 
L’objectif est de mieux sanctionner les « raids numériques », des attaques coordonnées menées en ligne, dont les auteurs échappent aujourd’hui aux poursuites, car ils n’ont pas agi de façon répétée.

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Création d’une infraction d’outrage sexiste
Sanctionner le harcèlement de rue faisait partie des promesses de campagne d’Emmanuel Macron. Le projet de loi crée une infraction d’outrage sexiste inspirée de la définition du harcèlement sexuel – c’est-à-dire le fait d’imposer à une personne des propos ou des comportements à connotation sexuelle qui portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, ou créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.

        Lire l’entretien avec Marlène Schiappa :
         

          « L’amende contre l’outrage sexiste aura une valeur pédagogique »



Cette infraction sera sanctionnée d’une amende de 90 euros, pouvant aller jusqu’à 3 000 euros en cas de récidive. La mesure est plutôt bien accueillie, même si des doutes s’expriment sur son application, l’infraction devant être constatée en flagrance.
Un amendement de la rapporteuse adopté en commission étend le champ des personnes habilitées à dresser des procès-verbaux. En plus des officiers et agents de police judiciaire, les agents de police judiciaire adjoints (agents de police municipale, adjoints de sécurité…), ainsi que les agents de sécurité de la SNCF et de la RATP pourront constater l’infraction.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Pour la dix-huitième journée de mobilisation des cheminots contre le « pacte ferroviaire » proposé par le gouvernement, le taux de grévistes des personnels indispensables à la circulation des trains se monte à 49,8 %.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤                     
                                                

Journée blanche pour un lundi noir à la SNCF

Pour la dix-huitième journée de mobilisation des cheminots contre le « pacte ferroviaire » proposé par le gouvernement, le taux de grévistes des personnels indispensables à la circulation des trains se monte à 49,8 %.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 10h51
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 11h04
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Les syndicats de la SNCF l’avaient par avance surnommée « journée sans cheminots ». Le lundi 14 mai, dix-huitième jour de la grève par épisodes, qui a commencé le 3 avril dernier, a effectivement coïncidé avec un regain de mobilisation des opposants à la réforme ferroviaire.
Le trafic ferroviaire était très perturbé dans la matinée du 14 mai, les voyageurs pouvant tabler en moyenne sur un TGV, TER ou Transilien sur trois et un Intercités sur cinq, avec des situations contrastées en fonction des régions. Selon la SNCF, le taux de grévistes, lundi, des personnels soumis à déclaration préalable (c’est-à-dire indispensables à la circulation des trains), et mesuré la veille, dimanche 13 mai, se montait à 49,8 %, soit un niveau très légèrement supérieur au taux enregistré le 3 avril (48 %).
Comme à chaque fois, le niveau de mobilisation a été particulièrement élevé chez les conducteurs (76 %), le taux de déclaration préalable dépassant également les 70 % chez les contrôleurs (74,2 %) et se montant à 36 % chez les aiguilleurs. Mercredi 9 mai, le pourcentage de grévistes était tombé à 14,46 % en matinée, le plus faible depuis le début du mouvement, les conducteurs demeurant en majorité mobilisés (53 %).
Référendum syndical
Cette journée du lundi 14 mai donne aussi le coup d’envoi de la consultation lancée auprès des 147 000 salariés de la SNCF par les quatre syndicats représentatifs du groupe public (CGT-Cheminots, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots), unis depuis le début de la contestation. Ce référendum « pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement », appelé « votaction » par les syndicats, prendra fin le 21 mai, quelques jours avant l’examen de la réforme au Sénat.
Sans valeur juridique et jugé « illégitime » par la direction de la SNCF, la consultation est également conçue, selon Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, comme « une modalité d’action », qui vise à « expliquer aux cheminots le contenu de cette réforme et discuter avec eux ».
Reste à savoir si ce sursaut du mouvement constitue une vraie relance du conflit ou n’est que le chant du cygne d’une mobilisation qui a commencé à s’essouffler. Le pourrissement sans franche sortie de grève comporte des risques : celle des actions isolées et jusqu’au-boutistes. Le 14 mai au matin, le trafic des trains était interrompu entre Paris-Saint-Lazare et la Normandie en raison d’un acte « de malveillance » au niveau d’une caténaire dans l’Eure. La SNCF qui craignait des actions de ce type va porter plainte.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Dans un entretien au « Monde », Chloé Morin, de la Fondation Jean-Jaurès, estime que les citoyens français sont désormais davantage attachés à la justice qu’à l’égalité.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La montée des inégalités s’impose partout comme une préoccupation »

Dans un entretien au « Monde », Chloé Morin, de la Fondation Jean-Jaurès, estime que les citoyens français sont désormais davantage attachés à la justice qu’à l’égalité.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 10h32
    |

            Virginie Malingre








                        



                                


                            

Chloé Morin est directrice de l’Observatoire de l’opinion au sein de la Fondation Jean-Jaurès. Elle fut la conseillère chargée de l’opinion publique dans le cabinet du premier ministre Jean-Marc Ayrault, puis Manuel Valls, de 2012 à 2016.
Les Français sont-ils sensibles aux thématiques que soulève le rapport Oxfam ?
Oui. Le rapport d’Oxfam ne va faire que conforter des constats qui sont déjà largement partagés dans l’opinion : l’idée que les riches s’enrichissent, que le travail est moins valorisé que le capital, et que la politique menée, loin d’encadrer les dérives du système économique, les accroît.

Emmanuel Macron, accusé par l’opposition d’être le « président des riches », peut-il pâtir de ce sentiment d’injustice ?
La politique du président de la République est jugée injuste par 71 % des Français et pourtant, depuis un an, elle satisfait 40 % à 45 % d’entre eux. A cela, j’ajoute une gauche qui fait de la solidarité et de l’égalité son combat, mais ne cesse de reculer, situation qui, d’ailleurs, n’est pas propre à la France. Si l’on n’explique pas ce paradoxe, on passe à côté du sujet.

Comment l’expliquez-vous justement ?
Les institutions et solutions collectives sont largement décrédibilisées. On juge que le système fiscal et l’école accroissent les inégalités – ce qui est faux s’agissant du système fiscal –, que les instruments de la solidarité favorisent les nantis et les assistés, que globalement l’Etat n’est pas efficace et que le service rendu n’est pas à la hauteur de ce que l’on paie. Dans ce contexte, quand la gauche dit « solidarité », on entend souvent « assistanat ». Quand la gauche dit « taxer les riches », on entend « matraquage fiscal des classes moyennes ».
Ce serait donc la fin de la solidarité ?
La France reste un pays pétri d’égalité. La demande de justice et d’égalité est loin d’avoir disparu....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Chargé de redynamiser un mouvement peu organisé, le chef de file de La République en marche a connu des débuts difficiles. Il assure aujourd’hui « s’éclater » à la tête du parti.
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Christophe Castaner, patron de parti malgré lui

Chargé de redynamiser un mouvement peu organisé, le chef de file de La République en marche a connu des débuts difficiles. Il assure aujourd’hui « s’éclater » à la tête du parti.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 10h19
    |

            Alexandre Lemarié et 
Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

Il avait donné l’impression d’accepter le poste à reculons. Lors de son élection à la tête de La République en marche (LRM), le 18 novembre 2017, Christophe Castaner avait reconnu que la direction du mouvement n’était « pas un rêve », mais « un devoir ». Il avait alors répondu favorablement à la demande d’Emmanuel Macron, qui avait décidé de placer l’un de ses lieutenants à la tête d’une formation en déshérence. Sans trop avoir le choix…
« A l’origine, je n’étais pas candidat pour prendre la tête d’un mouvement politique. Ce n’était pas forcément ma culture. Mon nom est apparu pour beaucoup comme une évidence. Alors j’ai dit banco ! », confie-t-il aujourd’hui au Monde.
Même s’il a passé trente ans au Parti socialiste, avant de rejoindre M. Macron en 2016, l’ex-maire de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence) n’avait guère montré jusqu’ici d’appétence pour les jeux d’appareil. Lorsqu’il était membre du PS, il se vantait de n’avoir jamais mis les pieds au siège parisien, rue de Solférino. « Tête de liste du PS aux élections régionales de 2015 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, il avait été lâché par le parti, ça l’avait marqué », raconte aussi un proche.
M. Castaner était tellement réticent à prendre le poste de délégué général de LRM qu’il avait tenté de persuader M. Macron de choisir un autre candidat. « Il lui a même fait l’éloge de Richard Ferrand pour le poste, c’est dire… », s’amuse un macroniste de la première heure, en référence aux relations compliquées entre « Casta » et le chef de file des députés LRM. Contraint d’abandonner son portefeuille de porte-parole du gouvernement, l’ancien socialiste a tout de même réussi à garder celui de secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement.
« J’aime le terrain passionnément »
Chargé de relever un mouvement peu organisé, il a connu des débuts difficiles. « Les choses ne sont pas simples », confiait-il au Figaro...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Le gouvernement examine les dossiers agricoles des zadistes lundi avant de procéder à de nouvelles expulsions.
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L’avenir des terres de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes à nouveau en discussion

Le gouvernement examine les dossiers agricoles des zadistes lundi avant de procéder à de nouvelles expulsions.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 10h27
    |

            Rémi Barroux








                        



   


L’avenir de la ZAD, la zone à défendre, de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), se construit lentement, mais sur une voie encore semée d’embûches, et même parfois de barricades. Lundi 14 mai, une quinzaine de dossiers de projet agricole des zadistes devait être étudiée par le comité de pilotage (Copil) sur l’avenir des terres agricoles de la ZAD, en présence du ministre de l’agriculture, Stéphane Travert.
Au lendemain de cette réunion, alors que de futures conventions d’occupation précaire pourraient être signées dans les prochains jours, à l’instar de ce qui s’est fait, le 24 avril, avec quatre agriculteurs, opposants historiques au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, de nouvelles expulsions de sites illégaux devraient être diligentées. La date retenue serait, selon certaines sources, vendredi 18 mai, en tout cas au lendemain du match de football qui opposera, mercredi, l’Olympique de Marseille à l’Atlético Madrid, en finale de l’Europa League, confrontation qui mobilisera de nombreuses forces de l’ordre.
Ces nouvelles expulsions concerneraient quatorze ou quinze squats sur la soixantaine restants et ne devraient pas toucher les lieux pour lesquels des dossiers d’activité agricole ou artisanale ont été déposés à la préfecture. Cela n’empêchera pas de nouveaux affrontements entre zadistes et gendarmes mobiles, qui pourraient être d’autant plus durs que les occupants, au nombre de plusieurs centaines avec les soutiens venus les renforcer, estiment avoir joué globalement le jeu en déclarant des projets nominaux… et collectifs.
Les quelque cinq cents gendarmes mobiles toujours présents sur la ZAD recevront des renforts pour mener à bien ces opérations toujours délicates. Le 9 avril, ils étaient 2 500 pour détruire une trentaine de sites, déclenchant une véritable bataille rangée dans le bocage.
« Ce qui doit être évacué sera évacué »
Quatre jours après le début de cette première évacuation, le 12 avril, la préfète de région des Pays de la Loire, Nicole Klein, avait annoncé la fin des opérations. Le même jour, interviewé sur TF1, Emmanuel Macron déclarait que « tout ce qui était à évacuer a été évacué ». Des mots accueillis favorablement sur le terrain, car signifiant une phase d’apaisement et de négociation. Mais, le 15 avril, sur BFM-TV, RMC et Mediapart, le chef de l’Etat, en annonçant un nouveau délai pour les zadistes désireux de remettre des dossiers de régularisation, annonçait qu’« à l’issue de ce délai tout ce qui doit être évacué sera évacué ». Le premier ministre, Edouard Philippe, a fixé la date au 14 mai.

        Lire aussi :
         

                Notre-Dame-des-Landes : discussions sous tension sur l’avenir des terres agricoles



Autant dire que l’avenir de la ZAD reste confus. Après avoir été étudiés, le 9 mai, par un comité professionnel de la chambre d’agriculture, la quinzaine de projets présentés au Copil sont sans nul doute les plus aptes à être accueillis favorablement par les membres de ce comité qui réunit, sous l’autorité de Nicole Klein, des élus locaux, des membres des organisations agricoles, de la chambre d’agriculture, du conseil départemental, d’associations, ainsi que de la direction départementale des territoires et de la mer, celle-là même qui, depuis de nombreux jours, œuvre à rendre plus acceptables les dossiers des zadistes.
Parmi ceux-ci, qui mentionnent le nom du porteur de projet, sa date de naissance, son adresse, les parcelles concernées par l’activité, sa profession, ses diplômes agricoles, son expérience professionnelle, son affiliation à la Mutualité sociale agricole (MSA), ainsi que ses parrainages et partenaires, on trouve aussi bien l’« élevage de vaches laitières en agriculture biologique et l’élevage de veaux et bœufs pour la vente directe ou le circuit long », celui de « 80 brebis allaitantes » avec production de viande d’agneau et de laine, du maraîchage, de l’apiculture, de la production céréalière (orge, blé, sarrasin, avoine, épeautre…), des vergers ou encore un « élevage d’escargots de petits gris et gros gris ».
Dossiers à retravailler
De l’avis même de la préfète, ces dossiers « ne posent pas de problème ». D’autres, en revanche, devront encore être retravaillés. Enfin, les dossiers artisanaux, qui ne sont pas agricoles, vont devoir attendre. Ainsi la bibliothèque, la crèche, l’auberge ou encore les projets de menuiserie, de forge n’ont pas vocation à être étudiés par le Copil. « Il s’agit pour nous de pérenniser et d’implanter de nouvelles activités sur cette zone, et par là même de déclarer des activités en préfecture, centres professionnels d’entreprises et services de protection sociale », écrivaient, fin mars, l’Association pour un avenir commun dans le bocage à la MSA de Loire-Atlantique.
Se posera alors la question du bâti. Et le maire de Notre-Dame-des-Landes, Jean-Paul Naud, se montre plutôt réservé sur la pérennisation de nombreuses constructions. « Je ne voulais pas d’aéroport, ce n’est pas pour accepter n’importe quoi sur cette zone qui est à 98 % humide et non constructible », dit-il.
Dans le Copil, nombreux sont ceux qui voient d’un mauvais œil la régularisation des opposants illégaux de la ZAD. A commencer par le président de la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique, Jacques Lemaître, qui, sur Franceinfo, le 18 avril, avait déclaré que, pour être agriculteur, « il y a un certain nombre de contrôles vétérinaires à respecter sur les animaux pour éviter les maladies, les contaminations… Sur ce point, il faut bien que l’Etat surveille ». Alors que les zadistes sont hostiles, par exemple, au puçage des animaux.
Régler les « conflits d’usage »
Parmi les organisations agricoles présentes au Copil, la FNSEA 44, la Coordination rurale, comme la chambre d’agriculture, sont peu enclines à faciliter l’installation des néoruraux, quand la Confédération paysanne se montre ouverte. Les associations qui ont lutté durant de nombreuses années, comme l’Adeca ou Copain 44, poussent, elles, à respecter la dimension collective de ces projets.
Il restera aussi à régler les « conflits d’usage », soit les projets qui sont annoncés sur des terres que réclament aujourd’hui des fermiers ayant fait le choix de céder leurs terres à l’Etat pour la réalisation de l’aéroport. « Cela ne représente que 50 à 90 hectares maximum sur les 270 dont l’avenir est encore à trancher, cela devrait pouvoir se régler », optimise Nicole Klein, qui redoute toujours la reprise des violences sur la ZAD.

        Lire aussi :
         

                Nicole Klein, l’équilibriste de Notre-Dame-des-Landes






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ La directive « équilibre entre vie professionnelle et vie privée » propose que chacun des parents, à la naissance d’un enfant, ait droit à quatre mois de congés rémunérés à hauteur des indemnités maladie.
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A Bruxelles, la France s’oppose à un congé parental mieux rémunéré

La directive « équilibre entre vie professionnelle et vie privée » propose que chacun des parents, à la naissance d’un enfant, ait droit à quatre mois de congés rémunérés à hauteur des indemnités maladie.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 06h39
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            LETTRE DE BRUXELLES
Si elle penche clairement à droite en France, la présidence Macron avait, jusqu’à présent, un discours plutôt très progressiste à Bruxelles : convergence sociale et fiscale, création d’un super-ministre des finances et d’un budget conséquent pour la zone euro… Un programme parfaitement social-démocrate, ces avancées étant réclamées par le centre-gauche européen depuis des années.
Ces dernières semaines, pourtant, la France tient discrètement une ligne bien moins sociale dans les instances communautaires. Elle fait partie des nombreux pays qui bloquent toute avancée dans les discussions sur la directive « équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et aidants », proposée par la Commission européenne en 2017. Elle a même pris la tête de la fronde contre une des dispositions de ce texte, portant sur une harmonisation européenne du congé parental.
Bruxelles propose que chacun des deux parents, à la naissance d’un enfant, ait droit à une période de quatre mois de congés, non transférables de l’un à l’autre et, surtout, rémunérée, au moins à hauteur des indemnités maladie dans leur pays. Le congé peut par ailleurs être pris de manière fragmentée, ou à temps partiel. Jusqu’aux 12 ans de l’enfant.

Il s’agit de sortir du cercle vicieux actuel : ce sont les femmes qui, en priorité, prennent ces congés, pour l’instant trop peu rémunérés. Le choix pèse souvent sur leur carrière et freine les évolutions sociales, notamment le partage des tâches hommes-femmes dans les foyers.
Le hic, c’est qu’en France, le congé parental n’est que très faiblement rémunéré, bien moins que le niveau des indemnisations maladie (moins de 400 euros par mois, contre une moyenne de 950 euros pour les congés maladie). C’est précisément la raison pour laquelle un nombre infime de pères français profitent de leur congé parental : 4 % seulement, selon une étude de l’OCDE datant de 2016.
Liste de « droits et principes »
S’aligner...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 13/05/2018
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Le mouvement LRM, colosse aux pieds d’argile

Formidable outil de conquête du pouvoir pour Emmanuel Macron il y a un an, le parti présidentiel, dévitalisé, peine aujourd’hui à exister.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 10h21
    |

            Alexandre Lemarié








                        



                                


                            

Cela ressemble à un bolide qui peine à se relancer après avoir effectué une accélération foudroyante lui ayant permis de remporter la course. Lancé en avril 2016 par Emmanuel Macron, le mouvement En marche ! – rebaptisé La République en marche (LRM) – est devenu en un an largement majoritaire à l’Assemblée nationale, après l’accession à l’Elysée de son fondateur.
Depuis, la réalité s’avère moins reluisante : ce nouveau-né de la politique peine à exister. Difficile d’être audible dans l’ombre d’un président omniprésent, d’un gouvernement multipliant les réformes et d’un groupe de députés pléthorique. « Le mouvement n’a pas encore trouvé sa place dans l’architecture majoritaire », admet l’un de ses dirigeants. Après un an d’existence sous la présidence Macron, LRM ressemble à un colosse aux pieds d’argile. Avec des atouts majeurs mais aussi de vraies faiblesses.
Son principal point fort reste d’être le parti au pouvoir. Au sein d’un paysage politique en pleine recomposition, il dispose d’une force d’attraction supérieure aux formations traditionnelles – comme Les Républicains ou le Parti socialiste, encore convalescents – pour nouer des alliances dans l’optique des élections européennes en 2019 et municipales en 2020. « Aujourd’hui, les regards positifs sont tournés vers nous. Beaucoup d’élus frappent à notre porte, et dans les négociations, il vaut mieux être le représentant d’Emmanuel Macron qu’un député socialiste sous François Hollande », se targue l’ex-député PS Christophe Castaner, que le chef de l’Etat a placé à la tête de LRM, en novembre 2017, pour tenter de réanimer une formation en jachère.

Si la tâche n’est pas simple, le mouvement macroniste dispose de moyens financiers importants. Grâce à ses succès électoraux, LRM doit percevoir près de 20 millions d’euros par an pendant le quinquennat. Un avantage de taille par rapport à ses concurrents, en particulier LR et le PS, lourdement endettés.
Plus supporteurs...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Instaurée par la loi de transition énergétique d’août 2015, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) vise à définir une feuille de route plaçant le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs à long terme.
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Transition énergétique : En France, un débat dans l’ombre du nucléaire

Instaurée par la loi de transition énergétique d’août 2015, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) vise à définir une feuille de route plaçant le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs à long terme.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 17h15
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

« Les Français sont-ils capables de parler d’autre chose que du nucléaire ? », plaisantait récemment un industriel, fasciné par la capacité du débat français à se focaliser sur le sujet. Depuis le début de l’année, la France est entrée dans les débats sur sa feuille de route énergétique, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Instaurée par la loi de transition énergétique d’août 2015, la PPE vise à définir, pour deux périodes de cinq ans (2019-2023 et 2024-2028), une feuille de route plaçant le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs à long terme.
Nicolas Hulot a annoncé, le 7 novembre 2017, que la France renonçait à l’objectif de 2025 pour atteindre 50 % de nucléaire dans sa production électrique
A savoir : la neutralité carbone au milieu du siècle, la diminution de moitié de la consommation d’énergie à la même échéance, la réduction de 30 % du recours aux énergies fossiles d’ici à 2030, le développement des renouvelables à hauteur de 32 % des besoins énergétiques à la même date, mais aussi la baisse de la part de l’électricité d’origine nucléaire à 50 %… à une date indéterminée.
Et c’est ce dernier point qui est au centre de toutes les attentions. Surtout depuis que Nicolas Hulot a annoncé, le 7 novembre 2017, que la France renonçait à l’objectif de 2025 pour atteindre 50 % de nucléaire dans sa production électrique – contre 75 % aujourd’hui. « Il sera difficile de tenir ce calendrier, sauf à relancer la production d’électricité à base d’énergies fossiles », explique alors le ministre de la transition écologique et solidaire.

Le raisonnement est le suivant : la priorité doit être donnée à la lutte contre le changement climatique et à la diminution des gaz à effets de serre. Réduire trop vite la part de nucléaire, qui n’émet pas de CO2, c’est prendre le risque de ne pas pouvoir fermer les centrales à charbon, voire d’ouvrir d’autres centrales thermiques à gaz.
Mix électrique
Selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ L’émission « Questions politiques » sur France Inter, en partenariat avec France Télévisions et « Le Monde » reçoit le président de l’Assemblée nationale.
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<article-nb="2018/05/14/19-13">
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Un litige oppose les sociétés Natixis et Impala à une entreprise de thé qui finance l’association de la compagne de l’ancien premier ministre.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤                     
                                                   
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L’« ami » chinois du couple Fabius qui a spolié deux fonds français

Un litige oppose les sociétés Natixis et Impala à une entreprise de thé qui finance l’association de la compagne de l’ancien premier ministre.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 10h00
    |

            Jacques Follorou








                        



                                


                            

Debout devant le pupitre, Laurent Fabius, alors ministre des affaires étrangères, vient de terminer, ce 30 septembre 2014, son discours lors de l’inauguration de l’exposition « Visages de Chine », à Toulouse, l’un des événements marquant les 50 ans de relations entre la France et la Chine. Dans la foulée, il se dirige vers l’un des stands dressés pour l’occasion, celui d’une entreprise de thé chinoise, Sanhe, vante ses produits et fait l’éloge de son jeune président, Wu Rongshan.
Un peu plus tard, c’est la compagne de M. Fabius, Marie-France Marchand-Baylet, qui pose devant les photographes, dégustant les thés de cette même société, l’une des principales donatrices de son association Flag France, créée pour valoriser le patrimoine français. Ce n’est pas la première fois que le couple Fabius célèbre les activités de Sanhe. Ils l’ont également fait en Chine. En 2015, le ministre attribuera la Légion d’honneur à M. Wu.
Les deux fonds tentent depuis 2011 de récupérer une créance qui s’élevait à 38 millions d’euros en 2014
Au même moment, pourtant, cette entreprise et son dirigeant sont accusés d’escroquerie et de fraudes par deux fonds d’investissement français, Natixis et Impala, qui tentent, depuis 2011, de récupérer leur créance. En 2014, elle s’élevait, selon eux, à 38 millions d’euros.
Cette sollicitude de l’un des plus hauts personnages de l’Etat, qui deviendra, en 2016, président du Conseil constitutionnel, en faveur d’une société défaillante mais proche de l’association de sa compagne est le principal enseignement du récit d’un long contentieux financier que Le Monde a pu reconstituer et qui dure toujours.
Tout débute en 2010 lorsque Natixis, filiale du groupe Caisse d’épargne, convainc le fonds Impala (groupe Louis-Dreyfus) d’investir, à ses côtés, 25 millions d’euros dans une société chinoise spécialisée dans la production de thé. Ils prennent 30 % du capital de Sanhe.
En 2011, le cabinet d’audit américain...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Des élus veulent profiter de la réforme constitutionnelle pour supprimer une disposition qui leur retire l’initiative de la dépense publique.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤                     
                                                   
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Des députés en guerre contre l’article 40 de la Constitution

Des élus veulent profiter de la réforme constitutionnelle pour supprimer une disposition qui leur retire l’initiative de la dépense publique.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h52
    |

            Manon Rescan








                        



                                


                            

C’est l’histoire d’un article de la Constitution qui complique la vie des parlementaires. Et dont ces derniers rêvent, depuis longtemps, de se débarrasser. Il s’agit de l’article 40 de la Constitution de 1958, qui retire de facto aux députés et sénateurs l’initiative de la dépense publique. L’article pose en effet une condition majeure au dépôt d’amendement parlementaire : celui-ci n’est pas recevable s’il a pour effet d’augmenter les dépenses publiques. Une précaution justifiée par le souci d’éviter tout dérapage budgétaire.

Mais les parlementaires estiment que ce garde-fou restreint leurs pouvoirs. « C’est un bouclier budgétaire pour le gouvernement mais, le problème, c’est qu’on s’en sert comme d’un outil politique afin d’éviter l’examen de certains amendements », explique ainsi la présidente du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Valérie Rabault, ancienne rapporteuse générale du budget.
En 2008, lors de la révision constitutionnelle lancée par Nicolas Sarkozy, les présidents des commissions des finances à l’Assemblée et au Sénat, Didier Migaud et Jean Arthuis, avaient déjà plaidé – en vain – pour la fin de ce qu’ils qualifiaient alors de « forme d’autocensure parlementaire ».
Un Parlement « déresponsabilisé »
L’examen du projet de loi constitutionnel voulu par Emmanuel Macron et qui doit débuter avant l’été au Palais-Bourbon va rouvrir le débat. Certains élus, de droite ou issus de la majorité notamment, plaident à nouveau pour sa suppression. « Aujourd’hui le seul vrai législateur en France c’est l’exécutif », tonne ainsi la députée LRM Barbara Pompili, présidente de la commission du développement durable. Selon l’élue de la Somme, la disparition de l’article 40 « redonnerait de la valeur au travail parlementaire et conforterait la place au législateur ».
Le débat n’est pas anodin dans un contexte où la première version du projet de loi constitutionnel, présentée le 9 mai en conseil...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ En quête d’une tête d’affiche pour les élections municipales de 2020, Les Républicains s’interrogent sur une coalition avec La République en marche.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/05/2018
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A Paris, une droite sans chef et sans ligne

En quête d’une tête d’affiche pour les élections municipales de 2020, Les Républicains s’interrogent sur une coalition avec La République en marche.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 18h41
    |

            Béatrice Jérôme








                        



                                


                            

A deux ans des municipales, la droite rêve d’une revanche en reconquérant Paris, en 2020. « La fenêtre de tir est étroite, mais il y a un coup à jouer », assure le maire (Les Républicains) du 17e arrondissement, Geoffroy Boulard. Sur le papier, la configuration pourrait sembler idéale : la maire sortante (PS), Anne Hidalgo, est fragilisée, et le parti présidentiel, La République en marche (LRM), qui n’a pas de troupes rompues au combat municipal, devra chercher des alliés.
De leur côté, Les Républicains (LR) tiennent neuf mairies d’arrondissement sur vingt et restent le premier groupe d’opposition au Conseil de Paris. Les guerres des clans et les luttes intestines dans lesquelles se sont abîmés pendant des décennies les « barons » de la droite ont cessé, sous la houlette de la nouvelle patronne du groupe LR au Conseil de Paris, Florence Berthout, qui a resserré les rangs.

Mais la situation de la droite parisienne, même temporairement pacifiée, reste fragile. Depuis le départ en juin 2017 de sa chef de file, Nathalie Kosciusko-Morizet, battue aux dernières législatives, elle est désespérément en quête d’une tête d’affiche pour les municipales. « Entre une vieille garde complètement carbonisée et une jeune garde au sein de laquelle personne n’émerge, nous sommes dans un désert assez abyssal », résume l’élu LR du 9e arrondissement, Jean-Baptiste de Froment.
En quête d’un casting, la droite parisienne recherche aussi une stratégie. Face à l’absence d’un leader identifié, une partie des élus LR imagine en effet une « coalition » avec LRM portée par un candidat qui ne serait pas nécessairement LR. « Pour gagner face à Hidalgo, nous devons bâtir une offre politique qui rassemble au-delà des vieilles étiquettes », fait valoir M. Froment, premier vice-président du groupe.
Transcender les clivages
Ce courant macron-compatible au sein de LR est notamment incarné par la maire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Créé en 2004 à Paris, l’Institut de formation politique inspire l’académie politique que veut lancer Marion Maréchal-Le Pen à Lyon.
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L’IFP, cette école laboratoire de l’union des droites

Créé en 2004 à Paris, l’Institut de formation politique inspire l’académie politique que veut lancer Marion Maréchal-Le Pen à Lyon.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 06h40
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            

Un petit autocollant sur la porte d’entrée indique au visiteur qu’il est arrivé à destination : « Institut de formation politique » (IFP). Contrairement à certaines écoles privées qui affichent leur nom en grosses lettres pour mieux séduire le chaland, l’IFP mise sur la discrétion, comme pour ne pas déranger le voisinage dans ce quartier bourgeois qu’est le 16e arrondissement de Paris. Dans certains milieux, la réussite se vit à l’abri des regards.
Fondée en 2004, cette institution connaît un essor inédit depuis quelques années, au point d’inspirer l’ancienne députée frontiste Marion Maréchal-Le Pen, qui entend lancer sa propre « académie de sciences politiques » à Lyon. Distincts, les deux projets ont en commun de vouloir former la jeunesse militante de droite et d’extrême droite, de lui offrir un cadre, un corpus idéologique, des références, des techniques de propagande, mais aussi de jeter des ponts entre les différentes sensibilités qui la composent, entre soldats d’une même bataille culturelle.
« Passage obligé »
L’IFP « est en train de devenir un passage obligé pour tout mec de droite un peu sérieux », assure Charles de Meyer, cofondateur de la controversée association SOS Chrétiens d’Orient. Assistant parlementaire de l’ancien député d’extrême droite Jacques Bompard, puis de sa successeure à l’Assemblée nationale, Marie-France Lorho, ce proche de l’Action française a été tour à tour auditeur puis intervenant à l’école. Outre des militants du groupuscule maurrassien, on trouve parmi les dizaines d’élèves qui se succèdent dans les locaux, séminaire après séminaire, des représentants du parti Les Républicains, du Front national, de Debout la France, quelques identitaires, d’anciens participants de La Manif pour tous mais aussi des jeunes dépourvus de tout engagement partisan.

Les prétendants doivent être âgés de 18 à 30 ans et se plier à un processus de sélection. En 2017, l’école affirme avoir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Les président français et états-unien se sont beaucoup touché l’un l’autre, fin avril, à la Maison Blanche. Le fait que ces contacts aient étonné les commentateurs montre à quel point la culture politique a évolué.
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« Entre Macron et Trump, un rituel médiéval »

Les président français et états-unien se sont beaucoup touché l’un l’autre, fin avril, à la Maison Blanche. Le fait que ces contacts aient étonné les commentateurs montre à quel point la culture politique a évolué.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 11h11
    |

                            Valérie Theis (Historienne)








                        



                                


                            
Résonances. La visite d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis a fasciné les journalistes en raison de la surabondance des contacts physiques entre les deux présidents. Chacun s’est demandé s’il fallait voir là une mise en scène un peu grossière ou, au contraire, des gestes spontanés. Ces derniers n’en seraient d’ailleurs pas moins ardus à interpréter, car ils pourraient autant être le signe d’une complicité entre les deux hommes qu’une manière maladroite de tenter de compenser un sentiment de gêne ou de tension. Toutes ces spéculations permettent de mesurer combien notre culture politique visuelle s’est éloignée de celle du Moyen Age.
Chaque geste avait sa raison
La première différence est de nature quantitative. Le fait que les commentateurs soient étonnés par tant de contacts vient en effet nous rappeler que le pouvoir contemporain est devenu très peu tactile. Au Moyen Age, l’ensemble des rapports de pouvoir entre petits seigneurs, entre mari et femme, entre prêtre et fidèles ou, bien entendu, entre souverains, passait non seulement par des gestes mais aussi, bien souvent, par le toucher.
Une autre différence fondamentale séparait ces gestes de ceux qui ont causé tant de perplexité ces derniers jours : comme l’a montré Jean-Claude Schmitt, au Moyen Age, chaque geste avait sa raison (La Raison des gestes dans l’Occident médiéval, Gallimard, 1990) et s’inscrivait dans des rituels codifiés par des générations de clercs, rejoints par la suite par quelques juristes. Toute personne amenée à exercer un jour le pouvoir devait apprendre à interpréter et à effectuer ces gestes. Cet apprentissage passait autant par l’observation des aînés que par la théorie enseignée par les maîtres. La littérature médiévale était, elle aussi, un vecteur majeur permettant à ses lecteurs d’apprendre la signification des gestes du pouvoir.
Ces rituels n’étaient certes pas immuables, mais chaque changement donnait lieu à une communication écrite et orale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Entré au capital d’Alstom en 2006 avec de grandes ambitions dans l’énergie, Bouygues devrait en sortir prochainement. Et garnir sa trésorerie de plusieurs milliards d’euros, qu’il pourra utiliser dans les télécoms, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« En sortant d’Alstom, Bouygues va réaliser une bonne affaire »

Entré au capital d’Alstom en 2006 avec de grandes ambitions dans l’énergie, Bouygues devrait en sortir prochainement. Et garnir sa trésorerie de plusieurs milliards d’euros, qu’il pourra utiliser dans les télécoms, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 12h34
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Comment transformer un échec en réussite et une victoire en défaite ? Trois ans après l’acquisition toujours controversée de l’activité énergie d’Alstom par l’américain General Electric, c’est clairement ce dernier qui fait figure de victime.

Il a acheté au plus haut un ex-fleuron tricolore au moment du retournement du cycle des turbines à gaz. ­Alstom avait déjà failli mourir pour la même raison au début des années 2000 et avait été sauvé in extremis, en 2004, par une nationalisation partielle de l’entreprise. Elle a finalement rendu les armes dix ans plus tard.
Un possible démantèlement
Désormais, c’est l’acquéreur qui reconnaît avoir fait une mauvaise affaire. Le marché s’est en effet effondré depuis. Au point que l’on évoque depuis le début de l’année 2018 un possible démantèlement de ce qui reste l’une des plus prestigieuses entreprises américaines.
Et les comptes de l’entreprise ne vont pas s’arranger avec la confirmation ce jeudi 10 mai par Alstom, recentré sur le ferroviaire, de sa volonté d’exercer son droit de vente des dernières sociétés communes qu’il possède encore à la suite de l’accord avec l’américain. Comme l’avait exigé l’Etat français, trois activités jugées stratégiques ont en effet été isolées dans trois sociétés communes, une dans les réseaux, l’autre dans les renouvelables et la troisième dans le nucléaire. L’accord prévoyait soit le rachat par Alstom des 50 % de GE dans ces domaines, soit leur vente. C’est la dernière option qui a été retenue.

En septembre prochain, GE va être contraint de racheter les parts du français dans ces sociétés à un prix convenu à l’avance : 2,6 milliards d’euros. L’Etat conservant une « golden share » dans la partie nucléaire. Une somme tout à fait rondelette pour des entreprises qui ont pesé sur l’exercice fiscal 2016-2017 d’Alstom pour plus d’un milliard d’euros de pertes nettes, dont 884 millions pour la seule activité des renouvelables...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ A 86 ans, l’ancien ministre de François Mitterrand a été la vedette inattendue du congrès du PS, auquel il reste fidèle, en dépit des difficultés.
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Louis Mexandeau, la nostalgie de « l’ancien monde »

A 86 ans, l’ancien ministre de François Mitterrand a été la vedette inattendue du congrès du PS, auquel il reste fidèle, en dépit des difficultés.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h05
    |

                            Astrid de Villaines








                        



                                


                            

Un cri du cœur. « Nous sommes le parti des congés payés, des conventions collectives, de l’Office du blé, mais aussi de l’abolition de la peine de mort et du mariage pour tous ! » Pour la première fois du week-end, les applaudissements retentissent. Ce 7 avril, au 78e congrès du Parti socialiste à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), les militants retrouvent enfin le sourire et acclament debout les mesures qui ont fait la fierté du passé socialiste.
A la tribune, ce n’est pas le nouveau premier secrétaire Olivier Faure mais, dans un cruel paradoxe, l’un des plus vieux militants du parti, Louis Mexandeau, ancien ministre de François Mitterrand, 86 ans. « J’ai l’outrecuidance de ressentir une fierté inexprimable et de vous présenter toutes mes cartes ! », lance « la rock-star de la journée » – comme l’a surnommé Rachid Temal qui passe la main à M. Faure – en brandissant toutes ses cartes d’adhésion depuis le congrès fondateur d’Epinay auquel il était déjà intervenu, en 1971.
Dans la salle, les cadres du PS craignent le pire. « J’ai tremblé, c’était Papy fait de la résistance !, se souvient le député Guillaume Garot. Le congrès ne pouvait pas se faire sur la figure d’un passé révolu. » Stéphane Le Foll en profite pour aller fumer une cigarette. « Oh ça va, Mexandeau, je connais par cœur ! », grommelle l’ancien ministre qui a trop entendu les rengaines du vieux compagnon de route de François Mitterrand.
« L’opiniâtreté paie toujours en politique »
Car dès qu’il en a l’occasion, l’ancien ministre des Postes et télécommunication (1981-1986) et des anciens combattants (1991-1993) répète l’importance de l’histoire du parti. « J’ai vu Mitterrand au zénith mais aussi au plus bas dans les sondages, on s’en remettra ! », insiste cet ancien professeur d’histoire auprès de Jean-Christophe Cambadélis, après les législatives de 2017. « Courage Olivier, l’opiniâtreté paie toujours...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Ce projet d’exploitation minière à ciel ouvert dans l’Ouest guyanais suscite une forte controverse.
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Projet aurifère en Guyane : le député EELV Yannick Jadot dénonce « une catastrophe »

Ce projet d’exploitation minière à ciel ouvert dans l’Ouest guyanais suscite une forte controverse.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h00
   





                        


Le député européen Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Yannick Jadot s’est élevé vendredi 11 mai sur Franceinfo contre le projet d’exploitation aurifère controversé de la « Montagne d’or », dans l’ouest de la Guyane, « une catastrophe » et « une aberration économique », selon lui. Le débat public sur ce projet d’exploitation minière à ciel ouvert, le plus grand projet d’extraction d’or jamais proposé en France, est en cours en Guyane, et voit s’affronter deux logiques.
« Ce sont des milliers de tonnes de cyanure qu’on va mettre dans la nature, est-ce qu’on va faire crever la biodiversité et rendre malades les populations simplement pour faire plaisir à une société canadienne et à une société russe ? », a déclaré le député européen.
Selon M. Jadot, ce projet « c’est l’équivalent de 32 Stades de France » et « c’est une aberration économique, ça va vivre de subventions publiques », reprenant les arguments du Fonds mondial pour la nature (WWF), principal opposant au projet. « Est-ce qu’on a vraiment envie de laisser des sociétés canadienne et russe s’emparer et détruire les forêts, avec des revenus pour les Guyanais extrêmement limités par rapport à ça ? », a-t-il demandé.

        Lire la tribune de Patrick Lecante, maire d’une commune de Guyane :
         

          En Guyane, un projet minier « à contretemps de l’histoire »



Importante controverse
Le projet « Montagne d’or » prévoit l’exploitation d’une mine, d’une superficie de 8 km2, à partir de 2022, en forêt tropicale, et permettrait la création de 750 emplois directs, dont au moins 90 % d’emploi local, et 3 000 emplois indirects, selon ses promoteurs. Il utiliserait un procédé de récupération de l’or par cyanuration en circuit fermé.
Le projet est soutenu par le Medef, la chambre de commerce et d’industrie, la quasi-totalité des élus du littoral et le président de la collectivité territoriale de Guyane, Rodolphe Alexandre (DVG), mais dénoncé par des ONG environnementales, des organisations autochtones et des mouvements politiques.
Prévu près de Saint-Laurent-du-Maroni, dans l’Ouest guyanais, et détenu à 55 % par le russe Nordgold et à 45 % par le canadien Columbus gold, il suscite une telle controverse qu’il n’a pas encore été autorisé par le gouvernement français. Emmanuel Macron s’y est cependant dit favorable.

        Lire aussi :
         

                Macron soutient la controversée « Montagne d’or »






                            


                        

                        

