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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans cette chronique, Eric Albert, journaliste du « Monde » à Londres, constate que la période de baisse structurelle des taux d’intérêt dans le monde occidental, commencée il y a trente ans, s’achève. Un taux de 4 % à moyen terme est tout à fait envisageable.
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Comme une « période d’avant-crise » à la City

Dans cette chronique, Eric Albert, journaliste du « Monde » à Londres, constate que la période de baisse structurelle des taux d’intérêt dans le monde occidental, commencée il y a trente ans, s’achève. Un taux de 4 % à moyen terme est tout à fait envisageable.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 14h00
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            
Marchés. Avec ses trois décennies d’expérience du marché des devises, Simon Derrick a connu de nombreuses crises financières, et pas mal de périodes d’euphorie. Pour ce banquier britannique de l’établissement américain BNY Mellon, pas de doute, on traverse actuellement la deuxième phase. « Il règne une étrange atmosphère, qui me fait penser à 1999 ou 2007. L’optimisme qui règne sur les marchés est vraiment troublant. » En clair, on est dans une période d’avant-crise.
La première banque centrale à mener la charge est la Réserve fédérale américaine
Lui qui se définit comme « éternellement pessimiste » concentre ses anxiétés sur le marché obligataire. Depuis la fin des années 1980, le monde occidental est entré dans une période de baisse structurelle des taux d’intérêt : autour de 10 % il y a trois décennies, 5 % au début des années 2000 et presque 0 % depuis la crise financière de 2008.
Voilà pourtant presque deux ans que ce mouvement s’inverse. La première banque centrale à mener la charge est la Réserve fédérale américaine. A force d’augmenter son taux directeur, elle a réussi à faire remonter les taux américains à dix ans. Fin avril, ceux-ci ont franchi le cap des 3 %, provoquant un frisson digne des cimes les plus élevées. En Europe et au Royaume-Uni, on n’en est pas là (0,8 % en France), mais la tendance à la hausse est la même.
Coup de semonce
En soi, c’est bon signe. La croissance occidentale est solide, et les taux d’intérêt se normalisent enfin, après des années exceptionnelles. Cela récompense les épargnants, qui vont bénéficier d’un meilleur rendement.
Comme toujours, impossible de prévoir avec précision la date de la chute
Le problème est que cela change tout l’équilibre des marchés financiers. En particulier, les marchés actions apparaissent soudain largement surévalués. Une justification les maintenait à ce niveau : les rendements obligataires étant très faibles, les investisseurs préféraient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Si les prix parisiens sont une exception, les marchés immobiliers évoluent de concert en Europe. Seuls les villes de Prague et Stockholm sont orientées à la baisse.
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Immobilier : la hausse des prix est générale en Europe

Si les prix parisiens sont une exception, les marchés immobiliers évoluent de concert en Europe. Seuls les villes de Prague et Stockholm sont orientées à la baisse.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 13h57
    |

            Jérôme Porier








                        



   


La hausse des prix observée en France n’est pas une exception en Europe, montre une étude réalisée par ERA. Créé en 1971 aux Etats-Unis, ce réseau compte 2 300 agences dans 35 pays, dont 14 en Europe.
Le climat reste favorable à l’immobilier résidentiel en Europe, estiment les auteurs de l’étude, qui ont ausculté onze pays du Vieux Continent, sous l’angle des prix du mètre carré, des taux d’intérêt des emprunts immobiliers, du pourcentage de propriétaires dans la population, etc.

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                Effervescence immobilière à Nantes



Premier constat, la flambée des prix dans les capitales européennes n’est pas terminée. Les prix demeurent orientés à la hausse dans 8 des 11 villes étudiées (Paris, Berlin, Lisbonne, Vienne, Bruxelles, Sofia, Luxembourg et Amsterdam). Seules Prague (République tchèque) et Stockholm (Suède) baissent, tandis que Bern (Suisse) stagne. A noter : Londres, Rome et Madrid ne figurent pas dans l’étude.
« Le niveau historiquement bas des taux de crédit immobilier n’est évidemment pas une exception française »
En hausse de 8,4 % sur un an, à 8 716 euros à la fin de 2017, le prix moyen du mètre carré observé à Paris par ERA atteint des hauteurs que seule Stockholm connaît (8 378 euros). La situation de la capitale française est donc une exception à l’échelle européenne. En revanche, dès que l’on s’intéresse aux prix au mètre carré au niveau national, la France rentre dans le rang. A 2 550 euros le mètre carré, elle est devancée par le Luxembourg (4 800 euros) et la Suède (3 280 euros).

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                Investir dans le neuf reste une bonne idée en 2018



Le prix moyen d’achat au niveau national entre 2016 et 2017 a augmenté dans tous les pays étudiés sans exception. « Le niveau historiquement bas des taux de crédit immobilier n’est évidemment pas une exception française. Il résulte de politiques gouvernementales assez identiques, en matière économique, budgétaire et monétaire. Du coup, partout, il se crée un climat favorable au marché résidentiel », écrivent les auteurs de l’étude.
Toutefois, la notion de taux bas peut varier d’un pays à l’autre. En Bulgarie, il se traduit par un taux moyen de 4,1 % sur une durée de vingt à vingt-cinq ans. Comme la France, la Belgique et la République tchèque anticipent une remontée progressive du taux des crédits immobiliers en 2018. En revanche, les taux devraient rester stables en Autriche, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Suisse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Editorial. Les dividendes ont sensiblement augmenté depuis 2009. Les actionnaires doivent comprendre que leur soif insatiable de profits nous mène tous dans le mur.
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CAC 40 : un partage déséquilibré des bénéfices

Editorial. Les dividendes ont sensiblement augmenté depuis 2009. Les actionnaires doivent comprendre que leur soif insatiable de profits nous mène tous dans le mur.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 12h26
   





                        


Editorial du « Monde ». Mieux vaut être actionnaire que salarié, si l’on en croit les conclusions du rapport publié, lundi 14 mai, par l’organisation non gouvernementale Oxfam et le Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne (Basic). Cette étude montre que, depuis 2009, les actionnaires des groupes du CAC 40 ont été généreusement servis en accaparant plus des deux tiers des bénéfices de ces entreprises. Vient ensuite la part consacrée aux investissements, qui n’a été en moyenne que de 27,5 %. Les salariés, eux, se sont vu attribuer seulement 5 % du total sous la forme d’intéressement et de participation.

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                Profits du CAC 40 : la priorité aux actionnaires de plus en plus contestée



Le partage des profits est au cœur de polémiques récurrentes en France. Nicolas Sarkozy avait relancé le débat en février 2009 en lançant l’idée d’une répartition en trois tiers : un tiers devant aller aux salariés, un autre aux actionnaires et le dernier devant être réinvesti dans l’entreprise « pour financer son développement ». Près de dix ans plus tard, la part des bénéfices reversée aux salariés reste toujours réduite à la portion congrue. Dans le même temps, les entreprises ont sensiblement augmenté le taux de versement de dividendes, qui en une décennie a progressé en moyenne de moitié, pour se situer entre 45 % et 60 %.
Toutefois, cet état des lieux ne donne qu’une vision partielle du partage de la valeur ajoutée, qui se compose notamment du revenu des salariés, de celui des propriétaires du capital, des impôts prélevés par l’Etat. Or, on observe que ce partage est relativement stable dans la période récente après des évolutions heurtées. Dans les années 1960, les salaires ont peu évolué, puis, à partir des années 1970, ont connu une forte croissance, ont baissé fortement dans les années 1980, avant une nouvelle stabilisation.
La part belle aux détenteurs du capital
Une fois ce constat posé, force est de constater que l’évolution actuelle du capitalisme conduit à un certain nombre de déséquilibres. D’abord, si le « gâteau salaires » reste inchangé, la taille des parts, elle, bouge beaucoup. Les salaires des PDG du CAC 40 ont ainsi augmenté deux fois plus vite que ceux de leurs salariés.

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                Salaires des patrons : « Les actionnaires commencent à regimber »



Les conséquences du phénomène dépassent le sort de quelques individus, il crée également une mécanique qui tend à faire la part belle aux détenteurs du capital. Les rémunérations des PDG étant de plus en plus liées au cours de Bourse, grâce à la distribution d’actions gratuites et autres stock-options, ceux-ci sont de plus en plus tentés d’aligner leurs intérêts sur ceux des actionnaires. Résultat : les 1 % les plus riches captent une grande partie de la croissance de la masse salariale.
Deuxième effet pervers, l’utilisation des profits. Leur augmentation spectaculaire ces dernières années n’a servi ni à augmenter les investissements ni à réduire l’endettement, mais à accroître la rémunération des actionnaires.
L’idée de rééquilibrer le partage de la valeur ajoutée entre le capital et le travail a souvent été critiquée au motif que, si les entrepreneurs sont conduits à donner une plus grande partie des profits aux salariés, il n’y aurait plus d’incitation à entreprendre. Mais les excès observés ces dernières années incitent à penser que le balancier a été trop loin. En quoi l’envolée des salaires des dirigeants, les rachats d’actions massifs ou le versement de dividendes supérieurs aux bénéfices de l’entreprise servent-ils les intérêts de l’économie réelle ? Il est temps pour les actionnaires de comprendre que leur soif insatiable de profits nous mène tous dans le mur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de femmes issues de la politique et de la société civile appelle le président chinois à libérer Liu Xia, veuve de Liu Xiaobo, Prix Nobel de la paix 2010.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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« Monsieur Xi Jinping, rendez sa liberté à Liu Xia ! »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de femmes issues de la politique et de la société civile appelle le président chinois à libérer Liu Xia, veuve de Liu Xiaobo, Prix Nobel de la paix 2010.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 12h21
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Monsieur le Président Xi Jinping, nous sommes artistes, auteures, femmes ordinaires, mais nous sommes toutes, du fond de notre cœur, sœurs de Liu Xia, peintre, poète, photographe, retenue prisonnière à son domicile depuis octobre 2010 en dehors de toute procédure judiciaire, et privée de tous ses droits personnels au seul motif qu’elle est l’épouse et la veuve de Liu Xiaobo !
Nous ne voulons, en aucune manière, nous immiscer dans les « affaires intérieures de la Chine », nous ne voulons en aucune manière faire de Liu Xia un emblème militant, l’annexer à une cause quelconque. Au nom de quoi lui imposerions-nous ce fardeau ? Après la mort du Prix Nobel de la paix derrière les barreaux, que pourrait-elle, d’ailleurs, nous révéler sur l’état des libertés en Chine que nous ne sachions déjà ?
Liu Xia n’est pas une femme politique, ce n’est pas à ce titre que nous voulons la rencontrer et ce n’est pas à ce titre que nous vous demandons sa libération. Liu Xia est une artiste que le chagrin et la solitude absolue ont enfermée dans une profonde dépression et conduite au bord du suicide. Nous vous demandons, au nom de notre commune humanité, de lui permettre de jouir enfin de toutes les libertés qui sont formellement garanties par la Constitution chinoise à tous les citoyens de votre pays, celle d’aller et de venir, celle de voyager à l’étranger. Liu Xia a besoin du réconfort de ceux qui l’aiment pour retrouver la joie de vivre qui éclatait, autrefois, dans son rire. C’est cette joie de vivre que nous voulons lui redonner en partageant avec elle les bonheurs de la création littéraire et artistique.
Nous ne pouvons croire que l’amour, dans ce grand pays moderne qu’est la Chine, soit devenu un crime. Ce pays que chantaient les poètes ne peut avoir perdu son âme, rendez sa liberté à Liu Xia, Monsieur le Président !
这个曾经遍地颂歌 Autrefois, les chants à sa gloire se répandaient sur la terre entière 满天诗行Et les poèmes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’historien estime que la liberté de conscience de chacun, au cœur de la loi de 1905, est, aujourd’hui encore, le meilleur moyen de lutter contre la radicalisation religieuse.
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Patrick Weil : « La laïcité, c’est d’abord la liberté de conscience »

Dans une tribune au « Monde », l’historien estime que la liberté de conscience de chacun, au cœur de la loi de 1905, est, aujourd’hui encore, le meilleur moyen de lutter contre la radicalisation religieuse.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 11h08
    |

                            Patrick Weil (Historien et politologue, directeur de recherche au CNRS)








                        



                                


                            
Tribune. Ces dernières semaines, les affrontements sur la religion et la laïcité ont repris de plus belle. Le président de la République a demandé aux évêques de réveiller la flamme catholique, MM. Cazeneuve, Sarkozy, Valls, trois anciens ministres de l’intérieur – en charge des cultes –, ont pris la défense des juifs, un quatrième, M. Chevènement, celle des musulmans. Depuis plusieurs années déjà s’affrontent les partisans de la laïcité dite « ouverte » et ceux de la laïcité « tout court ». Tous sont cependant d’accord sur un point : l’important dans la laïcité, ce serait la séparation des Eglises et de l’Etat, qui crée dans la République une distinction des espaces. Les uns disent : « Seul l’espace de l’Etat est neutre, on peut donc manifester ailleurs ses convictions spirituelles librement, tout va bien. » Les autres répliquent : « C’est exact, mais tout va mal, car cela laisse la place à la radicalisation religieuse. »
« Cette union de tous les Français, non-croyants et croyants, est urgente »
Eh bien, ces coupeurs de laïcité en deux, en trois ou en quatre ont tous tort et c’est dramatique. Nous vivons une époque où les hommes et les femmes de bonne volonté de ce pays, ne sachant plus comment conjurer les préjugés, les violences et les crimes qui se perpétuent sous le prétexte de la religion, appellent au secours et on ne leur offre que la différence, la séparation et la balkanisation. Or cette union de tous les Français, non-croyants et croyants, est urgente. Eh bien, elle est là, possible, à portée d’une lecture précise et informée de la loi de 1905, contre ses ignorants.
D’abord la loi a été pensée dès l’origine comme universelle, s’appliquant à la métropole et à l’Algérie, aux croyants de toutes confessions, chrétiens, juifs, musulmans, et bien sûr aux non-croyants. Ensuite, dans la laïcité, la séparation n’est qu’un instrument au service d’un principe fondateur, la liberté individuelle de conscience qui irrigue...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Analyse. Pour le journaliste du « Monde » Gaïdz Minassian, les Occidentaux doivent repenser l’Occident, avant de vouloir réoccidentaliser un monde ou leur influence se fait de moins en moins prégnante.
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Vers une désoccidentalisation du monde ?

Analyse. Pour le journaliste du « Monde » Gaïdz Minassian, les Occidentaux doivent repenser l’Occident, avant de vouloir réoccidentaliser un monde ou leur influence se fait de moins en moins prégnante.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 11h00
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            

Analyse. Après l’annonce de la défection américaine de l’accord de Paris sur le climat, le président Donald Trump a annoncé, mardi 8 mai, le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien signé par le P5 + 1 – les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne – et l’Iran, le 14 juillet 2015. Outre le double camouflet infligé au multilatéralisme, la décision de l’administration Trump s’inscrit dans une logique de repli américain des affaires internationales, faisant écho chez certains observateurs à un processus de désoccidentalisation du monde.
Trump est un président fantasque et imprévisible dont les déclarations tonitruantes indisposent la plupart des états occidentaux
Cette question d’une éventuelle fin du leadership occidental était au cœur de la quatrième édition du Forum Saint-Laurent sur la sécurité internationale, organisé les 3 et 4 mai à Montréal, au Canada, par trois centres de recherche canadiens en relations internationales, dont le plus connu, la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l’Université du Québec (UQAM).
Le Forum Saint-Laurent réunit tous les ans depuis 2015 un aréopage d’universitaires français et étrangers, spécialistes des relations internationales, tous préoccupés désormais par la diplomatie de M. Trump, ce président fantasque et imprévisible dont les déclarations tonitruantes indisposent la plupart des Etats occidentaux, comme le Canada et la France. Deux puissances amies bien représentées durant ces journées d’échanges et inquiètes de la perte d’influence des Occidentaux sur les affaires du monde.
Basculement du monde
Mais de quelle désoccidentalisation parle-t-on ? Une simple statistique nous en donne une idée précise. En 1995, la part du G7 dans le PIB mondial – dont le prochain sommet aura lieu les 8 et 9 juin à La Malbaie, au Québec – était de 45 %. En 2018, il est de 31 % ; et il sera de 20 % en 2050, selon les projections...




                        

                        


<article-nb="2018/05/14/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Les quartiers enclavés sont devenus les creusets du recrutement djihadiste, qui séduit surtout une jeunesse d’origine immigrée et marginalisée, analyse le sociologue dans une tribune au « Monde ».
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Farhad Khosrokhavar : « Un urbain “djihadogène” »

Les quartiers enclavés sont devenus les creusets du recrutement djihadiste, qui séduit surtout une jeunesse d’origine immigrée et marginalisée, analyse le sociologue dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    14.05.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 15h41
    |

Farhad Khosrokhavar (sociologue)







                        



                                


                            
Tribune. En Europe, l’un des facteurs significatifs, voire essentiels, de la radicalisation djihadiste est la ville. Pas n’importe quelle ville. On peut parler en l’occurrence de l’urbain « djihadogène », qui engendre le djihadisme. L’avant-dernier cas d’attaque au nom du djihad, celui de Radouane Lakdim, l’auteur des attentats de Carcassonne et de Trèbes, le 23 mars, pointe son origine vers la cité Ozanam de Carcassonne. Quant à Khamzat Azimov, un Tchétchène de 20 ans, naturalisé français en 2010, qui a poignardé cinq personnes à Paris samedi 12 mai, il a grandi dans le quartier populaire d’Elsau.
Cependant, dans la quasi-totalité des pays européens, il existe des quartiers où le nombre de départs de jeunes vers la Syrie (exo-djihadistes) ainsi que celui des adeptes du djihadisme intérieur (endo-djihadistes) sont beaucoup plus élevés que la moyenne nationale. Le procès des survivants d’une vingtaine de jeunes de Lunel (Hérault) ayant rejoint la Syrie entre 2013 et 2015 est un cas dont on voit la reproduction dans d’autres pays européens, sous des formes plus ou moins similaires. A Lunel, c’est la cité HLM d’Abrivados qui a vu une partie significative des jeunes se laisser endoctriner par la « guerre sainte » dans sa version extrémiste.
La concentration djihadiste dans certains quartiers peut être due à deux types d’effets distincts. D’une part, parce qu’au sein de ces quartiers, les jeunes ont pu se connaître par des réseaux formels ou informels, des amis ou des membres de la même famille avec leurs embranchements et leur extension ; le quartier peut être de classes moyennes, sans signe apparent d’indigence pour les candidats à la guerre sainte ; ce type de quartier, ainsi que les vocations des classes moyennes, sont largement minoritaires en Europe.
« Une ligne de démarcation mentale sépare souvent le quartier des autres zones urbaines environnantes »
D’autre part, en raison de la spécificité de la structure urbaine : la concentration...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Vincent Descœur, le député Les Républicains du Cantal, estime que le passage aux 80 km/h pénalisera les zones rurales ou montagneuses qui disposent des infrastructures routières les moins développées.
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80 km/h : « Une décision qui ignore les territoires ruraux »

Dans une tribune au « Monde », Vincent Descœur, le député Les Républicains du Cantal, estime que le passage aux 80 km/h pénalisera les zones rurales ou montagneuses qui disposent des infrastructures routières les moins développées.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 08h42
    |

Vincent Descoeur (député (LR) du Cantal)







                        



                                


                            
Tribune. Le 9 janvier 2018, le premier ministre a annoncé une série de mesures destinées à améliorer la sécurité routière, parmi lesquelles la réduction de la vitesse maximale autorisée de 90 km/h à 80 km/h sur les routes nationales et départementales à double sens et sans séparateur central, à compter du 1er juillet 2018. Cette décision suscite la colère et l’incompréhension légitime d’une majorité de Français et plus encore des habitants des zones rurales et montagneuses qui la vivent comme une profonde injustice et chez qui elle alimente à juste titre un sentiment d’abandon, voire de relégation.

Si la diminution du nombre de victimes d’accidents de la route est un objectif qu’on ne peut que partager, cette décision de réduire la vitesse, dont la pertinence reste à démontrer, est d’autant plus mal vécue qu’elle a été prise sans concertation, sans que les bénéfices en termes de sécurité routière aient fait l’objet d’évaluations sérieuses et, de toute évidence, en sous-estimant ses conséquences en matière d’aménagement du territoire.
Des zones rurales plus enclavées
Cette mesure est injuste car elle ignore les difficultés de déplacement dans les territoires ruraux et de montagnes dont le réseau routier sera largement concerné par cette réduction de vitesse. Elle sera pénalisante pour les habitants des départements qui n’ont pas la chance de bénéficier d’infrastructures routières modernes à deux fois deux voies et qui n’ont d’autre alternative que d’utiliser leur véhicule pour se déplacer.
« La mesure suscitera de fait l’incompréhension des automobilistes »
Elle aggravera inévitablement l’enclavement des zones rurales et périurbaines éloignées des autoroutes et des grandes métropoles, souvent mal desservies par le réseau ferroviaire. Contrairement à d’autres mesures, comme l’obligation de boucler sa ceinture, elle n’aura pas les mêmes incidences et ne générera pas les mêmes contraintes selon que l’on réside en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ La mauvaise passe que traversent ces trois grandes entreprises tricolores résulte de leur incapacité à avoir su adapter leur modèle économique, explique dans sa chronique Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/05/2018
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« Les ex-fleurons français Lagardère, Bolloré et Air France ont un point commun : leur déconnexion avec l’époque »

La mauvaise passe que traversent ces trois grandes entreprises tricolores résulte de leur incapacité à avoir su adapter leur modèle économique, explique dans sa chronique Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    14.05.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 07h04
    |

            Stéphane Lauer








                        



                                


                            

Chronique. « Un destin français ». Le titre de l’éditorial du Monde du 17 mars 2003, rendant hommage à Jean-Luc Lagardère, ne manquait pas de lyrisme. « C’est une des incarnations du capitalisme français qui disparaît. Au pays des grands corps, ce Gascon muni d’un simple diplôme d’ingénieur et sans fortune personnelle a su bâtir un empire international dans deux secteurs qui font, sinon la grandeur, du moins l’influence d’un pays : la défense et les médias », écrivait-on avec emphase. Quinze ans plus tard, l’empire industriel n’est plus qu’une principauté.
Pendant que le PIB de la France s’est accru de 60 %, le périmètre du groupe Lagardère s’est déjà réduit de moitié et la peau de chagrin va continuer à rétrécir avec la vente de la plupart de ses activités dans les médias et le sport. Entre le magazine Elle, cédé à un milliardaire tchèque, Europe 1, déserté par ses auditeurs, l’empire de feu le Gascon se résume désormais à des positions d’outsider dans l’édition et les boutiques de gares et d’aéroports.
La façon dont Arnaud Lagardère a géré l’entreprise fait penser à ces héritiers qui ne savent que faire du château familial. Dans un premier temps, on jure que le patrimoine ne sera pas dilapidé. « Je continuerai et poursuivrai l’œuvre qui n’est pas terminée », avait crânement promis le fils prodigue, quelques jours après le décès du père.
Et puis arrivent les échéances du prêt souscrit pour régler la succession, les factures de la réfection de la toiture, le tennis où les herbes folles commencent à pousser, le départ du métayer qui s’occupait si bien des terres, cette aile de la demeure où l’on ne s’est jamais vraiment senti à l’aise et qu’on ne peut plus voir en peinture. L’écrin des souvenirs d’enfance se transforme peu à peu en catalyseur des névroses familiales. La vie est trop courte pour ne pas s’en inventer une soi-même, à ses propres dimensions, fussent-elles plus étriquées....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Un collectif rassemblant des professionnels de la santé, des spécialistes en santé publique et en accidentologie, et représentants d’association de victimes se félicite, dans une tribune au « Monde », de la prochaine réduction de la limite de vitesse sur certaines routes.
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« Il existe une relation directe entre vitesse moyenne et risque traumatique »

Un collectif rassemblant des professionnels de la santé, des spécialistes en santé publique et en accidentologie, et représentants d’association de victimes se félicite, dans une tribune au « Monde », de la prochaine réduction de la limite de vitesse sur certaines routes.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 04h30
   





                        



                                


                            

Tribune. Le débat est installé dans les médias depuis le choix du gouvernement d’abaisser à 80 km/h, à compter du 1er juillet, la vitesse maximale sur les routes secondaires, où surviennent 87 % de la mortalité hors agglomération et 55% de l’ensemble de la mortalité routière. Il prend des aspects intolérables : la réalité des faits semble sans importance et la priorité à la vitesse s’impose comme la référence privilégiée.
Les familles de victimes et les médecins sont en contact permanent avec un drame dont il ne faut pas oublier les particularités. Ce sont des jeunes hommes qui sont majoritairement les victimes d’accidents et qui conserveront des handicaps réduisant, et parfois supprimant, leur capacité de penser et leur plaisir de vivre. Ce sont les parents qui enterrent leurs enfants de 20, 30 ou 40 ans ou qui vivent avec eux leur handicap, avec la hantise de leur avenir quand ils ne seront plus là pour les aider. En effet, les blessés les plus graves, qui ont survécu au traumatisme, risquent de conserver, notamment en cas de traumatisme crânien, des séquelles qui vont persister toute leur vie et compromettre leur avenir personnel, familial, social et professionnel.
Nous étions habitués à la diminution régulière du nombre d’accidents de la route depuis bientôt cinquante ans. L’accroissement de la mortalité, passée de 3 260 à 3 456 tués depuis janvier 2013, alors que d’autres pays continuent de réduire le nombre de morts et de handicaps, nous faisait perdre espoir. Comme si une passivité s’installait et si un équilibre acceptable avait été trouvé entre les risques d’accident et les décisions souvent contraignantes permettant de les réduire. Pourtant, l’effet mesuré d’une réduction de vitesse sur la fluidité de la circulation est positif, contrairement aux idées reçues quant aux risques de ralentissements ou de bouchons.
Des freins au progrès
Parce que nous sommes confrontés aux conséquences des accidents, professionnellement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif rassemblant les anciens délégués interministériels à la sécurité routière entre 1972 et 2015 soutient la réforme, car elle contribuera à réduire la mortalité sur les routes.
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80 km/h : « Une mesure qui permettra d’épargner tous les ans entre 300 et 400 vies »

Dans une tribune au « Monde », un collectif rassemblant les anciens délégués interministériels à la sécurité routière entre 1972 et 2015 soutient la réforme, car elle contribuera à réduire la mortalité sur les routes.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 04h15
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 08h39
    |

Collectif







                        



                                


                            

Tribune. La sécurité routière que, les uns après les autres avons eu l’honneur de guider, est souvent citée comme un modèle de politique publique : reposant sur des connaissances scientifiques, elle aura permis, depuis 1972 (où près de 50 personnes étaient tuées chaque jour sur nos routes), d’éviter que 400 000 personnes soient tuées et que 4 millions deviennent impotentes, estropiées, incontinentes, paralysées, brûlées, cérébro-lésées ou aveugles dans les quelques dixièmes de secondes d’un accident de la route.

Depuis 1954, près de 850 000 personnes ont été tuées sur nos routes, et environ 8 500 000 gravement blessées, mais cette cause a progressé pas à pas. Comme lorsque à Mazamet, en 1973, un maire, Pierre Barraillé, a convaincu ses 16 000 administrés de s’allonger dans les rues de la ville pour simuler le carnage d’une année sur la route. Quand des femmes et des hommes politiques courageux, de tous bords politiques, ont pris les décisions qu’au nom de la science et de la connaissance, et avec l’aide d’associations de victimes, nous leur avons proposées à tour de rôle : limitations de vitesse, taux d’alcoolémie maximal autorisé pour conduire, obligation du port de la ceinture de sécurité, du casque pour les motards, permis à points, installation de radars automatiques, etc. Ces décisions ont pourtant été critiquées, vilipendées, attaquées, toujours avec les mêmes arguments : « encore une liberté de moins », « ça va tuer encore plus de gens », « la vraie mesure à prendre, c’est… », « c’est seulement pour renflouer les caisses de l’Etat », « nous avons atteint un plancher », « il y a des problèmes qui provoquent beaucoup plus de morts que ça », « à ce compte-là, vous feriez mieux d’interdire les voitures »… 
Celles et ceux qui ont été épargnés grâce à ces décisions – et parmi eux figurent sans doute certains des détracteurs de la sécurité routière – ne remercient pas. C’est normal. Sans doute ignorent-ils que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ La région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) a retiré fin avril son aide au documentaire « Cogolin, ville à vendre », consacré à l’ex-maire FN de cette ville. Un collectif de professionnels du cinéma, dont Denis Robert, Bertrand Tavernier, Yolande Moreau, Costa Gavras, Julie Bertuccelli et Robert Guédiguian, y voit un scandaleux geste de censure.
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« Le cinéma soumis à une insupportable censure politique en PACA »

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) a retiré fin avril son aide au documentaire « Cogolin, ville à vendre », consacré à l’ex-maire FN de cette ville. Un collectif de professionnels du cinéma, dont Denis Robert, Bertrand Tavernier, Yolande Moreau, Costa Gavras, Julie Bertuccelli et Robert Guédiguian, y voit un scandaleux geste de censure.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 14h55
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 15h51
   





                        



                                


                            

Tribune. Au moment où s’ouvre le Festival de Cannes, formidable moment de création et de liberté, nous sommes saisis par l’irruption soudaine d’une censure politique en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Lieu de solidarité internationale vis-à-vis des réalisateurs pourchassés par les pouvoirs politiques dans leurs pays, notre région est le théâtre d’un arrangement de basse cuisine électorale entre une présidence Les Républicains (LR) et un conseiller régional ex-Front national (FN). De quoi s’agit-il ?
Un film documentaire portant sur la gestion au quotidien de la ville de Cogolin gagnée aux dernières municipales par le FN vient de voir l’aide qui lui avait été octroyée par la commission audiovisuelle de la région annulée. Son réalisateur Pascal Lorent, habitant de Cogolin, a capté pendant quatre ans les soubresauts et les vicissitudes politiques de sa commune. Son producteur, Denis Robert, après avoir reçu l’engagement de la région, vient d’être informé par un membre du cabinet du président Renaud Muselier, que son film était jugé trop « politique » pour être aidé par une assemblée régionale composée d’élus LR et FN. Jamais en vingt ans d’existence, un élu n’avait remis en cause un financement après qu’un collège d’experts a livré un avis favorable. L’affaire « Cogolin » est donc un précédent fâcheux qui nous incite aujourd’hui à prendre la plume.

Règle floue
Aux demandes répétées d’explications émanant des auteurs, réalisateurs, producteurs indépendants, des journalistes, et des citoyens de la Région, le cabinet de la présidence se cantonne de répéter que, sous cette mandature, « aucun film documentaire politique ou ayant trait à la politique » n’a été, n’est et ne sera aidé. Cette explication est démentie par les faits. A minima, quatre documentaires traitant de politique ont pu être produits avec le soutien de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur. Pis, cette décision institue une règle suffisamment floue pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ La « pose de pouvoir » qu’adoptent systématiquement les Tories devant les caméras suscite outre-Manche des commentaires ironiques.
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Pourquoi les conservateurs britanniques écartent-ils les pieds ?

La « pose de pouvoir » qu’adoptent systématiquement les Tories devant les caméras suscite outre-Manche des commentaires ironiques.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 12h15
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Sajid Javid, 48 ans, nouveau ministre britannique de l’intérieur, a remplacé au pied levé, lundi 30 avril, Amber Rudd, emportée par le scandale de la « gé­nération Windrush », ces Antillais installés au Royaume-Uni depuis des décennies et pourtant touchés par une politique gouvernementale de reconduite à la frontière visant à faire du chiffre.
Triomphant, M. Javid apparaît sur une photo de l’agence Reuters devant l’entrée du ministère qu’il vient de conquérir, les jambes largement écartées, le regard satisfait scrutant un avenir radieux. Ses conseillers ont eu beau affirmer qu’il a été piégé par le photographe, qui venait de lui demander de se déplacer, l’image évoque pour le public le stéréotype de la « pose de pouvoir » qu’adoptent systématiquement les dirigeants du Parti conservateur.

Au congrès tory de 2015, Theresa May et George Osborne, alors respectivement ministre de l’intérieur et ministre des finances, avaient posé dans la même attitude conquérante – quoique gâchée, pour ce dernier, par des pieds tournés vers l’intérieur qui lui donnent une allure plutôt niaise. Un cliché montre l’ancien premier ministre David Cameron dans une posture similaire, ce qui ne lui a guère réussi lors du référendum sur le Brexit de 2016. A l’époque, les médias avaient ricané, sug­gérant que tous ces hauts responsables avaient assisté à la même formation d’un gourou du body ­langage, session « je montre que j’en ai ».
Plus prosaïquement, ils pourraient avoir suivi les conseils d’Amy Cuddy, psycho­sociologue américaine apôtre des « poses de pouvoir ». Cette conférencière à succès ­assure avoir établi scientifiquement qu’adopter certaines postures – écarter les jambes, déployer son corps, sourire au loin – donne non seulement confiance en soi, mais ­génère également une production adéquate d’hormones. Cela conduit à « une élévation du taux de testostérone, hormone de la domination, à une réduction du taux de cortisol, hormone du stress,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Une logique occidentale s’impose dans le pays pour réparer les crimes commis par les Khmers rouges. L’approche est très éloignée des préoccupations des Cambodgiens.
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Au Cambodge, le choc des mémoires

Une logique occidentale s’impose dans le pays pour réparer les crimes commis par les Khmers rouges. L’approche est très éloignée des préoccupations des Cambodgiens.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 06h30
    |

            Adrien Le Gal








                        



                                


                            

C’est une stèle de verre discrète, presque anonyme, dans un recoin du parc de Choisy, au cœur du 13e arrondissement de Paris. Inaugurée le 17 avril par la maire Anne Hidalgo, en compagnie de représentants de la diaspora cambodgienne en France, elle rappelle aux quelques passants qui s’y arrêtent l’horreur de crimes commis à 10 000 km de là, il y a quarante-trois ans.
Episode burlesque
Le 17 avril 1975, les Khmers rouges vidaient la ville de Phnom Penh de ses habitants, jetant hommes, femmes, enfants, vieillards et malades sur les routes. Pendant les trois ans, huit mois et vingt jours qu’a duré leur règne, les révolutionnaires communistes se sont rendus responsables de la mort d’au moins 1,7 million de personnes. Cette petite stèle, qui vient s’ajouter aux nombreux monuments commémoratifs parisiens, est « la première en Europe » à rendre hommage aux victimes des Khmers rouges, selon Anne Hidalgo.
Quelques mois plus tôt, à Phnom Penh, se déroulait un épisode burlesque. Fin janvier, en toute discrétion, la municipalité déboulonnait une statue, inaugurée quelques semaines auparavant face à l’ambassade de France. L’ouvrage de l’artiste franco cambodgien Séra, intitulé A ceux qui ne sont plus là, était aussi le premier du genre à être érigé dans l’espace public. Son emplacement avait été négocié et choisi avec soin : c’est là que, réfugié à l’ambassade de France, l’adolescent, âgé de 13 ans, a vu son père pour la dernière fois, le 17 avril 1975, avant que celui-ci ne soit déporté, puis tué.
L’ouvrage ne sera resté sur place que deux petits mois. La municipalité, arguant d’un problème de place et d’un projet de parc, a réinstallé la statue dans le Musée de S-21, l’ancien centre de détention et de torture du régime khmer rouge. Une décision qui indigne Youk Chhang, directeur de l’ONG Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam). Rescapé des Khmers rouges, rentré au pays dans les années 1990 après avoir étudié aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Que nous dit ­l’histoire quand nous faisons un pas de côté, ou prenons un pas d’avance ? Un ouvrage regroupe les interventions des historiens Patrick Boucheron et François Hartog prononcées au festival L’Histoire à venir, en mai 2017.
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Réfléchir aux futurs du passé

Que nous dit ­l’histoire quand nous faisons un pas de côté, ou prenons un pas d’avance ? Un ouvrage regroupe les interventions des historiens Patrick Boucheron et François Hartog prononcées au festival L’Histoire à venir, en mai 2017.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 06h30
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Alors que le festival toulousain L’Histoire à venir s’apprête à ­débuter sa deuxième édition, qui se déroulera du 17 au 20 mai autour du thème « Humain, non-humain », sont maintenant disponibles les textes des conférences prononcées en 2017 par Patrick Boucheron et François Hartog (L’Histoire à venir, Anacharsis, 78 pages, 13 euros). Pour les deux historiens, il s’agit de prendre au mot le titre de la ­manifestation. A quoi ressemblera l’histoire à venir ? Que nous dit ­l’histoire quand nous faisons un pas de côté, ou prenons un pas d’avance ? Comment rouvrir l’avenir quand l’horizon semble si sombre et bloqué ?
Moments de tremblements
Dans sa conférence d’ouverture, « Ecrire l’histoire des futurs du passé », prononcée le 18 mai 2017, Patrick Boucheron insiste sur le fait que l’étude du passé vient toujours élargir l’expérience : si le passé a autorité sur nos vies, dit-il, « c’est parce qu’il relance sans cesse l’idée d’expérience et, ce faisant, la rend possible à nouveau ». En découvrant tous ces moments de tremblements, de bascule, d’oscillations, en explorant tous les possibles qui ne sont pas advenus, l’historien ­concourt à « désévidentialiser » ce qui nous paraît être allé de soi. S’il redonne puissance à nos actes en éclairant ceux du passé, c’est à ­condition de prendre soin de « ramener son écriture au moment où les choses ne sont pas jouées d’avance ».
Pour François Hartog, qui avait pris la parole le 20 mai 2017, il faut ­assumer cet intitulé d’« Histoire à venir » comme « une prise de ­position, voire une profession de foi » : « Non, l’histoire n’est pas finie ! » Mais dès lors, que signifie rouvrir l’histoire ? Cela peut-il s’entendre comme une façon de sortir de ce qu’il a lui-même désigné sous le terme de « présentisme » ? Et ­comment s’y prendre ?
Le confé­rencier choisit de conclure sur le rappel d’une voie tracée par Walter ­Benjamin et Paul Ricœur : la ­réouverture...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Rapport d’étonnement. Aux Etats-Unis et au Canada, des hommes ne parvenant pas à trouver de partenaires sexuels rejoignent des communautés en ligne, qui alimentent leur rancœur. Alek Minassian, qui a tué dix personnes à Toronto le 23 avril, était l’un d’eux.
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Le misogyne, cet autre terroriste

Rapport d’étonnement. Aux Etats-Unis et au Canada, des hommes ne parvenant pas à trouver de partenaires sexuels rejoignent des communautés en ligne, qui alimentent leur rancœur. Alek Minassian, qui a tué dix personnes à Toronto le 23 avril, était l’un d’eux.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h30
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Le 23 avril, en plein centre-ville de Toronto, Alek Minassian, 25 ans, a fauché avec une fourgonnette vingt-cinq personnes, en tuant dix, principalement des femmes. Juste avant l’attaque, il avait posté sur Facebook un message annonçant : « La rébellion incel a débuté ». Un « incel », dans le monde anglo-saxon, est un involuntarily celibate, un « célibataire involontaire » : un homme qui n’a aucun succès auprès des femmes et finit par les détester. Ces dernières années, les incels se sont organisés en communautés ouvertement misogynes.
« Nouveau saint »
Au Canada comme aux Etats-Unis, les incels se retrouvent sur des sites de discussion comme Incels.me, interdit aux femmes, sur des groupes de la messagerie Discord, ou sur les forums 4chan et 8chan – sans oublier les nombreux Tumblr porno montrant des scènes de sadisme et de viol, sur le thème Ihatefeminist, Destroythatbitch, etc. En novembre 2017, le site communautaire Reddit interdisait pour misogynie radicale un groupe ­incel de 40 000 personnes. Sur ce groupe, qui se présentait comme un ­ « soutien » pour les hommes en manque de relations amoureuses et sexuelles, les messages ont vite déraillé, traitant les femmes ­d’« ordures qui utilisent les hommes », d’« incarnation du mal », de « salopes », puis cautionnant et préconisant le viol pour se satisfaire.
L’acte terroriste de Minassian a été soutenu par les incels les plus virulents, qui le célèbrent comme un « nouveau saint » de leur mouvement. « Répandez ce nom, parlez de son sacrifice pour notre cause, adorez-le car il a donné sa vie pour notre avenir », dit un post sur Incel.me. Un autre se demande si Minassian n’a pas répondu à un appel lancé en mars, signé BlkPillPres, où on lisait : « Je veux voir des intoxications alimentaires de masse, peut-être une bombe ou deux, ou j’espère que quelqu’un finira par utiliser un camion pour renverser des femmes pendant un défilé scolaire ou...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans sa chronique, Annie Kahn, journaliste au « Monde », estime indispensable de lutter contre la discrimination entre collègues. En particulier à la cantine.
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« En entreprise, les regroupements à table sont hélas représentatifs d’un certain instinct grégaire »

Dans sa chronique, Annie Kahn, journaliste au « Monde », estime indispensable de lutter contre la discrimination entre collègues. En particulier à la cantine.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 16h16
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            

Il est de bon ton aujourd’hui de vanter les mérites de la diversité. Et particulièrement dans le monde du travail. Outre le fait que s’engager en faveur de la diversité apparaît plus moral, plus équitable, cette attitude serait aussi plus rentable. De nombreuses études ont en effet démontré la meilleure productivité et créativité d’équipes aux profils variés : diversité d’origine, d’âge, de genre, de milieu social, de centres d’intérêt, etc.
Et pourtant, que d’occasions perdues ! Rien de tel que d’observer les mœurs et coutumes des cantines et autres restaurants d’entreprise ou lieux propices à la prise d’un repas en commun pour s’en convaincre. L’entre-soi le plus strict y est la règle.
On se retrouve entre personnes d’un même service, d’un même groupe d’âge, d’un statut social voire hiérarchique équivalent, d’origines semblables. Vous êtes-vous écarté depuis quelques mois, voire quelques années, de la communauté d’intérêt à laquelle vous apparteniez ? Le changement est immédiat. Vous voici exclu du groupe.
Tisser des liens
Alors qu’il est bien connu que prendre un repas en commun est l’une des meilleures occasions de tisser des liens. Les milieux d’affaires le savent depuis longtemps. Les architectes de bureaux également, qui prévoient des mini-cuisines à la disposition du personnel, selon un modèle popularisé par ­Google et d’autres entreprises de la Silicon Valley. Et, depuis quelques années, la préparation dudit repas est même devenue une activité prônée par les consultants pour renforcer l’esprit d’équipe. Au même titre que les défis de saut à l’élastique d’hier. A condition de ne pas pousser le bouchon trop loin.
« Les membres d’une équipe qui socialisent uniquement entre eux risquent de se retrouver déconnectés du reste de l’organisation et du monde extérieur », avertit le sociologue américain Kevin Kniffin.
Rares sont les sociologues qui se sont intéressés à cette question. Dans un article de la revue Le Mouvement social...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Le choix français pour le nucléaire est d’autant plus périlleux qu’il est économiquement dépassé par d’autres sources d’énergie, affirme l’économiste Aurélien Saussay dans une tribune au « Monde ».
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Energie : « L’entêtement français sur la voie du nucléaire est une stratégie risquée »

Le choix français pour le nucléaire est d’autant plus périlleux qu’il est économiquement dépassé par d’autres sources d’énergie, affirme l’économiste Aurélien Saussay dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 13h03
    |

Aurélien Saussay (Economiste et responsable du pôle environnement à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE, Sciences Po))







                        



                                


                            

[La préférence française pour le nucléaire est au cœur du débat public qui a lieu jusqu’au 30 juin sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE).]
Tribune. Avec la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), en débat public jusqu’au 30 juin, la France semble devoir renouveler ses vœux de fidélité au nucléaire. Les tenants du statu quo avancent des arguments surtout économiques. Seule l’électricité nucléaire, fleuron de la technologie française, serait capable de répondre à nos besoins pour un coût raisonnable, tout en n’émettant pas de gaz à effets de serre.
La santé économique de la filière n’est pourtant guère rassurante. Contrairement aux espoirs d’une « renaissance » soulevés en 2007 lors du lancement du chantier de l’EPR à Flamanville, la décennie écoulée s’est avérée désastreuse pour le nucléaire français et international. Areva, qui avait assuré la conception et la maîtrise d’ouvrage de l’EPR, s’est trouvée dans une situation critique, en 2016, après avoir subi une perte cumulée de 10 milliards d’euros de 2011 à 2015. Seule l’injection de près de 5 milliards d’euros par l’Etat et une restructuration drastique a sauvé de la faillite l’entreprise.
De très nombreux projets de réacteurs ont été annulés ces dernières années, au Brésil, en Afrique du Sud, aux Etats-Unis. Principale exception : la Chine, avec 20 réacteurs en construction et 60 autres projetés pour la décennie à venir. Le premier EPR mis en service au monde se trouvera d’ailleurs dans le sud-est de la Chine. En dehors de cette spécificité chinoise, comment expliquer la déroute, en France comme à l’étranger, d’une industrie promise au plus bel avenir il y a seulement dix ans ?
Des tendances structurelles qui minent la compétitivité
La fusion de trois des quatre réacteurs de la centrale de Fukushima en mars 2011 a certes joué un rôle majeur dans ce revirement. Les terribles conséquences de l’accident...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ La France ne peut délaisser, au nom de ses difficultés actuelles, un savoir-faire technologique prisé sur les marchés étrangers, défend Claude Jaouen, ancien cadre d’Areva, dans une tribune au « Monde ».
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Energie : « Au-delà de la situation conjoncturelle, l’industrie nucléaire française a des atouts indéniables »

La France ne peut délaisser, au nom de ses difficultés actuelles, un savoir-faire technologique prisé sur les marchés étrangers, défend Claude Jaouen, ancien cadre d’Areva, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 13h02
    |

Claude Jaouen (Ancien cadre d'Areva)







                        



                                


                            

[La préférence française pour le nucléaire est au cœur du débat public qui a lieu jusqu’au 30 juin sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE).]
Tribune. Le succès à l’international de l’industrie nucléaire française depuis de nombreuses années représente un gain significatif pour l’économie nationale. Les choix qui seront faits d’ici à la fin 2018 sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) seront déterminants pour les années à venir, en termes d’emplois et de balance commerciale.

Avec une rentabilité obérée par des investissements non rentables, la crise financière et l’accident nucléaire provoqué par le tsunami qui a dévasté la côte nord-est du Japon en mars 2011, Areva a dû se restructurer et être recapitalisé. L’industrie nucléaire a également subi les aléas inévitables lorsque l’on redécouvre, après vingt ans sans construction majeure d’infrastructures en Europe, le métier des grands projets et les effets classiques des prototypes ou de têtes de série, dans un référentiel réglementaire non stabilisé.
Tout cela fait beaucoup, et le doute s’est installé. Les bonnes nouvelles passent inaperçues, et l’ensemble de la filière est fragilisé.
Des emplois qualifiés pérennes
Mais qu’observe-t-on dans les filières éolienne et solaire photovoltaïque, malgré une volonté forte et des subventions significatives ? Danois et Allemands dominent le marché de l’éolien terrestre, les technologies offshore d’Alstom et Areva ont été reprises respectivement par ­General Electric et Siemens, le marché des panneaux photovoltaïques est largement dominé par la Chine – ce qui contribue d’ailleurs à sa compétitivité coût. Bref, dans ces domaines, les emplois ­qualifiés ne sont pas en France ! Il faut bien sûr développer les énergies alternatives, mais pas à n’importe quel prix, et en fonction de ce qu’elles peuvent réellement apporter.
Cette industrie représente aujourd’hui...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le consultant Jacques Marceau explique qu’il existe des solutions innovantes pour consommer moins d’énergie, pour l’instant ignorées par les pouvoirs publics.
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Energie : « Il est aujourd’hui techniquement possible de stocker l’été la chaleur dans le sol pour la restituer l’hiver »

Dans une tribune au « Monde », le consultant Jacques Marceau explique qu’il existe des solutions innovantes pour consommer moins d’énergie, pour l’instant ignorées par les pouvoirs publics.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 12h59
    |

Jacques Marceau (Membre du conseil scientifique de l’Institut de la souveraineté numérique)







                        



                                


                            

[La préférence française pour le nucléaire est au cœur du débat public qui a lieu jusqu’au 30 juin sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE).]
Tribune. Obnubilés que nous sommes par les gaz d’échappement de nos voitures, nous avons presque oublié qu’en France, le bâtiment engloutit à lui seul 45 % de l’énergie consommée et est responsable de 27 % des émissions de gaz à effet de serre, dont une grande partie due au chauffage et la climatisation. Les solutions jusqu’à présent imaginées se bornent à agir sur l’enveloppe du bâtiment, alors qu’il est aujourd’hui techniquement possible de stocker la chaleur l’été dans le sol pour la restituer l’hiver, notamment grâce à l’intelligence artificielle.

Pour réussir la décarbonation des bâtiments, il faut bien sûr favoriser la construction de bâtiments thermiquement vertueux, mais aussi limiter l’émission de gaz à effet de serre associée à leur consommation énergétique.
Sortir de la doxa
La première et malheureusement trop souvent unique méthode utilisée en conception comme en rénovation des bâtiments est l’isolation de l’enveloppe. Depuis des années, les pouvoirs publics encouragent le recours à des procédés, matériaux et technologies visant à isoler le bâtiment en déployant tout un arsenal de normes, d’avantages fiscaux et autres subventions.
Dans ce contexte, le développement des énergies renouvelables (ENR) est une opportunité historique, à condition de palier leur intermittence grâce à des solutions de stockage adaptées, qui devront être peu émettrices de carbone.
Mais politiques et professionnels du bâtiment oublient qu’il existe un autre levier d’action avec la décarbonation de la production de chaleur ou de froid. Un levier efficace tant d’un point de vue économique qu’environnemental, qui requiert la mise en œuvre de systèmes énergétiques le plus décarbonés possible, qui consommeront une énergie peu polluante, ce qui...




                        

                        

