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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ La plus haute cour étasunienne a, lundi 14 mai, déclaré contraire à la Constitution une loi de 1992 qui interdit les paris sportifs dans quarante-six des cinquante Etats du pays.
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Aux Etats-Unis, la Cour suprême abolit l’interdiction des paris sportifs

La plus haute cour étasunienne a, lundi 14 mai, déclaré contraire à la Constitution une loi de 1992 qui interdit les paris sportifs dans quarante-six des cinquante Etats du pays.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 17h52
   





                        



   


La Haute Cour a donné raison au New Jersey, Etat qui se bat depuis 2010 pour obtenir le droit d’organiser des paris sportifs et dont les casinos, sinistrés économiquement, sont concentrés à Atlantic City.
La décision de la Cour suprême ouvre la voie à un marché estimé à des dizaines de milliards de dollars. Au moins 18 Etats pourraient légaliser les paris sportifs. Les Américains, inventeurs des machines à sous et des casinos géants, vont donc pouvoir, dans leur grande majorité, découvrir tout un nouvel univers du jeu, tandis que les Etats vont pouvoir bénéficier d’une manne financière importante sous forme de taxes.
Les « sages » de la plus haute juridiction américaine ont estimé, à 6 contre 3, que la loi de 1992 en vigueur était contraire à la Constitution. Voté en 1992, le Professional and Amateur Sports Protection Act (surnommé le « Bradley Act ») avait banni les paris sur les sports professionnels ou universitaires, sauf dans les quatre Etats où ils existaient déjà (Nevada, Delaware, Montana, Oregon).
Le Congrès avait adopté cette législation en estimant que les paris menaceraient l’intégrité des rencontres sportives. Le texte avait été défendu par le sénateur Bill Bradley, une ancienne vedette de basket-ball, au nom de la protection de la jeunesse. « Les paris sportifs sous l’égide des Etats véhiculeraient le message que, dans le sport, l’argent est plus important que le dépassement de soi et l’esprit sportif », avait affirmé l’élu démocrate.
Les quatre principales fédérations sportives, la NFL (football américain), la NBA (basket), la MLB (baseball) et la NHL (hockey sur glace) avaient aussi soutenu ces restrictions.
Vers la fin des paris clandestins ?
Le texte était depuis quelques années confronté à de vives critiques. Devenu gouverneur du New Jersey en 2010, Chris Christie (républicain) avait entamé une lutte de longue haleine contre le texte, essuyant des revers systématiques devant les tribunaux.
Donald Trump, confronté aux difficultés financières de ses établissements de jeu à Atlantic City, avait lui aussi fait campagne contre cette loi, en considérant que les paris sportifs pourraient lui offrir une planche de salut.
« Un grand jour pour le droit des Etats et le droit de leurs populations à décider par elles-mêmes », a rapidement réagi, lundi, M. Christie sur Twitter.
Les opposants au texte plaidaient pour une approche pragmatique, alors que les jeux d’argent via les casinos et les loteries sont déjà largement implantés aux quatre coins des Etats-Unis. « Les paris sportifs existent, [mais] ils sont illégaux », avait, par ailleurs, affirmé Theodore Olson, l’avocat du New Jersey. En effet, les paris sportifs clandestins représentent aujourd’hui un marché annuel de 150 milliards de dollars, selon l’American Gaming Association.
Une défaite pour les opposants religieux
La décision de la Cour suprême est, en revanche, un échec pour des groupes religieux chrétiens et musulmans, qui avaient adressé aux juges des argumentaires contre l’extension des paris sportifs en Amérique.
Les experts avaient toutefois relevé que, derrière le blocage sur les principes, les lignes bougeaient. Les fédérations sportives américaines, au fait des enjeux monétaires, sont apparues de moins en moins opposées aux paris sportifs. En novembre 2014, Adam Silver, le commissaire général de la NBA, avait notamment publié une tribune préconisant un virage complet sur la question.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le Fonds monétaire international invite la première puissance économique européenne à accroître la dépense publique, dans son rapport annuel sur le pays, publié lundi.
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Le FMI presse l’Allemagne de réduire ses excédents

Le Fonds monétaire international invite la première puissance économique européenne à accroître la dépense publique, dans son rapport annuel sur le pays, publié lundi.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 17h27
    |

            Marie de Vergès








                        



   


Le conseil n’est pas nouveau mais il se fait plus pressant : l’Allemagne d’Angela Merkel est invitée par le Fonds monétaire international (FMI) à accroître la dépense publique afin de réduire ses excédents massifs. Dans son rapport annuel sur le pays publié lundi 14 mai, le Fonds reconnaît les efforts annoncés à Berlin pour soutenir la croissance à long terme et réduire le risque de pauvreté. Pour autant, « plus de volonté politique est nécessaire pour améliorer de manière décisive l’investissement intérieur, ce qui pourrait aussi aider à rééquilibrer la balance extérieure », ajoute-t-il.
Ces commentaires suivent de près le discours prononcé par le président français Emmanuel Macron à Aix-la-Chapelle (Allemagne), jeudi 10 mai. Alors qu’il se voyait décerner le prix Charlemagne, la plus prestigieuse récompense européenne, le chef de l’Etat s’est permis d’exhorter Berlin à en finir avec ses « fétiches », référence claire au conservatisme allemand en matière budgétaire.

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Une gestion marcoéconomique « prudente »
Les excédents de l’Allemagne – courants et commerciaux – sont un sujet de débat récurrent parmi les partenaires de la première puissance économique européenne. Les crispations sont devenues plus vives depuis l’arrivée au pouvoir du président américain Donald Trump, prompt à reprocher à Berlin d’entretenir volontairement avec les Etats-Unis une relation commerciale déséquilibrée.
Le FMI presse l’Allemagne de mettre à profit ses « marges de manœuvre budgétaires assez considérables » pour accroître ses investissements publics dans les infrastructures et l’éducation. Berlin est aussi invité à envisager des réformes des retraites et de son marché du travail pour accroître la part des travailleurs âgés dans la population active, atténuer le risque de pauvreté chez les seniors et le besoin d’épargner beaucoup en prévision de la retraite.

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Le bulletin du FMI n’en décerne pas moins une série de satisfecit à la première économie européenne : une croissance « robuste », un taux de chômage « tombé à des niveaux plus vus depuis des décennies », une dette publique « en déclin rapide ». Enfin, une gestion marcoéconomique « prudente ». Sans doute trop, donc.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ L’abondance des financements accordés par Pékin pour des projets d’infrastructures inquiète le FMI et la Banque mondiale.
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Chronique

L’Afrique sous la menace du surendettement, effet pervers des prêts chinois

L’abondance des financements accordés par Pékin pour des projets d’infrastructures inquiète le FMI et la Banque mondiale.

Par                                            Sébastien Le Belzic (chroniqueur Le Monde Afrique, Pékin)




LE MONDE
              datetime="2018-05-14T17:23:14+02:00"

        Le 14.05.2018 à 17h23






    
Comité d’accueil pour l’arrivée en gare de Djibouti, le 3 janvier 2018, du premier train commercial de la ligne de chemin de fer avec l’Ethiopie, réalisée par des entreprises chinoises et partiellement financée par la Banque chinoise d’import-export.
Crédits : HOUSSEIN HERSI / AFP


Le Kenya est le dernier pays africain en date à adhérer à la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (BAII), chargée de financer les projets chinois dans le cadre des « nouvelles routes de la soie ». L’Egypte et l’Ethiopie font déjà partie des 86 pays membres de cette institution née en janvier 2016 et dirigée par la Chine. Nairobi pourra désormais profiter de ses deniers. Mais pour le Kenya, le risque de voir sa dette publique, déjà très importante, exploser est préoccupant.
« Ce fardeau reste lourd pour le Kenya et les prêts chinois peuvent le rendre insoutenable », prévient Apurva Sanghi, ancien économiste en chef de la Banque mondiale pour plusieurs pays d’Afrique de l’Est, dont le Kenya.

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Selon l’agence de notation Moody’s, le risque de « stress financier » va s’accroître au début de la prochaine décennie… La Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) tirent également la sonnette d’alarme. La directrice générale du FMI a mis en garde le mois dernier contre le piège de l’endettement. Christine Lagarde s’exprimait à Pékin à l’occasion d’un forum sur les « nouvelles routes de la soie », le colossal plan lancé en 2013 par le président chinois, Xi Jinping, pour déployer routes, ports, voies ferrées et parcs industriels à travers le monde. Il ne faut pas que les pays acceptant d’accueillir certains de ces chantiers aient le sentiment que « c’est un repas gratuit », a-t-elle observé, plaidant pour des investissements plus collectifs et une gestion plus attentive.
« Ni un plan Marshall, ni un complot chinois »
Il faut dire que les conditions posées par Pékin – ou plutôt l’absence de conditions – sont séduisantes : pas de contrepartie politique, pas ou peu de contrôle de la corruption, pas d’obligation de privatisation… On est loin de la feuille de route imposée par l’Occident, le FMI et la Banque mondiale.
Christine Lagarde a plaidé pour la mise en place d’une agence commune de la Chine et du FMI afin de s’assurer de la pérennité des financements. Mais Pékin devrait continuer à jouer en solo. Vitrine de la politique étrangère mise en place par Xi Jinping en 2013, ce projet constitue en effet un symbole fort. « Il ne s’agit ni d’un plan Marshall, ni d’un complot chinois, s’est ainsi défendu le chef d’Etat. Il s’agit d’une initiative suivant son cours en pleine lumière. »

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Pourtant, même dans son pays, on commence à s’inquiéter des possibles dérapages. L’économiste Li Ruogu, ancien président de la Banque chinoise d’import-export (Exim Bank), explique que « peu d’Etats africains ont la capacité de rembourser les sommes prêtées dans le cadre ». La plupart des projets sont actuellement financés par la seule Chine, via la BAII, la Banque chinoise de développement, l’Exim Bank et le Fonds des routes de la soie. Mais il manque encore 500 millions de dollars (près de 420 millions d’euros) par an pour faire face au coût des chantiers, ce qui pousse Pékin à puiser dans son portefeuille et à assouplir les conditions de ses prêts, quitte à refroidir d’autres investisseurs qui auraient pu participer à ce grand projet.
Premier créancier bilatéral
La dette publique en Afrique subsaharienne représentait 45 % du PIB fin 2017, en hausse de 40 % en trois ans ! Dans son dernier rapport, la Banque mondiale considère que 11 des 35 pays à faible revenu de la zone présentent un haut risque de surendettement. Et la Chine est leur premier créancier : près de 70 % de la dette publique bilatérale camerounaise sont détenus par Pékin. Même situation au Kenya, où la dette publique a régulièrement augmenté, passant de 43,1 % du PIB en 2011 à 54,1 % en 2016.
En janvier 2017, le Mozambique s’est déclaré en défaut de paiement. Le gouvernement a été contraint de dévoiler l’existence d’une dette occultée de 1,8 milliard d’euros, souscrite par les entreprises publiques. La Chine a déjà effacé une partie de l’ardoise…

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Au Congo, l’inauguration à Brazzaville du siège de la Banque sino-congolaise pour l’Afrique (BSCA-Bank), fruit de la coopération avec la Chine – auprès de laquelle ce pays a contracté une partie de sa lourde dette publique qui inquiète tant le FMI –, est un autre exemple. La construction de cet immeuble de quinze étages, d’un coût de 53 millions d’euros, a été entièrement financée par « l’argent du pétrole congolais », a indiqué Rigobert-Roger Andely, président du conseil d’administration de la BSCA-Bank. Brazzaville et Pékin ont signé un partenariat de stratégie économique qui a permis à la Chine de préfinancer plusieurs projets d’infrastructures, augmentant du même coup la dette du Congo, estimée par le FMI à 117 % de son PIB. Après avoir masqué une partie de ses emprunts, le pays d’Afrique centrale a repris des négociations avec l’institution.

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La situation n’est guère meilleure au Nigeria, où le service de la dette absorbe 60 % des recettes de l’Etat, pénalisant les investissements publics. Même tableau au Ghana, en Angola et en Zambie…
Sans mettre en doute les bienfaits de certains travaux d’infrastructures entrepris sur le continent, Pékin doit aujourd’hui s’interroger sur leur financement. Le banquier de l’Afrique pourrait ainsi revenir sur sa politique de crédit trop facile. La question sera à l’ordre du jour lors du prochain forum Chine-Afrique, à Pékin en septembre.
Sébastien Le Belzic est installé en Chine depuis 2007. Il dirige le site Chinafrica. info, un magazine sur la « Chinafrique » et les économies émergentes.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Pour « Le Monde », un photojournaliste indépendant a pu obtenir un accès exceptionnel aux régions syriennes où le régime de Bachar Al-Assad s’est maintenu au terme de sept années de guerre.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Un test génétique prouve que Medhanie Tesfamariam Behre n’est pas le père de l’enfant du véritable passeur. Ce dernier serait libre en Ouganda.
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Compte rendu

L’ADN, nouvel élément à décharge pour l’Erythréen accusé en Italie de trafic d’êtres humains

Un test génétique prouve que Medhanie Tesfamariam Behre n’est pas le père de l’enfant du véritable passeur. Ce dernier serait libre en Ouganda.

Par                                            Gaël Grilhot




LE MONDE
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        Le 14.05.2018 à 15h32

     •
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        Mis à jour le 14.05.2018 à 17h15






    
Medhanie à son arrivée à l’aéroport italien de Palerme, depuis le Soudan, en juin 2016.
Crédits : Handout . / REUTERS


C’est un nouveau rebondissement dans l’affaire de Medhanie Tesfamariam Behre, cet Erythréen accusé en Italie d’être l’un des plus importants trafiquants d’êtres humains de la Méditerranée. Arrêté en mai 2016 grâce à la collaboration des polices anglaise, suédoise, italienne et soudanaise, et incarcéré à Palerme depuis bientôt deux ans, le jeune plombier n’a cessé de déclarer qu’il y avait erreur sur la personne. A cet effet, la défense a produit le 9 mai un test ADN qui pourrait être le dernier clou dans le cercueil de l’accusation.

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Le 6 avril, l’avocat Michele Calantropo s’était rendu en Suède pour y rencontrer Lydia Tesfu, la femme de Medhanie Yehdego Mered – le trafiquant présumé avec lequel l’accusé serait confondu –, et leur enfant Raei. « Il n’a pas été facile de lui expliquer l’importance que revêtait le prélèvement de sa salive et de celle de son fils. Mais elle a accepté de le faire pour sauver son honneur et montrer que son mari n’est pas celui emprisonné à Palerme », explique le défenseur de Medhanie Tesfamariam Behre. Après examen de ces échantillons, le généticien italien Gregorio Seidita a produit un compte rendu de onze pages, que Le Monde Afrique s’est procuré. Il y conclut : « Il ressort de l’analyse génétique conjointe de Lydia Tesfu, [de] son enfant Raei et de Medhanie, qu’il y a onze incompatibilités génétiques entre le père présumé et l’enfant. Cela nous permet d’affirmer sans aucun doute que Medhanie ne peut pas être le père biologique de l’enfant Raei. »
« Nous avons déjà apporté tellement de preuves »
Si ce test devait être accepté comme preuve par la justice italienne, la thèse du ministère public serait encore fragilisée. En effet, pour le procureur palermitain Calogero Ferrara, le Medhanie incarcéré est non seulement le mari de Lydia Tesfu mais surtout le père de Raei Yehdego. Il l’a répété plusieurs fois en audience et écrit dans l’acte d’accusation, malgré que Lydia Tesfu ait à plusieurs reprises déclaré que le prisonnier n’était pas son époux, et bien que la page Facebook de Mered, le passeur présumé, soit toujours en activité et affiche la photo de Raei comme image de profil.
En dépit de ces nouveaux éléments, l’avocat de la défense reste sceptique sur les chances de son client d’être libéré lors de la prochaine audience, le 21 mai. « Au vu de la masse des preuves que nous avons fournies, il y aurait assez d’éléments pour le libérer. Mais nous devrons sans doute attendre jusqu’à septembre pour obtenir le jugement de cette triste histoire », prévient-il. Un pessimisme que partage Seghen, la sœur de Medhanie. « Honnêtement, je ne sais pas comment on peut leur prouver qu’il n’est pas le trafiquant que l’on recherche. Nous avons déjà apporté tellement de preuves. Le plus frustrant, c’est que tout le monde sait que le vrai coupable se balade librement en Ouganda. Deux de mes amis sur place me l’ont encore confirmé le mois dernier », dit-elle depuis le Soudan, où elle réside.

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Cette information a été confirmée par plusieurs médias dont le quotidien britannique The Guardian et la télévision nationale suédoise SVT, qui ont révélé en avril que le véritable trafiquant se trouvait à Kampala, la capitale ougandaise. Les médias locaux se sont ensuite emparés de l’affaire. Le 14 avril, le quotidien progouvernemental New Vision en a même fait sa « une ». Mais du côté des responsables officiels ougandais, la plus grande discrétion reste de mise. Le ministre chargé des réfugiés, Hillary Onek, a ainsi déclaré lors d’une conférence de presse « n’avoir reçu aucune demande de la part d’Interpol ».
Secret de polichinelle
Le 18 avril, un autre quotidien, The Observer, s’est emparé de l’affaire. Citant « une source haut placée », il a affirmé que le trafiquant aurait voyagé sous un faux nom avec un passeport ougandais. Un élément embarrassant pour Kampala. Le porte-parole de la police, Patrick Onyango, a cherché à temporiser en expliquant vouloir en premier lieu « vérifier [cette] information » et affirmé qu’il s’était entretenu avec Interpol Ouganda sur ce sujet, sans avoir reçu de notification le concernant. Et pour cause, comme toutes les branches nationales de l’organisation, le bureau ougandais emploie des officiers locaux. Toute sollicitation d’une réaction de leur part se heurte à un refus poli, le demandeur étant renvoyé… vers Patrick Onyango.

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Mais au sein de la communauté érythréenne de Kampala, la présence dans le pays de Medhanie Yehdego Mered semble être un secret de polichinelle. Zecarias Gerrima, le directeur adjoint d’Africa Monitors, une organisation de défense des droits des réfugiés est-africains, est lui aussi persuadé que la personne jugée en Italie n’est pas la bonne. Comme plusieurs Erythréens qui ont témoigné l’avoir reconnu dans la capitale ougandaise, le plus souvent accompagné de gardes armés, Zecarias a souvent croisé Mered à Muyenga, un quartier animé de la ville. En particulier au Sami’s Bar, lieu de prédilection de la diaspora érythréenne. Situé sur une rue passante entre une pizzeria et des friperies, ce bar populaire aurait même appartenu un temps au trafiquant présumé.
Même si Zecarias reconnaît « ne pas avoir vu [ce dernier] depuis plusieurs mois », il reste très remonté contre l’Italie. « Les Italiens cherchent à sauver la face à tout prix, quitte à juger la mauvaise personne. Le vrai Mered est tranquille pour le moment, parce que personne ne le recherche officiellement », s’insurge le directeur adjoint d’Africa Monitors. Pour lui, il est même probable que Mered soit toujours impliqué dans des trafics : « Il a l’argent, les réseaux et il sait qui arroser, il n’y a aucune raison qu’il arrête. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Cette nouvelle série de tempêtes de sable qui ont frappé plusieurs parties du pays succède aux tempêtes survenues au début du mois et ayant causé au moins 140 morts.
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Inde : de nouvelles tempêtes de sable font au moins 86 morts

Cette nouvelle série de tempêtes de sable qui ont frappé plusieurs parties du pays succède aux tempêtes survenues au début du mois et ayant causé au moins 140 morts.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 15h28
   





                        



   


Au moins 86 personnes ont péri, dimanche 13 mai, dans une nouvelle série de tempêtes de sable et d’orages en Inde, qui ont aussi fait plus d’une centaine de blessés, selon de nouveaux bilans officiels lundi.
Des vents soufflant jusqu’à plus de 100 km/h ont frappé plusieurs parties du nord, de l’est et du sud de l’Inde dimanche soir. Les intempéries ont provoqué des chutes d’arbres, endommagé nombre d’habitations et arraché des poteaux électriques.
Dans l’Uttar Pradesh, Etat le plus peuplé d’Inde situé dans le nord du pays, les rafales et la foudre ont tué 48 personnes en projetant des débris ou en abattant des murs, a rapporté T. P. Gupta, un responsable de l’autorité locale de gestion des catastrophes.
Dans ce même Etat, huit passagers sont morts noyés dans le district de Barabanki lorsque le vent a retourné leur embarcation sur une rivière.
Au Bengale-Occidental, dans l’Est, 14 personnes sont mortes, notamment dans une maison frappée par un éclair dans la grande ville de Calcutta. Le Bihar et la capitale, New Delhi, dans le Nord, ont recensé chacun deux victimes. Dans le sud du pays, les orages ont par ailleurs coûté la vie à douze personnes dans l’Andhra Pradesh.

   


Les tempêtes sont courantes en Inde en cette saison de grosses chaleurs qui précède la mousson. Celles de cette année sont cependant d’une intensité et d’une force rares. Au début du mois, elles ont ainsi entraîné la mort de près de 150 personnes dans ce pays d’Asie du Sud.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le principal opposant au président Denis Sassou-Nguesso a été condamné à vingt ans de prison pour « atteinte à la sécurité de l’Etat ».
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Compte rendu

Au Congo-Brazzaville, le général Mokoko veut saisir la justice internationale

Le principal opposant au président Denis Sassou-Nguesso a été condamné à vingt ans de prison pour « atteinte à la sécurité de l’Etat ».


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-14T15:12:29+02:00"

        Le 14.05.2018 à 15h12






    
Le général Jean-Marie Michel Mokoko à son procès, le 11 mai 2018, à Brazzaville.
Crédits : Stringer . / REUTERS


La défense du général congolais Jean-Marie Michel Mokoko, principal opposant au président Denis Sassou-Nguesso, a annoncé lundi 14 mai son intention de saisir les juridictions internationales contre sa condamnation à vingt ans de prison pour « atteinte à la sécurité de l’Etat ». « Si Jean-Marie Michel Mokoko sait son sort scellé devant les juridictions congolaises, il va néanmoins former un pourvoi en cassation à l’encontre de l’arrêt de la cour criminelle, et portera dans un second temps l’affaire devant les instances internationales », indique un communiqué du collectif d’avocats du général.

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« Nous allons saisir deux juridictions internationales : la Commission africaine des droits de l’homme et le groupe de travail des Nations unies contre la détention arbitraire », a déclaré Me Eric Yvon Ibouanga, un des avocats de l’opposant âgé de 71 ans, interrogé par l’AFP. « C’est à elles et à la communauté internationale dans son ensemble que [Mokoko] s’en remet désormais », ajoute le communiqué du collectif.
« Parodie de justice »
La défense du général Mokoko a de nouveau dénoncé « la parodie de justice » marquée par « des violations répétées du droit au procès équitable » qui a conduit à la condamnation à vingt ans de prison de son client vendredi 11 mai par la cour criminelle de Brazzaville. « L’extrême sévérité de la sanction vient confirmer l’objectif de cette procédure : la neutralisation politique d’un homme (…) porté par une ferveur populaire », estime la défense du général Mokoko. La justice congolaise avait accordé trois jours au condamné pour se pourvoir en cassation.

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Ex-chef d’état-major, ex-conseiller du président Sassou-Nguesso qu’il a finalement défié en se présentant à la présidentielle de mars 2016, le général Mokoko avait été arrêté en juin 2016. Il avait refusé de reconnaître la réélection contestée du président Sassou-Nguesso.
Les défenseurs des droits de l’homme ont dénoncé la décision de la cour criminelle de Brazzaville contre le principal opposant de Sassou-Nguesso. Le procès d’un autre ex-dignitaire, le général Norbert Dabira, doit s’ouvrir mardi au Congo-Brazzaville.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Au moins 25 Palestiniens ont été tués, lundi 14 mai au matin, dans des affrontements avec les soldats israéliens, à Gaza, lors de manifestations contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Quim Torra, nouveau venu en politique, a été élu par 66 voix des grands partis indépendantistes contre 65 de l’opposition, et l’abstention de quatre députés d’un parti séparatiste d’extrême gauche.
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Espagne : Quim Torra, séparatiste convaincu, élu président de Catalogne

Quim Torra, nouveau venu en politique, a été élu par 66 voix des grands partis indépendantistes contre 65 de l’opposition, et l’abstention de quatre députés d’un parti séparatiste d’extrême gauche.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 14h59
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 16h08
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


« Sectaire », « radical », « antiespagnol », « xénophobe »… Les qualificatifs utilisés par l’opposition de droite comme de gauche pour définir le nationaliste Quim Torra, le nouveau président de la Catalogne, sont loin d’annoncer l’apaisement des tensions politiques dans la région espagnole.
Quim Torra i Pla a été élu lundi 14 mai au poste occupé par Carles Puigdemont jusqu’à la mise sous tutelle de la région après sa déclaration unilatérale d’indépendance, le 27 octobre 2017. Il a obtenu 66 voix pour, 65 contre et quatre abstentions, celles du parti d’extrême gauche CUP, qui avait décidé de ne pas rejeter sa candidature après des mois de blocage entre les forces indépendantistes.
Cet avocat de formation, âgé de 55 ans, est né à Blanes, dans la province ultra-indépendantiste de Gérone. Cultivé, adepte d’une ironie mordante, il occupa pendant près de vingt ans un poste de direction dans une multinationale d’assurance avant de créer en 2008 une maison d’édition, A Contra Vent, et de se consacrer à l’activisme indépendantiste, quand cette option était encore très minoritaire en Catalogne.
« Dernière colonie d’Europe »
Mais depuis que M. Puigdemont l’a désigné comme successeur, vendredi, le candidat numéro 11 de la liste Ensemble pour la Catalogne (JxC) est rattrapé par les nombreux articles d’opinions et de Tweets qu’il a rédigés ces dernières années, multipliant les commentaires anti-espagnols, traduisant une conception ethnique du catalanisme – parlant par exemple de « l’ADN » des Espagnols, qui « ne savent que spolier ». Il y affiche son mépris de ceux qui parlent castillan dans la région, et n’hésite pas à qualifier la Catalogne de « dernière colonie d’Europe ».
Devant le Parlement, il a demandé pardon pour ses prises de position les plus polémiques. Il avait déjà effacé ses Tweets. « Je regrette, cela ne se reproduira plus », a-t-il déclaré.
Essayiste, auteur de sept ouvrages, principalement sur les journalistes et intellectuels de Catalogne des années 1920 et 1930, il s’est engagé brièvement en 2009 au sein du parti Reagrupament, une scission de la Gauche républicaine (ERC) qui finit par s’allier avec la droite nationaliste. Il présida aussi brièvement une association indépendantiste, Souveraineté et justice. Entre 2010 et 2015, il fut à la fois membre du conseil de direction de l’Assemblée nationale catalane (ANC) et vice-président d’Omnium cultural, les deux puissantes associations indépendantistes catalanes.
« Sans trêve et sans flancher »
En 2012, il avait porté plainte devant la Cour européenne des droits de l’homme contre une résolution du Tribunal constitutionnel espagnol, qui avait censuré plusieurs articles du statut d’autonomie catalan. Sa plainte avait été rejetée, mais il s’était dit prêt à saisir « chaque possibilité, même infime, pour affronter le royaume d’Espagne jusqu’à la fin, sans trêve et sans flancher ».
Directeur du centre culturel El Born (BCC) de Barcelone, lorsque ce musée présentait une exposition sur les trois cents ans du siège de Barcelone de 1714 par les partisans du roi Felipe V, lors de la guerre de succession au trône d’Espagne, il définissait alors le lieu comme « le Ground Zero des Catalans ».
Mais c’est en tant que bref président d’Omnium cultural, après l’engagement politique de sa prédécesseure, en 2015, que cet ancien directeur de la Revista de Catalunya et du Centre d’études contemporaines de la Généralité – le siège du pouvoir catalan – a obtenu la fonction la plus médiatique de sa carrière. Un poste intérimaire qu’il quitta au bout de cinq mois.
Vers une dissolution ?
Cinq mois, ce sera peut-être aussi la durée de son mandat de président de Catalogne. Il aura sans doute du mal dans ces conditions à appliquer son programme, à commencer par la rédaction d’un projet de Constitution de la République catalane. C’est en tout cas ce qu’a assuré Carles Puigdemont au journal italien La Stampa, précisant que son successeur pourrait dissoudre le Parlement en octobre de manière à organiser des élections en plein procès des dirigeants sécessionnistes accusés de « rébellion ».
Car les principales qualités de Quim Torra, cet « indépendantiste émotionnel » comme il se définit, sont sans doute sa fidélité à sa terre au-dessus de tout, y compris de ses « propres convictions », et sa soumission à l’ancien président de la région. Soumission assumée par M. Torra dès les premiers mots de son discours d’investiture, insistant sur le fait que M. Puigdemont est encore le « président légitime » de la Catalogne.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Dimanche, des courants du sionisme religieux ont mobilisé des milliers de jeunes pour participer à une « marche des drapeaux » sous les murs de la vieille ville.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Une cinquantaine de Palestiniens ont été tués par des soldats israéliens à Gaza. Israël estime que Donald Trump a « écrit l’Histoire » avec le transfert officiel de l’ambassade américaine.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Si les prix parisiens sont une exception, les marchés immobiliers évoluent de concert en Europe. Seuls les villes de Prague et Stockholm sont orientées à la baisse.
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Immobilier : la hausse des prix est générale en Europe

Si les prix parisiens sont une exception, les marchés immobiliers évoluent de concert en Europe. Seuls les villes de Prague et Stockholm sont orientées à la baisse.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 13h57
    |

            Jérôme Porier








                        



   


La hausse des prix observée en France n’est pas une exception en Europe, montre une étude réalisée par ERA. Créé en 1971 aux Etats-Unis, ce réseau compte 2 300 agences dans 35 pays, dont 14 en Europe.
Le climat reste favorable à l’immobilier résidentiel en Europe, estiment les auteurs de l’étude, qui ont ausculté onze pays du Vieux Continent, sous l’angle des prix du mètre carré, des taux d’intérêt des emprunts immobiliers, du pourcentage de propriétaires dans la population, etc.

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Premier constat, la flambée des prix dans les capitales européennes n’est pas terminée. Les prix demeurent orientés à la hausse dans 8 des 11 villes étudiées (Paris, Berlin, Lisbonne, Vienne, Bruxelles, Sofia, Luxembourg et Amsterdam). Seules Prague (République tchèque) et Stockholm (Suède) baissent, tandis que Bern (Suisse) stagne. A noter : Londres, Rome et Madrid ne figurent pas dans l’étude.
« Le niveau historiquement bas des taux de crédit immobilier n’est évidemment pas une exception française »
En hausse de 8,4 % sur un an, à 8 716 euros à la fin de 2017, le prix moyen du mètre carré observé à Paris par ERA atteint des hauteurs que seule Stockholm connaît (8 378 euros). La situation de la capitale française est donc une exception à l’échelle européenne. En revanche, dès que l’on s’intéresse aux prix au mètre carré au niveau national, la France rentre dans le rang. A 2 550 euros le mètre carré, elle est devancée par le Luxembourg (4 800 euros) et la Suède (3 280 euros).

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Le prix moyen d’achat au niveau national entre 2016 et 2017 a augmenté dans tous les pays étudiés sans exception. « Le niveau historiquement bas des taux de crédit immobilier n’est évidemment pas une exception française. Il résulte de politiques gouvernementales assez identiques, en matière économique, budgétaire et monétaire. Du coup, partout, il se crée un climat favorable au marché résidentiel », écrivent les auteurs de l’étude.
Toutefois, la notion de taux bas peut varier d’un pays à l’autre. En Bulgarie, il se traduit par un taux moyen de 4,1 % sur une durée de vingt à vingt-cinq ans. Comme la France, la Belgique et la République tchèque anticipent une remontée progressive du taux des crédits immobiliers en 2018. En revanche, les taux devraient rester stables en Autriche, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Suisse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Portraits d’habitantes de la capitale burkinabée qui défient les préjugés au quotidien, comme les héroïnes du récent documentaire « Ouaga Girls ».
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Reportage

Taxi, mécanicienne… Ces femmes de Ouagadougou qui investissent des « métiers d’homme »

Portraits d’habitantes de la capitale burkinabée qui défient les préjugés au quotidien, comme les héroïnes du récent documentaire « Ouaga Girls ».

Par                Sophie Douce (contributrice Le Monde Afrique)



LE MONDE
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        Le 14.05.2018 à 12h53

     •
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        Mis à jour le 14.05.2018 à 14h41






    
Bibata Gansagné , seule femme chauffeur de taxi de la capitale du Burkina Faso, le 1er mai 2018.
Crédits : OLYMPIA DE MAISMONT / AFP


« Hé la taxi-woman ! » interpelle un homme au passage d’une voiture, près de l’aéroport de Ouagadougou. « Tout le monde me reconnaît ici », s’amuse « Biba », qui ne passe pas inaperçue au volant de sa Citroën Saxo verte – la couleur des taxis de la capitale burkinabée – et rose. « Ça, c’est ma petite touche, montre-t-elle fièrement. J’ai fait peindre le bas de la carrosserie avec ma couleur préférée. » A 32 ans, Bibata Gansagné est la seule femme chauffeur de taxi de la ville.

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Elle s’est lancée dans cette activité il y a huit ans, avec une formation de couture et son permis en poche. « Certains collègues chauffeurs me disaient que je n’allais pas tenir, on me répétait que c’était un métier d’homme. Mais deux ans plus tard ils sont venus me féliciter : “Tu as plus de clients que nous !” », rapporte Biba, qui travaille principalement pour des touristes et des humanitaires. Dans ce milieu très masculin, cette mère d’un enfant de 6 ans n’hésite pas à poser des limites. « Mes clients sont plutôt respectueux et encourageants. Mais il arrive que l’on me pose des questions déplacées, que l’on me demande si je suis mariée par exemple. Je réponds que je suis maman, ça coupe net ! » raconte-t-elle, quand la sonnerie de son téléphone l’interrompt : elle doit filer chercher des clients dans un hôtel pour une course en soirée.
Entre 100 000 et 250 000 francs CFA par mois
« Je travaille tous les jours, j’emmène le petit à l’école tôt le matin, avant de commencer ma journée à 7 heures. Elle dure jusqu’à 18 heures, parfois plus tard s’il y a des clients. Quand je ne peux pas aller le chercher le soir, je m’arrange avec ma famille », détaille la jeune femme, qui touche entre 100 000 et 250 000 francs CFA (entre 150 et 380 euros) par mois, un « bon revenu », estime-t-elle.



De l’autre côté de la ville, dans le quartier de Kouritenga, Fleur Tapsoba aussi a appris à concilier vie de famille et gestion de son entreprise. Sous un soleil écrasant, bleu de travail sur le dos, elle a les mains plongées dans le moteur d’une voiture, le front perlé de sueur. « Je fais 6 heures-18 heures, six jours sur sept, même les jours fériés », indique la patronne du Garage féminin Wend Panga, mère de trois enfants. Depuis l’ouverture de son commerce, il y a un an, cette mécanicienne de 42 ans ne compte pas les heures passées, le nez plongé dans son cahier de comptabilité, dans son petit bureau sans fenêtres face au hangar qu’elle a aménagé.

    
Fleur Tapsoba, mécanicienne à Ouagadougou.
Crédits : Sophie Garcia / hanslucas.com


Son atelier de réparation automobile, « c’est un rêve qui a mis plus de quinze ans à prendre corps, dit-elle. Au début, c’était un défi pour moi de montrer que les femmes aussi peuvent réussir dans la mécanique. J’ai travaillé pendant tout ce temps comme apprentie dans un garage. Ça a duré, parce que j’ai été enceinte plusieurs fois, et puis j’ai préféré attendre de me sentir prête avant de me lancer seule et d’ouvrir ma propre société. » Les débuts seront difficiles. Fleur Tapsoba rassemble ses économies – près de 600 000 francs CFA, « une somme énorme » – et travaille avec des pièces auto achetées à crédit. L’appel d’air viendra d’un prêt accordé il y a trois mois par le Centre féminin d’initiation et d’apprentissage aux métiers (CFIAM) de Ouagadougou, qui lui a permis d’embaucher trois employés : une femme et deux hommes, afin d’éviter « une nouvelle forme de discrimination », précise la patronne, qui se donne « deux ans pour arriver à l’équilibre ».
« Une sorte d’autocensure »
Assis derrière un bureau encombré de dossiers, Bernard Zongo, le directeur du CFIAM, a été l’un des premiers à soutenir Fleur Tapsoba, une ancienne de la deuxième promotion du centre qu’il a créé en 1997. « On me prenait pour un plaisantin au début. J’ai eu du mal à recruter, aucune fille ne voulait s’engager, il y avait une sorte d’autocensure. On me disait des choses comme : “la femme n’est pas assez intelligente pour faire de l’électronique” ou “il faut être fou pour les encourager à plonger leurs mains dans l’huile sale des pièces de moto” », se rappelle le fondateur du CFIAM, où la réalisatrice Theresa Traoré Dahlberg a suivi une promotion de futures mécaniciennes pour son film documentaire Ouaga Girls.



Ce genre de préjugés et de clichés, Mariam Ndiaye Darankoum, formée en électronique au centre, a aussi dû les combattre. Désormais gérante de deux magasins de réparation électronique, elle se remémore son premier stage dans une entreprise de mécanique : « J’étais la seule femme, c’était difficile. J’ai eu du mal à me faire respecter. Les collègues ne voulaient pas répondre à mes questions. Au fond, je crois qu’ils avaient peur que je prenne leur place », témoigne cette Ouagalaise de 30 ans, dans son petit kiosque jaune rempli de prises électroniques et de câbles en tout genre.
« Pour rendre les femmes autonomes financièrement, il faut qu’elles soient formées pour pouvoir vendre leurs compétences. La lutte contre la pauvreté et le chômage commence par l’insertion des jeunes filles », soutient Bernard Zongo. Aujourd’hui, le CFIAM de Ouagadougou forme 186 apprenties à la mécanique, à l’électricité ou encore à la tôlerie-peinture. Au Burkina Faso, le taux de chômage atteint 20 % chez les femmes, contre 8 % chez les hommes, selon un rapport de 2016 du Programme des Nations unies pour le développement.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Pour notre chroniqueur, la rénovation d’un lieu symbolique de la traite négrière grâce à des financements européens est un affront.
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Chronique

« Non à une place de l’Europe sur un lieu aussi emblématique que l’île de Gorée »

Pour notre chroniqueur, la rénovation d’un lieu symbolique de la traite négrière grâce à des financements européens est un affront.

Par                                            Yann Gwet (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 14.05.2018 à 12h38






    
La Maison des esclaves sur l’île de Gorée, au large de Dakar, en mars 2017.
Crédits : Finbarr O'Reilly/Reuters


Chronique. L’inauguration, le 9 mai, de la place de l’Europe sur l’île de Gorée, lieu symbolique de la traite négrière transatlantique, a suscité un vent d’indignation à l’égard des autorités sénégalaises. Diverses associations ont appelé à manifester contre ce qui est perçu comme un affront insupportable. Cette nouvelle place de l’Europe serait la rénovation, financée en grande partie par l’Union européenne (UE), d’un site aménagé en 2003 et inauguré par le président de la Commission de l’UE de l’époque, Romano Prodi. Il est possible que ce projet soit le résultat d’une maladresse, auquel cas il faudrait expliquer à ses initiateurs pourquoi cette place de l’Europe suscite une telle levée de boucliers.
Mais une autre lecture est possible : il est intéressant de noter que la cérémonie d’inauguration s’est tenue la veille de la Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions décidée par l’ancien président Jacques Chirac en 2001 pour se souvenir de l’esclavage, ce « crime contre l’humanité » reconnu en France par la loi Taubira.
Ignorer ses responsabilités
A l’époque du débat autour du projet de loi porté par Christiane Taubira, plusieurs voix s’étaient élevées en France, y compris dans les milieux intellectuels et universitaires, pour faire valoir, entre autres critiques, que ce projet occultait la traite intra-africaine et manquait de rappeler que la traite atlantique n’avait été possible que grâce au concours actif de négriers africains. Ce courant révisionniste, qui établit une équivalence morale entre ce qu’il appelle « les traites » pour mieux diminuer ou ignorer ses responsabilités devant l’histoire, a toujours existé en Europe. Parce qu’il est influent, il y a lieu de craindre que ses idées inspirent les autorités européennes. La vigilance doit donc être de mise.

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La mémoire est un objet fondamentalement politique. Elle est le terreau sur lequel se développent l’identité et la conscience d’une communauté. Celui qui contrôle la mémoire d’un peuple détient les clés de son destin. Dans les années 1980, lorsque la Pologne était sous le joug soviétique, les visiteurs du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau entendaient uniquement parler de la mort des catholiques polonais durant la guerre. La tragédie du peuple juif était occultée, sa mémoire mutilée. Et donc, lorsque les foules africaines s’émeuvent de la présence d’une place de l’Europe au cœur de l’île de Gorée, elles revendiquent leur mémoire pour protéger leur humanité, sauvegarder leur dignité.
Tourisme mémoriel
Mais l’indignation seule ne suffira pas à y parvenir. Il faut aussi regarder le monde en face. Le tourisme mémoriel, qui repose sur les musées et d’autres sites historiques, est une industrie à part entière. Ces musées coûtent cher à construire, à entretenir et à faire fonctionner. Ils sont en concurrence les uns avec les autres. Les plus « compétitifs » attirent de nombreux visiteurs, souvent issus de pays riches, dont la présence bénéficie grandement à l’économie des régions concernées.
Or les Etats africains soutiennent peu leurs musées et plus largement leur culture ou leur tourisme. Les citoyens africains eux-mêmes font peu de tourisme à l’intérieur du continent. Certes, leur pouvoir d’achat est souvent très faible, et il faut reconnaître que voyager en Afrique est coûteux. Mais pour ne rien arranger, les plus aisés d’entre eux, qui pourraient dynamiser le tourisme intra-africain, sont souvent plus intéressés par des destinations occidentales que par leur continent. Le maire de Gorée ne peut ignorer ces réalités, qui le contraignent peut-être à des choix économiquement pertinents mais politiquement contestables.

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Si nous ne voulons plus d’une place de l’Europe au cœur d’une île aussi emblématique que Gorée, alors peut-être faut-il exiger de nos gouvernants qu’ils financent eux-mêmes nos musées, qu’ils entretiennent eux-mêmes nos sites historiques, qu’ils soutiennent davantage nos industries culturelle et touristique. Il faut en outre que nous, citoyens, soyons cohérents et que nous options davantage pour Gorée plutôt que pour le Pirée ! La dignité a un prix. Il est plus élevé que nos nécessaires indignations et manifestations. Sommes-nous prêts à le payer ?


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Le déménagement du siège de la représentation diplomatique aura lieu mercredi 16 mai. Des liens anciens entre le Guatemala et Israël expliquent cette décision.
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Pourquoi le Guatemala est-il le deuxième pays à transférer son ambassade à Jérusalem ?

Le déménagement du siège de la représentation diplomatique aura lieu mercredi 16 mai. Des liens anciens entre le Guatemala et Israël expliquent cette décision.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 12h18
    |

                            Charlotte Peytour








                        



   


Deux jours après les Etats-Unis, le Guatemala doit transférer officiellement son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, mercredi 16 mai. Le pays centre-américain avait officiellement reconnu Jérusalem comme la capitale d’Israël le 24 décembre 2017, moins de vingt jours après l’annonce de Donald Trump. Si cet acte est un moyen pour le président guatémaltèque, Jimmy Morales, d’afficher des relations étroites les Etats-Unis, il s’explique surtout par le lien aussi fort que mal connu unissant le Guatemala et Israël depuis soixante-dix ans.

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                L’épineux dossier du déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem



Liés par des relations diplomatiques étroites depuis 1948
Le 14 mai 1948, le Guatemala, par la voix du diplomate Jorge Garcia Granados, a été le deuxième pays au monde, après les Etats-Unis, à reconnaître l’existence d’un Etat juif sur le territoire de ce qui était alors la Palestine. M. Granados a joué un rôle majeur dans la création de l’Etat d’Israël : ce petit-fils d’un ancien dirigeant du pays a présidé le Comité spécial pour la Palestine, qui a recommandé dès 1947 la partition du territoire palestinien. Favorable à la solution des deux Etats, il a déployé d’intenses efforts pour que cette recommandation soit ratifiée par les Nations unies. Ce qui a été le cas : elle a été adoptée par 33 voix pour, 13 contre et 11 abstentions.
Le souvenir de Jorge Garcia Granados est encore vif en Israël : plusieurs rues portent son nom, dont une impasse à Jérusalem. Décédé en 1961, il considérait qu’Israël, tout comme le Guatemala, étaient des puissances fragiles et opprimées par « l’impérialisme britannique » : Israël car la Palestine était sous mandat britannique jusqu’en 1948, le Guatemala car la frontière avec le Belize a été imposée par la Grande-Bretagne en 1859. « Qu’est-ce que le Guatemala est loin d’Israël, et pourtant, qu’est-ce qu’il en est proche ! », aurait déclaré M. Granados.
Par la suite, le pays d’Amérique centrale a été le premier à établir des relations diplomatiques avec l’Etat hébreu nouvellement créé et à installer une ambassade à Jérusalem (en 1956), avec Jorge Garcia Granados comme premier ambassadeur. Et le Guatemala a été un des derniers pays à la déménager à Tel-Aviv, en 1980, après le vote d’une résolution de l’ONU l’enjoignant de le faire.
Une coopération économique et militaire
« Si nous disposons d’une agriculture florissante, c’est grâce à la contribution israélienne. Si nous avons l’éducation, la médecine et la sécurité, c’est grâce aux Israéliens qui ont partagé leur expérience avec nous », avait déclaré Roberto Alejos, président du Congrès guatémaltèque, en 2009.
Le legs israélien au Guatemala est considérable. Lors de sa visite en Israël en 2016, la première à l’étranger après son élection, le président Jimmy Morales a signé plusieurs accords avec le gouvernement hébreu portant sur l’agriculture et la science. Israël a aussi apporté son expertise au Guatemala dans le domaine des nouvelles technologies, de l’amélioration des infrastructures civiles et de la modernisation des solutions de purification de l’eau.
Mais c’est surtout la coopération militaire qui marque les échanges entre les deux pays. Et ce, même dans les périodes les plus sombres. « Le pic [de cette coopération] a été atteint dans les années 1970 et 1980, quand Israël a vendu [du matériel militaire] au régime répressif du Guatemala », relate le quotidien israélien Ha’Aretz. Selon ce journal, l’Etat hébreu est devenu, au fil des années, le premier fournisseur de matériel militaire des forces guatémaltèques durant la guerre civile (1960-1996), tout en formant les soldats sur place, qui ont « réprimé des groupes insurgés, et, encore plus brutalement, des Indiens mayas indigènes ».
« Plus que des amis, une famille »
« More than friends, family » : c’est le titre d’une tribune publiée dans le Jerusalem Post par Ilan Lopez, président de la branche latino-américaine de l’organisation pro-israélienne StandwithUs. Il y rappelle les liens étroits entre les peuples d’Amérique latine et d’Israël, matérialisés par un groupe Facebook intitulé « Unidos por Israel », suivi par plus de 670 000 personnes et relayant les actualités du pays hébreu à destination du public latino-américain.
Cette proximité est d’autant plus forte au Guatemala que ce pays compte une forte proportion (45 %) d’évangéliques. Ceux-ci considèrent que Jérusalem est la capitale légitime d’Israël, autant pour des raisons bibliques que politiques, et soutiennent le gouvernement de Benyamin Nétanyahou. Cette relation a été concrétisée par la création, en 1967, d’un Institut promouvant la coopération entre le Guatemala et Israël, qualifié « d’académie sioniste évangélique » par la journaliste Irin Carmon dans le journal Tablet, en 2012.

   


M. Morales, lui-même un chrétien évangélique, a besoin du soutien électoral de cette communauté, très influente au Guatemala. « Celle-ci a soutenu financièrement, moralement et politiquement le candidat Morales durant les élections locales de 2015. La décision du président guatémaltèque s’explique donc en partie par une volonté de consolider sa base électorale, aux positions conservatrices en termes de politique extérieure », explique Kevin Parthenay, docteur en sciences politiques à Sciences Po et membre de l’exécutif de l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes (OPALC).
Préserver les liens entre les Etats-Unis et le Guatemala
Si M. Morales a rapidement décidé de suivre les Etats-Unis, c’est aussi pour soigner ses relations avec le président américain. Le Guatemala, très dépendant des échanges commerciaux avec les Etats-Unis depuis la fin du XIXe siècle, a beaucoup à perdre à s’éloigner du géant américain : la menace brandie par Donald Trump de couper l’aide financière aux pays s’opposant au déménagement de l’ambassade aurait de fortes conséquences pour le pays d’Amérique centrale, qui a notamment reçu 297 millions de dollars d’aide des Etats-Unis en 2016.
Menacé par des affaires judiciaires dans son pays et critiqué pour sa gestion du pays, Jimmy Morales cherche également à consolider son image internationale pour regagner en légitimité auprès de son peuple. Sa décision, en août 2017, d’expulser le magistrat colombien Ivan Velazquez, à la tête de la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (Cicig), placée sous les auspices de l’ONU, afin d’échapper à sa mise en examen pour corruption, avait provoqué un tollé.
« La décision de M. Morales semble être un calcul assez rationnel du point de vue de sa politique intérieure, conclut Kevin Parthenay. En revanche, il prend un risque important en se marginalisant de la communauté internationale. »

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                Le Guatemala mobilisé contre le président Jimmy Morales






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ En volant au secours du fabricant chinois de téléphones, au moment où il rompt l’accord sur l’Iran, Donald Trump met à mal la cohérence de sa politique et la légitimité de son administration, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Trump au secours du chinois ZTE, condamné par la justice américaine »

En volant au secours du fabricant chinois de téléphones, au moment où il rompt l’accord sur l’Iran, Donald Trump met à mal la cohérence de sa politique et la légitimité de son administration, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



Le Monde
 |    14.05.2018 à 11h52
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 11h56
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique.« Trop d’emplois chinois perdus ! » On pensait tout connaître de la versatilité du président des Etats-Unis, mais celle-ci franchit de nouveaux sommets.

Le twittomane Trump a lâché, dimanche 13 mai, sur son réseau préféré qu’il discutait avec son homologue chinois, Xi Jinping, sur la meilleure manière de sauver le fabricant de téléphones ZTE, menacé de mort par les sanctions américaines. Le département de la justice américain a, en effet, interdit à ce groupe d’acheter les puces électroniques américaines qui équipent ses smartphones.
Ainsi, l’hôte de la Maison Blanche, qui bataille depuis son arrivée contre le commerce chinois, accusé d’avoir tué l’industrie américaine, se mue en ardent défenseur d’une entreprise accusée par ses services d’avoir commercé avec l’Iran, menti à la justice américaine et menacé la sécurité intérieure du pays.
On frappe, on évalue les dégâts, on négocie…
Evidemment, face à Pékin, il peut toujours arguer que cette punition n’est pas de son fait. C’est même son ennemi juré, Barack Obama, qui est à l’origine de cette affaire.
C’est sous le mandat de ce dernier qu’avait été lancée l’enquête sur des ventes illégales de matériel chinois, équipé de composants américains, à l’Iran et à la Corée du Nord. Cette procédure avait abouti, en 2017, à la condamnation de ZTE, qui plaidait coupable, à payer 1,2 milliard de dollars d’amende. Un an plus tard, le département du commerce américain a constaté que non seulement les termes de cet accord n’étaient pas respectés, mais que les responsables de ces fraudes avaient reçu de confortables bonus. D’où les nouvelles sanctions.

La pensée trumpienne suit des arcanes imprévisibles dans lesquels les rapports sociaux semblent se réduire à des discussions de marchands de tapis, menées sur un ring de boxe. On frappe, on évalue les dégâts, on négocie…
A la suite de ses décisions unilatérales d’imposer des taxes douanières...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Ils ont fait une partie de leur service militaire le long de la bande de Gaza. Des années plus tard, deux jeunes Israéliens, conscients du défi auquel est confrontée l’armée face aux manifestants palestiniens, confient leur expérience au « Monde ».
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Un ancien soldat israélien face aux manifestations à Gaza : « On place notre génération dans une situation insoluble »

Ils ont fait une partie de leur service militaire le long de la bande de Gaza. Des années plus tard, deux jeunes Israéliens, conscients du défi auquel est confrontée l’armée face aux manifestants palestiniens, confient leur expérience au « Monde ».



Le Monde
 |    14.05.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 11h31
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

Ils ont presque le même âge et des convictions en commun. Ils ont tous deux effectué leur service militaire il y a quelques années, dont une partie a eu lieu le long de la frontière de la bande de Gaza. C’est là, mardi 15 mai, qu’aura lieu le final redouté de la « marche du grand retour », ce mouvement palestinien lancé le 30 mars, au cours duquel près de 45 personnes ont été tuées et 2 000 blessées par balles par l’armée israélienne. Les deux anciens soldats dont Le Monde a recueilli le témoignage narrent ce que fut leur quotidien, la banalité de leur mission.
Shaï Iluk, 27 ans, est étudiant en troisième année de droit à l’Université de Tel-Aviv. Il se destine à devenir avocat, par passion de la justice. « Je cherche les façons les plus efficaces de lutter contre les discriminations et mettre fin à l’occupation », dit-il. Les parents de Shaï, originaires du Maroc, sont arrivés dans les années 1970.
Lui est né à Jérusalem. « On n’a jamais parlé de politique à la maison. Mes parents ne se préoccupaient que de leur survie, c’était une réalité très minimaliste. Tout a changé quand j’ai rejoint les scouts israéliens. » Dans ce mouvement de jeunesse, Shaï découvre le patriotisme. Ses deux grandes sœurs travaillent dans le secteur de la mode et des relations publiques. Son grand frère a émigré aux Etats-Unis.

Passionné par l’engagement civique, Shaï Iluk est une sorte d’anomalie dans sa famille. Après le lycée, il fait un an de service national volontaire auprès de jeunes en difficulté, tout en suivant une préparation sportive à l’armée. Il la rejoint le 24 novembre 2010. La carte militaire dans son portefeuille en témoigne : il a été dans une unité de combat, au sein de la brigade d’infanterie Nahal. Pendant seize mois, il suit une formation poussée en contre-terrorisme, en guerre urbaine. Puis il est déployé, pendant trois mois, le long de la frontière de Gaza.
« On était basé près de Nahal Oz...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Des milliers de Palestiniens protestent dans la bande de Gaza mais aussi en Cisjordanie contre l’inauguration, lundi après-midi, de l’ambassade américaine à Jérusalem.
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Gaza : cinquante-deux Palestiniens tués par des tirs israéliens

Des milliers de Palestiniens protestent dans la bande de Gaza mais aussi en Cisjordanie contre l’inauguration, lundi après-midi, de l’ambassade américaine à Jérusalem.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 18h08
   





                        



Il s’agit de la journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de Gaza en 2014. Plusieurs dizaines de Palestiniens ont été tués, lundi 14 mai, à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, lors de protestations contre l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem.

        Suivez la situation en direct :
         

          Le gouvernement palestinien accuse Israël de commettre un « horrible massacre », après la mort de 25 Palestiniens dans des manifestations lundi



Des dizaines de Palestiniens tués lundi
Au moins cinquante-deux Palestiniens ont été tués par des tirs de soldats israéliens dans la matinée et plus de 1 200 Palestiniens ont été blessés, selon le ministère de la santé de Gaza. Des milliers de personnes se sont rassemblées, lundi, à différents endroits près de la frontière, pour protester contre le transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem qui a été inaugurée dans l’après-midi.
Ce déménagement, annoncé le 6 décembre par Donald Trump lors de sa reconnaissance historique de la ville comme capitale d’Israël, est le cadeau suprême de son administration à son allié stratégique, à l’occasion du 70e anniversaire de l’Etat. Mais les Palestiniens voient dans la décision américaine la négation de leurs revendications sur Jérusalem-Est, dont ils veulent faire la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

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                A Jérusalem et à Gaza, l’euphorie contre le désespoir avant une semaine à haut risque



A Gaza, dans la matinée, de petits groupes de manifestants ont tenté de s’approcher de la frontière lourdement gardée par l’armée israélienne en lançant des pierres en direction des soldats, qui ont répliqué par des tirs d’armes à feu.
Alors que le bilan ne cessait de s’alourdir, le gouvernement palestinien a accusé Israël de commettre un « horrible massacre ».

Rassemblement à l’est du camp de Bourej. Beaucoup de monde déjà. Un groupe amène des cerf-volants qui seront lestés… https://t.co/K6aUiHYaIO— piosmo (@Piotr Smolar)


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A Chejaiya, autre lieu de rassemblement, des milliers de personnes sont restées l’après-midi à l’intérieur de la zo… https://t.co/yVqwgTpMad— piosmo (@Piotr Smolar)


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« Nous défendrons nos citoyens par tous les moyens », prévient Israël
L’armée israélienne s’attendait à ce que des dizaines de milliers de Palestiniens protestent dans la bande de Gaza, mais aussi en Cisjordanie, contre l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem.
Tsahal avait prévenu, dimanche et lundi, les Gazaouis par tracts distribués par les airs qu’ils se mettaient en danger en prenant part aux manifestations et qu’elle ne permettrait pas qu’on s’en prenne à la barrière de sécurité, aux soldats ou aux civils israéliens riverains du territoire palestinien.
« Nous défendrons nos citoyens par tous les moyens, nous ne permettrons pas qu’on force la frontière », avait mis en garde le ministre israélien de la défense, Avigdor Lieberman.

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La France et l’UE appellent tous les acteurs du conflit à la retenue
Réagissant à ces manifestations meurtrières, la France a appelé « l’ensemble des acteurs » à prévenir « un nouvel embrasement » au Proche-Orient. « Il est urgent de recréer les conditions nécessaires à la recherche d’une solution politique, dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions », a souligné le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.
De son côté, l’Union européenne a demandé par la voix de sa chef de la diplomatie, Federica Mogherini, « à toutes les parties d’agir avec la plus grande retenue afin d’éviter des pertes de vies humaines supplémentaires ». Dans une déclaration très proche, la première ministre britannique, Theresa May, a appelé « au calme et à la retenue pour éviter des actions destructrices pour les efforts de paix ».
« L’administration américaine est autant responsable qu’Israël de ce massacre », a, pour sa part, estimé le porte-parole du gouvernement turc, Bekir Bozdag. « En transférant son ambassade à Jérusalem, l’administration américaine a sapé les chances d’un règlement pacifique et provoqué un incendie qui causera davantage de pertes humaines, des destructions et des catastrophes dans la région », a-t-il publié sur Twitter.

        Lire notre analyse :
         

          Jérusalem : pourquoi la reconnaissance par Donald Trump pose-t-elle problème ?



Malgré les événements de lundi matin, le président américain Donald Trump a salué sur Twitter « un grand jour pour Israël » en évoquant l’inauguration de l’ambassade :

Big day for Israel. Congratulations!— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Ne faisant aucune référence aux dizaines de Palestiniens tués lundi, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a réaffirmé dans un communiqué l’engagement des Etats-Unis pour une « paix globale et durable entre Israël et les Palestiniens » à l’occasion de l’inauguration de l’ambassade à Jérusalem.
La Ligue arabe a, elle, annoncé lundi qu’elle tiendrait une réunion d’urgence mercredi pour discuter du transfert de l’ambassade américaine. La réunion se tiendra « à la demande de l’Etat de Palestine » pour discuter « des moyens de faire face à la décision illégale des Etats-Unis », a expliqué à la presse Saïd Abou Ali, secrétaire général adjoint de la Ligue arabe pour les affaires palestiniennes.
Un mouvement de protestation lancé le 30 mars

   


Les Palestiniens de la bande de Gaza, territoire coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, se rassemblent depuis plusieurs semaines par milliers près de la frontière pour revendiquer leur droit à retourner sur les terres, dont ils ont été chassés ou qu’ils ont dû fuir à la création d’Israël, il y a soixante-dix ans.

        Lire le reportage :
         

          A Gaza, les femmes en première ligne



Ce mouvement, baptisé « marche du retour », a également pour objet de dénoncer le blocus israélien imposé depuis plus de dix ans à l’enclave palestinienne, que dirige le mouvement islamiste Hamas, auquel Israël a livré trois guerres depuis 2008.
Depuis le début de cette « marche du retour », le 30 mars, quatre-vingt-quinze Palestiniens ont été tués lors de manifestations. L’armée israélienne est notamment critiquée pour faire un usage excessif de la force. L’Organisation des Nations unies (ONU) et l’Union européenne ont réclamé des enquêtes indépendantes. Mais Tsahal affirme que ses soldats ne tirent à balles réelles qu’en dernier recours, quand les moyens non létaux ont été épuisés, pour parer au danger pour les soldats et les civils israéliens habitant près de l’enclave.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Deux familles, dont l’une de retour de Syrie, ont perpétré une série d’attaques meurtrières à Surabaya.
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L’Indonésie frappée par le « djihadisme familial »

Deux familles, dont l’une de retour de Syrie, ont perpétré une série d’attaques meurtrières à Surabaya.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 11h06
    |

            Madjid Zerrouky et 
Bruno Philip (Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est)








                        



   


Ce sont des familles entières, père et mère et enfants transformés en commandos suicides, qui ont perpétré, dimanche 13 et lundi 14 mai, les attentats djihadistes les plus sanglants de la dernière décennie en Indonésie. Dans la ville portuaire de Surabaya, située dans l’est de l’île de Java, un couple et leurs quatre enfants ont attaqué trois églises chrétiennes : leur assaut a fait au moins quatorze morts et quarante blessés.
L’organisation Etat islamique (EI) a aussitôt revendiqué sur la messagerie Telegram cette action menée par ses « martyrs » au modus operandi sans doute inédit dans l’histoire du djihadisme international. Lundi matin, la deuxième vague d’attaques, qui visait cette fois les forces de l’ordre, a fait au moins un mort parmi ces dernières, selon un bilan provisoire. Les assaillants : cinq membres d’une même famille, encore, dont un enfant de 8 ans, arrivés à moto, qui ont déclenché leurs explosifs à un point de contrôle, devant un commissariat. Le plus jeune des terroristes aurait survécu, selon la police locale.

        Lire aussi :
         

                Indonésie : l’EI revendique une série d’attaques contre des églises



Dimanche, Puji Kuswati, une mère, et ses deux filles âgées de 9 et 12 ans, toutes voilées d’un niqab, ont mené la première attaque de cette série, contre l’église Kristen Indonesia Diponegoro. Elles sont entrées à l’heure de la sortie de la messe et ont fait exploser les bombes qu’elles portaient autour de la taille. Le père, Dita Priyanto, a, de son côté, foncé avec sa voiture piégée dans une église pentecôtiste tandis que ses deux fils de 16 et 18 ans se chargeaient, à moto, de se faire exploser dans l’église de Santa Maria… Selon un porte-parole de la police indonésienne, cette famille revenait de Syrie.
Le chef de la police indonésienne, Tito Karnavian, a indiqué par la suite que le commando appartenait à une organisation terroriste javanaise liée à l’EI, la Jamaah Ansharut Daulah (JAD). Cette dernière, née à Bandung, dans l’Ouest javanais, était pourtant considérée par certains experts comme inactive ces derniers mois, la plupart de ses membres fondateurs ayant été tués ou emprisonnés.
La police a par ailleurs indiqué que quatre membres présumés du mouvement JAD avaient été tués dans des opérations qui ont suivi une émeute dans une prison de haute sécurité en banlieue de Djakarta, ayant eu lieu cette semaine. Cinq policiers et un détenu avaient trouvé la mort au cours d’affrontements dans cette prison, où des détenus islamistes avaient pris un gardien en otage. L’EI avait déjà revendiqué l’attaque, en diffusant des images filmées de l’intérieur.
Montée de la ferveur djihadiste
Cette soudaine recrudescence d’attentats djihadistes, dans le plus grand pays musulman du monde, est une répercussion directe de l’implication de plusieurs centaines d’Indonésiens en Syrie aux côtés de l’EI. Depuis le début du conflit armé dans ce pays, en 2011, les services de renseignement de Djakarta ont noté une montée de la ferveur djihadiste parmi les cercles activistes du pays, mais également un flux de départs continu en direction du Proche-Orient. En 2016, l’agence de renseignement nationale indonésienne, BIN, estimait leur nombre à environ 500, quand le ministre de la sécurité, Luhut Panjaitan, évoquait 800 départs vers le théâtre irako-syrien.
Dans un article publié en février 2018 pour l’Institute for Policy Analysis of Conflicts, basé à Djakarta, l’experte Sidney Jones remarquait que 2016 avait été une année charnière :
« Une instruction fut à l’époque donnée par Abu Mohammad Al-Adnani, l’ancien porte-parole de l’EI qui a par la suite été tué, exhortant ses combattants à conduire des actes de guerre dans leur propre pays, étant donné qu’il devenait de plus en plus difficile de se rendre en Syrie. »
Selon Mme Jones, cette « fatwa de la mort » aurait ainsi changé la donne du programme d’entraînement des candidats au djihad de la JAD : « D’un seul coup, il n’a plus été question de se préparer au djihad en Syrie, mais au djihad en Indonésie. »
A cette menace locale se conjugue le risque présenté par les « revenants » de Syrie, s’il est confirmé qu’au moins une des deux familles qui ont commis les attentats de dimanche et lundi a séjourné là-bas. A la différence de Boko Haram au Nigeria, l’EI avait jusqu’ici à plusieurs reprises exprimé sa réticence à voir des femmes – et a fortiori des petites filles – participer à des opérations dites « offensives », cantonnant leur rôle de « combattantes » à des contextes dit « défensifs », tels que résister à des assauts des forces de sécurité. Avec l’utilisation de familles entières comme commandos suicides, un pas vient d’être franchi en Indonésie.
« Un acte barbare, qui dépasse les bornes »
Le président indonésien, Joko Widodo, qui n’hésite jamais à rappeler le caractère multiculturel de l’Indonésie, un archipel où 90 % de musulmans cohabitent avec près de 10 % de chrétiens (dont 7 % de protestants), a dénoncé dimanche « un acte barbare, qui passe les bornes de l’humanité : il a causé des victimes parmi des membres de la police et de simples citoyens, au nombre desquels on compte des enfants innocents ».

        Lire aussi :
         

                En Indonésie, djihadistes repentis et victimes d’attentats se rencontrent



Ces appels à la tolérance, dans un pays marqué par l’émergence du djihadisme, notamment depuis l’attentat de Bali, qui avait fait plus de 200 morts en 2002, s’inscrivent dans un contexte délicat. Malgré les horreurs de dimanche, les mouvements terroristes de l’archipel semblaient endigués, mais on assiste depuis quelques années à l’émergence de groupes radicaux islamistes sur la scène politique indonésienne. La violence djihadiste est, dans ce climat, l’expression la plus violente d’une dérive incarnée par l’activisme de leaders islamo-conservateurs à l’influence croissante.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/14/19-20">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Analyse. Pour le journaliste du « Monde » Gaïdz Minassian, les Occidentaux doivent repenser l’Occident, avant de vouloir réoccidentaliser un monde ou leur influence se fait de moins en moins prégnante.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Vers une désoccidentalisation du monde ?

Analyse. Pour le journaliste du « Monde » Gaïdz Minassian, les Occidentaux doivent repenser l’Occident, avant de vouloir réoccidentaliser un monde ou leur influence se fait de moins en moins prégnante.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 11h00
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            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            

Analyse. Après l’annonce de la défection américaine de l’accord de Paris sur le climat, le président Donald Trump a annoncé, mardi 8 mai, le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien signé par le P5 + 1 – les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne – et l’Iran, le 14 juillet 2015. Outre le double camouflet infligé au multilatéralisme, la décision de l’administration Trump s’inscrit dans une logique de repli américain des affaires internationales, faisant écho chez certains observateurs à un processus de désoccidentalisation du monde.
Trump est un président fantasque et imprévisible dont les déclarations tonitruantes indisposent la plupart des états occidentaux
Cette question d’une éventuelle fin du leadership occidental était au cœur de la quatrième édition du Forum Saint-Laurent sur la sécurité internationale, organisé les 3 et 4 mai à Montréal, au Canada, par trois centres de recherche canadiens en relations internationales, dont le plus connu, la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l’Université du Québec (UQAM).
Le Forum Saint-Laurent réunit tous les ans depuis 2015 un aréopage d’universitaires français et étrangers, spécialistes des relations internationales, tous préoccupés désormais par la diplomatie de M. Trump, ce président fantasque et imprévisible dont les déclarations tonitruantes indisposent la plupart des Etats occidentaux, comme le Canada et la France. Deux puissances amies bien représentées durant ces journées d’échanges et inquiètes de la perte d’influence des Occidentaux sur les affaires du monde.
Basculement du monde
Mais de quelle désoccidentalisation parle-t-on ? Une simple statistique nous en donne une idée précise. En 1995, la part du G7 dans le PIB mondial – dont le prochain sommet aura lieu les 8 et 9 juin à La Malbaie, au Québec – était de 45 %. En 2018, il est de 31 % ; et il sera de 20 % en 2050, selon les projections...




                        

                        

