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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Une cinquantaine de Palestiniens ont été tués par des soldats israéliens à Gaza. Israël estime que Donald Trump a « écrit l’Histoire » avec le transfert officiel de l’ambassade américaine.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Le club parisien a annoncé lundi avoir trouvé un accord avec le technicien allemand de 44 ans, ancien entraîneur du Borussia Dortmund, pour remplacer Unai Emery.
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Football : l’entraîneur allemand Thomas Tuchel nommé à la tête du PSG

Le club parisien a annoncé lundi avoir trouvé un accord avec le technicien allemand de 44 ans, ancien entraîneur du Borussia Dortmund, pour remplacer Unai Emery.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 17h50
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 18h24
   





                        



   


Cette fois, c’est officiel. L’Allemand Thomas Tuchel, ancien coach du Borussia Dortmund, sera le nouvel entraîneur du PSG dès le début du mois de juillet, a annoncé, lundi 14 mai, le club parisien dans un communiqué. Actuellement sans club, l’Allemand de 44 ans a signé un contrat de deux ans avec le club champion de France. Il succède à l’Espagnol Unai Emery, qui n’a pas été renouvelé à la fin de son contrat, plombé par de mauvais résultats en Ligue des champions.
« C’est avec beaucoup de joie, de fierté et d’ambition que je rejoins ce grand club du football mondial qu’est le Paris-Saint-Germain », a déclaré Thomas Tuchel dans le communiqué de son nouveau club, se disant « impatient de travailler avec tous ces grands joueurs, qui figurent tous parmi les meilleurs de la planète ».
Visage juvénile et allure décontractée, natif de Krumbach, en Bavière, passe pour un coach à poigne, enclin à appuyer sur la corde sensible pour rasséréner ses troupes. Prônant un football offensif et dynamique, Thomas Tuchel a entamé sa carrière sur le banc dès l’âge de 27 ans, à la tête des équipes de jeunes du Vfb Stuttgart, avant de prendre les rênes du FSV Mayence en 2009.

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Philosophie d’un jeu spectaculaire
Estimé par ses pairs comme l’un des entraîneurs les plus novateurs et les plus suivis d’Allemagne, Tuchel a été nommé à la tête du Borussia Dortmund en 2015. En deux saisons dans le prestigieux club de la Ruhr, l’Allemand poursuit sa ligne directrice, celle d’un jeu collectif porté sur la créativité, la combativité et la compétitivité. Une vision du football qui lui a ouvert les portes du PSG cet été, le président qatari du club parisien le chargeant « d’aider l’équipe à repousser ses limites, jusqu’au plus haut niveau international ».
La nomination de Tuchel était dans les tuyaux depuis plusieurs semaines, alors qu’Unai Emery – fraîchement nommé meilleur entraîneur de l’année – savait qu’il ne serait pas prolongé après son échec en Ligue des champions face au Real Madrid. Mais le profil du nouvel arrivant, et le processus ayant amené à sa signature interroge.
Selon L’Equipe, le nom de Thomas Tuchel aurait été glissé à l’oreille du frère cadet de l’émir par le consul du Qatar en Allemagne. Avec son CV modeste, son maigre palmarès (un titre en Coupe d’Allemagne, en 2017) et son profil d’ancien joueur de deuxième division allemande, Tuchel est aux antipodes des « références » de la profession (Antonio Conte, Mauricio Pochettino, André Villas-Boas) un temps convoitées par les dignitaires de Doha.
Inexpérimenté en Coupe d’Europe
Sortant d’une année sabbatique après son éviction de Dortmund pour divergences d’opinion, Thomas Tuchel a réussi haut la main son entretien d’embauche dans la capitale qatarie. Tamim Al-Thani et le président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, semblent avoir été sensibles à sa philosophie de jeu spectaculaire et à sa capacité à s’adapter au schéma tactique de l’adversaire. Et qu’importe si l’intéressé n’a jamais emmené ses joueurs au-delà d’un quart de finale de Coupe d’Europe, l’objectif affiché du club parisien. Celui pour lequel QSI a cassé sa tirelire l’été dernier, pour s’attacher à prix d’or les services de Neymar et Mbappé.
Le tempérament volcanique de ce communiquant hors pair, épris de littérature, pose question. Tout comme son inexpérience en matière de gestion d’ego démesurés. Parviendra-t-il à gagner l’estime et le respect de stars de la trempe d’un Neymar, véritable diva du vestiaire parisien ?

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<article-nb="2018/05/14/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Les quartiers enclavés sont devenus les creusets du recrutement djihadiste, qui séduit surtout une jeunesse d’origine immigrée et marginalisée, analyse le sociologue dans une tribune au « Monde ».
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édition abonné


Farhad Khosrokhavar : « Un urbain “djihadogène” »

Les quartiers enclavés sont devenus les creusets du recrutement djihadiste, qui séduit surtout une jeunesse d’origine immigrée et marginalisée, analyse le sociologue dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    14.05.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 15h41
    |

Farhad Khosrokhavar (sociologue)







                        



                                


                            
Tribune. En Europe, l’un des facteurs significatifs, voire essentiels, de la radicalisation djihadiste est la ville. Pas n’importe quelle ville. On peut parler en l’occurrence de l’urbain « djihadogène », qui engendre le djihadisme. L’avant-dernier cas d’attaque au nom du djihad, celui de Radouane Lakdim, l’auteur des attentats de Carcassonne et de Trèbes, le 23 mars, pointe son origine vers la cité Ozanam de Carcassonne. Quant à Khamzat Azimov, un Tchétchène de 20 ans, naturalisé français en 2010, qui a poignardé cinq personnes à Paris samedi 12 mai, il a grandi dans le quartier populaire d’Elsau.
Cependant, dans la quasi-totalité des pays européens, il existe des quartiers où le nombre de départs de jeunes vers la Syrie (exo-djihadistes) ainsi que celui des adeptes du djihadisme intérieur (endo-djihadistes) sont beaucoup plus élevés que la moyenne nationale. Le procès des survivants d’une vingtaine de jeunes de Lunel (Hérault) ayant rejoint la Syrie entre 2013 et 2015 est un cas dont on voit la reproduction dans d’autres pays européens, sous des formes plus ou moins similaires. A Lunel, c’est la cité HLM d’Abrivados qui a vu une partie significative des jeunes se laisser endoctriner par la « guerre sainte » dans sa version extrémiste.
La concentration djihadiste dans certains quartiers peut être due à deux types d’effets distincts. D’une part, parce qu’au sein de ces quartiers, les jeunes ont pu se connaître par des réseaux formels ou informels, des amis ou des membres de la même famille avec leurs embranchements et leur extension ; le quartier peut être de classes moyennes, sans signe apparent d’indigence pour les candidats à la guerre sainte ; ce type de quartier, ainsi que les vocations des classes moyennes, sont largement minoritaires en Europe.
« Une ligne de démarcation mentale sépare souvent le quartier des autres zones urbaines environnantes »
D’autre part, en raison de la spécificité de la structure urbaine : la concentration...




                        

                        


<article-nb="2018/05/14/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Quim Torra, nouveau venu en politique, a été élu par 66 voix des grands partis indépendantistes contre 65 de l’opposition, et l’abstention de quatre députés d’un parti séparatiste d’extrême gauche.
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Espagne : Quim Torra, séparatiste convaincu, élu président de Catalogne

Quim Torra, nouveau venu en politique, a été élu par 66 voix des grands partis indépendantistes contre 65 de l’opposition, et l’abstention de quatre députés d’un parti séparatiste d’extrême gauche.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 14h59
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 16h08
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


« Sectaire », « radical », « antiespagnol », « xénophobe »… Les qualificatifs utilisés par l’opposition de droite comme de gauche pour définir le nationaliste Quim Torra, le nouveau président de la Catalogne, sont loin d’annoncer l’apaisement des tensions politiques dans la région espagnole.
Quim Torra i Pla a été élu lundi 14 mai au poste occupé par Carles Puigdemont jusqu’à la mise sous tutelle de la région après sa déclaration unilatérale d’indépendance, le 27 octobre 2017. Il a obtenu 66 voix pour, 65 contre et quatre abstentions, celles du parti d’extrême gauche CUP, qui avait décidé de ne pas rejeter sa candidature après des mois de blocage entre les forces indépendantistes.
Cet avocat de formation, âgé de 55 ans, est né à Blanes, dans la province ultra-indépendantiste de Gérone. Cultivé, adepte d’une ironie mordante, il occupa pendant près de vingt ans un poste de direction dans une multinationale d’assurance avant de créer en 2008 une maison d’édition, A Contra Vent, et de se consacrer à l’activisme indépendantiste, quand cette option était encore très minoritaire en Catalogne.
« Dernière colonie d’Europe »
Mais depuis que M. Puigdemont l’a désigné comme successeur, vendredi, le candidat numéro 11 de la liste Ensemble pour la Catalogne (JxC) est rattrapé par les nombreux articles d’opinions et de Tweets qu’il a rédigés ces dernières années, multipliant les commentaires anti-espagnols, traduisant une conception ethnique du catalanisme – parlant par exemple de « l’ADN » des Espagnols, qui « ne savent que spolier ». Il y affiche son mépris de ceux qui parlent castillan dans la région, et n’hésite pas à qualifier la Catalogne de « dernière colonie d’Europe ».
Devant le Parlement, il a demandé pardon pour ses prises de position les plus polémiques. Il avait déjà effacé ses Tweets. « Je regrette, cela ne se reproduira plus », a-t-il déclaré.
Essayiste, auteur de sept ouvrages, principalement sur les journalistes et intellectuels de Catalogne des années 1920 et 1930, il s’est engagé brièvement en 2009 au sein du parti Reagrupament, une scission de la Gauche républicaine (ERC) qui finit par s’allier avec la droite nationaliste. Il présida aussi brièvement une association indépendantiste, Souveraineté et justice. Entre 2010 et 2015, il fut à la fois membre du conseil de direction de l’Assemblée nationale catalane (ANC) et vice-président d’Omnium cultural, les deux puissantes associations indépendantistes catalanes.
« Sans trêve et sans flancher »
En 2012, il avait porté plainte devant la Cour européenne des droits de l’homme contre une résolution du Tribunal constitutionnel espagnol, qui avait censuré plusieurs articles du statut d’autonomie catalan. Sa plainte avait été rejetée, mais il s’était dit prêt à saisir « chaque possibilité, même infime, pour affronter le royaume d’Espagne jusqu’à la fin, sans trêve et sans flancher ».
Directeur du centre culturel El Born (BCC) de Barcelone, lorsque ce musée présentait une exposition sur les trois cents ans du siège de Barcelone de 1714 par les partisans du roi Felipe V, lors de la guerre de succession au trône d’Espagne, il définissait alors le lieu comme « le Ground Zero des Catalans ».
Mais c’est en tant que bref président d’Omnium cultural, après l’engagement politique de sa prédécesseure, en 2015, que cet ancien directeur de la Revista de Catalunya et du Centre d’études contemporaines de la Généralité – le siège du pouvoir catalan – a obtenu la fonction la plus médiatique de sa carrière. Un poste intérimaire qu’il quitta au bout de cinq mois.
Vers une dissolution ?
Cinq mois, ce sera peut-être aussi la durée de son mandat de président de Catalogne. Il aura sans doute du mal dans ces conditions à appliquer son programme, à commencer par la rédaction d’un projet de Constitution de la République catalane. C’est en tout cas ce qu’a assuré Carles Puigdemont au journal italien La Stampa, précisant que son successeur pourrait dissoudre le Parlement en octobre de manière à organiser des élections en plein procès des dirigeants sécessionnistes accusés de « rébellion ».
Car les principales qualités de Quim Torra, cet « indépendantiste émotionnel » comme il se définit, sont sans doute sa fidélité à sa terre au-dessus de tout, y compris de ses « propres convictions », et sa soumission à l’ancien président de la région. Soumission assumée par M. Torra dès les premiers mots de son discours d’investiture, insistant sur le fait que M. Puigdemont est encore le « président légitime » de la Catalogne.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Pour « Le Monde », un photojournaliste indépendant a pu obtenir un accès exceptionnel aux régions syriennes où le régime de Bachar Al-Assad s’est maintenu au terme de sept années de guerre.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ L’Organisation mondiale de la santé veut faire disparaître de l’alimentation les acides gras trans qui favorisent les maladies cardio-vasculaires.
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Le monde entier se ligue contre les mauvaises graisses

L’Organisation mondiale de la santé veut faire disparaître de l’alimentation les acides gras trans qui favorisent les maladies cardio-vasculaires.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 12h33
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


C’est la première initiative mondiale. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, et le PDG de Resolve to Save Lives, Tom Frieden, ont lancé, lundi 14 mai, une stratégie pour l’élimination des acides gras trans (AGT) d’origine industrielle de l’alimentation d’ici à 2023. Une démarche qui s’inscrit dans un mouvement amorcé depuis plus d’une décennie et qui pourrait « sauver plus de 10 millions de vies », selon l’OMS. La consommation d’AGT artificiels, présents dans les margarines, la pâtisserie industrielle et les aliments cuits ou frits dans de l’huile de cuisson, serait « responsable de plus de 500 000 décès prématurés par maladie cardio-vasculaire chaque année dans le monde », selon l’institution internationale.
Les six actions stratégiques proposées par l’OMS sont regroupées sous l’acronyme anglo-saxon « Replace ». Elles s’articulent ainsi : dresser l’inventaire des sources d’AGT d’origine industrielle, promouvoir des graisses plus saines, prendre des mesures législatives pour éliminer les AGT d’origine industrielle, évaluer les évolutions des consommations, sensibiliser aux effets néfastes des AGT et appliquer des politiques et réglementations.
Les acides gras insaturés se présentent sous deux formes selon que leurs atomes d’hydrogène sont situés du même côté (« cis ») ou de part et d’autre (« trans ») de la molécule. Certains AGT sont d’origine naturelle et sont présents dans la viande de ruminants, le lait et les produits laitiers. D’autres, produits industriellement, notamment par hydrogénation des huiles végétales, sont utilisés dans l’industrie agroalimentaire comme stabilisateurs et comme conservateurs. De nombreux produits, tels que les viennoiseries, les pizzas industrielles, les quiches, des barres chocolatées, des plats cuisinés, vont accroître l’apport alimentaire en AGT.
Le bon et le mauvais cholestérol
Or, comme l’explique l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur son site Internet, « les études épidémiologiques ont montré qu’une consommation excessive d’acides gras trans (apports supérieurs à 2 % de l’apport énergétique total) est associée à une augmentation du risque cardio-vasculaire. Ces effets passent par une augmentation du “mauvais” cholestérol (LDL) et une baisse du “bon” cholestérol (HDL) ». A l’inverse, précise l’Agence, « aucune augmentation du risque cardio-vasculaire n’a été mise en évidence avec la consommation d’acides gras trans d’origine naturelle, aux niveaux de consommation actuellement constatés en France ».
De ce fait, l’agence française avait fixé en 2005 à 2 % de l’apport énergétique total le seuil maximal d’apport en AGT – l’OMS abaissant encore ce seuil à 1 % par la suite. En 1998-1999 la première enquête de consommation alimentaire INCA (individuelle et nationale sur les consommations alimentaires) montrait qu’en France, les garçons âgés de 12 à 14 ans constituaient la tranche d’âge la plus consommatrice d’AGT, avec près de 8 g/jour. Les enquêtes ultérieures étaient plus rassurantes avec des apports moyens situés en dessous du seuil de 2 % de l’apport énergétique total.
La situation ailleurs est plus préoccupante. Les habitants des régions les plus pauvres sont beaucoup plus exposés. Directeur du département nutrition à l’OMS, le Dr Francesco Branca évoque en particulier l’Europe de l’Est, l’Inde, le Pakistan, l’Iran, l’Argentine, et beaucoup des Etats africains, avec des aliments vendus dans la rue pouvant atteindre jusqu’à 22 fois plus que l’apport quotidien recommandé.
Lire aussi : Vos frites, avec ou sans acides gras trans ?
Une substance toxique dont on peut se passer
Le Danemark a été le pays pionnier en matière de mise en œuvre d’une stratégie offensive contre les AGT d’origine industrielle. En 2003, les autorités ont mis en place un taux maximal légal d’AGT d’origine industrielle dans les huiles et matières grasses fixé à 2 %. Une étude publiée en 2015 montrait que trois ans après l’entrée en vigueur de cette mesure, le taux de mortalité par maladie cardio-vasculaire avait diminué : le taux moyen est passé de 440 à 426 morts pour 100 000 habitants.
Cette initiative a été suivie par d’autres et, notamment, il y a une décennie par la ville de New York. De 2002 à 2009, le Dr Tom Frieden était commissaire à la santé de la métropole américaine. Il a été l’architecte de l’élimination des graisses d’origine industrielle dans la municipalité, en commençant par les restaurants, avant de poursuivre ce combat contre les facteurs de risque des maladies non transmissibles à l’échelle fédérale, à la tête des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) de 2009 à 2017. Aujourd’hui, il explique : « Les AGT sont des substances toxiques ajoutées aux aliments et elles tuent des gens. On peut s’en passer sans que cela modifie le goût, le coût ou la disponibilité des aliments. Donc, il faut les éliminer. De grandes chaînes de restauration l’ont fait sans problème. »
Tom Frieden souligne qu’après l’avoir réussi avec des maladies infectieuses, comme la variole, ou y être quasi parvenu pour la poliomyélite, « ce serait la première fois qu’on pourrait atteindre à l’échelle mondiale l’élimination d’un facteur de risque d’une maladie non transmissible et sauver des vies ».
Aller plus loin que l’étiquetage
En 2006, les Etats-Unis ont imposé aux industriels d’indiquer sur les produits la présence d’AGT. Entre 2003 et 2012, la consommation des acides gras trans a diminué de près de 80 %, chutant de plus de 4 grammes par jour à environ 1 gramme. Dans la foulée de l’évaluation, à la fin de 2013, par la Food and Drug Administration (FDA) concluant à la nocivité des AGT, les Etats-Unis ont décidé, le 16 juin 2015, leur interdiction, les industriels se voyant accorder un délai de trois ans pour les remplacer par des substances présentant moins de risques.

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D’autres pays européens ont emboîté le pas et imposé eux aussi une teneur maximale en AGT. Dans l’ordre chronologique : la Suisse, l’Autriche, l’Islande, la Hongrie, la Norvège et la Lettonie. Toutes ces expériences ont démontré que la substitution est parfaitement possible.
Le Parlement européen a adopté une résolution le 26 octobre 2016 visant à aller plus loin que la simple information des consommateurs par l’étiquetage et demandant à la Commission européenne d’« instaurer le plus tôt possible une limite européenne légale relative à la teneur en AGT dans tous les aliments ». Cette proposition devait être faite « au plus tard dans deux ans » (octobre 2018) et accompagnée d’une étude d’impact.
Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros rappelle qu’à l’échelle mondiale, près de 45 pays – pour la plupart à revenu élevé – ont adopté des mesures contre les AGT dont une vingtaine ont instauré leur interdiction ou imposé un taux maximal. L’Argentine les a quasiment éliminés, la Thaïlande devrait à son tour les bannir en juin.
Comme le résume Tom Frieden, « quand on remplace les AGT, les aliments ont bon goût et seul votre cœur sentira la différence ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ La journée « sans cheminots et sans trains » lancée par les syndicats ferroviaires engendre « un trafic très perturbé », lundi 14 mai.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

SNCF : mobilisation en hausse chez les grévistes, le trafic « très perturbé »

La journée « sans cheminots et sans trains » lancée par les syndicats ferroviaires engendre « un trafic très perturbé », lundi 14 mai.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 13h02
   





                        



   


Des trains circulent lundi 14 mai, au 18e jour de grève de la SNCF, mais la direction de l’entreprise a noté « un sursaut de mobilisation » et un « trafic très perturbé » avec, en moyenne, un TGV, TER ou Transilien sur trois et un Intercités sur cinq. Dans un communiqué publié en fin de matinée, la direction a annoncé que le taux de gréviste s’établissait à 27,58 % dans l’entreprise, contre 14,46 % le 9 mai.
Plus précisément, 74,4 % des conducteurs sont en grève, 74, 3 % des contrôleurs, et près de 37 % des aiguilleurs. « Il y a une très grosse mobilisation des conducteurs et contrôleurs, en grève à plus de 70 % », s’est félicité Erik Meyer, porte-parole de SUD-Rail.
Pour peser sur un gouvernement inflexible, les syndicats avaient appelé à une journée « sans cheminots et sans trains ». A Marseille, une opération « gare morte » a été menée par des cheminots qui ont paralysé la circulation des trains à la gare Saint-Charles pendant une partie de la matinée. A 8 heures, la quasi-totalité des TER étaient retardés ou annulés, selon les équipes de la SNCF sur place. Il y a eu « un blocage des voies par des salariés d’autres entreprises, des étudiants et des usagers », venus « nous soutenir », a affirmé Rémi Hours, responsable local de la CGT-Cheminots, devant des trains à l’arrêt.
A la grève à la SNCF se sont ajoutées, à Marseille et en Normandie, des ruptures de caténaires bloquant le trafic, la direction évoquant des « actes de malveillance ». A Gaillon, dans l’Eure, le sectionnement « très propre » dans la nuit d’un câble de soutien d’une caténaire à plusieurs mètres de hauteur a provoqué l’interruption de la circulation entre la gare Saint-Lazare, à Paris, et la Normandie. La direction de la SNCF, qui n’a établi aucun lien avec la grève, a annoncé qu’elle portait plainte.

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En Ile-de-France, seul un train sur deux circule sur les portions du RER A et B gérées par la RATP en raison d’une grève des conducteurs. Le trafic est également « très perturbé » sur toutes les lignes de RER (A, B, C, D et E) avec parfois moins d’un train sur trois.
Début de la « vot’action »
Ce 18e jour de grève marque également le début de la consultation lancée par les syndicats CGT, UNSA, SUD et CFDT auprès des 147 000 salariés de la SNCF. Baptisée « vot’action », elle invite chaque agent en activité à dire s’il est « pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement », qui reste inflexible sur trois points : l’ouverture à la concurrence, la fin de l’embauche au statut, et la transformation de la SNCF en société anonyme (SA) à capitaux publics.
A Nice, où les cheminots avaient devancé l’appel et voté en fin de semaine dernière, les résultats indiquent que 95 % des votants (422 voix) se sont prononcés contre la réforme, contre 5 % (22 voix) en faveur. Près des deux tiers (63 %) des 718 salariés rattachés à la gare de Nice ont participé à la consultation.

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Si cette consultation n’a aucune « aucune légitimité » pour le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, les syndicats y voient une nouvelle « modalité d’action » pour « entrer en contact avec les cheminots », explique Sébastien Mariani, secrétaire général adjoint de la CFDT-Cheminots.
La filialisation met le feu aux poudres
Les tensions entre les syndicats et l’exécutif ont été ravivées par la publication dimanche 13 mai d’un document interne, laissant la porte ouverte à la vente des titres des filiales de la SNCF. SUD-Rail a accusé dimanche le gouvernement et Guillaume Pepy d’« œuvrer en coulisse pour privatiser et filialiser » la SNCF. Evoquant « un mensonge d’Etat », le syndicat a demandé le départ du dirigeant. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a demandé au gouvernement de dire « très clairement qu’il n’y aura pas de cessibilité de quelque filiale que ce soit à la SNCF ».
« Les trois entreprises SNCF, SNCF Mobilités et SNCF Réseau, sont et resteront 100 % publiques et incessibles : ce n’est pas seulement une promesse, c’est ce que nous avons inscrit dans la loi votée à l’Assemblée nationale ! Nous le confirmerons lors du débat au Sénat », a assuré dans un tweet la ministre des transports, Elisabeth Borne.

Notre sélection d’articles pour comprendre la réforme de la SNCF
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr concernant le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » présenté par le gouvernement, et ses conséquences :
la synthèse pour tout comprendre à la réforme en 9 pointsles explications : que signifie l’ouverture de la SNCF à la concurrence ?en données : effectif, statut, rémunération, trois questions sur les cheminotsle point sur le supposé service minimumle panorama : comment l’ouverture du rail à la concurrence s’est faite en Europeles explications en cinq points sur la dette de la SNCFl’état des lieux sur la retraite des cheminots, un régime spécial déficitaireles cinq pistes pour une sortie de criseles détails du calendrier des perturbationsle moteur de recherche pour savoir si votre ligne s’est dégradée au fil du temps





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ « Le Robert illustré » et « Le Petit Larousse », présentent lundi les nouveaux mots qui font leur entrée dans leurs dictionnaires.
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« Dégagisme », « cabinet noir », « rançongiciel »…, les mots nouveaux de 2019

« Le Robert illustré » et « Le Petit Larousse », présentent lundi les nouveaux mots qui font leur entrée dans leurs dictionnaires.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 16h55
   





                        



   


Avant la parution du Robert illustré, le 19 mai, et du Petit Larousse, le 23 mai, les deux principaux dictionnaires ont donné lundi 14 mai un avant-goût des mots qui feront leur entrée dans leur édition 2019.
Les mots nouveaux du dictionnaire décortiquent tous les aspects de la société. Concernant le lexique politique, la campagne présidentielle de 2017 aura introduit de nouvelles expressions. Ainsi, les mots « dégagisme » (rejet de la classe politique en place) et « antisystème » (qui s’oppose au système en place), font leur entrée dans Le Petit Robert, tout comme le « revenu universel », cher à Benoît Hamon, ou encore le « cabinet noir », dénoncé par François Fillon. Le Petit Larousse nous invite quant à lui à méditer sur la « démocrature » (une démocratie dirigée de façon autoritaire).
La définition ambiguë de « frotteur »
A la suite des « réactions provoquées à l’automne par les révélations de l’affaire Weinstein », Le Robert 2019 a notamment introduit les expressions de « violences faites aux femmes », d’« écriture inclusive », ou encore de « charge mentale ».  Si le terme de « frotteur » (défini comme une « personne, souvent homme, qui recherche les contacts érotiques à la faveur de la promiscuité des transports en commun ») rejoint lui aussi la liste des mots nouveaux de 2019, sa définition passe sous silence la notion de délit puni par la loi.

Par contre @LeRobert_com il y a une faute sur la définition proposée de « frotteur ». Les contacts recherchés n’ont… https://t.co/xWXa4d0cmK— R_Amsellem (@Rebecca Amsellem)


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Interpellé sur Twitter par la journaliste Alice Coffin et par Rebecca Amsellem, fondatrice de la newsletter Les Glorieuses, Le Robert a reconnu « être conscients que la définition de ce nouveau sens » était « trop implicite », et a promis que les « lexicographes [allaient] la retravailler pour la prochaine édition avec l’ajout de notions importantes de non-consentement et d’agression sexuelle ».

@R_Amsellem @alicecoffin Concernant le mot frotteur, nous sommes conscients que la définition de ce nouveau sens es… https://t.co/Ls8tVRm683— LeRobert_com (@Le Robert)


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« Rageux » et « rançongiciel »
Le multimédia apporte aussi son lot de nouveautés avec, comme le note Le Robert, des mots comme « autocomplétion » (une fonctionnalité proposant des mots à partir des premiers caractères tapés sur son clavier), « webminaire » (séminaire en ligne) ou le déplaisant « rageux » (plus connu sous le nom de « troll »). Avec Le Petit Larousse on peut « liker » (apprécier) des « vlogs » (blog diffusant des vidéos). Attention cependant à ne pas être victime d’un « rançongiciel » (logiciel malveillant) mettent en garde les deux dictionnaires.
La francophonie vient également alimenter le réservoir de nouvelles expressions. On peut désormais « prendre une brosse » (s’enivrer au Canada) ou bien « ébriquer » (casser en Suisse) tout ce qui nous tombe sous la main. Qu’on ne se plaigne pas alors si on se fait « azorer » (gronder en Suisse). L’important est de rapporter tous ses détritus à l’« écocentre » (déchetterie au Canada), explique Le Petit Robert. Les « gougounes » (les tongs au Québec) et les « pet-de-sœur » (pâtisserie au Canada) viennent désormais côtoyer les verbes « cadeauter » (offrir un cadeau en Afrique francophone) et « gouttiner » (pleuvoir légèrement en Belgique).
Neymar et Pesquet sélectionnés
S’agissant de gastronomie, le « bredele » (gâteau alsacien) fait son entrée, accompagné du « ristretto » (café serré), et des « teriyaki » (viande ou poisson grillé et mariné) ou « gomasio » (condiment au sel marin et sésame grillé) japonais. Restera-t-il de la place pour la « pavlova » (gâteau meringué garni de crème chantilly et de fruits)?
Du côté des noms propres, le footballeur brésilien Neymar et l’écrivaine Chantal Thomas entrent dans Le Robert illustré et l’athlète handisport Marie-Amélie Le Fur et la cheffe Hélène Darrroze sont consacrées par Le Petit Larousse. Le Prix Nobel de littérature britannique Kazuo Ishiguro et le spationaute français Thomas Pesquet ont, eux, l’honneur de figurer dans les deux dictionnaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Un porte-parole de l’entreprise de télécommunications évoque un « incident technique qui perturbe l’interconnexion voix avec les trois opérateurs tiers », SFR, Bouygues Telecom et Free.
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Panne chez plusieurs opérateurs téléphoniques : Orange à l’origine de la perturbation

Un porte-parole de l’entreprise de télécommunications évoque un « incident technique qui perturbe l’interconnexion voix avec les trois opérateurs tiers », SFR, Bouygues Telecom et Free.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 14h16
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 18h04
    |

            Sandrine Cassini et 
                                Perrine Signoret








                        



   


Une panne perturbe le fonctionnement des réseaux téléphoniques de plusieurs opérateurs français, en particulier Orange, lundi 14 mai. La panne concerne aussi bien la téléphonie fixe que mobile, et plusieurs régions de France.
Chez Orange, on reconnaît être à l’origine de cet « incident technique qui perturbe l’interconnexion voix avec les trois opérateurs tiers », dit un porte-parole, sans plus de précisions. Autrement dit, pas de problème pour les communications entre deux abonnés Orange, deux clients SFR, ou entre un abonné SFR et un client Bouygues. En revanche, les communications peuvent être perturbées pour les clients de SFR, Bouygues Telecom ou Free tentant de contacter un abonné Orange, et inversement. L’interlocuteur peut être impossible à joindre et la qualité des appels est potentiellement dégradée. L’opérateur se dit sur le pont pour résoudre au plus vite cette panne géante.
Chez Free (dont le fondateur Xavier Niel est actionnaire à titre individuel du Monde), on confirme ainsi être indirectement touché par le problème technique, mais ne pas en être à l’origine. Bouygues Telecom, de son côté, a indiqué sur Twitter qu’une « panne réseau » était déclarée. « Nos techniciens font au plus vite pour rétablir le service », a assuré l’entreprise. Enfin, SFR assure que la situation est « en voie d’amélioration ».
Selon le site Downdetector, qui répertorie en temps réel les problèmes techniques de différents réseaux, la panne semble avoir atteint son apogée peu après 10 heures du matin. C’est en effet à cette heure-là qu’un pic d’incidents a été observé chez les quatre opérateurs : Orange, Bouygues Telecom, Free et SFR.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Editorial. Les dividendes ont sensiblement augmenté depuis 2009. Les actionnaires doivent comprendre que leur soif insatiable de profits nous mène tous dans le mur.
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CAC 40 : un partage déséquilibré des bénéfices

Editorial. Les dividendes ont sensiblement augmenté depuis 2009. Les actionnaires doivent comprendre que leur soif insatiable de profits nous mène tous dans le mur.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 12h26
   





                        


Editorial du « Monde ». Mieux vaut être actionnaire que salarié, si l’on en croit les conclusions du rapport publié, lundi 14 mai, par l’organisation non gouvernementale Oxfam et le Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne (Basic). Cette étude montre que, depuis 2009, les actionnaires des groupes du CAC 40 ont été généreusement servis en accaparant plus des deux tiers des bénéfices de ces entreprises. Vient ensuite la part consacrée aux investissements, qui n’a été en moyenne que de 27,5 %. Les salariés, eux, se sont vu attribuer seulement 5 % du total sous la forme d’intéressement et de participation.

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                Profits du CAC 40 : la priorité aux actionnaires de plus en plus contestée



Le partage des profits est au cœur de polémiques récurrentes en France. Nicolas Sarkozy avait relancé le débat en février 2009 en lançant l’idée d’une répartition en trois tiers : un tiers devant aller aux salariés, un autre aux actionnaires et le dernier devant être réinvesti dans l’entreprise « pour financer son développement ». Près de dix ans plus tard, la part des bénéfices reversée aux salariés reste toujours réduite à la portion congrue. Dans le même temps, les entreprises ont sensiblement augmenté le taux de versement de dividendes, qui en une décennie a progressé en moyenne de moitié, pour se situer entre 45 % et 60 %.
Toutefois, cet état des lieux ne donne qu’une vision partielle du partage de la valeur ajoutée, qui se compose notamment du revenu des salariés, de celui des propriétaires du capital, des impôts prélevés par l’Etat. Or, on observe que ce partage est relativement stable dans la période récente après des évolutions heurtées. Dans les années 1960, les salaires ont peu évolué, puis, à partir des années 1970, ont connu une forte croissance, ont baissé fortement dans les années 1980, avant une nouvelle stabilisation.
La part belle aux détenteurs du capital
Une fois ce constat posé, force est de constater que l’évolution actuelle du capitalisme conduit à un certain nombre de déséquilibres. D’abord, si le « gâteau salaires » reste inchangé, la taille des parts, elle, bouge beaucoup. Les salaires des PDG du CAC 40 ont ainsi augmenté deux fois plus vite que ceux de leurs salariés.

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Les conséquences du phénomène dépassent le sort de quelques individus, il crée également une mécanique qui tend à faire la part belle aux détenteurs du capital. Les rémunérations des PDG étant de plus en plus liées au cours de Bourse, grâce à la distribution d’actions gratuites et autres stock-options, ceux-ci sont de plus en plus tentés d’aligner leurs intérêts sur ceux des actionnaires. Résultat : les 1 % les plus riches captent une grande partie de la croissance de la masse salariale.
Deuxième effet pervers, l’utilisation des profits. Leur augmentation spectaculaire ces dernières années n’a servi ni à augmenter les investissements ni à réduire l’endettement, mais à accroître la rémunération des actionnaires.
L’idée de rééquilibrer le partage de la valeur ajoutée entre le capital et le travail a souvent été critiquée au motif que, si les entrepreneurs sont conduits à donner une plus grande partie des profits aux salariés, il n’y aurait plus d’incitation à entreprendre. Mais les excès observés ces dernières années incitent à penser que le balancier a été trop loin. En quoi l’envolée des salaires des dirigeants, les rachats d’actions massifs ou le versement de dividendes supérieurs aux bénéfices de l’entreprise servent-ils les intérêts de l’économie réelle ? Il est temps pour les actionnaires de comprendre que leur soif insatiable de profits nous mène tous dans le mur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Les autorités sanitaires retirent de la vente l’ensemble des reblochons de la marque savoyarde, après la contamination d’enfants par la bactérie « Escherichia coli ».
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L’ensemble des reblochons produits par la fromagerie Chabert rappelés

Les autorités sanitaires retirent de la vente l’ensemble des reblochons de la marque savoyarde, après la contamination d’enfants par la bactérie « Escherichia coli ».



Le Monde
 |    14.05.2018 à 15h59
   





                        



   


Les autorités sanitaires ont décidé, lundi 14 mai, de retirer de la vente et de rappeler l’ensemble des fromages reblochons entiers au lait cru fabriqués et commercialisés par la fromagerie Chabert. Ces fromages ont été jugés responsables de la contamination par la bactérie Escherichia coli de sept enfants âgés d’un an et demi à 3 ans. Six d’entre eux ont été hospitalisés la semaine dernière.
L’un d’eux était toujours à l’hôpital lundi, selon Santé publique France, qui expliquait que le bilan était inchangé. Les autorités poursuivent néanmoins la surveillance des syndromes hémolytiques et urémiques (SHU) pour détecter d’éventuels nouveaux cas en lien avec cette consommation.
Toutes les enseignes concernées
L’ensemble des enseignes de distribution est concerné par cette procédure de rappel par « précaution ». Les reblochons fabriqués à Cruseilles (Haute-Savoie) sont notamment vendus sous les marques Chabert, Nos régions ont du talent (Leclerc), Reflets de France (Carrefour) et Itinéraire des saveurs (Intermarché).
Dès vendredi, les centres E. Leclerc avaient annoncé qu’ils procédaient au rappel de ce reblochon AOP, à la suite de « plusieurs cas » d’intoxication alimentaire « grave » par la bactérie E. coli 026, ayant provoqué plusieurs complications rénales chez six enfants.
Gastro-entérites et complications rénales
La bactérie Escherichia coli O26 : H11 peut entraîner, dans la semaine qui suit la consommation d’un produit contaminé, des gastro-entérites, éventuellement hémorragiques, accompagnées ou non de fièvre, et pouvant être suivies de complications rénales sévères chez les jeunes enfants (syndrome hémolytique et urémique).
Les personnes qui auraient consommé les produits concernés et qui présenteraient ce type de symptômes sont invitées à consulter sans délai leur médecin traitant et à lui signaler cette consommation et la nature du germe contaminant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ A 47 ans, l’Alsacien devrait être nommé PDG du groupe de distribution, à l’issue du vote du conseil d’administration, le 16 mai. Cet homme discret veut faire entrer l’enseigne dans l’ère du numérique.
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Dominique Schelcher, l’ascension d’un fils d’épicier chez Système U

A 47 ans, l’Alsacien devrait être nommé PDG du groupe de distribution, à l’issue du vote du conseil d’administration, le 16 mai. Cet homme discret veut faire entrer l’enseigne dans l’ère du numérique.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 14h00
    |

            Cécile Prudhomme








                        



                                


                            

« C’est le roi de la liste. Il en a plusieurs. Vous pensez qu’il va peut-être oublier un dossier, mais non, il se rappelle de tout ! » Lorsqu’il se remémore les huit dernières années passées au côté de Dominique Schelcher, à l’époque patron de la région Est de Système U, quand lui-même en était directeur général, Daniel Maruzzo garde le souvenir des trajets en voiture dès 5 heures du matin les emmenant aux conseils d’administration où, immanquablement, l’intéressé finissait par sortir de sa poche sa liste des dossiers en cours.
Nul doute qu’une de ses fiches est consacrée à la réunion du conseil d’administration de Système U du 16 mai. En jeu : l’élection du futur PDG de l’enseigne de grande distribution alimentaire. Une formalité. Dominique Schelcher étant appelé à prendre les rênes du groupe pour un mandat renouvelable de six ans.
Une consécration pour ce fils d’épicier dont les parents tenaient un magasin de 20 m² à Fessenheim (Haut-Rhin), dans lequel il a baigné toute son enfance. Ses étés, il les passait à les aider, les voyant travailler d’arrache-pied et passer tout leur temps libre dans leur commerce. « Mon père partait tôt, revenait tard et on m’oubliait à l’école, où, régulièrement, une employée du magasin finissait par venir me chercher », se souvient-il. Il s’était alors promis de ne jamais faire ce métier…
Quatre décennies plus tard, M. Schelcher doit devenir, à 47 ans, PDG de la coopérative de tête U Enseigne, forte de 1 568 points de vente, dont 827 magasins de grande taille et 741 de proximité. Ensemble, ils ont réalisé, en 2017, un chiffre d’affaires de 19,49 milliards d’euros (hors carburant), en progression de 1,4 % sur un an.
« Travailleur acharné »
Comme tous les anciens dirigeants du groupe, cet homme du sérail possède son propre magasin, à Fessenheim, « juste à côté de la centrale », où il retourne tous les week-ends. « Un Super U de 3 000 m2, aussi représentatif...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Le nouveau long-métrage de Gaspar Noé contient à la fois le meilleur et le pire de ce qu’est capable de faire l’agent provocateur du cinéma français.
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Cannes 2018 : « Climax », entre énergie pure et jeu de massacre

Le nouveau long-métrage de Gaspar Noé contient à la fois le meilleur et le pire de ce qu’est capable de faire l’agent provocateur du cinéma français.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 15h39
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


Quinzaine des réalisateurs
Climax, le dernier long-métrage de Gaspar Noé (Irréversible, Enter the Void), présenté à la Quinzaine des réalisateurs, contient à la fois le meilleur et le pire de ce dont est capable celui qui assume depuis déjà vingt ans son rôle de vilain garnement et agent provocateur du cinéma français (un carton au début du film annonce sans détour : « Un film français et fier de l’être »). Si l’on met de côté les quelques taquineries de rigueur (le récit qui commence par la fin, le placardage plein cadre de slogans potaches), Climax s’ouvre sur une première moitié époustouflante qui constitue presque un film à part entière – et pas loin d’être le plus beau de Noé.
De jeunes danseurs, de tous sexes et de toutes origines, sont auditionnés par une chorégraphe de renom, puis réunis dans une salle des fêtes isolée pour mettre au point un spectacle. Au terme de trois jours de travail, une fête a lieu où chacun est disposé à lâcher prise. Noé se contente d’abord filmer la danse in extenso, au fil de longs plans-séquences qui circulent et virevoltent d’un personnage à l’autre. La beauté magnétique des corps en mouvement, le mélange merveilleux des sexualités et des physionomies, l’intensité explosive des chorégraphies, composent un spectacle orgiaque de pure énergie, qui se passe très bien de toute dramatisation.

   


La fête bat son plein, les corps s’exposent et s’exténuent, le désir monte en flèche et tout cela est un véritable feu d’artifice pour le regard. Sans compter que la bande-son, un mix continu qui court de Giorgio Moroder aux Daft Punk, déroule une sorte d’ode amoureuse à la musique électronique, et plus précisément à la « house music », qui participe du pouvoir hypnotique de l’ensemble.
Une paranoïa incontrôlable
Mais tout cela ne pouvait pas durer ; il fallait que le drame éclate et qu’avec lui viennent la menace, l’emphase, l’horreur, lors d’une deuxième partie symétrique à la première. Car la sangria à laquelle tout le monde puisait allégrement, était en fait imbibée d’une drogue dure. Les convives se voient peu à peu gagner par une paranoïa incontrôlable qui transforme la fête en cauchemar et le film en un grand jeu de massacre.
Angoisse, panique, insultes, coups, blessures, mutilations, agressions, électrocutions déferlent alors, sans pour autant que le régime chorégraphique du film s’interrompe – à ceci près que la danse est devenue, dès lors, celle de pantins hystériques et démantibulés. Ce n’est évidemment pas la violence qui dérange (là-dessus le projet de Noé est cohérent), mais son caractère programmatique qui lasse, la logique du pire ne pouvant aller qu’à son terme, en assénant autant de scènes choc et d’images « coups de poing » à un spectateur brutalisé.
Le problème de Noé, c’est qu’il ne sort jamais de cette conception du film comme un « trip » psychotrope et cosmique reliant la vie à la mort, le ying au yang, et devant à tout prix forcer les sensations du spectateur. Or, il n’y a rien de plus téléphoné qu’un trip vu de l’extérieur, qui ne comporte jamais que deux moments, toujours les mêmes : une montée et une descente. Pas même des montagnes russes.

Film français de Gaspar Noé. Avec Sofia Boutella, Adrien Sissoko, Claude Gajan Maull, Lea Vlamos, Sarah Belala, Strauss Serpent, Ashley Biscette… (1 h 35). Sortie en salle le 19 septembre. Sur le Web : www.climax-lefilm.com et www.quinzaine-realisateurs.com/film/climax



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Blessé au genou gauche, le Français doit renoncer aux Internationaux de France qui débutent le 27 mai.
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Jo-Wilfried Tsonga déclare forfait pour Roland-Garros

Blessé au genou gauche, le Français doit renoncer aux Internationaux de France qui débutent le 27 mai.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 17h28
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 17h56
   





                        



   


La saison galère continue pour Jo-Wilfried Tsonga. Absent des courts depuis début février (et son abandon en demi-finales du tournoi de Montpellier), le Français est contraint de déclarer forfait pour Roland-Garros (27 mai-10 juin). Le joueur est insuffisamment remis de sa récente opération au genou gauche.
« Malgré tous les efforts fournis pour revenir à temps, je suis malheureusement contraint de déclarer forfait pour Lyon [la semaine prochaine] et Roland-Garros », écrit Tsonga sur son compte Twitter.
C’est une fissure du ménisque gauche qui a conduit l’ancien numéro 1 français, descendu au 37e rang au classement ATP, à être opéré début avril. « Les délais de cicatrisation sont un peu longs », explique Tsonga dans une vidéo qui accompagne son tweet, en faisant part de sa « déception » de devoir faire une croix sur « des tournois [qu’il] adore ».
« J’ai travaillé dur pour essayer de revenir assez vite, mais ce n’est pas suffisant. Il faut que je continue à bosser pour revenir à 100 %. J’espère que ça va se faire bientôt », poursuit-il, sans davantage de précision.

Malgré tous les efforts fournis pour revenir à temps, je suis malheureusement contraint de déclarer forfait pour… https://t.co/FZxhlOZivw— tsonga7 (@Jo-Wilfried Tsonga)


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Le doute planait sur sa participation à la levée parisienne du Grand Chelem : début mai, le Manceau de 33 ans avait indiqué avoir repris l’entraînement une dizaine de jours plus tôt, mais ne pas s’être fixé de date de retour sur le circuit.
Il y a un an, le joueur français avait remporté l’édition inaugurale du tournoi de Lyon, aux dépens du Tchèque Tomas Berdych. Il avait ensuite été surpris d’entrée sur la terre battue de la Porte d’Auteuil, par le modeste Argentin Renzo Olivo en quatre sets et deux jours.
Plutôt considéré comme un spécialiste des surfaces rapides, Tsonga est parvenu deux fois en demi-finales sur la terre battue parisienne. En 2013, il avait chuté face à l’Espagnol David Ferrer avant de céder deux ans plus tard face au Suisse Stan Wawrinka. Aucun joueur français n’a fait mieux depuis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Le ministère du travail a annoncé que la présidente de Vigeo-Eiris, ancienne secrétaire générale de la CFDT, ne représenterait pas le gouvernement français au conseil d’administration du Bureau international du travail.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Après plusieurs années de baisse, l’Ecole nationale d’administration a attiré près de 11 % de candidats supplémentaires en vue de la session 2018.
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Sursaut d’inscriptions aux concours de l’ENA

Après plusieurs années de baisse, l’Ecole nationale d’administration a attiré près de 11 % de candidats supplémentaires en vue de la session 2018.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 14h16
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 14h25
    |

            Soazig Le Nevé








                        



   


Cent quarante-neuf candidats de plus : c’est le bilan des inscriptions aux concours 2018 de l’Ecole nationale d’administration, dont les épreuves écrites commenceront le 20 août.
Cette hausse de 10,9 % sonne comme un signal positif pour l’établissement, sis à Strasbourg, qui souffre d’une image tenace d’élitisme et a vu chuter de plus de 8 % entre 2010 et 2017 le nombre de candidats à ses trois concours (concours externe, réservé aux étudiants ; concours interne, réservé aux fonctionnaires ; troisième concours, réservé aux salariés du privé ou du secteur associatif).
La session 2018 enregistre 1 517 dossiers de candidature, contre 1 398 en 2017. C’est le 3e concours qui bénéficie du plus fort regain d’intérêt, avec 34,3 % de candidats supplémentaires pour la session 2018. Un sursaut, alors que c’est cette troisième voie qui accusait la plus forte baisse l’an dernier (de 169 à 108 candidats).

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Des trois concours, l’interne est celui qui semble le moins en vogue, même si la session 2018 verra se présenter 4,1 % de candidats de plus que l’an dernier (350 au total). Le nombre de fonctionnaires séduits par le concours de l’ENA est en baisse de 12,5 % entre 2010 et 2018.
Quant au concours externe, qui fournit le gros des troupes, il totalise 1 022 candidatures, en hausse de 10,6 % par rapport à 2017. Un score qui s’approche des records atteints en 2013 et 2016 où, respectivement 1 108 et 1 096 candidats s’étaient présentés.
Saluant ce bilan dans un communiqué, l’ENA fait un lien direct avec sa « campagne de recrutement » — toute première du genre — lancée au début d’avril sur les réseaux sociaux avec pour slogan « Sautez le pas ».

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Une première victoire, même s’il est trop tôt pour conclure que le pari du directeur de l’école sera tenu : au-delà du nombre, Patrick Gérard souhaite surtout « davantage encore voir augmenter la diversité des origines et des parcours ». A ce stade, l’école ne fournit aucun détail sur le profil des nouveaux candidats.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Pour la première fois en France, deux mannequins, Ekaterina Ozhiganova et Gwenola Guichard, lèvent le voile sur les conditions de travail d’un secteur ultra-opaque.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/05/2018
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« Dans le milieu de la mode, l’humain n’est pas respecté »


                      Pour la première fois en France, deux mannequins, Ekaterina Ozhiganova et Gwenola Guichard, lèvent le voile sur les conditions de travail d’un secteur ultra-opaque.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 13h00
    |

                            Elvire von Bardeleben








                              

                        

Le mot « mannequin » (et sa variante superlative « top model ») évoque une vie de paillettes. Les rares fois où l’on mentionne les dérives du secteur, il est toujours question de harcèlement sexuel ou d’anorexie. Et pourtant… Deux mannequins prennent la parole, et leurs revendications n’ont rien à voir avec ces sujets. Par l’intermédiaire de leur association, Model Law, Ekaterina Ozhiganova et Gwenola Guichard ont lancé, au début de l’année 2018, un manifeste pour améliorer l’encadrement du travail des mannequins en France.
La Russe Ekaterina Ozhiganova (26 ans) est aussi interprète et traductrice, et vit en France depuis 2013. La Française Gwenola Guichard (29 ans), diplômée d’un master en communication politique, se consacre exclusivement au mannequinat depuis quelques années. Discussion avec ces militantes sur ce qu’elles veulent, les résistances qu’elles rencontrent, et sur la réalité d’un milieu hautement fantasmé.
Quel est le but de votre manifeste ?
Gwenola Guichard : Donner la parole aux mannequins. Aujourd’hui, leur liberté d’expression est entravée par la pression insidieuse de l’argent et la peur d’éreinter leur réputation. Les mannequins sont souvent très jeunes, inexpérimentés, travaillent avec des gens beaucoup plus âgés [bookers, stylistes, photographes] qui savent comment le milieu fonctionne.
Ekaterina Ozhiganova : Il manque un tampon entre le mannequin et l’agence qui, bien sûr, veut le bien-être du mannequin, mais dans une certaine limite, puisque le mannequin reste un produit à vendre.
Concrètement, que réclamez-vous ?
E. O. : Clarifier le statut, qui est très vague en France. On cumule des CDD d’usage avec un employeur unique [l’agence]. On est salarié quand on signe un contrat avec le client et l’agence, mais le reste du temps, on ne l’est pas. Il n’y a aucune sécurité. Et, en France, on n’a...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Certains points du projet de loi suscitent la déception des associations de défense des droits des femmes et de protection de l’enfance.
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Violences sexistes et sexuelles : ce que contient le projet de loi

Certains points du projet de loi suscitent la déception des associations de défense des droits des femmes et de protection de l’enfance.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 13h11
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 14h04
    |

            Gaëlle Dupont








                        



   


L’Assemblée nationale examine, lundi 14 et mardi 15 mai, un projet de loi renforçant la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, défendu par la ministre de la justice, Nicole Belloubet, et la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Certains points du texte suscitent la déception des associations de défense des droits des femmes et de protection de l’enfance. En voici les principales mesures.

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Le délai de prescription pour les crimes sur mineur porté de vingt à trente ans après la majorité
L’objectif est de laisser davantage de temps pour porter plainte aux victimes, d’autant plus traumatisées qu’elles étaient mineures au moment des faits.
Quelques associations réclament l’imprescriptibilité pour les crimes sexuels sur les mineurs, en raison des très longues années nécessaires à certaines victimes pour briser le tabou et parler, voire de l’amnésie traumatique de certaines d’entre elles.
Les amendements allant dans ce sens ont été rejetés lors de l’examen du texte en commission des lois, mercredi 9 mai, en raison des difficultés à apporter des preuves d’un crime après des dizaines d’années, mais aussi parce qu’une telle mesure introduirait des incohérences dans les règles de prescription des différents crimes.

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La répression des infractions sexuelles sur les mineurs renforcée
C’est l’article qui suscite le plus de controverse. Alors que l’instauration d’une présomption de non-consentement pour les mineurs de moins de 15 ans a pendant plusieurs mois été évoquée par le gouvernement, le texte ne retient pas cette option.

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« En matière criminelle, il n’y a pas de présomption de culpabilité possible, défend la rapporteuse (LRM) de la commission des lois, Alexandra Louis. Le doute profite au mis en cause. C’est un principe fondamental de notre droit. »
La députée met en garde contre une censure du Conseil constitutionnel. « Quand une disposition est censurée, des victimes perdent l’opportunité de saisir le juge, explique-t-elle. Nous avons une responsabilité énorme. » 
Le texte, modifié par la commission des lois, précise la définition du viol sur mineurs dans le code pénal, afin d’aider les juges à mieux caractériser l’infraction. « Lorsque les faits sont commis sur la personne d’un mineur de moins de 15 ans, la contrainte morale et la surprise sont caractérisées par l’abus de vulnérabilité de la victime ne disposant pas du discernement nécessaire pour consentir à ces actes », précise le projet de loi.
Dans le même temps, il porte à sept ans la peine pour atteinte sexuelle (qui sanctionne toute relation sexuelle entre un majeur et un mineur de moins de 15 ans, même sans violence, menace, contrainte ou surprise), et à dix ans en cas de pénétration. Cette disposition en particulier « pose un interdit civilisationnel clair sur les rapports sexuels entre majeurs et mineurs de moins de 15 ans », selon Marlène Schiappa. 
Elle est cependant contestée par plusieurs associations, qui estiment qu’elle entraîne un risque accru de déqualification des viols sur mineurs en délits. Dans une lettre ouverte publiée lundi 14 mai, 250 personnalités, dont l’ancienne ministre des droits des femmes Yvette Roudy, l’écrivaine Geneviève Brisac, ou l’actrice Karin Viard, demandent le retrait de cette disposition.

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Lutte contre le harcèlement groupé
C’est la disposition la plus consensuelle du texte. Le gouvernement prévoit que les délits de harcèlement sexuel et de harcèlement moral, punis respectivement de trois et deux ans de prison, seront constitués « lorsque ces propos ou comportements sont imposés à une même victime de manière concertée par plusieurs personnes, alors même que chacune de ces personnes n’a pas agi de façon répétée ».
La commission des lois a ajouté que les faits seraient caractérisés « lorsque ces propos et comportements sont imposés à une même victime, successivement, par plusieurs personnes qui même en l’absence de concertation, savent qu’ils caractérisent une répétition ». 
L’objectif est de mieux sanctionner les « raids numériques », des attaques coordonnées menées en ligne, dont les auteurs échappent aujourd’hui aux poursuites, car ils n’ont pas agi de façon répétée.

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Création d’une infraction d’outrage sexiste
Sanctionner le harcèlement de rue faisait partie des promesses de campagne d’Emmanuel Macron. Le projet de loi crée une infraction d’outrage sexiste inspirée de la définition du harcèlement sexuel – c’est-à-dire le fait d’imposer à une personne des propos ou des comportements à connotation sexuelle qui portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, ou créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.

        Lire l’entretien avec Marlène Schiappa :
         

          « L’amende contre l’outrage sexiste aura une valeur pédagogique »



Cette infraction sera sanctionnée d’une amende de 90 euros, pouvant aller jusqu’à 3 000 euros en cas de récidive. La mesure est plutôt bien accueillie, même si des doutes s’expriment sur son application, l’infraction devant être constatée en flagrance.
Un amendement de la rapporteuse adopté en commission étend le champ des personnes habilitées à dresser des procès-verbaux. En plus des officiers et agents de police judiciaire, les agents de police judiciaire adjoints (agents de police municipale, adjoints de sécurité…), ainsi que les agents de sécurité de la SNCF et de la RATP pourront constater l’infraction.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Didi Chuxing, leadeur du VTC en Chine, qui revendique 450 millions d’utilisateurs, a suspendu, depuis le 12 mai, son service de covoiturage, Hitch, pendant une semaine.
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Le Uber chinois dans la tourmente après le meurtre d’une cliente

Didi Chuxing, leadeur du VTC en Chine, qui revendique 450 millions d’utilisateurs, a suspendu, depuis le 12 mai, son service de covoiturage, Hitch, pendant une semaine.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 16h23
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 17h20
    |

            François Bougon








                        



   


Didi Chuxing, le numéro un du VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur) en Chine, a suspendu pour une semaine, depuis samedi 12 mai, son service de covoiturage, Hitch. Cette décision, annoncée la veille par l’entreprise dans un communiqué publié sur son compte Weibo, a été prise après le meurtre d’une hôtesse de l’air de 21 ans le 6 mai par un chauffeur, un fait divers qui a soulevé indignation et critiques envers l’entreprise.
Le service de covoiturage n’est qu’un des treize services assurés par Didi Chuxing et n’en représente qu’une part infime, s’est défendue l’entreprise, mais l’impact sur son image est indéniable au moment où Didi, qui a réussi à bouter Uber hors de Chine en 2016, cherche à s’internationaliser.
L’assassinat s’est produit à Zhengzhou, capitale de la province du Henan (centre). L’auteur présumé a pris la fuite et est toujours recherché par la police. Didi Chuxing, qui a offert une récompense d’un million de yuans (plus de 132 000 euros) pour toute information permettant de le localiser, s’est déclaré « profondément attristé et désolé » et a présenté ses excuses à la famille de la jeune femme.
Mécanismes de sécurité défectueux
L’entreprise a également reconnu ses erreurs : « Nous devons nous efforcer de gagner la confiance de nos utilisateurs. Nos responsabilités dans ce cas sont indéniables », a-t-elle indiqué, reconnaissant un certain nombre de déficiences dans le système de contrôle et de sécurité. L’auteur présumé, âgé de 27 ans, utilisait le compte ouvert par son père. « Notre mécanisme de sécurité de nuit était défectueux de sorte que le mécanisme de reconnaissance de visage en mode nocturne n’a pas été déclenché avant la prise de commande par le conducteur », a déclaré la compagnie. Interviewé par la télévision publique chinoise, le père de la victime s’en est pris à Didi Chuxing, se demandant comment il était possible que de tels individus puissent assurer leur service.
Les autorités chinoises ont annoncé vouloir établir une « liste noire » des chauffeurs utilisant les services des applications telles que Didi Chuxing. Le projet a été publié vendredi par le ministère des transports pour recueillir avis et suggestions. En analysant les jugements ayant impliqué des chauffeurs de VTC depuis 2015, le site d’informations The Paper a recensé onze cas de viol.

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Didi, qui revendique 450 millions d’utilisateurs et 21 millions de chauffeurs, a effectué plusieurs levées de fonds, récoltant au total treize milliards de dollars notamment auprès d’Alibaba, Tencent, Apple et Softbank. La dernière, effectuée en décembre 2017 et qui s’est élevée à quatre milliards de dollars, doit servir l’internationalisation de l’entreprise, mais aussi les projets d’intelligence artificielle et de véhicule propre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Un test génétique prouve que Medhanie Tesfamariam Behre n’est pas le père de l’enfant du véritable passeur. Ce dernier serait libre en Ouganda.
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Compte rendu

L’ADN, nouvel élément à décharge pour l’Erythréen accusé en Italie de trafic d’êtres humains

Un test génétique prouve que Medhanie Tesfamariam Behre n’est pas le père de l’enfant du véritable passeur. Ce dernier serait libre en Ouganda.

Par                                            Gaël Grilhot




LE MONDE
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        Le 14.05.2018 à 15h32

     •
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          datetime="2018-05-14T17:15:10+02:00"

        Mis à jour le 14.05.2018 à 17h15






    
Medhanie à son arrivée à l’aéroport italien de Palerme, depuis le Soudan, en juin 2016.
Crédits : Handout . / REUTERS


C’est un nouveau rebondissement dans l’affaire de Medhanie Tesfamariam Behre, cet Erythréen accusé en Italie d’être l’un des plus importants trafiquants d’êtres humains de la Méditerranée. Arrêté en mai 2016 grâce à la collaboration des polices anglaise, suédoise, italienne et soudanaise, et incarcéré à Palerme depuis bientôt deux ans, le jeune plombier n’a cessé de déclarer qu’il y avait erreur sur la personne. A cet effet, la défense a produit le 9 mai un test ADN qui pourrait être le dernier clou dans le cercueil de l’accusation.

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Le 6 avril, l’avocat Michele Calantropo s’était rendu en Suède pour y rencontrer Lydia Tesfu, la femme de Medhanie Yehdego Mered – le trafiquant présumé avec lequel l’accusé serait confondu –, et leur enfant Raei. « Il n’a pas été facile de lui expliquer l’importance que revêtait le prélèvement de sa salive et de celle de son fils. Mais elle a accepté de le faire pour sauver son honneur et montrer que son mari n’est pas celui emprisonné à Palerme », explique le défenseur de Medhanie Tesfamariam Behre. Après examen de ces échantillons, le généticien italien Gregorio Seidita a produit un compte rendu de onze pages, que Le Monde Afrique s’est procuré. Il y conclut : « Il ressort de l’analyse génétique conjointe de Lydia Tesfu, [de] son enfant Raei et de Medhanie, qu’il y a onze incompatibilités génétiques entre le père présumé et l’enfant. Cela nous permet d’affirmer sans aucun doute que Medhanie ne peut pas être le père biologique de l’enfant Raei. »
« Nous avons déjà apporté tellement de preuves »
Si ce test devait être accepté comme preuve par la justice italienne, la thèse du ministère public serait encore fragilisée. En effet, pour le procureur palermitain Calogero Ferrara, le Medhanie incarcéré est non seulement le mari de Lydia Tesfu mais surtout le père de Raei Yehdego. Il l’a répété plusieurs fois en audience et écrit dans l’acte d’accusation, malgré que Lydia Tesfu ait à plusieurs reprises déclaré que le prisonnier n’était pas son époux, et bien que la page Facebook de Mered, le passeur présumé, soit toujours en activité et affiche la photo de Raei comme image de profil.
En dépit de ces nouveaux éléments, l’avocat de la défense reste sceptique sur les chances de son client d’être libéré lors de la prochaine audience, le 21 mai. « Au vu de la masse des preuves que nous avons fournies, il y aurait assez d’éléments pour le libérer. Mais nous devrons sans doute attendre jusqu’à septembre pour obtenir le jugement de cette triste histoire », prévient-il. Un pessimisme que partage Seghen, la sœur de Medhanie. « Honnêtement, je ne sais pas comment on peut leur prouver qu’il n’est pas le trafiquant que l’on recherche. Nous avons déjà apporté tellement de preuves. Le plus frustrant, c’est que tout le monde sait que le vrai coupable se balade librement en Ouganda. Deux de mes amis sur place me l’ont encore confirmé le mois dernier », dit-elle depuis le Soudan, où elle réside.

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Cette information a été confirmée par plusieurs médias dont le quotidien britannique The Guardian et la télévision nationale suédoise SVT, qui ont révélé en avril que le véritable trafiquant se trouvait à Kampala, la capitale ougandaise. Les médias locaux se sont ensuite emparés de l’affaire. Le 14 avril, le quotidien progouvernemental New Vision en a même fait sa « une ». Mais du côté des responsables officiels ougandais, la plus grande discrétion reste de mise. Le ministre chargé des réfugiés, Hillary Onek, a ainsi déclaré lors d’une conférence de presse « n’avoir reçu aucune demande de la part d’Interpol ».
Secret de polichinelle
Le 18 avril, un autre quotidien, The Observer, s’est emparé de l’affaire. Citant « une source haut placée », il a affirmé que le trafiquant aurait voyagé sous un faux nom avec un passeport ougandais. Un élément embarrassant pour Kampala. Le porte-parole de la police, Patrick Onyango, a cherché à temporiser en expliquant vouloir en premier lieu « vérifier [cette] information » et affirmé qu’il s’était entretenu avec Interpol Ouganda sur ce sujet, sans avoir reçu de notification le concernant. Et pour cause, comme toutes les branches nationales de l’organisation, le bureau ougandais emploie des officiers locaux. Toute sollicitation d’une réaction de leur part se heurte à un refus poli, le demandeur étant renvoyé… vers Patrick Onyango.

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Mais au sein de la communauté érythréenne de Kampala, la présence dans le pays de Medhanie Yehdego Mered semble être un secret de polichinelle. Zecarias Gerrima, le directeur adjoint d’Africa Monitors, une organisation de défense des droits des réfugiés est-africains, est lui aussi persuadé que la personne jugée en Italie n’est pas la bonne. Comme plusieurs Erythréens qui ont témoigné l’avoir reconnu dans la capitale ougandaise, le plus souvent accompagné de gardes armés, Zecarias a souvent croisé Mered à Muyenga, un quartier animé de la ville. En particulier au Sami’s Bar, lieu de prédilection de la diaspora érythréenne. Situé sur une rue passante entre une pizzeria et des friperies, ce bar populaire aurait même appartenu un temps au trafiquant présumé.
Même si Zecarias reconnaît « ne pas avoir vu [ce dernier] depuis plusieurs mois », il reste très remonté contre l’Italie. « Les Italiens cherchent à sauver la face à tout prix, quitte à juger la mauvaise personne. Le vrai Mered est tranquille pour le moment, parce que personne ne le recherche officiellement », s’insurge le directeur adjoint d’Africa Monitors. Pour lui, il est même probable que Mered soit toujours impliqué dans des trafics : « Il a l’argent, les réseaux et il sait qui arroser, il n’y a aucune raison qu’il arrête. »

