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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Quand il grogne ou qu’il prend ses jambes à son cou, le pachyderme fait vibrer le sol, et ses congénères – et les chercheurs – l’écoutent.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/05/2018
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L’éléphant, sismomètre de la savane

Quand il grogne ou qu’il prend ses jambes à son cou, le pachyderme fait vibrer le sol, et ses congénères – et les chercheurs – l’écoutent.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 06h25
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 06h58
    |

                            Alexis Riopel








                        



   


Il est entendu que lorsqu’on pèse quatre tonnes, le plancher tremble sous nos pas. Quand les éléphants s’enfuient face à un danger, ils font vibrer la savane comme un tambour sur un rayon de plusieurs kilomètres. Et quand ils poussent des vocalisations de très basse fréquence, sortes de gargouillements, elles se propagent dans le sol sur de grandes distances. Loin d’être inutiles, ces ­vibrations seraient perceptibles par leurs ­congénères et aideraient à la communication.
Dans la revue Current Biology du 7 mai, une équipe multidisciplinaire des universités d’Oxford et de Bristol, au Royaume-Uni, a ­annoncé être en mesure d’identifier le comportement des éléphants en écoutant les ­microséismes qu’ils engendrent. La biologiste Beth Mortimer a fait appel à ses collègues sismologues afin de modéliser la propagation des ondes dans le sol. Ils ont montré qu’il est possible de remonter à la source et de reconnaître, à distance, la marche rapide ou les gargouillements d’un pachyderme à partir des vibrations seules.
Communication sismique
Evidemment, la distance de propagation dépend du type de sol. Les ondes voyagent mieux dans le sable tapé que dans la pierre. Les plus grandes distances de transmission mesurées par l’équipe lors de sa campagne au Kenya sont de 6,4 km pour les gargouillements et de 3,6 km pour un éléphant au trot.
« La grande nouveauté, c’est d’étudier à la fois le type de comportement, le type de ­substrat et la présence de bruit ambiant, croit ­Sarah Bortolamiol, chercheuse associée au Muséum national d’histoire naturelle, à ­Paris. Ces aspects avaient été étudiés séparément, mais jamais ensemble. »

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Ces travaux confirment aussi la vraisemblance d’une communication sismique chez les éléphants. Caitlin O’Connell-Rodwell, une spécialiste de l’université Stanford en Californie, écrivait il y a une dizaine d’années que les éléphants réagissent vivement à des signaux d’avertissement sismique lancés par leurs semblables. Les mastodontes se regroupent alors en formations plus denses et s’orientent vers l’origine de l’alerte. Ils reniflent, scrutent les alentours ou posent leurs genoux par terre, nerveusement. En revanche, si l’avertissement sismique provient d’un individu ­inconnu, ils y répondent beaucoup moins fortement. Les éléphants vivent en hardes d’une dizaine d’individus, mais entretiennent des liens avec d’autres groupes.
Perçoivent-ils les vibrations grâce à leurs oreilles, leurs pieds ?
Le mécanisme exact par lequel les éléphants « écoutent » le sol reste à établir. Peut-être perçoivent-ils les vibrations grâce à leurs oreilles, de la même manière qu’ils entendent un son. Les ondes pourraient voyager jusqu’à la tête de l’animal par l’intermédiaire de ses os. Une autre possibilité serait que les vibrations soient directement ressenties par les pieds de l’animal, où se trouvent de nombreux récepteurs sensoriels spécialisés dans la détection des pressions. Le coussin graisseux épais dont est couvert le dessous du pied de l’éléphant est particulièrement efficace pour transmettre les ondes.
Le canal utilisé par les éléphants, autour de 20 Hz, est habituellement exempt de bruit, hormis les secousses sismiques ou le tonnerre. Cependant, Beth Mortimer et ses collègues ont estimé que les activités humaines, notamment le passage des voitures, peuvent diminuer d’un facteur cinq la distance sur laquelle les signaux des éléphants demeurent déchiffrables.
Les découvertes des chercheurs anglais pourraient maintenant servir à protéger les éléphants des braconniers en détectant en temps réel le vacarme sismique que provoque une harde d’éléphants fuyant un agresseur. Un réseau de géophones permettrait de localiser l’événement en triangulant les ­signaux. Pour Sarah Bortolamiol, une implémentation à petite échelle pour surveiller des populations particulièrement isolées ou en danger serait un outil intéressant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Une forme d’hommage au scientifique britannique, qui s’est interrogé dans ses nombreuses recherches sur la possibilité de voyager dans le temps.
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L’inhumation de Stephen Hawking ouverte aux voyageurs du futur

Une forme d’hommage au scientifique britannique, qui s’est interrogé dans ses nombreuses recherches sur la possibilité de voyager dans le temps.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 14h42
   





                        



   


C’est une inhumation sous forme de dernier hommage à la facétie du scientifique britannique Stephen Hawking, mort le 14 mars, qui se tiendra le 15 juin. Le tirage au sort organisé pour sélectionner les participants à son inhumation est ouvert à des personnes… qui ne sont pas encore nées. Sur le site Internet créé pour l’occasion, les postulants doivent renseigner leur date de naissance, qui peut aller jusqu’au 31 décembre 2038, comme l’a relevé l’auteur du blog Ianvisits.
Un hommage à l’astrophysicien, spécialiste des trous noirs, qui s’est interrogé, dans ses nombreuses recherches, sur la possibilité de voyager dans le temps et sur l’existence d’univers multiples.
« Nous ne pouvons pas exclure la possibilité de voyager dans le temps car, à notre satisfaction, cela n’a pas été réfuté », a expliqué un porte-parole de la fondation Stephen Hawking à la BBC. « Toute chose est possible jusqu’à ce que l’inverse ait été prouvé », a-t-il souligné, résumant la pensée du scientifique, auteur d’un best-seller planétaire, Une brève histoire du temps (J’ai lu), paru en 1988 et vendu à plusieurs millions d’exemplaires.

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Les inscriptions au tirage au sort, qui doit sélectionner 1 000 personnes, ont ouvert mercredi 9 mai, et fermeront le 15 mai. Dans les premières vingt-quatre heures, plus de 12 000 personnes avaient candidaté. « Nous avons eu des candidatures de partout à travers le monde », a précisé le porte-parole.
L’inhumation aura lieu le 15 juin à l’abbaye de Westminster, à Londres. Cet hommage est réservé aux plus grands, comme avant lui un autre géant des sciences, Isaac Newton.
Des voyageurs du futur inexistants
L’astrophysicien Stephen Hawking avait lui-même organisé en 2009 une fête pour les voyageurs du futur : dans une vidéo postée sur YouTube, il avait expliqué n’avoir envoyé les invitations qu’une fois l’événement terminé. « J’ai des preuves expérimentales que le voyage à travers le temps est impossible », en avait-il cependant conclu, non sans humour, constatant que personne n’était venu participer à la soirée, malgré les canapés et les coupes de champagne.

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La mort de Stephen Hawking avait suscité une pluie d’hommages rarement égalée pour un scientifique. Confiné dans un fauteuil roulant en raison de la maladie de Charcot dont il était affecté, cet esprit brillant, professeur à l’université de Cambridge, avait consacré sa vie à l’étude de l’univers jusqu’à devenir une figure scientifique de premier ordre et une personnalité publique au Royaume-Uni.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Selon les scientifiques, ces nuages ont un impact encore plus important que le carburant brûlé par les appareils.
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Les traînées blanches des avions contribuent au réchauffement climatique

Selon les scientifiques, ces nuages ont un impact encore plus important que le carburant brûlé par les appareils.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 10h07
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 06h23
    |

                            Alexis Riopel








                        



   


Les traînées de condensation qui s’étirent derrière les avions à réaction accentuent le réchauffement climatique de façon importante – probablement davantage que le carburant brûlé pour faire voler les appareils. On le savait depuis quelques années, mais une synthèse très complète sur les contrails (contraction de l’anglais condensation trails), parue cette semaine dans la revue Nature Communications, rappelle le constat. Cette publication fait aussi le point sur quelques solutions envisageables.
A l’heure actuelle, l’aviation est responsable de 4 % du « forçage radiatif anthropogénique », c’est-à-dire du déséquilibre d’origine humaine entre l’énergie entrante et sortante dans l’atmosphère terrestre. Ce pourcentage se partage entre les nuages générés par les avions et le CO2 issu des réacteurs.
« C’est environ moitié-moitié, ou peut-être même un peu plus pour les nuages, indique Bernd Kärcher, auteur de l’étude et physicien au Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique (DLR). Il est important de remarquer que le CO2 persiste beaucoup plus longtemps dans l’atmosphère que les nuages produits par les avions. Empêcher la formation de ces nuages pourrait donc constituer une solution rapide pour ralentir le changement climatique, et nous donner un peu de temps pour arriver à réduire les émissions de CO2. »
Microscopiques cristaux de glace
Ces conclusions tombent la même semaine que la publication, dans Nature Climate Change, d’une étude affirmant que les émissions de gaz à effet de serre causées par le tourisme, dont le transport aérien constitue une large part, sont passées en quatre ans, entre 2009 et 2013, de 3,9 à 4,5 milliards de tonnes équivalents de CO2. Pour juger de l’impact réel sur le climat, il faut cependant ajouter l’effet des nuages produits par l’aviation, exclus de l’analyse.

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Comme tous les nuages, les traînées de condensation – ou cirrus homogenitus, le nom que leur a donné en 2017 l’Organisation météorologique mondiale – naissent quand de la vapeur d’eau se condense sur de fines particules en suspension dans l’air.
Les réacteurs d’avion facilitent le phénomène en rejetant des poussières de suie dans un environnement autrement dépourvu de particules. De la vapeur d’eau provenant du réacteur s’agglutine sur les poussières pour former des gouttelettes. Plus loin dans le sillage de l’appareil, où le souffle du moteur s’est refroidi, les gouttelettes gèlent et forment de microscopiques cristaux de glace. Dans les minutes et les heures qui suivent, l’humidité naturellement présente dans l’air fait croître les cristaux et en décuple la taille.
Sous certaines conditions, les traînées de condensation peuvent subsister dans l’atmosphère pendant des heures. Certaines perdront leur forme longiligne et deviendront alors des cirrus, ces nuages rappelant les cheveux d’ange qu’on voit très haut dans le ciel. Presque transparents, les cirrus absorbent tout de même une partie de la radiation provenant de la Terre et la réémettent vers le sol. Les rayons du Soleil, eux, traversent les cirrus sans trop de mal. L’effet net est donc un réchauffement de la température de surface, contrairement aux nuages plus bas, opaques et blancs, qui la diminuent.
« Voler plus haut »
La multiplicité des variables impliquées a beau compliquer la tâche des scientifiques qui veulent comprendre comment les avions génèrent des nuages, elle leur offre aussi beaucoup de pistes pour réduire leur impact délétère sur le climat.
Parmi les solutions à court terme, Bernd Kärcher pense aux combustibles synthétiques, dérivés du charbon, du gaz naturel ou de la biomasse, ou encore aux biocarburants, dont la combustion entraîne l’émission de beaucoup moins de particules dans l’air que le kérosène. L’hydrogène liquide ou le gaz naturel liquéfié représentent également des options prometteuses, mais plus difficile à mettre en place car elles nécessitent d’autres types de moteur. Les avions électriques régleraient évidemment aussi le problème, mais demeurent pour l’instant un « rêve lointain », selon Bernd Kärcher.

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De même, un détournement du trafic aérien pourrait réduire la formation de nuages produits par l’aviation. « Voler plus haut, où l’air est froid et sec, pourrait réduire la formation de traînées », précise Bernd Kärcher. Toutefois, les trajets actuellement empruntés minimisent les temps de vol et les coûts, et les compagnies aériennes seront réticentes à les modifier, estime le scientifique.
Avant toute action, une plus grande reconnaissance du problème sera essentielle. Dans son article de synthèse, Bernd Kärcher note que l’Organisation de l’aviation civile internationale a adopté en 2016 un plan de compensation et de réduction des émissions de carbone dans le but de réduire son impact sur le changement climatique, mais qu’elle n’y considère pas les nuages générés par l’aviation, qui constituent pourtant la moitié du problème.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ L’éthologue américain offre une immersion complète dans la vie sensible, sociale et sexuelle des poissons, qui se révèle bien plus riche qu’il n’y paraît.
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La vie aquatique selon Jonathan Balcombe

L’éthologue américain offre une immersion complète dans la vie sensible, sociale et sexuelle des poissons, qui se révèle bien plus riche qu’il n’y paraît.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 08h45
    |

                            Céline Henne (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
A quoi pensent les poissons ? La vie secrète de nos cousins sous-marins (What A Fish Knows. The Inner Lives of Our Underwater Cousins), de Jonathan Balcombe, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Catherine Schiellein, La Plage, 352 p., 19,95 €.

Il n’est pas rare de voir un végétarien commander du poisson au restaurant, lorsqu’il n’a pas d’autre choix. Comme si, sur l’échelle du vivant, le poisson était un être plus proche de la carotte que du cochon. D’un autre côté, pouvons-nous éprouver la même empathie pour ces créatures si éloignées de nous sur l’arbre de l’évolution ? Cela supposerait de pouvoir imaginer ce qu’ils sentent, ressentent, pensent. C’est bien là tout le problème : dans leurs yeux globuleux, au milieu de leurs faces dépourvues d’expression, difficile de voir autre chose que du vide.

Renversant tous les préjugés, le ­livre de l’éthologue Jonathan Balcombe offre une immersion complète dans la vie sensible, sociale et sexuelle des poissons, qui se révèle bien plus riche qu’il n’y paraît. On ­apprend que ces animaux aquatiques ont une expérience sensorielle très développée : ils sont victimes des ­mêmes illusions d’optique que nous, ou sont capables de faire la différence entre du blues et de la musique clas­sique. Surtout, la manière dont ils voient le monde est unique. Ils jouissent de sens inconnus des créatures terrestres, tels que percevoir les modifications du champ électrique autour d’eux, grâce à des « cellules géoma­gnétiques ». Plus encore, les poissons sont des êtres doués de sensibilité et d’émotions. Capables de ressentir le plaisir et la douleur, ils sont également sujets à la colère, à la terreur et au stress, et sont soulagés par les ­anxiolytiques.

Toutes ces études scientifiques sont rapportées dans le livre, où trans­paraît l’affection de Jonathan Balcombe pour ces créatures fascinantes. Le dernier chapitre porte sur ce que l’homme inflige aux poissons,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ L’auteur du best-seller mondial « La Vie secrète des arbres » récidive avec les animaux, d’évidences grossières en béatitude molle.
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Peter Wohlleben, c’est trop bête

L’auteur du best-seller mondial « La Vie secrète des arbres » récidive avec les animaux, d’évidences grossières en béatitude molle.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 08h45
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
La Vie secrète des animaux. Amour, deuil, compassion : un monde secret s’ouvre à nous (Das Seelenleben der Tiere. Liebe, Trauer, Mitgefühl – erstaunliche Einblicke in eine verborgene Welt), de Peter Wohlleben, traduit de l’allemand par Lise Deschamps, Les Arènes, 278 p., 20,90 €.

Les animaux sont-ils des créatures intéressantes, belles souvent, ­aimables parfois, et courageuses, et d’une sensibilité étonnante ? Oui. Et ensuite ?

Ensuite, rien. L’ingénieur forestier allemand Peter Wohlleben, auteur du best-seller mondial La Vie secrète des arbres (Les Arènes, 2017), développe son concept. Il a désormais des révélations à nous faire sur le poussin de son enfance – « tellement mignon ! » –, sur la nature profonde de l’écureuil – « notre lutin roux » –, sur le vieillissement – « les animaux finissent eux aussi, avec l’âge, par avoir des ennuis de santé » –, sur la violence – ils « ne sont pas meilleurs que nous et peuvent se montrer d’une grande agressivité » –, sur cent autres sujets de béatitude molle, à propos desquels il réussit le tour de force de nous en enseigner moins que ce que nous en savons, quelle que soit notre familiarité avec les bêtes.
La vie des animaux, en réalité, n’est secrète que pour Peter Wohlleben. Il met, il est vrai, une belle constance à refuser tout savoir constitué. Son ­livre, qui plonge rapidement le lecteur dans la torpeur (du moins rit-on régulièrement, mais ce n’était pas au programme), ne serait d’ailleurs qu’un épiphénomène s’il ne témoignait, par son succès, d’un goût envahissant pour l’évidence grossière, pour la satisfaction moite de ressentir dans son coin, toujours préférable, dans cet univers mental, à la circu­lation des savoirs. « Me reposer uniquement sur des études ne me plaît guère, écrit-il : je préfère éprouver par moi-même la manière de penser de tel ou tel animal. »
Pourquoi...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Vétérinaire en chef de la ménagerie du Jardin des plantes, à Paris, Norin Chai a reçu des bêtes les leçons d’humanité qui sont au cœur de « Sagesse animale ».
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤                     
                                                   
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Norin Chai : « Nous avons appris à voir ce que nous avons sous les yeux »

Vétérinaire en chef de la ménagerie du Jardin des plantes, à Paris, Norin Chai a reçu des bêtes les leçons d’humanité qui sont au cœur de « Sagesse animale ».



Le Monde
 |    12.05.2018 à 08h45
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
Sagesse animale. Comment les animaux peuvent nous rendre plus humains, de Norin Chai, avec Roland Portiche, Stock, 272 p., 19,50 €.
Norin Chai, né en 1969, est vétérinaire spécialiste de la faune sauvage. Son nouveau livre, Sagesse animale, mêle un état des lieux précis, fondé sur l’observation et l’expérience, à une réflexion sur « l’unité du vivant ».

« Sagesse animale », qui est d’abord la synthèse de ce que vous avez appris en vingt-cinq ans d’exercice du métier de vétérinaire spécialisé dans la faune sauvage, témoigne aussi de l’accélération spectaculaire de la recherche scientifique…
Nous sommes en effet en train de vivre une profonde mutation. Mais je ne crois pas que ce soient les recherches scientifiques qui l’induisent : c’est d’abord un changement dans la conscience que nous avons de nous-mêmes, de notre place dans le monde, de notre interaction avec les autres êtres vivants. C’est un progrès d’ordre plus spirituel, peut-être, que scientifique. Nous avons appris à voir ce que nous avons sous les yeux – l’intelligence des animaux, leurs émotions, leur personnalité… –, que nous refusions de voir. Ce n’étaient des choses ni démontrables ni répétables, de sorte qu’elles n’entraient pas dans les cases du savoir rationnel. Mais il est vrai que la science a changé. Elle accepte beaucoup plus qu’avant les connaissances empiriques. Elle nous aide désormais à percevoir autrement les émotions des animaux, à comprendre qu’elles nous renvoient les nôtres.
Vous évoquez l’un des axes de la recherche actuelle sur le comportement des animaux, la « théorie de l’esprit », qui étudie cette circulation. De quoi s’agit-il ?
Imaginons que vous adoriez les crêpes, et que je le sache. Je vous invite dans une crêperie, en pensant que vous allez être content. J’ai conscience de votre sentiment, et vous le savez. C’est exactement ce que la théorie...




                        

                        


<article-nb="2018/05/13/19-7">
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Emotions, sentiments, conscience… ne sont plus les propres de l’homme. Plusieurs parutions récentes proposent un bilan des nouvelles connaissances scientifiques.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/05/2018
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Frères animaux qui avec nous vivez

Emotions, sentiments, conscience… ne sont plus les propres de l’homme. Plusieurs parutions récentes proposent un bilan des nouvelles connaissances scientifiques.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 07h43
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

Moby Dick avait peut-être quelque chose à dire au capitaine Achab. Comment savoir ? Les cachalots étaient muets au temps de Melville. Mais voilà que, après des millénaires de fréquentation silencieuse, nous avons appris à écouter les animaux, à les regarder, à les connaître pour ce qu’ils sont – ni les « machines » que l’âge classique, dans la lignée de Descartes, voyait en eux, ni des êtres propres à incarner nos symboles et nos mythes, à défaut d’exister par eux-mêmes.
Il est difficile de comprendre tout à fait pourquoi l’on a tant tardé. Les progrès scientifiques sont souvent permis, aujourd’hui, par des développements techniques, qui pèsent peu en l’occurrence : tout était là, visible à l’œil nu. Il y a, simplement, des questions qu’on ne se posait pas, et qui ont surgi. Ce n’est, par exemple, qu’en 1967 qu’on s’est intéressé au langage des vervets, petits singes d’Afrique de l’Est et australe, et qu’on a découvert qu’ils savent désigner, dans leurs appels, le léopard, l’aigle, le serpent, le babouin, tout autre mammifère prédateur, un humain inconnu, un singe dominant, un singe subordonné… ; ils sont même capables de formuler « observe autre singe » ou « vois bande rivale ». De même n’a-t-on pas saisi, pendant des siècles, que les éléphants emploient plus d’une centaine de gestes rituels pour communiquer, sans parler de leur chant, qui couvre dix octaves et leur permet, remarque-t-on quand on veut bien les observer, de tenir de longues conversations.
Un savoir qui se renouvelle à une vitesse sidérante
Ces informations, et une masse considérable d’autres, sont recueillies dans un livre décisif, Qu’est-ce qui fait sourire les animaux ?, de l’essayiste américain Carl Safina, titulaire de la chaire Nature and Humanity à l’université Stony Brook de Long Island (Etat de New York). Parue aux Etats-Unis en 2015, cette vaste synthèse des expériences et observations accumulées dans les dernières décennies, en particulier sur les éléphants,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Au menu : les fourmis voyageuses, une université américaine a égaré du plutonium, l’intelligence artificielle dans le monde de l’espionnage, etc.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤ 
<article-nb="2018/05/13/19-9">
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Une étude publiée dans « Science » décrit les mécanismes physiques par lesquels l’extraction de gaz, la fracturation hydraulique et la géothermie déclenchent des séismes.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 10/05/2018
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Comment les humains provoquent des tremblements de terre

Une étude publiée dans « Science » décrit les mécanismes physiques par lesquels l’extraction de gaz, la fracturation hydraulique et la géothermie déclenchent des séismes.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 10h50
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            

Quel est le point commun entre les villes de Pawnee (Etats-Unis), Groningue (Pays-Bas) ou Bâle (Suisse) ? Toutes les trois ont subi, ces dernières années, d’inattendus tremblements de terre provoqués par les activités humaines en sous-sol. L’Etat de l’Oklahoma, où se situe Pawnee, est ainsi devenu champion du monde de ces séismes dits induits, avec plusieurs centaines d’événements en 2015. A l’origine de ce phénomène, l’exploitation des gaz et de pétrole de schiste de la région. Non seulement les exploitants ont recours à la technique de la fracturation hydraulique – le « fracking » –, qui consiste à fissurer la roche en y injectant des liquides sous haute pression, mais ils renvoient ensuite dans le sous-sol toutes les eaux usées qui découlent de l’extraction et notamment l’eau saline stockée naturellement dans le réservoir géologique et remontée avec les hydrocarbures.
A Bâle, victime d’un petit séisme de magnitude 3,4 en 2006, c’est aussi la fracturation hydraulique qui a été pointée du doigt, mais cette fois dans le cadre d’un projet de géothermie profonde non conventionnelle. L’idée consistait à disloquer la roche pour augmenter sa perméabilité et ainsi améliorer les échanges thermiques en sous-sol. Le projet a été abandonné après le tremblement de terre.
Tassement des couches géologiques
La mésaventure suisse n’a pas servi de leçon aux promoteurs d’un programme analogue à Pohang, en Corée du Sud. Le 15 novembre 2017, la ville a été secouée par un séisme de magnitude 5,4, le plus puissant de l’histoire moderne du pays, au cours duquel plusieurs dizaines de personnes ont été blessées. Deux études récemment parues dans Science ont estimé très probable le lien de cause à effet entre le fracking et ce séisme.

Dans un article publié lui aussi par Science jeudi 10 mai, une équipe de l’Organisation néerlandaise pour la recherche scientifique appliquée décrit les mécanismes qui déclenchent ces séismes induits. Après l’injection...




                        

                        


<article-nb="2018/05/13/19-10">
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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Dressée par des scientifiques de l’université de Manchester, l’araignée peut effectuer sur commande des bonds faisant jusqu’à six fois la taille de son corps.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤ 
<article-nb="2018/05/13/19-11">
<filnamedate="20180513"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180513"><AAMMJJHH="2018051319">
<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Les personnes suivies en psychiatrie sont privées d’une prise en charge efficace des pathologies dites somatiques. Une négligence inacceptable, selon le pédopsychiatre Olivier Bonnot.
<filname="PROF-env_sciences-11"> ¤                     
                                                   
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Les malades psychiatriques sont aussi des malades tout court

Les personnes suivies en psychiatrie sont privées d’une prise en charge efficace des pathologies dites somatiques. Une négligence inacceptable, selon le pédopsychiatre Olivier Bonnot.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 14h00
   





                        


                                                        
La psychiatrie est une discipline médicale transversale aux champs d’intérêt larges oscillant entre sciences humaines et neurosciences. Cette diversité des approches en fait toute la richesse, mais cache des luttes idéologiques, en particulier sur la question des liens entre maladies organiques et troubles psychiatriques.
Aujourd’hui encore, on apprend aux étudiants qu’un patient est psychiatrique s’il n’a pas de pathologie organique. En médecine, on appelle cela un diagnostic d’exclusion ou d’élimination. Cette dichotomie psychique versus organique est à la fois en contradiction totale avec les avancées scientifiques de ces vingt dernières années, mais surtout hautement préjudiciable pour les patients qui risquent de ne pas bénéficier de soins appropriés.
Les maladies liées à des anomalies génétiques connues fournissent un exemple éclairant des risques et aberrations de cette dichotomie. Il y a maintenant vingt ans, des chercheurs ont démontré que 2 % des patients schizophrènes ont une anomalie génétique bien identifiée, une microdélétion 22q11 (anomalie sur le bras court du chromosome 22), ce qui est au moins deux fois plus que dans la population générale. Cette découverte surprenante n’a malheureusement pas eu un retentissement considérable dans la pratique quotidienne, alors qu’elle doit impliquer des changements dans la stratégie thérapeutique.
« Cette négligence mène à des retards diagnostiques et de traitements. Elle est à l’image de la façon dont notre société traite les patients psychiatriques et handicapés mentaux »
Cette anomalie génétique n’est pas un cas isolé, ce sont plusieurs centaines de maladies organiques qui peuvent être associées aux pathologies psychiatriques ou à la déficience intellectuelle. Certaines d’entre elles, à l’instar des maladies enzymatiques ou neurométaboliques, peuvent parfois bénéficier d’un traitement médicamenteux et être associées à l’autisme, aux schizophrénies ou à la déficience intellectuelle. Cela signifie...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Du cerveau autiste aux galères que vivent les familles, deux livres sont consacrés à ces troubles du neurodéveloppement
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤                     
                                                   
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C’est quoi l’autisme ?

Du cerveau autiste aux galères que vivent les familles, deux livres sont consacrés à ces troubles du neurodéveloppement



Le Monde
 |    10.05.2018 à 10h00
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Le livre. Pourquoi certains autistes ne veulent-ils pas qu’on les touche ? Pour quelle raison sortent-ils non couverts par un temps glacial sans avoir froid ?… C’est à ces questions concrètes et à bien d’autres que répondent les Québecoises Brigitte Harrisson et Lise St-Charles dans L’Autisme expliqué aux non-autistes. Travailleuse ­sociale et autiste elle-même en ce qui ­concerne la première, spécialiste des troubles du spectre autistique (TSA) en ce qui concerne la seconde, elles ont fondé un centre d’expertise sur les TSA à Québec.
Alors que d’après les dernières statistiques américaines 1 enfant de 8 ans sur 59 ­serait autiste, il est grand temps que les « neurotypiques » (les non-autistes) apprennent à les comprendre, pour mieux les intégrer et les aider. Et c’est tout l’intérêt de cet ouvrage que d’expliquer pratiquement et avec moult exemples les particularités du cerveau autiste. « Il faut voir l’autisme comme la ­surdité ou la cécité parce que l’autiste est ­“socialement” aveugle », estiment les auteures. Ses connexions cérébrales étant différentes, il doit trouver une tout autre gestion de l’information.
Ainsi, le toucher est très complexe. « Tout entre par les yeux : si un toucher n’est pas vu et que le cerveau ne peut pas associer une image à la sensation physique ressentie, il ne peut pas être enregistré et cause alors un réel malaise », décryptent Mmes Harrisson et St-Charles. De même, parce que le froid ne se voit pas, les autistes ne pensent pas spontanément à se couvrir suffisamment, et peuvent se faire des engelures sans s’en rendre compte.
Expliquer l’autisme aux non-autistes, c’est aussi ce que fait Sophie Janois, dans un tout autre contexte, bien plus dramatique. Avocate, elle a fait de la défense des familles de ces enfants différents un combat qu’elle ­raconte dans La Cause des autistes. « Je maintiens hors de l’eau des familles lourdement...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Une équipe de chercheurs américains a mis au point un microscope ultraperfectionné qui permet d’observer les cellules en 3D et sans les isoler de leur environnement.
<filname="PROF-env_sciences-13"> ¤ 
<article-nb="2018/05/13/19-14">
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Des études récentes tentent de nous éclairer sur ce qui nous fait rire, et pourquoi.
<filname="PROF-env_sciences-14"> ¤                     
                                                   
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Et vous trouvez cela drôle ?

Des études récentes tentent de nous éclairer sur ce qui nous fait rire, et pourquoi.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 07h00
    |

                            Sylvie Chokron (Directrice de recherches au CNRS, Laboratoire de psychologie de la perception, université Paris-Descartes et Fondation ophtalmologique Rothschild)








                        



                                


                            
Carte blanche. Un enfant très inquiet au sujet de ses origines finit par oser demander à ses parents s’il a été adopté… Ses parents lui répondent : « Non, pas encore, mais nous n’avons mis l’annonce qu’hier… » Vous avez peut-être ri en lisant cette blague, ou souri, ou peut-être n’avez-vous pas du tout trouvé cela drôle et vous êtes-vous demandé comment on pouvait rire d’un sujet aussi grave. Quoi qu’il en soit, sans humour, notre vie, c’est indéniable, serait beaucoup plus terne et bien moins excitante…
D’un point de vue neurophysiologique, le fait de rire a également de nombreux effets bénéfiques sur les systèmes cardio-vasculaire, immunitaire et endocrinien, et agit comme un antagoniste naturel du stress. C’est donc un fait établi, rire est bon pour la santé physique et morale… Nous devrions donc en user et en abuser ! Mais si certaines situations provoquent un fou rire, d’autres au contraire nous laissent de marbre. La question n’est donc pas seulement de ­savoir si tout sujet peut être tourné en dérision, mais plutôt de déterminer ce qui nous fait rire et pourquoi.
Récemment, l’équipe de Jyotsna Vaid, de l’université du Texas, s’est interrogée sur les facteurs culturels pouvant influencer notre sens de l’humour en commençant par le genre et le pays d’origine… Des participants américains, iraniens et turcs devaient tout d’abord indiquer si, pour eux, le comique idéal ou la personne de leur connaissance la plus drôle était un homme ou une femme. Les résultats sont sans appel : quel que soit leur pays d’origine, plus de 70 % des participants considèrent que leur idéal d’un point de vue comique est un homme…
Un jeu de mots qui fait du bien
Néanmoins, lorsque ces résultats sont analysés en fonction du genre des participants, on constate que ce sont surtout les hommes qui considèrent que l’idéal en matière d’humour est masculin, les résultats étant plus nuancés pour les femmes… En quelque sorte, si les femmes ont longtemps...




                        

                        


<article-nb="2018/05/13/19-15">
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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Huitième volet de la collection « Génies des mathématiques », l’Indien Srinivasa Ramanujan, sorte de supernova dont l’explosion a illuminé les moindres recoins des mathématiques.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤                     
                                                   
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Ramanujan, Rimbaud des nombres

Huitième volet de la collection « Génies des mathématiques », l’Indien Srinivasa Ramanujan, sorte de supernova dont l’explosion a illuminé les moindres recoins des mathématiques.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 14h00
    |

                            Ludovic Perrin








                        



                                


                            
Collection « Génies des maths ». Il n’est guère surprenant que le septième art se soit intéressé à la destinée de Srinivasa Ramanujan. A lui seul, ce génie des mathématiques incarne à merveille l’idée que l’on se fait d’un révolutionnaire des sciences tout autant qu’il symbolise l’émergence d’un continent entier au cœur des turbulences du XXe siècle. C’est à coup sûr cette vision romanesque et romantique qui a séduit le cinéaste britannique Matthew Brown, lorsqu’il s’est attelé à la réalisation de son film L’Homme qui défiait l’infini (2017), après avoir lu la biographie éponyme consacrée au mathématicien que l’on place à la quintessence dans l’étude de Pi. Et s’il est fort probable que la majorité des spectateurs ne maîtrisaient pas l’usage des théories combinatoires, ils ont pu s’identifier au personnage joué à l’écran par l’acteur anglais d’origine indienne Dev Patel (Slumdog Millionaire, 2008).
Nous voilà en mars 1914. Au Trinity College, pépinière de Prix Nobel, à l’université de Cambridge, l’éminent mathématicien Godfrey Harold Hardy (Jeremy Irons dans le biopic sus-cité) s’impatiente de rencontrer cet Indien dont il a reçu une missive quelques mois plus tôt. Tout d’abord, comme une grande partie d’ailleurs de la communauté scientifique indienne, il n’a pas saisi la portée des écrits que ce mystérieux comptable de Madras lui a postés. Est-ce un imposteur ou tout simplement un envoyé du ciel ? Né le 22 décembre 1887, à Erode, au sein d’une famille modeste de brahmanes orthodoxes, après une scolarité erratique, il a eu la révélation en ouvrant un traité de mathématiques que des étudiants du Government College avaient oublié chez ses parents.
Raison et intuition conjuguée
Le courrier de Srinivasa Ramanujan regorge de formules combinant des sommes et des fractions infinies, ainsi que des identités mathématiques dont certaines sont inconnues, même à Godfrey Harold Hardy. Le mathématicien de Cambridge aura...




                        

                        


<article-nb="2018/05/13/19-16">
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Les élus ont auditionné les distributeurs d’antidouleurs qui ont inondé le pays de leurs produits addictifs.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                   
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Le Congrès américain ausculte la crise des opioïdes

Les élus ont auditionné les distributeurs d’antidouleurs qui ont inondé le pays de leurs produits addictifs.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 12h52
    |

            Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)








                        



                                


                            

S’ils ne sont pas tous satisfaits des budgets consacrés à la lutte contre la crise sanitaire qui ravage le pays, les élus américains semblent en revanche unanimement déterminés à remonter la chaîne des responsabilités ayant mené à l’explosion du nombre d’overdoses liées aux antidouleurs. Mardi 8 mai, durant trois heures, une commission de la Chambre des représentants a questionné, parfois durement, les dirigeants de cinq des plus grands distributeurs de médicaments du pays, responsables, selon eux, d’avoir fourni durant des années des quantités excessives d’opiacés aux pharmacies de certains Etats. Alors que les plaintes se multiplient à travers le pays contre les fabricants et les distributeurs d’antidouleurs, certains d’entre eux ont déjà dû payer de fortes amendes.

« Aujourd’hui, 115 personnes vont mourir d’une overdose due aux antidouleurs », a relevé en préambule l’un des membres de la commission, Greg Walden, un élu républicain de l’Oregon. En tant que distributeurs, « vous êtes en première ligne dans cette crise », a-t-il ajouté. En 2016, plus de 42 000 personnes ont succombé à une overdose d’opioïdes, en grande partie obtenus sur prescription médicale, une hausse de 28 % par rapport à l’année précédente. Et, selon les experts, l’année 2017 devrait être aussi sombre avec, en outre, une augmentation des morts liées aux opioïdes de synthèse.
En colère, frustrés ou incrédules, les élus ont cherché à savoir comment ces entreprises avaient pu livrer, sans se poser de questions, des millions d’opiacés à certains de leurs clients, des pharmacies de communes rurales comptant seulement quelques centaines d’habitants. Les chiffres que la presse américaine et l’enquête des élus ont révélés sont vertigineux.
Défense surprenante
Ainsi, dans une ville de 1 779 habitants de Virginie-Occidentale, l’Etat le plus touché par la crise des opioïdes, une officine a reçu, entre 2006 et 2016, 16,5 millions de pilules d’oxycodone...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Les professionnels de l’enfance s’alarment des troubles du développement chez les plus exposés précocement.
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L’inquiétude monte face à l’impact des écrans sur les plus jeunes

Les professionnels de l’enfance s’alarment des troubles du développement chez les plus exposés précocement.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h00
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Bon nombre de professionnels de l’enfance s’inquiètent de la place des écrans et de leur impact, et ce dès le plus jeune âge. Elisabeth Baton-Hervé, chercheuse indépendan­te, formatrice à l’éducation à l’image et aux médias, a voulu en savoir plus et a mené depuis 2014 une cinquantaine d’entretiens avec ces professionnels de terrain sur cette question, dans douze départements.
Elle a présenté des premiers résultats lors de la troisième édition du colloque « Les impacts des écrans sur la jeunesse : un enjeu majeur de santé publique », organisé par l’Association pour l’éducation à la réduction du temps écran (Alerte) et Edupax (une association québécoise qui organise les journées sans écran dans les écoles), qui s’est tenu ­samedi 5 mai à la mairie du 19e arrondissement, à Paris.
Elle a interrogé ces professionnels sur l’exposition aux écrans et le lien avec des troubles développementaux. Psychologues, ortho­phonistes, éducateurs de jeunes enfants, médecins, gendarmes… des paroles qui ne sont, selon elle, pas toujours prises en compte. Sans surprise, Elisabeth Baton-Hervé a d’abord constaté, au cours de ses entretiens, l’omni­présence des écrans. La télévision est souvent allumée le matin avec les dessins animés. De même, la tablette est en passe de remplacer la télévision à l’heure du repas, et ce, dès le plus jeune âge. Lors d’une consultation ou d’un rendez-vous, « il n’est pas rare que le parent cède son smartphone à l’enfant pour qu’il se tienne tranquille ». Ce sont ces moments de transition, ces moments « entre deux », dans les transports, les salles d’attente… qui se voient colonisés par les écrans. Un moyen pour les parents d’avoir un moment de tranquillité ou de vaquer à leurs occupations. « Exposer les bébés aux écrans revient à shunter l’étape sensori-motrice », note une orthophoniste.
Réalité et fiction confondues
Les conséquences ? Les professionnels relèvent des difficultés d’accès au langage chez les...




                        

                        


<article-nb="2018/05/13/19-18">
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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ ASTRONOMIE - La mission de la NASA, qui a pour objectif de sonder l’intérieur de la Planète rouge, notamment à l’aide d’un sismomètre français, a décollé de Californie samedi 5 mai.
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤                     
                                                   
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InSight part sonder les entrailles de Mars

ASTRONOMIE - La mission de la NASA, qui a pour objectif de sonder l’intérieur de la Planète rouge, notamment à l’aide d’un sismomètre français, a décollé de Californie samedi 5 mai.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 12h05
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            Pierre Barthélémy (Base de Vandenberg (Californie)








                        



                                


                            

La terre a tremblé, avant l’aube, en Californie, ce samedi 5 mai. Non pas en raison d’un des séismes redoutés dans la région mais à l’occasion du décollage, depuis la base militaire de Vandenberg, d’une fusée Atlas-V emportant à son bord une mission de la NASA à 1 milliard de dollars, InSight. A 4 h 05, le lanceur s’est arraché du sol dans une purée de pois qui rendait invisible la lumière pourtant éblouissante de son moteur. Direction Mars, sur laquelle InSight se posera le 26 novembre, après un voyage de plus de six mois et de 485 millions de kilomètres. La mission a profité de la fenêtre de tir qui s’ouvre tous les vingt-six mois, quand la Terre est sur le point de « rattraper » la Planète rouge, plus éloignée du Soleil et dont la durée de révolution est plus longue.
Quitte à décevoir les enthousiastes du spatial, il ne s’agira pas d’une mission spectaculaire avec un rover escaladant des collines, examinant des cailloux ou prenant des photographies de paysage à couper le souffle. InSight – acronyme de Interior Exploration using Seismic Investigations, Geodesy and Heat Transfer – est un atterrisseur, c’est-à-dire une plate-forme immobile d’instruments scientifiques. Et il ne va pas vraiment s’intéresser à ce qu’il y a sur Mars, mais à ce qu’il y a dedans. Ainsi que le résumait, avant le lancement, le responsable du projet, Tom Hoffman (Jet Propulsion Laboratory, NASA/Caltech), malgré toutes les machines envoyées sur la Planète rouge depuis des décennies, « jusqu’ici, sur Mars, on n’a littéralement fait que gratter la surface. Avec InSight, ce sera la première fois qu’on étudiera la structure interne » d’une autre planète que la Terre.
Une fois posé non loin de l’équateur martien, dans la plaine d’Elysium Planitia, InSight ouvrira ses deux panneaux solaires comme des éventails qu’on déploie, puis prendra quelques semaines pour installer ses deux principaux instruments. Le premier, SEIS (Seismic Experiment for Interior Structures),...




                        

                        


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Comment le cerveau apprend en observant

Des travaux récents ont montré chez la souris qu’un circuit cérébral spécifique assure un apprentissage fondé sur l’observation de congénères.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 12h00
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                            Florence Rosier








                        



                                


                            
« Il faut être rameur avant de ­tenir le gouvernail, avoir gardé la proue et observé les vents avant de gouverner soi-même le navire. » L’aphorisme d’Aristophane (Les Cavaliers, 424 avant notre ère) n’a pas pris une ride. Il résume deux des principaux piliers de l’apprentissage : l’expérience et l’observation.
L’observation d’autrui, en particulier, est un des socles du développement de l’enfant. « L’enfant apprend non seulement par ses ­actions propres, comme l’avait ­démontré Jean Piaget, mais aussi par l’observation d’autrui : il imite notamment ce qu’il faut faire et ne pas faire, relève Olivier Houdé, professeur de psychologie à l’université Paris-Descartes, directeur du laboratoire CNRS de psychologie du développement et de l’éducation de l’enfant, à la Sorbonne. C’est la théorie de l’apprentissage social, émise par Albert Bandura, de l’université Stanford. » Cette ­capacité d’apprentissage par imitation existe chez le bébé dès la naissance, a montré le psychologue américain Andrew Meltzoff, en 1997. Mais aussi chez l’animal, de la mouche à l’oiseau en passant par le singe ou le chat.
Avantage évolutif majeur
Pourquoi cette aptitude est-elle si répandue ? C’est notamment parce qu’il est très risqué d’apprendre à reconnaître un stimulus menaçant en l’expérimentant soi-même. Car une telle épreuve – la rencontre avec un prédateur ou la consommation de nourriture toxique, par exemple – met en ­péril la vie ! « Cette capacité d’apprentissage par l’observation confère un avantage évolutif majeur pour la survie, assure Kay Tye, professeure de sciences cognitives au Massachusetts Institute of Technology (MIT, Cambridge, Etats-Unis). Cette aptitude innée, très conservée, ­serait aussi la base de comportements plus complexes comme ­l’empathie et l’altruisme. »
Le 3 mai, son équipe a publié une remarquable étude dans la revue Cell. Ces chercheurs sontparvenus...




                        

                        


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