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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Instaurée par la loi de transition énergétique d’août 2015, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) vise à définir une feuille de route plaçant le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs à long terme.
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Transition énergétique : En France, un débat dans l’ombre du nucléaire

Instaurée par la loi de transition énergétique d’août 2015, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) vise à définir une feuille de route plaçant le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs à long terme.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 17h15
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

« Les Français sont-ils capables de parler d’autre chose que du nucléaire ? », plaisantait récemment un industriel, fasciné par la capacité du débat français à se focaliser sur le sujet. Depuis le début de l’année, la France est entrée dans les débats sur sa feuille de route énergétique, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Instaurée par la loi de transition énergétique d’août 2015, la PPE vise à définir, pour deux périodes de cinq ans (2019-2023 et 2024-2028), une feuille de route plaçant le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs à long terme.
Nicolas Hulot a annoncé, le 7 novembre 2017, que la France renonçait à l’objectif de 2025 pour atteindre 50 % de nucléaire dans sa production électrique
A savoir : la neutralité carbone au milieu du siècle, la diminution de moitié de la consommation d’énergie à la même échéance, la réduction de 30 % du recours aux énergies fossiles d’ici à 2030, le développement des renouvelables à hauteur de 32 % des besoins énergétiques à la même date, mais aussi la baisse de la part de l’électricité d’origine nucléaire à 50 %… à une date indéterminée.
Et c’est ce dernier point qui est au centre de toutes les attentions. Surtout depuis que Nicolas Hulot a annoncé, le 7 novembre 2017, que la France renonçait à l’objectif de 2025 pour atteindre 50 % de nucléaire dans sa production électrique – contre 75 % aujourd’hui. « Il sera difficile de tenir ce calendrier, sauf à relancer la production d’électricité à base d’énergies fossiles », explique alors le ministre de la transition écologique et solidaire.

Le raisonnement est le suivant : la priorité doit être donnée à la lutte contre le changement climatique et à la diminution des gaz à effets de serre. Réduire trop vite la part de nucléaire, qui n’émet pas de CO2, c’est prendre le risque de ne pas pouvoir fermer les centrales à charbon, voire d’ouvrir d’autres centrales thermiques à gaz.
Mix électrique
Selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ L’émission « Questions politiques » sur France Inter, en partenariat avec France Télévisions et « Le Monde » reçoit le président de l’Assemblée nationale.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Un litige oppose les sociétés Natixis et Impala à une entreprise de thé qui finance l’association de la compagne de l’ancien premier ministre.
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L’« ami » chinois du couple Fabius qui a spolié deux fonds français

Un litige oppose les sociétés Natixis et Impala à une entreprise de thé qui finance l’association de la compagne de l’ancien premier ministre.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 10h00
    |

            Jacques Follorou








                        



                                


                            

Debout devant le pupitre, Laurent Fabius, alors ministre des affaires étrangères, vient de terminer, ce 30 septembre 2014, son discours lors de l’inauguration de l’exposition « Visages de Chine », à Toulouse, l’un des événements marquant les 50 ans de relations entre la France et la Chine. Dans la foulée, il se dirige vers l’un des stands dressés pour l’occasion, celui d’une entreprise de thé chinoise, Sanhe, vante ses produits et fait l’éloge de son jeune président, Wu Rongshan.
Un peu plus tard, c’est la compagne de M. Fabius, Marie-France Marchand-Baylet, qui pose devant les photographes, dégustant les thés de cette même société, l’une des principales donatrices de son association Flag France, créée pour valoriser le patrimoine français. Ce n’est pas la première fois que le couple Fabius célèbre les activités de Sanhe. Ils l’ont également fait en Chine. En 2015, le ministre attribuera la Légion d’honneur à M. Wu.
Les deux fonds tentent depuis 2011 de récupérer une créance qui s’élevait à 38 millions d’euros en 2014
Au même moment, pourtant, cette entreprise et son dirigeant sont accusés d’escroquerie et de fraudes par deux fonds d’investissement français, Natixis et Impala, qui tentent, depuis 2011, de récupérer leur créance. En 2014, elle s’élevait, selon eux, à 38 millions d’euros.
Cette sollicitude de l’un des plus hauts personnages de l’Etat, qui deviendra, en 2016, président du Conseil constitutionnel, en faveur d’une société défaillante mais proche de l’association de sa compagne est le principal enseignement du récit d’un long contentieux financier que Le Monde a pu reconstituer et qui dure toujours.
Tout débute en 2010 lorsque Natixis, filiale du groupe Caisse d’épargne, convainc le fonds Impala (groupe Louis-Dreyfus) d’investir, à ses côtés, 25 millions d’euros dans une société chinoise spécialisée dans la production de thé. Ils prennent 30 % du capital de Sanhe.
En 2011, le cabinet d’audit américain...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Des élus veulent profiter de la réforme constitutionnelle pour supprimer une disposition qui leur retire l’initiative de la dépense publique.
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Des députés en guerre contre l’article 40 de la Constitution

Des élus veulent profiter de la réforme constitutionnelle pour supprimer une disposition qui leur retire l’initiative de la dépense publique.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h52
    |

            Manon Rescan








                        



                                


                            

C’est l’histoire d’un article de la Constitution qui complique la vie des parlementaires. Et dont ces derniers rêvent, depuis longtemps, de se débarrasser. Il s’agit de l’article 40 de la Constitution de 1958, qui retire de facto aux députés et sénateurs l’initiative de la dépense publique. L’article pose en effet une condition majeure au dépôt d’amendement parlementaire : celui-ci n’est pas recevable s’il a pour effet d’augmenter les dépenses publiques. Une précaution justifiée par le souci d’éviter tout dérapage budgétaire.

Mais les parlementaires estiment que ce garde-fou restreint leurs pouvoirs. « C’est un bouclier budgétaire pour le gouvernement mais, le problème, c’est qu’on s’en sert comme d’un outil politique afin d’éviter l’examen de certains amendements », explique ainsi la présidente du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Valérie Rabault, ancienne rapporteuse générale du budget.
En 2008, lors de la révision constitutionnelle lancée par Nicolas Sarkozy, les présidents des commissions des finances à l’Assemblée et au Sénat, Didier Migaud et Jean Arthuis, avaient déjà plaidé – en vain – pour la fin de ce qu’ils qualifiaient alors de « forme d’autocensure parlementaire ».
Un Parlement « déresponsabilisé »
L’examen du projet de loi constitutionnel voulu par Emmanuel Macron et qui doit débuter avant l’été au Palais-Bourbon va rouvrir le débat. Certains élus, de droite ou issus de la majorité notamment, plaident à nouveau pour sa suppression. « Aujourd’hui le seul vrai législateur en France c’est l’exécutif », tonne ainsi la députée LRM Barbara Pompili, présidente de la commission du développement durable. Selon l’élue de la Somme, la disparition de l’article 40 « redonnerait de la valeur au travail parlementaire et conforterait la place au législateur ».
Le débat n’est pas anodin dans un contexte où la première version du projet de loi constitutionnel, présentée le 9 mai en conseil...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ En quête d’une tête d’affiche pour les élections municipales de 2020, Les Républicains s’interrogent sur une coalition avec La République en marche.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/05/2018
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A Paris, une droite sans chef et sans ligne

En quête d’une tête d’affiche pour les élections municipales de 2020, Les Républicains s’interrogent sur une coalition avec La République en marche.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 18h41
    |

            Béatrice Jérôme








                        



                                


                            

A deux ans des municipales, la droite rêve d’une revanche en reconquérant Paris, en 2020. « La fenêtre de tir est étroite, mais il y a un coup à jouer », assure le maire (Les Républicains) du 17e arrondissement, Geoffroy Boulard. Sur le papier, la configuration pourrait sembler idéale : la maire sortante (PS), Anne Hidalgo, est fragilisée, et le parti présidentiel, La République en marche (LRM), qui n’a pas de troupes rompues au combat municipal, devra chercher des alliés.
De leur côté, Les Républicains (LR) tiennent neuf mairies d’arrondissement sur vingt et restent le premier groupe d’opposition au Conseil de Paris. Les guerres des clans et les luttes intestines dans lesquelles se sont abîmés pendant des décennies les « barons » de la droite ont cessé, sous la houlette de la nouvelle patronne du groupe LR au Conseil de Paris, Florence Berthout, qui a resserré les rangs.

Mais la situation de la droite parisienne, même temporairement pacifiée, reste fragile. Depuis le départ en juin 2017 de sa chef de file, Nathalie Kosciusko-Morizet, battue aux dernières législatives, elle est désespérément en quête d’une tête d’affiche pour les municipales. « Entre une vieille garde complètement carbonisée et une jeune garde au sein de laquelle personne n’émerge, nous sommes dans un désert assez abyssal », résume l’élu LR du 9e arrondissement, Jean-Baptiste de Froment.
En quête d’un casting, la droite parisienne recherche aussi une stratégie. Face à l’absence d’un leader identifié, une partie des élus LR imagine en effet une « coalition » avec LRM portée par un candidat qui ne serait pas nécessairement LR. « Pour gagner face à Hidalgo, nous devons bâtir une offre politique qui rassemble au-delà des vieilles étiquettes », fait valoir M. Froment, premier vice-président du groupe.
Transcender les clivages
Ce courant macron-compatible au sein de LR est notamment incarné par la maire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Créé en 2004 à Paris, l’Institut de formation politique inspire l’académie politique que veut lancer Marion Maréchal-Le Pen à Lyon.
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L’IFP, cette école laboratoire de l’union des droites

Créé en 2004 à Paris, l’Institut de formation politique inspire l’académie politique que veut lancer Marion Maréchal-Le Pen à Lyon.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 06h40
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            

Un petit autocollant sur la porte d’entrée indique au visiteur qu’il est arrivé à destination : « Institut de formation politique » (IFP). Contrairement à certaines écoles privées qui affichent leur nom en grosses lettres pour mieux séduire le chaland, l’IFP mise sur la discrétion, comme pour ne pas déranger le voisinage dans ce quartier bourgeois qu’est le 16e arrondissement de Paris. Dans certains milieux, la réussite se vit à l’abri des regards.
Fondée en 2004, cette institution connaît un essor inédit depuis quelques années, au point d’inspirer l’ancienne députée frontiste Marion Maréchal-Le Pen, qui entend lancer sa propre « académie de sciences politiques » à Lyon. Distincts, les deux projets ont en commun de vouloir former la jeunesse militante de droite et d’extrême droite, de lui offrir un cadre, un corpus idéologique, des références, des techniques de propagande, mais aussi de jeter des ponts entre les différentes sensibilités qui la composent, entre soldats d’une même bataille culturelle.
« Passage obligé »
L’IFP « est en train de devenir un passage obligé pour tout mec de droite un peu sérieux », assure Charles de Meyer, cofondateur de la controversée association SOS Chrétiens d’Orient. Assistant parlementaire de l’ancien député d’extrême droite Jacques Bompard, puis de sa successeure à l’Assemblée nationale, Marie-France Lorho, ce proche de l’Action française a été tour à tour auditeur puis intervenant à l’école. Outre des militants du groupuscule maurrassien, on trouve parmi les dizaines d’élèves qui se succèdent dans les locaux, séminaire après séminaire, des représentants du parti Les Républicains, du Front national, de Debout la France, quelques identitaires, d’anciens participants de La Manif pour tous mais aussi des jeunes dépourvus de tout engagement partisan.

Les prétendants doivent être âgés de 18 à 30 ans et se plier à un processus de sélection. En 2017, l’école affirme avoir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Les président français et états-unien se sont beaucoup touché l’un l’autre, fin avril, à la Maison Blanche. Le fait que ces contacts aient étonné les commentateurs montre à quel point la culture politique a évolué.
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« Entre Macron et Trump, un rituel médiéval »

Les président français et états-unien se sont beaucoup touché l’un l’autre, fin avril, à la Maison Blanche. Le fait que ces contacts aient étonné les commentateurs montre à quel point la culture politique a évolué.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 11h11
    |

                            Valérie Theis (Historienne)








                        



                                


                            
Résonances. La visite d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis a fasciné les journalistes en raison de la surabondance des contacts physiques entre les deux présidents. Chacun s’est demandé s’il fallait voir là une mise en scène un peu grossière ou, au contraire, des gestes spontanés. Ces derniers n’en seraient d’ailleurs pas moins ardus à interpréter, car ils pourraient autant être le signe d’une complicité entre les deux hommes qu’une manière maladroite de tenter de compenser un sentiment de gêne ou de tension. Toutes ces spéculations permettent de mesurer combien notre culture politique visuelle s’est éloignée de celle du Moyen Age.
Chaque geste avait sa raison
La première différence est de nature quantitative. Le fait que les commentateurs soient étonnés par tant de contacts vient en effet nous rappeler que le pouvoir contemporain est devenu très peu tactile. Au Moyen Age, l’ensemble des rapports de pouvoir entre petits seigneurs, entre mari et femme, entre prêtre et fidèles ou, bien entendu, entre souverains, passait non seulement par des gestes mais aussi, bien souvent, par le toucher.
Une autre différence fondamentale séparait ces gestes de ceux qui ont causé tant de perplexité ces derniers jours : comme l’a montré Jean-Claude Schmitt, au Moyen Age, chaque geste avait sa raison (La Raison des gestes dans l’Occident médiéval, Gallimard, 1990) et s’inscrivait dans des rituels codifiés par des générations de clercs, rejoints par la suite par quelques juristes. Toute personne amenée à exercer un jour le pouvoir devait apprendre à interpréter et à effectuer ces gestes. Cet apprentissage passait autant par l’observation des aînés que par la théorie enseignée par les maîtres. La littérature médiévale était, elle aussi, un vecteur majeur permettant à ses lecteurs d’apprendre la signification des gestes du pouvoir.
Ces rituels n’étaient certes pas immuables, mais chaque changement donnait lieu à une communication écrite et orale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Entré au capital d’Alstom en 2006 avec de grandes ambitions dans l’énergie, Bouygues devrait en sortir prochainement. Et garnir sa trésorerie de plusieurs milliards d’euros, qu’il pourra utiliser dans les télécoms, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« En sortant d’Alstom, Bouygues va réaliser une bonne affaire »

Entré au capital d’Alstom en 2006 avec de grandes ambitions dans l’énergie, Bouygues devrait en sortir prochainement. Et garnir sa trésorerie de plusieurs milliards d’euros, qu’il pourra utiliser dans les télécoms, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 12h34
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Comment transformer un échec en réussite et une victoire en défaite ? Trois ans après l’acquisition toujours controversée de l’activité énergie d’Alstom par l’américain General Electric, c’est clairement ce dernier qui fait figure de victime.

Il a acheté au plus haut un ex-fleuron tricolore au moment du retournement du cycle des turbines à gaz. ­Alstom avait déjà failli mourir pour la même raison au début des années 2000 et avait été sauvé in extremis, en 2004, par une nationalisation partielle de l’entreprise. Elle a finalement rendu les armes dix ans plus tard.
Un possible démantèlement
Désormais, c’est l’acquéreur qui reconnaît avoir fait une mauvaise affaire. Le marché s’est en effet effondré depuis. Au point que l’on évoque depuis le début de l’année 2018 un possible démantèlement de ce qui reste l’une des plus prestigieuses entreprises américaines.
Et les comptes de l’entreprise ne vont pas s’arranger avec la confirmation ce jeudi 10 mai par Alstom, recentré sur le ferroviaire, de sa volonté d’exercer son droit de vente des dernières sociétés communes qu’il possède encore à la suite de l’accord avec l’américain. Comme l’avait exigé l’Etat français, trois activités jugées stratégiques ont en effet été isolées dans trois sociétés communes, une dans les réseaux, l’autre dans les renouvelables et la troisième dans le nucléaire. L’accord prévoyait soit le rachat par Alstom des 50 % de GE dans ces domaines, soit leur vente. C’est la dernière option qui a été retenue.

En septembre prochain, GE va être contraint de racheter les parts du français dans ces sociétés à un prix convenu à l’avance : 2,6 milliards d’euros. L’Etat conservant une « golden share » dans la partie nucléaire. Une somme tout à fait rondelette pour des entreprises qui ont pesé sur l’exercice fiscal 2016-2017 d’Alstom pour plus d’un milliard d’euros de pertes nettes, dont 884 millions pour la seule activité des renouvelables...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ A 86 ans, l’ancien ministre de François Mitterrand a été la vedette inattendue du congrès du PS, auquel il reste fidèle, en dépit des difficultés.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤                     
                                                   
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Louis Mexandeau, la nostalgie de « l’ancien monde »

A 86 ans, l’ancien ministre de François Mitterrand a été la vedette inattendue du congrès du PS, auquel il reste fidèle, en dépit des difficultés.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h05
    |

                            Astrid de Villaines








                        



                                


                            

Un cri du cœur. « Nous sommes le parti des congés payés, des conventions collectives, de l’Office du blé, mais aussi de l’abolition de la peine de mort et du mariage pour tous ! » Pour la première fois du week-end, les applaudissements retentissent. Ce 7 avril, au 78e congrès du Parti socialiste à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), les militants retrouvent enfin le sourire et acclament debout les mesures qui ont fait la fierté du passé socialiste.
A la tribune, ce n’est pas le nouveau premier secrétaire Olivier Faure mais, dans un cruel paradoxe, l’un des plus vieux militants du parti, Louis Mexandeau, ancien ministre de François Mitterrand, 86 ans. « J’ai l’outrecuidance de ressentir une fierté inexprimable et de vous présenter toutes mes cartes ! », lance « la rock-star de la journée » – comme l’a surnommé Rachid Temal qui passe la main à M. Faure – en brandissant toutes ses cartes d’adhésion depuis le congrès fondateur d’Epinay auquel il était déjà intervenu, en 1971.
Dans la salle, les cadres du PS craignent le pire. « J’ai tremblé, c’était Papy fait de la résistance !, se souvient le député Guillaume Garot. Le congrès ne pouvait pas se faire sur la figure d’un passé révolu. » Stéphane Le Foll en profite pour aller fumer une cigarette. « Oh ça va, Mexandeau, je connais par cœur ! », grommelle l’ancien ministre qui a trop entendu les rengaines du vieux compagnon de route de François Mitterrand.
« L’opiniâtreté paie toujours en politique »
Car dès qu’il en a l’occasion, l’ancien ministre des Postes et télécommunication (1981-1986) et des anciens combattants (1991-1993) répète l’importance de l’histoire du parti. « J’ai vu Mitterrand au zénith mais aussi au plus bas dans les sondages, on s’en remettra ! », insiste cet ancien professeur d’histoire auprès de Jean-Christophe Cambadélis, après les législatives de 2017. « Courage Olivier, l’opiniâtreté paie toujours...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Ce projet d’exploitation minière à ciel ouvert dans l’Ouest guyanais suscite une forte controverse.
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Projet aurifère en Guyane : le député EELV Yannick Jadot dénonce « une catastrophe »

Ce projet d’exploitation minière à ciel ouvert dans l’Ouest guyanais suscite une forte controverse.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h00
   





                        


Le député européen Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Yannick Jadot s’est élevé vendredi 11 mai sur Franceinfo contre le projet d’exploitation aurifère controversé de la « Montagne d’or », dans l’ouest de la Guyane, « une catastrophe » et « une aberration économique », selon lui. Le débat public sur ce projet d’exploitation minière à ciel ouvert, le plus grand projet d’extraction d’or jamais proposé en France, est en cours en Guyane, et voit s’affronter deux logiques.
« Ce sont des milliers de tonnes de cyanure qu’on va mettre dans la nature, est-ce qu’on va faire crever la biodiversité et rendre malades les populations simplement pour faire plaisir à une société canadienne et à une société russe ? », a déclaré le député européen.
Selon M. Jadot, ce projet « c’est l’équivalent de 32 Stades de France » et « c’est une aberration économique, ça va vivre de subventions publiques », reprenant les arguments du Fonds mondial pour la nature (WWF), principal opposant au projet. « Est-ce qu’on a vraiment envie de laisser des sociétés canadienne et russe s’emparer et détruire les forêts, avec des revenus pour les Guyanais extrêmement limités par rapport à ça ? », a-t-il demandé.

        Lire la tribune de Patrick Lecante, maire d’une commune de Guyane :
         

          En Guyane, un projet minier « à contretemps de l’histoire »



Importante controverse
Le projet « Montagne d’or » prévoit l’exploitation d’une mine, d’une superficie de 8 km2, à partir de 2022, en forêt tropicale, et permettrait la création de 750 emplois directs, dont au moins 90 % d’emploi local, et 3 000 emplois indirects, selon ses promoteurs. Il utiliserait un procédé de récupération de l’or par cyanuration en circuit fermé.
Le projet est soutenu par le Medef, la chambre de commerce et d’industrie, la quasi-totalité des élus du littoral et le président de la collectivité territoriale de Guyane, Rodolphe Alexandre (DVG), mais dénoncé par des ONG environnementales, des organisations autochtones et des mouvements politiques.
Prévu près de Saint-Laurent-du-Maroni, dans l’Ouest guyanais, et détenu à 55 % par le russe Nordgold et à 45 % par le canadien Columbus gold, il suscite une telle controverse qu’il n’a pas encore été autorisé par le gouvernement français. Emmanuel Macron s’y est cependant dit favorable.

        Lire aussi :
         

                Macron soutient la controversée « Montagne d’or »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Le politologue Rémi Lefebvre, spécialiste du Parti socialiste, dresse le bilan un mois après le 78e congrès et l’élection du premier secrétaire, Olivier Faure.
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« Le PS n’est plus un parti de premier plan »

Le politologue Rémi Lefebvre, spécialiste du Parti socialiste, dresse le bilan un mois après le 78e congrès et l’élection du premier secrétaire, Olivier Faure.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 12h10
    |

                            Astrid de Villaines








                        


Un mois après le 78e congrès du Parti socialiste, qui s’est tenu les 7 et 8 avril à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) et l’élection du premier secrétaire, Olivier Faure, le politologue Rémi Lefebvre, spécialiste du PS, dresse le bilan.
Comment jugez-vous les premiers pas d’Olivier Faure à la tête du PS ?
Le PS est inexistant médiatiquement, il est relégué. Olivier Faure, qui n’est déjà pas très connu, n’a pas profité de l’exposition que lui offrait le congrès. On a beaucoup plus entendu François Hollande au moment de la sortie de son livre [Les Leçons du pouvoir, Stock, 288 p., 22 €]. Les socialistes n’ont pas repris la main.
Il faut prendre acte que le PS n’est plus un parti de premier plan. Quant à la nouvelle direction, elle est surtout composée d’apparatchiks : il n’y a pas d’intellectuels, d’associatifs ou de syndicalistes. La mise en route semble donc compliquée.

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                Les premiers pas feutrés d’Olivier Faure à la tête du PS



Comment l’expliquez-vous ?
C’est paradoxal parce qu’au moment où Olivier Faure a clairement installé le PS dans l’opposition, les socialistes ne capitalisent pas sur le virage à droite d’Emmanuel Macron. C’est surtout Jean-Luc Mélenchon et la « Fête à Macron » qui se font entendre.
La ligne politique du PS reste floue et le positionnement du nouveau premier secrétaire n’est pas clair. On ne connaît pas non plus la position officielle du parti concernant le bilan du quinquennat qui vient de s’achever. Il a été remis aux calendes grecques. Or, faire un bilan en décembre 2018 n’aurait aucun sens !
Le PS a-t-il un avenir ?
La vie politique est tellement bouleversée qu’il est difficile de répondre à cette question. Beaucoup au sein du parti se disent encore « on reviendra de toute façon, l’espace est là ». Mais ils se trompent. De nombreux sympathisants socialistes apprécient Emmanuel Macron et l’espace à gauche est occupé par La France insoumise et Benoît Hamon. L’espace politique du PS est donc potentiellement préemptable.
L’avenir du parti se mesurera à l’aune des prochaines élections municipales en 2020 : soit ils gagnent ou se maintiennent, le rebond est alors envisageable ; soit ils s’effondrent encore électoralement et ils meurent.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Une manifestation a réuni environ 2 000 personnes, jeudi, à Mamoudzou, alors que la ministre des outre-mer doit présenter le 15 mai le plan de rattrapage et de développement du gouvernement pour le département.
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Mayotte a peur pour son statut

Une manifestation a réuni environ 2 000 personnes, jeudi, à Mamoudzou, alors que la ministre des outre-mer doit présenter le 15 mai le plan de rattrapage et de développement du gouvernement pour le département.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 11h47
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            

A quelques jours de l’arrivée à Mayotte de la ministre des outre-mer, Annick Girardin, qui doit présenter, mardi 15 mai, le plan de rattrapage et de développement du gouvernement pour le département, la manifestation qui a réuni quelque 2 000 personnes, jeudi 10 mai à Mamoudzou, est révélatrice des peurs qui agitent le territoire. Le motif de cette « marche blanche » ? L’abandon de tout hypothétique projet de relance d’une « communauté de l’archipel des Comores », qui établirait une sorte de « cosouveraineté » de la France et des Comores sur Mayotte.
Interrogé mercredi 9 mai à l’Assemblée nationale, lors des questions au gouvernement, par la députée mahoraise Ramlati Ali (LRM), le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a pourtant une nouvelle fois démenti cette « rumeur » : « Nous ne transigerons pas sur le statut de Mayotte au sein de la République française, je l’ai déjà dit à plusieurs reprises et je vous le redis aujourd’hui », a-t-il affirmé.

La fermeté du propos du ministre, cependant, n’a pas suffi à rassurer une partie de la population mahoraise, qui s’inquiète, notamment, des discussions en cours avec le gouvernement des Comores, ouvertes le 12 septembre 2017 par une feuille de route intitulée « Vers un cadre propice à une circulation régulière des personnes en toute sécurité ». L’objet de cette feuille de route est, à la fois, d’endiguer l’arrivée massive à Mayotte de Comoriens en situation irrégulière, en favorisant une circulation légale et maîtrisée, et de renforcer la coopération entre la France et les Comores. Mais, en l’absence d’informations précises sur son contenu, cette feuille de route continue d’alimenter tous les fantasmes et de semer la discorde dans les rangs des élus mahorais.
Risques de dérapages
Le mouvement qui a paralysé l’activité du département pendant six semaines au début du printemps a également exacerbé les tensions entre les communautés. Cette situation pourrait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Ivry-sur-Seine, où le PS investirait une manufacture, est dirigée par le PCF depuis 1925.
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Le Parti socialiste pourrait installer son siège dans un bastion communiste

Ivry-sur-Seine, où le PS investirait une manufacture, est dirigée par le PCF depuis 1925.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 12h16
    |

                            Astrid de Villaines








                        


Ils ont choisi le seul département communiste de France. Le Parti socialiste, qui prépare activement le départ de la rue de Solférino dans le 7e arrondissement de Paris, devrait s’implanter à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Dans cette ville dirigée par le Parti communiste depuis 1925, une ancienne manufacture a « la préférence » du premier secrétaire, Olivier Faure, pour les nouveaux locaux, parmi d’autres propositions parisiennes.
Déjà échaudés à l’idée de quitter la capitale pour la banlieue, les cadres du parti rient désormais jaune à l’idée d’installer leurs bureaux nationaux dans le bastion historique de Maurice Thorez, au cœur du département fief de Georges Marchais, encore tenu par la députée de La France insoumise, Mathilde Panot.
« Une ville communiste, le gag ! », se désespérait ainsi l’ancien ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, il y a quelques semaines. « Je n’ai rien contre l’union de la gauche mais nous aurions pu aller à Sarcelles, au moins nous aurions été chez nous », abonde le président du groupe socialiste du Sénat, Patrick Kanner. Le maire actuel d’Ivry-sur-Seine, Philippe Bouyssou (PCF), se félicite de « l’attractivité de [s]on territoire » mais s’amuse aussi de la situation. « Je suis étonné que les socialistes n’aient pas trouvé une ville plus emblématique de la gestion locale du PS. Cela montre que ce que nous faisons n’est pas si mal », ironise l’édile, alors que le PS local se trouve dans l’opposition.
« Contraintes de temps et de budget »
« Je l’ai dit à Olivier Faure, c’est une très mauvaise idée d’aller dans une ville communiste où le PS siège dans l’opposition et refuse toute union de la gauche. Qu’on fasse un peu de politique quand même ! », s’agace le député du département Luc Carvounas, ancien candidat au poste de premier secrétaire qui défendait des alliances « arc-en-ciel » avec l’ensemble des formations de gauche pendant la campagne.

        Lire aussi :
         

                Les premiers pas feutrés d’Olivier Faure à la tête du PS



Localement, le PS pourrait même s’allier avec La République en marche lors des prochaines élections municipales en 2020. Un mauvais signal alors que le nouveau premier secrétaire n’a de cesse d’inscrire son parti dans l’opposition. « Nous avons des contraintes de temps et de budget. Nous n’avons pas le luxe d’avoir des considérations politiques », réplique la numéro deux du parti, Corinne Narassiguin. Voilà les prochains défis du PS : définir une ligne claire, et des alliances potentielles, lors des prochaines échéances électorales.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Le gouvernement cherche le meilleur moyen de compenser la suppression à venir de la taxe d’habitation.
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Le casse-tête de la fiscalité locale divise les élus

Le gouvernement cherche le meilleur moyen de compenser la suppression à venir de la taxe d’habitation.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 12h12
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            

Un grand chamboule-tout. En décidant de supprimer la taxe d’habitation, après avoir déclaré lors de sa campagne présidentielle vouloir en exonérer 80 % des contribuables, Emmanuel Macron a ouvert un chantier délicat. Remis mercredi 9 mai au premier ministre, Edouard Philippe, le rapport du sénateur Alain Richard et du préfet Dominique Bur sur la refonte de la fiscalité locale a proposé plusieurs pistes pour compenser la suppression de cette taxe à l’horizon 2020. Ce qui équivaudra dans deux ans à une perte de recettes pour le bloc communal (communes et intercos) de 26,3 milliards d’euros.
Un véritable casse-tête pour l’exécutif compte tenu des contraintes budgétaires et politiques. Le gouvernement a affirmé à plusieurs reprises que la suppression de la taxe d’habitation ne devait pas entraîner la création d’un nouvel impôt. Il n’est pas question non plus de revoir la trajectoire de réduction du déficit budgétaire. Matignon a ajouté trois « lignes rouges » : ne pas déséquilibrer le poids de la fiscalité entre ménages et entreprises – en clair, pas d’alourdissement de la fiscalité des entreprises – ; pas de charges administratives ou de coûts de gestion disproportionnés non plus ; enfin, pas de période de transition prolongée qui rendrait la réforme illisible.

Questions délicates
Pour compenser la suppression de la taxe d’habitation, les deux rapporteurs identifient deux pistes principales. Ils proposent d’abord de transférer aux communes et intercommunalités la part de la taxe foncière sur les propriétés bâties perçue par les départements, ceux-ci récupérant alors une fraction d’impôt national pour compenser leur perte de recettes. Cela aurait pour avantage de remplacer un impôt local par un autre impôt local, en permettant ainsi aux élus de conserver leur « pouvoir de taux » (possibilité de fixer le taux d’un prélèvement et donc d’en faire varier les montants si nécessaires).
Deuxième option : attribuer directement au bloc communal...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Des fuites de documents issus de cabinets fiscalistes montrent le rôle de l’industrie offshore dans les montages criminels et de blanchiment d’argent sale.
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Malgré les avancées, la criminalité prospère toujours dans les paradis fiscaux

Des fuites de documents issus de cabinets fiscalistes montrent le rôle de l’industrie offshore dans les montages criminels et de blanchiment d’argent sale.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 15h15
    |

            Maxime Vaudano








                        



                                


                            

Les paradis fiscaux ne servent pas qu’à adoucir l’imposition des riches et des multinationales : ils sont aussi l’outil privilégié d’individus et d’organisations en quête d’opacité et constituent un système financier secondaire où peut circuler en relative sécurité l’argent de la corruption, du crime et même du terrorisme.
En France, les grandes affaires politico-judiciaires des dernières années en témoignent de façon quasi systématique. C’est une société panaméenne qui a servi d’écran pour dissimuler les véritables propriétaires du riad marocain du couple Balkany. Plusieurs années auparavant, des structures offshore aux îles Vierges britanniques avaient déjà servi de courroie de transmission aux rétrocommissions dans les affaires Elf ou Karachi.
Plus récemment, d’autres montages offshore ont été mis au jour par les juges qui enquêtent sur le possible financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy. En démêlant la toile complexe des sociétés-écrans, ils ont découvert que les 500 000 euros reçus par Claude Guéant ne provenaient pas simplement d’une vente de tableaux, comme il l’avait affirmé, mais d’une société panaméenne alimentée par des fonds libyens.
L’un après l’autre, chaque scandale depuis les « Offshore Leaks » (2013) a confirmé le rôle central joué par l’industrie offshore dans les mécanismes de spoliation échafaudés par les dirigeants corrompus : c’est par le Panama qu’a circulé près de 1 milliard d’euros d’argent public extrait de Russie par des proches de Vladimir Poutine. Au Panama aussi que certains narcotrafiquants dissimulent leur fortune. Les centres offshore ont également permis au Hezbollah libanais ou au régime syrien de Bachar Al-Assad de continuer à utiliser le système financier en contournant les sanctions internationales qui les visaient. Plus récemment, le « Projet Daphne » du consortium de journalistes d’investigation Forbidden Stories a révélé comment les familles proches du régime azerbaïdjanais avaient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Présenté comme révolutionnaire par le gouvernement, le projet de loi « Pénicaud 2 » paraît très inadapté au vu des bouleversements que va entraîner l’informatisation du travail, juge la sociologue Dominique Méda dans cette chronique.
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Formation professionnelle : « On ne peut se passer d’une véritable planification »

Présenté comme révolutionnaire par le gouvernement, le projet de loi « Pénicaud 2 » paraît très inadapté au vu des bouleversements que va entraîner l’informatisation du travail, juge la sociologue Dominique Méda dans cette chronique.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 10h14
    |

Dominique Méda (Professeure de sociologie et directrice de l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (Irisso) de l’université...







                        



                                


                            
Entreprises. Le projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », présenté le 27 avril en conseil des ministres par Muriel Pénicaud, comprend une série de mesures censées organiser le « big bang » de la formation professionnelle, parmi lesquelles la possibilité de s’inscrire et payer directement une formation sans passer par un intermédiaire, via une application numérique.
Le rapport Villani, remis un mois plus tôt, faisait le point sur les études qui, depuis le début de la décennie 2000, mesurent l’ampleur des mutations engendrées par le déploiement de l’intelligence artificielle sur l’emploi. Le fameux article de deux chercheurs d’Oxford en 2013 – qui annonçait de gigantesques destructions d’emploi aux Etats-Unis (« The Future of Employment : How Susceptible are Jobs to Computerisation ? », par Carl Benedikt Frey et Michael A. Osborne, lien vers PDF en anglais) – a certes été l’objet de nombreuses critiques, et les évaluations postérieures ont annoncé des pertes d’emploi moins nombreuses (entre 9 % et 10 %). Reste que 50 % des emplois devraient néanmoins, selon ces études, subir des transformations.
La plupart de ces analyses prospectives se terminent par un vibrant appel au développement massif de la seule réponse envisagée : la formation, initiale et continue. Le rapport Villani n’y échappe pas, qui recommande une révision des compétences dispensées au cours de la scolarité et de la vie active.
Modifier profondément nos modes de production
Mais la coexistence dans le débat public de ces deux productions – le rapport Villani et le projet de loi – suscite des questions. On peut d’abord se demander si et comment les organismes officiels qui produisent des prospectives des métiers et des qualifications intègrent dans leurs projections les effets attendus de la révolution technologique et d’une reconversion écologique qui apparaît chaque jour plus urgente et nécessaire.
une grande partie des métiers « utiles »,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Cinq magistrats du parquet national financier travaillent depuis deux ans sur des dossiers des « Panama Papers », les contraignant à revoir leur mode d’organisation.
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Comment les « leaks » ont changé la façon de travailler de la justice

Cinq magistrats du parquet national financier travaillent depuis deux ans sur des dossiers des « Panama Papers », les contraignant à revoir leur mode d’organisation.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 09h40
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 10h29
    |

            Jérémie Baruch et 
Maxime Vaudano








                        



   


Le 3 avril 2016, à la lecture des premiers articles du Monde et de ses partenaires, les magistrats du parquet national financier (PNF) flairent immédiatement l’intérêt des « Panama Papers » pour la justice. Ils ignorent, en revanche, à quel point ce dossier va changer leur façon de travailler.
« Les faits décrits étaient suffisamment circonstanciés pour ouvrir une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale, ce qui permettait d’interrompre immédiatement la prescription », expliquent-ils aujourd’hui au Monde. Une équipe de cinq magistrats spécialisés est alors constituée pour enquêter sur les révélations de la presse.
Un seul dossier a, pour l’instant, donné lieu à un procès : l’industriel Gérard Autajon a été condamné en 2017 à un an de prison avec sursis et deux millions d’euros d’amende pour avoir dissimulé son patrimoine au fisc.
Deux ans après le scandale, les cinq magistrats et leurs équipes continuent de travailler sur une grosse vingtaine de dossiers. Conformément aux attributions du PNF, ils se sont concentrés sur les dossiers les plus complexes et les plus significatifs. « Nous avons tout d’abord déjà écarté tous les cas de fraudeurs qui n’étaient pas résidents fiscaux français. Les avancées dans les investigations judiciaires nous ont ensuite permis de trier les dossiers en fonction des sommes fraudées ou blanchies », détaillent-ils.
Une petite moitié de leurs enquêtes cible des « facilitateurs », c’est-à-dire des intermédiaires financiers – tels des banques ou des cabinets fiscalistes –, qui élaborent les montages frauduleux. Ces mandataires, acteurs essentiels du système offshore, revêtent donc une importance plus systémique.
« Nos méthodes de travail se sont enrichies »
Les magistrats français n’ont pas eu accès à l’ensemble des onze millions de documents du cabinet panaméen Mossack Fonseca à l’origine de l’affaire : les médias du consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) ont refusé de les communiquer et la France n’a pas pour tradition d’acheter des documents qui ont fuité directement aux lanceurs d’alerte, comme a pu le faire l’Allemagne. Les enquêteurs du PNF se sont donc appuyés en grande partie sur des sources ouvertes. D’abord les articles de presse, puis l’un des rares extraits bruts des « Panama Papers » mis en ligne par l’ICIJ : la liste des sociétés offshore administrées par Mossack Fonseca et de leurs actionnaires déclarés, qui contient le nom d’un un petit millier de Français.
L’abondance de ces données a, pourtant, contraint les magistrats à adapter leur organisation. « Les “leaks” ont changé la façon de travailler de tout le monde, du magistrat à la greffière, en passant par les assistants spécialisés. Nos méthodes de travail se sont enrichies », expliquent-ils. Ils assurent, en particulier, que cette affaire a amélioré la fluidité de la collaboration avec les autres services de l’Etat impliqués dans l’enquête, des douanes à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions (OCLCIFF), en passant par les enquêteurs du fisc et les experts antiblanchiment de l’agence Tracfin. « Le terrain était fertile, mais cette affaire nous a permis d’intensifier l’action commune – par le biais de réunions mensuelles, par exemple – avec nos partenaires, les enquêteurs et le fisc. »
Une gageure tant les relations entre la justice et l’administration fiscale sont réputées conflictuelles. Bercy, qui a déclenché au total 411 contrôles fiscaux dans cette affaire, préfère généralement traiter les cas de fraude fiscale par des redressements avec pénalités financières à la clé, sans les transmettre à l’autorité judiciaire. Un choix qui leur appartient, et qu’on surnomme le « verrou de Bercy ». Mais qui n’a pas pu jouer en l’espèce, les informations étant déjà dans l’espace public.
Un manque de moyens pour tous les maillons de la chaîne
A en croire le PNF, ce scandale a également facilité la coopération internationale. « Les rencontres avec nos homologues du Panama se passent très bien », se félicite le parquet, qui a multiplié les demandes d’entraide judiciaire et reçu de nombreux « tuyaux » de la part de collègues étrangers travaillant aussi sur l’affaire.
Depuis les « Panama Papers », les magistrats financiers ont également eu à se pencher sur de nouvelles fuites : les « Football Leaks », les « Bahamas Leaks », les « Malta Files » et les « Paradise Papers ». De quoi submerger très rapidement une équipe qui ne compte qu’une quinzaine de magistrats. « Il est normal que nous continuions à traiter ces nouvelles affaires si elles entrent dans notre champ de compétence », sourit-on au PNF, sans manquer de souligner un criant manque de moyens pour tous les maillons de la chaîne d’enquête.
Un constat corroboré par l’eurodéputé tchèque Petr Jezek, qui a découvert pendant la commission d’enquête du Parlement européen sur les « Panama Papers » que le même problème se posait dans presque tous les pays européens : « Dans certains cas, les banques sont beaucoup plus fortes que les unités d’investigation financière : c’est pourquoi nous devons absolument renforcer [celles-ci] ! »

Fraude et optimisation fiscales : quel bilan après dix ans d’enquêtes ?
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Récit de dix années d’évolution de lutte contre la fraude et l’optimisation fiscale : Paradis fiscaux : qu’ont changé dix ans de scandales ?Entretien avec le député européen Petr Jezek, président de la commission d’enquête « TAX 3 », créée après les « Paradise Papers » : « Nous nous sommes rendus compte que les intermédiaires financiers sont au cœur du problème »L’impact côté justice : Comment les « leaks » ont changé la façon de travailler de la justiceQuelques années après « LuxLeaks », les rescrits fiscaux perdurent : Malgré les scandales, l’Europe continue les accords d’optimisation fiscale avec les multinationales
Et aussi : Malgré les avancées, la criminalité prospère toujours dans les paradis fiscaux



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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ La CGT et SUD ont décliné l’invitation d’Elisabeth Borne.
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SNCF : les syndicats réformistes reçus au ministère des transports

La CGT et SUD ont décliné l’invitation d’Elisabeth Borne.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 07h45
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 12h33
   





                        


Après une nouvelle rencontre avec la ministre des transports, Elisabeth Borne, la CFDT-Cheminots a prudemment évoqué, vendredi 11 mai, « un échange que l’on peut qualifier de négociation », tout en jugeant « très très prématuré » de « parler d’avancées ».
C’était « une réunion technique » et « nous avons pu examiner l’ensemble de nos 42 amendements », sur lesquels « on va encore avoir beaucoup de discussions » et « nous n’avons pas pu rentrer dans le détail de chacun d’entre eux », a déclaré à sa sortie le secrétaire général adjoint Sébastien Mariani. Mme Borne était « disposée à discuter », a-t-il ajouté.
Après la CFDT, l’UNSA devait être reçue au ministère des transports, pour de nouvelles discussions autour de l’avenir de la SNCF, alors que le mouvement social commencera sa dix-septième journée de grève dimanche.

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Référendum du 14 au 21 mai
Les deux centrales réformistes travaillent sur plusieurs dizaines d’amendements susceptibles d’être adoptés au Sénat, où le nouveau pacte ferroviaire sera examiné à partir du 23 mai. « On va participer et proposer des amendements » au projet de loi, ont fait savoir les représentants syndicaux avant de rencontrer Mme Borne. Seuls deux syndicats sur les quatre représentatifs (CGT, UNSA, SUD et CFDT) ont accepté de se rendre à ce rendez-vous, la CGT et SUD ayant décliné l’invitation.
La rencontre intervient quatre jours après celle de l’intersyndicale avec le premier ministre Edouard Philippe, suivie de l’annonce d’une consultation par référendum des cheminots du 14 au 21 mai, afin de « savoir si oui ou non ils sont d’accord avec cette réforme ».
Guillaume Pepy, le président du directoire de la compagnie ferroviaire, a dénié toute légitimité à l’initiative. Dans un entretien au Parisien, il estime que « personne ne peut confisquer le débat et le vote au Parlement ».

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Un mois après son élection, le premier secrétaire reste peu audible. Il dit vouloir « prendre le temps » pour se concentrer sur le fond et la rénovation de son parti, en dépit des critiques internes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/05/2018
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Les premiers pas feutrés d’Olivier Faure à la tête du PS

Un mois après son élection, le premier secrétaire reste peu audible. Il dit vouloir « prendre le temps » pour se concentrer sur le fond et la rénovation de son parti, en dépit des critiques internes.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 12h59
    |

                            Astrid de Villaines








                        



                                


                            

La tâche est rude pour Olivier Faure. Encore méconnu du grand public, le nouveau premier secrétaire du Parti socialiste doit redresser une formation en ruines et tenter de faire entendre sa voix. Installé depuis un peu plus d’un mois dans ses nouvelles fonctions, le successeur de Jean-Christophe Cambadélis n’entend rien précipiter. « Nous ne sommes pas à l’aube de l’élection présidentielle. Nous avons le temps et nous allons le prendre. » Pourtant, au sein de l’aile gauche du parti, comme ailleurs, on s’impatiente. « Il faut produire, mener des campagnes… Nous avons besoin d’une feuille de route précise », réclame la sénatrice de Paris, Marie-Noëlle Lienemann, qui se désole d’une période sans « dynamisme ».
Depuis le congrès du PS, les 7 et 8 avril à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), M. Faure s’est d’abord occupé de trouver un nouveau siège pour remplacer celui de la rue de Solférino, vendu par la direction collégiale en décembre 2017. Le député de Seine-et-Marne a également installé une nouvelle direction, rajeunie et renouvelée. L’inventaire du quinquennat, en revanche, n’a pas encore été mis à l’ordre du jour. Les chantiers thématiques n’ont pas été commencés non plus, excepté celui sur l’Europe, « priorité » du chef de parti, et qui sera lancé le 15 mai lors du prochain bureau national du PS.

M. Faure s’était par ailleurs engagé à faire participer les militants sur toutes les décisions du parti, grâce à une « plate-forme numérique », pierre angulaire de son programme, mais celle-ci ne verra pas le jour avant septembre. « C’est long à mettre en place », justifie l’entourage du patron du PS.
« Avant d’être connu, on est inconnu »
Au-delà des questions d’organisation, le premier secrétaire doit tenter de rendre audible dans le débat public ce parti qui a fait 6 % seulement à la dernière présidentielle. « Olivier Faure a plein de qualités, mais ce n’est pas quelqu’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ En visite dans la capitale russe, le chef de file de La France insoumise a souhaité vouloir « sortir la France de sa dépendance avec les Etats-Unis ».
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A Moscou, Mélenchon milite pour un réchauffement avec la Russie

En visite dans la capitale russe, le chef de file de La France insoumise a souhaité vouloir « sortir la France de sa dépendance avec les Etats-Unis ».



Le Monde
 |    11.05.2018 à 00h42
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 15h16
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


L’écharpe tricolore en bandoulière, Jean-Luc Mélenchon est venu « parler aux Russes ». C’est ainsi que le député (La France insoumise, LFI) des Bouches-du-Rhône s’est glissé parmi le régiment Immortel, un cortège d’anonymes et de personnalités qui a défilé dans les rues de Moscou, ce mercredi 9 mai, pour commémorer les combattants soviétiques de la seconde guerre mondiale, avec à la main le portrait d’ancêtres ou de vétérans. M. Mélenchon avait le sien, emprunté aux traits de Maurice de Seynes, un pilote de l’escadrille franco-soviétique Normandie-Niémen, mort en juillet 1944.
« Quand je viens ici, c’est un acte militant, pour dire : les Russes sont nos amis », a-t-il insisté. Ingrate, la chaîne de télévision Rossia-1 n’a retenu qu’une image furtive de ce « Français communiste », qui n’avait plus remis les pieds depuis dans le pays… depuis combien de temps, au fait ?
« La première fois c’était avec Mitterrand, quand nous étions allés voir Jean-Loup Chrétien s’envoler à Baïkonour [en novembre 1988] », rapporte M. Mélenchon après réflexion. La deuxième – il ne se souvient plus très bien non plus de la date – lui avait donné l’occasion de rencontrer Gorbatchev, « pour essayer de comprendre ce qui s’était passé ».
« Les relations avec Moscou doivent se banaliser »
Des années-lumière plus tard, le chef de file de LFI a choisi de précéder Emmanuel Macron, attendu sous peu, le 24 et 25 juin, par Vladimir Poutine. Mais pour délivrer quel message ? « Les relations avec la Russie doivent se banaliser », traduit son conseiller en affaires étrangères, le russophile Djordje Kuzmanovic. C’est un problème pour la France d’être dépendante des Etats-Unis. »

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                Jean-Luc Mélenchon va rencontrer un leadeur de l’opposition en Russie



En trois jours, l’ex-candidat à l’élection présidentielle a revêtu tout à la fois le rôle de l’opposant « de gauche », et du militant pour un réchauffement avec la Russie. Avec ce même fil rouge. « Il ne faut pas arriver à ce point de diabolisation : il y a le bien et le mal, et tout ce qui est contre Poutine est bien. »
Première étape de sa tournée : son « ami » Sergueï Oudaltsov, 41 ans, un opposant communiste à qui il vient proposer de rejoindre un « club de la paix » des gauches européennes. Sorti de prison en août 2017, après avoir été condamné à quatre ans et demi de colonie pénitentiaire, pour « incitation d’émeute publique » lors des grands rassemblements anti-Poutine de l’hiver 2011-2012, son hôte dirige aujourd’hui le Front de gauche russe, tout en soutenant par ailleurs l’annexion de la Crimée. M. Mélenchon le découvre pour la première fois. « C’est lui ? », glisse-t-il au moment de pénétrer dans ses locaux, dans une usine.
« Pas de rationalité à affronter les Russes »
On lui remet une médaille de l’armée soviétique. Il remercie, « Merci monsieur », se reprend, « Monsieur camarade », et ajoute dans les rires : « J’ai commencé ma carrière avec les idées du fondateur [Trotski] de l’Armée rouge ».
Avec cette caution – plutôt qu’avec celle de l’opposant Alexei Navalny, un « libéral » qu’il couvre de critiques – le Français rencontre sans transition des partisans du pouvoir, des députés, comme l’écrivain Sergueï Chargounov, pleinement engagé, avec son ami Zakhar Prilepine, au côté des séparatistes prorusses en Ukraine, ou le sénateur francophone Alexeï Pouchkov. Il ne verra pas cependant le chef du Kremlin, à la différence de Marine Le Pen, reçue en avril 2017, en pleine campagne électorale.
Avec la communauté française, lors d’une réunion fermée aux médias de l’Hexagone mais filmée de bout en bout par un participant, il répète : « Il n’y a pas de rationalité à affronter les Russes ni à nous en séparer géopolitiquement. » Un discours qui ne s’applique ni aux Etats-Unis, ni à l’Allemagne, dont il vilipende l’influence en Europe, « si bien qu’après avoir annexé l’Allemagne de l’Est, les mauvaises habitudes ont été prises ». Il fallait oser.



                            


                        

                        

