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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le collectif japonais présente à La Grande Halle de La Villette à Paris « Au-delà des limites », une plongée interactive et onirique dans un monde sans cadre.
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TeamLab, l’exposition dont vous êtes le héros

Le collectif japonais présente à La Grande Halle de La Villette à Paris « Au-delà des limites », une plongée interactive et onirique dans un monde sans cadre.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 18h17
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

Toshi en est persuadé : « Un moment de beauté peut vous transformer. ». Grand (1,87 m) dégingandé, cheveu en bataille, costume vert d’eau jet lagué, Toshiyuki Inoko, le fondateur de TeamLab, nous guide à travers les 2 000 m² d’expérience (comment appeler autrement cette exposition où tout bouge et se télescope dans une symphonie de lumières et de sons ?) que le collectif japonais plante jusqu’à la fin de l’été sous la Grande Halle de La Villette.
Une trentaine d’ingénieurs s’activent à mettre en place les lourds programmes informatiques, alors que les équipes de La Villette finissent de tapisser murs et sols des différentes salles d’une épaisse moquette noire. Noriko la « catalyste » – dans l’univers de TeamLab, un chef de projet s’appelle un catalyseur – agite vers les plafonds les télécommandes qui vont relancer les projecteurs connectés. L’ensemble a sauté. Ils utilisaient trop d’énergie.
C’est l’exposition dont vous êtes le héros. Et pas seulement parce que plutôt que d’entrer par la porte « exposition » vous êtes venus par l’entrée des ateliers où les enfants sont invités à dessiner fleurs et papillons qui, immédiatement scannés, iront peupler la « forêt », mais parce qu’ici tout est interactif.
Un banc de poissons
Vous mettez la main sur le mur où passe un banc de poissons, celui-ci change de direction, et au milieu d’eux vous créez un vortex de couleur. Vous vous tenez au milieu de la rivière de lumière, les filets d’eau vous évitent. Les corbeaux traversent la grande salle, touchent un idéogramme japonais. Aussitôt celui-ci (lune, fleur, ciel…) répand son contenu… Dans La Grande Halle, les plantes suivent le cours des saisons, des personnages de mangas traversent la forêt de tiges géantes, et les musiciens perdus d’une parade traditionnelle que vous avez effleurés de vos doigts, se mettent à grogner…

Un voyage sous acide. « Sans commentaire, rit Toshi, le Japon est très strict sur le sujet. »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. Emmanuelle Bercot signe un mélodrame intense et maîtrisé, quoique trop fermé sur lui-même (sur France 2 à 21 heures).
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TV – « La Tête haute » : le retour sur le droit chemin d’un « Rémi sans famille »

Notre choix du soir. Emmanuelle Bercot signe un mélodrame intense et maîtrisé, quoique trop fermé sur lui-même (sur France 2 à 21 heures).



Le Monde
 |    13.05.2018 à 18h00
    |

                            Thomas Sotinel








                        


Film sur France 2 à 21 heures

Il faut avoir un cœur de pierre pour ne pas s’émouvoir du sort de Malony, que sa mère abandonne à 6 ans dans le bureau d’une juge pour enfants. Pourquoi ne pas s’abandonner à son tour ? Les tribulations de Malony, délinquant mal aimé et mal aimant, beau garçon perpétuellement sur le point de se casser la gueule dans les abîmes qu’il ouvre sous ses pas, entretiennent un suspense très simple : va-t-il s’en sortir ou pas ?
Emmanuelle Bercot le dirige avec assurance à travers les chausse-trappes que le scénario sème sur son parcours. Ces pièges, que Malony ne sait pas toujours éviter, sont ceux qui guettaient déjà les jeunes héros en quête de rédemption sociale au temps de la révolution industrielle, d’Oliver Twist au Rémi de Sans famille. La maîtrise d’un genre – le mélodrame – et l’intensité que lui insufflent réalisatrice et acteurs donnent à La Tête haute toutes les chances d’impressionner, d’émouvoir.
Mais si l’on prête attention à la musique implicite du scénario et de la mise en scène, on peut voir le film d’Emannuelle Bercot d’une autre façon, comme un plaidoyer pour l’enfance en danger, qui se retourne contre ceux-là mêmes que l’on prétendait défendre.
Une présence électrique
Après son abandon dans le bureau de la magistrate par une mère indigne (Sara Forestier), on retrouve Malony (Rod Paradot) à l’adolescence, au moment où il occupe ses loisirs à conduire des voitures volées. La même juge le suit, toujours raide dans son expression, toujours souple dans ses décisions. Et finit par assigner l’accompagnement de Malony à Yann, un éducateur qui ressemble au jeune garçon.
A chaque errement de l’adolescent, la magistrate oppose une solution – placement en foyer, stage d’insertion professionnelle – que Yann est chargé de mettre en œuvre. Malony avance sur le parcours qui lui est proposé puis s’en écarte, à charge pour la juge et l’éducateur de trouver une nouvelle voie d’accès au droit chemin. Tout se fait contre lui, contre son incompréhension, contre son rejet des autres et de lui-même.
L’abondance de personnages secondaires ne doit pas faire illusion. La Tête haute est un huis clos et c’est sans doute là sa plus grande faiblesse. Tous les enjeux du destin de Malony sont contenus dans le bureau de la juge, comme si rien ne se passait ailleurs, dans la rue, dans la ville, dans les institutions. Sans trêve, l’enfant rejette l’amour et l’attention qu’on lui offre, jusqu’à ce qu’une brèche s’ouvre dans ses défenses.

   


La conclusion de La Tête haute pèse lourd dans les sentiments qu’inspire le film. Sans la dévoiler, il est permis de relever qu’elle consiste à faire rentrer dans l’ordre celui qui en était sorti. On comprend bien qu’Emmanuelle Bercot a voulu montrer comment une société peut prendre en charge les plus fragiles des siens. Elle parvient – grâce à la présence électrique de Rod Paradot – à incarner cette partie de la collectivité qui suscite la sollicitude (parfois) et la crainte (souvent). Mais ici, l’« oublié » ne l’est jamais, toujours objet d’observation et de décisions. Finalement, la seule injustice dans La Tête haute est celle que Malony commet à son propre égard, et le seul souci de la société, en la personne de ses deux anges gardiens, est de la redresser.
La Tête haute, d’Emmanuelle Bercot. Avec Rod Paradot, Catherine Deneuve, Benoît Magimel (France, 2015, 120 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A voir aussi ce soir. En 1957, les services français lancent une redoutable opération de manipulation et d’intoxication de l’armée de libération algérienne (sur France 5 à 22 h 40).
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TV – « La “Bleuite”, l’autre guerre d’Algérie »

A voir aussi ce soir. En 1957, les services français lancent une redoutable opération de manipulation et d’intoxication de l’armée de libération algérienne (sur France 5 à 22 h 40).



Le Monde
 |    13.05.2018 à 17h45
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur France 5 à 22 h 40


BLEUITE, L'AUTRE GUERRE D'ALGERIE [Teaser| from FIGRA on Vimeo.

Pas seulement en raison de son nom, la « bleuite » pourrait s’apparenter à une maladie virale, contagieuse, voire honteuse ; de celles que l’on tait malgré les traces laissées sur la peau. Et des stigmates, cette opération d’infiltration et de manipulation menée par les services français lors de la guerre d’Algérie, en aura laissé, tant sur les corps torturés que dans les mémoires.
Il n’est pour s’en convaincre que d’écouter, aujourd’hui, Rémy ­Madoui, ex-membre de l’ALN (Armée de libération nationale) ­raconter à mots comptés les tortures que lui infligèrent ses frères d’armes, pendant deux semaines. Une éternité. Avant qu’il parvienne, par miracle, à s’évader.
Cette guerre secrète, retorse, qui entraîna une purge effroyable au sein de l’armée algérienne, n’est pas de celles que l’on raconte ­volontiers, d’un côté comme de l’autre de la Méditerranée. Aussi est-ce l’un des grands mérites de Jean-Paul Mari que de retracer avec minutie cet épisode ­méconnu, en s’appuyant sur de maigres archives, et les témoignages éclairants et émouvants ­d’anciens maquisards.

   


L’épisode a pour prélude et pour cadre la Casbah. C’est là, au plus fort de la bataille d’Alger, que le ­capitaine Paul-Alain Léger choisit de lancer, en 1957, une opération d’infiltration et de déstabilisation de ce bastion FLN. Rompu en Indochine à la technique de « retournement de l’ennemi », ce fin psychologue forme très vite une petite équipe de « bleus » qui ne cessera de grossir au fil des semaines.
Grâce à ces hommes, arborant pour certains des bleus de travail, mais aussi à quelques femmes – comme la fameuse Ouria –, l’officier français parvient à arrêter Yacef Saadi, chef FLN de la Zone autonome d’Alger. La ZAA décapitée, Paul-Alain Léger la « ranime » avec une redoutable duplicité. Le temps pour lui d’intoxiquer l’ALN, tout particulièrement le colonel « Amirouche le terrible », en lui faisant croire que ses troupes sont ­infestées d’agents doubles. Le ­poison de la suspicion inoculée, la « bleuite » peut alors se répandre dans tout le maquis. Aveuglement et paranoïa faisant le reste, elle conduira à une vaste purge au sein de l’ALN. Purge dont, aujourd’hui encore, on ne peut dénombrer les victimes – certains avancent le chiffre de 4 000 morts –, ni mesurer les conséquences réelles qu’elle eut sur l’Algérie naissante.
La Bleuite, l’autre guerre d’Algérie, de Jean-Paul Mari (France, 2017, 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ La région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) a retiré fin avril son aide au documentaire « Cogolin, ville à vendre », consacré à l’ex-maire FN de cette ville. Un collectif de professionnels du cinéma, dont Denis Robert, Bertrand Tavernier, Yolande Moreau, Costa Gavras, Julie Bertuccelli et Robert Guédiguian, y voit un scandaleux geste de censure.
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« Le cinéma soumis à une insupportable censure politique en PACA »

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) a retiré fin avril son aide au documentaire « Cogolin, ville à vendre », consacré à l’ex-maire FN de cette ville. Un collectif de professionnels du cinéma, dont Denis Robert, Bertrand Tavernier, Yolande Moreau, Costa Gavras, Julie Bertuccelli et Robert Guédiguian, y voit un scandaleux geste de censure.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 14h55
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 15h51
   





                        



                                


                            

Tribune. Au moment où s’ouvre le Festival de Cannes, formidable moment de création et de liberté, nous sommes saisis par l’irruption soudaine d’une censure politique en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Lieu de solidarité internationale vis-à-vis des réalisateurs pourchassés par les pouvoirs politiques dans leurs pays, notre région est le théâtre d’un arrangement de basse cuisine électorale entre une présidence Les Républicains (LR) et un conseiller régional ex-Front national (FN). De quoi s’agit-il ?
Un film documentaire portant sur la gestion au quotidien de la ville de Cogolin gagnée aux dernières municipales par le FN vient de voir l’aide qui lui avait été octroyée par la commission audiovisuelle de la région annulée. Son réalisateur Pascal Lorent, habitant de Cogolin, a capté pendant quatre ans les soubresauts et les vicissitudes politiques de sa commune. Son producteur, Denis Robert, après avoir reçu l’engagement de la région, vient d’être informé par un membre du cabinet du président Renaud Muselier, que son film était jugé trop « politique » pour être aidé par une assemblée régionale composée d’élus LR et FN. Jamais en vingt ans d’existence, un élu n’avait remis en cause un financement après qu’un collège d’experts a livré un avis favorable. L’affaire « Cogolin » est donc un précédent fâcheux qui nous incite aujourd’hui à prendre la plume.

Règle floue
Aux demandes répétées d’explications émanant des auteurs, réalisateurs, producteurs indépendants, des journalistes, et des citoyens de la Région, le cabinet de la présidence se cantonne de répéter que, sous cette mandature, « aucun film documentaire politique ou ayant trait à la politique » n’a été, n’est et ne sera aidé. Cette explication est démentie par les faits. A minima, quatre documentaires traitant de politique ont pu être produits avec le soutien de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur. Pis, cette décision institue une règle suffisamment floue pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Dans le film de Panos Cosmatos, l’acteur incarne un bûcheron fou de vengeance après le meurtre de sa compagne. Une série B complaisante et grand-guignol.
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Cannes 2018 : « Mandy », Nicolas Cage, jusqu’à l’outrance

Dans le film de Panos Cosmatos, l’acteur incarne un bûcheron fou de vengeance après le meurtre de sa compagne. Une série B complaisante et grand-guignol.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 13h52
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


Quinzaine des réalisateurs
Au thriller horrifique Mandy, du jeune Canadien Panos Cosmatos (fils du réalisateur de Rambo 2), est revenue la délicate mission d’électriser la Quinzaine à mi-festival, grâce à son imparable atout de « film de genre ». Le bûcheron Red Miller (Nicolas Cage) file un amour cosmique avec sa petite amie Mandy Bloom (Andrea Riseborough), dans leur grande maison isolée en pleines montagnes. Jusqu’à ce qu’une secte d’évangélistes dégénérés brûle la jeune femme, déclenchant la riposte vengeresse de son compagnon endeuillé.
Une outrance « arty »
De cette trame rebattue ayant tout au plus l’étoffe d’une série B, Cosmatos tire une œuvre ultra-maniériste, baignée d’un ésotérisme néogothique tirant allégrement sur le kitsch. Les scènes s’étirant dans une suspension onirique, les éclairages surnaturels en bleu et rouge pétants, les nappes emphatiques inondant la bande-son, puis le déferlement de gore grand-guignolesque, visent à saturer l’expérience sensorielle.
Problème de taille : l’onirisme perd de son étrangeté quand il n’est pas confronté à une forme de réalité ordinaire. Se livrant à un fétichisme complaisant pour sa propre fantasmagorie, Mandy sombre dans une outrance « arty » (à laquelle la folie de l’acteur Nicolas Cage n’est pas étrangère), trop consciente d’elle-même pour réellement impressionner.
Film américain de Panos Cosmatos. Avec Nicolas Cage, Andrea Riseborough, Linus Roache, Bill Duke, Richard Brake (2 h 01). Sortie en salle prochainement. Sur le Web : www.quinzaine-realisateurs.com/film/mandy



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ En ce cinquième jour du 71e Festival de Cannes, la compétition met de nouveau face à face une femme et un homme pour la Palme d’or.
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La gazette de la Croisette : l’Italie de Rohrwacher, le Japon de Kore-eda et l’Odyssée de Kubrick

En ce cinquième jour du 71e Festival de Cannes, la compétition met de nouveau face à face une femme et un homme pour la Palme d’or.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 13h45
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 15h10
   





                        



   


DU CÔTÉ DE LA COMPÉTITION :
En ce dimanche 13 mai, ce sont deux habitué·e·s de la Croisette qui font leur entrée en lice pour la Palme d’or : la réalisatrice italienne Alice Rohrwacher avec Heureux comme Lazzaro (Lazzaro felice, Happy as Lazzaro) – qui a déjà remporté un Grand Prix pour Les Merveilles (Le Meraviglie, The Wonders) dès sa première participation à la compétition cannoise en 2014 – et le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda avec Une affaire de famille (Manbiki kazoku, Shoplifters) – qui a déjà été retenu dans la Sélection officielle à six reprises (quatre fois en compétition et deux fois à Un certain regard) et a décroché un prix du jury en 2013 pour Tel père, tel fils (Soshite chichi ni naru).


DU CÔTÉ DES AUTRES SÉLECTIONS :
Hors compétition, en séance de minuit, notre critique Thomas Sotinel a apprécié la performance d’acteur de Mads Mikkelsen dans Arctic, le premier film du Brésilien Joe Penna, dans le rôle d’un aviateur naufragé au nord du cercle polaire.


Dans la section Un certain regard, Véronique Cauhapé a beaucoup aimé le film argentin de Luis Ortega, L’Ange (El Angel), inspiré de l’histoire de Carlos Eduardo Robledo Puch, l’un des plus grands tueurs en série de l’histoire de l’Argentine, né en 1952, surnommé « L’Ange de la mort » par la presse et condamné en 1972 à la réclusion à perpétuité.

ON ATTEND AUJOURD’HUI :
A 18 h 45, dans le cadre de la programmation Cannes Classics, aura lieu une projection exceptionnelle d’une copie de 70 mm, tirée à partir d’éléments du négatif original, pour célébrer les 50 ans du film culte de Stanley Kubrick, 2001 : l’Odyssée de l’espace (2001: A Space Odyssey). « Il s’agit d’une recréation photochimique fidèle qui n’a fait l’objet d’aucune retouche numérique, ni modification de montage. Le film sera projeté dans l’exacte reproduction de l’expérience vécue par les spectateurs lors de la sortie du film au printemps 1968 », précise le Festival de Cannes. La fille de Stanley Kubrick, Katharina Kubrick et son coproducteur Jan Harlan assisteront à cette projection présentée par le réalisateur Christopher Nolan.

        Lire le récit dans « M » :
         

          « 2001 : l’Odyssée de l’espace », heureuse obsession de Christopher Nolan





        Lire la gazette de la Croisette (12 mai) :
         

          Les femmes à l’honneur et Jafar Panahi toujours interdit de tapis rouge






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Dans ce film de Joe Penna, un homme tente de survivre au Pôle Nord. Mads Mikkelsen raconte la manière dont la première scène vient illustrer d’emblée la solitude du personnage.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Avec plus de cinq millions de téléspectateurs, la finale du concours a largement devancé celle de « The Voice » sur TF1.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Meilleure audience pour l’Eurovision depuis 2009

Avec plus de cinq millions de téléspectateurs, la finale du concours a largement devancé celle de « The Voice » sur TF1.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 13h16
   





                        


La finale du concours de l’Eurovision, diffusée samedi 12 mai sur France 2 en direct depuis Lisbonne, a enregistré sa meilleure audience depuis 2009, avec plus de cinq millions de téléspectateurs, et a largement devancé la finale de The Voice de TF1, tombée à un plus bas niveau, d’après des chiffres de Médiamétrie.
Selon les données de Médiamétrie, la 63e édition du concours, remportée par la chanteuse israélienne Netta, a été suivie par 5,2 millions de téléspectateurs, donnant à France 2 une part d’audience de 28,5 %.
C’est le meilleur résultat depuis 2009, quand l’Eurovision avait réuni 5,7 millions de téléspectateurs. Depuis, l’émission n’était jamais remontée au-dessus de cinq millions de téléspectateurs et s’était même effondrée sous la barre des trois millions en 2013 et 2014.
Parallèlement, la finale du télécrochet de TF1, The Voice, diffusée également samedi soir, a été regardée par 4,5 millions de téléspectateurs, soit une part d’audience de 21,2 % pour TF1. A l’inverse, c’est un plus bas historique pour la finale de ce show lancé en 2012, et qui avait attiré un peu moins de cinq millions de téléspectateurs lors des deux précédentes finales.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Cate Blanchett et les autres membres féminins du jury ont participé à une montée inédite des marches, samedi 12 mai.
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<article-nb="2018/05/13/19-10">
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ L’écrivain américain ne connaît de vrai succès littéraire qu’en France. Peut-être parce que ses romans dénoncent les faillites de son pays. Avec une violence redoublée dans « Pour service rendu ».
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Iain Levison : « Trump ne m’intéresse pas »

L’écrivain américain ne connaît de vrai succès littéraire qu’en France. Peut-être parce que ses romans dénoncent les faillites de son pays. Avec une violence redoublée dans « Pour service rendu ».



Le Monde
 |    13.05.2018 à 09h00
    |

                            Florence Noiville








                        



                                


                            

Ce n’est pas un défi. Juste un brin de scepticisme au fond du regard. Quelque chose qui semble dire : « Vas-y. Portraiture-moi si tu peux ! Mais ne compte pas sur mon aide pour prendre la pose… » Résultat : il est bien difficile de faire une photo nette de Iain Levison. Ce grand gaillard bouge tout le temps. Ne possède ni maison, ni voiture, ni point d’ancrage fixe. Se déplace au gré de ses intuitions. Une vie d’errances et d’aventures qu’il résume d’une façon un peu lasse : « Je n’habite nulle part. » A entendre au propre comme au figuré.
Aujourd’hui, il est à Paris – vêtu d’une chemise à carreaux qui semble avoir bourlingué, elle aussi –, attablé à une brasserie du Quartier latin près de chez son éditrice, Liana Levi. Demain, il sera en Chine, dans le Zhejiang, au sud de Shanghaï, où il enseigne l’anglais. Après-demain ? Pourquoi pas en Allemagne, où il se rend souvent. « Pendant six ans, j’ai fait du “cat-sitting” près de Bielefeld, en Westphalie. C’est là que je m’approvisionne en marijuana… »
Perpétuel out­sider
Son histoire commence en Ecosse, à Aberdeen, en 1963. Mère infirmière, père médecin. Elle britannique, lui américain. Elle pauvre, lui riche. « Ils ne voulaient pas d’enfants. Ils étaient heureux avant que je naisse », note-t-il comme s’il parlait d’un autre. Bientôt, le couple se déchire et le docteur Levison retraverse l’Atlantique. Le petit Iain souffre-t-il de cet abandon ? Au contraire. « Je me rappelle avoir pensé : “Youpi ! Terminé, les disputes !” Mais je n’avais pas toutes les données en main. L’arrière-plan financier me manquait… »
L’arrière-plan, ce sont les vaches maigres. La dèche écossaise. Bouclant ses fins de mois grâce à l’aide sociale, la mère s’installe dans un quartier miteux. Des années passent. Jusqu’à ce que, coup de théâtre, les parents se rabibochent. « On est partis rejoindre mon père à Merion, près de Philadelphie. A 8 ans, je me suis retrouvé soudain dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Les artistes enseignent, communiquent, rejoignent des entreprises ou des ONG, pour mieux diffuser leur travail et intégrer le marché du travail. Sans dépendre des ventes.
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Entrepreneur, une autre façon d’être artiste

Les artistes enseignent, communiquent, rejoignent des entreprises ou des ONG, pour mieux diffuser leur travail et intégrer le marché du travail. Sans dépendre des ventes.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 07h30
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Aude de Bourbon Parme







                        



   


« Le jour où je me suis retrouvée seule dans mon atelier à ­attendre un rendez-vous qui n’est jamais venu, je me suis dit que c’était la dernière fois que je demandais quoi que ce soit à quiconque », explique l’artiste ­Myriam Mechita. Courir les vernissages pour côtoyer les professionnels du milieu de l’art, attendre qu’une galerie, un critique d’art, un collectionneur ou un commissaire d’exposition s’intéresse à leur travail ?
Ne plus jouer le jeu du milieu de l’art
Certains artistes n’acceptent pas ou plus de jouer le jeu du milieu de l’art. Scrutant les interstices du marché du travail dans lesquels leurs œuvres pourraient se glisser, ils se consacrent au développement de leur propre système économique. Parce que les projets artis­tiques nécessitent du temps pour devenir économiquement viables, tous ont dû faire preuve d’opiniâtreté et de patience.
Dès la fin des années 1980, Fabrice ­Hyber s’est posé en artiste entrepreneur. « Le premier wagon des artistes subventionnés par l’Etat était déjà passé, rappelle-t-il. Si je voulais réaliser des choses, je ­devais aller dans les lieux où il y avait des moyens : les entreprises. J’ai ensuite créé en 1994 la société UR afin de transformer les collectionneurs, principalement des chefs d’entreprise, en producteurs d’œuvres. » 

   


Bertrand Planes s’est, lui aussi, ­engagé dans un projet artistique entrepreneurial. Dès sa troisième année à l’Ecole supérieure d’art de Grenoble, il a fondé un label alternatif en partenariat avec Emmaüs France. Ses ­défilés performances ont attiré médias nationaux, galeristes et institutions. ­Devenu un artiste enseignant exposé à travers le monde, il doit la majeure partie de ses projets aux contacts réalisés à cette période.
Transmission de compétences
De son côté, Emilie Benoist, qui explore dans ses sculptures et dessins l’impact de l’homme sur son environnement, a ­contacté il y a huit ans Amnesty International pour participer à une action militante. Sans savoir que l’association ­humanitaire souhaitait s’engager dans l’écologie. Après quelques années de ­bénévolat ponctuel, elle est maintenant partie prenante de l’association française et est rémunérée pour ses productions visuelles régulières.
Certains artistes s’orientent vers la transmission de leurs compétences et de leur regard sur le monde. « J’ai choisi ­d’enseigner afin de m’engager localement et, même si ce n’était pas mon but premier, de ne pas être uniquement dépendant des ventes », explique Bruno Peinado, ancien étudiant de l’Ecole supérieure des beaux-arts de Lyon, puis de Nantes qui enseigne à l’Ecole supérieure d’art de Quimper. ­Myriam Mechita a, elle, organisé pendant huit ans des ateliers ­artistiques hebdomadaires dans un hôpital psychiatrique, avant de rejoindre l’Ecole des beaux-arts de Caen comme enseignante. Ce poste lui permet de ne plus avoir à courir après les ventes.
Pourtant, lorsque cette activité professionnelle n’est pas salariée, elle doit ­souvent être complétée, comme le ­confirme Marion Brosse. « En parallèle des ateliers artistiques qui se tiennent dans mon atelier galerie, Champsecret, je vends mes œuvres, je loue l’espace et je suis illustratrice », dit celle qui est ­devenue une vraie auto-entrepreneuse, à l’instar de ces artistes qui, sans être soutenus par une galerie ou un agent, créent, développent et communiquent autour de leur pratique.

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                Apprendre à investir l’espace public par la culture



« Nous sommes des faiseurs »
Tony Regazzoni, lui, a choisi de devenir assistant d’artiste. Libre dans son emploi du temps, travaillant à la réalisation des œuvres de Xavier Veilhan, qui représentait en 2017 la France à la Biennale de ­Venise, il peut continuer à développer son art. Ce point leur semble à tous indispensable. Avant de se lancer dans une formation de designer textile, l’artiste autodidacte Julien Colombier vivait ainsi de petits boulots chronophages. Lorsqu’il a pu se consacrer pleinement à sa pratique pendant cette année de formation, son style, le dessin à la craie appliqué sur une surface noire, s’est affirmé. Il a alors lancé un salon de design textile et, de fil en aiguille, a développé des rencontres et des collaborations avec Chanel, les Galeries Lafayette ou l’Hôtel Bienvenue à Paris.
« Nous sommes des faiseurs », affirme Myriam Mechita. Produire des œuvres, monter des expositions, leur donner de la visibilité, développer des lieux asso­ciatifs, organiser un défilé, une rencontre… « Faire » leur est primordial. « Il ne faut pas attendre mais faire au mieux ce que l’on désire », dit Bruno Peinado, pour « échapper à cette machinerie qui prône la nouveauté et broie les artistes ».

« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
Alors que les lycéens vont commencer, le 22 mai, à recevoir des réponses concernant leurs vœux d’orientation formulés de janvier à mars sur la nouvelle plate-forme d’admission post-bac, Parcoursup 2018, Le Monde Campus propose reportages, décryptages, tchats, à retrouver dans ses sous-rubriques Parcoursup APB et Etudes supérieures.
Retrouvez également des vidéos, témoignages et enquêtes réalisés dans le cadre de nos conférences « O21/S’orienter au 21e siècle », qui se sont tenues entre novembre et mars à Nancy, Lille, Nantes, Bordeaux et Paris, dans notre rubrique O21.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Une logique occidentale s’impose dans le pays pour réparer les crimes commis par les Khmers rouges. L’approche est très éloignée des préoccupations des Cambodgiens.
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Au Cambodge, le choc des mémoires

Une logique occidentale s’impose dans le pays pour réparer les crimes commis par les Khmers rouges. L’approche est très éloignée des préoccupations des Cambodgiens.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 06h30
    |

            Adrien Le Gal








                        



                                


                            

C’est une stèle de verre discrète, presque anonyme, dans un recoin du parc de Choisy, au cœur du 13e arrondissement de Paris. Inaugurée le 17 avril par la maire Anne Hidalgo, en compagnie de représentants de la diaspora cambodgienne en France, elle rappelle aux quelques passants qui s’y arrêtent l’horreur de crimes commis à 10 000 km de là, il y a quarante-trois ans.
Episode burlesque
Le 17 avril 1975, les Khmers rouges vidaient la ville de Phnom Penh de ses habitants, jetant hommes, femmes, enfants, vieillards et malades sur les routes. Pendant les trois ans, huit mois et vingt jours qu’a duré leur règne, les révolutionnaires communistes se sont rendus responsables de la mort d’au moins 1,7 million de personnes. Cette petite stèle, qui vient s’ajouter aux nombreux monuments commémoratifs parisiens, est « la première en Europe » à rendre hommage aux victimes des Khmers rouges, selon Anne Hidalgo.
Quelques mois plus tôt, à Phnom Penh, se déroulait un épisode burlesque. Fin janvier, en toute discrétion, la municipalité déboulonnait une statue, inaugurée quelques semaines auparavant face à l’ambassade de France. L’ouvrage de l’artiste franco cambodgien Séra, intitulé A ceux qui ne sont plus là, était aussi le premier du genre à être érigé dans l’espace public. Son emplacement avait été négocié et choisi avec soin : c’est là que, réfugié à l’ambassade de France, l’adolescent, âgé de 13 ans, a vu son père pour la dernière fois, le 17 avril 1975, avant que celui-ci ne soit déporté, puis tué.
L’ouvrage ne sera resté sur place que deux petits mois. La municipalité, arguant d’un problème de place et d’un projet de parc, a réinstallé la statue dans le Musée de S-21, l’ancien centre de détention et de torture du régime khmer rouge. Une décision qui indigne Youk Chhang, directeur de l’ONG Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam). Rescapé des Khmers rouges, rentré au pays dans les années 1990 après avoir étudié aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Cette semaine, dans la série « Je ne serais pas arrivé là si… », l’académicien Erik Orsenna évoque les rencontres qui l’ont forgé et sa passion pour les histoires.
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Erik Orsenna : « Ma terreur, c’est de devenir fou »

Cette semaine, dans la série « Je ne serais pas arrivé là si… », l’académicien Erik Orsenna évoque les rencontres qui l’ont forgé et sa passion pour les histoires.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 06h20
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 16h40
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

JE NE SERAIS PAS ARRIVÉ LÀ SI…
Ecrivain et académicien, Erik Orsenna, 71 ans, vient de publier Dernières nouvelles du monde, un recueil de ses « petits précis de mondialisation ». Il a par ailleurs remis en février à la ministre de la culture un rapport sur l’extension des horaires des bibliothèques, et sera, du 19 au 21 mai, l’un des invités du festival Etonnants voyageurs, à Saint-Malo.
Je ne serais pas arrivé là si…
Si autant de gens ne m’avaient pas enfanté. Je suis un enfant du projet pour mes parents, qui n’ont pas arrêté de me bercer avec des histoires, et je suis un enfant de l’amitié et de la confiance. Rien n’aurait été possible sans la rencontre de trois éditeurs : Jean Cayrol, Claude Durand et Jean-Marc Roberts. Je me souviendrai toute ma vie de ce jour où, marchant avec Jean Cayrol, nous rencontrons Jean-Marc Roberts. « Regarde-le bien, ce sera ton frère », me dit Cayrol. Et ce fut le cas.
Quelles sont ces histoires que vous ­racontaient vos parents ?
Quand j’étais petit, ma mère, monarchiste, me racontait des histoires de France. C’était Saint Louis sous son chêne, Louis XI et Jean de la Balue, Marie-Antoinette… Son père, qu’elle admirait, est mort l’année où je suis né. J’étais celui qui devait faire aussi bien que lui. Elle me disait : « Tu seras écrivain et tu serviras la France. » Quant à mon père, qui a été officier de marine de réserve, il m’aidait à m’endormir en me racontant des histoires de pirates, de remorqueurs, de sous-marins. Il passait tous ses étés sur l’île de Bréhat – c’est ce qui comptait pour lui et ce qui continue à compter pour moi. Les bras de la vie, c’est comme une histoire. Il faut s’y blottir. Les histoires vous font avancer, comprendre, elles donnent du courage et réconfortent. C’est comme naviguer : dire « il était une fois », c’est hisser la voile.
Vous êtes vraiment le fruit de cette ­enfance bercée par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le phénomène Netta Barzilai a convaincu l’Europe. Le duo français Madame Monsieur, qui figurait parmi les favoris, s’est dit « très fier » de sa prestation.
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Israël remporte l’Eurovision 2018, la France se classe 13e

Le phénomène Netta Barzilai a convaincu l’Europe. Le duo français Madame Monsieur, qui figurait parmi les favoris, s’est dit « très fier » de sa prestation.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 02h47
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 12h27
    |

                            Aurélie Blondel








                        



   


L’Israélienne Netta Barzilai, 25 ans, a remporté l’Eurovision 2018, samedi 12 mai dans la soirée, sur la scène de l’Altice Arena de Lisbonne, au Portugal, au terme d’un concours riche en surprises et suspense. Apportant ainsi à son pays la quatrième victoire de son histoire, vingt ans après celle de sa compatriote Dana International. Son titre Toy, inspiré du mouvement #metoo, s’est imposé avec 529 points.
Le duo pop français Madame Monsieur et sa chanson Mercy, qui figurait parmi les favoris, pointe, de son côté, à la treizième place, avec 173 points. Tenue noire et baskets rouges, le duo racontait sur scène la naissance d’un bébé à bord d’un bateau de SOS Méditerranée, après que sa mère, qui fuyait le Nigéria, a été sauvée d’un naufrage en mer.
Chats porte-bonheur et caquètements
Si la prestation des Français, sans décor ni danseurs, était placée sous le signe de la sobriété, l’Israélienne Netta, vêtue d’un kimono rose et rouge, a, quant à elle, offert un spectacle exubérant, parfois déconcertant, mais clairement bluffant. Chantant devant des étagères arborant 112 maneki-neko, ces chats porte-bonheur japonais qui lèvent la patte, elle a séduit par ses performances vocales surprenantes, ponctuées de curieux caquètements, et le rythme entraînant, festif, du titre.
« Ma chanson parle d’émancipation des femmes, mais aussi de ceux à qui on a répété qu’ils ne faisaient jamais rien de bien, de ceux à qui on a martelé qu’ils n’étaient pas assez maigres ou pas assez forts », avait expliqué la jeune femme mercredi au Monde. « Je ne suis pas un jouet », clame-t-elle tout au long du titre. Ce dernier avait été propulsé favori de cette édition par les bookmakers, qui parient sur le concours, dès sa présentation en mars. Elle avait conservé cette place de longues semaines.
Ces derniers jours, c’est toutefois sur la victoire de Fuego, un titre aux accents latinos interprété pour Chypre par une célèbre chanteuse grecque, que misaient surtout ces fameux bookmakers. Le titre d’Eleni Foureira est finalement arrivé deuxième avec 436 points, devant l’Autrichien Cesar Sampson. La troisième place de ce dernier constitue la grande surprise de la 63e édition du concours.
Le concert a aussi été marqué par l’irruption d’un homme sur scène durant la prestation de la Britannique SuRie, à qui il a arraché le micro avant d’être emmené par la sécurité. La jeune femme a rapidement repris le cours de sa chanson, ovationnée par la salle. La production lui a proposé de rechanter, mais elle a refusé.
« Je veux gagner, j’adore gagner ! »
A l’issue du spectacle, le duo français est apparu déçu et fatigué, mais sans amertume. « L’engouement autour de notre chanson nous rend très fiers, d’autant que le sujet était clivant, a expliqué Jean-Karl Lucas, 35 ans, le monsieur de Madame Monsieur. Nous avons respecté l’Eurovision, nous y sommes allés à fond, à 100 %, avec humilité et bonheur. J’en retiendrai de belles rencontres avec les autres artistes et musiciens, mais aussi avec les fans de l’Eurovision. Et surtout, beaucoup de gens ont découvert SOS Méditerranée à travers cette chanson. »

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                Madame Monsieur, un duo pop pour l’Eurovision



La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, qui avait fait le déplacement à Lisbonne, a fait savoir dans la nuit que cette place de la France ne remettait pas en cause l’émission Destination Eurovision. « C’est une bonne formule, nous avons bien l’intention de continuer, a-t-elle expliqué à la presse. Bien sûr, j’aurais préféré que Madame Monsieur gagne, (…), mais je suis très contente pour Israël, c’est une chanson féministe parlant des femmes qui assument ce qu’elles sont. »

Fière d’être ce soir à #Lisbonne aux côtés de @MadameMonsieur et de toute la délégation française et de rencontrer… https://t.co/sAFizQSDMZ— DelphineErnotte (@Delphine Ernotte)


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« Je veux gagner, j’adore gagner, vous vous rendez compte quelle fête ce serait ? », a encore lancé Mme Ernotte, expliquant « avoir attrapé le virus de l’Eurovision » et promettant de s’y rendre de nouveau l’an prochain. Interrogée sur ce que la France pourrait améliorer à l’avenir, elle a répondu :
« Peut-être pourrait-on donner davantage à comprendre le sens de nos chansons, par les images ou la scénographie, c’est là-dessus qu’il faut que nous travaillions. Nous avions délaissé l’Eurovision, nous le savons, mais sur le long terme notre ténacité sera payante. »
« Nous devons continuer sur cette dynamique et ne pas faire les mauvais perdants », a martelé, de son côté, Antoine Boilley, directeur délégué de France 2.
Plus tôt dans la soirée, Mme Ernotte avait annoncé le retour de la France à l’Eurovision Junior, dès sa prochaine édition, le 25 novembre en Biélorussie. La sélection du candidat sera réalisée « en interne », a précisé Edoardo Grassi, chef de la délégation française.

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                L’anglais, de plus en plus présent au concours Eurovision de la chanson




Meilleure audience pour l’Eurovision depuis 2009
La finale du concours de l’Eurovision, diffusée samedi 12 mai sur France 2 en direct depuis Lisbonne, a enregistré sa meilleure audience depuis 2009, avec plus de cinq millions de téléspectateurs, et a largement devancé la finale de The Voice de TF1, tombée à un plus bas niveau, d’après des chiffres de Médiamétrie.
Selon les données de Médiamétrie, la 63e édition du concours, remportée par la chanteuse israélienne Netta, a été suivie par 5,2 millions de téléspectateurs, donnant à France 2 une part d’audience de 28,5 %.
C’est le meilleur résultat depuis 2009, quand l’Eurovision avait réuni 5,7 millions de téléspectateurs. Depuis, l’émission n’était jamais remontée au-dessus de cinq millions de téléspectateurs et s’était même effondrée sous la barre des trois millions en 2013 et 2014.
Parallèlement, la finale du télécrochet de TF1, The Voice, diffusée également samedi soir, a été regardée par 4,5 millions de téléspectateurs, soit une part d’audience de 21,2 % pour TF1. A l’inverse, c’est un plus bas historique pour la finale de ce show lancé en 2012, et qui avait attiré un peu moins de cinq millions de téléspectateurs lors des deux précédentes finales.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le cinéaste argentin convoque le western, les films de gangsters, la comédie ou encore « Pierrot le fou » pour raconter l’histoire d’un adolescent meurtrier.
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Cannes 2018 : avec Luis Ortega, méfiez-vous des anges

Le cinéaste argentin convoque le western, les films de gangsters, la comédie ou encore « Pierrot le fou » pour raconter l’histoire d’un adolescent meurtrier.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 02h06
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 12h12
    |

            Véronique Cauhapé








                        



   


Sélection officielle – Un certain regard
Que l’adolescence est belle quand elle prend les allures de Carlitos (Lorenzo Ferro) déambulant dans les rues de Buenos Aires ! Démarche souple, boucles blondes à faire pâlir le soleil, lèvres pleines et rouges comme des pétales, on lui donnerait le bon Dieu sans confession. Un « ange », tel que le pose le titre du film. Un ange qui prend la vie comme elle vient et les richesses (matérielles) là où elles se trouvent. A savoir dans les luxueuses demeures de la ville où il pénètre avec l’agilité d’un chat, et d’où il ressort au volant d’une voiture de luxe, le butin dans le coffre.
Ainsi va son petit bonhomme de chemin jusqu’à ce que Carlitos rencontre Ramon (Chino Darin), beauté du diable, avec qui il s’associe pour le meilleur et pour le pire. Mus par une attirance un peu trouble, les lascars, forts d’être deux, n’hésitent pas à emprunter le versant plus abrupt de la montagne. Magasin d’armes, bijouterie… sont désormais leur terrain de jeu. Ils n’ont peur de rien, pas même des individus qui barrent leur route, ceux-là se retrouvant aussitôt envoyés d’une balle de revolver dans l’au-delà.

   


L’éclat de la pureté enfantine
Inspiré de l’histoire de Carlos Eduardo Robledo Puch, l’un des plus grands tueurs en série de l’histoire de l’Argentine, né en 1952, surnommé « L’Ange de la Mort » par la presse et condamné en 1972 à la réclusion à perpétuité (pour, entre autres, dix-sept cambriolages et onze meurtres), le film de Luis Ortega prend à contre-pied la noirceur de son sujet. En l’enveloppant d’une humeur joyeuse, en l’élevant vers l’éclat de la pureté enfantine, il en fait un objet solaire, plein d’éclats – humoristiques, artistiques, scénaristiques. L’Ange a certes parfois un regard de démon, il n’en est pas moins un gamin qui agit sans notion du bien et du mal, avec la légèreté d’une innocence dont le cinéaste nous laisse croire qu’elle le définit tout entier.

   


Pour décrire cette figure quasi allégorique – et le duo qu’il forme avec Ramon –, le cinéaste argentin convoque le western, les films de gangsters, la comédie, Pierrot le fou (Jean-Luc Godard), Bonnie et Clyde (Arthur Penn), avec l’esprit joyeux et le cœur léger. L’Ange s’éclaire du travail éblouissant de l’opérateur Julian Apezteguia mais aussi de l’interprétation des acteurs dont aucun rôle, fut-il secondaire, n’est délaissé. Bien au contraire, c’est toute une troupe que met en scène ce quatrième long-métrage de Luis Ortega, sélectionné à Un certain regard, avec des gueules, des allures et des répliques qu’on n’oublie pas. Cet Ange meurtrier nous transporte dans une chevauchée fantastique, au cœur du Buenos Aires des années 1970, avec la dextérité et la profusion d’attractions d’un parc à thèmes où les manèges, les grands huit et les trains fantômes nous mettent sens dessus dessous.

Film argentin de Luis Ortega. Avec Lorenzo Ferro et Chino Darin (2 heures). Sortie en salle prochainement. Sur le Web : www.ugcdistribution.fr/film/lange



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le deuxième long-métrage d’Eva Husson tente de concilier le récit romanesque et l’évocation des tragédies kurde et yézidie.
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Cannes 2018 : « Les Filles du soleil », les combattantes kurdes dans le champ de mines de la fiction

Le deuxième long-métrage d’Eva Husson tente de concilier le récit romanesque et l’évocation des tragédies kurde et yézidie.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 01h51
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 15h43
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Sélection officielle – en compétition
Est-ce donc si grave que les acteurs ne parlent pas la langue de leurs personnages, que le morceau d’histoire (au sens de ce que fait advenir l’humanité) qu’ils traversent soit seulement « inspiré » de ce qu’il s’est passé ? Après avoir vu Les Filles du soleil, on a tendance à répondre que oui, c’est grave, pour autant qu’un choix cinématographique puisse porter à conséquence. Que le recours à la fiction, quand on veut évoquer une tragédie qui n’est pas encore terminée, implique plus de devoirs que de droits.
Pour son deuxième long-métrage, après Bang Gang, chronique de la dérive érotique d’un groupe d’adolescents, Eva Husson a sauté à pied joint dans un brasier : la guerre qui a opposé l’organisation Etat islamique (EI) aux combattants kurdes en 2014 et 2015. Comme nombre de chroniqueurs de ce conflit, elle s’est attachée aux femmes qui ont pris les armes, dans des unités rattachées à diverses obédiences kurdes, et ont affronté les forces du « califat ». Mais celui-ci ne sera pas nommé, pas plus que les factions kurdes, un carton prévient que les noms des lieux, des formations politiques et militaires et le détail des événements ont été changés.
La complexité transnationale gommée
Ce qui affranchit Eva Husson, qui signe le scénario, de la tâche ardue de donner une idée claire de l’origine de ces unités féminines, de leur place dans le paysage kurde, dont la complexité transnationale est ici gommée. Car l’histoire des Filles du soleil est simple. Bahar (Golshifteh Farahani) commande une unité d’anciennes captives dans une région qui ressemble aux monts Sinjar, au nord de l’Irak, théâtre de la persécution des yézidis par l’Etat islamique.

        Lire le portrait :
         

          Golshifteh Farahani, des racines et des ailes




   


Elle accueille dans ses rangs Mathilde (Emmanuelle Bercot), une journaliste française qui arrive sur le théâtre des opérations au moment où tous ses confrères le quittent. Mathilde a perdu un œil (comme la journaliste britannique Marie Colvin, tuée par l’armée gouvernementale syrienne à Homs en 2012) et a été évacuée sur une moto de Homs (comme la journaliste française Edith Bouvier, blessée lors du même bombardement). Elle est aussi veuve d’un journaliste tué en Libye, mère d’une petite fille qu’elle a laissée seule.

On sent bien que de cet amalgame, Eva Husson voudrait faire sortir un personnage de fiction, tout comme du mélange d’éléments des histoires yézidie et kurde qui fait l’histoire de la commandante Bahar, qui d’ailleurs s’exprime dans la variante iranienne de la langue kurde, alors que ses subordonnées lui répondent dans la forme irakienne.
Flash-back
Après tout, l’histoire du cinéma ne manque pas d’exemples glorieux qui ont adopté ce rapport plutôt lâche avec l’histoire. Casablanca reste un beau film antifasciste, même si les Marocains, les résistants et les expatriés américains se sont toujours amusés de sa parfaite invraisemblance. Mais Casablanca a été tourné par des Américains à un moment où ils ignoraient presque tout de la réalité atroce de ce qui se passait en Europe. N’importe quel spectateur ou spectatrice des Filles du soleil peut accéder aux éléments qui ont fait l’histoire des unités féminines kurdes, du martyre des femmes yézidies, des premiers mois de la campagne contre l’EI. Et cette connaissance, ou sa seule possibilité, rend difficile de voir ravalés au rang d’éléments malléables, des faits répertoriés, qui ont chacun leur sens précis.

   


C’est ainsi que l’invasion des « extrémistes » (c’est le nom que leur donne le film), le massacre des hommes, l’enlèvement des enfants, l’asservissement des femmes, seront découpés en flash-back, qui alternent avec le récit de la prise de la ville où Bahar fut capturée par les forces kurdes. La combattante est persuadée que dans une école tenue par les « extrémistes », son fils est endoctriné.
Les motivations des protagonistes relèvent donc des figures romanesques les plus élémentaires : l’une ne peut plus regarder sa fille en face, l’autre veut revoir son fils. C’est tout. Bahar a beau être avocate et polyglotte, rien de politique n’entrera dans son discours, avant tout affectif. Quant à Mathilde, la souffrance que lui occasionne son métier de reporter de guerre (qu’Emmanuelle Bercot rend plus que perceptible) rend incompréhensible son acharnement à l’exercer. S’il est une hypothèse qu’Eva Husson ne veut pas évoquer, c’est que certaines femmes puissent aimer la guerre, pour la raconter ou pour la faire, malgré Lee Miller ou Jeanne d’Arc.

Film français d’Eva Husson. Avec Golshifteh Farahani et Emmanuelle Bercot (1 h 55). Sortie en salle le 21 novembre. Sur le Web : www.lesfillesdusoleil-lefilm.com/presse



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le deuxième long-métrage de Romain Gavras, avec Vincent Cassel et Isabelle Adjani, ne montre rien d’autre que des personnages s’arnaquant les uns les autres.
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Cannes 2018 : « Le monde est à toi », un polar tape-à-l’œil

Le deuxième long-métrage de Romain Gavras, avec Vincent Cassel et Isabelle Adjani, ne montre rien d’autre que des personnages s’arnaquant les uns les autres.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 01h30
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 11h05
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


Quinzaine des réalisateurs
François (Karim Leklou), dealer de banlieue en quête de légitimité, ambitionne de devenir le distributeur officiel de la franchise « Mister Freeze » (la fameuse marque de bâtons glacés) sur le territoire marocain, alors qu’il vit encore auprès d’une mère flambeuse et castratrice, Dany (Isabelle Adjani), qui dilapide tout son pécule au jeu. Pour se renflouer, il accepte une combine de Poutine, le caïd du quartier, et part en Espagne réceptionner une cargaison de résine de cannabis. Accompagné d’un beau-père margoulin (Vincent Cassel), d’une amie michetonneuse (Oulaya Amamra, vue dans Divines, de Houda Benyamina) et d’un duo explosif de petites frappes nommées toutes deux Mohammed, François s’enfonce dans un plan hasardeux qui ne tarde pas à déraper dans les grandes largeurs.

   


Une galerie de pieds nickelés
Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, Le monde est à toi est le deuxième long-métrage de Romain Gavras, cofondateur du collectif « Kourtrajmé », réputé pour ses clips musicaux percutants (avec des artistes comme M.I.A., Justice ou Kanye West). Avec son titre reprenant la fameuse devise de Scarface (« The World Is Yours »), le film en propose une sorte de relecture franchouillarde, ajustée aux dimensions d’un décor français où la démesure à l’américaine cède le pas à l’esprit de dérision. S’il raconte l’ascension d’un petit délinquant rêvant de passer des cités-dortoirs aux zones pavillonnaires (c’est-à-dire de changer de décor), c’est sous un jour quasi parodique, à travers les bourdes en série de personnages qui s’affirment comme une galerie de pieds nickelés.

   


La mise en scène brasse beaucoup d’air et fait beaucoup de bruit pour pas grand chose
On peut toutefois ne pas être sensible à cet humour qui carbure à l’agressivité verbale (insultes, vannes et intimidations) et se résout dans un imaginaire potache (Adjani en burkini, les migrants servant de domestiques bon marché). Sous son vernis tape-à-l’œil, la mise en scène brasse beaucoup d’air et fait beaucoup de bruit pour pas grand chose. Le monde est à toi ne s’intéresse, en définitive, qu’à des personnages s’arnaquant les uns les autres, et ne décrit qu’une laborieuse quête de virilité, celle d’un héros cherchant à se défaire d’une réputation trop tendre. On conçoit qu’un tel programme puisse sembler, aujourd’hui, quelque peu dépassé.

Film français de Romain Gavras. Avec Karim Leklou, Isabelle Adjani, Vincent Cassel, Oulaya Amamra, François Damiens, Philippe Katerine (1 h 40). Sortie en salle le 22 août. Sur le Web : www.quinzaine-realisateurs.com/film/le-monde-est-a-toi



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le dernier film du réalisateur iranien se présente comme une nouvelle variation destinée à figurer sa claustration, alors qu’il reste assigné à résidence dans son pays.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/05/2018
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Cannes 2018 : « Trois visages », le minimalisme virtuose de Jafar Panahi

Le dernier film du réalisateur iranien se présente comme une nouvelle variation destinée à figurer sa claustration, alors qu’il reste assigné à résidence dans son pays.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 01h14
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 11h13
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


Sélection officielle – en compétition
Quatre jours après son compatriote Asghar Farhadi, c’est au tour de l’Iranien Jafar Panahi d’entrer en lice. On ne saurait imaginer tandem plus disparate. Exilé de son pays, coqueluche du cinéma d’auteur grand public, Farhadi est passé maître dans l’art des récits bien ficelés et de l’inquiétude morale. Revers de la médaille – et cas fréquent de l’art cinématographique –, l’éloignement de la terre natale ne favorise pas toujours l’inspiration qui guidait l’artiste lorsqu’il tournait à domicile. A contrario, Panahi, sans doute moins célèbre, est plus chéri des cinéphiles « hardcore », qui voient en ce fils spirituel et ancien assistant du maître Abbas Kiarostami la continuation du cinéma moderne iranien, sous les auspices d’une requalification baroque du néoréalisme.
La carrière de ce fils d’un peintre en bâtiment élevé dans les quartiers déshérités de Téhéran et les récompenses prestigieuses qui la jalonnent l’attestent. Caméra d’or à Cannes pour Le Ballon blanc (1995), Lion d’or à Venise pour Le Cercle (2000), prix Un certain regard à Cannes pour Sang et or (2003), Ours d’argent à Berlin pour Hors Jeu (2006), Ours d’or pour Taxi Téhéran (2015)… L’acuité de son regard sur les maux de la société iranienne (plus marquée que chez Kiarostami : absence de liberté, sort des femmes, misère du petit peuple), associée à la grâce et à l’humour qu’il sait conférer à son insolence, règle très rapidement son cas auprès des autorités. Lesquelles commencent par interdire ses films, avant de lui interdire carrément de les tourner lorsque le réalisateur rejoint les opposants à l’ex-président Mahmoud Ahmadinejad. Emprisonné puis jugé en 2010, condamné à six ans de prison et à une interdiction de tourner la moindre image durant vingt ans, il est depuis lors assigné à résidence.

        Lire la gazette de la Croisette :
         

          Les femmes à l’honneur et Jafar Panahi toujours interdit de tapis rouge



L’Iran étant de toute évidence un pays prodigieux, aucune de ces mesures de rétorsion n’a réussi à empêcher Jafar Panahi de tourner des films et de les faire sortir du pays, selon des voies mystérieuses qui n’appartiennent qu’à lui. De sorte qu’un étrange commerce s’est noué depuis lors entre les grands festivals qui, intercédant en vain auprès des plus hautes autorités iraniennes pour inviter l’auteur, sélectionnent régulièrement ses films et les projettent en son absence. Tout cinéphile sait d’évidence que ce hors-champ ne fait qu’y renforcer son aura. Depuis lors, Ceci n’est pas un film (2011), Pardé (2013) ou Taxi Téhéran ont, chacun à leur manière, mis en scène l’enfermement du cinéaste acculé à l’inaction et s’employant à la contourner, sur un ton où le tragique le dispute à la malice, avec pour enjeu l’affirmation opiniâtre de sa survie, comme homme et comme artiste.

   


Conditions drastiques de tournage
La gravité de ces attendus – voilà bien le plus stupéfiant – n’empêche pourtant rien au jeu qui caractérise l’esthétique de ce cinéma. Au contraire, eu égard aux conditions drastiques des nouveaux tournages de Panahi, il accuse ce minimalisme virtuose, jetant un trouble définitif sur le sentiment qui nous permet de départager la réalité de la fiction. Trois visages se présente ainsi comme une nouvelle variation destinée à figurer la claustration du metteur en scène, qui oscille depuis quatre films entre l’appartement et la voiture. C’est ici de nouveau la voiture, mais prise pour un voyage qui nous emmène plus loin – dans les régions turcophones et montagneuses du Nord-Ouest iranien – et que Panahi, dans son rôle récurrent de cinéaste-acteur, se contente de convoyer.

        Lire le compte-rendu :
         

          82 femmes appellent à la parité et à l’égalité salariale sur les marches du Festival de Cannes



La séquence d’ouverture, filmée au téléphone portable et en contre-plongée par l’intéressée, est celle d’une jeune fille qui se pend dans une grotte, non sans avoir adressé, de la plus confuse des manières à un personnage qu’on ignore, un pathétique appel à l’aide. Brisé net par le saut dans le vide de la fatale héroïne, ce plan inaugural est suivi d’un raccord qui va s’évertuer d’en renouer et d’en démêler les fils. On passe alors à bord d’un 4x4 poussiéreux, comme les aime le cinéma iranien qu’on apprécie, à bord duquel se tiennent à la place du passager une femme voilée à demi-hystérique et à celle du conducteur un type qui s’efforce de la raisonner, mais dont on n’entend que la voix.
La fidélité de Jafar Panahi au maître défunt Abbas Kiarostami est une manière de jouer sa propre liberté
Il appert bientôt que la première est la renommée actrice Mme Jafari (c’est bien elle), que le second est le célèbre cinéaste M. Panahi (c’est bien lui), que la fille qui a envoyé le message délirant, dénommée Marziyeh, est une élève du conservatoire que sa famille veut garder de force au village et qui en appelle à l’intercession de Mme Jafari ; qu’enfin, Mme Jafari et M. Panahi, dans l’inquiétude de savoir si c’est une vivante ou une morte qui veut continuer sa carrière théâtrale, se rendent à son village pour en avoir le cœur net, en d’autres termes pour tenter d’établir la vérité sur la nature réelle ou fictive du suicide en question.
Vivre sa vie dans une société passionnée par la mort
Il s’ensuit, comme on dit, une cascade de péripéties plus ou moins étranges, drôles et pittoresques confrontant notre couple d’enquêteurs aux autochtones, dans une quête de vérité qui tient plus du jeu de cache-tampon que de la poursuite du Graal. On y croise, notamment, un vieux sage, un tenant cromagnonesque du patriarcat, une vieille qui teste sa tombe, des conducteurs folâtres, des fans de séries télévisées, et une jeune fille qui voudrait, coûte que coûte, vivre sa vie dans une société passablement passionnée par la mort. Le tout est terriblement kiarostamien, avec des réminiscences précises de Où est la maison de mon ami ? (1987), du Goût de la cerise (1997) et du Vent nous emportera (1999). Autant de films qui jouent, eux aussi, la vie contre la mort, l’exorcisme de la fatalité. Une situation désormais familière à Jafar Panahi, dont la fidélité au maître défunt est une manière de jouer sa propre liberté.
Film iranien de Jafar Panahi. Avec Behnaz Jafari, Jafar Panahi, Marziyeh Rezaei (1 h 40). Sortie en salle le 6 juin. Sur le Web : distribution.memento-films.com/film/infos/89



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le premier film du Brésilien Joe Penna permet à Mads Mikkelsen de faire preuve de son endurance dans le rôle d’un aviateur naufragé au nord du cercle polaire.
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Cannes 2018 : « Arctic », pêche à la truite et survival

Le premier film du Brésilien Joe Penna permet à Mads Mikkelsen de faire preuve de son endurance dans le rôle d’un aviateur naufragé au nord du cercle polaire.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 00h58
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 12h26
    |

                            Thomas Sotinel








                        



Sélection officielle – hors compétition, séance de minuit
Le genre a fait ses preuves à Cannes. L’homme seul qui lutte contre les éléments pour sa survie. En 2013, J. C. Chandor et Robert Redford enfermaient toute une salle dans la cabine d’un voilier en perdition, et les spectateurs ressortaient lessivés d’All Is Lost. L’ambition de Joe Penna, youtubeur brésilien passé à la réalisation de publicités, de clips et maintenant d’un long-métrage, est de susciter chez leurs successeurs de 2018 des engelures imaginaires, en une centaine de minutes de séjour au nord du cercle polaire, arctique, comme le titre l’indique.

   


La minutie avec laquelle il énumère les stratagèmes qu’élabore Overgard (Mads Mikkelsen), son héros, pour ne pas mourir de faim ou de froid après le crash de l’avion qu’il pilotait, pourrait emporter la conviction si le réalisateur, qui est aussi scénariste (avec Ryan Morrison), avait fouillé le caractère de son unique personnage avec l’ardeur que celui-ci met à creuser dans la neige un gigantesque SOS visible du ciel. Mais l’essentiel de ce travail incombe au seul Mads Mikkelsen, par ailleurs durement mis à contribution dans d’autres compartiments du jeu : bricolage, pêche, premiers secours…

   


Une morale aussi rigoureuse que le climat
Car si le film n’a besoin que d’un acteur, sa population totale s’élève à deux âmes. Les premières séquences montrent Overgard plusieurs semaines après le crash de son avion et la mort de son copilote. Ses journées sont minutées à la seconde : pêche à la truite arctique, activation d’une balise de fortune, entretien du signe SOS déjà mentionné. L’acteur donne à cette ascèse une noblesse certaine, on sent qu’Overgard est un garçon sérieux. C’est aussi un homme de bien. Lorsqu’un hélicoptère qui a fini par le repérer s’écrase à son tour, il en extrait une copilote, thaïlandaise, qui restera pendant tout le film dans un état semi-comateux. Le naufragé devient sauveteur, et doit choisir entre sa seule survie et celle de la microcollectivité constituée par les catastrophes aériennes.

   


A chaque fois qu’il lui faut choisir, Overgard témoigne d’une morale aussi rigoureuse que le climat qu’il doit subir. Malgré l’engagement physique de Mads Mikkelsen, malgré l’inépuisable étonnement de son regard face aux merveilles et à la cruauté de la nature, on finit par ne plus douter de grand chose quant à l’issue de cette ordalie. Si bien qu’on s’intéresse à de petits détails : pourquoi la blessée ne sort-elle jamais du sac de couchage dans lequel son sauveteur l’a enveloppée ? N’est-ce pas contraire à l’hygiène la plus élémentaire ? Comment notre héros, au bout de plusieurs semaines de diète salmonidée, peut-il faire preuve d’une force physique et d’une endurance dignes du mieux nourri des triathlètes ? Quand ce genre de préoccupations se glisse dans les replis de l’esprit du spectateur au point de le distraire des événements qui surviennent à l’écran, le film n’est pas tout à fait réussi.

Film américain de Joe Penna. Avec Mads Mikkelsen, Maria Thelma Smaradottir (1 h 37). Sortie en salle le 5 décembre. Sur le Web : www.thejokersfilms.com/films/arctic



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ De nombreuses stars et femmes du 7e art, dont la présidente du jury Cate Blanchett, ont pris part, samedi, à une montée des marches 100 % féminine en faveur de l’égalité.
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Cinéma : 82 femmes appellent à la parité et à l’égalité salariale sur les marches du Festival de Cannes

De nombreuses stars et femmes du 7e art, dont la présidente du jury Cate Blanchett, ont pris part, samedi, à une montée des marches 100 % féminine en faveur de l’égalité.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 18h58
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 14h15
   





                        



Quatre-vingt-deux femmes ont lancé, samedi 12 mai, un appel à « l’égalité salariale » dans le cinéma, lors d’une montée des marches inédite et 100 % féminine au Festival de Cannes. Parmi elles, les membres féminins du jury, dont sa présidente Cate Blanchett, des réalisatrices, des actrices, mais aussi des monteuses, des productrices et des décoratrices, toutes femmes du 7e art.
Cette première dans l’histoire du Festival vient marquer cette 71e édition, la première depuis l’éclatement du scandale Weinstein. Le producteur hollywoodien a été accusé ces derniers mois de harcèlement sexuel et de viols par plus d’une centaine de femmes à travers le monde, stars comme actrices débutantes.

   


« Nous demandons l’équité et la réelle diversité »
« Nous mettons au défi nos gouvernements et nos pouvoirs publics pour appliquer les lois sur l’égalité salariale », a déclaré la réalisatrice française Agnès Varda, qui a pris la parole aux côtés de la star australienne Cate Blanchett, toute de noire vêtue.

        Lire le récit :
         

          Et Cannes créa le tout-puissant Harvey Weinstein



« Nous mettons au défi nos institutions pour organiser activement la parité et la transparence dans les instances de décision. (…) Nous demandons l’équité et la réelle diversité dans nos environnements professionnels », ont-elles lu sur le tapis rouge, l’une en anglais, l’autre en français.
Elles ont toutes les deux rappelé que 82 est le nombre de femmes retenues en compétition pour la Palme d’or par le Festival depuis sa première édition en 1946, contre 1 688 hommes.
Elles ont également souligné que depuis sa création, 71 réalisateurs avaient reçu une Palme d’or, contre seulement deux femmes : Jane Campion, en 1993, pour La Leçon de piano, ex aequo avec le Chinois Chen Kaige, et Agnès Varda elle-même, pour une Palme d’honneur en 2015.

   


Trois femmes en lice pour la Palme d’or
« Les femmes ne sont pas minoritaires dans le monde, et pourtant, notre industrie dit le contraire », ont encore souligné Cate Blanchett et Agnès Varda. Autour d’elles sur le tapis rouge, figuraient Salma Hayek, Marion Cotillard, Jane Fonda, Claudia Cardinale, Julie Gayet et les membres féminins du jury.

        Lire le compte-rendu :
         

          Cate Blanchett, prochaine présidente d’un Festival de Cannes qui laisse peu de place aux femmes



Le Festival avait envoyé un premier signal fort en direction des femmes, en choisissant un jury majoritairement féminin.
Cette marche symbolique a été organisée avant la projection des Filles du soleil, le film de la première des trois femmes en lice cette année pour la Palme d’or, la Française Eva Husson. Son film suit un bataillon de combattantes kurdes commandé par la sergente Bahar, jouée par l’Iranienne Golshifteh Farahani.



                            


                        

                        

