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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Instaurée par la loi de transition énergétique d’août 2015, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) vise à définir une feuille de route plaçant le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs à long terme.
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Transition énergétique : En France, un débat dans l’ombre du nucléaire

Instaurée par la loi de transition énergétique d’août 2015, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) vise à définir une feuille de route plaçant le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs à long terme.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 17h15
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

« Les Français sont-ils capables de parler d’autre chose que du nucléaire ? », plaisantait récemment un industriel, fasciné par la capacité du débat français à se focaliser sur le sujet. Depuis le début de l’année, la France est entrée dans les débats sur sa feuille de route énergétique, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Instaurée par la loi de transition énergétique d’août 2015, la PPE vise à définir, pour deux périodes de cinq ans (2019-2023 et 2024-2028), une feuille de route plaçant le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs à long terme.
Nicolas Hulot a annoncé, le 7 novembre 2017, que la France renonçait à l’objectif de 2025 pour atteindre 50 % de nucléaire dans sa production électrique
A savoir : la neutralité carbone au milieu du siècle, la diminution de moitié de la consommation d’énergie à la même échéance, la réduction de 30 % du recours aux énergies fossiles d’ici à 2030, le développement des renouvelables à hauteur de 32 % des besoins énergétiques à la même date, mais aussi la baisse de la part de l’électricité d’origine nucléaire à 50 %… à une date indéterminée.
Et c’est ce dernier point qui est au centre de toutes les attentions. Surtout depuis que Nicolas Hulot a annoncé, le 7 novembre 2017, que la France renonçait à l’objectif de 2025 pour atteindre 50 % de nucléaire dans sa production électrique – contre 75 % aujourd’hui. « Il sera difficile de tenir ce calendrier, sauf à relancer la production d’électricité à base d’énergies fossiles », explique alors le ministre de la transition écologique et solidaire.

Le raisonnement est le suivant : la priorité doit être donnée à la lutte contre le changement climatique et à la diminution des gaz à effets de serre. Réduire trop vite la part de nucléaire, qui n’émet pas de CO2, c’est prendre le risque de ne pas pouvoir fermer les centrales à charbon, voire d’ouvrir d’autres centrales thermiques à gaz.
Mix électrique
Selon...




                        

                        


<article-nb="2018/05/13/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Alors que la France réfléchit à sa stratégie de transition énergétique, la voie radicale choisie par l’Allemagne – sortie du nucléaire compensée par les renouvelables – divise toujours. Non concertée avec ses voisins, elle a bouleversé le paysage européen.
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Nucléaire : le dialogue de sourds entre Allemands et Français

Alors que la France réfléchit à sa stratégie de transition énergétique, la voie radicale choisie par l’Allemagne – sortie du nucléaire compensée par les renouvelables – divise toujours. Non concertée avec ses voisins, elle a bouleversé le paysage européen.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 17h00
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

La visite n’a duré que quelques heures, mais c’était une première pour un ministre français : en venant rassurer les élus locaux sur la fermeture de la centrale de Fessenheim, à la mi-avril, Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, a franchi le Rhin pour rencontrer élus et chefs d’entreprise en pays germanique. L’objectif : réfléchir ensemble au futur du territoire après la fermeture, en fin d’année, des réacteurs nucléaires, réclamée de longue date par des Allemands hostiles à l’énergie nucléaire. Avec un espoir : qu’une fois la page Fessenheim (Haut-Rhin) tournée, le dialogue de sourds entre Français et Allemands sur la transition énergétique reparte sur de meilleures bases.
une grande partie de la classe politique et des industriels allemands estime que le pays est sur la bonne voie
Il y a en effet urgence. La France s’est lancée depuis plusieurs semaines dans la rédaction de sa feuille de route énergétique, baptisée « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE), et l’exemple allemand de sortie du nucléaire pourrait lui être fort utile. Pour l’instant, il fait encore largement figure d’épouvantail de ce côté-ci du Rhin. Malgré les centaines de milliards d’euros investis, raille Jean-Marc Jancovici, consultant en énergie-climat pour Carbone 4, « l’Allemagne n’a pas diminué de manière notable la facture de ses importations d’énergie, ni diminué ses émissions de CO2, a fragilisé son réseau électrique et il n’est pas certain que cela ait permis de créer des champions industriels pérennes ». Bref, un échec total.
A l’inverse, une grande partie de la classe politique et des industriels allemands estime que le pays est sur la bonne voie. « En France, on a tendance à considérer que les Allemands sont stupides d’avoir fait ce choix et, en Allemagne, on a tendance à penser que les Français sont stupides de ne pas l’avoir fait », plaisante Felix Matthes, directeur de recherche...




                        

                        


<article-nb="2018/05/13/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Il pourrait y avoir jusqu’à 30 ou 50 cm de neige au-dessus de 1 000 m dans l’Ardèche, le Cantal, la Haute-Loire et la Lozère, selon Météo-France.
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Quatre départements placés en vigilance orange en prévision de chutes de neige

Il pourrait y avoir jusqu’à 30 ou 50 cm de neige au-dessus de 1 000 m dans l’Ardèche, le Cantal, la Haute-Loire et la Lozère, selon Météo-France.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 18h36
   





                        


De la neige au mois de mai. C’est ce qui attend une partie de la France dimanche, selon Météo-France, qui a lancé une vigilance orange sur les départements de l’Ardèche, du Cantal, de la Haute-Loire et la Lozère. Ce phénomène neigeux important débutera dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 mai et se poursuivra dans la journée de dimanche.
De nombreux départements de France connaîtront des pluies parfois orageuses et intenses, notamment du Languedoc-Roussillon à l’Auvergne. Sur le relief, il devrait neiger au-dessus de 900-1 000 m et les cumuls de neige seront localement importants, surtout pour la saison. Les plus faibles devraient se situer à 5 à 10 cm dès 900 m, et ils pourront s’élever jusqu’à 30 ou 50 cm sur les plateaux dont l’altitude est supérieure à 1 000 m.
Ces chutes de neige « tardi[ves] et notable[s] » pourraient rendre la circulation difficile en cette période de retour de congés, selon Météo-France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Le choix français pour le nucléaire est d’autant plus périlleux qu’il est économiquement dépassé par d’autres sources d’énergie, affirme l’économiste Aurélien Saussay dans une tribune au « Monde ».
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Energie : « L’entêtement français sur la voie du nucléaire est une stratégie risquée »

Le choix français pour le nucléaire est d’autant plus périlleux qu’il est économiquement dépassé par d’autres sources d’énergie, affirme l’économiste Aurélien Saussay dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 13h03
    |

Aurélien Saussay (Economiste et responsable du pôle environnement à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE, Sciences Po))







                        



                                


                            

[La préférence française pour le nucléaire est au cœur du débat public qui a lieu jusqu’au 30 juin sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE).]
Tribune. Avec la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), en débat public jusqu’au 30 juin, la France semble devoir renouveler ses vœux de fidélité au nucléaire. Les tenants du statu quo avancent des arguments surtout économiques. Seule l’électricité nucléaire, fleuron de la technologie française, serait capable de répondre à nos besoins pour un coût raisonnable, tout en n’émettant pas de gaz à effets de serre.
La santé économique de la filière n’est pourtant guère rassurante. Contrairement aux espoirs d’une « renaissance » soulevés en 2007 lors du lancement du chantier de l’EPR à Flamanville, la décennie écoulée s’est avérée désastreuse pour le nucléaire français et international. Areva, qui avait assuré la conception et la maîtrise d’ouvrage de l’EPR, s’est trouvée dans une situation critique, en 2016, après avoir subi une perte cumulée de 10 milliards d’euros de 2011 à 2015. Seule l’injection de près de 5 milliards d’euros par l’Etat et une restructuration drastique a sauvé de la faillite l’entreprise.
De très nombreux projets de réacteurs ont été annulés ces dernières années, au Brésil, en Afrique du Sud, aux Etats-Unis. Principale exception : la Chine, avec 20 réacteurs en construction et 60 autres projetés pour la décennie à venir. Le premier EPR mis en service au monde se trouvera d’ailleurs dans le sud-est de la Chine. En dehors de cette spécificité chinoise, comment expliquer la déroute, en France comme à l’étranger, d’une industrie promise au plus bel avenir il y a seulement dix ans ?
Des tendances structurelles qui minent la compétitivité
La fusion de trois des quatre réacteurs de la centrale de Fukushima en mars 2011 a certes joué un rôle majeur dans ce revirement. Les terribles conséquences de l’accident...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ La France ne peut délaisser, au nom de ses difficultés actuelles, un savoir-faire technologique prisé sur les marchés étrangers, défend Claude Jaouen, ancien cadre d’Areva, dans une tribune au « Monde ».
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Energie : « Au-delà de la situation conjoncturelle, l’industrie nucléaire française a des atouts indéniables »

La France ne peut délaisser, au nom de ses difficultés actuelles, un savoir-faire technologique prisé sur les marchés étrangers, défend Claude Jaouen, ancien cadre d’Areva, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 13h02
    |

Claude Jaouen (Ancien cadre d'Areva)







                        



                                


                            

[La préférence française pour le nucléaire est au cœur du débat public qui a lieu jusqu’au 30 juin sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE).]
Tribune. Le succès à l’international de l’industrie nucléaire française depuis de nombreuses années représente un gain significatif pour l’économie nationale. Les choix qui seront faits d’ici à la fin 2018 sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) seront déterminants pour les années à venir, en termes d’emplois et de balance commerciale.

Avec une rentabilité obérée par des investissements non rentables, la crise financière et l’accident nucléaire provoqué par le tsunami qui a dévasté la côte nord-est du Japon en mars 2011, Areva a dû se restructurer et être recapitalisé. L’industrie nucléaire a également subi les aléas inévitables lorsque l’on redécouvre, après vingt ans sans construction majeure d’infrastructures en Europe, le métier des grands projets et les effets classiques des prototypes ou de têtes de série, dans un référentiel réglementaire non stabilisé.
Tout cela fait beaucoup, et le doute s’est installé. Les bonnes nouvelles passent inaperçues, et l’ensemble de la filière est fragilisé.
Des emplois qualifiés pérennes
Mais qu’observe-t-on dans les filières éolienne et solaire photovoltaïque, malgré une volonté forte et des subventions significatives ? Danois et Allemands dominent le marché de l’éolien terrestre, les technologies offshore d’Alstom et Areva ont été reprises respectivement par ­General Electric et Siemens, le marché des panneaux photovoltaïques est largement dominé par la Chine – ce qui contribue d’ailleurs à sa compétitivité coût. Bref, dans ces domaines, les emplois ­qualifiés ne sont pas en France ! Il faut bien sûr développer les énergies alternatives, mais pas à n’importe quel prix, et en fonction de ce qu’elles peuvent réellement apporter.
Cette industrie représente aujourd’hui...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le consultant Jacques Marceau explique qu’il existe des solutions innovantes pour consommer moins d’énergie, pour l’instant ignorées par les pouvoirs publics.
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Energie : « Il est aujourd’hui techniquement possible de stocker l’été la chaleur dans le sol pour la restituer l’hiver »

Dans une tribune au « Monde », le consultant Jacques Marceau explique qu’il existe des solutions innovantes pour consommer moins d’énergie, pour l’instant ignorées par les pouvoirs publics.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 12h59
    |

Jacques Marceau (Membre du conseil scientifique de l’Institut de la souveraineté numérique)







                        



                                


                            

[La préférence française pour le nucléaire est au cœur du débat public qui a lieu jusqu’au 30 juin sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE).]
Tribune. Obnubilés que nous sommes par les gaz d’échappement de nos voitures, nous avons presque oublié qu’en France, le bâtiment engloutit à lui seul 45 % de l’énergie consommée et est responsable de 27 % des émissions de gaz à effet de serre, dont une grande partie due au chauffage et la climatisation. Les solutions jusqu’à présent imaginées se bornent à agir sur l’enveloppe du bâtiment, alors qu’il est aujourd’hui techniquement possible de stocker la chaleur l’été dans le sol pour la restituer l’hiver, notamment grâce à l’intelligence artificielle.

Pour réussir la décarbonation des bâtiments, il faut bien sûr favoriser la construction de bâtiments thermiquement vertueux, mais aussi limiter l’émission de gaz à effet de serre associée à leur consommation énergétique.
Sortir de la doxa
La première et malheureusement trop souvent unique méthode utilisée en conception comme en rénovation des bâtiments est l’isolation de l’enveloppe. Depuis des années, les pouvoirs publics encouragent le recours à des procédés, matériaux et technologies visant à isoler le bâtiment en déployant tout un arsenal de normes, d’avantages fiscaux et autres subventions.
Dans ce contexte, le développement des énergies renouvelables (ENR) est une opportunité historique, à condition de palier leur intermittence grâce à des solutions de stockage adaptées, qui devront être peu émettrices de carbone.
Mais politiques et professionnels du bâtiment oublient qu’il existe un autre levier d’action avec la décarbonation de la production de chaleur ou de froid. Un levier efficace tant d’un point de vue économique qu’environnemental, qui requiert la mise en œuvre de systèmes énergétiques le plus décarbonés possible, qui consommeront une énergie peu polluante, ce qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Dominique Finon et l’ingénieur Henri Prévot expliquent que le gouvernement doit retourner aux fondamentaux de l’analyse des coûts et des bénéfices, pour renoncer à une réduction de la part du nucléaire qui ne repose que sur des critères politiques.
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Energie : « Une réduction du nucléaire à 50 % serait l’amorce d’une dynamique de pertes d’apprentissage technologique et industriel »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Dominique Finon et l’ingénieur Henri Prévot expliquent que le gouvernement doit retourner aux fondamentaux de l’analyse des coûts et des bénéfices, pour renoncer à une réduction de la part du nucléaire qui ne repose que sur des critères politiques.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 13h05
    |

Dominique Finon (Directeur de recherche CNRS émérite, économiste des marchés électriques et des politiques énergie-climat) et Henri Prévot (Ingénie...







                        



                                


                            

[La préférence française pour le nucléaire est au cœur du débat public qui a lieu jusqu’au 30 juin sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE).]
Tribune. Un des principaux thèmes du débat public en cours sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE) est le choix d’évolution du mix électrique dans les quinze prochaines années. Or, selon les documents qui encadrent le débat, celui-ci est enfermé dans un carcan normatif dont on ne semble pas devoir sortir en dépit du pragmatisme affiché, en décembre 2017, par le président de la République et son ministre de la transition écologique, ­Nicolas Hulot, lorsqu’ils ont reporté sine die l’échéance de l’objectif de 50 % de nucléaire dans la consommation française. Le débat sur la PPE est, en effet, posé de façon fermée avec cet objectif glissant, complété par celui de 40 % d’énergies renouvelables (ENR). Les participants au débat sont juste autorisés à proposer quelques nuances à deux des scénarios prospectifs que le gouvernement a demandés à RTE d’élaborer sur cette base.

La position du président serait de « descendre le plus vite possible vers 50 % de nucléaire, mais à condition de ne pas émettre plus de gaz à effet de serre » (Le Monde du 13 décembre 2017). Mais pourquoi ce chiffre ? Certes, il est inscrit dans la loi de transition énergétique. Mais quelle en est la raison, si ce n’est un compromis politique bancal qui n’a plus de raison d’être depuis l’élection du nouveau président il y a un an ? ­Pourquoi serait-il préférable à 30 %, ou à 75 % comme actuellement ? Pourquoi devrait-il être atteint « le plus vite possible », alors que le nucléaire répond à l’impératif climatique ?
Il n’existe aucune étude technico-économique indiquant que ce chiffre est un optimum, tant pour le coût de l’électricité que pour la sécurité de l’approvisionnement, et encore moins pour le maintien des émissions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Selon les scientifiques, ces nuages ont un impact encore plus important que le carburant brûlé par les appareils.
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Les traînées blanches des avions contribuent au réchauffement climatique

Selon les scientifiques, ces nuages ont un impact encore plus important que le carburant brûlé par les appareils.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 10h07
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 06h23
    |

                            Alexis Riopel








                        



   


Les traînées de condensation qui s’étirent derrière les avions à réaction accentuent le réchauffement climatique de façon importante – probablement davantage que le carburant brûlé pour faire voler les appareils. On le savait depuis quelques années, mais une synthèse très complète sur les contrails (contraction de l’anglais condensation trails), parue cette semaine dans la revue Nature Communications, rappelle le constat. Cette publication fait aussi le point sur quelques solutions envisageables.
A l’heure actuelle, l’aviation est responsable de 4 % du « forçage radiatif anthropogénique », c’est-à-dire du déséquilibre d’origine humaine entre l’énergie entrante et sortante dans l’atmosphère terrestre. Ce pourcentage se partage entre les nuages générés par les avions et le CO2 issu des réacteurs.
« C’est environ moitié-moitié, ou peut-être même un peu plus pour les nuages, indique Bernd Kärcher, auteur de l’étude et physicien au Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique (DLR). Il est important de remarquer que le CO2 persiste beaucoup plus longtemps dans l’atmosphère que les nuages produits par les avions. Empêcher la formation de ces nuages pourrait donc constituer une solution rapide pour ralentir le changement climatique, et nous donner un peu de temps pour arriver à réduire les émissions de CO2. »
Microscopiques cristaux de glace
Ces conclusions tombent la même semaine que la publication, dans Nature Climate Change, d’une étude affirmant que les émissions de gaz à effet de serre causées par le tourisme, dont le transport aérien constitue une large part, sont passées en quatre ans, entre 2009 et 2013, de 3,9 à 4,5 milliards de tonnes équivalents de CO2. Pour juger de l’impact réel sur le climat, il faut cependant ajouter l’effet des nuages produits par l’aviation, exclus de l’analyse.

        Lire aussi :
         

                Le tourisme fait s’envoler le réchauffement planétaire



Comme tous les nuages, les traînées de condensation – ou cirrus homogenitus, le nom que leur a donné en 2017 l’Organisation météorologique mondiale – naissent quand de la vapeur d’eau se condense sur de fines particules en suspension dans l’air.
Les réacteurs d’avion facilitent le phénomène en rejetant des poussières de suie dans un environnement autrement dépourvu de particules. De la vapeur d’eau provenant du réacteur s’agglutine sur les poussières pour former des gouttelettes. Plus loin dans le sillage de l’appareil, où le souffle du moteur s’est refroidi, les gouttelettes gèlent et forment de microscopiques cristaux de glace. Dans les minutes et les heures qui suivent, l’humidité naturellement présente dans l’air fait croître les cristaux et en décuple la taille.
Sous certaines conditions, les traînées de condensation peuvent subsister dans l’atmosphère pendant des heures. Certaines perdront leur forme longiligne et deviendront alors des cirrus, ces nuages rappelant les cheveux d’ange qu’on voit très haut dans le ciel. Presque transparents, les cirrus absorbent tout de même une partie de la radiation provenant de la Terre et la réémettent vers le sol. Les rayons du Soleil, eux, traversent les cirrus sans trop de mal. L’effet net est donc un réchauffement de la température de surface, contrairement aux nuages plus bas, opaques et blancs, qui la diminuent.
« Voler plus haut »
La multiplicité des variables impliquées a beau compliquer la tâche des scientifiques qui veulent comprendre comment les avions génèrent des nuages, elle leur offre aussi beaucoup de pistes pour réduire leur impact délétère sur le climat.
Parmi les solutions à court terme, Bernd Kärcher pense aux combustibles synthétiques, dérivés du charbon, du gaz naturel ou de la biomasse, ou encore aux biocarburants, dont la combustion entraîne l’émission de beaucoup moins de particules dans l’air que le kérosène. L’hydrogène liquide ou le gaz naturel liquéfié représentent également des options prometteuses, mais plus difficile à mettre en place car elles nécessitent d’autres types de moteur. Les avions électriques régleraient évidemment aussi le problème, mais demeurent pour l’instant un « rêve lointain », selon Bernd Kärcher.

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De même, un détournement du trafic aérien pourrait réduire la formation de nuages produits par l’aviation. « Voler plus haut, où l’air est froid et sec, pourrait réduire la formation de traînées », précise Bernd Kärcher. Toutefois, les trajets actuellement empruntés minimisent les temps de vol et les coûts, et les compagnies aériennes seront réticentes à les modifier, estime le scientifique.
Avant toute action, une plus grande reconnaissance du problème sera essentielle. Dans son article de synthèse, Bernd Kärcher note que l’Organisation de l’aviation civile internationale a adopté en 2016 un plan de compensation et de réduction des émissions de carbone dans le but de réduire son impact sur le changement climatique, mais qu’elle n’y considère pas les nuages générés par l’aviation, qui constituent pourtant la moitié du problème.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Le volume de ce fruit sec passé au casse-noix a progressé de près de 50 % depuis 2010. Il a même dépassé les 700 000 tonnes de noix décortiquées. La poussée de fièvre du prix de l’amande de cajou échauffe les esprits, explique la chroniqueuse Laurence Girard.
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« En quelques années, la noix de cajou a bousculé l’ordre établi »

Le volume de ce fruit sec passé au casse-noix a progressé de près de 50 % depuis 2010. Il a même dépassé les 700 000 tonnes de noix décortiquées. La poussée de fièvre du prix de l’amande de cajou échauffe les esprits, explique la chroniqueuse Laurence Girard.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h28
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Matières premières. Craquer pour les noix de cajou. A l’apéritif. Comme aux repas. Que l’on soit adepte des régimes végans ou simples gourmands. Les rangs des consommateurs prêts à croquer le fruit de l’anacardier n’ont cessé de s’étoffer ces dernières années. Au point que le volume de ce fruit sec passé au casse-noix a progressé de près de 50 % depuis 2010. Il a même dépassé les 700 000 tonnes de noix décortiquées.
En quelques années, le cajou a bousculé l’ordre établi. Il a broyé la superbe des pistaches, noix et noisettes, leur grillant la politesse dans la liste de prédilection des consommateurs. Seule l’amande lui tient encore la dragée haute. Même au pays où l’amande est reine, les Etats-Unis, les importations du fruit de l’anacardier ont encore progressé de 10 % en 2017. Ou comment varier l’assortiment de boissons végétales, dont les Américains sont de plus en plus friands.

Cet engouement n’a pas échappé aux planteurs africains. D’autant que la courbe du prix de la noix de cajou s’est orientée à la hausse. Résultat, la Côte d’Ivoire a décroché le cocotier, devenant le premier producteur mondial de ce fruit à coque, devant l’Inde et le Vietnam. Un titre qu’elle a défendu en 2017, avec une récolte de 711 200 tonnes, selon les estimations de l’organisme N’Kalo. Mais les concurrents se pressent au portillon. Au Burkina Faso, en Guinée-Bissau, au Ghana, en Guinée, au Mozambique ou au Sénégal, l’anacardier a la cote. Parfois au détriment du cacaoyer, qui broie du noir.
Poussée de fièvre
La poussée de fièvre du prix de l’amande de cajou, avec un pic atteint en juin 2017, à plus de 10 000 dollars (8 400 euros) la tonne, échauffe les esprits. Chacun souhaite se faire du beurre avec la noix. L’Etat ivoirien a fixé un prix minimum aux planteurs de 500 francs CFA (0,76 euro) le kilo en 2018. Quand son voisin ghanéen a fixé la barre à 1 000 francs CFA le kilo, ou le Burkina à 900 francs CFA. Sans surprise, les cajous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ La dépendance, installée dans la population des Etats-Unis, est une conséquence de l’autorisation d’analgésiques puissants dans les années 1990, explique dans sa chronique notre journaliste Stéphane Foucart.
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« La crise des opioïdes travaille en profondeur, et pour longtemps, la société américaine »

La dépendance, installée dans la population des Etats-Unis, est une conséquence de l’autorisation d’analgésiques puissants dans les années 1990, explique dans sa chronique notre journaliste Stéphane Foucart.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 14h40
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Chronique. A presque un quart de siècle de distance, les deux scènes se ressemblent étrangement : des quinquagénaires à la mise impeccable, grisonnants et cravatés, debout en rang d’oignons sous les ors du Capitole, levant la main droite pour prêter serment. Mardi 8 mai, une brochette de patrons de sociétés de distribution de produits pharmaceutiques ont été interrogés, trois heures durant, par une commission parlementaire désireuse de faire la lumière sur la « crise des opioïdes » qui frappe les Etats-Unis.
Voilà qui rappelait les auditions, au printemps 1994 et au même endroit ou presque, des sept grands capitaines de l’industrie cigarettière américaine, jurant leurs grands dieux que la nicotine n’induisait aucune dépendance chez les fumeurs… Comme le scandale de la dissimulation des risques du tabac en son temps, celui des opioïdes vient rappeler que les principales menaces qu’affronte la société américaine ne sont aujourd’hui pas extérieures – comme les gesticulations de Donald Trump veulent le faire accroire –, mais intérieures.

De fait, la dépendance aux opioïdes qui s’est installée dans la population américaine est aujourd’hui l’une des plus graves crises sanitaires – peut-être la plus grave – auxquelles sont confrontés les Etats-Unis. Elle a été causée par l’autorisation, au milieu des années 1990, d’antalgiques puissants, proches cousins de l’héroïne et de la morphine, prescrits non de manière ponctuelle – après une intervention, ou à des patients en soins palliatifs, par exemple – mais en traitement de douleurs chroniques.
Mouvement de désocialisation
Ce changement des pratiques médicales – suscité par les laboratoires ayant développé et commercialisé ces antidouleurs – a provoqué une catastrophe. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : pour l’année 2016, les autorités sanitaires américaines ont recensé 64 000 morts par overdose, dont une grande part provoquée par des produits à base d’opioïdes, obtenus sur prescription...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Il s’agit du fromage vendu sous la marque « Nos régions ont du talent », qui a entraîné des intoxications par la bactérie E. coli 026. Sept enfants en bas âge ont été infectés.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/05/2018
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Rappel de reblochons AOP vendus par Leclerc en raison de cas d’intoxication alimentaire « grave »

Il s’agit du fromage vendu sous la marque « Nos régions ont du talent », qui a entraîné des intoxications par la bactérie E. coli 026. Sept enfants en bas âge ont été infectés.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 07h12
   





                        



   


Les centres E. Leclerc ont annoncé, vendredi 11 mai, qu’ils procédaient au rappel d’un reblochon AOP vendu sous sa marque « Nos régions ont du talent », en raison de « plusieurs cas » d’intoxication alimentaire « grave » par la bactérie E. coli 026.
Des enfants en bas âge ont été infectés, et les autorités sanitaires ont identifié « sept cas d’infections à Escherichia coli, dont six syndromes hémolytiques et urémiques [complications rénales] survenus chez des enfants âgés de un an et demi à 3 ans », ont fait savoir les ministères de la santé et de l’agriculture.
Ce fromage de 450 grammes est fabriqué par la société Fromagerie Chabert, précise un communiqué du distributeur, alerté par un signalement de Santé publique France.
« Les consommateurs étant en possession de ce produit ne doivent pas le consommer et sont invités à le rapporter dans leur centre E. Leclerc », dit le communiqué, qui donne également un numéro vert mis à leur disposition (0800.011.100).
Gastro-entérites éventuellement hémorragiques
Le 26 avril, une autre société, la Fromagerie du Plessis, avait annoncé le rappel d’un lot de camemberts de Normandie AOP commercialisé sur tout le territoire national, à la suite d’un contrôle ayant révélé la présence de cette même bactérie (Escherichia coli).

        Lire aussi :
         

                Bactérie « Escherichia coli » : des viandes hachées contaminées rappelées



Escherichia coli O26 : H11 peut entraîner, dans la semaine qui suit la consommation d’un produit contaminé, des gastro-entérites, éventuellement hémorragiques, accompagnées ou non de fièvre, et pouvant être suivies de complications rénales sévères chez les jeunes enfants (syndrome hémolytique et urémique).
Les personnes qui auraient consommé les produits concernés et qui présenteraient ce type de symptômes sont invitées à consulter sans délai leur médecin traitant et à lui signaler cette consommation et la nature du germe contaminant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ La Cour de cassation doit décider le 19 juin si le procès pénal de l’amiante aura lieu. Voici des clés de compréhension de ce scandale sanitaire majeur.
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Procès de l’amiante : la « fibre tueuse » en quatre questions

La Cour de cassation doit décider le 19 juin si le procès pénal de l’amiante aura lieu. Voici des clés de compréhension de ce scandale sanitaire majeur.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 16h26
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


Le procès pénal de l’amiante aura-t-il lieu ? En début de semaine, la Cour de cassation a décidé qu’elle trancherait le 19 juin. Elle a été saisie par deux associations composées de victimes et de proches de victimes de l’amiante, Ardeva 59-62 et le Comité antiamiante Jussieu. Les victimes ont pour point commun d’avoir travaillé aux chantiers navals Normed Dunkerque, dans le Nord, ou sur le campus de l’université Jussieu, à Paris.

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                Un dernier espoir de procès pour les victimes de l’amiante



Les requérants demandent aux juges d’invalider une décision de la cour d’appel de Paris de septembre 2017, qui annule la mise en examen de huit responsables nationaux en lien avec le scandale sanitaire de l’amiante pour homicides et blessures involontaires (neuf initialement, un étant mort depuis). Il est reproché à ces scientifiques, industriels et fonctionnaires d’avoir participé, entre 1982 et 1995, au Comité permanent amiante (CPA). Si la Cour donne raison aux associations, les affaires seront renvoyées devant le juge du fond et un procès pénal pourrait avoir lieu, un quart de siècle après la première plainte.
En attendant, voici quelques clés de compréhension. 
Qu’est-ce que l’amiante ?
L’amiante est une famille de fibres minérales naturelles et plus précisément, des silicates hydratés de calcium et de magnésium répartis en deux variétés : la serpentine et les amphiboles. Ces fibres résistantes au feu sont notamment utilisées par les professionnels de l’isolation et du ciment.
Inhalé de manière prolongée, l’amiante cause plusieurs types de maladies. D’abord, des pathologies graves non cancéreuses. Il s’agit de l’asbestose (« asbeste » étant synonyme d’amiante), une fibrose pulmonaire entraînant une insuffisance respiratoire chronique, des pleurésies bénignes asbestosiques, sources de douleurs thoraciques et de difficultés respiratoires, ou encore des plaques pleurales, dépôts fibreux sur la plèvre (enveloppe des poumons). Il provoque aussi des cancers : le mésothéliome (cancer de la plèvre) et le cancer broncho-pulmonaire.
La « fibre tueuse » est responsable, en France, de plus de 85 % des cancers de la plèvre et de 10 % à 20 % des cancers du poumon.
De quoi le Comité permanent amiante est-il accusé ?
Cette structure, fondée en 1982 et aujourd’hui dissoute, réunissait les parties concernées par la gestion des risques liés à l’amiante. Les parties civiles l’accusent d’avoir, par son lobbying, retardé l’interdiction de sa fabrication, de sa transformation et de sa mise sur le marché en France, décidée en 1997. A cette date, sept autres pays européens avaient déjà interdit la fibre.
Si la France a tant tardé à l’interdire, c’est notamment parce que le CPA avait réussi à imposer le concept d’« usage contrôlé » de l’amiante pour faire durer le statu quo. A ce titre, une valeur limite d’exposition a été fixée, trop élevée pour véritablement protéger les travailleurs.
Les requérants reprochent aux ex-membres du CPA d’avoir œuvré tout en connaissant les risques. La dangerosité de la fibre est connue depuis le début de XXe siècle. La fibre a été classée source de maladie professionnelle (asbestose, pathologie pulmonaire grave) en 1945 en France. A l’époque des faits, toutes les formes d’amiante sont déjà désignées comme cancérogènes par le Centre international de lutte contre le cancer.
Malgré le « repenti » du CPA, qui regrette sa participation en faveur de l’amiante ou dit avoir été instrumentalisé, des juges ont déjà mis en doute la responsabilité de l’organisation. En mai 2013, dans un autre volet du scandale de l’amiante, la cour d’appel de Paris estimait, à la surprise générale, que l’influence du CPA n’était « pas établie ».
Le Sénat, dans un rapport d’information déposé en octobre 2005, n’est pas de cet avis :
« Le drame de l’amiante démontre qu’en l’absence de décisions des pouvoirs publics une structure de lobbying, certes particulièrement efficace, a réussi à se voir quasiment déléguer le dossier de l’amiante par le ministère. »
La chambre haute alerte : « Le CPA avait beaucoup plus de pouvoirs que certains, à commencer par ses anciens membres, voudraient le laisser croire. » Pour exercer son lobbying, le comité n’hésitait pas à envoyer des courriers aux ministres et même au premier ministre, Michel Rocard (1988-1991).
Combien de morts seraient liées à l’amiante ?
Ce procès pénal serait d’autant plus important et symbolique que l’amiante est la première cause de mortalité au travail. Entre 1965 et 1995, 35 000 personnes sont mortes dans l’Hexagone d’une maladie due à l’amiante, selon un rapport sénatorial de 2005. Chaque année en France, entre 2 200 et 5 400 cancers, et entre 1 686 et 3 867 morts sont liés à l’amiante, selon l’Institut de veille sanitaire. Il pourrait être la cause de 100 000 morts en France d’ici à 2025, selon le Haut Conseil de la santé publique. En la matière, les autorités sanitaires sont obligées de recourir aux projections : les maladies dues à la fibre se déclarent entre vingt et quarante ans après y avoir été exposé.
Les personnes les plus menacées sont bien sûr celles qui y sont exposées au cours de leur activité professionnelle. Dans les années 1960, les secteurs les plus touchés étaient les filières de production et d’utilisation (métiers de l’isolation, chauffagistes, chantiers navals). A partir des années 1980, après l’interdiction, les personnes le plus exposées sont celles qui interviennent professionnellement sur des matériaux contenant de l’amiante.
Un quart des salariés hommes actuellement retraités en France ont été exposés au moins une fois à l’amiante au cours de leur vie professionnelle, d’après l’Institut de veille sanitaire.
L’amiante est-il encore utilisé ?
En France, il reste présent dans de nombreux bâtiments construits ou rénovés avant son interdiction, en 1997. En particulier dans les toitures, les canalisations, les revêtements de sol, plafonds et faux plafonds, cloisons ou encore colles, joints et peintures. Il y aurait ainsi dans les immeubles entre 50 kg et 80 kg d’amiante par habitant.
Dans le monde, il n’est interdit que dans une soixantaine de pays. « De nombreuses multinationales européennes utilisent un double standard : elles travaillent sans amiante en Europe et continuent à utiliser de l’amiante dans le reste du monde », rappelle en 2005 un bulletin d’information du centre de recherches de l’Institut syndical européen. L’exportation de déchets européens contenant de la fibre vers des pays en voie de développement est un autre facteur de risque.
Les lignes bougent, mais lentement. Au Brésil, la Cour suprême a attendu, comme en France, que l’amiante cause des milliers de morts pour le bannir, en décembre 2017. Dans le monde, 100 000 personnes meurent chaque année à cause de l’amiante, selon l’Organisation mondiale de la santé.


Pour aller plus loin sur l'amiante

Tout savoir sur l'amiante, vidéo de la chaîne Deux gouttes de culture sur Youtube.
« Le drame de l’amiante en France : comprendre, mieux réparer, en tirer des leçons pour l’avenir », rapport des sénateurs Gérard Dériot et Jean-Pierre Godefroy (2005).
« Impact sanitaire de l’exposition à l’amiante », dossier de l’Institut de veille sanitaire en 2013.
« Présentation, effets sanitaires, expositions et cadre réglementaire », dossier de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) en 2016.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Les difficiles conditions météorologiques des dernières semaines sont responsables de l’accident, qui a fait au moins 44 morts.
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Au Kenya, la rupture d’un barrage fait de nombreuses victimes



Le Monde.fr avec AFP et Reuters
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        Le 11.05.2018 à 14h33

     •
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        Mis à jour le 11.05.2018 à 14h48






Durée : 01:01 | 

Dans la nuit du 9 au 10 mars, un barrage situé près de Nakuru, au Kenya, a cédé. Ses eaux ont balayé les modestes habitations de cette zone rurale, tuant au moins 44 personnes, dont 20 enfants. Les rescapés qualifient les eaux boueuses et tumultueuses emportant leurs habitations d’« enfer sur terre ».
Le barrage était utilisé par les fermiers pour irriguer leurs terres. Le pays est soumis à de fortes précipitations depuis le début de la saison des pluies. Elles ont entraîné des inondations causant la mort de 170 personnes.


                

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Révélé dans le film « Demain », le PDG de Pocheco, qui fabrique des enveloppes dans le Nord, promeut l’écolonomie.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤                
                                       
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Un apéro avec Emmanuel Druon : « On se chauffe presque à l’eau de pluie ! »


                      Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Révélé dans le film « Demain », le PDG de Pocheco, qui fabrique des enveloppes dans le Nord, promeut l’écolonomie.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 14h19
    |

            Denis Cosnard








                              

                        

Il est tout gêné d’être ici, dans ce palace des Champs-Elysées, avec six mètres de hauteur sous plafond et une harpiste qui égrène ses notes tandis que les clients dégustent leur café. « Quand je vais dire ça aux collègues… » Emmanuel Druon a beau être PDG, le luxe n’est pas son monde. Dans son entreprise, il a opté pour le salaire minimum – certains de ses salariés gagnent quatre fois plus que lui ! Alors ce chantre de l’écologie et de la sobriété aurait préféré un lieu plus simple. Pour ne pas être bloqué par les grèves, il a néanmoins accepté de se replier sur un grand hôtel proche de son rendez-vous précédent. Quitte à se sentir un peu déplacé en posant sa grosse sacoche orange sur le canapé… Nous commandons deux thés noirs. Idéal pour la voix.
Echo impressionnant
Patron et « collègue » de ses salariés malgré tout. Industriel et écolo. Businessman mais littéraire dans l’âme. « Maladivement timide » et pourtant vedette. Emmanuel Druon, le PDG du fabricant d’enveloppes Pocheco, est un curieux animal. Un oxymore fait homme, qui tente sans cesse de concilier ce qui paraît incompatible, en lui comme autour de lui. D’emblée, ce fils d’un patron de presse et d’une psychanalyste admet être guetté par une forme de schizophrénie : « D’un côté, il faudrait que l’entreprise ait une croissance continue, se développe sur un continent, puis deux, avale ses concurrents, etc. De l’autre, les ressources s’amenuisent et le réchauffement climatique risque d’entraîner des catastrophes. En tant qu’industriel, on se sent à la fois impuissant et responsable. »
« On peut entreprendre sans détruire », assure-t-il cependant, en sortant de son sac un des deux carnets qu’il transporte toujours avec lui, l’un pour tout ce qui concerne l’entreprise, l’autre pour nourrir son prochain livre. Avant notre apéro, il y a préparé quelques phrases. « Il est plus économique de produire de façon écologique, l’expérience de notre entreprise...




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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Elégant et écologique, le bois devient le matériau de prédilection des nouveaux immeubles, tours d’habitation ou de bureaux. Une révolution architecturale rendue possible par la mise au point de panneaux d’une résistance inégalée.
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Les architectes retournent au bois


                      Elégant et écologique, le bois devient le matériau de prédilection des nouveaux immeubles, tours d’habitation ou de bureaux. Une révolution architecturale rendue possible par la mise au point de panneaux d’une résistance inégalée.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 14h13
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 12h23
    |

                            Marie Godfrain








   


Dans dix mois, un nouveau sommet culminera entre le centre-ville de Strasbourg et la frontière allemande. Haute de 38 mètres et dotée de 11 étages, la tour Sensations aura la particularité d’être entièrement réalisée en bois, de la façade à la cage d’ascenseur… 146 appartements y seront logés. A Bordeaux, au niveau du quai de Brienne, ce sont des entreprises qui investiront, dans quelques jours, le plus grand immeuble de bureaux en bois de France. Baptisé Perspective, il se dresse sur sept niveaux.
Le bois fait son grand retour dans la construction. Après avoir convaincu les architectes d’intérieur, qui attribuent au lambris des vertus apaisantes, le bois apparaît désormais sur les façades extérieures des maisons et, depuis cinq ans, sur celles des immeubles. Architectes, promoteurs et autres professionnels du bâtiment multiplient en effet les expérimentations pour lancer des chantiers qui peuvent atteindre jusqu’à 50 mètres de hauteur.
Une prise de conscience politique
On le sait peu, mais le bardage (la partie visible qui recouvre les façades) ne représente que 5 % du bois utilisé. L’essentiel est employé pour la structure, invisible de l’extérieur mais véritable enjeu de ce renouveau du bois. « Nous avons dû nous fédérer pour répondre à ce nouveau besoin pour les chantiers à plusieurs étages, de plus en plus nombreux en France », explique Sylvain Larrouy, le président de Maître Cube, qui regroupe les huit plus gros charpentiers du pays.
Ce phénomène n’aurait pas vu le jour sans un singulier alignement des planètes. D’abord, une prise de conscience politique. « Depuis la COP21, les élus ont compris les vertus du bois », estime Dimitri Roussel, qui s’est spécialisé dans ce matériau au sein de l’agence Laisné-Roussel, à qui l’on doit la tour bordelaise Perspective (l’architecte a, depuis, lancé son propre studio, Dream). « Ce sont l’Etat et les collectivités locales qui ont commencé ces programmes, que ce soit le futur édifice de la place Mazas, près de Bastille, avec le projet “Réinventer la Seine” ou L’Arboretum, des bureaux à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine. »

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                A Tokyo, un gratte-ciel de bois façon Kapla




   


Dans le cadre du programme « Inventons la métropole du Grand Paris », l’agence Laisné-Roussel a aussi remporté la construction d’un ensemble qui sera réalisé à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Avec ses 60 mètres de hauteur, ce sera l’un des bâtiments en bois les plus élevés de France, grâce à l’utilisation de CLT (Cross Laminated Timber), un matériau ultrarésistant constitué de panneaux de bois massif développé depuis une dizaine d’années.
« Les méthodes de construction sont plus durables, on assemble comme au Lego, sans dépenser d’énergie »  Lina Ghotmeh, architecte
« La tour que je construis actuellement dans le 13e arrondissement de Paris n’aurait pas vu le jour sans le CLT, qui permet de construire haut et dense », souligne l’architecte Lina Ghotmeh. Pour ce projet baptisé « Ré-Alimenter Masséna », elle a utilisé le bois apparent comme un manifeste. « Ce n’est plus un bâtiment mais un élément naturel dans la ville. Il va grisailler, changer de couleur, faire œuvre de pédagogie. »
Nouvelles formes architecturales
Car le principal intérêt du bois est écologique, avec un bilan carbone deux fois moins lourd que le métal ou le béton, et un chantier court qui ne pollue pas le site puisque le matériau arrive prêt à être monté. « Les méthodes de construction sont plus durables, on assemble comme au Lego, sans dépenser d’énergie inutilement », résume Lina Ghotmeh.

   


L’usage du bois offre aussi de nouvelles formes architecturales, plus légères et élégantes. « Je fais souvent visiter l’immeuble Perspective à des bailleurs, des collectivités et des promoteurs qui ont besoin d’être rassurés, indique Dimitri Roussel. Ils sont rapidement convaincus par sa façade en pin des Landes et son intérieur en mélèze d’Aquitaine et du Massif central. »

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                La construction en bois prend de la hauteur en France



Pourtant, le premier gratte-ciel en bois n’est pas pour demain. « Le Japonais Shigeru Ban est à l’origine d’une tour de 70 mètres à Vancouver, au Canada, mais on ne verra jamais de Burj Khalifa en bois (la tour la plus haute du monde, 828 mètres, située à Dubaï) », estime William Hall, auteur de Wood, ouvrage consacré à la construction en bois (éd. Phaidon). Peu importe, du moment que l’industrie du bâtiment, l’une des plus polluantes du monde, poursuit sa réforme.



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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Ce projet d’exploitation minière à ciel ouvert dans l’Ouest guyanais suscite une forte controverse.
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Projet aurifère en Guyane : le député EELV Yannick Jadot dénonce « une catastrophe »

Ce projet d’exploitation minière à ciel ouvert dans l’Ouest guyanais suscite une forte controverse.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h00
   





                        


Le député européen Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Yannick Jadot s’est élevé vendredi 11 mai sur Franceinfo contre le projet d’exploitation aurifère controversé de la « Montagne d’or », dans l’ouest de la Guyane, « une catastrophe » et « une aberration économique », selon lui. Le débat public sur ce projet d’exploitation minière à ciel ouvert, le plus grand projet d’extraction d’or jamais proposé en France, est en cours en Guyane, et voit s’affronter deux logiques.
« Ce sont des milliers de tonnes de cyanure qu’on va mettre dans la nature, est-ce qu’on va faire crever la biodiversité et rendre malades les populations simplement pour faire plaisir à une société canadienne et à une société russe ? », a déclaré le député européen.
Selon M. Jadot, ce projet « c’est l’équivalent de 32 Stades de France » et « c’est une aberration économique, ça va vivre de subventions publiques », reprenant les arguments du Fonds mondial pour la nature (WWF), principal opposant au projet. « Est-ce qu’on a vraiment envie de laisser des sociétés canadienne et russe s’emparer et détruire les forêts, avec des revenus pour les Guyanais extrêmement limités par rapport à ça ? », a-t-il demandé.

        Lire la tribune de Patrick Lecante, maire d’une commune de Guyane :
         

          En Guyane, un projet minier « à contretemps de l’histoire »



Importante controverse
Le projet « Montagne d’or » prévoit l’exploitation d’une mine, d’une superficie de 8 km2, à partir de 2022, en forêt tropicale, et permettrait la création de 750 emplois directs, dont au moins 90 % d’emploi local, et 3 000 emplois indirects, selon ses promoteurs. Il utiliserait un procédé de récupération de l’or par cyanuration en circuit fermé.
Le projet est soutenu par le Medef, la chambre de commerce et d’industrie, la quasi-totalité des élus du littoral et le président de la collectivité territoriale de Guyane, Rodolphe Alexandre (DVG), mais dénoncé par des ONG environnementales, des organisations autochtones et des mouvements politiques.
Prévu près de Saint-Laurent-du-Maroni, dans l’Ouest guyanais, et détenu à 55 % par le russe Nordgold et à 45 % par le canadien Columbus gold, il suscite une telle controverse qu’il n’a pas encore été autorisé par le gouvernement français. Emmanuel Macron s’y est cependant dit favorable.

        Lire aussi :
         

                Macron soutient la controversée « Montagne d’or »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ A sept mois de la COP24, qui sera décisive pour l’application de l’accord de Paris, les ONG dénoncent un cadre liberticide imposé par Varsovie.
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Climat : la présidence polonaise de la future COP déjà sous tension

A sept mois de la COP24, qui sera décisive pour l’application de l’accord de Paris, les ONG dénoncent un cadre liberticide imposé par Varsovie.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 14h21
    |

            Simon Roger (Bonn (Allemagne), envoyé spécial)








                        



                                


                            

La décision de confier la prochaine conférence des Nations unies sur le climat aux Polonais fait de plus en plus débat. La COP24 qui aura lieu du 3 au 14 décembre à Katowice, au cœur de l’industrie charbonnière silésienne, s’annonce comme un rendez-vous décisif pour la mise en œuvre de l’accord de Paris. Les négociations vont être présidées par un pays particulièrement retors dans les négociations internationales car très dépendant du charbon – l’énergie fossile la plus émettrice de gaz à effet de serre.
Le sujet a imprégné les discussions de Bonn, en Allemagne, où s’est achevée, jeudi 10 mai, une session de travail préparatoire. Les négociateurs se sont quittés sans avancée majeure dans la rédaction du « rule book », le mode d’emploi de l’accord conclu fin 2015 à Paris, qui doit être adopté en décembre. Actant ce retard, le bureau de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a confirmé la tenue d’une session additionnelle à Bangkok du 3 au 8 septembre.
Collecte de données personnelles
Les 196 Etats membres de la Convention-cadre ont exprimé leurs inquiétudes face à la capacité hôtelière et aux moyens d’accès à Katowice, une ville de seulement 300 000 habitants. Au secrétariat de la CCNUCC, on envisage déjà de réduire la jauge de la conférence à 20 000 accrédités – la COP23, en Allemagne, avait enregistré 28 000 accréditations – pour s’adapter aux locaux étriqués retenus par les organisateurs, et on s’inquiète du retard pris dans les travaux d’infrastructures liés à l’événement.
Mais les délégués, les observateurs et les représentants de la société civile présents à Bonn ont repéré une facette des préparatifs plus problématique encore : le cadre législatif défini pour la conférence climat. Deux articles de la loi sur la logistique de la COP24, adoptée mi-janvier par le Parlement polonais, concentrent le malaise. L’article 17 du texte autorise les forces de police à collecter les données personnelles...




                        

                        


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Pas-de-Calais : Sea Sheperd propose 10 000 euros pour faire avancer l’enquête sur trois phoques tués

Depuis janvier, trois phocidés ont été retrouvés tués, roués de coups ou criblés de plombs sur des plages du littoral du Nord.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 11h26
   





                        


Jusqu’à 10 000 euros de récompense. C’est ce que propose l’ONG de défense des océans Sea Sheperd à qui permettra de faire avancer l’enquête pour retrouver des tueurs de phoques. Depuis janvier, trois phocidés ont été retrouvés tués, roués de coups ou criblés de plombs sur des plages du littoral du Nord. Le premier sur une plage de Oye-Plage et les deux autres sur une plage du Touquet (Pas-de-Calais).
L’ONG a doublé la mise par rapport à une première proposition de 5 000 euros, qui n’avait pas permis d’obtenir d’informations à même de faire avancer l’enquête, selon le quotidien régional Nord Littoral. L’association est coutumière de ces récompenses pour retrouver des braconniers. « On y a recours quand les enquêtes piétinent, explique la présidente de l’association, Lamya Essemlali, au Parisien. Ça surprend encore en France, mais nous voulons agir. Nous ne voulons pas laisser un sentiment d’impunité s’installer chez les tueurs de phoques du Pas-de-Calais, qui est quand même le seul endroit en France où il existe un comité antiphoques, même si je ne les mets pas directement en cause. »
Enquête judiciaire ouverte
L’association a également fait savoir qu’elle va porter plainte, comme l’ont déjà fait avant elle deux associations : le Groupement de défense de l’environnement dans l’arrondissement de Montreuil-sur-Mer (GDEAM-62), dont les membres avaient découvert les deux phoques tués le 6 mai, et la Ligue de défense des animaux (LPA), après que le premier phoque avait été découvert début janvier. La Fondation Brigitte Bardot veut également porter plainte.
L’autopsie, réalisée à la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Liège, en Belgique, a révélé que le premier phoque avait reçu « huit plombs de chasse de gros diamètre au niveau du thorax » et des coups « violents au niveau du cou alors qu’il était agonisant, entraînant une hémorragie fatale », selon un communiqué de GDEAM-62 publié sur Facebook. Le second, bagué, est mort d’asphyxie, « probablement pris dans un engin de pêche provoquant sa noyade », et a également reçu des coups mais « nettement moins violents ».
Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Boulogne-sur-Mer, selon Le Parisien, qui va être confiée au commissariat local. Les policiers privilégient la piste d’un acte commis par des pêcheurs, toujours selon le quotidien. Les enquêteurs sont toutefois pessimistes quant à la possibilité de remonter jusqu’aux auteurs. « Il y a rarement de témoins en mer, explique l’un d’eux au Parisien. Et, contrairement à d’autres armes, les balles de fusils de chasse ne disposent pas de signature, ce qui aurait pu permettre de retrouver les propriétaires. » 
D’où la récompense proposée par Sea Sheperd pour espérer faire parler d’éventuels témoins. « On va se pencher davantage sur le problème, d’autant qu’il y en a peut-être plus que ces trois cas précis. On ne retrouve pas tous les corps, et il n’y a pas toujours d’autopsie. Mais à notre connaissance, on n’a pas de cas similaires de phoques abattus à coups de plombs, sur les côtes françaises. C’est vraiment spécifique au littoral du Nord », explique Lamya Essemlali.
Le comité antiphoques se défend
Bien qu’elle ne les accuse pas directement, l’association ne cache pas ses soupçons à l’égard du comité antiphoques. « En France, il n’y a pas d’autre collectif antiphoques que dans cette région. Ça mérite qu’on s’interroge, même si on ne peut rien prouver », estime Mme Essemlali. 
Interrogé par Nord Littoral, le président de ce comité, Fabrice Gosselin, s’est défendu : « Quand on a ouvert un site internet pour le collectif antiphoques, on a vite renoncé : on se faisait insulter par des écolos de partout, jusqu’à Strasbourg ! Mais on n’est pas des tueurs sanguinaires, comme certains essayent de le faire croire. Un pêcheur, c’est d’abord un écologiste ! On est les premiers à dénoncer la pollution et les chaluts électriques… »
Reste que le collectif plaide toujours pour la mise en place d’une régulation de la population des phoques. « En Ecosse, ils autorisent la régulation des phoques à proximité des élevages de saumon, et ils ne sont pas en voie de disparition… On veut juste trouver un juste milieu. »
Entre 500 et 600 phoques, gris et veau marin, protégés depuis les années 1970, vivent selon lui au large des côtes du nord de la France, depuis la baie de Somme jusqu’à la Belgique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Un conflit entre l’Iran et l’Arabie saoudite, producteurs de l’or noir le plus rentable, arrangerait bien les producteurs américains, fait remarquer, dans une tribune au « Monde », l’économiste américain Robert Bell avec ironie.
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« Les producteurs de pétrole américains auraient tout à gagner » à une guerre dans le Golfe

Un conflit entre l’Iran et l’Arabie saoudite, producteurs de l’or noir le plus rentable, arrangerait bien les producteurs américains, fait remarquer, dans une tribune au « Monde », l’économiste américain Robert Bell avec ironie.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h15
    |

Robert Bell (Ancien directeur du département de finance et de gestion du Brooklyn College, City University of New York)







                        



                                


                            
Tribune. Et si les constructeurs automobiles qui se sont lancés dans les véhicules électriques gagnaient leur pari ? Les prix du brut baisseraient, même s’il y a bien sûr d’autres utilisations du pétrole que le carburant pour les automobiles. Il serait moins rentable d’investir dans les infrastructures pétrolières. Les baby drillers américains, ces petites sociétés de forage dont l’essor a été favorisé par la déréglementation environnementale et les allégements fiscaux de l’administration Trump, seraient en difficulté. Et la Russie de Poutine, grande exportatrice de pétrole, ferait la grimace.
le pétrole de schiste est un gouffre financier, les foreurs empruntant lourdement pour garder la tête hors de l’eau
Pour les pétroliers, le compte à rebours a commencé. Bloomberg New Energy ­Finance prévoit que, dès 2025-2029, « dans la plupart des pays les véhicules électriques auront des coûts de cycle de vie plus bas et seront moins chers à l’achat que les voitures à moteur à combustion interne ». C’est une très mauvaise nouvelle pour les baby drillers de Trump, dont la santé financière n’est pas brillante.
Jusqu’à cette année, alors que le brut américain se situait entre 60 et 68 dollars (entre 50,5 et 57,2 euros) le baril, le pétrole de schiste est un gouffre financier, les foreurs empruntant lourdement pour garder la tête hors de l’eau : ils ont souscrit 293 milliards de dollars en obligations entre 2008 et 2017, selon le ­Financial Times du 23 avril 2018. Et la hausse des taux d’intérêt renchérit d’ores et déjà ces emprunts.
Flux de trésorerie
Les baby drillers ne peuvent se contenter d’atteindre le seuil de rentabilité. Ils ont besoin d’un flux de trésorerie suffisant pour creuser de nouveaux puits ; la production des anciens diminue rapidement – d’environ 50 % ou davantage au cours de la première année, selon la plupart des experts. Ainsi, selon les analystes de marché, les exploitants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Une étude publiée dans « Science » décrit les mécanismes physiques par lesquels l’extraction de gaz, la fracturation hydraulique et la géothermie déclenchent des séismes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/05/2018
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Comment les humains provoquent des tremblements de terre

Une étude publiée dans « Science » décrit les mécanismes physiques par lesquels l’extraction de gaz, la fracturation hydraulique et la géothermie déclenchent des séismes.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 10h50
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            

Quel est le point commun entre les villes de Pawnee (Etats-Unis), Groningue (Pays-Bas) ou Bâle (Suisse) ? Toutes les trois ont subi, ces dernières années, d’inattendus tremblements de terre provoqués par les activités humaines en sous-sol. L’Etat de l’Oklahoma, où se situe Pawnee, est ainsi devenu champion du monde de ces séismes dits induits, avec plusieurs centaines d’événements en 2015. A l’origine de ce phénomène, l’exploitation des gaz et de pétrole de schiste de la région. Non seulement les exploitants ont recours à la technique de la fracturation hydraulique – le « fracking » –, qui consiste à fissurer la roche en y injectant des liquides sous haute pression, mais ils renvoient ensuite dans le sous-sol toutes les eaux usées qui découlent de l’extraction et notamment l’eau saline stockée naturellement dans le réservoir géologique et remontée avec les hydrocarbures.
A Bâle, victime d’un petit séisme de magnitude 3,4 en 2006, c’est aussi la fracturation hydraulique qui a été pointée du doigt, mais cette fois dans le cadre d’un projet de géothermie profonde non conventionnelle. L’idée consistait à disloquer la roche pour augmenter sa perméabilité et ainsi améliorer les échanges thermiques en sous-sol. Le projet a été abandonné après le tremblement de terre.
Tassement des couches géologiques
La mésaventure suisse n’a pas servi de leçon aux promoteurs d’un programme analogue à Pohang, en Corée du Sud. Le 15 novembre 2017, la ville a été secouée par un séisme de magnitude 5,4, le plus puissant de l’histoire moderne du pays, au cours duquel plusieurs dizaines de personnes ont été blessées. Deux études récemment parues dans Science ont estimé très probable le lien de cause à effet entre le fracking et ce séisme.

Dans un article publié lui aussi par Science jeudi 10 mai, une équipe de l’Organisation néerlandaise pour la recherche scientifique appliquée décrit les mécanismes qui déclenchent ces séismes induits. Après l’injection...




                        

                        

