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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le collectif japonais présente à La Grande Halle de La Villette à Paris « Au-delà des limites », une plongée interactive et onirique dans un monde sans cadre.
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TeamLab, l’exposition dont vous êtes le héros

Le collectif japonais présente à La Grande Halle de La Villette à Paris « Au-delà des limites », une plongée interactive et onirique dans un monde sans cadre.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 18h17
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

Toshi en est persuadé : « Un moment de beauté peut vous transformer. ». Grand (1,87 m) dégingandé, cheveu en bataille, costume vert d’eau jet lagué, Toshiyuki Inoko, le fondateur de TeamLab, nous guide à travers les 2 000 m² d’expérience (comment appeler autrement cette exposition où tout bouge et se télescope dans une symphonie de lumières et de sons ?) que le collectif japonais plante jusqu’à la fin de l’été sous la Grande Halle de La Villette.
Une trentaine d’ingénieurs s’activent à mettre en place les lourds programmes informatiques, alors que les équipes de La Villette finissent de tapisser murs et sols des différentes salles d’une épaisse moquette noire. Noriko la « catalyste » – dans l’univers de TeamLab, un chef de projet s’appelle un catalyseur – agite vers les plafonds les télécommandes qui vont relancer les projecteurs connectés. L’ensemble a sauté. Ils utilisaient trop d’énergie.
C’est l’exposition dont vous êtes le héros. Et pas seulement parce que plutôt que d’entrer par la porte « exposition » vous êtes venus par l’entrée des ateliers où les enfants sont invités à dessiner fleurs et papillons qui, immédiatement scannés, iront peupler la « forêt », mais parce qu’ici tout est interactif.
Un banc de poissons
Vous mettez la main sur le mur où passe un banc de poissons, celui-ci change de direction, et au milieu d’eux vous créez un vortex de couleur. Vous vous tenez au milieu de la rivière de lumière, les filets d’eau vous évitent. Les corbeaux traversent la grande salle, touchent un idéogramme japonais. Aussitôt celui-ci (lune, fleur, ciel…) répand son contenu… Dans La Grande Halle, les plantes suivent le cours des saisons, des personnages de mangas traversent la forêt de tiges géantes, et les musiciens perdus d’une parade traditionnelle que vous avez effleurés de vos doigts, se mettent à grogner…

Un voyage sous acide. « Sans commentaire, rit Toshi, le Japon est très strict sur le sujet. »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Né à Berlin d’une mère allemande et d’un père venu du Cameroun, ce nonagénaire a connu le racisme avant, pendant et après le IIIe Reich.
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Portrait

Theodor Michael Wonja, dernier survivant noir des camps de travail nazis

Né à Berlin d’une mère allemande et d’un père venu du Cameroun, ce nonagénaire a connu le racisme avant, pendant et après le IIIe Reich.

Pierre Lepidi (envoyé spécial à Cologne, Allemagne)
    



LE MONDE
              datetime="2018-05-13T18:00:26+02:00"

        Le 13.05.2018 à 18h00






    
Theodor Michael Wonja, chez lui à Cologne (Allemagne), le 10 avril 2018.
Crédits : Pierre Lepidi


Les souvenirs sont là, intacts. Devant sa bibliothèque, située à l’étage du pavillon discret qu’il habite dans la banlieue de Cologne, Theodor Michael Wonja égrène les épisodes de sa vie comme on tourne les pages d’un livre. Il se souvient des lieux, des noms, des dates. A 93 ans, le vieil homme se déplace lentement mais il se tient droit, toujours droit. « Il n’y a aujourd’hui que deux Noirs qui peuvent raconter l’horreur du nazisme et des camps, assure t-il en vous fixant dans les yeux. Il y a Marie Nejar [une actrice née en 1930] et moi. Je suis le dernier homme, le dernier survivant… Beaucoup de gens m’ont rejeté, refusé, et c’est vrai que j’ai eu une vie difficile. Mais c’est ma vie et je l’aime comme ça. » 
Theodor Michael Wonja est de nationalité allemande. Il est né à Berlin d’une mère blanche et d’un père noir. Ce dernier a vu le jour en 1879 sur la côte atlantique du Cameroun, cinq ans avant la colonisation germanique. Benjamin d’une fratrie de quatre enfants, Theodor Michael Wonja a 1 an seulement lorsque sa mère, née en Posnanie (une province du royaume de Prusse aujourd’hui rattachée à la Pologne), est foudroyée par une maladie. Pour survivre dans cette Allemagne rongée par la crise économique, son père travaille dans un zoo. Avec ses enfants, il met en scène des « exhibitions d’indigènes ».



« Des sauvages vêtus d’une jupette en raphia »
« Ces représentations étaient nombreuses », explique Theodor Michael Wonja. Pour les noirs en Allemagne, elles étaient « une des rares possibilités de gagner de l’argent, étant donné que les métiers dits “bourgeois” n’étaient pas accessibles », peut-on lire dans l’autobiographie qu’il a publiée en 2016, intitulée Allemand et Noir en plus ! Souvenirs d’un rescapé des camps nazis (Editions Duboiris). « Dans ces spectacles, les Africains se devaient d’être tels que les Européens des années 1920 et 1930 se les représentaient : des sauvages ignorants, incultes, vêtus d’une jupette en raphia. » Les yeux écarquillés, les spectateurs, parents et enfants, risquaient parfois une main dans la cage pour gratter la peau de ces « indigènes » ou leur planter les ongles dans les cheveux. « Des adultes me reniflaient pour voir si j’étais un personnage réel ou non, se souvient Theodor Michael Wonja. J’étais pourtant un Allemand, comme eux. » 
En 1929, le service d’aide sociale décide de placer les enfants de la famille Michael Wonja. Certains rejoignent un orphelinat ; d’autres, une famille d’accueil, comme Theodor. Agé de 4 ans, le garçon est confié à Mohamed ben Ahmed, un « oncle » originaire de la partie espagnole du Maroc, qui dirige un cirque. Il retrouve sa sœur Juliana, qui fait office de domestique pendant que lui multiplie les corvées d’eau et de nettoyage. Maltraité par sa famille adoptive, il mène une vie itinérante à travers l’Allemagne, la Suisse, et dort chaque nuit dans un lit de paille contaminé par la vermine. Il a 9 ans lorsqu’il apprend la mort de son père, rongé par l’alcool. Theodor Michael Wonja s’évade en allant parfois à l’école et surtout en lisant beaucoup : « tout ce qui me tombait entre les mains, raconte-t-il, y compris les reportages que je trouvais dans les journaux suisses parlant de l’Allemagne. Dans le pays, il régnait un calme trompeur, un calme funèbre ».

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Adolf Hitler, adulé depuis l’hiver 1932-1933 et qui a promis d’éradiquer le chômage, devient chancelier. Theodor Michael Wonja est un gamin qui, comme les autres de son âge, rêve d’intégrer le Jungvolk (« jeune peuple ») des Jeunesses hitlériennes. Ses copains, ses voisins, font tous fièrement partie de ce groupe où l’on s’entraide et pratique différents sports. Et Theodor court vite, très vite. On le surnomme d’ailleurs Jesse Owens, comme ce jeune sprinteur noir américain qu’il voit gagner une médaille d’or lors des Jeux olympiques de Berlin, en 1936. « J’étais le plus rapide mais on m’a rejeté du Jungvolk. On m’a renvoyé chez moi en me disant que je n’avais pas ma place dans le concept de “peuple” et que je ne pouvais donc pas appartenir au “jeune peuple”, se remémore-t-il. Ça a été une souffrance indescriptible, une humiliation, l’une des pires de ma vie. » Dans sa tête de gamin, il ne réalise évidemment pas encore la tragédie qui se prépare.
« Apatride de type négroïde »
Promulguées en 1935, les lois de Nuremberg – « sur la protection du sang et de l’honneur allemands » et « sur la citoyenneté du Reich » – regroupent une série de dispositions racistes et discriminatoires. Ces textes concernent les Juifs mais aussi les Tziganes, les Asiatiques et les Africains. Theodor a 11 ans lorsque, à la suite de ces lois, les portes de son école lui sont fermées. Il est exclu, une fois encore. « Quand on vous refuse l’accès au savoir et à l’éducation, on vous fait comprendre que vous êtes en dernière classe parmi les citoyens de l’humanité, explique t-il. Je n’ai jamais réussi à l’admettre. Quelle douleur ! J’ai réalisé très jeune que je serais toujours différent, toujours étranger, y compris dans mon propre pays. » Le pire reste cependant à venir. Considérant que tous ceux qui sont originaires des anciennes colonies allemandes ne font pas partie du IIIe Reich ni de la race aryenne, les nazis retirent leur nationalité à des milliers de citoyens. Theodor Michael Wonja a 15 ans et devient apatride.
Après la défaite de Stalingrad et le discours du ministre de la propagande, Joseph Goebbels, au Palais des sports de Berlin, le 18 février 1943, les Allemands prennent conscience que la guerre sera totale. L’heure est à la mobilisation de la population. Theodor Michael Wonja est convoqué par le conseil de révision de l’armée du Reich mais étant « de type négroïde », il n’est pas retenu. « D’un côté, j’aurais peut-être enfin trouvé dans l’uniforme la reconnaissance que je souhaitais. Mais, dans le fond, j’étais heureux de ne pas combattre pour des gens qui me détestaient », résume-t-il.
Le jeune homme n’est pas tiré d’affaire pour autant. Sommé de se rendre au camp de travail Adlergestell à Adlershof, il est affecté à l’entreprise J. Gast, à Berlin-Lichtenberg. Dans ce Fremdarbeiterlager (camp de travailleurs étrangers), il rencontre des personnes réquisitionnées originaires de tous les pays occupés par l’Allemagne, dont beaucoup de Français arrivés dans le cadre du service du travail obligatoire (STO).
Suspecté de collaboration
En 1943, la durée quotidienne d’activité est de dix heures ; elle est portée à douze heures l’année suivante. Theodor Michael Wonja passe ses journées à visser des bouts de fer, une tâche dont il ignore la finalité. Les conditions de vie sont rudes, « dans des baraquements infestés de punaises avec des lits superposés ». Comme beaucoup, il songe à s’enfuir. « Mais pour aller où ? s’emporte-t-il. Avec le visage que j’ai, même le plus stupide des fonctionnaires aurait vu que quelque chose clochait. » Il est singé, bousculé, brimé par ses gardiens. « Je ne dormais plus. J’avais faim, sommeil et froid, et il pesait sur moi un danger permanent. » Il résiste, malgré les températures glaciales de l’hiver 1944.

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En avril 1945, le camp est libéré par des soldats de l’Armée rouge. Theodor Michael Wonja a 20 ans, pas de valise, mais un insatiable désir de liberté. Pendant longtemps, il va toutefois rester un étranger dans son propre pays, un suspect même. « Il était tellement peu probable qu’un Noir allemand soit toujours vivant après la guerre qu’on m’a suspecté de collaboration, lâche-t-il. L’année 1945 a été terrible, la plus dure de ma vie : que voulez-vous répondre quand on vous reproche d’être toujours vivant ? Pour reprendre l’expression, j’étais toujours assis entre deux chaises. »
Au fil des années, le malaise se dissipe à peine. Theodor Michael Wonja, multiplie les petits boulots, se marie et suit une formation universitaire d’économie et de droit à Hambourg, puis à Paris, au début des années 1960. Il s’installe ensuite à Cologne et fonde Afrika-Bulletin (« Le Bulletin de l’Afrique »), dont il est le rédacteur en chef. Sa mission : corriger l’image de l’Afrique et des Africains dans l’opinion publique allemande. Il voyage beaucoup sur le continent et, à 50 ans, découvre le Cameroun, le pays de son père. « Vous avez une partie camerounaise dans votre nom. Vous êtes le bienvenu chez vous ! » lui dit le douanier en lui tendant son passeport à l’aéroport de Yaoundé. « Merci Monsieur, mais je suis allemand », répond l’ancien déporté.
Recruté par les renseignements allemands
Pour des raisons financières, le journal s’arrête à la fin de l’année 1971. Theodor Michael Wonja est alors recruté par le service fédéral de renseignement allemand (BND). En tant que spécialiste des questions africaines, il produit des analyses sur les pays étrangers. « J’ai hésité, car je pensais que cette organisation ressemblerait à celles du IIIe Reich ou à la Stasi [en RDA], se souvient-il. J’ai accepté ce défi pour prouver notamment que des Afro-Allemands peuvent occuper des postes à responsabilité. »
Retraité en 1987, il renoue avec le théâtre, l’une de ses grandes passions. Il y trouve une forme d’exutoire, mais il en faut plus pour panser ses plaies. « Il aura fallu attendre mes 80 ans pour que je commence à écrire mes mémoires, dit-il. Je n’ai jamais pu le faire avant, je n’en avais pas la force. C’était trop douloureux… J’ai écrit mon livre avec mon cœur parce que mes enfants m’ont poussé à le faire. »

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Aujourd’hui, Theodor Michael Wonja lit beaucoup, écrit des nouvelles. « Lorsque je l’ai rencontré pour la première fois, en 1994, je l’ai trouvé malheureux, habité par une immense tristesse, se souvient Serge Bilé, auteur de Noirs dans les camps nazis (Editions du Rocher). Son livre lui a fait du bien. Dans cet ouvrage, il livre un enseignement et nous parle de sa douleur. C’était important pour lui de se libérer d’une partie de son fardeau. »
« Quand je regarde la société aujourd’hui, je vois des similitudes avec l’Allemagne des années 1930, s’inquiète l’ancienne victime du nazisme. N’oublions jamais qu’Hitler a été élu par le peuple… Nous sommes également dans une période de crise où les gens veulent construire des murs pour se protéger. Le racisme est une aberration. Pour le comprendre, il suffit d’admettre que de la relation entre un esquimau et une aborigène ne naîtra toujours qu’un humain, quelle que soit la couleur de sa peau. Car il n’existe qu’une seule race, la race humaine. » Sur le bureau de Theodor Michael Wonja est posée une photo où l’on voit le vieil homme en compagnie de son fils, de son petit-fils et de son arrière-petit-fils. Tous sont alignés de profil. La ressemblance est frappante, à un détail près. Des quatre descendants de la famille Michael Wonja, Theodor est le seul Noir.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ A 93 ans, ce métis germano-camerounais, né à Berlin, raconte sa traversée du siècle, marquée par le racisme.
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Theodor Michael, dernier Noir rescapé des camps de travail nazis, témoigne



LE MONDE
              datetime="2018-05-13T18:00:16+02:00"

        Le 13.05.2018 à 18h00






Durée : 02:47 | 

Né à Berlin d’une mère allemande, blanche, et d’un père noir venu du Cameroun, ce nonagénaire a connu, de son propre aveu, « une vie difficile ». Victime de brimades et d’exclusion dès son plus jeune âge, Theodor Michael Wonja est déchu de sa nationalité dans les années 1930 à cause de sa couleur de peau.
Après 1945, il fondera une famille, travaillera comme journaliste puis pour les services de renseignement de la RFA avant de profiter de sa retraite pour se consacrer au théâtre. Il est aujourd’hui le dernier rescapé noir des camps de travail nazis.


                

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a affirmé, dimanche, que le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien ne « visait pas les Européens ».
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Iran : les Etats-Unis veulent « travailler dur avec les Européens » sur un nouvel accord

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a affirmé, dimanche, que le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien ne « visait pas les Européens ».



Le Monde
 |    13.05.2018 à 17h19
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 18h33
   





                        


Les Etats-Unis veulent « travailler dur avec les Européens » afin de parvenir à un nouvel accord sur le nucléaire iranien. C’est ce qu’affirme le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, dans un entretien diffusé sur la chaîne Fox dimanche. Il a également déclaré vouloir contrer « le comportement néfaste » de Téhéran, après le retrait de Washington de l’accord sur le nucléaire iranien. 
« J’espère que, dans les jours et les semaines à venir, nous pourrons parvenir à un accord qui fonctionne vraiment, qui protège réellement le monde face au mauvais comportement iranien », a déclaré Mike Pompeo. « Pas juste sur leur programme nucléaire mais également leurs missiles et leur comportement néfaste. Et je travaillerai de près avec les Européens pour tenter d’y parvenir. »
Le secrétaire d’Etat, en poste depuis deux semaines, a ajouté que « le président Trump [l’]a chargé de trouver un accord qui atteigne l’objectif de protéger l’Amérique. C’est ce que nous allons faire. »
Donald Trump a annoncé, le 8 mai, le retrait total des Etats-Unis de l’accord et le rétablissement des sanctions contre la République islamique. Les signataires européens – la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni – se sont dans la foulée dits « déterminés à assurer la mise en œuvre » du texte en « maintenant les bénéfices économiques » au profit de la population iranienne.

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Le chef de la diplomatie iranienne en tournée
Le chef de la diplomatie américaine a fermement rejeté, dimanche, toute idée selon laquelle le regain de tensions des derniers jours dans la région était dû au fait que Téhéran se sentait moins bridé depuis le retrait américain de l’accord. « C’est ridicule », a-t-il assené, affirmant qu’au contraire c’est avec l’entrée en vigueur de l’accord, en 2015, que les dirigeants iraniens « ont pensé qu’ils pouvaient agir en toute impunité ».
Un argument martelé par le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton. « Je vais vous dire, si vous observez les avancées que l’Iran a faites sous couvert de cet accord, ses avancées militaires conventionnelles et terroristes, en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen, depuis 2015, l’Iran avançait réellement. Ils étaient en train de faire basculer l’équilibre du pouvoir au Moyen-Orient jusqu’à ce que le président Trump se retire de cet accord », a-t-il affirmé sur la chaîne ABC, dimanche.
L’accord conclu en 2015 entre l’Iran et le groupe 5 + 1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) prévoit une levée des sanctions visant Téhéran, en contrepartie de son engagement de ne pas se doter de l’arme nucléaire.
Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a entamé dimanche une tournée en Chine, en Russie et en Europe pour tenter de sauver l’accord.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Alors que la France réfléchit à sa stratégie de transition énergétique, la voie radicale choisie par l’Allemagne – sortie du nucléaire compensée par les renouvelables – divise toujours. Non concertée avec ses voisins, elle a bouleversé le paysage européen.
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Nucléaire : le dialogue de sourds entre Allemands et Français

Alors que la France réfléchit à sa stratégie de transition énergétique, la voie radicale choisie par l’Allemagne – sortie du nucléaire compensée par les renouvelables – divise toujours. Non concertée avec ses voisins, elle a bouleversé le paysage européen.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 17h00
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

La visite n’a duré que quelques heures, mais c’était une première pour un ministre français : en venant rassurer les élus locaux sur la fermeture de la centrale de Fessenheim, à la mi-avril, Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, a franchi le Rhin pour rencontrer élus et chefs d’entreprise en pays germanique. L’objectif : réfléchir ensemble au futur du territoire après la fermeture, en fin d’année, des réacteurs nucléaires, réclamée de longue date par des Allemands hostiles à l’énergie nucléaire. Avec un espoir : qu’une fois la page Fessenheim (Haut-Rhin) tournée, le dialogue de sourds entre Français et Allemands sur la transition énergétique reparte sur de meilleures bases.
une grande partie de la classe politique et des industriels allemands estime que le pays est sur la bonne voie
Il y a en effet urgence. La France s’est lancée depuis plusieurs semaines dans la rédaction de sa feuille de route énergétique, baptisée « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE), et l’exemple allemand de sortie du nucléaire pourrait lui être fort utile. Pour l’instant, il fait encore largement figure d’épouvantail de ce côté-ci du Rhin. Malgré les centaines de milliards d’euros investis, raille Jean-Marc Jancovici, consultant en énergie-climat pour Carbone 4, « l’Allemagne n’a pas diminué de manière notable la facture de ses importations d’énergie, ni diminué ses émissions de CO2, a fragilisé son réseau électrique et il n’est pas certain que cela ait permis de créer des champions industriels pérennes ». Bref, un échec total.
A l’inverse, une grande partie de la classe politique et des industriels allemands estime que le pays est sur la bonne voie. « En France, on a tendance à considérer que les Allemands sont stupides d’avoir fait ce choix et, en Allemagne, on a tendance à penser que les Français sont stupides de ne pas l’avoir fait », plaisante Felix Matthes, directeur de recherche...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Ils avaient été enlevés vendredi, dans le parc national des Virunga, dans l’est du pays, lors d’un assaut qui a coûté la vie à une garde du parc.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Libération des deux Britanniques enlevés, vendredi, en République démocratique du Congo

Ils avaient été enlevés vendredi, dans le parc national des Virunga, dans l’est du pays, lors d’un assaut qui a coûté la vie à une garde du parc.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 16h55
   





                        


La prise d’otages des deux touristes britanniques, enlevés dans le parc national des Virunga, dans l’est de la République démocratique du Congo, aura duré deux jours. Le ministre britannique des affaires étrangères, Boris Johnson, a annoncé, dimanche 13 mai, leur libération. Il n’a pas précisé si leur chauffeur congolais avait également été libéré.
« Je rends hommage aux autorités congolaises et à l’Institut congolais pour la conservation de la nature pour leur soutien infatigable », a-t-il souligné.
Boris Johnson a, en outre, adressé un message de soutien à la famille de Rachel Makissa Baraka, une garde du parc, de nationalité congolaise, tuée au moment de l’enlèvement.
Zone occupée par la rébellion musulmane ougandaise
Les deux touristes britanniques et leur chauffeur avaient été victimes, vendredi, d’une attaque de leur véhicule par des hommes armés non identifiés dans les Virunga, un parc naturel situé dans la province du Nord Kivu, fief de multiples groupes armés. Selon la presse locale, l’armée congolaise avait rapidement pris des mesures pour retrouver les trois disparus.

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                RDC : une garde tuée et deux touristes britanniques enlevés dans le parc des Virunga



Avec ses gorilles de montagne, ses chimpanzés et ses volcans, le parc des Virunga, classé par l’Unesco au Patrimoine mondial, attire les touristes. Mais la zone est également occupée par les rebelles présumés ougandais musulmans (ADF), qui sèment la terreur dans la ville de Beni, et des milices maï-maï communautaires hutu, nande ou hunde.
Le 9 avril, cinq gardes et un chauffeur avaient été tués par des assaillants non identifiés. En 2014, le directeur du parc, le Belge Emmanuel de Mérode, avait survécu à une attaque.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ L’indépendantiste Quim Torra devrait pouvoir profiter de l’abstention de quatre députés d’extrême gauche, lundi, pour être élu à la tête de la région.
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Catalogne : l’abstention des radicaux ouvre la voie au candidat indépendantiste

L’indépendantiste Quim Torra devrait pouvoir profiter de l’abstention de quatre députés d’extrême gauche, lundi, pour être élu à la tête de la région.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 16h26
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 16h49
   





                        



   


Un nouveau président devrait enfin pouvoir être élu, lundi 14 mai, à la tête de la Catalogne. La frange radicale des indépendantistes en s’abstenant a permis d’ouvrir la voie à l’élection à la présidence de la région d’un candidat séparatiste.
Le petit parti d’extrême gauche Candidature d’unité populaire (CUP) a annoncé que ses quatre députés au Parlement régional s’abstiendraient lors du second vote d’investiture lundi. Ce choix devrait permettre à Quim Torra, le candidat choisi par l’ex-président en exil Carles Puigdemont, d’être élu à la majorité simple de 66 députés régionaux contre 65.
« La CUP ne bloquera pas la formation d’un nouveau gouvernement, en maintenant ses quatre abstentions », a annoncé dans un communiqué la formation anticapitaliste après avoir consulté ses militants lors d’une réunion au nord de Barcelone. Ces quatre députés s’étaient abstenus au premier tour, samedi, privant le candidat indépendantiste de la majorité absolue requise de 68 députés.
Vers la levée automatique de la tutelle de Madrid
Quim Torra, un éditeur de 55 ans, a été choisi par Carles Puigdemont qui s’est exilé après la proclamation d’indépendance des députés séparatistes catalans, le 27 octobre dernier. Le gouvernement espagnol avait immédiatement destitué le gouvernement régional catalan et convoqué de nouvelles élections, où les séparatistes ont conservé en décembre une mince majorité.
Après un succès inattendu dans ce scrutin, Carles Puigdemont a voulu se faire réélire président depuis son exil. Mais, bloqué par les tribunaux, il a fini par se résigner à passer le témoin, sans renoncer à son influence politique.
Une fois élu, Quim Torra pourra former son gouvernement, ce qui entraînera automatiquement la levée de la tutelle de Madrid sur cette région de 7,5 millions d’habitants. Dans son discours d’investiture samedi, il a promis de « travailler sans relâche » pour l’indépendance de la Catalogne et de faciliter au plus tôt le retour au pouvoir de Carles Puigdemont, qui est, selon lui, « le président légitime ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ La « pose de pouvoir » qu’adoptent systématiquement les Tories devant les caméras suscite outre-Manche des commentaires ironiques.
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Pourquoi les conservateurs britanniques écartent-ils les pieds ?

La « pose de pouvoir » qu’adoptent systématiquement les Tories devant les caméras suscite outre-Manche des commentaires ironiques.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 12h15
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Sajid Javid, 48 ans, nouveau ministre britannique de l’intérieur, a remplacé au pied levé, lundi 30 avril, Amber Rudd, emportée par le scandale de la « gé­nération Windrush », ces Antillais installés au Royaume-Uni depuis des décennies et pourtant touchés par une politique gouvernementale de reconduite à la frontière visant à faire du chiffre.
Triomphant, M. Javid apparaît sur une photo de l’agence Reuters devant l’entrée du ministère qu’il vient de conquérir, les jambes largement écartées, le regard satisfait scrutant un avenir radieux. Ses conseillers ont eu beau affirmer qu’il a été piégé par le photographe, qui venait de lui demander de se déplacer, l’image évoque pour le public le stéréotype de la « pose de pouvoir » qu’adoptent systématiquement les dirigeants du Parti conservateur.

Au congrès tory de 2015, Theresa May et George Osborne, alors respectivement ministre de l’intérieur et ministre des finances, avaient posé dans la même attitude conquérante – quoique gâchée, pour ce dernier, par des pieds tournés vers l’intérieur qui lui donnent une allure plutôt niaise. Un cliché montre l’ancien premier ministre David Cameron dans une posture similaire, ce qui ne lui a guère réussi lors du référendum sur le Brexit de 2016. A l’époque, les médias avaient ricané, sug­gérant que tous ces hauts responsables avaient assisté à la même formation d’un gourou du body ­langage, session « je montre que j’en ai ».
Plus prosaïquement, ils pourraient avoir suivi les conseils d’Amy Cuddy, psycho­sociologue américaine apôtre des « poses de pouvoir ». Cette conférencière à succès ­assure avoir établi scientifiquement qu’adopter certaines postures – écarter les jambes, déployer son corps, sourire au loin – donne non seulement confiance en soi, mais ­génère également une production adéquate d’hormones. Cela conduit à « une élévation du taux de testostérone, hormone de la domination, à une réduction du taux de cortisol, hormone du stress,...




                        

                        


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Afghanistan : au moins neuf morts dans l’attaque d’un bâtiment officiel à Jalalabad

L’attaque a été revendiquée par l’organisation Etat islamique dimanche via son agence de propagande Amaq.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 18h08
   





                        


Au moins neuf personnes ont été tuées, dimanche 13 mai, lors d’une attaque de plusieurs heures, menée par des hommes armés d’un bâtiment officiel de Jalalabad, dans l’est de l’Afghanistan.
L’attaque a commencé en milieu de journée avec l’explosion d’une voiture piégée devant l’entrée du bâtiment de l’administration des finances de la ville. Celle-ci a « ouvert la voie à un certain nombre d’hommes armés pour y pénétrer », a déclaré à l’AFP le porte-parole du gouverneur de la province du Nangarhar, Attaullah Khogyani.
Des employés terrifiés ont pris la fuite tandis que les forces de sécurité affrontaient les assaillants pendant plus de quatre heures. Au nombre de quatre, armés notamment de grenades, ils ont tous été abattus selon M. Khogyani. Abdullah Raqibi, directeur du département des finances, a fait savoir, de son côté, que tous les employés avaient été évacués.
« Malheureusement nous avons perdu trois membres du personnel. Ils ont été tués dans l’explosion qui s’est produite à l’entrée », a-t-il ajouté. Les corps d’un policier et de huit civils, dont les trois employés du département des finances ont été amenés dans les hôpitaux de Jalalabad, a déclaré le Dr Najibullah Kamawal, chef des services de santé de la ville. Il a également fait état de 36 blessés.
L’attaque a été revendiquée dimanche par l’organisation Etat islamique (EI) via son agence de propagande Amaq dans un message publié sur l’application Telegram. « Une opération kamikaze menée avec une voiture piégée frappe des locaux du ministère des Finances afghan dans la ville de Jalalabad », y lit-on.
Offensive de printemps
Cette nouvelle attaque intervient quelques jours après un double assaut apparemment coordonné contre des commissariats de police à Kaboul, qui a fait dix morts. Le premier avait été revendiqué par l’organisation EI et le second par les talibans.
Après une relative diminution de la violence dans Kaboul en février et en mars, les extrémistes y ont multiplié les attaques, notamment contre les centres d’enregistrement électoraux avant les législatives prévues en octobre.
L’EI avait déjà revendiqué le double attentat-suicide dans la capitale afghane qui avait tué au moins 25 personnes le 30 avril, dont le chef photographe de l’AFP Shah Marai et huit autres journalistes.

        Lire aussi :
         

                Afghanistan : au moins neuf morts dans l’attaque d’un bâtiment officiel à Jalalabad



Les talibans ont récemment lancé leur offensive de printemps, multipliant les assauts contre les forces de sécurité afghanes, en ce qui s’apparente à un rejet tacite d’une récente offre de pourparlers de paix de la part du président Ashraf Ghani.
Cette offensive, nommée « Al-Khandaq », vise à « écraser, tuer et capturer les envahisseurs américains et leurs partisans », avaient déclaré les insurgés fin avril.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Une logique occidentale s’impose dans le pays pour réparer les crimes commis par les Khmers rouges. L’approche est très éloignée des préoccupations des Cambodgiens.
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Au Cambodge, le choc des mémoires

Une logique occidentale s’impose dans le pays pour réparer les crimes commis par les Khmers rouges. L’approche est très éloignée des préoccupations des Cambodgiens.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 06h30
    |

            Adrien Le Gal








                        



                                


                            

C’est une stèle de verre discrète, presque anonyme, dans un recoin du parc de Choisy, au cœur du 13e arrondissement de Paris. Inaugurée le 17 avril par la maire Anne Hidalgo, en compagnie de représentants de la diaspora cambodgienne en France, elle rappelle aux quelques passants qui s’y arrêtent l’horreur de crimes commis à 10 000 km de là, il y a quarante-trois ans.
Episode burlesque
Le 17 avril 1975, les Khmers rouges vidaient la ville de Phnom Penh de ses habitants, jetant hommes, femmes, enfants, vieillards et malades sur les routes. Pendant les trois ans, huit mois et vingt jours qu’a duré leur règne, les révolutionnaires communistes se sont rendus responsables de la mort d’au moins 1,7 million de personnes. Cette petite stèle, qui vient s’ajouter aux nombreux monuments commémoratifs parisiens, est « la première en Europe » à rendre hommage aux victimes des Khmers rouges, selon Anne Hidalgo.
Quelques mois plus tôt, à Phnom Penh, se déroulait un épisode burlesque. Fin janvier, en toute discrétion, la municipalité déboulonnait une statue, inaugurée quelques semaines auparavant face à l’ambassade de France. L’ouvrage de l’artiste franco cambodgien Séra, intitulé A ceux qui ne sont plus là, était aussi le premier du genre à être érigé dans l’espace public. Son emplacement avait été négocié et choisi avec soin : c’est là que, réfugié à l’ambassade de France, l’adolescent, âgé de 13 ans, a vu son père pour la dernière fois, le 17 avril 1975, avant que celui-ci ne soit déporté, puis tué.
L’ouvrage ne sera resté sur place que deux petits mois. La municipalité, arguant d’un problème de place et d’un projet de parc, a réinstallé la statue dans le Musée de S-21, l’ancien centre de détention et de torture du régime khmer rouge. Une décision qui indigne Youk Chhang, directeur de l’ONG Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam). Rescapé des Khmers rouges, rentré au pays dans les années 1990 après avoir étudié aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Le sénateur John McCain, 81 ans, se bat depuis des mois contre la maladie. Mais ses prises de position irritent à la Maison Blanche. « Il va mourir, de toute façon », s’est même permis une conseillère.
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Président Trump, an II : l’affront au mourant

Le sénateur John McCain, 81 ans, se bat depuis des mois contre la maladie. Mais ses prises de position irritent à la Maison Blanche. « Il va mourir, de toute façon », s’est même permis une conseillère.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 06h19
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 09h43
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            
Un sénateur se meurt. John McCain, ancien candidat républicain à la présidentielle de 2008, lutte depuis des mois contre une tumeur agressive au cerveau. A 81 ans, il consacre ses dernières forces à réussir « une bonne fin », selon la formule prêtée à une autre figure historique du Congrès, Ted Kennedy, emporté en 2009 par un mal identique. Retranché dans son ranch de l’Arizona, sa terre d’élection, il reçoit ses amis de toutes rives, après avoir soldé les comptes de sa vie dans un livre et un documentaire à paraître à la fin du mois.
John McCain, qui a passé son existence au service de l’Etat sous les drapeaux puis au Congrès, a toujours fait entendre une voix singulière dans sa famille politique. Il représente tout ce que Donald Trump n’est pas. Et tout ce que le Parti républicain n’est plus. La grandeur de l’Amérique, qu’il n’a cessé de défendre, passe par d’autres chemins que ceux empruntés par le milliardaire installé à la Maison Blanche. Il l’a montré une nouvelle fois en se prononçant jeudi contre la nomination de Gina Haspel à la direction de la CIA, après avoir suivi à distance son audition laborieuse devant la commission du renseignement du Sénat, le 9 mai.
Interrogée dix fois sur sa « boussole morale », celle que hante la supervision d’une prison secrète, après le 11-Septembre, où était pratiquée la torture, a répondu avec la force de conviction d’un rouage administratif. Insuffisant pour John McCain, détenu et torturé par le Viet-Minh pendant près de six ans, quand d’autres, Donald Trump ou son conseiller à la sécurité nationale, le « faucon » John Bolton, prenaient soin d’éviter le bourbier vietnamien.
L’exemple vient d’en haut
La prise de position du sénateur a certainement agacé au plus haut point à la Maison Blanche, qui ne lui a jamais pardonné d’avoir enterré par son vote une réforme de la protection sociale qu’il jugeait aussi inique que bâclée, en 2017. Au cours d’une réunion, le même jour, une conseillère...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ La crise ouverte par le président Trump avec l’Iran risque de dégénérer très rapidement sur différents théâtres du Moyen-Orient.
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Indonésie : l’Etat islamique revendique une série d’attaques meurtrières contre des églises

Une famille de six personnes, dont deux petites filles, est responsable des attaques suicide, qui ont fait au moins 13 morts et ont été revendiquées par l’Etat islamique.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 05h51
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 17h41
   





                        



   


Une famille de six personnes, dont deux petites filles, est responsable des attaques-suicides menées dimanche 13 mai, contre trois églises à Surabaya en Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde, a rapporté la police. Ces attaques, qui ont fait au moins 13 morts et des dizaines de blessés, dont deux policiers, ont été revendiquées par l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), a annoncé le chef de la police nationale, Tito Karnavian.
La famille, comprenant la mère et le père ainsi que deux fillettes de 9 et 12 ans et deux fils de 16 et 18 ans, était liée au mouvement Jamaah Ansharut Daulah, un groupe qui soutient l’EI, a-t-il ajouté. Les trois attaques ont été perpétrées dans trois endroits différents à dix minutes d’intervalle, la première explosion s’étant produite à 7 h 30 locales (2 h 30 heure de Paris), a précisé la police de Surabaya, deuxième ville du pays.
Selon l’organe de propagande du groupe EI, l’agence Amaq, « trois attaques kamikazes » ont fait des morts et des blessés « parmi les gardiens des églises et des chrétiens dans la ville de Surabaya ».

        Lire aussi :
         

                L’Indonésie stoïque face à la menace terroriste



Ces attaques interviennent à quelques jours du début du ramadan dans ce pays d’Asie du Sud-Est qui est en état d’alerte depuis la série d’attentats perpétrés ces dernières années, certains par l’organisation Etat islamique.

   


L’un des assaillants tué
Au moins l’un des assaillants qui ont fait exploser leurs bombes à Santa Maria a été tué. Il n’a pas été précisé dans l’immédiat si les autres assaillants avaient péri. Des démineurs de la police ont, par ailleurs, désamorcé des bombes à la Gereja Pantekosta Pusat Surabaya (église pentecôtiste du centre de Surabaya).
L’intolérance religieuse a augmenté ces dernières années en Indonésie, pays de 260 millions d’habitants, dont près de 90 % sont de confession musulmane, mais qui compte aussi des minorités comme les chrétiens, hindous et bouddhistes. D’autres attaques visant des églises se sont produites ces dernières années à travers cet archipel d’Asie du sud-est.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le phénomène Netta Barzilai a convaincu l’Europe. Le duo français Madame Monsieur, qui figurait parmi les favoris, s’est dit « très fier » de sa prestation.
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Israël remporte l’Eurovision 2018, la France se classe 13e

Le phénomène Netta Barzilai a convaincu l’Europe. Le duo français Madame Monsieur, qui figurait parmi les favoris, s’est dit « très fier » de sa prestation.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 02h47
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 12h27
    |

                            Aurélie Blondel








                        



   


L’Israélienne Netta Barzilai, 25 ans, a remporté l’Eurovision 2018, samedi 12 mai dans la soirée, sur la scène de l’Altice Arena de Lisbonne, au Portugal, au terme d’un concours riche en surprises et suspense. Apportant ainsi à son pays la quatrième victoire de son histoire, vingt ans après celle de sa compatriote Dana International. Son titre Toy, inspiré du mouvement #metoo, s’est imposé avec 529 points.
Le duo pop français Madame Monsieur et sa chanson Mercy, qui figurait parmi les favoris, pointe, de son côté, à la treizième place, avec 173 points. Tenue noire et baskets rouges, le duo racontait sur scène la naissance d’un bébé à bord d’un bateau de SOS Méditerranée, après que sa mère, qui fuyait le Nigéria, a été sauvée d’un naufrage en mer.
Chats porte-bonheur et caquètements
Si la prestation des Français, sans décor ni danseurs, était placée sous le signe de la sobriété, l’Israélienne Netta, vêtue d’un kimono rose et rouge, a, quant à elle, offert un spectacle exubérant, parfois déconcertant, mais clairement bluffant. Chantant devant des étagères arborant 112 maneki-neko, ces chats porte-bonheur japonais qui lèvent la patte, elle a séduit par ses performances vocales surprenantes, ponctuées de curieux caquètements, et le rythme entraînant, festif, du titre.
« Ma chanson parle d’émancipation des femmes, mais aussi de ceux à qui on a répété qu’ils ne faisaient jamais rien de bien, de ceux à qui on a martelé qu’ils n’étaient pas assez maigres ou pas assez forts », avait expliqué la jeune femme mercredi au Monde. « Je ne suis pas un jouet », clame-t-elle tout au long du titre. Ce dernier avait été propulsé favori de cette édition par les bookmakers, qui parient sur le concours, dès sa présentation en mars. Elle avait conservé cette place de longues semaines.
Ces derniers jours, c’est toutefois sur la victoire de Fuego, un titre aux accents latinos interprété pour Chypre par une célèbre chanteuse grecque, que misaient surtout ces fameux bookmakers. Le titre d’Eleni Foureira est finalement arrivé deuxième avec 436 points, devant l’Autrichien Cesar Sampson. La troisième place de ce dernier constitue la grande surprise de la 63e édition du concours.
Le concert a aussi été marqué par l’irruption d’un homme sur scène durant la prestation de la Britannique SuRie, à qui il a arraché le micro avant d’être emmené par la sécurité. La jeune femme a rapidement repris le cours de sa chanson, ovationnée par la salle. La production lui a proposé de rechanter, mais elle a refusé.
« Je veux gagner, j’adore gagner ! »
A l’issue du spectacle, le duo français est apparu déçu et fatigué, mais sans amertume. « L’engouement autour de notre chanson nous rend très fiers, d’autant que le sujet était clivant, a expliqué Jean-Karl Lucas, 35 ans, le monsieur de Madame Monsieur. Nous avons respecté l’Eurovision, nous y sommes allés à fond, à 100 %, avec humilité et bonheur. J’en retiendrai de belles rencontres avec les autres artistes et musiciens, mais aussi avec les fans de l’Eurovision. Et surtout, beaucoup de gens ont découvert SOS Méditerranée à travers cette chanson. »

        Lire aussi :
         

                Madame Monsieur, un duo pop pour l’Eurovision



La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, qui avait fait le déplacement à Lisbonne, a fait savoir dans la nuit que cette place de la France ne remettait pas en cause l’émission Destination Eurovision. « C’est une bonne formule, nous avons bien l’intention de continuer, a-t-elle expliqué à la presse. Bien sûr, j’aurais préféré que Madame Monsieur gagne, (…), mais je suis très contente pour Israël, c’est une chanson féministe parlant des femmes qui assument ce qu’elles sont. »

Fière d’être ce soir à #Lisbonne aux côtés de @MadameMonsieur et de toute la délégation française et de rencontrer… https://t.co/sAFizQSDMZ— DelphineErnotte (@Delphine Ernotte)


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« Je veux gagner, j’adore gagner, vous vous rendez compte quelle fête ce serait ? », a encore lancé Mme Ernotte, expliquant « avoir attrapé le virus de l’Eurovision » et promettant de s’y rendre de nouveau l’an prochain. Interrogée sur ce que la France pourrait améliorer à l’avenir, elle a répondu :
« Peut-être pourrait-on donner davantage à comprendre le sens de nos chansons, par les images ou la scénographie, c’est là-dessus qu’il faut que nous travaillions. Nous avions délaissé l’Eurovision, nous le savons, mais sur le long terme notre ténacité sera payante. »
« Nous devons continuer sur cette dynamique et ne pas faire les mauvais perdants », a martelé, de son côté, Antoine Boilley, directeur délégué de France 2.
Plus tôt dans la soirée, Mme Ernotte avait annoncé le retour de la France à l’Eurovision Junior, dès sa prochaine édition, le 25 novembre en Biélorussie. La sélection du candidat sera réalisée « en interne », a précisé Edoardo Grassi, chef de la délégation française.

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Meilleure audience pour l’Eurovision depuis 2009
La finale du concours de l’Eurovision, diffusée samedi 12 mai sur France 2 en direct depuis Lisbonne, a enregistré sa meilleure audience depuis 2009, avec plus de cinq millions de téléspectateurs, et a largement devancé la finale de The Voice de TF1, tombée à un plus bas niveau, d’après des chiffres de Médiamétrie.
Selon les données de Médiamétrie, la 63e édition du concours, remportée par la chanteuse israélienne Netta, a été suivie par 5,2 millions de téléspectateurs, donnant à France 2 une part d’audience de 28,5 %.
C’est le meilleur résultat depuis 2009, quand l’Eurovision avait réuni 5,7 millions de téléspectateurs. Depuis, l’émission n’était jamais remontée au-dessus de cinq millions de téléspectateurs et s’était même effondrée sous la barre des trois millions en 2013 et 2014.
Parallèlement, la finale du télécrochet de TF1, The Voice, diffusée également samedi soir, a été regardée par 4,5 millions de téléspectateurs, soit une part d’audience de 21,2 % pour TF1. A l’inverse, c’est un plus bas historique pour la finale de ce show lancé en 2012, et qui avait attiré un peu moins de cinq millions de téléspectateurs lors des deux précédentes finales.





                            


                        

                        


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Brésil : les exactions de la dictature étaient assumées par le sommet de l’Etat

La révélation au grand jour d’un mémo de la CIA rédigé en 1974 jette une lumière crue sur les crimes de la dictature.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 21h08
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 11h44
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        


Hormis une poignée de négationnistes, aucun Brésilien n’ignore les morts suspectes, les exécutions sommaires et les tortures abominables menées lors de la dictature militaire (1964-1985). Le pays a désormais la preuve que les crimes n’étaient pas ordonnés par quelques policiers zélés, mais venaient directement de Brasilia, le sommet du pouvoir. Et qu’aucun président à épaulettes dirigeant le pays pendant ces années noires n’a été moins cruel que les autres. La démonstration a été faite par le biais d’un mémo écrit le 11 avril 1974 par l’ancien directeur de la CIA, l’agence de renseignement américaine, William Colby. Un texte adressé à Henry Kissinger, alors secrétaire d’Etat de la plus grande puissance mondiale.
Mis au jour jeudi 10 mai par le chercheur en relations internationales de la Fondation Getulio Vargas, Matias Spektor, l’écrit fait partie des éléments mis à disposition du public par le gouvernement américain depuis 2015. Son contenu a plongé le Brésil dans un état de choc. « Il s’agit du document le plus perturbant que j’aie lu ces vingt dernières années », estime M. Spektor cité par les médias brésiliens.
Le général Geisel apparaît comme directement impliqué
Le mémo relate le contenu d’une réunion tenue le 30 mars 1974 peu après la prise de pouvoir d’Ernesto Geisel, général considéré jusqu’ici comme plus clément après le mandat (1969-1974) d’Emilio Garrastazu Medici, présenté comme un « président tueur ».
Aux côtés du chef d’Etat étaient présents ce jour-là trois généraux chargés de la lutte contre les opposants au régime, deux membres du Centre d’intelligence de l’armée (CIE) et un autre du Service national d’informations (CNI). Lors de cette entrevue, M. Geisel a été informé de 104 assassinats effectués l’année précédente, sous le gouvernement de M. Medici. Le responsable de la CIE interroge le président : faut-il maintenir ces pratiques ? Après un temps de réflexion, le général Geisel répond le 1er avril : « Cette politique doit continuer. » Ajoutant une nuance : seuls les éléments subversifs et dangereux seront exécutés et chacune de ces exécutions devra avoir l’aval du chef du SNI, Joao Batista Figueiredo, qui prendra la tête de l’Etat en 1979.
« Cette façon de tuer est une barbarie, mais il faut le faire »
L’armée a fait savoir, jeudi, que les documents secrets liés au contenu de ces réunions avaient été détruits, ne pouvant attester de la véracité des éléments. Reste qu’en pleine guerre froide, la CIA, appui explicite au régime militaire considéré comme un rempart à la « menace communiste », peut difficilement être soupçonnée de relater des faits erronés ou biaisés.
« Une preuve de plus de la politique de terreur, de disparitions forcées et d’assassinats menés sous la dictature », a réagi l’institut Vladimir-Herzog, du nom de ce journaliste torturé à mort, dont le meurtre en 1975 a d’abord été présenté par les militaires comme un suicide.
L’image du général Geisel, décédé en 1996, avait déjà été écornée par le journaliste Elio Gaspari, dans son ouvrage en cinq volumes, Ditadura. L’auteur y relate notamment une conversation de 1974 entre le président Geisel et le général Dale Coutinho affirmant que le Brésil serait devenu une « oasis » pour les investisseurs depuis que « nous avons commencé à tuer ». Ajoutant : « Coutinho, cette façon de tuer est une barbarie, mais il faut le faire. »
Des révélations qui cassent les discours complaisants envers la dictature
Jusqu’à présent le chef d’Etat était toutefois considéré comme relativement passif dans l’orchestration de ces assassinats. Le voici en première ligne. « Non seulement le sommet de l’Etat savait, mais il assumait la responsabilité [des exécutions]. C’est si choquant ! », a commenté Matias Spektor.
Jetant une lumière crue sur les exactions du pouvoir militaire qui, selon les données officielles, aurait fait 434 victimes, dont 208 disparus, cette révélation casse les discours complaisants envers un régime considéré par une partie du pays – à tort – comme exempt de corruption et responsable d’une prospérité économique exceptionnelle. « Certains, y compris à gauche, étaient indulgents envers Geisel mettant en avant les “acquis” de la dictature, tels que le nationalisme ou la création d’entreprises publiques. Toute cette rhétorique est fichue en l’air », atteste l’historien Luiz Felipe de Alencastro.
Le mémo rouvre aussi les plaies que le Brésil n’a jamais soignées. L’amnistie décrétée lors de la redémocratisation a permis aux assassins de vivre en paix en laissant certains glorifier cette période de l’histoire. Ainsi de Jair Bolsonaro, député d’extrême droite, militaire de réserve, grand nostalgique de la dictature, en tête des sondages pour la course à la présidentielle, prévue en octobre. Sans craindre l’outrance, le député a, vendredi, pris la défense du régime. « Qui n’a jamais donné une tape sur les fesses de son enfant et s’en est voulu après ? », a-t-il affirmé sur la radio Super Noticia de Belo Horizonte dans le sud du pays.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ En dépit d’une forte aspiration au changement, les Irakiens expriment leur désillusion de voir leur vote apporter le renouvellement de la classe politique et la réforme de l’Etat qu’ils appellent de leurs vœux.
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A Bagdad, les premières législatives post-Etat islamique mobilisent peu

En dépit d’une forte aspiration au changement, les Irakiens expriment leur désillusion de voir leur vote apporter le renouvellement de la classe politique et la réforme de l’Etat qu’ils appellent de leurs vœux.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 20h54
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 13h04
    |

            Hélène Sallon (envoyée spéciale à Bagdad (Irak)








                        


« Changement ». Le désir de voir un renouvellement de la classe politique et une réforme en profondeur de l’Etat faisait l’unanimité chez les Irakiens appelés aux urnes, samedi 12 mai, pour élire le premier Parlement de l’ère post-Etat islamique. Mais, le jour du scrutin, une minorité des 24,5 millions d’inscrits sur les listes électorales a voulu croire que leur vote puisse concrétiser ces espoirs de changement. Selon la commission électorale, seuls 44,5 % des électeurs se sont rendus aux urnes ; la plus faible participation de tous les scrutins qui se sont tenus depuis 2003, qui avaient mobilisé plus de 60 % de l’électorat. Les résultats sont attendus sous 48 heures.
C’est un camouflet pour le premier ministre Haïder Al-Abadi, comme pour l’ensemble de la classe politique, qui n’ont eu de cesse de vouloir incarner pendant la campagne ces espoirs de renouveau. Reste à voir à qui profitera cette faible participation alors que la scène politique apparaît, tant dans le camp chiite que sunnite, plus éclatée que jamais.
Le scrutin s’est déroulé dans de bonnes conditions de sécurité, grâce à des mesures de précaution renforcées. Les menaces d’attaques proférées par l’organisation Etat islamique (EI) à quinze jours du vote ont été peu suivies d’effet. Le groupe a revendiqué une seule attaque au sud de Kirkouk, où trois personnes ont été tuées par l’explosion d’une bombe placée sur leur véhicule.

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« Je ne vais pas voter, je regrette même de l’avoir fait avant »
Dans la province de Bagdad, principal enjeu de ce scrutin avec 71 sièges à distribuer sur les 329 que compte le Parlement, la participation a été faible. C’est là que toutes les grandes figures nationales concourraient pour un siège. Le premier ministre Al-Abadi, qui brigue un second mandat à la tête de la coalition multiconfessionnelle Al-Nasr (« Victoire »), a voté tôt, samedi, dans le bureau de vote installé dans l’école Amal, dans le quartier à majorité chiite de Karrada, à quelques pas de sa maison familiale. Peu d’électeurs lui ont emboîté le pas au cours de la journée : environ 1 000 votants sur les 3 600 inscrits de ce bureau se sont présentés, selon les membres locaux de la commission électorale.
La levée du couvre-feu et de l’interdiction faite aux véhicules de circuler dans Bagdad, à la mi-journée, n’a pas eu l’effet mobilisateur escompté. Nombreux ont préféré rester chez eux pour ce jour chômé. « Je ne vais pas voter, je regrette même de l’avoir fait avant. Les gens éduqués n’iront pas, seuls les pauvres vont voter. Il n’y a aucun changement à espérer, ce sont les mêmes qui vont garder le pouvoir quoi que l’on fasse. Il n’y a pas de “nouveaux visages” ou très peu », explique Ayad Abdelaziz, un commerçant au chômage de 58 ans. La désaffection est très marquée chez les jeunes. « Ces promesses de campagne sur la fin du confessionnalisme et de la corruption, c’est du blabla. On va avoir les mêmes, qui vont décider pour nous selon leurs intérêts », critique Zoummouroud, une étudiante en médecine de 20 ans.
« On veut des changements, être comme vous en Occident »
La participation a aussi pâti de problèmes relatifs aux cartes de vote électronique. « Ma carte ne marche pas. Mes informations personnelles ne s’affichent pas, donc, je ne peux pas voter », déplore Hanane Hassan, une femme au foyer de 28 ans, qui voulait voter pour sa cousine, candidate. Le problème s’est répété de façon récurrente dans l’ensemble des bureaux de Bagdad, ainsi que d’autres provinces du pays. Nombre d’électeurs n’ont pas reçu leur nouvelle carte électorale à temps. Seuls ceux qui l’avaient ou ceux qui se sont présentés avec d’anciennes cartes qu’ils n’avaient pas mises à jour ont pu voter.
Pour le millier d’électeurs qui a déposé un bulletin dans les urnes de l’école Amal, le « changement » s’incarne sous de nombreux visages. Haïfa Jabouri, 65 ans, et sa fille Maha Kamal, 36 ans, ont choisi Haïder Al-Abadi pour, disent-elles, son éducation, son ouverture sur le monde et son charisme. « On veut des changements, être comme vous en Occident, avoir de bonnes écoles. Haïder Al-Abadi est le meilleur, il a déjà fait des réformes et en fera davantage encore », explique Haïfa Jabouri, qui dit sa nostalgie des années 1970, un âge d’or avant l’arrivée au pouvoir de Saddam Hussein.
Hassan Mohamed, un communicant de 25 ans, a fait le même choix. « Je veux la fin des quotas confessionnels dans l’attribution des postes politiques, que mon pays soit indépendant et gouverné par des technocrates », dit-il. « Haïder Al-Abadi incarne le rejet du confessionnalisme et de la corruption, et la bonne gouvernance. Malheureusement, il est entouré de corrompus et n’a pas pu mettre en œuvre ces réformes. »

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Une abstention particulièrement élevée dans les bureaux réservés aux déplacés
Les espoirs de Zeinab Mohammed, une femme au foyer de 31 ans, se sont portés sur la coalition non confessionnelle de l’ancien premier ministre chiite Iyad Al-Allawi. Venue avec des drapeaux irakiens, la petite famille de Saïd Mohamed, un ouvrier de 42 ans, a, elle, voté à l’unisson pour le dignitaire religieux chiite Moqtada Sadr, qui s’est allié avec le Parti communiste au sein de Sa’iroun (« en marche »). Reprenant le slogan du chef populiste – « Nous allons éradiquer les corrompus » –, le père de famille explique : « On veut que les droits des martyrs soient honorés et que nos jeunes diplômés aient du travail. »
La participation n’a pas été plus grande dans le bureau de vote principal du quartier à majorité sunnite de Yarmouk. A la clôture du vote, à 18 heures, seuls 966 électeurs sur les 4 372 inscrits avaient voté. L’abstention a été particulièrement forte dans le bureau réservé aux habitants des régions sunnites déplacés par les combats contre l’Etat islamique. Malgré la faible affluence, Hanna Ahmed, une institutrice de 28 ans, restait optimiste sur la capacité d’apporter le changement par ces élections. « J’ai voté pour un candidat qui travaille au ministère de l’éducation et qui travaille dur pour faire bouger les choses », dit-elle.
Mahmoud Thabet, 54 ans, a pour la première fois amené toute la famille voter pour « son ami », le célèbre footballeur Ahmed Radi. « C’est un homme honnête, il aide les pauvres et les jeunes. Pour nous, c’est trop tard, mais il faut œuvrer pour la nouvelle génération », dit l’homme avec entrain. Plusieurs électeurs ont précisé avoir porté leur choix sur les candidats soutenus par l’ancien ministre de la défense sunnite, Khaled Al-Obeidi, qui a rejoint la coalition de M. Abadi. « Il est propre et il dit et fait vraiment les choses que l’on attend », explique Mohamed Mustafa, un employé du ministère de l’éducation de 25 ans.
« J’ai donné ma parole à trois candidats différents, donc, on a réparti les votes »
L’affluence semblait beaucoup grande dans le quartier populaire chiite de Sadr City, où vivent des millions de Baghdadis. Bien qu’étant le bastion traditionnel de Moqtada Sadr, qui y compte beaucoup de partisans, certains électeurs ont jeté leur dévolu sur d’autres personnalités chiites.
L’ancien premier ministre Nouri Al-Maliki (2008-2014) y conserve une certaine popularité. Abbas Jassen, un ouvrier de 23 ans, estime qu’« il a fait de bonnes choses au pouvoir, notamment en matière d’emploi ». Chaker Hamid, un commerçant de 62 ans, « Malikiste de cœur », a dû se plier « aux pressions sociales ». « J’ai donné ma parole à trois candidats différents, donc, on a réparti les votes : j’ai voté pour Al-Fatih (la coalition emmenée par les milices chiites composant les forces de la mobilisation populaire – MP), ma femme a voté pour M. Maliki et mon fils a voté pour Moqtada Sadr », dit-il, dans un rire.
La coalition Al-Fatih compte, elle aussi, de nombreux partisans dans le quartier, qui ont participé à la lutte contre l’EI au sein des unités de la MP. Rahim Ellawi, un ouvrier de 54 ans, qui a perdu quatre proches dans la MP, estime que « cette coalition nationale a libéré le pays de Daech et va éradiquer la corruption ». Mais, les chefs d’Al-Fatih comptent aussi des déçus dans leurs rangs. « Ils s’en fichent de nous. Ils ont commencé à piller et à s’adonner à la corruption pendant la campagne, sans plus se soucier de nos problèmes », explique, dégoûté Mohammed Hamid, un membre de la MP de 22 ans. C’est à un nouveau venu en politique, un ancien officier qui s’est occupé de lui après sa blessure, fin 2017, qu’il a donné sa voix.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ L’armée israélienne a annoncé cette décision samedi, en réaction à des dégâts provoqués vendredi par des manifestants palestiniens.
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Le seul point de passage de marchandises vers Gaza fermé par Israël

L’armée israélienne a annoncé cette décision samedi, en réaction à des dégâts provoqués vendredi par des manifestants palestiniens.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 16h45
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 18h12
   





                        



   


Israël a annoncé, samedi 12 mai, la fermeture jusqu’à nouvel ordre du point de passage de Kerem Shalom. Il s’agit de la seule voie de circulation de marchandises vers la bande de Gaza, soumise à un blocus de l’Etat hébreu.
Cette décision, qui entrera en vigueur dimanche, a été prise en réaction à d’importants dégâts provoqués la veille par des manifestants palestiniens, a fait savoir l’armée israélienne dans un communiqué. Cette dernière y dénonce « des destructions et des incendies provoqués du côté palestinien de ce point de passage par des dizaines d’émeutiers sous les auspices du Hamas », le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza.
Des Palestiniens de la bande de Gaza, territoire coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, se rassemblent depuis le 30 mars par milliers près de la frontière, surtout le vendredi, dans le cadre de la « Grande marche du retour », mouvement qui exige le droit au retour des réfugiés palestiniens et qui doit aboutir mardi à la commémoration de la « Nakba » (la catastrophe, en arabe) qui marque pour les Palestiniens la création de l’Etat d’Israël et l’exode de centaines de milliers de Palestiniens. Ce mouvement de protestation a déjà coûté la vie à 53 Palestiniens depuis un mois et demi.

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Une décision qui va aggraver le blocus de Gaza
La fermeture du point de passage va aggraver la situation déjà très précaire de la bande Gaza, soumise à un sévère blocus d’Israël depuis plus de dix ans, et où plus des deux tiers de la population dépendent de l’aide humanitaire.
« Le point de passage restera fermé jusqu’à ce que les dégâts soient réparés », a précisé l’armée, assurant que le terminal permettant d’approvisionner la bande de Gaza en carburant est dorénavant inutilisable en raison des destructions.
L’Egypte, dont la frontière avec Gaza est fermée la plupart du temps, a ouvert samedi son point de passage pour quatre jours.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Pyongyang « prend des mesures techniques » pour démanteler son site d’essais atomiques. Certains experts ont estimé qu’il s’agissait d’une concession de façade.
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La Corée du Nord démantèlera son site d’essais atomiques entre le 23 et le 25 mai

Pyongyang « prend des mesures techniques » pour démanteler son site d’essais atomiques. Certains experts ont estimé qu’il s’agissait d’une concession de façade.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 16h23
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 01h14
   





                        



   


Kim Jong-un précise un peu plus sa volonté d’abandonner les activités nucléaires de son pays. La Corée du Nord « prend des mesures techniques » pour démanteler son site d’essais atomiques et invitera des journalistes étrangers à une cérémonie de lancement du processus entre les 23 et 25 mai, a annoncé samedi 12 mai l’agence d’Etat KCNA.
« Une cérémonie de démantèlement du site d’essais atomiques est maintenant prévue entre les 23 et 25 mai, en fonction des conditions météorologiques », a fait savoir l’agence, qui cite un communiqué du ministère des affaires étrangères nord-coréen.
« Merci, un geste très intelligent et aimable ! », a à cet égard réagi dans un tweet le président américain Donald Trump, un mois avant le sommet historique prévu avec le dirigeant nord-coréen à Singapour.

North Korea has announced that they will dismantle Nuclear Test Site this month, ahead of the big Summit Meeting on… https://t.co/IKvjcqqjD6— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Concession de façade
A l’occasion d’un sommet intercoréen historique le 27 avril, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un avait proposé à Séoul de fermer en mai son seul site connu d’essais nucléaires, Punggye-ri, une installation secrète sise près de la frontière avec la Chine.
C’est à partir de ce site souterrain que Pyongyang a procédé à ses six essais nucléaires, dont le dernier en date remonte à septembre. Le site, entouré de sommets escarpés, est creusé profondément sous une montagne granitique de 2 000 m d’altitude dans le Hamgyong du Nord, province du nord-est frontalière de la Chine. Il est réputé l’endroit idéal pour résister aux forces déchaînées par des explosions nucléaires.
Son existence a été mise au jour en octobre 2006 avec le premier test nucléaire nord-coréen, au temps de Kim Jong-il, feu le père de M. Kim. Depuis, il est scruté par des images satellitaires.
Certains experts ont estimé qu’il s’agissait d’une concession de façade, le site pouvant être déjà inutilisable en raison du « syndrome de la montagne fatiguée ». Selon des sismologues chinois cités en avril sur le site de l’université de science et technologie de Chine, le dernier essai a provoqué un effondrement de roches à l’intérieur de la montagne.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ M. McCain s’est opposé à la nomination de Gina Haspel, à la tête de la CIA en raison de son rôle dans des programmes d’interrogatoires poussés après le 11-Septembre.
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Emoi à Washington à la suite de commentaires d’une conseillère de Donald Trump sur John McCain

M. McCain s’est opposé à la nomination de Gina Haspel, à la tête de la CIA en raison de son rôle dans des programmes d’interrogatoires poussés après le 11-Septembre.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 16h12
   





                        



   


On ne s’en prend pas impunément au sénateur républicain John McCain. Agé de 81 ans, six mandats de sénateur à son actif, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2008, il souffre d’un glioblastome, diagnostiqué en 2017, une forme agressive de cancer du cerveau dont est mort en 2009 le sénateur démocrate Ted Kennedy.
Absent du Congrès, où il n’a pas fait d’apparition depuis le début de l’année, il n’en reste pas moins, au sein du camp républicain, l’un des rares à faire entendre sa différence face aux errements de Donald Trump.
Le rôle de Gina Haspel après le 11-Septembre
Depuis son fief, M. McCain s’est en effet opposé à la nomination de Gina Haspel – choisie par le président Trump pour diriger la CIA, où elle a passé plus de trente ans – en raison de son rôle controversé dans des programmes d’interrogatoires poussés après le 11-Septembre. Elle avait dirigé pendant au moins une partie de l’année 2002 une prison secrète de la CIA en Thaïlande, où des détenus suspectés d’appartenir à Al-Qaida avaient été torturés.

I believe Gina Haspel is a patriot who loves our country & has devoted her professional life to its service & defen… https://t.co/nSU8tuawsj— SenJohnMcCain (@John McCain)


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« Je crois que Gina Haspel est une patriote qui aime son pays et a consacré sa vie professionnelle à son service et sa défense. Cependant, son rôle dans Ia supervision de l’utilisation de la torture est inquiétant, et son refus de reconnaître l’immoralité de la torture est rédhibitoire », a-t-il écrit dans un tweet.
En réponse, Kelly Sadler, une conseillère en communication de la Maison Blanche, aurait déclaré, jeudi à huis clos, que l’opposition du sénateur à la nomination de Gina Haspel n’était pas grave. « Il va mourir, de toute façon », a réagi Mme Sadler. Les propos de cette dernière ont déclenché une vive polémique.
McCain, héros de la guerre du Vietnam
Si les critiques de McCain contre Gina Haspel rencontrent peu d’écho auprès des élus républicains, le sénateur est considéré comme un héros de la guerre du Vietnam, où il a passé plus de cinq ans comme prisonnier de guerre et a été torturé pendant sa captivité, comme l’a rappelé Paul Ryan, le speaker républicain à la Chambre des représentants.

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L’ancien vice-président démocrate Joe Biden, un ami proche de M. McCain, s’est indigné. « Les gens se demandaient quand l’administration toucherait le fond en matière de décence. C’est arrivé hier », a-t-il dit dans un communiqué. « Etant donné le manque de respect de la Maison Blanche envers John et d’autres, cette collaboratrice n’est pas l’exception à la règle, mais son incarnation », a-t-il ajouté.
Le clan McCain a aussitôt montré son indignation. La fille de John McCain, Meghan, a estimé que Kelly Sadler, l’auteure de cette remarque, devait être limogée. « Je ne comprends pas l’environnement dans lequel [ces propos] seraient acceptables et que vous puissiez revenir au travail le lendemain et garder votre emploi », a-t-elle dit sur ABC. « Ne vous en faites pas pour notre famille, nous sommes forts », a-t-elle ajouté. L’épouse de John McCain, Cindy, a elle aussi réagi : « Puis-je vous rappeler que mon mari a une famille, sept enfants et cinq petits-enfants ? », a-t-elle écrit sur Twitter, en s’adressant directement à Kelly Sadler.
Mais Sarah Sanders, porte-parole de la Maison Blanche, a refusé de s’excuser au nom de l’exécutif ou d’aborder le sujet frontalement, affirmant n’avoir aucun commentaire à faire sur des propos tenus « lors d’une réunion interne ». « Nous respectons tous les Américains », a-t-elle simplement affirmé, confirmant par ailleurs que Kelly Sadler travaillait toujours à la Maison Blanche. Mme Sadler a présenté ses excuses à Meghan McCain pour ses propos.
Attaques de Donald Trump contre John McCain
Le président Donald Trump s’en était déjà pris aux états de service de M. McCain pendant la campagne électorale de 2016. « C’est un héros parce qu’il a été capturé ? J’aime les gens qui n’ont pas été capturés », avait-il lancé.
Un animateur de la chaîne TV Fox Business a également présenté ses excuses jeudi auprès du sénateur sur Twitter pour ne pas avoir contredit le général en retraite Thomas McInerney, un de ses invités, qui affirmait que M. McCain avait parlé sous la torture pendant sa détention au Vietnam. Cette accusation, déjà lancée en 2008, s’était révélée fausse. La chaîne a annoncé vendredi que le général en retraite Thomas McInerney ne serait désormais plus invité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Rapport d’étonnement. Aux Etats-Unis et au Canada, des hommes ne parvenant pas à trouver de partenaires sexuels rejoignent des communautés en ligne, qui alimentent leur rancœur. Alek Minassian, qui a tué dix personnes à Toronto le 23 avril, était l’un d’eux.
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Le misogyne, cet autre terroriste

Rapport d’étonnement. Aux Etats-Unis et au Canada, des hommes ne parvenant pas à trouver de partenaires sexuels rejoignent des communautés en ligne, qui alimentent leur rancœur. Alek Minassian, qui a tué dix personnes à Toronto le 23 avril, était l’un d’eux.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h30
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            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Le 23 avril, en plein centre-ville de Toronto, Alek Minassian, 25 ans, a fauché avec une fourgonnette vingt-cinq personnes, en tuant dix, principalement des femmes. Juste avant l’attaque, il avait posté sur Facebook un message annonçant : « La rébellion incel a débuté ». Un « incel », dans le monde anglo-saxon, est un involuntarily celibate, un « célibataire involontaire » : un homme qui n’a aucun succès auprès des femmes et finit par les détester. Ces dernières années, les incels se sont organisés en communautés ouvertement misogynes.
« Nouveau saint »
Au Canada comme aux Etats-Unis, les incels se retrouvent sur des sites de discussion comme Incels.me, interdit aux femmes, sur des groupes de la messagerie Discord, ou sur les forums 4chan et 8chan – sans oublier les nombreux Tumblr porno montrant des scènes de sadisme et de viol, sur le thème Ihatefeminist, Destroythatbitch, etc. En novembre 2017, le site communautaire Reddit interdisait pour misogynie radicale un groupe ­incel de 40 000 personnes. Sur ce groupe, qui se présentait comme un ­ « soutien » pour les hommes en manque de relations amoureuses et sexuelles, les messages ont vite déraillé, traitant les femmes ­d’« ordures qui utilisent les hommes », d’« incarnation du mal », de « salopes », puis cautionnant et préconisant le viol pour se satisfaire.
L’acte terroriste de Minassian a été soutenu par les incels les plus virulents, qui le célèbrent comme un « nouveau saint » de leur mouvement. « Répandez ce nom, parlez de son sacrifice pour notre cause, adorez-le car il a donné sa vie pour notre avenir », dit un post sur Incel.me. Un autre se demande si Minassian n’a pas répondu à un appel lancé en mars, signé BlkPillPres, où on lisait : « Je veux voir des intoxications alimentaires de masse, peut-être une bombe ou deux, ou j’espère que quelqu’un finira par utiliser un camion pour renverser des femmes pendant un défilé scolaire ou...




                        

                        

