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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Emilie Satt et Jean-Karl Lucas représenteront la France à l’Eurovision, samedi soir, avec leur chanson « Mercy ». Avant cela, le couple s’est fait connaître en collaborant notamment avec le rappeur Youssoupha.
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Madame Monsieur, un duo pop pour l’Eurovision

Emilie Satt et Jean-Karl Lucas représenteront la France à l’Eurovision, samedi soir, avec leur chanson « Mercy ». Avant cela, le couple s’est fait connaître en collaborant notamment avec le rappeur Youssoupha.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 15h58
    |

                            Aurélie Blondel








                        



   


Madame, c’est Emilie Satt, 29 ans, originaire de la Côte d’Azur. Monsieur, c’est Jean-Karl Lucas, 35 ans, d’Amiens. Le grand public a découvert le duo Madame Monsieur, en janvier sur France 2, lors de l’émission « Destination Eurovision », où ils ont décroché leur ticket pour le Portugal. Ce soir-là, sur scène, deux silhouettes noires chaussées de baskets rouges contaient la naissance de Mercy sur le bateau de l’association SOS Méditerranée. Une prestation tout en sobriété, loin de l’univers à paillettes de l’Eurovision.
Quatre mois plus tard, les voici à Lisbonne, où ils figurent parmi les favoris. Après une grosse semaine de répétitions et d’ajustements de leur mise en scène, ils s’apprêtent à interpréter, samedi soir, leur chanson Mercy face à quelques milliers de spectateurs réunis dans l’Altice Arena et environ 200 millions de téléspectateurs d’une cinquantaine de pays.
« Nous avons fait ces dernières années pas mal de Zénith et de grandes salles parisiennes, en première partie, cela ne nous fait donc pas peur de jouer dans cette enceinte, confie Jean-Karl Lucas. En revanche, ce que nous découvrons, c’est le spectacle télé, ici on chante pour les caméras avant tout. » A l’Eurovision, « tout est écrit, mais il faut éviter que cela ne se ressente dans la prestation », complète Emilie Satt.
Groupe créé en 2013
Les deux artistes se sont rencontrés il y a dix ans dans un bar parisien. Leur collaboration musicale a débuté dès le lendemain, leur relation de couple un an plus tard. Depuis, ils se sont mariés et ont créé, en 2013, leur groupe, Madame Monsieur. Un nom dont ils apprécient la simplicité et le chic. A la fois auteurs-compositeurs et interprètes, ils avaient déjà sorti deux EP, des mini-albums, Malibu et Tandem, quand la production de « Destination Eurovision » les a contactés.
Leur victoire à ce concours les sélectionnant pour l’Eurovision a bien sûr eu l’effet d’une bombe. « L’engouement pour la chanson a été immédiat », témoigne Guillaume Silvestri, leur producteur depuis quatre ans. « En France, Mercy a été numéro un au classement iTunes pendant une semaine après “Destination Eurovision”, mais surtout elle est toujours dans le top 20 depuis quatre mois. » Une belle histoire aussi pour le label indépendant Low Wood, spécialisé dans la pop en français. « Nous étions un peu le petit poucet de “Destination Eurovision” », raconte Guillaume Silvestri, qui dirige le label.
Avant « Destination Eurovision », les amateurs de musique connaissaient surtout le duo pour sa collaboration avec les rappeurs Youssoupha, Jok’air, S.Pri Noir, Disiz La Peste ou encore le trompettiste Ibrahim Maalouf. En 2015 notamment, le titre Smile, pour lequel Youssoupha avait invité le duo, a rencontré un grand succès. La même année, Madame a aussi collaboré avec le groupe belge Hooverphonic, sur l’entêtant Badaboom.

Finalement, en avril 2018, quelques jours avant leur départ pour Lisbonne et après dix ans de travail commun, leur premier album, Vu d’Ici, est sorti. Quatorze titres en français, aux accents pop électriques. Parmi les chansons les plus remarquées : « Comme une reine », inspirée par une amie, évoque l’acceptation de soi et de son corps, ou encore « 22.11.2013 », qui relate l’émouvante histoire d’un couple d’octogénaires qui se sont donné la mort, main dans la main, dans un palace parisien.
Simples, sobres, sincères dans leur démarche
A Lisbonne cette semaine, le couple est apparu très concentré. Ce qui ne l’a pas empêché d’aller à la rencontre de ses fans à plusieurs reprises. « Ils sont solides et ne se laissent pas engloutir par la pression. Leur force, c’est de présenter une chanson qui leur ressemble. Ils sont simples et sobres, extrêmement sincères dans leur démarche », souligne Guillaume Silvestri. « Elle est impulsive, instinctive, parle davantage, lui est très raisonné, et observe plus, ils sont complémentaires », constate Edoardo Grassi, le chef de la délégation française, qui les accompagne depuis quatre mois dans le marathon entrepris pour les faire connaître. Enchaînant avec eux les déplacements et concerts, à Kiev, Tel-Aviv, Londres, Amsterdam, ou encore Madrid.
Madame Monsieur sera sur scène le 26 juin à La Cigale, à Paris. On les retrouvera ensuite dans une dizaine de festivals, puis commencera en novembre une tournée d’une trentaine de dates, précise leur producteur. Un programme qui pourrait se trouver bouleversé en cas de victoire samedi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A l’ACID, la réalisatrice Marie Losier dresse un portrait politique et burlesque d’une star de la « lucha libre », version mexicaine du catch.
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Cannes 2018 : Cassandro, exotique catcheur fellinien

A l’ACID, la réalisatrice Marie Losier dresse un portrait politique et burlesque d’une star de la « lucha libre », version mexicaine du catch.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 13h34
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

ACID
Face au miroir, Cassandro s’asperge de laque et fixe le spectateur devant l’écran, en même temps que ses cheveux. Collant lycra, body échancré, paupières pailletées, mèches blondes sculptées. La chevelure, c’est l’arme fatale du catcheur qui se l’arrache en cas de victoire. Comme on scalpe ou on enlève le masque. Ainsi apparaît Cassandro, splendide et fragile star mondiale du catch mexicain, la lucha libre, dès les premières images du film de Marie Losier, Cassandro the Exotico !, tourné en pellicule seize millimètres et sélectionné à Cannes dans la section ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion).
De sa loge à la salle de spectacle, Cassandro fait sa diva. Une fois sur le ring, c’est un lion, grimaçant, en colère. Il fonce en vol plané, cogne l’adversaire, s’écrase sur le sol. On s’arrête de respirer, mais il se relève aussitôt, cuisses écartées, prêt à bondir, comme dans un dessin animé… Cela fait trente ans, depuis 1987, que le « fauve » fellinien se jette à corps perdu. Il est recousu de partout : il a dû quitter le ring depuis près d’un an, après un match difficile en juillet 2017.

« L’homme derrière la star du catch »
On retrouve la réalisatrice et sa créature à Cannes, au quatrième étage d’une terrasse. Une hauteur correcte pour celui qui s’est jeté, un jour, d’une dizaine de mètres de haut lors d’un match, galvanisé par ses fans. Il a été récupéré in extremis par six paires de bras paniqués… Il n’est pourtant pas si imposant, Cassandro, du haut de son mètre soixante, talons aiguilles compris. Jean noir et chemise rose, veste panthère sous le brushing parfait, son large sourire découvre des dents trop blanches pour être vraies. Bien sûr, il s’est fracassé la mâchoire plus d’une fois. Marie Losier est encore plus petite que lui, toute menue dans son « bleu de travail », les joues roses et la silhouette sculptée par des années de danse, d’acrobatie et de trapèze. C’est Judith...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Au 71e Festival de Cannes, le quatrième jour de compétition est marqué par l’entrée en lice de la réalisatrice Eva Husson et une « montée des marches 100 % féminine ».
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La gazette de la Croisette : les femmes à l’honneur et Jafar Panahi toujours interdit de tapis rouge

Au 71e Festival de Cannes, le quatrième jour de compétition est marqué par l’entrée en lice de la réalisatrice Eva Husson et une « montée des marches 100 % féminine ».



Le Monde
 |    12.05.2018 à 13h19
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 16h57
   





                        



   


DU CÔTÉ DE LA COMPÉTITION :
En ce samedi 12 mai, la première des trois femmes en compétition pour la Palme d’or (sur une sélection de 21 prétendants), la Française Eva Husson, présente son film Les Filles du soleil, avec Golshifteh Farahani et Emmanuelle Bercot, sur un bataillon de combattantes au Kurdistan. C’est sa première participation au Festival de Cannes.

        Lire le portrait dans « M » :
         

          Golshifteh Farahani, des racines et des ailes




Face à elle, le cinéaste iranien Jafar Panahi entre en lice avec 3 Visages (Se rokh/3 Faces). Pour sa quatrième sélection cannoise (en séance spéciale en 2011, à Un certain regard en 2003 et à la Quinzaine des réalisateurs en 1995), il ne devrait pas pouvoir venir sur la Croisette défendre son film. Détenu pendant deux mois en 2010, il a été condamné en 2011 à six ans de prison et vingt ans d’interdiction de réaliser ou écrire des films, de voyager ou s’exprimer dans les médias, pour « propagande contre le régime ». Il bénéficie d’une liberté conditionnelle, qui peut être révoquée à tout instant.
Des extraits vidéo du film de Jafar Panahi sont disponibles sur le site du Festival de Cannes.
DU CÔTÉ DES AUTRES SÉLECTIONS :
A la Semaine de la critique, le premier long-métrage de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt, Diamantino, a séduit notre critique Clarisse Fabre. Véritable ovni pop et déjanté, le film met en scène, entre autres, une star de football déchue et candide, Diamantino, interprétée par Carloto Cotta, le héros de Tabou (2012) et des Mille et une nuits (2015), de Miguel Gomes.
Du côté de la Quinzaine des réalisateurs, Mathieu Macheret voit dans Les Confins du monde, de Guillaume Nicloux, avec Gaspard Ulliel et Gérard Depardieu, un âpre récit de la guerre d’Indochine, qui montre le conflit comme une névrose sexuelle.
Dans la section Un certain regard (qui fait partie de la sélection officielle), Jacques Mandelbaum a repéré Gräns (Border), d’Ali Abbasi, un film étrange et remarquable sur le thème de la monstruosité.
Du côté de la programmation de l’ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion), Clarisse Fabre a rencontré Cassandro, splendide et fragile star mondiale du catch mexicain, la lucha libre, personnage principal du film de Marie Losier, Cassandro the Exotico !, tourné en pellicule 16 mm.
ON ATTEND AUJOURD’HUI :
Vers 18 heures, 82 femmes, autant que de réalisatrices sélectionnées au Festival de Cannes depuis 1947 (contre 1 645 réalisateurs), devraient faire une symbolique « montée des marches 100 % féminine » en s’arrêtant au milieu pour marquer le chemin qui reste encore à parcourir. Cette ascension du tapis rouge devrait reprendre après la lecture d’un texte écrit par Agnès Varda (en français) et Cate Blanchett (en anglais), présidente du jury cette année, se répondant l’une l’autre.

        Lire l’éditorial :
         

          Au cinéma, la cause des femmes



A noter également, le deuxième des quatre rendez-vous consacrés à des acteurs et réalisateurs accueillera, à 16 heures, le réalisateur Christopher Nolan.

        Lire le récit dans « M » :
         

          « 2001 : l’Odyssée de l’espace », heureuse obsession de Christopher Nolan




        Lire la gazette de la Croisette (11 mai) :
         

          Godard, éternel absent, la pègre de Jia Zhang-ke et des échos de Mai-68






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le rappeur signe « This is America », une vidéo coup de poing fustigeant une Amérique « insouciante et raciste ».
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Un clip de Childish Gambino fait débat

Le rappeur signe « This is America », une vidéo coup de poing fustigeant une Amérique « insouciante et raciste ».



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h53
    |

                            Stéphanie Binet








                        



                                


                            

Depuis le 5 mai, le clip vidéo de Childish Gambino, This is America, cumule plus de 82 millions de vues sur YouTube. Ilvient de faire mieux que la bande-annonce du prochain Star Wars, Solo : A Star Wars Story (12 millions), diffusée sur Internet depuis plus d’un mois, film dans lequel il joue sous son nom d’acteur, Donald Glover, le rôle de Lando Calrissian. Ce nouvel épisode de la saga sera présenté en avant-première au Festival de Cannes mardi 15 mai avant la sortie en salle le 23. Mais pour l’instant, les médias s’intéressent surtout au contenu politique de son clip, un pamphlet à la fois contre la société du divertissement, la prolifération des armes à feu aux Etats-Unis et les violences racistes.

Dans cette vidéo de quatre minutes, Childish Gambino, qui sortira un nouvel album avant l’été chez Sony, dresse le portrait d’une Amérique insouciante qui préfère danser, courir après l’argent, plutôt que de regarder ce qui se passe dans son arrière-cour. Musicalement, This is America est moins créatif que les titres de son précédent album, Awaken, My Love !
En revanche, sur Internet comme dans la presse, le clip This is America fait l’objet d’une analyse sémiologique pointue. The New York Times, le magazine anglais Dazed & Confused, et bon nombre d’internautes sur les réseaux sociaux ont passé en revue tous les tableaux du clip, décrypté les chorégraphies qui s’inspireraient à la fois d’une danse sud-africaine, le Gwara Gwara, du « stanky leg » texan, et de la gestuelle de Jim Crow. Ce personnage fut popularisé dans les années 1830 par l’acteur (blanc) Thomas D. Rice qui, grimé en Noir, moquait la gestuelle des populations afro-américaines. A la fin du XIXe siècle, lorsque les Etats du Sud des Etats-Unis ratifièrent les lois de ségrégation raciale, elles furent appelées « lois de Jim Crow ».
Tueries de masse
Dans le clip, Childish...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Si la part de la langue de Shakespeare est moindre en 2018, elle a représenté plus de 90 % des chansons chantées ces deux dernières années.
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L’anglais, de plus en plus présent au concours Eurovision de la chanson

Si la part de la langue de Shakespeare est moindre en 2018, elle a représenté plus de 90 % des chansons chantées ces deux dernières années.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h32
    |

            Gary Dagorn








                        



   


Pour la 61e fois en 63 éditions, la France défendra ses couleurs en finale du concours Eurovision de la chanson, samedi 12 mai, à Lisbonne, et en français. Une constante chez les Tricolores, qui ne chantent quasi exclusivement que dans leurs langues (français, corse, breton et créole antillais), mais que tous les pays ne pratiquent pas.
Cette année, treize des quarante-trois chansons présentées en demi-finales de l’Eurovision sont chantées dans la langue du pays qui la présente. L’Estonie a fait le choix d’une chanson en italien (La Forza, par Elina Netšajeva), mais les autres pays ne chantant pas dans leur langue font le choix de l’anglais. Cela n’a pourtant pas toujours été le cas.
Aucun pays anglophone dans la première édition
La première édition de l’Eurovision, en 1956, ne comportait pas une seule chanson en anglais, aucun pays anglophone n’ayant participé. La première chanson dans la langue de Shakespeare viendra l’année suivante, lorsque le Royaume-Uni présentera All, chanté par Patricia Bredin (septième place au classement sur dix participants). Il sera seul à le faire jusqu’en 1965, lorsque l’Irlande joignit la compétition. Mais cette même année sera aussi la première à voir un participant chanter dans une autre langue que la sienne, le baryton suédois Ingvar Wixell ayant choisi d’interpréter sa chanson (originellement Annorstädes Vals) en anglais, provoquant une petite controverse.
Sous la pression, notamment, des Français, l’Union européenne de radio-télévision (UER) qui organise l’événement adopte une règle imposant aux pays de présenter une chanson écrite dans une de leurs langues officielles. Mais la règle déplut aux Suédois, qui insistèrent et convainquirent l’UER d’abandonner la règle sept ans plus tard, en 1973. L’année d’après, quatre pays chantèrent en anglais (Finlande, Norvège, Pays-Bas et Suède), permettant à un petit groupe suédois inconnu du public, du nom d’Abba, de gagner le concours haut la main avec ce qui deviendra un tube international : Waterloo.
Durant les trois années qui suivirent l’abandon de la règle, les trois gagnants chantèrent tous en anglais. Une influence anglophone jugée nuisible aux intérêts français. Paris fait donc à nouveau pression sur l’UER pour bannir l’emploi de langues étrangères, ce que concède l’organisation en 1977, date à laquelle la France gagna le concours avec L’oiseau et l’Enfant interprété par Marie Myriam. Trois autres chansons en français remporteront l’Eurovision dans les années 1980. Mais en 1998, une succession de cinq victoires en langue anglaise (quatre irlandaises, une britannique) convainquit l’UER d’abandonner définitivement la règle.


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#graphiquedouble .texteexergue {
     text-anchor: end;
     font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial;
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     font-weight: bold;
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}
#graphiquedouble .notess:hover text.texteexergue {
     fill: rgba(56, 63, 78, 1);
}
#part_anglais .legende {
     font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial;
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     text-align: center;
}
#part_anglais .legende div {
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}
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     width: 1.7rem;
     height: 1.7rem;
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     cursor: default;
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#part_anglais .axes.x text {
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     stroke-width: 0;
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#part_anglais .grid path.domain {
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#part_anglais text.note{
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/* le tooltip fixé en bas sur mobile */
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    #graphiquedouble .texteexergue {
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    #part_anglais .axes.x text {
         font-size: 1.2rem;
         font-weight: bold;
    }
}



La part de l'anglais en hausse à l'Eurovision
Ce graphique représente la part de la langue anglaise dans les chansons chantées lors des demies-finales et de la finale du concours européen de l'Eurovision.


Survolez
Sélectionnez



 Chansons entièrement en anglais
 Chansons partiellement en anglais



Source : 4lyrics



require(["jquery", "jquery-ui/core", "jquery-ui/tooltip", "d3/3.5.6"], function($, jqueryUICore, tooltip, d3) {

    var largeur = document.getElementById("graphiquedouble").offsetWidth,
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        width = largeur - margin.left - margin.right,
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    var data = [
        {"date":1956,"anglais":0,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1957,"anglais":10,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1958,"anglais":0,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1959,"anglais":9.09,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1960,"anglais":7.69,"morceaux_anglais":0},
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        {"date":1963,"anglais":6.25,"morceaux_anglais":6.25},
        {"date":1964,"anglais":6.25,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1965,"anglais":16.67,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1966,"anglais":11.11,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1967,"anglais":11.76,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1968,"anglais":11.76,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1969,"anglais":12.5,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1970,"anglais":16.67,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1971,"anglais":11.11,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1972,"anglais":5.56,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1973,"anglais":23.53,"morceaux_anglais":5.88},
        {"date":1974,"anglais":35.29,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1975,"anglais":36.84,"morceaux_anglais":10.53},
        {"date":1976,"anglais":38.89,"morceaux_anglais":5.56},
        {"date":1977,"anglais":22.22,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1978,"anglais":10,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1979,"anglais":10.53,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1980,"anglais":10.53,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1981,"anglais":10,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1982,"anglais":11.11,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1983,"anglais":5,"morceaux_anglais":0},
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        {"date":1985,"anglais":10.53,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1986,"anglais":10,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1987,"anglais":9.09,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1988,"anglais":9.52,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1989,"anglais":9.09,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1990,"anglais":9.09,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1991,"anglais":13.64,"morceaux_anglais":0},
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        {"date":1993,"anglais":10.34,"morceaux_anglais":6.9},
        {"date":1994,"anglais":12,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1995,"anglais":13.04,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1996,"anglais":10,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1997,"anglais":12,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1998,"anglais":12,"morceaux_anglais":0},
        {"date":1999,"anglais":52.17,"morceaux_anglais":8.7},
        {"date":2000,"anglais":54.17,"morceaux_anglais":16.67},
        {"date":2001,"anglais":60.87,"morceaux_anglais":26.09},
        {"date":2002,"anglais":66.67,"morceaux_anglais":12.5},
        {"date":2003,"anglais":65.38,"morceaux_anglais":15.38},
        {"date":2004,"anglais":63.89,"morceaux_anglais":11.11},
        {"date":2005,"anglais":58.97,"morceaux_anglais":12.82},
        {"date":2006,"anglais":62.16,"morceaux_anglais":16.22},
        {"date":2007,"anglais":52.38,"morceaux_anglais":26.19},
        {"date":2008,"anglais":55.81,"morceaux_anglais":11.63},
        {"date":2009,"anglais":54.76,"morceaux_anglais":21.43},
        {"date":2010,"anglais":61.54,"morceaux_anglais":5.13},
        {"date":2011,"anglais":67.44,"morceaux_anglais":16.28},
        {"date":2012,"anglais":57.14,"morceaux_anglais":14.29},
        {"date":2013,"anglais":56.41,"morceaux_anglais":0},
        {"date":2014,"anglais":78.38,"morceaux_anglais":10.81},
        {"date":2015,"anglais":82.5,"morceaux_anglais":2.5},
        {"date":2016,"anglais":80.95,"morceaux_anglais":11.9},
        {"date":2017,"anglais":83.33,"morceaux_anglais":7.14},
        {"date":2018,"anglais":74.42,"morceaux_anglais":0},
        {"date":2019,"anglais":00000,"morceaux_anglais":0}
    ];

    var data_tooltip = {
        "1956": { "nb":14, "en":0, "enplus":0},
        "1957": { "nb":10, "en":1, "enplus":0},
        "1958": { "nb":10, "en":0, "enplus":0},
        "1959": { "nb":11, "en":1, "enplus":0},
        "1960": { "nb":13, "en":1, "enplus":0},
        "1961": { "nb":16, "en":1, "enplus":0},
        "1962": { "nb":16, "en":1, "enplus":0},
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        "1968": { "nb":17, "en":2, "enplus":0},
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        "1970": { "nb":12, "en":2, "enplus":0},
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        "1972": { "nb":18, "en":1, "enplus":0},
        "1973": { "nb":17, "en":5, "enplus":1},
        "1974": { "nb":17, "en":6, "enplus":0},
        "1975": { "nb":19, "en":9, "enplus":2},
        "1976": { "nb":18, "en":8, "enplus":1},
        "1977": { "nb":18, "en":4, "enplus":0},
        "1978": { "nb":20, "en":2, "enplus":0},
        "1979": { "nb":19, "en":2, "enplus":0},
        "1980": { "nb":19, "en":2, "enplus":0},
        "1981": { "nb":20, "en":2, "enplus":0},
        "1982": { "nb":18, "en":2, "enplus":0},
        "1983": { "nb":20, "en":1, "enplus":0},
        "1984": { "nb":19, "en":2, "enplus":0},
        "1985": { "nb":19, "en":2, "enplus":0},
        "1986": { "nb":20, "en":2, "enplus":0},
        "1987": { "nb":22, "en":2, "enplus":0},
        "1988": { "nb":21, "en":2, "enplus":0},
        "1989": { "nb":22, "en":2, "enplus":0},
        "1990": { "nb":22, "en":2, "enplus":0},
        "1991": { "nb":22, "en":3, "enplus":0},
        "1992": { "nb":23, "en":3, "enplus":0},
        "1993": { "nb":29, "en":5, "enplus":2},
        "1994": { "nb":25, "en":3, "enplus":0},
        "1995": { "nb":23, "en":3, "enplus":0},
        "1996": { "nb":30, "en":3, "enplus":0},
        "1997": { "nb":25, "en":3, "enplus":0},
        "1998": { "nb":25, "en":3, "enplus":0},
        "1999": { "nb":23, "en":14, "enplus":2},
        "2000": { "nb":24, "en":17, "enplus":4},
        "2001": { "nb":23, "en":20, "enplus":6},
        "2002": { "nb":24, "en":19, "enplus":3},
        "2003": { "nb":26, "en":21, "enplus":4},
        "2004": { "nb":36, "en":27, "enplus":4},
        "2005": { "nb":39, "en":28, "enplus":5},
        "2006": { "nb":37, "en":29, "enplus":6},
        "2007": { "nb":42, "en":33, "enplus":11},
        "2008": { "nb":43, "en":29, "enplus":5},
        "2009": { "nb":42, "en":32, "enplus":9},
        "2010": { "nb":39, "en":26, "enplus":2},
        "2011": { "nb":43, "en":36, "enplus":7},
        "2012": { "nb":42, "en":30, "enplus":6},
        "2013": { "nb":39, "en":22, "enplus":0},
        "2014": { "nb":37, "en":33, "enplus":4},
        "2015": { "nb":40, "en":34, "enplus":1},
        "2016": { "nb":42, "en":39, "enplus":5},
        "2017": { "nb":42, "en":38, "enplus":3},
        "2018": { "nb":43, "en":32, "enplus":0},
        "2019": { "nb":00, "en":00, "enplus":0}
    };

    var dico = {
        "1966": "Début du mouvement social",
        "1972": "Début de l'accélération",
        "1977": "Dernier pointage",
        "1998": "Dernier pointage"
    };

    var x = d3.scale.ordinal()
        .rangeBands([0, width]);

    var parseDate = d3.time.format("%Y").parse;

    var y = d3.scale.linear()
        .range([height, 0]);

    var xAxis = d3.svg.axis()
        .scale(x)
        .tickValues(["1956", "1966", "1976", "1986", "1996", "2006", "2016"])
        .outerTickSize(0)
        .orient("bottom");

    var yAxis = d3.svg.axis()
        .scale(y)
        .outerTickSize(0)
        .orient("left");

    var stack = d3.layout.stack()
        .values(function(d) { return d.values; })
        .x(function(d) { return x(d.label); })
        .y(function(d) { return d.value; });

    var area = d3.svg.area()
        .interpolate("step-after")
        .x(function(d) { return x(d.label); })
        .y0(function(d) { return y(d.y0); })
        .y1(function(d) { return y(d.y0 + d.y); });

    var color = d3.scale.ordinal()
        .range(["#2EBCDB", "#CAE7ED"]);

    var svg = d3.select("#graphiquedouble").append("svg")
        .attr("width", "100%")
        .attr("viewBox", "0 0 " + (width + margin.left + margin.right) + " " + (height + margin.top + margin.bottom))
        .append("g")
        .attr("class", "graphiqueaires")
        .attr("transform", "translate(" + margin.left + "," + margin.top + ")");

    var labelVar = 'date';
    var varNames = d3.keys(data[0])
        .filter(function(key) { return key !== labelVar; });

    color.domain(varNames);

    var seriesArr = [],
        series = {};

    varNames.forEach(function(name) {
        series[name] = { name: name, values: [] };
        seriesArr.push(series[name]);
    });

    data.forEach(function(d) {
        varNames.map(function(name) {
            series[name].values.push({ name: name, label: d[labelVar], value: +d[name] });
        });
    });

    stack(seriesArr);
    x.domain(data.map(function(d) { return d.date; }));
    y.domain([0, 100]);

    svg.append("g")
        .attr("class", "x axes")
        .attr("transform", "translate(0," + height + ")")
        .call(xAxis.ticks(20));

    svg.append("g")
        .attr("class", "y axes")
        .call(yAxis.ticks(5).tickFormat(function(d) {
            return d.toLocaleString() + " %"
        }))

    var selection = svg.selectAll(".series");

    selection.data(seriesArr)
        .enter().append("path")
        .attr("class", "streamPath")
        .attr("d", function(d) {
            return area(d.values);
        })
        .style("fill", function(d) {
            return color(d.name);
        });

    function make_y_gridlines() {
        return d3.svg.axis()
            .scale(y)
            .orient("left")
    }

    svg.append("g")
        .attr("class", "grid")
        .call(make_y_gridlines()
            .tickSize(-width)
            .tickFormat("")
            .ticks(10)
        );

    if(!/Android|webOS|iPhone|iPad|iPod|BlackBerry|IEMobile|Opera Mini/i.test(navigator.userAgent) ) {

            var notes = svg.append("g")
        .attr("class","notes")
        .attr("transform","translate(74,70)");

    notes.append("line")
        .attr("fill","none")
        .attr("stroke","#777")
        .attr("stroke-miterlimit","10")
        .attr("x1","0")
        .attr("x2","45")
        .attr("y1","4")
        .attr("y2","4")

    notes.append("line")
        .attr("fill","none")
        .attr("stroke","#777")
        .attr("stroke-miterlimit","10")
        .attr("x1","0")
        .attr("x2","0")
        .attr("y1","0")
        .attr("y2","8")

    notes.append("line")
        .attr("fill","none")
        .attr("stroke","#777")
        .attr("stroke-miterlimit","10")
        .attr("x1","45")
        .attr("x2","45")
        .attr("y1","0")
        .attr("y2","8")

    notes.append("line")
        .attr("fill","none")
        .attr("stroke","#777")
        .attr("stroke-miterlimit","10")
        .attr("x1","80")
        .attr("x2","230")
        .attr("y1","4")
        .attr("y2","4")

    notes.append("line")
        .attr("fill","none")
        .attr("stroke","#777")
        .attr("stroke-miterlimit","10")
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        .attr("class","note")
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        .text("Entre 1966 et 1972, puis entre 1977 et 1998,")

    notes.append("text")
        .attr("class","note")
        .attr("dy","-30")
        .text("les participants devaient chanter dans la")
    notes.append("text")
        .attr("class","note")
        .attr("dy","-15")
        .text("langue officielle de leurs pays")

    }

    svg.on("mousemove", function(){
        var x0 = d3.mouse(this)[0];
        var leftEdges = x.range();
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        var j;
 (leftEdges[j] + width); j++) {}

        var annee = x.domain()[j];

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        $("span#data_annee").html(annee);
        $("span#data_en").html(parseInt(data_tooltip[annee].en-data_tooltip[annee].enplus));
        $("span#data_enplus").html(data_tooltip[annee].enplus);
    });

    $("#part_anglais").tooltip({
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        items: "path.streamPath",
        tooltipClass: "tooltipdecodeurs",
        content: function(){

XX chansons en YYYY";

";
XX uniquement en anglais";
XX partiellement en anglais";

            return res;
        },
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                my: "center-80 bottom-20",
                at: "center bottom",
            }
    });

    $("#part_anglais a").click(function(event) {
        event.stopImmediatePropagation()
    });
});


Le choix des langues redevenu libre en 1999, sans surprise, le nombre de chansons en anglais bondit alors de trois à quatorze (dont deux partiellement écrites en anglais), sur vingt-trois participants. Ironie du sort pour les Français, c’est à nouveau la Suède qui remporte l’édition 1999, après l’abandon de la règle, avec la chanson Take Me to Your Heaven, interprétée par Charlotte Nilssen.
Depuis, la part de la langue anglaise n’a cessé de progresser, année après année, jusqu’à passer la barre des 90 % lors des éditions 2016 et 2017. On note un léger recul en 2018, puisqu’on ne compte que trente-deux chansons écrites dans cette langue sur les quarante-trois présentes lors des deux demi-finales.
Les pays d’Europe occidentale chantent plus dans leurs langues
Sans surprise, un examen pays par pays montre rapidement que tous les pays ne chantent pas en anglais, quand bien même le choix est libre. En ne retenant que les trente-trois éditions de l’Eurovision où le choix de la langue chantée était libre, la carte de l’Europe fait apparaître des disparités importantes.


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En Europe de l'Est, on chante plus souvent en anglais
Cette carte montre la part de la langue officielle des pays dans les chansons qu'ils présentent à l'Eurovision, sur les 33 éditions où le choix des langues est libre (hors 1966-1972 et 1977-1998, donc).


Survolez
Sélectionnez



Part des chansons en VO :

0 %
20 %
40 %
60 %
+80 %



Source : 4lyrics


require(["jquery", "jquery-ui/core", "jquery-ui/tooltip", "d3/3.5.6", "d3-topojson/v1", "//s1.lemde.fr/assets-redaction/grumpymap/js/d3.geo.projection.min.js"], function($, jqueryUICore, tooltip, d3, topojson) {

    var margin = {top: 0,left: 0,bottom: 0,right: 0};
    var width = ($("#carte_resistance").width()/10)*9.8,
    width = width - margin.left - margin.right,
    mapRatio = 0.85,
    height = width * mapRatio;
    var projection = d3.geo.transverseMercator().rotate([-10, 0]).center([-1, 52]).translate([width / 2, height / 2]).scale(width*1.32).precision(.1);
    var path = d3.geo.path().projection(projection);
    var graticule = d3.geo.graticule();

    var svg = d3.select("#carte_resistance").append("svg").attr("id", "mapSVG15258604638").attr("width", width).attr("height", height);

    var svggraticule = svg.append("g").attr("id", "graticule15258604638");
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    var svglegende = svg.append("g").attr("id", "legende15258604638");

    d3.json("//s1.lemde.fr/assets-redaction/grumpymap/json/europe.json", function(error, maps) {
    if (error) throw error;

    var data = [["pays","participation","chansons_vo","taux"],["Italie",23,22,95.7],["Luxembourg",14,15,107.1],["France",34,36,105.9],["Allemagne",35,18,51.4],["Belgique",34,16,47.1],["Suisse",32,19,59.4],["Pays-Bas",35,13,37.1],["Danemark",28,9,32.1],["Autriche",25,12,48],["Royaume-Uni",32,32,100],["Suède",30,6,20],["Monaco",14,14,100],["Norvège",29,7,24.1],["Finlande",26,7,26.9],["Espagne",29,28,96.6],["Portugal",22,22,100],["Irlande",24,24,100],["Malte",21,0,0],["Israël",24,20,83.3],["Grèce",20,8,40],["Turquie",15,8,53.3],["Maroc",0,0,0],["Chypre",18,5,27.8],["Islande",19,1,5.3],["Slovaquie",4,2,50],["Roumanie",17,2,11.8],["Hongrie",12,5,41.7],["Estonie",20,4,20],["Croatie",18,11,61.1],["Bosnie-Herzégovine",14,8,57.1],["Slovénie",19,9,47.4],["Pologne",16,7,43.8],["Russie",17,2,11.8],["Lituanie",18,2,11.1],["Macédoine",17,10,58.8],["Lettonie",19,1,5.3],["Ukraine",15,3,20],["Andorre",6,5,83.3],["Biélorussie",15,1,6.7],["Albanie",15,7,46.7],["Bulgarie",12,6,50],["Moldavie",14,3,21.4],["Arménie",12,4,33.3],["République tchèque",7,1,14.3],["Serbie",11,8,72.7],["Monténégro",10,6,60],["Géorgie",11,2,18.2],["Saint-Marin",9,2,22.2],["Azerbaïdjan",11,0,0]];

    var m = d3.map(data, function(d, i) {return d[0];});
    var a = [0,20,40,60,80,100];

    var dcdr_noms = [["Italie","it"],["Luxembourg","lu"],["France","fr"],["Allemagne","de"],["Belgique","be"],["Suisse","ch"],["Pays-Bas","nl"],["Danemark","dk"],["Autriche","at"],["Royaume-Uni","gb"],["Suède","se"],["Monaco","mc"],["Norvège","no"],["Finlande","fi"],["Espagne","es"],["Portugal","pt"],["Irlande","ie"],["Malte","mt"],["Israël","il"],["Grèce","gr"],["Turquie","tr"],["Maroc","ma"],["Chypre","cy"],["Islande","is"],["Slovaquie","sk"],["Roumanie","ro"],["Hongrie","hu"],["Estonie","ee"],["Croatie","hr"],["Bosnie-Herzégovine","ba"],["Slovénie","si"],["Pologne","pl"],["Russie","ru"],["Lituanie","lt"],["Macédoine","mk"],["Lettonie","lv"],["Ukraine","ua"],["Andorre","ad"],["Biélorussie","by"],["Albanie","al"],["Bulgarie","bg"],["Moldavie","md"],["Arménie","am"],["République tchèque","cz"],["Serbie","rs"],["Monténégro","me"],["Géorgie","ge"],["Saint-Marin","sm"],["Azerbaïdjan","az"]]

    var m2 = d3.map(dcdr_noms, function(d, i) {return d[0];})
    var url = "//www.lemonde.fr/assets-redaction/img/drapeaux/250/";
    var color=["#eff3ff","#bdd7e7","#6baed6","#3182bd","#08519c"]

    var quantize = d3.scale.threshold()
        .domain([20,40,60,80])
        .range(d3.range(5).map(function(i) {
            return color[i]
        }));

        svgcarte.selectAll("path")
            .data(topojson.feature(maps, maps.objects.europe).features)
            .enter().append("path")
            .attr("name", function(d, i) {return d.properties.fr})
            .attr("d", path)
            .attr("class", function(d,i){
                if (m.get(d.properties.fr) != undefined)
                return "dcdr_pays"
            })
            .attr("stroke","#000")
            .attr("stroke-width",0.4)
            .attr("fill", function(d, i) {
                if (m.get(d.properties.fr) != undefined)
                    return quantize(m.get(d.properties.fr)[3])
                else
                    return "#fff"
            });


    var rect = document.getElementById("legende15258604638").getBBox();

    var w = $("#carte_resistance").width();
    var h = $("#carte_resistance").height();
    var x = w * 4 / 100, y = h * 70 / 100;

    svglegende.attr("transform", "translate("+x+","+y+")");

    var isNumber = [1,2,3], data_modif_title = ["pays","participation","chansons_vo","taux"];

    function p(col) {
        var m = data_modif_title.indexOf(col);
        return m;
    }


    $("#carte_resistance").tooltip({
        items: ".dcdr_pays",
        tooltipClass: "tooltipdecodeurs multimedia-embed",
        track: true,
        content: function() {
            function essai(contents){
                if (contents == "COULEUR"){
                    var color = $(element[0]).attr("fill");
                    return color;
                }
= 0){
                    var virgule = Math.pow(10, 2);
                    var t0 = Math.round(allvalues[p(contents)] * virgule) / virgule;
                    return t0.toLocaleString();
                }
                else{
                    return allvalues[p(contents)];
                }
            }

            var element = $(this);
            var allvalues = m.get(element.attr("name"));
            var drapeau = m2.get(element.attr("name"))[1];
            var titre = "{{pays}} : {{taux}} %";
{{participation}} participations{{chansons_vo}} chansons partiellement ou entièrement dans la langue officielle du pays";
            var notes = "";
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            titre = titre.replace(reg, function(match, contents, offset, s) {return essai(contents);});
            content = content.replace(reg, function(match, contents, offset, s) {return essai(contents);});
            notes = notes.replace(reg, function(match, contents, offset, s) {return essai(contents);});

            var str = ""
            if (titre != "")
" + titre + ""
            if (content != "")
                str += "" + content + ""
            if (notes != "")
" + notes + ""

Participations hors période où les pays devaient chanter dans leurs langues officielles."

            return str;
        },
        show:{
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        },
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            duration:0
        },
    });

    })

    $("#dcdr_container15258604638 a").click(function(event) {event.stopImmediatePropagation()});

});


Ainsi, les grands pays d’Europe occidentale (France, Espagne, Italie, Portugal et Luxembourg) sont ceux qui chantent le plus dans leur propre langue (accompagnés évidemment de l’Irlande et du Royaume-Uni qui chantent naturellement en anglais). Un second bloc, celui des pays des Balkans, se démarque aussi, avec une part de 60 % à 70 % de langue native dans leurs chansons.
Mais au-delà, la proportion des chansons en langue native se situe au-dessous des 50 %, comme en Europe centrale, en Scandinavie, ou en Europe de l’Est (Russie, Biélorussie, Lettonie et Lituanie, formant quasiment un « quatuor-balai »).
Le cas des pays nordiques est intéressant, puisque même s’ils affichent une proportion supérieure aux pays d’Europe de l’Est, ils n’ont, en réalité, plus chanté qu’en anglais après 1965 et la prestation d’Ingvar Wixell (sauf une fois chacun pour la Norvège, la Finlande et l’Islande). L’Allemagne n’a également plus chanté en allemand depuis 1998 et la dernière année d’application de ladite règle des langues officielles.

        Lire aussi :
         

                Oui, à l’Eurovision, on vote plus volontiers pour ses voisins



Si le fait de chanter en anglais au détriment de la langue du pays n’est pas bien perçu, et notamment en France (qui n’a d’ailleurs jamais gagné l’Eurovision sans la règle qui restreint le choix des langues aux participants), cela augmente clairement les chances de gagner le concours. Depuis la création de celui-ci, la moitié (31 éditions sur 62) a été remportée par des chansons écrites et chantées en anglais. Ce qui n’est pas complètement étonnant, dans la mesure où les chansons sont plus facilement compréhensibles par le public européen. Ainsi, depuis 1999 et l’abandon définitif de la règle, seules deux chansons écrites dans d’autres langues ont gagné l’Eurovision : Molitva par la Serbe Marija Serifovic en 2007 et Amar Pelos Dois par le Portugais Salvador Sobral en 2017.
Une victoire portugaise qui a surpris plus d’un observateur – y compris les parieurs –, mais qui n’est pas étrangère au regain de popularité des autres langues européennes. Cette année, le nombre de chansons non écrites en anglais est au plus haut depuis 1999.


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    color: #16212c;
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}


Données
Les données présentes dans cet article proviennent de 4lyrics.eu, qui recense toutes les paroles des chansons présentées à l'Eurovision depuis sa première édition, en 1956. 

📁 Accéder aux données brutes utilisées dans cet article




        Lire aussi :
         

                Edoardo Grassi : « A l’Eurovision, je veux voir la France au centre de toutes les attentions »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/12/19-6">
<filnamedate="20180512"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180512"><AAMMJJHH="2018051219">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ A l’Essaïon, Julie Autissier et Raphaël Callandreau reprennent des titres de Brel, Higelin, Dutronc et d’autres moins connus portant le même prénom.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Des chansons de Jacques

A l’Essaïon, Julie Autissier et Raphaël Callandreau reprennent des titres de Brel, Higelin, Dutronc et d’autres moins connus portant le même prénom.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 12h59
    |

            Sylvain Siclier








                        



   


Des mélodies se croisent, sous les doigts du pianiste et chanteur Raphaël Callandreau. Celles de Mon oncle, composée par Franck Barcellini pour le film de Jacques Tati, celle de Frère Jacques, la comptine dont l’origine remonterait au milieu du XVIIIe, celle du Galop infernal qui figure en ouverture d’Orphée aux enfers d’Offenbach, ou de Ne me quitte pas, l’une des chansons les plus connues de Brel.
Cette entrée instrumentale pose le « concept » du spectacle J’ai mangé du Jacques, que jouent Raphaël Callandreau et la chanteuse, à l’occasion pianiste et percussionniste, Julie Autissier, présenté au Théâtre de l’Essaïon, à Paris, chaque lundi et mardi jusqu’au 29 mai. Au répertoire, des chansons composées, écrites, interprétées par « un tas de mecs qui s’appellent Jacques », indique l’affiche.
Au programme, des Jacques bien connus, Dutronc et son parolier Lanzmann, Prévert, Brel, Higelin, Offenbach, donc, le quartette vocal Les Frères Jacques, dont pas un des membres ne portait ce prénom. D’autres ont moins marqué les mémoires, ou bien l’on ne pense pas spontanément à eux en écoutant des tubes. Ainsi Jacques Datin, qui a composé la course-poursuite d’Une petite fille pour le texte de Claude Nougaro, ou Jacques Revaux pour Comme d’habitude. Le duo transforme cette chronique du quotidien d’un couple en train de se défaire en une bossa nova, qui apporte une légèreté, une fantaisie décalée.
Piano-voix swing
C’est l’une des bonnes idées du spectacle, par lequel le traitement instrumental des classiques fait souvent mouche. Les enfants qui s’aiment (texte Jacques Prévert, musique Joseph Kosma) dans l’accompagnement minimaliste d’un triangle et d’une derbouka, des halètements en base rythmique d’Une petite fille ou Fais pas ci, fais pas ça (Dutronc, Lanzmann) qui part du gospel, va vers le rap, passe par le blues jusqu’au music-hall des années 1930. Et si Tombé du ciel, de Jacques Higelin, reste dans les pas de son créateur, l’aspect piano-voix swing souligne au mieux la filiation avec Charles Trenet.
J’ai mangé du Jacques mène souvent vers le sourire, par l’interprétation, des éléments de comédie (l’obsession pour Les Fesses des Frères Jacques), les trouvailles musicales, le passage consacré aux musiques de Jacques Cardona pour les génériques des dessins animés Inspecteur Gadget ou Les Cités d’or. La tendresse est là aussi, la retenue dans un doublé Sur la place et L’Ivrogne de Brel.
Et puis, il y a cette émouvante évocation d’un probable oublié de nos jours, Jacques Douai, mort en 2004, passeur en chanson de poésies médiévales, d’airs du folklore, qui a chanté Prévert, Ferré, Brassens… Raphaël Callandreau et Julie Autissier recréent une rencontre entre Jacqueline Joubert et Douai lors d’une émission de télévision, en 1956, l’occasion de retrouver Démons et merveilles (texte de Prévert, musique de Maurice Thiriet) qui figurait dans le film Les Visiteurs du soir de Marcel Carné. Un moment de grâce au cœur de ce spectacle astucieux, varié, en l’honneur de tous ces Jacques.
Théâtre de l’Essaïon, 6 rue Pierre-au-Lard, Paris 4e. Mo Rambuteau, Hôtel-de-Ville. Tél. : 01-42-78-46-42. Lundi et mardi, à 19 h 45. Jusqu’au 29 mai. De 15 € à 20 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ C’est tout en noir, avec quelques touches de rouge, que le duo Madame Monsieur défendra les couleurs de la France lors de la finale du concours qui se tient samedi 12 mai à Lisbonne. Une tenue signée du créateur fan inconditionnel du grand show européen de la chanson.
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Jean-Paul Gaultier à l’Eurovision : « J’ai vu le monde de la mode évoluer à travers le concours »

C’est tout en noir, avec quelques touches de rouge, que le duo Madame Monsieur défendra les couleurs de la France lors de la finale du concours qui se tient samedi 12 mai à Lisbonne. Une tenue signée du créateur fan inconditionnel du grand show européen de la chanson.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 10h47
    |

                            Aurélie Blondel








                        



   


Le point commun entre Amina, les Fatals Picards, Anggun, Dana International et Anna Vissi ? Tous ces artistes ont participé à l’Eurovision dans une tenue signée Jean-Paul Gaultier. Désormais s’ajoute à cette liste le duo pop Madame Monsieur, qui représentera la France lors de la 63e édition du concours, organisée au Portugal samedi 12 mai. Depuis Lisbonne, le plus haute couture des fans de l’Eurovision revient sur sa passion et sa rencontre avec Emilie Satt et Jean-Karl Lucas.
Pourquoi avez-vous proposé à Madame Monsieur de les habiller ?
En janvier, j’ai suivi « Destination Eurovision », l’émission dans laquelle ils se sont qualifiés pour le concours. Leur chanson m’a séduit. C’est fabuleux d’oser choisir un thème comme celui-ci [le titre Mercy relate la naissance d’un bébé à bord d’un bateau humanitaire]. Et leur look, « pull noir pantalon noir », était parfait. Tellement anti-Eurovision ! Le lendemain de leur victoire, j’étais invité à « 20 h 30 le dimanche », programme animé par Laurent Delahousse sur France 2, où ils se trouvaient également. Je leur ai témoigné toute mon admiration et leur ai dit que j’aimerais les habiller, en restant bien sûr dans leur style. On me connaît pour mon côté baroque, mais j’ai aussi ce côté chic parisien, sobre pur.

   


Comment avez-vous imaginé leur tenue ?
Je suis parti de l’idée du pull et du pantalon noirs, pour me demander s’il n’y avait pas, dans ce que j’avais déjà fait, un vêtement qui leur correspondait. C’est là que j’ai pensé à mon pantalon-jupe, avec le rabat en portefeuille. Parfait pour l’homme comme pour la femme…
Quand ils sont venus chez moi pour une séance photo, ils sont tombés sur une casaque en crêpe blanche avec une emmanchure spéciale, noire. J’ai vu les yeux d’Emilie briller, je me suis dit « c’est cela qu’il lui faut », et j’ai réalisé pour elle cette manche noire de la casaque, dans la même matière que son pantalon-jupe. Cela lui donne une carrure assez années 1980, tout à fait à la mode. Pour lui, c’est juste un col roulé noir. Il y a une unité, aucune extravagance. Côté chaussures, les baskets rouges qu’ils avaient choisies étaient très bien, elles désamorcent le côté chic de la tenue. J’ai pensé à ajouter une guitare rouge pour Jean-Karl, assortir sa guitare à ses baskets, c’est tellement chic !
Vous êtes fan de l’Eurovision…
Totalement ! Depuis Tom Pillibi en 1960, interprété par Jacqueline Boyer – j’avais 8 ans –, j’ai regardé tous les ans. Souvent entre amis, nous distribuons nos points. Nana Mouskouri, Céline Dion, Abba, France Gall, Sandy Shaw la chanteuse aux pieds nus (les détails comptent à l’Eurovision) : je les ai toutes regardées. Et j’ai vu le monde de la mode évoluer à travers le concours.
J’ai notamment réalisé la robe que Dana International portait après avoir remporté le concours en 1998, à la fin du spectacle, au moment de recevoir son prix et de rechanter sa chanson. Souvenez-vous, c’était le boléro à plumes de perroquet de ma première collection haute couture, de 1997. Elle n’avait pas pu le porter durant sa prestation car apparemment, cela faisait du bruit dans le micro quand elle bougeait.

   


Quel regard portez-vous sur l’Eurovision d’aujourd’hui ?
La victoire du chanteur portugais l’an dernier, avec un titre très sobre, pas du tout « Eurovision », a ouvert une nouvelle voie. Dans les années 1960 et 1970, les chansons du concours parlaient de leur époque, du monde qui nous entourait, mais dans les années 1980 et 1990, les titres présentés se sont faits plus festifs, stéréotypés, formatés. Trop « dance club ». Cette sublime chanson portugaise de 2017 laisse entrevoir un changement de registre qu’on avait déjà pressenti les années précédentes, par exemple avec le Belge Loïc Nottet en 2015. Son approche était déjà très minimaliste.
Que pensez-vous des tenues des principales concurrentes de la France, Netta (Israël) et Eleni Foureira (Chypre) ?
Kitschissime ! Israël, c’est un kitsch amusant, Chypre, un kitsch exagérément sexy. Mais cette année, il y a aussi l’immense robe de l’Estonie, sur laquelle sont projetées des images – j’avais fait ça une fois pour Yvette Horner. Vu d’en haut, c’est magnifique ! L’Eurovision, ça fait parfois too much, mais c’est ça qui est drôle. C’est bien qu’il y ait cela aussi, pour le spectacle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le cinéaste chinois se confronte au genre avec une histoire poétique et fulgurante, qui se déroule au sein de la pègre de Datong, dans la province du Shanxi.
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Cannes 2018 : « Les Eternels », le film noir selon Jia Zhang-ke

Le cinéaste chinois se confronte au genre avec une histoire poétique et fulgurante, qui se déroule au sein de la pègre de Datong, dans la province du Shanxi.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 10h45
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


Sélection officielle – en compétition
La première vertu du Festival de Cannes est d’être ce lieu, à peu près unique au monde, où les plus grands cinéastes du temps aiment à se retrouver. C’est le cas depuis quelques années du réalisateur chinois Jia Zhang-ke, 47 ans, chroniqueur balzacien des mutations de son pays natal dans une brassée de films à l’intelligence aiguë et à la forme somptueuse.

        Lire le portrait :
         

          Les paradoxes de Jia Zhang-ke



Durant les trois années qui le séparent de son dernier passage avec Au-delà des montagnes (2015), Jia Zhang-ke s’est occupé. Il a trouvé le temps de lancer le ­projet d’un réseau de salles ­consacré au cinéma indépendant, de créer un ambitieux festival de cinéma dans sa région ­natale du Shanxi, de se faire élire député de cette même région, de voter enfin à ce titre les pleins pouvoirs, en mars, au président Xi Jinping.

        Lire la rencontre :
         

          De la danse au cinéma, les pas de deux de Zhao Tao



De quoi étonner pour un réalisateur qui a eu d’emblée et assez longtemps maille à partir avec les autorités de son pays depuis Xiao Wu artisan pickpocket (1997), ­premier long-métrage interdit. De quoi, aussi, susciter la ­perplexité de ses laudateurs, qui voyaient en lui depuis vingt ans la figure tutélaire du cinéma ­chinois indépendant, plus enclin à défier le pouvoir qu’à lui signer des chèques en blanc. Sans doute faudrait-il être fin connaisseur de la Chine pour se faire une ­religion sur cette étonnante transformation de Jia Zhang-ke en mini-puissance politique.
« Les Eternels » lève le rideau en 2001 à Datong, dans l’électricité d’un pays saisi par la fièvre du changement
En tout état de cause, l’industrieux créateur a également pris le temps de réaliser un nouveau film, son neuvième long-métrage de fiction à ce jour, vers ­lequel on comprendra que la ­curiosité, comme jamais, a poussé les festivaliers. Bien leur en a pris, puisqu’ils auront pu constater que le talent du ­cinéaste est toujours éclatant et que son film – voilà bien la grandeur de l’art – ne parle justement que d’une chose : celle de la non évidente fidélité à soi-même.
Les Eternels lève le rideau en 2001 à Datong, dans l’électricité d’un pays saisi par la fièvre du changement, entre salle de spectacle et arrière-salle de jeu, et dont le nouvel hymne serait YMCA, des Village People. Dans la lumière bleue, rouge et verte des néons, un couple règne sur ces agapes, Bin, moustachu trapu et dur à cuire, chef d’une petite bande mafieuse, et sa fiancée Qiao, liane brune fortement ­stylée.
Trois époques
Là-dessus, le réalisateur va ­déployer son film en trois époques et deux heures trente, qui passent comme une flèche. La première voit la montée d’une concurrence entre délinquants qui, détachée des codes d’honneur, déchaîne contre Bin de ­jeunes voyous sans foi ni loi qui l’auraient tué si Qiao n’avait sorti à temps et fait usage d’une arme à feu, ce qui lui vaut une peine de prison de cinq années.
L’ellipse de son emprisonnement – et Dieu sait que Jia a ­l’ellipse la plus élégante du ­cinéma contemporain – nous fait bondir à sa libération en 2006, date à laquelle elle retrouve, dans un pays en chantier, Bin converti dans l’industrie, accompagné d’une nouvelle fiancée, et peu enclin à lui témoigner la reconnaissance et encore moins l’amour qu’il devrait à son sacrifice.
La finale voit un Bin laminé et paralytique, essoré par son incursion capitalistique
La finale voit un Bin laminé et paralytique, essoré par son incursion capitalistique, revenir auprès de Qiao, qui a, quant à elle, repris et poursuivi avec succès la petite entreprise mafieuse de leurs débuts.
Ce qui se passe ensuite sera ­naturellement à découvrir en décembre, date de la sortie du film. En attendant, plusieurs choses peuvent être d’ores et déjà mises au crédit de Jia Zhang-ke. L’extraordinaire fluidité d’un récit pourtant lacunaire, enchaînant des ­régimes de narration différents, non dépourvu par ailleurs d’incidentes parfaitement étranges.
L’humour qui affleure
Les correspondances nombreuses avec le reste de l’œuvre (la ­région du Shanxi, le chantier du barrage des Trois-Gorges, la ­colossale mutation urbanistique, la dérive et l’enlisement des ­espoirs, la fièvre de changement qui laisse les individus sur le ­carreau). La beauté stupéfiante, inédite dirait-on, jamais vue sous cette forme et en de tels enchaînements, qui émane de certaines séquences, tels les deux amants qui se séparent inexorablement dans une chambre jaune infusée par la tristesse et la honte, ou cet immeuble d’outre-monde surgi de la nuit, magiquement éclairé par de possibles forces extraterrestres, dans un ciel étoilé sous lequel Qiao revient seule chez elle pour y refaire sa vie.
Il faudrait encore souligner l’humour qui affleure ici plus qu’à l’ordinaire, à commencer par ce redoublement brechtien qui court tout au long du film entre pègre et capitalisme, et qui nous laisse clairement entendre que la première peut du moins se prévaloir d’une certaine « droiture » et du respect des traditions.
Jia Zhang-ke est désireux depuis quelque temps de se confronter au genre
L’extraordinaire homme du train rencontré par Qiao à son ­retour, exemple de folie désespérée des grandeurs engendrée par le libéralisme, vaut au passage son pesant de cacahuètes, qui prétend monter une entreprise de voyage touristique destiné à se rapprocher des ovnis.
Telle est la manière originale avec laquelle Jia Zhang-ke – désireux depuis quelque temps de se confronter au genre – s’empare du film noir, après s’être essayé au film de sabre (A Touch of Sin, 2013) ainsi qu’au mélo (Au-delà des montagnes, 2015). Celui-ci, magnifiquement déstabilisant, poétique et fulgurant, opaque et lumineux à la fois, fera, ­gageons-le, partie de ses plus grands films.

Film chinois de Jia Zhang-ke. Avec Zhao Tao, Liao Fan (2 h 21). Sortie en salle le 26 décembre. Sur le Web : www.advitamdistribution.com/films/les-eternels



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ L’actrice des « Eternels », en compétition, également épouse du cinéaste Jia Zhang-ke, rêvait de devenir danseuse.
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édition abonné


Cannes 2018 : de la danse au cinéma, les pas de deux de Zhao Tao

L’actrice des « Eternels », en compétition, également épouse du cinéaste Jia Zhang-ke, rêvait de devenir danseuse.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 10h46
    |

            Véronique Cauhapé








                        



                                


                            

Ce fameux jour d’été où il a emmené sa fille à un stage de danse, le père de Zhao Tao était loin d’imaginer les conséquences de cette initiative. Car du haut de ses 13 ans, la gamine n’allait pas s’en remettre. Son rêve serait désormais de devenir danseuse. Elle s’y obstine d’emblée,­ ­souhaite suivre les cours que propose son collège dans cette discipline. Son père s’y oppose, elle s’inscrit en cachette, il l’apprend et, pour la première fois, la frappe. Ils n’échangeront plus un mot pendant un an.

C’est pourtant ce père qui, sans doute impressionné par la persévérance de sa fille, finit par l’inscrire à une école professionnelle de danse dont elle dit avoir encore sur le corps la trace des souffrances auxquelles il a été soumis pendant six ans. Ce n’est rien. Le pire arrive lorsqu’elle intègre la prestigieuse Académie de danse de Pékin, où le rêve, cette fois, vire au cauchemar. « Je ne parviens pas à trouver les mots pour exprimer ce que j’ai ressenti. L’enseignement était tellement strict, l’atmosphère si austère que j’éprouvais un sentiment d’oppression physique et psychologique, comme si on contrôlait mon esprit. Je me mettais à détester cette discipline dont j’avais voulu faire mon métier. Je me demandais comment j’allais sortir de ce cercle infernal. »
­ « La professeure la plus redoutée »
La solution, elle la trouve dans l’enseignement. « J’ai appris la danse à des élèves avec l’exigence que l’on m’avait infligée. J’étais la professeure la plus redoutée de l’école », s’amuse-elle avant de reprendre son sérieux pour raconter la façon dont le cinéaste Jia Zhang-ke, en quête d’étudiants-danseurs pour son film Platform (2000), a fait irruption dans un de ses cours. « A la fin, son assistant est venu me dire qu’il voulait collaborer avec moi. Puis ils se sont mis à me parler de cinéma, du Festival de Berlin, je ne comprenais, ne connaissais rien. Quand ils sont repartis, je n’y ai plus pensé. »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Editorial. Les inégalités de genre sont légion dans le 7e art. Rien qu’à Cannes, en 71 éditions, 82 cinéastes femmes ont vu leurs œuvres sélectionnées, contre 1 645 hommes. Ce ne sont pourtant pas les talents féminins qui manquent.
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Cinéma : la cause des femmes

Editorial. Les inégalités de genre sont légion dans le 7e art. Rien qu’à Cannes, en 71 éditions, 82 cinéastes femmes ont vu leurs œuvres sélectionnées, contre 1 645 hommes. Ce ne sont pourtant pas les talents féminins qui manquent.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 10h58
   





                        


Editorial du « Monde ». Cinquante ans après Mai 68, la révolution n’est pas au programme du Festival de Cannes. Et pas seulement parce que les aphorismes de Jean-Luc Godard ont pris un coup de vieux. Alors que l’affaire Weinstein a déclenché depuis sept mois un vent de révolte tous azimuts pour défendre la cause des femmes et dénoncer à voix forte le sexisme ordinaire – ou extraordinaire –, nul vent de fronde ne souffle sur la Croisette. Il est vrai que ce producteur américain, accusé de harcèlement et d’agressions sexuels par de nombreuses actrices, y a longtemps joué les nababs.
Cela imposait d’autant mieux la retenue, voire la discrétion embarrassée, que le monde du cinéma s’est toujours montré passablement schizophrène avec les femmes. Reconnues, encensées et primées comme actrices, volontiers starisées, adulées ou transformées en icônes mondiales, elles ont pour l’essentiel été ignorées dans tout autre rôle.
Les chiffres sont même stupéfiants : depuis sa création, en 1947, en soixante et onze éditions, 82 cinéastes femmes ont vu leurs œuvres sélectionnées par le Festival de Cannes, contre 1 645 hommes. Le nombre de réalisatrices en compétition officielle y est toujours marginal – aucune en 2012, une en 2013, trois cette année. Quant aux récompenses, n’en parlons pas : une demi-palme d’or décernée à Jane Campion en 1993 pour La Leçon de piano, partagée avec Chen Kaige. Ce ne sont pourtant pas les talents féminins qui manquent, comme le démontrent les programmations plus mixtes, voire paritaires, des sections parallèles de la Quinzaine des réalisateurs, de la Semaine de la critique et de l’ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion).
Initiatives feutrées
Plus largement, l’on sait que, dans l’univers du septième art, les inégalités sont aussi flagrantes que choquantes. A peine plus du quart (28 %) des avances sur recettes, ces aides vitales attribuées par le Centre national du cinéma, le sont à des projets menés par des femmes, alors qu’elles constituent 60 % des effectifs sortant de l’Ecole nationale des métiers de l’image et du son (Femis). Le déséquilibre est de même ampleur pour les aides européennes. Quant aux inégalités des salaires et des cachets, elles y sont plus indécentes que dans la plupart des autres domaines d’activité, avec un écart de 42 % en défaveur des femmes. Pas question pour autant d’introduire des mesures de discrimination positive – des quotas –, s’insurgent les gardiens du temple.

        Lire la chronique sur la parité hommes-femmes :
         

          « Dans la culture, les quotas font grincer des dents »



Cannes 2018 se contentera donc d’initiatives feutrées en faveur de la cause des femmes. Après d’autres, c’est la « reine » Cate Blanchett qui préside un jury pour la première fois majoritairement féminin. Samedi 12 mai, ce sont 82 femmes, autant que de réalisatrices sélectionnées depuis 1947, qui devaient faire une symbolique « montée des marches » en s’arrêtant au milieu pour marquer le chemin qui reste à parcourir. De même, les directeurs et programmateurs des différentes sections cannoises vont signer une charte de la diversité afin d’atteindre la parité dans leurs instances dirigeantes. Le 14 mai enfin, la ministre de la culture va annoncer la tenue d’assises pour l’égalité entre les femmes et les hommes.
Récemment, Françoise Nyssen assurait que « le secteur culturel a un devoir d’avant-garde » en la matière. Cannes s’honorerait de ne pas faire la sourde oreille à cette injonction. La liberté chérie des cinéastes – appellation opportunément bisexuée –, ne saurait être l’ennemie de leur égalité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ A la Semaine de la critique, les réalisateurs Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt mettent en scène un personnage inspiré de Ronaldo.
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Cannes 2018 : « Diamantino », un ovni pop et déjanté

A la Semaine de la critique, les réalisateurs Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt mettent en scène un personnage inspiré de Ronaldo.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 10h25
    |

            Clarisse Fabre








                        



   


Semaine de la critique
Un ovni a survolé la Croisette vendredi 11 mai, venu tout droit du Portugal avec de drôles de passagers à bord : une star de football déchue et candide, Diamantino, interprétée par Carloto Cotta, le héros de Tabou (2012) et des Mille et Une Nuits (2015), de Miguel Gomes ; deux sœurs maléfiques qui instrumentalisent leur frère afin de promouvoir l’extrême droite et la sortie du Portugal de l’Europe (Sonia et Natasha Matamouros) ; une jeune policière noire, Aïcha (Cleo Tavares), qui se fait passer pour un garçon réfugié et mène l’enquête. En regardant Diamantino, film inclassable sélectionné à la Semaine de la critique, coproduit par la France, le Portugal et le Brésil, le public ne savait pas toujours s’il fallait rire ou s’inquiéter. Est-ce un polar, de la science-fiction, un film romantique, un conte politique ?
L’univers de Gabriel Abrantes et de Daniel Schmidt est riche, foisonnant, éclectique
Sur le plan esthétique, le grain de la pellicule seize millimètres côtoie le cinémascope, les effets numériques, la caméra drone… Entre avant-garde et culture populaire, ce film multiforme affiche une forte ambition : toucher le plus grand nombre tout en étant radical et inventif. Nous avons rencontré les deux jeunes réalisateurs (nés en 1984) après la projection, dans le petit jardin d’une résidence cannoise où Daniel Schmidt, d’une blondeur pâle, faisait sécher son vernis à ongles. « Nous pensons que la comédie est le meilleur outil pour parler de la crise contemporaine », disent-ils d’une même voix.
L’univers de Gabriel Abrantes et de Daniel Schmidt est riche, foisonnant, éclectique, nourri de pop culture, de comédies hollywoodiennes, d’essais philosophiques ou de tragédies grecques. Les deux se connaissent depuis 2006 et viennent d’horizons différents. Gabriel Abrantes a étudié dans une école des beaux-arts à New York « marquée à gauche et gratuite », la Cooper Union for the Advancement of Science and Art. Daniel Schmidt, lui, était inscrit dans une école de cinéma new-yorkaise chic et coûteuse qui l’a fort dérouté, où les jeunes gens apprenaient surtout à appliquer les recettes des aînés… Leurs deux mondes se sont complétés et le tandem n’a pas tardé à cosigner des films.
Prouesse sportive
Le personnage de Diamantino est un mythe, même s’il renvoie explicitement à l’icône Cristiano Ronaldo, footballeur star avec lequel le héros du film entretient une forte ressemblance physique. Les deux cinéastes saluent la performance de l’acteur portugais Carloto Cotta. Pour Abrantes et Schmidt, la prouesse sportive peut être un geste esthétique. Et de citer le jeu du tennisman suisse Roger Federer, et son analyse littéraire par l’écrivain américain David Foster Wallace (1962-2008).
Les réalisateurs aiment les fausses pistes. Au premier abord, Diamantino apparaît limité intellectuellement. Il écarquille les yeux le jour où il aperçoit, depuis son yacht, une frêle embarcation remplie de jeunes Africains. « C’est quoi des réfugiés ? », demande-t-il à son père, interprété par Chico Chapas, un acteur non professionnel révélé dans la trilogie des Mille et Une Nuits, de Gomes. Abrantes et Schmidt préfèrent le qualifier de « naïf » : « Diamantino peut être ignorant des faits, mais il n’est pas bête. Nous avons voulu créer un personnage tellement ouvert, tellement simple qu’il arrive à réagir aux crises contemporaines d’une manière nouvelle », souligne Daniel Schmidt.
« Diamantino » est une histoire d’amour au sein d’un couple fort peu conventionnel
Accablé par son but manqué lors d’un match décisif, le joueur se retrouve sur le plateau d’une émission animée par une vedette, où il est sommé de répondre aux questions par « oui » ou « non » – une parodie de l’interview d’Oprah Winfrey avec Lance Armstrong, en janvier 2013, où celui-ci avait reconnu s’être dopé. La présentatrice portugaise controversée, Manuela Moura Guedes, a accepté d’endosser le rôle : elle use des pires ficelles pour tirer les larmes de son invité, et c’est l’une des scènes les plus fortes du film.
Diamantino est enfin une histoire d’amour au sein d’un couple fort peu conventionnel. La jeune policière, véritable James Bond au féminin, et lesbienne au début de l’histoire, va tomber amoureuse de Diamantino, dont le corps est en train de se transformer, et de se féminiser, sous l’effet d’une manipulation génétique décidée par ses sœurs jumelles – deux clones de Cruella. L’histoire d’amour va-t-elle triompher ? Le duo de choc Abrantes et Schmidt avoue son goût pour les vieilles comédies hollywoodiennes, dont ils vantent la « radicalité », et citent dans leur répertoire L’Impossible Monsieur Bébé (1938), de Howard Hawks, avec Katharine Hepburn et Cary Grant dans le rôle d’un paléontologue. Point de léopard dans Diamantino, mais d’autres bébêtes hantent le terrain de foot.

Film français, portugais et brésilien de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt. Avec Carloto Cotta et Cleo Tavares (1 h 32). Sortie en salle prochainement. Sur le Web : www.ufo-distribution.com/movie/diamantino et www.semainedelacritique.com/fr/edition/2018/film/diamantino



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Fini les horaires imposés de la télévision, l’arrivée de la plate-forme américaine a révolutionné les usages des consommateurs.
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« Etre abonné à Netflix, c’est faire partie d’une communauté »

Fini les horaires imposés de la télévision, l’arrivée de la plate-forme américaine a révolutionné les usages des consommateurs.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 10h09
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 15h27
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

C’est un aveu qui ressemble à ceux recueillis sur le divan : Netflix a tué la télévision de papa, si l’on en croit les près de 300 témoignages recueillis à la suite d’un appel lancé sur Lemonde.fr. Christophe Capeyron était un fidèle de Canal+ de plus de vingt ans : une chaîne de télévision payante dont ses parents étaient clients depuis sa création le 4 novembre 1984. A l’époque, c’était le phénomène du paysage audiovisuel français dont Netflix, avec ses séries vedettes comme Narcos, Dark ou La Casa de Papel, est le pendant, trente ans plus tard.
« Binge-watching », « binge-racing », « Netflix-cheating »
Quand M. Capeyron, cadre commercial, habitant à Epinal, a choisi la plate-forme américaine, il a programmé la fin du lien « familial » avec Canal+ : en septembre, lorsque son abonnement viendra à échéance. « On ne regarde plus Canal, seul le replay survit dans la maison. » Le passage des générations… C’est ce que pense aussi Thomas Ladouce, professeur des écoles de 35 ans. Une nouvelle époque s’engage : avant, c’était « des programmes qui ne m’intéressaient pas pour la plupart (télé-réalité, etc.), le tout entrecoupé de pubs de plus en plus nombreuses » ; « des programmes TV qui ne démarrent pas à l’heure et donc un film qui se termine vers 23 heures ». C’est désormais l’ère du binge-watching, qui consiste à finir de regarder une série dans la semaine suivant le début du visionnage, du binge-racing – finir en vingt-quatre heures tous une saison dès sa sortie –, du Netflix-cheating – regarder des épisodes seul alors qu’on avait commencé en couple…

« Quand je veux, ce que je veux, où je veux »
Fini donc les horaires imposés de la télévision linéaire, désormais il est possible d’être le maître des écrans, chez soi ou à l’extérieur, avec toutes sortes d’écrans. Au total, Netflix est compatible avec 1 700 types...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Malgré la menace, les groupes audiovisuels français ont des difficultés à s’entendre.
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En France, une riposte crédible à Netflix peine à s’organiser

Malgré la menace, les groupes audiovisuels français ont des difficultés à s’entendre.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h37
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 10h49
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Faire émerger un Netflix français ou européen… Tout le monde en rêve, mais personne n’assume, aujourd’hui, cet objectif. La montée en puissance du géant américain intimide : ces derniers mois, il recrute, en France, environ 100 000 abonnés par mois, et espérait en atteindre 3,5 millions fin mars, selon Libération.
Arrivé en France en 2015, le groupe Netflix y a d’abord été vu comme un concurrent pour la plate-forme de vidéo à la demande par abonnement Canalplay, puis comme une menace pour le service premium de sa maison mère, Canal+, qui compte 4,95 millions d’abonnés. « Aujourd’hui, tout le monde prend conscience que Netflix concurrence l’ensemble des chaînes de télévision, explique un cadre du secteur. Le sujet n’est pas de prendre la place de Netflix, mais de l’empêcher de prendre la nôtre ! »

Malgré ce sentiment d’urgence, voire de panique, élaborer une riposte crédible reste difficile. France Télévisions en fait l’expérience, bien que sa présidente, Delphine Ernotte, ait annoncé, dès 2015, vouloir créer une plate-forme de vidéo à la demande par abonnement. L’entreprise publique a d’abord constaté qu’il était impossible de construire un service avec ses homologues européens, car aucune chaîne ne possède les droits de diffuser sur tout le continent les séries et films qu’elle finance. Et, à l’échelle française, acheter un catalogue d’œuvres attrayant est jugé trop cher et difficile à rentabiliser par France Télévisions.
Les discussions avec TF1 et M6 « avancent bien »
L’équipe de Mme Ernotte a obtenu des grands producteurs qu’ils mettent quand même à disposition leurs programmes, de façon non exclusive, en échange d’une part – environ 20 % – des revenus des abonnements. Mais, après avoir accumulé les retards, France Télévisions a fini par mettre le projet « en pause » : la direction et Matignon ont estimé qu’il était difficile, pour l’entreprise publique, de porter un tel service...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ La plate-forme américaine de vidéo à la demande Netflix veut investir près de 7 milliards d’euros dans l’audiovisuel et le cinéma en 2018.
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Sortie en salles ou diffusion sur petit écran ? Le dilemme des réalisateurs à Cannes

La plate-forme américaine de vidéo à la demande Netflix veut investir près de 7 milliards d’euros dans l’audiovisuel et le cinéma en 2018.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h33
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 10h48
    |

            Nicole Vulser (Cannes, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Netflix, le grand absent, mis au ban du 71e Festival de Cannes ? Pas tant que cela. Certes, la plus grande plate-forme mondiale de vidéo par abonnement s’est exclue d’elle-même en refusant de sortir ses films en salles dans l’Hexagone avant de les mettre à la disposition des internautes, comme le prévoit le nouveau règlement de la compétition.
C’est la raison pour laquelle plusieurs longs-métrages qu’elle a financés n’ont pu figurer dans la sélection, comme The Other Side of the Wind – celui laissé inachevé par Orson Welles et terminé par Peter Bogdanovich, avec le producteur Frank Marshall – ou encore Roma, du Mexicain Alfonso Cuaron, Hold the Dark, de l’Américain Jeremy Saulnier, et Norway, du Britannique Paul Greengrass.

Pourtant, si aucun des grands patrons de Netflix n’a fait le déplacement à Cannes, les affaires, elles, se poursuivent. Ainsi, l’entreprise y a envoyé une importante délégation de vingt-six acheteurs et professionnels du marketing venus des Etats-Unis et d’Europe dans le cadre du Marché du film. A titre de comparaison, Amazon n’en a missionné que dix-sept.
Netflix a la ferme intention de poursuivre ses emplettes (3 000 longs-métrages sont en vente au Marché) afin d’enrichir l’offre proposée à ses 125 millions d’abonnés dans le monde. Tous les vendeurs internationaux redoublent d’efforts pour séduire la plate-forme, devenue l’un des principaux acheteurs planétaires de droits de films en vidéo. Ses premières offres concernaient surtout le marché américain.
Martin Scorsese, cas emblématique
En revanche, les négociations en cours depuis plusieurs mois pour l’acquisition, par Netflix, d’EuropaCorp, le studio de Luc Besson, semblent avoir achoppé définitivement sur la Croisette, faute d’accord sur la valorisation du catalogue. Le fait que l’entreprise française repose strictement sur les épaules du réalisateur aurait également pesé dans la balance. Netflix...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Mêlant prives de vues réelles et scènes animées, le film de Stefano Savona, projeté à la Quinzaine, est une œuvre indispensable.
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Cannes 2018 : « Samouni Road », une famille de Gaza entre documentaire et animation

Mêlant prives de vues réelles et scènes animées, le film de Stefano Savona, projeté à la Quinzaine, est une œuvre indispensable.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h07
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 09h17
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


Quinzaine des réalisateurs
Après l’extraordinaire Tahrir, place de la libération (2011), sur la révolution égyptienne, le Palermitain Stefano Savona, archéologue de formation, continue de documenter la situation du Moyen-Orient (où l’avaient d’abord conduit ses fouilles), puisque Samouni Road, à l’affiche de la Quinzaine des réalisateurs, se déroule à Gaza. Le film remonte à un moment particulier de la guerre : l’opération « Plomb durci », frappes de l’armée israélienne qui causèrent des pertes humaines et matérielles massives parmi les civils palestiniens.

Il s’attache plus particulièrement à une famille des faubourgs de Gaza, les Samouni, qu’il filme d’abord peu après l’attaque, puis un an plus tard, pendant la préparation d’un mariage. Ce faisant, la question qu’il pose est essentielle : comment, après une telle déflagration, reconstituer la trame pulvérisée du temps et l’idée même de « continuité » que toute famille incarne ?
Traces d’un monde détruit
La particularité du film est de ponctuer les prises de vues réelles par des scènes d’animation, de style crayonné en traits blancs sur fond noir, conçues par l’animateur Simone Massi, qui consistent à recréer les souvenirs des survivants avant l’attaque, traces d’un monde désormais détruit. Le parti pris s’avère discutable.

   


D’abord parce que les passages filmés, incroyablement forts, se suffisent à eux-mêmes. On y voit tout : les vies ravagées (les Samouni ont perdu une trentaine de parents pendant le conflit), les existences suspendues, le désespoir, les bâtiments rasés, les pénuries de vivres. Mais aussi : le culte entretenu des martyrs et la récupération politique du Hamas, qui, visitant les familles endeuillées, ne se prive pas d’instrumentaliser à son profit leur douleur.
L’image documentaire confronte, par le montage, ces différentes facettes d’une réalité infiniment complexe
L’image documentaire confronte dialectiquement, par le montage, ces différentes facettes d’une réalité infiniment complexe. L’animation, en revanche, lui substitue un registre strictement illustratif, trop univoque et non sans lourdeur quand il s’agit, par exemple, de reconstituer la visée d’un drone bombardier. Elle indique, en tout cas, un certain manque de confiance de la part de Savona, en la capacité du pur documentaire, non seulement à susciter l’imagination du spectateur, mais à capter toujours bien plus qu’il ne s’en trouve devant l’objectif. Samouni Road n’en demeure pas moins, pour son travail de première importance, une œuvre indispensable.

Documentaire italien et français de Stefano Savona (2 h 08). Sortie en salle le 7 novembre. Sur le Web : www.jour2fete.com/distribution/samouni-road



                            


                        

                        


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La vie aquatique selon Jonathan Balcombe

L’éthologue américain offre une immersion complète dans la vie sensible, sociale et sexuelle des poissons, qui se révèle bien plus riche qu’il n’y paraît.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 08h45
    |

                            Céline Henne (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
A quoi pensent les poissons ? La vie secrète de nos cousins sous-marins (What A Fish Knows. The Inner Lives of Our Underwater Cousins), de Jonathan Balcombe, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Catherine Schiellein, La Plage, 352 p., 19,95 €.

Il n’est pas rare de voir un végétarien commander du poisson au restaurant, lorsqu’il n’a pas d’autre choix. Comme si, sur l’échelle du vivant, le poisson était un être plus proche de la carotte que du cochon. D’un autre côté, pouvons-nous éprouver la même empathie pour ces créatures si éloignées de nous sur l’arbre de l’évolution ? Cela supposerait de pouvoir imaginer ce qu’ils sentent, ressentent, pensent. C’est bien là tout le problème : dans leurs yeux globuleux, au milieu de leurs faces dépourvues d’expression, difficile de voir autre chose que du vide.

Renversant tous les préjugés, le ­livre de l’éthologue Jonathan Balcombe offre une immersion complète dans la vie sensible, sociale et sexuelle des poissons, qui se révèle bien plus riche qu’il n’y paraît. On ­apprend que ces animaux aquatiques ont une expérience sensorielle très développée : ils sont victimes des ­mêmes illusions d’optique que nous, ou sont capables de faire la différence entre du blues et de la musique clas­sique. Surtout, la manière dont ils voient le monde est unique. Ils jouissent de sens inconnus des créatures terrestres, tels que percevoir les modifications du champ électrique autour d’eux, grâce à des « cellules géoma­gnétiques ». Plus encore, les poissons sont des êtres doués de sensibilité et d’émotions. Capables de ressentir le plaisir et la douleur, ils sont également sujets à la colère, à la terreur et au stress, et sont soulagés par les ­anxiolytiques.

Toutes ces études scientifiques sont rapportées dans le livre, où trans­paraît l’affection de Jonathan Balcombe pour ces créatures fascinantes. Le dernier chapitre porte sur ce que l’homme inflige aux poissons,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ L’auteur du best-seller mondial « La Vie secrète des arbres » récidive avec les animaux, d’évidences grossières en béatitude molle.
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Peter Wohlleben, c’est trop bête

L’auteur du best-seller mondial « La Vie secrète des arbres » récidive avec les animaux, d’évidences grossières en béatitude molle.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 08h45
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
La Vie secrète des animaux. Amour, deuil, compassion : un monde secret s’ouvre à nous (Das Seelenleben der Tiere. Liebe, Trauer, Mitgefühl – erstaunliche Einblicke in eine verborgene Welt), de Peter Wohlleben, traduit de l’allemand par Lise Deschamps, Les Arènes, 278 p., 20,90 €.

Les animaux sont-ils des créatures intéressantes, belles souvent, ­aimables parfois, et courageuses, et d’une sensibilité étonnante ? Oui. Et ensuite ?

Ensuite, rien. L’ingénieur forestier allemand Peter Wohlleben, auteur du best-seller mondial La Vie secrète des arbres (Les Arènes, 2017), développe son concept. Il a désormais des révélations à nous faire sur le poussin de son enfance – « tellement mignon ! » –, sur la nature profonde de l’écureuil – « notre lutin roux » –, sur le vieillissement – « les animaux finissent eux aussi, avec l’âge, par avoir des ennuis de santé » –, sur la violence – ils « ne sont pas meilleurs que nous et peuvent se montrer d’une grande agressivité » –, sur cent autres sujets de béatitude molle, à propos desquels il réussit le tour de force de nous en enseigner moins que ce que nous en savons, quelle que soit notre familiarité avec les bêtes.
La vie des animaux, en réalité, n’est secrète que pour Peter Wohlleben. Il met, il est vrai, une belle constance à refuser tout savoir constitué. Son ­livre, qui plonge rapidement le lecteur dans la torpeur (du moins rit-on régulièrement, mais ce n’était pas au programme), ne serait d’ailleurs qu’un épiphénomène s’il ne témoignait, par son succès, d’un goût envahissant pour l’évidence grossière, pour la satisfaction moite de ressentir dans son coin, toujours préférable, dans cet univers mental, à la circu­lation des savoirs. « Me reposer uniquement sur des études ne me plaît guère, écrit-il : je préfère éprouver par moi-même la manière de penser de tel ou tel animal. »
Pourquoi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Vétérinaire en chef de la ménagerie du Jardin des plantes, à Paris, Norin Chai a reçu des bêtes les leçons d’humanité qui sont au cœur de « Sagesse animale ».
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Norin Chai : « Nous avons appris à voir ce que nous avons sous les yeux »

Vétérinaire en chef de la ménagerie du Jardin des plantes, à Paris, Norin Chai a reçu des bêtes les leçons d’humanité qui sont au cœur de « Sagesse animale ».



Le Monde
 |    12.05.2018 à 08h45
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
Sagesse animale. Comment les animaux peuvent nous rendre plus humains, de Norin Chai, avec Roland Portiche, Stock, 272 p., 19,50 €.
Norin Chai, né en 1969, est vétérinaire spécialiste de la faune sauvage. Son nouveau livre, Sagesse animale, mêle un état des lieux précis, fondé sur l’observation et l’expérience, à une réflexion sur « l’unité du vivant ».

« Sagesse animale », qui est d’abord la synthèse de ce que vous avez appris en vingt-cinq ans d’exercice du métier de vétérinaire spécialisé dans la faune sauvage, témoigne aussi de l’accélération spectaculaire de la recherche scientifique…
Nous sommes en effet en train de vivre une profonde mutation. Mais je ne crois pas que ce soient les recherches scientifiques qui l’induisent : c’est d’abord un changement dans la conscience que nous avons de nous-mêmes, de notre place dans le monde, de notre interaction avec les autres êtres vivants. C’est un progrès d’ordre plus spirituel, peut-être, que scientifique. Nous avons appris à voir ce que nous avons sous les yeux – l’intelligence des animaux, leurs émotions, leur personnalité… –, que nous refusions de voir. Ce n’étaient des choses ni démontrables ni répétables, de sorte qu’elles n’entraient pas dans les cases du savoir rationnel. Mais il est vrai que la science a changé. Elle accepte beaucoup plus qu’avant les connaissances empiriques. Elle nous aide désormais à percevoir autrement les émotions des animaux, à comprendre qu’elles nous renvoient les nôtres.
Vous évoquez l’un des axes de la recherche actuelle sur le comportement des animaux, la « théorie de l’esprit », qui étudie cette circulation. De quoi s’agit-il ?
Imaginons que vous adoriez les crêpes, et que je le sache. Je vous invite dans une crêperie, en pensant que vous allez être content. J’ai conscience de votre sentiment, et vous le savez. C’est exactement ce que la théorie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le dernier film du cinéaste, âgé de 87 ans, est présenté en compétition, en l’absence de son auteur.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/05/2018
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Cannes 2018 : « Le Livre d’image », un Jean-Luc Godard ivre d’images

Le dernier film du cinéaste, âgé de 87 ans, est présenté en compétition, en l’absence de son auteur.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 10h02
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                            Mathieu Macheret








                        



   


Sélection officielle – en compétition
Au début, il y a le noir, d’où sons et images jaillissent comme les éclats du ­silex, avant de retomber aussi sec dans l’obscurité. Tout, dans Le ­Livre d’image – le dernier film de Jean-Luc Godard, présenté à ­Cannes en compétition, en son absence – ramène à ce noir, support intangible et marge sans ­bordure d’un film qui crépite par salves successives.

        Lire le récit :
         

          Un « Vent d’Ouest » a soufflé sur Cannes quelques instants, mais ce n’était pas du Godard



L’écran n’est pas une toile blanche, mais un gouffre sans fond, une caverne d’où l’œuvre émerge. Et c’est bien à une caverne que l’on pense encore quand la voix off et rocailleuse de Godard, récitant ses versets élégiaques, résonne, s’emporte, s’élève et gronde comme un éboulement.
Le Livre d’image s’inscrit dans la veine « mélangeuse » de l’œuvre godardienne, celle des montages d’emprunts, fabriqués à partir d’extraits d’autres films, d’archives, de reportages télé, de ­fragments textuels ou musicaux. Le tout constituant un maelström dont la beauté réside non seulement dans l’assemblage, mais aussi dans la manière avec ­laquelle il réussit à transfigurer les matériaux de départ. Comportant peu de plans tournés par le cinéaste, ce dernier film se présente un peu comme une extension du court-métrage De ­l’origine du XXIe siècle, réalisé en 2000 pour l’ouverture du ­Festival de Cannes.

        Lire la chronique :
         

          Il est comme ça… Jean-Luc Godard



Une suite en quatre mouvements
Godard orchestre ici une suite en quatre mouvements. Le ­premier, variation sur la notion de remake, constate l’invariable répétition des guerres (qualifiées de « divines ») et des catastrophes au cours de l’histoire, en confrontant les conflits d’antan avec ceux d’aujourd’hui. Intervient ensuite un passage ahurissant sur les trains – de Berlin Express à Shanghai Express – dont les défilements scandés, reflet du procédé cinématographique, évoquent les mouvements conjoints de ­l’histoire et des images.

   


Puis Godard embraye sur la question du Moyen-Orient et de sa satellisation par le reste du monde, à travers plusieurs passages, lus par lui, du roman Une ­ambition dans le désert (1984), de l’écrivain égyptien francophone Albert Cossery. Enfin, le film se conclut en associant le terme de « révolution » et l’image ­terminale d’une chute.
Le Livre d’image frappe par ses étranges alliages. Bégaiements de l’image et du son, attaques sèches et intempestives, images sales, ­baveuses, démantibulées, fouillées jusque dans la chair du photogramme : chaque archive, chaque fragment est ici investi, non seulement pour ce dont il ­témoigne, mais aussi comme une matière plastique, infiniment malléable (les sources n’y sont pas sacralisées).
Teintes fauves et fiévreuses
Godard poursuit les expériences d’Adieu au langage (2014), son précédent long-métrage, non plus avec la 3D mais cette fois avec le son. Les objets sonores (voix, bruits, musiques) surgissent des quatre coins de la salle, rebondissent d’un bord à l’autre. Ainsi Le Livre d’image est-il un film qui s’écoute « dans la profondeur ». A ce titre, rien d’anodin à ce que ­Godard, dans son commentaire, en vienne à disserter sur la différence musicale entre la mélodie et le contrepoint, thème ­secondaire qui se superpose à la première.
Le film apparaît également comme une synthèse : Godard y condense sa pensée historique (invoquant de façon plutôt inattendue Joseph de Maistre, philosophe contre-révolutionnaire et ultramontain) et pratique même l’autocitation, récapitulant ici nombre d’extraits de ses précédents films, notamment du Petit Soldat (1960), des Carabiniers (1963), de Week-end (1967) ou ­encore d’Hélas pour moi (1993).

   


Les plans venus d’ailleurs sont parfois repeints aux teintes ­fauves et fiévreuses des toiles de Nicolas de Staël, d’Henri Matisse ou d’André Derain, ce qu’autorise la palette graphique de la vidéo.
Car l’autre horizon du film, après la musique, est la peinture, qui s’installe ici comme généalogie des images animées. Le Livre d’image n’est ni un livre ni même un film, mais un feu de camp dans la nuit, dont les images ­sèchement frottées les unes contre les autres produisent de la lumière et de la chaleur. Livre d’image, ivre d’images.

Essai cinématographique de Jean-Luc Godard (1 h 34). Sortie en salle prochainement. Sur le Web : www.wildbunch.biz/movie/the-image-book-aka-image-and-word



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 11/05/2018
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Kitsch ou glamour ? Nos choix de replays pour célébrer Cannes et l’Eurovision

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix d’émissions ou de podcasts à voir ou écouter en différé.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 07h40
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, Lisbonne, Charles Pathé et Léon Gaumont, ainsi que le Festival de Cannes – grâce à « Ecoutez le cinéma », la webradio éphémère de France Inter –, sont au cœur de notre liste de replays et podcasts.
Lisbonne entre azulejos, fado et Eurovision

Ce samedi 12 mai, quelque 200 millions de regards seront braqués sur Lisbonne, qui accueille la 63e édition du concours international de l’Eurovision, retransmise à partir de 21 heures sur France 2. Avant de reprendre en cœur Mercy, la chanson des représentants français Madame Monsieur, de commenter la chorégraphie acrobatique du Tchèque Mikolas Josef ou les étranges caquètements de l’Israélienne Netta Barzitai, grande favorite de la compétition, deux programmes permettent de se mettre dans l’ambiance du grand show musical européen.
Côté touristique, le magazine « Echappées belles » de France 5 et la pétillante Sophie Jovillard nous entraînent, à pied ou en tram, le temps d’un week-end dans la ville du fado, des azulejos et de sa « déclinaison » pavée : la « calçada portuguesa » (chaussée portugaise). Cette dernière étant l’une des quelques curiosités de ce séjour (péri) urbain qui alterne vraies découvertes et sujets plus convenus sur le patrimoine et la gastronomie portugaise. Côté coulisses, le documentaire d’Alex Gary, En route pour l’Eurovision, propose, outre un portrait du duo pop Madame Monsieur, une immersion dans le concours national qui leur a permis de décrocher leur billet pour Lisbonne et, le marathon musical et promotionnel mis en place pour obtenir les faveurs du public européen. Et peut-être décrocher le Graal, trente et un ans après Marie Myriam. Christine Rousseau
« Echappées belles : week-end à Lisbonne » (Fr., 2018, 90 min). Sur France.tv
« En route pour l’Eurovision, d’Alex Gary » (Fr., 2018, 80 min). Sur France.tv.
Quand Charles et Léon faisaient leur cinéma



Leurs noms sont mondialement célèbres, et depuis longtemps. Mais qui se souvient que derrière Pathé il y a un Charles, et derrière Gaumont un Léon ? Deux hommes issus de milieux modestes, nés à quelques mois d’intervalle (Pathé en 1863, Gaumont en 1864), aux caractères différents mais devenus inventeurs visionnaires et ayant permis, au même titre que les frères Lumière ou Georges Méliès, de donner au cinéma français naissant un rayonnement exceptionnel.
Bénéficiant d’images d’archives époustouflantes, ce documentaire s’appuie également sur de nombreux écrits des deux hommes. Jacques Bonnaffé prête sa voix à Charles Pathé, Eric Caravaca la sienne à Léon Gaumont, ce qui ajoute une touche de classe et d’élégance à ce film. Et à travers les succès et mésaventures des deux hommes, qui furent longtemps féroces rivaux, avant de devenir proches lors de leur retraite sur la Côte d’Azur, c’est aussi une histoire culturelle et industrielle de la France qui se dessine. Alain Constant
« Charles Pathé et Léon Gaumont, premiers géants du cinéma », d’Emmanuelle Nobécourt et Gaëlle Royer (Fr., 2016, 85 min). Sur Arte + 7.
« Ecoutez le cinéma » : une pluie d’étoiles dans les oreilles

   


Des paillettes, du glamour, du rêve, de l’émotion, plein les oreilles, c’est la belle promesse offerte par « Ecoutez le cinéma » : une webradio lancée France Inter, en partenariat avec Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) pour toute la durée du Festival de Cannes (du 8 au 19 mai). Outre la couverture de la manifestation faite dans les différentes éditions et émissions par Eva Bettan, Augustin Trapenard (« Boomerang »), Laure Adler (« L’Heure bleue ») ou encore Christine Masson et Laurent Delmas (« On aura tout vu »), cette antenne éphémère propose aux cinéphiles les quatre masterclasses du Festival avec Ryan Coogler, Christopher Nolan (12 mai), John Travolta (16 mai), Gary Oldman (18 mai) ; les leçons de cinéma de Martin Scorsese, en conversation avec Jacques Audiard, Bertrand Bonello, Cédric Klapisch et Rebecca Zlotowski. Sans parler des grands débats organisés par le CNC sur la place des femmes dans l’industrie cinématographique ou l’image et la représentation du féminin. Riche, éclectique, cette programmation ne manque pas de rendre également hommage à Jeanne Moreau, présidente du jury du Festival en 1975 et 1995, à travers « Le Grand Atelier fantôme » de Vincent Josse, autour duquel on retrouve Josée Dayan, Claude-Eric Poiroux, Peter Brook et Serge Rezvani. Ch. R.
« Ecoutez le cinéma » sur le site de France Inter.



                            


                        

                        

