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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ La SNCF a détaillé les prévisions de trafic pour la journée du dimanche 13 mai, 17e jour de mobilisation des cheminots contre la réforme ferroviaire depuis mars.
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Grève à la SNCF : un TGV et un Transilien sur deux circuleront dimanche

La SNCF a détaillé les prévisions de trafic pour la journée du dimanche 13 mai, 17e jour de mobilisation des cheminots contre la réforme ferroviaire depuis mars.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 17h56
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 18h49
   





                        


Le trafic ferroviaire sera une nouvelle fois perturbé dimanche 13 mai avec la 17e journée de grève à la SNCF depuis mars. Cinquante pour cent des TGV et des Transilien circuleront, ainsi que deux TER sur cinq, selon les prévisions de la direction publiées samedi. Les Intercités seront plus fortement touchés, avec un train sur trois en circulation, en moyenne.
En Ile-de-France, le trafic sera perturbé avec, en moyenne, un train sur deux pour les RER A et B, et un train sur trois pour le RER C. A l’international, il y aura un train sur deux, avec un trafic « normal » pour les Eurostar et « quasi normal » pour les Thalys.
Les prévisions de trafic sont très contrastées selon les régions, avec par exemple un TGV sur quatre pour les lignes de l’axe nord ou un sur six pour les axes intersecteurs (qui ne passent pas par une gare parisienne). Même chose pour les trains Intercités, où le trafic sera « très perturbé », selon la SNCF, pour les lignes Bordeaux-Marseille, Paris-St-Quentin-Maubeuge, Paris-Nevers, ou encore Paris-Caen-Cherbourg.
Début de la « vot’action » lundi
Les syndicats de la SNCF lanceront lundi 14 mai une « vot’action », une consultation d’une semaine auprès des cheminots pour savoir s’ils sont « pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement ». Ils appellent également à un autre temps fort le même jour, une « journée sans cheminots » ayant pour « objectif zéro train ».
La SNCF n’a pas encore détaillé les conditions de circulation pour lundi, mais la journée s’annonce « plus dure » que les précédentes, a affirmé le directeur général adjoint du groupe SNCF Mathias Vicherat lors d’une conférence de presse, lequel a évoqué « une journée particulière avec une forme de sursaut de mobilisation ».

Notre sélection d’articles pour comprendre la réforme de la SNCF
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr concernant le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » présenté par le gouvernement, et ses conséquences :
la synthèse pour tout comprendre à la réforme en 9 pointsles explications : que signifie l’ouverture de la SNCF à la concurrence ?en données : effectif, statut, rémunération, trois questions sur les cheminotsle point sur le supposé service minimumle panorama : comment l’ouverture du rail à la concurrence s’est faite en Europeles explications en cinq points sur la dette de la SNCFl’état des lieux sur la retraite des cheminots, un régime spécial déficitaireles cinq pistes pour une sortie de criseles détails du calendrier des perturbationsle moteur de recherche pour savoir si votre ligne s’est dégradée au fil du temps





                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/12/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Dans sa chronique, Annie Kahn, journaliste au « Monde », estime indispensable de lutter contre la discrimination entre collègues. A la cantine, en particulier, lieu potentiel d’ouverture à l’autre par excellence.
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« En entreprise, les regroupements à table sont hélas représentatifs d’un certain instinct grégaire qui ne fait qu’amplifier les stéréotypes »

Dans sa chronique, Annie Kahn, journaliste au « Monde », estime indispensable de lutter contre la discrimination entre collègues. A la cantine, en particulier, lieu potentiel d’ouverture à l’autre par excellence.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h00
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            

Il est de bon ton aujourd’hui de vanter les mérites de la diversité. Et particulièrement dans le monde du travail. Outre le fait que s’engager en faveur de la diversité apparaît plus moral, plus équitable, cette attitude serait aussi plus rentable. De nombreuses études ont en effet démontré la meilleure productivité et créativité d’équipes aux profils variés : diversité d’origine, d’âge, de genre, de milieu social, de centres d’intérêt, etc.
Et pourtant, que d’occasions perdues ! Rien de tel que d’observer les mœurs et coutumes des cantines et autres restaurants d’entreprise ou lieux propices à la prise d’un repas en commun pour s’en convaincre. L’entre-soi le plus strict y est la règle.
On se retrouve entre personnes d’un même service, d’un même groupe d’âge, d’un statut social voire hiérarchique équivalent, d’origines semblables. Vous êtes-vous écarté depuis quelques mois, voire quelques années, de la communauté d’intérêt à laquelle vous apparteniez ? Le changement est immédiat. Vous voici exclu du groupe.
Tisser des liens
Alors qu’il est bien connu que prendre un repas en commun est l’une des meilleures occasions de tisser des liens. Les milieux d’affaires le savent depuis longtemps. Les architectes de bureaux également, qui prévoient des mini-cuisines à la disposition du personnel, selon un modèle popularisé par ­Google et d’autres entreprises de la Silicon Valley. Et, depuis quelques années, la préparation dudit repas est même devenue une activité prônée par les consultants pour renforcer l’esprit d’équipe. Au même titre que les défis de saut à l’élastique d’hier. A condition de ne pas pousser le bouchon trop loin.
« Les membres d’une équipe qui socialisent uniquement entre eux risquent de se retrouver déconnectés du reste de l’organisation et du monde extérieur », avertit le sociologue américain Kevin Kniffin.
Rares sont les sociologues qui se sont intéressés à cette question. Dans un article de la revue Le Mouvement social...




                        

                        


<article-nb="2018/05/12/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Le choix français pour le nucléaire est d’autant plus périlleux qu’il est économiquement dépassé par d’autres sources d’énergie, affirme l’économiste Aurélien Saussay dans une tribune au « Monde ».
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Energie : « L’entêtement français sur la voie du nucléaire est une stratégie risquée »

Le choix français pour le nucléaire est d’autant plus périlleux qu’il est économiquement dépassé par d’autres sources d’énergie, affirme l’économiste Aurélien Saussay dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 13h03
    |

Aurélien Saussay (Economiste et responsable du pôle environnement à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE, Sciences Po))







                        



                                


                            

[La préférence française pour le nucléaire est au cœur du débat public qui a lieu jusqu’au 30 juin sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE).]
Tribune. Avec la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), en débat public jusqu’au 30 juin, la France semble devoir renouveler ses vœux de fidélité au nucléaire. Les tenants du statu quo avancent des arguments surtout économiques. Seule l’électricité nucléaire, fleuron de la technologie française, serait capable de répondre à nos besoins pour un coût raisonnable, tout en n’émettant pas de gaz à effets de serre.
La santé économique de la filière n’est pourtant guère rassurante. Contrairement aux espoirs d’une « renaissance » soulevés en 2007 lors du lancement du chantier de l’EPR à Flamanville, la décennie écoulée s’est avérée désastreuse pour le nucléaire français et international. Areva, qui avait assuré la conception et la maîtrise d’ouvrage de l’EPR, s’est trouvée dans une situation critique, en 2016, après avoir subi une perte cumulée de 10 milliards d’euros de 2011 à 2015. Seule l’injection de près de 5 milliards d’euros par l’Etat et une restructuration drastique a sauvé de la faillite l’entreprise.
De très nombreux projets de réacteurs ont été annulés ces dernières années, au Brésil, en Afrique du Sud, aux Etats-Unis. Principale exception : la Chine, avec 20 réacteurs en construction et 60 autres projetés pour la décennie à venir. Le premier EPR mis en service au monde se trouvera d’ailleurs dans le sud-est de la Chine. En dehors de cette spécificité chinoise, comment expliquer la déroute, en France comme à l’étranger, d’une industrie promise au plus bel avenir il y a seulement dix ans ?
Des tendances structurelles qui minent la compétitivité
La fusion de trois des quatre réacteurs de la centrale de Fukushima en mars 2011 a certes joué un rôle majeur dans ce revirement. Les terribles conséquences de l’accident...




                        

                        


<article-nb="2018/05/12/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ La France ne peut délaisser, au nom de ses difficultés actuelles, un savoir-faire technologique prisé sur les marchés étrangers, défend Claude Jaouen, ancien cadre d’Areva, dans une tribune au « Monde ».
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Energie : « Au-delà de la situation conjoncturelle, l’industrie nucléaire française a des atouts indéniables »

La France ne peut délaisser, au nom de ses difficultés actuelles, un savoir-faire technologique prisé sur les marchés étrangers, défend Claude Jaouen, ancien cadre d’Areva, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 13h02
    |

Claude Jaouen (Ancien cadre d'Areva)







                        



                                


                            

[La préférence française pour le nucléaire est au cœur du débat public qui a lieu jusqu’au 30 juin sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE).]
Tribune. Le succès à l’international de l’industrie nucléaire française depuis de nombreuses années représente un gain significatif pour l’économie nationale. Les choix qui seront faits d’ici à la fin 2018 sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) seront déterminants pour les années à venir, en termes d’emplois et de balance commerciale.

Avec une rentabilité obérée par des investissements non rentables, la crise financière et l’accident nucléaire provoqué par le tsunami qui a dévasté la côte nord-est du Japon en mars 2011, Areva a dû se restructurer et être recapitalisé. L’industrie nucléaire a également subi les aléas inévitables lorsque l’on redécouvre, après vingt ans sans construction majeure d’infrastructures en Europe, le métier des grands projets et les effets classiques des prototypes ou de têtes de série, dans un référentiel réglementaire non stabilisé.
Tout cela fait beaucoup, et le doute s’est installé. Les bonnes nouvelles passent inaperçues, et l’ensemble de la filière est fragilisé.
Des emplois qualifiés pérennes
Mais qu’observe-t-on dans les filières éolienne et solaire photovoltaïque, malgré une volonté forte et des subventions significatives ? Danois et Allemands dominent le marché de l’éolien terrestre, les technologies offshore d’Alstom et Areva ont été reprises respectivement par ­General Electric et Siemens, le marché des panneaux photovoltaïques est largement dominé par la Chine – ce qui contribue d’ailleurs à sa compétitivité coût. Bref, dans ces domaines, les emplois ­qualifiés ne sont pas en France ! Il faut bien sûr développer les énergies alternatives, mais pas à n’importe quel prix, et en fonction de ce qu’elles peuvent réellement apporter.
Cette industrie représente aujourd’hui...



                        

                        


<article-nb="2018/05/12/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le consultant Jacques Marceau explique qu’il existe des solutions innovantes pour consommer moins d’énergie, pour l’instant ignorées par les pouvoirs publics.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Energie : « Il est aujourd’hui techniquement possible de stocker l’été la chaleur dans le sol pour la restituer l’hiver »

Dans une tribune au « Monde », le consultant Jacques Marceau explique qu’il existe des solutions innovantes pour consommer moins d’énergie, pour l’instant ignorées par les pouvoirs publics.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 12h59
    |

Jacques Marceau (Membre du conseil scientifique de l’Institut de la souveraineté numérique)







                        



                                


                            

[La préférence française pour le nucléaire est au cœur du débat public qui a lieu jusqu’au 30 juin sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE).]
Tribune. Obnubilés que nous sommes par les gaz d’échappement de nos voitures, nous avons presque oublié qu’en France, le bâtiment engloutit à lui seul 45 % de l’énergie consommée et est responsable de 27 % des émissions de gaz à effet de serre, dont une grande partie due au chauffage et la climatisation. Les solutions jusqu’à présent imaginées se bornent à agir sur l’enveloppe du bâtiment, alors qu’il est aujourd’hui techniquement possible de stocker la chaleur l’été dans le sol pour la restituer l’hiver, notamment grâce à l’intelligence artificielle.

Pour réussir la décarbonation des bâtiments, il faut bien sûr favoriser la construction de bâtiments thermiquement vertueux, mais aussi limiter l’émission de gaz à effet de serre associée à leur consommation énergétique.
Sortir de la doxa
La première et malheureusement trop souvent unique méthode utilisée en conception comme en rénovation des bâtiments est l’isolation de l’enveloppe. Depuis des années, les pouvoirs publics encouragent le recours à des procédés, matériaux et technologies visant à isoler le bâtiment en déployant tout un arsenal de normes, d’avantages fiscaux et autres subventions.
Dans ce contexte, le développement des énergies renouvelables (ENR) est une opportunité historique, à condition de palier leur intermittence grâce à des solutions de stockage adaptées, qui devront être peu émettrices de carbone.
Mais politiques et professionnels du bâtiment oublient qu’il existe un autre levier d’action avec la décarbonation de la production de chaleur ou de froid. Un levier efficace tant d’un point de vue économique qu’environnemental, qui requiert la mise en œuvre de systèmes énergétiques le plus décarbonés possible, qui consommeront une énergie peu polluante, ce qui...




                        

                        


<article-nb="2018/05/12/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Dominique Finon et l’ingénieur Henri Prévot expliquent que le gouvernement doit retourner aux fondamentaux de l’analyse des coûts et des bénéfices, pour renoncer à une réduction de la part du nucléaire qui ne repose que sur des critères politiques.
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Energie : « Une réduction du nucléaire à 50 % serait l’amorce d’une dynamique de pertes d’apprentissage technologique et industriel »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Dominique Finon et l’ingénieur Henri Prévot expliquent que le gouvernement doit retourner aux fondamentaux de l’analyse des coûts et des bénéfices, pour renoncer à une réduction de la part du nucléaire qui ne repose que sur des critères politiques.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 13h05
    |

Dominique Finon (Directeur de recherche CNRS émérite, économiste des marchés électriques et des politiques énergie-climat) et Henri Prévot (Ingénie...







                        



                                


                            

[La préférence française pour le nucléaire est au cœur du débat public qui a lieu jusqu’au 30 juin sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE).]
Tribune. Un des principaux thèmes du débat public en cours sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE) est le choix d’évolution du mix électrique dans les quinze prochaines années. Or, selon les documents qui encadrent le débat, celui-ci est enfermé dans un carcan normatif dont on ne semble pas devoir sortir en dépit du pragmatisme affiché, en décembre 2017, par le président de la République et son ministre de la transition écologique, ­Nicolas Hulot, lorsqu’ils ont reporté sine die l’échéance de l’objectif de 50 % de nucléaire dans la consommation française. Le débat sur la PPE est, en effet, posé de façon fermée avec cet objectif glissant, complété par celui de 40 % d’énergies renouvelables (ENR). Les participants au débat sont juste autorisés à proposer quelques nuances à deux des scénarios prospectifs que le gouvernement a demandés à RTE d’élaborer sur cette base.

La position du président serait de « descendre le plus vite possible vers 50 % de nucléaire, mais à condition de ne pas émettre plus de gaz à effet de serre » (Le Monde du 13 décembre 2017). Mais pourquoi ce chiffre ? Certes, il est inscrit dans la loi de transition énergétique. Mais quelle en est la raison, si ce n’est un compromis politique bancal qui n’a plus de raison d’être depuis l’élection du nouveau président il y a un an ? ­Pourquoi serait-il préférable à 30 %, ou à 75 % comme actuellement ? Pourquoi devrait-il être atteint « le plus vite possible », alors que le nucléaire répond à l’impératif climatique ?
Il n’existe aucune étude technico-économique indiquant que ce chiffre est un optimum, tant pour le coût de l’électricité que pour la sécurité de l’approvisionnement, et encore moins pour le maintien des émissions...




                        

                        


<article-nb="2018/05/12/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur revient sur les jubilés, ces décisions politiques qui pendant des millénaires, de la Mésopotamie à la Rome républicaine, ont permis, avec l’annulation de certaines dettes, d’éviter la polarisation excessive de la société.
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« Réfléchir à une mesure “disruptive” bénéficiant au plus grand nombre et à la stabilité sociale »

Dans cette chronique, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur revient sur les jubilés, ces décisions politiques qui pendant des millénaires, de la Mésopotamie à la Rome républicaine, ont permis, avec l’annulation de certaines dettes, d’éviter la polarisation excessive de la société.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 10h30
    |

                            Pierre-Cyrille Hautcoeur (Directeur d'études à l'EHESS)








                        



                                


                            
Recherches. La crise financière de 2007 a été attribuée à un excès d’accumulation de dettes tant privées que publiques, et les systèmes financiers sont encore considérés comme fragiles par beaucoup de spécialistes. Une des raisons de cette fragilité se trouve dans la situation des ménages, dont les dettes n’ont en France jamais été aussi élevées par rapport à leurs revenus, notamment celles des classes moyennes. Elles sont structurellement débitrices pour l’acquisition de leurs logements, mais leurs revenus ont stagné et leurs impôts ont augmenté, à l’inverse du « 1 % » des plus riches.
la fragilisation de catégories sociales, historiquement soutiens fervents de la démocratie parlementaire, n’est pas sans lien avec l’affaiblissement de celle-ci face aux populismes
Si la baisse des taux d’intérêt allège l’endettement, elle conduit aussi à la hausse du prix du logement, qui reste pour beaucoup aussi inaccessible que nécessaire. Or la fragilisation de ces catégories sociales, historiquement soutiens fervents de la démocratie parlementaire, n’est pas sans lien avec l’affaiblissement de celle-ci face aux populismes.
Comme le montre Michael Hudson, professeur d’économie à l’université du Missouri, dans And Forgive them their Debts – Credit and Redemption from Bronze Age debt Remissions to the Jubilee year (à paraître cet été), des décisions politiques d’annulation des dettes (les « jubilés » bibliques) ont pendant des millénaires permis d’éviter la polarisation excessive de la société, et notamment la confiscation du pouvoir par les grands propriétaires au détriment des plus petits.
Réduire le fardeau des dettes
Pratiqué chez les Sumériens dès 2500 avant J.-C. à Babylone, en Assyrie durant tout le premier millénaire avant notre ère, inscrite dans le Lévitique, utilisé par les tyrans des cités grecques archaïques puis dans la Rome républicaine, le jubilé ne consistait pas en une annulation générale des dettes, qui aurait certainement...




                        

                        


<article-nb="2018/05/12/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ La direction du groupe automobile français et le syndicat allemand IG Metall sont en conflit ouvert depuis plusieurs semaines.
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Dialogue social : le choc des cultures entre PSA et Opel

La direction du groupe automobile français et le syndicat allemand IG Metall sont en conflit ouvert depuis plusieurs semaines.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 10h15
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

La méthode de Carlos Tavares est-elle en train de compromettre l’avenir d’Opel ? Le conflit qui dure depuis plusieurs semaines entre la direction du groupe PSA et sa nouvelle filiale allemande, Opel, prend une tournure inquiétante. Entre les représentants du personnel, le syndicat IG Metall et la direction du groupe automobile français, l’incompréhension a atteint son paroxysme et illustre le gouffre entre deux cultures de dialogue social dans l’entreprise.
Le dirigeant portugais entend redresser Opel avec la même rapidité qu’il l’a fait pour PSA : la marque à l’éclair, qui n’a pas gagné un euro depuis 1999, doit dégager une marge opérationnelle de 2 % d’ici à 2020, selon ses plans. Pour ce faire, PSA est parvenu à des compromis sur les salaires avec les employés de tous ses sites Opel-Vauxhall en Europe… sauf en Allemagne, le cœur de la marque. Là, PSA a dû accepter à contrecœur d’adopter la nouvelle convention collective négociée en février, qui a accordé 4,3 % d’augmentation pour tous les salariés de l’industrie.

Depuis, une épreuve de force est engagée entre la direction et le syndicat allemand pour obtenir des contreparties à ces hausses de salaire. Pour s’imposer, PSA et la direction d’Opel ont ouvert un généreux guichet de départs volontaires et entretiennent le flou sur l’activité à venir des trois sites du groupe en Allemagne : Rüsselsheim, Eisenach et Kaiserslautern, qui emploient au total 19 000 personnes.
Malaise grandissant
Du côté du syndicat IG Metall et du Betriebsrat d’Opel (le conseil de représentation des salariés), cette manière de faire passe mal. Le plan de départs volontaires est jugé excessif. Ils arguent que la tradition de dialogue social outre-Rhin prévoit bien qu’une entreprise en difficulté économique puisse s’affranchir temporairement de certaines conditions prévues par une convention collective, à condition que la direction ouvre ses comptes et présente aux représentants des salariés un plan...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Fini les horaires imposés de la télévision, l’arrivée de la plate-forme américaine a révolutionné les usages des consommateurs.
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« Etre abonné à Netflix, c’est faire partie d’une communauté »

Fini les horaires imposés de la télévision, l’arrivée de la plate-forme américaine a révolutionné les usages des consommateurs.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 10h09
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 15h27
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

C’est un aveu qui ressemble à ceux recueillis sur le divan : Netflix a tué la télévision de papa, si l’on en croit les près de 300 témoignages recueillis à la suite d’un appel lancé sur Lemonde.fr. Christophe Capeyron était un fidèle de Canal+ de plus de vingt ans : une chaîne de télévision payante dont ses parents étaient clients depuis sa création le 4 novembre 1984. A l’époque, c’était le phénomène du paysage audiovisuel français dont Netflix, avec ses séries vedettes comme Narcos, Dark ou La Casa de Papel, est le pendant, trente ans plus tard.
« Binge-watching », « binge-racing », « Netflix-cheating »
Quand M. Capeyron, cadre commercial, habitant à Epinal, a choisi la plate-forme américaine, il a programmé la fin du lien « familial » avec Canal+ : en septembre, lorsque son abonnement viendra à échéance. « On ne regarde plus Canal, seul le replay survit dans la maison. » Le passage des générations… C’est ce que pense aussi Thomas Ladouce, professeur des écoles de 35 ans. Une nouvelle époque s’engage : avant, c’était « des programmes qui ne m’intéressaient pas pour la plupart (télé-réalité, etc.), le tout entrecoupé de pubs de plus en plus nombreuses » ; « des programmes TV qui ne démarrent pas à l’heure et donc un film qui se termine vers 23 heures ». C’est désormais l’ère du binge-watching, qui consiste à finir de regarder une série dans la semaine suivant le début du visionnage, du binge-racing – finir en vingt-quatre heures tous une saison dès sa sortie –, du Netflix-cheating – regarder des épisodes seul alors qu’on avait commencé en couple…

« Quand je veux, ce que je veux, où je veux »
Fini donc les horaires imposés de la télévision linéaire, désormais il est possible d’être le maître des écrans, chez soi ou à l’extérieur, avec toutes sortes d’écrans. Au total, Netflix est compatible avec 1 700 types...




                        

                        


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En soixante-dix ans, Israël a construit une économie robuste mais inégalitaire

L’Etat hébreu, né officiellement en mai 1948, est confronté à de fortes disparités de revenus et de niveau de vie.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h59
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Officiellement né le 14 mai 1948, Israël a matière à célébration pour son soixante-dixième anniversaire : une croissance solide (3,4 % en 2017), un chômage au plus bas (4,2 % de la population active), des finances publiques saines et une réputation d’excellence mondiale dans les technologies. Des prouesses remarquables pour un pays en état de guerre presque permanent, faiblement doté en ressources naturelles et dont l’économie faillit s’effondrer, dans les années 1980, sous le coup d’une hyperinflation.
« On peut marquer un temps d’arrêt et regarder en arrière avec satisfaction », louait, il y a quelques semaines, Karnit Flug, la gouverneure de la Banque d’Israël. Parmi les plus belles réussites figure sans conteste le savoir-faire développé par l’Etat hébreu dans le domaine de l’innovation. L’an dernier, les levées de fonds des firmes technologiques nationales ont atteint un niveau record (5,24 milliards de dollars, soit 4,4 milliards d’euros).
Au Nasdaq, la Bourse des valeurs technologiques américaines, ce pays de seulement 8,5 millions d’habitants se classe troisième, derrière les Etats-Unis ou la Chine, en matière de sociétés cotées. Les géants de la high-tech américaine sont d’ailleurs solidement implantés en Israël : d’Intel à Google ou Facebook, pas une multinationale qui n’ait son centre de recherche (R&D) et son incubateur entre Tel-Aviv (ouest) et Haïfa (nord).

« Globalement, si l’on regarde sur 70 ans, c’est une “success story” », estime l’économiste Eytan Sheshinski. Au rang des faits les plus marquants, ce professeur à l’université hébraïque de Jérusalem cite l’absorption réussie de centaines de milliers d’immigrants. Ceux de l’ex-URSS, venus en masse à partir de la fin des années 1980 et souvent très diplômés, jouèrent un rôle déterminant dans l’établissement d’un Israël de la connaissance.
Nombreux laissés-pour-compte
Le sous-investissement dont souffre le pays dans l’éducation et les infrastructures...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Malgré la menace, les groupes audiovisuels français ont des difficultés à s’entendre.
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En France, une riposte crédible à Netflix peine à s’organiser

Malgré la menace, les groupes audiovisuels français ont des difficultés à s’entendre.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h37
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 10h49
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Faire émerger un Netflix français ou européen… Tout le monde en rêve, mais personne n’assume, aujourd’hui, cet objectif. La montée en puissance du géant américain intimide : ces derniers mois, il recrute, en France, environ 100 000 abonnés par mois, et espérait en atteindre 3,5 millions fin mars, selon Libération.
Arrivé en France en 2015, le groupe Netflix y a d’abord été vu comme un concurrent pour la plate-forme de vidéo à la demande par abonnement Canalplay, puis comme une menace pour le service premium de sa maison mère, Canal+, qui compte 4,95 millions d’abonnés. « Aujourd’hui, tout le monde prend conscience que Netflix concurrence l’ensemble des chaînes de télévision, explique un cadre du secteur. Le sujet n’est pas de prendre la place de Netflix, mais de l’empêcher de prendre la nôtre ! »

Malgré ce sentiment d’urgence, voire de panique, élaborer une riposte crédible reste difficile. France Télévisions en fait l’expérience, bien que sa présidente, Delphine Ernotte, ait annoncé, dès 2015, vouloir créer une plate-forme de vidéo à la demande par abonnement. L’entreprise publique a d’abord constaté qu’il était impossible de construire un service avec ses homologues européens, car aucune chaîne ne possède les droits de diffuser sur tout le continent les séries et films qu’elle finance. Et, à l’échelle française, acheter un catalogue d’œuvres attrayant est jugé trop cher et difficile à rentabiliser par France Télévisions.
Les discussions avec TF1 et M6 « avancent bien »
L’équipe de Mme Ernotte a obtenu des grands producteurs qu’ils mettent quand même à disposition leurs programmes, de façon non exclusive, en échange d’une part – environ 20 % – des revenus des abonnements. Mais, après avoir accumulé les retards, France Télévisions a fini par mettre le projet « en pause » : la direction et Matignon ont estimé qu’il était difficile, pour l’entreprise publique, de porter un tel service...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ La plate-forme américaine de vidéo à la demande Netflix veut investir près de 7 milliards d’euros dans l’audiovisuel et le cinéma en 2018.
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Sortie en salles ou diffusion sur petit écran ? Le dilemme des réalisateurs à Cannes

La plate-forme américaine de vidéo à la demande Netflix veut investir près de 7 milliards d’euros dans l’audiovisuel et le cinéma en 2018.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h33
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 10h48
    |

            Nicole Vulser (Cannes, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Netflix, le grand absent, mis au ban du 71e Festival de Cannes ? Pas tant que cela. Certes, la plus grande plate-forme mondiale de vidéo par abonnement s’est exclue d’elle-même en refusant de sortir ses films en salles dans l’Hexagone avant de les mettre à la disposition des internautes, comme le prévoit le nouveau règlement de la compétition.
C’est la raison pour laquelle plusieurs longs-métrages qu’elle a financés n’ont pu figurer dans la sélection, comme The Other Side of the Wind – celui laissé inachevé par Orson Welles et terminé par Peter Bogdanovich, avec le producteur Frank Marshall – ou encore Roma, du Mexicain Alfonso Cuaron, Hold the Dark, de l’Américain Jeremy Saulnier, et Norway, du Britannique Paul Greengrass.

Pourtant, si aucun des grands patrons de Netflix n’a fait le déplacement à Cannes, les affaires, elles, se poursuivent. Ainsi, l’entreprise y a envoyé une importante délégation de vingt-six acheteurs et professionnels du marketing venus des Etats-Unis et d’Europe dans le cadre du Marché du film. A titre de comparaison, Amazon n’en a missionné que dix-sept.
Netflix a la ferme intention de poursuivre ses emplettes (3 000 longs-métrages sont en vente au Marché) afin d’enrichir l’offre proposée à ses 125 millions d’abonnés dans le monde. Tous les vendeurs internationaux redoublent d’efforts pour séduire la plate-forme, devenue l’un des principaux acheteurs planétaires de droits de films en vidéo. Ses premières offres concernaient surtout le marché américain.
Martin Scorsese, cas emblématique
En revanche, les négociations en cours depuis plusieurs mois pour l’acquisition, par Netflix, d’EuropaCorp, le studio de Luc Besson, semblent avoir achoppé définitivement sur la Croisette, faute d’accord sur la valorisation du catalogue. Le fait que l’entreprise française repose strictement sur les épaules du réalisateur aurait également pesé dans la balance. Netflix...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le volume de ce fruit sec passé au casse-noix a progressé de près de 50 % depuis 2010. Il a même dépassé les 700 000 tonnes de noix décortiquées. La poussée de fièvre du prix de l’amande de cajou échauffe les esprits, explique la chroniqueuse Laurence Girard.
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« En quelques années, la noix de cajou a bousculé l’ordre établi »

Le volume de ce fruit sec passé au casse-noix a progressé de près de 50 % depuis 2010. Il a même dépassé les 700 000 tonnes de noix décortiquées. La poussée de fièvre du prix de l’amande de cajou échauffe les esprits, explique la chroniqueuse Laurence Girard.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h28
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Matières premières. Craquer pour les noix de cajou. A l’apéritif. Comme aux repas. Que l’on soit adepte des régimes végans ou simples gourmands. Les rangs des consommateurs prêts à croquer le fruit de l’anacardier n’ont cessé de s’étoffer ces dernières années. Au point que le volume de ce fruit sec passé au casse-noix a progressé de près de 50 % depuis 2010. Il a même dépassé les 700 000 tonnes de noix décortiquées.
En quelques années, le cajou a bousculé l’ordre établi. Il a broyé la superbe des pistaches, noix et noisettes, leur grillant la politesse dans la liste de prédilection des consommateurs. Seule l’amande lui tient encore la dragée haute. Même au pays où l’amande est reine, les Etats-Unis, les importations du fruit de l’anacardier ont encore progressé de 10 % en 2017. Ou comment varier l’assortiment de boissons végétales, dont les Américains sont de plus en plus friands.

Cet engouement n’a pas échappé aux planteurs africains. D’autant que la courbe du prix de la noix de cajou s’est orientée à la hausse. Résultat, la Côte d’Ivoire a décroché le cocotier, devenant le premier producteur mondial de ce fruit à coque, devant l’Inde et le Vietnam. Un titre qu’elle a défendu en 2017, avec une récolte de 711 200 tonnes, selon les estimations de l’organisme N’Kalo. Mais les concurrents se pressent au portillon. Au Burkina Faso, en Guinée-Bissau, au Ghana, en Guinée, au Mozambique ou au Sénégal, l’anacardier a la cote. Parfois au détriment du cacaoyer, qui broie du noir.
Poussée de fièvre
La poussée de fièvre du prix de l’amande de cajou, avec un pic atteint en juin 2017, à plus de 10 000 dollars (8 400 euros) la tonne, échauffe les esprits. Chacun souhaite se faire du beurre avec la noix. L’Etat ivoirien a fixé un prix minimum aux planteurs de 500 francs CFA (0,76 euro) le kilo en 2018. Quand son voisin ghanéen a fixé la barre à 1 000 francs CFA le kilo, ou le Burkina à 900 francs CFA. Sans surprise, les cajous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Des chiffres publiés par l’OCDE indiquent que la part de travailleurs pauvres est plus élevée en France qu’en Allemagne. Mais ceux d’Eurostat, suivant une définition un peu différente, montrent l’inverse…
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Selon l’OCDE, la part des travailleurs pauvres est deux fois plus élevée en France qu’en Allemagne

Des chiffres publiés par l’OCDE indiquent que la part de travailleurs pauvres est plus élevée en France qu’en Allemagne. Mais ceux d’Eurostat, suivant une définition un peu différente, montrent l’inverse…



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h20
    |

            Marie Charrel








                        



   


Le chiffre a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux – en particulier en France : en 2015, la part de travailleurs pauvres (vivant sous le seuil de pauvreté, à 50 % du revenu médian) était de 3,7 % en Allemagne, soit deux fois moindre que celle de l’Hexagone, à 7,1 %, selon les chiffres publiés, le 8 mai, par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Voilà ce qui, à première vue, bat en brèche l’idée selon laquelle l’Allemagne est la championne des travailleurs pauvres, en dépit de sa puissance économique. Le généreux modèle social français n’était-il pas censé mieux protéger ses salariés ?
Si l’on se fie à Eurostat, c’est pourtant toujours le cas. Selon les données de l’office statistique de l’Union européenne, fréquemment citées sur le sujet, 9,5 % des travailleurs allemands étaient considérés comme pauvres en 2016, contre 7,9 % pour les Français. Soit un constat bien différent de celui de l’OCDE.
Mais alors, qui dit vrai ? « Les deux, car ces données ne mesurent pas exactement la même chose », explique Stefano Scarpetta, directeur de la division emploi à l’OCDE.

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Taux de chômage plus bas en Allemagne
Ces nuances de paramètres statistiques ont de quoi donner le tournis aux non-initiés, mais elles sont importantes pour comprendre ce qui sépare nos deux pays. Si l’on schématise, Eurostat regarde la part des travailleurs pauvres pris individuellement par rapport à l’ensemble des personnes en activité, tandis que l’OCDE mesure le pourcentage des personnes membres d’un ménage vivant sous le seuil de pauvreté, et où au moins l’un des adultes travaille. Ici, la composition du foyer entre donc en compte, avec le nombre des adultes en emploi, et une pondération selon le nombre d’enfants. Et cela explique les écarts. « Tous ces chiffres montrent que la part des travailleurs pauvres est plus élevée en Allemagne qu’en France, lorsqu’ils sont comptabilisés individuellement, mais elle est plus basse si l’on prend en compte la composition du foyer », détaille M. Scarpetta.

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Et ce, pour une raison bien simple : le taux de chômage est plus bas chez nos voisins (3,4 % en mars, contre 8,8 % chez nous), tandis que leur taux d’emploi, c’est-à-dire la proportion de personnes disposant d’un emploi parmi celles en âge de travailler, est à 75,6 %, soit 10 points de plus que le nôtre (65,2 %). Il y a donc beaucoup plus de ménages allemands où les deux adultes travaillent, ce qui explique que les chiffres de l’OCDE soient plus bas. D’autant que les Français font plus d’enfants. Les membres d’un ménage tricolore avec trois enfants où un seul parent touche un salaire seront mécaniquement plus pauvres que le même couple allemand, mais sans bambin.

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Faiblesse du modèle français
« Ces chiffres éclairent surtout les différences de modèles choisis par nos pays », commente Patrick Artus, économiste chez Natixis. L’Allemagne a fait le choix d’inclure un maximum de personnes dans l’emploi, quitte à ce que certains métiers soient plus précaires. En 2017, la proportion des temps partiels y était de 29,6 %, contre 18,1 % chez nous, selon Eurostat. Et elle est particulièrement élevée chez les femmes (46,4 %, contre 29,6 % en France). Les jobs tricolores sont moins précaires, mais davantage de personnes sont exclues du marché du travail.

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C’est d’ailleurs la grande faiblesse du modèle français, car elle fait grimper les inégalités de revenus entre ceux inclus et ceux exclus de l’emploi. « Voilà pourquoi les inégalités de revenus avant redistribution sont plus élevées en France qu’aux Etats-Unis ou en Allemagne, mais elles sont largement corrigées, ensuite, par les transferts sociaux, ajoute M. Artus. Pour les réduire, nous avons intérêt à améliorer l’éducation et la formation pour faire revenir un maximum de personnes sur le marché du travail. »

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Lundi 14 et mercredi 16 mai, près de 600 vols seront annulés et 63 000 passagers touchés.
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Les pilotes de Brussels Airlines se mettent en grève

Lundi 14 et mercredi 16 mai, près de 600 vols seront annulés et 63 000 passagers touchés.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h07
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Il y a un petit parfum venu de France – et d’Air France – dans le conflit que lance, lundi 14 et mercredi 16 mai, une grande partie des pilotes de SN Brussels Airlines. Près de 600 vols seront annulés et 63 000 passagers touchés par ce mouvement, qui n’est que le deuxième dans l’histoire de la société, née en 2006 sur les restes de la défunte Sabena.
Contraints à des efforts salariaux depuis 2012, les pilotes espéraient que le rachat de leur compagnie par Lufthansa, en 2017, la sortirait de l’ornière. Ils ont rapidement déchanté après le licenciement de leur patron, Bernard Gustin, et de son bras droit, Jan De Raeymaeker, remplacés par des dirigeants allemands. Et le sort qui sera finalement réservé à SN Brussels dans l’ensemble Eurowings, filiale du groupe allemand, reste incertain.
26 millions d’euros de pertes au premier trimestre

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Christina Foerster, la nouvelle directrice générale de la compagnie belge, a été clairement parachutée pour restaurer la rentabilité de l’entreprise, qui a subi 26 millions d’euros de pertes au premier trimestre et va perdre quelque 10 millions supplémentaires en raison de la grève.
Les pilotes ont rejeté une proposition d’augmentation de 3 % au 1er janvier 2019 et de 3 % en 2020. Vendredi 11 mai, la direction a promis de leur soumettre rapidement un nouveau plan, axé surtout, semble-t-il, sur l’allégement de la charge de travail et un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
Pour ce qui est des investissements – et donc de la survie à long terme –, en revanche, les 3 900 employés auraient du souci à se faire. Le directeur de la communication de Lufthansa, Andreas Bartels, a fait savoir – en niant toute menace – que la société n’avait pas l’habitude d’investir « dans une flotte dont le positionnement en termes de coûts n’est pas correct ». « Nous investissons là où il y a des perspectives de croissance », a ajouté M. Bartels. Or, Eurowings dans son ensemble a perdu 203 millions d’euros depuis le début de l’année.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Dix ans après sa nomination, le directeur général, Frédéric Oudéa, joue les prolongations, sans convaincre.
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La stratégie du patron de la Société générale en question

Dix ans après sa nomination, le directeur général, Frédéric Oudéa, joue les prolongations, sans convaincre.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h02
    |

            Isabelle Chaperon et 
                                Véronique Chocron








                        



                                


                            

Bien sûr, la Société générale (SG) a affronté plus fortes tempêtes. Une fraude gigantesque. Deux offres publiques d’achat (OPA) hostiles. Des crises financières. Rien de tel ne se profile, à ce stade. Pourtant, le navire tangue. Le départ précipité, le 14 mars, de Didier Valet – bras droit et dauphin putatif du directeur général, Frédéric Oudéa –, sous la pression des autorités américaines, dans le cadre d’une enquête sur une éventuelle manipulation du taux interbancaire Libor, a mis en lumière les fragilités de la Société générale.
Le 3 mai, sept semaines après le départ de M. Valet, M. Oudéa a dévoilé un nouvel état-major qui n’a guère convaincu. « On fait du neuf avec du vieux », souligne un fin connaisseur de la banque. La question de qui pourrait être le successeur de M. Oudéa, en particulier, semble grande ouverte. « Il y a des solutions immédiates, en cas de crise, contredit le directeur général, interrogé par Le Monde. A plus long terme, nous faisons monter des quinquagénaires de qualité pour assurer la continuité tout en les aidant à grandir. Ce nouvel organigramme doit permettre au conseil de choisir, à terme, entre trois ou quatre personnes. »
« Cela fait dix ans qu’il dirige la banque, et ce ne sont pas les années les plus florissantes pour la Société générale »
Selon plusieurs sources, Laurent Mignon, actuel patron de Natixis, a bien été approché par des administrateurs de la SG, avant d’être intronisé à la tête de BPCE. Compliqué, aussi, de chercher des hauts calibres, quand leur perspective de devenir numéro un s’éloigne, le conseil d’administration ayant assuré M. Oudéa de son renouvellement jusqu’en 2022. « Dans n’importe quelle entreprise, une succession interne reste la priorité. Il n’a jamais été question qu’un dirigeant venu de l’extérieur puisse rapidement me succéder. Dans ce type de recrutement, on a une chance sur deux que le nouvel arrivant ne parvienne pas à s’intégrer »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Si le quartier d’EuroNantes fait émerger de nouveaux immeubles tous les ans, la ville souffre encore d’un stock de biens trop faible, au détriment des acquéreurs.
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Effervescence immobilière à Nantes

Si le quartier d’EuroNantes fait émerger de nouveaux immeubles tous les ans, la ville souffre encore d’un stock de biens trop faible, au détriment des acquéreurs.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 08h42
    |

                            Ludovic Clerima








                        



                                


                            

C’est l’une des pépites de l’Ouest sur le plan immobilier. Nantes n’a en effet rien à envier en matière d’attractivité à Bordeaux, sa rivale du Sud. « Tous les ans, la ville gagne 8 000 habitants supplémentaires, observe Vincent Chauveau, notaire de la ville. Il y a un besoin urgent en construction pour accueillir ces nouvelles populations. » Grues et pelleteuses s’activent pourtant depuis plus d’une vingtaine d’années dans la métropole, sans parvenir à totalement rattraper le choc démographique que connaît la métropole. « Le PLU [plan local d’urbanisme] est en pleine modification et durant cette période, il est impossible de se voir délivrer de permis de construire, raconte Jérôme Beauvois, directeur régional chez Cogedim Atlantique. De plus, Nantes souffre indirectement du Grand Paris. Nous manquons de main-d’œuvre, comme des soudeurs, pour construire de nouveaux immeubles. Ces derniers ont quitté la région pour aller travailler dans la capitale. »

La réputation de Nantes n’est pourtant plus à faire. Outre ses campus universitaires, la ville possède sa petite Station F avec La Cantine, un espace de coworking qui réunit les start-upeurs. L’agglomération doit aussi sa renommée à ses fabuleuses machines en forme de dragon ou d’éléphant, postées sur l’île de Nantes et connues dans le monde entier. A cela, il faut ajouter le grand projet d’aménagement d’EuroNantes, gigantesque centre d’affaires européen, installé sur une cinquantaine d’hectares entre le quartier de Malakoff, le Pré-Gauchet et une partie de l’île de Nantes. Dès 2020, c’est quelque 2 000 logements et près de 500 000 m² de bureaux qui seront livrés. De quoi attirer bon nombre d’investisseurs. « Sur la métropole, entre 60 % et 65 % des achats sont réalisés à titre d’investissement », indique Jérôme Beauvois.
Hausse de plus 19 % en 10 ans
Comme dans beaucoup de métropoles régionales, l’immobilier nantais est orienté à la hausse....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Mi-GAFA, mi-studio hollywoodien, le nouveau monstre de l’audiovisuel connaît un succès fulgurant. Il compte désormais 125 millions d’abonnés.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/05/2018
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Netflix dynamite la télé et le septième art

Mi-GAFA, mi-studio hollywoodien, le nouveau monstre de l’audiovisuel connaît un succès fulgurant. Il compte désormais 125 millions d’abonnés.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 07h08
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Netflix a-t-il déjà gagné la guerre ? La question se pose dans les couloirs des chaînes de télévision, dans les grands studios ou les entreprises technologiques, dans les coulisses du Festival de Cannes ou dans les cabinets ministériels. Ses séries s’invitent de plus en plus dans les conversations. « Un de mes collègues est allé à une fête avec ses parents, plutôt âgés. Sa mère y discutait des programmes de Netflix avec ses copines. Ça l’a soufflé », raconte un producteur français, mi-amusé, mi-effaré.
La formule à la demande de Netflix est en phase avec les attentes des téléspectateurs : c’est une sorte de buffet audiovisuel à volonté, où l’on peut goûter les dernières grandes productions maison, comme la série de science-fiction Stranger Things, rattraper des vieux classiques tels que Friends, se laisser aller à quelques films de séries B ou s’orienter vers d’étonnants mangas japonais ou un documentaire de six heures sur une secte établie dans l’Oregon jusqu’en 1985 (Wild Wild Country). Consommable sur place, avec son téléviseur, ou à emporter, sur ordinateur, tablette ou smartphone, le menu comporte peu de grands films récents et laisse parfois le même goût d’indécision ressenti face aux murs de DVD d’un vidéoclub… mais, pour 10 euros par mois, il offre un rapport qualité-prix assez addictif.
Au premier trimestre 2018, Netflix a dépassé toutes les prévisions en conquérant 7,4 millions de nouveaux abonnés. Son chiffre d’affaires a fait un bond de 43 % par rapport à 2017, lorsqu’il avait engrangé 11,6 milliards de dollars (9,8 milliards d’euros) pour un résultat de 886 millions… Le service dépensera cette année 8 milliards de dollars dans les contenus, et il compte désormais 125 millions d’abonnés, dont 3,5 millions en France.
Premier studio international
Le modèle de Netflix fascine et fait débat. C’est un ovni, à mi-chemin entre les grandes plates-formes numériques (GAFA) et les géants du divertissement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Rencontre à Los Angeles avec Eric Allison, le responsable de la division Uber Elevate, qui parle du développement du projet de taxis volants.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Connue initialement pour ses messages vidéo éphémères, l’application avait provoqué la colère des utilisateurs après plusieurs changements introduits au mois de janvier.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/05/2018
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Snapchat fait machine arrière et revient à la présentation qui a fait son succès

Connue initialement pour ses messages vidéo éphémères, l’application avait provoqué la colère des utilisateurs après plusieurs changements introduits au mois de janvier.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 04h00
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 10h39
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



   


Marche arrière toute. Jeudi 10 mai, l’application de messagerie Snapchat a commencé à déployer une nouvelle version de son application mobile, revenant sur les principaux changements introduits en janvier. Cette volte-face constitue un cuisant aveu d’échec pour Evan Spiegel, le jeune cofondateur et patron de l’entreprise californienne qui prend seul les décisions stratégiques.
La mise à jour de l’application rétablit l’affichage par ordre antéchronologique des photos et vidéos envoyées par ses amis. La précédente version avait introduit un algorithme qui, à l’image du fil d’actualités de Facebook, donnait la priorité aux amis proches. Deuxième modification : les « stories », ces enchaînements de photos et de courtes vidéos, apparaissent de nouveau sur le même écran, qu’elles soient publiées par des amis, des célébrités ou des médias.

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Les modifications faites en début d’année avaient causé beaucoup de confusion et de frustration. Plus de 1,2 million de personnes ont ainsi signé une pétition en ligne pour réclamer un retour en arrière. Plusieurs célébrités, dont Kylie Jenner, une vedette américaine de télé-réalité, ont publiquement exprimé leur mécontentement. Selon le cabinet YouGov, l’image de marque de Snapchat est tombée en avril à son plus bas niveau chez les 18-34 ans, qui représentent son cœur de cible.
« Des signes évidents de mauvaise gestion »
Ce rejet s’est fait sentir dans les résultats financiers du premier trimestre, publiés mardi 1er mai. Sur cette période, Snap, la maison mère de Snapchat, a accusé un repli de 19 % de son chiffre d’affaires par rapport au quatrième trimestre 2017. Par ailleurs, le nombre d’adeptes n’a progressé que de 2 %. « Le nouveau design nous a handicapés », reconnaissait alors M. Spiegel. Wall Street avait sanctionné ces résultats : le lendemain de leur annonce, l’action avait plongé de 20 %.

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Plus inquiétant encore, la refonte ratée de l’application est symptomatique d’une « entreprise mal organisée, qui montre des signes évidents de mauvaise gestion », juge Samuel Kemp, analyste chez Piper Jaffray.
Contrairement aux habitudes de Facebook ou de Twitter, Snap n’a en effet mené aucune étude sur un nombre limité d’utilisateurs pour mesurer l’impact des modifications, misant avant tout sur l’instinct de M. Spiegel. Un état d’esprit qui semble changer : cette fois-ci, l’application a effectué des tests avant de faire machine arrière.



                            


                        

                        

