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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ L’armée israélienne a annoncé cette décision samedi, en réaction à des dégâts provoqués vendredi par des manifestants palestiniens.
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Le seul point de passage de marchandises vers Gaza fermé par Israël

L’armée israélienne a annoncé cette décision samedi, en réaction à des dégâts provoqués vendredi par des manifestants palestiniens.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 16h45
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 18h12
   





                        



   


Israël a annoncé, samedi 12 mai, la fermeture jusqu’à nouvel ordre du point de passage de Kerem Shalom. Il s’agit de la seule voie de circulation de marchandises vers la bande de Gaza, soumise à un blocus de l’Etat hébreu.
Cette décision, qui entrera en vigueur dimanche, a été prise en réaction à d’importants dégâts provoqués la veille par des manifestants palestiniens, a fait savoir l’armée israélienne dans un communiqué. Cette dernière y dénonce « des destructions et des incendies provoqués du côté palestinien de ce point de passage par des dizaines d’émeutiers sous les auspices du Hamas », le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza.
Des Palestiniens de la bande de Gaza, territoire coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, se rassemblent depuis le 30 mars par milliers près de la frontière, surtout le vendredi, dans le cadre de la « Grande marche du retour », mouvement qui exige le droit au retour des réfugiés palestiniens et qui doit aboutir mardi à la commémoration de la « Nakba » (la catastrophe, en arabe) qui marque pour les Palestiniens la création de l’Etat d’Israël et l’exode de centaines de milliers de Palestiniens. Ce mouvement de protestation a déjà coûté la vie à 53 Palestiniens depuis un mois et demi.

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Une décision qui va aggraver le blocus de Gaza
La fermeture du point de passage va aggraver la situation déjà très précaire de la bande Gaza, soumise à un sévère blocus d’Israël depuis plus de dix ans, et où plus des deux tiers de la population dépendent de l’aide humanitaire.
« Le point de passage restera fermé jusqu’à ce que les dégâts soient réparés », a précisé l’armée, assurant que le terminal permettant d’approvisionner la bande de Gaza en carburant est dorénavant inutilisable en raison des destructions.
L’Egypte, dont la frontière avec Gaza est fermée la plupart du temps, a ouvert samedi son point de passage pour quatre jours.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ La Corée du Nord « prend des mesures techniques » pour démanteler son site d’essais atomiques. Certains experts ont estimé qu’il s’agissait d’une concession de façade.
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La Corée du Nord démantèlera son site d’essais atomiques entre le 23 et le 25 mai

La Corée du Nord « prend des mesures techniques » pour démanteler son site d’essais atomiques. Certains experts ont estimé qu’il s’agissait d’une concession de façade.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 16h23
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 17h22
   





                        



   


Kim Jong-un précise un peu plus sa volonté d’abandonner les activités nucléaires de son pays. La Corée du Nord « prend des mesures techniques » pour démanteler son site d’essais atomiques et invitera des journalistes étrangers à une cérémonie de lancement du processus entre les 23 et 25 mai, a annoncé samedi 12 mai l’agence d’Etat KCNA.
« Une cérémonie de démantèlement du site d’essais atomiques est maintenant prévue entre les 23 et 25 mai, en fonction des conditions météorologiques », a fait savoir l’agence, qui cite un communiqué du ministère des affaires étrangères nord-coréen.

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A l’occasion d’un sommet intercoréen historique le 27 avril, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un avait proposé à Séoul de fermer en mai son seul site connu d’essais nucléaires, Punggye-ri, une installation secrète sise près de la frontière avec la Chine.
Concession de façade
C’est à partir de ce site souterrain que Pyongyang a procédé à ses six essais nucléaires, dont le dernier en date remonte à septembre. Le site, entouré de sommets escarpés, est creusé profondément sous une montagne granitique de 2 000 m d’altitude dans le Hamgyong du Nord, province du nord-est frontalière de la Chine. Il est réputé l’endroit idéal pour résister aux forces déchaînées par des explosions nucléaires.
Son existence a été mise au jour en octobre 2006 avec le premier test nucléaire nord-coréen, au temps de Kim Jong-il, feu le père de M. Kim. Depuis, il est scruté par des images satellitaires.
Certains experts ont estimé qu’il s’agissait d’une concession de façade, le site pouvant être déjà inutilisable en raison du « syndrome de la montagne fatiguée ». Selon des sismologues chinois cités en avril sur le site de l’université de science et technologie de Chine, le dernier essai a provoqué un effondrement de roches à l’intérieur de la montagne.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ M. McCain s’est opposé à la nomination de Gina Haspel, à la tête de la CIA en raison de son rôle dans des programmes d’interrogatoires poussés après le 11-Septembre.
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Emoi à Washington à la suite de commentaires d’une conseillère de Donald Trump sur John McCain

M. McCain s’est opposé à la nomination de Gina Haspel, à la tête de la CIA en raison de son rôle dans des programmes d’interrogatoires poussés après le 11-Septembre.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 16h12
   





                        



   


On ne s’en prend pas impunément au sénateur républicain John McCain. Agé de 81 ans, six mandats de sénateur à son actif, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2008, il souffre d’un glioblastome, diagnostiqué en 2017, une forme agressive de cancer du cerveau dont est mort en 2009 le sénateur démocrate Ted Kennedy.
Absent du Congrès, où il n’a pas fait d’apparition depuis le début de l’année, il n’en reste pas moins, au sein du camp républicain, l’un des rares à faire entendre sa différence face aux errements de Donald Trump.
Le rôle de Gina Haspel après le 11-Septembre
Depuis son fief, M. McCain s’est en effet opposé à la nomination de Gina Haspel – choisie par le président Trump pour diriger la CIA, où elle a passé plus de trente ans – en raison de son rôle controversé dans des programmes d’interrogatoires poussés après le 11-Septembre. Elle avait dirigé pendant au moins une partie de l’année 2002 une prison secrète de la CIA en Thaïlande, où des détenus suspectés d’appartenir à Al-Qaida avaient été torturés.

I believe Gina Haspel is a patriot who loves our country & has devoted her professional life to its service & defen… https://t.co/nSU8tuawsj— SenJohnMcCain (@John McCain)


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« Je crois que Gina Haspel est une patriote qui aime son pays et a consacré sa vie professionnelle à son service et sa défense. Cependant, son rôle dans Ia supervision de l’utilisation de la torture est inquiétant, et son refus de reconnaître l’immoralité de la torture est rédhibitoire », a-t-il écrit dans un tweet.
En réponse, Kelly Sadler, une conseillère en communication de la Maison Blanche, aurait déclaré, jeudi à huis clos, que l’opposition du sénateur à la nomination de Gina Haspel n’était pas grave. « Il va mourir, de toute façon », a réagi Mme Sadler. Les propos de cette dernière ont déclenché une vive polémique.
McCain, héros de la guerre du Vietnam
Si les critiques de McCain contre Gina Haspel rencontrent peu d’écho auprès des élus républicains, le sénateur est considéré comme un héros de la guerre du Vietnam, où il a passé plus de cinq ans comme prisonnier de guerre et a été torturé pendant sa captivité, comme l’a rappelé Paul Ryan, le speaker républicain à la Chambre des représentants.

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L’ancien vice-président démocrate Joe Biden, un ami proche de M. McCain, s’est indigné. « Les gens se demandaient quand l’administration toucherait le fond en matière de décence. C’est arrivé hier », a-t-il dit dans un communiqué. « Etant donné le manque de respect de la Maison Blanche envers John et d’autres, cette collaboratrice n’est pas l’exception à la règle, mais son incarnation », a-t-il ajouté.
Le clan McCain a aussitôt montré son indignation. La fille de John McCain, Meghan, a estimé que Kelly Sadler, l’auteure de cette remarque, devait être limogée. « Je ne comprends pas l’environnement dans lequel [ces propos] seraient acceptables et que vous puissiez revenir au travail le lendemain et garder votre emploi », a-t-elle dit sur ABC. « Ne vous en faites pas pour notre famille, nous sommes forts », a-t-elle ajouté. L’épouse de John McCain, Cindy, a elle aussi réagi : « Puis-je vous rappeler que mon mari a une famille, sept enfants et cinq petits-enfants ? », a-t-elle écrit sur Twitter, en s’adressant directement à Kelly Sadler.
Mais Sarah Sanders, porte-parole de la Maison Blanche, a refusé de s’excuser au nom de l’exécutif ou d’aborder le sujet frontalement, affirmant n’avoir aucun commentaire à faire sur des propos tenus « lors d’une réunion interne ». « Nous respectons tous les Américains », a-t-elle simplement affirmé, confirmant par ailleurs que Kelly Sadler travaillait toujours à la Maison Blanche. Mme Sadler a présenté ses excuses à Meghan McCain pour ses propos.
Attaques de Donald Trump contre John McCain
Le président Donald Trump s’en était déjà pris aux états de service de M. McCain pendant la campagne électorale de 2016. « C’est un héros parce qu’il a été capturé ? J’aime les gens qui n’ont pas été capturés », avait-il lancé.
Un animateur de la chaîne TV Fox Business a également présenté ses excuses jeudi auprès du sénateur sur Twitter pour ne pas avoir contredit le général en retraite Thomas McInerney, un de ses invités, qui affirmait que M. McCain avait parlé sous la torture pendant sa détention au Vietnam. Cette accusation, déjà lancée en 2008, s’était révélée fausse. La chaîne a annoncé vendredi que le général en retraite Thomas McInerney ne serait désormais plus invité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Rapport d’étonnement. Aux Etats-Unis et au Canada, des hommes ne parvenant pas à trouver de partenaires sexuels rejoignent des communautés en ligne, qui alimentent leur rancœur. Alek Minassian, qui a tué dix personnes à Toronto le 23 avril, était l’un d’eux.
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Le misogyne, cet autre terroriste

Rapport d’étonnement. Aux Etats-Unis et au Canada, des hommes ne parvenant pas à trouver de partenaires sexuels rejoignent des communautés en ligne, qui alimentent leur rancœur. Alek Minassian, qui a tué dix personnes à Toronto le 23 avril, était l’un d’eux.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h30
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Le 23 avril, en plein centre-ville de Toronto, Alek Minassian, 25 ans, a fauché avec une fourgonnette vingt-cinq personnes, en tuant dix, principalement des femmes. Juste avant l’attaque, il avait posté sur Facebook un message annonçant : « La rébellion incel a débuté ». Un « incel », dans le monde anglo-saxon, est un involuntarily celibate, un « célibataire involontaire » : un homme qui n’a aucun succès auprès des femmes et finit par les détester. Ces dernières années, les incels se sont organisés en communautés ouvertement misogynes.
« Nouveau saint »
Au Canada comme aux Etats-Unis, les incels se retrouvent sur des sites de discussion comme Incels.me, interdit aux femmes, sur des groupes de la messagerie Discord, ou sur les forums 4chan et 8chan – sans oublier les nombreux Tumblr porno montrant des scènes de sadisme et de viol, sur le thème Ihatefeminist, Destroythatbitch, etc. En novembre 2017, le site communautaire Reddit interdisait pour misogynie radicale un groupe ­incel de 40 000 personnes. Sur ce groupe, qui se présentait comme un ­ « soutien » pour les hommes en manque de relations amoureuses et sexuelles, les messages ont vite déraillé, traitant les femmes ­d’« ordures qui utilisent les hommes », d’« incarnation du mal », de « salopes », puis cautionnant et préconisant le viol pour se satisfaire.
L’acte terroriste de Minassian a été soutenu par les incels les plus virulents, qui le célèbrent comme un « nouveau saint » de leur mouvement. « Répandez ce nom, parlez de son sacrifice pour notre cause, adorez-le car il a donné sa vie pour notre avenir », dit un post sur Incel.me. Un autre se demande si Minassian n’a pas répondu à un appel lancé en mars, signé BlkPillPres, où on lisait : « Je veux voir des intoxications alimentaires de masse, peut-être une bombe ou deux, ou j’espère que quelqu’un finira par utiliser un camion pour renverser des femmes pendant un défilé scolaire ou...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Les manifestantes exigent que toutes les universités mettent en place un protocole à appliquer en cas de harcèlement sexuel et que les coupables soient systématiquement sanctionnés.
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Au Chili, des centaines d’étudiantes occupent des universités pour dénoncer le harcèlement sexuel

Les manifestantes exigent que toutes les universités mettent en place un protocole à appliquer en cas de harcèlement sexuel et que les coupables soient systématiquement sanctionnés.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 11h47
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)








                        



   


On n’avait jamais vu cela au Chili. Depuis deux semaines, des centaines d’étudiantes occupent, les unes après les autres, des universités à travers tout le pays pour dénoncer le harcèlement sexuel et le sexisme dans l’enseignement supérieur, exigeant une lutte effective contre les violences sexuelles.
« Education sexuelle publique, féministe et non sexiste », « Non au harcèlement sexuel et à l’impunité » ou encore « Etat patriarcal, nous allons t’avorter » : d’immenses banderoles recouvrent les façades de près d’une vingtaine de prestigieux établissements supérieurs à Santiago, mais aussi à Valdivia, Concepcion et Temuco, dans le sud du pays, en passant par Valparaiso (Centre-Ouest). Ce mouvement a été rejoint à Santiago par des élèves de plusieurs collèges qui dénoncent des dizaines de cas de harcèlement sexuel, ignorés par les autorités.
L’occupation féministe des universités est partie, à la fin d’avril, de l’université australe de Valdivia après qu’un enseignant, soupçonné de harcèlement sexuel sur une employée, a été renvoyé, tout en bénéficiant d’une importante prime de licenciement. Deux semaines plus tard, c’était le tour de la faculté de droit de l’université du Chili où les étudiantes ont dénoncé l’inefficacité de la procédure engagée contre un professeur, lui aussi accusé de harcèlement sexuel à l’encontre d’une étudiante. Après huit mois d’enquête, cet enseignant a simplement été sanctionné pour faute administrative.
« Un traitement des femmes terriblement injuste »
Les manifestantes exigent que toutes les universités mettent en place un protocole à appliquer en cas de harcèlement sexuel et que les coupables soient systématiquement sanctionnés, ce qui est rarement le cas aujourd’hui. Actuellement, aucun texte n’encadre le harcèlement sexuel entre professeurs et étudiants au sein de l’université. Les étudiantes dénoncent également le manque criant de parité dans les postes à responsabilités au sein des universités, occupés en grande majorité par des hommes. Elles réclament par ailleurs une féminisation des enseignements par l’introduction des problématiques de genre dans chaque spécialité, une plus forte présence des auteures dans les bibliographies et elles rejettent la catégorisation entre carrières considérées pour les femmes et d’autres pour les hommes.
Face à l’ampleur du mouvement, qui n’a d’antécédent que les grandes mobilisations étudiantes de 2006, le ministre de l’éducation, Gerardo Varela, a été contraint de réagir. Après s’être réuni, le 9 mai, avec la ministre de la femme, Isabel Pla, il a affirmé être partisan d’« une éducation non sexiste ». M. Varela, qui s’oppose à la gratuité de l’éducation, est, en outre, critiqué par les manifestantes pour avoir nommé comme chef du service juridique du ministère de l’éducation Tomas Henriquez, qui s’est prononcé à plusieurs reprises contre la diversité sexuelle et le droit à l’avortement. La ministre de la femme a rappelé, pour sa part, que « l’égalité de genre fait partie du programme de gouvernement ». Selon elle, « il n’y a aucune raison au Chili pour que des situations de violence, du harcèlement sexuel jusqu’au viol ou le féminicide restent impunies ». Jusqu’à présent, ces deux ministres ne se sont pas réunis avec les étudiantes. Le ministère de la femme et de l’égalité des genres a été créé en 2006 par l’ancienne présidente socialiste Michelle Bachelet (2014-2018, 2006-2010).
« Il existe au Chili, de toute évidence, un traitement des femmes dans l’éducation qui est terriblement injuste, avec des professeurs, qui, souvent, sans s’en rendre compte, discriminent leurs étudiantes », a admis le recteur de l’université Adolfo-Ibanez, Harald Beyer. L’écrivain chilien Rafael Gumucio a, pour sa part, enflammé les réseaux sociaux en critiquant les occupations féministes des universités, les qualifiant de « mouvements de femmes célibataires, sans enfants et sans trop de problèmes économiques » ayant « une forme de narcissisme » qui, selon lui, « n’ont rien à voir avec les historiques revendications féministes ».
Scandales
Dernièrement, la société chilienne, très traditionnelle et machiste, est confrontée à une série de scandales d’abus sexuels, comme le viol collectif à Santiago d’une jeune femme de 28 ans par cinq hommes portant des maillots de l’équipe de football de l’université du Chili, qui n’ont toujours pas été arrêtés. Mais aussi le viol et le meurtre brutal d’Ambar, une enfant de 20 mois. Le 3 mai, jour des funérailles de la petite fille, auxquelles ont assisté des milliers de personnes, le président de droite Sebastian Pinera a présenté au Parlement un projet de loi pour que les agressions sexuelles deviennent imprescriptibles. Jusqu’à présent, la prescription au Chili était de cinq ans pour les délits contre les mineurs et de dix ans pour les crimes visant des enfants.
Lorena Astudillo, avocate du Réseau chilien contre la violence contre les femmes, rappelle qu’en 2007, il y a eu 36 féminicides au Chili et 96 tentatives d’assassinat de femmes. La même année, 22 540 plaintes pour agressions sexuelles, soit près de trois toutes les heures, ont été enregistrées, selon les chiffres du parquet national chilien.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Un premier bilan fait état d’au moins 19 morts et de 24 blessés, dans ces violences près de la ville de Muse.
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En Birmanie, des combats meurtriers entre l’armée et la rébellion

Un premier bilan fait état d’au moins 19 morts et de 24 blessés, dans ces violences près de la ville de Muse.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 11h01
   





                        



   


Des combats entre l’armée et le groupe rebelle TNLA (Taaung National Liberation Army) ont fait au moins 19 morts, samedi 12 mai, dans un village près de Muse dans le nord de la Birmanie, près du principal poste-frontière avec la Chine, a annoncé un porte-parole du gouvernement birman.
Selon un porte-parole du TLNA, les insurgés ont attaqué un casino géré par des miliciens ainsi qu’un poste militaire dans les environs de Muse, à quelques centaines de mètres de la rivière qui fait office de frontière naturelle entre l’Etat de Shan, dans le nord de la Birmanie, et la province chinoise du Yunnan.

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L’armée n’a pas précisé combien de rebelles, militaires et civils figuraient parmi les victimes. Mais Thanung Tun, un responsable d’une ONG locale ayant participé à l’évacuation des blessés vers l’hôpital local de Muse, évoque la présence de civils et de deux femmes, dont une enceinte, parmi les morts.
Le conflit dans le nord de la Birmanie s’est intensifié ces dernières semaines, et cette attaque sonne comme un revers pour les efforts de la dirigeante civile Aung San Suu Kyi en vue de ramener la paix.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Terrorisés par leurs forces de défense et de sécurité et la menace terroriste, plus de 24 500 Burkinabés ont fui leurs villages, dans le nord du pays.
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Reportage

Au nord du Burkina Faso, les exactions de l’armée contrarient la lutte antiterroriste

Terrorisés par leurs forces de défense et de sécurité et la menace terroriste, plus de 24 500 Burkinabés ont fui leurs villages, dans le nord du pays.

Par                                            Morgane Le Cam (Ouagadougou, correspondance)




LE MONDE
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        Le 12.05.2018 à 10h20

     •
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        Mis à jour le 12.05.2018 à 10h47






                        

Crédits : Sophie Garcia/Hans Lucas


                    

Il y a un mélange de tristesse, de méfiance, de peur et d’incompréhension dans son regard. Ses mains tremblent et se tordent quand il raconte son histoire, « pour que tout ça s’arrête ». Makido Lawol (le nom a été modifié) a fui son village, situé aux alentours de Damba, dans la province du Soum, au nord-ouest du Burkina Faso, depuis quatre mois.
Comme ce grand homme peul au visage émacié, ils sont, selon OCHA, l’Agence de coordination des affaires humanitaires des Nations unies, près de 25 000 Burkinabés à avoir fui leur localité, dans le nord du pays. Pas seulement pour échapper aux djihadistes qui ne cessent de terroriser la région depuis plus de deux ans, mais aussi, selon le propos de ces déplacés, pour se protéger de leurs propres forces de sécurité, militaires, policiers ou gendarmes.
« Les hommes de tenue (forces de sécurité) n’épargnent plus les innocents, tout le monde le sait, mais personne ne dit rien, par peur », Makido Lawol, un habitant qui a fui son village
Une allégation confirmée par un Rapport de mission de suivi des déplacements des populations du Burkina Faso vers le Mali que Le Monde s’est procuré. Dans ce document, daté de janvier 2018, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) indique qu’entre 2 000 et 3 000 ressortissants burkinabés ont fui chez leurs voisins maliens pour « venir chercher la paix » dans un pays pourtant encore plus en guerre que le leur, « par crainte des persécutions menées par l’armée burkinabée et d’autres groupes armés ». « Certaines personnes rencontrées ont fait cas d’arrestations, de menaces et d’autres exactions ayant entraîné la mort de membres de leurs communautés », précise le rapport.
Le récit glaçant de Makido Lawol le confirme. « Les hommes de tenue (forces de sécurité) n’épargnent plus les innocents, tout le monde le sait, mais personne ne dit rien, par peur », raconte-t-il, excédé. Le quadragénaire estime...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ A Fallouja, des candidats indépendants ont tenté, avant les législatives du 12 mai, de contester le clientélisme des dirigeants locaux.
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Nouveaux visages et anciennes élites se disputent le vote des sunnites irakiens

A Fallouja, des candidats indépendants ont tenté, avant les législatives du 12 mai, de contester le clientélisme des dirigeants locaux.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 10h01
    |

            Hélène Sallon (Fallouja (Irak), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Sur l’artère centrale de Fallouja, les affiches de campagne de Mohamed Al-Halboussi sont plus grandes et plus nombreuses que celles des autres candidats. Le gouverneur de la province sunnite de l’Anbar, dans l’ouest de l’Irak, n’a pas lésiné pour remporter son siège au Parlement lors des élections de samedi 12 mai. Numéro un sur la liste Hawiyatunna (« notre identité »), le quadragénaire mise sur la popularité que lui donne la fonction qu’il occupe depuis sept mois. Avec un certain succès – nombre des commerçants du marché central disent vouloir voter pour lui. « Il a fait beaucoup pour la sécurité et les services à Fallouja. Il a pavé plusieurs routes », assure Abdelatif Al-Qoubaissi, un vendeur de vêtements de 20 ans.
« On aura la moitié des sièges dans l’Anbar », assure le député Mohamed Al-Karbouli, le chef de la coalition au niveau national, qui a aidé M. Halboussi à accéder au poste de gouverneur. M. Karbouli a une stratégie bien rodée pour se recycler politiquement, en dépit d’accusations de corruption : « On a beaucoup de nouveaux visages, assure le quadragénaire. Ça fait un an et demi qu’on forme des groupes de jeunes leaders et qu’on identifie les candidats les plus populaires. » Avec des listes dans six provinces sunnites et mixtes – dont Bagdad –, il prédit à sa coalition entre 20 et 25 sièges au Parlement.

Rares sont les experts à se hasarder à de telles prédictions. A l’image de la scène politique nationale, le camp sunnite est plus fracturé que jamais. Nombreux sont ceux qui anticipent une chute du nombre de sièges pour les sunnites. Ils avaient obtenu 71 élus sur un total de 329 en 2014, alors qu’ils représentent 40 % des 37 millions d’Irakiens.
Dans l’Anbar, pas moins de 374 candidats concourent pour 15 sièges. Les élites locales au pouvoir, à l’instar du député Karbouli, sont certaines de tirer leur épingle du jeu du fait de leurs réseaux, de leurs relais à Bagdad et de leur...




                        

                        


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En soixante-dix ans, Israël a construit une économie robuste mais inégalitaire

L’Etat hébreu, né officiellement en mai 1948, est confronté à de fortes disparités de revenus et de niveau de vie.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h59
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Officiellement né le 14 mai 1948, Israël a matière à célébration pour son soixante-dixième anniversaire : une croissance solide (3,4 % en 2017), un chômage au plus bas (4,2 % de la population active), des finances publiques saines et une réputation d’excellence mondiale dans les technologies. Des prouesses remarquables pour un pays en état de guerre presque permanent, faiblement doté en ressources naturelles et dont l’économie faillit s’effondrer, dans les années 1980, sous le coup d’une hyperinflation.
« On peut marquer un temps d’arrêt et regarder en arrière avec satisfaction », louait, il y a quelques semaines, Karnit Flug, la gouverneure de la Banque d’Israël. Parmi les plus belles réussites figure sans conteste le savoir-faire développé par l’Etat hébreu dans le domaine de l’innovation. L’an dernier, les levées de fonds des firmes technologiques nationales ont atteint un niveau record (5,24 milliards de dollars, soit 4,4 milliards d’euros).
Au Nasdaq, la Bourse des valeurs technologiques américaines, ce pays de seulement 8,5 millions d’habitants se classe troisième, derrière les Etats-Unis ou la Chine, en matière de sociétés cotées. Les géants de la high-tech américaine sont d’ailleurs solidement implantés en Israël : d’Intel à Google ou Facebook, pas une multinationale qui n’ait son centre de recherche (R&D) et son incubateur entre Tel-Aviv (ouest) et Haïfa (nord).

« Globalement, si l’on regarde sur 70 ans, c’est une “success story” », estime l’économiste Eytan Sheshinski. Au rang des faits les plus marquants, ce professeur à l’université hébraïque de Jérusalem cite l’absorption réussie de centaines de milliers d’immigrants. Ceux de l’ex-URSS, venus en masse à partir de la fin des années 1980 et souvent très diplômés, jouèrent un rôle déterminant dans l’établissement d’un Israël de la connaissance.
Nombreux laissés-pour-compte
Le sous-investissement dont souffre le pays dans l’éducation et les infrastructures...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Ce déménagement est le cadeau suprême de l’administration Trump à son allié stratégique, à l’occasion du 70e anniversaire de l’Etat hébreu.
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Derniers préparatifs avant le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem

Ce déménagement est le cadeau suprême de l’administration Trump à son allié stratégique, à l’occasion du 70e anniversaire de l’Etat hébreu.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h59
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


Les ouvriers s’affairent, des fleurs aux couleurs du drapeau américain sont déjà disposées, la police finalise son dispositif. Les derniers préparatifs étaient en cours vendredi 11 mai, avant l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, prévue lundi. Ce déménagement, annoncé le 6 décembre par Donald Trump lors de sa reconnaissance historique de la ville comme capitale d’Israël, est le cadeau suprême de son administration à son allié stratégique, à l’occasion du 70e anniversaire de l’Etat.
Il s’agit d’un déménagement symbolique, d’un changement de plaque sur un bâtiment du consulat américain, dans le quartier d’Arnona, au sud de Jérusalem. Le déplacement éventuel de tous les services actuellement présents à Tel-Aviv vers un site pour l’heure non identifié réclamerait sans doute plusieurs années et un investissement énorme. « Des centaines de millions de dollars », a même estimé sur Twitter l’ancien ambassadeur américain, Dan Shapiro, devenu analyste en Israël. Après avoir laissé planer le suspens, Donald Trump a renoncé au déplacement. Il adressera un message vidéo à l’assistance, lundi.
Trois Etats membres de l’UE présents
Une grande cérémonie d’accueil est prévue dimanche au ministère des affaires étrangères, en présence du premier ministre, Benyamin Nétanyahou, de l’ensemble du gouvernement et de dizaines de diplomates étrangers. La Hongrie, la Bulgarie et la République tchèque, trois Etats membres de l’Union européenne, qui s’est opposée à la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale par Washington, vont pourtant participer à cette soirée. Du côté américain, la délégation sera conduite par le secrétaire au trésor, Steven Mnuchin, Ivanka Trump et son mari, Jared Kushner, conseiller du président.

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Tandis que la fête battra son plein du côté israélien, les Palestiniens comptent se rassembler et manifester contre ce déménagement. Une attention particulière sera portée à la bande de Gaza. Le 14 mai et le 15 mai, qui sera le jour de commémoration de la Nakba, l’exode de centaines de milliers de Palestiniens au moment de la création de l’Etat hébreu, une foule nombreuse est attendue le long de la frontière avec Israël, faisant craindre de nouvelles violences. Vendredi, le bilan des manifestations, qui ont rassemblé 15 000 personnes selon l’armée, s’est élevé à un mort et environ 140 blessés par balles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Le président américain a pris ses distances avec son ancien avocat après une enquête du FBI et une cascade de révélations sur ses affaires.
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Michael Cohen, « pitbull » déchu de Donald Trump

Le président américain a pris ses distances avec son ancien avocat après une enquête du FBI et une cascade de révélations sur ses affaires.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h56
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Le 5 avril, il était encore « Michael » dans la bouche de Donald Trump. « Michael est mon avocat », précisait-il à la presse embarquée à bord d’Air Force One pour un déplacement en Virginie-Occidentale. Moins d’un mois plus tard, il n’était plus question que de « Mr. Cohen, un avocat », sur le compte Twitter du président des Etats-Unis. Le glissement sémantique a des allures de cordon sanitaire. Un raid de la police fédérale (FBI) le 9 avril et une cascade de révélations ont transformé, il est vrai, l’ancien proche du magnat de l’immobilier en quasi-pestiféré.
Pour Michael Cohen, la chute a débuté le 12 janvier avec la publication d’un article du Wall Street Journal. Il relatait son rôle dans le versement de 130 000 dollars (108 000 euros) à une ancienne actrice pornographique, Stephanie Clifford alias « Stormy Daniels », à la veille de l’élection de 2016. L’argent, qui avait transité par une société écran créée pour la circonstance, devait servir à acheter le silence de la jeune femme à propos d’une éventuelle relation extraconjugale que Donald Trump aurait eue avec elle. L’avocat avait nié, avant d’admettre être à l’origine de ce marchandage.
Ses déboires ont pris une autre tournure le 8 mai avec la révélation par un autre avocat, Michael Avenatti, le conseil de l’ancienne actrice, du versement de millions de dollars sur le compte de la même société par des firmes souhaitant manifestement s’attacher les services d’un proche du nouveau président des Etats-Unis. Un constat particulièrement embarrassant pour Donald Trump, qui avait promis à son arrivée à la Maison Blanche d’« assécher le marigot » dans lequel s’ébrouaient selon lui lobbyistes et responsables politiques.
« Je prendrais une balle pour le président »
Diplômé d’une école de droit controversée, la Western Michigan University Cooley Law School, propriétaire de taxis avant d’investir dans l’immobilier, Michael Cohen est entré au service de M. Trump au milieu des années 2000, jouant d’un ressort essentiel pour le milliardaire : la loyauté. « Si quelqu’un fait quelque chose que M. Trump n’aime pas, je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour régler le problème au profit de M. Trump. Si vous faites quelque chose de mal, je vais venir, vous attraper par le col et je ne vous lâcherai pas tant que ce ne sera pas terminé », expliquait-il à la chaîne ABC en 2011.

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En septembre 2017, il en rajoutait dans son rôle revendiqué de « pitbull » au cours d’un entretien avec Vanity Fair. « Je suis le gars qui arrête les “fuites”. Je suis le gars qui protège le président et la famille. Je suis le gars qui prendrait une balle pour le président », assurait-il à la veille d’un témoignage au Congrès dans le cadre de l’affaire sur les interférences prêtées à la Russie pendant la campagne présidentielle.
Michael Cohen a-t-il conçu de l’amertume pour avoir été tenu à distance de la Maison Blanche après une victoire pour laquelle il s’était dépensé sans compter, imaginant pouvoir occuper les plus hautes fonctions, dont celle de chef de cabinet ? Le New York Times en a fait l’hypothèse.
Elle pourrait expliquer pourquoi l’avocat a monnayé au prix fort sa proximité de naguère. En quelques mois, Michael Cohen a ainsi accumulé près de 3 millions de dollars. Parmi ses bienfaiteurs figurent une entreprise d’aviation sud-coréenne, Korea Aerospace (150 000 dollars), le géant pharmaceutique Novartis (1,2 million de dollars), une firme de lobbying de Washington (500 000 dollars) ou encore l’opérateur de télécoms AT&T (600 000 dollars), engagé dans un projet de fusion avec le groupe Time Warner auquel le président est notoirement hostile.
« Grave erreur de jugement »
Ces entreprises ont reconnu les versements, non sans gêne. « Tout ce que nous avons fait était légal et légitime », a ainsi indiqué Randall Stephenson, le patron d’AT & T, dans un courrier interne, mais « notre collaboration avec M. Cohen représente une grave erreur de jugement ». Le directeur des affaires juridiques du groupe, Bob Quinn, va d’ailleurs « prendre sa retraite », selon la formule de M. Stephenson.
Une société attire plus particulièrement l’attention. Il s’agit de Columbus Nova, une firme d’investissement dirigée par l’oligarque russe Viktor Vekselberg, un proche de Vladimir Poutine. Elle aurait versé 500 000 dollars à Michael Cohen. Présent à la cérémonie d’investiture de Donald Trump, le 20 janvier 2017, M. Vekselberg fait partie du groupe d’hommes d’affaires russes proches du régime sanctionnés début avril par Washington, en représailles à l’empoisonnement, au Royaume-Uni, d’un ancien agent double russe, imputé à Moscou.
Le 9 mai, la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, a refusé de commenter ces informations relevant selon elle de décisions d’entreprises privées. Elle a ajouté ne pas avoir entendu « le président exprimer d’inquiétudes à ce sujet » et elle a indiqué ne pas avoir « été au courant » de décisions favorables à ces sociétés prises par la Maison Blanche pendant cette période.
Le 26 avril, au cours d’un entretien téléphonique avec la chaîne conservatrice Fox News, Donald Trump avait décrit son ancien proche comme « un homme d’affaires ». « Je n’ai rien à voir avec ça », avait-il assuré, ajoutant que l’avocat ne s’occupait que d’une « minuscule petite fraction » de ses dossiers juridiques.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Des chiffres publiés par l’OCDE indiquent que la part de travailleurs pauvres est plus élevée en France qu’en Allemagne. Mais ceux d’Eurostat, suivant une définition un peu différente, montrent l’inverse…
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Selon l’OCDE, la part des travailleurs pauvres est deux fois plus élevée en France qu’en Allemagne

Des chiffres publiés par l’OCDE indiquent que la part de travailleurs pauvres est plus élevée en France qu’en Allemagne. Mais ceux d’Eurostat, suivant une définition un peu différente, montrent l’inverse…



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h20
    |

            Marie Charrel








                        



   


Le chiffre a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux – en particulier en France : en 2015, la part de travailleurs pauvres (vivant sous le seuil de pauvreté, à 50 % du revenu médian) était de 3,7 % en Allemagne, soit deux fois moindre que celle de l’Hexagone, à 7,1 %, selon les chiffres publiés, le 8 mai, par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Voilà ce qui, à première vue, bat en brèche l’idée selon laquelle l’Allemagne est la championne des travailleurs pauvres, en dépit de sa puissance économique. Le généreux modèle social français n’était-il pas censé mieux protéger ses salariés ?
Si l’on se fie à Eurostat, c’est pourtant toujours le cas. Selon les données de l’office statistique de l’Union européenne, fréquemment citées sur le sujet, 9,5 % des travailleurs allemands étaient considérés comme pauvres en 2016, contre 7,9 % pour les Français. Soit un constat bien différent de celui de l’OCDE.
Mais alors, qui dit vrai ? « Les deux, car ces données ne mesurent pas exactement la même chose », explique Stefano Scarpetta, directeur de la division emploi à l’OCDE.

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Taux de chômage plus bas en Allemagne
Ces nuances de paramètres statistiques ont de quoi donner le tournis aux non-initiés, mais elles sont importantes pour comprendre ce qui sépare nos deux pays. Si l’on schématise, Eurostat regarde la part des travailleurs pauvres pris individuellement par rapport à l’ensemble des personnes en activité, tandis que l’OCDE mesure le pourcentage des personnes membres d’un ménage vivant sous le seuil de pauvreté, et où au moins l’un des adultes travaille. Ici, la composition du foyer entre donc en compte, avec le nombre des adultes en emploi, et une pondération selon le nombre d’enfants. Et cela explique les écarts. « Tous ces chiffres montrent que la part des travailleurs pauvres est plus élevée en Allemagne qu’en France, lorsqu’ils sont comptabilisés individuellement, mais elle est plus basse si l’on prend en compte la composition du foyer », détaille M. Scarpetta.

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Et ce, pour une raison bien simple : le taux de chômage est plus bas chez nos voisins (3,4 % en mars, contre 8,8 % chez nous), tandis que leur taux d’emploi, c’est-à-dire la proportion de personnes disposant d’un emploi parmi celles en âge de travailler, est à 75,6 %, soit 10 points de plus que le nôtre (65,2 %). Il y a donc beaucoup plus de ménages allemands où les deux adultes travaillent, ce qui explique que les chiffres de l’OCDE soient plus bas. D’autant que les Français font plus d’enfants. Les membres d’un ménage tricolore avec trois enfants où un seul parent touche un salaire seront mécaniquement plus pauvres que le même couple allemand, mais sans bambin.

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Faiblesse du modèle français
« Ces chiffres éclairent surtout les différences de modèles choisis par nos pays », commente Patrick Artus, économiste chez Natixis. L’Allemagne a fait le choix d’inclure un maximum de personnes dans l’emploi, quitte à ce que certains métiers soient plus précaires. En 2017, la proportion des temps partiels y était de 29,6 %, contre 18,1 % chez nous, selon Eurostat. Et elle est particulièrement élevée chez les femmes (46,4 %, contre 29,6 % en France). Les jobs tricolores sont moins précaires, mais davantage de personnes sont exclues du marché du travail.

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C’est d’ailleurs la grande faiblesse du modèle français, car elle fait grimper les inégalités de revenus entre ceux inclus et ceux exclus de l’emploi. « Voilà pourquoi les inégalités de revenus avant redistribution sont plus élevées en France qu’aux Etats-Unis ou en Allemagne, mais elles sont largement corrigées, ensuite, par les transferts sociaux, ajoute M. Artus. Pour les réduire, nous avons intérêt à améliorer l’éducation et la formation pour faire revenir un maximum de personnes sur le marché du travail. »

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Mahathir Mohamad, le nouveau premier ministre, a promis une enquête sur l’affaire de corruption de plusieurs milliards de dollars relative au fonds souverain malaisien fondé par Najib Razak, son prédécesseur.
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Interdiction pour l’ex-premier ministre malaisien de quitter son pays

Mahathir Mohamad, le nouveau premier ministre, a promis une enquête sur l’affaire de corruption de plusieurs milliards de dollars relative au fonds souverain malaisien fondé par Najib Razak, son prédécesseur.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 08h14
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 10h13
   





                        



   


L’ancien premier ministre malaisien, Najib Razak, et son épouse Rosmah Mansor, ont interdiction de quitter le pays, a déclaré, samedi 12 mai, Mustafar Ali, directeur général du ministère de l’immigration.
L’ex-premier ministre, défait mercredi lors des élections législatives en Malaisie, a affirmé dans un tweet « respecter cette décision » et qu’il « restera dans le pays avec [s]a famille ».
Cette interdiction de voyager est la conséquence des rumeurs selon lesquelles M. Najib et son épouse Mme Rosmah, devenue très impopulaire en raison de son amour pour les voyages de luxe, étaient sur le point d’embarquer sur un vol pour l’Indonésie. Najib Razak avait auparavant annoncé sur Facebook qu’il partait avec sa famille à l’étranger pour de brèves vacances à partir de samedi.

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Voyage à l’étranger
Une foule en colère s’était alors rendue aux abords d’un aéroport près de Kuala Lumpur, d’où le couple devait décoller, afin de l’empêcher de partir.
Depuis la défaite de la coalition qu’il menait, au pouvoir dans le pays sans interruption depuis six décennies, faisait craindre la fuite du couple hors du pays.

   


Le nouveau premier ministre Mahathir Mohamad, qui l’a battu aux élections, s’est engagé à enquêter sur l’affaire de corruption de plusieurs milliards de dollars relative au fonds souverain malaisien Malaysia Development Berhad (1MDB), qui a été fondé en 2009 par Najib Razak. Celui-ci a toujours nié toute illégalité en lien avec 1MDB.
Le fonds souverain 1MDB fait l’objet d’enquêtes pour blanchiment d’argent dans au moins six pays, dont la Suisse, Singapour et les Etats-Unis. Les autorités américaines estiment que plus de 4,5 milliards de dollars ont été dérobés à la faveur d’une escroquerie orchestrée par un financier proche de Najib Razak et de sa famille.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le dirigeant du mouvement islamiste appelle de ses vœux des négociations avec Israël, mais il prévient que Gaza explosera si le blocus n’est pas levé.
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Pour le leader du Hamas, Yahya Sinouar, Gaza est « un tigre affamé »

Le dirigeant du mouvement islamiste appelle de ses vœux des négociations avec Israël, mais il prévient que Gaza explosera si le blocus n’est pas levé.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 14h35
    |

            Piotr Smolar (Gaza, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Il arrive sourire aux lèvres, veste grise sur chemise sombre, yeux perçants et barbe blanche, puis salue l’assistance de quelques mots courtois. Les coupures de courant, lors de son allocution, ne lui inspirent aucune irritation. Ainsi va la vie à Gaza.
Rompu à la clandestinité, détenu pendant près d’un quart de siècle dans les prisons israéliennes, Yahya Sinouar n’aime pas les caméras. Il se montre pourtant à l’aise, en ce jeudi 10 mai, lors de sa première rencontre avec des journalistes étrangers depuis sa désignation comme chef du Hamas à Gaza, il y a quinze mois.
La curiosité est grande. C’est lui qui pousse le mouvement islamiste, maître affaibli d’un territoire à l’agonie, sur deux voies délicates : la réconciliation avec le Fatah du président Mahmoud Abbas, actuellement dans l’impasse, et la « résistance populaire ». « Nous croyons que s’il y a un moyen de résoudre pacifiquement le conflit [avec Israël] sans causer de destructions, ça nous convient », dit-il.
Délaissant pour l’heure la lutte armée, le Hamas a choisi de soutenir la « marche du grand retour », qui mobilise des milliers de Gazaouis, chaque vendredi, depuis le 30 mars, à la frontière avec l’Etat hébreu. A ce jour, les soldats israéliens ont tué quarante-huit personnes et blessé par balles plus de deux mille autres.
Voici qu’approche le grand final de cette mobilisation, les 14 et 15 mai, à l’occasion du déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem, puis de la commémoration de la Nakba, l’exode de centaines de milliers de Palestiniens lors de la création d’Israël, en 1948. L’hypothèse d’un bain de sang sans précédent, au cas où les manifestants tenteraient massivement de franchir la clôture, est évoquée de part et d’autre. « Ces barbelés ne sont pas une vache sacrée ou un tabou auquel personne ne pourrait toucher », souligne Yahya Sinouar. « Quel est le problème si des centaines de milliers [de manifestants]...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les président français et états-unien se sont beaucoup touché l’un l’autre, fin avril, à la Maison Blanche. Le fait que ces contacts aient étonné les commentateurs montre à quel point la culture politique a évolué.
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« Entre Macron et Trump, un rituel médiéval »

Les président français et états-unien se sont beaucoup touché l’un l’autre, fin avril, à la Maison Blanche. Le fait que ces contacts aient étonné les commentateurs montre à quel point la culture politique a évolué.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 11h11
    |

                            Valérie Theis (Historienne)








                        



                                


                            
Résonances. La visite d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis a fasciné les journalistes en raison de la surabondance des contacts physiques entre les deux présidents. Chacun s’est demandé s’il fallait voir là une mise en scène un peu grossière ou, au contraire, des gestes spontanés. Ces derniers n’en seraient d’ailleurs pas moins ardus à interpréter, car ils pourraient autant être le signe d’une complicité entre les deux hommes qu’une manière maladroite de tenter de compenser un sentiment de gêne ou de tension. Toutes ces spéculations permettent de mesurer combien notre culture politique visuelle s’est éloignée de celle du Moyen Age.
Chaque geste avait sa raison
La première différence est de nature quantitative. Le fait que les commentateurs soient étonnés par tant de contacts vient en effet nous rappeler que le pouvoir contemporain est devenu très peu tactile. Au Moyen Age, l’ensemble des rapports de pouvoir entre petits seigneurs, entre mari et femme, entre prêtre et fidèles ou, bien entendu, entre souverains, passait non seulement par des gestes mais aussi, bien souvent, par le toucher.
Une autre différence fondamentale séparait ces gestes de ceux qui ont causé tant de perplexité ces derniers jours : comme l’a montré Jean-Claude Schmitt, au Moyen Age, chaque geste avait sa raison (La Raison des gestes dans l’Occident médiéval, Gallimard, 1990) et s’inscrivait dans des rituels codifiés par des générations de clercs, rejoints par la suite par quelques juristes. Toute personne amenée à exercer un jour le pouvoir devait apprendre à interpréter et à effectuer ces gestes. Cet apprentissage passait autant par l’observation des aînés que par la théorie enseignée par les maîtres. La littérature médiévale était, elle aussi, un vecteur majeur permettant à ses lecteurs d’apprendre la signification des gestes du pouvoir.
Ces rituels n’étaient certes pas immuables, mais chaque changement donnait lieu à une communication écrite et orale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Pour célébrer le 200e anniversaire de la naissance du philosophe allemand, le régime chinois a multiplié les événements. Xi Jinping, chef d’un des pays les plus inégalitaires du monde, se désigne ainsi comme héritier du penseur de la lutte des classes.
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Pékin veut remettre Karl Marx à la mode

Pour célébrer le 200e anniversaire de la naissance du philosophe allemand, le régime chinois a multiplié les événements. Xi Jinping, chef d’un des pays les plus inégalitaires du monde, se désigne ainsi comme héritier du penseur de la lutte des classes.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 06h30
    |

            François Bougon








                        



                                


                            
C’est presque du pop marxisme. La télévision publique chinoise a encore fait la démonstration de la facilité avec laquelle le régime se moule dans les codes visuels du XXe siècle. Dans le talk-show organisé sur la première chaîne (CCTV-1) à l’occasion des deux cents ans de la naissance de Karl Marx (1818-1883) et diffusé en prime time, la propagande a montré sa nouvelle jeunesse.
Tailleur rose
Sur le plateau, doté d’un décor évoquant ceux habituellement montés pour les émissions de divertissement ou de talk-show, se meuvent une présentatrice en tailleur rose, des étudiants (triés sur le volet) et deux professeurs d’université spécialistes du marxisme. Face à eux, un public de jeunes gens qui écoutent sagement.
Le programme, tranquillement intitulé « Marx avait raison », a le rythme et le langage de la télé d’aujourd’hui : témoignages, interventions du public, petites vidéos documentaires, rythme rapide. Le téléspectateur n’a pas le temps de s’ennuyer. Il s’agit de célébrer l’auteur du Capital et de souligner en passant, cela va de soi, la justesse de pensée du numéro 1 chinois, Xi Jinping : « S’il n’y avait pas eu le “changer le monde” du marxisme, je crains qu’on n’aurait pas eu la chance de bénéficier de la belle vie de la nouvelle ère », lance une des universitaires. « Nouvelle ère », l’expression avait été utilisée 36 fois par le président chinois en octobre 2017, dans son discours tenu devant les délégués du 19e congrès du Parti communiste.
Alternant parties didactiques sur la vie et la pensée de Karl Marx, présenté au milieu de ses amis et de ses adversaires, et moments de discussion sur son actualité, l’émission comporte cinq volets, diffusés cinq soirs consécutifs. Non sans une pointe d’ironie, les intervenants évoquent la « mode Marx » qui s’abat selon eux sur l’Occident depuis la crise des subprimes en 2008 : « Je ne savais pas que Marx avait autant de fans en Occident »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Il a accepté les conditions des évêques, soit la fin de la répression des manifestations, et que la CIDH puisse enquêter sur les circonstances de la mort de 49 personnes.
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Nicaragua : le président Ortega fait un pas vers le dialogue

Il a accepté les conditions des évêques, soit la fin de la répression des manifestations, et que la CIDH puisse enquêter sur les circonstances de la mort de 49 personnes.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 09h33
   





                        



   


Les évêques ont assumé leur rôle de médiateurs avec brio au Nicaragua. Le président Daniel Ortega a accepté, vendredi 11 mai, les deux conditions « préalables » à tout dialogue, posées par Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN) : la fin de la répression des manifestations, et que la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) soit autorisée à enquêter sur les circonstances de la mort de 49 personnes, depuis le début de la vague de contestation sociale.

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« Nous acceptons de travailler sur chacun des points soulevés [par les évêques] en tenant compte du fait que chacun fait preuve de bonne volonté, les médiateurs comme les témoins », a répondu M. Ortega dans une lettre adressée à la CEN. Le président a ajouté qu’au sein du gouvernement « nous sommes tous prêts à cet appel au dialogue, aussitôt que possible, pour la paix de l’esprit de tous les Nicaraguayens ».
Quelque 700 personnes ont été blessées et d’autres portées disparues lors des manifestations contre le gouvernement qui ont débuté mi-avril.
La répression dénoncée

   


Le président Daniel Ortega, au pouvoir de 1979 à 1990 puis depuis 2007, a appelé à un grand dialogue national et souhaité que l’Eglise catholique joue le rôle d’intermédiaire. Les étudiants, à l’origine de cette vague de contestation, et les représentants de la société civile ont annoncé vendredi être à prêts à dialoguer, en dépit de la répression brutale des dernières heures. Vendredi à l’aube, des affrontements entre la police et des étudiants, sur deux campus de la ville, ont fait deux morts et au moins dix blessés.

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Le gouvernement doit « cesser immédiatement et absolument toute répression de la société civile protestant pacifiquement et assurer l’intégrité physique des étudiants et des personnes participant au dialogue national », ont exhorté les évêques. Ils ont exigé qu’Ortega « donne des signes crédibles de sa volonté de dialogue dans le respect de la dignité et de la liberté du peuple ».
Une vague de contestations a saisi le Nicaragua le 18 avril à l’annonce d’une réforme des retraites, abandonnée depuis, et les étudiants sont sortis dans la rue pour protester. La brutalité des forces de l’ordre, condamnée par la communauté internationale, a rapidement incité de nombreux autres habitants à rejoindre le mouvement, qui dénonce plus généralement la confiscation du pouvoir par le président Ortega.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Les élections du 12 mai doivent déboucher sur la désignation d’un nouveau premier ministre. Les bureaux sont placés sous haute sécurité.
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Irak : les enjeux des premières législatives post-Etat islamique

Les élections du 12 mai doivent déboucher sur la désignation d’un nouveau premier ministre. Les bureaux sont placés sous haute sécurité.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 03h03
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 08h17
    |

            Hélène Sallon (envoyée spéciale à Bagdad (Irak)








                        



   


Samedi 12 mai, 24,5 millions d’Irakiens sont appelés à voter pour renouveler les 329 sièges du Parlement, qui sera à son tour chargé de désigner le futur premier ministre. Pour ces premières élections législatives post-Etat islamique (EI), le scrutin est placé sous haute sécurité. Bien que vaincu militairement fin 2017, le groupe djihadiste a menacé d’attaquer les bureaux de vote via ses cellules dormantes.
Le chef du gouvernement, Haïder Al-Abadi, qui brigue un second mandat à la tête d’une coalition multiconfessionnelle, est donné favori face à une alliance de candidats issus des groupes politico-militaires chiites proches de l’Iran.

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Ce sont deux visions de l’Irak qui s’affrontent et qui donnent à ces élections un enjeu tout particulier, davantage encore après le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien, porteur de déstabilisation pour toute la région.
Les élections en chiffres
Plus de 7 000 candidats, dont 2 600 femmes, se présentent dans les dix-huit provinces irakiennes. Le Parlement comprend 329 sièges, dont neuf sont réservés aux minorités (chrétienne, shabak, sabéenne, yézidie et kurdes faïli – chiites –) et 83 aux femmes. Tous sont élus pour un mandat de quatre ans.
Plus de 24,5 millions d’électeurs sont appelés à voter dans 8 148 bureaux, tous équipés pour le vote électronique. Le vote manuel a été retenu pour les 285 564 électeurs déplacés dans 70 camps dans huit provinces du pays. Les Irakiens de la diaspora ont voté dans dix-neuf pays, ainsi que les forces de sécurité irakiennes, jeudi.
Sécurité et intégrité du scrutin
Un couvre-feu a été décrété sur Bagdad et les grandes villes d’Irak, les frontières du pays fermées et les lignes aériennes suspendues pendant 24 heures, samedi. L’EI a menacé de perpétrer des attaques lors du scrutin. Il est à craindre que ces menaces puissent détourner certains électeurs des bureaux de vote.
L’intégrité du scrutin pose aussi question. Le gouvernement a opté pour le vote électronique afin de minimiser les possibilités de fraude. Mais, outre les soupçons d’achats de vote, des responsables politiques indiquent que des dizaines de milliers d’électeurs n’ont pas pu obtenir leur carte électorale, notamment dans les provinces de l’Anbar, de Ninive et à Bagdad. Sans compter que des diplomates occidentaux redoutent des dysfonctionnements avec les machines de vote électronique.
Fin de la corruption et du confessionnalisme, les deux slogans de campagne
A la suite de l’expansion de l’EI sur l’Irak, nombre d’Irakiens disent vouloir se débarrasser des élites au pouvoir, jugées trop corrompues et sectaires, qui depuis quinze ans ont négligé l’intérêt public et fragilisé les institutions.

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Ce sentiment palpable chez une partie croissante des chiites comme des sunnites est aujourd’hui exploité par la quasi-totalité des partis politiques, qui affichent des programmes appelant à l’unité de l’Irak et à la réconciliation, à la lutte contre la corruption et à des réformes en profondeur.
Le premier ministre Al-Abadi brigue un second mandat
Le premier ministre sortant, Haïdar Al-Abadi, 66 ans, aborde ces élections sans garantie de succès. Porté au pouvoir en août 2014 pour tenter d’en finir avec les pratiques jugées discriminantes de son prédécesseur Nouri Al-Maliki, cet homme de compromis a inscrit à son bilan la victoire militaire contre l’EI, l’apaisement des tensions interconfessionnelles et le maintien de l’unité territoriale du pays après le référendum d’autodétermination kurde.

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Sa liste, l’Alliance de la victoire, est la seule à présenter des candidats dans les dix-huit provinces du pays, de toutes confessions et ethnies. Mais M. Al-Abadi est critiqué pour la persistance de la corruption au sein de l’appareil d’Etat, les difficultés économiques et les mesures d’austérité adoptées à la suite de la baisse des cours du pétrole et pour financer la lutte contre l’EI.
Les milices chiites, challengers d’un camp chiite divisé
Le parti Dawa, auquel appartient M. Abadi, s’est divisé entre une majorité – dont la direction – qui a rejoint le premier ministre et une minorité restée fidèle à son prédécesseur et secrétaire général du parti, Nouri Al-Maliki. Marginalisé en 2014 après huit ans au pouvoir, ce dernier voit ses capacités de mobilisation limitées, mais pas sa force de nuisance. Le dignitaire populiste chiite Moqtada Al-Sadr a formé une alliance inédite avec le Parti communiste.

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Les organisations politico-militaires chiites proches de l’Iran, réunies au sein de la coalition Al-Fatih (« Conquête »), sont vues comme le principal concurrent de M. Al-Abadi. Leur chef, Hadi Al-Améri, 63 ans, mène campagne sur la victoire contre les djihadistes de l’EI. Leader de l’organisation Badr, architecte des forces de mobilisation populaire, alliance de milices principalement chiites qui ont été essentielles dans la bataille, il entretient des liens étroits avec le corps des gardiens de la révolution iranienne et maintient des contacts avec les diplomates américains en poste à Bagdad.
Le camp sunnite, champ de ruines
La minorité sunnite d’Irak – environ 40 % de la population – est elle aussi divisée entre plusieurs listes dont la principale est « L’alliance nationale », emmenée par le vice-président chiite Iyad Allaoui – mais qui se présente en laïc – et le président sunnite du Parlement Salim Al-Joubouri. Laminés par la percée de l’EI, les sunnites – dont 1,6 million sont toujours déplacés dans des camps – pourraient être les grands perdants de ce scrutin.
Les nouveaux venus dans la course misent sur la désaffection de la population envers les élites locales au pouvoir, dont la corruption et la négligence sont un des facteurs qui a poussé la province dans les bras de l’EI en 2014. Ces dernières, qui tentent de se donner un nouveau souffle, peuvent toutefois compter sur leurs réseaux, leurs relais à Bagdad et leur argent.
Le contrecoup du référendum d’autodétermination kurde
Après l’échec du référendum d’autodétermination du Kurdistan et la reconquête par Bagdad des « territoires disputés », les Kurdes partent en rangs divisés pour les 46 sièges de la région autonome, dont deux réservés aux chrétiens. Les principaux partis kurdes sont les partis historiques du Parti démocratique du Kurdistan (PDK, du clan Barzani) et de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK, du clan Talabani) ; et l’opposition, dont les principales forces sont la Jamaa Islamiya, le mouvement récemment créé « Nouvelle génération » et Goran (le changement, en kurde).

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L’inconnue de la participation
La Haute Commission électorale indépendante prédit un taux de participation élevé, du fait du calme relatif qui règne dans le pays. Lors des précédents scrutins, marqués par des attaques, il s’était élevé à environ 60 %. De nombreux Irakiens assurent toutefois qu’ils n’iront pas voter, affichant leur désaffection pour la classe politique et leur désillusion sur les perspectives d’un changement.
Tractations et compromis pour former un gouvernement
Les résultats devraient être proclamés sous 48 heures, selon la Haute Commission électorale indépendante. Une fois les résultats proclamés, la Constitution prévoit un délai maximum de 90 jours pour la formation du futur gouvernement. Du fait de la multiplicité des listes, aucune coalition n’est à même de remporter les 165 sièges nécessaires à obtenir la majorité.
Même si l’Alliance de la victoire décroche le plus grand nombre de sièges, des tractations complexes seront nécessaires avec d’autres formations pour parvenir à former un nouveau gouvernement de coalition. « Ce n’est pas seulement le résultat de l’élection qui compte dans le choix du premier ministre mais la position de l’Iran, de l’Arabie saoudite et des Etats-Unis », reconnaît Hussein Al-Adhili, le porte-parole de campagne de M. Al-Abadi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Junot Diaz a cédé la présidence du prestigieux prix, le temps qu’une enquête indépendante soit menée sur les accusations le visant.
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Accusé de harcèlement sexuel, le président du prix Pulitzer se met en retrait

Junot Diaz a cédé la présidence du prestigieux prix, le temps qu’une enquête indépendante soit menée sur les accusations le visant.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 22h12
   





                        


Accusé de harcèlement sexuel, le président du prestigieux prix Pulitzer, Junot Diaz, s’est mis en retrait. Il a abandonné sa fonction de président à Eugene Robinson, journaliste au Washington Post, en attendant le résultat d’une enquête indépendante. Il reste toutefois membre du conseil du prix Pulitzer.
Les accusations ont commencé le 4 mai : lors d’un salon organisé à Sydney, en Australie, la journaliste Zinzi Clemmons a abordé Junot Diaz au sujet d’un incident qui aurait eu lieu entre eux six ans plus tôt, selon plusieurs médias. Dans un message posté plus tard sur son compte Twitter, elle a affirmé que l’auteur, 49 ans, récompensé en 2008 par un prix Pulitzer pour son livre La Brève et Merveilleuse Vie d’Oscar Wao, l’avait embrassée de force. « Je suis loin d’être la seule à qui il ait fait ça », a écrit celle qui était, à l’époque, étudiante à l’université Columbia à New York. « Je refuse d’être silencieuse plus longtemps. »
Deux autres auteures, Carmen Maria Machado et Monica Byrne, ont accusé l’écrivain, originaire de République dominicaine, de comportement agressif depuis, sans évoquer de harcèlement sexuel.

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« J’écoute et j’apprends de ces récits de femmes »
Junot Diaz, qui a raconté en avril comment il a été violé enfant dans un essai publié dans The New Yorker, a réagi en début de semaine. Dans une déclaration transmise par son agent, il a dit « assumer [ses] responsabilités pour [son] passé. » « C’est pour cela que j’ai pris la décision de dire la vérité sur mon viol et ses séquelles. Cette conversation est importante et doit continuer. J’écoute et j’apprends de ces récits de femmes, en ce moment culturel essentiel qui a trop tardé », a-t-il ajouté.
Jeudi, le conseil du prix Pulitzer a indiqué avoir lancé une enquête indépendante sur ces accusations, précisant que Junot Diaz y était favorable et coopérerait aux investigations.
Depuis l’éclatement de l’affaire Weinstein, début octobre, des dizaines d’hommes influents issus du monde du divertissement, artistique, politique et journalistique ont été accusés de harcèlement sexuel, d’agressions sexuelles ou de viols. L’attribution du prix Nobel de littérature a été reportée d’un an, la célèbre académie suédoise ayant elle aussi été prise dans la tourmente du mouvement #MeToo.



                            


                        

                        


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Compte rendu

RDC : une garde tuée et deux touristes britanniques enlevés dans le parc des Virunga

L’attaque a été menée par des assaillants non identifiés dans le parc, situé dans l’est de la République du Congo.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 11.05.2018 à 21h57

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        Mis à jour le 12.05.2018 à 08h19





Une garde congolaise a été tuée et deux touristes britanniques ont été enlevés, vendredi 11 mai dans le parc des Virunga, dans l’est de la République du Congo. L’attaque a été menée par des assaillants non identifiés. « Je confirme que notre véhicule a été attaqué. Trois personnes ont été enlevées dont deux touristes », a déclaré le directeur du parc, Emmanuel de Mérode. Le porte-parole du parc, Joël Wengumala, a par la suite fait état de la mort d’une garde, et précisé que les touristes enlevés étaient britanniques.

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« Nous sommes en contact étroit avec les autorités de la République démocratique du Congo après un incident impliquant deux ressortissants britanniques. Notre équipe apporte du soutien aux familles », a indiqué le Foreign Office à Londres. Une source du Foreign Office a confirmé que cet « incident » faisait bien allusion à l’enlèvement des deux Britanniques. « Nous ne connaissons pas l’identité des assaillants. Il faudra que des enquêtes déterminent leur identité », a déclaré le porte-parole du parc des Virunga.
Une attaque au même endroit en avril
Le 9 avril, cinq gardes et un chauffeur avaient été tués dans une attaque conduite par des assaillants non identifiés dans ce même parc.
Des bords du lac Kivu et du volcan Nyiragongo à la sortie de Goma jusqu’aux monts Rwenzori à la frontière avec l’Ouganda, le parc naturel des Virunga, le plus ancien d’Afrique, s’étend en altitude sur 7 800 km2 et sert de refuge à des espèces menacées comme le gorille des montagnes. Il s’étend à travers la province du Nord-Kivu, infestée de groupes armés congolais ou étrangers prétendant défendre des causes au Rwanda ou en Ouganda.
L’ONG britannique Global Witness a récemment affirmé que le gouvernement congolais envisageait de déclasser une partie du parc, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, à des fins d’exploitation pétrolière.
Le ministre congolais des hydrocarbures, Aimé Ngoi Mukena, avait déclaré ne pas connaître « ce projet sur la désaffectation d’une partie du parc », ajoutant que « si ce projet existe, nous n’avons pas peur de l’assumer, s’il y avait ce projet-là ».

