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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ L’enquête préliminaire, ouverte en décembre 2013, visait d’éventuels détournements de fonds publics.
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L’enquête sur la Cité du cinéma de Luc Besson classée sans suite

L’enquête préliminaire, ouverte en décembre 2013, visait d’éventuels détournements de fonds publics.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 17h47
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 17h58
   





                        


L’enquête préliminaire sur la Cité du cinéma du réalisateur et producteur Luc Besson, visant d’éventuels détournements de fonds publics, a été classée sans suite, a-t-on appris vendredi 11 mai de source judiciaire, confirmant une information de L’Expansion. Ouverte en décembre 2013 par le parquet de Paris, puis transférée au parquet national financier, cette enquête faisait suite à un signalement de la Cour des comptes sur les conditions de financement du projet.

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« Le financement public de la Cité du cinéma, décidé contre l’avis des services de l’Etat et de la Caisse des dépôts et consignations, principal financeur du projet », a été effectué « pour permettre l’aboutissement du projet qu’une société privée [EuropaCorp] portait pour son seul bénéfice », écrivaient les magistrats de la Rue Cambon dans une note.
Ils mettaient également en avant le soutien à ce projet apporté par les pouvoirs publics pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, ainsi que la proximité avec les plus hautes sphères du pouvoir de Luc Besson et de certains de ses collaborateurs, notamment le directeur général d’EuropaCorp, Christophe Lambert. EuropaCorp avait évoqué une « suspicion infondée ».
Macron entendu comme témoin en 2015
Le président Emmanuel Macron avait lui-même été entendu comme témoin en 2015 dans cette procédure, en sa qualité d’ancien banquier au sein de l’établissement Rothschild, où il a travaillé de 2008 à 2012.
Le montage financier de la Cité du cinéma avait été bouclé en 2008 : 180 millions d’euros, dont 150 millions pour l’achat du foncier, détenu à 100 % par la société Nef-Lumière (75 % la Caisse des dépôts, 25 % Vinci), et 30 millions pour la construction des plateaux de tournage via différentes sociétés de Luc Besson et Quinta communications, le groupe du producteur et homme d’affaires tunisien Tarak Ben Ammar.
Installée dans une ancienne centrale thermique à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), la Cité du cinéma, dont les concepteurs affichaient l’ambition d’en faire un « Hollywood à la française », accueille l’école Louis-Lumière, des plateaux de tournage, un auditorium et des espaces événementiels.

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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Apre récit de la guerre d’Indochine, le film de Guillaume Nicloux, avec Gaspard Ulliel et Gérard Depardieu, montre la guerre comme une névrose sexuelle.
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Cannes 2018 : « Les Confins du monde » ou la vengeance du soldat Tassen

Apre récit de la guerre d’Indochine, le film de Guillaume Nicloux, avec Gaspard Ulliel et Gérard Depardieu, montre la guerre comme une névrose sexuelle.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 17h28
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 17h42
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


Quinzaine des réalisateurs
Guillaume Nicloux poursuit une œuvre protéiforme et toute en zigzags, où chaque film semble obstinément ne vouloir ressembler en rien à celui qui le précède. Si ce n’est par une inclination, depuis Valley of Love (2015), pour les dérives existentielles, les expéditions autant extérieures qu’intérieures de personnages itinérants. Les Confins du monde, son dernier film présenté à la Quinzaine des réalisateurs, ne déroge pas à la tendance, puisqu’il décrit, pendant la guerre d’Indochine, la longue marche à travers la jungle de Robert Tassen (Gaspard Ulliel), soldat de l’infanterie française, en même temps que son enlisement dans une obsession de plus en plus déliquescente.
Le film s’attache à la période trouble de 1945-1946, à la sortie de la seconde guerre mondiale, marquée par l’occupation momentanée du Tonkin par les forces japonaises et l’émergence de la résistance indépendantiste. Tassen est l’unique rescapé d’un massacre lié au « coup de force » du 9 mars 1945, riposte japonaise à la reprise en main du territoire par les Français.
Le premier intérêt du film est de se pencher sur un épisode de l’histoire coloniale assez peu visité par le cinéma français
Au début du film, le soldat se relève d’un épais charnier, où gisent à la fois son unité décimée ainsi que des parents. Recueilli et soigné par des villageois, il rejoint l’armée française, obnubilé par l’idée de se venger, notamment sur la personne de Vo Binh, un lieutenant d’Ho Chi Minh. Trois rencontres jalonnent sa quête : celles de l’écrivain Saintonge (Gérard Depardieu), du soldat Cavagna (Guillaume Gouix), qui rejoint son bataillon, et de la prostituée Maï (Lang-Khê Tran), dont il tombe amoureux.

Le premier intérêt du film est ainsi de se pencher sur un épisode de l’histoire coloniale finalement assez peu visité par le cinéma français, à l’exception de la mémorable 317e section (1965), de Pierre Schoendoerffer, référence explicite. Difficile de ne pas l’inscrire également dans tout un réseau d’influences contiguës, qui iraient des récits de Joseph Conrad à l’iconographie de la guerre du Vietnam dans le cinéma américain (Apocalypse Now au premier chef), en passant par les films de patrouille de Samuel Fuller (Les maraudeurs attaquent, 1962).
Enlisement d’un homme dans un territoire
Mais l’originalité du film est aussi d’échapper un peu à tout cela, comme à la problématique coloniale, pour se creuser une autre voie : celle de l’enlisement d’un homme dans un territoire et une idée fixe, qui ne sont peut-être jamais que les deux versants d’une même solitude.
La mise en scène de Nicloux frappe ici par sa sécheresse, mais surtout par son impudicité. Le corps y est exposé sans ménagement, qu’il s’agisse des cadavres mutilés par la guerre (têtes coupées, membres sectionnés) ou de la sensualité des soldats eux-mêmes, rendue âpre et brutale par les souffrances qu’ils endurent. Au motif de la vengeance, s’adosse bientôt celui de la sexualité maladive.
La guerre apparaît non seulement comme une névrose sexuelle, par la virilité convulsive qu’elle mobilise, mais surtout comme une permanente angoisse de la castration. Les amputations du Vietminh, la sangsue qui s’immisce dans le pénis d’un soldat, la morsure des serpents (symbole phallique explicite), ne racontent pas d’autre histoire. Celle d’hommes qui, progressivement désertés par la vie, regardent leurs sexes tomber.

Film français de Guillaume Nicloux. Avec Gaspard Ulliel, Guillaume Gouix, Lang-Khê Tran, Gérard Depardieu (1 h 43). Sortie en salle prochainement. Sur le Web : www.advitamdistribution.com/films/les-confins-du-monde et www.quinzaine-realisateurs.com/film/les-confins-du-monde



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ Enfant, le réalisateur d’« Interstellar » a été bouleversé par le chef-d’œuvre de Kubrick dont le souvenir ne l’a plus quitté. Au point de susciter sa vocation de cinéaste. Il a supervisé la restauration de la version d’origine, projetée dans le cadre du programme Cannes Classics.
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« 2001 : l’Odyssée de l’espace », heureuse obsession de Christopher Nolan


                      Enfant, le réalisateur d’« Interstellar » a été bouleversé par le chef-d’œuvre de Kubrick dont le souvenir ne l’a plus quitté. Au point de susciter sa vocation de cinéaste. Il a supervisé la restauration de la version d’origine, projetée dans le cadre du programme Cannes Classics.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 14h18
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 16h57
    |

            Samuel Blumenfeld








                              

                        

À l’été 1977, quand il a vu pour la première fois 2001 : l’Odyssée de l’espace, le réalisateur britanno-américain Christopher Nolan avait 7 ans. À quelques mois d’intervalle, l’enfant a découvert un autre film, destiné, lui, à un garçon de son âge, La Guerre des étoiles.
Le succès inattendu et fulgurant du space opera de George Lucas au printemps aux États-Unis – avant une sortie en décembre en Grande-Bretagne – avait amené la MGM à rediffuser en salle le long-métrage de Stanley Kubrick, qui datait de 1968, afin de profiter de l’intérêt renouvelé du public pour la science-fiction.
Plus fort que « La Guerre des étoiles » 
Si le réalisateur d’Interstellar (2014) et de Dunkerque (2017) garde bien en tête cette première vision de La Guerre des étoiles – la référence, à ses yeux, en matière de science-fiction grand public –, celle-ci n’a rien de comparable à la clarté et à l’étrangeté de 2001. L’effet produit sur le gamin se révélait incomparable.
Christopher Nolan essaie encore de comprendre ce qui s’est passé en lui ce jour-là. Fait inhabituel, son cerveau a imprimé et conservé chaque photogramme. Son souvenir était net, précis, indélébile. Une performance devant moins à sa mémoire qu’aux propriétés exceptionnelles de 2001.
Récemment, Christopher Nolan a trouvé l’explication à cette hypermnésie. Il a supervisé la restauration de la copie analogique dans son format d’origine (70 mm), version qu’il présentera à Cannes le dimanche 13 mai, dans le cadre du programme Cannes Classics, avec un entracte de quinze minutes, comme au printemps 1968.

« Voir et revoir 2001 sur une période aussi resserrée, une vingtaine de fois peut-être, m’a permis de prendre la mesure d’un principe élémentaire. J’utilise des arrêts sur image pour les photos de mes films qui seront distribuées pour la promotion. D’ordinaire, vous avez du mal à trouver des plans qui...




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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ Présenté à Cannes, mais interdit au Kenya, ce film raconte une relation amoureuse entre deux femmes. La réalisatrice analyse le premier moment où celles-ci explorent leur amour naissant.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ En ce troisième jour de compétition, le 71e Festival de Cannes bruisse des rumeurs sur la venue ou non du cinéaste français pour son « Livre d’image ».
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La gazette de la Croisette : Godard, éternel absent, la pègre de Jia Zhang-ke et des échos de Mai-68

En ce troisième jour de compétition, le 71e Festival de Cannes bruisse des rumeurs sur la venue ou non du cinéaste français pour son « Livre d’image ».



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h46
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 15h51
   





                        



   


DU CÔTÉ DE LA COMPÉTITION :
Entre le Festival de Cannes et le cinéaste franco-suisse Jean-Luc Godard, c’est une histoire d’amour-haine qui dure depuis les années 1960, notamment depuis les événements de Mai-68 où il avait activement participé à l’agitation ayant conduit à l’arrêt de la manifestation cannoise. En 2014, il n’était pas venu sur la Croisette pour recevoir son prix du jury pour Adieu au langage. Pour cette 71e édition, il est mis à l’honneur sur l’affiche du Festival avec une image extraite de Pierrot le fou (1965) avec Jean-Paul Belmondo et Anna Karina. Et présente en compétition, vendredi 11 mai, un film documentaire, Le Livre d’image. Nul ne sait s’il sera présent sur la Croisette ou non, et les rumeurs les plus farfelues vont bon train, comme l’explique notre journaliste Aureliano Tonet.

Face au Livre d’image, de Jean-Luc Godard, un autre habitué de la Croisette entre dans la bataille pour la Palme d’or en ce vendredi, le réalisateur chinois Jia Zhang-ke, avec Les Eternels (Jiang hu er nü/Ash Is Purest White) une histoire qui se déroule au sein de la pègre locale de Datong (dans la province du Shanxi). Il a déjà participé à la compétition cannoise à quatre reprises et remporté le prix du scénario en 2013 avec A Touch of Sin (Tian zhu ding).

        Lire le portrait :
         

          Les paradoxes de Jia Zhang-ke




DU CÔTÉ DES AUTRES SÉLECTIONS :
A la Semaine de la critique, notre journaliste Clarisse Fabre a beaucoup aimé le premier long-métrage de Camille Vidal-Naquet, Sauvage, sur la prostitution masculine, notamment au bois de Boulogne. Dans le rôle principal de Léo, un prostitué en mal d’amour, le jeune acteur Félix Maritaud, que Véronique Cauhapé a rencontré, y impose « sa présence brute et solaire ».

ON ATTEND AUJOURD’HUI :
Pour rester dans l’ambiance soixante-huitarde liée à la sélection de Jean-Luc Godard en compétition, on peut noter l’hommage rendu au producteur, distributeur et réalisateur Marin Karmitz, fondateur de MK2. A 14 h 30, dans le cadre de la programmation Cannes Classics, son documentaire Coup pour coup sera projeté en sa présence, suivi d’un débat avec le public. Ce film, réalisé en 1972, fait écho aux luttes sociales de 1968 en racontant une grève sauvage dans une petite entreprise de textile employant presque exclusivement des femmes.

        Lire la gazette de la Croisette (10 mai) :
         

          Un match franco-polonais, l’Amérique de Paul Dano et Ryan Coogler






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ La petite-fille du cinéaste de « Sur les quais » présente, à la Semaine de la critique, « Wildlife », de Paul Dano, qu’elle a coécrit et coproduit.
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Cannes 2018 : Zoe Kazan, de case en case

La petite-fille du cinéaste de « Sur les quais » présente, à la Semaine de la critique, « Wildlife », de Paul Dano, qu’elle a coécrit et coproduit.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 09h50
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 09h53
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

Que se passe-t-il sur les terrasses des palaces cannois, maintenant qu’Harvey Weinstein n’en foule plus le sol ? On y jacasse, on s’y prélasse ; il arrive aussi, plus littéralement, que des hommes s’y fassent terrasser – par des femmes, qui plus est. Prenez le toit de l’hôtel Marriott. En ce 10 mai, Zoe Kazan y reçoit la presse, à la faveur du mélodrame Wildlife, qui ouvre la Semaine de la critique. C’est le comédien Paul Dano, son compagnon depuis 2007, qui l’a réalisé, signant là son premier long-métrage ; elle l’a coécrit, d’après un roman de Richard Ford, et coproduit.

L’endroit et le planning ont été agencés de sorte que chaque journaliste, pendant qu’il attend son tour, est contraint d’assister à la prestation de son prédécesseur. Soit, en ce qui nous concerne, un Espagnol croquignol, insistant assez lestement sur les suites du mouvement #metoo. Zoe s’en joue illico, comme Zorro du Sergent Garcia : « Je m’étonne que vous me sollicitiez aussi spontanément à ce sujet, rétorque-t-elle du tac au tac, alors que, depuis ce matin, Paul [Dano] n’a eu droit à aucune question sur la place des femmes à Hollywood. »
Quiconque s’aventure à la réduire à son physique, son genre, son couple ou son patronyme risque de la voir déguerpir tout de go
Notre confrère ibère revient à la charge, une fois, deux fois ; à la troisième, le picador est bouté hors de l’arène, et l’interview stoppée net. Nous voilà prévenu : ne surtout pas se fier à sa silhouette fluette, Zoe Kazan ne manque ni de mordant ni de répondant. Quiconque s’aventure à la réduire à son physique, son genre, son couple ou son patronyme – son grand-père, Elia Kazan, a révélé Marlon Brando et James Dean dans Sur les quais (1954) et A l’est d’Eden (1955) – risque de la voir déguerpir tout de go. Elle en avait d’ailleurs fait le sujet de son premier scénario, Elle s’appelle Ruby (2012), cosigné, déjà, par Paul Dano. Dirigés par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Dans « Sauvage » de Camille Vidal-Naquet, à la Semaine de la critique, l’acteur impose sa présence brute et solaire.
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Cannes 2018 : les corps- à-corps de Félix Maritaud

Dans « Sauvage » de Camille Vidal-Naquet, à la Semaine de la critique, l’acteur impose sa présence brute et solaire.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 15h08
    |

            Véronique Cauhapé








                        



                                


                            

Bien ancré dans son fauteuil, les jambes repliées contre lui, il campe ses yeux dans les nôtres. Franc, intense, Félix Maritaud, 25 ans, a l’air d’un jeune homme qui aurait déjà traversé plusieurs vies. Né dans un village du Berry, parti de chez lui à ­l’adolescence pour parcourir l’Europe, il a accumulé les petits boulots et les expériences, est entré aux Beaux-arts, les a quittés au bout d’un an et demi, faute de moyens, s’est installé à Bruxelles, avant de retourner chez ses parents. Alors qu’il allait devenir jardinier pour la ville de Metz, un appel téléphonique l’a invité à se présenter au casting de 120 battements par minute. Robin Campillo avait eu vent du garçon par un imprésario qui l’avait repéré quelque temps auparavant dans un bar où il était barman. Retenu pour le rôle de Max, Félix Maritaud devint acteur.

Il a tout de suite goûté au plaisir du travail collectif et de la générosité dont il est nécessaire de faire preuve sur un tournage. « Je me suis immédiatement senti à ma place. Cela a donné beaucoup de sens à ma vie. Sans jamais avoir été un bandit, j’ai parfois eu des agissements pas très honnêtes. Et d’être ainsi dans le don de soi, permet de rétablir des choses. Et puis, c’est un métier très gratifiant ». Pour Sauvage, de Camille Vidal-Naquetoù il a dû engager son corps à l’extrême, au service d’un rôle physique éreintant, la gratification est venue d’avoir pu « donner corps à quelqu’un qui n’a même pas son corps dans l’espace social, qui est un invisible ».
Camille Vidal-Naquet, réalisateur : « Félix ne se regarde pas, il est honnête, ne calcule pas, et possède quelque chose qui ne s’apprivoise pas »
Quand le cinéaste a contacté Félix Maritaud dans la perspective, peut-être, de lui confier le rôle de Léo, il ne le connaissait pas, puisque 120 battements… était encore en montage. Mais ils ont beaucoup discuté, se sont très vite entendus sur la démarche artistique,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ En compétition, le nouvel opus du réalisateur polonais Pawel Pawlikowski est d’une grande rigueur formelle.
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Cannes 2018 : « Cold War », romance impossible en temps de guerre froide

En compétition, le nouvel opus du réalisateur polonais Pawel Pawlikowski est d’une grande rigueur formelle.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 09h02
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 11h26
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Dans une compétition qui s’est ouverte sur le récit de trois jours de joie et de souffrances en 2 heures et 12 minutes (Everybody Knows, d’Asghar Farhadi) et qui s’achèvera sur les 3 heures 8 minutes du Poirier sauvage, de Nuri Bilge Ceylan, la durée de Cold War (titre original polonais Zimna Wojna) est plus qu’une anomalie, un manifeste. D’autant qu’il ne s’agit pas d’un film en chambre. Il s’agit de faire tenir en moins d’une heure et demie dix ans de conflit, de 1949 à 1959, entre blocs et de guerre amoureuse, de peindre l’asservissement du désir à l’histoire.
Le pari est audacieux, il vise à la concision, à l’acuité. Mais il risque aussi la sécheresse, piège que Pawel Pawlikowski n’évite pas toujours. Le réalisateur retrouve ce noir et blanc qui ne fut pas étranger au succès mondial d’Ida (2014). Il ne s’agit plus de célébrer la spiritualité des personnages, mais, comme chez son collègue russe Serebrennikov, de revenir au gris universel de l’ère soviétique.
Mise en scène politique et historique
Dans les coins les plus reculés de la campagne polonaise, Pawlikowski fait d’abord circuler un étrange trio composé d’un musicien, Viktor (Tomasz Kot), d’une musicologue, Irena (Agata Kulesza) et d’un bureaucrate du parti, Kaczmarek (Borys Szyc). Ils ont pour tâche de collecter le patrimoine musical polonais dans les fermes et les villages, tout comme le faisaient, à peu près à la même époque, Alan Lomax dans le Mississippi ou Ewan MacColl au Royaume-Uni. Les Polonais voudraient œuvrer dans le même sens que leurs collègues anglo-saxons : préserver la culture populaire, méprisée par les élites. Mais, en Pologne, ils sont en passe d’entrer dans les rangs de l’élite.

   


La première partie de Cold War, qui met en scène l’appropriation d’un art populaire par un régime, est un modèle de mise en scène politique et historique. Le trio est chargé de constituer un ensemble national de chanteurs et de danseurs destiné à propager dans le pays et dans le monde, à commencer par le bloc communiste, la glorieuse culture polonaise. Dans un château en ruine, des jeunes passent des auditions, et, déjà, l’habileté et la séduction prennent le pas sur l’authenticité et la rudesse. La première à en bénéficier est une belle jeune fille blonde, Zula (Joanna Kulig), qui n’a pas besoin de faire de grands efforts pour séduire Viktor.
Retenue extrême
Cold War devient aussi l’histoire de leur amour violent et impossible, pas tant à cause de la différence d’âge que de l’incompatibilité entre les aspirations velléitaires de Viktor, qui se rêve en artiste, et les désirs plus terrestres de Zula, ­préoccupée de se préserver des dangers (les hommes, les mauvaises langues, les autres, quoi) dont elle a fait l’expérience avant de rejoindre la troupe.

   


Le récit procède par ellipses qui laissent le couple à Berlin pour le cueillir à Paris, avant de les faire se croiser, se rater à Zagreb, à Paris de nouveau, puis en Pologne. Viktor est passé à l’Ouest, Zula n’a pas voulu le suivre, avant de se raviser. Paris se révèle un terreau moins fertile pour le musicien que ne l’était la Pologne stalinienne. On voit passer Jeanne ­Balibar en poétesse, Cédric Kahn en cinéaste séducteur. Les personnages centraux qui étaient si nettement dessinés deviennent flous, on a à peine le temps de comprendre ce qui les façonne, ce qui les change. Manque surtout le temps de l’empathie. Pawel Pawlikowski s’est inspiré de l’histoire de ses ­parents, on mettra cette retenue ­extrême sur le compte de la pudeur.

Film polonais et britannique de Pawel Pawlikowski. Avec Joanna Kulig, Tomasz Kot, Agata Kulesza (1 h 24). Sortie en salle le 31 octobre. Sur le Web : diaphana.fr/film/cold-war



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ Un court-métrage en soutien à la « ZAD » de Notre-Dame-des-Landes a été attribué à l’auteur du « Mépris ». Son entourage a démenti.
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Un « Vent d’Ouest » a soufflé sur Cannes quelques instants, mais ce n’était pas du Godard

Un court-métrage en soutien à la « ZAD » de Notre-Dame-des-Landes a été attribué à l’auteur du « Mépris ». Son entourage a démenti.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 10h19
    |

            Aureliano Tonet








                        



   


Deux lettres, signées de vieux maîtres, ont perturbé la distribution du courrier cinématographique cannois, à l’heure des premiers envois. Mercredi 9 mai, au lendemain de l’ouverture du Festival, un certain Martin Scorsese et un certain Jean-Luc Godard se sont adressés à la jeunesse. La liesse qui s’en suivit fut pareille à la nature de leur billet : ô combien tangible dans un cas, purement virtuelle dans l’autre.

        Lire la chronique dans « M » :
         

          Il est comme ça… Jean-Luc Godard



La bulle du pape Martin était attendue. En milieu d’après-midi, deux heures durant, à l’occasion de la remise du Carrosse d’or par la Société des réalisateurs de films, Scorsese, 75 ans, a répondu aux questions de quatre de ses cadets, Rebecca Zlotowski, Jacques Audiard, Bertrand Bonello, Cédric Klapisch.
Le dialogue prit, comme il est d’usage, l’apparence d’une correspondance amoureuse. Le quatuor déclara sa flamme à l’auteur de Mean Streets – découvert en 1974 à la Quinzaine des réalisateurs – d’une main sensible, quoique chevrotante. Le destinataire paya son tribut à tous ceux – parents, prêtres, voyous, artistes… – qui scellèrent son sort, sur le modèle du documentaire A Letter to Elia (2010), où il couchait son dû à son « père » de cinéma, Elia Kazan. Une longue ovation rétribua, en retour, ces touchantes confessions.

   


Lutte à mort contre les puissances de destruction
Quelques heures plus tard, le site Lundi Matin annonçait la mise en ligne, sur YouTube, d’un court-métrage de cinq minutes, en soutien à la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), intitulé Vent d’Ouest, attribué à Jean-Luc Godard, 87 ans.

Montage tranchant, voix off tremblante, la forme fait écho à la missive surprise expédiée, en 2014, par le cinéaste à Thierry Frémaux et Gilles Jacob, poétisant les raisons de sa non-venue sur la Croisette. Sitôt posté, le « thrène » godardien se traduit, sur la Toile, par une traînée de pouces levés et de dithyrambes. « La technique a pris le pas sur le geste », déplore la voix d’outre-tombe, exhortant, depuis les arrière-mondes numériques, à « supprimer l’agonie ».
Scorsese, qui rappelait combien tous ses films sont dessinés avant d’être tournés, et combien son amour du cinéma, qu’il s’agisse de restaurer une vieille péloche ou de pactiser avec Netflix, est une lutte à mort contre les puissances de destruction, ne racontait-il pas, peu ou prou, la même histoire ?
Las, contactée le 10 mai en milieu de journée, l’attachée de presse de Jean-Luc Godard, dont nul ne savait encore s’il viendrait sur la Croisette présenter son Livre d’images, programmé le 11 mai en compétition, affirme qu’il n’est pas l’auteur de Vent d’Ouest. « Le cinéma substitue à nos regards un monde qui s’accorde à nos désirs », lit-on au début du Mépris (1963). La phrase, que Godard attribue à André Bazin, a en réalité été écrite par Michel Mourlet – légèrement modifiée au passage. Ainsi va le courrier du cœur, à Cannes : à trop battre la chamade, on s’y emmêle parfois les crayons.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », revient sur les criantes inégalités de genre dans les milieux culturels et analyse les propositions qui pourraient faire évoluer les choses en la matière.
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Parité hommes-femmes : « Dans la culture, les quotas font grincer des dents »

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », revient sur les criantes inégalités de genre dans les milieux culturels et analyse les propositions qui pourraient faire évoluer les choses en la matière.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 07h55
    |

            Michel Guerrin (rédacteur en chef au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. Partout sur la planète les débats s’accumulent sur la place des femmes dans la culture. La question agite le Festival de Cannes, qui vient de démarrer, avec Cate Blanchett en présidente du jury, mais dont la compétition se jouera entre 21 films et seulement trois réalisatrices. Dans un tout autre registre, et pour cerner l’ampleur du problème, la soprano Julie Fuchs a fait savoir, fin avril, qu’elle était écartée d’une Flûte enchantée de Mozart à l’opéra de Hambourg, parce qu’elle était enceinte de quatre mois. Comme si être enceinte était une maladie.
Bref, la révolution de la parité est lente. Pour accélérer le mouvement, loin des paillettes cannoises, un musée américain, celui de Baltimore (Maryland), vient de prendre une décision pour le moins radicale : vendre quelques tableaux de monstres sacrés de l’art pour acheter des artistes sous-représentés dans ses collections. A savoir des femmes et des Noirs. Seront vendus sept tableaux, notamment des maîtres du pop art Andy Warhol et Robert Rauschenberg. De 12 à 15 millions de dollars (de 10 à 12,5 millions d’euros) sont espérés afin d’acquérir, par exemple, des œuvres de l’artiste Amy Sherald, 44 ans. Une femme noire.
Le patron du musée de Baltimore, Christopher Bedford, étoile montante et responsable du pavillon américain à la Biennale de Venise 2017, a demandé à une femme de mener l’opération, Kristen Hileman. M. Bedford parle d’une stratégie « transformative », mais surtout il entend, et vite, « réécrire les canons de l’art d’après-guerre ». Ce qui veut dire : je n’achète pas des œuvres de femmes et de Noirs pour être correct ou dans l’air du temps, mais parce que ces deux « communautés » ont été injustement traitées par les décideurs machos qui ont privilégié des artistes hommes et blancs.
Climat post-Weinstein
Les musées américains ont le droit de vendre pour acheter mieux, et c’est du reste assez banal. Mais ils se séparent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ Sur un ton virulent, le cinéaste ukrainien évoque en une douzaine d’histoires la prise de contrôle russe sur la région séparatiste.
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Cannes 2018 : « Donbass », l’enfer post-soviétique selon Sergei Loznitsa

Sur un ton virulent, le cinéaste ukrainien évoque en une douzaine d’histoires la prise de contrôle russe sur la région séparatiste.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 22h14
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 08h50
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Sélection officielle – Un certain regard, film d’ouverture
Sergei Loznitsa était déjà présent à Cannes en 2017, avec Une femme douce, présenté en compétition, plongée cauchemardesque au cœur du système carcéral post-soviétique. Cette année, le cinéaste revient chez lui, en Ukraine. Mais est-ce encore chez lui ? A l’est de l’ex-république soviétique, indépendante depuis 1991, le Donbass est passé sous le contrôle de séparatistes contrôlés par Moscou. Pour décrire cette sécession, cette guerre à la fois civile et internationale, Loznitsa laisse libre cours à sa colère, à la répugnance que lui inspirent les forces qui œuvrent à la partition, au risque de déconcerter le spectateur non averti par la violence univoque de son expression.
C’est en tant que documentariste que le cinéaste a chroniqué la révolution ukrainienne. Il aurait été trop risqué pour lui de tourner dans les régions tenues par les partisans de l’union avec Moscou. En Crimée, autre région ukrainienne passée sous contrôle russe, son collègue Oleg Sentsov a été condamné à vingt ans de bagne, qu’il purge en Sibérie. C’est donc à la fiction que Sergei Loznitsa a eu recours pour raconter les deux premières années du conflit, 2014 et 2015. Il le fait en une douzaine de segments retraçant chacun une situation « inspirée d’événements réels », selon les termes de l’auteur, raccordés à la marabout-de-ficelle, un des personnages mis en scène dans l’une des séquences se retrouvant dans la suivante, en partant du camp ukrainien pour finir au fin fond du système mis en place dans la région séparatiste.
Corruption endémique
Loznitsa, qui de toute évidence, n’a pas grande foi dans la nature humaine, commence par évoquer la corruption endémique en Ukraine : une femme mise en cause par une chaîne de télévision verse un seau d’excréments sur le directeur ; devant le personnel d’un hôpital, un notable local fait passer le détournement de médicaments et de nourritures pour un haut fait de la lutte contre la prévarication. Mais une fois passée la ligne de front, ces péchés apparaîtront véniels. Changeant de mise en scène à chaque séquence, du pastiche de reportage télévisé (visite des caves d’une cité où des familles vivent dans la terreur des bombardements) au pur film de guerre (destruction d’un bus civil par des roquettes séparatistes) en passant par la comédie grotesque (un mariage entre « patriotes »), le cinéaste semble n’avoir d’autre fil conducteur que son inébranlable pessimisme, qui confine à la misanthropie.

   


La colère de l’Ukrainien le conduit à exagérer certaines situations. Un homme d’affaires se fait confisquer sa voiture par une milice, fait l’objet d’une demande de rançon et se retrouve détenu dans un hall où une multitude de ses semblables appellent désespérément au secours sur leurs téléphones cellulaires ; un prisonnier ukrainien est battu presque à mort par une foule de civils. Il en invente aussi – la conclusion glaçante de Donbass procède d’une logique, celle du mariage du crime organisé et de l’Etat-parti, poussée à son extrême, sans reposer sur des faits avérés. Pour des spectateurs éloignés du théâtre des opérations, incapables de distinguer l’ukrainien du russe, c’est draper l’indignation dans les plis de la fiction, au risque de desservir la cause que défend Loznitsa.

Film ukrainien de Sergei Loznitsa (2 h 01). Sortie en salle le 5 septembre. Sur le Web : distrib.pyramidefilms.com/pyramide-distribution-catalogue/donbass.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ #RaideCarpette. Ils ont eu des invitations pour la soirée de la Quinzaine. Alors, on a passé la nuit avec eux. Mais finalement, l’invitation ne fait pas tout.
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Cannes 2018 : « On bouge ? C’est pourri ici ! »

#RaideCarpette. Ils ont eu des invitations pour la soirée de la Quinzaine. Alors, on a passé la nuit avec eux. Mais finalement, l’invitation ne fait pas tout.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 20h34
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 21h03
    |

                            Charlotte Herzog








                        





#RaideCarpette. 
« C’est dégueulasse qu’ils ne me laissent pas rentrer. » Qu’est-ce que c’est « dégueulasse » ? A Cannes, c’est loin du tapis rouge que l’on trouve la réponse, dans les bars de la Croisette où viennent se faire mousser ceux qui ne sont pas invités aux soirées. Mythos, refoulés, malchanceux, wannabe… c’est à eux que cette chronique veut donner la parole. Paillettes et glamour au placard, #RaideCarpette vous raconte le festival vu de l’autre côté des barrières ou du bar, là où « y a vachement moyen de faire du cinéma ensemble ». 

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Gratifiée d’une invitation pour la soirée de la Quinzaine, je fais la queue avec ceux qui seront mes partenaires de soirée, mercredi 9 mai. Même assurés d’entrer, on attend quand même. Collés aux autres, indisciplinés, pressés de « teufer », de boire « gratos », de voir la « superbe nana » qui nous a dit que ce serait « grandiose », on attend.
« Elle est loin l’entrée, là. J’ai limite envie d’aller au Petit Majestic m’envoyer des verres de rouge. Les gens commencent à mettre la pression. Et y a toujours les mêmes relous sans invit’ qui s’incrustent sur le côté et bloquent le devant. Pardon, allez-y, poussez-moi, excusez-vous. » Mais Nicolas finira par y pénétrer, dans le temple privé de la fête. Il s’engagera, fier et blasé à la fois. Il dansera, ou gigotera de droite à gauche. Il lorgnera les autres se déhancher et balancer les épaules. Ceux qui « s’amusent et décompressent, sans complexe ».
Nicolas boira, ou renversera son verre, ou l’oubliera sur une table. « On s’en fout, c’est open bar. » Il paiera des tournées qu’il ne paiera pas, donc. Il fumera à l’intérieur. « On s’en fout, c’est ouvert derrière, face à la mer. T’as pas vu ? C’est canon. Et puis, tout est permis ici. » Nicolas estimera que « toutes les meufs sont bonnes », mais il n’aura envie « d’en baiser aucune ». Il tentera de séduire, et expliquera après, qu’il « aurait pu, mais qu’il n’a pas voulu ».
« On rentrera pas, on est trop raides »
La musique jouera, sans risque, des rythmes cubains, du reggaeton, du R’n’B 90’s, quelques titres de rap français. Le 113 et IAM. Nicolas commentera : « Genre les gens à Cannes, ça leur parle les cris de banlieusards. » Vers 1 heure, quand « le DJ aura eu les couilles de jouer de la musique pour lui » (comprendre, de l’electro), au bar, il n’y aura plus de gin et à peine de la vodka. Que du rosé, du blanc, de la bière. « On s’en fout, j’en ramène pour tout le monde, c’est open bar. »
Peu avant 2 heures, il dira : « Je vais pisser, et après, on parle after. » En revenant de la queue interminable, les trois quarts des gens auront filé. Ses potes lui feront savoir qu’il y a « un mec qui propose un after sur un yacht ». Nicolas sera « chaud ». Puis reviendra, avec ses potes, bredouilles. « Fallait y aller en canot. Et y avait pas de nana. C’était chelou. On va où, du coup ? »
Après 2 heures, le Petit Majestic est fermé. Il reste les bars des palaces, « mais on ne rentrera pas, on est trop raides ». Les villas, « mais en vrai, on ne sait pas où, ni qui, ni comment ». Le VIP, « mais c’est un peu trop Paname ». Le Carré d’or, « on peut, et on avise sur place ».

   


Personne, et le verre coûte 25 euros
Nicolas ira ainsi au Play. DJ hurlant. Refrain d’On va tout casser en boucle. Des néons roses qui ne trouveront pas grâce à ses yeux. Des filles qui n’auront d’yeux que pour on ne sait qui, mais pas pour lui. « On bouge ? C’est pourri ici ! » Nicolas enchaînera avec le Bus Paradise, vivement encouragé par le gérant de ce petit strip club du bout de la rue, qui les a invités, lui et ses copains, gratuitement, pour la dernière demi-heure. « Après tout, on est là pour voir ce que c’est Cannes by night ». Dommage, il n’y a personne. Et le verre coûte 25 euros. Et puis ça va fermer. « On s’en va ? »
Il reste le Sept, « after atypique » selon le patron du Byzance. Ou chez Claudia, le Brumels, au bout de la rue d’Antibes. Ils feront les deux. Vers 6 heures, il fera jour. Ils en auront marre. Fatigue. Marche à pied. Boulangerie qui ouvre. Croissant. Tisane. Réveil dans deux heures. Dire qu’à 23 heures tout semblait si bien. La lose semblait si loin. Mais quand t’as pas de plan, t’as pas de plan.

        Lire la chronique précédente :
         

          « Même s’il me manque la cerise, le gâteau, je l’ai déjà »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ Chronique. C’est son film « Pierrot le fou » qui illustre l’affiche du Festival de Cannes. Et son film « Le Livre d’image » est en compétition officielle, vendredi. A 87 ans, Godard reste le cinéaste intellectuel, énigmatique, imprévisible qu’il a toujours été.
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Cannes 2018 : il est comme ça… Jean-Luc Godard


                      Chronique. C’est son film « Pierrot le fou » qui illustre l’affiche du Festival de Cannes. Et son film « Le Livre d’image » est en compétition officielle, vendredi. A 87 ans, Godard reste le cinéaste intellectuel, énigmatique, imprévisible qu’il a toujours été.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 18h45
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 09h58
    |

            Philippe Ridet








   


Jean-Luc Godard est comme certains de nos copains d’école. On est content de les savoir encore fringants. Mais de là à aller les voir… C’est idiot, on en convient. Son dernier film, Le Livre d’image, sélectionné en compétition officielle du Festival de Cannes, est probablement brillant, très bien. Un peu ennuyeux sûrement, mais pas plus que d’autres du même auteur. Un journaliste ne devrait pas dire ça. Il devrait, au contraire, garder l’esprit ouvert, l’œil vif et accueillant à toutes les surprises. Après tout, le cinéaste franco-suisse livrera peut-être, à 87 ans, le chef-d’œuvre au côté duquel Le Mépris et Pierrot le fou passeront pour de la gnognotte. Qui sait si, cette fois, le jury, présidé par Cate Blanchett, ne lui attribuera pas la Palme, la vraie, rien que pour lui, et non pas, comme en 2014 pour Adieu au langage, un Prix du jury qu’il avait dû partager avec un gamin de soixante ans son cadet, le Canadien Xavier Dolan ?
Lorsque Thierry Frémaux lui a demandé s’il acceptait que « Le Livre d’image » soit projeté en compétition, Godard a répondu : « C’est comme vous voulez. » Autant dire qu’il s’en tape.
Quand avons-nous cessé de fréquenter Jean-Luc Godard ? En 1980, avec Sauve qui peut (la vie) ? En 1985, avec Détective ? Dans ces eaux-là, en tout cas. Après, on a eu l’impression d’être de trop. Nos avis, notre tiédeur, souvent, ou notre admiration, parfois, ne lui faisaient ni chaud ni froid. Son désir de filmer ne dépendait d’aucun regard, et surtout pas du nôtre. Lorsque Thierry Frémaux, le délégué général du Festival, lui a demandé s’il acceptait que Le Livre d’image soit projeté en compétition, Godard a répondu : « C’est comme vous voulez. » Un peu comme Bartleby, dans la nouvelle d’Herman Melville, décourage ces interlocuteurs d’un « J’aimerais mieux pas… » Autant dire qu’il s’en tape.
D’ailleurs, il n’est pas du tout certain qu’il quitte Rolle, sur la rive suisse du lac Léman, où il réside, pour offrir sa bouille ébouriffée aux photographes. En 2014, il n’avait pas même daigné se montrer dans le département des Alpes-Maritimes. Peu après, dans Le Monde, il avait raconté : « On ne peut pas voyager avec lui. Il a son monde. On ne va pas le déplacer. » En fait, il parlait de son chien, Roxy.
Comme vaporisé sur la Côte d’Azur
Mais est-ce bien un cinéaste vivant, de chair et de pellicule, qui est sélectionné à Cannes, pour la neuvième fois en près de soixante ans de carrière ? Ou le fantôme d’une décennie aussi brève que prodigieuse, s’ouvrant avec À bout de souffle (1960) et se refermant avec Week-end (1967) ? Ou une icône des sixties avec accessoires millésimés – Boyard papier maïs, lunettes fumées et cravate-ficelle ? Ou un révolutionnaire encore incompris ? Ou « l’intello cradingue et gauchisant » qui dégoûtait Brigitte Bardot ? Godard sera partout, comme vaporisé sur la Côte d’Azur, au présent comme au passé. Enfin, surtout au passé. Une image extraite de Pierrot le fou (1965) illustre l’affiche de la 71e édition du Festival. Jean-Paul Belmondo embrasse Anna Karina pour toujours.

        Lire aussi :
         

                Cannes 2018 s’offre une affiche audacieuse



On célébrera évidemment le 50e  anniversaire de l’édition de 1968, qu’avec d’autres réalisateurs il parvint à interrompre. « Je vous parle solidarité avec les étudiants et les ouvriers, et vous me parlez travellings et gros plans. Vous êtes des cons ! », y avait lâché l’artiste, métallique et méprisant, à ses contradicteurs. Godard parlait comme dans les films de Godard. Certains en on déduit qu’il faisait du cinéma. D’autres qu’il était sincère. Et tous ont eu raison.






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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Dans la section Un certain regard, le film d’Ali Abbasi inquiète et ne cesse de dérouter en même temps qu’il émerveille.
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Cannes 2018 : « Gräns », l’humanité au défi de la monstruosité

Dans la section Un certain regard, le film d’Ali Abbasi inquiète et ne cesse de dérouter en même temps qu’il émerveille.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 07h38
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


Sélection officielle – Un certain regard
Eprouvant début de sélection cannoise qui passe les festivaliers à l’épreuve de la laideur et de la monstruosité. Entre Donbass, de Sergei Loznitsa (satire grimaçante du cynisme de la politique russe en Ukraine) et Yomeddine, d’A.B. Shawky (road movie édulcoré d’un lépreux à la recherche de ses origines), on préférera en tout état de cause l’étrange et remarquable film suédois d’Ali Abbasi, Gräns (Border) – adapté du roman homonyme de John Ajvide Lindqvist – qui s’empare de la question sous les auspices « naturels », si l’on peut dire, du genre.
Son héroïne se nomme Tina, elle exerce la profession de douanière, où elle excelle grâce à un sens de l’odorat particulièrement développé qui lui permet sans faillir de détecter les sentiments cachés des individus qui lui passent sous le nez. La découverte de Tina pour le spectateur n’est pas une mince affaire. Faciès tirant vers le Néandertal plutôt que le Sapiens, corps épais et difforme, malpropreté générale, regard bestial qui vous fige.

Fantastique familier
Tout tire en un mot la belle Tina vers l’animal ou le monstre primitif, et tout l’enjeu du film consistera, précisément, à faire entrer cet objet de répulsion sinon dans le monde de l’humanité, du moins dans celui d’une reconnaissance par ladite humanité d’une différence ontologique dont elle-même va lentement prendre conscience au cours de l’intrigue. Vivant avec un amant éleveur de chiens débile qui la trompe allègrement, questionnant en vain un père sénile sur des origines qu’elle soupçonne hétérodoxes, Tina va rencontrer son destin en la personne de Vore, un être repoussant qu’elle arrête à la frontière, qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, et avec lequel elle va tisser une relation édifiante.
Point n’est besoin d’ajouter un mot dans l’attente d’une sortie prochaine. Disons que ce film qui met l’humanité au défi de la monstruosité entre dans la catégorie d’un fantastique familier à la manière du récent Les Bonnes Manières, des Brésiliens Juliana Rojas et Marc Dutra (mythe du loup garou, conte de fée et lutte des classes). Autant dire qu’il inquiète en même temps qu’il émerveille, qu’il n’est pas dépourvu d’une singulière beauté, et qu’il ne cesse de dérouter, au meilleur sens de ce terme. Son titre dit bien par ailleurs ce qu’il veut dire, la question de la « frontière » étant celle qui le travaille par excellence, entre animalité et humanité, politique d’accueil des réfugiés et mythes fantastiques nordiques. L’auteur lui même en sait quelque chose, qui est né en Iran en 1981, avant de s’installer dans les années 2000 en Suède, puis au Danemark.

Film suédois d’Ali Abbasi. Avec Eva Melander, Eero Milonoff, Jorgen Thorsson, Viktor Akerblom (1 h 41). Sortie en salle prochainement. Sur le Web : www.festival-cannes.com/fr/festival/films/grans



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ A la Semaine de la critique, le premier long-métrage de Camille Vidal-Naquet met en scène un jeune héros solaire (Félix Maritaud).
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Cannes 2018 : dans « Sauvage », Léo, prostitué en mal d’amour

A la Semaine de la critique, le premier long-métrage de Camille Vidal-Naquet met en scène un jeune héros solaire (Félix Maritaud).



Le Monde
 |    10.05.2018 à 16h40
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 09h33
    |

            Clarisse Fabre








                        



   


Semaine de la critique
Léo embrasse, Sauvage embrase. Le premier long-métrage de Camille Vidal-Naquet a l’incandescence et la fulgurance d’une cigarette. Son héros est solaire et il brûle sa vie. Contrairement au jeune Pierre (Manuel Blanc) de J’embrasse pas (1991), d’André Téchiné, qui se prostitue pour survivre, Léo (Félix Maritaud) cherche l’amour et la douceur au fil de ses errances et des passes. Jamais endurci, même s’il prend des coups et se dégrade physiquement sous nos yeux, Léo est encore capable de faire des rencontres et de donner. Il peut prendre dans ses bras, toute une nuit, un vieil homme qui se sent seul. Devant la photo de sa femme qui n’est plus de ce monde. « Moi, j’embrasse », insiste Léo devant ses « copains » qui font le bois avec lui. Mais il ne donne pas son prénom aux hommes qui le paient : son identité est peut-être son bien le plus précieux. « Appelle-moi comme tu veux », dit-il à un client. Pendant un temps, le réalisateur Camille Vidal-Naquet voulait faire de cette réplique le titre du film.

        Lire la rencontre :
         

          Les corps- à-corps de Félix Maritaud



Dès la première scène, chez ce médecin qui ausculte bizarrement le corps tatoué et un peu abîmé du jeune homme, on sent que le film va surprendre. Sauvage est une œuvre longuement mûrie et documentée. Sur le même sujet, outre Téchiné, Patrice Chéreau avait signé L’Homme blessé (1983), et plus récemment Robin Campillo a tourné Eastern Boys (2014). Camille Vidal-Naquet, 45 ans, a, lui, réalisé quelques courts-métrages – Mauvaise tête (2013), Wardé (2016) –, avant de se lancer dans ce film pour lequel il est entré en contact avec des prostitués du bois de Boulogne par l’intermédiaire d’une association. Il pensait y passer quelques nuits. Il y retournera trois ans, profondément touché par ce milieu de la prostitution masculine. Invité au dîner à l’Elysée avec des personnalités du cinéma, le 24 avril, le réalisateur a d’ailleurs alerté Emmanuel Macron sur la situation de ces jeunes hommes qui survivent dans les bois ou en périphérie.

Une quête d’amour éperdue
De cette immersion, le réalisateur a tissé une fiction que la beauté brute de Félix Maritaud (découvert dans 120 battements par minute, de Robin Campillo) aurait pu faire basculer dans une esthétique de vidéoclip. Le film ne tombe jamais dans ce travers, justement parce que le vécu est au centre du scénario. Léo remplit sa vie de la misère sexuelle des uns, du fantasme de domination des autres, s’embarque dans des plans hasardeux et destructeurs… Il passe du fauteuil roulant d’un homme qui n’a plus d’érection aux bras d’un couple d’homos féroces, en quête de chair fraîche et soumise. Des moments de descente, ou de « renaissance », sans longueur ni pesanteur.
En suivant Léo caméra sur l’épaule, le réalisateur nous entraîne dans un monde à part, aux variations infinies : Léo est homosexuel, d’autres garçons sont hétéros et cherchent uniquement à gagner de l’argent. Certains veulent « en sortir ». Léo, dont le passé nous est inconnu, n’attend rien de spécial. Il est amoureux d’un autre jeune prostitué, Ahd (Eric Bernard), qui, lui, va se « ranger » auprès d’un vieux. Sauvage est une quête d’amour éperdue, celle d’un homme qui passe de bras en bras pour atteindre l’agapé. Quel qu’en soit le prix.

Film français de Camille Vidal-Naquet. Avec Félix Maritaud, Eric Bernard, Nicolas Dibla (1 h 37). Sortie en salle le 22 août. Sur le Web : distrib.pyramidefilms.com/pyramide-distribution-catalogue/sauvage.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ Le tribunal de grande instance de Paris s’était déjà prononcé mercredi pour la projection à Cannes du film de Terry Gilliam, au cœur d’un imbroglio juridique avec son producteur.
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Accord du CNC à la diffusion en salles de « L’Homme qui tua Don Quichotte »

Le tribunal de grande instance de Paris s’était déjà prononcé mercredi pour la projection à Cannes du film de Terry Gilliam, au cœur d’un imbroglio juridique avec son producteur.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 19h32
   





                        



   


Le Centre national du cinéma (CNC) a décidé d’attribuer jeudi 10 mai un visa d’exploitation en salles au film L’Homme qui tua Don Quichotte, du réalisateur britannique Terry Gilliam, au cœur d’un imbroglio juridique avec son producteur. Cette décision fait suite à celle du tribunal de grande instance (TGI) de Paris la veille d’autoriser le Festival de Cannes à diffuser au public le film de l’ex-Monty Python en clôture de sa 71e édition.
La justice avait été saisie en référé par le producteur portugais Paulo Branco, qui estime que ses « droits exclusifs » sur le film ne sont pas respectés. Refusant de s’avouer vaincu, Paulo Branco, 67 ans, a considéré qu’au bout du compte la justice française lui avait accordé « une victoire ». La décision du TGI permettra aux professionnels « de voir le film » et « nous conforte dans nos droits », selon M. Branco, qui a annoncé qu’il allait contester en justice la sortie du film en salles, en saisissant « immédiatement » le juge des référés « afin de demander la suspension de la sortie en salles à titre de mesure conservatoire ».
Bataille juridique
Le producteur s’est notamment félicité que l’ordonnance énonce que lors de la projection du 19 mai, le Festival devra annoncer à l’écran que cette séance « ne préjuge en rien des droits revendiqués » sur le film par M. Branco et par sa société de production, Alfama Films.
Paulo Branco a acheté les droits d’auteur réalisateur du film en avril 2016. Mais, à la suite de différents désaccords artistiques et financiers avec M. Branco, Terry Gilliam s’était tourné vers d’autres producteurs, dont Kinology.
C’est avec ces producteurs que le cinéaste a finalement réalisé son film entre mars et juin 2017, pour 16,3 millions d’euros, mettant fin, croyait-il, à vingt ans de malédiction d’un film tourné dans des conditions dantesques il y a vingt ans et resté inachevé jusqu’en 2017.
« La décision du juge des référés d’hier a confirmé qu’il serait disproportionné d’empêcher la diffusion de l’œuvre en raison de ce conflit, lequel sera tranché définitivement par la juridiction judiciaire », a écrit le CNC dans un communiqué jeudi.
La bataille juridique est en effet loin d’être terminée. Pour M. Branco, l’ordonnance prise mercredi ne règle pas « le fond » du litige qui l’oppose à Terry Gilliam, ses producteurs (Kinology, Tornasol) et son diffuseur (Océans Films). Saisie sur le fond, la justice française rendra un jugement en appel le 15 juin.

        Lire le reportage :
         

          Sur le tournage de « L’Homme qui tua Don Quichotte »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ Le deuxième jour de la compétition cannoise est marqué par la projection du premier film français, « Plaire, aimer et courir vite », de Christophe Honoré.
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La gazette de la Croisette : un match franco-polonais, l’Amérique de Paul Dano et Ryan Coogler

Le deuxième jour de la compétition cannoise est marqué par la projection du premier film français, « Plaire, aimer et courir vite », de Christophe Honoré.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 10h19
   





                        



   


DU CÔTÉ DE LA COMPÉTITION :
En ce jeudi 10 mai, le 71e Festival de Cannes accueille en compétition pour la Palme d’or deux cinéastes : le Français Christophe Honoré avec Plaire, aimer et courir vite et le Polonais Pawel Pawlikowski avec Zimna Wojna (Cold War). Le premier est déjà venu à plusieurs reprises sur la Croisette (hors compétition en 2011 avec Les Bien-Aimés, en compétition en 2007 avec Les Chansons d’amour et dans la section Un certain regard en 2002 avec 17 fois Cécile Cassard. Le second est un nouveau venu dans la sélection cannoise.

L’acteur Pierre Delandonchamps, que notre journaliste Véronique Cauhapé a rencontré, est présent à Cannes avec plusieurs films : deux dans lesquels il joue, celui de Christophe Honoré (en compétition) et Les Chatouilles, d’Andréa Bescond et Eric Métayer (Un certain regard), mais aussi un court-métrage, Ames sœurs, qu’il a réalisé dans le cadre des Talents Adami.

DU CÔTÉ DES AUTRES SÉLECTIONS :
Le film d’ouverture de la Semaine de la critique, Wildlife, de Paul Dano, coécrit par Zoe Kazan – actrice, dramaturge, productrice, compagne du réalisateur et petite-fille d’Elia Kazan – a plutôt convaincu notre critique Clarisse Fabre. Cette chronique d’un couple qui vacille (incarné par Carey Mulligan et Jake Gyllenhaal) est « le tableau d’une Amérique mélancolique, qui endure sa peine, rêve d’élévation sociale et attend son tour ».
ON ATTEND AUJOURD’HUI :
A 16 heures, Ryan Coogler, le réalisateur de Black Panther, devenu un véritable phénomène de société aux Etats-Unis, propose le premier de quatre rendez-vous avec des acteurs et des cinéastes, destinés à remplacer l’unique Leçon de cinéma des années précédentes. L’occasion de revenir, entre autres, sur le Wakanda, un pays africain imaginaire mis en scène par cette superproduction Marvel.


        Lire la gazette de la Croisette (9 mai) :
         

          Un cinéaste assigné, un documentaire fleuve et un film interdit






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Riad Sattouf, Julie Delpy, Noémie Lvovsky, Christophe Honoré – sous la direction duquel l’acteur de 24 ans a tourné dans « Plaire, aimer et courir vite » sélectionné à Cannes… « Ce sont tous mes profs », dit-il. Il revient pour « M » sur ces rencontres qui ont marqué sa carrière. Et sa vie.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ L’acteur est sur la Croisette pour les films de Christophe Honoré et d’Andréa Bescond et Eric Métayer, et pour un court-métrage qu’il a réalisé.
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Cannes 2018 : Pierre Deladonchamps, reconnu

L’acteur est sur la Croisette pour les films de Christophe Honoré et d’Andréa Bescond et Eric Métayer, et pour un court-métrage qu’il a réalisé.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 09h58
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 08h34
    |

            Véronique Cauhapé








                        



                                


                            

Pierre Deladonchamps est à Cannes pour deux films dans lesquels il joue : Plaire, aimer et courir vite, de Christophe Honoré, et Les Chatouilles, d’Andréa Bescond et Eric Métayer. Et aussi pour un court-métrage, Ames sœurs, qu’il a réalisé dans le cadre des Talents Adami. Un beau palmarès pour quelqu’un qui, il y a huit ans, avait (presque) décidé de décrocher du métier. Parce que, après quelques rôles obtenus dans des fictions de télévision, il en avait eu assez d’attendre que le téléphone sonne, il était retourné à Nancy – sa ville natale, quittée à 20 ans pour suivre des cours de théâtre à Paris – avec l’idée, peut-être, de se diriger vers les langues étrangères. Histoire de voyager. En Lorraine, auprès de sa famille et de ses proches, il avait « lâché la bride », cessé de se « crisper » et vu naître sa fille.

Comme une histoire d’amour qu’on n’attend plus, lui était alors parvenu, à l’autre bout du fil, la voix d’Alain Guiraudie dont la proposition ne pouvait se refuser. Pierre Deladonchamps a remis le pied à l’étrier, acceptant d’interpréter Franck dans L’Inconnu du lac (2013), qui lui vaudra de recevoir le César du meilleur espoir masculin. Et d’obtenir un visa pour une carrière au cinéma qui se construit, depuis, au rythme régulier d’un long-métrage par an, sous la direction de cinéastes tels que Philippe Claudel (Une enfance), Tran Anh Hung (Eternité), Philippe Lioret (Le Fils de Jean), André Téchiné (Nos années folles), Cécilia Rouaud (Big Bang)… De cette filmographie, l’acteur dit spontanément tirer une certaine « fierté ». Avant de corriger, « non, disons plutôt que je suis heureux d’avoir tourné avec des cinéastes qui m’ont choisi alors que je ne suis pas “bankable”. C’était donc qu’ils aimaient mon travail. Ils m’ont empli d’une forme de confiance – je partais de très bas. Chaque rôle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ #RaideCarpette. Les soirées commencent à Cannes. Avant de se retrouver au bar, tard, en admettant qu’on n’était pas dans les bons plans, il faut quand même tenter sa chance à l’entrée.
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Cannes 2018 : « Même s’il me manque la cerise, le gâteau, je l’ai déjà »

#RaideCarpette. Les soirées commencent à Cannes. Avant de se retrouver au bar, tard, en admettant qu’on n’était pas dans les bons plans, il faut quand même tenter sa chance à l’entrée.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 09h51
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 16h29
    |

                            Charlotte Herzog








                        





#RaideCarpette. 
« C’est dégueulasse qu’ils ne me laissent pas rentrer. » Qu’est-ce que c’est « dégueulasse » ? A Cannes, c’est loin du tapis rouge que l’on trouve la réponse, dans les bars de la Croisette où viennent se faire mousser ceux qui ne sont pas invités aux soirées. Mythos, refoulés, malchanceux, wannabe… c’est à eux que cette chronique veut donner la parole. Paillettes et glamour au placard, #RaideCarpette vous raconte le festival vu de l’autre côté des barrières ou du bar, là où « y a vachement moyen de faire du cinéma ensemble ». 

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« J’ai l’intuition qu’il se passe quelque chose partout, mais que je ne suis invitée nulle part. » En effet, dans la soirée de ce mercredi 9 mai, c’est la Welcome Party sur la plage du Majestic. Après, on peut faire un tour à la soirée de la Quinzaine, au niveau de la plage du Grand Hôtel. Enfin, devant, à l’entrée, quoi. Il y a aussi la projection de Black Panther en plein air, au cinéma de la plage. Libre d’accès. « Oui, mais c’est sur le sable, je me suis pas sapée pour passer la soirée dans le sable. » Eléonore n’a pas de passe membre pour ce soir. Elle allume une cigarette. Elle s’est remise à fumer pour le Festival. « La cigarette sociale, pour maximiser mes chances. »

   


Thierry Frémaux a justifié l’interdiction du selfie – « photo à ego » – sur le tapis rouge, en précisant qu’à Cannes « on vient pour voir, pas pour se voir ». Certes. Mais, selon Franck, perché tout près, sur le petit rebord en face de la sacro-sainte entrée de la soirée, « ici en gros, il y a ceux qui peuvent être sur la Riviera, et ceux qui rêvent d’y être. Mais tout le monde est là pour se faire voir. Cannes, c’est ça, une comédie humaine. Des petits magouilleurs et des grosses michetonneuses. Le refuge des escrocs qui cherchent à prendre leur part de paillettes. Je ne leur en veux pas, moi aussi, je ne dirais pas non à quelques paillettes dans mes épinards comme on dit, mais bon, je les regarde faire, c’est une source d’inspiration sans fin quand je m’ennuie. Mais là, je ne m’ennuie pas, j’observe. »
« Bon, allez les losers, moi, je vais ailleurs »
Deux jeunes filles en robes interminables font leur apparition. Quelques photographes sortis de nulle part mitraillent sous tous les angles. « Tu sais ce qu’ils font là ? » Franck s’est levé, les bras croisés dans le dos, le menton en l’air : « Bah, c’est simple, ils leur font croire que c’est des stars. C’est des photographes pros, qui bossent à leur compte. Dès qu’ils voient des filles susceptibles d’avoir de l’argent mais qui sont personne, ils les prennent en photo, leur filent leur carte et espèrent qu’elles achèteront la photo d’elle en star, à 25 balles sur le site. Et hop ! C’est dur comme boulot, faut tout le temps faire fantasmer des gens alors que, toi, t’as compris depuis longtemps que c’était du vent. »
Eléonore s’écarte et dégaine son portable. « Il ne répond pas, je cherche un autre plan. » Elle rallume une cigarette et enchaîne : « Je suis dégoutée, ils m’ont refoulée, alors que je les ai bien tchatchés. Je commence à gerber Cannes. C’est bon ici y a que des Russes, et les Russes, elles sont quoi ? Elles sont froides. Je leur laisse la Croisette, moi, si elles veulent, de toute façon, la “place to be” maintenant, c’est Miami. Bon, allez les losers, moi, je vais ailleurs. »
Leurs prétextes sont différents, mais tous se ressemblent un peu. Tous se rassemblent dans la queue. Ils et elles guettent en permanence. A cet instant, il semble nécessaire d’être vigilant sur la place que l’on occupe. Tout le temps. Franck me fait du coude-à-coude, il reprend son analyse : « Finalement, c’est peut-être eux, les futurs acteurs. Faudrait penser à faire des castings dans les files d’attente, tout le monde y trouverait peut-être son compte. »
« Franck, est-ce que je peux prendre une photo de vous ?
– Non, je n’ai pas besoin de ta presse, moi. Même s’il me manque la cerise, le gâteau, je l’ai déjà. »

        Lire aussi :
         

                Cannes 2018 : « C’est peut-être pas mon monde à moi, mais moi dans ce monde-là je me sens chez moi »






                            


                        

                        

