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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ L’enquête préliminaire, ouverte en décembre 2013, visait d’éventuels détournements de fonds publics.
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L’enquête sur la Cité du cinéma de Luc Besson classée sans suite

L’enquête préliminaire, ouverte en décembre 2013, visait d’éventuels détournements de fonds publics.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 17h47
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 17h58
   





                        


L’enquête préliminaire sur la Cité du cinéma du réalisateur et producteur Luc Besson, visant d’éventuels détournements de fonds publics, a été classée sans suite, a-t-on appris vendredi 11 mai de source judiciaire, confirmant une information de L’Expansion. Ouverte en décembre 2013 par le parquet de Paris, puis transférée au parquet national financier, cette enquête faisait suite à un signalement de la Cour des comptes sur les conditions de financement du projet.

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« Le financement public de la Cité du cinéma, décidé contre l’avis des services de l’Etat et de la Caisse des dépôts et consignations, principal financeur du projet », a été effectué « pour permettre l’aboutissement du projet qu’une société privée [EuropaCorp] portait pour son seul bénéfice », écrivaient les magistrats de la Rue Cambon dans une note.
Ils mettaient également en avant le soutien à ce projet apporté par les pouvoirs publics pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, ainsi que la proximité avec les plus hautes sphères du pouvoir de Luc Besson et de certains de ses collaborateurs, notamment le directeur général d’EuropaCorp, Christophe Lambert. EuropaCorp avait évoqué une « suspicion infondée ».
Macron entendu comme témoin en 2015
Le président Emmanuel Macron avait lui-même été entendu comme témoin en 2015 dans cette procédure, en sa qualité d’ancien banquier au sein de l’établissement Rothschild, où il a travaillé de 2008 à 2012.
Le montage financier de la Cité du cinéma avait été bouclé en 2008 : 180 millions d’euros, dont 150 millions pour l’achat du foncier, détenu à 100 % par la société Nef-Lumière (75 % la Caisse des dépôts, 25 % Vinci), et 30 millions pour la construction des plateaux de tournage via différentes sociétés de Luc Besson et Quinta communications, le groupe du producteur et homme d’affaires tunisien Tarak Ben Ammar.
Installée dans une ancienne centrale thermique à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), la Cité du cinéma, dont les concepteurs affichaient l’ambition d’en faire un « Hollywood à la française », accueille l’école Louis-Lumière, des plateaux de tournage, un auditorium et des espaces événementiels.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. Cette série documentaire d’Allen Hugues raconte comment Dr. Dre et Jimmy Iovine ont révolutionné l’industrie musicale américaine (sur Netflix à la demande).
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TV – « The Defiant Ones » : le rappeur et l’homme d’affaires

Notre choix du soir. Cette série documentaire d’Allen Hugues raconte comment Dr. Dre et Jimmy Iovine ont révolutionné l’industrie musicale américaine (sur Netflix à la demande).



Le Monde
 |    11.05.2018 à 17h45
    |

                            Stéphanie Binet








                        


Série documentaire sur Netflix à la demande

Diffusée sur la chaîne américaine câblée HBO durant l’été 2017, la série documentaire The Defiant Ones (Les Intrépides, en français) fait les beaux jours de Netflix en Europe depuis sa mise en ligne en mars. Les quatre ­épisodes d’une heure, réalisés par Allen Hughes, racontent les vies croisées de deux des plus grands architectes de l’industrie musicale actuelle : le producteur – et père du gangsta rap avec son groupe NWA – Dr. Dre, 53 ans, et l’ex-ingénieur du son et patron de maisons de disques Jimmy ­Iovine, 65 ans.
Andre Young, alias Dr. Dre, a lancé les carrières des artistes hip-hop Snoop Dogg, Eminem, 50 Cent et Kendrick Lamar, lauréat du prix Pulitzer 2018. Jimmy Iovine a travaillé pour les monstres sacrés de la culture rock : John Lennon, Bruce Springsteen, Patti Smith, Tom Petty, U2 ou encore le chanteur et producteur du groupe Nine Inch Nails, Trent Reznor. Leur rencontre, au début de l’année 1992, va cimenter une ­collaboration professionnelle et une amitié qui durent jusqu’à aujourd’hui. Ensemble, ils ont marqué l’industrie musicale et lancé leur propre marque d’enceintes, Beat Electronics, rachetée par Apple en 2014.

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« The Defiant Ones », c’est l’« Amicalement vôtre » (série ­télévisée britannique des années 1970, mettant en scène deux hommes riches) de la culture hip-hop et de la musique rock… sauf qu’aucun des deux protagonistes n’est un lord anglais. Natif de Brooklyn, Jimmy Iovine est fils de docker italien. Il s’inscrit à l’université pour devenir ingénieur et éviter la mobilisation et le départ pour le Vietnam. Andre Young, lui, a été élevé par sa mère célibataire à Compton, une commune paupérisée au sud de Los Angeles. A cette époque, la guerre entre les gangs du quartier cause la mort d’environ 800 jeunes chaque ­année. Le futur Dr. Dre échappe à la violence de la rue grâce à ses platines vinyles et à la table de mixage offerte par sa mère à Noël.
Archives inédites
Cet aller-retour incessant entre les vies des deux hommes plonge le spectateur au cœur de la ­culture pop américaine. Les ­parcours et les visions se répondent. Le film débute sur une anecdote qui met en scène l’indifférence des rappeurs face au secret des affaires. Alors que le contrat avec Apple n’est pas encore signé, Dr. Dre, ivre, se vante, sur le compte Snapchat de son ami ­acteur Tyrese Gibson, de devenir le premier milliardaire de la culture hip-hop. Allen Hughes sait jouer habilement avec les dialogues et les silences des nombreuses personnalités du documentaire – parmi lesquelles on trouve Eminem, Bruce Springsteen, Puff Daddy, Patti Smith, Kendrick Lamar, Bono, Gwen Stefani notamment – pour instiller un soupçon de dramatique dans le récit.

   


L’investissement de « Dre » et de Iovine dans la réalisation de cette série explique la présence d’archives inédites. On y découvre le producteur du gangsta rap, déguisé en chirurgien dans un costume de satin violet, dans son club de Compton, Eve After Dark. Ou ­encore Jimmy Iovine en studio avec Bruce Springsteen, sur l’album Darkness on the Edge of Town (1978), ou travaillant avec U2 sur Rattle & Hum (1988). Dans l’éloge permanent, le documentaire se rattrape par un récit particulièrement bien construit.
The Defiant Ones, d’Allen Hughes (EU, 2017, 4 × 60 min). Egalement disponible en DVD (Universal Pictures).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Critique, créateur de la revue « Poétique » et auteur de « Figures », Gérard Genette est mort à l’âge de 87 ans.
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Le théoricien de la littérature Gérard Genette est mort

Critique, créateur de la revue « Poétique » et auteur de « Figures », Gérard Genette est mort à l’âge de 87 ans.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 17h41
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 17h57
    |

Patrick Kéchichian







                        



                                


                            

Grand théoricien de la littérature, praticien de la poétique, spécialiste de la théorie générale des formes littéraires – notamment narratives –, Gérard Genette est mort, vendredi matin 11 mai, a appris Le Monde de source proche de la famille. Il laisse une œuvre considérable, aux développements souvent inattendus. En effet, rien n’est moins académique ou balisé que cette réflexion qui, sans jamais se départir d’une grande rigueur, notamment terminologique, s’autorise bien des détours et l’exploration ludique de la littérature et de ses marges. Et pas seulement de la littérature, mais aussi des autres arts.
Cette liberté de ton et de thèmes offre – surtout dans la dernière étape de son œuvre – une ouverture en direction de lecteurs, amateurs éclairés certes, mais pas forcément spécialistes. Les formes rigides, ou rigidifiées, de la théorie littéraire dans la deuxième partie du XXe siècle, Genette, sans les rejeter, les vivifiait avec un art et une inspiration qui étaient ceux d’un écrivain à part entière. Au même titre que Roland Barthes, Jean-Pierre Richard ou Jean Starobinski – chacun selon des voies propres –, il manifestait la part créative sans laquelle les études littéraires et la critique perdent leur âme et leur vigueur.
Né à Paris en 1930, Gérard Genette était le fils d’un ouvrier qualifié en textile. « Mon père officiait, à la lisière du Sentier, rue Jussienne… » Il passa son enfance et son adolescence à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Condisciple de Jacques Derrida à l’Ecole normale supérieure à partir de 1951, agrégé de lettres, il enseigne d’abord (comme Derrida) en classe préparatoire au lycée Montesquieu du Mans, avant de devenir, en 1963, l’assistant de Marie-Jeanne Durry, professeure de littérature française, à la Sorbonne. Quatre ans plus tard, soutenu par Roland Barthes, il est nommé maître de conférences à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, puis directeur d’études jusqu’à sa retraite,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Apre récit de la guerre d’Indochine, le film de Guillaume Nicloux, avec Gaspard Ulliel et Gérard Depardieu, montre la guerre comme une névrose sexuelle.
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Cannes 2018 : « Les Confins du monde » ou la vengeance du soldat Tassen

Apre récit de la guerre d’Indochine, le film de Guillaume Nicloux, avec Gaspard Ulliel et Gérard Depardieu, montre la guerre comme une névrose sexuelle.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 17h28
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 17h42
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


Quinzaine des réalisateurs
Guillaume Nicloux poursuit une œuvre protéiforme et toute en zigzags, où chaque film semble obstinément ne vouloir ressembler en rien à celui qui le précède. Si ce n’est par une inclination, depuis Valley of Love (2015), pour les dérives existentielles, les expéditions autant extérieures qu’intérieures de personnages itinérants. Les Confins du monde, son dernier film présenté à la Quinzaine des réalisateurs, ne déroge pas à la tendance, puisqu’il décrit, pendant la guerre d’Indochine, la longue marche à travers la jungle de Robert Tassen (Gaspard Ulliel), soldat de l’infanterie française, en même temps que son enlisement dans une obsession de plus en plus déliquescente.
Le film s’attache à la période trouble de 1945-1946, à la sortie de la seconde guerre mondiale, marquée par l’occupation momentanée du Tonkin par les forces japonaises et l’émergence de la résistance indépendantiste. Tassen est l’unique rescapé d’un massacre lié au « coup de force » du 9 mars 1945, riposte japonaise à la reprise en main du territoire par les Français.
Le premier intérêt du film est de se pencher sur un épisode de l’histoire coloniale assez peu visité par le cinéma français
Au début du film, le soldat se relève d’un épais charnier, où gisent à la fois son unité décimée ainsi que des parents. Recueilli et soigné par des villageois, il rejoint l’armée française, obnubilé par l’idée de se venger, notamment sur la personne de Vo Binh, un lieutenant d’Ho Chi Minh. Trois rencontres jalonnent sa quête : celles de l’écrivain Saintonge (Gérard Depardieu), du soldat Cavagna (Guillaume Gouix), qui rejoint son bataillon, et de la prostituée Maï (Lang-Khê Tran), dont il tombe amoureux.

Le premier intérêt du film est ainsi de se pencher sur un épisode de l’histoire coloniale finalement assez peu visité par le cinéma français, à l’exception de la mémorable 317e section (1965), de Pierre Schoendoerffer, référence explicite. Difficile de ne pas l’inscrire également dans tout un réseau d’influences contiguës, qui iraient des récits de Joseph Conrad à l’iconographie de la guerre du Vietnam dans le cinéma américain (Apocalypse Now au premier chef), en passant par les films de patrouille de Samuel Fuller (Les maraudeurs attaquent, 1962).
Enlisement d’un homme dans un territoire
Mais l’originalité du film est aussi d’échapper un peu à tout cela, comme à la problématique coloniale, pour se creuser une autre voie : celle de l’enlisement d’un homme dans un territoire et une idée fixe, qui ne sont peut-être jamais que les deux versants d’une même solitude.
La mise en scène de Nicloux frappe ici par sa sécheresse, mais surtout par son impudicité. Le corps y est exposé sans ménagement, qu’il s’agisse des cadavres mutilés par la guerre (têtes coupées, membres sectionnés) ou de la sensualité des soldats eux-mêmes, rendue âpre et brutale par les souffrances qu’ils endurent. Au motif de la vengeance, s’adosse bientôt celui de la sexualité maladive.
La guerre apparaît non seulement comme une névrose sexuelle, par la virilité convulsive qu’elle mobilise, mais surtout comme une permanente angoisse de la castration. Les amputations du Vietminh, la sangsue qui s’immisce dans le pénis d’un soldat, la morsure des serpents (symbole phallique explicite), ne racontent pas d’autre histoire. Celle d’hommes qui, progressivement désertés par la vie, regardent leurs sexes tomber.

Film français de Guillaume Nicloux. Avec Gaspard Ulliel, Guillaume Gouix, Lang-Khê Tran, Gérard Depardieu (1 h 43). Sortie en salle prochainement. Sur le Web : www.advitamdistribution.com/films/les-confins-du-monde et www.quinzaine-realisateurs.com/film/les-confins-du-monde



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ « Mercy », le titre que chante le duo Madame Monsieur pour la France, est le dernier exemple de morceaux qui ont fait prendre un tour politique au concours musical.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ L’artiste libanaise présente une douzaine de sculptures réalisées à partir d’obus de pays en guerre.
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Sélection galerie : Katya Traboulsi à la galerie Dominique Fiat

L’artiste libanaise présente une douzaine de sculptures réalisées à partir d’obus de pays en guerre.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 17h24
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 17h32
    |

                            Philippe Dagen








                        


Katya Traboulsi fait de la géopolitique en sculpture. Née au Liban en 1960, peintre et essayiste, elle a choisi pour cela une forme familière à ses concitoyens, l’obus. Chacun de ceux qu’elle produit se caractérise par son matériau et ses ornements. L’iranien est en bois peint d’un paysage et de figures du style des peintures mogholes ; l’irakien est en pierre blanche et marbre, avec une tête façon Sumer ; le yéménite ressemble à une stèle anthropomorphe de calcaire ; le nigérian est habillé de perlages colorés à motifs géométriques ; la porcelaine de l’obus turc est peinte d’oiseaux et de fleurs… Il y en a une douzaine, posés sur deux caissons de bois vert kaki. On admire l’efficacité du symbolisme et l’habileté avec laquelle l’artiste insère des références historiques et religieuses dans le ventre et la partie fuselée de l’obus. On peut aussi s’amuser de voir des allusions artistiques prendre possession d’un objet de mort. Mais ces pays dont ces munitions sont supposées venir sont des nations aujourd’hui en guerre, ce qui est nettement moins plaisant.

   


« Perpetual identities », Galerie Dominique Fiat, 16, rue des Coutures-Saint-Gervais, Paris 3e. Tél. : 01-40-29-98-80. Du mardi au samedi de 11 heures à 19 heures Jusqu’au 28 mai.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ La chanson qui défendra les couleurs de la France lors du concours, raconte l’histoire d’un bébé né à bord d’un bateau humanitaire en Méditerranée. Un titre qui doit tout ou presque… au tweet d’un journaliste de « Nice Matin ».
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Eurovision 2018 : Un tweet à l’origine de la composition de « Mercy »

La chanson qui défendra les couleurs de la France lors du concours, raconte l’histoire d’un bébé né à bord d’un bateau humanitaire en Méditerranée. Un titre qui doit tout ou presque… au tweet d’un journaliste de « Nice Matin ».



Le Monde
 |    11.05.2018 à 17h10
    |

                            Aurélie Blondel








                        


Au petit matin du 21 mars 2017, Grégory Leclerc, reporter à Nice Matin, est à bord de l’Aquarius, un navire de « SOS Méditerranée » qui mène des opérations de sauvetage de migrants au large de la Libye. La nuit a été chaotique et le bateau, qui s’apprête à rentrer au port sicilien de Catane, transporte un millier de personnes. Parmi elles, Taiwo, une Nigériane qui va accoucher à bord d’une petite Mercy.

@MSF @SOSMedFrance @Nice_Matin @Var_Matin Mercy est née sur l'Aquarius, à l'instant où nous entrions dans le port d… https://t.co/9LyNUsWrcn— GregLeclerc (@Grégory Leclerc)


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Immédiatement Grégory Leclerc relate cette naissance sur Twitter. A plusieurs centaines de kilomètres de là, Emilie Satt et Jean-Karl Lucas, le duo Madame Monsieur, sont en studio. La lecture des tweets du journaliste provoque « une décharge d’émotion » chez la chanteuse. Aussitôt, avec son mari, elle se lance dans l’écriture d’une chanson, qu’ils intitulent Mercy. Un titre avec lequel, ils ont remporté en janvier « Destination Eurovision », le télécrochet organisé par France 2 pour désigner la chanson représentant la France à Lisbonne.
« Tout cela est un peu fou », lance Grégory Leclerc qui a découvert à l’automne l’histoire de la chanson dans un article de 20 Minutes. « Mercy est venue au monde à l’instant précis où nous touchions terre en Europe, tout un symbole », se souvient-il avec émotion. « Vers 8 h 30, quand la bonne nouvelle a été annoncée, médecins et bénévoles sont tombés dans les bras, les migrants ont commencé à entonner One love de Bob Marley. Mille voix à l’unisson, c’était bouleversant. Vous avez beau être journaliste, essayer d’avoir du recul, la force de cet instant est inoubliable. »

@MSF @SOSMedFrance @Nice_Matin @Var_Matin Sa maman Taiwo, nigerianne, et Mercy (3,7 kg), se portent bien. Sur cette… https://t.co/eHypuFY82Z— GregLeclerc (@Grégory Leclerc)


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Il n’aura fallu que deux jours à Madame Monsieur pour composer la chanson. L’histoire est relatée à la première personne. La narratrice est un « bébé d’une grande naïveté mais aussi d’une grande sagesse, elle a conscience du monde dans lequel elle arrive » note Emilie Satt, avant de préciser : « Le plus difficile a été de trouver les mots justes, sans exagérer, sans être moralisateur. Nous voulions une chanson solaire, qui fasse du bien. » Jean-Karl Lucas ajoute : « Au final, c’est un titre avec du fond, du sens, mais sur lequel on peut aussi danser, c’est cette dualité qui nous intéresse ».
A l’Eurovision, samedi 12 mai, le duo pop pourra compter sur le soutien du journaliste de Nice Matin. Encore abasourdi par le destin de son tweet, il a fait le déplacement à Lisbonne. « J’avais embarqué sur l’Aquarius pour mettre des visages, des parcours sur le mot “migrant” », raconte-t-il. « Quel prolongement magnifique et inattendu ! Mercy est aujourd’hui le visage des migrants. »

   


La petite fille et sa mère vivent pour l’heure dans un camp en Sicile où des journalistes de France Inter les ont retrouvées en avril. « Madame Monsieur sont en train de créer une association pour les aider et, à travers elles, tous les autres migrants », indique Grégory Leclerc. « Car ne perdons pas de vue qu’au moment où nous discutons, d’autres Mercy, dont on ne parlera jamais, se noient en Méditerranée. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ A écouter cette semaine : la pianiste suisse Beatrice Berrut en forme olympique, du swing manouche éclectique, une voix ivoirienne aux vibrations positives…
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Sélection albums : Franz Liszt, Samarabalouf, Dobet Gnahoré…

A écouter cette semaine : la pianiste suisse Beatrice Berrut en forme olympique, du swing manouche éclectique, une voix ivoirienne aux vibrations positives…



Le Monde
 |    11.05.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 17h12
   





                        


Franz Liszt Athanor : Totentanz – Piano Concertos Beatrice Berrut (piano), Czech National Symphony Orchestra, Julien Masmondet (direction).

   


Aux yeux de Franz Liszt, le piano était tout à la fois « microcosme et microthée, petit monde et petit dieu ». On ne saurait trouver plus belle illustration de ce credo que le disque enregistré par Beatrice Berrut. Le programme est un condensé de la galaxie lisztienne et la pianiste une incarnation des principales figures de l’Olympe. De la Diane chasseresse qui ne rate aucune cible expressive avec son arc Bösendorfer au Mercure insaisissable qui s’élève de doigts virtuoses. La spectaculaire Totentanz, avec des cadences prismatiques, puis les deux concertos (le 1er, radieux et virevoltant, le 2nd, orageux et conquérant) nous parviennent avec une exceptionnelle plénitude. Aussi nuancé que la soliste suisse, l’orchestre tchèque alterne grâce apollinienne et sensualité bachique sous la direction complice de Julien Masmondet. Pierre Gervasoni
1 CD Aparté.
Gérard Caussé Viola Legend – The Erato Years Avec Pierre Amoyal, Armin Jordan, Michel Plasson, Michel Portal, Nathalie Stutzmann, François-René Duchâble, Paul Meyer, Kent Nagano, Jean-Philippe Collard, Augustin Dumay, Orchestre de chambre de Lausanne, Orchestre du Capitole de Toulouse, Orchestre de l’Opéra de Lyon, Les Solistes Montpellier-Moscou.

   


C’est un trésor national vivant : né il y a bientôt soixante-dix ans à Toulouse (le 26 juin), l’altiste Gérard Caussé est un symbole et un exemple. La sonorité claire et voluptueuse de son Gasparo da Salo de 1560 est reconnaissable entre toutes. Tout comme le lyrisme sensuel, généreux et raffiné avec lequel ce musicien engagé s’offre à toutes les musiques du répertoire. Qu’il soit baroque ou contemporain (il a été soliste de l’Ensemble intercontemporain et a suscité nombre de créations – Grisey, Nunes, Lenot, Jarrell, Hersant, Levinas, Dusapin, Dufourt, Jolas). Ou embrasse l’éventail du romantisme et du XXe siècle : de Berlioz à Martinu, Bruch, Bartok, Stravinsky, Britten, Walton, sans oublier Mozart, le premier à avoir donné un chef-d’œuvre à l’instrument avec la fameuse Symphonie concertante, où l’alto joue partie égale avec le violon. Pur produit de l’école de cordes françaises issue du Conservatoire de Paris, un temps quartettiste au sein des Via Nova puis du Quatuor Parrenin, Gérard Caussé est aussi un chambriste tout aussi recherché (Brigitte Engerer, Augustin Dumay, Michel Portal, Paul Meyer), un excellent camarade de jeu doublé d’un artiste exigeant. Il était évident qu’Erato lui consacre cette excellente rétrospective discographique, fût-ce la première de son histoire consacrée à un altiste. Marie-Aude Roux
1 coffret de 13 CD Erato/Warner Classics.
Samarabalouf Up

   


Guitariste « autodidacte » et entré en musique adolescent, à l’écoute de Harvest de Neil Young, comme le précise sa biographie sur son site Internet, Samarabalouf.fr, François Petit a fondé en 2000 le groupe Samarabalouf, plutôt versé dans le swing manouche. Si l’on en retrouve des éléments dans ce nouvel album, Up, Petit et ses camarades explorent de nombreux univers, que cela soit la country (Octopus Baby, Up) ou le folk, les musiques latines (El paso del diablo), celtiques (L’Irlandais), celles des pays de l’Est (Léooooo) et de l’Orient. Sans donner l’impression d’une inspiration de surface, mais bien en connaissance des codes et vocabulaires. L’instrumentation est aussi pour beaucoup dans la réussite de cet album, avec, outre François Petit, Hélène Piris au violoncelle, Léo Mathieu au violon et Michel Sanlaville à la contrebasse. Une alliance des cordes frottées et pincées qui se révèle souvent inventive. Et de toute tendresse sur la belle mélodie La Larme. Sylvain Siclier
1 CD Athos Productions/L’Autre Distribution.
Dobet Gnahoré Miziki

   


Le voici enfin l’album lumineux que l’on espérait pour Dobet Gnahoré. Celui qui révélerait toutes les nuances de son empreinte vocale, la ferait apprécier autrement que comme une chanteuse charismatique faite pour la scène (souplesse, puissance et regard de braise). Coproduit par le Café de la Danse (salle de concerts parisienne), ce cinquième album est quasiment tout écrit et composé par la chanteuse ivoirienne, qui a fait ses classes auprès de son père percussionniste, Boni Gnahoré, au village d’artistes Ki Yi M’Bock, créé à Abidjan en 1985 par l’écrivaine camerounaise Werewere Liking. Entourée de ses musiciens (dont le toujours fin guitariste Colin Laroche, de Féline), elle a trouvé en Nicolas Repac le réalisateur idoine pour la coacher et draper d’arrangements subtils ses mondes intérieurs mis en chansons, dans lesquelles court un esprit vaillamment positif. Patrick Labesse
1 CD Le Café/Wagram Music.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Le théâtre parisien accueillera, à partir du 15 mai, le festival Parlez-vous stand-up ?, qui vise à illustrer l’éclectisme du genre.
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Le Rond-Point met le stand-up à l’honneur

Le théâtre parisien accueillera, à partir du 15 mai, le festival Parlez-vous stand-up ?, qui vise à illustrer l’éclectisme du genre.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 16h32
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 16h49
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

« C’est la classe pour nous d’être là », lâche Mathieu Madenian sur la scène du théâtre du Rond-Point à Paris. L’humoriste ironise sur cette « nuit assise » dans un théâtre public « bourré de spectateurs intelligents ». Nous sommes le 29 janvier, et le temps d’une soirée, le stand-up a les honneurs de la grande salle Renaud-Barrault. Sept humoristes se sont assis, tels des conférenciers, devant des tables basses, avant de livrer, chacun son tour, debout, micro à la main, dix minutes de vannes et de saillies sur des sujets d’actualité. Il y a là Tania Dutel, Charles Nouveau, Wary Nichen ou Roman Frayssinet, tous plus habitués à écumer les comedie-clubs et autres cafés-théâtres que des plateaux de scènes nationales. Cette séance en forme de joute oratoire fut comme le hors-d’œuvre du festival Parlez-vous stand-up ?, qui débutera mardi 15 mai au Rond-Point.

C’est la première fois que ce théâtre parisien va se transformer en scène ouverte pour faire découvrir une vingtaine de jeunes stand-uppeurs. « On ne cherche pas une médaille en chocolat, mais une écoute, on veut montrer la noblesse du stand-up », insiste Kader Aoun, producteur influent de la scène humoristique française auquel Jean-Michel Ribes, le directeur du Rond-Point, a donné carte blanche pour organiser ce nouveau rendez-vous. Les deux hommes ont déjà travaillé ensemble. En février 2017, une soirée stand-up intitulée « Rions un peu en attendant Marine » avait réuni un plateau d’humoristes. « Le cadre du Rond-Point les enlève du cabaret rigolard, ils ne peuvent pas jouer de la proximité facile avec le public, cela les force à élever le débat », considère Jean-Michel Ribes qui entend « lutter à mort contre les ricaneurs » en recherchant de nouvelles formes d’écriture humoristique. « Comme dans la danse ou le théâtre, l’idée est de créer des passerelles avec des artistes qui ont un talent d’auteurs et qui inventent un monde »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Enfant, le réalisateur d’« Interstellar » a été bouleversé par le chef-d’œuvre de Kubrick dont le souvenir ne l’a plus quitté. Au point de susciter sa vocation de cinéaste. Il a supervisé la restauration de la version d’origine, projetée dans le cadre du programme Cannes Classics.
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« 2001 : l’Odyssée de l’espace », heureuse obsession de Christopher Nolan


                      Enfant, le réalisateur d’« Interstellar » a été bouleversé par le chef-d’œuvre de Kubrick dont le souvenir ne l’a plus quitté. Au point de susciter sa vocation de cinéaste. Il a supervisé la restauration de la version d’origine, projetée dans le cadre du programme Cannes Classics.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 14h18
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 16h57
    |

            Samuel Blumenfeld








                              

                        

À l’été 1977, quand il a vu pour la première fois 2001 : l’Odyssée de l’espace, le réalisateur britanno-américain Christopher Nolan avait 7 ans. À quelques mois d’intervalle, l’enfant a découvert un autre film, destiné, lui, à un garçon de son âge, La Guerre des étoiles.
Le succès inattendu et fulgurant du space opera de George Lucas au printemps aux États-Unis – avant une sortie en décembre en Grande-Bretagne – avait amené la MGM à rediffuser en salle le long-métrage de Stanley Kubrick, qui datait de 1968, afin de profiter de l’intérêt renouvelé du public pour la science-fiction.
Plus fort que « La Guerre des étoiles » 
Si le réalisateur d’Interstellar (2014) et de Dunkerque (2017) garde bien en tête cette première vision de La Guerre des étoiles – la référence, à ses yeux, en matière de science-fiction grand public –, celle-ci n’a rien de comparable à la clarté et à l’étrangeté de 2001. L’effet produit sur le gamin se révélait incomparable.
Christopher Nolan essaie encore de comprendre ce qui s’est passé en lui ce jour-là. Fait inhabituel, son cerveau a imprimé et conservé chaque photogramme. Son souvenir était net, précis, indélébile. Une performance devant moins à sa mémoire qu’aux propriétés exceptionnelles de 2001.
Récemment, Christopher Nolan a trouvé l’explication à cette hypermnésie. Il a supervisé la restauration de la copie analogique dans son format d’origine (70 mm), version qu’il présentera à Cannes le dimanche 13 mai, dans le cadre du programme Cannes Classics, avec un entracte de quinze minutes, comme au printemps 1968.

« Voir et revoir 2001 sur une période aussi resserrée, une vingtaine de fois peut-être, m’a permis de prendre la mesure d’un principe élémentaire. J’utilise des arrêts sur image pour les photos de mes films qui seront distribuées pour la promotion. D’ordinaire, vous avez du mal à trouver des plans qui...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Maria Martins et Marcel Duchamp, Sophie Taeuber et Jean Arp, Max Ernst et Dorothea Tanning… Au Centre Pompidou-Metz, l’exposition « Couples modernes 1900-1950 » s’intéresse à l’œuvre et au fonctionnement des duos d’artistes qui ont marqué l’histoire.
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Tout l’art du couple 
                  
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Le Monde
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                  11.05.2018 à 14h18
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 17h08


Maria Martins et Marcel Duchamp, Sophie Taeuber et Jean Arp, Max Ernst et Dorothea Tanning… Au Centre Pompidou-Metz, l’exposition « Couples modernes 1900-1950 » s’intéresse à l’œuvre et au fonctionnement des duos d’artistes qui ont marqué l’histoire.

Par                             Roxana Azimi





                     

Certains couples sont unis à la vie, à la mort. Et au travail. Pour les artistes, l’intimité et la création s’entremêlent parfois. L’une nourrit-elle l’autre ? Les différences produisent-elles des formes inédites ? Autant de questions auxquelles tente de répondre l’exposition « Couples modernes », organisée jusqu’au 20 août au Centre Pompidou-Metz, avec une quarantaine d’exemples de tandems artistiques de la première moitié du xxe siècle.
Un retour historique qui n’a rien de poussiéreux alors que les couples d’artistes abondent aujourd’hui dans l’art contemporain, beaucoup allant même jusqu’à former une seule et unique entité artistique. Entre autres, Ilya et Emilia Kabakov, Claes Oldenburg et Coosje van Bruggen ou encore Gilbert & George, qui ont pris l’habitude de compléter l’un l’autre leurs répliques dans un numéro rodé de duettistes.
Mais, même quand ils ne signent pas les mêmes œuvres, « l’autre fait dévier de la trajectoire ou conforte des intuitions », souligne Emma Lavigne, directrice du Centre Pompidou-Metz. La dynamique du couple, en effet, a changé le destin de nombreux artistes. Le Manifeste anthropophage, d’Oswald de Andrade, doit beaucoup aux discussions intenses avec son épouse, l’artiste Tarsila do Amaral. Et, en succombant au charme de la Brésilienne Maria Martins, Marcel Duchamp, artiste célibataire par excellence, a produit de curieux objets érotiques, dont l’une de ses œuvres les plus audacieuses, Étant donné, moulé sur le corps de sa muse clandestine.
La fin des « grands hommes »
Pour les créatrices, le couple a parfois été synonyme de liberté. L’osmose entre Sophie Taeuber et Jean Arp, mariés en 1922, sautait aux yeux. Acteurs majeurs du mouvement Dada et de l’abstraction, tous deux se sont mutuellement influencés, allant jusqu’à produire des œuvres ensemble, des duo-dessins et des duo-collages. Au point que l’artiste Marcel Janco écrira : « Leur travail allait de pair, et...





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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Une exposition à New York sur la mode et le catholicisme, une autre sur Andy Warhol au Vatican, un pavillon à la Biennale d’architecture de Venise… Le Saint-Siège dépoussière son image d’institution peu ouverte aux tendances artistiques de l’époque.
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Le Vatican se convertit au pape art


                      Une exposition à New York sur la mode et le catholicisme, une autre sur Andy Warhol au Vatican, un pavillon à la Biennale d’architecture de Venise… Le Saint-Siège dépoussière son image d’institution peu ouverte aux tendances artistiques de l’époque.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 14h14
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 17h03
   





                              

                        

Un haut responsable du Vatican qui pose en soutane à côté des papesses de la mode Anna Wintour, avec son carré frangé, et Donatella Versace, cheveux blonds peroxydés et lèvres hypertrophiées, l’image a de quoi surprendre. Le 26 février, au palais Colonna, à Rome, le cardinal Gianfranco Ravasi, président du conseil pontifical pour la culture, prend le micro en présence de la célèbre rédactrice en chef du magazine américain Vogue et de la créatrice italienne pour annoncer un partenariat avec le Metropolitan Museum of Art (MET) de New York. Fruit de cette collaboration, l’exposition « Heavenly Bodies : Fashion and the Catholic Imagination » (Corps célestes : la mode et l’imaginaire catholique) ouvre le 10 mai ses portes dans le prestigieux musée. L’alliance est moins incongrue qu’il n’y paraît.
 Andrew Bolton, commissaire de l’exposition
Comme on peut le constater au MET, les habits ecclésiastiques n’ont cessé d’inspirer artistes et stylistes. En 1985, Yves Saint Laurent avait confectionné la parure dorée de la statue de la Vierge d’El Rocío à la chapelle Notre-Dame-de-Compassion, à Paris. En 1997, à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse, c’est Jean-Charles de Castelbajac qui avait dessiné la soutane que portait Jean Paul II. Le visiteur du MET peut aussi admirer des robes directement inspirées des vêtements liturgiques, comme cet ensemble du soir signé John Galliano pour Dior, incrusté de bijoux et surmonté d’une mitre d’évêque. Sans compter les quarante « œuvres d’art ecclésiastiques » portées par des papes du XVIIIe au XXIe siècle, prêtées par le Vatican, parmi lesquelles les fameux souliers rouges du souverain pontife.
Lire aussi (édition abonnés) : 1997, Jean-Charles de Castelbajac habille le pape
Barbara Jatta, directrice des Musées du Vatican, est l’architecte de ce projet...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Elégant et écologique, le bois devient le matériau de prédilection des nouveaux immeubles, tours d’habitation ou de bureaux. Une révolution architecturale rendue possible par la mise au point de panneaux d’une résistance inégalée.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                
                                    

Les architectes retournent au bois


                      Elégant et écologique, le bois devient le matériau de prédilection des nouveaux immeubles, tours d’habitation ou de bureaux. Une révolution architecturale rendue possible par la mise au point de panneaux d’une résistance inégalée.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 14h13
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 17h01
    |

                            Marie Godfrain








   


Dans dix mois, un nouveau sommet culminera entre le centre-ville de Strasbourg et la frontière allemande. Haute de 38 mètres et dotée de 11 étages, la tour Sensations aura la particularité d’être entièrement réalisée en bois, de la façade à la cage d’ascenseur… 146 appartements y seront logés. A Bordeaux, au niveau du quai de Brienne, ce sont des entreprises qui investiront, dans quelques jours, le plus grand immeuble de bureaux en bois de France. Baptisé Perspective, il se dresse sur sept niveaux.
Jusqu’à 50 mètres de hauteur
Le bois fait son grand retour dans la construction. Après avoir convaincu les architectes d’intérieur, qui attribuent au lambris des vertus apaisantes, le bois apparaît désormais sur les façades extérieures des maisons et, depuis cinq ans, sur celles des immeubles. Architectes, promoteurs et autres professionnels du bâtiment multiplient en effet les expérimentations pour lancer des chantiers qui peuvent atteindre jusqu’à 50 mètres de hauteur. On le sait peu, mais le bardage (la partie visible qui recouvre les façades) ne représente que 5 % du bois utilisé. L’essentiel est employé pour la structure, invisible de l’extérieur mais véritable enjeu de ce renouveau du bois. « Nous avons dû nous fédérer pour répondre à ce nouveau besoin pour les chantiers à plusieurs étages, de plus en plus nombreux en France », explique Sylvain Larrouy, le président de Maître Cube, qui regroupe les huit plus gros charpentiers du pays.

   


Ce phénomène n’aurait pas vu le jour sans un singulier alignement des planètes. D’abord, une prise de conscience politique. « Depuis la COP21, les élus ont compris les vertus du bois », estime Dimitri Roussel, qui s’est spécialisé dans ce matériau au sein de l’agence Laisné-Roussel, à qui l’on doit la tour bordelaise Perspective (l’architecte a, depuis, lancé son propre studio, Dream). « Ce sont l’Etat et les collectivités locales qui ont commencé ces programmes, que ce soit le futur édifice de la place Mazas, près de Bastille, avec le projet “Réinventer la Seine” ou L’Arboretum, des bureaux à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine. »

        Lire aussi :
         

                A Tokyo, un gratte-ciel de bois façon Kapla



Dans le cadre du programme « Inventons la métropole du Grand Paris », l’agence Laisné-Roussel a aussi remporté la construction d’un ensemble qui sera réalisé à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Avec ses 60 mètres de hauteur, ce sera l’un des bâtiments en bois les plus élevés de France, grâce à l’utilisation de CLT (Cross Laminated Timber), un matériau ultrarésistant constitué de panneaux de bois massif développé depuis une dizaine d’années.
« Les méthodes de construction sont plus durables, on assemble comme au Lego, sans dépenser d’énergie. » Lina Ghotmeh, architecte
« La tour que je construis actuellement dans le 13e arrondissement de Paris n’aurait pas vu le jour sans le CLT, qui permet de construire haut et dense », souligne l’architecte Lina Ghotmeh. Pour ce projet baptisé « Ré-Alimenter Masséna », elle a utilisé le bois apparent comme un manifeste. « Ce n’est plus un bâtiment mais un élément naturel dans la ville. Il va grisailler, changer de couleur, faire œuvre de pédagogie. » Car le principal intérêt du bois est écologique, avec un bilan carbone deux fois moins lourd que le métal ou le béton, et un chantier court qui ne pollue pas le site puisque le matériau arrive prêt à être monté. « Les méthodes de construction sont plus durables, on assemble comme au Lego, sans dépenser d’énergie inutilement », résume Lina Ghotmeh.

   


L’usage du bois offre aussi de nouvelles formes architecturales, plus légères et élégantes. « Je fais souvent visiter l’immeuble Perspective à des bailleurs, des collectivités et des promoteurs qui ont besoin d’être rassurés, indique Dimitri Roussel. Ils sont rapidement convaincus par sa façade en pin des Landes et son intérieur en mélèze d’Aquitaine et du Massif central. »
Pourtant, le premier gratte-ciel en bois n’est pas pour demain. « Le Japonais Shigeru Ban est à l’origine d’une tour de 70 mètres à Vancouver, au Canada, mais on ne verra jamais de Burj Khalifa en bois (la tour la plus haute du monde, 828 mètres, située à Dubaï) », estime William Hall, auteur de Wood, ouvrage consacré à la construction en bois (éd. Phaidon). Peu importe, du moment que l’industrie du bâtiment, l’une des plus polluantes du monde, poursuit sa réforme.

        Lire aussi :
         

                La construction en bois prend de la hauteur en France






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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le multi instrumentiste, producteur et auteur du magnifique « Rare Bird », nous dévoile ses coups de coeurs musicaux et spirituels, au lendemain de son concert à Lyon avec Roger Waters.
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La Youtubothèque de Jonathan Wilson

Le multi instrumentiste, producteur et auteur du magnifique « Rare Bird », nous dévoile ses coups de coeurs musicaux et spirituels, au lendemain de son concert à Lyon avec Roger Waters.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 13h52
    |

            Franck Colombani








                        



   


La série « YouTubothèque » invite des artistes à choisir leurs œuvres favorites sur la plateforme de vidéos en ligne YouTube. Une carte blanche permettant de s’ouvrir à leurs différentes influences, qu’elles soient musicales, cinématographiques, littéraires, voire au-delà de la sphère culturelle.

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Jonathan Wilson ne touche pas le sol. Non pas à cause de ses airs de gourou new age affichés sur la couverture de son dernier album, Rare Birds. Mais plutôt parce qu’il est un musicien très occupé, sans cesse sur la route ou en train de travailler dans son studios d’enregistrement. Ce quadragénaire natif de Caroline du Nord accumule les casquettes, multi-instrumentiste, compositeur et producteur. Ses deux premiers albums solo, Gentle Spirit ( 2011 ) et Fanfare (2013), ont bâti sa réputation de touche-à-tout surdoué, en proposant une brillante réactualisation de l’esprit rock psychédélique de la Côte Ouest américaine, mais aussi des effluves planantes de Pink Floyd. Il faut dire que cet érudit est tellement obsédé par la musique californienne des années 1970 qu’il s’est installé en 1994 à Los Angeles, sur les collines mythiques de Laurel Canyon, haut-lieu du rock des années 1960 et 1970, cotoyant notamment Neil Young, Jackson Browne, David Crosby....
Relocalisé depuis quelques années dans le quartier branché d’Echo Park, son studio Fivestar a vu défiler du beau monde : du folker Father John Misty en passant par son idole Roger Waters ou encore le guitariste culte Roy Harper. Rare Bird, troisième album paru en mars, opère un virage esthétique inédit dans sa carrière solo, par l’entremise de claviers analogiques et de boîtes à rythme dans la veine de The War On Drugs (le superbe There’s a Light), et autres sonorités eighties hybrides dans le sillage de Peter Gabriel et Paul Simon. Un disque colossal de près de 80 minutes qui réussit le pari de captiver de bout en bout.
Exemple de cette mue réussie, le titre Loving You, enregistré avec le musicien new-age expérimental Laraaji (collaborateur de Brian Eno), bénéficie également des chœurs de la diva Lana Del Rey. Après deux concerts solo donnés en mars, Jonathan Wilson vient de se produire à Lyon aux côtés de Roger Waters où il tient le poste convoité de guitariste. Il sera de retour dans la capitale avec l’auteur de The Wall les 8 et 9 juin, dans l’enceinte U-Arena. Puis il volera de ses propres ailes à nouveau, le 14 septembre à Paris, au Cabaret Sauvage.



1. Blops, « Locamotora »

Jonathan Wilson : Voici un de mes groupes psychédélique préférés en provenance du Chili, avec un album de 1973. Et c’est toujours une bonne chose que de l’écouter, pour n’importe quelle occasion. Je voudrais être dans ce groupe.
2. Larajji, « All of the sudden» Live on Television, 1986

« Cette fois, nous sommes au centre de tout cela » et « les embrasses n’étaient pas si chaleureuses avant »  chante Larajji sur ce titre. C’est l’un de mes artistes préférés de tous les temps. Nous avons collaboré ensemble sur  Loving You, qui est la première composition que j’ai enregistrée pour le dernier album. C’est peut-être le musicien le plus original et authentique que j’aie jamais rencontré.
3. Elvin Jones explaining polyrhythm 

Elvin est mon batteur préféré depuis l’adolescence, et il m’inspire toujours. Dans cet extrait, il explique un phrasé rythmique en des termes très simples. Il a un style tellement unique, rude sur les bords, mais tellement connecté à la terre, à l’humanité ...
4. Jack Dejohnette, « Zebra »

Le trompettiste Lester Bowie s’associe à Jack Dejohnette, ici à la programmation de rythmes et aux claviers. Lester joue de la trompette de la façon la plus expressive qui soit. C’est le mélange parfait du bien et du mal.
5. Alan Watts  « The Real You »

Je suis toujours en tournée, et chaque jour depuis environ un an, j’écoute le philosophe anglais Alan Watts dans la salle de gym, en faisant du tapis roulant. Dans l’espoir que certains de ses mots incroyablement profonds et coulés m’imprégneront.
6 Viv Stanshall , one man’s week

Viv est mon animal spirituel psychédélique, j’aime tout ce qu’il dit, fait et chante. L’histoire du groupe Bonzo Dog, et l’espace qu’il occupe dans l’histoire, tient une grande place dans ma vie. J’aime leurs disques et ce document donne un aperçu rare de la vie quotidienne de Vivian.
Jonathan Wilson, Rare Birds (Bella Union/Pias)
En concert le 14 septembre à Paris, le Cabaret Sauvage.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Présenté à Cannes, mais interdit au Kenya, ce film raconte une relation amoureuse entre deux femmes. La réalisatrice analyse le premier moment où celles-ci explorent leur amour naissant.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ En ce troisième jour de compétition, le 71e Festival de Cannes bruisse des rumeurs sur la venue ou non du cinéaste français pour son « Livre d’image ».
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La gazette de la Croisette : Godard, éternel absent, la pègre de Jia Zhang-ke et des échos de Mai-68

En ce troisième jour de compétition, le 71e Festival de Cannes bruisse des rumeurs sur la venue ou non du cinéaste français pour son « Livre d’image ».



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h46
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 15h51
   





                        



   


DU CÔTÉ DE LA COMPÉTITION :
Entre le Festival de Cannes et le cinéaste franco-suisse Jean-Luc Godard, c’est une histoire d’amour-haine qui dure depuis les années 1960, notamment depuis les événements de Mai-68 où il avait activement participé à l’agitation ayant conduit à l’arrêt de la manifestation cannoise. En 2014, il n’était pas venu sur la Croisette pour recevoir son prix du jury pour Adieu au langage. Pour cette 71e édition, il est mis à l’honneur sur l’affiche du Festival avec une image extraite de Pierrot le fou (1965) avec Jean-Paul Belmondo et Anna Karina. Et présente en compétition, vendredi 11 mai, un film documentaire, Le Livre d’image. Nul ne sait s’il sera présent sur la Croisette ou non, et les rumeurs les plus farfelues vont bon train, comme l’explique notre journaliste Aureliano Tonet.

Face au Livre d’image, de Jean-Luc Godard, un autre habitué de la Croisette entre dans la bataille pour la Palme d’or en ce vendredi, le réalisateur chinois Jia Zhang-ke, avec Les Eternels (Jiang hu er nü/Ash Is Purest White) une histoire qui se déroule au sein de la pègre locale de Datong (dans la province du Shanxi). Il a déjà participé à la compétition cannoise à quatre reprises et remporté le prix du scénario en 2013 avec A Touch of Sin (Tian zhu ding).

        Lire le portrait :
         

          Les paradoxes de Jia Zhang-ke




DU CÔTÉ DES AUTRES SÉLECTIONS :
A la Semaine de la critique, notre journaliste Clarisse Fabre a beaucoup aimé le premier long-métrage de Camille Vidal-Naquet, Sauvage, sur la prostitution masculine, notamment au bois de Boulogne. Dans le rôle principal de Léo, un prostitué en mal d’amour, le jeune acteur Félix Maritaud, que Véronique Cauhapé a rencontré, y impose « sa présence brute et solaire ».

ON ATTEND AUJOURD’HUI :
Pour rester dans l’ambiance soixante-huitarde liée à la sélection de Jean-Luc Godard en compétition, on peut noter l’hommage rendu au producteur, distributeur et réalisateur Marin Karmitz, fondateur de MK2. A 14 h 30, dans le cadre de la programmation Cannes Classics, son documentaire Coup pour coup sera projeté en sa présence, suivi d’un débat avec le public. Ce film, réalisé en 1972, fait écho aux luttes sociales de 1968 en racontant une grève sauvage dans une petite entreprise de textile employant presque exclusivement des femmes.

        Lire la gazette de la Croisette (10 mai) :
         

          Un match franco-polonais, l’Amérique de Paul Dano et Ryan Coogler






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Au Théâtre de la Colline, à Paris, un spectacle hypnotique et émouvant avec un quatuor d’actrices exceptionnel.
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« A la trace » : enquête autour d’un secret familial

Au Théâtre de la Colline, à Paris, un spectacle hypnotique et émouvant avec un quatuor d’actrices exceptionnel.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 16h49
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Voilà toute une bande de femmes qu’il va falloir absolument suivre – et suivre A la trace, titre du spectacle, hypnotique et émouvant, qu’elles composent ensemble, et que l’on ne saurait trop recommander d’aller voir au Théâtre de la Colline, à Paris, en ce mois de mai. La jeune auteure Alexandra Badea signe le texte et Anne Théron la mise en scène de cette pièce portée par un quatuor d’actrices exceptionnel : Nathalie Richard, Judith Henry, Liza Blanchard et Maryvonne Schiltz.
L’histoire, en forme de quête d’identité et de polar familial, commence le jour où la jeune Clara perd son père, et trouve, dans la cave de la maison, un sac de femme n’appartenant pas à sa mère officielle. Le sac contient quelques bricoles, ainsi qu’une carte électorale au nom d’une certaine Anna Girardin. Qui est cette femme ? Cette sensation d’inconfort, de grincement existentiel que connaissent tous les enfants sur qui pèse un secret autour de leur filiation se réveille chez la jeune femme.
Clara part à la recherche de cette inconnue, mais il existe de par la France et le monde plusieurs Anna Girardin. La première est assistante maternelle et chante, le soir, des chansons d’amour pour des hommes seuls, dans un bar près d’une gare. La deuxième est avocate, elle est chargée de défendre un homme de quatre-vingt dix ans qui a tué sa jeune compagne. La troisième vit en autarcie à la campagne, elle a choisi de rompre avec la société. La quatrième est audio-psycho-phonologue à Berlin, et elle décèle dans l’oreille interne de Clara que quelque chose s’est rompu avec sa mère.
Maternité, mémoire et filiation
Parallèment, on suit l’histoire d’une autre femme. Dans la splendeur de sa quarantaine, elle vit d’hôtel en hôtel, de Kinshasa à Tokyo, de Berlin à Kigali. Comme elle le dit elle-même, elle « flotte », sans ancrage. Elle peuple cette solitude de rencontres virtuelles avec des inconnus de hasard, apparaissant sur l’écran depuis d’autres mondes, d’autres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Dessin par dessin, Gaston met en lumière les vertus de la paresse dans le monde du travail.
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Un garçon de bureau idéal

Dessin par dessin, Gaston met en lumière les vertus de la paresse dans le monde du travail.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 12h49
    |

            Pierre Jullien








                        



                                


                            

Les horaires, il ne connaît pas :
– « C’est à cette heure-ci que vous arrivez, hmm ? !!
– L’ascenseur était en retard. »
Le travail ? Après la sieste :
– « Gaston, qu’avez-vous ? A l’aide ! J’appelle un médecin… Souffrez-vous ?
– En voilà des histoires parce que je m’endors !… »
Le surmenage ? Pas de risques :
– « Gaston ! Je l’ai enfermé hier soir dans les bureaux. Pauvre garçon ! Quelle nuit mortelle !! Ma parole ! Ce phénomène ne s’est pas rendu compte !
– Zzzzzzz… C’est vrai ce que tu me dis ? Toute la nuit ? Note vite ça aux heures supplémentaires ! »
Le non-conformisme de Gaston Lagaffe dynamite l’entreprise, explose ses codes et incarne le salarié qui ne stresse jamais. Malgré son absence de productivité, ses talents pour la procrastination, ses capacités de destruction, sa bienveillance maladroite, ses inventions – qui relèvent d’une R&D de terrain - censées améliorer les conditions de travail de chacun, mais qui menacent l’intégrité physique de ses chefs et collègues caricaturés à l’extrême, Lagaffe n’est pas licencié, allant s’attirer même la bienveillance de ces derniers quand leur patience n’est pas poussée à bout.
Les coulisses de l’entreprise
Les « exploits admirables de notre héros sans emploi », selon Fantasio dans le volume 1, illustrent les coulisses de l’entreprise, les rapports hiérarchiques qui l’animent, fouillent dans les détails le quotidien du monde du travail et suggèrent que la paresse est un signe d’intelligence, l’élevant au rang de vertu !
Franquin décrit ainsi une vie de bureau dans une drôle d’entreprise où tout est permis, où le travail est désacralisé… dans une bande dessinée intemporelle qui en fait le succès depuis plus de soixante ans. Ce dont témoignent des « hors-séries » récents en pagaille (Télé 7 jours, Méga Spirou, Philosophie magazine, etc.), un film (sorti le 4 avril), une exposition à la Cité des sciences...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le peintre, décédé à Copenhague le 9 mai, à 79 ans, avait aussi réalisé d’austères architectures de briques.
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La mort de Per Kirkeby, Danois à la peinture panthéiste

Le peintre, décédé à Copenhague le 9 mai, à 79 ans, avait aussi réalisé d’austères architectures de briques.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 10h20
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 10h27
    |

                            Philippe Dagen








                        



   


L’artiste danois Per Kirkeby est mort le 9 mai à Copenhague, à 79 ans. Affaibli à la suite d’un accident vasculaire survenu en 2013, il avait, depuis deux ans, cessé de travailler. L’ultime exposition de son vivant a déployé l’hiver dernier, sous la verrière du Palais des Etudes des Beaux-Arts de Paris, l’ensemble rétrospectif de ses architectures de briques.
Né le 1er septembre 1938 à Copenhague, Kirkeby ne s’engage pas d’abord dans des études artistiques. A partir de 1957, il s’initie aux sciences naturelles à l’université de sa ville natale et participe, en qualité d’élève géologue, à une mission scientifique au Groenland dès l’année suivante, expérience de terrain suivie de plusieurs autres de même type. On ne les mentionnerait pas si lui-même ne s’y référait dans ses propos et écrits. Ce n’est qu’en 1962 qu’il rejoint l’Ecole d’Art Expérimental de Copenhague, et s’initie à la peinture et la gravure, mais aussi la performance et le film 8 mm. Cette diversité des intérêts et des pratiques s’est développée ultérieurement. Ses premières sculptures – si tant est que ce mot soit le meilleur pour qualifier ces structures murales – apparaissent en 1973. Auparavant, il a publié un premier ouvrage de poèmes, Copyright, en 1966, un premier roman, 2,15 en 1967 et un premier ensemble d’essais critiques en 1968. Entretemps aussi, il a participé à des performances avec plusieurs des protagonistes de cet art alors en formation : en 1966 avec Joseph Beuys et Henning Christiansen et, en 1967, à New-York, avec Charlotte Moorman et Nam June Paik.
Un romantique contemporain
A ses débuts, sa peinture porte les marques des tendances contemporaines – le pop art étant le plus visible – mais celles-ci sont déjà en partie absorbées par des surfaces intensément colorées, obtenues par des mouvements amples. Les mentions descriptives résistent quelque temps, silhouettes découpées et bribes d’images du quotidien, mais, quand l’artiste intitule en 1965 A romantic picture un polyptique en cinq panneaux, s’il entre de l’ironie dans ce titre, il n’en indique pas moins que Kirkeby soupçonne qu’il pourrait, en effet, passer pour un romantique contemporain. Face à la plupart de ses toiles et de ses peintures ou dessins à l’huile et à la craie sur tableau noir, il est difficile de ne pas aller dans ce sens et de ne pas entrevoir des éléments de la nature, tantôt de très près, tantôt à distance.
Ce paysagisme est quasi abstrait, mais l’eau, le vent, le minéral et le végétal y sont souvent suggérés – ondes, flux, blocs, lignes. La peinture y est alternativement en mouvement, entraînée par de longues touches fluides, et arrêtée, masses statiques auxquelles le regard se heurte. Le chromatisme d’ocres, verts et gris rehaussés de rouges sombres et de jaunes accentue ces sensations de plein air, de grand jour, de bord de rivière ou de sous-bois. Des années 1980 à ses dernières peintures du début de cette décennie, Kirkeby développe de vastes suites de variations, que l’on serait d’autant plus tenté de rapprocher de la création sérielle de Monet que Kirkeby tisse les couleurs d’une façon qui fait songer aux Nymphéas.

   


Peinture mouvante et panthéiste
Ce n’est pas de l’impressionnisme cependant qu’il est alors rapproché, mais de l’expressionnisme venu de Munch, du groupe Die Brücke et de COBRA et que renouvelle dès les années 1960 son contemporain Georg Baselitz. Ces proximités le font classer, trop schématiquement, du côté d’un art nordique par nature ; mais elles l’entraînent aussi dans le processus de reconnaissance qui lui vaut des expositions dans des galeries de premier plan, telle celle de Michael Werner à partir en 1974, la Biennale de Venise en 1976, sa désignation comme professeur aux Beaux-Arts de Karlsruhe en 1978, et la participation à des manifestations internationales qui ont fait date, A new spirit in painting à Londres en 1981, Zeitgeist à Berlin en 1982 et, la même année, la Documenta 7 à Kassel. Suivent logiquement des expositions personnelles au Van Abbe Museum d’Eindhoven, la Kunsthalle de Berne, la Whitechapel Art Gallery de Londres, Londres, le Ludwig Museum à Cologne et au Musée des Beaux-Arts de Nantes en 1995. Autant d’hymnes à sa peinture mouvante et panthéiste. Mais, dans la plupart, l’artiste introduit en contrepoint ses austères structures de brique, dont il affirme qu’elles lui ont été suggérées par des souvenirs d’enfance à Copenhague et Elseneur, au temps de l’occupation du Danemark par le III° Reich. Il en a donné aussi des versions de dimension plus réduite, en bronze, qui évoquent une poétique des ruines tout aussi romantique.
En 2004, l’artiste a fait don de l’ensemble de ses archives au Kunstmuseum d’Aarhus (ARoS) : un ensemble de plus 1500 esquisses, sculpture collages, carnets, livres, projets scénographiques, lettres et photographies. C’est là qu’iront ceux qui entreprendront l’étude de ce grand artiste.

Per Kirkeby en quelques dates
1938 : Naissance à Copenhague
1962 : Abandonne la géologie pour les arts
1974 : Première exposition chez Michael Werner
1982 : Participe à la Documenta de Kassel et à Zeitgeist à Berlin
2018 : Meurt à Copenhague





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ La petite-fille du cinéaste de « Sur les quais » présente, à la Semaine de la critique, « Wildlife », de Paul Dano, qu’elle a coécrit et coproduit.
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Cannes 2018 : Zoe Kazan, de case en case

La petite-fille du cinéaste de « Sur les quais » présente, à la Semaine de la critique, « Wildlife », de Paul Dano, qu’elle a coécrit et coproduit.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 09h50
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 09h53
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

Que se passe-t-il sur les terrasses des palaces cannois, maintenant qu’Harvey Weinstein n’en foule plus le sol ? On y jacasse, on s’y prélasse ; il arrive aussi, plus littéralement, que des hommes s’y fassent terrasser – par des femmes, qui plus est. Prenez le toit de l’hôtel Marriott. En ce 10 mai, Zoe Kazan y reçoit la presse, à la faveur du mélodrame Wildlife, qui ouvre la Semaine de la critique. C’est le comédien Paul Dano, son compagnon depuis 2007, qui l’a réalisé, signant là son premier long-métrage ; elle l’a coécrit, d’après un roman de Richard Ford, et coproduit.

L’endroit et le planning ont été agencés de sorte que chaque journaliste, pendant qu’il attend son tour, est contraint d’assister à la prestation de son prédécesseur. Soit, en ce qui nous concerne, un Espagnol croquignol, insistant assez lestement sur les suites du mouvement #metoo. Zoe s’en joue illico, comme Zorro du Sergent Garcia : « Je m’étonne que vous me sollicitiez aussi spontanément à ce sujet, rétorque-t-elle du tac au tac, alors que, depuis ce matin, Paul [Dano] n’a eu droit à aucune question sur la place des femmes à Hollywood. »
Quiconque s’aventure à la réduire à son physique, son genre, son couple ou son patronyme risque de la voir déguerpir tout de go
Notre confrère ibère revient à la charge, une fois, deux fois ; à la troisième, le picador est bouté hors de l’arène, et l’interview stoppée net. Nous voilà prévenu : ne surtout pas se fier à sa silhouette fluette, Zoe Kazan ne manque ni de mordant ni de répondant. Quiconque s’aventure à la réduire à son physique, son genre, son couple ou son patronyme – son grand-père, Elia Kazan, a révélé Marlon Brando et James Dean dans Sur les quais (1954) et A l’est d’Eden (1955) – risque de la voir déguerpir tout de go. Elle en avait d’ailleurs fait le sujet de son premier scénario, Elle s’appelle Ruby (2012), cosigné, déjà, par Paul Dano. Dirigés par...




                        

                        

