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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ En se dotant de règles sur les comportements des artistes, Spotify assume le rôle de plus en plus éditorial des grandes plateformes de streaming.
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Spotify va pénaliser les artistes aux comportements jugés problématiques

En se dotant de règles sur les comportements des artistes, Spotify assume le rôle de plus en plus éditorial des grandes plateformes de streaming.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 18h25
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 18h49
    |

            Corentin Lamy et 
                                Perrine Signoret








                        



   


Dans les playlists de Spotify, plus de R. Kelly ni de XXXtentacion. Si les chansons des deux artistes restent disponibles sur la plateforme d’écoute de musique en ligne, elles n’y sont plus mises en avant dans les sélections – des listes générées automatiquement en fonction des goûts des utilisateurs, ou créées par thématique. Une décision liée aux accusations qui pèsent sur les chanteurs, soupçonnés de violences sexuelles pour le premier, et de violences conjugales pour le second.
Les nouvelles règles adoptées par Spotify et dévoilées le jeudi 10 mai stipulent en effet que la plate-forme supprimera tout contenu promouvant ou incitant à la violence ou à la haine, mais aussi que le comportement des artistes pourra influer sur la manière dont elle « travaille avec eux ». Ceux qui commettent des actes « particulièrement blessants ou haineux » (Spotify cite par exemple des « violences envers des enfants » ou « des violences sexuelles ») ne figureront plus dans les playlists de la plate-forme.
« Remplacer la loi par la morale »
Si la nouvelle a fait grand bruit, Spotify supprimait en réalité déjà de son catalogue certains artistes. En août 2017, elle avait banni des groupes de musique d’extrême droite, dont certains avaient des textes ouvertement racistes ou islamophobes.
Spotify annonce aujourd’hui s’être entourée d’organisations et associations spécialisées dans la lutte contre les propos haineux comme la Ligue anti-diffamation (ADL) et l’association Color of Change.
L’entreprise, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, n’a pas précisé de combien de modérateurs elle disposait pour trier les signalements, effectués par ces organisations ou les utilisateurs.
En s’intéressant au comportement des artistes hors de leurs œuvres, Spotify franchit toutefois un seuil supplémentaire, explique Sophian Fanen, auteur du livre Boulevard du Stream (Castor Astral, 2017) et journaliste chez Les Jours :
« Pour la première fois, Spotify a fait un aveu. Elle a reconnu qu’elle avait un statut de média, et non pas d’hébergeur. Elle ne se contentera plus seulement de réagir aux musiques ou artistes problématiques qui lui sont signalés. Désormais, elle va agir en amont, éditorialiser ses contenus, remplacer la loi par la morale. »
Où placer le curseur ?
La tâche semble ardue, car il ne s’agit pas de sanctionner uniquement les artistes qui ont été condamnés par la justice. S’il est la cible d’appels au boycott récurrents sur les réseaux sociaux en raison d’accusations de violences sexuelles envers des femmes et envers une personne mineure, R. Kelly n’a pas été condamné par la justice, et a toujours nié les faits. XXXtentacion, lui, est visé par une plainte pour violences conjugales, mais n’a pas encore été jugé.
La question se pose aussi pour des artistes ayant été condamnés, comme Bertrand Cantat, condamné en 2004 à huit ans de réclusion pour le meurtre de sa compagne, Marie Trintignant. Son récent retour sur la scène musicale a provoqué de nombreux débats, à tel point que plusieurs festivals ont décidé d’annuler sa venue. Spotify n’a pas été en mesure d’indiquer au Monde s’il serait concerné par la nouvelle politique de sanction.
« Cela va être toute la difficulté pour Spotify, admet Sophian Fanen. Il va bien falloir qu’ils déterminent où ils veulent placer le curseur. Des artistes qui sont des salopards, il y en a beaucoup. Mais cela peut aussi vite virer au puritanisme, si par exemple ils décident de ne plus mettre dans leurs playlists des musiques contenant trop de gros mots. »

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Le spécialiste estime que le dispositif pourrait réellement pénaliser les artistes visés. « A long terme, cela peut tuer un artiste économiquement de ne plus être mis en avant sur les grosses plate-formes. »
Sur Spotify, rares sont selon lui les utilisateurs à taper le nom des artistes qu’ils veulent écouter dans la barre de recherche. Il estime qu’entre « 60 et 70 % » des écoutes ont pour origine des playlists, devenues un nouveau mode de consommation musicale avec le développement du streaming.
Ce dernier constitue désormais une source d’écoute considérable pour les artistes. Spotify compte ainsi, à elle seule, 71 millions d’abonnés payants et 159 millions d’utilisateurs, selon des chiffres datant de fin 2017.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ « Crunch Out » tourne en dérision les dérives managériales de l’industrie. Il met en scène Fork Parker, directeur fictif d’une entreprise réelle du secteur.
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Un jeu Super Nintendo pour sensibiliser aux conditions de travail… dans le jeu vidéo

« Crunch Out » tourne en dérision les dérives managériales de l’industrie. Il met en scène Fork Parker, directeur fictif d’une entreprise réelle du secteur.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 17h53
    |

            William Audureau








                        



   


C’est une initiative pour le moins originale, qui associe une console rétro à des problématiques très actuelles. L’éditeur américain Devolver, réputé pour sa communication à contre-courant des grands groupes, a annoncé le 11 mai la sortie de Fork Parker’s Crunch Out, un jeu de gestion en édition limitée. Il sortira uniquement en cartouche sur la version américaine de la Super Nintendo, une console de jeu vidéo culte des années 1990.
Les bénéfices seront reversés à Take This, une association caritative américaine de sensibilisation à la souffrance psychologique, qui a été rejointe en 2017 par Kate Edwards, la directrice exécutive de l’International Game Developers Association (IGDA).
Parodie cynique
A travers le personnage fictif de Fork Parker, directeur financier avide qui sert de parodie de mascotte à Devolver, cette production aux graphismes d’époque passe en revue les travers de l’industrie du jeu vidéo, dit le communiqué, au ton sarcastique :
« L’amour immodéré de Fork Parker pour le profit et ses stratégies de management pour le moins discutables (stagiaires sous-payés, heures supplémentaires obligatoires, défibrillateur d’urgence en cas de décès…) vont lui permettre de faire respecter toutes les deadlines à ses équipes, tout en maintenant leur motivation au niveau le plus élevé grâce à d’hypothétiques bonus, malheureusement calculés en fonction de la réception critique de leur jeu. »

   


Le thème du jeu fait écho aux conditions de travail dans l’industrie du jeu vidéo, un sujet de plus en plus médiatisé. Take This avait déjà publié en 2016 un livre blanc sur les souffrances liées au « crunch », des périodes de surcharge de travail massive pouvant dépasser soixante-dix heures par semaine. Un thème également abordé par le journaliste américain Jason Schreier dans son livre Blood, Sweat and Pixels (à paraître en France sous le titre Des larmes, du sang et des pixels), ou encore Mediapart et Canard PC dans une enquête commune sur l’exploitation des employés du secteur. Un projet de syndicat international des travailleurs du jeu vidéo, Game Workers Unite, est né en mars 2018.
Le pied de nez d’un éditeur indépendant
Le jeu, diffusé à 1 000 exemplaires seulement sur le site du studio de jeux vidéo à qui il a été sous-traité, Megacat Studios, tient avant tout d’une opération de communication. Il s’inscrit dans la continuité du discours engagé des dirigeants — bien réels, ceux-là — de Devolver. En octobre 2017, son cofondateur Mike Wilson avait été l’un des rares hommes haut placés de l’industrie du jeu vidéo à avoir soutenu le mouvement #MeToo et à s’être publiquement excusé de ses conduites inappropriées envers des femmes.

   


Devolver est un label indépendant spécialisé dans les petites productions décalées, plutôt que dans les superproductions particulièrement coûteuses en argent, en temps, en ressources humaines. En avril, Mike Wilson a fait part de son soutien à la syndicalisation dans l’industrie, en regrettant la chappe de silence sur ses conditions de travail :
« Ce “crunch” qui brise les gens dans les grands studios, ce n’est pas nouveau. C’est juste un secret honteux que l’industrie n’a jamais réussi à résoudre en vingt ans, ce qui est assez scandaleux quand on voit l’argent qu’elle génère. Nous n’en parlons pas, et… puisqu’il n’y a pas de syndicat de développeurs de jeu, les représentants de l’industrie ne veulent pas énerver les éditeurs, qui sont souvent leurs plus grands sponsors. »
Plusieurs jeux vidéo se sont déjà amusés à mettre en scène l’industrie de manière ludique et satirique, comme Wario Ware ou Game Dev Story, mais sans jamais soulever la question des surcharges de travail.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ L’enquête préliminaire, ouverte en décembre 2013, visait d’éventuels détournements de fonds publics.
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L’enquête sur la Cité du cinéma de Luc Besson classée sans suite

L’enquête préliminaire, ouverte en décembre 2013, visait d’éventuels détournements de fonds publics.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 17h47
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 17h58
   





                        


L’enquête préliminaire sur la Cité du cinéma du réalisateur et producteur Luc Besson, visant d’éventuels détournements de fonds publics, a été classée sans suite, a-t-on appris vendredi 11 mai de source judiciaire, confirmant une information de L’Expansion. Ouverte en décembre 2013 par le parquet de Paris, puis transférée au parquet national financier, cette enquête faisait suite à un signalement de la Cour des comptes sur les conditions de financement du projet.

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                Europacorp, le groupe de Luc Besson, va supprimer 22 postes sur 79 en France



« Le financement public de la Cité du cinéma, décidé contre l’avis des services de l’Etat et de la Caisse des dépôts et consignations, principal financeur du projet », a été effectué « pour permettre l’aboutissement du projet qu’une société privée [EuropaCorp] portait pour son seul bénéfice », écrivaient les magistrats de la Rue Cambon dans une note.
Ils mettaient également en avant le soutien à ce projet apporté par les pouvoirs publics pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, ainsi que la proximité avec les plus hautes sphères du pouvoir de Luc Besson et de certains de ses collaborateurs, notamment le directeur général d’EuropaCorp, Christophe Lambert. EuropaCorp avait évoqué une « suspicion infondée ».
Macron entendu comme témoin en 2015
Le président Emmanuel Macron avait lui-même été entendu comme témoin en 2015 dans cette procédure, en sa qualité d’ancien banquier au sein de l’établissement Rothschild, où il a travaillé de 2008 à 2012.
Le montage financier de la Cité du cinéma avait été bouclé en 2008 : 180 millions d’euros, dont 150 millions pour l’achat du foncier, détenu à 100 % par la société Nef-Lumière (75 % la Caisse des dépôts, 25 % Vinci), et 30 millions pour la construction des plateaux de tournage via différentes sociétés de Luc Besson et Quinta communications, le groupe du producteur et homme d’affaires tunisien Tarak Ben Ammar.
Installée dans une ancienne centrale thermique à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), la Cité du cinéma, dont les concepteurs affichaient l’ambition d’en faire un « Hollywood à la française », accueille l’école Louis-Lumière, des plateaux de tournage, un auditorium et des espaces événementiels.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Il s’agit du fromage vendu sous la marque « Nos régions ont du talent », qui a entraîné des intoxications par la bactérie E. coli 026. Sept enfants en bas âge ont été infectés.
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Rappel de reblochons AOP vendus par Leclerc en raison de cas d’intoxication alimentaire « grave »

Il s’agit du fromage vendu sous la marque « Nos régions ont du talent », qui a entraîné des intoxications par la bactérie E. coli 026. Sept enfants en bas âge ont été infectés.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 17h56
   





                        


Les centres E. Leclerc ont annoncé vendredi 11 mai qu’ils procédaient au rappel d’un reblochon AOP vendu sous sa marque Nos régions ont du talent en raison de « plusieurs cas » d’intoxication alimentaire « grave » par la bactérie E. coli 026.
Des enfants en bas âge ont été infectés, et les autorités sanitaires ont identifié « sept cas d’infections à Escherichia coli, dont six syndromes hémolytiques et urémiques [complications rénales] survenus chez des enfants âgés de un an et demi à 3 ans », ont fait savoir les ministères de la santé et de l’agriculture.
Ce fromage de 450 grammes est fabriqué par la société Fromagerie Chabert, précise un communiqué du distributeur, alerté par un signalement de Santé publique France.
« Les consommateurs étant en possession de ce produit ne doivent pas le consommer et sont invités à le rapporter dans leur centre E. Leclerc », dit le communiqué, qui donne également un numéro vert mis à leur disposition (0800.011.100).
Gastroentérites éventuellement hémorragiques
Le 26 avril, une autre société, la Fromagerie du Plessis, avait annoncé le rappel d’un lot de camemberts de Normandie AOP commercialisé sur tout le territoire national à la suite d’un contrôle ayant révélé la présence de cette même bactérie (Escherichia coli).

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                Bactérie « Escherichia coli » : des viandes hachées contaminées rappelées



Escherichia coli O26:H11 peut entraîner, dans la semaine qui suit la consommation d’un produit contaminé, des gastroentérites, éventuellement hémorragiques, accompagnées ou non de fièvre, et pouvant être suivies de complications rénales sévères chez les jeunes enfants (syndrome hémolytique et urémique).
Les personnes qui auraient consommé les produits concernés et qui présenteraient ce type de symptômes sont invitées à consulter sans délai leur médecin traitant et à lui signaler cette consommation et la nature du germe contaminant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Révélé dans le film « Demain », le PDG de Pocheco, qui fabrique des enveloppes dans le Nord, promeut l’écolonomie.
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Un apéro avec Emmanuel Druon : « On se chauffe presque à l’eau de pluie ! »


                      Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Révélé dans le film « Demain », le PDG de Pocheco, qui fabrique des enveloppes dans le Nord, promeut l’écolonomie.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 14h19
    |

            Denis Cosnard








                              

                        

Il est tout gêné d’être ici, dans ce palace des Champs-Elysées, avec six mètres de hauteur sous plafond et une harpiste qui égrène ses notes tandis que les clients dégustent leur café. « Quand je vais dire ça aux collègues… » Emmanuel Druon a beau être PDG, le luxe n’est pas son monde. Dans son entreprise, il a opté pour le salaire minimum – certains de ses salariés gagnent quatre fois plus que lui ! Alors ce chantre de l’écologie et de la sobriété aurait préféré un lieu plus simple. Pour ne pas être bloqué par les grèves, il a néanmoins accepté de se replier sur un grand hôtel proche de son rendez-vous précédent. Quitte à se sentir un peu déplacé en posant sa grosse sacoche orange sur le canapé… Nous commandons deux thés noirs. Idéal pour la voix.
Echo impressionnant
Patron et « collègue » de ses salariés malgré tout. Industriel et écolo. Businessman mais littéraire dans l’âme. « Maladivement timide » et pourtant vedette. Emmanuel Druon, le PDG du fabricant d’enveloppes Pocheco, est un curieux animal. Un oxymore fait homme, qui tente sans cesse de concilier ce qui paraît incompatible, en lui comme autour de lui. D’emblée, ce fils d’un patron de presse et d’une psychanalyste admet être guetté par une forme de schizophrénie : « D’un côté, il faudrait que l’entreprise ait une croissance continue, se développe sur un continent, puis deux, avale ses concurrents, etc. De l’autre, les ressources s’amenuisent et le réchauffement climatique risque d’entraîner des catastrophes. En tant qu’industriel, on se sent à la fois impuissant et responsable. »
« On peut entreprendre sans détruire », assure-t-il cependant, en sortant de son sac un des deux carnets qu’il transporte toujours avec lui, l’un pour tout ce qui concerne l’entreprise, l’autre pour nourrir son prochain livre. Avant notre apéro, il y a préparé quelques phrases. « Il est plus économique de produire de façon écologique, l’expérience de notre entreprise...




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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Recommandé par l’agence de santé publique française, ce système d’étiquetage, qui fournit une information sur la qualité nutritionnelle des produits alimentaires, fait une entrée timide dans les rayons des supermarchés.
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Alimentation : le Nutri-Score peine à s’imposer

Recommandé par l’agence de santé publique française, ce système d’étiquetage, qui fournit une information sur la qualité nutritionnelle des produits alimentaires, fait une entrée timide dans les rayons des supermarchés.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 14h10
    |

            Pascale Santi








                        


Un peu plus de six mois après la signature de l’arrêté entérinant l’entrée en vigueur du système Nutri-Score d’information sur la qualité nutritionnelle des aliments, l’agence de santé publique Santé publique France a lancé lundi 7 mai une campagne destinée à promouvoir cet étiquetage, qui fait timidement son entrée dans les rayons des supermarchés. « Avec le Nutri-Score, c’est plus facile de manger mieux », assure la publicité.

Recommandé par l’Etat, les associations de consommateurs et la communauté scientifique, le ­Nutri-Score permet d’évaluer, à l’aide d’une échelle de couleurs et de lettres allant de A à E, les qualités nutritionnelles des produits manufacturés (céréales, pizzas, biscuits, desserts lactés, plats cuisinés, conserves, etc.), de les comparer et d’identifier le plus équilibré, le moins gras, le moins sucré et le moins salé. En mettant en avant la simplicité du Nutri-Score, l’agence de santé publique espère convaincre l’opinion, ses effets sur la santé étant validés scientifiquement.

« Des choses à cacher »
A ce stade, plus de 50 entreprises se sont engagées à mettre le logo sur leurs produits d’ici à 2019, dont Fleury Michon, McCain, Danone, Bonduelle, Intermarché, Auchan et Leclerc Drive. Un effet boule de neige est espéré, même si le logo reste facultatif. Cinq grands groupes (Coca-Cola, Mondelez, Nestlé, PepsiCo et Unilever) s’opposent au Nutri-Score et veulent lancer leur propre système d’étiquetage, basé sur une approche par portions, et non pas aux 100 grammes.

        Lire aussi :
         

                La grande distribution se lance dans la bataille du « mieux manger »



Pour autant, le professeur Serge Hercberg, qui préside le programme national nutrition santé (PNNS), à l’origine du projet, se dit « plutôt satisfait ». « Si le produit n’a pas de logo, ça sous-entend que l’industriel a des choses à cacher », estime-t-il.

Je défendrai fin Mai un amendement visant à généraliser le #Nutriscore dans toutes les publicités 😉.
— olivierveran (@Olivier Véran)


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Par ailleurs, le député Olivier Véran, député LRM de l’Isère, compte bien faire adopter fin mai en séance à l’Assemblée nationale un amendement visant à généraliser le Nutri-Score sur tous les messages publicitaires concernant des denrées alimentaires (produits, fast-foods, sodas…). L’amendement avait été retoqué à une voix en commission le 18 avril.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Ricardo Azambuja explique, sur la base d’une étude qu’il a menée avec Gazi Islam, comment chefs de service ou chefs d’équipe se retrouvent pris entre le marteau de la direction et l’enclume de leur ancien milieu professionnel.
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« Les risques psychosociaux concernent désormais un grand nombre de cadres intermédiaires »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Ricardo Azambuja explique, sur la base d’une étude qu’il a menée avec Gazi Islam, comment chefs de service ou chefs d’équipe se retrouvent pris entre le marteau de la direction et l’enclume de leur ancien milieu professionnel.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 13h00
    |

Ricardo Azambuja (Enseignant-chercheur à Rennes School of Business)







                        



                                


                            
Tribune. La pensée marxiste a émergé dans une période d’industrialisation rapide, pendant laquelle les manufactures embauchaient en nombre, transformant les paysans et les artisans autrefois indépendants en prolétaires interchangeables et ­dépendant de moyens de production qui ne leur appartenaient plus. Près de deux cents ans plus tard, à l’heure où robotisation, intelligence artificielle et « ubérisation » transforment à nouveau profondément le travail, cette pensée est-elle pertinente pour analyser la situation des salariés ?
Pour Marx, l’aliénation provient d’une standardisation des conditions de pro­duction, en rupture avec une manière traditionnelle de travailler, plus authentiquement ­humaine parce que découlant en partie de motivations d’ordre créatif et non pas de la seule nécessité de gagner sa vie. La ­notion d’émancipation, quant à elle, correspond à la libération matérielle, intellectuelle et psychologique des ­conditions de cette ­domination.

La crise de 2008 a brutalement réactualisé ces notions, qui nous permettent d’éclairer certaines situations complexes. Elles nous ont servi notamment de fil rouge pour comprendre l’activité, peu étudiée, des cadres intermédiaires, ces milliers de chefs de service et de chefs d’équipe qui représentent pourtant aujourd’hui près de 20 % des salariés.
Nous avons passé une année en immersion en entreprise pour les suivre au quotidien, heure par heure, dans une démarche anthropologique (« Working at the Boundaries : Middle Managerial Work as a Source of Emancipation and Alienation », par Ricardo Azambuja et Gazi Islam, à paraître dans la revue Human Relations).
Des cadres « chosifiés »
Coincés entre la base et la direction, les ­cadres intermédiaires oscillent entre le sentiment d’acquérir, grâce à leur statut, une ­certaine autonomie liée à leur rôle de leader et de coordonnateur, et la perception d’être eux-mêmes contrôlés, voire manipulés, « chosifiés »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Environ dix mille entreprises allemandes ont des relations commerciales avec l’Iran, dont des grands groupes comme Siemens, ou les constructeurs automobiles.
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Iran : les entreprises allemandes dénoncent les menaces de sanctions américaines

Environ dix mille entreprises allemandes ont des relations commerciales avec l’Iran, dont des grands groupes comme Siemens, ou les constructeurs automobiles.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h38
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 18h15
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Depuis deux jours, les industriels allemands sont sous le choc. L’annonce de Donald Trump, mardi 8 mai, du retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, même si elle était attendue, a jeté un coup de froid dans les milieux économiques outre-Rhin. Le coup a été d’autant plus rude que cette annonce s’est doublée de menaces en direction des entreprises allemandes.
Alors qu’il vient tout juste de prendre ses fonctions, le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne, Richard Grenell, ne s’embarrassant pas des salutations et précautions d’usage, s’est en effet empressé de traduire la décision du président américain dans des termes très directs et guère diplomatiques :
« Les entreprises allemandes présentes en Iran doivent cesser immédiatement leurs activités », a-t-il écrit, mardi, sur Twitter.
« Profond ressentiment »
Après la publication de ce message, Eric Schweitzer, président de la fédération des chambres de commerce et d’industrie allemande, a déclaré que les propos de M. Grenell « ont provoqué de grandes incertitudes et un profond ressentiment au sein de l’économie allemande ».
« Monsieur Grenell est ambassadeur depuis peu de temps et doit certainement arriver dans son nouveau rôle. Je suis sûr que notre ministère des affaires étrangères lui rappellera que ce n’est pas son rôle de donner des instructions aux entreprises allemandes ou de les menacer », a également réagi Michael Tockuss, membre de la direction de la chambre de commerce germano-iranienne.
Adoptant un ton beaucoup moins diplomatique, Dieter Kempf, président du BDI, la principale fédération industrielle allemande, a, pour sa part, assuré n’avoir « aucune compréhension pour l’appel adressé aux entreprises allemandes de cesser leurs activités en Iran ». Dans un communiqué, publié mercredi 9 mai, à midi, il dit « regretter profondément » le retrait américain d’un accord « longuement et laborieusement » négocié.

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Des pressions aux « conséquences imprévisibles »
« L’industrie allemande dénonce l’utilisation extraterritoriale de sanctions envisagées par les Etats-Unis, illégales au regard du droit international », a ajouté le président du BDI, en s’alarmant du fait que la pression du gouvernement américain sur les entreprises actives en Iran augmente considérablement, avec « des conséquences imprévisibles ».
Environ dix mille entreprises allemandes ont des relations commerciales avec l’Iran, dont des grands groupes comme Siemens, ou les constructeurs automobiles. Cent vingt sociétés y disposent d’un siège et y emploient du personnel. Le volume d’affaires généré par les échanges germano-iraniens reste toutefois limité : environ trois milliards d’euros d’exportation allemande vers l’Iran – une goutte d’eau dans le bilan du commerce extérieur de l’Allemagne (0,2 %) –, pour 500 millions d’euros dans l’autre sens.
Mais avec le desserrement des sanctions depuis 2016, les groupes allemands avaient beaucoup espéré développer leurs activités dans une République islamique, dont les infrastructures et les équipements ont souffert d’années d’isolement et où ils jouissent d’une excellente réputation. Le volume d’échanges a augmenté depuis cette date de 42 %. Volkswagen avait ainsi lancé l’exportation de modèles et envisageait même une production commune. Daimler, de son côté, avait lancé une activité de véhicules utilitaires en République islamique et avait noué une alliance avec Iran Khodro, le plus gros constructeur automobile du Moyen-Orient.
Les premières menaces exprimées par le président Trump de remettre en cause l’accord sur le nucléaire avaient déjà refroidi les ardeurs des entreprises. Aujourd’hui, les relations commerciales menacent de s’effondrer complètement.

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L’Etat allemand et l’UE sollicités
« La décision américaine touche durement l’économie allemande », avance Eric Schweitzer, de la chambre d’industrie et de commerce allemande, qui a demandé « de l’aide au gouvernement » pour protéger les relations commerciales germano-iraniennes.
Une demande également adressée à l’Union européenne, afin que les aspects de sécurité ne soient pas les seuls considérés. Le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert, a annoncé son intention d’examiner les conséquences du retrait américain sur les entreprises allemandes.
Mais, même dans le cas où le gouvernement ou l’Union européenne assureraient une protection aux entreprises, le problème du financement restera entier : la plupart des grandes banques, par crainte de mettre en danger leurs relations d’affaires avec les Etats-Unis, refusent de financer les projets en lien avec l’Iran.
Mieux que des sanctions clairement identifiées, ces incertitudes pourraient décourager toute velléité allemande de poursuivre les relations commerciales avec la République islamique, redoutent les experts.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Le propriétaire australien du quotidien anglophone s’est vu contraint de céder le journal à un homme d’affaires malaisien.
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Au Cambodge, la vente du « Phnom Penh Post » sonne le glas de la presse indépendante

Le propriétaire australien du quotidien anglophone s’est vu contraint de céder le journal à un homme d’affaires malaisien.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h34
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 14h21
    |

            Harold Thibault








                        



   


La vente du quotidien anglophone The Phnom Penh Post représente la dernière pelletée de terre sur la presse indépendante au Royaume du Cambodge, où le premier ministre Hun Sen, au pouvoir depuis plus de trois décennies, a verrouillé la vie politique à l’approche des législatives de juillet.
Le titre était jusqu’ici détenu par un magnat australien des mines, Bill Clough, mais ce dernier s’est vu soudain présenter une facture d’arriérés fiscaux de 3,9 millions de dollars (3,3 millions d’euros) par le gouvernement cambodgien, le contraignant de fait à vendre le journal. Une notification controversée des impôts avait déjà forcé l’autre journal anglophone, le Cambodia Daily, à mettre la clé sous la porte en septembre 2017. A la même période, l’un des chefs de l’opposition, Kem Sokha, avait été arrêté sur une accusation de « complot » avec l’étranger et plusieurs radios avaient été suspendues des ondes. Hun Sen, réélu de justesse en 2013 après que ses critiques eurent dénoncé d’importantes fraudes, entend manifestement ne rien laisser au hasard.

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Dans ce contexte, le profil de l’acquéreur du Phnom Penh Post n’est pas anodin. Sivakumar S. Ganapathy, un homme d’affaires malaisien, dirige une agence de relations publiques, Asia PR, dont le site Internet cite parmi ses clients et missions passés, outre IBM ou KFC, « le Cambodge et l’installation de Hun Sen au gouvernement ».
Le rédacteur en chef licencié
La rédaction n’a pas tardé à faire l’expérience des limites de sa tolérance. Une injonction du nouveau propriétaire est arrivée dès la publication en ligne d’un article, dimanche 6 mai au soir, sur la vente, qui mentionnait les liens opaques de l’acquéreur malaisien avec des politiciens de son pays d’origine. Le rédacteur en chef, Kay Kimsong, a été licencié pour avoir refusé de retirer l’article et ses adjoints et l’essentiel des journalistes étrangers du quotidien ont depuis démissionné. « Après la fermeture du Cambodia Daily, toute la rédaction du Post s’est demandé si elle était la prochaine cible ou si conserver un journal indépendant permettait de sauver les apparences », explique Erin Handley, une des treize journalistes démissionnaires.
Dans un communiqué, M. Ganapathy s’est notamment offusqué qu’ait été omise l’initiale « S » entre son prénom et son nom mais aussi que l’article ne mentionne pas le fait qu’Asia PR n’a travaillé pour le gouvernement cambodgien qu’avant sa propre arrivée dans le groupe. Il écrit dans le journal que le vendeur l’avait assuré que les journalistes de la maison étaient « de gros calibre ». « Maintenant j’ai des doutes », dit celui qui avait promis de respecter l’indépendance de la rédaction. Pour Mme Handley, si des journalistes cambodgiens sont restés, c’est qu’ils constatent que, s’ils abandonnaient maintenant, il ne resterait plus aucun média indépendant dans le pays.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Entré au capital d’Alstom en 2006 avec de grandes ambitions dans l’énergie, Bouygues devrait en sortir prochainement. Et garnir sa trésorerie de plusieurs milliards d’euros, qu’il pourra utiliser dans les télécoms, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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édition abonné


« En sortant d’Alstom, Bouygues va réaliser une bonne affaire »

Entré au capital d’Alstom en 2006 avec de grandes ambitions dans l’énergie, Bouygues devrait en sortir prochainement. Et garnir sa trésorerie de plusieurs milliards d’euros, qu’il pourra utiliser dans les télécoms, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 12h34
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Comment transformer un échec en réussite et une victoire en défaite ? Trois ans après l’acquisition toujours controversée de l’activité énergie d’Alstom par l’américain General Electric, c’est clairement ce dernier qui fait figure de victime.

Il a acheté au plus haut un ex-fleuron tricolore au moment du retournement du cycle des turbines à gaz. ­Alstom avait déjà failli mourir pour la même raison au début des années 2000 et avait été sauvé in extremis, en 2004, par une nationalisation partielle de l’entreprise. Elle a finalement rendu les armes dix ans plus tard.
Un possible démantèlement
Désormais, c’est l’acquéreur qui reconnaît avoir fait une mauvaise affaire. Le marché s’est en effet effondré depuis. Au point que l’on évoque depuis le début de l’année 2018 un possible démantèlement de ce qui reste l’une des plus prestigieuses entreprises américaines.
Et les comptes de l’entreprise ne vont pas s’arranger avec la confirmation ce jeudi 10 mai par Alstom, recentré sur le ferroviaire, de sa volonté d’exercer son droit de vente des dernières sociétés communes qu’il possède encore à la suite de l’accord avec l’américain. Comme l’avait exigé l’Etat français, trois activités jugées stratégiques ont en effet été isolées dans trois sociétés communes, une dans les réseaux, l’autre dans les renouvelables et la troisième dans le nucléaire. L’accord prévoyait soit le rachat par Alstom des 50 % de GE dans ces domaines, soit leur vente. C’est la dernière option qui a été retenue.

En septembre prochain, GE va être contraint de racheter les parts du français dans ces sociétés à un prix convenu à l’avance : 2,6 milliards d’euros. L’Etat conservant une « golden share » dans la partie nucléaire. Une somme tout à fait rondelette pour des entreprises qui ont pesé sur l’exercice fiscal 2016-2017 d’Alstom pour plus d’un milliard d’euros de pertes nettes, dont 884 millions pour la seule activité des renouvelables...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », quatre cent vingt personnalités françaises et européennes, issues de la politique, du syndicalisme et de la recherche, proposent cinq réformes pour forger un nouveau modèle européen du travail.
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édition abonné


« Les salariés de l’UE ne peuvent plus continuer à être exclus de la construction européenne »

Dans une tribune au « Monde », quatre cent vingt personnalités françaises et européennes, issues de la politique, du syndicalisme et de la recherche, proposent cinq réformes pour forger un nouveau modèle européen du travail.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h11
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Quelque chose s’est mal passé dans l’Union européenne (UE). Quatre exemples témoignent de ce désordre. Comment justifier que des centaines de milliers de sociétés boîtes aux lettres aient été autorisées à se développer, bien que leur seul but soit d’échapper aux taxes, aux lois du travail et aux réglementations ? Comment expliquer que des ­décisions de la Cour européenne de justice autorisent la restriction des droits fondamentaux des salariés ?
Comment ne pas être scandalisé par les révélations régulières, telles que celles des « Panama Papers » et des « Paradise Papers », qui montrent ­l’incapacité de l’UE à empêcher le contournement des règles fis­cales par les particuliers fortunés et les grandes entreprises ? Comment accepter qu’en dépit de drames tels que celui du Rana Plaza, de nombreuses entreprises continuent de fermer les yeux sur des fournisseurs qui ignorent les droits sociaux, ­environnementaux et humains les plus élémentaires ?
depuis les années 1990, les profits ont augmenté au détriment des salaires
La théorie de la « suprématie ­actionnariale » a été promue par la Commission européenne alors que l’économie réelle et les salariés ont été oubliés dans le processus. En conséquence, depuis les années 1990, les profits ont augmenté au détriment des salaires. Cela n’a pas de sens, car les salariés sont une partie constituante des entreprises : tandis que les actionnaires apportent du capital, les salariés inves­tissent leur temps, leurs compétences et leur vie. C’est pourquoi il est temps de repenser la place des plus de 140 millions de salariés de l’UE travaillant dans les entreprises. Les élections pour le Parlement européen ont lieu dans un an, et nous souhaitons que le prochain débat soit fondé sur de bonnes bases.
Nous croyons profondément qu’il est vital que les cinq réformes suivantes soient lancées.
Choisir l’économie réelle. Des limites strictes doivent être ­imposées aux sociétés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Dernière victime de la crise des médias canadiens, le quotidien francophone québécois va devenir un organisme sans but lucratif.
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Le canadien Power Corp. cède « La Presse »

Dernière victime de la crise des médias canadiens, le quotidien francophone québécois va devenir un organisme sans but lucratif.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h08
    |

            Anne Pélouas (Montréal, correspondance)








                        


Le couperet est tombé le 8 mai : « on a vu André Desmarais entrer dans la salle du Palais des Congrès », où les salariés de La Presse avaient été convoqués la veille, et annoncer que Power Corporation abandonnait la propriété du quotidien québécois francophone plus que centenaire, passé au tout numérique le 1er janvier dernier. La seule présence du grand patron du groupe était « en soi un événement », observe dans une chronique publiée le lendemain le journaliste de La Presse Yves Boisvert, la preuve que « l’heure était grave ».
Le groupe cède La Presse, achetée en 1967, à un organisme sans but lucratif (OSBL), qui sera formé sous peu. L’ex-fleuron médiatique de Paul Desmarais « père » était devenu un pion mineur dans l’empire repris par ses fils qui ne voulaient plus en éponger les pertes, après avoir investi 40 millions de dollars canadiens (26,25 millions d’euros) en 2013 dans le développement de La Presse +, édition sur tablette qui n’a pas tenu ses promesses. Les seuls chiffres connus font état de près de 250 millions de dollars canadiens (164 millions d’euros) engloutis dans l’aventure de 2013 à 2015.
Perçue comme un précurseur lors du lancement de cette édition numérique gratuite, La Presse n’a pas réussi son pari, malgré un « succès incontesté » auprès du public, selon son président, Pierre-Elliott Levasseur (avec près de deux millions de lecteurs uniques par semaine sur tablette, plates-formes Web et mobiles). « Chaque jour, ajoute-il, La Presse + est consultée sur 260 000 tablettes en moyenne », tout en évoquant un plafonnement du lectorat.
Chute des revenus publicitaires
Le modèle pâtit, comme pour les autres médias canadiens, de la chute libre des revenus publicitaires, qui ont fondu de 75 % depuis 2005. Désormais, les géants de l’Internet Google et Facebook « accaparent près de 80 % » du total des revenus publicitaires numériques au Canada, note M. Levasseur. Ces derniers sont évalués à 6,3 milliards d’euros.
L’édition sur tablette, renforcée après l’arrêt, en 2016, de l’édition papier en semaine, puis de celle du week-end début 2018, était censée permettre à La Presse de drainer assez de revenus publicitaires pour assurer la rentabilité du journal, ce qui ne s’est pas produit.

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La chute de ces recettes sonne le glas du « modèle d’affaires » des médias traditionnels, affirme M. Levasseur. Même le Toronto Star, le plus gros titre national, est à bout de souffle. « Nous luttons pour notre survie », déclarait son président John Honderich en début d’année. Le quotidien torontois avait acquis la technologie développée par La Presse pour son édition sur tablette, avant de renoncer à l’utiliser devant l’ampleur des investissements nécessaires pour un profit hypothétique.
La Fédération nationale des communications, syndicat canadien, a calculé que depuis 2009, plus de 330 quotidiens et hebdomadaires locaux ont disparu au Canada ou sont en passe de fermer.
Un modèle de financement « novateur »
Pour survivre, La Presse fait un nouveau pari : rester dans l’édition numérique, « voler de ses propres ailes » et faire « un grand pas en avant », selon l’expression de M. Levasseur. La cession à un organisme sans but lucratif ouvrira la porte, espère-t-il, à un financement « novateur », sous forme de dons, subventions et incitations fiscales, en plus des revenus publicitaires. M. Levasseur a dit vouloir « s’inspirer » de l’exemple du Guardian britannique.
La Presse compte aussi sur un coup de pouce des gouvernements du Québec et du Canada. Ottawa et Québec sont prêts à soutenir une presse en crise mais les fonds ne seront sûrement pas suffisants pour répondre aux attentes. La province a promis récemment un programme universel de soutien aux quotidiens québécois. Du côté fédéral, les choses bougent lentement. En février, des représentants syndicaux de la presse nationale ont tiré la sonnette d’alarme et demandé un soutien des pouvoirs publics. Ils proposaient un crédit d’impôt de 30 % sur la masse salariale des entreprises de presse, équivalant à 176 millions d’euros par an.
Le gouvernement canadien rechigne en fait, selon M. Levasseur, à venir en aide aux journaux qui sont « la propriété de familles riches ou de grandes entreprises ». Mercredi, la ministre du patrimoine canadien, Mélanie Joly, s’est toutefois montrée disposée à étudier les façons de « permettre les dons philanthropiques aux médias ».
Un nouveau plan stratégique
S’il se sépare de La Presse, M. Desmarais a tout de même promis que Power Corporation assumerait ses responsabilités en matière de retraites pour les anciens salariés et les quelque 600 actuellement en poste. Le groupe offrira aussi un don défiscalisé de 32,5 millions d’euros au journal pour faciliter la transition vers la nouvelle structure de propriété.

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La mise en œuvre d’un nouveau plan stratégique, gardé en partie secret, est au menu. Une application mobile « à la hauteur de l’application tablette » est dans l’air. On évoque aussi une approche publicitaire différente, misant sur une meilleure connaissance des lecteurs et des partenariats avec d’autres acteurs des communications, comme des chaînes de télé et de radio. Objectif : avoir une masse critique plus intéressante pour les annonceurs du futur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ La hausse du taux des emprunts d’Etat américains pourrait se poursuivre en dépit d’une décélération de la croissance économique, estime dans sa chronique au « Monde » Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac.
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« La remontée des taux d’intérêt risque de pénaliser les marchés d’actions »

La hausse du taux des emprunts d’Etat américains pourrait se poursuivre en dépit d’une décélération de la croissance économique, estime dans sa chronique au « Monde » Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 12h12
    |

Didier Saint-Georges (Membre du comité d’investissement de Carmignac)







                        



   


Le taux des emprunts d’Etat américains à dix ans a pour la première fois depuis 2015 franchi la barre des 3 % au mois d’avril, et demeure aujourd’hui proche de ce niveau. Cette tension sur les taux d’intérêt a durement affecté le marché d’actions américain. Ceci explique d’ailleurs largement que les marchés d’actions européens parviennent enfin à lui damer le pion (+1 % pour l’indice Eurostoxx depuis le début de l’année, contre -3 % pour l’indice Dow Jones), car le rendement des emprunts d’Etat allemand, bien que s’étant tendu sensiblement, jusqu’à 0,80 %, en février, s’est lui un peu détendu depuis. Pour bien comprendre cette sensibilité des actions aux taux d’intérêt, il faut se poser la question des causes de cette hausse des taux.

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Une embellie soudaine de la croissance économique de part et d’autre de l’Atlantique peut-elle expliquer ce mouvement ? Non pas du tout. Au contraire, les indicateurs économiques ont partout donné des raisons d’inquiétude au premier trimestre, après deux années de bonnes surprises. A l’instar de la France, l’Europe comme les Etats-Unis ont affiché des rythmes de croissance en dessous des attentes des économistes. Les chiffres demeurent à un bon niveau, mais leur dynamique ralentit. On comprend donc que les marchés d’actions ne voient pas d’un bon œil cette détérioration des marchés obligataires, qui n’est nullement le sain reflet d’une amélioration macro-économique. Mais alors quelle est la cause de cette détérioration ? Une résurgence d’inflation serait-elle la responsable ?
Pas de résurgence inflationniste
Il y a là peut-être un début de piste pour les Etats-Unis. Le rythme d’inflation annuel y a atteint en effet 2,4 % en avril, et pourrait poursuivre sa progression si le prix du baril poursuit la sienne. De plus, le très faible niveau du chômage fait craindre à certains que le début de pressions salariales alimente une résurgence inflationniste. Difficile néanmoins de percevoir une menace à moyen terme, tant les tendances longues de la démographie, de l’endettement, de « l’amazonification » de l’économie demeurent lourdes de pressions déflationnistes. La Fed confirmait d’ailleurs encore très récemment qu’elle ne se laisserait pas impressionner par une hausse passagère des prix. En zone Euro, en revanche, pas d’ambiguïté : le rythme d’inflation ne prend toujours pas le chemin de la cible de 2 % fixée par la Banque centrale européenne. Son niveau estimé à 1.2 % en rythme annuel pour le mois d’avril a confirmé son anémie persistante.
Alors si ce n’est ni la croissance économique ni l’inflation, qu’est-ce qui explique la hausse des taux d’intérêts américains, qui contamine partiellement les taux européens et effraie les marchés d’actions ? Tout simplement une perturbation dans l’équilibre entre offre et demande d’emprunts d’Etat.
Car en effet un télescopage est en train de se produire entre les émissions croissantes d’emprunts par le Trésor américain, nécessaires au financement du déficit budgétaire du gouvernement, et une banque centrale qui n’est plus acheteuse de ces emprunts, comme elle le fut de 2009 à 2014, mais est devenue au contraire elle-même vendeuse. « Les liquidités surabondantes », la grande affaire des dix dernières années pour les investisseurs, sont sur le point d’être épongées de tous côtés.
Besoin de refinancement de la dette
Un autre facteur qui pour être technique n’en est pas moins décisif s’ajoute à ce retournement : la hausse qu’ont connu les taux d’intérêt à court terme américains, tirés par de lourds besoins de refinancement de la dette existante. Cette pression les a amenés à des niveaux très supérieurs aux taux européens ou Japonais. Elle a de ce fait rendu la couverture du risque de change très onéreuse pour tout investisseur étranger considérant l’acquisition d’actifs financiers américains.

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                « Les marchés ne doivent pas surestimer les conséquences d’une escalade protectionniste »



La conséquence de ce phénomène est que les acheteurs traditionnels qu’ont été historiquement les banques centrales étrangères (dont celles de la Chine et du Japon), et les investisseurs institutionnels de tous horizons montrent aujourd’hui peu d’appétit pour la dette américaine… sauf à prendre un fort risque de change, ce qu’ils ne souhaitent pas. Ou à ce qu’elle leur soit proposée à des rendements sensiblement plus élevés.
Ainsi, la hausse des taux d’intérêt des emprunts d’Etat américains s’explique par la loi d’airain de l’offre et de la demande. Elle risque donc de pénaliser doublement les marchés d’actions : d’abord parce qu’elle pourrait se poursuivre en dépit d’une décélération de la croissance économique. Ensuite parce que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les investisseurs qui avaient été des années durant, poussés par la baisse des taux à se porter acheteurs d’actions et d’obligations privées, pourraient être tentés de prendre le chemin inverse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ L’opérateur mobile britannique va reprendre plusieurs réseaux câblés du groupe du magnat américain John Malone. Dans un marché morcelé, les opérations se multiplient.
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Vodafone et Liberty Global relancent la consolidation des télécoms en Europe

L’opérateur mobile britannique va reprendre plusieurs réseaux câblés du groupe du magnat américain John Malone. Dans un marché morcelé, les opérations se multiplient.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h32
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Maintes fois annoncée, la consolidation des télécoms en Europe est-elle en train de voir le jour ? Ce marché très fragmenté vient de prendre un important virage. Mercredi 9 mai, Vodafone a annoncé le rachat d’une partie des actifs européens de Liberty Global pour 18,4 milliards d’euros, dont 7,6 milliards en dette et 10,8 milliards en cash. L’opérateur mobile britannique va reprendre les réseaux câblés du groupe du magnat américain John Malone en Allemagne, en République tchèque, en Hongrie et en Roumanie. Les deux acteurs discutaient d’un éventuel rapprochement depuis plusieurs années, mais, jusque-là, ils n’avaient pas réussi à s’entendre sur les modalités.
Première conséquence, Vodafone va secouer le paysage allemand des télécoms. Grâce à la filiale de Liberty Global, Unitymedia, et ses 13 millions de foyers clients, le britannique, qui disposait déjà d’une petite activité dans le fixe avec Kabel Deutschland, se renforce considérablement face à Deutsche Telekom. L’opérateur historique allemand n’a pas dit son dernier mot, et espère voir agir les autorités de la concurrence. En février, son patron, Timotheus Höttges, les avait déjà appelés à bloquer l’opération, arguant qu’elle nuirait à la démocratie.

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Mercredi, il a enfoncé le clou en affirmant que l’alliance « porterait atteinte à la concurrence ». Difficile de dire comment réagiront les régulateurs allemands et européens. L’Union européenne avait bloqué la fusion de Three (Hutchison) et O2 au Royaume Uni en 2016, mais rien ne dit qu’elle fera de même en Allemagne. « En Allemagne, Vodafone remonopolise le câble, alors qu’il avait été coupé dans le passé en plusieurs morceaux », rappelle toutefois Dexter Thillien, analyste chez BMI Research.
« 2018 pourrait être une année record »
En attendant, ce rachat permet à Vodafone, un opérateur qui ne jurait à ses débuts que par la téléphonie mobile, de se renforcer dans le fixe. « Vodafone a vu avec Ziggo, la joint-venture montée avec Liberty Global aux Pays-Bas, qu’avoir du fixe était intéressant », explique Tariq Ashraf, consultant chez Bearing Point. Depuis, Vodafone a acquis Ono en Espagne et Kabel Deutschland en Allemagne en 2014.
Revers de la médaille de cette opération, sa dette va s’accroître considérablement. « Le ratio d’endettement passe de deux fois l’ebidta [excédent brut d’exploitation] à trois fois », explique Stéphane Beyazian, analyste chez Raymond James, réservé sur cette opération. « C’est plutôt risqué dans la mesure où l’on arrive à un moment où s’ouvrent plusieurs processus d’enchères de fréquences mobiles en Europe », dit-il. Vodafone aura-t-il les moyens d’y participer sans trop dégrader sa situation financière ?
Après ce mouvement, la consolidation va-t-elle se poursuivre ? Si l’accord entre Liberty Global et Vodafone n’est pas de nature à en entraîner mécaniquement d’autres, les opérations se sont multipliées ces derniers mois. Ainsi, « 2018 pourrait être une année record », prédit Stéphane Beyazian. En Suède, l’opérateur mobile Tele2 a racheté le câblo-opérateur Com Hem en début d’année. Fin 2017, Deutsche Telekom avait repris l’opérateur de câble UPC en Autriche et fusionné sa filiale T-Mobile avec Tele2 aux Pays-Bas, où il souhaitait ainsi attaquer le « duopole local ». Mouvement plus massif, le rachat, annoncé fin avril, par sa filiale américaine, de son concurrent Sprint pour 26 milliards de dollars (21,8 milliards d’euros). A l’issue de l’opération, Deutsche Telekom conservera le contrôle de l’entité fusionnée. L’an passé, il a évoqué, selon nos informations, un rapprochement avec Orange.
Les regards se tournent vers Comcast
En Europe, tous les regards sont maintenant tournés vers Comcast, qui tente d’acheter le premier bouquet satellite européen, Sky, à Rupert Murdoch. L’opération valorisée 22 milliards de livres (25 milliards d’euros) couperait l’herbe sous le pied de Disney. Or, si Sky, présent au Royaume-Uni, en Allemagne et en Italie, est à l’origine un acteur de la télévision payante, il s’est diversifié dans l’Internet fixe et la téléphonie mobile. « Comcast a déjà dit qu’il allait pousser la stratégie déployée au Royaume-Uni et lancer de la fibre en Italie », explique M. Beyazian.

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L’américain pourrait contribuer à secouer un peu plus le marché italien, qui devrait aussi évoluer. De l’autre côté des Alpes, Vivendi, au terme d’une lutte contre le « hedge fund » Elliott, a perdu la majorité du conseil d’administration de Telecom Italia, malgré une participation de 23,9 % au capital. Nombreux sont ceux qui prédisent une sortie prochaine de Vivendi du capital. « Je ne les vois pas rester à long terme. On voit bien que la joint-venture avec Canal+ n’a pas abouti et que le projet industriel est remis en cause », dit Thomas Coudry, analyste chez Bryan Garnier.

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En France, on attend toujours un passage de quatre à trois opérateurs. Selon Bloomberg, Bouygues a eu des discussions préliminaires avec le fonds CVC afin d’étudier un rachat de SFR. Si le groupe de BTP a expliqué n’avoir aucune « discussion avec un autre opérateur », ces échanges ont bien eu lieu, selon nos informations.
Enfin, le même Vodafone pourrait poursuivre les festivités et racheter le reste des activités de Liberty Global en Europe, au Royaume-Uni, en Suisse et en Belgique. Pour le moment, les deux groupes affirment que les autres actifs ne sont pas à l’ordre du jour, mais tous deux avaient déjà expliqué vouloir créer un géant européen capable de se mesurer aux anciens monopoles locaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ La décision du président Donald Trump est un choc pour les sociétés hexagonales. La France est l’un des premiers investisseurs dans la République islamique.
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Retrait américain sur le nucléaire iranien : l’inquiétude des entreprises françaises

La décision du président Donald Trump est un choc pour les sociétés hexagonales. La France est l’un des premiers investisseurs dans la République islamique.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h29
    |

            Philippe Jacqué et 
                                Service économie








                        



                                


                            

« Ceux qui font des affaires en Iran auront un délai pour pouvoir défaire leurs engagements. Ceux qui n’auront pas renoncé à leurs activités impliquant l’Iran à la fin de ce délai s’exposeront à de graves conséquences. » En annonçant, mardi 8 mai, son retrait de l’accord sur le nucléaire iranien, le président des Etats-Unis Donald Trump a été très clair. Plus question pour les entreprises occidentales de faire des affaires avec la République islamique.
Pour les sociétés françaises, il s’agit d’une véritable douche froide. Depuis 2015, et la signature de l’accord international sur le programme nucléaire iranien, la France était l’un des premiers investisseurs en Iran. Pas moins de 2,5 milliards d’euros ont été investis par des multinationales comme des PME hexagonales, tandis que la France est son 8e partenaire commercial…
De PSA et Renault à Total, en passant par de nombreux grands groupes (Accor, Bel, Decathlon, Ipsen, Sanofi, Vinci, etc.), beaucoup ont profité depuis trois ans de l’arrêt du régime de sanctions précédent pour s’y implanter ou se positionner. Dès mercredi, la France a annoncé par un communiqué de l’Elysée que tout allait être fait « pour protéger les intérêts des entreprises » européennes en Iran. Le texte précise que l’Union européenne compte mener « des négociations serrées » avec les Etats-Unis.
Total avait anticipé
« Nous allons tout faire, en lien avec nos entreprises, pour défendre et protéger leurs intérêts et maintenir les effets incitatifs de l’accord », a précisé l’Elysée. Pour l’instant, personne ne connaît exactement les effets des décisions américaines. « Nous étudions toujours aujourd’hui les implications générales et financières de ce discours de M. Trump. Nous ferons tout pour conserver un flux d’activité fort, notamment dans le cadre de l’automobile », indique une source gouvernementale.

« Comme l’ensemble des acteurs économiques,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Un conflit entre l’Iran et l’Arabie saoudite, producteurs de l’or noir le plus rentable, arrangerait bien les producteurs américains, fait remarquer, dans une tribune au « Monde », l’économiste américain Robert Bell avec ironie.
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« Les producteurs de pétrole américains auraient tout à gagner » à une guerre dans le Golfe

Un conflit entre l’Iran et l’Arabie saoudite, producteurs de l’or noir le plus rentable, arrangerait bien les producteurs américains, fait remarquer, dans une tribune au « Monde », l’économiste américain Robert Bell avec ironie.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h15
    |

Robert Bell (Ancien directeur du département de finance et de gestion du Brooklyn College, City University of New York)







                        



                                


                            
Tribune. Et si les constructeurs automobiles qui se sont lancés dans les véhicules électriques gagnaient leur pari ? Les prix du brut baisseraient, même s’il y a bien sûr d’autres utilisations du pétrole que le carburant pour les automobiles. Il serait moins rentable d’investir dans les infrastructures pétrolières. Les baby drillers américains, ces petites sociétés de forage dont l’essor a été favorisé par la déréglementation environnementale et les allégements fiscaux de l’administration Trump, seraient en difficulté. Et la Russie de Poutine, grande exportatrice de pétrole, ferait la grimace.
le pétrole de schiste est un gouffre financier, les foreurs empruntant lourdement pour garder la tête hors de l’eau
Pour les pétroliers, le compte à rebours a commencé. Bloomberg New Energy ­Finance prévoit que, dès 2025-2029, « dans la plupart des pays les véhicules électriques auront des coûts de cycle de vie plus bas et seront moins chers à l’achat que les voitures à moteur à combustion interne ». C’est une très mauvaise nouvelle pour les baby drillers de Trump, dont la santé financière n’est pas brillante.
Jusqu’à cette année, alors que le brut américain se situait entre 60 et 68 dollars (entre 50,5 et 57,2 euros) le baril, le pétrole de schiste est un gouffre financier, les foreurs empruntant lourdement pour garder la tête hors de l’eau : ils ont souscrit 293 milliards de dollars en obligations entre 2008 et 2017, selon le ­Financial Times du 23 avril 2018. Et la hausse des taux d’intérêt renchérit d’ores et déjà ces emprunts.
Flux de trésorerie
Les baby drillers ne peuvent se contenter d’atteindre le seuil de rentabilité. Ils ont besoin d’un flux de trésorerie suffisant pour creuser de nouveaux puits ; la production des anciens diminue rapidement – d’environ 50 % ou davantage au cours de la première année, selon la plupart des experts. Ainsi, selon les analystes de marché, les exploitants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Dessin par dessin, Gaston met en lumière les vertus de la paresse dans le monde du travail.
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Un garçon de bureau idéal

Dessin par dessin, Gaston met en lumière les vertus de la paresse dans le monde du travail.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 12h49
    |

            Pierre Jullien








                        



                                


                            

Les horaires, il ne connaît pas :
– « C’est à cette heure-ci que vous arrivez, hmm ? !!
– L’ascenseur était en retard. »
Le travail ? Après la sieste :
– « Gaston, qu’avez-vous ? A l’aide ! J’appelle un médecin… Souffrez-vous ?
– En voilà des histoires parce que je m’endors !… »
Le surmenage ? Pas de risques :
– « Gaston ! Je l’ai enfermé hier soir dans les bureaux. Pauvre garçon ! Quelle nuit mortelle !! Ma parole ! Ce phénomène ne s’est pas rendu compte !
– Zzzzzzz… C’est vrai ce que tu me dis ? Toute la nuit ? Note vite ça aux heures supplémentaires ! »
Le non-conformisme de Gaston Lagaffe dynamite l’entreprise, explose ses codes et incarne le salarié qui ne stresse jamais. Malgré son absence de productivité, ses talents pour la procrastination, ses capacités de destruction, sa bienveillance maladroite, ses inventions – qui relèvent d’une R&D de terrain - censées améliorer les conditions de travail de chacun, mais qui menacent l’intégrité physique de ses chefs et collègues caricaturés à l’extrême, Lagaffe n’est pas licencié, allant s’attirer même la bienveillance de ces derniers quand leur patience n’est pas poussée à bout.
Les coulisses de l’entreprise
Les « exploits admirables de notre héros sans emploi », selon Fantasio dans le volume 1, illustrent les coulisses de l’entreprise, les rapports hiérarchiques qui l’animent, fouillent dans les détails le quotidien du monde du travail et suggèrent que la paresse est un signe d’intelligence, l’élevant au rang de vertu !
Franquin décrit ainsi une vie de bureau dans une drôle d’entreprise où tout est permis, où le travail est désacralisé… dans une bande dessinée intemporelle qui en fait le succès depuis plus de soixante ans. Ce dont témoignent des « hors-séries » récents en pagaille (Télé 7 jours, Méga Spirou, Philosophie magazine, etc.), un film (sorti le 4 avril), une exposition à la Cité des sciences...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Après trois années de bataille judiciaire, le groupe français accepte de ne garder que 11 % du chimiste helvète.
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Saint-Gobain renonce à prendre le contrôle du suisse Sika

Après trois années de bataille judiciaire, le groupe français accepte de ne garder que 11 % du chimiste helvète.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 11h00
    |

            Denis Cosnard








                        



   


Sur le papier, ce devait être l’un des plus jolis coups jamais réalisés par Saint-Gobain. Dans la réalité, la tentative d’achat du groupe suisse Sika, le numéro un mondial de la chimie de la construction, s’était transformée depuis trois ans en une interminable bataille judiciaire.
Face à l’enlisement du projet, la direction de Saint-Gobain a préféré abandonner. Vendredi 11 mai, elle a annoncé un accord dans lequel elle renonce à prendre le contrôle de Sika, et ne garde que 11 % du capital, tout en réalisant une plus-value. « On se sort bien du bourbier », résume le PDG, Pierre-André de Chalendar.
Le patron de Saint-Gobain entend désormais passer à autre chose. Cette affaire réglée, « nous allons accélérer notre politique de petites et moyennes acquisitions », promet-il. Quant à Sika, l’accord prévoit que le groupe français ne peut monter au-delà de ses 11 % pendant quatre ans, puis de 13 % les deux années suivantes. Une offre publique d’achat (OPA) en bonne et due forme serait donc théoriquement possible en 2025.

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En revanche, Saint-Gobain peut vendre ses titres au bout de deux ans. « Je ne sais pas si on vendra dans deux ans, ou si on montera plus tard, assure M. Chalendar. Dans l’immédiat, je voudrais développer les coopérations commerciales avec Sika, un peu verrouillées depuis trois ans. » 
Tout avait pourtant bien commencé. Le 8 décembre 2014, Saint-Gobain annonçait s’être entendu avec les Burkard, la famille des fondateurs de Sika, pour acheter leurs actions. Un paquet de titres représentant seulement 16 % du capital, mais 52 % des droits de vote. Montant de la transaction : 2,75 milliards de francs suisses (2,5 milliards d’euros). Sans lancer d’OPA, M. de Chalendar espérait ainsi prendre le contrôle de Sika, et intégrer entièrement dans ses comptes ce chimiste suisse affichant un essor rapide et une excellente rentabilité.
« Une énorme victoire pour les actionnaires »
Seulement, le contrat passé avec les Burkard ne fait pas que des heureux. Les autres actionnaires du groupe suisse, à commencer par Bill Gates, y sont hostiles. Faute d’OPA, ils comprennent qu’ils ne réaliseront aucune plus-value, alors que les Burkard, eux, doivent vendre leurs titres 80 % plus cher que leur valeur en Bourse.
Si Saint-Gobain fait une croix sur son grand projet stratégique, c’est dans de bonnes conditions financières
Les dirigeants de Sika aussi sont en colère. A leurs yeux, l’intégration de cette pépite dans un grand groupe peu dynamique comme Saint-Gobain a toutes les chances de détruire leur modèle de croissance. Le rapprochement « manque de logique industrielle et serait destructeur de valeur », affirme alors Paul Hälg, le président du conseil d’administration, qui met tout en œuvre pour bloquer l’opération.

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Suivent trois ans d’affrontements en justice, durant lesquels Sika poursuit son ascension, tandis que Saint-Gobain reste à la porte. « J’aurais pu continuer à attendre que les différents tribunaux suisses rendent leurs jugements, et j’étais assez confiant », explique M. Chalendar. Mais le temps qui passe incite le PDG à chercher un compromis, car il comprend qu’il aura du mal, même en cas de victoire juridique, à s’entendre avec les dirigeants de Sika, donc à mettre en place les coopérations et synergies visées. En outre, « les marchés n’aiment pas ce type d’incertitudes », souligne-t-il.
L’accord dévoilé vendredi est gagnant pour les Burkard, qui vendent toutes leurs actions à Saint-Gobain pour 3,2 milliards de francs suisses, soit plus que prévu au départ, afin de tenir compte de la hausse du cours de Bourse. Il n’est pas dramatique pour le groupe français. S’il fait une croix sur son grand projet stratégique, c’est dans de bonnes conditions financières. Saint-Gobain revend immédiatement à Sika une partie du paquet acheté aux Burkard. Si bien qu’il investit finalement 950 millions d’euros pour 11 % du capital, et dégage une plus-value de plus de 600 millions d’euros.
Quant au groupe Sika, la fin de la bataille est aussi l’occasion de moderniser la structure de son capital. Il n’y aura désormais plus qu’une catégorie d’actions, ayant toutes les mêmes droits de vote. « C’est une énorme victoire pour les actionnaires, les droits des actionnaires et les principes de bonne gouvernance », s’est réjoui vendredi Michael Larson, le représentant de Bill Gates dans ce dossier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Le gouvernement cherche le meilleur moyen de compenser la suppression à venir de la taxe d’habitation.
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Le casse-tête de la fiscalité locale divise les élus

Le gouvernement cherche le meilleur moyen de compenser la suppression à venir de la taxe d’habitation.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 12h12
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            

Un grand chamboule-tout. En décidant de supprimer la taxe d’habitation, après avoir déclaré lors de sa campagne présidentielle vouloir en exonérer 80 % des contribuables, Emmanuel Macron a ouvert un chantier délicat. Remis mercredi 9 mai au premier ministre, Edouard Philippe, le rapport du sénateur Alain Richard et du préfet Dominique Bur sur la refonte de la fiscalité locale a proposé plusieurs pistes pour compenser la suppression de cette taxe à l’horizon 2020. Ce qui équivaudra dans deux ans à une perte de recettes pour le bloc communal (communes et intercos) de 26,3 milliards d’euros.
Un véritable casse-tête pour l’exécutif compte tenu des contraintes budgétaires et politiques. Le gouvernement a affirmé à plusieurs reprises que la suppression de la taxe d’habitation ne devait pas entraîner la création d’un nouvel impôt. Il n’est pas question non plus de revoir la trajectoire de réduction du déficit budgétaire. Matignon a ajouté trois « lignes rouges » : ne pas déséquilibrer le poids de la fiscalité entre ménages et entreprises – en clair, pas d’alourdissement de la fiscalité des entreprises – ; pas de charges administratives ou de coûts de gestion disproportionnés non plus ; enfin, pas de période de transition prolongée qui rendrait la réforme illisible.

Questions délicates
Pour compenser la suppression de la taxe d’habitation, les deux rapporteurs identifient deux pistes principales. Ils proposent d’abord de transférer aux communes et intercommunalités la part de la taxe foncière sur les propriétés bâties perçue par les départements, ceux-ci récupérant alors une fraction d’impôt national pour compenser leur perte de recettes. Cela aurait pour avantage de remplacer un impôt local par un autre impôt local, en permettant ainsi aux élus de conserver leur « pouvoir de taux » (possibilité de fixer le taux d’un prélèvement et donc d’en faire varier les montants si nécessaires).
Deuxième option : attribuer directement au bloc communal...




                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-20">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ L’eurodéputé tchèque Petr Jezek estime que les enquêtes sur les « Leaks » ont permis aux Etats de prendre conscience de l’ampleur du problème et ont eu « un effet déterminant » sur l’agenda politique européen.
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Evasion fiscale : « Les intermédiaires financiers sont au cœur du problème »

L’eurodéputé tchèque Petr Jezek estime que les enquêtes sur les « Leaks » ont permis aux Etats de prendre conscience de l’ampleur du problème et ont eu « un effet déterminant » sur l’agenda politique européen.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 18h35
    |

            Maxime Vaudano et 
Jérémie Baruch








                        



   


Après avoir participé aux travaux du Parlement européen sur les « LuxLeaks », l’eurodéputé tchèque de centre droit Petr Jezek a été l’un des rapporteurs de la commission d’enquête sur les « Panama Papers », qui a achevé ses travaux fin 2017. En mars, il a pris la tête d’une nouvelle commission sur les « Paradise Papers », baptisée « Tax3 ».
Les « Leaks » ont-ils influencé l’agenda politique européen sur l’évasion fiscale ?
Ils ont eu un effet déterminant. Sans ces scandales, les avancées législatives récentes sur la fraude, l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent auraient probablement été plus modestes. Ils ont donné à la Commission européenne plus de courage et d’ambition, et permis aux Etats de prendre conscience de l’ampleur du problème. La pression continue des médias aide.
Est-ce suffisant ?
Pas forcément. Des discussions ambitieuses avaient, par exemple, émergé après les « LuxLeaks » sur l’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés, qui permettrait de taxer les multinationales à l’endroit où elles font leurs profits. Ou du « reporting pays par pays » des impôts payés par les entreprises dans chaque pays. Mais ces dossiers, qui requièrent une prise de décision unanime, ont rencontré la résistance de certains Etats, comme l’Irlande, Chypre ou le Luxembourg, qui profitent des règles actuelles pour attirer des entreprises. Il n’empêche, il incombe au Parlement européen d’avancer des solutions.
Que vous ont appris les « Panama Papers » ?
Nous nous sommes rendu compte que les intermédiaires financiers sont au cœur du problème. L’une de leurs fonctions consiste à vérifier la rectitude de leur clientèle, mais ce contrôle se fait parfois à tort et à travers. Notre commission n’a même pas réussi à estimer concrètement le nombre de cas problématiques posés par les professions autorégulées, comme les avocats. Ce qui montre que l’autorégulation ne suffit pas. Nous devons mieux contrôler ces intermédiaires, grâce à une meilleure supervision ou par le biais de certifications ou de sanctions.
La criminalité financière peut-elle être combattue uniquement à l’échelle européenne ?
Les « Panama Papers » nous ont montré le rôle-clé joué par les dépendances de la couronne et les territoires ultramarins britanniques [comme Jersey ou les îles Vierges]. Commençons par l’Union européenne avant d’élargir le cadre. Car, bien sûr, le problème se situe aussi dans les places asiatiques, comme Hongkong ou Singapour.
« Tax3 » est la quatrième commission d’enquête créée en autant d’années par le Parlement européen. Que pourra-t-elle apporter de plus ?
Notre mandat porte à la fois sur les activités criminelles, la fraude fiscale et l’optimisation fiscale. Nous allons d’abord étudier si les nouvelles réglementations consécutives aux « LuxLeaks » et aux « Panama Papers » sont bien appliquées. Mais également explorer de nouveaux sujets, comme la fiscalité du numérique, la fraude à la TVA [dévoilée par les « Paradise Papers »] ou les « visas dorés » [les passeports de complaisance].
Les ventes de ces visas dorés, notamment à Malte, vous inquiètent-elles ?
Si des oligarques [russes] obtiennent une nationalité européenne, cela concerne tous les pays de l’UE. Sept pays européens délivrent des visas dorés, et les contrôles ne sont pas suffisants. Il y a un risque de blanchiment d’argent – et même de sécurité. Or, on voit que certains passeports sont délivrés dans le cadre d’une corruption. Nous devons donc, au minimum, mettre en place des règles communes et un contrôle qui permette de faire la transparence sur ces pratiques.

Fraude et optimisation fiscales : quel bilan après dix ans d’enquêtes ?
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Et aussi : Malgré les avancées, la criminalité prospère toujours dans les paradis fiscaux



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