<FILE-date="2018/05/11/19">

<article-nb="2018/05/11/19-1">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ L’auteur et journaliste syrien Omar Kaddour raconte la férocité du régime des Assad, dont le nom signifie « lion », en arabe.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Assad ou le lion nu

L’auteur et journaliste syrien Omar Kaddour raconte la férocité du régime des Assad, dont le nom signifie « lion », en arabe.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 18h29
   





                        



                                


                            
Par Omar Kaddour

Né en 1966, Omar Kaddour est un poète, romancier et journaliste syrien. Il a publié deux recueils de poèmes dans les années 1990 et quatre romans entre 2002 et 2013, tous non traduits. En 2014, il a quitté Damas pour le Liban. Il vit en France depuis 2015.
Vers le milieu du mois de mars dernier, la chaîne de télévision Al-Ikhbariya, affiliée à l’Etat syrien, diffusait de rapides interviews avec des habitants quittant la Ghouta orientale à la suite de la longue offensive qu’elle venait de subir. Le journaliste, qui n’apparaissait pas à l’écran, s’adressait à l’un des évacués sur un mode accusateur : « On dit que les habitants soutiennent les factions armées… » A quoi le vieillard répondait : « Nous sommes de pauvres gens sans défense. »
Au même moment, un jeune homme prend l’initiative de demander à sa fille de dire qu’elle est « Habiba, la “fille” de Bachar Al-Assad ». Mais la petite crie avec une grande colère, d’un ton sans réplique, que non, elle n’est pas la fille de Bachar ! N’importe quel ­Syrien comprendra ici que si cet homme demande une telle chose à sa fille, c’est pour implorer l’aman (miséricorde), d’autant qu’il est en âge de combattre : on sait que les hommes de son âge, après avoir quitté les zones assiégées, ont soit été arrêtés et torturés, soit contraints de se rallier aux forces d’Assad pour combattre les factions de l’opposition. N’importe quel Syrien comprendra également que cette bévue du direct, le père pourrait en payer le prix, et peut-être même sa fille.
La petite Habiba nous rappelle le célèbre conte des Habits neufs de l’empereur [connu en arabe sous le titre de L’Empereur nu], de Hans Andersen, car elle n’a pas encore acquis la conscience de la peur ni la prudence qu’elle exige. Sauf que dans son cas, on peut imaginer que cela va plus loin que pour l’enfant qui criait « Le...




                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-2">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Ricardo Azambuja explique, sur la base d’une étude qu’il a menée avec Gazi Islam, comment chefs de service ou chefs d’équipe se retrouvent pris entre le marteau de la direction et l’enclume de leur ancien milieu professionnel.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Les risques psychosociaux concernent désormais un grand nombre de cadres intermédiaires »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Ricardo Azambuja explique, sur la base d’une étude qu’il a menée avec Gazi Islam, comment chefs de service ou chefs d’équipe se retrouvent pris entre le marteau de la direction et l’enclume de leur ancien milieu professionnel.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 13h00
    |

Ricardo Azambuja (Enseignant-chercheur à Rennes School of Business)







                        



                                


                            
Tribune. La pensée marxiste a émergé dans une période d’industrialisation rapide, pendant laquelle les manufactures embauchaient en nombre, transformant les paysans et les artisans autrefois indépendants en prolétaires interchangeables et ­dépendant de moyens de production qui ne leur appartenaient plus. Près de deux cents ans plus tard, à l’heure où robotisation, intelligence artificielle et « ubérisation » transforment à nouveau profondément le travail, cette pensée est-elle pertinente pour analyser la situation des salariés ?
Pour Marx, l’aliénation provient d’une standardisation des conditions de pro­duction, en rupture avec une manière traditionnelle de travailler, plus authentiquement ­humaine parce que découlant en partie de motivations d’ordre créatif et non pas de la seule nécessité de gagner sa vie. La ­notion d’émancipation, quant à elle, correspond à la libération matérielle, intellectuelle et psychologique des ­conditions de cette ­domination.

La crise de 2008 a brutalement réactualisé ces notions, qui nous permettent d’éclairer certaines situations complexes. Elles nous ont servi notamment de fil rouge pour comprendre l’activité, peu étudiée, des cadres intermédiaires, ces milliers de chefs de service et de chefs d’équipe qui représentent pourtant aujourd’hui près de 20 % des salariés.
Nous avons passé une année en immersion en entreprise pour les suivre au quotidien, heure par heure, dans une démarche anthropologique (« Working at the Boundaries : Middle Managerial Work as a Source of Emancipation and Alienation », par Ricardo Azambuja et Gazi Islam, à paraître dans la revue Human Relations).
Des cadres « chosifiés »
Coincés entre la base et la direction, les ­cadres intermédiaires oscillent entre le sentiment d’acquérir, grâce à leur statut, une ­certaine autonomie liée à leur rôle de leader et de coordonnateur, et la perception d’être eux-mêmes contrôlés, voire manipulés, « chosifiés »,...




                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-3">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », quatre cent vingt personnalités françaises et européennes, issues de la politique, du syndicalisme et de la recherche, proposent cinq réformes pour forger un nouveau modèle européen du travail.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Les salariés de l’UE ne peuvent plus continuer à être exclus de la construction européenne »

Dans une tribune au « Monde », quatre cent vingt personnalités françaises et européennes, issues de la politique, du syndicalisme et de la recherche, proposent cinq réformes pour forger un nouveau modèle européen du travail.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h11
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Quelque chose s’est mal passé dans l’Union européenne (UE). Quatre exemples témoignent de ce désordre. Comment justifier que des centaines de milliers de sociétés boîtes aux lettres aient été autorisées à se développer, bien que leur seul but soit d’échapper aux taxes, aux lois du travail et aux réglementations ? Comment expliquer que des ­décisions de la Cour européenne de justice autorisent la restriction des droits fondamentaux des salariés ?
Comment ne pas être scandalisé par les révélations régulières, telles que celles des « Panama Papers » et des « Paradise Papers », qui montrent ­l’incapacité de l’UE à empêcher le contournement des règles fis­cales par les particuliers fortunés et les grandes entreprises ? Comment accepter qu’en dépit de drames tels que celui du Rana Plaza, de nombreuses entreprises continuent de fermer les yeux sur des fournisseurs qui ignorent les droits sociaux, ­environnementaux et humains les plus élémentaires ?
depuis les années 1990, les profits ont augmenté au détriment des salaires
La théorie de la « suprématie ­actionnariale » a été promue par la Commission européenne alors que l’économie réelle et les salariés ont été oubliés dans le processus. En conséquence, depuis les années 1990, les profits ont augmenté au détriment des salaires. Cela n’a pas de sens, car les salariés sont une partie constituante des entreprises : tandis que les actionnaires apportent du capital, les salariés inves­tissent leur temps, leurs compétences et leur vie. C’est pourquoi il est temps de repenser la place des plus de 140 millions de salariés de l’UE travaillant dans les entreprises. Les élections pour le Parlement européen ont lieu dans un an, et nous souhaitons que le prochain débat soit fondé sur de bonnes bases.
Nous croyons profondément qu’il est vital que les cinq réformes suivantes soient lancées.
Choisir l’économie réelle. Des limites strictes doivent être ­imposées aux sociétés...




                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-4">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Editorial. La mutation qui vient de s’opérer en Arménie mérite d’être saluée. Mais pour la parachever, le nouveau premier ministre Nikol Pachinian devra transformer l’essai aux plans institutionnel, stratégique et militaire.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Les trois défis de la « nouvelle Arménie »

Editorial. La mutation qui vient de s’opérer en Arménie mérite d’être saluée. Mais pour la parachever, le nouveau premier ministre Nikol Pachinian devra transformer l’essai aux plans institutionnel, stratégique et militaire.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h38
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 11h42
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Après trois semaines d’une « révolution de velours », l’élection, le 8 mai, de Nikol Pachinian au poste de premier ministre d’Arménie a ouvert une nouvelle page dans l’histoire de cette petite république du Caucase du Sud, indépendante depuis la chute de l’URSS, en 1991. Fer de lance de la contestation contre la corruption et la sclérose d’un régime oligarchique replié sur lui-même, le jeune premier ministre veut rompre avec près d’une trentaine d’années de pratiques postsoviétiques et faire entrer les quelque 3 millions d’Arméniens dans le XXIe siècle.

        Lire aussi :
         

                Nikol Pachinian, le marcheur indocile d’Arménie



Le mouvement qu’il a déclenché en sillonnant le pays a surpris tout le monde. Durant les trois semaines de mobilisation, aucun débordement n’a été signalé, aucun acte de vandalisme ni d’incivilité n’a émaillé les meetings de la contestation populaire. Cette mobilisation est d’autant plus étonnante qu’elle est dépourvue de tout agenda géopolitique. Les citoyens arméniens sont descendus dans la rue pour des motifs intérieurs, en rupture avec les « révolutions de couleur » de Géorgie ou d’Ukraine soutenues par les Occidentaux et hostiles à la Russie. Il y a peut-être là de quoi inspirer d’autres sociétés civiles en Europe centrale et orientale, soucieuses de retrouver liberté et dignité contre des régimes autoritaires.
Prématuré de parler d’ores et déjà de « modèle arménien »
La mutation qui vient de s’opérer en Arménie mérite donc d’être saluée. Elle redonne confiance à une vieille nation marquée par l’Histoire et inspire une jeune génération déterminée à sortir son pays de la misère – près de 30 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté. Il serait cependant prématuré de parler d’ores et déjà de « modèle arménien » de la révolution à l’Est.

        Lire aussi :
         

                « Révolution de velours », coup de théâtre et grève générale… Trois semaines qui ont bouleversé l’Arménie



Car cette « nouvelle Arménie » doit transformer l’essai du changement démocratique et relever trois défis. Le premier, institutionnel, consiste à parachever la transformation du système politique. Or, Nikol Pachinian et les héritiers de l’ancien régime n’ont pas le même agenda. Le premier ne dispose que d’une majorité de circonstance au Parlement et veut convoquer le plus vite possible des élections anticipées pour consolider son pouvoir. Les seconds veulent prendre leur temps afin d’éviter une dissolution de l’Assemblée nationale qui leur serait probablement fatale.
Le deuxième défi est stratégique. Certes, le nouveau chef de gouvernement a rappelé que l’Arménie restera fidèle à tous ses engagements internationaux. Il a assuré, en particulier, qu’il respecterait son alliance avec la Russie, au sein de la Communauté des Etats indépendants et de l’Organisation du traité de sécurité collective créées par Moscou, respectivement en 1991 et 2002. Mais, au risque de contrarier un Vladimir Poutine jusqu’à présent vigilant mais prudent, M. Pachinian a déjà fait savoir que sa politique étrangère serait « proactive » et axée exclusivement sur des priorités nationales.
Le troisième défi est militaire : la paix avec l’Azerbaïdjan. En conflit avec Bakou à propos du Haut-Karabakh, cette province majoritairement arménienne rattachée par Staline à l’Azerbaïdjan en 1921, l’Arménie parviendra-t-elle, dans le cadre du Groupe de Minsk (dont la France est coprésidente avec la Russie et les Etats-Unis), à débloquer les négociations de paix, alors que la situation reste tendue sur le terrain ? La marge de manœuvre de la « nouvelle Arménie » est étroite, mais elle peut désormais s’appuyer sur une dynamique démocratique. C’est une réelle chance pour la paix.

        Lire aussi :
         

                La guerre sans fin du Haut-Karabakh






                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-5">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Un conflit entre l’Iran et l’Arabie saoudite, producteurs de l’or noir le plus rentable, arrangerait bien les producteurs américains, fait remarquer, dans une tribune au « Monde », l’économiste américain Robert Bell avec ironie.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Les producteurs de pétrole américains auraient tout à gagner » à une guerre dans le Golfe

Un conflit entre l’Iran et l’Arabie saoudite, producteurs de l’or noir le plus rentable, arrangerait bien les producteurs américains, fait remarquer, dans une tribune au « Monde », l’économiste américain Robert Bell avec ironie.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h15
    |

Robert Bell (Ancien directeur du département de finance et de gestion du Brooklyn College, City University of New York)







                        



                                


                            
Tribune. Et si les constructeurs automobiles qui se sont lancés dans les véhicules électriques gagnaient leur pari ? Les prix du brut baisseraient, même s’il y a bien sûr d’autres utilisations du pétrole que le carburant pour les automobiles. Il serait moins rentable d’investir dans les infrastructures pétrolières. Les baby drillers américains, ces petites sociétés de forage dont l’essor a été favorisé par la déréglementation environnementale et les allégements fiscaux de l’administration Trump, seraient en difficulté. Et la Russie de Poutine, grande exportatrice de pétrole, ferait la grimace.
le pétrole de schiste est un gouffre financier, les foreurs empruntant lourdement pour garder la tête hors de l’eau
Pour les pétroliers, le compte à rebours a commencé. Bloomberg New Energy ­Finance prévoit que, dès 2025-2029, « dans la plupart des pays les véhicules électriques auront des coûts de cycle de vie plus bas et seront moins chers à l’achat que les voitures à moteur à combustion interne ». C’est une très mauvaise nouvelle pour les baby drillers de Trump, dont la santé financière n’est pas brillante.
Jusqu’à cette année, alors que le brut américain se situait entre 60 et 68 dollars (entre 50,5 et 57,2 euros) le baril, le pétrole de schiste est un gouffre financier, les foreurs empruntant lourdement pour garder la tête hors de l’eau : ils ont souscrit 293 milliards de dollars en obligations entre 2008 et 2017, selon le ­Financial Times du 23 avril 2018. Et la hausse des taux d’intérêt renchérit d’ores et déjà ces emprunts.
Flux de trésorerie
Les baby drillers ne peuvent se contenter d’atteindre le seuil de rentabilité. Ils ont besoin d’un flux de trésorerie suffisant pour creuser de nouveaux puits ; la production des anciens diminue rapidement – d’environ 50 % ou davantage au cours de la première année, selon la plupart des experts. Ainsi, selon les analystes de marché, les exploitants...




                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-6">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Présenté comme révolutionnaire par le gouvernement, le projet de loi « Pénicaud 2 » paraît très inadapté au vu des bouleversements que va entraîner l’informatisation du travail, juge la sociologue Dominique Méda dans cette chronique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Formation professionnelle : « On ne peut se passer d’une véritable planification »

Présenté comme révolutionnaire par le gouvernement, le projet de loi « Pénicaud 2 » paraît très inadapté au vu des bouleversements que va entraîner l’informatisation du travail, juge la sociologue Dominique Méda dans cette chronique.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 10h14
    |

Dominique Méda (Professeure de sociologie et directrice de l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (Irisso) de l’université...







                        



                                


                            
Entreprises. Le projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », présenté le 27 avril en conseil des ministres par Muriel Pénicaud, comprend une série de mesures censées organiser le « big bang » de la formation professionnelle, parmi lesquelles la possibilité de s’inscrire et payer directement une formation sans passer par un intermédiaire, via une application numérique.
Le rapport Villani, remis un mois plus tôt, faisait le point sur les études qui, depuis le début de la décennie 2000, mesurent l’ampleur des mutations engendrées par le déploiement de l’intelligence artificielle sur l’emploi. Le fameux article de deux chercheurs d’Oxford en 2013 – qui annonçait de gigantesques destructions d’emploi aux Etats-Unis (« The Future of Employment : How Susceptible are Jobs to Computerisation ? », par Carl Benedikt Frey et Michael A. Osborne, lien vers PDF en anglais) – a certes été l’objet de nombreuses critiques, et les évaluations postérieures ont annoncé des pertes d’emploi moins nombreuses (entre 9 % et 10 %). Reste que 50 % des emplois devraient néanmoins, selon ces études, subir des transformations.
La plupart de ces analyses prospectives se terminent par un vibrant appel au développement massif de la seule réponse envisagée : la formation, initiale et continue. Le rapport Villani n’y échappe pas, qui recommande une révision des compétences dispensées au cours de la scolarité et de la vie active.
Modifier profondément nos modes de production
Mais la coexistence dans le débat public de ces deux productions – le rapport Villani et le projet de loi – suscite des questions. On peut d’abord se demander si et comment les organismes officiels qui produisent des prospectives des métiers et des qualifications intègrent dans leurs projections les effets attendus de la révolution technologique et d’une reconversion écologique qui apparaît chaque jour plus urgente et nécessaire.
une grande partie des métiers « utiles »,...



                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-7">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ L’historien Johann Chapoutot décrypte les fantasmes identitaires autour du passé gréco-romain.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’Antiquité était-elle blanche de peau ?

L’historien Johann Chapoutot décrypte les fantasmes identitaires autour du passé gréco-romain.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 06h44
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            

Johann Chapoutot est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-Sorbonne. Spécialiste du nazisme, il est notamment l’auteur du livre Le National-socialisme et l’Antiquité (PUF, 2008).
Pour avoir défendu, en 2017, un dessin animé de la BBC qui dépeignait un officier de la légion romaine, habitant l’île britannique, sous les traits d’un homme noir, l’historienne Mary Beard, professeure à Cambridge, a été l’objet d’une campagne infamante sur les réseaux sociaux. Dernièrement, la diffusion d’une série (BBC One/Netflix), « Troie. La chute d’une cité », a suscité de nombreuses critiques : Achille est joué par David Gyasi, un acteur britannique de peau noire. Que vous inspire la vivacité de ces réactions ?
On ne touche pas à l’Antiquité gréco-romaine ! Depuis la Renaissance, au moins, elle est la surface de projection des fantasmes, des désirs et des peurs contemporains. Comme elle ne peut guère se défendre et que, au-delà des spécialistes et des étudiants, la connaissance que le grand public en a se résume à quelques images de péplum, elle est très plastique : conjointement matrice de la démocratie (Athènes), forge des empires (Rome), utopie militaro-homo-érotique (Sparte), etc., elle est un palimpseste qui illustre bien que toute histoire est contemporaine. En l’espèce, elle est le conservatoire supposé d’une identité européenne blanche, bien plus prestigieuse qu’un Moyen Age, qui a ses mérites – Charles Martel, les croisades –, mais qui apparaît comme irréductiblement mal dégrossi. Il est bien plus valorisant de se réclamer d’un Périclès nimbé de lumière que d’un hobereau sale et velu.
Comment intervient ici le mythe de la pureté des origines ? Dans vos travaux, vous rappelez que, pour les nazis, la Grèce et Rome ont dû leur chute à un « empoisonnement de leur sang », comme l’écrivait Hitler. Est-ce la même peur de « souiller » l’origine qui se rejoue ?
A la fin des années 1970,...




                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-8">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », revient sur les criantes inégalités de genre dans les milieux culturels et analyse les propositions qui pourraient faire évoluer les choses en la matière.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 10/05/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Parité hommes-femmes : « Dans la culture, les quotas font grincer des dents »

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », revient sur les criantes inégalités de genre dans les milieux culturels et analyse les propositions qui pourraient faire évoluer les choses en la matière.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 07h55
    |

            Michel Guerrin (rédacteur en chef au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. Partout sur la planète les débats s’accumulent sur la place des femmes dans la culture. La question agite le Festival de Cannes, qui vient de démarrer, avec Cate Blanchett en présidente du jury, mais dont la compétition se jouera entre 21 films et seulement trois réalisatrices. Dans un tout autre registre, et pour cerner l’ampleur du problème, la soprano Julie Fuchs a fait savoir, fin avril, qu’elle était écartée d’une Flûte enchantée de Mozart à l’opéra de Hambourg, parce qu’elle était enceinte de quatre mois. Comme si être enceinte était une maladie.
Bref, la révolution de la parité est lente. Pour accélérer le mouvement, loin des paillettes cannoises, un musée américain, celui de Baltimore (Maryland), vient de prendre une décision pour le moins radicale : vendre quelques tableaux de monstres sacrés de l’art pour acheter des artistes sous-représentés dans ses collections. A savoir des femmes et des Noirs. Seront vendus sept tableaux, notamment des maîtres du pop art Andy Warhol et Robert Rauschenberg. De 12 à 15 millions de dollars (de 10 à 12,5 millions d’euros) sont espérés afin d’acquérir, par exemple, des œuvres de l’artiste Amy Sherald, 44 ans. Une femme noire.
Le patron du musée de Baltimore, Christopher Bedford, étoile montante et responsable du pavillon américain à la Biennale de Venise 2017, a demandé à une femme de mener l’opération, Kristen Hileman. M. Bedford parle d’une stratégie « transformative », mais surtout il entend, et vite, « réécrire les canons de l’art d’après-guerre ». Ce qui veut dire : je n’achète pas des œuvres de femmes et de Noirs pour être correct ou dans l’air du temps, mais parce que ces deux « communautés » ont été injustement traitées par les décideurs machos qui ont privilégié des artistes hommes et blancs.
Climat post-Weinstein
Les musées américains ont le droit de vendre pour acheter mieux, et c’est du reste assez banal. Mais ils se séparent...




                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-9">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Après la dissolution de l’organisation séparatiste basque, le philosophe espagnol, qui a longtemps vécu sous sa menace, continue son combat pour la démocratie et contre tous les nationalismes.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Fernando Savater, critique d’ETA

Après la dissolution de l’organisation séparatiste basque, le philosophe espagnol, qui a longtemps vécu sous sa menace, continue son combat pour la démocratie et contre tous les nationalismes.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 06h30
    |

            Sandrine Morel (Saint-Sébastien, envoyée spéciale)








                        



                                


                            
Est-ce une manière, inconsciente peut-être, de conjurer les quarante ans de violence, de terreur et de morts semés autour de lui par les séparatistes basques d’ETA ? Calé dans son fauteuil, entre une statuette de Freddy Krueger et une autre d’Edouard aux mains d’argent, le philosophe Fernando Savater commente la dissolution d’ETA.
Page sombre
Dans le salon obscur et fouillis de son appartement de Saint-Sébastien, ville où il est né il y a soixante-dix ans, il vit entouré de dizaines de figurines de monstres, vampires et autres personnages de films fantastiques, et de piles où se mêlent de vieilles cassettes VHS de la série américaine La Quatrième Dimension et des DVD de classiques du cinéma d’horreur.
La dernière organisation terroriste d’Europe a officiellement fermé ses persiennes, vendredi 4 mai. Près de soixante ans après sa création, en 1959, et après quarante-trois ans d’activités armées, les séparatistes basques d’ETA ont enfin annoncé leur dissolution. Une page sombre de l’histoire de l’Espagne se tourne.
« Nous n’avons pas à être reconnaissants envers ETA. Ils n’ont pas cédé par bonté ou humanitarisme, mais parce qu’ils n’avaient plus le choix. »
Mais Fernando Savater, ancien professeur d’université au Pays basque et à Madrid et essayiste prolifique, n’a pas dit son dernier mot. Engagé dans la « bataille du récit », ce traducteur de Bataille et de Cioran qui a beaucoup écrit sur l’éducation, avec notamment Ethique à l’usage de mon fils (Seuil, 1994), son gros succès, s’inquiète de l’histoire qui sera transmise aux prochaines générations. « Nous n’avons pas à être reconnaissants envers ETA, insiste le penseur, proche de plusieurs associations de victimes. Ils n’ont pas cédé par bonté ou humanitarisme, mais parce qu’ils n’avaient plus le choix. »
On n’abandonne pas facilement une lutte qu’on a menée toute son existence. Encore moins quand celle-ci a impliqué de vivre sous la menace, et...




                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-10">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ L’auteur d’« En finir avec Eddy Bellegueule » signe « Qui a tué mon père », réquisitoire contre les politiques dont les décisions auraient détruit le corps d’un homme, son père.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Edouard Louis : « Empêcher le lecteur de détourner le regard »

L’auteur d’« En finir avec Eddy Bellegueule » signe « Qui a tué mon père », réquisitoire contre les politiques dont les décisions auraient détruit le corps d’un homme, son père.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 13h24
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 06h44
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            

Sous le tee-shirt siglé Harvard (il rentre de plusieurs mois aux Etats-Unis), le corps d’Edouard Louis est celui, sec et musclé, d’un homme de 25 ans appartenant désormais à la catégorie aisée de la population, attentive à ce qu’elle mange.
Nos corps parlent de nos conditions d’existence ; dans les classes populaires, ils peuvent aussi raconter l’effet de décisions politiques. C’est ce que Qui a tué mon père (Seuil, 96 p., 12 €) s’attache à montrer, à travers l’histoire du géniteur de l’auteur, détruit par le travail – né en 1967, il a eu le dos broyé lors d’un accident à 35 ans – et par les conséquences de réformes telles que celle transformant feu le RMI (revenu minimum d’insertion) en RSA (revenu de solidarité active), pour encourager le retour à l’emploi – il lui a fallu accepter un travail de balayeur en dépit de ses souffrances.
Qui a tué mon père, comme son titre sans point d’interrogation l’indique, n’est pas une enquête, mais un réquisitoire. Les scènes qui le composent entrecroisent souvenirs d’Edouard Louis à propos de cet homme si mal connu, et évocation de choix politiques opérés sous les gouvernements de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, qui ont eu des conséquences directes sur sa vie, et au fil desquels l’auteur d’En finir avec Eddy Bellegueule (Seuil, 2014) compose une nouvelle « histoire de la violence », pour reprendre le titre de son deuxième ouvrage (Seuil, 2016).
D’où vient ce livre ?
Après la publication d’En finir avec Eddy Bellegueule et d’Histoire de la violence (Seuil, 2014 et 2016), j’ai commencé à revoir mon père. On ne s’était pas vus depuis des années, non pas à cause d’un événement en particulier mais à cause de la distance sociale, de la distance de classe, qui s’était instaurée entre nous. J’étais étudiant en sociologie et en philosophie à Paris, il n’avait jamais pu étudier, le système scolaire l’avait chassé à 14 ans,...




                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-11">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Contrairement aux affirmations du ministre de l’éducation nationale, il n’existe pas de méthode validée par la science pour apprendre à lire aux élèves de cours préparatoire. Entretien croisé avec les experts Laurent Cros et Roland Goigoux.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Apprentissage de la lecture : le point sur les savoirs et les pratiques

Contrairement aux affirmations du ministre de l’éducation nationale, il n’existe pas de méthode validée par la science pour apprendre à lire aux élèves de cours préparatoire. Entretien croisé avec les experts Laurent Cros et Roland Goigoux.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 12h11
    |

            Luc Cédelle








                        



                                


                            
Le 26 avril, Jean-Michel Blanquer a fait une série d’annonces en faveur de la « méthode syllabique ». Auparavant, dans l’attente d’une prise de position du ministre de l’éducation nationale, Le Monde avait convié deux experts à faire le point sur l’état des savoirs et des pratiques en matière d’apprentissage de lecture.

Dans les controverses récurrentes à ce sujet, l’un et l’autre appartiennent à des courants de pensée très différents. Laurent Cros est le délégué général d’Agir pour l’école. Créée en 2010, cette association met en œuvre depuis huit ans un programme sur la lecture dans des écoles en éducation prioritaire. Son action a fait l’objet de plusieurs articles scientifiques dans des revues de psychologie cognitive et d’économie de l’éducation. Roland Goigoux, professeur à l’université de Clermont-Auvergne, spécialiste de l’enseignement de la lecture et de l’écriture, a dirigé l’étude « Lire et écrire au CP », issue de l’observation de 131 classes par soixante chercheurs, dont les résultats ont été publiés à partir de septembre 2015.
Comment percevez-vous l’approche de l’enseignement de la lecture du ministère Blanquer ?
Roland Goigoux. On constate certaines contradictions dans la position du ministère. D’un côté, la mise en place d’un conseil scientifique de l’éducation porte l’idée que l’on va faire le point rationnellement sur l’état des savoirs. Mais de l’autre côté, des membres de l’entourage direct du ministre déclarent, dans des réunions de cadres de l’éducation nationale, que demain nous aurons au CP une méthode unique de référence pour l’apprentissage de la lecture. Certains citent même comme modèle à suivre un manuel fondé sur une méthode syllabique stricte, dont aucune donnée ne prouve la supériorité.
Qui croire ? Ces propos préoccupants, ou bien ce qu’affirmait mot pour mot en 2011 le livre Apprendre à lire [Odile Jacob], dirigé par l’actuel président du conseil...




                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-12">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ « Syllabique », « globale » ? Si le ministre a conspué la seconde, enseignants et ­spécialistes s’accordent aujourd’hui sur l’essentiel. Retour sur une longue querelle.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Apprentissage de la lecture au CP : le b.a.-ba d’une fausse polémique

« Syllabique », « globale » ? Si le ministre a conspué la seconde, enseignants et ­spécialistes s’accordent aujourd’hui sur l’essentiel. Retour sur une longue querelle.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 18h31
    |

            Luc Cédelle








                        



                                


                            

Une phrase-clé qui claque : « La liberté pédagogique n’a jamais été l’anarchisme pédagogique. » Et une affirmation non moins retentissante : « Entre quelque chose qui ne marche pas – la méthode globale – et quelque chose qui fonctionne – la syllabique –, il ne peut y avoir de “compromis” mixte. » Avec son entretien au Parisien du 26 avril, accompagné de la publication, le même jour, de quatre notes de service sur l’enseignement des « fondamentaux » et d’un guide de 130 pages détaillant ses recommandations pédagogiques sur l’apprentissage de la lecture, Jean-Michel Blanquer était certain de marquer les esprits. D’une double façon : en se mettant la plupart des syndicats d’enseignants à dos et l’opinion publique dans sa poche.
Méthodes validées par la science
Le ministre de l’éducation nationale avait déjà, en août 2017, laissé percer ses intentions en déclarant à L’Obs que, pour la lecture, il s’appuierait « sur les découvertes des neurosciences, donc sur une pédagogie explicite, de type syllabique, et non pas sur la méthode globale, dont tout le monde admet aujourd’hui qu’elle a eu des résultats tout sauf probants ». Aujourd’hui, tout en se défendant de vouloir imposer quoi que ce soit, il est passé à l’action. Quelle que soit la part calculée de communication politique, il faut lui faire crédit de sa conviction qu’il est possible d’obtenir – ou, à tout le moins, d’approcher – les « 100 % de réussite au CP », selon l’objectif-slogan énoncé dès son arrivée Rue de Grenelle. Pour Jean-Michel Blanquer, cet objectif est atteignable si l’éducation nationale a recours aux méthodes validées par la science.
La science semble, à ses yeux, idéalement incarnée par le neuroscientifique et psychologue cognitiviste Stanislas Dehaene, qu’il a nommé, fin décembre 2017, à la présidence d’un tout nouveau Conseil scientifique de l’éducation. Ce chercheur de renommée internationale s’intéresse depuis longtemps...




                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-13">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Pourquoi le président utilise-t-il cette expression dans le documentaire diffusé le 7 mai sur France 3 et dans l’entretien qu’il a accordé à la revue « NRF » ? Dans une tribune au « Monde », le politiste Bruno Cautrès livre son analyse d’une stratégue rhétorique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le « petit-bourgeois », figure honnie de la macronie

Pourquoi le président utilise-t-il cette expression dans le documentaire diffusé le 7 mai sur France 3 et dans l’entretien qu’il a accordé à la revue « NRF » ? Dans une tribune au « Monde », le politiste Bruno Cautrès livre son analyse d’une stratégue rhétorique.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 12h00
   





                        



                                


                            
Par Bruno Cautrès
Tribune. Le documentaire réalisé pour France 3 par Bertrand ­Delais, ­Macron président, la fin de l’innocence, et diffusé le 7 mai a fait l’objet de critiques ; certains lui reprochent une tonalité trop peu distanciée. Si l’on met de côté ce débat, son caractère potentiellement hagiographique permet d’analyser la parole présidentielle. En se livrant avec détails à sa propre analyse, le président nous redonne en effet plusieurs éléments fondamentaux de son projet de départ, mais actualisés et remis en perspective.
e siècle
Un élément peut retenir plus particulièrement l’attention : l’opposition que formule Emmanuel Macron entre les « petits-bourgeois » et leur mode de pensée et le projet de vie qu’il propose aux Français : « Je pense que quand on ne croit plus vraiment dans les choses, ou quand on est dans le relativisme constant, plus rien ne vaut rien et c’est au fond le traitement de tous ceux qui aspirent à devenir des petits-bourgeois ; soit ils le sont socialement soit ce sont les petits-bourgeois de la pensée. » Ce propos rappelle l’entretien publié dans le numéro de mai de la revue NRF, dans lequel le président évoque les évolutions à venir de l’Europe et parle de « ce vieux continent de petits-bourgeois se sentant à l’abri dans le confort matériel, [qui] entre dans une nouvelle aventure où le tragique s’invite ».
La figure du « petit-bourgeois », c’est, pour Emmanuel Macron, l’antithèse du modèle héroïque qu’il veut donner en exemple aux Français (le lieutenant-colonel Beltrame). On peut faire l’hypothèse qu’il n’emprunte pas le terme de « petits-bourgeois » à la sociologie marxiste ou bourdieusienne, mais plutôt au répertoire de sa culture littéraire française du XIXe siècle. Le « petit-bourgeois » d’Emmanuel Macron est davantage celui dépeint par Balzac dans Monographie...




                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-14">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Qui de la réforme ou de la révolution est le mieux à même d’améliorer le sort de la société civile? Dans son dernier essai, Hervé Hamon apporte des éléments de réponse.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
      

Les leçons de Mai-68

Qui de la réforme ou de la révolution est le mieux à même d’améliorer le sort de la société civile? Dans son dernier essai, Hervé Hamon apporte des éléments de réponse.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 10h05
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 11h30
    |

            Anne Rodier








                        



   


La France s’ennuyait, le pouvoir d’achat montait, mais moins que les inégalités. La France rurale s’effondrait. « Nous n’en pouvions plus de l’information normalisée. Ni d’une classe politique amplement corrompue », écrit Hervé Hamon, dans L’Esprit de Mai-68. « Il allait se produire des choses qui n’appartenaient à aucune coterie, à aucun ténor, à aucun expert. Des choses qui appartenaient à ces gens en fête, ces gens qui allaient les énoncer eux-mêmes. »
Son récit animé, réfléchi, détaillé de Mai-68 va bien au-delà de la commémoration. L’essayiste fait, certes, revivre la genèse du mouvement, son « romantisme héroïque ». Il analyse sa place dans l’Histoire, l’efficacité du rapport de force dans les conflits sociaux. Le patronat « arrogant », « méprisant », « dur à la détente » finit par lâcher : 7 % de hausse de salaire réel, 35 % d’augmentation du smig, la réduction du temps de travail et le report de l’âge légal de départ à la retraite, rappelle-t-il. Le Medef (ex-CNPF) doit s’en souvenir.
Mais l’écrivain apporte surtout des éléments de réflexion pour savoir qui de la réforme ou de la révolution est mieux à même d’améliorer le sort de la société civile. Puis il alerte sur les dangers de vanter « la rupture » à tout propos. « Nous avons appris la méthode des essais et des erreurs », souligne-t-il en toute humilité. Une lecture rafraîchissante et inspirante pour 2018.

    Cet article est extrait du semestriel Le Monde Campus Avril 2018 by Anne Rodier on Scribd

L’Esprit de Mai-68, d’Hervé Hamon (Editions de L’Observatoire, 192 pages, 16 euros).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-15">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans un entretien au « Monde Campus », le fondateur du Centre de recherches interdisciplinaires François Taddei explique en quoi notre société aura de plus en plus besoin d’intelligence collective.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Plus les sujets sont complexes, plus on a besoin de regards interdisciplinaires »

Dans un entretien au « Monde Campus », le fondateur du Centre de recherches interdisciplinaires François Taddei explique en quoi notre société aura de plus en plus besoin d’intelligence collective.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 09h39
    |

                            Sophy Caulier








                        



                                


                            
Polytechnicien, ingénieur des Ponts, des Eaux et Forêts, généticien, chercheur à l’Inserm, ce n’est pas un hasard si François Taddei a fondé le Centre de recherches interdisciplinaires (CRI), qu’il dirige depuis dix ans. Pour lui, la complexité des sujets nécessite des regards interdisciplinaires, dont notre société aura de plus en plus besoin.
Pourquoi avoir créé le Centre de recherches interdisciplinaires, le CRI ?
François Taddei : Il y a une quinzaine d’années, nous avons voulu aider des étudiants de différentes disciplines qui voulaient apprendre autrement… Ce pouvait être des biologistes qui avaient besoin de renforcer leurs capacités à modéliser, des mathématiciens qui avaient envie de comprendre telle dynamique dans le vivant, ou des médecins qui avaient envie d’utiliser le big data… Il fallait changer de paradigme.

Ces étudiants étaient conscients que l’intelligence collective, la discussion, la confrontation avec des étudiants d’autres disciplines leur apporteraient plus que le Web, dont ils se servaient par ailleurs. Nous étions déjà quelques-uns à faire de la recherche de cette façon-là, avec une approche systémique. Nous avons proposé à ces étudiants d’utiliser leur créativité pour penser des projets qu’ils ne pouvaient pas penser seuls. Cette expérience a donné naissance au master « Approche interdisciplinaire du vivant », qui associe théorie et expérimentation. Le CRI était né.
L’enseignement supérieur n’est-il pas trop en « silos » pour développer l’interdisciplinarité ?
Si, il l’est doublement ! D’une part, dans chaque discipline entre la recherche et l’enseignement, d’autre part entre la théorie et l’expérimentation. Prenez le mot « ingénieur ». En français, il contient le mot « génie » ; en anglais, « engineer » contient le mot « engine », moteur. Nous n’avons pas exactement la même conception que nos collègues anglo-saxons.
Comment...




                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-16">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Un vent d’optimisme souffle entre Pyongyang et Séoul, comme en témoigne le récent sommet intercoréen. Mais Tokyo doit aussi prendre part au processus, affirme dans une tribune au « Monde » Lionel Babicz, historien du Japon et de l’Asie.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Le Japon joue un rôle majeur dans la crise nord-coréenne actuelle »

Un vent d’optimisme souffle entre Pyongyang et Séoul, comme en témoigne le récent sommet intercoréen. Mais Tokyo doit aussi prendre part au processus, affirme dans une tribune au « Monde » Lionel Babicz, historien du Japon et de l’Asie.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 09h18
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 15h03
    |

Lionel Babicz (Historien du Japon et de l’Asie, maître de conférences à l'Université de Sydney)







                        



                                


                            
Tribune. Le Japon joue un rôle majeur dans la crise nord-coréenne actuelle. En cas de guerre, l’archipel japonais constituerait une cible privilégiée des tirs de missile nord-coréens. Tokyo serait amené à riposter et, pour la première fois depuis 1945, à prendre une part active dans un conflit armé. Si la raison l’emporte, ainsi que semblerait l’indiquer le récent sommet intercoréen, le Japon devra jouer un rôle diplomatique déterminant dans tout accord.
La centralité du Japon dans la crise nord-coréenne tient à la fois à des facteurs géopolitiques évidents – proximité géographique, alliance avec les Etats-Unis, présence militaire américaine dans l’archipel – et au poids de l’histoire, à la mémoire du passé.

La Corée du Nord entretient méticuleusement le souvenir du colonialisme japonais (1910-1945), de la résistance et de la libération. La dynastie Kim puise sa légitimité dans ces événements tragiques. Son fondateur, Kim Il-sung, est érigé en libérateur de la péninsule, et la nécessité de châtier le Japon pour ses crimes passés occupe toujours une place centrale dans la propagande nord-coréenne : les missiles survolant l’archipel seraient un coup de semonce annonçant la volonté de Pyongyang de régler les comptes du passé.
Ressentiment méticuleux
Le Japon, pour sa part, cultive aussi un ressentiment méticuleux à l’égard de la Corée du Nord. Pour Tokyo, il ne s’agit évidemment pas de la période coloniale, de laquelle on préfère ne pas trop parler, mais de l’après-guerre et de l’histoire récente. Le sentiment général est celui d’une bonne volonté japonaise rejetée par une constante malveillance nord-coréenne. On se souvient qu’en 1965, lors du rétablissement des relations diplomatiques avec la Corée du Sud, le Japon tenta (sans succès) de laisser la porte ouverte à l’éventuel établissement de liens officiels avec Pyongyang. On se souvient aussi que dans les années 1990, après la fin de la guerre froide, des délégations parlementaires...




                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-17">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Ancien secrétaire particulier de Jean Moulin, Daniel Cordier, 97 ans, compagnon de la Libération, a accordé au « Monde » un grand entretien dans lequel il revient sur l’ensemble de son parcours hors du commun.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Jean Moulin, l’art et l’histoire : l’itinéraire exceptionnel de Daniel Cordier

Ancien secrétaire particulier de Jean Moulin, Daniel Cordier, 97 ans, compagnon de la Libération, a accordé au « Monde » un grand entretien dans lequel il revient sur l’ensemble de son parcours hors du commun.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 18h34
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 19h22
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Né en 1920 à Bordeaux, Daniel Cordier fut parmi les tout premiers volontaires à s’engager dans les Forces françaises libres, fondées par le général de Gaulle, en Angleterre, répondant ainsi à l’appel du 18 juin 1940. Elevé dans une famille monarchiste et nationaliste acquise aux idées de Charles Maurras, le fondateur de l’Action française, son obsession est alors de « tuer du boche », comme il le racontera plus tard. Affecté au Bureau central de renseignement et d’action, les services spéciaux de la France libre, il est parachuté en France, le 25 juillet 1942, puis recruté par Jean Moulin, le représentant personnel du général de Gaulle en zone libre, dont il devient le secrétaire.

        Lire aussi :
         

                Daniel Cordier : de Jean Moulin à la jeunesse d’aujourd’hui, la leçon de vie d’un homme libre



Aux côtés de l’ancien préfet républicain révoqué par Vichy, Daniel Cordier assiste aux tumultueuses tractations qui visent à unir la Résistance intérieure et à la placer sous l’autorité du général de Gaulle. Un processus qui conduit à la création du Conseil de la Résistance, le 27 mai 1943, à Paris.
Après la mort de Jean Moulin, arrêté et torturé par les Allemands près de Lyon, au début de l’été 1943, Daniel Cordier poursuit son travail aux côtés de son successeur, Claude Bouchinet-Serreulles, avant de regagner l’Angleterre, via l’Espagne, au début de l’année 1944.
Ecrivain contre la calomnie
Après la guerre, Daniel Cordier devient galeriste et marchand d’art. Pendant plus de trois décennies, il se consacre entièrement à sa passion pour l’art, qu’il doit à ses conversations avec Jean Moulin pendant la période de l’Occupation, et se tient délibérément à l’écart des débats mémoriels et politiques autour de la guerre et de la Résistance.
Mais la parution, en 1977, d’un livre d’Henri Frenay, l’ancien chef du mouvement Combat, accusant Jean Moulin d’avoir été un agent communiste, le fait sortir de son silence. Jugeant l’accusation calomnieuse, Daniel Cordier décide alors de retracer le parcours de Jean Moulin, un travail colossal qui le conduira à consacrer plusieurs ouvrages volumineux à celui qu’il ne cessera d’appeler son « patron ». Parus dans les années 1980 et 1990, ces livres fondés sur une impressionnante masse d’archives écrites s’imposeront comme des références et vaudront à son auteur la reconnaissance des historiens de la période.
Aujourd’hui installé à Cannes (Alpes-Maritimes), Daniel Cordier continue de travailler à ses mémoires, dont le premier volume, consacré à la période allant jusqu’à l’arrestation de Jean Moulin, a connu un grand succès lors de sa sortie, en 2009 (Alias Caracalla, Gallimard). A 97 ans, il est l’un des sept derniers compagnons de la Libération (sur 1 038) encore en vie.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-18">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ « Si la France était amenée à considérer que le mouvement historique en Arménie était sans conséquence sur sa position dans le conflit du Haut-Karabakh, alors elle prendrait le risque de désespérer les peuples », estime dans une tribune au « Monde » Mourad Papazian, dirigeant du Parti socialiste arménien.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La France doit engager une réorientation profonde de ses relations tant économiques que diplomatiques avec l’Arménie »

« Si la France était amenée à considérer que le mouvement historique en Arménie était sans conséquence sur sa position dans le conflit du Haut-Karabakh, alors elle prendrait le risque de désespérer les peuples », estime dans une tribune au « Monde » Mourad Papazian, dirigeant du Parti socialiste arménien.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 16h00
    |

Mourad Papazian (Coprésident du Conseil de coordinations des organisations arméniennes de France, membre du bureau mondial de la Fédération révolut...







                        



                                


                            
Tribune. A l’issue d’un mouvement absolument historique, Nikol Pashinyan a été élu premier ministre de l’Arménie. Présent sur la désormais célèbre place de la République, j’ai pu constater la ferveur, la force et l’enthousiasme s’emparer des rues de la capitale Erevan. Ce mouvement s’inscrit dans une tradition ancienne qui a vu le peuple arménien, à plusieurs reprises, se saisir de son destin : guerre d’indépendance de 1918, mouvement de libération du Haut-Karabakh en 1988, infatigable combat pour la reconnaissance du génocide arménien.

Ce mouvement est d’autant plus fort que les menaces, aux portes de l’Arménie, rendaient hautement improbables la possibilité que le peuple assume le risque d’une instabilité à la tête du pays, comme si les Arméniens avaient intériorisé le cynisme de la realpolitik. Mais on ne stérilise pas toute une nation. C’est ce que nous a rappelé la jeunesse d’Erevan. Ce fut une leçon pour chacun d’entre nous. La France, qui s’est passionnée pour cette révolution, doit prendre toute la mesure de ces événements et engager une réorientation profonde de ses relations avec l’Arménie tant sur le volet économique que diplomatique.
les échanges entre la France et l’Arménie se sont réduits à 50 millions d’euros par an, une goutte d’eau comparée à l’intensité des relations politiques entre ces deux pays
A d’innombrables reprises, ces dernières années, les autorités françaises ont fait savoir que la saturation de l’économie arménienne par une oligarchie créait des conditions insusceptibles de favoriser le développement des investissements français en Arménie. Les conséquences ont été désastreuses puisque les échanges entre la France et l’Arménie se sont réduits à 50 millions d’euros par an, une goutte d’eau comparée à l’intensité des relations politiques entre ces deux pays.
C’est ce message d’ouverture que le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) a martelé aux autorités arméniennes,...




                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-19">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Jean-Pierre Brulard, directeur d’une entreprise technologique, estime dans une tribune au « Monde » que le croisement entre la 5G, les objets connectés et l’intelligence artificielle va obliger à un saut technologique sans précédent.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La 5G, nouveau travail d’Hercule » des opérateurs mobiles

Jean-Pierre Brulard, directeur d’une entreprise technologique, estime dans une tribune au « Monde » que le croisement entre la 5G, les objets connectés et l’intelligence artificielle va obliger à un saut technologique sans précédent.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 14h00
    |

Jean-Pierre Brulard (Vice-président et directeur général Europe Moyen-Orient et Afrique de VMware, spécialiste des infrastructures Cloud)







                        



                                


                            
Tribune. La 5G est le nouveau travail d’Hercule pour les opérateurs de télécommunications et les fournisseurs d’accès à internet (FAI). Les premiers, tout d’abord, doivent répondre aux attentes toujours plus élevées des consommateurs, tout en gérant une offre alliant téléphonie et données mobiles. Le contexte aussi a changé, puisque les coûts d’infrastructure, loin de se stabiliser, se sont au contraire accrus, alors que la concurrence s’est intensifiée et que le revenu moyen par utilisateur s’est effondré.
La 5G devrait être adoptée par 1,2 milliard de personnes d’ici à 2025, ce qui représente 12 % des connections mobiles totales
Si l’on en croit les prévisions de la GSMA, l’association mondiale des opérateurs mobiles, la 5G devrait être adoptée par 1,2 milliard de personnes d’ici à 2025, ce qui représente 12 % des connections mobiles totales. D’ici là, les taux de croissance annuels moyens des FAI devraient atteindre 2,5 % pour 1 300 milliards de dollars de profits. Pour des acteurs qui bataillent entre une demande en croissance et des prix en chute libre, c’est un objectif ambitieux. Tout le défi est de récolter les fruits de ce travail sans sombrer…
Il s’agit d’un changement radical et sans précédent, même par rapport à la 4G. Assurer la continuité du service et sa longévité va demander de l’anticipation et de la prévision. Tant en termes d’opérations sur le réseau que de développement de nouvelles compétences, la transition entre la situation actuelle et l’avenir des télécommunications devra être la moins visible possible pour les usagers, ce qui n’est pas une mince affaire.
Développement de nouveaux services
La première étape est de réfléchir aux nouveaux usages du réseau, et à la façon dont il différera de la 3G ou de la 4G. A titre d’exemple, la bande passante particulièrement élevée et la faible latence de la 5G s’apprêtent à bouleverser l’architecture des télécommunications du « cloud » et à permettre le développement...




                        

                        


<article-nb="2018/05/11/19-20">
<filnamedate="20180511"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180511"><AAMMJJHH="2018051119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Le regroupement entre les troisième et quatrième géants du marché américain des mobiles va être suivi de près outre-Atlantique, où la taille critique pour affronter les défis de la 5G n’est pas atteinte, analyse dans une tribune au « Monde » l’ingénieur Yves Gassot.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La fusion entre Sprint et T-Mobile » est un cas d’école

Le regroupement entre les troisième et quatrième géants du marché américain des mobiles va être suivi de près outre-Atlantique, où la taille critique pour affronter les défis de la 5G n’est pas atteinte, analyse dans une tribune au « Monde » l’ingénieur Yves Gassot.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 14h00
    |

Yves Gassot (Ancien directeur général de l’Idate, groupe de réflexion et d’études spécialisé dans l’économie numérique, les médias, l’Internet et l...







                        



                                


                            
Tribune. Cette fois-ci pourrait être la bonne. T-Mobile et Sprint, troisième et quatrième opérateurs de téléphonie mobile américains, semblent bien partis pour se regrouper. Ils ont annoncé dimanche 29 avril leur fusion, qui doit encore être validée par les autorités de la concurrence des Etats-Unis.
L’opposition de l’administration Obama à la concentration dans le secteur de la téléphonie mobile avait repoussé l’acquisition de T-Mobile par AT&T (deuxième opérateur américain) en 2012, puis la fusion entre T-Mobile et Sprint en 2014, avant l’échec d’une opération d’Iliad sur T-Mobile. On s’attendait à ce que le changement d’administration à Washington modifie la donne. En effet, Sprint et T-Mobile ont repris les négociations dès 2017. Elles ont été rompues à nouveau en novembre 2017 car le principal actionnaire de Sprint, le japonais SoftBank, avait refusé les exigences du principal actionnaire de T-Mobile, Deutsche Telekom, qui souhaitait contrôler la nouvelle entité.
Masayoshi Son, le patron de SoftBank, a reconnu que la dynamique de conquête était plus du côté de T-Mobile que de Sprint
Mais l’opération, sauf à être définitivement enterrée, ne pouvait pas être repoussée sine die pour au moins trois raisons. La première est liée aux enchères pour les nouvelles fréquences millimétriques de la 5G, prévues en novembre 2018 : les opérateurs télécoms qui souhaitent y participer ne peuvent pas communiquer entre eux dans la période qui précède ces enchères.
La deuxième est liée aux fameuses synergies attendues avec ce type d’opération : ici, il s’agit d’unir les efforts pour construire un seul réseau 5G, et non deux. Or la course est lancée, et plus on attend, plus les investissements engagés séparément minimisent les perspectives de synergie.
La troisième raison est que Masayoshi Son, le patron de SoftBank, bien qu’investisseur audacieux, a reconnu au fil des discussions que la dynamique de conquête était plus du côté de T-Mobile que de Sprint,...




                        

                        

