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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ En République d’Irlande, l’avortement est interdit, sauf en cas de danger pour la vie de la mère. Le 25 mai, un référendum doit déterminer si les Irlandais sont prêts à assouplir la loi.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ David Goodall a voyagé jusqu’en Suisse pour bénéficier d’un suicide assisté que son pays lui refusait. S’il ne souffrait d’aucune maladie en phase terminale, il jugeait que sa qualité de vie s’était détériorée.
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Un scientifique australien de 104 ans s’est donné la mort en Suisse

David Goodall a voyagé jusqu’en Suisse pour bénéficier d’un suicide assisté que son pays lui refusait. S’il ne souffrait d’aucune maladie en phase terminale, il jugeait que sa qualité de vie s’était détériorée.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 15h39
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 15h40
   





                        



   


David Goodall, un scientifique australien de 104 ans venu jusqu’en Suisse pour bénéficier d’un suicide assisté que son pays lui refusait, est mort, jeudi 10 mai, à Bâle après une injection de barbituriques, a annoncé la fondation Exit International.
Le centenaire ne souffrait d’aucune maladie en phase terminale, mais jugeait que sa qualité de vie s’était détériorée et qu’il était temps de partir. Après une tentative de suicide ratée en début d’année, M. Goodall avait demandé aux autorités australiennes de bénéficier d’un suicide assisté. Mais devant leur refus, il avait été contraint de voyager jusqu’en Suisse, où plusieurs fondations offrent ce service.
« J’aurais préféré terminer en Australie et je regrette vraiment que l’Australie soit en retard sur la Suisse » en matière de droit à mourir, avait-il expliqué avec amertume devant les journalistes, mercredi, dans un hôtel de Bâle.
Ce chercheur associé honoraire à l’université Edith Cowan de Perthil avait quitté l’Australie la semaine précédente pour rendre visite à son fils à Bordeaux, avant d’arriver lundi en Suisse. « Je ne veux plus continuer à vivre », avait-il répété la veille de sa mort devant les médias, affirmant n’avoir aucune hésitation.
L’aide au suicide illégale dans la plupart des pays
La fondation suisse Eternal Spirit, qui a accepté de l’aider à se donner la mort, avait mis à sa disposition un appartement où le centenaire a pu être entouré de ses petits-enfants et d’un ami jusqu’à ses derniers instants.
Jeudi, après un dernier repas avec sa famille, M. Goodall s’est allongé et un assistant a placé une intraveineuse dans son bras. Mais conformément à la législation suisse, c’est le centenaire qui a lui-même ouvert la valve pour libérer le produit létal à base de pentobarbital de sodium, un sédatif puissant qui à forte dose stoppe les battements du cœur.
Devant le vif intérêt médiatique suscité par son cas, le scientifique a confié espérer que cela aurait pour effet de pousser l’Australie et d’autres pays à revoir leur législation, alors que l’aide au suicide est illégale dans la plupart des pays. En Australie, elle était totalement interdite jusqu’à ce que l’Etat de Victoria légalise l’an dernier la mort assistée. Mais cette législation, qui ne rentrera en vigueur qu’en juin 2019, ne concerne que les patients en phase terminale avec une espérance de vie de moins de six mois.
En Suisse, en revanche, la loi dispose que toute personne en bonne santé mentale et qui a, depuis un certain temps, exprimé le souhait constant de mettre un terme à sa vie, peut demander ce qu’on appelle la mort volontaire assistée.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Une exposition à New York sur la mode et le catholicisme, une autre sur Andy Warhol au Vatican, un pavillon à la Biennale d’architecture de Venise… Le Saint-Siège dépoussière son image d’institution peu ouverte aux tendances artistiques de l’époque.
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édition abonné


Le Vatican se convertit au pape art


                      Une exposition à New York sur la mode et le catholicisme, une autre sur Andy Warhol au Vatican, un pavillon à la Biennale d’architecture de Venise… Le Saint-Siège dépoussière son image d’institution peu ouverte aux tendances artistiques de l’époque.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 14h14
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 17h03
   





                              

                        

Un haut responsable du Vatican qui pose en soutane à côté des papesses de la mode Anna Wintour, avec son carré frangé, et Donatella Versace, cheveux blonds peroxydés et lèvres hypertrophiées, l’image a de quoi surprendre. Le 26 février, au palais Colonna, à Rome, le cardinal Gianfranco Ravasi, président du conseil pontifical pour la culture, prend le micro en présence de la célèbre rédactrice en chef du magazine américain Vogue et de la créatrice italienne pour annoncer un partenariat avec le Metropolitan Museum of Art (MET) de New York. Fruit de cette collaboration, l’exposition « Heavenly Bodies : Fashion and the Catholic Imagination » (Corps célestes : la mode et l’imaginaire catholique) ouvre le 10 mai ses portes dans le prestigieux musée. L’alliance est moins incongrue qu’il n’y paraît.
 Andrew Bolton, commissaire de l’exposition
Comme on peut le constater au MET, les habits ecclésiastiques n’ont cessé d’inspirer artistes et stylistes. En 1985, Yves Saint Laurent avait confectionné la parure dorée de la statue de la Vierge d’El Rocío à la chapelle Notre-Dame-de-Compassion, à Paris. En 1997, à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse, c’est Jean-Charles de Castelbajac qui avait dessiné la soutane que portait Jean Paul II. Le visiteur du MET peut aussi admirer des robes directement inspirées des vêtements liturgiques, comme cet ensemble du soir signé John Galliano pour Dior, incrusté de bijoux et surmonté d’une mitre d’évêque. Sans compter les quarante « œuvres d’art ecclésiastiques » portées par des papes du XVIIIe au XXIe siècle, prêtées par le Vatican, parmi lesquelles les fameux souliers rouges du souverain pontife.
Lire aussi (édition abonnés) : 1997, Jean-Charles de Castelbajac habille le pape
Barbara Jatta, directrice des Musées du Vatican, est l’architecte de ce projet...




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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Environ dix mille entreprises allemandes ont des relations commerciales avec l’Iran, dont des grands groupes comme Siemens, ou les constructeurs automobiles.
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Iran : les entreprises allemandes dénoncent les menaces de sanctions américaines

Environ dix mille entreprises allemandes ont des relations commerciales avec l’Iran, dont des grands groupes comme Siemens, ou les constructeurs automobiles.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h38
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 18h15
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Depuis deux jours, les industriels allemands sont sous le choc. L’annonce de Donald Trump, mardi 8 mai, du retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, même si elle était attendue, a jeté un coup de froid dans les milieux économiques outre-Rhin. Le coup a été d’autant plus rude que cette annonce s’est doublée de menaces en direction des entreprises allemandes.
Alors qu’il vient tout juste de prendre ses fonctions, le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne, Richard Grenell, ne s’embarrassant pas des salutations et précautions d’usage, s’est en effet empressé de traduire la décision du président américain dans des termes très directs et guère diplomatiques :
« Les entreprises allemandes présentes en Iran doivent cesser immédiatement leurs activités », a-t-il écrit, mardi, sur Twitter.
« Profond ressentiment »
Après la publication de ce message, Eric Schweitzer, président de la fédération des chambres de commerce et d’industrie allemande, a déclaré que les propos de M. Grenell « ont provoqué de grandes incertitudes et un profond ressentiment au sein de l’économie allemande ».
« Monsieur Grenell est ambassadeur depuis peu de temps et doit certainement arriver dans son nouveau rôle. Je suis sûr que notre ministère des affaires étrangères lui rappellera que ce n’est pas son rôle de donner des instructions aux entreprises allemandes ou de les menacer », a également réagi Michael Tockuss, membre de la direction de la chambre de commerce germano-iranienne.
Adoptant un ton beaucoup moins diplomatique, Dieter Kempf, président du BDI, la principale fédération industrielle allemande, a, pour sa part, assuré n’avoir « aucune compréhension pour l’appel adressé aux entreprises allemandes de cesser leurs activités en Iran ». Dans un communiqué, publié mercredi 9 mai, à midi, il dit « regretter profondément » le retrait américain d’un accord « longuement et laborieusement » négocié.

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Des pressions aux « conséquences imprévisibles »
« L’industrie allemande dénonce l’utilisation extraterritoriale de sanctions envisagées par les Etats-Unis, illégales au regard du droit international », a ajouté le président du BDI, en s’alarmant du fait que la pression du gouvernement américain sur les entreprises actives en Iran augmente considérablement, avec « des conséquences imprévisibles ».
Environ dix mille entreprises allemandes ont des relations commerciales avec l’Iran, dont des grands groupes comme Siemens, ou les constructeurs automobiles. Cent vingt sociétés y disposent d’un siège et y emploient du personnel. Le volume d’affaires généré par les échanges germano-iraniens reste toutefois limité : environ trois milliards d’euros d’exportation allemande vers l’Iran – une goutte d’eau dans le bilan du commerce extérieur de l’Allemagne (0,2 %) –, pour 500 millions d’euros dans l’autre sens.
Mais avec le desserrement des sanctions depuis 2016, les groupes allemands avaient beaucoup espéré développer leurs activités dans une République islamique, dont les infrastructures et les équipements ont souffert d’années d’isolement et où ils jouissent d’une excellente réputation. Le volume d’échanges a augmenté depuis cette date de 42 %. Volkswagen avait ainsi lancé l’exportation de modèles et envisageait même une production commune. Daimler, de son côté, avait lancé une activité de véhicules utilitaires en République islamique et avait noué une alliance avec Iran Khodro, le plus gros constructeur automobile du Moyen-Orient.
Les premières menaces exprimées par le président Trump de remettre en cause l’accord sur le nucléaire avaient déjà refroidi les ardeurs des entreprises. Aujourd’hui, les relations commerciales menacent de s’effondrer complètement.

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L’Etat allemand et l’UE sollicités
« La décision américaine touche durement l’économie allemande », avance Eric Schweitzer, de la chambre d’industrie et de commerce allemande, qui a demandé « de l’aide au gouvernement » pour protéger les relations commerciales germano-iraniennes.
Une demande également adressée à l’Union européenne, afin que les aspects de sécurité ne soient pas les seuls considérés. Le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert, a annoncé son intention d’examiner les conséquences du retrait américain sur les entreprises allemandes.
Mais, même dans le cas où le gouvernement ou l’Union européenne assureraient une protection aux entreprises, le problème du financement restera entier : la plupart des grandes banques, par crainte de mettre en danger leurs relations d’affaires avec les Etats-Unis, refusent de financer les projets en lien avec l’Iran.
Mieux que des sanctions clairement identifiées, ces incertitudes pourraient décourager toute velléité allemande de poursuivre les relations commerciales avec la République islamique, redoutent les experts.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », quatre cent vingt personnalités françaises et européennes, issues de la politique, du syndicalisme et de la recherche, proposent cinq réformes pour forger un nouveau modèle européen du travail.
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édition abonné


« Les salariés de l’UE ne peuvent plus continuer à être exclus de la construction européenne »

Dans une tribune au « Monde », quatre cent vingt personnalités françaises et européennes, issues de la politique, du syndicalisme et de la recherche, proposent cinq réformes pour forger un nouveau modèle européen du travail.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h11
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Quelque chose s’est mal passé dans l’Union européenne (UE). Quatre exemples témoignent de ce désordre. Comment justifier que des centaines de milliers de sociétés boîtes aux lettres aient été autorisées à se développer, bien que leur seul but soit d’échapper aux taxes, aux lois du travail et aux réglementations ? Comment expliquer que des ­décisions de la Cour européenne de justice autorisent la restriction des droits fondamentaux des salariés ?
Comment ne pas être scandalisé par les révélations régulières, telles que celles des « Panama Papers » et des « Paradise Papers », qui montrent ­l’incapacité de l’UE à empêcher le contournement des règles fis­cales par les particuliers fortunés et les grandes entreprises ? Comment accepter qu’en dépit de drames tels que celui du Rana Plaza, de nombreuses entreprises continuent de fermer les yeux sur des fournisseurs qui ignorent les droits sociaux, ­environnementaux et humains les plus élémentaires ?
depuis les années 1990, les profits ont augmenté au détriment des salaires
La théorie de la « suprématie ­actionnariale » a été promue par la Commission européenne alors que l’économie réelle et les salariés ont été oubliés dans le processus. En conséquence, depuis les années 1990, les profits ont augmenté au détriment des salaires. Cela n’a pas de sens, car les salariés sont une partie constituante des entreprises : tandis que les actionnaires apportent du capital, les salariés inves­tissent leur temps, leurs compétences et leur vie. C’est pourquoi il est temps de repenser la place des plus de 140 millions de salariés de l’UE travaillant dans les entreprises. Les élections pour le Parlement européen ont lieu dans un an, et nous souhaitons que le prochain débat soit fondé sur de bonnes bases.
Nous croyons profondément qu’il est vital que les cinq réformes suivantes soient lancées.
Choisir l’économie réelle. Des limites strictes doivent être ­imposées aux sociétés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Trois frères de cette famille d’origine sénégalaise installée en Italie évoluent dans différentes divisions du championnat transalpin.
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Portrait

Chez les Gomis, on est gardiens de but de père en fils

Trois frères de cette famille d’origine sénégalaise installée en Italie évoluent dans différentes divisions du championnat transalpin.

Par                Romuald Gadegbeku



LE MONDE
              datetime="2018-05-11T11:40:06+02:00"

        Le 11.05.2018 à 11h40






    
Alfred Gomis, lors d’un sauvetage sur sa ligne le 25 octobre 2017, à Turin.
Crédits : MIGUEL MEDINA / AFP


Il y a trente ans, Charles Gomis est arrivé à Coni, en Italie, avec un objectif déterminé. Celui d’être le dernier rempart d’une équipe de football. En réalité, il gagnerait bien sa vie grâce à ses mains, mais en goudronnant les routes de la cité piémontaise. En revanche, ses fils Lys (28 ans), Alfred (24 ans) et Maurice (20 ans) sont aujourd’hui gardiens de but. Chaque week-end, ils jouent au plus haut niveau ou s’en rapprochent. L’aîné évolue à Paganese, en Serie C, le plus jeune à la Nocerina, en Serie D. Le cadet, lui, est doublure à la SPAL Ferrara, en Serie A. Il devrait se déplacer à Turin pour le match du dimanche 13 mai contre le Torino.
En 1996, Lys a 7 ans lorsqu’il quitte Ziguinchor, en Casamance, avec son petit frère Alfred et sa mère pour rejoindre son père. Maurice naît l’année suivante. « Notre père a joué gardien au Sénégal, un temps en Autriche, et il a même fait un essai à Naples, raconte ce dernier. Pour lui, ce n’était pas une histoire de don ou de destin. Il nous a appris le travail et le respect. Il nous a dit aussi qu’ici, en Italie, on ne nous donnerait rien. »

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Le patriarche n’est plus là. Il s’est éteint en 2016, à 51 ans. L’héritage qu’il a laissé : sa passion pour le poste de gardien de but, mais aussi une éducation, des valeurs humaines. Car Charles Gomis, qui aida les premiers migrants sénégalais à s’installer dans la région, était un modèle. A la mairie de Coni, une plaque commémorative lui rend hommage. « Il avait fondé Manko, une association pour résoudre les problèmes de la communauté sénégalaise, aider pour les permis de séjour et pour tout autre document, en collaborant avec la mairie », explique Lys.
Premier gardien africain en Serie A
« Il ne nous a jamais forcés à jouer. Il voulait juste que nous soyons heureux, peu importe le domaine », se souvient Lys. « Sa passion nous a influencés », affirme en revanche Maurice, qui précise : « Ses idoles étaient Dino Zoff et Thomas N’Kono. »
Si les trois frères ont fait leurs classes au Torino, seul l’aîné a pu goûter aux joies de l’équipe première. En entrant en jeu sous les couleurs du « Toro », le 30 novembre 2013, il est devenu le premier gardien africain à évoluer en Serie A. Vivre son rêve à travers son fils fut une émotion particulière pour Charles. « L’appel est venu à minuit ; ma femme, Anne-Marie, et moi l’attendions. Lys était au septième ciel ! Ce moment, c’est ce que je leur ai enseigné : le travail. Je dois remercier le Torino de prendre soin de mes enfants », déclarait-il alors dans Tuttosport, un quotidien sportif transalpin.

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Depuis, Lys Gomis est devenu international sénégalais (quatre sélections), comme son frère Alfred (une sélection) – « le plus talentueux » selon lui. Percer au haut niveau offre parfois un choix difficile lorsqu’on a deux nationalités, deux cultures. Il y a la dimension sportive, mais pas seulement.
« Tu es Noir, pas Italien… », c’est l’antienne, accompagnée de cris de singes, qu’a souvent entendue Mario Balotelli lorsqu’il foulait les terrains de Serie A. Moins connus et moins excentriques que l’attaquant transalpin, qui joue actuellement à l’OGC Nice, les frères Gomis ont aussi fait face au racisme.

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En 2013, Alfred Gomis, lors de son passage au FC Crotone, dénonçait par un tweet les cris simiesques des supporters de Bari. Même chose pour Maurice, lors d’une défaite avec les Molossi de Nocera en novembre. « Aujourd’hui, j’ai [été la cible] de nombreux cris racistes lorsque je touchais le ballon. Ma question est : pourquoi ? Quelle est ma différence avec les autres ? Pourquoi devrais-je être touché par ça ? L’ignorance n’a aucune limite », a-t-il réagi sur les réseaux sociaux après le match.
« Je découvre mes liens avec le Sénégal »
Né à Coni, Maurice a obtenu son passeport italien à 18 ans. Il a ensuite porté le maillot de la sélection italienne des moins de 20 ans de Luigi di Biagio, avant de dire oui aux Lionceaux de la Teranga. « Ça m’ennuie qu’il y ait encore des gens dans la rue ou dans les bars qui puissent s’opposer au fait que nous soyons italiens. Maintenant je découvre mes liens avec le Sénégal, mais j’ai étudié ici, j’habite ici, je respire ici », explique le jeune gardien.

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Lys a participé à la Coupe d’Afrique des nations en 2015 sur le banc, spectateur de l’échec des Lions, éliminés dès le premier tour. Alfred a, lui, de bonnes chances de figurer dans le groupe d’Aliou Cissé qui s’envolera disputer le Mondial en Russie, du 14 juin au 15 juillet. Pour lui, la sélection sénégalaise s’est présentée comme une opportunité sportive bien plus accessible que la Squadra Azzura, mais aussi comme une manière de se reconnecter au pays de son père et de rendre hommage à ce dernier. L’histoire aurait probablement été différente si les frères avaient été des piliers de Serie A…
Dans les années qui viennent, il y a aura toujours un Gomis prêt à garder la cage des Lions. Parce que derrière les trois colosses se cache David, le dernier-né de la fratrie. Il a 12 ans et porte le numéro 1 dans le dos.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Editorial. La mutation qui vient de s’opérer en Arménie mérite d’être saluée. Mais pour la parachever, le nouveau premier ministre Nikol Pachinian devra transformer l’essai aux plans institutionnel, stratégique et militaire.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Les trois défis de la « nouvelle Arménie »

Editorial. La mutation qui vient de s’opérer en Arménie mérite d’être saluée. Mais pour la parachever, le nouveau premier ministre Nikol Pachinian devra transformer l’essai aux plans institutionnel, stratégique et militaire.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h38
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 11h42
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Après trois semaines d’une « révolution de velours », l’élection, le 8 mai, de Nikol Pachinian au poste de premier ministre d’Arménie a ouvert une nouvelle page dans l’histoire de cette petite république du Caucase du Sud, indépendante depuis la chute de l’URSS, en 1991. Fer de lance de la contestation contre la corruption et la sclérose d’un régime oligarchique replié sur lui-même, le jeune premier ministre veut rompre avec près d’une trentaine d’années de pratiques postsoviétiques et faire entrer les quelque 3 millions d’Arméniens dans le XXIe siècle.

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Le mouvement qu’il a déclenché en sillonnant le pays a surpris tout le monde. Durant les trois semaines de mobilisation, aucun débordement n’a été signalé, aucun acte de vandalisme ni d’incivilité n’a émaillé les meetings de la contestation populaire. Cette mobilisation est d’autant plus étonnante qu’elle est dépourvue de tout agenda géopolitique. Les citoyens arméniens sont descendus dans la rue pour des motifs intérieurs, en rupture avec les « révolutions de couleur » de Géorgie ou d’Ukraine soutenues par les Occidentaux et hostiles à la Russie. Il y a peut-être là de quoi inspirer d’autres sociétés civiles en Europe centrale et orientale, soucieuses de retrouver liberté et dignité contre des régimes autoritaires.
Prématuré de parler d’ores et déjà de « modèle arménien »
La mutation qui vient de s’opérer en Arménie mérite donc d’être saluée. Elle redonne confiance à une vieille nation marquée par l’Histoire et inspire une jeune génération déterminée à sortir son pays de la misère – près de 30 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté. Il serait cependant prématuré de parler d’ores et déjà de « modèle arménien » de la révolution à l’Est.

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Car cette « nouvelle Arménie » doit transformer l’essai du changement démocratique et relever trois défis. Le premier, institutionnel, consiste à parachever la transformation du système politique. Or, Nikol Pachinian et les héritiers de l’ancien régime n’ont pas le même agenda. Le premier ne dispose que d’une majorité de circonstance au Parlement et veut convoquer le plus vite possible des élections anticipées pour consolider son pouvoir. Les seconds veulent prendre leur temps afin d’éviter une dissolution de l’Assemblée nationale qui leur serait probablement fatale.
Le deuxième défi est stratégique. Certes, le nouveau chef de gouvernement a rappelé que l’Arménie restera fidèle à tous ses engagements internationaux. Il a assuré, en particulier, qu’il respecterait son alliance avec la Russie, au sein de la Communauté des Etats indépendants et de l’Organisation du traité de sécurité collective créées par Moscou, respectivement en 1991 et 2002. Mais, au risque de contrarier un Vladimir Poutine jusqu’à présent vigilant mais prudent, M. Pachinian a déjà fait savoir que sa politique étrangère serait « proactive » et axée exclusivement sur des priorités nationales.
Le troisième défi est militaire : la paix avec l’Azerbaïdjan. En conflit avec Bakou à propos du Haut-Karabakh, cette province majoritairement arménienne rattachée par Staline à l’Azerbaïdjan en 1921, l’Arménie parviendra-t-elle, dans le cadre du Groupe de Minsk (dont la France est coprésidente avec la Russie et les Etats-Unis), à débloquer les négociations de paix, alors que la situation reste tendue sur le terrain ? La marge de manœuvre de la « nouvelle Arménie » est étroite, mais elle peut désormais s’appuyer sur une dynamique démocratique. C’est une réelle chance pour la paix.

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Vodafone et Liberty Global relancent la consolidation des télécoms en Europe

L’opérateur mobile britannique va reprendre plusieurs réseaux câblés du groupe du magnat américain John Malone. Dans un marché morcelé, les opérations se multiplient.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h32
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Maintes fois annoncée, la consolidation des télécoms en Europe est-elle en train de voir le jour ? Ce marché très fragmenté vient de prendre un important virage. Mercredi 9 mai, Vodafone a annoncé le rachat d’une partie des actifs européens de Liberty Global pour 18,4 milliards d’euros, dont 7,6 milliards en dette et 10,8 milliards en cash. L’opérateur mobile britannique va reprendre les réseaux câblés du groupe du magnat américain John Malone en Allemagne, en République tchèque, en Hongrie et en Roumanie. Les deux acteurs discutaient d’un éventuel rapprochement depuis plusieurs années, mais, jusque-là, ils n’avaient pas réussi à s’entendre sur les modalités.
Première conséquence, Vodafone va secouer le paysage allemand des télécoms. Grâce à la filiale de Liberty Global, Unitymedia, et ses 13 millions de foyers clients, le britannique, qui disposait déjà d’une petite activité dans le fixe avec Kabel Deutschland, se renforce considérablement face à Deutsche Telekom. L’opérateur historique allemand n’a pas dit son dernier mot, et espère voir agir les autorités de la concurrence. En février, son patron, Timotheus Höttges, les avait déjà appelés à bloquer l’opération, arguant qu’elle nuirait à la démocratie.

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Mercredi, il a enfoncé le clou en affirmant que l’alliance « porterait atteinte à la concurrence ». Difficile de dire comment réagiront les régulateurs allemands et européens. L’Union européenne avait bloqué la fusion de Three (Hutchison) et O2 au Royaume Uni en 2016, mais rien ne dit qu’elle fera de même en Allemagne. « En Allemagne, Vodafone remonopolise le câble, alors qu’il avait été coupé dans le passé en plusieurs morceaux », rappelle toutefois Dexter Thillien, analyste chez BMI Research.
« 2018 pourrait être une année record »
En attendant, ce rachat permet à Vodafone, un opérateur qui ne jurait à ses débuts que par la téléphonie mobile, de se renforcer dans le fixe. « Vodafone a vu avec Ziggo, la joint-venture montée avec Liberty Global aux Pays-Bas, qu’avoir du fixe était intéressant », explique Tariq Ashraf, consultant chez Bearing Point. Depuis, Vodafone a acquis Ono en Espagne et Kabel Deutschland en Allemagne en 2014.
Revers de la médaille de cette opération, sa dette va s’accroître considérablement. « Le ratio d’endettement passe de deux fois l’ebidta [excédent brut d’exploitation] à trois fois », explique Stéphane Beyazian, analyste chez Raymond James, réservé sur cette opération. « C’est plutôt risqué dans la mesure où l’on arrive à un moment où s’ouvrent plusieurs processus d’enchères de fréquences mobiles en Europe », dit-il. Vodafone aura-t-il les moyens d’y participer sans trop dégrader sa situation financière ?
Après ce mouvement, la consolidation va-t-elle se poursuivre ? Si l’accord entre Liberty Global et Vodafone n’est pas de nature à en entraîner mécaniquement d’autres, les opérations se sont multipliées ces derniers mois. Ainsi, « 2018 pourrait être une année record », prédit Stéphane Beyazian. En Suède, l’opérateur mobile Tele2 a racheté le câblo-opérateur Com Hem en début d’année. Fin 2017, Deutsche Telekom avait repris l’opérateur de câble UPC en Autriche et fusionné sa filiale T-Mobile avec Tele2 aux Pays-Bas, où il souhaitait ainsi attaquer le « duopole local ». Mouvement plus massif, le rachat, annoncé fin avril, par sa filiale américaine, de son concurrent Sprint pour 26 milliards de dollars (21,8 milliards d’euros). A l’issue de l’opération, Deutsche Telekom conservera le contrôle de l’entité fusionnée. L’an passé, il a évoqué, selon nos informations, un rapprochement avec Orange.
Les regards se tournent vers Comcast
En Europe, tous les regards sont maintenant tournés vers Comcast, qui tente d’acheter le premier bouquet satellite européen, Sky, à Rupert Murdoch. L’opération valorisée 22 milliards de livres (25 milliards d’euros) couperait l’herbe sous le pied de Disney. Or, si Sky, présent au Royaume-Uni, en Allemagne et en Italie, est à l’origine un acteur de la télévision payante, il s’est diversifié dans l’Internet fixe et la téléphonie mobile. « Comcast a déjà dit qu’il allait pousser la stratégie déployée au Royaume-Uni et lancer de la fibre en Italie », explique M. Beyazian.

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L’américain pourrait contribuer à secouer un peu plus le marché italien, qui devrait aussi évoluer. De l’autre côté des Alpes, Vivendi, au terme d’une lutte contre le « hedge fund » Elliott, a perdu la majorité du conseil d’administration de Telecom Italia, malgré une participation de 23,9 % au capital. Nombreux sont ceux qui prédisent une sortie prochaine de Vivendi du capital. « Je ne les vois pas rester à long terme. On voit bien que la joint-venture avec Canal+ n’a pas abouti et que le projet industriel est remis en cause », dit Thomas Coudry, analyste chez Bryan Garnier.

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En France, on attend toujours un passage de quatre à trois opérateurs. Selon Bloomberg, Bouygues a eu des discussions préliminaires avec le fonds CVC afin d’étudier un rachat de SFR. Si le groupe de BTP a expliqué n’avoir aucune « discussion avec un autre opérateur », ces échanges ont bien eu lieu, selon nos informations.
Enfin, le même Vodafone pourrait poursuivre les festivités et racheter le reste des activités de Liberty Global en Europe, au Royaume-Uni, en Suisse et en Belgique. Pour le moment, les deux groupes affirment que les autres actifs ne sont pas à l’ordre du jour, mais tous deux avaient déjà expliqué vouloir créer un géant européen capable de se mesurer aux anciens monopoles locaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Silvio Berlusconi a donné son accord pour une coalition entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles.
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La Ligue et les 5 étoiles tentent de s’entendre, l’Italie retient son souffle

Silvio Berlusconi a donné son accord pour une coalition entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 14h40
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

« Des progrès significatifs » ont été faits. Jeudi à la mi-journée, les dirigeants des deux formations ayant remporté les élections législatives du 4 mars, Luigi Di Maio (Mouvement 5 étoiles) et Matteo Salvini (Ligue), ont publié un communiqué au sortir d’une réunion commune dans les locaux de la Chambre des députés. Celui-ci laisse transparaître, pour la première fois depuis plus de deux mois, quelque chose qui ressemble à l’espoir d’une sortie de crise post-électorale.
Dans les minutes suivantes, sur Facebook, le dirigeant des 5 étoiles, tout sourire, exposait sa « joie » et sa « fierté » : « Enfin, nous allons pouvoir commencer à parler des sujets. » Dans le même temps, Matteo Salvini faisait fuiter, auprès des journalistes, une confidence : « Ça se passe bien… » Les deux hommes ont demandé au président de la République, Sergio Mattarella, quelques jours de plus et, dès l’après-midi, les premières réunions sur un futur « contrat de gouvernement » ont commencé.

Matteo Salvini et Luigi Di Maio se sont donné jusqu’à dimanche pour s’assurer qu’il est possible de donner au pays un gouvernement de coalition. Si celui-ci voyait le jour, l’arrivée au pouvoir, à la tête de la troisième économie de la zone euro, d’une alliance entre la droite radicale souverainiste et une formation « anti-système » inclassable serait un bouleversement politique dont la portée irait bien au-delà des frontières de l’Italie.
Initiative rejetée
Comment en est-on arrivé là, alors que deux jours plus tôt, des élections anticipées semblaient inévitables ? Les différents schémas d’alliance se trouvaient empêchés par des obstacles infranchissables. D’un côté, le refus des 5 étoiles de traiter avec Silvio Berlusconi, qui, même diminué, reste un partenaire majeur au sein de la coalition de droite, empêchait la mise sur pied d’une entente droite-5 étoiles. De l’autre, la volonté du Parti démocrate (centre gauche) de rester...




                        

                        


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Macron et Merkel orphelins de la relation transatlantique

Le président français a de nouveau exhorté la chancelière allemande à défendre la souveraineté du continent face aux choix de Trump.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 10h48
    |

            Cécile Ducourtieux (Aix-la-Chapelle, Envoyée spéciale) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Bureau européen)








                        



                                


                            

Le moment était propice : avec le retrait unilatéral des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, l’immédiat regain des tensions entre Israël et l’Iran et le constat d’une relation transatlantique en lambeaux, il fallait d’urgence réaffirmer une volonté européenne. A Aix-la-Chapelle (Allemagne), Emmanuel Macron, qui recevait le prix Charlemagne, la plus prestigieuse récompense européenne, a plaidé jeudi 10 mai pour faire de l’Union « une puissance géopolitique et diplomatique », sans hésiter à mettre son homologue allemande, Angela Merkel, présente à ses côtés, face à leurs responsabilités communes.
« Si nous acceptons que d’autres grandes puissances, y compris alliées (…), se mettent en situation de décider pour nous notre diplomatie, notre sécurité, parfois en nous faisant courir les pires risques, alors nous ne sommes plus souverains », a déclaré le président, dans une allusion transparente au dossier iranien. D’ordinaire plus mesurée sur les questions concernant l’avenir de l’Europe et les projets français, Angela Merkel a enchaîné, tenant ses propos les plus forts du jour : la politique étrangère européenne « n’en est encore qu’à ses débuts, car les conflits se jouent à nos portes et les Etats-Unis ne vont pas nous protéger, déclarait-elle. L’UE doit prendre son destin en main. Il s’agit d’une question de guerre ou de paix ».
Soulignant l’urgence à agir – « N’attendons pas, c’est maintenant ! » – et la défense des valeurs – « N’ayons pas peur de nos principes et ne nous trahissons pas » –, M. Macron s’est permis d’exhorter l’Allemagne et ses dirigeants à « prendre des risques », à ne « pas avoir peur » et à en finir avec ses « fétiches ». Le propos visait bien sûr les questions budgétaires et les excédents commerciaux – M. Macron a continué de défendre son projet d’un budget de la zone euro, auquel Berlin s’oppose –, mais sans doute aussi l’ambition...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Allié de l’Iran en Syrie, le Kremlin affiche une neutralité bienveillante à l’égard d’Israël, à l’heure où le leadership américain recule dans la région.
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Vladimir Poutine se tait sans renoncer à l’accord nucléaire avec Téhéran

Allié de l’Iran en Syrie, le Kremlin affiche une neutralité bienveillante à l’égard d’Israël, à l’heure où le leadership américain recule dans la région.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 10h49
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Que fait Vladimir Poutine quand il est « très préoccupé » par la situation au Moyen-Orient ? Il joue au hockey avec son ministre de la défense, Sergueï Choïgou, à Sotchi, sur les bords de la mer Noire, selon des images diffusées jeudi 10 mai par la présidence. Quarante-huit heures après la décision de Donald Trump de rompre l’accord nucléaire iranien, et tandis que la tension entre Israël et l’Iran culmine après des bombardements massifs de positions iraniennes en Syrie par l’armée israélienne, en riposte à des tirs de roquette à sa frontière, le chef du Kremlin cultive sa différence. Il reste muet.
Le président russe n’a, publiquement, rendu compte d’aucun contact à son niveau, ni avec son allié syrien Bachar Al-Assad, à Damas, ni avec son partenaire iranien en Syrie, Hassan Rohani. Une stratégie qui lui permet de temporiser en préservant ses intérêts dans la région. Tout juste, Moscou a-t-il dépêché à Téhéran, jeudi, le vice-ministre des affaires étrangères, Sergueï Riabkov, à la rencontre de son homologue, Abbas Araghchi, pour rappeler « l’attachement » de la Russie à l’accord nucléaire qu’elle a signé en 2015, en même temps que six autres pays, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Chine, l’Iran – et les Etats-Unis, avant l’annonce de leur retrait.
« Bien sûr, nous avons réaffirmé notre engagement pour la poursuite de cet accord, et la nécessité d’une pleine coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique [AIEA] comme cela a été fait jusqu’à présent, c’est une des réussites les plus importantes de ces dernières années », a déclaré le diplomate, cité par l’agence russe Interfax.

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Le rétablissement des sanctions américaines contre l’Iran a été abordé d’ici. « Nous avons exprimé nos vues dans le domaine de la coopération, à la lumière de la nouvelle situation, comment défendre nos activités, assurer correctement leur poursuite et leur évolution », a expliqué M. Riabkov. « La Russie et l’Iran ont convenu de poursuivre une coordination étroite, afin de poursuivre une relation bilatérale adéquate », a appuyé le ministère des affaires étrangères dans un communiqué depuis Moscou. La partie russe espère tirer son épingle du jeu, comme elle l’avait fait dans les années 1990 en reprenant, au sud de l’Iran, la construction de la centrale nucléaire de Bouchehr, alors abandonnée par l’Allemagne.
Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, qui recevait en parallèle, jeudi, son nouvel homologue allemand, Heiko Maas, a pris soin d’afficher une distance tout aussi prudente en appelant l’Iran et Israël, renvoyés dos à dos, « au dialogue ». Le recours à la force est « une tendance très inquiétante, a-t-il déclaré. Nous partons du principe que toutes les questions doivent être résolues par le dialogue ».
Un rôle d’intermédiaire
A ce point des tensions, il n’y a guère de dialogue. Mais à la différence d’un Donald Trump, Vladimir Poutine est aujourd’hui capable de parler avec tout le monde, et c’est sans doute ce message qu’il souhaite faire passer. Dans une région où elle a n’a cessé d’étendre ces dernières années son influence, grâce à son intervention militaire en Syrie en septembre 2015, la Russie peut même espérer jouer un rôle d’intermédiaire. Le 9 mai, en dépit de son alliance avec la Turquie et l’Iran en Syrie, le chef du Kremlin a ainsi eu tout le loisir de s’afficher avec le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, venu chercher, une nouvelle fois, la bienveillante neutralité de son interlocuteur.
Dès le lendemain, Moscou s’est contenté, par l’intermédiaire de son ministère de la défense, de livrer les détails « techniques » des frappes israéliennes survenues à l’aube, jeudi, à peine M. Nétanyahou de retour chez lui, en riposte aux tirs de roquettes iraniens sur la partie du Golan syrien occupé par l’état Hébreu.

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Tel-Aviv a su faire valoir ses arguments auprès de Moscou. Evoquant des « relations très constructives avec la Russie », le ministre de la défense israélien Avigdor Liberman, né en ex-URSS, avait fait passer ce message dans un entretien au journal Kommersant le 3 mai, moins d’une semaine avant la visite de M. Nétanyahou :
« Nous apprécions ces relations même lorsque nos partenaires les plus proches exercent une forte pression sur nous… Par exemple, dans le cas des sanctions contre la Russie auxquelles nous avons catégoriquement refusé de nous associer, ou plus récemment lorsque beaucoup ont renvoyé des diplomates russes, Israël n’a pas rejoint le mouvement. »
L’aggravation des hostilités, sur le plan militaire, entre Israël et l’Iran placerait Vladimir Poutine dans une situation beaucoup plus délicate. Mais pour l’heure, le chef du Kremlin a d’autres raisons de se montrer patient. Le vent de révolte des Européens contre le retour des sanctions américaines contre Téhéran, qui menacent leurs entreprises, va dans son sens.

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quelles conséquences du retrait de l’accord pour l’économie iranienne ?la tentation d’un changement de régime à Téhéran, un voeu commun aux faucons de Washington et Tel-Avivles Iraniens « pessimistes » et « dégoûtés » au lendemain de l’annonce américaine« Une décision absurde aux effets déstabilisateurs », l’éditorial du Monde le 9 mailes réponses à vos questions sur l’annonce du retrait américain de l’accordl’analyse de notre correspondant aux Etats-Unis, qui souligne que les décisions de Donal Trump « sont souvent en contradiction avec sa vision du monde ».les Européens déterminés à défendre l’accordles points clés de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, conclu le 14 juillet 2015ce qu’il faut savoir de l’accord, en sept questions ;l’analyse des promesses faites par Donald Trump durant la campagne présidentiellela tribune de parlementaires européens qui appellent leurs homologues américains à sauver l’accord sur le nucléaire ;les images de la visite d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, où il a débattu de l’accord avec Donald Trump ;la chronique de Sylvie Kauffmann, pour qui, « sur le nucléaire iranien, le compte à rebours vers une sorte de catastrophe annoncée a commencé » ;la tribune de François Nicoullaud, ancien ambassadeur à Téhéran, qui appelle à « sortir par le haut de la crise du nucléaire avec l’Iran ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’eurodéputé tchèque Petr Jezek estime que les enquêtes sur les « Leaks » ont permis aux Etats de prendre conscience de l’ampleur du problème et ont eu « un effet déterminant » sur l’agenda politique européen.
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Evasion fiscale : « Les intermédiaires financiers sont au cœur du problème »

L’eurodéputé tchèque Petr Jezek estime que les enquêtes sur les « Leaks » ont permis aux Etats de prendre conscience de l’ampleur du problème et ont eu « un effet déterminant » sur l’agenda politique européen.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 18h35
    |

            Maxime Vaudano et 
Jérémie Baruch








                        



   


Après avoir participé aux travaux du Parlement européen sur les « LuxLeaks », l’eurodéputé tchèque de centre droit Petr Jezek a été l’un des rapporteurs de la commission d’enquête sur les « Panama Papers », qui a achevé ses travaux fin 2017. En mars, il a pris la tête d’une nouvelle commission sur les « Paradise Papers », baptisée « Tax3 ».
Les « Leaks » ont-ils influencé l’agenda politique européen sur l’évasion fiscale ?
Ils ont eu un effet déterminant. Sans ces scandales, les avancées législatives récentes sur la fraude, l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent auraient probablement été plus modestes. Ils ont donné à la Commission européenne plus de courage et d’ambition, et permis aux Etats de prendre conscience de l’ampleur du problème. La pression continue des médias aide.
Est-ce suffisant ?
Pas forcément. Des discussions ambitieuses avaient, par exemple, émergé après les « LuxLeaks » sur l’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés, qui permettrait de taxer les multinationales à l’endroit où elles font leurs profits. Ou du « reporting pays par pays » des impôts payés par les entreprises dans chaque pays. Mais ces dossiers, qui requièrent une prise de décision unanime, ont rencontré la résistance de certains Etats, comme l’Irlande, Chypre ou le Luxembourg, qui profitent des règles actuelles pour attirer des entreprises. Il n’empêche, il incombe au Parlement européen d’avancer des solutions.
Que vous ont appris les « Panama Papers » ?
Nous nous sommes rendu compte que les intermédiaires financiers sont au cœur du problème. L’une de leurs fonctions consiste à vérifier la rectitude de leur clientèle, mais ce contrôle se fait parfois à tort et à travers. Notre commission n’a même pas réussi à estimer concrètement le nombre de cas problématiques posés par les professions autorégulées, comme les avocats. Ce qui montre que l’autorégulation ne suffit pas. Nous devons mieux contrôler ces intermédiaires, grâce à une meilleure supervision ou par le biais de certifications ou de sanctions.
La criminalité financière peut-elle être combattue uniquement à l’échelle européenne ?
Les « Panama Papers » nous ont montré le rôle-clé joué par les dépendances de la couronne et les territoires ultramarins britanniques [comme Jersey ou les îles Vierges]. Commençons par l’Union européenne avant d’élargir le cadre. Car, bien sûr, le problème se situe aussi dans les places asiatiques, comme Hongkong ou Singapour.
« Tax3 » est la quatrième commission d’enquête créée en autant d’années par le Parlement européen. Que pourra-t-elle apporter de plus ?
Notre mandat porte à la fois sur les activités criminelles, la fraude fiscale et l’optimisation fiscale. Nous allons d’abord étudier si les nouvelles réglementations consécutives aux « LuxLeaks » et aux « Panama Papers » sont bien appliquées. Mais également explorer de nouveaux sujets, comme la fiscalité du numérique, la fraude à la TVA [dévoilée par les « Paradise Papers »] ou les « visas dorés » [les passeports de complaisance].
Les ventes de ces visas dorés, notamment à Malte, vous inquiètent-elles ?
Si des oligarques [russes] obtiennent une nationalité européenne, cela concerne tous les pays de l’UE. Sept pays européens délivrent des visas dorés, et les contrôles ne sont pas suffisants. Il y a un risque de blanchiment d’argent – et même de sécurité. Or, on voit que certains passeports sont délivrés dans le cadre d’une corruption. Nous devons donc, au minimum, mettre en place des règles communes et un contrôle qui permette de faire la transparence sur ces pratiques.

Fraude et optimisation fiscales : quel bilan après dix ans d’enquêtes ?
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Récit de dix années d’évolution de lutte contre la fraude et l’optimisation fiscale : Paradis fiscaux : qu’ont changé dix ans de scandales ?Entretien avec le député européen Petr Jezek, président de la commission d’enquête « TAX 3 », créée après les « Paradise Papers » : « Nous nous sommes rendus compte que les intermédiaires financiers sont au cœur du problème »L’impact côté justice : Comment les « leaks » ont changé la façon de travailler de la justiceQuelques années après « LuxLeaks », les rescrits fiscaux perdurent : Malgré les scandales, l’Europe continue les accords d’optimisation fiscale avec les multinationales
Et aussi : Malgré les avancées, la criminalité prospère toujours dans les paradis fiscaux



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Des fuites de documents issus de cabinets fiscalistes montrent le rôle de l’industrie offshore dans les montages criminels et de blanchiment d’argent sale.
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Malgré les avancées, la criminalité prospère toujours dans les paradis fiscaux

Des fuites de documents issus de cabinets fiscalistes montrent le rôle de l’industrie offshore dans les montages criminels et de blanchiment d’argent sale.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 15h15
    |

            Maxime Vaudano








                        



                                


                            

Les paradis fiscaux ne servent pas qu’à adoucir l’imposition des riches et des multinationales : ils sont aussi l’outil privilégié d’individus et d’organisations en quête d’opacité et constituent un système financier secondaire où peut circuler en relative sécurité l’argent de la corruption, du crime et même du terrorisme.
En France, les grandes affaires politico-judiciaires des dernières années en témoignent de façon quasi systématique. C’est une société panaméenne qui a servi d’écran pour dissimuler les véritables propriétaires du riad marocain du couple Balkany. Plusieurs années auparavant, des structures offshore aux îles Vierges britanniques avaient déjà servi de courroie de transmission aux rétrocommissions dans les affaires Elf ou Karachi.
Plus récemment, d’autres montages offshore ont été mis au jour par les juges qui enquêtent sur le possible financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy. En démêlant la toile complexe des sociétés-écrans, ils ont découvert que les 500 000 euros reçus par Claude Guéant ne provenaient pas simplement d’une vente de tableaux, comme il l’avait affirmé, mais d’une société panaméenne alimentée par des fonds libyens.
L’un après l’autre, chaque scandale depuis les « Offshore Leaks » (2013) a confirmé le rôle central joué par l’industrie offshore dans les mécanismes de spoliation échafaudés par les dirigeants corrompus : c’est par le Panama qu’a circulé près de 1 milliard d’euros d’argent public extrait de Russie par des proches de Vladimir Poutine. Au Panama aussi que certains narcotrafiquants dissimulent leur fortune. Les centres offshore ont également permis au Hezbollah libanais ou au régime syrien de Bachar Al-Assad de continuer à utiliser le système financier en contournant les sanctions internationales qui les visaient. Plus récemment, le « Projet Daphne » du consortium de journalistes d’investigation Forbidden Stories a révélé comment les familles proches du régime azerbaïdjanais avaient...




                        

                        


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Fernando Savater, critique d’ETA

Après la dissolution de l’organisation séparatiste basque, le philosophe espagnol, qui a longtemps vécu sous sa menace, continue son combat pour la démocratie et contre tous les nationalismes.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 06h30
    |

            Sandrine Morel (Saint-Sébastien, envoyée spéciale)








                        



                                


                            
Est-ce une manière, inconsciente peut-être, de conjurer les quarante ans de violence, de terreur et de morts semés autour de lui par les séparatistes basques d’ETA ? Calé dans son fauteuil, entre une statuette de Freddy Krueger et une autre d’Edouard aux mains d’argent, le philosophe Fernando Savater commente la dissolution d’ETA.
Page sombre
Dans le salon obscur et fouillis de son appartement de Saint-Sébastien, ville où il est né il y a soixante-dix ans, il vit entouré de dizaines de figurines de monstres, vampires et autres personnages de films fantastiques, et de piles où se mêlent de vieilles cassettes VHS de la série américaine La Quatrième Dimension et des DVD de classiques du cinéma d’horreur.
La dernière organisation terroriste d’Europe a officiellement fermé ses persiennes, vendredi 4 mai. Près de soixante ans après sa création, en 1959, et après quarante-trois ans d’activités armées, les séparatistes basques d’ETA ont enfin annoncé leur dissolution. Une page sombre de l’histoire de l’Espagne se tourne.
« Nous n’avons pas à être reconnaissants envers ETA. Ils n’ont pas cédé par bonté ou humanitarisme, mais parce qu’ils n’avaient plus le choix. »
Mais Fernando Savater, ancien professeur d’université au Pays basque et à Madrid et essayiste prolifique, n’a pas dit son dernier mot. Engagé dans la « bataille du récit », ce traducteur de Bataille et de Cioran qui a beaucoup écrit sur l’éducation, avec notamment Ethique à l’usage de mon fils (Seuil, 1994), son gros succès, s’inquiète de l’histoire qui sera transmise aux prochaines générations. « Nous n’avons pas à être reconnaissants envers ETA, insiste le penseur, proche de plusieurs associations de victimes. Ils n’ont pas cédé par bonté ou humanitarisme, mais parce qu’ils n’avaient plus le choix. »
On n’abandonne pas facilement une lutte qu’on a menée toute son existence. Encore moins quand celle-ci a impliqué de vivre sous la menace, et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ En visite dans la capitale russe, le chef de file de La France insoumise a souhaité vouloir « sortir la France de sa dépendance avec les Etats-Unis ».
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A Moscou, Mélenchon milite pour un réchauffement avec la Russie

En visite dans la capitale russe, le chef de file de La France insoumise a souhaité vouloir « sortir la France de sa dépendance avec les Etats-Unis ».



Le Monde
 |    11.05.2018 à 00h42
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 15h16
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


L’écharpe tricolore en bandoulière, Jean-Luc Mélenchon est venu « parler aux Russes ». C’est ainsi que le député (La France insoumise, LFI) des Bouches-du-Rhône s’est glissé parmi le régiment Immortel, un cortège d’anonymes et de personnalités qui a défilé dans les rues de Moscou, ce mercredi 9 mai, pour commémorer les combattants soviétiques de la seconde guerre mondiale, avec à la main le portrait d’ancêtres ou de vétérans. M. Mélenchon avait le sien, emprunté aux traits de Maurice de Seynes, un pilote de l’escadrille franco-soviétique Normandie-Niémen, mort en juillet 1944.
« Quand je viens ici, c’est un acte militant, pour dire : les Russes sont nos amis », a-t-il insisté. Ingrate, la chaîne de télévision Rossia-1 n’a retenu qu’une image furtive de ce « Français communiste », qui n’avait plus remis les pieds depuis dans le pays… depuis combien de temps, au fait ?
« La première fois c’était avec Mitterrand, quand nous étions allés voir Jean-Loup Chrétien s’envoler à Baïkonour [en novembre 1988] », rapporte M. Mélenchon après réflexion. La deuxième – il ne se souvient plus très bien non plus de la date – lui avait donné l’occasion de rencontrer Gorbatchev, « pour essayer de comprendre ce qui s’était passé ».
« Les relations avec Moscou doivent se banaliser »
Des années-lumière plus tard, le chef de file de LFI a choisi de précéder Emmanuel Macron, attendu sous peu, le 24 et 25 juin, par Vladimir Poutine. Mais pour délivrer quel message ? « Les relations avec la Russie doivent se banaliser », traduit son conseiller en affaires étrangères, le russophile Djordje Kuzmanovic. C’est un problème pour la France d’être dépendante des Etats-Unis. »

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                Jean-Luc Mélenchon va rencontrer un leadeur de l’opposition en Russie



En trois jours, l’ex-candidat à l’élection présidentielle a revêtu tout à la fois le rôle de l’opposant « de gauche », et du militant pour un réchauffement avec la Russie. Avec ce même fil rouge. « Il ne faut pas arriver à ce point de diabolisation : il y a le bien et le mal, et tout ce qui est contre Poutine est bien. »
Première étape de sa tournée : son « ami » Sergueï Oudaltsov, 41 ans, un opposant communiste à qui il vient proposer de rejoindre un « club de la paix » des gauches européennes. Sorti de prison en août 2017, après avoir été condamné à quatre ans et demi de colonie pénitentiaire, pour « incitation d’émeute publique » lors des grands rassemblements anti-Poutine de l’hiver 2011-2012, son hôte dirige aujourd’hui le Front de gauche russe, tout en soutenant par ailleurs l’annexion de la Crimée. M. Mélenchon le découvre pour la première fois. « C’est lui ? », glisse-t-il au moment de pénétrer dans ses locaux, dans une usine.
« Pas de rationalité à affronter les Russes »
On lui remet une médaille de l’armée soviétique. Il remercie, « Merci monsieur », se reprend, « Monsieur camarade », et ajoute dans les rires : « J’ai commencé ma carrière avec les idées du fondateur [Trotski] de l’Armée rouge ».
Avec cette caution – plutôt qu’avec celle de l’opposant Alexei Navalny, un « libéral » qu’il couvre de critiques – le Français rencontre sans transition des partisans du pouvoir, des députés, comme l’écrivain Sergueï Chargounov, pleinement engagé, avec son ami Zakhar Prilepine, au côté des séparatistes prorusses en Ukraine, ou le sénateur francophone Alexeï Pouchkov. Il ne verra pas cependant le chef du Kremlin, à la différence de Marine Le Pen, reçue en avril 2017, en pleine campagne électorale.
Avec la communauté française, lors d’une réunion fermée aux médias de l’Hexagone mais filmée de bout en bout par un participant, il répète : « Il n’y a pas de rationalité à affronter les Russes ni à nous en séparer géopolitiquement. » Un discours qui ne s’applique ni aux Etats-Unis, ni à l’Allemagne, dont il vilipende l’influence en Europe, « si bien qu’après avoir annexé l’Allemagne de l’Est, les mauvaises habitudes ont été prises ». Il fallait oser.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Ces manifestations dans toute l’Espagne interviennent deux semaines après le jugement contesté de cinq hommes, condamnés pour « abus sexuel » mais disculpés de « viol ».
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Près de cinq mois après le scrutin du 21 décembre, la candidature de l’indépendantiste Quim Torra ouvre la voie à la formation d’un gouvernement régional.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/05/2018
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Puigdemont renonce à la présidence de la Catalogne mais désigne son successeur

Près de cinq mois après le scrutin du 21 décembre, la candidature de l’indépendantiste Quim Torra ouvre la voie à la formation d’un gouvernement régional.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 20h53
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 14h59
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Carles Puigdemont a renoncé à redevenir président de la Catalogne. Jeudi 10 mai, le dirigeant indépendantiste, destitué par le gouvernement espagnol à la fin d’octobre 2017, a annoncé à Berlin que son groupe présenterait dans les prochains jours devant le Parlement catalan la candidature à la présidence de Quim Torra, éditeur et ancien président de l’association Omnium cultural. M. Puigdemont se trouve en Allemagne dans l’attente de la résolution du mandat d’arrêt européen émis contre lui par Madrid pour « rébellion ».
Sauf surprise, M. Torra devrait obtenir le vote des soixante-six députés indépendantistes de droite et de gauche (sur cent trente-cinq parlementaires) et bénéficier de l’abstention déjà annoncée des quatre députés séparatistes d’extrême gauche de Candidature d’unité populaire (CUP, Candidatura d’Unitat Popular), échouant à être élu dès le premier tour, mais il devrait obtenir la majorité simple en seconde votation.
C’est samedi 12 mai à midi que le Parlement de la Catalogne commencera à débattre de l’investiture de Quim Torra, a fait savoir son président, Roger Torrent.
Près de cinq mois après les élections catalanes du 21 décembre 2017, qui avaient entériné la majorité indépendantiste (en sièges), la voie semble enfin ouverte pour la formation d’un gouvernement régional, condition posée par Madrid pour mettre fin à la mise sous tutelle approuvée par le Sénat espagnol le 27 octobre 2017, à la suite de la déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne.
Le gouvernement espagnol a réagi par un communiqué laconique dans lequel il écrit que le Parlement de la Catalogne a pour « obligation […] de respecter la loi ». Pour l’exécutif, soucieux d’éviter de nouvelles élections régionales, la possible formation d’un gouvernement en Catalogne, même indépendantiste, est un soulagement.
Pour favoriser ce déblocage, Mariano Rajoy a d’ailleurs renoncé à déposer devant le Tribunal constitutionnel un recours contre le vote par procuration de M. Puigdemont et de Toni Cominun, autre député mis en examen pour « rébellion » réclamé à la Belgique, comme l’exigeait la formation « unioniste » Ciudadanos.
Quim Torra, député néophyte de la liste Ensemble pour la Catalogne (JxC), proche de M. Puigdemont, est le premier candidat à l’investiture présenté depuis les élections qui ne soit ni en prison, ni en « exil », ni poursuivi par la justice.
Tweets antiespagnols
En janvier et en février, le Tribunal constitutionnel espagnol avait empêché la candidature à distance de M. Puigdemont — alors installé en Belgique pour se soustraire à la justice espagnole —, et celle de l’ex-président de l’association indépendantiste ANC Jordi Sanchez, en détention provisoire pour rébellion et sédition. En mars, c’était le parti CUP qui avait empêché l’investiture de l’ancien porte-parole du gouvernement catalan Jordi Turull, la veille de son placement en détention provisoire : elle exigeait un programme de rupture avec l’Etat.
Ces derniers jours, M. Puigdemont s’était montré décidé à se porter de nouveau candidat. Le 4 mai, le Parlement catalan avait, à cette fin, réformé la loi de présidence pour permettre son investiture à distance. Mais, mercredi, après un recours du gouvernement espagnol, cette loi a été suspendue par le Tribunal constitutionnel, fermant définitivement la porte à sa possible réélection.

   


La désignation de Quim Torra, un nationaliste radical connu pour ses tweets antiespagnols, ne marque cependant pas l’abandon de l’agenda indépendantiste. Dans une allocution diffusée sur Internet, M. Puigdemont, bien décidé à conserver les rênes, a insisté sur le fait que M. Torra devra « défendre le mandat du 1er octobre ». Une référence au référendum illégal, boycotté par les partis constitutionnalistes, qui s’était soldé par 90 % de oui à l’indépendance mais avec seulement 43 % de participation.
M. Puigdemont a en outre précisé qu’il s’agit d’une « période provisoire ». Enfin, il a fait allusion au « Conseil de la République », un projet de gouvernement parallèle à l’étranger, dont le but serait de « pouvoir s’exprimer en liberté » et de « contribuer à déployer le mandat du 1er octobre ». Sur Twitter, Quim Torra s’est dit « honoré par la confiance reçue » du « président légitime de Catalogne ».
« C’est un candidat choisi par Puigdemont pour prolonger la confrontation et la fracture sociale », a, pour sa part, commenté la porte-parole de Ciudadanos, Inés Arrimadas. Reste à savoir si la présente évolution de la situation aboutira à une reprise des relations entre Madrid et Barcelone. Jeudi matin, Mariano Rajoy a déclaré lors d’une interview télévisée sur Antena 3 qu’une fois un gouvernement catalan formé il engagerait « un processus de dialogue, sans autre limite que le respect de la loi ».

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                L’Espagne paralysée par la crise catalane






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ « N’attendons pas », « n’ayons pas peur », « ne soyons pas faibles », « ne soyons pas divisés », a exhorté le président français à Aix-la-Chapelle.
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Les quatre « commandements » d’Emmanuel Macron pour l’Europe

« N’attendons pas », « n’ayons pas peur », « ne soyons pas faibles », « ne soyons pas divisés », a exhorté le président français à Aix-la-Chapelle.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 06h35
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Peut-être était-ce l’écho, la majesté de cette salle du couronnement, dans la mairie d’Aix-la-Chapelle, ex-capitale de l’empire carolingien ? Ou la solennité du moment, alors qu’Emmanuel Macron recevait, jeudi 10 mai, outre-Rhin, quasiment des mains d’Angela Merkel, le prix Charlemagne, la plus ancienne et plus prestigieuse récompense européenne ?
Le contraste était en tout cas saisissant entre la vision qu’a une nouvelle fois développée le chef de l’Etat français pour l’Union, et la mesure dont a — une nouvelle fois elle aussi — fait preuve la chancelière allemande sur le même sujet. S’adressant directement à elle, face à un parterre essentiellement allemand – où l’on pouvait quand même apercevoir Daniel Cohn-Bendit, François Bayrou ou Jean-Claude Trichet –, Emmanuel Macron a prononcé son discours le plus fort sur l’Europe depuis celui de la Sorbonne, en septembre 2017.
Animé par l’urgence (de trouver un plan commun de relance avec Berlin, mais aussi de prémunir l’Europe face à la montée des périls au Moyen-Orient à la suite de la décision américaine de se retirer de l’accord nucléaire iranien), le chef de l’Etat français a exhorté l’Allemagne à « prendre des risques », à ne « pas avoir peur » et à en finir avec ses « fétiches ». 
La France « a fait un choix dont je suis le dépositaire »
La France a les siens, a dit M. Macron, qui fait le pari, depuis un an, de rester dans les clous du pacte de stabilité et de croissance : « En France, il ne faudrait plus toucher les traités [européens]. Mais réveillez-vous !, la France a changé, elle n’est plus la même, elle a fait un choix dont je suis le dépositaire, celui des réformes. » Quant à l’Allemagne, « il ne peut pas y avoir non plus un fétichisme perpétuel pour l’équilibre budgétaire et les excédents commerciaux ! » 
L’Allemagne a déjà enterré son projet de superministre des finances et d’un Parlement de la zone euro
A la Sorbonne, il y a maintenant huit mois, M. Macron avait fait une longue liste de propositions pour l’Union, notamment pour la zone euro, sans que pour l’instant Berlin ait répondu franchement à sa main tendue. L’Allemagne a déjà enterré son projet de superministre des finances et d’un Parlement de la zone euro. Reste l’idée d’un budget propre, mais qui n’enthousiasme par le ministre des finances, Olaf Scholz. A Bruxelles, on n’espère plus, au mieux, qu’une modeste « ligne budgétaire » (25 milliards d’euros sur sept ans) dans le budget de l’Union post-Brexit.
M. Macron n’a pourtant rien cédé sur cette idée d’un budget commun, jeudi : « Je crois dans un budget européen beaucoup plus ambitieux, dans lequel la France prendra sa part, qui défendra la convergence économique, fiscale et sociale » dans la zone euro.
Déroulant sur un ton très solennel ses quatre « commandements » pour l’Europe, dont l’urgence à agir (« n’attendons pas, c’est maintenant ! ») et la défense des valeurs (« n’ayons pas peur de nos principes et ne nous trahissons pas ! »), le chef de l’Etat français a aussi insisté sur la nécessaire prise de conscience face aux Etats-Unis de Donald Trump. Dans une allusion transparente à la décision brutale et unilatérale du président américain de se retirer de l’accord nucléaire iranien, il a lancé un vibrant : « Ne soyons pas faibles, ne subissons pas ! »
Accord iranien et multilatéralisme
« Accepterons-nous la règle de l’autre ou sa tyrannie ? Qui doit décider de nos choix commerciaux, ceux qui nous menacent parce que les règles ne leur conviennent plus ? Nous avons fait le choix de construire la paix au Proche et au Moyen-Orient, d’autres puissances ont choisi de ne pas respecter leur parole. Devons-nous céder à la politique du pire ? », a martelé le président, qui a plusieurs fois appelé, ces derniers jours, à sauvegarder l’accord iranien et à préserver le multilatéralisme.
« Les Etats-Unis ne vont pas nous protéger. L’UE doit prendre son destin en main »
C’est sur ce dernier point, la crise ouverte de la relation transatlantique, que la chancelière Merkel a prononcé ses paroles les plus fortes, jeudi. La politique étrangère européenne « n’en est encore qu’à ses débuts car les conflits se jouent à nos portes et les Etats-Unis ne vont pas nous protéger. L’UE doit prendre son destin en main. Il s’agit d’une question de guerre ou de paix, j’appelle toutes les parties prenantes à faire preuve de retenue », a-t-elle dit, faisant référence à la montée des tensions entre Israël et l’Iran ces dernières heures. « Nous devons renforcer nos efforts pour trouver une solution politique à la Syrie. »
Pour le reste de sa laudatio, même si elle a loué le « charme » et la « capacité » du président français à enthousiasmer les citoyens de l’Union européenne, la chancelière n’a offert aucune ouverture, notamment sur un budget pour la zone euro, insistant au contraire sur les priorités allemandes : la migration, la transformation numérique. Sur la zone euro, les discussions sont « difficiles mais nous allons faire des progrès sur l’union bancaire et les marchés des capitaux », a cependant promis la chancelière.
Dédramatiser les divergences franco-allemandes
Il devrait donc y avoir une feuille de route franco-allemande en juin. Mais pour quelle ambition ? La politique des petits pas, qui semble convenir à Berlin ? Juste un filet de sécurité supplémentaire pour l’union bancaire, déjà quasi acquis depuis l’automne au sein de l’Eurogroupe (les ministres des finances de la zone euro) et quelques engagements de long terme sur le financement de la transformation numérique ?
Pour l’instant, le compromis en discussion paraît plus allemand que français
Des deux côtés du Rhin, les diplomates ont l’habitude de dédramatiser les divergences, jugées classiques, entre les Allemands et les Français. Sur le commerce, la défense, l’économie, les « positions de départ de Berlin et de Paris sont souvent éloignées, mais on finit toujours par trouver un compromis, c’est ce qui fait la force du franco-allemand », soulignent-ils. Certes, mais pour l’instant, le compromis en discussion paraît plus allemand que français. Et pas forcément à la mesure de cette « perspective de trente ans » que le président Macron dit vouloir offrir aux citoyens de l’Union.
Il en va aussi de la crédibilité : le chef de l’Etat a beau être très apprécié en Allemagne, comme dans les cercles bruxellois, pour son ardeur à défendre l’Europe, il reste singulièrement isolé sur son programme de réformes. Dans le nord de l’Europe, les Néerlandais ou les Irlandais incarnent les nouveaux « Britanniques » de l’Union (ils disent non à une taxe numérique, non à davantage d’argent pour le budget de l’Union, etc.). Dans le Sud, l’Italie pourrait se doter d’un gouvernement populiste eurosceptique. Dans l’Est, les capitales ont d’autres priorités ou développent des discours anti-Bruxelles inquiétants…
Quel poids aura encore la parole macronienne, si après les discours d’Athènes, de la Sorbonne, au Parlement européen en avril, et maintenant à Aix-la-Chapelle, elle n’arrive toujours pas à entraîner les autres Européens sur le terrain de l’action ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Les réfugiés suivis par « The Guardian », « El Pais », « Der Spiegel » et « Le Monde » racontent ce qui les a surpris dans leur pays d’accueil.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ L’opérateur britannique de télécoms, qui avait déjà annoncé en 2017 la suppression de 4 000 emplois, veut se concentrer sur le développement de l’Internet à très haut débit.
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Télécoms : BT va supprimer 13 000 emplois et en créer 6 000 autres

L’opérateur britannique de télécoms, qui avait déjà annoncé en 2017 la suppression de 4 000 emplois, veut se concentrer sur le développement de l’Internet à très haut débit.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 09h58
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 10h12
   





                        


L’opérateur britannique des télécoms BT a annoncé, jeudi 10 mai, la suppression de 13 000 emplois administratifs et d’encadrement intermédiaire, ainsi que la création de 6 000 emplois techniques et d’aide au consommateur, pour soutenir notamment le développement de ses réseaux par fibre et de téléphonie mobile 5G.
Ce plan de suppression d’emplois, étalé sur trois ans, vise à « simplifier le modèle opérationnel de BT », a précisé le groupe dans un communiqué. L’opérateur de télécoms entend ainsi réduire ses coûts de 1,5 milliard de livres (1,7 milliard d’euros) en trois ans. Mais il ne précise pas dans quels pays ces suppressions seront réalisées, parmi les 63 où il est implanté, même si une bonne part des emplois concernés pourrait être au Royaume-Uni.
BT, qui compte 106 400 salariés dans le monde, dont 82 800 outre-Manche, avait déjà annoncé en 2017 la suppression de 4 000 emplois dans le monde à l’issue d’un exercice 2016-2017 difficile marqué par un retentissant scandale comptable en Italie.
Parmi les mesures annoncées jeudi par le directeur général, Gavin Patterson, figure la concentration « sur une trentaine de sites stratégiques afin de créer une culture plus collaborative et ouverte avec nos clients, afin de réduire l’inefficacité liée à notre dissémination sur des nombreux sites au Royaume-Uni ». Dans ce cadre, le groupe a annoncé le déménagement de son siège social du cœur de la City de Londres.
L’annonce de cette réorganisation coïncide avec la publication d’un chiffre d’affaires en baisse de 3 % à 5,967 milliards de livres au quatrième trimestre de l’exercice du groupe, un résultat légèrement inférieur aux attentes des analystes.
A l’ouverture de la Bourse, jeudi, à Londres, l’action du groupe BT dévissait de quelque 7 %.

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