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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Environ dix mille entreprises allemandes ont des relations commerciales avec l’Iran, dont des grands groupes comme Siemens, ou les constructeurs automobiles.
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Iran : les entreprises allemandes dénoncent les menaces de sanctions américaines

Environ dix mille entreprises allemandes ont des relations commerciales avec l’Iran, dont des grands groupes comme Siemens, ou les constructeurs automobiles.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h38
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 18h15
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Depuis deux jours, les industriels allemands sont sous le choc. L’annonce de Donald Trump, mardi 8 mai, du retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, même si elle était attendue, a jeté un coup de froid dans les milieux économiques outre-Rhin. Le coup a été d’autant plus rude que cette annonce s’est doublée de menaces en direction des entreprises allemandes.
Alors qu’il vient tout juste de prendre ses fonctions, le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne, Richard Grenell, ne s’embarrassant pas des salutations et précautions d’usage, s’est en effet empressé de traduire la décision du président américain dans des termes très directs et guère diplomatiques :
« Les entreprises allemandes présentes en Iran doivent cesser immédiatement leurs activités », a-t-il écrit, mardi, sur Twitter.
« Profond ressentiment »
Après la publication de ce message, Eric Schweitzer, président de la fédération des chambres de commerce et d’industrie allemande, a déclaré que les propos de M. Grenell « ont provoqué de grandes incertitudes et un profond ressentiment au sein de l’économie allemande ».
« Monsieur Grenell est ambassadeur depuis peu de temps et doit certainement arriver dans son nouveau rôle. Je suis sûr que notre ministère des affaires étrangères lui rappellera que ce n’est pas son rôle de donner des instructions aux entreprises allemandes ou de les menacer », a également réagi Michael Tockuss, membre de la direction de la chambre de commerce germano-iranienne.
Adoptant un ton beaucoup moins diplomatique, Dieter Kempf, président du BDI, la principale fédération industrielle allemande, a, pour sa part, assuré n’avoir « aucune compréhension pour l’appel adressé aux entreprises allemandes de cesser leurs activités en Iran ». Dans un communiqué, publié mercredi 9 mai, à midi, il dit « regretter profondément » le retrait américain d’un accord « longuement et laborieusement » négocié.

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Des pressions aux « conséquences imprévisibles »
« L’industrie allemande dénonce l’utilisation extraterritoriale de sanctions envisagées par les Etats-Unis, illégales au regard du droit international », a ajouté le président du BDI, en s’alarmant du fait que la pression du gouvernement américain sur les entreprises actives en Iran augmente considérablement, avec « des conséquences imprévisibles ».
Environ dix mille entreprises allemandes ont des relations commerciales avec l’Iran, dont des grands groupes comme Siemens, ou les constructeurs automobiles. Cent vingt sociétés y disposent d’un siège et y emploient du personnel. Le volume d’affaires généré par les échanges germano-iraniens reste toutefois limité : environ trois milliards d’euros d’exportation allemande vers l’Iran – une goutte d’eau dans le bilan du commerce extérieur de l’Allemagne (0,2 %) –, pour 500 millions d’euros dans l’autre sens.
Mais avec le desserrement des sanctions depuis 2016, les groupes allemands avaient beaucoup espéré développer leurs activités dans une République islamique, dont les infrastructures et les équipements ont souffert d’années d’isolement et où ils jouissent d’une excellente réputation. Le volume d’échanges a augmenté depuis cette date de 42 %. Volkswagen avait ainsi lancé l’exportation de modèles et envisageait même une production commune. Daimler, de son côté, avait lancé une activité de véhicules utilitaires en République islamique et avait noué une alliance avec Iran Khodro, le plus gros constructeur automobile du Moyen-Orient.
Les premières menaces exprimées par le président Trump de remettre en cause l’accord sur le nucléaire avaient déjà refroidi les ardeurs des entreprises. Aujourd’hui, les relations commerciales menacent de s’effondrer complètement.

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L’Etat allemand et l’UE sollicités
« La décision américaine touche durement l’économie allemande », avance Eric Schweitzer, de la chambre d’industrie et de commerce allemande, qui a demandé « de l’aide au gouvernement » pour protéger les relations commerciales germano-iraniennes.
Une demande également adressée à l’Union européenne, afin que les aspects de sécurité ne soient pas les seuls considérés. Le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert, a annoncé son intention d’examiner les conséquences du retrait américain sur les entreprises allemandes.
Mais, même dans le cas où le gouvernement ou l’Union européenne assureraient une protection aux entreprises, le problème du financement restera entier : la plupart des grandes banques, par crainte de mettre en danger leurs relations d’affaires avec les Etats-Unis, refusent de financer les projets en lien avec l’Iran.
Mieux que des sanctions clairement identifiées, ces incertitudes pourraient décourager toute velléité allemande de poursuivre les relations commerciales avec la République islamique, redoutent les experts.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Les partiels des étudiants de Nanterre, qui devaient avoir lieu vendredi et samedi, ont été reportés en raison du blocage du site par des opposants à la réforme de l’université.
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A la maison des examens d’Arcueil, les étudiants face à l’annulation de leurs partiels

Les partiels des étudiants de Nanterre, qui devaient avoir lieu vendredi et samedi, ont été reportés en raison du blocage du site par des opposants à la réforme de l’université.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 16h47
    |

            Eric Nunès et 
                                Service Campus








                        



L’université de Nanterre a annoncé, vendredi 11 mai, que les examens prévus vendredi et samedi à la Maison des examens à Arcueil (Val-de-Marne) seront finalement reportés. Des étudiants mobilisés contre la réforme de l’université bloquaient l’entrée de l’établissement depuis le début de la matinée. Des étudiants de Sciences Po, qui devaient également composer à Arcueil vendredi matin, ont eux aussi vu leurs examens reportés.
Paralysée depuis trois semaines, la faculté de Nanterre avait constaté l’impossibilité d’organiser des partiels sur son campus et décidé d’en délocaliser une partie au centre d’Arcueil, afin de permettre aux étudiants de valider leur semestre. Jeudi soir, le « comité de mobilisation de la fac de Nanterre » avait lancé un appel pour se rassembler devant la maison des examens d’Arcueil. « Dans ce contexte de grève nationale (…), maintenir les partiels, c’est vouloir casser la grève », arguaient les étudiants dans un communiqué.
Eric Coquerel, député La France insoumise, est venu marquer son soutien aux bloqueurs, affirmant au micro qu’il rejetait « toutes les réformes qui mettront en place de la concurrence ».

Les examens prévus ce jour et demain sur le site d'Arcueil sont annulés suite au blocage de du site par des manifes… https://t.co/BxIgLDNHa1— UParisNanterre (@Université Paris Nanterre)


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Des étudiants bloqués à l’intérieur, d’autres à l’extérieur
« Dehors ! Dehors le gouvernement ! Police partout, justice nulle part ! », s’égosille Victor, mégaphone à la main, devant une ligne de CRS. C’est avec un « hourra » de satisfaction que l’étudiant nanterrois, membre de l’UNEF, entouré d’une centaine d’autres, a accueilli l’annonce du report des examens.
Ce petit air de fête n’était pas vraiment partagé parmi les étudiants bloqués aux portes de la station de RER Laplace. « Je devais passer mes partiels ce matin à partir de 8 h 30. Mais, visiblement, certains ont décidé que cela ne se passera pas comme ça ! », témoigne Marie, 19 ans étudiante à Sciences Po. A cet instant, un postier, militant du Nouveau Parti anticapitaliste, s’adresse aux étudiants pour les féliciter de leur action, « la démonstration qu’il est possible de se mobiliser à tout moment ! » Les étudiants écoutent le syndicaliste, bouche bée.
Robine, étudiante en droit à Nanterre, était parmi les premières, vers 7 h 30. « Les portes étaient ouvertes, les contrôles à l’entrée se passaient normalement. A 7 h 35, les bloqueurs sont arrivés, empêchant l’accès au centre d’examen. » Peu après, les forces de l’ordre s’interposent. Des étudiants sont bloqués à l’intérieur du centre, d’autres dehors. Entre eux : CRS et bloqueurs.
Les étudiants de Sciences Po reçoivent les premiers la nouvelle de l’annulation temporaire de leurs examens. « Nous avions trois majeurs à passer, sciences politiques, sociologie et humanité politique », s’inquiète Pierre, étudiant de première année. « Nous sommes les victimes collatérales d’un blocage qui ne nous concerne pas », rappelle Théo, 19 ans. Le principe de sélection à l’entrée des études supérieures, la plupart des étudiants de la rue Saint-Guillaume l’ont adoptée. « Je comprends que les manifestants cherchent un moyen de se faire entendre, dit Théo, mais est-ce que cela doit impliquer le blocage d’un établissement qui n’a rien à voir ? Je ne crois pas. »
Même analyse de Robine, une Nanterroise : « si je suis d’accord sur le fond des revendications, je ne crois pas que bloquer les étudiants de Nanterre et d’autres établissements soit la bonne méthode. Les bloqueurs exigent la validation automatique des examens, elle n’aura pas lieu, ce serait enlever la valeur de nos diplômes. » Pour sa part, Chloé, en troisième année de psychologie, adhère à la méthode : « le blocage est un moyen de se faire entendre. Il faut voir au-delà de nos partiels. J’ai une petite sœur, qui entrera prochainement dans l’enseignement supérieur et je veux qu’elle ait les mêmes chances que moi d’entrer à l’université. »

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« On nous informe au dernier moment »
Alors que les étudiants de Sciences Po quittent peu à peu les abords du centre d’examens, ceux de Nanterre s’exaspèrent de l’indécision de leur direction. Derrière les grilles du centre d’Arcueil, les étudiants et enseignants les plus matinaux qui sont entrés communiquent avec ceux restés dans la rue. Une rumeur passe : « Vous devez entrer dans le centre ou vous serez notés “défaillants”. » Des étudiants tentent de forcer le barrage des bloqueurs, beaucoup moins nombreux, mais se heurtent aux CRS, bien en mal de faire le tri entre manifestants et non-manifestants lorsqu’ils dispersent les étudiants au moyen de gaz lacrymogène. Plusieurs étudiants enragent : « Je viens à 7 heures du matin passer des examens et je me fais gazer ! », lance l’un d’eux.
« Cela fait trois semaines qu’on se fait arnaquer par la direction de l’université qui est incapable de prendre une décision sur le mode d’examen : à l’université, délocalisé ou à la maison. Ils changent d’avis, nous informent au dernier moment », s’énerve Fatou. « Nous sommes informés au jour le jour », confirme Marguerite.
Bringuebalés entre un mouvement qu’ils ne soutiennent pas vraiment et la nécessité d’être efficaces lors d’un examen décisif encore reporté, beaucoup s’exaspèrent. Quand Victor le militant, fier de sa victoire, appelle en fin de matinée les étudiants à rejoindre le cortège, il prend la tête d’un groupe de moins de 30 personnes. Derrière lui, une étudiante lâche : « C’est ça… dégage ! »

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Selon le ministère, deux universités restaient bloquées jeudi (Rennes-II et Nanterre) et cinq perturbées (Limoges, Nantes, Marseille, Sorbonne Université et Paris-VIII). Le mouvement monté en puissance il y a six semaines semble désormais s’essouffler. Nanterre fait partie des universités entièrement bloquées par les opposants à la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE), accusée d’instaurer un système de sélection.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ L’armée israélienne a annoncé avoir intercepté, grâce à son système de défense aérienne, vingt roquettes tirées depuis la Syrie, dans la nuit de mercredi à jeudi.
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Qu’est-ce que le « Dôme de fer », qui a intercepté des roquettes tirées sur Israël ?

L’armée israélienne a annoncé avoir intercepté, grâce à son système de défense aérienne, vingt roquettes tirées depuis la Syrie, dans la nuit de mercredi à jeudi.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 13h01
    |

                            Le Monde.fr








                        



   


Dans la nuit de mercredi 9 à jeudi 10 mai, Israël a annoncé avoir intercepté vingt roquettes tirées depuis la Syrie en direction du plateau du Golan. L’interception de ces armes – attribués à la force Al-Qods, chargée des opérations extérieures des Gardiens de la révolution iraniens – a été mise au crédit du système « Dôme de fer » (kipat barzel, en hébreu) par les militaires israéliens. Ce système de défense aérienne, dont la mise en place avait été décidée en 2005, est l’un des éléments centraux du système de protection développé par Israël depuis le milieu des années 1990.
Comment fonctionne ce système ?
Le « Dôme de fer » recourt à de petits missiles guidés par radar, pouvant anéantir en plein vol des roquettes de courte portée − de 4 à 70 km – et des obus d’artillerie et de mortier. Chaque batterie du Dôme de fer comprend un radar de détection et de pistage, un logiciel de contrôle de tir et trois lanceurs équipés chacun de 20 missiles d’interception.
Le système repère la trajectoire de la roquette depuis son lancement. Si elle doit s’abattre sur une zone habitée, il tire un missile pour l’intercepter en vol. Selon des statistiques de l’armée, qu’elle avait communiquées en 2014, le taux de réussite oscille entre 75 % et 90 %.
Le temps de prise de décision est court, environ deux minutes entre le lancement et l’impact d’un projectile, note Joseph Henrotin, rédacteur en chef de la revue Défense et sécurité internationales (DSI). Cela explique que l’interception se fasse près du point d’impact, une fois que le système est verrouillé sur la cible.
Quel est son coût ?
Chaque batterie de tir coûte 500 000 dollars (420 500 euros) et chaque missile 60 000 dollars (50 500 euros). La mise en place du système avait d’ailleurs été retardée, pour mieux former le personnel, mais aussi parce qu’il semblait exagérément cher.
Israël aurait investi un milliard de dollars dans le développement et la production de ces batteries de tir, confiés au groupe d’armement public Rafael Advances Defence Systems. Les Etats-Unis en ont financé une partie.
Où sont installées les batteries de tir ?
La première batterie de tir a été installée en mars 2011 dans la région de Bersheeva, à 40 km de la bande de Gaza et à portée des roquettes Grad, de conception russe. Trois autres ont été installées près des villes côtières d’Ashkelon et Ashdod, au sud de Tel-Aviv, et près de Netivot, à 20 km de la bande de Gaza. Une cinquième batterie a été installée, fin 2012, à Tel-Aviv. Une batterie supplémentaire a été déployée ensuite, puis, fin 2017, plusieurs autres dans le centre du pays. Le système, semi-mobile, a aussi été testé sur des navires, posé sur des bases de conteneurs.
Quelle est l’efficacité du système ?
Selon les Israéliens, une batterie serait en mesure de défendre efficacement une ville de 100 000 habitants, comme Ashkelon. Le système aurait permis, pendant l’offensive israélienne « Pilier de défense » sur la bande de Gaza, en novembre 2012, d’intercepter 85 % des roquettes venues de l’enclave palestinienne (environ 1 500 roquettes avaient été tirées).
Cette estimation avait été contestée à l’époque par l’expert militaire du quotidien israélien Haaretz, Reuven Pedatzur, qui avançait un taux proche de 5 %. Le spécialiste s’appuyait sur les évaluations du professeur américain Theodore Postol du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Le Pentagone, de son côté, a procédé à ses propres études et conclu que le système n’était pas dénué d’efficacité.
En juillet 2014, selon le journaliste militaire d’Haaretz, Amos Harel, le système avait enregistré un taux de réussite de 90 % lorsqu’il avait été activé pour intercepter des dizaines de roquettes tirées par les mouvements palestiniens depuis la bande de Gaza (le système n’était activé que lorsque les projectiles se dirigeaient vers des zones habitées).
Y a-t-il d’autres dispositifs d’interception ?
« Depuis le milieu des années 2000, les Israéliens ont un système intégré de surveillance antibalistique et antiaérien multicouches », indique Joseph Henrotin. Ce système s’appuie sur des avions de détection aérienne avancée, des stations de radar volantes et des radars au sol. « Le Dôme de fer a son propre système de radars, relié également au centre. Il dispose d’un meilleur radar de détection en termes de trajectrométrie. »
D’autres dispositifs d’interception complètent ce système : « Fronde de David » (kala David) a été déployé en 2017. Ce système est dirigé contre les missiles de courte portée (supérieure à 70 km mais inférieure à 250 km), les roquettes de longue portée, les gros calibres (dont les ogives peuvent aller jusqu’à une demi-tonne) et les missiles de croisière.
Le système « Arrow » (« la flèche » en français ou hetz en hébreu), opérationnel depuis 2000, protège Israël des missiles balistiques d’une portée supérieure à 250 km. Washington finance la moitié de son coût annuel. Le programme Arrow II a été développé par Boeing et Israel Aerospace Industries (IAI), à partir de 1995, pour éliminer les missiles balistiques conventionnels à plus longue portée, en particulier iraniens (d’une portée de plus de 1 600 km).
Pour contrer une éventuelle attaque nucléaire de Téhéran, Israël a développé un intercepteur qui peut localiser et entrer en collision avec des missiles balistiques au-delà de l’atmosphère terrestre : Arrow III. Sa conception, confiée à IAI et Boeing, a été lancée en 2008. Il a été transféré à l’armée de l’air en 2017.



                            


                        

                        


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Enquête

Au Sénégal, la polygamie ne rebute plus les femmes instruites

La pratique, combattue autrefois par les féministes, attire une nouvelle génération de femmes. Par choix, mais aussi du fait de la pression sociale.

Par                                            Coumba Kane




LE MONDE
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        Le 11.05.2018 à 15h18

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        Mis à jour le 11.05.2018 à 16h56






    
Fresque murale à Saint-Louis, Sénégal.
Crédits : DR


Tous les matins depuis trois mois, c’est le même rituel. Mor* prépare un petit sac avec quelques vêtements de rechange. Ce soir, il dormira ailleurs. Ce journaliste sénégalais, correspondant d’une grande agence de presse internationale, partage sa vie entre deux foyers, deux femmes. La première, Djeneba*, 40 ans, est diplômée en gestion du tourisme. Epousée il y a douze ans, elle est la mère de ses trois enfants. Et puis, il y a Anta*, pimpante journaliste de 27 ans, fille d’un médecin et d’une enseignante. Elle a 19 ans de moins que lui.
Devenir la niarel (seconde épouse, en wolof), Anta en rêve, dit-elle « depuis [qu’elle est] gamine ». Elle revendique une certaine indépendance. « J’ai toujours voulu être dans un ménage polygame. C’est une forme de liberté, car j’ai du temps pour moi quand mon mari est chez la première épouse. Je ne me vois pas m’occuper seule de lui », explique-t-elle avec décontraction.
35,2 % des ménages sénégalais polygames
Son assurance tranche avec la colère rentrée de Djeneba. La quadragénaire au visage émacié est sonnée depuis ce jour où son amour de jeunesse lui a annoncé son second mariage. Abasourdie, elle a perdu du poids ainsi que sa confiance en elle et en son mari. La noce a été scellée en catimini, après quarante-cinq jours de relation cachée. « Je n’ai jamais pensé devenir polygame », jure Mor. « Ça m’est tombé dessus », poursuit-il pendant que Djeneba sert le déjeuner. La tension est palpable dans ce coquet appartement d’un quartier résidentiel de Dakar.
A l’image de ce trio, 35,2 % des ménages sénégalais se déclaraient polygames en 2013, d’après l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, contre 38,1 % en 2002. La pratique recule globalement, mais se répand dans les milieux intellectuels. Ainsi, près d’un quart des femmes ayant un diplôme universitaire acceptent de devenir deuxième, troisième ou quatrième épouse, d’après le dernier recensement démographique paru en 2013. Une tendance qui va à rebours d’une idée reçue : la polygamie n’est plus réservée aux milieux populaires et ruraux.

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« On est passé d’une génération de femmes instruites dans les années 1960-1970 farouchement opposée à la polygamie à une génération qui l’assume, voire la revendique », explique Fatou Sow Sarr, maître de conférences à l’université Cheikh-Anta-Diop, à Dakar, et fondatrice du laboratoire Genre et recherche scientifique de l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN). « A l’indépendance, les premières femmes diplômées la combattaient. Pour elles, c’était une violence faite aux femmes et il fallait l’éradiquer. » Ces cadres de la première génération post-indépendance, enseignantes, fonctionnaires ou infirmières, ont reçu le soutien du président sénégalais, Léopold Sédar Senghor. Marié à une Française et très imprégné de culture européenne, il fera inscrire la monogamie comme une option dans le Code de la famille de 1972.
Ce code est toujours en vigueur quarante-six ans plus tard. Au moment de se marier pour la première fois, l’homme – en « concertation » avec sa promise – choisit devant le maire si son futur ménage restera un duo ou s’il pourra accueillir une, deux ou trois épouses supplémentaires.
Des hommes beaucoup plus âgés
Comment la polygamie, perçue comme rétrograde par ces premières élites d’après l’indépendance, est-elle devenue acceptable pour nombre de femmes issues des milieux bourgeois et intellectuels ? « Faute de travail, les jeunes hommes instruits n’ont plus les moyens de fonder une famille. Les femmes de leur classe d’âge ayant fait de longues études épousent donc des hommes beaucoup plus âgés mais avec une bonne situation matérielle et, très souvent, mariés. La pression sociale autour du mariage contraint les femmes à choisir la polygamie par dépit très souvent », explique Fatou Sow Sarr, qui observe cette tendance parmi ses étudiantes en thèse.
Mais la chercheuse constate un autre bouleversement dans les rapports conjugaux. Apparue au Sénégal avant l’arrivée de l’islam, mais codifiée par la religion, la polygamie était inscrite dans une organisation sociale. « Il fallait des bras pour cultiver la terre et remplir son grenier. L’homme se devait d’être équitable et respectueux envers ses épouses. Chacune avait un statut spécial. Ce qui a changé, c’est qu’aujourd’hui, en milieu urbain, on assiste à une forme d’exploitation des femmes. Pour rester mariées, certaines sont prêtes à tout, quitte à inverser les rôles en étant celles qui entretiennent leur mari. Ce dernier joue sur les rivalités entre les coépouses. Ces rivalités épuisent les femmes, détournent leur énergie et les empêchent de prendre leur place dans la société », regrette Fatou Sow Sarr.

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Qu’en est-il des hommes ? Selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, ils sont 14 % issus de milieux intellectuels à se déclarer polygames. Birame*, 45 ans, élégant professeur de lettres à l’université Gaston-Berger de Saint-Louis, a opté pour la polygamie lors de son mariage, mais n’envisage pas de franchir le pas. « Je n’ai pas les moyens d’entretenir deux femmes. Mais j’ai un filet de sécurité, un pouvoir face à mon épouse. C’est comme une arme de dissuasion pour qu’elle ne me fasse pas la guerre », ironise-t-il.
« Situation ubuesque »
Source de souffrance pour beaucoup de femmes et leurs enfants, la polygamie peut aussi être vécue comme une contrainte par certains hommes. « Je vis une situation ubuesque », lâche Abdou*, 62 ans, éminent universitaire et acteur de la vie intellectuelle sénégalaise. Après trente-six ans de mariage et trois enfants, il a épousé en secondes noces, sans tambour ni trompette, une consœur divorcée d’un premier mariage. « Ma première femme n’a pas voulu qu’on se sépare, car le divorce au Sénégal est une catastrophe sociale, surtout pour la femme. La polygamie est dans mon cas un divorce qui ne dit pas son nom », confie-t-il.
Bataille perdue des féministes sénégalaises, la polygamie a même résisté à l’arrivée massive des femmes en politique. Depuis la loi sur la parité votée en 2010, celles-ci sont aussi nombreuses que les hommes sur les bancs de l’Assemblée. Sans effet sur l’ouverture d’un débat, comme dans d’autres pays musulmans.
* Les prénoms ont été modifiés à la demande des personnes interrogées.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ « Syllabique », « globale » ? Si le ministre a conspué la seconde, enseignants et ­spécialistes s’accordent aujourd’hui sur l’essentiel. Retour sur une longue querelle.
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Apprentissage de la lecture au CP : le b.a.-ba d’une fausse polémique

« Syllabique », « globale » ? Si le ministre a conspué la seconde, enseignants et ­spécialistes s’accordent aujourd’hui sur l’essentiel. Retour sur une longue querelle.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 18h31
    |

            Luc Cédelle








                        



                                


                            

Une phrase-clé qui claque : « La liberté pédagogique n’a jamais été l’anarchisme pédagogique. » Et une affirmation non moins retentissante : « Entre quelque chose qui ne marche pas – la méthode globale – et quelque chose qui fonctionne – la syllabique –, il ne peut y avoir de “compromis” mixte. » Avec son entretien au Parisien du 26 avril, accompagné de la publication, le même jour, de quatre notes de service sur l’enseignement des « fondamentaux » et d’un guide de 130 pages détaillant ses recommandations pédagogiques sur l’apprentissage de la lecture, Jean-Michel Blanquer était certain de marquer les esprits. D’une double façon : en se mettant la plupart des syndicats d’enseignants à dos et l’opinion publique dans sa poche.
Méthodes validées par la science
Le ministre de l’éducation nationale avait déjà, en août 2017, laissé percer ses intentions en déclarant à L’Obs que, pour la lecture, il s’appuierait « sur les découvertes des neurosciences, donc sur une pédagogie explicite, de type syllabique, et non pas sur la méthode globale, dont tout le monde admet aujourd’hui qu’elle a eu des résultats tout sauf probants ». Aujourd’hui, tout en se défendant de vouloir imposer quoi que ce soit, il est passé à l’action. Quelle que soit la part calculée de communication politique, il faut lui faire crédit de sa conviction qu’il est possible d’obtenir – ou, à tout le moins, d’approcher – les « 100 % de réussite au CP », selon l’objectif-slogan énoncé dès son arrivée Rue de Grenelle. Pour Jean-Michel Blanquer, cet objectif est atteignable si l’éducation nationale a recours aux méthodes validées par la science.
La science semble, à ses yeux, idéalement incarnée par le neuroscientifique et psychologue cognitiviste Stanislas Dehaene, qu’il a nommé, fin décembre 2017, à la présidence d’un tout nouveau Conseil scientifique de l’éducation. Ce chercheur de renommée internationale s’intéresse depuis longtemps...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ La société Adventure Line, qui produit l’émission diffusée sur TF1, s’était jusqu’alors refusée à tout commentaire sur la nature de l’événement l’ayant conduit à suspendre le tournage.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/05/2018
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« Koh-Lanta » : l’annulation du tournage liée à une accusation d’agression sexuelle

La société Adventure Line, qui produit l’émission diffusée sur TF1, s’était jusqu’alors refusée à tout commentaire sur la nature de l’événement l’ayant conduit à suspendre le tournage.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 06h51
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 16h58
    |

            Mustapha Kessous








                        


Dans la nuit du jeudi 10 au vendredi 11 mai, Adventure Line Productions (ALP), la société qui réalise l’émission « Koh-Lanta », a annoncé, dans un communiqué lapidaire, avoir annulé le tournage du jeu d’aventures phare de TF1.
Après avoir invoqué dans la matinée un « événement extérieur au jeu survenu entre deux candidats », tout en refusant d’en donner la nature, ALP a, finalement, précisé dans un communiqué publié dans l’après-midi que l’annulation avait été décidée après qu’une concurrente a accusé un autre participant d’avoir commis une « agression sexuelle ».
« Dans la nuit du 4e au 5e jour de tournage, une concurrente a fait état de faits susceptibles de relever d’une agression sexuelle », déclare dans ce communiqué Alexia Laroche-Joubert, la présidente d’ALP, ajoutant que « ces faits sont formellement contestés par le concurrent concerné ». Face à cette situation, ALP a choisi de n’être « ni juge, ni procureur », et de « respecter la parole de l’une comme la présemption d’innocence de l’autre ». Ainsi, la décision d’annuler le tournage repose sur le fait que l’émission est « un jeu d’aventure familial » et qu’elle a été prise « pour le bien des participants » et des « équipes ».
Aucune précision sur la nature de cet « événement extérieur » n’avait été jusqu’alors dévoilée. La chaîne ALP se contentant de dire qu’il était « impossible de poursuivre cette nouvelle édition dans des conditions suffisamment sereines ».TF1 avait, quant à elle, fait savoir dans la matinée dans un communiqué de presse qu’elle prenait « acte de cette décision qu’elle estime prudente, responsable et conforme aux valeurs de “Koh-Lanta” ».
Plusieurs tournages déjà annulés ces dernières années
Ce n’est pas la première fois qu’Adventure Line est contrainte d’annuler un tournage. Cela a été le cas en mars 2013, après la mort par crise cardiaque du candidat Gérald Babin, 25 ans, lors du tournage de la 16e édition du jeu sur l’île de Koh Rong, au Cambodge. Dans cette affaire, l’instruction judiciaire ouverte au TGI de Créteil (Val-de-Marne) n’avait pas conclu à la culpabilité des dirigeants d’ALP. La société avait trouvé un accord financier avec les proches du candidat. Dix jours après ce décès, le Dr Thierry Costa, le médecin du programme, se suicidait. Il n’avait pas supporté les critiques anonymes pointant des négligences dans la rapidité et la qualité de l’intervention des secours prodigués à Gérald Babin.

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Trois ans plus, en mars 2015, ALP interrompait le tournage de « Dropped », un nouveau jeu, après le crash de deux hélicoptères entrés en collision qui fit dix morts dont les athlètes Camille Muffat, Florence Arthaud et Alexis Vastine. En avril, la société de production a été condamnée par le Tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) des Hauts-de-Seine « pour faute grave » à indemniser une famille des victimes.
Adventure Line Productions (ALP), est une société de production française, créée en 1972, spécialiste des jeux d’aventures comme « Fort Boyard », « La Chasse aux trésors » ou « La Course autour du monde ». Ces dernières années, ALP a réalisé plusieurs adaptations de formats étrangers de grandes émissions aux frontières du jeu, du divertissement et de la téléréalité.

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Depuis mars, TF1 diffuse « Koh-Lanta : le combat des héros », une version spéciale du jeu d’aventures présenté par Denis Brogniart, qui met en scène d’anciens participants. Cette émission permet à la première chaîne d’être en tête des audiences le vendredi soir et d’attirer près de cinq millions de téléspectateurs (plus de 23 % de part d’audience). Lancé en 2001, « Koh-Lanta » est un enjeu vital pour la première chaîne. Selon nos informations, cette émission d’aventures a un taux de rentabilité proche d’une série américaine : quelque 650 000 euros par prime et chaque émission peuvent lui rapporter trois fois plus en publicités. Face à ce succès, TF1 avait décidé, en 2016, de diffuser deux éditions par saison de « Koh-Lanta ».

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Une étude publiée dans « Science » décrit les mécanismes physiques par lesquels l’extraction de gaz, la fracturation hydraulique et la géothermie déclenchent des séismes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/05/2018
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Comment les humains provoquent des tremblements de terre

Une étude publiée dans « Science » décrit les mécanismes physiques par lesquels l’extraction de gaz, la fracturation hydraulique et la géothermie déclenchent des séismes.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 10h50
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            

Quel est le point commun entre les villes de Pawnee (Etats-Unis), Groningue (Pays-Bas) ou Bâle (Suisse) ? Toutes les trois ont subi, ces dernières années, d’inattendus tremblements de terre provoqués par les activités humaines en sous-sol. L’Etat de l’Oklahoma, où se situe Pawnee, est ainsi devenu champion du monde de ces séismes dits induits, avec plusieurs centaines d’événements en 2015. A l’origine de ce phénomène, l’exploitation des gaz et de pétrole de schiste de la région. Non seulement les exploitants ont recours à la technique de la fracturation hydraulique – le « fracking » –, qui consiste à fissurer la roche en y injectant des liquides sous haute pression, mais ils renvoient ensuite dans le sous-sol toutes les eaux usées qui découlent de l’extraction et notamment l’eau saline stockée naturellement dans le réservoir géologique et remontée avec les hydrocarbures.
A Bâle, victime d’un petit séisme de magnitude 3,4 en 2006, c’est aussi la fracturation hydraulique qui a été pointée du doigt, mais cette fois dans le cadre d’un projet de géothermie profonde non conventionnelle. L’idée consistait à disloquer la roche pour augmenter sa perméabilité et ainsi améliorer les échanges thermiques en sous-sol. Le projet a été abandonné après le tremblement de terre.
Tassement des couches géologiques
La mésaventure suisse n’a pas servi de leçon aux promoteurs d’un programme analogue à Pohang, en Corée du Sud. Le 15 novembre 2017, la ville a été secouée par un séisme de magnitude 5,4, le plus puissant de l’histoire moderne du pays, au cours duquel plusieurs dizaines de personnes ont été blessées. Deux études récemment parues dans Science ont estimé très probable le lien de cause à effet entre le fracking et ce séisme.

Dans un article publié lui aussi par Science jeudi 10 mai, une équipe de l’Organisation néerlandaise pour la recherche scientifique appliquée décrit les mécanismes qui déclenchent ces séismes induits. Après l’injection...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Editorial. La mutation qui vient de s’opérer en Arménie mérite d’être saluée. Mais pour la parachever, le nouveau premier ministre Nikol Pachinian devra transformer l’essai aux plans institutionnel, stratégique et militaire.
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Les trois défis de la « nouvelle Arménie »

Editorial. La mutation qui vient de s’opérer en Arménie mérite d’être saluée. Mais pour la parachever, le nouveau premier ministre Nikol Pachinian devra transformer l’essai aux plans institutionnel, stratégique et militaire.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h38
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 11h42
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Après trois semaines d’une « révolution de velours », l’élection, le 8 mai, de Nikol Pachinian au poste de premier ministre d’Arménie a ouvert une nouvelle page dans l’histoire de cette petite république du Caucase du Sud, indépendante depuis la chute de l’URSS, en 1991. Fer de lance de la contestation contre la corruption et la sclérose d’un régime oligarchique replié sur lui-même, le jeune premier ministre veut rompre avec près d’une trentaine d’années de pratiques postsoviétiques et faire entrer les quelque 3 millions d’Arméniens dans le XXIe siècle.

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Le mouvement qu’il a déclenché en sillonnant le pays a surpris tout le monde. Durant les trois semaines de mobilisation, aucun débordement n’a été signalé, aucun acte de vandalisme ni d’incivilité n’a émaillé les meetings de la contestation populaire. Cette mobilisation est d’autant plus étonnante qu’elle est dépourvue de tout agenda géopolitique. Les citoyens arméniens sont descendus dans la rue pour des motifs intérieurs, en rupture avec les « révolutions de couleur » de Géorgie ou d’Ukraine soutenues par les Occidentaux et hostiles à la Russie. Il y a peut-être là de quoi inspirer d’autres sociétés civiles en Europe centrale et orientale, soucieuses de retrouver liberté et dignité contre des régimes autoritaires.
Prématuré de parler d’ores et déjà de « modèle arménien »
La mutation qui vient de s’opérer en Arménie mérite donc d’être saluée. Elle redonne confiance à une vieille nation marquée par l’Histoire et inspire une jeune génération déterminée à sortir son pays de la misère – près de 30 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté. Il serait cependant prématuré de parler d’ores et déjà de « modèle arménien » de la révolution à l’Est.

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Car cette « nouvelle Arménie » doit transformer l’essai du changement démocratique et relever trois défis. Le premier, institutionnel, consiste à parachever la transformation du système politique. Or, Nikol Pachinian et les héritiers de l’ancien régime n’ont pas le même agenda. Le premier ne dispose que d’une majorité de circonstance au Parlement et veut convoquer le plus vite possible des élections anticipées pour consolider son pouvoir. Les seconds veulent prendre leur temps afin d’éviter une dissolution de l’Assemblée nationale qui leur serait probablement fatale.
Le deuxième défi est stratégique. Certes, le nouveau chef de gouvernement a rappelé que l’Arménie restera fidèle à tous ses engagements internationaux. Il a assuré, en particulier, qu’il respecterait son alliance avec la Russie, au sein de la Communauté des Etats indépendants et de l’Organisation du traité de sécurité collective créées par Moscou, respectivement en 1991 et 2002. Mais, au risque de contrarier un Vladimir Poutine jusqu’à présent vigilant mais prudent, M. Pachinian a déjà fait savoir que sa politique étrangère serait « proactive » et axée exclusivement sur des priorités nationales.
Le troisième défi est militaire : la paix avec l’Azerbaïdjan. En conflit avec Bakou à propos du Haut-Karabakh, cette province majoritairement arménienne rattachée par Staline à l’Azerbaïdjan en 1921, l’Arménie parviendra-t-elle, dans le cadre du Groupe de Minsk (dont la France est coprésidente avec la Russie et les Etats-Unis), à débloquer les négociations de paix, alors que la situation reste tendue sur le terrain ? La marge de manœuvre de la « nouvelle Arménie » est étroite, mais elle peut désormais s’appuyer sur une dynamique démocratique. C’est une réelle chance pour la paix.

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                La guerre sans fin du Haut-Karabakh






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Alek Minassian, décrit par un ancien camarade comme ayant « peur des filles », avait foncé sur un trottoir du centre-ville le 23 avril, tuant huit femmes et deux hommes.
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L’auteur de l’attaque de Toronto devra répondre de dix chefs d’accusation de meurtre

Alek Minassian, décrit par un ancien camarade comme ayant « peur des filles », avait foncé sur un trottoir du centre-ville le 23 avril, tuant huit femmes et deux hommes.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 15h14
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 15h31
    |

            Anne Pélouas (Montréal, correspondance)








                        


Alek Minassian, chauffeur du véhicule-bélier qui a foncé sur la foule, le 23 avril, dans le centre-ville de Toronto, tuant dix piétons et en blessant seize, a été inculpé, jeudi 10 mai, de trois nouveaux chefs d’accusation. Il devra, désormais, répondre de dix chefs d’accusation de meurtres avec préméditation et seize tentatives de meurtre. Une prochaine audience est prévue le 14 septembre.
Son avocat, Boris Bytensky, a précisé à la sortie du tribunal que « le processus judiciaire serait long », ajoutant que « justice sera faite », sans préciser si Alek Minassian avait l’intention de plaider coupable ou non. Me Bytensky a noté que les avocats devaient parfois « représenter des gens qui ne sont pas toujours les plus populaires ».

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Qualifiant le cas de son client de « très complexe », il a refusé de faire des commentaires sur sa santé mentale ou sa personnalité : « Ce n’est pas le moment de discuter de M. Minassian. La ville est en deuil ; les familles pleurent leurs disparus. Nos pensées et celles de la famille Minassian sont avec eux. » L’avocat a, par ailleurs, écarté la piste terroriste, tout comme la police, même si certaines féministes, comme l’essayiste américaine, Jessica Valenti, plaident pour la reconnaissance d’un « terrorisme misogyne ».
Thèse du féminicide
Acte d’un misogyne, d’un déséquilibré mental ou les deux à la fois ? Les indices et témoignages recueillis après l’attaque meurtrière dressent le portrait d’un jeune homme de 25 ans brillant, calme et réservé, mais qui répétait souvent : « j’ai peur des filles », comme « un slogan ou un tic », selon les confidences, au Toronto Sun, d’Ari Blaff, un ancien camarade de classe qui l’a connu au lycée Thornlea de Thornhill.
La thèse du féminicide est, en tout cas, corroborée par le nombre de victimes femmes, soit huit sur dix personnes tuées lors de la course folle du véhicule-bélier sur la rue Yonge, mais aussi par le message qu’Alek Minassian avait laissé le jour même sur son compte Facebook. Au lendemain de l’attaque, la police notait que son auteur avait visé « majoritairement des femmes » juste après avoir publié sur Facebook « un message énigmatique » mais clairement misogyne. « La rébellion Incel a déjà commencé », écrivait-il en référence au mouvement anglo-saxon des « célibataires involontaires ».
Il a également mentionné Elliot Rodger, l’auteur de la tuerie d’Isla Vista en Californie, en 2014, qui avait fait six victimes. Ce dernier avait expliqué dans une vidéo vouloir imposer un « châtiment » aux femmes qui l’avaient rejeté. Le 28 avril, le quotidien Toronto Sun révélait qu’en prison, Alek Minassian a ouvertement évoqué son dédain pour les femmes.

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Le jeune Alek était presque toujours seul, n’avait pas beaucoup d’amis et avait un comportement « assez étrange » mais jamais agressif envers les autres. En revanche, se souvient son ancien camarade Ari Blaff, « il ouvrait souvent sa chemise et se crachait dessus au milieu de la classe ».
Un bon élève « socialement mal à l’aise »
A Thornhill, le jeune Alek suivait également un programme spécial pour jeunes autistes. Dans un entretien accordé en 2009 au journal local Richmond Hill Liberal par sa mère, Sonia Minassian, on apprend que son fils vivait avec le syndrome d’Asperger, un trouble envahissant du développement, forme d’autisme touchant l’interaction sociale, la communication et la perception cognitive. Mais sans rapport avec un risque de comportement violent.
Au collège universitaire Seneca, où il a étudié de 2011 à début 2018, certains le décrivent comme « socialement mal à l’aise », souffrant d’un trouble obsessionnel compulsif. Il se frottait notamment la tête et les mains à répétition. S’il participait activement aux cours, il ne parlait à personne en dehors. En classe, se souvient Joseph Pham, « il s’exprimait très bien mais parlait très lentement. Il posait des questions intelligentes et remettait des travaux de haute qualité. »
En 2017, Alek Minassian a passé deux mois dans les Forces armées canadiennes. Dans ce cadre, il devait suivre un entraînement de treize semaines, mais au bout de seize jours, il a demandé à en partir. Une source militaire a rapporté à l’agence La Presse canadienne qu’il avait des difficultés avec la discipline militaire et que ses performances étaient en dessous de la moyenne. En revanche, aucun signe avant-coureur de la tragédie de Toronto n’avait été décelé, selon cette même source.
Passionné d’informatique et de développement de logiciels, il faisait partie d’un bureau interne de recherche et d’innovation. Il avait développé l’application Toronto Green Parking Advisor, permettant de trouver facilement des places de parking dans la ville. Fraîchement diplômé en développement de logiciels, Alek Minassian cherchait un emploi depuis le début de l’année.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Entre les absents, les blessés et les joueurs en manque de constance, l’Espagnol qui vient de remporter pour la 11e fois le Masters 1000 de Monte-Carlo, peut être confiant sur terre battue.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Rafael Nadal, sans rival sur terre battue à deux semaines de Roland-Garros

Entre les absents, les blessés et les joueurs en manque de constance, l’Espagnol qui vient de remporter pour la 11e fois le Masters 1000 de Monte-Carlo, peut être confiant sur terre battue.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 09h32
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 16h35
    |

            Elisabeth Pineau








                        



   


Depuis la Zambie où il séjournait il y a encore quelques jours, alternant entre safari et missions auprès des enfants dans le cadre de sa fondation, Roger Federer devait se féliciter d’avoir eu le nez creux. Comme en 2017, le Suisse a fait l’impasse sur la saison sur terre battue et, comme en 2017, Rafael Nadal, en quarts de finale à Madrid vendredi 11 mai face à l’Autrichien Dominic Thiem, est jusque-là sans pitié pour la concurrence.
Federer fit un choix cartésien : ses efforts d’adaptation à cette surface sont inversement proportionnels à ceux de l’Espagnol. Et le retour sur investissement n’est pas garanti, même quand ce dernier est en manque de repères. Au vu de son début d’année contrarié – il a dû observer une pause de deux mois et demi pour soigner sa blessure à la cuisse droite (psoas iliaque) qui l’avait contraint à l’abandon en quarts de finale de l’Open d’Australie en janvier –, d’aucuns pensaient que le Suisse avait une carte à jouer.
Sa décision a surpris jusqu’à son rival majorquin, comme il l’expliquait, le sourire en coin, en marge du Masters 1000 de Monte-Carlo, mi-avril : « Roger a fait savoir qu’il adorerait rejouer contre moi sur terre battue dans un match au meilleur des cinq manches. Je pensais donc qu’il allait disputer Roland-Garros. Et quelques jours après, il décide de ne pas jouer sur terre battue. C’est peut-être un peu contradictoire… » 
Un revers plus percutant
Sur le Rocher, le numéro un mondial a conquis le titre pour la onzième fois, une « undécima » qu’il a réitérée une semaine plus tard à Barcelone. Jamais dans l’histoire un joueur n’avait remporté un tournoi à onze reprises. Voilà qui le place à la hauteur de Margaret Court (Open d’Australie) et Martina Navratilova (Eastbourne). « C’est une très bonne nouvelle pour moi qui reviens de blessure. Je savoure car je sais que la fin de carrière est plus proche que le début », a commenté Nadal, qui fêtera ses 32 ans, le 3 juin.
A quinze jours du coup d’envoi de Roland-Garros (du 27 mai au 10 juin), le signal envoyé à ses rivaux est assommant, sinon démoralisant. Plus personne n’a été capable de battre l’Espagnol sur terre depuis bientôt un an. Sa dernière défaite remonte au 19 mai 2017 face à Thiem, en quarts de finale à Rome, lessivé par un enchaînement victorieux à Monte-Carlo, Barcelone et Madrid. Depuis, l’Autrichien, 24 ans, a été renvoyé deux fois à ses chères études, à Roland-Garros et à Monte-Carlo, puni par deux fois par une mortifiante « roue de bicyclette ».
Alexander Zverev, Grigor Dimitrov, Karen Khachanov… la nouvelle génération subit sa loi depuis sa reprise en Coupe Davis, début avril, face à l’Allemagne. « Jouer Rafa sur terre, c’est comme recevoir un cours gratuit », ironisait le rookie Stefanos Tsitsipas, battu en finale à Barcelone. David Goffin et Kei Nishikori, qui l’avaient par le passé inquiété, ont été cette saison de simples spectateurs.
Même quand il est loin de son meilleur niveau, sa marge est telle qu’à chaque fois, le scénario semble inexorable : l’adversaire est « balayé », « étouffé », « écrasé » ou « concassé », selon la nomenclature journalistique qui lui est accolée. L’affront ne dépasse jamais les deux heures. Et aucun n’a réussi à lui faire jouer un jeu décisif cette saison.
Patrick Mouratoglou observe qu’« il tourne moins autour du coup droit car il se fie plus à son revers ». « D’habitude, au début de la saison sur terre, il a besoin de confiance donc il s’appuie plus sur ses qualités défensives. Là, il est agressif d’entrée », complète l’entraîneur de Serena Williams. En remportant un 50e set consécutif sur sa surface fétiche en 21 matchs, jeudi à Madrid, Nadal a fait tomber un record vieux de trente-quatre ans, détenu par John McEnroe.
blessures et convalescences
S’il évolue à 100 % de ses moyens physiques, on ne voit pas bien qui sera en mesure de menacer le décuple vainqueur du Grand Chelem parisien. « Il a encore moins de rivaux que d’habitude, déjà qu’il n’en a pas énormément... Je n’arrive même pas à sortir un nom », résume Patrick Mouratoglou. Stan Wawrinka, en délicatesse avec son genou, devrait faire son retour à Rome (du 13 au 20 mai), la convalescence d’Andy Murray, opéré en janvier de la hanche, s’éternise et Novak Djokovic traîne encore sa blessure au coude ou son spleen, on ne sait plus trop. Si le Serbe parvient à retrouver son tennis, il a les armes pour le faire choir, lui qui l’a déjà battu sept fois sur cette surface.
« La façon dont il joue, sa stratégie de match, tout chez lui est très propre, analysait Dimitrov en marge de Madrid. Vous avez beau savoir la façon dont vos coups reviendront, il n’y a pas grand-chose à faire. Face à lui, nous n’avons d’autre choix que d’être à 100 % et tenter d’exploiter ses sautes de concentration car il en a, tout Rafa qu’il est. Mais s’y atteler en bataillant plusieurs heures, c’est un autre problème… » 
L’intéressé, lui, assure ne pas se prendre la tête « avec [son] statut de favori. Vous devez toujours avoir à l’esprit que vous pouvez perdre. (…) Le jour où je ne serai plus inquiet à propos de ma forme ou de mon tennis, ce jour sera celui où je ne gagnerai plus ». Et où ses adversaires commenceront à exister sur terre.

        Lire aussi l’entretien :
         

          Rafael Nadal : « Je joue avec la douleur »






                            


                        

                        


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édition abonné


A Bagdad, une campagne législative semée d’embûches pour les femmes

Sur les 7 000 candidats, 2 600 femmes sont en lice pour les élections de samedi, mais leur présence en politique n’est pas encore entrée dans les mœurs.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h42
    |

            Hélène Sallon (Bagdad, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Il faut la force de caractère d’Ansam Eskander pour mener, avec détermination et élégance, la bataille pour les élections législatives du samedi 12 mai. Avec ses grands yeux surlignés d’eye-liner et sa croix ornée de turquoise qui pend dans son décolleté, cette chrétienne de Bagdad, une célibataire de 42 ans, a l’expérience des batailles difficiles. Elle a fait carrière dans la lutte contre les violences faites aux femmes au sein d’associations irakiennes.
Il y a un mois, elle s’est lancée dans sa première campagne électorale pour briguer un poste de députée. Ansam Eskander avait le profil idéal pour la coalition du premier ministre Haïder Al-Abadi, Al-Nasr (« Victoire »), qui l’a sollicitée : diplômée, reconnue dans son domaine, libérale et non confessionnelle – elle ne se présente pas comme chrétienne.
Avec seulement trente jours pour mener campagne, elle s’est appuyée sur ses réseaux associatifs et part, chaque jour, à la rencontre des électeurs de la province de Bagdad. Quartiers chiites, sunnites, mixtes, populaires ou favorisés, elle n’en exclut aucun, sauf certaines villes et villages sunnites de la ceinture de Bagdad, anciens bastions du djihadisme, qu’elle évite du fait de craintes personnelles pour sa sécurité, « injustifiées certainement », reconnaît-elle sans fierté.

Attaques personnelles, scandales et pressions
La présence de femmes au Parlement n’est pas une nouveauté en Irak. Depuis 2005, 25 % des 329 sièges parlementaires leur sont réservés. En 2014, seules 22 femmes avaient obtenu le nombre de suffrages nécessaires pour être élues, 61 autres avaient été désignées selon la méthode des quotas (quand les 25 % de femmes ne sont pas atteints, les hommes du bas de la liste perdent leur siège au profit de candidates qui ont obtenu moins de votes).
Rares sont celles dont la voix s’est fait entendre pendant la législature. « L’Assemblée était dominée par les partis islamistes. Les femmes étaient inaudibles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Ivry-sur-Seine, où le PS investirait une manufacture, est dirigée par le PCF depuis 1925.
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Le Parti socialiste pourrait installer son siège dans un bastion communiste

Ivry-sur-Seine, où le PS investirait une manufacture, est dirigée par le PCF depuis 1925.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 12h16
    |

                            Astrid de Villaines








                        


Ils ont choisi le seul département communiste de France. Le Parti socialiste, qui prépare activement le départ de la rue de Solférino dans le 7e arrondissement de Paris, devrait s’implanter à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Dans cette ville dirigée par le Parti communiste depuis 1925, une ancienne manufacture a « la préférence » du premier secrétaire, Olivier Faure, pour les nouveaux locaux, parmi d’autres propositions parisiennes.
Déjà échaudés à l’idée de quitter la capitale pour la banlieue, les cadres du parti rient désormais jaune à l’idée d’installer leurs bureaux nationaux dans le bastion historique de Maurice Thorez, au cœur du département fief de Georges Marchais, encore tenu par la députée de La France insoumise, Mathilde Panot.
« Une ville communiste, le gag ! », se désespérait ainsi l’ancien ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, il y a quelques semaines. « Je n’ai rien contre l’union de la gauche mais nous aurions pu aller à Sarcelles, au moins nous aurions été chez nous », abonde le président du groupe socialiste du Sénat, Patrick Kanner. Le maire actuel d’Ivry-sur-Seine, Philippe Bouyssou (PCF), se félicite de « l’attractivité de [s]on territoire » mais s’amuse aussi de la situation. « Je suis étonné que les socialistes n’aient pas trouvé une ville plus emblématique de la gestion locale du PS. Cela montre que ce que nous faisons n’est pas si mal », ironise l’édile, alors que le PS local se trouve dans l’opposition.
« Contraintes de temps et de budget »
« Je l’ai dit à Olivier Faure, c’est une très mauvaise idée d’aller dans une ville communiste où le PS siège dans l’opposition et refuse toute union de la gauche. Qu’on fasse un peu de politique quand même ! », s’agace le député du département Luc Carvounas, ancien candidat au poste de premier secrétaire qui défendait des alliances « arc-en-ciel » avec l’ensemble des formations de gauche pendant la campagne.

        Lire aussi :
         

                Les premiers pas feutrés d’Olivier Faure à la tête du PS



Localement, le PS pourrait même s’allier avec La République en marche lors des prochaines élections municipales en 2020. Un mauvais signal alors que le nouveau premier secrétaire n’a de cesse d’inscrire son parti dans l’opposition. « Nous avons des contraintes de temps et de budget. Nous n’avons pas le luxe d’avoir des considérations politiques », réplique la numéro deux du parti, Corinne Narassiguin. Voilà les prochains défis du PS : définir une ligne claire, et des alliances potentielles, lors des prochaines échéances électorales.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ L’eurodéputé tchèque Petr Jezek estime que les enquêtes sur les « Leaks » ont permis aux Etats de prendre conscience de l’ampleur du problème et ont eu « un effet déterminant » sur l’agenda politique européen.
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Evasion fiscale : « Les intermédiaires financiers sont au cœur du problème »

L’eurodéputé tchèque Petr Jezek estime que les enquêtes sur les « Leaks » ont permis aux Etats de prendre conscience de l’ampleur du problème et ont eu « un effet déterminant » sur l’agenda politique européen.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 18h35
    |

            Maxime Vaudano et 
Jérémie Baruch








                        



   


Après avoir participé aux travaux du Parlement européen sur les « LuxLeaks », l’eurodéputé tchèque de centre droit Petr Jezek a été l’un des rapporteurs de la commission d’enquête sur les « Panama Papers », qui a achevé ses travaux fin 2017. En mars, il a pris la tête d’une nouvelle commission sur les « Paradise Papers », baptisée « Tax3 ».
Les « Leaks » ont-ils influencé l’agenda politique européen sur l’évasion fiscale ?
Ils ont eu un effet déterminant. Sans ces scandales, les avancées législatives récentes sur la fraude, l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent auraient probablement été plus modestes. Ils ont donné à la Commission européenne plus de courage et d’ambition, et permis aux Etats de prendre conscience de l’ampleur du problème. La pression continue des médias aide.
Est-ce suffisant ?
Pas forcément. Des discussions ambitieuses avaient, par exemple, émergé après les « LuxLeaks » sur l’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés, qui permettrait de taxer les multinationales à l’endroit où elles font leurs profits. Ou du « reporting pays par pays » des impôts payés par les entreprises dans chaque pays. Mais ces dossiers, qui requièrent une prise de décision unanime, ont rencontré la résistance de certains Etats, comme l’Irlande, Chypre ou le Luxembourg, qui profitent des règles actuelles pour attirer des entreprises. Il n’empêche, il incombe au Parlement européen d’avancer des solutions.
Que vous ont appris les « Panama Papers » ?
Nous nous sommes rendu compte que les intermédiaires financiers sont au cœur du problème. L’une de leurs fonctions consiste à vérifier la rectitude de leur clientèle, mais ce contrôle se fait parfois à tort et à travers. Notre commission n’a même pas réussi à estimer concrètement le nombre de cas problématiques posés par les professions autorégulées, comme les avocats. Ce qui montre que l’autorégulation ne suffit pas. Nous devons mieux contrôler ces intermédiaires, grâce à une meilleure supervision ou par le biais de certifications ou de sanctions.
La criminalité financière peut-elle être combattue uniquement à l’échelle européenne ?
Les « Panama Papers » nous ont montré le rôle-clé joué par les dépendances de la couronne et les territoires ultramarins britanniques [comme Jersey ou les îles Vierges]. Commençons par l’Union européenne avant d’élargir le cadre. Car, bien sûr, le problème se situe aussi dans les places asiatiques, comme Hongkong ou Singapour.
« Tax3 » est la quatrième commission d’enquête créée en autant d’années par le Parlement européen. Que pourra-t-elle apporter de plus ?
Notre mandat porte à la fois sur les activités criminelles, la fraude fiscale et l’optimisation fiscale. Nous allons d’abord étudier si les nouvelles réglementations consécutives aux « LuxLeaks » et aux « Panama Papers » sont bien appliquées. Mais également explorer de nouveaux sujets, comme la fiscalité du numérique, la fraude à la TVA [dévoilée par les « Paradise Papers »] ou les « visas dorés » [les passeports de complaisance].
Les ventes de ces visas dorés, notamment à Malte, vous inquiètent-elles ?
Si des oligarques [russes] obtiennent une nationalité européenne, cela concerne tous les pays de l’UE. Sept pays européens délivrent des visas dorés, et les contrôles ne sont pas suffisants. Il y a un risque de blanchiment d’argent – et même de sécurité. Or, on voit que certains passeports sont délivrés dans le cadre d’une corruption. Nous devons donc, au minimum, mettre en place des règles communes et un contrôle qui permette de faire la transparence sur ces pratiques.

Fraude et optimisation fiscales : quel bilan après dix ans d’enquêtes ?
Notre sélection d’articles :
Récit de dix années d’évolution de lutte contre la fraude et l’optimisation fiscale : Paradis fiscaux : qu’ont changé dix ans de scandales ?Entretien avec le député européen Petr Jezek, président de la commission d’enquête « TAX 3 », créée après les « Paradise Papers » : « Nous nous sommes rendus compte que les intermédiaires financiers sont au cœur du problème »L’impact côté justice : Comment les « leaks » ont changé la façon de travailler de la justiceQuelques années après « LuxLeaks », les rescrits fiscaux perdurent : Malgré les scandales, l’Europe continue les accords d’optimisation fiscale avec les multinationales
Et aussi : Malgré les avancées, la criminalité prospère toujours dans les paradis fiscaux



> Retrouvez toutes les enquêtes des Décodeurs




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Selon le ministère de la santé gazaoui, au moins quarante-neuf personnes ont été blessées vendredi lors de manifestations à la frontière avec Israël.
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Un Palestinien tué par des tirs de soldats israéliens dans la bande de Gaza

Selon le ministère de la santé gazaoui, au moins quarante-neuf personnes ont été blessées vendredi lors de manifestations à la frontière avec Israël.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 18h20
   





                        



   


Un Palestinien a été tué et quarante-neuf autres personnes ont été blessées vendredi 11 mai par des tirs de soldats israéliens lors du septième vendredi consécutif de manifestations à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, a annoncé le ministère de la santé gazaoui.
Un homme de 40 ans, atteint d’une balle à la poitrine, est mort près de Khan Younès, dans le sud de l’enclave palestinienne. Cette mort porte à cinquante-trois le nombre de Palestiniens tués depuis le 30 mars, date du début du mouvement de protestation appelé la « grande marche du retour ».
La manifestation de vendredi a lieu à l’approche du transfert, lundi, de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, et de la commémoration, mardi, de la Nakba (la « catastrophe », en arabe), qui marque pour les Palestiniens la création de l’Etat d’Israël et l’exode de centaines de milliers de Palestiniens, en 1948.

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                Comment Israël justifie le traitement militaire des manifestants à Gaza



Selon l’armée israélienne, environ cinq mille Palestiniens ont participé vendredi à la manifestation à cinq endroits le long de la frontière. « Les émeutiers ont brûlé des pneus, lancé des pierres vers la barrière de sécurité et les soldats israéliens. Ils ont également fait voler des cerfs-volants auxquels étaient attachés des engins incendiaires », écrit Tsahal dans un communiqué. Les troupes israéliennes ont riposté en tirant « selon les règles d’engagement », a-t-elle ajouté, sans donner d’autres précisions.
Mouvement de protestation
Les Palestiniens de la bande de Gaza, territoire coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, se rassemblent depuis plusieurs semaines par milliers près de la frontière pour revendiquer leur droit à retourner sur les terres dont ils ont été chassés ou qu’ils ont dû fuir à la création d’Israël.
Ce mouvement vise aussi à dénoncer le blocus israélien imposé depuis plus de dix ans à l’enclave palestinienne, que dirige le mouvement islamiste Hamas, auquel Israël a livré trois guerres depuis 2008.
L’armée israélienne est notamment critiquée pour faire un usage excessif de la force. L’Organisation des Nations unies (ONU) et l’Union européenne ont réclamé des enquêtes indépendantes. Mais Tsahal, l’armée israélienne, affirme que ses soldats ne tirent à balles réelles qu’en dernier recours, quand les moyens non létaux ont été épuisés, pour parer au danger pour les soldats et les civils israéliens habitant près de l’enclave.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ L’agence spécialisée des Nations unies qui a comptabilisé 32 cas, dont 18 morts, entre le 4 avril et le 9 mai, sonne l’alarme.
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Compte rendu

Ebola : l’OMS se prépare au « pire des scénarios » en RDC

L’agence spécialisée des Nations unies qui a comptabilisé 32 cas, dont 18 morts, entre le 4 avril et le 9 mai, sonne l’alarme.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-11T15:07:00+02:00"

        Le 11.05.2018 à 15h07





Le « pire des scénarios ». C’est ce à quoi se prépare l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a jugé, vendredi, « élevé » le risque de propagation de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC).
« Pourquoi sommes-nous préoccupés par cette épidémie ? Bien sûr, c’est une maladie mortelle, avec un taux de létalité qui va de 20 % à 90 %. Nous savons aussi que plusieurs éléments nous préoccupent, car ils risquent d’amplifier cette épidémie », a déclaré le directeur du programme de gestion des situations d’urgence de l’OMS, Peter Salama, lors d’un point de presse à Genève.
L’agence spécialisée des Nations unies a comptabilisé 32 cas (deux cas confirmés, 18 probables et 12 suspects), dont 18 morts, entre le 4 avril et le 9 mai, dans la région de Bikoro, située au nord-est de Kinshasa, à la frontière avec le Congo-Brazzaville.
Un sujet particulier d’inquiétude est le fait que les cas – bien qu’étant recensés dans une seule zone rurale pour l’instant – ont été signalés dans « trois emplacements distincts », a détaillé M. Salama. Autre facteur « amplificateur » : trois des 32 cas concernent des membres du personnel soignant (dont un est mort), a souligné M. Salama.

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L’OMS critiquée pour la lenteur de sa réaction
L’épidémie d’Ebola la plus violente de l’histoire avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2016, causant plus de 11 300 morts sur quelque 29 000 cas recensés, à plus de 99 % en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. L’OMS avait alors été vivement critiquée pour la lenteur de sa réaction, beaucoup l’accusant d’avoir beaucoup trop tardé à décréter une « urgence de santé publique de portée internationale ».

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La dernière épidémie en RDC remonte à 2017. Rapidement circonscrite, elle avait fait officiellement quatre morts.
Apparue pour la première fois dans l’ex-Zaïre (actuelle RDC) en 1976, la fièvre hémorragique Ebola vient d’un virus qui se transmet par contact physique avec des liquides corporels infectés. Le gibier de brousse est considéré comme un vecteur potentiel.
Les travailleurs humanitaires vont devoir surmonter d’autres difficultés pour venir en aide aux populations affectées. « La situation est absolument désastreuse sur le plan de l’infrastructure, il y a très peu de routes pavées, d’infrastructures électriques, très peu d’eau et d’infrastructures sanitaires », a noté M. Salama.
« L’accès est extrêmement difficile. Il faut 15 heures en moto depuis la ville la plus proche », a-t-il dit, ajoutant que « la réponse sera très compliquée et coûteuse ».
L’urgence d’acheminer du matériel
Aussi, l’ONU espère acheminer du matériel sur place dès « ce week-end » grâce à des hélicoptères et l’OMS souhaite mettre en place un véritable « pont aérien » (avec des petits avions) dès que possible pour transporter davantage d’aide. Seul hic : l’absence de piste pour atterrir.
Sur place, l’OMS dispose déjà d’experts et espère mettre en place un laboratoire mobile ce week-end. Une autre équipe de 30 à 40 personnes, comprenant notamment des épidémiologistes, des logisticiens et des spécialistes des vaccins, doit aussi être envoyée. L’OMS attend en effet le feu vert des autorités de la RDC pour distribuer un vaccin expérimental contre Ebola.

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Contrairement à ce qui s’était passé lors de la terrible épidémie de 2013-2016 en Afrique de l’Ouest, l’OMS a agi, cette fois, rapidement, a souligné M. Salama. « L’épidémie a été déclarée par le gouvernement mardi matin. En moins d’une heure, notre équipe de gestion des urgences était sur pied », a-t-il relevé.
L’ONG Médecins sans frontières met aussi en place un centre de traitement pour la prise en charge des cas dans la zone de santé de Bikoro, selon l’OMS. Bien que l’épidémie « semble être géographiquement limitée (…) dans une région éloignée », « le risque global est considéré comme élevé au niveau national en raison de la nature de la maladie et du manque d’informations épidémiologiques et démographiques pour estimer l’ampleur de l’épidémie », pointe l’OMS.

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Les épidémiologistes doivent notamment essayer de déterminer son origine. « Nous savons que certains ont été infectés lors des enterrements et que d’autres l’ont été alors qu’ils s’occupaient de patients », a déclaré Pierre Formenty, qui dirige le département des Fièvres hémorragiques virales à l’OMS.
Au niveau régional, neuf pays voisins ont été mis en « état d’alerte » et le risque a été jugé « élevé » pour la République centrafricaine et la République du Congo, en raison de leur proximité avec le fleuve Congo, note l’OMS.
L’agence de l’ONU n’appelle toutefois pas à une restriction des échanges commerciaux et des vols des compagnies aériennes avec ces pays.

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Compte rendu

L’attaque d’une mosquée inquiète les communautés religieuses en Afrique du Sud

Le lieu de culte visé était d’obédience chiite, alors que la majorité des musulmans du pays sont sunnites.

Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)
    



LE MONDE
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        Le 11.05.2018 à 16h11

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        Mis à jour le 11.05.2018 à 17h14






    
Devant la mosquée Imam-Hussein de Verulam, dans la province sud-africaine du Kwazulu-Natal, après l’attaque menée par trois hommes non identifiés, jeudi 10 mai 2018.
Crédits : ROGAN WARD / REUTERS


Rien n’a été volé lors de l’attaque de la mosquée Imam-Hussein de Verulam, dans la province du Kwazulu-Natal, à 27 km au nord du port de Durban. Les trois hommes qui ont pénétré dans l’édifice religieux, jeudi 10 mai dans l’après-midi, portaient des cagoules noires. Ils avaient des couteaux de chasse et de quoi mettre le feu. Ils s’en sont pris d’abord à la bibliothèque, dans laquelle ils ont réussi à déclencher un incendie, puis ont attaqué l’imam, qui se trouvait à l’étage, seul avec un fidèle. Le responsable religieux a déclaré, vendredi, à sa sortie de l’hôpital, avoir survécu grâce à sa maîtrise des arts martiaux et en particulier du nunchaku qu’il dit avoir utilisé pour se défendre.
Entendant des cris, Abbas Essop, un commerçant de nationalité canadienne dont la boutique se trouve en face de la mosquée – qu’il fréquentait –, s’était précipité pour porter secours au moulana (imam). Il s’est alors trouvé confronté aux assaillants, qui l’ont maîtrisé avant de lui trancher la gorge, puis se sont enfuis à bord d’une voiture.
Appel au calme
L’Afrique du Sud ne sait comment interpréter cet acte, encore impossible à qualifier avec précision. S’agit-il d’un attentat ? D’un crime crapuleux ? L’affaire est suivie avec beaucoup d’attention dans un pays qui faisait jusqu’ici figure de havre de paix confessionnelle, malgré des tensions souterraines. Shaykh Isgaak Taliep, le secrétaire général du Conseil judiciaire musulman sud-africain, a d’ailleurs exprimé son inquiétude. A l’issue d’une réunion avec de nombreux responsables religieux, il a déploré « cet acte sans précédent qui, [espère-t-il,] sera le dernier », mais appelle également « la communauté [musulmane] tout comme le reste de l’Afrique du Sud au calme, à la raison », et surtout à éviter toute tentation de se faire justice.
Les fidèles de la mosquée Imam-Hussein sont de confession chiite, dans un pays où les musulmans (moins de 2 % de la population) sont majoritairement sunnites. Des tensions ponctuelles entre les groupes se sont multipliées, mais elles étaient jusqu’ici considérées comme anecdotiques. Pour autant, les discours enflammés contre les chiites ne restent pas cantonnés à la clandestinité en Afrique du Sud. Des écrits véhéments circulent, comme la Lettre ouverte aux musulmans d’Afrique du Sud diffusée par des associations du Kwazulu-Natal (notamment une organisation baptisée Réveil de l’islam). Ce texte invite les croyants sunnites à considérer chaque chiite comme un « ennemi intérieur », adepte d’une religion n’ayant rien à voir avec l’islam mais devant être considérée comme « une création des Perses ». Dans une veine clairement anti-iranienne, il conseille à ses lecteurs d’éviter de « faire des affaires avec l’Iran » ou encore de « fréquenter des restaurants tenus par des chiites ».

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« Dans ce pays, on n’a pas peur de parler avec véhémence de questions de ce genre mais, hormis deux exemples dans les années 1980 dans la région de Durban, cela ne mène habituellement pas à des actes violents », nuance Na’eem Jeenah, directeur exécutif du Centre Afrique Moyen-Orient (AMEC), un think tank de Johannesburg. Mais une bonne source au sein de la communauté musulmane d’Afrique du Sud assure pencher « pour une piste menant vers une question confessionnelle », ajoutant : « D’après les informations que j’ai pu recueillir, cette attaque a été conduite par des étrangers, même s’il est trop tôt pour confirmer leur nationalité. » Plusieurs observateurs étrangers tentent de déterminer si ces faits peuvent être reliés à des sympathisants de groupes djihadistes en Afrique du Sud.
Combattants rentrés de Syrie
Par le passé, il a été établi que le groupe somalien Al-Chabab menait des activités dans le pays. Il y collecte des fonds et s’y procure des explosifs, dont certains ont été utilisés en Somalie et au Kenya. Ces opérations n’impliquent pas, en théorie, de projets d’attentats sur le sol sud-africain.
En revanche, des sympathisants de l’organisation Etat islamique (EI) sont soupçonnés d’élaborer des projets de cette nature. De jeunes Sud-Africains sont partis dès 2013 en direction de la Syrie pour rejoindre le califat et ses troupes. Certains y sont morts, mais quelques dizaines de combattants sont parvenus, depuis, à rentrer.
D’autres aspirants au départ n’ont jamais réussi à gagner la Syrie, comme Fatima Patel, arrêtée en 2016 avant d’avoir pu quitter le pays. Dans sa chambre, les enquêteurs avaient trouvé des munitions et un drapeau de l’EI. Elle avait cependant été libérée sous caution. Elle a été de nouveau arrêtée en février, en même temps que son compagnon, Sayfydeen Aslam Del Vecchio, dans le cadre de l’enquête sur l’enlèvement et le meurtre d’un couple détenteur de la double nationalité britannique et sud-africaine. Le corps de Rodney Saunders avait été découvert dans une rivière du Kwazulu-Natal le 17 février, une semaine après sa disparition ; son épouse, Rachel, n’a pas été retrouvée. Fatima Patel et Sayfydeen Aslam Del Vecchio sont soupçonnés d’avoir vidé le compte en banque des Saunders pour financer des activités illégales.

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Il est néanmoins impossible de déterminer si une cellule préparant activement des attaques est à l’œuvre dans la région. Les autorités sud-africaines restent prudentes et considèrent, en l’état actuel de l’enquête, le dossier Saunders comme une tentative d’enlèvement qui aurait mal tourné.
Mais pour les autorités britanniques, « il est possible que des terroristes mènent des attaques en Afrique du Sud ». Ces actions « pourraient se produire en de multiples endroits, notamment ceux fréquentés par les touristes, comme les centres commerciaux des grandes villes », précise le gouvernement dans un avis aux voyageurs. Les services sud-africains ont déjoué plusieurs projets de cette nature par le passé. Des jumeaux, Brandon-Lee et Tony-Lee Thulsie, avaient notamment été arrêtés en 2016. Ils étaient soupçonnés de préparer des attentats contre des cibles de la communauté juive et des représentations diplomatiques occidentales.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Des négociations sont en cours entre les services de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, et des plates-formes numériques, parmi lesquelles Uber, Deliveroo et Stuart.
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L’exécutif plaide pour une protection sociale des travailleurs « ubérisés »

Des négociations sont en cours entre les services de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, et des plates-formes numériques, parmi lesquelles Uber, Deliveroo et Stuart.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 13h13
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        


La protection sociale des travailleurs « ubérisés » va-t-elle s’améliorer ? Tel est, en tout cas, l’objectif affiché par le gouvernement et par plusieurs députés de la majorité qui veulent ajouter des mesures allant dans ce sens dans le projet de loi « avenir professionnel », examiné à ­l’Assemblée nationale à partir de la fin mai. Des discussions ont été discrètement ouvertes, il y a plusieurs semaines, entre les services de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, et des plates-formes numériques, parmi lesquelles Uber, Deliveroo et Stuart. Les protagonistes tentent d’identifier des solutions en faveur des précaires de l’économie digitale, dans le cadre d’un « deal global », selon la formule employée, début mars, par l’entourage de Mme Pénicaud.
Depuis quelques années, on ­assiste à l’émergence d’une nouvelle catégorie de travailleurs qui sont mis en relation avec le consommateur par le biais d’applications sur smartphone. Livreurs à vélo, chauffeurs… tous ont le statut d’autoentrepreneur – une des modalités pour être qualifié d’indépendant – et ne bénéficient donc pas du filet de sécurité accordé aux salariés (assurance-chômage, etc.). Ils sont payés à la tâche par la plate-forme numérique à laquelle ils versent une commission à chaque fois que celle-ci les met en contact avec un client.
Cet écosystème, qui permet aux plates-formes de limiter à la portion congrue les prélèvements sociaux, est très décrié et engendre même des contentieux. Les uns résultent du recours de travailleurs indépendants qui demandent la requalification en contrat de travail de leur relation avec la plate-forme – mais très peu ont obtenu gain de cause, à ce stade. Les autres litiges sont à l’initiative de l’Urssaf, qui a considéré dans certains dossiers que les « ubérisés » étaient en réalité des salariés déguisés et que leur employeur devait par conséquent payer des cotisations. Comme l’a révélé, à la mi-mars, nos confrères de Mediapart, l’inspection du travail a même transmis au parquet de Paris un procès-verbal de près de 200 pages qui constate du travail dissimulé chez Deliveroo France, l’un des spécialistes de la livraison de repas à domicile. 

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Terrain miné
Les discussions engagées par le ministère du travail se déroulent donc en terrain miné. Le but de Muriel Pénicaud est d’accorder de nouveaux droits aux « ubérisés » mais aussi de clarifier leur statut, afin de sécuriser un modèle économique créateur d’emplois. « Le législateur tâtonne depuis quelques années, décrypte Me Marianne Lecot, avocate de la plate-forme Tok Tok Tok. La loi El Khomri de 2016 a posé une première pierre en affirmant le principe d’une responsabilité sociale des plates-formes, avec des droits en matière de formation continue et d’accidents du travail. »
L’exécutif entend aller plus loin. « Les représentants du gouvernement nous ont dit qu’ils voulaient étendre les droits et qu’ils réfléchissaient aux modalités pour y parvenir avec nous, confie, sous le sceau de l’anonymat, un haut gradé d’une plate-forme. Nous y sommes tous favorables mais nous avons chacun nos limites : certains sont prêts à mettre la main à la poche, d’autres clairement pas. »
Chez Uber, on indique :« C’est un vrai sujet, reconnaît un porte-parole du géant américain en France. Nous avons agi pour soutenir nos chauffeurs, par exemple en les assurant gratuitement. »
Pour le député LRM du Val-d’Oise Aurélien Taché, corapporteur du projet de loi « avenir professionnel », il est légitime que les plates-formes versent leur écot à l’Etat-providence. « En ­contribuant à la protection sociale, elles sécuriseraient leurs travailleurs qui n’auraient alors plus grand intérêt à demander la requalification en salariat », explique-t-il. L’une des idées défendues par M. Taché consiste à élargir les conditions prévues dans le projet de loi pour permettre aux indépendants de toucher l’allocation-chômage : il s’agirait de prendre en compte par exemple la « perte subite de revenus, pour inclure les autoentrepreneurs », précise M. Taché. L’hypothèse de droits accrus en matière de formation continue est également à l’étude.
« Pour les plates-formes, le véritable enjeu est de montrer qu’elles sont des entreprises responsables, prêtes à accorder des protections supplémentaires aux travailleurs indépendants qui collaborent avec elles, résume Me Aurélien Louvet, du cabinet Capstan. Mais ces garanties nouvelles ne doivent pas être vues comme un indice laissant présumer une relation salariale entre les deux parties. » Autrement dit, il ne faudrait pas que les « ubérisés » tirent parti de ces droits nouveaux pour se voir reconnaître, devant les tribunaux, la qualité de salarié. Début mars, le cabinet de Mme Pénicaud avait d’ailleurs précisé qu’il fallait « traiter cette question de la requalification en salariat » afin de « sécuriser le “business model” » des plates-formes.
La démarche du gouvernement, fondée sur le dialogue « avec les entreprises de l’économie collaborative, est la bonne », commente l’économiste Gilbert Cette, coauteur du livre Travailler au XXIe siècle (Odile Jacob, janvier 2017). « Toutes les parties prenantes peuvent gagner à l’instauration de normes stables, poursuit-il. Mais le sujet ne doit pas être cantonné à la protection sociale. Il faut parvenir à un socle de droits plus larges, par exemple la possibilité de contester une déconnexion par la plate-forme, comme les salariés peuvent contester un licenciement. »
Cofondateur du Collectif des livreurs autonomes de Paris, Jérôme Pimot se montre beaucoup plus dubitatif sur l’issue des tractations en cours : « Elles ne laissent rien présager de bon. Ou alors que des effets d’annonce. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Depuis janvier, trois phocidés ont été retrouvés tués, roués de coups ou criblés de plombs sur des plages du littoral du Nord.
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Pas-de-Calais : Sea Sheperd propose 10 000 euros pour faire avancer l’enquête sur trois phoques tués

Depuis janvier, trois phocidés ont été retrouvés tués, roués de coups ou criblés de plombs sur des plages du littoral du Nord.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 11h26
   





                        


Jusqu’à 10 000 euros de récompense. C’est ce que propose l’ONG de défense des océans Sea Sheperd à qui permettra de faire avancer l’enquête pour retrouver des tueurs de phoques. Depuis janvier, trois phocidés ont été retrouvés tués, roués de coups ou criblés de plombs sur des plages du littoral du Nord. Le premier sur une plage de Oye-Plage et les deux autres sur une plage du Touquet (Pas-de-Calais).
L’ONG a doublé la mise par rapport à une première proposition de 5 000 euros, qui n’avait pas permis d’obtenir d’informations à même de faire avancer l’enquête, selon le quotidien régional Nord Littoral. L’association est coutumière de ces récompenses pour retrouver des braconniers. « On y a recours quand les enquêtes piétinent, explique la présidente de l’association, Lamya Essemlali, au Parisien. Ça surprend encore en France, mais nous voulons agir. Nous ne voulons pas laisser un sentiment d’impunité s’installer chez les tueurs de phoques du Pas-de-Calais, qui est quand même le seul endroit en France où il existe un comité antiphoques, même si je ne les mets pas directement en cause. »
Enquête judiciaire ouverte
L’association a également fait savoir qu’elle va porter plainte, comme l’ont déjà fait avant elle deux associations : le Groupement de défense de l’environnement dans l’arrondissement de Montreuil-sur-Mer (GDEAM-62), dont les membres avaient découvert les deux phoques tués le 6 mai, et la Ligue de défense des animaux (LPA), après que le premier phoque avait été découvert début janvier. La Fondation Brigitte Bardot veut également porter plainte.
L’autopsie, réalisée à la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Liège, en Belgique, a révélé que le premier phoque avait reçu « huit plombs de chasse de gros diamètre au niveau du thorax » et des coups « violents au niveau du cou alors qu’il était agonisant, entraînant une hémorragie fatale », selon un communiqué de GDEAM-62 publié sur Facebook. Le second, bagué, est mort d’asphyxie, « probablement pris dans un engin de pêche provoquant sa noyade », et a également reçu des coups mais « nettement moins violents ».
Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Boulogne-sur-Mer, selon Le Parisien, qui va être confiée au commissariat local. Les policiers privilégient la piste d’un acte commis par des pêcheurs, toujours selon le quotidien. Les enquêteurs sont toutefois pessimistes quant à la possibilité de remonter jusqu’aux auteurs. « Il y a rarement de témoins en mer, explique l’un d’eux au Parisien. Et, contrairement à d’autres armes, les balles de fusils de chasse ne disposent pas de signature, ce qui aurait pu permettre de retrouver les propriétaires. » 
D’où la récompense proposée par Sea Sheperd pour espérer faire parler d’éventuels témoins. « On va se pencher davantage sur le problème, d’autant qu’il y en a peut-être plus que ces trois cas précis. On ne retrouve pas tous les corps, et il n’y a pas toujours d’autopsie. Mais à notre connaissance, on n’a pas de cas similaires de phoques abattus à coups de plombs, sur les côtes françaises. C’est vraiment spécifique au littoral du Nord », explique Lamya Essemlali.
Le comité antiphoques se défend
Bien qu’elle ne les accuse pas directement, l’association ne cache pas ses soupçons à l’égard du comité antiphoques. « En France, il n’y a pas d’autre collectif antiphoques que dans cette région. Ça mérite qu’on s’interroge, même si on ne peut rien prouver », estime Mme Essemlali. 
Interrogé par Nord Littoral, le président de ce comité, Fabrice Gosselin, s’est défendu : « Quand on a ouvert un site internet pour le collectif antiphoques, on a vite renoncé : on se faisait insulter par des écolos de partout, jusqu’à Strasbourg ! Mais on n’est pas des tueurs sanguinaires, comme certains essayent de le faire croire. Un pêcheur, c’est d’abord un écologiste ! On est les premiers à dénoncer la pollution et les chaluts électriques… »
Reste que le collectif plaide toujours pour la mise en place d’une régulation de la population des phoques. « En Ecosse, ils autorisent la régulation des phoques à proximité des élevages de saumon, et ils ne sont pas en voie de disparition… On veut juste trouver un juste milieu. »
Entre 500 et 600 phoques, gris et veau marin, protégés depuis les années 1970, vivent selon lui au large des côtes du nord de la France, depuis la baie de Somme jusqu’à la Belgique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Présenté à Cannes, mais interdit au Kenya, ce film raconte une relation amoureuse entre deux femmes. La réalisatrice analyse le premier moment où celles-ci explorent leur amour naissant.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Critique, créateur de la revue « Poétique » et auteur de « Figures », Gérard Genette est mort à l’âge de 87 ans.
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Le théoricien de la littérature Gérard Genette est mort

Critique, créateur de la revue « Poétique » et auteur de « Figures », Gérard Genette est mort à l’âge de 87 ans.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 17h41
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 17h57
    |

Patrick Kéchichian







                        



                                


                            

Grand théoricien de la littérature, praticien de la poétique, spécialiste de la théorie générale des formes littéraires – notamment narratives –, Gérard Genette est mort, vendredi matin 11 mai, a appris Le Monde de source proche de la famille. Il laisse une œuvre considérable, aux développements souvent inattendus. En effet, rien n’est moins académique ou balisé que cette réflexion qui, sans jamais se départir d’une grande rigueur, notamment terminologique, s’autorise bien des détours et l’exploration ludique de la littérature et de ses marges. Et pas seulement de la littérature, mais aussi des autres arts.
Cette liberté de ton et de thèmes offre – surtout dans la dernière étape de son œuvre – une ouverture en direction de lecteurs, amateurs éclairés certes, mais pas forcément spécialistes. Les formes rigides, ou rigidifiées, de la théorie littéraire dans la deuxième partie du XXe siècle, Genette, sans les rejeter, les vivifiait avec un art et une inspiration qui étaient ceux d’un écrivain à part entière. Au même titre que Roland Barthes, Jean-Pierre Richard ou Jean Starobinski – chacun selon des voies propres –, il manifestait la part créative sans laquelle les études littéraires et la critique perdent leur âme et leur vigueur.
Né à Paris en 1930, Gérard Genette était le fils d’un ouvrier qualifié en textile. « Mon père officiait, à la lisière du Sentier, rue Jussienne… » Il passa son enfance et son adolescence à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Condisciple de Jacques Derrida à l’Ecole normale supérieure à partir de 1951, agrégé de lettres, il enseigne d’abord (comme Derrida) en classe préparatoire au lycée Montesquieu du Mans, avant de devenir, en 1963, l’assistant de Marie-Jeanne Durry, professeure de littérature française, à la Sorbonne. Quatre ans plus tard, soutenu par Roland Barthes, il est nommé maître de conférences à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, puis directeur d’études jusqu’à sa retraite,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Il s’agit du fromage vendu sous la marque « Nos régions ont du talent », qui a entraîné des intoxications par la bactérie E. coli 026. Sept enfants en bas âge ont été infectés.
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Rappel de reblochons AOP vendus par Leclerc en raison de cas d’intoxication alimentaire « grave »

Il s’agit du fromage vendu sous la marque « Nos régions ont du talent », qui a entraîné des intoxications par la bactérie E. coli 026. Sept enfants en bas âge ont été infectés.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 17h56
   





                        


Les centres E. Leclerc ont annoncé vendredi 11 mai qu’ils procédaient au rappel d’un reblochon AOP vendu sous sa marque Nos régions ont du talent en raison de « plusieurs cas » d’intoxication alimentaire « grave » par la bactérie E. coli 026.
Des enfants en bas âge ont été infectés, et les autorités sanitaires ont identifié « sept cas d’infections à Escherichia coli, dont six syndromes hémolytiques et urémiques [complications rénales] survenus chez des enfants âgés de un an et demi à 3 ans », ont fait savoir les ministères de la santé et de l’agriculture.
Ce fromage de 450 grammes est fabriqué par la société Fromagerie Chabert, précise un communiqué du distributeur, alerté par un signalement de Santé publique France.
« Les consommateurs étant en possession de ce produit ne doivent pas le consommer et sont invités à le rapporter dans leur centre E. Leclerc », dit le communiqué, qui donne également un numéro vert mis à leur disposition (0800.011.100).
Gastroentérites éventuellement hémorragiques
Le 26 avril, une autre société, la Fromagerie du Plessis, avait annoncé le rappel d’un lot de camemberts de Normandie AOP commercialisé sur tout le territoire national à la suite d’un contrôle ayant révélé la présence de cette même bactérie (Escherichia coli).

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                Bactérie « Escherichia coli » : des viandes hachées contaminées rappelées



Escherichia coli O26:H11 peut entraîner, dans la semaine qui suit la consommation d’un produit contaminé, des gastroentérites, éventuellement hémorragiques, accompagnées ou non de fièvre, et pouvant être suivies de complications rénales sévères chez les jeunes enfants (syndrome hémolytique et urémique).
Les personnes qui auraient consommé les produits concernés et qui présenteraient ce type de symptômes sont invitées à consulter sans délai leur médecin traitant et à lui signaler cette consommation et la nature du germe contaminant.



                            


                        

                        

