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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ « N’attendons pas », « n’ayons pas peur », « ne soyons pas faibles », « ne soyons pas divisés », a exhorté le président français à Aix-la-Chapelle, où il recevait le prix Charlemagne.
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Les quatre « commandements » d’Emmanuel Macron pour l’Europe

« N’attendons pas », « n’ayons pas peur », « ne soyons pas faibles », « ne soyons pas divisés », a exhorté le président français à Aix-la-Chapelle, où il recevait le prix Charlemagne.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 18h23
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Peut-être était-ce l’écho, la majesté de cette salle du couronnement, dans la mairie d’Aix-la-Chapelle, ex-capitale de l’empire carolingien ? Ou la solennité du moment, alors qu’Emmanuel Macron recevait, jeudi 10 mai Outre-Rhin, quasiment des mains d’Angela Merkel, le prix Charlemagne, plus ancienne et plus prestigieuse récompense européenne ?
Le contraste était en tout cas saisissant entre la vision qu’a une nouvelle fois développée le chef de l’Etat français pour l’Union, et la mesure dont a – une nouvelle fois elle aussi – fait preuve la chancelière sur le même sujet. S’adressant directement à elle, face à un parterre essentiellement allemand – où on pouvait quand même apercevoir Daniel Cohn-Bendit, François Bayrou, ou Jean-Claude Trichet –, Emmanuel Macron a livré son discours le plus fort sur l’Europe depuis celui de la Sorbonne, en septembre.
Animé par l’urgence (de trouver un plan commun de relance avec Berlin, mais aussi de prémunir l’Europe face à la montée des périls au Moyen-Orient suite à la décision américaine de se retirer de l’accord nucléaire iranien), le chef de l’Etat français a exhorté l’Allemagne à « prendre des risques », à ne « pas avoir peur » et à en finir avec ses « fétiches ». 
La France « a fait un choix dont je suis le dépositaire »
La France a les siens, a insisté M. Macron, qui fait le pari, depuis un an, de rester dans les clous du pacte de stabilité et de croissance : « En France, il ne faudrait plus toucher les traités [européens]. Mais réveillez-vous, la France a changé, elle n’est plus la même, elle a fait un choix dont je suis le dépositaire, celui des réformes. » Quant à l’Allemagne, « il ne peut pas y avoir non plus un fétichisme perpétuel pour l’équilibre budgétaire et les excédents commerciaux ! » 
L’Allemagne a déjà enterré son projet d’un super-ministre des finances et d’un parlement de la zone euro
A la Sorbonne, il y a maintenant huit mois, M. Macron a fait une longue liste de propositions pour l’Union, notamment pour la zone euro, sans que pour l’instant Berlin n’ait répondu franchement à sa main tendue. L’Allemagne a déjà enterré son projet d’un super-ministre des finances et d’un parlement de la zone euro. Reste l’idée d’un budget propre, mais qui n’enthousiasme par le ministre des finances, Olaf Scholz. A Bruxelles, on n’espère plus, au mieux qu’une modeste « ligne budgétaire » (25 milliards d’euros sur sept ans) dans le budget de l’Union post-Brexit.
M. Macron n’a pourtant rien cédé sur cette idée d’un budget commun, jeudi : « Je crois dans un budget européen beaucoup plus ambitieux dans lequel la France prendra sa part, qui défendra la convergence économique, fiscale et sociale » dans l’eurozone.
Déroulant sur un mode très solennel ses quatre « commandements » pour l’Europe, dont l’urgence à agir (« n’attendons pas, c’est maintenant ! ») et la défense des valeurs (« n’ayons pas peur de nos principes et ne nous trahissons pas »), le chef de l’Etat français a aussi insisté sur la nécessaire prise de conscience face aux Etats-Unis de Trump. Dans une allusion transparente à la décision brutale et unilatérale du président américain de se retirer de l’accord nucléaire iranien, il a lancé un vibrant : « Ne soyons pas faibles, ne subissons pas ! »
Accord iranien et multilatéralisme
« Accepterons-nous la règle de l’autre ou sa tyrannie ? Qui doit décider de nos choix commerciaux, ceux qui nous menacent parce que les règles ne leur conviennent plus? Nous avons fait le choix de construire la paix au Proche et au Moyen-Orient, d’autres puissances ont choisi de ne pas respecter leur parole. Devons-nous céder à la politique du pire ? » a martelé le président, qui a plusieurs fois appelé, ces derniers jours, à sauvegarder l’accord iranien et à préserver le multilatéralisme.
« Les Etats-Unis ne vont pas nous protéger. L’UE doit prendre son destin en main »
C’est sur ce dernier point, la crise ouverte de la relation transatlantique, que la chancelière Merkel a prononcé ses paroles les plus fortes, jeudi. La politique étrangère européenne « n’en est encore qu’à ses débuts car les conflits se jouent à nos portes et les Etats-Unis ne vont pas nous protéger. L’UE doit prendre son destin en main. Il s’agit d’une question de guerre ou de paix, j’appelle toutes les parties prenantes à faire preuve de retenue », a t-elle insisté, faisant référence à la montée des tensions entre Israël et Iran ces dernières heures. « Nous devons renforcer nos efforts pour trouver une solution politique à la Syrie. »
Pour le reste de sa laudatio, même si elle a loué le « charme » et la « capacité » du président français à enthousiasmer les citoyens de l’Union européenne, la chancelière n’a offert aucune ouverture, notamment sur un budget pour l’eurozone, insistant au contraire sur les priorités allemandes : la migration, la transformation digitale. Sur l’eurozone, les discussions sont « difficiles mais nous allons faire des progrès sur l’union bancaire et les marchés des capitaux », a cependant promis la chancelière.
Dédramatiser les divergences franco-allemandes
Il devrait donc y avoir une feuille de route franco-allemande en juin. Mais pour quelle ambition ? La politique des petits pas, qui semble convenir à Berlin ? Juste un filet de sécurité supplémentaire pour l’union bancaire, déjà quasi acquis depuis l’automne au sein de l’Eurogroupe (les ministres des finances de l’eurozone) et quelques engagements de long terme sur le financement de la transformation digitale ?
Pour l’instant, le compromis en discussion paraît plus allemand que français
Des deux côtés du Rhin, les diplomates ont l’habitude de dédramatiser les divergences, jugées classiques, entre les Allemands et les Français. Sur le commerce, la défense, l’économie, les « positions de départ de Berlin et de Paris sont souvent éloignées, mais on finit toujours par trouver un compromis, c’est ce qui fait la force du franco-allemand », soulignent-ils. Certes, mais pour l’instant, le compromis en discussion paraît plus allemand que français. Et pas forcément à la mesure de cette « perspective de trente ans » que le président Macron dit vouloir offrir aux citoyens de l’Union.
Il en va aussi de la crédibilité : le chef de l’Etat a beau être très apprécié en Allemagne, comme dans les cercles bruxellois, pour son ardeur à défendre l’Europe, il reste singulièrement isolé sur son programme de réformes. Au Nord, les Néerlandais ou les Irlandais incarnent les nouveaux « Britanniques » de l’Union (ils disent non à une taxe digitale, non à davantage d’argent pour le budget de l’Union, etc.). Au Sud, l’Italie pourrait se doter d’un gouvernement populiste eurosceptique. A l’Est, les capitales ont d’autres priorités ou développent des discours anti-Bruxelles inquiétants…
Quel poids aura encore la parole macronienne, si après les discours d’Athènes, de la Sorbonne, au Parlement européen en avril, et maintenant à Aix-la-Chapelle, elle n’arrive toujours pas à entraîner les autres Européens sur le terrain de l’action ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Pourquoi le président utilise-t-il cette expression dans le documentaire diffusé le 7 mai sur France 3 et dans l’entretien qu’il a accordé à la revue « NRF » ? Dans une tribune au « Monde », le politiste Bruno Cautrès livre son analyse d’une stratégue rhétorique.
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Le « petit-bourgeois », figure honnie de la macronie

Pourquoi le président utilise-t-il cette expression dans le documentaire diffusé le 7 mai sur France 3 et dans l’entretien qu’il a accordé à la revue « NRF » ? Dans une tribune au « Monde », le politiste Bruno Cautrès livre son analyse d’une stratégue rhétorique.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 12h00
   





                        



                                


                            
Par Bruno Cautrès
Tribune. Le documentaire réalisé pour France 3 par Bertrand ­Delais, ­Macron président, la fin de l’innocence, et diffusé le 7 mai a fait l’objet de critiques ; certains lui reprochent une tonalité trop peu distanciée. Si l’on met de côté ce débat, son caractère potentiellement hagiographique permet d’analyser la parole présidentielle. En se livrant avec détails à sa propre analyse, le président nous redonne en effet plusieurs éléments fondamentaux de son projet de départ, mais actualisés et remis en perspective.
e siècle
Un élément peut retenir plus particulièrement l’attention : l’opposition que formule Emmanuel Macron entre les « petits-bourgeois » et leur mode de pensée et le projet de vie qu’il propose aux Français : « Je pense que quand on ne croit plus vraiment dans les choses, ou quand on est dans le relativisme constant, plus rien ne vaut rien et c’est au fond le traitement de tous ceux qui aspirent à devenir des petits-bourgeois ; soit ils le sont socialement soit ce sont les petits-bourgeois de la pensée. » Ce propos rappelle l’entretien publié dans le numéro de mai de la revue NRF, dans lequel le président évoque les évolutions à venir de l’Europe et parle de « ce vieux continent de petits-bourgeois se sentant à l’abri dans le confort matériel, [qui] entre dans une nouvelle aventure où le tragique s’invite ».
La figure du « petit-bourgeois », c’est, pour Emmanuel Macron, l’antithèse du modèle héroïque qu’il veut donner en exemple aux Français (le lieutenant-colonel Beltrame). On peut faire l’hypothèse qu’il n’emprunte pas le terme de « petits-bourgeois » à la sociologie marxiste ou bourdieusienne, mais plutôt au répertoire de sa culture littéraire française du XIXe siècle. Le « petit-bourgeois » d’Emmanuel Macron est davantage celui dépeint par Balzac dans Monographie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Le jeune homme a été jugé, mercredi, en comparution immédiate pour refus de prélèvement d’ADN. Il a également été condamné à 100 jours-amende.
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« Fête à Macron » : un étudiant condamné à un mois de prison avec sursis

Le jeune homme a été jugé, mercredi, en comparution immédiate pour refus de prélèvement d’ADN. Il a également été condamné à 100 jours-amende.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 10h38
   





                        


Un étudiant, interpellé samedi 5 mai en marge de la marche parisienne la « Fête à Macron », a été condamné à un mois de prison avec sursis, a fait savoir, jeudi, le parquet de Paris. Le jeune homme, jugé en comparution immédiate mercredi, a été condamné pour refus de prélèvement ADN, a précisé le parquet. Il a également été condamné à 100 jours-amende à huit euros par jour pour « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences ou de dégradations » et à 150 euros d’amende pour « dissimulation volontaire du visage lors d’une manifestation ».
Un autre étudiant, âgé de 20 ans, avait été présenté lundi à la justice. Soupçonné d’avoir jeté un fumigène à l’intérieur d’un camion-régie de Franceinfo et d’avoir lancé des projectiles en direction des forces de l’ordre pendant le rassemblement, il a été mis en examen mardi et placé en détention provisoire.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Qui de la réforme ou de la révolution est le mieux à même d’améliorer le sort de la société civile? Dans son dernier essai, Hervé Hamon apporte des éléments de réponse.
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Les leçons de Mai-68

Qui de la réforme ou de la révolution est le mieux à même d’améliorer le sort de la société civile? Dans son dernier essai, Hervé Hamon apporte des éléments de réponse.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 10h05
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 11h30
    |

            Anne Rodier








                        



   


La France s’ennuyait, le pouvoir d’achat montait, mais moins que les inégalités. La France rurale s’effondrait. « Nous n’en pouvions plus de l’information normalisée. Ni d’une classe politique amplement corrompue », écrit Hervé Hamon, dans L’Esprit de Mai-68. « Il allait se produire des choses qui n’appartenaient à aucune coterie, à aucun ténor, à aucun expert. Des choses qui appartenaient à ces gens en fête, ces gens qui allaient les énoncer eux-mêmes. »
Son récit animé, réfléchi, détaillé de Mai-68 va bien au-delà de la commémoration. L’essayiste fait, certes, revivre la genèse du mouvement, son « romantisme héroïque ». Il analyse sa place dans l’Histoire, l’efficacité du rapport de force dans les conflits sociaux. Le patronat « arrogant », « méprisant », « dur à la détente » finit par lâcher : 7 % de hausse de salaire réel, 35 % d’augmentation du smig, la réduction du temps de travail et le report de l’âge légal de départ à la retraite, rappelle-t-il. Le Medef (ex-CNPF) doit s’en souvenir.
Mais l’écrivain apporte surtout des éléments de réflexion pour savoir qui de la réforme ou de la révolution est mieux à même d’améliorer le sort de la société civile. Puis il alerte sur les dangers de vanter « la rupture » à tout propos. « Nous avons appris la méthode des essais et des erreurs », souligne-t-il en toute humilité. Une lecture rafraîchissante et inspirante pour 2018.

    Cet article est extrait du semestriel Le Monde Campus Avril 2018 by Anne Rodier on Scribd

L’Esprit de Mai-68, d’Hervé Hamon (Editions de L’Observatoire, 192 pages, 16 euros).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Le chef de l’Etat a reçu, jeudi en Allemagne, la plus prestigieuse des distinctions européennes, le prix Charlemagne.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/05/2018
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A Aix-la-Chapelle, Macron lance un plaidoyer pour l’Europe

Le chef de l’Etat a reçu, jeudi en Allemagne, la plus prestigieuse des distinctions européennes, le prix Charlemagne.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 02h27
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 17h10
    |

            Cécile Ducourtieux (Aix-la-Chapelle, envoyée spéciale)








                        



   


Jeudi 10 mai, au lendemain d’une très symbolique « Journée de l’Europe », le président de la République, Emmanuel Macron, a reçu dans la ville allemande d’Aix-la-Chapelle, ancienne capitale de l’empire carolingien, le prix Charlemagne, la plus prestigieuse et la plus ancienne des distinctions européennes.
Après Jean Monnet, Winston Churchill, Konrad Adenauer, François Mitterrand, Simone Veil ou Angela Merkel, il était distingué pour « l’élan donné à l’Europe à la suite de la campagne électorale il y a un an en France », sa volonté de « réancrer l’Europe et l’idée européenne au cœur des sociétés, des populations avec notamment le lancement des consultations citoyennes ». Et aussi pour son initiative « Make our planet great again », destinée à préserver l’accord de Paris sur le climat.

Macron évite le piège du commémoratif en transformant sa remise de médaille en injonction à agir. #PrixCharlemagne— c_ducourtieux (@Cécile Ducourtieux)


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Mais depuis la splendide salle du couronnement, où il a reçu sa distinction et prononcé son discours – le quatrième sur l’Europe en moins d’un an –, le chef de l’Etat en a profité pour faire passer un message d’urgence aux autres dirigeants de l’Union européenne (UE), et spécialement à la chancelière Merkel, qui était présente pour prononcer son laudatio : après que les Etats-Unis se sont récemment brutalement retirés de l’accord sur le nucléaire iranien, au mépris des avertissements et des intérêts européens, l’UE doit plus que jamais prendre son destin en main.

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Ordre multilatéral bousculé
L’Europe est désormais « chargée de garantir l’ordre multilatéral » mondial fragilisé, a déclaré, mercredi 9 mai, le président français, Emmanuel Macron, depuis Aix-la-Chapelle, à la télévision publique allemande. « Nous sommes à un moment historique pour l’Europe [qui] est chargée de garantir cet ordre multilatéral que nous avons créé à la fin de la seconde guerre mondiale et qui est parfois aujourd’hui bousculé », a estimé le chef de l’Etat.
Il a profité de cette interview pour exhorter la chancelière Merkel à accepter ses propositions de réformes de l’UE : « L’Allemagne va avoir à formuler d’ici au mois de juin sa réponse, c’est celle-ci que j’attends et j’espère beaucoup de la chancelière et de son gouvernement pour être à la hauteur de ce moment historique. »

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Cela fait maintenant sept mois qu’Emmanuel Macron a formulé une longue liste de propositions, notamment pour la zone euro, comptant à l’époque que Berlin saisirait sa main tendue. Mais bien qu’il soit très apprécié outre-Rhin pour les réformes qu’il mène au pas de charge en France, il a jusqu’à présent buté sur la prudence de la chancelière et sur celle de son nouveau ministre des finances, le social-démocrate Olaf Scholz, qui s’inscrit plus dans la continuité que dans la rupture avec l’héritage du très orthodoxe Wolfgang Schäuble.
D’autres priorités
Le fait que le président français soit très isolé sur la scène européenne ne l’a jusqu’à présent pas aidé à plaider sa cause à Berlin : les pays de l’Est de l’UE ont d’autres priorités ; l’Italie est toujours en recherche de gouvernement ; quant à l’Espagne, elle se tient en retrait en raison de la crise catalane…
Plus question par exemple de parler d’un « super » ministre des finances ni d’envisager un budget conséquent pour l’union monétaire. Même l’idée d’une taxe sur le revenu des géants du Web fait tiquer outre-Rhin.
Idem concernant la réponse à apporter à Donald Trump, qui menace depuis des mois de taxer les importations d’acier et d’aluminium sur le territoire des Etats-Unis : sur ce dossier, Paris et Berlin ne sont pas alignés, les Allemands s’étant montrés plus ouverts à une éventuelle relance d’une négociation de type Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP), avec Washington.

Sans doute le Discours le plus vibrant de Macron sur l’Europe. Animé par l’urgence européenne et géopolitique. Plus… https://t.co/B4dS2bfgtR— c_ducourtieux (@Cécile Ducourtieux)


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« Dépasser nos propres égoïsmes »
« Ceux qui sont aujourd’hui aux responsabilités ne doivent avoir qu’une ambition : que la jeunesse européenne ait encore plus d’ambition qu’eux », a encore souligné M. Macron face aux Aixois venus l’accueillir à son arrivée, mercredi soir, avec ballons et drapeaux aux couleurs de l’Europe.
Face à ce parterre acquis de familles et de retraités, le président français a ajouté, saluant au passage les vingt-sept lauréats d’un « prix Charlemagne de la jeunesse » : « Nous avons besoin de plus d’investissements européens, qui n’iront pas forcément qu’à la France et à l’Allemagne (…). Je crois dans une réponse commune entre l’Allemagne et la France. Nous devons savoir dépasser nos propres peurs, nos propres égoïsmes et même nos propres colères. » 
Les Allemands seront-ils capables de lui remettre plus qu’une décoration et plus qu’une pâle « feuille de route » commune en juin ? « On vise un accord de substance, pas un accord d’affichage », glissait-on à l’Elysée il y a quelques jours. Juste avant la décision américaine sur le nucléaire iranien, qui rend ce sursaut franco-allemand encore plus pressant.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Les députés ont reformulé une partie du texte et ont rejeté la création d’une présomption de non-consentement. Le projet de loi doit être débattu dans l’hémicycle à partir du 14 mai.
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Violences sexuelles : la commission des lois modifie la rédaction de la loi Schiappa

Les députés ont reformulé une partie du texte et ont rejeté la création d’une présomption de non-consentement. Le projet de loi doit être débattu dans l’hémicycle à partir du 14 mai.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 23h06
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 06h49
    |

            Gaëlle Dupont








                        


La commission des lois de l’Assemblée nationale a adopté une nouvelle rédaction de l’article le plus débattu du projet de loi sur les violences sexistes et sexuelles, mercredi 9 mai. Il s’agit de l’article 2, relatif à la répression des abus sexuels commis sur des mineurs de moins de 15 ans. Dans ce cas, la contrainte morale ou la surprise « sont caractérisées par l’abus de vulnérabilité de la victime ne disposant pas du discernement nécessaire pour consentir à ces actes ».
La formulation, proposée par la rapporteuse (LRM) de la commission des lois, Alexandra Louis, entend répondre aux critiques qui jugeaient le texte du gouvernement source de confusion. Celui-ci disait que « la contrainte morale ou la surprise peuvent résulter de l’abus de l’ignorance de la victime ne disposant pas de la maturité ou du discernement nécessaire ». Des termes qui laissaient trop de place à l’interprétation, selon certains observateurs.
« Manque d’ambition »
« C’est une rédaction plus efficace, et plus protectrice des mineurs », a déclaré Mme Louis. Selon la présidente (LRM) de la délégation aux droits des femmes, Marie-Pierre Rixain, elle permettra aux juges « d’être le mieux armés possible » pour réprimer les crimes sexuels commis envers des mineurs.
On est loin cependant des demandes de nombreuses associations qui souhaitaient voir introduite une présomption de non-consentement d’un mineur de moins de 15 ans en cas de relation sexuelle avec un majeur, eu égard à plusieurs affaires qui ont vu des adultes échapper à des poursuites pour viol, l’enfant ayant été considéré comme consentant à l’acte sexuel. Ces demandes ont été relayées par plusieurs députés.
« Beaucoup d’acteurs nous demandent d’aller plus loin, a plaidé un député Modem. Ce serait une reculade de ne pas mettre un seuil assorti d’une présomption irréfragable [que l’on ne peut contredire] de non-consentement. » Serait dès lors considéré comme un viol tout acte sexuel entre un majeur et un mineur sous le seuil de 13 ou 15 ans.
« Ecoutez vos propos tenus le 25 novembre [journée de lutte contre les violences faites aux femmes] et relisez ce que vous nous proposez !, a encore lancé la députée (UDI) Sophie Auconie. Cela manque d’ambition. »
Cependant, ces propositions ont été rejetées car elles étaient contraires au droit de toute personne mise en cause de se défendre et risquaient de ce fait l’inconstitutionnalité, selon le gouvernement et la rapporteuse. Les amendements de députés Les Républicains qui proposaient une présomption simple (qui laisse à la personne mise en cause la possibilité de prouver le contraire) n’ont pas non plus été retenus, car « établir une présomption en matière criminelle soulève de nombreuses difficultés », a dit Mme Louis.
« Obtenir des condamnations effectives »
Les députées LFI Clémentine Autain et Danièle Obono ont de leur côté mis en garde contre un risque de correctionnalisation des viols d’une personne mineure encore plus grand qu’aujourd’hui du fait de l’augmentation de la peine d’emprisonnement pour atteinte sexuelle à dix ans en cas de pénétration, également soulevé par plusieurs associations. Ces dernières redoutent que les juges estiment plus facile d’obtenir une condamnation en poursuivant des faits pour atteinte sexuelle que pour viol, la contrainte ou la surprise ne devant pas être démontrée, et la peine pour atteinte sexuelle alourdie. Une interprétation du projet de loi réfutée par le gouvernement et par la majorité.
« Le but de la loi est de ne laisser aucune situation sans réponse, selon la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Aujourd’hui lorsqu’un viol sur mineur ne peut être prouvé, il y a des acquittements. L’objectif est d’obtenir des condamnations effectives grâce à l’augmentation de la peine pour atteinte sexuelle. »
Les amendements en faveur d’une imprescriptibilité rejetés
Auparavant, les députés avaient adopté sans modification l’article premier du texte, qui augmente de vingt à trente ans après la majorité le délai de prescription pour les crimes commis envers des mineurs, mesure recommandée par une mission de consensus menée par Flavie Flament et par le magistrat Jacques Calmettes.
Les amendements en faveur d’une imprescriptibilité ont été rejetés en raison des difficultés à apporter des preuves de crime après des dizaines d’années. Mais aussi parce qu’une telle mesure introduirait des incohérences dans les règles de prescription.
Les débats en commission ont mis au jour des clivages traversant les groupes politiques, et changeant en fonction des sujets débattus. Mais la députée Clémentine Autain, pour qui « la montagne a accouché d’une toute petite souris », a sévèrement critiqué le texte. Elle a notamment réclamé des « moyens » et « un traitement des violeurs ».
Marlène Schiappa a défendu un texte qui « pose un interdit civilisationnel clair sur les rapports sexuels entre majeurs et mineurs de moins de 15 ans » tout en « respectant l’architecture de notre droit et notre Constitution ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Le projet de réforme a été présenté mercredi en conseil des ministres. Le président du Sénat, Gérard Larcher, estime que l’exécutif tente d’instaurer une limitation du droit d’amendement.
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Réforme des institutions : le bras de fer se poursuit entre l’exécutif et le Sénat

Le projet de réforme a été présenté mercredi en conseil des ministres. Le président du Sénat, Gérard Larcher, estime que l’exécutif tente d’instaurer une limitation du droit d’amendement.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 21h24
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 18h05
    |

            Alexandre Lemarié








                        



   


Cela ressemble à une interminable partie d’échecs. Ou plutôt à une guerre des nerfs, entre un gouvernement à l’offensive et un Sénat, qui tente tant bien que mal de résister. Une partie inégale dans laquelle le pouvoir exécutif profite d’avoir la main pour avancer constamment de nouveaux pions, dans l’espoir de faire plier le Palais du Luxembourg.
La réforme des institutions a été lancée mercredi 9 mai avec la présentation en conseil des ministres du volet constitutionnel, qui représente l’un des trois projets de loi de ce vaste projet annoncé par Emmanuel Macron en juillet 2017.
Sans surprise, le gouvernement a confirmé plusieurs mesures relativement consensuelles, comme la suppression de la Cour de justice de la République, la disparition du statut de membre de droit du Conseil constitutionnel pour les ex-chefs de l’Etat, ou la nomination des magistrats par le Conseil supérieur de la magistrature.
« Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, un projet de révision constitutionnelle fait régresser les droits du Parlement »
Si ces dispositions ne « présentent pas de difficultés majeures » au président du Sénat, Gérard Larcher a en revanche réaffirmé son désaccord avec les modifications apportées par le gouvernement pour la fabrique de la loi. « Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, un projet de révision constitutionnelle fait régresser les droits du Parlement », a-t-il regretté lors d’une conférence de presse, en dénonçant une « mise sous tutelle du pouvoir législatif ».
Dans son viseur : la volonté de l’exécutif d’instaurer une limitation du droit d’amendement, de réduire les navettes parlementaires au profit de l’Assemblée, ou de donner la priorité à certains textes gouvernementaux dans l’ordre du jour.

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                Le plan de Macron pour réduire les pouvoirs du Parlement



Ces dispositions, présentées par le premier ministre, Edouard Philippe, comme des outils visant une plus grande « efficacité » du travail parlementaire, restent massivement critiquées par l’opposition de droite comme de gauche, à l’Assemblée comme au Sénat. A l’exception des députés de la majorité, l’immense majorité des parlementaires s’oppose à ce qu’elle perçoit comme une restriction de ses prérogatives.
M. Larcher s’est une nouvelle fois fait leur porte-parole. Après avoir souligné — comme à son habitude — qu’il demeurait « ouvert » et toujours disposé à trouver un accord, ce dernier a tranché : un affaiblissement des pouvoirs du Parlement « n’est pas négociable ». Or, ce texte nécessite l’appui du Sénat, dominé par la droite. Toute réforme constitutionnelle devant être votée dans les mêmes termes par les deux assemblées, puis obtenir une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés au Parlement réuni en Congrès.
Manœuvre subtile
Un blocage subsiste donc sur ce volet. Mais alors que le premier ministre s’était engagé à présenter les trois projets de loi en même temps le 9 mai, l’exécutif a finalement pris soin de découpler leur présentation afin de se donner les moyens de gagner le bras de fer. La manœuvre, subtile, apparaît au jour : elle consiste à introduire des mesures défavorables au Sénat dans les deux autres projets de loi (ordinaire et organique), qui seront eux présentés en conseil des ministres le 23 mai, afin de contraindre le Sénat à voter la partie constitutionnelle.
Dans les deux textes ordinaire et organique envoyés au Conseil d’Etat — que Le Monde s’est procurés —, le gouvernement a en effet confirmé sa volonté de mettre en œuvre les trois engagements de campagne du candidat Macron (baisse de 30 % du nombre de parlementaires, fin du cumul des mandats dans le temps et instauration de 15 % de proportionnelle aux législatives en 2022). Mais il a aussi ajouté deux dispositions, qui constituent de nouveaux casus belli pour le Sénat : le texte prévoit un renouvellement complet de cette institution en 2021 — et non par moitié, comme c’est le cas actuellement — et une nouvelle répartition des sénateurs par département sur la même méthode que celle utilisée pour la répartition des députés, en passant de « la tranche progressive à la tranche unique ». Ce qui devrait diminuer la représentation des sénateurs dans les zones les moins peuplées.
Or, ces deux mesures figurent dans l’avant-projet de loi ordinaire. Celui que le gouvernement peut faire adopter avec sa seule majorité à l’Assemblée, sans avoir besoin du soutien du Sénat…
« Passage en force »
Sans attendre la présentation du texte ordinaire, le 23 mai, Gérard Larcher a dénoncé ces deux points précis, qui ne sont « pas acceptables ». A ces yeux, un renouvellement complet du Sénat en 2021 est « contraire à la Constitution » et nécessite une révision de la loi fondamentale. « On porterait atteinte à la continuité de l’Etat », s’est-il alarmé. Il a aussi annoncé que son institution allait « proposer d’inscrire dans la Constitution » le principe de l’ancrage départemental des sénateurs, pour disposer d’un verrou face au gouvernement.
Lequel a dégainé ses deux nouvelles mesures, dans l’espoir d’en faire des armes de dissuasion massive. L’idée étant de forcer le Sénat à accepter un accord sur la partie constitutionnelle, en échange d’un recul sur les deux nouvelles lignes rouges de M. Larcher sur le texte ordinaire. Une méthode peu au goût de Bruno Retailleau, qui dénonce « un passage en force ». « On pourrait trouver un compromis pour l’intérêt général mais chaque jour qui passe, le gouvernement met la barre le plus haut possible et s’ingénie à ce qu’on s’oppose à cette réforme », regrette le président des sénateurs Les Républicains. Avant de lancer : « Macron veut dynamiter les clivages, mais il ressuscite les conflits. »
Engagée il y a déjà plus de six mois, la partie d’échecs n’est pas près de s’arrêter. Si le premier ministre souhaite un examen du projet de loi constitutionnelle à l’Assemblée d’ici à l’été et au Sénat à la rentrée, il ne pense pas que les deux chambres parviendront à voter le texte dans les mêmes termes lors de la première lecture, et mise sur un accord en seconde lecture. Ce qui laisse encore du temps pour trouver un terrain d’entente… Mais M. Macron n’est plus à quelques mois de retard près. Après avoir promis une adoption définitive de cette réforme pour l’été 2018, le chef de l’Etat a dû revoir ses ambitions et se fixe désormais comme horizon… l’année 2019.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Le gouvernement va entamer des discussions avec les élus locaux en vue d’affecter la taxe foncière aux communes.
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Finances locales : les pistes pour compenser la suppression de la taxe d’habitation

Le gouvernement va entamer des discussions avec les élus locaux en vue d’affecter la taxe foncière aux communes.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 18h30
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 06h39
    |

            Patrick Roger et 
Audrey Tonnelier








                        



   


C’est la suite logique de l’annonce d’Emmanuel Macron, qui avait promis, fin 2017, de supprimer, à l’horizon 2020, la taxe d’habitation (TH) pour les 20 % de foyers les plus aisés. Chargés par l’exécutif de revoir de fond en comble la fiscalité locale, le sénateur (La République en marche, LRM) du Val-d’Oise Alain Richard et l’ex-préfet Dominique Bur ont proposé plusieurs pistes pour compenser cette suppression totale de la TH, dans un rapport remis, mercredi 9 mai, au premier ministre, Edouard Philippe.
L’enjeu est de taille. Déjà effective en trois fois (jusqu’en 2020) pour 80 % des Français, la fin de la TH pour les 20 % restants, qui ne figurait pas dans le programme de M. Macron, avait été fortement suggérée par le Conseil constitutionnel.
Mais comment la financer, tout en continuant à garantir aux communes des ressources pérennes ? Et ce, alors que le manque à gagner global pour elles est estimé, dans le rapport, à 26,3 milliards d’euros, à l’horizon 2020, dont 10 milliards pour la suppression des derniers 20 % de TH, non encore intégrés dans la trajectoire des finances publiques ?
Deux préconisations
Face à cette équation complexe, les 153 pages du rapport Richard-Bur identifient deux pistes principales. Première possibilité : attribuer la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB), aujourd’hui perçue par les départements, aux communes et intercommunalités, voire aux seules communes. Cela aurait pour avantage de remplacer un impôt local par un autre impôt local, en permettant ainsi aux élus de conserver leur « pouvoir de taux » (possibilité de fixer le taux d’un prélèvement et donc d’en faire varier les montants si nécessaires).
Dans ce cas, la taxe foncière perçue par les communes ne coïnciderait pas toujours parfaitement avec la TH perdue : il y aurait des gagnants (plutôt les communes rurales et les petites villes) et des perdants (grandes villes) et, donc, nécessité d’un mécanisme de compensation supplémentaire.
Peu coûteux selon le rapport (600 millions d’euros pour les communes et 100 millions pour les intercommunalités), un tel dispositif serait toutefois complexe à l’échelle des quelque 36 000 communes. « On en reprend pour deux décennies de fonds de garantie et de péréquation des ressources », maugrée un bon connaisseur de la fiscalité locale.
Dans cette approche, les départements, alors privés des recettes de taxe foncière, devraient être compensés par une fraction d’un impôt national. La TVA et la contribution sociale généralisée (CSG) ont la préférence des rapporteurs, car ce sont des impôts à large assiette et dont les recettes sont corrélées avec l’activité économique – autrement dit, susceptibles d’augmenter fortement en période de dynamisme de la croissance, sur laquelle le gouvernement compte beaucoup. Toutefois, ils admettent que l’attribution d’une fraction de la CSG aux collectivités territoriales pourrait poser des problèmes juridiques et politiques.
Seconde piste imaginée par le rapport Richard-Bur : attribuer directement une part d’impôt national aux communes et intercommunalités. De quoi faire perdre leur pouvoir de taux aux maires, mais leur assurer des recettes parfois plus dynamiques…
Pas de nouvel impôt local ?
Contrairement à ce qui avait été un temps envisagé, le rapport exclut la création d’un nouvel impôt local. « Cette éventualité serait, en effet, contradictoire avec l’engagement pris récemment par le président de la République », précisent ses auteurs. Cela constituait, en effet, une ligne rouge pour le gouvernement. « Il n’y aura pas de tour de passe-passe où l’on supprime des milliards pour aller les chercher ailleurs », avait réaffirmé Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, dans Le Parisien daté 27 avril.
En revanche, le rapport préconise le maintien de la taxation sur les résidences secondaires (2,3 milliards d’euros de recettes) et sur les logements vacants, car il s’agit de « ressources adaptées aux charges des communes touristiques et (…) destinées à réduire la sous-occupation de logements dans les espaces urbains tendus ».

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          Résidences secondaires : vers une hausse de la taxe d’habitation



Les auteurs détaillent également les grandes lignes d’une révision des valeurs locatives pour la taxe foncière, qui n’ont aujourd’hui plus grand-chose à voir avec la valeur des logements et donc les ressources des propriétaires. « L’engagement de cette révision dès 2018 produirait de nouvelles valeurs imposables en 2023 ou 2024 », estiment-ils. Cependant, les gouvernements successifs n’ont cessé, depuis des décennies, de renoncer à ce chantier, véritable Arlésienne de la fiscalité locale.
« Nouvelles mesures d’économie » de l’Etat
Enfin, la mission émet plusieurs propositions concernant à la fois l’encadrement « plus strict » des hausses de taux des impôts locaux décidées par les collectivités territoriales et la réforme de l’imposition des logements locatifs sociaux, qui sont actuellement exonérés de taxe foncière pendant les vingt-cinq années suivant leur construction. Elle suggère de remplacer ce mécanisme par une exonération de 50 % pendant cinquante ans pour les opérations futures de construction de logements sociaux.
Toutefois, il faudra bien financer les fameux 10 milliards d’euros supplémentaires qui ne seront plus collectés avec l’annonce de la suppression totale de la TH. A cet égard, les réponses suggérées dans le rapport ne manqueront pas de susciter de nouveaux débats.
En effet, les auteurs préconisent de recourir soit aux « compléments de taxe foncière sur les propriétés bâties sur les logements vacants ou occupés temporairement », soit de poursuivre, « sous une autre forme », la taxation sur les résidences secondaires, soit de renoncer « à certains allégements fiscaux déjà intégrés à la trajectoire des finances publiques », ou de supprimer ou de réduire certaines niches de TVA.
Le rapport précise qu’« une part substantielle de cette compensation devrait toutefois provenir de nouvelles mesures d’économie que l’Etat arrêtera dans le processus de modernisation aujourd’hui engagé ». Mais il estime dans le même temps « légitime de faire peser sur les 20 % de contribuables bénéficiaires de la suppression finale de la TH une partie au moins du coût budgétaire de cette réforme ». Or, c’est justement cette piste qu’a exclue M. Darmanin en accréditant dans Le Parisien l’idée d’un cadeau fiscal pour les plus aisés.
Trouver un compromis avant mi-2019
Que va-t-il désormais se passer ? « L’idée est plutôt de s’orienter vers la première proposition, mais sûrement avec quelques ajustements. Ce sera à voir durant la concertation [avec les élus locaux] », précise Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’action et des comptes publics.
En effet, ce rapport n’est que le début d’une concertation, que mèneront Olivier Dussopt à Bercy et Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, à Beauvau. Une première discussion est prévue le 17 mai, dans le cadre de l’« instance de dialogue » de la Conférence nationale des territoires qui réunit l’Etat et les collectivités locales. Objectif : parvenir à un compromis d’ici au premier semestre 2019.
Mais les élus ne seront pas les seuls à devoir modifier leurs habitudes. « Si les propositions de la mission sont suivies, le transfert net de nouveaux produits d’impositions nationales vers les collectivités territoriales sera d’au moins 25 milliards d’euros », pointent les auteurs, qui soulignent que cela représentera un « effort à consentir par l’Etat, qui renoncerait ainsi à la croissance à venir de près de 10 % de ses propres recettes ». Ce qui ne manquera pas de poser de nouveau défis en matière de finances publiques. A Matignon, on explique déjà que la suppression totale de la TH pourrait « être étalée entre 2020 et 2021 ».

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Le ministère des affaires étrangères a pris cette décision en raison du refus de Moroni de laisser rentrer sur leur territoire les citoyens comoriens refoulés de Mayotte.
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La France a suspendu ses visas aux Comoriens

Le ministère des affaires étrangères a pris cette décision en raison du refus de Moroni de laisser rentrer sur leur territoire les citoyens comoriens refoulés de Mayotte.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 17h25
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 19h13
   





                        



   


La France a suspendu la délivrance de visas aux ressortissants comoriens, en raison du refus de Moroni de laisser rentrer sur leur territoire les citoyens comoriens refoulés de Mayotte, a-t-on appris, mercredi 9 mai, auprès du ministère des affaires étrangères.
« Face au blocage que nous avons pu constater sur la réadmission et face à la poursuite des arrivées de migrants irréguliers à Mayotte, nous avons décidé de suspendre la délivrance des visas pour les Comoriens vers la France depuis le 4 mai dernier, jusqu’à nouvel ordre », a précisé le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, devant l’Assemblée nationale.

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Cette suspension, qui concerne les visas à destination de la France métropolitaine ainsi que ses départements d’outre-mer, intervient après que Paris a publiquement condamné la décision prise le 21 mars dernier par Moroni d’interdire les reconduites des Comoriens entrés illégalement à Mayotte, île française de l’océan Indien.
« Ces pratiques ne sont pas acceptables », a martelé M. Le Drian. « Ceci n’empêche pas la discussion et le dialogue avec les autorités comoriennes », afin de « lutter conjointement et efficacement contre les filières d’immigration illégale et que nous puissions aboutir à des actions concrètes de développement aux Comores », a ajouté le ministre.
Tensions
Les autorités françaises ont multiplié dernièrement les expulsions vers leur île d’origine de Comoriens sans papiers arrivés sur Mayotte. Moroni a riposté en refusant de laisser rentrer sur son territoire ses citoyens refoulés, tout en promettant un renforcement des mesures de sécurité sur l’île d’Anjouan, principal point de départ des immigrants clandestins vers Mayotte, notamment pour « traquer » les passeurs. Le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, s’était rendu mi-avril aux Comores pour tenter d’apaiser les tensions.

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Composées de quatre îles (Grande-Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte), les Comores se sont prononcées par référendum pour leur indépendance de Paris en 1975. Mais les habitants de Mayotte ayant voté pour le maintien dans le giron de la France, Paris avait décidé que l’île deviendrait une collectivité territoriale, au grand dam de Moroni et malgré plusieurs résolutions des Nations unies. A cet égard, Jean-Yves le Drian a réaffirmé que la rumeur sur un projet de communauté de l’archipel des Comores était « sans fondement ». « Nous ne transigerons pas sur le statut de Mayotte au sein de la République française », a-t-il insisté.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ L’ancien député divers gauche a également été condamné à cinq ans d’inéligibilité et 25 000 euros d’amende pour le détournement de 480 000 euros de subventions du département de Haute-Corse.
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Corse : Paul Giacobbi condamné en appel à trois ans de prison avec sursis pour détournement de fonds

L’ancien député divers gauche a également été condamné à cinq ans d’inéligibilité et 25 000 euros d’amende pour le détournement de 480 000 euros de subventions du département de Haute-Corse.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 15h59
   





                        



   


L’ancien député divers gauche Paul Giacobbi a été condamné, mercredi 9 mai, par la cour d’appel de Bastia à trois ans de prison avec sursis, cinq ans d’inéligibilité et 25 000 euros d’amende pour détournement de fonds publics au préjudice du département de Haute-Corse, qu’il a présidé de 1998 à 2010.
A l’audience en appel, en février, l’avocate générale avait demandé contre l’ex-homme fort de la vie politique en Haute-Corse trois ans de prison ferme, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Ces réquisitions correspondaient alors à la peine à laquelle il avait été condamné en première instance en janvier 2017.
Les juges l’ont reconnu responsable du détournement de 480 000 euros de subventions, censées être accordées à des propriétaires de gîtes ruraux, pour promouvoir le développement du tourisme insulaire. Selon l’accusation, M. Giacobbi était « à la tête de tout » et le « commanditaire » du système clientéliste mis en place au conseil général de Haute-Corse.
Recours en cassation
L’avocat de M. Giacobbi, Emmanuel Mercinier-Pantalacci, a annoncé son intention de déposer un recours devant la Cour de cassation :
« Il y a des agissements commis par son cabinet. Paul Giacobbi était-il informé ? La cour d’appel dit “oui”. La décision est prise d’aller en cassation car la motivation des magistrats n’est pas satisfaisante. »
« La cour n’a pas fait la démonstration de l’implication de mon client [qui] considère que cette décision est scandaleuse », a ajouté l’avocat.
M. Giacobbi, député de Haute-Corse de 2002 à 2017, a toujours nié les faits et avait dénoncé après sa condamnation en première instance un « assassinat politique ». En juin 2017, il ne s’était pas représenté aux élections législatives, après avoir été l’un des premiers à soutenir Emmanuel Macron dans l’île.
M. Giacobbi est également mis en examen depuis juin 2017 dans un autre dossier de détournement de fonds, autour d’emplois supposés fictifs en Corse. Les faits remonteraient à l’époque où il dirigeait l’exécutif corse, entre mars 2010 et décembre 2015, avant que les nationalistes ne remportent les élections territoriales

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                Soupçonné de détournement de fonds, l’ancien député corse Paul Giacobbi est mis en examen






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Une consultation sera organisée du 14 au 21 mai, « selon des modalités sur lesquelles nous sommes en train de travailler », a dit Laurent Brun, de la CGT-Cheminots.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/05/2018
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Réforme de la SNCF : l’intersyndicale décide de faire voter les cheminots

Une consultation sera organisée du 14 au 21 mai, « selon des modalités sur lesquelles nous sommes en train de travailler », a dit Laurent Brun, de la CGT-Cheminots.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 13h26
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 10h28
    |

                            Éric Béziat








                        


Les péripéties d’Air France ont manifestement donné des idées aux syndicats de la SNCF. Alors que le seizième jour de grève, mercredi 9 mai, a perturbé toujours fortement la circulation des trains, l’intersyndicale (CGT, UNSA, SUD et CFDT) a décidé d’organiser une « vot’action » pour demander aux cheminots s’ils sont « pour ou contre » la réforme ferroviaire, a annoncé à la presse Laurent Brun (CGT-Cheminots), à l’issue d’une réunion.
Cette consultation sera organisée « du 14 au 21 mai », « selon des modalités sur lesquelles nous sommes en train de travailler de manière précise », a ajouté M. Brun. « L’unité syndicale est toujours d’actualité », a-t-il souligné à l’issue de la réunion de l’intersyndicale au siège de la CGT, à Montreuil.
La CGT, l’UNSA, SUD et la CFDT ont également réclamé d’une même voix la tenue d’une table ronde en début de semaine prochaine afin que le gouvernement énumère les amendements retenus en vue de l’examen du texte au Sénat, à la fin du mois de mai.
La question posée à tous les cheminots actifs, ainsi qu’au personnel des comités d’établissement et du comité central d’entreprise sera ainsi rédigée : « Etes-vous pour ou contre la réforme que veut imposer le gouvernement ? »
Ne pas effrayer les agents non grévistes ou peu militants
Comment sera organisé le vote ? « Les organisations syndicales régionales CGT, UNSA, SUD, CFDT établiront ensemble une liste des urnes fixes (…) accessibles lors des AG et d’urnes mobiles permettant d’alimenter celles-ci en allant à la rencontre des non-grévistes », explique un document préparatoire daté du 7 mai, auquel Le Monde a eu accès.
Afin de garantir le sérieux du référendum, des listes nominatives d’émargement comportant le numéro de matricule du cheminot seront établies. « Les organisations syndicales s’engagent à respecter la confidentialité du vote en ne publiant pas les listes d’émargement et en les détruisant à la fin du vote », précise toutefois le document.

   


L’idée est de ne pas effrayer les agents de la SNCF non grévistes ou peu militants afin de maximiser le nombre de votants. « La légitimité de ce référendum se jugera sur une participation massive », conclut le document.
Contrairement à Air France, où la direction avait organisé un référendum, à la SNCF la direction ne cautionne pas cette initiative, considérant que le sujet est principalement législatif. « Les cheminots sont bien évidemment concernés par la réforme, déclare au Monde Guillaume Pepy, le président de la SNCF. Mais celle-ci touche tous les Français. C’est donc à leurs représentants élus de se prononcer. Personne ne peut leur confisquer ce débat. »
Même son de cloche du côté du gouvernement. La consultation annoncée n’empêchera pas la poursuite des discussions, a, d’ores et déjà, prévenu, jeudi, Muriel Pénicaud. « Cette réforme ne concerne pas simplement la SNCF, en interne, mais tous les Français » et, dans ce cas, « les décisions se prennent au Parlement avec le gouvernement », a déclaré la ministre du travail sur RTL.
Si « les organisations syndicales ont le droit de prendre les initiatives qu’elles veulent », « le dialogue social n’est pas le lieu où tout se décide » et l’« Assemblée nationale s’est déjà prononcée en faveur de cette réforme », a-t-elle poursuivi.
Officiellement, l’objectif n’est pas de faire tomber la tête de Guillaume Pepy. Un des négociateurs syndicaux dit toutefois le contraire, ajoutant : « La place est libre à Air France, nous allons le pousser à postuler. »
Du côté de l’UNSA, syndicat dit « réformiste », la tonalité est différente : « Il y a du pour et du contre, dit un responsable. On n’est pas dans le cas d’Air France, où tout le monde votait. Ici on sait qui va s’exprimer : ce sont surtout les convaincus. Cela relativise la pertinence de l’initiative. Mais si le soutien au référendum permet de fortifier l’unité syndicale… »
Les instances dirigeantes de l’UNSA, tout comme celles de la CFDT, se sont finalement ralliées à l’idée d’une consultation des cheminots.

Notre sélection d’articles pour comprendre la réforme de la SNCF
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr concernant le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » présenté par le gouvernement, et ses conséquences :
la synthèse pour tout comprendre à la réforme en 9 pointsles explications : que signifie l’ouverture de la SNCF à la concurrence ?en données : effectif, statut, rémunération, trois questions sur les cheminotsle point sur le supposé service minimumle panorama : comment l’ouverture du rail à la concurrence s’est faite en Europeles explications en cinq points sur la dette de la SNCFl’état des lieux sur la retraite des cheminots, un régime spécial déficitaireles cinq pistes pour une sortie de criseles détails du calendrier des perturbationsle moteur de recherche pour savoir si votre ligne s’est dégradée au fil du temps






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les politologues Oriane Calligaro et François Forêt reviennent sur la remise au président français de ce prix international qui récompense chaque année « la plus précieuse contribution à l’entente en Europe de l’Ouest ».
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« Le prix Charlemagne remis à Emmanuel Macron se révèle être un encouragement et un pari sur l’avenir »

Dans une tribune au « Monde », les politologues Oriane Calligaro et François Forêt reviennent sur la remise au président français de ce prix international qui récompense chaque année « la plus précieuse contribution à l’entente en Europe de l’Ouest ».



Le Monde
 |    09.05.2018 à 13h02
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 13h21
    |

Oriane Calligaro et François Forêt (Politologues, Cevipol-IEE, Université libre de Bruxelles)







                        



                                


                            
Tribune. Jeudi 10 mai, Emmanuel Macron recevra le prix Charlemagne que les médias décrivent comme le plus prestigieux des prix européens. Cet acte symbolique illustre comment le processus d’intégration politique européenne et ses élites traditionnelles cooptent de nouveaux acteurs et intègrent le changement, que cela soit pour le circonscrire ou pour l’encourager.
Les lauréats les plus fréquents sont des chefs d’Etat et de gouvernement et des monarques
Le prix international Charlemagne pour l’unité de l’Europe, créé en 1949 à l’initiative de notables d’Aix-la-Chapelle, récompense chaque année « la plus précieuse contribution à l’entente en Europe de l’Ouest ». La référence à la figure de Charlemagne et le lieu de son octroi établissent un lien symbolique entre le Saint-Empire romain germanique et le projet d’unité continentale développé après la seconde guerre mondiale. Selon sa définition officielle, le prix visait à l’origine à promouvoir « une Europe anticommuniste à forte influence catholique » et à affirmer l’appartenance de l’Allemagne à une communauté européenne réconciliée.
Les lauréats les plus fréquents sont des chefs d’Etat et de gouvernement et des monarques. Politiciens et hauts fonctionnaires des institutions communautaires figurent aussi en bonne place dans la liste des récipiendaires, la Commission européenne ayant même été lauréate en 1969. Une autre caractéristique forte du prix Charlemagne est qu’il a été décerné plusieurs fois à des personnalités religieuses, surtout catholiques, et notamment aux papes Jean Paul II et François.
Dynamiques politiques de l’intégration
Les liens du prix Charlemagne avec l’Eglise et la royauté sont confirmés par le protocole entourant sa remise et par le patronage de têtes couronnées (rois des Belges et d’Espagne et grand-duc du Luxembourg). Il constitue ainsi un processus symbolique par lequel les élites religieuses et séculaires traditionnelles honorent le travail...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Deux députés LRM déçus de la politique du gouvernement mais aussi des centristes pourraient rejoindre le groupe situé au centre gauche.
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Les radicaux veulent un nouveau groupe à l’Assemblée nationale

Deux députés LRM déçus de la politique du gouvernement mais aussi des centristes pourraient rejoindre le groupe situé au centre gauche.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 13h35
    |

            Alexandre Lemarié et 
Manon Rescan








                        



                                


                            
Pendant que leurs collègues profitaient des vacances parlementaires, eux sont restés sur le pont. Depuis une quinzaine de jours, les députés radicaux redoublent d’efforts en coulisses pour aboutir à la création d’un nouveau groupe politique à l’Assemblée nationale. En germe depuis le début de la législature, ce projet semble n’avoir jamais été aussi près de se concrétiser.
Les rebonds politiques de ces derniers mois, en particulier les divisions apparues au sein de la majorité sur le projet de loi asile et immigration, leur donnent l’espoir d’y parvenir prochainement. « L’opération est bien partie et a toutes les chances d’aboutir », assure Bertrand Pancher, l’un de ceux qui s’activent pour rassembler au moins 15 députés, seuil minimal requis pour créer un groupe. « Nous sommes une vingtaine aujourd’hui à discuter », assure le député de la Meuse, qui siège aujourd’hui au groupe UDI, Agir et indépendants (composé de centristes et de députés de droite « constructifs »).
Le rassemblement en décembre 2017 des Radicaux valoisiens – dont fait partie M. Pancher – et des Radicaux de gauche a accéléré les velléités de ces derniers de se rassembler dans un même groupe à l’Assemblée. « Après notre réunification, disposer d’un groupe à l’Assemblée – comme c’est déjà le cas au Sénat – serait une manière d’accroître notre visibilité », explique Sylvia Pinel, députée du Tarn-et-Garonne.
« Secousse »
L’ex-ministre de François Hollande est à la manœuvre pour tenter d’élargir le noyau dur formé par les radicaux, qui comptent huit élus à l’Assemblée, dont Bertrand Pancher, Olivier Falorni (Charente-Maritime) ou Jeanine Dubié (Hautes-Pyrénées). M’jid El Guerrab (Français établis hors de France), qui a démissionné du groupe La République en marche (LRM) en septembre après sa mise en examen pour coups et violences, a récemment pris sa carte au Parti radical et donné son accord pour rejoindre ce groupe.
Ce dernier siège sur les bancs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Dans un arrêt rendu le 4 mai, le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative, a annulé les règles imposées aux casinotiers par le ministère de l’intérieur.
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Lutte antiblanchiment : les casinos gagnent contre l’Etat

Dans un arrêt rendu le 4 mai, le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative, a annulé les règles imposées aux casinotiers par le ministère de l’intérieur.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 11h31
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

L’emporter contre la police et faire condamner l’Etat. Bien des rebelles en rêvent, les casinos l’ont fait. Engagés depuis plusieurs mois dans une bataille contre la police des jeux, les professionnels du secteur viennent d’obtenir gain de cause. Dans un arrêt rendu vendredi 4 mai, le Conseil d’Etat a donné raison aux trois fédérations patronales qui l’avaient saisi.
La plus haute juridiction administrative a annulé les règles que la police avait cru pouvoir imposer aux casinos en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et que ceux-ci contestaient vigoureusement. L’Etat doit en outre verser 3 000 euros aux trois syndicats pour couvrir les frais engagés.
« Cette décision fera date », estime Jean-Philippe Dom, l’un des avocats des casinos. En modifiant le rapport de force entre l’Etat et les casinos, l’arrêt devrait amener les pouvoirs publics à reprendre le dossier de la lutte contre le blanchiment sur de nouvelles bases. La profession a déjà soumis des propositions d’autorégulation.

Après avoir gagné en justice, « les casinos souhaitent en tous les cas un apaisement des relations avec la police », assure Me Dom. Cela n’est pas acquis, tant les tensions sont fortes, depuis quelques années, entre le ministère de l’intérieur et certains casinos.
Pour comprendre ces frictions, il faut remonter à décembre 2013. A l’époque, le Service central des courses et jeux (SCCJ) est soupçonné de connivence avec les dirigeants des cercles de jeux parisiens, voire avec le « milieu », et le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, lance une opération « mains propres ». Il demande un audit approfondi du service, et démet de ses fonctions le commissaire qui le dirigeait.
Inspections surprises
Son successeur, Philippe Ménard, est nommé pour mettre de l’ordre. Notamment dans les casinos, qui ferment les yeux selon lui sur certaines pratiques, notamment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Des négociations sont en cours entre les services de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, et des plates-formes numériques, parmi lesquelles Uber, Deliveroo et Stuart.
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L’exécutif plaide pour une protection sociale des travailleurs « ubérisés »

Des négociations sont en cours entre les services de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, et des plates-formes numériques, parmi lesquelles Uber, Deliveroo et Stuart.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 13h13
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        


La protection sociale des travailleurs « ubérisés » va-t-elle s’améliorer ? Tel est, en tout cas, l’objectif affiché par le gouvernement et par plusieurs députés de la majorité qui veulent ajouter des mesures allant dans ce sens dans le projet de loi « avenir professionnel », examiné à ­l’Assemblée nationale à partir de la fin mai. Des discussions ont été discrètement ouvertes, il y a plusieurs semaines, entre les services de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, et des plates-formes numériques, parmi lesquelles Uber, Deliveroo et Stuart. Les protagonistes tentent d’identifier des solutions en faveur des précaires de l’économie digitale, dans le cadre d’un « deal global », selon la formule employée, début mars, par l’entourage de Mme Pénicaud.
Depuis quelques années, on ­assiste à l’émergence d’une nouvelle catégorie de travailleurs qui sont mis en relation avec le consommateur par le biais d’applications sur smartphone. Livreurs à vélo, chauffeurs… tous ont le statut d’autoentrepreneur – une des modalités pour être qualifié d’indépendant – et ne bénéficient donc pas du filet de sécurité accordé aux salariés (assurance-chômage, etc.). Ils sont payés à la tâche par la plate-forme numérique à laquelle ils versent une commission à chaque fois que celle-ci les met en contact avec un client.
Cet écosystème, qui permet aux plates-formes de limiter à la portion congrue les prélèvements sociaux, est très décrié et engendre même des contentieux. Les uns résultent du recours de travailleurs indépendants qui demandent la requalification en contrat de travail de leur relation avec la plate-forme – mais très peu ont obtenu gain de cause, à ce stade. Les autres litiges sont à l’initiative de l’Urssaf, qui a considéré dans certains dossiers que les « ubérisés » étaient en réalité des salariés déguisés et que leur employeur devait par conséquent payer des cotisations. Comme l’a révélé, à la mi-mars, nos confrères de Mediapart, l’inspection du travail a même transmis au parquet de Paris un procès-verbal de près de 200 pages qui constate du travail dissimulé chez Deliveroo France, l’un des spécialistes de la livraison de repas à domicile. 

        Lire aussi :
         

                Réforme de la SNCF : « Le statut est la meilleure réponse à Amazon ou à Uber »



Terrain miné
Les discussions engagées par le ministère du travail se déroulent donc en terrain miné. Le but de Muriel Pénicaud est d’accorder de nouveaux droits aux « ubérisés » mais aussi de clarifier leur statut, afin de sécuriser un modèle économique créateur d’emplois. « Le législateur tâtonne depuis quelques années, décrypte Me Marianne Lecot, avocate de la plate-forme Tok Tok Tok. La loi El Khomri de 2016 a posé une première pierre en affirmant le principe d’une responsabilité sociale des plates-formes, avec des droits en matière de formation continue et d’accidents du travail. »
L’exécutif entend aller plus loin. « Les représentants du gouvernement nous ont dit qu’ils voulaient étendre les droits et qu’ils réfléchissaient aux modalités pour y parvenir avec nous, confie, sous le sceau de l’anonymat, un haut gradé d’une plate-forme. Nous y sommes tous favorables mais nous avons chacun nos limites : certains sont prêts à mettre la main à la poche, d’autres clairement pas. »
Chez Uber, on indique :« C’est un vrai sujet, reconnaît un porte-parole du géant américain en France. Nous avons agi pour soutenir nos chauffeurs, par exemple en les assurant gratuitement. »
Pour le député LRM du Val-d’Oise Aurélien Taché, corapporteur du projet de loi « avenir professionnel », il est légitime que les plates-formes versent leur écot à l’Etat-providence. « En ­contribuant à la protection sociale, elles sécuriseraient leurs travailleurs qui n’auraient alors plus grand intérêt à demander la requalification en salariat », explique-t-il. L’une des idées défendues par M. Taché consiste à élargir les conditions prévues dans le projet de loi pour permettre aux indépendants de toucher l’allocation-chômage : il s’agirait de prendre en compte par exemple la « perte subite de revenus, pour inclure les autoentrepreneurs », précise M. Taché. L’hypothèse de droits accrus en matière de formation continue est également à l’étude.
« Pour les plates-formes, le véritable enjeu est de montrer qu’elles sont des entreprises responsables, prêtes à accorder des protections supplémentaires aux travailleurs indépendants qui collaborent avec elles, résume Me Aurélien Louvet, du cabinet Capstan. Mais ces garanties nouvelles ne doivent pas être vues comme un indice laissant présumer une relation salariale entre les deux parties. » Autrement dit, il ne faudrait pas que les « ubérisés » tirent parti de ces droits nouveaux pour se voir reconnaître, devant les tribunaux, la qualité de salarié. Début mars, le cabinet de Mme Pénicaud avait d’ailleurs précisé qu’il fallait « traiter cette question de la requalification en salariat » afin de « sécuriser le “business model” » des plates-formes.
La démarche du gouvernement, fondée sur le dialogue « avec les entreprises de l’économie collaborative, est la bonne », commente l’économiste Gilbert Cette, coauteur du livre Travailler au XXIe siècle (Odile Jacob, janvier 2017). « Toutes les parties prenantes peuvent gagner à l’instauration de normes stables, poursuit-il. Mais le sujet ne doit pas être cantonné à la protection sociale. Il faut parvenir à un socle de droits plus larges, par exemple la possibilité de contester une déconnexion par la plate-forme, comme les salariés peuvent contester un licenciement. »
Cofondateur du Collectif des livreurs autonomes de Paris, Jérôme Pimot se montre beaucoup plus dubitatif sur l’issue des tractations en cours : « Elles ne laissent rien présager de bon. Ou alors que des effets d’annonce. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Afin de compenser la taxe d’habitation pour les collectivités, le gouvernement doit toucher à l’équilibre du système.
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Plongée dans le millefeuille de la fiscalité locale

Afin de compenser la taxe d’habitation pour les collectivités, le gouvernement doit toucher à l’équilibre du système.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 16h20
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            
La fiscalité locale est un maquis quasi inextricable que seuls quelques – rares – spécialistes parviennent à déchiffrer. Chargés par le premier ministre d’une mission sur la refonte de la fiscalité, le sénateur (LRM) du Val-d’Oise Alain Richard et l’ex-préfet Dominique Bur, ancien directeur général des collectivités locales, devaient remettre leur rapport mercredi 9 mai. Le dispositif retenu pour remplacer la taxe d’habitation, dont la suppression intégrale a été annoncée pour 2020, est évidemment au centre des attentions. Mais quand on touche à un élément de cet écheveau complexe, c’est tout l’édifice qui est atteint. Aussi importe-t-il d’en identifier les différentes composantes. C’est ce qu’a fait le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans un avis adopté le 10 avril.


Les ressources des collectivités
En 2016, les ressources globales des collectivités territoriales se sont élevées à 230 milliards d’euros. Sur ce total, les impôts locaux en représentent un peu plus d’un tiers (36 %), les autres impôts et taxes, 20 %, les tarifs publics et les redevances, 12 %. Les concours de l’Etat interviennent pour un peu moins d’un quart (24 %). Ainsi, entre 2012 et 2016, malgré la baisse des concours financiers de l’Etat, notamment de la dotation globale de fonctionnement (DGF), les ressources des collectivités ont continué à progresser légèrement de 0,5 % par an, du fait de l’augmentation des impôts locaux et autres impôts et taxes à un rythme annuel supérieur à 3 %.

Si la situation financière globale des collectivités s’est améliorée dans la période récente, avec des résultats positifs de 1,1 milliard d’euros en 2015 et de 4,1 milliards en 2016, cela s’est fait au prix d’une baisse sensible des investissements. Entre 2005 et 2016, la part des investissements dans les dépenses des collectivités a régressé de 27 % à 21 %, en particulier pour les départements, où le poids de l’investissement est passé de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le médecin urgentiste Patrick Pelloux a rappelé la « flambée des difficultés » dans les SAMU de France en réaction à la prise en charge défaillante de Naomi Musenga.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤                     
                                                

Mort d’une jeune fille à Strasbourg : le manque de moyens du SAMU et de formation mis en cause

Le médecin urgentiste Patrick Pelloux a rappelé la « flambée des difficultés » dans les SAMU de France en réaction à la prise en charge défaillante de Naomi Musenga.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 23h31
   





                        


« Epouvantable. » C’est l’adjectif qu’a utilisé Patrick Pelloux, le président de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF), dans Le Parisien, mercredi 9 mai, pour qualifier l’enregistrement de l’appel qu’a passé Naomi Musenga au service d’aide médicale urgente (SAMU) de Strasbourg, le 29 décembre 2017. « On voit depuis vingt ans flamber les difficultés dans les SAMU en France », a expliqué le médecin urgentiste, qui en appelle à la ministre de la santé pour engager un travail de réflexion sur l’organisation des secours en France.
Souffrant de fortes douleurs au ventre, la jeune femme était seule quand elle a composé le 15 pour appeler à l’aide. Elle avait obtenu une réponse moqueuse et dédaigneuse de l’opératrice du SAMU, qui lui avait recommandé d’appeler SOS-Médecins, avant de raccrocher. Au bout de cinq heures, Naomi Musenga était parvenue à joindre les urgences médicales, qui avaient in fine déclenché l’intervention du SAMU. Victime d’un infarctus, elle a été emmenée à l’hôpital, puis transférée en réanimation. Elle est morte quelques heures plus tard d’une « défaillance multiviscérale sur choc hémorragique », selon le rapport d’autopsie.

        Sur ce qui s’est passé :
         

          Moquée par le SAMU, une jeune Strasbourgeoise meurt peu après



Un déroulement des faits dans lequel François Braun, président du syndicat SAMU-Urgences de France, voit une « succession de dysfonctionnements ».
« L’appel est d’abord arrivé sur la plate-forme des pompiers, qui a dû transférer l’appel, ce qui n’est pas normal s’agissant de problèmes de santé. A partir de là, non seulement l’opératrice du SAMU n’a pas pris au sérieux la patiente, mais elle n’a pas non plus transféré l’appel au médecin régulateur, censé évaluer systématiquement le cas médical. »
Mercredi, une enquête préliminaire « du chef de non-assistance à personne en péril », a été ouverte. Plusieurs personnes l’avaient réclamée.
Les pompiers du Bas-Rhin ont assuré mercredi que leur procédure avait « bien été respectée » lors de l’appel de Naomi Musenga aux services de secours.
« Véritables “call centers” »
Au-delà de l’événement tragique, cet enregistrement témoigne, selon Patrick Pelloux, des graves problèmes dont souffre l’organisation des secours en France. L’urgentiste a rappelé qu’en 1988, on comptait huit millions de passages aux urgences chaque année, contre 21 millions aujourd’hui.

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« Les appels au SAMU ont, dans le même temps, plus que triplé. En clair, un Français sur trois passe chaque année par lui, mais nous n’avons pas redimensionné les centres d’appel pour répondre à l’ampleur de la demande », dit-il, dénonçant la mise en place « inacceptable » de « véritables “call centers” ». 
Et la conséquence pour les patients est directe : leur prise en charge s’est « fortement dégradée », assure le président de l’AMUF, qui a insisté sur les risques accrus de « faire une erreur, comme cela semble le cas dans l’exemple de Strasbourg ». Si l’enquête devra, selon lui, établir les fautes, M. Pelloux a également souligné qu’il faudrait déterminer depuis combien de temps l’opératrice travaillait, et le nombre d’appels qu’elle avait reçus auparavant. Mercredi, la direction des hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) a annoncé la suspension « à titre conservatoire » de l’opératrice.
« On a des soignants épuisés, stressés, en burn-out, qui deviennent détachés de la souffrance du patient », a dit M. Pelloux, appelant le ministère à « recruter massivement du personnel dans les centres de régulation ».
Former les opérateurs
Plus mesuré, François Braun refuse de parler d’un « problème au niveau de l’organisation du SAMU » et préfère évoquer un « cas isolé et personnel ». Mais il reconnaît toutefois qu’« il y a des améliorations à apporter au niveau des plates-formes ». Notamment en ce qui concerne la question de la formation des opérateurs du SAMU qui réceptionnent « en premier rideau » les appels.
« Ce sont des personnes à qui l’on demande de plus en plus, or, elles ne bénéficient que d’une année de formation et ne sont même pas considérées comme faisant partie du personnel médical. » Un rapport d’information du Sénat sur les urgences hospitalières rendu le 26 juillet 2017 préconisait déjà la mise en place d’une « formation initiale et obligatoire d’au moins deux ans » pour exercer la profession d’assistant de régulation médicale (ARM).
Dans un communiqué commun, l’AMUF et SAMU urgences de France (SUDF) ont demandé mardi « un rendez-vous immédiat » avec la ministre de la santé « pour trouver des solutions aux problèmes de régulation médicale afin qu’un tel drame ne se reproduise pas ».



                            


                        

                        


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Nicolas Hulot, un bilan en deçà des attentes

Après un an, les réalisations du très prudent ministre de l’environnement paraissent bien maigres, juge le professeur de sciences politiques Simon Persico.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 07h16
    |

Simon Persico (professeur de science politique à Sciences Po Grenoble et chercheur au laboratoire Pacte)







                        



                                


                            
Le monde de l’écologie était très optimiste quand il a appris, en mai 2017, la décision de Nicolas Hulot d’entrer au gouvernement en tant que ministre de la transition écologique. Pour les ONG, les entreprises de l’économie verte, les associations, et même les cadres du parti EELV, les attentes étaient grandes à l’égard du fer de lance le plus populaire et médiatique du mouvement écologiste français.
Sa stratégie était claire. Il s’agissait d’utiliser son rang protocolaire et son aura médiatique pour peser de l’intérieur sur la conduite des politiques gouvernementales. Pressenti, avant l’élection présidentielle, pour y représenter la nébuleuse écolo, il avait finalement privilégié une stratégie d’accompagnement d’un Emmanuel Macron aux positions souples, en apparence, sur les questions écologiques.
Cette stratégie n’est pas vraiment nouvelle. C’est le choix qu’avait fait avant lui un Brice Lalonde, pionnier des Amis de la Terre France et ancien leader écologiste : en 1988, il avait rejoint le gouvernement de Michel Rocard en tant que secrétaire d’Etat, puis ministre de l’environnement, pour finalement sortir progressivement des radars politiques. Nicolas Hulot connaîtra-t-il le même destin ?
Quelques succès
Il est évidemment trop tôt pour répondre de manière univoque à cette question. Toutefois, de nombreux travaux de science politique montrent que les réformes qui ne sont pas adoptées la première année du mandat ont beaucoup de chances de ne pas l’être par la suite. De ce point de vue, cette première année de mandat offre déjà de nombreux indices pour évaluer le succès de Nicolas Hulot.
Si l’on s’intéresse aux résultats obtenus sur le front du changement des politiques publiques, la réponse est nuancée. L’exécutif a connu quelques succès importants en la matière. Il y a d’abord eu l’abandon de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes. Cette décision symbolique, très attendue des acteurs de l’écologie, peut sans doute être mise au crédit de Nicolas...




                        

                        


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A Orléans, Edouard Philippe se met dans les pas d’Emmanuel Macron pour célébrer Jeanne d’Arc

Le premier ministre était venu présider, mardi, les fêtes johanniques organisées chaque année par la ville.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 21h21
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 22h10
    |

            Cédric Pietralunga (envoyé spécial à Orléans)








                        



   


En 2016, Emmanuel Macron y avait vanté une Jeanne d’Arc qui « fend le système » pour « rassembler la France », ce qui avait été interprété comme une allégorie de son propre parcours. Deux ans plus tard, Edouard Philippe s’est prêté, lui aussi, au discours à double sens à Orléans (Loiret), mardi 8 mai, où le premier ministre était venu présider les fêtes johanniques organisées chaque année par la ville, afin de célébrer sa libération, en 1429, d’un siège mené durant sept mois par les Anglais.
« Dans cette histoire sombre, tragique, surgit le plus inattendu des visages »
Sous un soleil de plomb et devant tous les corps constitués, le chef du gouvernement a ainsi rappelé que l’époque de Jeanne d’Arc était « celle d’un roi sans autorité, d’un royaume en proie aux luttes intestines (…), d’une armée découragée, et celle d’un peuple qui doute », autant de points également caractéristiques de la France durant la dernière campagne présidentielle, selon Emmanuel Macron. « Mais dans cette histoire sombre, tragique, surgit le plus inattendu des visages », a ajouté Edouard Philippe. Une allusion à la bergère de Domrémy, mais dans laquelle on pouvait aussi voir la figure de l’ancien ministre de l’économie devenu président de la République en mai 2017.
Le chef du gouvernement a filé la comparaison à plusieurs occasions. « Cette jeune femme, (…) on la moque (…), on la rabroue (…) parce qu’elle veut agir là où d’autres cherchent à temporiser. (…) On l’insulte aussi. Beaucoup. Dans des termes très crus », a-t-il ainsi énuméré devant le maire de la ville, Olivier Carré, en rupture comme lui du parti Les Républicains. « Mais il en fallait plus. Il en fallait plus pour faire perdre à Jeanne d’Arc la certitude de sa mission », a ensuite ajouté l’ancien maire du Havre, sans qu’on ne puisse s’empêcher, là aussi, d’y voir une référence au chef de l’Etat.
Lors d’un bain de foule de près de deux heures qu’il s’est offert après avoir assisté à un défilé militaire, Edouard Philippe s’est attaché à rappeler la fermeté et la conviction avec lesquelles, lui aussi, il mène la politique du gouvernement. « Tenez bon ! Faut aller jusqu’au bout ! », lui lançait un badaud. « Comptez sur moi », lui répondait le premier ministre, qui était entouré d’une dizaine d’officiers de sécurité et fut même survolé un temps par un drone de la police. « Ne lâchez rien aux cheminots ! », criait un autre. « On va aller jusqu’au bout, on va transformer les choses », assurait M. Philippe, qui a rencontré les organisations syndicales de la SNCF, lundi 7 mai à Matignon, sans aboutir pour le moment à un accord qui permettrait de mettre fin à la grève dans les transports.
L’esquive de questions qui fâchent
Quelques retraités ont bien tenté d’interpeller le premier ministre sur la hausse de la CSG, qu’ils considèrent comme injuste. « J’ai fait quarante ans de nuit et vous me piquez mes sous », lui a ainsi lancé un homme. « Faudrait un peu penser à nous et à notre CSG ! Faudrait écouter le peuple ! », ajoutait un autre. Mais à chaque fois, le locataire de Matignon préfère esquiver, continuant son chemin avec le sourire. Il s’est seulement arrêté lorsqu’il a été interrogé par un père de famille qui lui demandait pourquoi seules les classes de CP et de CE1 étaient dédoublées dans les zones difficiles. « On ne fait pas tout tout de suite, on met d’abord les moyens là où il y a les priorités », lui a répondu M. Philippe, laissant entendre que le dédoublement intervenu à l’automne ne pourrait être qu’une première vague.
Une participation du général de Gaulle à Nicolas Sarkozy
Si la visite de M. Macron, il y a deux ans, avait suscité la polémique, notamment au sein de la gauche, rien de tel cette année. Il est d’ailleurs de tradition qu’un membre du nouvel exécutif participe aux fêtes de Jeanne d’Arc après une élection présidentielle : le général de Gaulle, André Malraux, Valéry Giscard d’Estaing mais aussi Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy s’y étaient rendus. François Mitterrand avait fait deux fois le voyage. Selon le maire d’Orléans, Emmanuel Macron aurait lui-même promis de revenir d’ici à la fin de son mandat.
« Chaque génération fait face à des défis, parfois des périls, qui n’ont heureusement ni la même nature ni la même gravité. Mais face à eux, notre pays a toujours le même choix : d’un côté, celui de la division, du repli et du découragement ; de l’autre, celui de l’unité – qui n’est jamais simple, mais qui est fondamental –, celui de l’ambition et du courage. »
Ainsi conclut Edouard Philippe dans son discours tenu au pied de la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans. On pouvait également y voir le défi de son gouvernement pour le reste du quinquennat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Ce sera la 16e journée de grève à la SNCF contre la réforme ferroviaire.
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Grève SNCF : 50 % des TGV, TER et Transilien circuleront mercredi

Ce sera la 16e journée de grève à la SNCF contre la réforme ferroviaire.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 16h30
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 17h30
   





                        


La moitié des TGV, TER et Transilien circuleront mercredi, lors de la 16e journée de grève à la SNCF contre la réforme ferroviaire, selon les prévisions de trafic de la direction, publiées mardi 8 mai.
Il y aura un train Intercités sur trois, a ajouté la direction dans un communiqué. En Ile-de-France, le trafic sera normal sur le RER A, tandis qu’on comptera un train sur deux pour le RER B et un train sur trois pour le RER C. A l’international, il y aura en moyenne un train sur deux, avec un trafic « quasi normal » pour les Eurostar et Thalys.
Par rapport aux prévisions de mardi, le trafic sera en baisse pour les TGV, Transilien, et à l’international, en hausse pour les trains Intercités et stable pour les TER.

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Ces deux jours de grève forment le huitième épisode de la mobilisation en pointillé, menée depuis début avril par les syndicats CGT, UNSA et CFDT de la SNCF contre le projet gouvernemental de réforme ferroviaire. SUD-Rail, autre organisation représentative au sein du groupe public, a lancé, de son côté, un préavis de grève illimitée.
Le trio CGT-UNSA-CFDT a déjà déposé son préavis pour la neuvième séquence de grève, qui débutera samedi à 20 heures et s’achèvera mardi prochain à 7 h 55.
La suite du mouvement en suspens
Les syndicats, qui ont été reçus lundi à Matignon par le premier ministre, doivent se réunir mercredi soir au siège de la CGT à Montreuil (Seine-Saint-Denis) pour décider des suites du mouvement, alors qu’Edouard Philippe est resté ferme sur les grands principes de sa réforme, concédant seulement aux syndicats la possibilité de proposer des amendements pour « finaliser » le projet de loi avant son examen au Sénat fin mai.
« Pour nous, clairement, la grève se poursuit », avait déclaré Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots (1er syndicat à la SNCF), à sa sortie de Matignon. Plus tard sur Franceinfo, il avait affirmé que, lors de la réunion intersyndicale, « on aura probablement une petite proposition d’une nouvelle initiative des organisations syndicales pour bousculer un peu la situation ». « Le gouvernement reste droit dans ses bottes sur le cœur de son projet, donc il va falloir qu’on le bouscule un peu sur le cœur de son projet », avait-il ajouté.
L’UNSA-Ferroviaire (2e syndicat) a fait savoir dans un communiqué qu’elle « portera des amendements », mais « le délai sera très court » et « tout porte à croire que le gouvernement joue la montre ». SUD-Rail (3e syndicat) a posé dans un communiqué « la question du durcissement de la grève et de sa continuité jusqu’au retrait » du projet. « Le gouvernement portera seul la responsabilité du blocage », affirme SUD-Rail. La CFDT-Cheminots (4e syndicat), avec sa stratégie de « mobilisation et proposition », va poursuivre la grève et déposera « une quarantaine d’amendements » en vue de l’examen du texte au Sénat.



                            


                        

                        

