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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Si les syndicats restent unis après dix-huit jours de grève, les questions des investissements publics et de la sortie du conflit restent épineuses.
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SNCF : quatre leçons de la grève à mi-conflit

Si les syndicats restent unis après dix-huit jours de grève, les questions des investissements publics et de la sortie du conflit restent épineuses.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 15h32
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 17h04
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Alors que vient de s’achever, mercredi 9 mai, le dix-huitième jour de grève des cheminots contre la réforme ferroviaire, sur trente-six annoncés, le conflit semble s’être installé dans une routine, qui cache toutefois des phases distinctes.
Il y a d’abord eu, début avril, le lancement de cette grève originale par intermittence inventée par les quatre syndicats représentatifs de la SNCF (CGT, UNSA, SUD et CFDT), puis l’entrée dans le débat législatif, qui a abouti au vote en première lecture du projet de loi à l’Assemblée nationale le 17 avril.
A suivi une période de « bouderie » des quatre organisations syndicales qui, contestant la méthode de concertation du gouvernement, ont refusé de continuer à discuter avec la ministre des transports, Elisabeth Borne, et revendiqué une négociation directe avec le premier ministre, Edouard Philippe.
Une nouvelle phase vient de s’ouvrir depuis le lundi 7 mai et la rencontre des syndicats avec M. Philippe, resté inflexible sur les points fondamentaux de la réforme (ouverture à la concurrence, transformation de la SNCF en société publique, extinction du statut) tout en laissant entrevoir quelques ouvertures (annonces imminentes sur la dette, implication du gouvernement pour une convention collective de haut niveau).
Ce nouveau moment, qui va courir jusqu’au 23 mai, début de l’examen du nouveau pacte ferroviaire par le Sénat, est l’occasion de tirer plusieurs leçons du conflit en cours.
Le front syndical reste uni
Si les quelques gages avancés par le premier ministre, le 7 mai, avaient pour but d’enfoncer un coin dans l’union syndicale, c’est plutôt manqué. Réunis en intersyndicale, mercredi 9 mai en fin de journée, les leadeurs des fédérations ont fait montre d’une unité sans faille et sans faux-semblants.
« Ce soir, l’unité syndicale n’a pas bronché », a déclaré Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots :
« Nous avons des appréciations qui peuvent varier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ La forte baisse des taux d’intérêt et l’encadrement renforcé des pratiques des organismes de crédit ont eu un impact positif sur le surendettement.
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Le surendettement recule en France

La forte baisse des taux d’intérêt et l’encadrement renforcé des pratiques des organismes de crédit ont eu un impact positif sur le surendettement.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 15h05
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 16h14
    |

            Jérôme Porier








                        



   


Le nombre annuel de dossiers déposés – et déclarés recevables – à la Banque de France a diminué de 13 % entre 2014 et 2017, soit 30 000 dossiers en moins par an, selon une étude publiée en début d’année.
Après s’être stabilisé au début des années 2000, ce chiffre avait bondi de 30 % entre 2007 et 2011 en raison de la crise financière. Plusieurs facteurs expliquent cette amélioration : la forte diminution des taux d’intérêt, et l’encadrement renforcé des pratiques des organismes de crédit (lois Lagarde de 2010 et Hamon de 2015).
La Banque de France souligne aussi que de très nombreux crédits ont été renégociés. Entre 2012 et 2017, la masse des crédits à la consommation a baissé d’un tiers, celle des seuls crédits renouvelables de 42 %.

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Un débiteur seul dans deux cas sur trois
Au total, les ménages surendettés ploient sous un fardeau de 7,2 milliards d’euros de dettes, à rapporter aux 1 350 milliards d’euros de revenu total des ménages. Après traitement par les commissions de surendettement, puis homologation éventuelle par la justice, 23 % de la dette globale a été effacée.
Aux trois quarts, cette masse porte sur des emprunts immobiliers (36 %) ou des crédits à la consommation (37 %), le reste relevant de loyers impayés (5,5 %), de caution d’autres emprunteurs (4 %) et d’impôts en retard (3 %).
En moyenne, les dossiers portent sur 43 000 euros. Les plus épineux à résoudre sont ceux qui concernent des emprunts immobiliers.

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Quel est le profil des personnes surendettées ? Les trois quarts (75,8 %) sont locataires, et seulement 3,4 % sont propriétaires de leur résidence principale (contre 36,9 % pour la moyenne des ménages français). Si 33,1 % vivent en couple, 36,8 % sont divorcés ou séparés, 24,6 % sont célibataires et 5,5 % sont veufs. Dans deux cas sur trois, le débiteur est donc seul pour faire face à ses difficultés financières.
En outre, 27 % des personnes surendettées sont au chômage. Un ménage surendetté sur deux n’a aucune capacité de remboursement. Plus de 82 % des ménages surendettés ont un patrimoine brut inférieur à 2 000 euros.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Jacob Waerness, ancien directeur sûreté de l’usine syrienne du cimentier, a été arrêté à Paris et mis en examen le 4 mai pour « financement du terrorisme ».
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Affaire Lafarge : un ex-membre des services norvégiens mis en examen

Jacob Waerness, ancien directeur sûreté de l’usine syrienne du cimentier, a été arrêté à Paris et mis en examen le 4 mai pour « financement du terrorisme ».



Le Monde
 |    10.05.2018 à 14h58
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 15h09
    |

            Soren Seelow








                        


Son arrestation est à l’image du personnage : rocambolesque. Selon les informations du Monde, Jacob Waerness, ancien membre du renseignement intérieur norvégien, a été interpellé mercredi 2 mai à l’aéroport Roissy - Charles-de-Gaulle, entre deux avions lors d’une escale à Paris, dans le cadre de l’enquête sur les agissements du cimentier Lafarge en Syrie. Ce Norvégien de 40 ans, responsable de la sécurité de l’usine syrienne du groupe entre 2011 et 2013, a été mis en examen vendredi 4 mai pour « financement du terrorisme », portant à huit le nombre de mis en cause dans ce dossier.
Voilà plus d’un an que les enquêteurs cherchaient à entendre ce personnage-clé du dossier, qui travaille aujourd’hui pour le Centre pour le contrôle démocratique des forces armées (DCAF), en Suisse. Sa mise en examen détonne quelque peu avec la mission de cette fondation, qui entend « améliorer la sécurité des Etats et des peuples dans le cadre des principes démocratiques, du respect de la loi et des droits de l’homme ». Sur son profil LinkedIn, Jacob Waerness, qui n’a pas répondu aux sollicitations du Monde, précise disposer d’une « expertise démontrée sur le terrain dans des environnements complexes ». Un talent rare qui lui vaut aujourd’hui de se retrouver au cœur de la tourmente Lafarge.
Les douanes judiciaires, en charge de l’enquête, avaient déjà tenté de le convoquer à plusieurs reprises par téléphone en avril 2017. Sans succès. Jacob Waerness s’était alors montré peu coopératif, comme en témoigne ce procès-verbal :
« M. Jacob Waerness nous a indiqué qu’il n’avait pas de déplacement prévu à Paris dans les prochains mois. A la proposition de se voir à la frontière franco-suisse à Saint-Louis (Haut-Rhin), Monsieur Waerness a décliné la proposition et nous a indiqué qu’il préférait que nous fassions le déplacement en Suisse. A défaut, il voulait bien répondre à nos questions par Skype. »

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Personnage médiatique et énigmatique
Quelque peu contrariés par cette fin de non-recevoir, les enquêteurs ont patiemment attendu que cet ancien élève de HEC Paris remette un pied sur le territoire français pour l’interpeller. Jacob Waerness a été intercepté lors d’un transit à l’aéroport de Roissy - Charles-de-Gaulle, et c’est dans le bureau d’un juge qu’il a finalement répondu aux « questions » de la justice, avant d’être mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, vendredi.
Quadragénaire au visage juvénile, Jacob Waerness est le personnage le plus médiatique, et sans doute le plus énigmatique, de l’affaire Lafarge. Des anciens cadres du cimentier visés par l’enquête ouverte en juin 2016, il est le premier à avoir publiquement admis, dans un livre sorti en Norvège à l’été 2016, puis au fil de nombreuses interviews, que la filiale syrienne de Lafarge avait financé des groupes terroristes. Sa posture, qui tendrait à le faire passer pour un lanceur d’alerte, n’a pas suffi à convaincre les trois juges qui instruisent ce dossier depuis juin 2017.

Très bon arabophone, Jacob Waerness était employé par la filiale syrienne de Lafarge entre septembre 2011 et octobre 2013, période durant laquelle le cimentier a commencé à rétribuer les groupes armés présents autour de son usine pour se maintenir dans le pays. Il avait participé à la première réunion organisée en septembre 2012 à Gaziantep (Turquie) avec les responsables de plusieurs factions rebelles : le début d’un engrenage qui conduira quelques mois plus tard Lafarge à financer les groupes terroristes, qui s’inviteront à la table des négociations.
« J’aurais dû les avertir »
Dans un entretien produit par l’ONG Sherpa à l’appui de sa plainte déposée contre Lafarge en novembre 2016, l’ancien agent avait justifié les contacts établis à l’été 2013, à la fin de sa mission, entre Lafarge et l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, futur Etat islamique), qui venait de s’établir en Syrie : « C’est important de regarder le contexte. Je pense que c’est tout à fait acceptable d’avoir, au début, des contacts avec ISIS [acronyme anglais de l’EIIL] et des groupes islamistes radicaux, de se lier aux personnes ayant le pouvoir. Mais ils ont ensuite montré leur vrai visage, ils ont été placés sur une liste des organisations terroristes. »
Il avait cependant esquissé un début de mea culpa. « La dynamique entre le PDG et moi : toujours trouver des solutions pour faire fonctionner le business. Et je pense qu’on l’a poussée un peu trop loin (…). Vers la fin de mon contrat, on aurait dû fermer. A cette époque, nous savions qui était ISIS, nous savions que nous ne pouvions pas rester dans la région sans contacts directs ou indirects avec ce groupe. J’aurais dû prévenir la direction. Donc, deux critiques : primo, la dynamique qui a fait que nous avons poussé loin ; secundo, j’aurais dû les avertir que c’est un groupe méchant et une voie sans issue. Ils ont continué une année supplémentaire et ISIS a emménagé dans la zone. »
Depuis le début de cette enquête aux ramifications internationales, six autres cadres du groupe, dont l’ex-PDG Bruno Lafont, ont été mis en examen pour « financement du terrorisme » et « mise en danger de la vie d’autrui », ainsi qu’une ancienne DRH de Lafarge pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Les enquêteurs s’intéressent par ailleurs au degré de responsabilité du principal actionnaire du cimentier à l’époque des faits, le Groupe Bruxelles Lambert (GBL), dont les locaux ont été perquisitionnés et dont quatre administrateurs ont été entendus par la police belge, fin 2017.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Une enquête interne ayant recueilli les témoignages d’employés, en majorité des femmes, parle d’un environnement « toxique » chez l’équipementier sportif.
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Nike : exode massif de cadres dirigeants, après des soupçons de harcèlement moral et sexuel

Une enquête interne ayant recueilli les témoignages d’employés, en majorité des femmes, parle d’un environnement « toxique » chez l’équipementier sportif.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 14h16
   





                        



   


Culture « macho », inégalités hommes-femmes, insultes… Les témoignages d’employés de Nike dénoncent tous un environnement « toxique » dans l’entreprise, fait de discriminations et de harcèlement moral et sexuel. Résultat : l’équipementier sportif est confronté à un exode sans précédent de dirigeants depuis un peu plus d’un mois.
Les départs sont, d’après une source proche du dossier, la conséquence des premières conclusions d’une enquête interne, lancée en mars, après la libération de la parole d’employés – en majorité des femmes – dans le sillage du mouvement #MeToo né du scandale Harvey Weinstein.
Depuis mars, au moins onze hauts dirigeants ont quitté l’équipementier sportif, dont Trevor Edwards, un Afro-Américain, président de la marque Nike et considéré comme le successeur de Mark Parker, le PDG actuel. En interne, M. Edwards, qui a passé plus de vingt-cinq ans chez Nike, était réputé pour humilier ses subordonnés lors de réunions publiques.
Clubs de strip-tease, « salope stupide »
Tout est parti du ras-le-bol d’un groupe de salariées, qui a fait circuler un sondage interne révélant des abus et des inégalités hommes-femmes en matière de promotion. Cette enquête, qui rassemblait les témoignages d’employés femmes et hommes, dénonçait de façon générale la culture « macho » de l’entreprise – une sorte de « boys club » – et l’inertie du département des ressources humaines.
Certains font état de sorties de bureau entre collègues se terminant dans des clubs de strip-tease, de manageurs hommes se vantant d’avoir des préservatifs, des commentaires sur les seins d’une salariée écrits dans un courriel adressé à l’intéressée, une récurrence de remarques désobligeantes et humiliantes. Une employée a confié au New York Times que son supérieur hiérarchique l’avait traitée de « salope stupide » mais n’avait pas été sanctionné malgré le fait qu’elle avait rapporté l’incident à la DRH.
Interrogé par l’AFP, Nike n’a pas souhaité s’exprimer. « Nous avons tous une obligation – non négociable – de créer un environnement et une culture de respect et d’inclusion », a déclaré le 3 mai le PDG Mark Parker aux employés.
Un cinglant revers
L’impact financier de cette affaire sur Nike est négligeable pour l’instant : l’action de l’entreprise n’a pas été affectée en Bourse, les initiatives de boycott lancées sur les réseaux sociaux n’ont pas pris. Aucun des prestigieux ambassadeurs de Nike – les joueuses de tennis Serena Williams et Maria Sharapova, le basketteur LeBron James, le footballeur Cristiano Ronaldo, entre autres – ne s’est encore exprimé sur le sujet.
Il n’en reste pas moins que c’est un cinglant revers pour Nike, dont le célèbre slogan « Just do It » est censé inciter des millions de jeunes à travers le monde à poursuivre leurs rêves. L’équipementier s’est en outre donné une image « cool », progressiste et de défenseur des valeurs d’égalité et de justice, comme l’atteste une campagne de février.
La direction, qui a reçu plus de 43 000 réponses à son enquête interne, a commencé à procéder à des changements. Elle a promu récemment deux femmes à de hautes fonctions, Amy Montagne et surtout Kellie Leonard, élevée responsable de la diversité et de l’intégration. Actuellement, seuls 38 % des manageurs sont des femmes et quelque 23 % sont « non caucasiens », selon les termes de l’entreprise. Le groupe de Beaverton (Oregon) promet également de revoir les formations des manageurs, de modifier ses procédures d’embauche et d’instaurer des entretiens d’évaluation individuels de façon régulière.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Eric Lundgren avait vendu 28 000 CD-ROM sur lesquels figuraient les outils de réinstallation de Windows, pourtant gratuits. De la contrefaçon selon Microsoft, et le juge.
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Etats-Unis : quinze mois de prison pour un spécialiste du recyclage de PC

Eric Lundgren avait vendu 28 000 CD-ROM sur lesquels figuraient les outils de réinstallation de Windows, pourtant gratuits. De la contrefaçon selon Microsoft, et le juge.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 13h40
   





                        



   


Eric Lundgren, 33 ans, a vu son appel rejeté le 11 avril par un tribunal de Miami : l’Américain sera donc bien condamné à quinze mois de prison et 50 000 dollars (42 000 €) d’amende.
Son crime : avoir téléchargé des outils distribués gratuitement par Microsoft, et les avoir gravés sur 28 000 CD-ROM pour les revendre (à perte, selon lui) 12 centimes pièce.
M. Lundgren, qualifié de « pionnier du recyclage informatique » par Nathan Proctor, directeur du groupe de recherche d’intérêt public Right to Repair (« Droit à réparer »), s’en est fait une spécialité : réparer des ordinateurs hors d’état de marche pour leur donner une seconde vie, notamment dans des pays émergents.
Sa ligne de défense : il ne vend pas de versions du système d’exploitation Windows, mais uniquement les outils pour les réinstaller sur des ordinateurs qui en étaient déjà équipés. Car si ceux-ci sont gratuitement disponibles en téléchargement, il est souvent impensable pour les reconditionneurs en Afrique, en Asie et parfois même aux Etats-Unis, qui peuvent avoir un accès limité au Web, de les télécharger eux-mêmes.
25 dollars pour réinstaller Windows
L’affaire remonte à 2012. Les CD-ROM d’Eric Lundgren, qui dormaient jusque-là dans des entrepôts chinois et venaient finalement d’être achetés à prix cassé par un intermédiaire en Floride, sont saisis par les douanes.
Pour M. Lundgren, qui a reconnu sa culpabilité, les CD-ROM n’avaient néanmoins aucune valeur commerciale. Son intermédiaire, qui, lui, a plaidé coupable sans réserve, a bénéficié d’une peine plus légère : six mois de détention à domicile.
Car selon Microsoft, à qui le tribunal a donné raison, le transfert d’une licence, c’est-à-dire de l’autorisation d’utiliser un logiciel, n’est autorisé que lorsqu’un ordinateur change de main de particulier à particulier. Quand le PC est racheté, reconditionné et revendu par un professionnel, il est, en revanche, nécessaire de racheter une licence, d’une valeur de 25 dollars (21 euros), pour pouvoir y réinstaller Windows. Le constructeur a sorti la calculatrice : c’est donc de la somme de 700 000 dollars (600 000 euros) qu’il s’estime lésé.
« Contrairement à la plupart des e-recycleurs, M. Lundgren présente les logiciels contrefaits comme légitimes et les revend aux reconditionneurs, s’en est expliqué Microsoft dans un post de blog du 27 avril, signé par le responsable de la communication de l’entreprise. Les e-mails présentés au tribunal sont clairs : M. Lundgren cherchait bien à revendre des logiciels contrefaits avec dans l’idée d’en faire profit. »
« Heureux d’y aller »
Dans un article du 29 avril, le Washington Post décrit Eric Lundgren comme un pionnier respecté du « e-recyclage », capable de fabriquer des voitures électriques plus efficaces que celles de Tesla à partir de pièces de seconde main : « sa société californienne traite 19 millions de kilos de déchets électroniques chaque année, et compte IBM, Motorola et Sprint parmi ses clients ».
« Cela ne me dérange pas de faire de la prison, s’est confié M. Lundgren au Washington Post. En fait, je suis heureux d’y aller, si cela permet de faire bouger les choses ».
Si des associations, à l’image de Right to Repair, accusent les constructeurs informatiques et électroniques de pousser à jeter et à racheter leurs appareils plutôt qu’à les réutiliser, Microsoft, dans son message du 27 avril, s’en défend pourtant. « Nous soutenons le reconditionnement et le recyclage des ordinateurs (…). Nos programmes ont plus de 3 000 membres, qui recyclent des millions de PC ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ L’opérateur britannique de télécoms, qui avait déjà annoncé en 2017 la suppression de 4 000 emplois, veut se concentrer sur le développement de l’Internet à très haut débit.
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Télécoms : BT va supprimer 13 000 emplois et en créer 6 000 autres

L’opérateur britannique de télécoms, qui avait déjà annoncé en 2017 la suppression de 4 000 emplois, veut se concentrer sur le développement de l’Internet à très haut débit.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 09h58
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 10h12
   





                        


L’opérateur britannique des télécoms BT a annoncé, jeudi 10 mai, la suppression de 13 000 emplois administratifs et d’encadrement intermédiaire, ainsi que la création de 6 000 emplois techniques et d’aide au consommateur, pour soutenir notamment le développement de ses réseaux par fibre et de téléphonie mobile 5G.
Ce plan de suppression d’emplois, étalé sur trois ans, vise à « simplifier le modèle opérationnel de BT », a précisé le groupe dans un communiqué. L’opérateur de télécoms entend ainsi réduire ses coûts de 1,5 milliard de livres (1,7 milliard d’euros) en trois ans. Mais il ne précise pas dans quels pays ces suppressions seront réalisées, parmi les 63 où il est implanté, même si une bonne part des emplois concernés pourrait être au Royaume-Uni.
BT, qui compte 106 400 salariés dans le monde, dont 82 800 outre-Manche, avait déjà annoncé en 2017 la suppression de 4 000 emplois dans le monde à l’issue d’un exercice 2016-2017 difficile marqué par un retentissant scandale comptable en Italie.
Parmi les mesures annoncées jeudi par le directeur général, Gavin Patterson, figure la concentration « sur une trentaine de sites stratégiques afin de créer une culture plus collaborative et ouverte avec nos clients, afin de réduire l’inefficacité liée à notre dissémination sur des nombreux sites au Royaume-Uni ». Dans ce cadre, le groupe a annoncé le déménagement de son siège social du cœur de la City de Londres.
L’annonce de cette réorganisation coïncide avec la publication d’un chiffre d’affaires en baisse de 3 % à 5,967 milliards de livres au quatrième trimestre de l’exercice du groupe, un résultat légèrement inférieur aux attentes des analystes.
A l’ouverture de la Bourse, jeudi, à Londres, l’action du groupe BT dévissait de quelque 7 %.

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                Comment BT s’est réinventé au Royaume-Uni






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Dans un entretien au « Monde Campus », le fondateur du Centre de recherches interdisciplinaires François Taddei explique en quoi notre société aura de plus en plus besoin d’intelligence collective.
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« Plus les sujets sont complexes, plus on a besoin de regards interdisciplinaires »

Dans un entretien au « Monde Campus », le fondateur du Centre de recherches interdisciplinaires François Taddei explique en quoi notre société aura de plus en plus besoin d’intelligence collective.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 09h39
    |

                            Sophy Caulier








                        



                                


                            
Polytechnicien, ingénieur des Ponts, des Eaux et Forêts, généticien, chercheur à l’Inserm, ce n’est pas un hasard si François Taddei a fondé le Centre de recherches interdisciplinaires (CRI), qu’il dirige depuis dix ans. Pour lui, la complexité des sujets nécessite des regards interdisciplinaires, dont notre société aura de plus en plus besoin.
Pourquoi avoir créé le Centre de recherches interdisciplinaires, le CRI ?
François Taddei : Il y a une quinzaine d’années, nous avons voulu aider des étudiants de différentes disciplines qui voulaient apprendre autrement… Ce pouvait être des biologistes qui avaient besoin de renforcer leurs capacités à modéliser, des mathématiciens qui avaient envie de comprendre telle dynamique dans le vivant, ou des médecins qui avaient envie d’utiliser le big data… Il fallait changer de paradigme.

Ces étudiants étaient conscients que l’intelligence collective, la discussion, la confrontation avec des étudiants d’autres disciplines leur apporteraient plus que le Web, dont ils se servaient par ailleurs. Nous étions déjà quelques-uns à faire de la recherche de cette façon-là, avec une approche systémique. Nous avons proposé à ces étudiants d’utiliser leur créativité pour penser des projets qu’ils ne pouvaient pas penser seuls. Cette expérience a donné naissance au master « Approche interdisciplinaire du vivant », qui associe théorie et expérimentation. Le CRI était né.
L’enseignement supérieur n’est-il pas trop en « silos » pour développer l’interdisciplinarité ?
Si, il l’est doublement ! D’une part, dans chaque discipline entre la recherche et l’enseignement, d’autre part entre la théorie et l’expérimentation. Prenez le mot « ingénieur ». En français, il contient le mot « génie » ; en anglais, « engineer » contient le mot « engine », moteur. Nous n’avons pas exactement la même conception que nos collègues anglo-saxons.
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<article-nb="2018/05/10/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ L’établissement bancaire britannique a annoncé avoir trouvé un accord de principe avec le département américain de la justice pour mettre fin à l’enquête sur ses agissements pendant la crise.
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Crise des subprimes : la banque RBS va payer une amende de 4,9 milliards de dollars aux Etats-Unis

L’établissement bancaire britannique a annoncé avoir trouvé un accord de principe avec le département américain de la justice pour mettre fin à l’enquête sur ses agissements pendant la crise.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 09h07
   





                        


La banque britannique RBS a annoncé, jeudi 10 mai, qu’elle allait payer une amende de 4,9 milliards de dollars (4,13 milliards d’euros) pour régler un litige avec les autorités américaines en lien avec la crise des subprimes. « La banque RBS annonce avoir trouvé un accord de principe avec le département américain de la justice pour conclure son enquête sur l’émission par RBS de titres financiers adossés à des prêts hypothécaires entre 2005 et 2007 », a-t-elle expliqué dans un communiqué.
RBS avait grossi démesurément dans les années précédant la crise, avant de devoir être sauvée de la faillite par l’État britannique et de réduire considérablement la voilure depuis le début de la décennie 2010, recentrant son activité sur la banque de détail et pour les entreprises au Royaume-Uni. La banque est encore détenue à 71 % par l’État britannique, qui voudrait se désengager. La vente d’une partie de sa participation devrait être rendue plus facile par l’annonce de jeudi.
Démêlés avec la justice américaine
Les démêlés de RBS avec le département américain de la justice, qui reproche à la banque ses agissements dans la crise des subprimes, constituent les dernières poursuites en cours à son encontre aux États-Unis dans cette affaire. RBS a en effet déjà dû payer en 2017 une amende de 5,5 milliards de dollars à la FHFA (Federal Housing Finance Agency) et en 2016 une pénalité de 1,1 milliard à la National Credit Union Administration (NCUA). Plus récemment, elle a accepté de verser 500 millions de dollars aux autorités judiciaires new-yorkaises.
Il est généralement reproché à la banque, comme à d’autres grands établissements financiers, d’avoir vendu à des investisseurs et à d’autres établissements financiers de petite et moyenne taille des produits financiers complexes adossés à des prêts immobiliers risqués, accordés en masse à des ménages à la situation financière fragile dans les années 2000, dont les défauts de paiement ont conduit à la crise de 2008.

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<article-nb="2018/05/10/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Poursuivi pour « crimes économiques », Wu Xiaohui, l’ex-président d’Anbang, a été reconnu coupable du détournement de plus de 8,6 milliards d’euros.
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L’ex-président de la troisième société d’assurances chinoise condamné à 18 ans de prison pour fraude

Poursuivi pour « crimes économiques », Wu Xiaohui, l’ex-président d’Anbang, a été reconnu coupable du détournement de plus de 8,6 milliards d’euros.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 07h51
   





                        


L’ex-président de la société d’assurance chinoise Anbang a été condamné jeudi 10 mai à dix-huit ans de prison pour fraude, a rapporté la presse étatique. Wu Xiaohui a été reconnu coupable par un tribunal shanghaïen du détournement de quelque 65 milliards de yuans (plus de 8,6 milliards d’euros). Il était accusé d’avoir transféré ces sommes à des entreprises qu’il contrôlait personnellement, en vue de rembourser des dettes ou de « dépenses personnelles », selon l’agence officielle Chine nouvelle.
L’acte d’accusation expliquait que l’ex-patron du troisième assureur chinois, à partir de 2011, s’était servi de sociétés-écrans pour gonfler dangereusement les ventes de produits de placement par Anbang, dépassant de 95 milliards d’euros les plafonds autorisés par le régulateur.
Wu Xiaohui, qui démissionna de son poste en juin 2017, avait été poursuivi pour « crimes économiques » en début d’année. Ces accusations avaient été formulées au moment où Anbang, un puissant conglomérat privé, avait été placé sous la tutelle directe de l’Etat, suite à la découverte de « pratiques commerciales illégales ». Une décision qui s’inscrivait dans un contexte de pression plus forte de Pékin sur les conglomérats privés, critiqués pour leurs « acquisitions irrationnelles » et leur endettement.

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                L’économie chinoise sous la coupe des autorités



La « chute » de Wu Xiaohui avait un peu surpris les observateurs des affaires chinoises : l’homme d’affaires était réputé avoir jusqu’alors les bonnes connexions politiques, et était présenté comme un membre de « l’aristocratie rouge » – il est notamment marié à une petite-fille de l’ancien dirigeant Deng Xiaoping, artisan des réformes économiques à la fin des années 1970.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Le gouvernement va entamer des discussions avec les élus locaux en vue d’affecter la taxe foncière aux communes.
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Finances locales : les pistes pour compenser la suppression de la taxe d’habitation

Le gouvernement va entamer des discussions avec les élus locaux en vue d’affecter la taxe foncière aux communes.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 18h30
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 06h39
    |

            Patrick Roger et 
Audrey Tonnelier








                        



   


C’est la suite logique de l’annonce d’Emmanuel Macron, qui avait promis, fin 2017, de supprimer, à l’horizon 2020, la taxe d’habitation (TH) pour les 20 % de foyers les plus aisés. Chargés par l’exécutif de revoir de fond en comble la fiscalité locale, le sénateur (La République en marche, LRM) du Val-d’Oise Alain Richard et l’ex-préfet Dominique Bur ont proposé plusieurs pistes pour compenser cette suppression totale de la TH, dans un rapport remis, mercredi 9 mai, au premier ministre, Edouard Philippe.
L’enjeu est de taille. Déjà effective en trois fois (jusqu’en 2020) pour 80 % des Français, la fin de la TH pour les 20 % restants, qui ne figurait pas dans le programme de M. Macron, avait été fortement suggérée par le Conseil constitutionnel.
Mais comment la financer, tout en continuant à garantir aux communes des ressources pérennes ? Et ce, alors que le manque à gagner global pour elles est estimé, dans le rapport, à 26,3 milliards d’euros, à l’horizon 2020, dont 10 milliards pour la suppression des derniers 20 % de TH, non encore intégrés dans la trajectoire des finances publiques ?
Deux préconisations
Face à cette équation complexe, les 153 pages du rapport Richard-Bur identifient deux pistes principales. Première possibilité : attribuer la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB), aujourd’hui perçue par les départements, aux communes et intercommunalités, voire aux seules communes. Cela aurait pour avantage de remplacer un impôt local par un autre impôt local, en permettant ainsi aux élus de conserver leur « pouvoir de taux » (possibilité de fixer le taux d’un prélèvement et donc d’en faire varier les montants si nécessaires).
Dans ce cas, la taxe foncière perçue par les communes ne coïnciderait pas toujours parfaitement avec la TH perdue : il y aurait des gagnants (plutôt les communes rurales et les petites villes) et des perdants (grandes villes) et, donc, nécessité d’un mécanisme de compensation supplémentaire.
Peu coûteux selon le rapport (600 millions d’euros pour les communes et 100 millions pour les intercommunalités), un tel dispositif serait toutefois complexe à l’échelle des quelque 36 000 communes. « On en reprend pour deux décennies de fonds de garantie et de péréquation des ressources », maugrée un bon connaisseur de la fiscalité locale.
Dans cette approche, les départements, alors privés des recettes de taxe foncière, devraient être compensés par une fraction d’un impôt national. La TVA et la contribution sociale généralisée (CSG) ont la préférence des rapporteurs, car ce sont des impôts à large assiette et dont les recettes sont corrélées avec l’activité économique – autrement dit, susceptibles d’augmenter fortement en période de dynamisme de la croissance, sur laquelle le gouvernement compte beaucoup. Toutefois, ils admettent que l’attribution d’une fraction de la CSG aux collectivités territoriales pourrait poser des problèmes juridiques et politiques.
Seconde piste imaginée par le rapport Richard-Bur : attribuer directement une part d’impôt national aux communes et intercommunalités. De quoi faire perdre leur pouvoir de taux aux maires, mais leur assurer des recettes parfois plus dynamiques…
Pas de nouvel impôt local ?
Contrairement à ce qui avait été un temps envisagé, le rapport exclut la création d’un nouvel impôt local. « Cette éventualité serait, en effet, contradictoire avec l’engagement pris récemment par le président de la République », précisent ses auteurs. Cela constituait, en effet, une ligne rouge pour le gouvernement. « Il n’y aura pas de tour de passe-passe où l’on supprime des milliards pour aller les chercher ailleurs », avait réaffirmé Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, dans Le Parisien daté 27 avril.
En revanche, le rapport préconise le maintien de la taxation sur les résidences secondaires (2,3 milliards d’euros de recettes) et sur les logements vacants, car il s’agit de « ressources adaptées aux charges des communes touristiques et (…) destinées à réduire la sous-occupation de logements dans les espaces urbains tendus ».

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          Résidences secondaires : vers une hausse de la taxe d’habitation



Les auteurs détaillent également les grandes lignes d’une révision des valeurs locatives pour la taxe foncière, qui n’ont aujourd’hui plus grand-chose à voir avec la valeur des logements et donc les ressources des propriétaires. « L’engagement de cette révision dès 2018 produirait de nouvelles valeurs imposables en 2023 ou 2024 », estiment-ils. Cependant, les gouvernements successifs n’ont cessé, depuis des décennies, de renoncer à ce chantier, véritable Arlésienne de la fiscalité locale.
« Nouvelles mesures d’économie » de l’Etat
Enfin, la mission émet plusieurs propositions concernant à la fois l’encadrement « plus strict » des hausses de taux des impôts locaux décidées par les collectivités territoriales et la réforme de l’imposition des logements locatifs sociaux, qui sont actuellement exonérés de taxe foncière pendant les vingt-cinq années suivant leur construction. Elle suggère de remplacer ce mécanisme par une exonération de 50 % pendant cinquante ans pour les opérations futures de construction de logements sociaux.
Toutefois, il faudra bien financer les fameux 10 milliards d’euros supplémentaires qui ne seront plus collectés avec l’annonce de la suppression totale de la TH. A cet égard, les réponses suggérées dans le rapport ne manqueront pas de susciter de nouveaux débats.
En effet, les auteurs préconisent de recourir soit aux « compléments de taxe foncière sur les propriétés bâties sur les logements vacants ou occupés temporairement », soit de poursuivre, « sous une autre forme », la taxation sur les résidences secondaires, soit de renoncer « à certains allégements fiscaux déjà intégrés à la trajectoire des finances publiques », ou de supprimer ou de réduire certaines niches de TVA.
Le rapport précise qu’« une part substantielle de cette compensation devrait toutefois provenir de nouvelles mesures d’économie que l’Etat arrêtera dans le processus de modernisation aujourd’hui engagé ». Mais il estime dans le même temps « légitime de faire peser sur les 20 % de contribuables bénéficiaires de la suppression finale de la TH une partie au moins du coût budgétaire de cette réforme ». Or, c’est justement cette piste qu’a exclue M. Darmanin en accréditant dans Le Parisien l’idée d’un cadeau fiscal pour les plus aisés.
Trouver un compromis avant mi-2019
Que va-t-il désormais se passer ? « L’idée est plutôt de s’orienter vers la première proposition, mais sûrement avec quelques ajustements. Ce sera à voir durant la concertation [avec les élus locaux] », précise Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’action et des comptes publics.
En effet, ce rapport n’est que le début d’une concertation, que mèneront Olivier Dussopt à Bercy et Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, à Beauvau. Une première discussion est prévue le 17 mai, dans le cadre de l’« instance de dialogue » de la Conférence nationale des territoires qui réunit l’Etat et les collectivités locales. Objectif : parvenir à un compromis d’ici au premier semestre 2019.
Mais les élus ne seront pas les seuls à devoir modifier leurs habitudes. « Si les propositions de la mission sont suivies, le transfert net de nouveaux produits d’impositions nationales vers les collectivités territoriales sera d’au moins 25 milliards d’euros », pointent les auteurs, qui soulignent que cela représentera un « effort à consentir par l’Etat, qui renoncerait ainsi à la croissance à venir de près de 10 % de ses propres recettes ». Ce qui ne manquera pas de poser de nouveau défis en matière de finances publiques. A Matignon, on explique déjà que la suppression totale de la TH pourrait « être étalée entre 2020 et 2021 ».

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ EN UN GRAPHIQUE – Le président américain, Donald Trump, vient de doucher les espoirs des entreprises américaines et européennes en Iran. Voici un graphique pour comprendre les relations commerciales entre Paris et Téhéran.
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Quelles sont les relations commerciales entre la France et l’Iran ?

EN UN GRAPHIQUE – Le président américain, Donald Trump, vient de doucher les espoirs des entreprises américaines et européennes en Iran. Voici un graphique pour comprendre les relations commerciales entre Paris et Téhéran.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 18h25
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 19h38
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


La décision du président américain, Donald Trump, de retirer les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien met en péril la présence des entreprises françaises en Iran. Les acteurs tricolores implantés dans le pays ont, comme leurs concurrents européens ou américains, trois à six mois pour s’en désengager, sous peine de se voir interdire l’accès au marché américain.

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En 2017, la France est le 2e partenaire commercial de l’Iran, si on compte les exportations et les importations. L’Iran est le 49e client de la France, alors qu’il n’était que 59e en 2016 et 70e en 2015. Si la France n’a pas « triplé » en deux ans son excédent commercial en Iran, contrairement à ce qu’a avancé le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, mercredi 9 mai sur France Culture, le pays a effectivement pris des airs de nouvel eldorado économique depuis la levée des sanctions internationales, en janvier 2016. Le déficit commercial de la France vis-à-vis de l’Iran s’est élevé en 2017 à 816 millions d’euros, soit 19 % de plus qu’en 2016, en raison de la hausse des achats de pétrole à Téhéran, notait la direction générale du Trésor en janvier 2018.

   


En deux ans, trois cents entreprises françaises ont entrepris des démarches pour s’implanter en Iran. Plusieurs secteurs sont concernés, du pétrole à l’agroalimentaire en passant par l’aéronautique.
Total, Renault, PSA, Airbus…
Parmi la poignée d’entreprises françaises déjà sur place, les plus touchées par la décision américaine seront notamment Total, Renault, PSA ou Accor. Par exemple, le groupe pétrolier français a signé, en juillet 2017, un accord de 1,75 milliard d’euros avec l’Iran pour développer dans le golfe Persique la phase 11 de South Pars, le plus grand gisement offshore de gaz naturel au monde.
De son côté, Renault a vendu l’an dernier 162 000 voitures en Iran, son 8e marché mondial. Le français a aussi signé, en juillet 2017, un nouvel accord pour produire 150 000 véhicules supplémentaires à travers une coentreprise. Le groupe PSA a quant à lui écoulé 443 000 voitures en Iran en 2017. Ensemble, PSA et Renault détiennent 40 % du marché automobile iranien (respectivement 30 et 10 %).
S’ajoute encore le constructeur aéronautique européen Airbus, auquel IranAir a récemment commandé une centaine d’appareils, pour un montant total de 17,5 milliards d’euros.
Quelques heures après la décision de Donald Trump, le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, a tenté de rassurer les entreprises hexagonales : « Nous allons les réunir dans les jours qui viennent pour tenter de les préserver au maximum des mesures américaines. »
Par cette décision, le président américain se pose en « gendarme économique » du monde, obligeant les entreprises à choisir entre l’Iran et le colossal marché américain, a pour sa part critiqué Bruno Le Maire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Le géant de la distribution américain Walmart a annoncé mercredi 9 mai qu’il allait débourser 16 milliards de dollars pour s’emparer du numéro un indien du commerce en ligne. Un record absolu pour le secteur.
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Avec l’indien Flipkart, Walmart se développe dans le commerce en ligne

Le géant de la distribution américain Walmart a annoncé mercredi 9 mai qu’il allait débourser 16 milliards de dollars pour s’emparer du numéro un indien du commerce en ligne. Un record absolu pour le secteur.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 15h48
    |

                            Guillaume Delacroix








                        



   


Il y a encore un an, il était le prédateur qui n’allait faire qu’une bouchée de son compatriote en difficulté, Snapdeal, pour devenir « l’Alibaba de l’Inde ». Flipkart, le champion indien du e-commerce, est finalement devenu la proie. Et c’est l’américain Walmart qui va l’avaler, dans le cadre de la plus grosse opération jamais réalisée dans le monde dans le commerce en ligne et comme le plus grand investissement direct étranger en Inde.
Mercredi 9 mai, le leader mondial de la grande distribution a annoncé qu’il allait prendre le contrôle de 77 % du capital de Flipkart, pour un montant de 16 milliards de dollars comprenant un apport en fonds propres de 2 milliards. L’opération valorise la cible indienne à 20,8 milliards de dollars, un montant à peine croyable si l’on se souvient qu’au printemps 2017, la start-up fondée dix ans plus tôt par Sachin Bansal et Binny Bansal, deux anciens ingénieurs d’Amazon (sans lien de parenté), avait été évaluée à 11,6 milliards de dollars à l’occasion d’une augmentation de capital de 1,4 milliard de dollars.
A l’époque, ce sont Microsoft, eBay et le géant chinois de l’internet Tencent, propriétaire de la messagerie WeChat, qui avaient parié sur Flipkart. Ces derniers vont réduire leurs positions mais rester néanmoins au tour de table, alors qu’à l’inverse, le japonais SoftBank a décidé de se retirer. Le propriétaire de Snapdeal avait fait irruption chez Flipkart en août 2017, en apportant 2,5 milliards de dollars d’argent frais, dans le but de rapprocher ensuite les deux entreprises indiennes Snapdeal et Flipkart. En cédant sa participation (23,6 % du capital), il va empocher une coquette plus-value.
Walmart et Flipkart indiquent être maintenant « en discussion » avec d’autres investisseurs, confirmant implicitement l’information relayée par la presse indienne depuis plusieurs jours selon laquelle Alphabet, maison mère de Google, rachèterait bientôt à Walmart l’équivalent de 5 % du capital de Flipkart.
Avances d’Amazon
C’est en commençant par vendre des livres en ligne, comme Amazon, que Flipkart s’est lancé dans le e-commerce. Il a connu un développement rapide en se diversifiant dans l’électronique grand public, puis dans l’aménagement de la maison et l’habillement, par le biais des portails Myntra et Jabong.
En s’unissant à Walmart, il entend distancer Amazon, qui lui a aussi fait des avances dans la dernière ligne droite. Coup de bluff pour faire monter les enchères ? La firme de Jeff Bezos, qui s’est lancée en Inde en 2013 moyennant un investissement de 5 milliards de dollars, aurait estimé la valeur de Flipkart à 22, voire 23 milliards de dollars.
Ce scénario n’a pas tenu les milieux d’affaires en haleine très longtemps, car il aurait à l’évidence été dans l’incapacité d’obtenir le feu vert des autorités, Flipkart détenant 39 % de parts de marché en Inde, et Amazon 30 %. Mardi 8 mai, Amazon a fait savoir qu’il venait d’injecter 390 millions de dollars dans sa filiale indienne pour montrer qu’il allait continuer à investir dans le sous-continent.
Selon le cabinet de conseil italien FD Research, la valeur des produits vendus sur le site de Flipkart s’élève actuellement à 6,5 milliards de dollars en rythme annuel, contre 5,5 milliards sur Amazon. C’est moitié plus qu’il y a un an pour les deux concurrents, preuve que la dynamique du commerce en ligne ne se dément pas.
D’après Morgan Stanley, le secteur devrait progresser de 30 % par an au cours des dix prochaines années, pour atteindre 200 milliards de dollars. Walmart est encore plus optimiste. Dans une étude interne révélée par le site d’information Factor Daily, le distributeur américain estime que le marché indien, couvert « à 80 % par une économie informelle », pèsera « 1 800 milliards de dollars d’ici à 2027 ». C’est sur les 20 % restants, soit 360 milliards de dollars, que le e-commerce « a sa carte à jouer », calcule-t-il.
Cheval de Troie
Une bonne raison d’acquérir Flipkart, mais pas la seule. Walmart, qui avait auparavant convoité Snapdeal, va enfin avoir l’occasion de se développer dans le commerce en ligne à l’échelle mondiale et, ce faisant, de commencer à rattraper son retard sur Amazon. Pour l’instant, il réalise 15 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur Internet, pour l’essentiel aux Etats-Unis, soit 3 % seulement de son volume d’activité global.
Avec Flipkart, l’américain va surtout pouvoir contourner la règle contre laquelle tous les acteurs mondiaux de la grande distribution, à commencer par Carrefour, se cassent les dents en Inde : l’interdiction faite à toute société non indienne de posséder des magasins multimarques, notamment dans l’agroalimentaire. Flipkart va être en quelque sorte son cheval de Troie, en lui donnant immédiatement accès à 100 millions de clients et à près de 100 000 fournisseurs référencés.
L’opération permettra par ailleurs à Walmart de se détourner de la Chine, un pays où il s’était risqué à acquérir Yihaodian, le numéro trois du commerce en ligne, lequel avait ensuite vu ses parts de marché fondre de 10 % à 1 % en cinq ans, au profit d’Alibaba et du numéro deux, JD. « En Inde, Walmart ne peut pas se permettre de rater le coche. Le PIB croît de 7 % par an et le gouvernement Modi a considérablement simplifié le paysage fiscal », observe un banquier d’affaires.
Reste à savoir comment Walmart va s’y retrouver financièrement. Sur l’exercice 2016-2017, Flipkart a affiché 1,1 milliard d’euros de pertes pour 2,48 milliards d’euros de chiffre d’affaires. « Une entreprise qui perd autant d’argent après dix ans d’existence ne peut pas être considérée comme une “success story” », relève K. Vaitheeswaran, analyste à Forrester Research.
La partie qui va désormais se jouer est d’autant plus serrée qu’Amazon est là et que les Chinois sont en embuscade : Tencent, qui possèdait jusqu’ici 5,9 % de Flipkart, et Alibaba, qui pourrait faire un jour prochain une entrée fracassante. Lundi 7 mai, celui-ci a fait savoir qu’il allait augmenter sa participation dans l’épicier en ligne indien BigBasket. Un signal discret avant un nouveau big bang ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le constructeur automobile allemand a constaté des problèmes pouvant entraîner une coupure de contact intempestive sur de nombreux modèles fabriqués entre mars 2007 et août 2011.
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BMW rappelle 312 000 voitures au Royaume-Uni pour un problème électrique

Le constructeur automobile allemand a constaté des problèmes pouvant entraîner une coupure de contact intempestive sur de nombreux modèles fabriqués entre mars 2007 et août 2011.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 14h42
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 14h58
   





                        



   


Le constructeur automobile allemand BMW a annoncé, mercredi 9 mai, le rappel de 312 000 voitures au Royaume-Uni pour des problèmes électriques pouvant entraîner une coupure de contact intempestive.
Un porte-parole du groupe allemand au Royaume-Uni a confirmé à l’Agence France-Presse (AFP) cette information révélée par la BBC. Il s’agit d’une extension d’un précédent rappel effectué en 2017 dans le pays pour plus de 36 000 voitures, pour les mêmes causes.
BMW reconnaît, désormais, que le problème peut affecter des véhicules qui n’avaient pas été concernés par le premier rappel, et ce à la suite d’un reportage de la BBC expliquant que le dysfonctionnement était d’une ampleur plus importante qu’estimé.
Remplacement d’une prise
Les modèles concernés par le rappel sont la BMW Série 1, la Série 3, la sportive Z4 et le 4 x 4 citadin X 1, dans leur motorisation à essence comme diesel et fabriqués entre mars 2007 et août 2011. Le groupe explique que le défaut peut être réparé en deux heures par le remplacement d’une prise.
Le premier rappel était intervenu après un décès au Royaume-Uni le jour de Noël 2016. Un homme était mort au volant de sa Ford Fiesta à la suite d’une collision avec un arbre après avoir voulu éviter une BMW qui s’était arrêtée soudainement sur la route, tous phares éteints, à cause de ce problème d’alimentation.
De son côté, le régulateur automobile britannique, la DVSA (Driver and Vehicle Standards Agency), a statué la semaine dernière que BMW ne l’avait pas informé correctement sur ce défaut électrique ayant entraîné la mort de M. Gurung.
De semblables problèmes électriques avaient déjà occasionné le rappel en 2013 de 750 000 voitures BMW dans le monde, aux Etats-Unis, au Japon, au Canada et en Afrique du Sud, sans affecter l’Europe à l’époque.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ L’ancien quartier ouvrier de Gerland, à Lyon, connaît un développement galopant mais peine encore à créer du lien entre ses habitants. Un tiers-lieu et des jardins partagés tentent de réveiller la cité-dortoir.
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A Lyon, le nouveau Gerland est-il « un quartier à vivre ou un quartier à vendre » ?

L’ancien quartier ouvrier de Gerland, à Lyon, connaît un développement galopant mais peine encore à créer du lien entre ses habitants. Un tiers-lieu et des jardins partagés tentent de réveiller la cité-dortoir.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 14h36
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 14h59
    |

                            Adrien Naselli








                        


Des grues dans le ciel bleu, des marteaux-piqueurs dans le béton poussiéreux, et des panneaux « à vendre » partout. Il suffit de traverser les 700 hectares de Gerland, à Lyon, pour constater que l’endroit est devenu le terrain de jeu favori des promoteurs immobiliers. L’ancien quartier ouvrier produit chaque année un quart de la construction de logements neufs à Lyon : 10 000 personnes s’y sont installées en dix ans, et 10 000 nouveaux habitants arriveront d’ici à 2025, si l’on en croit les projections de la Mission Gerland, rattachée à la Métropole de Lyon. La population aura ainsi doublé en moins de vingt ans, passant de 20 000 à 40 000 habitants.
Le bruit des travaux contraste avec le calme presque suspect des nouveaux lotissements. Dans la ZAC du Bon-Lait, achevée en 2014, on croise peu de commerces, de rares restaurants intégrés au rez-de-chaussée des immeubles, quelques étudiants de l’Ecole normale supérieure inaugurée en l’an 2000. En 2022, l’Ecole de management de Lyon triplera ses effectifs en installant ses locaux juste au-dessus de la ZAC des Girondins, décrite par la Mission Gerland comme « un cœur de ville exemplaire du bien-vivre en ville ». 

   


Laboratoire de la mixité sociale
S’il est un lieu qui incarne ce renouveau urbain, c’est le lotissement Follement-Gerland, érigé sur une ancienne friche industrielle. « C’était un laboratoire pour nous », commente Véronique Grosjean, directrice de projets chez Bouygues Immobilier. Avec ses dix immeubles à l’allure futuriste, il comprend 639 logements de différents types (HLM, logement classique, résidences étudiantes), et de « l’accession abordable », qui prend la forme de petites maisons posées sur les toits. Au milieu de cet « îlot de mixité sociale », un jardin ouvert. « La consigne était : ni barrière ni clôture. On abolit les barrières sociales, on abolit aussi les barrières physiques », résume Véronique Grosjean.
La résidence comprend un « animateur de copropriété », une serre partagée sur les toits, un atelier à vélos collectif, une caisse à outils commune entreposée chez la gardienne, une recyclerie… Une application permet aux habitants de s’organiser entre eux, même si Véronique Grosjean reconnaît que l’appropriation de ces équipements n’est pas évidente : « Nous allons organiser des ateliers pour leur apprendre à s’en saisir. » A l’image de la serre, dont la flore aurait besoin d’un bon coup d’arrosoir…

   


Si Follement-Gerland se veut un laboratoire d’une nouvelle forme de vie en ville, la résidence est aussi fermée sur elle-même : les dix immeubles sont isolés par des grilles. « On voulait laisser ouvert, répond Véronique Grosjean. Mais les gens se sentaient moins en sécurité. » Tous les logements ont été vendus un an avant la construction.
Obsession de la valorisation foncière
Les anciens habitants, eux, sont déboussolés par cette urbanisation éclair. Avant de prendre sa retraite en 2013, l’ancien directeur du centre social de Gerland, Jean-Paul Vilain, avait adressé cette pique à la municipalité : « Un quartier à vivre ou un quartier à vendre ? » Pour l’actuelle présidente du centre, Bernadette Pizzuti, 72 ans, « c’était un petit village, ici. J’ai grandi dans un Gerland où il n’y avait que des petites maisons, et je ne vois plus que des immeubles. Le quartier a explosé ! » Jean-Baptiste Aubert, vicaire de la paroisse Saint Jean-Paul-II dont l’église est encerclée par les travaux, constate un certain délitement du lien social : « C’est un quartier qui souffre de solitude. On le voit bien à la paroisse, qui est l’un des rares témoins du siècle dernier. On se dit que nous pouvons encore représenter une unité entre les habitants, là où le quartier n’assume pas ce rôle. »

   


Les projets des promoteurs ont-ils fait disparaître l’âme du quartier ? C’est l’avis de Michel Lussault, qui enseigne à l’ENS voisine : « Gerland ne manque pas de diversité sociale et ne connaît pas une évolution à la parisienne. Mais la ville de Lyon a privilégié le modèle d’un développement intensif confié aux promoteurs. Ce quartier est un bon exemple pour voir à quel point l’obsession de la valorisation foncière crée de la banalité standard. On disposait d’un espace avec un potentiel extraordinaire, qui faisait de Gerland la zone “berlinoise” de Lyon. C’est raté. »
Manque d’animation
Gerland manque, en effet, singulièrement d’animation. Le départ de l’Olympique lyonnais du stade de Gerland, en 2015, n’a pas arrangé les choses. Et même si la Tony Parker Adéquat Academy, un centre sportif imaginé par le célèbre basketteur, devrait voir le jour en 2019, la grande période des soirs de matchs est close.
Pourtant, çà et là, des initiatives égayent le quartier. La Commune, qui a ouvert ses portes fin mars, est un gigantesque « tiers-lieu » qui accueille déjà plus de mille visiteurs par jour et où travaillent une soixantaine de personnes. Au cœur d’une ancienne menuiserie, une quinzaine de start-up qui ont déjà fait leurs preuves dans la restauration sont accueillies en échange d’un loyer de 5 000 euros par mois. Parmi ces locataires, Adrien Lamblin, dont la jeune entreprise utilise des farines d’insectes « pour trouver des alternatives à la viande ».

   


Pour Aurélie et Sarah, qui travaillent dans le quartier et découvrent La Commune pendant leur pause déjeuner, « ces lieux de convivialité sont essentiels pour casser le côté ville-dortoir ».
Déborah Hirigoyen, la cofondatrice de La Commune, estime qu’un tel lieu manquait à Gerland, afin de recréer un lien social fragilisé par l’intensité du développement immobilier. « Une ville ne peut pas se construire avec la pression foncière pour seul moteur. Ce sont les strates du temps qui créent les histoires. Quand on rase un quartier pour ne construire que du neuf, on ne sait jamais ce que cela va donner. » Les associations proposent leurs services : yoga, street art, ou encore lectures de contes aux enfants par des drag-queens. Parmi les visiteurs de La Commune, on croise une jeunesse branchée, mais aussi des familles, des personnes âgées, des salariés des environs. Prochaine étape : inviter les pensionnaires des Ehpad du quartier pour les sortir de l’isolement.
Sortir de l’entreprise, et de la cité
D’autres initiatives tentent de créer du lien social à Gerland, comme un jardin partagé, entretenu par l’association La Légumerie et installé entre les tours du Bio District (qui rassemble des leadeurs mondiaux en sciences du vivant comme Sanofi Pasteur ou Merial) et la cité-jardin, composée à 100 % de logements sociaux. Ce jour-là, une quinzaine de personnes de tous âges s’affairent. Christine, qui sort des barres d’immeuble avec son déambulateur, s’installe à l’ombre. Omar, un réfugié kurde d’Irak, retourne la terre.

   


« Il y a une énorme différence entre le Bio District où tout le monde a minimum bac + 5 et des salaires élevés, et la cité-jardin où beaucoup de personnes arrêtent l’école tôt et vivent avec le RSA », commente Rose Guinaudeau, en service civique à La Légumerie. A quelques encablures, le collège Gabriel-Rosset se classe parmi les établissements qui obtiennent les plus mauvais résultats au brevet dans le département du Rhône. Il compte 55 % de boursiers, contre une moyenne de 24 % dans l’Académie. « Notre projet est de rassembler ces publics de sous et surdiplômés. On essaye, par exemple, de monter des projets avec Sanofi, mais il est difficile de faire sortir les gens de leur entreprise… comme de leur cité », résume Rose Guinaudeau.
Depuis seize ans, les Nuits sonores, le festival de musique électronique, dont l’édition 2018 s’est ouverte le 6 mai, amène en tout cas à Gerland une jeunesse hétéroclite. L’événement investit l’ancienne usine d’électroménager Fagor-Brandt, en plein cœur du quartier. Un signe que la perspective d’un « Berlin lyonnais » n’est peut-être pas tout à fait endormie.
Le Monde organise à Lyon, jeudi 17 mai 2018, un événement sur les « villes intelligentes » et la réduction des inégalités. Inscription et programme ici (gratuit).

        Lire aussi :
         

                Les « villes intelligentes » réduiront-elles les inégalités ? Une conférence du « Monde » à Lyon le 17 mai






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Jean-Pierre Brulard, directeur d’une entreprise technologique, estime dans une tribune au « Monde » que le croisement entre la 5G, les objets connectés et l’intelligence artificielle va obliger à un saut technologique sans précédent.
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« La 5G, nouveau travail d’Hercule » des opérateurs mobiles

Jean-Pierre Brulard, directeur d’une entreprise technologique, estime dans une tribune au « Monde » que le croisement entre la 5G, les objets connectés et l’intelligence artificielle va obliger à un saut technologique sans précédent.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 14h00
    |

Jean-Pierre Brulard (Vice-président et directeur général Europe Moyen-Orient et Afrique de VMware, spécialiste des infrastructures Cloud)







                        



                                


                            
Tribune. La 5G est le nouveau travail d’Hercule pour les opérateurs de télécommunications et les fournisseurs d’accès à internet (FAI). Les premiers, tout d’abord, doivent répondre aux attentes toujours plus élevées des consommateurs, tout en gérant une offre alliant téléphonie et données mobiles. Le contexte aussi a changé, puisque les coûts d’infrastructure, loin de se stabiliser, se sont au contraire accrus, alors que la concurrence s’est intensifiée et que le revenu moyen par utilisateur s’est effondré.
La 5G devrait être adoptée par 1,2 milliard de personnes d’ici à 2025, ce qui représente 12 % des connections mobiles totales
Si l’on en croit les prévisions de la GSMA, l’association mondiale des opérateurs mobiles, la 5G devrait être adoptée par 1,2 milliard de personnes d’ici à 2025, ce qui représente 12 % des connections mobiles totales. D’ici là, les taux de croissance annuels moyens des FAI devraient atteindre 2,5 % pour 1 300 milliards de dollars de profits. Pour des acteurs qui bataillent entre une demande en croissance et des prix en chute libre, c’est un objectif ambitieux. Tout le défi est de récolter les fruits de ce travail sans sombrer…
Il s’agit d’un changement radical et sans précédent, même par rapport à la 4G. Assurer la continuité du service et sa longévité va demander de l’anticipation et de la prévision. Tant en termes d’opérations sur le réseau que de développement de nouvelles compétences, la transition entre la situation actuelle et l’avenir des télécommunications devra être la moins visible possible pour les usagers, ce qui n’est pas une mince affaire.
Développement de nouveaux services
La première étape est de réfléchir aux nouveaux usages du réseau, et à la façon dont il différera de la 3G ou de la 4G. A titre d’exemple, la bande passante particulièrement élevée et la faible latence de la 5G s’apprêtent à bouleverser l’architecture des télécommunications du « cloud » et à permettre le développement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Le regroupement entre les troisième et quatrième géants du marché américain des mobiles va être suivi de près outre-Atlantique, où la taille critique pour affronter les défis de la 5G n’est pas atteinte, analyse dans une tribune au « Monde » l’ingénieur Yves Gassot.
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« La fusion entre Sprint et T-Mobile » est un cas d’école

Le regroupement entre les troisième et quatrième géants du marché américain des mobiles va être suivi de près outre-Atlantique, où la taille critique pour affronter les défis de la 5G n’est pas atteinte, analyse dans une tribune au « Monde » l’ingénieur Yves Gassot.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 14h00
    |

Yves Gassot (Ancien directeur général de l’Idate, groupe de réflexion et d’études spécialisé dans l’économie numérique, les médias, l’Internet et l...







                        



                                


                            
Tribune. Cette fois-ci pourrait être la bonne. T-Mobile et Sprint, troisième et quatrième opérateurs de téléphonie mobile américains, semblent bien partis pour se regrouper. Ils ont annoncé dimanche 29 avril leur fusion, qui doit encore être validée par les autorités de la concurrence des Etats-Unis.
L’opposition de l’administration Obama à la concentration dans le secteur de la téléphonie mobile avait repoussé l’acquisition de T-Mobile par AT&T (deuxième opérateur américain) en 2012, puis la fusion entre T-Mobile et Sprint en 2014, avant l’échec d’une opération d’Iliad sur T-Mobile. On s’attendait à ce que le changement d’administration à Washington modifie la donne. En effet, Sprint et T-Mobile ont repris les négociations dès 2017. Elles ont été rompues à nouveau en novembre 2017 car le principal actionnaire de Sprint, le japonais SoftBank, avait refusé les exigences du principal actionnaire de T-Mobile, Deutsche Telekom, qui souhaitait contrôler la nouvelle entité.
Masayoshi Son, le patron de SoftBank, a reconnu que la dynamique de conquête était plus du côté de T-Mobile que de Sprint
Mais l’opération, sauf à être définitivement enterrée, ne pouvait pas être repoussée sine die pour au moins trois raisons. La première est liée aux enchères pour les nouvelles fréquences millimétriques de la 5G, prévues en novembre 2018 : les opérateurs télécoms qui souhaitent y participer ne peuvent pas communiquer entre eux dans la période qui précède ces enchères.
La deuxième est liée aux fameuses synergies attendues avec ce type d’opération : ici, il s’agit d’unir les efforts pour construire un seul réseau 5G, et non deux. Or la course est lancée, et plus on attend, plus les investissements engagés séparément minimisent les perspectives de synergie.
La troisième raison est que Masayoshi Son, le patron de SoftBank, bien qu’investisseur audacieux, a reconnu au fil des discussions que la dynamique de conquête était plus du côté de T-Mobile que de Sprint,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Une consultation sera organisée du 14 au 21 mai, « selon des modalités sur lesquelles nous sommes en train de travailler », a dit Laurent Brun, de la CGT-Cheminots.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/05/2018
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Réforme de la SNCF : l’intersyndicale décide de faire voter les cheminots

Une consultation sera organisée du 14 au 21 mai, « selon des modalités sur lesquelles nous sommes en train de travailler », a dit Laurent Brun, de la CGT-Cheminots.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 13h26
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 10h28
    |

                            Éric Béziat








                        


Les péripéties d’Air France ont manifestement donné des idées aux syndicats de la SNCF. Alors que le seizième jour de grève, mercredi 9 mai, a perturbé toujours fortement la circulation des trains, l’intersyndicale (CGT, UNSA, SUD et CFDT) a décidé d’organiser une « vot’action » pour demander aux cheminots s’ils sont « pour ou contre » la réforme ferroviaire, a annoncé à la presse Laurent Brun (CGT-Cheminots), à l’issue d’une réunion.
Cette consultation sera organisée « du 14 au 21 mai », « selon des modalités sur lesquelles nous sommes en train de travailler de manière précise », a ajouté M. Brun. « L’unité syndicale est toujours d’actualité », a-t-il souligné à l’issue de la réunion de l’intersyndicale au siège de la CGT, à Montreuil.
La CGT, l’UNSA, SUD et la CFDT ont également réclamé d’une même voix la tenue d’une table ronde en début de semaine prochaine afin que le gouvernement énumère les amendements retenus en vue de l’examen du texte au Sénat, à la fin du mois de mai.
La question posée à tous les cheminots actifs, ainsi qu’au personnel des comités d’établissement et du comité central d’entreprise sera ainsi rédigée : « Etes-vous pour ou contre la réforme que veut imposer le gouvernement ? »
Ne pas effrayer les agents non grévistes ou peu militants
Comment sera organisé le vote ? « Les organisations syndicales régionales CGT, UNSA, SUD, CFDT établiront ensemble une liste des urnes fixes (…) accessibles lors des AG et d’urnes mobiles permettant d’alimenter celles-ci en allant à la rencontre des non-grévistes », explique un document préparatoire daté du 7 mai, auquel Le Monde a eu accès.
Afin de garantir le sérieux du référendum, des listes nominatives d’émargement comportant le numéro de matricule du cheminot seront établies. « Les organisations syndicales s’engagent à respecter la confidentialité du vote en ne publiant pas les listes d’émargement et en les détruisant à la fin du vote », précise toutefois le document.

   


L’idée est de ne pas effrayer les agents de la SNCF non grévistes ou peu militants afin de maximiser le nombre de votants. « La légitimité de ce référendum se jugera sur une participation massive », conclut le document.
Contrairement à Air France, où la direction avait organisé un référendum, à la SNCF la direction ne cautionne pas cette initiative, considérant que le sujet est principalement législatif. « Les cheminots sont bien évidemment concernés par la réforme, déclare au Monde Guillaume Pepy, le président de la SNCF. Mais celle-ci touche tous les Français. C’est donc à leurs représentants élus de se prononcer. Personne ne peut leur confisquer ce débat. »
Même son de cloche du côté du gouvernement. La consultation annoncée n’empêchera pas la poursuite des discussions, a, d’ores et déjà, prévenu, jeudi, Muriel Pénicaud. « Cette réforme ne concerne pas simplement la SNCF, en interne, mais tous les Français » et, dans ce cas, « les décisions se prennent au Parlement avec le gouvernement », a déclaré la ministre du travail sur RTL.
Si « les organisations syndicales ont le droit de prendre les initiatives qu’elles veulent », « le dialogue social n’est pas le lieu où tout se décide » et l’« Assemblée nationale s’est déjà prononcée en faveur de cette réforme », a-t-elle poursuivi.
Officiellement, l’objectif n’est pas de faire tomber la tête de Guillaume Pepy. Un des négociateurs syndicaux dit toutefois le contraire, ajoutant : « La place est libre à Air France, nous allons le pousser à postuler. »
Du côté de l’UNSA, syndicat dit « réformiste », la tonalité est différente : « Il y a du pour et du contre, dit un responsable. On n’est pas dans le cas d’Air France, où tout le monde votait. Ici on sait qui va s’exprimer : ce sont surtout les convaincus. Cela relativise la pertinence de l’initiative. Mais si le soutien au référendum permet de fortifier l’unité syndicale… »
Les instances dirigeantes de l’UNSA, tout comme celles de la CFDT, se sont finalement ralliées à l’idée d’une consultation des cheminots.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Pour cette seizième journée de grève, la SNCF fait part d’un taux de grévistes de 14,46 % en matinée, mais 53 % des conducteurs restent toujours mobilisés.
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SNCF : le taux de grévistes au plus bas depuis le début d’avril

Pour cette seizième journée de grève, la SNCF fait part d’un taux de grévistes de 14,46 % en matinée, mais 53 % des conducteurs restent toujours mobilisés.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 12h56
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 13h40
   





                        


Le mouvement faiblit alors que le conflit se durcit. Le taux de grévistes à la SNCF est, mercredi 9 mai, au plus bas depuis le début du mouvement en avril mais concerne toujours plus de la moitié des conducteurs, selon les chiffres transmis par la direction de l’entreprise deux jours après des réunions bilatérales entre les syndicats et le premier ministre.
Pour cette seizième journée de grève, la SNCF fait part d’un taux de grévistes de 14,46 % en matinée, le plus faible depuis le début du mouvement de grève le 3 avril, par épisode de deux jours sur cinq. Vendredi 4 mai, dernier jour de grève ouvré, le nombre total de grévistes était déjà en baisse et s’établissait à 17,12 %.
« Risque de radicalisation » du conflit
Parmi le personnel nécessaire à la circulation des trains, la mobilisation affiche aussi une baisse sensible, mais elle reste soutenue. Plus d’un conducteur sur deux (53 %) est en grève mercredi (contre 63 % vendredi), plus de quatre contrôleurs sur 10 (45,5 %, contre 58,9 % vendredi) et plus de deux aiguilleurs sur dix (20,9 % contre 24,5 %).
Après les rencontres bilatérales avec le premier ministre, Edouard Philippe, à Matignon lundi, l’intersyndicale CGT-Cheminots, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots se réunit en fin de journée mercredi pour décider des suites à donner au mouvement.
Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a estimé mercredi sur Franceinfo que le conflit entrait « dans une quinzaine de jours, quinze-vingt jours, décisifs », période pendant laquelle son syndicat « va continuer de discuter et de se mobiliser ». 

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42 amendements proposés par la CFDT
La CFDT a proposé « 42 amendements », qu’elle veut que le gouvernement « étudie » et « introduise dans la loi » lors du passage du texte devant le Sénat. La centrale syndicale demande des « améliorations » pour les cheminots transférés à la concurrence – « possibilité de retour », « maintien de l’emploi » si l’entreprise fait faillite… –, sur la gouvernance de la SNCF – « incessibilité des capitaux », « maintenir une activité fret » – et sur des questions concernant « l’ensemble des citoyens » – « enjeux de la transition écologique », gares « dans le domaine public », une même « sûreté » maintenue « sur l’ensemble du réseau ».
« Si on nous dit à la fin “on vous en retient trois [amendements], et trois mineurs entre guillemets”, évidemment que ça ne marchera pas », a-t-il prévenu. Selon lui, il existe « un risque de radicalisation ». Laurent Brun, de la CGT-Cheminots, a déclaré de son côté que la CGT allait « questionner les cheminots » sur la réforme, tout en estimant que « pour l’instant, il n’y a pas de fin du conflit ».

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ La Chine, premier producteur mondial d’aluminium, a lancé un vaste plan de réduction de ses surcapacités. Mais Pékin veut davantage favoriser une montée en gamme et façonner des champions nationaux que leur rogner les ailes.
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La Chine veut faire passer sa production d’aluminium de la quantité à la qualité

La Chine, premier producteur mondial d’aluminium, a lancé un vaste plan de réduction de ses surcapacités. Mais Pékin veut davantage favoriser une montée en gamme et façonner des champions nationaux que leur rogner les ailes.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 12h44
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 13h33
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

Gong Zhiyu est un patron heureux. Alors que les usines voisines sont touchées par les restrictions de production d’aluminium, son entreprise continue de tourner tranquillement. Ses 80 salariés fabriquent des cercles de ce métal destinés à alimenter les usines de canettes ou de tubes de rouge à lèvres. Les autorités locales ont choisi de privilégier les acteurs à plus forte valeur ajoutée, qui transforment le produit, aux dépens des producteurs de barres d’aluminium brut.
Depuis novembre, les mesures adoptées au niveau national ont fait remonter les prix. Les droits de douane imposés par les Etats-Unis sur les importations d’aluminium chinois ? M. Gong hausse les épaules : « La plupart de mes clients ont leurs usines en Chine. »

A Zouping, district industriel de la ville de Zibo, dans la province du Shandong, les droits de douane de 10 % sur les importations d’aluminium adoptés par l’administration Trump le 8 mars dernier ne font pas peur. La Chine n’a pas attendu les sanctions américaines pour réformer le secteur.
« Politique de l’offre »
Weiqiao, le géant local de l’aluminium, huitième producteur mondial, a déjà dû limiter sa production à 70 % de ses capacités depuis novembre. Comme bon nombre de firmes des secteurs de l’acier, du charbon et de l’aluminium, Weiqiao et toutes les entreprises du district qui en dépendent, vivent au rythme des décisions du gouvernement chinois plus qu’à celui des fluctuations des cours des métaux.
Fin 2015, la Chine a lancé un vaste plan de réduction de ses surcapacités industrielles. Mais il ne s’agit que d’un pan d’une stratégie plus large, estampillée « politique de l’offre », consistant à moderniser le secteur industriel chinois. Objectifs : diversification, montée en gamme, et cela sur toute la chaîne de valeur.
Concrètement, Pékin tente de mettre fin à la surproduction qui minait les prix, dans les secteurs, stratégiques, de l’aluminium, du charbon et de l’acier. D’une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Pour apprendre les bons réflexes alimentaires aux 6-10 ans, la start-up C’TropFood a imaginé un personnage, Twip, que les petits doivent nourrir sainement.
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Avec l’appli Feed Twip, manger équilibré devient un jeu d’enfant


                      Pour apprendre les bons réflexes alimentaires aux 6-10 ans, la start-up C’TropFood a imaginé un personnage, Twip, que les petits doivent nourrir sainement.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 12h33
    |

            Marlène Duretz








   


Feed Twip, appli concoctée par C’TropFood pour les 6 à 10 ans et labellisée par le Programme national pour l’alimentation, permet aux marmots d’acquérir les bases de la nutrition et de l’équilibre alimentaire tout en s’amusant. A la manière de son aîné le Tamagotchi, Twip, une drôle de bestiole bipède, des bois zébrés sur la tête et une fourrure vert d’eau tout ébouriffée, requiert d’être nourrie pour ne pas dépérir. Mais si son précurseur n’était pas regardant sur ce qu’il avalait, Twip, évoluant à l’écran dans un décor planté d’arbres brocolis, doit être sustenté de façon saine, équilibrée et méthodique, à raison de trois repas par jour.
Avantages
Slimy (slim, « svelte » en anglais) guide l’enfant : « Ecoute ! Son ventre gargouille, il a faim », avant de proposer un panier « plein de bonnes choses à manger ». Ce sont des ingrédients des sept familles alimentaires dont Slimy va se faire le précieux aiguilleur, faisant connaître à son apprenti leur intérêt et leurs proportions quotidiennes.
Twip se trémousse pour dire s’il est satisfait tandis que Slimy veille au grain : « Il faut plus de produits laitiers ! » Lorsque le menu est aux petits oignons, trois étoiles sont octroyées ; sinon la bestiole vire au gris ou se couvre de pustules et l’enfant se fait remonter les bretelles d’un « Twip pourrait manger plus équilibré, non ? »
Entre chaque repas, mais à petites doses, l’enfant est invité à faire le plein de victuailles en s’adonnant à des mini-jeux, ou encore à passer en cuisine pour mettre au point ses propres recettes.
Inconvénients
Rien n’empêche l’enfant de nourrir Twip de carottes râpées au petit déjeuner accompagnées d’une côtelette d’agneau et de pâtes. Au parent de raisonner son enfant s’il demande de manger comme Twip le matin. A souligner que Twip n’est ni flexitarien, ni végétarien, ni végétalien. Aucune protéine végétale ne figure à son menu, qu’on se le dise.
Faire des repas parfaits, compléter de nombreuses expéditions ou encore réaliser le meilleur score aux minijeux rapporte de maigres récompenses, à savoir des éléments de décor pour agrémenter l’habitat de Twip. Faire les courses, préparer de bons petits repas équilibrés n’est pas toujours gratifiant… mais tellement bon pour la santé !
Appli pour iOS et Android. Ctropfood.com


