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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Les échanges de tirs sont de plus en plus fréquents dans ce territoire situé à la frontière entre les deux pays, initialement syrien et occupé par Israël depuis 1967.
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Pourquoi le plateau du Golan est-il au cœur du conflit entre Israël et la Syrie ?

Les échanges de tirs sont de plus en plus fréquents dans ce territoire situé à la frontière entre les deux pays, initialement syrien et occupé par Israël depuis 1967.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 17h57
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 18h43
    |

                            Eléa Pommiers








                        



   


Les tensions entre Israël et la Syrie sont encore montées d’un cran, jeudi 10 mai. Des bombardements israéliens d’une ampleur inédite ont répondu à une dizaine de tirs de roquettes de la Syrie, attribués à l’Iran. Au cœur de cet affrontement, un territoire guère plus grand que le département français du Val-d’Oise : le plateau du Golan, 12 à 25 kilomètres de large, 67 kilomètres de long, seul point de contact entre Israël et la Syrie.
Bordé par le Liban au nord, la Syrie à l’est, Israël à l’ouest, et la Jordanie au sud, culminant à 2 000 mètres d’altitude, il surplombe la vallée du Jourdain et la Galilée israélienne à l’ouest et le plateau de Damas à l’est. Une position hautement stratégique dans une région de conflits, notamment entre Israël et la Syrie, officiellement toujours en guerre.
A qui appartient le plateau du Golan ?
Il se situait en territoire syrien lorsque le pays accéda à l’indépendance, en 1946. Si Israël en revendique aujourd’hui la souveraineté, c’est parce qu’il a conquis le Golan (en même temps que le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est) en 1967, à l’issue de la guerre des Six-Jours, lors de laquelle le pays affronta l’Egypte, la Jordanie et la Syrie.

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Depuis, le Golan cristallise les tensions entre Israël et la Syrie. Il est le théâtre d’affrontements entre les deux pays — et, indirectement, entre l’Iran (allié de la Syrie) et l’Etat hébreu.
L’occupation israélienne a été condamnée par l’ONU dès 1967
L’occupation israélienne a été condamnée par l’ONU dès 1967, et la Syrie a tenté de récupérer le plateau en attaquant Israël par surprise lors de la guerre du Kippour de 1973 (près de 14 000 morts et 28 000 blessés), en même temps que l’Egypte tentait de reprendre le Sinaï. Israël, avec le soutien des Etats-Unis, est toutefois sorti vainqueur de ce nouvel affrontement.
En 1979, cependant, Israël a rétrocédé le Sinaï à l’Egypte, et les deux pays ont signé un accord de paix. La Jordanie en a fait autant en 1994. La Syrie, en revanche, est toujours en état de guerre avec l’Etat hébreu, les négociations achoppant systématiquement sur la question de la maîtrise du plateau du Golan, qu’Israël refuse de rétrocéder.

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          Les nouvelles lignes rouges israéliennes en Syrie et au Liban



La Knesset (le Parlement israélien) a voté l’annexion du plateau en 1981, malgré les condamnations de l’ONU. Israël n’a eu de cesse, depuis, de durcir les conditions de retrait du Golan à mesure que la droite nationaliste s’affirmait dans le pays, rendant plus difficiles encore les négociations dans lesquelles la Syrie exige la restitution de tout le territoire occupé. Depuis 1999, le gouvernement israélien doit, par exemple, obtenir au moins 65 % des voix par référendum ou la majorité qualifiée au Parlement pour décider d’un compromis sur le Golan.
Ce dernier est aujourd’hui peuplé d’environ 30 000 colons juifs et environ 22 000 Druzes syriens, qui ont été autorisés par Israël à rester sur ce territoire après 1967.

   


Quelle est la situation à la frontière israélo-syrienne depuis cette annexion ?
En 1974, un an après la guerre du Kippour, l’ONU a mis en place une zone tampon sur le Golan entre l’armée israélienne et l’armée syrienne. Des forces des Nations unies étaient chargées de veiller au respect du cessez-le-feu dans cette zone démilitarisée de 70 kilomètres de long. Et la situation y est restée relativement calme durant des décennies, jusqu’à ce que le conflit syrien déstabilise à nouveau la région.
Plusieurs groupes djihadistes, dont le Front Al-Nosra, se sont établis le long de la frontière syrienne avec le Golan, et les affrontements entre l’armée syrienne et les rebelles sont courants. Au point que les forces de l’ONU ont quitté la zone militarisée en 2014 pour rejoindre la zone israélienne, faisant disparaître la zone tampon.
A plusieurs reprises, des tirs de mortier syriens ont atterri sur le plateau du Golan, sans que l’on sache qui les avait tirés. Ils ont presque à chaque fois provoqué des réactions militaires israéliennes : ce fut le cas en 2012, en 2013, en 2014, en 2016, ou encore en 2017.

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Le théâtre d’un affrontement indirect entre les Etats-Unis et l’Iran
Avec la guerre de Syrie, la région s’est aussi affirmée comme le théâtre d’un affrontement indirect entre les Etats-Unis et l’Iran, dont l’influence est croissante au Proche-Orient ; situation aujourd’hui virulemment dénoncée par Donald Trump. Or, l’Iran, chiite, est l’allié du régime syrien, et l’un des principaux ennemis d’Israël, qui refuse de voir le Golan devenir un avant-poste iranien. Sans compter la présence du Hezbollah libanais, lui aussi ennemi d’Israël, sur le sol syrien depuis le début de la guerre en tant qu’allié du régime de Bachar Al-Assad.
En février 2018, la situation s’était subitement tendue lorsqu’un drone avait pénétré l’espace aérien israélien. L’Etat hébreu avait incriminé l’Iran avant de procéder à des frappes sur la Syrie. Les tirs du 9 mai constituent cependant une première, puisque les roquettes ont pour la première fois été directement attribuées à la force Al-Qods, chargée des opérations extérieures des gardiens de la révolution iraniens. La réaction israélienne a, elle aussi, été d’une ampleur sans précédent.

   


Pourquoi Israël veut-il conserver la maîtrise du plateau du Golan ?
Contrairement à la Cisjordanie palestinienne, le plateau du Golan n’a aucune signification particulière dans la religion juive, son occupation n’a donc aucune dimension religieuse.
Le premier argument est militaire. Avant sa colonisation, le Golan représentait une véritable forteresse syrienne. Durant la guerre israélo-arabe de 1948-1949, l’armée syrienne s’y était repliée et y lançait des attaques de positions israéliennes. Elle y avait installé une unité de tireurs d’élite, des radars permettant de détecter les avions militaires israéliens et plusieurs installations militaires. Sa conquête était une nécessité défensive aux yeux d’Israël.
Le Golan est ensuite devenu un atout offensif, puisque Israël dispose notamment d’une station d’écoute au sommet du mont Hermon, au nord du Golan, à seulement une soixantaine de kilomètres de la capitale syrienne, et peut y déployer ses forces.

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L’argument militaire n’est pas le seul (...). C’est aussi la maîtrise des ressources en eau qui se joue
Mais l’argument militaire n’est pas le seul. Derrière la maîtrise du plateau du Golan, c’est aussi la maîtrise des ressources en eau, rares et convoitées dans une région traversée par de larges zones désertiques, qui se joue. Avant même la guerre des Six-Jours , la Syrie, le Liban, la Jordanie et Israël se disputaient la maîtrise des lacs et des cours d’eau. Même si Israël (à 60 % désertique) produit désormais une large partie de son eau potable par désalinisation (600 millions de m3 par an), la maîtrise des sources d’eau douce reste primordiale.
A lui seul, le Golan (avec divers cours d’eau et nappes phréatiques) fournit un peu plus de 250 millions de m3 d’eau douce par an à Israël. Le contrôle du plateau permet, en outre, à l’Etat hébreu de protéger le Jourdain — fleuve qui longe le flanc ouest du plateau et que la Syrie, la Jordanie et le Liban voulaient détourner à leur profit avant l’occupation — et du lac de Tibériade, plus grande réserve d’eau douce d’Israël. C’est parce que la Syrie revendiquait une frontière lui laissant accès à la rive droite de ce lac que les négociations ont définitivement achoppé en avril 2000, Israël s’y opposant catégoriquement.

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          « Ce qui se profile en Syrie, c’est un affrontement entre Israël et l’Iran »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Jacob Waerness, ancien directeur sûreté de l’usine syrienne du cimentier, a été arrêté à Paris et mis en examen le 4 mai pour « financement du terrorisme ».
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Affaire Lafarge : un ex-membre des services norvégiens mis en examen

Jacob Waerness, ancien directeur sûreté de l’usine syrienne du cimentier, a été arrêté à Paris et mis en examen le 4 mai pour « financement du terrorisme ».



Le Monde
 |    10.05.2018 à 14h58
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 15h09
    |

            Soren Seelow








                        


Son arrestation est à l’image du personnage : rocambolesque. Selon les informations du Monde, Jacob Waerness, ancien membre du renseignement intérieur norvégien, a été interpellé mercredi 2 mai à l’aéroport Roissy - Charles-de-Gaulle, entre deux avions lors d’une escale à Paris, dans le cadre de l’enquête sur les agissements du cimentier Lafarge en Syrie. Ce Norvégien de 40 ans, responsable de la sécurité de l’usine syrienne du groupe entre 2011 et 2013, a été mis en examen vendredi 4 mai pour « financement du terrorisme », portant à huit le nombre de mis en cause dans ce dossier.
Voilà plus d’un an que les enquêteurs cherchaient à entendre ce personnage-clé du dossier, qui travaille aujourd’hui pour le Centre pour le contrôle démocratique des forces armées (DCAF), en Suisse. Sa mise en examen détonne quelque peu avec la mission de cette fondation, qui entend « améliorer la sécurité des Etats et des peuples dans le cadre des principes démocratiques, du respect de la loi et des droits de l’homme ». Sur son profil LinkedIn, Jacob Waerness, qui n’a pas répondu aux sollicitations du Monde, précise disposer d’une « expertise démontrée sur le terrain dans des environnements complexes ». Un talent rare qui lui vaut aujourd’hui de se retrouver au cœur de la tourmente Lafarge.
Les douanes judiciaires, en charge de l’enquête, avaient déjà tenté de le convoquer à plusieurs reprises par téléphone en avril 2017. Sans succès. Jacob Waerness s’était alors montré peu coopératif, comme en témoigne ce procès-verbal :
« M. Jacob Waerness nous a indiqué qu’il n’avait pas de déplacement prévu à Paris dans les prochains mois. A la proposition de se voir à la frontière franco-suisse à Saint-Louis (Haut-Rhin), Monsieur Waerness a décliné la proposition et nous a indiqué qu’il préférait que nous fassions le déplacement en Suisse. A défaut, il voulait bien répondre à nos questions par Skype. »

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                Financement du terrorisme par Lafarge : mode d’emploi



Personnage médiatique et énigmatique
Quelque peu contrariés par cette fin de non-recevoir, les enquêteurs ont patiemment attendu que cet ancien élève de HEC Paris remette un pied sur le territoire français pour l’interpeller. Jacob Waerness a été intercepté lors d’un transit à l’aéroport de Roissy - Charles-de-Gaulle, et c’est dans le bureau d’un juge qu’il a finalement répondu aux « questions » de la justice, avant d’être mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, vendredi.
Quadragénaire au visage juvénile, Jacob Waerness est le personnage le plus médiatique, et sans doute le plus énigmatique, de l’affaire Lafarge. Des anciens cadres du cimentier visés par l’enquête ouverte en juin 2016, il est le premier à avoir publiquement admis, dans un livre sorti en Norvège à l’été 2016, puis au fil de nombreuses interviews, que la filiale syrienne de Lafarge avait financé des groupes terroristes. Sa posture, qui tendrait à le faire passer pour un lanceur d’alerte, n’a pas suffi à convaincre les trois juges qui instruisent ce dossier depuis juin 2017.

Très bon arabophone, Jacob Waerness était employé par la filiale syrienne de Lafarge entre septembre 2011 et octobre 2013, période durant laquelle le cimentier a commencé à rétribuer les groupes armés présents autour de son usine pour se maintenir dans le pays. Il avait participé à la première réunion organisée en septembre 2012 à Gaziantep (Turquie) avec les responsables de plusieurs factions rebelles : le début d’un engrenage qui conduira quelques mois plus tard Lafarge à financer les groupes terroristes, qui s’inviteront à la table des négociations.
« J’aurais dû les avertir »
Dans un entretien produit par l’ONG Sherpa à l’appui de sa plainte déposée contre Lafarge en novembre 2016, l’ancien agent avait justifié les contacts établis à l’été 2013, à la fin de sa mission, entre Lafarge et l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, futur Etat islamique), qui venait de s’établir en Syrie : « C’est important de regarder le contexte. Je pense que c’est tout à fait acceptable d’avoir, au début, des contacts avec ISIS [acronyme anglais de l’EIIL] et des groupes islamistes radicaux, de se lier aux personnes ayant le pouvoir. Mais ils ont ensuite montré leur vrai visage, ils ont été placés sur une liste des organisations terroristes. »
Il avait cependant esquissé un début de mea culpa. « La dynamique entre le PDG et moi : toujours trouver des solutions pour faire fonctionner le business. Et je pense qu’on l’a poussée un peu trop loin (…). Vers la fin de mon contrat, on aurait dû fermer. A cette époque, nous savions qui était ISIS, nous savions que nous ne pouvions pas rester dans la région sans contacts directs ou indirects avec ce groupe. J’aurais dû prévenir la direction. Donc, deux critiques : primo, la dynamique qui a fait que nous avons poussé loin ; secundo, j’aurais dû les avertir que c’est un groupe méchant et une voie sans issue. Ils ont continué une année supplémentaire et ISIS a emménagé dans la zone. »
Depuis le début de cette enquête aux ramifications internationales, six autres cadres du groupe, dont l’ex-PDG Bruno Lafont, ont été mis en examen pour « financement du terrorisme » et « mise en danger de la vie d’autrui », ainsi qu’une ancienne DRH de Lafarge pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Les enquêteurs s’intéressent par ailleurs au degré de responsabilité du principal actionnaire du cimentier à l’époque des faits, le Groupe Bruxelles Lambert (GBL), dont les locaux ont été perquisitionnés et dont quatre administrateurs ont été entendus par la police belge, fin 2017.

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                Lafarge en Syrie : le rôle des actionnaires en question






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Véronique David-Martin habite à Bath, en Angleterre, depuis vingt-huit ans. Elle raconte ses craintes avant la sortie de l’UE.
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Ma vie de… Française au Royaume-Uni : « Avec le Brexit, je perds mes droits »

Véronique David-Martin habite à Bath, en Angleterre, depuis vingt-huit ans. Elle raconte ses craintes avant la sortie de l’UE et sa méfiance vis-à-vis du gouvernement.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 18h49
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

« Ma vie de… » donne la parole à des témoins de l’actualité du monde entier, qui racontent leur quotidien à la première personne.
Près de deux ans après le référendum sur le Brexit, le sort des Européens qui vivent au Royaume-Uni et des Britanniques dans l’Union européenne demeure flou. Si Londres et Bruxelles ont trouvé un accord de principe sur le sujet, qui doit permettre à chacun de conserver les mêmes droits qu’avant le Brexit, les exactes modalités d’application ne sont pas connues. Outre-Manche, trois millions d’Européens doivent régulariser leur situation d’ici à juin 2021, mais la procédure n’ouvrira pas avant la fin de l’année, au mieux.
Pour préparer ce gigantesque processus, le gouvernement britannique reçoit depuis le mois de mars des Européens, nationalité par nationalité, pour les consulter et tenter de les rassurer. Lundi 23 avril, une centaine de Français ont ainsi été reçus. « Nous souhaitons que vous restiez et nous apprécions votre contribution », déclarait, rassurant, Robin Walker, secrétaire d’Etat chargé du Brexit. Mais les Français présents dans la salle ont exprimé une forte anxiété et une méfiance générale vis-à-vis des autorités britanniques. Véronique David-Martin, 53 ans, était l’une des participantes.
« Je suis arrivée au Royaume-Uni avec la première vague expérimentale de ce qui deviendra ensuite le programme Erasmus, en 1984. Je suis allée à l’université de Dundee, en Ecosse. Quand on m’en a parlé pour la première fois, je ne savais pas où c’était et j’avais écrit phonétiquement “Dandy”. J’y ai rencontré mon futur mari, qui est Britannique, et je suis revenue m’installer définitivement au Royaume-Uni en 1987.
A l’époque, on m’a dit : “Tu n’as besoin d’aucun papier pour t’enregistrer, il n’y a aucune démarche à faire, tu es ici chez toi.” Venant de France, où on vit dans la hantise de ne pas avoir ses papiers à jour, l’Angleterre était incroyablement décontractée.
Chèque...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ « N’attendons pas », « n’ayons pas peur », « ne soyons pas faibles », « ne soyons pas divisés », a exhorté le président français à Aix-la-Chapelle, où il recevait le prix Charlemagne.
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Les quatre « commandements » d’Emmanuel Macron pour l’Europe

« N’attendons pas », « n’ayons pas peur », « ne soyons pas faibles », « ne soyons pas divisés », a exhorté le président français à Aix-la-Chapelle, où il recevait le prix Charlemagne.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 18h23
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Peut-être était-ce l’écho, la majesté de cette salle du couronnement, dans la mairie d’Aix-la-Chapelle, ex-capitale de l’empire carolingien ? Ou la solennité du moment, alors qu’Emmanuel Macron recevait, jeudi 10 mai Outre-Rhin, quasiment des mains d’Angela Merkel, le prix Charlemagne, plus ancienne et plus prestigieuse récompense européenne ?
Le contraste était en tout cas saisissant entre la vision qu’a une nouvelle fois développée le chef de l’Etat français pour l’Union, et la mesure dont a – une nouvelle fois elle aussi – fait preuve la chancelière sur le même sujet. S’adressant directement à elle, face à un parterre essentiellement allemand – où on pouvait quand même apercevoir Daniel Cohn-Bendit, François Bayrou, ou Jean-Claude Trichet –, Emmanuel Macron a livré son discours le plus fort sur l’Europe depuis celui de la Sorbonne, en septembre.
Animé par l’urgence (de trouver un plan commun de relance avec Berlin, mais aussi de prémunir l’Europe face à la montée des périls au Moyen-Orient suite à la décision américaine de se retirer de l’accord nucléaire iranien), le chef de l’Etat français a exhorté l’Allemagne à « prendre des risques », à ne « pas avoir peur » et à en finir avec ses « fétiches ». 
La France « a fait un choix dont je suis le dépositaire »
La France a les siens, a insisté M. Macron, qui fait le pari, depuis un an, de rester dans les clous du pacte de stabilité et de croissance : « En France, il ne faudrait plus toucher les traités [européens]. Mais réveillez-vous, la France a changé, elle n’est plus la même, elle a fait un choix dont je suis le dépositaire, celui des réformes. » Quant à l’Allemagne, « il ne peut pas y avoir non plus un fétichisme perpétuel pour l’équilibre budgétaire et les excédents commerciaux ! » 
L’Allemagne a déjà enterré son projet d’un super-ministre des finances et d’un parlement de la zone euro
A la Sorbonne, il y a maintenant huit mois, M. Macron a fait une longue liste de propositions pour l’Union, notamment pour la zone euro, sans que pour l’instant Berlin n’ait répondu franchement à sa main tendue. L’Allemagne a déjà enterré son projet d’un super-ministre des finances et d’un parlement de la zone euro. Reste l’idée d’un budget propre, mais qui n’enthousiasme par le ministre des finances, Olaf Scholz. A Bruxelles, on n’espère plus, au mieux qu’une modeste « ligne budgétaire » (25 milliards d’euros sur sept ans) dans le budget de l’Union post-Brexit.
M. Macron n’a pourtant rien cédé sur cette idée d’un budget commun, jeudi : « Je crois dans un budget européen beaucoup plus ambitieux dans lequel la France prendra sa part, qui défendra la convergence économique, fiscale et sociale » dans l’eurozone.
Déroulant sur un mode très solennel ses quatre « commandements » pour l’Europe, dont l’urgence à agir (« n’attendons pas, c’est maintenant ! ») et la défense des valeurs (« n’ayons pas peur de nos principes et ne nous trahissons pas »), le chef de l’Etat français a aussi insisté sur la nécessaire prise de conscience face aux Etats-Unis de Trump. Dans une allusion transparente à la décision brutale et unilatérale du président américain de se retirer de l’accord nucléaire iranien, il a lancé un vibrant : « Ne soyons pas faibles, ne subissons pas ! »
Accord iranien et multilatéralisme
« Accepterons-nous la règle de l’autre ou sa tyrannie ? Qui doit décider de nos choix commerciaux, ceux qui nous menacent parce que les règles ne leur conviennent plus? Nous avons fait le choix de construire la paix au Proche et au Moyen-Orient, d’autres puissances ont choisi de ne pas respecter leur parole. Devons-nous céder à la politique du pire ? » a martelé le président, qui a plusieurs fois appelé, ces derniers jours, à sauvegarder l’accord iranien et à préserver le multilatéralisme.
« Les Etats-Unis ne vont pas nous protéger. L’UE doit prendre son destin en main »
C’est sur ce dernier point, la crise ouverte de la relation transatlantique, que la chancelière Merkel a prononcé ses paroles les plus fortes, jeudi. La politique étrangère européenne « n’en est encore qu’à ses débuts car les conflits se jouent à nos portes et les Etats-Unis ne vont pas nous protéger. L’UE doit prendre son destin en main. Il s’agit d’une question de guerre ou de paix, j’appelle toutes les parties prenantes à faire preuve de retenue », a t-elle insisté, faisant référence à la montée des tensions entre Israël et Iran ces dernières heures. « Nous devons renforcer nos efforts pour trouver une solution politique à la Syrie. »
Pour le reste de sa laudatio, même si elle a loué le « charme » et la « capacité » du président français à enthousiasmer les citoyens de l’Union européenne, la chancelière n’a offert aucune ouverture, notamment sur un budget pour l’eurozone, insistant au contraire sur les priorités allemandes : la migration, la transformation digitale. Sur l’eurozone, les discussions sont « difficiles mais nous allons faire des progrès sur l’union bancaire et les marchés des capitaux », a cependant promis la chancelière.
Dédramatiser les divergences franco-allemandes
Il devrait donc y avoir une feuille de route franco-allemande en juin. Mais pour quelle ambition ? La politique des petits pas, qui semble convenir à Berlin ? Juste un filet de sécurité supplémentaire pour l’union bancaire, déjà quasi acquis depuis l’automne au sein de l’Eurogroupe (les ministres des finances de l’eurozone) et quelques engagements de long terme sur le financement de la transformation digitale ?
Pour l’instant, le compromis en discussion paraît plus allemand que français
Des deux côtés du Rhin, les diplomates ont l’habitude de dédramatiser les divergences, jugées classiques, entre les Allemands et les Français. Sur le commerce, la défense, l’économie, les « positions de départ de Berlin et de Paris sont souvent éloignées, mais on finit toujours par trouver un compromis, c’est ce qui fait la force du franco-allemand », soulignent-ils. Certes, mais pour l’instant, le compromis en discussion paraît plus allemand que français. Et pas forcément à la mesure de cette « perspective de trente ans » que le président Macron dit vouloir offrir aux citoyens de l’Union.
Il en va aussi de la crédibilité : le chef de l’Etat a beau être très apprécié en Allemagne, comme dans les cercles bruxellois, pour son ardeur à défendre l’Europe, il reste singulièrement isolé sur son programme de réformes. Au Nord, les Néerlandais ou les Irlandais incarnent les nouveaux « Britanniques » de l’Union (ils disent non à une taxe digitale, non à davantage d’argent pour le budget de l’Union, etc.). Au Sud, l’Italie pourrait se doter d’un gouvernement populiste eurosceptique. A l’Est, les capitales ont d’autres priorités ou développent des discours anti-Bruxelles inquiétants…
Quel poids aura encore la parole macronienne, si après les discours d’Athènes, de la Sorbonne, au Parlement européen en avril, et maintenant à Aix-la-Chapelle, elle n’arrive toujours pas à entraîner les autres Européens sur le terrain de l’action ?



                            


                        

                        


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Celia Hodent, la psychologue française derrière le succès du jeu vidéo « Fortnite »

Si la nouvelle coqueluche des gameurs a été adoptée aussi naturellement par ses dizaines de millions de joueurs, c’est en partie grâce à elle.





Le Monde
 |    10.05.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 17h24
    |

            William Audureau






   


C’est le jeu phénomène de l’année 2018. Déjà 45 millions de joueurs se sont créé un compte pour tenter de terminer dernier survivant des matchs à mort à 100 participants de Fortnite Battle Royale. Depuis le 8 mai, on peut désormais y rencontrer Thanos, le méchant du dernier blockbuster en date de Disney et Marvel, Avengers : Infinity War, actant un peu plus encore de son poids considérable chez les jeunes.
Ce que l’on sait moins, c’est que derrière le succès de Fortnite se cache une Française de 40 ans, Celia Hodent, dont l’outil de prédilection détonne dans le monde très technique de la programmation de jeu : la psychologie.
Cette ancienne d’Ubisoft a été durant quatre ans directrice de l’expérience utilisateur au sein d’Epic Games, la société américaine derrière le jeu à succès. S’assurer que les joueurs comprennent le message d’un jeu, se familiarisent facilement avec celui-ci, s’y sentent à l’aise et en ressortent satisfaits, pavant ainsi la voie à sa popularité, c’est son métier, ou pour ainsi dire, sa science.
« Expliquer comment fonctionne le cerveau humain »
Loin des profils de programmeurs, de graphistes et d’animateurs qui font l’essentiel du secteur, Celia Hodent est détentrice d’une thèse de psychologie de Paris-V. Avec une spécialité, la psychologie cognitive, qui s’intéresse aux interactions des individus avec leur milieu, et qu’elle applique au jeu vidéo. Autrice du livre de référence sur le sujet, The Gamer’s Brain : How Neuroscience and UX Can Impact Video Game Design (2017, non traduit), Celia Hodent a débuté au sein d’Ubisoft en 2008. « Je faisais des formations avec les équipes de développement pour leur expliquer comment fonctionne le cerveau humain », se souvient-elle, interrogée par Le Monde. Compréhension, mémorisation, motivation… autant de leviers qu’elle utilise pour rendre les idées des développeurs plus accessibles et plaisantes à leurs consommateurs.

   


Dans le jeu vidéo, l’UX, ou expérience utilisateur, a même son vocabulaire dédié, essentiellement anglophone, qui brasse des notions en apparence barbares comme l’affordance (la capacité d’un objet interactif à exprimer visuellement ce à quoi il sert), l’usability (la facilité avec laquelle on parvient à l’utiliser en situation, ou utilisabilité) ou encore l’engage-ability (la faculté d’un jeu à faire en sorte que son joueur s’y investisse).
Après une expérience à Ubisoft Montréal, puis chez LucasArts, elle signe à Epic Games en 2013. Cette société californienne d’environ 200 têtes travaille, désormais, depuis un an sur un projet ambitieux mêlant jeu de tir avec progression du joueur, à la manière de Borderlands, et construction, à la façon de Minecraft. Un projet qui verra quatre ans à voir le jour, mais s’est depuis imposé dans tous les collèges et les lycées : Fortnite.
Faciliter la compréhension des joueurs
A l’arrivée de Celia Hodent, les trois idées fondatrices du jeu sont déjà posées : de l’exploration (scavenging), de la construction (building) et de l’artisanat (crafting). Le mode Battle royale qui a fait son succès phénoménal n’est pas encore envisagé, au contraire de modes multijoueurs plus classiques, comme des matchs à mort par équipes ou de la capture de drapeau. La priorité est surtout de s’assurer que le concept du jeu soit compris par les joueurs, dans les grandes largeurs comme dans le moindre détail – et c’est là qu’elle intervient.
A la tête d’une équipe de huit personnes – psychologues, statisticiens, analystes, coordinateur –, elle veille à systématiquement confronter le projet au regard extérieur et traquer dans le détail le moindre décrochage d’attention de ses gameurs cobayes. « On ne les interroge pas de manière générale sur ce qu’ils pensent du jeu, mais plutôt des questions extrêmement précises, de type : cette icône, que veut-elle dire ? L’objectif, c’était quoi ? On veut s’assurer qu’ils ont compris. » 

   


Exemple : dans le jeu final, le joueur manie plusieurs armes et possède, par ailleurs, une pioche avec laquelle il peut casser arbres, véhicules et bâtisses pour récolter bois, pierres et métaux. Mais dans le prototype, de nombreux testeurs ne comprenaient pas pourquoi une hache, une arme de corps à corps prévue pour repousser des zombies, ne permettait pas d’abattre des arbres. « Le jeu ne prévoyait pas ça. C’est ce que l’on appelle une fausse affordance : l’objet fait croire qu’il propose une fonction qu’il ne propose pas », explique-t-elle. Pour régler le problème, les développeurs ont placé la pioche dans une case de taille et couleur distincte des cases des armes de combat, et abracadabra ! plus personne ne les confond.
« Le plus difficile, régler le bon problème »
Dans la vie d’un projet, ce genre de confusions sont innombrables et peuvent parfois avoir des conséquences dévastatrices : si un consommateur ne comprend pas le fonctionnement du jeu ou reste bloqué, il risque tout simplement de l’abandonner. Des solutions simples existent, à condition d’être méthodique, estime Celia Hodent. « Le plus difficile, ce n’est pas de régler le problème. C’est de régler le bon problème. » 
L’ancienne directrice UX donne un autre exemple de reproche adressé par les testeurs : la vitesse de collecte de matériaux était jugée trop lente, sur le prototype. « Mais est-ce que collecter des matériaux prend vraiment beaucoup de temps, ou est-ce l’impression que le jeu donne ? », donne-t-elle comme exemple de questions que son équipe se pose. Commence alors un travail d’« enquête policière », comme elle le définit, pour trouver le cœur du problème.

   


En l’occurrence, celui-ci venait d’un simple détail de mise en scène. A chaque coup de pioche dans un arbre, le joueur récoltait plusieurs bouts de bois, mais ceux-ci étaient matérialisés à l’écran par une seule bûche allant du tronc au sac à dos du personnage. Afficher plusieurs bûches à l’écran a suffi à rassurer les joueurs sur leur rythme de collecte. Un travail d’illusionniste proche de celui de Shigeru Miyamoto, le créateur de Mario, qui, lorsqu’on lui avait fait remarquer que son héros était trop lent dans Super Mario Bros., avait résolu le problème d’un tour de passe-passe, en accélérant l’animation de ses jambes sans toucher à sa vitesse. « Miyamoto est très fort en UX », sourit Celia Hodent.
Les prémisses du mode Battle royale
La psychologue a également assisté à l’apparition tardive et expresse du mode Battle royale de Fortnite, lancé en septembre 2017, qui est à l’origine de son succès actuel. Celui-ci a été développé en deux mois seulement, estime-t-elle, par une équipe d’Unreal Tournament qui s’était prise de passion pour Playerunknown’s Battlegrounds, le jeu qui a popularisé le genre en 2017. « Ça s’est passé très vite, se rappelle-t-elle. Ils étaient une dizaine, ils ont rejoint le projet. Toutes les bases du jeu étaient là, cela n’a pas été long du tout. » 

   


Ses tests utilisateurs montrent que le mode plaît beaucoup. « On avait vu que ça marchait beaucoup mieux que le mode Capture de drapeau, parce qu’il y avait moins de règles à intégrer. Par ailleurs, les gens peuvent plus facilement s’amuser sans maîtriser les mécanismes de construction, même si ces dernières sont nécessaires pour l’emporter. » A son initiative, des règles de bonne conduite sont ajoutées, afin que ces affrontements en ligne à 100 contre 1 ne se transforment pas en jungle toxique.
A l’automne dernier, Fortnite terminé, elle quitte l’entreprise pour se concentrer sur des missions de conseil, de formation, et, plus récemment de sensibilisation aux causes qui lui tiennent à cœur, la lutte contre la toxicité en ligne, pour l’inclusivité, et l’éducation. Elle savoure aujourd’hui avec sérénité sa popularité. « Je savais que ça n’allait pas être un échec, car on a suivi tout le protocole. Après, on ne connaît jamais l’ampleur d’un succès, c’est imprévisible », sourit Celia Hodent.




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Article sélectionné dans La Matinale du 09/05/2018
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Nucléaire iranien : Rohani prêt à rester dans l’accord si l’Europe apporte des garanties

Lors d’un appel téléphonique, Emmanuel Macron et Hassan Rohani sont convenus de travailler ensemble à « la mise en œuvre continue de l’accord nucléaire ».



Le Monde
 |    08.05.2018 à 23h36
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 07h33
   





                        



La fracture est nette au sein de la communauté internationale après l’annonce par Donald Trump, mardi 8 mai, du retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien.
Le président américain a aussitôt reçu le soutien du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, principal allié de Donald Trump dans ce dossier, qui approuve « totalement » une décision qu’il a qualifiée de « courageuse ». Le royaume sunnite d’Arabie saoudite, grand rival régional de l’Iran chiite, a également affiché son « soutien », tandis que la Ligue arabe appelait à une « révision » de l’accord. Riyad a également prévenu vouloir développer son propre arsenal nucléaire si l’Iran s’y emploie de son côté.
Mais l’option radicale adoptée par Donald Trump a été dénoncée avec force par Téhéran et ouvertement déplorée par les alliés européens de Washington, qui ont promis de sauver le compromis âprement négocié en 2015.
Le président français, Emmanuel Macron, a qualifié d’« erreur » la décision du locataire de la Maison Blanche. « Je regrette la décision du président américain, je pense que c’est une erreur, c’est pourquoi nous, Européens, avons décidé de rester dans l’accord de 2015, a déclaré le chef de l’Etat mercredi. J’ai eu tout à l’heure l’occasion de le dire au président [iranien Hassan] Rohani », a ajouté M. Macron, qui s’exprimait dans une interview à la télévision publique allemande à l’occasion d’un déplacement outre-Rhin. « Non, cet accord n’est pas mort », avait déclaré plus tôt le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, sur RTL.
La France en médiatrice
M. Macron a assuré M. Rohani de « la volonté de la France de continuer à mettre en œuvre l’accord nucléaire iranien dans toutes ses dimensions », en insistant sur « l’importance que l’Iran fasse de même ». Les deux chefs d’Etat « ont convenu de poursuivre leur travail commun en direction de tous les Etats intéressés, en vue de la mise en œuvre continue de l’accord nucléaire et de la préservation de la stabilité régionale », écrit l’Elysée dans un communiqué.

   


Selon la présidence française, le président iranien « fera tout pour rester dans l’accord ». Plus tôt, l’ayatollah Ali Khamenei a prévenu les Européens : l’Iran ne restera pas dans l’accord sans « garanties réelles » de leur part. M. Rohani a expliqué qu’« en Iran, maintenant, la pression est forte pour sortir de l’accord » et qu’il lui fallait ces garanties « que lui-même pourrait exposer au peuple iranien pour le convaincre de rester dans l’accord ».
Jean-Yves Le Drian s’est également entretenu au téléphone avec son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, a indiqué le Quai d’Orsay. « Il lui a rappelé la détermination de la France à préserver l’accord de Vienne. Elle reste donc engagée dans cet accord et attend de l’Iran qu’il continue de respecter l’ensemble de ses obligations à ce titre », a rapporté le ministère. « La France invite l’Iran à ouvrir une discussion approfondie sur l’ensemble des questions relatives à la stabilité régionale. A ce sujet, le ministre a rappelé la volonté du chef de l’Etat [français] de travailler à un cadre plus large incluant les activités nucléaires et le programme balistique de l’Iran ainsi que la solution des crises au Moyen-Orient », selon le ministère français.

        Les réponses à vos questions
         

          sur le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien



« Guerre psychologique »
La décision américaine était très attendue au Moyen-Orient, où beaucoup redoutent une escalade avec Téhéran.
La Turquie a notamment dit craindre « de nouveaux conflits ». Son président, Recep Tayyip Erdogan, a critiqué la décision de son homologue américain. Selon lui, les Etats-Unis seraient « les perdants » d’une telle mesure, « car ils ne respectent pas un accord qu’ils ont signé ». « Vous ne pouvez pas vous retirer des accords internationaux quand bon vous semble. »
La Syrie, alliée de Téhéran, a aussitôt apporté son soutien à la République islamique d’Iran, condamnant « avec force la décision du président américain (…), qui montre une nouvelle fois que les Etats-Unis ne respectent pas leurs engagements ni les accords internationaux ». Damas a également dénoncé une « position agressive de l’administration américaine qui affecte la sécurité et la stabilité de la région et du monde ».

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                Accord sur le nucléaire iranien : les monarchies du Golfe face à une nouvelle donne stratégique



« Regrets » de l’Union européenne

   


Les signataires de l’accord ont vivement exprimé leur désaccord. C’est « une grave erreur », a aussitôt réagi Barack Obama, qui avait négocié et signé l’accord en 2015, et pour qui le compromis est mis « en danger » par son successeur républicain.
La chancelière allemande, Angela Merkel, a assuré que les Européens « feraient tout » pour que l’Iran respecte l’accord, et Boris Johnson, ministre britannique des affaires étrangères, a déclaré que l’accord de 2015 restait « vital » pour la sécurité de son pays.
L’Union européenne (UE) a promis de « préserver » le « plan d’action » de 2015, « une des plus belles réussites jamais réalisées par la diplomatie ». Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, a exhorté les autres signataires à « respecter pleinement leurs engagements ».

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                Face au retrait de Trump, les Européens déterminés à défendre l’accord sur le nucéaire iranien



Regret et déception de la Russie et de la Chine
La Russie, également signataire de l’accord, s’est dite « profondément déçue » par la voix de son ministère des affaires étrangères, qui dénonce « une violation grossière des normes du droit international ». Selon Moscou, cette décision de M. Trump « est une nouvelle preuve de l’incapacité de Washington à négocier » et les « griefs américains concernant l’activité nucléaire légitime de l’Iran ne servent qu’à régler les comptes politiques » avec Téhéran. Vladimir Poutine a fait part de sa « profonde préoccupation ».
« Il n’y a aucune raison de saper l’accord, qui a prouvé son efficacité », dit Moscou, qui a défendu jusqu’au bout ce compromis qu’il qualifie d’« historique », rappelant que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a régulièrement certifié le respect par Téhéran des termes du texte censé garantir le caractère non militaire de son programme nucléaire. Aussi la Russie reste-t-elle déterminée à respecter cet accord.
La Chine, aussi signataire de l’accord de Vienne, appelle à le sauvegarder et déplore la décision de M. Trump. Pékin « appelle toutes les parties à agir de façon responsable » pour « revenir dès que possible » au respect d’un texte qui « contribue à préserver la paix au Moyen-Orient ».
L’AIEA a à nouveau assuré, mercredi, que « l’Iran [était] soumis au régime de vérification le plus fiable au monde en matière de nucléaire », et que Téhéran respectait ses engagements.

Notre sélection d’articles sur l’accord relatif au nucléaire iranien
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr sur l’accord sur le nucléaire iranien :
les réponses à vos questions sur l’annonce du retrait américain de l’accordl’analyse de notre correspondant aux Etats-Unis, qui souligne que les décisions de Donal Trump « sont souvent en contradiction avec sa vision du monde ».les points clés de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, conclu le 14 juillet 2015ce qu’il faut savoir de l’accord, en sept questions ;l’analyse des promesses faites par Donald Trump durant la campagne présidentiellela tribune de parlementaires européens qui appellent leurs homologues américains à sauver l’accord sur le nucléaire ;les images de la visite d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, où il a débattu de l’accord avec Donald Trump ;la chronique de Sylvie Kauffmann, pour qui, « sur le nucléaire iranien, le compte à rebours vers une sorte de catastrophe annoncée a commencé » ;la tribune de François Nicoullaud, ancien ambassadeur à Téhéran, qui appelle à « sortir par le haut de la crise du nucléaire avec l’Iran ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Si les syndicats restent unis après dix-huit jours de grève, les questions des investissements publics et de la sortie du conflit restent épineuses.
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SNCF : quatre leçons de la grève à mi-conflit

Si les syndicats restent unis après dix-huit jours de grève, les questions des investissements publics et de la sortie du conflit restent épineuses.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 15h32
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 17h04
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Alors que vient de s’achever, mercredi 9 mai, le dix-huitième jour de grève des cheminots contre la réforme ferroviaire, sur trente-six annoncés, le conflit semble s’être installé dans une routine, qui cache toutefois des phases distinctes.
Il y a d’abord eu, début avril, le lancement de cette grève originale par intermittence inventée par les quatre syndicats représentatifs de la SNCF (CGT, UNSA, SUD et CFDT), puis l’entrée dans le débat législatif, qui a abouti au vote en première lecture du projet de loi à l’Assemblée nationale le 17 avril.
A suivi une période de « bouderie » des quatre organisations syndicales qui, contestant la méthode de concertation du gouvernement, ont refusé de continuer à discuter avec la ministre des transports, Elisabeth Borne, et revendiqué une négociation directe avec le premier ministre, Edouard Philippe.
Une nouvelle phase vient de s’ouvrir depuis le lundi 7 mai et la rencontre des syndicats avec M. Philippe, resté inflexible sur les points fondamentaux de la réforme (ouverture à la concurrence, transformation de la SNCF en société publique, extinction du statut) tout en laissant entrevoir quelques ouvertures (annonces imminentes sur la dette, implication du gouvernement pour une convention collective de haut niveau).
Ce nouveau moment, qui va courir jusqu’au 23 mai, début de l’examen du nouveau pacte ferroviaire par le Sénat, est l’occasion de tirer plusieurs leçons du conflit en cours.
Le front syndical reste uni
Si les quelques gages avancés par le premier ministre, le 7 mai, avaient pour but d’enfoncer un coin dans l’union syndicale, c’est plutôt manqué. Réunis en intersyndicale, mercredi 9 mai en fin de journée, les leadeurs des fédérations ont fait montre d’une unité sans faille et sans faux-semblants.
« Ce soir, l’unité syndicale n’a pas bronché », a déclaré Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots :
« Nous avons des appréciations qui peuvent varier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Silvio Berlusconi, le président de Forza Italia, a annoncé, mercredi soir, que si son allié la Ligue (extrême droite) parvient à un accord avec le Mouvement 5 étoiles (M5S), il ne s’y opposera pas.
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Italie : le M5S et la Ligue disent avoir franchi « des étapes significatives » pour former un gouvernement

Silvio Berlusconi, le président de Forza Italia, a annoncé, mercredi soir, que si son allié la Ligue (extrême droite) parvient à un accord avec le Mouvement 5 étoiles (M5S), il ne s’y opposera pas.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 22h01
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 12h12
   





                        



   


Ils espèrent conclure « dans un court laps de temps ». Le Mouvement 5 Etoiles (M5S) et la Ligue (extrême droite) ont annoncé, jeudi 10 mai en fin de matinée dans un communiqué, avoir franchi « des étapes significatives » en vue de former un gouvernement en Italie.
La veille au soir, Silvio Berlusconi avait ouvert la voie à la formation de ce premier gouvernement « antisystème » en donnant son feu vert à un accord en ce sens entre son alliée, la Ligue, et le M5S.
Les deux formations, qui disposent de la majorité au Parlement depuis les élections législatives du 4 mars, doivent toutefois s’entendre sur un chef de gouvernement et un programme.
« Nous allons commencer à parler des thèmes pour le pays. Ensuite nous parlerons des noms », avait assuré, mercredi soir, Luigi Di Maio, chef de file du M5S. « Il reste à travailler sur le programme, sur les échéances, sur l’équipe et les choses à faire, avait ajouté Matteo Salvini, patron de la Ligue. Soit on conclut, soit on retourne voter. »
A l’issue d’une réunion entre les deux hommes, jeudi, les deux formations assurent avoir avancé « sur la composition du gouvernement et (la nomination) du président du Conseil ». « L’objectif est de tout définir dans un court laps de temps afin d’offrir rapidement à la nation des réponses et un gouvernement politique », poursuivent les deux partis.

        Lire aussi :
         

                Le président italien veut un gouvernement « neutre » pour diriger le pays jusqu’en décembre



L’obstacle Berlusconi
Depuis deux mois, Silvio Berlusconi, qui a dirigé la droite italienne pendant vingt-cinq ans, apparaissait comme le principal obstacle à un tel dialogue : pour M. Di Maio, il était le symbole de tous les maux de l’Italie et donc infréquentable, tandis que pour M. Salvini, il restait au contraire un allié précieux qu’il a toujours refusé de lâcher.

   


« Moi je fais un pas en arrière, Salvini fait un pas en arrière, il y a encore quelqu’un qui doit faire un pas en arrière », avait insisté M. Di Maio, alors que lui, comme M. Salvini, ont tous deux renoncé à diriger eux-mêmes le gouvernement.
Dans un communiqué, mercredi soir, M. Berlusconi a répété que les élus de son parti Forza Italia (FI) ne voteraient jamais la confiance à un gouvernement du M5S, jugeant qu’il n’avait « pas la maturité politique pour assumer cette responsabilité ». Mais « si une autre force politique de la coalition de droite veut assumer la responsabilité de former un gouvernement avec les 5 étoiles, nous prendrons acte de ce choix avec respect », a-t-il assuré.
Discussions en cours
Et la victoire est totale pour M. Salvini puisque son vieil allié assure qu’un tel choix « ne marquera pas la fin de l’alliance » entre FI et la Ligue, en particulier dans les régions qu’ils dirigent ensemble, dans le nord du pays.
Après plus de deux mois de discussions infructueuses entre les diverses forces politiques, le président Sergio Mattarella s’était prononcé lundi en faveur d’un gouvernement « neutre » chargé de gérer le pays jusqu’en décembre, avant de nouvelles élections début 2019.
Il devait présenter, mercredi après-midi, la personnalité choisie pour diriger cette équipe, tandis que la presse se perdait en conjectures sur la date des prochaines élections en cas de rejet au Parlement de ce gouvernement technique : en pleines vacances de juillet, ou à l’automne au risque de ne pas pouvoir adopter de budget 2019 ?
A la mi-journée, le palais présidentiel a toutefois annoncé que la Ligue et le M5S, fermement opposés à l’idée d’un gouvernement technique, avaient demandé un délai de 24 heures pour pousser leurs discussions en cours sur un possible accord de gouvernement.
Divergences importantes
Ensemble, les deux formations disposent d’une majorité de sept voix au Sénat et de trente-deux voix à la Chambre des députés, et elles pourraient bénéficier au coup par coup du soutien actif ou au moins d’une abstention bienveillante des partenaires de la coalition de droite, dont Forza Italia.
Les divergences semblent importantes entre la Ligue – formation nationaliste proche du Front national français –, qui a fait le plein des voix au Nord sur la promesse de baisses drastiques d’impôts, et le M5S, plus ambivalent sur l’Union européenne et plébiscité par le Sud pour avoir promis un revenu de citoyenneté.
Mais outre l’ambition de leurs jeunes dirigeants, les deux partis ont en commun un rejet des forces politiques traditionnelles et des promesses voisines en matière de retraites, de lutte contre l’immigration ou de moralisation de la vie politique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Depuis « Les Beaux Gosses » en 2009, l’acteur a tourné dans une vingtaine de films et récolté trois nominations aux Césars. Il se retrouve pour la première fois en Sélection officielle à Cannes avec « Plaire, aimer et courir vite », de Christophe Honoré.
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Cannes 2018 : les beaux rôles et la joyeuse clique de Vincent Lacoste


                      Depuis « Les Beaux Gosses » en 2009, l’acteur a tourné dans une vingtaine de films et récolté trois nominations aux Césars. Il se retrouve pour la première fois en Sélection officielle à Cannes avec « Plaire, aimer et courir vite », de Christophe Honoré.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 10h53
    |

                            Clémentine Goldszal








   


Vincent Lacoste, 24 ans, plus de 25 films tournés. Et déjà une histoire d’affinités électives : deux avec Riad Sattouf, idem avec Julie Delpy et Thomas Lilti. Les mêmes noms parsèment également en sous-main son parcours : l’actrice et réalisatrice Noémie Lvovsky, les jeunes comédiens Félix Moati, Antoine de Bary et William Lebghil… « On se marre bien, tous ensemble », dit Lacoste, à l’affiche de Plaire, aimer et courir vite, de Christophe Honoré, en salle le 10 mai.
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        L’acteur de 24 ans se retrouve pour la première fois en Sélection officielle à Cannes avec « Plaire, aimer et courir vite », de Christophe Honoré. De Riad Sattouf à Virginie Efira ou Julie Delpy, il revient sur ses rencontres marquantes."
            data-slide-description="Vincent Lacoste, à Paris, le 27 avril 2018."
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        Riad Sattouf, réalisateur"
            data-slide-description="« Quand j’ai rencontré Riad, j’avais 14 ans et je ne savais pas du tout quoi faire dans la vie si ce n’est avoir le brevet. Je voulais essentiellement être riche et avoir des relations sexuelles avec des femmes. J’ai tenté le casting des « Beaux Gosses » en voyant une annonce passée à la cantine du collège. La première fois que je l’ai rencontré, je l’ai pris pour l’assistant un peu timide et efféminé du directeur de casting, qui était un grand bonhomme barbu. Riad prend les adolescents au sérieux : il a été la première personne à s’adresser à moi comme à un adulte. A l’époque, il comprenait sans doute plus de choses de moi que moi de lui, mais nous sommes devenus très proches pendant le tournage, et encore plus quand nous nous sommes retrouvés pour « Jacky au royaume des filles », quatre ans plus tard. J’avais passé le bac et arrêté l’école, et on a commencé à se voir beaucoup. Riad m’a énormément appris. La première fois que j’ai fait l’amour avec une fille, c’est lui que j’ai appelé. Je lui ai beaucoup demandé conseil sur mes choix de films. Mais, si je l’écoutais, je ne ferais que ses films… Quand j’ai fait des choses qui ne lui plaisaient pas, il était scandalisé. Maintenant, c’est parfois lui qui me demande mon avis. Mais bon, en général, c’est plutôt moi qui consulte le vieux sage. »"
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        Antoine de Bary, acteur et réalisateur"
            data-slide-description="« C’est mon ami Félix Moati qui nous a présentés, il y a six ou sept ans. J’habitais avec ma copine dans le 11e, et au moment où on s’est séparés et que je me suis retrouvé seul dans l’appartement, le hasard a fait qu’Antoine emménageait à une minute de chez moi. A partir de ce moment, on a passé notre vie ensemble. Je viens de finir le tournage de son premier long-métrage,  »Le Jour de gloire« , l’histoire d’un ex-enfant star dont la vie part en sucette. Il se fait virer de chez lui, n’arrive plus à bander, a des relations compliquées avec ses parents… Le film est un condensé de nos angoisses à tous les deux, un scénario catastrophe : ne plus travailler, ne plus pouvoir avoir de meuf, ne plus s’entendre avec ses parents, ne plus avoir de potes… Mais c’est une comédie ! Ça fait des années que nous parlons du film, j’ai lu toutes les versions du scénario, fait quelques notes… Le tournage a été un moment génial, et pourtant je n’ai eu que des problèmes ; je me suis blessé à l’arcade sourcilière, j’ai eu une inflammation de la paupière et on a dû me filmer de profil pendant une semaine. Mais j’ai aimé tout ce qu’il faisait. Chaque matin, il se permettait des trucs d’une liberté incroyable, inventait tout le temps, et faisait totalement confiance aux acteurs. »"
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        Justine Triet, réalisatrice"
            data-slide-description="« Pendant quelques années après  »Les Beaux Gosses« , j’ai fait beaucoup de comédies, que des rôles d’ados… Justine m’a offert un rôle dans « Victoria » , et a été la première à capter quelque chose de moi que personne n’avait vu. Elle a un vrai génie de la mise en scène, et un univers très fort qui transcende le banal. Travailler avec elle m’a fait prendre confiance en moi. Avec son enthousiasme, elle arrive à sortir des choses des acteurs d’une manière très douce. Tu as l’impression de te dépasser, mais elle t’y amène au fur et à mesure, en te mettant en confiance. Du coup, tu lâches prise sans t’en apercevoir, mais en étant totalement consentant. « Victoria », ça a été l’un des plus beaux tournages de ma vie, celui où je me suis senti le plus épanoui, à tel point que je n’avais aucun doute sur le fait que le film allait marcher. Moi qui trouve toujours un truc qui ne va pas dans tout ce que je fais, là je n’avais rien à redire. »"
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        Virginie Efira, actrice"
            data-slide-description="« Nous ne nous connaissions pas avant de tourner ensemble dans  »Victoria ». Nous sommes tous les deux très timides. Au début, nous n’arrivions pas à communiquer. Virginie vit dans un monde parallèle où elle n’a pas conscience que les choses lui arrivent. Elle est hyperbelle, mais c’est comme si elle vivait dans le corps d’une autre personne, une petite meuf pas sûre d’elle qui a besoin d’être rassurée. Alors qu’elle est géniale de bout en bout ! En revanche, elle a confiance en elle quand elle joue. Elle est juste tout le temps, et tout de suite. J’ai tourné ma première scène de sexe avec elle, et c’était la première fois pour elle aussi. C’était super de faire ça ensemble. C’était très pudique, et Justine était à côté de nous en minishort, avec sa chemise nouée, à moitié nue elle aussi, à nous encourager. »"
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        Christophe Honoré, réalisateur"
            data-slide-description="« J’étais très heureux quand il m’a proposé le rôle d’Arthur dans « Plaire, aimer et courir vite ». J’aime ses films depuis longtemps, et c’était la première fois que je travaillais avec un réalisateur dont j’étais un peu fan. Il m’a impressionné sur le tournage. On sent qu’il a fait douze films ; il a une maîtrise incroyable. Sa direction d’acteurs est quasi chorégraphique. Ce cadre permet une immense liberté, car il aime vraiment ses comédiens. Il est toujours très doux, ne fait jamais quelque chose qui pourrait te brusquer… Il m’a vraiment fait rentrer dans son univers, à la manière d’un grand manitou : à partir du moment où tu le côtoies, il t’ouvre les portes de son monde, et cela devient le meilleur possible pour toi. Pour préparer le rôle, il m’a demandé de regarder quelques films (« My Own Private Idaho », de Gus Van Sant, « Happy Together », de Wong Kar-wai) et de lire « La Ligne de beauté », d’Alan Hollinghurst, un gros pavé que je n’ai jamais terminé ! Il m’avait aussi fait une « mixtape », donné l’album du groupe anglais The La’s, et nous a demandé, à mon partenaire Pierre Deladonchamps et moi-même, de porter un parfum particulier pendant tout le tournage. C’était génial : sur le plateau, on sentait déjà la tonalité qu’il voulait donner au film. »"
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        Thomas Lilti, réalisateur"
            data-slide-description="« Avant  « Hippocrate », Thomas avait fait un film, « Les Yeux bandés », sorti en 2008, qui n’avait eu aucun succès, mais que j’avais vu. Mes parents m’emmenaient souvent voir des avant-premières à la Fondation Gan pour le cinéma. Ça me faisait chier évidemment, mais je me souviens très nettement avoir vu le film, et il était là. Du coup, quand nous nous sommes rencontrés pour « Hippocrate », je savais qui il était, et que j’avais envie de tourner avec lui. C’était mon premier film un peu sérieux. Avec lui, j’ai découvert les scènes dramatiques. Il m’a offert quelque chose que personne ne me proposait à l’époque et je lui en suis très reconnaissant. Nous sommes restés amis depuis, et il est aussi assez copain avec Félix Moati, qui a un petit rôle dans « Médecin de campagne ». Pour son dernier film, « Première Année », le dernier volume de sa trilogie sur la médecine, il nous a réunis, William Lebghil et moi. Il est très bon pour capter les affinités de chacun et réunir des gens qui s’entendent bien dans ses castings. »"
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        Julie Delpy, actrice et réalisatrice"
            data-slide-description="« Quand j’ai joué dans son film « Le Skylab », j’avais 16 ans. J’étais en première, je passais le bac de français. Nous nous sommes tous retrouvés pendant un mois et demi dans une grande maison de campagne à côté de Brocéliande. Au milieu de tous ces acteurs (Eric Elmosnino, Denis Ménochet, Bernadette Lafont, Emmanuelle Riva), je me suis senti adulte pour la première fois. C’est le premier film que j’ai fait en ayant conscience que c’était mon métier. Et en même temps, c’était un bordel généralisé, la colo totale. En travaillant avec Julie sur ce film, puis quand je l’ai retrouvée quatre ans plus tard pour « Lolo », j’ai compris que je voulais faire des films d’auteur. Pas nécessairement des films intellos, mais rentrer dans l’univers de quelqu’un. Julie elle-même est un personnage incroyable, complètement zinzin. Elle est à la fois tout-terrain et inadaptée ; même ses problèmes sont hilarants. Je voudrais continuer à m’inscrire dans l’imaginaire de gens comme elle, que j’aime et que j’admire. »"
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        Noémie Lvovsky, actrice et réalisatrice"
            data-slide-description="« Noémie est la première actrice avec qui j’ai vraiment joué. Sur le tournage des « Beaux Gosses » , la regarder m’a fait prendre conscience de ce que c’était de jouer la comédie, et surtout de jouer avec quelqu’un. Elle était passionnée, très directe, intense ; j’ai compris en la regardant qu’il n’y avait pas de honte à crier, à hurler… Nous nous sommes retrouvés ensuite pour son film, « Camille redouble », puis dans « Le Skylab », de Julie Delpy, dans « Jacky au royaume des filles », et récemment dans le film de Félix Moati, « Deux Fils », où elle a un petit rôle. Elle a un penchant extrême, n’hésite pas à se mettre dans des états pas possibles. Pour une scène où elle devait rire, elle a pris du gaz hilarant toute la journée. Et sur le tournage de « Camille redouble », pour une séquence où elle était censée s’évanouir, elle s’est mise à boire du café salé pour avoir l’air envapée. C’est une comédienne vraiment impressionnante. »"
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        William Lebghil, acteur"
            data-slide-description="« Riad Sattouf m’avait parlé de lui parce qu’il avait joué dans sa série « Mes colocs ». J’étais un peu jaloux, jusqu’à ce que je le rencontre finalement en faisant  « Jacky au royaume des filles ». C’était un tournage assez dur, trois mois en Géorgie, où je me suis rendu compte que, pour faire des films, il fallait parfois donner un peu de soi. On passait la journée voilés. Le micro était caché sous le voile et, quand on le retirait, on gardait la marque pendant une heure sur le front, comme si on avait mis une casquette trop serrée. On allait zoner tous les trois, avec Anthony Sonigo, qui était déjà mon partenaire des « Beaux Gosses », dans le spa de notre hôtel géant. William et moi sommes devenus très amis et, depuis, on se voit tout le temps. C’est un acteur extraordinaire, je l’admire énormément. Nous avons les mêmes questionnements. En plus, il adore manger et moi, j’adore la bonne bouffe. Will vit comme un mec de 40 ans : il a son petit appart tranquillos, décoré comme un bistro cool, avec des lumières tamisées, un superbe plancher… C’est toujours parfaitement rangé, chaque chose à sa place ; il a des plantes qui ne meurent jamais, des bouteilles de whisky, de cognac, d’armagnac… Il est hyperangoissé, mais il me rassure énormément. »"
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        Félix Moati, acteur et réalisateur"
            data-slide-description="« Nous nous sommes rencontrés une première fois au “Grand Journal”, où nous étions tous les deux invités. Je devais avoir 16 ans, et lui 19. J’étais très timide, lui plutôt extraverti. Nous avons vaguement gardé contact, mais nous sommes devenus amis plus tard, à un moment particulier pour moi : je venais d’arrêter l’école, et je me suis retrouvé un peu tout seul. Mes copains de lycée étaient à la fac ; moi j’avais envie de sortir, de rencontrer des gens, j’étais inhibé avec les filles… Je ne savais pas comment vivre. En plus, j’ai longtemps été émétophobe. La phobie de vomir me rendait très anxieux, j’avais la nausée tout le temps (mon psy m’a dit plus tard que j’avais “mal au cœur”…). Félix et moi, on était acteurs, mais on n’avait rien à faire en fait. J’admirais sa vie, il était décontracté, avait toujours un truc à faire, quelqu’un à voir… On a commencé à sortir beaucoup. Il m’a appris à grandir. En 2016, j’ai joué dans son premier court-métrage, Après « Suzanne », et l’année dernière dans son premier film, « Deux Fils », qu’il est en train de terminer. Une expérience géniale. »"
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L’acteur de 24 ans se retrouve pour la première fois en Sélection officielle à Cannes avec « Plaire, aimer et courir vite », de Christophe Honoré. De Riad Sattouf à Virginie Efira ou Julie Delpy, il revient sur ses rencontres marquantes.            
Vincent Lacoste, à Paris, le 27 avril 2018.

ALEXANDRE GUIRKINGER POUR « M LE MAGAZINE DU MONDE »
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L’histoire a commencé en 2008, avec l’auteur de bande dessinée Riad Sattouf, qui a fait de l’adolescent du collège Mallarmé, dans le 17e arrondissement parisien, le héros des Beaux Gosses, leur premier film à tous les deux. Il y était Hervé, inoubliable loser dégingandé, obsédé par le sexe. Naissait un acteur, une présence particulière, faite d’un malaise joyeux et d’une assurance innée face à la caméra. Pas de cours de comédie, ni d’épiphanie lors de la pièce de fin d’année au collège. Son métier, Vincent Lacoste l’a compris sur les plateaux, au contact de ces réalisateurs qui lui ont « tout appris ». « Ce sont tous mes profs. » Ainsi qualifie-t-il cette smala qui gravite autour de lui. Justine Triet, avec qui il a connu le succès (critique et public) pour Victoria. Julie Delpy, qui l’a invité dans la folie du Skylab alors qu’il débutait encore puis dans Lolo. Thomas Lilti, qui lui a offert son premier rôle « dramatique » dans Hippocrate, en attendant Première année en septembre prochain. D’eux, il dit : « J’aimerais faire tous leurs films. »

Le maître à penser Riad Sattouf
Riad Sattouf, pygmalion, meilleur ami, maître à penser, alter ego, est le patriarche dans cette famille réinventée. Cette rencontre a changé sa vie, et Lacoste lui voue une fidélité de cœur et de travail à la vie à la mort. Sattouf, c’est un premier film, une révélation, une première virée cannoise (à la Quinzaine des réalisateurs en 2009), une porte entrouverte pour un ado qui ne pensait même pas qu’acteur puisse être un métier. Vincent Lacoste ne quittera plus la Croisette. Hippocrate, de Thomas Lilti à la Semaine de la critique en 2014, Victoria, de Justine Triet deux ans plus tard…
Dans quelques jours, il sera pour la première fois en Sélection officielle, avec Christophe Honoré. Nouvel arrivant dans l’univers Lacoste, le romancier-cinéaste-metteur en scène a lui aussi vu en l’acteur une image fantasmée de sa jeunesse. Dans Plaire, aimer et courir vite, Vincent est Arthur, un jeune Rennais des années 1990, passionné de littérature, qui entrevoit son avenir artistique et sentimental dans la figure d’un aîné parisien, écrivain désabusé, père homosexuel et malade du sida (émouvant Pierre Deladonchamps).

        Lire aussi :
         

                Sacré Hippocrate !



Ces douze derniers mois, Vincent Lacoste a tourné dans quatre autres films, dont deux premiers longs avec des amis proches. Félix Moati et Antoine de Bary, primo-cinéastes, avaient déjà filmé leur « pote » dans leurs courts-métrages. A leur manière, tous ensemble, ils reconstituent une formule un peu Nouvelle Vague, un peu Nouvel Hollywood, où règnent l’esprit de bande et la complicité productive. Le rêve de Vincent Lacoste ? Tourner avec Aki Kaurismäki. Parce que sa vision est « géniale » et parce qu’« il a l’air austère, mais d’une manière hilarante », glisse-t-il. Faire du plaisir un absolu, voire le mètre étalon de la réussite ? Vincent Lacoste fait mentir les adages doloristes qui disent s’épanouir dans l’adversité. A travers sa famille d’élection, il dessine son autoportrait en jeune artiste qui prend la joie très au sérieux.

   


« Plaire, aimer et courir vite », de Christophe Honoré, avec Vincent Lacoste, Pierre Deladonchamps et Denis Podalydès (2 h 12), en salle le 10 mai.



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Une enquête préliminaire a été ouverte mercredi sur la mort, en décembre, de la jeune femme prise en charge tardivement par les urgences, après avoir été moquée au téléphone par le SAMU.
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Les parents de Naomi Musenga veulent que « justice soit faite »

Une enquête préliminaire a été ouverte mercredi sur la mort, en décembre, de la jeune femme prise en charge tardivement par les urgences, après avoir été moquée au téléphone par le SAMU.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 18h27
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 18h49
   





                        


Les parents de Naomi Musenga, morte à l’hôpital de Strasbourg à la fin de décembre, après un appel pris à la légère par le SAMU, ont demandé jeudi 10 mai que « justice soit faite » lors d’une conférence de presse au cabinet de leurs avocats.
« Que justice soit faite, c’est cela notre première préoccupation pour cette enfant qui était aimée de tous », a déclaré son père, Polycarpe Musenga, estimant avoir été « baladé » sur les circonstances de la mort de sa fille.
« La famille ne souhaite absolument pas que l’on charge uniquement l’opératrice », mais elle voudrait que des réponses soient apportées aux « nombreuses interrogations » et que l’on remonte la « chaîne de responsabilités », avait déclaré plus tôt l’un de ses avocats, Mohamed Aachour.
Enquête préliminaire ouverte
« J’ai très mal au ventre », « j’ai mal partout », « je vais mourir… », souffle Naomi Musenga, peinant à s’exprimer, lors de son appel du 29 décembre, transféré par les pompiers au SAMU. « Si vous ne me dites pas ce qui se passe, je raccroche », réplique sur un ton péremptoire l’opératrice du SAMU, qui ajoute, moqueuse : « Oui, vous allez mourir, certainement un jour, comme tout le monde », selon l’enregistrement obtenu à la fin du mois de mars par la famille et publié par le site d’information local alsacien Heb’di.
Emmenée à l’hôpital plusieurs heures plus tard, après qu’un médecin eut appelé lui-même le SAMU, Naomi Musenga, mère d’une petite fille, est victime d’un infarctus, puis transférée en réanimation, où elle succombe dans l’après-midi. Une autopsie ne sera pratiquée que le 3 janvier, cent douze heures après sa mort.

        Sur ce qui s’est passé :
         

          Mort d’une jeune fille à Strasbourg : le manque de moyens du SAMU et de formation mis en cause



Le rapport du médecin légiste évoque une « défaillance multiviscérale sur choc hémorragique » et une « putréfaction avancée » du corps, qui surprend la famille de Mme Musenga, en quête d’explications. Mercredi, le parquet de Strasbourg a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire du chef de « non-assistance à personne en péril ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Selon une enquête de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), ils réclament unanimement plus d’investissements dans l’enseignement supérieur.
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Sondage : les étudiants veulent une mobilisation « réellement démocratique »

Les étudiants seraient majoritairement opposés aux blocages, selon une enquête de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), publiée jeudi. Ils réclament unanimement plus d’investissements dans l’enseignement supérieur.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 18h42
    |

                            Service Campus








                        



   


Alors que trois universités, Rennes-II, Paris-VIII et Paris-Nanterre sont toujours bloquées, une trentaine d’autres ont connu des perturbations diverses depuis le début du mouvement contre la loi orientation et réussite des étudiants (ORE), présidents et syndicats s’interrogent sur l’avis des étudiants quant à la mobilisation.
Durant trois semaines, la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) a organisé une enquête auprès d’étudiants pour recueillir leur avis sur cette réforme. Un sondage en ligne sur une plate-forme où les étudiants pouvaient répondre aux questions, également relayé sur les réseaux sociaux.
Si la FAGE admet qu’« une marge d’erreur est possible » du fait que l’enquête n’était pas nominative, le syndicat étudiant dit que chaque personne consultée devait indiquer son niveau et sa ville d’étude. Pour collecter des avis, elle s’est par ailleurs appuyée sur ses relais dans une dizaine de campus, recueillant en près de trois semaines l’avis de 14 000 étudiants dans cinquante-deux villes — « dont les villes universitaires qui ont subi des blocages, ce qui dit l’importance pour les étudiants de s’exprimer ailleurs que dans les assemblées générales qui votent les blocages », relève la FAGE.
D’après l’enquête, 72,3 % des étudiants interrogés se disent opposés aux blocages, et 68,6 % sont contre le boycott des cours. Mais beaucoup s’accordent apparemment à dire qu’il faudrait trouver des modes d’échange ou de mobilisation autres que le blocage de locaux. « Il faut valoriser les lieux de débats organisés de manière réellement démocratique », dit un étudiant en deuxième année de licence, cité par la FAGE.
La FAGE a également demandé aux étudiants leur avis concernant la réforme de l’accès à l’université. Là, les résultats sont plus mitigés : 12 % des interrogés sont « plutôt en désaccord » avec la réforme, et 20 % ne sont « pas d’accord du tout » ; 40 % sont « plutôt d’accord » avec la loi, 19 % sont « totalement d’accord » ; 9 % n’ont « pas d’avis ».

Enquête FAGE publié par LeMonde.frCampus

Des votes électroniques dans les universités
Une question particulièrement clivante au sujet de la loi ORE est celle de la mise en place des attendus à l’entrée de chaque filière : 29 % des étudiants interrogés ne sont « pas du tout d’accord » avec ce dispositif ; alors que 24 % se disent « totalement d’accord ».
Une forme de consensus semble se dessiner quant aux moyens humains et financiers consacrés à l’université : 98 % des sondés pensent qu’il faut investir davantage dans l’enseignement supérieur. Dont 70,8 % réclament « l’augmentation du nombre d’enseignants » et 71,4 % « la rénovation et la construction de nouveaux locaux ». 
Dans les établissements perturbés ou entièrement bloqués ces dernières semaines, certains présidents ont organisé un vote électronique pour connaître l’avis des étudiants. Le dernier en date remonte au jeudi 3 mai, quand Jean Chambaz, le président de Sorbonne Université, a invité les étudiants à se prononcer sur le blocage de deux sites occupés à Paris. En quatre jours, 10 085 étudiants, sur 55 000, ont voté en ligne : 6 334 étaient défavorables aux blocages ; 2 772 favorables ; et 979 ne souhaitaient pas se prononcer, selon un communiqué de l’université.
Autre exemple, l’université de Lorraine a consulté les étudiants des campus de Metz et Nancy, le 9 avril, sur la question de la reprise des cours : « Avec la garantie de la mise à disposition de lieux pour le débat, approuvez-vous la reprise des cours le 11 avril à 8 heures permettant le maintien du calendrier universitaire ? » Sur les 3 919 participants, 2 456 se disaient favorables à la reprise des cours, 1 026 s’y étaient opposés. Mais c’était finalement l’intervention des forces de l’ordre, mercredi 25 avril, qui avait mis fin au blocage, comme le rapportait France Bleu.
Malgré des résultats souvent en faveur d’un déblocage, les votes électroniques ne sont pas toujours reconnus comme légitimes par les étudiants et les professeurs mobilisés. S’ils représentent un moyen de sonder l’opinion, leur impact peut finalement s’avérer limité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Près de deux mois après son ouverture à la Madeleine, le restaurant pensé par le chef italien Massimo Bottura pour les personnes démunies ne tourne pas à plein régime.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/05/2018
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A Paris, le Refettorio, restaurant fin pour migrants, n’affiche pas complet


                      Près de deux mois après son ouverture à la Madeleine, le restaurant pensé par le chef italien Massimo Bottura pour les personnes démunies ne tourne pas à plein régime.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 17h35
    |

                            Elvire von Bardeleben








                              

                        

Un restaurant qui réconcilie les chefs ennemis de la gastronomie française, où Marion Cotillard assure le service, où la cuisine voit défiler les trois étoiles, où l’on dîne dans un décor raffiné pensé par l’artiste JR… vous pensez que ça n’existe pas ? Et si, et en plus, c’est gratuit ! Il s’agit du Refettorio, ovni de la cuisine solidaire apparu à la mi-mars dans le foyer de l’église de la Madeleine, à Paris.
Bien sûr, Marion Cotillard n’est pas là tous les soirs, pas plus qu’Alain Ducasse ou Yannick Alléno qui ont épluché des oignons lors de la conférence de presse. Mais ces célébrités ont assuré un écho retentissant au projet. Tous les journaux ont parlé de ces « chefs étoilés [qui] cuisinent pour les sans-abri et les migrants ». Cette surmédiatisation et la dimension luxueuse interrogent. Car s’il est évidemment très louable d’offrir un cadre agréable à des personnes dans le besoin, la Madeleine, dans le très chic 8e arrondissement de la capitale, est-elle le lieu le plus adapté ?
Les migrants ne se déplacent pas jusqu’à la Madeleine, loin des camps du Nord-Est parisien. Pour eux, les obstacles sont nombreux. Ceux qui n’ont pas de papiers n’ont pas envie de s’exposer à des contrôles de police.
Pour ceux qui n’auraient pas suivi : à l’initiative de ce projet, il y a Massimo Bottura. Chef italien dont on parle partout et tout le temps, pour sa table l’Osteria Francescana, à Modène, trois étoiles au Michelin et désignée à plusieurs reprises « meilleur restaurant du monde » par le classement des « Fifty Best ». Massimo Bottura a fait l’objet d’un documentaire sur Netflix, a sorti plusieurs livres chez Phaidon, dont le dernier, Le pain est d’or (424 pages, 39,95 euros), parle de gaspillage alimentaire.
Ce problème est au cœur de ses « refettorio », ses restaurants où l’on ne cuisine qu’à partir de surplus de nourriture. Massimo Bottura a ouvert le premier à Milan à l’occasion de l’Exposition...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ « Nous allons tous deux essayer d’en faire un moment très important pour la paix dans le monde ! » a écrit le président américain sur Twitter.
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Le sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un aura lieu le 12 juin à Singapour

« Nous allons tous deux essayer d’en faire un moment très important pour la paix dans le monde ! » a écrit le président américain sur Twitter.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 17h17
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 17h42
   





                        


La date et le lieu de la rencontre faisaient l’objet de spéculations depuis des semaines. Le sommet historique entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un aura finalement lieu le 12 juin à Singapour, a annoncé M. Trump jeudi 10 mai dans un tweet.
« La rencontre très attendue entre Kim Jong-un et moi aura lieu à Singapour le 12 juin. Nous allons tous deux essayer d’en faire un moment très important pour la paix dans le monde ! » a écrit le président américain.
Remerciements après les insultes
Cette annonce intervient quelques heures après que M. Trump a accueilli, en pleine nuit, trois Américains libérés par Pyongyang. Le président américain, qui échangeait il y a quelques mois encore insultes personnelles et menaces apocalyptiques avec Kim Jong-un, a remercié dans la nuit le dirigeant nord-coréen et s’est dit optimiste sur sa rencontre avec lui.
« Je pense que cela sera couronné de succès », a affirmé M. Trump en accueillant les Américains libérés, rappelant que l’objectif central du processus diplomatique en cours restait la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Son secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, n’a pas exclu que le sommet dure plus d’un jour.
Cité par l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA, Kim Jong-un a qualifié le sommet à venir de chance « historique », estimant qu’il contribuerait à la construction d’un « bel avenir ».

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                Donald Trump ou l’illusion de la cohérence






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Leadeurs étudiants, intellectuels, syndicalistes et politiques. Galerie de portraits des principaux protagonistes des événements du printemps 1968.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ L’auteur d’« En finir avec Eddy Bellegueule » signe « Qui a tué mon père », réquisitoire contre les hommes politiques, dont les décisions auraient détruit le corps de cet homme, son père.
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Edouard Louis : « Empêcher le lecteur de détourner le regard »

L’auteur d’« En finir avec Eddy Bellegueule » signe « Qui a tué mon père », réquisitoire contre les hommes politiques, dont les décisions auraient détruit le corps de cet homme, son père.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 13h24
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 13h32
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            

Sous le tee-shirt siglé Harvard (il rentre de plusieurs mois aux Etats-Unis), le corps d’Edouard Louis est celui, sec et musclé, d’un homme de 25 ans appartenant désormais à la catégorie aisée de la population, attentive à ce qu’elle mange. Nos corps parlent de nos conditions d’existence ; dans les classes populaires, ils peuvent aussi raconter l’effet de décisions politiques. C’est ce que Qui a tué mon père (Seuil, 96 p., 12 €) s’attache à montrer, à travers l’histoire du géniteur de l’auteur, détruit par le travail – né en 1967, il a eu le dos broyé lors d’un accident à 35 ans –, et par les conséquences de réformes telles que celle transformant feu le RMI (revenu minimum d’insertion) en RSA (revenu de solidarité active), pour encourager le retour à l’emploi – il lui a fallu accepter un travail de balayeur en dépit de ses souffrances.
Qui a tué mon père, comme son titre sans point d’interrogation l’indique, n’est pas une enquête, mais un réquisitoire. Les scènes qui le composent entrecroisent souvenirs d’Edouard Louis à propos de cet homme si mal connu, et évocation de choix politiques opérés sous les gouvernements de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, qui ont eu des conséquences directes sur sa vie, et au fil desquels l’auteur d’En finir avec Eddy Bellegueule (Seuil, 2014) compose une nouvelle « histoire de la violence », pour reprendre le titre de son deuxième ouvrage (Seuil, 2016).
D’où vient ce livre ?
Après la publication d’En finir avec Eddy Bellegueule et d’Histoire de la violence (Seuil, 2014 et 2016), j’ai commencé à revoir mon père. On ne s’était pas vus depuis des années, non pas à cause d’un événement en particulier mais à cause de la distance sociale, de la distance de classe, qui s’était instaurée entre nous. J’étais étudiant en sociologie et en philosophie à Paris, il n’avait jamais pu étudier, le système scolaire l’avait chassé à 14 ans, et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le tribunal de grande instance de Paris s’était déjà prononcé mercredi pour la projection à Cannes du film de Terry Gilliam, au cœur d’un imbroglio juridique avec son producteur.
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Accord du CNC à la diffusion en salles de « L’Homme qui tua Don Quichotte »

Le tribunal de grande instance de Paris s’était déjà prononcé mercredi pour la projection à Cannes du film de Terry Gilliam, au cœur d’un imbroglio juridique avec son producteur.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 17h37
   





                        



   


Le Centre national du cinéma (CNC) a décidé d’attribuer jeudi 10 mai un visa d’exploitation en salles au film L’Homme qui tua Don Quichotte, du réalisateur britannique Terry Gilliam, au cœur d’un imbroglio juridique avec son producteur. Cette décision fait suite à celle du tribunal de grande instance (TGI) de Paris la veille d’autoriser le Festival de Cannes à diffuser au public le film de l’ex-Monty Python en clôture de sa 71e édition.
La justice avait été saisie en référé par le producteur portugais Paulo Branco, qui estime que ses « droits exclusifs » sur le film ne sont pas respectés. Refusant de s’avouer vaincu, Paulo Branco, 67 ans, a considéré qu’au bout du compte la justice française lui avait accordé « une victoire ». La décision du TGI permettra aux professionnels « de voir le film » et « nous conforte dans nos droits », selon M. Branco.
Bataille juridique
Le producteur s’est notamment félicité que l’ordonnance énonce que lors de la projection du 19 mai, le Festival devra annoncer à l’écran que cette séance « ne préjuge en rien des droits revendiqués » sur le film par M. Branco et par sa société de production, Alfama Films.
Paulo Branco a acheté les droits d’auteur réalisateur du film en avril 2016. Mais, à la suite de différents désaccords artistiques et financiers avec M. Branco, Terry Gilliam s’était tourné vers d’autres producteurs, dont Kinology.
C’est avec ces producteurs que le cinéaste a finalement réalisé son film entre mars et juin 2017, pour 16,3 millions d’euros, mettant fin, croyait-il, à vingt ans de malédiction d’un film tourné dans des conditions dantesques il y a vingt ans et resté inachevé jusqu’en 2017.
« La décision du juge des référés d’hier a confirmé qu’il serait disproportionné d’empêcher la diffusion de l’œuvre en raison de ce conflit, lequel sera tranché définitivement par la juridiction judiciaire », a écrit le CNC dans un communiqué jeudi.
La bataille juridique est en effet loin d’être terminée. Pour M. Branco, l’ordonnance prise mercredi ne règle pas « le fond » du litige qui l’oppose à Terry Gilliam, ses producteurs (Kinology, Tornasol) et son diffuseur (Océans Films). Saisie sur le fond, la justice française rendra un jugement en appel le 15 juin.

        Lire le reportage :
         

          Sur le tournage de « L’Homme qui tua Don Quichotte »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Un imam a été tué par des assaillants dans une mosquée de la banlieue de Durban, dans l’est du pays. Le motif de cette agression restait inconnu dans l’immédiat.
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Compte rendu

Afrique du Sud : un imam tué et deux blessés graves dans une attaque au couteau dans une mosquée

Un imam a été tué par des assaillants dans une mosquée de la banlieue de Durban, dans l’est du pays. Le motif de cette agression restait inconnu dans l’immédiat.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-10T18:01:01+02:00"

        Le 10.05.2018 à 18h01

     •
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          datetime="2018-05-10T18:50:43+02:00"

        Mis à jour le 10.05.2018 à 18h50





Un imam a été tué et deux personnes gravement blessées jeudi 10 mai lors d’une attaque au couteau dans une mosquée de la banlieue de Durban, dans le nord-est de l’Afrique du Sud.
Après la prière de la mi-journée jeudi, trois hommes, présentés par les médias locaux comme des Egyptiens, sont entrés dans une mosquée de la ville de Verulam et s’en sont pris à un imam, un fidèle et un concierge, selon les services d’urgence de l’IPSS. Ils ont « ligoté l’imam, l’ont jeté à terre et lui ont entaillé la gorge », a expliqué un porte-parole de l’IPSS, Paul Herbst. Le religieux a rapidement succombé à ses blessures. Les deux autres victimes ont elles aussi été poignardées, l’une à l’abdomen et l’autre à l’aine, selon la même source. Elles se trouvaient jeudi soir dans un état grave.
Avant de s’enfuir en voiture, les assaillants ont lancé un cocktail Molotov dans la mosquée, qui a en partie pris feu. « Les pompiers sont arrivés sur les lieux et ont rapidement circonscrit l’incendie », selon M. Herbst.
La police prudente sur le mobile des assaillants
Le président du Réseau musulman sud-africain, Faizel Suliman, s’est refusé à spéculer sur les causes de l’attaque. « On ne sait pas si la motivation est criminelle, s’il s’agit d’une histoire d’amour qui a mal tourné ou si c’est pour une raison religieuse, a-t-il ajouté. C’est la première fois qu’une chose de la sorte se produit en Afrique du Sud. »
La police s’est aussi voulue prudente sur les motifs de l’agression. « La raison de l’attaque n’est pas encore connue », a déclaré une porte-parole de la police, Nqobile Gwala précisant qu’une enquête avait été ouverte. « Il y a déjà eu des vols dans des mosquées, mais pas d’incident de ce genre où, semble-t-il, rien n’a été volé », a affirmé sur place Prem Balram, le porte-parole d’une société de sécurité privée, Reaction Unit South Africa, intervenue sur les lieux.
L’Afrique du Sud, qui compte 1,5 % de musulmans parmi ses 53 millions d’habitants, a jusqu’à présent été épargnée par les attentats djihadistes, contrairement à d’autres pays africains.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Plus de 40 personnes sont mortes dans la catastrophe. Le bilan humain de la saison des pluies, particulièrement violente, dépasse 170 décès.
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Compte rendu

Au Kenya, la rupture d’un barrage engloutit deux villages

Plus de 40 personnes sont mortes dans la catastrophe. Le bilan humain de la saison des pluies, particulièrement violente, dépasse 170 décès.

Par                                            Marion Douet (Nairobi, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-05-10T17:40:10+02:00"

        Le 10.05.2018 à 17h40





Mercredi 9 mai, vers 21 heures, les habitants de la localité de Solai, à 200 km au nord-ouest de Nairobi, ont entendu « comme une énorme explosion ». Quelques minutes plus tard, un raz de marée emportait deux villages, maisons par dizaines, écoles et pylônes électriques, en plein milieu de cette zone agricole de la vallée du Rift. Le barrage de Solai, qui alimentait une importante ferme de la région, n’a pas résisté aux intenses précipitations qui touchent le Kenya depuis plusieurs semaines : l’ouvrage, situé en haut d’une colline, s’est brisé. L’eau et la boue qu’il retenait se sont répandues sur un rayon de 2 km.
Malgré l’intervention, une bonne partie de la nuit, des services du comté et de la Croix-Rouge, le bilan s’élevait jeudi 10 mai en fin d’après-midi à au moins 41 morts, dont 20 enfants. La Croix-Rouge kényane indiquait jeudi matin sur son compte Twitter avoir transporté 39 personnes à l’hôpital, tandis que des opérations de secours continuaient toute la journée.

        Lire aussi :
         

                124 millions de personnes touchées par la crise alimentaire en 2017



« Les familles touchées sont des foyers pauvres, majoritairement des gens qui travaillaient dans cette ferme. Ils n’ont plus rien. La première chose à faire sera donc de leur fournir de la nourriture, ainsi que des matelas et des couvertures », a déclaré à la télévision le gouverneur du comté de Nakuru, Lee Kinyanjui. Il a précisé que des inspections seraient menées quant à « l’intégrité » de cette structure et des deux autres barrages présents sur l’exploitation.
5 millions de dollars
Le drame de Solai vient alourdir le bilan de cette saison des pluies au Kenya. Plus de 170 personnes ont déjà trouvé la mort, en tenant compte de la catastrophe, et plus de 225 000 autres ont été déplacées selon des chiffres du gouvernement. « Nous lançons un appel aux dons pour recueillir 5 millions de dollars [4,2 millions d’euros] afin de venir en aide à 150 000 des 260 000 personnes déplacées en raison des inondations à travers tout le pays », avait, de son côté, déclaré début mai le secrétaire général de la Croix-Rouge kényane, Abbas Gullet, précisant que 32 comtés sur les 47 que compte le Kenya étaient affectés.
En cette saison des pluies principale (qui court de mars à mai, un autre épisode plus court ayant lieu en novembre), les précipitations ont été plus fortes que les niveaux moyens sur presque tout le territoire. Dans certaines régions du nord du pays, très arides, elles ont été jusqu’à quatre fois plus importantes que d’habitude en mars et en avril, notamment dans les comtés de Garissa (+ 352 %), près de la Somalie, ou de Lodwar (+ 275 %), dans le Turkana, selon les données publiées par le ministère de l’environnement.
Insécurité alimentaire
Des pluies qui ont provoqué de graves inondations, des glissements de terrain, la destruction de routes et des coupures d’électricité, dans les régions rurales mais aussi à Nairobi, la capitale. Leur intensité, inédite depuis 1998 selon la presse kényane, a transformé en menace mortelle cette saison pourtant attendue avec impatience.
Le Kenya a en effet beaucoup souffert de la sécheresse qui a touché toute la Corne de l’Afrique. Au-delà du niveau inquiétant des rivières et des nappes phréatiques, plus de 3,4 millions de personnes étaient début 2018 en situation d’insécurité alimentaire, conséquence directe de cet événement climatique extrême.

        Lire aussi :
         

                Au Kenya, la protection des forêts fait grimper le prix du charbon de bois



Selon le ministère de l’environnement, les pluies vont, à l’inverse, soutenir de « bonnes performances » dans le secteur agricole, qui fait vivre des millions de petits producteurs et constitue un pilier de l’économie kényane (grâce aux exportations de thé, de café, de fleurs notamment). Selon les prévisions météorologiques, la saison des pluies devrait être terminée fin mai dans la plupart des régions. Parmi les exceptions, la vallée du Rift ne verra les précipitations s’interrompre qu’à la fin du mois de juin.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Depuis plus de soixante-dix ans, les Landes s’enthousiasment pour leur coupe départementale de basket, phénomène social et culturel dont les finales étaient disputées mercredi.
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Basket : dans le chaudron de la Coupe « du monde » des Landes

Depuis plus de soixante-dix ans, les Landes s’enthousiasment pour leur coupe départementale de basket, phénomène social et culturel dont les finales étaient disputées mercredi.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 17h19
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 17h35
    |

            Clément Martel (Pomarez, envoyé spécial)








                        



   


Les joues peintes de bleu et de grenat, une famille rejoint la cohorte de fans qui attendent l’ouverture des portes des arènes de Pomarez. « Est-ce qu’il y a les taureaux ? » interroge une petite fille, inquiète, tenant à bout de bras la main de son père. Non. Si bandas et odeurs de grillades sont au rendez-vous dans ce haut lieu de la course landaise, en cette fin du mois de mars, les spectateurs viennent voir un autre affrontement : les demi-finales de la Coupe des Landes de basket.
« Ici, le basket est une religion. » Capitaine du club de Dax-Gamarde (Nationale 2), Jérôme Mansanné évolue dans le territoire depuis dix-sept ans. Avec plus de 12 000 licenciés, les Landes sont aujourd’hui le département où l’on joue le plus au basket – rapporté à la population. A son apogée, environ 130 villages possédaient leur club.
« Le basket demande peu de monde et peu de place », explique Claudine Latrubesse. « Bible du basket landais », cette ancienne prof, élue pendant quarante ans au Comité des Landes basket-ball, a consacré sa vie à la balle orange. Dans des petits villages, un sport collectif ne requérant que cinq joueurs avait tout pour se développer. Pourtant, le basket n’a pas envahi la France des champs, faisant de la région de la Chalosse, au sud du département, un phénomène unique.
Du foie gras au basket
« La Chalosse est la seule région de France au développement rural positif grâce au foie gras », souligne Jean Caplanne, qui a présidé pendant trente ans le club de Pomarez. Etant l’une des principales zones de production de ce mets, la Chalosse n’a pas vécu d’exode rural après la seconde guerre mondiale. « Puisqu’il y avait du travail, les jeunes sont restés à la ferme. Et parce qu’ils étaient disponibles le week-end, le basket s’est développé. »
Si le basket est une religion en Chalosse, la Coupe des Landes est sa messe. Une coupe unique, rassemblant tous les clubs du département depuis 1947. Elle constitue « la récompense et la convergence de tout le peuple du basket » vers les arènes, où se disputent les finales (féminine et masculine), estime Jean-François « Paco » Laulhé, l’entraîneur landais d’Orthez, en Nationale 1 féminine.
Ouverte à tous les clubs sans distinction de niveau, dans un territoire où chaque village a son club, cette coupe départementale est le réceptacle des « guerres de clochers ». « On la surnomme la Coupe “du monde” des Landes, glisse l’ancien joueur Olivier Léglise, ancienne gloire du basket landais. Car dans nos villages, tout tourne autour du basket. » Pas question de perdre face au voisin, quand tout le village s’est déplacé avec tambours et trompettes pour vous encourager.
Chaque année, on se rend comme en pèlerinage aux arènes (couvertes) sur le sable desquelles a été posé un parquet de basket. Ces lieux consacrés à la course landaise deviennent un chaudron incandescent le temps de la finale. A compter de 2019, celle-ci se déroulera dans les arènes – à ciel ouvert – de Dax, permettant d’accueillir jusqu’à 8 000 personnes (contre 3 600 places rapidement écoulées cette année). Un pari osé, compte tenu du niveau de la compétition, mais que le président du Comité des Landes, Pierre Dufau, assume, certain de « la passion des supporteurs landais ».
Sorte de Graal du basketteur landais
« J’ai débarqué dans la Coupe des Landes un soir de quarts de finale, se souvient le manageur général de l’équipe de France, Patrick Beesley. C’était ma première sortie dans les Landes, et je m’étais dit “je suis tombé chez les fous”. » Originaire de la région bordelaise, il a été nommé conseiller technique départemental dans ce département, en 1979.
Reconnaissant une part d’irrationnel entre l’amour des Landais pour ce qu’ils « considèrent comme la plus belle des coupes » et le niveau de jeu, l’ancien DTN du basket français s’est lui aussi pris au jeu. « Une année, j’ai dit ne pas pouvoir aller à la finale de l’Euroleague “parce qu’il y a la coupe du monde de basket”. » 
D’autant que la spécificité de la coupe, un système de handicap (sept points par niveau d’écart), permet à toutes les équipes d’espérer faire un beau parcours dans la compétition. « J’ai déjà commencé un match à – 49 », relate Jérôme Mansanné, qui évolue dans le meilleur club du département. A la tête d’une cohorte d’anciens espoirs de l’Elan béarnais – le grand club de la région, bien que béarnais –, Paco Laulhé a « reconstitué un club disparu », pour repartir du plus bas niveau départemental et profiter de ce système de handicap. En 1991, ses joueurs d’Arsague ont signé un « parcours magnifique en coupe », n’échouant qu’en quarts de finale.
Pour tout joueur landais, la « Coupe » est « une sorte de Graal », reconnaît l’entraîneur de Levallois (Pro A) Frédéric Fauthoux. Né à Horsarrieu, l’ancien capitaine de Pau-Orthez est « tombé dans le basket dès le berceau », ayant ses deux parents bénévoles dans le club local. Et si sa carrière l’a amené jusqu’à l’équipe de France, il s’est « toujours promis de revenir jouer à Horsarrieu, retrouver [ses] amis, rendre ce que le club [lui] avait donné. Avec l’objectif de remporter la Coupe des Landes ». Devoir accompli, en 2010, quand il a enfin soulevé le trophée départemental avec son village, où « la fête a duré deux ou trois jours ».
Comme Fauthoux, qui a donné son nom à la version jeunes de la Coupe des Landes, de nombreux basketteurs landais devenus professionnels ont voulu, au crépuscule de leur carrière, remporter le « Graal ». La finale de l’édition 2018 a ainsi vu s’affronter Gauthier Darrigand et Nicolas Gayon, aux solides carrières en Pro A et Pro B.
Des Jeux olympiques à la Coupe des Landes
Même les non-Landais se prennent au jeu, dont certains après avoir évolué dans des championnats autrement relevés. Le pivot espagnol et ancien pro Roberto Morentin a longtemps bourlingué en seconde division espagnole, avant de terminer sa carrière dans les Landes. « En Espagne, on disputait les coupes régionales en présaison, en guise de préparation, retrace le géant ibérique (2,04 mètres), admettant sa « surprise » à son arrivée dans les Landes. Ici, la coupe est très importante, et souvent, elle intéresse plus les clubs que le championnat. »
Lui qui a disputé la March Madness avec une université de Floride constate « un peu la même ambiance » entre la folie qui s’empare des Etats-Unis lors du tournoi universitaire final et celle des Landes, à la différence près que « là-bas, on joue dans des salles NBA, pas dans des arènes ».
L’engouement autour du basket landais, c’est ce qui a poussé Jean Luent, ancien entraîneur de l’équipe de France aux Jeux olympiques de Los Angeles (1984), à prendre les rênes du club de Monségur, village de 400 habitants. Car à Monségur évoluait Olivier Léglise, l’incarnation du basketteur des champs. Icône dans le mundillo (petit monde) landais, ce grand ailier au shoot soyeux a résisté à deux reprises aux sirènes du professionnalisme, préférant rester dans son village et reprendre la ferme de ses parents.
Avec l’ancien coach de l’Elan béarnais, Léglise, qui s’entraînait depuis son enfance sur un panier forgé et scellé au mur de la ferme par le curé du village, a remporté plusieurs Coupes des Landes. Et si nombre d’observateurs, comme Paco Laulhé, restent « frustrés de ne pas l’avoir vu aller jusqu’au bout et devenir professionnel », à 51 ans, l’ancien joueur affirme « ne jamais avoir regretté [ses] choix ». L’appel de la terre était trop fort pour celui qu’on surnomme là-bas « l’Américain » et dont l’exploitation produit « des céréales et de la volaille, label “en liberté” ».
Le club, nerf de la vie du village
« Les clubs, chez nous, c’est le nerf de la vie du village », explique Frédéric Fauthoux. Et d’énumérer les « réunions, loto, repas de chasse, soirée carnaval… » organisés au fil de l’an pour faire vivre le club : « Cette histoire se transmet de génération en génération, et l’on perpétue la fierté de représenter son club. » « Si vous ôtez le basket du village, je tournerais en rond comme un lion en cage », renchérit Olivier Léglise, qui reste investi dans son club de toujours.
« Je n’ai jamais été champion du monde, mais quand tu gagnes la Coupe des Landes, au moins pendant quelque temps, tu as l’impression de l’être, savoure Jérôme Mansanné. Et tout le monde le sait dans le département, tu es reconnu pour ça. » Vainqueur du trophée pour la troisième année de suite, mercredi 9 mai, avec Dax-Gamarde (victoire 75-52 face à l’Elan souémontain montgaillardais sarrazietois), son huitième titre personnel, le joueur dacquois est à nouveau sur le toit du monde. Du petit monde du basket landais.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 09/05/2018
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Le couple qui employait la jeune fille au pair assassinée à Londres lui a « infligé l’enfer »

Ouissem Medouni et Sabrina Kouider ont délibérément tué Sophie Lionnet, prise au piège de leurs « fantasmes », a estimé mercredi l’accusation.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 03h49
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 07h16
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


D’un geste brusque, le procureur Richard Horwell abat son bras droit, mimant une tête que l’on plonge de force dans une baignoire pleine. « Sophie Lionnet a été torturée par ces deux-là, énonce-t-il posément devant Sabrina Kouider et Ouissem Medouni, le couple de Français qui comparaît depuis le 21 mars à Londres pour le meurtre, fin septembre 2017 à Wimbledon, de leur jeune fille au pair. Il n’y a pas un, mais deux meurtriers. Ensemble, ils lui ont infligé l’enfer. »
Alors que l’interminable procès touche à sa fin, le scénario du calvaire de Sophie Lionnet reconstitué par l’accusation est apparu dans toute son horreur, mercredi 9 mai, sans être mis en cause de façon crédible.
Pris dans un délire de persécution, le couple a tourmenté puis martyrisé la jeune Française, frêle et timide, issue d’un milieu modeste où l’on n’a pas l’habitude de se rebeller contre son patron. Manipulatrice, Sabrina Kouider a progressivement accru son emprise sur elle, l’isolant peu à peu du monde extérieur, menaçant de la dénoncer pour des exactions insensées, la laissant sans ressources.
« Pourquoi m’accuse-t-elle sans raison ?, écrit Sophie Lionnet à sa mère pendant l’été 2016. Si je pouvais me payer un billet, je partirais. » La mère, résidant à Sens (Yonne), elle, s’alarme mais se sent impuissante « à cause de la distance ».

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« Un couple vraiment bizarre »
Sabrina Kouider, 35 ans, installée à Londres depuis 2004 et vivant de petits boulots, forme avec Ouissem Medouni, 40 ans, ancien analyste financier à la Société générale, « un couple vraiment bizarre, une combinaison vraiment toxique », a affirmé M. Horwell, avocat de l’accusation (équivalent d’un procureur français).
La jeune expatriée avait convaincu son compagnon que l’un de ses ex – le chanteur irlandais Mark Walton –, père d’un de ses deux garçons, complotait avec Sophie Lionnet non seulement pour violer son enfant mais aussi pour le droguer et abuser sexuellement de lui. L’enquête a démontré que M. Walton ne se trouvait pas au Royaume-Uni au moment des faits imputés, et même que le chat qu’il était aussi censé avoir violé n’existe pas.

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Emportés par sa propre obsession complotiste, le couple a infligé à la « nanny » une spirale de violence ponctuée d’interrogatoires enregistrés en vidéo où il cherchait à lui faire avouer des crimes imaginaires.
« De toutes les affaires que ces murs vénérables [la cour criminelle dite The Old Bailey située au cœur de la City de Londres] ont entendues, celle-ci entre sans hésitation dans la catégorie des plus bizarres, a insisté le procureur, celles où la vérité dépasse la fiction. »
Enfermés dans leur délire
Richard Horwell s’est employé à détailler les derniers jours de la victime, dont les restes calcinés, pesant moins de vingt kilos, ont été retrouvés le 20 septembre 2017 dans le petit jardin de ses patrons grâce à des voisins alertés par une odeur de barbecue bizarre.
Dans la soirée du 18 septembre, alors que Sophie Lionnet, qui conduit normalement les enfants à l’école, n’y a pas paru depuis douze jours, le couple lui impose une ultime séance d’interrogatoire enregistré. Elle y apparaît le visage émacié, épuisée et tremblante de terreur, au bord de l’évanouissement et finit par avouer toutes les horreurs que ses patrons lui imputent. « Sophie récite votre scénario dans l’espoir de faire cesser ses tortures », traduit l’avocat de l’accusation.
Sur le moment, le couple est tellement enfermé dans son délire qu’il ne perçoit pas la charge que constitue contre lui cet enregistrement. Le médecin légiste a établi que la jeune fille au pair avait eu le sternum, la mâchoire et cinq côtes cassés avant ces « aveux ». Mais, selon l’accusation, le couple pense au contraire se servir de la vidéo à l’appui de ses accusations contre Mark Walton. Encore lui faut-il éliminer Sophie Lionnet dont les stigmates sont trop évidents et qui pourrait rétablir la vérité si elle était interrogée par la police.
La « nanny » criait
« Nous ne saurons jamais quand ni comment Sophie Lionnet est morte parce que les accusés ont brûlé son corps, assène le procureur. Mais nous pouvons dire pourquoi : sa survie menaçait d’anéantir leurs plans. »
Et d’insister sur le terrible témoignage d’un enfant qui, d’une pièce voisine, a entendu les deux adultes s’activer dans la salle de bain, et sa « nanny » crier jusqu’au petit matin dans le bruit d’éclaboussures d’eau. La tête plongée dans la baignoire mimée par le procureur.
Interrogée mercredi, l’accusée, entièrement vêtue de noir, cheveux de jais bouclés tombant sur les épaules, sanglote mais elle interrompt sans cesse l’avocat de l’accusation, scandant ses dénégations d’un geste assuré de la main. « Je n’ai pas tué Sophie », répète-t-elle.
Pourquoi frappait-elle sa jeune fille au pair ? Pourquoi a-t-elle participé à l’ultime interrogatoire ? Que faisait-elle dans la salle de bain ? « J’étais comme un zombie, traumatisée, je n’étais plus moi-même. » Depuis son arrestation, Sabrina Kouider est détenue dans un établissement spécialisé pour détenus souffrant de troubles mentaux. Mais elle doit être considérée comme « saine d’esprit », a affirmé Richard Horwell à l’intention des jurés, car son avocat n’a demandé aucune expertise psychiatrique.
Accusations mutuelles
L’insistance du procureur à mettre en cause conjointement les deux accusés vise à torpiller la stratégie qu’ils ont déployée depuis le début du procès : chacun nie formellement le meurtre et accuse l’autre tout en cherchant à accréditer la thèse d’un accident.
Ouissem Medouni affirme qu’il est allé dormir avant la fin de l’ultime interrogatoire puis qu’il a été réveillé par sa compagne auprès de qui gisait la victime dans la salle de bain. Quant à Sabrina Kouider, elle se décrit strictement dans le même scénario. M. Horwell pense qu’ils se sont concertés. Mais ces accusations mutuelles sont loin de donner un « crime parfait ». Personne n’a rien vu ni rien fait, mais Sophie Lionnet est morte à 21 ans alors qu’elle voulait apprendre l’anglais, aimait les enfants et rêvait d’avenir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Armes à feu, racisme contre les Noirs, violences policières, société du paraître… Dans son dernier clip, l’artiste dresse un portrait très sombre de l’Amérique.
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« This is America » : le clip coup de poing de Childish Gambino

Armes à feu, racisme contre les Noirs, violences policières, société du paraître… Dans son dernier clip, l’artiste dresse un portrait très sombre de l’Amérique.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 14h06
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 15h55
   





                        



   


Quatre minutes et autant de scènes coups de poing qui n’en finissent pas de faire parler d’elles. Le fléau des armes à feu, le racisme contre les Noirs américains, les violences policières, la société du divertissement et du paraître à l’ère des réseaux sociaux…
Le dernier clip de l’artiste Childish Gambino, de son vrai nom Donald Glover, « This is America », portrait très sombre de l’Amérique d’hier et d’aujourd’hui, a rassemblé plus de 60 millions de vues depuis sa mise en ligne, samedi 5 mai. Il continue de nourrir le débat sur les réseaux sociaux et dans les médias américains, qui tentent d’en disséquer les nombreux messages et références, plus ou moins explicites et ouverts aux interprétations.



Le New York Times et le magazine britannique Dazed & Confused, notamment, ont décortiqué plusieurs des messages qui y apparaissent. Comme le fait que les armes soient mieux traitées que les hommes : après la violente scène où un chanteur noir est abattu d’une balle dans la tête, on peut ainsi voir le corps de la victime être traîné, tandis qu’un homme vient soigneusement récupérer l’arme à feu dans un tissu rouge.
La scène de la fusillade d’un chœur d’église composé de chanteurs noirs américains fait, elle, plus explicitement référence à la tuerie raciste d’une église épiscopale de la communauté noire à Charleston, en 2015. Son auteur Dylann Roof avait alors déclaré vouloir déclencher « une guerre entre les races ».

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Scènes festives et chaos
Les chorégraphies ont aussi toute leur signification, mélangeant des danses populaires aux Etats-Unis et des mouvements de la danse sud-africaine Gwara Gwara. Le contraste est saisissant entre les scènes festives, autour de lycéens qui dansent et, en arrière-plan, le chaos qui se déroule : émeutes, voitures qui brûlent, sirènes hurlantes de police…
Autre référence plus discrète du clip, celle à la figure de Jim Crow : en 1832, Thomas Dartmouth Rice, un comédien blanc, émigrant anglais, interprète Jump Jim Crow, une chanson populaire racontant les déboires d’un esclave noir, en se noircissant le visage et les mains. A partir de 1865, les mesures prises dans les différents Etats institutionnalisant la ségrégation seront dénommées les lois « Jim Crow ».

Shook by how fast I caught this reference. I haven’t seen a Jim Crow picture in years. Donald Glover did not come t… https://t.co/KwPeWBjX19— nicky_furiosa (@Nichia)


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D’autres références apparaissent et pourraient valoir de revoir plusieurs fois le clip.
Au-delà de la dénonciation du racisme et des armes à feu, le clip se veut aussi une attaque en règle de notre société du divertissement et du paraître, exacerbée à l’ère des réseaux sociaux, où la quête de succès et de l’argent empêche d’ouvrir les yeux sur l’oppression et la violence.
Ainsi, si l’on se concentre sur les scènes festives au premier plan, on pourrait facilement en oublier le chaos qui figure à l’arrière. Une courte scène montre aussi un groupe de jeunes en train de filmer les émeutes sur leur smartphone, faisant penser à la série Black Mirror, relève Dazed.
Le clip se termine sur Childish Gambino poursuivi par la foule, les yeux exorbités. Une fin qui, là encore, laisse la porte ouverte à de nombreuses interprétations. La scène a, en tout cas, rappelé à beaucoup d’internautes le film Get Out, qui traite également du racisme.

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« Le rap est la forme artistique la plus libre »
Agé de 34 ans, Childish Gambino confirme avec ce clip la multiplicité de ses talents : le rappeur et musicien est également acteur, scénariste, réalisateur, producteur, humoriste et DJ… Donald Glover a grandi dans la banlieue d’Atlanta, à Stone Mountain, où son père, postier, et sa mère, assistante maternelle, sont aussi famille d’accueil. Donald se réfugie dans l’écriture de sketchs, dans la lecture de pièces de théâtre. Sa préférée ? Huis clos, de Jean-Paul Sartre. No Exit (le titre anglais) est d’ailleurs le titre d’une de ses chansons. « Au lycée, racontait-il dans un portrait que Le Monde lui a consacré en 2014, ma mère avait insisté pour que je m’inscrive dans la section artistique, mais, en cours, je n’arrêtais pas d’écrire des histoires. Arrivé à la fac à New York, je me suis spécialisé dans l’écriture de scénarios. »
C’est au Sophomore College qu’il commence à rapper, alors que les radios diffusent en boucle le rap de son Sud : Outkast, Les Neptunes et Nelly. En même temps qu’il enregistre des mixtapes, il crée un collectif de comiques, Derrick Community : « On s’ennuyait à la fac avec des copains et on s’est mis à écrire des sketchs qu’on a postés sur YouTube. On a été les premiers. C’était nouveau, donc ça a marché tout de suite. »
Il est repéré et pris pour la série Community (diffusée sur NBC), mais ne s’arrête pas pour autant de faire de la musique :
« Je n’ai jamais séparé ma carrière d’acteur de celle de rappeur ou de scénariste. Pour moi, le rap est la forme artistique la plus libre, et peut-être la plus complète : j’y joue un personnage, j’invente un scénario et je compose ma bande-son. »

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