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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Le géant de la distribution américain Walmart a annoncé mercredi 9 mai qu’il allait débourser 16 milliards de dollars pour s’emparer du numéro un indien du commerce en ligne. Un record absolu pour le secteur.
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Avec l’indien Flipkart, Walmart se développe dans le commerce en ligne

Le géant de la distribution américain Walmart a annoncé mercredi 9 mai qu’il allait débourser 16 milliards de dollars pour s’emparer du numéro un indien du commerce en ligne. Un record absolu pour le secteur.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 15h48
    |

                            Guillaume Delacroix








                        



   


Il y a encore un an, il était le prédateur qui n’allait faire qu’une bouchée de son compatriote en difficulté, Snapdeal, pour devenir « l’Alibaba de l’Inde ». Flipkart, le champion indien du e-commerce, est finalement devenu la proie. Et c’est l’américain Walmart qui va l’avaler, dans le cadre de la plus grosse opération jamais réalisée dans le monde dans le commerce en ligne et comme le plus grand investissement direct étranger en Inde.
Mercredi 9 mai, le leader mondial de la grande distribution a annoncé qu’il allait prendre le contrôle de 77 % du capital de Flipkart, pour un montant de 16 milliards de dollars comprenant un apport en fonds propres de 2 milliards. L’opération valorise la cible indienne à 20,8 milliards de dollars, un montant à peine croyable si l’on se souvient qu’au printemps 2017, la start-up fondée dix ans plus tôt par Sachin Bansal et Binny Bansal, deux anciens ingénieurs d’Amazon (sans lien de parenté), avait été évaluée à 11,6 milliards de dollars à l’occasion d’une augmentation de capital de 1,4 milliard de dollars.
A l’époque, ce sont Microsoft, eBay et le géant chinois de l’internet Tencent, propriétaire de la messagerie WeChat, qui avaient parié sur Flipkart. Ces derniers vont réduire leurs positions mais rester néanmoins au tour de table, alors qu’à l’inverse, le japonais SoftBank a décidé de se retirer. Le propriétaire de Snapdeal avait fait irruption chez Flipkart en août 2017, en apportant 2,5 milliards de dollars d’argent frais, dans le but de rapprocher ensuite les deux entreprises indiennes Snapdeal et Flipkart. En cédant sa participation (23,6 % du capital), il va empocher une coquette plus-value.
Walmart et Flipkart indiquent être maintenant « en discussion » avec d’autres investisseurs, confirmant implicitement l’information relayée par la presse indienne depuis plusieurs jours selon laquelle Alphabet, maison mère de Google, rachèterait bientôt à Walmart l’équivalent de 5 % du capital de Flipkart.
Avances d’Amazon
C’est en commençant par vendre des livres en ligne, comme Amazon, que Flipkart s’est lancé dans le e-commerce. Il a connu un développement rapide en se diversifiant dans l’électronique grand public, puis dans l’aménagement de la maison et l’habillement, par le biais des portails Myntra et Jabong.
En s’unissant à Walmart, il entend distancer Amazon, qui lui a aussi fait des avances dans la dernière ligne droite. Coup de bluff pour faire monter les enchères ? La firme de Jeff Bezos, qui s’est lancée en Inde en 2013 moyennant un investissement de 5 milliards de dollars, aurait estimé la valeur de Flipkart à 22, voire 23 milliards de dollars.
Ce scénario n’a pas tenu les milieux d’affaires en haleine très longtemps, car il aurait à l’évidence été dans l’incapacité d’obtenir le feu vert des autorités, Flipkart détenant 39 % de parts de marché en Inde, et Amazon 30 %. Mardi 8 mai, Amazon a fait savoir qu’il venait d’injecter 390 millions de dollars dans sa filiale indienne pour montrer qu’il allait continuer à investir dans le sous-continent.
Selon le cabinet de conseil italien FD Research, la valeur des produits vendus sur le site de Flipkart s’élève actuellement à 6,5 milliards de dollars en rythme annuel, contre 5,5 milliards sur Amazon. C’est moitié plus qu’il y a un an pour les deux concurrents, preuve que la dynamique du commerce en ligne ne se dément pas.
D’après Morgan Stanley, le secteur devrait progresser de 30 % par an au cours des dix prochaines années, pour atteindre 200 milliards de dollars. Walmart est encore plus optimiste. Dans une étude interne révélée par le site d’information Factor Daily, le distributeur américain estime que le marché indien, couvert « à 80 % par une économie informelle », pèsera « 1 800 milliards de dollars d’ici à 2027 ». C’est sur les 20 % restants, soit 360 milliards de dollars, que le e-commerce « a sa carte à jouer », calcule-t-il.
Cheval de Troie
Une bonne raison d’acquérir Flipkart, mais pas la seule. Walmart, qui avait auparavant convoité Snapdeal, va enfin avoir l’occasion de se développer dans le commerce en ligne à l’échelle mondiale et, ce faisant, de commencer à rattraper son retard sur Amazon. Pour l’instant, il réalise 15 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur Internet, pour l’essentiel aux Etats-Unis, soit 3 % seulement de son volume d’activité global.
Avec Flipkart, l’américain va surtout pouvoir contourner la règle contre laquelle tous les acteurs mondiaux de la grande distribution, à commencer par Carrefour, se cassent les dents en Inde : l’interdiction faite à toute société non indienne de posséder des magasins multimarques, notamment dans l’agroalimentaire. Flipkart va être en quelque sorte son cheval de Troie, en lui donnant immédiatement accès à 100 millions de clients et à près de 100 000 fournisseurs référencés.
L’opération permettra par ailleurs à Walmart de se détourner de la Chine, un pays où il s’était risqué à acquérir Yihaodian, le numéro trois du commerce en ligne, lequel avait ensuite vu ses parts de marché fondre de 10 % à 1 % en cinq ans, au profit d’Alibaba et du numéro deux, JD. « En Inde, Walmart ne peut pas se permettre de rater le coche. Le PIB croît de 7 % par an et le gouvernement Modi a considérablement simplifié le paysage fiscal », observe un banquier d’affaires.
Reste à savoir comment Walmart va s’y retrouver financièrement. Sur l’exercice 2016-2017, Flipkart a affiché 1,1 milliard d’euros de pertes pour 2,48 milliards d’euros de chiffre d’affaires. « Une entreprise qui perd autant d’argent après dix ans d’existence ne peut pas être considérée comme une “success story” », relève K. Vaitheeswaran, analyste à Forrester Research.
La partie qui va désormais se jouer est d’autant plus serrée qu’Amazon est là et que les Chinois sont en embuscade : Tencent, qui possèdait jusqu’ici 5,9 % de Flipkart, et Alibaba, qui pourrait faire un jour prochain une entrée fracassante. Lundi 7 mai, celui-ci a fait savoir qu’il allait augmenter sa participation dans l’épicier en ligne indien BigBasket. Un signal discret avant un nouveau big bang ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Le constructeur automobile allemand a constaté des problèmes pouvant entraîner une coupure de contact intempestive sur de nombreux modèles fabriqués entre mars 2007 et août 2011.
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BMW rappelle 312 000 voitures au Royaume-Uni pour un problème électrique

Le constructeur automobile allemand a constaté des problèmes pouvant entraîner une coupure de contact intempestive sur de nombreux modèles fabriqués entre mars 2007 et août 2011.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 14h42
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 14h58
   





                        



   


Le constructeur automobile allemand BMW a annoncé, mercredi 9 mai, le rappel de 312 000 voitures au Royaume-Uni pour des problèmes électriques pouvant entraîner une coupure de contact intempestive.
Un porte-parole du groupe allemand au Royaume-Uni a confirmé à l’Agence France-Presse (AFP) cette information révélée par la BBC. Il s’agit d’une extension d’un précédent rappel effectué en 2017 dans le pays pour plus de 36 000 voitures, pour les mêmes causes.
BMW reconnaît, désormais, que le problème peut affecter des véhicules qui n’avaient pas été concernés par le premier rappel, et ce à la suite d’un reportage de la BBC expliquant que le dysfonctionnement était d’une ampleur plus importante qu’estimé.
Remplacement d’une prise
Les modèles concernés par le rappel sont la BMW Série 1, la Série 3, la sportive Z4 et le 4 x 4 citadin X 1, dans leur motorisation à essence comme diesel et fabriqués entre mars 2007 et août 2011. Le groupe explique que le défaut peut être réparé en deux heures par le remplacement d’une prise.
Le premier rappel était intervenu après un décès au Royaume-Uni le jour de Noël 2016. Un homme était mort au volant de sa Ford Fiesta à la suite d’une collision avec un arbre après avoir voulu éviter une BMW qui s’était arrêtée soudainement sur la route, tous phares éteints, à cause de ce problème d’alimentation.
De son côté, le régulateur automobile britannique, la DVSA (Driver and Vehicle Standards Agency), a statué la semaine dernière que BMW ne l’avait pas informé correctement sur ce défaut électrique ayant entraîné la mort de M. Gurung.
De semblables problèmes électriques avaient déjà occasionné le rappel en 2013 de 750 000 voitures BMW dans le monde, aux Etats-Unis, au Japon, au Canada et en Afrique du Sud, sans affecter l’Europe à l’époque.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ L’ancien quartier ouvrier de Gerland, à Lyon, connaît un développement galopant mais peine encore à créer du lien entre ses habitants. Un tiers-lieu et des jardins partagés tentent de réveiller la cité-dortoir.
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A Lyon, le nouveau Gerland est-il « un quartier à vivre ou un quartier à vendre » ?

L’ancien quartier ouvrier de Gerland, à Lyon, connaît un développement galopant mais peine encore à créer du lien entre ses habitants. Un tiers-lieu et des jardins partagés tentent de réveiller la cité-dortoir.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 14h36
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 14h59
    |

                            Adrien Naselli








                        


Des grues dans le ciel bleu, des marteaux-piqueurs dans le béton poussiéreux, et des panneaux « à vendre » partout. Il suffit de traverser les 700 hectares de Gerland, à Lyon, pour constater que l’endroit est devenu le terrain de jeu favori des promoteurs immobiliers. L’ancien quartier ouvrier produit chaque année un quart de la construction de logements neufs à Lyon : 10 000 personnes s’y sont installées en dix ans, et 10 000 nouveaux habitants arriveront d’ici à 2025, si l’on en croit les projections de la Mission Gerland, rattachée à la Métropole de Lyon. La population aura ainsi doublé en moins de vingt ans, passant de 20 000 à 40 000 habitants.
Le bruit des travaux contraste avec le calme presque suspect des nouveaux lotissements. Dans la ZAC du Bon-Lait, achevée en 2014, on croise peu de commerces, de rares restaurants intégrés au rez-de-chaussée des immeubles, quelques étudiants de l’Ecole normale supérieure inaugurée en l’an 2000. En 2022, l’Ecole de management de Lyon triplera ses effectifs en installant ses locaux juste au-dessus de la ZAC des Girondins, décrite par la Mission Gerland comme « un cœur de ville exemplaire du bien-vivre en ville ». 

   


Laboratoire de la mixité sociale
S’il est un lieu qui incarne ce renouveau urbain, c’est le lotissement Follement-Gerland, érigé sur une ancienne friche industrielle. « C’était un laboratoire pour nous », commente Véronique Grosjean, directrice de projets chez Bouygues Immobilier. Avec ses dix immeubles à l’allure futuriste, il comprend 639 logements de différents types (HLM, logement classique, résidences étudiantes), et de « l’accession abordable », qui prend la forme de petites maisons posées sur les toits. Au milieu de cet « îlot de mixité sociale », un jardin ouvert. « La consigne était : ni barrière ni clôture. On abolit les barrières sociales, on abolit aussi les barrières physiques », résume Véronique Grosjean.
La résidence comprend un « animateur de copropriété », une serre partagée sur les toits, un atelier à vélos collectif, une caisse à outils commune entreposée chez la gardienne, une recyclerie… Une application permet aux habitants de s’organiser entre eux, même si Véronique Grosjean reconnaît que l’appropriation de ces équipements n’est pas évidente : « Nous allons organiser des ateliers pour leur apprendre à s’en saisir. » A l’image de la serre, dont la flore aurait besoin d’un bon coup d’arrosoir…

   


Si Follement-Gerland se veut un laboratoire d’une nouvelle forme de vie en ville, la résidence est aussi fermée sur elle-même : les dix immeubles sont isolés par des grilles. « On voulait laisser ouvert, répond Véronique Grosjean. Mais les gens se sentaient moins en sécurité. » Tous les logements ont été vendus un an avant la construction.
Obsession de la valorisation foncière
Les anciens habitants, eux, sont déboussolés par cette urbanisation éclair. Avant de prendre sa retraite en 2013, l’ancien directeur du centre social de Gerland, Jean-Paul Vilain, avait adressé cette pique à la municipalité : « Un quartier à vivre ou un quartier à vendre ? » Pour l’actuelle présidente du centre, Bernadette Pizzuti, 72 ans, « c’était un petit village, ici. J’ai grandi dans un Gerland où il n’y avait que des petites maisons, et je ne vois plus que des immeubles. Le quartier a explosé ! » Jean-Baptiste Aubert, vicaire de la paroisse Saint Jean-Paul-II dont l’église est encerclée par les travaux, constate un certain délitement du lien social : « C’est un quartier qui souffre de solitude. On le voit bien à la paroisse, qui est l’un des rares témoins du siècle dernier. On se dit que nous pouvons encore représenter une unité entre les habitants, là où le quartier n’assume pas ce rôle. »

   


Les projets des promoteurs ont-ils fait disparaître l’âme du quartier ? C’est l’avis de Michel Lussault, qui enseigne à l’ENS voisine : « Gerland ne manque pas de diversité sociale et ne connaît pas une évolution à la parisienne. Mais la ville de Lyon a privilégié le modèle d’un développement intensif confié aux promoteurs. Ce quartier est un bon exemple pour voir à quel point l’obsession de la valorisation foncière crée de la banalité standard. On disposait d’un espace avec un potentiel extraordinaire, qui faisait de Gerland la zone “berlinoise” de Lyon. C’est raté. »
Manque d’animation
Gerland manque, en effet, singulièrement d’animation. Le départ de l’Olympique lyonnais du stade de Gerland, en 2015, n’a pas arrangé les choses. Et même si la Tony Parker Adéquat Academy, un centre sportif imaginé par le célèbre basketteur, devrait voir le jour en 2019, la grande période des soirs de matchs est close.
Pourtant, çà et là, des initiatives égayent le quartier. La Commune, qui a ouvert ses portes fin mars, est un gigantesque « tiers-lieu » qui accueille déjà plus de mille visiteurs par jour et où travaillent une soixantaine de personnes. Au cœur d’une ancienne menuiserie, une quinzaine de start-up qui ont déjà fait leurs preuves dans la restauration sont accueillies en échange d’un loyer de 5 000 euros par mois. Parmi ces locataires, Adrien Lamblin, dont la jeune entreprise utilise des farines d’insectes « pour trouver des alternatives à la viande ».

   


Pour Aurélie et Sarah, qui travaillent dans le quartier et découvrent La Commune pendant leur pause déjeuner, « ces lieux de convivialité sont essentiels pour casser le côté ville-dortoir ».
Déborah Hirigoyen, la cofondatrice de La Commune, estime qu’un tel lieu manquait à Gerland, afin de recréer un lien social fragilisé par l’intensité du développement immobilier. « Une ville ne peut pas se construire avec la pression foncière pour seul moteur. Ce sont les strates du temps qui créent les histoires. Quand on rase un quartier pour ne construire que du neuf, on ne sait jamais ce que cela va donner. » Les associations proposent leurs services : yoga, street art, ou encore lectures de contes aux enfants par des drag-queens. Parmi les visiteurs de La Commune, on croise une jeunesse branchée, mais aussi des familles, des personnes âgées, des salariés des environs. Prochaine étape : inviter les pensionnaires des Ehpad du quartier pour les sortir de l’isolement.
Sortir de l’entreprise, et de la cité
D’autres initiatives tentent de créer du lien social à Gerland, comme un jardin partagé, entretenu par l’association La Légumerie et installé entre les tours du Bio District (qui rassemble des leadeurs mondiaux en sciences du vivant comme Sanofi Pasteur ou Merial) et la cité-jardin, composée à 100 % de logements sociaux. Ce jour-là, une quinzaine de personnes de tous âges s’affairent. Christine, qui sort des barres d’immeuble avec son déambulateur, s’installe à l’ombre. Omar, un réfugié kurde d’Irak, retourne la terre.

   


« Il y a une énorme différence entre le Bio District où tout le monde a minimum bac + 5 et des salaires élevés, et la cité-jardin où beaucoup de personnes arrêtent l’école tôt et vivent avec le RSA », commente Rose Guinaudeau, en service civique à La Légumerie. A quelques encablures, le collège Gabriel-Rosset se classe parmi les établissements qui obtiennent les plus mauvais résultats au brevet dans le département du Rhône. Il compte 55 % de boursiers, contre une moyenne de 24 % dans l’Académie. « Notre projet est de rassembler ces publics de sous et surdiplômés. On essaye, par exemple, de monter des projets avec Sanofi, mais il est difficile de faire sortir les gens de leur entreprise… comme de leur cité », résume Rose Guinaudeau.
Depuis seize ans, les Nuits sonores, le festival de musique électronique, dont l’édition 2018 s’est ouverte le 6 mai, amène en tout cas à Gerland une jeunesse hétéroclite. L’événement investit l’ancienne usine d’électroménager Fagor-Brandt, en plein cœur du quartier. Un signe que la perspective d’un « Berlin lyonnais » n’est peut-être pas tout à fait endormie.
Le Monde organise à Lyon, jeudi 17 mai 2018, un événement sur les « villes intelligentes » et la réduction des inégalités. Inscription et programme ici (gratuit).

        Lire aussi :
         

                Les « villes intelligentes » réduiront-elles les inégalités ? Une conférence du « Monde » à Lyon le 17 mai






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Jean-Pierre Brulard, directeur d’une entreprise technologique, estime dans une tribune au « Monde » que le croisement entre la 5G, les objets connectés et l’intelligence artificielle va obliger à un saut technologique sans précédent.
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« La 5G, nouveau travail d’Hercule » des opérateurs mobiles

Jean-Pierre Brulard, directeur d’une entreprise technologique, estime dans une tribune au « Monde » que le croisement entre la 5G, les objets connectés et l’intelligence artificielle va obliger à un saut technologique sans précédent.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 14h00
    |

Jean-Pierre Brulard (Vice-président et directeur général Europe Moyen-Orient et Afrique de VMware, spécialiste des infrastructures Cloud)







                        



                                


                            
Tribune. La 5G est le nouveau travail d’Hercule pour les opérateurs de télécommunications et les fournisseurs d’accès à internet (FAI). Les premiers, tout d’abord, doivent répondre aux attentes toujours plus élevées des consommateurs, tout en gérant une offre alliant téléphonie et données mobiles. Le contexte aussi a changé, puisque les coûts d’infrastructure, loin de se stabiliser, se sont au contraire accrus, alors que la concurrence s’est intensifiée et que le revenu moyen par utilisateur s’est effondré.
La 5G devrait être adoptée par 1,2 milliard de personnes d’ici à 2025, ce qui représente 12 % des connections mobiles totales
Si l’on en croit les prévisions de la GSMA, l’association mondiale des opérateurs mobiles, la 5G devrait être adoptée par 1,2 milliard de personnes d’ici à 2025, ce qui représente 12 % des connections mobiles totales. D’ici là, les taux de croissance annuels moyens des FAI devraient atteindre 2,5 % pour 1 300 milliards de dollars de profits. Pour des acteurs qui bataillent entre une demande en croissance et des prix en chute libre, c’est un objectif ambitieux. Tout le défi est de récolter les fruits de ce travail sans sombrer…
Il s’agit d’un changement radical et sans précédent, même par rapport à la 4G. Assurer la continuité du service et sa longévité va demander de l’anticipation et de la prévision. Tant en termes d’opérations sur le réseau que de développement de nouvelles compétences, la transition entre la situation actuelle et l’avenir des télécommunications devra être la moins visible possible pour les usagers, ce qui n’est pas une mince affaire.
Développement de nouveaux services
La première étape est de réfléchir aux nouveaux usages du réseau, et à la façon dont il différera de la 3G ou de la 4G. A titre d’exemple, la bande passante particulièrement élevée et la faible latence de la 5G s’apprêtent à bouleverser l’architecture des télécommunications du « cloud » et à permettre le développement...




                        

                        


<article-nb="2018/05/09/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Le regroupement entre les troisième et quatrième géants du marché américain des mobiles va être suivi de près outre-Atlantique, où la taille critique pour affronter les défis de la 5G n’est pas atteinte, analyse dans une tribune au « Monde » l’ingénieur Yves Gassot.
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édition abonné


« La fusion entre Sprint et T-Mobile » est un cas d’école

Le regroupement entre les troisième et quatrième géants du marché américain des mobiles va être suivi de près outre-Atlantique, où la taille critique pour affronter les défis de la 5G n’est pas atteinte, analyse dans une tribune au « Monde » l’ingénieur Yves Gassot.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 14h00
    |

Yves Gassot (Ancien directeur général de l’Idate, groupe de réflexion et d’études spécialisé dans l’économie numérique, les médias, l’Internet et l...







                        



                                


                            
Tribune. Cette fois-ci pourrait être la bonne. T-Mobile et Sprint, troisième et quatrième opérateurs de téléphonie mobile américains, semblent bien partis pour se regrouper. Ils ont annoncé dimanche 29 avril leur fusion, qui doit encore être validée par les autorités de la concurrence des Etats-Unis.
L’opposition de l’administration Obama à la concentration dans le secteur de la téléphonie mobile avait repoussé l’acquisition de T-Mobile par AT&T (deuxième opérateur américain) en 2012, puis la fusion entre T-Mobile et Sprint en 2014, avant l’échec d’une opération d’Iliad sur T-Mobile. On s’attendait à ce que le changement d’administration à Washington modifie la donne. En effet, Sprint et T-Mobile ont repris les négociations dès 2017. Elles ont été rompues à nouveau en novembre 2017 car le principal actionnaire de Sprint, le japonais SoftBank, avait refusé les exigences du principal actionnaire de T-Mobile, Deutsche Telekom, qui souhaitait contrôler la nouvelle entité.
Masayoshi Son, le patron de SoftBank, a reconnu que la dynamique de conquête était plus du côté de T-Mobile que de Sprint
Mais l’opération, sauf à être définitivement enterrée, ne pouvait pas être repoussée sine die pour au moins trois raisons. La première est liée aux enchères pour les nouvelles fréquences millimétriques de la 5G, prévues en novembre 2018 : les opérateurs télécoms qui souhaitent y participer ne peuvent pas communiquer entre eux dans la période qui précède ces enchères.
La deuxième est liée aux fameuses synergies attendues avec ce type d’opération : ici, il s’agit d’unir les efforts pour construire un seul réseau 5G, et non deux. Or la course est lancée, et plus on attend, plus les investissements engagés séparément minimisent les perspectives de synergie.
La troisième raison est que Masayoshi Son, le patron de SoftBank, bien qu’investisseur audacieux, a reconnu au fil des discussions que la dynamique de conquête était plus du côté de T-Mobile que de Sprint,...




                        

                        


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<filnamedate="20180509"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180509"><AAMMJJHH="2018050919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Selon leur document préparatoire, la question posée serait : « Etes-vous pour ou contre la réforme que veut imposer le gouvernement ? »
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Les syndicats de cheminots préparent un référendum sur la réforme à la SNCF

Selon leur document préparatoire, la question posée serait : « Etes-vous pour ou contre la réforme que veut imposer le gouvernement ? »



Le Monde
 |    09.05.2018 à 13h26
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 14h28
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Les péripéties d’Air France ont manifestement donné des idées aux syndicats de cheminots. Alors que le seizième jour de grève contre la réforme ferroviaire, mercredi 9 mai, perturbe toujours fortement la circulation des trains, les organisations syndicales de la SNCF préparent un référendum interne à l’entreprise. Le Monde a eu accès à un document préparatoire daté du 7 mai détaillant la future « mise en œuvre du référendum d’initiative cheminote CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT à la SNCF ».
La question posée à tous les cheminots actifs, ainsi qu’au personnel des comités d’établissement et du comité central d’entreprise serait ainsi rédigée : « Etes-vous pour ou contre la réforme que veut imposer le gouvernement ? » Les votants pourront cocher l’une des deux cases, « pour » ou « contre ».
Selon le document, la consultation se tiendra du lundi 14 mai à 10 heures au lundi 21 mai à 10 heures ; ce qui permettrait aux organisations syndicales d’arriver au prochain rendez-vous avec le premier ministre, Edouard Philippe, les 24 et 25 mai, avec des résultats et – espèrent les militants – une forme de légitimation du mouvement par les salariés eux-mêmes.

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La direction ne cautionne pas cette initiative
Comment sera organisé le vote ? « Les organisations syndicales régionales CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT établiront ensemble une liste des urnes fixes (…) accessibles lors des AG et d’urnes mobiles permettant d’alimenter celles-ci en allant à la rencontre des non-grévistes », précise l’intersyndicale.
Afin de garantir le sérieux du référendum, des listes nominatives d’émargement seront établies. « Les organisations syndicales s’engagent à respecter la confidentialité du vote en ne publiant pas les listes d’émargement et en les détruisant à la fin du vote », précise toutefois le document.
L’idée est de ne pas effrayer les agents SNCF non grévistes ou peu militants afin de maximiser le nombre de votants. « La légitimité de ce référendum se jugera sur une participation massive », conclut le document.

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Contrairement à Air France, où la direction avait organisé un référendum, à la SNCF la direction ne cautionne pas cette initiative, considérant que le sujet est principalement législatif. « Les cheminots sont bien évidemment concernés par la réforme, déclare au Monde Guillaume Pepy, le président de la SNCF. Mais celle-ci touche tous les Français. C’est donc à leurs représentants élus de se prononcer. Personne ne peut leur confisquer ce débat. »
« L’objectif est d’obtenir la tête de Pepy »
L’intersyndicale, qui se réunit mercredi 9 mai en soirée, devrait débattre de ce projet. La CGT, à l’origine de l’idée, et SUD-Rail y sont favorables. « L’objectif est d’obtenir la tête de Pepy, reconnaît sans ambages un des négociateurs syndicaux. La place est libre à Air France, nous allons le pousser à postuler. » 
Côté UNSA, syndicat dit « réformiste », la tonalité est différente : « Il y a du pour et du contre, dit un responsable. On n’est pas dans le cas d’Air France où tout le monde votait. Ici on sait qui va s’exprimer : ce sont surtout les convaincus. Cela relativise la pertinence de l’initiative. Mais si le soutien au référendum permet de fortifier l’unité syndicale… »
Les instances dirigeantes de l’UNSA devaient se prononcer officiellement sur ce sujet, mercredi 9 mai, dans le courant de l’après-midi. Contactés, les dirigeant de la CFDT n’ont, à ce stade, pas répondu à nos sollicitations.

Notre sélection d’articles pour comprendre la réforme de la SNCF
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Pour cette seizième journée de grève, la SNCF fait part d’un taux de grévistes de 14,46 % en matinée, mais 53 % des conducteurs restent toujours mobilisés.
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SNCF : le taux de grévistes au plus bas depuis le début d’avril

Pour cette seizième journée de grève, la SNCF fait part d’un taux de grévistes de 14,46 % en matinée, mais 53 % des conducteurs restent toujours mobilisés.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 12h56
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 13h40
   





                        


Le mouvement faiblit alors que le conflit se durcit. Le taux de grévistes à la SNCF est, mercredi 9 mai, au plus bas depuis le début du mouvement en avril mais concerne toujours plus de la moitié des conducteurs, selon les chiffres transmis par la direction de l’entreprise deux jours après des réunions bilatérales entre les syndicats et le premier ministre.
Pour cette seizième journée de grève, la SNCF fait part d’un taux de grévistes de 14,46 % en matinée, le plus faible depuis le début du mouvement de grève le 3 avril, par épisode de deux jours sur cinq. Vendredi 4 mai, dernier jour de grève ouvré, le nombre total de grévistes était déjà en baisse et s’établissait à 17,12 %.
« Risque de radicalisation » du conflit
Parmi le personnel nécessaire à la circulation des trains, la mobilisation affiche aussi une baisse sensible, mais elle reste soutenue. Plus d’un conducteur sur deux (53 %) est en grève mercredi (contre 63 % vendredi), plus de quatre contrôleurs sur 10 (45,5 %, contre 58,9 % vendredi) et plus de deux aiguilleurs sur dix (20,9 % contre 24,5 %).
Après les rencontres bilatérales avec le premier ministre, Edouard Philippe, à Matignon lundi, l’intersyndicale CGT-Cheminots, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots se réunit en fin de journée mercredi pour décider des suites à donner au mouvement.
Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a estimé mercredi sur Franceinfo que le conflit entrait « dans une quinzaine de jours, quinze-vingt jours, décisifs », période pendant laquelle son syndicat « va continuer de discuter et de se mobiliser ». 

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42 amendements proposés par la CFDT
La CFDT a proposé « 42 amendements », qu’elle veut que le gouvernement « étudie » et « introduise dans la loi » lors du passage du texte devant le Sénat. La centrale syndicale demande des « améliorations » pour les cheminots transférés à la concurrence – « possibilité de retour », « maintien de l’emploi » si l’entreprise fait faillite… –, sur la gouvernance de la SNCF – « incessibilité des capitaux », « maintenir une activité fret » – et sur des questions concernant « l’ensemble des citoyens » – « enjeux de la transition écologique », gares « dans le domaine public », une même « sûreté » maintenue « sur l’ensemble du réseau ».
« Si on nous dit à la fin “on vous en retient trois [amendements], et trois mineurs entre guillemets”, évidemment que ça ne marchera pas », a-t-il prévenu. Selon lui, il existe « un risque de radicalisation ». Laurent Brun, de la CGT-Cheminots, a déclaré de son côté que la CGT allait « questionner les cheminots » sur la réforme, tout en estimant que « pour l’instant, il n’y a pas de fin du conflit ».

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                Les syndicats de cheminots préparent un référendum sur la réforme à la SNCF




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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ La Chine, premier producteur mondial d’aluminium, a lancé un vaste plan de réduction de ses surcapacités. Mais Pékin veut davantage favoriser une montée en gamme et façonner des champions nationaux que leur rogner les ailes
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La Chine veut faire passer sa production d’aluminium de la quantité à la qualité

La Chine, premier producteur mondial d’aluminium, a lancé un vaste plan de réduction de ses surcapacités. Mais Pékin veut davantage favoriser une montée en gamme et façonner des champions nationaux que leur rogner les ailes



Le Monde
 |    09.05.2018 à 12h44
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 12h54
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

Gong Zhiyu est un patron heureux. Alors que les usines voisines sont touchées par les restrictions de production d’aluminium, son entreprise continue de tourner tranquillement. Ses 80 salariés fabriquent des cercles de ce métal destinés à alimenter les usines de canettes ou de tubes de rouge à lèvres. Les autorités locales ont choisi de privilégier les acteurs à plus forte valeur ajoutée, qui transforment le produit, aux dépens des producteurs de barres d’aluminium brut.
Depuis novembre, les mesures adoptées au niveau national ont fait remonter les prix. Les droits de douane imposés par les Etats-Unis sur les importations d’aluminium chinois ? M. Gong hausse les épaules : « La plupart de mes clients ont leurs usines en Chine. »

A Zouping, district industriel de la ville de Zibo, dans la province du Shandong, les droits de douane de 10 % sur les importations d’aluminium adoptés par l’administration Trump le 8 mars dernier ne font pas peur. La Chine n’a pas attendu les sanctions américaines pour réformer le secteur.
« Politique de l’offre »
Weiqiao, le géant local de l’aluminium, huitième producteur mondial, a déjà dû limiter sa production à 70 % de ses capacités depuis novembre. Comme bon nombre de firmes des secteurs de l’acier, du charbon et de l’aluminium, Weiqiao et toutes les entreprises du district qui en dépendent, vivent au rythme des décisions du gouvernement chinois plus qu’à celui des fluctuations des cours des métaux.
Fin 2015, la Chine a lancé un vaste plan de réduction de ses surcapacités industrielles. Mais il ne s’agit que d’un pan d’une stratégie plus large, estampillée « politique de l’offre », consistant à moderniser le secteur industriel chinois. Objectifs : diversification, montée en gamme, et cela sur toute la chaîne de valeur.
Concrètement, Pékin tente de mettre fin à la surproduction qui minait les prix, dans les secteurs, stratégiques, de l’aluminium, du charbon et de l’acier. D’une...




                        

                        


<article-nb="2018/05/09/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Pour apprendre les bons réflexes alimentaires aux 6-10 ans, la start-up C’TropFood a imaginé un personnage, Twip, que les petits doivent nourrir sainement.
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Avec l’appli Feed Twip, manger équilibré devient un jeu d’enfant


                      Pour apprendre les bons réflexes alimentaires aux 6-10 ans, la start-up C’TropFood a imaginé un personnage, Twip, que les petits doivent nourrir sainement.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 12h33
    |

            Marlène Duretz








   


Feed Twip, appli concoctée par C’TropFood pour les 6 à 10 ans et labellisée par le Programme national pour l’alimentation, permet aux marmots d’acquérir les bases de la nutrition et de l’équilibre alimentaire tout en s’amusant. A la manière de son aîné le Tamagotchi, Twip, une drôle de bestiole bipède, des bois zébrés sur la tête et une fourrure vert d’eau tout ébouriffée, requiert d’être nourrie pour ne pas dépérir. Mais si son précurseur n’était pas regardant sur ce qu’il avalait, Twip, évoluant à l’écran dans un décor planté d’arbres brocolis, doit être sustenté de façon saine, équilibrée et méthodique, à raison de trois repas par jour.
Avantages
Slimy (slim, « svelte » en anglais) guide l’enfant : « Ecoute ! Son ventre gargouille, il a faim », avant de proposer un panier « plein de bonnes choses à manger ». Ce sont des ingrédients des sept familles alimentaires dont Slimy va se faire le précieux aiguilleur, faisant connaître à son apprenti leur intérêt et leurs proportions quotidiennes.
Twip se trémousse pour dire s’il est satisfait tandis que Slimy veille au grain : « Il faut plus de produits laitiers ! » Lorsque le menu est aux petits oignons, trois étoiles sont octroyées ; sinon la bestiole vire au gris ou se couvre de pustules et l’enfant se fait remonter les bretelles d’un « Twip pourrait manger plus équilibré, non ? »
Entre chaque repas, mais à petites doses, l’enfant est invité à faire le plein de victuailles en s’adonnant à des mini-jeux, ou encore à passer en cuisine pour mettre au point ses propres recettes.
Inconvénients
Rien n’empêche l’enfant de nourrir Twip de carottes râpées au petit déjeuner accompagnées d’une côtelette d’agneau et de pâtes. Au parent de raisonner son enfant s’il demande de manger comme Twip le matin. A souligner que Twip n’est ni flexitarien, ni végétarien, ni végétalien. Aucune protéine végétale ne figure à son menu, qu’on se le dise.
Faire des repas parfaits, compléter de nombreuses expéditions ou encore réaliser le meilleur score aux minijeux rapporte de maigres récompenses, à savoir des éléments de décor pour agrémenter l’habitat de Twip. Faire les courses, préparer de bons petits repas équilibrés n’est pas toujours gratifiant… mais tellement bon pour la santé !
Appli pour iOS et Android. Ctropfood.com



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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Les salariés japonais ne bénéficient pas des résultats financiers exceptionnels de leurs entreprises, explique dans sa chronique, Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Le Japon, pays où l’argent ne ruisselle jamais »

Les salariés japonais ne bénéficient pas des résultats financiers exceptionnels de leurs entreprises, explique dans sa chronique, Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



Le Monde
 |    09.05.2018 à 12h06
    |

            Philippe Escande (éditorialiste économique)








                        



                                


                            

Chronique pertes & profits. L’argent des riches fait-il au bout du compte le bonheur des pauvres ? Cette question ancienne a rebondi récemment en France à la faveur d’une polémique politique sur l’efficacité et la justice des décisions impulsées par le nouveau président de la République, Emmanuel Macron. On a donc ressorti des tiroirs la fameuse théorie du ruissellement qui faisait déjà débat aux Etats-Unis dans les années 1930. Immédiatement démentie. Ce n’est pas une théorie, mais une métaphore dont la justesse est hautement aléatoire, car fonction des circonstances et des banals rapports de force.
Deux exemples extrêmes viennent nous le rappeler. A la compagnie Air France, les pilotes, entraînant derrière eux la majorité du personnel, ont réagi au quart de tour à l’amélioration des résultats de la compagnie pour demander un rattrapage des salaires de près de 6 %. Un effort jugé trop important par la direction de l’entreprise au regard de la faible compétitivité de la société, de l’intensité de la concurrence et de la remontée des prix du pétrole. L’argent ruisselait à peine qu’il était déjà préempté par le personnel. Et quel que soit le nouveau patron qui sera nommé à la suite de la démission de Jean-Marc Janaillac, il devra lâcher du lest.

Explosion de la dette
A l’autre bout de la planète, le constructeur japonais Toyota vient d’annoncer des résultats financiers exceptionnels pour son année fiscale 2017-2018. Près de 20 milliards d’euros de bénéfice net, faisant de lui, et de très loin, le champion du monde de l’industrie automobile. Une rentabilité exceptionnelle qu’il partage avec ses concurrents locaux, comme Honda, dont les profits ont grimpé en 2017 à plus de 8 milliards d’euros.
Pourtant, à l’issue des négociations de printemps, Toyota n’a accordé à ses salariés qu’une modeste augmentation de 10 euros et Honda de 13 euros. Rien à voir avec les centaines d’euros exigés par les salariés d’Air France. L’argent...




                        

                        


<article-nb="2018/05/09/19-11">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Dans cette chronique, le juriste Francis Kessler revient sur deux affaires dans lequelles des employeurs réclamaient à leurs salariés la restitution de sommes versées, selon eux, à tort.
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faut-il reverser une rémunération indue ?

Dans cette chronique, le juriste Francis Kessler revient sur deux affaires dans lequelles des employeurs réclamaient à leurs salariés la restitution de sommes versées, selon eux, à tort.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 12h00
    |

                            Francis Kessler (Maître de conférences à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            
Question de droit social. Il peut arriver qu’une paie illégitime soit versée à un salarié. Citons par exemple, le versement en net d’une rémunération brute, ou, situation plus complexe mais non moins fréquente, la régularisation, dans le cadre de l’annualisation du temps de travail avec lissage de salaire, faisant apparaître un trop-perçu.
La Cour de cassation vient de se prononcer par deux fois, le 14 mars et le 5 avril, sur des demandes d’employeurs qui réclamaient la restitution de rémunérations versées, selon eux, à tort. La haute juridiction judiciaire a rappelé les conditions et les moyens de la mise en œuvre d’une restitution de rémunération indue. A savoir, ce que le code civil a longtemps nommé « la répétition de l’indu » et qui, dans le nouvel article 1302, est devenu « restitution », au cas particulier d’un solvens (celui qui a payé) employeur et d’un accipiens (celui qui a reçu le paiement) salarié.
Première affaire, première leçon : une Cour d’appel avait jugé qu’un employeur ne pouvait pas demander au salarié le remboursement d’une prime d’ancienneté versée à tort, car il n’était pas établi que l’employeur avait été tenu dans l’ignorance du paiement de cette prime. L’arrêt a été cassé sur l’argument suivant : un salarié ne peut pas empêcher une restitution de rémunération indue, sauf s’il démontre que les sommes litigieuses lui ont été versées par l’employeur dans une intention libérale.
Compensation
La deuxième affaire porte sur les modalités de récupération des sommes versées. L’employeur peut-il directement prélever sur le salaire les sommes perçues à tort ? Cette extinction simultanée d’obligations réciproques entre deux personnes est possible, mais limitée, en raison du caractère alimentaire du salaire, au revenu de solidarité active (RSA) pour une personne seule : c’est le principe d’insaisissabilité et d’incessibilité partielles du salaire. Et cette compensation doit également...




                        

                        


<article-nb="2018/05/09/19-12">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Les pays membres avaient jusqu’au 9 mai pour transposer la directive sur « la sécurité des réseaux et des systèmes d’information » dans leurs droits nationaux.
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Cybersécurité : Bruxelles insiste pour que l’Union européenne se protège davantage

Les pays membres avaient jusqu’au 9 mai pour transposer la directive sur « la sécurité des réseaux et des systèmes d’information » dans leurs droits nationaux.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 11h43
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

La cybersécurité est devenue un sujet bien trop sérieux pour en laisser la responsabilité aux seuls Etats membres de l’Union européenne (UE). C’est la raison pour laquelle la Commission a tenu à rappeler, ces derniers jours, à quel point il était important que toutes les capitales aient adapté dans leurs droits nationaux la directive « sur la sécurité des réseaux et des systèmes d’information » au plus tard le 9 mai.
Ce texte, agréé définitivement à Bruxelles à l’été 2016, est le premier du genre à obliger à une coordination paneuropéenne en matière de cybersécurité. Il avait été proposé par la Commission début 2013, sous l’ère Barroso. « C’était une autre époque. Ces sujets n’intéressaient que les experts », glisse une source maison.

Avec la multiplication des attaques informatiques massives (4 000 offensives quotidiennes de logiciels rançonneurs depuis début 2016, selon les autorités européennes), la nécessité d’une meilleure protection des activités stratégiques dans l’UE n’est plus remise en question.
La Commission veut surtout éviter que subsistent des maillons faibles, à savoir les Etats de l’Est et du Sud
L’attaque WannaCry, en mai 2017, qui a touché plus de 300 000 ordinateurs dans le monde, dont ceux des hôpitaux publics britanniques, de Renault ou de Vodafone, puis NotPetya, à peine un mois plus tard, qui aurait entraîné plus d’un milliard d’euros de dégâts, ont largement contribué à cette prise de conscience.
Système d’amendes
Ce ne sont pas les grands Etats que Bruxelles vise avec ce texte – ni l’Allemagne ni la France, qui dispose déjà de son Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) et a transposé la directive dans les temps (en février). La Commission veut surtout éviter que subsistent des maillons faibles, à savoir les Etats de l’Est et du Sud, dont les entreprises et les services publics, bien moins protégés, constituent de redoutables points d’entrée sur le marché...




                        

                        


<article-nb="2018/05/09/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Les ventes de l’hebdomadaire lancé le 21 mars étaient seulement de 5 000 exemplaires.
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« Vraiment » suspend sa parution au bout de huit numéros

Les ventes de l’hebdomadaire lancé le 21 mars étaient seulement de 5 000 exemplaires.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 12h13
    |

            François Bougon








                        



   


Les temps sont durs pour les nouveaux hebdomadaires généralistes. Après l’échec cuisant d’Ebdo, moins de trois mois après son lancement, c’est au tour de Vraiment de jeter l’éponge après seulement sept semaines d’existence en kiosque.
Les trois fondateurs – Jules Lavie, le directeur de la rédaction, Julien Mendez et Julie Morel, deux anciens conseillers au ministère de l’économie à l’époque d’Emmanuel Macron, puis de Michel Sapin – ont décidé de suspendre la parution. Le huitième numéro, qui sortait mercredi 9 mai, sera le dernier, en tout cas sous la forme hebdomadaire.

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Le journal s’était lancé le 21 mars avec une rédaction de seize journalistes. Mais il n’a pas pu trouver sa place dans le paysage tourmenté des « news magazines », bousculé par la chute des ressources publicitaires et la crise du principal distributeur de presse, Presstalis. La diffusion payée du premier numéro, au prix de vente de 4,50 euros, était de 18 000 exemplaires avant de tomber ensuite autour de 5 000, alors que le nombre d’abonnés s’élevait à un millier. Le point d’équilibre se trouvait à 40 000…
« Initialement, on se donnait dix-huit mois pour l’atteindre, mais on était tellement loin de nos objectifs qu’il n’était pas réaliste d’attendre plus longtemps », déclare Julien Mendez. « On préfère arrêter les frais avant que la facture ne soit trop lourde », renchérit Jules Lavie.
« On n’a pas trouvé notre lectorat »
Un tour de table, auquel avait participé Bernard Mourad, l’ex-responsable du pôle médias du groupe SFR, prévoyait de lever 2 millions d’euros. Une moitié avait déjà été récoltée. Mais les fonds n’étaient pas suffisants, en particulier pour mener des campagnes publicitaires et élargir le public de l’hebdomadaire.
Jules Lavie, pour sa part, tente de comprendre les raisons de l’échec : « On a fait un bon journal, mais on n’a pas trouvé notre lectorat. On n’a peut-être pas réussi à partir sur une ligne très précise. Il était d’ailleurs difficile de résumer le journal en une phrase. » Malgré des enquêtes intéressantes et une maquette agréable, Vraiment n’a en effet pas su convaincre qu’il pouvait constituer le média complémentaire qu’il souhaitait être à côté des grands médias de la presse écrite.
L’équipe – « motivée et soudée », selon M. Mendez – veut désormais se donner le temps de la réflexion, jusqu’à l’été, pour voir comment l’aventure peut se poursuivre : « J’ai fait le tour des actionnaires et on réfléchit », précise le cofondateur. Pour l’heure, Vraiment ne suit donc pas le chemin de l’autre hebdomadaire malheureux, Ebdo, placé en liquidation début avril par le tribunal de commerce de Paris avec poursuite de l’activité de l’éditeur des revues XXI et 6Mois, Rollin Publications (63 salariés).
Les candidats à la reprise avaient jusqu’au mercredi 2 mai pour déposer leurs offres. Cinq se sont manifestés : le groupe Le Monde, la société d’édition Editis, l’éditeur Le Seuil associé à La Revue dessinée, le groupe Hildegarde (qui détient les magazines Le Film français, Première, Studio, Causette…), et Thierry Mandon (qui était le directeur général d’Ebdo) associé à plusieurs autres investisseurs. Vraiment espère, quant à lui, repartir sur un rythme moins ambitieux.

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Les raisons qui poussent l’Argentine à appeler le FMI au secours

Le gouvernement de Mauricio Macri, qui craint une nouvelle crise financière, a entamé des discussions avec le Fonds monétaire international.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h14
    |

            Marie de Vergès








                        



   


Eviter à tout prix le retour d’une nouvelle crise financière. Au nom de ce principe, l’Argentine a appelé à l’aide le Fonds monétaire international (FMI), mardi 8 mai, dix-sept ans après son spectaculaire défaut de paiement qui demeure un traumatisme national.

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Alors que le peso, la devise nationale, est en déroute sur les marchés, le président Mauricio Macri a indiqué avoir entamé des discussions avec l’institution multilatérale pour obtenir une ligne de financement. « Cela nous permettra de faire face au nouveau scénario mondial et d’éviter une crise telle que celles auxquelles nous avons été confrontés au cours de notre histoire », a-t-il expliqué dans une allocution télévisée.
Pourquoi cette décision ?
Chahuté par les investisseurs, le peso a perdu 18 % de sa valeur depuis le début de l’année. Pour enrayer sa chute, la banque centrale argentine a procédé à des injections massives d’argent frais puis relevé son principal taux d’intérêt à trois reprises ces derniers jours, jusqu’à le fixer à 40 % vendredi 4 mai.
Malgré ce niveau record, le peso a continué à dévisser en début de semaine. Cette dégringolade s’inscrit dans un mouvement global provoqué par le raffermissement du dollar et la remontée des taux des bons du Trésor américain. Mais la monnaie argentine s’est dépréciée plus sévèrement que les devises des autres pays émergents, traduisant le scepticisme grandissant des investisseurs à l’égard de la politique suivie par Buenos Aires.

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Ce plongeon risque d’alimenter une inflation qui dépasse déjà 20 %. En menaçant de renchérir le coût du service de la dette, il nourrit aussi les inquiétudes sur la solvabilité de la troisième économie d’Amérique latine, abonnée aux crises financières : l’Argentine a fait huit fois défaut depuis son indépendance en 1816. Les pressions sur la devise ont tiré vers le bas tous les actifs financiers du pays, des actions aux obligations.
Que demande l’Argentine au FMI ?
Buenos Aires réclame au Fonds monétaire une ligne de crédit flexible. Il ne s’agit pas d’un plan d’aide traditionnel, mais d’un outil de précaution, dont certains pays peuvent user afin de rassurer les marchés en leur montrant qu’ils appliquent une politique économique validée par le FMI. Seuls trois Etats membres ont eu recours à cet instrument : la Pologne – qui en est sortie l’an dernier –, le Mexique et la Colombie. Aucun n’a utilisé les fonds mis à disposition.
Théoriquement, ce « filet de sécurité » n’est pas ouvert à tout le monde. Pour pouvoir en disposer, les pays sont censés disposer d’un très bon cadre macroéconomique.
Curieusement, notent certains analystes, l’Argentine semble avoir réussi à se qualifier malgré ses faiblesses : une inflation élevée, des déficits courants et une dette qui ne cesse d’augmenter. « Nous ne pouvons pas encore dévoiler les montants [demandés], mais nous nous sommes mis d’accord sur un soutien financier du FMI à l’Argentine », a précisé le ministre de l’économie, Nicolas Dujovne, dans une conférence de presse. Selon des informations de l’agence Bloomberg, le crédit sollicité atteint 30 milliards de dollars.
Cet appel au secours constitue une nouvelle étape dans la relation souvent tendue entre l’Argentine et le Fonds. L’institution avait prêté de l’argent au pays avant son défaut de 2001. Elle fut très critiquée pour n’avoir pas su anticiper et désamorcer la crise. En 2013, le FMI publia une « déclaration de censure » contre Buenos Aires, accusé de produire des statistiques non fiables. Les liens se sont réchauffés depuis l’arrivée au pouvoir de Mauricio Macri, un libéral ayant promis de réconcilier son pays avec les marchés et de détricoter les politiques « populistes » de sa prédécesseure Cristina Kirchner.
Que va-t-il se passer ?
« Après avoir reçu un pays avec l’un des plus bas niveaux de dette du monde, Macri annonce qu’il doit recourir aux recettes du FMI. Nous avons changé le futur pour le passé », a cinglé Mme Kirchner sur Twitter. En réalité, l’instrument d’urgence du FMI ne nécessite en théorie aucune contrepartie ni réformes structurelles. Le gouvernement argentin n’a pourtant d’autre choix que d’œuvrer à stabiliser au plus vite la situation économique. Le tout en menant de front plusieurs objectifs parfois difficiles à concilier : le retour à une croissance robuste, la réduction de l’endettement et du déficit budgétaire et la maîtrise de l’inflation. Un programme délicat à mener à l’heure où une certaine fatigue s’exprime au sein de la population vis-à-vis des réformes et où les appels à de fortes revalorisations salariales se font plus pressants pour compenser la hausse des prix.

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Reste à connaître le détail de l’accord qui sera passé entre le Fonds et Buenos Aires. « Les discussions ont été initiées sur la manière de travailler ensemble pour renforcer l’économie de l’Argentine et vont se tenir très rapidement », a assuré, mardi, la patronne du FMI, Christine Lagarde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ La branche Uber Elevate planche sur des appareils électriques à mi-chemin entre drone et hélicoptère. Mais la plate-forme de VTC devra obtenir le feu vert des autorités américaines.
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Uber rêve de faire décoller ses taxis volants en 2023

La branche Uber Elevate planche sur des appareils électriques à mi-chemin entre drone et hélicoptère. Mais la plate-forme de VTC devra obtenir le feu vert des autorités américaines.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h11
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



   


Quatre passagers, une vitesse comprise entre 240 et 320 kilomètres par heure et des « vertiports » capables de gérer plusieurs centaines de décollages et d’atterrissages par heure. Mardi 8 mai, en ouverture d’une conférence organisée à Los Angeles (Californie), Uber a apporté davantage de détails sur son projet de taxis volants. Et réaffirmé son objectif : lancer un service commercial en 2023. « C’est ambitieux, reconnaît Eric Allison, le responsable de la division Uber Elevate. Mais pas irréaliste. »
Pour tenir ses promesses, la plate-forme américaine de voitures de transport avec chauffeur (VTC) multiplie les initiatives. Elle collabore avec des industriels pour concevoir ces appareils entièrement électriques, à mi-chemin entre des hélicoptères et des drones. Elle développe aussi un nouveau design de batterie lithium-ion. Uber conçoit par ailleurs un système entièrement informatisé de contrôle aérien et un nouvel algorithme pour coordonner taxis volants et voitures.
Mais l’entreprise, qui prévoit de lancer des phases de test en 2020, à Los Angeles, à Dallas et à Dubaï, n’est pas maître du calendrier. Elle devra en effet obtenir le feu vert des autorités américaines. « 2023 est beaucoup trop optimiste », dit un professionnel. Aux Etats-Unis, la Federal Aviation Administration discute déjà avec Uber. Mais son directeur, Dan Elwell, a prévenu, mardi, que le gendarme américain ne ferait « aucune concession sur la sécurité ».
La société estime pouvoir réduire le temps passé dans les transports et les embouteillages
A terme, Uber espère déployer des centaines de véhicules volants dans les grandes agglomérations. Ce réseau, baptisé « Uber Air », doit venir en complément de son service de VTC. Certaines courses incluront ainsi plusieurs étapes : un trajet en voiture pour se rendre au « vertiport » le plus proche, puis le vol avec d’autres passagers, puis un deuxième trajet en voiture vers la destination finale. La société estime pouvoir réduire le temps passé dans les transports et les embouteillages.
Pour fonctionner, le système réclamera une « précision sans précédent », explique M. Allison. Chaque appareil ne restera cloué au sol que cinq minutes pour recharger les batteries, débarquer les passagers et embarquer les suivants. Aux heures de pointe, Uber prévoit plus de 1 000 décollages par heure sur certains « vertiports », qui seront principalement installés sur les toits d’immeubles ou de parking.

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Chaque jour, Uber anticipe dix fois plus de trajets aériens dans certaines villes que le nombre de vols d’avions de ligne sur l’ensemble du territoire américain. « Un petit problème pourra avoir un impact important », redoute M. Allison.
Fidèle à sa stratégie, Uber ne jouera qu’un rôle de plate-forme. Le groupe ne construira pas les voitures volantes. Il ne les achètera pas non plus et ne s’occupera pas de leur maintenance. Il ne bâtira et ne gérera pas les « vertiports ». « Aucune entreprise ne peut réaliser seule les investissements pour déployer l’ensemble du système, justifie son responsable. Mais nous garderons un contrôle opérationnel direct. » Uber établira ainsi des contraintes à respecter pour ses partenaires.
Le bruit représente l’un des principaux défis à relever
L’entreprise s’est associée avec cinq groupes aéronautiques, dont le constructeur brésilien d’avions régionaux Embraer et le fabricant américain de drones Aurora, racheté fin 2017 par Boeing. La tâche est complexe. « Nous devons quasiment tout réinventer, souligne Abe Karem, fondateur de Karem Aircraft. C’est peut-être plus facile que la physique nucléaire, mais que très légèrement. » Mardi, Uber a par ailleurs officialisé un partenariat avec l’armée américaine pour développer des rotors plus silencieux.
Le bruit représente en effet l’un des principaux défis à relever. S’il devrait être moins élevé que pour un hélicoptère, le volume sonore au moment du décollage et de l’atterrissage pourrait représenter un frein pour obtenir l’autorisation de voler en milieu urbain. « Il est possible de faire bien mieux », promet M. Allison. « De nouvelles architectures et techniques apparaissent pour réduire cette nuisance », confirme François Chopard, fondateur Starburst, un incubateur de start-up dans le domaine de l’aéronautique.

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Autre défi : l’autonomie des batteries et le temps nécessaire pour les recharger. « Il faut autant de puissance pour faire décoller une voiture volante que pour propulser un semi-remorque », souligne Pasquale Romano, directeur général de ChargePoint, une société qui fabrique des stations de recharge. Mais la place est beaucoup plus limitée. « Il n’y a pas en encore eu de progrès majeurs dans les batteries, simplement des améliorations », note M. Chopard. En janvier, Uber a débauché Celina Mikolajczak, une ancienne responsable de Tesla, pour concevoir sa propre batterie. Celle-ci pourra ensuite être utilisée par les fabricants partenaires.
A plus long terme, Uber souhaite rendre ses voitures volantes autonomes. D’abord, parce qu’il n’y a pas « assez de pilotes », explique John Langford, patron d’Aurora. Ensuite, parce que cela doit permettre de réduire les coûts d’exploitation, et ainsi proposer des tarifs plus abordables que l’achat et à l’entretien d’un véhicule personnel. M. Allison espère remplacer les pilotes au cours des dix prochaines années. « Le principal obstacle ne sera pas technologique, mais réglementaire », prédit-il.
Connu pour des tactiques parfois sauvages, Uber assure vouloir procéder par étapes. La société prévoit de lancer son service de taxis volants dans les pays ou villes les moins contraignants. Elle espère ainsi démontrer son impact positif sur le trafic routier et apaiser les craintes sur la sécurité afin de convaincre les plus réticents. M. Allison se dit confiant. « Dans dix ans, Uber Air sera présent dans de nombreuses villes », s’enthousiasme-t-il.



                            


                        

                        


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Lutte antiblanchiment : les casinos gagnent contre l’Etat

Dans un arrêt rendu le 4 mai, le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative, a annulé les règles imposées aux casinotiers par le ministère de l’intérieur.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 11h31
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

L’emporter contre la police et faire condamner l’Etat. Bien des rebelles en rêvent, les casinos l’ont fait. Engagés depuis plusieurs mois dans une bataille contre la police des jeux, les professionnels du secteur viennent d’obtenir gain de cause. Dans un arrêt rendu vendredi 4 mai, le Conseil d’Etat a donné raison aux trois fédérations patronales qui l’avaient saisi.
La plus haute juridiction administrative a annulé les règles que la police avait cru pouvoir imposer aux casinos en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et que ceux-ci contestaient vigoureusement. L’Etat doit en outre verser 3 000 euros aux trois syndicats pour couvrir les frais engagés.
« Cette décision fera date », estime Jean-Philippe Dom, l’un des avocats des casinos. En modifiant le rapport de force entre l’Etat et les casinos, l’arrêt devrait amener les pouvoirs publics à reprendre le dossier de la lutte contre le blanchiment sur de nouvelles bases. La profession a déjà soumis des propositions d’autorégulation.

Après avoir gagné en justice, « les casinos souhaitent en tous les cas un apaisement des relations avec la police », assure Me Dom. Cela n’est pas acquis, tant les tensions sont fortes, depuis quelques années, entre le ministère de l’intérieur et certains casinos.
Pour comprendre ces frictions, il faut remonter à décembre 2013. A l’époque, le Service central des courses et jeux (SCCJ) est soupçonné de connivence avec les dirigeants des cercles de jeux parisiens, voire avec le « milieu », et le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, lance une opération « mains propres ». Il demande un audit approfondi du service, et démet de ses fonctions le commissaire qui le dirigeait.
Inspections surprises
Son successeur, Philippe Ménard, est nommé pour mettre de l’ordre. Notamment dans les casinos, qui ferment les yeux selon lui sur certaines pratiques, notamment...




                        

                        


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L’exécutif plaide pour une protection sociale des travailleurs « ubérisés »

Des négociations sont en cours avec les plates-formes numériques



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 12h03
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        


La protection sociale des travailleurs « ubérisés » va-t-elle s’améliorer ? Tel est, en tout cas, l’objectif affiché par le gouvernement et par plusieurs députés de la majorité qui veulent ajouter des mesures allant dans ce sens dans le projet de loi « avenir professionnel », examiné à ­l’Assemblée nationale à partir de la fin mai. Des discussions ont été discrètement ouvertes, il y a plusieurs semaines, entre les services de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, et des plates-formes numériques, parmi lesquelles Uber, Deliveroo et Stuart. Les protagonistes tentent d’identifier des solutions en faveur des précaires de l’économie digitale, dans le cadre d’un « deal global », selon la formule employée, début mars, par l’entourage de Mme Pénicaud.
Depuis quelques années, on ­assiste à l’émergence d’une nouvelle catégorie de travailleurs qui sont mis en relation avec le consommateur par le biais d’applications sur smartphone. Livreurs à vélo, chauffeurs… tous ont le statut d’autoentrepreneur – une des modalités pour être qualifié d’indépendant – et ne bénéficient donc pas du filet de sécurité accordé aux salariés (assurance-chômage, etc.). Ils sont payés à la tâche par la plate-forme numérique à laquelle ils versent une commission à chaque fois que celle-ci les met en contact avec un client.
Cet écosystème, qui permet aux plates-formes de limiter à la portion congrue les prélèvements sociaux, est très décrié et engendre même des contentieux. Les uns résultent du recours de travailleurs indépendants qui demandent la requalification en contrat de travail de leur relation avec la plate-forme – mais très peu ont obtenu gain de cause, à ce stade. Les autres litiges sont à l’initiative de l’Urssaf, qui a considéré dans certains dossiers que les « ubérisés » étaient en réalité des salariés déguisés et que leur employeur devait par conséquent payer des cotisations. Comme l’a révélé, à la mi-mars, nos confrères de Mediapart, l’inspection du travail a même transmis au parquet de Paris un procès-verbal de près de 200 pages qui constate du travail dissimulé chez Deliveroo France, l’un des spécialistes de la livraison de repas à domicile. 

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Terrain miné
Les discussions engagées par le ministère du travail se déroulent donc en terrain miné. Le but de Muriel Pénicaud est d’accorder de nouveaux droits aux « ubérisés » mais aussi de clarifier leur statut, afin de sécuriser un modèle économique créateur d’emplois. « Le législateur tâtonne depuis quelques années, décrypte Me Marianne Lecot, avocate de la plate-forme Tok Tok Tok. La loi El Khomri de 2016 a posé une première pierre en affirmant le principe d’une responsabilité sociale des plates-formes, avec des droits en matière de formation continue et d’accidents du travail. »
L’exécutif entend aller plus loin. « Les représentants du gouvernement nous ont dit qu’ils voulaient étendre les droits et qu’ils réfléchissaient aux modalités pour y parvenir avec nous, confie, sous le sceau de l’anonymat, un haut gradé d’une plate-forme. Nous y sommes tous favorables mais nous avons chacun nos limites : certains sont prêts à mettre la main à la poche, d’autres clairement pas. »
Uber semble plutôt se situer dans la seconde catégorie. « C’est un vrai sujet, reconnaît un porte-parole du géant américain en France. Nous avons agi pour soutenir nos chauffeurs, par exemple en les assurant gratuitement. » Mais il est hors de question, complète cette même source, de participer au financement du système en cotisant.
Le député LRM du Val-d’Oise Aurélien Taché, corapporteur du projet de loi « avenir professionnel », ne l’entend pas de cette oreille. Pour lui, il est légitime que les plates-formes versent leur écot à l’Etat-providence. « En ­contribuant à la protection sociale, elles sécuriseraient leurs travailleurs qui n’auraient alors plus grand intérêt à demander la requalification en salariat », explique-t-il. L’une des idées défendues par M. Taché consiste à élargir les conditions prévues dans le projet de loi pour permettre aux indépendants de toucher l’allocation-chômage : il s’agirait de prendre en compte par exemple la « perte subite de revenus, pour inclure les autoentrepreneurs », précise M. Taché. L’hypothèse de droits accrus en matière de formation continue est également à l’étude.
« Pour les plates-formes, le véritable enjeu est de montrer qu’elles sont des entreprises responsables, prêtes à accorder des protections supplémentaires aux travailleurs indépendants qui collaborent avec elles, résume Me Aurélien Louvet, du cabinet Capstan. Mais ces garanties nouvelles ne doivent pas être vues comme un indice laissant présumer une relation salariale entre les deux parties. » Autrement dit, il ne faudrait pas que les « ubérisés » tirent parti de ces droits nouveaux pour se voir reconnaître, devant les tribunaux, la qualité de salarié. Début mars, le cabinet de Mme Pénicaud avait d’ailleurs précisé qu’il fallait « traiter cette question de la requalification en salariat » afin de « sécuriser le “business model” » des plates-formes.
La démarche du gouvernement, fondée sur le dialogue « avec les entreprises de l’économie collaborative, est la bonne », commente l’économiste Gilbert Cette, coauteur du livre Travailler au XXIe siècle (Odile Jacob, janvier 2017). « Toutes les parties prenantes peuvent gagner à l’instauration de normes stables, poursuit-il. Mais le sujet ne doit pas être cantonné à la protection sociale. Il faut parvenir à un socle de droits plus larges, par exemple la possibilité de contester une déconnexion par la plate-forme, comme les salariés peuvent contester un licenciement. »
Cofondateur du Collectif des livreurs autonomes de Paris, Jérôme Pimot se montre beaucoup plus dubitatif sur l’issue des tractations en cours : « Elles ne laissent rien présager de bon. Ou alors que des effets d’annonce. »



                            


                        

                        


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Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 13h50
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                            Nabil Wakim et 
Louis Imbert








                        



   


Le paradoxe pourrait faire sourire : en annonçant sa décision de sortir de l’accord sur le nucléaire iranien, le président américain, Donald Trump, a de grandes chances de soutenir les prix du pétrole… alors qu’il les jugeait trop élevés, dans un Tweet rageur, fin avril.
Les cours de l’or noir bondissaient d’ailleurs en Asie, mercredi 9 au matin, alors qu’ils avaient déjà renoué avec des niveaux élevés. Le baril de brut a dépassé les 76 dollars (64,20 euros) au plus haut depuis novembre 2014. « Une partie de la hausse est liée à l’anticipation, très forte sur les marchés, que Trump allait revenir sur l’accord, explique Francis Perrin, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et expert des milieux pétroliers. Rien ne dit que cela va s’arrêter : tout dépendra de l’ampleur des sanctions américaines. »
A court terme, le marché devra potentiellement faire face à la perte de centaines de milliers de barils iraniens par jour. Or le marché est déjà tendu : les stocks sont au plus bas dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les Etats de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont réduit leur production et la demande reste soutenue.
« Une source de revenu essentielle pour le régime »
Le détail n’est pas encore connu, mais le président américain n’a pas caché qu’il souhaitait que les sanctions soient le plus contraignantes possible. Celles visant directement les exportations de pétrole iranien auront évidemment une incidence sur l’économie. Une telle mesure avait largement contribué à étouffer les revenus pétroliers de Téhéran à partir de 2012, et à faire pression lors des négociations. « Si l’administration Trump veut revenir à une application dure des sanctions, ils viseront en premier lieu le pétrole : c’est une source de revenu essentielle pour le régime », estime l’expert Brian O’Toole, ancien haut responsable du Trésor américain sous les présidences Obama, puis Trump.

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Même si les pays européens ne suivent pas Donald Trump, il est probable que les entreprises européennes qui achètent du brut iranien ne voudront pas prendre le risque de se brouiller avec Washington. L’Iran arriverait-il pour autant à continuer à vendre massivement son pétrole en Asie ? Ses deux principaux acheteurs sont la Chine et l’Inde. « Un retour de sanctions pétrolières n’affecterait pas les ventes de Téhéran, analyse Pierre Fabiani, ancien patron de Total dans le pays. Les banques européennes seront peut-être effrayées, mais les Chinois comme les Indiens se moquent des sanctions américaines : ils achèteront toujours à Téhéran, avec de beaux rabais. » Le Japon ou la Corée du Sud, autres gros clients, pourraient en revanche être sensibles aux pressions américaines.
Conséquences à double tranchant pour les Etats-Unis

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Les conséquences pour les Etats-Unis sont à double tranchant. Quand les prix du pétrole augmentent, l’industrie pétrolière américaine – et notamment le pétrole de schiste en pleine expansion – crie victoire. Pas les consommateurs, qui voient, depuis quelques semaines, le prix à la pompe grimper, alors qu’approche l’été, période de grande consommation d’essence dans le pays. Une grogne chez les conducteurs américains serait de mauvais augure pour Donald Trump pour les élections de mi-mandat, en novembre 2018.
Cette décision fait au moins un gagnant : l’Arabie saoudite, grande rivale de l’Iran au Proche-Orient, qui milite activement pour un prix du baril élevé et contre l’influence iranienne dans la région.




                            


                        

                        


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Les « Makers », une véritable sous-culture

Dans cet essai, trois sociologues mettent en lumière cette révolution technologique qui prend place des des espaces ressemblant davantage à des garages qu’à des laboratoires de pointe et dont l’imprimante 3D n’est qu’un des vecteurs les plus médiatiques.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h01
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                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. Des plats alimentaires aux voitures, en passant par les maisons et les pièces industrielles, l’imprimante 3D ouvre aujourd’hui des perspectives de fabrication inédites. Encore réservé aux spécialistes au début de la décennie 2010, cet appareil, désormais bien connu du grand public, permet aussi d’imprimer des cellules souches, et donc d’envisager la création de tissus humains et de nouveaux organes. Encore plus surprenant : c’est dans des espaces qui ressemblent davantage à des garages qu’à des laboratoires de pointe qu’a été portée la révolution technologique dont l’imprimante 3D n’est qu’un des vecteurs les plus médiatiques.

Ces lieux portent des noms multiples. Pour les désigner de façon générique, Isabelle Berrebi-Hoffmann, Marie-Christine Bureau et Michel Lallement ont choisi le terme de makerspace. Que font concrètement les « makers », et quels impacts ont-ils sur le travail, l’économie ou encore la formation ? Comment des femmes et des hommes aux profils parfois si tranchés ont-ils réussi à fabriquer une identité collective ? s’interrogent les sociologues dans Makers. Enquête sur les laboratoires du changement social.
L’agrégation de deux populations principales
De 2013 à 2016, les auteurs ont sillonné plus d’une vingtaine de makerspaces, en France comme à l’étranger, participé à des événements et effectué des entretiens individuels et collectifs. L’ouvrage s’ouvre sur des considérations généalogiques échappant au mirage de la nouveauté : « Le monde “maker” s’inscrit dans une histoire de long terme qui, depuis la révolution industrielle, a vu se succéder différentes vagues de discours et de pratiques, qui ont toutes pour point commun la valorisation du bricolage et du do it yourself », rappellent les chercheuses au CNRS et le professeur du CNAM, avant de dessiner le paysage des makerspaces français et de s’interroger sur les enjeux identitaires.

Le monde...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Les entreprises repensent l’organisation du travail afin de conjuguer les compétences.
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L’interdisciplinarité pour plus d’efficacité

Les entreprises repensent l’organisation du travail afin de conjuguer les compétences.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h00
    |

                            Sophy Caulier








                        



                                


                            

Il n’a jamais été autant question d’intelligence collective, de travail collaboratif, de coworking, de « cross fertilisation » et d’« open innovation ». Ce n’est pas par hasard. L’injonction de la transformation numérique oblige les entreprises à repenser les processus d’innovation et de développement de leurs nouveaux produits et services. C’est toute l’organisation du travail qui s’en trouve transformée. Il s’agit à la fois d’aller plus vite et de résoudre des problèmes toujours plus complexes.
Jusqu’alors, un nouveau projet était mené de façon séquentielle, les métiers intervenant l’un après l’autre, chacun sur sa partie. Aujourd’hui, ils doivent travailler simultanément, en équipes interdisciplinaires, pour répondre plus rapidement aux attentes des clients. Juristes, spécialistes du marketing, des ressources humaines, de la propriété intellectuelle ou de la production, commerciaux, fournisseurs voire clients travaillent en équipes pour échanger et partager leurs expertises de façon continue dans des boucles itératives.
« L’interdisciplinarité est une lame de fond. Elle permet la ­confrontation et la connexion des savoirs, ce qui est nécessaire dans le contexte d’évolution rapide et de raccourcissement des délais qui est le nôtre », constate Christelle Pradier, directrice du recrutement France de Sopra Steria, une entreprise de services du numérique (ESN).
Les « pizza teams »
Pour créer de nouveaux produits d’assurance, Axa constitue désormais des « feature teams ». « Avant, seuls les actuaires travaillaient sur de nouveaux produits. Aujourd’hui, les équipes projet associent le marketing, l’informatique, le commercial, le digital, etc. Les personnes sont détachées de leur service. L’équipe gère le projet de la conception jusqu’à la production opérationnelle et la gestion du nouveau produit, explique Karima Silvent, directrice des ressources humaines du groupe Axa. Cette organisation permet à l’entreprise d’être...




                        

                        

