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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ « Si la France était amenée à considérer que le mouvement historique en Arménie était sans conséquence sur sa position dans le conflit du Haut-Karabakh, alors elle prendrait le risque de désespérer les peuples », estime dans une tribune au « Monde » Mourad Papazian, dirigeant du Parti socialiste arménien.
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« La France doit engager une réorientation profonde de ses relations tant économiques que diplomatiques avec l’Arménie »

« Si la France était amenée à considérer que le mouvement historique en Arménie était sans conséquence sur sa position dans le conflit du Haut-Karabakh, alors elle prendrait le risque de désespérer les peuples », estime dans une tribune au « Monde » Mourad Papazian, dirigeant du Parti socialiste arménien.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 16h00
    |

Mourad Papazian (Coprésident du Conseil de coordinations des organisations arméniennes de France, membre du bureau mondial de la Fédération révolut...







                        



                                


                            
Tribune. A l’issue d’un mouvement absolument historique, Nikol Pashinyan a été élu premier ministre de l’Arménie. Présent sur la désormais célèbre place de la République, j’ai pu constater la ferveur, la force et l’enthousiasme s’emparer des rues de la capitale Erevan. Ce mouvement s’inscrit dans une tradition ancienne qui a vu le peuple arménien, à plusieurs reprises, se saisir de son destin : guerre d’indépendance de 1918, mouvement de libération du Haut-Karabakh en 1988, infatigable combat pour la reconnaissance du génocide arménien.

Ce mouvement est d’autant plus fort que les menaces, aux portes de l’Arménie, rendaient hautement improbables la possibilité que le peuple assume le risque d’une instabilité à la tête du pays, comme si les Arméniens avaient intériorisé le cynisme de la realpolitik. Mais on ne stérilise pas toute une nation. C’est ce que nous a rappelé la jeunesse d’Erevan. Ce fut une leçon pour chacun d’entre nous. La France, qui s’est passionnée pour cette révolution, doit prendre toute la mesure de ces événements et engager une réorientation profonde de ses relations avec l’Arménie tant sur le volet économique que diplomatique.
les échanges entre la France et l’Arménie se sont réduits à 50 millions d’euros par an, une goutte d’eau comparée à l’intensité des relations politiques entre ces deux pays
A d’innombrables reprises, ces dernières années, les autorités françaises ont fait savoir que la saturation de l’économie arménienne par une oligarchie créait des conditions insusceptibles de favoriser le développement des investissements français en Arménie. Les conséquences ont été désastreuses puisque les échanges entre la France et l’Arménie se sont réduits à 50 millions d’euros par an, une goutte d’eau comparée à l’intensité des relations politiques entre ces deux pays.
C’est ce message d’ouverture que le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) a martelé aux autorités arméniennes,...




                        

                        


<article-nb="2018/05/09/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Jean-Pierre Brulard, directeur d’une entreprise technologique, estime dans une tribune au « Monde » que le croisement entre la 5G, les objets connectés et l’intelligence artificielle va obliger à un saut technologique sans précédent.
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« La 5G, nouveau travail d’Hercule » des opérateurs mobiles

Jean-Pierre Brulard, directeur d’une entreprise technologique, estime dans une tribune au « Monde » que le croisement entre la 5G, les objets connectés et l’intelligence artificielle va obliger à un saut technologique sans précédent.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 14h00
    |

Jean-Pierre Brulard (Vice-président et directeur général Europe Moyen-Orient et Afrique de VMware, spécialiste des infrastructures Cloud)







                        



                                


                            
Tribune. La 5G est le nouveau travail d’Hercule pour les opérateurs de télécommunications et les fournisseurs d’accès à internet (FAI). Les premiers, tout d’abord, doivent répondre aux attentes toujours plus élevées des consommateurs, tout en gérant une offre alliant téléphonie et données mobiles. Le contexte aussi a changé, puisque les coûts d’infrastructure, loin de se stabiliser, se sont au contraire accrus, alors que la concurrence s’est intensifiée et que le revenu moyen par utilisateur s’est effondré.
La 5G devrait être adoptée par 1,2 milliard de personnes d’ici à 2025, ce qui représente 12 % des connections mobiles totales
Si l’on en croit les prévisions de la GSMA, l’association mondiale des opérateurs mobiles, la 5G devrait être adoptée par 1,2 milliard de personnes d’ici à 2025, ce qui représente 12 % des connections mobiles totales. D’ici là, les taux de croissance annuels moyens des FAI devraient atteindre 2,5 % pour 1 300 milliards de dollars de profits. Pour des acteurs qui bataillent entre une demande en croissance et des prix en chute libre, c’est un objectif ambitieux. Tout le défi est de récolter les fruits de ce travail sans sombrer…
Il s’agit d’un changement radical et sans précédent, même par rapport à la 4G. Assurer la continuité du service et sa longévité va demander de l’anticipation et de la prévision. Tant en termes d’opérations sur le réseau que de développement de nouvelles compétences, la transition entre la situation actuelle et l’avenir des télécommunications devra être la moins visible possible pour les usagers, ce qui n’est pas une mince affaire.
Développement de nouveaux services
La première étape est de réfléchir aux nouveaux usages du réseau, et à la façon dont il différera de la 3G ou de la 4G. A titre d’exemple, la bande passante particulièrement élevée et la faible latence de la 5G s’apprêtent à bouleverser l’architecture des télécommunications du « cloud » et à permettre le développement...




                        

                        


<article-nb="2018/05/09/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Le regroupement entre les troisième et quatrième géants du marché américain des mobiles va être suivi de près outre-Atlantique, où la taille critique pour affronter les défis de la 5G n’est pas atteinte, analyse dans une tribune au « Monde » l’ingénieur Yves Gassot.
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« La fusion entre Sprint et T-Mobile » est un cas d’école

Le regroupement entre les troisième et quatrième géants du marché américain des mobiles va être suivi de près outre-Atlantique, où la taille critique pour affronter les défis de la 5G n’est pas atteinte, analyse dans une tribune au « Monde » l’ingénieur Yves Gassot.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 14h00
    |

Yves Gassot (Ancien directeur général de l’Idate, groupe de réflexion et d’études spécialisé dans l’économie numérique, les médias, l’Internet et l...







                        



                                


                            
Tribune. Cette fois-ci pourrait être la bonne. T-Mobile et Sprint, troisième et quatrième opérateurs de téléphonie mobile américains, semblent bien partis pour se regrouper. Ils ont annoncé dimanche 29 avril leur fusion, qui doit encore être validée par les autorités de la concurrence des Etats-Unis.
L’opposition de l’administration Obama à la concentration dans le secteur de la téléphonie mobile avait repoussé l’acquisition de T-Mobile par AT&T (deuxième opérateur américain) en 2012, puis la fusion entre T-Mobile et Sprint en 2014, avant l’échec d’une opération d’Iliad sur T-Mobile. On s’attendait à ce que le changement d’administration à Washington modifie la donne. En effet, Sprint et T-Mobile ont repris les négociations dès 2017. Elles ont été rompues à nouveau en novembre 2017 car le principal actionnaire de Sprint, le japonais SoftBank, avait refusé les exigences du principal actionnaire de T-Mobile, Deutsche Telekom, qui souhaitait contrôler la nouvelle entité.
Masayoshi Son, le patron de SoftBank, a reconnu que la dynamique de conquête était plus du côté de T-Mobile que de Sprint
Mais l’opération, sauf à être définitivement enterrée, ne pouvait pas être repoussée sine die pour au moins trois raisons. La première est liée aux enchères pour les nouvelles fréquences millimétriques de la 5G, prévues en novembre 2018 : les opérateurs télécoms qui souhaitent y participer ne peuvent pas communiquer entre eux dans la période qui précède ces enchères.
La deuxième est liée aux fameuses synergies attendues avec ce type d’opération : ici, il s’agit d’unir les efforts pour construire un seul réseau 5G, et non deux. Or la course est lancée, et plus on attend, plus les investissements engagés séparément minimisent les perspectives de synergie.
La troisième raison est que Masayoshi Son, le patron de SoftBank, bien qu’investisseur audacieux, a reconnu au fil des discussions que la dynamique de conquête était plus du côté de T-Mobile que de Sprint,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les politologues Oriane Calligaro et François Forêt reviennent sur la remise au président français de ce prix international qui récompense chaque année « la plus précieuse contribution à l’entente en Europe de l’Ouest ».
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« Le prix Charlemagne remis à Emmanuel Macron se révèle être un encouragement et un pari sur l’avenir »

Dans une tribune au « Monde », les politologues Oriane Calligaro et François Forêt reviennent sur la remise au président français de ce prix international qui récompense chaque année « la plus précieuse contribution à l’entente en Europe de l’Ouest ».



Le Monde
 |    09.05.2018 à 13h02
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 13h21
    |

Oriane Calligaro et François Forêt (Politologues, Cevipol-IEE, Université libre de Bruxelles)







                        



                                


                            
Tribune. Jeudi 10 mai, Emmanuel Macron recevra le prix Charlemagne que les médias décrivent comme le plus prestigieux des prix européens. Cet acte symbolique illustre comment le processus d’intégration politique européenne et ses élites traditionnelles cooptent de nouveaux acteurs et intègrent le changement, que cela soit pour le circonscrire ou pour l’encourager.
Les lauréats les plus fréquents sont des chefs d’Etat et de gouvernement et des monarques
Le prix international Charlemagne pour l’unité de l’Europe, créé en 1949 à l’initiative de notables d’Aix-la-Chapelle, récompense chaque année « la plus précieuse contribution à l’entente en Europe de l’Ouest ». La référence à la figure de Charlemagne et le lieu de son octroi établissent un lien symbolique entre le Saint-Empire romain germanique et le projet d’unité continentale développé après la seconde guerre mondiale. Selon sa définition officielle, le prix visait à l’origine à promouvoir « une Europe anticommuniste à forte influence catholique » et à affirmer l’appartenance de l’Allemagne à une communauté européenne réconciliée.
Les lauréats les plus fréquents sont des chefs d’Etat et de gouvernement et des monarques. Politiciens et hauts fonctionnaires des institutions communautaires figurent aussi en bonne place dans la liste des récipiendaires, la Commission européenne ayant même été lauréate en 1969. Une autre caractéristique forte du prix Charlemagne est qu’il a été décerné plusieurs fois à des personnalités religieuses, surtout catholiques, et notamment aux papes Jean Paul II et François.
Dynamiques politiques de l’intégration
Les liens du prix Charlemagne avec l’Eglise et la royauté sont confirmés par le protocole entourant sa remise et par le patronage de têtes couronnées (rois des Belges et d’Espagne et grand-duc du Luxembourg). Il constitue ainsi un processus symbolique par lequel les élites religieuses et séculaires traditionnelles honorent le travail...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans cette chronique, le correspondant du « Monde » à Pékin Brice Pedroletti explique que géopolique et commerce vont de pair dans la guerre des nerfs qui oppose les deux puissances mondiales.
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« La guerre commerciale ­entre la Chine et les Etats-Unis se joue sur fond de ­rivalité stratégique en Asie »

Dans cette chronique, le correspondant du « Monde » à Pékin Brice Pedroletti explique que géopolique et commerce vont de pair dans la guerre des nerfs qui oppose les deux puissances mondiales.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h00
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. La guerre commerciale ­entre Chinois et Américains se joue sur fond de ­rivalité stratégique en Asie. Dans la nouvelle ère inaugurée par le président chinois, Xi Jinping, en octobre 2017, Pékin compte bien récolter les fruits géopolitiques de sa position dominante dans le commerce mondial. A l’inverse, Donald Trump espère, lui, monnayer l’hyperpuissance militaire de son pays – quitte à faire payer ceux qui hébergent des bases américaines. Ces objectifs sont rarement convergents.
L’obsession trumpienne d’échanges plus équilibrés entre la Chine et les états-Unis fait abstraction d’autres réalités économiques et pourrait se tromper de cible
En novembre 2017, la Chine avait pourtant reçu un Donald Trump finalement bien moins exigeant que ses Tweet de ­campagne ne l’avaient laissé croire en matière commerciale. Pékin ne perdait rien pour attendre : la délégation de ministres et conseillers américains, dont Peter Navarro, l’auteur de Death by China (« La Mort par la Chine », 2011, non traduit), envoyée par Washington vendredi 4 mai, a demandé une baisse de pas moins de 200 milliards de dollars (environ 169 milliards d’euros) de l’excédent commercial chinois vis-à-vis des Etats-Unis d’ici à 2020. Les prochains rounds de discussion décideront de la suite des négociations.
La Chine, qui dispose de capacités de représailles, promet de ne rien céder. Mais son économie surendettée a aussi des vulnérabilités, malgré les efforts du ­gouvernement chinois pour ­isoler ce problème de tout choc extérieur potentiel en menant en cachette sauvetages et apurements de bilans. Quant à l’obsession trumpienne d’échanges plus équilibrés entre la Chine et les Etats-Unis, elle fait abstraction d’autres réalités économiques et pourrait se tromper de cible. Mais elle a le mérite de donner l’initiative au camp américain.
Taïwan, enjeu de puissance
Lors de voyages dans la région en 2017, le président américain avait objectivement besoin...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ L’annonce du retrait américain porte la marque des va-t-en-guerre, montre que les efforts de Macron pour amadouer Trump n’ont servi à rien et risque de persuader Téhéran de se doter de l’arme nucléaire, analyse Robert Malley, ex-conseiller d’Obama, dans une tribune au « Monde ».
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Robert Malley : « L’Europe doit convaincre l’Iran de rester dans l’accord »

L’annonce du retrait américain porte la marque des va-t-en-guerre, montre que les efforts de Macron pour amadouer Trump n’ont servi à rien et risque de persuader Téhéran de se doter de l’arme nucléaire, analyse Robert Malley, ex-conseiller d’Obama, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    09.05.2018 à 10h49
    |

Robert Malley (Président de l’International Crisis Group, Robert Malley était auparavant conseiller du président Barack Obama pour le Moyen-Orient ...







                        



                                


                            
Tribune. En quittant la Maison Blanche au soir du 19 janvier 2017, j’étais, autant le confesser, parmi ceux qui nourrissaient quelque hésitation et même quelques naïfs espoirs quant à la trajectoire de la présidence Trump. Un homme d’affaires sans convictions, opportuniste et sans idéologie, aux commandes : on pouvait certes bien mieux faire mais également faire bien pire. Mal m’en a pris. Sa décision infondée et aventureuse de se retirer de l’accord nucléaire avec l’Iran aura confirmé les pires soupçons.
On devait s’y attendre. Les destitutions consécutives de Rex Tillerson et de H. R. McMaster (le premier, piètre gestionnaire du département d’Etat, mais tout au moins personnage raisonnable dans la galaxie Trump ; le second, qui aurait fait figure de faucon au sein de n’importe quelle autre équipe mais qui faisait office d’adulte au sein de celle-ci), étaient autant de signes préoccupants. Leurs remplacements par Mike Pompeo et surtout par John Bolton auront sonné le glas de tout espoir de pragmatisme.
Faut-il le rappeler : Pompeo, connu pour ses imprécations anti-islamiques, ses suggestions à peines voilées qu’être musulman c’est faire partie d’une possible cinquième colonne, a également cherché à dénaturer les faits lorsque – à la tête de la CIA – il voulait, en dépit de ce qu’assuraient ses subordonnés, déclarer que Téhéran violait un accord nucléaire qu’il jugeait « désastreux ».
Un accord de désarmement exceptionnel
Si Mike Pompeo suscite l’inquiétude, John Bolton inspire franchement le désarroi. Va-t-en-guerre notoire – il exalte toujours l’invasion de l’Irak qu’il considère comme un franc succès –, Bolton a par le passé prôné une attaque militaire contre les centrales nucléaires iraniennes et préconisé une guerre préventive contre la Corée du Nord. Manipulateur par excellence, il falsifiait régulièrement les informations des services de renseignements afin de justifier ses positions belliqueuses, que ce soit sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Editorial. Le choix de Donald Trump, mardi, de sortir son pays de l’accord sur le nucléaire iranien ouvre une période de grande incertitude et de danger pour le Moyen-Orient.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Iran : une décision absurde aux effets déstabilisateurs

Editorial. Le choix de Donald Trump, mardi, de sortir son pays de l’accord sur le nucléaire iranien ouvre une période de grande incertitude et de danger pour le Moyen-Orient.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 15h50
   





                        



Editorial du « Monde ». Jamais l’accord sur le contrôle du nucléaire iranien de juillet 2015 n’a été aussi menacé. L’annonce, le 8 mai, par Donald Trump du retrait américain et du rétablissement de sanctions dures ne va pas nécessairement donner le coup de grâce immédiat à ce compromis laborieusement négocié entre les « 5 +1 » (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne) et Téhéran, mais elle le condamne à une lente agonie.
Obsédé par la volonté de défaire tout ce qu’a réalisé son prédécesseur, Barack Obama, à commencer par cet accord, qu’il définit comme « le pire jamais signé par les Etats-Unis », Donald Trump joue les boutefeux, alors même que la guerre en Syrie, devenue le théâtre de l’affrontement entre les diverses puissances régionales, oppose toujours plus directement l’Iran et Israël. Malgré les mises en garde des autres signataires, à commencer par les Européens, le président américain persiste dans sa décision absurde, dont l’effet sur le Moyen-Orient s’annonce dévastateur.
Signé à Vienne après douze ans d’un bras de fer diplomatique, l’accord de Vienne ou Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) est loin d’être parfait. Il gèle pour dix ans le programme nucléaire iranien et interdit à Téhéran un niveau d’enrichissement de l’uranium ouvrant la voie à une utilisation militaire. La République islamique doit en outre se soumettre à une surveillance stricte de ses installations nucléaires par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Un pari et des failles
En échange, les sanctions économiques qui ont étranglé l’économie iranienne ces dernières années ont été pour partie levées. C’était un compromis et, comme tel, nécessairement imparfait. C’était surtout un pari : le retour de l’Iran dans la communauté internationale et son ouverture économique favoriseraient une montée en puissance des courants modérés au sein de l’Etat et auraient une influence pacificatrice sur la région. Il fallait le tenter.
Les failles sont néanmoins tout aussi évidentes. Nombre des clauses arrivent à échéance en 2025 et un grand flou demeure sur l’après. L’accord n’interdit pas en outre explicitement à l’Iran de continuer à développer la précision de son arsenal de missiles et de conserver ses missiles de longue portée, capables d’atteindre aussi bien l’Arabie saoudite qu’Israël.

        Lire aussi :
         

                Donald Trump se retire de l’accord iranien et s’isole encore un peu plus de ses alliés



Rien n’oblige non plus la République islamique à modérer ses ambitions régionales, alors même que l’influence iranienne est toujours plus forte au Liban, ainsi qu’en Syrie. Autant de points sur lesquels les Européens partagent les préoccupations de l’administration Trump, à commencer par Paris, qui fut la capitale occidentale la plus engagée pour un accord « robuste » avec Téhéran. D’où la proposition d’Emmanuel Macron de conserver le JCPOA, tout en le complétant.
Fort de sa relation personnelle avec Donald Trump, le président français espérait le convaincre d’éviter une sortie fracassante. Paris comme Londres et Berlin veulent désormais tout faire pour tenter de sauver l’accord malgré les Etats-Unis, voire contre eux, ouvrant potentiellement une crise sans précédent de la relation transatlantique. A la différence de Washington, Téhéran a, du propre aveu de l’AIEA, respecté jusqu’ici ses engagements, sans toutefois en retirer les bénéfices espérés. Il s’agit donc maintenant d’éviter la revanche des opposants iraniens à l’accord, qui déjà menacent de reprendre l’enrichissement de l’uranium, enclenchant l’engrenage vers le pire.

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                Retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien : les réponses à vos questions







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ La violence est un état de fait, elle est aussi un problème de droit, analyse le professeur de philosophie Thomas Schauder. Sans une certaine dose de violence, l’ordre peut-il être respecté ? Et sans violence, l’ordre pourrait-il être renversé ?
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Black blocs : qu’est-ce que la « violence légitime » ?

La violence est un état de fait, elle est aussi un problème de droit, analyse le professeur de philosophie Thomas Schauder. Sans une certaine dose de violence, l’ordre peut-il être respecté ? Et sans violence, l’ordre pourrait-il être renversé ?



Le Monde
 |    09.05.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 13h31
   





                        



   


Chronique Phil’ d’actu. Depuis le 1er mai et les affrontements qui ont eu lieu à Paris entre la police et certains manifestants, on s’interroge beaucoup, dans les médias, sur la montée de la violence. On cherche le bon terme : « casseurs », « ultragauche », « radicaux », « anarchistes » ? Les historiens se succèdent sur les plateaux pour rappeler que tout cela n’est rien à côté des actions armées dans les années 1970-1980 (celles des Brigades rouges en Italie, par exemple). Chaque homme politique interrogé est sommé de condamner ces actions. En un mot, aujourd’hui encore, le spectre de l’émeute nous hante.
Que le ministre de l’intérieur ou le chef de l’Etat condamne ces « débordements », c’est tout à fait naturel puisqu’ils sont les garants de l’ordre que ces manifestants souhaitent renverser. Les réactions de l’opposition sont bien plus intéressantes en vérité. La droite et l’extrême droite soutiennent les forces de l’ordre contre les « voyous », là encore c’est bien normal. Mais voyons du côté gauche. Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) parlant « d’insupportables violences » et Olivier Faure (Parti socialiste) affirmant que « la lutte, ce n’est pas la casse », voilà qui est plus surprenant, mais en réalité révélateur de toute l’histoire de la gauche.
Une fois encore, la vieille question de la légitimité de la violence se pose. Je dis vieille, mais il faudrait plutôt dire : intemporelle. Car si la violence est un état de fait, elle est aussi un problème de droit : sans une certaine dose de violence, comment l’ordre peut-il être respecté ? Mais cela pose, en corollaire, la question suivante : sans violence, l’ordre pourrait-il être renversé ?
Le monopole de la violence
La chose est connue, elle a même été théorisée, notamment par Thomas Hobbes : l’existence d’une loi ne suffit pas pour que celle-ci soit respectée. Pour ce faire, il faut que la perspective d’un déplaisir l’emporte sur la perspective du plaisir. Autrement dit, il faut que la menace de la sanction me fasse réfléchir à deux fois avant de commettre l’infraction.
Ce pouvoir de coercition, pour être efficace, doit être appliqué, afin de montrer l’exemple (d’où les appels à « la fermeté » et à « l’autorité » de l’Etat). Et il ne doit pas être partagé : l’Etat est « détenteur du monopole de la violence physique légitime », selon la formule de Max Weber. Les deux éléments sont essentiels : il faut qu’il y ait monopole, sinon un système de régulation parallèle peut exister et mettre en péril la société (c’est le cas avec la mafia ou les cartels) ; mais il faut aussi que cette violence soit légitime. Et là est le problème, comme j’ai déjà eu l’occasion d’en parler : sur quoi se fonde cette légitimité ?

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          Lanceurs d’alerte : désobéir, jusqu’où ?



Ici, on peut (très) schématiquement distinguer deux écoles. La première pense que cette légitimité vient (paradoxalement) de l’arbitraire : la violence de l’Etat est légitime parce que c’est l’Etat. Si l’on n’est pas content, alors il faut prendre le pouvoir et devenir soi-même le détenteur du monopole de la violence. Ainsi, on pourra l’utiliser à des fins qui nous semblent meilleures. C’est la position de M. Mélenchon par exemple, mais aussi celle du PS.
Le nécessaire affrontement
La deuxième lecture est très différente. Elle consiste à voir dans la violence non pas seulement un moyen regrettable mais nécessaire, mais le moteur même de l’histoire. La violence de l’Etat ne serait pas plus légitime que celle de ses opposants : ce serait une lutte pour la défense d’intérêts divergents (l’Etat protégeant les intérêts des classes dominantes contre le peuple). Dans cette vision, inspirée par Marx et Engels, la légitimité serait un faux problème et seul compterait le rapport de force. Si l’Etat emploie des moyens violents, alors le peuple doit aussi pouvoir faire usage de la violence.

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          Black blocs : une tactique de lutte plus qu’une idéologie



On voit ainsi que derrière les interrogations sur la violence en manifestation se cache un problème politique très important : celui de la définition de l’Etat. Celui-ci est-il l’émanation du peuple souverain, ou bien la représentation de l’élite ? Est-il la forme organisée de la majorité, ou bien le bras armé de la minorité ?
Un débat bienvenu
Avouons-le : il n’y a aucune réponse claire et définitive à apporter à ces questions. Ou plutôt, il n’y a aucune conciliation possible entre ces positions. Vous aurez toujours d’un côté l’argument selon lequel c’est le vote qui donne sa légitimité à un gouvernement, et de l’autre celui qui affirme que le vote ne change rien de toute façon. D’un côté ceux qui diront que « la casse » détourne le sens de la manifestation, en créant un climat de peur ; de l’autre ceux qui pensent que la manifestation sans heurts ne sert absolument à rien.
Cependant, il est très sain de se poser la question, et d’une certaine façon, c’est la preuve d’une (encore) « bonne santé politique » en France. Rappelons que nous ne manquons pas d’« alliés » et de clients de notre industrie de l’armement et de la sécurité pour lesquels ces débats ne peuvent avoir lieu.
A l’heure des célébrations du 8 mai 1945, on se souvient des résistants qui n’hésitèrent pas à faire usage de la violence et que le pouvoir de Vichy traitait de « terroristes ». Bien sûr que la situation n’est pas comparable, mais il est important de se rappeler que la politique, en règle générale, est une affaire complexe, que l’on ne peut réduire ni à des techniques de management, ni à un ordre immuable et nécessaire.
Un peu de lecture ?
- Thomas Hobbes, Léviathan (Gallimard-Folio, 2000)
- Karl Marx, Philosophie (Gallimard-Folio, 1992)
- Max Weber, Le Savant et le Politique (10/18, 2006)

A propos de l’auteur de la chronique
Thomas Schauder est professeur de philosophie. Il a enseigné en classe de terminale en Alsace et en Haute-Normandie. Il travaille actuellement à l’Institut universitaire européen Rachi, à Troyes (Aube). Il est aussi chroniqueur pour le blog Pythagore et Aristoxène sont sur un bateau. Il a regroupé, sur une page de son site, l’intégralité de ses chroniques Phil d’actu, publiées chaque mercredi sur Le Monde.fr/campus.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans un essai éclairant, l’historienne revient sur les vifs débats qui entourent l’enseignement de l’histoire de France, en particulier depuis 1945.
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Laurence De Cock démonte le roman national

Dans un essai éclairant, l’historienne revient sur les vifs débats qui entourent l’enseignement de l’histoire de France, en particulier depuis 1945.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 07h30
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                            Pierre Albertini (Historien)








                        



                                


                            
Sur l’enseignement de l’histoire. Débats, programmes et pratiques de la fin du XIXe siècle à nos jours, de Laurence De Cock, Libertalia, « Ceux d’en bas », 330 p., 17 €.

Au débat sur l’histoire à l’école, Laurence De Cock apporte régulièrement sa contribution. Professeure de lycée ayant soutenu une thèse sur l’enseignement du fait colonial, fondatrice en 2011 du collectif Aggiornamento (qui vise à promouvoir « une histoire émancipatrice, débarrassée de ses oripeaux identitaires et de sa surcharge morale et civique », susceptible d’aider les élèves à faire l’apprentissage du questionnement, du raisonnement et du doute), elle a, pour intervenir sur l’enseignement de l’histoire, une triple légitimité de praticienne, de chercheuse et de militante.
Lire également cet entretien de 2013 avec Laurence De Cock
Le fil conducteur de Sur l’enseignement de l’histoire, son nouveau livre, est le « roman national », thème mis en circulation vers 1992-1993 par Pierre Nora et Paul Yonnet, et qui ne cesse depuis d’inspirer hommes politiques et intellectuels conservateurs. Les tenants du « roman national » sont convaincus que l’enseignement de l’histoire doit faire aimer la France, sur le modèle de ce que pratiquait la IIIe République, et que ce catéchisme est d’autant plus indispensable aujourd’hui que, selon certains, les immigrés récents feraient sécession. Face à eux, la plupart des historiens rappellent que l’histoire n’est ni un roman ni un ciment, mais une discipline rationnelle qui valorise la démonstration et la preuve ; que le repli sur la nation n’est pas la meilleure façon de comprendre le vaste monde ; que le pluralisme culturel progresse dans tout l’Occident et que l’idée de continuer le « Petit Lavisse » (manuel d’histoire du début du XXe siècle), fût-elle préconisée par François Fillon ou réalisée par Dimitri Casali, est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Une anthologie de textes inédits du philosophe mort en 1965 montre sa foi dans la communauté comme « union de vie ».
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Quand Martin Buber prônait l’épanouissement communautaire

Une anthologie de textes inédits du philosophe mort en 1965 montre sa foi dans la communauté comme « union de vie ».



Le Monde
 |    09.05.2018 à 07h30
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09.05.2018 à 08h50
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                            Serge Audier (Philosophe et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Communauté, de Martin Buber, traduit de l’allemand par Gaël Cheptou, L’Eclat, « Eclats », 156 p., 10 €.

Le concept de communauté continue de hanter la pensée sociale, philosophique et politique actuelle. Sa définition sociologique trouve ses sources en Allemagne, avec Ferdinand Tönnies (1855-1936), qui opposa deux types de lien social : la communauté (Gemeinschaft) et la société (Gesellschaft). Tandis que la première se fonde sur une coïncidence spontanée entre volonté individuelle et volonté collective – ainsi dans la famille –, la seconde est le produit artificiel des contrats entre individus poursuivant leurs intérêts.
Ces catégories sociologiques, reformulées par Max Weber (1864-1920), devaient connaître un grand écho en Allemagne, jusque dans le petit cercle des anarchistes et socialistes utopiques juifs. Une de ses figures influentes fut le philosophe Martin Buber (1878-1965) dont les textes que rassemble cette anthologie, Communauté, écrits entre 1900 et 1953 et inédits en français, restituent les idées sur la communauté. Aux côtés notamment de Franz Rosenzweig et d’Emmanuel Levinas, qu’il connut l’un et l’autre, Buber est l’un des plus grands penseurs du judaïsme du XXe siècle. Marqué par la mouvance mystique du hassidisme, coauteur d’une nouvelle traduction de la Bible en allemand, il a développé, dans un style inspiré, une philosophie morale de la relation « je-tu », sous le sceau du dialogue et de la réciprocité (Je et Tu, Aubier, 1969) – des idées qui sous-tendent sa défense constante d’un socialisme religieux, communautaire et fédéraliste.

Contempteur de la civilisation mécanique, utilitaire et individualiste du capitalisme, Buber se méfie également du socialisme étatique et autoritaire. Son rêve, c’est de réinventer de petites communautés villageoises de production, de consommation et de vie, sans revenir aux liens traditionnels...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Après « Pourquoi les pauvres votent à droite », l’essayiste américain signe « Pourquoi les riches votent à gauche ». Il y analyse les difficultés rencontrées par les progressistes dans son pays.
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Thomas Frank : « La classe moyenne est en train de disparaître aux Etats-Unis »

Après « Pourquoi les pauvres votent à droite », l’essayiste américain signe « Pourquoi les riches votent à gauche ». Il y analyse les difficultés rencontrées par les progressistes dans son pays.



Le Monde
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            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            
Pourquoi les riches votent à gauche (Listen, Liberal. Or, What Ever Happened to the Party of the People ?), de Thomas Frank, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Etienne Dobenesque, Agone, 456 p., 25 €.

Thomas Frank, journaliste et essayiste américain né en 1965, jette depuis trente ans un regard acéré et plein d’humour sur la vie intellectuelle, politique et culturelle des Etats-Unis. Cet ancien chroniqueur au quotidien conservateur Wall Street Journal est aujourd’hui contributeur régulier au mensuel de gauche Harper’s Magazine et au quotidien britannique The Guardian. En France, ses articles paraissent dans Le Monde diplomatique. En 1988, il a également fondé le magazine The Baffler, désormais dirigé par une nouvelle équipe. Thomas Frank est l’une des principales voix de la gauche sociale aux Etats-Unis, où le camp progressiste est davantage structuré par la question raciale. Il est l’auteur d’une demi-douzaine d’ouvrages, notamment Pourquoi les pauvres votent à droite (Agone, 2008), une analyse du basculement à droite de l’opinion populaire au Kansas, dont il a fait un poste d’observation pour comprendre le mouvement des idées. Son nouveau livre, Pourquoi les riches votent à gauche, dénonce l’abandon des classes populaires par le Parti démocrate.
Comment êtes-vous venu au journalisme ?
J’ai étudié l’histoire des idées et l’histoire culturelle des Etats-Unis. Ma thèse de doctorat portait sur la publicité dans les années 1960. Elle a été publiée quelques années plus tard, sous le titre The Conquest of Cool (non traduit, 1997). Je cherchais à comprendre comment les entreprises américaines sont soudainement devenues cool. Dans les années 1950, les hommes d’affaires passaient pour des personnages ternes. Dans les années 1960, le concept de cool, qui était un mode d’opposition, a été adopté par l’entreprise...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « Res publica. Histoire romaine de la chose publique ».
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Figures libres. Intelligent voyage dans la « chose publique »

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « Res publica. Histoire romaine de la chose publique ».



Le Monde
 |    09.05.2018 à 07h30
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09.05.2018 à 08h46
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                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Res publica. Histoire romaine de la chose publique, de Claudia Moatti, Fayard, « Ouvertures », 468 p., 25 €.

La république, tout le monde en parle. Chacun croit savoir de quoi il s’agit : régime politique où le peuple est souverain, qui se distingue par là de la monarchie, par exemple. Mille analyses et commentaires en ont exploré l’esprit et la lettre, de Jean Bodin à Raymond Aron, de la Révolution française aux récents projets de « VIe République ». Tous les classiques de la philosophie politique l’abordent à leur manière, de Machiavel à Condorcet, en passant par Montaigne et Rousseau. Les Romains passent pour avoir inventé le mot et la chose : après une série de rois, avant une série d’empereurs, le gouvernement de Rome fut celui d’une république. Voilà une brochette d’évidences.
Et si ce n’était qu’une série de pièges, de leurres, de malentendus ? Croyant savoir, ne sommes-nous pas ignorants, tout bonnement ? L’historienne Claudia Moatti pose ces questions. Elle en explore les tenants et aboutissants au fil d’un essai puissant, ­intelligent, subtil et savamment charpenté, qui bouscule bien des convictions hâtives. Elle montre en effet combien cette continuité supposée du sens de la « république » est une illusion d’optique, une perspective faussée.
Retour aux sources
En fait, les Romains ne savaient pas qu’ils vivaient dans une « république ». Ils n’y voyaient pas d’abord un régime distinct et spécifique. Ils parlaient seulement de res publica – « chose publique ». Les confusions prirent leur essor au Quattrocento quand le savant humaniste Leonardo Bruni (1370-1444) traduisit pour la première fois cette expression par « république ».
Revenant aux sources, c’est-à-dire aux discours et aux usages politiques de la Rome antique, Claudia Moatti scrute le terme le plus important, celui qu’on oublie le plus souvent : res, la « chose ». Par elle-même, elle n’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Analyse. Le Mouvement de résistance nordique (NMR) entend présenter plusieurs candidats aux élections législatives du 9 septembre.
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En Suède, l’inquiétant regain d’activité des néonazis

Analyse. Le Mouvement de résistance nordique (NMR) entend présenter plusieurs candidats aux élections législatives du 9 septembre.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 07h17
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 08h12
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Analyse. Le 1er-Mai, en Suède, n’est pas seulement jour de défilé pour les travailleurs. Il est devenu, au fil des ans, synonyme de démonstration de force annuelle des néonazis suédois. Cette année, les militants du Mouvement de résistance nordique (NMR) s’étaient donné rendez-vous à Boden, au nord de la Suède, et Ludvika, commune de 26 000 habitants, dans la province de Dalécarlie (centre du pays), devenue un de leurs bastions, depuis qu’ils ont remporté un siège au conseil municipal en 2014.
Les deux défilés devaient marquer le lancement de leur campagne électorale, en vue du scrutin législatif du 9 septembre. Le NMR présente des candidats dans trois communes et trois régions et une liste aux législatives. Si leur mobilisation du 1er-Mai a pu servir d’indicateur avant les élections, les démocrates ont de quoi se rassurer : non seulement les néonazis n’étaient que 350 à Ludvika et une petite centaine à Boden, mais ils ont été accueillis par des contre-manifestants venus bien plus nombreux.

Sous-estimer leur pouvoir de nuisance serait pourtant une erreur, comme le montre la dernière enquête annuelle du magazine antiraciste Expo, publiée le 25 avril. Depuis dix ans, ses journalistes recensent les activités de la mouvance néonazie en Suède, dont les racines remontent jusqu’au national-socialisme des années 1930. Plusieurs groupuscules en ont émergé, avant de se dissoudre, souvent minés par des conflits internes.
Effectifs en augmentation
Né en 1997, le NMR n’a pas seulement survécu. Selon le magazine Expo, ses militants n’ont jamais été aussi actifs que l’an dernier, avec 3 446 actions dénombrées en 2017, soit une augmentation de 20 % par rapport à 2016. Il s’agit essentiellement de distributions de tracts, collages d’affiches, d’autocollants… « C’est une façon de créer un rapport de force dans la rue, en occupant ses membres », constate le journaliste Jonathan Leman. L’impact est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Après un an, les réalisations du très prudent ministre de l’environnement paraissent bien maigres, juge le professeur de sciences politiques Simon Persico.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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Nicolas Hulot, un bilan en deçà des attentes

Après un an, les réalisations du très prudent ministre de l’environnement paraissent bien maigres, juge le professeur de sciences politiques Simon Persico.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 07h16
    |

Simon Persico (professeur de science politique à Sciences Po Grenoble et chercheur au laboratoire Pacte)







                        



                                


                            
Le monde de l’écologie était très optimiste quand il a appris, en mai 2017, la décision de Nicolas Hulot d’entrer au gouvernement en tant que ministre de la transition écologique. Pour les ONG, les entreprises de l’économie verte, les associations, et même les cadres du parti EELV, les attentes étaient grandes à l’égard du fer de lance le plus populaire et médiatique du mouvement écologiste français.
Sa stratégie était claire. Il s’agissait d’utiliser son rang protocolaire et son aura médiatique pour peser de l’intérieur sur la conduite des politiques gouvernementales. Pressenti, avant l’élection présidentielle, pour y représenter la nébuleuse écolo, il avait finalement privilégié une stratégie d’accompagnement d’un Emmanuel Macron aux positions souples, en apparence, sur les questions écologiques.
Cette stratégie n’est pas vraiment nouvelle. C’est le choix qu’avait fait avant lui un Brice Lalonde, pionnier des Amis de la Terre France et ancien leader écologiste : en 1988, il avait rejoint le gouvernement de Michel Rocard en tant que secrétaire d’Etat, puis ministre de l’environnement, pour finalement sortir progressivement des radars politiques. Nicolas Hulot connaîtra-t-il le même destin ?
Quelques succès
Il est évidemment trop tôt pour répondre de manière univoque à cette question. Toutefois, de nombreux travaux de science politique montrent que les réformes qui ne sont pas adoptées la première année du mandat ont beaucoup de chances de ne pas l’être par la suite. De ce point de vue, cette première année de mandat offre déjà de nombreux indices pour évaluer le succès de Nicolas Hulot.
Si l’on s’intéresse aux résultats obtenus sur le front du changement des politiques publiques, la réponse est nuancée. L’exécutif a connu quelques succès importants en la matière. Il y a d’abord eu l’abandon de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes. Cette décision symbolique, très attendue des acteurs de l’écologie, peut sans doute être mise au crédit de Nicolas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans cet essai, sous la direction des sociologues Olivier Fillieule et Isabelle Sommier, se dessine le tableau des luttes sociales et politiques à Marseille, du mitant des années 1960 à la fin des années 1980.
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Révolution culturelle dans la cité phocéenne

Dans cet essai, sous la direction des sociologues Olivier Fillieule et Isabelle Sommier, se dessine le tableau des luttes sociales et politiques à Marseille, du mitant des années 1960 à la fin des années 1980.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 07h00
    |

                            Gilles Rof








                        



                                


                            

Livre. Ne cherchez pas dans cet imposant travail le seul récit des événements de mai 1968 à Marseille, de la longue grève des dockers – cinq semaines – ou de l’agitation des quarante étudiants que compte alors la ville. Les sociologues Olivier Fillieule (CNRS/Université de Lausanne) et Isabelle Sommier (Paris-I), sous la direction desquels ont collaboré quatre autres chercheurs, dessinent ici un tableau beaucoup plus large et extrêmement rigoureux des luttes sociales et politiques dans la deuxième ville de France.
les figures étudiantes ou intellectuelles de la capitale ont effacé la dimension ouvrière et populaire des métropoles régionales
L’année 1968 y est un repère temporel cristallisant les parcours, mais elle s’inscrit dans une chronologie étirée, commençant avec la décolonisation pour s’achever à la fin des années 1980. Un portrait d’une « Marseille soixante-huitarde » et de ses acteurs principaux plus qu’un arrêt sur image, comme l’exprime le « s » apposé à « années 68 » dans le titre.
Constatant que le « mai de Paris a occulté le mai de province », que les figures étudiantes ou intellectuelles de la capitale ont effacé la dimension ouvrière et populaire des métropoles régionales, Olivier Fillieule et ses collègues chercheurs ont mené une enquête au long cours – nom de code Sombrero – pour donner leur véritable place aux « milliers de militant.e.s ordinaires qui ont contribué à faire des années 1970 un moment d’effervescence politique » en France.
Documents déclassifiés inédits
L’étude – également menée à Lille, Nantes, Lyon et Rennes, villes qui ont toutes fait l’objet de publications – s’appuie sur l’analyse des cortèges de rue de 1966 à 1982, de documents déclassifiés inédits, comme les notes des renseignements généraux ou les fiches biographiques des militants estampillés « MR » pour « mouvement révolutionnaire » et sur des entretiens personnels....




                        

                        


<article-nb="2018/05/09/19-16">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », analyse le choix américain de se retirer de l’accord iranien, qui ouvre une crise de la relation transatlantique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/05/2018
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« Le retrait de l’accord sur le nucléaire iranien dynamite le système multilatéral »

Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », analyse le choix américain de se retirer de l’accord iranien, qui ouvre une crise de la relation transatlantique.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 10h24
    |

            Sylvie Kauffmann (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. Dans sa brutalité, Donald Trump a eu, mardi 8 mai, une attention d’une étonnante délicatesse : celle de prévenir, par téléphone, Emmanuel Macron, son « ami », « parfait », de sa décision de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien. Lui, le président aux mauvaises manières, le tweeteur compulsif, le roi du « fait alternatif » a, curieusement, respecté les formes. Comme un moment de courtoisie incongru, avant de lâcher une bombe.
Son homologue français ne s’y est pas trompé. La brièveté du communiqué de l’Elysée en dit long sur le caractère glacial de cet entretien téléphonique – un 8 mai, qui plus est, fâcheuse coïncidence : « Les deux présidents ont évoqué les questions relatives à la paix et à la stabilité au Moyen-Orient. » Une façon laconique de faire comprendre qu’avec la décision attendue, cette paix, déjà passablement troublée, peut se transformer en vraie guerre et embraser la région, plus proche de l’Europe que des Etats-Unis.
Bombe à fragmentation, la décision de Donald Trump torpille aussi ses alliés européens et, derrière eux, l’ordre international libéral dont ils se sont faits les plus grands défenseurs.
Une logique de puissance brute
Le candidat élu sur le slogan « America first » avait déjà, dès son arrivée au pouvoir, ouvert les hostilités en retirant la participation des Etats-Unis à l’accord de Paris sur le climat. Il a poursuivi en quittant le traité de libre-échange transpacifique (TPP, Trans-Pacific Partnership), puis en décrétant des taxes sur les importations d’acier et d’aluminium, au mépris des règles commerciales internationales.
Aboutissement de cette logique de puissance brute, le retrait du « JCPOA », nom technique de l’accord sur le nucléaire iranien (Joint Comprehensive Plan of Action), dynamite, lui, le système multilatéral qui régit les relations internationales depuis la fin de seconde guerre mondiale. Système, faut-il le rappeler, mis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Résistant, secrétaire de Jean Moulin, marchand d’art puis historien… A 97 ans, il revient dans un entretien au « Monde » sur son destin singulier dans un siècle de tumultes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/05/2018
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Daniel Cordier : de Jean Moulin à la jeunesse d’aujourd’hui, la leçon de vie d’un homme libre

Résistant, secrétaire de Jean Moulin, marchand d’art puis historien… A 97 ans, il revient dans un entretien au « Monde » sur son destin singulier dans un siècle de tumultes.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 17h21
    |

            Thomas Wieder (Cannes (Alpes-Maritimes), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Un petit appartement avec vue panoramique sur la baie de Cannes (Alpes-Maritimes). C’est là, juste au-dessus du square du 8-Mai-1945 – cela ne s’invente pas –, que Daniel Cordier s’est installé il y a quelques années, après avoir quitté son appartement parisien du Palais-Royal.
A 97 ans, celui qui fut l’un des tout premiers à rallier la France libre du général de Gaulle, à Londres, en juin 1940, est resté d’une humilité déconcertante. « Si vous trouvez que ce que je vous ai dit n’a pas d’intérêt, vous le mettez à la poubelle, je ne vous en voudrai pas. Surtout, sentez-vous libre ! » a prévenu, après notre entretien, l’ancien secrétaire de Jean Moulin, entre juillet 1942 et juin 1943. Se définissant comme un « vieux monsieur très, très heureux », Daniel Cordier porte aujourd’hui un regard apaisé sur ses « vies successives et si différentes les unes des autres ».
Celle du jeune militant maurrassien, monarchiste et antisémite, d’avant 1940. Celle du « Français libre » – il préfère ce terme à celui de « résistant », pour bien marquer sa distance avec les mouvements de la Résistance intérieure pour lesquels il n’a pas grande considération –, parti à 19 ans pour « tuer du Boche ». Celle de marchand d’art et de galeriste, qui l’occupa pendant plus de trente ans. Celle, enfin, de l’historien qu’il est devenu « par hasard et par accident » autour de la soixantaine, afin de « rétablir la vérité » sur Jean Moulin, dont il ne supporta pas de voir l’image salie, selon lui, par un ancien cadre de la Résistance, Henri Frenay.
Neuf ans après la parution de la première partie de ses Mémoires, Alias Caracalla (Gallimard, 2009), qui ont rencontré un grand succès public malgré leurs 900 pages (75 000 exemplaires vendus), Daniel Cordier compte bien publier la suite. « En ce moment, je relis, je corrige, mais je fais ça à mon rythme, car j’ai quand même l’âge que j’ai », dit-il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ L’ancien directeur du Collectif contre l’islamophobie en France annonce dans une tribune au « Monde » sa volonté d’organiser une consultation des Français musulmans pour penser de nouvelles institutions cultuelles.
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Marwan Muhammad : « Il est temps de consulter les musulmans sur l’organisation de leur religion »

L’ancien directeur du Collectif contre l’islamophobie en France annonce dans une tribune au « Monde » sa volonté d’organiser une consultation des Français musulmans pour penser de nouvelles institutions cultuelles.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 09h32
    |

Marwan Muhammad (essayiste et ancien directeur du Collectif contre l’islamophobie en France)







                        



                                


                            
Tribune. J’observe depuis mon jeune âge la manière dont les musulmans sont traités. Je vois les réussites, les élans de solidarité mais aussi les épreuves. Je vois la richesse, la diversité et la vitalité des communautés musulmanes. Je vois le courage et l’endurance de ces millions de personnes qui, chaque jour, œuvrent à leur échelle pour accomplir leur part du beau projet qu’est notre pays, mais je vois aussi la condition sociale et politique à laquelle ils sont assignés.
Les présidents et les gouvernements se succèdent, mais le constat demeure : la façon dont l’Etat se comporte avec les citoyens de confession musulmane reste bloquée dans un autre temps, dans un autre siècle. Cette relation est faite le plus souvent de contrôle et d’injonctions, lorsqu’elle ne bascule pas explicitement dans la mise en cause, que ce soit sur des questions de sécurité, d’identité ou de laïcité, des notions trop souvent dévoyées de leur sens initial pour en faire des instruments d’exclusion.
Face à cela, les musulmans sont sans cesse sommés de donner des gages de citoyenneté, alors même qu’ils participent déjà activement à notre société et définissent par leurs idées et leurs actes une part de ce à quoi ressemble notre pays. Ils le font vivre et le vivent eux-mêmes, comme tous nos concitoyens.
L’interminable déshérence du CFCM
Après plusieurs générations, les musulmans n’ont toujours pas d’instance représentative d’ampleur nationale qui soit à la hauteur des enjeux de notre temps. Dans les régions, le constat est différent : il y existe des dynamiques beaucoup plus ancrées et plurielles, au plus près des communautés locales. Mais, sur le plan national, la paralysie est totale et le débat inexistant, alors même que c’est à ce niveau que se discutent des questions d’importance, qui affectent l’organisation et la condition des musulmans. L’interminable déshérence du Conseil français du culte musulman (CFCM) n’en est qu’une triste...




                        

                        


<article-nb="2018/05/09/19-19">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Il existe un réel malaise dans les universités qui n’arrivent pas à sélectionner leurs étudiants, analyse le sociologue François Vatin dans une tribune au « Monde ». Il faut faire revenir vers ces établissements les populations qui les ont délaissés.
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« Parcoursup, s’il est réaménagé, est un progrès »

Il existe un réel malaise dans les universités qui n’arrivent pas à sélectionner leurs étudiants, analyse le sociologue François Vatin dans une tribune au « Monde ». Il faut faire revenir vers ces établissements les populations qui les ont délaissés.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 06h30
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François Vatin (professeur de sociologie à l'université Paris-Nanterre)







                        



                                


                            
Tribune. En remplaçant Admission post-bac (APB) par Parcoursup, le gouvernement d’Emmanuel Macron aurait donc franchi la « ligne rouge ». Mais cette analyse est-elle fondée ? La mobilisation étudiante est si faible qu’aucune manifestation d’ampleur n’a pu avoir lieu ; surtout, les principaux intéressés, les lycéens, ne se sont aucunement mobilisés.
« On n’introduit pas de sélection ; on la rend moins absurde là où elle existait »
Parcoursup n’accroît en aucune manière la sélection à l’entrée des universités françaises, puisque autant de places y seront ouvertes en 2018 qu’en 2017 et qu’elles resteront dans l’obligation d’accueillir tous les bacheliers qui le désireront. C’est exclusivement dans les filières « en tension » (droit, médecine, psychologie, Staps…) que les établissements pourront choisir leur public, au lieu de devoir le tirer au sort. Autrement dit, on n’introduit pas de sélection ; on la rend moins absurde là où elle existait. Pour le reste, on espère qu’une meilleure information des lycéens pourra en dissuader certains de s’inscrire dans des cursus pour lesquels ils n’ont aucune chance de réussite.
Si on veut comprendre ce qui se joue, rappelons une vieille loi des mouvements étudiants : ceux-ci ont toujours été favorisés quand ils disposaient du soutien d’une partie du corps enseignant. Les étudiants mobilisés entendent en effet se garantir qu’ils ne seront pas pénalisés. Les étranges revendications, reprises par certains enseignants, de l’attribution à tous de la note de 10/20, voire de 20/20 « politique », illustrent de façon caricaturale ce jeu complexe entre étudiants et enseignants. On peut donc supposer qu’une fronde enseignante a favorisé la crise présente.
Un système pensé « par le haut »
En effet, Parcoursup pose de graves difficultés dans un certain nombre de cursus, ceux-là mêmes qui sont atteints par les troubles actuels. Dans le nouveau dispositif, les universités reçoivent l’ensemble des vœux des...




                        

                        


<article-nb="2018/05/09/19-20">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Patrice Lanco, ancien inspecteur général de l’équipement, estime qu’un partage progressif entre l’Etat, des investisseurs et certains groupes HLM,du gâteau que représente ce pilier du modèle social français est en cours.
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« Un scénario de financiarisation du logement social se dessine au détriment du bien commun »

Dans une tribune au « Monde », Patrice Lanco, ancien inspecteur général de l’équipement, estime qu’un partage progressif entre l’Etat, des investisseurs et certains groupes HLM,du gâteau que représente ce pilier du modèle social français est en cours.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h00
    |

Patrice Lanco (Ancien haut fonctionnaire au ministère du logement)







                        



                                


                            
Tribune. Le logement social est un pilier du modèle social français. Avec 4,6 millions de logements, il loge un ménage sur six, soit 10 millions de personnes. Amortisseur face à la crise, filet de sécurité pour les plus fragiles, c’est aussi un poids lourd de l’économie : 17 milliards d’euros d’investissement en 2015.
Ce patrimoine s’est constitué au fil des générations par l’effort cumulé des locataires (20 milliards d’euros de loyers par an, dont 40 % servent à rembourser les prêts qui ont financé le patrimoine), de l’Etat, des collectivités locales, des épargnants sur le Livret A, des entreprises et des salariés (ex-1 % logement). L’ancien ministre du logement Louis Besson l’a qualifié en 1990 de « patrimoine de la nation ».
Bien que grevé de 140 milliards d’euros de dette, ce patrimoine suscite des convoitises
C’est un bien commun dont les bailleurs sociaux ne sont que les dépositaires et les gestionnaires, qui n’a vocation à être approprié ni par l’Etat ni par des actionnaires. La loi garantit la pérennité de sa vocation sociale en fixant des plafonds de ressources et de loyers.
Bien que grevé de 140 milliards d’euros de dette, ce patrimoine suscite des convoitises. Le modèle économique HLM est ébranlé par trois facteurs : le niveau historique des prix de l’immobilier et du foncier, la paupérisation des locataires et le désengagement de l’Etat.
L’Etat a arrêté de subventionner la production de logements sociaux, financée par des prélèvements sur les bailleurs sociaux eux-mêmes. Il veut aller plus loin en inversant les flux financiers afin de prélever une partie de la richesse accumulée. La loi de finances 2018 met ainsi la pression sur le logement social avec une vision budgétaire, mais aussi stratégique : il s’agit d’impulser un changement de modèle.
Montage complexe
Le gouvernement, échaudé par le tollé contre la baisse de 5 euros de l’aide personnalisée au logement (APL), a conçu un montage plus...




                        

                        

