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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Au pouvoir depuis 2003, Recep Tayyip Erdogan jouera son va-tout aux élections du 24 juin, qui verront le pays basculer vers un « sultanat ».
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En Turquie, 1,5 million d’internautes disent au président Erdogan « ça suffit ! »

Au pouvoir depuis 2003, Recep Tayyip Erdogan jouera son va-tout aux élections du 24 juin, qui verront le pays basculer vers un « sultanat ».



Le Monde
 |    09.05.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 18h12
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

« Tamam ! » Ça suffit ! C’est ce que plus de un million d’internautes turcs ont lancé à leur président, Recep Tayyip Erdogan, en campagne pour un nouveau mandat lors des élections anticipées du 24 juin, après quinze années d’un règne exclusif à la tête du pays.
Jeudi 9 mai, l’expression était l’une des plus appréciées du réseau social Twitter, avec 1,5 million de partages. Le mot, qui signifie en turc « d’accord » ou « c’est assez », est devenu viral après avoir été employé par le président turc dans un discours prononcé mardi à Ankara devant les députés de son Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur).
Dans un rare élan d’humilité, le reis (« chef ») déclarait alors : « C’est ma nation qui m’a porté à la tête de la mairie d’Istanbul, de l’AKP, du gouvernement et de la présidence. Si un jour ma nation me dit  “ça suffit” [tamam], alors je me retirerai. »
Que n’avait-il pas dit ! Des chansons « tamam », des rassemblements de rue sur le thème « tamam » ont alors été rapportés sur Twitter et sur Facebook, tandis que les ténors de l’opposition qui affronteront M. Erdogan à la présidentielle du 24 juin s’emparaient de l’expression. « C’est l’heure » (vakit tamam), a écrit sur son compte Twitter Muharrem Ince, le candidat du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP).
« Ça suffit, si Dieu le veut », a renchéri l’islamiste Temel Karamollaoglu. « Ça suffit », a tweeté Meral Aksener, la chef de file des nationalistes. Le double scrutin (législatives et présidentielle le même jour) marquera un tournant, car c’est après sa tenue que le renforcement des pouvoirs du chef de l’Etat, approuvé de justesse par le référendum d’avril 2017, entrera en vigueur.

Verrouillage total des médias
Dans un contexte de verrouillage total des médias — télévisuels, surtout —, les réseaux sociaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ « Si la France était amenée à considérer que le mouvement historique en Arménie était sans conséquence sur sa position dans le conflit du Haut-Karabakh, alors elle prendrait le risque de désespérer les peuples », estime dans une tribune au « Monde » Mourad Papazian, dirigeant du Parti socialiste arménien.
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« La France doit engager une réorientation profonde de ses relations tant économiques que diplomatiques avec l’Arménie »

« Si la France était amenée à considérer que le mouvement historique en Arménie était sans conséquence sur sa position dans le conflit du Haut-Karabakh, alors elle prendrait le risque de désespérer les peuples », estime dans une tribune au « Monde » Mourad Papazian, dirigeant du Parti socialiste arménien.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 16h00
    |

Mourad Papazian (Coprésident du Conseil de coordinations des organisations arméniennes de France, membre du bureau mondial de la Fédération révolut...







                        



                                


                            
Tribune. A l’issue d’un mouvement absolument historique, Nikol Pashinyan a été élu premier ministre de l’Arménie. Présent sur la désormais célèbre place de la République, j’ai pu constater la ferveur, la force et l’enthousiasme s’emparer des rues de la capitale Erevan. Ce mouvement s’inscrit dans une tradition ancienne qui a vu le peuple arménien, à plusieurs reprises, se saisir de son destin : guerre d’indépendance de 1918, mouvement de libération du Haut-Karabakh en 1988, infatigable combat pour la reconnaissance du génocide arménien.

Ce mouvement est d’autant plus fort que les menaces, aux portes de l’Arménie, rendaient hautement improbables la possibilité que le peuple assume le risque d’une instabilité à la tête du pays, comme si les Arméniens avaient intériorisé le cynisme de la realpolitik. Mais on ne stérilise pas toute une nation. C’est ce que nous a rappelé la jeunesse d’Erevan. Ce fut une leçon pour chacun d’entre nous. La France, qui s’est passionnée pour cette révolution, doit prendre toute la mesure de ces événements et engager une réorientation profonde de ses relations avec l’Arménie tant sur le volet économique que diplomatique.
les échanges entre la France et l’Arménie se sont réduits à 50 millions d’euros par an, une goutte d’eau comparée à l’intensité des relations politiques entre ces deux pays
A d’innombrables reprises, ces dernières années, les autorités françaises ont fait savoir que la saturation de l’économie arménienne par une oligarchie créait des conditions insusceptibles de favoriser le développement des investissements français en Arménie. Les conséquences ont été désastreuses puisque les échanges entre la France et l’Arménie se sont réduits à 50 millions d’euros par an, une goutte d’eau comparée à l’intensité des relations politiques entre ces deux pays.
C’est ce message d’ouverture que le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) a martelé aux autorités arméniennes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le conseil des ministres a décidé de saisir la Cour constitutionnelle pour qu’elle annule une loi qui permettrait d’investir en son absence l’ex-président.
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Madrid barre la route à une réélection de Puigdemont à la tête de la Catalogne

Le conseil des ministres a décidé de saisir la Cour constitutionnelle pour qu’elle annule une loi qui permettrait d’investir en son absence l’ex-président.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 15h37
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 17h18
   





                        



   


Nouveau rebondissement dans le feuilleton qui déchire l’Espagne et la Catalogne depuis des mois. Le gouvernement espagnol est intervenu, mercredi 9 mai, pour barrer la route à une réélection de l’ex-président indépendantiste de Catalogne Carles Puigdemont à la tête de l’exécutif régional.
Le conseil des ministres a décidé de saisir la Cour constitutionnelle pour qu’elle annule une loi, votée la semaine dernière au Parlement catalan, qui permettrait d’investir en son absence l’ex-président, qui attend en Allemagne une éventuelle extradition vers l’Espagne qui veut le juger pour « rébellion ». « Aucun candidat à la présidence de la Generalitat ne peut être investi sans être présent au Parlement de Catalogne », a-t-il expliqué. Dès lors que la Cour constitutionnelle, qui avait déjà interdit une investiture en l’absence du candidat, acceptera d’examiner le recours, le texte sera suspendu, a rappelé le porte-parole.
Les indépendantistes ont remporté les élections régionales en décembre, mais s’ils n’élisent pas un nouveau président d’ici au 22 mai, les Catalans seront automatiquement rappelés aux urnes.
Les partisans de Carles Puigdemont avaient annoncé, samedi, leur intention de tenter une dernière fois d’investir l’ex-président, après une première tentative fin janvier, bloquée par la justice. Mais ils ont reconnu que s’ils n’y parvenaient pas, ils présenteraient une candidature alternative pour débloquer la situation, près de huit mois après la mise sous tutelle de la Catalogne par le gouvernement central.

        Chronologie :
         

          De la destitution à l’arrestation de Puigdemont, retour sur les moments forts de la crise catalane



« Jouer les victimes »
Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, avait annoncé, dans la matinée, ce recours contre la loi votée vendredi par les indépendantistes, malgré l’avis défavorable des juristes du parlement régional.
« Nous allons contester une décision qui permet qu’un fugitif, vivant à l’étranger, puisse être investi. (…) C’est absurde », avait-il déclaré. Les indépendantistes catalans n’ont jusqu’ici proposé à la présidence de la région que des candidats dont la justice a bloqué l’investiture.
Leurs adversaires les accusent de présenter délibérément des candidatures inéligibles pour « jouer les victimes ». « Ce n’est de la faute ni de l’Etat, ni du gouvernement, ni des juges, ni de cette chambre, si vous êtes incapables de former un gouvernement », a lancé Mariano Rajoy à un élu indépendantiste au Sénat.
Pour les séparatistes, les poursuites pour rébellion de la Cour suprême, passibles de trente ans de prison, sont injustifiées et les neuf indépendantistes en détention provisoire sont des « prisonniers politiques ».
Outre M. Puigdemont, qui s’était réfugié en Belgique après la tentative de sécession, ils ont proposé Jordi Sanchez et Jordi Turull, incarcérés. La justice a refusé de les laisser sortir de prison pour se présenter à un débat d’investiture.

        Lire aussi :
         

                En Catalogne, Carles Puigdemont divise les indépendantistes



Tous sont poursuivis pour « rébellion » pour leur rôle dans la tentative de sécession du 27 octobre. Le gouvernement central avait placé dans la foulée la Catalogne sous administration directe, destitué M. Puigdemont et son gouvernement et convoqué des élections anticipées en décembre.
Carles Puigdemont, qui avait mené campagne pour la « restitution du gouvernement légitime » de la Catalogne, avait remporté une victoire surprise et les indépendantistes avaient conservé leur majorité absolue au Parlement catalan. Les indépendantistes n’ont, pour l’heure, pas dévoilé l’identité du candidat alternatif qui permettrait de débloquer la situation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Les Européens jugent « irresponsable » la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien, qu’ils veulent continuer à mettre en œuvre, tout en négociant avec Téhéran.
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Face au retrait de Trump, les Européens déterminés à défendre l’accord sur le nucéaire iranien

Les Européens jugent « irresponsable » la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien, qu’ils veulent continuer à mettre en œuvre, tout en négociant avec Téhéran.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 14h32
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

L’Union européenne est « déterminée à préserver » le Plan d’action conjoint (JCPOA), l’accord sur le nucléaire iranien, qui, estime-t-elle, doit continuer à garantir que Téhéran ne développe pas d’armes nucléaires. A Rome, peu de temps après la déclaration commune des dirigeants français, allemand et britannique, la Haute représentante, Federica Mogherini, voulait défendre, dans la soirée du mardi 8 mai, « l’une des plus belles réussites jamais réalisées par la diplomatie ».
« Ne laissez personne démanteler l’accord », a-t-elle lancé à destination des Iraniens, évoquant un texte essentiel pour « la sécurité de la région, de l’Europe et du monde ». Donald Tusk, le président du Conseil européen, promettait, lui, « une approche unie » des Vingt-Huit.

A l’issue de quatre mois d’intenses discussions – dont une dernière, qui se voulait symbolique, avec des représentants iraniens à Bruxelles mardi – les négociateurs européens gardaient en fait peu d’espoir quant à la décision de Donald Trump. Sur la base d’ultimes contacts avec son administration, ils pensaient toutefois qu’elle préserverait une petite ouverture pour une négociation, au pire une application différée des décisions américaines.
Le grand souci des dirigeants de l’Union va donc être, désormais, de protéger les intérêts économiques et les investissements européens en Iran
Ils ont rapidement compris qu’il n’en serait rien et Mme Mogherini a traduit le sentiment général en exprimant son «  inquiétude particulière » quant à l’annonce d’un projet de nouvelles sanctions. La levée d’une partie des sanctions internationales, « part essentielle de l’accord, a eu un impact positif sur les relations commerciales et économiques avec l’Iran, y compris en apportant des bénéfices cruciaux au peuple iranien », a-t-elle plaidé.
Outre la sécurité, le grand souci des dirigeants de l’Union va donc...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les politologues Oriane Calligaro et François Forêt reviennent sur la remise au président français de ce prix international qui récompense chaque année « la plus précieuse contribution à l’entente en Europe de l’Ouest ».
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« Le prix Charlemagne remis à Emmanuel Macron se révèle être un encouragement et un pari sur l’avenir »

Dans une tribune au « Monde », les politologues Oriane Calligaro et François Forêt reviennent sur la remise au président français de ce prix international qui récompense chaque année « la plus précieuse contribution à l’entente en Europe de l’Ouest ».



Le Monde
 |    09.05.2018 à 13h02
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 13h21
    |

Oriane Calligaro et François Forêt (Politologues, Cevipol-IEE, Université libre de Bruxelles)







                        



                                


                            
Tribune. Jeudi 10 mai, Emmanuel Macron recevra le prix Charlemagne que les médias décrivent comme le plus prestigieux des prix européens. Cet acte symbolique illustre comment le processus d’intégration politique européenne et ses élites traditionnelles cooptent de nouveaux acteurs et intègrent le changement, que cela soit pour le circonscrire ou pour l’encourager.
Les lauréats les plus fréquents sont des chefs d’Etat et de gouvernement et des monarques
Le prix international Charlemagne pour l’unité de l’Europe, créé en 1949 à l’initiative de notables d’Aix-la-Chapelle, récompense chaque année « la plus précieuse contribution à l’entente en Europe de l’Ouest ». La référence à la figure de Charlemagne et le lieu de son octroi établissent un lien symbolique entre le Saint-Empire romain germanique et le projet d’unité continentale développé après la seconde guerre mondiale. Selon sa définition officielle, le prix visait à l’origine à promouvoir « une Europe anticommuniste à forte influence catholique » et à affirmer l’appartenance de l’Allemagne à une communauté européenne réconciliée.
Les lauréats les plus fréquents sont des chefs d’Etat et de gouvernement et des monarques. Politiciens et hauts fonctionnaires des institutions communautaires figurent aussi en bonne place dans la liste des récipiendaires, la Commission européenne ayant même été lauréate en 1969. Une autre caractéristique forte du prix Charlemagne est qu’il a été décerné plusieurs fois à des personnalités religieuses, surtout catholiques, et notamment aux papes Jean Paul II et François.
Dynamiques politiques de l’intégration
Les liens du prix Charlemagne avec l’Eglise et la royauté sont confirmés par le protocole entourant sa remise et par le patronage de têtes couronnées (rois des Belges et d’Espagne et grand-duc du Luxembourg). Il constitue ainsi un processus symbolique par lequel les élites religieuses et séculaires traditionnelles honorent le travail...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Véronique David-Martin habite à Bath, en Angleterre, depuis vingt-huit ans. Cette Française mariée à un Britannique raconte ses craintes avant la sortie de l’UE et sa méfiance vis-à-vis du gouvernement.
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Ma vie de… Française au Royaume-Uni : « Avec le Brexit, je perds mes droits »

Véronique David-Martin habite à Bath, en Angleterre, depuis vingt-huit ans. Cette Française mariée à un Britannique raconte ses craintes avant la sortie de l’UE et sa méfiance vis-à-vis du gouvernement.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 12h35
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

« Ma vie de… » donne la parole à des témoins de l’actualité du monde entier, qui racontent leur quotidien à la première personne.
Près de deux ans après le référendum sur le Brexit, le sort des Européens qui vivent au Royaume-Uni et des Britanniques dans l’Union européenne demeure flou. Si Londres et Bruxelles ont trouvé un accord de principe sur le sujet, qui doit permettre à chacun de conserver les mêmes droits qu’avant le Brexit, les exactes modalités d’application ne sont pas connues. Outre-Manche, trois millions d’Européens doivent régulariser leur situation d’ici à juin 2021, mais la procédure n’ouvrira pas avant la fin de l’année, au mieux.
Pour préparer ce gigantesque processus, le gouvernement britannique reçoit depuis le mois de mars des Européens, nationalité par nationalité, pour les consulter et tenter de les rassurer. Lundi 23 avril, une centaine de Français ont ainsi été reçus. « Nous souhaitons que vous restiez et nous apprécions votre contribution », déclarait, rassurant, Robin Walker, secrétaire d’Etat chargé du Brexit. Mais les Français présents dans la salle ont exprimé une forte anxiété et une méfiance générale vis-à-vis des autorités britanniques. Véronique David-Martin, 53 ans, était l’une des participantes.
« Je suis arrivée au Royaume-Uni avec la première vague expérimentale de ce qui deviendra ensuite le programme Erasmus, en 1984. Je suis allée à l’université de Dundee, en Ecosse. Quand on m’en a parlé pour la première fois, je ne savais pas où c’était et j’avais écrit phonétiquement “Dandy”. J’y ai rencontré mon futur mari, qui est Britannique, et je suis revenue m’installer définitivement au Royaume-Uni en 1987.
A l’époque, on m’a dit : “Tu n’as besoin d’aucun papier pour t’enregistrer, il n’y a aucune démarche à faire, tu es ici chez toi.” Venant de France, où on vit dans la hantise de ne pas avoir ses papiers à jour, l’Angleterre était incroyablement décontractée.
Chèque...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ La Chambre des lords a voté un amendement favorable au maintien du Royaume-Uni dans le marché unique européen.
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La majorité de Theresa May toujours plus déchirée sur les modalités du Brexit

La Chambre des lords a voté un amendement favorable au maintien du Royaume-Uni dans le marché unique européen.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 11h07
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Alors que son gouvernement et le Parti conservateur sont au bord de l’implosion sur le Brexit, Theresa May va devoir trancher. Mardi 8 mai au soir, la Chambre des lords a en effet mis au défi la première ministre britannique en votant un amendement favorable au maintien du Royaume-Uni dans l’Espace économique européen (EEE, soit l’Union européenne plus la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein), autrement dit dans le marché unique.
Quelques heures plus tôt, le ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, lui avait lancé un défi inverse en qualifiant de « fou » le projet d’union douanière de compromis que Mme May veut faire adopter par son gouvernement avant le Conseil européen des 28 et 29 juin. Deux ans après le référendum qui a décidé la sortie de l’UE et moins d’un an avant le Brexit officiel, Londres ne sait toujours pas quel régime douanier il souhaite avec ses voisins de l’UE.
L’avertissement des Lords est retentissant. Par 247 voix contre 218, ces personnalités non élues ont adopté un amendement à la loi sur la sortie de l’UE selon lequel le maintien dans l’EEE doit être « un objectif du gouvernement dans la négociation » sur le Brexit. Le projet de loi en question vise à mettre fin à la suprématie du droit européen tout en le transposant dans le droit britannique.

        Lire aussi :
         

                Brexit : le ton monte entre Bruxelles et Londres



Double rébellion
Le vote de mardi soir traduit une double rébellion : celle de 17 Lords conservateurs qui ont approuvé l’amendement déposé par un Lord travailliste, mais aussi celle de 83 Lords travaillistes qui ont bravé la consigne de leur parti en joignant leurs voix à celle des libéraux démocrates, proeuropéens.
Ce début de soulèvement côté Labour souligne la position ambiguë de Jeremy Corbyn, le leader travailliste, qui refuse de défendre le maintien du pays dans le marché unique, pourtant souhaité par 87 % des adhérents du parti, selon un sondage. « Fantastique résultat conforme à la volonté des membres et sympathisants du Labour, des syndicats et du patronat, a tweeté Chuka Umunna, figure proeuropéenne du Labour. Le pays, l’emploi et notre économie doivent passer avant tout. »
Le vote des Lords constitue la treizième défaite du gouvernement sur le même projet de loi devant cette Chambre qui n’a pas le dernier mot pour voter les lois (rôle qui revient à la Chambre des communes). Mais il porte sur un point central du Brexit sur lequel les députés vont désormais devoir débattre et se prononcer, au grand dam de Mme May, qui craint l’étalage des divisions et l’affaiblissement de sa position dans la négociation avec Bruxelles.
L’inconfortable position de Theresa May avait été soulignée quelques heures avant le vote des Lords par l’entretien accordé au tabloïd Daily Mail par Boris Johnson. Se posant une fois de plus en champion du Brexit face à la première ministre, le patron du Foreign Office y torpille le projet de Brexit très édulcoré désormais défendu par Mme May. En position de faiblesse, celle-ci n’a pas répliqué.
« Fouillis bureaucratique »
Baptisé « partenariat douanier », le plan de la première ministre consiste pour le Royaume-Uni à percevoir à ses frontières les taxes pour le compte de l’UE sur les biens transitant par son territoire vers les Vingt-Sept, tout en appliquant ses propres taxes sur les produits destinés à son marché intérieur. Un système « fou », selon M. Johnson, qui créerait un « fouillis bureaucratique », et rendrait « très très difficile » la conclusion en solo par Londres d’accords de libre-échange que font miroiter les partisans du Brexit.

        Lire aussi :
         

                Face à Theresa May, Boris Johnson appelle les Britanniques à « tirer avantage » d’un Brexit dur



Les promoteurs de ce « partenariat » reconnaissent que les dispositifs technologiques de contrôle de la destination des marchandises qu’il suppose mettraient cinq ans à être mis en place. L’UE, elle, le qualifie de « pensée magique ». Les europhobes du gouvernement le considèrent comme un moyen de reculer indéfiniment le Brexit.
Pourtant, c’est ce « partenariat douanier » que Mme May souhaite faire adopter par son gouvernement comme base de négociation. Ayant fait de l’adhésion à une union douanière une « ligne rouge » de son gouvernement, mais confrontée aux inquiétudes sur les conséquences pour l’emploi et l’économie d’un retour aux droits de douane avec le continent, elle tente cette union douanière qui n’en est pas une.
La première ministre utilise pour cela une rhétorique implacable : si le gouvernement ne se met pas d’accord, le Parlement pourrait s’en charger en imposant un recul encore plus net. Les coups de semonce des Lords accréditent cette menace.



                            


                        

                        


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« Dieselgate » : Audi soupçonnée de continuer à installer des logiciels trompeurs dans ses véhicules

La filiale de Volkswagen a interrompu la livraison de certains véhicules, après avoir découvert des irrégularités sur des moteurs.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 16h32
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Deux ans et demi après le déclenchement du « dieselgate », Volkswagen (VW) n’a toujours pas fait le ménage dans son passé. Une fois de plus, c’est sa filiale Audi qui est au cœur du scandale. L’office fédéral allemand pour la circulation des véhicules à moteurs (KBA) soupçonne la marque de continuer à installer des logiciels trompeurs dans ses voitures récentes. Mardi 8 mai, il a ordonné une enquête contre certains véhicules diesel du constructeur, qui pourraient être équipés d’un logiciel illégal d’un genre nouveau. En début d’après-midi, Audi a reconnu avoir interrompu les livraisons de deux modèles diesel récents, pour vérifier « des anomalies dans le logiciel du moteur ».
En tout, 60 000 véhicules sont concernés dans le monde, dont 33 000 en Allemagne. Il s’agit des berlines de type A6 et A7 équipées de moteurs V6 TDI, a précisé le ministère des transports. Ces voitures sont soupçonnées de contenir un logiciel programmé pour désactiver le système de dépollution du moteur dans certaines situations.
Les deux modèles concernés sont équipés des systèmes de traitement des gaz d’échappement les plus récents : un filtre dit « SCR » (réduction catalytique sélective), qui transforme les émissions d’oxydes d’azote (NOx) en vapeur d’eau et d’azote inoffensifs, grâce à l’aspersion d’AdBlue, un liquide à base d’urée. La réaction chimique ainsi provoquée permet de piéger une grande partie des émissions de NOx… à condition d’injecter suffisamment de liquide à l’échappement. Et donc d’en transporter une quantité importante ou de passer régulièrement faire le plein.

C’est bien le point qui a sans doute influencé les programmeurs du logiciel incriminé. Pour que le conducteur n’ait pas à remplir lui-même le réservoir d’AdBlue, mais puisse en laisser le soin au garagiste, Audi aurait fortement réduit les quantités de liquide injectées à partir de 2 400 kilomètres avant de devoir refaire le plein d’ABlue.
Durant cette phase, le...




                        

                        


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En Suède, l’inquiétant regain d’activité des néonazis

Analyse. Le Mouvement de résistance nordique (NMR) entend présenter plusieurs candidats aux élections législatives du 9 septembre.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 07h17
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 08h12
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Analyse. Le 1er-Mai, en Suède, n’est pas seulement jour de défilé pour les travailleurs. Il est devenu, au fil des ans, synonyme de démonstration de force annuelle des néonazis suédois. Cette année, les militants du Mouvement de résistance nordique (NMR) s’étaient donné rendez-vous à Boden, au nord de la Suède, et Ludvika, commune de 26 000 habitants, dans la province de Dalécarlie (centre du pays), devenue un de leurs bastions, depuis qu’ils ont remporté un siège au conseil municipal en 2014.
Les deux défilés devaient marquer le lancement de leur campagne électorale, en vue du scrutin législatif du 9 septembre. Le NMR présente des candidats dans trois communes et trois régions et une liste aux législatives. Si leur mobilisation du 1er-Mai a pu servir d’indicateur avant les élections, les démocrates ont de quoi se rassurer : non seulement les néonazis n’étaient que 350 à Ludvika et une petite centaine à Boden, mais ils ont été accueillis par des contre-manifestants venus bien plus nombreux.

Sous-estimer leur pouvoir de nuisance serait pourtant une erreur, comme le montre la dernière enquête annuelle du magazine antiraciste Expo, publiée le 25 avril. Depuis dix ans, ses journalistes recensent les activités de la mouvance néonazie en Suède, dont les racines remontent jusqu’au national-socialisme des années 1930. Plusieurs groupuscules en ont émergé, avant de se dissoudre, souvent minés par des conflits internes.
Effectifs en augmentation
Né en 1997, le NMR n’a pas seulement survécu. Selon le magazine Expo, ses militants n’ont jamais été aussi actifs que l’an dernier, avec 3 446 actions dénombrées en 2017, soit une augmentation de 20 % par rapport à 2016. Il s’agit essentiellement de distributions de tracts, collages d’affiches, d’autocollants… « C’est une façon de créer un rapport de force dans la rue, en occupant ses membres », constate le journaliste Jonathan Leman. L’impact est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Depuis le mois de janvier, les Européens ont multiplié les discussions, à Paris, Londres, Berlin et Washington pour sauver l’accord de Vienne menacé par Trump. Leur objectif étant de convaincre les Etats-Unis sans braquer l’Iran.
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Comment les Européens ont tenté jusqu’au bout de sauver l’accord iranien

Depuis le mois de janvier, les Européens ont multiplié les discussions, à Paris, Londres, Berlin et Washington pour sauver l’accord de Vienne menacé par Trump. Leur objectif étant de convaincre les Etats-Unis sans braquer l’Iran.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 18h34
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 19h00
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Washington, 12 janvier 2018. Alors que Donald Trump renonce – temporairement – à dénoncer l’accord sur le dossier nucléaire iranien, les Européens poussent un soupir de soulagement. Avertis par téléphone par Brian Hook, un haut fonctionnaire du département d’Etat, les principaux dirigeants comprennent que, sur le fond, le président ne renonce pas à son opposition de principe à l’accord approuvé notamment par son prédécesseur, Barack Obama, mais au moins décrochent-ils un délai de quatre mois pour tenter de sauver ce texte jugé crucial.
Notamment parce qu’il met à l’abri le continent européen, « le premier à la portée d’un missile nucléaire iranien », comme le rappelle régulièrement le Luxembourgeois Jean Asselborn, un vétéran de la diplomatie des Vingt-Huit.

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                Jour J pour l’accord sur le nucléaire iranien, après des mois de critiques de Donald Trump



Rome, 3 mai 2018. Helga Schmid, la secrétaire générale du Service européen d’action extérieur (SEAE), rencontre des responsables iraniens. Elle entend évoquer avec eux le « rôle régional » de leur pays, en clair son soutien à divers groupes et milices au Yémen, en Syrie, en Irak et au Liban.
La diplomate, qui a participé à toutes les phases de la négociation du « Plan global d’action conjoint » (JCPOA), signé à Vienne en juillet 2015 et entré en vigueur en janvier 2016, a déjà eu une discussion de ce genre avec des émissaires de Téhéran, en marge du Forum de Munich sur la sécurité, en février. Des « résultats concrets » en auraient découlé.
Dans l’intervalle, les Européens ont multiplié les discussions, à Paris, Londres, Berlin et Washington. L’agenda a, en fait, été fixé par l’administration Trump : il convient certes, a-t-elle prévenu, d’évoquer le rôle de l’Iran au Moyen-Orient mais aussi un programme de nouvelles sanctions s’il devait s’avèrer que le régime développe des missiles à longue portée, contrecarre les inspections internationales de son activité nucléaire ou continue, contrairement à ses engagements, à mettre au point un armement atomique. Il faudra aussi parler de l’après-2025, date fixée, en principe, pour la levée complète des sanctions américaines, européennes et onusiennes si les termes de l’accord ont été respectés.
Ils tentent d’expliquer qu’une remise en cause de ce qui a été difficilement imposé à Téhéran pourrait aboutir à une course à l’armement nucléaire dans toute la région
Les diplomates bruxellois élaborent alors un argumentaire précis. Ils doivent tenter de convaincre Washington sans braquer Téhéran, qui ne manquerait pas de dénoncer leur duplicité. Ils objectent, en tout cas, que le JCPOA porte sur la non-prolifération et que les autres sujets doivent être traités séparément. « S’il échoue, souligne l’un d’eux, on ne sera d’ailleurs pas en meilleure position pour s’attaquer à ces questions de grande importance. » Ils tentent aussi d’expliquer qu’une remise en cause de ce qui a été difficilement imposé à Téhéran pourrait aboutir à une course à l’armement nucléaire dans toute la région.

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                Accord sur le nucléaire iranien : quels sont les différents scénarios d’un retour des sanctions ?



Au discours catastrophiste du président américain sur « l’horrible JCPOA », ils opposent l’idée que celui-ci repose, non pas sur une prétendue confiance à l’égard de l’Iran, mais sur « des engagements précis, de mécanismes de vérification et de suivi à long terme par l’Agence internationale de l’énergie atomique ». D’après les termes du « deal », l’Agence est censée contrôler tous les sites nucléaires et vérifier pendant vingt ans la production de centrifugeuses, et pendant vingt-cinq ans celle de concentré d’uranium (ou « yellow cake »).
Enfin, les négociateurs tentent constamment d’attirer l’attention de leurs homologues américains sur les risques politiques qu’entraînerait une faillite de l’accord de Vienne. « La pression monte en Iran car des forces n’y ont jamais aimé l’accord. Elles soutiennent que leur pays a rempli ses engagements tandis que nous n’aurions pas fait de même », commente une source de haut niveau. Le gouvernement de Téhéran se plaint effectivement que les menaces américaines paralysent l’activité et les investissements, ce qui est d’ailleurs, à ses yeux, une violation de l’accord.
La première phase de levée des sanctions internationales a concerné plusieurs secteurs (le pétrole, le gaz, la pétrochimie, le transport, la construction navale, l’or et les métaux précieux, etc.). La deuxième ne devait intervenir qu’en 2023 et porter sur les softwares, des technologies militaires, les armes, etc. Bruxelles doit convaincre ses interlocuteurs iraniens de s’en tenir à ce plan alors même que ceux-ci soupçonnent M. Trump d’y avoir déjà renoncé.
Mike Pompeo insiste sur les « failles »
La Haute Représentante européenne, Federica Mogherini, d’autant plus attachée au JCPOA que c’est l’une des rares réalisations concrètes de son service diplomatique depuis sa création, insiste, elle, de manière régulière sur le risque d’un affaiblissement de la position du président « réformateur » Hassan Rohani. « Lui et ses partisans ne veulent pas de la bombe parce qu’il sait que cela représenterait, pour l’Iran, une rupture définitive avec l’Ouest et un isolement qui aggraverait l’affaiblissement économique du pays », appuie, dans Der Spiegel, l’ancien ministre allemand des affaires étrangères Sigmar Gabriel.

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                Quelles sont les sanctions contre l’Iran encore en vigueur ?



Visiblement, les Européens ont cru un moment que leurs arguments pouvaient porter à Washington. Ils comptaient sur leur interlocuteur principal, Brian Hook, et surtout sur le secrétaire d’Etat Rex Tillerson, pour peser sur la décision finale de M. Trump. « Tillerson était convaincu que l’accord pouvait être préservé, l’essentiel était, selon lui, que les Européens confrontent l’Iran à des questions cruciales », affirme M. Gabriel.
Problème : M. Tillerson a été écarté au profit de Mike Pompeo qui, lors de sa première sortie internationale (au siège de l’OTAN, à Bruxelles, le 27 avril), a surtout insisté sur les « failles » d’un texte que, selon lui, M. Trump allait « probablement » rejeter.
« Nous aurons tout essayé, y compris avec le voyage de M. Macron, de Mme Merkel et de Boris Johnson [le chef de la diplomatie britannique] à Washington, soupirait, mardi 8 mai, un diplomate à Bruxelles. Mais ne croyez pas que nous sommes totalement naïfs : nous avons aussi un scénario pour protéger, si nécessaire, nos entreprises d’éventuelles nouvelles sanctions américaines contre l’Iran. »

Notre sélection d’articles sur l’accord relatif au nucléaire iranien
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr sur l’accord sur le nucléaire iranien :
les réponses à vos questions sur l’annonce du retrait américain de l’accordl’analyse de notre correspondant aux Etats-Unis, qui souligne que les décisions de Donal Trump « sont souvent en contradiction avec sa vision du monde ».les points clés de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, conclu le 14 juillet 2015ce qu’il faut savoir de l’accord, en sept questions ;l’analyse des promesses faites par Donald Trump durant la campagne présidentiellela tribune de parlementaires européens qui appellent leurs homologues américains à sauver l’accord sur le nucléaire ;les images de la visite d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, où il a débattu de l’accord avec Donald Trump ;la chronique de Sylvie Kauffmann, pour qui, « sur le nucléaire iranien, le compte à rebours vers une sorte de catastrophe annoncée a commencé » ;la tribune de François Nicoullaud, ancien ambassadeur à Téhéran, qui appelle à « sortir par le haut de la crise du nucléaire avec l’Iran ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ L’opposant et ancien journaliste a été élu par le Parlement, pourtant très hostile. Jamais un leadeur arménien n’a connu une telle popularité, suscitant énormément d’attentes et d’espoirs.
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Nikol Pachinian, le marcheur indocile d’Arménie

L’opposant et ancien journaliste a été élu par le Parlement, pourtant très hostile. Jamais un leadeur arménien n’a connu une telle popularité, suscitant énormément d’attentes et d’espoirs.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 18h24
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 06h38
    |

            Annick Cojean (Erevan, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

En six semaines, un homme a réveillé, secoué, uni et fait rêver l’Arménie en un avenir meilleur. Il l’a fait se dresser contre un régime décrédibilisé et haï, a mis dans la rue des dizaines de milliers de personnes, poussé à la démission un premier ministre et mené une révolution pacifique, autoqualifiée « de velours », en vue de prendre le pouvoir ou plutôt, insiste-t-il, de « le redonner au peuple ».
Sac au dos, tee-shirt camouflage et allure de baroudeur, il a mis debout et même « en marche » le pays, puisque tel est le slogan de sa campagne (littéralement « un pas en avant ») en lui redonnant confiance en sa propre puissance et l’envie de dire enfin son mot. De député d’opposition marginal, Nikol Pachinian, 42 ans, est devenu un véritable phénomène politique et a réussi l’exploit de respecter la Constitution en se faisant élire, mardi 8 mai, par un Parlement très hostile, au poste de premier ministre.
Son parcours stupéfie les politologues qui peinent encore à analyser ce que le chercheur Gevorg Melikian appelle son « abracadabra ». « C’est arrivé si vite !, dit-il. Ces foules dans la rue alors qu’elles paraissaient, il y a peu encore, léthargiques ; cette soudaine confiance du peuple en lui-même ; et cette efficacité pour faire plier le pouvoir qui croyait pouvoir agir éternellement en toute impunité. C’est tout simplement incroyable ! »
Ils ont tous ce mot à la bouche. Car personne n’avait vu venir Nikol Pachinian. Certains insistent, bien sûr, sur le choix du moment adéquat pour déclencher la rébellion, et sur la colère qui couvait depuis tant d’années contre la clique au pouvoir, les élections truquées, la corruption endémique…
« Incontestable fibre populaire »
Mais le rôle à la fois de déclencheur, de galvanisateur et d’unificateur joué par M. Pachinian en un temps record méduse les observateurs. « Il a une incontestable fibre populaire, explique Gevorg Melikian. Il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’accord sur le nucléaire iranien de juillet 2015, que les Etats-Unis menacent de quitter, avait permis la levée partielle des sanctions infligées à Téhéran.
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Quelles sont les sanctions contre l’Iran encore en vigueur ?

L’accord sur le nucléaire iranien de juillet 2015, que les Etats-Unis menacent de quitter, avait permis la levée partielle des sanctions infligées à Téhéran.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 15h36
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 17h57
    |

                            Charlotte Peytour








                        



« Peu de pays ont subi un aussi grand nombre de sanctions que l’Iran », écrivait Thierry Coville, chercheur à l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques) et spécialiste de l’Iran, dans La Revue internationale et stratégique du premier trimestre 2015. Quelques mois plus tard, le 14 juillet 2015, la levée partielle de ces sanctions était actée par l’accord de Vienne négocié avec l’Iran par les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne, en échange du gel et de la mise sous contrôle international du programme nucléaire iranien pour au moins dix ans. 
Les mesures coercitives et les sanctions, notamment américaines, héritées des décennies précédentes et visant le programme balistique de Téhéran, le soutien au terrorisme de la République islamique et les atteintes aux droits humains, sont toutefois restées en vigueur.
Un arsenal de sanctions déployé à partir de 2005
Si la plupart des sanctions majeures contre l’Iran ont été promulguées pour tenter de bloquer son programme nucléaire à partir de 2005, au vu d’un faisceau de preuves attestant d’une dimension militaire, les Etats-Unis avaient commencé à sanctionner Téhéran dès 1979. Cette année-là, une prise d’otages à l’ambassade américaine dans la capitale iranienne conduit le président Jimmy Carter à geler les avoirs iraniens aux Etats-Unis. De 1995 à 2006, les gouvernements américains successifs multiplient les restrictions, tâchant notamment d’interdire, sans succès, le commerce du pétrole avec l’Iran, qu’ils considèrent comme un Etat soutenant le terrorisme.
L’élection de Mahmoud Ahmadinejad, en 2005, marquée par la reprise d’activités d’enrichissement d’uranium, signe l’accélération des sanctions américaines contre le pays. Sous le mandat de Georges W. Bush, puis sous celui de Barack Obama, les Etats-Unis promulguent plusieurs séries de sanctions financières. Elles constituent le principal instrument de la politique américaine envers l’Iran. Le National Defense Authorization Act, adopté en 2012, a notamment interdit aux banques étrangères d’être en relation avec la banque centrale d’Iran pour financer les achats de pétrole iranien.
Les Nations unies vont dans le même sens, et le Conseil de sécurité vote cinq résolutions de 2006 à 2010. Celles-ci interdisent notamment l’importation par l’Iran d’équipements pouvant être utilisés pour ses programmes nucléaires et balistiques.
En plus de ces résolutions, l’Union européenne durcit sa position sous la pression des Etats-Unis. Un tournant est franchi en 2012 : le Conseil de l’UE promulgue un embargo sur les produits pétroliers et pétrochimiques iraniens. Il est aussi décidé d’exclure l’Iran du système de messagerie internationale SWIFT, basé à Bruxelles. « On a assisté à un important durcissement des sanctions. La politique de l’Union européenne s’est alignée sur les intérêts américains », explique Thierry Coville.
Que signifie la levée partielle des sanctions promise lors de l’accord du 14 juillet 2015 ?
L’accord de Vienne de juillet 2015 a profondément modifié le cadre des sanctions, et ce depuis le 16 janvier 2016. A cette date, l’accord a officiellement été appliqué : l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé que l’Iran avait coopéré de façon satisfaisante avec le gendarme du nucléaire — elle n’a cessé depuis de le rappeler, dans des rapports réguliers — et que les sanctions pouvaient être levées. Celles-ci seront remises en place si l’Iran n’apporte pas de réponse satisfaisante à l’AIEA, après signalement d’un éventuel manquement à ses obligations, dans le cadre d’une procédure dite de « snap-back » (« cliquet ») prévue par l’accord sous pression de la diplomatie française.

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                Les points-clés de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien



Pour donner suite à cette déclaration purement politique et sans force coercitive, la résolution 2231 de l’ONU a été adoptée. Elle donne une certaine solennité à l’accord en requérant la levée de toutes les sanctions prévues par les résolutions onusiennes précédentes.
La majorité des mesures coercitives est pourtant encore maintenue par les Etats-Unis. Les sanctions dites primaires, qui concernent directement les Américains, sont toujours en vigueur. Pour qu’une entreprise ou un particulier américain puisse commercer avec l’Iran, des autorisations de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), agence dépendant du Trésor américain et redoutée pour sa rigueur, sont encore nécessaires. « L’OFAC fait la pluie et le beau temps. Beaucoup d’entreprises européennes, qui font une partie de leur chiffre d’affaires aux Etats-Unis, doivent aussi demander l’autorisation à l’OFAC pour commercer avec l’Iran », dit Thierry Coville.
Pourtant, les sanctions secondaires, qui interdisaient aux entreprises non américaines de faire affaire avec l’Iran, ont été supprimées. Mais les grandes banques européennes, dont certaines se sont vu infliger des amendes records par les Etats-Unis à l’époque des sanctions, n’ont pas accompagné les investisseurs qui retournaient en Iran. L’économie iranienne demeurant assez opaque, elles craignent que leurs clients ne tombent sur une entité inscrite sur les listes noires américaines. Elles appréhendent également de s’engager dans un projet de long terme qui pourrait être menacé par un retour des sanctions, ou tomber sous le coup de nouvelles mesures de coercition américaines.
L’Union européenne, à la suite de l’accord de Vienne, a aussi levé la majorité des sanctions, tel l’embargo sur le pétrole. L’Iran a été réintégré au programme de messagerie SWIFT. « Mais si les sanctions à propos du nucléaire ont effectivement été levées, ce n’est pas le cas de celles sur le programme balistique ou les droits de l’homme. Toutefois, l’ampleur des sanctions européennes est incomparable avec celles que l’Iran subit de la part des Etats-Unis », ajoute le chercheur à l’IRIS.
Les sanctions risquent-elles de se renforcer ?
Dans l’éventualité où Donald Trump déciderait de rester dans l’accord, les sanctions demeureraient inchangées. Entérinées par la résolution de l’ONU, elles sont inamovibles, à moins de renégocier l’accord — ce à quoi s’opposent tous ses signataires, sauf les Etats-Unis — ou en cas de snap-back. Si les Etats-Unis se retiraient, toutefois, « la logique voudrait que Donald Trump rétablisse toutes les sanctions levées et suspendues en 2016 », selon Thierry Coville.

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                Accord sur le nucléaire iranien : quels sont les différents scénarios d’un retour des sanctions ?



Paris, Londres et Berlin s’inquiètent de cette menace. Pour que les Etats-Unis ne quittent pas l’accord, les trois pays ont déposé un document proposant un renforcement des sanctions notamment sur le programme balistique iranien, a dévoilé l’agence de presse Reuters le 16 mars. Cette décision supposait une unanimité des Vingt-Huit, que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne n’ont pas réussi à obtenir. Certains pays européens, telle l’Italie, ont rejeté l’hypothèse de mesures coercitives, afin de conserver leurs relations commerciales avec l’Iran.

Notre sélection d’articles sur l’accord relatif au nucléaire iranien
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les réponses à vos questions sur l’annonce du retrait américain de l’accordl’analyse de notre correspondant aux Etats-Unis, qui souligne que les décisions de Donal Trump « sont souvent en contradiction avec sa vision du monde ».les points clés de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, conclu le 14 juillet 2015ce qu’il faut savoir de l’accord, en sept questions ;l’analyse des promesses faites par Donald Trump durant la campagne présidentiellela tribune de parlementaires européens qui appellent leurs homologues américains à sauver l’accord sur le nucléaire ;les images de la visite d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, où il a débattu de l’accord avec Donald Trump ;la chronique de Sylvie Kauffmann, pour qui, « sur le nucléaire iranien, le compte à rebours vers une sorte de catastrophe annoncée a commencé » ;la tribune de François Nicoullaud, ancien ambassadeur à Téhéran, qui appelle à « sortir par le haut de la crise du nucléaire avec l’Iran ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ De la démission du premier ministre Serge Sarkissian face à la contestation de la rue à l’élection du dirigeant de l’opposition Nikol Pachinian mardi, retour sur trois semaines de protestations qui ont agité le petit pays du Caucase.
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« Révolution de velours », coup de théâtre et grève générale… Trois semaines qui ont bouleversé l’Arménie

De la démission du premier ministre Serge Sarkissian face à la contestation de la rue à l’élection du dirigeant de l’opposition Nikol Pachinian mardi, retour sur trois semaines de protestations qui ont agité le petit pays du Caucase.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h18
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 14h49
   





                        



   


L’Arménie se dirige-t-elle vers une sortie de crise ? Après plus de trois semaines de troubles ayant entraîné la démission de Serge Sarkissian, le dirigeant de l’opposition Nikol Pachinian a été élu premier ministre par les parlementaires, mardi 8 mai.
« Héros » de ce mouvement de protestation, M. Pachinian assurait lundi avoir « 95 % » de chances de l’emporter, une semaine après un premier échec, qui avait entraîné une grève générale de plusieurs heures dans tout le pays. Retour sur cette « révolution de velours » qui a agité l’Arménie, petit pays du Caucase de trois millions d’habitants.
17 avril : Sarkissian élu premier ministre, des milliers de manifestants dans la rue
Au début d’avril, le Parti républicain de Serge Sarkissian remporte les élections législatives et conserve sa majorité au Parlement. Un scrutin contesté par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui dénonce des irrégularités et notamment « des achats de vote et des actes d’intimidation des électeurs ». Dès le 13 avril, des mouvements de contestation émergent. Ils deviendront encore plus importants à partir du 17 avril, jour où M. Sarkissian — président de 2008 à 2018 —, est élu premier ministre par le Parlement.
Depuis la réforme constitutionnelle de 2015, qui a transformé l’Arménie en république parlementaire, le pouvoir exécutif réel est désormais entre les mains du premier ministre. Pour l’opposition, ce changement de la Constitution avait uniquement pour but de maintenir au pouvoir M. Sarkissian.
La manœuvre du dirigeant (réputé prorusse), qui n’est pas sans rappeler celle de Vladimir Poutine échangeant les rôles, de 2008 à 2012, avec son premier ministre Dmitri Medvedev, provoque la colère d’une partie de la population « Sarkissian veut rester au pouvoir éternellement », assure alors un opposant du parti Héritage, Raffi Hovannissian.
Dès le résultat connu, des dizaines de milliers de personnes manifestent dans tout le pays, à l’appel de l’opposant et député Nikol Pachinian. Dans la capitale, Erevan, les manifestants bloquent l’accès aux principales rues, au ministère des affaires étrangères, ou encore au service des impôts.
22 avril : Pachinian interpellé, des militaires rejoignent les manifestants

Alors que le mouvement ne faiblit pas dans la rue, les deux adversaires, MM. Sarkissian et Pachinian, se retrouvent le 22 avril pour une brève entrevue dans un grand hôtel d’Erevan. Mais la discussion tourne court.
« Je suis venu ici pour discuter des termes de votre démission et des conditions d’une transition pacifique et sans heurt du pouvoir », lance d’emblée Nikol Pachinian à Serge Sarkissian. « Les enseignements du 1er mars n’ont pas été tirés », menace alors le premier ministre, dans une référence aux événements de 2008. Cette année-là, au moment où M. Sarkissian parvenait au pouvoir dès le premier tour de la présidentielle, dix personnes furent tuées lors de violents affrontements avec la police. Le jour de la rencontre entre les deux opposants, le ministère de l’intérieur faisait d’ailleurs savoir, dans un communiqué, que les forces antiémeutes étaient autorisées « à recourir à la force ». 

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« Personne n’a osé et n’osera nous tenir un langage de menaces. Je vous le dis : vous ne comprenez pas la situation qui règne dans le pays. Elle est différente de celle que vous connaissiez il y a quinze ou vingt jours […]. Le pouvoir est passé aux mains du peuple », riposte alors le député de l’opposition, qui fut l’un des meneurs des manifestations de 2008. Quelques instants plus tard, M. Pachinian, qui prône désormais une « révolution de velours » est interpellé par la police, ainsi que deux cents manifestants.
Mais le lendemain, le 23 avril, près de deux cents militaires en tenue rejoignent les protestataires dans la rue. Un tournant dans le mouvement de contestation.
23 avril : Serge Sarkissian démissionne, la rue exulte
Et soudain, c’est l’explosion de joie dans les rues d’Erevan. Après une dizaine de jours de manifestations massives, Serge Sarkissian annonce son départ le 23 avril dans la soirée : « J’abandonne la direction du pays. » La présence inattendue de militaires avec les manifestants a précipité cette démission surprise. « Nikol Pachinian avait raison. Et moi, je me suis trompé », reconnaît M. Sarkissian.

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Sur la place de la République, au cœur d’Erevan, où se trouve le siège du gouvernement, des milliers de personnes se réunissent, brandissant des drapeaux arméniens, s’embrassant et dansant. Dans plusieurs quartiers de la capitale, les propriétaires de petits commerces installent des tables dans la rue et ouvrent des bouteilles de vin, invitant les passants à boire un verre à l’avenir du pays.
Alors que Karen Karapetian, proche de M. Sarkissian, est nommé premier ministre par interim, M. Pachinian demande à rencontrer le nouveau chef du gouvernement et se dit prêt à gouverner.

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1er mai : Pachinian échoue à se faire élire, il appelle à « un blocage total » du pays

   


Bien que M. Sarkissian soit parti du pouvoir, les manifestants ne relâchent pas la pression dans les rues d’Erevan : ils réclament une passation de pouvoir pacifique et des législatives anticipées.
Mais le 1er mai, le retournement de situation est total. Après plusieurs heures de débat au Parlement, les élus rejettent la candidature de l’opposant Nikol Pachinian au poste de premier ministre.
Ce dernier avait promis quelques heures plus tôt un « tsunami politique » s’il n’était pas élu. Il n’y a pas manqué : peu après le rejet de sa candidature, il appelle au « blocage total » des routes, trains et aéroports dans le pays, dès le lendemain. S’adressant à ses dizaines de milliers de partisans réunis au centre d’Erevan, il les appelle à « la désobéissance civile ».
Mais dès le 2 mai, l’ancien journaliste appelle ses partisans à mettre fin aux manifestations. Il affirme avoir obtenu le soutien des quatre forces politiques présentes au Parlement pour son élection au poste de premier ministre le 8 mai. Et cette fois-ci, aucun coup de théâtre ne survient. Réuni en séance extraordinaire mardi matin, le Parlement élit M. Pachinian au poste de premier ministre, mettant un terme à la « révolution de velours ».

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Sur l’Arménie, lire les tribunes
Dans une tribune au Monde, « Les Arméniens n’ont plus peur », Levon Abrahamian, professeur d’anthropologie politique à Erevan, estime que la société civile a pris son destin en main – même s’il reste des défis à surmonter.
Pour le politologue Hrand Mikaelian, « Serge Sarkissian a tout fait pour dépolitiser la société » et la démission du premier ministre et ancien président de la République arménienne (2008-2018) ne signifie pas la chute intégrale de son régime.
Cette « transition politique » s’est faite « sans bouleversement géopolitique », affirme Richard Giragosian, directeur d’un think tank indépendant à Erevan, pour qui à aucun moment la géopolitique n’est entrée en jeu, même si Moscou cherche un moyen de conserver la main.
De son côté, l’éditorialiste Hagop Badalian estime que, pour l’instant, « le mouvement ne menace pas la “paix” avec l’Azerbaïdjan », alors que les deux pays sont en conflit depuis 1988 à propos de la province du Haut-Karabakh.
Vous pouvez également retrouver l’analyse de notre journaliste, Gaïdz Minassian : « Sortir du postsoviétisme ? »





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ L’ancien président du Sénat, Armand De Decker, est soupçonné de trafic d’influence.
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« Kazakhgate » : une première mise en examen en Belgique

L’ancien président du Sénat, Armand De Decker, est soupçonné de trafic d’influence.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h33
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            
Le dossier franco-belge dit « du Kazakhgate » a connu, lundi 7 mai, un rebondissement spectaculaire en Belgique. Le parquet de Mons a mis en examen le ministre d’Etat et ancien président du Sénat Armand De Decker, pour trafic d’influence dans l’enquête belge de cette affaire portant sur des soupçons de corruption en marge de contrats commerciaux entre la France et le Kazakhstan. M. De Decker est soupçonné d’avoir fait un intense lobbying en faveur du milliardaire d’origine kazakhe Patokh Chodiev – devenu belge en 1997 – et de deux de ses associés, en 2010 et en 2011.

Redevenu avocat, Armand De Decker, homme politique libéral de premier plan, était le conseiller du trio, qui a obtenu une transaction pénale à hauteur de quelque 22 millions, en échange de l’abandon des poursuites le visant. M. De Decker a touché 730 000 euros pour ses services. « Des honoraires pour l’important travail de conseiller stratégique que j’ai accompli », a-t-il constamment expliqué, sans apparemment convaincre la justice, celle-ci ayant donc estimé qu’il existait assez de motifs pour l’inculper, à l’issue d’investigations – non achevées –, tant en France qu’en Belgique. Le procureur général de Mons a estimé que l’ancien ministre avait bel et bien usé de son influence politique au profit des trois hommes d’affaires.
Une chambre doit désormais décider de l’éventuel renvoi de M. De Decker devant un tribunal. Le président de son parti, le Mouvement réformateur (MR) de l’actuel premier ministre fédéral, Charles Michel, a quant à lui demandé à l’intéressé de démissionner de tous ses mandats publics, sous peine d’exclusion. Il s’agit, pour cette formation, d’éviter à tout prix d’être impliquée dans un scandale politico-financier.

M. De Decker, qui était encore député régional de Bruxelles, mais avait abandonné son poste de maire de la commune d’Uccle il y a quelques mois, a rapidement réagi : il a annoncé son retrait du MR, déplorant que la présomption...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Les entreprises britanniques sont exclues des appels d’offres du programme européen pour sa partie secret défense. Le gouvernement de Theresa May proteste.
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Brexit : les Britanniques, écartés de Galileo, envisagent de lancer un projet concurrent

Les entreprises britanniques sont exclues des appels d’offres du programme européen pour sa partie secret défense. Le gouvernement de Theresa May proteste.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h18
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Le ton continue de monter entre Londres et Bruxelles sur Galileo, le système européen de satellites de géolocalisation. Furieux de voir ses entreprises écartées de certains appels d’offres, à cause du Brexit, le Royaume-Uni menace de lancer son propre système concurrent. Le 2 mai, la première ministre, Theresa May, a annoncé qu’elle mettait « à l’étude le développement d’un système de navigation par satellites britannique ». Le 3 mai, la Chambre des communes s’est emparée du sujet, les députés s’inquiétant des répercussions pour la filière spatiale britannique, qui représente 40 000 emplois et 14 milliards de livres (16 milliards d’euros) de chiffre d’affaires.
La relation du Royaume-Uni avec Galileo est un condensé du Brexit. Dans les années 1990, le gouvernement britannique était très hésitant à rejoindre ce projet, concurrent du GPS américain. Le ministère de la défense craignait de fâcher ses partenaires de Washington. Progressivement, les Britanniques ont pourtant accepté d’y collaborer et ont financé 12 % du projet (et obtenu 15 % des contrats, en valeur). Aujourd’hui, Galileo est presque opérationnel : vingt-deux des trente satellites ont déjà été lancés, et tous le seront d’ici à 2020. Mais maintenant que le Brexit arrive, les entreprises britanniques se retrouvent exclues des appels d’offres classés secret défense. Et voilà que le Royaume-Uni est furieux. De collaborateur récalcitrant, il est devenu demandeur.
L’affaire a éclaté en janvier. Si Galileo est presque opérationnel, il reste de nombreux contrats à passer, notamment pour gérer sa partie la plus sensible : le « signal public régulé » (PRS dans son acronyme anglais). Celui-ci, confidentiel, sera réservé au secteur de la défense et est censé continuer à fonctionner même en cas de brouillage par une force ennemie.
Les entreprises britanniques qui voulaient y participer ont découvert qu’une « clause Brexit » les excluait. Seules peuvent être candidates celles qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Avec cinq longs-métrages présentés sur la Croisette, le cinéma transalpin connaît un retour en grâce, qu’incarne à merveille la jeune réalisatrice Alice Rohrwacher.
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A Cannes, une renaissance italienne

Avec cinq longs-métrages présentés sur la Croisette, le cinéma transalpin connaît un retour en grâce, qu’incarne à merveille la jeune réalisatrice Alice Rohrwacher.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 11h20
    |

            Aureliano Tonet (Rome, envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’est un rituel cannois cocasse, qui se tient chaque mois d’avril à Paris, lors de la conférence de presse d’avant-Festival. Sitôt la sélection officielle dévoilée, une voix rauque vrombit du fond de la salle, roulant les « r » avec la vélocité et la férocité d’un carrosse Ferrari. Fatalement, les regards se tournent vers une journaliste transalpine, aussi prompte à se saisir du micro qu’à ressasser, d’année en année, la même complainte : « Messieurs le Président et le Délégué général, déplore notre consœur, avec un pathos allant crescendo au fil des éditions, mais comment se fait-il qu’il y ait si peu de films italiens sélectionnés ? »
Ce printemps, ce lamento s’est tu. Et pour cause : deux films en compétition officielle – Heureux comme Lazzaro, d’Alice Rohrwacher, et Dogman, de Matteo Garrone –, un dans la section Un certain regard – Euphoria, de Valeria Golino –, deux à la Quinzaine des réalisateurs – Samouni Road, de Stefano Savona, et Troppa grazia, de Gianni Zanasi –, où figure de surcroît le court-métrage La Lotta, du maestro Marco Bellocchio… Cela faisait un bail que la flotte de la Botte dépêchée sur la Croisette n’avait eu si fière allure.
Cerveau malade
Nul besoin de fureter bien loin pour en trouver la figure de proue : du haut de ses 36 ans et de son visage sans âge, mi-Madone mi-enfant, Alice Rohrwacher incarne à merveille ce retour en grâce. A Cannes, son deuxième long-métrage – justement intitulé Les Merveilles – s’était vu auréoler du Grand Prix en 2014, quand le premier, Corpo celeste, avait révélé son talent à la Quinzaine en 2011. Le troisième a valeur de symbole : sous le patronage du saint du même nom, Heureux comme Lazzaro ne conte rien de moins qu’une résurrection.
Jeune paysan d’une vallée reculée du Latium, Lazzaro est doux comme un agneau. Ce qui ne l’empêche pas de communiquer avec les loups qui rôdent alentour,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Après trois semaines de protestations, le Parlement arménien s’est réuni pour la deuxième fois en huit jours pour élire le chef du gouvernement.
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En Arménie, l’opposant Nikol Pachinian élu premier ministre

Après trois semaines de protestations, le Parlement arménien s’est réuni pour la deuxième fois en huit jours pour élire le chef du gouvernement.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 09h34
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 13h59
   





                        



   


Après trois semaines de protestations antigouvernementales, le Parlement arménien a élu, mardi 8 mai, l’opposant Nikol Pachinian au poste de premier ministre de ce pays du Caucase du Sud. Seul candidat en lice, ce député d’opposition et ancien journaliste, qui se présentait comme le « candidat du peuple », a été soutenu par 59 députés, alors qu’il avait besoin de 53 voix pour être élu ; 42 députés ont voté contre lui.
Il s’agit du deuxième vote au Parlement arménien en huit jours sur la candidature de M. Pachinian, 42 ans, qui avait subi un échec le 1er mai, ses adversaires du parti républicain au pouvoir, qui dispose de 58 sièges sur 105, ayant alors fait bloc contre lui.
Des dizaines de milliers de partisans de Pachinian s’étaient rassemblés sur la place de la République, dans le centre d’Erevan, la capitale, pour suivre en direct le vote sur des écrans géants. Au cri de « Nikol ! », ils ont laissé éclater leur joie à l’annonce du résultat, lâchant des colombes blanches dans le ciel en signe de paix.
« Assurer la stabilité dans le pays »
Depuis le 13 avril, Nikol Pachinian a mobilisé des dizaines de milliers d’Arméniens pour manifester pacifiquement contre l’ancien président Serge Sarkissian (2008-2018), devenu pour quelques jours premier ministre et acculé à la démission, et son Parti républicain d’Arménie, accusés de ne pas avoir lutté efficacement contre la pauvreté et la corruption. A l’appel de M. Pachinian, les manifestants ont notamment bloqué des routes et des chemins de fer, en paralysant à plusieurs reprises la capitale Erevan.
« Notre position n’a pas changé. Nous sommes toujours contre la candidature de Nikol Pachinian, mais le plus important pour nous est d’assurer la stabilité dans le pays », a déclaré peu avant le vote le chef du groupe parlementaire du Parti républicain, Vagram Bagdassarian. Les Républicains ont donc décidé d’assurer 11 voix à M. Pachinian pour permettre son élection, mais la majorité des députés du parti ont voté contre pour exprimer leur opposition à sa candidature, a-t-il expliqué.
Le chef du gouvernement dispose de pouvoirs élargis en Arménie après une réforme constitutionnelle, alors que le président remplit désormais des fonctions essentiellement honorifiques.

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Contre la corruption et les persécutions

   


« La première chose que je devrais faire après mon élection sera d’assurer une vie normale dans le pays, a déclaré M. Pachinian mardi, lors de son discours devant le Parlement avant le vote. Il n’y aura pas de corruption en Arménie. Et le pays pourra tourner une fois pour toutes la page des persécutions politiques. » 
Son arrivée au pouvoir ne devrait pas mettre pour autant fin à la crise secouant depuis la mi-avril ce pays de 2,9 millions d’habitants, puisque ses adversaires du Parti républicain disposeront toujours de la majorité au Parlement. Cette cohabitation ne devrait toutefois pas durer, estime l’analyste Viguen Akopian, qui croit à une rapide convocation de législatives anticipées après l’élection de M. Pachinian. Un scrutin que le très impopulaire Parti républicain est quasiment certain de perdre, selon les analystes interrogés par l’Agence France-Presse.
Lundi soir, plusieurs milliers d’Arméniens ont acclamé Nikol Pachinian sur la place de la République, au cœur de la capitale et haut lieu de la contestation antigouvernementale. M. Pachinian est parvenu en trois semaines à se construire une popularité fondée sur la lutte contre la corruption, un mal que Transparency International qualifie d’« endémique » dans ce pays indépendant depuis 1991.
La fronde lancée mi-avril, que M. Pachinian qualifie de révolution de velours, est restée pacifique : aucune violence n’a émaillé les manifestations auxquelles il a appelé. A l’origine de cette crise politique sans précédent, l’élection de l’ex-président Serge Sarkissian au poste de premier ministre. Un geste qui avait provoqué l’ire populaire, les manifestants l’accusant de s’accrocher au pouvoir après avoir échoué à lutter contre la corruption et la pauvreté pendant une décennie passée à la tête de l’Arménie.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Depuis les élections législatives du 4 mars, aucun accord sur une majorité parlementaire entre les forces politiques italiennes n’a été trouvé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/05/2018
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Le président italien veut un gouvernement « neutre » pour diriger le pays jusqu’en décembre

Depuis les élections législatives du 4 mars, aucun accord sur une majorité parlementaire entre les forces politiques italiennes n’a été trouvé.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 19h43
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 10h44
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            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



   


Le Mouvement 5 étoiles (M5S) est arrivé au palais du Quirinal en premier, lundi 7 mai au matin, à trois dans une voiture conduite par leur dirigeant, Luigi Di Maio. Puis, c’était au tour de la coalition de droite, dont les représentants sont venus en ordre dispersé, dans trois véhicules différents. Enfin, la direction du Parti démocrate est apparue, à pied, trois visages fermés montant lentement les marches avec quelques minutes de retard, dans un cortège funèbre formant une image parfaite de l’état de la gauche italienne.
Devant le président, Sergio Mattarella, chaque camp a de nouveau exposé sa position, conduisant à la même impossibilité : depuis les élections législatives du 4 mars, qui n’ont dégagé aucune majorité, les différentes forces politiques se sont montrées incapables de surmonter leurs divergences pour parvenir à conclure une alliance, qui permettrait de donner un gouvernement au pays.
Or, il est des décisions, à Rome et à Bruxelles, qui ne peuvent pas être reportées indéfiniment : aussi Sergio Mattarella a-t-il annoncé, lundi soir, sur l’air de la patrie en danger, sa volonté d’appeler chacun à la « responsabilité » pour mettre sur pied un gouvernement « politiquement neutre » jusqu’à la fin de l’année, permettant notamment l’adoption d’un budget. Il doit faire connaître, « dans les deux jours », l’identité de la personne chargée de constituer cet exécutif provisoire.
Mais de quelle « neutralité » peut-il être question alors que les deux grands vainqueurs du scrutin, la Ligue de Matteo Salvini et le Mouvement 5 étoiles de Luigi Di Maio, contestent la légitimité des engagements internationaux souscrits par l’Italie, ainsi que la trajectoire budgétaire définie par le gouvernement sortant ? Comment pourrait-il être question d’expédier les affaires courantes, alors que les gagnants de mars ont promis à leurs électeurs qu’ils allaient renverser la table ?
La Ligue comme le Mouvement 5 étoiles penchent pour un nouveau vote le plus vite possible
Dans les minutes qui ont suivi, Luigi Di Maio faisait savoir qu’il s’opposerait à cette solution rappelant trop les « gouvernements techniques » du passé, et exigeait de nouvelles élections, le plus vite possible, tandis que Matteo Salvini réclamait d’être chargé de constituer un gouvernement, même en l’absence de majorité, annonçant qu’il se rangerait, en cas de refus de la présidence, à l’idée d’un vote dans les plus brefs délais.
Prudent et temporisateur, Sergio Mattarella a pourtant laissé le temps aux négociations. Le 18 avril, il a tout d’abord confié à la présidente du Sénat, Maria Elisabetta Casellati, une proche de Silvio Berlusconi, le soin d’explorer les possibilités d’alliance entre la coalition de droite, désormais dominée par la Ligue du très eurosceptique Matteo Salvini, et le Mouvement 5 étoiles.
Peine perdue : Luigi Di Maio refusant de traiter avec Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, un accord entre le M5S et la Ligue supposerait la rupture de l’alliance de droite. Un virage stratégique auquel le dirigeant de la Ligue n’a aucun intérêt : ce faisant, il ne représenterait plus que les 17 % des voix qu’il a obtenues le 4 mars, ce qui le priverait de la plupart de son poids politique, tout en mettant en péril l’ancrage local de son parti, qui dirige, avec l’appui de Forza Italia, trois grandes régions du Nord du pays (la Lombardie, la Vénétie et le Frioul-Vénétie julienne).
Après l’échec de cette première option, Sergio Mattarella s’est tourné vers le président de la Chambre des députés, Roberto Fico, en lui demandant, le 23 avril, d’étudier les possibilités d’un rapprochement avec la gauche, sortie en lambeaux du scrutin du 4 mars. Les discussions autour du « contrat à l’allemande » proposé par Luigi Di Maio au Parti démocrate ont duré quelques jours.
Jusqu’au coup d’éclat de l’ancien premier ministre, Matteo Renzi, apparu le 29 avril à la télévision pour torpiller les tractations, affirmant que les vainqueurs devaient s’entendre entre eux, et que le Parti démocrate, que tout sépare idéologiquement du M5S, devait rester dans l’opposition. Une initiative diversement appréciée au sein du parti, mais qui a eu pour effet d’arrêter net les discussions.
Culture de l’affrontement
Depuis cette date, le retour aux urnes apparaît chaque jour plus inévitable. A quelle échéance ? La Ligue comme le Mouvement 5 étoiles penchent pour un nouveau vote le plus vite possible. En proposant ce « gouvernement neutre », avatar des « gouvernements techniques » du passé, que Luigi Di Maio et Matteo Salvini rejettent catégoriquement, il s’agit avant tout de repousser l’échéance, et de parvenir à la mise sur pied du budget 2019, évitant ainsi une panique sur les marchés financiers. Mais l’idée est également de tout faire pour que le deuxième scrutin se déroule dans un contexte différent du premier, évitant une répétition de l’actuel scénario.
En refusant d’avaliser ce schéma, les deux vainqueurs du 4 mars risquent de passer pour irresponsables auprès de l’opinion. A l’inverse, s’ils acceptent, ils s’exposent au risque de décevoir la base de leur électorat, chauffée à blanc depuis des années contre les arrangements de coulisses qui sont la caractéristique du parlementarisme italien.

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          Deux mois après une élection sans vainqueur, où en est l’Italie ?



Plus largement, c’est cette conception consensuelle et modérée du fonctionnement des institutions qui semble au cœur de la crise politique actuelle, comme si les codes traditionnels n’étaient plus partagés par personne, et avaient cédé la place à une culture de l’affrontement qui interdit l’idée même de la recherche de compromis.
Vieux routier du parlementarisme italien, Sergio Mattarella n’a jamais semblé jusqu’à présent avoir prise sur les événements, comme son prédécesseur, Giorgio Napolitano (2006-2015), lors de la crise postélectorale de 2013. Et ce d’autant plus que les nouveaux acteurs du jeu politique refusent obstinément de se plier aux usages ayant eu cours jusqu’ici.
Si le « gouvernement neutre » annoncé par Sergio Mattarella pour les prochains jours n’arrive pas à voir le jour, un vote immédiat paraît inévitable. Les dates pour l’heure évoquées sont celles du 8 ou du 22 juillet. Un choix qui reviendrait à mettre en péril un autre principe fondamental du fonctionnement de la démocratie italienne : la trêve estivale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le chef de l’Etat commence un quatrième mandat à la tête du pays, lundi 7 mai. Sans surprise, il a proposé Dmitri Medvedev au poste de premier ministre.
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En Europe centrale, les perceptions contrastées du macronisme

Un an après son arrivée au pouvoir, comment Emmanuel Macron est-il perçu à l’étranger ? Tour d’horizon, de la Scandinavie au Brésil en passant par les Etats-Unis.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 14h42
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h03
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                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


En Autriche, les commentateurs de l’actualité politique aiment voir en Sebastian Kurz un « Macron des Alpes » : le plus jeune chef d’Etat du monde partage en effet avec le président français une précocité insolente à ce niveau de pouvoir. Il est chancelier, à 31 ans seulement. Il plaît donc aux Autrichiens de faire partie de ces pays dirigés par une nouvelle génération fringante à laquelle appartient aussi Justin Trudeau, le chef du gouvernement canadien.
Autre point commun : une ascension fulgurante, forgée dans le rejet des clivages partisans et une capacité à incarner une forme de renouveau face à un ancien « système » largement critiqué, alors même que ces deux leadeurs y ont construit les bases de leurs ambitions.
La politique d’Emmanuel Macron, libérale sur le plan économique et restrictive sur le plan migratoire, est par ailleurs en phase avec ce que tente d’incarner le chancelier autrichien, même si ce dernier, qui gouverne avec l’extrême droite, est bien plus conservateur sur les questions de société dans ce pays catholique de 8,7 millions d’habitants.
Vu de Budapest, un épouvantail
Le gouvernement autrichien est enfin opposé à plusieurs projets macroniens de réformes concernant l’Europe, Vienne tendant à plus de subsidiarité et rejoignant là plutôt des pays comme la Hongrie.

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Viktor Orban incarne d’ailleurs plus que jamais l’anti-Macron, après sa victoire aux législatives hongroises du 8 avril et en prévisions des européennes de 2019. Vu de Budapest, le dirigeant français est un épouvantail. Il porte le danger d’un renforcement d’une Union européenne vilipendée à longueur de discours par la figure de proue du souverainisme qu’est M. Orban. Et M. Macron est un outsider, alors que le parti Fidesz de Viktor Orban appartient à la famille du Parti populaire européen (PPE), qui domine l’Union.
Dans les rangs du Fidesz, on aime souvent, d’ailleurs, rappeler qu’au niveau européen, La République en marche ne pèse rien ou presque. Manière de relativiser le poids politique de l’étoile montante de l’Occident libéral honni par les souverainistes de l’Est.

Emmanuel Macron vu d’ailleurs
Le Monde publie une série d’articles pour analyser la perception du président français hors de l’Hexagone :

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