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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Les médias conservateurs critiquent la « naïveté » du président modéré Hassan Rohani lorsqu’il a signé, en juillet 2015, l’accord sur le nucléaire iranien.
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« Pessimiste, dégoûtée » : les Iraniens défaitistes après la décision de Trump

Les médias conservateurs critiquent la « naïveté » du président modéré Hassan Rohani lorsqu’il a signé, en juillet 2015, l’accord sur le nucléaire iranien.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 18h33
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 18h57
    |

            Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance)








                        



Comme beaucoup d’Iraniens, la nuit du mardi 8 mai, Golnaz l’a passée devant sa télévision. Elle s’est rongé les ongles en regardant le président américain, Donald Trump, annonçant – « avec beaucoup de sang-froid », remarque Golnaz (tous les prénoms ont été modifiés) – son retrait de l’accord sur le nucléaire iranien.
« J’espérais qu’il change de position à la dernière minute, comme il le fait souvent », regrette cette responsable de relations publiques dans une société de télécommunications. Ensuite, cette Iranienne de 30 ans a attentivement écouté le discours – « très positif » – de Federica Mogherini, la chef de la diplomatie européenne, qui a promis que l’UE resterait dans l’accord et le préserverait.
« les Américains n’ont pas tenu leurs engagements inscrits dans l’accord alors que l’Iran a honoré sa part de responsabilité », affirme Golnaz, 30 ans, responsable de relations publiques dans une société de télécommunications
Finalement, Golnaz a regardé l’allocution diffusée en direct à la télévision iranienne du président modéré, Hassan Rohani, appelant aux négociations avec les autres signataires de l’accord, notamment les Européens. « Mais ce matin, je suis arrivée au bureau très pessimiste, dégoûtée, notamment envers les Américains qui n’ont pas tenu leurs engagements inscrits dans l’accord alors que l’Iran a honoré sa part de responsabilité, raconte Golnaz mercredi matin. Les Européens sont aussi incapables de faire changer le cours des événements. Je ne suis pas sûre que l’accord tienne. »
Tant en 2013 qu’en 2017, Golnaz a voté pour Hassan Rohani. « J’ai même fait campagne pour lui », précise-t-elle. Et lorsque le chef de l’Etat a signé l’accord nucléaire, le 14 juillet 2015, elle est descendue dans la rue et a fait la fête jusqu’à tard dans la nuit. Juste après la levée des sanctions dans le cadre de l’accord, en janvier 2016, son entreprise s’est mise à chercher des investissements d’entreprises européennes.

Mais avec l’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, en janvier 2017, ces dernières n’ont plus daigné répondre à ses messages, certainement par peur d’être épinglées plus tard par Washington. De fait, la société s’est tournée vers d’autres pays, notamment africains. « Le plus grand problème a été et est toujours les transactions bancaires entre l’Iran et l’étranger, notamment l’Europe. Avec la sortie américaine, la situation va s’aggraver », explique Dana, l’un des patrons de Golnaz.
Ces derniers mois, Dana suivait, en tant que consultant, la conclusion d’un contrat d’achat de logiciels de trois millions d’euros entre l’Iran et une compagnie européenne. « Mais ils ont fini par jeter l’éponge, tant la situation, concernant les garanties et les transactions bancaires, était compliquée », se désole Dana.
Sur les réseaux sociaux, les Iraniens sont également nombreux à craindre le retour des jours difficiles à cause des sanctions, notamment la pénurie de médicaments, dont la population avait gravement souffert entre 2011 et 2013.
Le président Rohani « affaibli »

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Pour Dana et Golnaz, il ne fait aucun doute que M. Rohani sort « très affaibli » de la décision du président américain. Quelques heures à peine après l’annonce de Donald Trump, les quotidiens conservateurs ont rappelé au président sa « naïveté » pour avoir fait confiance aux Etats-Unis et à l’Occident, de manière plus générale. Dans son édition du 9 mai, le titre ultraconservateur Vatan-é Emrooz lui a reproché de « ne s’être même pas excusé auprès de ses critiques qu’il n’arrêtait pas d’insulter ».
« Aujourd’hui, cela a été démontré que les adversaires [du président Rohani] avaient raison de s’en prendre à la diplomatie erronée du gouvernement », se félicite Vatan-é Emrooz. Un autre quotidien ultraconservateur, Kayhan, va encore plus loin et demande à l’Etat iranien de sortir au plus vite de l’accord et de reprendre ses activités nucléaires, suspendues ou arrêtées conformément à l’accord.
Ces dernières semaines, l’aile dure des autorités iraniennes a multiplié les manœuvres destinées à restreindre les libertés, dans le but d’attiser le mécontentement des Iraniens envers Hassan Rohani. Depuis le 1er mai, la messagerie sécurisée Telegram, utilisée par une grande majorité de la population, et devenue un outil incontournable pour générer des revenus pour plus d’un million d’Iraniens, est à nouveau bloquée, après une première censure au moment de la vague de manifestations du début de l’année.
Telegram avait alors été remis en état de fonctionnement à la faveur de pressions exercées par le président Rohani sur l’appareil sécuritaire et sur les conservateurs. Le nouveau filtrage de Telegram, décidé par la justice iranienne, est un signal fort lancé aux modérés en Iran pour leur rappeler que le président n’a qu’un pouvoir limité.
Nationalisme omniprésent sur les réseaux sociaux

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« A l’intérieur du pays, nous assistons à l’arrestation des filles mal voilées, une opération de la police qui se poursuit, et au blocage de Telegram. A l’extérieur aussi, la décision de Trump affaiblit le président pour qui nous avons voté, explique Soroush, un ami de Dana, qui travaille sur la publicité sur les chaînes Telegram. Tout cela me laisse un sentiment d’étranglement. »
Golnaz partage elle aussi les critiques contre l’aile dure : certains de ses amis, militants écologistes, sont en prison depuis le mois de février, accusés « à tort », explique-t-elle, d’espionnage par les gardiens de la révolution. L’un d’eux, l’enseignant universitaire Kavous Seyed Emami, a perdu la vie en détention alors que les autorités parlent de suicide.
« Malgré tout cela, je reste une patriote, dit Golanz. Je ferai tout pour protéger mon pays dans le cas où une guerre éclaterait contre l’Iran. » Un nationalisme devenu omniprésent sur les réseaux sociaux et dans la presse conservatrice, qui appelle le peuple à s’unir contre les menaces étrangères. « L’Iran restera uni et résistant », a ainsi titré le quotidien Javan, proche des gardiens de la révolution.

Notre sélection d’articles sur l’accord relatif au nucléaire iranien
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr sur l’accord sur le nucléaire iranien :
les réponses à vos questions sur l’annonce du retrait américain de l’accordl’analyse de notre correspondant aux Etats-Unis, qui souligne que les décisions de Donal Trump « sont souvent en contradiction avec sa vision du monde ».les points clés de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, conclu le 14 juillet 2015ce qu’il faut savoir de l’accord, en sept questions ;l’analyse des promesses faites par Donald Trump durant la campagne présidentiellela tribune de parlementaires européens qui appellent leurs homologues américains à sauver l’accord sur le nucléaire ;les images de la visite d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, où il a débattu de l’accord avec Donald Trump ;la chronique de Sylvie Kauffmann, pour qui, « sur le nucléaire iranien, le compte à rebours vers une sorte de catastrophe annoncée a commencé » ;la tribune de François Nicoullaud, ancien ambassadeur à Téhéran, qui appelle à « sortir par le haut de la crise du nucléaire avec l’Iran ».






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ EN UN GRAPHIQUE – Le président américain, Donald Trump, vient de doucher les espoirs des entreprises américaines et européennes en Iran. Voici un graphique pour comprendre les relations commerciales entre Paris et Téhéran.
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Quelles sont les relations commerciales entre la France et l’Iran ?

EN UN GRAPHIQUE – Le président américain, Donald Trump, vient de doucher les espoirs des entreprises américaines et européennes en Iran. Voici un graphique pour comprendre les relations commerciales entre Paris et Téhéran.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 18h25
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 18h45
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


La décision du président américain, Donald Trump, de retirer les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien met en péril la présence des entreprises françaises en Iran. Les acteurs tricolores implantés dans le pays ont, comme leurs concurrents européens ou américains, trois à six mois pour s’en désengager, sous peine de se voir interdire l’accès au marché américain.

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                Des contrats de plusieurs milliards s’envolent avec les sanctions américaines contre l’Iran



En 2017, la France est le 2e partenaire commercial de l’Iran, si on compte les exportations et les importations. L’Iran est le 49e client de la France, alors qu’il n’était que 59e en 2016 et 70e en 2015. Si la France n’a pas « triplé » en deux ans son excédent commercial en Iran, contrairement à ce qu’a avancé le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, mercredi 9 mai sur France Culture, le pays a effectivement pris des airs de nouvel eldorado économique depuis la levée des sanctions internationales, en janvier 2016. Le déficit commercial de la France vis-à-vis de l’Iran s’est élevé en 2017 à 816 millions d’euros, soit 19 % de plus qu’en 2016, en raison de la hausse des achats de pétrole à Téhéran, notait la direction générale du Trésor en janvier 2018.

   


En deux ans, trois cents entreprises françaises ont entrepris des démarches pour s’implanter en Iran. Plusieurs secteurs sont concernés, du pétrole à l’agroalimentaire en passant par l’aéronautique.
Total, Renault, PSA, Airbus…
Parmi la poignée d’entreprises françaises déjà sur place, les plus touchées par la décision américaine seront notamment Total, Renault, PSA ou Accor. Par exemple, le groupe pétrolier français a signé, en juillet 2017, un accord de 1,75 milliard d’euros avec l’Iran pour développer dans le golfe Persique la phase 11 de South Pars, le plus grand gisement offshore de gaz naturel au monde.
De son côté, Renault a vendu l’an dernier 162 000 voitures en Iran, son 8e marché mondial. Le français a aussi signé, en juillet 2017, un nouvel accord pour produire 150 000 véhicules supplémentaires à travers une coentreprise. Le groupe PSA a quant à lui écoulé 443 000 voitures en Iran en 2017. Ensemble, PSA et Renault détiennent 40 % du marché automobile iranien (respectivement 30 et 10 %).
S’ajoute encore le constructeur aéronautique européen Airbus, auquel IranAir a récemment commandé une centaine d’appareils, pour un montant total de 17,5 milliards d’euros.
Quelques heures après la décision de Donald Trump, le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, a tenté de rassurer les entreprises hexagonales : « Nous allons les réunir dans les jours qui viennent pour tenter de les préserver au maximum des mesures américaines. »
Par cette décision, le président américain se pose en « gendarme économique » du monde, obligeant les entreprises à choisir entre l’Iran et le colossal marché américain, a pour sa part critiqué Bruno Le Maire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ La décision de retrait pur et simple des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien intervient avant le début des négociations sur le programme nucléaire nord-coréen.
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Nucléaire iranien : pour la presse américaine, « Donald Trump n’a pas de plan B »

La décision de retrait pur et simple des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien intervient avant le début des négociations sur le programme nucléaire nord-coréen.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 18h10
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 18h27
   





                        



   


Et maintenant, que se passe-t-il ? Au lendemain de l’annonce par le président américain, Donald Trump, du retrait pur et simple des Etats-Unis de l’accord conclu en 2015 sur le nucléaire iranien, c’est la question que se posait, mercredi 9 mai, la quasi-totalité de la presse américaine.
Pour USA Today, l’étape suivante pour M. Trump « est de renégocier un meilleur accord avec l’Iran ». Le quotidien populaire s’en tient aux propos tenus par le président mardi :
« Les dirigeants iraniens vont probablement dire qu’ils refusent de négocier un nouvel accord. Je dirais probablement la même chose si j’étais dans leur position. Le fait est qu’ils voudront négocier un nouvel accord. Et quand cela arrivera, je serai prêt. »
Mais bon nombre d’analystes doutent aujourd’hui d’un tel scénario. Rappelant que le locataire de la Maison Blanche « croit en l’art de la rupture, en créant des crises pour imposer ses vues », que « c’est ainsi qu’il opérait dans le monde des affaires, qu’il a mené sa campagne présidentielle », le L.A. Times souligne que si, dans le cas du nucléaire iranien, M. Trump « a prédit que la rupture de l’accord conduirait à un meilleur accord », il « n’a jamais réellement expliqué comment faire pour y parvenir ». « Et c’est le principal défaut dans la décision de Donald Trump », conclut le quotidien de Los Angeles.

        Lire :
         

          Retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien : les réponses à vos questions



« Habile à détruire des accords »
Malgré l’assurance qu’il est « prêt, disposé et apte » à négocier, « M. Trump n’a pas de plan B, à part de continuer à mettre la pression sur l’Iran », assure, pour sa part, le New York Times. Le quotidien rappelle, au passage, que le président a déjà joué la carte de la négociation d’un meilleur accord « lorsqu’il a quitté l’accord climatique de Paris », sans suite. Ce qui le conduit à écrire que le président est surtout « habile à détruire des accords ».
Le Washington Post n’est pas plus tendre dans son analyse. « Mardi, (…) M. Trump avait peu de choses à avancer sur la suite des événements, à part qu’il allait continuer à travailler avec nos alliés [qui s’opposent à sa décision], qu’il y aurait des sanctions économiques contre l’Iran [qui a peu de relations économiques avec les Etats-Unis] et il a menacé l’Iran d’une action militaire pour non-conformité [ce qui serait le “plus gros problème auquel l’Iran n’a jamais été confronté”] », énumère le journal. Qui conclut : « En d’autres termes, il n’a aucune idée. »
« M. Trump croit qu’il peut aiguillonner, cajoler et intimider ses adversaires »
Le Wall Street Journal rappelle que l’approche de M. Trump en matière de politique étrangère n’est pas sans rappeler la stratégie du président Ronald Reagan face à l’Union soviétique dans les années 1980, la décrivant comme « l’empire du mal ». « Aujourd’hui, M. Trump croit qu’il peut aiguillonner, cajoler et intimider ses adversaires, et réussir là où ses prédécesseurs ont échoué », poursuit le journal financier, mettant en avant la nouvelle équipe de sécurité nationale qui s’est constituée autour du président qui ne ménage pas ses efforts pour démanteler l’héritage de l’ancien président Barack Obama.
« Peu importe les résultats. M. Trump se délecte de sa présidence de téléréalité. C’est à cette aune qu’il faut juger sa décision sur l’Iran : le drame pour le drame », poursuit le Washington Post :
« Mais que va-t-il se passer ensuite ? Tout le monde s’en moque. Donald Trump est déjà passé à l’épisode suivant : à la fin de son intervention sur l’Iran, il a annoncé que le secrétaire d’Etat arrivait en Corée du Nord. »
A ce propos, le New York Times parle d’un signal « contre-productif » au moment où M. Trump « se prépare à rencontrer Kim Jong-un, pour le persuader d’abandonner son programme nucléaire ». « Pourquoi les Nord-Coréens devraient-ils soudain croire que les Américains honoreront un accord signé par leur président ? », interroge le quotidien, notant que « si les enjeux avec l’Iran sont élevés, ceux concernant la Corée du Nord le sont encore plus. »
Le confinement plutôt que la guerre
Même sur Fox News, chaîne de télévision réputée proche des idées de M. Trump, on voit poindre quelques doutes. Tout en soulignant que « l’accord [de 2015] a permis [à l’Iran] de se débarrasser des sanctions économiques et de promouvoir ses intérêts [et de devenir] plus agressif », l’un des commentateurs de la chaîne, Harry J. Kazianis, responsable des études sur la défense au Center for the National Interest, un think tank créé par l’ancien président Richard Nixon, considère que « rien dans tout cela ne justifie que les Etats-Unis se lancent dans une guerre contre l’Iran ou essaient de renverser son régime. Cela pourrait coûter des milliards et la vie à de nombreux Américains. »
Pour l’analyste, « l’administration Trump dispose d’une stratégie pour traiter avec les adversaires géopolitiques, en particulier ceux qui veulent se doter d’armes nucléaires. Elle est connue : elle s’appelle le confinement. Cette stratégie, alliée à la dissuasion, a permis de faire face à l’Union soviétique. Cela peut fonctionner pour limiter les ambitions nucléaires et régionales de l’Iran et celles de la Corée du Nord. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Au pouvoir depuis 2003, Recep Tayyip Erdogan jouera son va-tout aux élections du 24 juin, qui verront le pays basculer vers un « sultanat ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Turquie, 1,5 million d’internautes disent au président Erdogan « ça suffit ! »

Au pouvoir depuis 2003, Recep Tayyip Erdogan jouera son va-tout aux élections du 24 juin, qui verront le pays basculer vers un « sultanat ».



Le Monde
 |    09.05.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 18h12
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

« Tamam ! » Ça suffit ! C’est ce que plus de un million d’internautes turcs ont lancé à leur président, Recep Tayyip Erdogan, en campagne pour un nouveau mandat lors des élections anticipées du 24 juin, après quinze années d’un règne exclusif à la tête du pays.
Jeudi 9 mai, l’expression était l’une des plus appréciées du réseau social Twitter, avec 1,5 million de partages. Le mot, qui signifie en turc « d’accord » ou « c’est assez », est devenu viral après avoir été employé par le président turc dans un discours prononcé mardi à Ankara devant les députés de son Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur).
Dans un rare élan d’humilité, le reis (« chef ») déclarait alors : « C’est ma nation qui m’a porté à la tête de la mairie d’Istanbul, de l’AKP, du gouvernement et de la présidence. Si un jour ma nation me dit  “ça suffit” [tamam], alors je me retirerai. »
Que n’avait-il pas dit ! Des chansons « tamam », des rassemblements de rue sur le thème « tamam » ont alors été rapportés sur Twitter et sur Facebook, tandis que les ténors de l’opposition qui affronteront M. Erdogan à la présidentielle du 24 juin s’emparaient de l’expression. « C’est l’heure » (vakit tamam), a écrit sur son compte Twitter Muharrem Ince, le candidat du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP).
« Ça suffit, si Dieu le veut », a renchéri l’islamiste Temel Karamollaoglu. « Ça suffit », a tweeté Meral Aksener, la chef de file des nationalistes. Le double scrutin (législatives et présidentielle le même jour) marquera un tournant, car c’est après sa tenue que le renforcement des pouvoirs du chef de l’Etat, approuvé de justesse par le référendum d’avril 2017, entrera en vigueur.

Verrouillage total des médias
Dans un contexte de verrouillage total des médias — télévisuels, surtout —, les réseaux sociaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le ministère des affaires étrangères a pris cette décision en raison du refus de Moroni de laisser rentrer sur leur territoire les citoyens comoriens refoulés de Mayotte.
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La France a suspendu ses visas aux Comoriens

Le ministère des affaires étrangères a pris cette décision en raison du refus de Moroni de laisser rentrer sur leur territoire les citoyens comoriens refoulés de Mayotte.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 17h25
   





                        


La France a suspendu la délivrance de visas aux ressortissants comoriens, en raison du refus de Moroni de laisser rentrer sur leur territoire les citoyens comoriens refoulés de Mayotte, a-t-on appris, mercredi 9 mai, auprès du ministère des affaires étrangères.
« Face au blocage que nous avons pu constater sur la réadmission et face à la poursuite des arrivées de migrants irréguliers à Mayotte, nous avons décidé de suspendre la délivrance des visas pour les Comoriens vers la France depuis le 4 mai dernier, jusqu’à nouvel ordre », a précisé le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, devant l’Assemblée nationale.

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                L’immigration, un facteur important de la démographie à Mayotte



Cette suspension, qui concerne les visas à destination de la France métropolitaine ainsi que ses départements d’outre-mer, intervient après que Paris a publiquement condamné la décision prise le 21 mars dernier par Moroni d’interdire les reconduites des Comoriens entrés illégalement à Mayotte, île française de l’océan Indien.
« Ces pratiques ne sont pas acceptables », a martelé M. Le Drian. « Ceci n’empêche pas la discussion et le dialogue avec les autorités comoriennes », afin de « lutter conjointement et efficacement contre les filières d’immigration illégale et que nous puissions aboutir à des actions concrètes de développement aux Comores », a ajouté le ministre.
Tensions
Les autorités françaises ont multiplié dernièrement les expulsions vers leur île d’origine de Comoriens sans papiers arrivés sur Mayotte. Moroni a riposté en refusant de laisser rentrer sur son territoire ses citoyens refoulés, tout en promettant un renforcement des mesures de sécurité sur l’île d’Anjouan, principal point de départ des immigrants clandestins vers Mayotte, notamment pour « traquer » les passeurs. Le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, s’était rendu mi-avril aux Comores pour tenter d’apaiser les tensions.

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                Aux Comores, on ne transige pas avec la « fierté nationale »



Composées de quatre îles (Grande-Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte), les Comores se sont prononcées par référendum pour leur indépendance de Paris en 1975. Mais les habitants de Mayotte ayant voté pour le maintien dans le giron de la France, Paris avait décidé que l’île deviendrait une collectivité territoriale, au grand dam de Moroni et malgré plusieurs résolutions des Nations unies. A cet égard, Jean-Yves le Drian a réaffirmé que la rumeur sur un projet de communauté de l’archipel des Comores était « sans fondement ». « Nous ne transigerons pas sur le statut de Mayotte au sein de la République française », a-t-il insisté.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Alors que plusieurs attaques meurtrières visant deux commissariats de police s’étaient déjà produites plus tôt dans la journée, une nouvelle forte explosion a retenti en fin d’après-midi.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Afghanistan : des attaques coordonnées de commissariats de police frappent Kaboul

Alors que plusieurs attaques meurtrières visant deux commissariats de police s’étaient déjà produites plus tôt dans la journée, une nouvelle forte explosion a retenti en fin d’après-midi.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 16h07
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 16h56
   





                        



   


Au moins cinq personnes ont été tuées et seize autres blessées dans des attaques apparemment coordonnées de deux commissariats de police de Kaboul, mercredi 9 mai. Une série de fortes explosions, suivies de rafales d’armes à feu entre assaillants et forces de l’ordre, a secoué la capitale afghane en fin de matinée. Une autre forte déflagration s’est produite en fin d’après-midi, causée par un kamikaze qui a actionné sa charge, selon une source policière.

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Les talibans et le groupe Etat islamique ont chacun de leur côté revendiqué ces attentats. Mais les services de renseignement afghans les ont attribués au réseau Haqqani, allié des talibans et au groupe insurgé pakistanais Lashkar-e-Taiba. Le Pakistan a condamné les attentats.
Le ministère de l’intérieur a fait état de deux policiers tués, mais on ignorait dans l’immédiat s’ils faisaient partie du bilan du ministère de la santé.
Le groupe Etat islamique a revendiqué la première attaque, qui visait un commissariat de police dans un quartier à majorité chiite de l’ouest de la ville, et qui est désormais terminée, selon un porte-parole de la police. Selon le porte-parole du ministère de l’intérieur Najib Danish, un kamikaze s’est fait exploser devant le bâtiment. S’en est ensuivi un échange de tirs nourris entre d’autres assaillants et des policiers.
Le ministre de l’intérieur, Wais Barmak, a déclaré que trois assaillants avaient été tués après avoir lancé des grenades et mis le feu à une partie du bâtiment. Deux policiers ont également été tués et deux autres blessés.
La seconde attaque, revendiquée par les talibans, s’est produite devant le commissariat de police numéro 10 du quartier de Shar-e-Naw, dans le centre de Kaboul. Les « opérations de recherche et de nettoiement » se poursuivent, a dit le porte-parole de la police. « Un kamikaze a déclenché sa charge à l’entrée de la rue et une voiture a déposé quatre autres assaillants à proximité, a expliqué M. Barmak. L’un a été tué par la police et trois autres se cachent toujours dans le bâtiment. » Les bâtiments alentours ont été évacués, mais on ignorait si des personnes étaient bloquées avec les assaillants.

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Un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP) qui se trouvait à proximité des lieux a aperçu un corps dans la rue et a entendu plusieurs coups de feu. Il a également vu plusieurs femmes terrifiées quitter les lieux en courant. Une agence de voyages sise dans la même rue accueillait à ce moment-là environ trois cents personnes, a fait savoir M. Barmak, pour qui « si la police n’avait pas stoppé les assaillants, ils auraient provoqué un désastre ».
Ces attaques sont survenues alors qu’un séisme de magnitude 6,2 a fait trembler mercredi l’Afghanistan, dont Kaboul.
Offensive de printemps
Le groupe EI avait déjà revendiqué un double attentat-suicide dans la capitale afghane le 30 avril, qui avait tué au moins vingt-cinq personnes, dont le chef photographe de l’AFP Shah Marai et huit autres journalistes.
Les talibans ont récemment lancé leur offensive de printemps, multipliant les assauts contre les forces de sécurité afghanes, en ce qui s’apparente à un rejet tacite d’une récente offre de pourparlers de paix de la part du président Ashraf Ghani. Cette offensive, baptisée « Al Khandaq », vise à « écraser, tuer et capturer les envahisseurs américains et leurs partisans », avaient dit les insurgés à la fin du mois d’avril.
Après une diminution relative de la violence dans Kaboul en février et en mars, les extrémistes y ont multiplié les assauts. Les autorités redoutent de nouvelles violences dans les jours à venir, tant les talibans que l’EI ayant prévenu qu’ils chercheraient à perturber au maximum le processus électoral avant des scrutins prévus le 20 octobre.
La capitale afghane est devenue, selon l’ONU, l’endroit le plus dangereux du pays pour les civils en raison d’une recrudescence depuis un an d’attentats d’ampleur, généralement perpétrés par des kamikazes et tour à tour revendiqués ou par les talibans ou par le groupe Etat islamique.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ « Si la France était amenée à considérer que le mouvement historique en Arménie était sans conséquence sur sa position dans le conflit du Haut-Karabakh, alors elle prendrait le risque de désespérer les peuples », estime dans une tribune au « Monde » Mourad Papazian, dirigeant du Parti socialiste arménien.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La France doit engager une réorientation profonde de ses relations tant économiques que diplomatiques avec l’Arménie »

« Si la France était amenée à considérer que le mouvement historique en Arménie était sans conséquence sur sa position dans le conflit du Haut-Karabakh, alors elle prendrait le risque de désespérer les peuples », estime dans une tribune au « Monde » Mourad Papazian, dirigeant du Parti socialiste arménien.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 16h00
    |

Mourad Papazian (Coprésident du Conseil de coordinations des organisations arméniennes de France, membre du bureau mondial de la Fédération révolut...







                        



                                


                            
Tribune. A l’issue d’un mouvement absolument historique, Nikol Pashinyan a été élu premier ministre de l’Arménie. Présent sur la désormais célèbre place de la République, j’ai pu constater la ferveur, la force et l’enthousiasme s’emparer des rues de la capitale Erevan. Ce mouvement s’inscrit dans une tradition ancienne qui a vu le peuple arménien, à plusieurs reprises, se saisir de son destin : guerre d’indépendance de 1918, mouvement de libération du Haut-Karabakh en 1988, infatigable combat pour la reconnaissance du génocide arménien.

Ce mouvement est d’autant plus fort que les menaces, aux portes de l’Arménie, rendaient hautement improbables la possibilité que le peuple assume le risque d’une instabilité à la tête du pays, comme si les Arméniens avaient intériorisé le cynisme de la realpolitik. Mais on ne stérilise pas toute une nation. C’est ce que nous a rappelé la jeunesse d’Erevan. Ce fut une leçon pour chacun d’entre nous. La France, qui s’est passionnée pour cette révolution, doit prendre toute la mesure de ces événements et engager une réorientation profonde de ses relations avec l’Arménie tant sur le volet économique que diplomatique.
les échanges entre la France et l’Arménie se sont réduits à 50 millions d’euros par an, une goutte d’eau comparée à l’intensité des relations politiques entre ces deux pays
A d’innombrables reprises, ces dernières années, les autorités françaises ont fait savoir que la saturation de l’économie arménienne par une oligarchie créait des conditions insusceptibles de favoriser le développement des investissements français en Arménie. Les conséquences ont été désastreuses puisque les échanges entre la France et l’Arménie se sont réduits à 50 millions d’euros par an, une goutte d’eau comparée à l’intensité des relations politiques entre ces deux pays.
C’est ce message d’ouverture que le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) a martelé aux autorités arméniennes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Grâce au contexte mondial et à la hausse des cours des matières premières, l’économie de la région devrait progresser de 3,4 % en 2018.
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Compte rendu

Le FMI prévoit une légère reprise de la croissance en Afrique subsaharienne

Grâce au contexte mondial et à la hausse des cours des matières premières, l’économie de la région devrait progresser de 3,4 % en 2018.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-09T15:45:07+02:00"

        Le 09.05.2018 à 15h45






    
Dans une ancienne mine industrielle de cuivre et de cobalt devenue une exploitation artisanale près de Kolwezi, en République démocratique du Congo, en 2016.
Crédits : Kenny Katombe / REUTERS


Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une légère reprise en 2018 de la croissance en Afrique subsaharienne, attendue à 3,4 %, malgré un surendettement préoccupant dans de nombreux pays, selon son rapport d’avril, présenté mardi 8 mai à Libreville, au Gabon. « Le taux de croissance moyen de la région devrait passer de 2,8 % en 2017 à 3,4 % en 2018, en hausse dans environ deux tiers des pays », selon ce rapport qui fait le point sur les six derniers mois en Afrique subsaharienne.
Mais ce taux « ne devrait pas dépasser les 4 % à moyen terme », indique Abebe Aemro Sélassié, directeur du département Afrique du FMI. Un chiffre « insuffisant » selon lui, et en deçà des performances de croissance enregistrées sur le continent entre 1995 et 2015, d’autant qu’un tiers de la population africaine a vu ses revenus baisser.
L’Ethiopie, pays le plus performant
Cette légère reprise s’explique par de « bonnes perspectives économiques mondiales » ainsi que par « une hausse des prix des matières premières », a indiqué à l’AFP Dominique Desruelle, directeur adjoint du département Afrique de l’organisation. « Ces facteurs ont suscité d’importantes entrées de capitaux dans la région », selon M. Sélassié, qui se félicite de « l’amélioration des politiques appliquées dans certains pays ».
Les Etats les plus performants sont le Bénin, le Burkina Faso, l’Ethiopie, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Rwanda, le Sénégal et la Tanzanie, indique le FMI. Leurs économies ont progressé de 6 % ou plus en 2017 et maintiendront une forte croissance à moyen terme. C’est l’Ethiopie qui affiche le taux le plus élevé, avec 10,9 % de croissance en 2017 et une prévision de 8,5 % pour 2018.



A l’autre extrémité, quinze pays à faibles revenus ont une dette jugée préoccupante. Selon M. Sélassié, la hausse de l’endettement dans certains d’entre eux a accaparé « des ressources qui pourraient être consacrées à des domaines essentiels tels que la santé, l’éducation et les infrastructures ».
Les deux « géants » économiques régionaux, l’Afrique du Sud et le Nigeria, sont quant à eux en état de stagnation, ce qui pèse sur la croissance globale de l’Afrique.
L’investissement privé « trop faible »
Depuis 2014, ce continent a été touché à des degrés variables par la baisse des prix du pétrole – la plus forte depuis 1970, souligne le Fonds –, d’où « un taux de croissance bien inférieur aux tendances passées et un endettement en hausse ». L’Afrique souffre de périodes de baisse de la croissance « plus longues et plus profondes » que les autres régions du monde, du fait notamment de sa dépendance aux matières premières, analyse M. Desruelle.
Le FMI note en outre que les conflits représentent un coût majeur et constituent des freins au développement pour les pays du Sahel, le Burundi, la République démocratique du Congo ou le Soudan du Sud.

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Le Fonds, qui a lancé dans vingt pays d’Afrique subsaharienne des programmes d’appui ou d’aide financière, prône une croissance « soutenue » car en « en Asie, c’est cela qui a transformé la situation », pour Dominique Desruelle. Il souligne également l’importance de l’investissement privé, qui reste « trop faible » par rapport aux pays émergents d’Asie.
Selon l’organisation, il faut aussi mettre l’accent sur l’élargissement de l’assiette fiscale. « En moyenne, il devrait être possible d’augmenter les recettes fiscales d’environ trois à cinq points de pourcentage du PIB au cours des prochaines années », estime M. Sélassié.

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Les plans d’ajustement structurel du FMI dans les années 1980 ont laissé de douloureux souvenirs en Afrique. Ils sont accusés d’avoir appauvri une partie de la population par des mesures trop libérales. Aujourd’hui, l’institution dit vouloir mettre l’accent davantage sur le PIB par habitant que sur le PIB par pays et protéger les dépenses sociales.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ L’ancien président de la Cour suprême, très populaire, était perçu comme l’homme providentiel dans un monde politique gangrené par la corruption.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Le Brésil dans le désarroi après la décision de Joaquim Barbosa de renoncer à la présidentielle

L’ancien président de la Cour suprême, très populaire, était perçu comme l’homme providentiel dans un monde politique gangrené par la corruption.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 15h54
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



   


Les uns voyaient en lui un messie politique, un homme à même de réconcilier le Brésil, se souciant des millions de misérables que compte le pays sans affoler les milieux d’affaires. Les autres soulignaient l’image irréprochable de l’ancien président de la Cour suprême dans un monde politique vérolé par la corruption.
Mais Joaquim Barbosa, 63 ans, coqueluche des sondages de ces dernières semaines, ne sera pas l’homme providentiel que le pays attend. L’ex-magistrat a renoncé, mardi 8 mai, à se présenter à l’élection présidentielle d’octobre. Sur Twitter, le père de famille explique son choix par des « raisons strictement personnelles ».
Une source proche du sexagénaire, consultée par Le Monde, ajoute que M. Barbosa aurait été échaudé par le climat politique « nauséabond » du pays. Bien qu’effrayé par la radicalisation de l’opinion et la montée du candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, celui que l’on surnommait parfois « Batman » du fait de sa cape de juge, ne se voit pas l’âme d’un « sauveur ».
Affilié au Parti socialiste brésilien (PSB) depuis le 7 avril, Joaquim Barbosa, avait alors laissé planer le doute sur sa candidature. Dans un pays où la gauche, orpheline, pleure l’emprisonnement de Luiz Inacio Lula da Silva, condamné à douze ans et un mois de prison pour corruption, et où la droite modérée peine à s’enthousiasmer pour l’ancien gouverneur de Sao Paulo, Geraldo Alckmin, moqué pour son charisme de « sorbet de chuchu » – une cucurbitacée insipide –, le nom de Joaquim Barbosa emballaient les analystes, épatés par son score : entre 8 % voire 16 % des intentions de vote.

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Un fils de maçon produit de la méritocratie
Une popularité déconcertante, pour un homme sans programme, qui n’a jamais fait part de son souhait d’être président. Un témoin du désarroi des électeurs brésiliens avides de nouveauté. Quatre ans après le déclenchement de l’opération anticorruption « Lava Jato » et la mise au jour d’un gigantesque système de pots-de-vin orchestré entre les groupes publics, les sociétés privées et les partis politiques, les Brésiliens ont perdu foi en leurs élites.
Mais ce fils de maçon, noir, semblait à même de les faire rêver. Produit de la méritocratie, Joaquim Barbosa fit, à 18 ans, le ménage dans un tribunal de Brasilia pour payer ses études avant de gravir un à un les échelons de la magistrature jusqu’au Graal : la Cour suprême, qu’il rejoindra en 2003, nommé par Lula, alors chef de l’Etat. L’adoubement n’empêchera pas la sévérité du juge lors du scandale du « mensalao », l’achat de votes de membres du Congrès qui éclaboussera le Parti des travailleurs (PT, gauche) et Lula.
Décidant de prendre sa retraite de la Cour suprême en 2014, le francophile, diplômé d’Assas, s’éloignera sans regret du tumulte de Brasilia pour couler une vie paisible entre sa résidence de Rio de Janeiro et son bureau d’avocat à Sao Paulo. Une retraite perturbée lorsque son nom apparaît dans les « Panama Papers » avec la découverte d’un appartement en Floride dont l’achat a transité par une société off-shore. « Une histoire bidon », selon l’intéressé, qui assure avoir mené cette acquisition en toute transparence.
La mise hors compétition de Joaquim Barbosa soulage les candidats de centre gauche – Ciro Gomes ou Marina Silva – comme de centre droit – Geraldo Alckmin. Mais son absence renforce l’incertitude d’un scrutin menacé par les dérives populistes. « Il y a encore beaucoup d’espace pour un discours antipolitique. Qui l’embrassera si ce n’est Bolsonaro ? », note Carlos Melo, professeur de sciences politiques à l’institut Insper de Sao Paulo, évoquant le candidat d’extrême droite, grand nostalgique de la dictature militaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le conseil des ministres a décidé de saisir la Cour constitutionnelle pour qu’elle annule une loi qui permettrait d’investir en son absence l’ex-président.
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Madrid barre la route à une réélection de Puigdemont à la tête de la Catalogne

Le conseil des ministres a décidé de saisir la Cour constitutionnelle pour qu’elle annule une loi qui permettrait d’investir en son absence l’ex-président.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 15h37
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 17h18
   





                        



   


Nouveau rebondissement dans le feuilleton qui déchire l’Espagne et la Catalogne depuis des mois. Le gouvernement espagnol est intervenu, mercredi 9 mai, pour barrer la route à une réélection de l’ex-président indépendantiste de Catalogne Carles Puigdemont à la tête de l’exécutif régional.
Le conseil des ministres a décidé de saisir la Cour constitutionnelle pour qu’elle annule une loi, votée la semaine dernière au Parlement catalan, qui permettrait d’investir en son absence l’ex-président, qui attend en Allemagne une éventuelle extradition vers l’Espagne qui veut le juger pour « rébellion ». « Aucun candidat à la présidence de la Generalitat ne peut être investi sans être présent au Parlement de Catalogne », a-t-il expliqué. Dès lors que la Cour constitutionnelle, qui avait déjà interdit une investiture en l’absence du candidat, acceptera d’examiner le recours, le texte sera suspendu, a rappelé le porte-parole.
Les indépendantistes ont remporté les élections régionales en décembre, mais s’ils n’élisent pas un nouveau président d’ici au 22 mai, les Catalans seront automatiquement rappelés aux urnes.
Les partisans de Carles Puigdemont avaient annoncé, samedi, leur intention de tenter une dernière fois d’investir l’ex-président, après une première tentative fin janvier, bloquée par la justice. Mais ils ont reconnu que s’ils n’y parvenaient pas, ils présenteraient une candidature alternative pour débloquer la situation, près de huit mois après la mise sous tutelle de la Catalogne par le gouvernement central.

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« Jouer les victimes »
Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, avait annoncé, dans la matinée, ce recours contre la loi votée vendredi par les indépendantistes, malgré l’avis défavorable des juristes du parlement régional.
« Nous allons contester une décision qui permet qu’un fugitif, vivant à l’étranger, puisse être investi. (…) C’est absurde », avait-il déclaré. Les indépendantistes catalans n’ont jusqu’ici proposé à la présidence de la région que des candidats dont la justice a bloqué l’investiture.
Leurs adversaires les accusent de présenter délibérément des candidatures inéligibles pour « jouer les victimes ». « Ce n’est de la faute ni de l’Etat, ni du gouvernement, ni des juges, ni de cette chambre, si vous êtes incapables de former un gouvernement », a lancé Mariano Rajoy à un élu indépendantiste au Sénat.
Pour les séparatistes, les poursuites pour rébellion de la Cour suprême, passibles de trente ans de prison, sont injustifiées et les neuf indépendantistes en détention provisoire sont des « prisonniers politiques ».
Outre M. Puigdemont, qui s’était réfugié en Belgique après la tentative de sécession, ils ont proposé Jordi Sanchez et Jordi Turull, incarcérés. La justice a refusé de les laisser sortir de prison pour se présenter à un débat d’investiture.

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Tous sont poursuivis pour « rébellion » pour leur rôle dans la tentative de sécession du 27 octobre. Le gouvernement central avait placé dans la foulée la Catalogne sous administration directe, destitué M. Puigdemont et son gouvernement et convoqué des élections anticipées en décembre.
Carles Puigdemont, qui avait mené campagne pour la « restitution du gouvernement légitime » de la Catalogne, avait remporté une victoire surprise et les indépendantistes avaient conservé leur majorité absolue au Parlement catalan. Les indépendantistes n’ont, pour l’heure, pas dévoilé l’identité du candidat alternatif qui permettrait de débloquer la situation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, est reparti de Pyongyang avec trois Américains jusqu’ici détenus par le régime de Kim Jong-un.
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Donald Trump annonce la libération de trois Américains détenus en Corée du Nord

Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, est reparti de Pyongyang avec trois Américains jusqu’ici détenus par le régime de Kim Jong-un.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 15h31
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 18h45
   





                        



   


Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a annoncé mercredi 9 mai la libération des trois Américains qui étaient détenus par la Corée du Nord, précisant qu’ils étaient en route vers les Etats-Unis.

I am pleased to inform you that Secretary of State Mike Pompeo is in the air and on his way back from North Korea w… https://t.co/JZgZqFDWx2— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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« Je suis ravi de vous informer que le secrétaire d’Etat Mike Pompeo est dans les airs de retour de Corée du Nord avec trois merveilleux messieurs que tout le monde a hâte de rencontrer. Ils semblent être en bonne santé. »
Il a ajouté que le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait eu « une bonne rencontre » avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Il a réaffirmé, comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises, que la date et le lieu de sa rencontre à venir avec ce dernier avaient été fixés. Donald Trump a ajouté dans un autre tweet qu’il accueillerait les trois Américains à leur arrivée à la base d’Andrews, près de Washington, jeudi à 2 heures (8 heures, heure de Paris).

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« Actes criminels d’hostilité ayant pour but de renverser le régime »
Kim Hak-song travaillait pour l’Université des sciences et de la technologie de Pyongyang (USTP) lors de son arrestation en mai 2017. Il avait été arrêté à la gare de Pyongyang alors qu’il montait dans un train pour rentrer chez lui, dans la ville frontalière chinoise de Dandong, sous l’accusation d’avoir commis des « actes hostiles » contre le gouvernement.
Kim Sang-duk, également connu sous le nom de Tony Kim, avait été arrêté en avril 2017 pour « actes criminels d’hostilité ayant pour but de renverser le régime », sans que soient détaillés les actes reprochés. Interpellé au principal aéroport de Pyongyang, il s’apprêtait à quitter le pays après y avoir enseigné pendant plusieurs semaines. Il travaillait également pour l’USTP.
Kim Dong-chul, un homme d’affaires et pasteur âgé d’une soixantaine d’années, a pour sa part été condamné en avril 2016 à dix ans de travaux forcés après son arrestation pour subversion et espionnage.
La Corée du Nord a, par le passé, arrêté des Américains, dont la plupart ont été relâchés par le Nord après l’intervention de personnalités. L’ancien président Bill Clinton avait ainsi fait le voyage à Pyongyang en 2009 pour obtenir la libération de deux journalistes condamnées à douze ans de travaux forcés pour avoir franchi illégalement la frontière.
Une victoire pour Donald Trump
La libération des trois derniers Américains détenus en Corée du Nord constitue une victoire pour M. Trump à l’approche de sa rencontre dans les prochaines semaines avec M. Kim. Le sommet suscite des critiques d’observateurs. Ils font valoir que le régime évoque jusqu’à présent un objectif global de dénucléarisation de la péninsule sans pour le moment s’être engagé sur un démantèlement « complet, vérifiable et irréversible » sous un calendrier rapide, comme l’exige la diplomatie américaine et qu’en acceptant de rencontrer Kim Jong-un, M. Trump donne au régime légitimité internationale et respectabilité.
Dans ce contexte, les réactions des familles sont une aubaine pour M. Trump qui peut d’ores et déjà se targuer d’avoir obtenu des concessions de Pyongyang. « Nous voulons aussi remercier le président pour s’être adressé directement à la Corée du Nord », écrit celle de Tony Kim dans un communiqué.
Le cas Otto Warmbier
Le sort des trois hommes libérés contraste avec celui d’Otto Warmbier, un étudiant américain transféré le 13 juin 2017 par la République populaire démocratique de Corée vers les Etats-Unis dans le coma et décédé sur le sol américain une semaine plus tard. Le jeune homme avait été arrêté dix-sept mois plus tôt pour avoir tenté, ivre, de dérober une banderole de propagande dans un hôtel de Pyongyang.
La Corée du Nord soutient que M. Warmbier était atteint de botulisme et qu’il ne s’est jamais réveillé après avoir pris un somnifère, une version contredite par des médecins américains. Le père de l’étudiant, Fred Warmbier, accuse toujours Pyongyang d’avoir « terrorisé et brutalisé son fils ».
M. Trump avait vu dans cette affaire une illustration de la « brutalité » du régime qui ne respecte pas « l’état de droit ou la décence humaine essentielle ».
En les libérant, la Corée du Nord donne un gage très attendu à M. Trump ainsi qu’à M. Pompeo, qui fait ses premiers pas dans la diplomatie après avoir été partisan de la ligne dure face à la Corée du Nord à la tête de la CIA. La Maison Blanche y voit un « geste de bonne volonté positif ».
A l’automne dernier encore, le président américain moquait les efforts de son homologue sud-coréen, Moon Jae-in en faveur du dialogue avec le Nord. Mais tout a changé depuis qu’il a réalisé que ce dernier pouvait potentiellement lui apporter une victoire diplomatique. Fin avril, M. Trump qualifiait cette fois Kim Jong-un d’homme « très ouvert » et « très honorable ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les médias égyptiens et du Golfe saluent le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, soutenant que « le temps est venu de tailler les griffes de l’Iran ».
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La presse arabe entre approbation et rejet de la décision de Trump sur l’accord avec l’Iran

Les médias égyptiens et du Golfe saluent le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, soutenant que « le temps est venu de tailler les griffes de l’Iran ».



Le Monde
 |    09.05.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 15h42
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



   


Dans la presse arabe, les réactions à la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien oscillent sans surprise entre approbation et rejet, selon que le prisme de la publication est pro ou antiaméricain.
« Le temps est venu de corriger les erreurs de l’administration Obama, écrit le quotidien semi-officiel égyptien Al-Ahram. Le temps est venu de tailler les griffes de l’Iran, d’affaiblir ses relations avec la Russie et de neutraliser la Syrie et le Yémen, tout en préservant les énormes gains que les entreprises d’armement américaines ont réalisés en jouant sur l’épouvantail iranien. »
L’Egypte est un allié historique des Etats-Unis et son président, Abdel Fattah Al-Sissi, entretient d’excellents rapports avec Donald Trump. La relation bilatérale s’est réchauffée après le départ de Barack Obama, qui avait critiqué le renversement en 2013 de Mohamed Morsi, le président issu des Frères musulmans, par M. Sissi, alors ministre de la défense. Washington verse depuis des décennies une aide annuelle de 1,2 milliard de dollars à l’armée égyptienne, qui a été légèrement amputée l’année dernière.
« Le président américain a renversé la table sur tout le monde », peut-on lire au Liban dans le quotidien de gauche « Al-Akhbar », traditionnel pourfendeur des politiques américaines au Proche-Orient
Arab News, quotidien anglophone d’Arabie saoudite, où la presse est strictement sous contrôle, reproduit l’un des principaux arguments employés par les dirigeants de Riyad pour plaider leur cause contre Téhéran. « Au lieu d’utiliser les milliards de dollars que l’accord sur le nucléaire lui a offerts pour renforcer son économie, élever le niveau de vie de ses habitants et prospérer, le régime iranien a choisi de continuer à sponsoriser le terrorisme et à semer le trouble, de Téhéran à Tanger, écrit Faisal Abbas, directeur de la rédaction du titre. Paris et Londres n’aiment peut-être pas la décision de Trump, mais comment se sentiraient les Français et les Britanniques si leurs capitales se retrouvaient sous la menace directe des Iraniens ? »

Le quotidien Al-Ettihad, publié aux Emirats arabes unis, pays lui aussi privé de toute liberté d’expression, soutient que la décision de la Maison Blanche « corrige une situation qui était faussée depuis le début. L’Iran a interprété la signature de l’accord comme un feu vert pour imposer son contrôle sur la région et lâcher ses milices terroristes sur de nombreux pays arabes. »
A Beyrouth, le quotidien de gauche Al-Akhbar, traditionnel pourfendeur des politiques américaines au Proche-Orient, s’inquiète, au contraire, du fait que « le langage de l’escalade et des sanctions a remplacé le calme relatif qui régnait avec l’Iran. La trêve n’a pas duré plus de trois ans. Le président américain a renversé la table sur tout le monde. »
Dans un précédent éditorial, intitulé « Ce n’est pas le réveillon du Nouvel An », publié samedi 5 mai, à la veille des élections législatives libanaises, le directeur de la rédaction d’Al-Akhbar, Ibrahim Al-Amine, avait appelé ses lecteurs à se préparer pour une guerre de grande envergure, « une confrontation globale, un développement qui nous saisira tous, sans exception, l’un de ces prochains jours ».

Notre sélection d’articles sur l’accord relatif au nucléaire iranien
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr sur l’accord sur le nucléaire iranien :
les réponses à vos questions sur l’annonce du retrait américain de l’accordl’analyse de notre correspondant aux Etats-Unis, qui souligne que les décisions de Donal Trump « sont souvent en contradiction avec sa vision du monde ».les points clés de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, conclu le 14 juillet 2015ce qu’il faut savoir de l’accord, en sept questions ;l’analyse des promesses faites par Donald Trump durant la campagne présidentiellela tribune de parlementaires européens qui appellent leurs homologues américains à sauver l’accord sur le nucléaire ;les images de la visite d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, où il a débattu de l’accord avec Donald Trump ;la chronique de Sylvie Kauffmann, pour qui, « sur le nucléaire iranien, le compte à rebours vers une sorte de catastrophe annoncée a commencé » ;la tribune de François Nicoullaud, ancien ambassadeur à Téhéran, qui appelle à « sortir par le haut de la crise du nucléaire avec l’Iran ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Les Européens jugent « irresponsable » la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien, qu’ils veulent continuer à mettre en œuvre, tout en négociant avec Téhéran.
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Face au retrait de Trump, les Européens déterminés à défendre l’accord sur le nucéaire iranien

Les Européens jugent « irresponsable » la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien, qu’ils veulent continuer à mettre en œuvre, tout en négociant avec Téhéran.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 14h32
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

L’Union européenne est « déterminée à préserver » le Plan d’action conjoint (JCPOA), l’accord sur le nucléaire iranien, qui, estime-t-elle, doit continuer à garantir que Téhéran ne développe pas d’armes nucléaires. A Rome, peu de temps après la déclaration commune des dirigeants français, allemand et britannique, la Haute représentante, Federica Mogherini, voulait défendre, dans la soirée du mardi 8 mai, « l’une des plus belles réussites jamais réalisées par la diplomatie ».
« Ne laissez personne démanteler l’accord », a-t-elle lancé à destination des Iraniens, évoquant un texte essentiel pour « la sécurité de la région, de l’Europe et du monde ». Donald Tusk, le président du Conseil européen, promettait, lui, « une approche unie » des Vingt-Huit.

A l’issue de quatre mois d’intenses discussions – dont une dernière, qui se voulait symbolique, avec des représentants iraniens à Bruxelles mardi – les négociateurs européens gardaient en fait peu d’espoir quant à la décision de Donald Trump. Sur la base d’ultimes contacts avec son administration, ils pensaient toutefois qu’elle préserverait une petite ouverture pour une négociation, au pire une application différée des décisions américaines.
Le grand souci des dirigeants de l’Union va donc être, désormais, de protéger les intérêts économiques et les investissements européens en Iran
Ils ont rapidement compris qu’il n’en serait rien et Mme Mogherini a traduit le sentiment général en exprimant son «  inquiétude particulière » quant à l’annonce d’un projet de nouvelles sanctions. La levée d’une partie des sanctions internationales, « part essentielle de l’accord, a eu un impact positif sur les relations commerciales et économiques avec l’Iran, y compris en apportant des bénéfices cruciaux au peuple iranien », a-t-elle plaidé.
Outre la sécurité, le grand souci des dirigeants de l’Union va donc...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ L’ancien militaire, jugé pour « atteinte à la sûreté de l’Etat », garde le silence au tribunal mais s’exprime dans une lettre que « Le Monde » s’est procurée.
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Compte rendu

« Il ne me reste que mon honneur », écrit le général Mokoko depuis sa prison de Brazzaville

L’ancien militaire, jugé pour « atteinte à la sûreté de l’Etat », garde le silence au tribunal mais s’exprime dans une lettre que « Le Monde » s’est procurée.

Joan Tilouine
    



LE MONDE
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        Le 09.05.2018 à 14h22

     •
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        Mis à jour le 09.05.2018 à 14h37






    
Jean-Marie Michel Mokoko devant ses supporteurs, le 18 mars 2016 à Brazzaville.
Crédits : MARCO LONGARI / AFP


Son écriture est élégante et précise. C’est celle d’un homme qui croupit depuis près de deux ans dans une cellule de la prison de Brazzaville, isolé pour avoir osé défier dans les urnes un chef d’Etat autoritaire, au pouvoir depuis une trentaine d’années. C’était lors de l’élection présidentielle du 20 mars 2016 remportée par le président sortant, Denis Sassou-Nguesso, à l’issue d’un scrutin contesté par la communauté internationale.
Le général Jean-Marie Michel Mokoko et ses soutiens avaient été empêchés de faire campagne, harcelés par les forces de sécurité. Les télécommunications avaient même été interrompues dans le pays. « Je me suis heurté à la machine totalitaire, écrit aujourd’hui Jean-Marie Michel Mokoko, dans une lettre datée du 8 mai que Le Monde a pu obtenir. Cette machine, via ses émissaires congolais et ses complices étrangers, [a] essayé en vain de me faire plier en exigeant de moi la reconnaissance des résultats que le monde entier savait avoir été grossièrement truqués. Face à mon refus, la dictature a ensuite entrepris de m’intimider, d’arrêter et de torturer mes compagnons, de dépenser des fortunes avec des consultants et des complices étrangers pour me diaboliser. » 
Conditions de détention
Général saint-cyrien et ancien chef d’état-major des armées du Congo (de 1987 à 1993), Jean-Marie Michel Mokoko, 71 ans, avait suscité l’espoir d’une partie de la population de ce pays pétrolier d’Afrique centrale, dont les richesses captées par le clan au pouvoir font l’objet d’enquêtes en France, en Suisse et aux Etats-Unis. Il est arrivé en troisième position, avec moins de 14 % des voix selon les résultats officiels. Puis, après avoir été maintenu à résidence, il a été jeté en prison, astreint à « rester dans une pièce dont il ne peut pas sortir », selon ses avocats. Cette version contredit celle de Gérard Devillers, l’un des avocats français de l’Etat congolais, qui avait assuré sur le plateau de la chaîne TV5 Monde que M. Mokoko bénéficiait de conditions de détention privilégiées. Sa famille, menacée par les nervis du régime, n’a pas pu lui rendre visite.

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                Congo, cache-cache financier et corruption



M. Mokoko a été inculpé le 16 juin 2016 d’« atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat et [de] détention illégale d’armes et munitions de guerre ». Ces derniers mois, les avocats congolais ont été surpris de ne pas être convoqués aux audiences préalables au procès, qui s’est ouvert le 7 mai dans la capitale en l’absence des représentants de la presse internationale, empêchés d’y assister. Ces derniers ont finalement été admis dans l’après-midi.
Hasard du calendrier, le fils cadet du chef de l’Etat, Denis Christel Sassou-Nguesso, 43 ans, publiait justement sur son site Internet un opuscule livrant sa vision du « Congo de demain ». Ce député, élu avec près de 100 % des voix dans le fief familial, et qui a la haute main sur le secteur pétrolier, semble envisager de succéder à son père lorsque ce dernier quittera le pouvoir. Il le cite d’ailleurs pour énumérer les « antivaleurs » qui mineraient ce pays criblé de dettes, dont plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté malgré ses ressources en or noir et en bois. « Il s’agit de la corruption, du détournement, de la cupidité, de la concussion, de la fraude, de la paresse, du vol ou même de l’incivisme », écrit Denis Christel Sassou-Nguesso, lui-même mis en cause dans plusieurs procédures judiciaires pour corruption et concernant des « biens mal acquis », aux Etats-Unis et en France.
Silence de l’expert
Pendant ce temps, à Brazzaville, les militants de la société civile, les journalistes et les intellectuels opposants du régime sont traqués par les forces de sécurité, arrêtés et emprisonnés. Et Jean-Marie Michel Mokoko est jugé. Il s’est présenté droit et digne, le visage fermé. Il a d’abord invoqué son immunité puis a souhaité exercer son droit au silence malgré les invectives de la cour, dont le président s’est estimé « outragé ». « Nous en tirerons toutes les conséquences juridiques mais les débats doivent se poursuivre », a déclaré Me Devillers.

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                Le général Mokoko garde le silence à l’ouverture de son procès à Brazzaville



Présent dans la salle, un expert en armement convoqué par la cour a refusé de témoigner sur les armes retrouvées dans la résidence de l’accusé, qui a toujours expliqué qu’elles appartenaient à sa garde. « J’ai reçu ordre de ma hiérarchie de ne pas intervenir à ce stade », a-t-il précisé à Radio France internationale (RFI).
« C’est un procès grotesque où les droits de la défense sont complètement bafoués, souligne Etienne Arnaud, l’un des trois avocats français de M. Mokoko. C’est totalement exubérant et grossièrement politique, avec des décisions délirantes, tordant le cou au droit congolais. » Quant à l’accusation selon laquelle le général aurait souhaité mener un « coup d’Etat », le principal témoin qui devait la soutenir ne s’est pas présenté. Le régime congolais avait pourtant mandaté des spécialistes français de l’investigation privée pour tenter d’étoffer le dossier, comme Bernard Squarcini, l’ancien directeur de la direction centrale du renseignement intérieur. En vain.

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                L’ordre règne à Brazzaville : le président est au palais, l’opposant en prison



« Après plus de quarante ans d’une carrière militaire sans tache au service du peuple congolais, et au terme de deux ans de prison, il ne me reste que mon honneur, […] je n’ai pas l’intention d’en faire offrande à ce régime, visiblement d’un autre âge », écrit M. Mokoko dans sa missive de deux pages manuscrites. Il cite le visionnaire socialiste français Jean Jaurès et appelle ses compatriotes à avoir le courage « de rechercher la vérité et de la dire ». Et de conclure : « Il nous faut par conséquent continuer d’espérer car rien n’est perdu, contrairement aux apparences ».


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, qui s’inquiètent de l’influence croissante de Téhéran au Proche-Orient, se réjouissent de la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord de Vienne.
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Accord sur le nucléaire iranien : les monarchies du Golfe face à une nouvelle donne stratégique

L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, qui s’inquiètent de l’influence croissante de Téhéran au Proche-Orient, se réjouissent de la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord de Vienne.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 14h21
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 14h30
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

La décision, mardi 8 mai, du président américain de déchirer l’accord sur le nucléaire iranien a été applaudie par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, deux monarchies du Golfe qui s’estiment menacées par l’influence croissante de Téhéran au Proche-Orient.
Dans un communiqué publié par son agence de presse gouvernementale, le royaume saoudien a offert son « soutien à la stratégie de Donald Trump » et exprimé le souhait que « la communauté internationale adopte une position ferme et unifiée contre le régime iranien », une allusion à l’intention de l’Union européenne de poursuivre la mise en œuvre de l’accord, à rebours de la position de Washington.
Riyad a justifié sa réaction en dénonçant « l’agression déstabilisatrice de l’Iran dans la région », citant son « soutien aux groupes terroristes », une référence au mouvement chiite Hezbollah, récent vainqueur des élections libanaises, et aux milices houthistes, en lutte contre le gouvernement yéménite. Sur Twitter, Anouar Gargash, le ministre d’Etat des Emirats arabes unis pour les affaires extérieures, a lui aussi salué l’annonce de Donald Trump, affirmant que « le vernis de conformité de Téhéran avec l’accord est contredit par ses politiques belliqueuses ».
Dans les palais saoudiens, en 2015, le rapprochement de Barack Obama avec l’ennemi iranien était vécu comme une trahison, d’autant qu’il avait été négocié à l’insu de la couronne
En 2015, à la signature du compromis à Vienne par les « 5 + 1 » (les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne), le pouvoir saoudien avait soutenu ce texte, mais sans enthousiasme. En bon allié de Washington, Riyad disait alors espérer que ce pacte conduise à « un renforcement de la stabilité et de la sécurité au Proche-Orient » et débarrasse la région des armes de destruction massive, une allusion à l’arsenal nucléaire israélien.
Mais dans les palais saoudiens, le rapprochement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les politologues Oriane Calligaro et François Forêt reviennent sur la remise au président français de ce prix international qui récompense chaque année « la plus précieuse contribution à l’entente en Europe de l’Ouest ».
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« Le prix Charlemagne remis à Emmanuel Macron se révèle être un encouragement et un pari sur l’avenir »

Dans une tribune au « Monde », les politologues Oriane Calligaro et François Forêt reviennent sur la remise au président français de ce prix international qui récompense chaque année « la plus précieuse contribution à l’entente en Europe de l’Ouest ».



Le Monde
 |    09.05.2018 à 13h02
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 13h21
    |

Oriane Calligaro et François Forêt (Politologues, Cevipol-IEE, Université libre de Bruxelles)







                        



                                


                            
Tribune. Jeudi 10 mai, Emmanuel Macron recevra le prix Charlemagne que les médias décrivent comme le plus prestigieux des prix européens. Cet acte symbolique illustre comment le processus d’intégration politique européenne et ses élites traditionnelles cooptent de nouveaux acteurs et intègrent le changement, que cela soit pour le circonscrire ou pour l’encourager.
Les lauréats les plus fréquents sont des chefs d’Etat et de gouvernement et des monarques
Le prix international Charlemagne pour l’unité de l’Europe, créé en 1949 à l’initiative de notables d’Aix-la-Chapelle, récompense chaque année « la plus précieuse contribution à l’entente en Europe de l’Ouest ». La référence à la figure de Charlemagne et le lieu de son octroi établissent un lien symbolique entre le Saint-Empire romain germanique et le projet d’unité continentale développé après la seconde guerre mondiale. Selon sa définition officielle, le prix visait à l’origine à promouvoir « une Europe anticommuniste à forte influence catholique » et à affirmer l’appartenance de l’Allemagne à une communauté européenne réconciliée.
Les lauréats les plus fréquents sont des chefs d’Etat et de gouvernement et des monarques. Politiciens et hauts fonctionnaires des institutions communautaires figurent aussi en bonne place dans la liste des récipiendaires, la Commission européenne ayant même été lauréate en 1969. Une autre caractéristique forte du prix Charlemagne est qu’il a été décerné plusieurs fois à des personnalités religieuses, surtout catholiques, et notamment aux papes Jean Paul II et François.
Dynamiques politiques de l’intégration
Les liens du prix Charlemagne avec l’Eglise et la royauté sont confirmés par le protocole entourant sa remise et par le patronage de têtes couronnées (rois des Belges et d’Espagne et grand-duc du Luxembourg). Il constitue ainsi un processus symbolique par lequel les élites religieuses et séculaires traditionnelles honorent le travail...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ La Chine, premier producteur mondial d’aluminium, a lancé un vaste plan de réduction de ses surcapacités. Mais Pékin veut davantage favoriser une montée en gamme et façonner des champions nationaux que leur rogner les ailes
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La Chine veut faire passer sa production d’aluminium de la quantité à la qualité

La Chine, premier producteur mondial d’aluminium, a lancé un vaste plan de réduction de ses surcapacités. Mais Pékin veut davantage favoriser une montée en gamme et façonner des champions nationaux que leur rogner les ailes



Le Monde
 |    09.05.2018 à 12h44
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 12h54
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

Gong Zhiyu est un patron heureux. Alors que les usines voisines sont touchées par les restrictions de production d’aluminium, son entreprise continue de tourner tranquillement. Ses 80 salariés fabriquent des cercles de ce métal destinés à alimenter les usines de canettes ou de tubes de rouge à lèvres. Les autorités locales ont choisi de privilégier les acteurs à plus forte valeur ajoutée, qui transforment le produit, aux dépens des producteurs de barres d’aluminium brut.
Depuis novembre, les mesures adoptées au niveau national ont fait remonter les prix. Les droits de douane imposés par les Etats-Unis sur les importations d’aluminium chinois ? M. Gong hausse les épaules : « La plupart de mes clients ont leurs usines en Chine. »

A Zouping, district industriel de la ville de Zibo, dans la province du Shandong, les droits de douane de 10 % sur les importations d’aluminium adoptés par l’administration Trump le 8 mars dernier ne font pas peur. La Chine n’a pas attendu les sanctions américaines pour réformer le secteur.
« Politique de l’offre »
Weiqiao, le géant local de l’aluminium, huitième producteur mondial, a déjà dû limiter sa production à 70 % de ses capacités depuis novembre. Comme bon nombre de firmes des secteurs de l’acier, du charbon et de l’aluminium, Weiqiao et toutes les entreprises du district qui en dépendent, vivent au rythme des décisions du gouvernement chinois plus qu’à celui des fluctuations des cours des métaux.
Fin 2015, la Chine a lancé un vaste plan de réduction de ses surcapacités industrielles. Mais il ne s’agit que d’un pan d’une stratégie plus large, estampillée « politique de l’offre », consistant à moderniser le secteur industriel chinois. Objectifs : diversification, montée en gamme, et cela sur toute la chaîne de valeur.
Concrètement, Pékin tente de mettre fin à la surproduction qui minait les prix, dans les secteurs, stratégiques, de l’aluminium, du charbon et de l’acier. D’une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Malgré l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord, le président iranien souhaite continuer de le respecter.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Les salariés japonais ne bénéficient pas des résultats financiers exceptionnels de leurs entreprises, explique dans sa chronique, Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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« Le Japon, pays où l’argent ne ruisselle jamais »

Les salariés japonais ne bénéficient pas des résultats financiers exceptionnels de leurs entreprises, explique dans sa chronique, Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



Le Monde
 |    09.05.2018 à 12h06
    |

            Philippe Escande (éditorialiste économique)








                        



                                


                            

Chronique pertes & profits. L’argent des riches fait-il au bout du compte le bonheur des pauvres ? Cette question ancienne a rebondi récemment en France à la faveur d’une polémique politique sur l’efficacité et la justice des décisions impulsées par le nouveau président de la République, Emmanuel Macron. On a donc ressorti des tiroirs la fameuse théorie du ruissellement qui faisait déjà débat aux Etats-Unis dans les années 1930. Immédiatement démentie. Ce n’est pas une théorie, mais une métaphore dont la justesse est hautement aléatoire, car fonction des circonstances et des banals rapports de force.
Deux exemples extrêmes viennent nous le rappeler. A la compagnie Air France, les pilotes, entraînant derrière eux la majorité du personnel, ont réagi au quart de tour à l’amélioration des résultats de la compagnie pour demander un rattrapage des salaires de près de 6 %. Un effort jugé trop important par la direction de l’entreprise au regard de la faible compétitivité de la société, de l’intensité de la concurrence et de la remontée des prix du pétrole. L’argent ruisselait à peine qu’il était déjà préempté par le personnel. Et quel que soit le nouveau patron qui sera nommé à la suite de la démission de Jean-Marc Janaillac, il devra lâcher du lest.

Explosion de la dette
A l’autre bout de la planète, le constructeur japonais Toyota vient d’annoncer des résultats financiers exceptionnels pour son année fiscale 2017-2018. Près de 20 milliards d’euros de bénéfice net, faisant de lui, et de très loin, le champion du monde de l’industrie automobile. Une rentabilité exceptionnelle qu’il partage avec ses concurrents locaux, comme Honda, dont les profits ont grimpé en 2017 à plus de 8 milliards d’euros.
Pourtant, à l’issue des négociations de printemps, Toyota n’a accordé à ses salariés qu’une modeste augmentation de 10 euros et Honda de 13 euros. Rien à voir avec les centaines d’euros exigés par les salariés d’Air France. L’argent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Claude Mangin-Asfari demande à pouvoir voir son mari, Naâma Asfari, militant de la cause sahraouie, incarcéré à Kenitra.
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Compte rendu

Une Française en grève de la faim pour obtenir un droit de visite au Maroc

Claude Mangin-Asfari demande à pouvoir voir son mari, Naâma Asfari, militant de la cause sahraouie, incarcéré à Kenitra.

Charlotte Bozonnet
    



LE MONDE
              datetime="2018-05-09T11:58:46+02:00"

        Le 09.05.2018 à 11h58






    
La prison de Kenitra, au Maroc, en 2008.
Crédits : ABDELHAK SENNA / AFP


Elle est amaigrie mais prend la parole avec aplomb. Claude Mangin-Asfari, citoyenne française mariée à un prisonnier sahraoui, a entamé une grève de la faim illimitée le 18 avril afin d’obtenir le droit de rendre visite à son époux, incarcéré à Kenitra, au Maroc. Au vingtième jour de son jeûne, elle a donné une conférence de presse, lundi 7 mai, à la mairie d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) dont le maire communiste, Philippe Bouyssou, soutient son combat.
L’édile, qui se dit « préoccupé » par la santé de Mme Mangin, appelle les autorités françaises à intervenir : « nous souhaitons que des signes concrets et clairs soient rapidement donnés » pour faire respecter « ce droit légitime d’aller rendre visite à son époux ».

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Claude Mangin-Asfari, professeure d’histoire-géographie de 62 ans, a décidé de cesser de s’alimenter après que plusieurs visites lui ont été refusées. Le 20 octobre 2016, le 6 février 2017 et le 13 mars 2017, elle a été expulsée du territoire marocain. Le 17 avril 2018, à l’aéroport d’Orly, elle annonce le début de son action : « Depuis octobre 2016, je suis interdite de séjour au Maroc. J’ai été refoulée une quatrième fois hier, ici même. Dans ces circonstances, je déclare que je me mets en grève de la faim illimitée à compter de demain. »
Trente ans de prison
Si le dossier est aussi problématique, c’est que Naâma Asfari est un militant connu de la cause sahraouie. Il lutte pour le droit à l’autodétermination du Sahara occidental, ancienne colonie espagnole revendiquée par le Maroc qui contrôle 80 % de son territoire face aux indépendantistes du Front Polisario.
En 2013, il a été condamné à trente ans de prison dans le cadre de l’affaire du démantèlement violent du camp de Gdeim Izik. Le 10 novembre 2010, l’intervention déclenchée par les autorités marocaines pour évacuer ce camp de protestation sahraoui s’était soldée par la mort de treize personnes : onze membres des forces de l’ordre et deux civils. Naâma Asfari et vingt-quatre autres militants ont été condamnés à de lourdes peines, un verdict confirmé lors d’un nouveau procès en 2017. 

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Les proches des prisonniers et plusieurs associations de défense des droits humains ont de leur côté dénoncé des procès politiques et « de graves irrégularités » dans la procédure. Pour Claude Mangin-Asfari, elle aussi militante de la cause sahraouie, ce refus de visite relèverait de « représailles » pour ses actions en faveur de la libération de son mari. Elle explique ainsi avoir pu le voir régulièrement jusqu’en octobre 2016, période à laquelle la plainte pour torture qu’elle avait déposée devant le Comité des Nations unies contre la torture, à Genève, était examinée.
Ses soutiens rappellent que sa demande actuelle ne concerne pas le conflit au Sahara mais « un droit fondamental », celui de rendre visite à son mari, prisonnier. Le 25 avril, le maire d’Ivry a cosigné avec l’évêque de Créteil, Michel Santier, un courrier adressé à Emmanuel Macron, l’appelant à intervenir auprès des autorités marocaines. Un appel au président français a également été signé par des personnalités françaises et étrangères, dont l’acteur espagnol Javier Bardem, défenseur de la cause sahraouie. Soutien de Mme Mangin et présidente de l’Association des amis de la République arabe sahraouie démocratique (AARASD), Régine Villemont a annoncé ce 7 mai avoir reçu « un courrier encourageant » de la part des autorités françaises.

