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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Les médias conservateurs critiquent la « naïveté » du président modéré Hassan Rohani lorsqu’il a signé, en juillet 2015, l’accord sur le nucléaire iranien.
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« Pessimiste, dégoûtée » : les Iraniens défaitistes après la décision de Trump

Les médias conservateurs critiquent la « naïveté » du président modéré Hassan Rohani lorsqu’il a signé, en juillet 2015, l’accord sur le nucléaire iranien.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 18h33
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 18h57
    |

            Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance)








                        



Comme beaucoup d’Iraniens, la nuit du mardi 8 mai, Golnaz l’a passée devant sa télévision. Elle s’est rongé les ongles en regardant le président américain, Donald Trump, annonçant – « avec beaucoup de sang-froid », remarque Golnaz (tous les prénoms ont été modifiés) – son retrait de l’accord sur le nucléaire iranien.
« J’espérais qu’il change de position à la dernière minute, comme il le fait souvent », regrette cette responsable de relations publiques dans une société de télécommunications. Ensuite, cette Iranienne de 30 ans a attentivement écouté le discours – « très positif » – de Federica Mogherini, la chef de la diplomatie européenne, qui a promis que l’UE resterait dans l’accord et le préserverait.
« les Américains n’ont pas tenu leurs engagements inscrits dans l’accord alors que l’Iran a honoré sa part de responsabilité », affirme Golnaz, 30 ans, responsable de relations publiques dans une société de télécommunications
Finalement, Golnaz a regardé l’allocution diffusée en direct à la télévision iranienne du président modéré, Hassan Rohani, appelant aux négociations avec les autres signataires de l’accord, notamment les Européens. « Mais ce matin, je suis arrivée au bureau très pessimiste, dégoûtée, notamment envers les Américains qui n’ont pas tenu leurs engagements inscrits dans l’accord alors que l’Iran a honoré sa part de responsabilité, raconte Golnaz mercredi matin. Les Européens sont aussi incapables de faire changer le cours des événements. Je ne suis pas sûre que l’accord tienne. »
Tant en 2013 qu’en 2017, Golnaz a voté pour Hassan Rohani. « J’ai même fait campagne pour lui », précise-t-elle. Et lorsque le chef de l’Etat a signé l’accord nucléaire, le 14 juillet 2015, elle est descendue dans la rue et a fait la fête jusqu’à tard dans la nuit. Juste après la levée des sanctions dans le cadre de l’accord, en janvier 2016, son entreprise s’est mise à chercher des investissements d’entreprises européennes.

Mais avec l’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, en janvier 2017, ces dernières n’ont plus daigné répondre à ses messages, certainement par peur d’être épinglées plus tard par Washington. De fait, la société s’est tournée vers d’autres pays, notamment africains. « Le plus grand problème a été et est toujours les transactions bancaires entre l’Iran et l’étranger, notamment l’Europe. Avec la sortie américaine, la situation va s’aggraver », explique Dana, l’un des patrons de Golnaz.
Ces derniers mois, Dana suivait, en tant que consultant, la conclusion d’un contrat d’achat de logiciels de trois millions d’euros entre l’Iran et une compagnie européenne. « Mais ils ont fini par jeter l’éponge, tant la situation, concernant les garanties et les transactions bancaires, était compliquée », se désole Dana.
Sur les réseaux sociaux, les Iraniens sont également nombreux à craindre le retour des jours difficiles à cause des sanctions, notamment la pénurie de médicaments, dont la population avait gravement souffert entre 2011 et 2013.
Le président Rohani « affaibli »

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Pour Dana et Golnaz, il ne fait aucun doute que M. Rohani sort « très affaibli » de la décision du président américain. Quelques heures à peine après l’annonce de Donald Trump, les quotidiens conservateurs ont rappelé au président sa « naïveté » pour avoir fait confiance aux Etats-Unis et à l’Occident, de manière plus générale. Dans son édition du 9 mai, le titre ultraconservateur Vatan-é Emrooz lui a reproché de « ne s’être même pas excusé auprès de ses critiques qu’il n’arrêtait pas d’insulter ».
« Aujourd’hui, cela a été démontré que les adversaires [du président Rohani] avaient raison de s’en prendre à la diplomatie erronée du gouvernement », se félicite Vatan-é Emrooz. Un autre quotidien ultraconservateur, Kayhan, va encore plus loin et demande à l’Etat iranien de sortir au plus vite de l’accord et de reprendre ses activités nucléaires, suspendues ou arrêtées conformément à l’accord.
Ces dernières semaines, l’aile dure des autorités iraniennes a multiplié les manœuvres destinées à restreindre les libertés, dans le but d’attiser le mécontentement des Iraniens envers Hassan Rohani. Depuis le 1er mai, la messagerie sécurisée Telegram, utilisée par une grande majorité de la population, et devenue un outil incontournable pour générer des revenus pour plus d’un million d’Iraniens, est à nouveau bloquée, après une première censure au moment de la vague de manifestations du début de l’année.
Telegram avait alors été remis en état de fonctionnement à la faveur de pressions exercées par le président Rohani sur l’appareil sécuritaire et sur les conservateurs. Le nouveau filtrage de Telegram, décidé par la justice iranienne, est un signal fort lancé aux modérés en Iran pour leur rappeler que le président n’a qu’un pouvoir limité.
Nationalisme omniprésent sur les réseaux sociaux

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« A l’intérieur du pays, nous assistons à l’arrestation des filles mal voilées, une opération de la police qui se poursuit, et au blocage de Telegram. A l’extérieur aussi, la décision de Trump affaiblit le président pour qui nous avons voté, explique Soroush, un ami de Dana, qui travaille sur la publicité sur les chaînes Telegram. Tout cela me laisse un sentiment d’étranglement. »
Golnaz partage elle aussi les critiques contre l’aile dure : certains de ses amis, militants écologistes, sont en prison depuis le mois de février, accusés « à tort », explique-t-elle, d’espionnage par les gardiens de la révolution. L’un d’eux, l’enseignant universitaire Kavous Seyed Emami, a perdu la vie en détention alors que les autorités parlent de suicide.
« Malgré tout cela, je reste une patriote, dit Golanz. Je ferai tout pour protéger mon pays dans le cas où une guerre éclaterait contre l’Iran. » Un nationalisme devenu omniprésent sur les réseaux sociaux et dans la presse conservatrice, qui appelle le peuple à s’unir contre les menaces étrangères. « L’Iran restera uni et résistant », a ainsi titré le quotidien Javan, proche des gardiens de la révolution.

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les réponses à vos questions sur l’annonce du retrait américain de l’accordl’analyse de notre correspondant aux Etats-Unis, qui souligne que les décisions de Donal Trump « sont souvent en contradiction avec sa vision du monde ».les points clés de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, conclu le 14 juillet 2015ce qu’il faut savoir de l’accord, en sept questions ;l’analyse des promesses faites par Donald Trump durant la campagne présidentiellela tribune de parlementaires européens qui appellent leurs homologues américains à sauver l’accord sur le nucléaire ;les images de la visite d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, où il a débattu de l’accord avec Donald Trump ;la chronique de Sylvie Kauffmann, pour qui, « sur le nucléaire iranien, le compte à rebours vers une sorte de catastrophe annoncée a commencé » ;la tribune de François Nicoullaud, ancien ambassadeur à Téhéran, qui appelle à « sortir par le haut de la crise du nucléaire avec l’Iran ».






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ La décision de retrait pur et simple des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien intervient avant le début des négociations sur le programme nucléaire nord-coréen.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Nucléaire iranien : pour la presse américaine, « Donald Trump n’a pas de plan B »

La décision de retrait pur et simple des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien intervient avant le début des négociations sur le programme nucléaire nord-coréen.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 18h10
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 18h27
   





                        



   


Et maintenant, que se passe-t-il ? Au lendemain de l’annonce par le président américain, Donald Trump, du retrait pur et simple des Etats-Unis de l’accord conclu en 2015 sur le nucléaire iranien, c’est la question que se posait, mercredi 9 mai, la quasi-totalité de la presse américaine.
Pour USA Today, l’étape suivante pour M. Trump « est de renégocier un meilleur accord avec l’Iran ». Le quotidien populaire s’en tient aux propos tenus par le président mardi :
« Les dirigeants iraniens vont probablement dire qu’ils refusent de négocier un nouvel accord. Je dirais probablement la même chose si j’étais dans leur position. Le fait est qu’ils voudront négocier un nouvel accord. Et quand cela arrivera, je serai prêt. »
Mais bon nombre d’analystes doutent aujourd’hui d’un tel scénario. Rappelant que le locataire de la Maison Blanche « croit en l’art de la rupture, en créant des crises pour imposer ses vues », que « c’est ainsi qu’il opérait dans le monde des affaires, qu’il a mené sa campagne présidentielle », le L.A. Times souligne que si, dans le cas du nucléaire iranien, M. Trump « a prédit que la rupture de l’accord conduirait à un meilleur accord », il « n’a jamais réellement expliqué comment faire pour y parvenir ». « Et c’est le principal défaut dans la décision de Donald Trump », conclut le quotidien de Los Angeles.

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« Habile à détruire des accords »
Malgré l’assurance qu’il est « prêt, disposé et apte » à négocier, « M. Trump n’a pas de plan B, à part de continuer à mettre la pression sur l’Iran », assure, pour sa part, le New York Times. Le quotidien rappelle, au passage, que le président a déjà joué la carte de la négociation d’un meilleur accord « lorsqu’il a quitté l’accord climatique de Paris », sans suite. Ce qui le conduit à écrire que le président est surtout « habile à détruire des accords ».
Le Washington Post n’est pas plus tendre dans son analyse. « Mardi, (…) M. Trump avait peu de choses à avancer sur la suite des événements, à part qu’il allait continuer à travailler avec nos alliés [qui s’opposent à sa décision], qu’il y aurait des sanctions économiques contre l’Iran [qui a peu de relations économiques avec les Etats-Unis] et il a menacé l’Iran d’une action militaire pour non-conformité [ce qui serait le “plus gros problème auquel l’Iran n’a jamais été confronté”] », énumère le journal. Qui conclut : « En d’autres termes, il n’a aucune idée. »
« M. Trump croit qu’il peut aiguillonner, cajoler et intimider ses adversaires »
Le Wall Street Journal rappelle que l’approche de M. Trump en matière de politique étrangère n’est pas sans rappeler la stratégie du président Ronald Reagan face à l’Union soviétique dans les années 1980, la décrivant comme « l’empire du mal ». « Aujourd’hui, M. Trump croit qu’il peut aiguillonner, cajoler et intimider ses adversaires, et réussir là où ses prédécesseurs ont échoué », poursuit le journal financier, mettant en avant la nouvelle équipe de sécurité nationale qui s’est constituée autour du président qui ne ménage pas ses efforts pour démanteler l’héritage de l’ancien président Barack Obama.
« Peu importe les résultats. M. Trump se délecte de sa présidence de téléréalité. C’est à cette aune qu’il faut juger sa décision sur l’Iran : le drame pour le drame », poursuit le Washington Post :
« Mais que va-t-il se passer ensuite ? Tout le monde s’en moque. Donald Trump est déjà passé à l’épisode suivant : à la fin de son intervention sur l’Iran, il a annoncé que le secrétaire d’Etat arrivait en Corée du Nord. »
A ce propos, le New York Times parle d’un signal « contre-productif » au moment où M. Trump « se prépare à rencontrer Kim Jong-un, pour le persuader d’abandonner son programme nucléaire ». « Pourquoi les Nord-Coréens devraient-ils soudain croire que les Américains honoreront un accord signé par leur président ? », interroge le quotidien, notant que « si les enjeux avec l’Iran sont élevés, ceux concernant la Corée du Nord le sont encore plus. »
Le confinement plutôt que la guerre
Même sur Fox News, chaîne de télévision réputée proche des idées de M. Trump, on voit poindre quelques doutes. Tout en soulignant que « l’accord [de 2015] a permis [à l’Iran] de se débarrasser des sanctions économiques et de promouvoir ses intérêts [et de devenir] plus agressif », l’un des commentateurs de la chaîne, Harry J. Kazianis, responsable des études sur la défense au Center for the National Interest, un think tank créé par l’ancien président Richard Nixon, considère que « rien dans tout cela ne justifie que les Etats-Unis se lancent dans une guerre contre l’Iran ou essaient de renverser son régime. Cela pourrait coûter des milliards et la vie à de nombreux Américains. »
Pour l’analyste, « l’administration Trump dispose d’une stratégie pour traiter avec les adversaires géopolitiques, en particulier ceux qui veulent se doter d’armes nucléaires. Elle est connue : elle s’appelle le confinement. Cette stratégie, alliée à la dissuasion, a permis de faire face à l’Union soviétique. Cela peut fonctionner pour limiter les ambitions nucléaires et régionales de l’Iran et celles de la Corée du Nord. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Lors d’une conversation téléphonique, Emmanuel Macron et Hassan Rohani ont assuré vouloir travailler ensemble pour « la mise en œuvre continue de l’accord nucléaire ».
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Nucléaire iranien : les signataires « déterminés » à « préserver » l’accord de 2015

Lors d’une conversation téléphonique, Emmanuel Macron et Hassan Rohani ont assuré vouloir travailler ensemble pour « la mise en œuvre continue de l’accord nucléaire ».



Le Monde
 |    08.05.2018 à 23h36
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 17h13
   





                        



La fracture est nette au sein de la communauté internationale après la décision de Donald Trump, qui a annoncé, mardi 8 mai, le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. Il a aussitôt reçu le soutien du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, principal appui de Donald Trump dans ce dossier, qui a dit approuver « totalement » une décision qu’il a qualifiée de « courageuse ». Le royaume sunnite d’Arabie saoudite, grand rival régional de l’Iran chiite, a également affiché son « soutien », tandis que la Ligue arabe appelait à une « révision » de l’accord.
Mais l’option radicale adoptée par le président américain a été dénoncée avec force par Téhéran et ouvertement regrettée par ses alliés européens, qui ont promis de sauver le compromis âprement négocié en 2015. « Non, cet accord n’est pas mort », a notamment déclaré le ministre de la défense français, Jean-Yves Le Drian, mercredi sur RTL.

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« Guerre psychologique »
L’annonce américaine était très attendue au Moyen-Orient, où beaucoup redoutent une escalade avec Téhéran.
La Turquie a notamment dit craindre « de nouveaux conflits ». Son président, Recep Tayyip Erdogan, a critiqué la décision de son homologue américain, estimant que les Etats-Unis seraient « les perdants » d’une telle mesure, « car ils ne respectent pas un accord qu’ils ont signé ». « Vous ne pouvez pas vous retirer des accords internationaux quand bon vous semble », a-t-il ajouté.
Le président iranien, Hassan Rohani, a accusé son homologue américain de pratiquer « une guerre psychologique ». Assurant vouloir discuter rapidement avec les Européens, les Chinois et les Russes, autres signataires de l’accord, il a averti que son pays pourrait mettre un terme aux restrictions qu’il a consenties pour ses activités d’enrichissement d’uranium.
Le guide suprême de la révolution iranienne, Ali Khamenei, s’est montré plus virulent envers Donald Trump et sa décision. « Il y avait peut-être une bonne dizaine de mensonges dans son discours. Il a menacé le régime et le peuple, en leur disant de faire ceci ou cela. Monsieur Trump, je vous le dis au nom du peuple iranien : vous avez commis une erreur », a-t-il écrit sur son site Internet.
La Syrie, alliée de Téhéran, a aussitôt apporté son soutien à la République islamique en condamnant « avec force la décision du président américain (…), qui montre une nouvelle fois que les Etats-Unis ne respectent pas leurs engagements et les accords internationaux ». Damas a également dénoncé une « position agressive de l’administration américaine qui affecte la sécurité et la stabilité de la région et du monde ».

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« Regrets » de l’Union européenne

   


Les signataires de l’accord ont, eux, vivement exprimé leur désaccord. C’est « une grave erreur », a aussitôt réagi Barack Obama, qui avait négocié et signé l’accord en 2015, estimant que le compromis était mis « en danger » par son successeur républicain.
Les alliés européens lui ont fait écho. « La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni regrettent la décision américaine », a déclaré sur Twitter Emmanuel Macron. Dans un communiqué commun, le président français, la chancelière allemande, Angela Merkel, et la première ministre britannique, Theresa May, qui s’étaient tous trois investis en vain pour tenter de convaincre Donald Trump de rester dans l’accord, se sont dits « déterminés à assurer la mise en œuvre » du texte en « maintenant les bénéfices économiques » au profit de la population iranienne.
Angela Merkel a assuré que les Européens « feront tout » pour que l’Iran respecte l’accord, tandis que Boris Johnson, ministre britannique des affaires étrangères, a souligné que l’accord de 2015 restait « vital » pour la sécurité de son pays.
Le président français, Emmanuel Macron, s’est entretenu avec son homologue iranien, Hassan Rohani, mercredi, pour lui assurer « la volonté de la France de continuer à mettre en œuvre l’accord nucléaire iranien dans toutes ses dimensions » et souligner « l’importance que l’Iran fasse de même ». Les deux chefs d’Etat « sont convenus de poursuivre leur travail commun en direction de tous les Etats intéressés, en vue de la mise en œuvre continue de l’accord nucléaire et de la préservation de la stabilité régionale », a assuré l’Elysée dans un communiqué.
Les chefs de la diplomatie français, allemands et britanniques rencontreront par ailleurs lundi des représentants iraniens.
Au diapason, l’Union européenne a promis de « préserver » le « plan d’action » de 2015, « une des plus belles réussites jamais réalisées par la diplomatie ». Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, a exhorté les signataires, hors Etats-Unis, à « respecter pleinement leurs engagements ».
Mais l’ayatollah Ali Khamenei a prévenu les Européens : l’Iran ne restera pas dans l’accord sans « garanties réelles » de leur part.

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Regret et déception de la Russie et de la Chine
La Russie, également signataire de l’accord, s’est dite « profondément déçue » par l’intermédiaire de son ministère des affaires étrangères, dénonçant « une violation grossière des normes du droit international ». Selon Moscou, cette décision de Donald Trump « est une nouvelle preuve de l’incapacité de Washington à négocier » et les « griefs américains concernant l’activité nucléaire légitime de l’Iran ne servent qu’à régler les comptes politiques » avec Téhéran. Vladimir Poutine a, lui, fait part de sa « profonde préoccupation » après la décision de son homologue américain.
« Il n’y a aucune raison de saper l’accord qui a prouvé son efficacité », souligne la diplomatie russe. Ces derniers avaient défendu jusqu’au bout ce compromis qu’ils jugent « historique », soulignant que l’Agence internationale de l’énergie atomique a régulièrement certifié le respect par Téhéran des termes du texte censé garantir le caractère non militaire de son programme nucléaire. La Russie reste toutefois déterminée à respecter l’accord, a-t-elle annoncé.
Disant regretter la décision de Donald Trump, la Chine, également signataire de l’accord de Vienne, a appelé à sauvegarder ce dernier. Le pays « appelle toutes les parties à agir de façon responsable » pour « revenir dès que possible » au respect d’un texte qui « contribue à préserver la paix au Moyen-Orient », a martelé la diplomatie chinoise.
Quant à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), elle a à nouveau assuré mercredi que « l’Iran [était] soumis au régime de vérification le plus fiable au monde en matière de nucléaire », et qu’il respectait ses engagements.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Editorial. Le choix de Donald Trump, mardi, de sortir son pays de l’accord sur le nucléaire iranien ouvre une période de grande incertitude et de danger pour le Moyen-Orient.
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Iran : une décision absurde aux effets déstabilisateurs

Editorial. Le choix de Donald Trump, mardi, de sortir son pays de l’accord sur le nucléaire iranien ouvre une période de grande incertitude et de danger pour le Moyen-Orient.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 15h50
   





                        



Editorial du « Monde ». Jamais l’accord sur le contrôle du nucléaire iranien de juillet 2015 n’a été aussi menacé. L’annonce, le 8 mai, par Donald Trump du retrait américain et du rétablissement de sanctions dures ne va pas nécessairement donner le coup de grâce immédiat à ce compromis laborieusement négocié entre les « 5 +1 » (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne) et Téhéran, mais elle le condamne à une lente agonie.
Obsédé par la volonté de défaire tout ce qu’a réalisé son prédécesseur, Barack Obama, à commencer par cet accord, qu’il définit comme « le pire jamais signé par les Etats-Unis », Donald Trump joue les boutefeux, alors même que la guerre en Syrie, devenue le théâtre de l’affrontement entre les diverses puissances régionales, oppose toujours plus directement l’Iran et Israël. Malgré les mises en garde des autres signataires, à commencer par les Européens, le président américain persiste dans sa décision absurde, dont l’effet sur le Moyen-Orient s’annonce dévastateur.
Signé à Vienne après douze ans d’un bras de fer diplomatique, l’accord de Vienne ou Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) est loin d’être parfait. Il gèle pour dix ans le programme nucléaire iranien et interdit à Téhéran un niveau d’enrichissement de l’uranium ouvrant la voie à une utilisation militaire. La République islamique doit en outre se soumettre à une surveillance stricte de ses installations nucléaires par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Un pari et des failles
En échange, les sanctions économiques qui ont étranglé l’économie iranienne ces dernières années ont été pour partie levées. C’était un compromis et, comme tel, nécessairement imparfait. C’était surtout un pari : le retour de l’Iran dans la communauté internationale et son ouverture économique favoriseraient une montée en puissance des courants modérés au sein de l’Etat et auraient une influence pacificatrice sur la région. Il fallait le tenter.
Les failles sont néanmoins tout aussi évidentes. Nombre des clauses arrivent à échéance en 2025 et un grand flou demeure sur l’après. L’accord n’interdit pas en outre explicitement à l’Iran de continuer à développer la précision de son arsenal de missiles et de conserver ses missiles de longue portée, capables d’atteindre aussi bien l’Arabie saoudite qu’Israël.

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Rien n’oblige non plus la République islamique à modérer ses ambitions régionales, alors même que l’influence iranienne est toujours plus forte au Liban, ainsi qu’en Syrie. Autant de points sur lesquels les Européens partagent les préoccupations de l’administration Trump, à commencer par Paris, qui fut la capitale occidentale la plus engagée pour un accord « robuste » avec Téhéran. D’où la proposition d’Emmanuel Macron de conserver le JCPOA, tout en le complétant.
Fort de sa relation personnelle avec Donald Trump, le président français espérait le convaincre d’éviter une sortie fracassante. Paris comme Londres et Berlin veulent désormais tout faire pour tenter de sauver l’accord malgré les Etats-Unis, voire contre eux, ouvrant potentiellement une crise sans précédent de la relation transatlantique. A la différence de Washington, Téhéran a, du propre aveu de l’AIEA, respecté jusqu’ici ses engagements, sans toutefois en retirer les bénéfices espérés. Il s’agit donc maintenant d’éviter la revanche des opposants iraniens à l’accord, qui déjà menacent de reprendre l’enrichissement de l’uranium, enclenchant l’engrenage vers le pire.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Donald Trump a annoncé le 8 mai que les Etats-Unis se retiraient de cet accord signé en 2015 entre l’Iran et la communauté internationale. Retour sur les points clés du texte
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Comprendre l’accord sur le nucléaire iranien en 7 questions

Donald Trump a annoncé le 8 mai que les Etats-Unis se retiraient de cet accord signé en 2015 entre l’Iran et la communauté internationale. Retour sur les points clés du texte



Le Monde
 |    14.07.2015 à 17h54
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 14h22
    |

            Pierre Breteau, 
Maxime Vaudano, 
Jérémie Baruch et 
Mathilde Damgé








                        


Alors que Donald Trump a annoncé, mercredi 8 mai, que les Etats-Unis se retiraient de l’accord sur le nucléaire iranien, nous republions cet article initialement publié en juillet 2015.
Un « épouvantable accord », « le pire accord jamais signé par les Etats-Unis »… Le président américain, Donald Trump, n’a jamais mâché pas ses mots – c’est rarement le cas – contre l’accord sur le nucléaire iranien, signé en 2015 entre Téhéran et les grandes puissances de la communauté internationale. Le président américain assure, sans donner de preuve ni cibler un point en particulier, que l’Iran ne respecte pas ses engagements – contre l’avis même de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui a assuré le contraire en juin 2017. Il a mis sa parole à exécution, mercredi 8 mai, en annonçant le retrait des Etats-Unis de cet accord et le rétablissement de sanctions économiques contre l’Iran.
Cet accord historique avait été trouvé après douze années d’âpres négociations. Si vous n’avez pas tout suivi aux multiples rebondissements qui ont émaillé ce dossier depuis 2002, voici ce qu’il faut en savoir.
1. Qu’est-ce que le programme nucléaire iranien ?2. Pourquoi l’Iran veut-il le nucléaire ?3. A-t-il le droit de s’en doter ?4. Téhéran était-il vraiment proche d’obtenir la bombe ?5. Pourquoi a-t-il fallu douze ans de négociations ?6. Que dit l’accord ?7. Est-ce à dire qu’il est assuré que l’Iran n’aura pas la bombe nucléaire ?
1. Qu’est-ce que le programme nucléaire iranien ?

   


C’est en 2002 que la communauté internationale commence à suspecter l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire, et s’en inquiète. Un dissident iranien, Alireza Jafarzadeh, révèle la construction, dissimulée par Téhéran, d’un site d’enrichissement d’uranium à Natanz et d’une installation d’eau lourde à Arak. Ces dissimulations, confirmées par des images satellite, conduisent les Américains à accuser les autorités iraniennes de mettre au point secrètement « des armes de destruction massive », dans un contexte post-attaques terroristes du 11 septembre 2001. Des inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) confirment ces craintes.
Pendant les années suivantes, l’Iran poursuit ouvertement le développement de son programme et n’hésite pas à faire de la provocation, comme quand son président Mahmoud Ahmadinejad annonce en 2006 que « l’Iran a rejoint les pays nucléaires », tout en assurant qu’il restera cantonné à un usage civil.

Regarder la chronologie : L’évolution du programme nucléaire iranien depuis 1953

2. Pourquoi l’Iran veut-il le nucléaire ?
La volonté de se doter de l’arme nucléaire est avant tout le résultat de la guerre contre l’Irak (1980-1988), qui a beaucoup marqué le nouveau régime iranien issu de la révolution islamique de 1979. La montée en puissance militaire d’Israël, son grand ennemi, motive également Téhéran et ses alliés, la Syrie et la Libye, à se doter de l’arme nucléaire, à partir de 1985. Cette démarche peut aussi se voir comme une volonté de se hisser dans la « cour des grands », celles des pays dotés de la puissance nucléaire, afin de peser davantage sur les scènes régionale et mondiale.
3. A-t-il le droit de s’en doter ?
Le civil, oui. Le militaire, non. En pratique, le nucléaire civil consiste à enrichir de l’uranium naturel dans des proportions relativement faibles (on parle d’enrichissement allant de 3 à 5 %), mais suffisantes pour pouvoir provoquer une réaction fissile au sein des réacteurs d’une centrale nucléaire, et créer de l’énergie. L’Iran a d’ailleurs déjà une centrale nucléaire à usage civil sur son territoire, à Bouchehr, dans le sud du pays, et prévoit d’en construire une seconde à Darkhovin, près de la frontière irakienne.
Le nucléaire militaire consiste, lui, à enrichir l’uranium à hauteur de 90 % selon un procédé plus complexe, plus long et plus coûteux. Son utilisation est strictement encadrée par le traité de non-prolifération nucléaire (TNP) de 1968 – entré en vigueur en 1970 – qui réserve son utilisation à cinq pays : Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine et URSS/Russie. L’Iran, qui a signé et ratifié ce traité, a donc le droit d’enrichir de l’uranium uniquement à des fins civiles, à condition d’accepter la supervision internationale de l’AIEA.

   


4. Téhéran était-il vraiment proche d’obtenir la bombe ?
Pour les diplomates présents à Vienne qui défendent l’accord, les Iraniens étaient de toute façon sur le point d’obtenir la bombe, et le plus urgent était donc de désamorcer le conflit qui s’envenimait depuis une décennie. Selon les experts, l’imposition de sanctions internationales de plus en plus contraignantes a ralenti le développement du programme nucléaire iranien, mais ne l’a pas enrayé.
Lors des premières négociations, en 2003, l’Iran ne disposait que de 160 centrifugeuses pour transformer l’uranium, contre près de 20 000 aujourd’hui. Dès 2009, dans une analyse confidentielle, révélée par The New York Times, l’AIEA estimait que l’Iran avait acquis « suffisamment de connaissances pour pouvoir élaborer et fabriquer » une bombe atomique « fonctionnelle ».

Regarder l’infographie : Pourquoi le nucléaire iranien inquiète-t-il autant ?


   


5. Pourquoi a-t-il fallu douze ans de négociations ?
Les premières négociations visant à convaincre l’Iran d’abandonner son programme nucléaire ont commencé en 2003, à l’initiative de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni (un groupe dit UE-3).
Après une période de coopération, les négociations se tendent en 2005 avec l’élection du président Mahmoud Ahmadinejad, qui adopte une ligne dure et revendique le droit de développer un programme nucléaire civil. En 2006, les négociations s’élargissent aux Etats-Unis, à la Chine et à la Russie, qui, avec les trois Européens, forment le groupe « P5 + 1 » (les cinq membres du Conseil de sécurité des Nations unies et l’Allemagne). Alors que les discussions patinent, l’Organisation des Nations unies multiplie les mises en garde contre l’Iran et les sanctions internationales pleuvent sur le pays.
Ce n’est qu’après le remplacement de Mahmoud Ahmadinejad par Hassan Rohani, en 2013, que les négociations repartent du bon pied. Il aura fallu un peu moins de deux ans après l’accord de principe de Genève, le 24 novembre 2013, pour finaliser le compromis, le 14 juillet 2015 à Vienne.

        Lire la chronologie
         

                Nucléaire iranien : douze ans de négociations



6. Que dit l’accord ?
L’accord, qui compte une centaine de pages, repose sur trois piliers :
une limitation du programme nucléaire iranien pendant au moins une décennie ;une levée des sanctions internationales contre l’Iran ;un renforcement des contrôles.
Le principe est de limiter le nombre de lieux à inspecter pour les contrôles, et, dans le même temps, de limiter le matériel à y inspecter en imposant des plafonds. Ce matériel, c’est l’uranium et le plutonium ; il est question de limiter l’enrichissement du premier et la production du second. Pour ce faire, la centrale à eau lourde d’Arak sera modifiée pour ne pas avoir la capacité de produire du plutonium à vocation militaire.

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                Les quatre points-clés de l'accord sur le nucléaire iranien     



En échange, les sanctions économiques à l’encontre de l’Iran sont graduellement levées, notamment les avoirs gelés à l’étranger qui représentent près de 150 milliards de dollars (environ 135 milliards d’euros). L’Iran a directement bénéficié des premières levées de sanctions, en janvier 2016, voyant par exemple sa croissance décoller.
Importante nuance par rapport aux négociations de l’ère 2003-2005 : il n’est plus question de démanteler le programme nucléaire iranien, mais bien d’empêcher le développement clandestin d’un programme nucléaire militaire.
7. Est-ce à dire qu’il est assuré que l’Iran n’aura pas la bombe nucléaire ?
Non. Les accords sont censés empêcher la construction d’une bombe nucléaire iranienne, mais rien n’indique que les dirigeants iraniens – actuels ou futurs – ne relancent pas, en secret, un programme militaire.
Les protagonistes de l’accord faisaient néanmoins le pari qu’il est plus bénéfique pour l’Iran de voir la levée des sanctions internationales, le dégel progressif des avoirs bloqués à l’étranger et le réchauffement des relations avec les Etats-Unis, que de redémarrer l’enrichissement à usage militaire de matériaux fissiles. Le retrait des Etats-Unis annoncé par Donald Trump ouvre une nouvelle période d’incertitude.


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les réponses à vos questions sur l’annonce du retrait américain de l’accordl’analyse de notre correspondant aux Etats-Unis, qui souligne que les décisions de Donal Trump « sont souvent en contradiction avec sa vision du monde ».les points clés de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, conclu le 14 juillet 2015ce qu’il faut savoir de l’accord, en sept questions ;l’analyse des promesses faites par Donald Trump durant la campagne présidentiellela tribune de parlementaires européens qui appellent leurs homologues américains à sauver l’accord sur le nucléaire ;les images de la visite d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, où il a débattu de l’accord avec Donald Trump ;la chronique de Sylvie Kauffmann, pour qui, « sur le nucléaire iranien, le compte à rebours vers une sorte de catastrophe annoncée a commencé » ;la tribune de François Nicoullaud, ancien ambassadeur à Téhéran, qui appelle à « sortir par le haut de la crise du nucléaire avec l’Iran ».



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Donald Trump ou l’illusion de la cohérence

En retirant les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien le président semble faire preuve de continuité avec ses engagements de candidat. Mais ses décisions sont pourtant souvent en contradiction avec sa vision du monde.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 10h58
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Donald Trump peut cocher une nouvelle promesse de campagne. Entré officiellement en politique à la veille de l’annonce de l’accord sur le nucléaire iranien, en 2015, il n’a cessé de le décrire comme le « pire » jamais négocié par les Etats-Unis, plaidant sans relâche pour sa remise en cause.
En passant à l’acte, mardi 8 mai, le président américain veut mettre en avant une cohérence et une continuité avec ses engagements de candidat républicain lors de la campagne présidentielle. Une partie des décisions les plus importantes prises depuis son arrivée à la Maison Blanche sont pourtant souvent en contradiction avec sa vision du monde et avec la place que doivent y occuper, selon lui, les Etats-Unis.
La sortie du projet d’accord de libre-échange avec des pays riverains du Pacifique (le TPP), le 23 janvier 2017, a constitué un premier exemple de ce décalage entre la rhétorique et les réalités géopolitiques. Négocié par son prédécesseur démocrate, Barack Obama, avec le soutien au Congrès des élus républicains, ce projet constituait en effet la base d’un effort de « rééquilibrage » américain dans la région la plus dynamique du globe. Le TPP avait pour principal objectif un endiguement subtil de la puissance économique de la Chine.
Après avoir placé en partie sa campagne sous le sceau de la lutte contre une concurrence internationale jugée biaisée, notamment chinoise, Donald Trump a pourtant décidé de retirer les Etats-Unis de cet accord multilatéral. Il s’est ainsi privé d’un outil efficace contre cette même puissance, qui permettait par ailleurs de réviser certaines dispositions de l’accord de libre-échange conclu par les Etats-Unis avec le Canada et le Mexique, aujourd’hui objet d’une âpre renégociation.

Crise historique
Le départ de Washington n’a en outre pas signé la mort du TPP. Il a été repris par les autres signataires, symboliquement au cours d’un sommet régional auquel assistait le président...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Les médias égyptiens et du Golfe saluent le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, soutenant que « le temps est venu de tailler les griffes de l’Iran ».
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La presse arabe entre approbation et rejet de la décision de Trump sur l’accord avec l’Iran

Les médias égyptiens et du Golfe saluent le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, soutenant que « le temps est venu de tailler les griffes de l’Iran ».



Le Monde
 |    09.05.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 15h42
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



   


Dans la presse arabe, les réactions à la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien oscillent sans surprise entre approbation et rejet, selon que le prisme de la publication est pro ou antiaméricain.
« Le temps est venu de corriger les erreurs de l’administration Obama, écrit le quotidien semi-officiel égyptien Al-Ahram. Le temps est venu de tailler les griffes de l’Iran, d’affaiblir ses relations avec la Russie et de neutraliser la Syrie et le Yémen, tout en préservant les énormes gains que les entreprises d’armement américaines ont réalisés en jouant sur l’épouvantail iranien. »
L’Egypte est un allié historique des Etats-Unis et son président, Abdel Fattah Al-Sissi, entretient d’excellents rapports avec Donald Trump. La relation bilatérale s’est réchauffée après le départ de Barack Obama, qui avait critiqué le renversement en 2013 de Mohamed Morsi, le président issu des Frères musulmans, par M. Sissi, alors ministre de la défense. Washington verse depuis des décennies une aide annuelle de 1,2 milliard de dollars à l’armée égyptienne, qui a été légèrement amputée l’année dernière.
« Le président américain a renversé la table sur tout le monde », peut-on lire au Liban dans le quotidien de gauche « Al-Akhbar », traditionnel pourfendeur des politiques américaines au Proche-Orient
Arab News, quotidien anglophone d’Arabie saoudite, où la presse est strictement sous contrôle, reproduit l’un des principaux arguments employés par les dirigeants de Riyad pour plaider leur cause contre Téhéran. « Au lieu d’utiliser les milliards de dollars que l’accord sur le nucléaire lui a offerts pour renforcer son économie, élever le niveau de vie de ses habitants et prospérer, le régime iranien a choisi de continuer à sponsoriser le terrorisme et à semer le trouble, de Téhéran à Tanger, écrit Faisal Abbas, directeur de la rédaction du titre. Paris et Londres n’aiment peut-être pas la décision de Trump, mais comment se sentiraient les Français et les Britanniques si leurs capitales se retrouvaient sous la menace directe des Iraniens ? »

Le quotidien Al-Ettihad, publié aux Emirats arabes unis, pays lui aussi privé de toute liberté d’expression, soutient que la décision de la Maison Blanche « corrige une situation qui était faussée depuis le début. L’Iran a interprété la signature de l’accord comme un feu vert pour imposer son contrôle sur la région et lâcher ses milices terroristes sur de nombreux pays arabes. »
A Beyrouth, le quotidien de gauche Al-Akhbar, traditionnel pourfendeur des politiques américaines au Proche-Orient, s’inquiète, au contraire, du fait que « le langage de l’escalade et des sanctions a remplacé le calme relatif qui régnait avec l’Iran. La trêve n’a pas duré plus de trois ans. Le président américain a renversé la table sur tout le monde. »
Dans un précédent éditorial, intitulé « Ce n’est pas le réveillon du Nouvel An », publié samedi 5 mai, à la veille des élections législatives libanaises, le directeur de la rédaction d’Al-Akhbar, Ibrahim Al-Amine, avait appelé ses lecteurs à se préparer pour une guerre de grande envergure, « une confrontation globale, un développement qui nous saisira tous, sans exception, l’un de ces prochains jours ».

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Le retour du « plus haut niveau de sanctions économiques » annoncé mardi par Donald Trump risque de fragiliser un peu plus le pays.
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Avec le retrait de l’accord sur le nucléaire, l’économie iranienne se prépare au pire

Le retour du « plus haut niveau de sanctions économiques » annoncé mardi par Donald Trump risque de fragiliser un peu plus le pays.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 15h50
    |

            Louis Imbert et 
Marie de Vergès








                        



« Nous sommes préparés. Si l’Amérique se retire de l’accord, notre économie ne sera pas impactée. » En prononçant ces mots à la télévision d’Etat, mardi 8 mai, qui espérait convaincre le gouverneur de la banque centrale iranienne, Valiollah Seif ? Quelques heures plus tard, les annonces du président américain Donald Trump signifiant le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et le rétablissement des sanctions vis-à-vis de Téhéran sonnaient comme le scénario du pire pour une économie iranienne déjà très fragilisée.

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En témoignent les mouvements erratiques du rial, en chute libre sous le coup des incertitudes créées par M. Trump. La devise iranienne, malmenée mardi, a perdu 50 % de sa valeur depuis fin 2017. Pour enrayer le mouvement, les autorités ont instauré, en avril, un contrôle des changes avec un taux fixe de 42 000 rials pour 1 dollar.

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Mais sur le marché noir, la glissade s’est poursuivie. Des estimations évaluent les sorties de capitaux entre 10 et 30 milliards de dollars (entre 8,4 et 25,2 milliards d’euros) au cours des quatre derniers mois, symptôme des craintes d’un effondrement de l’économie. 
L’Iran ne s’est jamais remis des années de crise. Les Iraniens ont les poches vides, l’appareil productif rouille
« Si les pressions à la baisse s’accentuent, ce qui est prévisible, les autorités vont-elles pouvoir tenir ? », s’interroge un analyste installé à Téhéran. La dépréciation de la monnaie risque d’alimenter l’inflation, déjà proche de 10 %, et l’exaspération d’une population qui estime avoir peu bénéficié de la levée des sanctions internationales depuis 2016.
Près de 30 % des jeunes sont au chômage
Il y a un malentendu autour de l’accord nucléaire : malgré deux ans de relative embellie économique, l’Iran ne s’est jamais remis des années de crise. Les Iraniens ont les poches vides, l’appareil productif rouille. Les ventes de pétrole libérées par l’accord ont bien apporté des devises, mais elles n’ont pas entraîné la création d’emplois en nombre suffisant pour absorber le million de jeunes rejoignant chaque année le marché du travail. Presque 30 % de la jeunesse demeure au chômage, selon le Fonds monétaire international.
« Les grands ajustements ne se matérialisent pas du jour au lendemain. L’économie aurait eu besoin de temps pour s’adapter au nouvel environnement et renouveler son tissu productif  », décrit Seltem Iyigun, économiste chez l’assureur-crédit Coface. Les entreprises étrangères sont revenues, mais timidement. Attirées par le potentiel peu exploité d’un pays de 80 millions d’habitants, mais à moitié rassurées après des années d’isolement de Téhéran.

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Une frilosité renforcée par le quasi-gel des flux financiers avec la république islamique : les grandes banques internationales ont choisi de se tenir à l’écart pour ne pas s’exposer à des risques juridiques aux Etats-Unis, alors que certaines sanctions américaines restaient en place.
Désormais, le retour du « plus haut niveau de sanctions économiques » annoncé par M. Trump risque de mettre un coup d’arrêt aux investissements et au commerce avec l’Europe. Bruxelles clame son intention de « préserver » l’accord nucléaire. Encore faudra-t-il convaincre les entreprises de jouer le jeu, surtout celles ayant des intérêts aux Etats-Unis.
Le secteur bancaire semble au bord de l’implosion
D’ores et déjà, le nouvel ambassadeur américain à Berlin, Richard Grenell, a sommé les entreprises allemandes de cesser leurs activités en Iran. La volte-face américaine devrait aussi peser durement sur le secteur pétrolier, qui avait été le principal gagnant de l’accord – ses exportations ont plus que doublé dans l’intervalle – et le moteur de la reprise.
Ces défis s’ajoutent à ceux qui perdurent sur le front intérieur. Le secteur bancaire, sous-capitalisé et lesté de créances douteuses, semble au bord de l’implosion. En cinq ans de pouvoir, le président Hassan Rohani a tenté d’assainir l’économie, tout en peinant à poursuivre sa politique de rigueur affichée, face à la résistance de corps d’Etat gourmands et à l’impopularité de ses coupes dans les aides publiques aux plus pauvres. Sa stratégie de croissance nationale misant sur le privé paraît peu prometteuse, au vu de la faiblesse du secteur, qui représente environ 20 % de l’économie iranienne.

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En accentuant le risque d’une dégradation, le retour des sanctions américaines fait craindre, au sein de l’Etat, la multiplication des mouvements de contestation qui ont gagné des dizaines de villes de province au tournant de l’année, et dont la répression a fait plus de 25 morts. Moins visibles et toujours disparates, des grèves se poursuivent : des professeurs à Yazd (centre), des métallos à Ahvaz (sud) et des employés du rail à Tabriz (nord-ouest)…
Comment se préparer au pire ? Dans une note récente, l’économiste Djavad Salehi-Isfahani estimait que les efforts d’ouverture économique du modéré Rohani pourraient être « brutalement interrompus » pour laisser place à une « économie de la résistance », tournée sur elle-même et étroitement pilotée par les autorités. Les mesures prises ces dernières semaines – contrôle des changes, rationnement des devises étrangères, limitation de certaines importations – pointent toutes dans cette direction.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ La décision de Donald Trump de rétablir les sanctions contre l’Iran concerne les entreprises américaines mais aussi celles en Europe qui avaient recommencé à commercer avec Téhéran.
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Des contrats de plusieurs milliards s’envolent avec les sanctions américaines contre l’Iran

La décision de Donald Trump de rétablir les sanctions contre l’Iran concerne les entreprises américaines mais aussi celles en Europe qui avaient recommencé à commercer avec Téhéran.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 00h07
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 14h52
   





                        



   


Outre les avionneurs américains Boeing et européen Airbus, le conglomérat industriel General Electric et les constructeurs automobiles allemands Volkswagen et franco-japonais Renault-Nissan pourraient être touchés par la décision des Etats-Unis de sortir de l’accord sur le nucléaire iranien, alors que les responsables américains ont insisté pour que les entreprises européennes se conforment aussi au rétablissement des sanctions.
Le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, a fait savoir que le rétablissement des sanctions américaines était effectif « immédiatement » pour les nouveaux contrats et que les entreprises déjà engagées en Iran auraient quelques mois pour en « sortir ». Selon le Trésor américain, le délai va de quatre-vingt-dix à cent quatre-vingt jours. Plusieurs entreprises avaient reçu après la signature de l’accord sur le programme nucléaire iranien en 2015 des licences spéciales ou l’accord du Trésor américain pour commercer avec l’Iran.
Les entreprises allemandes devraient cesser leurs activités en Iran « immédiatement », a ainsi demandé mardi l’ambassadeur américain en Allemagne. De son côté, l’Elysée a affirmé que les Européens allaient « tout faire pour protéger les intérêts » de leurs entreprises en Iran « en intervenant auprès de l’administration américaine » au niveau de l’Union européenne.
« Pas acceptable »
Le ministre de l’économie français, Bruno Le Maire, a estimé qu’il n’était « pas acceptable » que les Etats-Unis se placent en « gendarme économique de la planète », et a dénoncé une « erreur », tant sur le plan économique que du point de vue de la sécurité internationale.
« En deux ans, la France avait multiplié par trois son excédent commercial avec l’Iran », a-t-il précisé lors d’un entretien à France Culture. Or, si les entreprises étrangères ne se retirent pas de l’Iran elles pourraient être frappées par les mesures punitives leur barrant l’accès aux marchés éats-uniens, a noté le ministre.
Cela va « poser des difficultés à toutes les entreprises européennes qui ont des difficultés considérables économiques. Mais plus important encore que le problème économique, c’est le problème de principe, d’avoir des sanctions extraterritoriales », a-t-il dit.
Cette décision américaine pourrait notamment réduire la capacité de l’Iran à exporter du pétrole brut, sa principale source de revenus publics, et peser sur le marché mondial du pétrole. Mercredi, l’Arabie saoudite, premier pays exportateur mondial de pétrole, a fait savoir qu’elle prendrait toutes les mesures nécessaires pour empêcher des pénuries d’approvisionnement en pétrole.
Boeing et Airbus perdent des milliards
Certaines entreprises sont directement touchées, à hauteur de plusieurs milliards de dollars. Les contrats signés par Boeing et Airbus sont les plus importants, Téhéran souhaitant moderniser sa flotte vieillissante après des années d’isolement économique. Boeing et Iran Air, la compagnie nationale, avaient ainsi signé en décembre 2016 leur plus gros contrat depuis près de quarante ans, portant sur l’achat de 80 appareils d’une valeur de 16,6 milliards de dollars. Mais la livraison des premiers appareils, qui était prévue pour la fin de 2018, avait été reportée avant l’annonce de mardi.
L’avionneur américain avait également finalisé un contrat d’une valeur de 3 milliards de dollars portant sur la vente de 30 appareils 737 MAX à la compagnie aérienne iranienne Aseman. La livraison était prévue entre 2022 et 2024. Boeing avait alors expliqué que ces contrats allaient permettre de soutenir des « dizaines de milliers » d’emplois aux Etats-Unis mais a annoncé mardi qu’il se conformerait à la décision de la Maison Blanche de rétablir les sanctions.
De son côté, Airbus a enregistré des commandes de compagnies aériennes iraniennes (Iran Air Tour, Zagros Airlines) pour 100 avions, dont des A320neo, valorisés à près de 10 milliards de dollars.

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Usines aux Etats-Unis
L’avionneur européen a des usines aux Etats-Unis, et un nombre important de pièces installées dans ses appareils sont fabriquées sur le sol américain, ce qui le soumet automatiquement aux sanctions américaines. Dans l’ensemble, c’est un coup dur pour l’industrie aéronautique, car l’Iran aura besoin de 400 à 500 avions de ligne dans la prochaine décennie, estime l’Organisation iranienne de l’aviation civile.
Pour General Electric, plusieurs de ses filiales installées hors des Etats-Unis ont reçu des contrats totalisant des dizaines de millions de dollars pour l’exploitation des gisements gaziers et le développement des produits pétrochimiques.
La major pétrolière française Total, associée au groupe chinois CNPC, a signé un accord portant sur un investissement de 5 milliards de dollars pour exploiter le gisement South Pars mais avait prévenu que le maintien de cet accord dépendait de la position de Washington sur le nucléaire iranien.
Automobile et tourisme touchés
Le groupe automobile allemand Volkswagen a annoncé en 2017 qu’il allait recommencer à vendre des voitures en Iran, une première depuis dix-sept ans mais pourrait maintenant se voir obligé de choisir entre l’Iran et les Etats-Unis, deuxième marché automobile mondial où il est fortement implanté. Le français Renault, qui a vendu plus de 160 000 voitures en Iran l’an dernier, pourrait aussi être touché en raison de la présence aux Etats-Unis de Nissan.
Son compatriote PSA est déjà particulièrement bien implanté en Iran, où il a une part de marché de 30 %. Absent des Etats-Unis depuis 1991, PSA avait expliqué en janvier songer à lancer un service d’autopartage dans une ou deux villes américaines auquel il pourrait devoir renoncer.
Les compagnies aériennes British Airways et Lufthansa, qui avaient repris des vols directs vers Téhéran, vont devoir mettre fermer ces lignes si elles veulent continuer à opérer librement des vols transatlantiques. Il en va de même pour l’hôtelier français Accor, qui a ouvert un hôtel en Iran en 2015, de la chaîne espagnole Melia Hotels International et du groupe émirati Rotana Hotels, qui avaient fait part de leurs projets de s’implanter en Iran.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ L’opératrice du SAMU qui s’était moquée de la jeune femme a, par ailleurs, été suspendue mercredi « à titre conservatoire ».
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Une enquête préliminaire ouverte sur la mort d’une jeune Strasbourgeoise moquée par le SAMU

L’opératrice du SAMU qui s’était moquée de la jeune femme a, par ailleurs, été suspendue mercredi « à titre conservatoire ».



Le Monde
 |    09.05.2018 à 16h25
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 17h46
   





                        


Le parquet de Strasbourg a annoncé, mercredi 9 mai, l’ouverture d’une enquête préliminaire dans le cadre du décès, en décembre, de Naomi Musenga, 22 ans, prise en charge tardivement par les urgences, après avoir d’abord été moquée au téléphone par une opératrice du service d’aide médicale urgente (SAMU).
« J’ai ouvert une enquête préliminaire du chef de non-assistance à personne en péril et en ai confié l’exécution aux services de la direction régionale de la police judiciaire [DRPJ] Grand Est », a fait savoir la procureure de la République, Yolande Renzi. La sœur de Mme Musenga avait envoyé au parquet un courrier, reçu le 30 avril, selon lequel « elle souhaite déposer plainte et demande l’ouverture d’une enquête en lien avec le décès de sa sœur », précise le communiqué.
« L’intéressée met en cause les services du SAMU et les personnes ayant pris en charge les appels de Naomi Musenga le jour de son décès, estimant par ailleurs que les causes du décès demeurent floues, nonobstant les premiers résultats de l’autopsie médicale réalisée le 3 janvier 2018 », poursuit la procureure.

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Une opératrice du SAMU suspendue
Cette affaire a été révélée après la diffusion d’un enregistrement audio, il y a plusieurs jours, par le site d’information local alsacien Heb’di. On y entend Naomi Musenga qui, souffrant de fortes douleurs au ventre, contacte le SAMU. La jeune femme était seule à ce moment-là. Elle obtient alors une réponse moqueuse et dédaigneuse de l’opératrice, qui lui recommande d’appeler SOS-Médecins avant de raccrocher.
Au bout de cinq heures, Naomi parvient à joindre les urgences médicales qui avaient in fine déclenché l’intervention du SAMU. Victime d’un infarctus, elle est emmenée à l’hôpital puis transférée en réanimation, avant de mourir quelques heures plus tard d’une « défaillance multiviscérale sur choc hémorragique », selon le rapport d’autopsie.
Mercredi, la direction des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) a par ailleurs annoncé la suspension « à titre conservatoire » de l’opératrice du SAMU qui s’était moquée de la jeune femme.
Les HUS ont ouvert, début mai, une enquête administrative à la suite de ces révélations. La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé avoir demandé une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) « sur ces graves dysfonctionnements ».

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Sur la base d’un rapport qui lui a été remis mercredi, le gouvernement va entamer des discussions avec les élus locaux en vue d’affecter la taxe foncière aux communes.
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Finances locales : les pistes pour compenser la suppression de la taxe d’habitation

Sur la base d’un rapport qui lui a été remis mercredi, le gouvernement va entamer des discussions avec les élus locaux en vue d’affecter la taxe foncière aux communes.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 18h30
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 18h46
    |

            Patrick Roger et 
Audrey Tonnelier








                        



   


C’est la suite logique de l’annonce d’Emmanuel Macron, qui avait promis fin 2017 de supprimer, à l’horizon 2020, la taxe d’habitation (TH) pour les 20 % de foyers les plus aisés. Chargés par l’exécutif de revoir de fond en comble la fiscalité locale, le sénateur (LRM) du Val-d’Oise Alain Richard et l’ex-préfet Dominique Bur ont proposé plusieurs pistes pour compenser cette suppression totale de la TH, dans un rapport remis mercredi 9 mai au premier ministre Edouard Philippe.
L’enjeu est de taille. Déjà effective en trois fois (jusqu’en 2020) pour 80 % des Français, la fin de la TH pour les 20 % restants, qui ne figurait pas dans le programme d’Emmanuel Macron, avait été fortement suggérée par le Conseil constitutionnel. Mais comment la financer, tout en continuant à garantir aux communes des ressources pérennes ? Et ce, alors que le manque à gagner global pour elles est estimé, dans le rapport, à 26,3 milliards d’euros, à l’horizon 2020, dont 10 milliards pour la suppression des derniers 20 % de TH, non encore intégrés dans la trajectoire des finances publiques ?
Deux préconisations
Face à cette équation complexe, les 153 pages du rapport Richard-Bur identifient deux pistes principales. Première possibilité : attribuer la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB), aujourd’hui perçue par les départements, aux communes et intercommunalités, voire aux seules communes. Cela aurait pour avantage de remplacer un impôt local par un autre impôt local, en permettant ainsi aux élus de conserver leur « pouvoir de taux » (possibilité de fixer le taux d’un prélèvement et donc d’en faire varier les montants si nécessaires).
Dans ce cas, la taxe foncière perçue par les communes ne coïnciderait pas toujours parfaitement avec la TH perdue : il y aurait des gagnants (plutôt les communes rurales et les petites villes) et des perdants (grandes villes) et, donc, nécessité d’un mécanisme de compensation supplémentaire. Peu coûteux selon le rapport (600 millions d’euros pour les communes et 100 millions pour les intercommunalités), un tel dispositif serait toutefois complexe à l’échelle des quelque 36 000 communes. « On en reprend pour deux décennies de fonds de garantie et de péréquation des ressources », maugrée un bon connaisseur de la fiscalité locale.
Dans cette approche, les départements, alors privés des recettes de taxe foncière, devraient être compensés par une fraction d’un impôt national. La TVA et la CSG ont la préférence des rapporteurs, car ce sont des impôts à large assiette et dont les recettes sont corrélées avec l’activité économique – autrement dit, susceptibles d’augmenter fortement en période de dynamisme de la croissance, sur laquelle le gouvernement compte beaucoup. Toutefois, ils admettent que l’attribution d’une fraction de la CSG aux collectivités territoriales pourrait poser des problèmes juridiques et politiques.
Seconde piste imaginée par le rapport Richard-Bur : attribuer directement une part d’impôt national aux communes et intercommunalités. De quoi faire perdre leur pouvoir de taux aux maires, mais leur assurer des recettes parfois plus dynamiques…
Pas de nouvel impôt local ?
Contrairement à ce qui avait été un temps envisagé, le rapport exclut la création d’un nouvel impôt local. « Cette éventualité serait en effet contradictoire avec l’engagement pris récemment par le président de la République », indiquent ses auteurs. Cela constituait en effet une ligne rouge pour le gouvernement. « Il n’y aura pas de tour de passe-passe où l’on supprime des milliards pour aller les chercher ailleurs », avait réaffirmé Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, dans Le Parisien daté 27 avril.
En revanche, le rapport préconise le maintien de la taxation sur les résidences secondaires (2,3 milliards d’euros de recettes) et sur les logements vacants, car il s’agit de « ressources adaptée aux charges des communes touristiques et (…) destinées à réduire la sous-occupation de logements dans les espaces urbains tendus ».

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          Résidences secondaires : vers une hausse de la taxe d’habitation



Les auteurs détaillent également les grandes lignes d’une révision des valeurs locatives pour la taxe foncière, qui n’ont aujourd’hui plus grand-chose à voir avec la valeur des logements et donc les ressources des propriétaires. « L’engagement de cette révision dès 2018 produirait de nouvelles valeurs imposables en 2023 ou 2024 », estiment-ils. Cependant, les gouvernements successifs n’ont cessé, depuis des décennies, de renoncer à ce chantier, véritable Arlésienne de la fiscalité locale.
Enfin, la mission émet plusieurs propositions concernant à la fois l’encadrement « plus strict » des hausses de taux des impôts locaux décidées par les collectivités territoriales et la réforme de l’imposition des logements locatifs sociaux, qui sont actuellement exonérés de taxe foncière pendant les vingt-cinq années suivant leur construction. Elle suggère de remplacer ce mécanisme par une exonération de 50 % pendant cinquante ans pour les opérations futures de construction de logements sociaux.
Toutefois, il faudra bien financer les fameux 10 milliards d’euros supplémentaires qui ne seront plus collectés avec l’annonce de la suppression totale de la TH. A cet égard, les réponses suggérées dans le rapport ne manqueront pas de susciter de nouveaux débats. En effet, les auteurs préconisent de recourir soit aux « compléments de taxe foncière sur les propriétés bâties sur les logements vacants ou occupés temporairement », soit de poursuivre, « sous une autre forme », la taxation sur les résidences secondaires, soit de renoncer « à certains allégements fiscaux déjà intégrés à la trajectoire des finances publiques », ou de supprimer ou réduire certaines niches de TVA.
Le rapport précise qu’« une part substantielle de cette compensation devrait toutefois provenir de nouvelles mesures d’économie que l’Etat arrêtera dans le processus de modernisation aujourd’hui engagé ». Mais il estime dans le même temps « légitime de faire peser sur les 20 % de contribuables bénéficiaires de la suppression finale de la TH une partie au moins du coût budgétaire de cette réforme ». Or, c’est justement cette piste qu’a exclue Gérald Darmanin en accréditant dans Le Parisien l’idée d’un cadeau fiscal pour les plus aisés.
Trouver un compromis avant mi 2019
Que va-t-il désormais se passer ? « L’idée est plutôt de s’orienter vers la première proposition, mais sûrement avec quelques ajustements. Ce sera à voir durant la concertation [avec les élus locaux] », indique Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’action et des comptes publics. En effet, ce rapport n’est que le début d’une concertation, que mèneront Olivier Dussopt à Bercy et Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, à Beauvau. Une première discussion est prévue le 17 mai, dans le cadre de l’« instance de dialogue » de la Conférence nationale des territoires qui réunit l’Etat et les collectivités locales. Objectif : parvenir à un compromis d’ici au premier semestre 2019.
Mais les élus ne seront pas les seuls à devoir modifier leurs habitudes. « Si les propositions de la mission sont suivies, le transfert net de nouveaux produits d’impositions nationales vers les collectivités territoriales sera d’au moins 25 milliards d’euros », pointent les auteurs, qui soulignent que cela représentera un « effort à consentir par l’Etat, qui renoncerait ainsi à la croissance à venir de près de 10 % de ses propres recettes ». Ce qui ne manquera pas de poser de nouveau défis en matière de finances publiques. A Matignon, on explique déjà que la suppression totale de la TH pourrait « être étalée en 2020 et 2021 ».

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                Comment les taxes d’habitation et taxes foncières ont augmenté depuis dix ans






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Le tribunal de grande instance de Paris, saisi en référé par le producteur Paulo Branco, autorise la projection du film, samedi 19 mai.
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Cannes 2018 : « L’Homme qui tua Don Quichotte » pourra faire la clôture du Festival

Le tribunal de grande instance de Paris, saisi en référé par le producteur Paulo Branco, autorise la projection du film, samedi 19 mai.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 18h09
    |

            Guillaume Fraissard








                        



   


Le Festival de Cannes a gagné son bras de fer contre Paulo Branco. Le film du réalisateur britannique Terry Gilliam, L’Homme qui tua Don Quichotte, pourra bien être projeté en clôture de la manifestation cannoise, hors compétition, samedi 19 mai.
Le tribunal de grande instance de Paris examinait, depuis lundi 7 mai, une requête en référé de la part du producteur portugais et de sa société Alfama Films qui considérent que leurs « droits exclusifs » sur ce film ne sont pas respectés. Le TGI a finalement décidé, mercredi 9 mai, d’autoriser le Festival à montrer au public le film que l’ex-Monthy Python aura mis près de trente ans à réaliser.

        Lire le reportage :
         

          Sur le tournage de « L’Homme qui tua Don Quichotte »



Le 24 avril, l’avocat Juan Branco, fils de Paulo Branco, avait dénoncé « un passage en force » de la part de Thierry Frémaux et Pierre Lescure, le délégué général et le président du Festival, qui se sont clairement engagés en faveur du film.
Les festivaliers qui visionneront le film, samedi 19 mai, verront la mention suivante avant le générique : « La projection du film The Man Who Killed Don Quixote lors de cette séance de clôture du Festival international du film ne préjuge en rien des droits revendiqués [par Alfama], qui font l’objet de procédures judiciaires en cours ».

        Lire le portrait :
         

          Paulo Branco, l’homme qui voulait faire revivre Don Quichotte



« L’ego de monsieur Gilliam et de monsieur Frémaux »
Lors d’une conférence de presse, qui s’est tenue sur le stand de sa société au sous-sol du Palais des festivals, Paulo Branco a fait savoir qu’il ne ferait pas appel de la décision mais se réserve le droit d’attaquer le Festival de Cannes pour les préjudices que pourraient coûter cette projection à Alfama Films.
Il a ajouté que cette décision ne règle en rien « le fond » du litige entre Alfama Films, Terry Gilliam, ses producteurs (RPC, Kinology, Entre Chien et Loup et Tornasol) et son diffuseur (Océan Films). Paulo Branco estime que la décision du jour ne concerne que « l’ego de monsieur Gilliam et de monsieur Frémaux ».

Saisie sur le fond, la justice française rendra un jugement en appel le 15 juin. En première instance, en mai 2017, le TGI s’est prononcé en faveur de M. Branco sur le fait que la rupture du contrat entre Terry Gilliam et son producteur n’était pas justifiée.
Cette rupture était survenue en août 2016 à l’initiative du réalisateur qui estimait que les conditions imposées par M. Branco ne lui permettaient pas de monter le film qu’il portait depuis si longtemps. Et c’est là que se niche le nœud de cet incroyable imbroglio juridique, comme l’avait révélé Le Monde le 3 avril.

        Lire l’enquête :
         

          Pour « Don Quichotte », le projet fou de Terry Gilliam, la malédiction continue



Contrat toujours valide
Pour la défense de Paulo Branco, le contrat entre les deux parties est donc toujours valide, et les droits qui y sont associés, également. « J’ai engagé plus de 700 000 euros pour que ce film existe, je veux que ma place de producteur soit reconnue », estime Paulo Branco.
Les producteurs et le distributeur du film estiment, au contraire, que M. Branco « n’est pas et ne sera jamais le producteur [du] film ».

        Lire le compte-rendu :
         

          « Don Quichotte » verra-t-il la Croisette ?



Reste la question de la sortie en salle de L’Homme qui tua Don Quichotte, prévue également le 19 mai. Le CNC qui doit délivrer un visa d’exploitation pour le film attendait la décision de la justice.
Si pour Paulo Branco, « le film ne sortira pas, car la chaîne des droits n’est pas respectée », la projection cannoise est une étape importante pour la carrière commerciale du film.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Les enfants prépubères sont aussi résistants à un effort physique intense que des adultes avec un niveau national en course de fond, triathlon ou cyclisme.
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Les enfants sont plus endurants que des athlètes

Les enfants prépubères sont aussi résistants à un effort physique intense que des adultes avec un niveau national en course de fond, triathlon ou cyclisme.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 17h00
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. « Maman, je suis fatigué. » La prochaine fois que Junior tentera cet argument pour échapper à une balade familiale à vélo ou un parcours santé, vous pourrez le contrer sans état d’âme, arguments scientifiques à l’appui. Des chercheurs viennent en effet de démontrer que les enfants prépubères sont aussi résistants à un effort physique intense que des adultes avec un niveau national en course de fond, triathlon ou cyclisme. Plus impressionnant encore, ces marmots récupèrent plus rapidement que des athlètes qui s’entraînent six fois par semaine.
Ces résultats ont été publiés le 24 avril dans la revue Frontiers in Physiology par une équipe dirigée par Sébastien Ratel, enseignant-chercheur en physiologie de l’exercice à l’Université Clermont-Auvergne.
C’est une évidence pour bien des parents : leurs enfants sont plus endurants qu’eux. Et la science le confirme. Depuis vingt ans, des travaux – principalement menés par M. Ratel – ont établi que les jeunes enfants (prépubères) fatiguent moins que des adultes non entraînés lors d’exercices physiques intenses et répétés, tels des sprints à vélo ou des courses à pied de courte distance. Mais qu’en est-il si on les compare à des athlètes de haut niveau ?
Récupération rapide
Pour pousser jusqu’au bout la démonstration, les chercheurs français et Anthony Blazevich (Université Edith-Cowan, Australie) ont constitué trois groupes de volontaires, tous de sexe masculin : douze garçons prépubères de 8 à 12 ans, douze adultes non entraînés d’une vingtaine d’années, et treize athlètes d’endurance dans la même tranche d’âge. Dans les deux premiers groupes, le niveau d’activité physique ne dépassait pas quatre heures par semaine. Les membres du troisième groupe étaient, eux, inscrits dans un club d’athlétisme, de cyclisme ou de triathlon et s’entraînaient six fois par semaine. Ils n’étaient pas marathoniens.
Tous ont été soumis à deux tests, sur un vélo...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, est reparti de Pyongyang avec trois Américains jusqu’ici détenus par le régime de Kim Jong-un.
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Donald Trump annonce la libération de trois Américains détenus en Corée du Nord

Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, est reparti de Pyongyang avec trois Américains jusqu’ici détenus par le régime de Kim Jong-un.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 15h31
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 18h45
   





                        



   


Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a annoncé mercredi 9 mai la libération des trois Américains qui étaient détenus par la Corée du Nord, précisant qu’ils étaient en route vers les Etats-Unis.

I am pleased to inform you that Secretary of State Mike Pompeo is in the air and on his way back from North Korea w… https://t.co/JZgZqFDWx2— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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« Je suis ravi de vous informer que le secrétaire d’Etat Mike Pompeo est dans les airs de retour de Corée du Nord avec trois merveilleux messieurs que tout le monde a hâte de rencontrer. Ils semblent être en bonne santé. »
Il a ajouté que le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait eu « une bonne rencontre » avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Il a réaffirmé, comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises, que la date et le lieu de sa rencontre à venir avec ce dernier avaient été fixés. Donald Trump a ajouté dans un autre tweet qu’il accueillerait les trois Américains à leur arrivée à la base d’Andrews, près de Washington, jeudi à 2 heures (8 heures, heure de Paris).

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« Actes criminels d’hostilité ayant pour but de renverser le régime »
Kim Hak-song travaillait pour l’Université des sciences et de la technologie de Pyongyang (USTP) lors de son arrestation en mai 2017. Il avait été arrêté à la gare de Pyongyang alors qu’il montait dans un train pour rentrer chez lui, dans la ville frontalière chinoise de Dandong, sous l’accusation d’avoir commis des « actes hostiles » contre le gouvernement.
Kim Sang-duk, également connu sous le nom de Tony Kim, avait été arrêté en avril 2017 pour « actes criminels d’hostilité ayant pour but de renverser le régime », sans que soient détaillés les actes reprochés. Interpellé au principal aéroport de Pyongyang, il s’apprêtait à quitter le pays après y avoir enseigné pendant plusieurs semaines. Il travaillait également pour l’USTP.
Kim Dong-chul, un homme d’affaires et pasteur âgé d’une soixantaine d’années, a pour sa part été condamné en avril 2016 à dix ans de travaux forcés après son arrestation pour subversion et espionnage.
La Corée du Nord a, par le passé, arrêté des Américains, dont la plupart ont été relâchés par le Nord après l’intervention de personnalités. L’ancien président Bill Clinton avait ainsi fait le voyage à Pyongyang en 2009 pour obtenir la libération de deux journalistes condamnées à douze ans de travaux forcés pour avoir franchi illégalement la frontière.
Une victoire pour Donald Trump
La libération des trois derniers Américains détenus en Corée du Nord constitue une victoire pour M. Trump à l’approche de sa rencontre dans les prochaines semaines avec M. Kim. Le sommet suscite des critiques d’observateurs. Ils font valoir que le régime évoque jusqu’à présent un objectif global de dénucléarisation de la péninsule sans pour le moment s’être engagé sur un démantèlement « complet, vérifiable et irréversible » sous un calendrier rapide, comme l’exige la diplomatie américaine et qu’en acceptant de rencontrer Kim Jong-un, M. Trump donne au régime légitimité internationale et respectabilité.
Dans ce contexte, les réactions des familles sont une aubaine pour M. Trump qui peut d’ores et déjà se targuer d’avoir obtenu des concessions de Pyongyang. « Nous voulons aussi remercier le président pour s’être adressé directement à la Corée du Nord », écrit celle de Tony Kim dans un communiqué.
Le cas Otto Warmbier
Le sort des trois hommes libérés contraste avec celui d’Otto Warmbier, un étudiant américain transféré le 13 juin 2017 par la République populaire démocratique de Corée vers les Etats-Unis dans le coma et décédé sur le sol américain une semaine plus tard. Le jeune homme avait été arrêté dix-sept mois plus tôt pour avoir tenté, ivre, de dérober une banderole de propagande dans un hôtel de Pyongyang.
La Corée du Nord soutient que M. Warmbier était atteint de botulisme et qu’il ne s’est jamais réveillé après avoir pris un somnifère, une version contredite par des médecins américains. Le père de l’étudiant, Fred Warmbier, accuse toujours Pyongyang d’avoir « terrorisé et brutalisé son fils ».
M. Trump avait vu dans cette affaire une illustration de la « brutalité » du régime qui ne respecte pas « l’état de droit ou la décence humaine essentielle ».
En les libérant, la Corée du Nord donne un gage très attendu à M. Trump ainsi qu’à M. Pompeo, qui fait ses premiers pas dans la diplomatie après avoir été partisan de la ligne dure face à la Corée du Nord à la tête de la CIA. La Maison Blanche y voit un « geste de bonne volonté positif ».
A l’automne dernier encore, le président américain moquait les efforts de son homologue sud-coréen, Moon Jae-in en faveur du dialogue avec le Nord. Mais tout a changé depuis qu’il a réalisé que ce dernier pouvait potentiellement lui apporter une victoire diplomatique. Fin avril, M. Trump qualifiait cette fois Kim Jong-un d’homme « très ouvert » et « très honorable ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ La filiale de Volkswagen a interrompu la livraison de certains véhicules, après avoir découvert des irrégularités sur des moteurs.
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« Dieselgate » : Audi soupçonnée de continuer à installer des logiciels trompeurs dans ses véhicules

La filiale de Volkswagen a interrompu la livraison de certains véhicules, après avoir découvert des irrégularités sur des moteurs.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 16h32
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Deux ans et demi après le déclenchement du « dieselgate », Volkswagen (VW) n’a toujours pas fait le ménage dans son passé. Une fois de plus, c’est sa filiale Audi qui est au cœur du scandale. L’office fédéral allemand pour la circulation des véhicules à moteurs (KBA) soupçonne la marque de continuer à installer des logiciels trompeurs dans ses voitures récentes. Mardi 8 mai, il a ordonné une enquête contre certains véhicules diesel du constructeur, qui pourraient être équipés d’un logiciel illégal d’un genre nouveau. En début d’après-midi, Audi a reconnu avoir interrompu les livraisons de deux modèles diesel récents, pour vérifier « des anomalies dans le logiciel du moteur ».
En tout, 60 000 véhicules sont concernés dans le monde, dont 33 000 en Allemagne. Il s’agit des berlines de type A6 et A7 équipées de moteurs V6 TDI, a précisé le ministère des transports. Ces voitures sont soupçonnées de contenir un logiciel programmé pour désactiver le système de dépollution du moteur dans certaines situations.
Les deux modèles concernés sont équipés des systèmes de traitement des gaz d’échappement les plus récents : un filtre dit « SCR » (réduction catalytique sélective), qui transforme les émissions d’oxydes d’azote (NOx) en vapeur d’eau et d’azote inoffensifs, grâce à l’aspersion d’AdBlue, un liquide à base d’urée. La réaction chimique ainsi provoquée permet de piéger une grande partie des émissions de NOx… à condition d’injecter suffisamment de liquide à l’échappement. Et donc d’en transporter une quantité importante ou de passer régulièrement faire le plein.

C’est bien le point qui a sans doute influencé les programmeurs du logiciel incriminé. Pour que le conducteur n’ait pas à remplir lui-même le réservoir d’AdBlue, mais puisse en laisser le soin au garagiste, Audi aurait fortement réduit les quantités de liquide injectées à partir de 2 400 kilomètres avant de devoir refaire le plein d’ABlue.
Durant cette phase, le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le ministère des affaires étrangères a pris cette décision en raison du refus de Moroni de laisser rentrer sur leur territoire les citoyens comoriens refoulés de Mayotte.
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La France a suspendu ses visas aux Comoriens

Le ministère des affaires étrangères a pris cette décision en raison du refus de Moroni de laisser rentrer sur leur territoire les citoyens comoriens refoulés de Mayotte.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 17h25
   





                        


La France a suspendu la délivrance de visas aux ressortissants comoriens, en raison du refus de Moroni de laisser rentrer sur leur territoire les citoyens comoriens refoulés de Mayotte, a-t-on appris, mercredi 9 mai, auprès du ministère des affaires étrangères.
« Face au blocage que nous avons pu constater sur la réadmission et face à la poursuite des arrivées de migrants irréguliers à Mayotte, nous avons décidé de suspendre la délivrance des visas pour les Comoriens vers la France depuis le 4 mai dernier, jusqu’à nouvel ordre », a précisé le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, devant l’Assemblée nationale.

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Cette suspension, qui concerne les visas à destination de la France métropolitaine ainsi que ses départements d’outre-mer, intervient après que Paris a publiquement condamné la décision prise le 21 mars dernier par Moroni d’interdire les reconduites des Comoriens entrés illégalement à Mayotte, île française de l’océan Indien.
« Ces pratiques ne sont pas acceptables », a martelé M. Le Drian. « Ceci n’empêche pas la discussion et le dialogue avec les autorités comoriennes », afin de « lutter conjointement et efficacement contre les filières d’immigration illégale et que nous puissions aboutir à des actions concrètes de développement aux Comores », a ajouté le ministre.
Tensions
Les autorités françaises ont multiplié dernièrement les expulsions vers leur île d’origine de Comoriens sans papiers arrivés sur Mayotte. Moroni a riposté en refusant de laisser rentrer sur son territoire ses citoyens refoulés, tout en promettant un renforcement des mesures de sécurité sur l’île d’Anjouan, principal point de départ des immigrants clandestins vers Mayotte, notamment pour « traquer » les passeurs. Le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, s’était rendu mi-avril aux Comores pour tenter d’apaiser les tensions.

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Composées de quatre îles (Grande-Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte), les Comores se sont prononcées par référendum pour leur indépendance de Paris en 1975. Mais les habitants de Mayotte ayant voté pour le maintien dans le giron de la France, Paris avait décidé que l’île deviendrait une collectivité territoriale, au grand dam de Moroni et malgré plusieurs résolutions des Nations unies. A cet égard, Jean-Yves le Drian a réaffirmé que la rumeur sur un projet de communauté de l’archipel des Comores était « sans fondement ». « Nous ne transigerons pas sur le statut de Mayotte au sein de la République française », a-t-il insisté.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Selon leur document préparatoire, la question posée serait : « Etes-vous pour ou contre la réforme que veut imposer le gouvernement ? »
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Les syndicats de cheminots préparent un référendum sur la réforme à la SNCF

Selon leur document préparatoire, la question posée serait : « Etes-vous pour ou contre la réforme que veut imposer le gouvernement ? »



Le Monde
 |    09.05.2018 à 13h26
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 14h28
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Les péripéties d’Air France ont manifestement donné des idées aux syndicats de cheminots. Alors que le seizième jour de grève contre la réforme ferroviaire, mercredi 9 mai, perturbe toujours fortement la circulation des trains, les organisations syndicales de la SNCF préparent un référendum interne à l’entreprise. Le Monde a eu accès à un document préparatoire daté du 7 mai détaillant la future « mise en œuvre du référendum d’initiative cheminote CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT à la SNCF ».
La question posée à tous les cheminots actifs, ainsi qu’au personnel des comités d’établissement et du comité central d’entreprise serait ainsi rédigée : « Etes-vous pour ou contre la réforme que veut imposer le gouvernement ? » Les votants pourront cocher l’une des deux cases, « pour » ou « contre ».
Selon le document, la consultation se tiendra du lundi 14 mai à 10 heures au lundi 21 mai à 10 heures ; ce qui permettrait aux organisations syndicales d’arriver au prochain rendez-vous avec le premier ministre, Edouard Philippe, les 24 et 25 mai, avec des résultats et – espèrent les militants – une forme de légitimation du mouvement par les salariés eux-mêmes.

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La direction ne cautionne pas cette initiative
Comment sera organisé le vote ? « Les organisations syndicales régionales CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT établiront ensemble une liste des urnes fixes (…) accessibles lors des AG et d’urnes mobiles permettant d’alimenter celles-ci en allant à la rencontre des non-grévistes », précise l’intersyndicale.
Afin de garantir le sérieux du référendum, des listes nominatives d’émargement seront établies. « Les organisations syndicales s’engagent à respecter la confidentialité du vote en ne publiant pas les listes d’émargement et en les détruisant à la fin du vote », précise toutefois le document.
L’idée est de ne pas effrayer les agents SNCF non grévistes ou peu militants afin de maximiser le nombre de votants. « La légitimité de ce référendum se jugera sur une participation massive », conclut le document.

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Contrairement à Air France, où la direction avait organisé un référendum, à la SNCF la direction ne cautionne pas cette initiative, considérant que le sujet est principalement législatif. « Les cheminots sont bien évidemment concernés par la réforme, déclare au Monde Guillaume Pepy, le président de la SNCF. Mais celle-ci touche tous les Français. C’est donc à leurs représentants élus de se prononcer. Personne ne peut leur confisquer ce débat. »
« L’objectif est d’obtenir la tête de Pepy »
L’intersyndicale, qui se réunit mercredi 9 mai en soirée, devrait débattre de ce projet. La CGT, à l’origine de l’idée, et SUD-Rail y sont favorables. « L’objectif est d’obtenir la tête de Pepy, reconnaît sans ambages un des négociateurs syndicaux. La place est libre à Air France, nous allons le pousser à postuler. » 
Côté UNSA, syndicat dit « réformiste », la tonalité est différente : « Il y a du pour et du contre, dit un responsable. On n’est pas dans le cas d’Air France où tout le monde votait. Ici on sait qui va s’exprimer : ce sont surtout les convaincus. Cela relativise la pertinence de l’initiative. Mais si le soutien au référendum permet de fortifier l’unité syndicale… »
Les instances dirigeantes de l’UNSA devaient se prononcer officiellement sur ce sujet, mercredi 9 mai, dans le courant de l’après-midi. Contactés, les dirigeant de la CFDT n’ont, à ce stade, pas répondu à nos sollicitations.

Notre sélection d’articles pour comprendre la réforme de la SNCF
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr concernant le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » présenté par le gouvernement, et ses conséquences :
la synthèse pour tout comprendre à la réforme en 9 pointsles explications : que signifie l’ouverture de la SNCF à la concurrence ?en données : effectif, statut, rémunération, trois questions sur les cheminotsle point sur le supposé service minimumle panorama : comment l’ouverture du rail à la concurrence s’est faite en Europeles explications en cinq points sur la dette de la SNCFl’état des lieux sur la retraite des cheminots, un régime spécial déficitaireles cinq pistes pour une sortie de criseles détails du calendrier des perturbationsle moteur de recherche pour savoir si votre ligne s’est dégradée au fil du temps





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Le conseil des ministres a décidé de saisir la Cour constitutionnelle pour qu’elle annule une loi qui permettrait d’investir en son absence l’ex-président.
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Madrid barre la route à une réélection de Puigdemont à la tête de la Catalogne

Le conseil des ministres a décidé de saisir la Cour constitutionnelle pour qu’elle annule une loi qui permettrait d’investir en son absence l’ex-président.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 15h37
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 17h18
   





                        



   


Nouveau rebondissement dans le feuilleton qui déchire l’Espagne et la Catalogne depuis des mois. Le gouvernement espagnol est intervenu, mercredi 9 mai, pour barrer la route à une réélection de l’ex-président indépendantiste de Catalogne Carles Puigdemont à la tête de l’exécutif régional.
Le conseil des ministres a décidé de saisir la Cour constitutionnelle pour qu’elle annule une loi, votée la semaine dernière au Parlement catalan, qui permettrait d’investir en son absence l’ex-président, qui attend en Allemagne une éventuelle extradition vers l’Espagne qui veut le juger pour « rébellion ». « Aucun candidat à la présidence de la Generalitat ne peut être investi sans être présent au Parlement de Catalogne », a-t-il expliqué. Dès lors que la Cour constitutionnelle, qui avait déjà interdit une investiture en l’absence du candidat, acceptera d’examiner le recours, le texte sera suspendu, a rappelé le porte-parole.
Les indépendantistes ont remporté les élections régionales en décembre, mais s’ils n’élisent pas un nouveau président d’ici au 22 mai, les Catalans seront automatiquement rappelés aux urnes.
Les partisans de Carles Puigdemont avaient annoncé, samedi, leur intention de tenter une dernière fois d’investir l’ex-président, après une première tentative fin janvier, bloquée par la justice. Mais ils ont reconnu que s’ils n’y parvenaient pas, ils présenteraient une candidature alternative pour débloquer la situation, près de huit mois après la mise sous tutelle de la Catalogne par le gouvernement central.

        Chronologie :
         

          De la destitution à l’arrestation de Puigdemont, retour sur les moments forts de la crise catalane



« Jouer les victimes »
Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, avait annoncé, dans la matinée, ce recours contre la loi votée vendredi par les indépendantistes, malgré l’avis défavorable des juristes du parlement régional.
« Nous allons contester une décision qui permet qu’un fugitif, vivant à l’étranger, puisse être investi. (…) C’est absurde », avait-il déclaré. Les indépendantistes catalans n’ont jusqu’ici proposé à la présidence de la région que des candidats dont la justice a bloqué l’investiture.
Leurs adversaires les accusent de présenter délibérément des candidatures inéligibles pour « jouer les victimes ». « Ce n’est de la faute ni de l’Etat, ni du gouvernement, ni des juges, ni de cette chambre, si vous êtes incapables de former un gouvernement », a lancé Mariano Rajoy à un élu indépendantiste au Sénat.
Pour les séparatistes, les poursuites pour rébellion de la Cour suprême, passibles de trente ans de prison, sont injustifiées et les neuf indépendantistes en détention provisoire sont des « prisonniers politiques ».
Outre M. Puigdemont, qui s’était réfugié en Belgique après la tentative de sécession, ils ont proposé Jordi Sanchez et Jordi Turull, incarcérés. La justice a refusé de les laisser sortir de prison pour se présenter à un débat d’investiture.

        Lire aussi :
         

                En Catalogne, Carles Puigdemont divise les indépendantistes



Tous sont poursuivis pour « rébellion » pour leur rôle dans la tentative de sécession du 27 octobre. Le gouvernement central avait placé dans la foulée la Catalogne sous administration directe, destitué M. Puigdemont et son gouvernement et convoqué des élections anticipées en décembre.
Carles Puigdemont, qui avait mené campagne pour la « restitution du gouvernement légitime » de la Catalogne, avait remporté une victoire surprise et les indépendantistes avaient conservé leur majorité absolue au Parlement catalan. Les indépendantistes n’ont, pour l’heure, pas dévoilé l’identité du candidat alternatif qui permettrait de débloquer la situation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ L’ancien directeur du Collectif contre l’islamophobie en France annonce dans une tribune au « Monde » sa volonté d’organiser une consultation des Français musulmans pour penser de nouvelles institutions cultuelles.
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Marwan Muhammad : « Il est temps de consulter les musulmans sur l’organisation de leur religion »

L’ancien directeur du Collectif contre l’islamophobie en France annonce dans une tribune au « Monde » sa volonté d’organiser une consultation des Français musulmans pour penser de nouvelles institutions cultuelles.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 09h32
    |

Marwan Muhammad (essayiste et ancien directeur du Collectif contre l’islamophobie en France)







                        



                                


                            
Tribune. J’observe depuis mon jeune âge la manière dont les musulmans sont traités. Je vois les réussites, les élans de solidarité mais aussi les épreuves. Je vois la richesse, la diversité et la vitalité des communautés musulmanes. Je vois le courage et l’endurance de ces millions de personnes qui, chaque jour, œuvrent à leur échelle pour accomplir leur part du beau projet qu’est notre pays, mais je vois aussi la condition sociale et politique à laquelle ils sont assignés.
Les présidents et les gouvernements se succèdent, mais le constat demeure : la façon dont l’Etat se comporte avec les citoyens de confession musulmane reste bloquée dans un autre temps, dans un autre siècle. Cette relation est faite le plus souvent de contrôle et d’injonctions, lorsqu’elle ne bascule pas explicitement dans la mise en cause, que ce soit sur des questions de sécurité, d’identité ou de laïcité, des notions trop souvent dévoyées de leur sens initial pour en faire des instruments d’exclusion.
Face à cela, les musulmans sont sans cesse sommés de donner des gages de citoyenneté, alors même qu’ils participent déjà activement à notre société et définissent par leurs idées et leurs actes une part de ce à quoi ressemble notre pays. Ils le font vivre et le vivent eux-mêmes, comme tous nos concitoyens.
L’interminable déshérence du CFCM
Après plusieurs générations, les musulmans n’ont toujours pas d’instance représentative d’ampleur nationale qui soit à la hauteur des enjeux de notre temps. Dans les régions, le constat est différent : il y existe des dynamiques beaucoup plus ancrées et plurielles, au plus près des communautés locales. Mais, sur le plan national, la paralysie est totale et le débat inexistant, alors même que c’est à ce niveau que se discutent des questions d’importance, qui affectent l’organisation et la condition des musulmans. L’interminable déshérence du Conseil français du culte musulman (CFCM) n’en est qu’une triste...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ L’OM n’a reçu que 11 566 places pour le match contre l’Atlético Madrid et doit gérer une pénurie auprès de ses supporteurs, partenaires et salariés.
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A Marseille, la quête des billets pour la finale de Ligue Europa tourne à la frustration

L’OM n’a reçu que 11 566 places pour le match contre l’Atlético Madrid et doit gérer une pénurie auprès de ses supporteurs, partenaires et salariés.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 13h59
    |

                            Gilles Rof








                        



   


Après l’euphorie, la frustration. Enivrés par la qualification de leur équipe pour la finale de la Ligue Europa, mercredi 16 mai à Lyon contre l’Atlético Madrid, les supporteurs de l’Olympique de Marseille ont soudain compris qu’ils ne pourraient pas tous vivre le match de l’année. « Tout le monde cherche des billets, c’est du délire », constate un responsable ultra, assuré, lui, d’avoir son sésame. Sur les réseaux sociaux, tous ceux qui de près ou de loin sont liés à l’OM – sponsors, journalistes, supporteurs médiatisés… – sont harcelés. « J’ai mis mon téléphone de côté, je ne réponds plus qu’aux numéros que je connais », glisse un salarié du club.
Comme son adversaire madrilène, dont les supporteurs protestent eux aussi sur les réseaux sociaux, l’OM n’a reçu que 11 566 places de la part de l’Union européenne de football (UEFA), organisatrice de la rencontre et de la compétition. Une dotation extrêmement faible pour un club qui compte 33 000 abonnés et a joué à guichets fermés ses deux derniers matchs européens à domicile, avec plus de 60 000 spectateurs. Le club de supporteurs Marseille Trop Puissant évoque « une honte ». Son homologue des South Winners dénonce « un scandale », fustige la volonté de l’UEFA de « se démarquer du foot populaire » et rappelle qu’en 1993 à Munich, pour la finale de la ligue des Champions 1993 contre le Milan AC, 25 000 Marseillais étaient dans le stade (1-0).

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« Il nous aurait fallu un quota deux fois plus important »
A l’OM, on se garde de charger l’instance européenne, mais on s’interroge sur la méthode de commercialisation des billets de la finale, très en amont de l’événement. Et sur la part conservée pour les finalistes, dans un Groupama Stadium qui compte 57 000 sièges. « Le fait que cela se passe à Lyon, à trois heures de voiture, a fait exploser la demande, note-t-on à la communication de l’OM. Il nous aurait fallu un quota deux fois plus important pour gérer correctement la situation. De l’ordre de ceux que nous recevons pour une finale de coupe de France ou de coupe de la Ligue. »
L’OM a géré la pénurie en privilégiant ses plus fidèles supporteurs. Sept mille neuf cents billets – à 45 et 65 euros – ont été attribués aux associations qui animent toute la saison les virages du Vélodrome et représentent… près de 24 000 abonnés. Cette semaine, Ultras, South Winners, Yankees ou Fanatics serviront d’abord leurs adhérents les plus actifs, qui aident aux tifos, participent aux déplacements. Soit quelques centaines de personnes. « Ceux qui sont allés à Salzbourg pour la demi-finale sont prioritaires », assure Marc, abonné des Dodgers, aujourd’hui encore plus content d’avoir fait le déplacement en Autriche. D’autres ont prévu d’attendre toute la nuit devant les locaux de leur association. Sans certitude.
Seule note d’humour dans cette situation tendue, les South Winners ont proposé, mardi, d’offrir deux places à l’ancien olympien Benjamin Mendy, aujourd’hui à Manchester City. Un ex de la maison menacé de poursuites par l’Olympique lyonnais pour avoir repris, sur Twitter, le chant viral des supporteurs marseillais menaçant de « tout casser » dans le stade rhodanien.
« Ne nous demandez pas des places… nous n’en avons même pas assez pour nos familles »
L’espoir, en revanche, est déjà passé pour une bonne partie des abonnés des autres tribunes du Vélodrome. L’OM a organisé à leur intention un tirage au sort lundi 7 mai sur son site Internet. « Je me suis inscrit. On m’a demandé mon numéro d’abonné, ma carte d’identité… Je n’ai pas eu de nouvelles. C’est mort », témoigne, dépité, Nicolas, assidu au Stade-Vélodrome depuis 2010. Les près de 2 000 chanceux devront, eux, sans faute, se déplacer personnellement, jeudi 10 mai avant midi pour récupérer leur ticket à la billetterie du Stade-Vélodrome.
« Ne nous demandez pas des places… nous n’en n’avons même pas assez pour nos familles », a prévenu, mi-amusé, mi-agacé, Rudi Garcia, l’entraîneur de l’Olympique de Marseille mardi en conférence de presse. « J’en ai pour mes proches, mes amis, et puis c’est tout », complète le jeune milieu de terrain Maxime Lopez, Marseillais d’origine, qui reconnaît que les demandes ont saturé son téléphone. Comme les autres, les joueurs de l’OM ont été rationnés. « Deux invitations et quatre places à acheter par personne. Soit 300 places pour l’ensemble du groupe professionnel, staff compris », précise le club. Dans les autres services, au centre de formation, comme chez les féminines, chaque salarié olympien a reçu une invitation et s’est vu proposer une seconde place payante. L’OM a également acheté deux loges, pour accueillir son actionnaire, l’Américain Frank McCourt, qui, lui, ne ratera pas l’événement.
Comme pour la demi-finale retour, la municipalité marseillaise transformera une partie du Stade-Vélodrome en fan-zone, permettant à plus de 20 000 supporteurs de suivre gratuitement le match. Les frustrés de la finale auront, au moins, l’opportunité de vivre une messe collective. Piètre consolation.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ La branche Uber Elevate planche sur des appareils électriques à mi-chemin entre drone et hélicoptère. Mais la plate-forme de VTC devra obtenir le feu vert des autorités américaines.
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Uber rêve de faire décoller ses taxis volants en 2023

La branche Uber Elevate planche sur des appareils électriques à mi-chemin entre drone et hélicoptère. Mais la plate-forme de VTC devra obtenir le feu vert des autorités américaines.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h11
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



   


Quatre passagers, une vitesse comprise entre 240 et 320 kilomètres par heure et des « vertiports » capables de gérer plusieurs centaines de décollages et d’atterrissages par heure. Mardi 8 mai, en ouverture d’une conférence organisée à Los Angeles (Californie), Uber a apporté davantage de détails sur son projet de taxis volants. Et réaffirmé son objectif : lancer un service commercial en 2023. « C’est ambitieux, reconnaît Eric Allison, le responsable de la division Uber Elevate. Mais pas irréaliste. »
Pour tenir ses promesses, la plate-forme américaine de voitures de transport avec chauffeur (VTC) multiplie les initiatives. Elle collabore avec des industriels pour concevoir ces appareils entièrement électriques, à mi-chemin entre des hélicoptères et des drones. Elle développe aussi un nouveau design de batterie lithium-ion. Uber conçoit par ailleurs un système entièrement informatisé de contrôle aérien et un nouvel algorithme pour coordonner taxis volants et voitures.
Mais l’entreprise, qui prévoit de lancer des phases de test en 2020, à Los Angeles, à Dallas et à Dubaï, n’est pas maître du calendrier. Elle devra en effet obtenir le feu vert des autorités américaines. « 2023 est beaucoup trop optimiste », dit un professionnel. Aux Etats-Unis, la Federal Aviation Administration discute déjà avec Uber. Mais son directeur, Dan Elwell, a prévenu, mardi, que le gendarme américain ne ferait « aucune concession sur la sécurité ».
La société estime pouvoir réduire le temps passé dans les transports et les embouteillages
A terme, Uber espère déployer des centaines de véhicules volants dans les grandes agglomérations. Ce réseau, baptisé « Uber Air », doit venir en complément de son service de VTC. Certaines courses incluront ainsi plusieurs étapes : un trajet en voiture pour se rendre au « vertiport » le plus proche, puis le vol avec d’autres passagers, puis un deuxième trajet en voiture vers la destination finale. La société estime pouvoir réduire le temps passé dans les transports et les embouteillages.
Pour fonctionner, le système réclamera une « précision sans précédent », explique M. Allison. Chaque appareil ne restera cloué au sol que cinq minutes pour recharger les batteries, débarquer les passagers et embarquer les suivants. Aux heures de pointe, Uber prévoit plus de 1 000 décollages par heure sur certains « vertiports », qui seront principalement installés sur les toits d’immeubles ou de parking.

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Chaque jour, Uber anticipe dix fois plus de trajets aériens dans certaines villes que le nombre de vols d’avions de ligne sur l’ensemble du territoire américain. « Un petit problème pourra avoir un impact important », redoute M. Allison.
Fidèle à sa stratégie, Uber ne jouera qu’un rôle de plate-forme. Le groupe ne construira pas les voitures volantes. Il ne les achètera pas non plus et ne s’occupera pas de leur maintenance. Il ne bâtira et ne gérera pas les « vertiports ». « Aucune entreprise ne peut réaliser seule les investissements pour déployer l’ensemble du système, justifie son responsable. Mais nous garderons un contrôle opérationnel direct. » Uber établira ainsi des contraintes à respecter pour ses partenaires.
Le bruit représente l’un des principaux défis à relever
L’entreprise s’est associée avec cinq groupes aéronautiques, dont le constructeur brésilien d’avions régionaux Embraer et le fabricant américain de drones Aurora, racheté fin 2017 par Boeing. La tâche est complexe. « Nous devons quasiment tout réinventer, souligne Abe Karem, fondateur de Karem Aircraft. C’est peut-être plus facile que la physique nucléaire, mais que très légèrement. » Mardi, Uber a par ailleurs officialisé un partenariat avec l’armée américaine pour développer des rotors plus silencieux.
Le bruit représente en effet l’un des principaux défis à relever. S’il devrait être moins élevé que pour un hélicoptère, le volume sonore au moment du décollage et de l’atterrissage pourrait représenter un frein pour obtenir l’autorisation de voler en milieu urbain. « Il est possible de faire bien mieux », promet M. Allison. « De nouvelles architectures et techniques apparaissent pour réduire cette nuisance », confirme François Chopard, fondateur Starburst, un incubateur de start-up dans le domaine de l’aéronautique.

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Autre défi : l’autonomie des batteries et le temps nécessaire pour les recharger. « Il faut autant de puissance pour faire décoller une voiture volante que pour propulser un semi-remorque », souligne Pasquale Romano, directeur général de ChargePoint, une société qui fabrique des stations de recharge. Mais la place est beaucoup plus limitée. « Il n’y a pas en encore eu de progrès majeurs dans les batteries, simplement des améliorations », note M. Chopard. En janvier, Uber a débauché Celina Mikolajczak, une ancienne responsable de Tesla, pour concevoir sa propre batterie. Celle-ci pourra ensuite être utilisée par les fabricants partenaires.
A plus long terme, Uber souhaite rendre ses voitures volantes autonomes. D’abord, parce qu’il n’y a pas « assez de pilotes », explique John Langford, patron d’Aurora. Ensuite, parce que cela doit permettre de réduire les coûts d’exploitation, et ainsi proposer des tarifs plus abordables que l’achat et à l’entretien d’un véhicule personnel. M. Allison espère remplacer les pilotes au cours des dix prochaines années. « Le principal obstacle ne sera pas technologique, mais réglementaire », prédit-il.
Connu pour des tactiques parfois sauvages, Uber assure vouloir procéder par étapes. La société prévoit de lancer son service de taxis volants dans les pays ou villes les moins contraignants. Elle espère ainsi démontrer son impact positif sur le trafic routier et apaiser les craintes sur la sécurité afin de convaincre les plus réticents. M. Allison se dit confiant. « Dans dix ans, Uber Air sera présent dans de nombreuses villes », s’enthousiasme-t-il.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-22"> ¤ Au pouvoir depuis 2003, Recep Tayyip Erdogan jouera son va-tout aux élections du 24 juin, qui verront le pays basculer vers un « sultanat ».
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En Turquie, 1,5 million d’internautes disent au président Erdogan « ça suffit ! »

Au pouvoir depuis 2003, Recep Tayyip Erdogan jouera son va-tout aux élections du 24 juin, qui verront le pays basculer vers un « sultanat ».



Le Monde
 |    09.05.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 18h12
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

« Tamam ! » Ça suffit ! C’est ce que plus de un million d’internautes turcs ont lancé à leur président, Recep Tayyip Erdogan, en campagne pour un nouveau mandat lors des élections anticipées du 24 juin, après quinze années d’un règne exclusif à la tête du pays.
Jeudi 9 mai, l’expression était l’une des plus appréciées du réseau social Twitter, avec 1,5 million de partages. Le mot, qui signifie en turc « d’accord » ou « c’est assez », est devenu viral après avoir été employé par le président turc dans un discours prononcé mardi à Ankara devant les députés de son Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur).
Dans un rare élan d’humilité, le reis (« chef ») déclarait alors : « C’est ma nation qui m’a porté à la tête de la mairie d’Istanbul, de l’AKP, du gouvernement et de la présidence. Si un jour ma nation me dit  “ça suffit” [tamam], alors je me retirerai. »
Que n’avait-il pas dit ! Des chansons « tamam », des rassemblements de rue sur le thème « tamam » ont alors été rapportés sur Twitter et sur Facebook, tandis que les ténors de l’opposition qui affronteront M. Erdogan à la présidentielle du 24 juin s’emparaient de l’expression. « C’est l’heure » (vakit tamam), a écrit sur son compte Twitter Muharrem Ince, le candidat du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP).
« Ça suffit, si Dieu le veut », a renchéri l’islamiste Temel Karamollaoglu. « Ça suffit », a tweeté Meral Aksener, la chef de file des nationalistes. Le double scrutin (législatives et présidentielle le même jour) marquera un tournant, car c’est après sa tenue que le renforcement des pouvoirs du chef de l’Etat, approuvé de justesse par le référendum d’avril 2017, entrera en vigueur.

Verrouillage total des médias
Dans un contexte de verrouillage total des médias — télévisuels, surtout —, les réseaux sociaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-23"> ¤ Le projet de loi sur les violences sexistes examiné mercredi prévoit, entre autres, de modifier la loi sur le harcèlement moral et sexuel.
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L’Assemblée se penche sur le cyberharcèlement de groupe

Le projet de loi sur les violences sexistes examiné mercredi prévoit, entre autres, de modifier la loi sur le harcèlement moral et sexuel.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 11h55
    |

            Martin Untersinger








                        



   


Les députés ont commencé à examiner, mercredi 9 mai, le projet de loi sur les violences sexistes. Ce dernier prévoit, entre autres, de modifier la loi sur le harcèlement moral et sexuel : le gouvernement veut désormais punir le harcèlement lorsqu’il est mené en groupe.

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Actuellement, seuls les actes répétés par un individu peuvent constituer du harcèlement moral ou sexuel. Le gouvernement veut changer la loi pour que soient considérés comme tels les agissements réalisés « de manière concertée par plusieurs personnes, alors même que chacune de ces personnes n’a pas agi de façon répétée ». Il appartiendra au juge de prouver qu’il y a eu des messages ou des actions multiples et que leurs auteurs se sont coordonnés pour ce faire.
Les « raids numériques » en ligne de mire
Dans la ligne de mire des législateurs, le phénomène que le gouvernement a appelé les « raids numériques », où une victime est submergée de messages haineux et sexistes par des dizaines, voire des centaines d’internautes différents. Actuellement, le droit sur le harcèlement, qui suppose qu’une seule personne ait multiplié les messages, ne peut pas s’appliquer.

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Le texte tel qu’il est rédigé ne se cantonne cependant pas à Internet et pourra s’appliquer par exemple lorsque des « dizaines d’employés [d’une entreprise] se mettent d’accord pour harceler un collègue, chacun ne commettant cependant qu’un seul acte », expliquent les députés Erwan Balanant et Marie-Pierre Rixain dans leur rapport sur le projet de loi.
« On veut que même si vous n’avez participé qu’avec quelques messages, quelques e-mails, quelques tweets, vous puissiez être condamné. On veut que dès les premiers messages, chaque personne puisse être condamnée, qu’elle ne puisse pas se cacher derrière le “oui, mais moi je n’ai envoyé que quelques messages”. Si vous êtes 1 000 à avoir envoyé quelques messages, c’est du cyberharcèlement », expliquait en mars la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, dans une interview donnée à Buzzfeed.
Devant les députés de la commission des lois, cette dernière a enfoncé le clou :
« [Cette loi] facilitera les plaintes des victimes des raids numériques qui, parce qu’ils sont impunis, contribuent à la perception d’Internet comme une zone de non-droit. Nous voulons envoyer un message extrêmement clair aux harceleurs en ligne : la République ne tolère pas ces agissements, ces actes ne pourront plus rester impunis. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-24"> ¤ Vainqueur de la Coupe de France face aux Herbiers, l’entraîneur du PSG laissera l’image d’un homme passionné et respectueux, estime notre journaliste Alexandre Pedro.
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L’entraîneur du PSG Unai Emery va manquer au football français

Vainqueur de la Coupe de France face aux Herbiers, l’entraîneur du PSG laissera l’image d’un homme passionné et respectueux, estime notre journaliste Alexandre Pedro.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 14h40
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 15h28
    |

                            Alexandre Pedro








                        



   


Chronique. C’est souvent à l’approche du pot de départ que les gens deviennent formidables, que les collègues et le patron égrènent – avec un verre de mousseux un peu chaud à la main – les qualités du partant. Pour Unai Emery, cette victoire attendue en Coupe de France mardi face aux Herbiers avait déjà des airs de pot d’adieu, même s’il lui reste deux matchs à diriger en championnat avec le Paris-Saint-Germain.

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L’entraîneur s’en va comme l’homme a traversé ces deux saisons à la tête du PSG : avec classe, respect et passion pour son métier. Dans un entretien passionnant – comme souvent quand il s’exprime en espagnol – pour le site Tactital Room, Emery livrait une réflexion foisonnante sur la gestion d’une star comme Neymar, sur la façon dont il s’était adapté au projet parisien (avec certains renoncements parfois), sur le destin d’un club auquel il manque « ce but à la Bakero qui change ton destin ».
Une réflexion sur le football, le club et son métier d’entraîneur dénué de règlements de compte, même si. « Le coach qui va venir (sans doute l’Allemand Thomas Tuchel) va voir que c’est un grand club, avec de grandes possibilités. Je suis ouvert pour aider », disait-il, le 27 avril dernier, au moment de confirmer un départ déjà acté depuis plusieurs semaines par sa direction.
Unai Emery s’en va sans ennemi. Jamais un entraîneur en France n’a refusé de lui serrer la main. Pendant deux ans, il s’est tenu à l’écart des polémiques, de la guerre des mots par micros ou journaux interposés. Même Jean-Michel Aulas n’a pas trouvé le début d’un « clash » avec lui et l’encensait même en janvier sur Twitter où on l’a connu plus acrimonieux. Emery s’en va et laisse un football français qui n’en finit plus de compter les points dans cette guéguerre aussi stupide qu’irresponsable entre l’OL et l’OM, avec deux présidents en pyromanes en chef (Jean-Michel Aulas et Jacques-Henri Eyraud) et un entraîneur (Rudi Garcia) pour souffler sur les braises.
Respect des arbitres
On pourra toujours dire que c’est plus facile quand on entraîne le tout-puissant PSG, mais Unai Emery a laissé les arbitres français en paix. Il ne s’est jamais roulé au sol pour une histoire de pénalty non sifflé, ni n’a passé ses nerfs sur ce malheureux 4e arbitre paratonnerre bien pratique des coachs au bord de la crise de nerfs. Il ne s’est pas inventé des ennemis imaginaires, n’a jamais remis en cause l’honnêteté intellectuelle des journalistes qu’il remercia même lors sa conférence de presse de départ.
Une autre scène nous revient à l’esprit. La saison dernière, le PSG avait croisé la route d’Avranche en quarts de finale de Coupe de France. L’entraîneur vaincu, Damien Ott, était allé alors voir Emery pour lui faire dédicacer une biographie publiée sur lui. Ott racontait au site 20Minutes.fr comment le Basque avait alors pris le temps de discuter avec lui. « Le fait qu’il s’intéresse à moi pendant dix minutes, c’est la marque des grands personnages. Il aura mon estime à tout jamais », assurait l’entraîneur de National.
Alors, bien sûr, l’histoire du club risque surtout de retenir de son passage son échec en Ligue des champions, certains choix tactiques et humains contestables ou son visage décomposé au moment où Sergi Roberto scellait son sort un soir de remontada. Le métier comporte une part d’injustice, Unai Emery le sait et l’a toujours accepté. Quand il dirigeait encore le FC Séville, il racontait dans un entretien à So Foot que son boulot lui avait coûté un divorce et quelques nuits blanches.
Pour autant, il ne s’imagine même pas couper après ces deux saisons passées dans l’essoreuse médiatique. « Ce que j’aime, c’est entraîner… On me dit que j’ai un statut important, que je ferais mieux de faire une pause et d’attendre un banc qui corresponde à mon statut supposé. Je le comprends, c’est un raisonnement logique, mais dans mon for intérieur, je ressens le besoin d’avoir un banc. » Et comme on imagine mal que ce banc soit celui d’une autre équipe de Ligue 1, on lève notre verre – de mousseux tiède – à Unai Emery.



                            


                        

                        


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<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-25"> ¤                     
                                                

Le Brésil dans le désarroi après la décision de Joaquim Barbosa de renoncer à la présidentielle

L’ancien président de la Cour suprême, très populaire, était perçu comme l’homme providentiel dans un monde politique gangrené par la corruption.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 15h54
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            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



   


Les uns voyaient en lui un messie politique, un homme à même de réconcilier le Brésil, se souciant des millions de misérables que compte le pays sans affoler les milieux d’affaires. Les autres soulignaient l’image irréprochable de l’ancien président de la Cour suprême dans un monde politique vérolé par la corruption.
Mais Joaquim Barbosa, 63 ans, coqueluche des sondages de ces dernières semaines, ne sera pas l’homme providentiel que le pays attend. L’ex-magistrat a renoncé, mardi 8 mai, à se présenter à l’élection présidentielle d’octobre. Sur Twitter, le père de famille explique son choix par des « raisons strictement personnelles ».
Une source proche du sexagénaire, consultée par Le Monde, ajoute que M. Barbosa aurait été échaudé par le climat politique « nauséabond » du pays. Bien qu’effrayé par la radicalisation de l’opinion et la montée du candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, celui que l’on surnommait parfois « Batman » du fait de sa cape de juge, ne se voit pas l’âme d’un « sauveur ».
Affilié au Parti socialiste brésilien (PSB) depuis le 7 avril, Joaquim Barbosa, avait alors laissé planer le doute sur sa candidature. Dans un pays où la gauche, orpheline, pleure l’emprisonnement de Luiz Inacio Lula da Silva, condamné à douze ans et un mois de prison pour corruption, et où la droite modérée peine à s’enthousiasmer pour l’ancien gouverneur de Sao Paulo, Geraldo Alckmin, moqué pour son charisme de « sorbet de chuchu » – une cucurbitacée insipide –, le nom de Joaquim Barbosa emballaient les analystes, épatés par son score : entre 8 % voire 16 % des intentions de vote.

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Un fils de maçon produit de la méritocratie
Une popularité déconcertante, pour un homme sans programme, qui n’a jamais fait part de son souhait d’être président. Un témoin du désarroi des électeurs brésiliens avides de nouveauté. Quatre ans après le déclenchement de l’opération anticorruption « Lava Jato » et la mise au jour d’un gigantesque système de pots-de-vin orchestré entre les groupes publics, les sociétés privées et les partis politiques, les Brésiliens ont perdu foi en leurs élites.
Mais ce fils de maçon, noir, semblait à même de les faire rêver. Produit de la méritocratie, Joaquim Barbosa fit, à 18 ans, le ménage dans un tribunal de Brasilia pour payer ses études avant de gravir un à un les échelons de la magistrature jusqu’au Graal : la Cour suprême, qu’il rejoindra en 2003, nommé par Lula, alors chef de l’Etat. L’adoubement n’empêchera pas la sévérité du juge lors du scandale du « mensalao », l’achat de votes de membres du Congrès qui éclaboussera le Parti des travailleurs (PT, gauche) et Lula.
Décidant de prendre sa retraite de la Cour suprême en 2014, le francophile, diplômé d’Assas, s’éloignera sans regret du tumulte de Brasilia pour couler une vie paisible entre sa résidence de Rio de Janeiro et son bureau d’avocat à Sao Paulo. Une retraite perturbée lorsque son nom apparaît dans les « Panama Papers » avec la découverte d’un appartement en Floride dont l’achat a transité par une société off-shore. « Une histoire bidon », selon l’intéressé, qui assure avoir mené cette acquisition en toute transparence.
La mise hors compétition de Joaquim Barbosa soulage les candidats de centre gauche – Ciro Gomes ou Marina Silva – comme de centre droit – Geraldo Alckmin. Mais son absence renforce l’incertitude d’un scrutin menacé par les dérives populistes. « Il y a encore beaucoup d’espace pour un discours antipolitique. Qui l’embrassera si ce n’est Bolsonaro ? », note Carlos Melo, professeur de sciences politiques à l’institut Insper de Sao Paulo, évoquant le candidat d’extrême droite, grand nostalgique de la dictature militaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-26"> ¤ Alors que plusieurs attaques meurtrières visant deux commissariats de police s’étaient déjà produites plus tôt dans la journée, une nouvelle forte explosion a retenti en fin d’après-midi.
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Afghanistan : des attaques coordonnées de commissariats de police frappent Kaboul

Alors que plusieurs attaques meurtrières visant deux commissariats de police s’étaient déjà produites plus tôt dans la journée, une nouvelle forte explosion a retenti en fin d’après-midi.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 16h07
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 16h56
   





                        



   


Au moins cinq personnes ont été tuées et seize autres blessées dans des attaques apparemment coordonnées de deux commissariats de police de Kaboul, mercredi 9 mai. Une série de fortes explosions, suivies de rafales d’armes à feu entre assaillants et forces de l’ordre, a secoué la capitale afghane en fin de matinée. Une autre forte déflagration s’est produite en fin d’après-midi, causée par un kamikaze qui a actionné sa charge, selon une source policière.

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Les talibans et le groupe Etat islamique ont chacun de leur côté revendiqué ces attentats. Mais les services de renseignement afghans les ont attribués au réseau Haqqani, allié des talibans et au groupe insurgé pakistanais Lashkar-e-Taiba. Le Pakistan a condamné les attentats.
Le ministère de l’intérieur a fait état de deux policiers tués, mais on ignorait dans l’immédiat s’ils faisaient partie du bilan du ministère de la santé.
Le groupe Etat islamique a revendiqué la première attaque, qui visait un commissariat de police dans un quartier à majorité chiite de l’ouest de la ville, et qui est désormais terminée, selon un porte-parole de la police. Selon le porte-parole du ministère de l’intérieur Najib Danish, un kamikaze s’est fait exploser devant le bâtiment. S’en est ensuivi un échange de tirs nourris entre d’autres assaillants et des policiers.
Le ministre de l’intérieur, Wais Barmak, a déclaré que trois assaillants avaient été tués après avoir lancé des grenades et mis le feu à une partie du bâtiment. Deux policiers ont également été tués et deux autres blessés.
La seconde attaque, revendiquée par les talibans, s’est produite devant le commissariat de police numéro 10 du quartier de Shar-e-Naw, dans le centre de Kaboul. Les « opérations de recherche et de nettoiement » se poursuivent, a dit le porte-parole de la police. « Un kamikaze a déclenché sa charge à l’entrée de la rue et une voiture a déposé quatre autres assaillants à proximité, a expliqué M. Barmak. L’un a été tué par la police et trois autres se cachent toujours dans le bâtiment. » Les bâtiments alentours ont été évacués, mais on ignorait si des personnes étaient bloquées avec les assaillants.

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Un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP) qui se trouvait à proximité des lieux a aperçu un corps dans la rue et a entendu plusieurs coups de feu. Il a également vu plusieurs femmes terrifiées quitter les lieux en courant. Une agence de voyages sise dans la même rue accueillait à ce moment-là environ trois cents personnes, a fait savoir M. Barmak, pour qui « si la police n’avait pas stoppé les assaillants, ils auraient provoqué un désastre ».
Ces attaques sont survenues alors qu’un séisme de magnitude 6,2 a fait trembler mercredi l’Afghanistan, dont Kaboul.
Offensive de printemps
Le groupe EI avait déjà revendiqué un double attentat-suicide dans la capitale afghane le 30 avril, qui avait tué au moins vingt-cinq personnes, dont le chef photographe de l’AFP Shah Marai et huit autres journalistes.
Les talibans ont récemment lancé leur offensive de printemps, multipliant les assauts contre les forces de sécurité afghanes, en ce qui s’apparente à un rejet tacite d’une récente offre de pourparlers de paix de la part du président Ashraf Ghani. Cette offensive, baptisée « Al Khandaq », vise à « écraser, tuer et capturer les envahisseurs américains et leurs partisans », avaient dit les insurgés à la fin du mois d’avril.
Après une diminution relative de la violence dans Kaboul en février et en mars, les extrémistes y ont multiplié les assauts. Les autorités redoutent de nouvelles violences dans les jours à venir, tant les talibans que l’EI ayant prévenu qu’ils chercheraient à perturber au maximum le processus électoral avant des scrutins prévus le 20 octobre.
La capitale afghane est devenue, selon l’ONU, l’endroit le plus dangereux du pays pour les civils en raison d’une recrudescence depuis un an d’attentats d’ampleur, généralement perpétrés par des kamikazes et tour à tour revendiqués ou par les talibans ou par le groupe Etat islamique.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-27"> ¤ L’ancien député divers gauche a également été condamné à cinq ans d’inéligibilité et 25 000 euros d’amende pour le détournement de 480 000 euros de subventions du département de Haute-Corse.
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Corse : Paul Giacobbi condamné en appel à trois ans de prison avec sursis pour détournement de fonds

L’ancien député divers gauche a également été condamné à cinq ans d’inéligibilité et 25 000 euros d’amende pour le détournement de 480 000 euros de subventions du département de Haute-Corse.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 15h59
   





                        



   


L’ancien député divers gauche Paul Giacobbi a été condamné, mercredi 9 mai, par la cour d’appel de Bastia à trois ans de prison avec sursis, cinq ans d’inéligibilité et 25 000 euros d’amende pour détournement de fonds publics au préjudice du département de Haute-Corse, qu’il a présidé de 1998 à 2010.
A l’audience en appel, en février, l’avocate générale avait demandé contre l’ex-homme fort de la vie politique en Haute-Corse trois ans de prison ferme, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Ces réquisitions correspondaient alors à la peine à laquelle il avait été condamné en première instance en janvier 2017.
Les juges l’ont reconnu responsable du détournement de 480 000 euros de subventions, censées être accordées à des propriétaires de gîtes ruraux, pour promouvoir le développement du tourisme insulaire. Selon l’accusation, M. Giacobbi était « à la tête de tout » et le « commanditaire » du système clientéliste mis en place au conseil général de Haute-Corse.
Recours en cassation
L’avocat de M. Giacobbi, Emmanuel Mercinier-Pantalacci, a annoncé son intention de déposer un recours devant la Cour de cassation :
« Il y a des agissements commis par son cabinet. Paul Giacobbi était-il informé ? La cour d’appel dit “oui”. La décision est prise d’aller en cassation car la motivation des magistrats n’est pas satisfaisante. »
« La cour n’a pas fait la démonstration de l’implication de mon client [qui] considère que cette décision est scandaleuse », a ajouté l’avocat.
M. Giacobbi, député de Haute-Corse de 2002 à 2017, a toujours nié les faits et avait dénoncé après sa condamnation en première instance un « assassinat politique ». En juin 2017, il ne s’était pas représenté aux élections législatives, après avoir été l’un des premiers à soutenir Emmanuel Macron dans l’île.
M. Giacobbi est également mis en examen depuis juin 2017 dans un autre dossier de détournement de fonds, autour d’emplois supposés fictifs en Corse. Les faits remonteraient à l’époque où il dirigeait l’exécutif corse, entre mars 2010 et décembre 2015, avant que les nationalistes ne remportent les élections territoriales

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-28"> ¤ #RaideCarpette. Le Festival de Cannes est ouvert. Devant le palais, les festivaliers habitués à ne pas être invités aux projections, vont, sans se démonter, jusqu’à l’extrême bout de leur rêve.
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Cannes 2018 : « C’est peut-être pas mon monde à moi, mais moi dans ce monde-là je me sens chez moi »

#RaideCarpette. Le Festival de Cannes est ouvert. Devant le palais, les festivaliers habitués à ne pas être invités aux projections, vont, sans se démonter, jusqu’à l’extrême bout de leur rêve.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 13h09
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 15h29
    |

                            Charlotte Herzog








                        


« C’est dégueulasse qu’ils ne me laissent pas entrer. » Qu’est-ce que c’est « dégueulasse » ? A Cannes, c’est loin du tapis rouge que l’on trouve la réponse, dans les bars de la Croisette, où viennent se faire mousser ceux qui ne sont pas invités aux soirées. Mythos, refoulés, malchanceux, wannabe… C’est à eux que cette chronique veut donner la parole. Paillettes et glamour au placard, #RaideCarpette vous raconte le Festival vu de l’autre côté des barrières ou du bar, là où « y a vachement moyen de faire du cinéma ensemble ».

   


Pas d’invitation, pas de projection. Au Festival de Cannes, c’est la règle. Alors, à l’entrée du palais, ils et elles sont là. Des dizaines. Massés devant les barrières. En manque. Autour du cou, au bout de leurs bras tendus vers le ciel, ou serrées avec pudeur contre leur buste, des petites affichettes : « Une invitation pour Everybody Knows SVP » ; « J’ai besoin d’un billet comme l’air ».
En ce mardi 8 mai, Annie, Elena et Catherine espèrent récupérer des invitations pour la projection du film d’Asghar Farhadi à 19 heures. Elles ne se connaissent pas, mais à chaque édition de Cannes, elles sont copines. « D’années en années, on se retrouve entre ceux qui font la manche. On se le dit comme ça, entre nous, qu’on fait le trottoir à Cannes. »
Elena, qui a « son homme de l’autre côté qui tente la même chose », est d’origine russe, et son talent à elle, c’est d’être « figurante disponible ». Dans son sac, une petite pochette à l’intérieur de laquelle se trouvent quelques CV manuscrits et des photos d’elle sur le tapis rouge, « il y a quelques années de ça ».
Catherine elle, a de petites ballerines, un pantalon noir, un certain âge et la peau fatiguée. « Il faut se décontracter, sinon, ça fait des crampes d’estomac. Si j’ai pas d’invitation, c’est pas une souffrance. C’est un jeu. On voit des gens, des robes, des décolletés, des stars. »
« Avec votre tenue, vous n’irez nulle part »
Un homme affublé d’un pantalon beige aux multiples poches, polo rouge et tennis aux pieds, s’approche et l’interrompt en lui tapant sur l’épaule :
« Vous vendez des invitations ?
– Non, on vend rien, mais vous avec votre tenue, vous n’irez nulle part, laissez tomber. »
Elle lève les sourcils et soupire, avant de reprendre son souffle : « Ils devraient me garder avec eux ici ceux qui organisent, je pourrais les aider, je connais tous les trucs. Bref, moi, on me prend pas en photo, mais de toute façon, j’aime pas qu’on me prenne sans que je le décide. Sauf l’année dernière, sur le tapis, Gala m’a prise en photo à côté d’une top modèle, Amber… euh, je sais plus, enfin, c’était chouette. Et vous, tiens, mettez-vous à côté de moi, on va faire une petite photo. Vous ressemblez à la jury là, comment elle s’appelle déjà, mince… »
« Cate Blanchett ?
– Oui voilà, je vais faire une photo avec vous, et je dirai que j’étais avec Cate Blanchett. Oh qu’est-ce qu’on s’amuse ! Regardez ma photo de l’année dernière avec Amber machin, si, là, en arrière-plan, c’est moi ! Ah, bah tiens, la fille avec le décolleté vert de tout à l’heure, elle est plus là. Elle a dû choper son invit. Ah ça, le décolleté, ça marche. Moi, je vais vous dire, je préfère me faire refouler plutôt que d’avoir l’air olé olé, hein. Cette année, j’aimerais bien voir Mad Max. Euh non, l’Odyssée de l’espace. Mais j’irai peut-être le voir en salle. C’est juste que je me suis habituée à l’écran de Cannes. Y a des gens que je veux à tout prix rencontrer, juste deux minutes. Mais je suis pas une obsédée des stars, hein, je reste à ma place. Enfin à la place qu’on veut bien me donner. »
« Ça fait trente ans que je viens »
Annie n’est plus au milieu du passage, elle observe le délire à distance. Elle tient serré contre elle son tout petit papier. « Auriez-vous une invitation supplémentaire, s’il vous plaît ? Merci. » Elle porte une robe longue, son rouge à lèvres est impeccable, comme son brushing. Sa veste longue, assortie à l’orangé de sa robe, tombe à la juste hauteur pour découvrir ses escarpins, qui rappellent la couleur de sa bouche maquillée.
« J’ai honte de faire ça. Vous vous rendez compte ? Je suis une exploitante du cinéma, une indépendante. J’ai mon badge, mais pas d’invitation. Ça me gêne de quémander, alors que je peux voir des films comme je veux. Vous avez vu, je me suis faite belle. Vous voulez voir mes photos de l’année dernière ? J’avais une jolie robe bleue, regardez. Ça fait trente ans que je viens, ça m’est bien égal de réussir ce soir ou pas. Je reviendrais peut-être demain. Ah non, demain j’ai une soirée avec ma fille, c’est organisé par un journal de cinéma, mais je peux pas vous dire le nom, c’est privé. »
Avant de se mettre un peu à l’ombre et de me laisser filer, Catherine me fait un vrai sourire et tente de justifier sa petite pause sur le côté, à dix minutes du lancement du film qu’elle ne verra certainement pas : « C’est que je suis là depuis le début de l’après-midi, j’ai un peu mal aux jambes. Vous savez Cate, c’est peut-être pas mon monde à moi, mais moi, dans ce monde-là, je me sens chez moi, voilà. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-29"> ¤ Les ventes de l’hebdomadaire lancé le 21 mars étaient seulement de 5 000 exemplaires.
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« Vraiment » suspend sa parution au bout de huit numéros

Les ventes de l’hebdomadaire lancé le 21 mars étaient seulement de 5 000 exemplaires.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 12h13
    |

            François Bougon








                        



   


Les temps sont durs pour les nouveaux hebdomadaires généralistes. Après l’échec cuisant d’Ebdo, moins de trois mois après son lancement, c’est au tour de Vraiment de jeter l’éponge après seulement sept semaines d’existence en kiosque.
Les trois fondateurs – Jules Lavie, le directeur de la rédaction, Julien Mendez et Julie Morel, deux anciens conseillers au ministère de l’économie à l’époque d’Emmanuel Macron, puis de Michel Sapin – ont décidé de suspendre la parution. Le huitième numéro, qui sortait mercredi 9 mai, sera le dernier, en tout cas sous la forme hebdomadaire.

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Le journal s’était lancé le 21 mars avec une rédaction de seize journalistes. Mais il n’a pas pu trouver sa place dans le paysage tourmenté des « news magazines », bousculé par la chute des ressources publicitaires et la crise du principal distributeur de presse, Presstalis. La diffusion payée du premier numéro, au prix de vente de 4,50 euros, était de 18 000 exemplaires avant de tomber ensuite autour de 5 000, alors que le nombre d’abonnés s’élevait à un millier. Le point d’équilibre se trouvait à 40 000…
« Initialement, on se donnait dix-huit mois pour l’atteindre, mais on était tellement loin de nos objectifs qu’il n’était pas réaliste d’attendre plus longtemps », déclare Julien Mendez. « On préfère arrêter les frais avant que la facture ne soit trop lourde », renchérit Jules Lavie.
« On n’a pas trouvé notre lectorat »
Un tour de table, auquel avait participé Bernard Mourad, l’ex-responsable du pôle médias du groupe SFR, prévoyait de lever 2 millions d’euros. Une moitié avait déjà été récoltée. Mais les fonds n’étaient pas suffisants, en particulier pour mener des campagnes publicitaires et élargir le public de l’hebdomadaire.
Jules Lavie, pour sa part, tente de comprendre les raisons de l’échec : « On a fait un bon journal, mais on n’a pas trouvé notre lectorat. On n’a peut-être pas réussi à partir sur une ligne très précise. Il était d’ailleurs difficile de résumer le journal en une phrase. » Malgré des enquêtes intéressantes et une maquette agréable, Vraiment n’a en effet pas su convaincre qu’il pouvait constituer le média complémentaire qu’il souhaitait être à côté des grands médias de la presse écrite.
L’équipe – « motivée et soudée », selon M. Mendez – veut désormais se donner le temps de la réflexion, jusqu’à l’été, pour voir comment l’aventure peut se poursuivre : « J’ai fait le tour des actionnaires et on réfléchit », précise le cofondateur. Pour l’heure, Vraiment ne suit donc pas le chemin de l’autre hebdomadaire malheureux, Ebdo, placé en liquidation début avril par le tribunal de commerce de Paris avec poursuite de l’activité de l’éditeur des revues XXI et 6Mois, Rollin Publications (63 salariés).
Les candidats à la reprise avaient jusqu’au mercredi 2 mai pour déposer leurs offres. Cinq se sont manifestés : le groupe Le Monde, la société d’édition Editis, l’éditeur Le Seuil associé à La Revue dessinée, le groupe Hildegarde (qui détient les magazines Le Film français, Première, Studio, Causette…), et Thierry Mandon (qui était le directeur général d’Ebdo) associé à plusieurs autres investisseurs. Vraiment espère, quant à lui, repartir sur un rythme moins ambitieux.

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