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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Ce sera la 16e journée de grève à la SNCF contre la réforme ferroviaire.
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Grève SNCF : 50 % des TGV, TER et Transilien circuleront mercredi

Ce sera la 16e journée de grève à la SNCF contre la réforme ferroviaire.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 16h30
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 17h30
   





                        


La moitié des TGV, TER et Transilien circuleront mercredi, lors de la 16e journée de grève à la SNCF contre la réforme ferroviaire, selon les prévisions de trafic de la direction, publiées mardi 8 mai.
Il y aura un train Intercités sur trois, a ajouté la direction dans un communiqué. En Ile-de-France, le trafic sera normal sur le RER A, tandis qu’on comptera un train sur deux pour le RER B et un train sur trois pour le RER C. A l’international, il y aura en moyenne un train sur deux, avec un trafic « quasi normal » pour les Eurostar et Thalys.
Par rapport aux prévisions de mardi, le trafic sera en baisse pour les TGV, Transilien, et à l’international, en hausse pour les trains Intercités et stable pour les TER.

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Ces deux jours de grève forment le huitième épisode de la mobilisation en pointillé, menée depuis début avril par les syndicats CGT, UNSA et CFDT de la SNCF contre le projet gouvernemental de réforme ferroviaire. SUD-Rail, autre organisation représentative au sein du groupe public, a lancé, de son côté, un préavis de grève illimitée.
Le trio CGT-UNSA-CFDT a déjà déposé son préavis pour la neuvième séquence de grève, qui débutera samedi à 20 heures et s’achèvera mardi prochain à 7 h 55.
La suite du mouvement en suspens
Les syndicats, qui ont été reçus lundi à Matignon par le premier ministre, doivent se réunir mercredi soir au siège de la CGT à Montreuil (Seine-Saint-Denis) pour décider des suites du mouvement, alors qu’Edouard Philippe est resté ferme sur les grands principes de sa réforme, concédant seulement aux syndicats la possibilité de proposer des amendements pour « finaliser » le projet de loi avant son examen au Sénat fin mai.
« Pour nous, clairement, la grève se poursuit », avait déclaré Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots (1er syndicat à la SNCF), à sa sortie de Matignon. Plus tard sur Franceinfo, il avait affirmé que, lors de la réunion intersyndicale, « on aura probablement une petite proposition d’une nouvelle initiative des organisations syndicales pour bousculer un peu la situation ». « Le gouvernement reste droit dans ses bottes sur le cœur de son projet, donc il va falloir qu’on le bouscule un peu sur le cœur de son projet », avait-il ajouté.
L’UNSA-Ferroviaire (2e syndicat) a fait savoir dans un communiqué qu’elle « portera des amendements », mais « le délai sera très court » et « tout porte à croire que le gouvernement joue la montre ». SUD-Rail (3e syndicat) a posé dans un communiqué « la question du durcissement de la grève et de sa continuité jusqu’au retrait » du projet. « Le gouvernement portera seul la responsabilité du blocage », affirme SUD-Rail. La CFDT-Cheminots (4e syndicat), avec sa stratégie de « mobilisation et proposition », va poursuivre la grève et déposera « une quarantaine d’amendements » en vue de l’examen du texte au Sénat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ La ministre du travail est convoquée le 22 mai dans le cadre de cette enquête ouverte en juillet 2017 pour « favoritisme et recel de favoritisme ».
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Affaire Business France : Muriel Pénicaud convoquée chez le juge en tant que témoin assisté

La ministre du travail est convoquée le 22 mai dans le cadre de cette enquête ouverte en juillet 2017 pour « favoritisme et recel de favoritisme ».



Le Monde
 |    08.05.2018 à 16h26
   





                        



   


La ministre du travail, Muriel Pénicaud, est convoquée le 22 mai chez le juge en tant que témoin assisté dans l’affaire Business France, a annoncé son cabinet, mardi 8 mai, confirmant une information du Canard enchaîné. Le statut de témoin assisté est un statut intermédiaire entre celui de mis en examen et celui de simple témoin, à qui il n’est pas directement reproché la commission d’une infraction. L’entourage de la ministre s’est refusé à tout autre commentaire.
Ce dossier est lié à l’organisation, en janvier 2016, d’une soirée de promotion de la France à Las Vegas autour d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie. L’organisation de l’événement, qui avait coûté près de 290 000 euros, avait été confiée à l’agence de communication Havas, sans appel d’offres spécifique par Business France (BF), organisme public dépendant de Bercy et chargé de faire la promotion des entreprises françaises à l’étranger. Business France était dirigé, à l’époque, par Muriel Pénicaud.

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                Ce que l’on sait de l’affaire Business France, dans laquelle est citée la ministre du travail, Muriel Pénicaud



Le ministère de l’économie, après un rapport de l’Inspection générale des finances, avait fait un signalement au parquet de Paris, qui avait ouvert une enquête pour « favoritisme et recel de favoritisme ». L’enquête a été confiée en juillet 2017 à trois juges d’instruction.
Les enquêteurs cherchent, en particulier, à déterminer si Muriel Pénicaud a pu être informée en amont de dysfonctionnements, ce qu’elle a toujours nié.

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                Soirée de Las Vegas : ce que savait Muriel Pénicaud



Havas, filiale du groupe Vivendi, se défend de toute irrégularité et assure qu’un accord-cadre conclu en juin 2015 pour dix-huit mois avec Business France lui permettait d’organiser ce type d’événement sans passer un nouvel appel d’offres.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ En 2017, il avait assisté à l’événement avec François Hollande. Mais cette année, l’ancien président de la République n’était pas présent.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Patrice Lanco, ancien inspecteur général de l’équipement, estime qu’un partage progressif entre l’Etat, des investisseurs et certains groupes HLM,du gâteau que représente ce pilier du modèle social français est en cours.
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« Un scénario de financiarisation du logement social se dessine au détriment du bien commun »

Dans une tribune au « Monde », Patrice Lanco, ancien inspecteur général de l’équipement, estime qu’un partage progressif entre l’Etat, des investisseurs et certains groupes HLM,du gâteau que représente ce pilier du modèle social français est en cours.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h00
    |

Patrice Lanco (Ancien haut fonctionnaire au ministère du logement)







                        



                                


                            
Tribune. Le logement social est un pilier du modèle social français. Avec 4,6 millions de logements, il loge un ménage sur six, soit 10 millions de personnes. Amortisseur face à la crise, filet de sécurité pour les plus fragiles, c’est aussi un poids lourd de l’économie : 17 milliards d’euros d’investissement en 2015.
Ce patrimoine s’est constitué au fil des générations par l’effort cumulé des locataires (20 milliards d’euros de loyers par an, dont 40 % servent à rembourser les prêts qui ont financé le patrimoine), de l’Etat, des collectivités locales, des épargnants sur le Livret A, des entreprises et des salariés (ex-1 % logement). L’ancien ministre du logement Louis Besson l’a qualifié en 1990 de « patrimoine de la nation ».
Bien que grevé de 140 milliards d’euros de dette, ce patrimoine suscite des convoitises
C’est un bien commun dont les bailleurs sociaux ne sont que les dépositaires et les gestionnaires, qui n’a vocation à être approprié ni par l’Etat ni par des actionnaires. La loi garantit la pérennité de sa vocation sociale en fixant des plafonds de ressources et de loyers.
Bien que grevé de 140 milliards d’euros de dette, ce patrimoine suscite des convoitises. Le modèle économique HLM est ébranlé par trois facteurs : le niveau historique des prix de l’immobilier et du foncier, la paupérisation des locataires et le désengagement de l’Etat.
L’Etat a arrêté de subventionner la production de logements sociaux, financée par des prélèvements sur les bailleurs sociaux eux-mêmes. Il veut aller plus loin en inversant les flux financiers afin de prélever une partie de la richesse accumulée. La loi de finances 2018 met ainsi la pression sur le logement social avec une vision budgétaire, mais aussi stratégique : il s’agit d’impulser un changement de modèle.
Montage complexe
Le gouvernement, échaudé par le tollé contre la baisse de 5 euros de l’aide personnalisée au logement (APL), a conçu un montage plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Le texte contre les violences sexuelles et sexistes est débattu en commission des lois de l’Assemblée nationale mercredi.
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Projet de loi contre les violences sexuelles : les associations dénoncent des reculs

Le texte contre les violences sexuelles et sexistes est débattu en commission des lois de l’Assemblée nationale mercredi.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h00
    |

            Gaëlle Dupont








                        



                                


                            
Un coup d’épée dans l’eau, voire une régression. Avant le débat parlementaire sur le projet de loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, prévu mercredi 9 mai en commission des lois, puis à partir de lundi 14 mai en séance publique à l’Assemblée nationale, plusieurs associations de défense des droits des femmes et des enfants s’inquiètent des conséquences du texte et espèrent le voir amendé par les parlementaires. « Le texte est non seulement insatisfaisant, mais préoccupant car il augmente le risque de voir encore plus de viols renvoyés en correctionnelle au lieu d’être jugés aux assises », affirme la psychiatre Muriel Salmona, présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie. Une interprétation contestée par le gouvernement.
L’article 2 du projet de loi, consacré à la répression des abus sexuels sur les mineurs, concentre les critiques. Il a été conçu pour répondre à l’émotion suscitée par deux affaires judiciaires récentes, l’une jugée à Pontoise et l’autre à Melun, dans laquelle des fillettes de 11 ans ont été considérées comme ayant consenti à des rapports sexuels avec des hommes majeurs.
La secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, avait dans un premier temps envisagé que toute relation sexuelle entre un majeur et un mineur de moins de 15 ans soit passible de poursuites pour viol (donc de vingt ans de prison), sans que la question du consentement du mineur puisse être posée. Le Conseil d’Etat a rejeté cette option, au motif qu’elle ne garantissait pas le droit de toute personne accusée d’un crime à se défendre, et risquait l’inconstitutionnalité.

Le texte ne fait donc que préciser les notions de contrainte morale et de surprise, deux éléments constitutifs du viol selon le code pénal (« tout acte de pénétration sexuelle commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise »). Lorsque les faits sont commis par un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Dans son rapport annuel, l’ONG Reporters sans frontières s’alarme du dénigrement systématique des journalistes par le député de La France insoumise.
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La stratégie de « haine des médias » de Jean-Luc Mélenchon inquiète Reporters sans frontières

Dans son rapport annuel, l’ONG Reporters sans frontières s’alarme du dénigrement systématique des journalistes par le député de La France insoumise.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 12h52
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 14h13
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Dans son classement annuel pour la liberté de la presse, publié le 25 avril, Reporters sans frontières s’alarme du « dénigrement systématique de la profession par certains leaders politiques ». Pour illustrer son propos, l’organisation non gouvernementale a notamment mis en avant les fréquentes sorties de Jean-Luc Mélenchon envers les journalistes.

   


Quelques heures après la publication du classement de RSF, le politologue et membre de La France insoumise (LFI) Thomas Guénolé a contesté cette affirmation, assurant que Jean-Luc Mélenchon n’avait pas directement appelé à la haine envers les journalistes. « La phrase réelle, en résumé, c’est : “Etre ulcéré par les médias c’est légitime, mais il faut les combattre de façon réfléchie et politiquement.” C’est un appel au combat politique calme », a-t-il dit, rappelant que l’adversaire de LFI est « le système médiatique » et non « les journalistes dans leur ensemble ». « Nous sommes de leur côté », a conclu M. Guénolé. Qu’en est-il exactement ?
« La haine des médias est juste et saine »
La citation mentionnée par RSF est issue d’une note de Jean-Luc Mélenchon publiée sur son blog le 26 février 2018. Le président du groupe La France insoumise à l’Assemblée y écrivait que « si la haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine, elle ne doit pas nous empêcher de réfléchir et de penser notre rapport à eux comme une question qui doit se traiter rationnellement dans les termes d’un combat ». Il qualifiait ensuite la presse de « première ennemie de la liberté d’expression » en avançant que le « parti médiatique […] inoculait de la drogue dans les cerveaux » — avant de conclure que « le pouvoir médiatique est d’essence complotiste ».
Longue série de sorties hostiles
Cette déclaration s’inscrit dans une longue série de sorties hostiles à des journalistes. En 2010, déjà, le responsable politique qualifiait un étudiant en journalisme venu l’interviewer entre les deux tours des élections régionales de « petite cervelle » au service d’un « métier pourri », d’une « sale corporation voyeuriste et vendeuse de papier ». En mars 2014, c’est au tour d’un journaliste de « La Nouvelle Edition », une émission de Canal+, qui tentait de l’interroger de se faire traiter « d’abruti » et de « vermine ».
Lors de la dernière campagne présidentielle, le 18 mars 2017, M. Mélenchon insultait de « sale con » et d’« hyène » un journaliste de « C à vous » qui l’interrogeait sur sa stratégie vis-à-vis de Benoît Hamon. Ou qualifiait « d’ennemie » la chaîne France 2, qui lui proposait de participer au journal de 20 heures, dans une scène enregistrée pour le documentaire L’Insoumis. Plus récemment, en décembre 2017, lors de « L’Emission politique », sur France 2, Jean-Luc Mélenchon enjoignait à la journaliste Nathalie Saint-Cricq d’aller « se faire foutre » en réponse à une question peu à son goût sur le Venezuela. Peu après, il réclamait dans une longue note postée sur son blog un « tribunal professionnel » des médias contre « les menteurs, les tricheurs, les enfumeurs ».
Vocabulaire belliqueux
Loin d’être le fruit du hasard ou d’une aversion personnelle envers la corporation journalistique, la position antimédias de M. Mélenchon résulte d’une stratégie politique. « On considère que les médias ne sont pas le reflet de la réalité et qu’ils sont la deuxième peau du système », disait déjà en 2013 au Monde François Delapierre, défunt bras droit de Jean-Luc Mélenchon. Dans sa note de blog datée du 26 février 2018, Jean-Luc Mélenchon s’en prenait à la « caste médiatique » avec force termes belliqueux. Ainsi, le candidat déçu à l’élection présidentielle déclarait-il avoir « beaucoup appris sur l’art de la guerre », sur comment « parer les coups » et ne pas s’être laissé submerger par la haine, « victoire de l’ennemi ».

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                Mélenchon théorise la « guerre permanente » contre « le parti médiatique »



S’inscrire en opposition aux médias, donc, tout en les utilisant pour diffuser ses idées. « Les outrances du système médiatique visent à me rendre clivant. J’utilise sa force négative pour coaliser en notre faveur », déclarait en septembre 2017 Jean-Luc Mélenchon au magazine Marianne. Les chiffres de temps de parole du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), compilés par le site Politologue, confirment la stratégie d’utilisation : entre le 1er février et le 21 avril 2017, le candidat de LFI a bénéficié de sept jours et dix-neuf heures de temps d’antenne sur les télévisions et radios. A titre de comparaison, Emmanuel Macron et Marine Le Pen avaient bénéficié de dix jours de temps de parole, quand Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, François Asselineau, Jean Lassalle et Jacques Cheminade n’ont pas dépassé les deux jours de temps de parole.
« Cette haine ne vient pas de nulle part »
Historienne belge, Marie Peltier a publié un livre de référence sur la posture antisystème et antimédias adoptée par La France insoumise (L’Ere du complotisme, la maladie d’une société fracturée, 2016). Pour la chercheuse, les fréquentes insultes de Jean-Luc Mélenchon aux journalistes sont un choix politique. « Cette haine ne vient pas de nulle part, analyse-t-elle. Elle vient de l’imaginaire antisystème sur lequel est construite toute la stratégie de La France insoumise. C’est un vieil imaginaire, qui a toujours une double cible : les représentants politiques et les médias. »
Paroxysme du média « bashing »
Selon l’historienne, le média bashing, ou dénigrement des médias, est en vogue depuis une quinzaine d’années, mais il a atteint, au cours de ces derniers mois, une forme paroxystique. « On peut faire le parallèle avec Trump, qui a beaucoup utilisé la corde antimédias primaire en insultant les journalistes, et qui a été élu là-dessus. Le discours antisystème, antimédias et antiélites de M. Mélenchon est opportuniste : il explique une grande partie de son score aux dernières élections. »
Pour s’éloigner du prêche des « curés médiatiques » que dénonce fréquemment M. Mélenchon, rien ne vaut les ouailles de sa propre paroisse. Le Média, webtélé de gauche, voulait répondre aux attentes de ceux qui « sont profondément déçus par le paysage médiatique français ». Bien que s’étant toujours défendue d’être proche de LFI, elle est dirigée par des personnalités proches du parti de Jean-Luc Mélenchon — à l’instar de Sophia Chikirou, qui fut sa directrice de campagne, devenue cofondatrice du Média.
Las, moins de deux mois après son lancement, Le Média était confronté à de vives critiques concernant son traitement de l’actualité en Syrie et à la diffusion d’un faux témoignage sur des violences policières à Tolbiac. La webtélé a également été frappée par le désengagement d’une dizaine de ses soutiens historiques, à l’instar de Noël Mamère. « Le Média ne répond plus, à nos yeux, à la promesse initiale, ni sur le fond ni sur la forme », déclaraient onze personnalités en mars 2018.
Contactée par Le Monde, La France insoumise n’a pas souhaité répondre à nos questions.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ L’ancien communicant de François Hollande réfléchit à se lancer aux municipales avec son propre mouvement.
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Gaspard Gantzer prépare sa bataille de Paris

L’ancien communicant de François Hollande réfléchit à se lancer aux municipales avec son propre mouvement.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 15h05
    |

            Béatrice Jérôme








                        



                                


                            

Autour d’un mojito ou d’une bière, jeudi 3 mai, à la Bellevilloise, un café-concert du 20e arrondissement de Paris, Gaspard Gantzer a invité une quarantaine de trentenaires et de quadras parisiens. L’ancien conseiller en communication de François Hollande à l’Elysée était entouré d’un cercle d’amis – entrepreneurs, communicants, avocats, urbanistes, artistes… –, de quelques jeunes énarques, conseillers de cabinet en poste au gouvernement. Mais aussi de hauts fonctionnaires de la Ville de Paris, restés proches de l’ancien porte-parole de l’ex-maire de la capitale de Bertrand Delanoë de 2010 à 2013.
Devant ses convives, M. Gantzer a fait l’apologie des « années Delanoë ». Pour mieux déplorer certains pans de la gestion d’Anne Hidalgo, dont le fiasco patent, à ce jour, de la mise en service des nouveaux Vélib’. La réunion était une « soirée entre potes de Gaspard » selon une invitée. Mais tous ont bien compris qu’ils assistaient au tour de chauffe de sa campagne pour les municipales de 2020.
Car, depuis quelques mois, l’ex-communicant de l’Elysée porte, sur les réseaux sociaux et dans les médias, un intérêt et une préoccupation de plus en plus manifestes pour l’avenir de la capitale. Sur Twitter, il critique les nids-de-poule ou l’encombrement de la ligne 13. Sur France Inter, le 30 avril, il affirme qu’il serait content de s’intéresser à Paris « parce que c’est la ville dans laquelle [il est] né, [a] grandi et pour laquelle [il a] travaillé pendant de nombreuses années pour Bertrand Delanoë ». Dans la nouvelle postface de son livre, La politique est un sport de combat (Fayard, 2017), il déclare sa flamme aux Parisiens : « Si je m’engage ce sera avec eux (…) Ce sera pour eux. »
Promotion Senghor
Une attitude qui ne laisse plus planer beaucoup de doutes. Codirigeant, depuis 2017, d’une agence de communication, M. Gantzer envisage bel et bien de partir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Sur les six mesures annoncées dans son programme, seules quatre ont été adoptées, dont deux remaniées.
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Les engagements à moitié tenus d’Emmanuel Macron sur la « moralisation de la vie publique »

Sur les six mesures annoncées dans son programme, seules quatre ont été adoptées, dont deux remaniées.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 10h48
    |

            Adrien Sénécat








                        


C’était une mise en scène inédite en France : le 15 septembre 2017, Emmanuel Macron signait, en direct à la télévision, les deux textes de moralisation de la vie politique. Mais derrière la symbolique, le contenu du texte en lui-même ne traduit qu’une partie des engagements présidentiels dans les faits. Sur les six mesures annoncées dans son programme, seules quatre ont déjà été adoptées, dont deux sensiblement remaniées.

   


Interdiction des embauches familiales
PROMESSE PLUTÔT TENUE
Emmanuel Macron avait promis que « toute embauche par un élu ou un ministre d’un membre de sa famille » soit interdite. En pratique, la loi prévoit deux cas :
L’interdiction d’embaucher un conjoint, un parent ou un enfant (ainsi que de ceux de son conjoint) pour les membres du gouvernement, les parlementaires ainsi que les maires.Des mesures de transparence pour des liens familiaux moins étroits. Par exemple, en cas d’embauche des frères et sœurs (ou de leur conjoint), ainsi que des enfants de ces derniers. Les anciens conjoints entrent également dans ce cadre.
Par ailleurs, la loi aborde le cas des embauches « croisées », c’est-à-dire le fait qu’un membre du gouvernement emploie un membre de la famille d’un de ses collègues. Ce cas doit alors être signalé à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Un système similaire existe également pour les parlementaires auprès de l’organe chargé de la déontologie de leur assemblée.
Les modalités de mise en œuvre de cette mesure sont détaillées dans la loi organique pour la confiance dans la vie politique.
Suppression du régime spécial des retraites des parlementaires
PROMESSE TENUE
Emmanuel Macron avait promis de rattacher les parlementaires au régime général, alors qu’ils bénéficiaient jusqu’ici d’un régime particulier qui leur permettait notamment de toucher une pension de près de 1 200 euros par mois, après un seul mandat, grâce à un système bien plus favorable que celui de l’immense majorité des salariés. Depuis le début de l’année 2018, leur régime est aligné sur celui de la fonction publique.
Cette réforme, qui ne sera pas rétroactive pour les droits acquis par le passé par les députés, permettrait, à terme, d’économiser autour de « dix millions d’euros par an », selon le bureau de l’Assemblée nationale.
Lutte contre les conflits d’intérêts au Parlement
REVUE À LA BAISSE
Le programme d’Emmanuel Macron annonçait « l’interdiction pour les parlementaires d’exercer des activités de conseil parallèlement à leur mandat, pour mettre fin aux conflits d’intérêts. »
La mesure a finalement été revue à la baisse : il ne sera finalement interdit que de « commencer » à exercer une fonction de conseil après le début du mandat de parlementaire ou de poursuivre celle-ci si elle a débuté « dans les douze mois précédant le premier jour du mois de son entrée en fonction ».
Obligation d’avoir un casier judiciaire vierge pour être candidat à une élection
REMANIÉE
Le programme du candidat annonçait « l’interdiction pour tous les détenteurs d’un casier judiciaire (niveau B2) de se présenter à une élection ». C’est finalement une mesure différente qui a été adoptée : l’interdiction de se présenter à une élection ne se base pas sur le casier judiciaire mais sur une peine complémentaire obligatoire d’inéligibilité, d’une durée maximum de dix ans, qui a été instaurée pour l’occasion.
Le juge pénal doit en principe (sauf décision contraire motivée) la prononcer pour toute une série de condamnations :
les délits d’atteintes à la probité (détournement de biens, fraudes électorales, fraude fiscale aggravée…) ;certaines violences ;les agressions sexuelles ;le harcèlement moral ou sexuel ;les discriminations ;les actes de terrorisme.
Ce revirement a été critiqué par certains, notamment l’association Anticor — qui a par ailleurs salué d’autres avancées contenues dans la loi. Parmi leurs arguments, le fait que seuls les faits commis à partir du 17 septembre 2017 pourront être visés par la nouvelle peine d’inéligibilité, là où l’utilisation du casier judiciaire B2 aurait pu permettre de tenir compte de faits plus anciens.
Le gouvernement a justifié ce changement de formule par le fait qu’une peine automatique d’inéligibilité aurait présenté un risque d’inconstitutionnalité, car elle aurait pu être jugée comme ne respectant pas le principe d’individualisation des peines. La formule initialement retenue, à savoir le fait de se baser sur le casier judiciaire B2, était calquée sur la norme appliquée aux recrutements de fonctionnaires et agents contractuels. Elle avait, en revanche, elle aussi ses failles : il est ainsi possible de demander au juge l’effacement de certaines peines de son casier judiciaire au bout de six mois.
Limitation des mandats dans le temps
RENVOYÉE À LA RÉFORME DES INSTITUTIONS
« L’interdiction du cumul de plus de trois mandats identiques successifs » a été renvoyée à la future réforme des institutions promise par le gouvernement. La promesse a d’ailleurs été rabotée au passage : Edouard Philippe a annoncé, le 4 avril, que les maires des communes de moins de 9 000 habitants ne seront pas concernés par la limitation, alors qu’ils représentent environ 96 % des élus municipaux, selon l’Insee.
Présentation par le président de son bilan une fois par an au Congrès
INCERTAINE
Emmanuel Macron s’est engagé sur « la présentation, par le président de la République, de son bilan national et européen une fois par an devant le Congrès ». La mesure n’a pas fait l’objet d’annonce concrète depuis l’élection présidentielle, mais le chef de l’Etat s’est exprimé devant les députés et sénateurs réunis une première fois à l’été 2017.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ La centrale donnera sa réponse le 16 mai. Sa participation entérinerait un changement pour la CGT, qui avait l’habitude, depuis 2017, d’organiser ses propres journées d’action.
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Isolée sur le plan syndical, la CGT se prépare à rejoindre la « marée populaire » du 26  mai

La centrale donnera sa réponse le 16 mai. Sa participation entérinerait un changement pour la CGT, qui avait l’habitude, depuis 2017, d’organiser ses propres journées d’action.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 10h53
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières








                        


Isolée sur un plan syndical, la CGT s’apprêterait-elle à opérer un virage tactique ? Si la centrale de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a refusé, le 5 mai, de s’associer à la « fête à Macron » initiée par François Ruffin, député de La France insoumise (LFI), elle pourrait participer à une « marée populaire contre les réformes Macron » que plusieurs organisations syndicales, associatives et politiques appellent de leurs vœux le samedi 26 mai.
La confédération a en effet participé à deux réunions préparatoires le 17 avril et le 3 mai à la Bourse du travail. Elle était notamment représentée par Elsa Conseil, la directrice du cabinet du secrétaire général Philippe Martinez, ou encore par la numéro deux du syndicat, Catherine Perret. A l’origine de cette initiative, Attac et la Fondation Copernic qui l’ont rendue publique le 4 mai. En plus de ces associations et de la CGT, étaient cités dans un communiqué collectif Solidaires, la FSU, ou le groupe parlementaire LFI, le NPA et le PCF.
« Un projet d’appel a été bouclé le 3 mai mais ne sera diffusé que le 16 mai, une fois que la CGT aura consulté toutes ses instances, indique Pierre Khalfa, ancien coprésident de la Fondation Copernic. Ce serait un peu historique : d’habitude, ce sont certaines de leurs fédérations qui appellent et non la confédération. » Une différence significative.
Le 11 avril, M. Martinez avait indiqué dans un entretien au Monde qu’il ne serait pas présent le 5 mai, jugeant que « multiplier les dates génère de la division et n’est pas efficace ». Le 1er mai, avant le départ du cortège syndical, il avait semblé moins fermé. « Pourquoi pas manifester, mais à condition que cela ne soit pas derrière un drapeau », avait-il glissé. « Le 3 mai, on y est allé en disant : “Pourquoi pas une journée commune un samedi mais ça ne peut pas être la Fête à Macron”, indique Fabrice Angei, membre du bureau confédéral. Il ne s’agit pas de se joindre à un appel mais de permettre de faire la jonction entre les salariés et les citoyens, en participant à une élaboration collective à partir de revendications syndicales. » 

        Lire l’entretien :
         

          Philippe Martinez : « Macron doit descendre de son piédestal »



Pour ce dirigeant de la CGT, ce positionnement n’est pas « contradictoire » avec le 5 mai car il ne s’agit pas « d’un mot d’ordre uniquement politique ». Un avis que ne partage pas le secrétaire général de Force ouvrière, Pascal Pavageau, qui a jugé, lundi sur RMC/BFM-TV, que le 26 mai est « une manifestation d’ordre politique ». 
La participation à cette mobilisation doit encore être approuvée par le Comité confédéral national, le parlement de la CGT. La réponse sera donnée le 16 mai mais M. Angei se veut confiant : « Compte tenu de la façon dont c’est élaboré, et sachant que les questions qui intéressent les syndicats sont présentes et que ce n’est pas derrière quelqu’un, je ne vois pas pourquoi ce serait mal vécu. » Un bon observateur du monde syndical se montre plus circonspect. « Ce n’est pas dans la tradition de la CGT, ce serait une première, note-t-il. La CGT a du mal à du mal à appeler à participer à des initiatives qu’elle n’organise pas elle-même. Et depuis Viannet [secrétaire général de la CGT de 1992 à 1999], il y a une distanciation du champ politique et syndical. » 
Scrutée à la loupe
Depuis l’automne 2017, la CGT a joué une partition en solo en décidant de lancer pratiquement seule plusieurs journées d’action qui ont peu mobilisé. Ses méthodes sont critiquées par ses homologues syndicales. « Martinez et son équipe ont conscience des difficultés : l’espoir d’un front syndical uni au niveau confédéral s’est envolé et ils savent que la force du mouvement social n’est pas telle qu’elle puisse tout emporter comme en 1995, analyse l’un des participants au collectif du 26 mai. Le 5 mai a eu un écho extrêmement important dans leurs rangs mais la confédération ne pouvait pas appeler à y participer. Pour le 26, il faut qu’ils se bordent en interne mais l’attitude de Mélenchon a beaucoup énervé… »
Vendredi, lors d’une conférence de presse, puis samedi lors de la « Fête à Macron », Jean-Luc Mélenchon et LFI ont pu donner le sentiment à certains de vouloir préempter le mouvement, d’autant que le député des Bouches-du-Rhône a donné rendez-vous le 26 mai. « Il y avait un dispositif mis en place pour accroître la visibilité de LFI alors que beaucoup de gens étaient venus hors cadre », déplore Eric Beynel, porte-parole de Solidaires, présent dans le défilé. Ce dernier met en garde contre « une attitude qui se voudrait hégémonique [le 26 mai]. Ce serait contre-productif. L’unité demande le respect. Avec la CGT, nous avons été assez clairs sur le fait qu’on ne se laisserait pas instrumentaliser par qui que ce soit. Si cela devait être le cas, nous prendrions nos responsabilités ».
Pour M. Martinez, dont les relations avec M. Mélenchon se sont détériorées à l’automne 2017, l’enjeu est de ne pas se voir voler la vedette. Une prochaine réunion du collectif doit avoir lieu mercredi pour avancer sur la construction de la mobilisation. Si la CGT n’aura pas encore de réponse officielle à donner aux autres organisations, son attitude sera scrutée à la loupe. « Soit ils disent que c’est insupportable ce qu’a fait Mélenchon et ils se retirent, soit ils y vont à fond car ils auront tout intérêt à ce que le 26 mai soit une réussite », souligne l’un des organisateurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Le volet constitutionnel sera présenté en conseil des ministres, mercredi 9 mai.
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Les trois projets de loi de la réforme des institutions

Le volet constitutionnel sera présenté en conseil des ministres, mercredi 9 mai.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 11h16
    |

            Alexandre Lemarié








                        


Annoncée par Emmanuel Macron le 3 juillet 2017, la réforme des institutions compte trois projets de loi distincts (constitutionnel, organique et ordinaire) que Le Monde s’est procuré. Seul le volet constitutionnel sera présenté en conseil des ministres, mercredi 9 mai.
Pour l’instant, le Conseil d’Etat a donné un avis positif sur ce seul projet, et poursuit l’examen des deux autres textes, qui devraient être présentés le 23 mai, avec l’objectif d’un examen en première lecture à l’Assemblée en juin-juillet, au Sénat à la rentrée, en vue d’une adoption définitive en 2019. Si la partie constitutionnelle contient le plus grand nombre de mesures, les trois marqueurs de cette vaste réforme figurent dans les volets ordinaire et organique.

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                Gérard Larcher écartelé entre sa droite et l’exécutif



Projet de loi constitutionnel 
Il contient plusieurs mesures relativement consensuelles, comme la suppression de la Cour de justice de la République, la disparition du statut de membre de droit du Conseil constitutionnel pour les ex-chefs de l’Etat, ou la nomination des magistrats par le Conseil supérieur de la magistrature. La transformation du Conseil économique, social et environnemental et la spécificité de la Corse seront également inscrites dans la Constitution, tout comme « l’impératif de la lutte contre le changement climatique » ou le droit à la différenciation territoriale pour les collectivités locales.
Concernant la fabrique de la loi, le texte instaure une limitation du droit d’amendement, une réduction des navettes parlementaires, ou donne la priorité à certains textes gouvernementaux.
Projet de loi organique 
Il concerne deux mesures phares de la réforme : la baisse de 30 % du nombre de parlementaires et la fin du cumul des mandats dans le temps. Concrètement, le nombre des députés sera ramené à 404 et celui des sénateurs à 244 (contre respectivement 577 et 348 actuellement).
Dans l’avant-projet de loi transmis au Conseil d’Etat, le gouvernement dit vouloir « améliorer la qualité du travail législatif », avec des parlementaires moins nombreux mais disposant de davantage de moyens. La limitation à trois mandats consécutifs dans le temps concerne les parlementaires et les exécutifs locaux. Les maires des communes de moins de 9 000 habitants sont exemptés. Et seul le mandat en cours sera pris en compte dans le calcul du cumul. Sachant que l’interdiction portera sur trois mandats « identiques », ce qui n’empêcherait pas, par exemple, un député sortant de se présenter à des élections sénatoriales ou municipales. Autre condition : que les mandats soient « complets » (sauf interruption de moins d’un an).
Projet de loi ordinaire 
Il prévoit l’introduction d’une dose de proportionnelle à hauteur de 15 % pour l’élection des députés à partir des législatives de 2022. Sur les 404 députés restants, 61 seront donc élus à la proportionnelle sur des listes nationales. Le jour du premier tour des législatives, les électeurs devront choisir deux bulletins : un pour le député de leur circonscription élu au scrutin majoritaire à deux tours, un pour le député élu nationalement à la proportionnelle. Cela va contraindre le gouvernement à un redécoupage complexe, dans la mesure où il s’est engagé à maintenir un député et un sénateur par département.
Points de blocage potentiels avec le Sénat : le texte prévoit un renouvellement complet de cette institution en 2021 – et non par moitié comme c’est le cas actuellement – et une nouvelle répartition par département.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Alors que le projet constitutionnel doit être présenté le 9 mai, le président du Sénat continue à négocier.
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édition abonné


Gérard Larcher écartelé entre sa droite et l’exécutif

Alors que le projet constitutionnel doit être présenté le 9 mai, le président du Sénat continue à négocier.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 10h22
    |

            Alexandre Lemarié








                        



                                


                            

Effectuer des tirs de barrage tout en laissant la porte ouverte à un accord final. Depuis plus de six mois, Gérard Larcher joue la même partition face à Emmanuel Macron dans le cadre des négociations sur la réforme des institutions. Un subtil équilibre que le président du Sénat s’efforce encore de suivre aujourd’hui, avant la présentation du projet de loi constitutionnel du gouvernement en conseil des ministres, le 9 mai.
Comme à chaque étape de son bras de fer avec l’exécutif, cet habile négociateur fixe ses lignes rouges. Après avoir bataillé sur la proportionnelle ou le non-cumul des mandats, il s’oppose cette fois à la volonté de l’exécutif de modifier la fabrique de loi (encadrement du droit d’amendement, raccourcissement des navettes, maîtrise accrue de l’ordre du jour) au nom d’une plus grande « efficacité » du travail parlementaire.

Des mesures « inacceptables » pour M. Larcher. « Ce projet prévoit une vraie diminution des pouvoirs du Parlement », affirme-t-il au Monde, d’un air grave, dans son bureau du « Petit Luxembourg », la résidence privée du président du Sénat, en s’inquiétant d’« une atteinte au bicamérisme ». « Jamais depuis 1958 une révision constitutionnelle n’a réduit les pouvoirs du Parlement ! » 
Il presse donc le gouvernement de « corriger sa copie », en acceptant des amendements lors de l’examen du texte au Parlement, avant de mettre en garde contre un possible « échec » de la réforme. Le soutien du Sénat – majoritairement à droite – étant essentiel pour toute révision de la Constitution. Celle-ci devant être votée dans les mêmes termes par les deux Assemblées, puis obtenir une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés au Parlement réuni en Congrès.

Pas de deux
Malgré ses menaces, M. Larcher se garde bien de rompre le fil du dialogue. « Je suis toujours dans l’état d’esprit d’aboutir », répète-t-il, restant...




                        

                        


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édition abonné


La manifestation « pot-au-feu » vire à l’aigre

Certains « militants de terrain », proches de François Ruffin, dénoncent l’omniprésence de La France insoumise lors du défilé du 5 mai.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 10h11
    |

            Abel Mestre








                        



                                


                            

Le pot-au-feu peut laisser un goût amer. C’est ce que ressentent plusieurs « militants de terrain » qui ont participé à l’organisation de la « Fête à Macron », samedi 5 mai, qui a réuni 38 900 personnes (selon le comptage du cabinet Occurence pour un collectif de médias dont Le Monde) à Paris. En cause : l’omniprésence de La France insoumise (LFI) ce jour-là.
Le mouvement populiste de gauche a, en effet, fait feu de tout bois lors de cette manifestation impulsée par François Ruffin, député LFI : des centaines de pancartes estampillées du « phi » insoumis ont été distribuées ; un bus à impériale, où se trouvaient les cadres LFI (sauf M. Ruffin), dominait les différents chars représentant Emmanuel Macron… Jean-Luc Mélenchon, lui, n’a pas su se contenter de l’unique intervention prévue, le député a repris la parole à l’arrivée du cortège à Bastille. Un sentiment de « récupération » affleure donc chez beaucoup de militants, souvent proches du journal Fakir fondé par François Ruffin. Deux d’entre eux ont ainsi signé un texte intitulé « Descendez du bus » qui n’épargne pas les « insoumis ». Pour les deux auteurs, le bus de LFI est « un resto 3 étoiles, une espèce de lieu gastronomique réservé à certains : un bus impérial ! » Ils ajoutent : « On avait beau s’époumoner contre le trône de Macron, v’la que les “Importants”, les mégalos de l’insoumission, se présentaient fiers comme des coqs sur un bus gigantesque, entourés par un cordon de sécurité. (…) Ils ont préféré la distance et la hauteur, bien loin du peuple que soi-disant ils chérissent tant ; ils ont préféré être les empereurs de la journée. » Ils concluent : « Le seul absent de cette mascarade politicienne (…) était le véritable maître d’œuvre de cette journée. François Ruffin ! Qui comme nous, les “exploités volontaires” qui soutenons ses combats, doit être écœuré et furieux de la tournure qu’ont pris les événements. »
Choc...



                        

                        


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Macron ravive la polémique sur les APL

Le président de la République a opposé le colonel Beltrame aux défenseurs des allocations logement.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 11h14
    |

            Virginie Malingre








                        


Le président de la République ne craint pas la polémique. Dans le documentaire Macron président, la fin de l’innocence, diffusé lundi 7 mai sur France 3, il oppose les « valeurs » pour lesquelles « le colonel Beltrame est mort » et celles que défendent « les gens qui pensent que (…) le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL ». Au risque de raviver la polémique de l’automne sur la baisse de 5 euros par mois des aides pour le logement.
Ses propos ont hérissé les responsables de gauche. Le député de La France insoumise Alexis Corbière a dénoncé, sur Twitter, des « propos indignes et politiciens, instrumentalisant la mort héroïque du colonel Beltrame ». « Qu’il est petit d’opposer les héros des plus pauvres », a pour sa part commenté Boris Vallaud, le député socialiste des Landes, « ceux qui sont à 20 euros près ne méritent pas ce mépris ».

        Lire aussi :
         

                « Macron président, la fin de l’innocence » à la recherche des pairs du président



« Connerie inévitable »
La droite est, elle aussi, montée au créneau. « On ne peut pas avoir des mots raccourcis. L’APL est un sujet important pour des millions de familles françaises, et il faut qu’on le traite avec équité », a jugé, sur LCI, le président LR du Sénat, Gérard Larcher. « Un président ne devrait pas dire ça », a réagi, sur Twitter, Laurence Sailliet, une des porte-parole du parti de Laurent Wauquiez avant de dénoncer le « mépris » du président.
Hasard du calendrier ou pas, plusieurs membres du gouvernement ou fidèles du chef de l’Etat ont, depuis dimanche, fait part de leurs regrets sur la réduction des APL. Sur France 3, Julien Denormandie a parlé d’une « mauvaise décision ». « Nous avons lancé une réforme de fond sur le logement social qui fait que demain il n’y aura plus aucun perdant aux APL », a promis le secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires.
En août 2017, Edouard Philippe avait jugé que ce coup de rabot n’était « pas intelligent », en rappelant qu’il avait été imaginé par le gouvernement Valls pour économiser 32,5 millions d’euros par an. Cette mesure était « une connerie inévitable », a ajouté, lundi, sur France Inter, Richard Ferrand, président du groupe LRM à l’Assemblée nationale. « Ce n’est pas nous qui l’avons faite, elle était dans les tuyaux », a-t-il justifié. Comme pour s’excuser d’une mesure que M. Macron semble, lui, complètement assumer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Allemagne, Mexique, Japon : il n’y a pas que les étudiants français qui manifestaient en 1968.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ La division par deux du nombre de circonscriptions devrait renforcer les grands partis, et en particulier la droite et le centre droit, estime Julien Morel dans une tribune au « Monde ».
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« L’Assemblée nationale du “monde d’après” devrait ressembler au Sénat du monde d’avant »

La division par deux du nombre de circonscriptions devrait renforcer les grands partis, et en particulier la droite et le centre droit, estime Julien Morel dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    08.05.2018 à 07h15
    |

Benjamin Morel (Docteur en science politique à l'ENS Cachan et chargé d'enseignement à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne)







                        



                                


                            
Tribune. La France comptera donc, si la révision constitutionnelle (en fait celle de la loi organique et ordinaire) arrive à son terme, 404 députés au lieu de 577. Beaucoup de choses ont été dites sur les conséquences de cette baisse. Beaucoup d’idées reçues ont été brandies comme des arguments de bon sens. Or rien n’est évident quand l’on touche au mode de scrutin. Cet article tend à revenir sur quelques éléments de sociologie électorale permettant d’éclairer les conséquences de cette réforme.

Celles-ci devraient d’abord être minimes en matière de représentativité politique des partis. Elle devrait ensuite entraîner une surreprésentation de certains territoires ruraux. Enfin, elle devrait affermir un peu plus la mainmise gouvernementale sur la majorité.
Le premier point est sans doute le plus important, et le plus contre-intuitif. Beaucoup d’analyses, visant uniquement à diviser l’effectif actuel des groupes pour donner une physionomie d’une hypothétique future Assemblée, pèchent par simplisme. Dans la nouvelle chambre, 344 députés seraient élus au scrutin majoritaire à deux tours et 60 (soit 15 % de l’Assemblée) au scrutin proportionnel.
Concernant les élus au scrutin majoritaire à deux tours, au regard des particularités liées aux territoires d’outre-mer, cette diminution impliquerait une division par deux des circonscriptions métropolitaines. Celle-ci serait meurtrière pour la plupart des formations souffrant déjà d’une sous-représentation à l’Assemblée nationale. La France insoumise, le Parti communiste ou le Front national ont du mal à avoir des députés car, isolés, ils doivent réunir sur leur seul nom 50 % des voix. Cela n’est possible que dans des circonscriptions à la composition sociologique favorable. Ces formations peuvent l’emporter dans une circonscription ouvrière ou périurbaine. Or, plus la circonscription est grande, plus sa composition sociologique se rapproche de celle de la nation, plus les résultats...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Si le nombre de députés est réduit, les territoires ruraux risquent d’en faire les frais, prévient le sénateur LR dans une tribune au « Monde ». Un abandon qui risque de renforcer l’abstention et le vote contestataire.
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Philippe Bas : « Evitons que les territoires peu peuplés fassent les frais de la révision constitutionnelle »

Si le nombre de députés est réduit, les territoires ruraux risquent d’en faire les frais, prévient le sénateur LR dans une tribune au « Monde ». Un abandon qui risque de renforcer l’abstention et le vote contestataire.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 11h27
    |

Philippe Bas (sénateur (LR) de la Manche, président de la commission des lois, ancien ministre)







                        



                                


                            
Tribune. Les préliminaires du projet de révision constitutionnelle, présenté mercredi 9 mai en conseil des ministres, ont été longs. Chaque semaine a apporté son lot de nouveautés : la Corse, le climat, le service civil, la différenciation des territoires, ajoutés à la nomination des procureurs, la composition du Conseil constitutionnel, la suppression de la Cour de justice… sans compter la représentation proportionnelle, la réduction du nombre de parlementaires et le renouvellement des mandats.

Les atteintes aux droits du Parlement se sont multipliées. Le gouvernement réclame de pouvoir récupérer les semaines réservées à l’initiative parlementaire. Il veut réduire le droit d’amendement. Il souhaite affaiblir le bicamérisme. Or, c’est de plus de démocratie et de droits que notre démocratie a besoin, comme l’avait proposé Nicolas Sarkozy en 2008 [lors de la précédente révision de la Constitution].
Pour que cette réforme institutionnelle ne soit pas une occasion manquée, posons-nous les bonnes questions. Comment ouvrir un nouvel espace démocratique au Parlement et à l’opposition sans compromettre la capacité d’action de l’exécutif ? Comment fortifier le lien entre citoyens et élus et non le distendre ? Comment améliorer nos lois, les rendre plus concises, plus lisibles, mieux appliquées, plutôt que de les multiplier et de les bâcler ? Comment rétablir l’équilibre des pouvoirs et tempérer la toute-puissance d’un Etat qui rejette les contre-pouvoirs mais peine à affirmer son autorité ?

Effectif excessif du gouvernement
On ne s’intéresse au Parlement que pour le réduire, le détacher des territoires et laisser le champ libre à l’exécutif, tandis qu’on fait l’impasse sur la modernisation de ce dernier. L’effectif excessif du gouvernement (31 membres au lieu des 20 promis), sa dépendance intellectuelle à l’égard d’une nomenklatura constituée dans l’entre-soi des classes dirigeantes, les contraintes exercées...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ L’ancien maire LR du Havre devait présider, mardi, les fêtes de Jeanne d’Arc à Orléans.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/05/2018
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Edouard Philippe, premier ministre de droite « à l’aise » avec la politique de Macron

L’ancien maire LR du Havre devait présider, mardi, les fêtes de Jeanne d’Arc à Orléans.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 09h26
    |

            Alexandre Lemarié et 
Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

A l’époque, la visite avait fait tousser. Alors ministre de l’économie du gouvernement de François Hollande, Emmanuel Macron s’était rendu, le 8 mai 2016, aux fêtes de Jeanne d’Arc qu’organise tous les ans la ville d’Orléans pour célébrer la libération, en 1429, de la cité assiégée par les Anglais. Dans un discours parsemé d’allusions à sa propre trajectoire, le futur chef de l’Etat avait rendu hommage à la bergère de Domremy, figure héroïque qui « fend le système » pour « rassembler la France ». « Elle était un rêve fou, elle s’impose comme une évidence », avait loué M. Macron.

Deux ans plus tard, c’est au tour d’Edouard Philippe de faire le pèlerinage. Invité par Olivier Carré, le maire d’Orléans, en rupture comme lui du parti Les Républicains (LR), le chef du gouvernement devait prononcer, mardi 8 mai, un discours lors des fêtes johanniques, avant d’assister au défilé militaire puis de participer au cortège qui traverse la ville à cette occasion. « Cette visite est un geste macroniste, justifie-t-on à Matignon. Le premier ministre veut porter une parole qui s’inspire de la vision du président de la République d’un récit national ouvert et non pas fermé. »
S’il n’est pas inhabituel qu’un membre de l’exécutif préside ces fêtes, l’événement attire surtout à droite. Ces dernières années, Rachida Dati, Jean-Louis Debré, Michèle Alliot-Marie, Jean-Louis Borloo ou encore Bernadette Chirac s’y sont notamment rendus. En 2016, la visite d’Emmanuel Macron avait été critiquée par une partie de la gauche, qui accusait le ministre de se compromettre avec le parti LR voire avec l’extrême droite, qui s’est arrogé la figure de Jeanne d’Arc. Certains élus socialistes de la région avaient boycotté la manifestation. « Je n’en ai rien à battre ! », avait aussi répondu la maire de Paris, Anne Hidalgo, interrogée sur ce déplacement.
« J’ai décidé de garder mes idées »
En se rendant à Orléans, Edouard...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ « There Is No Alternative ». Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, aucune alternative politique convaincante ne s’est construite, constate l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique.
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« L’absence d’alternative politique impose à Macron des responsabilités d’autant plus grandes »

« There Is No Alternative ». Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, aucune alternative politique convaincante ne s’est construite, constate l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 11h14
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Il y a un an, c’est son mot, Emmanuel Macron entrait « par effraction » à l’Elysée. Il est vrai que son fric-frac politique était spectaculaire : après avoir dévalisé les socialistes et les centristes au premier tour de l’élection présidentielle, il avait fait les poches de la droite au second. Porté, le 23 avril 2017, par moins d’un quart de votants convaincus ou enthousiastes, il se retrouvait élu, le 7 mai, par deux électeurs sur trois, qui n’avaient pas d’autre choix s’ils voulaient barrer la route à la présidente du Front national (FN). « There Is No Alternative » (« TINA »), se sont-ils dit en bon anglais.
Cela aurait pu n’être qu’une heureuse conjonction d’astres et de circonstances. Un an plus tard, c’est devenu une donnée structurelle de ce quinquennat hors norme : le candidat TINA est devenu le président TINA. Face à lui, aucune alternative politique convaincante ne s’est encore construite ou reconstruite.
Pour en prendre la mesure, il suffit de lire la réponse cinglante des Français à la question posée par l’enquête d’Ipsos publiée dans Le Monde  : « Pour chacune des personnalités suivantes, pensez-vous, si elle était présidente de la République, qu’elle ferait mieux, moins bien ou ni mieux ni moins bien qu’Emmanuel Macron ? ». 14 % estiment que Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen feraient mieux (contre respectivement 57 % et 60 % qui jugent qu’ils feraient moins bien). Seulement 8 % créditent Laurent Wauquiez et 4 % Olivier Faure de la capacité de mieux faire.

Ainsi, ni les responsables de La France insoumise (LFI) ou du FN, encore moins ceux des Républicains ou du Parti socialiste (PS) n’apparaissent, jusqu’à présent, comme des adversaires menaçants. Cela ne les empêche pas de fustiger l’action du gouvernement, de tempêter contre les réformes en cours, de rameuter « le peuple » et de faire sa « fête à Macron ». Mais, à défaut de proposer des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ « Je fais ce que j’ai dit », répète-t-il. Mais le gouvernement a pris des décisions, souvent impopulaires, qui n’étaient pas dans son programme.
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Vaccins, vitesse, APL… dix réformes que Macron n’avait pas annoncées

« Je fais ce que j’ai dit », répète-t-il. Mais le gouvernement a pris des décisions, souvent impopulaires, qui n’étaient pas dans son programme.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 06h04
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 10h07
    |

            Anne-Aël Durand








                        



   


Depuis son accession à la présidence de la République, le 7 mai 2017, Emmanuel Macron a multiplié les réformes avec un mantra, sans cesse répété : « Je fais ce que j’ai dit. » Pourtant, parmi les nombreuses mesures adoptées en un an (dont beaucoup figuraient dans son programme de candidat), certaines ne figuraient pas parmi ses engagements. Il s’agit souvent de mesures impopulaires, comme l’abaissement de la vitesse sur les routes ou la réforme de la SNCF. Nous en avons repéré dix qui ont été annoncées au fil de cette première année.
Les onze vaccins obligatoiresLa baisse des APLLa suppression des contrats aidésLa loi contre les fausses nouvellesLa vitesse abaissée à 80 km/hL’abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-LandesLa réforme de la SNCFLa réduction du rôle des jurys d’assisesL’instruction obligatoire à 3 ansLa deuxième journée de solidarité
Les onze vaccins obligatoires
Le 16 juin 2017, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, annonce l’introduction dans le budget de la sécurité sociale d’une disposition pour rendre obligatoire la vaccination contre onze maladies à l’entrée en collectivité, contre seulement trois auparavant (les huit autres étant jusqu’à présent recommandées).
Quelle justification ? La couverture vaccinale en France est insuffisante (80 % pour la rougeole, 71 % pour la méningite C) pour assurer une protection collective contre certaines maladies infectieuses.
Est-ce une surprise ? Pas vraiment. Le programme d’Emmanuel Macron en matière de santé insistait sur la « révolution de la prévention ».
Où en est-on ? L’obligation vaccinale est effective pour les enfants nés depuis le 1er janvier.
Qui est contre ? Des militants « antivaccins », minoritaires mais très présents en ligne, craignent des (prétendus) risques pour la santé et dénoncent un « cadeau à l’industrie pharmaceutique ».

        Les vérifications :
         

          Antivaccins : des mensonges dans un débat légitime



La baisse des APL
Le 21 juillet 2017, le gouvernement annonce la baisse de 5 euros de l’aide personnalisée au logement, qui bénéficie à 6,5 millions d’allocataires.
Quelle justification ? Il s’agit de réduire les dépenses de l’Etat, pour parvenir sous les 3 % de déficit public. Les APL coûtent chaque année 18 milliards d’euros.
Est-ce une surprise ? Oui. Le gouvernement a renvoyé la responsabilité de la décision à la majorité précédente (qui l’a contestée).
Où en est-on ? La mesure s’applique depuis le 1er octobre pour le logement privé et devait s’appliquer au 1er février dans les HLM.
Qui est contre ? Une opposition s’est structurée autour des associations de locataires, d’étudiants et caritatives, au sein d’un collectif Vive l’APL.

        Les explications :
         

          Aides au logement : 6 millions de bénéficiaires, dont un tiers de travailleurs pauvres



La suppression des contrats aidés
Le 24 août, le premier ministre a annoncé une forte réduction du nombre de contrats aidés, passés entre 2016 et 2018 de 460 000 à 320 000 puis à moins de 200 000 en 2018. L’objectif était de les recentrer vers l’accompagnement des enfants handicapés, l’urgence sanitaire et sociale et l’outre-mer.
Quelle justification ? Le dispositif, qui profite surtout aux associations et aux collectivités locales, est jugé « trop coûteux » (4,2 milliards d’euros) par le premier ministre, qui dénonce un financement par l’Etat de la précarité.
Est-ce une surprise ? Pas tout à fait. La mesure ne figure pas dans le programme d’Emmanuel Macron. Dans un entretien à L’Obs en novembre 2016, il avait simplement indiqué qu’il était « pour dans le secteur privé [mais] plus sceptique dans le secteur public ».
Où en est-on ? La mesure a été appliquée progressivement, entraînant, selon un rapport sénatorial, une baisse des emplois dans les écoles, l’animation, l’éducation, le sport, le tourisme, les aides à domicile… Toutefois, en janvier a été lancé un dispositif un peu similaire, baptisé « Parcours emploi compétence », réservé au secteur non marchand.
Qui est contre ? Les petites communes et les associations ont dû mettre fin à de nombreuses activités qui reposaient sur ces contrats. Des dizaines de milliers de personnes « ont de nouveau basculé dans la précarité », selon ce même rapport.

        Le zoom:
         

          Un rapport sénatorial déplore « les effets désastreux » de la baisse des contrats aidés



La loi contre les fausses nouvelles
Le 3 janvier 2018, lors de ses vœux à la presse, le président présente un projet permettant, en cas de diffusion de fausse nouvelle (« fake news ») en période électorale, de déréférencer (faire en sorte qu’il n’apparaisse plus dans les moteurs de recherche) un site, fermer un compte sur un réseau social ou retirer des contenus par une procédure en référé, donc rapide. Le texte impose aussi aux plateformes de signaler ces fausses informations, ainsi que de préciser l’identité et le montant des diffuseurs de contenus sponsorisés.
Quelle justification ? Durant toute la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a été la cible privilégiée des rumeurs et fausses informations. Cette annonce est aussi une réaction aux enquêtes sur les ingérences russes dans l’élection américaine de 2016, et à l’arrivée en France de la chaîne d’Etat russe, Russia Today (RT).
Est-ce une surprise ? Oui, cela ressemble à une mesure de réaction à l’actualité.
Où en est-on ? La loi doit être examinée à l’Assemblée nationale entre fin avril et début mai, pour une adoption avant la fin 2018
Qui est contre ? Plusieurs voix (dont celle du Monde) s’élèvent pour contester l’intérêt de modifier l’arsenal législatif actuel et le danger de restreindre la liberté de la presse.

        L’éditorial :
         

          « Fake news » : les risques d’une loi



La vitesse abaissée à 80 km/h
Le gouvernement a annoncé à l’issue d’un comité interministériel sur la sécurité routière, la baisse de la vitesse de 90 km/h à 80 km/h sur toutes les routes secondaires à double sens du territoire.
Quelle justification ? Ces routes, qui représentent 40 % du réseau français, concentrent 55 % des accidents mortels (soit plus de 1 900 morts en 2016). L’objectif affiché est « d’éviter 300 à 400 morts par an ».
Est-ce une surprise ? Oui, Macron s’y était opposé durant la campagne présidentielle.
Où en est-on ? L’application est prévue au 1er juillet, sur tout le territoire, pour une phase d’expérimentation de deux ans.
Qui est contre ? L’opinion publique y est majoritairement opposée, selon plusieurs sondages. Les lobbies d’automobilistes et de motards protestent contre cette mesure qu’ils jugent liberticide.

        Les explications :
         

          Six points pour comprendre l’abaissement de la vitesse à 80 km/h sur les routes



L’abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes
Le 17 janvier, le premier ministre, Edouard Philippe, annonce l’abandon définitif du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes au profit du réaménagement de l’aéroport de Nantes-Atlantique. En échange, il souhaite mettre fin à la ZAD (« zone à défendre »), où quelques centaines d’opposants ont développé un mode de vie alternatif.
Quelle justification ? Le projet, évoqué depuis les années 1970, avait été relancé en 2000, mais suscitait une forte opposition locale. C’était un sujet de discorde entre le PS et les écologistes, sous le quinquennat de François Hollande. Il était urgent de trancher car la déclaration d’utilité publique expirait en février.
Est-ce une surprise ? Plutôt. Emmanuel Macron avait promis qu’il trancherait ce dossier, laissé en friche par François Hollande. Mais durant la campagne, il rappelait l’importance de respecter la concertation locale, favorable à l’aéroport.
Où en est-on ? La décision d’abandon a eu un effet immédiat. Les expulsions des occupants de la ZAD ont commencé le 9 avril.
Qui est contre ? L’abandon a suscité la colère de certains élus locaux. L’indemnisation du constructeur, Vinci, n’a pas encore été fixée. Les opposants de la ZAD, d’abord ravis de l’abandon, ont réagi vivement à l’expulsion musclée par les forces de l’ordre.

        Le reportage :
         

          Le gouvernement embourbé dans le dossier de Notre-Dame-des-Landes



La réforme de la SNCF
Présenté le 26 février, le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » va transformer la SNCF en société anonyme publique et supprimer le statut de cheminot pour les nouveaux embauchés.
Quelle justification ? L’objectif est de préparer la SNCF à l’ouverture à la concurrence, alors que l’entreprise est très lourdement endettée. En échange de ces réformes, une reprise partielle de la dette par l’Etat est prévue à partir de 2020 (sans précision sur le montant).
Est-ce une surprise ? Cette mesure n’a pas été annoncée dans le programme, mais elle est cohérente avec le calendrier européen d’ouverture à la concurrence.
Où en est-on ? La loi est en cours d’examen. Le gouvernement espère une adoption avant l’été.
Qui est contre ? Les cheminots ont lancé une grève intermittente de trois mois pour protester contre ce qu’ils ressentent comme une première étape vers la privatisation de la SNCF, même si le gouvernement s’en défend.

        Le compte-rendu :
         

          Neuf questions pour comprendre la réforme de la SNCF



La réduction du rôle des jurys d’assises
Le 9 mars, en présentant une réforme de la justice, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, propose de créer un tribunal criminel, afin de limiter le recours aux jurys d’assises aux seuls crimes punis d’une peine de plus de vingt ans d’emprisonnement. Elle compte aussi faire fusionner les tribunaux d’instance et de grande instance en un lieu unique.
Quelle justification ? Depuis plusieurs années, les assises font face à un afflux de dossiers supérieur à leur capacité de traitement. Pour certaines affaires, comme les viols, les dossiers sont souvent requalifiés en agression pour être jugés plus rapidement. D’autres critiques portent sur le caractère aléatoire des jurys citoyens, jugés moins fiables que les professionnels.
Est-ce une surprise ? Plutôt. Le programme d’En Marche ! évoquait une justice « plus lisible » et « plus efficace », mais Emmanuel Macron n’avait pas évoqué la remise en cause du jury populaire.
Où en est-on ? La réforme en est tout juste au stade de la présentation en conseil des ministres.
Qui est contre ? Avocats et magistrats sont déjà mobilisés contre la réforme, craignant surtout que la fusion de tribunaux se traduise par une réduction de la justice de proximité.

        Le zoom :
         

          Justice : pourquoi réformer les assises ?



L’instruction obligatoire à 3 ans
Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, souhaiter abaisser l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans, contre 6 ans actuellement.
Quelle justification ? Plus de 97 % des enfants de 3 ans sont déjà scolarisés : seuls 20 000 à 25 000 élèves seraient touchés par la réforme. Mais on constate des disparités régionales (87 % seulement en Corse, 93 % en Ile-de-France).
Est-ce une surprise ? Oui. La proposition était plutôt défendue par Jean-Michel Blanquer, qui insiste sur l’importance de l’école maternelle, que par Emmanuel Macron.
Où en est-on ? La mesure s’appliquera à partir de septembre 2019.
Qui est contre ? La mesure ne provoque pour l’instant pas de grande réaction, puisqu’elle est déjà largement appliquée.

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La deuxième journée de solidarité
Le président Macron a proposé, dans un entretien le 15 avril, la création d’un cinquième risque de sécurité sociale, consacré à la dépendance, qui viendrait s’ajouter aux branches vieillesse, maladie, famille et accident du travail. Pour financer cette réforme, il a évoqué comme « piste » l’instauration d’une deuxième journée de solidarité, financée par les salariés.
Quelle justification ? Le chef de l’Etat anticipe le « choc démographique » du vieillissement de la population : 5 millions de Français auront plus de 85 ans en 2050, contre 1,5 million actuellement. La prise en charge des personnes dépendantes à domicile ou dans les Ehpad est insuffisante.
Est-ce une surprise ? Plutôt. De nombreuses propositions sur la dépendance étaient avancées durant la campagne (hausse du minimum vieillesse, service sanitaire, accompagnement des aidants, télémédecine…) mais le financement n’était pas défini, et une nouvelle journée de solidarité n’a jamais été évoquée.
Où en est-on ? Il s’agit actuellement d’une simple piste de réflexion. Le sujet devrait être étudié « entre fin 2018 et l’année 2019 ».
Qui est contre ? La création d’un cinquième risque dédié à la dépendance avait été envisagée par Nicolas Sarkozy puis abandonnée faute de financement. L’idée de ponctionner les salariés déplaît fortement aux syndicats.

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Comptes de campagne de Macron : les remises des fournisseurs étaient « acceptables », pas « illicites »

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a tranché lundi.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 22h19
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 06h42
   





                        



   


Les remises obtenues auprès de prestataires de services pour la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron sont « acceptables » et ne constituent « pas des participations illicites au financement » de ladite campagne, a estimé, lundi 7 mai, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).

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« D’autres candidats ont bénéficié de remises similaires pour l’organisation d’événements publics », a souligné la CNCCFP dans un communiqué, en réponse à la révélation par le site d’information Mediapart de promotions « exceptionnelles » accordées par l’entreprise spécialisée dans l’événementiel GL Events à l’équipe de campagne de M. Macron, élu président le 7 mai 2017.
Le code électoral n’empêche pas toute « équipe de campagne d’essayer d’obtenir d’un fournisseur, par la négociation d’un devis, une facturation la plus juste possible, ni d’interdire toute mise en concurrence entre plusieurs prestataires », rappelle la Commission. « Dans le secteur de la communication et pour l’organisation d’événements tels que les réunions publiques, il existe une pratique commerciale largement répandue consistant à faire bénéficier le client d’une remise pouvant aller de 20 % à 30 % », qui n’est « pas systématiquement appliquée » mais qui peut l’être en fonction notamment du « volume » et de la « date de l’événement ».

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Or, « dans le compte de M. Macron, l’expert-comptable mandaté pour répondre aux rapporteurs [de la CNCCFP] a indiqué que “les remises qui ont été consenties par les fournisseurs sont normales et régulières dans une optique de fidélisation de la clientèle” et a transmis les attestations produites par chacun des prestataires ». « D’autres factures évoquées » dans la presse « ont été diminuées du fait de l’inexécution partielle des prestations prévues initialement dans les devis, et non à la suite de négociations commerciales », relève aussi la Commission. « Après examen des justifications produites, les rapporteurs ont considéré que ces remises étaient acceptables et ne constituaient donc pas des participations illicites au financement de la campagne », au sens du code électoral, et « n’ont pas proposé de réformations du compte », conclut-elle.
Faure veut que le PNF « puisse s’autosaisir »
Quant à la location de la maison de la Mutualité à Paris pour un meeting le 12 juillet 2016, pour laquelle « une remise de 26,8 % » a été accordée au mouvement En marche !, la commission « constate que l’équipe de M. Fillon a bénéficié également d’une remise de 24 % sur le montant de la facture concernant la réunion, le 14 janvier 2017, du conseil national du parti Les Républicains dans les mêmes lieux ». « De même la société Match Event a consenti à M. Hamon une remise de 18,7 % sur son prix HT pour l’organisation de la réunion publique de Bercy du 19 mars 2017 », ajoute la CNCCFP.

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Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, également anciens candidats, ont pointé les avantages qu’aurait reçus Emmanuel Macron, notamment d’importantes remises sur la location de salles et sur des appels téléphoniques. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a émis le souhait dimanche que le Parquet national financier (PNF) « puisse s’autosaisir ». Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a quant à lui assuré que les comptes de campagne d’Emmanuel Macron étaient « les plus sincères de tous ».



                            


                        

                        

