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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Retour sur le destin croisé de deux visionnaires qui inventèrent l’industrie cinématographique (sur Arte à 20 h 50).
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TV - « Charles Pathé et Léon Gaumont, premiers géants du cinéma »

Notre choix du soir. Retour sur le destin croisé de deux visionnaires qui inventèrent l’industrie cinématographique (sur Arte à 20 h 50).



Le Monde
 |    08.05.2018 à 17h45
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Arte à 20 h 50


Charles Pathé & Léon Gaumont - Premiers géants du cinéma - Trailer from Program33 on Vimeo.

Leurs noms sont mondialement célèbres, et depuis longtemps. Mais qui se souvient que derrière Pathé il y a un Charles, et derrière Gaumont un Léon ? Deux hommes issus de milieux modestes, nés à quelques mois d’intervalle (Pathé en 1863, Gaumont en 1864), aux caractères différents mais devenus inventeurs visionnaires et ayant permis, au même titre que les frères Lumière ou Georges Méliès, de donner au cinéma français naissant un rayonnement exceptionnel.
Bénéficiant d’images d’archives époustouflantes, ce documentaire s’appuie également sur de nombreux écrits des deux hommes. Jacques Bonnaffé prête sa voix à Charles Pathé, Eric Caravaca la sienne à Léon Gaumont, ce qui ajoute une touche de classe et d’élégance à ce film. Et à travers les succès et mésaventures des deux hommes, qui furent longtemps féroces rivaux, avant de devenir proches lors de leur retraite sur la Côte d’Azur, c’est aussi une histoire culturelle et industrielle de la France qui se dessine.

   


Charles Pathé n’a donc pas repris la charcuterie familiale de Vin­cennes. Léon Gaumont est sorti de son milieu social peu favorisé (père cocher, mère femme de chambre) pour entamer de brillantes études et devenir un ingénieur de haut niveau. A partir du milieu des années 1890, les deux hommes vont, chacun de leur côté, inventer, apprivoiser des procédés techniques, bâtir des ateliers consacrés au cinéma. Charles Pathé a le sens des affaires, Léon Gaumont un talent d’ingénieur qui lui permettra d’inventer avant l’heure le cinéma parlant en couleur.
Fascination pour l’Amérique
Phonoscènes de Gaumont, vues animées de Pathé, les inventions se succèdent. De l’attraction de foire aux immenses salles de projection, la concurrence des deux hommes va profiter à l’ensemble de l’industrie cinématographique française. Et les saynètes muettes et grivoises des débuts vont, petit à petit, laisser place à des œuvres plus élaborées, du burlesque de Max Linder aux séries à succès comme Fantômas. Sans oublier d’étonnants westerns à la française tournés en Camargue.
Alors que Charles Pathé choisit le coq comme emblème, Léon Gaumont mise sur la marguerite. Chez Pathé, le bon goût est celui du public, chez Gaumont, on se veut plus sélectif, plus bourgeois en quelque sorte. Mais les deux hommes ont en commun un attrait pour l’innovation et une fascination pour l’Amérique, où les deux sociétés réussiront de belles affaires. C’est aux Etats-Unis que Pathé découvrira le feuilleton policier à épisodes (le serial), genre aussi lucratif que populaire qu’il adaptera pour le public français avec Les Mystères de New York (1914). Jamais en retard d’un combat, Gaumont répliquera dans la foulée avec Les Vampires, réalisé par le talentueux Louis Feuillade en 1915.

   


Mais la Grande Guerre va décimer les rangs des ouvriers de Gaumont et Pathé. Désormais, les Américains, avec William Fox, Jack Warner ou Samuel Goldwyn, investissent des sommes folles sur des films, modernisent l’industrie, bâtissent des temples consacrés au cinéma. Pathé et Gaumont tentent de résister, misent sur des films d’auteur, des réalisateurs de talent (Abel Gance, Marcel L’Herbier). Mais le cinéma américain, plus commercial, envahit tout.
Fatigués, Charles Pathé et Léon Gaumont partent sur la Riviera profiter d’une retraite bien méritée. Les rivaux deviennent amis, jusqu’à la fin de leur vie. Comme un clin d’œil à l’histoire, les responsables de Gaumont et de Pathé décideront, en décembre 2000, de regrouper leurs salles.
Charles Pathé et Léon Gaumont, premiers géants du cinéma, d’Emmanuelle Nobécourt et Gaëlle Royer (Fr., 2016, 85 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A voir aussi ce soir. Avec précision et légèreté, Anne Giafferi met en scène trois sœurs confrontées à la maladie d’Alzheimer de leur mère (sur TV5 Monde à 21 heures).
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TV - « La Vie à l’envers »

A voir aussi ce soir. Avec précision et légèreté, Anne Giafferi met en scène trois sœurs confrontées à la maladie d’Alzheimer de leur mère (sur TV5 Monde à 21 heures).



Le Monde
 |    08.05.2018 à 17h30
    |

            Véronique Cauhapé








                        


Téléfilm sur TV5 Monde à 21 h 00

Suffisamment espacés les uns des autres pour tromper leur monde, les premiers symptômes interrogent plus qu’ils n’inquiètent. Quand leur mère, Nina (Marthe Keller), 68 ans, commence à montrer quelques signes de décrochage avec la réalité, Odile (Pascale Arbillot), Claire (Isabelle Carré) et Julie (Barbara Schulz), ses trois filles, n’échappent pas à ce schéma.
Mais alors, à quel moment les choses vont-elles devenir sérieuses ? Les soucis réels ? La gravité du pronostic imminent ? Eh bien, paradoxalement, au moment où les dérapages de Nina deviennent hilarants. Quand elle offre 30 000 euros au parti de Mélenchon, qu’elle se met à vanter auprès des voisins de son immeuble les plaisirs de la fellation, qu’elle remplit ses placards de boîtes de sardines à l’huile… autant d’informations que les trois sœurs découvrent au fil des semaines. Des informations qui finissent par mener à l’évidence – Nina est atteinte de la maladie d’Alzheimer –, sans pour autant changer le ton du film, ni cet équilibre tragicomique mis en place dès le début par sa réalisatrice et scénariste, Anne Giafferi.
Petit théâtre névrotique
Auteure notamment du téléfilm Des frères et des sœurs (2014) et du film Ange et Gabrielle (2015), Anne Giafferi a également créé avec Thierry Bizot la série Fais pas ci, fais pas ça, sur France 2. C’est dire si elle sait rendre compte de la vie de famille, raconter et mettre en scène ce petit théâtre névrotique où s’expriment tous les excès. Dans La Vie à l’envers, elle ne se départ pas de ce savoir-faire. De cette plume et de cette caméra qui ne s’attardent pas, qui ne cherchent ni à démontrer ni à tenir un quelconque discours. Alzheimer n’est pas son propos.

   


Ce qui importe à la réalisatrice, en revanche, c’est de saisir ce que cette maladie entraîne au quotidien dans la vie de ces trois sœurs et de leur mère, les défenses que chacune met en place pour faire face, les moments de franche rigolade et les remises en question qu’elle provoque.
Le film tout entier, et jusqu’à sa (presque) fin, repose sur cet effet de balancier qui jamais ne bascule d’un côté (le drame qui recadre la vie de chacune) ou de l’autre (l’humour qui sauve du chagrin). Parce que, au fond, ainsi va la vie.
La Vie à l’envers, d’Anne Giafferi. Avec Marthe Keller, Pascale Arbillot, Isabelle Carré, Barbara Schulz (Fr., 2014, 90 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Le chef-d’œuvre d’Herman Melville, abyssal roman d’aventures, paraît en « Quarto » assorti d’illustrations inédites et de compléments érudits. A lire en apnée.
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Replongez dans « Moby-Dick » !

Le chef-d’œuvre d’Herman Melville, abyssal roman d’aventures, paraît en « Quarto » assorti d’illustrations inédites et de compléments érudits. A lire en apnée.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 17h24
    |

                            François Angelier (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Moby-Dick ou Le Cachalot (Moby-Dick or The Whale), de Herman Melville, illustrations de Rockwell Kent, traduit de l’anglais (Etats-Unis) et édité par Philippe Jaworski, Gallimard, « Quarto », 1 024 p., 25 €.

« Souffle là ! » L’allègre cri du marin, le victorieux signal de la vigie voyant soudain, depuis le bastingage ou à la crête du mât, apparaître enfin à l’horizon, giclante et soufflante, la baleine tant attendue, poussons-le à nouveau, encore et toujours, à la lecture ou à la redécouverte de Moby-Dick,d’Herman Melville (1819-1891), dont une nouvelle édition signée Philippe Jaworski paraît, en « Quarto », chez Gallimard !
Le typhon melvillien n’est pas près d’être rétrogradé en tempête ordinaire. Bien loin, le temps où le cachalot blême, à la mâchoire déviée, à la nageoire trouée et au dos hérissé de harpons brisés viendra s’échouer sur la rive déserte où moisissent les classiques oubliés. Le monstre a encore la queue rageuse, le capitaine Achab, le pilon vengeur, et le doublon d’or, cloué au mât du Pequod, ne cesse de flamber sous l’ardent soleil atlantique ! Si elle reprend la traduction de « La Pléiade » de 2006, cette parution se justifie largement par le nouvel apport littéraire et documentaire fourni au lecteur : préface originale, dossier historique illustré sur l’art et la manière de chasser la baleine, lexique technique, illustrations de l’Américain Rockwell Kent (1882-1971), mythiques aux Etats-Unis, inédites en France, et, surtout, une anthologie réinsérant le roman de Melville dans tout un maillage textuel, des sources bibliques aux auteurs contemporains, de Jonas à Pierre Senges, en passant par Rabelais, Giono ou Blanchot.
Apocalypse littéraire et visionnaire
Paru en  1851 à Londres (dans une prude édition émondée de 2 000 mots) et à New York, bien reçu par la critique anglo-saxonne qui salue la puissance d’évocation de l’auteur mais se défie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le journaliste du « Monde » Thomas Sotinel a répondu aux questions d’internautes, au cours d’un tchat sur l’ouverture du Festival de Cannes.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Festival de Cannes 2018 : « Les réalisatrices restent très minoritaires dans les sélections »

Le journaliste du « Monde » Thomas Sotinel a répondu aux questions d’internautes, au cours d’un tchat sur l’ouverture du Festival de Cannes.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 17h26
   





                        



   


Favoris pour la Palme d’or, scandale Weinstein, organisation de la Croisette… A l’occasion de l’ouverture de la 71e édition du Festival de Cannes, le journaliste du Monde Thomas Sotinel, spécialiste du cinéma, a répondu aux questions des internautes lors d’un tchat.
Paul : Bonjour. Que pensez-vous de la sélection officielle ? Y a-t-il des surprises ?
Thomas Sotinel : Oui, il y a eu des surprises. Si l’on ne prend en compte que la compétition pour la Palme d’or, il y a nombre de nouveaux venus (Serebrennikov, Eva Husson, l’Egyptien A. B. Shawky), les surprises viennent aussi des absences, comme celles d’Olivier Assayas, Jacques Audiard ou Mike Leigh.

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Hallo : Y a-t-il des réalisateurs qui étaient invités et qui n’ont pas pu venir en raison d’interdits dans leur pays, comme quasiment chaque année ?
Oui, parmi les auteurs en compétition cette année, Jafar Panahi, qui présente 3 Faces, et Kirill Serebrennikov, le réalisateur de Leto, sont l’un interdit de sortie du territoire iranien, l’autre assigné à résidence à Moscou. Or, leurs films ne sont pas directement politiques.

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Cate : Pensez-vous que Cannes aura une tonalité différente cette année, après le scandale Weinstein ?
Je ne sais pas s’il y aura une tonalité différente. Le Festival a mis en place une hotline que l’on peut appeler pour signaler des faits de harcèlement ou d’agression sexuelle. Harvey Weinstein sera bien sûr absent, et la parité est respectée dans les jurys. En revanche, les réalisatrices restent très minoritaires dans les sélections : il y a trois films réalisés par des femmes sur les vingt et un en compétition, sept sur dix-neuf dans la section Un certain regard ; quant à la Quinzaine des réalisateurs, cinq films sur vingt ont pour auteure une femme. Il n’y a guère que la Semaine de la critique (qui ne présente que sept films) qui compte une majorité de femmes cinéastes.

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Monique : Que pensez-vous du fait que les films produits par Netflix n’aient toujours pas leur place à Cannes ? Estimez-vous, comme Pedro Almodovar, qu’un film doit être diffusé en salle pour y avoir sa place ?
Netflix est à la fois une aubaine et une menace pour le cinéma d’auteur. Une aubaine, parce qu’au moment où les grands studios renoncent à porter des projets indépendants, Netflix s’engage régulièrement sur des films hors norme, avec des moyens considérables, comme ce fut le cas pour Okja, de Bon Joon-ho, présenté en compétition en 2017.

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Une menace parce que Netflix a tout intérêt à prendre des parts de marché au cinéma en salle, ce qu’il a déjà fait aux Etats-Unis. Il faut se souvenir que le cas de la France, où des films comme Moi, Daniel Blake peuvent se hisser en tête du box-office, est unique au monde. Aux Etats-Unis, les amateurs de cinéma différents, s’ils n’habitent pas à New York, Los Angeles, San Francisco ou Chicago sont obligés de recourir aux plates-formes de streaming. Bref, Cannes et Netflix sont animés par des logiques opposées, mais peuvent difficilement s’ignorer l’un l’autre.
Charles : Pouvez-vous revenir sur la polémique sur le film « L’homme qui tua Don Quichotte » ?
A moins d’être spécialisé en droit des affaires et de la propriété intellectuelle, il y avait peu de chances que vous puissiez tout saisir. Un conflit oppose le producteur portugais Paolo Branco au réalisateur Terry Gilliam. Il y a trois ans, à Cannes, les deux hommes avaient annoncé qu’ils mèneraient à bien le projet que Gilliam porte depuis bientôt vingt ans. Mais un conflit sur le montant du budget a amené le réalisateur de Brazil à se tourner vers d’autres producteurs, avec qui il a tourné L’Homme qui tua Don Quichotte.
Paolo Branco estime que cette rupture s’est faite au mépris du contrat qui les liait, Terry Gilliam n’est pas de cet avis. On attend pour demain, mercredi 9 mai, le jugement en référé qui dira si Paolo Branco est en droit de faire interdire la projection du film à Cannes, le jour de la clôture, qui est aussi le jour fixé – sauf empêchement juridique – pour sa sortie en salles.

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Richard : Un film qui remporte un prix à Cannes est-il vraiment boosté en salles ? Certaines Palmes d’or ont-elles fait un bide ensuite ?
Oui, l’effet Palme d’or existe, en France, en tout cas. Et si une Palme d’or ne déplace pas les foules, il faut se dire que, sans cette récompense, le film aurait attiré encore moins de spectateurs. L’exemple le plus extrême est Oncle Boonmee, celui qui se souvenait de ses vies antérieures, du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, qui a reçu la Palme d’or des mains d’un jury présidé par Tim Burton en 2010.
Le film, qui n’est pas un récit simple, repose sur un univers spirituel bouddhiste étranger à la plupart des spectateurs. Il a attiré environ 125 000 spectateurs à sa sortie en France, c’est peu pour une Palme d’or. Mais c’est beaucoup plus que les autres films du même auteur. J’ai déjà cité l’exemple de Moi, Daniel Blake, près d’un million d’entrées. L’an passé, The Square, de Ruben Ostlund, film plutôt long et pas toujours plaisant (même s’il était souvent drôle) a réuni 400 000 spectateurs, son meilleur score en dehors de son pays, la Suède. Sur le marché international, l’effet Palme d’or est beaucoup plus incertain.

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Patrick : Quelle est une journée type pour un journaliste au Festival de Cannes ?
Jusqu’à cette année, elle commençait par la projection de presse du film de 8 h 30, qui était ensuite montré en séance de gala à 19 heures. Pendant la journée, deux autres projections (Un certain regard, Quinzaine…), des entretiens, commencer à écrire certains articles.
Ensuite, vers 19 heures, projection du second film en compétition, puis finir d’écrire. Et si on est vraiment courageux (ou plutôt jeune et inconscient), on ressort faire la fête. Mais tout ceci n’est qu’un souvenir puisque cette année, tout va changer.
Afin d’éviter que des équipes arrivent le soir sur le tapis rouge en ayant appris que leur film a été mal accueilli par les journalistes, ceux-ci verront les films de la compétition en même temps (pour les films de 19 heures) ou après (pour les films de 22 heures dont la projection de presse sera organisée le lendemain à 8 h 30) que les projections de gala. Nous (la rubrique cinéma du Monde) espérons que ces nouvelles contraintes ne retarderont pas trop la mise en ligne et la parution de nos comptes rendus et critiques.
Dorian : Quelle est l’envergure du Festival au niveau international ?
C’est l’interrogation majeure ces jours-ci. Elle ne concerne pas seulement Cannes, mais toute l’organisation du marché du cinéma (hors produits de grande consommation). Le nombre de journalistes accrédités (environ 4 000), de sociétés présentes sur le marché du film, témoigne de la primauté de Cannes, qui est ancienne. On y traite énormément d’affaires, on y monte des projets. Mais le Festival se heurte à des obstacles : l’attitude des producteurs et distributeurs américains. Les films américains arthouse (films d’auteur en français) règlent leur vie sur le calendrier des Oscars. Or, la date de ceux-ci (dernier week-end de février) est défavorable à Cannes. Par ailleurs, le coût d’un séjour à Cannes est devenu prohibitif. Enfin, la situation géographique. Cannes procède d’une conception des festivals qui date des années 1930, on amenait des vedettes dans une station balnéaire pour leur offrir un cadre à leur mesure. Depuis, le modèle du festival urbain (Berlin, Toronto) s’est développé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ A Londres, une exposition éclaire le goût du plus impressionniste des peintres français pour l’architecture.
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Le monde construit, allié objectif de Claude Monet

A Londres, une exposition éclaire le goût du plus impressionniste des peintres français pour l’architecture.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 16h11
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 16h58
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

La peinture de Claude Monet (1840-1926) est souvent associée à l’expression des langueurs chromatiques des grandes composantes de la nature : des paysages, des ciels ou la mer. Pourtant, outre sa fameuse série des Cathédrales de Rouen débutée sur le tard, il a, tout au long de sa vie, introduit dans ses toiles de nombreux éléments construits : villes et villages, maisons et monuments, églises, ponts et gares. A travers plus de soixante-quinze œuvres, peintes notamment entre Le Havre, Paris, Londres ou Venise, l’exposition « Claude Monet et l’architecture » présentée jusqu’au 29 juillet à la National Gallery de Londres, témoigne de cette singularité qui éclaire d’un jour nouveau le travail du plus impressionniste des peintres français.
Richard Thomson, commissaire de l’exposition : « Monet a fait de l’architecture une alliée de sa peinture »
Imposant ou vu de face, s’immisçant subrepticement dans le cadre, point de repère et indicateur d’échelle, voire facteur d’équilibre dans le foisonnement d’un panorama, le monde bâti apporte sa contribution à la lecture des tableaux. Le commissaire de l’exposition, Richard Thomson, titulaire de la chaire d’histoire de l’art Watson Gordon à l’université d’Edimbourg (Ecosse), a orchestré son propos autour de trois thématiques : « Le village et le pittoresque », « La ville et le moderne », « Le monument et le mystérieux ». Dans ce choix d’étapes quasi chronologique, la dernière coïncide avec l’ultime partie de l’œuvre de voyage de l’artiste, juste antérieure à sa présence exclusive en sa propriété et son jardin de Giverny (Eure) où, à partir de 1912, les constructions humaines n’ont plus droit de cité.

L’architecture, nous dit Richard Thomson, « Monet en a fait une alliée de sa peinture » où elle apparaît très tôt. En 1964, à 24 ans, il peint La Lieutenance de Honfleur. La même année, il en réalise un double – non exposé à Londres –, première démarche sérielle connue de l’artiste...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ L’auteur, reconnu comme le plus grand écrivain français d’expression catalane, est mort à Pau le 27 avril à l’âge de 85 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

La mort de l’écrivain Jep Gouzy

L’auteur, reconnu comme le plus grand écrivain français d’expression catalane, est mort à Pau le 27 avril à l’âge de 85 ans.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 15h16
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 17h11
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        


Tenu, depuis la disparition du grand poète, essayiste et romancier Jordi-Pere Cerdà (1920-2011) dont il fut l’ami et le traducteur, pour le plus grand écrivain français d’expression catalane, Jep Gouzy est mort à Pau, le 27 avril, à l’âge de 85 ans.
Fils de l’écrivain roussillonnais Marcel Gouzy (1908-1987), poète d’expression française de la génération du romancier libertaire catalan Ludovic Massé (1900-1982) qui signa notamment Ce village où meurent les fontaines, Jep Gouzy i Anrich naît le 15 août 1932 en Isère, à Montalieu-Vercieu, près de La Tour-du-Pin, où les hasards de la fonction publique ont conduit son père. Mais bientôt la famille revient en Roussillon, et Jep passe son enfance dans le village natal de son père, Saint-Féliu-d’Amont près de Prades (Pyrénées-Orientales).
A l’heure des études secondaires, il fréquente le lycée de Montpellier, où son professeur de français, le poète Charles Camproux (1908-1994), figure marquante du mouvement occitaniste, l’initie aux littératures catalanes et espagnoles et insiste pour qu’il considère sa langue comme un médium littéraire à part entière, lui apprenant à lire et écrire le catalan. Du coup, le lien entre Catalans et Occitans ne cessera de compter et de s’affirmer dans la pensée de Jep Gouzy. Et, bien plus tard, quand le poète gascon Bernard Manciet (1923-2005), devenu rédacteur en chef de la revue Oc, sollicitera son concours, l’écrivain catalan acceptera sans hésitation.
Passionné de psychanalyse
A la faculté de Montpellier, Jep Gouzy est gagné par la passion du théâtre et participe à la création du centre dramatique universitaire des étudiants de Montpellier, Les Escholiers de Languedoc. Son engagement l’amène bientôt à croiser Jean Vilar en Avignon, à travailler avec Madeleine Attal, personnage phare de la création théâtrale comme radiophonique à Montpellier. S’il entreprend une carrière d’enseignant, agrégation d’espagnol en poche – il professe alors la langue et la culture espagnole comme son épouse Renée Sallaberry, qui, première lectrice précieuse et lucide, traduit par ailleurs en français la plupart des textes de son époux – Jep Gouzy s’est aussi passionné pour la psychanalyse.
Formé notamment par le psychiatre et psychanalyste Josep Luis Marti Tusquets dans la voie de ce que d’aucuns appellent la « psychiatrie sociale ». Professeur d’espagnol à Pau, à partir de 1961, il donne ensuite des cours de psychologie de groupe à l’université, peu après sa création en 1972.
Autant de voies qui, outre son goût pour l’art – il collectionne les masques africains – et les initiatives culturelles, expositions, rencontres et récitals (Jep Gouzy aime improviser sur ses textes avec des percussions ou le concours du compositeur Tristan Bizzarri), nourrissent une œuvre à l’éclectisme révélateur.
Sans œillères ni parti pris
La grande singularité de l’engagement littéraire de Jep Gouzy tient à son ouverture. La curiosité de l’homme, aussi féru de cultures américaines contemporaines, littéraires comme musicales (Leonard Cohen, Jim Morrison ou Tom Waits), que de culture classique, notamment sur le champ ibérique (de Cervantes à Garcia Lorca), le conduit à œuvrer pour faire découvrir les auteurs catalans contemporains qu’il traduit avec générosité : des « classiques » des Baléares, Maria Villangomez Llobet, Josep Maria Llompart de la Peña et Blai Bonet, aux plus jeunes Albert Villaro, Ferran Torrent et Alex Susanna, dont il a livré chez Fédérop Les Cernes du temps (1999).
Puisant à toutes les sources sans œillères ni parti pris, s’affranchissant des préjugés pour ne se laisser guider que par une curiosité aussi insatiable que stimulante, Jep Gouzy ose les inventions stylistiques comme linguistiques. Ce qui en fait un auteur catalan si incontestable que c’est de l’autre versant des Pyrénées que vient la reconnaissance de son talent.
Alex Susanna du reste, convaincu que l’écriture de Gouzy est « un instrument privilégié d’expression, de recherche, de jeu et de transgression au-delà des limites et conventions », édite en 1990 sur près de 400 pages plus de 500 poèmes composés par Gouzy depuis 1950, dans la maison qu’il dirigea alors à Barcelone. Mettant ainsi en lumière l’une des voix les plus subversives de la littérature catalane, qui déjoue les carcans territoriaux. Sitôt la somme parue, Gouzy s’empressa avec malice d’en écrire d’autres pour que le terme « œuvre complète » soit aussitôt obsolète… Une leçon.

Jep Gouzy en huit dates
15 août 1932 Naissance à Montalieu-Vercieu (Isère)
1990 « Poesia oberta (1950-1990) » somme éditée en catalan à Barcelone
1993 « Un plat d’arros per a Tom Waits, proses fantasmagoriques » (Trabucaire)
2000 « …i un mirall trencat » (CD avec Tristan Bizzarri, publ. de l’Olivier)
2000 Les « Eloquences du silence » (éd. bilingue, Fédérop)
2005 « Vlad Tepes comte Dracula ou trois cavaliers de l’apocalypse », roman (Fédérop)
2009 « S(a)lam Aleikum, opéra barbare à cloche-pied » (Trabucaire).
27 avril 2018 Mort à Pau





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Pour la réalisatrice du premier long-métrage kényan présenté à Cannes, l’interdiction du film au Kenya assombrit ce grand moment.
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Entretien

Wanuri Kahiu : « Avec “Rafiki”, j’ai voulu raconter une belle histoire d’amour africaine »

Pour la réalisatrice du premier long-métrage kényan présenté à Cannes, l’interdiction du film au Kenya assombrit ce grand moment.

Propos recueillis par                                            Marion Douet (Nairobi, correspondance)




LE MONDE
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        Le 08.05.2018 à 14h58

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        Mis à jour le 08.05.2018 à 16h32






    
Wanuri Kahiu, la réalisatrice de « Rafiki » (ami en swahili), premier film kényan présenté au Festival de Cannes.
Crédits : BEN CURTIS/AP


Rafiki (« ami » en swahili), le deuxième long-métrage de la Kényane Wanuri Kahiu, sera présenté au Festival de Cannes mercredi 9 mai dans la sélection Un certain regard. Le film qui raconte un amour lesbien a été interdit dans son pays. L’ancienne étudiante de l’université californienne UCLA se défend d’être une militante LGBT. A 38 ans, elle se revendique avant tout comme une cinéaste qui veut promouvoir des histoires africaines « belles et positives ». Rafiki lui a été inspiré par la nouvelle Jambula Tree de l’auteure ougandaise Monica Arac de Nyeko.
Votre deuxième long-métrage, « Rafiki », sera projeté à Cannes le 9 mai. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?
C’est un honneur immense. Et être le premier film kényan diffusé là-bas, c’est énorme. Cela représente quelque chose d’important pour les acteurs, l’équipe, mais aussi pour tout le cinéma kényan.

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« Rafiki » met en scène deux jeunes femmes de Nairobi qui sont amies et tombent amoureuses. Ce thème avait de grandes chances de poser problème au Kenya, où l’homosexualité est taboue. Pourquoi avez-vous choisi de le traiter ?
Je cherchais un livre à adapter dans la littérature africaine moderne. J’ai lu Jambula Tree [une nouvelle de l’auteure ougandaise Monica Arac de Nyeko], et c’est juste le meilleur bouquin que j’ai lu ces dernières années. C’était une histoire d’amour tellement belle que j’ai voulu la raconter.
Aviez-vous espoir que cette histoire d’amour entre deux femmes soit autorisée dans les cinémas ?
La possibilité d’être censuré existait. Les autorités ont approuvé le tournage, à Nairobi. La Commission [de censure, qui donne l’autorisation de diffuser les films au Kenya] était très enthousiaste. Son directeur, Ezekiel Mutua, a même dit dans une interview qu’il était très important de réfléchir à la société, que ces choses-là arrivent et que nous ne pouvons pas les ignorer. Mais la Commission a interdit le film [parce qu’il « légitime l’homosexualité », selon un communiqué publié par l’autorité]. De plus, nous demandions une autorisation pour les plus de 18 ans. Je suis déçue que l’on n’ait pas assez confiance dans le public kényan adulte pour l’estimer capable de voir ce film.
Avant « Rafiki », votre film « From a Whisper » racontait l’histoire d’une jeune fille qui perd sa mère dans les attentats de Nairobi en 1998, et votre court-métrage « Pumzi » relevait plutôt du registre de la science-fiction. Des thèmes très différents…
En règle générale, j’aime parler des femmes. Elles sont toujours les personnages principaux de mes films, dans toute leur complexité. Je tiens aussi à voir la beauté, le positif. J’ai récemment participé à la création du collectif AfroBubbleGum, qui promeut un art africain drôle, espiègle et léger. L’espoir en Afrique, c’est ce que nous voulons créer.

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Que reprochez-vous au cinéma africain ?
La plupart du temps, le continent est dépeint comme un endroit frappé par la maladie, la guerre, la destruction. Il y en a mais il y a aussi beaucoup de joie, d’espoir, de grandeur et de positivité. C’est pourquoi je voulais raconter une histoire qui vienne changer cette image. Il est fondamental que l’Afrique montre des histoires d’amour auxquelles s’identifier. Il est temps que nous nous voyons comme doux, tendres, enjoués, généreux, joyeux…
Vous avez étudié à Los Angeles, où l’industrie du cinéma est gigantesque. Que manque-t-il au Kenya pour que ce secteur se développe, comme au Nigeria par exemple ?
Ce qui est incroyable avec le Nigeria, c’est que le pays est parvenu à faire du cinéma l’une de ses premières sources de revenus. Grâce à l’investissement privé. Le Kenya a besoin de cela – et bien sûr d’un plus grand soutien du gouvernement ! Non seulement parce que c’est une source de revenus, d’emplois, de compétences, mais aussi parce que cela attire les visiteurs. Au-delà du cinéma en lui-même, la portée est immense pour un pays, notamment pour d’autres industries comme le tourisme.
« Rafiki » sera-t-il diffusé dans d’autres pays africains, en Europe ?
Nous savons qu’après Cannes il sera projeté à Paris, mais je ne sais pas ce qui va se passer ailleurs. J’aimerais beaucoup, bien sûr, qu’il soit visible dans d’autres pays d’Afrique.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ L’artiste belge, révélée en 1988 grâce à Starmania, est décédée lundi 7 mai à Bruxelles à l’âge de 57 ans. Absente de la scène depuis 2016, elle venait de donner deux concerts dans cette ville.
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Maurane, une artiste à la voix puissante et généreuse

L’artiste belge, révélée en 1988 grâce à Starmania, est décédée lundi 7 mai à Bruxelles à l’âge de 57 ans. Absente de la scène depuis 2016, elle venait de donner deux concerts dans cette ville.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h54
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 17h28
    |

            Sylvain Siclier








                        



   


Révélée au grand public en 1988 par sa participation, dans le rôle de Marie-Jeanne, à la deuxième version de la comédie musicale Starmania de Michel Berger et Luc Plamondon, interprète à la voix puissante, généreuse, la chanteuse belge Maurane, de son vrai nom Claudine Luypaerts, est morte lundi 7 mai, à son domicile, à Bruxelles. Les causes de sa mort, annoncée mardi 8 mai, par La Radio-Télévision belge de la Communauté française (RTBF), n’ont pas été précisées. Elle était âgée de 57 ans. Absente de la scène depuis 2016, pour des problèmes de voix, Maurane avait participé à deux concerts à Bruxelles, samedi 5 mai, au Palais d’Egmont et dimanche 6 lors du festival La Fête de l’Iris, durant lesquels elle avait interprété des chansons de Jacques Brel.
Née le 12 novembre 1960 à Ixelles, Maurane a grandi dans une atmosphère artistique, son père Guy-Philippe Luypaerts (1931-1999) était compositeur et directeur de l’Académie de musique de Verviers et sa mère Jeannie, professeure de piano. Elle apprend vite l’instrument, le solfège, le chant et commence à participer à divers concours dès son adolescence. En 1979, elle est l’une des interprètes d’un spectacle consacré à Jacques Brel, à qui elle voue une grande admiration, dont elle témoignera tout au long de sa carrière. C’est pour la compagnie phonographique parisienne Saravah, de Pierre Barouh, qu’elle enregistre ses premiers 45-tours au début des années 1980 et un premier album, Danser, publié en 1986.
De nombreux succès
Elle enregistre la même année l’album HLM pour le label belge Igloo avec le saxophoniste Steve Houben et le pianiste Charles Loos, deux personnalités importantes de la scène jazz belge, avec qui elle va régulièrement travailler. On y trouve notamment sa composition Morceau en forme de Nougarose, hommage à Claude Nougaro, lui aussi source d’inspiration, à qui elle consacrera un album de reprises, Nougaro ou l’espérance en l’homme (Polydor) en 2009. Dans son phrasé, sa manière expressive, le jazz est souvent présent.

   


Après ses débuts dans des cabarets et petites salles de Bruxelles ou Paris, elle passe, du 20 au 24 octobre 1987, au Théâtre la Ville, à Paris, suscitant un succès critique. Elle est alors sollicitée par Michel Berger pour reprendre, après Fabienne Thibeault en 1979 et Louise Forestier, en 1980, le rôle de Marie-Jeanne dans une nouvelle production de Starmania – le nom du metteur en scène Francis Morane, qui avait travaillé à la première version du spectacle, lui a inspiré, au début des années 1980, son pseudonyme Maurane. L’une des chansons du spectacle, Les uns contre les autres, fera partie de son album Maurane (Polydor), publié en 1989, premier succès avec Toutes les mamas, chanson pop, Pas gaie la pagaille, sur un arrangement reggae et Tout pour un seul homme, ballade jazz-pop avec cordes. 
En 1991, l’album Ami ou ennemi (Polydor), auquel participe notamment le groupe de jazz-rock canadien Uzeb, confirme son succès public. Il est porté par l’émouvante chanson Sur un prélude de Bach, signée Jean-Claude Vannier, qui réalise les arrangements. Au début des années 1990, elle tourne beaucoup, est en tête d’affiche à l’Olympia, en vedette au Printemps de Bourges, obtient, en 1994, une Victoire de la musique de la « meilleure artiste francophone », année où Barbara est sacrée « artiste féminine de l’année ». En 1995 paraît l’album Différente (Polydor), avec Le Paradis c’est l’enfer, Manies manigances, façon country, une nouvelle ballade signée Vannier, Juste une petite fille.

En 2000 paraît l’album Toi du monde (Polydor), qui par endroits emprunte aux musiques du monde. En 2002, le duo Tu es mon autre avec Laura Fabian, est un nouveau grand succès. Elle enregistre ensuite plusieurs chansons écrites par Jean-Jacques Goldman, dont Tout faux, Des millions de fois et Ce que le blues a fait de moi, qui vont figurer sur le disque Quand l’humain danse (Polydor, 2003). Elle retrouve Houben et Loos en 2005 pour l’album Un ange passe. Suivront deux albums, en 2007 et 2011, avant que Maurane ne participe à l’émission de télévision « La Nouvelle Star », de 2012 à 2014. Son dernier album en date, Ouvre, publié en 2014, a été notamment enregistré avec les musiciens de jazz Louis Winsberg (guitare) et Stéphane Huchard (batterie). Dans un message sur son compte Facebook, publié le 3 mai, Maurane avait indiqué qu’elle préparait un nouveau disque et une tournée.

Maurane en quelques dates
12 novembre 1960 : Naissance à Ixelles (Belgique)
1986 : Premier album « Danser »
1988-1989 : Interprète Marie-Jeanne dans une nouvelle production de la comédie musicale « Starmania »
1989 : Succès de l’album « Maurane », avec notamment « Toutes les mamas » et « Pas gaie la pagaille »
1991 : Album « Ami ou ennemi »
1994 : Victoire de la musique comme « meilleure artiste francophone »
2002 : Succès de « Tu es mon autre », duo avec Lara Fabian
2014 : Album « Ouvre »
7 mai 2018 : Mort, à son domicile, à Bruxelles


 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Au-delà d’un certain seuil, les aides perçues par les maisons de production n’accroissent plus leur performance économique, constate, dans une tribune au « Monde », le chercheur Julien Jourdan.
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édition abonné


Cinéma et subventions publiques : « Des résultats contrastés »

Au-delà d’un certain seuil, les aides perçues par les maisons de production n’accroissent plus leur performance économique, constate, dans une tribune au « Monde », le chercheur Julien Jourdan.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 15h20
    |

Julien Jourdan (Membre du laboratoire Dauphine Recherches en management)







                        



                                


                            
Tribune. Les subventions publiques permettent-elles aux entreprises d’accroître leur performance ? Le sujet fait depuis longtemps débat, mais peu d’études empiriques permettent de trancher. Afin de faire avancer la discussion, nous avons étudié de manière systématique le fonctionnement d’un secteur d’activité où ce soutien public est la règle plutôt que l’exception : la production cinématographique, subventionnée de manière permanente dès le début de l’après-guerre (« Too Much of a Good Thing ? The Dual Effect of Public Sponsorship on Organizational Performance », Julien Jourdan et Ilze Kivleniece, Academy of Management Journal n° 60/1, 2017).
la justification ouvertement protectionniste du dispositif s’est effacée progressivement sous la bannière de « l’exception culturelle »
Concédée dans le cadre du plan Marshall, l’ouverture des salles obscures hexagonales aux productions hollywoodiennes s’était accompagnée d’une politique volontariste d’aide aux productions nationales. Il s’agissait de résister à l’impérialisme culturel américain et de protéger les compagnies françaises de la concurrence internationale. Pilier de cette politique, le soutien dit « automatique » à la production a offert, dès 1959, une aide aux producteurs, directement proportionnelle à la recette de leur film précédent.
Au fil du temps, la justification ouvertement protectionniste du dispositif s’est effacée progressivement sous la bannière de « l’exception culturelle », mais la mécanique du dispositif n’a été ajustée qu’à la marge. Le soutien automatique est conçu pour renforcer les entreprises les plus performantes, avec l’ambition de forger des champions capables de porter les couleurs de la France sur le marché mondial. Il s’agit ainsi de contrebalancer la politique d’influence américaine – le fameux « soft power » – à laquelle les studios d’Hollywood sont étroitement associés.
Marché de niche
L’objectif est-il tenu ? Notre étude, qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Favoris pour la Palme d’or, scandale Weinstein… A l’occasion de l’ouverture du Festival, Thomas Sotinel, journaliste au « Monde », répond à vos questions.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le 71e Festival de Cannes ouvre ses portes, mardi soir, avec la projection d’« Everybody Knows », de l’Iranien Asghar Farhadi, en compétition.
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La gazette de la Croisette : un jury, une cérémonie et un film d’ouverture

Le 71e Festival de Cannes ouvre ses portes, mardi soir, avec la projection d’« Everybody Knows », de l’Iranien Asghar Farhadi, en compétition.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 13h08
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 13h31
   





                        



   


ON ATTEND AUJOURD’HUI :
A 14 h 30, le jury, présidé par l’actrice australienne Cate Blanchett, donnera sa traditionnelle conférence de presse au Palais des festivals.

        Lire le focus :
         

          Cate Blanchett, présidente féministe de la Croisette



A partir de 19 h 15, place à la non moins traditionnelle cérémonie d’ouverture du 71e Festival de Cannes, présentée cette année par Edouard Baer, un habitué des lieux, puisqu’il a déjà officié comme maître de cérémonie sur la Croisette en 2008 et en 2009. Suivie par la projection du film d’ouverture, qui est également en compétition avec vingt autres longs-métrages pour la prestigieuse Palme d’or, Everybody Knows (Todos lo saben), d’Asghar Farhadi, avec Penélope Cruz, Javier Bardem et Ricardo Darin.

        Lire l’éditorial :
         

          Le Festival de Cannes s’ouvre sur une sélection audacieuse et engagée




Le cinéaste iranien a tourné en Espagne, dans un village viticole de la Castille, cette histoire construite autour du kidnapping d’une adolescente. Dans un entretien avec notre journaliste Laurent Carpentier, il revient sur la genèse de ce film, notamment sur ses relations avec d’autres réalisateurs comme Pedro Almodovar et Abbas Kiarostami.

        Lire la critique d’« Everybody Knows » :
         

          La mécanique humaine du malheur




        Lire aussi le portrait dans « M » :
         

          Javier Bardem, la mort lui va si bien



ON ENTEND AUJOURD’HUI :
Plusieurs voix se font entendre sur la Croisette avant le début du Festival : celles — sous-jacentes — des sites agrégateurs de notes comme AlloCiné et Rotten Tomatoes, sur lesquels Maroussia Dubreuil a mené l’enquête ; celles des monteurs, monteurs son, bruiteurs et mixeurs qui demandent une revalorisation de leurs métiers et de leurs salaires, comme l’explique Clarisse Fabre ; et enfin celle de Gilles Jacob, l’ancien président du Festival de Cannes, qui publie un Dictionnaire amoureux du Festival de Cannes, chroniqué par Jacques Mandelbaum.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Asghar Farhadi présente son dernier film en ouverture du Festival. Le réalisateur iranien y met en scène Penélope Cruz et Javier Bardem, dans le sud de l’Espagne.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ La chanteuse belge a été retrouvée sans vie à son domicile lundi. Retour sur cinq titres qui ont marqué sa carrière.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ De la réalisation à la musique, les hommes pèsent plus que les femmes dans le processus créatif des 21 films en lice pour la Palme d’or.
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Festival de Cannes 2018 : musique, photo ou scénario, la sélection reste très masculine

De la réalisation à la musique, les hommes pèsent plus que les femmes dans le processus créatif des 21 films en lice pour la Palme d’or.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 11h15
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


Le premier Festival de Cannes post-affaire Weinstein débute mardi 8 mai, jusqu’au 19 mai. Les liens entre les femmes et le 7e art seront, à coup sûr, sous les projecteurs. Pour la douzième fois seulement en 71 éditions, l’événement est présidé par une femme, l’actrice Cate Blanchett, connue pour ses prises de position féministes.
Cette 71e édition joue la carte de l’exemplarité en lançant, en partenariat avec le secrétariat à l’égalité entre les hommes et les femmes, la campagne « Comportement correct exigé », avec mise en place d’un numéro de téléphone spécial pour dénoncer le harcèlement sexuel sur la Croisette. Mais au-delà des symboles, les stars de Cannes seront, comme chaque année, majoritairement masculines.

        Lire aussi :
         

                Et Cannes créa le tout-puissant Harvey Weinstein



Une seule femme à avoir obtenu la Palme d’or
Dans l’histoire du Festival, une seule femme a été récompensée par la Palme d’or : la Néo-Zélandaise Jane Campion, primée en 1993 pour La Leçon de piano – mais cette distinction était partagée avec le Chinois Chen Kaige, réalisateur d’Adieu ma concubine.
Cette année, elles ne sont que trois en lice pour la Palme d’or, soit 14 % de la sélection officielle. Il s’agit d’Eva Husson (Les Filles du soleil), Alice Rohrwacher (Heureux comme Lazzaro) et Nadine Labaki (Capharnaüm). 

   


Les femmes réalisatrices ne sont pas les seules à se faire voler la vedette par les hommes. Comme chaque année, les spectateurs s’émerveilleront devant des musiques essentiellement composées par des hommes et des scénarios écrits par des hommes. Même fossé chez les « directeurs de la photographie », qui ont la responsabilité de la qualité technique et artistique des images.
Nous avons calculé la part des femmes dans les postes « à responsabilité » dans ces trois domaines créatifs, pour les 21 films concourant à la Palme d’or, à partir des crédits attribués sur les fiches techniques du Festival de Cannes.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Longtemps célébré comme la figure de proue du cinéma indépendant en Chine, le réalisateur vient d’être élu député de l’Assemblée nationale populaire.
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Les paradoxes de Jia Zhang-ke

Longtemps célébré comme la figure de proue du cinéma indépendant en Chine, le réalisateur vient d’être élu député de l’Assemblée nationale populaire.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 11h20
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

En costume cravate, flanqué de deux autres représentants du peuple nouvellement désignés, Jia Zhang-ke se tient droit comme un « i » dans la lumière des projecteurs. Face à lui, à une dizaine de mètres, une meute de journalistes chinois retenus par un cordon de sécurité. La scène se passe dans l’immense hall d’accueil du Palais du peuple, sur la place Tiananmen, là où s’est tenue la session annuelle du parlement chinois à laquelle Jia Zhang-ke participait pour la première fois, début mars, en tant que député de sa région natale, la province du Shaanxi.
Intérêt des studios
Drôle de consécration pour l’auteur chinois par excellence, longtemps célébré comme la figure de proue du cinéma indépendant de son pays. Son premier film, Xiao Wu, artisan pickpocket, tourné en 1997 sans autorisation, lui valut un rappel à l’ordre du bureau de la censure et une forte amende. Il s’en acquitta, pensant que ça lui permettrait de tourner autre chose. Il n’en fut rien : malgré l’intérêt des studios de ­Pékin pour Platform, le projet de son deuxième film fut refusé. « La première raison était qu’il n’était pas question de lever l’interdiction qui me frappait ; et la seconde : le scénario couvrait une période de dix ans, de 1980 à 1990, et le Bureau du cinéma avait estimé que j’étais trop jeune pour en parler, qu’il me fallait attendre encore dix ans pour pouvoir raconter cette époque », explique-t-il dans Le Monde de Jia Zhang-ke, de Jean-Michel Frodon (Yellow Now, 2015).
« Le Bureau du cinéma avait estimé qu’il me fallait attendre encore dix ans pour pouvoir raconter cette époque »
Jia Zhang-ke passa donc outre, de film en film, jusqu’à The World, en 2002, le premier distribué officiellement en Chine. Sans réellement s’embourgeoiser, malgré les prix (Lion d’or pour Still Life à Venise en 2006), le soutien inflexible des studios de Shanghaï, et le documentaire qu’il réalise en commandite pour l’Exposition universelle...




                        

                        


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Wang Bing, dans les failles de l’histoire chinoise

L’irréductible cinéaste a entamé, il y a plus de dix ans, un travail de mémoire autour des camps de la mort maoïstes.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 11h21
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Aux alentours de la place de la Nation, à Paris, le réalisateur chinois Wang Bing met la dernière main aux Ames mortes, titre spectral et gogolien d’un documentaire de huit heures, intime et épique à la fois, consacré aux derniers survivants des crimes d’Etat commis durant le Grand Bond en avant (1958-1961), moment parmi d’autres de cette suite sans fin d’épurations meurtrières qui définit le maoïsme. En attendant que ce film-fleuve, d’une portée mémorielle et politique brûlante, soit présenté hors compétition au Festival de Cannes, on retrouve cet homme tel qu’on le connaît depuis 2002, date à laquelle il est entré par la grande porte dans l’histoire du cinéma mondial avec le documentaire A l’ouest des rails, chronique surréelle de la liquidation d’un immense complexe industriel. Intense, opiniâtre, solitaire, secret, d’une douceur souriante qui masque à peine l’inébranlable résolution qui le meut, Wang Bing, à lui seul, est une force en marche.
Du côté des parias
Né en 1967 dans la province du Shaanxi, formé à l’Académie du film de Pékin, il aurait pu devenir un cinéaste chinois comme les autres, rusant avec les foudres de l’autocratie dans un combat toujours incertain, au cours duquel on n’est jamais assuré de ne pas finir par vendre son âme. Lui a choisi d’emblée une autre voie, celle du refus, de la disparition, de l’illégalité, et de tout ce qui en découle, à commencer par la précarité et l’incertitude du lendemain. Volant sous les radars, contournant la censure, tournant en caméra DV (Digital Video, un format qui facilite le transfert des séquences vers un ordinateur), évitant les feux des projecteurs, il filme ce que lui dicte sa conscience, toujours du côté des parias, accompagnant les vaincus, creusant inexorablement les failles de l’histoire et de la société chinoises contemporaines. A ceux qui s’étonnent de l’absence de répercussion politique de ses films, naturellement piratés mais officiellement ignorés en Chine, il explique :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Michel Fugain, Catherine Lara, Céline Dion, Lara Fabian, Hélène Segara… Les réactions attristées du monde de la chanson sont nombreuses.
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Le monde de la chanson pleure la mort de Maurane

Michel Fugain, Catherine Lara, Céline Dion, Lara Fabian, Hélène Segara… Les réactions attristées du monde de la chanson sont nombreuses.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 15h01
   





                        



Le monde de la chanson française pleurait Maurane, mardi 8 mai. La chanteuse belge a été trouvée morte lundi soir à son domicile de Bruxelles. Elle venait d’amorcer, à 57 ans, son retour sur scène après plus de deux ans d’absence. De Michel Fugain à Catherine Lara, en passant par Céline Dion, Lara Fabian, Hélène Segara ou Christophe Willem, les réactions attristées du monde de la chanson affluaient sur les réseaux sociaux et les radios.
« Je suis dévastée d’entendre cette nouvelle. C’est terrible. On a quarante ans d’amitié », a réagi Catherine Lara sur la radio française Europe 1, racontant avoir trouvé Maurane « fatiguée » lors de leur ultime rencontre, il y a trois semaines. « Mais elle m’a parlé du futur, elle m’a dit qu’elle préparait un album de Jacques Brel, qu’elle rechantait. Elle me semblait aller beaucoup mieux de ce point de vue-là », a ajouté l’auteure et interprète du tube La Rockeuse de diamants, comptant parmi les nombreuses artistes avec qui Maurane avait chanté en duo.

        Lire aussi :
         

                Mort de la chanteuse Maurane à l’âge de 57 ans



Au Canada, la chanteuse Lara Fabian a salué une artiste « rare », « plus grande que la musique ». « Je suis assise ici dans mon petit bureau tout blanc à Montréal, je ne veux pas réaliser que tu n’es plus, je ne peux pas. Je me dis que tu vas appeler et m’engueuler, parce qu’on ne se voit pas assez », a-t-elle écrit sur sa page Facebook.
En Belgique, artistes et politiques francophones étaient unanimes pour saluer « une très grande voix ». « Une artiste engagée nous a quittés cette nuit, Maurane, une chanteuse hors du commun, une voix inspirante, une personnalité attachante », a tweeté à l’aube le premier ministre, Charles Michel.

   


« Le choc est brutal »
Maurane, connue depuis la fin des années 1980 pour sa participation à une nouvelle version de la comédie musicale Starmania, coproduite par Michel Berger, avait dû mettre sa carrière entre parenthèses en 2015 à cause de « problèmes de cordes vocales », selon l’agence de presse Belga. Mais elle venait d’amorcer son retour, annoncé avec enthousiasme ces derniers jours sur les réseaux sociaux.
Mardi matin, le chanteur Michel Fugain s’est dit « dévasté ». « On ne s’attend pas à ce que quelqu’un qui fait partie de sa famille disparaisse comme ça d’un coup alors qu’on n’est pas là », a-t-il déclaré à la radio RTL.

#Maurane : "Je suis dévasté", l'émotion de Michel Fugain dans #RTLMatin au micro de @M_ferrere https://t.co/LwLx6NfS2J— RTLFrance (@RTL France)


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« Le choc est brutal, tant j’ai son visage et le son de sa voix gravés dans ma mémoire, mélange de douceur éternelle et de désillusion sur la vie », a réagi Christophe Willem sur son compte Instagram à côté d’une photo en noir et blanc de la chanteuse belge.
« Je ne peux pas croire que jamais plus nos voix ne s’élèveront ensemble », a regretté la chanteuse Hélène Segara :

Nous avons partagé tant de rires... Ce soir mon chagrin est immense... Je ne peux pas croire que jamais plus nos vo… https://t.co/OnD03JLGBv— helenesegaraoff (@Hélène Ségara Off)


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« Le rire, les vannes, la voix de Mauranne »
L’actrice Michèle Laroque lui a aussi rendu hommage sur Twitter : « Maurane ! Je n’arrive pas à y croire ! La plus belle voix. L’oreille absolue. La générosité absolue aussi. Que tu vas nous manquer. Je pense à Lou [la fille de Maurane]. Je pense à toi. A nos fou rires. Repose-toi sans souffrance ma copine #Maurane #RIP ».
« Quelle tristesse de ne plus entendre le rire, les vannes, la voix de #Maurane. Ces images prennent aujourd’hui une autre dimension », a également tweeté l’animateur Nagui.
Née le 12 novembre 1960 à Ixelles d’une mère pianiste et d’un père directeur d’une académie de musique, Claudine Luypaerts, la future Maurane, avait grandi à Scharbeek, autre commune de Bruxelles à laquelle elle était restée fidèle. Le bourgmestre (maire) de la commune, Bernard Clerfayt, joint par l’Agence France-Presse, s’est dit « très affecté par cette disparition inopinée, surprenante ».
« C’est une personne très attachante, une très belle artiste, même si elle a eu des hauts et des bas dans sa carrière », a ajouté l’élu, dont le fils était camarade de classe en primaire de Lou, la fille de Maurane, née en 1993.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ L’actrice prend ses fonctions de présidente du jury de la 71e édition du Festival, qui s’ouvre mardi, dans un contexte encore marqué par l’affaire Weinstein.
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Festival de Cannes 2018 : Cate Blanchett, présidente féministe de la Croisette

L’actrice prend ses fonctions de présidente du jury de la 71e édition du Festival, qui s’ouvre mardi, dans un contexte encore marqué par l’affaire Weinstein.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 17h17
    |

                            Cécile Frangne








                        



« Une présidente engagée, une femme passionnée et une spectatrice généreuse », énuméraient Pierre Lescure et Thierry Frémaux, respectivement président et délégué général du Festival de Cannes, pour décrire Cate Blanchett. A 48 ans, l’actrice australienne s’apprête, mardi 8 mai, à présider le jury de la 71e édition du Festival, devenant la douzième femme à occuper cette fonction. Un choix symbolique interprété comme une volonté de soutenir le combat contre le harcèlement sexuel dans la profession, depuis que l’affaire Harvey Weinstein a ébranlé le septième art, et bien au-delà, à l’automne 2017.
Lors de la cérémonie de remise des prix des Instyle Awards, en octobre, la toujours très mesurée Cate Blanchett avait prononcé un plaidoyer remarqué en faveur des femmes « qui se sentent libres de porter ce qu’elles veulent, quand elles le veulent et comme elles le veulent ». Avant de s’adresser aux hommes de la salle : « Nous aimons toutes être sexy, mais cela ne veut pas dire que nous voulons coucher avec vous. » L’actrice, deux fois oscarisée pour ses rôles dans Aviator (2004), de Martin Scorsese, et Blue Jasmin (2014), de Woody Allen, a contribué à fonder en janvier 2018 le projet Time’s Up (« c’est fini »), avec trois cents autres actrices, scénaristes et metteuses en scène américaines. Né des conséquences du mouvement #MeToo, ce fonds alimenté à hauteur de 15 millions d’euros est destiné à fournir une aide juridique et financière aux femmes victimes de harcèlement sexuel qui n’ont pas les moyens de se défendre.

        Lire aussi :
         

                « Time’s Up » à Hollywood, un fonds pour soutenir toutes les victimes de harcèlement sexuel



Engagement féministe
Mais Cate Blanchett n’a pas attendu les révélations de l’affaire Weinstein pour dénoncer les inégalités genrées dans l’industrie du cinéma. Quand elle reçoit l’Oscar de la meilleure actrice pour Blue Jasmin, elle s’adresse sur scène « aux gens de l’industrie qui croient encore bêtement que des films avec des femmes en premier rôle sont des films de niche » pour leur dire que « ce n’est pas le cas. Les gens vont voir ces films, ils font de l’argent ». Un peu avant, sur le tapis rouge qui mène au théâtre Dolby, où se déroule la prestigieuse cérémonie, elle demande interloquée à une journaliste qui filme sa tenue de haut en bas si les acteurs masculins subissent le même traitement.
Cate Blanchett s’est également exprimée publiquement contre la nudité féminine à l’écran car elle estime subir en tant que femme ce qu’on ne demanderait jamais à un homme. « Dans une situation pareille, je demande au metteur en scène si c’est vraiment nécessaire. Il faut argumenter, batailler, poser des questions, ne pas hésiter à en reposer. J’ai régulièrement été confrontée à des réalisateurs qui m’assuraient qu’il me fallait me déshabiller, sans expliciter ce choix. Ah bon ? Vraiment ? Il me semble que j’ai mon mot à dire là-dessus », affirmait-elle au Monde, au cours d’une interview donnée en 2015, à l’occasion de la sortie du film Carol, du réalisateur Todd Haynes, où elle joue au côté de Rooney Mara une romance interdite dans l’Amérique des années 1950.

        Lire aussi :
         

                Cate Blanchett, actrice sous contrôle



Refus des codes « hollywoodiens »
Des films d’auteur (The Good German, de Steven Soderbergh, La Vie aquatique, de Wes Anderson, Babel, d’Alejandro Gonzalez Inarritu) aux superproductions américaines (Le Seigneur des anneaux, Thor), elle refuse les codes féminins traditionnels, et va même jusqu’à camper un Bob Dylan androgyne dans I’m Not There, de Todd Haynes, rôle pour lequel elle a reçu en 2007 le prix d’interprétation de la Mostra de Venise. « Ça ne m’étonnerait pas qu’elle joue un jour Mike Tyson », s’en est amusé le réalisateur allemand Julian Rosefeldt, dont le long-métrage Manifesto, sorti en 2017, la met en scène seule, interprétant une dizaine de personnages, du punk tatoué au clochard.
Malgré une soixantaine de rôles à son actif, dont la plupart filmés aux Etats-Unis, gare à celui qui la qualifie « d’actrice hollywoodienne ». « C’est ce que l’on dit de vous quand on veut vous insulter », déclarait-elle au New York Times en 2015. Celle qui fut directrice artistique de la Sydney Theatre Company de 2009 à 2013, en binôme avec son mari, Andrew Upton, elle avoue sa préférence pour la scène plutôt que pour les plateaux de tournage. « Au cinéma, je ne sens pas les choses, impossible d’entendre le souffle du spectateur, je m’en suis lassée », disait-elle encore au Monde en 2015.
Victime de Harvey Weinstein
Cate Blanchett a également soutenu l’actrice Jennifer Lawrence dans sa lutte pour la parité salariale homme-femme, et raconte au magazine américain Variety avoir récemment refusé un rôle parce que son cachet n’était pas le même que celui de l’acteur censé partager l’affiche avec elle. « Une carrière se construit autant sur des non que sur des oui », conseille-t-elle d’ailleurs aux jeunes actrices. Dans cette même interview à Variety, datée de mercredi 2 mai, Cate Blanchett dit avoir été victime de « comportements inappropriés » de la part du producteur Harvey Weinstein, qu’elle a brièvement côtoyé lorsqu’il produisait Le Talentueux Mr Ripley (1999), Aviator (2004) ou encore Carol (2015).
Elle se fait plus discrète s’agissant des allégations concernant Woody Allen, accusé par sa fille Dylan Farrow de l’avoir agressée sexuellement lorsqu’elle avait 7 ans. Critiquée publiquement par la jeune femme dès 2014, qui la tenait pour complice d’une « culture qui dénigre la parole des victimes » pour avoir travaillé avec le cinéaste, Cate Blanchett s’est longtemps refusée à commenter l’affaire. En mars, elle a concédé « ne pas avoir été au courant de ces allégations à l’époque de sa collaboration » avec Woody Allen.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Avec cinq longs-métrages présentés sur la Croisette, le cinéma transalpin connaît un retour en grâce, qu’incarne à merveille la jeune réalisatrice Alice Rohrwacher.
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A Cannes, une renaissance italienne

Avec cinq longs-métrages présentés sur la Croisette, le cinéma transalpin connaît un retour en grâce, qu’incarne à merveille la jeune réalisatrice Alice Rohrwacher.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 11h20
    |

            Aureliano Tonet (Rome, envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’est un rituel cannois cocasse, qui se tient chaque mois d’avril à Paris, lors de la conférence de presse d’avant-Festival. Sitôt la sélection officielle dévoilée, une voix rauque vrombit du fond de la salle, roulant les « r » avec la vélocité et la férocité d’un carrosse Ferrari. Fatalement, les regards se tournent vers une journaliste transalpine, aussi prompte à se saisir du micro qu’à ressasser, d’année en année, la même complainte : « Messieurs le Président et le Délégué général, déplore notre consœur, avec un pathos allant crescendo au fil des éditions, mais comment se fait-il qu’il y ait si peu de films italiens sélectionnés ? »
Ce printemps, ce lamento s’est tu. Et pour cause : deux films en compétition officielle – Heureux comme Lazzaro, d’Alice Rohrwacher, et Dogman, de Matteo Garrone –, un dans la section Un certain regard – Euphoria, de Valeria Golino –, deux à la Quinzaine des réalisateurs – Samouni Road, de Stefano Savona, et Troppa grazia, de Gianni Zanasi –, où figure de surcroît le court-métrage La Lotta, du maestro Marco Bellocchio… Cela faisait un bail que la flotte de la Botte dépêchée sur la Croisette n’avait eu si fière allure.
Cerveau malade
Nul besoin de fureter bien loin pour en trouver la figure de proue : du haut de ses 36 ans et de son visage sans âge, mi-Madone mi-enfant, Alice Rohrwacher incarne à merveille ce retour en grâce. A Cannes, son deuxième long-métrage – justement intitulé Les Merveilles – s’était vu auréoler du Grand Prix en 2014, quand le premier, Corpo celeste, avait révélé son talent à la Quinzaine en 2011. Le troisième a valeur de symbole : sous le patronage du saint du même nom, Heureux comme Lazzaro ne conte rien de moins qu’une résurrection.
Jeune paysan d’une vallée reculée du Latium, Lazzaro est doux comme un agneau. Ce qui ne l’empêche pas de communiquer avec les loups qui rôdent alentour,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ A Bruxelles, les spectacles de la 23e édition, qui dure jusqu’au 26 mai, composent avec le réel et l’actualité.
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Au Kunstenfestival, la vie sans fard sur la scène

A Bruxelles, les spectacles de la 23e édition, qui dure jusqu’au 26 mai, composent avec le réel et l’actualité.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 09h41
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 09h48
    |

            Brigitte Salino (Bruxelles, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Une image peut cartographier le monde. En 1962, c’était celle d’Andy Warhol, filmé en plan fixe et en ­couleurs, en train de manger un hamburger. Aujourd’hui, c’est un tapis de fleurs scintillant de ­bougies, posé sur une scène de théâtre, comme dans La Plaza, le ­nouveau spectacle de la compagnie barcelonaise El Conde de ­Torrefiel, qui a créé l’événement lors du week-end d’ouverture du Kunstenfestivaldesarts.
Durant vingt minutes, le public ne voit que ce tapis de fleurs, semblable à tous ceux qu’il a vus sur les places des villes marquées par des attentats. Pendant ce temps, une histoire est racontée, en voix off : celle d’un homme qui vient d’assister à la fin d’une pièce qui a été présentée pendant 365 jours dans 365 théâtres du monde, en même temps. Cette pièce consistait en un espace noir avec un seul élément : le tapis de fleurs. Les gens pouvaient entrer et sortir, rester des heures ou quelques ­instants. Seul importait le geste : se retrouver seul face à l’image.
Ce ­va-et-vient entre l’espace public et l’espace intime fait entendre un bruit du monde à la fois sans pitié et encourageant
Nous n’en dirons pas plus : La Plaza se découvre comme un ­paysage dans lequel on entre avec l’autel commémoratif, avant de passer aux rues de la ville qu’emprunte l’homme en sortant du théâtre pour rentrer chez lui. Alors, sur le plateau vide, des ­acteurs professionnels et des invités bruxellois reproduisent en ­tableaux vivants les gens que l’homme croise : des touristes, des jeunes gens éméchés et une équipe de tournage. Tous ont des voiles fins sur le visage. Aucun ne parle. Seules s’entendent, en off toujours, les réflexions de l’homme que l’on ne voit pas, mais que l’on imagine sans peine : un contemporain anonyme et ­ordinaire. Son récit n’est pas donné à la première personne. Le narrateur emploie un « tu » d’autant plus obsédant qu’il interpelle chaque spectateur. Et ce ­va-et-vient entre l’espace public et l’espace...




                        

                        

