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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ Dans son rapport annuel, l’ONG Reporters sans frontières s’alarme du dénigrement systématique des journalistes par le député de La France insoumise.
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La stratégie de « haine des médias » de Jean-Luc Mélenchon inquiète Reporters sans frontières

Dans son rapport annuel, l’ONG Reporters sans frontières s’alarme du dénigrement systématique des journalistes par le député de La France insoumise.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 12h52
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 14h13
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Dans son classement annuel pour la liberté de la presse, publié le 25 avril, Reporters sans frontières s’alarme du « dénigrement systématique de la profession par certains leaders politiques ». Pour illustrer son propos, l’organisation non gouvernementale a notamment mis en avant les fréquentes sorties de Jean-Luc Mélenchon envers les journalistes.

   


Quelques heures après la publication du classement de RSF, le politologue et membre de La France insoumise (LFI) Thomas Guénolé a contesté cette affirmation, assurant que Jean-Luc Mélenchon n’avait pas directement appelé à la haine envers les journalistes. « La phrase réelle, en résumé, c’est : “Etre ulcéré par les médias c’est légitime, mais il faut les combattre de façon réfléchie et politiquement.” C’est un appel au combat politique calme », a-t-il dit, rappelant que l’adversaire de LFI est « le système médiatique » et non « les journalistes dans leur ensemble ». « Nous sommes de leur côté », a conclu M. Guénolé. Qu’en est-il exactement ?
« La haine des médias est juste et saine »
La citation mentionnée par RSF est issue d’une note de Jean-Luc Mélenchon publiée sur son blog le 26 février 2018. Le président du groupe La France insoumise à l’Assemblée y écrivait que « si la haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine, elle ne doit pas nous empêcher de réfléchir et de penser notre rapport à eux comme une question qui doit se traiter rationnellement dans les termes d’un combat ». Il qualifiait ensuite la presse de « première ennemie de la liberté d’expression » en avançant que le « parti médiatique […] inoculait de la drogue dans les cerveaux » — avant de conclure que « le pouvoir médiatique est d’essence complotiste ».
Longue série de sorties hostiles
Cette déclaration s’inscrit dans une longue série de sorties hostiles à des journalistes. En 2010, déjà, le responsable politique qualifiait un étudiant en journalisme venu l’interviewer entre les deux tours des élections régionales de « petite cervelle » au service d’un « métier pourri », d’une « sale corporation voyeuriste et vendeuse de papier ». En mars 2014, c’est au tour d’un journaliste de « La Nouvelle Edition », une émission de Canal+, qui tentait de l’interroger de se faire traiter « d’abruti » et de « vermine ».
Lors de la dernière campagne présidentielle, le 18 mars 2017, M. Mélenchon insultait de « sale con » et d’« hyène » un journaliste de « C à vous » qui l’interrogeait sur sa stratégie vis-à-vis de Benoît Hamon. Ou qualifiait « d’ennemie » la chaîne France 2, qui lui proposait de participer au journal de 20 heures, dans une scène enregistrée pour le documentaire L’Insoumis. Plus récemment, en décembre 2017, lors de « L’Emission politique », sur France 2, Jean-Luc Mélenchon enjoignait à la journaliste Nathalie Saint-Cricq d’aller « se faire foutre » en réponse à une question peu à son goût sur le Venezuela. Peu après, il réclamait dans une longue note postée sur son blog un « tribunal professionnel » des médias contre « les menteurs, les tricheurs, les enfumeurs ».
Vocabulaire belliqueux
Loin d’être le fruit du hasard ou d’une aversion personnelle envers la corporation journalistique, la position antimédias de M. Mélenchon résulte d’une stratégie politique. « On considère que les médias ne sont pas le reflet de la réalité et qu’ils sont la deuxième peau du système », disait déjà en 2013 au Monde François Delapierre, défunt bras droit de Jean-Luc Mélenchon. Dans sa note de blog datée du 26 février 2018, Jean-Luc Mélenchon s’en prenait à la « caste médiatique » avec force termes belliqueux. Ainsi, le candidat déçu à l’élection présidentielle déclarait-il avoir « beaucoup appris sur l’art de la guerre », sur comment « parer les coups » et ne pas s’être laissé submerger par la haine, « victoire de l’ennemi ».

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S’inscrire en opposition aux médias, donc, tout en les utilisant pour diffuser ses idées. « Les outrances du système médiatique visent à me rendre clivant. J’utilise sa force négative pour coaliser en notre faveur », déclarait en septembre 2017 Jean-Luc Mélenchon au magazine Marianne. Les chiffres de temps de parole du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), compilés par le site Politologue, confirment la stratégie d’utilisation : entre le 1er février et le 21 avril 2017, le candidat de LFI a bénéficié de sept jours et dix-neuf heures de temps d’antenne sur les télévisions et radios. A titre de comparaison, Emmanuel Macron et Marine Le Pen avaient bénéficié de dix jours de temps de parole, quand Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, François Asselineau, Jean Lassalle et Jacques Cheminade n’ont pas dépassé les deux jours de temps de parole.
« Cette haine ne vient pas de nulle part »
Historienne belge, Marie Peltier a publié un livre de référence sur la posture antisystème et antimédias adoptée par La France insoumise (L’Ere du complotisme, la maladie d’une société fracturée, 2016). Pour la chercheuse, les fréquentes insultes de Jean-Luc Mélenchon aux journalistes sont un choix politique. « Cette haine ne vient pas de nulle part, analyse-t-elle. Elle vient de l’imaginaire antisystème sur lequel est construite toute la stratégie de La France insoumise. C’est un vieil imaginaire, qui a toujours une double cible : les représentants politiques et les médias. »
Paroxysme du média « bashing »
Selon l’historienne, le média bashing, ou dénigrement des médias, est en vogue depuis une quinzaine d’années, mais il a atteint, au cours de ces derniers mois, une forme paroxystique. « On peut faire le parallèle avec Trump, qui a beaucoup utilisé la corde antimédias primaire en insultant les journalistes, et qui a été élu là-dessus. Le discours antisystème, antimédias et antiélites de M. Mélenchon est opportuniste : il explique une grande partie de son score aux dernières élections. »
Pour s’éloigner du prêche des « curés médiatiques » que dénonce fréquemment M. Mélenchon, rien ne vaut les ouailles de sa propre paroisse. Le Média, webtélé de gauche, voulait répondre aux attentes de ceux qui « sont profondément déçus par le paysage médiatique français ». Bien que s’étant toujours défendue d’être proche de LFI, elle est dirigée par des personnalités proches du parti de Jean-Luc Mélenchon — à l’instar de Sophia Chikirou, qui fut sa directrice de campagne, devenue cofondatrice du Média.
Las, moins de deux mois après son lancement, Le Média était confronté à de vives critiques concernant son traitement de l’actualité en Syrie et à la diffusion d’un faux témoignage sur des violences policières à Tolbiac. La webtélé a également été frappée par le désengagement d’une dizaine de ses soutiens historiques, à l’instar de Noël Mamère. « Le Média ne répond plus, à nos yeux, à la promesse initiale, ni sur le fond ni sur la forme », déclaraient onze personnalités en mars 2018.
Contactée par Le Monde, La France insoumise n’a pas souhaité répondre à nos questions.

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                Le Média : les coulisses d’une crise






                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 07/05/2018
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Ados disparues ou célibataire craquant ? Nos choix de séries

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » propose une liste de séries à (re)découvrir sur petit écran.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 07h54
    |

                            Martine Delahaye








                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Vous faites partie des chanceux qui font le pont ? Voici trois nouveautés pour occuper les temps morts de cette longue semaine de farniente.
« Doxa » : satire sur les sondages

   


Ceux qui, comme nous, ont adoré découvrir le comédien Sébastien Chassaigne dans Irresponsable (à revoir sur OCS) n’hésiteront pas à le suivre dans une nouvelle série, Doxa, sur la plate-forme du service public Studio 4. L’on s’y attache aux mini-drames et cocasseries qui ponctuent la vie de célibataire d’Arthur Joubert, la trentaine, chargé d’études à l’institut de sondages Iflop. Un institut si sérieux que, selon le client présent à l’agence, Arthur devra assumer le titre (et le bagout, s’il le peut) de chargé de l’alimentation et de la santé, de spécialiste de l’opinion et des médias, ou d’expert des réseaux sociaux.
Arthur est en tout cas un garçon très soigneux, à voir la façon dont il tapote son canapé d’une éponge légèrement humide lorsque son pote Blaise débarque inopinément, sac au dos depuis la Thaïlande, pour squatter quelque temps chez lui. Afin de se refaire un peu, Blaise va commencer par dealer sur Internet un mélange de poudres de son cru, certifié légal en Thaïlande, tandis qu’Arthur lui racontera, le soir, les magouilles et duperies qui peuvent se cacher derrière les statistiques : « On ne fait pas des sondages pour connaître l’opinion des gens, lui démontre-t-il. On fait des sondages pour que les gens sachent quoi penser. »
Signée Alexandre Pierrin pour le scénario et Olivier Marquézy pour la réalisation, Doxa emporte l’adhésion dès son premier épisode en abattant deux cartes trop rares en France : l’une estampillée « comique burlesque », l’autre « intelligence du propos ».
Doxa, série Web. Avec Sébastien Chassaigne, Aude Gogny-Goubert, Romain Vissol (France, 2018, 6 x 13 min). Sur Studio 4 à partir du jeudi 10 mai.
« Red Creek » : frissons canadiens

Elle s’appelle Marlène Bernard et elle aussi, dans douze jours, aura disparu. C’est elle qui nous l’annonce, en nous accompagnant en voix off tout au long de la série.
Française, Marlène Bernard a débarqué au Canada il y a deux ans, pensant laisser de l’autre côté de l’Atlantique sa (jeune) carrière de flic et ses cauchemars. « Tu dois te demander ce que je suis venue foutre ici… », reconnaît-elle en nous invitant à la suivre dans un village du nord canadien. Pour en finir avec l’ennui des petits boulots à Montréal, Marlène vient de décider, sur un coup de tête, en découvrant l’annonce de la disparition d’une ado, de se rendre à Red Creek. Son intention : proposer à la famille en détresse de retrouver leur fille disparue, en marge de la police. Un travail de détective privé qui va l’emmener, semble-t-il, jusqu’aux marges de l’exorcisme.
Sans se distinguer notoirement par l’originalité de son propos (tout au moins dans ses premiers épisodes, les seuls que nous ayons vus), Red Creek bénéficie d’un récit rythmé, d’un personnage principal intrigant et d’une bonne interprétation.
Red Creek, série créée par Aurélien Molas. Avec Lou de Laâge, Tobie Pelletier, Kent McQuaid (Canada et France, 2018, 10 x 10 min). Sur la plate-forme payante Studio +.
« Safe » : du pur Harlan Coben

Création du romancier à succès Harlan Coben (Une chance de trop, The Five), Safe est le fruit d’une coproduction entre le groupe Canal+ et Netflix, le premier diffusant la série en France (sur C8, chaîne gratuite de la TNT) et le groupe de vidéo à la demande, à l’international.
On ne peut pas dire qu’Harlan Coben ait changé de centre d’intérêt et de braquet pour cette série, le pitch, une fois encore, tournant autour de la disparition d’une ado. Au vu des deux premiers épisodes, cependant, Safe a les allures d’une histoire solide, non pour ce que l’on va découvrir sur la jeune disparue, mais pour les personnages de la communauté, privilégiée et fermée, qui vont y prendre une part de plus en plus importante.
Ce drame se concentre au départ sur Tom Delaney (Michael C. Hall, inoubliable Dexter), ancien militaire, chirurgien pédiatrique, veuf et père de deux adolescentes. Toujours en deuil après la mort de sa femme, il mène une vie aisée et protégée des heurts et des soucis jusqu’à ce que sa fille aînée disparaisse et qu’il entreprenne de la rechercher lui-même. L’occasion, pour le spectateur, de découvrir les personnages de son entourage, et quelques sombres secrets sous l’apparence lisse du savoir-vivre et du bien-être. Maître du polar, Harlan Coben lance le spectateur sur plusieurs pistes tout en brossant le portrait de quelques fortes personnalités qui donnent son sel à cette série.
Safe, série créée par Danny Brocklehurst et Harlan Coben. Avec Michael C. Hall, Audrey Fleurot, Amanda Abbington, Emmet J. Scanlan (EU, 2018, 8 x 52 min). Sur C8, mardi 15 mai à 21 heures.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ Racheté par TF1, le média, qui tire l’ensemble de ses revenus de la publication de contenus sponsorisés, ouvre un pôle data à Lyon.
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MinuteBuzz, champion français du « brand content »

Racheté par TF1, le média, qui tire l’ensemble de ses revenus de la publication de contenus sponsorisés, ouvre un pôle data à Lyon.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 13h04
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



                                


                            
« Nous sommes habitués à changer en permanence. » Confrontée aux ajustements réguliers de l’algorithme de Facebook, censé favoriser les publications des proches au détriment de celles des médias, l’équipe de MinuteBuzz n’a d’autre choix que de s’adapter. Premier éditeur à publier des vidéos exclusivement sur les réseaux sociaux, sa survie en dépend. En 2017, la dernière modification de Facebook a entraîné une baisse de 17 % de l’audience de ce média émergent, qui poste uniquement des contenus viraux destinés aux adolescents. « Cela n’a aucun impact sur le business », relativise Maxime Barbier, cofondateur de l’entreprise.

Pourtant, l’audience est la pièce maîtresse du modèle économique de MinuteBuzz, qui est entièrement financé par la publication de vidéos sponsorisées par des marques que la start-up produit. « Chaque jour, nous parlons à près de 12 millions de personnes », proclame fièrement le site réservé aux annonceurs. Conserver cette audience est donc primordial. Pour cela, M. Barbier est en contact permanent avec les équipes françaises de Facebook. « Cette proximité est utile pour améliorer notre capacité d’adaptation. On se voit tous les mois », explique-t-il.

« Synergies »
MinuteBuzz peut aussi compter sur la force de frappe de la régie publicitaire de TF1, qui l’a acquis en décembre 2016. « Cela nous ouvre les portes de nombreux annonceurs », reconnaît Laure Lefevre, présidente de la société, qui précise que 20 % du chiffre d’affaires de 2017 « a été apporté par TF1 ». « Nous sommes satisfaits des synergies qui se mettent en place avec MinuteBuzz », se félicite de son côté Philippe Denery, directeur général adjoint finances et achats du groupe TF1.

Pour consolider sa place de leader du « brand content » (contenu sponsorisé) sur les réseaux sociaux, l’entreprise investit pour toujours mieux connaître son public. « Nous avons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ Pour diversifier leurs revenus, les chaînes de télévision diffusent de plus en plus de contenus sponsorisés, sans être toujours très transparentes à l’égard du téléspectateur.
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Les contenus sponsorisés à la conquête du petit écran

Pour diversifier leurs revenus, les chaînes de télévision diffusent de plus en plus de contenus sponsorisés, sans être toujours très transparentes à l’égard du téléspectateur.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 13h02
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 13h05
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



                                


                            

« Il n’y a pas de mise en scène. Il n’y a pas de voix off, pas de commentaire. C’est un peu l’anti-“Cash Investigation”. » En direct sur BFM Business, l’horloge affiche 20 h 52, ce mercredi 4 avril. L’émission « Tech & Co », animée par Sébastien Couasnon, présente une série consacrée au quotidien de jeunes fondateurs de start-up ayant intégré l’incubateur Station F, créé par Xavier Niel (actionnaire du Monde à titre personnel).
« L’anti-“Cash Investigation” » ? Le présentateur ne croit pas si bien dire. Le documentaire ressemble à un reportage journalistique… sans en être un. Il n’est pas réalisé par les journalistes de BFM Business mais par Le Next Studio, filiale de NextRadioTV, maison mère du groupe BFM, chargée de la production de contenus sponsorisés par des marques, communément appelé brand content.
Cette série est donc en réalité une publicité, financée, entre autres, par Station F et l’assureur Allianz, ce que s’est bien gardé de préciser le présentateur.
Mélange des genres
Bien que peu d’études se soient penchées sur l’efficacité et le retour sur investissement de telles campagnes, la pratique se généralise. « Par exemple, BNP Paribas a placé “Mes colocs” sur NRJ12, et “What Ze Teuf” sur D8, tandis que Sosh a créé “The Social Rush” sur C Star », énumère Daniel Bo, PDG de l’institut d’études QualiQuanti. Et les entreprises ne sont pas les seules séduites par ce mélange des genres, qui associe contenus éditoriaux et promotion. « Certaines émissions en partenariat avec les armées de terre et de l’air sont l’occasion de célébrer ces métiers et de susciter des vocations », explique M. Bo.

La multiplication de ces campagnes à la télévision répond à un double besoin. D’un côté les chaînes cherchent à diversifier leurs sources de revenus, de l’autre « les marques souhaitent proposer des contenus pour s’assurer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ La présidente du Front national et le président des Républicains ont déjà fait savoir qu’ils participeraient à ce débat, qui aura pour cadre « L’Emission politique ».
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Un an après l’élection de Macron, un grand débat politique organisé le 17 mai sur France 2

La présidente du Front national et le président des Républicains ont déjà fait savoir qu’ils participeraient à ce débat, qui aura pour cadre « L’Emission politique ».



Le Monde
 |    04.05.2018 à 21h00
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 10h14
   





                        


France 2 veut organiser jeudi 17 mai un débat entre les principaux responsables politiques à l’occasion du premier anniversaire de l’arrivée à l’Elysée d’Emmanuel Macron, selon des sources concordantes.
La présidente du Front national (FN), Marine Le Pen, finaliste de la dernière élection présidentielle, et le président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, ont déjà fait savoir qu’ils participeraient à ce débat, qui aura pour cadre « L’Emission politique » de France 2.
Le chef de file de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a pour sa part décliné l’invitation, a fait savoir vendredi soir à l’Agence France-Presse son entourage.
Laetitia Avia pour La République en marche
S’agissant du représentant de La République en marche (LRM), le parti présidentiel avait refusé de communiquer officiellement sur son choix. « La République en marche sera bien représentée, mais pas par un membre du gouvernement, car l’ensemble des ministres seront sur le terrain ce jour-là pour des rencontres décentralisées avec les Français », a-t-on appris dans la journée de vendredi auprès de LRM.
Finalement, la porte-parole de LRM, Laetitia Avia, a fait savoir dans la soirée que c’était elle qui représenterait les macronistes lors du débat. « Point de dérobade, je serai bien là, car nous assumons pleinement le renouvellement de la vie politique », a tweeté la députée de Paris alors que des critiques commençaient à poindre sur les réseaux sociaux quant au refus du délégué général de LRM et secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, Christophe Castaner, de participer au débat.
Le Parti socialiste a répondu positivement à l’invitation de France 2 et sera donc présent, selon l’entourage du premier secrétaire Olivier Faure.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ Le groupe de médias français a perdu la majorité au conseil d’administration de l’opérateur télécoms italien aux dépens du fonds spéculatif américain Elliott. Un nouveau coup dur pour Vincent Bolloré.
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Vivendi voit le contrôle de Telecom Italia lui échapper

Le groupe de médias français a perdu la majorité au conseil d’administration de l’opérateur télécoms italien aux dépens du fonds spéculatif américain Elliott. Un nouveau coup dur pour Vincent Bolloré.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 18h09
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 06h52
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


La campagne d’Italie s’est transformée en défaite en rase campagne pour Vincent Bolloré et Vivendi, dont il est premier actionnaire. Le groupe de médias français a perdu, vendredi 4 mai, la majorité au conseil d’administration de Telecom Italia (TIM), dont il possède 24 % du capital. A l’issue d’une assemblée générale exceptionnelle des actionnaires, le fonds spéculatif américain Elliott, avec 9 % du capital, a fait élire 10 des 15 administrateurs, l’emportant avec 49,84 % des voix contre 47,18 % en faveur de Vivendi.

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Choisis par Elliott, dix administrateurs italiens indépendants – parmi lesquels Luigi Gubitosi, administrateur d’Alitalia, et Fulvio Conti, ex-directeur général d’Enel – font leur entrée au conseil, tandis que Vivendi conserve cinq représentants. Ainsi, Amos Genish, qui est également le patron de TIM, et Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi continuent de siéger au conseil. En revanche, le groupe de médias a dû renoncer à d’autres candidats de poids, à commencer par Franco Bernabe , ex-administrateur délégué de TIM, Frédéric Crépin, secrétaire général de Vivendi, et Stéphane Roussel, le directeur général chargé des opérations, pour ne conserver que trois autres administrateurs indépendants.
Campagne de déstabilisation
« Elliott accueille positivement le pas effectué par Telecom Italia en matière de gouvernance », a expliqué le fonds, qui a fondé toute sa campagne de déstabilisation de Vivendi sur le fait que le groupe de médias français favorisait davantage ses intérêts que ceux de l’ensemble des actionnaires. De son côté, Vivendi a averti qu’il s’assurerait que les administrateurs d’Elliott veillent au respect du plan stratégique conduit par Amos Genish et évitent « le démantèlement ».

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                En Italie, les méthodes de Vincent Bolloré vivement critiquées



Si Elliott dit « soutenir entièrement Amos Genish et son management, et être aligné sur son plan », des dissensions pourraient rapidement apparaître. Au coeur des interrogations, l’avenir d’Amos Genish. Avant le vote, le dirigeant isarélien avait clairement pris par parti pour Vivendi, expliquant que la situation deviendrait « intenable » si jamais le groupe de médias français était évincé.
La première confrontation entre Vivendi et les nouveaux administrateurs choisis par Elliott aura lieu lundi à l’occasion de la nomination par le conseil d’administration de son président et « l’amministratore delegato » (équivalent du directeur général). Selon Il Sole24Ore, Il pourrait s’agir Fulvio Conti, ancien patron d’Enel jusqu’en 2014 et choisi par Elliott. Amos Genish est censé conserver son poste de directeur général.
Mais le premier test entre les parties interviendra au moment où l’avenir du réseau Internet de TIM sera mis sur la table. Elliott, qui s’était montré discret juste avant l’assemblée générale, a levé le voile sur ses désirs. Dans un communiqué, il a appelé le nouveau conseil à réexaminer les orientations qu’il avait proposées, et a invité les administrateurs à étudier « les alternatives stratégiques sur Netco [le réseau Internet de TIM logé dans une filiale ] ». Le fonds souhaitait céder 51% d’un actif qu’il évalue à 15 milliards d’euros afin de désendetter l’entreprise.
De son côté, Amos Genish a toujours dit qu’il était hors de question de s’en séparer. Dernièrement, il avait mis de l’eau dans son vin, se disant ouvert à l’entrée d’actionnaires minoritaires.
Une chose est sûre, ce projet porté par Elliott converge avec les intentions du gouvernement. Ce dernier pourrait saisir l’occasion pour fusionner le réseau de TIM et Open Fiber, le réseau de fibre concurrent lancé au printemps 2016 sous la houlette de l’ancien président du conseil Matteo Renzi.

   


Open Fiber compte à son capital Enel et la Cassa Depositi e Prestiti (CDP), la Caisse des dépots italienne. Cette dernière a d’ailleurs été un soutien de poids dans le bras de fer entre Vivendi et Elliott. Elle avait récemment racheté 4,8 % de Telecom Italia, afin d’avoir son mot à dire au moment de l’Assemblée générale. Son vote a d’ailleurs permis au « hedge fund » de l’emporter. « Ce n’est pas une victoire conduite par le marché. La CDP contrôlée par le gouvernement a fait la différence en votant pour un fonds, au lieu d’un actionnaire industriel sur le long terme », s’est d’ailleurs ému Vivendi.
Si Vivendi en est arrivé là, c’est aussi parce que le groupe de médias n’a pas su décourager Matteo Renzi de faire émerger un réseau concurrent au sien. Ce qui a eu pour effet de faire chuter le cours de Bourse. Pourquoi cette initiative ? Certains critiquaient la faiblesse des investissements de TIM dans la fibre. Selon d’autres, l’ex-chef du gouvernement souhaitait mettre des batons dans les roues des Français, qui avaient pris le pouvoir chez Telecom Italia quelques mois plus tôt, hérissant les pouvoirs publics.
Chez Vivendi, on préfère rappeler les mauvaises relations qu’entretenaient les dirigeants de TIM avec le gouvernement. Une chose est sûre, perdre le contrôle de la filiale dédiée au réseau est une mauvaise nouvelle pour Telecom Italia. Coincée avec la Cassa depositi e prestiti, Enel ou d’autres actionnaires, l’opérateur, qui supporterait une dette encore importante, n’aura plus la maîtrise des investissements de cette filiale. Poussée par le gouvernement, la nouvelle structure pourrait décider de mettre les bouchées doubles dans la fibre pour couvrir le plus vite possible le territoire.
Seule consolation pour Vincent Bolloré, depuis l’arrivée d’Elliott au capital de Telecom Italia en mars dernier, le cours de Bourse a fait un bond de 30%. Depuis fin décembre, la moins value latente de son investissement dans Telecom Italia est ainsi passé de 1,3 milliard fin 2017 à 800 millions d’euros.
Pour Vincent Bolloré, la défaite est d’autant plus cruelle qu’il est toujours en conflit avec les Berlusconi autour de Mediaset, où il a dû geler 19,2% des 28,8% de participation. Celui dont il voulait faire un partenaire dans la télévision payante le traîne désormais devant les tribunaux.



                            


                        

                        


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Vivendi perd le contrôle de Telecom Italia

Le groupe français reste l’actionnaire principal de l’opérateur mais se trouve en minorité au sein du conseil d’administration.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h17
   





                        



   


Le groupe français Vivendi a essuyé un sérieux revers vendredi 4 mai en perdant le contrôle du conseil d’administration (CA) de Telecom Italia (Tim) au profit du fonds américain Elliott.
Parmi les actionnaires votants, 49,84 % se sont prononcés pour le fonds activiste et 47,18 % pour le groupe de Vincent Bolloré, principal actionnaire de Tim avec 23,94 % du capital. Elliott détiendra donc dix sièges sur les quinze du CA, et Vivendi cinq. Interrogé après le vote, le groupe français a dit être engagé sur le long terme dans l’opérateur et souligné qu’il veillerait à empêcher son éventuel « démantèlement ».
« Nous avons cinq sièges au conseil, nous sommes l’actionnaire principal. Nous continuerons à soutenir la stratégie [du directeur général] Amos Genish, qui a été votée à l’unanimité par le conseil, a déclaré le directeur de la communication de Vivendi, Simon Gillham. Nous serons très vigilants sur le fait qu’il n’y ait pas d’autre stratégie, de démantèlement ou autre. » Interrogé sur une éventuelle baisse de sa participation, il a déclaré : « Nous sommes un actionnaire à long terme. »

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La Caisse italienne des dépôts, favorable à Elliott
Lors de cette assemblée générale réunie à Rozzano, en banlieue de Milan (nord), 67,15 % du capital était représenté. Les influentes sociétés de conseil Glass Lewis, ISS et Frontis avaient recommandé de voter pour Elliott, qui détient quelque 9 % de Tim.
La Caisse italienne des dépôts – entrée en avril au capital dans le cadre de son soutien aux « infrastructures stratégiques nationales » et qui en possède désormais 4,78 % – s’est aussi rangée du côté du fonds activiste, une alliance qui peut sembler incongrue vu de l’étranger.
Mais le gouvernement italien a régulièrement condamné l’attitude de Vivendi, et les tensions ont été à plusieurs reprises extrêmement vives entre Rome et le groupe français, même si ce dernier a cherché à apaiser la situation ces derniers mois.
« Vivendi a été un très mauvais actionnaire », avait déclaré en avril le ministre du développement économique Carlo Calenda. « Je suis favorable aux investissements étrangers, mais cela ne veut pas dire rester inerte quand ils [veulent] détruire la valeur plutôt que la créer », avait-il à l’adresse du groupe français, qui s’est aussi mis à dos de l’autre côté de l’échiquier politique les Berlusconi, en raison d’un contentieux autour de Mediaset.
Incertitude sur le poste de directeur général
« Ce n’est pas une victoire conduite par le marché. La CDP contrôlée par le gouvernement a fait la différence en votant pour un fonds, au lieu d’un actionnaire industriel sur le long terme », a déploré Simon Gillham.
La plupart des petits actionnaires, Assogestioni, qui regroupe des fonds italiens, et le grand gestionnaire américain Blackrock ont également soutenu Elliott. Le fonds dénonçait la « mauvaise gestion » du groupe français et estimait nécessaire un CA « indépendant » pour « améliorer la gouvernance et la performance de Tim ».
Entrent au conseil ses dix candidats, des personnalités connues du monde italien des affaires, dont Luigi Gubitosi, administrateur d’Alitalia et ex-directeur général de la télévision publique Rai, et Fulvio Conti, ex-directeur général d’Enel, qui sera le nouveau président de Tim.
L’incertitude demeure en revanche sur qui assumera le poste de directeur général, même si les déclarations de Vivendi laissent entendre qu’Amos Genish pourrait rester en poste. Elliott, qui avait soutenu l’élection au CA d’Amos Genish, désigné avec quasi 98 % des voix le 24 avril, a souhaité qu’il poursuive son mandat. Très apprécié des marchés, qui saluent l’amélioration des résultats de Tim ces derniers mois, M. Genish menait la liste remaniée de Vivendi et avait mis son poids dans la balance, en jugeant sa position « intenable » en cas d’échec de Vivendi.



                            


                        

                        


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Discussion lancée le 04 mai 2018
04 mai 2018

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Le « New York Times » compte 3,7 millions d’abonnés

Les abonnements et la vente au numéro représentent désormais 63 % du chiffre d’affaires du groupe, contre 30 % seulement pour la publicité, qui pesait encore plus de 50 % des revenus en 2011.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 02h45
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 08h21
   





                        


Le New York Times a gagné, en net, 139 000 abonnés en ligne durant les trois premiers mois de 2018, et compte désormais plus de 3,7 millions d’abonnés, a annoncé le groupe jeudi 3 mai. Le quotidien communique résolument sur le nombre des abonnés uniquement en ligne, qui se situait à presque 2,8 millions à la fin mars. Mais lors d’une conférence téléphonique, le PDG, Mark Thompson, a révélé que, en incluant les abonnés aux éditions imprimées ou les formules mixtes, le portefeuille dépassait 3,7 millions.
Les abonnements et la vente au numéro représentent désormais 63 % du chiffre d’affaires du groupe, contre 30 % seulement pour la publicité, qui pesait encore plus de 50 % des revenus en 2011. « Les abonnements numériques sont clairement un succès pour le Times et nous estimons qu’il y a encore une vraie marge pour accélérer encore », a commenté Mark Thompson.
Locomotive de l’information
La numéro deux du groupe, Meredith Kopit Levien, a expliqué que l’abaissement, début décembre, du nombre d’articles gratuits, de dix à cinq par mois, avait eu un résultat positif pour le New York Times et permis d’augmenter le rythme des abonnements.
Alors que le chiffre d’affaires tiré des abonnements et de la vente des éditions imprimées a progressé de 7,5 % sur la période, il a baissé de 3,4 % pour les revenus provenant de la publicité. Le quotidien tire là les bénéfices de ses investissements importants dans la couverture de l’administration Trump et dans le contenu éditorial en général, qui lui a récemment valu trois nouveaux prix Pulitzer.

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Depuis le début de l’ère Trump, le New York Times s’est imposé comme la locomotive de l’information aux Etats-Unis, qu’il s’agisse de politique ou de l’affaire Weinstein, le Washington Post étant le seul à pouvoir encore rivaliser.
Diversification
Mark Thompson a évoqué jeudi la poursuite de la diversification du groupe, déjà présent depuis début 2017 dans la radio avec le podcast quotidien « The Daily », parmi les dix podcasts les plus téléchargés aux Etats-Unis depuis son lancement. Le PDG a confirmé que le Times se lancerait bientôt dans la télévision, avec un format qu’il a comparé au « Daily », en vidéo.
Le bénéfice net est en hausse de 67 %, à 21,9 millions de dollars, un bond en partie dû à un effet fiscal et à des charges exceptionnelles passées au premier trimestre 2017.
Si le New York Times a axé sa stratégie sur le développement du numérique, les revenus tirés des abonnements aux sites et applications du groupe ne représentent encore que 36,6 % des revenus provenant des abonnements et de la vente au numéro, même si cette proportion est en hausse sensible par rapport à la même période l’an dernier (31,2 %).
Lundi, les analystes de la banque JPMorgan ont publié une note très positive sur le New York Times, estimant que la croissance du numérique allait rester soutenue dans les trimestres à venir. La note relève notamment que le taux de croissance des revenus tirés des abonnements en ligne est supérieur à celui de géants d’internet, comme Google, et équivalent à celui de Facebook.

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Europe 1 : Arnaud Lagardère « assume » l’échec de la relance

L’actionnaire et gérant du groupe s’est expliqué lors d’une assemblée générale, jeudi, affirmant qu’il « resterait président » de la station.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 21h36
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 09h22
    |

            Alexandre Piquard








                        


« L’échec, je l’assume, qu’il soit le mien, qu’il soit celui des autres, ça ne change rien, c’est le mien de toute manière », a répondu Arnaud Lagardère lors de l’assemblée générale du groupe, jeudi 3 mai, interrogé sur sa responsabilité personnelle dans la relance ratée d’Europe 1.
Savoir à qui imputer les erreurs de la nouvelle formule de la station prend une importance particulière dans le contexte actuel : depuis plusieurs semaines s’accumulent les rumeurs et articles de presse évoquant la possible mise à l’écart du directeur d’Europe 1, Frédéric Schlesinger, pourtant débauché il y a moins d’un an de Radio France par Arnaud Lagardère. Le matinalier star Patrick Cohen, recruté au même moment, serait aussi sur la sellette. Pour corriger le tir, le patron du groupe ferait venir un nouveau transfuge de Radio France : le directeur des programmes, Laurent Guimier, ancien d’Europe 1.
Frictions à propos des budgets
Voici un an, Arnaud Lagardère en avait fait une affaire personnelle en prenant lui-même la présidence d’Europe 1. Une façon de montrer son implication, tout en dessaisissant au passage du dossier le patron de la branche Lagardère Active, Denis Olivennes.
Un an plus tard, les salariés racontent ne pas avoir vu Arnaud Lagardère dans le bureau qu’il s’était attribué dans les locaux de la radio. Selon une source, M. Schlesinger n’a plus vu son actionnaire depuis janvier, ce que le groupe conteste, assurant qu’il y a eu de nombreux contacts. La distance se serait installée dès décembre 2017, au moment de la discussion des budgets qui a suscité des frictions, notamment entre M. Schlesinger et le porte-parole du groupe, Ramzi Khiroun.
Ce dernier nie des tensions mais reconnaît un « désaccord » entre le directeur d’Europe 1 et l’actionnaire lors d’un comité financier. M. Schlesinger s’estimait insuffisamment soutenu. Selon une source interne, MM. Lagardère et Khiroun ont eux été déçus que l’audience ait reculé lors des premiers résultats et ont jugé que M. Schlesinger ne tenait pas ses promesses.

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Moments de flottement
Dès la fin de novembre, M. Khiroun disait dans Le Parisien qu’« Arnaud Lagardère a [vait] changé de doctrine en ce qui concerne la grille des programmes d’Europe 1 » et demandait à la direction des changements rapides. « J’ai toujours dit qu’il nous fallait trois ans pour atteindre nos objectifs », répondait au début de janvier M. Schlesinger. Celui-ci avait fait le constat en interne que la matinale de Patrick Cohen ne prenait pas auprès des auditeurs, et avait procédé à quelques ajustements.
Europe 1 a finalement vécu des moments de flottement un peu surréalistes : le 19 avril, M. Schlesinger a dû commenter devant les salariés les nouveaux mauvais résultats d’audience, alors que plusieurs articles annonçaient son remplacement par M. Guimier, ainsi que le départ de M. Cohen. « Je n’en sais rien », a dû répondre le directeur de la station, alors que l’actionnaire gardait le silence radio.
Pour certains, le ratage de la relance de la radio engagée par Jean-Luc Lagardère illustre les manquements du leadership de son fils, Arnaud. Jeudi, à l’assemblée générale, l’héritier a pourtant affiché sa confiance, promettant de « rester président » d’Europe 1. Quant aux éventuels changements de direction, il a demandé « d’attendre quelques jours, voire une petite semaine ou deux, pour avoir une réponse ».

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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Arnaud Lagardère a évoqué, jeudi, un « changement historique » pour son groupe qui passera par le recentrage sur deux domaines : l’édition et la distribution dans les lieux de transport.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Lagardère se désengage des médias et du sport

Arnaud Lagardère a évoqué, jeudi, un « changement historique » pour son groupe qui passera par le recentrage sur deux domaines : l’édition et la distribution dans les lieux de transport.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 18h14
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 11h04
    |

            François Bougon et 
Sandrine Cassini








                        



   


« Nous sommes en train de mettre en place un changement historique pour le groupe. » Jeudi 3 mai, au Carrousel du Louvre, lors de l’assemblée générale de son groupe, Arnaud Lagardère a annoncé vouloir recentrer l’ancien conglomérat hérité de son père, Jean-Luc, sur deux pôles : l’édition – le « publishing » – et la distribution dans les lieux de transport – le « travel retail ». L’objectif est de bâtir des leadeurs mondiaux et « un groupe plus solide, fort, indépendant et dominateur sur ces deux secteurs ».
Répondant aux vives critiques d’un actionnaire, Arnaud Lagardère a nié tout « rétrécissement » du groupe « Rétrécissement ? Non. Redéploiement ? Oui », a-t-il lancé, repoussant toute idée de démantèlement.

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Les actifs dans les médias et le sport, les deux autres secteurs dans lesquels le groupe est présent, seront progressivement cédés et l’argent ainsi dégagé sera investi pour soutenir ce recentrage autour de l’édition et de la distribution dans les lieux de transport, a précisé Arnaud Lagardère.
Avant l’assemblée générale, la stratégie de l’entreprise avait été attaquée par le fonds Amber, détenteur de 4 % du capital de Lagardère, qui a tenté de faire élire deux administrateurs au conseil de surveillance de la société. « En dix ans, 3,2 milliards d’euros de valeur ont disparu, 2,3 milliards d’euros dans des dépréciations d’actifs, et 860 millions d’euros dans des restructurations, essentiellement dans ces deux activités », explique Olivier Fortesa, associé au sein du fonds.
« Une vraie rupture »
Si Amber n’est pas parvenu à s’imposer au conseil de surveillance, le fonds se félicite néanmoins du recentrage du groupe qu’il avait lui-même appelé de ses vœux. « Nous sommes ravis qu’Arnaud Lagardère ait enfin décidé de mettre en place la stratégie que nous lui suggérions l’an passé », complète le gérant du hedge fund, qui compte bien rester pour l’instant au capital.
Qu’est-ce qui a décidé M. Lagardère, qui, en 2017, vantait encore une stratégie reposant sur quatre piliers, à tourner casaque ? « C’est une vraie rupture que j’avais en tête depuis plusieurs années », a déclaré l’héritier lors de l’assemblée générale.
Selon nos informations, le Qatar, premier actionnaire avec 13,03 % du capital et 19,5 % des droits de vote, était également mécontent de la gestion d’Arnaud Lagardère et de la baisse du titre en Bourse. Il se plaignait notamment que les cessions ne fassent qu’alimenter le paiement du dividende et donc appauvrissent la société. Jusqu’à ces derniers jours, il était même prêt à voter les résolutions d’Amber Capital, avant de changer d’avis.
Faire évoluer le conseil de surveillance
Même si Amber n’a pas réussi à imposer, comme il le souhaitait, deux nouveaux administrateurs indépendants au sein du conseil de surveillance, il réitère la nécessité de faire évoluer cette instance, « seul contre-pouvoir dans une société en commandite [une structure qui permet à Arnaud Lagardère d’avoir tout pouvoir] ».
Le fonds considère que le conseil n’est pas indépendant. En témoigne par exemple la double casquette de Xavier de Sarrau, qui est à la fois président du conseil et chargé d’une mission auprès de la gérance, l’instance où siège l’héritier de Jean-Luc Lagardère, payée 240 000 euros par an. Egalement contestable la longévité de certains administrateurs, comme Georges Chodron de Courcel, administrateur depuis 1998 ou Pierre Lescure, depuis dix-huit ans. Or, le code AFEP-Medef considère qu’au-delà de douze ans, un administrateur n’est plus indépendant.
En répondant en partie aux demandes des actionnaires, M. Lagardère espère ainsi obtenir une « rentabilité améliorée » grâce à une évolution de la génération des flux de trésorerie et une diminution du niveau global des investissements nécessaires à la croissance.
L’édition, un secteur rentable et aux ventes relativement stables représentait, en 2017, 33 % du chiffre d’affaires du groupe mais la moitié de son résultat opérationnel. Le « travel retail » (boutiques dans les gares et aéroports) a apporté 48 % du chiffre d’affaires du groupe en 2017. Si elle affiche une marge plus modeste (27 % du résultat opérationnel), elle est, selon M. Lagardère, un « moteur de croissance » pour le groupe.
« Nous ne ferons pas demi-tour »
Sur les cessions à venir, en particulier dans le secteur des médias, Arnaud Lagardère n’a pas voulu donner de détails, affirmant que les salariés des entreprises concernées devaient être informés préalablement. « Le mouvement est en route et nous ne ferons pas demi-tour », a-t-il toutefois assuré.
Lagardère avait annoncé, le 18 avril, être entré en négociations exclusives avec un groupe tchèque, Czech Media Invest, pour lui céder ses titres de presse magazine en France : Elle et ses déclinaisons, y compris les sites Internet d’Elle dans l’Hexagone, mais aussi Version Femina, Art & Décoration, Télé 7 Jours et ses déclinaisons, France Dimanche, Ici Paris et Public.

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                Lagardère négocie la vente de sa presse magazine, dont « Elle » et « Télé 7 jours », à un groupe tchèque



« Nous ne vendons pas Elle, nous vendons une licence sur le magazine, nous gardons la marque », a-t-il précisé, expliquant qu’il était temps de se dégager des médias : « Il faut le faire de manière propre et en respect total de tous les salariés. »
Selon lui, l’acheteur tchèque « aura besoin de tous les effectifs que nous allons apporter, qui font ce qu’est Elle, Télé 7 Jours, Ici Paris ou France Dimanche », car il n’a pas d’autres titres en France pour faire d’éventuelles synergies. Le groupe gardera cependant Le Journal du dimanche et Paris Match, Europe 1, trois médias d’influence.

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                Arnaud Lagardère annonce l’arrivée de Frédéric Schlesinger à Europe 1






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ France Télévisions s’associe avec la ZDF allemande et la RAI italienne pour produire des séries.
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« L’alliance » européenne publique pour contrer Netflix

France Télévisions s’associe avec la ZDF allemande et la RAI italienne pour produire des séries.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h00
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Une coalition européenne publique capable de produire des séries rivalisant avec celles des américains Netflix, Amazon ou HBO. C’est ce que veut être « L’alliance », annoncée jeudi 3 mai par France Télévisions et ses homologues allemand et italien, ZDF et Rai, dont les directeurs de la fiction se rencontrent à l’occasion du festival Séries Mania et se reverront tous les deux ou trois mois. « Je suis convaincue que l’empreinte viable pour produire, promouvoir et exposer des séries de niveau international, c’est l’Europe », explique Delphine Ernotte. La présidente de l’entreprise audiovisuelle publique a été à l’initiative des contacts avec les autres diffuseurs, ayant pour « modèle » Nordvision, qui associe des chaînes publiques d’Europe du Nord.
Concrètement, les trois partenaires souhaitent cofinancer leurs projets de séries susceptibles d’intéresser divers publics en Europe. « Ensemble, nous avons la possibilité, malgré les mesures d’économies, d’atteindre des budgets qui soutiennent la comparaison internationale, pour créer des séries prestigieuses », pense Thomas Bellut, directeur de la ZDF.
L’alliance a plusieurs projets en cours : le plus emblématique est Leonardo, sur la vie de Léonard de Vinci, qui vécut en Italie mais aussi en France, où il mourut. Coproduite par la Rai, la ZDF et France Télévisions, l’œuvre sera réalisée par Lux et Beta Film et diffusée en 2019, pour le 500e anniversaire de la mort de l’artiste.
Renforcer « l’identité culturelle commune »
France Télévisions produira aussi avec la ZDF et un partenaire canadien, Cineflix, Dubaï, un projet de série lancé il y a trois ans sur une Française expatriée aux Emirats arabes unis, qui retrouve son mari qu’elle croyait mort depuis quinze ans. Coproduite par la Rai et France Télévisions, Eternal City tentera, elle, de faire revivre l’univers romain et cosmopolite de Cinecitta au début des années 1960....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ « Le Journal de Saône-et-Loire » et « Le Bien public » vont être amputés de 47 postes, sur 300, d’ici au mois de juin 2019. Ce plan serait une conséquence de la nouvelle stratégie du groupe Ebra, qui mise sur le développement de contenus payants sur Internet.
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Plan de départs volontaires dans deux quotidiens bourguignons

« Le Journal de Saône-et-Loire » et « Le Bien public » vont être amputés de 47 postes, sur 300, d’ici au mois de juin 2019. Ce plan serait une conséquence de la nouvelle stratégie du groupe Ebra, qui mise sur le développement de contenus payants sur Internet.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 04h25
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 07h40
   





                        



   


Un plan de départs volontaires au sein d’Est Bourgogne Média (EBM), qui regroupe Le Journal de Saône-et-Loire (JSL) et Le Bien public, les deux quotidiens bourguignons du groupe Ebra (Crédit mutuel), supprimera jusqu’à 47 postes sur un total d’environ 300, a-t-on appris mercredi 2 mai de source syndicale.
Les départs concerneront 29 postes dans les services techniques, huit à la rédaction et dix dans les autres services, notamment administratifs et les petites annonces, a précisé le syndicat SNJ de ces journaux. Au sein de la rédaction, le plan concernera un poste de rédacteur en chef technique, l’un des deux directeurs départementaux, un chef d’information et cinq assistantes d’agences.
Il s’accompagnera d’une réorganisation, notamment d’une fermeture progressive des points d’accueil ou encore du transfert de deux journalistes du JSL vers Le Bien public, une annonce qui passe « très mal » au sein de la première rédaction, selon la même source.
« On est vraiment dans un plan de départs volontaires, il ne peut pas y avoir de licenciement » dans ce cadre, a insisté auprès de l’AFP Xavier Antoyé, le rédacteur en chef du Bien public, du JSL ainsi que du quotidien Le Progrès, qui forment un pôle au sein du groupe Ebra. M. Antoyé a ajouté qu’il ne s’exprimerait pas davantage sur le plan tant que les négociations seront en cours.
« Le Progrès » dans la discussion
Selon le SNJ, ces négociations avancent doucement et portent aujourd’hui sur les conditions de la réorganisation pour ceux qui resteront dans l’entreprise. Les discussions sur les départs volontaires se feront dans un second temps, avec le quotidien Le Progrès, diffusé dans le Rhône, l’Ain, le Jura, la Loire et la Haute-Loire.
Dans ce journal, un plan de départs volontaires prévoit la suppression de 77 postes sur un effectif global d’environ 500 personnes, dont 27 à la rédaction, 30 dans les services administratifs et 20 postes dans les services techniques.
Ces départs, qui devraient s’étaler entre septembre prochain et juin 2019, interviennent dans le cadre de la nouvelle stratégie du groupe Ebra, qui mise sur le développement de contenus payants sur Internet.
« Dans les journaux de Bourgogne, on est particulièrement avancés dans la production d’information en continu gratuite. Mais il faut accélérer le développement de nos offres payantes, notamment le soir », selon M. Antoyé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ Le fonds vautour Elliott, dirigé par Paul Singer, et Vivendi, dont le premier actionnaire est Vincent Bolloré, bataillent pour le contrôle de l’opérateur historique italien.
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Choc de titans des marchés financiers autour de Telecom Italia

Le fonds vautour Elliott, dirigé par Paul Singer, et Vivendi, dont le premier actionnaire est Vincent Bolloré, bataillent pour le contrôle de l’opérateur historique italien.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 12h14
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 07h12
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Le 4 mai prochain, dans la banlieue de Milan, les actionnaires de Telecom Italia (TIM) assisteront à un choc de titans. Deux professionnels des marchés financiers, de l’activisme et des coups de théâtre en assemblée générale s’affronteront avec l’objectif de prendre le pouvoir chez l’opérateur historique italien. Le fonds vautour Elliott, dirigé par le milliardaire Paul Singer, et Vivendi, dont le premier actionnaire est Vincent Bolloré, présenteront chacun une liste d’administrateurs. Celui qui l’emporte est assuré d’avoir la majorité au conseil.
Au siège du groupe de médias français, la semaine dernière, on s’était déjà fait à l’idée de perdre cette bataille, tout en dénonçant la stratégie de « démantèlement » de TIM du fonds Elliott. Si une telle hypothèse se concrétisait, elle constituerait un véritable casse-tête pour Vincent Bolloré. En effet, celui qui détient aujourd’hui 17,2 % du capital et 23,9 % des droits de vote ne pourrait céder ses titres sans perdre 1,3 milliard d’euros.
Il faut dire qu’Elliott, avec 9 % du capital, a habilement manœuvré, profitant de la mauvaise réputation du milliardaire français en Italie pour avancer ses pions. A ce titre, la mise en examen de Vincent Bolloré a été une aubaine. « C’est juste le dernier exemple d’un bilan composé de conflits, de la poursuite d’intérêts propres, et même de problèmes plus graves relevant potentiellement de la criminalité, de la part de ceux qui demandent qu’on leur fasse confiance pour conduire TIM », a lancé Elliott dans un communiqué, le 26 avril, tandis que les ennuis judiciaires de l’homme d’affaires faisaient les choux gras de la presse transalpine.
Quelques résultats probants
Pour séduire les actionnaires de TIM, Elliott tente de faire oublier les divergences stratégiques qui l’ont conduit à monter au créneau contre Vivendi. Ainsi, le fonds rappelle qu’il soutient le plan du directeur général, Amos Genish, homme fort chargé de la convergence chez Vivendi et propulsé à la tête de Telecom Italia en juillet 2017. « Il n’y a pas de plans alternatifs [à celui de M. Genish] », affirme le fonds dans un communiqué du 30 avril.
Il faut dire qu’en quelques mois Amos Genish a déjà obtenu quelques résultats probants. Le chiffre d’affaires annuel 2017 de TIM a progressé de 1,9 % à 18,3 milliards d’euros et le résultat brut d’exploitation de 4,6 % à 8,6 milliards d’euros. « Ce sont les meilleurs résultats depuis dix ans », se félicite-t-on chez Vivendi. Le groupe de médias français a mis de l’ordre dans la maison, réduisant les coûts lorsque c’était nécessaire. Un plan stratégique a ensuite été voté à l’unanimité par le conseil, en mars dernier.
Elliott a bien compris l’importance du management en place. Pas question de faire fuir l’artisan de la reconstruction de Telecom Italia. Conscient d’être une pièce maîtresse de ce duel, Amos Genish a sans ambiguïté soutenu publiquement Vivendi, griffant au passage un Elliott jugé court-termiste.
« Si la liste de Vivendi n’obtenait pas une majorité des votes – parce que c’est clairement la seule liste qui soutient notre plan de long terme –, ma position de directeur général deviendrait intenable », a affirmé au Sunday Telegraph Amos Genish, patron de Telecom Italia.
Mais si Elliott trouve de l’écho en Italie, c’est aussi parce qu’il tape là où ça fait mal. Il rappelle que le titre Telecom Italia a chuté de 36 % entre décembre 2015, lorsque Vincent Bolloré a installé ses hommes au conseil avant son arrivée au capital de Telecom Italia, et le moment où Elliott a fait part de son intérêt pour TIM, en mars 2018. A la décharge de Vivendi, la chute du cours est surtout due à des facteurs exogènes. En 2016, le gouvernement de Matteo Renzi a décidé de créer un réseau très haut débit concurrent, avec Enel et la Cassa depositi e prestiti, équivalent italien de la Caisse des dépôts.
Il est vrai que Vivendi n’a pas su dissuader le gouvernement de lui mettre ce concurrent dans les pattes. En outre, le pays s’apprête à accueillir, avec Iliad (dont le fondateur, Xavier Niel, est actionnaire du Monde à titre personnel), un nouvel opérateur mobile qui pourrait bouleverser le marché.
Risques de conflits d’intérêts
Autre point d’attaque d’Elliott, la gouvernance de Telecom Italia, dont il juge qu’elle sert d’abord les intérêts de Vivendi. Le fonds pointe, par exemple, le choix, en janvier 2017, d’Havas, filiale de Vivendi, comme société de communication de TIM, ou la nomination de Michel Sibony. Problème : ce « cost killer » de confiance de M. Bolloré multiplie les fonctions chez Vivendi, Groupe Bolloré ou Havas, et donc les risques de conflits d’intérêts. « Havas a été le meilleur sur les prix et l’efficacité », se défend-on chez Vivendi, tout en mettant en avant le savoir-faire de M. Sibony en matière d’achats.
Depuis le départ, Elliott affirme simplement souhaiter rééquilibrer les forces au sein du conseil, en nommant plus de personnalités indépendantes. Le fonds a d’ailleurs les soutiens de deux influentes sociétés anglo-saxonnes de conseil aux investisseurs, ISS et Glass Lewis, qui n’apprécient pas en général qu’un actionnaire contrôle une société sans la posséder. « Est-ce que Vivendi augmente ou décroît les options stratégiques de Telecom Italia ? Ce n’est pas clair. En outre, l’indépendance du conseil est discutable », lance ISS dans un document adressé aux actionnaires.
Paul Singer parviendra-t-il à ses fins ? Le fonds a décidé de faire le dos rond. Au départ, il souhaitait introduire le réseau télécoms de Telecom Italia en Bourse, afin de désendetter l’entreprise, verser un dividende et se désengager d’Inwit, les tours télécoms, et ce afin de faire remonter le cours de l’action. Désormais, il se dit prêt à laisser ses futurs administrateurs à évaluer « avec le management » ces différentes propositions.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-15"> ¤ Parrainé à l’origine par le financier Antoine Bernheim, avec qui il a rompu en 2010, le milliardaire breton s’est aliéné le gouvernement transalpin et Silvio Berlusconi.
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En Italie, les méthodes de Vincent Bolloré vivement critiquées

Parrainé à l’origine par le financier Antoine Bernheim, avec qui il a rompu en 2010, le milliardaire breton s’est aliéné le gouvernement transalpin et Silvio Berlusconi.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 11h31
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

L’aventure italienne de Vincent Bolloré avait pourtant bien commencé… Le Français est apparu dans le monde feutré du capitalisme italien au début des années 2000, parrainé par une figure centrale de la finance, des deux côtés des Alpes : Antoine Bernheim (1924-2012). De ses bureaux de la banque Lazard, au début des années 1980, celui-ci avait joué un rôle décisif dans la constitution de son groupe.
Fort de cette indispensable protection, c’est dans la peau du chevalier blanc qu’il a émergé, en 2002. Il s’agissait d’entrer au capital de Mediobanca (l’homme d’affaires breton en a acquis 8 %), afin de contrecarrer le double assaut d’Unicredit et de la Banca di Roma sur cette banque d’affaires stratégique, premier actionnaire, entre autres, de l’assureur Generali, dont le président, de 1995 à 1999 et de 2002 à 2010, n’était autre… qu’Antoine Bernheim.

Les deux hommes rompront de manière spectaculaire en 2010, Vincent Bolloré favorisant l’éviction du patriarche, qui ne dissimulera pas son amertume d’avoir été trahi. Les ambitions du milliardaire français semblaient alors avant tout patrimoniales.
Plus délicate, en revanche, sera son entrée tonitruante dans le monde des télécommunications, en 2015. Au départ, elle survient presque par hasard, lorsque M. Bolloré récupère 8 % du capital du groupe Telecom Italia par le biais d’une transaction avec l’espagnol Telefonica. Toutefois, les ambitions de l’homme d’affaires ne s’arrêtent pas là. Il monte aussitôt au capital, atteignant rapidement les 15 %, puis poursuivant ses achats de titres jusqu’à devenir le principal actionnaire du groupe, avec plus de 24 %.
Accusé de vouloir « dicter sa loi au pays »
Cette irruption est accueillie fraîchement par les pouvoirs publics italiens : pour eux, Telecom Italia n’est pas une société comme les autres. Ancien monopole d’Etat et fleuron de l’innovation technologique italienne, elle est aussi un mastodonte de 66 000 employés, lourdement endetté.
Parallèlement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-16"> ¤ Mis en examen pour corruption, l’industriel breton, qui a échoué à s’emparer d’Ubisoft, est aussi en difficulté en Italie. Ses détracteurs critiquent son mode de gouvernance et sa conception des conflits d’intérêts.
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Démêlés judiciaires, gouvernance contestée, concurrence accrue : l’empire de Vincent Bolloré accumule les déconvenues

Mis en examen pour corruption, l’industriel breton, qui a échoué à s’emparer d’Ubisoft, est aussi en difficulté en Italie. Ses détracteurs critiquent son mode de gouvernance et sa conception des conflits d’intérêts.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 19h56
    |

            Sandrine Cassini et 
François Bougon








                        



                                


                            

Sur son téléphone portable, l’industriel breton Vincent Bolloré a installé une application particulière : elle décompte les jours le séparant du 17 février 2022, date de sa retraite annoncée, avant son 70e anniversaire. Une grande fête marquera le bicentenaire du groupe familial fondé sur les bords de l’Odet, près de Quimper (Finistère).
Mais, dans un futur proche, le vendredi 4 mai 2018 pourrait marquer un tournant pour l’empire industriel qui compte près de 60 000 collaborateurs – il est présent dans les transports et la logistique, la communication et le stockage d’électricité – et qu’il a édifié à partir de l’entreprise de papeterie en difficulté héritée de son père dans les années 1980. A l’occasion de l’assemblée générale de Telecom Italia, à Milan, l’entrepreneur pourrait, ce jour-là, tomber sur un os : il risque de perdre la majorité au conseil d’administration d’une entreprise emblématique de la péninsule.

Un affront pour cet homme d’affaires réputé pour sa méthode faite d’audace, de ténacité et, si nécessaire, de rudesse. « Il a le sang froid d’un tonton flingueur de la Mafia sicilienne », explique un proche.
Dans le pétrin en Italie
Avec Telecom Italia, Vincent Bolloré aurait-il perdu la baraka ? Comme il l’a fait pendant toute sa vie professionnelle, l’homme d’affaires avait réussi l’exploit de prendre le contrôle du premier opérateur télécoms italien avec seulement 23,9 % du capital. Las, le fonds activiste Elliott a commencé, le 16 mars, à brider cette belle ambition, en montant progressivement dans le capital de l’opérateur, avec l’objectif de réduire le pouvoir du Français.
« Le problème, c’est que le directoire est tétanisé par Vincent Bolloré qui manage par la peur. Mais ses cadres ne lui rendent pas service en ne lui parlant pas des problèmes », analyse un proche.
Peu s’expliquent les raisons qui ont conduit Vincent Bolloré à se mettre dans un pareil pétrin en Italie. « Péché d’arrogance »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-17"> ¤ Cinq chaînes du nord de l’Europe ont décidé de s’allier pour coproduire douze séries par an.
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Face à Netflix, l’audiovisuel public nordique fait front

Cinq chaînes du nord de l’Europe ont décidé de s’allier pour coproduire douze séries par an.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
01.05.2018 à 11h22
    |

                            Anne-Françoise Hivert (envoyée spéciale à Copenhague)








                        



                                


                            

Face à Netflix, HBO ou Amazon, l’audiovisuel public des petits pays du nord de l’Europe ne pèse pas lourd. Ensemble, c’est une autre histoire. Pour avoir une chance de concurrencer les géants américains, les cinq compagnies nordiques – DR (Danemark), SVT (Suède), NRK (Norvège), Yle (Finlande) et la RUV (Islande) – ont donc décidé de s’allier, en mettant en commun ce que la patronne de SVT, Hanna Stjärne, appelle les « joyaux » du service public scandinave : ses séries télé.

A partir de cette année, les cinq groupes coproduiront douze séries par an – trois pour le Danemark, la Suède et la Norvège, deux pour la Finlande et une pour l’Islande. Elles seront diffusées quasi simultanément dans les cinq pays, avant d’être disponibles, en accès gratuit et illimité pendant un an, sur les sites des cinq groupes. La collaboration, baptisée « Nordic 12 », a été officialisée jeudi 19 avril, en présence de quatre des cinq PDG, au siège de DR à Copenhague.
Dans la région, les plates-formes de service de vidéo à la demande par abonnement (SVoD) ne cessent de gagner du terrain. En tête : Netflix, avec 58 % de part de marché dans les pays nordiques et 4,2 millions d’utilisateurs (sur 26 millions d’habitants), en progression de 27 % sur 2017. Avec un budget fiction combiné d’environ 100 millions d’euros par an – soit 2 % de ce que dépense Netflix –, l’audiovisuel public nordique peut difficilement rivaliser financièrement avec les SVoD, reconnaît Thor Gjermund Eriksen, PDG de la NRK norvégienne. « Mais on peut se battre là où on est les plus forts, avec nos séries, que nous savons faire mieux que n’importe qui. » Une flèche décochée en direction de Netflix et sa première production danoise, The Rain, diffusée à partir du 4 mai. Sur un grand écran, derrière lui, défilent des extraits vidéo montés bout à bout, dont les titres illustrent le potentiel de Nordic 12 : The Killing, Borgen, Bron, Ride Upon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ Un journaliste parlant en 1968 de la presse d’alors parle aussi des médias de 2018. C’est ce que montre la réédition, grâce à Edwy Plenel, d’un livre d’une plume du « Monde ».
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Jean Schwœbel, toujours révolutionnaire (comme le sont les faits)

Un journaliste parlant en 1968 de la presse d’alors parle aussi des médias de 2018. C’est ce que montre la réédition, grâce à Edwy Plenel, d’un livre d’une plume du « Monde ».



Le Monde
 |    28.04.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 10h19
    |

                            Gilles Bastin (Sociologue et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
La Presse, le Pouvoir et l’Argent, de Jean Schwœbel, préface de Paul Ricœur, avant-propos d’Edwy Plenel, Seuil, « La librairie du XXIe siècle », 368 p., 23 €.

Il faut veiller sur les livres tombés un peu trop vite dans l’oubli. Même quand le marché de l’édition les a depuis longtemps poussés vers la sortie, ils peuvent continuer d’étonner et de revendiquer une place dans la vie des idées. La Presse, le Pouvoir et l’Argent, de Jean Schwœbel, est de ceux-là. Initialement paru au printemps 1968 avec une préface de Paul Ricœur, le livre –­ et son auteur, un grand journaliste de la rubrique diplomatique du Monde, auteur d’études sur les luttes de puissance de l’après-guerre – parut sans doute trop sage pour se frayer un chemin sur les barricades.
Il faut dire que la concurrence était rude. Les deux grands succès éditoriaux de ce printemps-là dans la catégorie des essais furent L’Homme unidimensionnel (Minuit), d’Herbert Marcuse (1898-1979), et le Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, de Raoul Vaneigem (Gallimard). Deux ouvrages « austères », écrivait Le Monde, mais le premier s’était déjà vendu à plus de 350 000 exemplaires en juillet, et le second était épuisé alors qu’il était sorti sans grande pompe quelques mois plus tôt.
La théorie critique mâtinée de freudisme de Marcuse et le situationnisme faisaient leur entrée dans le débat sur les médias en France, au moment même où paraissait La Presse, le Pouvoir et l’Argent. ­Concurrence déloyale évidemment : la jeunesse affichait alors sur les murs de Paris son rejet violent de la presse et de la télévision aux ordres du pouvoir bourgeois !
Les dérives mercantiles des journaux brocardées
Le livre publié par les éditions du Seuil capturait pourtant aussi un peu de l’air ambiant, brocardant les dérives mercantiles des journaux et la « presse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ Créé en 1999, Aufeminin propose une offre éditoriale sur des thèmes tels que la mode, la beauté, la cuisine et la santé, avec des marques comme Marmiton ou My Little Paris.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Olivier Abecassis nommé PDG d’Aufeminin, après le rachat par TF1

Créé en 1999, Aufeminin propose une offre éditoriale sur des thèmes tels que la mode, la beauté, la cuisine et la santé, avec des marques comme Marmiton ou My Little Paris.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 18h46
   





                        



   


TF1 détient désormais 78,07 % du capital de l’éditeur de site Internet Auféminin. Le groupe a annoncé, vendredi 27 avril, qu’Olivier Abecassis assurerait le poste de PDG, à la place de Marie-Laure Sauty de Chalon, qui quitte le groupe.
La vente par le groupe allemand Axel Springer a été réalisée au prix unitaire de 39,47 euros par action, soit environ 290 millions d’euros. TF1 a par ailleurs annoncé son intention de déposer une offre publique d’achat obligatoire simplifiée au même prix sur le solde du capital, ce qui représentera un coût supplémentaire de plus de 81 millions d’euros, soit une valorisation d’Aufeminin autour de 371 millions d’euros.
« Nous renforçons notre capacité à toucher tous les publics et notamment les femmes, au travers de verticales puissantes et fédératrices et d’offrir de nouvelles solutions de communication aux marques », s’est félicité le PDG de TF1, Gilles Pélisson. Ce dernier rejoint par ailleurs le conseil d’administration d’Aufeminin, en compagnie de M. Abecassis, de Philippe Denery et de Christine Bellin, en remplacement des administrateurs d’Axel Springer.
129 millions d’utilisateurs dans le monde
La filiale du groupe Bouygues avait obtenu lundi l’aval de l’Autorité de la concurrence, qui a estimé que cette « opération ne pos[ait] pas de problème de concurrence sur les marchés de la vente d’espaces publicitaires », notamment du fait de « la présence de concurrents puissants tels que Google et Facebook ».

        Lire aussi :
         

                Avec My Little Paris, TF1 se rapproche des millennials



Créé en 1999, Aufeminin propose une offre éditoriale sur des thèmes tels que la mode, la beauté, la cuisine et la santé, avec des marques comme Marmiton ou My Little Paris. Le groupe est présent dans plus de vingt pays, en Europe, au Maghreb, en Amérique du Nord et en Amérique latine, avec une forte présence sur les réseaux sociaux. L’éditeur de sites est passé sous le contrôle d’Axel Springer en 2007 pour 23 millions d’euros.
Aufeminin, qui compte 470 collaborateurs, a réalisé en 2016 un bénéfice net de 11 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 107,3 millions d’euros. Il revendique 129 millions d’utilisateurs dans le monde, dont 20 millions en France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-20"> ¤ TF1, en pleine stratégie de reconquête, a remporté son homérique bagarre avec les opérateurs télécoms, qui paieront pour diffuser ses chaînes gratuites, observe l’éditorialiste économique du « Monde » Philippe Escande.
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« La télévision de papa résiste encore »

TF1, en pleine stratégie de reconquête, a remporté son homérique bagarre avec les opérateurs télécoms, qui paieront pour diffuser ses chaînes gratuites, observe l’éditorialiste économique du « Monde » Philippe Escande.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 12h29
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            
Chronique. Il flotte comme un parfum d’apaisement en cette fin d’avril printanière. Syndicats et direction de Carrefour ont tourné le dos à la convergence des luttes en signant un accord social, et la bagarre homérique entre chaînes de télévision et opérateurs de télécommunications touche à sa fin. Les Enfoirés peuvent chanter tranquille, la menace qu’on leur coupe le micro ou la caméra, qui avait plané en mars dernier, s’éloigne. Même si Canal+ n’a pas encore signé, l’entente entre Free et TF1, qui avait déjà conclu un accord avec Orange, SFR et Bouygues, siffle la fin des hostilités.
Point de lutte des classes ici, mais un bras de fer inédit entre deux acteurs de poids. Du haut de leurs milliards de chiffre d’affaires, les rois de la box ont d’abord traité par le mépris la demande soudaine de la Une de percevoir désormais des commissions pour la diffusion de ses chaînes gratuites. Quoi ? Payer des dizaines de millions d’euros pour retransmettre sur leur offre ADSL un canal disponible sans frais sur la TNT, vous n’y pensez pas ! Et pourtant, c’est bien TF1 qui a gagné.
Puissance d’audience
Bien sûr, le groupe ne touchera pas les 100 millions d’euros dont il rêvait mais probablement une cinquantaine, ce qui n’est déjà pas si mal. Et surtout, il a enfoncé un coin qu’il sera désormais bien difficile d’enlever. Dans le nouveau monde des médias, il n’y a plus de contenu gratuit. Et si TF1 et M6 n’envisagent pas (encore) de proposer des abonnements à leurs téléspectateurs, ils ont réussi à faire cotiser leurs principaux distributeurs.

TF1 a bénéficié de trois facteurs favorables pour faire avancer sa cause. Le premier est sa puissance d’audience, encore forte malgré les coups de boutoirs d’Internet. Le dernier épisode de « The Voice » ou le dernier match de foot se voient en priorité en direct, voire en replay. La télévision de papa est regardée chaque soir par plus d’un téléspectateur sur quatre.
Stratégies brouillées
Le...




                        

                        

