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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ La Chine domine un secteur d’activité tiré par la croissance du solaire photovoltaïque.
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Les énergies renouvelables passent le cap des 10 millions d’emplois dans le monde

La Chine domine un secteur d’activité tiré par la croissance du solaire photovoltaïque.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 16h40
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 17h38
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

Alors que les énergies « vertes » peinent à trouver leur place dans le paysage français, les indicateurs restent au beau fixe pour ce secteur à l’échelle planétaire. Pour la première fois, le cap des 10 millions d’emplois a été franchi en 2017, selon le décompte publié mardi 8 mai par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena). Toutes filières confondues, le total s’établit à 10,34 millions, soit un bond de plus de 500 000 en un an. Par rapport à 2012, la progression est considérable puisqu’elle atteint 45 %.
« Les énergies renouvelables sont devenues un pilier d’une croissance économique faiblement carbonée partout dans le monde », commente Adnan Z. Amin, directeur général de l’Irena, qui met en avant « les avantages économiques, sociaux et environnementaux de ces énergies ».
Les forces vives sont toutefois très inégalement réparties. L’Asie en concentre 60 %, dont près de 40 % chez le géant chinois, tandis que l’Inde, malgré son développement dans le solaire, ne pèse encore que pour à peine 4 % du total. Le dynamisme du continent asiatique s’explique bien sûr par la taille de son marché intérieur, mais aussi, souligne l’étude, par les politiques de soutien public mises en place. Les deux autres poids lourds sont le Brésil et les Etats-Unis, avec respectivement 893 000 et 786 000 emplois.

Considérée dans son ensemble, l’Europe occupe une place significative, avec 1,2 million d’emplois. Elle le doit pour beaucoup à l’Allemagne, qui représente à elle seule plus du quart de ce potentiel, loin devant le Royaune-Uni et la France. Celle-ci ne totalise que 107 000 postes dans les renouvelables, soit seulement 1 % du score mondial.
Enfin, l’Afrique, bien que sous-représentée, figure désormais dans le recensement de l’Irena, où elle n’apparaissait pas avant 2016. Un essor timide qui reste surtout le fait de l’Afrique du Sud, où sont localisés près de 60 % des 76 000 emplois...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Ce sera la 16e journée de grève à la SNCF contre la réforme ferroviaire.
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Grève SNCF : 50 % des TGV, TER et Transilien circuleront mercredi

Ce sera la 16e journée de grève à la SNCF contre la réforme ferroviaire.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 16h30
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 17h30
   





                        


La moitié des TGV, TER et Transilien circuleront mercredi, lors de la 16e journée de grève à la SNCF contre la réforme ferroviaire, selon les prévisions de trafic de la direction, publiées mardi 8 mai.
Il y aura un train Intercités sur trois, a ajouté la direction dans un communiqué. En Ile-de-France, le trafic sera normal sur le RER A, tandis qu’on comptera un train sur deux pour le RER B et un train sur trois pour le RER C. A l’international, il y aura en moyenne un train sur deux, avec un trafic « quasi normal » pour les Eurostar et Thalys.
Par rapport aux prévisions de mardi, le trafic sera en baisse pour les TGV, Transilien, et à l’international, en hausse pour les trains Intercités et stable pour les TER.

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Ces deux jours de grève forment le huitième épisode de la mobilisation en pointillé, menée depuis début avril par les syndicats CGT, UNSA et CFDT de la SNCF contre le projet gouvernemental de réforme ferroviaire. SUD-Rail, autre organisation représentative au sein du groupe public, a lancé, de son côté, un préavis de grève illimitée.
Le trio CGT-UNSA-CFDT a déjà déposé son préavis pour la neuvième séquence de grève, qui débutera samedi à 20 heures et s’achèvera mardi prochain à 7 h 55.
La suite du mouvement en suspens
Les syndicats, qui ont été reçus lundi à Matignon par le premier ministre, doivent se réunir mercredi soir au siège de la CGT à Montreuil (Seine-Saint-Denis) pour décider des suites du mouvement, alors qu’Edouard Philippe est resté ferme sur les grands principes de sa réforme, concédant seulement aux syndicats la possibilité de proposer des amendements pour « finaliser » le projet de loi avant son examen au Sénat fin mai.
« Pour nous, clairement, la grève se poursuit », avait déclaré Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots (1er syndicat à la SNCF), à sa sortie de Matignon. Plus tard sur Franceinfo, il avait affirmé que, lors de la réunion intersyndicale, « on aura probablement une petite proposition d’une nouvelle initiative des organisations syndicales pour bousculer un peu la situation ». « Le gouvernement reste droit dans ses bottes sur le cœur de son projet, donc il va falloir qu’on le bouscule un peu sur le cœur de son projet », avait-il ajouté.
L’UNSA-Ferroviaire (2e syndicat) a fait savoir dans un communiqué qu’elle « portera des amendements », mais « le délai sera très court » et « tout porte à croire que le gouvernement joue la montre ». SUD-Rail (3e syndicat) a posé dans un communiqué « la question du durcissement de la grève et de sa continuité jusqu’au retrait » du projet. « Le gouvernement portera seul la responsabilité du blocage », affirme SUD-Rail. La CFDT-Cheminots (4e syndicat), avec sa stratégie de « mobilisation et proposition », va poursuivre la grève et déposera « une quarantaine d’amendements » en vue de l’examen du texte au Sénat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Au quinzième jour de grève dans le conflit qui a entraîné la démission du PDG de la compagnie aérienne, les syndicats ont demandé à reprendre les négociations sur les salaires.
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Air France : l’intersyndicale demande une reprise des négociations à la direction, qui la refuse

Au quinzième jour de grève dans le conflit qui a entraîné la démission du PDG de la compagnie aérienne, les syndicats ont demandé à reprendre les négociations sur les salaires.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 15h32
   





                        



   


L’intersyndicale d’Air France a demandé, mardi 8 mai, une reprise des négociations sur les salaires, demande immédiatement rejetée par la direction, au quinzième jour de grève depuis le début du conflit qui a entraîné la démission du PDG de la compagnie aérienne.
Après le désaveu infligé par les salariés au PDG Jean-Marc Janaillac sur son projet salarial, « la direction de la compagnie Air France doit maintenant entendre les revendications d’une majorité de salariés. L’intersyndicale Air France demande à la direction de revenir dans les prochains jours à la table des négociations », écrivent les syndicats dans un courrier adressé mardi à la direction.
Si l’intersyndicale ne lance pas de nouvel appel à la grève, elle prévient que « le conflit est toujours en cours » et souligne que « la balle est maintenant dans le camp de la direction », qui « doit renouer le dialogue avec la conviction que seul un accord avec (les) représentants (syndicaux) pourra mettre fin à ce conflit ». « On laisse une chance à la négociation mais il faut que la direction revienne vite vers nous », a déclaré Karim Taïbi, de FO.

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Affrontements sur des revalorisations salariales
Le « départ précipité » du PDG, « conséquence d’un chantage à la démission, n’a jamais été demandé par les organisations syndicales et ne règle en rien la problématique soulevée » : un « rattrapage des années de blocage (des) grilles » salariales, qui « est une nécessité » et qui « n’est pas de nature à mettre en danger le développement » du groupe, ajoute l’intersyndicale dans sa lettre à la direction.
Dans un bref communiqué, la direction a rejeté la demande de l’intersyndicale : « La direction d’Air France réaffirme que la période qui s’ouvre ne permet pas d’engager une quelconque négociation. » M. Janaillac doit formaliser sa démission lors d’un conseil d’administration le 15 mai.

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Les syndicats et la direction d’Air France s’affrontent depuis le début de l’année sur des revalorisations salariales. L’intersyndicale réclame une hausse de 5,1%, que refuse la direction. Les salariés, consultés par référendum par la direction, ont rejeté sa proposition de hausse salariale (2 % immédiatement et 5 % sur 2019-2021), entraînant la démission du PDG.
Lors de ce référendum, dont les résultats ont été publiés vendredi, 55,44 % du personnel d’Air France, qui a massivement participé à cette consultation (80,33 %), ont voté contre le projet d’accord salarial de la direction.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Paylib, la solution poussée par les grandes banques françaises, lance, à compter du 9 mai, le paiement de personne à personne par le biais du numéro de mobile.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Le numéro de téléphone mobile va faire de l’ombre au chèque et aux espèces

Paylib, la solution poussée par les grandes banques françaises, lance, à compter du 9 mai, le paiement de personne à personne par le biais du numéro de mobile.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 15h00
    |

                            Véronique Chocron








                        



   


Le paiement par smartphone, qui fait fureur en Chine et dans les pays scandinaves, pourrait commencer à intéresser également les Français. Les grandes banques françaises, alliées dans le paiement mobile depuis 2013 autour de la solution Paylib, vont proposer aux consommateurs un nouvel usage qui pourrait, enfin, susciter l’adhésion : échanger de l’argent avec leurs proches (amis, famille, employés à domicile…) en utilisant le numéro de mobile du destinataire.
Il s’agira ni plus ni moins que d’opérer un transfert d’argent de compte à compte, mais, au lieu de se procurer le numéro du compte bancaire (IBAN) du bénéficiaire, son numéro de téléphone suffira. Il reviendra à l’opérateur du système de compensation des paiements STET de traduire le numéro de téléphone en coordonnées bancaires par le biais d’un alias, les données personnelles ne quittant pas le système bancaire.
Le virement prendra, dans un premier temps, un à deux jours, puis quelques secondes, lorsque les infrastructures des banques françaises seront prêtes pour le paiement instantané, d’ici à la fin de l’année.

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BNP Paribas sera le premier établissement à proposer ce service à partir de mercredi 9 mai. Il sera gratuit, et permettra de transférer jusqu’à 500 euros par jour. Les autres banques membres de Paylib suivront dans les prochains mois : en juin pour la Société générale, à l’été pour La Banque postale ou à la rentrée de septembre au Crédit agricole. Le Crédit Mutuel-CIC, le seul grand réseau qui manquait à l’appel, finalise actuellement ses négociations pour rejoindre prochainement le consortium Paylib. Dans quelques mois, 90 % des Français pourront ainsi, s’ils le souhaitent, tester ce nouveau moyen de paiement.
Débuts laborieux
Des start-up comme Lydia et des acteurs bien installés comme PayPal se sont déjà lancés dans les paiements entre amis en pair à pair, mais l’atout de Paylib réside dans son système interopérable entre les banques françaises. « Jusqu’à présent, les solutions disponibles sur le marché fonctionnaient en circuit fermé et les clients devaient créer des comptes intermédiaires, souligne Vincent Duval, le nouveau directeur général de Paylib. Désormais, le transfert d’argent se fera directement de mon compte courant au compte courant du bénéficiaire, même si les comptes sont dans deux banques différentes. »

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En pratique, le client à l’origine du paiement devra activer Paylib. Le bénéficiaire sera directement crédité s’il s’est également affilié. S’il ne l’est pas, il devra saisir ses coordonnées sur le site Paylib. L’implication des principales banques françaises dans le projet doit permettre, à terme, une saisie simplifiée au maximum, pour rendre le paiement « aussi fluide pour tous les Français qu’entre les clients d’une même banque », précise Marc Espagnon, le directeur des moyens de paiement au sein de la banque de détail de BNP Paribas.
Pour autant, les experts du paiement ne veulent pas crier victoire. Paylib, en dépit du soutien de ses banques fondatrices et des quelques dizaines de millions d’euros investis, a connu des débuts laborieux. La solution, d’abord dévolue à la sécurisation des paiements sur Internet, puis au paiement sans contact avec un smartphone en magasin, ne compte aujourd’hui que 1,2 million d’utilisateurs, après cinq ans d’existence.
« Le paiement mobile reste encore marginal »
« Le paiement mobile reste encore marginal aujourd’hui, reconnaît Vincent Duval. On évalue le nombre de transactions réglées avec un téléphone mobile à entre 100 millions et 200 millions d’opérations par an en France, contre 12 milliards de transactions réalisées par carte bancaire. » A titre de comparaison, les paiements mobiles en Chine ont franchi le seuil des 10 000 milliards d’euros sur les dix premiers mois de 2017, soit près de 40 % de plus qu’en 2016. « Mais ce modèle n’est pas transposable, tempère le patron de Paylib, car la Chine n’est pas passé par l’étape de la carte bancaire, qui satisfait les Français ».

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Le nouvel usage du pair à pair fera-t-il office de catalyseur ? « Dans les pays nordiques, c’est le paiement de personne à personne qui a fait le succès du paiement mobile. Pour que ça marche, il faut un effet de masse : si 30 % des consommateurs l’adoptent, on constate un puissant effet boule de neige », fait valoir Vincent Duval.

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Prudent, Marc Espagnon assure que « le paiement mobile va se développer, toutes les banques investissent dessus aujourd’hui ». « Le plus tôt sera le mieux, ajoute-t-il, car la gestion du cash et le traitement du chèque sont beaucoup plus coûteux pour tous les acteurs économiques. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Patrice Lanco, ancien inspecteur général de l’équipement, estime qu’un partage progressif entre l’Etat, des investisseurs et certains groupes HLM,du gâteau que représente ce pilier du modèle social français est en cours.
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« Un scénario de financiarisation du logement social se dessine au détriment du bien commun »

Dans une tribune au « Monde », Patrice Lanco, ancien inspecteur général de l’équipement, estime qu’un partage progressif entre l’Etat, des investisseurs et certains groupes HLM,du gâteau que représente ce pilier du modèle social français est en cours.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h00
    |

Patrice Lanco (Ancien haut fonctionnaire au ministère du logement)







                        



                                


                            
Tribune. Le logement social est un pilier du modèle social français. Avec 4,6 millions de logements, il loge un ménage sur six, soit 10 millions de personnes. Amortisseur face à la crise, filet de sécurité pour les plus fragiles, c’est aussi un poids lourd de l’économie : 17 milliards d’euros d’investissement en 2015.
Ce patrimoine s’est constitué au fil des générations par l’effort cumulé des locataires (20 milliards d’euros de loyers par an, dont 40 % servent à rembourser les prêts qui ont financé le patrimoine), de l’Etat, des collectivités locales, des épargnants sur le Livret A, des entreprises et des salariés (ex-1 % logement). L’ancien ministre du logement Louis Besson l’a qualifié en 1990 de « patrimoine de la nation ».
Bien que grevé de 140 milliards d’euros de dette, ce patrimoine suscite des convoitises
C’est un bien commun dont les bailleurs sociaux ne sont que les dépositaires et les gestionnaires, qui n’a vocation à être approprié ni par l’Etat ni par des actionnaires. La loi garantit la pérennité de sa vocation sociale en fixant des plafonds de ressources et de loyers.
Bien que grevé de 140 milliards d’euros de dette, ce patrimoine suscite des convoitises. Le modèle économique HLM est ébranlé par trois facteurs : le niveau historique des prix de l’immobilier et du foncier, la paupérisation des locataires et le désengagement de l’Etat.
L’Etat a arrêté de subventionner la production de logements sociaux, financée par des prélèvements sur les bailleurs sociaux eux-mêmes. Il veut aller plus loin en inversant les flux financiers afin de prélever une partie de la richesse accumulée. La loi de finances 2018 met ainsi la pression sur le logement social avec une vision budgétaire, mais aussi stratégique : il s’agit d’impulser un changement de modèle.
Montage complexe
Le gouvernement, échaudé par le tollé contre la baisse de 5 euros de l’aide personnalisée au logement (APL), a conçu un montage plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Au-delà d’un certain seuil, les aides perçues par les maisons de production n’accroissent plus leur performance économique, constate, dans une tribune au « Monde », le chercheur Julien Jourdan.
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Cinéma et subventions publiques : « Des résultats contrastés »

Au-delà d’un certain seuil, les aides perçues par les maisons de production n’accroissent plus leur performance économique, constate, dans une tribune au « Monde », le chercheur Julien Jourdan.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 15h20
    |

Julien Jourdan (Membre du laboratoire Dauphine Recherches en management)







                        



                                


                            
Tribune. Les subventions publiques permettent-elles aux entreprises d’accroître leur performance ? Le sujet fait depuis longtemps débat, mais peu d’études empiriques permettent de trancher. Afin de faire avancer la discussion, nous avons étudié de manière systématique le fonctionnement d’un secteur d’activité où ce soutien public est la règle plutôt que l’exception : la production cinématographique, subventionnée de manière permanente dès le début de l’après-guerre (« Too Much of a Good Thing ? The Dual Effect of Public Sponsorship on Organizational Performance », Julien Jourdan et Ilze Kivleniece, Academy of Management Journal n° 60/1, 2017).
la justification ouvertement protectionniste du dispositif s’est effacée progressivement sous la bannière de « l’exception culturelle »
Concédée dans le cadre du plan Marshall, l’ouverture des salles obscures hexagonales aux productions hollywoodiennes s’était accompagnée d’une politique volontariste d’aide aux productions nationales. Il s’agissait de résister à l’impérialisme culturel américain et de protéger les compagnies françaises de la concurrence internationale. Pilier de cette politique, le soutien dit « automatique » à la production a offert, dès 1959, une aide aux producteurs, directement proportionnelle à la recette de leur film précédent.
Au fil du temps, la justification ouvertement protectionniste du dispositif s’est effacée progressivement sous la bannière de « l’exception culturelle », mais la mécanique du dispositif n’a été ajustée qu’à la marge. Le soutien automatique est conçu pour renforcer les entreprises les plus performantes, avec l’ambition de forger des champions capables de porter les couleurs de la France sur le marché mondial. Il s’agit ainsi de contrebalancer la politique d’influence américaine – le fameux « soft power » – à laquelle les studios d’Hollywood sont étroitement associés.
Marché de niche
L’objectif est-il tenu ? Notre étude, qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Dans cette chronique, la correspondante du « Monde » à San Francisco Corine Lesnes pointe que le public n’est même pas conscient de ce que les défenseurs des libertés appellent maintenant « l’économie de la surveillance ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Données personnelles : « Facebook et Google ne sont que la partie émergée de l’iceberg numérique»

Dans cette chronique, la correspondante du « Monde » à San Francisco Corine Lesnes pointe que le public n’est même pas conscient de ce que les défenseurs des libertés appellent maintenant « l’économie de la surveillance ».



Le Monde
 |    08.05.2018 à 13h00
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



                                


                            
Transformations. Vous le saviez, vous, que Facebook suit vos faits et gestes sur l’Internet même si vous n’êtes pas inscrit sur la plate-forme ? Probablement pas. Comme tout le monde, vous l’avez appris lorsque Mark ­Zuckerberg, interrogé par le ­Congrès sur l’affaire Cambridge Analytica, a bafouillé qu’il devait demander à son staff. Certes, vous aviez compris depuis un moment que Facebook enregistre toutes vos interactions, pour mieux vendre votre « profil » aux publicitaires. Mais vous vous croyiez protégé par votre sagacité de citoyen informé. Facebook, non merci, pas pour moi. Pas d’application, pas d’espion.
Et patatras. Votre ligne Maginot s’est effondrée. C’est maintenant dans le domaine public : il suffit d’aller lire le New York Times en ­ligne (ou Le Monde) ou tout autre site pourvu d’une petite icône appelée « plug in » pour être repéré. Facebook vous suit à votre insu et compose un « profil fantôme » qui permettra de vous bombarder de publicités ciblées. Impossible de contre-attaquer en effaçant l’application, comme le recommande la campagne #DeleteFacebook. Vous n’y êtes pas inscrit…

Tout cela depuis des années, et on ne vous a rien dit ? Que fait la presse ? Que font les innombrables sites « tech », qui ne ratent ­jamais une « annonce » d’importance ? Les journalistes spécialisés plaident qu’ils ont depuis longtemps expliqué le modèle économique qui permet à Facebook de rentabiliser sa plate-forme ­gratuite. Manifestement, ils n’ont pas brillé dans la vulgarisation. Comme l’a montré Mark Zuckerberg face aux élus américains, rien de tel que le jargon pour noyer le poisson.
« Economie de la surveillance »
Daniel Kahn Gillmor, le spécialiste des technologies de l’ACLU, la principale association américaine de défense des libertés civiles, s’est amusé à se promener cinq minutes en ligne pour voir ce que ­Facebook allait glaner sur son compte. L’homme est loin d’être technophobe, mais il se méfie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ 80 000 entreprises et organismes publics doivent en être dotés au 25 mai. Seuls 500 sortent diplômés des écoles chaque année.
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Le DPO, ce délégué à la protection des données que les entreprises s’arrachent

80 000 entreprises et organismes publics doivent en être dotés au 25 mai. Seuls 500 sortent diplômés des écoles chaque année.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 12h34
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Je suis constamment chassé. Pas une semaine ne passe sans que je sois sollicité par un recruteur », témoigne Guillaume Tollet, Data Protection Officer (DPO) chez Dentsu Aegis Network, un groupe de communication. Et il n’est pas le seul, les DPO ou délégués à la protection des données s’arrachent dans les entreprises, à quelques jours de l’entrée en vigueur du règlement européen pour la protection des données.
Le règlement général sur la protection des données (RGPD) a rendu quasiment obligatoire la nomination d’un DPO. D’ici au 25 mai, encore 80 000 entreprises et organismes publics doivent se doter d’un DPO. « Mais au 3 mai, seuls 3 050 DPO avaient été dûment enregistrés », indique Albine Vincent, chef du service des correspondants informatique et libertés de la CNIL.

Successeur du correspondant informatique et libertés (CIL), créé par la loi en 2004, le DPO est le référent dans l’entreprise de l’utilisation des données personnelles des clients, des salariés et des usagers. Et ceci en vue de garantir le respect des libertés individuelles et des droits fondamentaux des personnes.
Les entreprises promeuvent parfois un ex-CIL, mais pas toujours, loin de là, car la mission a été élargie, le niveau de sanction renforcé (2 à 4 % du chiffre d’affaires mondial en cas d’infraction), et le profil séduit. « Le DPO est au courant de tous les projets de l’entreprise et il est directement rattaché au plus haut niveau de la hiérarchie », explique Bruno Rasle, délégué général de l’Association française des correspondants à la protection des données (AFCDP).

Côté salaire, « dans les grandes entreprises, la rémunération brute annuelle varie de 80 000 à 100 000 euros », indique José-Alberto Rodriguez-Ruiz, 43 ans, DPO de Cornerstone OnDemand. « 40 000 euros bruts par an est le minimum pour un premier poste », note M. Rasle.
Cécile Georges, Chief...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ La fille du président du conglomérat propriétaire de la compagnie aérienne a lancé un verre d’eau à la tête d’un cadre. L’attitude de sa sœur avait déjà fait scandale en 2014.
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Nouvelle affaire d’abus de pouvoir chez Korean Air

La fille du président du conglomérat propriétaire de la compagnie aérienne a lancé un verre d’eau à la tête d’un cadre. L’attitude de sa sœur avait déjà fait scandale en 2014.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 12h09
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



   


C’est l’histoire d’un verre d’eau qui ébranle un chaebol. La famille fondatrice du conglomérat sud-coréen Hanjin, propriétaire de la compagnie aérienne Korean Air (KAL), est dans la tourmente à cause d’une nouvelle affaire d’abus de pouvoir. Deuxième fille du président Cho Yang-ho et désormais ex-vice-présidente de KAL chargée de la promotion, Cho Hyun-min était interrogée mercredi 2 mai par la police pour avoir jeté en mars un verre d’eau à la tête d’un cadre d’une agence de publicité dans un accès de colère.
Ses excuses n’ont pas permis d’étouffer l’affaire et Mme Cho cherche aujourd’hui à limiter les charges retenues contre elle. Elle affirme avoir jeté un verre d’eau en papier et non en verre. La différence est importante pour éviter les circonstances aggravantes.
« En tant que président de Korean Air et que chef de famille, je ne peux qu’avoir honte du comportement immature de ma fille », a réagi M. Cho.
Vive colère
Le problème pour la famille Cho est que la sœur aînée de Hyun-min, Hyun-ah, avait fait scandale en 2014 en s’en prenant violemment à l’équipage d’un vol KAL car elle n’avait pas apprécié la manière dont lui avaient été servies des noisettes. Elle était alors responsable des services en cabine de la compagnie. Jugée et condamnée, celle qui avait hérité du sobriquet de « princesse des noisettes » avait été réintégrée début 2018 à la compagnie aérienne, prenant la présidence de la filiale chargée de l’hôtellerie.
Avec le nouveau scandale, les deux filles ont été définitivement renvoyées et M. Cho a promis de revoir l’organigramme de la compagnie. L’affaire a suscité un vif mécontentement au sein d’une population toujours sensible au comportement des familles dirigeant les chaebols et notamment aux affaires de « gapjil », les abus de pouvoir. L’affaire des noisettes avait fait perdre pendant quelques mois à KAL sa place de compagnie numéro un en Corée du Sud.
La colère est d’autant plus vive que les enquêtes en cours laissent penser que l’épouse de M. Cho aurait également maltraité du personnel de KAL. Et la famille entière pourrait être impliquée dans l’importation illégale de produits de luxe et d’aliments interdits comme de la charcuterie, sans payer les droits de douane, en utilisant les avions de la compagnie. Un crime passible de cinq ans de prison.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Le laboratoire pharmaceutique Takeda a annoncé l’acquisition de l’irlandais Shire, pour 52 milliards d’euros. C’est l’opération la plus importante jamais réalisée par une entreprise nippone.
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Acquisition record pour une entreprise japonaise

Le laboratoire pharmaceutique Takeda a annoncé l’acquisition de l’irlandais Shire, pour 52 milliards d’euros. C’est l’opération la plus importante jamais réalisée par une entreprise nippone.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h46
    |

            Chloé Hecketsweiler








                        



   


C’est un record pour une entreprise nippone. Le laboratoire pharmaceutique Takeda a annoncé mardi 8 mai l’acquisition de l’irlandais Shire pour 46 milliards de livres (52 milliards d’euros). Si cette opération aboutit, le japonais fera son entrée dans le top 10 mondial avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 28 milliards de dollars, contre 13 milliards de dollars aujourd’hui. Il mettra surtout la main sur des médicaments très prometteurs dans le domaine des maladies rares, comme l’hémophilie, dans lesquels Shire a beaucoup investi.
Longtemps délaissé, ce marché fait désormais figure d’eldorado pour les industriels dont la recherche patine : les ventes de médicaments orphelins devraient atteindre 209 milliards en 2022 contre 123 milliards en 2017, selon Evaluate Pharma, avec un taux de croissance annuelle supérieur à 11 %, contre 6 % pour les médicaments classiques.

        Lire aussi :
         

                Les maladies rares, nouvel eldorado des labos



Pour soigner quelques milliers de patients seulement, le prix de ces molécules dépasse souvent 100 000 dollars par an, le record étant détenu par le Soliris d’Alexion qui avoisine 500 000 dollars. Sur ce créneau, Shire occupe la première place du podium : ses ventes de médicaments orphelins, qui lui rapportent déjà plus de 5 milliards de dollars, devraient atteindre 8 milliards en 2022.
Mariage de la carpe et du lapin
Takeda est dirigé depuis 2015 par le Français Christophe Weber, premier étranger à la tête de ce laboratoire bicentenaire. À son arrivée, il savait qu’il aurait à affronter ce que redoutent tous les laboratoires : la chute dans le domaine public des principaux brevets. Shire, lui apporte un portefeuille de molécules en situation de monopole pour plusieurs années, et de programmes de recherche bien avancés.
Face aux craintes d’un mariage de la carpe et du lapin, compte tenu des cultures différentes des deux groupes, Takeda insiste par avance sur le fait qu’il a « de solides antécédents de fusions transfrontalières réussies et d’intégration post-acquisition », citant l’exemple du suisse Nycomed, pour lequel il avait signé un chèque de 9,6 milliards d’euros en 2011, et de l’Américain Ariad, acheté pour un peu moins de 5 milliards d’euros en 2017.
Le laboratoire a longtemps été orienté vers le marché japonais. L’Amérique du Nord, premier marché mondial pour les médicaments, ne représente que 30 % de ses ventes. Shire, est au contraire très bien positionné outre-Atlantique : il y réalise deux tiers de son chiffre d’affaires, avec un siège près de Boston dans le Massachusetts, « the place to be » pour les biotechs comme pour les géants de la pharmacie.

        Lire aussi :
         

                « Les limites du grand Monopoly des médicaments »



Cette opération audacieuse sera financée en partie par un prêt de 31 milliards de dollars. L’offre ferme sur Shire, qui doit encore être validée des deux côtés par les actionnaires, est censée clore une saga de plusieurs semaines qui a vu Shire refuser publiquement plusieurs propositions, les jugeant insuffisantes au regard de ses perspectives de croissance et de son portefeuille de médicaments en développement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ L’affrontement commercial entre les Etats-Unis et la Chine s’est déplacé sur le front de la technologie, un terrain hasardeux tant les deux pays ont noué des liens étroits dans ce domaine, rappelle l’éditorialiste économique du « Monde » Philippe Escande.
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ZTE-Huawei-Apple : « La guerre des smartphones est déclarée »

L’affrontement commercial entre les Etats-Unis et la Chine s’est déplacé sur le front de la technologie, un terrain hasardeux tant les deux pays ont noué des liens étroits dans ce domaine, rappelle l’éditorialiste économique du « Monde » Philippe Escande.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 12h09
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            
Chronique. « Les appareils Huawei et ZTE représentent des dangers inacceptables pour le personnel, l’information et les missions du département de la défense. En conséquence, il n’est pas prudent que nos magasins continuent à les vendre. » Le mercredi 2 mai, le Pentagone ordonnait aux bases militaires américaines de retirer de leurs boutiques les marques chinoises de smartphones. Une forme de déclaration de guerre qui suivait celle lancée par le département du commerce interdisant aux sociétés américaines de vendre tout composant au fabricant chinois ZTE, quatrième vendeur de smartphones aux Etats-Unis. Ce dernier est accusé de ne pas avoir respecté l’embargo américain sur les ventes à l’Iran et la Corée du Nord. Faute de puces électroniques, la firme de Shenzhen pourrait vite se retrouver étranglée.

En mars dernier, c’était la fusion entre le géant américain des puces Qualcomm et Broadcom, son concurrent de Singapour, qui était bloquée par l’administration Trump, par crainte d’un affaiblissement technologique des Etats-Unis dans le domaine de la téléphonie mobile de nouvelle génération.
De fidèle servante à concurrente redoutable
D’une simple bataille commerciale sur les droits de douane, l’affrontement entre la Chine et les Etats-Unis se déplace sur le front technologique. Pékin n’est plus seulement un adversaire géopolitique et un voleur d’emplois industriels, il s’attaque désormais au dernier bastion de la puissance américaine, la haute technologie. Avec, en première ligne, la téléphonie mobile, tête de pont de la numérisation de la société et porte d’entrée facile sur la vie privée de dizaines de millions d’Américains, dont quelques soldats.

Cette guerre des smartphones est la dernière illustration du changement de statut de la Chine. De fidèle servante des intérêts des multinationales occidentales, elle est devenue une concurrente redoutable. Sa production à petit prix a fait la fortune des supermarchés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Le plus performant des 3 700 « hackeurs blancs » de la plate-forme Bounty Factory a décelé plusieurs centaines de failles de sécurité dans diverses sociétés, de la start-up à l’entreprise du CAC 40.
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SaxX, chasseur de primes 2.0

Le plus performant des 3 700 « hackeurs blancs » de la plate-forme Bounty Factory a décelé plusieurs centaines de failles de sécurité dans diverses sociétés, de la start-up à l’entreprise du CAC 40.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h19
    |

                            Margherita Nasi








                        



   


Le jour, Clément Domingo est employé en cybersécurité pour un grand groupe industriel lié à l’armée. La nuit, entre 23 heures et minuit mais parfois jusqu’à 4 heures du matin, sous le pseudonyme de « SaxX », il traque les failles de sécurité des entreprises. Il ne les revend pas au plus offrant sur le marché noir, il n’en profite pas pour causer des dégâts, mais prévient la société qui le récompense avec des sommes qui « peuvent être assez élevées », confie le jeune homme de 27 ans.
En un an et demi de collaboration avec Bounty Factory, ce hackeur s’est hissé en tête du classement : il est le plus performant des 3 700 hackeurs de la plate-forme de Bug Bounty, avec quelques centaines de failles à son actif, décelées dans des sociétés variées, de la start-up aux plus gros groupes. « J’ai, par exemple, trouvé une faille dans une entreprise du CAC 40 qui me donnait accès à des documents confidentiels contenant des données critiques », relate le jeune hackeur.

    Cet article est extrait du semestriel Le Monde Campus Avril 2018 by Anne Rodier on Scribd

SaxX perçoit une petite centaine d’euros pour les failles les plus simples, jusqu’à 10 000 pour les plus critiques. Plutôt rentable lorsqu’on sait que ce travail lui prend « un week-end entier si la rémunération est intéressante ».
Selon lui, les « hackeurs blancs » pourraient bientôt faire face à un afflux de travail : le règlement général sur la protection des données (RGPD), qui entre en vigueur au 25 mai dans les entreprises, va contribuer à développer la pratique du bug bounty. « Les boîtes qui ne sécurisent pas leurs données vont tomber sous le coup du législateur », explique SaxX.
Motivé par la rémunération, c’est aussi par goût du défi qu’il fait du bug bounty : « J’ai besoin de me stimuler en tant que chercheur, de voir que j’arrive à contourner les mesures mises en place, parfois par des équipes qui ont beaucoup travaillé. Et ça élargit mon domaine de compétences : les chercheurs en sécurité ont un ou deux domaines de prédilection, avec le bug bounty, je tombe sur des choses beaucoup plus exotiques. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Les entreprises britanniques sont exclues des appels d’offres du programme européen pour sa partie secret défense. Le gouvernement de Theresa May proteste.
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Brexit : les Britanniques, écartés de Galileo, envisagent de lancer un projet concurrent

Les entreprises britanniques sont exclues des appels d’offres du programme européen pour sa partie secret défense. Le gouvernement de Theresa May proteste.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h18
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Le ton continue de monter entre Londres et Bruxelles sur Galileo, le système européen de satellites de géolocalisation. Furieux de voir ses entreprises écartées de certains appels d’offres, à cause du Brexit, le Royaume-Uni menace de lancer son propre système concurrent. Le 2 mai, la première ministre, Theresa May, a annoncé qu’elle mettait « à l’étude le développement d’un système de navigation par satellites britannique ». Le 3 mai, la Chambre des communes s’est emparée du sujet, les députés s’inquiétant des répercussions pour la filière spatiale britannique, qui représente 40 000 emplois et 14 milliards de livres (16 milliards d’euros) de chiffre d’affaires.
La relation du Royaume-Uni avec Galileo est un condensé du Brexit. Dans les années 1990, le gouvernement britannique était très hésitant à rejoindre ce projet, concurrent du GPS américain. Le ministère de la défense craignait de fâcher ses partenaires de Washington. Progressivement, les Britanniques ont pourtant accepté d’y collaborer et ont financé 12 % du projet (et obtenu 15 % des contrats, en valeur). Aujourd’hui, Galileo est presque opérationnel : vingt-deux des trente satellites ont déjà été lancés, et tous le seront d’ici à 2020. Mais maintenant que le Brexit arrive, les entreprises britanniques se retrouvent exclues des appels d’offres classés secret défense. Et voilà que le Royaume-Uni est furieux. De collaborateur récalcitrant, il est devenu demandeur.
L’affaire a éclaté en janvier. Si Galileo est presque opérationnel, il reste de nombreux contrats à passer, notamment pour gérer sa partie la plus sensible : le « signal public régulé » (PRS dans son acronyme anglais). Celui-ci, confidentiel, sera réservé au secteur de la défense et est censé continuer à fonctionner même en cas de brouillage par une force ennemie.
Les entreprises britanniques qui voulaient y participer ont découvert qu’une « clause Brexit » les excluait. Seules peuvent être candidates celles qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Les pirates informatiques, désormais courtisés par les entreprises françaises, peuvent accéder à des niveaux de rémunération pouvant atteindre 400 000 euros par an.
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La ruée vers l’or numérique des chasseurs de primes 2.0

Les pirates informatiques, désormais courtisés par les entreprises françaises, peuvent accéder à des niveaux de rémunération pouvant atteindre 400 000 euros par an.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h17
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Pactiser avec les pirates ? Longtemps, les monarques ont instrumentalisé les flibustiers pour affaiblir les souverains ennemis. Aujourd’hui, c’est avec un tout autre type de pirates que fraternisent les entreprises : de plus en plus de sociétés font appel aux hackeurs pour détecter les failles de leur système informatique. Les chasseurs de primes 2.0 sont ensuite rémunérés en fonction des faiblesses détectées. Ce drôle de concept, qui porte le nom de bug bounty, est porté par des plates-formes mettant en relation « hackeurs blancs » et entreprises.
Les premières sont apparues aux Etats-Unis en 2012. Rapidement, la plupart des acteurs des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) ont été séduits, même les plus sceptiques. Apple, qui tardait à s’y mettre, s’en est mordu les doigts : en 2016, face au refus de coopération du géant américain, le FBI achète une faille de sécurité pour accéder à l’iPhone verrouillé de l’auteur d’une attaque terroriste. Aujourd’hui, Apple pratique le bug bounty, comme l’essentiel des grands noms de la Silicon Valley.

En France, le concept fait des émules. Manuel Dorne, plus connu sous le pseudonyme de Korben, a lancé fin 2015 la plate-forme de bug bounty européenne Bounty Factory. Le bug bounty, explique-t-il, « complète les autres approches de cybersécurité », à savoir les scans automatiques identifiant les erreurs basiques, et les audits de cybersécurité réalisés par un nombre limité de personnes, généralement une ou deux, qui travaillent quelques semaines sur un périmètre donné et rendent un rapport. 

« La société corrige les éventuelles failles jusqu’au prochain audit, au bout de six mois ou un an. Sauf qu’entre-temps, il y a probablement déjà eu une nouvelle version du site ou de l’application », poursuit le blogueur spécialisé dans l’informatique. Avec le bug bounty, l’entreprise ne compte plus sur un ou deux chercheurs en sécurité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ L’exécutif incite les entreprises à négocier avec les syndicats, qui ont été reçus par le premier ministre, Edouard Philippe, lundi, « une convention collective de haut niveau ».
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Grèves SNCF : le patronat du secteur ferroviaire sous pression

L’exécutif incite les entreprises à négocier avec les syndicats, qui ont été reçus par le premier ministre, Edouard Philippe, lundi, « une convention collective de haut niveau ».



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h12
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                            Éric Béziat








                        



                                


                            

On pourrait appeler cela un renvoi d’ascenseur. L’actuel gouvernement – qui a la réputation d’être l’ami des entreprises – réclame désormais le concours actif des organisations patronales du secteur ferroviaire pour faire avancer, et accepter par une partie des syndicats, sa vaste réforme du train en France.
« L’Etat nous demande de reprendre, le plus rapidement possible, des négociations avec les syndicats représentatifs du secteur afin de parvenir à une convention collective de haut niveau », expliquait au Monde, Thierry Mallet, PDG de Transdev et président de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), à la sortie de son entrevue avec le premier ministre, qui recevait l’UTP lundi 7 mai, après avoir rencontré l’ensemble des organisations syndicales du secteur.
« Au sein de la branche, les négociations doivent démarrer rapidement, décrétait quelques instants auparavant, Elisabeth Borne, la ministre des transports, devant les journalistes réunis à l’hôtel Matignon. Nous demanderons à l’UTP de convier les organisations syndicales pour définir dans les deux semaines un calendrier de négociations et les chapitres prioritaires à négocier avant le 1er janvier 2020. »

La négociation de branche a alors été interrompue
Le gouvernement en appellerait-il aux chefs d’entreprise du transport pour mettre fin à cette drôle de grève en pointillé qui perturbe les usagers du train depuis le 3 avril ? Il y a cinquante ans, en mai 1968, l’Etat ne demandait-il au patronat de faire de vastes concessions pour sortir la France de la paralysie ? La comparaison trouve vite ses limites mais, de façon évidente, la pression monte sur le patronat du secteur.
Pour comprendre comment l’UTP se retrouve au centre de cette nouvelle phase de la réforme ferroviaire, un peu de recul est nécessaire. Depuis 2014, une convention collective nationale est en cours de négociation entre patronat et syndicats...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Pour les professionnels du droit et des services informatiques, le Règlement général sur la protection des données (RGPD) offre de belles opportunités. L’appât du gain engendre des dérives.
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RGPD : les petits malins ont flairé le bon filon

Pour les professionnels du droit et des services informatiques, le Règlement général sur la protection des données (RGPD) offre de belles opportunités. L’appât du gain engendre des dérives.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 10h48
    |

            Vincent Fagot








                        



                                


                            

Guide de survie pour les retardataires », « Une mise en conformité RGPD simple et rapide », « Evitez des sanctions coûteuses »… Depuis quelques mois les boîtes mails des chefs d’entreprise sont inondées de ce type de propositions.
A deux semaines de l’entrée en vigueur du règlement général sur la protection des données (RGPD) – qui fixera à compter du 25 mai dans toute l’Europe le cadre juridique pour exploiter des données personnelles –, la pression ne retombe pas. Et pour cause : 80 % des PME et TPE ne sont pas encore prêtes, selon la dernière étude sur le sujet.

Quantité de sociétés de services informatiques, cabinets de conseil ou d’avocats ont senti le filon et se disputent le marché, à coups d’arguments parfois fallacieux. « Il y a une faune paralégale, constituée de techniciens ou de commerciaux qui ouvrent à la va-vite un site Web, achètent quelques mots-clés sur Google et promettent de vous mettre en conformité en deux temps, trois mouvements », constate Frédéric Sardain, avocat au cabinet Jeantet, pour qui ce genre de dérives existe aussi dans sa profession : « Il y a un appel d’air, c’est humain de vouloir en profiter. »
Un marché de 1,2 milliard
La taille du magot ? Les entreprises devraient cette année débourser 1,2 milliard d’euros en logiciels et services divers pour se mettre en conformité, selon des chiffres que doit bientôt publier Syntec numérique, syndicat professionnel des entreprises de services du numérique. Un montant qui devrait se maintenir à ce niveau pendant encore deux ans. Et encore, cela n’intègre pas les dépenses générées par le RGPD en conseils juridiques.
De quoi susciter des vocations. A tel point qu’au début de l’année, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a tiré la sonnette d’alarme dans un message sur Twitter assorti du mot-dièse #stoparnaque.
Un avertissement réitéré, le 4 mai, l’autorité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Les fondations caritatives observent une baisse des dons de particuliers liés à l’impôt sur la fortune immobilière.
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Les fondations caritatives, victimes collatérales du nouvel impôt sur la fortune immobilière

Les fondations caritatives observent une baisse des dons de particuliers liés à l’impôt sur la fortune immobilière.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 10h27
    |

                            Claire Thoizet








                        



                                


                            
Les associations et organismes caritatifs sont inquiets. La récente réforme de l’impôt sur la fortune (ISF), devenu au 1er janvier impôt sur la fortune immobilière (IFI), devrait réduire le nombre de foyers fiscaux assujettis de 350 000 à 150 000. Et avec lui, le nombre potentiel de dons.
C’est ce que constate déjà la fondation des Petits Frères des pauvres. Sur les trois premiers mois de l’année, une baisse de 30 % des dons a été enregistrée. Une situation « inédite, juge Delphine Binard, sa directrice. Et on la ressent depuis la fin de l’année 2017 ». Les dons liés à l’ISF représentaient habituellement la moitié des ressources de la fondation. Du côté d’Apprentis d’Auteuil, qui vient en aide à des jeunes en difficulté, cette collecte correspondait à 20 % des ressources. « Par rapport à la même période l’an dernier, on observe une baisse d’un peu plus de 60 % des dons liés à l’impôt », s’inquiète-t-on. Cette diminution, si elle se confirme, pourrait avoir un impact non négligeable sur les capacités d’accueil de la fondation.

Des dons en retard
Dans la pratique, les dons effectués en 2017 mais aussi ceux à compter du 1er janvier 2018 jusqu’à la date de la remise de la déclaration d’impôt, peuvent être déduits. « Il est encore trop tôt pour connaître l’impact du passage de l’ISF à l’IFI, selon Denis Le Squer, président du directoire de la Fondation pour la recherche médicale. On a des inquiétudes, bien sûr. L’ISF représente en général 10 % de notre collecte annuelle, mais on veut être optimistes. » Car aux contributeurs désormais exonérés d’ISF, s’ajoutent ceux qui ont fait leurs dons avec retard.
En effet, les organismes caritatifs ont vu les premiers dons arriver seulement en avril, alors qu’ils sont faits en début d’année habituellement. « Les donateurs assujettis à l’IFI ont habituellement une idée de la somme qu’ils veulent déduire mais ont attendu de calculer leur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ S’adapter à ce texte, qui garantit plus de protection aux particuliers, est chronophage et coûteux.
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Protection des données : le texte européen qui hante les nuits des patrons de PME français

S’adapter à ce texte, qui garantit plus de protection aux particuliers, est chronophage et coûteux.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 09h50
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 11h20
    |

            Vincent Fagot








                        



                                


                            

« Pour un chef d’entreprise, au départ, le RGPD ce ne sont que des dépenses… et des emmerdes », résume Frédéric Sardain, avocat spécialisé dans les nouvelles technologies au sein du cabinet Jeantet. Longtemps méconnu, le règlement général sur la protection des données (RGPD) est devenu, ces derniers mois, le nouveau chemin de croix des petits patrons. Ce texte, qui entre en vigueur le 25 mai dans toute l’Europe, constituera désormais le cadre dans lequel les sociétés pourront exploiter les données personnelles en leur possession, qu’il s’agisse de celles de leurs employés, de leurs clients ou de leurs fournisseurs… Avec comme mots d’ordre : transparence (chacun doit pouvoir savoir ce qui est fait de ses données et s’opposer à la collecte de celles-ci) et sécurisation.
Ce dispositif aura eu raison d’une très petite entreprise (TPE) toulousaine fondée en 1995, qui commercialisait un logiciel de gestion pour les professionnels de l’appareillage médical. « Le RGPD nous aurait obligés à revoir notre produit de fond en comble. Trop lourd, trop cher, alors que nous croulons déjà sous les réglementations », explique son fondateur (qui refuse d’être cité), qui a décidé de mettre la clé sous la porte. Car la menace, pour les entreprises qui ne respecteront pas les nouvelles règles, est réelle. En cas de manquement grave au RGPD, l’amende pourra atteindre 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires mondial de la société. Un montant bien supérieur à ce qu’elle pouvait encourir jusque-là.
Un gros chantier dans les grandes entreprises
Cette menace a incité les grandes entreprises à se pencher très tôt sur le sujet. La Poste y travaille depuis dix-huit mois. Tous les traitements de données — classés en six cents catégories (RH, clients, prospects…) — ont été passés au crible pour voir s’ils étaient conformes au futur cadre juridique, et quatre cents personnes ont été formées pour mettre toutes les branches et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Eva Sadoun, présidente d’une plate-forme de financement social, explique dans une tribune au « Monde » que les technologies de sécurisation des échanges ouvrent de nouvelles perspectives à l’économie solidaire.
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Cryptomonnaies : « L’intention et l’usage qu’en font les humains restent essentiels »

Eva Sadoun, présidente d’une plate-forme de financement social, explique dans une tribune au « Monde » que les technologies de sécurisation des échanges ouvrent de nouvelles perspectives à l’économie solidaire.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 07h54
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 10h33
   





                        



                                


                            

Tribune. Depuis les fluctuations spectaculaires du bitcoin en 2017, les médias et les pouvoirs publics s’intéressent de plus en plus au phénomène exponentiel des cryptomonnaies. Véritable remise en question du pouvoir de contrôle et d’émission des banques centrales, elles reposent sur la « blockchain », un système transparent et anonyme qui permet de vérifier toutes les transactions. Nouvelle étape du développement d’Internet, la blockchain rend possible la décentralisation des infrastructures du Web ainsi que la détention des données personnelles permettant notamment aux cryptomonnaies de contester l’aspect régalien de l’émission monétaire.
Cet axe de disruption pose de nombreuses questions : les cryptomonnaies vont-elles remplacer la monnaie fiduciaire et scripturale classique ? Assiste-t-on à une véritable démocratisation de l’investissement spéculatif ?

Loin de leur esprit originel, les cryptomonnaies sont aujourd’hui principalement des produits financiers de spéculation pure, bien éloignées de la remise en cause du monopole des banques centrales comme de la finance offshore. « Gamification » de l’investissement, elles permettent de gagner (ou de perdre) de l’argent aussi simplement qu’en grattant une grille de la Française des jeux.
Monnaie des serveurs
Rassurons-nous, la disparition des monnaies classiques n’est pas pour demain : les fortes fluctuations des cryptomonnaies les empêchent techniquement de devenir des monnaies du quotidien. Avec les marchés 3.0, c’est la monnaie des serveurs, avant d’être celle des consommateurs. Finalement, elles restent réservées à un petit nombre d’acteurs qui conservent la majorité des gains et jouissent d’un pouvoir considérable sur le réseau.
L’empreinte écologique d’une transaction en bitcoins est effarante : elle équivaut à un vol entre Bruxelles et Berlin
Cependant les cryptomonnaies ne sont pas qu’une réalité virtuelle, l’impact est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Le champion européen va céder des sites employant plus de 12 000 personnes
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/05/2018
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ArcelorMittal s’ampute lourdement pour acheter l’italien Ilva

Le champion européen va céder des sites employant plus de 12 000 personnes



Le Monde
 |    08.05.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 12h12
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            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Cap sur le sud de l’Italie pour la famille Mittal. Douze ans après avoir mis la main sur Arcelor, au terme d’une spectaculaire bataille boursière, Lakshmi Mittal et son fils Aditya ont obtenu, lundi 7 mai, le feu vert de la Commission européenne à une nouvelle acquisition majeure. Celle d’Ilva, le numéro un italien de la sidérurgie, et de son énorme aciérie de Tarente, dans la région des Pouilles.
Cette opération à plus de 4 milliards d’euros constitue un véritable pari. Alors même qu’Ilva se trouve en situation difficile, ArcelorMittal a en effet dû accepter de lourdes cessions pour arracher l’autorisation de Bruxelles. « Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? C’est la question que tout le monde se pose », observe Xavier Le Coq, de la CFE-CGC. Elle devrait être largement débattue lors de l’assemblée générale prévue, mercredi 9 mai, au siège d’ArcelorMittal, à Luxembourg. « L’accord de la Commission est une excellente nouvelle qui nous permet de faire un grand pas vers la finalisation de cette transaction », assure pour sa part Geert Van Poelvoorde, un des dirigeants du groupe.
Quand les Mittal se portent candidats à la privatisation d’Ilva, en mars 2017, ils savent d’emblée qu’ils ne pourront pas acheter cette société italienne de 14 000 salariés sans donner quelques gages aux autorités de la concurrence. Le morceau est trop gros. Pour éviter la constitution d’une position ultradominante, ils se disent alors prêts à céder quelques actifs, mais espèrent que la Commission ne se montrera pas trop exigeante. Les prix sont fixés au niveau mondial, notamment par la Chine, argumentent-ils. Le fait que le champion européen se muscle n’empêchera donc pas la compétition. Qui plus est, les parts de marché combinées d’Ilva et ArcelorMittal resteront à des niveaux acceptables, plaident les responsables du groupe.

Vente sous contrainte
Margrethe Vestager, la commissaire chargée de la concurrence, ne l’entend pas ainsi. En...




                        

                        

