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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Patrice Lanco, ancien inspecteur général de l’équipement, estime qu’un partage progressif entre l’Etat, des investisseurs et certains groupes HLM,du gâteau que représente ce pilier du modèle social français est en cours.
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« Un scénario de financiarisation du logement social se dessine au détriment du bien commun »

Dans une tribune au « Monde », Patrice Lanco, ancien inspecteur général de l’équipement, estime qu’un partage progressif entre l’Etat, des investisseurs et certains groupes HLM,du gâteau que représente ce pilier du modèle social français est en cours.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h00
    |

Patrice Lanco (Ancien haut fonctionnaire au ministère du logement)







                        



                                


                            
Tribune. Le logement social est un pilier du modèle social français. Avec 4,6 millions de logements, il loge un ménage sur six, soit 10 millions de personnes. Amortisseur face à la crise, filet de sécurité pour les plus fragiles, c’est aussi un poids lourd de l’économie : 17 milliards d’euros d’investissement en 2015.
Ce patrimoine s’est constitué au fil des générations par l’effort cumulé des locataires (20 milliards d’euros de loyers par an, dont 40 % servent à rembourser les prêts qui ont financé le patrimoine), de l’Etat, des collectivités locales, des épargnants sur le Livret A, des entreprises et des salariés (ex-1 % logement). L’ancien ministre du logement Louis Besson l’a qualifié en 1990 de « patrimoine de la nation ».
Bien que grevé de 140 milliards d’euros de dette, ce patrimoine suscite des convoitises
C’est un bien commun dont les bailleurs sociaux ne sont que les dépositaires et les gestionnaires, qui n’a vocation à être approprié ni par l’Etat ni par des actionnaires. La loi garantit la pérennité de sa vocation sociale en fixant des plafonds de ressources et de loyers.
Bien que grevé de 140 milliards d’euros de dette, ce patrimoine suscite des convoitises. Le modèle économique HLM est ébranlé par trois facteurs : le niveau historique des prix de l’immobilier et du foncier, la paupérisation des locataires et le désengagement de l’Etat.
L’Etat a arrêté de subventionner la production de logements sociaux, financée par des prélèvements sur les bailleurs sociaux eux-mêmes. Il veut aller plus loin en inversant les flux financiers afin de prélever une partie de la richesse accumulée. La loi de finances 2018 met ainsi la pression sur le logement social avec une vision budgétaire, mais aussi stratégique : il s’agit d’impulser un changement de modèle.
Montage complexe
Le gouvernement, échaudé par le tollé contre la baisse de 5 euros de l’aide personnalisée au logement (APL), a conçu un montage plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Au-delà d’un certain seuil, les aides perçues par les maisons de production n’accroissent plus leur performance économique, constate, dans une tribune au « Monde », le chercheur Julien Jourdan.
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Cinéma et subventions publiques : « Des résultats contrastés »

Au-delà d’un certain seuil, les aides perçues par les maisons de production n’accroissent plus leur performance économique, constate, dans une tribune au « Monde », le chercheur Julien Jourdan.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 15h20
    |

Julien Jourdan (Membre du laboratoire Dauphine Recherches en management)







                        



                                


                            
Tribune. Les subventions publiques permettent-elles aux entreprises d’accroître leur performance ? Le sujet fait depuis longtemps débat, mais peu d’études empiriques permettent de trancher. Afin de faire avancer la discussion, nous avons étudié de manière systématique le fonctionnement d’un secteur d’activité où ce soutien public est la règle plutôt que l’exception : la production cinématographique, subventionnée de manière permanente dès le début de l’après-guerre (« Too Much of a Good Thing ? The Dual Effect of Public Sponsorship on Organizational Performance », Julien Jourdan et Ilze Kivleniece, Academy of Management Journal n° 60/1, 2017).
la justification ouvertement protectionniste du dispositif s’est effacée progressivement sous la bannière de « l’exception culturelle »
Concédée dans le cadre du plan Marshall, l’ouverture des salles obscures hexagonales aux productions hollywoodiennes s’était accompagnée d’une politique volontariste d’aide aux productions nationales. Il s’agissait de résister à l’impérialisme culturel américain et de protéger les compagnies françaises de la concurrence internationale. Pilier de cette politique, le soutien dit « automatique » à la production a offert, dès 1959, une aide aux producteurs, directement proportionnelle à la recette de leur film précédent.
Au fil du temps, la justification ouvertement protectionniste du dispositif s’est effacée progressivement sous la bannière de « l’exception culturelle », mais la mécanique du dispositif n’a été ajustée qu’à la marge. Le soutien automatique est conçu pour renforcer les entreprises les plus performantes, avec l’ambition de forger des champions capables de porter les couleurs de la France sur le marché mondial. Il s’agit ainsi de contrebalancer la politique d’influence américaine – le fameux « soft power » – à laquelle les studios d’Hollywood sont étroitement associés.
Marché de niche
L’objectif est-il tenu ? Notre étude, qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Pour l’économiste Gilles Dufrénot, dans une tribune au « Monde », le franc CFA n’a d’avenir que si une monnaie unique est étendue à toute l’Afrique de l’Ouest et au Maroc. Sa valeur sera garantie par la montée en gamme de l’économie locale.
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« Il est légitime de débattre d’une refonte éventuelle du régime monétaire de la zone franc »

Pour l’économiste Gilles Dufrénot, dans une tribune au « Monde », le franc CFA n’a d’avenir que si une monnaie unique est étendue à toute l’Afrique de l’Ouest et au Maroc. Sa valeur sera garantie par la montée en gamme de l’économie locale.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h00
    |

Gilles Dufrénot (Professeur à l’Ecole d’économie d’Aix-Marseille, chercheur associé au Cepii)







                        



                                


                            
Tribune. A-t-on aujourd’hui encore besoin de la zone franc en Afrique ? Ceux qui envisagent sa disparition mettent très souvent en avant deux arguments. Le premier est que la fixité du franc CFA par rapport à l’euro nuit à la compétitivité des économies (la valeur de la monnaie, trop forte, renchérit le prix des exportations des pays africains sur les marchés internationaux). Une seconde critique est que le Trésor français, à cause de son rôle de prêteur en dernier ressort, oblige les banques centrales africaines à mobiliser les devises qu’elles détiennent sur un compte spécial, alors que celles-ci pourraient être employées pour financer la croissance.
Au lieu du seul euro, la valeur du franc CFA pourrait évoluer en fonction d’un panier de devises
En réponse à ces critiques, les défenseurs de cette zone répondent par une série de propositions visant à une refonte du dispositif institutionnel actuel. Au lieu du seul euro, la valeur du franc CFA pourrait évoluer en fonction d’un panier de devises, par exemple le dollar, l’euro, le yuan, la livre sterling. Par ailleurs, la monnaie changerait de nom, la France ne compterait plus de représentants au sein du comité de politique monétaire, et la règle de mobilisation des devises que les banques centrales africaines placent auprès du Trésor serait assouplie.
Le problème des propositions actuelles, que l’on soit pour ou contre, est qu’elles négligent un aspect important du débat. Le point sur lequel il y a urgence à agir est la hausse de la croissance potentielle des économies africaines. En effet, c’est elle qui permet d’augmenter, sur le moyen terme, le PIB par tête et donc le niveau de vie des populations.
Faire émerger le « made in Africa »
Or, élever la croissance de moyen terme n’est pas affaire de taux de change, mais de compétitivité hors coût : favoriser la montée en gamme des structures productives, faciliter l’intégration des chaînes de valeur à l’échelle régionale, faire émerger...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans cette chronique, la correspondante du « Monde » à San Francisco Corine Lesnes pointe que le public n’est même pas conscient de ce que les défenseurs des libertés appellent maintenant « l’économie de la surveillance ».
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Données personnelles : « Facebook et Google ne sont que la partie émergée de l’iceberg numérique»

Dans cette chronique, la correspondante du « Monde » à San Francisco Corine Lesnes pointe que le public n’est même pas conscient de ce que les défenseurs des libertés appellent maintenant « l’économie de la surveillance ».



Le Monde
 |    08.05.2018 à 13h00
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



                                


                            
Transformations. Vous le saviez, vous, que Facebook suit vos faits et gestes sur l’Internet même si vous n’êtes pas inscrit sur la plate-forme ? Probablement pas. Comme tout le monde, vous l’avez appris lorsque Mark ­Zuckerberg, interrogé par le ­Congrès sur l’affaire Cambridge Analytica, a bafouillé qu’il devait demander à son staff. Certes, vous aviez compris depuis un moment que Facebook enregistre toutes vos interactions, pour mieux vendre votre « profil » aux publicitaires. Mais vous vous croyiez protégé par votre sagacité de citoyen informé. Facebook, non merci, pas pour moi. Pas d’application, pas d’espion.
Et patatras. Votre ligne Maginot s’est effondrée. C’est maintenant dans le domaine public : il suffit d’aller lire le New York Times en ­ligne (ou Le Monde) ou tout autre site pourvu d’une petite icône appelée « plug in » pour être repéré. Facebook vous suit à votre insu et compose un « profil fantôme » qui permettra de vous bombarder de publicités ciblées. Impossible de contre-attaquer en effaçant l’application, comme le recommande la campagne #DeleteFacebook. Vous n’y êtes pas inscrit…

Tout cela depuis des années, et on ne vous a rien dit ? Que fait la presse ? Que font les innombrables sites « tech », qui ne ratent ­jamais une « annonce » d’importance ? Les journalistes spécialisés plaident qu’ils ont depuis longtemps expliqué le modèle économique qui permet à Facebook de rentabiliser sa plate-forme ­gratuite. Manifestement, ils n’ont pas brillé dans la vulgarisation. Comme l’a montré Mark Zuckerberg face aux élus américains, rien de tel que le jargon pour noyer le poisson.
« Economie de la surveillance »
Daniel Kahn Gillmor, le spécialiste des technologies de l’ACLU, la principale association américaine de défense des libertés civiles, s’est amusé à se promener cinq minutes en ligne pour voir ce que ­Facebook allait glaner sur son compte. L’homme est loin d’être technophobe, mais il se méfie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Editorial. Après les élections législatives du 6 mai, le pays entre dans une nouvelle phase de négociations entre dirigeants. Les influences extérieures sont telles que c’est toute la stabilité de la région qui est en jeu.
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Liban : un après-scrutin à haut risque

Editorial. Après les élections législatives du 6 mai, le pays entre dans une nouvelle phase de négociations entre dirigeants. Les influences extérieures sont telles que c’est toute la stabilité de la région qui est en jeu.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h30
   





                        


Editorial du « Monde ». Le résultat des élections législatives au Liban est sans ambiguïté. Le recul des sunnites du Futur, le mouvement du premier ministre sortant, Saad Hariri, est net. La poussée des partis chiites, Amal et Hezbollah, acquis à la « résistance » contre Israël, est forte. Enfin, un rééquilibrage du camp chrétien, où le courant patriotique libre du président Michel Aoun est talonné par les Forces libanaises de Samir Geagea, très hostiles au Hezbollah, s’est opéré.
Mais, au Liban, les rapports de force ne sont pas seulement affaire d’arithmétique. Beaucoup se joue dans l’après-scrutin, grâce aux ententes entre dirigeants et aux calculs d’appareils, lesquels sont particulièrement sensibles aux rapports de force régionaux.
De fait, la domination du Hezbollah sur la scène politique libanaise ne date pas du 6 mai, jour du vote. Elle a émergé par étapes, dès 2010, un an après une élection qui avait pourtant consacré la victoire de l’alliance dite du « 14 mars », opposée au régime syrien et au mouvement chiite, dont le Futur était la cheville ouvrière.
Confrontation à distance
Ce retournement n’a été possible que parce que, entre-temps, la situation régionale a progressivement tourné en faveur du Hezbollah. Le relatif retrait des Etats-Unis des affaires proche-orientales, entamé sous Barack Obama, le déploiement militaire iranien et russe en Syrie et le sauvetage de Bachar Al-Assad, conséquence directe de cette double intervention, ont pesé lourd dans l’arène libanaise, toujours perméable aux influences extérieures.
L’échec des sunnites du Futur est intimement lié à la défaite plus globale des forces sunnites modérées au Proche-Orient. En Syrie, en Irak et au Yémen, elles ont perdu la partie, écrasées entre les régimes en place et les insurrections djihadistes, à l’égard desquels elles ont parfois fait preuve d’aveuglement. Dans la confrontation à distance entre l’Iran, champion des chiites au Proche-Orient, et l’Arabie saoudite, chef de file des sunnites, le premier mène largement.
Mais, à Riyad, le nouveau pouvoir, incarné par l’impétueux prince héritier Mohammed Ben Salman (« MBS »), ne se résout pas à ces reculs. Le désir de renverser la table est encore plus sensible en Israël, où le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a fait de l’Iran son ennemi public numéro un. Les deux Etats, partenaires stratégiques de fait, se réjouissent à l’idée que Donald Trump puisse décider du retrait de l’accord sur le nucléaire iranien. Son annonce imminente promet d’accroître encore un peu plus le risque d’une confrontation directe entre Israël et l’Iran.

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                Jour J pour l’accord sur le nucléaire iranien, après des mois de critiques de Donald Trump



Une telle guerre se jouerait-elle seulement sur le sol syrien ? Dans certaines réactions à l’élection libanaise, notamment celle du faucon israélien Naftali Bennett, qui s’est empressé de déclarer que désormais « Liban égale Hezbollah », on sent poindre la tentation d’imposer un second tour. Par les armes, cette fois. Rien ne serait évidemment plus dangereux et dévastateur pour le Liban et la région tout entière.
Le premier ministre Saad Hariri l’a bien compris. Il a exhorté ses partenaires arabes et occidentaux à voir le résultat des élections « d’un œil positif ». Il faut espérer qu’il soit entendu à Washington, mais surtout à Riyad. En novembre, « MBS » l’avait forcé à démissionner, dans l’espoir de dresser la rue sunnite contre le Hezbollah, avant de faire machine arrière, convaincu par Paris du danger de la manœuvre. Mais la responsabilité de l’apaisement incombe aussi à Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah. L’homme a la réputation d’être un fin tacticien politique. A lui de montrer qu’il excelle aussi en géopolitique.

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                Au Liban, le camp pro-Hezbollah sort renforcé des élections législatives






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Eva Sadoun, présidente d’une plate-forme de financement social, explique dans une tribune au « Monde » que les technologies de sécurisation des échanges ouvrent de nouvelles perspectives à l’économie solidaire.
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Cryptomonnaies : « L’intention et l’usage qu’en font les humains restent essentiels »

Eva Sadoun, présidente d’une plate-forme de financement social, explique dans une tribune au « Monde » que les technologies de sécurisation des échanges ouvrent de nouvelles perspectives à l’économie solidaire.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 07h54
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 10h33
   





                        



                                


                            

Tribune. Depuis les fluctuations spectaculaires du bitcoin en 2017, les médias et les pouvoirs publics s’intéressent de plus en plus au phénomène exponentiel des cryptomonnaies. Véritable remise en question du pouvoir de contrôle et d’émission des banques centrales, elles reposent sur la « blockchain », un système transparent et anonyme qui permet de vérifier toutes les transactions. Nouvelle étape du développement d’Internet, la blockchain rend possible la décentralisation des infrastructures du Web ainsi que la détention des données personnelles permettant notamment aux cryptomonnaies de contester l’aspect régalien de l’émission monétaire.
Cet axe de disruption pose de nombreuses questions : les cryptomonnaies vont-elles remplacer la monnaie fiduciaire et scripturale classique ? Assiste-t-on à une véritable démocratisation de l’investissement spéculatif ?

Loin de leur esprit originel, les cryptomonnaies sont aujourd’hui principalement des produits financiers de spéculation pure, bien éloignées de la remise en cause du monopole des banques centrales comme de la finance offshore. « Gamification » de l’investissement, elles permettent de gagner (ou de perdre) de l’argent aussi simplement qu’en grattant une grille de la Française des jeux.
Monnaie des serveurs
Rassurons-nous, la disparition des monnaies classiques n’est pas pour demain : les fortes fluctuations des cryptomonnaies les empêchent techniquement de devenir des monnaies du quotidien. Avec les marchés 3.0, c’est la monnaie des serveurs, avant d’être celle des consommateurs. Finalement, elles restent réservées à un petit nombre d’acteurs qui conservent la majorité des gains et jouissent d’un pouvoir considérable sur le réseau.
L’empreinte écologique d’une transaction en bitcoins est effarante : elle équivaut à un vol entre Bruxelles et Berlin
Cependant les cryptomonnaies ne sont pas qu’une réalité virtuelle, l’impact est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ A quelques jours de l’examen du projet de loi sur les violences sexuelles, le Réseau de professionnels pour la protection de l’enfance et de l’adolescence appelle le Parlement à prendre les dispositions pour mieux protéger les enfants dans une tribune au « Monde ».
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« L’état actuel de la protection des mineurs victimes de violences sexuelles est très alarmant »

A quelques jours de l’examen du projet de loi sur les violences sexuelles, le Réseau de professionnels pour la protection de l’enfance et de l’adolescence appelle le Parlement à prendre les dispositions pour mieux protéger les enfants dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    08.05.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 09h53
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. L’actualité récente de l’affaire de l’instituteur de Villefontaine (Isère) nous montre combien un pédophile peut faire de victimes avant que les enfants commencent à révéler, soient entendus et crus, et que l’agresseur soit enfin identifié et déféré. Dans cette affaire, les viols de 60 à 70 enfants sur une quinzaine d’années sont attribués à l’instituteur qui s’est suicidé en prison en 2016. Récemment, huit nouvelles victimes ont été identifiées, dont trois présentaient des amnésies des faits.
Cette affaire illustre la difficulté générale à prendre en compte les violences sexuelles, la propension inconsciente du psychisme humain à ne pas vouloir voir ce type d’agression. Elle est donc aussi une illustration édifiante des amnésies infantiles, qu’elles soient d’origines traumatiques à proprement parler ou dues à des mécanismes psychologiques comme les clivages ou le refoulement. Elles peuvent frapper des années durant les victimes de manière plus ou moins totale.

La docteure Muriel Salmona, psychiatre et experte reconnue sur les questions de mémoire traumatique, nous explique que « toutes les études montrent également que les souvenirs retrouvés sont fiables et en tout point comparables avec des souvenirs traumatiques qui avaient été toujours présents (souvenirs continus) chez d’autres victimes, et qu’ils réapparaissaient le plus souvent brutalement et de façon non contrôlée “comme une bombe atomique”, avec de multiples détails très précis et accompagnés d’une détresse, d’un sentiment d’effroi, de sidération et de sensations strictement abominables ». Ce sont d’ailleurs, d’après la presse, les gendarmes qui ont informé certaines victimes de l’instituteur qui présentaient des amnésies de leur viol, car ils en disposaient de la preuve irréfutable.
Quatre millions d’adultes ont été victimes d’inceste
L’état actuel de la protection des mineurs victimes de violences sexuelles est très alarmant en France....




                        

                        


<article-nb="2018/05/08/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ La division par deux du nombre de circonscriptions devrait renforcer les grands partis, et en particulier la droite et le centre droit, estime Julien Morel dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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« L’Assemblée nationale du “monde d’après” devrait ressembler au Sénat du monde d’avant »

La division par deux du nombre de circonscriptions devrait renforcer les grands partis, et en particulier la droite et le centre droit, estime Julien Morel dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    08.05.2018 à 07h15
    |

Benjamin Morel (Docteur en science politique à l'ENS Cachan et chargé d'enseignement à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne)







                        



                                


                            
Tribune. La France comptera donc, si la révision constitutionnelle (en fait celle de la loi organique et ordinaire) arrive à son terme, 404 députés au lieu de 577. Beaucoup de choses ont été dites sur les conséquences de cette baisse. Beaucoup d’idées reçues ont été brandies comme des arguments de bon sens. Or rien n’est évident quand l’on touche au mode de scrutin. Cet article tend à revenir sur quelques éléments de sociologie électorale permettant d’éclairer les conséquences de cette réforme.

Celles-ci devraient d’abord être minimes en matière de représentativité politique des partis. Elle devrait ensuite entraîner une surreprésentation de certains territoires ruraux. Enfin, elle devrait affermir un peu plus la mainmise gouvernementale sur la majorité.
Le premier point est sans doute le plus important, et le plus contre-intuitif. Beaucoup d’analyses, visant uniquement à diviser l’effectif actuel des groupes pour donner une physionomie d’une hypothétique future Assemblée, pèchent par simplisme. Dans la nouvelle chambre, 344 députés seraient élus au scrutin majoritaire à deux tours et 60 (soit 15 % de l’Assemblée) au scrutin proportionnel.
Concernant les élus au scrutin majoritaire à deux tours, au regard des particularités liées aux territoires d’outre-mer, cette diminution impliquerait une division par deux des circonscriptions métropolitaines. Celle-ci serait meurtrière pour la plupart des formations souffrant déjà d’une sous-représentation à l’Assemblée nationale. La France insoumise, le Parti communiste ou le Front national ont du mal à avoir des députés car, isolés, ils doivent réunir sur leur seul nom 50 % des voix. Cela n’est possible que dans des circonscriptions à la composition sociologique favorable. Ces formations peuvent l’emporter dans une circonscription ouvrière ou périurbaine. Or, plus la circonscription est grande, plus sa composition sociologique se rapproche de celle de la nation, plus les résultats...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Si le nombre de députés est réduit, les territoires ruraux risquent d’en faire les frais, prévient le sénateur LR dans une tribune au « Monde ». Un abandon qui risque de renforcer l’abstention et le vote contestataire.
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Philippe Bas : « Evitons que les territoires peu peuplés fassent les frais de la révision constitutionnelle »

Si le nombre de députés est réduit, les territoires ruraux risquent d’en faire les frais, prévient le sénateur LR dans une tribune au « Monde ». Un abandon qui risque de renforcer l’abstention et le vote contestataire.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 11h27
    |

Philippe Bas (sénateur (LR) de la Manche, président de la commission des lois, ancien ministre)







                        



                                


                            
Tribune. Les préliminaires du projet de révision constitutionnelle, présenté mercredi 9 mai en conseil des ministres, ont été longs. Chaque semaine a apporté son lot de nouveautés : la Corse, le climat, le service civil, la différenciation des territoires, ajoutés à la nomination des procureurs, la composition du Conseil constitutionnel, la suppression de la Cour de justice… sans compter la représentation proportionnelle, la réduction du nombre de parlementaires et le renouvellement des mandats.

Les atteintes aux droits du Parlement se sont multipliées. Le gouvernement réclame de pouvoir récupérer les semaines réservées à l’initiative parlementaire. Il veut réduire le droit d’amendement. Il souhaite affaiblir le bicamérisme. Or, c’est de plus de démocratie et de droits que notre démocratie a besoin, comme l’avait proposé Nicolas Sarkozy en 2008 [lors de la précédente révision de la Constitution].
Pour que cette réforme institutionnelle ne soit pas une occasion manquée, posons-nous les bonnes questions. Comment ouvrir un nouvel espace démocratique au Parlement et à l’opposition sans compromettre la capacité d’action de l’exécutif ? Comment fortifier le lien entre citoyens et élus et non le distendre ? Comment améliorer nos lois, les rendre plus concises, plus lisibles, mieux appliquées, plutôt que de les multiplier et de les bâcler ? Comment rétablir l’équilibre des pouvoirs et tempérer la toute-puissance d’un Etat qui rejette les contre-pouvoirs mais peine à affirmer son autorité ?

Effectif excessif du gouvernement
On ne s’intéresse au Parlement que pour le réduire, le détacher des territoires et laisser le champ libre à l’exécutif, tandis qu’on fait l’impasse sur la modernisation de ce dernier. L’effectif excessif du gouvernement (31 membres au lieu des 20 promis), sa dépendance intellectuelle à l’égard d’une nomenklatura constituée dans l’entre-soi des classes dirigeantes, les contraintes exercées...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ « There Is No Alternative ». Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, aucune alternative politique convaincante ne s’est construite, constate l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/05/2018
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« L’absence d’alternative politique impose à Macron des responsabilités d’autant plus grandes »

« There Is No Alternative ». Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, aucune alternative politique convaincante ne s’est construite, constate l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 11h14
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Il y a un an, c’est son mot, Emmanuel Macron entrait « par effraction » à l’Elysée. Il est vrai que son fric-frac politique était spectaculaire : après avoir dévalisé les socialistes et les centristes au premier tour de l’élection présidentielle, il avait fait les poches de la droite au second. Porté, le 23 avril 2017, par moins d’un quart de votants convaincus ou enthousiastes, il se retrouvait élu, le 7 mai, par deux électeurs sur trois, qui n’avaient pas d’autre choix s’ils voulaient barrer la route à la présidente du Front national (FN). « There Is No Alternative » (« TINA »), se sont-ils dit en bon anglais.
Cela aurait pu n’être qu’une heureuse conjonction d’astres et de circonstances. Un an plus tard, c’est devenu une donnée structurelle de ce quinquennat hors norme : le candidat TINA est devenu le président TINA. Face à lui, aucune alternative politique convaincante ne s’est encore construite ou reconstruite.
Pour en prendre la mesure, il suffit de lire la réponse cinglante des Français à la question posée par l’enquête d’Ipsos publiée dans Le Monde  : « Pour chacune des personnalités suivantes, pensez-vous, si elle était présidente de la République, qu’elle ferait mieux, moins bien ou ni mieux ni moins bien qu’Emmanuel Macron ? ». 14 % estiment que Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen feraient mieux (contre respectivement 57 % et 60 % qui jugent qu’ils feraient moins bien). Seulement 8 % créditent Laurent Wauquiez et 4 % Olivier Faure de la capacité de mieux faire.

Ainsi, ni les responsables de La France insoumise (LFI) ou du FN, encore moins ceux des Républicains ou du Parti socialiste (PS) n’apparaissent, jusqu’à présent, comme des adversaires menaçants. Cela ne les empêche pas de fustiger l’action du gouvernement, de tempêter contre les réformes en cours, de rameuter « le peuple » et de faire sa « fête à Macron ». Mais, à défaut de proposer des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ C’est la jeunesse de la capitale sénégalaise, politisée, effervescente, ouverte sur le monde, qui a donné le coup d’envoi de la mobilisation.
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Chronique

Mai 68 à Dakar, chronique d’une époque fébrile

C’est la jeunesse de la capitale sénégalaise, politisée, effervescente, ouverte sur le monde, qui a donné le coup d’envoi de la mobilisation.

Par                                            Francis Kpatindé




LE MONDE
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        Le 07.05.2018 à 15h11

     •
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        Mis à jour le 07.05.2018 à 17h56






    
En 1968, la mobilisation des étudiants sénégalais et ouest-africains de l’université Dakar secoue une société où la présence de l’ancien colonisateur était encore très prégnante.
Crédits : DR


L’époque était épique et à la fois arachnéenne et tumultueuse. C’était le temps des coiffures afro, des premiers pantalons « pattes d’ef », l’âge d’or de la soul et du rhythm and blues, l’apogée de la génération des « matinées » et des « soirées », termes utilisés, de Dakar à Brazzaville, pour désigner les boums, selon qu’elles se terminent à 20 heures pétantes ou aux aurores. James Brown donnait alors puissamment de la voix, en guise de prélude à son immortel Say it Loud – I’m Black and I’m Proud, disponible dans les bacs à partir d’août 1968. Aretha Franklin, Wilson Pickett et, surtout, Otis Redding, disparu précocement dans un crash aérien en décembre 1967, lui répondaient en un écho à l’intonation plus suave. Les plus intellos préféraient de loin l’immense John Coltrane, mort cinq mois avant Otis, à un âge – 41 ans – où tout est encore possible.
Nous étions jeunes, très jeunes, collégiens, lycéens ou étudiants à Dakar, Ouagadougou, Cotonou, Niamey ou Bangui. Nous étions nourris confusément de l’esprit de Bandoung, qui porta le mouvement des non-alignés sur les fonts baptismaux. Et initiés tôt à la rhétorique révolutionnaire et aux rudiments de l’agitprop. Nous avions lu, parfois dans des bréviaires empruntés à la bibliothèque du centre culturel français, Sartre, Marcuse, Fanon, Ralph Ellison et son remarquable Invisible Man, Stokely Carmichael, inventeur et icône du Black Power, dont je ferais la connaissance, bien plus tard, lorsqu’il résidera en Guinée sous une nouvelle identité doublement évocatrice : Kwame Ture.
Des nouvelles du Vietnam et d’Amérique du Sud
Bien évidemment, nous avions assimilé des bribes de Marx, d’Engels, de Mao et du Che. Et nous buvions sans retenue, l’oreille vissée au transistor, les discours-fleuves de Castro et d’Ahmed Sékou Touré sur Radio Habana Cuba et sur Radio-Conakry, en ondes courtes. Renversé deux ans plus tôt par un putsch que l’on disait ourdi par les « impérialistes » américains, Kwame Nkrumah, artisan du panafricanisme et père de l’indépendance du Ghana, était en exil à Conakry. La dépouille de Martin Luther King, assassiné le 4 avril 1968 à Memphis, était encore toute chaude.
Nous n’avions pas la télévision, mais étions très friands des nouvelles venues d’ailleurs, surtout des ghettos américains, des maquis du Vietnam et d’Amérique du Sud. « La contestation de la culture occidentale a permis aux gens de notre génération de brûler les stars de la musique et du show-biz d’aliénation des années 1960 popularisées par le magazine Salut les copains », analyse joliment le sociologue Mamadou Wane, dit Mao, l’un des enragés de Dakar en 1968. « C’était la fin des modèles d’importation imposés comme Johnny Hallyday et Brigitte Bardot. Ils ont été remplacés par les héros de la Révolution cubaine, de la Longue Marche de Mao, de la Révolution vietnamienne, par Kwame Nkrumah, Frantz Fanon, Patrice Emery Lumumba, Amilcar Cabral et les dirigeants de l’Union des populations du Cameroun… »
C’est dans cette atmosphère que Mai 68 déferla, tel un tsunami, sur une partie des Etats d’Afrique anciennement colonisés par la France et la Belgique. Riche en promesses, secouant les cocotiers, réveillant des foules sentimentales, bousculant des sociétés qui peinaient à sortir du joug colonial et révélant de nouveaux leaders. Dakar servira de laboratoire d’où partira, comme une traînée, l’embrasement.
La moitié d’une bourse
Tout commence un jour d’octobre 1967, le 19 précisément, après une malheureuse décision prise par la commission des allocations scolaires de ne plus verser que dix mois de bourse universitaire, alors qu’une année en compte douze, et d’instaurer un système d’attribution à géométrie variable pour faire face à l’augmentation exponentielle du nombre d’étudiants. Selon la nouvelle répartition, environ 40 % des étudiants recevraient une bourse entière, 30 % les deux tiers, et 27 % la moitié. Deux décisions jugées inacceptables par des étudiants dont les émoluments servent, avant tout, à entretenir une fratrie pléthorique. C’est l’élément déclencheur de Mai 68, une bronca que Mamadou Wane qualifie, aujourd’hui encore, de « plus grand mouvement politique et social de l’histoire du Sénégal ».

Les grandes dates du Mai 68 sénégalais
19 octobre 1967 : Léopold Sédar Senghor, premier président du Sénégal indépendant, décide de fractionner les bourses estudiantines, qui ne seront plus versées que dix mois sur douze.18 mai 1968 : L’Union démocratique des étudiants sénégalais (UDES) lance une grève d’avertissement à l’université de Dakar.24 mai 1968 : L’UDES opte pour une grève illimitée à partir du 27 mai.27 mai 1968 : L’université est occupée par les étudiants.29 mai 1968 : Les forces de l’ordre investissent l’université et en délogent les étudiants. Les Sénégalais sont arrêtés et internés dans des casernes, les étrangers expulsés. Face à la répression, des syndicats de travailleurs appellent à la grève.31 mai 1968 : Le mouvement s’étend à l’ensemble des grandes villes. A Paris, la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF) occupe l’ambassade du Sénégal.4 juin 1968 : Ouverture des négociations entre le gouvernement et la confédération syndicale des travailleurs. Le 9 juin, les étudiants et syndicalistes arrêtés sont libérés.6 septembre 1968 : Ouverture officielle des négociations entre le gouvernement et l’UDES. Les accords sont signés le 14 septembre. L’université de Dakar rouvre ses portes, les bourses sont revalorisées, les examens sont organisés avec pour règle l’admission automatique de l’ensemble des candidats. Les étudiants étrangers expulsés sont autorisés à revenir au Sénégal.


Le pays n’était pas encore la terre de pluralisme que nous connaissons aujourd’hui. A sa tête, pendant ces mois de braise, un président omnipotent, Léopold Sédar Senghor, doux poète, pour les uns, politicien retors pour les autres, inventeur de la « négritude » avec le Martiniquais Aimé Césaire et le Guyanais Léon-Gontran Damas, normalien, agrégé de grammaire et futur académicien quai de Conti, à Paris. Le Sénégal des années 1960, c’était aussi un parti dominant, l’Union progressiste sénégalaise (UPS), une radio qui s’apparentait à la voix de son maître, un quotidien national, Dakar-Matin, un Parlement monocolore. Et une présence prégnante de l’ancien colonisateur dans la vie politique, économique et académique.
La fronde universitaire, qui a démarré le 19 octobre 1967, culminera le 29 mai 1968 avec l’expulsion par les étudiants du recteur, des enseignants non grévistes et du personnel administratif, et l’intervention musclée des forces de l’ordre dans l’enceinte de l’établissement. Le bilan des affrontements est lourd : un mort et 69 blessés selon les autorités, quatre décès et près de 400 blessés selon les insurgés. Plusieurs centaines d’étudiants sénégalais arrêtés sont conduits aux camps militaires Mangin et Archinard, à Dakar. Plus de 1 000 de leurs camarades ouest-africains sont, eux, expulsés par avion vers leur pays d’origine. L’université de Dakar est fermée.
Héros d’antan
Par solidarité, les travailleurs, lycéens, collégiens et écoliers entrent dans la danse. C’est la grève générale. La violence se déplace rapidement vers les quartiers populaires. Le régime est ébranlé et Senghor semble en passe de perdre la partie. C’était mal le connaître. Il faudra néanmoins attendre septembre 1968 pour qu’un compromis politique et syndical soit trouvé et que Dakar renoue avec un peu de quiétude.
Cinquante ans après, que sont devenus les héros d’antan, ceux-là même qui, selon la formule du sociologue Mamadou Wane, « ont payé l’impôt générationnel pour que vivent la démocratie, la justice sociale et le développement partagé » ? Certains ont disparu des radars. Les uns ont troqué le col Mao contre un costume trois pièces de banquier. D’autres ne sont plus de ce monde, comme Mahtar Diack, devenu après Mai 68 un brillant professeur de philosophie à l’université de Dakar. Moussa Kane, lui, a glissé de la quête révolutionnaire vers le mouridisme, philosophie de la plus influente des confréries musulmanes du Sénégal.
Après avoir occupé les fonctions de secrétaire général adjoint de la présidence de la République sous Abdoulaye Wade, l’ancien leader de l’Union démocratique des étudiants sénégalais (UDES) Mbaye Diack se trouve désormais à la tête d’une petite formation politique d’opposition au président Macky Sall. Ex-fonctionnaire de l’Unicef, Mamadou Wane, dit Mao, connaît une retraite active, consacrée à la défense des enfants des rues. Et, après avoir été enseignant, plusieurs fois ministre, député et responsable onusien au Mali puis en Afrique centrale, Abdoulaye Bathily a été envoyé au chevet de Madagascar, début mai, par le secrétaire général des Nations unies…





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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Paul Jorion revient sur cette notion de justice semblant motiver les batailles d’un président américain qui ne se sent nullement lié par les engagements de ses prédécesseurs.
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« Le combat de Donald Trump est, selon lui, d’éradiquer “l’injustice” »

Dans cette chronique, l’économiste Paul Jorion revient sur cette notion de justice semblant motiver les batailles d’un président américain qui ne se sent nullement lié par les engagements de ses prédécesseurs.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 13h30
    |

                            Paul Jorion (Economiste et anthropologue, Université catholique de Lille)








                        



                                


                            
Marchés. Polonius, vieux conseiller et père d’Ophélie, ayant écouté Hamlet, pense à part : « Il s’agit sans doute de folie, mais il y a en elle de la méthode. » Les agissements et les propos de Donald Trump nous font revenir en mémoire ces lignes de Shakespeare. Quant à la méthode, on la découvre dans l’évocation constante par le président américain de l’« unfairness », c’est-à-dire de l’« injustice » en général, et plus particulièrement du manque de « fair-play ».
Le 27 avril, lors de la visite à Washington de la chancelière allemande Angela Merkel, M. Trump a insisté sur le fait que les relations commerciales entre l’Europe et les Etats-Unis étaient « injustes » parce que déséquilibrées. « Il nous faut une relation réciproque, et nous ne l’avons pas, a-t-il déclaré. Nous en avons longuement débattu aujourd’hui, la chancelière et moi, et nous travaillons là-dessus. Nous voulons la rendre plus juste, et la chancelière veut la rendre plus juste. »

Une relation « juste » est la condition de la réciprocité, et le combat de Donald Trump est, selon lui, d’éradiquer « l’injustice ». Il y revient souvent. Alors qu’un journaliste l’interrogeait sur la violence avec laquelle il s’en était pris à un juge au nom à consonance hispanique, le président des Etats-Unis s’était défendu : « J’ai été traité très injustement par ce juge. Or, il se fait qu’il est d’ascendance mexicaine. Et je construis un mur [entre les Etats-Unis et le Mexique], vous avez compris ? Je construis un mur ! »
Sainte colère
En une autre occasion, il caractérisait ainsi son combat : « Je ne pense pas que j’insulte les gens. Je vais droit aux faits, et je n’ai pas le sentiment d’insulter les gens. Evidemment, si je suis insulté, je contre-attaque, ou si quelque chose est injuste, je contre-attaque. »
Une relation déséquilibrée – alors que les plateaux de la balance que brandit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Pour la septième visite d’un président de la République en Nouvelle-Calédonie, le chef de l’Etat a inscrit ses pas dans ceux des familles de toutes les victimes, qui avaient su effectuer le chemin de la réconciliation.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Le sans-faute calédonien de Macron

Editorial. Pour la septième visite d’un président de la République en Nouvelle-Calédonie, le chef de l’Etat a inscrit ses pas dans ceux des familles de toutes les victimes, qui avaient su effectuer le chemin de la réconciliation.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h10
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Pour la septième visite d’un président de la République en Nouvelle-Calédonie, Emmanuel Macron a effectué, du 3 au 5 mai, un parcours sans faute. Un déplacement qui fait suite à celui d’Edouard Philippe, à la fin de l’année 2017. A Ouvéa, l’étape la plus chargée de symboles, le chef de l’Etat a inscrit ses pas dans ceux des familles des victimes, de toutes les victimes, qui avaient su, non sans douleur, effectuer le chemin de la réconciliation. « Je souhaite que nous puissions être à la hauteur de ce travail que vous avez fait depuis tant d’années, a-t-il déclaré. Je voulais vous remercier pour cet exemple donné. J’y apporterai ma pierre, de là où je suis. »
Mais c’est le discours que le président de la République a prononcé, samedi 5 mai, au Théâtre de l’Ile, un lieu chargé d’histoire à Nouméa, salué par l’ensemble des responsables politiques du territoire, qui fera date. M. Macron est d’abord revenu sur les affrontements sanglants, dans les années 1980, entre les militants indépendantistes et les colons caldoches, qui firent quatre-vingts morts. Une période qui prit fin grâce aux accords de Matignon le 26 juin 1988. « Jamais, a-t-il affirmé, nous n’oublierons la colonisation, la ségrégation des Kanak. Il faut le dire sans détour, le combat des Kanak pour retrouver leur dignité était juste. C’est en reconnaissant les blessures de l’histoire qu’on peut les cicatriser. »
« Reconnaissance partagée »
M. Macron a aussi tenu à rendre hommage aux bagnards, transportés, relégués, de France et d’Algérie, aux pionniers et à tous ceux qui ont forgé la Nouvelle-Calédonie. Une addition d’histoires, souvent tragiques. « Ce sont toutes nos victimes », a-t-il souligné, appelant à « accepter toutes les mémoires pour ne pas s’enfermer dans la douleur ». Le chef de l’Etat n’a pas manqué de rendre hommage à Jean-Marie Tjibaou et à Jacques Lafleur, les chefs de file des deux camps longtemps antagonistes, ainsi qu’à Michel Rocard et à Lionel Jospin, premiers ministres au moment des accords de Matignon en 1988 et de Nouméa en 1998. « Nous poursuivons ce chemin de reconnaissance partagée, a-t-il assuré. Ce parcours, vous l’avez, mon rôle est de vous accompagner. »

        Lire aussi :
         

                En Nouvelle-Calédonie, le long chemin du pardon



Le discours du président de la République était surtout attendu sur le référendum du 4 novembre sur l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie. Un scrutin qui a donné lieu à de fortes tensions jusqu’à ce que le premier ministre trouve un compromis avec les responsables néo-calédoniens. « Je ne prendrai pas partie dans ce référendum, a affirmé M. Macron. Ce n’est pas au chef de l’Etat de prendre position sur une question qui est posée aux seuls Calédoniens, mais, sans la Nouvelle-Calédonie, la France ne serait pas la même. » Il a toutefois, à plusieurs reprises, fait appel à la responsabilité et à l’unité de l’ensemble des composantes du territoire : « Il appartient à vous tous de ne pas faire reculer l’histoire. »

        Lire aussi :
         

                A Nouméa, Macron plaide pour le maintien d’une relation étroite entre la France et la Nouvelle-Calédonie



M. Macron a ainsi inscrit l’avenir de la Nouvelle-Calédonie dans une perspective de développement économique et géostratégique dans la région indo-pacifique, en plaidant avec force pour une nouvelle ambition dans les domaines de l’économie, de l’autosuffisance alimentaire, de la souveraineté énergétique, du tourisme et de la croissance bleue. « Il y a un continent de possibles, c’est une part de l’avenir de notre jeunesse qui se joue, a-t-il insisté. Je veux que nous construisions ensemble cet avenir. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Sans opposition crédible ou privée de relais syndicaux capables de soutenir des réformes d’intérêt général, la « Macronie » risque de se réduire à une technostructure sourde et arrogante, relève, dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde »
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« C’est peu dire que Macron n’est pas déboussolé par les mouvements sociaux »

Sans opposition crédible ou privée de relais syndicaux capables de soutenir des réformes d’intérêt général, la « Macronie » risque de se réduire à une technostructure sourde et arrogante, relève, dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde »



Le Monde
 |    07.05.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 13h20
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            
Il a suffi qu’Emmanuel Macron débarque en Australie le 1er mai et mette ainsi 20 000 kilomètres entre lui et les cortèges syndicaux pour que l’accusation fuse : le président de la République est dans « l’esquive ». « Vous vouliez que je fasse quoi ?, a-t-il répliqué dès son arrivée à Sydney. Que je reste chez moi à regarder la télévision ? J’ai autre chose à faire, je continue à travailler. » Le tout exprimé avec un petit air de dédain qui semblait dire : les chiens aboient, la caravane des réformes passe.
C’est peu dire que Macron n’est pas déboussolé par les mouvements sociaux. Fuire devant la « chienlit » ? La situation n’est pas celle de ce 29 mai 1968 où le général de Gaulle, après quatre semaines de grève et de manifestations violentes, s’était rendu secrètement en Allemagne pour consulter le général Massu. Sydney et Nouméa, ce n’est pas Baden-Baden ! Loin d’être dans l’esquive ou la fuite, le chef de l’Etat ne craint pas d’« aller au-devant de la colère » et de faire un peu de provocation, cette pointe avancée de l’audace qu’il revendique depuis son élection.
Il y a un peu de Thatcher chez cet homme-là
Il la goûte d’autant plus que s’éloigne le risque d’une grande conflagration sociale. La semaine qu’il a passée aux antipodes n’a pas été celle d’un regain de colère des agents de la SNCF, des salariés d’Air France, des personnels des maisons de retraite, des fonctionnaires et des étudiants. Les cortèges du 1er Mai ont été moins fournis que ceux de 2017 et la « Fête à Macron » est restée bon enfant. La grève des cheminots donne des signes d’essouflement et celle des pilotes bat de l’aile malgré la démission du PDG d’Air France, vendredi 4 mai. Bref, plus grand monde ne table sur une « convergence des luttes », hormis ceux qui persistent à croire aux prophéties sociales autoréalisatrices.

Cette situation et les divisions syndicales n’expliquent pas seules l’intransigeance présidentielle....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Nostalgiques, les Français sont les champions européens du mal-être. Mais, récemment, l’indicateur de bonheur collectif mis en place par des économistes s’est redressé spectaculairement, note Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Du bonheur et du malheur d’être français »

Nostalgiques, les Français sont les champions européens du mal-être. Mais, récemment, l’indicateur de bonheur collectif mis en place par des économistes s’est redressé spectaculairement, note Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



Le Monde
 |    07.05.2018 à 11h15
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Comme son origine cimentière le laisse supposer, un gâchis (ou mortier) résulte d’un mélange d’éléments rendant une situation inextricable. Jean-Marc Janaillac, le patron d’Air France, a eu raison de parler de gâchis pour évoquer le désaveu que son personnel lui a infligé en votant contre son plan salarial, tant la situation semble désormais difficile à démêler. Bon courage à celui qui devra lui succéder, à partir du 15 mai.

Côté SNCF, on devait parler aussi d’argent, ce lundi 7 mai, lors des rencontres entre les acteurs du dossier et le premier ministre, Edouard Philippe. Mais la question devrait tourner davantage autour de l’avenir du service public ferroviaire, de sa dette et du statut de son personnel. Là encore avec le sentiment souterrain d’une dégradation de la situation par rapport à un passé glorieux.

Bien sûr, ces attitudes ne sont pas propres à la France, mais elles revêtent dans l’Hexagone une importance plus grande qu’ailleurs. La France, pays redistributif et relativement égalitaire, est aussi celui, en Europe, dont les citoyens attachent le plus d’importance à l’argent comme condition de leur bonheur.
Une étude étonnante
C’est la conclusion étonnante d’une récente publication (Les Français, le bonheur et l’argent, Editions rue d’Ulm, avril 2018) du Centre d’étude pour la recherche économique et ses applications (Cepremap). Les auteurs, Yann Algan, Elizabeth Beasley et Claudia Senik, se sont appuyés sur les enquêtes menées depuis une vingtaine d’années dans les pays développés pour mesurer le niveau de bien-être des populations. Le Cepremap lui-même dispose de son observatoire, qui sonde les cœurs des Français à intervalle régulier avec l’aide de l’Insee.
Il ressort de cette masse de résultats trois éléments-clés. Premièrement, la France est championne d’Europe du mal-être, et la situation s’est aggravée depuis le début des années 2000.
Deuxième élément, cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Analyse. Le 24e congrès de la centrale, fin avril, a été le théâtre d’une guerre ouverte entre le nouveau secrétaire général, M. Pavageau, et le sortant, M. Mailly. Coupée en deux, la confédération s’en retrouve, pour notre éditorialiste Michel Noblecourt, profondément affaiblie.
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Force ouvrière sur le sentier périlleux de la « résistance »

Analyse. Le 24e congrès de la centrale, fin avril, a été le théâtre d’une guerre ouverte entre le nouveau secrétaire général, M. Pavageau, et le sortant, M. Mailly. Coupée en deux, la confédération s’en retrouve, pour notre éditorialiste Michel Noblecourt, profondément affaiblie.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 10h30
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            
Analyse. « Vous êtes Force ouvrière, vous êtes la résistance. » A peine élu secrétaire général de FO, Pascal Pavageau a conclu le 24e congrès de sa centrale, vendredi 27 avril, à Lille, par un appel à « la résistance ». « Nous allons faire bloc, unis, soudés, rassemblés dans le respect de tous et de toutes, a-t-il lancé avec des accents martiaux. Nous allons résister, nous allons revendiquer, nous allons conquérir de nouveaux droits. » « Nous préférons mourir debout que vivre à genoux, a-t-il encore martelé. (…) Nous ne sommes pas à fort Alamo. »
Sur un registre apocalyptique, il a même plagié le magicien Gandalf dans le film Le Seigneur des anneaux : « Un jour peut venir où l’égalité faillira, où la solidarité s’effondrera, où l’individualisme triomphera. (…) Ce sera l’heure des loups dans la jungle et du chacun pour soi, mais ce jour n’est pas arrivé. (…) Nous disons fermement et fièrement, vous ne passerez pas, vous ne passerez pas ! »

Pour bien marquer la rupture avec les quatorze ans de règne de Jean-Claude Mailly, coupable à ses yeux d’avoir été trop conciliant dans la concertation sur les ordonnances sur le code du travail, M. Pavageau a choisi le terrain de la confrontation. FO réclame désormais « l’abrogation » de ces ordonnances et juge que « la perspective d’une mobilisation interprofessionnelle est aujourd’hui nécessaire, y compris par la grève », dans la « recherche de la plus grande unité possible ». Pour le successeur de M. Mailly, ce congrès a été « une réussite » et « un moment très fort de démocratie interne ».
Guerre ouverte
Une « réussite » ? Pendant cinq jours, Lille a été le théâtre d’une guerre ouverte entre M. Pavageau et M. Mailly, comme si, unique candidat au poste de secrétaire général, l’ancien ingénieur des travaux publics de l’Etat voulait humilier – et congédier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Trois ans après « La Loi du marché », l’acteur sera de nouveau à Cannes avec Stéphane Brizé. Ils présentent « En guerre », où Vincent Lindon incarne un dirigeant syndicaliste au milieu d’acteurs non professionnels.
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Vincent Lindon : « J’essaie d’être dans des films qui servent un peu »

Trois ans après « La Loi du marché », l’acteur sera de nouveau à Cannes avec Stéphane Brizé. Ils présentent « En guerre », où Vincent Lindon incarne un dirigeant syndicaliste au milieu d’acteurs non professionnels.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h27
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Solitaire écrasé par la contrainte économique dans La Loi du marché, qui lui a valu un prix d’interprétation à Cannes en 2015, Vincent Lindon revient en compétition en dirigeant syndicaliste dans En guerre, toujours sous la direction de Stéphane Brizé. En ce 1er mai, dans un bar de la place de la République, alors que les cortèges syndicaux se forment à quelques centaines de mètres, il parle de son personnage, Laurent Amédéo, ouvrier devenu figure publique pour tenter d’empêcher la fermeture de son usine. Reconduisant le dispositif mis en place dans La Loi du marché, le réalisateur l’a placé au milieu de comédiens non professionnels qui incarnent souvent des rôles proches de leur existence. Vincent ­Lindon revient sur cette expérience avant de reprendre le chemin du plateau de Toutes sauf une, où il incarne Giacomo Casanova, le séducteur du siècle des Lumières, devant la caméra de Benoît Jacquot.
Après quatre films ensemble, ­ « Mademoiselle Chambon », « Quelques heures de printemps », « La Loi du marché » et maintenant « En guerre », est-ce que vous avez défini un protocole de travail avec Stéphane Brizé ?
Je ne suis pas du tout impliqué dans l’écriture. Après La Loi du marché, il est immédiatement parti tourner Une vie. En en revenant, il hésitait entre une histoire d’amour, une balade entre deux hommes un peu comme Sideways, il avait aussi envie de parler de quelque chose qui le tracassait énormément, ces images du directeur des ressources humaines d’Air France qui tournaient en boucle. En effet, c’est abominable de se faire attaquer comme ça, de se faire arracher sa chemise. Mais Stéphane demandait : « Qu’est-ce qu’on a pu faire à ces hommes, à ces femmes pour qu’ils en arrivent là ? » Il m’en a parlé, a rencontré des syndicalistes, des ouvriers, des avocats, des DRH, des patrons, et pas des moindres. Il a fini par me donner un scénario,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune publiée par « Le Monde », des imams refusent de voir que l’interprétation dominante de l’islam s’inspire de sources dépassées et qui colportent des préjugés antisémites. Aux imams d’assainir l’enseignement de la religion, estime le sociologue Omero Marongiu-Perria.
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Encore un peu plus de courage, messieurs les imams

Dans une tribune publiée par « Le Monde », des imams refusent de voir que l’interprétation dominante de l’islam s’inspire de sources dépassées et qui colportent des préjugés antisémites. Aux imams d’assainir l’enseignement de la religion, estime le sociologue Omero Marongiu-Perria.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 11h33
    |

Omero Marongiu-Perria (sociologue, spécialiste de l’islam français)







                        



                                


                            

Tribune. Le procès d’intention fait au « Manifeste contre le nouvel antisémitisme » (Le Parisien daté 21 avril) n’est pas juste. On l’accuse en effet de vouloir jouer la concurrence victimaire en opposant la lutte contre l’islamophobie au combat contre l’antisémitisme, et d’appeler à l’élimination de versets du Coran qui prôneraient la violence à l’encontre des non-musulmans – juifs, chrétiens et incroyants. Des lacunes dans la formulation existent, mais le fond du propos est légitime. Sauf, peut-être, si on est sourd, muet et aveugle aux discours de haine qui se diffusent de par le monde musulman jusqu’aux enceintes des mosquées de France et d’Occident, sur la base des interprétations « autorisées » de l’islam.
En réponse à l’interrogation qui traverse la société française depuis près de quarante ans – les premiers attentats datent du milieu des années 1980 –, une tribune signée par une trentaine d’imams sous le titre « Nous, imams indignés, sommes prêts à nous mettre au service de notre pays » (Le Monde daté 24 avril) propose une réponse qui se trompe de diagnostic et de remède. Affirmer que l’islam est tombé dans les mains d’une jeunesse « naïve, proie facile pour des idéologues qui exploitent son désarroi » et que, « depuis plus de deux décennies, des lectures et des pratiques subversives de l’islam sévissent dans la communauté musulmane, générant une anarchie religieuse, gangrenant toute la société » ne reflète pas la réalité de l’islam contemporain.

Depuis plus d’un demi-siècle, la sphère religieuse musulmane, en particulier ses principaux centres d’enseignement, a vu la structuration progressive d’un discours de rupture avec le monde occidental et la modernité, qui dépasse de loin l’anticolonialisme. Celui-ci s’est appuyé sur la sacralisation des interprétations moyenâgeuses des textes de l’islam pour orienter les comportements de rupture chez les fidèles, parfois avec l’impulsion...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Livre. Dans un ouvrage, le chercheur Marc-Antoine Pérouse de Montclos réfute « la mise en récit du terrorisme au “Sahelistan” ». L’auteur convoque l’histoire pour démontrer l’ancrage local de chacun des mouvements djihadistes.
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Les particularismes du djihad en Afrique

Livre. Dans un ouvrage, le chercheur Marc-Antoine Pérouse de Montclos réfute « la mise en récit du terrorisme au “Sahelistan” ». L’auteur convoque l’histoire pour démontrer l’ancrage local de chacun des mouvements djihadistes.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 09h59
    |

            Christophe Châtelot








                        



                                


                            
Pas un jour ou presque sans que la chronique du continent africain n’allonge la liste de tueries et de massacres revendiqués par des groupes armés se réclamant du djihad. Prenons deux journées « ordinaires » de la fin du mois d’avril. Au Mali, les agences de presse rapportaient « le massacre de dizaines de Touareg par des djihadistes présumés ». Le lendemain, le gouvernement nigérien annonçait une vaste opération militaire dans la région du lac Tchad contre « les djihadistes de Boko Haram » qui se réclament de l’organisation Etat islamique. A 6 000 kilomètres de là, en Somalie, un groupe armé affilié à Al-Qaida revendiquait un attentat-suicide qui a provoqué la mort de trois policiers. Chaque fois, les mêmes mots – radicalisme, extrémisme, djihadisme, islamisme – pouvant laisser penser qu’un fil rouge religieux et logistique relie tous ces groupes, du Nigeria à la Somalie, d’une rive à l’autre du continent africain.

Ainsi existerait-il une menace globale qui, si on n’y prend pas garde, pourrait débarquer sur notre sol. En visite au Mali, une semaine après son élection il y a un an, Emmanuel Macron avait ainsi salué l’action des militaires français de « Barkhane », engagés dans la « lutte contre les groupes armés terroristes sur l’ensemble de la bande sahélo-saharienne », ainsi que le ministère des armées définit cette opération lancée en 2014. « Les nouvelles menaces, celles que vous affrontez chaque jour, disait le président aux militaires présents, ne s’exercent plus seulement à l’échelon régional. Une menace née à quelques kilomètres d’ici viendra très rapidement frapper les femmes et les enfants de France si nous n’interposons pas notre action résolue et puissante (…). Vous êtes plus que jamais nos sentinelles et notre rempart contre les débordements du terrorisme, de l’extrémisme, du fanatisme. »
Dans son ouvrage paru le 3 mai, Marc-Antoine Pérouse de Laclos, politologue, directeur de...




                        

                        


<article-nb="2018/05/08/19-20">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’expert israélien Ephraim Asculai considère qu’il faut durcir l’accord de 2015 pour contrecarrer les projets atomiques de Téhéran.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« Ne pas se rendre complice des ambitions nucléaires iraniennes »

Dans une tribune au « Monde », l’expert israélien Ephraim Asculai considère qu’il faut durcir l’accord de 2015 pour contrecarrer les projets atomiques de Téhéran.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 07h17
    |

Ephraim Asculai (maître de recherche à l’Institut d’études pour la sécurité nationale (INSS))







                        



                                


                            

Tribune. Les révélations du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, le 30 avril lors de son allocution télévisée étaient remarquables. Ce qui en premier lieu retient l’attention, c’est le succès presque invraisemblable des services de renseignement israéliens, qui ont réussi à se procurer des archives iraniennes ultra-secrètes détaillant les efforts entrepris par le passé par l’Iran pour développer, produire et tester cinq bombes nucléaires d’une puissance équivalente à celle d’Hiroshima.
L’analyse de ces documents apporte la preuve irréfutable que l’Iran a menti pendant des années sur ses véritables intentions, qu’au moins jusqu’en 2003 il existait un programme nucléaire clandestin devant lui permettre de se doter de l’arme atomique et qu’un programme parallèle a été établi depuis dans le but de dissimuler et de poursuivre ses visées nucléaires. La preuve est ainsi faite que l’accord avec l’Iran (JCPOA) n’a apporté qu’une réponse partielle et limitée dans le temps au problème de l’acquisition par ce pays de la bombe atomique, ne l’empêchant pas, in fine, d’atteindre son objectif initial.
Il est incontestable qu’une grande partie des informations divulguées par le premier ministre étaient connues, mais elles n’étaient pas authentifiées, et c’est désormais chose faite. Le président Obama a préféré laisser de côté ce risque qu’il incomberait à un futur gouvernement américain d’affronter. Ce choix est une réponse dilatoire à une crise latente, à un problème potentiel dont rien ne permet de penser qu’il va disparaître. Au contraire, la crise sera bien plus aiguë, dans quelques années, quand l’accord aura pris fin et quand l’Iran reprendra de plein droit et avec davantage d’ampleur ses activités d’enrichissement de l’uranium à des fins militaires.
Avancée majeure
Il ne fait aucun doute que l’accord qui a été conclu n’était pas un bon accord. L’Iran est libre de reprendre quand bon lui semble son programme nucléaire...




                        

                        

