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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’accord sur le nucléaire iranien de juillet 2015, que les Etats-Unis menacent de quitter, avait permis la levée partielle des sanctions infligées à Téhéran.
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Quelles sont les sanctions contre l’Iran encore en vigueur ?

L’accord sur le nucléaire iranien de juillet 2015, que les Etats-Unis menacent de quitter, avait permis la levée partielle des sanctions infligées à Téhéran.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 15h36
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 17h57
    |

                            Charlotte Peytour








                        



« Peu de pays ont subi un aussi grand nombre de sanctions que l’Iran », écrivait Thierry Coville, chercheur à l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques) et spécialiste de l’Iran, dans La Revue internationale et stratégique du premier trimestre 2015. Quelques mois plus tard, le 14 juillet 2015, la levée partielle de ces sanctions était actée par l’accord de Vienne négocié avec l’Iran par les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne, en échange du gel et de la mise sous contrôle international du programme nucléaire iranien pour au moins dix ans. 
Les mesures coercitives et les sanctions, notamment américaines, héritées des décennies précédentes et visant le programme balistique de Téhéran, le soutien au terrorisme de la République islamique et les atteintes aux droits humains, sont toutefois restées en vigueur.
Un arsenal de sanctions déployé à partir de 2005
Si la plupart des sanctions majeures contre l’Iran ont été promulguées pour tenter de bloquer son programme nucléaire à partir de 2005, au vu d’un faisceau de preuves attestant d’une dimension militaire, les Etats-Unis avaient commencé à sanctionner Téhéran dès 1979. Cette année-là, une prise d’otages à l’ambassade américaine dans la capitale iranienne conduit le président Jimmy Carter à geler les avoirs iraniens aux Etats-Unis. De 1995 à 2006, les gouvernements américains successifs multiplient les restrictions, tâchant notamment d’interdire, sans succès, le commerce du pétrole avec l’Iran, qu’ils considèrent comme un Etat soutenant le terrorisme.
L’élection de Mahmoud Ahmadinejad, en 2005, marquée par la reprise d’activités d’enrichissement d’uranium, signe l’accélération des sanctions américaines contre le pays. Sous le mandat de Georges W. Bush, puis sous celui de Barack Obama, les Etats-Unis promulguent plusieurs séries de sanctions financières. Elles constituent le principal instrument de la politique américaine envers l’Iran. Le National Defense Authorization Act, adopté en 2012, a notamment interdit aux banques étrangères d’être en relation avec la banque centrale d’Iran pour financer les achats de pétrole iranien.
Les Nations unies vont dans le même sens, et le Conseil de sécurité vote cinq résolutions de 2006 à 2010. Celles-ci interdisent notamment l’importation par l’Iran d’équipements pouvant être utilisés pour ses programmes nucléaires et balistiques.
En plus de ces résolutions, l’Union européenne durcit sa position sous la pression des Etats-Unis. Un tournant est franchi en 2012 : le Conseil de l’UE promulgue un embargo sur les produits pétroliers et pétrochimiques iraniens. Il est aussi décidé d’exclure l’Iran du système de messagerie internationale SWIFT, basé à Bruxelles. « On a assisté à un important durcissement des sanctions. La politique de l’Union européenne s’est alignée sur les intérêts américains », explique Thierry Coville.
Que signifie la levée partielle des sanctions promise lors de l’accord du 14 juillet 2015 ?
L’accord de Vienne de juillet 2015 a profondément modifié le cadre des sanctions, et ce depuis le 16 janvier 2016. A cette date, l’accord a officiellement été appliqué : l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé que l’Iran avait coopéré de façon satisfaisante avec le gendarme du nucléaire — elle n’a cessé depuis de le rappeler, dans des rapports réguliers — et que les sanctions pouvaient être levées. Celles-ci seront remises en place si l’Iran n’apporte pas de réponse satisfaisante à l’AIEA, après signalement d’un éventuel manquement à ses obligations, dans le cadre d’une procédure dite de « snap-back » (« cliquet ») prévue par l’accord sous pression de la diplomatie française.

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Pour donner suite à cette déclaration purement politique et sans force coercitive, la résolution 2231 de l’ONU a été adoptée. Elle donne une certaine solennité à l’accord en requérant la levée de toutes les sanctions prévues par les résolutions onusiennes précédentes.
La majorité des mesures coercitives est pourtant encore maintenue par les Etats-Unis. Les sanctions dites primaires, qui concernent directement les Américains, sont toujours en vigueur. Pour qu’une entreprise ou un particulier américain puisse commercer avec l’Iran, des autorisations de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), agence dépendant du Trésor américain et redoutée pour sa rigueur, sont encore nécessaires. « L’OFAC fait la pluie et le beau temps. Beaucoup d’entreprises européennes, qui font une partie de leur chiffre d’affaires aux Etats-Unis, doivent aussi demander l’autorisation à l’OFAC pour commercer avec l’Iran », dit Thierry Coville.
Pourtant, les sanctions secondaires, qui interdisaient aux entreprises non américaines de faire affaire avec l’Iran, ont été supprimées. Mais les grandes banques européennes, dont certaines se sont vu infliger des amendes records par les Etats-Unis à l’époque des sanctions, n’ont pas accompagné les investisseurs qui retournaient en Iran. L’économie iranienne demeurant assez opaque, elles craignent que leurs clients ne tombent sur une entité inscrite sur les listes noires américaines. Elles appréhendent également de s’engager dans un projet de long terme qui pourrait être menacé par un retour des sanctions, ou tomber sous le coup de nouvelles mesures de coercition américaines.
L’Union européenne, à la suite de l’accord de Vienne, a aussi levé la majorité des sanctions, tel l’embargo sur le pétrole. L’Iran a été réintégré au programme de messagerie SWIFT. « Mais si les sanctions à propos du nucléaire ont effectivement été levées, ce n’est pas le cas de celles sur le programme balistique ou les droits de l’homme. Toutefois, l’ampleur des sanctions européennes est incomparable avec celles que l’Iran subit de la part des Etats-Unis », ajoute le chercheur à l’IRIS.
Les sanctions risquent-elles de se renforcer ?
Dans l’éventualité où Donald Trump déciderait de rester dans l’accord, les sanctions demeureraient inchangées. Entérinées par la résolution de l’ONU, elles sont inamovibles, à moins de renégocier l’accord — ce à quoi s’opposent tous ses signataires, sauf les Etats-Unis — ou en cas de snap-back. Si les Etats-Unis se retiraient, toutefois, « la logique voudrait que Donald Trump rétablisse toutes les sanctions levées et suspendues en 2016 », selon Thierry Coville.

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Paris, Londres et Berlin s’inquiètent de cette menace. Pour que les Etats-Unis ne quittent pas l’accord, les trois pays ont déposé un document proposant un renforcement des sanctions notamment sur le programme balistique iranien, a dévoilé l’agence de presse Reuters le 16 mars. Cette décision supposait une unanimité des Vingt-Huit, que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne n’ont pas réussi à obtenir. Certains pays européens, telle l’Italie, ont rejeté l’hypothèse de mesures coercitives, afin de conserver leurs relations commerciales avec l’Iran.

Notre sélection d’articles sur l’accord relatif au nucléaire iranien
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr sur l’accord sur le nucléaire iranien :
les points clés de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, conclu le 14 juillet 2015ce qu’il faut savoir de l’accord, en sept questions ;l’analyse de notre correspondant aux Etats-Unis, qui voit dans l’accord avec l’Iran le miroir de la diplomatie Obama ;comprendre ce qu’implique la « décertification » de l’accord par Donald Trump ;la tribune de parlementaires européens qui appellent leurs homologues américains à sauver l’accord sur le nucléaire ;les images de la visite d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, où il a débattu de l’accord avec Donald Trump ;la chronique de Sylvie Kauffmann, pour qui, « sur le nucléaire iranien, le compte à rebours vers une sorte de catastrophe annoncée a commencé » ;la tribune de François Nicoullaud, ancien ambassadeur à Téhéran, qui appelle à « sortir par le haut de la crise du nucléaire avec l’Iran ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ De la démission du premier ministre Serge Sarkissian face à la contestation de la rue à l’élection du dirigeant de l’opposition Nikol Pachinian mardi, retour sur trois semaines de protestations qui ont agité le petit pays du Caucase.
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« Révolution de velours », coup de théâtre et grève générale… Trois semaines qui ont bouleversé l’Arménie

De la démission du premier ministre Serge Sarkissian face à la contestation de la rue à l’élection du dirigeant de l’opposition Nikol Pachinian mardi, retour sur trois semaines de protestations qui ont agité le petit pays du Caucase.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h18
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 14h49
   





                        



   


L’Arménie se dirige-t-elle vers une sortie de crise ? Après plus de trois semaines de troubles ayant entraîné la démission de Serge Sarkissian, le dirigeant de l’opposition Nikol Pachinian a été élu premier ministre par les parlementaires, mardi 8 mai.
« Héros » de ce mouvement de protestation, M. Pachinian assurait lundi avoir « 95 % » de chances de l’emporter, une semaine après un premier échec, qui avait entraîné une grève générale de plusieurs heures dans tout le pays. Retour sur cette « révolution de velours » qui a agité l’Arménie, petit pays du Caucase de trois millions d’habitants.
17 avril : Sarkissian élu premier ministre, des milliers de manifestants dans la rue
Au début d’avril, le Parti républicain de Serge Sarkissian remporte les élections législatives et conserve sa majorité au Parlement. Un scrutin contesté par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui dénonce des irrégularités et notamment « des achats de vote et des actes d’intimidation des électeurs ». Dès le 13 avril, des mouvements de contestation émergent. Ils deviendront encore plus importants à partir du 17 avril, jour où M. Sarkissian — président de 2008 à 2018 —, est élu premier ministre par le Parlement.
Depuis la réforme constitutionnelle de 2015, qui a transformé l’Arménie en république parlementaire, le pouvoir exécutif réel est désormais entre les mains du premier ministre. Pour l’opposition, ce changement de la Constitution avait uniquement pour but de maintenir au pouvoir M. Sarkissian.
La manœuvre du dirigeant (réputé prorusse), qui n’est pas sans rappeler celle de Vladimir Poutine échangeant les rôles, de 2008 à 2012, avec son premier ministre Dmitri Medvedev, provoque la colère d’une partie de la population « Sarkissian veut rester au pouvoir éternellement », assure alors un opposant du parti Héritage, Raffi Hovannissian.
Dès le résultat connu, des dizaines de milliers de personnes manifestent dans tout le pays, à l’appel de l’opposant et député Nikol Pachinian. Dans la capitale, Erevan, les manifestants bloquent l’accès aux principales rues, au ministère des affaires étrangères, ou encore au service des impôts.
22 avril : Pachinian interpellé, des militaires rejoignent les manifestants

Alors que le mouvement ne faiblit pas dans la rue, les deux adversaires, MM. Sarkissian et Pachinian, se retrouvent le 22 avril pour une brève entrevue dans un grand hôtel d’Erevan. Mais la discussion tourne court.
« Je suis venu ici pour discuter des termes de votre démission et des conditions d’une transition pacifique et sans heurt du pouvoir », lance d’emblée Nikol Pachinian à Serge Sarkissian. « Les enseignements du 1er mars n’ont pas été tirés », menace alors le premier ministre, dans une référence aux événements de 2008. Cette année-là, au moment où M. Sarkissian parvenait au pouvoir dès le premier tour de la présidentielle, dix personnes furent tuées lors de violents affrontements avec la police. Le jour de la rencontre entre les deux opposants, le ministère de l’intérieur faisait d’ailleurs savoir, dans un communiqué, que les forces antiémeutes étaient autorisées « à recourir à la force ». 

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« Personne n’a osé et n’osera nous tenir un langage de menaces. Je vous le dis : vous ne comprenez pas la situation qui règne dans le pays. Elle est différente de celle que vous connaissiez il y a quinze ou vingt jours […]. Le pouvoir est passé aux mains du peuple », riposte alors le député de l’opposition, qui fut l’un des meneurs des manifestations de 2008. Quelques instants plus tard, M. Pachinian, qui prône désormais une « révolution de velours » est interpellé par la police, ainsi que deux cents manifestants.
Mais le lendemain, le 23 avril, près de deux cents militaires en tenue rejoignent les protestataires dans la rue. Un tournant dans le mouvement de contestation.
23 avril : Serge Sarkissian démissionne, la rue exulte
Et soudain, c’est l’explosion de joie dans les rues d’Erevan. Après une dizaine de jours de manifestations massives, Serge Sarkissian annonce son départ le 23 avril dans la soirée : « J’abandonne la direction du pays. » La présence inattendue de militaires avec les manifestants a précipité cette démission surprise. « Nikol Pachinian avait raison. Et moi, je me suis trompé », reconnaît M. Sarkissian.

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Sur la place de la République, au cœur d’Erevan, où se trouve le siège du gouvernement, des milliers de personnes se réunissent, brandissant des drapeaux arméniens, s’embrassant et dansant. Dans plusieurs quartiers de la capitale, les propriétaires de petits commerces installent des tables dans la rue et ouvrent des bouteilles de vin, invitant les passants à boire un verre à l’avenir du pays.
Alors que Karen Karapetian, proche de M. Sarkissian, est nommé premier ministre par interim, M. Pachinian demande à rencontrer le nouveau chef du gouvernement et se dit prêt à gouverner.

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1er mai : Pachinian échoue à se faire élire, il appelle à « un blocage total » du pays

   


Bien que M. Sarkissian soit parti du pouvoir, les manifestants ne relâchent pas la pression dans les rues d’Erevan : ils réclament une passation de pouvoir pacifique et des législatives anticipées.
Mais le 1er mai, le retournement de situation est total. Après plusieurs heures de débat au Parlement, les élus rejettent la candidature de l’opposant Nikol Pachinian au poste de premier ministre.
Ce dernier avait promis quelques heures plus tôt un « tsunami politique » s’il n’était pas élu. Il n’y a pas manqué : peu après le rejet de sa candidature, il appelle au « blocage total » des routes, trains et aéroports dans le pays, dès le lendemain. S’adressant à ses dizaines de milliers de partisans réunis au centre d’Erevan, il les appelle à « la désobéissance civile ».
Mais dès le 2 mai, l’ancien journaliste appelle ses partisans à mettre fin aux manifestations. Il affirme avoir obtenu le soutien des quatre forces politiques présentes au Parlement pour son élection au poste de premier ministre le 8 mai. Et cette fois-ci, aucun coup de théâtre ne survient. Réuni en séance extraordinaire mardi matin, le Parlement élit M. Pachinian au poste de premier ministre, mettant un terme à la « révolution de velours ».

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Sur l’Arménie, lire les tribunes
Dans une tribune au Monde, « Les Arméniens n’ont plus peur », Levon Abrahamian, professeur d’anthropologie politique à Erevan, estime que la société civile a pris son destin en main – même s’il reste des défis à surmonter.
Pour le politologue Hrand Mikaelian, « Serge Sarkissian a tout fait pour dépolitiser la société » et la démission du premier ministre et ancien président de la République arménienne (2008-2018) ne signifie pas la chute intégrale de son régime.
Cette « transition politique » s’est faite « sans bouleversement géopolitique », affirme Richard Giragosian, directeur d’un think tank indépendant à Erevan, pour qui à aucun moment la géopolitique n’est entrée en jeu, même si Moscou cherche un moyen de conserver la main.
De son côté, l’éditorialiste Hagop Badalian estime que, pour l’instant, « le mouvement ne menace pas la “paix” avec l’Azerbaïdjan », alors que les deux pays sont en conflit depuis 1988 à propos de la province du Haut-Karabakh.
Vous pouvez également retrouver l’analyse de notre journaliste, Gaïdz Minassian : « Sortir du postsoviétisme ? »





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ L’ancien président du Sénat, Armand De Decker, est soupçonné de trafic d’influence.
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« Kazakhgate » : une première mise en examen en Belgique

L’ancien président du Sénat, Armand De Decker, est soupçonné de trafic d’influence.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h33
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            
Le dossier franco-belge dit « du Kazakhgate » a connu, lundi 7 mai, un rebondissement spectaculaire en Belgique. Le parquet de Mons a mis en examen le ministre d’Etat et ancien président du Sénat Armand De Decker, pour trafic d’influence dans l’enquête belge de cette affaire portant sur des soupçons de corruption en marge de contrats commerciaux entre la France et le Kazakhstan. M. De Decker est soupçonné d’avoir fait un intense lobbying en faveur du milliardaire d’origine kazakhe Patokh Chodiev – devenu belge en 1997 – et de deux de ses associés, en 2010 et en 2011.

Redevenu avocat, Armand De Decker, homme politique libéral de premier plan, était le conseiller du trio, qui a obtenu une transaction pénale à hauteur de quelque 22 millions, en échange de l’abandon des poursuites le visant. M. De Decker a touché 730 000 euros pour ses services. « Des honoraires pour l’important travail de conseiller stratégique que j’ai accompli », a-t-il constamment expliqué, sans apparemment convaincre la justice, celle-ci ayant donc estimé qu’il existait assez de motifs pour l’inculper, à l’issue d’investigations – non achevées –, tant en France qu’en Belgique. Le procureur général de Mons a estimé que l’ancien ministre avait bel et bien usé de son influence politique au profit des trois hommes d’affaires.
Une chambre doit désormais décider de l’éventuel renvoi de M. De Decker devant un tribunal. Le président de son parti, le Mouvement réformateur (MR) de l’actuel premier ministre fédéral, Charles Michel, a quant à lui demandé à l’intéressé de démissionner de tous ses mandats publics, sous peine d’exclusion. Il s’agit, pour cette formation, d’éviter à tout prix d’être impliquée dans un scandale politico-financier.

M. De Decker, qui était encore député régional de Bruxelles, mais avait abandonné son poste de maire de la commune d’Uccle il y a quelques mois, a rapidement réagi : il a annoncé son retrait du MR, déplorant que la présomption...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Les entreprises britanniques sont exclues des appels d’offres du programme européen pour sa partie secret défense. Le gouvernement de Theresa May proteste.
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Brexit : les Britanniques, écartés de Galileo, envisagent de lancer un projet concurrent

Les entreprises britanniques sont exclues des appels d’offres du programme européen pour sa partie secret défense. Le gouvernement de Theresa May proteste.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h18
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Le ton continue de monter entre Londres et Bruxelles sur Galileo, le système européen de satellites de géolocalisation. Furieux de voir ses entreprises écartées de certains appels d’offres, à cause du Brexit, le Royaume-Uni menace de lancer son propre système concurrent. Le 2 mai, la première ministre, Theresa May, a annoncé qu’elle mettait « à l’étude le développement d’un système de navigation par satellites britannique ». Le 3 mai, la Chambre des communes s’est emparée du sujet, les députés s’inquiétant des répercussions pour la filière spatiale britannique, qui représente 40 000 emplois et 14 milliards de livres (16 milliards d’euros) de chiffre d’affaires.
La relation du Royaume-Uni avec Galileo est un condensé du Brexit. Dans les années 1990, le gouvernement britannique était très hésitant à rejoindre ce projet, concurrent du GPS américain. Le ministère de la défense craignait de fâcher ses partenaires de Washington. Progressivement, les Britanniques ont pourtant accepté d’y collaborer et ont financé 12 % du projet (et obtenu 15 % des contrats, en valeur). Aujourd’hui, Galileo est presque opérationnel : vingt-deux des trente satellites ont déjà été lancés, et tous le seront d’ici à 2020. Mais maintenant que le Brexit arrive, les entreprises britanniques se retrouvent exclues des appels d’offres classés secret défense. Et voilà que le Royaume-Uni est furieux. De collaborateur récalcitrant, il est devenu demandeur.
L’affaire a éclaté en janvier. Si Galileo est presque opérationnel, il reste de nombreux contrats à passer, notamment pour gérer sa partie la plus sensible : le « signal public régulé » (PRS dans son acronyme anglais). Celui-ci, confidentiel, sera réservé au secteur de la défense et est censé continuer à fonctionner même en cas de brouillage par une force ennemie.
Les entreprises britanniques qui voulaient y participer ont découvert qu’une « clause Brexit » les excluait. Seules peuvent être candidates celles qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Avec cinq longs-métrages présentés sur la Croisette, le cinéma transalpin connaît un retour en grâce, qu’incarne à merveille la jeune réalisatrice Alice Rohrwacher.
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A Cannes, une renaissance italienne

Avec cinq longs-métrages présentés sur la Croisette, le cinéma transalpin connaît un retour en grâce, qu’incarne à merveille la jeune réalisatrice Alice Rohrwacher.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 11h20
    |

            Aureliano Tonet (Rome, envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’est un rituel cannois cocasse, qui se tient chaque mois d’avril à Paris, lors de la conférence de presse d’avant-Festival. Sitôt la sélection officielle dévoilée, une voix rauque vrombit du fond de la salle, roulant les « r » avec la vélocité et la férocité d’un carrosse Ferrari. Fatalement, les regards se tournent vers une journaliste transalpine, aussi prompte à se saisir du micro qu’à ressasser, d’année en année, la même complainte : « Messieurs le Président et le Délégué général, déplore notre consœur, avec un pathos allant crescendo au fil des éditions, mais comment se fait-il qu’il y ait si peu de films italiens sélectionnés ? »
Ce printemps, ce lamento s’est tu. Et pour cause : deux films en compétition officielle – Heureux comme Lazzaro, d’Alice Rohrwacher, et Dogman, de Matteo Garrone –, un dans la section Un certain regard – Euphoria, de Valeria Golino –, deux à la Quinzaine des réalisateurs – Samouni Road, de Stefano Savona, et Troppa grazia, de Gianni Zanasi –, où figure de surcroît le court-métrage La Lotta, du maestro Marco Bellocchio… Cela faisait un bail que la flotte de la Botte dépêchée sur la Croisette n’avait eu si fière allure.
Cerveau malade
Nul besoin de fureter bien loin pour en trouver la figure de proue : du haut de ses 36 ans et de son visage sans âge, mi-Madone mi-enfant, Alice Rohrwacher incarne à merveille ce retour en grâce. A Cannes, son deuxième long-métrage – justement intitulé Les Merveilles – s’était vu auréoler du Grand Prix en 2014, quand le premier, Corpo celeste, avait révélé son talent à la Quinzaine en 2011. Le troisième a valeur de symbole : sous le patronage du saint du même nom, Heureux comme Lazzaro ne conte rien de moins qu’une résurrection.
Jeune paysan d’une vallée reculée du Latium, Lazzaro est doux comme un agneau. Ce qui ne l’empêche pas de communiquer avec les loups qui rôdent alentour,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Après trois semaines de protestations, le Parlement arménien s’est réuni pour la deuxième fois en huit jours pour élire le chef du gouvernement.
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En Arménie, l’opposant Nikol Pachinian élu premier ministre

Après trois semaines de protestations, le Parlement arménien s’est réuni pour la deuxième fois en huit jours pour élire le chef du gouvernement.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 09h34
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 13h59
   





                        



   


Après trois semaines de protestations antigouvernementales, le Parlement arménien a élu, mardi 8 mai, l’opposant Nikol Pachinian au poste de premier ministre de ce pays du Caucase du Sud. Seul candidat en lice, ce député d’opposition et ancien journaliste, qui se présentait comme le « candidat du peuple », a été soutenu par 59 députés, alors qu’il avait besoin de 53 voix pour être élu ; 42 députés ont voté contre lui.
Il s’agit du deuxième vote au Parlement arménien en huit jours sur la candidature de M. Pachinian, 42 ans, qui avait subi un échec le 1er mai, ses adversaires du parti républicain au pouvoir, qui dispose de 58 sièges sur 105, ayant alors fait bloc contre lui.
Des dizaines de milliers de partisans de Pachinian s’étaient rassemblés sur la place de la République, dans le centre d’Erevan, la capitale, pour suivre en direct le vote sur des écrans géants. Au cri de « Nikol ! », ils ont laissé éclater leur joie à l’annonce du résultat, lâchant des colombes blanches dans le ciel en signe de paix.
« Assurer la stabilité dans le pays »
Depuis le 13 avril, Nikol Pachinian a mobilisé des dizaines de milliers d’Arméniens pour manifester pacifiquement contre l’ancien président Serge Sarkissian (2008-2018), devenu pour quelques jours premier ministre et acculé à la démission, et son Parti républicain d’Arménie, accusés de ne pas avoir lutté efficacement contre la pauvreté et la corruption. A l’appel de M. Pachinian, les manifestants ont notamment bloqué des routes et des chemins de fer, en paralysant à plusieurs reprises la capitale Erevan.
« Notre position n’a pas changé. Nous sommes toujours contre la candidature de Nikol Pachinian, mais le plus important pour nous est d’assurer la stabilité dans le pays », a déclaré peu avant le vote le chef du groupe parlementaire du Parti républicain, Vagram Bagdassarian. Les Républicains ont donc décidé d’assurer 11 voix à M. Pachinian pour permettre son élection, mais la majorité des députés du parti ont voté contre pour exprimer leur opposition à sa candidature, a-t-il expliqué.
Le chef du gouvernement dispose de pouvoirs élargis en Arménie après une réforme constitutionnelle, alors que le président remplit désormais des fonctions essentiellement honorifiques.

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Contre la corruption et les persécutions

   


« La première chose que je devrais faire après mon élection sera d’assurer une vie normale dans le pays, a déclaré M. Pachinian mardi, lors de son discours devant le Parlement avant le vote. Il n’y aura pas de corruption en Arménie. Et le pays pourra tourner une fois pour toutes la page des persécutions politiques. » 
Son arrivée au pouvoir ne devrait pas mettre pour autant fin à la crise secouant depuis la mi-avril ce pays de 2,9 millions d’habitants, puisque ses adversaires du Parti républicain disposeront toujours de la majorité au Parlement. Cette cohabitation ne devrait toutefois pas durer, estime l’analyste Viguen Akopian, qui croit à une rapide convocation de législatives anticipées après l’élection de M. Pachinian. Un scrutin que le très impopulaire Parti républicain est quasiment certain de perdre, selon les analystes interrogés par l’Agence France-Presse.
Lundi soir, plusieurs milliers d’Arméniens ont acclamé Nikol Pachinian sur la place de la République, au cœur de la capitale et haut lieu de la contestation antigouvernementale. M. Pachinian est parvenu en trois semaines à se construire une popularité fondée sur la lutte contre la corruption, un mal que Transparency International qualifie d’« endémique » dans ce pays indépendant depuis 1991.
La fronde lancée mi-avril, que M. Pachinian qualifie de révolution de velours, est restée pacifique : aucune violence n’a émaillé les manifestations auxquelles il a appelé. A l’origine de cette crise politique sans précédent, l’élection de l’ex-président Serge Sarkissian au poste de premier ministre. Un geste qui avait provoqué l’ire populaire, les manifestants l’accusant de s’accrocher au pouvoir après avoir échoué à lutter contre la corruption et la pauvreté pendant une décennie passée à la tête de l’Arménie.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Depuis les élections législatives du 4 mars, aucun accord sur une majorité parlementaire entre les forces politiques italiennes n’a été trouvé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/05/2018
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Le président italien veut un gouvernement « neutre » pour diriger le pays jusqu’en décembre

Depuis les élections législatives du 4 mars, aucun accord sur une majorité parlementaire entre les forces politiques italiennes n’a été trouvé.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 19h43
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 10h44
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



   


Le Mouvement 5 étoiles (M5S) est arrivé au palais du Quirinal en premier, lundi 7 mai au matin, à trois dans une voiture conduite par leur dirigeant, Luigi Di Maio. Puis, c’était au tour de la coalition de droite, dont les représentants sont venus en ordre dispersé, dans trois véhicules différents. Enfin, la direction du Parti démocrate est apparue, à pied, trois visages fermés montant lentement les marches avec quelques minutes de retard, dans un cortège funèbre formant une image parfaite de l’état de la gauche italienne.
Devant le président, Sergio Mattarella, chaque camp a de nouveau exposé sa position, conduisant à la même impossibilité : depuis les élections législatives du 4 mars, qui n’ont dégagé aucune majorité, les différentes forces politiques se sont montrées incapables de surmonter leurs divergences pour parvenir à conclure une alliance, qui permettrait de donner un gouvernement au pays.
Or, il est des décisions, à Rome et à Bruxelles, qui ne peuvent pas être reportées indéfiniment : aussi Sergio Mattarella a-t-il annoncé, lundi soir, sur l’air de la patrie en danger, sa volonté d’appeler chacun à la « responsabilité » pour mettre sur pied un gouvernement « politiquement neutre » jusqu’à la fin de l’année, permettant notamment l’adoption d’un budget. Il doit faire connaître, « dans les deux jours », l’identité de la personne chargée de constituer cet exécutif provisoire.
Mais de quelle « neutralité » peut-il être question alors que les deux grands vainqueurs du scrutin, la Ligue de Matteo Salvini et le Mouvement 5 étoiles de Luigi Di Maio, contestent la légitimité des engagements internationaux souscrits par l’Italie, ainsi que la trajectoire budgétaire définie par le gouvernement sortant ? Comment pourrait-il être question d’expédier les affaires courantes, alors que les gagnants de mars ont promis à leurs électeurs qu’ils allaient renverser la table ?
La Ligue comme le Mouvement 5 étoiles penchent pour un nouveau vote le plus vite possible
Dans les minutes qui ont suivi, Luigi Di Maio faisait savoir qu’il s’opposerait à cette solution rappelant trop les « gouvernements techniques » du passé, et exigeait de nouvelles élections, le plus vite possible, tandis que Matteo Salvini réclamait d’être chargé de constituer un gouvernement, même en l’absence de majorité, annonçant qu’il se rangerait, en cas de refus de la présidence, à l’idée d’un vote dans les plus brefs délais.
Prudent et temporisateur, Sergio Mattarella a pourtant laissé le temps aux négociations. Le 18 avril, il a tout d’abord confié à la présidente du Sénat, Maria Elisabetta Casellati, une proche de Silvio Berlusconi, le soin d’explorer les possibilités d’alliance entre la coalition de droite, désormais dominée par la Ligue du très eurosceptique Matteo Salvini, et le Mouvement 5 étoiles.
Peine perdue : Luigi Di Maio refusant de traiter avec Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, un accord entre le M5S et la Ligue supposerait la rupture de l’alliance de droite. Un virage stratégique auquel le dirigeant de la Ligue n’a aucun intérêt : ce faisant, il ne représenterait plus que les 17 % des voix qu’il a obtenues le 4 mars, ce qui le priverait de la plupart de son poids politique, tout en mettant en péril l’ancrage local de son parti, qui dirige, avec l’appui de Forza Italia, trois grandes régions du Nord du pays (la Lombardie, la Vénétie et le Frioul-Vénétie julienne).
Après l’échec de cette première option, Sergio Mattarella s’est tourné vers le président de la Chambre des députés, Roberto Fico, en lui demandant, le 23 avril, d’étudier les possibilités d’un rapprochement avec la gauche, sortie en lambeaux du scrutin du 4 mars. Les discussions autour du « contrat à l’allemande » proposé par Luigi Di Maio au Parti démocrate ont duré quelques jours.
Jusqu’au coup d’éclat de l’ancien premier ministre, Matteo Renzi, apparu le 29 avril à la télévision pour torpiller les tractations, affirmant que les vainqueurs devaient s’entendre entre eux, et que le Parti démocrate, que tout sépare idéologiquement du M5S, devait rester dans l’opposition. Une initiative diversement appréciée au sein du parti, mais qui a eu pour effet d’arrêter net les discussions.
Culture de l’affrontement
Depuis cette date, le retour aux urnes apparaît chaque jour plus inévitable. A quelle échéance ? La Ligue comme le Mouvement 5 étoiles penchent pour un nouveau vote le plus vite possible. En proposant ce « gouvernement neutre », avatar des « gouvernements techniques » du passé, que Luigi Di Maio et Matteo Salvini rejettent catégoriquement, il s’agit avant tout de repousser l’échéance, et de parvenir à la mise sur pied du budget 2019, évitant ainsi une panique sur les marchés financiers. Mais l’idée est également de tout faire pour que le deuxième scrutin se déroule dans un contexte différent du premier, évitant une répétition de l’actuel scénario.
En refusant d’avaliser ce schéma, les deux vainqueurs du 4 mars risquent de passer pour irresponsables auprès de l’opinion. A l’inverse, s’ils acceptent, ils s’exposent au risque de décevoir la base de leur électorat, chauffée à blanc depuis des années contre les arrangements de coulisses qui sont la caractéristique du parlementarisme italien.

        Tout comprendre :
         

          Deux mois après une élection sans vainqueur, où en est l’Italie ?



Plus largement, c’est cette conception consensuelle et modérée du fonctionnement des institutions qui semble au cœur de la crise politique actuelle, comme si les codes traditionnels n’étaient plus partagés par personne, et avaient cédé la place à une culture de l’affrontement qui interdit l’idée même de la recherche de compromis.
Vieux routier du parlementarisme italien, Sergio Mattarella n’a jamais semblé jusqu’à présent avoir prise sur les événements, comme son prédécesseur, Giorgio Napolitano (2006-2015), lors de la crise postélectorale de 2013. Et ce d’autant plus que les nouveaux acteurs du jeu politique refusent obstinément de se plier aux usages ayant eu cours jusqu’ici.
Si le « gouvernement neutre » annoncé par Sergio Mattarella pour les prochains jours n’arrive pas à voir le jour, un vote immédiat paraît inévitable. Les dates pour l’heure évoquées sont celles du 8 ou du 22 juillet. Un choix qui reviendrait à mettre en péril un autre principe fondamental du fonctionnement de la démocratie italienne : la trêve estivale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le chef de l’Etat commence un quatrième mandat à la tête du pays, lundi 7 mai. Sans surprise, il a proposé Dmitri Medvedev au poste de premier ministre.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Un an après son arrivée au pouvoir, comment Emmanuel Macron est-il perçu à l’étranger ? Tour d’horizon, de la Scandinavie au Brésil en passant par les Etats-Unis.
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En Europe centrale, les perceptions contrastées du macronisme

Un an après son arrivée au pouvoir, comment Emmanuel Macron est-il perçu à l’étranger ? Tour d’horizon, de la Scandinavie au Brésil en passant par les Etats-Unis.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 14h42
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h03
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


En Autriche, les commentateurs de l’actualité politique aiment voir en Sebastian Kurz un « Macron des Alpes » : le plus jeune chef d’Etat du monde partage en effet avec le président français une précocité insolente à ce niveau de pouvoir. Il est chancelier, à 31 ans seulement. Il plaît donc aux Autrichiens de faire partie de ces pays dirigés par une nouvelle génération fringante à laquelle appartient aussi Justin Trudeau, le chef du gouvernement canadien.
Autre point commun : une ascension fulgurante, forgée dans le rejet des clivages partisans et une capacité à incarner une forme de renouveau face à un ancien « système » largement critiqué, alors même que ces deux leadeurs y ont construit les bases de leurs ambitions.
La politique d’Emmanuel Macron, libérale sur le plan économique et restrictive sur le plan migratoire, est par ailleurs en phase avec ce que tente d’incarner le chancelier autrichien, même si ce dernier, qui gouverne avec l’extrême droite, est bien plus conservateur sur les questions de société dans ce pays catholique de 8,7 millions d’habitants.
Vu de Budapest, un épouvantail
Le gouvernement autrichien est enfin opposé à plusieurs projets macroniens de réformes concernant l’Europe, Vienne tendant à plus de subsidiarité et rejoignant là plutôt des pays comme la Hongrie.

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Viktor Orban incarne d’ailleurs plus que jamais l’anti-Macron, après sa victoire aux législatives hongroises du 8 avril et en prévisions des européennes de 2019. Vu de Budapest, le dirigeant français est un épouvantail. Il porte le danger d’un renforcement d’une Union européenne vilipendée à longueur de discours par la figure de proue du souverainisme qu’est M. Orban. Et M. Macron est un outsider, alors que le parti Fidesz de Viktor Orban appartient à la famille du Parti populaire européen (PPE), qui domine l’Union.
Dans les rangs du Fidesz, on aime souvent, d’ailleurs, rappeler qu’au niveau européen, La République en marche ne pèse rien ou presque. Manière de relativiser le poids politique de l’étoile montante de l’Occident libéral honni par les souverainistes de l’Est.

Emmanuel Macron vu d’ailleurs
Le Monde publie une série d’articles pour analyser la perception du président français hors de l’Hexagone :

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Malgré un fort taux de « faux positifs », la police parle tout de même d’un « succès retentissant », qui aurait permis de procéder à 450 arrestations depuis juin 2017.
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Efficacité en demi-teinte pour le système de reconnaissance faciale de la police galloise

Malgré un fort taux de « faux positifs », la police parle tout de même d’un « succès retentissant », qui aurait permis de procéder à 450 arrestations depuis juin 2017.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 14h01
   





                        



   


2 470 signalements… dont 2 297 fausses alertes. C’est le bilan en apparence très mitigé des premiers tests de la police galloise en matière de reconnaissance faciale automatique, menés en juin 2017 à Cardiff, qui ont provoqué l’ire d’associations de défense des libertés publiques, à l’image de Big Brother Watch.
A l’occasion de la finale de la Ligue des champions, la police a ainsi scanné en temps réel les visages des passants grâce à des caméras de sécurité. Des données ensuite comparées automatiquement avec une base de données de 500 000 clichés anthropométriques.
Les comparaisons ont donné lieu à de très nombreux signalements… qui, dans près de 93 % des cas, se sont avérés être de fausses alertes, le système de reconnaissance confondant en réalité les passants avec des individus suspects.
L’opération a pourtant ensuite été régulièrement répétée lors des mois qui ont suivi, à l’occasion d’autres événements sportifs et de concerts.
Pas d’arrestation par erreur
Il s’agirait pourtant d’un « succès retentissant », d’après la police de Galles du Sud, qui, à l’issue de dix mois d’utilisation du dispositif, dressait vendredi 4 mai un premier bilan sur son site.
Si le système souffrait d’un taux d’erreur (ou « faux positif ») de près de 93 % lors de la finale de la Ligue des champions, il est tombé à 72 % en moyenne lors d’événements ultérieurs, sur des volumes certes moindres.
Dans un communiqué paru le même jour, la police de Galles du Sud préfère d’ailleurs insister sur le verre à moitié plein, expliquant que le système de reconnaissance faciale automatique aurait en fin de compte permis 450 arrestations depuis juin 2017 – et, déjà, plusieurs condamnations. « Bien sûr que notre système de reconnaissance faciale n’est pas précis à 100 % », se défend la police. Cependant, « aucun individu n’aurait été arrêté après un faux positif ».
« La majorité du temps », les erreurs seraient ainsi rapidement retoquées par un agent humain chargé de vérifier les résultats de l’outil de reconnaissance faciale. Dans les cas, minoritaires à en croire la police, où une erreur ne serait pas immédiatement identifiée, « une discussion entre l’officier de police [chargé d’intervenir] et l’individu » serait « normalement » suffisante pour dissiper les derniers risques d’erreur.
Dans le même communiqué, la police galloise s’est dite soucieuse de respecter le règlement général sur la protection des données (RGPD), qui entrera en vigueur le 25 mai dans l’ensemble de l’Union européenne. Tout en évoquant « la nécessité de conserver un équilibre entre sécurité et vie privée ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Un an après son arrivée au pouvoir, comment Emmanuel Macron est-il perçu à l’étranger ? Tour d’horizon, de la Scandinavie au Brésil en passant par les Etats-Unis.
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Macron agace à Moscou, mais le Kremlin le ménage

Un an après son arrivée au pouvoir, comment Emmanuel Macron est-il perçu à l’étranger ? Tour d’horizon, de la Scandinavie au Brésil en passant par les Etats-Unis.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 13h05
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 13h20
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


La décision d’Emmanuel Macron de maintenir envers et contre tout sa première visite en Russie, les 24 et 25 mai, sauve les apparences. « Jusqu’ici, la France a fait preuve d’une attitude constructive, saluait récemment le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Les autorités françaises ne fuient pas le dialogue, au contraire, elles sont disposées à résoudre les problèmes par la voie de la négociation. Cela coïncide entièrement avec l’approche de notre président. » Sur la forme, peut-être. Mais sur le fond, les divergences se creusent.
Le soutien apporté par la France à la Grande-Bretagne dans l’affaire Skripal, l’ex-agent double empoisonné par une substance chimique d’origine russe, selon Londres, tout comme les critiques répétées de Paris sur le soutien sans faille de Moscou à son allié syrien, n’ont pas été sans conséquences. Dans le premier cas, l’Elysée a saisi l’occasion pour expulser quatre diplomates russes – comme l’avaient fait 27 autres pays. Dans le second cas, en liaison avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, la France a participé pour la première fois, le 14 avril, à des frappes aériennes communes contre le régime de Bachar Al-Assad, accusé d’avoir eu de nouveau recours à l’arme chimique, quelques jours plus tôt, dans la Ghouta orientale.

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                Affaire Skripal : le front uni des Occidentaux face à la Russie



« Position coloniale »
En direct sur la chaîne BFM-TV, le 15 avril, le président français avait ensuite présenté les Russes comme les « complices » de Damas, qui « ont construit méthodiquement, par la voie diplomatique, l’incapacité internationale à empêcher l’utilisation des armes chimiques ». C’est peu dire qu’à Moscou, Emmanuel Macron agace. « C’est déjà une sorte de position coloniale », avait ainsi raillé le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, en réaction aux propos du chef de l’Etat français incitant Donald Trump à ne pas retirer ses forces armées dans la région afin de « construire une nouvelle Syrie ».
En dépit de tous ces accrocs dans la relation bilatérale, M. Macron met un soin particulier à maintenir le contact avec Vladimir Poutine, avec lequel il multiplie les gestes de bonne volonté. Le chef du Kremlin avait déjà eu un bref aperçu de cette politique du chaud et du froid soufflés en alternance, lorsque, reçu en grande pompe à Versailles en mai 2017 par son hôte tout juste élu, il avait pu, aussi, mesurer sa rhétorique abrupte et sa façon de couper court à ses arguments.
« Nouvelle page »
Depuis, les deux hommes se sont entretenus à huit reprises par téléphone, dont la moitié durant le seul mois d’avril. A la veille des frappes aériennes en Syrie – devenu le dossier le plus épineux entre Paris et Moscou depuis l’intervention militaire russe en 2015 –, le président français a appelé M. Poutine. Il a de nouveau fait usage de sa ligne directe avec le Kremlin, le 23 et le 30 avril, avant et après son déplacement aux Etats-Unis. De part et d’autre, cependant, ces échanges restent formels. Ainsi, lors du dernier appel, le Kremlin s’est contenté de sèchement rappeler son attachement au « strict respect » de l’accord nucléaire iranien alors que l’Elysée avait tenté de plaider, outre-Atlantique, pour une nouvelle version.
Moscou et Paris partagent néanmoins un intérêt commun à préserver sur le fil du rasoir leurs relations. Pour Emmanuel Macron, le sujet est presque devenu un terrain d’affrontement avec son prédécesseur, François Hollande, pour qui « si la Russie est menaçante, elle doit être menacée », et dont il cherche à tout prix à se démarquer. De son côté, le chef de l’Etat russe considère la France comme un acteur compatible avec Moscou au sein d’une Europe jugée hostile.
« Macron est dur, mais le Kremlin sait très bien que l’humeur en France est plutôt à “ouvrons une nouvelle page”, décrypte le politologue Dmitri Orechkine. Il espère donc le séduire afin de montrer au reste du monde tous les avantages qu’il y aurait à coopérer avec la Russie. » Dans cette optique, Moscou ménage son invité.



                            


                        

                        


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En Scandinavie, le malentendu perdure quant au projet macronien

Un an après son arrivée au pouvoir, comment Emmanuel Macron est-il perçu à l’étranger ? Tour d’horizon de Scandinavie au Brésil en passant par les Etats-Unis.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 13h02
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


Le soir du 7 mai 2017, une majorité des politiciens scandinaves exultaient : enfin un président français à leur goût. Jeune, réformateur, marié à Brigitte Macron, et surtout qui ne tarissait pas d’éloge sur le fameux « modèle scandinave ». Députés et ministres de tous bords revendiquaient leur parenté idéologique avec Emmanuel Macron, trahissant le malentendu autour du projet de ce candidat sorti de nulle part. Un an plus tard, la surprise est passée, mais la confusion demeure.
« Parce que les Suédois le jugent à l’horizon de notre système politique, on a beaucoup de mal à déterminer où il se situe vraiment sur l’échelle droite-gauche, ce qui suscite une ambivalence sur son programme », note Göran von Sydow, directeur de l’Institut suédois d’études européennes. La réforme du marché du travail, par exemple : « Etait-ce un projet libéral ou bien une politique inspirée du modèle suédois ? Beaucoup se posent la question », observe le politologue.
Surtout que sa méthode brouille les cartes, remarque le journaliste danois Bjorn Bredal, actuellement à Paris où il observe la grogne sociale monter. « Au Danemark, nous avons une démocratie consensuelle. La démocratie conflictuelle à la française est difficile à comprendre pour les Danois. Macron en est devenu le symbole. En même temps, il séduit car il ose gouverner. »
« Terrain d’entente »
Dans les pays scandinaves, où la modestie et la discrétion sont en général des vertus appréciées chez les gouvernants, le président « jupitérien » fascine. « Cette manière d’incarner le pays, entre roi et président, est inconcevable chez nous, assure Bjorn Bredal. D’ailleurs, les Danois rient un peu de cette façon tellement française de se prendre à ce point au sérieux. François Hollande à cet égard ressemblait plus à nos politiciens. »
Sur la politique menée par le gouvernement depuis un an, les Scandinaves sont divisés. D’un côté, ils apprécient « la volonté de moderniser la France, de se tourner vers l’avenir », note le politologue Göran von Sydow. Sur la question climatique ou le numérique, par exemple : « Ce sont des sujets sur lesquels nous pouvons trouver un terrain d’entente. » Le député finlandais libéral-conservateur Juhana Vartiainen, applaudit également des réformes économiques qui « mettent fin à l’immobilisme sur le marché du travail français ».
Mais sur la scène européenne, le volontarisme de M. Macron agace des Scandinaves, peu favorables au renforcement de l’intégration encouragé par Paris. « Les sociaux-démocrates suédois, par exemple, veulent discuter de la dimension sociale de l’UE, mais ils ne veulent pas d’initiatives supranationales », constate Björn Fägersten, chercheur à l’Institut suédois des affaires internationales. La Suède, qui n’appartient pas à la zone euro, s’inquiète d’une « Europe à deux vitesses où elle se retrouverait à la périphérie », ajoute le politologue Göran von Sydow.
Pain de seigle

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Même son de cloche au Danemark, où le premier ministre libéral Lars Lokke Rasmussen a tenu à modérer les ardeurs européennes du président français après le discours de la Sorbonne, en septembre 2017, puis celui devant le Parlement Européen, estimant que l’heure n’était « pas au grand projet d’intégration européenne » mais « au travail du rugbrod », littéralement le pain de seigle danois, une façon de désigner le labeur quotidien. « Le gouvernement danois est terrifié à l’idée que la population puisse croire qu’il soutient cette position favorable à plus d’Europe », raille le journaliste Bjorn Bredal.
Les médias scandinaves se font écho de cette irritation à l’égard de celui qu’ils qualifient désormais de président « impatient ». Dans un éditorial du 23 avril, intitulé « Macron doit accepter que l’Union ait besoin de patience », le quotidien suédois Dagens Nyheter « souhaite bonne chance au président Macron dans son projet français, même si cela ne lui ferait pas de mal de temps en temps de montrer un peu d’humilité ». Car, souligne le journal, « l’UE ne peut certainement pas fonctionner comme un one-man show ».



                            


                        

                        


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Ciudadanos profite de l’effet Macron pour bousculer l’Espagne

Un an après son arrivée au pouvoir, comment Emmanuel Macron est-il perçu à l’étranger ? Tour d’horizon de Scandinavie au Brésil en passant par les Etats-Unis



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h39
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 14h34
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


La victoire du président français avait été vécue comme un soulagement de l’autre côté des Pyrénées où dominait la crainte d’une victoire de partis politiques eurosceptiques, le Front national ou la France insoumise, dans une moindre mesure. Car les Espagnols, eux, veulent majoritairement plus d’Europe.
Durant sa première année, Emmanuel Macron n’a pas déçu les formations espagnoles qui, du Parti socialiste au Parti populaire (PP) en passant par Ciudadanos, demandent que l’Union européenne se renforce, s’intègre et dispose notamment d’une gouvernance économique commune.
Son discours à la Sorbonne en septembre a été très commenté et ses déplacements sont couverts par une presse espagnole qui semble fascinée. Même les grèves sont perçues dans les éditoriaux comme un signe positif : celui que la France est en train de faire des réformes.

Le 9 avril, le quotidien El Pais a ainsi publié un éditorial félicitant Macron d’avoir « réussi l’adoption d’une réforme du code du travail qui met à plat les droits des travailleurs. C’est à présent le tour de la SNCF et, bientôt, il réalisera les changements institutionnels qui limiteront les mandats des élus et réduira le nombre de parlementaires. (…) C’est une grande opportunité pour Macron de mener à bien les réformes tant de fois repoussées et dont la France a tant besoin pour l’avenir ».
Podemos se montre très critique
Le chef du gouvernement conservateur, Mariano Rajoy, a compris l’attrait du président français et ne manque pas de faire remarquer sur Twitter, photos à l’appui, les bonnes relations qu’il maintient avec son « collègue et ami ». La visite de Bruno Le Maire début avril pour rencontrer son homologue espagnol, le nouveau ministre de l’économie, Roman Escolano, et proposer à l’Espagne de participer à la rédaction de la feuille de route franco-allemande de réforme de la zone euro a réconforté le chef de l’exécutif espagnol. M. Rajoy est bien content de trouver un allié à Paris, même s’il est l’allié d’Angela Merkel, au sein du Parti populaire européen.
« En Espagne, Emmanuel Macron est perçu positivement par la droite et par la gauche car il affaiblit le monopole allemand sur l’idée européenne, associé ici aux politiques d’austérité », explique le politologue Fernando Vallespin, qui reconnaît que son charisme politique suscite de « l’admiration et de l’envie en Espagne où, depuis Felipe Gonzalez [président du gouvernement espagnol entre 1982 et 1996], il n’existe pas de leaders de la sorte ».
Sur Twitter, on peut même lire que certains s’extasient de sa capacité à prononcer ses discours aux envolées lyriques sans regarder de notes, contrairement à ses homologues espagnols. Seul Podemos se montre très critique avec le président français, qui n’est pour eux qu’un nouveau visage du capitalisme. Mais le parti de la gauche radicale n’en est pas moins admiratif de son succès, au point d’avoir copié le nom de son mouvement, pour le grand séminaire de réflexion et consultation des bases avant les prochaines élections : « En Marcha 2019 ».
Ciudadanos, le parti libéral qui se présente comme l’équivalent espagnol d’En marche, compte bien profiter des succès du président français pour convaincre les électeurs espagnols de voter pour son président, Albert Rivera. En tête dans les sondages, il a d’ailleurs annoncé que l’ancien premier ministre français d’origine catalane Manuel Valls, député apparenté LREM, fervent défenseur de l’unité de l’Espagne ultra-médiatique dans le pays, pourrait être son candidat aux élections municipales de Barcelone l’an prochain.
« Charisme » et « culture »
De quoi provoquer des commentaires ironiques sur une possible nouvelle invasion napoléonienne de l’Espagne. « Le Parti socialiste ouvrier espagnol [PSOE] est le plus inquiet de l’effet Macron, responsable de la quasi-disparition du Parti socialiste français, depuis l’annonce de la candidature de Manuel Valls à la mairie de Barcelone, avec Ciudadanos », ajoute M. Vallespin.
Ciudadanos assure être en contact quotidiennement avec les équipes d’En marche !, en vue notamment de préparer les élections européennes de 2019. Mais, minimisant le risque que le tremblement de terre En marche ! frappe l’Espagne, les élus de droite et de gauche ne manquent pas d’ironiser en privé sur Albert Rivera, dont ils disent qu’il n’a « ni le charisme ni la culture de M. Macron ». Une autre manière indirecte de montrer leur admiration pour le président français.
Celle-ci cependant pourrait retomber si ses objectifs européens ne sont pas respectés, comme l’a laissé entendre l’ancienne ministre espagnole du PP aux affaires étrangères, Ana Palacio, dans une tribune, le 3 mai, dans le quotidien El Pais. Selon elle, « beaucoup se demandent si l’étoile de Macron ne brille pas trop, et n’est donc pas destinée à s’éteindre rapidement ». Saluant « ses appels ambitieux à l’unité européenne et son soutien persistant à la démocratie libérale », elle estime que « Macron démontre qu’il est un soliste exceptionnel, mais l’Europe a aujourd’hui surtout besoin d’un chœur ! »

Emmanuel Macron vu d’ailleurs
Le Monde publie une série d’articles pour analyser la perception du président français hors de l’Hexagone :

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En Allemagne, « l’effet Macron » et ses limites

Un an après son arrivée au pouvoir, comment Emmanuel Macron est-il perçu à l’étranger ? Tour d’horizon de Scandinavie au Brésil en passant par les Etats-Unis.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h38
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


C’était le 15 mai 2017, Angela Merkel accueillait pour la première fois le président Emmanuel Macron à Berlin et, pour l’occasion, des centaines de personnes s’étaient rassemblées devant la chancellerie afin d’applaudir celui qui était entré la veille à l’Elysée. Du jamais-vu !
Mais ce comité d’accueil était à l’image de ce que la grande majorité des Allemands avait ressenti lors de l’élection de M. Macron, volontiers décrit dans la presse de l’époque comme un « enfant prodige » (Wunderkind) de la politique voire comme le portrait-robot du dirigeant idéal, « plus jeune que John Fitzgerald Kennedy, plus libéral que Tony Blair et plus européen que Gerhard Schröder », comme l’avait écrit la Frankfurter Allgemeine Zeitung, en mars 2017.
Un an plus tard, il reste quelque chose de cet enthousiasme des débuts outre-Rhin. D’abord, parce M. Macron a engagé les réformes que l’Allemagne attendait de la France et que tant de ses prédécesseurs avaient renoncé à faire après les avoir promises. « Il a déjà beaucoup fait et beaucoup obtenu, non seulement il a imposé des réformes, mais il a commencé à les mettre en œuvre. Il a créé un changement de climat politique et économique, si bien que la France est perçue aujourd’hui comme un pays fort en Europe et au-delà », commentait ainsi récemment l’ancien ministre conservateur des finances, Wolfgang Schäuble (CDU), aujourd’hui président du Bundestag, dans Le Journal du dimanche.
Les Allemands lui reconnaissent le mérite d’avoir des idées
La seconde raison pour laquelle M. Macron continue d’être apprécié – et même admiré – en Allemagne est liée à son engagement européen. Non pas que les Allemands soient favorables à toutes ses idées dans ce domaine : sa volonté de réformer la zone euro en la dotant d’un budget et d’un ministre des finances suscite ainsi de vives réticences chez les conservateurs et un intérêt prudent chez les sociaux-démocrates. Mais l’essentiel n’est pas là. Car même ceux qui sont en désaccord avec telle ou telle de ses propositions reconnaissent au moins au chef de l’Etat français un grand mérite : celui d’avoir des idées.

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Ce sentiment, assez largement partagé en Allemagne, n’est d’ailleurs pas exempt d’arrière-pensées politiques, en particulier chez les adversaires politiques de Mme Merkel qui citent M. Macron en exemple pour mieux souligner les faiblesses supposées de la chancelière, après sa laborieuse réélection.
Cela s’est encore vu, fin avril, lors de la dernière visite du président français à Berlin. « Le gouvernement fédéral n’a pas de réponse face à Macron », a ainsi déploré Christian Lindner, le président du Parti libéral-démocrate (FDP), tout en reconnaissant ne pas partager lui-même toutes les idées de M. Macron.
La même critique a été formulée à gauche. Ainsi de ce commentaire paru le 19 avril dans le quotidien Tageszeitung, après la visite de M. Macron à Berlin : « La garantie européenne des dépôts ne viendra que dans un futur lointain, a dit Mme Merkel. En allemand, cela veut dire : jamais. La chancelière a certes voulu donner l’impression qu’elle était plus une Mme Peut-Etre qu’une Mme Non. Mais au fond le message est le suivant : Macron est tout seul chez lui. »
Volontaire, audacieux, imaginatif : en la personne de M. Macron peut-être plus encore qu’en sa politique, les adversaires de la chancelière ont au fond trouvé un miroir idéal. Comme si, un an après son élection, ces derniers voyaient en lui la mauvaise conscience d’Angela Merkel…
« Veut-il régner comme un monarque absolu  ? », s’était interrogé le Spiegel, dès juin 2017, dans un article consacré à l’exercice du pouvoir d’« Emmanuel I »
Si elle reste globalement très positive, l’image du chef de l’Etat français se teinte néanmoins, depuis quelques semaines, de quelques interrogations. Très tôt après son élection, la presse allemande s’était montrée intriguée par le style monarchique et volontiers autoritaire de M. Macron. « Veut-il régner comme un monarque absolu ? », s’était ainsi interrogé le Spiegel, dès juin 2017, dans un article consacré à l’exercice du pouvoir d’« Emmanuel I ».
A l’époque, toutefois, les commentaires inspirés en Allemagne par l’attitude de M. Macron étaient plutôt à l’avantage de ce dernier. Après Nicolas Sarkozy et François Hollande, la France avait enfin élu un homme dont le style semblait coller à l’idée que le général de Gaulle se faisait de la présidence de la République.

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Un an plus tard, certains observateurs allemands commencent toutefois à s’interroger sur les limites d’une pratique du pouvoir qui, en se voulant trop autoritaire, risque de perdre en efficacité. « Emmanuel Macron provoque chaque jour un nouveau débat et, ce faisant, il en vient à irriter le pays. On peut douter du fait qu’il réussisse à unir une France divisée avec une telle façon de gouverner », commentait ainsi la Süddeutsche Zeitung, le 12 avril.
Le quotidien munichois de centre gauche ne remettait pas pour autant en cause le fond de la politique de M. Macron, estimant par ailleurs que celui-ci avait jusqu’à présent plutôt réussi son pari réformateur. « Cette stratégie des gros chantiers ouverts les uns après les autres pourrait se retourner contre Macron s’il parvenait à monter tout le monde contre lui au même moment et, ce faisant, réussissait à créer contre lui une alliance dont rêvent ses opposants. Il semble toutefois que la France soit encore loin d’avoir un tel front uni contre son président. »



                            


                        

                        


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Vu de Londres, Macron a dérobé aux Britanniques leur « relation spéciale » avec les Etats-Unis

Un an après son arrivée au pouvoir, comment Emmanuel Macron est-il perçu à l’étranger ? Tour d’horizon de Scandinavie au Brésil en passant par les Etats-Unis.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h37
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 13h48
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Même les images de voitures en feu lors de la manifestation du 1er-Mai à Paris, même les échos de Mai 68 dans les protestations antisélection des étudiants français laissent les médias britanniques de marbre. Ils n’ont d’yeux que pour l’hôte de l’Elysée. Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, la force de séduction du président français, son audace à damer le pion aux Britanniques dans sa relation avec Donald Trump et, pour les tabloïds, la « glamorous » Brigitte, continuent de nourrir la chronique d’une France en pleine renaissance au moment où les incertitudes du Brexit plombent l’ambiance au Royaume-Uni.
Il faut le sérieux et macronphile Financial Times pour se demander, en couverture de son magazine de fin de semaine, si « un homme peut vraiment changer la France ». Après avoir décrit « la présidence la plus centralisée et la plus technocratique que la France ait connue depuis 1945 » sous la houlette du « leadeur français le plus jeune depuis Napoléon », le journal pro-européen et libéral balance entre admiration et inquiétude. « Les ouvriers, qui ont largement voté pour Le Pen, ne sont pas attirés vers Macron. La colère est encore là, remarque-t-il. Il reste [à M. Macron] à démontrer sa capacité à tirer les classes populaires hors de l’influence des extrêmes. »
Si les grèves qui secouent la France intéressent peu les Britanniques (sauf quand elles perturbent leurs déplacements sur le continent), le succès américain d’Emmanuel Macron et sa capacité à profiter du retrait britannique lié au Brexit les laissent pantois. « M. Macron, un mondialiste de gauche issu d’un pays d’intellectuels snobs, s’est positionné au plus près d’un président qui défend “l’Amérique d’abord” », s’est étranglé le Telegraph, quotidien conservateur et europhobe, lors de la récente visite aux Etats-Unis du président français.
Fini la « special relationship » du Royaume-Uni avec Washington, place à la « relation spéciale » (en français dans le texte) entre MM. Macron et Trump, a éditorialisé le même journal. « La visite d’Etat de M. Macron [à Washington] est un coup d’autant plus extraordinaire, a-t-il noté, qu’il a lieu dans le contexte du Brexit que M. Trump considérait comme annonciateur de sa propre élection. » Le Times, conservateur lui aussi mais plus ouvert à l’Europe, a qualifié l’épisode américain de « succès sans mélange pour le prestige français et le propre statut [de M. Macron] de nouveau visage de l’Europe ».
Un « trophée en matière de flatterie »
L’annonce, tant attendue par Theresa May, de la visite de travail que le président américain doit effectuer, le 13 juillet, au Royaume-Uni, n’a procuré qu’une relative consolation. « Macron est devenu le principal homme d’Etat européen doté d’une vision mondiale et d’une politique étrangère active, estime Peter Ricketts, ancien chef du Foreign office et ancien ambassadeur en France. Pendant que le Brexit consomme toute l’énergie politique à Londres, la Grande-Bretagne contribue peu au règlement des crises actuelles. Cela ne peut que diminuer notre influence dans le monde et à Washington. »
Plusieurs journaux britanniques décernent à M. Macron un « trophée en matière de flatterie » à l’égard de Donald Trump et remarquent que le président français n’a probablement pas fait fléchir ce dernier sur l’Iran ou le climat. Mais le Times crédite le chef de l’Etat d’avoir « rappelé au monde qu’un désaccord constructif avec M. Trump n’est pas impossible ». Et The Observer, hebdomadaire de gauche, estime que M. Macron « mérite des éloges » pour avoir défendu le multilatéralisme et « la vision française d’un ordre mondial progressiste, démocratique, fondé sur la coopération et sur le droit ».

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Certes, le « faux pas » linguistique du président français qui, le 2 mai, à Sydney, a remercié en anglais le président australien et sa « délicieuse femme » pour leur accueil en utilisant le mot « delicious » réservé en anglais à la nourriture, a fait ricaner bien des commentateurs britanniques. Mais les plus honnêtes ont reconnu que bien peu de responsables britanniques étaient capables de prononcer le moindre discours, même de remerciement, dans une langue étrangère.

Emmanuel Macron vu d’ailleurs
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Macron et Merkel, entre complicité et rivalité

Esseulé, le président français tente de ravir le leadership européen à une chancelière affaiblie après trois mandats.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 11h32
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant) et 
Philippe Ricard








                        



                                


                            

Tout un symbole. Angela Merkel et Emmanuel Macron doivent se retrouver à Aix-la-Chapelle, jeudi 10 mai. La première doit y prononcer l’éloge du second, qui s’y verra remettre le prix Charlemagne, distinguant chaque année, depuis 1950, une personnalité engagée dans l’unification européenne. En 2008, c’est la chancelière allemande qui avait reçu le prix, et, pour l’occasion, son éloge avait été prononcé par Nicolas Sarkozy. Dix ans plus tard, certains ne manqueront pas d’y voir le signe que les rôles se sont inversés et que, désormais, sur le front européen, la France propose, l’Allemagne répond.
L’occasion va sans aucun doute permettre à M. Macron et à Mme Merkel d’afficher de nouveau leur complicité, comme à chacune de leurs rencontres depuis la victoire, le 7 mai 2017, du candidat En marche !. Ce dernier ne promettait-il pas de relancer l’Europe en misant sur sa bonne entente avec la chancelière ? En réalité, les hauts et les bas de leur relation donnent une bonne idée de l’ampleur de la tâche pour celui qui a battu Marine Le Pen au second tour de la présidentielle.

Difficultés politiques
Un an après son premier déplacement à Berlin, le 15 mai 2017, au lendemain de son investiture, le chef de l’Etat français compte toujours sur Angela Merkel. Mais, en dépit des gages donnés à Paris sur les réformes et la réduction du déficit, il a dû déchanter en raison des difficultés politiques de sa partenaire. Certes, la France et l’Allemagne, confrontées à une montée des périls dans leur voisinage, sont obligées de serrer un minimum les rangs dans certains domaines, comme la défense. Elles viennent ainsi de mettre le cap sur la construction d’un avion de chasse commun. Certes, Emmanuel Macron a pu bénéficier de la bienveillance de Berlin pour approfondir, depuis son élection, la réforme du détachement des travailleurs d’un pays à l’autre du continent, première illustration de l’Europe « plus protectrice » qu’il appelle de ses...




                        

                        


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En Belgique, le nationaliste Bart De Wever relance l’hypothèse d’un démantèlement du pays

En vue des élections de 2019, le chef de la NVA, Bart De Wever, a de nouveau évoqué l’idée d’une confédération contestée par les francophones.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 10h26
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

C’est la première fois qu’il l’indique aussi clairement : le nationaliste flamand Bart De Wever, président de l’Alliance néoflamande (NVA) et maire d’Anvers, n’exclut pas de devenir premier ministre en Belgique afin de réaliser son but ultime, la séparation de la Flandre et de la Wallonie. M. De Wever a détaillé son ambition, vendredi 4 mai, à la chaîne publique VRT.
Dressant un bilan en demi-teinte de l’actuelle coalition fédérale, qui associe son parti à deux autres formations flamandes et au Mouvement réformateur (MR, libéral) du premier ministre francophone, Charles Michel, le dirigeant nationaliste a fustigé le manque d’« allant » du gouvernement. Il déplore que celui-ci n’ait pas atteint tous ses objectifs. Dans son viseur, le retour à l’équilibre budgétaire, promis pour 2019. C’était une promesse explicite de la NVA, mais le déficit devrait stagner à 0,7 % du produit intérieur l’an prochain.
Selon M. De Wever, c’est la perspective des prochaines échéances électorales (municipales en octobre, législatives au printemps 2019) qui explique la relative paralysie du gouvernement de M. Michel, qui peine à résoudre d’autres dossiers : la réforme des retraites, la dépénalisation complète de l’avortement ou l’introduction d’un permis à points. Le premier ministre préfère, lui, insister sur les résultats engrangés : la création d’emplois, une timide réforme fiscale ou le rétablissement de la balance commerciale.
« Confédération belge »
Le président de la NVA songerait-il dès lors à conduire lui-même le prochain gouvernement ? Interrogé par un journaliste, il a répondu : « Je ne peux rien exclure. Si nous sommes confrontés à une montée de la gauche en Wallonie, je pense que nous devrons le plus vite possible conduire le basculement vers le “confédéralisme”. » Un terme préféré à celui de séparatisme par le courant nationaliste flamand afin de ne pas effrayer l’opinion.
L’instauration d’une « confédération...




                        

                        


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En Arménie, Moscou met la pression sur Nikol Pachinian

Le Kremlin dit avoir obtenu des garanties sur la préservation de ses intérêts de la part de l’opposant, qui pourrait être élu premier ministre mardi.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 10h18
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 06h38
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

De velours, certes, mais une révolution tout de même. Moscou a suivi de près les événements en Arménie qui pourraient aboutir à la nomination, mardi 8 mai, de Nikol Pachinian au poste de premier ministre après trois semaines d’une « révolution de velours » soutenue par des milliers de personnes dans la rue.
L’arrivée sur la scène de cet opposant aux allures de rebelle, avec sa casquette et son tee-shirt treillis, à la tête d’un mouvement de « désobéissance civile » suivi à la lettre par une bonne partie de la population, n’est pas du goût des autorités russes. Le Kremlin, cependant, a opté pour une stratégie prudente face à ces nouvelles turbulences dans son arrière-cour politique, sachant qu’il dispose de nombreux atouts en main.
Des émissaires ont été envoyés à Erevan. « En accord avec le gouvernement », Leonid Kalachnikov, député communiste de la Douma, la Chambre basse du Parlement russe, s’est rendu sur place à la tête d’une délégation. Président de la commission des affaires avec la CEI – la communauté des Etats indépendants fondée en 1991 avec neuf des quinze anciennes républiques soviétiques –, il a sondé les intentions de l’opposant arménien. « On se souvient comment l’Ukraine s’est transformée en adversaire après avoir été amie, mais j’ai compris que là-bas, ce n’était pas la même chose », raconte-t-il à son retour, dans un café de Moscou.

Les premiers contacts avaient pourtant mal commencé lorsque le sénateur russe Nikolaï Ryjkov, ex-président du dernier conseil des ministres sous Gorbatchev, avait qualifié Nikol Pachinian, lui-même député, d’« idiot [qui] ne parviendra jamais au pouvoir ». La bourde a été rattrapée et la réunion, au siège du Parlement arménien, a bien eu lieu le 27 avril. « J’ai parlé avec Pachinian de tous les aspects des relations bilatérales et je lui ai demandé s’il soutenait l’alliance stratégique avec la Russie. A toutes mes questions,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Investi officiellement pour un quatrième mandat à la présidence russe, Vladimir Poutine a aussitôt renommé son fidèle second malgré son impopularité.
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En Russie, le duo Poutine-Medvedev est reconduit

Investi officiellement pour un quatrième mandat à la présidence russe, Vladimir Poutine a aussitôt renommé son fidèle second malgré son impopularité.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 09h05
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 09h01
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



Il travaille dur. C’est donc avec l’image d’un Vladimir Poutine en bras de chemise, se levant dans son bureau du Kremlin pour enfiler une veste, que la cérémonie de l’investiture du chef de l’Etat russe, en route pour un quatrième mandat, après dix-huit ans passés au pouvoir, a débuté, lundi 7 mai.
Suivi par les caméras, M. Poutine a ensuite longé d’interminables couloirs, puis il a parcouru quelques mètres à bord de sa nouvelle limousine Sénat, de fabrication russe, étrennée à la place des étrangères Mercedes, suscitant des « oooh » et des « aaah » parmi l’assistance, qui suivait sur écran son arrivée dans la grande salle d’apparat Andreïevski.
La mise en scène fut soignée pour une prestation devenue familière depuis la première élection de M. Poutine, en 2000. Main droite posée sur la Constitution, le chef du Kremlin a employé cinq fois le mot « percée », en promettant une vie meilleure à ses compatriotes « dans tous les domaines de la vie ».
« La Russie est un acteur fort et influent sur la scène internationale (…), mais maintenant, nous devons utiliser toutes les opportunités qui s’offrent à nous pour résoudre, en premier lieu, les tâches les plus urgentes de développements intérieurs », a-t-il déclaré, ajoutant sur un ton solennel : « Les objectifs auxquels nous sommes confrontés et la décision que nous serons appelés à prendre sont, sans exagération, historiques. Ils détermineront l’avenir de notre patrie pour les décennies à venir. »

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Schröder, Killy et Seagal
Curieusement, debout au premier rang des quelque six mille personnalités invitées figurait l’ex-chancelier allemand Gerhard Schröder, dont la nomination en septembre 2017 comme président du conseil d’administration du géant pétrolier russe Rosneft avait été critiquée par Angela Merkel. C’est à peine s’il ne devançait pas le premier ministre Dmitri Medvedev… A deux pas, devant le chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, se tenait également le Français Jean-Claude Killy, l’ancien champion de ski très impliqué dans les Jeux olympiques de Sotchi, et décoré à ce titre par M. Poutine. Un peu plus loin encore, l’acteur Américain Steven Seagal dominait la foule de sa haute stature. Des invités choyés, s’il en est.
La cérémonie achevée, M. Poutine a aussitôt reconduit dans ses fonctions son premier ministre, Dmitri Medvedev. Dix ans après avoir troqué leurs postes – en 2008, M. Medvedev avait pris la place de M. Poutine à la présidence, afin de lui permettre de surmonter l’obstacle de deux mandats présidentiels consécutifs fixés par la Constitution –, les deux hommes renouvellent leur duo au pouvoir. La loyauté sans faille dont a fait preuve le premier ministre, issu du cercle de Saint-Pétersbourg, la ville natale de M. Poutine, a primé sur tout le reste.
Marginalisé dans un second rôle sans grande possibilité de manœuvre, M. Medvedev, 52 ans, a pourtant vu sa cote de popularité chuter sérieusement, lestée par une petite phrase : « Pas d’argent, tenez bon », prononcée en mai 2016 devant une retraitée en Crimée, et restée depuis lors dans les mémoires. La diffusion, l’année suivante, d’une vidéo réalisée par l’opposant Alexeï Navalny sur son train de vie, visionnée sur YouTube vingt-sept millions de fois, a entaché un peu plus son crédit.

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Réélu avec 76,7 % des voix
Rien d’insurmontable aux yeux de M. Poutine, qui peut se prévaloir d’avoir été réélu, fin mars avec son meilleur score, 76,7 % des voix, depuis son arrivée au pouvoir. Dans une série d’oukases rendus publics lundi après-midi, il a cependant fixé des objectifs très ambitieux au gouvernement : hisser la Russie « dans les cinq premières économies mondiales » d’ici à la fin de son nouveau mandat, en 2024 ; diviser par deux le niveau de pauvreté, ou bien encore relever le niveau des revenus réels des Russes, qui n’a cessé de dégringoler lors de son dernier mandat (− 11 % en cumulé, depuis 2014).
M. Medvedev doit désormais composer son gouvernement, qui ne devrait pas lui-même beaucoup changer non plus s’agissant des postes-clés, après la validation, mardi, de sa nomination par la Douma, la chambre basse du Parlement russe. Une simple formalité. Le chef du Kremlin a donné le cap : la continuité.

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En Italie, des négociations de la « dernière chance »

Deux mois après les législatives, le président de la République reçoit lundi, pour une nouvelle et dernière consultation, les dirigeants des formations politiques.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 08h43
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 09h16
   





                        



   


Des négociations de la « dernière chance » sont organisées lundi 7 mai en Italie dans le bureau du président de la République, Sergio Mattarella, deux mois après les élections législatives. Ce dernier menace de nommer un gouvernement technique si aucune majorité politique ne se dessine.
La coalition de droite, arrivée en tête avec 37 % des voix et emmenée par la Ligue (extrême droite) – avec à ses côtés Fratelli d’Italia (extrême droite) et Forza Italia (droite) de Silvio Berlusconi –, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), premier parti avec plus de 32 %, et le Parti démocrate (PD, centre gauche), tombé à 19 %, doivent se succéder au palais présidentiel à partir de 10 heures. Les petites formations et les présidents du Parlement seront reçus en fin d’après-midi.
Des tentatives d’alliance entre le M5S et la coalition de droite ont échoué, la Ligue de M. Salvini refusant de lâcher son allié, M. Berlusconi, avec lequel M. Di Maio (M5S) refuse catégoriquement de discuter.

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Vers un gouvernement technique
Les responsables de la coalition de droite se sont retrouvés dimanche soir à Rome. Plusieurs d’entre eux ont réclamé que le président désigne M. Salvini comme chef du gouvernement, promettant de trouver dans les rangs des autres formations les quelques dizaines d’élus qui lui manquent pour former une majorité. Mais selon la presse italienne, M. Mattarella exige des garanties.
Le président italien se prépare plutôt à nommer un gouvernement technique sur le modèle de celui de l’économiste Mario Monti (2011-2013). Il serait chargé de gérer le pays, de lui rendre la voix qu’il a perdue ces derniers mois sur la scène internationale et de tenir au moins jusqu’à l’adoption du budget.
M. Mattarella veut en confier la direction à une personnalité neutre mais compétente, peut-être une femme. La presse se perd en conjectures et aligne les noms, sans qu’aucun sorte du lot pour l’instant. Il est fréquent que la formation d’un gouvernement prenne des semaines en Italie – en moyenne un mois et demi. Mais cette fois, la situation semble difficile à dénouer.

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