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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Depuis le mois de janvier, les Européens ont multiplié les discussions, à Paris, Londres, Berlin et Washington pour sauver l’accord de Vienne menacé par Trump. Leur objectif étant de convaincre les Etats-Unis sans braquer l’Iran.
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Comment les Européens ont tenté jusqu’au bout de sauver l’accord iranien

Depuis le mois de janvier, les Européens ont multiplié les discussions, à Paris, Londres, Berlin et Washington pour sauver l’accord de Vienne menacé par Trump. Leur objectif étant de convaincre les Etats-Unis sans braquer l’Iran.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 18h34
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Washington, 12 janvier 2018. Alors que Donald Trump renonce – temporairement – à dénoncer l’accord sur le dossier nucléaire iranien, les Européens poussent un soupir de soulagement. Avertis par téléphone par Brian Hook, un haut fonctionnaire du Département d’Etat, les principaux dirigeants comprennent que, sur le fond, le président ne renonce pas à son opposition de principe à l’accord approuvé notamment par son prédécesseur, Barack Obama, mais au moins décrochent-ils un délai de quatre mois pour tenter de sauver ce texte jugé crucial.
Notamment parce qu’il met à l’abri le continent européen, « le premier à la portée d’un missile nucléaire iranien », comme le rappelle régulièrement le Luxembourgeois Jean Asselborn, un vétéran de la diplomatie des Vingt-Huit.

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Rome, 3 mai 2018. Helga Schmid, la secrétaire générale du Service européen d’action extérieur (SEAE), rencontre des responsables iraniens. Elle entend évoquer avec eux le « rôle régional » de leur pays, en clair son soutien à divers groupes et milices au Yémen, en Syrie, en Irak et au Liban.
La diplomate, qui a participé à toutes les phases de la négociation du « Plan global d’action conjoint » (JCPOA), signé à Vienne en juillet 2015 et entré en vigueur en janvier 2016, a déjà eu une discussion de ce genre avec des émissaires de Téhéran, en marge du Forum de Munich sur la sécurité, en février. Des « résultats concrets » en auraient découlé.
Dans l’intervalle, les Européens ont multiplié les discussions, à Paris, Londres, Berlin et Washington. L’agenda a, en fait, été fixé par l’administration Trump : il convient certes, a-t-elle prévenu, d’évoquer le rôle de l’Iran au Moyen-Orient mais aussi un programme de nouvelles sanctions s’il devait s’avèrer que le régime développe des missiles à longue portée, contrecarre les inspections internationales de son activité nucléaire ou continue, contrairement à ses engagements, à mettre au point un armement atomique. Il faudra aussi parler de l’après-2025, date fixée, en principe, pour la levée complète des sanctions américaines, européennes et onusiennes si les termes de l’accord ont été respectés.
Ils tentent d’expliquer qu’une remise en cause de ce qui a été difficilement imposé à Téhéran pourrait aboutir à une course à l’armement nucléaire dans toute la région
Les diplomates bruxellois élaborent alors un argumentaire précis. Ils doivent tenter de convaincre Washington sans braquer Téhéran, qui ne manquerait pas de dénoncer leur duplicité. Ils objectent, en tout cas, que le JCPOA porte sur la non-prolifération et que les autres sujets doivent être traités séparément. « S’il échoue, souligne l’un d’eux, on ne sera d’ailleurs pas en meilleure position pour s’attaquer à ces questions de grande importance. » Ils tentent aussi d’expliquer qu’une remise en cause de ce qui a été difficilement imposé à Téhéran pourrait aboutir à une course à l’armement nucléaire dans toute la région.

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Au discours catastrophiste du président américain sur « l’horrible JCPOA », ils opposent l’idée que celui-ci repose, non pas sur une prétendue confiance à l’égard de l’Iran, mais sur « des engagements précis, de mécanismes de vérification et de suivi à long terme par l’Agence internationale de l’énergie atomique ». D’après les termes du « deal », l’Agence est censée contrôler tous les sites nucléaires et vérifier pendant vingt ans la production de centrifugeuses, et pendant vingt-cinq ans celle de concentré d’uranium (ou « yellow cake »).
Enfin, les négociateurs tentent constamment d’attirer l’attention de leurs homologues américains sur les risques politiques qu’entraînerait une faillite de l’accord de Vienne. « La pression monte en Iran car des forces n’y ont jamais aimé l’accord. Elles soutiennent que leur pays a rempli ses engagements tandis que nous n’aurions pas fait de même », commente une source à haut niveau. Le gouvernement de Téhéran se plaint effectivement que les menaces américaines paralysent l’activité et les investissements, ce qui est d’ailleurs, à ses yeux, une violation de l’accord.
La première phase de levée des sanctions internationales a concerné plusieurs secteurs (le pétrole, le gaz, la pétrochimie, le transport, la construction navale, l’or et les métaux précieux, etc.). La deuxième ne devait intervenir qu’en 2023 et porter sur les softwares, des technologies militaires, les armes, etc. Bruxelles doit convaincre ses interlocuteurs iraniens de s’en tenir à ce plan alors même que ceux-ci soupçonnent M. Trump d’y avoir déjà renoncé.
Mike Pompeo insiste sur les « failles »
La Haute représentante européenne, Federica Mogherini, d’autant plus attachée au JCPOA que c’est l’une des rares réalisations concrètes de son service diplomatique depuis sa création, insiste, elle, de manière régulière sur le risque d’un affaiblissement de la position du président « réformateur » Hassan Rohani. « Lui et ses partisans ne veulent pas de la bombe parce qu’il sait que cela représenterait, pour l’Iran, une rupture définitive avec l’Ouest et un isolement qui aggraverait l’affaiblissement économique du pays », appuie, dans Der Spiegel, l’ancien ministre allemand des affaires étrangères, Sigmar Gabriel.

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Visiblement, les Européens ont cru un moment que leurs arguments pouvaient porter à Washington. Ils comptaient sur leur interlocuteur principal, Brian Hook, et surtout sur le secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, pour peser sur la décision finale de M. Trump. « Tillerson était convaincu que l’accord pouvait être préservé, l’essentiel était, selon lui, que les Européens confrontent l’Iran à des questions cruciales », affirme M. Gabriel.
Problème : M. Tillerson a été écarté au profit de Mike Pompeo qui, lors de sa première sortie internationale (au siège de l’Otan, à Bruxelles, le 27 avril) a surtout insisté sur les « failles » d’un texte que, selon lui, M. Trump allait « probablement » rejeter.
« Nous aurons tout essayé, y compris avec le voyage de M. Macron, de Mme Merkel et de Boris Johnson [le chef de la diplomatie britannique] à Washington, soupirait, mardi 8 mai, un diplomate à Bruxelles. Mais ne croyez pas que nous sommes totalement naïfs : nous avons aussi un scénario pour protéger, si nécessaire, nos entreprises d’éventuelles nouvelles sanctions américaines contre l’Iran. »

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les points clés de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, conclu le 14 juillet 2015ce qu’il faut savoir de l’accord, en sept questions ;l’analyse de notre correspondant aux Etats-Unis, qui voit dans l’accord avec l’Iran le miroir de la diplomatie Obama ;comprendre ce qu’implique la « décertification » de l’accord par Donald Trump ;la tribune de parlementaires européens qui appellent leurs homologues américains à sauver l’accord sur le nucléaire ;les images de la visite d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, où il a débattu de l’accord avec Donald Trump ;la chronique de Sylvie Kauffmann, pour qui, « sur le nucléaire iranien, le compte à rebours vers une sorte de catastrophe annoncée a commencé » ;la tribune de François Nicoullaud, ancien ambassadeur à Téhéran, qui appelle à « sortir par le haut de la crise du nucléaire avec l’Iran ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ L’opposant et ancien journaliste, qui a passé près de deux ans en prison, a été élu par le Parlement, pourtant très hostile. Jamais un leadeur arménien n’a connu une telle popularité, suscitant énormément d’attentes et d’espoirs.
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Nikol Pachinian, le marcheur indocile d’Arménie

L’opposant et ancien journaliste, qui a passé près de deux ans en prison, a été élu par le Parlement, pourtant très hostile. Jamais un leadeur arménien n’a connu une telle popularité, suscitant énormément d’attentes et d’espoirs.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 18h24
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 18h48
    |

            Annick Cojean (Erevan, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

En six semaines, un homme a réveillé, secoué, uni et fait rêver l’Arménie en un avenir meilleur. Il l’a fait se dresser contre un régime décrédibilisé et haï, a mis dans la rue des dizaines de milliers de personnes, poussé à la démission un premier ministre et mené une révolution pacifique, autoqualifiée « de velours », en vue de prendre le pouvoir ou plutôt, insiste-t-il, de « le redonner au peuple ».
Sac au dos, tee-shirt camouflage et allure de baroudeur, il a mis debout et même « en marche » le pays, puisque tel est le slogan de sa campagne (littéralement « un pas en avant ») en lui redonnant confiance en sa propre puissance et l’envie de dire enfin son mot. De député d’opposition marginal, Nikol Pachinian, 42 ans, est devenu un véritable phénomène politique et a réussi l’exploit de respecter la Constitution en se faisant élire, mardi 8 mai, par un Parlement très hostile, au poste de premier ministre.
Son parcours stupéfie les politologues qui peinent encore à analyser ce que le chercheur Gevorg Melikian appelle son « abracadabra ». « C’est arrivé si vite !, dit-il. Ces foules dans la rue alors qu’elles paraissaient, il y a peu encore, léthargiques ; cette soudaine confiance du peuple en lui-même ; et cette efficacité pour faire plier le pouvoir qui croyait pouvoir agir éternellement en toute impunité. C’est tout simplement incroyable ! »
« Incontestable fibre populaire »
Ils ont tous ce mot à la bouche. Car personne n’avait vu venir M. Pachinian. Certains insistent, bien sûr, sur le choix du moment adéquat pour déclencher la rébellion, et sur la colère qui couvait depuis tant d’années contre la clique au pouvoir, les élections truquées, la corruption endémique…
Mais le rôle à la fois de déclencheur, de galvanisateur et d’unificateur joué par M. Pachinian en un temps record méduse les observateurs. « Il a une incontestable fibre populaire, explique Gevorg Melikian. Il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Les indépendantistes sahraouis du Front Polisario avaient porté plainte contre ce transport de 55 000 tonnes de phosphate jugé illégal.
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Compte rendu

Le géant marocain des phosphates OCP récupère sa cargaison saisie en Afrique du Sud

Les indépendantistes sahraouis du Front Polisario avaient porté plainte contre ce transport de 55 000 tonnes de phosphate jugé illégal.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-08T17:24:34+02:00"

        Le 08.05.2018 à 17h24






    
Une usine de phosphate près de Laâyoune, au Sahara occidental.
Crédits : FADEL SENNA / AFP


L’Office chérifien des phosphates (OCP), géant mondial du secteur, a annoncé mardi 8 mai, par la voix de son directeur juridique Otmane Bennani Smires, avoir « récupéré pour un dollar symbolique » une cargaison de 55 000 tonnes mise aux enchères en Afrique du Sud après sa saisie à la suite d’une plainte du Front Polisario.
L’Afrique du Sud avait arraisonné le 1er mai 2017 un cargo parti de Laâyoune, au Sahara occidental, en direction de la Nouvelle-Zélande, alors qu’il faisait escale à Port Elizabeth (sud-est). Les indépendantistes sahraouis du Front Polisario avaient au préalable porté plainte devant un juge local contre ce transport, illégal selon eux, et obtenu la saisie de la cargaison du Cherry Blossom, battant pavillon des îles Marshall.
Un « acte de piraterie politique »
Un tribunal sud-africain avait ordonné en mars la vente aux enchères du phosphate transporté, décision considérée par l’OCP comme un « acte de piraterie politique ». Selon le directeur juridique du groupe, « aucun acheteur n’a légitimé la vente, ni le titre que la cour [sud-africaine] a octroyé au Polisario ».
Le capitaine du port de Port Elizabeth, Brynn Adamson, a confirmé mardi à l’AFP que « le cargo [avait] quitté le port [lundi] ». « Il semble que personne n’était intéressé par l’achat du phosphate », a ajouté un porte-parole de la société Rennies, chargée du fret à Port Elizabeth. « Le cargo a été autorisé à partir car tous les papiers étaient en ordre. »

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La vente judiciaire des 55 000 tonnes de phosphate s’est « soldée par un échec », s’est félicité l’OCP dans un communiqué, en dénonçant la saisie comme une « grave entorse aux principes élémentaires du droit menaçant la liberté du commerce international ». « L’armateur s’est porté acquéreur de la cargaison en s’acquittant des seuls frais de l’adjudicateur judiciaire et l’a restituée à son propriétaire », Phosboucraa, dont l’exploitation se trouve au Sahara occidental, le tout pour un dollar symbolique, a ajouté l’Office chérifien des phosphates, dont Phosboucraa est une filiale.
« Pillage des ressources sahraouies »
Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est le dernier territoire africain dont le statut colonial n’a pas été réglé. Il est majoritairement contrôlé par le Maroc, qui propose une autonomie sous sa souveraineté. Le Front Polisario réclame, de son côté, un référendum d’autodétermination, prévu en 1991 lors du cessez-le-feu conclu avec le Maroc, mais qui n’a jamais pu être organisé. Comme l’Algérie ou Cuba, l’Afrique du Sud est un soutien historique du mouvement indépendantiste.
Celui-ci a engagé ces derniers mois plusieurs actions judiciaires pour bloquer l’exportation des ressources du Sahara occidental. Dans un communiqué, il a indiqué mardi qu’il comptait entreprendre des actions similaires dans d’autres pays que l’Afrique du Sud « contre des entreprises qui achètent du phosphate sahraoui ».

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Interrogé par l’AFP, Mhamed Khadad, haut responsable du Front Polisario, a estimé que cette affaire était « une mise en garde contre tous ceux qui participent au pillage des ressources sahraouies ». « C’est une victoire politique et juridique », a-t-il jugé.
L’exploitation des phosphates et de ses dérivés, notamment les engrais, est un secteur clé de l’économie marocaine, pesant près du quart des exportations du pays, selon des chiffres officiels. L’OCP a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 48,5 milliards de dirhams (environ 4 milliards d’euros), en hausse de 14 % par rapport à 2016.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Coulées de lave, émanation toxique, tremblement de terre…, l’éruption du Kilauea continue à Hawaï. Plus de 1 700 personnes ont dû évacuées.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ L’accord sur le nucléaire iranien de juillet 2015, que les Etats-Unis menacent de quitter, avait permis la levée partielle des sanctions infligées à Téhéran.
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Quelles sont les sanctions contre l’Iran encore en vigueur ?

L’accord sur le nucléaire iranien de juillet 2015, que les Etats-Unis menacent de quitter, avait permis la levée partielle des sanctions infligées à Téhéran.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 15h36
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 17h57
    |

                            Charlotte Peytour








                        



« Peu de pays ont subi un aussi grand nombre de sanctions que l’Iran », écrivait Thierry Coville, chercheur à l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques) et spécialiste de l’Iran, dans La Revue internationale et stratégique du premier trimestre 2015. Quelques mois plus tard, le 14 juillet 2015, la levée partielle de ces sanctions était actée par l’accord de Vienne négocié avec l’Iran par les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne, en échange du gel et de la mise sous contrôle international du programme nucléaire iranien pour au moins dix ans. 
Les mesures coercitives et les sanctions, notamment américaines, héritées des décennies précédentes et visant le programme balistique de Téhéran, le soutien au terrorisme de la République islamique et les atteintes aux droits humains, sont toutefois restées en vigueur.
Un arsenal de sanctions déployé à partir de 2005
Si la plupart des sanctions majeures contre l’Iran ont été promulguées pour tenter de bloquer son programme nucléaire à partir de 2005, au vu d’un faisceau de preuves attestant d’une dimension militaire, les Etats-Unis avaient commencé à sanctionner Téhéran dès 1979. Cette année-là, une prise d’otages à l’ambassade américaine dans la capitale iranienne conduit le président Jimmy Carter à geler les avoirs iraniens aux Etats-Unis. De 1995 à 2006, les gouvernements américains successifs multiplient les restrictions, tâchant notamment d’interdire, sans succès, le commerce du pétrole avec l’Iran, qu’ils considèrent comme un Etat soutenant le terrorisme.
L’élection de Mahmoud Ahmadinejad, en 2005, marquée par la reprise d’activités d’enrichissement d’uranium, signe l’accélération des sanctions américaines contre le pays. Sous le mandat de Georges W. Bush, puis sous celui de Barack Obama, les Etats-Unis promulguent plusieurs séries de sanctions financières. Elles constituent le principal instrument de la politique américaine envers l’Iran. Le National Defense Authorization Act, adopté en 2012, a notamment interdit aux banques étrangères d’être en relation avec la banque centrale d’Iran pour financer les achats de pétrole iranien.
Les Nations unies vont dans le même sens, et le Conseil de sécurité vote cinq résolutions de 2006 à 2010. Celles-ci interdisent notamment l’importation par l’Iran d’équipements pouvant être utilisés pour ses programmes nucléaires et balistiques.
En plus de ces résolutions, l’Union européenne durcit sa position sous la pression des Etats-Unis. Un tournant est franchi en 2012 : le Conseil de l’UE promulgue un embargo sur les produits pétroliers et pétrochimiques iraniens. Il est aussi décidé d’exclure l’Iran du système de messagerie internationale SWIFT, basé à Bruxelles. « On a assisté à un important durcissement des sanctions. La politique de l’Union européenne s’est alignée sur les intérêts américains », explique Thierry Coville.
Que signifie la levée partielle des sanctions promise lors de l’accord du 14 juillet 2015 ?
L’accord de Vienne de juillet 2015 a profondément modifié le cadre des sanctions, et ce depuis le 16 janvier 2016. A cette date, l’accord a officiellement été appliqué : l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé que l’Iran avait coopéré de façon satisfaisante avec le gendarme du nucléaire — elle n’a cessé depuis de le rappeler, dans des rapports réguliers — et que les sanctions pouvaient être levées. Celles-ci seront remises en place si l’Iran n’apporte pas de réponse satisfaisante à l’AIEA, après signalement d’un éventuel manquement à ses obligations, dans le cadre d’une procédure dite de « snap-back » (« cliquet ») prévue par l’accord sous pression de la diplomatie française.

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                Les points-clés de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien



Pour donner suite à cette déclaration purement politique et sans force coercitive, la résolution 2231 de l’ONU a été adoptée. Elle donne une certaine solennité à l’accord en requérant la levée de toutes les sanctions prévues par les résolutions onusiennes précédentes.
La majorité des mesures coercitives est pourtant encore maintenue par les Etats-Unis. Les sanctions dites primaires, qui concernent directement les Américains, sont toujours en vigueur. Pour qu’une entreprise ou un particulier américain puisse commercer avec l’Iran, des autorisations de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), agence dépendant du Trésor américain et redoutée pour sa rigueur, sont encore nécessaires. « L’OFAC fait la pluie et le beau temps. Beaucoup d’entreprises européennes, qui font une partie de leur chiffre d’affaires aux Etats-Unis, doivent aussi demander l’autorisation à l’OFAC pour commercer avec l’Iran », dit Thierry Coville.
Pourtant, les sanctions secondaires, qui interdisaient aux entreprises non américaines de faire affaire avec l’Iran, ont été supprimées. Mais les grandes banques européennes, dont certaines se sont vu infliger des amendes records par les Etats-Unis à l’époque des sanctions, n’ont pas accompagné les investisseurs qui retournaient en Iran. L’économie iranienne demeurant assez opaque, elles craignent que leurs clients ne tombent sur une entité inscrite sur les listes noires américaines. Elles appréhendent également de s’engager dans un projet de long terme qui pourrait être menacé par un retour des sanctions, ou tomber sous le coup de nouvelles mesures de coercition américaines.
L’Union européenne, à la suite de l’accord de Vienne, a aussi levé la majorité des sanctions, tel l’embargo sur le pétrole. L’Iran a été réintégré au programme de messagerie SWIFT. « Mais si les sanctions à propos du nucléaire ont effectivement été levées, ce n’est pas le cas de celles sur le programme balistique ou les droits de l’homme. Toutefois, l’ampleur des sanctions européennes est incomparable avec celles que l’Iran subit de la part des Etats-Unis », ajoute le chercheur à l’IRIS.
Les sanctions risquent-elles de se renforcer ?
Dans l’éventualité où Donald Trump déciderait de rester dans l’accord, les sanctions demeureraient inchangées. Entérinées par la résolution de l’ONU, elles sont inamovibles, à moins de renégocier l’accord — ce à quoi s’opposent tous ses signataires, sauf les Etats-Unis — ou en cas de snap-back. Si les Etats-Unis se retiraient, toutefois, « la logique voudrait que Donald Trump rétablisse toutes les sanctions levées et suspendues en 2016 », selon Thierry Coville.

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Paris, Londres et Berlin s’inquiètent de cette menace. Pour que les Etats-Unis ne quittent pas l’accord, les trois pays ont déposé un document proposant un renforcement des sanctions notamment sur le programme balistique iranien, a dévoilé l’agence de presse Reuters le 16 mars. Cette décision supposait une unanimité des Vingt-Huit, que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne n’ont pas réussi à obtenir. Certains pays européens, telle l’Italie, ont rejeté l’hypothèse de mesures coercitives, afin de conserver leurs relations commerciales avec l’Iran.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Ce déplacement à Pékin précède le sommet prévu entre le dirigeant communiste et le président américain, Donald Trump, dont la date et le lieu restent encore à fixer.
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Nouvelle visite de Kim Jong-un en Chine

Ce déplacement à Pékin précède le sommet prévu entre le dirigeant communiste et le président américain, Donald Trump, dont la date et le lieu restent encore à fixer.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h19
   





                        



   


Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, s’est rendu à Dalian, en Chine, pour y rencontrer le président chinois, Xi Jinping, a fait savoir l’agence de presse officielle Chine nouvelle, mardi 8 mai.
La télévision publique CCTV a montré les deux hommes marchant côte à côte dans un parc en bord de mer dans la ville de Dalian et discutant autour d’une table. Selon l’agence Chine nouvelle, les dirigeants se sont rencontrés lundi et mardi.
Il s’agit de la deuxième visite surprise du dirigeant nord-coréen en Chine. A la fin du mois de mars, il s’était rendu dans la capitale, Pékin, et avait rencontré Xi Jinping. Il s’agissait de son premier déplacement à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir, à la fin de 2011.
La Chine ne souhaite pas être marginalisée
Cette nouvelle visite s’inscrit dans les efforts de la Chine et de la Corée du Nord pour réchauffer leurs relations bilatérales. Celles-ci avaient été refroidies par le soutien de Pékin aux sanctions économiques prises par l’ONU en représailles du programme d’armes nucléaires de Pyongyang.
Selon de nombreux experts, la Chine, alliée historique de la Corée du Nord, souhaite ne pas être marginalisée en raison de ses récents rapprochements diplomatiques avec des pays tiers.
Kim Jong-un a rencontré le président sud-coréen, Moon Jae-in, en avril lors d’un sommet historique, et il devrait s’entretenir avec Donald Trump dans les prochaines semaines.
Ce dernier a annoncé qu’il s’entretiendrait à 14 h 30 (heure de Paris) avec son homologue chinois, Xi Jinping. « Je parlerai avec mon ami le président chinois Xi à 8 h 30 ce matin. Les sujets principaux seront le commerce, sur lequel de bonnes choses vont se produire, et la Corée du Nord, où des liens et la confiance sont en train d’être bâtis », a écrit M. Trump dans un tweet.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ De la démission du premier ministre Serge Sarkissian face à la contestation de la rue à l’élection du dirigeant de l’opposition Nikol Pachinian mardi, retour sur trois semaines de protestations qui ont agité le petit pays du Caucase.
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« Révolution de velours », coup de théâtre et grève générale… Trois semaines qui ont bouleversé l’Arménie

De la démission du premier ministre Serge Sarkissian face à la contestation de la rue à l’élection du dirigeant de l’opposition Nikol Pachinian mardi, retour sur trois semaines de protestations qui ont agité le petit pays du Caucase.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h18
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 14h49
   





                        



   


L’Arménie se dirige-t-elle vers une sortie de crise ? Après plus de trois semaines de troubles ayant entraîné la démission de Serge Sarkissian, le dirigeant de l’opposition Nikol Pachinian a été élu premier ministre par les parlementaires, mardi 8 mai.
« Héros » de ce mouvement de protestation, M. Pachinian assurait lundi avoir « 95 % » de chances de l’emporter, une semaine après un premier échec, qui avait entraîné une grève générale de plusieurs heures dans tout le pays. Retour sur cette « révolution de velours » qui a agité l’Arménie, petit pays du Caucase de trois millions d’habitants.
17 avril : Sarkissian élu premier ministre, des milliers de manifestants dans la rue
Au début d’avril, le Parti républicain de Serge Sarkissian remporte les élections législatives et conserve sa majorité au Parlement. Un scrutin contesté par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui dénonce des irrégularités et notamment « des achats de vote et des actes d’intimidation des électeurs ». Dès le 13 avril, des mouvements de contestation émergent. Ils deviendront encore plus importants à partir du 17 avril, jour où M. Sarkissian — président de 2008 à 2018 —, est élu premier ministre par le Parlement.
Depuis la réforme constitutionnelle de 2015, qui a transformé l’Arménie en république parlementaire, le pouvoir exécutif réel est désormais entre les mains du premier ministre. Pour l’opposition, ce changement de la Constitution avait uniquement pour but de maintenir au pouvoir M. Sarkissian.
La manœuvre du dirigeant (réputé prorusse), qui n’est pas sans rappeler celle de Vladimir Poutine échangeant les rôles, de 2008 à 2012, avec son premier ministre Dmitri Medvedev, provoque la colère d’une partie de la population « Sarkissian veut rester au pouvoir éternellement », assure alors un opposant du parti Héritage, Raffi Hovannissian.
Dès le résultat connu, des dizaines de milliers de personnes manifestent dans tout le pays, à l’appel de l’opposant et député Nikol Pachinian. Dans la capitale, Erevan, les manifestants bloquent l’accès aux principales rues, au ministère des affaires étrangères, ou encore au service des impôts.
22 avril : Pachinian interpellé, des militaires rejoignent les manifestants

Alors que le mouvement ne faiblit pas dans la rue, les deux adversaires, MM. Sarkissian et Pachinian, se retrouvent le 22 avril pour une brève entrevue dans un grand hôtel d’Erevan. Mais la discussion tourne court.
« Je suis venu ici pour discuter des termes de votre démission et des conditions d’une transition pacifique et sans heurt du pouvoir », lance d’emblée Nikol Pachinian à Serge Sarkissian. « Les enseignements du 1er mars n’ont pas été tirés », menace alors le premier ministre, dans une référence aux événements de 2008. Cette année-là, au moment où M. Sarkissian parvenait au pouvoir dès le premier tour de la présidentielle, dix personnes furent tuées lors de violents affrontements avec la police. Le jour de la rencontre entre les deux opposants, le ministère de l’intérieur faisait d’ailleurs savoir, dans un communiqué, que les forces antiémeutes étaient autorisées « à recourir à la force ». 

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« Personne n’a osé et n’osera nous tenir un langage de menaces. Je vous le dis : vous ne comprenez pas la situation qui règne dans le pays. Elle est différente de celle que vous connaissiez il y a quinze ou vingt jours […]. Le pouvoir est passé aux mains du peuple », riposte alors le député de l’opposition, qui fut l’un des meneurs des manifestations de 2008. Quelques instants plus tard, M. Pachinian, qui prône désormais une « révolution de velours » est interpellé par la police, ainsi que deux cents manifestants.
Mais le lendemain, le 23 avril, près de deux cents militaires en tenue rejoignent les protestataires dans la rue. Un tournant dans le mouvement de contestation.
23 avril : Serge Sarkissian démissionne, la rue exulte
Et soudain, c’est l’explosion de joie dans les rues d’Erevan. Après une dizaine de jours de manifestations massives, Serge Sarkissian annonce son départ le 23 avril dans la soirée : « J’abandonne la direction du pays. » La présence inattendue de militaires avec les manifestants a précipité cette démission surprise. « Nikol Pachinian avait raison. Et moi, je me suis trompé », reconnaît M. Sarkissian.

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Sur la place de la République, au cœur d’Erevan, où se trouve le siège du gouvernement, des milliers de personnes se réunissent, brandissant des drapeaux arméniens, s’embrassant et dansant. Dans plusieurs quartiers de la capitale, les propriétaires de petits commerces installent des tables dans la rue et ouvrent des bouteilles de vin, invitant les passants à boire un verre à l’avenir du pays.
Alors que Karen Karapetian, proche de M. Sarkissian, est nommé premier ministre par interim, M. Pachinian demande à rencontrer le nouveau chef du gouvernement et se dit prêt à gouverner.

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1er mai : Pachinian échoue à se faire élire, il appelle à « un blocage total » du pays

   


Bien que M. Sarkissian soit parti du pouvoir, les manifestants ne relâchent pas la pression dans les rues d’Erevan : ils réclament une passation de pouvoir pacifique et des législatives anticipées.
Mais le 1er mai, le retournement de situation est total. Après plusieurs heures de débat au Parlement, les élus rejettent la candidature de l’opposant Nikol Pachinian au poste de premier ministre.
Ce dernier avait promis quelques heures plus tôt un « tsunami politique » s’il n’était pas élu. Il n’y a pas manqué : peu après le rejet de sa candidature, il appelle au « blocage total » des routes, trains et aéroports dans le pays, dès le lendemain. S’adressant à ses dizaines de milliers de partisans réunis au centre d’Erevan, il les appelle à « la désobéissance civile ».
Mais dès le 2 mai, l’ancien journaliste appelle ses partisans à mettre fin aux manifestations. Il affirme avoir obtenu le soutien des quatre forces politiques présentes au Parlement pour son élection au poste de premier ministre le 8 mai. Et cette fois-ci, aucun coup de théâtre ne survient. Réuni en séance extraordinaire mardi matin, le Parlement élit M. Pachinian au poste de premier ministre, mettant un terme à la « révolution de velours ».

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Sur l’Arménie, lire les tribunes
Dans une tribune au Monde, « Les Arméniens n’ont plus peur », Levon Abrahamian, professeur d’anthropologie politique à Erevan, estime que la société civile a pris son destin en main – même s’il reste des défis à surmonter.
Pour le politologue Hrand Mikaelian, « Serge Sarkissian a tout fait pour dépolitiser la société » et la démission du premier ministre et ancien président de la République arménienne (2008-2018) ne signifie pas la chute intégrale de son régime.
Cette « transition politique » s’est faite « sans bouleversement géopolitique », affirme Richard Giragosian, directeur d’un think tank indépendant à Erevan, pour qui à aucun moment la géopolitique n’est entrée en jeu, même si Moscou cherche un moyen de conserver la main.
De son côté, l’éditorialiste Hagop Badalian estime que, pour l’instant, « le mouvement ne menace pas la “paix” avec l’Azerbaïdjan », alors que les deux pays sont en conflit depuis 1988 à propos de la province du Haut-Karabakh.
Vous pouvez également retrouver l’analyse de notre journaliste, Gaïdz Minassian : « Sortir du postsoviétisme ? »





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Pour l’économiste Gilles Dufrénot, dans une tribune au « Monde », le franc CFA n’a d’avenir que si une monnaie unique est étendue à toute l’Afrique de l’Ouest et au Maroc. Sa valeur sera garantie par la montée en gamme de l’économie locale.
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« Il est légitime de débattre d’une refonte éventuelle du régime monétaire de la zone franc »

Pour l’économiste Gilles Dufrénot, dans une tribune au « Monde », le franc CFA n’a d’avenir que si une monnaie unique est étendue à toute l’Afrique de l’Ouest et au Maroc. Sa valeur sera garantie par la montée en gamme de l’économie locale.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h00
    |

Gilles Dufrénot (Professeur à l’Ecole d’économie d’Aix-Marseille, chercheur associé au Cepii)







                        



                                


                            
Tribune. A-t-on aujourd’hui encore besoin de la zone franc en Afrique ? Ceux qui envisagent sa disparition mettent très souvent en avant deux arguments. Le premier est que la fixité du franc CFA par rapport à l’euro nuit à la compétitivité des économies (la valeur de la monnaie, trop forte, renchérit le prix des exportations des pays africains sur les marchés internationaux). Une seconde critique est que le Trésor français, à cause de son rôle de prêteur en dernier ressort, oblige les banques centrales africaines à mobiliser les devises qu’elles détiennent sur un compte spécial, alors que celles-ci pourraient être employées pour financer la croissance.
Au lieu du seul euro, la valeur du franc CFA pourrait évoluer en fonction d’un panier de devises
En réponse à ces critiques, les défenseurs de cette zone répondent par une série de propositions visant à une refonte du dispositif institutionnel actuel. Au lieu du seul euro, la valeur du franc CFA pourrait évoluer en fonction d’un panier de devises, par exemple le dollar, l’euro, le yuan, la livre sterling. Par ailleurs, la monnaie changerait de nom, la France ne compterait plus de représentants au sein du comité de politique monétaire, et la règle de mobilisation des devises que les banques centrales africaines placent auprès du Trésor serait assouplie.
Le problème des propositions actuelles, que l’on soit pour ou contre, est qu’elles négligent un aspect important du débat. Le point sur lequel il y a urgence à agir est la hausse de la croissance potentielle des économies africaines. En effet, c’est elle qui permet d’augmenter, sur le moyen terme, le PIB par tête et donc le niveau de vie des populations.
Faire émerger le « made in Africa »
Or, élever la croissance de moyen terme n’est pas affaire de taux de change, mais de compétitivité hors coût : favoriser la montée en gamme des structures productives, faciliter l’intégration des chaînes de valeur à l’échelle régionale, faire émerger...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Gina Haspel doit convaincre les sénateurs pour espérer pouvoir prendre ses fonctions à la tête de l’agence de renseignement, alors qu’elle est mise en cause dans un programme de prisons secrètes et de torture.
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Audition à risque pour la responsable choisie par Trump pour diriger la CIA

Gina Haspel doit convaincre les sénateurs pour espérer pouvoir prendre ses fonctions à la tête de l’agence de renseignement, alors qu’elle est mise en cause dans un programme de prisons secrètes et de torture.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 13h14
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 14h51
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Après une trentaine d’années passées dans le secret de la principale agence de renseignement des Etats-Unis, Gina Haspel doit se retrouver en pleine lumière, mercredi 9 mai, à l’occasion d’une audition attendue à la commission du renseignement du Sénat. Nommée en mars pour occuper le poste de directrice de la CIA, où elle a effectué toute sa carrière, celle qui en était jusqu’à présent la numéro deux se doit en effet de convaincre au-delà des élus républicains pour espérer pouvoir prendre ses fonctions.
La Maison Blanche ne cesse de battre le rappel, et Donald Trump s’est porté à son secours, lundi, sur son compte Twitter. « Réfléchissez un peu : en des temps aussi dangereux, nous avons la personne la plus qualifiée, une femme, que les démocrates veulent écarter parce qu’elle est trop dure contre le terrorisme », s’est indigné le président. Le principal atout de Gina Haspel, son passé à la CIA, est aussi sa principale faiblesse compte tenu de son rôle dans un programme de prisons secrètes et de torture adopté par l’agence après le 11-Septembre.
La déclassification de documents internes est à l’origine d’un bref rebondissement survenu le 4 mai, lorsque des conseillers de la Maison Blanche, selon la presse américaine, ont découvert que la responsable avait apporté à ce programme un soutien très net qui risque de la placer en difficulté face aux élus du Sénat.
Eléments accablants
Devant la réaction de ces conseillers, Gina Haspel a même envisagé de se retirer, un geste que la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, a implicitement confirmé lundi en l’expliquant par la volonté de « protéger la CIA » si sa nomination devenait « un problème ». « Elle est engagée à 100 % dans ce processus de confirmation », a ajouté celle qui s’était rendue en toute urgence vendredi, selon le Washington Post, au quartier général de la CIA, en compagnie du conseiller...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le chef de l’Etat, soutenu par Londres et Berlin, a tout fait pour tenter de dissuader les Etats-Unis de sortir de l’accord avec l’Iran.
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Le pari d’Emmanuel Macron sur le nucléaire iranien

Le chef de l’Etat, soutenu par Londres et Berlin, a tout fait pour tenter de dissuader les Etats-Unis de sortir de l’accord avec l’Iran.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 13h12
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 17h44
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Le sort de l’accord sur le nucléaire iranien (Joint Comprehensive Plan of Action, JCPOA), signé par le « 5 + 1 » (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne) avec Téhéran le 14 juillet 2015, est un moment de vérité pour la diplomatie macronienne.
Le président français, Emmanuel Macron, comme il l’avait rappelé le 5 mai dans une interview à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, craint que le retrait américain « n’ouvre une boîte de Pandore pouvant mener à une guerre », tout en se disant convaincu que telle n’est pas l’intention de Donald Trump.
Fort de sa bonne relation personnelle avec son homologue américain, le chef de l’Etat français a tout fait pour tenter de garder à bord les Etats-Unis. C’était le sens de la proposition d’un « nouvel accord sur le nucléaire » faite le 24 avril lors de la conférence de presse à l’issue d’un entretien de près de deux heures pour le moins franc avec le locataire de la Maison Blanche, apparemment toujours bien décidé à remettre en cause le JCPOA, même s’il n’est pas encore clair s’il entend le tuer petit à petit ou l’achever.

Improvisée dans le feu de la discussion, cette formulation reprenait nombre d’idées déjà évoquées depuis septembre par le président français. Les mots choisis ne pouvaient que donner satisfaction à son interlocuteur, qui n’a jamais cessé de dénoncer « le pire accord » jamais signé par les Etats-unis.
Européens pris au dépourvu
Mais Paris reste aussi en ligne avec les deux autres capitales européennes signataires (Londres et Berlin), en soulignant que, dans ce projet, le JCPOA resterait dans l’état, tout en étant complété par trois autres piliers pour en combler ses limites : l’un sur la prolongation des clauses arrivant à échéance en 2025 ; un deuxième pour encadrer le programme balistique iranien ; et un troisième sur les crises régionales et notamment sur la Syrie. Cette continuité clairement affirmée devrait,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ La fille du président du conglomérat propriétaire de la compagnie aérienne a lancé un verre d’eau à la tête d’un cadre. L’attitude de sa sœur avait déjà fait scandale en 2014.
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Nouvelle affaire d’abus de pouvoir chez Korean Air

La fille du président du conglomérat propriétaire de la compagnie aérienne a lancé un verre d’eau à la tête d’un cadre. L’attitude de sa sœur avait déjà fait scandale en 2014.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 12h09
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



   


C’est l’histoire d’un verre d’eau qui ébranle un chaebol. La famille fondatrice du conglomérat sud-coréen Hanjin, propriétaire de la compagnie aérienne Korean Air (KAL), est dans la tourmente à cause d’une nouvelle affaire d’abus de pouvoir. Deuxième fille du président Cho Yang-ho et désormais ex-vice-présidente de KAL chargée de la promotion, Cho Hyun-min était interrogée mercredi 2 mai par la police pour avoir jeté en mars un verre d’eau à la tête d’un cadre d’une agence de publicité dans un accès de colère.
Ses excuses n’ont pas permis d’étouffer l’affaire et Mme Cho cherche aujourd’hui à limiter les charges retenues contre elle. Elle affirme avoir jeté un verre d’eau en papier et non en verre. La différence est importante pour éviter les circonstances aggravantes.
« En tant que président de Korean Air et que chef de famille, je ne peux qu’avoir honte du comportement immature de ma fille », a réagi M. Cho.
Vive colère
Le problème pour la famille Cho est que la sœur aînée de Hyun-min, Hyun-ah, avait fait scandale en 2014 en s’en prenant violemment à l’équipage d’un vol KAL car elle n’avait pas apprécié la manière dont lui avaient été servies des noisettes. Elle était alors responsable des services en cabine de la compagnie. Jugée et condamnée, celle qui avait hérité du sobriquet de « princesse des noisettes » avait été réintégrée début 2018 à la compagnie aérienne, prenant la présidence de la filiale chargée de l’hôtellerie.
Avec le nouveau scandale, les deux filles ont été définitivement renvoyées et M. Cho a promis de revoir l’organigramme de la compagnie. L’affaire a suscité un vif mécontentement au sein d’une population toujours sensible au comportement des familles dirigeant les chaebols et notamment aux affaires de « gapjil », les abus de pouvoir. L’affaire des noisettes avait fait perdre pendant quelques mois à KAL sa place de compagnie numéro un en Corée du Sud.
La colère est d’autant plus vive que les enquêtes en cours laissent penser que l’épouse de M. Cho aurait également maltraité du personnel de KAL. Et la famille entière pourrait être impliquée dans l’importation illégale de produits de luxe et d’aliments interdits comme de la charcuterie, sans payer les droits de douane, en utilisant les avions de la compagnie. Un crime passible de cinq ans de prison.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Si, comme il a menacé de le faire, Donald Trump décidait mardi soir de se dégager de l’accord, il resterait à définir la manière : une sortie « douce » ou « dure ».
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Accord sur le nucléaire iranien : quels sont les différents scénarios d’un retour des sanctions ?

Si, comme il a menacé de le faire, Donald Trump décidait mardi soir de se dégager de l’accord, il resterait à définir la manière : une sortie « douce » ou « dure ».



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 17h55
    |

            Louis Imbert (à Paris) et 
Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


La mort lente ou le coup de grâce ? Le président des Etats-Unis, Donald Trump, devait annoncer mardi 8 mai à 20 heures (heure de Paris) sa décision sur une éventuelle sortie de l’accord international sur le nucléaire iranien, avec quatre jours d’avance sur l’échéance qu’il avait fixée aux signataires européens, soucieux de le préserver.
Le président américain leur avait en effet donné jusqu’au 12 mai pour « réparer les affreuses erreurs » du texte ratifié par l’administration de Barack Obama, faute de quoi il refuserait de prolonger l’assouplissement des sanctions américaines contre la République islamique d’Iran.

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                Jour J pour l’accord sur le nucléaire iranien, après des mois de critiques de Donald Trump



Les signataires européens ont négocié ces derniers mois avec le directeur politique du département d’Etat, Brian Hook, sans avoir la moindre visibilité sur ce que pourrait accepter le président américain, manifestement peu au fait de ces discussions. Le départ, en mars, du supérieur hiérarchique du diplomate, Rex Tillerson, remplacé par un « faucon » tout juste confirmé par le Sénat, Mike Pompeo, a accru la difficulté de l’exercice.
Avec calme ou fracas ?
Depuis plus d’un an, l’incertitude entretenue par Washington sur le sort de ce compromis a largement empêché l’Iran d’attirer le capital et les investissements étrangers qu’il anticipait à sa signature, en juillet 2015, le privant d’une large part des retombées attendues. Si M. Trump repoussait une nouvelle fois sa décision, cet état de fait perdurerait. S’il se dégageait de l’accord, comme il l’a promis à ses électeurs et comme l’anticipent les autres signataires (les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne), resterait à définir la manière : avec calme ou fracas.
« On attend de savoir si les Américains veulent sortir tout en ménageant un espace pour que l’Iran reste dans l’accord : ils résoudraient alors un problème de politique intérieure, mais ils préféreraient que l’Iran ne recommence pas à enrichir de l’uranium dès demain, envisage un haut responsable économique français. Dans le cas contraire, si les Etats-Unis veulent faire de l’Iran un grand “méchant” et tout casser, alors ils ne seront pas déçus… »
Le président iranien, Hassan Rohani, a laissé entendre lundi que l’Iran pourrait demeurer dans l’accord même sans les Etats-Unis, à condition que les Européens lui donnent des gages. Mais sa position se fait minoritaire au sein de l’Etat iranien.
Les voix se multiplient à Téhéran en faveur d’une reprise de l’enrichissement, d’un retour à l’isolement face aux sanctions internationales qui s’appliqueraient de nouveau à pleine force, voire d’une sortie du traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP), auquel l’Iran a adhéré en 1970, et qui ouvrirait la voie à la recherche d’une bombe atomique, soulevant à coup sûr des menaces militaires, notamment de la part du voisin israélien.
Première étape possible : les sanctions sur le pétrole
Techniquement, l’échéance annoncée par M. Trump coïncide avec la nécessité de renouveler, avant le 12 mai, la levée d’une importante mesure de sanction américaine, qui avait contribué à étouffer les ventes de pétrole iranien à l’étranger jusqu’à l’entrée en vigueur de l’accord, en janvier 2016.
Donald Trump a la possibilité de réimposer sans délai cette mesure : cela engagerait une guerre commerciale avec les partenaires commerciaux européens, chinois ou indiens de l’Iran, l’un des principaux producteurs de brut mondial. Washington a également la possibilité de laisser courir une période de « grâce » de cent quatre-vingts jours, afin de laisser le temps à ces partenaires de se désengager pour échapper à des sanctions bancaires unilatérales, ou de trouver un compromis avec Washington.

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La probable hausse du prix du baril qui s’en ensuivrait pourrait nuire aux intérêts des Etats-Unis, mais pas nécessairement à ceux de l’Iran. « Un retour de sanctions pétrolières n’affecterait pas les ventes de Téhéran, estime Pierre Fabiani, ancien patron de Total dans le pays. Les banques européennes seraient peut-être effrayées, mais les Chinois, comme les Indiens, se moquent des sanctions américaines : ils achèteront toujours à Téhéran, avec de beaux rabais. »
Quelles peuvent être les mesures postérieures ?
Deuxième étape, en juillet, M. Trump devra décider de renouveler ou non la levée d’une vaste série de sanctions qui pèserait lourdement sur les marchés de l’énergie, du transport maritime et des assurances : elles aussi peuvent être modulées suivant une stratégie de sortie « douce » ou « dure » de l’accord.
Enfin, M. Trump pourra, s’il souhaite une pression maximale, demander au Trésor le rétablissement de mesures visant les filiales des certaines compagnies américaines qui font des affaires en Iran depuis 2016, ainsi que les principaux acteurs économiques iraniens (compagnies pétrolières, aériennes et de transport). Il pourra rétablir l’interdiction de commercer en rials iraniens, et des sanctions qui frappent l’industrie automobile et qui proscrivent la livraison de matériel d’aviation américain à l’Iran.
Les investisseurs étrangers ayant des intérêts aux Etats-Unis sont vulnérables à ces mesures de rétorsion : ils s’apprêtent à déposer de fastidieuses demandes d’exemption au département d’Etat. Les Européens ont déjà adopté, dans les années 1990, des législations dites de « blocage », destinées à protéger leurs entreprises des sanctions extraterritoriales américaines. Mais aucun investisseur de poids ne s’illusionne : ils savent qu’aujourd’hui comme alors, seul un rapport de force politique d’Etat à Etat pourra les soustraire à la pression du Trésor américain.
Une sortie « dure » de l’accord est-elle réaliste ?
Aux Etats-Unis, d’anciens officiels du Trésor craignent que des mesures trop dures et unilatérales ne s’avèrent impossibles à faire respecter, et ne nuisent à un moyen de dissuasion patiemment renforcé depuis les années 2000. « L’administration pourrait trouver un moyen de sortir du “deal”, de maintenir un régime de sanctions qui n’atteindrait pas le niveau de 2015, mais qui limiterait le mécontentement de l’Europe, estime l’expert Brian O’Toole, ancien haut responsable de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC, chargé de l’application des sanctions) sous les administrations Obama puis Trump. Mais tout dépend de l’objectif final : est-ce qu’ils veulent un changement de régime en Iran ? Si nous adoptons la posture du “gars le plus dur du quartier”, nous serons seuls, avec Israël… »
La Maison Blanche a en tête un précédent qui peut l’inciter à adopter la posture la plus intransigeante : son succès pour imposer des sanctions internationales sans précédent à la Corée du Nord. Elle considère que ces sanctions ont conduit le maître de Pyongyang, Kim Jong-un, à multiplier les ouvertures diplomatiques. Cette politique de « pression maximale » serait pourtant délicate à réitérer après la sortie unilatérale d’un accord soutenu par les Nations unies.
Le choix d’une ligne dure américaine risque enfin de contredire les objectifs officiellement visés. Une fracture entre signataires occidentaux de l’accord empêchera une réécriture plus coercitive de ce compromis, tout en compliquant l’endiguement régional de l’Iran que Washington appelle de ses vœux.

Notre sélection d’articles sur l’accord relatif au nucléaire iranien
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr sur l’accord sur le nucléaire iranien :
les points clés de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, conclu le 14 juillet 2015ce qu’il faut savoir de l’accord, en sept questions ;l’analyse de notre correspondant aux Etats-Unis, qui voit dans l’accord avec l’Iran le miroir de la diplomatie Obama ;comprendre ce qu’implique la « décertification » de l’accord par Donald Trump ;la tribune de parlementaires européens qui appellent leurs homologues américains à sauver l’accord sur le nucléaire ;les images de la visite d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, où il a débattu de l’accord avec Donald Trump ;la chronique de Sylvie Kauffmann, pour qui, « sur le nucléaire iranien, le compte à rebours vers une sorte de catastrophe annoncée a commencé » ;la tribune de François Nicoullaud, ancien ambassadeur à Téhéran, qui appelle à « sortir par le haut de la crise du nucléaire avec l’Iran ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ L’ancien président du Sénat, Armand De Decker, est soupçonné de trafic d’influence.
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« Kazakhgate » : une première mise en examen en Belgique

L’ancien président du Sénat, Armand De Decker, est soupçonné de trafic d’influence.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h33
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            
Le dossier franco-belge dit « du Kazakhgate » a connu, lundi 7 mai, un rebondissement spectaculaire en Belgique. Le parquet de Mons a mis en examen le ministre d’Etat et ancien président du Sénat Armand De Decker, pour trafic d’influence dans l’enquête belge de cette affaire portant sur des soupçons de corruption en marge de contrats commerciaux entre la France et le Kazakhstan. M. De Decker est soupçonné d’avoir fait un intense lobbying en faveur du milliardaire d’origine kazakhe Patokh Chodiev – devenu belge en 1997 – et de deux de ses associés, en 2010 et en 2011.

Redevenu avocat, Armand De Decker, homme politique libéral de premier plan, était le conseiller du trio, qui a obtenu une transaction pénale à hauteur de quelque 22 millions, en échange de l’abandon des poursuites le visant. M. De Decker a touché 730 000 euros pour ses services. « Des honoraires pour l’important travail de conseiller stratégique que j’ai accompli », a-t-il constamment expliqué, sans apparemment convaincre la justice, celle-ci ayant donc estimé qu’il existait assez de motifs pour l’inculper, à l’issue d’investigations – non achevées –, tant en France qu’en Belgique. Le procureur général de Mons a estimé que l’ancien ministre avait bel et bien usé de son influence politique au profit des trois hommes d’affaires.
Une chambre doit désormais décider de l’éventuel renvoi de M. De Decker devant un tribunal. Le président de son parti, le Mouvement réformateur (MR) de l’actuel premier ministre fédéral, Charles Michel, a quant à lui demandé à l’intéressé de démissionner de tous ses mandats publics, sous peine d’exclusion. Il s’agit, pour cette formation, d’éviter à tout prix d’être impliquée dans un scandale politico-financier.

M. De Decker, qui était encore député régional de Bruxelles, mais avait abandonné son poste de maire de la commune d’Uccle il y a quelques mois, a rapidement réagi : il a annoncé son retrait du MR, déplorant que la présomption...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Editorial. Après les élections législatives du 6 mai, le pays entre dans une nouvelle phase de négociations entre dirigeants. Les influences extérieures sont telles que c’est toute la stabilité de la région qui est en jeu.
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Liban : un après-scrutin à haut risque

Editorial. Après les élections législatives du 6 mai, le pays entre dans une nouvelle phase de négociations entre dirigeants. Les influences extérieures sont telles que c’est toute la stabilité de la région qui est en jeu.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h30
   





                        


Editorial du « Monde ». Le résultat des élections législatives au Liban est sans ambiguïté. Le recul des sunnites du Futur, le mouvement du premier ministre sortant, Saad Hariri, est net. La poussée des partis chiites, Amal et Hezbollah, acquis à la « résistance » contre Israël, est forte. Enfin, un rééquilibrage du camp chrétien, où le courant patriotique libre du président Michel Aoun est talonné par les Forces libanaises de Samir Geagea, très hostiles au Hezbollah, s’est opéré.
Mais, au Liban, les rapports de force ne sont pas seulement affaire d’arithmétique. Beaucoup se joue dans l’après-scrutin, grâce aux ententes entre dirigeants et aux calculs d’appareils, lesquels sont particulièrement sensibles aux rapports de force régionaux.
De fait, la domination du Hezbollah sur la scène politique libanaise ne date pas du 6 mai, jour du vote. Elle a émergé par étapes, dès 2010, un an après une élection qui avait pourtant consacré la victoire de l’alliance dite du « 14 mars », opposée au régime syrien et au mouvement chiite, dont le Futur était la cheville ouvrière.
Confrontation à distance
Ce retournement n’a été possible que parce que, entre-temps, la situation régionale a progressivement tourné en faveur du Hezbollah. Le relatif retrait des Etats-Unis des affaires proche-orientales, entamé sous Barack Obama, le déploiement militaire iranien et russe en Syrie et le sauvetage de Bachar Al-Assad, conséquence directe de cette double intervention, ont pesé lourd dans l’arène libanaise, toujours perméable aux influences extérieures.
L’échec des sunnites du Futur est intimement lié à la défaite plus globale des forces sunnites modérées au Proche-Orient. En Syrie, en Irak et au Yémen, elles ont perdu la partie, écrasées entre les régimes en place et les insurrections djihadistes, à l’égard desquels elles ont parfois fait preuve d’aveuglement. Dans la confrontation à distance entre l’Iran, champion des chiites au Proche-Orient, et l’Arabie saoudite, chef de file des sunnites, le premier mène largement.
Mais, à Riyad, le nouveau pouvoir, incarné par l’impétueux prince héritier Mohammed Ben Salman (« MBS »), ne se résout pas à ces reculs. Le désir de renverser la table est encore plus sensible en Israël, où le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a fait de l’Iran son ennemi public numéro un. Les deux Etats, partenaires stratégiques de fait, se réjouissent à l’idée que Donald Trump puisse décider du retrait de l’accord sur le nucléaire iranien. Son annonce imminente promet d’accroître encore un peu plus le risque d’une confrontation directe entre Israël et l’Iran.

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Une telle guerre se jouerait-elle seulement sur le sol syrien ? Dans certaines réactions à l’élection libanaise, notamment celle du faucon israélien Naftali Bennett, qui s’est empressé de déclarer que désormais « Liban égale Hezbollah », on sent poindre la tentation d’imposer un second tour. Par les armes, cette fois. Rien ne serait évidemment plus dangereux et dévastateur pour le Liban et la région tout entière.
Le premier ministre Saad Hariri l’a bien compris. Il a exhorté ses partenaires arabes et occidentaux à voir le résultat des élections « d’un œil positif ». Il faut espérer qu’il soit entendu à Washington, mais surtout à Riyad. En novembre, « MBS » l’avait forcé à démissionner, dans l’espoir de dresser la rue sunnite contre le Hezbollah, avant de faire machine arrière, convaincu par Paris du danger de la manœuvre. Mais la responsabilité de l’apaisement incombe aussi à Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah. L’homme a la réputation d’être un fin tacticien politique. A lui de montrer qu’il excelle aussi en géopolitique.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Depuis la poignée de main historique entre les deux dirigeants coréens, les visiteurs affluent pour voir cette copie conforme construite dans des studios de cinéma près de Séoul.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Les entreprises britanniques sont exclues des appels d’offres du programme européen pour sa partie secret défense. Le gouvernement de Theresa May proteste.
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Brexit : les Britanniques, écartés de Galileo, envisagent de lancer un projet concurrent

Les entreprises britanniques sont exclues des appels d’offres du programme européen pour sa partie secret défense. Le gouvernement de Theresa May proteste.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h18
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Le ton continue de monter entre Londres et Bruxelles sur Galileo, le système européen de satellites de géolocalisation. Furieux de voir ses entreprises écartées de certains appels d’offres, à cause du Brexit, le Royaume-Uni menace de lancer son propre système concurrent. Le 2 mai, la première ministre, Theresa May, a annoncé qu’elle mettait « à l’étude le développement d’un système de navigation par satellites britannique ». Le 3 mai, la Chambre des communes s’est emparée du sujet, les députés s’inquiétant des répercussions pour la filière spatiale britannique, qui représente 40 000 emplois et 14 milliards de livres (16 milliards d’euros) de chiffre d’affaires.
La relation du Royaume-Uni avec Galileo est un condensé du Brexit. Dans les années 1990, le gouvernement britannique était très hésitant à rejoindre ce projet, concurrent du GPS américain. Le ministère de la défense craignait de fâcher ses partenaires de Washington. Progressivement, les Britanniques ont pourtant accepté d’y collaborer et ont financé 12 % du projet (et obtenu 15 % des contrats, en valeur). Aujourd’hui, Galileo est presque opérationnel : vingt-deux des trente satellites ont déjà été lancés, et tous le seront d’ici à 2020. Mais maintenant que le Brexit arrive, les entreprises britanniques se retrouvent exclues des appels d’offres classés secret défense. Et voilà que le Royaume-Uni est furieux. De collaborateur récalcitrant, il est devenu demandeur.
L’affaire a éclaté en janvier. Si Galileo est presque opérationnel, il reste de nombreux contrats à passer, notamment pour gérer sa partie la plus sensible : le « signal public régulé » (PRS dans son acronyme anglais). Celui-ci, confidentiel, sera réservé au secteur de la défense et est censé continuer à fonctionner même en cas de brouillage par une force ennemie.
Les entreprises britanniques qui voulaient y participer ont découvert qu’une « clause Brexit » les excluait. Seules peuvent être candidates celles qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Longtemps célébré comme la figure de proue du cinéma indépendant en Chine, le réalisateur vient d’être élu député de l’Assemblée nationale populaire.
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Les paradoxes de Jia Zhang-ke

Longtemps célébré comme la figure de proue du cinéma indépendant en Chine, le réalisateur vient d’être élu député de l’Assemblée nationale populaire.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 11h20
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

En costume cravate, flanqué de deux autres représentants du peuple nouvellement désignés, Jia Zhang-ke se tient droit comme un « i » dans la lumière des projecteurs. Face à lui, à une dizaine de mètres, une meute de journalistes chinois retenus par un cordon de sécurité. La scène se passe dans l’immense hall d’accueil du Palais du peuple, sur la place Tiananmen, là où s’est tenue la session annuelle du parlement chinois à laquelle Jia Zhang-ke participait pour la première fois, début mars, en tant que député de sa région natale, la province du Shaanxi.
Intérêt des studios
Drôle de consécration pour l’auteur chinois par excellence, longtemps célébré comme la figure de proue du cinéma indépendant de son pays. Son premier film, Xiao Wu, artisan pickpocket, tourné en 1997 sans autorisation, lui valut un rappel à l’ordre du bureau de la censure et une forte amende. Il s’en acquitta, pensant que ça lui permettrait de tourner autre chose. Il n’en fut rien : malgré l’intérêt des studios de ­Pékin pour Platform, le projet de son deuxième film fut refusé. « La première raison était qu’il n’était pas question de lever l’interdiction qui me frappait ; et la seconde : le scénario couvrait une période de dix ans, de 1980 à 1990, et le Bureau du cinéma avait estimé que j’étais trop jeune pour en parler, qu’il me fallait attendre encore dix ans pour pouvoir raconter cette époque », explique-t-il dans Le Monde de Jia Zhang-ke, de Jean-Michel Frodon (Yellow Now, 2015).
« Le Bureau du cinéma avait estimé qu’il me fallait attendre encore dix ans pour pouvoir raconter cette époque »
Jia Zhang-ke passa donc outre, de film en film, jusqu’à The World, en 2002, le premier distribué officiellement en Chine. Sans réellement s’embourgeoiser, malgré les prix (Lion d’or pour Still Life à Venise en 2006), le soutien inflexible des studios de Shanghaï, et le documentaire qu’il réalise en commandite pour l’Exposition universelle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ L’irréductible cinéaste a entamé, il y a plus de dix ans, un travail de mémoire autour des camps de la mort maoïstes.
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Wang Bing, dans les failles de l’histoire chinoise

L’irréductible cinéaste a entamé, il y a plus de dix ans, un travail de mémoire autour des camps de la mort maoïstes.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 11h21
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Aux alentours de la place de la Nation, à Paris, le réalisateur chinois Wang Bing met la dernière main aux Ames mortes, titre spectral et gogolien d’un documentaire de huit heures, intime et épique à la fois, consacré aux derniers survivants des crimes d’Etat commis durant le Grand Bond en avant (1958-1961), moment parmi d’autres de cette suite sans fin d’épurations meurtrières qui définit le maoïsme. En attendant que ce film-fleuve, d’une portée mémorielle et politique brûlante, soit présenté hors compétition au Festival de Cannes, on retrouve cet homme tel qu’on le connaît depuis 2002, date à laquelle il est entré par la grande porte dans l’histoire du cinéma mondial avec le documentaire A l’ouest des rails, chronique surréelle de la liquidation d’un immense complexe industriel. Intense, opiniâtre, solitaire, secret, d’une douceur souriante qui masque à peine l’inébranlable résolution qui le meut, Wang Bing, à lui seul, est une force en marche.
Du côté des parias
Né en 1967 dans la province du Shaanxi, formé à l’Académie du film de Pékin, il aurait pu devenir un cinéaste chinois comme les autres, rusant avec les foudres de l’autocratie dans un combat toujours incertain, au cours duquel on n’est jamais assuré de ne pas finir par vendre son âme. Lui a choisi d’emblée une autre voie, celle du refus, de la disparition, de l’illégalité, et de tout ce qui en découle, à commencer par la précarité et l’incertitude du lendemain. Volant sous les radars, contournant la censure, tournant en caméra DV (Digital Video, un format qui facilite le transfert des séquences vers un ordinateur), évitant les feux des projecteurs, il filme ce que lui dicte sa conscience, toujours du côté des parias, accompagnant les vaincus, creusant inexorablement les failles de l’histoire et de la société chinoises contemporaines. A ceux qui s’étonnent de l’absence de répercussion politique de ses films, naturellement piratés mais officiellement ignorés en Chine, il explique :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ A 92 ans, l’ex-premier ministre passé à l’opposition et candidat aux législatives de mercredi veut incarner la lutte contre la corruption.
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En Malaisie, le retour du vieux lion Mahathir sur la scène politique

A 92 ans, l’ex-premier ministre passé à l’opposition et candidat aux législatives de mercredi veut incarner la lutte contre la corruption.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 10h56
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            Bruno Philip (Kuala Lumpur, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Quand Mahathir Mohamad, 92 ans, est monté sur scène d’une démarche ferme mais mesurée, la foule s’est levée et tout le monde a allumé les torches des téléphones portables. Devant le spectacle féerique ainsi créé dans la nuit de Malaisie, des milliers de lucioles dansant sur le stade détrempé d’un stade de foot, « Tun » (titre honorifique malais) Mahathir a sorti à son tour son portable et, affichant son célèbre et large sourire de grand-père de la nation, s’est mis à filmer l’assemblée qui lui rendait hommage. Alors, d’un seul cri, la foule a scandé : « Hidup Tun ! Hidup Tun ! » (Longue vie à Mahathir !)
C’était dimanche 6 mai, dans le quartier de Setiawangsa, en grande banlieue de Kuala Lumpur. La ferveur populaire qui entourait ce soir-là, avant les élections législatives de mercredi, le vieux lion de retour dans la politique malaisienne, montrait à quel point le « come-back » surprise de Mahathir sera le facteur déterminant de ce scrutin législatif.
L’enjeu est crucial : si la coalition du « Pakatan Harapan » – L’Alliance de l’espoir –, qui regroupe quatre partis d’opposition, dirigée par l’ancêtre, remporte les élections, ce sera, à l’échelle de la fédération malaisienne, une sorte de révolution. Depuis 1957, date de la fin de la colonisation britannique, le pays est dirigé par l’United Malays National Organisation (UMNO), formation principale d’une coalition dominée par ce parti qui représente avant tout la voix des Malais, ethnie principale (environ 60 %) d’une nation multiculturelle et divisée.
« Je réalise à quel point est fort votre désir de mettre à la porte ce gouvernement de voleurs », a lancé Mahathir Mohamad à ses supporters
Grand prêtre de l’UMNO durant des décennies et flamboyant premier ministre entre 1981 et 2003, Mahathir a démissionné avec fracas du parti au pouvoir il y a moins de deux ans pour créer sa propre formation, le parti « Bersatu » – Unité –. Il s’est retourné, avec une remarquable ardeur pour un...




                        

                        


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Compte rendu

Au Tchad, Idriss Déby nomme le premier gouvernement de la IVe République

La nouvelle équipe gouvernementale est composée de vingt-quatre ministres et de quatre secrétaires d’Etat. Elle compte neuf femmes.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-08T10:50:32+02:00"

        Le 08.05.2018 à 10h50






    
Le président tchadien, Idriss Déby, à Berlin (Allemagne) en octobre 2016.
Crédits : Stefanie Loos / REUTERS


Le président tchadien Idriss Déby a nommé, lundi 7 mai, les membres de son gouvernement, après l’entrée en vigueur vendredi de la nouvelle Constitution, a annoncé la télévision nationale. Le texte, dont la promulgation marque le passage à la IVe République, instaure un régime présidentiel sans premier ministre.
Composé de vingt-quatre ministres, dont deux ministres d’Etat, et de quatre secrétaires d’Etat, ce gouvernement prêtera serment devant le président de la République, comme le veut la nouvelle Constitution. L’équipe compte neuf femmes, conformément au vœu d’Idriss Déby de favoriser la représentativité des femmes en politique.

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Dix personnalités quittent le gouvernement, dont le ministre des infrastructures, celui des finances et celui du pétrole. Kassire Coumakoye, ancien premier ministre (de 1993 à 1995, puis de 2007 à 2008) d’Idriss Déby, devient ministre d’Etat conseiller à la présidence, et l’avocat Jean-Bernard Padare est nommé ministre d’Etat chargé des infrastructures. Les portefeuilles de la défense et de la sécurité ainsi que celui des affaires étrangères restent confiés à leurs précédents titulaires.
Une « amnistie générale »
La Constitution, adoptée lors d’une session parlementaire boycottée par de nombreux députés de l’opposition, renforce les pouvoirs du chef de l’Etat tchadien avec la mise en place d’un régime présidentiel intégral, sans premier ministre ni vice-président. Au pouvoir depuis 1990, Idriss Déby a demandé au moment de sa promulgation, vendredi, « le concours des partenaires financiers » pour organiser les élections législatives repoussées depuis 2015, dont il a confirmé qu’elles devaient se tenir en novembre 2018.
Le président a également décrété vendredi une « amnistie générale », invitant tous les Tchadiens qui « pour une raison ou pour une autre ont quitté leur pays » à « rentrer dignement ». Cet appel a suscité des réactions de certains exilés, comme Abakar Tollimi. Cet ancien conseiller d’Idriss Déby, actuellement réfugié politique en France, a estimé qu’il s’agissait d’un « non-événement » et dit être loin de son pays par « manque de démocratie ».

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Plusieurs rébellions armées dont les hommes se trouvent en Libye ou au Soudan ont également réagi à cette offre d’amnistie. L’Union des forces de la résistance (UFR) estime qu’Idriss Déby n’a « jamais respecté ses engagements », selon son porte-parole Youssouf Hamid, installé en Allemagne. Le bureau politique de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), dirigé par Mahamat Nouri, chef rebelle qui avait défié M. Déby en descendant sur N’Djamena il y a dix ans, a également rejeté la proposition dans un communiqué.

