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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Pour l’ouverture de la 71e édition du Festival de Cannes, l’Iranien Asghar Farhadi pose son regard sombre sur un village viticole de Castille.
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« Everybody Knows » : la mécanique humaine du malheur

Pour l’ouverture de la 71e édition du Festival de Cannes, l’Iranien Asghar Farhadi pose son regard sombre sur un village viticole de Castille.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 18h11
    |

                            Thomas Sotinel








                        



Sélection officielle – en compétition, film d’ouverture
L’avis du « Monde » – à voir
Le phénomène se reproduit à dix ans d’intervalle. Un cinéaste dont la formation esthétique et intellectuelle procède d’une culture radicalement différente de celle de l’Espagne contemporaine propose à Cannes un film avec Penélope Cruz et Javier Bardem, photographié par un collaborateur de Pedro Almodovar. En 2008, Woody Allen tentait d’acclimater son pessimisme érotique sur les Ramblas avec Vicky Cristina Barcelona. Pour l’ouverture de la 71e édition, Asghar Farhadi pose son regard sombre sur un village viticole de Castille.

        Lire l’entretien avec Asghar Farhadi :
         

          « Iraniens et Espagnols ont des émotions proches »



Pas plus que le New-Yorkais, l’Iranien n’a laissé ses obsessions à la frontière. Le premier plan – l’intérieur d’un clocher au mécanisme grinçant – de Todos lo saben (il n’y a guère de raison de se servir de la traduction anglaise de « tout le monde le sait » pour parler du film) fait office de manifeste : Farhadi est obsédé par les mécaniques humaines, ce qui les meut, ce qui les grippe, leurs mouvements contradictoires.
Il en résulte un film souvent virtuose, parfois pesant (les deux frontières du talent de l’auteur), plus fragile aussi
Délibérément, menant jusqu’au bout la démarche entamée dans le premier film qu’il a tourné hors d’Iran (Le Passé, 2012, dont l’un des personnages principaux venait de Téhéran), l’auteur d’Une séparation met en œuvre d’autres contraintes, d’autres normes sociales sans doute pour mieux prouver l’universalité de la condition humaine. Il en résulte un film souvent virtuose, parfois pesant (les deux frontières du talent de l’auteur), plus fragile aussi que les édifices imposants que formaient ses derniers scénarios, et, par là même, plus émouvant.

        Lire le portrait dans « M » :
         

          Javier Bardem, la mort lui va si bien




   


Le clocher domine un village où Laura (Penélope Cruz) revient avec ses deux enfants, mais sans son mari Alejandro (Ricardo Darin), resté en Argentine, à l’occasion du mariage de l’une de ses sœurs. Elle y retrouve Paco (Javier Bardem), ex-amant, acheteur de la part de la propriété familiale dont Laura avait hérité. Ces interférences entre les transactions amoureuses, juridiques et économiques, qui ont déjà tant servi au cinéaste, sont un temps cachées par l’enthousiasme décontracté avec lequel Farhadi filme une fête familiale en Espagne. Ce pourrait presque être un film de famille chaleureux, avec, en prime, la lumière euphorisante de José Luis Alcaine.
Résurgence des rancœurs
A ceci près que, bien avant que ne s’abatte la catastrophe, Farhadi dispose artistement les embûches qui feront tomber ses personnages. L’excitation des retrouvailles masque à peine la résurgence des rancœurs. A la nuit tombée (la première moitié du film se déroule sur une journée), rien ne va déjà plus, si bien que lorsque l’on apprend qu’Ana (Inma Cuesta) a été enlevée, Farhadi a déjà emmené son film dans le crépuscule des regrets, des remords et des soupçons.
On aura reconnu la structure d’A propos d’Elly (un week-end entre amis vire à l’enquête criminelle doublée du dévoilement de secrets intimes enfouis), le film qui a assuré la renommée internationale de Farhadi. Des personnages qui paraissaient inintéressants se révèlent fascinants sous l’effet de stimuli inattendus qui les obligent à affronter autrement les contraintes ordinaires. Sur les bords de la Caspienne, celles-ci avaient pour noms interdits religieux, patriarcat. Dans les vignobles espagnols, l’argent règne. Il en faut pour la rançon, il en faut pour expier les fautes passées. C’est lui qui défait peu à peu l’assurance solaire de Laura, la superbe gentiment machiste de Paco, des exercices que leurs interprètes maîtrisent à merveille. On n’est pas très loin de certains auteurs de romans noirs américains, Jim Thompson, par exemple. Il aurait peut-être fallu que Farhadi sacrifie tout à fait aux règles du film de genre, à commencer par la concision, pour que Todos lo saben soit une totale réussite.

Film iranien, espagnol, français et italien d’Asghar Farhadi. Avec Penélope Cruz, Javier Bardem, Ricardo Darin (2 h 12). Sur le Web : distribution.memento-films.com/film/infos/87



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Depuis le mois de janvier, les Européens ont multiplié les discussions, à Paris, Londres, Berlin et Washington pour sauver l’accord de Vienne menacé par Trump. Leur objectif étant de convaincre les Etats-Unis sans braquer l’Iran.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Comment les Européens ont tenté jusqu’au bout de sauver l’accord iranien

Depuis le mois de janvier, les Européens ont multiplié les discussions, à Paris, Londres, Berlin et Washington pour sauver l’accord de Vienne menacé par Trump. Leur objectif étant de convaincre les Etats-Unis sans braquer l’Iran.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 18h34
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Washington, 12 janvier 2018. Alors que Donald Trump renonce – temporairement – à dénoncer l’accord sur le dossier nucléaire iranien, les Européens poussent un soupir de soulagement. Avertis par téléphone par Brian Hook, un haut fonctionnaire du Département d’Etat, les principaux dirigeants comprennent que, sur le fond, le président ne renonce pas à son opposition de principe à l’accord approuvé notamment par son prédécesseur, Barack Obama, mais au moins décrochent-ils un délai de quatre mois pour tenter de sauver ce texte jugé crucial.
Notamment parce qu’il met à l’abri le continent européen, « le premier à la portée d’un missile nucléaire iranien », comme le rappelle régulièrement le Luxembourgeois Jean Asselborn, un vétéran de la diplomatie des Vingt-Huit.

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                Jour J pour l’accord sur le nucléaire iranien, après des mois de critiques de Donald Trump



Rome, 3 mai 2018. Helga Schmid, la secrétaire générale du Service européen d’action extérieur (SEAE), rencontre des responsables iraniens. Elle entend évoquer avec eux le « rôle régional » de leur pays, en clair son soutien à divers groupes et milices au Yémen, en Syrie, en Irak et au Liban.
La diplomate, qui a participé à toutes les phases de la négociation du « Plan global d’action conjoint » (JCPOA), signé à Vienne en juillet 2015 et entré en vigueur en janvier 2016, a déjà eu une discussion de ce genre avec des émissaires de Téhéran, en marge du Forum de Munich sur la sécurité, en février. Des « résultats concrets » en auraient découlé.
Dans l’intervalle, les Européens ont multiplié les discussions, à Paris, Londres, Berlin et Washington. L’agenda a, en fait, été fixé par l’administration Trump : il convient certes, a-t-elle prévenu, d’évoquer le rôle de l’Iran au Moyen-Orient mais aussi un programme de nouvelles sanctions s’il devait s’avèrer que le régime développe des missiles à longue portée, contrecarre les inspections internationales de son activité nucléaire ou continue, contrairement à ses engagements, à mettre au point un armement atomique. Il faudra aussi parler de l’après-2025, date fixée, en principe, pour la levée complète des sanctions américaines, européennes et onusiennes si les termes de l’accord ont été respectés.
Ils tentent d’expliquer qu’une remise en cause de ce qui a été difficilement imposé à Téhéran pourrait aboutir à une course à l’armement nucléaire dans toute la région
Les diplomates bruxellois élaborent alors un argumentaire précis. Ils doivent tenter de convaincre Washington sans braquer Téhéran, qui ne manquerait pas de dénoncer leur duplicité. Ils objectent, en tout cas, que le JCPOA porte sur la non-prolifération et que les autres sujets doivent être traités séparément. « S’il échoue, souligne l’un d’eux, on ne sera d’ailleurs pas en meilleure position pour s’attaquer à ces questions de grande importance. » Ils tentent aussi d’expliquer qu’une remise en cause de ce qui a été difficilement imposé à Téhéran pourrait aboutir à une course à l’armement nucléaire dans toute la région.

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                Accord sur le nucléaire iranien : quels sont les différents scénarios d’un retour des sanctions ?



Au discours catastrophiste du président américain sur « l’horrible JCPOA », ils opposent l’idée que celui-ci repose, non pas sur une prétendue confiance à l’égard de l’Iran, mais sur « des engagements précis, de mécanismes de vérification et de suivi à long terme par l’Agence internationale de l’énergie atomique ». D’après les termes du « deal », l’Agence est censée contrôler tous les sites nucléaires et vérifier pendant vingt ans la production de centrifugeuses, et pendant vingt-cinq ans celle de concentré d’uranium (ou « yellow cake »).
Enfin, les négociateurs tentent constamment d’attirer l’attention de leurs homologues américains sur les risques politiques qu’entraînerait une faillite de l’accord de Vienne. « La pression monte en Iran car des forces n’y ont jamais aimé l’accord. Elles soutiennent que leur pays a rempli ses engagements tandis que nous n’aurions pas fait de même », commente une source à haut niveau. Le gouvernement de Téhéran se plaint effectivement que les menaces américaines paralysent l’activité et les investissements, ce qui est d’ailleurs, à ses yeux, une violation de l’accord.
La première phase de levée des sanctions internationales a concerné plusieurs secteurs (le pétrole, le gaz, la pétrochimie, le transport, la construction navale, l’or et les métaux précieux, etc.). La deuxième ne devait intervenir qu’en 2023 et porter sur les softwares, des technologies militaires, les armes, etc. Bruxelles doit convaincre ses interlocuteurs iraniens de s’en tenir à ce plan alors même que ceux-ci soupçonnent M. Trump d’y avoir déjà renoncé.
Mike Pompeo insiste sur les « failles »
La Haute représentante européenne, Federica Mogherini, d’autant plus attachée au JCPOA que c’est l’une des rares réalisations concrètes de son service diplomatique depuis sa création, insiste, elle, de manière régulière sur le risque d’un affaiblissement de la position du président « réformateur » Hassan Rohani. « Lui et ses partisans ne veulent pas de la bombe parce qu’il sait que cela représenterait, pour l’Iran, une rupture définitive avec l’Ouest et un isolement qui aggraverait l’affaiblissement économique du pays », appuie, dans Der Spiegel, l’ancien ministre allemand des affaires étrangères, Sigmar Gabriel.

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                Quelles sont les sanctions contre l’Iran encore en vigueur ?



Visiblement, les Européens ont cru un moment que leurs arguments pouvaient porter à Washington. Ils comptaient sur leur interlocuteur principal, Brian Hook, et surtout sur le secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, pour peser sur la décision finale de M. Trump. « Tillerson était convaincu que l’accord pouvait être préservé, l’essentiel était, selon lui, que les Européens confrontent l’Iran à des questions cruciales », affirme M. Gabriel.
Problème : M. Tillerson a été écarté au profit de Mike Pompeo qui, lors de sa première sortie internationale (au siège de l’Otan, à Bruxelles, le 27 avril) a surtout insisté sur les « failles » d’un texte que, selon lui, M. Trump allait « probablement » rejeter.
« Nous aurons tout essayé, y compris avec le voyage de M. Macron, de Mme Merkel et de Boris Johnson [le chef de la diplomatie britannique] à Washington, soupirait, mardi 8 mai, un diplomate à Bruxelles. Mais ne croyez pas que nous sommes totalement naïfs : nous avons aussi un scénario pour protéger, si nécessaire, nos entreprises d’éventuelles nouvelles sanctions américaines contre l’Iran. »

Notre sélection d’articles sur l’accord relatif au nucléaire iranien
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr sur l’accord sur le nucléaire iranien :
les points clés de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, conclu le 14 juillet 2015ce qu’il faut savoir de l’accord, en sept questions ;l’analyse de notre correspondant aux Etats-Unis, qui voit dans l’accord avec l’Iran le miroir de la diplomatie Obama ;comprendre ce qu’implique la « décertification » de l’accord par Donald Trump ;la tribune de parlementaires européens qui appellent leurs homologues américains à sauver l’accord sur le nucléaire ;les images de la visite d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, où il a débattu de l’accord avec Donald Trump ;la chronique de Sylvie Kauffmann, pour qui, « sur le nucléaire iranien, le compte à rebours vers une sorte de catastrophe annoncée a commencé » ;la tribune de François Nicoullaud, ancien ambassadeur à Téhéran, qui appelle à « sortir par le haut de la crise du nucléaire avec l’Iran ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Surprenants finalistes de la Coupe de France mardi face au PSG, Les Herbiers portent les espoirs d’un département passionné de football mais absent de l’élite.
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Les Herbiers placent la Vendée en haut de l’affiche

Surprenants finalistes de la Coupe de France mardi face au PSG, Les Herbiers portent les espoirs d’un département passionné de football mais absent de l’élite.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 09h50
    |

                            Alexandre Pedro








                        



   


Avec son taux de chômage inférieur à 5 %, son dynamisme économique sur fond de christianisme social et d’indépendance revendiquée par rapport à l’Etat centralisateur, Les Herbiers incarnent cette Vendée prospère qui ignore la crise. Voilà pour la carte postale. Ce mardi 8 mai, Les Herbiers et toute la Vendée montent à Saint-Denis, non pas pour visiter les sépultures royales de la basilique dionysienne, mais pour défier le Paris-Saint-Germain en finale de la Coupe de France, sur la pelouse du Stade de France (21 h 05). Soit une première pour une équipe du département en 101 éditions.

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                Coupe de France : la folle épopée des Herbiers



Et si les 11 000 places allouées dans un premier temps au club de National (3e division) sont parties en moins d’une heure, c’est que l’engouement dépasse la commune du bocage vendéen et ses 16 500 habitants. Le département vibre en rouge et noir, les couleurs du VHF (Vendée Les Herbiers Football) comme dans ce clip où le chanteur Philippe Katerine, tout en cape et chapeau noir, appelle à l’union derrière les joueurs de Stéphane Masala : « Les Vendéens sont pas si fous, partiront pas sans croire en vous. » Le message est reçu. « On a rangé les querelles locales au vestiaire, tout le monde soutient le VHF, assure Jean-Jacques Gazeau, président du district de Vendée. Quoi qu’il arrive, les joueurs ont déjà marqué l’histoire du football vendéen. »

Une histoire qui tient sur une page blanche malgré ses 31 300 licenciés, ses 190 clubs et quelques vieilles gloires (Maxime Bossis, Ulrich Ramé, Jean-Marc Guillou) ; du moins si on se cantonne à l’élite du football français. En effet, jamais un club vendéen n’a évolué en division 1 ou Ligue 1. Les plus connaisseurs et nostalgiques se souviennent au mieux de la Roche-sur-Yon à l’époque d’une D2 encore divisée en deux groupes au début des années 1990. Mais depuis la descente des Yonnais en 1993, la Vendée a disparu de la carte du football professionnel dans l’Hexagone. Le Poiré-sur-Vie et Luçon ont bien flirté avec la Ligue 2 ces dernières années, mais le premier évolue aujourd’hui en National 2 (4e division) et le second a déposé le bilan en 2016.
Le rêve de Philippe de Villiers
Stéphane Masala était à l’époque l’adjoint de Frédéric Reculeau sur le banc de touche avant de rebondir aux Herbiers. Entraîneur principal du VHF depuis janvier (et le licenciement de Reculeau), cet « Italo-Vendéen » met en avant « les guéguerres et l’esprit de clocher » pour expliquer cette absence dans l’élite. « Ici, vous avez des bons clubs tous les 10 kilomètres mais il n’y a jamais eu la culture du foot de haut niveau. Chacun reste attaché à sa petite histoire, poursuit le technicien de 41 ans. Par exemple, si vous avez un match entre deux équipes vendéennes pour une accession en division supérieure, celle qui n’a rien à jouer va tout faire pour empêcher l’autre de monter. Et ça, vous ne le voyez pas dans d’autres départements. »
Jean-Jacques Gazeau avance, lui, une raison plus géographique. « Cette absence d’un grand club est liée aussi à notre paysage, estime le dirigeant. Il n’existe pas de grande métropole dans notre département. La Roche-sur-Yon fait 53 000 habitants et l’attractivité économique est plutôt au nord dans la zone des Herbiers et Challans. » Pourtant, de par son statut de chef-lieu et son passé en D2, « La Roche » devrait « être le pôle attractif du football vendéen ». Or, son club végète aujourd’hui en National 3.
En mai 2016, la fusion avec Luçon a capoté au dernier moment, alors qu’un protocole avait été signé cinq mois plus tôt. « L’attelage que nous aurions formé avec les Luçonnais n’aurait pas été fiable », lâchait alors Christophe Chabot, l’ambitieux président de La Roche VF et patron d’Akena Vérandas. « Les gens s’identifient à un territoire, à une ville et ce n’était pas forcément un mariage d’amour entre deux clubs distants de 30 km, remarque Gazeau. Tout le monde veut bien de ce club professionnel, mais chacun va dire : “Ce club, il serait mieux chez moi.” Il faut une volonté commune et elle n’existe pas pour l’instant. »
Un ancien défenseur central de l’Etoile de Boulogne, du nom de Philippe de Villiers, a bien poussé pour la création d’un grand club sur le territoire. En vain. « Quand je suis devenu président du conseil général [en 1988], j’avais trois rêves, expliquait-il dans un entretien à 20 minutes le 17 avril. Le premier : faire flotter l’emblème de la Vendée sur toutes les mers du monde, c’est le Vendée Globe. Le deuxième, recevoir le départ du Tour de France, ce qu’on a fait trois fois et ce qu’on va faire une quatrième fois cette année. Et le troisième : avoir une grande équipe de foot. Ce qu’on n’arrive pas à faire par le championnat, je rêve qu’on le fasse par la Coupe. Cela peut être l’étincelle pour le foot vendéen. »
Entre un jeune entraîneur prometteur, le dynamisme de son économie, Les Herbiers pourraient s’imposer comme l’équipe référente de toute la Vendée. Sauf que le VHF vit une drôle de saison avec d’un côté son épopée en Coupe de France et de l’autre la galère en championnat avec une menace de relégation en National 2. « Vous pouvez avoir une belle équipe sur une ou deux saisons, mais cela ne suffit pas pour inscrire un club dans la durée », avance Philippe Violeau, champion de France avec Auxerre et Lyon mais vendéen de naissance et de cœur. 
L’ancien milieu de terrain est pourtant persuadé « qu’il existe ici un énorme potentiel », mais encore faut-il que les bonnes volontés arrivent à s’entendre. « Pour construire un club, ça ne se fera pas chacun dans son coin, il faut pouvoir cohabiter et mettre ses ambitions de côté. On parle de Guy Roux à Auxerre ou de Noël Le Graët à Guingamp comme des hommes providentiels, mais à côté d’eux, il y avait une dizaine de personnes autour de la table pour structurer le projet. »
Nantes, le club de la Vendée
Et si le grand club vendéen n’existait pas déjà avec huit titres de champions de France à son palmarès et sa réputation – un rien jaunie – de beau jeu ? Comme Philippe de Villiers lui-même, les Vendéens ont toujours eu un faible affirmé pour le FC Nantes. « A mon avis, 35 % à 40 % des supporteurs de Nantes viennent de Vendée, estime, à la louche, Stéphane Masala. Il suffit de voir les plaques des voitures les soirs de match à la Beaujoire. Pour un jeune Vendéen, le rêve a toujours été d’intégrer la Jonelière [le centre de formation nantais], pas de jouer aux Herbiers, Luçon ou La Roche. » « Nantes a toujours été le club de la Vendée, confirme Philippe Violeau. Avec mon équipe de Froidfond ou mon père, j’allais voir tous les matchs à Marcel-Saupin puis à la Beaujoire. »
Mais avec le parcours des Herbiers en Coupe, les Vendéens ont prouvé qu’ils pouvaient aussi remplir la Beaujoire (face à Lens et Chambly lors des tours précédents) pour soutenir un des leurs. « On n’est plus Les Herbiers, on est la Vendée », assurait déjà Stéphane Masala avant la demi-finale contre Chambly. Installé désormais près de La Rochelle, Philippe Violeau ressent « un engouement exceptionnel autour de cette finale ». Le vainqueur de la Coupe de France 1996 avec Auxerre n’ose pas trop imaginer une victoire face à un PSG triple tenant du titre et même avec Neymar, enfin de retour du Brésil, en simple spectateur. « On dit qu’en football, tout est toujours possible, mais face à ce PSG, cela paraît impossible. Après, il y a un match à jouer… » Et toute la Vendée est déjà prête pour ça.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ L’artiste belge, révélée en 1988 grâce à Starmania, est décédée lundi 7 mai à Bruxelles à l’âge de 57 ans. Absente de la scène depuis 2016, elle venait de donner deux concerts dans cette ville.
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Maurane, une artiste à la voix puissante et généreuse

L’artiste belge, révélée en 1988 grâce à Starmania, est décédée lundi 7 mai à Bruxelles à l’âge de 57 ans. Absente de la scène depuis 2016, elle venait de donner deux concerts dans cette ville.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h54
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 17h28
    |

            Sylvain Siclier








                        



   


Révélée au grand public en 1988 par sa participation, dans le rôle de Marie-Jeanne, à la deuxième version de la comédie musicale Starmania de Michel Berger et Luc Plamondon, interprète à la voix puissante, généreuse, la chanteuse belge Maurane, de son vrai nom Claudine Luypaerts, est morte lundi 7 mai, à son domicile, à Bruxelles. Les causes de sa mort, annoncée mardi 8 mai, par La Radio-Télévision belge de la Communauté française (RTBF), n’ont pas été précisées. Elle était âgée de 57 ans. Absente de la scène depuis 2016, pour des problèmes de voix, Maurane avait participé à deux concerts à Bruxelles, samedi 5 mai, au Palais d’Egmont et dimanche 6 lors du festival La Fête de l’Iris, durant lesquels elle avait interprété des chansons de Jacques Brel.
Née le 12 novembre 1960 à Ixelles, Maurane a grandi dans une atmosphère artistique, son père Guy-Philippe Luypaerts (1931-1999) était compositeur et directeur de l’Académie de musique de Verviers et sa mère Jeannie, professeure de piano. Elle apprend vite l’instrument, le solfège, le chant et commence à participer à divers concours dès son adolescence. En 1979, elle est l’une des interprètes d’un spectacle consacré à Jacques Brel, à qui elle voue une grande admiration, dont elle témoignera tout au long de sa carrière. C’est pour la compagnie phonographique parisienne Saravah, de Pierre Barouh, qu’elle enregistre ses premiers 45-tours au début des années 1980 et un premier album, Danser, publié en 1986.
De nombreux succès
Elle enregistre la même année l’album HLM pour le label belge Igloo avec le saxophoniste Steve Houben et le pianiste Charles Loos, deux personnalités importantes de la scène jazz belge, avec qui elle va régulièrement travailler. On y trouve notamment sa composition Morceau en forme de Nougarose, hommage à Claude Nougaro, lui aussi source d’inspiration, à qui elle consacrera un album de reprises, Nougaro ou l’espérance en l’homme (Polydor) en 2009. Dans son phrasé, sa manière expressive, le jazz est souvent présent.

   


Après ses débuts dans des cabarets et petites salles de Bruxelles ou Paris, elle passe, du 20 au 24 octobre 1987, au Théâtre la Ville, à Paris, suscitant un succès critique. Elle est alors sollicitée par Michel Berger pour reprendre, après Fabienne Thibeault en 1979 et Louise Forestier, en 1980, le rôle de Marie-Jeanne dans une nouvelle production de Starmania – le nom du metteur en scène Francis Morane, qui avait travaillé à la première version du spectacle, lui a inspiré, au début des années 1980, son pseudonyme Maurane. L’une des chansons du spectacle, Les uns contre les autres, fera partie de son album Maurane (Polydor), publié en 1989, premier succès avec Toutes les mamas, chanson pop, Pas gaie la pagaille, sur un arrangement reggae et Tout pour un seul homme, ballade jazz-pop avec cordes. 
En 1991, l’album Ami ou ennemi (Polydor), auquel participe notamment le groupe de jazz-rock canadien Uzeb, confirme son succès public. Il est porté par l’émouvante chanson Sur un prélude de Bach, signée Jean-Claude Vannier, qui réalise les arrangements. Au début des années 1990, elle tourne beaucoup, est en tête d’affiche à l’Olympia, en vedette au Printemps de Bourges, obtient, en 1994, une Victoire de la musique de la « meilleure artiste francophone », année où Barbara est sacrée « artiste féminine de l’année ». En 1995 paraît l’album Différente (Polydor), avec Le Paradis c’est l’enfer, Manies manigances, façon country, une nouvelle ballade signée Vannier, Juste une petite fille.

En 2000 paraît l’album Toi du monde (Polydor), qui par endroits emprunte aux musiques du monde. En 2002, le duo Tu es mon autre avec Laura Fabian, est un nouveau grand succès. Elle enregistre ensuite plusieurs chansons écrites par Jean-Jacques Goldman, dont Tout faux, Des millions de fois et Ce que le blues a fait de moi, qui vont figurer sur le disque Quand l’humain danse (Polydor, 2003). Elle retrouve Houben et Loos en 2005 pour l’album Un ange passe. Suivront deux albums, en 2007 et 2011, avant que Maurane ne participe à l’émission de télévision « La Nouvelle Star », de 2012 à 2014. Son dernier album en date, Ouvre, publié en 2014, a été notamment enregistré avec les musiciens de jazz Louis Winsberg (guitare) et Stéphane Huchard (batterie). Dans un message sur son compte Facebook, publié le 3 mai, Maurane avait indiqué qu’elle préparait un nouveau disque et une tournée.

Maurane en quelques dates
12 novembre 1960 : Naissance à Ixelles (Belgique)
1986 : Premier album « Danser »
1988-1989 : Interprète Marie-Jeanne dans une nouvelle production de la comédie musicale « Starmania »
1989 : Succès de l’album « Maurane », avec notamment « Toutes les mamas » et « Pas gaie la pagaille »
1991 : Album « Ami ou ennemi »
1994 : Victoire de la musique comme « meilleure artiste francophone »
2002 : Succès de « Tu es mon autre », duo avec Lara Fabian
2014 : Album « Ouvre »
7 mai 2018 : Mort, à son domicile, à Bruxelles


 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ L’opposant et ancien journaliste, qui a passé près de deux ans en prison, a été élu par le Parlement, pourtant très hostile. Jamais un leadeur arménien n’a connu une telle popularité, suscitant énormément d’attentes et d’espoirs.
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Nikol Pachinian, le marcheur indocile d’Arménie

L’opposant et ancien journaliste, qui a passé près de deux ans en prison, a été élu par le Parlement, pourtant très hostile. Jamais un leadeur arménien n’a connu une telle popularité, suscitant énormément d’attentes et d’espoirs.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 18h24
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 18h48
    |

            Annick Cojean (Erevan, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

En six semaines, un homme a réveillé, secoué, uni et fait rêver l’Arménie en un avenir meilleur. Il l’a fait se dresser contre un régime décrédibilisé et haï, a mis dans la rue des dizaines de milliers de personnes, poussé à la démission un premier ministre et mené une révolution pacifique, autoqualifiée « de velours », en vue de prendre le pouvoir ou plutôt, insiste-t-il, de « le redonner au peuple ».
Sac au dos, tee-shirt camouflage et allure de baroudeur, il a mis debout et même « en marche » le pays, puisque tel est le slogan de sa campagne (littéralement « un pas en avant ») en lui redonnant confiance en sa propre puissance et l’envie de dire enfin son mot. De député d’opposition marginal, Nikol Pachinian, 42 ans, est devenu un véritable phénomène politique et a réussi l’exploit de respecter la Constitution en se faisant élire, mardi 8 mai, par un Parlement très hostile, au poste de premier ministre.
Son parcours stupéfie les politologues qui peinent encore à analyser ce que le chercheur Gevorg Melikian appelle son « abracadabra ». « C’est arrivé si vite !, dit-il. Ces foules dans la rue alors qu’elles paraissaient, il y a peu encore, léthargiques ; cette soudaine confiance du peuple en lui-même ; et cette efficacité pour faire plier le pouvoir qui croyait pouvoir agir éternellement en toute impunité. C’est tout simplement incroyable ! »
« Incontestable fibre populaire »
Ils ont tous ce mot à la bouche. Car personne n’avait vu venir M. Pachinian. Certains insistent, bien sûr, sur le choix du moment adéquat pour déclencher la rébellion, et sur la colère qui couvait depuis tant d’années contre la clique au pouvoir, les élections truquées, la corruption endémique…
Mais le rôle à la fois de déclencheur, de galvanisateur et d’unificateur joué par M. Pachinian en un temps record méduse les observateurs. « Il a une incontestable fibre populaire, explique Gevorg Melikian. Il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ La ministre du travail est convoquée le 22 mai dans le cadre de cette enquête ouverte en juillet 2017 pour « favoritisme et recel de favoritisme ».
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Affaire Business France : Muriel Pénicaud convoquée chez le juge en tant que témoin assisté

La ministre du travail est convoquée le 22 mai dans le cadre de cette enquête ouverte en juillet 2017 pour « favoritisme et recel de favoritisme ».



Le Monde
 |    08.05.2018 à 16h26
   





                        



   


La ministre du travail, Muriel Pénicaud, est convoquée le 22 mai chez le juge en tant que témoin assisté dans l’affaire Business France, a annoncé son cabinet, mardi 8 mai, confirmant une information du Canard enchaîné. Le statut de témoin assisté est un statut intermédiaire entre celui de mis en examen et celui de simple témoin, à qui il n’est pas directement reproché la commission d’une infraction. L’entourage de la ministre s’est refusé à tout autre commentaire.
Ce dossier est lié à l’organisation, en janvier 2016, d’une soirée de promotion de la France à Las Vegas autour d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie. L’organisation de l’événement, qui avait coûté près de 290 000 euros, avait été confiée à l’agence de communication Havas, sans appel d’offres spécifique par Business France (BF), organisme public dépendant de Bercy et chargé de faire la promotion des entreprises françaises à l’étranger. Business France était dirigé, à l’époque, par Muriel Pénicaud.

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                Ce que l’on sait de l’affaire Business France, dans laquelle est citée la ministre du travail, Muriel Pénicaud



Le ministère de l’économie, après un rapport de l’Inspection générale des finances, avait fait un signalement au parquet de Paris, qui avait ouvert une enquête pour « favoritisme et recel de favoritisme ». L’enquête a été confiée en juillet 2017 à trois juges d’instruction.
Les enquêteurs cherchent, en particulier, à déterminer si Muriel Pénicaud a pu être informée en amont de dysfonctionnements, ce qu’elle a toujours nié.

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                Soirée de Las Vegas : ce que savait Muriel Pénicaud



Havas, filiale du groupe Vivendi, se défend de toute irrégularité et assure qu’un accord-cadre conclu en juin 2015 pour dix-huit mois avec Business France lui permettait d’organiser ce type d’événement sans passer un nouvel appel d’offres.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Les commandos français ont été renforcés pour soutenir les unités kurdes dans la lutte contre l’organisation Etat islamique.
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En Syrie, la guerre très spéciale de la France

Les commandos français ont été renforcés pour soutenir les unités kurdes dans la lutte contre l’organisation Etat islamique.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 18h32
    |

            Nathalie Guibert et 
                                Allan Kaval








                        



                                


                            

Dans le nord de la Syrie, l’ancienne cimenterie Lafarge est devenue une base des forces spéciales de la coalition internationale menée par les Etats-Unis contre l’organisation Etat islamique (EI). Dans ce lieu stratégiquement situé, qui fut un temps une prise de guerre de l’EI, les unités françaises déployées sur le terrain syrien ont établi leurs quartiers depuis 2015 avec leurs homologues américaines et britanniques.
Bien qu’en uniforme, les forces spéciales évoluent avec discrétion sur le terrain. Elles jouent cependant, de manière de plus en plus affirmée, un rôle central dans la stratégie de la France en Syrie. Sur le plan militaire – depuis le 1er mai, elles participent, avec les Forces démocratiques syriennes (FDS) à dominante kurde, à l’offensive qui a repris contre les dernières poches djihadistes dans le nord-est du pays. Elles agissent aussi sur un plan plus politique. La position française dans la crise est en effet conforme à la vision que portent ces hommes de terrain sur la manière dont les intérêts de la France peuvent être servis en Syrie.
C’est le secrétaire américain à la défense, James Mattis, qui a annoncé le 26 avril que ce contingent français était renforcé en Syrie : à Manbij, Paris venait d’envoyer 50 commandos, Washington, 300. Ce dévoilement a été fait en concertation. La doctrine officielle française reste le silence. L’exécutif ne reconnaît que du bout des lèvres qu’il emploie les forces spéciales en première ligne dans ses opérations extérieures de contre-terrorisme.

Cette façon de faire ne suscite guère de débat politique. Au moment où James Mattis s’exprime, ce sont des vidéos pirates diffusées sur les réseaux sociaux, montrant des blindés munis de drapeaux français circulant avec des véhicules américains, qui attestent leur présence dans les environs de Manbij.
L’emploi de ces forces est décidé au plus haut niveau, à l’Elysée. Emmanuel Macron semble, plus encore que son prédécesseur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Le Règlement général sur la protection des données personnelles, qui renforce un droit français déjà protecteur, sera applicable partout en Europe à partir du 25 mai.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/05/2018
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RGPD : ce qui change pour les particuliers

Le Règlement général sur la protection des données personnelles, qui renforce un droit français déjà protecteur, sera applicable partout en Europe à partir du 25 mai.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 10h36
    |

            Martin Untersinger








                        



   


Lorsqu’ils se réveilleront le 25 mai, les Européens ne s’en apercevront sans doute pas, mais leurs données personnelles seront un peu mieux protégées. À cette date s’appliquera, en effet, le Règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD), un texte européen ambitieux qui va instaurer des obligations et des droits dans toute l’Europe concernant la manière dont les données personnelles sont collectées et traitées.

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                Protection des données : le texte européen qui hante les nuits des patrons de PME français



Pour les entreprises, se conformer au RGPD est un bouleversement. Pour les Français en revanche, les changements seront moins visibles : le droit hexagonal, issu d’une directive de 1995 diversement transposée dans l’Union européenne, est déjà relativement complet en la matière.
Consentement des mineurs
Le RGPD a fixé à 16 ans l’âge à partir duquel un mineur n’a plus besoin de l’autorisation de ses parents pour utiliser un réseau social. En dessous de cet âge, un mineur ne peut pas consentir seul à voir ses données personnelles traitées par un service sur Internet, comme Facebook ou Instagram, par exemple. Les services en ligne devront recueillir l’autorisation des parents pour obtenir et traiter les données personnelles, dans la limite « des moyens technologiques disponibles ».
Le texte laisse cependant des marges de manœuvre aux Etats membres qui peuvent abaisser ce seuil à 13 ans.
Facebook, par exemple, ne prendra pas de mesure particulière pour empêcher les mineurs d’utiliser ses services, mais sans autorisation de leurs parents, ces derniers « verront une version moins personnalisée de Facebook avec un partage restreint et des publicités moins pertinentes ». Autrement dit, la plupart de leurs données ne seront pas traitées par le réseau social.
Portabilité des données
Le RGPD apportera un nouveau droit aux internautes : celui de pouvoir récupérer et transférer leurs données personnelles gratuitement d’un service à un autre. C’est ce qu’on appelle le droit à la portabilité des données, qui permettra, par exemple, de télécharger ses e-mails d’un fournisseur donné pour continuer à les utiliser chez une autre entreprise, un petit peu comme il est possible depuis quelques années de conserver son numéro de téléphone mobile lorsqu’on change d’opérateur.
Le règlement prévoit la possibilité que le transfert puisse être fait automatiquement entre fournisseurs de services, sans que l’internaute ait besoin de les manipuler.
Communication en cas de fuite
Pour tenter d’éviter que les données personnelles des Européens fuitent ou soient indûment transmises à des tiers, le RGPD prévoit, pour les entreprises gérant des données personnelles, de contraignantes obligations de sécurité.
Ces dernières devront aussi avertir « en des termes clairs et simples » leurs clients ou usagers en cas de « violation de données personnelles », par exemple en cas de piratage. Mais cet avertissement ne sera pas systématique : les utilisateurs seront prévenus seulement lorsque cette « violation » est « susceptible d’engendrer un risque élevé pour les droits et libertés ». De plus, si les données étaient protégées par de la cryptographie – donc illisibles par d’éventuels pirates –, l’entreprise n’aura pas l’obligation d’avertir ses clients ou usagers.
Recours, réparations et amendes
Si un Européen estime que ses données personnelles ont été utilisées ou collectées en contradiction avec la loi, il sera possible d’introduire un recours auprès des autorités de protection des données, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) en France. C’est déjà le cas, mais le RGPD ajoute une corde à l’arc des citoyens : la possibilité de lancer une action collective par une association ou un organisme ayant pour objectif la protection des données personnelles, et d’obtenir une « réparation du préjudice subi ». L’association française La Quadrature du Net a justement annoncé le lancement des premières actions collectives du genre, visant les géants du numérique américains.

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Les amendes que pourront infliger les autorités de protection des données changent de dimension : elles pourront atteindre, selon les cas, jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires (ou 20 millions d’euros).
Un risque suffisamment important pour faire remonter cette question des données personnelles très haut dans la hiérarchie de l’entreprise et agir comme une véritable incitation à respecter les droits de ses utilisateurs en la matière.
Des conditions d’utilisation plus claires
En France, les entreprises étaient censées informer les individus sur la façon dont elles manipulaient leurs données personnelles et dans quel but. Désormais, gravé dans le marbre du droit européen, elles devront le faire « sous une forme compréhensible et aisément accessible, et formulée en des termes clairs et simples ».
Plusieurs entreprises du numérique ont annoncé une réécriture de leurs conditions d’utilisation, ces textes qui annoncent la manière dont les données personnelles vont être traitées.
La notion de consentement, déjà présente, est renforcée. Les entreprises devront, sauf exception, demander aux individus leur autorisation pour traiter leurs données personnelles, là encore, « sous une forme compréhensible et aisément accessible, et formulée en des termes clairs et simples ».

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Ainsi, Facebook a-t-il commencé récemment à demander à ses utilisateurs européens s’ils acceptaient toujours à partager leur croyance religieuse, qui est de surcroît une information plus protégée que les autres car sensible.
Enfin, dernière innovation de taille introduite par le RGPD : il sera applicable dès lors que les données sont collectées en Europe. Les entreprises dont le siège est situé hors de l’Union européenne ne pourront plus arguer de la non-applicabilité du droit européen.
Les grands principes déjà existants
De nombreux grands principes, déjà présents dans le droit européen et français, sont repris par le RGPD.
Les données doivent ainsi être traitées de manière « licite, loyale, transparente ». La « finalité », c’est-à-dire le but pour lequel les données sont traitées doit être « déterminée, explicite, légitime ». Les données collectées doivent être « adéquates, pertinentes, limitées, exactes, à jour », et conservées en sécurité.
Le consentement des internautes doit être respecté, sauf dans certains cas où le traitement des données est nécessaire, par exemple pour respecter un contrat (une vente en ligne) ou encore lorsque ce traitement est réalisé pour certaines missions de l’Etat en matière de sécurité (les fichiers de police par exemple).
Certaines données sont considérées comme sensibles et soumises à un cadre un peu plus restrictif, comme celles qui révèlent « l’origine raciale ou ethnique, les opinions politiques, les convictions religieuses ou philosophiques ou l’appartenance syndicale », mais aussi les « données génétiques, […] biométriques » et celles relatives à la « santé ou [à] la vie sexuelle [et à] l’orientation sexuelle ».
Le RGPD ne concerne pas les traitements de données qu’une personne pourrait réaliser pour son usage strictement personnel.

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Comme auparavant, un certain nombre d’informations doivent être communiquées à l’individu lorsqu’on lui réclame ses données, comme la nature des données demandées, l’identité de la personne ou de l’entité qui va les traiter, la raison pour laquelle elle les demande, combien de temps elles seront conservées… Ledit individu dispose également du droit d’y accéder, de les rectifier, de les effacer, et même de demander à ce qu’elles ne soient plus traitées, moyennant moult exceptions et conditions.
Le RGPD reprend aussi une notion déjà présente en droit français, celle qui interdit qu’une décision « produisant des effets juridiques » soit basée sur un « traitement automatisé » c’est-à-dire un programme informatique. Sauf si la loi l’autorise expressément et l’assortit de garanties « des droits et libertés » ou si l’individu donne son consentement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ De la démission du premier ministre Serge Sarkissian face à la contestation de la rue à l’élection du dirigeant de l’opposition Nikol Pachinian mardi, retour sur trois semaines de protestations qui ont agité le petit pays du Caucase.
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« Révolution de velours », coup de théâtre et grève générale… Trois semaines qui ont bouleversé l’Arménie

De la démission du premier ministre Serge Sarkissian face à la contestation de la rue à l’élection du dirigeant de l’opposition Nikol Pachinian mardi, retour sur trois semaines de protestations qui ont agité le petit pays du Caucase.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h18
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 14h49
   





                        



   


L’Arménie se dirige-t-elle vers une sortie de crise ? Après plus de trois semaines de troubles ayant entraîné la démission de Serge Sarkissian, le dirigeant de l’opposition Nikol Pachinian a été élu premier ministre par les parlementaires, mardi 8 mai.
« Héros » de ce mouvement de protestation, M. Pachinian assurait lundi avoir « 95 % » de chances de l’emporter, une semaine après un premier échec, qui avait entraîné une grève générale de plusieurs heures dans tout le pays. Retour sur cette « révolution de velours » qui a agité l’Arménie, petit pays du Caucase de trois millions d’habitants.
17 avril : Sarkissian élu premier ministre, des milliers de manifestants dans la rue
Au début d’avril, le Parti républicain de Serge Sarkissian remporte les élections législatives et conserve sa majorité au Parlement. Un scrutin contesté par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui dénonce des irrégularités et notamment « des achats de vote et des actes d’intimidation des électeurs ». Dès le 13 avril, des mouvements de contestation émergent. Ils deviendront encore plus importants à partir du 17 avril, jour où M. Sarkissian — président de 2008 à 2018 —, est élu premier ministre par le Parlement.
Depuis la réforme constitutionnelle de 2015, qui a transformé l’Arménie en république parlementaire, le pouvoir exécutif réel est désormais entre les mains du premier ministre. Pour l’opposition, ce changement de la Constitution avait uniquement pour but de maintenir au pouvoir M. Sarkissian.
La manœuvre du dirigeant (réputé prorusse), qui n’est pas sans rappeler celle de Vladimir Poutine échangeant les rôles, de 2008 à 2012, avec son premier ministre Dmitri Medvedev, provoque la colère d’une partie de la population « Sarkissian veut rester au pouvoir éternellement », assure alors un opposant du parti Héritage, Raffi Hovannissian.
Dès le résultat connu, des dizaines de milliers de personnes manifestent dans tout le pays, à l’appel de l’opposant et député Nikol Pachinian. Dans la capitale, Erevan, les manifestants bloquent l’accès aux principales rues, au ministère des affaires étrangères, ou encore au service des impôts.
22 avril : Pachinian interpellé, des militaires rejoignent les manifestants

Alors que le mouvement ne faiblit pas dans la rue, les deux adversaires, MM. Sarkissian et Pachinian, se retrouvent le 22 avril pour une brève entrevue dans un grand hôtel d’Erevan. Mais la discussion tourne court.
« Je suis venu ici pour discuter des termes de votre démission et des conditions d’une transition pacifique et sans heurt du pouvoir », lance d’emblée Nikol Pachinian à Serge Sarkissian. « Les enseignements du 1er mars n’ont pas été tirés », menace alors le premier ministre, dans une référence aux événements de 2008. Cette année-là, au moment où M. Sarkissian parvenait au pouvoir dès le premier tour de la présidentielle, dix personnes furent tuées lors de violents affrontements avec la police. Le jour de la rencontre entre les deux opposants, le ministère de l’intérieur faisait d’ailleurs savoir, dans un communiqué, que les forces antiémeutes étaient autorisées « à recourir à la force ». 

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                Arménie : une rencontre entre le premier ministre et le chef de la contestation tourne court



« Personne n’a osé et n’osera nous tenir un langage de menaces. Je vous le dis : vous ne comprenez pas la situation qui règne dans le pays. Elle est différente de celle que vous connaissiez il y a quinze ou vingt jours […]. Le pouvoir est passé aux mains du peuple », riposte alors le député de l’opposition, qui fut l’un des meneurs des manifestations de 2008. Quelques instants plus tard, M. Pachinian, qui prône désormais une « révolution de velours » est interpellé par la police, ainsi que deux cents manifestants.
Mais le lendemain, le 23 avril, près de deux cents militaires en tenue rejoignent les protestataires dans la rue. Un tournant dans le mouvement de contestation.
23 avril : Serge Sarkissian démissionne, la rue exulte
Et soudain, c’est l’explosion de joie dans les rues d’Erevan. Après une dizaine de jours de manifestations massives, Serge Sarkissian annonce son départ le 23 avril dans la soirée : « J’abandonne la direction du pays. » La présence inattendue de militaires avec les manifestants a précipité cette démission surprise. « Nikol Pachinian avait raison. Et moi, je me suis trompé », reconnaît M. Sarkissian.

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                La démission du premier ministre ne met pas fin à la crise politique en Arménie



Sur la place de la République, au cœur d’Erevan, où se trouve le siège du gouvernement, des milliers de personnes se réunissent, brandissant des drapeaux arméniens, s’embrassant et dansant. Dans plusieurs quartiers de la capitale, les propriétaires de petits commerces installent des tables dans la rue et ouvrent des bouteilles de vin, invitant les passants à boire un verre à l’avenir du pays.
Alors que Karen Karapetian, proche de M. Sarkissian, est nommé premier ministre par interim, M. Pachinian demande à rencontrer le nouveau chef du gouvernement et se dit prêt à gouverner.

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1er mai : Pachinian échoue à se faire élire, il appelle à « un blocage total » du pays

   


Bien que M. Sarkissian soit parti du pouvoir, les manifestants ne relâchent pas la pression dans les rues d’Erevan : ils réclament une passation de pouvoir pacifique et des législatives anticipées.
Mais le 1er mai, le retournement de situation est total. Après plusieurs heures de débat au Parlement, les élus rejettent la candidature de l’opposant Nikol Pachinian au poste de premier ministre.
Ce dernier avait promis quelques heures plus tôt un « tsunami politique » s’il n’était pas élu. Il n’y a pas manqué : peu après le rejet de sa candidature, il appelle au « blocage total » des routes, trains et aéroports dans le pays, dès le lendemain. S’adressant à ses dizaines de milliers de partisans réunis au centre d’Erevan, il les appelle à « la désobéissance civile ».
Mais dès le 2 mai, l’ancien journaliste appelle ses partisans à mettre fin aux manifestations. Il affirme avoir obtenu le soutien des quatre forces politiques présentes au Parlement pour son élection au poste de premier ministre le 8 mai. Et cette fois-ci, aucun coup de théâtre ne survient. Réuni en séance extraordinaire mardi matin, le Parlement élit M. Pachinian au poste de premier ministre, mettant un terme à la « révolution de velours ».

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Sur l’Arménie, lire les tribunes
Dans une tribune au Monde, « Les Arméniens n’ont plus peur », Levon Abrahamian, professeur d’anthropologie politique à Erevan, estime que la société civile a pris son destin en main – même s’il reste des défis à surmonter.
Pour le politologue Hrand Mikaelian, « Serge Sarkissian a tout fait pour dépolitiser la société » et la démission du premier ministre et ancien président de la République arménienne (2008-2018) ne signifie pas la chute intégrale de son régime.
Cette « transition politique » s’est faite « sans bouleversement géopolitique », affirme Richard Giragosian, directeur d’un think tank indépendant à Erevan, pour qui à aucun moment la géopolitique n’est entrée en jeu, même si Moscou cherche un moyen de conserver la main.
De son côté, l’éditorialiste Hagop Badalian estime que, pour l’instant, « le mouvement ne menace pas la “paix” avec l’Azerbaïdjan », alors que les deux pays sont en conflit depuis 1988 à propos de la province du Haut-Karabakh.
Vous pouvez également retrouver l’analyse de notre journaliste, Gaïdz Minassian : « Sortir du postsoviétisme ? »





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Ce sera la 16e journée de grève à la SNCF contre la réforme ferroviaire.
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Grève SNCF : 50 % des TGV, TER et Transilien circuleront mercredi

Ce sera la 16e journée de grève à la SNCF contre la réforme ferroviaire.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 16h30
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 17h30
   





                        


La moitié des TGV, TER et Transilien circuleront mercredi, lors de la 16e journée de grève à la SNCF contre la réforme ferroviaire, selon les prévisions de trafic de la direction, publiées mardi 8 mai.
Il y aura un train Intercités sur trois, a ajouté la direction dans un communiqué. En Ile-de-France, le trafic sera normal sur le RER A, tandis qu’on comptera un train sur deux pour le RER B et un train sur trois pour le RER C. A l’international, il y aura en moyenne un train sur deux, avec un trafic « quasi normal » pour les Eurostar et Thalys.
Par rapport aux prévisions de mardi, le trafic sera en baisse pour les TGV, Transilien, et à l’international, en hausse pour les trains Intercités et stable pour les TER.

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Ces deux jours de grève forment le huitième épisode de la mobilisation en pointillé, menée depuis début avril par les syndicats CGT, UNSA et CFDT de la SNCF contre le projet gouvernemental de réforme ferroviaire. SUD-Rail, autre organisation représentative au sein du groupe public, a lancé, de son côté, un préavis de grève illimitée.
Le trio CGT-UNSA-CFDT a déjà déposé son préavis pour la neuvième séquence de grève, qui débutera samedi à 20 heures et s’achèvera mardi prochain à 7 h 55.
La suite du mouvement en suspens
Les syndicats, qui ont été reçus lundi à Matignon par le premier ministre, doivent se réunir mercredi soir au siège de la CGT à Montreuil (Seine-Saint-Denis) pour décider des suites du mouvement, alors qu’Edouard Philippe est resté ferme sur les grands principes de sa réforme, concédant seulement aux syndicats la possibilité de proposer des amendements pour « finaliser » le projet de loi avant son examen au Sénat fin mai.
« Pour nous, clairement, la grève se poursuit », avait déclaré Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots (1er syndicat à la SNCF), à sa sortie de Matignon. Plus tard sur Franceinfo, il avait affirmé que, lors de la réunion intersyndicale, « on aura probablement une petite proposition d’une nouvelle initiative des organisations syndicales pour bousculer un peu la situation ». « Le gouvernement reste droit dans ses bottes sur le cœur de son projet, donc il va falloir qu’on le bouscule un peu sur le cœur de son projet », avait-il ajouté.
L’UNSA-Ferroviaire (2e syndicat) a fait savoir dans un communiqué qu’elle « portera des amendements », mais « le délai sera très court » et « tout porte à croire que le gouvernement joue la montre ». SUD-Rail (3e syndicat) a posé dans un communiqué « la question du durcissement de la grève et de sa continuité jusqu’au retrait » du projet. « Le gouvernement portera seul la responsabilité du blocage », affirme SUD-Rail. La CFDT-Cheminots (4e syndicat), avec sa stratégie de « mobilisation et proposition », va poursuivre la grève et déposera « une quarantaine d’amendements » en vue de l’examen du texte au Sénat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Au quinzième jour de grève dans le conflit qui a entraîné la démission du PDG de la compagnie aérienne, les syndicats ont demandé à reprendre les négociations sur les salaires.
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Air France : l’intersyndicale demande une reprise des négociations à la direction, qui la refuse

Au quinzième jour de grève dans le conflit qui a entraîné la démission du PDG de la compagnie aérienne, les syndicats ont demandé à reprendre les négociations sur les salaires.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 15h32
   





                        



   


L’intersyndicale d’Air France a demandé, mardi 8 mai, une reprise des négociations sur les salaires, demande immédiatement rejetée par la direction, au quinzième jour de grève depuis le début du conflit qui a entraîné la démission du PDG de la compagnie aérienne.
Après le désaveu infligé par les salariés au PDG Jean-Marc Janaillac sur son projet salarial, « la direction de la compagnie Air France doit maintenant entendre les revendications d’une majorité de salariés. L’intersyndicale Air France demande à la direction de revenir dans les prochains jours à la table des négociations », écrivent les syndicats dans un courrier adressé mardi à la direction.
Si l’intersyndicale ne lance pas de nouvel appel à la grève, elle prévient que « le conflit est toujours en cours » et souligne que « la balle est maintenant dans le camp de la direction », qui « doit renouer le dialogue avec la conviction que seul un accord avec (les) représentants (syndicaux) pourra mettre fin à ce conflit ». « On laisse une chance à la négociation mais il faut que la direction revienne vite vers nous », a déclaré Karim Taïbi, de FO.

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Affrontements sur des revalorisations salariales
Le « départ précipité » du PDG, « conséquence d’un chantage à la démission, n’a jamais été demandé par les organisations syndicales et ne règle en rien la problématique soulevée » : un « rattrapage des années de blocage (des) grilles » salariales, qui « est une nécessité » et qui « n’est pas de nature à mettre en danger le développement » du groupe, ajoute l’intersyndicale dans sa lettre à la direction.
Dans un bref communiqué, la direction a rejeté la demande de l’intersyndicale : « La direction d’Air France réaffirme que la période qui s’ouvre ne permet pas d’engager une quelconque négociation. » M. Janaillac doit formaliser sa démission lors d’un conseil d’administration le 15 mai.

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Les syndicats et la direction d’Air France s’affrontent depuis le début de l’année sur des revalorisations salariales. L’intersyndicale réclame une hausse de 5,1%, que refuse la direction. Les salariés, consultés par référendum par la direction, ont rejeté sa proposition de hausse salariale (2 % immédiatement et 5 % sur 2019-2021), entraînant la démission du PDG.
Lors de ce référendum, dont les résultats ont été publiés vendredi, 55,44 % du personnel d’Air France, qui a massivement participé à cette consultation (80,33 %), ont voté contre le projet d’accord salarial de la direction.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ L’actrice doit monter les marches du Palais des festivals, mardi. Malgré sa longue carrière, elle reste un mythe typiquement godardien. C’est d’ailleurs une scène de « Pierrot le fou » qui est reproduite sur l’affiche de cette 71e édition.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/05/2018
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Festival de Cannes 2018 : Anna Karina, le retour d’une icône

L’actrice doit monter les marches du Palais des festivals, mardi. Malgré sa longue carrière, elle reste un mythe typiquement godardien. C’est d’ailleurs une scène de « Pierrot le fou » qui est reproduite sur l’affiche de cette 71e édition.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 18h33
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 12h21
    |

            Ariane Chemin








                        



                                


                            

C’est la femme au chapeau, assise à la terrasse d’une brasserie parisienne, boulevard Saint-Germain. Elle agite ses mains et ses longues boucles d’oreille, tire sur une cigarette Vogue lilas. Ses yeux cernés d’un trait d’eye-liner s’animent et se perdent tour à tour. Soixante-huitards nostalgiques, quadras romantiques, artistes trentenaires, ces passants reconnaissent parfois sa frange sous son panama et restent autant émerveillés que sonnés par cette apparition bien réelle : comme si sa quasi-homonyme littéraire, l’Anna Karénine de Tolstoï, la rendait prisonnière d’un double et la renvoyait dans les limbes du star-system. Anna Karina est une mythologie classique hissée à l’affiche du 71e Festival de Cannes, où elle est attendue mardi 8 mai.

Le cliché a été pris en 1965, durant le tournage de Pierrot le fou, par le photographe de plateau de Jean-Luc Godard. On y voit Jean-Paul Belmondo l’embrassant. Dans le film, c’est plutôt l’inverse. « Un p’tit bisou » plus qu’un long baiser de cinéma, précise l’actrice. Pierrot le fou est l’histoire d’un homme qui court derrière une fugueuse. L’Autobianchi rouge de Belmondo valse autour de la Giulietta Alfa Romeo bleue d’Anna Karina, deux mondes parallèles réunis pour quelques secondes par la caméra, sublime parade amoureuse et tourbillon de poussière « en une seule prise », croit se souvenir l’actrice : « La scène la plus difficile et la plus dangereuse de Pierrot. »
« Tout cela se termine très mal »
L’affiche du festival 2018 semble saturée de couleurs et d’amour fou : les deux amants en cavale fuient un monde étriqué et monochrome, celui de la France d’avant Mai 68. « La Giulietta, c’était la mienne, raconte-t-elle de sa voix chaque année plus rauque. En juin 1968, je revenais d’un tournage à Prague, des étudiants avaient voulu me lancer des pavés alors que je la garais rue Louis-Thuillier, dans le cinquième. L’un d’eux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Ce déplacement à Pékin précède le sommet prévu entre le dirigeant communiste et le président américain, Donald Trump, dont la date et le lieu restent encore à fixer.
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Nouvelle visite de Kim Jong-un en Chine

Ce déplacement à Pékin précède le sommet prévu entre le dirigeant communiste et le président américain, Donald Trump, dont la date et le lieu restent encore à fixer.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h19
   





                        



   


Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, s’est rendu à Dalian, en Chine, pour y rencontrer le président chinois, Xi Jinping, a fait savoir l’agence de presse officielle Chine nouvelle, mardi 8 mai.
La télévision publique CCTV a montré les deux hommes marchant côte à côte dans un parc en bord de mer dans la ville de Dalian et discutant autour d’une table. Selon l’agence Chine nouvelle, les dirigeants se sont rencontrés lundi et mardi.
Il s’agit de la deuxième visite surprise du dirigeant nord-coréen en Chine. A la fin du mois de mars, il s’était rendu dans la capitale, Pékin, et avait rencontré Xi Jinping. Il s’agissait de son premier déplacement à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir, à la fin de 2011.
La Chine ne souhaite pas être marginalisée
Cette nouvelle visite s’inscrit dans les efforts de la Chine et de la Corée du Nord pour réchauffer leurs relations bilatérales. Celles-ci avaient été refroidies par le soutien de Pékin aux sanctions économiques prises par l’ONU en représailles du programme d’armes nucléaires de Pyongyang.
Selon de nombreux experts, la Chine, alliée historique de la Corée du Nord, souhaite ne pas être marginalisée en raison de ses récents rapprochements diplomatiques avec des pays tiers.
Kim Jong-un a rencontré le président sud-coréen, Moon Jae-in, en avril lors d’un sommet historique, et il devrait s’entretenir avec Donald Trump dans les prochaines semaines.
Ce dernier a annoncé qu’il s’entretiendrait à 14 h 30 (heure de Paris) avec son homologue chinois, Xi Jinping. « Je parlerai avec mon ami le président chinois Xi à 8 h 30 ce matin. Les sujets principaux seront le commerce, sur lequel de bonnes choses vont se produire, et la Corée du Nord, où des liens et la confiance sont en train d’être bâtis », a écrit M. Trump dans un tweet.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Paylib, la solution poussée par les grandes banques françaises, lance, à compter du 9 mai, le paiement de personne à personne par le biais du numéro de mobile.
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Le numéro de téléphone mobile va faire de l’ombre au chèque et aux espèces

Paylib, la solution poussée par les grandes banques françaises, lance, à compter du 9 mai, le paiement de personne à personne par le biais du numéro de mobile.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 15h00
    |

                            Véronique Chocron








                        



   


Le paiement par smartphone, qui fait fureur en Chine et dans les pays scandinaves, pourrait commencer à intéresser également les Français. Les grandes banques françaises, alliées dans le paiement mobile depuis 2013 autour de la solution Paylib, vont proposer aux consommateurs un nouvel usage qui pourrait, enfin, susciter l’adhésion : échanger de l’argent avec leurs proches (amis, famille, employés à domicile…) en utilisant le numéro de mobile du destinataire.
Il s’agira ni plus ni moins que d’opérer un transfert d’argent de compte à compte, mais, au lieu de se procurer le numéro du compte bancaire (IBAN) du bénéficiaire, son numéro de téléphone suffira. Il reviendra à l’opérateur du système de compensation des paiements STET de traduire le numéro de téléphone en coordonnées bancaires par le biais d’un alias, les données personnelles ne quittant pas le système bancaire.
Le virement prendra, dans un premier temps, un à deux jours, puis quelques secondes, lorsque les infrastructures des banques françaises seront prêtes pour le paiement instantané, d’ici à la fin de l’année.

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BNP Paribas sera le premier établissement à proposer ce service à partir de mercredi 9 mai. Il sera gratuit, et permettra de transférer jusqu’à 500 euros par jour. Les autres banques membres de Paylib suivront dans les prochains mois : en juin pour la Société générale, à l’été pour La Banque postale ou à la rentrée de septembre au Crédit agricole. Le Crédit Mutuel-CIC, le seul grand réseau qui manquait à l’appel, finalise actuellement ses négociations pour rejoindre prochainement le consortium Paylib. Dans quelques mois, 90 % des Français pourront ainsi, s’ils le souhaitent, tester ce nouveau moyen de paiement.
Débuts laborieux
Des start-up comme Lydia et des acteurs bien installés comme PayPal se sont déjà lancés dans les paiements entre amis en pair à pair, mais l’atout de Paylib réside dans son système interopérable entre les banques françaises. « Jusqu’à présent, les solutions disponibles sur le marché fonctionnaient en circuit fermé et les clients devaient créer des comptes intermédiaires, souligne Vincent Duval, le nouveau directeur général de Paylib. Désormais, le transfert d’argent se fera directement de mon compte courant au compte courant du bénéficiaire, même si les comptes sont dans deux banques différentes. »

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En pratique, le client à l’origine du paiement devra activer Paylib. Le bénéficiaire sera directement crédité s’il s’est également affilié. S’il ne l’est pas, il devra saisir ses coordonnées sur le site Paylib. L’implication des principales banques françaises dans le projet doit permettre, à terme, une saisie simplifiée au maximum, pour rendre le paiement « aussi fluide pour tous les Français qu’entre les clients d’une même banque », précise Marc Espagnon, le directeur des moyens de paiement au sein de la banque de détail de BNP Paribas.
Pour autant, les experts du paiement ne veulent pas crier victoire. Paylib, en dépit du soutien de ses banques fondatrices et des quelques dizaines de millions d’euros investis, a connu des débuts laborieux. La solution, d’abord dévolue à la sécurisation des paiements sur Internet, puis au paiement sans contact avec un smartphone en magasin, ne compte aujourd’hui que 1,2 million d’utilisateurs, après cinq ans d’existence.
« Le paiement mobile reste encore marginal »
« Le paiement mobile reste encore marginal aujourd’hui, reconnaît Vincent Duval. On évalue le nombre de transactions réglées avec un téléphone mobile à entre 100 millions et 200 millions d’opérations par an en France, contre 12 milliards de transactions réalisées par carte bancaire. » A titre de comparaison, les paiements mobiles en Chine ont franchi le seuil des 10 000 milliards d’euros sur les dix premiers mois de 2017, soit près de 40 % de plus qu’en 2016. « Mais ce modèle n’est pas transposable, tempère le patron de Paylib, car la Chine n’est pas passé par l’étape de la carte bancaire, qui satisfait les Français ».

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Le nouvel usage du pair à pair fera-t-il office de catalyseur ? « Dans les pays nordiques, c’est le paiement de personne à personne qui a fait le succès du paiement mobile. Pour que ça marche, il faut un effet de masse : si 30 % des consommateurs l’adoptent, on constate un puissant effet boule de neige », fait valoir Vincent Duval.

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Prudent, Marc Espagnon assure que « le paiement mobile va se développer, toutes les banques investissent dessus aujourd’hui ». « Le plus tôt sera le mieux, ajoute-t-il, car la gestion du cash et le traitement du chèque sont beaucoup plus coûteux pour tous les acteurs économiques. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ La barre du milliard de dollars pourrait être franchie lors de la vente opérée par Christie’s qui se tient à New York de 8 au 10 mai.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/05/2018
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Un Picasso et des cygnes en bois, à la vente du siècle de David et Peggy Rockefeller

La barre du milliard de dollars pourrait être franchie lors de la vente opérée par Christie’s qui se tient à New York de 8 au 10 mai.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 11h07
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


Si 2017 fut pour Christie’s l’année d’une œuvre, un Christ rédempteur (Salvator Mundi) de Léonard de Vinci, acquise pour 450 millions de dollars (376 millions d’euros) par le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman, 2018 sera celle d’une col­lection : les 1 562 lots ayant ap­partenu à David Rockefeller – petit-fils du magnat du pétrole John Rockefeller (1839-1937) et ancien président de la Chase Manhattan Bank, mort en mars 2017 à l’âge de 101 ans – et son épouse, Peggy McGrath (1915-1996).
La barre du milliard de dollars pourrait êtrefranchie lors de la vente qui se tient à New York du mardi 8 mai au jeudi 10 mai. En tout cas, la maison détenue par François Pinault, qui a fait le déplacement à New York,a garanti 650 millions de dollars. Elle avait emporté le marché face à sa rivale Sotheby’s lors d’une négociation conclue avant la mort de David Rockefeller. Les fonds iront financer une douzaine de fondations caritatives des deux défunts.
Un inventaire à la Prévert
Les collectionneurs de la planète ont les yeux rivés sur les pièces exceptionnelles de la vente, toutes évaluées à plus de 70 millions d’euros. Un Nymphéas en fleur (1914-1917), de Monet, particulièrement lumineux, qui ornait l’escalier monumental de la résidence des Rockefeller dans la vallée de l’Hudson, au nord de New York ; une Odalisque couchée aux magnolias (1923), de Matisse, naguère accrochée dans le salon. Et surtout la Fillette à la corbeille fleurie (1905), de Picasso, restée depuis cinquante ans isolée des regards dans la demeure privée de David Rockefeller à Manhattanet cotée plus de 100 millions de dollars.
Et, pourtant, la dispersion de la collection n’est pas des plus faciles. Pour vendre le Vinci, « l’objectif était d’amener quelques acheteurs très importants à la vente », explique Marc Porter, patron de Christie’s aux Etats-Unis. Alors que, « pour la vente Rockefeller, la mission est très différente : elle consiste à faire participer des milliers de collectionneurs à la vente et sur Internet pour acheter des milliers d’objets ». Car la collection Rockefeller ressemble en dépit de ses chefs-d’œuvre, si l’on ose dire, à un inventaire à la Prévert. Une multitude d’objets et d’œuvres qui reflètent l’éclectisme de David et Peggy Rockefeller.
Services de porcelaine et appeaux des chasseurs américains
Ainsi, il va falloir disperser soixante-sept services de porcelaine, dont le plus célèbre est un service de Sèvres emporté par Napoléon Bonaparte à l’île d’Elbe, ou encore ces oiseaux sculptés en bois qui servaient d’appeaux aux Amérindiens puis aux chasseurs américains. Ils ont plus de valeur quand ils ont pris de la ­chevrotine, apprend-on, devant un cygne blanc de John Haynes Williams évalué entre 100 000 et 150 000 dollars.
Ces objets sont prisés par les collectionneurs américains et leur mise en valeur sur le site numérique de Christie’s – qui permet de regarder le canard en bois ou le ­Picasso – est censée attirer les publics les plus divers. L’art français sera dispersé le mardi, l’américain le lendemain, tandis que les enchères sur Internet s’étaleront jusqu’au 11 mai.

   


Pour faire la vente, il a fallu faire travailler tous les services de Christie’s et raconter une histoire autour des Rockefeller. La maison a organisé depuis l’automne 2017 une exposition itinérante, de Hongkong à Shanghaï et Pékin, en passant par Paris, Londres et Los Angeles. Les conservateurs ont plongé avec la famille dans les archives des Rockefeller pour conter à chaque pays sa relation édifiante et parfois oubliée à la dynastie.
Pour les Chinois, qui représentent avec les Asiatiques un tiers du marché de l’art,Christie’s a mis en avant une école de médecine fondée à Pékin au début du XXe siècle. Pour les Français, la restauration de Versailles et de la cathédrale à Reims après la première guerre mondiale, les impressionnistes ainsi que le souvenir de la collectionneuse Gertrude Stein, qui ­acquit la Fillette à la corbeille fleurie, de Picasso, en 1905.
Une vidéo des enfants
Aux Britanniques, on a rappelé que la London School of Eco­nomics avait été largement financée par un ancien élève nommé David Rockefeller, qui y rencontra d’ailleurs un certain John Fitzgerald Kennedy. Aux Américains, l’art américain, la restauration historique dans les années 1930 de la ville coloniale de Williamsburg, en Virginie, et les dons d’immenses territoires qui permirent de créer les grands parcs nationaux.
Communication extrêmement bien faite, sans un mot naturellement sur les polémiques que suscita l’empire pétrolier Rockefeller, la Standard Oil, construit avec brutalité au XIXe siècle, démantelé en trente-quatre compagnies en 1914 pour abus de monopole et marqué par le massacre de Ludlow (Colorado) en 1914, lorsque quinze femmes et enfants furent brûlés vifs au cours d’affrontements ­entre les grévistes d’une mine de charbon et la garde nationale.
Communication extrêmement bien faite, sans un mot naturellement sur les polémiques que suscita l’empire pétrolier Rockefeller
Non, l’histoire commence lorsque, fortune faite, les Rockefeller devinrent des philanthropes, ­protecteurs des arts avec la ­création du Museum of Modern Art (MoMA) dans les années 1930. Le couple semble proche aux ­visiteurs grâce au récit fait par ses enfants dans une vidéo présentée au public.
Les héritiers n’ont le droit de conserver qu’une œuvre à moins de 1 million de dollars. Une des filles de David Rockefeller aurait bien opté pour celle – peinte pour sa grand-mère et donnée en cadeau de mariage à son père – de Diego Rivera. Las, la cote du tableau s’est envolée entre 5 millions et 7 millions de dollars.



                            


                        

                        


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Macron ravive la polémique sur les APL

Le président de la République a opposé le colonel Beltrame aux défenseurs des allocations logement.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 11h14
    |

            Virginie Malingre








                        


Le président de la République ne craint pas la polémique. Dans le documentaire Macron président, la fin de l’innocence, diffusé lundi 7 mai sur France 3, il oppose les « valeurs » pour lesquelles « le colonel Beltrame est mort » et celles que défendent « les gens qui pensent que (…) le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL ». Au risque de raviver la polémique de l’automne sur la baisse de 5 euros par mois des aides pour le logement.
Ses propos ont hérissé les responsables de gauche. Le député de La France insoumise Alexis Corbière a dénoncé, sur Twitter, des « propos indignes et politiciens, instrumentalisant la mort héroïque du colonel Beltrame ». « Qu’il est petit d’opposer les héros des plus pauvres », a pour sa part commenté Boris Vallaud, le député socialiste des Landes, « ceux qui sont à 20 euros près ne méritent pas ce mépris ».

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                « Macron président, la fin de l’innocence » à la recherche des pairs du président



« Connerie inévitable »
La droite est, elle aussi, montée au créneau. « On ne peut pas avoir des mots raccourcis. L’APL est un sujet important pour des millions de familles françaises, et il faut qu’on le traite avec équité », a jugé, sur LCI, le président LR du Sénat, Gérard Larcher. « Un président ne devrait pas dire ça », a réagi, sur Twitter, Laurence Sailliet, une des porte-parole du parti de Laurent Wauquiez avant de dénoncer le « mépris » du président.
Hasard du calendrier ou pas, plusieurs membres du gouvernement ou fidèles du chef de l’Etat ont, depuis dimanche, fait part de leurs regrets sur la réduction des APL. Sur France 3, Julien Denormandie a parlé d’une « mauvaise décision ». « Nous avons lancé une réforme de fond sur le logement social qui fait que demain il n’y aura plus aucun perdant aux APL », a promis le secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires.
En août 2017, Edouard Philippe avait jugé que ce coup de rabot n’était « pas intelligent », en rappelant qu’il avait été imaginé par le gouvernement Valls pour économiser 32,5 millions d’euros par an. Cette mesure était « une connerie inévitable », a ajouté, lundi, sur France Inter, Richard Ferrand, président du groupe LRM à l’Assemblée nationale. « Ce n’est pas nous qui l’avons faite, elle était dans les tuyaux », a-t-il justifié. Comme pour s’excuser d’une mesure que M. Macron semble, lui, complètement assumer.



                            


                        

                        


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Les énergies renouvelables passent le cap des 10 millions d’emplois dans le monde

La Chine domine un secteur d’activité tiré par la croissance du solaire photovoltaïque.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 16h40
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 17h38
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

Alors que les énergies « vertes » peinent à trouver leur place dans le paysage français, les indicateurs restent au beau fixe pour ce secteur à l’échelle planétaire. Pour la première fois, le cap des 10 millions d’emplois a été franchi en 2017, selon le décompte publié mardi 8 mai par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena). Toutes filières confondues, le total s’établit à 10,34 millions, soit un bond de plus de 500 000 en un an. Par rapport à 2012, la progression est considérable puisqu’elle atteint 45 %.
« Les énergies renouvelables sont devenues un pilier d’une croissance économique faiblement carbonée partout dans le monde », commente Adnan Z. Amin, directeur général de l’Irena, qui met en avant « les avantages économiques, sociaux et environnementaux de ces énergies ».
Les forces vives sont toutefois très inégalement réparties. L’Asie en concentre 60 %, dont près de 40 % chez le géant chinois, tandis que l’Inde, malgré son développement dans le solaire, ne pèse encore que pour à peine 4 % du total. Le dynamisme du continent asiatique s’explique bien sûr par la taille de son marché intérieur, mais aussi, souligne l’étude, par les politiques de soutien public mises en place. Les deux autres poids lourds sont le Brésil et les Etats-Unis, avec respectivement 893 000 et 786 000 emplois.

Considérée dans son ensemble, l’Europe occupe une place significative, avec 1,2 million d’emplois. Elle le doit pour beaucoup à l’Allemagne, qui représente à elle seule plus du quart de ce potentiel, loin devant le Royaune-Uni et la France. Celle-ci ne totalise que 107 000 postes dans les renouvelables, soit seulement 1 % du score mondial.
Enfin, l’Afrique, bien que sous-représentée, figure désormais dans le recensement de l’Irena, où elle n’apparaissait pas avant 2016. Un essor timide qui reste surtout le fait de l’Afrique du Sud, où sont localisés près de 60 % des 76 000 emplois...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Le photographe français expose ses œuvres à la mairie du 5e arrondissement, jusqu’au 12 mai à Paris (entrée gratuite).
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Bernard Lantéri : « Ma pratique de la photographie est d’abord une forme d’esprit »

Le photographe français expose ses œuvres à la mairie du 5e arrondissement, jusqu’au 12 mai à Paris (entrée gratuite).



Le Monde
 |    08.05.2018 à 14h48
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 15h39
    |

            Claire Gilly








                        


Chimiste de formation, le photographe français Bernard Lantéri (né en 1936) compose ses images comme une peinture. Avec un cadrage serré, une palette de couleurs et des jeux de matières. A travers des séries, ses photographies – figuratives à ses débuts (comme celles réalisées en 1980 pour la série « A distance »), puis abstraites à partir de 1994 – sont souvent le résultat de rencontres fortuites dues à des projections lumineuses : « Cette façon de pratiquer la photographie (…) invite plutôt à une perception sensible de l’image », confie-t-il.
Dans le cadre de son exposition collective « Humanité » – qui a lieu à la mairie du 5e arrondissement de Paris, salle René-Capitant, jusqu’au 12 mai –, Bernard Lantéri revient sur son parcours et explique sa démarche artistique, à travers sa série « Teret ».

   


En quoi consiste votre pratique de la photographie ?
C’est d’abord une forme d’esprit. Ma formation de chimiste me conduit à vivre en permanence avec la dialectique expérimentation-réflexion sur le résultat obtenu. Cela m’a conduit à constater un décalage important, systématique, entre mon souhait de fixer des éléments précis dans mes photographies et leur possibilité d’être perçus en tant que tels. La photo supporte des indices devenant des signes seulement dans la mesure où le couple émetteur-récepteur est en phase.
La polysémie résultante permet à chaque regardeur de choisir ce que bon lui semble et non pas la croyance du photographe d’avoir déposé un sens déterminé. Si la photo, énigme, n’était pas muette, elle n’appellerait pas autant de légendes et autres modes d’emploi. Dès lors, il m’a semblé illusoire de continuer à photographier sur la base d’impossibilités fondamentales, de produire des faux-semblants. D’où la tentation de me rapprocher de la photographie comme art, définit comme « l’exploration d’une matière se manifestant dans les formes ». Faisant, en cela, l’impasse sur l’usage « documentaire » de la photographie, « reflet ou dérivé de la réalité » communément admis.
Depuis 1994, mes photographies ne présentent plus aucun prélèvement de formes appartenant à la réalité environnante.
Comment êtes-vous passé de la photographie réaliste à l’image abstraite ?
Chaque notion demande à être définie. Une photographie « réaliste » fait allusion à la présentation d’une image montrant des éléments de la réalité. L’allégorie de la caverne de Platon a bien montré ce qu’il convient de penser de la dimension subjective de l’appréhension de la réalité. La réalité, que l’on peut désigner aussi comme le réel inconnaissable, reste indépendante sur elle-même.
Quant à l’abstraction, ou plutôt l’absence de représentation dans l’acception courante, on est en présence d’une sorte d’oxymore. La réflexion abstraite, comme les mathématiques, relève de la pensée, alors que l’image présente seulement des formes.

   


Pourquoi avoir choisi cet art comme mode d’expression ?
Pour son caractère technique, nécessitant un protocole mêlant produits et manipulations, dans un domaine pouvant rester individuel. Dans mon atelier, la totalité de la procédure – depuis la prise de vue jusqu’à la présentation finale – reste maîtrisable, surtout pour la photographie en noir et blanc. Avec des ouvertures vers des recherches de techniques innovantes.
Plus on pratique, plus la conscience de ne rien connaître éloigne de l’apparente facilité de « faire une photo ». Et donc appelle un mode d’expression structuré, et passionnant.
Comment procédez-vous pour composer vos clichés ?
Mes compositions photographiques sont élaborées par étapes successives, et non par juxtaposition. Une première projection lumineuse sur une surface neutre (feuille de papier ordinaire) permet de photographier des taches informes. A partir du négatif ou du fichier informatique, un tirage papier est effectué. Sur lui, d’autres projections lumineuses enrichissent la composition, sont enregistrées et servent de base pour la phase suivante.
Généralement, quatre ou cinq procédures de ce genre suffisent pour obtenir une composition finale considérée comme cohérente. Par analogie avec la peinture, mais seulement avec de la lumière (photo-graphie), il convient de faire monter et organiser des formes dans l’espace.
Série « Teret » dans le cadre de l’exposition « Humanité », mairie du 5e arrondissement de Paris, salle René-Capitant, jusqu’au 12 mai. Plus d’informations sur BernardLanteri.com

Bernard Lantéri en dix expositions
1988 – Ecole nationale des beaux-arts, à Paris.1997 – Bibliothèque nationale de France.1998 – Musée macédonien d’art contemporain, Thessalonique (Grèce).2000 – Kawasaki City Museum, Tokyo (Japon).2009 – Espace Van-Gogh, à Arles.2013 – 5th Base Gallery, à Londres (Grande-Bretagne).2013 – Salon d’automne, Champs-Elysées, à Paris.2015 – Yang Hong Art Space Center, Pékin (Chine).2015 – Saphira and Ventura Gallery, New York (Etats-Unis).2016 – Salon des Beaux-Arts, carrousel du Louvre, à Paris.






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Coulées de lave, émanation toxique, tremblement de terre…, l’éruption du Kilauea continue à Hawaï. Plus de 1 700 personnes ont dû évacuées.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Un enregistrement atteste d’un échange narquois entre deux opératrices du SAMU et une jeune femme se disant très souffrante. Il est authentique, même si on ne peut affirmer que le délai de prise en charge est la cause de la mort.
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Moquée par le SAMU, une jeune Strasbourgeoise meurt peu après : l’enregistrement est vrai

Un enregistrement atteste d’un échange narquois entre deux opératrices du SAMU et une jeune femme se disant très souffrante. Il est authentique, même si on ne peut affirmer que le délai de prise en charge est la cause de la mort.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
08.05.2018 à 17h45
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Que s’est-il passé le 29 décembre 2017 à Strasbourg ? Depuis plusieurs jours, de nombreux internautes nous interpellent au sujet d’un enregistrement audio troublant, publié sur le site d’information local alsacien Heb’di. On y entend une jeune femme qui contacte le SAMU pour des douleurs et recevoir moqueries et hostilité de la part des répondantes. Un enregistrement dont l’authenticité nous a été confirmée par l’hôpital qui a pris en charge la patiente.
« La dame que j’ai au bout du fil, elle a appelé la police », soupire une opératrice. « C’est parce qu’elle a la grippe, c’est ça ? », répond l’autre. « Elle m’a dit qu’elle va mourir. Et ça s’entend, qu’elle va mourir. » Des rires gras ponctuent la discussion. Au bout du fil, une autre voix, exsangue, peine à mettre des mots sur sa douleur. Naomi Musenga, une jeune Strasbourgeoise, tente de décrire ses maux. « Si vous ne me dites pas ce qu’il se passe, je raccroche », la tance l’opératrice du SAMU d’une voix agacée. « J’ai très mal. Je vais mourir », souffle la jeune femme. « Oui, vous allez mourir un jour, comme tout le monde, O.K. ? Vous appelez SOS Médecins, je ne peux pas le faire à votre place », conclut sèchement son interlocutrice.
« Tout est vrai »
Naomi Musenga est morte quelques heures plus tard. Elle avait 22 ans, elle était mère d’une petite fille. Après avoir finalement réussi à appeler SOS Médecins au terme de cinq heures d’attente, elle a été transportée, encore consciente, à l’hôpital par le SAMU. Elle a fait deux arrêts cardiaques, a été transférée en réanimation et est morte à 17 h 30, le 29 décembre 2017.
Selon le rapport d’autopsie, que nous nous sommes procuré, Naomi Musenga a succombé des suites d’une « défaillance multiviscérale sur choc hémorragique », c’est-à-dire que plusieurs organes s’étaient arrêtés de fonctionner, un syndrome pouvant résulter de facteurs variés. L’autopsie du corps a été pratiquée le 3 janvier — soit cent douze heures après la mort de la jeune femme. Elle rapporte que le corps de Naomi Musenga était alors en « état de putréfaction avancée multiviscérale ». Il est pour l’heure impossible de savoir si ce défaut de prise en charge initial a aggravé ou non sa situation.
« Cela paraît tellement gros mais, pourtant, tout est vrai », lâche, dans un soupir, Thierry Hans. Directeur de la publication du site Heb’di, « le lanceur d’alerte alsacien », qui a révélé l’affaire, il a été contacté par la famille Musenga peu de temps après la mort de la jeune femme. Aucun autre média local ne s’est fait l’écho de ces faits.
« Une enquête est en cours. On ne dira rien de plus »
Contacté par Le Monde, l’hôpital de Strasbourg confirme que l’enregistrement du SAMU est authentique, mais il se refuse à tout commentaire supplémentaire. « On a fait un communiqué de presse, une enquête est en cours. On ne dira rien de plus », dit l’établissement. En onze lignes, ce texte succinct présente les condoléances de l’établissement à la famille et annonce qu’une enquête administrative au sein de l’hôpital a été ouverte le 3 mai — soit six jours après la publication de l’enquête d’Heb’di, et cinq mois après la mort de Naomi Musenga.

   


La voix de Louange Musenga tremble. Cinq mois après la mort de sa sœur, la jeune Strasbourgeoise se souvient des interminables semaines d’attente de l’enregistrement comme d’une épreuve supplémentaire dans le deuil de la famille. « L’hôpital a fait traîner. On ne l’a eu qu’au bout de trois semaines », nous confie-t-elle. Le père de Naomi Musenga l’écoute en premier. Puis sa mère. « J’avais peur d’entendre cet enregistrement. Depuis que ma mère l’avait écouté, elle ne dormait plus, elle tremblait, elle pleurait sans cesse. A chaque fois qu’on l’écoutait, on avait l’impression d’entendre Naomi mourir une seconde fois. » La famille prend alors la décision de le publier pour que jamais ne se reproduise le drame de la jeune femme. « Naomi était une fille brillante, forte, courageuse. Elle rêvait de reprendre ses études, elle élevait seule sa fille. On ne comprend pas comment elle a pu mourir en une journée », souffle sa sœur.
Pour le vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, Patrick Hertgen, le drame vécu par Naomi résulte tant d’une faute professionnelle de la part des deux interlocutrices de la jeune femme que d’un travers structurel propre à l’organisation morcelée des plates-formes d’appel :
« Le fait que Naomi n’a pu parler à aucun médecin est une anomalie totale, hélas plus que courante. Ce drame met en lumière l’échec manifeste du système de plates-formes téléphoniques du SAMU. »
Le docteur Patrick Pelloux, président de l’association des médecins urgentistes de france, ainsi que le docteur François Braun, président de Samu-Urgences de France, ont publié le 8 mai un communiqué appelant à la tenue d’un rendez-vous immédiat avec la ministre de la santé pour « améliorer la régulation médicale afin qu’un tel drame ne se reproduise pas ».
Aucune enquête judiciaire n’a, pour l’instant, été ouverte sur les circonstances de la mort de Naomi Musenga. Noëlle Heymann, cheffe de cabinet du procureur de la République au tribunal de grande instance de Strasbourg, précise, cependant, au Monde qu’un courrier émanant de la famille de Mme Musenga vient d’être réceptionné par le parquet de Strasbourg. Celle-ci sollicite l’ouverture d’une enquête sur les causes de la mort de la jeune femme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ En 2017, il avait assisté à l’événement avec François Hollande. Mais cette année, l’ancien président de la République n’était pas présent.
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