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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Dans sa chronique, Françoise Fressoz analyse « Macron président, la fin de l’innocence », documentaire diffusé lundi 7 mai sur France 3.
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De qui Macron est-il le nom ?

Dans sa chronique, Françoise Fressoz analyse « Macron président, la fin de l’innocence », documentaire diffusé lundi 7 mai sur France 3.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 18h27
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 18h43
    |

            Françoise Fressoz








                        


Chronique. Inédit et inclassable. Pour se faire élire président de la République, le 7 mai 2017, Emmanuel Macron avait joué à fond la carte de la rupture et de la nouveauté en creusant, accompagné d’une solide baraka, les failles d’un système politique à bout de souffle. Installé depuis un an à l’Elysée, le chef de l’Etat continue de revendiquer sa singularité, évite toute référence à ceux qui l’ont précédé, omet même de définir ce qu’est le macronisme. Mais dans le documentaire « Macron président, la fin de l’innocence », réalisé par le président de La Chaîne parlementaire, Bertrand Delais, et diffusé lundi 7 mai sur France 3, il en dit suffisamment sur son rapport à la fonction et sur sa vision du pays pour que deux noms remontent immédiatement à la surface : il y a du Valéry Giscard d’Estaing et du Charles de Gaulle en lui.
Avec le premier qui entra à l’Elysée en 1974 à l’âge de 48 ans, Emmanuel Macron partage la jeunesse, la tête bien faite, un profil d’inspecteur des finances et surtout une immense ambition, celle de ne pas simplement réformer le pays mais de le transformer en profondeur. Je réformerai sans relâche jusqu’à « transformer le réel », dit en substance le président de la République et cela suppose non seulement d’enchaîner les projets mais de faire en sorte que les mentalités évoluent, que « quelque chose de l’esprit change » Les conditions de son élection – être parvenu à rassembler sur son nom la droite et la gauche modérées acquises à la mondialisation – lui font caresser l’ambition de reprendre ce que n’avait pas pu réaliser son lointain prédécesseur : rajeunir, décrisper, fluidifier le fonctionnement de la société française à partir du postulat que l’individu est un être social responsable auquel l’Etat doit offrir les conditions de son épanouissement.
« Une histoire d’absolu »
Cela suppose d’atténuer les tensions sociales, de rendre de l’optimisme au pays, d’insuffler, sans le clamer, la dose de libéralisme que la France peut supporter et de repenser les rapports sociaux. Au bout d’un an, le ministre de l’économie Bruno le Maire tente de redéfinir l’utilité sociale de l’entreprise exactement comme avait tenté de le faire, en vain, Michel Durafour, le ministre du travail de « VGE » en 1976 à travers le rapport Sudreau.
Mais Emmanuel Macron emprunte également beaucoup au général de Gaulle dans sa façon de lier intimement l’Histoire avec un grand H et la politique, d’entremêler la politique extérieure et les affaires internes. Les réformes qu’il mène dans l’Hexagone découlent directement de la vision qu’il a du rôle de la France en Europe et de sa place dans le monde. Il s’agit de renouer avec la grandeur passée, de faire vibrer « la voix » de la France, comme si l’incantation et la projection extérieure étaient le meilleur remède au défaitisme et au déclinisme. D’où l’ambition proclamée du chef de l’Etat de changer l’Europe. Ou encore son discours prononcé le 25 avril devant le Congrès américain, quelques heures après sa rencontre avec Donald Trump, et qui était un rappel historique des valeurs partagées : « liberté, tolérance, égalité des droits ». 
Du documentaire diffusé lundi 7 mai restera la longue tirade présidentielle contre le risque de voir le pays réduit « à un syndic de copropriété », une assemblée « de petit-bourgeois » alors que la France c’est tellement plus que cela : « une histoire d’absolu, un amour de la liberté au-delà de tout, une volonté d’égalité réelle ». Evidemment, le risque c’est d’en faire trop, de porter symboliquement la France à un niveau de puissance qu’elle n’a plus. Mais si Emmanuel Macron reconnaît sa part de risque, il semble résolument croire en sa bonne étoile. Et là, ce n’est plus à Giscard, ni à de Gaulle, qu’il fait penser, mais à Bonaparte.

Macron, une année au pouvoir : notre sélection d’articles
Comment Emmanuel Macron exerce-t-il ses fonctions ? Récit d’un an de présidence impérieuseQuel bilan après un an de mandat ? Le point sur ses principales réformesLe président tient-il ses promesses ? Les Décodeurs reviennent en détail sur 85 engagements de campagne (consulter la méthodologie détaillée)Zoom sur six grandes promesses brisées ou rabotéesQu’en pensent les Français ? 12 électeurs tirent le bilan de l’année écoulée





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Bilan des réformes lancées, pratique du pouvoir par Emmanuel Macron…, le rédacteur en chef du service politique du « Monde », Nicolas Chapuis, a répondu aux questions des internautes.
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Macron, un an après : « L’exécutif incite les Français à être patients avant de juger »

Bilan des réformes lancées, pratique du pouvoir par Emmanuel Macron…, le rédacteur en chef du service politique du « Monde », Nicolas Chapuis, a répondu aux questions des internautes.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 17h58
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 18h26
   





                        


Ligne politique du président, bilan des promesses de campagne, rivalité avec Angela Merkel…, un an après l’accession à la présidence de la République d’Emmanuel Macron, Nicolas Chapuis, le responsable du service politique du Monde, a répondu aux questions des internautes.

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Paulple : Après un an de politique plutôt « de droite », pensez-vous que M. Macron va proposer des mesures plutôt sociales pour son année 2, pour garder son image « ni gauche ni droite » ?
Nicolas Chapuis : Emmanuel Macron a en effet mené une politique qui est jugée très majoritairement par les Français comme étant « de droite ». Ainsi, dans notre grande enquête, menée par Ipsos Sopra Steria pour Le Monde, le Cevipof et la Fondation Jean-Jaurès, 70 % des personnes interrogées jugent qu’Emmanuel Macron est un président de droite.
Au sein de sa majorité, beaucoup d’élus provenant de la gauche font remonter leur malaise face à ses choix. Le chef de l’Etat avait en effet promis une forme d’équilibre, symbolisé par la formule « en même temps ». Emmanuel Macron va-t-il les écouter et donner plus de gages à sa gauche lors de cette deuxième année ? Rien n’est moins sûr.

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Maximoto : Sur quels thèmes (économiques, sociaux, environnementaux…) les principales mesures de Macron ont-elles été prises ?
Le début du quinquennat a été très marqué par une séquence économique et sociale avec un premier budget marqué par des choix forts (réduction de l’ISF au simple patrimoine immobilier, hausse de la CSG, réduction des APL, suppression de la taxe d’habitation, etc.) et les ordonnances, destinées à flexibiliser le marché du travail. Cette partie est de loin la plus marquante de ce début de quinquennat. Mais de nombreuses autres mesures ont été prises.
Sur le plan du travail, une deuxième loi sur les protections sociales est en train d’être débattue. La loi antiterrorisme a mis dans le droit commun un certain nombre de mesures de l’état d’urgence. Une réforme importante de l’éducation nationale, avec notamment le dédoublement des classes de CP dans les quartiers prioritaires, a été votée. Sans oublier la première loi du quinquennat : celle sur la moralisation de la vie politique. En revanche, dans le domaine de l’environnement que vous citez, les slogans ont souvent pris le pas sur les actes concrets. 
Louis : Je suis surpris d’entendre aussi peu de critiques concernant l’instrumentalisation politique de l’écologie par Emmanuel Macron. Notre-Dame-des-Landes était avant tout un symbole, et ses mesures en la matière se résument pour l’instant à « Make our planet great again » alors que le Président se présente comme le gardien de l’accord sur le climat à l’international. Que la finance « se mette au chevet de la planète », comme il le demandait en décembre, cela suffit-il maintenant aux écologistes de tous bords et à son ministre, Nicolas Hulot ?
C’est le constat que nous dressions ce matin dans cet article. Emmanuel Macron a fait du climat une arme diplomatique, profitant de l’attitude de Donald Trump pour prendre le leadership mondial sur cette question… Mais si l’on regarde de près son bilan, les actes sont moins brillants.
Nicolas Hulot, dont la présence au gouvernement avait été un des gestes forts après l’élection, n’a gagné que très peu d’arbitrages. Il a reculé sur la baisse du nucléaire dans le mix énergétique, sur la définition des perturbateurs endocriniens, sur l’interdiction du glyphosate, sur les états généraux de l’alimentation…

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Gallen : Dans une société de court-termisme, on attend toutes les réformes et leurs effets immédiatement. Ne serait-il pas opportun de rappeler que non seulement les politiques publiques prennent du temps à être définies et mises en œuvre, mais aussi qu’il faut encore plus de temps pour en évaluer pleinement les résultats ?
Vous avez raison, l’effet des mesures prises par Emmanuel Macron n’est pas encore perceptible dans la vie courante. De ce point de vue-là, le bilan d’un premier anniversaire de quinquennat est toujours compliqué à faire. L’exécutif incite les Français à être patients avant de juger. Avec un certain succès, puisque dans les études d’opinion beaucoup de personnes sondées continuent de dire qu’ils laissent globalement le bénéfice du doute à ce nouveau pouvoir.

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Mais à l’inverse, quand le gouvernement s’attribue le mérite de la bonne conjoncture économique, on peut y voir une forme d’usurpation. Il peut y avoir un « effet Macron » sur l’économie. Le chef de l’Etat inspire davantage que ses prédécesseurs un sentiment de confiance aux investisseurs, dont il parle le langage. Mais les tendances de fond, elles, sont davantage imputables au redressement mondial de l’économie (et parfois aux mesures prises sous le précédent quinquennat).
EM2 : Une question connexe pour faire un premier bilan : quelles sont les grandes mesures annoncées au cours de cette première année de présidence complémentaires aux annonces faites lors de la campagne électorale ?
Si Emmanuel Macron a souvent défendu ses réformes en expliquant qu’il appliquait le programme sur lequel il a été élu, il y a en effet quelques réformes dans les tuyaux qui ne faisaient pas partie du programme, ou dont les détails n’étaient pas spécifiés. Je peux vous en citer deux, emblématiques. La première c’est la réforme de la SNCF, qui n’avait pas été abordée lors de la campagne présidentielle. Si le statut des cheminots est un serpent de mer de la politique, le chef de l’Etat ne s’était pas aventuré sur ce terrain pendant sa campagne.
La deuxième, c’est la réforme de la constitution, accompagnée de celle du Parlement et du mode de scrutin. La réduction du nombre de parlementaires et l’introduction d’une dose de proportionnelle faisaient partie de ses négociations de campagne avec François Bayrou, mais les modalités étaient restées entre les deux hommes. L’arbitrage finalement pris par le chef de l’Etat ne semble d’ailleurs pas du goût du patron du MoDem.

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Cyril : Je souhaiterais savoir si la courbe du chômage à réellement baissé en un an avec l’effet Macron ?
Le chômage a vraiment baissé depuis un an. Mais la tendance avait commencé avant l’élection d’Emmanuel Macron (fin 2015). Il est très difficile de dire lesquelles des mesures promues par François Hollande ou Emmanuel Macron ont eu un effet. Le chômage est une donnée qu’il faut analyser sur le long cours. Il est impossible de vous dire qu’il y a eu ou qu’il y aura un « effet Macron ».
Erendira : Des enjeux à moyen et long terme se profilent : risques de hausse du prix du pétrole, des taux d’intérêt, instabilité liée au changement climatique à venir… Cela augurerait d’un environnement économique sans croissance ou presque sur le long terme. Pensez-vous qu’il s’agit d’un scénario envisagé par le gouvernement ?
Vous avez totalement raison de souligner ce point fondamental. Si l’économie mondiale va mieux, rien ne dit qu’il en sera de même tout au long du quinquennat. Plusieurs signaux laissent à penser que la croissance pourrait s’essouffler, après un premier trimestre ralenti. Si la bonne conjoncture a permis de faire passer certaines réformes sans trop de dégât, avec une réduction du déficit, un durcissement économique compliquerait fortement la deuxième moitié du quinquennat.
NLB : Où en est sa cote de popularité ?
Cela dépend de l’indicateur que vous prenez. Sur notre sondage Ipsos Sopra Steria, Emmanuel Macron perd 20 points de confiance en un an, passant de 64 % d’opinions favorables à 44 %. La chute semble très lourde. Mais elle est moins importante que celle de Nicolas Sarkozy (- 28 points) et de François Hollande (- 33 points). Surtout, le chef de l’Etat fait face à des oppositions beaucoup plus éclatées que ses prédécesseurs. En clair, il pourrait reprendre à son compte le proverbe : « Quand je me regarde, je me désole. Quand je me compare, je me console. »

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Thomas : Plutôt que de vouloir juger trop rapidement des quelques réformes à peine mises en œuvre moins d’un an après l’élection, que peut-on penser du choix des réformes faites en priorité ?
Vous avez raison, et le but de ce chat n’est d’ailleurs pas de « juger » les réformes, mais de répondre aux questions qui se posent sur cette première année. Le choix des réformes mises en œuvre dès la première année est effectivement décisif. Emmanuel Macron avait érigé en priorité la réduction du déficit sous la barre des 3 % et la réforme du code du travail. D’après lui, ces réformes doivent permettre d’assainir nos finances et de relancer l’économie. Y aura-t-il un deuxième temps de la redistribution dans le quinquennat ? C’était le calcul de François Hollande, qui voulait faire des économies les deux premières années et profiter du regain de l’économie pour appliquer une politique redistributive par la suite. La formule n’a pas marché. Mais la conjoncture est bien meilleure pour Emmanuel Macron.
En revanche, ce que l’on peut déjà constater, c’est qu’il y a eu un décalage entre les mesures d’économie (hausse de la CSG, par exemple) réalisées en début d’année et les mesures redistributives (suppression de la taxe d’habitation) réalisées en fin d’année. Le décalage a entraîné une perte de pouvoir d’achat pour certains.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Plébiscité aux Etats-Unis tant par les démocrates que par les républicains, le président français est loin de faire l’unanimité ailleurs.
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Un an après son arrivée au pouvoir, comment Emmanuel Macron est-il perçu à l’étranger ?

Plébiscité aux Etats-Unis tant par les démocrates que par les républicains, le président français est loin de faire l’unanimité ailleurs.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 16h56
    |

                            service international








                        



   


Le président français, Emmanuel Macron, affirme vouloir assurer le retour de la France sur la scène européenne et internationale, multipliant les symboles, les initiatives et les visites d’Etat. Un an après son arrivée au pouvoir, il continue de susciter l’intérêt et ne passe jamais inaperçu, sans pour autant convaincre totalement dans les pays dans lesquels il s’est rendu.
Des démocrates à Trump, Macron fait l’unanimité aux Etats-Unis
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ A l’occasion du premier anniversaire de l’élection d’Emmanuel Macron à l’Elysée, le politologue et directeur du département opinion de l’IFOP, Jérôme Fourquet, a répondu à vos interrogations.
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Un an après l’élection de Macron, « la puissance des extrêmes est un atout pour le pouvoir »

A l’occasion du premier anniversaire de l’élection d’Emmanuel Macron à l’Elysée, le politologue et directeur du département opinion de l’IFOP, Jérôme Fourquet, a répondu à vos interrogations.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 15h19
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 16h22
   





                        



   


Le 7 mai 2017, Emmanuel Macron était élu président de la République avec 66,10 % des voix, contre 33,90 % pour la candidate du Front national, Marine Le Pen. Un an après, quel bilan tirer de ce début de mandat ? Quelles sont les réformes les mieux acceptées dans l’opinion ? Les électeurs du président de la République en ont-ils toujours aujourd’hui une bonne image ?
A l’occasion du premier anniversaire de l’élection d’Emmanuel Macron à l’Elysée, le politologue et directeur du département opinion de l’Institut français d’opinion publique (IFOP), Jérôme Fourquet, a répondu aux questions des lecteurs du Monde.fr lors d’un tchat, lundi 7 mai.

        Lire la synthèse (en édition abonnés) :
         

          Un an après son élection, quel bilan pour les réformes d’Emmanuel Macron ?



Nicolas : 45 % de perception positive : peut-on avoir des comparaisons avec ses prédécesseurs ?
Jérôme Fourquet : Dans notre dernier baromètre IFOP pour Le Journal du dimanche, la cote de popularité de M. Macron s’établit à 44 % de satisfaits un an après son élection. A la même échéance, François Hollande se situait à 25 %, et Nicolas Sarkozy, à 36 %.
Si Emmanuel Macron est donc aujourd’hui minoritaire, il conserve une assise à ce jour nettement plus large que ses prédécesseurs dans l’opinion.

        Lire l’analyse (en édition abonnés) :
         

          Un an après l’arrivée de Macron au pouvoir, la recomposition continue



JP : Pensez-vous que le fait que les seules forces d’opposition qui occupent véritablement le terrain médiatique soient des extrêmes (LFI, FN) conforte actuellement le président de la République ?
Incontestablement, la recomposition politique initiée par l’élection d’Emmanuel Macron a modifié en profondeur le paysage. Autour de lui s’est constitué un vaste bloc central transcendant en partie l’ancien clivage gauche-droite. Face à lui, les deux oppositions les plus identifiées sont aujourd’hui La France insoumise (LFI) et le Front national (FN). La gauche et la droite de gouvernement n’ont pas disparu, mais leur espace politique est aujourd’hui réduit et elles ont du mal à réémerger du chaos dans lequel la présidentielle et les législatives les ont plongées.
Emmanuel Macron joue de cette situation (qu’il a contribué à faire advenir) pour dire en substance : « Il n’y a pas d’alternative raisonnable à ma politique. » La puissance des extrêmes sert de repoussoir et d’épouvantail et constitue un atout non négligeable pour le nouveau pouvoir.
Nicolas : Emmanuel Macron, par son action, est-il un rempart à la montée du FN ? Et, selon vous, quel aurait été le score du FN si Emmanuel Macron n’avait pas été candidat ? (Le FN aurait alors été face à Fillon, Hamon, Mélenchon…)
Toutes les enquêtes d’intentions de vote avaient montré qu’il n’existait pas de majorité prête à voter pour Marine Le Pen en France lors de la présidentielle, et ce, quel que soit le candidat qui lui aurait été opposé. Avant le débat de l’entre-deux-tours, Marine Le Pen se situait à 40 % d’intentions de vote, sa piètre prestation l’a fait chuter à 34 % au soir du second tour.
Cela dit, le FN demeure durablement enraciné dans la société, même si l’image de Marine Le Pen a été abîmée. Pour faire véritablement refluer l’audience de ce mouvement, il faudra que les conditions, notamment économiques et sécuritaires, qui constituent son carburant dans ses bastions, s’améliorent. Il est encore trop tôt, je pense, pour tirer un bilan de l’action gouvernementale en la matière.
Fitz : J’ai voté pour Fillon et je suis très satisfait de la politique de Macron. En revanche je ne comprends pas comment d’anciens socialistes peuvent le soutenir (autorité, politique d’immigration, politique fiscale) : est-ce par pur opportunisme ?
Vous êtes comme d’autres électeurs de droite adeptes du pragmatisme et de la formule de Deng Xiaoping « Peu importe qu’un chat soit noir ou blanc, ce qui importe c’est qu’il attrape des souris ! ». Effectivement, nous voyons dans nos enquêtes que toute une partie de l’électorat de droite se satisfait aujourd’hui de la politique d’Emmanuel Macron, à la fois au plan économique (réforme de la SNCF, code du travail…), mais aussi au niveau régalien (évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ou des universités occupées, par exemple). Pour les électeurs de gauche, nombreux, qui l’avaient soutenu, la ligne politique actuellement suivie aurait normalement de quoi dérouter ou déranger.
Pour autant, beaucoup continuent de le soutenir, soit de manière un peu résignée (car il n’y a pas à ce jour d’alternative, au regard de l’état du Parti socialiste) soit parce que, pour certains d’entre eux, la ligne politique d’Emmanuel Macron président est finalement assez conforme à leurs options politiques. En ce sens, on pourrait dire que son élection a permis un coming out libéral d’une frange de l’électorat anciennement PS.
Va-t-il réussir à aller au bout des réformes ?
La météorologie sociale est toujours difficile, notamment dans un pays comme la France. On constate cependant qu’à cette date le gouvernement n’a pas été stoppé, tant s’en faut, dans son action. Jean-Luc Mélenchon avait concédé le point à Emmanuel Macron à l’automne, après l’adoption du projet de réforme du code du travail.
On peut penser que le score va encore s’alourdir pour le « mouvement social et syndical », dans les prochaines semaines, car la « bataille du rail » est en train de tourner à l’avantage du gouvernement. Si ce dernier parvient à ses fins, cela aura une portée symbolique très forte : la CGT aura été défaite dans le cœur de son bastion historique, la SNCF.
De gouges : Bonjour, croyez-vous vraiment à une réduction de la dette avec ce président ?
Je ne suis pas économiste, mais on peut constater que la question de la réduction du déficit public ne semble pas être le cœur et la priorité du gouvernement. L’amélioration de la conjoncture économique a permis à la France de passer sous les 3 % de déficit, et j’ai le sentiment que la majorité présidentielle souhaite d’abord relancer l’économie française et en faire sauter certains verrous. Dans cette optique, la réduction du déficit et de la dette se produirait « mécaniquement ».

        Lire (en édition abonnés) :
         

          « L’endettement de la France, grande impasse de la fièvre réformiste de l’ère Macron »



François Fillon avait mis l’accent sur le désendettement, rencontrant en cela une attente forte de l’électorat de droite. On peut penser que si ce sujet n’est pas davantage traité par l’actuelle majorité et que la situation se dégrade (par exemple à l’occasion d’un ralentissement de la croissance ou d’une remontée des taux d’intérêts), l’OPA qu’Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont lancée sur l’électorat de la droite modérée pourrait être enrayée. Il faudrait pour cela que Les Républicains l’attaquent plus frontalement et systématiquement qu’aujourd’hui sur ce thème.
On entend de plus en plus le mot « bonapartisme » à propos de Macron. Que faut-il penser de cette « dénonciation » ?
Le style « jupitérien », l’âge du président, et le fait qu’il ait surgi sur le devant de la scène sans avoir longuement appartenu à un parti établi, permettent à certains observateurs d’évoquer une filiation bonapartiste. Ce n’est d’ailleurs pas forcément péjoratif ou négatif dans l’esprit d’une partie de nos concitoyens. On peut cependant noter le fait que la « démocratie participative 2.0 » mise en scène par le mouvement En Marche ! durant la campagne semble aujourd’hui remisée au placard…
Si l’on veut absolument nommer et placer le macronisme dans une case, je pense qu’on pourrait éventuellement parler d’un « bonapartisme technocratique ». Emmanuel Macron est convaincu que le pays doit être transformé en profondeur pour garder sa place dans la compétition économique mondiale et que cette action doit être menée avec énergie et détermination, car pour reprendre ses mots, « la France est un pays qui ne se réforme pas ».

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Un chef de l’Etat décomplexé au risque de cliver



Selon lui, il n’y a pas de temps à perdre, et il ne faut pas s’embarrasser de longues discussions et négociations avec les corps intermédiaires, qu’il faut bousculer, sans quoi, on n’arrivera à rien. L’agenda des réformes du modèle social français était dans les cartons de Bercy depuis longtemps, mais sans personnalité forte pour la mener à bien. En ce sens, et si on veut rester sur la métaphore napoléonienne, Emmanuel Macron est peut-être, pour l’Inspection des finances, le Bonaparte du pont d’Arcole qu’elle attendait.
Dans une enquête réalisée notamment pour Le Monde ce week-end, on peut observer un fort attentisme des Français. Est-ce déjà arrivé à cette période du mandat ? Surtout, qu’est ce qui peut l’expliquer ?
L’élection d’Emmanuel Macron a provoqué, on l’a dit, une vaste recomposition du paysage politique. Du coup, les réflexes traditionnels sont moins opérants. Habituellement, quand un président de gauche ou de droite était élu, au bout de quelques mois, l’électorat du camp battu basculait rapidement et massivement dans une posture d’opposition, voire d’hostilité. Avec un président revendiquant un positionnement central, ce mouvement de bascule quasi automatique ne fonctionne plus.

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          Un an après avoir voté pour Emmanuel Macron, des électeurs font le bilan



A date, Emmanuel Macron conserve le plein soutien de sa base électorale (93 % des sympathisants de La République en marche se disent satisfaits), mais il bénéficie également de la clémence, voire de l’adhésion, d’une part significative des électeurs des oppositions : 45 % des satisfaits parmi les sympathisants LR et 35 % chez ceux du PS. Ces taux sont élevés et inédits. Ils montrent bien que nous sommes en train de basculer dans un nouveau mode de fonctionnement de la vie politique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ C’est la jeunesse de la capitale sénégalaise, politisée, effervescente, ouverte sur le monde, qui a donné le coup d’envoi de la mobilisation.
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Chronique

Mai 68 à Dakar, chronique d’une époque fébrile

C’est la jeunesse de la capitale sénégalaise, politisée, effervescente, ouverte sur le monde, qui a donné le coup d’envoi de la mobilisation.

Par                                            Francis Kpatindé




LE MONDE
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        Le 07.05.2018 à 15h11

     •
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        Mis à jour le 07.05.2018 à 17h56






    
En 1968, la mobilisation des étudiants sénégalais et ouest-africains de l’université Dakar secoue une société où la présence de l’ancien colonisateur était encore très prégnante.
Crédits : DR


L’époque était épique et à la fois arachnéenne et tumultueuse. C’était le temps des coiffures afro, des premiers pantalons « pattes d’ef », l’âge d’or de la soul et du rhythm and blues, l’apogée de la génération des « matinées » et des « soirées », termes utilisés, de Dakar à Brazzaville, pour désigner les boums, selon qu’elles se terminent à 20 heures pétantes ou aux aurores. James Brown donnait alors puissamment de la voix, en guise de prélude à son immortel Say it Loud – I’m Black and I’m Proud, disponible dans les bacs à partir d’août 1968. Aretha Franklin, Wilson Pickett et, surtout, Otis Redding, disparu précocement dans un crash aérien en décembre 1967, lui répondaient en un écho à l’intonation plus suave. Les plus intellos préféraient de loin l’immense John Coltrane, mort cinq mois avant Otis, à un âge – 41 ans – où tout est encore possible.
Nous étions jeunes, très jeunes, collégiens, lycéens ou étudiants à Dakar, Ouagadougou, Cotonou, Niamey ou Bangui. Nous étions nourris confusément de l’esprit de Bandoung, qui porta le mouvement des non-alignés sur les fonts baptismaux. Et initiés tôt à la rhétorique révolutionnaire et aux rudiments de l’agitprop. Nous avions lu, parfois dans des bréviaires empruntés à la bibliothèque du centre culturel français, Sartre, Marcuse, Fanon, Ralph Ellison et son remarquable Invisible Man, Stokely Carmichael, inventeur et icône du Black Power, dont je ferais la connaissance, bien plus tard, lorsqu’il résidera en Guinée sous une nouvelle identité doublement évocatrice : Kwame Ture.
Des nouvelles du Vietnam et d’Amérique du Sud
Bien évidemment, nous avions assimilé des bribes de Marx, d’Engels, de Mao et du Che. Et nous buvions sans retenue, l’oreille vissée au transistor, les discours-fleuves de Castro et d’Ahmed Sékou Touré sur Radio Habana Cuba et sur Radio-Conakry, en ondes courtes. Renversé deux ans plus tôt par un putsch que l’on disait ourdi par les « impérialistes » américains, Kwame Nkrumah, artisan du panafricanisme et père de l’indépendance du Ghana, était en exil à Conakry. La dépouille de Martin Luther King, assassiné le 4 avril 1968 à Memphis, était encore toute chaude.
Nous n’avions pas la télévision, mais étions très friands des nouvelles venues d’ailleurs, surtout des ghettos américains, des maquis du Vietnam et d’Amérique du Sud. « La contestation de la culture occidentale a permis aux gens de notre génération de brûler les stars de la musique et du show-biz d’aliénation des années 1960 popularisées par le magazine Salut les copains », analyse joliment le sociologue Mamadou Wane, dit Mao, l’un des enragés de Dakar en 1968. « C’était la fin des modèles d’importation imposés comme Johnny Hallyday et Brigitte Bardot. Ils ont été remplacés par les héros de la Révolution cubaine, de la Longue Marche de Mao, de la Révolution vietnamienne, par Kwame Nkrumah, Frantz Fanon, Patrice Emery Lumumba, Amilcar Cabral et les dirigeants de l’Union des populations du Cameroun… »
C’est dans cette atmosphère que Mai 68 déferla, tel un tsunami, sur une partie des Etats d’Afrique anciennement colonisés par la France et la Belgique. Riche en promesses, secouant les cocotiers, réveillant des foules sentimentales, bousculant des sociétés qui peinaient à sortir du joug colonial et révélant de nouveaux leaders. Dakar servira de laboratoire d’où partira, comme une traînée, l’embrasement.
La moitié d’une bourse
Tout commence un jour d’octobre 1967, le 19 précisément, après une malheureuse décision prise par la commission des allocations scolaires de ne plus verser que dix mois de bourse universitaire, alors qu’une année en compte douze, et d’instaurer un système d’attribution à géométrie variable pour faire face à l’augmentation exponentielle du nombre d’étudiants. Selon la nouvelle répartition, environ 40 % des étudiants recevraient une bourse entière, 30 % les deux tiers, et 27 % la moitié. Deux décisions jugées inacceptables par des étudiants dont les émoluments servent, avant tout, à entretenir une fratrie pléthorique. C’est l’élément déclencheur de Mai 68, une bronca que Mamadou Wane qualifie, aujourd’hui encore, de « plus grand mouvement politique et social de l’histoire du Sénégal ».

Les grandes dates du Mai 68 sénégalais
19 octobre 1967 : Léopold Sédar Senghor, premier président du Sénégal indépendant, décide de fractionner les bourses estudiantines, qui ne seront plus versées que dix mois sur douze.18 mai 1968 : L’Union démocratique des étudiants sénégalais (UDES) lance une grève d’avertissement à l’université de Dakar.24 mai 1968 : L’UDES opte pour une grève illimitée à partir du 27 mai.27 mai 1968 : L’université est occupée par les étudiants.29 mai 1968 : Les forces de l’ordre investissent l’université et en délogent les étudiants. Les Sénégalais sont arrêtés et internés dans des casernes, les étrangers expulsés. Face à la répression, des syndicats de travailleurs appellent à la grève.31 mai 1968 : Le mouvement s’étend à l’ensemble des grandes villes. A Paris, la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF) occupe l’ambassade du Sénégal.4 juin 1968 : Ouverture des négociations entre le gouvernement et la confédération syndicale des travailleurs. Le 9 juin, les étudiants et syndicalistes arrêtés sont libérés.6 septembre 1968 : Ouverture officielle des négociations entre le gouvernement et l’UDES. Les accords sont signés le 14 septembre. L’université de Dakar rouvre ses portes, les bourses sont revalorisées, les examens sont organisés avec pour règle l’admission automatique de l’ensemble des candidats. Les étudiants étrangers expulsés sont autorisés à revenir au Sénégal.


Le pays n’était pas encore la terre de pluralisme que nous connaissons aujourd’hui. A sa tête, pendant ces mois de braise, un président omnipotent, Léopold Sédar Senghor, doux poète, pour les uns, politicien retors pour les autres, inventeur de la « négritude » avec le Martiniquais Aimé Césaire et le Guyanais Léon-Gontran Damas, normalien, agrégé de grammaire et futur académicien quai de Conti, à Paris. Le Sénégal des années 1960, c’était aussi un parti dominant, l’Union progressiste sénégalaise (UPS), une radio qui s’apparentait à la voix de son maître, un quotidien national, Dakar-Matin, un Parlement monocolore. Et une présence prégnante de l’ancien colonisateur dans la vie politique, économique et académique.
La fronde universitaire, qui a démarré le 19 octobre 1967, culminera le 29 mai 1968 avec l’expulsion par les étudiants du recteur, des enseignants non grévistes et du personnel administratif, et l’intervention musclée des forces de l’ordre dans l’enceinte de l’établissement. Le bilan des affrontements est lourd : un mort et 69 blessés selon les autorités, quatre décès et près de 400 blessés selon les insurgés. Plusieurs centaines d’étudiants sénégalais arrêtés sont conduits aux camps militaires Mangin et Archinard, à Dakar. Plus de 1 000 de leurs camarades ouest-africains sont, eux, expulsés par avion vers leur pays d’origine. L’université de Dakar est fermée.
Héros d’antan
Par solidarité, les travailleurs, lycéens, collégiens et écoliers entrent dans la danse. C’est la grève générale. La violence se déplace rapidement vers les quartiers populaires. Le régime est ébranlé et Senghor semble en passe de perdre la partie. C’était mal le connaître. Il faudra néanmoins attendre septembre 1968 pour qu’un compromis politique et syndical soit trouvé et que Dakar renoue avec un peu de quiétude.
Cinquante ans après, que sont devenus les héros d’antan, ceux-là même qui, selon la formule du sociologue Mamadou Wane, « ont payé l’impôt générationnel pour que vivent la démocratie, la justice sociale et le développement partagé » ? Certains ont disparu des radars. Les uns ont troqué le col Mao contre un costume trois pièces de banquier. D’autres ne sont plus de ce monde, comme Mahtar Diack, devenu après Mai 68 un brillant professeur de philosophie à l’université de Dakar. Moussa Kane, lui, a glissé de la quête révolutionnaire vers le mouridisme, philosophie de la plus influente des confréries musulmanes du Sénégal.
Après avoir occupé les fonctions de secrétaire général adjoint de la présidence de la République sous Abdoulaye Wade, l’ancien leader de l’Union démocratique des étudiants sénégalais (UDES) Mbaye Diack se trouve désormais à la tête d’une petite formation politique d’opposition au président Macky Sall. Ex-fonctionnaire de l’Unicef, Mamadou Wane, dit Mao, connaît une retraite active, consacrée à la défense des enfants des rues. Et, après avoir été enseignant, plusieurs fois ministre, député et responsable onusien au Mali puis en Afrique centrale, Abdoulaye Bathily a été envoyé au chevet de Madagascar, début mai, par le secrétaire général des Nations unies…





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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ #1anMacron — Depuis son élection, le chef de l’Etat multiplie les réformes. Mais derrière cet activisme, certains engagements ont été revus à la baisse.
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Les six grandes promesses brisées ou rabotées d’Emmanuel Macron

#1anMacron — Depuis son élection, le chef de l’Etat multiplie les réformes. Mais derrière cet activisme, certains engagements ont été revus à la baisse.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 15h07
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


« Je fais ce que je dis. Peut-être qu’on n’était plus habitué », fanfaronnait Emmanuel Macron le 13 avril sur TF1. Cette cohérence revendiquée entre les engagements de campagne et l’action gouvernementale, le président de la République en a fait un élément central de sa communication depuis son élection, en mai 2017.
Un an plus tard, il s’avère en effet que beaucoup de ses décisions s’inscrivent dans la lignée de son programme présidentiel. Mais cela ne veut pas dire pour autant que sa parole serait sacrée : six des quatre-vingt-cinq engagements analysés par Les Décodeurs un an après le vote ont été abandonnés ou revus à la baisse. Et parmi eux, on trouve plusieurs des promesses phares du candidat à la présidence de la République.
1. Ouvrir les droits au chômage « aux salariés qui démissionnent »
Ce que disait son programme
Emmanuel Macron avait promis dans son programme de donner droit au chômage aux démissionnaires une fois tous les cinq ans, sans plus de précisions. La promesse était détaillée ainsi sur le site de campagne du candidat :
« Tous les cinq ans, chacun y aura droit, s’il choisit de démissionner pour changer d’activité ou développer son propre projet professionnel. Ceci incitera les entreprises à investir pour améliorer la qualité de vie au travail afin de conserver leurs salariés, dont nous renforçons ainsi le pouvoir de négociation. »
POURQUOI LE COMPTE N’Y EST PAS
Le projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel comporte bien cette mesure, mais avec des conditions très restrictives. Ainsi, en plus d’avoir été affilié à l’assurance-chômage pendant au moins cinq ans, un salarié qui voudrait bénéficier de ce nouveau droit devra-t-il avoir un « projet de reconversion professionnelle nécessitant le suivi d’une formation ou un projet de création ou de reprise d’une entreprise ».
Le projet de loi précise que ce projet devra « présenter un caractère réel et sérieux attesté par la commission regroupant les représentants des organisations syndicales de salariés et des organisations professionnelles d’employeurs représentatives au niveau national et interprofessionnel ».
Résultat : seulement 20 000 à 30 000 personnes supplémentaires pourront y prétendre, ce qui est loin d’être une révolution. En effet, autour de 50 000 personnes démissionnaires étaient déjà indemnisées par Pôle emploi chaque année pour d’autres motifs, ce qui veut dire que ce nombre ne devrait au total atteindre que 70 000 et 80 000 avec la nouvelle mesure (soit environ 50 % de plus). Une évolution, sans conteste, mais loin du « nouveau droit » vanté par Emmanuel Macron.

   


2. Ouvrir l’assurance-chômage à « tous les travailleurs »
Ce que disait son programme
« Nous permettrons à tous les travailleurs d’avoir droit à l’assurance-chômage. Les artisans, les commerçants indépendants, les entrepreneurs, les professions libérales et les agriculteurs disposeront, comme les salariés, de cette protection. »
POURQUOI LE COMPTE N’Y EST PAS
Seule une partie des indépendants sera en réalité concernée par cette mesure, qui figure également dans le projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel. Ce seront ceux dont l’activité a été placée en liquidation judiciaire ou en procédure de redressement judiciaire et qui ont un bénéfice annuel inférieur à un certain seuil (qui devrait être d’au moins 10 000 euros environ). Ils pourront dès lors être indemnisés à hauteur de 800 euros par mois pendant six mois.
S’il s’agit bien d’une avancée pour certains, on est loin de la promesse de campagne d’une « assurance-chômage universelle » et indépendante du statut.
3. Baisser les cotisations salariales pour « tous les travailleurs »
Ce que disait son programme
« Nous améliorerons le pouvoir d’achat de tous les travailleurs. Sans que cela ne revienne plus cher aux employeurs, nous réduirons les cotisations payées par les salariés, par les indépendants et par les fonctionnaires : près de 500 euros supplémentaires net par an pour un salaire de 2 200 euros net par mois ! »
POURQUOI CE N’EST QU’EN PARTIE RÉALISÉ
Cette réforme a bien été engagée, et prendra pleinement ses effets en octobre. A cette date, les cotisations salariales auront baissé de 3,15 points par rapport à 2017, quand le taux normal de la contribution sociale généralisée (CSG) aura augmenté de 1,7 point. Le gain net sera d’environ 22 euros par mois pour un salarié du privé au smic (soit environ 250 euros par an) et près du double pour un salarié qui gagne 2 200 euros net par mois. Soit le montant évoqué dans le programme.
Mais attention, cette hausse ne concerne pas tous les travailleurs. Pour les fonctionnaires, par exemple, la hausse de la CSG a simplement été compensée en 2018. Ces derniers ne verront par leur pouvoir d’achat amélioré par la mesure.
Autre situation particulière, les travailleurs indépendants : 75 % d’entre eux profiteront d’une baisse de leurs cotisations supérieure à la hausse de la CSG, mais les 25 % restants (ceux dont les revenus dépassent 4 000 euros par mois) verront leur pouvoir d’achat inchangé. L’engagement n’est donc pas pleinement tenu pour tout le monde.
4. Placer la France en tête de la lutte contre les perturbateurs endocriniens et les pesticides
Ce que disait son programme
« Nous placerons la France en tête du combat contre les perturbateurs endocriniens et les pesticides. Ils sont l’une des principales causes de l’augmentation des cancers des enfants depuis vingt ans. »
REVUE À LA BAISSE
Jusqu’à l’élection d’Emmanuel Macron, la France s’opposait au projet de loi de la Commission européenne sur la réglementation des perturbateurs endocriniens, jugé trop laxiste et inefficace par la communauté scientifique. Le nouveau gouvernement a finalement voté pour le 4 juillet 2017, ce qui est clairement en deçà des ambitions affichées par le chef de l’Etat pendant la campagne.
Ce texte a d’ailleurs été rejeté depuis au Parlement européen, contraignant la Commission européenne à revoir sa copie.
Le gouvernement a été en revanche un peu plus actif dans la lutte contre les pesticides. Il a ainsi voté contre la prolongation de dix ans de la licence dans l’Union européenne du glyphosate, l’herbicide le plus vendu dans le monde. Il a également voté contre son renouvellement à cinq ans, mais ce dernier a tout de même été adopté de justesse. La position française, qui consiste à demander un renouvellement limité à trois ans, n’a donc pas été entendue, mais le gouvernement a annoncé qu’il comptait interdire le produit en France « au plus tard dans trois ans ».

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                Ecologie : les paroles et les actes de Macron



5. Réformer la fiscalité du capital « à coût nul »
Ce que disait son programme
« Au total, la réforme de la fiscalité du capital se fera à coût nul. Le prélèvement forfaitaire unique permettra en effet à la fois de refondre l’imposition des revenus du capital (impôt sur le revenu et prélèvement sociaux) et de compenser la perte de recettes dues au remplacement de l’ISF par l’IFI. »
POURQUOI LE COMPTE N’Y EST PAS
Contrairement à ce qu’annonçait Emmanuel Macron, sa réforme de la taxation du capital ne se fera pas « à coût nul ». Au total, en comptant le prélèvement forfaitaire unique et la transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), elle devrait coûter autour de 4,5 milliards d’euros, selon les chiffrages gouvernementaux (3,2 milliards pour la réforme de l’ISF et 1,3 milliard pour le prélèvement forfaitaire unique ou PFU). Une orientation qui n’était pas clairement affichée pendant la campagne.
Ce chiffrage est même jugé optimiste par certains. L’Observatoire français des conjonctures économiques estimait ainsi le coût du seul PFU à 4 milliards d’euros en juin 2017. L’économiste Gabriel Zucman, professeur d’économie à l’université de Berkeley (Californie), estimait même dans une tribune au Monde en octobre 2017 que le PFU pourrait avoir un coût « de l’ordre de dix fois plus » que l’estimation du gouvernement.

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                Budget 2018 : ce qu’Emmanuel Macron n’avait pas dit dans son programme



6. Créer 15 000 places de prison
Ce que disait son programme
« Nous construirons 15 000 nouvelles places de prison. »
UNE PROMESSE REVUE À LA BAISSE
Emmanuel Macron a reconnu le 6 mars à Agen (Lot-et-Garonne) qu’il lui serait « impossible d’en faire 15 000 même durant un quinquennat, qu’on pouvait au maximum en faire 7 000 ». Si l’objectif chiffré est nettement revu à la baisse, le chef de l’Etat estime qu’il pourra tout de même « réduire la surpopulation carcérale par des mesures plus intelligentes et un changement de la philosophie des peines ».

Macron, une année au pouvoir : notre sélection d’articles
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Nicolas Chapuis, chef du service politique du « Monde », vous a répondu.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ 
<article-nb="2018/05/07/19-8">
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Les ministères de la culture et de l’enseignement supérieur ont débloqué 1,6 million pour offrir 2 000 à 3 000 places de travail au moins dix dimanches dans l’année, à Paris.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤                     
                                                

Cinq bibliothèques universitaires ouvriront le dimanche à Paris en 2019

Les ministères de la culture et de l’enseignement supérieur ont débloqué 1,6 million pour offrir 2 000 à 3 000 places de travail au moins dix dimanches dans l’année, à Paris.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h01
    |

            Soazig Le Nevé








                        



   


Cinq bibliothèques universitaires (BU) ouvertes au moins dix dimanches par an d’ici à 2019 à Paris : c’est la promesse des ministères de la culture et de l’enseignement supérieur, qui ont lancé le 4 mai un appel à projet en ce sens.
Dans un rapport remis en février, l’académicien et écrivain Erik Orsenna avait préconisé une ouverture dominicale rapide de trois BU à Paris. Les 550 000 étudiants (dont près de 200 000 résident dans la capitale) n’ont accès, le dimanche, qu’à un site, celui de Cochin, ouvert à seulement certains étudiants de l’université Paris-Descartes.

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                Bibliothèques universitaires : le rapport Orsenna préconise d’en ouvrir trois le dimanche à Paris



Priorité aux périodes de révisions
La France compte une moyenne d’ouverture hebdomadaire des BU de 61 heures, « bien en deçà de nos partenaires européens, qui se situent autour de 65 heures », et « moins de quinze BU sont ouvertes le dimanche sur le territoire pour 2,5 millions d’étudiants », soulignait Erik Orsenna dans son rapport.
Avec le plan NoctamBU + dimanche à Paris, les ministres Françoise Nyssen et Frédérique Vidal veulent accompagner des bibliothèques universitaires parisiennes de plus de 400 places dans leur projet d’ouverture au moins dix dimanches dans l’année, prioritairement pendant les périodes de révisions. L’objectif est d’atteindre « 2 000 à 3 000 places de travail le dimanche » à l’horizon 2019, indiquent les ministères de la culture et de l’enseignement supérieur, dans un communiqué commun.

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                Etudier à Paris, ou l’art de jongler avec les bibliothèques



« Les périodes de révision sont des moments qui peuvent être stressants pour les étudiants. Le gouvernement souhaite donc accompagner et favoriser l’accès de tous à des lieux calmes, ouverts et documentés, tous les jours de la semaine, et prioritairement lors de moments importants, comme les examens », explique Frédérique Vidal dans ce communiqué.
Un montant total de 1,6 million d’euros, destiné à couvrir la totalité des dépenses (frais de personnel, de fonctionnement ou encore d’aménagement des locaux) sera alloué à cinq bibliothèques entre 2018 et 2022. Le nom des BU retenues sera annoncé en juillet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Lors d’un appel à témoignages sur la première année du quinquennat du président, de nombreux lecteurs nous ont fait part de leur déception face au projet de loi asile-immigration.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤                     
                                                

« Scandalisé », « trahi », « effarée »… la loi asile-immigration concentre les mécontentements des électeurs de Macron

Lors d’un appel à témoignages sur la première année du quinquennat du président, de nombreux lecteurs nous ont fait part de leur déception face au projet de loi asile-immigration.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 13h11
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 13h24
    |

            Romain Geoffroy








                        



   


Lors d’un appel à témoignages, nous avons demandé à des lecteurs du Monde de nous livrer leurs sentiments un an après l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron. Parmi les électeurs qui se sont dits déçus par le nouveau président, malgré les espoirs qu’ils avaient placés en lui, nombreux sont ceux ayant cité le projet de loi asile-immigration, comme principale raison de leur mécontentement.

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                Un an après avoir voté pour Emmanuel Macron, des électeurs font le bilan



Adopté le 22 avril en première lecture, ce projet de loi très critiqué, et ce, même par certains députés macronistes, entend principalement réduire les délais de traitement des demandes d’asile et mettre en œuvre les reconduites à la frontière pour ceux qui en sont déboutés. En pratique, la future loi prévoit de réduire les délais pour les demandes d’asile à quatre-vingt-dix jours, contre cent vingt actuellement. Pour les étrangers en situation irrégulière, la période maximale de rétention administrative sera étendue de quarante-cinq à quatre-vingt-dix jours dans les cas où la personne fait obstacle à son expulsion.

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« Je prends ce projet de loi comme une trahison par rapport à ses déclarations précampagne. » Bernard S., enseignant-chercheur de 51 ans, a toujours voté à gauche. En 2017, même s’il se sent plus proche du candidat socialiste Benoît Hamon, il vote pour Emmanuel Macron. Aux deux tours. « Je ne voulais pas que François Fillon soit au second tour, et puis j’appréciais le discours assez progressiste d’Emmanuel Macron. » Ce Perpignanais s’attendait à une politique migratoire plutôt « ouverte et humaniste », « du niveau de celle menée par Angela Merkel en Allemagne ». Il n’y voit que « des mesures qui facilitent les expulsions et rendent les recours plus difficiles ».
« J’espérais un Macron plus proche de la position allemande. Plus accueillant. Plus courageux. Je suis très déçue. »
Comme Bernard S., de nombreux témoignages reçus citent l’exemple allemand en matière d’immigration et de solidarité depuis 2015. En votant pour le candidat En Marche ! à la présidentielle, Thomas H., 30 ans, espérait que la France suive enfin « la politique courageuse de Mme Merkel et accueille dignement les quelques milliers de migrants qui souhaitent s’installer en France, fuyant la guerre ou la misère ». Un an plus tard, et même s’il se dit « séduit par l’image enfin dépoussiérée que le président donne de la France à l’étranger », ce cadre de la fonction publique assure être « scandalisé par sa politique migratoire, inhumaine et hypocrite ». « Cette flétrissure marquera durablement son quinquennat », poursuit-il.
D’origine allemande, Verena, 43 ans, a été naturalisée française en 2016. Pour sa première présidentielle dans l’Hexagone en tant que citoyenne, elle a voté sans trop d’hésitation pour Emmanuel Macron. « Son positionnement proeuropéen » l’a convaincue et elle maintient ne pas avoir été déçue depuis. En revanche, elle se dit « effarée » par la loi asile et immigration, « en totale opposition avec les promesses de campagne ». « J’espérais un Macron plus proche de la position allemande. Plus accueillant. Plus courageux. Je suis très déçue. »
Un « aspect humain », c’est ce qui manque à cette future loi, déplore Alain B., 63 ans. Il estime qu’« elle fait honte à la France ». Si c’était à refaire, il voterait quand même à nouveau pour Emmanuel Macron. Il ne regrette pas, se disant « simplement moins enthousiaste ». Pour Mathieu G., habitant d’Ille-et-Vilaine, c’est l’ombre au tableau de l’« excellent bilan » du gouvernement. « Sa politique migratoire tangue parfois dangereusement vers l’extrême droite », s’inquiète-t-il. « On a l’impression qu’il a voulu faire un cadeau à la droite pour casser la stratégie de Laurent Wauquiez [président des Républicains] », ajoute Cécile P., chimiste de 42 ans, précisant par ailleurs avoir apprécié la suppression de la taxe d’habitation ainsi que la réforme de l’université.

        Lire l’analyse :
         

          Un an après son élection, quel bilan pour Emmanuel Macron ?



« Social-démocrate, très sensible au redressement de la dette et à la place de la France dans la mondialisation », Lionel P., avait rejoint En Marche ! avant la présidentielle. En février, il s’est senti obligé de quitter le navire. « Quand j’ai vu ce texte voulu par Gérard Collomb, j’y ai vu la mise en œuvre du programme d’Alain Juppé », confie ce retraité. « Renforcer la détention des mineurs, maintenir le délit de solidarité… cette loi, c’est la limite morale au-delà de laquelle on ne peut plus dire qu’on est de gauche. »



                            


                        

                        


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Un an après avoir voté pour Emmanuel Macron, des électeurs font le bilan

De nombreux lecteurs ont répondu à notre appel à témoignages et partagé leurs impressions sur la première année du quinquennat.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h41
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 16h53
    |

            Romain Geoffroy








                        




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Un autre témoignage





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Lire aussi : '+data[i]['lireaussititre']+'');
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édition abonné


Macron : sur l’environnement, une parole forte, mais des gestes faibles

Un an après son élection, le chef de l’Etat a fait du climat une arme diplomatique, mais il n’a pas impulsé de changements profonds à l’échelle de la France



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 13h12
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                            Service planète








                        



                                


                            

En convainquant Nicolas Hulot, icône de l’environnement, d’entrer au gouvernement, en hissant le ministre de la transition écologique et solidaire au deuxième rang dans l’ordre protocolaire gouvernemental, Emmanuel Macron avait d’emblée placé l’écologie en tête des priorités de la France. Une surprise, tant la campagne du candidat d’En marche ! avait accordé une maigre place à ce dossier. Un an après son accession à l’Elysée, le bilan est plus que mitigé. L’action du chef l’Etat se résume à des prises de paroles extrêmement fortes, notamment sur le climat, accompagnées de politiques timides, voire symboliques. « Le gouvernement tient de beaux discours. Mais son but suprême, c’est le développement du commerce international, pas la défense et la préservation de notre environnement », analyse le philosophe Dominique Bourg, spécialiste de l’écologie.
Sitôt Nicolas Hulot nommé, le doute s’est installé quant à la pérennité du ministre de la transition écologique et solidaire et à sa capacité à peser sur les choix du gouvernement, à changer un modèle économique au regard des impératifs climatiques et environnementaux. Combien de temps le novice allait-il tenir ? Les premières décisions de l’exécutif ont fixé immédiatement les limites de la marge de manœuvre de Nicolas Hulot.
Recul de la baisse du nucléaire dans le mix énergétique, affaiblissement de la définition des perturbateurs endocriniens, interdiction limitée du glyphosate, influence très limitée dans les états généraux de l’alimentation : l’emblème de l’écologie n’a pas réussi à gagner ces arbitrages gouvernementaux. Contraint de composer, le ministre s’est donné « un an » pour juger de l’utilité de son action. Mais à ses premiers pas politiques difficiles s’est ajouté un épisode plus personnel, qui l’a considérablement affaibli : des rumeurs de harcèlement sexuel et de viol publiées dans feu le magazine Ebdo. Nicolas Hulot s’est effacé, réduisant au maximum ses interventions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Large vainqueur du second tour, le sortant bénéficie d’une large majorité à l’Assemblée locale et devrait être reconduit sans difficulté le 18 mai prochain.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤                     
                                                

Elections Territoriales : Edouard Fritch va rester président de la Polynésie française

Large vainqueur du second tour, le sortant bénéficie d’une large majorité à l’Assemblée locale et devrait être reconduit sans difficulté le 18 mai prochain.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h22
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 14h45
    |

                            Mike Leyral (Papeete, Polynésie française, correspondance)








                        


Les Polynésiens ont préféré dimanche 6 mai (lundi à Paris) la liste conduite par le président sortant Edouard Fritch (49,18 %) aux deux partis historiques locaux, le Tahoeraa (27,72 %) de Gaston Flosse et le Tavini d’Oscar Temaru (23,11 %), au second tour des élections territoriales, en Polynésie française. Avec une majorité solide de 38 sièges sur 57 à l’assemblée locale, Edouard Fritch devrait être confortablement réélu président de la Polynésie française le 18 mai. Il peut espérer gouverner pendant une mandature entière de cinq ans, ce qui n’est plus arrivé en Polynésie depuis 2004. Après neuf années d’instabilité politique et de renversements de gouvernements, Gaston Flosse avait repris le pouvoir en 2013… mais son inéligibilité l’avait contraint à laisser la présidence à son dauphin Edouard Fritch. Depuis, les deux hommes se livrent un combat sans merci.

        Lire aussi :
         

                Election en Polynésie : Gaston Flosse en embuscade



Gaston Flosse aura tout tenté pour revenir au pouvoir. Cofondateur du RPR et chiraquien de toujours, il a soutenu Marine Le Pen à la présidentielle de 2017, pour compter ses voix un an avant les territoriales. Lâché par de nombreux cadres partis aux côtés d’Edouard Fritch, il a attiré des figures de la société civile : Angélo Frébault, secrétaire général du premier syndicat local, ou James Heaux, présentateur-vedette du journal télévisé de Polynésie Première. Elus ce dimanche, ils siègeront dans l’opposition à l’assemblée.
Chantre de l’autonomie, c’est-à-dire du maintien de la Polynésie au sein de la République française, Gaston Flosse a tenté une alliance avec les indépendantistes entre les deux tours des territoriales. Oscar Temaru, échaudé par une alliance de courte durée en 2007-2008, a refusé. Gaston Flosse a conservé une base militante très démonstrative, toujours vêtue d’orange et brandissant les drapeaux de son parti. Mais il n’a pas séduit de nouveaux électeurs. La faute, selon lui, au « clientélisme » d’Edouard Fritch.
« Magouilles et tricheries »
Gaston Flosse a retourné sur son ancien dauphin les critiques qu’on lui formulait du temps de sa splendeur : des distributions de subventions sur fonds publics, et même de nourriture, avant chaque élection. « Il y a eu tellement de magouilles, tellement de tricheries dans cette élection que je ne peux pas le féliciter », s’est indigné Gaston Flosse après les résultats, sur la chaîne TNTV. Des recours en annulation ont été déposés. Le parti d’Edouard Fritch conteste ces accusations.
Le président sortant a d’abord séduit par son bilan, marqué par une légère reprise économique en fin de mandat. Il mise sur la relance de l’emploi par de grands projets touristiques ou aquacole. Mais il a aussi annoncé des réformes impopulaires. Celle de la Protection sociale généralisée prévoit notamment un report de l’âge de départ à la retraite. Dix mille Polynésiens s’y sont opposés en défilant à Papeete, six semaines avant les élections : Edouard Fritch a suspendu cette réforme, mais a annoncé qu’elle constituerait une priorité s’il gagnait. « Vous avez choisi le réalisme et non la démagogie, l’autonomie et non l’indépendance, le développement et non l’assistanat », a déclaré le vainqueur devant ses militants.
En votant pour Edouard Fritch, les Polynésiens ont aussi voté contre les leaders politiques des quatre dernières décennies : Gaston Flosse et Oscar Temaru. Inéligible, Gaston Flosse n’était pas candidat et avait choisi son bras droit pour le représenter. Mais il dominait sur les affiches de sa liste et la représentait sur les plateaux télévisés. Quant à Oscar Temaru, même s’il est souvent représenté par son gendre, le député Moetai Brotherson, il est aussi le chef incontesté de son parti.
Attachement à l’autonomie
Oscar Temaru peine à faire progresser les idées indépendantistes dans l’électorat polynésien. Lui qui rêve d’une décolonisation progressive sous l’égide des Nations-Unies, suivie d’un référendum d’autodétermination, se heurte à la fois au refus de la France et des autonomistes polynésiens, qui sont majoritaires. Sa campagne dénonçant les condamnations de ses adversaires autonomistes n’y aura rien changé : il n’atteint pas le quart des suffrages exprimés face à deux adversaires autonomistes, donc partisans du maintien de la Polynésie dans la République française.
Les Polynésiens ont donc réaffirmé leur attachement à l’autonomie, même si le Tavini souligne que ce scrutin « n’a pas valeur de référendum ». Dans le même océan, une autre collectivité française, la Nouvelle-Calédonie, choisira son avenir par référendum, entre autonomie et indépendance, le 4 novembre. Le chef de l’Etat s’y est rendu cette semaine, mais il n’est pas encore venu en Polynésie française.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Cette phrase est extraite d’un documentaire qui doit être diffusé lundi soir. Le président la met en regard des « valeurs » pour lesquelles le colonel Beltrame est mort lors des attentats de Trèbes.
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Macron critique « ceux qui pensent que le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL »

Cette phrase est extraite d’un documentaire qui doit être diffusé lundi soir. Le président la met en regard des « valeurs » pour lesquelles le colonel Beltrame est mort lors des attentats de Trèbes.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h17
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 13h40
   





                        


La phrase risque de ne pas passer inaperçue, alors qu’Emmanuel Macron achève sa première année à l’Elysée. Dans un documentaire qui doit être diffusé lundi 7 mai au soir sur France 3 (Emmanuel Macron, la fin de l’innocence, réalisé par Bertrand Delais), le chef de l’Etat critique « ceux qui pensent que le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL », et les met en regard des « valeurs » pour lesquelles le colonel Beltrame est mort lors des attentats de Trèbes.
Voici ce qu’il déclare, dans un extrait du documentaire diffusé sur France Inter :
« Le colonel Beltrame est mort parce que la France, ce sont des idées, des valeurs, quelque chose d’une guerre qui le dépasse. Les gens qui pensent que la France, c’est une espèce de syndic de copropriété où il faudrait défendre un modèle social qui ne sale plus (…) » et où l’« on invoque la tragédie dès qu’il faut réformer ceci ou cela, et qui pensent que le summum de la lutte c’est les 50 euros d’APL, ces gens-là ne savent pas ce que c’est que l’histoire de notre pays ».
« L’histoire de notre pays, c’est une histoire d’absolu, c’est un amour de la liberté au-delà de tout, c’est une volonté de l’égalité réelle », ajoute le président de la République.
Méprisant et indigne pour Alexis Corbière
« Emmanuel Macron méprise les gens qui se sont indignés pour la baisse des APL. C’est petit et indigne de sa fonction. La France, c’est une France sociale et républicaine », a d’ores et déjà réagi le député de La France insoumise Alexis Corbière sur Twitter.
La baisse à l’automne dernier des aides personnalisées au logement (APL), de 5 euros mensuels pour 6,5 millions de ménages bénéficiaires, sans distinction, avait été vivement critiquée par les ONG de défense des mal-logés, les bailleurs sociaux et certains syndicats.

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Le premier ministre, Edouard Philippe, avait qualifié de « pas intelligent » ce coup de rabot, qui représente une économie mensuelle de 32,5 millions d’euros pour l’Etat. Mais il l’avait justifié par la nécessité de réaliser les économies prévues dans le budget 2017 par la majorité précédente. Un argument repris par Richard Ferrand, chef de file des députés de La République en marche (LRM), lundi sur France Inter, pour qui la mesure était donc « une connerie inévitable ».
Dimanche, le secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires, Julien Denormandie, a reconnu sur France 3 que cette baisse avait été une « mauvaise décision ». « Nous avons corrigé la chose, nous avons lancé une réforme de fond sur le logement social qui fait que demain, il n’y aura plus aucun perdant aux APL », a-t-il ajouté.

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Macron, une année au pouvoir : notre sélection d’articles
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Editorial. Pour la septième visite d’un président de la République en Nouvelle-Calédonie, le chef de l’Etat a inscrit ses pas dans ceux des familles de toutes les victimes, qui avaient su effectuer le chemin de la réconciliation.
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Le sans-faute calédonien de Macron

Editorial. Pour la septième visite d’un président de la République en Nouvelle-Calédonie, le chef de l’Etat a inscrit ses pas dans ceux des familles de toutes les victimes, qui avaient su effectuer le chemin de la réconciliation.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h10
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Pour la septième visite d’un président de la République en Nouvelle-Calédonie, Emmanuel Macron a effectué, du 3 au 5 mai, un parcours sans faute. Un déplacement qui fait suite à celui d’Edouard Philippe, à la fin de l’année 2017. A Ouvéa, l’étape la plus chargée de symboles, le chef de l’Etat a inscrit ses pas dans ceux des familles des victimes, de toutes les victimes, qui avaient su, non sans douleur, effectuer le chemin de la réconciliation. « Je souhaite que nous puissions être à la hauteur de ce travail que vous avez fait depuis tant d’années, a-t-il déclaré. Je voulais vous remercier pour cet exemple donné. J’y apporterai ma pierre, de là où je suis. »
Mais c’est le discours que le président de la République a prononcé, samedi 5 mai, au Théâtre de l’Ile, un lieu chargé d’histoire à Nouméa, salué par l’ensemble des responsables politiques du territoire, qui fera date. M. Macron est d’abord revenu sur les affrontements sanglants, dans les années 1980, entre les militants indépendantistes et les colons caldoches, qui firent quatre-vingts morts. Une période qui prit fin grâce aux accords de Matignon le 26 juin 1988. « Jamais, a-t-il affirmé, nous n’oublierons la colonisation, la ségrégation des Kanak. Il faut le dire sans détour, le combat des Kanak pour retrouver leur dignité était juste. C’est en reconnaissant les blessures de l’histoire qu’on peut les cicatriser. »
« Reconnaissance partagée »
M. Macron a aussi tenu à rendre hommage aux bagnards, transportés, relégués, de France et d’Algérie, aux pionniers et à tous ceux qui ont forgé la Nouvelle-Calédonie. Une addition d’histoires, souvent tragiques. « Ce sont toutes nos victimes », a-t-il souligné, appelant à « accepter toutes les mémoires pour ne pas s’enfermer dans la douleur ». Le chef de l’Etat n’a pas manqué de rendre hommage à Jean-Marie Tjibaou et à Jacques Lafleur, les chefs de file des deux camps longtemps antagonistes, ainsi qu’à Michel Rocard et à Lionel Jospin, premiers ministres au moment des accords de Matignon en 1988 et de Nouméa en 1998. « Nous poursuivons ce chemin de reconnaissance partagée, a-t-il assuré. Ce parcours, vous l’avez, mon rôle est de vous accompagner. »

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Le discours du président de la République était surtout attendu sur le référendum du 4 novembre sur l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie. Un scrutin qui a donné lieu à de fortes tensions jusqu’à ce que le premier ministre trouve un compromis avec les responsables néo-calédoniens. « Je ne prendrai pas partie dans ce référendum, a affirmé M. Macron. Ce n’est pas au chef de l’Etat de prendre position sur une question qui est posée aux seuls Calédoniens, mais, sans la Nouvelle-Calédonie, la France ne serait pas la même. » Il a toutefois, à plusieurs reprises, fait appel à la responsabilité et à l’unité de l’ensemble des composantes du territoire : « Il appartient à vous tous de ne pas faire reculer l’histoire. »

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M. Macron a ainsi inscrit l’avenir de la Nouvelle-Calédonie dans une perspective de développement économique et géostratégique dans la région indo-pacifique, en plaidant avec force pour une nouvelle ambition dans les domaines de l’économie, de l’autosuffisance alimentaire, de la souveraineté énergétique, du tourisme et de la croissance bleue. « Il y a un continent de possibles, c’est une part de l’avenir de notre jeunesse qui se joue, a-t-il insisté. Je veux que nous construisions ensemble cet avenir. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Sans opposition crédible ou privée de relais syndicaux capables de soutenir des réformes d’intérêt général, la « Macronie » risque de se réduire à une technostructure sourde et arrogante, relève, dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde »
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« C’est peu dire que Macron n’est pas déboussolé par les mouvements sociaux »

Sans opposition crédible ou privée de relais syndicaux capables de soutenir des réformes d’intérêt général, la « Macronie » risque de se réduire à une technostructure sourde et arrogante, relève, dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde »



Le Monde
 |    07.05.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 13h20
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            
Il a suffi qu’Emmanuel Macron débarque en Australie le 1er mai et mette ainsi 20 000 kilomètres entre lui et les cortèges syndicaux pour que l’accusation fuse : le président de la République est dans « l’esquive ». « Vous vouliez que je fasse quoi ?, a-t-il répliqué dès son arrivée à Sydney. Que je reste chez moi à regarder la télévision ? J’ai autre chose à faire, je continue à travailler. » Le tout exprimé avec un petit air de dédain qui semblait dire : les chiens aboient, la caravane des réformes passe.
C’est peu dire que Macron n’est pas déboussolé par les mouvements sociaux. Fuire devant la « chienlit » ? La situation n’est pas celle de ce 29 mai 1968 où le général de Gaulle, après quatre semaines de grève et de manifestations violentes, s’était rendu secrètement en Allemagne pour consulter le général Massu. Sydney et Nouméa, ce n’est pas Baden-Baden ! Loin d’être dans l’esquive ou la fuite, le chef de l’Etat ne craint pas d’« aller au-devant de la colère » et de faire un peu de provocation, cette pointe avancée de l’audace qu’il revendique depuis son élection.
Il y a un peu de Thatcher chez cet homme-là
Il la goûte d’autant plus que s’éloigne le risque d’une grande conflagration sociale. La semaine qu’il a passée aux antipodes n’a pas été celle d’un regain de colère des agents de la SNCF, des salariés d’Air France, des personnels des maisons de retraite, des fonctionnaires et des étudiants. Les cortèges du 1er Mai ont été moins fournis que ceux de 2017 et la « Fête à Macron » est restée bon enfant. La grève des cheminots donne des signes d’essouflement et celle des pilotes bat de l’aile malgré la démission du PDG d’Air France, vendredi 4 mai. Bref, plus grand monde ne table sur une « convergence des luttes », hormis ceux qui persistent à croire aux prophéties sociales autoréalisatrices.

Cette situation et les divisions syndicales n’expliquent pas seules l’intransigeance présidentielle....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Esseulé, le président français tente de ravir le leadership européen à une chancelière affaiblie après trois mandats.
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Macron et Merkel, entre complicité et rivalité

Esseulé, le président français tente de ravir le leadership européen à une chancelière affaiblie après trois mandats.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 11h32
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant) et 
Philippe Ricard








                        



                                


                            

Tout un symbole. Angela Merkel et Emmanuel Macron doivent se retrouver à Aix-la-Chapelle, jeudi 10 mai. La première doit y prononcer l’éloge du second, qui s’y verra remettre le prix Charlemagne, distinguant chaque année, depuis 1950, une personnalité engagée dans l’unification européenne. En 2008, c’est la chancelière allemande qui avait reçu le prix, et, pour l’occasion, son éloge avait été prononcé par Nicolas Sarkozy. Dix ans plus tard, certains ne manqueront pas d’y voir le signe que les rôles se sont inversés et que, désormais, sur le front européen, la France propose, l’Allemagne répond.
L’occasion va sans aucun doute permettre à M. Macron et à Mme Merkel d’afficher de nouveau leur complicité, comme à chacune de leurs rencontres depuis la victoire, le 7 mai 2017, du candidat En marche !. Ce dernier ne promettait-il pas de relancer l’Europe en misant sur sa bonne entente avec la chancelière ? En réalité, les hauts et les bas de leur relation donnent une bonne idée de l’ampleur de la tâche pour celui qui a battu Marine Le Pen au second tour de la présidentielle.

Difficultés politiques
Un an après son premier déplacement à Berlin, le 15 mai 2017, au lendemain de son investiture, le chef de l’Etat français compte toujours sur Angela Merkel. Mais, en dépit des gages donnés à Paris sur les réformes et la réduction du déficit, il a dû déchanter en raison des difficultés politiques de sa partenaire. Certes, la France et l’Allemagne, confrontées à une montée des périls dans leur voisinage, sont obligées de serrer un minimum les rangs dans certains domaines, comme la défense. Elles viennent ainsi de mettre le cap sur la construction d’un avion de chasse commun. Certes, Emmanuel Macron a pu bénéficier de la bienveillance de Berlin pour approfondir, depuis son élection, la réforme du détachement des travailleurs d’un pays à l’autre du continent, première illustration de l’Europe « plus protectrice » qu’il appelle de ses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Entre les deux tours de la présidentielle, Macron avait joué au foot avec des collégiens de cette ville populaire de la banlieue parisienne.
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Un an après, les habitants de Sarcelles jugent que « rien n’a changé »

Entre les deux tours de la présidentielle, Macron avait joué au foot avec des collégiens de cette ville populaire de la banlieue parisienne.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 11h34
    |

            Sylvia Zappi








                        



                                


                            

Au pied de l’école élémentaire, entouré d’immenses cèdres, le terrain de foot synthétique Albert-Camus est toujours aussi animé. Une dizaine de gamins s’échauffent dans la douceur de ce mercredi 3 mai. Aucun n’était présent lors de la visite d’Emmanuel Macron aux Vignes blanches, un des quartiers de Sarcelles (Val-d’Oise), lors de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle, mais tous se souviennent de la vidéo sur YouTube qui montrait un candidat décontracté venant taper dans le ballon – et rater un penalty – au milieu d’une grappe de collégiens. Un an après, il ne reste pas grand-chose de cet enthousiasme juvénile alors soigneusement mis en scène. Et rares sont ceux qui attendent encore un miracle dans cette banlieue populaire d’Ile-de-France.

« Pourquoi il revient pas ? », interroge un adolescent aux cheveux coiffés à l’afro. Les autres haussent les épaules, soufflant : « Y a rien qui a changé ici. » L’éducateur Fily Doumbia se souvient de ce jeudi après-midi où il a vu « le [presque] président ». « C’était cool mais je suis loin de la politique », sourit ce grand gaillard, avant de lâcher qu’il a voté pour Jean-Luc Mélenchon. Sonny Nsilulu, responsable de l’association Sport dans la ville, a quant à lui apprécié que le candidat vienne « écouter les jeunes », le trouvant « proche du peuple ». Depuis, il a été convié à assister à la Coupe de France à Saint-Denis, puis à une fête à l’Elysée lors de l’obtention par Paris des Jeux olympiques. Dans la foulée de l’événement, son association a été retenue pour encourager la pratique du sport. Alors pour lui, cela reste « un moment inoubliable ». 
Même pas une librairie
Mais son enthousiasme n’est guère partagé aux Vignes blanches. « Les gens sont déçus parce qu’ils s’attendaient à ce que leur vie change un peu mais les fins de mois sont toujours aussi difficiles », assure la maire (PCF) de la ville, Annie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ La région PACA s’est désengagée du financement d’un film consacré au maire ex-FN de Cogolin.
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Le documentaire politique sur Cogolin produit par Denis Robert perd ses subventions

La région PACA s’est désengagée du financement d’un film consacré au maire ex-FN de Cogolin.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h19
    |

                            Gilles Rof








                        



                                


                            
La mention a été retirée en catastrophe du générique. Cogolin, ville à vendre, documentaire de cinquante-deux minutes signé Pascal Lorent, diffusé lundi 7 mai sur France 3 Méditerranée, en juin sur Public Sénat, avait prévu de remercier la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) pour son aide financière. Mais la subvention de 20 000 euros (un quart du budget) promise en novembre 2017 a finalement été annulée sur décision de l’exécutif régional, car l’œuvre est jugée « strictement politique ».
Le film raconte l’installation au pouvoir dans la petite ville du Var de Marc-Etienne Lansade, maire élu sous étiquette FN, devenu conseiller régional en 2015 sur les listes de Marion Maréchal-Le Pen. Une chronique brute, filmée avec l’accord de M. Lansade, qui montre notamment l’intérêt de l’élu pour la promotion immobilière. « La ville est devenue une grande braderie », note le réalisateur qui, pendant deux années, a tourné sans difficulté.
En novembre 2017, le documentaire, produit par Citizen Films, la société du journaliste Denis Robert, a reçu l’avis favorable du comité d’experts qui jauge les projets et évalue les aides attribuées par le Fond régional de soutien à la création et à la production. « Les 20 000 euros nous ont été notifiés par les services du conseil régional et devaient être votés le 20 mai par la commission permanente. Mais notre film n’arrivera jamais devant les élus car il a été retiré de la liste. Ce qui ne s’est jamais vu », s’indigne Denis Robert.
« Tripatouillage politique »
La méthode, reconnue par l’entourage du président LR du conseil régional, est en effet inédite. Depuis la création du fonds, en partenariat avec le CNC et le ministère de la culture en 2003, les films choisis par la commission d’experts sont systématiquement aidés. « Dans notre cas, je n’ai que deux hypothèses : il s’agit soit d’un tripatouillage politique entre MM. Lansade et Muselier, soit d’une reprise en main de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Une telle coupe reviendrait à effacer les deux vagues d’embauches du précédent quinquennat.
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Avec la baisse du chômage, Pôle emploi envisage la suppression de 4 000 postes

Une telle coupe reviendrait à effacer les deux vagues d’embauches du précédent quinquennat.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h16
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        


Pôle emploi risque de faire les frais de la baisse du chômage. Au cours des trois prochaines années, l’opérateur public pourrait diminuer ses effectifs de plusieurs milliers – Le Journal du dimanche du 6 mai parlant de 4 000 postes en moins. Un recul sans précédent depuis la création du réseau issu du mariage, en 2008, de l’ANPE et des Assedic, au sein duquel travaillent quelque 54 000 personnes, dont les neuf dixièmes ont un statut de droit privé.
« Il n’y a pas de chiffre arrêté à ce jour », fait-on valoir à la direction générale de Pôle emploi. Mais le scénario des 4 000 suppressions de postes circule depuis plusieurs jours en interne. Lors d’une émission sur France Inter, le 27 avril, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, avait d’ailleurs été interrogée par un salarié de l’opérateur sur l’éventualité de coupes d’une telle ampleur. « La trajectoire que vous évoquez n’est pas définitive, on est en train de travailler sur des hypothèses », avait répondu Mme Pénicaud – indiquant ainsi, en creux, que l’ordre de grandeur était plausible. La ministre avait ajouté que « si le taux de chômage baisse (…), il est logique qu’il y ait moins besoin d’accompagnement [assuré par Pôle emploi] ». Dès lors, envisager des économies de personnels au sein de l’institution est considéré comme légitime. D’autant, avait complété Mme Pénicaud, que de « nouvelles organisations » sont mises en place dans les agences et permettent de dégager des gains de productivité.

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« Pas de poste en trop »
« Cette question devra être abordée en prenant en compte les nouvelles charges qui pourraient peser sur Pôle emploi », déclare-t-on à la direction générale de l’opérateur. Une allusion à la réforme de l’assurance-chômage, qui prévoit d’accorder une indemnisation à de nouvelles catégories de salariés démissionnaires et aux indépendants. Ce changement est susceptible d’entraîner un accroissement du nombre d’inscrits à Pôle emploi – et donc de donner plus de travail aux agents du service public. Autre paramètre à prendre en compte : le renforcement du contrôle des chômeurs – qui sera effectué, à terme, par 1 000 salariés de l’opérateur (contre un peu plus de 200, aujourd’hui).
« Il n’y a pas de poste en trop à Pôle emploi, plaide Nathalie Potavin, représentante CGT au sein de l’opérateur. Les conseillers sont déjà surchargés, avec un très grand nombre de personnes à suivre. » Sous le sceau de l’anonymat, l’un de ses collègues, membre du SNU, juge « simpliste » de vouloir comprimer les effectifs au motif que le chômage refluerait. Cette tendance ne vaut que pour celles et ceux qui n’ont exercé aucune activité, rappelle Sylvie Szeferowicz (Force ouvrière) : en revanche, les demandeurs d’emploi qui travaillent de façon occasionnelle ou à temps partiel voient leur nombre « exploser », poursuit-elle.
Il est prévu que l’opérateur perde près de 300 postes cette année, en vertu de la loi de finances 2018. Si l’Etat lui en retirait 4 000 pour les trois exercices suivants, une telle coupe reviendrait à effacer les deux vagues d’embauches conduites sous le précédent quinquennat. Dans ce cas de figure, plusieurs questions seraient soulevées : l’effort doit-il porter sur ceux qui accompagnent des chômeurs ? Ceux qui s’occupent de l’indemnisation ? Ou bien alors l’encadrement, à l’échelon central et territorial ? Autre inconnue : la méthode pour serrer les boulons. Environ 1 000 salariés de Pôle emploi devraient prendre leur retraite, chaque année, durant la période à venir – soit un volume inférieur à la cible de 4 000 en trois ans. Du coup, des syndicalistes en sont déjà à redouter la perspective d’un plan de départs volontaires, conclue dans le cadre d’une rupture conventionnelle collective.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Emmanuel Macron assume de plus en plus une ligne politique tranchée.
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Un chef de l’Etat décomplexé au risque de cliver

Emmanuel Macron assume de plus en plus une ligne politique tranchée.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 12h23
    |

            Virginie Malingre








                        



                                


                            

Pas de rencontre officielle à l’agenda, pas de prise de parole, ni même un dîner spécial… un jour banal en somme. Un an après son élection le 7 mai 2017, Emmanuel Macron n’a pas cherché à marquer l’événement. « Cette date du premier anniversaire ne marque rien, c’est une date symbolique, ce n’est pas un point d’inflexion du quinquennat », balaie-t-il, devant un journaliste du Figaro.
Si la célébration n’est pas à l’ordre du jour, l’explication en revanche marque la période. Le chef de l’Etat a multiplié ces derniers jours les interviews avec les médias. Lui qui avait rompu avec la tradition présidentielle d’embarquer à bord de son avion des journalistes pour des « off » a profité de son déplacement en Australie et en Nouvelle-Calédonie pour renouer avec les colloques à haute altitude, conviant Le JDD à l’aller et Le Figaro au retour.

C’est pourtant dans un entretien à la presse étrangère, le magazine Forbes en l’occurrence, qu’il faut puiser pour saisir l’essence du « Macron », millésime 2018. Transgressif, provocateur, décomplexé… De ces traits de caractère, Emmanuel Macron avait fait sa marque de fabrique. Son installation à l’Elysée, en 2017, n’a fait que les accentuer. Comme en témoigne la « une » de Forbes du 1er mai, où il apparaît tout sourire au-dessus du titre « leader of the free markets », que l’on peut traduire par « chef des marchés ». En ce jour de la Fête des travailleurs, le président de la République vante dans le magazine américain, connu pour son classement annuel des grandes fortunes, ses réformes business-friendly et appelle les investisseurs du monde entier à se tourner vers la France.
Le chef de l’Etat « assume des lignes directrices de plus en plus tranchées, sur le thème du déblocage de la France sur tous les fronts », juge le politologue Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos, « il est concentré...




                        

                        

