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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ Le réalisateur, qui s’est éteint à l’âge de 86 ans, avait obtenu la Palme d’or à Cannes en 1978 pour « L’Arbre aux sabots », tourné avec des acteurs non professionnels.
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Le cinéaste italien Ermanno Olmi est mort

Le réalisateur, qui s’est éteint à l’âge de 86 ans, avait obtenu la Palme d’or à Cannes en 1978 pour « L’Arbre aux sabots », tourné avec des acteurs non professionnels.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 13h58
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 18h48
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


« Mon ambition est de voir le monde avec les autres et non pas comme un intellectuel aristocrate » avait-il confié. Le réalisateur Ermanno Olmi est mort le 7 mai à Asiago en Vénétie des suites d’une longue maladie. Voix originale, singulière et solitaire, il était insensible aux modes du cinéma italien moderne.
Ermanno Olmi est né le 24 juillet 1931 à Bergame dans une famille catholique. Après le décès de son père, il commence des études scientifiques puis artistiques qu’il n’achève pas. Installé à Milan, il se voit offrir un emploi, à l’âge de 16 ans, à Edisonvolta, l’entreprise où travaille déjà sa mère. Cette gigantesque société spécialisée dans l’énergie nucléaire dispose d’un département cinématographique qui produit des documentaires institutionnels consacrés à l’activité industrielle. On confie une caméra 16 mm à Olmi, qui va réaliser une quarantaine de documentaires. Il s’y intéresse déjà, dans le détail, au travail humain.
L’historien du cinéma Sergio Toffetti écrira de cette période : « Olmi raconte le travail en cherchant son reflet dans l’expression des mains et des visages, en faisant entendre le bruit d’un fil qui s’étire, le rythme cadencé des godillots dans la neige, en montrant une grimace d’épuisement en gros plan, la soif assouvie par une stalactite de glace, des muscles tendus dans l’effort, mais aussi le lever de coude pour partager une bouteille de vin en compagnie. »
La vie authentique des ouvriers et des paysans
Un de ses documentaires, Trois filins jusqu’à Milan, est présenté à la Mostra de Venise en 1958. Le grand documentariste Robert Flaherty (1884-1951), considéré comme un des pionniers du genre, est une des influences majeures du cinéaste. Olmi réalise en 1959 son premier long-métrage, Le temps s’est arrêté, récit de la rencontre entre un jeune et un vieux gardien de barrage, bloqués sur un site durant plusieurs mois. Il y filme l’attente tout autant que la vie authentique des ouvriers et des paysans. Le film est sélectionné à la Mostra de Venise. Il est alors vu comme un des représentants possibles d’une Nouvelle Vague italienne, dépassant un néoréalisme dont ce qu’il reste est englué dans la convention.
« La Légende du saint Buveur » avec Rutger Hauer, récit de la quête d’une rédemption, obtiendra le Lion d’or à la Mostra de Venise en 1988
Son film suivant, Il Posto (L’Emploi), se veut une tentative de raconter ses premières années de travail à Edisonvolta. Une nouvelle manière, épurée, minimaliste, de filmer le travail à travers le parcours d’un petit employé. Le film suscite un intérêt non dénué d’ambiguïtés. La critique de gauche lui reproche son spiritualisme. Il Posto obtint d’ailleurs le Prix de l’Office catholique à Venise.
Suivront Les Fiancés (1963), récit de l’éloignement d’un ouvrier du Nord, contraint d’aller travailler en Sicile, loin de sa fiancée à qui il écrit régulièrement. Après l’échec de son film sur le Pape Jean XXIII en 1965 (E venne un uomo), Olmi retourne à la réalisation de documentaires, désormais pour la télévision. Il y signe aussi quelques fictions comme L’Or dans les montagnes, sur les récupérateurs d’obus non explosés dans les montagnes à la frontière autrichienne après la première guerre mondiale.
L’immanence et la grâce
Il parvient à une authentique, mais inattendue, consécration – tant son œuvre précédente était finalement assez peu vue – avec L’Arbre aux sabots qui obtint la Palme d’or au Festival de Cannes en 1978. Tourné avec des acteurs non professionnels, le film évoque la condition des paysans pauvres des environs de Bergame au début du XXe siècle. L’immanence et la grâce restent liées à une quête qui semble très éloignée des idéologies alors à la mode.
A partir d’A la poursuite de l’étoile en 1983, Ermanno Olmi semble s’écarter des films de ses débuts en réalisant des fictions métaphoriques, volontiers distanciées, recourant désormais à des acteurs professionnels. La Légende du saint Buveur, avec Rutger Hauer, récit de la quête d’une rédemption, obtiendra le Lion d’or à la Mostra en 1988. Le Métier des armes plonge dans les guerres de la Renaissance et le parcours du Condottiere, Jean de Médicis.
La reconstitution d’époque s’y conjugue avec le sentiment d’une grande authenticité tout autant que d’une réflexion sur l’Histoire et le progrès. Son dernier long-métrage, Torneranno i Prati (2014), évoque les massacres de la première guerre mondiale.
Par ailleurs entre deux films de fiction, Olmi n’avait jamais cessé d’être fidèle à ses travaux de jeunesse en réalisant de nombreux documentaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Parmi les multiples points de friction, les cartes illimitées et les bandes-annonces.
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Cinéma : les producteurs réclament davantage de transparence aux exploitants de salles

Parmi les multiples points de friction, les cartes illimitées et les bandes-annonces.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h49
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Face à l’insolente santé des grands circuits de salles de cinéma, les griefs des producteurs et des distributeurs se multiplient, même si bien peu s’avisent de leur dire en face. D’autant moins que les exploitants ont un droit de vie ou de mort sur les films, puisqu’ils choisissent tous les lundis matin de garder un long-métrage en salle ou d’abréger sa carrière, si le public n’est pas au rendez-vous. Les propriétaires de multiplexes ont beau jeu de rappeler qu’ils se sont engagés à sanctuariser un certain nombre de séances lors des quinze premiers jours suivant la sortie. Mais producteurs et distributeurs considèrent que les exploitants n’en font pas assez et diffusent les films les plus exigeants sur une seule semaine, dans de toutes petites salles ou à des horaires peu attractifs.
L’un des points récurrents de friction concerne les cartes illimitées. UGC vient en effet de baisser de 2 euros par mois pendant un an le prix d’UGC Illimité. La filière s’agace de cette mesure prise sans concertation, qui aboutit à une baisse de la base de rémunération des ayants droit. Tous les syndicats professionnels fustigent aussi la suppression, en mai 2017, de la commission d’agrément des formules d’accès illimité au cinéma par le Centre national du cinéma (CNC).
« Ces cartes ont créé de l’opacité et des distorsions sur le partage de la valeur : le taux de consommation des films par leurs détenteurs n’est pas divulgué. Ces cartes existent depuis dix-huit ans. Leur prix a augmenté de près de 33 % pendant cette période, alors que la part qui revient aux producteurs n’a crû que de 1 % », déplore Xavier Rigault, vice-président de l’Union des producteurs de cinéma (UPC). Il en appelle à « davantage de solidarité des exploitants avec la filière » et demande au CNC et au gouvernement de réguler enfin ces cartes illimitées.
Le filon des bandes-annonces
La question des bandes-annonces fait aussi grincer les dents. La plupart sont gratuites,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ Le secteur souffre du sous-financement et de la sous-exposition des films. Les producteurs sont contraints de prendre davantage de risques.
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Cinéma : la production indépendante fragilisée

Le secteur souffre du sous-financement et de la sous-exposition des films. Les producteurs sont contraints de prendre davantage de risques.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h21
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

« Un moment un peu vertigineux » : la productrice de cinéma Didar Domehri (Maneki Films) qualifie ainsi sa décision de commencer le tournage du film Les Filles du Soleil d’Eva Husson qui traite d’un sujet ardu – des femmes soldates kurdes en lutte contre les extrémistes – alors que son budget (près de 4 millions d’euros) n’était pas bouclé. « On a pris le risque de partir en tournage en Géorgie », dit-elle. Bonnes nouvelles : Eurimages a apporté la somme manquante et ce long-métrage est en compétition dans la Sélection officielle du Festival de Cannes, qui démarre mardi 8 mai.
L’obligation de prendre davantage de risques devient la norme chez bon nombre de producteurs indépendants, non affiliés à un groupe télévisuel ou d’exploitation. « L’image du producteur qui roule en Porsche et fume le cigare est révolue », affirme Xavier Rigault, vice-président de l’Union des producteurs de cinéma. « Ils ont plus de mal à boucler les financements des films et y apportent souvent les frais généraux de leur société de production et leurs salaires. Ils vivent du fonds de soutien généré par les films qu’ils ont précédemment produits. »
Plus alarmiste, Marie Masmonteil, vice-présidente du Syndicat des producteurs indépendants, lance : « On est dans un pic d’angoisse. » Un malaise que constate aussi Anne Flamant, directrice du département cinéma et audiovisuel de la banque Neuflize OBC. « En vingt ans, jamais la production indépendante n’a connu une telle situation de fragilité », observe-t-elle, ajoutant que cet état s’est dégradé depuis un an et demi.
Une bonne santé en trompe-l’œil
Pourtant, le Centre national du cinéma a publié en mars un état des lieux flatteur, avec 222 films français produits en 2017, marqué par beaucoup de nouveaux nés, avec 72 premiers films et 40 deuxièmes films. Les investissements dans ces longs-métrages estimés à 1,08 milliard d’euros ont chuté de 10 %, en raison...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ Trois jeunes réalisatrices culottées feront leurs premiers pas au Festival, dans des sections parallèles.
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Elles font leurs premières armes à Cannes

Trois jeunes réalisatrices culottées feront leurs premiers pas au Festival, dans des sections parallèles.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h34
    |

            Véronique Cauhapé








                        



                                


                            
Elles sont française, kényane et indienne, réalisatrices trentenaires sélectionnées pour la première fois à Cannes. Quels regards Marie Monge, Wanuri Kahiu et ­Rohena Gera posent-elles sur le monde et sur le métier de cinéaste ?
Marie Monge, au plus près du terrain

Elle aime les villes, la rue, le street-art, le Paris du Sentier, de République, de Strasbourg-Saint-Denis, où elle vit depuis neuf ans. Ces quartiers l’inspirent. Elle y a trouvé le sujet et le cadre de son premier long-métrage, Joueurs, présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Une histoire d’amour et d’addiction au sein des cercles de jeu que Marie Monge a découverts, par hasard, avec un ami. « J’ai été fascinée par ce milieu où se mêlaient toutes sortes de gens, de classes sociales et d’âges différents, tous unis dans une même fièvre. » Elle est devenue accro à son tour, non pas au jeu, mais à ces hommes et femmes qu’elle a retrouvés à de nombreuses reprises pour recueillir leur histoire.
Marie Monge est ainsi. Elle a besoin « d’aller sur le terrain ». Ces penchants ne sont pas étrangers à cette famille cinéphile dans laquelle elle a grandi, à Tours, entre deux parents magistrats. « Ils avaient beaucoup d’histoires à raconter. A leurs côtés, mon frère, ma sœur et moi avons été habitués à parler, échanger, débattre. Mais aussi à regarder beaucoup de films, souvent deux d’affilée. » De quoi lui inoculer le virus. Après le bac, elle entreprend une licence de cinéma à Paris-III. C’est là, au sein d’un collectif, qu’elle réalise ses premiers courts-métrages, dont Marseille la nuit, sélectionné aux Césars en 2014. C’est l’année où elle commence à écrire Joueurs, dont le tournage débutera en octobre 2017. Aujourd’hui, à 30 ans, elle se prépare à aller à Cannes, avec ses acteurs (Tahar Rahim, Stacy Martin, Karim Leklou…), ses producteurs et son équipe. En bande, comme elle aime vivre.
Wanuri Kahiu, le tabou et...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ Producteur, distributeur, réalisateur, attaché de presse, il avait œuvré à la reconnaissance de nombreux cinéastes, dont Clint Eastwood, King Hu, Jane Campion et Quentin Tarantino
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Mort de Pierre Rissient, homme de tous les métiers du cinéma

Producteur, distributeur, réalisateur, attaché de presse, il avait œuvré à la reconnaissance de nombreux cinéastes, dont Clint Eastwood, King Hu, Jane Campion et Quentin Tarantino



Le Monde
 |    07.05.2018 à 10h08
    |

            Samuel Blumenfeld








                        



                                


                            

Avec la mort de Pierre Rissient, dans la nuit du 5 au 6 mai, à l’âge de 81 ans, c’est un peu de la jeunesse vieillie du cinéma, qu’il tenait vivante en lui qui s’en va. Si son nom est ­surtout connu des cercles cinéphiles et professionnels, c’est un personnage majeur, à la fois discret et omniprésent, du septième art en France, aux Etats-Unis et en Asie, qui disparaît.
Pierre Rissient est passé par tous les métiers du cinéma depuis le milieu des années 1950 quand, après être devenu une figure ­connue des ciné-clubs, il est devenu l’un des fondateurs du cercle des cinéphiles du cinéma Mac-Mahon, à Paris. Dans cette enceinte ont été révélés, ou réhabilités, Fritz Lang, Otto Preminger, Raoul Walsh, Joseph Losey, John Berry, Jules Dassin, souvent des cinéastes de la « liste noire », mis à l’index d’Hollywood pendant la guerre froide en raison de leurs supposées sympathies communistes et contraints à l’exil en Europe. Il y avait une dimension romantique chez Pierre Rissient dans ce soutien à des réalisateurs rejetés par leur pays – ou affichant des idées ouvertement progressistes –, mais aussi une conception esthétique très affirmée de la mise en scène, incarnée par le fameux « carré d’as » du Mac-Mahon : Walsh, Lang, Preminger et Losey. Conception qui déplaisait à beaucoup, dont les Cahiers du ­cinéma, revue qui dominait alors la cinéphilie en France. Avec le temps, cette défense d’une mise en scène dont le défi consistait à se faire oublier s’est imposée. Ce fut le premier combat remporté par Pierre Rissient.
Il y avait une dimension romantique chez Pierre Rissient dans ce soutien à des réalisateurs rejetés par leur pay
Après l’aventure du Mac-Mahon, son destin cinématographique devient protéiforme. Il devient assistant réalisateur, notamment de Jean-Luc Godard sur son premier film, A bout de souffle (1960). Pierre Rissient se mue ensuite en attaché de presse au cours des années 1960 et 1970, formant avec Bertrand Tavernier un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ Trois ans après « La Loi du marché », l’acteur sera de nouveau à Cannes avec Stéphane Brizé. Ils présentent « En guerre », où Vincent Lindon incarne un dirigeant syndicaliste au milieu d’acteurs non professionnels.
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Vincent Lindon : « J’essaie d’être dans des films qui servent un peu »

Trois ans après « La Loi du marché », l’acteur sera de nouveau à Cannes avec Stéphane Brizé. Ils présentent « En guerre », où Vincent Lindon incarne un dirigeant syndicaliste au milieu d’acteurs non professionnels.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h27
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Solitaire écrasé par la contrainte économique dans La Loi du marché, qui lui a valu un prix d’interprétation à Cannes en 2015, Vincent Lindon revient en compétition en dirigeant syndicaliste dans En guerre, toujours sous la direction de Stéphane Brizé. En ce 1er mai, dans un bar de la place de la République, alors que les cortèges syndicaux se forment à quelques centaines de mètres, il parle de son personnage, Laurent Amédéo, ouvrier devenu figure publique pour tenter d’empêcher la fermeture de son usine. Reconduisant le dispositif mis en place dans La Loi du marché, le réalisateur l’a placé au milieu de comédiens non professionnels qui incarnent souvent des rôles proches de leur existence. Vincent ­Lindon revient sur cette expérience avant de reprendre le chemin du plateau de Toutes sauf une, où il incarne Giacomo Casanova, le séducteur du siècle des Lumières, devant la caméra de Benoît Jacquot.
Après quatre films ensemble, ­ « Mademoiselle Chambon », « Quelques heures de printemps », « La Loi du marché » et maintenant « En guerre », est-ce que vous avez défini un protocole de travail avec Stéphane Brizé ?
Je ne suis pas du tout impliqué dans l’écriture. Après La Loi du marché, il est immédiatement parti tourner Une vie. En en revenant, il hésitait entre une histoire d’amour, une balade entre deux hommes un peu comme Sideways, il avait aussi envie de parler de quelque chose qui le tracassait énormément, ces images du directeur des ressources humaines d’Air France qui tournaient en boucle. En effet, c’est abominable de se faire attaquer comme ça, de se faire arracher sa chemise. Mais Stéphane demandait : « Qu’est-ce qu’on a pu faire à ces hommes, à ces femmes pour qu’ils en arrivent là ? » Il m’en a parlé, a rencontré des syndicalistes, des ouvriers, des avocats, des DRH, des patrons, et pas des moindres. Il a fini par me donner un scénario,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ De la Chine aux Etats-Unis en passant par le Kenya, cette édition promet un ton politique, moins glamour, qui colle à son époque.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Le programme du Festival de Cannes 2018

De la Chine aux Etats-Unis en passant par le Kenya, cette édition promet un ton politique, moins glamour, qui colle à son époque.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h20
   





                        



                                


                            

Sélection officielle
EN COMPÉTITION
3 Visages de Jafar Panahi (Iran). Asako I & II de Ryusuke ­Hamaguchi (Japon). Ayka de Sergey Dvortsevoy (Kazakhstan). BlacKkKlansman de Spike Lee (Etats-Unis). Burning de Lee Chang-Dong (Corée du Sud). Capharnaüm de Nadine ­Labaki (Liban, France). Dogman de Matteo Garrone (Italie, France). En guerre de Stéphane Brizé (France). Everybody Knows (film d’ouverture) d’Asghar Farhadi (Espagne, France, Italie). Heureux comme Lazzaro d’Alice ­Rohrwacher (Italie). Le Livre d’image de Jean-Luc Godard (Suisse, France). Le Poirier sauvage de Nuri Bilge Ceylan (Turquie). Les Eternels de Jia Zhang-Ke (Chine, France, Japon). Les Filles du soleil d’Eva Husson (France). L’Eté de Kirill Serebrennikov (Russie). Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré (France). Un couteau dans le coeur de Yann Gonzalez (France, Mexique). Under the Silver Lake de David Robert Mitchell (Etats-Unis). Une affaire de famille de Kore-Eda Hirokazu (Japon). Yomeddine de A.B. Shawky (Egypte, Etats-Unis, Autriche). Zimna wojna de Pawel ­Pawlikowski (Pologne).
HORS COMPÉTITION
Le Grand Bain de Gilles ­Lellouche (France). L’Homme qui tua Don Quichotte (film de clôture) de Terry Gilliam (Espagne, Royaume-Uni, France, ­Portugal).  Solo : A Star Wars Story de Ron Howard (Etats-Unis). The...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Né à Paris le 4 août 1936, il commença sa carrière dans le 7e art dans la salle obscure du mythique cinéma parisien le Mac-Mahon, dont il fut programmateur.
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Mort de Pierre Rissient, cinéphile respecté et découvreur de talents

Né à Paris le 4 août 1936, il commença sa carrière dans le 7e art dans la salle obscure du mythique cinéma parisien le Mac-Mahon, dont il fut programmateur.



Le Monde
 |    06.05.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h16
   





                        



   


Le Festival de Cannes, Clint Eastwood, Martin Scorsese ou encore Jane Campion lui doivent beaucoup : cinéphile, producteur, programmateur et découvreur de talents du 7e art, le Français Pierre Rissient est mort à 81 ans, a annoncé dimanche 6 mai l’Institut Lumière, par la voix de son président, Bertrand Tavernier.

Bertrand Tavernier: "Pierre Rissient est mort cette nuit. Son épouse Yung Hee me demande de vous le faire savoir et… https://t.co/qXUgaeCs1d— InstitutLumiere (@Institut Lumière)


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« Un super découvreur de cinéastes »
« Pierre Rissient a été un super découvreur de cinéastes, d’un flair, d’une curiosité inestimables. Quand il aidait quelqu’un, il le prenait sous son aile et l’aidait à déployer son art. Il a aimé et soutenu le Festival de Cannes, j’en témoigne ici avec émotion et tristesse », a réagi Gilles Jacob, ancien délégué général du prestigieux festival de cinéma.
Inconnu du grand public, Pierre Rissient, qui avait l’habitude d’écumer les festivals du monde entier, était un intime de Clint Eastwood, qu’il connaissait depuis le début des années 1970.
Personnalité incontournable de Cannes, dont il fut le conseiller artistique, il contribua à faire connaître Mean Streets (1973), le film qui a lancé la carrière de Martin Scorsese.
Le producteur exécutif de « La Leçon de piano »
A partir des années 1970, il fit également découvrir au public européen nombre de cinéastes asiatiques, comme Hou Hsiao Hsien, Chen Kaige ou Zhang Yimou.
Il fut notamment le producteur exécutif de La Leçon de piano (Palme d’Or à Cannes en 1993) de la Néo-Zélandaise Jane Campion, dont il avait accompagné les premiers pas.
Pierre Rissient est mort deux jours avant le début du Festival de Cannes. Ironie du sort, le Festival avait prévu de projeter cette année un film qu’il avait réalisé en 1980, Cinq et la peau, dans sa section Cannes Classics.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ L’ex-enfant chérie du cinéma iranien, aujourd’hui interdite de retour dans son pays, est à Cannes pour « Les Filles du soleil », d’Eva Husson. Elle y incarne une combattante kurde, un rôle de résistante à l’image de ce qu’elle représente aujourd’hui pour beaucoup d’Iraniennes.
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Golshifteh Farahani, des racines et des ailes


                      L’ex-enfant chérie du cinéma iranien, aujourd’hui interdite de retour dans son pays, est à Cannes pour « Les Filles du soleil », d’Eva Husson. Elle y incarne une combattante kurde, un rôle de résistante à l’image de ce qu’elle représente aujourd’hui pour beaucoup d’Iraniennes.



Le Monde
 |    06.05.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h14
    |

            Vanessa Schneider








                              

                        
Elle arrive en retard au volant d’une voiture sale, jean, tee-shirt bleu, tignasse ébouriffée, sans maquillage ni bijou. Golshifteh Farahani est en vacances. Après avoir vécu huit ans à Paris, l’actrice se partage désormais entre Porto et Ibiza, avec une préférence pour l’île des Baléares.
C’est là qu’elle se repose depuis le mois de novembre. « Ces cinq dernières années, je n’ai fait que travailler, je suis contente de ne pas tourner en ce moment, ça me donne un espace pour faire autre chose, pour vivre, tout simplement », s’esclaffe-t-elle d’une voix forte qui fait se retourner les têtes sur la terrasse du bar de la plage où elle nous a donné rendez-vous.

A 34 ans, l’actrice franco-iranienne a déjà près de cinquante rôles à son actif. Une filmographie éclectique et dense, à son image, entre blockbusters américains (Pirates des Caraïbes), comédies populaires (Santa & Cie) et films d’auteur avec Louis Garrel, dont elle partagea un temps la vie, Marjane Satrapi, Christophe Honoré ou Jim Jarmusch.
Lire aussi : Golshifteh Farahani, une femme de combat exilée d’Iran
En ce moment, elle retape une maison dans le nord-est de l’île avec son amoureux, un baba cool allemand croisé dans le désert du Nevada au festival Burning Man et retrouvé à Ibiza. Ils écoutent de la musique planante, boivent du thé, discutent avec les amis de passage, lisent et défrichent le terrain de leur maison. Golshifteh a des bleus et des griffures plein les jambes. « A Ibiza, je suis Mowgli, je suis un petit animal sauvage, rit-elle. Personne ne me reconnaît, on me laisse tranquille. »
Née sous les bombes
C’est ici, dans son « paradis », qu’elle a appris la sélection à Cannes des Filles du soleil, le très attendu film d’Eva Husson (qui devrait sortir en salle le 21 novembre) dans lequel elle incarne une combattante kurde engagée dans un bataillon de femmes en Irak.
Figurer...




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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Seize comédiennes noires et métisses qui monteront les marches à Cannes ont épinglé dans un livre les clichés, plaisanteries douteuses, voire carrément racistes, entendus dans l’exercice de leur métier.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/05/2018
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« Noire n’est pas mon métier » : des actrices dénoncent un racisme latent du cinéma français

Seize comédiennes noires et métisses qui monteront les marches à Cannes ont épinglé dans un livre les clichés, plaisanteries douteuses, voire carrément racistes, entendus dans l’exercice de leur métier.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 18h40
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 06h31
   





                        


Noire n’est pas mon métier. Seize actrices noires et métisses qui monteront les marches à Cannes le 16 mai ont épinglé dans un livre (paru cette semaine aux Editions du Seuil, 128 pages, 17 euros), les clichés, plaisanteries douteuses, voire carrément racistes, qu’elles ont entendus dans l’exercice de leur métier en France.
« Heureusement que vous avez les traits fins », « vous parlez africain ? », « trop noire pour [jouer] une métisse », « pas assez africaine pour une Africaine », telles sont les réflexions entendues par Nadège Beausson-Diagne (Bienvenue chez les Ch’tis, Brillantissime), une des comédiennes livrant son témoignage. Dans ce recueil témoignent également l’ex-Miss France Sonia Rolland, la comédienne Eye Haïdara, nommée aux Césars pour son rôle dans Le Sens de la fête, ou encore Assa Sylla, révélée dans Bande de filles avec Karidja Touré.
« L’imaginaire des productions françaises est encore empreint de clichés hérités d’un autre temps », explique l’actrice Aïssa Maïga (Il a déjà tes yeux), à l’initiative du livre. « Les choses évoluent mais tellement lentement », affirme-t-elle, dénonçant une « sclérose ». « Le sursaut que j’attends pour une représentation plus juste n’ayant pas lieu, j’ai besoin de m’exprimer. »
« Notre présence dans les films français est encore trop souvent due à la nécessité incontournable ou anecdotique d’avoir un personnage noir », rappelle celle qui s’interroge sur la faible présence d’actrices noires « dans ce pays pourtant métissé qu’est la France ».
Rôles d’infirmières proposés à la pelle
Des rôles d’infirmières proposés à la pelle à Firmine Richard (Huit femmes, La Première Etoile) à ceux d’avocates pour lesquels on ne pense pas à une actrice noire, le livre recense, sans donner de noms, mais avec l’envie de faire bouger les lignes, les réflexions entendues lors de castings, par exemple.
Une mobilisation qui n’aurait probablement pas eu lieu sans le mouvement #metoo et la libération de la parole des femmes qui s’est ensuivie. « J’ai été imprégnée par l’air du temps. La preuve que les choses évoluent est qu’on sort les cadavres du placard », confirme d’ailleurs Aïssa Maïga.
Les seize comédiennes seront à Cannes pour exposer leur démarche et fouler le tapis rouge. « C’est important d’y être pour interpeller le public français et les médias étrangers car la France est un pays regardé », poursuit l’actrice.
La question de la représentation des Noirs au cinéma devrait aussi s’inviter sur la Croisette lors de la master class le 10 mai de Ryan Coogler, le réalisateur de Black Panther, premier film de super-héros Marvel noir qui multiplie les records au box-office, dépassant d’ores et déjà Titanic.
« Il n’y a pas tant de films que ça sur la présence de l’homme noir dans les images du cinéma américain, mais il y a eu celui-là. C’est un film pierre de touche », avait estimé Thierry Frémaux, le délégué général en annonçant la sélection cannoise à la mi-avril.

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                « Black Panther » : le premier super-héros noir reprend du pouvoir dans la pop culture américaine






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ Le Centre Pompidou à Paris consacre une rétrospective à ce réalisateur iranien résolument moderne, dont l’envergure égale celle d’Abbas Kiarostami.
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La course de fond d’Amir Naderi

Le Centre Pompidou à Paris consacre une rétrospective à ce réalisateur iranien résolument moderne, dont l’envergure égale celle d’Abbas Kiarostami.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 15h46
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 17h29
    |

                            Mathieu Macheret








                        



                                


                            

La rétrospective que le ­Centre Pompidou consacre jusqu’au 17 juin à Amir Naderi tombe à pic pour élargir notre connaissance du ­cinéma iranien et, plus précisément, du virage moderne qu’il connut à la fin des années 1960 et qu’on rapporte parfois un peu vite à la seule figure d’Abbas ­Kiarostami (1940-2016).
Né en 1945 à Abadan, port pétrolier du sud de l’Iran, Naderi se révèle un cinéaste d’une envergure tout aussi considérable, dont la filmographie est restée en France ­relativement méconnue, en ­dehors d’un chef-d’œuvre, Le Coureur (1985), bouleversant ­portrait d’une enfance à bout de souffle.
Dans ce film, un orphelin errant sillonne les bords du golfe Persique, admire les cargos mouillant dans la baie, rêve d’avions, se lance dans des courses effrénées avec des bandes d’autres petits ­vagabonds. Difficile de ne pas ­reconnaître là, à peine voilée, la biographie de Naderi, orphelin à 5 ans, telle qu’il l’évoque en présentation de la rétrospective :
« J’ai grandi à côté de ces docks, dans l’odeur du pétrole, et les ­bateaux que je voyais ont été ma première source d’inspiration. (…) On croisait ­souvent des marchands étrangers, des marins et des ouvriers du ­pétrole, dont je ­cirais les ­chaussures pour quelques pièces de ­monnaie, destinées à payer des tickets de ­cinéma ou à acheter des magazines avec des photos d’avion. »
En autodidacte, Naderi ­façonne très tôt son rapport à l’image par la pratique de la ­photographie, qui le conduira jusqu’à Téhéran, sur les plateaux de cinéma, où il exerce toutes sortes de métiers (critique, ­scénariste, assistant à la réalisation, etc.). Il tourne ses trois ­premiers films – Au revoir l’ami (1971), L’Impasse (1973) et Tangsir (1973) – dans le système ­cadenassé de la production traditionnelle, dont il ne ­tardera pas à s’évader. Il trouve ensuite refuge au sein de l’Institut pour le ­développement intellectuel des ­enfants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ Emmanuel Macron ne se rendra pas au prestigieux festival, préférant inviter à dîner à l’Elysée des personnalités du cinéma. Le président français perpétue ainsi une « tradition » d’évitement de cet événement trop connoté strass et paillettes.
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Les marches de Cannes, trop glissantes pour les chefs d’Etat


                      Emmanuel Macron ne se rendra pas au prestigieux festival, préférant inviter à dîner à l’Elysée des personnalités du cinéma. Le président français perpétue ainsi une « tradition » d’évitement de cet événement trop connoté strass et paillettes.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h54
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h11
    |

                            Laurent Telo








                              

                        

Dès son retour de voyage officiel aux États-Unis, sans doute afin de récupérer des gros câlins de Donald Trump et du décalage horaire, le président Macron s’est organisé une petite soirée cinoche à la maison, avec Brigitte. Le 26 avril, près de quinze jours avant l’ouverture du 71e Festival de Cannes, une grosse centaine de « personnalités » du cinéma, qu’elles exercent devant ou derrière la caméra, étaient invitées à l’Élysée pour partager un buffet dînatoire préparé par quelques meilleurs ouvriers de France – les tartelettes au citron sucrées sans sucre, notamment, ont fait sensation.
Balibar, Bellucci, Dujardin…
L’Élysée a poussé le chic de sa discrète et glamour opération de com’ jusqu’à n’inviter que quatre journalistes de la presse spécialisée, à ne faire fuiter que quelques noms d’invités prestigieux (les acteurs Jeanne Balibar, Monica Bellucci, Jean Dujardin, Guillaume Gallienne, le réalisateur Gérard Krawczyk, les producteurs Alain Terzian, Dominique Besnehard et Jérôme Seydoux…) et à ne diffuser aucune photo officielle des agapes. Fantasmes garantis. L’occasion, selon le service de presse de la présidence, de mettre « à l’honneur » le septième art, comme le président l’avait déjà fait avec le secteur de la mode, en mars, en marge de la Fashion Week parisienne.

L’occasion aussi pour l’hôte présidentiel de faire un discours de vingt minutes sur les enjeux du cinéma français – la lutte contre le piratage, le crédit d’impôt, le financement de la filière… – sans pour autant faire la moindre annonce. L’assurance de ne fâcher personne au risque de décevoir tout le monde. L’opportunité surtout pour le président de participer à la grande fête du cinéma français avant l’heure sans donner l’air de trop y toucher. De trouver une distance raisonnable, une hauteur de vue et une voie médiane entre l’indispensable utilité protocolaire de marquer son intérêt de chef d’État pour le cinéma français et, en même temps, le risque...




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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ Chronique. Sélectionné à Cannes, « La Traversée », film de Daniel Cohn-Bendit et Romain Goupil sur la France cinquante ans après Mai-68, était projeté le 12 avril en avant-première au cinéma Max Linder, à Paris. La chroniqueuse de « M » y était.
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Daniel Cohn-Bendit, Romain Goupil, leur film, leurs amis…


                      Chronique. Sélectionné à Cannes, « La Traversée », film de Daniel Cohn-Bendit et Romain Goupil sur la France cinquante ans après Mai-68, était projeté le 12 avril en avant-première au cinéma Max Linder, à Paris. La chroniqueuse de « M » y était.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h54
    |

                            Guillemette Faure







Il y a un moment toujours compliqué, aux avant-premières. Celui où des gens qui n’ont pas aimé le film croisent, en sortant de la projection, ceux qui les ont invités. Et ils sont quelques-uns, ce jeudi soir, à celle de La Traversée, film de Romain Goupil « rêvé par Daniel Cohn-Bendit », comme le dit le générique. « Je m’en suis bien sorti, je leur ai dit que c’était super que le film soit sélectionné à Cannes », dit un invité au buffet qui suit.
Voilà Léa Salamé qui s’approche d’un petit groupe. « Alors, qu’est-ce que vous en avez pensé ? » Une personne a aimé, deux autres non. Le temps de répondre, ils réalisent l’erreur qu’il peut y avoir à donner sincèrement son avis à quelqu’un qui apparaît au générique des remerciements. Et elle ? La première intervieweuse de France a eu la bonne idée de poser la question, ce qui lui évite d’y répondre. C’est la seconde fois qu’elle voit le film de Goupil et Cohn-Bendit. « Je les aime beaucoup », dit-elle. C’est aussi une manière de contourner la question ce soir, de répondre « j’ai beaucoup de tendresse pour eux », ce qui est le cas de tous les copains invités. Ou de lancer un « quand on les aime, on ne peut qu’aimer » qui cloue le bec. Ou tout simplement de saluer « l’incroyable liberté du film qui leur ressemble » (celle de faire n’importe quoi).
« Je leur ai dit que la scène avec Macron était super », ruse un invité. Celle où Goupil et Cohn-Bendit se disputent sur la pertinence d’aller interroger le président à l’Élysée.
D’autres, pour ne pas mentir, ont adopté une stratégie consistant à faire sincèrement l’éloge d’un bout du documentaire, oubliant le reste des deux heures vingt. En se réjouissant de ces moments où Cohn-Bendit s’imagine tourner des images qui seront diffusées au funérarium après sa mort. En saluant l’intervention bouleversante d’un prêtre au bord des larmes lorsqu’il évoque la situation des migrants… « Je leur ai dit que la scène avec Macron était super », ruse un invité. Pendant ladite scène, Goupil et Cohn-Bendit se disputent sur la pertinence d’aller interroger le président à l’Élysée, au risque de se faire écraser sous les dorures. « Si tu y vas avec la caméra, ce sera une caméra de révérence », prévient Goupil. Pendant qu’ils se chamaillent, la caméra recule et montre Macron assis entre eux, dans un café de Francfort. La voix du président continue à leur parler des migrants alors que les compères filment des images de barbelés. « Ça ne peut pas être ça, la solution », conclut Cohn-Bendit. Ce soir, Macron n’est pas là, il a concert privé à l’Élysée. En revanche, Michel Wieviorka, avec qui Cohn-Bendit grimpe le mont Ventoux à vélo à l’écran, est le bienvenu.
En 2014, Cohn-Bendit a fait un road-movie documentaire à l’occasion de la Coupe du monde de football au Brésil. Le journaliste avec qui il avait travaillé est aussi là ce soir. C’était l’un de ses projets pour sa vie d’après. Cohn-Bendit a de la suite dans les idées. En 2009, il avait confié à la journaliste Émeline Cazi, aujourd’hui au Monde, qui écrivait sa biographie, qu’il avait trois idées pour la vie qu’il mènerait lorsqu’il ne serait plus eurodéputé : une grande fête pour ses 68 ans, en 2013, qui le verrait devenir un vrai soixante-huitard (elle a eu lieu au Cirque d’hiver), une autobiographie dans laquelle il aborderait son identité et l’histoire juive (elle est en cours – la journaliste avec qui il y travaille est là ce soir), et un livre sur l’Europe, terre d’immigration qui s’est « muée en frontière fermée ». C’est en partie ce qu’il a fait là avec Goupil (à l’origine de l’« appel de Calais » du cinéma).
« Un honneur pour Cannes »
Ils sont encore sous l’euphorie de l’annonce de la sélection cannoise, qui fait de cette projection la dernière avant le Festival. « Ce film, c’est un honneur pour Cannes, et non pas Cannes qui est un honneur pour ce film », dit Cohn-Bendit. Je ne sais si je suis la seule à trouver que sa voix ressemble de plus en plus à celle de Fabrice Luchini quand il lance des trucs comme ça.
Pendant la projection, il a regardé le film, parfois pensif, parfois souriant, l’air de se dire qu’une vie, c’est vite passé. « C’est incroyable ce qu’il est jeune… », dit-il à l’écran, face à Macron. Derrière lui, dans le film, Thomas Sotto, d’Europe 1. Il est là aussi, ce soir. Dans le documentaire, on entend l’ex-animateur de la matinale d’Europe 1 interroger Cohn-Bendit : « Dans Le JDD, vous parlez de votre mort… » La vie s’accélère et ça devient immanquablement le sujet. Ce matin, a raconté Romain Goupil en introduisant le film, il était à l’enterrement de Véronique Colucci. L’après-midi, il assistait à la cérémonie pour Jacques Higelin, « ce grand frère de choix » au Cirque d’hiver, où il s’est écroulé dans les bras d’Arthur H. « On va tous mourir », a crié quelqu’un dans la salle. Quelques heures plus tard, après le film et le buffet, on rallumait nos téléphones en sortant dans la rue, pour apprendre l’occupation des amphis de la Sorbonne et de Tolbiac. Comme au bon vieux temps.

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                De Mai-68 à Macron, Romain Goupil, l’éternel révolté






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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ « Star Wars », « Avengers », « Paddington »… Jusque-là cantonnés aux figurines, porte-clés et autres gadgets, les blockbusters inspirent désormais les designers. Une collaboration stimulante pour les uns et les autres.
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Les blockbusters, créateurs de mode


                      « Star Wars », « Avengers », « Paddington »… Jusque-là cantonnés aux figurines, porte-clés et autres gadgets, les blockbusters inspirent désormais les designers. Une collaboration stimulante pour les uns et les autres.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h53
    |

                            Valentin Pérez








   


C’est une entrée en matière on ne peut plus chic : Solo : A Star Wars Story, nouveau volet de la saga, est sélectionné hors compétition et sera projeté en avant-première à Cannes. Sa sortie en salle, le 23 mai, s’accompagne, elle, de tee-shirts et de sweat-shirts à l’effigie de Han Solo ou Chewbacca, signés de la marque madrilène Alvarno.
Ces dernières années, les héros de Disney ou de Marvel avaient droit à leurs déclinaisons en peluches, porte-clés ou figurines bon marché en grande surface. Mais que les personnages d’un blockbuster s’invitent dans une boutique de mode est plutôt inédit. Jusqu’à présent la mode et le cinéma grand public travaillaient ensemble par le biais de placements de produits à l’écran (par exemple, la robe de mariée signée Monique Lhuillier dans Cinquante nuances plus sombres, sorti en février).
Une atmosphère de cinéma à la mode de…
Depuis trois ans, leur collaboration a évolué. Les sorties s’accompagnent désormais d’une cohorte de collections capsules dans lesquelles une marque réinterprète à sa façon l’atmosphère d’un film. Chemise luxuriante Kenzo pour Le Livre de la jungle ; escarpins façon toile d’araignée Charlotte Olympia pour Spider-Man : Homecoming ; jupon en tulle Christopher Kane pour La Belle et la Bête ; tee-shirt en coton Uniqlo pour Avengers : Infinity War… Chez Disney, Le Retour de Mary Poppins en décembre ou Aladdin en 2019 devraient obéir à la même loi. La saga Kingsman est quant à elle devenue une ligne textile pour hommes à part entière, vendue sur le site Internet de Mr Porter.
Les produits se conçoivent désormais en partenariat. Une fois le contrat signé, les trois leaders du secteur, Disney, Warner ou StudioCanal, donnent aux créateurs un cahier des charges (couleurs, logos, personnages…), leur dévoilent l’intrigue et quelques images sans organiser toutefois de projections, ces productions très attendues étant cadenassées par un secret industriel drastique. « Nous avons commencé à travailler avant même que Paddington 2 ne soit monté, raconte Marie Welté, cofondatrice de Maison Labiche. Nous avons imaginé des tee-shirts et des sweat-shirts brodés pour homme, femme et enfant et quelques sacs, en écho au héros voyageur. »
« Difficile de mesurer l’impact qu’ont ces collaborations sur le nombre d’entrées, mais toute déclinaison du personnage renforce la marque. » Didier Lupfer, directeur de StudioCanal
François Ragueneau, en charge de la licence chez StudioCanal, a été à l’origine du projet : « Nous avons choisi Maison Labiche pour son savoir-faire en broderie et sa capacité à habiller tous les âges. » Une manière de gâter les fans et de séduire de nouveaux spectateurs potentiels. « C’est une façon pour ces derniers de renforcer leur affinité à un univers et de prolonger l’expérience de la projection », explique Hélène Messager, chargée de la mode chez Disney, qui produit le film Solo : A Star Wars Story. « Il est difficile de mesurer l’impact qu’ont ces collaborations sur le nombre d’entrées, mais toute déclinaison du personnage renforce la marque », se félicite quant à lui Didier Lupfer, directeur général de StudioCanal.
Un point important, surtout pour les franchises dont les volets 2, 3, 4 et plus font souvent un moins grand nombre d’entrées que les premiers. De leur côté, les griffes de mode y trouvent leur compte, heureuses de pouvoir puiser dans un univers déjà créé. « Les blockbusters d’aujourd’hui portent aussi des valeurs auxquelles il est plaisant d’être associé, ajoute Jason Beckley, à la tête du chausseur britannique Clarks. Le personnage de femme forte de Rey dans Star Wars 8 ou T’Challa, le super-héros noir de Black Panther, nous ont convaincus de créer des éditions limitées : une marque contemporaine se doit de soutenir de telles incarnations progressistes. » Surtout, les maisons profitent du tapage maximal de ces sorties de films, organisées à une échelle mondiale. L’occasion d’être, plus que jamais, en haut de l’affiche.



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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Le temps du Festival, ces revues professionnelles américaines nées au début du XXe siècle délocalisent leur rédaction à Cannes, avec des éditions quotidiennes gratuites. Une démonstration de force pour ces titres qui reviennent de loin.
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« Variety » et « The Hollywood Reporter », deux vieilles américaines sur la Croisette 
                  
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Le Monde
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                  04.05.2018 à 14h53
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07.05.2018 à 15h06


Le temps du Festival, ces revues professionnelles américaines nées au début du XXe siècle délocalisent leur rédaction à Cannes, avec des éditions quotidiennes gratuites. Une démonstration de force pour ces titres qui reviennent de loin.

Par                             Maxime Robin





                     

Chaque année, Hollywood prend ses quartiers à Cannes. Le temps du Festival, stars, réalisateurs, producteurs se pressent sur le tapis rouge. Agents et distributeurs s’agitent en coulisses. Mais il est une autre présence, moins visible pour le grand public, qui marque l’importance de l’événement pour le temple du cinéma ­américain, celle des magazines Variety et The Hollywood Reporter.
Ces deux grands noms de la presse professionnelle américaine délocalisent une partie de leur rédaction sur la Croisette pour produire des éditions quotidiennes distribuées gratuitement à l’entrée des projections. Chacun a l’ambition d’être le meilleur guide du Festival. Le premier à révéler un deal conclu la veille, à publier la critique qui orientera les choix des distributeurs venus faire leur marché ou à raconter les échos les plus croustillants de la montée des marches.
Ils couvrent tout le spectre de l’industrie, cinématographique, avec un accent mis sur les rumeurs de castings – de vraies machines à clics pour leurs sites Internet.
D’autres magazines sont distribués à Cannes, mais Variety et The Hollywood Reporter font figure d’institutions. Ces deux frères ennemis sont presque aussi vieux que le cinéma – le premier, né en 1905 à New York, couvrait à l’origine le vaudeville et le théâtre de variétés, avant de déplacer son centre de gravité à Los Angeles en 1933, trois ans après la création du Reporter. Depuis l’âge d’or hollywoodien, on les surnomme les « trades » (pour trade papers, « publications professionnelles »). Ils couvrent tout le spectre de l’industrie, des passations de pouvoir à la tête des studios à l’annonce des films à venir, avec un accent mis sur les rumeurs de castings – de vraies machines à clics pour leurs sites Internet.
Depuis ­l’automne 2017, ils jouent aussi un rôle important dans la révélation d’affaires de harcèlement sexuel à Hollywood. Présents dans les plus grands festivals,...





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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ En 1994, la Palme d’or est décernée à « Pulp Fiction », faisant de l’Américain un empereur de la production. Vingt-quatre ans plus tard, les agressions sexuelles dont il est accusé révèlent l’envers du décor.
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Et Cannes créa le tout-puissant Harvey Weinstein


                      En 1994, la Palme d’or est décernée à « Pulp Fiction », faisant de l’Américain un empereur de la production. Vingt-quatre ans plus tard, les agressions sexuelles dont il est accusé révèlent l’envers du décor.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h53
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 16h26
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                            Maroussia Dubreuil








                              

                        

Dans l’après-midi du lundi 23 mai 1994, Gilles Jacob, délégué général du Festival de Cannes, s’isole dans la villa de Mougins (1 800 mètres carrés avec piscine, practice de golf et roseraie), occupée par Clint Eastwood, président du jury. Dans la salle à manger, le sort de la 47e édition vient d’être scellé. « Assurez-vous que l’équipe du film soit présente ce soir », demande-t-il sans plus de précision au téléphone à Jean-Pierre Vincent, attaché de presse français de Pulp Fiction, qui s’empresse d’annoncer la nouvelle aux intéressés.
Mais, sur la Croisette, le producteur délégué du film de Quentin Tarantino patiente difficilement. Harvey Weinstein fume cigarette sur cigarette, fait sauter le bouchon de ses tubes de Smarties et compose frénétiquement le numéro de Jean-Pierre Vincent : « Alors ? Alors ? Tu en conclus quoi ? », répète-t-il sans obtenir de réponse.
A 19 heures, la bande de Pulp Fiction s’installe à l’orchestre de l’auditorium Louis-Lumière du Palais des festivals. Un rang presque entier lui a été attribué. « Harvey Weinstein a tendance à venir avec le plus de gens possible pour occuper un maximum le tapis rouge », raconte Jean-Pierre Vincent. Jeanne Moreau ouvre la cérémonie de clôture. Les premiers prix défilent.
Dans un murmure tonitruant, Weinstein se penche vers Tarantino : « Tu penses que tu vas avoir le prix du meilleur scénario ? » Mais c’est Michel Blanc qui monte sur scène pour Grosse fatigue. « On se dit que le film va sans doute avoir un prix global pour les acteurs, raconte Jean-Pierre Vincent, puisque Gilles Jacob a lourdement insisté sur leur présence. » Mais non.
Passent les prix du jury et de la mise en scène. Les remous de Weinstein, qui comprend ce qui se passe, font tressauter son rang : « Tu as remporté la Palme, bordel ! » Tarantino se décompose. Depuis une semaine, il est convaincu que...




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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », note que la manifestation, qui s’ouvre sur deux polémiques, reste le lieu du débat et un rendez-vous incontournable de la planète cinéma.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/05/2018
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« Le Festival de Cannes défend l’auteur contre le producteur et le diffuseur. Vaille que vaille »

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », note que la manifestation, qui s’ouvre sur deux polémiques, reste le lieu du débat et un rendez-vous incontournable de la planète cinéma.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h04
    |

            Michel Guerrin (rédacteur en chef au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Le Festival de Cannes ouvre dans quatre jours et il offre, en guise d’avant-première, deux sujets chauds. Un bon conflit à l’ancienne avec la bataille de droits autour d’un film sur Don Quichotte, et une brouille contemporaine, sur le boycottage de la manifestation par la plate-forme de vidéo Netflix.
Rien à voir ? Si. Ces deux affaires traduisent une certaine fébrilité du Festival, mais elles montrent aussi qu’il reste le lieu du débat et un rendez-vous incontournable de la planète cinéma. Surtout, dans les deux cas, Cannes défend l’auteur contre le producteur et le diffuseur. Vaille que vaille.

A ce jour, on ne sait toujours pas si le Festival sera autorisé à présenter en clôture, samedi 19 mai, L’Homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam.
A cause d’un conflit de propriété entre le cinéaste et le producteur Paulo Branco, qui a repris ce projet en 2016. Ce dernier a demandé à la justice d’interdire cette projection voulue par le cinéaste – décision attendue dans les jours prochains. Ce sera ensuite au Centre national du cinéma et de l’image animée d’autoriser, ou pas, la sortie en salles.
Le Festival rappelle qu’il ne s’est pas privé, dans le passé, de programmer des œuvres alors que le cinéaste était en conflit avec son producteur, ou de montrer des films dans une version différente de celle en salles – par exemple La Porte du paradis (1981), de Michael Cimino, ou Il était une fois en Amérique (1984), de Sergio Leone.
Décalage vertigineux
Les patrons du Festival, Thierry Frémaux et Pierre Lescure, sont si focalisés sur l’auteur qu’ils ont osé une comparaison pour le moins déplacée entre les ennuis de Gilliam et ceux de deux cinéastes sélectionnés cette année, le Russe Kirill Serebrennikov et l’Iranien Jafar Panahi, « assignés à résidence dans leurs pays ».
D’autres ont même qualifié Paulo Branco de censeur. Il serait le méchant producteur face au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ L’acteur espagnol aime incarner des personnages sombres. Il est à l’affiche d’« Everybody Knows », d’Asghar Farhadi, projeté en ouverture du Festival de Cannes, en salle le 9 mai.
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Javier Bardem, la mort lui va si bien 
                  
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Le Monde
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                  04.05.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h02


L’acteur espagnol aime incarner des personnages sombres. Il est à l’affiche d’« Everybody Knows », d’Asghar Farhadi, projeté en ouverture du Festival de Cannes, en salle le 9 mai.

Par             Samuel Blumenfeld





                     

Un petit village en Espagne, une étendue de terre à perte de vue, où un homme fait prospérer des vignes, une image de bonheur terrestre… C’est ainsi qu’Asghar Farhadi avait présenté l’intrigue de son nouveau film, Everybody Knows – présenté en ouverture du Festival de Cannes, ce 8 mai –, à Javier Bardem. En discutant avec le metteur en scène iranien d’Une séparation (2011) et du Passé (2013), l’acteur avait été frappé par un souvenir de son interlocuteur sur l’Espagne, qu’il connaissait mal.
Il y a quinze ans, dans une petite ville du sud du pays, où Asghar Farhadi était en vacances, il avait vu des photos d’un enfant accrochées à un mur. On lui avait raconté que le garçon avait disparu et que sa famille le cherchait. Le réalisateur tenait là son histoire : celle d’une femme (Penélope Cruz) retournant dans son village natal et qui retrouve son ex-petit ami (Javier Bardem), sur fond de drame familial. Restait à trouver un paysage, en l’occurrence un vignoble adossé à un village quelque part en Espagne, que le réalisateur imaginait somptueux.
Bande annonce « Everybody Knows » d’Asghar Farhadi

Aux yeux de Javier Bardem, cette beauté trouve un sens différent. Sur cette lande, il devine des morts. Et, parmi eux, imagine les siens. En Espagne, jusqu’à la mort de Franco, se souvient l’acteur de 49 ans, les comédiens n’avaient pas le droit d’être enterrés dans les cimetières. Ils étaient traités d’hérétiques ou d’homosexuels, et devaient trouver leur sépulture ailleurs, dans un no man’s land ou une fosse commune.
Alors, quand Javier Bardem scrute un paysage, s’installe toujours en lui la même mélancolie. Derrière l’apparente splendeur des lieux, il perçoit toujours une tragédie difficile à raconter.
Le cinéma, une affaire de famille et d’héritage
Pour Bardem, être acteur est une affaire de famille. Il s’est marié avec une comédienne, Penélope Cruz, sa partenaire...





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Bill Cosby et Roman Polanski exclus de l’Académie des Oscars

Les deux hommes ont été exclus « conformément aux codes de conduite » adoptés par l’organisation en décembre 2017, dans le sillage de l’affaire Weinstein.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 21h47
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 08h54
   





                        



   


L’Academy of Motion Picture Arts and Sciences (Académie des arts et des sciences du cinéma) continue de faire le ménage dans ses rangs après l’affaire Weinstein, à l’origine du mouvement #metoo, dénonçant le harcèlement et les violences sexuelles envers les femmes.
L’organisation professionnelle, qui remet chaque année les Oscars du cinéma, a annoncé jeudi 3 mai avoir exclu le comédien américain Bill Cosby et le réalisateur franco-polonais Roman Polanski.
« Le Conseil continue à encourager des normes éthiques qui exigent que ses membres se conforment à ses valeurs de respect de la dignité humaine », détaille l’organisme dans un communiqué, après avoir promulgué un nouveau code de conduite en décembre 2017 destiné à limiter le harcèlement dans l’industrie du cinéma.
« Justice de la meute »
Bill Cosby, 80 ans, fut une personnalité adorée des Américains et du public mondial pour son personnage de père idéal dans la série Cosby Show. Il a été reconnu coupable, à la fin avril, d’agression sexuelle en 2004 sur l’ancienne basketteuse Andrea Constand. Il encourt jusqu’à trente ans de prison. Il devrait connaître sa sentence d’ici à trois mois. Des dizaines d’autres femmes l’ont également accusé de les avoir abusées pour des faits remontant parfois à plus de trente ans.
L’acteur, producteur et comique a déjà été exclu de l’Académie de la télévision, et d’autres institutions, comme l’université de Yale ou celle de Temple, où il a étudié, ont aussi annulé des distinctions honoraires qui lui avaient été décernées.
Le procès de Bill Cosby était le premier d’une star depuis l’éclosion de l’affaire Weinstein et les débuts du mouvement #metoo. Son épouse depuis plus de cinquante ans, Camille Cosby, continue de le défendre. Dans un communiqué, jeudi, elle a ainsi affirmé qu’il était victime d’une « justice de la meute ».

        Lire aussi :
         

                #MeToo, au point de départ de la colère mondiale des femmes



« Culture sexiste d’Hollywood »
En 1977, le cinéaste polonais Roman Polanski avait été reconnu coupable de détournement de mineure pour avoir eu des relations sexuelles illégales avec Samantha Geimer, alors âgée de 13 ans. Ce seul chef d’accusation retenu était le résultat d’un accord amiable, après que le réalisateur avait été inculpé initialement de chefs d’accusation plus graves, notamment de viol d’une adolescente de 13 ans sous l’influence de stupéfiants.
Il a fui les Etats-Unis à la suite d’un changement de position du juge, qui risquait de le condamner à une peine bien plus lourde que celle qui était prévue. Les procureurs américains cherchent d’ailleurs toujours à le faire revenir dans le pays, afin qu’il y reçoive sa sentence.
Sa victime, Samantha Geimer, qui depuis lui a pardonné et demande l’arrêt des poursuites, a dénoncé une posture hypocrite sur son blog : « A propos de l’Académie qui expulse un membre qui, il y a [plus de quarante ans], a plaidé coupable pour un seul chef d’accusation et a purgé sa peine, c’est une mesure laide et cruelle qui sert les apparences. » Et d’ajouter : « Ça ne change en rien la culture sexiste d’Hollywood aujourd’hui et montre simplement qu’ils dévoreraient les leurs pour survivre. »
Une vague de révélations
Les révélations sur le producteur Harvey Weinstein, accusé d’avoir harcelé, agressé sexuellement ou violé une centaine de femmes, a provoqué une onde de choc dans le monde entier. Le scandale a déclenché notamment une vague de révélations concernant des abus sexuels d’hommes puissants à Hollywood, dont Kevin Spacey ou Dustin Hoffman.
L’Académie des Oscars a expulsé en octobre 2017 M. Weinstein. Avant lui, seul un autre membre de l’institution avait été exclu, pour avoir diffusé sans autorisation des DVD de films en compétition pour la cérémonie des récompenses.
Le président de l’Académie lui-même, John Bailey, a fait l’objet d’accusations de harcèlement sexuel, mais a été blanchi lors d’une enquête interne. Il avait affirmé avec force lors d’un déjeuner avec les nommés aux Oscars en février que l’Académie se « réinventait » et qu’Hollywood était en train « d’enfoncer dans l’oubli à coup de marteau-piqueur le lit fossilisé de beaucoup de [ses] pires abus ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ France Télévisions s’associe avec la ZDF allemande et la RAI italienne pour produire des séries.
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« L’alliance » européenne publique pour contrer Netflix

France Télévisions s’associe avec la ZDF allemande et la RAI italienne pour produire des séries.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h00
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            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Une coalition européenne publique capable de produire des séries rivalisant avec celles des américains Netflix, Amazon ou HBO. C’est ce que veut être « L’alliance », annoncée jeudi 3 mai par France Télévisions et ses homologues allemand et italien, ZDF et Rai, dont les directeurs de la fiction se rencontrent à l’occasion du festival Séries Mania et se reverront tous les deux ou trois mois. « Je suis convaincue que l’empreinte viable pour produire, promouvoir et exposer des séries de niveau international, c’est l’Europe », explique Delphine Ernotte. La présidente de l’entreprise audiovisuelle publique a été à l’initiative des contacts avec les autres diffuseurs, ayant pour « modèle » Nordvision, qui associe des chaînes publiques d’Europe du Nord.
Concrètement, les trois partenaires souhaitent cofinancer leurs projets de séries susceptibles d’intéresser divers publics en Europe. « Ensemble, nous avons la possibilité, malgré les mesures d’économies, d’atteindre des budgets qui soutiennent la comparaison internationale, pour créer des séries prestigieuses », pense Thomas Bellut, directeur de la ZDF.
L’alliance a plusieurs projets en cours : le plus emblématique est Leonardo, sur la vie de Léonard de Vinci, qui vécut en Italie mais aussi en France, où il mourut. Coproduite par la Rai, la ZDF et France Télévisions, l’œuvre sera réalisée par Lux et Beta Film et diffusée en 2019, pour le 500e anniversaire de la mort de l’artiste.
Renforcer « l’identité culturelle commune »
France Télévisions produira aussi avec la ZDF et un partenaire canadien, Cineflix, Dubaï, un projet de série lancé il y a trois ans sur une Française expatriée aux Emirats arabes unis, qui retrouve son mari qu’elle croyait mort depuis quinze ans. Coproduite par la Rai et France Télévisions, Eternal City tentera, elle, de faire revivre l’univers romain et cosmopolite de Cinecitta au début des années 1960....




                        

                        

