<FILE-date="2018/05/07/19">

<article-nb="2018/05/07/19-1">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ L’écrivain a œuvré à la réinvention du roman noir dans les années 1950 et 1960.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Fred Kassak, scénariste des « Cinq dernières minutes », est mort

L’écrivain a œuvré à la réinvention du roman noir dans les années 1950 et 1960.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 17h55
    |

                            Macha Séry








                        



                                


                            
Lauréat du Grand Prix de littérature policière, scénariste des « Cinq dernières minutes », Fred Kassak est mort le 12 avril, à l’âge de 90 ans. Avec Jean Amila, Pierre Siniac et Sébastien Japrisot, l’écrivain aura œuvré à la réinvention du roman noir dans les années 1950 et 1960, deux décennies au cours desquelles la télévision et la radio, avides de programmes à suspense, ont abondamment popularisé le genre.
Les récits resserrés de Fred Kassak se caractérisent par une cruelle ironie, un sens consommé des dialogues et des intrigues où des individus ordinaires, mus par l’envie, se retrouvent piégés dans de fatals engrenages. Parce qu’il aimait mystifier le lecteur jusqu’au retournement final, lequel incitait parfois à relire un roman – tel l’original Nocturne pour assassin (1957) – pour en observer l’ingénieux mécanisme, son ami, le critique et romancier Michel Lebrun le qualifia de « mâtin des magiciens ».
Inspecteur Sommet
Pierre Humblot, alias Fred Kassak, est né le 4 mars 1928. Pendant l’exode, le jeune Parisien découvre dans le grenier d’une maison près de Saumur une collection de romans policiers parus aux éditions du Masque – maison qui rééditera en 1998 et 2003 l’intégrale de ses huit polars. Il les dévore et s’inocule le virus.
Après-guerre, il place nouvelles et reportages dans divers magazines, en marge de son emploi de secrétaire au Touring club de France. Il s’inspirera de cette expérience professionnelle pour ce drôle de roman qu’est Carambolages (1959), où un employé d’une association de tourisme, condamné à subvenir aux besoins de deux foyers (épouse et maîtresse), entreprend de décimer sa hiérarchie afin de grimper les échelons.
Son inspecteur nommé Sommet apparaît en 1957 dans son premier roman policier, Plus amer que la mort. Contrairement aux conventions du genre, il ne s’agit pas d’un fin limier et d’un enquêteur hors pair. Fred...




                        

                        


<article-nb="2018/05/07/19-2">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. Oscarisée pour ce rôle, Cate Blanchett, incarne une femme incapable d’admettre sa déchéance et plus encore de se confronter au réel (sur Arte à 20 h 50).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

TV - « Blue Jasmine » : femme au bord de la crise bancaire

Notre choix du soir. Oscarisée pour ce rôle, Cate Blanchett, incarne une femme incapable d’admettre sa déchéance et plus encore de se confronter au réel (sur Arte à 20 h 50).



Le Monde
 |    07.05.2018 à 17h45
    |

            Jacques Mandelbaum








                        


Film sur Arte à 20 h 50

Blue Jasmine est une tragédie du rire brossée sur fond de faillite financière, avec descriptif aux petits oignons du complexe mental névrotique qui explique l’une et l’autre. En gros, du Molière avec des téléphones, des voitures et une place financière mondiale, le tout écrit dans une version transatlantique de la langue de Shakespeare.
Epouse d’un businessman jonglant avec les millions, membre distinguée de l’élite new-yorkaise, femme au foyer irréprochable, Jasmine (Cate Blanchett) a longtemps plané au-dessus des contingences. Et puis son mari, qui trompait son monde et elle avec, s’est retrouvé un jour derrière les barreaux, tous ses biens étant saisis.
La voici donc qui débarque un beau matin à San Francisco avec sa grosse valise à la main, la superbe un peu en berne, donnant pourtant, par sa beauté et son maintien, encore largement le change. Elle retrouve sa sœur, Ginger (Sally Hawkins), caissière de supermarché. Certes, les deux sœurs, adoptées par les mêmes parents dans leur enfance, ne sont pas vraiment sœurs. Certes, Jasmine fut d’emblée préférée à Ginger. Certes, du temps de la splendeur de Jasmine, Ginger fut reçue avec son mari, avec une politesse si écœurée qu’elle la dissuada de revenir.
Finesse et à-propos
C’est pourtant elle, la prolo de San Francisco, qui lui ouvre sa porte aujourd’hui. Elle n’a pas de rancune, mais surtout bien du mérite. On touche ici à la plus grande réussite du film : le personnage de Jasmine, tel qu’Allen le portraiture avec un flair de fin limier et tel que Cate Blanchett le campe avec un talent plus vrai que nature. Soit une femme enfermée dans la bulle qui pourtant vient de lui éclater au nez, incapable d’admettre sa déchéance et plus encore de se confronter au monde réel.

   


Bourrée d’antidépresseurs, capable de raconter toute sa vie à des inconnus, elle s’invente au jour le jour un manuel de survie en milieu hostile (la vraie vie), fait d’accommodements qui la crucifient et de mensonges pathologiques à répétition. Par-dessus tout, forte d’une expérience conjugale qui devrait pourtant l’encourager au silence éternel, elle se met en devoir de régenter la vie sentimentale de sa sœur. Chili, l’actuel boyfriend de Ginger, qui la traite certes cavalièrement mais l’aime d’un amour pur, n’a pas l’heur de plaire à Jasmine. En même temps qu’elle lui conseille de rompre avec ce garagiste, elle l’encourage à de nouvelles rencontres. Mais Jasmine travaille aussi pour sa propre cause et met le grappin sur un jeune veuf, diplomate et riche héritier.
Deux formidables atouts restent à porter au crédit du film. D’abord, la soustraction du personnage de Jasmine à la caricature qu’il pourrait inspirer. Ensuite, la mise en scène pleine de finesse et d’à-propos. Car les événements de ce film se juxtaposent en permanence dans un jeu d’allers-retours entre le présent (San Francisco) et le passé (New York), qui donne sa profondeur au récit en même temps que son ironie savoureuse. Chaque réminiscence révélant l’écart entre la cruelle vérité des faits et la manière dont Jasmine les délire. Car ce personnage délire bel et bien et ne se sent que très peu concerné par le sort commun, tant au regard de ses obligations que de ses afflictions. Voici, en un mot, quelqu’un qui semble habiter une autre planète. Telle est la contribution tragicomique de Woody Allen à la compréhension du système actuel : montrer que la rupture qui sépare les super-riches de leurs semblables devient quasiment anthropologique.
Blue Jasmine, de Woody Allen. Avec Cate Blanchett, Alec Baldwin, Sally Hawkins, Louis C. K. (EU, 2013, 98 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/07/19-3">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A voir aussi ce soir. Avec l’Arctique pour décor, la série « The Terror », produite par Ridley Scott, joue sur le psychologique pimenté de fantastique (sur Amazon Prime, à la demande).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

TV - « The Terror », un huis clos « on the rocks »

A voir aussi ce soir. Avec l’Arctique pour décor, la série « The Terror », produite par Ridley Scott, joue sur le psychologique pimenté de fantastique (sur Amazon Prime, à la demande).



Le Monde
 |    07.05.2018 à 17h30
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur Amazon Prime à la demande

Adaptée du roman Terreur de l’Américain Dan Simmons, cette séries’inspire de l’expédition que l’Angleterre lança, en 1845, pour explorer le mythique passage du Nord-Ouest, dans l’océan Arctique, entre Atlantique et Pacifique. Seule une carte précise des lieux permet d’y envisager une route commerciale. Les personnages principaux de The Terror relèvent ainsi de l’histoire de la marine ; le romancier, puis les auteurs de la série, secondés par le producteur Ridley Scott, ayant ajouté un glaçon de fantastique à leur vie pour en corser un peu le récit.
Les deux vaisseaux les mieux équipés de la flotte de sa majesté, le HMS-Terror et le HMS-Erebus, voguent déjà dans les eaux de l’Arctique lorsque s’ouvre la série. Le ravitaillement des 134 membres d’équipage est prévu pour trois ans, et 1 300 kilomètres séparent les deux navires du « poste humain » le plus proche, celui de la Compagnie de la baie d’Hudson. Or, l’expédition, filmée de manière picturale, va se voir rapidement piégée par les glaces, et menacée par un mystérieux esprit des lieux, ours blanc ou chaman inuit (probablement contre l’hubris du conquérant blanc).
Décors époustouflants
Dans la réalité, rien de très précis ne fut connu des deux vaisseaux de la reine Victoria, si ce n’est qu’ils furent « portésdisparus » dans le passage de l’Arctique. Jusqu’à ce qu’une campagne de recherche canadienne, postérieure à la sortie du roman de Dan Simmons (2007), permette de retrouver l’épave d’un des navires, en 2014, puis celle du second, en 2016. Prouvant que les équipages étaient morts de froid, de maladies, d’empoisonnement par le plomb, et qu’ils avaient sans doute pratiqué le cannibalisme.

   


Dans des décors époustouflants de falaises de glace et d’infinie banquise (pourtant tournés en studio), The Terror file à lente allure, s’attachant avant tout au huis clos des plus hauts officiers (impeccablement interprétés). Sur fond de jeux de domination et d’opposition de classes à la Downton Abbey, la série propose une réflexion sur ce qu’il peut rester des conventions, des codes et de la loyauté quand tout s’écroule autour de soi.
The Terror, série développée par David Kajganich et Soo Hugh à partir du livre de Dan Simmons. Avec Jared Harris, Paul Ready, Tobias Menzies et Ciarán Hinds (EU, 2018, 10 × 58 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/07/19-4">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Avec une sélection de qualité et une fréquentation de 50 000 visiteurs, la manifestation a confirmé son statut de festival de référence en matière de séries.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Séries Mania : une première saison lilloise réussie

Avec une sélection de qualité et une fréquentation de 50 000 visiteurs, la manifestation a confirmé son statut de festival de référence en matière de séries.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 16h09
    |

                            Martine Delahaye








                        



   


Le festival Séries Mania a fait ses premières armes à Paris et bâti sa renommée, depuis 2010, grâce à une ligne éditoriale exigeante. S’installant pour la première fois – et définitivement – à Lille, du 27 avril au 5 mai, le festival opérait une renaissance dans l’espoir de devenir, à terme, un événement populaire ainsi que le centre de rayonnement et de promotion pour la production audiovisuelle française et européenne. Un tel festival vise à « émuler la création et la concurrence », a rappelé son président, Rodolphe Belmer.
Or, contrairement au maigrelet programme du festival Canneséries, lancé trois semaines plus tôt, Séries Mania s’est adressé tant aux mordus de séries, avec sa compétition internationale et ses master classes, qu’au grand public venu rencontrer notamment le capitaine star de la région, Corinne Masiero (Capitaine Marleau) ou l’équipe des Petits Meurtres d’Agatha Christie, dont les épisodes sont tournés dans les environs de Lille.

En dépit du pont du 1er mai et des grèves de train qui ont ponctué les neuf jours de festival, la directrice générale de Séries Mania, Laurence Herszberg, a évoqué, toutes manifestations confondues, une fréquentation de 50 000 spectateurs. La taille de l’événement, développé un peu partout dans la ville, l’affluence dans les salles, l’énergie et l’enthousiasme des Lillois sont de très bon augure pour les années à venir – le calendrier de Séries Mania 2019 à Lille n’est pas encore fixé.
Dix séries internationales présentées en avant-première mondiale, une centaine de projections internationales, six compétitions… et deux pays qui se détachent, cette année, pour l’originalité et la qualité de leurs productions : Israël et le Royaume-Uni. Ce que reflète d’ailleurs le palmarès, puisque le Grand prix du jury a couronné une série israélienne, On the spectrum, commentée en ces termes par l’un des jurés, Pierre Lemaître, romancier et prix Goncourt en 2013 : « Le premier plaisir de cette série, c’est d’être pris par elle, de lui appartenir, d’être coupé en deux, asphyxié ». Dans cette série, on suit le quotidien drolatique de trois jeunes autistes adultes vivant en colocation et souhaitant apprendre à vivre en société pour s’y insérer.
C’est à Kiri, une série britannique signée Jack Thorne, qu’a été remis le prix du Panorama international, décerné par cinq blogueurs. Ce prix a été attribué, selon les mots du jury, « pour l’originalité de son personnage principal, une travailleuse sociale interprétée avec justesse par Sarah Lancashire, et pour la thématique choisie, l’adoption interraciale, qui permet une plongée en profondeur dans la société britannique. »



Les séries françaises, pour leur part, étaient suffisamment nombreuses cette année pour justifier une compétition entre elles – certaines années, faute de candidats, elles concouraient dans une section « séries francophones ». Ad Vitam du cinéaste Thomas Cailley s’est distinguée parmi les huit séries hexagonales. Une belle réussite dans le domaine de l’anticipation, genre dans lequel Arte s’aventure courageusement une nouvelle fois, après deux tentatives en demi-teintes, Transferts (2016) et Trepalium (2017).
Au final, pas d’immense coup de cœur mais des séries de grande qualité, pas de créateurs stars comme les sériephiles ont pu en rencontrer par le passé au festival (David Chase, Matthew Weiner, Damon Lindelof, etc.), mais une solide et belle première saison à Lille pour Séries Mania.
La chaîne HBO, pour sa part, a d’ores et déjà choisi Séries Mania, et non plus les Etats-Unis comme elle en avait l’habitude, pour présenter en première mondiale sa prochaine série, Succession. Projetée en ouverture du festival, elle sera diffusée à partir du 4 juin sur OCS, au lendemain de sa diffusion américaine.

Palmarès Séries Mania
Compétition internationale 
Grand Prix du Jury : On The Spectrum (Israël), série créée par Dana Idisis et Yuval Shafferman.Prix spécial du jury : Il Miracolo (Italie), série créée par Niccolò Ammaniti.Prix d’interprétation féminine : Anna Mikhalkova (An Ordinary Woman, Russie), série créée par Valery Fedorovich et Evgeny Nikishov.Prix d’interprétation masculine : Tommaso Ragno (Il Miracolo, Italie), série créée par Niccolò Ammaniti.
Compétition française
Meilleure série française : Ad Vitam, série créée par Thomas Cailley et Sébastien Mounier.Meilleure actrice : Anne Charrier (Maman a tort).Meilleur acteur : Bryan Marciano (Vingt-cinq), ex-aequo avec Roschdy Zem (Aux Animaux la guerre).
Panorama international
Prix de la meilleure série : Kiri (Royaume-Uni), série créée par Jack Thorne.
Marathon comédies
Prix des étudiants : Kiki and Kitty (Australie), série créée par Nakkiah Lui.
Compétition formats courts
Prix du jury : First Love (France, Etats-Unis), série créée par Adi Tishrai.
Prix du public Il récompense la « série coup de cœur » des spectateurs parmi les nouveaux titres en saison 1, soumis au vote à l’issue des projections.
The Marvelous Mrs Maisel, série créée et réalisée par Amy Sherman-Palladino (Etats-Unis).Prix des lycéens : Kiki and Kitty (Australie), série créée par Nakkiah Lui.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/07/19-5">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Dimitris Papaioannou et Alan Lucien Oyen mettent en scène la troupe de la légendaire chorégraphe allemande, neuf ans après sa mort.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Wuppertal, le défi de créer après Pina Bausch

Dimitris Papaioannou et Alan Lucien Oyen mettent en scène la troupe de la légendaire chorégraphe allemande, neuf ans après sa mort.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 15h55
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 16h47
    |

                            Rosita Boisseau (Wuppertal (Allemagne)








                        



                                


                            

Un cap est franchi. Neuf ans après la mort brutale de Pina Bausch (1940-2009), sa compagnie, le Tanztheater Wuppertal, fait la grande bascule. Pour la première fois, deux chorégraphes internationaux, le Grec Dimitris Papaioannou et le Norvégien Alan Lucien Oyen sont co-invités à mettre en scène la troupe dans des pièces long format. Leurs spectacles, qui seront à l’affiche, à partir du 12 mai, à l’Opéra de Wuppertal, avant de partir en tournée, sont d’ores et déjà inscrits au répertoire où ils rejoignent la quarantaine de chefs-d’œuvre créés par l’artiste allemande.
Le défi est massif. A la manœuvre, Adolphe Binder, directrice artistique depuis mai 2017. Dégager l’avenir à 36 danseurs, dont près de la moitié aujourd’hui n’a pas connu Pina Bausch, tout en continuant de tourner son répertoire exige de l’instinct et de la détermination. « Comment contribuer à l’œuvre énorme de Pina et développer la compagnie, me suis-je d’abord demandée, confie cette femme, dramaturge et manager. Qui seront les prochains noms de la danse-théâtre ? Il n’y a pas trente-six mille artistes actuellement capables de concevoir des spectacles d’envergure en prenant des risques. J’ai choisi Papaioannou et Oyen parce qu’ils sont très différents et complémentaires. Sans compter qu’ils possèdent tous les deux l’esprit Pina. »
Des interprètes icônes depuis plus de trente ans
Bonne pioche ? En répétitions, jeudi 26 avril, chacun de leur côté avec une demie troupe, ces deux chorégraphes, dans la lignée d’une danse très théâtrale, s’attaquent à forte partie. Marcher dans les traces de la géante Pina Bausch, collaborer avec des interprètes dont certains sont des bêtes de scène, des icônes même depuis plus de trente ans, file le frisson. « Ce sont des monstres qui m’impressionnent énormément », commente Dimitris Papaioannou, 53 ans, metteur en scène des Jeux olympiques d’Athènes en 2004, dont la pièce The Great Tamer a été le phénomène d’Avignon...




                        

                        


<article-nb="2018/05/07/19-6">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le réalisateur, qui s’est éteint à l’âge de 86 ans, avait obtenu la Palme d’or à Cannes en 1978 pour « L’Arbre aux sabots », tourné avec des acteurs non professionnels.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Le cinéaste italien Ermanno Olmi est mort

Le réalisateur, qui s’est éteint à l’âge de 86 ans, avait obtenu la Palme d’or à Cannes en 1978 pour « L’Arbre aux sabots », tourné avec des acteurs non professionnels.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 13h58
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 18h48
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


« Mon ambition est de voir le monde avec les autres et non pas comme un intellectuel aristocrate » avait-il confié. Le réalisateur Ermanno Olmi est mort le 7 mai à Asiago en Vénétie des suites d’une longue maladie. Voix originale, singulière et solitaire, il était insensible aux modes du cinéma italien moderne.
Ermanno Olmi est né le 24 juillet 1931 à Bergame dans une famille catholique. Après le décès de son père, il commence des études scientifiques puis artistiques qu’il n’achève pas. Installé à Milan, il se voit offrir un emploi, à l’âge de 16 ans, à Edisonvolta, l’entreprise où travaille déjà sa mère. Cette gigantesque société spécialisée dans l’énergie nucléaire dispose d’un département cinématographique qui produit des documentaires institutionnels consacrés à l’activité industrielle. On confie une caméra 16 mm à Olmi, qui va réaliser une quarantaine de documentaires. Il s’y intéresse déjà, dans le détail, au travail humain.
L’historien du cinéma Sergio Toffetti écrira de cette période : « Olmi raconte le travail en cherchant son reflet dans l’expression des mains et des visages, en faisant entendre le bruit d’un fil qui s’étire, le rythme cadencé des godillots dans la neige, en montrant une grimace d’épuisement en gros plan, la soif assouvie par une stalactite de glace, des muscles tendus dans l’effort, mais aussi le lever de coude pour partager une bouteille de vin en compagnie. »
La vie authentique des ouvriers et des paysans
Un de ses documentaires, Trois filins jusqu’à Milan, est présenté à la Mostra de Venise en 1958. Le grand documentariste Robert Flaherty (1884-1951), considéré comme un des pionniers du genre, est une des influences majeures du cinéaste. Olmi réalise en 1959 son premier long-métrage, Le temps s’est arrêté, récit de la rencontre entre un jeune et un vieux gardien de barrage, bloqués sur un site durant plusieurs mois. Il y filme l’attente tout autant que la vie authentique des ouvriers et des paysans. Le film est sélectionné à la Mostra de Venise. Il est alors vu comme un des représentants possibles d’une Nouvelle Vague italienne, dépassant un néoréalisme dont ce qu’il reste est englué dans la convention.
« La Légende du saint Buveur » avec Rutger Hauer, récit de la quête d’une rédemption, obtiendra le Lion d’or à la Mostra de Venise en 1988
Son film suivant, Il Posto (L’Emploi), se veut une tentative de raconter ses premières années de travail à Edisonvolta. Une nouvelle manière, épurée, minimaliste, de filmer le travail à travers le parcours d’un petit employé. Le film suscite un intérêt non dénué d’ambiguïtés. La critique de gauche lui reproche son spiritualisme. Il Posto obtint d’ailleurs le Prix de l’Office catholique à Venise.
Suivront Les Fiancés (1963), récit de l’éloignement d’un ouvrier du Nord, contraint d’aller travailler en Sicile, loin de sa fiancée à qui il écrit régulièrement. Après l’échec de son film sur le Pape Jean XXIII en 1965 (E venne un uomo), Olmi retourne à la réalisation de documentaires, désormais pour la télévision. Il y signe aussi quelques fictions comme L’Or dans les montagnes, sur les récupérateurs d’obus non explosés dans les montagnes à la frontière autrichienne après la première guerre mondiale.
L’immanence et la grâce
Il parvient à une authentique, mais inattendue, consécration – tant son œuvre précédente était finalement assez peu vue – avec L’Arbre aux sabots qui obtint la Palme d’or au Festival de Cannes en 1978. Tourné avec des acteurs non professionnels, le film évoque la condition des paysans pauvres des environs de Bergame au début du XXe siècle. L’immanence et la grâce restent liées à une quête qui semble très éloignée des idéologies alors à la mode.
A partir d’A la poursuite de l’étoile en 1983, Ermanno Olmi semble s’écarter des films de ses débuts en réalisant des fictions métaphoriques, volontiers distanciées, recourant désormais à des acteurs professionnels. La Légende du saint Buveur, avec Rutger Hauer, récit de la quête d’une rédemption, obtiendra le Lion d’or à la Mostra en 1988. Le Métier des armes plonge dans les guerres de la Renaissance et le parcours du Condottiere, Jean de Médicis.
La reconstitution d’époque s’y conjugue avec le sentiment d’une grande authenticité tout autant que d’une réflexion sur l’Histoire et le progrès. Son dernier long-métrage, Torneranno i Prati (2014), évoque les massacres de la première guerre mondiale.
Par ailleurs entre deux films de fiction, Olmi n’avait jamais cessé d’être fidèle à ses travaux de jeunesse en réalisant de nombreux documentaires.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/07/19-7">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le secteur souffre du sous-financement et de la sous-exposition des films. Les producteurs sont contraints de prendre davantage de risques.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Cinéma : la production indépendante fragilisée

Le secteur souffre du sous-financement et de la sous-exposition des films. Les producteurs sont contraints de prendre davantage de risques.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h21
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

« Un moment un peu vertigineux » : la productrice de cinéma Didar Domehri (Maneki Films) qualifie ainsi sa décision de commencer le tournage du film Les Filles du Soleil d’Eva Husson qui traite d’un sujet ardu – des femmes soldates kurdes en lutte contre les extrémistes – alors que son budget (près de 4 millions d’euros) n’était pas bouclé. « On a pris le risque de partir en tournage en Géorgie », dit-elle. Bonnes nouvelles : Eurimages a apporté la somme manquante et ce long-métrage est en compétition dans la Sélection officielle du Festival de Cannes, qui démarre mardi 8 mai.
L’obligation de prendre davantage de risques devient la norme chez bon nombre de producteurs indépendants, non affiliés à un groupe télévisuel ou d’exploitation. « L’image du producteur qui roule en Porsche et fume le cigare est révolue », affirme Xavier Rigault, vice-président de l’Union des producteurs de cinéma. « Ils ont plus de mal à boucler les financements des films et y apportent souvent les frais généraux de leur société de production et leurs salaires. Ils vivent du fonds de soutien généré par les films qu’ils ont précédemment produits. »
Plus alarmiste, Marie Masmonteil, vice-présidente du Syndicat des producteurs indépendants, lance : « On est dans un pic d’angoisse. » Un malaise que constate aussi Anne Flamant, directrice du département cinéma et audiovisuel de la banque Neuflize OBC. « En vingt ans, jamais la production indépendante n’a connu une telle situation de fragilité », observe-t-elle, ajoutant que cet état s’est dégradé depuis un an et demi.
Une bonne santé en trompe-l’œil
Pourtant, le Centre national du cinéma a publié en mars un état des lieux flatteur, avec 222 films français produits en 2017, marqué par beaucoup de nouveaux nés, avec 72 premiers films et 40 deuxièmes films. Les investissements dans ces longs-métrages estimés à 1,08 milliard d’euros ont chuté de 10 %, en raison...




                        

                        


<article-nb="2018/05/07/19-8">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Trois jeunes réalisatrices culottées feront leurs premiers pas au Festival, dans des sections parallèles.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Elles font leurs premières armes à Cannes

Trois jeunes réalisatrices culottées feront leurs premiers pas au Festival, dans des sections parallèles.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h34
    |

            Véronique Cauhapé








                        



                                


                            
Elles sont française, kényane et indienne, réalisatrices trentenaires sélectionnées pour la première fois à Cannes. Quels regards Marie Monge, Wanuri Kahiu et ­Rohena Gera posent-elles sur le monde et sur le métier de cinéaste ?
Marie Monge, au plus près du terrain

Elle aime les villes, la rue, le street-art, le Paris du Sentier, de République, de Strasbourg-Saint-Denis, où elle vit depuis neuf ans. Ces quartiers l’inspirent. Elle y a trouvé le sujet et le cadre de son premier long-métrage, Joueurs, présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Une histoire d’amour et d’addiction au sein des cercles de jeu que Marie Monge a découverts, par hasard, avec un ami. « J’ai été fascinée par ce milieu où se mêlaient toutes sortes de gens, de classes sociales et d’âges différents, tous unis dans une même fièvre. » Elle est devenue accro à son tour, non pas au jeu, mais à ces hommes et femmes qu’elle a retrouvés à de nombreuses reprises pour recueillir leur histoire.
Marie Monge est ainsi. Elle a besoin « d’aller sur le terrain ». Ces penchants ne sont pas étrangers à cette famille cinéphile dans laquelle elle a grandi, à Tours, entre deux parents magistrats. « Ils avaient beaucoup d’histoires à raconter. A leurs côtés, mon frère, ma sœur et moi avons été habitués à parler, échanger, débattre. Mais aussi à regarder beaucoup de films, souvent deux d’affilée. » De quoi lui inoculer le virus. Après le bac, elle entreprend une licence de cinéma à Paris-III. C’est là, au sein d’un collectif, qu’elle réalise ses premiers courts-métrages, dont Marseille la nuit, sélectionné aux Césars en 2014. C’est l’année où elle commence à écrire Joueurs, dont le tournage débutera en octobre 2017. Aujourd’hui, à 30 ans, elle se prépare à aller à Cannes, avec ses acteurs (Tahar Rahim, Stacy Martin, Karim Leklou…), ses producteurs et son équipe. En bande, comme elle aime vivre.
Wanuri Kahiu, le tabou et...



                        

                        


<article-nb="2018/05/07/19-9">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ En trois jours, la salle de concerts parisienne a accueilli le génial Andris Nelsons et son talentueux homologue vénézuélien, Gustavo Dudamel.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Orgie de grands chefs à la Philharmonie de Paris

En trois jours, la salle de concerts parisienne a accueilli le génial Andris Nelsons et son talentueux homologue vénézuélien, Gustavo Dudamel.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 11h32
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



   


Paris a de la chance. En trois jours, la Philharmonie a reçu deux des plus grands (jeunes) chefs de la planète : le Letton Andris Nelsons (39 ans) et le Vénézuélien Gustavo Dudamel (37 ans). Pour être des hôtes réguliers, l’un et l’autre s’y produisent pour la première fois à la tête de deux de leurs prestigieuses phalanges. Le Gewandhausorchester de Leipzig pour Nelsons, qui en a pris la tête en février et honore cette saison le 375e anniversaire du plus ancien orchestre d’Allemagne. Le Los Angeles Philharmonique (LA Phil) dont Dudamel est directeur musical depuis quasiment une décennie, mais qui n’était encore jamais venu Porte de Pantin, où le Vénézuélien avait conduit le Mahler Chamber Orchestra et surtout son Orquesta Sinfonica Simon Bolivar, dont il est interdit de direction depuis le printemps 2017 et son opposition publique à la tentative de coup d’Etat institutionnel du président Maduro. Le chef d’orchestre vient d’ailleurs d’obtenir la nationalité espagnole, ce qui devrait lui permettre de retourner dans son pays où il n’a pas mis les pieds depuis plus d’un an.
La Symphonie « Pathétique » de Tchaïkovski, bouleversante de bout en bout, puise à l’encre de l’âme slave sans en épaissir la noirceur du trait
Ce que le géant des montagnes Andris Nelsons obtient des Leipzigois dans la Quarantième de Mozart est tout simplement inédit. De clarté polyphonique, de legato, et d’équilibre entre un phrasé à la fois dense et souple, une conduite harmonique porteuse de dynamique et un style idéalement situé entre prescience baroqueuse et plénitude allemande. La Symphonie « Pathétique » de Tchaïkovski, bouleversante de bout en bout, puise à l’encre de l’âme slave sans en épaissir la noirceur du trait. L’engagement des musiciens est total, que ce soit dans la beauté du son, la précision ou l’intensité. On en restera sonné d’admiration.
Deux jours plus tard, comme Nelsons, Dudamel a ouvert son programme avec une pièce de musique contemporaine en création française. Après Chiasma de l’Allemand Thomas Larcher, voici Pollux, du compositeur et chef d’orchestre finlandais, Esa-Pekka Salonen, prédécesseur de Dudamel au L.A. Phil. Une musique d’atmosphère, au harmonies vaporeuses et sonorités vibractiles, dont certaines inflexions ne sont pas sans évoquer La Mer de Debussy, alternant avec des plages plus extraverties et orphiques – « les destins dramatiquement opposés » entre Castor, fils mortel du roi de Sparte, et son frère Pollux, immortel à l’image de Zeus, son géniteur.
Musique de borborygmes et d’éclats
S’il est une œuvre qui fait la part belle aux cuivres et percussions (pas moins de quatorze percussionnistes sur le plateau), c’est bien Amériques d’Edgar Varèse, composé par le Français émigré aux Etats-Unis dans le double choc de la découverte d’un « nouveau monde » (la rencontre avec les sonorités du « West Side » de New York) et du souvenir de 1913 et du Sacre du printemps. Le solo de flûte introductif semble à la fois rappeler celui du basson stravinskien mais aussi convoquer le souvenir du Prélude à l’après-midi d’un Faune de Debussy. Inutile de dire que cette musique de borborygmes et d’éclats, dont la météo dramaturgique n’est pas sans similitudes avec les textures claquantes des toiles de Jackson Pollock, est une démonstration de force pour orchestre à la parade que Dudamel mène tel un général de bataille, prêt à faire exploser les murs de la Philharmonie. Après le déferlement varésien, la Cinquième symphonie de Chostakovitch, est d’une plastique remarquable, mais comme spectatrice d’elle-même – plages sombres mais non désespérées, valse aux maigres relents mahlériens, « Largo » sans sous-texte et « Finale » de surface, brillant et maîtrisé mais sans inspiration.
Gustavo Dudamel, dont la direction a laissé les débordements histrioniques de ses débuts il y a dix ans, fait montre d’un métier magnifique
Le lendemain, les Chœurs du London Symphony Chorus ont rejoint les Angelenos pour le Chichester Psalms de Leonard Bernstein, dont la Philharmonie a célébré durant tout le week-end le centenaire de naissance. Qu’il y ait un « soupçon de West Side Story » dans cette musique, tel que le souhaitait le révérend Walter Hussey, doyen de la cathédrale de Chichester et commanditaire, n’étonne pas quand on sait que Lenny recycla, entre autres, quelques passages inutilisés d’un chœur du Prologue. Œuvre œcuménique sur le plan stylistique (jazz, liturgie juive, Broadway, musique classique de Bach à Mahler), cette partition de psaumes en hébreu fera entendre dans la partie centrale la voix magnifique du contreténor John Holiday, porteur du message d’humanité, une manière d’antichambre à la Neuvième symphonie de Beethoven. Là encore, Gustavo Dudamel, dont la direction a laissé les débordements histrioniques de ses débuts il y a dix ans, fait montre d’un métier magnifique. D’une puissance de feu illimitée, le L.A. Phil sait se tapir en version camouflage dans les pianissimos les plus exigus, avant d’exploser comme un missile dans les attaques surprises d’une envergure colossale. Chaque instrumentiste est un corps d’élite surentraîné.

        Lire aussi la critique :
         

          « La Bohème » stellaire de Claus Guth à l’Opéra de Paris



Cela tombe bien, Gustavo Dudamel se plaît à faire entendre les scansions et contrechants qui parcourent l’échine d’un premier mouvement dont il déchaîne l’ubris tout en développant aussi un certain ennui et une certaine lourdeur. Une impression confirmée par le « Molto vivace », comme si la musique était constamment prise au pied de la lettre dans un éternel mais improbable prélude à la transe. L’« Adagio molto e cantabile » ne chantera pas autant qu’il le devrait, le Vénézuélien refusant de phraser et surtout de respirer. Dans ces paysages monumentaux, vus comme au travers d’une vitre, le curieux sentiment d’un deuil. Enfin, le dernier mouvement de l’Ode à la Joie, avec solistes – magnifique intervention de la basse William Pedersen sur « O Freunde, nicht diese Töne » – et chœurs (implacables et impeccables). Impossible comme toujours de résister au maelström beethovénien, une magistrale succession de parties qui finiront par faire un tout malgré des effets intempestifs à la limite du mauvais goût – ainsi l’énorme tenue de la spectaculaire modulation au troisième coup du « Vor Gott » (Devant dieu). Mais il faut rendre à Dudamel ce qui lui appartient, un indéniable charisme, sa capacité à électriser une salle, et surtout une foi indéfectible en la musique et son pouvoir universel et pacificateur.
Prochains concerts avec l’Orchestre de Paris, Lars Vogt (piano), Daniel Harding (direction). Les 9 et 10 mai à 20h30. Philharmonie de Paris, Paris-19e. Tél. : 01-44-84-44-84. De 10 € à 50 €. Philharmoniedeparis.fr
Disque : Symphonie n°7 de Bruckner. Marche funèbre de Siegfried, de Wagner. Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, Andris Nelsons (direction). CD Deutsche Grammophon.
Livre :  Un orchestre pour sauver le monde. Du Venezuela à la France : El Sistema, miracle de l’éducation par la musique, par Vincent Agrech. Ed. Stock, 2018. 20 €



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/07/19-10">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le cirque accuse une baisse considérable de son chiffre d’affaires ces dernières années.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Le Cirque Pinder, placé en liquidation judiciaire, annule les représentations prévues en mai

Le cirque accuse une baisse considérable de son chiffre d’affaires ces dernières années.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 13h44
   





                        



   


Valence, Grenoble, Saint-Etienne, Clermont-Ferrand… Les spectacles du Cirque Pinder prévus dans ces villes en mai n’auront finalement pas lieu, la société d’exploitation du cirque, Promogil, ayant été placée en liquidation judiciaire, selon les informations du quotidien Ouest-France et de Franceinfo.
« C’est moi qui en ai fait la demande », déclare le propriétaire du cirque, Gilbert Eldestein, avançant un chiffre d’affaires en baisse de « plus de 60 % » en mars et avril. « Entre 2014 et 2016, le chiffre d’affaires a dégringolé de 7,4 millions d’euros à moins de 6 millions », souligne également Ouest-France. En cause : la baisse du budget des loisirs, la fréquentation en chute des écoles, notamment liée aux critiques contre les spectacles avec des animaux, ainsi que les attentats, qui découragent les spectateurs.
D’autres cirques en mauvaise santé financière
« On va certainement repartir en juillet et en août, mais ce n’est pas encore sûr », espère M. Eldestein, qui souhaite réduire les spectacles itinérants pour se consacrer au développement d’un parc d’attractions en Seine-et-Marne.
Le propriétaire de Pinder, qui est aussi le président du syndicat national du cirque, affirme que les trois autres grands cirques français (Arlette Gruss, Bouglione et Medrano) ont écrit au président Macron pour l’alerter de difficultés similaires.

        Lire aussi :
         

                Dernier tour de piste pour les animaux ?






                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/07/19-11">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Après avoir joué pour Krystian Lupa ou Thomas Ostermeier, l’intense actrice joue « Bérénice », dans la pièce de Racine mise en scène par Célie Pauthe, à l’Odéon.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mélodie Richard, le théâtre du haut d’un trapèze

Après avoir joué pour Krystian Lupa ou Thomas Ostermeier, l’intense actrice joue « Bérénice », dans la pièce de Racine mise en scène par Célie Pauthe, à l’Odéon.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 10h43
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 12h37
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Mélodie Richard apparaît dans la lumière solaire d’une après-midi de printemps, devant le jardin du Luxembourg, à Paris. Elle porte une robe comme un paysage vaporeux, aux motifs végétaux floutés comme dans un rêve. Si être actrice consiste d’abord à savoir apparaître dans la lumière, alors Mélodie Richard l’a eu d’emblée, ce talent-là. Mais il s’accompagne de beaucoup d’autres, chez la jeune comédienne, qui, une fois de plus, est absolument magnifique dans Bérénice, de Racine, mis en scène par Célie Pauthe, et qu’il faut absolument aller voir, au Théâtre de l’Odéon, tout au long du joli mois de mai.
C’est bien comme une apparition qu’on l’a découverte, en 2012, dans Salle d’attente, un spectacle comme seul le maître polonais Krystian Lupa sait en créer, lui qui fait de la scène un lieu de haute intensité existentielle. Elle y était Anna, le bel ange rouge qui traversait les bas-fonds modernes de l’auteur suédois Lars Noren, à la fois poète et fracassée, cheminant vers la lumière.

Commencer sa carrière avec Krystian Lupa, c’est être d’emblée sur les sommets, sur lesquels Mélodie Richard a continué à cheminer tranquillement avec grâce. Elle a eu le rôle de Catherine Robbe-Grillet dans Nouveau Roman, le formidable spectacle de Christophe Honoré, puis elle a croisé la route de Thomas Ostermeier, autre maître des scènes européennes. Avec lui, elle a joué dans Les Revenants, d’Ibsen, et, surtout, elle a été une inoubliable Nina dans La Mouette, de Tchekhov. Puis elle a rencontré Célie Pauthe, metteuse en scène en plein épanouissement, qui a fait d’elle la jeune femme de La Maladie de la mort, de Marguerite Duras, avant de lui confier le rôle de Bérénice.
Pourtant, le théâtre est venu de façon étrange à Mélodie Richard, comme s’il avait été à la fois là et pas là. La jeune femme vient de Bourgogne, elle a passé son enfance au milieu des vignes, dans un petit village près de Nuits-Saint-Georges,...




                        

                        


<article-nb="2018/05/07/19-12">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le musicien hyperactif s’illustre en tournée avec Arthur H et vient de collaborer avec la chanteuse ivoirienne Dobet Gnahoré.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Nicolas Repac, facteur Cheval du sampler

Le musicien hyperactif s’illustre en tournée avec Arthur H et vient de collaborer avec la chanteuse ivoirienne Dobet Gnahoré.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 10h57
    |

                            Patrick Labesse








                        



                                


                            

L’endroit fait à peine 15 m2, niché au troisième étage d’une petite maison accrochée à la colline. Nicolas Repac reçoit dans son espace de création et de divagations, perché sur la butte Montmartre. Le musicien, qui habite à quelques rues d’ici, a débarqué ce matin du Printemps de Bourges, « en tour bus ». Ce voyage dans « une chambre qui bouge » l’a épuisé.
Le lendemain, il repart vers Oignies, dans le Pas-de-Calais, pour une résidence avec le chanteur Pascal Parisot. Nicolas Repac vient aussi de terminer la musique du film Le Poulain, de l’auteur de bandes dessinées Mathieu Sapin. Et il a réalisé Miziki, le cinquième album de Dobet Gnahoré. Jamais la voix et l’univers de la chanteuse ivoirienne n’avaient été mis en valeur avec autant de pertinence et d’invention.

A Bourges, Repac a joué de la guitare dans On a dit on fait un spectacle, « rêverie musicale »collective conçue par Sonia Bester, alias Madamelune. Deux jours plus tôt, il accompagnait sur scène un vieux complice, Arthur H (leur compagnonnage musical remonte à 1996), qui y présentait son album Amour chien fou. Repac l’a coréalisé avec le chanteur et, outre les guitares, est responsable de la quasi-totalité de l’habillage des samples et programmations.
C’est donc dans ces 15 m2 que travaille le musicien : « J’y ai fait pas mal de disques, du moins tout ce que je peux faire avec mon sampler. » Formidable invention que cette machine à enregistrer, échantillonner, faire des boucles avec les sons.
« Le sampler m’a permis de m’affranchir de la réalité, de découvrir des mondes et une poésie insoupçonnés. Un sampler ouvre des perspectives sonores incroyables. C’est l’abolition du temps et de l’espace, un champ expérimental et de recyclage infini. Je peux faire cohabiter dans un même morceau un sample de Mozart ou de Bach, des voix de Pygmées, une guitare metal, toutes les époques. »
« Amours...



                        

                        


<article-nb="2018/05/07/19-13">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Cette exposition collective a lieu à la Punta della Dogana, jusqu’au 16 décembre.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ 
<article-nb="2018/05/07/19-14">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Producteur, distributeur, réalisateur, attaché de presse, il avait œuvré à la reconnaissance de nombreux cinéastes, dont Clint Eastwood, King Hu, Jane Campion et Quentin Tarantino
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mort de Pierre Rissient, homme de tous les métiers du cinéma

Producteur, distributeur, réalisateur, attaché de presse, il avait œuvré à la reconnaissance de nombreux cinéastes, dont Clint Eastwood, King Hu, Jane Campion et Quentin Tarantino



Le Monde
 |    07.05.2018 à 10h08
    |

            Samuel Blumenfeld








                        



                                


                            

Avec la mort de Pierre Rissient, dans la nuit du 5 au 6 mai, à l’âge de 81 ans, c’est un peu de la jeunesse vieillie du cinéma, qu’il tenait vivante en lui qui s’en va. Si son nom est ­surtout connu des cercles cinéphiles et professionnels, c’est un personnage majeur, à la fois discret et omniprésent, du septième art en France, aux Etats-Unis et en Asie, qui disparaît.
Pierre Rissient est passé par tous les métiers du cinéma depuis le milieu des années 1950 quand, après être devenu une figure ­connue des ciné-clubs, il est devenu l’un des fondateurs du cercle des cinéphiles du cinéma Mac-Mahon, à Paris. Dans cette enceinte ont été révélés, ou réhabilités, Fritz Lang, Otto Preminger, Raoul Walsh, Joseph Losey, John Berry, Jules Dassin, souvent des cinéastes de la « liste noire », mis à l’index d’Hollywood pendant la guerre froide en raison de leurs supposées sympathies communistes et contraints à l’exil en Europe. Il y avait une dimension romantique chez Pierre Rissient dans ce soutien à des réalisateurs rejetés par leur pays – ou affichant des idées ouvertement progressistes –, mais aussi une conception esthétique très affirmée de la mise en scène, incarnée par le fameux « carré d’as » du Mac-Mahon : Walsh, Lang, Preminger et Losey. Conception qui déplaisait à beaucoup, dont les Cahiers du ­cinéma, revue qui dominait alors la cinéphilie en France. Avec le temps, cette défense d’une mise en scène dont le défi consistait à se faire oublier s’est imposée. Ce fut le premier combat remporté par Pierre Rissient.
Il y avait une dimension romantique chez Pierre Rissient dans ce soutien à des réalisateurs rejetés par leur pay
Après l’aventure du Mac-Mahon, son destin cinématographique devient protéiforme. Il devient assistant réalisateur, notamment de Jean-Luc Godard sur son premier film, A bout de souffle (1960). Pierre Rissient se mue ensuite en attaché de presse au cours des années 1960 et 1970, formant avec Bertrand Tavernier un...




                        

                        


<article-nb="2018/05/07/19-15">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Une exposition de la collection Pinault à Venise fait dialoguer 140 œuvres qui tournent autour de la représentation de soi.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les multiples visages de l’autoportrait

Une exposition de la collection Pinault à Venise fait dialoguer 140 œuvres qui tournent autour de la représentation de soi.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 09h56
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 10h33
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

Dancing with Myself » est une présentation d’une (petite) partie de la collection ­Pinault avec, en contrepoint, quelques œuvres du Musée Folkwang d’Essen, où une première version de la manifestation a eu lieu d’octobre 2016 à janvier 2017. Ses 140 œuvres occupent les salles dessinées par ­Tadao Ando à la Dogana, dont les qualités se vérifient décidément à chaque visite : lumière, fluidité, variété des espaces.
« Dancing with Myself » est surtout une réflexion sur le devenir ­actuel d’un genre artistique pluriséculaire et peut-être bien plus ancien encore, l’autoportrait. La photographie domine le ­parcours. La sculpture y tient une place remarquable. La peinture et le dessin sont presque absents, ce qui est discutable si l’on songe aux britanniques Francis Bacon (1909-1992) et David Hockney (connu notamment pour sa toile A Bigger splash), mais conforme à la réalité d’aujourd’hui et à la banalisation du selfie, narcissisme de premier degré.
C’est d’ailleurs ­assez instructif à observer : ­dehors, les touristes s’autophotographient à chaque seconde ­devant le musée, la basilique Santa Maria ou le Grand Canal et, dedans, les visiteurs sont ­conduits à s’interroger sur les ­raisons et les limites de la représentation de soi par soi-même.
« Dancing with Myself » est surtout une réflexion sur le devenir ­actuel d’un genre artistique pluriséculaire
Il y a 32 artistes, dont l’unique point commun est donc de s’être pris régulièrement ou occasionnellement pour sujet – terme équivoque – et pour modèle – terme non moins ambigu. Ils ont droit à leur salle personnelle pour certains et, dans d’autres cas, se trouvent réunis dans des face-à-face parfois inattendus. Pas de classement, mais un jeu de connivences et de discordances, pour maintenir le visiteur en éveil. On est prévenu de cette règle dès l’entrée. Il faut d’abord passer à travers le rideau de perles de verre rouges et blanches de Félix ­Gonzalez-Torres (1957-1996). L’alternance...




                        

                        


<article-nb="2018/05/07/19-16">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le duo d’artistes Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin, adeptes du slow art, présente une série de travaux récents et multiformes (installations, sculptures et photographies).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Sélection galerie : Art Orienté Objet à la galerie Les Filles du Calvaire

Le duo d’artistes Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin, adeptes du slow art, présente une série de travaux récents et multiformes (installations, sculptures et photographies).



Le Monde
 |    07.05.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 09h31
    |

            Harry Bellet








                        



   


Cela commence par une Pietà, cette figure de l’histoire de l’art où la Vierge Marie tient le corps de son fils dans ses bras. La Vierge, en l’occurrence, c’est Marion Laval-Jeantet. Le mort qu’elle déplore, c’est le cadavre d’un kangourou. Son squelette (celui du marsupial) est suspendu un peu plus loin, au centre d’un cercle d’œufs qui diffusent des sons (ça, c’est le travail de Benoît Mangin, son complice) qui nous parlent à l’oreille, racontent des histoires de sorciers africains, de griots, ou d’autres initiés.
On a là un résumé du travail que Marion Laval-Jantet et Benoît Mangin, qui ont créé le duo Art Orienté Objet, distillent depuis la fin des années 1980. On l’a vu naguère au Musée de la chasse et de la nature. Les plus anciens se souviennent l’avoir croisé dans la Biennale de Lyon, lorsqu’elle était confiée à Jean-Hubert Martin. Une empathie, avant que ce soit à la mode, avec le règne animal, qui précisément ne règne plus.
Un travail de bénédictin
Et pourtant : dans une de ses pérégrinations africaines, Marion Laval-Jantet s’est trouvée une nuit face à une hyène. Elle qui s’est fait autrefois injecter du sang de cheval par solidarité aimait moins les animaux, ce soir-là. Le fauve est pourtant à l’étage de la galerie, accompagné d’un lièvre bien de chez nous et d’un bambi dont on a oublié la provenance. Tous trois ont les pattes arrière attachées par des fils de laine, brins dont est aussi faite leur toison. Elles ont été tricotées (une maille à l’endroit, on ne sait combien à l’envers), non par Benoît, mais par Marion. Un boulot de bénédictin, réalisé par deux artistes qui se revendiquent adeptes du slow art, comme d’autres parlent de slow food. Etonnant, non ?
Art Orienté Objet, galerie Les Filles du Calvaire, 17, rue des Filles-du-Calvaire, Paris 3e. Tél. : 01-42-74-47-05. Du mardi au samedi, de 11 heures à 18 h 30, jusqu’au 16 juin.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/07/19-17">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Trois ans après « La Loi du marché », l’acteur sera de nouveau à Cannes avec Stéphane Brizé. Ils présentent « En guerre », où Vincent Lindon incarne un dirigeant syndicaliste au milieu d’acteurs non professionnels.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Vincent Lindon : « J’essaie d’être dans des films qui servent un peu »

Trois ans après « La Loi du marché », l’acteur sera de nouveau à Cannes avec Stéphane Brizé. Ils présentent « En guerre », où Vincent Lindon incarne un dirigeant syndicaliste au milieu d’acteurs non professionnels.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h27
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Solitaire écrasé par la contrainte économique dans La Loi du marché, qui lui a valu un prix d’interprétation à Cannes en 2015, Vincent Lindon revient en compétition en dirigeant syndicaliste dans En guerre, toujours sous la direction de Stéphane Brizé. En ce 1er mai, dans un bar de la place de la République, alors que les cortèges syndicaux se forment à quelques centaines de mètres, il parle de son personnage, Laurent Amédéo, ouvrier devenu figure publique pour tenter d’empêcher la fermeture de son usine. Reconduisant le dispositif mis en place dans La Loi du marché, le réalisateur l’a placé au milieu de comédiens non professionnels qui incarnent souvent des rôles proches de leur existence. Vincent ­Lindon revient sur cette expérience avant de reprendre le chemin du plateau de Toutes sauf une, où il incarne Giacomo Casanova, le séducteur du siècle des Lumières, devant la caméra de Benoît Jacquot.
Après quatre films ensemble, ­ « Mademoiselle Chambon », « Quelques heures de printemps », « La Loi du marché » et maintenant « En guerre », est-ce que vous avez défini un protocole de travail avec Stéphane Brizé ?
Je ne suis pas du tout impliqué dans l’écriture. Après La Loi du marché, il est immédiatement parti tourner Une vie. En en revenant, il hésitait entre une histoire d’amour, une balade entre deux hommes un peu comme Sideways, il avait aussi envie de parler de quelque chose qui le tracassait énormément, ces images du directeur des ressources humaines d’Air France qui tournaient en boucle. En effet, c’est abominable de se faire attaquer comme ça, de se faire arracher sa chemise. Mais Stéphane demandait : « Qu’est-ce qu’on a pu faire à ces hommes, à ces femmes pour qu’ils en arrivent là ? » Il m’en a parlé, a rencontré des syndicalistes, des ouvriers, des avocats, des DRH, des patrons, et pas des moindres. Il a fini par me donner un scénario,...




                        

                        


<article-nb="2018/05/07/19-18">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ De la Chine aux Etats-Unis en passant par le Kenya, cette édition promet un ton politique, moins glamour, qui colle à son époque.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le programme du Festival de Cannes 2018

De la Chine aux Etats-Unis en passant par le Kenya, cette édition promet un ton politique, moins glamour, qui colle à son époque.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h20
   





                        



                                


                            

Sélection officielle
EN COMPÉTITION
3 Visages de Jafar Panahi (Iran). Asako I & II de Ryusuke ­Hamaguchi (Japon). Ayka de Sergey Dvortsevoy (Kazakhstan). BlacKkKlansman de Spike Lee (Etats-Unis). Burning de Lee Chang-Dong (Corée du Sud). Capharnaüm de Nadine ­Labaki (Liban, France). Dogman de Matteo Garrone (Italie, France). En guerre de Stéphane Brizé (France). Everybody Knows (film d’ouverture) d’Asghar Farhadi (Espagne, France, Italie). Heureux comme Lazzaro d’Alice ­Rohrwacher (Italie). Le Livre d’image de Jean-Luc Godard (Suisse, France). Le Poirier sauvage de Nuri Bilge Ceylan (Turquie). Les Eternels de Jia Zhang-Ke (Chine, France, Japon). Les Filles du soleil d’Eva Husson (France). L’Eté de Kirill Serebrennikov (Russie). Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré (France). Un couteau dans le coeur de Yann Gonzalez (France, Mexique). Under the Silver Lake de David Robert Mitchell (Etats-Unis). Une affaire de famille de Kore-Eda Hirokazu (Japon). Yomeddine de A.B. Shawky (Egypte, Etats-Unis, Autriche). Zimna wojna de Pawel ­Pawlikowski (Pologne).
HORS COMPÉTITION
Le Grand Bain de Gilles ­Lellouche (France). L’Homme qui tua Don Quichotte (film de clôture) de Terry Gilliam (Espagne, Royaume-Uni, France, ­Portugal).  Solo : A Star Wars Story de Ron Howard (Etats-Unis). The...




                        

                        


<article-nb="2018/05/07/19-19">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ La barre du milliard de dollars pourrait être franchie lors de la vente opérée par Christie’s qui se tient à New York de 8 au 10 mai.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 06/05/2018
Découvrir l’application


                        

Un Picasso et des cygnes en bois, à la vente du siècle de David et Peggy Rockefeller

La barre du milliard de dollars pourrait être franchie lors de la vente opérée par Christie’s qui se tient à New York de 8 au 10 mai.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 11h07
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


Si 2017 fut pour Christie’s l’année d’une œuvre, un Christ rédempteur (Salvator Mundi) de Léonard de Vinci, acquise pour 450 millions de dollars (376 millions d’euros) par le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman, 2018 sera celle d’une col­lection : les 1 562 lots ayant ap­partenu à David Rockefeller – petit-fils du magnat du pétrole John Rockefeller (1839-1937) et ancien président de la Chase Manhattan Bank, mort en mars 2017 à l’âge de 101 ans – et son épouse, Peggy McGrath (1915-1996).
La barre du milliard de dollars pourrait êtrefranchie lors de la vente qui se tient à New York du mardi 8 mai au jeudi 10 mai. En tout cas, la maison détenue par François Pinault, qui a fait le déplacement à New York,a garanti 650 millions de dollars. Elle avait emporté le marché face à sa rivale Sotheby’s lors d’une négociation conclue avant la mort de David Rockefeller. Les fonds iront financer une douzaine de fondations caritatives des deux défunts.
Un inventaire à la Prévert
Les collectionneurs de la planète ont les yeux rivés sur les pièces exceptionnelles de la vente, toutes évaluées à plus de 70 millions d’euros. Un Nymphéas en fleur (1914-1917), de Monet, particulièrement lumineux, qui ornait l’escalier monumental de la résidence des Rockefeller dans la vallée de l’Hudson, au nord de New York ; une Odalisque couchée aux magnolias (1923), de Matisse, naguère accrochée dans le salon. Et surtout la Fillette à la corbeille fleurie (1905), de Picasso, restée depuis cinquante ans isolée des regards dans la demeure privée de David Rockefeller à Manhattanet cotée plus de 100 millions de dollars.
Et, pourtant, la dispersion de la collection n’est pas des plus faciles. Pour vendre le Vinci, « l’objectif était d’amener quelques acheteurs très importants à la vente », explique Marc Porter, patron de Christie’s aux Etats-Unis. Alors que, « pour la vente Rockefeller, la mission est très différente : elle consiste à faire participer des milliers de collectionneurs à la vente et sur Internet pour acheter des milliers d’objets ». Car la collection Rockefeller ressemble en dépit de ses chefs-d’œuvre, si l’on ose dire, à un inventaire à la Prévert. Une multitude d’objets et d’œuvres qui reflètent l’éclectisme de David et Peggy Rockefeller.
Services de porcelaine et appeaux des chasseurs américains
Ainsi, il va falloir disperser soixante-sept services de porcelaine, dont le plus célèbre est un service de Sèvres emporté par Napoléon Bonaparte à l’île d’Elbe, ou encore ces oiseaux sculptés en bois qui servaient d’appeaux aux Amérindiens puis aux chasseurs américains. Ils ont plus de valeur quand ils ont pris de la ­chevrotine, apprend-on, devant un cygne blanc de John Haynes Williams évalué entre 100 000 et 150 000 dollars.
Ces objets sont prisés par les collectionneurs américains et leur mise en valeur sur le site numérique de Christie’s – qui permet de regarder le canard en bois ou le ­Picasso – est censée attirer les publics les plus divers. L’art français sera dispersé le mardi, l’américain le lendemain, tandis que les enchères sur Internet s’étaleront jusqu’au 11 mai.

   


Pour faire la vente, il a fallu faire travailler tous les services de Christie’s et raconter une histoire autour des Rockefeller. La maison a organisé depuis l’automne 2017 une exposition itinérante, de Hongkong à Shanghaï et Pékin, en passant par Paris, Londres et Los Angeles. Les conservateurs ont plongé avec la famille dans les archives des Rockefeller pour conter à chaque pays sa relation édifiante et parfois oubliée à la dynastie.
Pour les Chinois, qui représentent avec les Asiatiques un tiers du marché de l’art,Christie’s a mis en avant une école de médecine fondée à Pékin au début du XXe siècle. Pour les Français, la restauration de Versailles et de la cathédrale à Reims après la première guerre mondiale, les impressionnistes ainsi que le souvenir de la collectionneuse Gertrude Stein, qui ­acquit la Fillette à la corbeille fleurie, de Picasso, en 1905.
Une vidéo des enfants
Aux Britanniques, on a rappelé que la London School of Eco­nomics avait été largement financée par un ancien élève nommé David Rockefeller, qui y rencontra d’ailleurs un certain John Fitzgerald Kennedy. Aux Américains, l’art américain, la restauration historique dans les années 1930 de la ville coloniale de Williamsburg, en Virginie, et les dons d’immenses territoires qui permirent de créer les grands parcs nationaux.
Communication extrêmement bien faite, sans un mot naturellement sur les polémiques que suscita l’empire pétrolier Rockefeller, la Standard Oil, construit avec brutalité au XIXe siècle, démantelé en trente-quatre compagnies en 1914 pour abus de monopole et marqué par le massacre de Ludlow (Colorado) en 1914, lorsque quinze femmes et enfants furent brûlés vifs au cours d’affrontements ­entre les grévistes d’une mine de charbon et la garde nationale.
Communication extrêmement bien faite, sans un mot naturellement sur les polémiques que suscita l’empire pétrolier Rockefeller
Non, l’histoire commence lorsque, fortune faite, les Rockefeller devinrent des philanthropes, ­protecteurs des arts avec la ­création du Museum of Modern Art (MoMA) dans les années 1930. Le couple semble proche aux ­visiteurs grâce au récit fait par ses enfants dans une vidéo présentée au public.
Les héritiers n’ont le droit de conserver qu’une œuvre à moins de 1 million de dollars. Une des filles de David Rockefeller aurait bien opté pour celle – peinte pour sa grand-mère et donnée en cadeau de mariage à son père – de Diego Rivera. Las, la cote du tableau s’est envolée entre 5 millions et 7 millions de dollars.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/07/19-20">
<filnamedate="20180507"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180507"><AAMMJJHH="2018050719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Plus jeune, le romancier s’est essayé à la BD puis à la scène, avant de se lancer dans la littérature. Auteur politique sans être engagé, son dixième roman, qui paraît, raconte les Black Panthers.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 06/05/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Michaël Mention : « Je n’écris pas à la colère »

Plus jeune, le romancier s’est essayé à la BD puis à la scène, avant de se lancer dans la littérature. Auteur politique sans être engagé, son dixième roman, qui paraît, raconte les Black Panthers.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 06h58
    |

            Abel Mestre








                        



                                


                            

Le rendez-vous est surprenant. Pour que Michaël Mention nous donne son nouvel ouvrage, le dixième, Power, il a fallu le retrouver sur son lieu de travail, à la caisse d’une grande surface culturelle parisienne, en plein Quartier latin. En ce matin d’hiver balayé par le froid, il n’y a pas foule devant le petit caisson où se trouve l’auteur de 38 ans. Il nous passe l’ouvrage, dans un sac en papier, et reprend son travail.
Quelques semaines plus tard, on le retrouve devant un café allongé, et la conversation s’engage sur cette activité salariée à laquelle il est toujours contraint, dix ans après avoir commencé à publier. « Je suis conscient que j’écris sur des thèmes qui ne vont pas intéresser tous les gens. A la caisse, je vois ce qui marche. En général, ce sont des thrillers sanguinolents », sourit-il timidement.
Des thrillers sanguinolents, on n’en trouve donc pas dans la bibliographie de cet auteur caméléon qui change pourtant constamment de thème et d’univers. Il a ainsi pu écrire sur le milieu de la télévision (Le Carnaval des hyènes, Ombres noires, 2015) ; sur le football (Jeudi noir, Ombres noires, 2014) ; sur le poète Lacenaire et le Paris du XIXe siècle (La Voix secrète, 10/18, 2017) ; sur l’Angleterre (Sale temps pour le pays, Adieu demain,… Et justice pour tous, Rivages 2012, 2014, 2015). Et, aujourd’hui, avec Power, sur l’histoire du Black Panther Party (BPP), premier livre qui inaugure le label « Stéphane Marsan », sous lequel les éditions Bragelonne vont publier de la littérature générale. « Quand tu fais le choix d’écrire sur ces sujets, tu sais que tu n’en vivras pas forcément. Tu es obligé de te laisser une certaine liberté », complète-t-il.
Rythme de stakhanoviste
Alors, « pour être libre », Michaël Mention se soumet à un rythme de stakhanoviste. Sa journée est millimétrée. Il écrit le midi sur son heure de pause,...




                        

                        

