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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont dûs au tourisme, selon une étude prenant en compte transport, alimentation, hébergement et achats des voyageurs.
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Le tourisme fait s’envoler le réchauffement planétaire

8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont dûs au tourisme, selon une étude prenant en compte transport, alimentation, hébergement et achats des voyageurs.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 18h26
    |

            Pierre Le Hir








                        



   


En 2017, le tourisme international a progressé de 7 %, soit « le meilleur résultat jamais atteint depuis sept ans », se félicitait au début de l’année l’Organisation mondiale du tourisme, qui prévoyait pour 2018 une nouvelle hausse de 4 % à 5 %. Mais l’institution onusienne ne disait rien du revers de ces déplacements en masse : leur impact environnemental, à commencer par leur contribution au réchauffement planétaire.
Or, une étude de chercheurs australiens, chinois et indonésien, publiée lundi 7 mai dans la revue Nature Climate Change, révèle que « l’empreinte carbone » du tourisme mondial est considérable. Selon leurs calculs, cette activité est responsable d’environ 8 % du total des émissions de gaz à effet de serre de l’humanité. Un pourcentage trois fois supérieur aux évaluations antérieures, qui se situaient dans une fourchette de 2,5 % à 3 %. A titre de comparaison, le transport maritime représente 3 % des émissions mondiales de CO2.
Pour parvenir à ce résultat, Manfred Lenzen (Université de Sidney en Australie) et ses collègues ont compilé les données sur les flux touristiques entre 160 pays, sur la période 2009-2013. L’originalité de leur approche est d’avoir comptabilisé non seulement les émissions directement associées aux transports (comme la combustion du kérosène des avions et de l’essence ou du diesel des voitures), mais aussi celles liées aux biens et aux services consommés par les voyageurs, qu’il s’agisse de restauration, d’hôtellerie ou d’achats divers.
En additionnant tous ces postes, les chercheurs estiment que les émissions mondiales imputables au secteur touristique sont passées de 3,9 milliards de tonnes équivalent CO2, en 2009, à 4,5 milliards de tonnes, en 2013. Il faut préciser que ces chiffres incluent les déplacements professionnels, qui ne sont pas distingués des autres dans cette étude.
Contrepartie aux retombées économiques
Plus que les voyages internationaux, ce sont les trajets et les séjours domestiques qui sont la source de la plus grande partie des rejets carbonés. Sans surprise, les Américains pèsent le plus fortement sur ce bilan, puisqu’ils sont à l’origine d’environ un quart des « émissions touristiques ». Ils sont suivis des Chinois, dont les classes émergentes sont de plus en plus voyageuses. Arrivent ensuite, dans le « top 10 » des pays émetteurs, l’Allemagne, l’Inde, le Mexique, le Brésil, le Canada, le Japon, la Russie et le Royaume-Uni.
Les auteurs attirent l’attention sur la situation des Etats insulaires, comme les Maldives, les Seychelles, la République de Maurice ou la République de Chypre, qui constituent des destinations exotiques très prisées des vacanciers et où le tourisme de masse génère « de 30 % à 80 % » des émissions nationales de CO2. Une contrepartie chèrement payée aux retombées économiques de l’afflux de visiteurs.
Jusqu’à présent, soulignent les chercheurs, les efforts de réduction de l’empreinte carbone du secteur touristique n’ont pas suffi à inverser la courbe. Le transport aérien est en première ligne. Certes, en octobre 2016, les 192 pays membres de l’Organisation de l’aviation civile internationale se sont engagés à plafonner les émissions de cette activité – non couverte par l’accord de Paris sur le climat – à leur niveau de 2020, jusqu’en 2035. Mais à moyen terme, la croissance continue du tourisme mondial, poussée par l’élévation du niveau de vie des pays émergents, laisse présager une aggravation de son impact environnemental.
« Nous prévoyons que le tourisme va constituer une part croissante des émissions de gaz à effet de serre », préviennent les auteurs. Pour inciter les candidats au dépaysement à voyager moins, ou moins loin, la seule solution sera peut-être, suggèrent-ils, de mettre en place une taxation du carbone renchérissant le coût des déplacements. De quoi refroidir les touristes, pour ne pas réchauffer davantage le climat.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Un an après son élection, le chef de l’Etat a fait du climat une arme diplomatique, mais il n’a pas impulsé de changements profonds à l’échelle de la France
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Macron : sur l’environnement, une parole forte, mais des gestes faibles

Un an après son élection, le chef de l’Etat a fait du climat une arme diplomatique, mais il n’a pas impulsé de changements profonds à l’échelle de la France



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 13h12
    |

                            Service planète








                        



                                


                            

En convainquant Nicolas Hulot, icône de l’environnement, d’entrer au gouvernement, en hissant le ministre de la transition écologique et solidaire au deuxième rang dans l’ordre protocolaire gouvernemental, Emmanuel Macron avait d’emblée placé l’écologie en tête des priorités de la France. Une surprise, tant la campagne du candidat d’En marche ! avait accordé une maigre place à ce dossier. Un an après son accession à l’Elysée, le bilan est plus que mitigé. L’action du chef l’Etat se résume à des prises de paroles extrêmement fortes, notamment sur le climat, accompagnées de politiques timides, voire symboliques. « Le gouvernement tient de beaux discours. Mais son but suprême, c’est le développement du commerce international, pas la défense et la préservation de notre environnement », analyse le philosophe Dominique Bourg, spécialiste de l’écologie.
Sitôt Nicolas Hulot nommé, le doute s’est installé quant à la pérennité du ministre de la transition écologique et solidaire et à sa capacité à peser sur les choix du gouvernement, à changer un modèle économique au regard des impératifs climatiques et environnementaux. Combien de temps le novice allait-il tenir ? Les premières décisions de l’exécutif ont fixé immédiatement les limites de la marge de manœuvre de Nicolas Hulot.
Recul de la baisse du nucléaire dans le mix énergétique, affaiblissement de la définition des perturbateurs endocriniens, interdiction limitée du glyphosate, influence très limitée dans les états généraux de l’alimentation : l’emblème de l’écologie n’a pas réussi à gagner ces arbitrages gouvernementaux. Contraint de composer, le ministre s’est donné « un an » pour juger de l’utilité de son action. Mais à ses premiers pas politiques difficiles s’est ajouté un épisode plus personnel, qui l’a considérablement affaibli : des rumeurs de harcèlement sexuel et de viol publiées dans feu le magazine Ebdo. Nicolas Hulot s’est effacé, réduisant au maximum ses interventions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Pour promouvoir la collecte citoyenne des détritus via les réseaux sociaux, le « selfie déchet » s’est avéré plus efficace que de longs discours. Les opérations se multiplient dans le monde.
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Encourager le nettoyage citoyen via le « selfie déchet »


                      Pour promouvoir la collecte citoyenne des détritus via les réseaux sociaux, le « selfie déchet » s’est avéré plus efficace que de longs discours. Les opérations se multiplient dans le monde.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 10h59
    |

                            Nicolas Santolaria








   


Aujourd’hui, il existe peu de choses aussi valorisantes que de se prendre en photo avec un déchet et de partager ce cliché sur les réseaux sociaux. « Au début, je postais des images de mes sorties running qui ne provoquaient pas vraiment d’enthousiasme. Un jour, je ne sais pas pourquoi, j’ai ramassé un paquet de cigarettes et j’ai fait un selfie avec. Là, à ma grande surprise, ça a suscité des dizaines de réactions », se rappelle Nicolas Lemonnier, un ostéopathe nantais qui, en janvier 2016, a lancé le groupe Facebook Run Eco Team, devenu depuis une association. Objectif : promouvoir la collecte des déchets en parallèle de la pratique sportive. En six mois, 1 200 personnes, issues de vingt pays différents, rejoignent le groupe, partageant une même préoccupation pour le devenir-poubelle de l’environnement.
« Mark Zuckerberg m’a confié qu’il ramassait lui aussi les déchets en courant, mais qu’il ne voulait pas s’afficher, pour ne pas cannibaliser notre opération. » Nicolas Lemonnier, fondateur de Run Eco Team
« Le 14 juillet 2016, je reçois un coup de fil d’une personne de Facebook qui me dit que Mark Zuckerberg est très intéressé par mon initiative. J’ai d’abord cru à un canular », se souvient Nicolas Lemonnier. Après plusieurs échanges de courriels avec le patron de Facebook, il est finalement invité au siège du réseau social, à San Francisco. La plate-forme américaine réalise alors un petit film sur Run Eco Team qui, une fois mis en ligne, fait passer les adhésions de 1 500 à 14 000, en tout juste quarante-huit heures. « Mark Zuckerberg m’a confié qu’il ramassait lui aussi les déchets en courant, mais qu’il ne voulait pas s’afficher, pour ne pas cannibaliser notre opération », raconte Nicolas Lemonnier, visiblement conquis. Aujourd’hui, Run Eco Team compte 50 000 membres dans 104 pays et récolterait 20 tonnes de détritus chaque semaine.

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Pour favoriser son action, l’association a développé une application de running intégrant un compteur de déchets qui évalue, in fine, la propreté du parcours. « Mon but, c’est maintenant de faire un run écologique avec Emmanuel Macron », confie Nicolas Lemonnier.
Opération #1déchetparjour
A Marseille, l’opération #1déchetparjour/#1pieceofrubbish, initiée par le Britannique Eddie Platt, surfe, elle aussi, sur cette viralité positive, invitant à poster un selfie à chaque ramassage, puis à désigner cinq amis pour relever le défi du nettoyage citoyen.
Autre continent, même combat : constatant la gestion catastrophique des ordures en Guinée, l’activiste environnementale Fatoumata Chérif a imaginé l’opération #selfiedéchets. Au travers d’images qui empruntent autant à l’art de l’autoportrait qu’à celui de la nature morte, cette mise en lumière de l’insalubrité dans les rues de Conakry a permis de faire bouger les pouvoirs publics. « Faire des #selfiedéchets attire l’attention des citoyens sur l’état de pollution généralisée de notre ville, qui était jadis appelée “la perle de l’Afrique de l’Ouest”, se réjouit Fatoumata Chérif. C’est un moyen d’alerter les autorités, mais aussi de sensibiliser et de mobiliser des citoyens afin qu’ils adoptent de bonnes pratiques au quotidien. Le selfie atteste l’authenticité de l’image puisqu’il justifie de la présence de l’auteur de la photo sur les lieux au moment des faits. Ma plus grande satisfaction est d’avoir pu faire en sorte que d’autres jeunes s’approprient le concept. »

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Participant d’une esthétique de la mobilisation, le selfie déchets s’inscrit en réaction à une vision instagramisée de l’existence où, au lieu d’utiliser des filtres pour rendre son quotidien plus graphique, on le montre dans sa naturalité brute, souillée. Une fois passé le choc des photos, on se dit que la vie serait incontestablement plus belle si elle ne rimait plus avec poubelle.



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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Face aux déchets, prenez-vous le problème à la source, êtes-vous le roi du recyclage ou un adepte du « plogging » ?
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Quel écocitoyen êtes-vous ?


                      Face aux déchets, prenez-vous le problème à la source, êtes-vous le roi du recyclage ou un adepte du « plogging » ?



Le Monde
 |    07.05.2018 à 10h54
    |

                            Nicolas Santolaria








   


Le maxi-minimaliste
Envisageant le discours sur le recyclage comme un miroir aux alouettes, vous avez décidé d’éliminer le problème à sa source, quand le déchet n’est encore qu’un simple bien de consommation qui vous fait de l’œil. En conséquence, vous n’achetez plus rien de neuf, ou presque, et prenez un plaisir inouï à redonner un lustre aux vieilles choses qui encombrent les brocantes. Votre dernière acquisition : une lampe à huile.

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Le « Bocuse du déchet »
Voir jeter des cordons bleus, sous prétexte que leur date de péremption est tout juste dépassée, heurte vos convictions de « déchetarien ». Ennemi déclaré du gaspillage alimentaire, vous avez fait des poubelles de supermarché votre garde-manger et êtes passé maître dans le fait d’accommoder la laitue défraîchie et les tomates molles.

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Le joggeur ganté
Depuis quelque temps, vous aviez le sentiment étrange que le décor de vos sorties running ressemblait de plus en plus à une décharge publique. Après avoir vu passer sur Twitter le hashtag #1déchetparjour, vous avez investi dans une paire de gants et ramassez désormais tout ce qui vous tombe sous la main. Vous avez maintenant des quadriceps en béton et la conscience tranquille.

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L’éboueur sartrien
Le déchet est pour vous une source inépuisable de méditation. Récemment, vous vous êtes plongé dans l’ouvrage passionnant de David Wahl : Le Sale Discours. Géographie des déchets pour tenter de distinguer au mieux ce qui est propre de ce qui ne l’est pas (Premier Parallèle, 84 p., 10 €). Votre conviction profonde : l’obsession du déchet est un hygiénisme moral, et le sale est plus propre qu’on ne le pense.

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Le philanthrope du sac-poubelle
Adepte d’un nouveau type de luxe, vous attendez avec impatience la sortie du parfum I Am Trash, les fleurs du déchet (Etat Libre d’Orange), composé à base de détritus organiques. Depuis que réhabiliter la planète est devenu une activité désirable, vous avez rejoint la cohorte des mécènes écoresponsables, tel le riche Norvégien Kjell Inge Rokke, qui veut consacrer la majeure partie de sa fortune au nettoyage des océans. De votre côté, vous financez le projet Ocean Cleanup, du jeune Boyan Slat, qui ambitionne ainsi de récupérer les déchets plastiques du Pacifique à l’aide de gigantesques pièges dérivants. Votre futur yacht sera un camion poubelle des mers.



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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Le robinet ne coule que quelques heures par jour dans des villes qui accueilleront un demi-milliard d’habitants d’ici à 2050. Une émeute a fait deux morts en mars.
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Les habitants des villes indiennes souffrent d’un piètre approvisionnement en eau

Le robinet ne coule que quelques heures par jour dans des villes qui accueilleront un demi-milliard d’habitants d’ici à 2050. Une émeute a fait deux morts en mars.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 10h39
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



                                


                            

Les camions-citernes font désormais partie du paysage urbain indien. Chaque jour, ils transportent des millions de litres d’eau des campagnes vers les quartiers asséchés des villes. Parfois, la distribution tourne à l’émeute. Deux habitants sont morts en mars dans un quartier pauvre de New Delhi lors d’une dispute qui a éclaté au moment du remplissage des bidons. La pénurie en eau coûte des vies humaines et de précieuses heures de travail ou de scolarisation lorsque des enfants sont chargés de la collecter. L’absence d’infrastructures d’assainissement et la mauvaise qualité de l’eau menacent aussi la santé des habitants.
Dans les villes indiennes, qui accueilleront 500 millions d’habitants d’ici à 2050, la distribution d’eau au robinet n’est assurée que quelques heures par jour. Les habitants les plus chanceux ont alors recours à des pompes pour stocker l’eau souterraine dans des réservoirs posés sur les toits. Ils ont aussi besoin de s’équiper de filtres car les nappes phréatiques sont contaminées par les substances toxiques, qui pénètrent les sols à partir des déchetteries à ciel ouvert.

En 2015, le gouvernement a lancé le chantier de rénovation des réseaux urbains de distribution d’eau et d’assainissement à travers le programme Amrut, doté de 6 milliards d’euros et destiné à améliorer les infrastructures des villes. Il est complété par le chantier d’aménagement de 108 « villes intelligentes. » Pour Vishwanath Srikantaiah, un expert indien des questions d’eau, « la clé du problème réside dans une meilleure gouvernance », notamment la recharge des aquifères ou la construction d’usines de traitement des eaux usées. Certaines municipalités ont délégué la gestion de cette ressource à des entreprises, en faisant valoir que l’augmentation de son prix obligerait les utilisateurs à l’économiser, tout en améliorant sa qualité et le réseau de distribution.
Mais de nombreux experts indiens sont sceptiques. L’approvisionnement dépend...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Dès 2016, un rapport commandé par le gouvernement sur la réforme de la politique de l’eau avait mis en garde contre une catastrophe à venir.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/05/2018
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L’Inde menacée par l’épuisement de ses nappes phréatiques

Dès 2016, un rapport commandé par le gouvernement sur la réforme de la politique de l’eau avait mis en garde contre une catastrophe à venir.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 10h33
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



                                


                            

La pénurie d’eau alimente la colère en Inde. Samedi 5 mai dans le Karnataka, des paysans souffrant de la sécheresse ont manifesté contre la libération d’une partie du débit du fleuve Cauvery vers le Tamil Nadu voisin. A New Delhi, le Parti du peuple indien (BJP), qui siège dans l’opposition à l’assemblée régionale, a organisé une manifestation, vendredi 4 mai, pour alerter sur le danger de la « crise de l’eau » en pointant sa pénurie et sa piètre qualité.
« Des gens meurent et pourtant vous n’avez pas l’air de vous en inquiéter », ont récemment lancé les juges de la Cour suprême aux représentants des Etats de l’Haryana et de Delhi, qui se disputent le partage du débit du fleuve Yamuna, leur enjoignant de s’entendre pour éviter les émeutes. La rareté de la ressource est à l’origine d’un nombre croissant de conflits : émeutes meurtrières à Delhi en 2016, tension diplomatique avec les voisins chinois ou pakistanais, marche de dizaines de milliers d’agriculteurs sur Bombay en mars. Le Forum for Policy Dialogue on Water Conflicts in India en a dénombré au moins 350 dans tout le pays.
Elle exacerbe également les tensions entre agriculteurs et industriels, entre populations rurales et urbaines ou même entre basses castes et propriétaires terriens. Dès 2016, un rapport commandé par le gouvernement sur la réforme de la politique de l’eau avait mis en garde contre une catastrophe à venir. « Les conflits entre les différents usages de l’eau et leurs consommateurs augmentent de jour en jour, alertaient les auteurs. Si la demande continue au même rythme, alors la moitié de la demande en eau ne sera pas satisfaite d’ici à 2030. »
L’origine de cette crise est pourtant parfaitement identifiée : l’épuisement des nappes phréatiques. « Contrairement à la pollution des rivières ou à l’assèchement des bassins, cet épuisement est invisible et attire donc moins l’attention des médias et des politiques », déplore Philippe Cullet,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Douze experts prônent l’utilisation des techniques de géoingénierie pour tenter d’enrayer la hausse des températures, qui touche en premier lieu les pays du Sud. Des projets extrêmement périlleux.
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Des chercheurs de pays du Sud veulent voiler le Soleil

Douze experts prônent l’utilisation des techniques de géoingénierie pour tenter d’enrayer la hausse des températures, qui touche en premier lieu les pays du Sud. Des projets extrêmement périlleux.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 11h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Rapport d’étonnement. Voici venu le temps des « dilemmes lamentables ». L’humanité y est désormais acculée pour s’opposer au changement climatique. Douze chercheurs réputés des pays du Sud, dont un physicien du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évo­lution du climat (GIEC), nous en préviennent dans un ­article retentissant publié dans Nature le 3 avril.
Ils y font ce constat aussi effrayant qu’injuste : « Les gens du Sud sont en première ligne sur le front climatique. » La liste des calamités qu’ils subissent suit : « Tandis que les températures montent, le GIEC prévoit une érosion des petits Etats insulaires, une baisse de la production alimentaire dans de nombreuses régions d’Asie, un stress ­hydrique en Afrique, et une perte importante de la ­biodiversité en Amérique du Sud. »
Ces chercheurs avertissent : « Il y a une limite à ce que les populations menacées (…) peuvent endurer. » Pour elles, la situation a assez duré. Elles ne veulent plus que ce soit les pays du Nord, épargnés par ces fléaux alors qu’ils en sont en grande partie responsables, qui décident de la politique climatique globale et des recherches à mener. Elles n’ont plus confiance.
S’appuyant sur la dernière mise à jour du consortium d’organisations scientifiques Climate Action Tracker, les douze chercheurs assurent que « les réductions d’émissions de gaz à effet de serre ­convenues lors de l’accord de Paris [décembre 2015] ne sont pas suffisantes, et porteront le monde à une hausse des températures de 3 °C d’ici à 2100 ». Ce qui sera dévastateur pour le Sud. Dans ce contexte dramatique, ­l’atténuation rapide du changement climatique devient « cruciale » et l’adaptation, « essentielle » : il faut réfléchir à des solutions de « géoingénierie solaire », c’est-à-dire les techniques globales, agissant à très grande échelle, ­capables de modifier efficacement le système...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Les mauvaises performances de la société de fabrication de panneaux solaires, acquise en 2016 pour deux milliards de dollars par la firme d’Elon Musk, pèsent sur cette dernière, déjà fortement endettée.
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Le rachat de SolarCity par Tesla ne convainc pas

Les mauvaises performances de la société de fabrication de panneaux solaires, acquise en 2016 pour deux milliards de dollars par la firme d’Elon Musk, pèsent sur cette dernière, déjà fortement endettée.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 10h25
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

L’opération avait laissé perplexe. Un an et demi après, le rachat de SolarCity par Tesla pour 2 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros) peine toujours à convaincre. Et il complique un peu plus la situation financière du fabricant américain de voitures électriques, qui s’est déjà fortement endetté pour financer son développement.

Fondée en 2006 par Lyndon et Peter Rive, deux cousins d’Elon Musk, la société SolarCity commercialise des panneaux solaires à installer sur le toit d’une habitation ou d’une entreprise afin d’alimenter sa consommation électrique. En 2016, ses pertes s’élevaient à 800 millions de dollars, sa dette avoisinait les 3 milliards et ses caisses étaient presque vides.
L’idée de M. Musk était de proposer une solution intégrée à ses clients, en combinant les panneaux solaires de SolarCity avec la gamme de batteries Tesla Energy pouvant stocker l’électricité produite. « La plupart de nos clients sont intéressés par le solaire », assurait-il, estimant que ce rachat était « une évidence ».

Changement de modèle de distribution
Depuis l’acquisition, le marché de l’installation de panneaux solaires a flanché aux Etats-Unis. Après une croissance annuelle moyenne de 50 % entre 2010 et 2016, il a reculé de 16 % en 2017, selon les estimations du cabinet GTM Research. La chute de SolarCity est encore plus marquée (- 38 %). La société a perdu sa place de numéro un américain du secteur. Mais Tesla mise sur un retour de la croissance cette année.
Les mauvaises performances de SolarCity s’expliquent également par un changement de modèle de distribution. L’entreprise a abandonné les locations de longue durée négociées au porte-à-porte par des commerciaux. Ses panneaux solaires sont désormais vendus dans les concessions de sa maison mère et dans des magasins de bricolage. Tesla espère ainsi assainir les finances de SolarCity.
Cependant, les ennuis perdurent. Fin mars, un juge de l’Etat...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Les magasins de circuit court où chacun peut devenir l’acteur de sa propre consommation gagnent peu à peu les villes moyennes, constate notre chroniqueur Frédéric Potet.
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« Des dizaines de supermarchés autogérés en projet dans des villes moyennes »

Les magasins de circuit court où chacun peut devenir l’acteur de sa propre consommation gagnent peu à peu les villes moyennes, constate notre chroniqueur Frédéric Potet.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
06.05.2018 à 15h40
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            
Chronique. Manger plus sainement. Favoriser les filières courtes. Encourager le commerce équitable. Donner du sens à nos actes d’achat… Si les comportements changent depuis plusieurs années dans notre relation à la consommation, un chaînon essentiel fait encore défaut : un lieu de vente extérieur à la grande distribution, où l’on pourrait trouver tout aussi bien des denrées alimentaires que des produits d’hygiène et d’entretien respectueux de l’environnement ; un lieu où chaque client déciderait du choix et de l’origine des articles en rayon ; un lieu dépourvu de marchandises industrielles et de gondoles tentatrices, où chacun, finalement, pourrait devenir l’acteur de sa propre consommation.
Pour pouvoir y faire ses courses, chaque client est obligé d’en devenir adhérent, et d’y travailler bénévolement à raison de trois heures par mois, cela afin de réduire le prix de vente des articles
Ce type de lieu existe, depuis peu, sous le nom de « supermarché coopératif et participatif ». Le premier à avoir ouvert ses portes, en France, est La Louve, dans le 18e arrondissement de Paris. Inspiré du Park Slope Food Coop, une coopérative pionnière installée à Brooklyn depuis les années 1970, ce magasin d’un genre nouveau fonctionne selon un principe immuable : pour pouvoir y faire ses courses, chaque client est obligé d’en devenir adhérent, et d’y travailler bénévolement à raison de trois heures par mois, cela afin de réduire le prix de vente des articles.
Dans la foulée de La Louve, dont la formule définitive a été inaugurée en novembre 2017, une petite dizaine de supermarchés coopératifs et participatifs affichent aujourd’hui leurs différences, à travers des appellations librement choisies : SuperQuinquin à Lille, La Chouette à Toulouse, La Cagette à Montpellier, Scopéli à Nantes, Supercoop à Bordeaux…
Des marques exclues de fait
Le phénomène ne touche pas seulement les grandes agglomérations. Des projets autogérés du même type...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Un séisme de magnitude 6,9 a frappé l’archipel, vendredi, à l’endroit même où s’est produite une éruption volcanique la veille.
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Séisme sur les flancs d’un volcan en éruption à Hawaï

Un séisme de magnitude 6,9 a frappé l’archipel, vendredi, à l’endroit même où s’est produite une éruption volcanique la veille.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 03h10
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 14h39
   





                        



Un tremblement de terre de magnitude 6,9 a frappé samedi 5 mai l’archipel d’Hawaï sur les flancs du volcan Kilauea, dont l’entrée en éruption la veille a provoqué coulées de lave, nuages de cendres rosées et, plus problématiques, émanations toxiques.
Le séisme s’est produit à 12 h 32 (heure locale) à une profondeur de 5 km, et à 16 km au sud-ouest de Leilani Estates, une des localités où les autorités se sont mobilisées pour tenir des centaines d’habitants à l’écart du volcan Kilauea, l’un des plus actifs au monde. Les autorités ont prévenu que l’activité sismique allait se poursuivre.
Selon l’agence américaine de géologie et sismologie, l’USGS, le tremblement de terre a eu lieu « quasiment exactement au même endroit que le séisme mortel de 1975, d’une magnitude de 7,1 », qui avait fait deux morts et 28 blessés sur l’île d’Hawaï, la plus grande de l’archipel américain situé dans le Pacifique.

   


Etat d’urgence
Le gouverneur d’Hawaï, David Ige, a décrété l’état d’urgence pour pouvoir débloquer des moyens supplémentaires. Comme lors de précédentes éruptions, les médias locaux diffusaient des images d’une lave incandescente gagnant lentement du terrain dans des zones dont l’accès était bloqué par les forces de l’ordre ou bouillonnant hors d’une fissure formée dans une forêt.
Aucune victime n’a été signalée mais plusieurs habitations ont été détruites, selon les autorités. « Des fontaines volcaniques actives se produisent dans le quartier Leilani Estates en ce moment. Tous les habitants ont l’ordre d’évacuer immédiatement », avait écrit vers 3 heures cette nuit l’Agence de protection civile du comté d’Hawaï sur Twitter.

   


Quelques heures plus tôt, elle avait prévenu que les pompiers avaient relevé des « niveaux extrêmement élevés de dioxyde de soufre, un gaz dangereux, dans la zone d’évacuation ».
Quelque 770 bâtiments et 1 700 personnes sont sous le coup d’évacuations obligatoires à Leilani Estates, a tweeté le gouverneur. Le quartier de Lanipuna Gardens est également sous le coup d’une évacuation obligatoire. Près de 10 000 personnes vivent dans la région.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Le volcan a projeté de la lave dans une zone résidentielle de la Grande Ile, à Hawaï. Les autorités ont déclaré l’état d’urgence.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ La députée LRM de la Nièvre, Perrine Goulet, avait émis cette proposition dans le cadre d’une commission d’enquête sur la sûreté de ces installations.
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Greenpeace porte plainte contre une députée qui a suggéré de « tirer » sur les intrus dans les centrales nucléaires

La députée LRM de la Nièvre, Perrine Goulet, avait émis cette proposition dans le cadre d’une commission d’enquête sur la sûreté de ces installations.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 17h25
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 17h36
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

L’intervention de la députée (LRM) de la première circonscription de la Nièvre, Perrine Goulet, le 22 mars, avait glacé le sang des militants de Greenpeace France. Membre de la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires qui auditionnait, ce jour-là, le ministre de l’intérieur Gérard Collomb, la parlementaire avait suggéré de « tirer » en cas d’intrusion dans une centrale nucléaire.
Alors que plusieurs de ses activistes se sont introduits, à l’automne 2017, dans l’enceinte deux centrales nucléaires afin, explique Greenpeace, de « démontrer l’extrême vulnérabilité des piscines d’entreposage de combustible usagé, hautement radioactif, face aux risques d’attaques extérieures », l’organisation écologiste a déposé, le 25 avril, une plainte avec constitution de parties civiles contre Mme Goulet pour « provocations à un crime et à un délit non suivis d’effet » au tribunal de grande instance de Paris.
Lors de l’audition du 22 mars, retransmise en directe sur le portail vidéo de l’Assemblée nationale, Gérard Collomb avait souligné que les ONG, et en particulier Greenpeace, prennent « la précaution d’afficher leur nom de loin sur les banderoles, ce qui, évidemment, ne suscite par le même type de réaction que si quelqu’un d’inconnu venait pénétrer » dans des sites sensibles. Députée LRM de la Somme et rapporteure de la commission, Barbara Pompili, avait alors objecté : « A ce moment-là, le bon petit terroriste va prendre la banderole Greenpeace », inspirant ainsi Mme Goulet.
« Tirer dans les jambes »
« Pourquoi nous ne ferions pas un peu comme aux Etats-Unis ? Avec une sécurisation par miradors et possibilité, effectivement, de ne pas se poser de questions, et quand il y a une intrusion, de tirer ?, avait interrogé cette dernière. Je pense qu’à un moment il va falloir ne plus distinguer, puisque c’est un délit de rentrer sur une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Long de 144 mètres et large de 30 mètres, le projet du géant russe Rosatom, est destiné à produire de l’électricité et de la chaleur grâce à ses deux réacteurs.
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La première centrale nucléaire flottante du monde en route pour la Sibérie

Long de 144 mètres et large de 30 mètres, le projet du géant russe Rosatom, est destiné à produire de l’électricité et de la chaleur grâce à ses deux réacteurs.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h57
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 21h01
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


L’Akademik Lomonosov est enfin prêt à prendre la mer. Avec deux ans de retard, ce monstre marin de 144 mètres de long et 30 mètres de large est la première centrale nucléaire flottante au monde, destinée à produire de l’électricité et de la chaleur grâce à ses deux réacteurs de 35 mégawatts chacun. Cette réalisation titanesque du géant nucléaire russe Rosatom a quitté Saint-Pétersbourg le 28 avril et doit être remorquée dans un premier temps jusqu’en Sibérie orientale, à Mourmansk, la centrale ne disposant pas de propulsion autonome.
Là, le combustible nucléaire y sera chargé pour un nouveau remorquage jusqu’à son port d’attache, à Pevek, à plus de 5 000 km au nord-est de Moscou. Le démarrage est prévu dans le courant de l’année 2019. « Une fois connectée au réseau, l’Akademik Lomonosov deviendra l’installation nucléaire la plus septentrionale du monde », se réjouit Rosatom.

Elle a vocation à se substituer à une centrale au charbon et à une centrale nucléaire construites dans la région dans les années 1960 et 1970. Son exploitation devrait durer au moins quarante ans.
Craintes des associations écologistes
Ses réacteurs nucléaires sont beaucoup moins puissants que ceux construits à terre, qui peuvent aller de 900 à 1 600 mégawatts. Mais cette centrale flottante peut produire l’électricité et la chaleur nécessaires à une ville de 100 000 habitants, explique le groupe russe. La plus grande partie de l’électricité produite devrait surtout servir à l’industrie, pour extraire et transformer des hydrocarbures.
« Cette centrale déplace le risque de catastrophe nucléaire dans les eaux fragiles de l’Arctique », dénonce Jan Haverkamp, un expert nucléaire de Greenpeace, dans un communiqué. L’association écologiste a réquisitionné un bateau qui escorte l’Akademik Lomonosov sur une partie de son trajet et s’inquiète des risques, notamment en cas de tsunami : « Avec son fond plat et son absence de système de propulsion, c’est comme si on jetait une centrale nucléaire sur une palette en bois pour dériver dans les eaux les plus difficiles du monde. »
Malgré les craintes des associations écologistes, Rosatom assure qu’elle respecte des normes de sécurité extrêmes, qui devraient lui permettre de faire face aux aléas climatiques de la région.
L’entreprise russe espère surtout que ce prototype sera le début d’une longue série, qui lui permettra de porter l’industrie nucléaire dans des zones où il est très coûteux de s’installer. D’autres projets du même type sont à l’étude en Chine – qui espère avoir une centrale flottante pour 2022 – ou aux Etats-Unis. En France, ce type d’option a été un temps envisagé, mais la filière nucléaire française a toujours été plutôt réticente à l’idée de se lancer dans des petits réacteurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Au moins 116 personnes sont mortes ces derniers jours dans le nord de l’Inde à cause des tempêtes de sable.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Le principe de cette activité venue du froid est simple : on fait bouger son corps tout en collectant les déchets au passage. Il fallait y penser.
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/05/2018
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Le « plogging », ou comment courir « utile »


                      Le principe de cette activité venue du froid est simple : on fait bouger son corps tout en collectant les déchets au passage. Il fallait y penser.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h54
 • Mis à jour le
06.05.2018 à 12h39
    |

                            Nicolas Santolaria








                              

                        

La vie de journaliste recèle des joies insoupçonnables, comme celle qui consiste à se lever un samedi matin d’avril, par temps gris, pour aller ramasser des déchets en bord de Seine. A l’heure où je beurre habituellement mes tartines, j’ai rendez-vous dans un grand magasin de sport du 13e arrondissement de Paris, point de départ d’une sortie « plogging ».
Il fallait au moins un néologisme pour me tirer du lit. Contraction de plocka upp (« ramasser », en suédois) et de « jogging », ce terme désigne une activité en vogue où, tout en parcourant un lieu à petites foulées, on en profite pour le débarrasser de ses détritus. Si le mot résonne depuis peu dans les médias, cette pratique a émergé il y a déjà quelques années en France sous d’autres appellations, fruit de collectifs citoyens structurés par les réseaux sociaux. ­ « Ramasser en courant, c’est à la fois se faire du bien et faire une bonne action », souligne Fanny, « ploggueuse » de 30 ans, qui en est à sa deuxième sortie.
Un corps sain dans un décor sain : le running écolo transpire d’une indéniable dimension morale. Avant de partir en quête d’immondices, nous nous sommes vu remettre le paquetage du parfait ­ploggueur, soit un tee-shirt floqué du slogan « 1 run = 1 déchet », un sac à dos à cordons, des gants en caoutchouc et un grand sac-poubelle transparent. « Il y a une façon de ramasser. Il faut plier les genoux pour ne pas se blesser, ce qui permet aussi de se muscler les cuisses, enseigne Danielle Tramond, la jeune bénévole qui organise cette opération en partenariat avec l’association Run Eco Team. La dernière fois, on n’avait fait que du ramassage, et on avait un peu oublié la dimension running. Aujourd’hui, je vous demande de prendre du plaisir et de ne ramasser que ce qui se trouve sur votre chemin. »
Inefficacité de la répression
Comme pour toute pratique balbutiante, il convient d’en préciser les contours. Invité à ne pas collecter...




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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Après l’affaire du « cartel des endives », en 2012, le monde agricole était demandeur de davantage de sécurité juridique.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

L’Autorité de la concurrence clarifie les règles du jeu pour le secteur agricole

Après l’affaire du « cartel des endives », en 2012, le monde agricole était demandeur de davantage de sécurité juridique.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h25
    |

            Laurence Girard








                        



   


Dans le monde agricole, l’affaire du « cartel des endives » a marqué les esprits. En 2012, l’Autorité de la concurrence avait condamné dix organisations de producteurs à 3,6 millions d’euros d’amende pour entente sur les prix. Or, plus que jamais, les agriculteurs ont exprimé, lors des Etats généraux de l’alimentation (EGA), le besoin de sécuriser juridiquement leurs actions au regard du droit de la concurrence. D’autant qu’ils sont contraints de s’organiser face à des industriels puissants et à une distribution toujours plus concentrée. Saisie par Bercy, l’Autorité de la concurrence a rendu son avis, vendredi 4 mai.
Les Sages de la rue de l’Echelle ont tenté de clarifier les règles du jeu, en premier lieu pour les agriculteurs soucieux de se regrouper au sein d’organisations de producteurs (OP) ou d’associations d’organisations de producteurs (AOP). Une approche souvent nécessaire pour avoir du poids lors des négociations commerciales, sachant qu’en 2016, on dénombrait en France 472 000 exploitations agricoles, contre 17 600 entreprises agroalimentaires et 4 grandes centrales d’achat de la distribution. On compte aujourd’hui 650 OP, principalement dans le secteur du lait, des fruits et légumes et de la viande.

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                Négociations sur les prix : la filière laitière se reprend à espérer



L’Autorité de la concurrence estime que l’arrêt « endives » rendu par la Cour de justice européenne en novembre 2017 a éclairé le cadre juridique pour les OP et les AOP. Il dispose que les pratiques d’échanges d’informations stratégiques, de fixation de prix minimaux de vente ou de concertations sur les volumes au sein d’une OP ou d’une AOP échappent au droit de la concurrence si elles sont nécessaires pour atteindre les objectifs qu’elles se sont fixés. En revanche, les pratiques entre plusieurs OP ou AOP sont susceptibles de tomber sous le coup du droit des ententes. Le règlement « omnibus » bruxellois a, lui, introduit une dérogation au droit des ententes pour les OP et les AOP à condition qu’elles n’excluent pas la concurrence.
Dérogations spécifiques
L’Autorité de la concurrence a ensuite examiné le cas des organisations interprofessionnelles (OI) qui, outre les producteurs, incluent les industriels et les distributeurs. Elle affirme qu’elles peuvent diffuser des données statistiques passées à condition qu’elles soient anonymes et agrégées. Elles peuvent donc publier des données économiques générales, élaborer des contrats types, pousser des démarches qualitatives ou promouvoir les produits. Le règlement « omnibus » leur a également donné le droit d’établir des clauses types de répartition de la valeur entre les agriculteurs et leurs premiers acheteurs. Mais elles ne sont pas autorisées à réguler les volumes et à fixer des quotas.

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                Alimentation : ce que prévoit le gouvernement pour mettre fin à la guerre des prix



Les agriculteurs sont également de plus en plus souvent amenés à signer des contrats tripartites avec les industriels et la distribution. Des démarches qui prévoient volume de production et prix d’achat, adossés à un cahier des charges fixant les critères de la qualité de la production. Même si elle souligne l’intérêt de ces contrats, l’Autorité estime que les signataires doivent rester prudents lorsque leur part de marché atteint 30 %.
Enfin, il est rappelé dans l’avis que Bruxelles permet aux Etats membres, à la demande des producteurs et de leurs associations, d’adopter des règles contraignantes pour les fromages et le jambon bénéficiant d’une appellation d’origine contrôlée (AOC) et d’une indication géographique protégée (IGP) ainsi que dans le secteur vitivinicole. Ces dérogations spécifiques portent sur les volumes, et non sur les prix. L’Autorité propose d’étendre cette possibilité de régulation à tous les produits bénéficiant d’une AOC ou d’une IGP.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ La préfecture a dit non à ce projet d’un agriculteur qui avait « des antécédents défavorables à respecter des obligations réglementaires ».
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Le préfet de Saône-et-Loire rejette un projet de ferme aux 4 000 bovins

La préfecture a dit non à ce projet d’un agriculteur qui avait « des antécédents défavorables à respecter des obligations réglementaires ».



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 12h26
   





                        


Un projet de ferme, auquel s’opposaient notamment la Confédération paysanne et les riverains, qui aurait pu accueillir plus de 4 000 bovins à Digoin, en Saône-et-Loire, a été rejeté par le préfet, ont indiqué vendredi ses services. La demande de l’agriculteur « pour être autorisé à exploiter un élevage de 3 910 bovins destinés à l’exportation, 240 bovins à l’engraissement et 320 vaches allaitantes sur la commune de Digoin, est rejetée », selon l’arrêté daté de jeudi pris par le préfet de Saône-et-Loire.
Cette décision s’appuie sur l’avis défavorable du conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst), qui avait souligné des « antécédents très défavorables [de l’agriculteur] en matière de maîtrise des nuisances et de la capacité à respecter les obligations réglementaires applicables », précise l’arrêté.
Augmentation disproportionnée
L’avis du Coderst relevait aussi que le dossier avait « été établi moins dans un objectif de régularisation de sa situation que dans le but d’augmenter de manière manifestement disproportionnée [une] activité actuelle qui ne respecte déjà pas les dispositions réglementaires », a précisé la préfecture.
L’activité aurait consisté à « accueillir des bandes de jeunes bovins, pour mise en quarantaine sanitaire durant cinq semaines avant d’être exportés vers des centres d’engraissement en France ou à l’étranger », selon la demande d’autorisation, mentionnant les « pays du Maghreb (plus particulièrement Algérie, Maroc) et la Turquie ».
Des difficultés en matière de « respect du voisinage, de la sécurité et de la salubrité publiques » ou encore une distance trop faible de l’un des bâtiments avec le cours d’eau voisin ont aussi été soulignés par cet organisme.
Le projet avait d’abord reçu un avis favorable de la direction régionale de l’environnement de Bourgogne-Franche-Comté, avant que le commissaire enquêteur n’émette un avis contraire après une enquête publique d’un mois, qui a vu affluer les observations, dont une pétition de l’association Agir pour l’environnement qui a recueilli plus de 68 000 signatures.
L’exploitant dispose désormais d’un délai de deux mois pour contester la décision du préfet devant le tribunal administratif de Dijon.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Le champion français détenu par la famille Saadé devient le premier actionnaire de Ceva Logistics, un groupe imposant mais très déficitaire.
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La logistique, un nouveau grand pari pour le transporteur maritime CMA CGM

Le champion français détenu par la famille Saadé devient le premier actionnaire de Ceva Logistics, un groupe imposant mais très déficitaire.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 19h32
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Après les océans, CMA CGM veut sillonner la terre et les airs. Le champion français du transport maritime entame ce vendredi 4 mai une nouvelle vie, celle d’un groupe capable non seulement d’acheminer des marchandises de port en port sur ses immenses bateaux, mais aussi de les convoyer par camion, train ou avion d’un bout à l’autre de la planète. Bref, de profiter à plein de la mondialisation qui se poursuit.
Première étape : à l’occasion de l’entrée de Ceva Logistics vendredi à la Bourse de Zurich, CMA CGM a investi 379 millions de francs suisses (317 millions d’euros) pour obtenir à terme 25 % de cette entreprise, un des grands noms mondiaux de la logistique. Une fois toutes les autorisations obtenues, le groupe de la famille Saadé deviendra ainsi le premier actionnaire de Ceva, une société qui emploie 56 000 personnes et a réalisé un chiffre d’affaires de 7 milliards de dollars (5,8 milliards d’euros) en 2017.
Avec seulement un quart des actions et deux postes au conseil d’administration, CMA CGM ne pourra pas intégrer Ceva dans ses comptes ni se considérer comme maître à bord. Mais les Saadé auront voix au chapitre, d’autant que le reste du capital sera éclaté entre une myriade d’investisseurs, les anciens propriétaires – les financiers Apollo, Capital Research et Franklin Advisors – ne gardant provisoirement que 15 % à eux trois.
Des services logistiques et maritimes
En outre, les dirigeants de CMA CGM et de Ceva envisagent de nouer des coopérations commerciales, en créant, par exemple, une société commune qui pourrait proposer aux mêmes clients des services logistiques et maritimes. Si l’expérience est concluante, CMA CGM pourrait prendre, un jour, le contrôle complet de son nouvel associé. « Pour le moment, la question d’un rachat de Ceva n’a absolument pas été étudiée », tempère Xavier Urbain, le Français qui dirige l’entreprise suisse.
Cela fait des années qu’Apollo cherchait à se défaire de Ceva, un groupe que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Le volcan Kilauea a projeté de la lave dans une zone résidentielle de la Grande Ile, à Hawaï. Les autorités hawaïennes ont déclaré l’état d’urgence.
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Hawaï : des milliers d’habitants évacués après une éruption volcanique, l’état d’urgence déclaré

Le volcan Kilauea a projeté de la lave dans une zone résidentielle de la Grande Ile, à Hawaï. Les autorités hawaïennes ont déclaré l’état d’urgence.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 10h22
   





                        



   


L’éruption spectaculaire du volcan Kilauea, l’un des plus actifs au monde, a provoqué des coulées de lave rougeoyante jusque dans les zones d’habitation jeudi, poussant des milliers d’habitants d’Hawaï à fuir.
Le gouverneur, David Ige, a déclaré l’état d’urgence afin de pouvoir mobiliser tous les services et les fonds d’urgence de l’Etat liés aux catastrophes naturelles. Des « vapeurs et de la lave se sont échappées par une fissure dans la zone de Mohala Street », a écrit la défense civile locale sur son compte Facebook, un responsable local précisant qu’environ 10 000 personnes habitent la zone concernée par les évacuations. Sept cent soixante-dix bâtiments et 1 700 personnes sont sous le coup d’évacuations obligatoires, a déclaré Cindy McMillan, porte-parole du gouverneur.
L’agence américaine de géologie et sismologie, l’USGS, avertissait, sur son site consacré aux volcans, que « de nouvelles coulées de lave pourraient survenir sans qu’il soit possible de prédire » où elles se produiraient. Deux centres d’accueil ont pour l’instant été ouverts pour accueillir les évacués. Le gouverneur a appelé l’armée de réserve (National Guard) pour aider aux opérations de secours, a-t-il annoncé sur Twitter. « Préparez-vous maintenant pour que votre famille soit en sécurité », a enjoint le gouverneur aux résidents menacés d’évacuation.
Plus d’une cinquantaine d’éruptions
Des responsables de l’USGS, chargés de l’observatoire volcanologique d’Hawaï, surveillaient et évaluaient avec des moyens terrestres et aériens l’importance de l’éruption, qui s’est déclarée à 16 h 45, heure locale.
A 10 h 30, un tremblement de terre d’une magnitude 5, suivi de nombreuses répliques, au sud de la bouche éruptive de Puu Oo du volacan Kilauea, a déclenché des chutes de pierres et une potentielle rupture dans le cratère du volcan, selon USGS. Il est le plus important d’une centaine de séismes parfois mineurs, autour d’une magnitude 2, depuis lundi, usant les nerfs des résidents.
Le Kilauea est le volcan le plus actif et le plus étudié du monde. Depuis 2016, il est en constante activité, mais cet été, ses coulées de lave, à plus de 1 200 °C, sont entrées en contact avec la mer. En une centaine d’années, ce volcan a connu plus d’une cinquantaine d’éruptions qui, à chaque fois, agrandissent l’île.




                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 03/05/2018
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La France creuse sa « dette écologique »

Si le monde entier vivait comme les Français, les ressources naturelles que la planète peut renouveler en un an seraient consommées dès le 5 mai.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 00h41
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 09h48
    |

            Pierre Le Hir








                        



   


La France a commencé à réduire son déficit budgétaire, mais son déficit écologique, lui, continue de se creuser inexorablement. C’est l’alerte que lance le WWF dans un rapport publié vendredi 4 mai. A compter du samedi 5, les Français vivront en quelque sorte à crédit : si leur niveau de consommation était généralisé à la planète, l’ensemble des ressources que la nature peut renouveler en un an serait d’ores et déjà épuisé.
L’ONG a travaillé en collaboration avec le Global Footprint Network, un institut de recherche international qui, chaque année, calcule le « jour du dépassement » : celui à partir duquel l’empreinte écologique de l’humanité – émissions de carbone, utilisation de terres agricoles, de prairies, de forêts et de milieux aquatiques, ou encore artificialisation des sols – excède la biocapacité de la planète, c’est-à-dire sa capacité annuelle à absorber les gaz à effet de serre d’origine anthropique et à reconstituer ses réserves.

   


Sans doute cet indicateur présente-t-il des limites. Il donne en effet un poids prépondérant aux émissions carbonées (60 % de l’empreinte écologique) et ne prend pas en compte des facteurs tels que la perte de biodiversité, la pollution ou la pression sur la ressource en eau. Il n’en permet pas moins de mesurer, année après année et à paramètres constants, l’évolution de la situation. Et la tendance n’est pas bonne.
Alors que jusqu’au début des années 1970 l’humanité consommait moins de ressources que ce que pouvait lui procurer la nature, elle est ensuite devenue débitrice. Et le jour fatidique du dépassement est de plus en plus précoce : le 1er décembre en 1975, le 5 novembre en 1985, le 5 octobre en 1995, le 26 août en 2005, le 4 août en 2015, le 2 août en 2017, peut-être plus tôt encore cette année, pour laquelle le Global Footprint Network rendra son verdict cet été. Autrement dit, il faudrait désormais 1,7 planète pour subvenir aux besoins annuels des quelque 7,5 milliards d’humains.
Modèle de développement
Le WWF s’est penché, pour la première fois, sur le cas particulier de l’Hexagone. Il apparaît que, si le monde entier vivait comme les Français, la capacité des écosystèmes à se régénérer serait épuisée dès le 5 mai, en à peine plus de quatre mois. Il faudrait donc 2,9 planètes pour que les océans et les forêts stockent le CO2 relâché en un an par les activités humaines, et pour assurer l’alimentation en bétail et en poissons, ou l’approvisionnement en bois de la population mondiale.
Certes, l’empreinte écologique de la France est moindre, si on la rapporte à la biocapacité du territoire national, en métropole mais aussi dans les outre-mer. Avec ce calcul, les Français consomment 1,8 fois plus de ressources que ce que « leurs » milieux naturels sont en mesure de leur fournir. « Ce rapport ne met pas en avant une approche “nationaliste”, mais pointe un modèle de développement qui conduit à une aggravation de notre dette écologique », précise Pascal Canfin, directeur général du WWF-France.

   


Au reste, la France se classe dans le groupe de tête des pays les plus « prédateurs », loin derrière le Qatar (avec le train de vie qatari, le jour du dépassement planétaire serait le… 9 février), les Etats-Unis, le Canada ou l’Australie, mais à peu près au même niveau que l’Allemagne et le Royaume-Uni, devant le Japon, la Grèce ou l’Italie. A titre de comparaison, avec le mode de vie du Vietnam, le jour du dépassement n’interviendrait que le 20 décembre !
Dans le détail, les émissions de carbone pèsent pour plus de moitié (56 %) dans l’empreinte écologique des Français, devant l’utilisation des terres agricoles pour l’alimentation humaine et animale (20 %), l’exploitation forestière (11 %), l’affectation des prairies à l’élevage du bétail (5 %), la pêche (4 %) et la couverture des sols par des infrastructures industrielles, des voies de transports ou des habitations (4 %). Globalement, le logement, les transports et l’alimentation sont à l’origine de plus des deux tiers de la pression exercée sur les milieux naturels, du fait notamment des émissions de gaz à effet de serre qu’ils génèrent.

   


Pour le WWF, ce constat est d’autant plus alarmant que l’Hexagone avait, sur la période 2008-2015, réduit de façon continue son empreinte écologique. Celle-ci est depuis repartie à la hausse, avec une augmentation de 5 % entre 2015 et 2018. Un mauvais résultat dû principalement à une poussée des émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs du bâtiment et des transports.

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                Gaz à effet de serre : la France sur la mauvaise pente



« Le paradoxe est que cette dégradation a commencé en 2015, l’année de l’adoption de l’accord de Paris sur le climat », commente Pascal Canfin. Au-delà d’explications conjoncturelles, telles que la baisse des cours du pétrole ayant favorisé un regain de consommation, l’ONG y voit la preuve que la politique nationale de transition écologique « n’est pas assez ambitieuse ».
« Pas de planète B »
« Si la planète était une entreprise, elle serait en faillite, ajoute son directeur général. Le dérèglement climatique, la disparition du vivant, la destruction des forêts primaires et la transformation des océans en soupe de plastique sont les signes de cette faillite écologique. »
L’ONG estime pourtant qu’il n’est pas trop tard pour redresser la barre. « Les technologies sont aujourd’hui disponibles, qu’il s’agisse des véhicules électriques, de l’habitat à basse consommation, des énergies renouvelables ou de l’alimentation biologique, souligne M. Canfin. C’est donc une question de volonté politique. Le président de la République a fait de la bonne gestion financière un élément-clé de son quinquennat. Il doit désormais mettre en place une stratégie de désendettement écologique. »
Et de prendre au mot Emmanuel Macron qui, le 25 avril, devant le Congrès américain, déclarait : « Il n’y a pas de planète B. » Autrement dit, pas d’autre choix que de vivre avec la finitude de notre Terre nourricière.



                            


                        

                        

