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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Environ deux cents syndicalistes opposés à la réforme de la SNCF ont fait irruption dans trois des gares parisiennes, rejoints par un député de La France insoumise et par des étudiants.
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SNCF : action de cheminots aux gares Montparnasse, de l’Est et du Nord

Environ deux cents syndicalistes opposés à la réforme de la SNCF ont fait irruption dans trois des gares parisiennes, rejoints par un député de La France insoumise et par des étudiants.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 18h48
   





                        


Des cheminots de Sud-Rail opposés à la réforme de la SNCF ont envahi, lundi 7 mai, successivement la gare Montparnasse, la gare de l’Est et la gare du Nord, à Paris.
Aux alentours de 13 h 30, environ deux cents membres du syndicat SUD-Rail ont fait irruption dans la gare Montparnasse, munis de fumigènes allumés, créant un léger mouvement de panique. D’abord pris de court, des CRS sont ensuite intervenus pour repousser les manifestants sur le parvis de la gare, sise dans le 15e arrondissement de Paris. Dans un climat tendu, ces derniers ont parfois violemment fait usage de leurs matraques et de leurs boucliers. A 14 heures, les deux groupes se faisaient face sur le parvis, et des slogans hostiles à la police (« Tout le monde déteste la police ! », « Cassez-vous ! », « Cheminots en colère, on ne va pas se laisser faire ! ») ont fusé parmi les manifestants.
« C’est une manière de radicaliser le mouvement. On va durcir le ton pour de vrai maintenant. Ceux qui veulent suivre, ils suivent, et ceux qui ne veulent pas suivre et continuer à aller chercher des amendements, qu’ils se fassent plaisir ! », a déclaré Anasse Kazib, délégué Sud-Rail Paris-Nord. « C’est inadmissible qu’on n’ait pas le droit d’entrer dans une gare. Est-ce qu’on matraque des policiers quand ils veulent entrer dans un commissariat ? », s’est-il emporté.

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Un député de La France insoumise présent
Peu après 14 h 30, la manifestation était dispersée à Montparnasse, mais les manifestants se sont alors rendus à la gare de l’Est, avant de rallier le hall de la gare du Nord, à quelques centaines de mètres de là.
Des CRS ont entouré les quelque cent cinquante manifestants, parmi lesquels figuraient de nombreux cheminots rejoints, entre autres, par le député de La France insoumise Eric Coquerel et par des étudiants. Ils chantaient « Siamo tutti antifascisti » [« Nous sommes tous antifascistes »], scandaient « anti, anti, anticapitalistes ! » ou encore « La gare, elle est à qui ? Elle est à nous ». Après avoir été encerclés pendant plus d’une heure par les CRS, les manifestants se sont finalement dispersés à 17 h 30. Contactée, la SNCF a dit qu’il n’y avait pas « d’impact » sur le trafic des trains.
La grève à la SNCF est entrée la semaine dernière dans son deuxième mois. Lundi, le premier ministre, Edouard Philippe, recevait les syndicats et a promis de nouvelles « discussions en mai » avec les organisations de salariés.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Pour Valérie Peugeot, membre de la CNIL et présidente de l’association ­Vecam, la numérisation croissante des villes risque de creuser de nouvelles inégalités.
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« La smart city dessine une ville à plusieurs vitesses »

Pour Valérie Peugeot, membre de la CNIL et présidente de l’association ­Vecam, la numérisation croissante des villes risque de creuser de nouvelles inégalités.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 18h05
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 18h49
    |

            Claire Legros et 
Laetitia Van Eeckhout








                        



   


La « smart city » dessine une ville à plusieurs vitesses, constate Valérie Peugeot, membre de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), chercheuse à Orange et présidente de l’association Veille européenne et citoyenne sur les autoroutes de l’information et le multimédia (Vecam, crée en 1995), think tank citoyen qui met en débat les questions politiques et sociales liées au numérique.
Valérie Peugeot alerte sur les difficultés liées à la dématérialisation des services urbains et appelle à une politique publique volontaire pour former des citoyens, de façon à ne pas laisser les plates-formes dicter leur loi.
On parle beaucoup de villes intelligentes qui mettraient le développement numérique au service de la mobilité, d’une consommation plus rationnelle de l’énergie, d’une démocratie plus participative… Cette ville numérisée profite-t-elle à tous ?
Pour le moment, la smart city dessine une ville à plusieurs vitesses, car elle est souvent construite à partir d’une vision techno-déterministe : on se pose la question du numérique avant de réfléchir à une politique des problématiques urbaines. Il faudrait faire l’inverse. D’abord penser aux discontinuités territoriales entre le centre et les banlieues, à la transition écologique, aux populations fragiles… Et ensuite se demander quel rôle peut jouer le numérique pour favoriser une ville inclusive.
Quelles sont les conséquences de ces choix ?
Cela accroît les risques d’exclusion de certains publics, engendrés par la dématérialisation des services urbains et des démarches administratives. Pour la plupart des usagers, le tout numérique est synonyme de simplification et de gain de temps. Mais pour les personnes en grande précarité, même lorsqu’elles sont équipées d’un ordinateur ou d’un smartphone, c’est souvent la double peine, car l’usage de ces services dématérialisés nécessite un bagage cognitif, une sociabilité.

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Le problème se limite-t-il aux personnes en grande précarité ?
Non. Les enjeux d’inclusion numérique concernent l’ensemble de la population. Chaque avancée technologique repose la question d’une forme de marginalisation liée à une difficulté, à une souffrance dans l’usage. On peut savoir aujourd’hui échanger par e-mail, acheter en ligne, et demain avoir du mal à se servir de son dossier médical partagé. Sans compter qu’on peut être à l’aise dans certains usages et moins dans d’autres.
Les failles ne sont pas toujours là où on les attend. Les personnes âgées, par exemple, sont loin d’être toutes démunies. Un homme ex-cadre qui a eu une secrétaire se retrouve, une fois à la retraite, moins à l’aise qu’une femme restée au foyer qui utilise de longue date les outils numériques pour gérer la vie de la famille, tisser des sociabilités.
Que faire pour éviter ces fractures ?
Je n’aime pas utiliser le terme de « fracture numérique », souvent associé aux enjeux d’infrastructures. Il y a encore des problèmes d’équipement, ne les négligeons pas. Mais l’enjeu est plutôt l’accès aux savoirs : comment donner à tous les moyens d’être un citoyen actif dans la société de l’information. Et pour cela, il faut une mobilisation en faveur de la médiation numérique.
Quels sont les leviers de cette mobilisation ?
Nous avons besoin d’un tissu d’associations capables d’accompagner ceux qui en ont besoin. Au début des années 2000 ont été créés les espaces publics numériques. Or ce réseau qui dépend essentiellement des collectivités locales est en train d’être détricoté.
Les administrations doivent, elles aussi, devenir des lieux de médiation numérique, afin d’apprendre à leurs usagers à gérer leurs droits sur Internet. Nous avons également besoin de dispositifs pour financer cet accompagnement, comme par exemple le « chèque culture numérique pour tous », lancé en 2017 par Médias-Cité, un acteur bordelais, sur le modèle des titres-restaurant.

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Que pensez-vous de la stratégie gouvernementale, pilotée par l’Agence du numérique, qui vise à développer cette médiation numérique ?
Cette démarche est très importante et j’espère qu’elle va aboutir. Mais j’attends de voir les résultats de la concertation en cours, car cela fait vingt ans qu’on crie dans le désert sans qu’une décision soit prise. La difficulté, c’est que la majorité des élus des collectivités territoriales ne voient pas le problème et restent obsédés par la question des infrastructures. Et dans ce domaine, la loi pour une République numérique d’octobre 2016 est seulement incitative, elle n’oblige pas les collectivités territoriales à faire de la médiation numérique.
On a besoin d’une vraie politique de service public. S’il existait une offre suffisante de formation dans les territoires et les administrations, on n’aurait pas besoin de faire appel à des entreprises de l’économie numérique qui risquent de rendre les gens dépendants de leurs services et surtout qui ne leur apprennent pas à protéger leur vie privée en choisissant des outils plus respectueux de leurs données.

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A quelles conditions les citoyens peuvent-il devenir acteurs et non pas seulement consommateurs de la société numérique ?
Le passage d’un usage de consommateur à un usage de citoyen reste encore à construire. Des expérimentations se mettent en place pour associer les habitants à la production d’informations sur leur ville, par exemple dans le domaine de la pollution, comme à Rennes avec Ambassadair. Les habitants deviennent coproducteurs d’informations sur la qualité de l’air pour répondre à une problématique écologique. Ce type de projet est aussi un levier de prise de conscience et éventuellement de changement des pratiques.
Dans quelle mesure de telles initiatives réduisent-elles les inégalités urbaines ?
Ces initiatives éduquent à la maîtrise de la donnée. Elles permettent d’associer l’individu au fonctionnement de l’algorithme. C’est une démarche essentielle que de rendre transparent, ou au moins explicable, l’outil qui utilise vos données et sur lequel peuvent s’appuyer des politiques publiques. Comprendre que pour mesurer le niveau de pollution, l’algorithme va croiser les données d’une dizaine de capteurs dans la ville avec celles de la météo et de la circulation automobile, afin d’établir une projection de la pollution de l’air, et éventuellement décider d’une circulation alternée.
Quelles sont les villes les plus avancées dans ce domaine ?
La ville de Barcelone a créé un projet européen de partage des données urbaines, Decode, afin que les habitants soient directement associés aux données qu’ils produisent. Ce projet s’intègre dans un dispositif global de démocratie participative. En France aussi des initiatives vont dans ce sens, comme à Brest, ville modèle sur ce sujet, ou à Grenoble.

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L’économie de plates-formes génère de nouveaux emplois dans les villes, mais ceux-ci sont souvent précaires. Comment lutter contre ces nouvelles inégalités ?
L’arrivée d’Uber en ville a eu un double effet : elle a participé à détricoter notre système de protection sociale ; mais elle a aussi permis à des personnes souvent exclues du marché de l’emploi de trouver une activité rémunératrice. La cartographie des chauffeurs Uber de la région parisienne montre qu’ils habitent majoritairement dans la Seine-Saint-Denis. C’est une visualisation extraordinaire de la fracture territoriale liée à l’emploi.
Uber et les services analogues, de type Deliveroo, sont des révélateurs du dysfonctionnement du marché de l’emploi, les miroirs réfléchissants des failles de notre société, qui devraient conduire à un surinvestissement des politiques publiques de l’emploi sur la base de cette cartographie. Or c’est l’inverse qui se produit. La loi oblige maintenant les conducteurs à passer un examen de chauffeur VTC. Des personnes qui sont d’excellents chauffeurs restent sur le carreau.
On pourrait imaginer un accompagnement, par le biais de chèques de remise à niveau pour les chauffeurs qui n’ont pas réussi l’examen, afin qu’ils puissent le repasser dans de bonnes conditions.
Comment les données peuvent-elles être utilisées pour réduire les inégalités ?
Avec la mutualisation des fichiers dans les services publics, les administrations mettent en place des algorithmes pour débusquer les tricheurs aux droits sociaux. Il est légitime de vouloir éviter la triche. Mais à l’inverse, le même outil n’est pas pensé pour rechercher les gens n’ayant pas recours à leurs droits élémentaires.
La data ne doit pas devenir un outil au service de la chasse aux pauvres. Pourquoi ne fait-on pas tourner les algorithmes dans les deux sens ? Près de la moitié de ceux qui ont droit au revenu de solidarité active (RSA) ne le demandent pas, selon l’observatoire du non-recours aux droits.
L’ouverture des données peut-elle jouer un rôle pour réduire les inégalités ?
L’open data va mettre au jour les inégalités en matière de services publics. On peut déjà comparer le temps nécessaire pour rejoindre un tribunal ou un hôpital, le nombre de médecins par rapport à la densité de population. Ces données aident les élus à mettre en œuvre les politiques publiques et les choix d’investissement. Ouvertes à tous, elles vont permettre à des collectifs de citoyens de peser sur ces choix.
Le Monde organise, à Lyon, jeudi 17 mai, un événement sur le thème : les « villes intelligentes » réduiront-elles les inégalités ? Inscription et programme ici (gratuit).

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Le député de La France insoumise a affirmé, lundi 7 mai sur LCI, que la compagnie aérienne n’aurait pas de dette. C’est faux, malgré une nette amélioration depuis plusieurs années.
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« Aucune dette » à Air France : le gros raccourci d’Alexis Corbière

Le député de La France insoumise a affirmé, lundi 7 mai sur LCI, que la compagnie aérienne n’aurait pas de dette. C’est faux, malgré une nette amélioration depuis plusieurs années.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 17h36
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


Air France est-elle une compagnie aérienne dont la « survie » est en jeu ou un groupe « très bénéficiaire » ? Difficile de s’y retrouver dans les déclarations contradictoires qui se sont multipliées ces derniers jours après la démission de son PDG, Jean-Marc Janaillac, désavoué par un vote du personnel. Dans les faits, les finances de l’entreprise se sont nettement redressées ces dernières années. Mais il est erroné de prétendre qu’elle n’aurait « aucune dette », comme l’a fait Alexis Corbière, lundi 7 mai, sur LCI. Explications.
Ce qu’il a dit 
Premier acte, dimanche 6 mai, quand le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, déclare sur BFM-TV que « la survie » d’Air France « est en jeu » et que « l’Etat [n’est] pas là pour éponger les dettes » de la compagnie.
Second acte le lendemain, la journaliste de LCI Audrey Crespo-Mara demande à Alexis Corbière, député de La France insoumise : « Vous épongeriez la dette d’Air France, vous, si vous étiez au pouvoir ? » « Non, mais, il n’y a aucune dette à Air France », lui rétorque l’intéressé. Et de détailler son raisonnement :
« C’est un groupe très, très, très bénéficiaire. Il n’y a aucune dette, c’est justement pour ça qu’il y a grève. C’est que les salariés disent “on a fait beaucoup de bénéfices, la direction se vote des augmentations de salaire”. On veut aussi que les salariés qui ont participé à l’augmentation des richesses puissent en bénéficier. »
POURQUOI C’EST FAUX
En réalité, Alexis Corbière se trompe en affirmant que la compagnie aérienne n’aurait « aucune dette ». Les résultats du groupe Air France-KLM pour 2017 présentent une dette nette de 1,66 milliard d’euros. On constate néanmoins que celle-ci a fortement diminué ces dernières années. Elle était ainsi de 3,66 milliards d’euros en 2016 et de 4,31 milliards en 2015.
Le coût de cet endettement, c’est-à-dire les remboursements réguliers de l’entreprise, évalué à 214 millions d’euros en 2017, n’est pas écrasant si on le compare aux bénéfices de l’entreprise la même année (1,488 milliard d’euros). Mais au 1,66 milliard d’euros de dette nette d’Air France-KLM s’ajoutent 7,6 milliards de dette liée aux « locations opérationnelles », c’est-à-dire ce que coûte la location des avions (le groupe en possède relativement peu), ce qui porte sa dette nette ajustée à 9,3 milliards. Un chiffre en nette baisse par rapport à 2016, mais moins flatteur que le premier.
Tirade partiale de Bruno Le Maire
Si l’affirmation d’Alexis Corbière est erronée, on peut noter que la tirade de Bruno Le Maire sur la « survie » d’Air France est, elle aussi, partiale. Plus que la menace de la dette, c’est surtout la rentabilité de la compagnie, plus faible que celle de ses concurrentes, que le PDG sortant Jean-Marc Janaillac invoquait pour refuser les revendications des syndicats, qui demandent 6 % d’augmentation après six ans de blocage des salaires. Tout comme le fait qu’au sein de l’entité Air France-KLM, la seconde entité est la plus rentable.
L’exercice 2018 s’annonçait dans tous les cas plus délicat que le précédent avant même le début des grèves. En raison, notamment, de la remontée des prix du pétrole.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Pour le directeur général de Citeo, le tri des déchets doit devenir un réflexe quotidien, une priorité, de tous les acteurs de la ville.
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« Nos déchets doivent devenir des ressources »

Pour le directeur général de Citeo, le tri des déchets doit devenir un réflexe quotidien, une priorité, de tous les acteurs de la ville.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 17h20
   





                        


La « smart city » est souvent appréhendée sous l’angle de la mobilité, de l’énergie ou du logement. Mais la ville intelligente de demain sera aussi celle qui gère mieux ses déchets.
La quantité d’ordures générée par les citadins augmente de façon continue. Selon la Banque mondiale, elle atteindra 2,2 milliards de tonnes à horizon 2025. Aujourd’hui, un vaste mouvement en faveur d’une économie circulaire se développe à l’échelle mondiale. Dans ce modèle, nos déchets doivent devenir des ressources. Cela suppose de mieux concevoir les produits, de mieux les trier, de mieux les collecter, et de mieux les recycler. Face à ce défi, les villes doivent se réinventer, en associant tous les acteurs de la chaîne : producteurs, distributeurs, opérateurs et, bien sûr, consommateurs.
A Rotterdam, la ville préempte les locaux commerciaux vacants pour y installer des centres de tri de proximité. Une ancienne laverie automatique est ainsi transformée pour accueillir un point de récupération de proximité, où les riverains rapportent plastiques variés, mais aussi piles, petit électroménager ou outils usagés. Barcelone offre, elle, une impressionnante densité de modules de tri sur l’espace public sans que cela altère les belles perspectives de ses avenues. Le niveau de déchets collectés y est parmi les meilleurs.
Paris s’est aussi engagée sur cette voie, en installant plus de mille stations Trilib' avec le soutien de Citeo pour multiplier les solutions de tri sur la voie publique. En parallèle, la ville équipe l’intégralité des bacs collectés devant chaque immeuble de puces électroniques pour optimiser les tournées des différents véhicules de collecte.
Misant également sur des technologies innovantes, Cannes s’est équipée de corbeilles de rue connectées, munies d’un compresseur pour recueillir plus de bouteilles plastique. Elles sont alimentées par de l’énergie solaire.
Des villes ont su aussi donner un nouvel élan à la mobilisation citoyenne, à l’instar de Besançon, où les habitants possèdent une carte pour ouvrir leur container à ordures, une partie de leur facture étant calculée sur le nombre d’ouvertures. Ou encore de Séoul, Berlin, ou San Francisco, qui ont développé une tarification « payez pour ce que vous jetez ». Dans toutes ces villes, les déchets triés ont en moyenne augmenté de 25 % à 30 %.
Partout dans le monde, les villes s’adaptent aussi à l’évolution des modes de consommation marqués par une explosion du e-commerce et du nomadisme. La multiplication des vecteurs de livraison sur le dernier kilomètre offre de nombreuses opportunités pour la logistique retour, notamment des déchets.
Une révolution est en cours. Elle suppose une modernisation de l’infrastructure de tri, pour mieux capter et mieux séparer les matériaux. Elle suppose également un développement des débouchés pour les matières premières recyclées. Elle implique aussi un engagement sans faille des entreprises – nombre d’entre elles sont réunies au sein de Citeo -, à toujours progresser dans l’écoconception de leurs produits.
Mais la ville ne deviendra vraiment intelligente que lorsqu’elle se nourrira des comportements plus intelligents de ses habitants. Le tri doit devenir leur réflexe quotidien, intimement lié au mode de vie urbain.
Jean Hornain, directeur général de Citeo, société créée par des entreprises pour réduire l’impact environnemental des emballages et des papiers. 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont dûs au tourisme, selon une étude prenant en compte transport, alimentation, hébergement et achats des voyageurs.
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Le tourisme fait s’envoler le réchauffement planétaire

8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont dûs au tourisme, selon une étude prenant en compte transport, alimentation, hébergement et achats des voyageurs.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 18h26
    |

            Pierre Le Hir








                        



   


En 2017, le tourisme international a progressé de 7 %, soit « le meilleur résultat jamais atteint depuis sept ans », se félicitait au début de l’année l’Organisation mondiale du tourisme, qui prévoyait pour 2018 une nouvelle hausse de 4 % à 5 %. Mais l’institution onusienne ne disait rien du revers de ces déplacements en masse : leur impact environnemental, à commencer par leur contribution au réchauffement planétaire.
Or, une étude de chercheurs australiens, chinois et indonésien, publiée lundi 7 mai dans la revue Nature Climate Change, révèle que « l’empreinte carbone » du tourisme mondial est considérable. Selon leurs calculs, cette activité est responsable d’environ 8 % du total des émissions de gaz à effet de serre de l’humanité. Un pourcentage trois fois supérieur aux évaluations antérieures, qui se situaient dans une fourchette de 2,5 % à 3 %. A titre de comparaison, le transport maritime représente 3 % des émissions mondiales de CO2.
Pour parvenir à ce résultat, Manfred Lenzen (Université de Sidney en Australie) et ses collègues ont compilé les données sur les flux touristiques entre 160 pays, sur la période 2009-2013. L’originalité de leur approche est d’avoir comptabilisé non seulement les émissions directement associées aux transports (comme la combustion du kérosène des avions et de l’essence ou du diesel des voitures), mais aussi celles liées aux biens et aux services consommés par les voyageurs, qu’il s’agisse de restauration, d’hôtellerie ou d’achats divers.
En additionnant tous ces postes, les chercheurs estiment que les émissions mondiales imputables au secteur touristique sont passées de 3,9 milliards de tonnes équivalent CO2, en 2009, à 4,5 milliards de tonnes, en 2013. Il faut préciser que ces chiffres incluent les déplacements professionnels, qui ne sont pas distingués des autres dans cette étude.
Contrepartie aux retombées économiques
Plus que les voyages internationaux, ce sont les trajets et les séjours domestiques qui sont la source de la plus grande partie des rejets carbonés. Sans surprise, les Américains pèsent le plus fortement sur ce bilan, puisqu’ils sont à l’origine d’environ un quart des « émissions touristiques ». Ils sont suivis des Chinois, dont les classes émergentes sont de plus en plus voyageuses. Arrivent ensuite, dans le « top 10 » des pays émetteurs, l’Allemagne, l’Inde, le Mexique, le Brésil, le Canada, le Japon, la Russie et le Royaume-Uni.
Les auteurs attirent l’attention sur la situation des Etats insulaires, comme les Maldives, les Seychelles, la République de Maurice ou la République de Chypre, qui constituent des destinations exotiques très prisées des vacanciers et où le tourisme de masse génère « de 30 % à 80 % » des émissions nationales de CO2. Une contrepartie chèrement payée aux retombées économiques de l’afflux de visiteurs.
Jusqu’à présent, soulignent les chercheurs, les efforts de réduction de l’empreinte carbone du secteur touristique n’ont pas suffi à inverser la courbe. Le transport aérien est en première ligne. Certes, en octobre 2016, les 192 pays membres de l’Organisation de l’aviation civile internationale se sont engagés à plafonner les émissions de cette activité – non couverte par l’accord de Paris sur le climat – à leur niveau de 2020, jusqu’en 2035. Mais à moyen terme, la croissance continue du tourisme mondial, poussée par l’élévation du niveau de vie des pays émergents, laisse présager une aggravation de son impact environnemental.
« Nous prévoyons que le tourisme va constituer une part croissante des émissions de gaz à effet de serre », préviennent les auteurs. Pour inciter les candidats au dépaysement à voyager moins, ou moins loin, la seule solution sera peut-être, suggèrent-ils, de mettre en place une taxation du carbone renchérissant le coût des déplacements. De quoi refroidir les touristes, pour ne pas réchauffer davantage le climat.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Lundi 7 mai, le premier ministre a reçu les organisations syndicales pour tenter de négocier une sortie de la crise à la SNCF.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Hors immobilier, le patrimoine moyen d’un ménage français s’élève à 178 200 euros, mais un Français sur cinq n’arrive pas à épargner et 5 % des ménages possèdent près de 40 % des actifs financiers.
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Les ménages français n’ont jamais été aussi riches

Hors immobilier, le patrimoine moyen d’un ménage français s’élève à 178 200 euros, mais un Français sur cinq n’arrive pas à épargner et 5 % des ménages possèdent près de 40 % des actifs financiers.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 15h12
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 17h28
    |

            Jérôme Porier








                        



   


Les ménages français n’ont jamais été aussi riches, mais la rentabilité de leur patrimoine financier est faible. En cause : leur faible appétence pour les placements risqués, qui sont aussi les plus rémunérateurs. C’est ce que montre ING dans son dernier rapport sur l’évolution récente du patrimoine des ménages français.
Au troisième trimestre 2017, le patrimoine financier des ménages français a atteint 5 233 milliards d’euros, en hausse de 8,5 % sur un an. Ce qui correspond à une moyenne par ménage de 178 200 euros, un niveau encore jamais égalé.
« Les Français sont donc 15 % plus riches que leurs voisins allemands. Cependant, un Français sur cinq ne parvient pas à épargner. L’essentiel du patrimoine est constitué de dépôts et d’assurances-vie alors que les actifs plus risqués ne représentent qu’une petite partie du patrimoine », note l’économiste Julien Manceaux, auteur de l’étude.
Cette structure est compatible avec les principaux motifs d’épargne des Français (précaution et vieillesse) et avec le fait que huit Français sur dix disent ne pas faire confiance aux placements en actions. La part des livrets d’épargne semble stable, mais on constate une baisse de l’importance des placements plus risqués au profit de l’assurance-vie. L’immobilier occupe toujours une place centrale dans le patrimoine total (55 %), mais sa part a baissé depuis 2008.

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En 2016, les ménages ont épargné 100 milliards d’euros, et près de 140 sur les trois premiers trimestres de 2017. « Depuis 2014, la moyenne est de 260 euros par mois et par ménage. Cela dit, seuls 35 % des ménages déclarent épargner plus de 200 euros par mois », précise M. Manceaux.
Les actifs financiers des ménages français produisent également de la valeur, mais leur concentration dans des actifs sans risque fait que ces actifs produisent moins de valeur qu’autrefois : seulement 2 % de rendement par an sur les cinq dernières années contre 4,2 % entre 1996 et 2000.

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A la suite de la crise financière de 2008, 390 milliards de valeurs d’actifs ont été rayés du patrimoine des Français, un montant qu’il leur a fallu deux ans pour récupérer. Les Français ont depuis épargné 722 milliards d’euros. Ils ont délaissé les actions et les fonds de placements (– 28 milliards d’euros de flux effectifs) au profit de l’assurance-vie (+ 370 milliards d’euros de flux effectifs) et des livrets d’épargne (+ 232 milliards d’euros).
La dette des ménages est essentiellement constituée de l’encours hypothécaire des particuliers (939,6 milliards d’euros au troisième trimestre 2017). Celle-ci représente 70 % du produit intérieur brut (PIB) français.

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Si la crise financière a stoppé net la tendance à l’accélération de l’endettement en 2008, la baisse des taux d’intérêt et le succès du régime de défiscalisation Pinel pour l’investissement dans l’immobilier neuf ont ramené la croissance du passif des ménages à 54 milliards en 2017, rien que pour les crédits à l’habitat.
Enfin, le patrimoine financier des Français est encore moins bien réparti que leurs revenus : 5 % des ménages possèdent près de 40 % du patrimoine et les plus riches disposent d’un patrimoine moyen cinq fois supérieur à la moyenne.



                            


                        

                        


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Oussama Ammar, les deux visages d’un gourou de la French Tech

Le cofondateur de la société d’investissement The Family s’est fait très jeune un nom dans le milieu des start-up, où il est aussi adulé que décrié.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 18h39
    |

            Isabelle Chaperon








                        



                                


                            

Une basket bleue à un pied. A l’autre, une rouge. Aucun doute possible, l’homme debout à la barre des pré­venus du tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine), ce vendredi 4 mai, ne peut être qu’Oussama Ammar, le cofondateur de la ­société d’investissement The Family.
Le jeune trentenaire aux faux airs de Demis Roussos est poursuivi pour « abus de ­confiance, faux et usage de faux »à la suite d’une plainte déposée par Be Sport, une start-up dont il a été le directeur général de juin à décembre 2011. Son avocat a plaidé la relaxe. Le procureur de la République a requis six mois d’emprisonnement avec sursis.
Télévangéliste des jeunes pousses
Trois juges, le visage fermé : le télévan­géliste le plus en vue de la French Tech était bien loin de son public habituel. Lui, le « magnétique gourou des start-up », comme le ­glorifie cette invitation pour un « rendez-vous business et numérique à Metz ». Quant à la chambre de commerce de Normandie, en pleine promotion pour un raout équivalent à Deauville, elle enjoint sur Twitter : « vivez l’expérience Oussama Ammar ».
Cette aura a valu à ce Français d’origine libanaise d’être nommé, le 11 avril, au sein d’un très chic « Global Tech Panel » créé par la Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Federica Mogherini. A ses côtés, rien de moins que Bill Gates, le fondateur de Microsoft, ou encore le pape de l’intelligence artificielle, Mustafa Suleyman (DeepMind).
De quoi avoir le tournis. Mais qui est vraiment Oussama Ammar ? « C’est une personnalité clivante. Il est adoré par une partie de l’écosystème ; ses étudiants à Sciences Po sont dithyrambiques sur lui. D’autres le détestent », a résumé vendredi son avocat, Me Victor ­Zagury, frère de son associée, Alice Zagury. On confirme. Rarement figure des affaires aura suscité à la fois autant d’engouement et de contestation à un si jeune âge. Visionnaire pour les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Paul Jorion revient sur cette notion de justice semblant motiver les batailles d’un président américain qui ne se sent nullement lié par les engagements de ses prédécesseurs.
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« Le combat de Donald Trump est, selon lui, d’éradiquer “l’injustice” »

Dans cette chronique, l’économiste Paul Jorion revient sur cette notion de justice semblant motiver les batailles d’un président américain qui ne se sent nullement lié par les engagements de ses prédécesseurs.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 13h30
    |

                            Paul Jorion (Economiste et anthropologue, Université catholique de Lille)








                        



                                


                            
Marchés. Polonius, vieux conseiller et père d’Ophélie, ayant écouté Hamlet, pense à part : « Il s’agit sans doute de folie, mais il y a en elle de la méthode. » Les agissements et les propos de Donald Trump nous font revenir en mémoire ces lignes de Shakespeare. Quant à la méthode, on la découvre dans l’évocation constante par le président américain de l’« unfairness », c’est-à-dire de l’« injustice » en général, et plus particulièrement du manque de « fair-play ».
Le 27 avril, lors de la visite à Washington de la chancelière allemande Angela Merkel, M. Trump a insisté sur le fait que les relations commerciales entre l’Europe et les Etats-Unis étaient « injustes » parce que déséquilibrées. « Il nous faut une relation réciproque, et nous ne l’avons pas, a-t-il déclaré. Nous en avons longuement débattu aujourd’hui, la chancelière et moi, et nous travaillons là-dessus. Nous voulons la rendre plus juste, et la chancelière veut la rendre plus juste. »

Une relation « juste » est la condition de la réciprocité, et le combat de Donald Trump est, selon lui, d’éradiquer « l’injustice ». Il y revient souvent. Alors qu’un journaliste l’interrogeait sur la violence avec laquelle il s’en était pris à un juge au nom à consonance hispanique, le président des Etats-Unis s’était défendu : « J’ai été traité très injustement par ce juge. Or, il se fait qu’il est d’ascendance mexicaine. Et je construis un mur [entre les Etats-Unis et le Mexique], vous avez compris ? Je construis un mur ! »
Sainte colère
En une autre occasion, il caractérisait ainsi son combat : « Je ne pense pas que j’insulte les gens. Je vais droit aux faits, et je n’ai pas le sentiment d’insulter les gens. Evidemment, si je suis insulté, je contre-attaque, ou si quelque chose est injuste, je contre-attaque. »
Une relation déséquilibrée – alors que les plateaux de la balance que brandit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Les jeunes diplômés ayant une formation adaptée à la révolution numérique en cours dans les entreprises vont bénéficier de salaires d’embauche revalorisés.
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Les heureux élus des salaires dopés

Les jeunes diplômés ayant une formation adaptée à la révolution numérique en cours dans les entreprises vont bénéficier de salaires d’embauche revalorisés.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 13h30
    |

                            Jean-Christophe Chanut








                        



                                


                            
Incontestablement, la reprise de l’emploi dope les salaires d’embauche des jeunes diplômés, notamment de niveau bac + 4 et plus. A l’automne 2017, le salaire moyen des jeunes tout juste sortis de HEC avait ainsi déjà progressé de… 8 % sur un an, pour atteindre près de 48 000 euros annuels.
Mais toutes les fonctions ne sont pas logées à la même enseigne. Ce sont les compétences au service de la « révolution » numérique des entreprises qui ont le vent en poupe. « Les domaines sous pression sont ceux liés à la transformation digitale, qui oblige les entreprises à totalement repenser leur façon de travailler. Cette transformation se traduit par de très nombreux projets internes dans tous les secteurs et à la même période. Résultat, les recrutements sont intenses pour tout ce qui touche à la high-tech, à la cybersécurité, au big data, à l’analytique, etc. », témoigne Nicolas Petit, responsable recrutement Europe de l’Ouest et Maghreb du cabinet de consultants EY (ex-Ernst and Young), gros pourvoyeur de recrutements de jeunes diplômés, avec près de 900 embauches par an.

Les chiffres de l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) le confirment. Dans sa dernière étude annuelle, l’APEC constate que l’essor spectaculaire des embauches de jeunes diplômés – entre 47 500 et… 78 000 recrutements sont attendus en 2018 – devrait surtout profiter aux métiers liés à l’informatique, la R&D, l’ingénierie, etc.
« Cela va avoir un impact sur les salaires d’embauche car les jeunes qualifiés vont avoir davantage d’opportunités. Chez EY, nous avons pris en compte cette situation en revalorisant dès 2017, d’environ 5 %, les salaires d’embauche de jeunes issus de certaines filières d’ingénieurs », précise M. Petit.
La finance aux avant-postes
Raphaëlle Gautier, directrice « Carrières et partenariat entreprises » du groupe HEC, ne dit pas autre chose. « Nous constatons une hausse des rémunérations dans certains secteurs comme le conseil,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Depuis le 1er janvier, les travailleurs non salariés peuvent ouvrir leur compte personnel de formation (CPF). Mais la prise en charge reste très limitée.
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Les indépendants ont aussi droit à la formation, mais peu y ont accès

Depuis le 1er janvier, les travailleurs non salariés peuvent ouvrir leur compte personnel de formation (CPF). Mais la prise en charge reste très limitée.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 13h28
    |

                            Catherine Quignon








                        



                                


                            

Aurélien Stein est un autodidacte. Graphiste free-lance depuis onze ans, ce trentenaire a finalement choisi ce métier après une formation initiale… en ébénisterie. Il s’est reconverti en commençant des études en design graphique, mais n’est pas allé au bout de sa formation. « Je me suis tout de suite lancé en free-lance », explique le jeune homme. Les contrats se sont succédé et Aurélien s’est initié à son métier sur le tas. Mais le jeune homme a éprouvé très vite le besoin d’actualiser ses compétences, notamment pour suivre le rythme de l’évolution des logiciels.
C’est à cette occasion qu’il a découvert l’accès à la formation professionnelle pour les indépendants : « Il y a trois ans, lorsque j’ai été démarché par un organisme proposant une formation de perfectionnement en logiciel InDesign, il m’a informé des possibilités de financement qui existent pour les travailleurs indépendants », se souvient-il. Affilié à la Maison des artistes, il avait droit à une prise en charge financière totale ou partielle de sa formation. Une aide bienvenue, vu le coût « à quatre chiffres ». Puis un mois et demi après avoir déposé son dossier de demande de financement, il était accepté. Intégralement prise en charge, sa formation a été un investissement fructueux : « Elle m’a permis d’élargir la gamme de mes prestations », fait-il valoir.
Dès les premiers pas
Peu de travailleurs indépendants le savent, mais eux aussi ont droit à la formation continue. Depuis 2011, artisans, libéraux, autoentrepreneurs… doivent cotiser à des fonds d’assurance formation (FAF) spécifiques. A ce titre, tout comme les salariés, ils bénéficient d’un droit à la formation. Et ce, dès les premiers pas de leur activité.
Sont financées en priorité les formations qui relèvent de l’obligation de formation continue à laquelle sont soumises certaines professions (pharmaciens, avocats, agents immobiliers…). Au-delà, c’est au cas par cas.

Depuis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Parmi les multiples points de friction, les cartes illimitées et les bandes-annonces.
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Cinéma : les producteurs réclament davantage de transparence aux exploitants de salles

Parmi les multiples points de friction, les cartes illimitées et les bandes-annonces.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h49
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Face à l’insolente santé des grands circuits de salles de cinéma, les griefs des producteurs et des distributeurs se multiplient, même si bien peu s’avisent de leur dire en face. D’autant moins que les exploitants ont un droit de vie ou de mort sur les films, puisqu’ils choisissent tous les lundis matin de garder un long-métrage en salle ou d’abréger sa carrière, si le public n’est pas au rendez-vous. Les propriétaires de multiplexes ont beau jeu de rappeler qu’ils se sont engagés à sanctuariser un certain nombre de séances lors des quinze premiers jours suivant la sortie. Mais producteurs et distributeurs considèrent que les exploitants n’en font pas assez et diffusent les films les plus exigeants sur une seule semaine, dans de toutes petites salles ou à des horaires peu attractifs.
L’un des points récurrents de friction concerne les cartes illimitées. UGC vient en effet de baisser de 2 euros par mois pendant un an le prix d’UGC Illimité. La filière s’agace de cette mesure prise sans concertation, qui aboutit à une baisse de la base de rémunération des ayants droit. Tous les syndicats professionnels fustigent aussi la suppression, en mai 2017, de la commission d’agrément des formules d’accès illimité au cinéma par le Centre national du cinéma (CNC).
« Ces cartes ont créé de l’opacité et des distorsions sur le partage de la valeur : le taux de consommation des films par leurs détenteurs n’est pas divulgué. Ces cartes existent depuis dix-huit ans. Leur prix a augmenté de près de 33 % pendant cette période, alors que la part qui revient aux producteurs n’a crû que de 1 % », déplore Xavier Rigault, vice-président de l’Union des producteurs de cinéma (UPC). Il en appelle à « davantage de solidarité des exploitants avec la filière » et demande au CNC et au gouvernement de réguler enfin ces cartes illimitées.
Le filon des bandes-annonces
La question des bandes-annonces fait aussi grincer les dents. La plupart sont gratuites,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Le secteur souffre du sous-financement et de la sous-exposition des films. Les producteurs sont contraints de prendre davantage de risques.
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Cinéma : la production indépendante fragilisée

Le secteur souffre du sous-financement et de la sous-exposition des films. Les producteurs sont contraints de prendre davantage de risques.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h21
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

« Un moment un peu vertigineux » : la productrice de cinéma Didar Domehri (Maneki Films) qualifie ainsi sa décision de commencer le tournage du film Les Filles du Soleil d’Eva Husson qui traite d’un sujet ardu – des femmes soldates kurdes en lutte contre les extrémistes – alors que son budget (près de 4 millions d’euros) n’était pas bouclé. « On a pris le risque de partir en tournage en Géorgie », dit-elle. Bonnes nouvelles : Eurimages a apporté la somme manquante et ce long-métrage est en compétition dans la Sélection officielle du Festival de Cannes, qui démarre mardi 8 mai.
L’obligation de prendre davantage de risques devient la norme chez bon nombre de producteurs indépendants, non affiliés à un groupe télévisuel ou d’exploitation. « L’image du producteur qui roule en Porsche et fume le cigare est révolue », affirme Xavier Rigault, vice-président de l’Union des producteurs de cinéma. « Ils ont plus de mal à boucler les financements des films et y apportent souvent les frais généraux de leur société de production et leurs salaires. Ils vivent du fonds de soutien généré par les films qu’ils ont précédemment produits. »
Plus alarmiste, Marie Masmonteil, vice-présidente du Syndicat des producteurs indépendants, lance : « On est dans un pic d’angoisse. » Un malaise que constate aussi Anne Flamant, directrice du département cinéma et audiovisuel de la banque Neuflize OBC. « En vingt ans, jamais la production indépendante n’a connu une telle situation de fragilité », observe-t-elle, ajoutant que cet état s’est dégradé depuis un an et demi.
Une bonne santé en trompe-l’œil
Pourtant, le Centre national du cinéma a publié en mars un état des lieux flatteur, avec 222 films français produits en 2017, marqué par beaucoup de nouveaux nés, avec 72 premiers films et 40 deuxièmes films. Les investissements dans ces longs-métrages estimés à 1,08 milliard d’euros ont chuté de 10 %, en raison...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Selon eux, 1 200 emplois de téléconseillers internes ou externes ont été délocalisés à ce jour et 3 000 seraient menacés.
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Les syndicats d’Engie dénoncent la délocalisation de ses centres d’appel

Selon eux, 1 200 emplois de téléconseillers internes ou externes ont été délocalisés à ce jour et 3 000 seraient menacés.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 11h55
    |

                            Nabil Wakim et 
Francine Aizicovici








                        



                                


                            

Engie (ex-GDF Suez) a lancé fin avril une campagne nommée Harmony Project, preuve, selon l’énergéticien, que rentabilité et responsabilité sociale peuvent aller de pair. Les publicités mettent ainsi en avant les investissements décarbonés et socialement responsables du groupe français à travers le monde.
Une présentation de la stratégie du groupe qui fait rire jaune les syndicats. Ces derniers dénoncent une vague de délocalisations en cours dans les centres d’appels – une activité cruciale pour l’énergéticien, premier fournisseur de gaz et deuxième fournisseur d’électricité en France.
Alors que la concurrence s’accroît dans le secteur – avec l’arrivée de nouveaux acteurs comme Total ou CDiscount –, la direction du groupe a décidé de confier à des sous-traitants à l’étranger une partie des activités de centres d’appels. L’essentiel de ces activités était jusqu’à présent sous-traité en France, le reste étant réalisé en interne à Engie.
« 85 % de l’activité externalisée, dont 30 % à l’étranger »
Fin août 2017, lors d’une réunion du comité d’entreprise, les syndicats assurent avoir découvert que « ce qui était présenté jusque-là par la direction comme une expérimentation de la délocalisation vers des pays à moindre coût qu’en France était en fait pérennisé et appelé à s’amplifier », déplorent Patricia Chastan, de la CFE-CGC, et Gildas Gouvazé, de FO. La direction explique, elle, que les élus en sont informés depuis la mi-2016.
Cette réunion a marqué le signal de départ de la mobilisation syndicale dans le but de freiner les délocalisations. « En 2007, Engie comptait en son sein 32 centres de relation client et externalisait 20 % des activités sur le territoire national. Aujourd’hui, 19 sites ont été fermés et 85 % de l’activité est désormais externalisée, dont 30 % à l’étranger, notamment à l’île Maurice, au Maroc et au Portugal… », expliquent les syndicats.
Lors de ce CE d’août, « la direction nous a dit...




                        

                        


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Nestlé va exploiter la marque Starbucks en supermarché

Le groupe suisse a noué lundi une alliance stratégique avec la chaîne de cafés américaine pour un peu plus de 7 milliards d’euros.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 11h20
    |

            Laurence Girard








                        



   


Le marché du café reste bouillant. Une nouvelle démonstration vient d’en être donnée par l’accord conclu, lundi 6 mai, entre le suisse Nestlé et l’américain Starbucks. Le groupe de Vevey exploitera la célèbre marque dans les supermarchés et la restauration. Pour nouer cette alliance stratégique, Nestlé n’a pas hésité à débourser 7,15 milliards de dollars (près de 6 milliards d’euros) pour une activité dont le chiffre d’affaires est de 2 milliards de dollars. Starbucks conserve en revanche tous les droits de sa marque dans les cafés à son enseigne.
C’est la plus grosse opération conclue par Ulf Mark Schneider, depuis son arrivée à la tête de Nestlé, signe de l’importance du marché du café pour le premier groupe agroalimentaire mondial. Le nouveau patron avait d’ailleurs cité, en septembre 2017, lors de sa présentation stratégique aux investisseurs, le café mais aussi les produits pour animaux de compagnie, la nutrition infantile et les eaux minérales comme prioritaires dans le secteur agroalimentaire. Les produits de santé grand public étant, eux, considérés comme une plate-forme de croissance additionnelle.
Un nouvel adversaire
Sur le marché du petit noir, Nestlé, leadeur mondial avec ses marques Nescafé, Nespresso et Dolce Gusto, a vu apparaître un nouvel adversaire aux dents longues. JAB, fonds d’investissement de la famille allemande Reimann, a lancé son offensive dans l’agroalimentaire en 2012, en jetant d’abord son dévolu sur les deux chaînes américaines Peet’s Coffee & Tea et Caribou Coffee, avant de reprendre le producteur de café néerlandais D.E. Masters Blenders 1753. Elle a ensuite fusionné ce dernier avec l’activité café de l’américain Mondelez. A la clé, la naissance d’un géant, Jacobs Douwe Egberts (JDE). JAB s’est emparé dans la foulée de Keurig, le rival américain de Nespresso, et a fait des emplettes en Asie. Le fonds a aussi mis la main sur la chaîne de cafés-boulangeries américaine Panera Bread. Et les investisseurs murmuraient qu’il avait Starbucks en ligne de mire…

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Après un investissement de près de 30 milliards de dollars, la famille Reimann possède avec JDE le deuxième acteur mondial du café. Selon les données publiées par l’institut d’études Euromonitor, il détient désormais 9,6 % du marché en valeur. Nestlé reste dominant avec 22,6 % de part de marché. En troisième position, se trouve l’italien Lavazza à 2,5 % au coude-à-coude avec Starbucks (2,5 %).
Une faiblessse aux Etats-Unis
« Nestlé est de loin la plus grande société de boissons chaudes, avec des ventes supérieures à celles combinées de ses cinq concurrents les plus proches. Néanmoins, sa position de leadeur est moins sécurisée qu’elle ne l’a été. JAB a assemblé un acteur de poids sur le marché du café ces dernières années et a considérablement réduit l’écart avec Nestlé », affirme Matthew Barry, analyste d’Euromonitor.

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Nestlé souffrait de plus d’une faiblesse aux Etats-Unis. Selon Euromonitor, le groupe suisse, qui a du mal à dupliquer outre-Atlantique le succès européen de Nespresso, ne s’y classe qu’en cinquième position, avec une part de marché de 4,7 %, alors que Starbucks le domine avec 13,7 %. Nestlé avait fait un premier pas en s’offrant, en 2017, Blue Bottle Coffee, une chaîne de café plébiscité par les hipsters. En signant l’alliance avec Starbucks et en reprenant 500 de ses salariés, il renforce son ancrage américain.
L’aiguillon du fonds activiste Third Point
La prise en main de la marque Starbucks illustre aussi la volonté exprimée par M. Schneider d’être à l’avant-garde des tendances et de mieux répondre aux attentes des consommateurs soucieux d’une alimentation plus saine. Il a pris une participation dans Freshly, une société de livraison de repas préparés, a acheté Sweet Earth, un fabricant de produits pour les végétariens, et s’est offert le canadien Atrium Innovations, spécialisé dans les compléments alimentaires. En parallèle, le patron allemand a continué à faire le ménage dans le portefeuille de Nestlé. Il a ainsi cédé son activité confiserie aux Etats-Unis à l’italien Ferrero et a mis en vente sa filiale d’assurances Gerber Life Insurance.

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Des décisions prises alors que le fonds activiste Third Point aiguillonne Nestlé depuis son entrée au capital à l’été 2017, en demandant la cession de la participation dans L’Oréal et d’actifs non stratégiques, des acquisitions, et un programme de rachat d’actions. Avec un objectif : accroître les marges et la valorisation boursière de l’entreprise. Alors qu’en 2017, Nestlé a affiché la plus faible croissance de son histoire à 2,4 %, M. Schneider a fixé un objectif de marge opérationnelle compris entre 17,5 % et 18,5 % en 2020.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Une telle coupe reviendrait à effacer les deux vagues d’embauches du précédent quinquennat.
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Avec la baisse du chômage, Pôle emploi envisage la suppression de 4 000 postes

Une telle coupe reviendrait à effacer les deux vagues d’embauches du précédent quinquennat.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h16
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        


Pôle emploi risque de faire les frais de la baisse du chômage. Au cours des trois prochaines années, l’opérateur public pourrait diminuer ses effectifs de plusieurs milliers – Le Journal du dimanche du 6 mai parlant de 4 000 postes en moins. Un recul sans précédent depuis la création du réseau issu du mariage, en 2008, de l’ANPE et des Assedic, au sein duquel travaillent quelque 54 000 personnes, dont les neuf dixièmes ont un statut de droit privé.
« Il n’y a pas de chiffre arrêté à ce jour », fait-on valoir à la direction générale de Pôle emploi. Mais le scénario des 4 000 suppressions de postes circule depuis plusieurs jours en interne. Lors d’une émission sur France Inter, le 27 avril, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, avait d’ailleurs été interrogée par un salarié de l’opérateur sur l’éventualité de coupes d’une telle ampleur. « La trajectoire que vous évoquez n’est pas définitive, on est en train de travailler sur des hypothèses », avait répondu Mme Pénicaud – indiquant ainsi, en creux, que l’ordre de grandeur était plausible. La ministre avait ajouté que « si le taux de chômage baisse (…), il est logique qu’il y ait moins besoin d’accompagnement [assuré par Pôle emploi] ». Dès lors, envisager des économies de personnels au sein de l’institution est considéré comme légitime. D’autant, avait complété Mme Pénicaud, que de « nouvelles organisations » sont mises en place dans les agences et permettent de dégager des gains de productivité.

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                Le nombre de demandeurs d’emploi a baissé de 1 % au premier trimestre 2018



« Pas de poste en trop »
« Cette question devra être abordée en prenant en compte les nouvelles charges qui pourraient peser sur Pôle emploi », déclare-t-on à la direction générale de l’opérateur. Une allusion à la réforme de l’assurance-chômage, qui prévoit d’accorder une indemnisation à de nouvelles catégories de salariés démissionnaires et aux indépendants. Ce changement est susceptible d’entraîner un accroissement du nombre d’inscrits à Pôle emploi – et donc de donner plus de travail aux agents du service public. Autre paramètre à prendre en compte : le renforcement du contrôle des chômeurs – qui sera effectué, à terme, par 1 000 salariés de l’opérateur (contre un peu plus de 200, aujourd’hui).
« Il n’y a pas de poste en trop à Pôle emploi, plaide Nathalie Potavin, représentante CGT au sein de l’opérateur. Les conseillers sont déjà surchargés, avec un très grand nombre de personnes à suivre. » Sous le sceau de l’anonymat, l’un de ses collègues, membre du SNU, juge « simpliste » de vouloir comprimer les effectifs au motif que le chômage refluerait. Cette tendance ne vaut que pour celles et ceux qui n’ont exercé aucune activité, rappelle Sylvie Szeferowicz (Force ouvrière) : en revanche, les demandeurs d’emploi qui travaillent de façon occasionnelle ou à temps partiel voient leur nombre « exploser », poursuit-elle.
Il est prévu que l’opérateur perde près de 300 postes cette année, en vertu de la loi de finances 2018. Si l’Etat lui en retirait 4 000 pour les trois exercices suivants, une telle coupe reviendrait à effacer les deux vagues d’embauches conduites sous le précédent quinquennat. Dans ce cas de figure, plusieurs questions seraient soulevées : l’effort doit-il porter sur ceux qui accompagnent des chômeurs ? Ceux qui s’occupent de l’indemnisation ? Ou bien alors l’encadrement, à l’échelon central et territorial ? Autre inconnue : la méthode pour serrer les boulons. Environ 1 000 salariés de Pôle emploi devraient prendre leur retraite, chaque année, durant la période à venir – soit un volume inférieur à la cible de 4 000 en trois ans. Du coup, des syndicalistes en sont déjà à redouter la perspective d’un plan de départs volontaires, conclue dans le cadre d’une rupture conventionnelle collective.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Nostalgiques, les Français sont les champions européens du mal-être. Mais, récemment, l’indicateur de bonheur collectif mis en place par des économistes s’est redressé spectaculairement, note Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Du bonheur et du malheur d’être français »

Nostalgiques, les Français sont les champions européens du mal-être. Mais, récemment, l’indicateur de bonheur collectif mis en place par des économistes s’est redressé spectaculairement, note Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



Le Monde
 |    07.05.2018 à 11h15
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Comme son origine cimentière le laisse supposer, un gâchis (ou mortier) résulte d’un mélange d’éléments rendant une situation inextricable. Jean-Marc Janaillac, le patron d’Air France, a eu raison de parler de gâchis pour évoquer le désaveu que son personnel lui a infligé en votant contre son plan salarial, tant la situation semble désormais difficile à démêler. Bon courage à celui qui devra lui succéder, à partir du 15 mai.

Côté SNCF, on devait parler aussi d’argent, ce lundi 7 mai, lors des rencontres entre les acteurs du dossier et le premier ministre, Edouard Philippe. Mais la question devrait tourner davantage autour de l’avenir du service public ferroviaire, de sa dette et du statut de son personnel. Là encore avec le sentiment souterrain d’une dégradation de la situation par rapport à un passé glorieux.

Bien sûr, ces attitudes ne sont pas propres à la France, mais elles revêtent dans l’Hexagone une importance plus grande qu’ailleurs. La France, pays redistributif et relativement égalitaire, est aussi celui, en Europe, dont les citoyens attachent le plus d’importance à l’argent comme condition de leur bonheur.
Une étude étonnante
C’est la conclusion étonnante d’une récente publication (Les Français, le bonheur et l’argent, Editions rue d’Ulm, avril 2018) du Centre d’étude pour la recherche économique et ses applications (Cepremap). Les auteurs, Yann Algan, Elizabeth Beasley et Claudia Senik, se sont appuyés sur les enquêtes menées depuis une vingtaine d’années dans les pays développés pour mesurer le niveau de bien-être des populations. Le Cepremap lui-même dispose de son observatoire, qui sonde les cœurs des Français à intervalle régulier avec l’aide de l’Insee.
Il ressort de cette masse de résultats trois éléments-clés. Premièrement, la France est championne d’Europe du mal-être, et la situation s’est aggravée depuis le début des années 2000.
Deuxième élément, cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a jugé « les revendications salariales » des pilotes « injustifiées ». Le groupe déplore le maintien de la grève, lundi et mardi.
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Air France : le gouvernement et la CFDT accusent les pilotes

Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a jugé « les revendications salariales » des pilotes « injustifiées ». Le groupe déplore le maintien de la grève, lundi et mardi.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 11h02
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



   


Au lendemain de la démission de son PDG, Jean-Marc Janaillac, vendredi 4 mai, le conflit reste dans l’impasse à Air France, et le gouvernement a haussé le ton par la voix de Bruno Le Maire. « Je ne vais pas expliquer aux Français que nous allons augmenter notre participation dans Air France [14,3 %], éponger [ses] pertes, alors qu’elle ne fait pas les efforts de compétitivité nécessaires pour être au même niveau que ses grands concurrents européens », Lufthansa et British Airways, a souligné le ministre de l’économie, dimanche, sur BFM-TV. Sans ces efforts, a-t-il prévenu, la compagnie est menacée de disparition.

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Dans sa ligne de mire, les 4 000 pilotes d’Air France. « Quand on a [leur] niveau de rémunération actuel, on ne demande pas des revendications salariales aussi élevées », a jugé M. Le Maire. Il a estimé leurs revendications « injustifiées ». Une critique reprise par Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, qui juge leurs exigences inacceptables. Philippe Evain, président du Syndicat national des pilotes de ligne (majoritaire), s’est dit « choqué » par les propos du ministre. « Air France ne demande pas [que l’Etat] éponge toutes ses dettes », a-t-il indiqué, lundi 7 mai, sur RTL, puisqu’elle « n’a pratiquement plus de dette. » 

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Une grève coûteuse
Air France déplore le maintien de la grève, lundi 7 et mardi 8 mai, « alors que la période qui s’ouvre ne permet pas d’engager une quelconque négociation ». Son coût est déjà de 300 millions et risque d’atteindre 400 millions, sans compter le prix d’une désaffection des clients. L’action chutait de 13 %, lundi, à l’ouverture de la Bourse de Paris.

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Le gouvernement a été surpris par le rejet des propositions salariales de la direction par 55,44 % des 46 700 salariés d’Air France. Après six ans de gel, ceux-ci réclament 5,1 % de hausse salariale en 2018, alors que M. Janaillac proposait 2 % cette année (et 5 % sur 2019 -2021). Une victoire temporaire pour l’intersyndicale réunissant dix organisations de pilotes, d’hôtesses et de personnels au sol. Car le nouveau patron d’Air France-KLM, nommé dans les prochaines semaines, sera sous pression. Sa feuille de route est « claire », a prévenu M. Le Maire : « Le rétablissement du dialogue social comme priorité absolue et, en second lieu, le rétablissement de la compétitivité. »

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Analyse. Le 24e congrès de la centrale, fin avril, a été le théâtre d’une guerre ouverte entre le nouveau secrétaire général, M. Pavageau, et le sortant, M. Mailly. Coupée en deux, la confédération s’en retrouve, pour notre éditorialiste Michel Noblecourt, profondément affaiblie.
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Force ouvrière sur le sentier périlleux de la « résistance »

Analyse. Le 24e congrès de la centrale, fin avril, a été le théâtre d’une guerre ouverte entre le nouveau secrétaire général, M. Pavageau, et le sortant, M. Mailly. Coupée en deux, la confédération s’en retrouve, pour notre éditorialiste Michel Noblecourt, profondément affaiblie.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 10h30
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            
Analyse. « Vous êtes Force ouvrière, vous êtes la résistance. » A peine élu secrétaire général de FO, Pascal Pavageau a conclu le 24e congrès de sa centrale, vendredi 27 avril, à Lille, par un appel à « la résistance ». « Nous allons faire bloc, unis, soudés, rassemblés dans le respect de tous et de toutes, a-t-il lancé avec des accents martiaux. Nous allons résister, nous allons revendiquer, nous allons conquérir de nouveaux droits. » « Nous préférons mourir debout que vivre à genoux, a-t-il encore martelé. (…) Nous ne sommes pas à fort Alamo. »
Sur un registre apocalyptique, il a même plagié le magicien Gandalf dans le film Le Seigneur des anneaux : « Un jour peut venir où l’égalité faillira, où la solidarité s’effondrera, où l’individualisme triomphera. (…) Ce sera l’heure des loups dans la jungle et du chacun pour soi, mais ce jour n’est pas arrivé. (…) Nous disons fermement et fièrement, vous ne passerez pas, vous ne passerez pas ! »

Pour bien marquer la rupture avec les quatorze ans de règne de Jean-Claude Mailly, coupable à ses yeux d’avoir été trop conciliant dans la concertation sur les ordonnances sur le code du travail, M. Pavageau a choisi le terrain de la confrontation. FO réclame désormais « l’abrogation » de ces ordonnances et juge que « la perspective d’une mobilisation interprofessionnelle est aujourd’hui nécessaire, y compris par la grève », dans la « recherche de la plus grande unité possible ». Pour le successeur de M. Mailly, ce congrès a été « une réussite » et « un moment très fort de démocratie interne ».
Guerre ouverte
Une « réussite » ? Pendant cinq jours, Lille a été le théâtre d’une guerre ouverte entre M. Pavageau et M. Mailly, comme si, unique candidat au poste de secrétaire général, l’ancien ingénieur des travaux publics de l’Etat voulait humilier – et congédier...




                        

                        

