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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Un an après son arrivée au pouvoir, comment Emmanuel Macron est-il perçu à l’étranger ? Tour d’horizon, de la Scandinavie au Brésil en passant par les Etats-Unis.
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En Europe centrale, les perceptions contrastées du macronisme

Un an après son arrivée au pouvoir, comment Emmanuel Macron est-il perçu à l’étranger ? Tour d’horizon, de la Scandinavie au Brésil en passant par les Etats-Unis.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 14h42
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 15h03
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


En Autriche, les commentateurs de l’actualité politique aiment voir en Sebastian Kurz un « Macron des Alpes » : le plus jeune chef d’Etat du monde partage en effet avec le président français une précocité insolente à ce niveau de pouvoir. Il est chancelier, à 31 ans seulement. Il plaît donc aux Autrichiens de faire partie de ces pays dirigés par une nouvelle génération fringante à laquelle appartient aussi Justin Trudeau, le chef du gouvernement canadien.
Autre point commun : une ascension fulgurante, forgée dans le rejet des clivages partisans et une capacité à incarner une forme de renouveau face à un ancien « système » largement critiqué, alors même que ces deux leadeurs y ont construit les bases de leurs ambitions.
La politique d’Emmanuel Macron, libérale sur le plan économique et restrictive sur le plan migratoire, est par ailleurs en phase avec ce que tente d’incarner le chancelier autrichien, même si ce dernier, qui gouverne avec l’extrême droite, est bien plus conservateur sur les questions de société dans ce pays catholique de 8,7 millions d’habitants.
Vu de Budapest, un épouvantail
Le gouvernement autrichien est enfin opposé à plusieurs projets macroniens de réformes concernant l’Europe, Vienne tendant à plus de subsidiarité et rejoignant là plutôt des pays comme la Hongrie.

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Viktor Orban incarne d’ailleurs plus que jamais l’anti-Macron, après sa victoire aux législatives hongroises du 8 avril et en prévisions des européennes de 2019. Vu de Budapest, le dirigeant français est un épouvantail. Il porte le danger d’un renforcement d’une Union européenne vilipendée à longueur de discours par la figure de proue du souverainisme qu’est M. Orban. Et M. Macron est un outsider, alors que le parti Fidesz de Viktor Orban appartient à la famille du Parti populaire européen (PPE), qui domine l’Union.
Dans les rangs du Fidesz, on aime souvent, d’ailleurs, rappeler qu’au niveau européen, La République en marche ne pèse rien ou presque. Manière de relativiser le poids politique de l’étoile montante de l’Occident libéral honni par les souverainistes de l’Est.

Emmanuel Macron vu d’ailleurs
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Malgré un fort taux de « faux positifs », la police parle tout de même d’un « succès retentissant », qui aurait permis de procéder à 450 arrestations depuis juin 2017.
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Efficacité en demi-teinte pour le système de reconnaissance faciale de la police galloise

Malgré un fort taux de « faux positifs », la police parle tout de même d’un « succès retentissant », qui aurait permis de procéder à 450 arrestations depuis juin 2017.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 14h01
   





                        



   


2 470 signalements… dont 2 297 fausses alertes. C’est le bilan en apparence très mitigé des premiers tests de la police galloise en matière de reconnaissance faciale automatique, menés en juin 2017 à Cardiff, qui ont provoqué l’ire d’associations de défense des libertés publiques, à l’image de Big Brother Watch.
A l’occasion de la finale de la Ligue des champions, la police a ainsi scanné en temps réel les visages des passants grâce à des caméras de sécurité. Des données ensuite comparées automatiquement avec une base de données de 500 000 clichés anthropométriques.
Les comparaisons ont donné lieu à de très nombreux signalements… qui, dans près de 93 % des cas, se sont avérés être de fausses alertes, le système de reconnaissance confondant en réalité les passants avec des individus suspects.
L’opération a pourtant ensuite été régulièrement répétée lors des mois qui ont suivi, à l’occasion d’autres événements sportifs et de concerts.
Pas d’arrestation par erreur
Il s’agirait pourtant d’un « succès retentissant », d’après la police de Galles du Sud, qui, à l’issue de dix mois d’utilisation du dispositif, dressait vendredi 4 mai un premier bilan sur son site.
Si le système souffrait d’un taux d’erreur (ou « faux positif ») de près de 93 % lors de la finale de la Ligue des champions, il est tombé à 72 % en moyenne lors d’événements ultérieurs, sur des volumes certes moindres.
Dans un communiqué paru le même jour, la police de Galles du Sud préfère d’ailleurs insister sur le verre à moitié plein, expliquant que le système de reconnaissance faciale automatique aurait en fin de compte permis 450 arrestations depuis juin 2017 – et, déjà, plusieurs condamnations. « Bien sûr que notre système de reconnaissance faciale n’est pas précis à 100 % », se défend la police. Cependant, « aucun individu n’aurait été arrêté après un faux positif ».
« La majorité du temps », les erreurs seraient ainsi rapidement retoquées par un agent humain chargé de vérifier les résultats de l’outil de reconnaissance faciale. Dans les cas, minoritaires à en croire la police, où une erreur ne serait pas immédiatement identifiée, « une discussion entre l’officier de police [chargé d’intervenir] et l’individu » serait « normalement » suffisante pour dissiper les derniers risques d’erreur.
Dans le même communiqué, la police galloise s’est dite soucieuse de respecter le règlement général sur la protection des données (RGPD), qui entrera en vigueur le 25 mai dans l’ensemble de l’Union européenne. Tout en évoquant « la nécessité de conserver un équilibre entre sécurité et vie privée ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Un an après son arrivée au pouvoir, comment Emmanuel Macron est-il perçu à l’étranger ? Tour d’horizon, de la Scandinavie au Brésil en passant par les Etats-Unis.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Macron agace à Moscou, mais le Kremlin le ménage

Un an après son arrivée au pouvoir, comment Emmanuel Macron est-il perçu à l’étranger ? Tour d’horizon, de la Scandinavie au Brésil en passant par les Etats-Unis.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 13h05
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 13h20
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


La décision d’Emmanuel Macron de maintenir envers et contre tout sa première visite en Russie, les 24 et 25 mai, sauve les apparences. « Jusqu’ici, la France a fait preuve d’une attitude constructive, saluait récemment le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Les autorités françaises ne fuient pas le dialogue, au contraire, elles sont disposées à résoudre les problèmes par la voie de la négociation. Cela coïncide entièrement avec l’approche de notre président. » Sur la forme, peut-être. Mais sur le fond, les divergences se creusent.
Le soutien apporté par la France à la Grande-Bretagne dans l’affaire Skripal, l’ex-agent double empoisonné par une substance chimique d’origine russe, selon Londres, tout comme les critiques répétées de Paris sur le soutien sans faille de Moscou à son allié syrien, n’ont pas été sans conséquences. Dans le premier cas, l’Elysée a saisi l’occasion pour expulser quatre diplomates russes – comme l’avaient fait 27 autres pays. Dans le second cas, en liaison avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, la France a participé pour la première fois, le 14 avril, à des frappes aériennes communes contre le régime de Bachar Al-Assad, accusé d’avoir eu de nouveau recours à l’arme chimique, quelques jours plus tôt, dans la Ghouta orientale.

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« Position coloniale »
En direct sur la chaîne BFM-TV, le 15 avril, le président français avait ensuite présenté les Russes comme les « complices » de Damas, qui « ont construit méthodiquement, par la voie diplomatique, l’incapacité internationale à empêcher l’utilisation des armes chimiques ». C’est peu dire qu’à Moscou, Emmanuel Macron agace. « C’est déjà une sorte de position coloniale », avait ainsi raillé le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, en réaction aux propos du chef de l’Etat français incitant Donald Trump à ne pas retirer ses forces armées dans la région afin de « construire une nouvelle Syrie ».
En dépit de tous ces accrocs dans la relation bilatérale, M. Macron met un soin particulier à maintenir le contact avec Vladimir Poutine, avec lequel il multiplie les gestes de bonne volonté. Le chef du Kremlin avait déjà eu un bref aperçu de cette politique du chaud et du froid soufflés en alternance, lorsque, reçu en grande pompe à Versailles en mai 2017 par son hôte tout juste élu, il avait pu, aussi, mesurer sa rhétorique abrupte et sa façon de couper court à ses arguments.
« Nouvelle page »
Depuis, les deux hommes se sont entretenus à huit reprises par téléphone, dont la moitié durant le seul mois d’avril. A la veille des frappes aériennes en Syrie – devenu le dossier le plus épineux entre Paris et Moscou depuis l’intervention militaire russe en 2015 –, le président français a appelé M. Poutine. Il a de nouveau fait usage de sa ligne directe avec le Kremlin, le 23 et le 30 avril, avant et après son déplacement aux Etats-Unis. De part et d’autre, cependant, ces échanges restent formels. Ainsi, lors du dernier appel, le Kremlin s’est contenté de sèchement rappeler son attachement au « strict respect » de l’accord nucléaire iranien alors que l’Elysée avait tenté de plaider, outre-Atlantique, pour une nouvelle version.
Moscou et Paris partagent néanmoins un intérêt commun à préserver sur le fil du rasoir leurs relations. Pour Emmanuel Macron, le sujet est presque devenu un terrain d’affrontement avec son prédécesseur, François Hollande, pour qui « si la Russie est menaçante, elle doit être menacée », et dont il cherche à tout prix à se démarquer. De son côté, le chef de l’Etat russe considère la France comme un acteur compatible avec Moscou au sein d’une Europe jugée hostile.
« Macron est dur, mais le Kremlin sait très bien que l’humeur en France est plutôt à “ouvrons une nouvelle page”, décrypte le politologue Dmitri Orechkine. Il espère donc le séduire afin de montrer au reste du monde tous les avantages qu’il y aurait à coopérer avec la Russie. » Dans cette optique, Moscou ménage son invité.



                            


                        

                        


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En Scandinavie, le malentendu perdure quant au projet macronien

Un an après son arrivée au pouvoir, comment Emmanuel Macron est-il perçu à l’étranger ? Tour d’horizon de Scandinavie au Brésil en passant par les Etats-Unis.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 13h02
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


Le soir du 7 mai 2017, une majorité des politiciens scandinaves exultaient : enfin un président français à leur goût. Jeune, réformateur, marié à Brigitte Macron, et surtout qui ne tarissait pas d’éloge sur le fameux « modèle scandinave ». Députés et ministres de tous bords revendiquaient leur parenté idéologique avec Emmanuel Macron, trahissant le malentendu autour du projet de ce candidat sorti de nulle part. Un an plus tard, la surprise est passée, mais la confusion demeure.
« Parce que les Suédois le jugent à l’horizon de notre système politique, on a beaucoup de mal à déterminer où il se situe vraiment sur l’échelle droite-gauche, ce qui suscite une ambivalence sur son programme », note Göran von Sydow, directeur de l’Institut suédois d’études européennes. La réforme du marché du travail, par exemple : « Etait-ce un projet libéral ou bien une politique inspirée du modèle suédois ? Beaucoup se posent la question », observe le politologue.
Surtout que sa méthode brouille les cartes, remarque le journaliste danois Bjorn Bredal, actuellement à Paris où il observe la grogne sociale monter. « Au Danemark, nous avons une démocratie consensuelle. La démocratie conflictuelle à la française est difficile à comprendre pour les Danois. Macron en est devenu le symbole. En même temps, il séduit car il ose gouverner. »
« Terrain d’entente »
Dans les pays scandinaves, où la modestie et la discrétion sont en général des vertus appréciées chez les gouvernants, le président « jupitérien » fascine. « Cette manière d’incarner le pays, entre roi et président, est inconcevable chez nous, assure Bjorn Bredal. D’ailleurs, les Danois rient un peu de cette façon tellement française de se prendre à ce point au sérieux. François Hollande à cet égard ressemblait plus à nos politiciens. »
Sur la politique menée par le gouvernement depuis un an, les Scandinaves sont divisés. D’un côté, ils apprécient « la volonté de moderniser la France, de se tourner vers l’avenir », note le politologue Göran von Sydow. Sur la question climatique ou le numérique, par exemple : « Ce sont des sujets sur lesquels nous pouvons trouver un terrain d’entente. » Le député finlandais libéral-conservateur Juhana Vartiainen, applaudit également des réformes économiques qui « mettent fin à l’immobilisme sur le marché du travail français ».
Mais sur la scène européenne, le volontarisme de M. Macron agace des Scandinaves, peu favorables au renforcement de l’intégration encouragé par Paris. « Les sociaux-démocrates suédois, par exemple, veulent discuter de la dimension sociale de l’UE, mais ils ne veulent pas d’initiatives supranationales », constate Björn Fägersten, chercheur à l’Institut suédois des affaires internationales. La Suède, qui n’appartient pas à la zone euro, s’inquiète d’une « Europe à deux vitesses où elle se retrouverait à la périphérie », ajoute le politologue Göran von Sydow.
Pain de seigle

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Même son de cloche au Danemark, où le premier ministre libéral Lars Lokke Rasmussen a tenu à modérer les ardeurs européennes du président français après le discours de la Sorbonne, en septembre 2017, puis celui devant le Parlement Européen, estimant que l’heure n’était « pas au grand projet d’intégration européenne » mais « au travail du rugbrod », littéralement le pain de seigle danois, une façon de désigner le labeur quotidien. « Le gouvernement danois est terrifié à l’idée que la population puisse croire qu’il soutient cette position favorable à plus d’Europe », raille le journaliste Bjorn Bredal.
Les médias scandinaves se font écho de cette irritation à l’égard de celui qu’ils qualifient désormais de président « impatient ». Dans un éditorial du 23 avril, intitulé « Macron doit accepter que l’Union ait besoin de patience », le quotidien suédois Dagens Nyheter « souhaite bonne chance au président Macron dans son projet français, même si cela ne lui ferait pas de mal de temps en temps de montrer un peu d’humilité ». Car, souligne le journal, « l’UE ne peut certainement pas fonctionner comme un one-man show ».



                            


                        

                        


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Ciudadanos profite de l’effet Macron pour bousculer l’Espagne

Un an après son arrivée au pouvoir, comment Emmanuel Macron est-il perçu à l’étranger ? Tour d’horizon de Scandinavie au Brésil en passant par les Etats-Unis



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h39
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 14h34
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


La victoire du président français avait été vécue comme un soulagement de l’autre côté des Pyrénées où dominait la crainte d’une victoire de partis politiques eurosceptiques, le Front national ou la France insoumise, dans une moindre mesure. Car les Espagnols, eux, veulent majoritairement plus d’Europe.
Durant sa première année, Emmanuel Macron n’a pas déçu les formations espagnoles qui, du Parti socialiste au Parti populaire (PP) en passant par Ciudadanos, demandent que l’Union européenne se renforce, s’intègre et dispose notamment d’une gouvernance économique commune.
Son discours à la Sorbonne en septembre a été très commenté et ses déplacements sont couverts par une presse espagnole qui semble fascinée. Même les grèves sont perçues dans les éditoriaux comme un signe positif : celui que la France est en train de faire des réformes.

Le 9 avril, le quotidien El Pais a ainsi publié un éditorial félicitant Macron d’avoir « réussi l’adoption d’une réforme du code du travail qui met à plat les droits des travailleurs. C’est à présent le tour de la SNCF et, bientôt, il réalisera les changements institutionnels qui limiteront les mandats des élus et réduira le nombre de parlementaires. (…) C’est une grande opportunité pour Macron de mener à bien les réformes tant de fois repoussées et dont la France a tant besoin pour l’avenir ».
Podemos se montre très critique
Le chef du gouvernement conservateur, Mariano Rajoy, a compris l’attrait du président français et ne manque pas de faire remarquer sur Twitter, photos à l’appui, les bonnes relations qu’il maintient avec son « collègue et ami ». La visite de Bruno Le Maire début avril pour rencontrer son homologue espagnol, le nouveau ministre de l’économie, Roman Escolano, et proposer à l’Espagne de participer à la rédaction de la feuille de route franco-allemande de réforme de la zone euro a réconforté le chef de l’exécutif espagnol. M. Rajoy est bien content de trouver un allié à Paris, même s’il est l’allié d’Angela Merkel, au sein du Parti populaire européen.
« En Espagne, Emmanuel Macron est perçu positivement par la droite et par la gauche car il affaiblit le monopole allemand sur l’idée européenne, associé ici aux politiques d’austérité », explique le politologue Fernando Vallespin, qui reconnaît que son charisme politique suscite de « l’admiration et de l’envie en Espagne où, depuis Felipe Gonzalez [président du gouvernement espagnol entre 1982 et 1996], il n’existe pas de leaders de la sorte ».
Sur Twitter, on peut même lire que certains s’extasient de sa capacité à prononcer ses discours aux envolées lyriques sans regarder de notes, contrairement à ses homologues espagnols. Seul Podemos se montre très critique avec le président français, qui n’est pour eux qu’un nouveau visage du capitalisme. Mais le parti de la gauche radicale n’en est pas moins admiratif de son succès, au point d’avoir copié le nom de son mouvement, pour le grand séminaire de réflexion et consultation des bases avant les prochaines élections : « En Marcha 2019 ».
Ciudadanos, le parti libéral qui se présente comme l’équivalent espagnol d’En marche, compte bien profiter des succès du président français pour convaincre les électeurs espagnols de voter pour son président, Albert Rivera. En tête dans les sondages, il a d’ailleurs annoncé que l’ancien premier ministre français d’origine catalane Manuel Valls, député apparenté LREM, fervent défenseur de l’unité de l’Espagne ultra-médiatique dans le pays, pourrait être son candidat aux élections municipales de Barcelone l’an prochain.
« Charisme » et « culture »
De quoi provoquer des commentaires ironiques sur une possible nouvelle invasion napoléonienne de l’Espagne. « Le Parti socialiste ouvrier espagnol [PSOE] est le plus inquiet de l’effet Macron, responsable de la quasi-disparition du Parti socialiste français, depuis l’annonce de la candidature de Manuel Valls à la mairie de Barcelone, avec Ciudadanos », ajoute M. Vallespin.
Ciudadanos assure être en contact quotidiennement avec les équipes d’En marche !, en vue notamment de préparer les élections européennes de 2019. Mais, minimisant le risque que le tremblement de terre En marche ! frappe l’Espagne, les élus de droite et de gauche ne manquent pas d’ironiser en privé sur Albert Rivera, dont ils disent qu’il n’a « ni le charisme ni la culture de M. Macron ». Une autre manière indirecte de montrer leur admiration pour le président français.
Celle-ci cependant pourrait retomber si ses objectifs européens ne sont pas respectés, comme l’a laissé entendre l’ancienne ministre espagnole du PP aux affaires étrangères, Ana Palacio, dans une tribune, le 3 mai, dans le quotidien El Pais. Selon elle, « beaucoup se demandent si l’étoile de Macron ne brille pas trop, et n’est donc pas destinée à s’éteindre rapidement ». Saluant « ses appels ambitieux à l’unité européenne et son soutien persistant à la démocratie libérale », elle estime que « Macron démontre qu’il est un soliste exceptionnel, mais l’Europe a aujourd’hui surtout besoin d’un chœur ! »

Emmanuel Macron vu d’ailleurs
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Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h38
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


C’était le 15 mai 2017, Angela Merkel accueillait pour la première fois le président Emmanuel Macron à Berlin et, pour l’occasion, des centaines de personnes s’étaient rassemblées devant la chancellerie afin d’applaudir celui qui était entré la veille à l’Elysée. Du jamais-vu !
Mais ce comité d’accueil était à l’image de ce que la grande majorité des Allemands avait ressenti lors de l’élection de M. Macron, volontiers décrit dans la presse de l’époque comme un « enfant prodige » (Wunderkind) de la politique voire comme le portrait-robot du dirigeant idéal, « plus jeune que John Fitzgerald Kennedy, plus libéral que Tony Blair et plus européen que Gerhard Schröder », comme l’avait écrit la Frankfurter Allgemeine Zeitung, en mars 2017.
Un an plus tard, il reste quelque chose de cet enthousiasme des débuts outre-Rhin. D’abord, parce M. Macron a engagé les réformes que l’Allemagne attendait de la France et que tant de ses prédécesseurs avaient renoncé à faire après les avoir promises. « Il a déjà beaucoup fait et beaucoup obtenu, non seulement il a imposé des réformes, mais il a commencé à les mettre en œuvre. Il a créé un changement de climat politique et économique, si bien que la France est perçue aujourd’hui comme un pays fort en Europe et au-delà », commentait ainsi récemment l’ancien ministre conservateur des finances, Wolfgang Schäuble (CDU), aujourd’hui président du Bundestag, dans Le Journal du dimanche.
Les Allemands lui reconnaissent le mérite d’avoir des idées
La seconde raison pour laquelle M. Macron continue d’être apprécié – et même admiré – en Allemagne est liée à son engagement européen. Non pas que les Allemands soient favorables à toutes ses idées dans ce domaine : sa volonté de réformer la zone euro en la dotant d’un budget et d’un ministre des finances suscite ainsi de vives réticences chez les conservateurs et un intérêt prudent chez les sociaux-démocrates. Mais l’essentiel n’est pas là. Car même ceux qui sont en désaccord avec telle ou telle de ses propositions reconnaissent au moins au chef de l’Etat français un grand mérite : celui d’avoir des idées.

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Ce sentiment, assez largement partagé en Allemagne, n’est d’ailleurs pas exempt d’arrière-pensées politiques, en particulier chez les adversaires politiques de Mme Merkel qui citent M. Macron en exemple pour mieux souligner les faiblesses supposées de la chancelière, après sa laborieuse réélection.
Cela s’est encore vu, fin avril, lors de la dernière visite du président français à Berlin. « Le gouvernement fédéral n’a pas de réponse face à Macron », a ainsi déploré Christian Lindner, le président du Parti libéral-démocrate (FDP), tout en reconnaissant ne pas partager lui-même toutes les idées de M. Macron.
La même critique a été formulée à gauche. Ainsi de ce commentaire paru le 19 avril dans le quotidien Tageszeitung, après la visite de M. Macron à Berlin : « La garantie européenne des dépôts ne viendra que dans un futur lointain, a dit Mme Merkel. En allemand, cela veut dire : jamais. La chancelière a certes voulu donner l’impression qu’elle était plus une Mme Peut-Etre qu’une Mme Non. Mais au fond le message est le suivant : Macron est tout seul chez lui. »
Volontaire, audacieux, imaginatif : en la personne de M. Macron peut-être plus encore qu’en sa politique, les adversaires de la chancelière ont au fond trouvé un miroir idéal. Comme si, un an après son élection, ces derniers voyaient en lui la mauvaise conscience d’Angela Merkel…
« Veut-il régner comme un monarque absolu  ? », s’était interrogé le Spiegel, dès juin 2017, dans un article consacré à l’exercice du pouvoir d’« Emmanuel I »
Si elle reste globalement très positive, l’image du chef de l’Etat français se teinte néanmoins, depuis quelques semaines, de quelques interrogations. Très tôt après son élection, la presse allemande s’était montrée intriguée par le style monarchique et volontiers autoritaire de M. Macron. « Veut-il régner comme un monarque absolu ? », s’était ainsi interrogé le Spiegel, dès juin 2017, dans un article consacré à l’exercice du pouvoir d’« Emmanuel I ».
A l’époque, toutefois, les commentaires inspirés en Allemagne par l’attitude de M. Macron étaient plutôt à l’avantage de ce dernier. Après Nicolas Sarkozy et François Hollande, la France avait enfin élu un homme dont le style semblait coller à l’idée que le général de Gaulle se faisait de la présidence de la République.

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Un an plus tard, certains observateurs allemands commencent toutefois à s’interroger sur les limites d’une pratique du pouvoir qui, en se voulant trop autoritaire, risque de perdre en efficacité. « Emmanuel Macron provoque chaque jour un nouveau débat et, ce faisant, il en vient à irriter le pays. On peut douter du fait qu’il réussisse à unir une France divisée avec une telle façon de gouverner », commentait ainsi la Süddeutsche Zeitung, le 12 avril.
Le quotidien munichois de centre gauche ne remettait pas pour autant en cause le fond de la politique de M. Macron, estimant par ailleurs que celui-ci avait jusqu’à présent plutôt réussi son pari réformateur. « Cette stratégie des gros chantiers ouverts les uns après les autres pourrait se retourner contre Macron s’il parvenait à monter tout le monde contre lui au même moment et, ce faisant, réussissait à créer contre lui une alliance dont rêvent ses opposants. Il semble toutefois que la France soit encore loin d’avoir un tel front uni contre son président. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Un an après son arrivée au pouvoir, comment Emmanuel Macron est-il perçu à l’étranger ? Tour d’horizon de Scandinavie au Brésil en passant par les Etats-Unis.
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Vu de Londres, Macron a dérobé aux Britanniques leur « relation spéciale » avec les Etats-Unis

Un an après son arrivée au pouvoir, comment Emmanuel Macron est-il perçu à l’étranger ? Tour d’horizon de Scandinavie au Brésil en passant par les Etats-Unis.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 12h37
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 13h48
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Même les images de voitures en feu lors de la manifestation du 1er-Mai à Paris, même les échos de Mai 68 dans les protestations antisélection des étudiants français laissent les médias britanniques de marbre. Ils n’ont d’yeux que pour l’hôte de l’Elysée. Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, la force de séduction du président français, son audace à damer le pion aux Britanniques dans sa relation avec Donald Trump et, pour les tabloïds, la « glamorous » Brigitte, continuent de nourrir la chronique d’une France en pleine renaissance au moment où les incertitudes du Brexit plombent l’ambiance au Royaume-Uni.
Il faut le sérieux et macronphile Financial Times pour se demander, en couverture de son magazine de fin de semaine, si « un homme peut vraiment changer la France ». Après avoir décrit « la présidence la plus centralisée et la plus technocratique que la France ait connue depuis 1945 » sous la houlette du « leadeur français le plus jeune depuis Napoléon », le journal pro-européen et libéral balance entre admiration et inquiétude. « Les ouvriers, qui ont largement voté pour Le Pen, ne sont pas attirés vers Macron. La colère est encore là, remarque-t-il. Il reste [à M. Macron] à démontrer sa capacité à tirer les classes populaires hors de l’influence des extrêmes. »
Si les grèves qui secouent la France intéressent peu les Britanniques (sauf quand elles perturbent leurs déplacements sur le continent), le succès américain d’Emmanuel Macron et sa capacité à profiter du retrait britannique lié au Brexit les laissent pantois. « M. Macron, un mondialiste de gauche issu d’un pays d’intellectuels snobs, s’est positionné au plus près d’un président qui défend “l’Amérique d’abord” », s’est étranglé le Telegraph, quotidien conservateur et europhobe, lors de la récente visite aux Etats-Unis du président français.
Fini la « special relationship » du Royaume-Uni avec Washington, place à la « relation spéciale » (en français dans le texte) entre MM. Macron et Trump, a éditorialisé le même journal. « La visite d’Etat de M. Macron [à Washington] est un coup d’autant plus extraordinaire, a-t-il noté, qu’il a lieu dans le contexte du Brexit que M. Trump considérait comme annonciateur de sa propre élection. » Le Times, conservateur lui aussi mais plus ouvert à l’Europe, a qualifié l’épisode américain de « succès sans mélange pour le prestige français et le propre statut [de M. Macron] de nouveau visage de l’Europe ».
Un « trophée en matière de flatterie »
L’annonce, tant attendue par Theresa May, de la visite de travail que le président américain doit effectuer, le 13 juillet, au Royaume-Uni, n’a procuré qu’une relative consolation. « Macron est devenu le principal homme d’Etat européen doté d’une vision mondiale et d’une politique étrangère active, estime Peter Ricketts, ancien chef du Foreign office et ancien ambassadeur en France. Pendant que le Brexit consomme toute l’énergie politique à Londres, la Grande-Bretagne contribue peu au règlement des crises actuelles. Cela ne peut que diminuer notre influence dans le monde et à Washington. »
Plusieurs journaux britanniques décernent à M. Macron un « trophée en matière de flatterie » à l’égard de Donald Trump et remarquent que le président français n’a probablement pas fait fléchir ce dernier sur l’Iran ou le climat. Mais le Times crédite le chef de l’Etat d’avoir « rappelé au monde qu’un désaccord constructif avec M. Trump n’est pas impossible ». Et The Observer, hebdomadaire de gauche, estime que M. Macron « mérite des éloges » pour avoir défendu le multilatéralisme et « la vision française d’un ordre mondial progressiste, démocratique, fondé sur la coopération et sur le droit ».

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Certes, le « faux pas » linguistique du président français qui, le 2 mai, à Sydney, a remercié en anglais le président australien et sa « délicieuse femme » pour leur accueil en utilisant le mot « delicious » réservé en anglais à la nourriture, a fait ricaner bien des commentateurs britanniques. Mais les plus honnêtes ont reconnu que bien peu de responsables britanniques étaient capables de prononcer le moindre discours, même de remerciement, dans une langue étrangère.

Emmanuel Macron vu d’ailleurs
Le Monde publie une série d’articles pour analyser la perception du président français hors de l’Hexagone :

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Esseulé, le président français tente de ravir le leadership européen à une chancelière affaiblie après trois mandats.
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Macron et Merkel, entre complicité et rivalité

Esseulé, le président français tente de ravir le leadership européen à une chancelière affaiblie après trois mandats.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 11h32
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant) et 
Philippe Ricard








                        



                                


                            

Tout un symbole. Angela Merkel et Emmanuel Macron doivent se retrouver à Aix-la-Chapelle, jeudi 10 mai. La première doit y prononcer l’éloge du second, qui s’y verra remettre le prix Charlemagne, distinguant chaque année, depuis 1950, une personnalité engagée dans l’unification européenne. En 2008, c’est la chancelière allemande qui avait reçu le prix, et, pour l’occasion, son éloge avait été prononcé par Nicolas Sarkozy. Dix ans plus tard, certains ne manqueront pas d’y voir le signe que les rôles se sont inversés et que, désormais, sur le front européen, la France propose, l’Allemagne répond.
L’occasion va sans aucun doute permettre à M. Macron et à Mme Merkel d’afficher de nouveau leur complicité, comme à chacune de leurs rencontres depuis la victoire, le 7 mai 2017, du candidat En marche !. Ce dernier ne promettait-il pas de relancer l’Europe en misant sur sa bonne entente avec la chancelière ? En réalité, les hauts et les bas de leur relation donnent une bonne idée de l’ampleur de la tâche pour celui qui a battu Marine Le Pen au second tour de la présidentielle.

Difficultés politiques
Un an après son premier déplacement à Berlin, le 15 mai 2017, au lendemain de son investiture, le chef de l’Etat français compte toujours sur Angela Merkel. Mais, en dépit des gages donnés à Paris sur les réformes et la réduction du déficit, il a dû déchanter en raison des difficultés politiques de sa partenaire. Certes, la France et l’Allemagne, confrontées à une montée des périls dans leur voisinage, sont obligées de serrer un minimum les rangs dans certains domaines, comme la défense. Elles viennent ainsi de mettre le cap sur la construction d’un avion de chasse commun. Certes, Emmanuel Macron a pu bénéficier de la bienveillance de Berlin pour approfondir, depuis son élection, la réforme du détachement des travailleurs d’un pays à l’autre du continent, première illustration de l’Europe « plus protectrice » qu’il appelle de ses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ En vue des élections de 2019, le chef de la NVA, Bart De Wever, a de nouveau évoqué l’idée d’une confédération contestée par les francophones.
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En Belgique, le nationaliste Bart De Wever relance l’hypothèse d’un démantèlement du pays

En vue des élections de 2019, le chef de la NVA, Bart De Wever, a de nouveau évoqué l’idée d’une confédération contestée par les francophones.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 10h26
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

C’est la première fois qu’il l’indique aussi clairement : le nationaliste flamand Bart De Wever, président de l’Alliance néoflamande (NVA) et maire d’Anvers, n’exclut pas de devenir premier ministre en Belgique afin de réaliser son but ultime, la séparation de la Flandre et de la Wallonie. M. De Wever a détaillé son ambition, vendredi 4 mai, à la chaîne publique VRT.
Dressant un bilan en demi-teinte de l’actuelle coalition fédérale, qui associe son parti à deux autres formations flamandes et au Mouvement réformateur (MR, libéral) du premier ministre francophone, Charles Michel, le dirigeant nationaliste a fustigé le manque d’« allant » du gouvernement. Il déplore que celui-ci n’ait pas atteint tous ses objectifs. Dans son viseur, le retour à l’équilibre budgétaire, promis pour 2019. C’était une promesse explicite de la NVA, mais le déficit devrait stagner à 0,7 % du produit intérieur l’an prochain.
Selon M. De Wever, c’est la perspective des prochaines échéances électorales (municipales en octobre, législatives au printemps 2019) qui explique la relative paralysie du gouvernement de M. Michel, qui peine à résoudre d’autres dossiers : la réforme des retraites, la dépénalisation complète de l’avortement ou l’introduction d’un permis à points. Le premier ministre préfère, lui, insister sur les résultats engrangés : la création d’emplois, une timide réforme fiscale ou le rétablissement de la balance commerciale.
« Confédération belge »
Le président de la NVA songerait-il dès lors à conduire lui-même le prochain gouvernement ? Interrogé par un journaliste, il a répondu : « Je ne peux rien exclure. Si nous sommes confrontés à une montée de la gauche en Wallonie, je pense que nous devrons le plus vite possible conduire le basculement vers le “confédéralisme”. » Un terme préféré à celui de séparatisme par le courant nationaliste flamand afin de ne pas effrayer l’opinion.
L’instauration d’une « confédération...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Le Kremlin dit avoir obtenu des garanties sur la préservation de ses intérêts de la part de l’opposant, qui pourrait être élu premier ministre mardi.
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En Arménie, Moscou met la pression sur Nikol Pachinian

Le Kremlin dit avoir obtenu des garanties sur la préservation de ses intérêts de la part de l’opposant, qui pourrait être élu premier ministre mardi.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 10h18
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

De velours, certes, mais une révolution tout de même. Moscou a suivi de près les événements en Arménie qui pourraient aboutir à la nomination, mardi 8 mai, de Nikol Pachinian au poste de premier ministre après trois semaines d’une « révolution de velours » soutenue par des milliers de personnes dans la rue.
L’arrivée sur la scène de cet opposant aux allures de rebelle, avec sa casquette et son tee-shirt treillis, à la tête d’un mouvement de « désobéissance civile » suivi à la lettre par une bonne partie de la population, n’est pas du goût des autorités russes. Le Kremlin, cependant, a opté pour une stratégie prudente face à ces nouvelles turbulences dans son arrière-cour politique, sachant qu’il dispose de nombreux atouts en main.
Des émissaires ont été envoyés à Erevan. « En accord avec le gouvernement », Leonid Kalachnikov, député communiste de la Douma, la Chambre basse du Parlement russe, s’est rendu sur place à la tête d’une délégation. Président de la commission des affaires avec la CEI – la communauté des Etats indépendants fondée en 1991 avec neuf des quinze anciennes républiques soviétiques –, il a sondé les intentions de l’opposant arménien. « On se souvient comment l’Ukraine s’est transformée en adversaire après avoir été amie, mais j’ai compris que là-bas, ce n’était pas la même chose », raconte-t-il à son retour, dans un café de Moscou.

Les premiers contacts avaient pourtant mal commencé lorsque le sénateur russe Nikolaï Ryjkov, ex-président du dernier conseil des ministres sous Gorbatchev, avait qualifié Nikol Pachinian, lui-même député, d’« idiot [qui] ne parviendra jamais au pouvoir ». La bourde a été rattrapée et la réunion, au siège du Parlement arménien, a bien eu lieu le 27 avril. « J’ai parlé avec Pachinian de tous les aspects des relations bilatérales et je lui ai demandé s’il soutenait l’alliance stratégique avec la Russie. A toutes mes questions,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Ce quatrième mandat se place sous le signe de tensions croissantes avec les Occidentaux.
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Vladimir Poutine investi pour la quatrième fois à la présidence de la Russie

Ce quatrième mandat se place sous le signe de tensions croissantes avec les Occidentaux.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 09h05
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 13h54
   





                        



   


Pour la quatrième fois, Vladimir Poutine a été investi à la présidence de la Russie au grand palais du Kremlin, lundi 7 mai. Debout dans la salle Andreïevski richement décorée, la main posée sur un exemplaire gaufré à l’or de la Constitution, l’homme fort de la Russie a juré de servir le peuple russe, de sauvegarder ses droits et libertés et de défendre la souveraineté de son pays.
Je considère comme mon devoir et le sens de ma vie de faire tout mon possible pour la Russie, pour son présent et pour son avenir (...) Je ferai tout pour augmenter la puissance, la prospérité et la gloire de la Russie.
Peu après avoir prêté serment pour son quatrième mandat, le président russe a proposé une nouvelle fois Dmitri Medvedev comme premier ministre, soumettant sa candidature à la Douma (chambre basse du Parlement) pour obtenir son accord. Président de la Russie de 2008 à 2012, M. Medvedev a occupé le poste de premier ministre de 2012 à 2018.
Pour se rendre à la cérémonie d’investiture, le maître du Kremlin a emprunté une nouvelle limousine de fabrication russe, abandonnant les véhicules importés qu’il utilisait jusqu’à présent, a rapporté la télévision publique russe.
Réélu en mars avec 76,7 % des voix – son record –, Vladimir Poutine, qui préside aux destinées du pays depuis dix-huit ans en tant que chef d’Etat ou de gouvernement, commence un mandat courant jusqu’en 2024.
Arrivé très loin devant ses adversaires avec une participation supérieure à la présidentielle de 2012, il a remercié les Russes, le soir de sa réélection, et a dit voir dans cette large victoire « la confiance et l’espoir de notre peuple ». L’opposition et des ONG russes ont fait état de milliers d’irrégularités, parmi lesquelles du bourrage d’urnes et des électeurs conduits par autocars entiers sous la pression de leur employeur.
Sauf réforme constitutionnelle, Vladimir Poutine, 65 ans, ne pourra pas être à nouveau candidat en 2024, la Constitution russe interdisant de briguer plus de deux mandats de suite.

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Manifestations d’opposants

   


L’investiture a lieu le surlendemain de manifestations de l’opposition contre le « tsar Poutine », qui se sont soldées par plus de 1 600 arrestations, dont celle de l’opposant Alexeï Navalny à Moscou. Déclaré inéligible en raison d’une condamnation pénale qu’il estime orchestrée par le Kremlin, M. Navalny n’avait pas pu se présenter lui-même à l’élection présidentielle.

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L’organisation non gouvernementale Amnesty International a dénoncé dans un communiqué « la dispersion violente de la manifestation à Moscou » et une utilisation « disproportionnée » de la force par la police.
A la veille de l’investiture précédente de Vladimir Poutine, le 6 mai 2012, une manifestation anti-Kremlin sur la place Bolotnaïa, à Moscou, avait déjà été émaillée d’affrontements avec la police, et plusieurs manifestants avaient ensuite été condamnés à des peines de camp.
Tensions avec l’Occident
Ce quatrième mandat débute sous le signe de tensions croissantes avec les Occidentaux. Frappée depuis 2014 par des sanctions occidentales sans précédent à cause de la crise ukrainienne, la Russie s’oppose aussi à ces derniers dans le conflit syrien et en raison des accusations d’ingérence russe dans l’élection de Donald Trump.
Cette confrontation Est-Ouest s’est encore accentuée depuis que Londres a accusé Moscou, en mars, d’avoir empoisonné un ex-agent double russe au Royaume-Uni, provoquant une avalanche d’expulsions de diplomates russes à travers le monde à laquelle la Russie a riposté par des mesures similaires.
Vladimir Poutine a qualifié ces accusations de « grand n’importe quoi », et la diplomatie russe a dénoncé une « mise en scène » britannique.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Deux mois après les législatives, le président de la République reçoit lundi, pour une nouvelle et dernière consultation, les dirigeants des formations politiques.
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En Italie, des négociations de la « dernière chance »

Deux mois après les législatives, le président de la République reçoit lundi, pour une nouvelle et dernière consultation, les dirigeants des formations politiques.



Le Monde
 |    07.05.2018 à 08h43
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 09h16
   





                        



   


Des négociations de la « dernière chance » sont organisées lundi 7 mai en Italie dans le bureau du président de la République, Sergio Mattarella, deux mois après les élections législatives. Ce dernier menace de nommer un gouvernement technique si aucune majorité politique ne se dessine.
La coalition de droite, arrivée en tête avec 37 % des voix et emmenée par la Ligue (extrême droite) – avec à ses côtés Fratelli d’Italia (extrême droite) et Forza Italia (droite) de Silvio Berlusconi –, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), premier parti avec plus de 32 %, et le Parti démocrate (PD, centre gauche), tombé à 19 %, doivent se succéder au palais présidentiel à partir de 10 heures. Les petites formations et les présidents du Parlement seront reçus en fin d’après-midi.
Des tentatives d’alliance entre le M5S et la coalition de droite ont échoué, la Ligue de M. Salvini refusant de lâcher son allié, M. Berlusconi, avec lequel M. Di Maio (M5S) refuse catégoriquement de discuter.

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Vers un gouvernement technique
Les responsables de la coalition de droite se sont retrouvés dimanche soir à Rome. Plusieurs d’entre eux ont réclamé que le président désigne M. Salvini comme chef du gouvernement, promettant de trouver dans les rangs des autres formations les quelques dizaines d’élus qui lui manquent pour former une majorité. Mais selon la presse italienne, M. Mattarella exige des garanties.
Le président italien se prépare plutôt à nommer un gouvernement technique sur le modèle de celui de l’économiste Mario Monti (2011-2013). Il serait chargé de gérer le pays, de lui rendre la voix qu’il a perdue ces derniers mois sur la scène internationale et de tenir au moins jusqu’à l’adoption du budget.
M. Mattarella veut en confier la direction à une personnalité neutre mais compétente, peut-être une femme. La presse se perd en conjectures et aligne les noms, sans qu’aucun sorte du lot pour l’instant. Il est fréquent que la formation d’un gouvernement prenne des semaines en Italie – en moyenne un mois et demi. Mais cette fois, la situation semble difficile à dénouer.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Le président turc a dévoilé sa profession de foi pour les élections présidentielle et législatives anticipées du 24 juin.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/05/2018
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Erdogan place sa campagne électorale sous le signe d’une Turquie conquérante

Le président turc a dévoilé sa profession de foi pour les élections présidentielle et législatives anticipées du 24 juin.



Le Monde
 |    06.05.2018 à 21h03
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 10h39
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        


Dévoilant son programme face à ses partisans réunis à Atasehir, dimanche 6 mai, sur la rive asiatique d’Istanbul, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a promis « la démocratie complète », « la justice sociale » et de nouvelles opérations militaires en Syrie dans ce qui est apparu comme le lancement officiel de sa campagne électorale en vue des élections anticipées du 24 juin.
« En économie, dans les services, en politique et dans tous les domaines, établir la justice sera au cœur de notre action », a assuré le numéro un dans un discours fleuve prononcé dimanche après-midi devant les cadres de son Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur).
Multipliant les promesses, M. Erdogan a donné l’impression qu’il n’avait jamais été au pouvoir et que son action allait commencer au soir du 24 juin, bien qu’il soit aux manettes du pays depuis 2003, en tant que premier ministre puis comme président.
Sur la scène internationale, la Turquie est vouée à devenir « une puissance globale, une force maîtresse » capable d’agir militairement pour assurer sa sécurité
S’il remporte ces élections – législatives et présidentielle –, M. Erdogan se verra confier un nouveau mandat avec des pouvoirs illimités, selon la réforme constitutionnelle adoptée de justesse par référendum en avril 2017. Jusqu’ici, la Turquie était une république parlementaire où le rôle du président était purement honorifique.
Dans le cadre du nouveau système, le chef de l’Etat concentrera l’essentiel du pouvoir exécutif entre ses mains puisque la fonction de premier ministre est appelée à disparaître. Surtout, la nouvelle donne devrait permettre à M. Erdogan de se présenter à la présidentielle de 2019 et de rester au pouvoir jusqu’en 2024. Le mandat actuel n’étant pas pris en compte, il pourra échapper à la limite de deux mandats de cinq ans prévue par l’actuelle Constitution, se porter à nouveau candidat en 2024 et rester au pouvoir jusqu’en 2029.

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Ses partisans assurent que ce changement est nécessaire pour assurer la stabilité quand le pays est confronté à des enjeux sécuritaires importants et que l’économie est à la peine. En revanche, ses opposants redoutent que la dérive autoritaire, à l’œuvre surtout depuis la tentative de putsch du 15 juillet 2016, ne s’accentue.
Grâce au système présidentiel, M. Erdogan en est sûr : « Le revenu de la population va augmenter, et le fossé entre les différentes catégories sociales disparaîtra rapidement. » D’un coup de baguette magique, « l’inflation, les taux d’intérêt et le déficit des comptes courants vont s’estomper, l’économie nationale sera plus résiliente aux chocs externes ainsi qu’aux spéculations financières, l’attrait des investisseurs va augmenter ».
Principal atout des islamo-conservateurs depuis leur arrivée au pouvoir, en 2003, la prospérité économique n’a jamais été aussi compromise. Les investisseurs fuient, l’inflation s’envole (10,8 % en avril), la monnaie se déprécie (-10 % depuis janvier), et le déficit des comptes courants s’accentue.
Listes communes des partis d’oppostion

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                En Turquie, l’opposition s’organise pour peser face à Erdogan



Pour capter les faveurs de l’électorat, le gouvernement a promis des primes aux retraités, des augmentations de salaire aux fonctionnaires, des aides aux entrepreneurs endettés. Douze millions de retraités vont ainsi recevoir deux primes, deux versements de 1 000 livres turques (200 euros) effectués avant le scrutin, officiellement pour marquer les principales fêtes religieuses.
Sur la scène internationale, la Turquie est vouée à devenir « une puissance globale, une force maîtresse » capable d’agir militairement pour assurer sa sécurité. De « nouvelles opérations » transfrontalières auront lieu, sur le modèle des offensives menées précédemment au nord de la Syrie contre les milices kurdes YPG, une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en guerre contre Ankara depuis 1984.
A l’issue de son discours, constatant que l’auditoire ne reprenait pas ses slogans en chœur comme c’est l’usage, le reïs (« chef ») s’est inquiété : « Ce ton-là ne suffira pas pour les élections du 24 juin. »
L’inquiétude commence à poindre au sein du camp islamo-conservateur depuis que quatre partis d’opposition ont annoncé la constitution de listes communes aux législatives. Les sondages ne sont pas bons, ils ne garantissent pas une large majorité au parti au pouvoir. « Il paraît que certains d’entre vous vont voter pour Recep Tayyip Erdogan mais pas pour l’AKP. Comment est-ce possible ? Ceux qui ne voteront pas pour l’AKP sont des impies », a lâché le président, samedi, à Kayseri (Anatolie), alors qu’il inaugurait un hôpital.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Ce nouveau lieu de l’art contemporain, fruit d’un partenariat entre le centre culturel parisien Beaubourg et la région Bruxelles-Capitale, a ouvert ses portes samedi.
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Bruxelles inaugure « son » Centre Pompidou

Ce nouveau lieu de l’art contemporain, fruit d’un partenariat entre le centre culturel parisien Beaubourg et la région Bruxelles-Capitale, a ouvert ses portes samedi.



Le Monde
 |    06.05.2018 à 19h35
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Sacrée Belgique… Tandis que Françoise Nyssen, la ministre française de la culture – qui fut belge jusqu’en 1990 – célébrait ce week-end « un lieu symbolique de l’Europe qui se construit » et que Bernard Blistène, directeur du Musée national d’Art moderne, encensait cette coréalisation avec le Centre Pompidou, les premiers visiteurs huppés du Musée Kanal de Bruxelles s’étonnaient. Pas un ministre belge en vue pour célébrer cette réalisation inattendue : un espace de 38 000 mètres carrés dédié à l’art moderne, dans un ancien garage et hall d’exposition André Citröen. Immense bâtiment industriel des années 1930, vestige du rêve automobile, joyau qui, comme beaucoup d’autres dans cette ville hétéroclite et longtemps négligente, semblait voué à la disparition.

        Sur le projet :
         

          Un Centre Pompidou à Bruxelles d’ici à 2020



Des ministres, il y en avait. Mais seulement ceux de la région de Bruxelles-Capitale. Ceux du gouvernement fédéral brillaient par leur absence, y compris la secrétaire d’Etat Zuhal Demir, une nationaliste flamande qui a la haute main sur les musées fédéraux, et donc sur des milliers d’œuvres modernes, invisibles faute d’espaces suffisant dans une ville région revendiquant fièrement son rôle de capitale… européenne. Invisibles, aussi, les ministres flamands. Et, c’est plus étonnant encore, la ministre de la culture francophone, Aldo Greoli, membre d’un autre niveau de pouvoir également détenteur de milliers d’œuvres.
Car le paradoxe est bien là : dans cette Belgique réputée pour être une terre de collectionneurs publics et privés – banques et grandes entreprises possèdent, elles aussi, de vastes collections – il a fallu rechercher une association avec le Centre Pompidou pour s’assurer que le « geste » initial de la Région ne se limite pas à un simple brassage d’air. En clair, qu’une fois acquis et transformé, Kanal soit à la hauteur de ses ambitions et montre quelque chose à ses visiteurs.
Critiques
Après le récent échec de la construction programmée d’un stade national et le fiasco d’un piétonnier urbain à la triste mine au cœur même de la ville, alors que la « bruxellisation », qui désigne les ravages urbanistiques d’une ville livrée aux seuls promoteurs, est un phénomène connu des architectes du monde entier ; la ville région allait-elle au-devant d’une autre déconvenue ? Possible, d’autant que, cette fois, les critiques et les promesses de blocage n’émanaient pas seulement du monde politique.
Le directeur des Musées royaux des Beaux-Arts, l’un des principaux pôles artistiques de la ville, a fait davantage que s’étonner d’un projet régional qu’il jugeait totalement incongru. Dirk Snauwaert, directeur du Musée Wiels, se réjouit qu’un pouvoir public se soucie enfin de culture mais déplore que Bruxelles « au lieu de subventionner ses institutions » soit devenue « le plus grand sponsor » de Pompidou – la Région verse une rente annuelle de 2 millions à Beaubourg pour sceller une association qui courra jusqu’en 2027. Des responsables du patrimoine se sont, eux, étonnés que le futur Musée soit logé dans un garage plutôt que dans les halles métalliques des Musées du Cinquantenaire, l’autre grand pôle, avec notamment le Musée d’art et d’histoire. Il est vrai que le Cinquantenaire abrite le musée… automobile Autoworld, auquel on pouvait trouver quelques affinités avec Citroën.

   


Préfiguration de la réalisation finale
Négligeant obstacles et critiques, fondées ou non, le gouvernement régional a, en tout cas, réussi une gageure aux allures de première dans ce royaume de la complexité : mener à bien, en l’espace de cinq années, son projet. Celui-ci ne sera toutefois vraiment concrétisé qu’en 2022 : l’inauguration du 4 mai fut celle de « Kanal Brut » seulement. Une préfiguration de la réalisation finale, après rénovation complète du paquebot de verre et d’acier, situé à la lisière de Molenbeek. D’ici à juin 2019, moment du démarrage des grands travaux, le public pourra découvrir les lieux d’exposition (art visuel, architecture, design), mais aussi de spectacles et de concerts.
Pour cette première phase de la naissance de Kanal, trois zones du garage ont retenu l’attention des spécialistes français et belges. Les anciens vestiaires, les bureaux et la carrosserie. Sculptures, installations, compressions, vidéos ont été extraits des réserves du Centre Pompidou et parsèment un itinéraire vraiment étonnant. Qui ne ravira pas seulement les dix artistes bruxellois, ou vivant à Bruxelles, invités à produire une œuvre originale pour ce musée improbable où l’on montrera donc autre chose que ce que beaucoup de Belges n’ont… jamais vu. A savoir, ce qui dort dans les caves des autres musées d’art contemporain de leur pays.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ L’opposant avait été interpellé samedi, ainsi que plus de 1 600 personnes, à deux jours de l’investiture de l’homme fort du Kremlin pour un quatrième mandat.
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Russie : Alexeï Navalny relâché après une manifestation anti-Poutine

L’opposant avait été interpellé samedi, ainsi que plus de 1 600 personnes, à deux jours de l’investiture de l’homme fort du Kremlin pour un quatrième mandat.



Le Monde
 |    06.05.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 09h25
   





                        



   


L’opposant au Kremlin Alexeï Navalny a été relâché dimanche 6 mai. Il avait été interpellé la veille ainsi que plus de 1 600 opposants au cours de rassemblements anti-Poutine non autorisés à travers le pays sous le slogan « Pas notre tsar » à deux jours de l’investiture de l’homme fort du Kremlin pour un quatrième mandat présidentiel.

        Sur la journée de samedi 5 mai :
         

          Plus de 1 600 opposants arrêtés lors de manifestations contre le « tsar Poutine »



Empêché de se présenter à l’élection présidentielle
Alexeï Navalny n’avait pas pu se présenter à l’élection présidentielle du 18 mars, remportée par M. Poutine avec plus de 76 % des voix, en raison d’une condamnation pénale, qu’il estime orchestrée par le Kremlin.
Interpellé samedi peu après son apparition place Pouchkine, en plein centre de Moscou, M. Navalny a annoncé sur son compte Twitter avoir été relâché peu après minuit dimanche. « Il semble que l’ordre ait été donné de ne pas me mettre en prison avant l’investiture », a écrit M. Navalny. Il dit être accusé d’organisation d’une manifestation non autorisée et de résistance à la police. Son avocate, Veronika Poliakova, a annoncé à l’Agence France-Presse dimanche 6 mai qu’un tribunal moscovite examinerait son affaire vendredi 11 mai.

   


Cette année, Alexeï Navalny avait déjà été interpellé en janvier pour organisation d’une manifestation non autorisée, inculpé, puis relâché.
Le blogueur anticorruption a fait face à une série de charges administratives et criminelles que ses partisans et lui jugent politiques depuis qu’il est devenu le meneur de l’opposition contre Vladimir Poutine et a organisé des manifestations massives en 2011 et en 2012.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Plusieurs milliers de personnes avaient répondu samedi à l’appel de l’opposant Alexeï Navalny, qui a lui-même été interpellé par la police.
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/05/2018
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Russie : plus de 1 600 opposants arrêtés lors de manifestations contre le « tsar Poutine »

Plusieurs milliers de personnes avaient répondu samedi à l’appel de l’opposant Alexeï Navalny, qui a lui-même été interpellé par la police.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 13h52
 • Mis à jour le
06.05.2018 à 17h50
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Cela devait être une sorte de « fête à Poutine » sous le slogan « il n’est pas un tsar ». Mais ceux qui s’étaient imprudemment coiffés d’une couronne de papier ont été les premiers embarqués dans les fourgons de police. Plus de seize cents manifestants qui avaient répondu à l’appel de l’opposant Alexeï Navalny ont été interpellés dans plusieurs villes de Russie, samedi 5 mai, dont plus de la moitié, sept cent quatre, à Moscou, selon des chiffres encore provisoires communiqués en fin d’après-midi par l’association OVD-Info, qui relève les arrestations.

        Lire :
         

          Face à Poutine, l’opposant Navalny perd son pari mais ne désarme pas




   


Organisés deux jours avant l’investiture officielle, lundi, de Vladimir Poutine, réélu pour un nouveau mandat jusqu’en 2024 à la tête du pays, les rassemblements ont été très vite dispersés par les forces de sécurité, déployées en nombre. Alexeï Navalny, empêché de se présenter à l’élection présidentielle, n’a eu lui-même que quelques minutes pour s’adresser à la foule. « Nous obligerons les autorités, constituées d’escrocs et de voleurs, à tenir compte des millions de citoyens qui n’ont pas voté Poutine », a-t-il lancé avant de disparaître entre deux cordons de policiers.
A peine arrivés sur la place Pouchkine dans la capitale, les premiers contestataires ont eu la mauvaise surprise de trouver l’endroit occupé. Au pied de la statue du célèbre poète russe les attendaient des Cosaques. Des hommes, des femmes, aussi, qui arboraient tous un ruban de Saint-Georges, devenu un symbole patriotique, à la boutonnière. Une contre-manifestation des propouvoir.
« C’est la première fois que je vois ça », observait sourcils froncés Alex, un médecin de 31 ans, porteur d’un autre badge sur la poitrine, la lettre « N », pour Alexeï Navalny. « Moi je viens parce que c’est la seule façon de faire quelque chose et de sortir des discussions sur Internet », poursuivait-il dans un environnement plutôt hostile.
Même des journalistes sont interpellés
Tout près, un homme aboie « je n’aime pas ça ! Je n’aime pas ça ! » en arrachant une pancarte de papier des mains d’une jeune fille apeurée. Un autre filme avec son téléphone un petit groupe d’étudiants en train de crier « La Russie sera libre ». « Tu vois, je vais mettre ça sur les réseaux sociaux comme ça tes parents sauront ce que tu fais ! » lâche-t-il d’un air mauvais. Les jeunes sont pris à partie. On les sermonne. On leur fait la leçon. On leur distribue des morceaux de papier donnant rendez-vous le 9 mai, jour de la victoire de la seconde guerre mondiale, pour rejoindre le « Régiment immortel », qui célèbre les combattants soviétiques contre l’armée nazie.

   


Même des journalistes sont interpellés. On nous glisse le même papier dans la poche. « Qu’est-ce qu’ils ont fait ces jeunes pour construire le pays ? Rien ! », assure Olga, 66 ans, les mains crispées sur un sac doré qui projette des reflets sous le soleil.
La dame n’a pas le temps de poursuivre. Une première charge d’Omon, la police antiémeute, secondée par les Cosaques, fonce dans la foule. Les interpellations musclées ont commencé, avec le renfort de la garde nationale, qui se poursuivent à un rythme accéléré et souvent de façon brutale. Empoignés à l’horizontale, ou les bras tordus dans le dos, les manifestants filent à grande vitesse vers les fourgons.
Quelques milliers d’autres refluent dans le calme mais ne lâchent pas prise, malgré les messages inquiétants diffusés par haut-parleur les incitant à quitter les lieux, faute de quoi « la force, ou des produits spéciaux, pourront être utilisés ». Quels « produits spéciaux » ? Des gaz lacrymogènes ? La foule se regroupe, indifférente, beaucoup s’applaudissent. Un hélicoptère assourdissant les surplombe. Encore des cris « A bas le tsar ! » et puis le rassemblement commence à se disloquer, sans rompre. En début de soirée, des contestataires étaient toujours sur place.

        Lire :
         

          De 2000 à aujourd’hui, la mainmise électorale de Poutine et de Russie unie



L’organisation Amnesty International a dénoncé dans un communiqué « la dispersion violente de la manifestation à Moscou » et une utilisation « disproportionnée » de la force par la police.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Jamie Acourt est soupçonné d’être impliqué dans un vaste trafic de drogue. Une procédure d’extradition est en cours.
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Un des fugitifs les plus recherchés au Royaume-Uni a été arrêté en Espagne

Jamie Acourt est soupçonné d’être impliqué dans un vaste trafic de drogue. Une procédure d’extradition est en cours.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 12h43
   





                        


Jamie Acourt, un des fugitifs les plus recherchés du Royaume-Uni, a été arrêté vendredi 4 mai à Barcelone, en Espagne, a annoncé l’agence britannique de lutte contre la criminalité (NCA). L’homme de 41 ans, originaire du sud de Londres, est soupçonné d’être impliqué dans un un vaste trafic de drogue, a indiqué la NCA. Scotland Yard a précisé que l’arrestation était liée à une enquête de 2016.
« Acourt pensait pouvoir échapper à une arrestation mais à la suite d’une opération menée par les services de renseignement, sa fuite a pris fin », a déclaré Ian Cruxton, chef des opérations internationales de la NCA.
Mandat d’arrêt européen
Jamie Acourt est un ancien suspect dans l’enquête sur le meurtre de Stephen Lawrence – jeune Noir victime d’un crime raciste en 1993, un drame qui avait profondément marqué le pays et entraîné un examen de conscience sur ses problèmes de racisme et de discrimination. L’adolescent avait été poignardé à mort à un arrêt de bus du sud de Londres. Jamie Acourt n’a jamais été jugé dans l’affaire Lawrence et a toujours clamé son innocence.
Il a été arrêté en vertu d’un mandat d’arrêt européen alors qu’il quittait une salle de sports de Barcelone. Il doit comparaître devant le tribunal de Madrid en début de semaine prochaine pour une audience d’extradition. La NCA a précisé que Jamie Acourt est le 81e fugitif d’une liste de 96 à être localisé dans le cadre de l’opération « Captura », qui cible les Britanniques les plus recherchés en Espagne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Les analyses de ce géopoliticien bulgare sur les démocraties populistes de l’ancien bloc soviétique suscitent une attention croissante. En septembre, il occupera la prestigieuse chaire Kissinger à la bibliothèque du Congrès, à Washington.
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Ivan Krastev, cette voix de l’Est que l’Occident écoute

Les analyses de ce géopoliticien bulgare sur les démocraties populistes de l’ancien bloc soviétique suscitent une attention croissante. En septembre, il occupera la prestigieuse chaire Kissinger à la bibliothèque du Congrès, à Washington.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 09h00
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                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Un strudel pour la route, arrosé de petites gorgées de Melange, ce café que l’on boit dans l’ancienne capitale impériale. Au Sperl, un établissement qu’affectionne l’intelligentsia autrichienne, Ivan Krastev est venu en voisin. Membre permanent depuis 2009 de l’Institut des sciences humaines de Vienne (IWM) et directeur du think tank Centre for ­Liberal Strategies de Sofia, dans sa Bulgarie natale, il prend le temps de savourer cette pause entre deux avions tout en répondant aux centaines de courriers électroniques qu’il reçoit en continu sur sa tablette. Car ce philosophe de formation, connu désormais dans le monde entier pour ses analyses géostratégiques post-guerre froide, n’a pas de téléphone portable.
Le lendemain, il doit donner une conférence à Téhéran. « Une première pour moi, avoue-t-il avec gourmandise, à 53 ans. Cela va élargir encore mes perspectives. » En septembre, il occupera la prestigieuse chaire Kissinger de la bibliothèque du Congrès, à Washington. De quoi faire définitivement de cet intellectuel en blouson de cuir et au sourire farceur l’une des voix les plus écoutées des deux côtés de l’Atlantique, lorsque l’on évoque tout ce qui va mal, depuis quelques années : la démocratie, la construction européenne, l’Occident et ses « valeurs universelles ».
Comme il y a eu une « période Zizek » après la crise financière de 2008, nous vivons actuellement un « moment Krastev », car, selon ­Jacques Rupnik, grand spécialiste français de l’Europe centrale et orientale, tous deux ont réussi à diffuser leurs idées auprès d’un large public et dans les arènes les plus prestigieuses du débat. Slavoj Zizek, le Slovène, remplit les amphithéâtres partout. Performeur au style polémique, philosophe influencé par la psychanalyse, il se revendique du marxisme.
Vision globale
Ivan Krastev est tout son contraire : posé, il se situe au cœur du courant de pensée capitaliste dominant et publie une fois par mois un commentaire...




                        

                        


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ETA : le sommet d’Arnaga veut ouvrir la réconciliation au Pays basque

La « conférence » de Cambo-les-Bains a pour objectif de tourner « la page » de la dernière insurrection armée d’Europe occidentale.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 23h31
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 05h30
    |

                            Michel Garicoïx (Bayonne, correspondant)








                        



   


Avec, en fond de scène, la belle villa néo-basque « Arnaga » édifiée au XXe siècle par l’écrivain Edmond Rostand, élus, acteurs politiques et sociaux des deux parties du Pays basque se sont retrouvés vendredi 4 mai à Cambo les Bains (Pyrénées Atlantiques) et ont rendu publique une déclaration « pour avancer vers la résolution du conflit au Pays basque ». Avec leurs invités internationaux, ils entendent ainsi prolonger la dissolution effective de ETA lue la veille à Genève par Josu Urrutikoetxea, l’un des responsables de l’organisation séparatiste.
Successivement une jeune femme symboliquement venue de Gernika (la ville de Biscaye bombardée en 1937), le bayonnais Michel Camdessus (un temps directeur du Fonds monétaire international), le négociateur anglais Jonathan Powell puis l’élu mexicain Cuauhtémoc Cárdenas lisent une déclaration appelant à tourner une page de l’histoire : la disparition de Euskadi Ta Askatasuna (ETA, « Pays basque et liberté ») doit engager une période de réconciliation de la société basque, prenant en compte toutes les victimes du conflit et les 347 prisonniers aujourd’hui incarcérés dans les prisons espagnoles et françaises.

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Manque d’autocritique
Ce sommet international a été mis sur pied par Bake bidea, une organisation pour la paix installée à Bayonne, le Forum social basé au Pays basque espagnol et les experts du « Groupe de contact international ». Les avaient rejoints des sénateurs, députés et maires des Pyrénées Atlantiques ainsi que des responsables venus de la Communauté autonome basque et de la Navarre au sud de la frontière. Et tous d’appeler à une nouvelle étape après le « Forum d’Aiete » qui avait, le 17 octobre 2011 à Saint-Sébastien, précédé la renonciation de ETA à la lutte armée.
Si le Parti nationaliste basque (PNV, majoritaire), la gauche indépendantiste (EH Bildu), Podemos ont pris le chemin de Cambo, d’autres formations du sud comme le Parti populaire ou la branche basque du Parti socialiste (PSOE) ont marqué leur distance, tout comme les gouvernements autonomes d’Euskadi et de Navarre, tous deux dirigés par des nationalistes. Ces derniers estiment incomplètes les déclarations de ETA sur les victimes, et sans autocritique. Ils regrettent que les actes autour de sa dissolution ne se passent pas au sud des Pyrénées (là où les événements les plus tragiques ont eu lieu).

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« Fruit du dialogue »
Venus d’horizons variés, les participants au sommet ont des analyses proches. Ainsi Jean-René Etchegaray, maire UDI de Bayonne et président de la Communauté d’agglomération Pays basque, rappelle que le premier souhait à Aiete était qu’ETA arrête la lutte armée « et elle a tenu parole » ; le second que les Etats interviennent pour aboutir à la paix. A défaut, « une dynamique sociale s’est enclenchée qui a abouti le 8 avril 2017 à la remise des armes de ETA ». Si bien que Arnaga est une nouvelle étape du chemin à venir, conclut-il. Une notion reprise par l’irlandais Gerry Adams (faire la paix est tout un voyage) comme par Brian Currin du Groupe de contact : « La dissolution est effective, et c’est le fruit du dialogue. Dommage que les gouvernements ne se soient pas associés. Le parcours n’est pas achevé : à nous de jeter des ponts vers les victimes et les prisonniers ».
Le sénateur Les Républicains des Pyrénées Atlantiques, Max Brisson, précise : « La réconciliation en Pays basque passe par la reconnaissance de toutes les victimes, de toutes les souffrances. Il faut regarder notre passé en face, sans zone d’ombre. Pensons à la fois aux enfants des victimes et à ceux des prisonniers, pour qu’ils n’entretiennent pas à leur tour un foyer de haine et de rancœur ». En écho à la fois aux 358 « crimes non résolus » dénoncés par l’association des victimes Covite comme aux actions contre les membres de ETA en territoire français menées par les Groupes antiterroristes de libération (GAL) ou aux 4 113 cas de torture policière entre 1960 et 2014 recensés par le Gouvernement basque.

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Côté français, « nous avons à ce jour obtenu le rapprochement d’une dizaine de prisonniers vers le sud-ouest et nous y travaillons », se réjouit Vincent Bru, député MoDem et ex-maire de Cambo. Mais les perspectives outre Pyrénées sont différentes avec une situation politique espagnole marquée par la montée des enchères entre Parti populaire et Ciudadanos.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Les tractations sont presque un passage obligé de la politique italienne. Mais cette fois aucune solution de sortie de crise ne semble s’esquisser.
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Deux mois après une élection sans vainqueur, où en est l’Italie ?

Les tractations sont presque un passage obligé de la politique italienne. Mais cette fois aucune solution de sortie de crise ne semble s’esquisser.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 19h41
 • Mis à jour le
07.05.2018 à 06h40
    |

            Charlotte Chabas








                        



   


Au lendemain de l’élection législative du 4 mars, le quotidien italien Il Tempo avait titré en « une » « Che bordello ! ». Deux mois plus tard, le constat se révèle au moins aussi approprié à la situation du pays, sinon davantage encore.
L’impasse politique est telle que le président italien, Sergio Mattarella, a lancé des négociations de la « dernière chance », lundi 7 mai. La cinquième en deux mois. Comment l’Italie en est arrivée à cette crise politique ? On récapitule.
Que s’est-il passé le 4 mars ?
L’élection du 4 mars – la première depuis la vaste réforme du système électoral italien, baptisée « Rosatellum bis » – a débouché sur une impasse. L’alliance du parti d’extrême droite la Ligue et du parti de droite de Silvio Berlusconi a obtenu 37 % des voix. Un score important, mais insuffisant pour former un gouvernement.
De son côté, le Mouvement 5 étoiles (M5S), nébuleuse populiste difficilement classable sur l’échiquier politique, a obtenu 33 % des votes. Enfin, le parti de centre gauche de Matteo Renzi a subi un revers sans précédent, récoltant seulement 18 % des voix.

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Que s’est-il passé depuis ?
Comme souvent en Italie les soirs de vote, chacun a sorti sa calculette pour élaborer les scénarios de coalition possible. C’est en effet monnaie courante dans le pays de voir des partis s’associer par pragmatisme, malgré des programmes parfois résolument divergents.
Mais deux mois après l’élection, aucune hypothèse d’alliance ne s’est concrétisée. Le M5S a tenté de s’accorder avec la coalition de droite. En vain, la Ligue de Matteo Salvini n’envisageant pas de prendre ses distances avec son allié Silvio Berlusconi, condition sine qua non pour qu’un tel gouvernement puisse voir le jour.
Le dernier scénario en date, qui prévoyait de former un gouvernement dirigé par le M5S avec l’appui du Parti démocrate (PD), a été sèchement écarté par Matteo Renzi, malgré des désaccords au sein de la formation.

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Est-ce si inhabituel ?
Les tractations politiques sont presque un passage obligé de la politique italienne. En moyenne, il faut un mois et demi pour former un gouvernement. C’est le gouvernement Amato de 1992 qui détient – pour l’heure – le record, avec quatre-vingts-quatre jours de négociations, soit près de trois mois. Mais la situation cette fois paraît tout de même particulièrement bloquée, et aucune sortie de crise ne semble s’esquisser.
Comment la situation peut-elle évoluer ?
Le président italien, Sergio Matarella, recevra lundi séparément chaque parti pendant vingt minutes pour leur rappeler l’enjeu d’aboutir à un consensus. Mais il est fort probable que ce nouvel épisode de négociations soit condamné à l’échec.
De son côté, le dirigeant du M5S, Luigi Di Maio, a réitéré vendredi sa demande de nouvelles élections dans les plus brefs délais, constatant le blocage des « partis traditionnels » à son idée de « gouvernement de changement ». Dans un entretien au journal Il Fatto Quotidiano, Luigi Di Maio estime que le scrutin pourrait avoir lieu le 24 juin et réfute l’objection d’un calendrier trop restreint pour permettre le vote des Italiens résidant à l’étranger.
Le chef de file de la Ligue, Matteo Salvani, appelle pour sa part à de nouvelles élections à la fin de l’année, pour donner le temps notamment de modifier le système électoral. La dernière réforme, le Rosatellum bis, avait particulièrement complexifié le scrutin, et est jugée en partie responsable de l’impasse actuelle.

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Le président italien a exclu pour sa part la tenue de nouvelles élections dans l’immédiat. D’autant que les derniers sondages laissent supposer que de nouvelles élections ne permettraient pas de sortir de l’impasse.
Faute d’un accord viable entre les partis lundi, Sergio Matarella soutient la formation d’un gouvernement de transition composé de techniciens, en mesure d’établir avant la fin de décembre le budget 2019. Selon plusieurs journaux, le président Mattarella pourrait nommer dès mardi prochain un chef de gouvernement issu de la société civile, doté d’un mandat limité. Mais pour Luigi Di Maio, l’idée d’un tel gouvernement de technocrates reviendrait à voler au peuple le résultat de l’élection.

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Y a-t-il des conséquences à cette instabilité politique ?
Pour l’heure, le chef du gouvernement, Paolo Gentiloni, continue d’expédier les affaires courantes, ce qui limite les effets déstabilisants de cette vacance du pouvoir. Mais cette difficulté à former un gouvernement n’est pas sans conséquence, notamment au plan économique.
Ces dernières semaines, les taux d’emprunt des pays du sud de l’Europe se sont tendus du fait de cette instabilité. « Il y a eu beaucoup d’annonces contradictoires (…) Cette confusion et la perspective éventuelle de nouvelles élections en cas d’impasse a pesé sur les taux d’emprunt italien » et « par contagion sur les autres pays du sud de l’Europe », a relevé auprès de l’Agence France-Presse Daniel Stefanetti, gérant obligataire de la société de gestion luxembourgeoise Ethenea.
Symbole de cette mise en berne de la quatrième économie de l’Union européenne, l’Italie s’est fait dépasser par l’Espagne en termes de richesse par habitants, selon le Fonds monétaire international (FMI). Une donnée imputée notamment à l’instabilité politique du pays.
En outre, les dernières prévisions économiques de la Commission européenne soulignent la nécessité d’un gouvernement disposant d’une majorité au Parlement afin d’entreprendre des réformes jugées nécessaires pour que l’Italie maintienne ses objectifs de croissance. Le vote du budget 2019 est notamment crucial dans ce processus, mais risque d’être intenable faute de coalition parlementaire.



                            


                        

                        

