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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Malek Bensmaïl retrace le destin mouvementé du film de Gillo Pontecorvo, Lion d’or en 1966 et interdit en France jusqu’en 2004 (sur Histoire à 20 h 40).
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TV - « “La Bataille d’Alger”, un film dans l’Histoire »

Notre choix du soir. Malek Bensmaïl retrace le destin mouvementé du film de Gillo Pontecorvo, Lion d’or en 1966 et interdit en France jusqu’en 2004 (sur Histoire à 20 h 40).



Le Monde
 |    06.05.2018 à 17h45
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Histoire à 20 h 40

En 1966 à la Mostra de Venise, nombreux sont les cinéastes de renom à présenter leurs films en espérant remporter le prestigieux Lion d’or. François Truffaut et Robert Bresson, notamment, font partie des favoris. Mais en sacrant le réalisateur italien Gillo Pontecorvo pour La Bataille d’Alger, long-métrage tourné dans des conditions particulières en 1965, le jury provoque un coup de tonnerre et la colère de la délégation française. Le long documentaire signé Malek Bensmaïl revient en détail sur la genèse de ce film qui suscita autant d’enthousiasme que de polémiques.
Tourné trois ans après l’indépendance de l’Algérie, le film de Pontecorvo, adapté du récit de Yacef Saadi, chef de la zone autonome d’Alger pour le FLN (qui y joue son propre rôle), a l’ambition de reconstituer la bataille d’Alger, en 1957. Parachutistes contre réseaux FLN, guérilla, torture, attentats, le long-métrage veut coller au plus près à la réalité.
Pression d’anciens combattants
Des difficultés de financement au choix des acteurs, des surprises du tournage à sa commercialisation à l’étranger, ce documentaire alterne avec efficacité images d’archives et anecdotes. Et fait parler nombre de témoins passionnants : techniciens algériens, proches de Pontecorvo, critiques de cinéma, tous parlent d’une aventure sortant de l’ordinaire. On y apprend que Paul Newman avait été pressenti pour participer à l’aventure. Ou que, profitant de la présence de chars dans les rues d’Alger pour le film, Houari Boumediène avait destitué Ahmed Ben Bella pendant le tournage.

   


En France, le film sera longtemps interdit. Après quelques tentatives de projection en province en 1970, il est retiré sous la pression d’anciens combattants. A Paris, en 1981, le cinéma Saint-Séverin, qui projette La Bataille d’Alger, est vandalisé. Censuré jusqu’en 2004, le film de Pontecorvo est devenu un symbole de la lutte des peuples opprimés. Mais aussi une bonne leçon pratique à suivre pour les militaires américains, spectateurs attentifs car désireux de mieux connaître les ressorts d’une guerre insurrectionnelle en milieu urbain.
La Bataille d’Alger, un film dans l’Histoire, de Malek Bensmaïl (Fr., 2017, 120 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Né à Paris le 4 août 1936, il commença sa carrière dans le 7e art dans la salle obscure du mythique cinéma parisien le Mac-Mahon, dont il fut programmateur.
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Mort de Pierre Rissient, cinéphile respecté et découvreur de talents

Né à Paris le 4 août 1936, il commença sa carrière dans le 7e art dans la salle obscure du mythique cinéma parisien le Mac-Mahon, dont il fut programmateur.



Le Monde
 |    06.05.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
06.05.2018 à 17h26
   





                        



   


Le Festival de Cannes, Clint Eastwood, Martin Scorsese ou encore Jane Campion lui doivent beaucoup : cinéphile, producteur, programmateur et découvreur de talents du 7e art, le Français Pierre Rissient est mort à 81 ans, a annoncé dimanche 6 mai l’Institut Lumière, par la voix de son président, Bertrand Tavernier.

Bertrand Tavernier: "Pierre Rissient est mort cette nuit. Son épouse Yung Hee me demande de vous le faire savoir et… https://t.co/qXUgaeCs1d— InstitutLumiere (@Institut Lumière)


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« Un super découvreur de cinéastes »
« Pierre Rissient a été un super découvreur de cinéastes, d’un flair, d’une curiosité inestimables. Quand il aidait quelqu’un, il le prenait sous son aile et l’aidait à déployer son art. Il a aimé et soutenu le Festival de Cannes, j’en témoigne ici avec émotion et tristesse », a réagi Gilles Jacob, ancien délégué général du prestigieux festival de cinéma.
Inconnu du grand public, Pierre Rissient, qui avait l’habitude d’écumer les festivals du monde entier, était un intime de Clint Eastwood, qu’il connaissait depuis le début des années 1970.
Personnalité incontournable de Cannes, dont il fut le conseiller artistique, il contribua à faire connaître Mean Streets (1973), le film qui a lancé la carrière de Martin Scorsese.
Le producteur exécutif de « La Leçon de piano »
A partir des années 1970, il fit également découvrir au public européen nombre de cinéastes asiatiques, comme Hou Hsiao Hsien, Chen Kaige ou Zhang Yimou.
Il fut notamment le producteur exécutif de La Leçon de piano (Palme d’Or à Cannes en 1993) de la Néo-Zélandaise Jane Campion, dont il avait accompagné les premiers pas.
Pierre Rissient est mort deux jours avant le début du Festival de Cannes. Ironie du sort, le Festival avait prévu de projeter cette année un film qu’il avait réalisé en 1980, Cinq et la peau, dans sa section Cannes Classics.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A la tête de la compagnie maritime portugaise, vous menez la découverte du Nouveau Monde. Un hommage à la géographie autant qu’à l’ère des grands explorateurs.
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On a testé… « Neo Atlas 1469 », le « Civilization » de la cartographie

A la tête de la compagnie maritime portugaise, vous menez la découverte du Nouveau Monde. Un hommage à la géographie autant qu’à l’ère des grands explorateurs.



Le Monde
 |    06.05.2018 à 14h09
    |

            William Audureau








                        



   


Je ne sais pas ce que vous avez fait hier, mais nous, nous avons prouvé que la Terre était ronde. De nombreuses rumeurs affirmaient le contraire, et il se murmure même qu’un explorateur en Arabie saoudite vendrait une amarre spéciale pour observer de près les cascades de la fin du monde, sans tomber en se penchant.
C’était jour de fête. Quelques heures plus tôt, nous avons découvert le Zipangu, un archipel légendaire, que certains aujourd’hui appellent le Japon. Cela n’a pas été facile. Il nous a fallu contourner toute l’Australie depuis les Indes parce que l’Indonésie formait un long bras de terre coupant tout accès à l’océan Indien. Grosse, grosse galère.
Finalement, nous avons atteint le lointain pays merveilleux en trente et un ans. Un de trop pour le roi du Portugal. Cet impatient nous a coupé les fonds, nous laissant le commerce maritime comme seule ressource. Heureusement, grâce à une écaille de dragon dénichée au large de la Corée, nous avons pu financer la restauration de notre flotte, pas bien vaillante après deux ou trois attaques de kraken. Maintenant, il nous reste à cartographier l’Amérique, et à finir de révéler tous les continents du monde.
Ode au siècle des grandes découvertes
Neo Atlas 1469, disponible sur la plate-forme Steam depuis 2017 et sorti en avril sur Switch, est le dernier ambassadeur en date d’une série de jeux de gestion japonais longtemps restés inédits en Europe. Son concept est atypique : à la tête de la Compagnie portugaise des Indes, il vous propose d’envoyer vos navigateurs explorer le monde pour le cartographier et établir des lignes commerciales entre ses principaux ports.

Conquête territoriale contre le brouillard qui recouvre la carte, commerce des ressources : on retrouve, dans la dernière production du studio japonais Artdink, spécialiste des simulations ferroviaires, deux des quatre mamelles des jeux de gestion à la Civilization. Et pour cause : son concept date de la même année, 1991, et en est un proche cousin, l’affrontement d’autres puissances en moins, une importante surcouche narrative et un système de missions en plus.
Son intérêt tient beaucoup à son époque et à son thème : 1469, c’est l’année de naissance de Christophe Colomb. Un an plus tard sera pour la première fois traduite en latin et imprimée la carte du géographe grec Ptolémée, dont la redécouverte par la société savante lance un siècle d’exploration des terres reculées et de progrès de la cartographie.
Carte semi-aléatoire
Dans Neo Atlas 1469, comme au XVe siècle, l’Afrique subsaharienne est inconnue ; l’existence des Amériques insoupçonnée ; et le Japon lui-même n’est qu’une rumeur, dont le joueur aura à prouver la véracité en trouvant une route jusqu’à lui.
L’une des meilleures idées du titre est de ne pas proposer une carte identique à celle que l’on connaît — le moindre manuel de géographie, ou un dézoom sur Google Maps, suffirait alors pour tricher. A la place, il laisse le joueur découvrir à l’aveugle une mappemonde en partie générée aléatoirement, tachetée de bateaux pirates, de krakens et de rumeurs de monstres fantastiques.

   


Dans ses meilleurs moments, Neo Atlas 1469 donne l’impression de vivre par procuration l’ivresse, l’excitation et l’angoisse de l’inconnu. Et à chacun de nos choix d’itinéraires, les doctes explorateurs que l’on dirige, d’habitude si bavards et flamboyants dans les phases de dialogues, semblent partir à l’aventure comme de petits bateaux en jouet lâchés dans une baignoire la lumière éteinte. Avec pour seuls compas des on-dit, des déductions, et une bonne part de chance.
Isthme, détroits et jeu de go
A mesure que les heures défilent, et elles passent vite, on finit par découvrir que les algorithmes de génération de la carte du monde s’appuient beaucoup sur le monde réel. S’ils s’en éloignent, c’est essentiellement par des variations côtières. Insuffisant pour donner l’impression visuelle d’un autre monde, mais largement assez pour déranger les plans de l’apprenti cartographe habitué à envoyer ses navigateurs longer les rivages.
De retour à leur port d’attache, plus d’un navigateur viendra ainsi raconter comment il s’est perdu dans des archipels imaginaires ; encastré dans un isthme inattendu ou au contraire engouffré dans un détroit miraculeusement placé en plein cœur d’un pays censément fermé.

   


Parfois, le jeu s’apparente davantage à une partie de go que de géographie. Neo Atlas 1469 laisse en effet au joueur le soin de valider ou non chacun des rapports de ses explorateurs. Une décision stratégique : accepter de graver dans le marbre le bout de carte qu’il vient de découvrir, et ses excentricités qui, d’un bras de terre mal placé ou d’une mer soudain fermée, vous coupera peut-être à jamais l’accès à telle ressource rare et précieuse pour votre commerce d’épices, de fruits et de pierres exotiques.
Un jeu qui a ses limites
Difficile pour autant de recommander ce jeu les yeux fermés : c’est une petite production trop chère pour son propre bien ; laide comme un crapaud ; bavarde à s’en fatiguer les yeux ; pas même traduite, pourront légitimement souligner les plus réfractaires.
Il est vrai que son concept aurait gagné à être servi par des cartes plus originales, et son interminable tutoriel en fera fuir plus d’un. Une réalisation visuelle moins aride, une direction artistique plus cohérente, ou encore une mise en scène plus généreuse auraient également permis de rendre ces terres plus vivantes, plus incarnées, et le jeu des allers-retours moins routiniers.

   


Malgré cela, il y a un charme hypnotique à Neo Atlas 1469. Il est de ces jeux qui, comme Civilization, savent obnubiler des heures et des jours entiers. Il a ses moments de grâce, comme la découverte d’un pays légendaire, le premier tour du monde, ou l’atlas qui se fait globe.
Au pied de notre lit, les couvertures écornées d’un vieux manuel de géographie, d’un passionnant atlas des contrées rêvées, et d’un essai sur la découverte du Japon, trahissent ses effets secondaires. Et puis, hier, quand d’autres remplissaient leur déclaration de revenus, nous nous découvrions le Zipangu, et cela n’a pas de prix.
En bref
On a aimé :
Le concept original et évocateur.L’ivresse de parcourir les océans à l’aveugle.« Hé, mais Madagascar est à l’ouest de l’Afrique du Sud dans ma partie ? ».Des dizaines d’heures de jeu pour la moindre partie.Cligner des yeux, s’apercevoir qu’il est déjà 3 heures.
On n’a pas aimé :
Tutoriel et dialogues interminables.La direction artistique incohérente.La carte du monde pas assez originale pour déboussoler.43 euros pour la réédition d’un jeu PS Vita. Ouch !
C’est plutôt pour vous si :
Vous cherchez un jeu de gestion sur Switch.Dans Civilization, vous préférez explorer que vous battre.Vous préférez Ptolémée à Neymar.
Ce n’est plutôt pas pour vous si :
Vous ne lisez pas l’anglais.Dans vos cauchemars, vous êtes poursuivis par une interro d’histoire-géo.A Civilization, vous jouez les Aztèques, pas les Portugais.Vous cherchez un jeu de pirates dans lequel on peut plutôt boire du rhum entre amis.
La note de Pixels
35° 41’22’’ N/139° 41’30’’ E



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Cette première série de la mangaka Tomomi Sumiyama raconte le destin croisé de deux enfants évoluant dans une société de castes autoritaire.
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« Lost Children » : un manga sur la fraternité au-delà des injustices sociales

Cette première série de la mangaka Tomomi Sumiyama raconte le destin croisé de deux enfants évoluant dans une société de castes autoritaire.



Le Monde
 |    06.05.2018 à 10h15
    |

            Pauline Croquet








                        



   


Dans le royaume de Shardao, où Yuri et Ran sont nés, rien ne prédisposait ces deux enfants à se lier d’amitié. Ces deux frères de cœur appartiennent à des castes opposées : Ran est gathiya, population réduite à la misère et aux brimades. Yuri est le fils borgne et solitaire d’un joaillier achra, la classe privilégiée. Leur amitié indéfectible survit à leur séparation sur laquelle ouvre Lost Children, première série de la mangaka Tomomi Sumiyama. Tandis que Yuri est chargé du culte dans un village traditionnel de montagne, Ran s’est engagé comme combattant auprès de la rébellion gathiya pour parcourir le royaume et espérer retrouver son ami.

   


Bien qu’il ne fasse que poser les prémices de cette quête et quelques éléments du passé des héros, ce premier tome laisse entrevoir beaucoup de promesses. Plusieurs mystères auréolent ces deux enfants devenus des adolescents secrets et taciturnes : qu’ont-ils vécu pour être aussi proches ? Pourquoi occupent-ils ces fonctions cinq ans après leur séparation ? Comment s’expliquent les mutilations que porte Yuri et la rancœur de Ran ? Sauront-ils continuer à dépasser leur appartenance sociale pour rester unis ?
Une intrigue relativement classique, toutefois portée par un environnement et un contexte bien construits et détaillés. Tomomi Sumiyama s’inspire de différents pays d’Asie pour établir les décors et la structure politique et religieuse du royaume de Shardao. L’Inde a par exemple illustré le système de castes et le Bhoutan a marqué la mangaka pour la concentration des pouvoirs religieux et politiques dans les forteresses Dzong. La rébellion maoïste népalaise et la guerre du Vietnam lui ont fourni des exemples pour le quotidien des rebelles et les batailles contre le pouvoir autoritaire dans sa série.

   


Toutes ces influences offrent au final un manga riche en décors et en costumes traditionnels recherchés, qui donnent encore plus de crédibilité à cette société inique et au vécu des personnages. Ces derniers paraissent d’autant plus aboutis que la dessinatrice leur prête, même s’ils restent en arrière-plan, des traits fins, uniques et très expressifs. L’auteur n’hésite pas non plus à recourir au réalisme et à une dramaturgie calibrée pour mettre en lumière la cruauté de la vie et de la guerre.
L’année dernière, au moment où l’auteure, ancienne designer graphique dans un studio de jeux vidéo, songeait à se lancer dans le manga, le Japon était en proie à de vifs débats autour de la révision de sa Constitution pour revenir sur le caractère pacifiste du pays. Tomomi Sumiyama se passionne alors pour les questions philosophiques sociales ; celles-ci abreuvent sa série et les questionnements de ses deux héros.
Lost Children, de Tomomi Sumiyama, traduction d’Anne-Sophie Thévenon, tome I le 3 mai, éditions Ki-oon, 192 pages, 7,90 euros.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ On redécouvre l’écrivain américain, mort en 1986 sans que son grand talent soit pleinement reconnu en France. Un recueil de nouvelles, « Le Tonneau magique », paraît.
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édition abonné


Bernard Malamud, Brooklyn tragi-comique

On redécouvre l’écrivain américain, mort en 1986 sans que son grand talent soit pleinement reconnu en France. Un recueil de nouvelles, « Le Tonneau magique », paraît.



Le Monde
 |    06.05.2018 à 09h00
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            
Le Tonneau magique (The Magic Barrel), de Bernard Malamud, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Josée Kamoun, Rivages, 250 p., 21 €.

La légende assure que, le soir de 1959 où Bernard Malamud (1914-1986) reçut le National Book Award pour les nouvelles du Tonneau magique, il oublia de prendre le chèque de 1 000 dollars qui accompagnait la prestigieuse distinction. Après la cérémonie de remise, il arriva un peu tard au restaurant où se donnait une fête ; il n’y avait plus de siège pour lui à table.
Il est tentant de voir dans cette anecdote une forme de plaisanterie métaphorique, transposant la difficulté de ce très grand écrivain à trouver la place qu’il mérite. Il serait faux d’en faire un auteur maudit : après Le Tonneau magique (qui reparaît aujourd’hui dans une splendide traduction de Josée Kamoun), L’Homme de Kiev lui permit d’obtenir un second National Book Award, ainsi que le prix ­Pulitzer, en 1967 ; son premier roman, Le Meilleur (1952 ; Rivages, 2016), a été adapté au cinéma.

Considéré, au côté de Saul Bellow (1915-2005) et de Philip Roth, leur cadet de vingt ans, comme un phare de la littérature juive américaine, il n’a cependant pas connu, à l’étranger, la fortune de ses camarades – le jour de 1976 où l’auteur d’Herzog obtint le prix Nobel, il notait dans son journal : « Bellow a reçu le Nobel. J’ai gagné 24,25 dollars au poker. » Trente-deux ans après sa mort, son étoile, aux Etats-Unis, a un peu pâli. Elles sont rares, pourtant, les œuvres aussi éblouissantes que la sienne, comme on le redécouvre en France depuis 2015, grâce à Nathalie Zberro, éditrice chez Rivages, décidée à la (re) publier dans son intégralité. Arrivant après trois romans – L’Homme de Kiev, Le Meilleur et Le Commis (2015, 2016, 2017) –, les nouvelles du Tonneau magique peuvent constituer une entrée idéale dans l’univers de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr », d’Antoine Marchalot.
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/05/2018
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 100)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr », d’Antoine Marchalot.



Le Monde
 |    06.05.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
06.05.2018 à 07h16
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ L’ex-enfant chérie du cinéma iranien, aujourd’hui interdite de retour dans son pays, est à Cannes pour « Les Filles du soleil », d’Eva Husson. Elle y incarne une combattante kurde, un rôle de résistante à l’image de ce qu’elle représente aujourd’hui pour beaucoup d’Iraniennes.
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édition abonné


Golshifteh Farahani, des racines et des ailes


                      L’ex-enfant chérie du cinéma iranien, aujourd’hui interdite de retour dans son pays, est à Cannes pour « Les Filles du soleil », d’Eva Husson. Elle y incarne une combattante kurde, un rôle de résistante à l’image de ce qu’elle représente aujourd’hui pour beaucoup d’Iraniennes.



Le Monde
 |    06.05.2018 à 06h37
    |

            Vanessa Schneider








                              

                        
Elle arrive en retard au volant d’une voiture sale, jean, tee-shirt bleu, tignasse ébouriffée, sans maquillage ni bijou. Golshifteh Farahani est en vacances. Après avoir vécu huit ans à Paris, l’actrice se partage désormais entre Porto et Ibiza, avec une préférence pour l’île des Baléares.
C’est là qu’elle se repose depuis le mois de novembre. « Ces cinq dernières années, je n’ai fait que travailler, je suis contente de ne pas tourner en ce moment, ça me donne un espace pour faire autre chose, pour vivre, tout simplement », s’esclaffe-t-elle d’une voix forte qui fait se retourner les têtes sur la terrasse du bar de la plage où elle nous a donné rendez-vous.

A 34 ans, l’actrice franco-iranienne a déjà près de cinquante rôles à son actif. Une filmographie éclectique et dense, à son image, entre blockbusters américains (Pirates des Caraïbes), comédies populaires (Santa & Cie) et films d’auteur avec Louis Garrel, dont elle partagea un temps la vie, Marjane Satrapi, Christophe Honoré ou Jim Jarmusch.
Lire aussi : Golshifteh Farahani, une femme de combat exilée d’Iran
En ce moment, elle retape une maison dans le nord-est de l’île avec son amoureux, un baba cool allemand croisé dans le désert du Nevada au festival Burning Man et retrouvé à Ibiza. Ils écoutent de la musique planante, boivent du thé, discutent avec les amis de passage, lisent et défrichent le terrain de leur maison. Golshifteh a des bleus et des griffures plein les jambes. « A Ibiza, je suis Mowgli, je suis un petit animal sauvage, rit-elle. Personne ne me reconnaît, on me laisse tranquille. »
Née sous les bombes
C’est ici, dans son « paradis », qu’elle a appris la sélection à Cannes des Filles du soleil, le très attendu film d’Eva Husson (qui devrait sortir en salle le 21 novembre) dans lequel elle incarne une combattante kurde engagée dans un bataillon de femmes en Irak.
Figurer...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ A Paris, le Centre d’art contemporain ouvrait ses portes, samedi, aux amateurs de naturisme pour une visite exceptionnelle. Notre journaliste a tenté l’expérience.
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/05/2018
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Visiter le Palais de Tokyo, nu comme un ver

A Paris, le Centre d’art contemporain ouvrait ses portes, samedi, aux amateurs de naturisme pour une visite exceptionnelle. Notre journaliste a tenté l’expérience.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 18h50
 • Mis à jour le
06.05.2018 à 15h10
    |

            Laurent Carpentier








                        



   


« Etre dans mon incarnation animale ! C’est libératoire », s’exalte Jason Stoneking, poète américain, alors qu’entièrement nu, il dévale les grands escaliers du Palais de Tokyo, à Paris. Il n’est pas seul : le centre d’art contemporain a accueilli en effet, samedi 5 mai, dans ses hautes salles froides de béton, un public pas comme les autres : les tout-nus.
Quelque deux cents personnes qui se sont précipitées dès l’information tombée sur les réseaux sociaux pour s’inscrire auprès de l’Association des naturistes de Paris, que le Palais de Tokyo a invitée. Au coude-à-coude, briscards du naturisme et aventureux séduits : Eponine, la comédienne joyeuse, Nina qui étudie l’expertise d’art à Drouot, Louise, en prépa à Henri-IV, Charlie l’éclairagiste de théâtre, qui a suivi sa compagne, agente d’illustrateur, ou Marcel Korenhof, metteur en scène néerlandais, Parisien d’adoption, qui glisse, sourire énigmatique : « Toute cette histoire m’a fait penser à Gombrowicz ».
Il y a quelque chose d’étonnant à deviser ainsi dans le face-à-face de nos corps. Et quelque chose de magnifique et d’étrange à se regarder, grappes humaines, totalement délestées de la matérialité, s’égailler, troupeaux incongrus, dans les allées monumentales du Palais. On pense à Salo ou les 120 journées de Sodome, de Pier Paolo Pasolini (« Sauf qu’ici ça finit moins mal », corrige un gardien en tenue de ville).
Ces corps qui jonglent avec les installations ajoutent aux sensations post-apocalyptiques de la salle que Neïl Beloufa a imaginée pour son exposition L’Ennemi de mon ennemi, et peuplent comme des fantômes la salle conçue par George Henry Longly sur les daimyos, les seigneurs de la guerre japonais, qui fait dialoguer les armures antiques avec un masque de privation très SM et un éclairage de backroom. « Une réflexion globale sur nos sens, nos corps, les prothèses dont on s’équipe pour exercer un pouvoir, ou en limiter les capacités », analyse avec sérieux Marion Buchloh-Kollerbohm, responsable de la médiation culturelle.
« Désexualiser la nudité »
Mélange des genres. Se déshabiller désinhibe. Les gens se parlent. Bernard Gibert, 74 ans, grand pratiquant, raconte son chemin de Compostelle en tenue d’Adam. La jeune femme qui l’écoute, étudiante en graphisme à l’école Estienne, à Paris, tétons percés, scarabée tatoué sur l’avant-bras, avoue : « J’ai du mal à me concentrer sur l’exposition, ce n’est pas grave, tout se mélange, je pense à ma vie, à ce que tout ça raconte… »
« Désexualiser la nudité », clament les militants naturistes. « J’ai 30 ans, et je veux vivre ce qu’il est possible de vivre », répond en douce une beauté à la Courbet qui dit avoir essayé les soirées fétichistes, les orgies libertines, s’être ennuyée partout et trouver ici le sol trop froid. « Sauf que d’un coup, tout à l’heure, j’ai pris conscience que j’étais nue dans un musée, ça, ce n’est pas fréquent, j’ai un peu paniqué, j’ai rattaché mes cheveux. »
Les corps se repoussent comme un ballet d’atomes. Dénudés, on hésite à se frôler. A part sans doute Antoine et Mia, beaux comme des carrosses, naviguant à droite à gauche, rebelles à la visite guidée, amoureux caressant de leurs corps, narcisses libérés, œuvres d’art pour eux-mêmes.
« Ce sont ces corps qui sont beaux, regarde la lumière sur la peau », fait remarquer Marcel le Néerlandais, qui a participé autrefois à des performances de l’actionniste viennois Hermann Nitsch. Et on songe en se grattant la fesse au message de Georges Bataille diffusé sur un écran vidéo dans l’exposition L’Un et l’Autre, de Kader Attia et Jean-Jacques Lebel : « Il est essentiel pour nous d’affronter le danger que représente la littérature. » Fichtre, oui.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Notre choix du soir. Malgré des clichés esthétisants, la série propose des portraits de chefs extrêmement informatifs (sur Netflix à la demande).
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TV - « Chef’s Table », snob, irritante et passionnante

Notre choix du soir. Malgré des clichés esthétisants, la série propose des portraits de chefs extrêmement informatifs (sur Netflix à la demande).



Le Monde
 |    05.05.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur Netflix à la demande

Chef’s Table, la série documentaire culinaire créée en 2015 par David Gelb, est à la fois irritante et attachante. La réalisation, remarquable mais bourrée de tics esthétisants, fait le portrait de chefs parmi les plus singuliers du monde culinaire international.
Ils sont rarement laids, prennent la pose, avec des airs inspirés dont la caméra prolonge la portée par des ralentis lassants. Les messieurs ont souvent la barbe des hipsters, des tatouages, des enfances de mauvais garçons tombés parfois dans la drogue. Ils vont tous se ressourcer dans la nature – que, bien sûr, ils respectent –, la cueillent, la goûtent et la hument.
Dans la saison 3, que Netflix vient de rendre disponible (avec une quatrième dévolue aux pâtissiers), le Péruvien Virgilio Martinez propose à sa carte des bonsaïs de parterres végétaux, présentés selon l’altitude de la cueillette. On voit le jeune homme porter à son visage de la glaise. Horreur ! Va-t-il concocter un sorbet de boue agrémenté d’une limace confite ?
Rien n’est impossible, car, ainsi que le rappelle un thuriféraire chargé d’expliquer la règle, comme dans un couvent austère et mortificateur, « les plats de Virgilio peuvent parfois avoir un goût désagréable ». On n’est pas là pour se goberger, mais pour « vivre une expérience », être « transformé », « questionné » – entre autres clichés répétés ad nauseam depuis le début de cette série.
Si l’on est souvent tenté de rétorquer : « Quand est-ce qu’on mange ? » à ce propos assez snob et hautain, on convient volontiers que cette quête avant-gardiste est souvent passionnante, d’autant plus que les six personnalités retenues ne sont pas toutes d’obédience postmoléculaire.
Assemblages végétaliens
Vladimir Mukhin, jeune chef russe, tente par exemple de recréer les recettes traditionnelles de la Russie présoviétique ; Nancy Silverton a apporté aux Etats-Unis la maîtrise d’un pain d’exception et imposé la « vraie » pizza italienne, peu épaisse et croustillante.
Le plus extraordinaire des six épisodes est celui dévolu à Jeong Kwan, cuisinière révérée par les plus grands mais qui ne sort que rarement de son pays, la Corée du Sud, et de son monastère bouddhiste, où elle prépare les repas depuis des lustres (elle y est entrée en 1974, à l’âge de 17 ans).
La voir organiser ses assemblages végétaliens (ni viande, ni poisson, ni dérivés) est une expérience d’un esthétisme d’autant plus fort qu’il tient surtout à la justesse du geste. Sa cuisine, disent ceux qui l’ont goûtée, est à la fois un gage de santé et un ­concentré de subtilité, obtenue par des légumes cueillis dans un jardin 100 % biodynamique, des techniques de fermentation naturelle et des ingrédients rares mais savamment dosés.

   


Parfois, l’aspect biographique prend trop le pas sur le propos strictement culinaire, notamment pour évoquer des événements tragiques dans la vie personnelle de certains des chefs portraiturés. On ne doute pas de l’authenticité des sentiments exprimés, mais, en raison des musiques dégoulinantes qui les surlignent, ils finissent par ressembler à ceux qu’on trouve dans les vulgaires émissions de télé-réalité.
La musique reste d’ailleurs sûrement trop présente dans Chef’s Table. Elle est conçue comme un nappage assez inventif (constitué notamment de pastiches de musique savante, quand ce ne sont pas des extraits d’œuvres originales), mais qui finit par écœurer comme le ferait une sauce trop riche.
Chef’s Table, saison 3, série documentaire créée par David Gelb (EU, 2017, 6 × 54 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Racheté par TF1, le média, qui tire l’ensemble de ses revenus de la publication de contenus sponsorisés, ouvre un pôle data à Lyon.
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MinuteBuzz, champion français du « brand content »

Racheté par TF1, le média, qui tire l’ensemble de ses revenus de la publication de contenus sponsorisés, ouvre un pôle data à Lyon.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 13h04
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



                                


                            
« Nous sommes habitués à changer en permanence. » Confrontée aux ajustements réguliers de l’algorithme de Facebook, censé favoriser les publications des proches au détriment de celles des médias, l’équipe de MinuteBuzz n’a d’autre choix que de s’adapter. Premier éditeur à publier des vidéos exclusivement sur les réseaux sociaux, sa survie en dépend. En 2017, la dernière modification de Facebook a entraîné une baisse de 17 % de l’audience de ce média émergent, qui poste uniquement des contenus viraux destinés aux adolescents. « Cela n’a aucun impact sur le business », relativise Maxime Barbier, cofondateur de l’entreprise.

Pourtant, l’audience est la pièce maîtresse du modèle économique de MinuteBuzz, qui est entièrement financé par la publication de vidéos sponsorisées par des marques que la start-up produit. « Chaque jour, nous parlons à près de 12 millions de personnes », proclame fièrement le site réservé aux annonceurs. Conserver cette audience est donc primordial. Pour cela, M. Barbier est en contact permanent avec les équipes françaises de Facebook. « Cette proximité est utile pour améliorer notre capacité d’adaptation. On se voit tous les mois », explique-t-il.

« Synergies »
MinuteBuzz peut aussi compter sur la force de frappe de la régie publicitaire de TF1, qui l’a acquis en décembre 2016. « Cela nous ouvre les portes de nombreux annonceurs », reconnaît Laure Lefevre, présidente de la société, qui précise que 20 % du chiffre d’affaires de 2017 « a été apporté par TF1 ». « Nous sommes satisfaits des synergies qui se mettent en place avec MinuteBuzz », se félicite de son côté Philippe Denery, directeur général adjoint finances et achats du groupe TF1.

Pour consolider sa place de leader du « brand content » (contenu sponsorisé) sur les réseaux sociaux, l’entreprise investit pour toujours mieux connaître son public. « Nous avons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ La Sant Jordi est la fête du livre et de la Rose à Barcelone. L’occasion de rencontrer les écrivains catalans dont les interprétations de la réalité s’affrontent.
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L’indépendance divise les plumes catalanes

La Sant Jordi est la fête du livre et de la Rose à Barcelone. L’occasion de rencontrer les écrivains catalans dont les interprétations de la réalité s’affrontent.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 13h00
    |

            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Alors que les rues de Barcelone sont prises d’assaut par des dizaines de milliers de lecteurs et des centaines d’écrivains à l’occasion de la Sant Jordi, la fête du livre et de la rose, deux manières de voir la réalité catalane se font jour sur les stands des librairies et des maisons d’édition ce 23 avril. La tentative de sécession du mois d’octobre 2017, la mise sous tutelle de la région décrétée par le gouvernement espagnol et les peines de prison préventive prononcées contre les dirigeants indépendantistes ont creusé le fossé entre les auteurs catalans favorables à la sécession et les « constitutionnalistes », qui s’y opposent.
Javier Cercas, auteur des Soldats de Salamine (Actes Sud, 2002), est l’écrivain catalan le plus engagé contre l’indépendance : il multiplie les tribunes dans les médias internationaux. « M’engager me porte préjudice personnellement et professionnellement mais je n’ai pas su ne pas le faire, explique l’auteur, qui vit dans un village près de Gérone où flottent partout des drapeaux indépendantistes. J’ai été insulté dans la rue. J’ai perdu de nombreux amis. La situation était exceptionnelle, je percevais un risque d’affrontement civil. Les indépendantistes déversaient des tonnes de mensonges et le gouvernement espagnol était incompétent pour expliquer ce qui se passait. Je n’ai pas su me taire… »
Pour lui, il ne fait aucun doute que la Catalogne a subi un « coup d’Etat » lors de l’approbation polémique des lois de « déconnexion » des 6 et 7 septembre 2017, quand, par le biais d’une procédure urgente et exceptionnelle, les indépendantistes ont voté les lois de référendum et de « transition juridique » qui devaient poser les bases de la nouvelle République catalane.
« Il ne faut pas forcément des fusils pour faire un coup d’Etat, affirme l’auteur. Il suffit de voir l’exemple de Primo de Rivera [ancien dictateur espagnol de 1923 à 1930] ou de Fujimori [l’ancien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Un long travail d’écoute de ses concitoyennes noires a permis à l’écrivaine de rendre compte, dans « Mille petits riens », du racisme institutionnel aux Etats-Unis.
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La romancière Jodi Picoult se met à la place d’une Afro-Américaine

Un long travail d’écoute de ses concitoyennes noires a permis à l’écrivaine de rendre compte, dans « Mille petits riens », du racisme institutionnel aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
06.05.2018 à 01h18
    |

                            Gladys Marivat (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            
« Mille petits riens » (Small Great Things), de Jodi Picoult, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie Chabin, Actes Sud, 592 p., 23,50 €.

Quand la romancière américaine Jodi Picoult achève Mille petits riens, en mars 2016, elle s’attend à des réactions négatives. L’auteure de best-sellers (Le Pacte, Ma vie pour la tienne, Presses de la Cité, 1999, 2006 ; La Tristesse des éléphants, Actes Sud, 2017), née à Long Island en 1966, pense avoir pris un risque en abordant la question du racisme dans l’Amérique d’aujourd’hui. « Des personnes de couleur me reprocheront sans doute d’avoir choisi un sujet qui ne m’appartient pas. Des Blancs me reprocheront de les accuser de racisme », anticipe-t-elle dans la postface. Mais ce sera pire.
« Mon roman est paru un mois avant l’élection de Donald Trump [novembre 2016], qui avait construit sa campagne sur la division et la haine, explique-t-elle au “Monde des livres”. J’ai reçu des commentaires dont la fréquence et la violence m’ont surprise. La plupart venaient de lecteurs blancs. Certains m’accusaient de “trahir ma race”. » La possibilité d’une pareille critique ne l’avait pas effleurée. Ce qui l’a longtemps empêchée d’écrire sur le racisme est la question de sa légitimité.

En 1996, Picoult s’y essaye une première fois, après avoir lu l’histoire d’un policier noir que des collègues avaient tué par erreur lors d’une intervention. « Je voulais parler de l’injustice vécue par les Afro-Américains dans mon pays, mais tout sonnait faux. Avais-je le droit de raconter cette histoire ? Il m’a paru plus simple de ne pas le faire plutôt que d’essayer de comprendre pourquoi je n’y arrivais pas. »
Raconter l’histoire selon trois points
Le sujet la rattrape à l’occasion d’un autre épisode. En 2013, à Flint (Michigan), un hôpital interdit à une infirmière afro-américaine de s’occuper...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Après avoir été plébiscité dans les années 1970-1980, ce courant protéiforme a connu une éclipse sur le marché de l’art. Ses figures de proue, comme Gustave Moreau, voient désormais leur cote s’envoller.
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Le retour en grâce du symbolisme

Après avoir été plébiscité dans les années 1970-1980, ce courant protéiforme a connu une éclipse sur le marché de l’art. Ses figures de proue, comme Gustave Moreau, voient désormais leur cote s’envoller.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 18h46
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Le symbolisme est dans l’air du temps. On le retrouve, version balte, au Musée d’Orsay, à Paris, jusqu’au 15 juillet. La Maison Caillebotte, à Yerres (Essonne), expose quant à elle jusqu’au 29 juillet une superbe collection privée sertie de pépites du genre. Surfant sur ce regain d’intérêt, Christie’s propose à la vente, le 20 juin, une trentaine d’œuvres symbolistes.

Difficile de définir ce courant protéiforme qui s’est propagé dans toute l’Europe à la fin du XIXe siècle. Certains artistes n’ont été symbolistes qu’un temps, à l’instar de Frantisek Kupka (1871-1957), qui s’est intéressé à l’occultisme et au spiritisme avant de dévier vers l’abstraction. D’autres, comme Gustave Moreau (1826-1898), y sont de plain-pied. « Il y a autant de symbolismes que d’artistes, résume Lucile Audouy, fondatrice de la galerie Elstir, à Paris. Mais tous veulent explorer les tréfonds de l’âme, poétiser la vie, échapper au réel, à la civilisation industrielle, au monde bourgeois étriqué. » Schématiquement, le symbolisme se ramifie en deux branches. L’un privilégie les atmosphères ouatées, les paysages idylliques et les femmes idéalisées. L’autre versant, plus noir et vénéneux, est jalonné d’hallucinations, de chimères, de sphinges et autres femmes fatales.
Visions douloureuses
Après avoir été plébiscité dans les années 1970-1980, le mouvement a connu une éclipse aux enchères. Avant de se rappeler depuis peu à notre bon souvenir. « On a compris qu’une lecture chronologique et essentiellement formelle de l’histoire de l’art, qui conduirait directement de Delacroix aux impressionnistes, était invalide, explique Rodolphe Rapetti, commissaire de l’exposition « Ames sauvages. Le symboliste dans les pays baltes » à Orsay. Les visions douloureuses parlent plus aujourd’hui que les paysages hédonistes des impressionnistes. »

D’autres raisons, plus pragmatiques, expliquent cette résurgence. « On trouve...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale » vous propose un choix d’émissions ou de podcasts à voir ou écouter en différé.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Boulot, pavés, fiasco : nos choix de podcasts et de replays

Chaque samedi, « La Matinale » vous propose un choix d’émissions ou de podcasts à voir ou écouter en différé.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 06h28
   





                        



   


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, la politique – ses grandeurs et ses bassesses – est au cœur de notre liste de replays et podcasts.
De la défaite en politique

   


La société française a du mal à accepter la défaite et ses responsables politiques ne font pas exception. Il semble que parler d’un échec électoral, même de longues années après, soit un exercice trop douloureux pour beaucoup de nos représentants.
Grégory Magne, auteur de ce documentaire instructif, a dû batailler pour faire venir, face caméra, des femmes et des hommes politiques qui acceptent d’évoquer ces moments où ils ont été battus. Sur la soixantaine de personnalités contactées, seules un quart d’entre elles ont accepté. Ces témoignages, souvent émouvants, confirment cette difficulté française à accepter une défaite. Et comme le résume l’ancienne maire de Strasbourg Catherine Trautmann : « Un échec, c’est un passage. Il faut savoir le réussir. » Alain Constant
« Jours de défaite, perdre en politique », de Grégory Magne (France, 2018, 50 min). Sur France.tv.
Sauvage vie de bureau

   


Le capitalisme est décidément très pervers. Cet épatant numéro de l’émission « Du Grain à moudre » consacré à la vie de bureau vaut ses quarante minutes d’écoute. Du calvaire du stagiaire au droit à la déconnexion en passant par le retour du travail à la tâche, la théâtralité de l’open space, la fausse coolitude de la vie en start-up ou les techniques de SEA (signe extérieur d’activité), on en apprend de belles sur le quotidien au travail au XXIe siècle.
Interrogés par Hervé Gardette, les trois invités − Mathilde Ramadier, Nicolas Santolaria et Sandrine Foulon − fourmillent d’anecdotes à peine croyables (et pourtant vraies), d’expériences parfois traumatisantes et d’humour. Allez, courage, au boulot… A. Ct
« Du Grain à moudre » : « On ne serait pas mieux au bureau ? » Sur Franceculture.fr.
Mai-68 de l’autre côté des barricades

   


Cinquante ans après les événements de Mai-68, la parole est donnée aux oubliés de ces journées qui ébranlèrent la France.
Dans le documentaire de François Pomès diffusé sur la chaîne Toute l’Histoire, la multiplicité des points de vue (policiers, pompiers, historiens, photojournalistes, meneurs du mouvement étudiant tel Alain Geismar) permet d’élargir les problématiques. Ne se cantonnant pas aux seules rues du Quartier latin, le documentaire aborde la question des affiches représentant la brutalité policière à Toulouse et à Lyon. Il rappelle aussi que l’histoire de Mai-68 se décline au masculin.
Dans celui qui a été diffusé sur France 3, David Korn-Brzoza, s’appuyant sur des archives filmiques en couleurs souvent inédites, se concentre sur les témoignages d’anciens CRS, de gendarmes mobiles, de commissaires et de policiers infiltrés. Antoine Flandrin
« Mai-68, dans l’œil de la police », de François Omès (France, 2018, 55 min). Sur Toute l’Histoire.
« 68 : sous les pavés… les flics », de David Korn-Brzoza et Laurent Chabrun (France, 2018, 100 min). Sur France.tv à la demande.
RTL au cœur des affrontements de Mai-68

   


Il y a cinquante ans, dans les rues enflammées du Quartier latin, les radioreporters de RTL étaient (en compagnie de leurs rivaux d’Europe 1), en première ligne. Dans un pays où la télé n’avait pas encore supplanté le transistor, les reportages saisis sur le vif par ses journalistes ont marqué les esprits.
Pendant vingt-quatre heures, la première radio de France a décidé de diffuser ses meilleures archives sonores de l’époque. Au menu : des pavés qui volent, des reporters qui s’invitent chez des particuliers pour faire passer des messages d’aide aux blessés, des mises en contact entre syndicalistes et dirigeants d’université. Mise en onde par Laurent Marsick avec les archives de la station, cette radio éphémère ressemble à un feuilleton haletant. A. Ct 
« RTL Radio 68 » à réécouter sur RTL.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Lors du festival qui se tient à Lille, Reed Hastings a précisé sa stratégie de développement. Il est également revenu sur son différend avec le Festival de Cannes.
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Le patron de Netflix défend sa stratégie à Séries Mania

Lors du festival qui se tient à Lille, Reed Hastings a précisé sa stratégie de développement. Il est également revenu sur son différend avec le Festival de Cannes.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 01h38
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 02h17
    |

                            Martine Delahaye








                        


Reed Hastings, fondateur et patron de Netflix, a de nouveau clairement défini le champ d’action de sa plateforme, jeudi 3 mai, lors de la journée « Dialogues Transatlantiques de Lille » organisée dans le cadre du festival Séries Mania.
Lors de cette journée qui réunissait les principaux acteurs de l’audiovisuel, dont les PDG de France Télévisions, de TF1 et d’Orange, Reed Hastings a indiqué qu’en 2018, Netflix dépenserait un milliard d’euros dans la création originale européenne, et plus encore en 2019, en fonction de l’augmentation des souscriptions à la plateforme. Deux séries européennes, The End of the F****** World et La Casa de papel, ont d’ailleurs figuré parmi les shows les plus populaires au niveau mondial, ce dernier trimestre, équivalant le visionnage des blockbusters de la plate-forme.
Comprendre les cultures
Se voulant résolument œcuménique, Reed Hasting estime que Netflix, en investissant un peu partout et en diffusant ces productions nationales à l’ensemble du monde, participe à un approfondissement global de la connaissance des uns et des autres et à une meilleure compréhension entre les cultures. Tout en ajoutant que c’est cette audience globale qui permet à Netflix d’investir et de créer de grandes productions dans des pays qui, seuls, n’en auraient jamais eu les moyens.
Mais Netflix n’est pas seul dans ce domaine, a-t-il insisté : qu’il s’agisse des GAFA ou des circuits traditionnels, tout le monde, aujourd’hui, investit très largement dans la création sérielle. Et il ne s’agit en rien d’une bulle : cela tient tout simplement aux gigantesques et innombrables nouvelles voies qu’offre la révolution Internet, qui permet de découvrir tout ce qui se fait ailleurs, sur différents types de supports, et de la manière que l’on souhaite. « Dans la mesure où tout cela rend les gens plus libres de voir ce qu’ils veulent comme ils veulent, c’est un modèle qui devrait être durable, note-t-il. (…) Peu à peu, les gens souscriront à plusieurs plates-formes ou services audiovisuels, de la même manière qu’ils écoutent une diversité de musiciens et lisent différents types de livres. »
Privé de Croisette
Interrogé sur la polémique entre sa plateforme et le festival de Cannes, Reed Hastings a fait montre de tempérance et de sérénité. Rappelons que l’année dernière, la présentation par Netflix de deux films en compétition officielle à Cannes avait engendré un tollé de la part de la profession, la plateforme ne respectant pas la chronologie des médias française, et un débat sur la place à accorder à une plateforme de vidéo par abonnement. Le nouveau règlement du festival, pour 2018, qui impose que tout film en compétition sorte d’abord au cinéma, et seulement trois ans, ensuite, sur une plateforme de vidéo à la demande, a amené Netflix à refuser de présenter tout film sur la Croisette cette année, dans quelque section que ce soit. « Notre plateforme doit suivre les régulations de chaque pays, a commenté Reed Hastings. Nous sommes vus comme des perturbateurs et parfois nous faisons des erreurs. Concernant le festival de Cannes, nous avons créé une controverse plus importante que nous ne le souhaitions. Nous n’avons pas l’intention de perturber le système cinématographique. Tout ce que nous voulons, c’est rendre nos souscripteurs heureux grâce à nos créations. Nous allons maintenant nous focaliser principalement sur les séries, les docu-séries, le stand-up, les émissions pour enfants, toutes productions qui permettent de faire de la grande qualité, sans que l’on puisse nous percevoir comme perturbant la production cinématographique. »

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Rumeurs
Assurant que des acheteurs de sa compagnie seront encore au festival de Cannes cette année, Reed Hastings évoque des discussions de bonne foi, malgré tout : « Le festival veut vraiment trouver un modèle qui fonctionne pour eux et pour nous, et cela va finir par arriver. (…) Il n’y a aucun problème tant que nous traitons nos films comme nos séries, en les rendant disponibles à nos souscripteurs sans tenter d’entrer en compétition avec le système de sortie des films au cinéma. » Ce qui l’a amené à contredire la rumeur selon laquelle Netflix serait sur le point d’acheter une chaîne de cinémas aux Etats-Unis : « Tout le monde veut vendre quelque chose à Netflix, désormais. (…) Ne prenez pas ces rumeurs au sérieux », a-t-il ajouté.
Invité à se projeter dans le futur, Reed Hastings évoque tout d’abord les auteurs, qui vivent actuellement un « âge d’or » et qu’il invite à oser faire des erreurs, sachant qu’il est impossible de prévoir si un show rencontrera ou non le succès. Et d’ajouter, concernant sa plateforme : « Nous voulons des créations qui aillent dans tous les sens possibles, c’est comme ça que l’on découvre des pépites. (…) Le futur, pour nous, c’est devenir le grand producteur mondial travaillant avec différentes cultures pour en divulguer les contenus, plutôt que ce soit Hollywood qui produise pour le reste du monde. » Malin qui saura déconstruire ce projet.

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Bertrand Cantat programmé au Zénith, après l’annulation de ses concerts à l’Olympia

Le chanteur qui a renoncé aux festivals d’été et vu ses concerts annulés à l’Olympia en raison d’une contestation grandissante se produira au Zénith, à Paris, le 7 juin.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 22h49
   





                        



   


Bertrand Cantat, qui a renoncé aux festivals d’été et vu ses concerts annulés à l’Olympia en raison d’une contestation grandissante se produira au Zénith, à Paris, le 7 juin, ont annoncé vendredi 4 mai le chanteur et la salle de concerts.
« Suite à l’annulation par l’Olympia des concerts prévus les 29 et 30 mai 2018, un concert est programmé le jeudi 7 juin 2018 au Zénith de Paris », lit-on sur la page Facebook du musicien, dont les concerts déchaînent les passions, quinze ans après la mort, sous ses coups, de Marie Trintignant. Le Zénith a annoncé sur Twitter la mise en vente de billets dès samedi.
Mercredi, l’Olympia avait fait état de « risques sérieux de trouble à l’ordre public » pour annuler ses deux concerts, à la satisfaction de militantes féministes qui avaient appelé à un rassemblement le 30 mai devant la salle parisienne.

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Protestations
Quinze ans après qu’il a tué sa compagne, l’actrice Marie Trintignant, l’ancien leadeur de Noir Désir, qui a été condamné à huit ans de prison et a purgé sa peine, a vu ces dernières semaines la pression s’intensifier autour de sa tournée.
Face à la colère des défenseurs des droits des femmes, le chanteur de 54 ans avait déjà renoncé aux festivals d’été. Les premiers concerts de sa tournée en solo ont suscité des protestations, certains manifestants estimant qu’il ne devait plus se produire en public.

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A l’inverse, ses défenseurs estiment que lui interdire de remonter sur une scène revient à le condamner à une double peine et qu’au surplus chacun est libre d’assister ou non à ses concerts.

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Le chanteur, icône pop rock des années 1990, a progressivement repris son activité publique à partir de 2010 au sein du groupe Détroit, avant de revenir dans la lumière sous son nom en décembre, avec Amor Fati.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Seize comédiennes noires et métisses qui monteront les marches à Cannes ont épinglé dans un livre les clichés, plaisanteries douteuses, voire carrément racistes, entendus dans l’exercice de leur métier.
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« Noire n’est pas mon métier » : des actrices dénoncent un racisme latent du cinéma français

Seize comédiennes noires et métisses qui monteront les marches à Cannes ont épinglé dans un livre les clichés, plaisanteries douteuses, voire carrément racistes, entendus dans l’exercice de leur métier.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 18h40
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 06h31
   





                        


Noire n’est pas mon métier. Seize actrices noires et métisses qui monteront les marches à Cannes le 16 mai ont épinglé dans un livre (paru cette semaine aux Editions du Seuil, 128 pages, 17 euros), les clichés, plaisanteries douteuses, voire carrément racistes, qu’elles ont entendus dans l’exercice de leur métier en France.
« Heureusement que vous avez les traits fins », « vous parlez africain ? », « trop noire pour [jouer] une métisse », « pas assez africaine pour une Africaine », telles sont les réflexions entendues par Nadège Beausson-Diagne (Bienvenue chez les Ch’tis, Brillantissime), une des comédiennes livrant son témoignage. Dans ce recueil témoignent également l’ex-Miss France Sonia Rolland, la comédienne Eye Haïdara, nommée aux Césars pour son rôle dans Le Sens de la fête, ou encore Assa Sylla, révélée dans Bande de filles avec Karidja Touré.
« L’imaginaire des productions françaises est encore empreint de clichés hérités d’un autre temps », explique l’actrice Aïssa Maïga (Il a déjà tes yeux), à l’initiative du livre. « Les choses évoluent mais tellement lentement », affirme-t-elle, dénonçant une « sclérose ». « Le sursaut que j’attends pour une représentation plus juste n’ayant pas lieu, j’ai besoin de m’exprimer. »
« Notre présence dans les films français est encore trop souvent due à la nécessité incontournable ou anecdotique d’avoir un personnage noir », rappelle celle qui s’interroge sur la faible présence d’actrices noires « dans ce pays pourtant métissé qu’est la France ».
Rôles d’infirmières proposés à la pelle
Des rôles d’infirmières proposés à la pelle à Firmine Richard (Huit femmes, La Première Etoile) à ceux d’avocates pour lesquels on ne pense pas à une actrice noire, le livre recense, sans donner de noms, mais avec l’envie de faire bouger les lignes, les réflexions entendues lors de castings, par exemple.
Une mobilisation qui n’aurait probablement pas eu lieu sans le mouvement #metoo et la libération de la parole des femmes qui s’est ensuivie. « J’ai été imprégnée par l’air du temps. La preuve que les choses évoluent est qu’on sort les cadavres du placard », confirme d’ailleurs Aïssa Maïga.
Les seize comédiennes seront à Cannes pour exposer leur démarche et fouler le tapis rouge. « C’est important d’y être pour interpeller le public français et les médias étrangers car la France est un pays regardé », poursuit l’actrice.
La question de la représentation des Noirs au cinéma devrait aussi s’inviter sur la Croisette lors de la master class le 10 mai de Ryan Coogler, le réalisateur de Black Panther, premier film de super-héros Marvel noir qui multiplie les records au box-office, dépassant d’ores et déjà Titanic.
« Il n’y a pas tant de films que ça sur la présence de l’homme noir dans les images du cinéma américain, mais il y a eu celui-là. C’est un film pierre de touche », avait estimé Thierry Frémaux, le délégué général en annonçant la sélection cannoise à la mi-avril.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Né au Cameroun, élevé à la Courneuve (Seine-Saint-Denis), le chanteur sort son premier album.
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Dinos, rappeur mélancolique

Né au Cameroun, élevé à la Courneuve (Seine-Saint-Denis), le chanteur sort son premier album.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 18h15
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 05h05
    |

                            Stéphanie Binet








                        



                                


                            

Dinos donne rendez-vous en bas de la barre Robespierre, à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis. Un des derniers immeubles encore debout de la Cité des 4 000, ce grand ensemble qui, pendant longtemps, a fait honte à la France et a été progressivement réhabilité jusqu’à aujourd’hui. C’est ici que le rappeur, de son vrai nom Jules Jomby, a grandi dès son arrivée du Cameroun, à l’âge de 4 ans. C’est là aussi qu’il a tenu à réaliser la pochette de son premier album, Imany.
Assis sur un muret sous le hall balayé par le vent, le grand gaillard explique : « J’habitais en face, ça traînait un peu ici mais en fait tout a été détruit. Ils ont mis un coup de peinture pour le Grand Paris. C’est mieux en termes de qualité de vie mais sinon c’est du pareil au même : les clients viennent toujours acheter leurs drogues ici, les écoles sont toujours classées REP [réseau d’éducation prioritaire]… » Dans la cour de la maternelle voisine, les enfants jouent. La sonnerie de fin de récréation retentit. La complainte du rappeur s’arrêtera là. Blouson en cuir sur le dos, Dinos propose son aide à une dame qui peine à ouvrir la porte avec ses deux paquets d’eau minérale.

Ses raps n’ont rien à voir avec la monotonie du top album, entre le Tant pis du roi de la pop urbaine Maître Gims, et le gangsta rap ­Mamacita de Ninho. Les dix-sept morceaux d’Imany redonnent foi en un rap français à la verve littéraire, dans la lignée d’Oxmo ­Puccino. On y trouve aussi la technicité du flow des rappeurs de X-Men, et une écriture fragmentaire qui rappelle les dialogues du cinéma de Quentin Tarantino. Le tout en gardant la fraîcheur de son époque, avec des compositions aérées comme « Beuh et Liqueurs » (en duo avec Joke, qui se fait désormais appeler Ateyaba), le très mélancolique « Les Pleurs du mal » ou le plus coloré « Havana & Malibu », futur tube de l’été.
« Helsinki » métaphore de la fin d’un amour
Dinos...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le groupe de médias français a perdu la majorité au conseil d’administration de l’opérateur télécoms italien aux dépens du fonds spéculatif américain Elliott. Un nouveau coup dur pour Vincent Bolloré.
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Vivendi voit le contrôle de Telecom Italia lui échapper

Le groupe de médias français a perdu la majorité au conseil d’administration de l’opérateur télécoms italien aux dépens du fonds spéculatif américain Elliott. Un nouveau coup dur pour Vincent Bolloré.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 18h09
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 06h52
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


La campagne d’Italie s’est transformée en défaite en rase campagne pour Vincent Bolloré et Vivendi, dont il est premier actionnaire. Le groupe de médias français a perdu, vendredi 4 mai, la majorité au conseil d’administration de Telecom Italia (TIM), dont il possède 24 % du capital. A l’issue d’une assemblée générale exceptionnelle des actionnaires, le fonds spéculatif américain Elliott, avec 9 % du capital, a fait élire 10 des 15 administrateurs, l’emportant avec 49,84 % des voix contre 47,18 % en faveur de Vivendi.

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Choisis par Elliott, dix administrateurs italiens indépendants – parmi lesquels Luigi Gubitosi, administrateur d’Alitalia, et Fulvio Conti, ex-directeur général d’Enel – font leur entrée au conseil, tandis que Vivendi conserve cinq représentants. Ainsi, Amos Genish, qui est également le patron de TIM, et Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi continuent de siéger au conseil. En revanche, le groupe de médias a dû renoncer à d’autres candidats de poids, à commencer par Franco Bernabe , ex-administrateur délégué de TIM, Frédéric Crépin, secrétaire général de Vivendi, et Stéphane Roussel, le directeur général chargé des opérations, pour ne conserver que trois autres administrateurs indépendants.
Campagne de déstabilisation
« Elliott accueille positivement le pas effectué par Telecom Italia en matière de gouvernance », a expliqué le fonds, qui a fondé toute sa campagne de déstabilisation de Vivendi sur le fait que le groupe de médias français favorisait davantage ses intérêts que ceux de l’ensemble des actionnaires. De son côté, Vivendi a averti qu’il s’assurerait que les administrateurs d’Elliott veillent au respect du plan stratégique conduit par Amos Genish et évitent « le démantèlement ».

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Si Elliott dit « soutenir entièrement Amos Genish et son management, et être aligné sur son plan », des dissensions pourraient rapidement apparaître. Au coeur des interrogations, l’avenir d’Amos Genish. Avant le vote, le dirigeant isarélien avait clairement pris par parti pour Vivendi, expliquant que la situation deviendrait « intenable » si jamais le groupe de médias français était évincé.
La première confrontation entre Vivendi et les nouveaux administrateurs choisis par Elliott aura lieu lundi à l’occasion de la nomination par le conseil d’administration de son président et « l’amministratore delegato » (équivalent du directeur général). Selon Il Sole24Ore, Il pourrait s’agir Fulvio Conti, ancien patron d’Enel jusqu’en 2014 et choisi par Elliott. Amos Genish est censé conserver son poste de directeur général.
Mais le premier test entre les parties interviendra au moment où l’avenir du réseau Internet de TIM sera mis sur la table. Elliott, qui s’était montré discret juste avant l’assemblée générale, a levé le voile sur ses désirs. Dans un communiqué, il a appelé le nouveau conseil à réexaminer les orientations qu’il avait proposées, et a invité les administrateurs à étudier « les alternatives stratégiques sur Netco [le réseau Internet de TIM logé dans une filiale ] ». Le fonds souhaitait céder 51% d’un actif qu’il évalue à 15 milliards d’euros afin de désendetter l’entreprise.
De son côté, Amos Genish a toujours dit qu’il était hors de question de s’en séparer. Dernièrement, il avait mis de l’eau dans son vin, se disant ouvert à l’entrée d’actionnaires minoritaires.
Une chose est sûre, ce projet porté par Elliott converge avec les intentions du gouvernement. Ce dernier pourrait saisir l’occasion pour fusionner le réseau de TIM et Open Fiber, le réseau de fibre concurrent lancé au printemps 2016 sous la houlette de l’ancien président du conseil Matteo Renzi.

   


Open Fiber compte à son capital Enel et la Cassa Depositi e Prestiti (CDP), la Caisse des dépots italienne. Cette dernière a d’ailleurs été un soutien de poids dans le bras de fer entre Vivendi et Elliott. Elle avait récemment racheté 4,8 % de Telecom Italia, afin d’avoir son mot à dire au moment de l’Assemblée générale. Son vote a d’ailleurs permis au « hedge fund » de l’emporter. « Ce n’est pas une victoire conduite par le marché. La CDP contrôlée par le gouvernement a fait la différence en votant pour un fonds, au lieu d’un actionnaire industriel sur le long terme », s’est d’ailleurs ému Vivendi.
Si Vivendi en est arrivé là, c’est aussi parce que le groupe de médias n’a pas su décourager Matteo Renzi de faire émerger un réseau concurrent au sien. Ce qui a eu pour effet de faire chuter le cours de Bourse. Pourquoi cette initiative ? Certains critiquaient la faiblesse des investissements de TIM dans la fibre. Selon d’autres, l’ex-chef du gouvernement souhaitait mettre des batons dans les roues des Français, qui avaient pris le pouvoir chez Telecom Italia quelques mois plus tôt, hérissant les pouvoirs publics.
Chez Vivendi, on préfère rappeler les mauvaises relations qu’entretenaient les dirigeants de TIM avec le gouvernement. Une chose est sûre, perdre le contrôle de la filiale dédiée au réseau est une mauvaise nouvelle pour Telecom Italia. Coincée avec la Cassa depositi e prestiti, Enel ou d’autres actionnaires, l’opérateur, qui supporterait une dette encore importante, n’aura plus la maîtrise des investissements de cette filiale. Poussée par le gouvernement, la nouvelle structure pourrait décider de mettre les bouchées doubles dans la fibre pour couvrir le plus vite possible le territoire.
Seule consolation pour Vincent Bolloré, depuis l’arrivée d’Elliott au capital de Telecom Italia en mars dernier, le cours de Bourse a fait un bond de 30%. Depuis fin décembre, la moins value latente de son investissement dans Telecom Italia est ainsi passé de 1,3 milliard fin 2017 à 800 millions d’euros.
Pour Vincent Bolloré, la défaite est d’autant plus cruelle qu’il est toujours en conflit avec les Berlusconi autour de Mediaset, où il a dû geler 19,2% des 28,8% de participation. Celui dont il voulait faire un partenaire dans la télévision payante le traîne désormais devant les tribunaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ A écouter cette semaine : Un concerto pour violon hybride, le concert anniversaire des 30 ans de l’ONJ, un vague à l’âme pop aérien …
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Sélection albums : John Adams, Orchestre National de Jazz, Cascadeur…

A écouter cette semaine : Un concerto pour violon hybride, le concert anniversaire des 30 ans de l’ONJ, un vague à l’âme pop aérien …



Le Monde
 |    04.05.2018 à 17h53
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 17h54
   





                        


John Adams Concerto pour violon Leila Josefowicz (violon), St. Louis Symphony, David Robertson (direction)

   


Un quart de siècle après sa conception (1993), le Concerto pour violon de John Adams apparaît toujours comme une œuvre majeure, non seulement du compositeur (cet Américain, né en 1947, qui va de l’avant sans penser « moderne ») mais aussi d’une époque vouée à l’hybridation des sources. D’essence bergienne, le premier mouvement procède d’un filage aussi sophistiqué dans son processus de métamorphose que naturel dans son abord immédiat. Frémissante et sombre, la Chaconne centrale finit dans un mirage extatique avec des sonorités presque vocales (synthétiseurs). Quant au dernier mouvement, il se propage telle une vague appelée à déborder du cadre tant formel (toccata) qu’esthétique (accents de folk et de jazz). Le tissage orchestre-soliste est de toute beauté : instinctive et rigoureuse, Leila Josefowicz y évolue comme une araignée dans sa toile. Pierre Gervasoni
1 CD Nonesuch.
Anton Bruckner Symphonie n° 7 en mi majeur, de Bruckner. Marche funèbre de Siegfried, extrait du Crépuscule des dieux, de Wagner. Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, Andris Nelsons (direction)

   


Enregistré en mars, ce concert donné par Andris Nelsons à la tête de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, dont il vient de prendre les rênes, témoigne d’une incroyable osmose entre le jeune « Kapellmeister » et la prestigieuse phalange allemande qui fête cette année ses 275 ans. Avec Wagner et surtout Bruckner, Nelsons joue évidemment sur du velours tant l’ADN des musiciens allemands, créateurs de cette septième symphonie en 1884 sous la baguette fondatrice d’Arthur Nikisch, est resté vivace. Mais c’est bien le Letton qui sculpte ces formes aux contours juvéniles et raffinés, lui qui distille ce lyrisme sensuel et poignant, ces couleurs mouvantes, ces dynamiques puissantes, lui qui chante aussi, éperdument, et donne à la musique une éloquence profonde sans spectaculaire ni grandiloquence. Son Bruckner est à la fois poète, nocturne, visionnaire et lumineux. Délestée de la scène et du drame, la Marche funèbre de Siegfried avance telle une procession mystique qui parle de perte et de renoncement, une acception sans doute plus brucknérienne que wagnérienne. Marie-Aude Roux
1 CD Deutsche Grammophon/Universal
Orchestre national de jazz Concert anniversaire 30 ans

   


Le 2 septembre 2016, à La Cité de la musique de Paris, l’Orchestre national de jazz (ONJ) fêtait ses 30 ans d’existence lors d’un concert réunissant ses dix chefs, de François Jeanneau, premier nommé, en 1986, à Olivier Benoît, son actuel titulaire. Une composition par chef, issue du répertoire de l’ONJ qu’ils ont dirigé, un orchestre commun, celui d’Olivier Benoît (faire revenir chaque formation aurait été compliqué) qui, remarquablement, avec des arrangements adaptés et des solistes différents, retrouve les sons, les couleurs, l’identité de chaque formation. Enregistrée et filmée, cette soirée anniversaire résume une histoire toujours en mouvement. Un livret accompagne cette parution, avec témoignages des chefs, discographie et photographies de la soirée. Laquelle enthousiasme le plus par les interprétations d’A plus tard de Denis Badault, In Tempo de Laurent Cugny, Out Of de Didier Levallet, Valse de Franck Tortiller et Shipbuilding (musique de Clive Langer, paroles d’Elvis Costello), thème choisi par Daniel Yvinec, que chantait ce soir-là Yael Naim. Sylvain Siclier
1 CD et 1 DVD ONJ Records/L’Autre Distribution.
Jun miyake Lost Memory Theatre – Act3

   


Jun Miyake cultive l’hybridation et l’élève au rang de grand art. Cet album, comme ses précédents, foisonne de couleurs, d’ambiances, de suggestions et d’allusions. Il a l’excentricité du rêve. Les filtres de la raison n’y ont pas prise, tout se mélange, personnages, époques, sensations. Toujours très entouré d’amis bien attentionnés (Arto Lindsay, Vincent Segal, Vinicius Cantuaria, Lisa Papineau, Dhafer Youssef, Melvin Gibbs…), le multi-instrumentiste (piano, trompettes, samples, programmations) et compositeur japonais clôt sa trilogie consacrée à ce qui ressemblerait pour lui à un « théâtre de la mémoire perdue ». Piano et voix diaphanes, cordes romantiques, bribes de conversations, chœur bulgare, miroitements orientaux et sensualité brésilienne tissent la partition d’un savoureux voyage immersif dans un monde singulier. Patrick Labesse
1 CD Enja Yellow Bird/L’Autre Distribution.
Cascadeur Camera

   


Sous son casque blanc à étoile rouge de pilote de MiG ou derrière un masque de catcheur mexicain, le pianiste messin Alexandre Longo a façonné le personnage de Cascadeur, mystérieux rêveur dédaignant les courses à tombeau ouvert au profit de blues en apesanteur. Si les deux premiers albums, The Human Octopus (2011) et Ghost Surfer (2014), pouvaient séduire par la cohérence de leur univers et une façon de théâtraliser un vague à l’âme aérien, les chansons étaient souvent trop vaporeuses pour imprégner réellement. Dans Camera, son troisième opus, le troubadour interstellaire, lointain cousin du Bowie de Space Oddity, enrichit ses volutes d’un nombre impressionnant de mélodies et gimmick accrocheurs, donnant une très attrayante efficacité pop à son répertoire éthéré. Malgré un chant anglophone encore trop impersonnel et des grésillements maniérés, qui parcourent l’album comme s’il s’agissait d’un disque usé. Stéphane Davet
1 CD Mercury/Universal.



                            


                        

                        

