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Russie : Alexeï Navalny relâché après une manifestation anti-Poutine

L’opposant avait été interpellé samedi, ainsi que plus de 1 600 personnes, à deux jours de l’investiture de l’homme fort du Kremlin pour un quatrième mandat.



Le Monde
 |    06.05.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
06.05.2018 à 16h47
   





                        



   


L’opposant au Kremlin Alexeï Navalny a été relâché dimanche 6 mai. Il avait été interpellé la veille ainsi que plus de seize cents opposants aux cours de rassemblements anti-Poutine non autorisés à travers le pays sous le slogan « Pas notre tsar » à deux jours de l’investiture de l’homme fort du Kremlin pour un quatrième mandat présidentiel.

        Sur la journée d’hier :
         

          Plus de 1 600 opposants arrêtés lors de manifestations contre le « tsar Poutine »



Empêché de se présenter à l’élection présidentielle
Alexeï Navalny n’avait pas pu se présenter à l’élection présidentielle du 18 mars, remportée par M. Poutine avec plus de 76 % des voix, en raison d’une condamnation pénale, qu’il estime orchestrée par le Kremlin.
Interpellé samedi peu après son apparition place Pouchkine, en plein centre de Moscou, M. Navalny a annoncé sur son compte Twitter avoir été relâché peu après minuit dimanche. « Il semble que l’ordre ait été donné de ne pas me mettre en prison avant l’investiture », a écrit M. Navalny. Il dit être accusé d’organisation d’une manifestation non autorisée et de résistance à la police. Son avocate Veronika Poliakova a annoncé à l’Agence France-Presse dimanche 6 mai qu’un tribunal moscovite examinerait son affaire vendredi 11 mai.

   


Cette année, Alexeï Navalny avait déjà été interpellé en janvier pour organisation d’une manifestation non autorisée, inculpé, puis relâché.
Le blogueur anticorruption a fait face à une série de charges administratives et criminelles que lui et ses partisans jugent politiques depuis qu’il est devenu le meneur de l’opposition contre Vladimir Poutine et a organisé des manifestations massives en 2011 et en 2012.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Plusieurs milliers de personnes avaient répondu samedi à l’appel de l’opposant Alexeï Navalny, qui a lui-même été interpellé par la police.
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/05/2018
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Russie : plus de 1 600 opposants arrêtés lors de manifestations contre le « tsar Poutine »

Plusieurs milliers de personnes avaient répondu samedi à l’appel de l’opposant Alexeï Navalny, qui a lui-même été interpellé par la police.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 13h52
 • Mis à jour le
06.05.2018 à 17h50
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Cela devait être une sorte de « fête à Poutine » sous le slogan « il n’est pas un tsar ». Mais ceux qui s’étaient imprudemment coiffés d’une couronne de papier ont été les premiers embarqués dans les fourgons de police. Plus de seize cents manifestants qui avaient répondu à l’appel de l’opposant Alexeï Navalny ont été interpellés dans plusieurs villes de Russie, samedi 5 mai, dont plus de la moitié, sept cent quatre, à Moscou, selon des chiffres encore provisoires communiqués en fin d’après-midi par l’association OVD-Info, qui relève les arrestations.

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          Face à Poutine, l’opposant Navalny perd son pari mais ne désarme pas




   


Organisés deux jours avant l’investiture officielle, lundi, de Vladimir Poutine, réélu pour un nouveau mandat jusqu’en 2024 à la tête du pays, les rassemblements ont été très vite dispersés par les forces de sécurité, déployées en nombre. Alexeï Navalny, empêché de se présenter à l’élection présidentielle, n’a eu lui-même que quelques minutes pour s’adresser à la foule. « Nous obligerons les autorités, constituées d’escrocs et de voleurs, à tenir compte des millions de citoyens qui n’ont pas voté Poutine », a-t-il lancé avant de disparaître entre deux cordons de policiers.
A peine arrivés sur la place Pouchkine dans la capitale, les premiers contestataires ont eu la mauvaise surprise de trouver l’endroit occupé. Au pied de la statue du célèbre poète russe les attendaient des Cosaques. Des hommes, des femmes, aussi, qui arboraient tous un ruban de Saint-Georges, devenu un symbole patriotique, à la boutonnière. Une contre-manifestation des propouvoir.
« C’est la première fois que je vois ça », observait sourcils froncés Alex, un médecin de 31 ans, porteur d’un autre badge sur la poitrine, la lettre « N », pour Alexeï Navalny. « Moi je viens parce que c’est la seule façon de faire quelque chose et de sortir des discussions sur Internet », poursuivait-il dans un environnement plutôt hostile.
Même des journalistes sont interpellés
Tout près, un homme aboie « je n’aime pas ça ! Je n’aime pas ça ! » en arrachant une pancarte de papier des mains d’une jeune fille apeurée. Un autre filme avec son téléphone un petit groupe d’étudiants en train de crier « La Russie sera libre ». « Tu vois, je vais mettre ça sur les réseaux sociaux comme ça tes parents sauront ce que tu fais ! » lâche-t-il d’un air mauvais. Les jeunes sont pris à partie. On les sermonne. On leur fait la leçon. On leur distribue des morceaux de papier donnant rendez-vous le 9 mai, jour de la victoire de la seconde guerre mondiale, pour rejoindre le « Régiment immortel », qui célèbre les combattants soviétiques contre l’armée nazie.

   


Même des journalistes sont interpellés. On nous glisse le même papier dans la poche. « Qu’est-ce qu’ils ont fait ces jeunes pour construire le pays ? Rien ! », assure Olga, 66 ans, les mains crispées sur un sac doré qui projette des reflets sous le soleil.
La dame n’a pas le temps de poursuivre. Une première charge d’Omon, la police antiémeute, secondée par les Cosaques, fonce dans la foule. Les interpellations musclées ont commencé, avec le renfort de la garde nationale, qui se poursuivent à un rythme accéléré et souvent de façon brutale. Empoignés à l’horizontale, ou les bras tordus dans le dos, les manifestants filent à grande vitesse vers les fourgons.
Quelques milliers d’autres refluent dans le calme mais ne lâchent pas prise, malgré les messages inquiétants diffusés par haut-parleur les incitant à quitter les lieux, faute de quoi « la force, ou des produits spéciaux, pourront être utilisés ». Quels « produits spéciaux » ? Des gaz lacrymogènes ? La foule se regroupe, indifférente, beaucoup s’applaudissent. Un hélicoptère assourdissant les surplombe. Encore des cris « A bas le tsar ! » et puis le rassemblement commence à se disloquer, sans rompre. En début de soirée, des contestataires étaient toujours sur place.

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          De 2000 à aujourd’hui, la mainmise électorale de Poutine et de Russie unie



L’organisation Amnesty International a dénoncé dans un communiqué « la dispersion violente de la manifestation à Moscou » et une utilisation « disproportionnée » de la force par la police.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Jamie Acourt est soupçonné d’être impliqué dans un vaste trafic de drogue. Une procédure d’extradition est en cours.
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Un des fugitifs les plus recherchés au Royaume-Uni a été arrêté en Espagne

Jamie Acourt est soupçonné d’être impliqué dans un vaste trafic de drogue. Une procédure d’extradition est en cours.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 12h43
   





                        


Jamie Acourt, un des fugitifs les plus recherchés du Royaume-Uni, a été arrêté vendredi 4 mai à Barcelone, en Espagne, a annoncé l’agence britannique de lutte contre la criminalité (NCA). L’homme de 41 ans, originaire du sud de Londres, est soupçonné d’être impliqué dans un un vaste trafic de drogue, a indiqué la NCA. Scotland Yard a précisé que l’arrestation était liée à une enquête de 2016.
« Acourt pensait pouvoir échapper à une arrestation mais à la suite d’une opération menée par les services de renseignement, sa fuite a pris fin », a déclaré Ian Cruxton, chef des opérations internationales de la NCA.
Mandat d’arrêt européen
Jamie Acourt est un ancien suspect dans l’enquête sur le meurtre de Stephen Lawrence – jeune Noir victime d’un crime raciste en 1993, un drame qui avait profondément marqué le pays et entraîné un examen de conscience sur ses problèmes de racisme et de discrimination. L’adolescent avait été poignardé à mort à un arrêt de bus du sud de Londres. Jamie Acourt n’a jamais été jugé dans l’affaire Lawrence et a toujours clamé son innocence.
Il a été arrêté en vertu d’un mandat d’arrêt européen alors qu’il quittait une salle de sports de Barcelone. Il doit comparaître devant le tribunal de Madrid en début de semaine prochaine pour une audience d’extradition. La NCA a précisé que Jamie Acourt est le 81e fugitif d’une liste de 96 à être localisé dans le cadre de l’opération « Captura », qui cible les Britanniques les plus recherchés en Espagne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Les analyses de ce géopoliticien bulgare sur les démocraties populistes de l’ancien bloc soviétique suscitent une attention croissante. En septembre, il occupera la prestigieuse chaire Kissinger à la bibliothèque du Congrès, à Washington.
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Ivan Krastev, cette voix de l’Est que l’Occident écoute

Les analyses de ce géopoliticien bulgare sur les démocraties populistes de l’ancien bloc soviétique suscitent une attention croissante. En septembre, il occupera la prestigieuse chaire Kissinger à la bibliothèque du Congrès, à Washington.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 09h00
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Un strudel pour la route, arrosé de petites gorgées de Melange, ce café que l’on boit dans l’ancienne capitale impériale. Au Sperl, un établissement qu’affectionne l’intelligentsia autrichienne, Ivan Krastev est venu en voisin. Membre permanent depuis 2009 de l’Institut des sciences humaines de Vienne (IWM) et directeur du think tank Centre for ­Liberal Strategies de Sofia, dans sa Bulgarie natale, il prend le temps de savourer cette pause entre deux avions tout en répondant aux centaines de courriers électroniques qu’il reçoit en continu sur sa tablette. Car ce philosophe de formation, connu désormais dans le monde entier pour ses analyses géostratégiques post-guerre froide, n’a pas de téléphone portable.
Le lendemain, il doit donner une conférence à Téhéran. « Une première pour moi, avoue-t-il avec gourmandise, à 53 ans. Cela va élargir encore mes perspectives. » En septembre, il occupera la prestigieuse chaire Kissinger de la bibliothèque du Congrès, à Washington. De quoi faire définitivement de cet intellectuel en blouson de cuir et au sourire farceur l’une des voix les plus écoutées des deux côtés de l’Atlantique, lorsque l’on évoque tout ce qui va mal, depuis quelques années : la démocratie, la construction européenne, l’Occident et ses « valeurs universelles ».
Comme il y a eu une « période Zizek » après la crise financière de 2008, nous vivons actuellement un « moment Krastev », car, selon ­Jacques Rupnik, grand spécialiste français de l’Europe centrale et orientale, tous deux ont réussi à diffuser leurs idées auprès d’un large public et dans les arènes les plus prestigieuses du débat. Slavoj Zizek, le Slovène, remplit les amphithéâtres partout. Performeur au style polémique, philosophe influencé par la psychanalyse, il se revendique du marxisme.
Vision globale
Ivan Krastev est tout son contraire : posé, il se situe au cœur du courant de pensée capitaliste dominant et publie une fois par mois un commentaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ La « conférence » de Cambo-les-Bains a pour objectif de tourner « la page » de la dernière insurrection armée d’Europe occidentale.
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ETA : le sommet d’Arnaga veut ouvrir la réconciliation au Pays basque

La « conférence » de Cambo-les-Bains a pour objectif de tourner « la page » de la dernière insurrection armée d’Europe occidentale.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 23h31
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 05h30
    |

                            Michel Garicoïx (Bayonne, correspondant)








                        



   


Avec, en fond de scène, la belle villa néo-basque « Arnaga » édifiée au XXe siècle par l’écrivain Edmond Rostand, élus, acteurs politiques et sociaux des deux parties du Pays basque se sont retrouvés vendredi 4 mai à Cambo les Bains (Pyrénées Atlantiques) et ont rendu publique une déclaration « pour avancer vers la résolution du conflit au Pays basque ». Avec leurs invités internationaux, ils entendent ainsi prolonger la dissolution effective de ETA lue la veille à Genève par Josu Urrutikoetxea, l’un des responsables de l’organisation séparatiste.
Successivement une jeune femme symboliquement venue de Gernika (la ville de Biscaye bombardée en 1937), le bayonnais Michel Camdessus (un temps directeur du Fonds monétaire international), le négociateur anglais Jonathan Powell puis l’élu mexicain Cuauhtémoc Cárdenas lisent une déclaration appelant à tourner une page de l’histoire : la disparition de Euskadi Ta Askatasuna (ETA, « Pays basque et liberté ») doit engager une période de réconciliation de la société basque, prenant en compte toutes les victimes du conflit et les 347 prisonniers aujourd’hui incarcérés dans les prisons espagnoles et françaises.

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                Qu’est-ce que l’organisation séparatiste basque ETA ?



Manque d’autocritique
Ce sommet international a été mis sur pied par Bake bidea, une organisation pour la paix installée à Bayonne, le Forum social basé au Pays basque espagnol et les experts du « Groupe de contact international ». Les avaient rejoints des sénateurs, députés et maires des Pyrénées Atlantiques ainsi que des responsables venus de la Communauté autonome basque et de la Navarre au sud de la frontière. Et tous d’appeler à une nouvelle étape après le « Forum d’Aiete » qui avait, le 17 octobre 2011 à Saint-Sébastien, précédé la renonciation de ETA à la lutte armée.
Si le Parti nationaliste basque (PNV, majoritaire), la gauche indépendantiste (EH Bildu), Podemos ont pris le chemin de Cambo, d’autres formations du sud comme le Parti populaire ou la branche basque du Parti socialiste (PSOE) ont marqué leur distance, tout comme les gouvernements autonomes d’Euskadi et de Navarre, tous deux dirigés par des nationalistes. Ces derniers estiment incomplètes les déclarations de ETA sur les victimes, et sans autocritique. Ils regrettent que les actes autour de sa dissolution ne se passent pas au sud des Pyrénées (là où les événements les plus tragiques ont eu lieu).

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                ETA : les enjeux de la dissolution de l’organisation expliqués en cartes



« Fruit du dialogue »
Venus d’horizons variés, les participants au sommet ont des analyses proches. Ainsi Jean-René Etchegaray, maire UDI de Bayonne et président de la Communauté d’agglomération Pays basque, rappelle que le premier souhait à Aiete était qu’ETA arrête la lutte armée « et elle a tenu parole » ; le second que les Etats interviennent pour aboutir à la paix. A défaut, « une dynamique sociale s’est enclenchée qui a abouti le 8 avril 2017 à la remise des armes de ETA ». Si bien que Arnaga est une nouvelle étape du chemin à venir, conclut-il. Une notion reprise par l’irlandais Gerry Adams (faire la paix est tout un voyage) comme par Brian Currin du Groupe de contact : « La dissolution est effective, et c’est le fruit du dialogue. Dommage que les gouvernements ne se soient pas associés. Le parcours n’est pas achevé : à nous de jeter des ponts vers les victimes et les prisonniers ».
Le sénateur Les Républicains des Pyrénées Atlantiques, Max Brisson, précise : « La réconciliation en Pays basque passe par la reconnaissance de toutes les victimes, de toutes les souffrances. Il faut regarder notre passé en face, sans zone d’ombre. Pensons à la fois aux enfants des victimes et à ceux des prisonniers, pour qu’ils n’entretiennent pas à leur tour un foyer de haine et de rancœur ». En écho à la fois aux 358 « crimes non résolus » dénoncés par l’association des victimes Covite comme aux actions contre les membres de ETA en territoire français menées par les Groupes antiterroristes de libération (GAL) ou aux 4 113 cas de torture policière entre 1960 et 2014 recensés par le Gouvernement basque.

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Côté français, « nous avons à ce jour obtenu le rapprochement d’une dizaine de prisonniers vers le sud-ouest et nous y travaillons », se réjouit Vincent Bru, député MoDem et ex-maire de Cambo. Mais les perspectives outre Pyrénées sont différentes avec une situation politique espagnole marquée par la montée des enchères entre Parti populaire et Ciudadanos.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Les tractations sont presque un passage obligé de la politique italienne. Mais cette fois aucune solution de sortie de crise ne semble s’esquisser.
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Deux mois après une élection sans vainqueur, où en est l’Italie ?

Les tractations sont presque un passage obligé de la politique italienne. Mais cette fois aucune solution de sortie de crise ne semble s’esquisser.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 19h41
    |

            Charlotte Chabas








                        



   


Au lendemain de l’élection législative du 4 mars, le quotidien italien Il Tempo avait titré en « une » « Che bordello ! ». Deux mois plus tard, le constat se révèle au moins aussi approprié à la situation du pays, sinon davantage encore.
L’impasse politique est telle que le président italien, Sergio Mattarella, a lancé des négociations de la « dernière chance », lundi 7 mai. La cinquième en deux mois. Comment l’Italie en est arrivée à cette crise politique ? On récapitule.
Que s’est-il passé le 4 mars ?
L’élection du 4 mars – la première depuis la vaste réforme du système électoral italien, baptisée « Rosatellum bis » – a débouché sur une impasse. L’alliance du parti d’extrême droite la Ligue et du parti de droite de Silvio Berlusconi a obtenu 37 % des voix. Un score important, mais insuffisant pour former un gouvernement.
De son côté, le Mouvement 5 étoiles (M5S), nébuleuse populiste difficilement classable sur l’échiquier politique, a obtenu 33 % des votes. Enfin, le parti de centre gauche de Matteo Renzi a subi un revers sans précédent, récoltant seulement 18 % des voix.

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Que s’est-il passé depuis ?
Comme souvent en Italie les soirs de vote, chacun a sorti sa calculette pour élaborer les scénarios de coalition possible. C’est en effet monnaie courante dans le pays de voir des partis s’associer par pragmatisme, malgré des programmes parfois résolument divergents.
Mais deux mois après l’élection, aucune hypothèse d’alliance ne s’est concrétisée. Le M5S a tenté de s’accorder avec la coalition de droite. En vain, la Ligue de Matteo Salvini n’envisageant pas de prendre ses distances avec son allié Silvio Berlusconi, condition sine qua non pour qu’un tel gouvernement puisse voir le jour.
Le dernier scénario en date, qui prévoyait de former un gouvernement dirigé par le M5S avec l’appui du Parti démocrate (PD), a été sèchement écarté par Matteo Renzi, malgré des désaccords au sein de la formation.

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Est-ce si inhabituel ?
Les tractations politiques sont presque un passage obligé de la politique italienne. En moyenne, il faut un mois et demi pour former un gouvernement. C’est le gouvernement Amato de 1992 qui détient – pour l’heure – le record, avec quatre-vingts-quatre jours de négociations, soit près de trois mois. Mais la situation cette fois paraît tout de même particulièrement bloquée, et aucune sortie de crise ne semble s’esquisser.
Comment la situation peut-elle évoluer ?
Le président italien, Sergio Matarella, recevra lundi séparément chaque parti pendant vingt minutes pour leur rappeler l’enjeu d’aboutir à un consensus. Mais il est fort probable que ce nouvel épisode de négociations soit condamné à l’échec.
De son côté, le dirigeant du M5S, Luigi Di Maio, a réitéré vendredi sa demande de nouvelles élections dans les plus brefs délais, constatant le blocage des « partis traditionnels » à son idée de « gouvernement de changement ». Dans un entretien au journal Il Fatto Quotidiano, Luigi Di Maio estime que le scrutin pourrait avoir lieu le 24 juin et réfute l’objection d’un calendrier trop restreint pour permettre le vote des Italiens résidant à l’étranger.
Le leadeur de la Ligue, Matteo Salvani, appelle pour sa part à de nouvelles élections à la fin de l’année, pour donner le temps notamment de modifier le système électoral. La dernière réforme, le Rosatellum bis, avait particulièrement complexifié le scrutin, et est jugée en partie responsable de l’impasse actuelle.

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Le président italien a exclu pour sa part la tenue de nouvelles élections dans l’immédiat. D’autant que les derniers sondages laissent supposer que de nouvelles élections ne permettraient pas de sortir de l’impasse.
Faute d’un accord viable entre les partis lundi, Sergio Matarella soutient la formation d’un gouvernement de transition composé de techniciens, en mesure d’établir avant la fin de décembre le budget 2019. Selon plusieurs journaux, le président Mattarella pourrait nommer dès mardi prochain un chef de gouvernement issu de la société civile, doté d’un mandat limité. Mais pour Luigi Di Maio, l’idée d’un tel gouvernement de technocrates reviendrait à voler au peuple le résultat de l’élection.

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Y a-t-il des conséquences à cette instabilité politique ?
Pour l’heure, le chef du gouvernement, Paolo Gentiloni, continue d’expédier les affaires courantes, ce qui limite les effets déstabilisants de cette vacance du pouvoir. Mais cette difficulté à former un gouvernement n’est pas sans conséquence, notamment au plan économique.
Ces dernières semaines, les taux d’emprunt des pays du sud de l’Europe se sont tendus du fait de cette instabilité. « Il y a eu beaucoup d’annonces contradictoires (…) Cette confusion et la perspective éventuelle de nouvelles élections en cas d’impasse a pesé sur les taux d’emprunt italien » et « par contagion sur les autres pays du sud de l’Europe », a relevé auprès de l’Agence France-Presse Daniel Stefanetti, gérant obligataire de la société de gestion luxembourgeoise Ethenea.
Symbole de cette mise en berne de la quatrième économie de l’Union européenne, l’Italie s’est fait dépasser par l’Espagne en termes de richesse par habitants, selon le Fonds monétaire international (FMI). Une donnée imputée notamment à l’instabilité politique du pays.
En outre, les dernières prévisions économiques de la Commission européenne soulignent la nécessité d’un gouvernement disposant d’une majorité au Parlement afin d’entreprendre des réformes jugées nécessaires pour que l’Italie maintienne ses objectifs de croissance. Le vote du budget 2019 est notamment crucial dans ce processus, mais risque d’être intenable faute de coalition parlementaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Avec sa démarche, ETA pourrait sortir « par la grande porte » de ce conflit, malgré sa défaite militaire.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le groupe de médias français a perdu la majorité au conseil d’administration de l’opérateur télécoms italien aux dépens du fonds spéculatif américain Elliott. Un nouveau coup dur pour Vincent Bolloré.
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Vivendi voit le contrôle de Telecom Italia lui échapper

Le groupe de médias français a perdu la majorité au conseil d’administration de l’opérateur télécoms italien aux dépens du fonds spéculatif américain Elliott. Un nouveau coup dur pour Vincent Bolloré.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 18h09
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 06h52
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


La campagne d’Italie s’est transformée en défaite en rase campagne pour Vincent Bolloré et Vivendi, dont il est premier actionnaire. Le groupe de médias français a perdu, vendredi 4 mai, la majorité au conseil d’administration de Telecom Italia (TIM), dont il possède 24 % du capital. A l’issue d’une assemblée générale exceptionnelle des actionnaires, le fonds spéculatif américain Elliott, avec 9 % du capital, a fait élire 10 des 15 administrateurs, l’emportant avec 49,84 % des voix contre 47,18 % en faveur de Vivendi.

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Choisis par Elliott, dix administrateurs italiens indépendants – parmi lesquels Luigi Gubitosi, administrateur d’Alitalia, et Fulvio Conti, ex-directeur général d’Enel – font leur entrée au conseil, tandis que Vivendi conserve cinq représentants. Ainsi, Amos Genish, qui est également le patron de TIM, et Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi continuent de siéger au conseil. En revanche, le groupe de médias a dû renoncer à d’autres candidats de poids, à commencer par Franco Bernabe , ex-administrateur délégué de TIM, Frédéric Crépin, secrétaire général de Vivendi, et Stéphane Roussel, le directeur général chargé des opérations, pour ne conserver que trois autres administrateurs indépendants.
Campagne de déstabilisation
« Elliott accueille positivement le pas effectué par Telecom Italia en matière de gouvernance », a expliqué le fonds, qui a fondé toute sa campagne de déstabilisation de Vivendi sur le fait que le groupe de médias français favorisait davantage ses intérêts que ceux de l’ensemble des actionnaires. De son côté, Vivendi a averti qu’il s’assurerait que les administrateurs d’Elliott veillent au respect du plan stratégique conduit par Amos Genish et évitent « le démantèlement ».

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Si Elliott dit « soutenir entièrement Amos Genish et son management, et être aligné sur son plan », des dissensions pourraient rapidement apparaître. Au coeur des interrogations, l’avenir d’Amos Genish. Avant le vote, le dirigeant isarélien avait clairement pris par parti pour Vivendi, expliquant que la situation deviendrait « intenable » si jamais le groupe de médias français était évincé.
La première confrontation entre Vivendi et les nouveaux administrateurs choisis par Elliott aura lieu lundi à l’occasion de la nomination par le conseil d’administration de son président et « l’amministratore delegato » (équivalent du directeur général). Selon Il Sole24Ore, Il pourrait s’agir Fulvio Conti, ancien patron d’Enel jusqu’en 2014 et choisi par Elliott. Amos Genish est censé conserver son poste de directeur général.
Mais le premier test entre les parties interviendra au moment où l’avenir du réseau Internet de TIM sera mis sur la table. Elliott, qui s’était montré discret juste avant l’assemblée générale, a levé le voile sur ses désirs. Dans un communiqué, il a appelé le nouveau conseil à réexaminer les orientations qu’il avait proposées, et a invité les administrateurs à étudier « les alternatives stratégiques sur Netco [le réseau Internet de TIM logé dans une filiale ] ». Le fonds souhaitait céder 51% d’un actif qu’il évalue à 15 milliards d’euros afin de désendetter l’entreprise.
De son côté, Amos Genish a toujours dit qu’il était hors de question de s’en séparer. Dernièrement, il avait mis de l’eau dans son vin, se disant ouvert à l’entrée d’actionnaires minoritaires.
Une chose est sûre, ce projet porté par Elliott converge avec les intentions du gouvernement. Ce dernier pourrait saisir l’occasion pour fusionner le réseau de TIM et Open Fiber, le réseau de fibre concurrent lancé au printemps 2016 sous la houlette de l’ancien président du conseil Matteo Renzi.

   


Open Fiber compte à son capital Enel et la Cassa Depositi e Prestiti (CDP), la Caisse des dépots italienne. Cette dernière a d’ailleurs été un soutien de poids dans le bras de fer entre Vivendi et Elliott. Elle avait récemment racheté 4,8 % de Telecom Italia, afin d’avoir son mot à dire au moment de l’Assemblée générale. Son vote a d’ailleurs permis au « hedge fund » de l’emporter. « Ce n’est pas une victoire conduite par le marché. La CDP contrôlée par le gouvernement a fait la différence en votant pour un fonds, au lieu d’un actionnaire industriel sur le long terme », s’est d’ailleurs ému Vivendi.
Si Vivendi en est arrivé là, c’est aussi parce que le groupe de médias n’a pas su décourager Matteo Renzi de faire émerger un réseau concurrent au sien. Ce qui a eu pour effet de faire chuter le cours de Bourse. Pourquoi cette initiative ? Certains critiquaient la faiblesse des investissements de TIM dans la fibre. Selon d’autres, l’ex-chef du gouvernement souhaitait mettre des batons dans les roues des Français, qui avaient pris le pouvoir chez Telecom Italia quelques mois plus tôt, hérissant les pouvoirs publics.
Chez Vivendi, on préfère rappeler les mauvaises relations qu’entretenaient les dirigeants de TIM avec le gouvernement. Une chose est sûre, perdre le contrôle de la filiale dédiée au réseau est une mauvaise nouvelle pour Telecom Italia. Coincée avec la Cassa depositi e prestiti, Enel ou d’autres actionnaires, l’opérateur, qui supporterait une dette encore importante, n’aura plus la maîtrise des investissements de cette filiale. Poussée par le gouvernement, la nouvelle structure pourrait décider de mettre les bouchées doubles dans la fibre pour couvrir le plus vite possible le territoire.
Seule consolation pour Vincent Bolloré, depuis l’arrivée d’Elliott au capital de Telecom Italia en mars dernier, le cours de Bourse a fait un bond de 30%. Depuis fin décembre, la moins value latente de son investissement dans Telecom Italia est ainsi passé de 1,3 milliard fin 2017 à 800 millions d’euros.
Pour Vincent Bolloré, la défaite est d’autant plus cruelle qu’il est toujours en conflit avec les Berlusconi autour de Mediaset, où il a dû geler 19,2% des 28,8% de participation. Celui dont il voulait faire un partenaire dans la télévision payante le traîne désormais devant les tribunaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Dans une « déclaration finale », datée du 3 mai, Euskadi ta Askatasuna (ETA) a annoncé sa dissolution. Retour en cartes sur les enjeux de cette annonce.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Dans un tchat avec les internautes, la correspondante du « Monde » en Espagne, Sandrine Morel, a décrypté l’annonce de la dissolution du groupe séparatiste basque.
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Après la fin d’ETA, « il faut gagner la bataille du récit de ce que fut le groupe terroriste »

Dans un tchat avec les internautes, la correspondante du « Monde » en Espagne, Sandrine Morel, a décrypté l’annonce de la dissolution du groupe séparatiste basque.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h40
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 19h00
   





                        



L’organisation séparatiste basque ETA a annoncé sa dissolution, jeudi 3 mai, après avoir tué plus de 800 personnes depuis 1959, date de sa formation sous la dictature franquiste. Les « ex-militants d’ETA » sont appelés, dans un communiqué, à continuer « par d’autres voies » la lutte pour un Pays basque « réunifié, indépendant, socialiste ». Cette « fin » n’est pas forcément du goût des victimes, qui craignent que les exactions du groupe terroriste soient oubliées. Dans un tchat, la correspondante du « Monde » en Espagne, Sandrine Morel, a répondu aux questions des internautes.
Kate : Bonjour, que change concrètement cette annonce de dissolution ?
Sandrine Morel : Bonjour. En 2011, ETA a déjà annoncé la fin de ses activités armées, et on peut penser que cette annonce ne va pas changer grand-chose concrètement. Néanmoins, le fait qu’ETA disparaisse est une assurance… qu’elle ne reviendra pas. Plus personne ne peut parler ou agir en son nom. D’autre part, elle prévient qu’elle ne sera plus un acteur des débats politiques, qu’elle n’enverra plus de communiqués pour exprimer son point de vue. Sa « tutelle » sur la politique basque disparaît complètement.
Lyon3 : Est-on sûr que la dissolution sera effective ? Et à quand remonte la dernière action du groupe ETA ?
La dissolution a été rendue officielle justement pour qu’il ne puisse pas y avoir de marche arrière et qu’elle soit tout à fait crédible. Ceci dit, il n’est jamais impossible qu’un petit groupe de dissidents irrédentistes décident de reprendre les armes. Simplement, ils ne pourront pas parler au nom d’ETA. Si l’on exclut la mort du gendarme français, Jean-Serge Nérin, en 2010, dans une course-poursuite improvisée, le dernier attentat du groupe ETA remonte à août 2009, à Palma de Majorque. Il a causé la mort de deux gardes civils.

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          La fin d’une lutte meurtrière et inutile



Roger : De combien de membres était composée ETA à son apogée et combien en restait-il avant sa dissolution ?
Des estimations d’experts portent à un millier le nombre de militants actifs sur lesquels ETA a pu compter à son apogée. Avant sa dissolution, les estimations sont de moins d’une vingtaine, voire à peine une dizaine. Combien en France ? Impossible à dire précisément, mais en tout cas pas plus d’une poignée. La coopération entre les deux pays a poussé les étarras à chercher refuge en Amérique latine, au Venezuela notamment. Selon la garde civile, il n’y a plus que six fugitifs d’ETA recherchés par les forces de police dans le monde.
Jim : Faut-il s’attendre à tout un processus de paix et de réconciliation nationale, à l’image du désarmement des FARC en Colombie, ou l’essentiel de ce processus est-il déjà joué ?
Il n’y aura pas un processus de paix et de réconciliation nationale sur le modèle des FARC. La situation est différente. ETA a été vaincue militairement. Elle ne peut rien exiger en échange de sa dissolution. Pour la « réconciliation », il faudra du temps. Des initiatives locales commencent à naître mais il reste encore une méfiance mutuelle entre ceux qui soutenaient ETA et ceux qui en ont souffert. Pour avancer dans le « vivre-ensemble », il faudra sans doute rapprocher les prisonniers : la politique d’éloignement et de dispersion perd son sens avec la dissolution.
Il y a des tentatives de faire rentrer les témoignages de victimes dans les classes. En général, il existe le sentiment en Espagne qu’il faut à présent gagner la « bataille du récit » de ce que fut ETA, ce que signifiait le terrorisme, et c’est là-dessus que veulent se concentrer les autorités espagnoles. Quant au parlement basque, il y existe une commission pour la paix et le vivre-ensemble qui essaie de jeter les bases d’un récit dans lequel chacun se retrouve plus ou moins.

Jack : Le premier ministre Mariano Rajoy pourrait-il faire un geste en ce qui concerne les prisonniers ?
Oui, la législation pénitentiaire le lui permet. Il peut mettre fin aux mesures d’exception destinées aux prisonniers pour terrorisme, ce qui permettrait de faire sortir ceux qui sont malades, de donner des permis de sortie ponctuels à ceux qui ont purgé les deux tiers de leur peine, et de rapprocher les prisonniers près de leur famille au Pays basque.
Néanmoins, ces mesures peuvent difficilement être prises en bloc, ne serait-ce que pour ne pas froisser les victimes. Elles doivent aussi dépendre de critères individuels de capacité de réinsertion et de garantie de non-récidive. Il existe des prisonniers plus radicaux que d’autres, même si peu regrettent l’arrêt de la violence.
Enfin, ce geste ne sera pas une amnistie, comme Mariano Rajoy l’a encore répété vendredi 4 mai. Il est peu probable qu’ils sortent de prison avant d’avoir purgé leur peine complète, étant donné la gravité des faits pour lesquels ils sont incarcérés.
Marine : Est-ce la fin de la lutte pour l’indépendance du Pays basque ?
C’est la fin de la lutte violente pour l’indépendance. Le parti de la gauche abertzale (patriote) EH Bildu, dont le coordinateur est l’ancien membre d’ETA Arnaldo Otegi, est un parti indépendantiste, même s’il n’est pas pressé de faire avancer cette lutte pour le moment. Les nationalistes voient l’indépendance comme un objectif à très long terme. Seuls 14 % des Basques se définissent comme indépendantistes, et en cas de référendum seuls 22 % voteraient oui à l’indépendance.
Marie-T : Pouvez-vous indiquer quel est le poids du camp indépendantiste au Pays basque, et celui du camp autonomiste ? Est-ce qu’en matière d’autonomie, des concessions sont imaginables de la part de Madrid ?
Les indépendantistes ont obtenu 21 % des voix aux dernières élections pour le parlement basque et les nationalistes modérés 37 %. Ils demandent plus de concessions de Madrid : la gestion de la politique pénitentiaire et les compétences en matière de sécurité sociale, le paiement des retraites… Ils veulent aussi que Madrid reconnaisse l’existence de la « nation » basque, et à terme avoir le droit d’organiser un référendum sur le modèle de relation avec Madrid, qu’ils veulent bilatérale, de type confédéral.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le chef de file de La France insoumise s’envolera pour Moscou lundi. Il participera au défilé « Immortel » qui célèbre, le 9 mai, les combattants soviétiques de la seconde guerre mondiale.
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Jean-Luc Mélenchon va rencontrer un leadeur de l’opposition en Russie

Le chef de file de La France insoumise s’envolera pour Moscou lundi. Il participera au défilé « Immortel » qui célèbre, le 9 mai, les combattants soviétiques de la seconde guerre mondiale.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h33
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante) et 
Abel Mestre








                        


« C’est le moment pour le faire. » Jean-Luc Mélenchon s’envolera lundi 7 mai pour Moscou afin d’y rencontrer Sergueï Oudaltsov, un des leadeurs de l’opposition de gauche à Vladimir Poutine. Le député des Bouches-du-Rhône participera également au défilé du « Régiment Immortel ». Organisé chaque 9 mai, à l’issue de la traditionnelle parade militaire, il célèbre la mémoire des combattants soviétiques contre l’Allemagne nazie.
« C’est une manifestation magnifique et émouvante. On défile en portant une pancarte sur laquelle il y a la photo d’un parent qui est mort pendant la guerre ou qui a servi une unité de combat pendant la guerre, a confié M. Mélenchon lors d’une conférence de presse vendredi. Je porterai une photo, mais je ne sais pas encore de qui. » Lancée en 2012 dans la ville de Tomsk, en Sibérie, l’initiative, devenue populaire, a cependant été récupérée par la suite par le pouvoir.
M. Mélenchon en profitera également pour rencontrer Sergueï Oudaltsov. A 41 ans, ce juriste de formation est le coordinateur du Front de gauche russe. Il a également été l’un des organisateurs des grandes manifestations anti-Poutine de l’hiver 2011-2012. Arrêté en 2013, il avait été condamné l’année suivante à quatre ans et demi de colonie pénitentiaire pour « organisation d’émeute publique ». Il en sortira en août 2017.
M. Oudaltsov a aussi soutenu l’annexion de la Crimée et les séparatistes pro-russes dans le Donbass, à l’est de l’Ukraine. Cependant M. Mélenchon ne participera pas à la manifestation organisée par M. Oudaltsov sur la place de la Révolution à Moscou, dimanche, à la veille de l’investiture officielle du chef du Kremlin, en route pour un nouveau mandat à la tête de l’Etat russe jusqu’en 2024.
« Les Russes sont des amis et des partenaires »
Cette rencontre doit, en tout cas, permettre à M. Mélenchon de faire démentir les liens de proximité avec le pouvoir russe que nombre de ses adversaires lui adressent. « Je vais voir un opposant au pouvoir, ça va être difficile de dire que je suis un poutinien », a encore souligné M. Mélenchon. L’ancien candidat à la présidentielle veut profiter de ce voyage pour « rompre l’atmosphère de guerre froide qui a été rétablie par les idéologues atlantistes et nord-américains » et donner une preuve « de sympathie active au peuple russe, pas aux dirigeants ». Et d’ajouter que, malgré des divergences, « les Russes sont des amis et des partenaires. Il ne faut les traiter comme des ennemis ».
« Je suis un anti-atlantiste absolu, je suis pour la sortie de l’OTAN. (…) Nous allons au-devant de très grandes violences entre l’Iran, Israël, l’Arabie saoudite, la Turquie, dans cette région du monde, et comme certains de ces pays ont des frontières communes avec la Russie, il est important qu’on manifeste que le monde entier n’est pas en noir et blanc », a continué M. Mélenchon.
Plusieurs autres déplacements sont prévus d’ici à la fin de l’année. L’ancien sénateur socialiste ira en Allemagne en juin, à Madrid en juillet et aux Etats-Unis en octobre pour rencontrer l’ancien candidat à la primaire démocrate Bernie Sanders.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Le groupe français reste l’actionnaire principal de l’opérateur mais se trouve en minorité au sein du conseil d’administration.
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Vivendi perd le contrôle de Telecom Italia

Le groupe français reste l’actionnaire principal de l’opérateur mais se trouve en minorité au sein du conseil d’administration.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h17
   





                        



   


Le groupe français Vivendi a essuyé un sérieux revers vendredi 4 mai en perdant le contrôle du conseil d’administration (CA) de Telecom Italia (Tim) au profit du fonds américain Elliott.
Parmi les actionnaires votants, 49,84 % se sont prononcés pour le fonds activiste et 47,18 % pour le groupe de Vincent Bolloré, principal actionnaire de Tim avec 23,94 % du capital. Elliott détiendra donc dix sièges sur les quinze du CA, et Vivendi cinq. Interrogé après le vote, le groupe français a dit être engagé sur le long terme dans l’opérateur et souligné qu’il veillerait à empêcher son éventuel « démantèlement ».
« Nous avons cinq sièges au conseil, nous sommes l’actionnaire principal. Nous continuerons à soutenir la stratégie [du directeur général] Amos Genish, qui a été votée à l’unanimité par le conseil, a déclaré le directeur de la communication de Vivendi, Simon Gillham. Nous serons très vigilants sur le fait qu’il n’y ait pas d’autre stratégie, de démantèlement ou autre. » Interrogé sur une éventuelle baisse de sa participation, il a déclaré : « Nous sommes un actionnaire à long terme. »

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La Caisse italienne des dépôts, favorable à Elliott
Lors de cette assemblée générale réunie à Rozzano, en banlieue de Milan (nord), 67,15 % du capital était représenté. Les influentes sociétés de conseil Glass Lewis, ISS et Frontis avaient recommandé de voter pour Elliott, qui détient quelque 9 % de Tim.
La Caisse italienne des dépôts – entrée en avril au capital dans le cadre de son soutien aux « infrastructures stratégiques nationales » et qui en possède désormais 4,78 % – s’est aussi rangée du côté du fonds activiste, une alliance qui peut sembler incongrue vu de l’étranger.
Mais le gouvernement italien a régulièrement condamné l’attitude de Vivendi, et les tensions ont été à plusieurs reprises extrêmement vives entre Rome et le groupe français, même si ce dernier a cherché à apaiser la situation ces derniers mois.
« Vivendi a été un très mauvais actionnaire », avait déclaré en avril le ministre du développement économique Carlo Calenda. « Je suis favorable aux investissements étrangers, mais cela ne veut pas dire rester inerte quand ils [veulent] détruire la valeur plutôt que la créer », avait-il à l’adresse du groupe français, qui s’est aussi mis à dos de l’autre côté de l’échiquier politique les Berlusconi, en raison d’un contentieux autour de Mediaset.
Incertitude sur le poste de directeur général
« Ce n’est pas une victoire conduite par le marché. La CDP contrôlée par le gouvernement a fait la différence en votant pour un fonds, au lieu d’un actionnaire industriel sur le long terme », a déploré Simon Gillham.
La plupart des petits actionnaires, Assogestioni, qui regroupe des fonds italiens, et le grand gestionnaire américain Blackrock ont également soutenu Elliott. Le fonds dénonçait la « mauvaise gestion » du groupe français et estimait nécessaire un CA « indépendant » pour « améliorer la gouvernance et la performance de Tim ».
Entrent au conseil ses dix candidats, des personnalités connues du monde italien des affaires, dont Luigi Gubitosi, administrateur d’Alitalia et ex-directeur général de la télévision publique Rai, et Fulvio Conti, ex-directeur général d’Enel, qui sera le nouveau président de Tim.
L’incertitude demeure en revanche sur qui assumera le poste de directeur général, même si les déclarations de Vivendi laissent entendre qu’Amos Genish pourrait rester en poste. Elliott, qui avait soutenu l’élection au CA d’Amos Genish, désigné avec quasi 98 % des voix le 24 avril, a souhaité qu’il poursuive son mandat. Très apprécié des marchés, qui saluent l’amélioration des résultats de Tim ces derniers mois, M. Genish menait la liste remaniée de Vivendi et avait mis son poids dans la balance, en jugeant sa position « intenable » en cas d’échec de Vivendi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Euskadi Ta Askatasuna a annoncé mercredi sa dissolution. Retour sur un mouvement aux méthodes violentes.
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Qu’est-ce que l’organisation séparatiste basque ETA ?

Euskadi Ta Askatasuna a annoncé mercredi sa dissolution. Retour sur un mouvement aux méthodes violentes.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 19h48
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



L’Euskadi Ta Askatasuna (ETA, Pays basque et liberté) a officialisé sa dissolution, mercredi 3 mai. « ETA, organisation socialiste révolutionnaire basque de libération nationale, veut informer le peuple basque de la fin de son chemin », annonce son communiqué.

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L’ETA réclame l’indépendance d’Euskal Herria, ou « Pays basque », un territoire à cheval entre la France (16 %) et l’Espagne (84 %). Cet espace de plus de 20 500 km² et plus de 3 millions d’habitants se compose de sept provinces de culture et langue basques. Les provinces de Labourd, Basse-Navarre et Soule sont en France, dans les Pyrénées-Atlantiques. Quatre autres sont en Espagne, dans la communauté autonome basque et en Navarre. « Les revendications n’ont pas évolué », résume Barbara Loyer, chercheuse spécialiste du nationalisme basque.
Si le mouvement s’est scindé à de multiples reprises, son idéologie n’a pas changé. « Le ciment central a toujours été le nationalisme et le projet d’indépendance. » Retour sur cette organisation classée terroriste par l’Union européenne jusqu’en 2009.
Un mouvement anti-franquiste
A sa création en 1959, l’ETA est un mouvement qui s’oppose au régime fasciste de Francisco Franco, dirigeant de l’Espagne entre 1939 et 1975. Il est fondé par des membres de la revue clandestine Ekin (« agir ») et de jeunes dissidents du Parti nationaliste basque (PNV). Il entend d’abord défendre l’identité basque face au régime franquiste.
En décembre 1973, l’ETA assassine l’amiral Luis Carrero Blanco, alors chef du gouvernement et potentiel successeur de Franco. Le meurtre de « l’ogre », surnom donné par ses opposants, constitue l’action la plus frappante d’ETA sous l’ère franquiste. « En 1974, cet attentat est ressenti comme fortement légitime bien au-delà du Pays basque », indique Daniel Hermant dans la revue Cultures et conflits. Les séparatistes racontent ce crime dans leur livre Opération Ogro : Comment et pourquoi nous avons exécuté Carrero Blanco, premier ministre espagnol (Seuil, 220 p.).
Rhétorique d’extrême gauche
L’ETA se dit aujourd’hui « socialiste » et on lui prête des inspirations communistes. Pourtant, « au départ, ETA n’a aucune sympathie particulière pour la classe ouvrière », écrit en 1983 le sociologue Francis Jauréguiberry, dans sa thèse intitulée « Question nationale et mouvements sociaux en Pays basque sud ». Ses fondateurs sont issus de la petite et moyenne bourgeoisie, notamment de la banlieue la plus aisée de Bilbao. Ses premiers militants considèrent même le marxisme comme « une vision a-nationale du monde et donc dangereuse pour le nationalisme basque », rappelle le chercheur. Ils sont contre le communisme.
Lors des grèves de 1962-1963, sévèrement réprimées par le régime franquiste, des ouvriers sont emprisonnés dans les mêmes prisons que les militants d’ETA. « La combativité des ouvriers et le grand élan de solidarité que leur mouvement suscite impressionnent énormément les premiers militants d’ETA », écrit le sociologue Francis Jauréguiberry. Dès 1963, le discours des séparatistes associent libération nationale et libération sociale. Ils désignent le franquisme, le centralisme castillan et le capitalisme comme les trois ennemis du peuple basque.
« Ces références ont permis à l’ETA d’agglomérer la population, et notamment la jeunesse, sensible aux idées d’extrême gauche », décrypte Barbara Loyer, chercheuse et présidente de l’Institut français de géopolitique. Ce glissement sémantique permet alors aux séparatistes de se distinguer du parti nationaliste basque, conservateur et catholique. Par exemple, un communiqué de 1972 des séparatistes justifie en ces termes l’enlèvement d’un industriel basque : « Pour nous, tous les patrons sont égaux (…). Qu’ils soient basques ou non ne change rien à l’affaire : tous sont nos exploiteurs ».
Violences et extorsions
829 morts
Bien que l’ETA puise ses racines dans l’anti-franquisme, plus de 90 % de ses 829 victimes ont eu lieu entre la mort de Franco en 1975 et la fin de la lutte armée en 2011. Lors de l’avènement de la démocratie, tous les militants de l’ETA emprisonnés avaient été libérés à la faveur d’une amnistie générale prononcée en 1977 pour les crimes commis pendant la période franquiste. Cependant, « les séparatistes mènent alors une offensive en règle contre la démocratie espagnole », analyse la chercheuse Barbara Loyer.

   


Au total, 343 civils et 486 policiers et militaires ont été tués. Ses attentats à la voiture piégée ont notamment causé la mort de 12 gardes civils à Madrid en 1986, de 21 personnes en juin 1987 sur un parking de Barcelone ou encore 11 autres en décembre 1987, près d’une caserne de la garde civile à Saragosse. L’enlèvement puis l’assassinat, le 12 juillet 1997, de Miguel Angel Blanco, conseiller municipal d’Ermua au Pays basque âgé de 29 ans, a provoqué d’importantes manifestations en Espagne. En mai 2000, ETA assassine à Saint-Sébastien, dans le Pays basque, le journaliste José Luis Lopez de Lacalle, connu pour ses positions anti-ETA.
Aux meurtres de policiers et militaires, civils, journalistes et politiques s’ajoutent les extorsions, à travers « l’impôt révolutionnaire » imposés aux chefs d’entreprise. Une étude estime à 10 000 le nombre d’entrepreneurs extorqués sous la menace d’exécution. Au total, au moins 62 militants d’ETA ont été tués par des groupes paramilitaires clandestins, dirigés par de hauts fonctionnaires espagnols. 270 séparatistes sont actuellement incarcérés en France et en Espagne.
Fin de la lutte armée
Marginalisée au Pays basque, où la population est exaspérée par la violence, traquée par les autorités espagnoles et françaises, l’ETA – dont la vitrine politique, Batasuna, est interdite en 2003 – abandonne officiellement la lutte armée en 2011. Elle avait commis son dernier meurtre en 2010, tuant un policier sur le sol français lors d’un contrôle d’identité en Seine-et-Marne. Dans son communiqué du 3 mai, l’organisation, qui, d’après les experts, ne comptait plus qu’une vingtaine d’activistes la veille de sa dissolution, ne reconnaît pas l’inutilité des violences et assassinats commis. « Il n’ont jamais rien obtenu mais préfèrent mettre en scène leur dissolution comme étant l’entrée dans un nouveau cycle », analyse Barbara Loyer. Le parti indépendantiste Bildu, le plus proche d’ETA, a ainsi salué le début d’une « nouvelle ère ».

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Dissolution de l’organisation basque ETA : la fin d’une lutte meurtrière et inutile



Malgré les nombreuses victimes assassinées par l’ETA, l’organisation tombe progressivement dans l’oubli depuis 2011 et l’abandon de la violence. « J’ai souvent dit par le passé que l’ETA disparaîtrait le jour où il faudrait non seulement expliquer ce qu’était cette organisation, mais encore tenter de faire comprendre son existence, confie à La Tribune de Genève le philosophe basque Daniel Innerarity. Mes enfants ont 16 et 14 ans. Dans leur école, certains de leurs camarades n’ont jamais entendu parler d’ETA. »


Pour approfondir

Extraits de la thèse « Question nationale et mouvements sociaux en pays basque sud », Francis Jauréguiberry, 1983
« La question basque au miroir de la violence », Daniel Hermant, revue  Cultures et conflits


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Experts et personnalités étaient réunis vendredi à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques) pour « avancer dans la résolution du conflit au Pays basque ». Madrid préfère se souvenir des victimes et assure qu’il n’y aura pas d’impunité.
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Appel au « dialogue » et à la « réconciliation » après l’annonce par ETA de sa dissolution

Experts et personnalités étaient réunis vendredi à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques) pour « avancer dans la résolution du conflit au Pays basque ». Madrid préfère se souvenir des victimes et assure qu’il n’y aura pas d’impunité.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 15h22
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 19h00
   





                        



Un appel à la « réconciliation », en « tournant la page » de la dernière insurrection armée en Europe occidentale : c’est le vœu exprimé par des experts et personnalités internationaux réunis vendredi 4 mai à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques), pour prendre acte de la dissolution de l’organisation indépendantiste basque Euskadi ta Askatasuna (ETA, « Pays basque et liberté »), annoncée jeudi à Genève.
« Aujourd’hui est un jour de célébration », a lancé, vendredi midi, l’avocat sud-africain Brian Currin à la tribune dressée dans une grande salle de la villa Arnaga de Cambo, l’immense demeure de l’écrivain français Edmond Rostand, ouvrant cette « rencontre internationale pour avancer dans la résolution du conflit au Pays basque ». Selon l’avocat de 67 ans, la dissolution d’ETA est « un engagement à prendre part au processus démocratique » des institutions espagnoles, « ce qui nécessitera la réconciliation ».
ETA a annoncé jeudi sa dissolution et la fin de toute activité politique, un an après avoir remis ses armes aux autorités, sept ans après avoir proclamé la fin de son action armée et près de soixante ans après sa naissance, en 1959.

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« Construire la paix est bien plus difficile »
« Le point de départ doit être le dialogue », a déclaré Gerry Adams, qui milita pendant trente-quatre ans contre la souveraineté britannique sur l’Ulster. « Construire la paix est bien plus difficile » que faire la guerre, a dit l’ancien dirigeant du Sinn Fein.
L’ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, dont une déclaration a été lue à la tribune, a souligné le caractère « historique » de cette journée. « La déclaration d’ETA marque la fin de l’histoire difficile de l’Espagne [et] montre que le dialogue politique est durable alors qu’il reste beaucoup à faire pour guérir les blessures. »
Si l’ancien premier ministre irlandais Bertie Ahern, l’homme politique mexicain Cuauhtémoc Cardenas, et Jonathan Powell, diplomate britannique, étaient également présents à Cambo-les-Bains vendredi, ni le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy ni le gouvernement basque, présidé par Iñigo Urkullu, n’y ont envoyé de délégation. Afin d’éviter de cautionner la mise en scène finale.

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« Pas d’impunité »
« Aujourd’hui, nous pouvons dire catégoriquement que la démocratie espagnole a vaincu ETA. ETA disparaît, mais les dégâts causés ne disparaissent pas, pas plus que la douleur irréparable qu’elle a semée tant de fois », a déclaré M. Rajoy à Madrid. L’organisation séparatiste basque « n’obtiendra rien en annonçant sa dissolution », a-t-il martelé.
M. Rajoy a rendu hommage à toutes les victimes d’ETA « sans distinction » et a promis que tous « ces crimes seraient jugés », qu’« il n’y aura pas d’impunité ». « Aujourd’hui, alors qu’ETA a enfin annoncé sa dissolution, il faut que nos pensées soient pour les victimes », a-t-il dit, citant le chiffre de 853 morts, selon le dernier comptage du gouvernement.
« J’invite toute la société espagnole à se souvenir [des victimes] une par une dans la singularité de leurs vies arrachées (…) Ce n’est pas une statistique, ce sont des personnes », a ajouté M. Rajoy.
Le Collectif des victimes du terrorisme (Covite) a exigé qu’ETA condamne la terreur et cesse de rendre des hommages publics à ses militants quand ils sortent de prison. Il attend aussi qu’elle fasse la lumière sur 358 crimes encore inexpliqués.
La question des prisonniers
Selon les experts, l’organisation comptait, à la veille de sa dissolution, moins d’une vingtaine de membres. Le gros de ses troupes se trouve en prison : près de 230 détenus en Espagne, une cinquantaine en France.
A ce propos, Iñigo Urkullu, président du gouvernement basque, déclarait jeudi que M. Rajoy « est sensible à la question » de la fin de la « politique de dispersion » appliquée aux prisonniers étarras détenus dans des établissements pénitentiaires éloignés du Pays basque.
Il a reconnu qu’il « travaill[ait] avec le gouvernement espagnol pour le rapprochement des prisonniers d’ETA » dans des prisons à proximité du Pays basque. « Il est clair que le gouvernement ne modifiera pas sa politique pénitentiaire », redisait pourtant vendredi Inigo Mendez de Vigo, porte-parole du gouvernement espagnol.
L’Union européenne s’est félicitée vendredi de la décision d’ETA de mettre fin à toutes ses activités et de s’autodissoudre, en soulignant qu’il n’y a « pas de place dans l’UE pour le terrorisme, les armes et les fusils ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Cette professeure de français a été l’une des rares dissidents à s’être élevés contre la dictature de Nicolae Ceausescu, elle s’est éteinte à 88 ans.
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Mort de Doina Cornea, figure de la résistance roumaine au communisme

Cette professeure de français a été l’une des rares dissidents à s’être élevés contre la dictature de Nicolae Ceausescu, elle s’est éteinte à 88 ans.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h55
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 16h48
    |

            Mirel Bran (Bucarest, correspondant)








                        



   


Il y a, dans des moments clés de l’histoire, des gens qui sauvent l’honneur de leur pays. Doina Cornea, l’icône de la dissidence roumaine dans les années 1980, est de ceux-là. La modeste professeure de français de la ville de Cluj, dans le nord-ouest de la Roumanie, une des rares dissidents à s’être élevés contre la dictature de Nicolae Ceausescu, est morte vendredi 4 mai, à l’âge de 88 ans, a fait savoir son fils. Née le 30 mai 1929 à Brasov, ville à forte minorité allemande, qui a marqué sa personnalité, Doina Cornea a fait ses études à Cluj, le centre culturel de la Transylvanie. Elle y étudie la philologie et intègre l’université en tant que professeure de français.
A l’origine de ses démêlés avec la Securitate, la sinistre police politique du régime, une visite à Strasbourg en 1965. En l’espace de quelques instants elle prend conscience de l’absurdité de son pays. « Je me trouvais dans un café avec des amis français, racontait-elle. J’admirais de Gaulle, mais un ami socialiste n’arrêtait pas de le critiquer. Je m’attendais à ce qu’on vienne l’arrêter d’un moment à l’autre, mais il ne s’est rien passé. C’est à ce moment précis que j’ai pris conscience de ce que je vivais en Roumanie. J’avais honte, et peu à peu cette honte m’a poussée à agir. J’ai essayé de vivre normalement dans un pays anormal. Rien d’extraordinaire. »
Le déclic
De retour en Roumanie, la sensation de liberté qu’elle avait ressentie en France la poursuit. Plus la dictature communiste se durcissait, plus elle s’accrochait au souvenir de ces instants strasbourgeois. Puis, le déclic se produit. Dans les années 1980, cette femme fait trembler l’une des pires dictatures au monde. A l’époque, le pays de Nicolae Ceausescu, le « génie des Carpates », semblait condamné au silence. Mais en 1982, la professeure de français élève publiquement la voix contre la dictature.
Doina Cornea envoie à la radio anticommuniste Europe libre, établie à Munich, une lettre intitulée « A ceux qui n’ont pas cessé de penser ». La Securitate s’en saisit immédiatement, mais la dissidente réussit à envoyer à la radio maudite une trentaine de messages publics. « Après l’envoi de la première lettre, j’ai été convoquée par la Securitate, dira-t-elle après la chute du régime. Au début, ils ont été gentils avec moi, ce qui m’a encouragée, mais j’ai vite appris les règles. Il ne fallait jamais dire la vérité ou leur mentir, mais il fallait un mélange des deux. C’était comme au jeu d’échecs, où chacun avance les pièces en fonction de l’autre. »
Dans les tréfonds des archives de la police politique, son dossier portait le numéro 666, et un nom de code lui avait été attribué : Diana. Surveillée en permanence, assignée à résidence à son domicile, arrêtée et emprisonnée en 1987, interrogée parfois jour et nuit, Doina Cornea résiste et continue. Son époux, l’avocat Leontin Iuhas, la soutient dans son opposition à la dictature. Sa fille, Ariadna, est à l’abri en France, où elle s’était mariée en 1976. Avec son fils, qu’elle avait surnommé « Tintin », elle répand des tracts anticommunistes et met dans l’embarras un régime qui se croyait infaillible.
Ses lettres publiques rencontraient un large écho dans la presse occidentale, ce qui la protégeait face à l’ire du Conducator et de ses affidés. « Je n’aurais pas pu faire grand-chose sans le soutien des ambassades occidentales, reconnaissait-elle après la chute du régime. L’ambassade de France à Bucarest est allée très loin. Tous les jeudis, je devais l’appeler pour confirmer que j’étais toujours en vie. C’était une sorte de garantie pour mon action. »
Un symbole de la résistance
Ce n’est qu’en décembre 1989, après le jugement et l’exécution sommaires du Conducator et de son épouse, que les Roumains découvrent à la télévision le visage de Doina Cornea, la femme devenue symbole de la résistance anticommuniste. Mais son calvaire était loin d’être terminé. L’apparatchik Ion Iliescu, le tombeur de Ceausescu, et l’ancienne nomenklatura avaient accaparé le pouvoir de la jeune démocratie roumaine. L’ex-dissidente continuait à gêner non seulement les nouvelles autorités en quête de légitimité, mais aussi une société qui refusait de se regarder dans le miroir de son passé. « On ne fait rien tant qu’on ne sacrifie pas un peu de soi-même, affirmait-elle. Un pays change grâce aux petits gestes de tous les jours. Ces petits sacrifices devraient être un exercice quotidien. » Mais la Roumanie peine encore à faire cet examen de conscience collectif.
Celle qui a rendu la dignité à son pays s’est vu accorder plusieurs distinctions : l’Etoile de la Roumanie en 2000, la plus haute distinction de son pays ; l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, offert par le pape Jean Paul II en 2003 ; la croix de commandeure de la Légion d’honneur que la France lui a décernée en 2009. Mais Doina Cornea n’en parlait pas. Vers la fin de sa vie, elle s’intéressait à la religion et se demandait s’il y avait quelque chose après la mort. Aux amis proches, elle promettait de leur passer un coup de fil de l’au-delà pour le leur dire. Parmi ceux qui l’ont connue, d’aucuns guettent la sonnerie de leur téléphone.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ L’organisation séparatiste basque a officialisé, jeudi 3 mai, sa dissolution. Sandrine Morel, la correspondante du « Monde » en Espagne a répondu à vos questions sur cette annonce et ses possibles conséquences.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Deux députés français et allemand, Rüdiger Kruse et Franck Riester, proposent dans une tribune au « Monde » d’unifier le code des affaires des deux pays, afin d’incarner le projet européen dans une réalisation concrète et créatrice de richesses.
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« Rendre le droit européen des affaires plus lisible et accessible »

Deux députés français et allemand, Rüdiger Kruse et Franck Riester, proposent dans une tribune au « Monde » d’unifier le code des affaires des deux pays, afin d’incarner le projet européen dans une réalisation concrète et créatrice de richesses.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h00
    |

Rüdiger Kruse (Député (CDU) de Hambourg au Bundestag) et Franck Riester (Député (Agir) de Seine-et-Marne, coprésident du groupe « UDI, Agir et indé...







                        



                                


                            
Tribune. Tous les Européens convaincus en ont conscience, l’immobilisme n’est plus une option. Pour remettre l’Europe en capacité d’agir, il est nécessaire que la France et l’Allemagne se décident à définir un projet commun.
En matière économique, la réforme de la zone euro est un chantier que la France et l’Allemagne doivent envisager sur le long terme, en tenant compte des différences de points de vue portés par nos deux gouvernements. Le président Macron a présenté en septembre le projet d’une Europe refondée, doté notamment d’un ministre des finances et d’un budget de la zone euro. La grande coalition qui gouverne en Allemagne a formulé la promesse d’un « renouveau européen », centré sur des projets d’avenir, mais elle reste réticente à soutenir tout projet qui pourrait conduire à mettre les dettes en commun…
»
Construire un compromis impose peut-être de redéfinir les priorités. S’il est important de favoriser la coordination entre les politiques monétaires et budgétaires au sein de la zone euro, il est avant tout nécessaire de sortir d’une vision purement financière de l’Europe. La question de la répartition des richesses ne se pose qu’une fois la richesse créée, et la compétitivité de notre économie ne se laisse pas réduire à des transferts financiers. Nous croyons nécessaire de revenir à l’origine du projet européen, à cette époque où, comme l’exprimait Jean Monnet, des réalisations concrètes devaient créer des « solidarités de fait ».
L’ambition européenne reposait à l’origine sur la formation d’un espace économique unifié, permettant aux entreprises de produire et d’échanger plus facilement, pour favoriser la croissance et les investissements. Malgré des avancées remarquables, le marché unique est encore loin d’être achevé. Un entrepreneur qui veut créer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ L’île grecque de 86 000 habitants a vu transiter des centaines de milliers de réfugiés. De nombreux résidents ont manifesté lors de la venue d’Alexis Tsipras jeudi.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Lesbos : le premier ministre grec tente d’apaiser la colère liée à la crise migratoire

L’île grecque de 86 000 habitants a vu transiter des centaines de milliers de réfugiés. De nombreux résidents ont manifesté lors de la venue d’Alexis Tsipras jeudi.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 13h37
   





                        


Alexis Tsipras a défendu, jeudi 3 mai, à Lesbos, l’accord migratoire controversé conclu entre l’UE et la Turquie, tout en essayant d’apaiser la colère sur cette île où sont bloqués près de 9 000 réfugiés et migrants. L’île grecque de 86 000 habitants est en première ligne de l’afflux qui a vu transiter des centaines de milliers de réfugiés et migrants en quête d’Europe.
De nombreux résidents ont manifesté lors du discours du premier ministre grec, la plupart d’entre eux venant du village de Moria, où est situé le camp le plus surpeuplé de l’île, demandant des mesures pour réduire la pression migratoire. Des incidents avec quelques dizaines de militants d’extrême droite ont éclaté après la manifestation, selon le site Ekathimerini vendredi, qui cite l’agence de presse Athens-Macedonian News Agency.

   


« Point de rupture »
« Sans ce cadre, les choses auraient été trois fois pires », a déclaré le premier ministre grec, se référant à l’accord de mars 2016, qui a considérablement limité les arrivées à Lesbos depuis la Turquie voisine. « Il y a trois ans, nous avions 4 000, 5 000 personnes qui arrivaient chaque jour », a t-il souligné, tout en admettant que la situation actuelle était « très difficile pour les migrants et les résidents ».
L’organisation Médecins sans frontières (MSF) a averti plus tôt dans la journée que Lesbos était en train d’atteindre « un point de rupture ». « Environ 500 personnes arrivent chaque semaine à Lesbos, la surpopulation tout comme la demande grandissante de soins poussent le camp à un point de rupture », a détaillé l’ONG.

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                En Grèce, dans l’enfer du camp de réfugiés de Moria, en BD



Plus de 16 000 migrants et réfugiés sont confinés dans des camps sur les îles grecques de Lesbos, Chios, Samos, Leros et Kos, dans l’attente du traitement de leur demande d’asile, ce qui alimente des tensions récurrentes notamment à l’approche de la saison touristique. En avril, plus d’une dizaine de migrants et réfugiés, notamment des ressortissants afghans, avaient été blessés au cours d’affrontements avec un groupe d’extrême droite à Lesbos.
Alexis Tsipras a assuré que les services de l’asile grec devaient recevoir des renforts pour accélérer les procédures, et que la Grèce ne tolérerait pas d’attaques « meurtrières » contre les réfugiés. D’après les statistiques officielle, la Grèce – 11 millions d’habitants – a enregistré 58 661 demandes d’asile l’année dernière, ce qui la place au premier rang de l’UE pour le nombre de demandeurs d’asile par habitant.

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Le Parti conservateur de Theresa May conforté par le résultat des élections locales en Angleterre

Le Labour, qui espérait profiter des atermoiements du gouvernement sur le Brexit et du mécontentement lié à la politique d’austérité, n’enregistre pas les larges avancées qu’il avait annoncées



Le Monde
 |    04.05.2018 à 12h28
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 10h29
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Divine surprise pour Theresa May : le Parti conservateur qu’elle dirige a résisté mieux que prévu lors des élections locales du jeudi 3 mai. Le raz-de-marée à Londres imprudemment annoncé par le Labour de Jeremy Corbyn ne s’est pas réalisé. La première ministre, affaiblie par la cacophonie de son gouvernement sur le Brexit et par la perte de sa majorité absolue aux législatives de juin 2017, sort confortée de ce scrutin au moment où, dans l’impasse dans ses négociations avec l’UE, elle cherche désespérément à trouver le moyen de justifier ses reculades. A la barre du pays depuis huit ans, les conservateurs ne subissent pas de vote sanction.
Le Brexit n’était évidemment pas l’enjeu central de ces élections municipales, qui visent à renouveler plus de 4 300 sièges dans quelque 150 conseils locaux. Mais, à moins d’un an de l’entrée en vigueur du Brexit, elles sont analysées comme un test pour Mme May alors que son gouvernement ne parvient pas à s’accorder sur le type de contrôles douaniers à ses frontières après la sortie de l’UE.
Or, dans les régions qui avaient voté largement en faveur du Brexit, les conservateurs enregistrent des succès, a souligné le professeur John Curtice, spécialiste des analyses électorales. Ils l’ont fait en siphonnant les voix du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP, extrême droite) dont la déroute est presque totale. Intenable par rapport à Bruxelles, la ligne dure de Mme May sur le Brexit se trouve ainsi confortée.
Alors que Mme May est tentée de lâcher du lest pour sortir de l’impasse avec les Vingt-sept en proposant une forme de maintien dans une union douanière, Boris Johnson, ministre des affaires étrangères opposé à cette concession, a enfoncé le clou vendredi. « Jeremy Corbyn a été abandonné dans beaucoup de régions pro-Brexit. Sa promesse de rester dans l’union douanière signifie qu’on ne peut pas lui faire confiance pour mettre en œuvre le Brexit », a-t-il raillé en une menace à peine voilée à Mme May.
De fait, le Labour, qui espérait que ces élections confirmeraient son brillant résultat aux législatives et renforceraient une dynamique destinée à le porter au pouvoir, n’a gagné aucun des conseils municipaux qu’il se faisait fort de ravir à Londres. La gauche pensait profiter de l’inquiétude liée aux atermoiements de Mme May sur le Brexit, du mécontentement lié à l’austérité budgétaire et du récent scandale sur l’immigration marqué par la démission de la ministre de l’intérieur.
Mais M. Corbyn, qui avait assuré que son parti était « à la veille d’une importante victoire », a dû se replier sur la ville de Plymouth (sud-ouest, 250 000 habitants), seul succès significatif. Son parti peut néanmoins se flatter de bons résultats dans les zones où le vote anti-Brexit avait dominé et où la population est jeune. Comme si ces élections municipales confirmaient l’image d’un pays profondément coupé en deux par la question européenne.
Enjeux locaux
Les leçons nationales d’un scrutin dominé par les enjeux locaux et limité à la seule Angleterre sont à relativiser, d’autant que la participation y est faible. Mais le Labour, flou sur l’Europe, n’a guère réussi à tirer parti du vote des 3 millions de résidents originaires de pays de l’UE, pourtant préoccupés par la tournure du Brexit. Dans le quartier londonien de Wandsworth, très pro-européen, les conservateurs gardent le contrôle de la municipalité que le Labour ambitionnait de conquérir. Au contraire, le Parti libéral démocrate, ouvertement pro-européen, gagne plusieurs conseils locaux, notamment dans le quartier chic londonien de Richmond.
Dans le bastion conservateur de Kensington et Chelsea, marqué par le tragique incendie de la tour Grenfell (71 morts en juin 2017), le Labour gagne plusieurs sièges mais ne parvient pas à prendre le contrôle de la municipalité. Enfin, la polémique mettant en cause la complaisance de Jeremy Corbyn face à l’antisémitisme au sein de son parti a permis aux tories de prendre le contrôle de la municipalité de Barnet, au nord de Londres, où l’électoral juif est important, comme l’a admis vendredi matin un responsable local du Labour battu.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Officiellement illégaux, des mercenaires russes sont présents dans plusieurs pays africains, dont la Centrafrique, en complément d’« instructeurs » officiels.
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Après l’Ukraine et la Syrie, les mercenaires russes prennent leurs marques en Afrique

Officiellement illégaux, des mercenaires russes sont présents dans plusieurs pays africains, dont la Centrafrique, en complément d’« instructeurs » officiels.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 12h01
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            
Leur existence, niée par Moscou, est devenue un secret de Polichinelle. Des mercenaires russes ont combattu en Ukraine, dans le Donbass, puis ils se sont déployés en Syrie. Leur nombre exact reste inconnu, tout comme leurs pertes. Et cependant, les « Wagner » comme on les appelle en Russie, d’après un pseudonyme emprunté à l’un de leurs chefs, Dmitri Outkine, ex-officier du renseignement militaire (GRU), en ont subi. « Quelque 200 Russes ont été tués en Syrie », a affirmé l’ex-directeur de la CIA, Mike Pompeo, lors de son audition le 12 avril devant les sénateurs américains appelés à confirmer sa nomination au poste de secrétaire d’Etat.
Le chef de la diplomatie américaine faisait référence à l’accrochage meurtrier survenu deux mois plus tôt, le 7 février, dans la région de Deir ez-Zor, entre des combattants pro-Assad et la coalition dirigée par les Etats-Unis. Du bout des lèvres, Moscou avait alors admis la mort de « cinq personnes de nationalité russe », sans « aucun rapport » avec ses forces armées engagées en Syrie.

Des « Tchékéva » illégales
Vraiment ? Dès 2016, les « Wagner » ont été entraînés sur la base militaire de Molkino, située dans la région de Krasnodar (sud de la Russie). Le 17 avril encore, l’agence Reuters a surpris 300 « civils » pénétrant à l’intérieur du camp à bord de trois bus ordinaires. Filés depuis l’aéroport de Rostov-sur-le-Don, à quelque 350 kilomètres de distance, ces hommes, sortis du terminal par une porte distincte des autres voyageurs, avaient été convoyés par une compagnie aérienne syrienne privée, Cham Wings. Aucune confirmation, ici non plus : les « Tchévéka », acronyme russe qui désigne les sociétés militaires privées (SMP), sont illégales.
« Apparemment, oui, l’armée les utilise, admet Alexandre Kramtchikhine, expert à l’Institut d’analyse politique et militaire. Mais comme ils ne sont pas légaux, cela devient une question politique. C’est une profonde erreur,...




                        

                        

