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Les mesures de la première année d’Emmanuel Macron avantagent-elles vraiment les plus riches ?

Depuis l’élection présidentielle, le gouvernement a multiplié les mesures favorables aux plus fortunés, qui sont les grands gagnants du début de ce quinquennat.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 16h04
    |

            Adrien Sénécat








                        


L’« exit tax », un impôt destiné à juguler l’évasion fiscale de chefs d’entreprise, sera supprimée dès 2019. Emmanuel Macron, qui en a fait l’annonce dans un entretien au magazine américain Forbes, juge la mesure néfaste pour l’entrepreneuriat.
Par ce choix, le président français ravive un débat qui le poursuit depuis son élection, il y a tout juste un an : le candidat qui se revendiquait « et de droite et de gauche » est-il le « président des riches », comme l’affirme une partie de l’opposition ? Eléments de réponse à partir des différents arbitrages sur la fiscalité et le pouvoir d’achat du gouvernement depuis mai 2017.
Les principales mesures favorables aux plus riches
La « transformation » de l’impôt sur la fortune (ISF)
La réforme annoncée pendant la campagne présidentielle par Emmanuel Macron entre en vigueur dès 2018. Désormais, seuls les biens immobiliers (avec une décote de 30 % pour la résidence principale) seront soumis à l’impôt sur la fortune (ISF), rebaptisé IFI, impôt sur la fortune immobilière pour l’occasion.
Présentée par Emmanuel Macron comme une mesure censée encourager les investissements dans l’économie française, cette opération représentera un manque à gagner de 3,2 milliards d’euros par an pour l’Etat, selon le gouvernement. De 4,1 milliards d’euros, les recettes de l’ISF fondront pour atteindre 850 millions d’euros annuels environ. Cela représentera en moyenne une économie de 9 700 euros d’impôt pour les 330 000 contribuables qui étaient redevables de l’ISF jusqu’ici.
L’instauration d’une « flat tax » sur les revenus du capital
Autre promesse de campagne rapidement concrétisée : l’instauration d’un « prélèvement forfaitaire unique » (PFU) sur les revenus du capital à 30 % (à l’exception des livrets défiscalisés), là où il existait auparavant une multitude de régimes. Selon les chiffrages gouvernementaux, la mesure coûtera 1,3 milliard d’euros par an. Ce coût suscite une controverse parmi les économistes, certains estimant qu’il pourrait être bien plus élevé en réalité, d’autres contestant cette idée. Quoi qu’il en soit, il s’agit bien d’un geste en faveur des plus grands capitaux.
La baisse de l’impôt sur les sociétés
Le gouvernement s’est engagé à diminuer nettement l’impôt sur les sociétés. De 33,3 % en 2017, le taux normal pour les bénéfices au-delà de 500 000 euros devrait d’abord baisser progressivement jusqu’à rejoindre, en 2020, le taux actuel des bénéfices en dessous de 500 000 euros, qui est de 28 %. Le nouveau taux unique de l’impôt sur les sociétés diminuera ensuite à 26,5 % en 2021, puis à 25 % en 2022.
Le coût estimé de cette mesure est de 11 milliards d’euros par an à terme, selon le gouvernement. Contrairement à la réforme de l’ISF, cette mesure ne profitera pas qu’aux plus fortunés et ne touche pas directement l’imposition des contribuables. Reste que les dirigeants d’entreprise pourront tout à fait en profiter en partie pour augmenter leurs dividendes.
La suppression de l’« exit tax » en 2019
Cet impôt censé lutter contre l’évasion fiscale porte sur les plus-values « latentes » des contribuables, c’est-à-dire la différence entre la valeur d’acquisition de leurs titres et celle constatée au moment du transfert de leur résidence fiscale hors de France.
Par exemple, un contribuable possède 20 000 actions de la société Dupont et fils, d’une valeur de 100 euros chacune au moment de leur acquisition. Quelques années plus tard, ce contribuable quitte la France pour la Belgique. A son départ, ses actions valent 200 euros chacune, soit une plus-value hypothétique de 2 millions d’euros. S’il vend ses actions, même alors qu’il réside à l’étranger, la France exigera une taxe sur la plus-value (différence entre achat et vente) réalisée alors qu’il résidait dans le pays.
Le gouvernement estime que cette « exit tax » était un frein à l’investissement sans être rentable pour les finances publiques pour autant. Sur des recettes potentielles estimées à près de 800 millions d’euros en 2016 par le Conseil des prélèvements obligatoires, elle ne rapporterait « quasiment rien », selon le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, qui évoquait jeudi 3 mai sur France 2 un rendement effectif de l’ordre de 15 millions d’euros par an.
Reste que la disparition de cet impôt sera favorable à des contribuables pour beaucoup très aisés (depuis 2014, il faut détenir au moins 800 000 euros en actions ou la moitié des parts d’une société pour y être assujetti).

        Comprendre :
         

          Qu’est-ce que « l’exit tax », que Macron souhaite supprimer ?



Les principales mesures qui profiteront aux moins aisés
La baisse des cotisations salariales
En 2018, les salariés du privé verront leur salaire net augmenter grâce à une baisse de leurs cotisations de 3,15 points, en contrepartie d’une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) de 1,7 point. Cela représente un gain net d’environ 22 euros par mois (250 euros par an) pour le salaire minimal, à terme. Mais la mesure ne prendra pleinement effet qu’en octobre : si la CSG a bien augmenté en janvier, comme prévu, les cotisations n’ont pour l’heure baissé que de 2,2 points, d’où un gain limité pour les salariés concernés.
Contrairement à d’autres mesures, cette « bascule » de cotisations a été pensée pour être neutre pour le budget de l’Etat : ce sont les 60 % de retraités les plus aisés qui la financeront, puisque leur CSG a augmenté sans contrepartie. Et comme une partie des baisses de cotisations a été différée à octobre, les finances publiques en sortiront même gagnantes en 2018, de l’ordre de 4,5 milliards d’euros.
La suppression progressive de la taxe d’habitation
La taxe d’habitation sera supprimée en 2020 pour l’intégralité des ménages. En attendant, 80 % d’entre eux la verront diminuer d’un tiers en 2018, puis d’un second tiers en 2019. Cela représente, à terme, un coût d’environ 18,3 milliards d’euros par an pour les finances publiques, mais « seulement » 3,5 milliards en 2018, puis 7 milliards environ en 2019. Par ailleurs, la moitié du montant de l’exonération finale profitera aux 20 % des ménages les plus riches.
Les revalorisations de prestations sociales
La prime d’activité (+ 80 euros par mois), l’allocation aux adultes handicapés (+ 90 euros) ainsi que l’allocation de solidarité aux personnes âgées (+ 100 euros) seront revalorisées par le gouvernement. Ces hausses seront néanmoins étalées jusqu’en 2019 ou en 2020, selon les cas, et auront donc un effet limité en 2018.

        Lire aussi :
         

                A la hausse ou à la baisse, 24 mesures qui affectent votre pouvoir d’achat



Les inégalités pourraient se creuser en 2018
Une fois toutes ces mesures prises en compte, il est possible d’estimer dans quelles proportions les différentes catégories de contribuables français bénéficieront ou non de la politique d’Emmanuel Macron. C’est ce qu’a fait l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), un organisme de prévision et d’évaluation des politiques publiques, dans une étude publiée le 15 janvier.
Selon ses estimations, les 5 % les plus riches sortiront, proportionnellement, nettement gagnants de l’année 2018, avec un gain de 1,6 % de pouvoir d’achat, qui s’explique principalement par la baisse de l’ISF et la mise en place du prélèvement forfaitaire unique (PFU). Inversement, la plupart des catégories de ménages verront leur pouvoir d’achat stagner ou presque. Enfin, deux catégories de foyers verront leur niveau de vie diminuer :
les 25 % de ménages les plus aisés (à l’exception des 5 % les plus fortunés), essentiellement des retraités pénalisés par la hausse de la CSG ;les 5 % de ménages les plus pauvres, à cause de la hausse de la fiscalité écologique et des prix du tabac. Deux mesures qui répondent à des enjeux de santé publique et environnementaux, mais qui les pénaliseront plus fortement.


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Les 5 % les plus riches, grands gagnants du budget 2018
Impact estimé du budget 2018 par vingtile de niveau de vie (en moyenne sur l'ensemble de l'année). V1 correspond aux 5 % les moins aisés, V20 aux 5 % les plus aisés.

Source : OFCE



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Derrière ces moyennes se cachent des situations bien différentes : parmi les ménages les plus pauvres, ceux qui ne comportent pas de fumeurs ne seront pas, en moyenne, pénalisés par le budget 2018. Le gouvernement considère par ailleurs que l’OFCE a sous-estimé la baisse de la consommation de cigarettes liée à la hausse des prix, et donc surévalué le poids de cette dernière sur le pouvoir d’achat.
Un rééquilibrage progressif d’ici à 2020
Le tableau est en revanche nettement plus équilibré si l’on tient cette fois compte de l’ensemble des mesures qui entreront progressivement en vigueur. L’OFCE a ainsi procédé à une seconde estimation de la situation des mêmes types de foyers à horizon fin 2019. A cette date, la plupart des catégories de revenus sortiront gagnantes de la politique socio-économique du gouvernement, selon l’organisme.
Seule exception, les ménages qui se situent parmi les 15 % les plus aisés, à l’exception des 5 % les plus riches, là aussi, toujours à cause de la hausse de la CSG pour les retraités et de la fiscalité écologique.


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Une politique moins inégalitaire à l'horizon 2019
Effet estimé de la politique du gouvernement à la fin de l'année 2019 par rapport à 2017, par vingtile de niveau de vie (en moyenne sur l'ensemble de l'année). V1 correspond aux 5 % les moins aisés, V20 aux 5 % les plus aisés.

Source : OFCE



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A cet horizon, les arbitrages gouvernementaux apparaissent beaucoup plus égalitaires, dans le sens où ils favoriseront plutôt les ménages les moins aisés en proportion… à deux exceptions notables, aux deux extrémités de l’échelle :
malgré les mesures prises en faveur de leur pouvoir d’achat, les 5 % de ménages les moins aisés sortiraient en moyenne très peu gagnants (0,2 %), toujours à cause de la hausse des prix du tabac et de la fiscalité environnementale ;les 5 % les plus riches, quant à eux, resteraient les grands gagnants, toujours grâce aux réformes de la fiscalité du capital.
L’OFCE n’a pas reproduit ses estimations pour l’année 2020, au cours de laquelle une dernière série de mesures favorables au pouvoir d’achat entrera en vigueur. On peut néanmoins anticiper que le rééquilibrage observé entre 2018 et la fin de 2019 se poursuivra, toutes choses égales par ailleurs.
Dans tous les cas, les plus fortunés devraient bien rester les grands gagnants des premières années de mandat d’Emmanuel Macron. Le président de la République a toujours réfuté faire tout « cadeau » aux plus riches, justifiant l’orientation de sa politique par la nécessité de favoriser les « investissements » dans l’économie française. A ceci près que rien n’oblige les grandes fortunes bénéficiaires de la baisse de l’ISF à investir.
Interpellé sur ce point par Edwy Plenel, le 15 avril, à la télévision, Emmanuel Macron a reconnu n’avoir « pas plus de garanties que » le journaliste sur le fait que la baisse de la fiscalité du capital favorisera effectivement les investissements, renvoyant l’objection à une évaluation des réformes « dans deux ans ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/05/19-2">
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Guillaume Bazot s’interroge, au moment ou le gouvernement abolit certaines taxes, s’attaque au statut des cheminots et augmente la CSG des retraités, sur les critères de « justice » qui accompagnent ces bouleversements sociaux.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤                     
                                                   
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Réformes : « Comment choisir entre utilitarisme et justice sociale ? »

Dans cette chronique, l’économiste Guillaume Bazot s’interroge, au moment ou le gouvernement abolit certaines taxes, s’attaque au statut des cheminots et augmente la CSG des retraités, sur les critères de « justice » qui accompagnent ces bouleversements sociaux.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 16h14
    |

Guillaume Bazot (Maître de conférences en histoire de la pensée et des faits économiques à l’université Paris-VIII)







                        



                                


                            
Recherches. Lorsque le gouvernement abolit l’« exit tax », supprime le statut des cheminots, augmente la CSG des retraités ou impose la sélection à l’entrée des universités, l’idée de « justice » influence notre manière d’appréhender les réformes. Mais sur quels critères nous basons-nous alors ?
Dans notre société, deux principes se font généralement face : l’utilitarisme et la justice sociale. L’utilitarisme a pour principe le meilleur usage possible des ressources. Une question récurrente lui est sous-jacente : un euro dépensé ici ne serait-il pas plus utile là ? Puisqu’une loi ou une taxe, par ses effets redistributifs, affecte le système productif, la consommation, les prix et les revenus, il peut être « utile », selon les circonstances, de réglementer une activité ou de taxer un groupe d’individus.

Comme l’explique Jean Tirole dans son livre Economie du bien commun (PUF, 2016), une réforme ne se justifie que par l’accroissement du bien-être qu’elle entraîne pour la population. C’est pour cette raison que l’Etat subventionne les activités de recherche-développement, encourageant ainsi la connaissance, l’innovation et la croissance, quand bien même cela augmenterait les rentes de certaines entreprises (par exemple pharmaceutiques). L’égalité n’est ici qu’un paramètre parmi d’autres, jamais une finalité.
Le « voile d’ignorance »
La justice sociale, elle, vise principalement l’équité. Elle traite de l’égalité des droits, de la solidarité, du mérite, voire de la « décence ». Mais le grand nombre de variables rend difficile l’émergence d’une règle de justice objective et universelle. Dans son ouvrage Théorie de la justice, paru en 1971 (traduit au Seuil en 1987), le philosophe américain John Rawls (1921-2002) propose une expérience de pensée simple et élégante pour résoudre ce problème.
Imaginons que l’ensemble des individus d’une société doive choisir les règles régissant son fonctionnement. Afin...




                        

                        


<article-nb="2018/05/05/19-3">
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ C’est la première fois depuis trente ans qu’un président se rend sur ce lieu marqué par un passé douloureux.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤                     
                                                   
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A Ouvéa, Macron œuvre à la réconciliation

C’est la première fois depuis trente ans qu’un président se rend sur ce lieu marqué par un passé douloureux.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 10h17
    |

            Patrick Roger (Nouméa, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le drapeau de Kanaky – trois bandes bleu, rouge, vert et un rond jaune central dans lequel est insérée une flèche faîtière – flotte sur la pelouse de l’aire de chefferie de Wadrilla. C’est le deuxième rendez-vous d’Emmanuel Macron, samedi 5 mai, sur Ouvéa, cette île tragique de Nouvelle-Calédonie marquée par un passé si douloureux. Et lui-même a un rendez-vous avec l’histoire.
Il est le premier président de la République à se rendre sur les lieux où, trente ans plus tôt, quatre gendarmes furent tués, le 22 avril 1988, lors d’une tentative d’occupation de la gendarmerie de Fayaoué menée par un groupe de militants indépendantistes qui, dans leur fuite, prirent vingt-sept gendarmes en otage. Ouvéa, c’est aussi l’île où, le 5 mai 1988, les troupes de choc de l’armée et de la gendarmerie donnèrent l’assaut à la grotte de Gossanah, au nord de l’île, où s’était réfugié un des groupes des preneurs d’otages avec seize gendarmes : dix-neuf militants indépendantistes et deux militaires y trouvèrent la mort, dans des conditions qui n’ont jamais fait l’objet d’une enquête officielle mais qui n’honorent pas la République.

L’île porte en elle ce traumatisme. Un traumatisme encore plus intense et douloureux qu’un an plus tard, le 4 mai 1989, alors qu’il prenait part à la levée du deuil des « 19 de Gossanah », Jean-Marie Tjibaou, le dirigeant historique du FLNKS, celui qui avait conclu le 26 juin 1988 les accords de Matignon pour mettre fin à quatre années de guerre civile, était abattu, avec son bras droit Yeiwéné Yeiwéné, par un des siens, Djubelly Wéa, membre de la tribu de Gossanah.
« Exemple donné »
Le chemin fut long pour parvenir à réconcilier les mémoires, entre les habitants et les gendarmes d’abord. Entre les familles Tjibaou, Yeiwéné et Wéa ensuite. Ce long chemin de la réconciliation « lent, patient et difficultueux », le président de la République y a rendu hommage. « Je souhaite que nous puissions être à la hauteur de...




                        

                        


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<filnamedate="20180505"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180505"><AAMMJJHH="2018050519">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, l’institut de sondage Ipsos a dressé pour « Le Monde » un état des lieux de sa présidence.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ 
<article-nb="2018/05/05/19-5">
<filnamedate="20180505"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180505"><AAMMJJHH="2018050519">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Un tiers des sondés apprécient chez le président « à la fois son action et sa personnalité », 39 % les rejettent.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤                     
                                                   
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Enquête Cevipof sur Macron : des aficionados plutôt âgés, diplômés et aisés

Un tiers des sondés apprécient chez le président « à la fois son action et sa personnalité », 39 % les rejettent.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 09h46
   





                        



                                


                            
Dans leur rapport à Emmanuel Macron, les Français peuvent être classés en trois catégories de poids inégal. Il y a 33 % de « passionnés », 39 % de « détracteurs » et 28 % de « partagés ». Au-delà de leur poids respectif, ce sont les profils très différents de ces catégories qui sont intéressants.
Les « passionnés » apprécient chez le président « à la fois son action et sa personnalité ». Qui sont ces supporteurs enthousiastes – et, il faut le souligner, plus nombreux que les électeurs du premier tour du candidat Macron ? Démographiquement, ils sont plutôt âgés : 37 % chez les plus de 65 ans contre 33 % en moyenne. Sociologiquement, ils sont nettement plus aisés (42 % de cadres supérieurs, 48 % gagnent plus de 6 000 euros par mois) et nettement plus diplômés (40 % des bac + 4 ou plus contre 25 % seulement des sans diplôme). Géographiquement, on les trouve davantage dans les Pays de la Loire (35 %) ou la Bretagne (36 %) mais à peine plus dans les grandes villes que dans le rural (2 points de différence seulement).
Electoralement, ce sont ceux qui ont évidemment voté pour Macron mais ils se recrutent aussi beaucoup chez les électeurs de Fillon (42 %) et même, de manière non anecdotique, chez les électeurs de Le Pen (16 %), Hamon (16 %) et Mélenchon (13 %). Ce qui séduit les « passionnés », plus encore que la moyenne des Français ? Dans l’action, la réforme de la SNCF (+ 22 points que la moyenne) et du code du travail (+ 11 points). Et dans l’image, la présidentiabilité, l’efficacité, la bonne image portée de la France à l’étranger, l’honnêteté et la sympathie.
Agréger un spectre large
En face d’eux, il y a les « détracteurs ». Ce sont les opposants, un peu plus nombreux et tout aussi déterminés, qui rejettent « à la fois son action et sa personnalité ». Leur profil est, de manière fascinante, le symétrique rigoureusement inversé des supporteurs : plutôt jeunes (42 % des 18-24 ans contre 39 % en moyenne) ou âgés de 50 à 64 ans (42 %), employés ou...




                        

                        


<article-nb="2018/05/05/19-6">
<filnamedate="20180505"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180505"><AAMMJJHH="2018050519">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ L’image d’Emmanuel Macron ne semble pas encore atteinte après un an d’exercice du pouvoir contrairement à celle de ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤                     
                                                   
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Enquête Cevipof : un président « énergique » et « réformateur », mais dénué d’empathie et trop autoritaire

L’image d’Emmanuel Macron ne semble pas encore atteinte après un an d’exercice du pouvoir contrairement à celle de ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 09h33
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 09h38
   





                        



                                


                            
Après un an d’exercice du pouvoir, Emmanuel Macron continue de véhiculer une image en construction, celle d’un président à la fois volontaire pour ses partisans et peu empathique voire méprisant pour ses adversaires. A la différence de ses prédécesseurs, il séduit soit par son action soit par sa personnalité, mais plus rarement sur ces deux dimensions en même temps. Rien à voir, en tout cas, avec un François Hollande, dont la normalité a rapidement lassé l’opinion, ou avec un Nicolas Sarkozy hyperactif, qui a fini par déconsidérer la fonction présidentielle.
Quel bilan tirer des premiers mois d’Emmanuel Macron en termes d’autorité présidentielle par le prisme des traits d’image ? Le sociologue allemand Max Weber soulignait que l’autorité charismatique relève moins d’un caractère inné que de la représentation par les autres. Ne serait-ce pas précisément cette ambiguïté que le chef de l’Etat continue de cultiver pour mieux s’affranchir de la seule autorité bureaucratique (pour ne pas dire technocratique) dont il disposait par son expérience passée.

S’agit-il pour autant d’une opération de communication politique savamment calculée ? A vrai dire, cela s’apparente davantage à une stratégie conforme à des gestes, des paroles, des positions voire des oppositions politiques assumées durant cette première année. Le spectre d’un président inefficace est certainement l’image la plus fortement combattue au cœur de la machine élyséenne et chez les parlementaires de La République en marche. Il n’est donc guère étonnant qu’une forte majorité de citoyens (60 %) considèrent qu’il veut faire passer son programme en force sans respecter ceux qui ne pensent pas comme lui. Une telle affirmation fait écho à l’image d’un président énergique (68 %), moderne (60 %) et réformateur (61 % des Français considèrent qu’il veut vraiment changer les choses contre 24 % en mai 2017).
Autrement dit, Emmanuel Macron réussit aujourd’hui là où ses prédécesseurs avaient échoué...




                        

                        


<article-nb="2018/05/05/19-7">
<filnamedate="20180505"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180505"><AAMMJJHH="2018050519">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Les Français reprochent à Emmanuel Macron un déficit social et un excès d’autoritarisme.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                

Enquête Cevipof sur Macron : le chef de l’Etat perçu de plus en plus à droite

Les Français reprochent à Emmanuel Macron un déficit social et un excès d’autoritarisme.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 09h31
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 09h57
   





                        


« Sur une échelle de 0 (très à gauche) à 10 (très à droite), où classeriez-vous Emmanuel Macron ? » A cette question simple, les Français ont apporté, en moyenne, comme réponse : 6,7. Ce chiffre net est le signe d’un déséquilibre idéologique.

   


Déséquilibre d’abord par rapport à lui-même. En mars 2017, les Français positionnaient le candidat Macron presque parfaitement au centre, à 5,2. Et ce positionnement central était une des clés de son succès face à la polarisation extrême des deux candidats des partis de gouvernement. En novembre 2017, premier glissement vers la droite, de 5,2 à 6. Aujourd’hui, deuxième glissement substantiel, de 6 à 6,7. Du candidat au président, la rapidité et l’ampleur de l’évolution sont sans précédent.
Déséquilibre, ensuite, par rapport à son socle électoral. Les électeurs qui ont voté pour Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle se positionnent à 5,1 et les sympathisants de La République en marche à 5,7 – les uns et les autres nettement plus à gauche que le chef de l’Etat. Déséquilibre, enfin, par rapport à l’ensemble des Français. La société française est certes en voie de « droitisation » – révélée notamment par l’évolution de l’autopositionnement idéologique des Français. Mais ils ne se situent malgré tout qu’à 5,6. Ainsi, par rapport à la moyenne des Français, le candidat Macron était un peu plus à gauche quand le président Macron est clairement plus à droite.
Déséquilibre démocratique
Comment comprendre la droitisation du positionnement idéologique du chef de l’Etat ? Par un double déséquilibre politique. Le premier est social. Il y avait promesse de « plus d’efficacité » et de « plus de justice ». Il y a la perception – massive – d’un déficit social. Chez l’ensemble des Français, 70 % à 80 % jugent négativement l’action engagée pour « l’amélioration du pouvoir d’achat », « la réduction des inégalités sociales » ou « l’amélioration du système de santé ». Et il en est de même, de 52 % à 61 %, chez les électeurs qui ont voté pour Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle. Ainsi, moins de 10 % des Français estiment que les classes moyennes et les milieux populaires sont les bénéficiaires de l’action engagée depuis le début du quinquennat.
Le second déséquilibre est démocratique. Il y avait promesse de « plus de décision » et de « plus d’écoute ». Il y a la perception – large – d’un excès d’autoritarisme. Les Français reconnaissent, et approuvent, la volonté réformatrice du président de la République. Mais, outre qu’ils s’interrogent sur le rythme soutenu des réformes, ils sont 55 % à reprocher un mode de gouvernement « trop autoritaire » – sentiment d’autant plus partagé qu’ils se positionnent à gauche ou au centre de l’échiquier politique.

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Brice Teinturier (directeur général délégué d’Ipsos) et Gilles Finchelstein (directeur général de la Fondation Jean-Jaures)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Sans prendre expressément position dans le débat pour le référendum du 4 novembre, le chef de l’Etat a affirmé vouloir « construire » ensemble l’avenir.
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Macron plaide pour le maintien d’une relation étroite entre la France et la Nouvelle-Calédonie

Sans prendre expressément position dans le débat pour le référendum du 4 novembre, le chef de l’Etat a affirmé vouloir « construire » ensemble l’avenir.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 09h20
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 15h54
    |

            Patrick Roger (envoyé spécial en Nouvelle Calédonie)








                        



   


En conclusion de ses deux jours et demi de séjour en Nouvelle-Calédonie, Emmanuel Macron a délivré, samedi 5 mai au Théâtre de l’île de Nouméa, un discours résolument tourné vers l’avenir du territoire et de la France dans la région indo-pacifique. « Je crois à l’axe indo-pacifique, à cette ambition géopolitique, a déclaré le chef de l’Etat, qui avait déjà développé ce thème au cours de sa précédente étape en Australie. Nous avons un rôle à jouer. Cette stratégie est essentielle si nous ne voulons pas que cette région tombe sous une nouvelle hégémonie. » Référence explicite aux ambitions chinoises dans cette région.
Il a ainsi longuement développé les atouts de la Nouvelle-Calédonie, ses perspectives de développement en matière d’économie, de souveraineté alimentaire et énergétique, de tourisme, de « croissance bleue », tout en mettant en parallèle, systématiquement, ce que pouvaient être l’apport et l’investissement de la France pour accompagner ces projets. « Nous investirons, nous protégerons, la France s’engagera pleinement dans cette stratégie indo-pacifique, a insisté le président de la République. Je veux que nous construisions ensemble cet avenir. »
Alors, bien sûr, M. Macron n’a pas pris expressément position dans le débat pour le référendum du 4 novembre lors duquel les Calédoniens devront se prononcer sur l’accession à la pleine souveraineté. « Je ne prendrai pas partie dans ce référendum qui vient, a assuré le chef de l’Etat. Non pour me soustraire à mes responsabilités mais, précisément, parce que cela tient à mes responsabilités. » Tout son discours, cependant, plaidait pour le maintien d’une étroite relation – si ce n’est d’un lien structurel maintenu – entre la France et la Nouvelle-Calédonie.
« Dimension géostratégique »
Ces propos, cependant, n’ont en rien heurté les dirigeants indépendantistes présents dans la salle. Bien au contraire. Paul Neaoutyine, le président indépendantiste de la province Nord, figure du Palika, une des composantes du FLNKS, se « félicite de son intervention ». M. Macron, lorsqu’il s’était déplacé dans la province Nord, vendredi, s’était longuement entretenu avec son président. Des échanges qui, visiblement, n’auront pas été vains. « Nous nous inscrivons totalement dans l’esprit de ce qu’il a dit, déclare au Monde le président de la province Nord. Cela ne me choque pas que le président de la République éclaire nos amis sur l’avenir. »
Roch Wamytan, président du groupe de l’Union calédonienne, la principale composante du FLNKS au Congrès du territoire, n’est pas moins élogieux. « C’était un discours, vraiment, de haute tenue, s’enthousiasme le chef de la tribu de Saint-Louis, un des principaux nœuds de tension dans la banlieue de Nouméa. Il a vraiment donné une dimension géostratégique qui nous convient parfaitement, qu’on soit indépendantiste ou non. Ça change avec tous les chefs d’Etat précédents. »

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Est-ce que ce discours aura la même résonance dans les rangs des militants indépendantistes ? Cela reste à vérifier.
Tensions
Du côté des non-indépendantistes, ou du moins de Calédonie ensemble, la formation la plus ouverte au dialogue avec les indépendantistes, l’appréciation était tout aussi enthousiaste. « Il a réalisé une prestation sans faute. Je lui accorde dix sur dix », se réjouit Nicolas Metzdorf, le jeune et prometteur ministre de l’énergie et de l’agriculture du gouvernement du territoire.
Le discours de M. Macron, au terme d’une visite où il aura incontestablement apposé sa marque, lui qui n’était jamais venu sur le territoire, a été très favorablement accueilli. A l’issue de son intervention, il a par ailleurs pris le temps de s’entretenir avec chacun, de ménager les uns et les autres. Mais les tensions qu’engendre le référendum à venir ou, tout simplement, les discriminations et les inégalités de la vie quotidienne, restent d’une tenace réalité.

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Hommage à Ouvéa
Peu de temps avant, M. Macron avait participé à une cérémonie d’hommage à la mémoire des dix-neuf militants indépendantistes tués dans l’assaut de la grotte d’Ouvéa, trente ans jour pour jour après le drame.
La venue du chef de l’Etat à cette commémoration, point d’orgue de sa visite d’Etat de trois jours, était contestée par un collectif de la tribu où se trouve la grotte de Gossanah. Pour « apaiser tout le monde » et « compte tenu de cette voix dissidente », M. Macron a décidé de ne pas déposer de gerbe sur la tombe des 19 Kanak tués lors de l’assaut. Il est resté de l’autre côté de la route, entouré d’enfants et d’officiels, au moment où les familles des militants ont déposé une gerbe sur le mémorial de Wadrilla.
Le président de la République, le premier à se rendre à Ouvéa depuis 1988, a été chaleureusement accueilli selon les rites coutumiers avec un échange d’offrande – tissus, fleurs, sculptures – dans une ambiance à la fois solennelle et heureuse, et remercié par la population touchée par sa présence en « ce moment fort ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Des conseillers municipaux LRM ont proposé la vente de 1 % du parc social.
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Sur la vente de HLM, la mairie de Paris dit non aux élus macronistes

Des conseillers municipaux LRM ont proposé la vente de 1 % du parc social.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 09h06
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            
Pourquoi vendre des HLM parisiens si difficiles à créer depuis 2001 et la loi solidarité et renouvellement urbains (loi SRU) qui avait insufflé cet effort de mixité sociale ? C’est pourtant le projet d’une quinzaine de conseillers de Paris, soutiens d’Emmanuel Macron, qui souhaitent que, dans la capitale, 1 % du parc social (2 300 logements) soit, chaque année, vendu à leurs occupants. Leur proposition, débattue au Conseil de Paris, vendredi 4 mai, a été repoussée, mais est considérée comme une offensive contre l’action de la maire, Anne Hidalgo. Cette dernière a en effet fait du développement du parc social dans la capitale un axe fort de sa politique, y consacrant 400 millions d’euros par an pour créer 7 000 HLM.
« Nous ne proposons de vendre que 2 000 logements par an, sur cinq ans, afin de permettre à des Parisiens aux revenus médians de devenir propriétaires », plaide Jérôme Dubus, conseiller (La République en marche) de Paris. « Le sujet n’est pas tabou, renchérit Julien Bargeton, conseiller de Paris et sénateur (LRM). On peut consulter les locataires, regarder au cas par cas, selon les immeubles, les quartiers », suggère-t-il. Les produits de ces cessions seraient réinvestis dans la construction, une vente finançant, selon eux, trois appartements dans la métropole, le foncier étant rare à Paris.

« Brader un bien de la nation »
« Cette idée de brader le parc HLM, un bien de la nation, est contraire à tout ce que nous avons fait depuis 2001 », rétorque Ian Brossat, adjoint (PCF) à la maire, chargé du logement. S’il s’agit de faciliter l’acquisition par les classes moyennes, il faut consentir un rabais de prix par rapport au marché, avec le risque d’une revente rapide avec une forte plus-value ; si le projet est de vendre au prix du marché, il n’est pas destiné à la classe moyenne. « Quant à reconstruire hors les murs, vous revenez à la politique de Jean Tiberi [maire de Paris avant 2001], qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ 38 900 personnes ont défilé entre les places de l’Opéra et de la Bastille, samedi, selon un comptage indépendant réalisé pour un collectif de médias, dont « Le Monde ».
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A Paris, des dizaines de milliers de manifestants réunis pour faire « la fête à Macron »

38 900 personnes ont défilé entre les places de l’Opéra et de la Bastille, samedi, selon un comptage indépendant réalisé pour un collectif de médias, dont « Le Monde ».



Le Monde
 |    05.05.2018 à 07h33
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 18h35
   





                        



   


A l’initiative du député de La France insoumise (LFI) François Ruffin et de l’intellectuel Frédéric Lordon, 38 900 personnes – selon un comptage indépendant réalisé pour un collectif de médias, dont Le Monde –, ont afflué samedi 5 mai à Paris pour faire « la fête à Macron ». Ils étaient 40 000 selon la préfecture de police, 100 000 pour les organisateurs de la marche et 160 000 d’après La France insoumise. Des rassemblements ont également lieu dans plusieurs villes de France dont Toulouse, Bordeaux, Lyon, Strasbourg et Rennes.
Conformément aux souhaits des organisateurs, et quelques jours après les débordements du 1er Mai, l’ambiance à Paris était festive et bon enfant, certains manifestants parisiens venus en famille pique-niquant place de l’Opéra Garnier au milieu de banderoles reprenant des slogans de LFI. Ils ont rejoint la place de la Bastille dans l’après-midi, où un concert est prévu autour de 20 heures.
Quatre chars se mêlaient au cortège parisien : le char Jupiter, le char Dracula, le char Napoléon, avec sur chacun d’entre eux une personne grimée en Macron, et enfin un char « Résistance », où les manifestants exposent leurs revendications.
Notre journaliste, Jérémie Lamothe, était dans le cortège :

Macron en Napoleon et Macron derrière les barreaux sur des chars de la manifestation pic.twitter.com/eod912mw3O— Jérémie Lamothe (@Jer_Lamothe) 5 mai 2018


« Donner du courage aux cheminots, aux hospitaliers »
Avant que le cortège ne s’élance, M. Ruffin est revenu devant la presse sur cette initiative :
« On a voulu un rassemblement festif et convivial pour rassembler le maximum de gens, qu’il y ait un appel d’air. On veut mettre en valeur tous les gens à qui on ne laisse pas la parole, ceux qui n’ont pas de visage. J’espère que ce seront eux les héros de la journée. »
« Nous sommes tous là pour donner du courage aux cheminots, aux hospitaliers, aux travailleurs de tous les secteurs », a lancé de son côté le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, dans une harangue à la foule en milieu d’après-midi. « Nous sommes un rassemblement qui condamne la violence et d’abord la violence verbale des tout-puissants. Ceux qui ont dit qu’il y avait dans les gares des gens qui n’étaient rien, ceux qui ont traité le peuple travailleur de fainéants, d’illettrés et d’alcooliques », a poursuivi le député de Marseille dans un florilège de citations d’Emmanuel Macron.

Petit best-of de pancartes vu place de l’Opera pour la fête à Macron https://t.co/hKibpWy2aH— Jer_Lamothe (@Jérémie Lamothe)


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Sur la place de l’Opéra, avant le début du défilé, Paul et Maxime ne se disent pas surpris par la première année de M. Macron à l’Elysée. « L’évacuation de la ZAD, la loi asile et immigration, les évacuations de fac… Tout ce qu’il a fait, je ne l’aurai pas fait », lance Maxime. « Je m’attendais à tout ça, renchérit Paul à ses côtés.
A quelques mètres de là, Françoise et Isabel sont en « colère ». En colère contre un président qui « détruit tout : l’économie, le social, le médical, la SNCF ». « Il s’attaque à tout en même temps mais derrière il ne reconstruit rien », regrette Isabel, 47 ans. Françoise, à la retraite après 44 ans de fonction publique est « en colère contre la hausse de la CSG ». Alors elles sont venues aujourd’hui pour participer à « cette convergence des luttes » qu’elles attendent tant : cheminots de la SNCF, étudiants, personnels médical, fonctionnaires… Dans le cortège des représentants de la CGT, de SUD, de Solidaires, d’Attac étaient également présents.
La plupart des militants interrogés attendent maintenant une date : le 26 mai, qui doit réunir dans la rue les partis de gauche (hors PS), la CGT, Sud solidaires, Attac et plusieurs autres associations.
Un « moment de fraternité tranquille »
Si le défilé s’est déroulé dans le calme, quelques échauffourées entre des manifestants et des CRS ont eu lieu place de la Bastille où un véhicule de Radio France a été vandalisé. Aucun journaliste ne se trouvait à l’intérieur du camion mais un policier a été légèrement blessé par un jet de projectile lors de l’extraction du véhicule.
En fin d’après-midi, le ministre de l’intérieur Gérard Collomb a condamné fermement cette « attaque ». « Quand certains s’attaquent à la presse, il n’y a plus de limites », a-t-il déclaré à l’Agence France-Presse alors qu’il se trouvait à la préfecture de police. Après les débordements du 1er-Mai, un important dispositif policier avait été prévu pour cette manifestation, 2 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés.

        Lire notre analyse :
         

          Maintien de l’ordre : ce que révèle le 1er-Mai



Depuis deux jours, le ton était monté entre l’exécutif et LFI, qui s’accusent mutuellement de « remettre en cause la démocratie ». Ils veulent « tenir un discours d’agitation », « ils n’ont jamais accepté la défaite », « ils aiment la démocratie quand ils gagnent », a accusé le chef de l’Etat, dans une allusion implicite aux « insoumis ».

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                Poussée de fièvre entre Macron et Mélenchon



« Nous sommes absolument pour la non-violence, c’est une ligne stratégique », a répliqué le député de Marseille, en dénonçant le « déchaînement de [LRM] contre LFI ». « Je suis sûr que la police va faire ce qu’il faut », « on travaille bien » avec elle, « on lui fait confiance ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Dans son ouvrage « Emmanuel Macron : une révolution bien tempérée », Philippe Raynaud livre son analyse de la conquête du pouvoir par le président.
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Macron, chef des « whigs » français

Dans son ouvrage « Emmanuel Macron : une révolution bien tempérée », Philippe Raynaud livre son analyse de la conquête du pouvoir par le président.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 07h00
    |

            Alain Beuve-Méry








                        



                                


                            

On se demandait naïvement s’il était encore possible pour des journalistes, des professeurs de sciences politiques ou des politologues de tout bord de continuer à écrire des livres d’actualité ou d’analyse politique, après le pavé lancé par Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Un président ne devrait pas dire ça…, publié à l’automne 2016, un livre qui, en un sens, a révolutionné le genre. La réponse est oui.
En quatre chapitres, Philippe Raynaud nous livre son analyse de la conquête du pouvoir par Emmanuel Macron, devenu sans que l’on n’y prenne garde le plus jeune président de la Ve République. Si vous avez été absent de France pendant dix-huit mois, l’auteur donne d’abord un récit linéaire mais honnête des événements qui ont conduit à l’éviction des candidats issus des rangs du PS ou des Républicains, ces deux forces, qui avec des noms différents pour les partis de droite, pratiquent l’alternance au sommet du pouvoir, depuis le départ du général de Gaulle de l’Elysée.
Spécialiste des régimes politiques Philippe Raynaud explique d’ailleurs que la Ve République, si décriée et qui devait, selon ses détracteurs forcément laisser la place à un sixième opus, a au contraire démontré pendant la période de formidables qualités d’adaptation. Les institutions ont accompagné le changement.
Risque contre rente
Si en revanche, vous êtes à jour sur votre agenda politique, vous pouvez directement aller au quatrième et dernier chapitre, consacré à l’analyse du programme d’Emmanuel Macron. M. Raynaud a lu soigneusement Révolution, le livre programme du candidat Macron et le décortique à l’intention de ses lecteurs. L’oxymore que constitue le titre de son ouvrage y fait d’ailleurs écho « une révolution bien tempérée ».

L’auteur explique que la révolution marconienne qui consiste à se dire « et de droite et de gauche » permet de privilégier une démarche inclusive, alors que se dire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Alors qu’Emmanuel Macron poursuit sa visite et alors que le référendum sur l’accession du territoire à la pleine souveraineté se tiendra le 4 novembre, de nombreux habitants livrent un bilan contrasté de l’évolution de la collectivité.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/05/2018
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En Nouvelle-Calédonie, le « destin commun » apparaît comme une bien lointaine chimère

Alors qu’Emmanuel Macron poursuit sa visite et alors que le référendum sur l’accession du territoire à la pleine souveraineté se tiendra le 4 novembre, de nombreux habitants livrent un bilan contrasté de l’évolution de la collectivité.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 06h56
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 11h09
    |

            Patrick Roger (envoyé spécial en Nouvelle-Calédonie)








                        



                                


                            

« Le passé a été le temps de la colonisation. Le présent est le temps du partage, par le rééquilibrage. L’avenir doit être le temps de l’identité, dans un destin commun », disait le préambule de l’accord de Nouméa du 5 mai 1998.
Mais qu’en est-il de ce « destin commun », version actualisée des « deux couleurs, un seul peuple » qui fut le slogan de l’Union calédonienne pré-indépendantiste des années 1950 ? Pour beaucoup, en Nouvelle-Calédonie, ce « destin commun » s’apparente à un vœu pieux.
Emmanuel Tjibaou avait 13 ans lorsque son père, Jean-Marie Tjibaou, a été assassiné, le 4 mai 1989, à Ouvéa. Il dirige aujourd’hui l’Agence de développement de la culture kanak et le Centre culturel Tjibaou de Nouméa. A la veille de l’arrivée du président de la République Emmanuel Macron en Nouvelle-Calédonie et à six mois du référendum d’accession à la pleine souveraineté, il tire un bilan contrasté de l’évolution du territoire ces trente dernières années.
Bien sûr, constate-t-il, le regard a en partie changé sur la civilisation et le patrimoine kanak, des institutions coutumières ont été reconnues. Mais il y a encore un long chemin à faire pour une réelle prise en considération de l’identité kanak.
Des centaines de « squats »
« Si la Nouvelle-Calédonie a avancé sur la voie de l’affirmation d’un “destin commun”, cela ne s’est pas fait de manière consciente et concertée, juge-t-il. En réalité, pour beaucoup, la prise en compte de l’identité kanak, du métissage, de la vie commune, surtout en ville, des transformations qui doivent accompagner le rapport avec la culture autochtone n’a que peu évolué. Les Kanak, les Mélanésiens de manière générale, sont contraints et forcés d’adopter le mode de vie occidental. C’est une forme d’aliénation déguisée. » Sur ce plan, il estime même que « le politique n’avance pas au rythme de la société, il est en retard ». Et il évoque « ces petits dénis du quotidien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le premier secrétaire du PS dénonce la stratégie de la tension que mènerait Emmanuel Macron et plaide pour une démocratie humaniste.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/05/2018
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Olivier Faure, premier secrétaire du PS : « Violence partout, raison nulle part… »

Dans une tribune au « Monde », le premier secrétaire du PS dénonce la stratégie de la tension que mènerait Emmanuel Macron et plaide pour une démocratie humaniste.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 12h27
    |

Olivier Faure (Premier secrétaire du Parti socialiste)







                        



                                


                            

Tribune. Violence partout, raison nulle part… La formule est abrupte, mais elle traduit une évolution inquiétante. Le terrorisme, sur tous les continents, a déclaré la guerre à la vie et à la civilisation. Sur la planète, la liste est longue des conflits déclenchés par des Etats ou par des groupes armés, qui jettent sur les routes de l’exil des populations menacées par l’insécurité et la pauvreté.

De nouveaux pouvoirs autoritaires émergent et font de la brutalité et de la violence – des actes ou des mots – les ressorts de leur action. Poutine, Trump, Erdogan, Orban sont les incarnations de ce basculement.
La démocratie n’est plus – si elle l’a jamais été – le modèle attractif, naturel, absolu, irrésistible. Les pays démocratiques sont eux-mêmes traversés par des tensions nouvelles qui les fragilisent.
En France, le populisme n’est plus l’exclusivité des nationalistes. Il a gangrené jusqu’au centre de l’échiquier politique. Tout devient affaire de victoire des uns sur les autres, des uns contre les autres. Tout débat se transforme en combat et exige la défaite totale de l’adversaire.
Stratégie de la tension
Au-delà de la violence inacceptable de quelques groupuscules, cette brutalité s’exprime sans fard sur les réseaux sociaux dans le confort de l’anonymat qu’autorisent les pseudonymes. La politique s’y résume de manière croissante à la polémique.
Cette brutalité, c’est celle du débat public où la « disruption » vaut la conviction, la « transgression » fait la réputation. Dans les médias, le slogan a remplacé l’argument, l’agressivité devient le charisme. Cette violence, les partis et les responsables politiques peuvent choisir de s’en accommoder, voire de l’encourager et « en même temps » de la déplorer.
C’est le choix que le gouvernement confirme, mois après mois. Loin de chercher à établir des ponts, à engager le dialogue pour bâtir des compromis, l’exécutif cherche au contraire à exacerber...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ 45 % des personnes interrogées jugent positivement l’action du chef de l’Etat, selon une enquête Ipsos-Sopra Steria pour le Cevipof, la Fondation Jean-Jaurès et « Le Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/05/2018
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Un an après son élection, Macron résiste dans l’opinion malgré des fragilités

45 % des personnes interrogées jugent positivement l’action du chef de l’Etat, selon une enquête Ipsos-Sopra Steria pour le Cevipof, la Fondation Jean-Jaurès et « Le Monde ».



Le Monde
 |    05.05.2018 à 06h28
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 11h05
    |

            Gérard Courtois








                        



 / AFP / Philippe LOPEZ
                                 / AFP / Philippe LOPEZ



                            

Emmanuel Macron résiste bien – mieux en tout cas que ses prédécesseurs immédiats – à l’usure du pouvoir après un an de mandat présidentiel. Tel est le principal enseignement de l’enquête menée par Ipsos-Sopra Steria, du 25 avril au 2 mai, pour le Centre de recherche de Sciences Po (Cevipof), la Fondation Jean-Jaurès et Le Monde.
Ce sondage a été réalisé par Internet auprès de 13 540 personnes qui composaient le panel électoral suivi par le Cevipof depuis décembre 2015.
Fragilités
Certes, les points de fragilité ne manquent pas dans le tableau extrêmement riche ainsi dressé. En matière d’image personnelle d’abord, si d’indéniables qualités lui sont reconnues (énergie, modernité, présidentialité notamment), le chef de l’Etat souffre, aux yeux d’une majorité de Français (53 %), de ne pas « bien comprendre » leurs problèmes.
Au plan sociologique, le déséquilibre s’est creusé depuis un an entre une France populaire qui le juge de façon critique et une France aisée beaucoup plus positive. Au plan politique, enfin, le candidat centriste – ou central – de mai 2017 est devenu, un an plus tard, un président nettement situé à droite par les Français.

Socle politique
En revanche, le bilan de l’action menée depuis un an présente de nombreux aspects encourageants pour le pouvoir exécutif. Globalement, il est jugé positif par 45 % des personnes interrogées, et négatif par 55 %.
Mais Emmanuel Macron peut se rassurer en constatant qu’il conserve le soutien des Français qui l’ont élu : 68 % de ses électeurs du premier tour de la présidentielle jugent son bilan positif, de même que 56 % de ceux du second tour, dont beaucoup ne l’avaient pas choisi par adhésion mais pour faire barrage à la présidente du Front national (FN).
De même, son socle politique composite reste solide : 93 % des Français proches de La République en marche (LRM) et 66 % des sympathisants du MoDem (la base de sa majorité parlementaire) jugent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Depuis son accession à l’Elysée, il y a un an, le président a installé une pratique verticale du pouvoir qui emprunte souvent à la symbolique monarchique.
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Emmanuel Macron, un an de présidence impérieuse

Depuis son accession à l’Elysée, il y a un an, le président a installé une pratique verticale du pouvoir qui emprunte souvent à la symbolique monarchique.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 05h30
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 14h40
    |

            Solenn de Royer et 
Bastien Bonnefous








                        



                                


                            

Toutes éclairées, les fenêtres de l’Elysée étincellent dans la nuit d’hiver. Ce 1er mars, Emmanuel et Brigitte Macron reçoivent au palais. Dans le cadre des « jeudis de l’Elysée », le couple présidentiel attend quelque 200 personnes pour une « soirée russe » : Casse-Noisette et Sérénade pour cordes, de Tchaïkovski, d’abord, puis le conte musical de Prokofiev Pierre et le Loup, interprété par l’orchestre de la garde républicaine et dans lequel le président de la République joue le récitant.
Une première sous la Ve République. Si les prédécesseurs d’Emmanuel Macron avaient tous organisé des événements culturels à l’Elysée, aucun ne s’était ainsi mis en scène. Louis XIV, en revanche, jeune roi féru de danse, avait pour habitude d’interpréter des personnages dans les ballets donnés à la cour. « Pour qu’il y ait cour, il faut qu’il y ait courtisans », relativisait dans la foulée de la représentation un conseiller élyséen, soucieux de couper court à la comparaison. Le même précisait que le public invité était composé de personnels du palais, de pupilles de la nation ou d’enfants des hôpitaux. « Ni people ni VIP, mais la lingère de l’Elysée et son fils », résumait le conseiller, en parlant d’une soirée « très simple ».
Reste que cette mise en scène du corps présidentiel a semé le trouble, y compris dans la majorité. « Ce qui caractérise Emmanuel Macron, c’est une protection jalouse de sa liberté et le refus de tous les conformismes, observe Gilles Le Gendre, vice-président du groupe LRM à l’Assemblée nationale. Il en a fait la preuve très jeune dans ses choix sentimentaux. Il l’affirme aujourd’hui dans sa politique pour écarter tous les obstacles qui le détourneraient de son cap. »
Au-delà de l’anecdote, cette représentation de Pierre et le Loup en dit long sur ce nouveau pouvoir, qui se veut féru d’histoire, de culture...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ La présidente du Front national et le président des Républicains ont déjà fait savoir qu’ils participeraient à ce débat, qui aura pour cadre « L’Emission politique ».
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Un an après l’élection de Macron, un grand débat politique organisé le 17 mai sur France 2

La présidente du Front national et le président des Républicains ont déjà fait savoir qu’ils participeraient à ce débat, qui aura pour cadre « L’Emission politique ».



Le Monde
 |    04.05.2018 à 21h00
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 10h14
   





                        


France 2 veut organiser jeudi 17 mai un débat entre les principaux responsables politiques à l’occasion du premier anniversaire de l’arrivée à l’Elysée d’Emmanuel Macron, selon des sources concordantes.
La présidente du Front national (FN), Marine Le Pen, finaliste de la dernière élection présidentielle, et le président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, ont déjà fait savoir qu’ils participeraient à ce débat, qui aura pour cadre « L’Emission politique » de France 2.
Le chef de file de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a pour sa part décliné l’invitation, a fait savoir vendredi soir à l’Agence France-Presse son entourage.
Laetitia Avia pour La République en marche
S’agissant du représentant de La République en marche (LRM), le parti présidentiel avait refusé de communiquer officiellement sur son choix. « La République en marche sera bien représentée, mais pas par un membre du gouvernement, car l’ensemble des ministres seront sur le terrain ce jour-là pour des rencontres décentralisées avec les Français », a-t-on appris dans la journée de vendredi auprès de LRM.
Finalement, la porte-parole de LRM, Laetitia Avia, a fait savoir dans la soirée que c’était elle qui représenterait les macronistes lors du débat. « Point de dérobade, je serai bien là, car nous assumons pleinement le renouvellement de la vie politique », a tweeté la députée de Paris alors que des critiques commençaient à poindre sur les réseaux sociaux quant au refus du délégué général de LRM et secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, Christophe Castaner, de participer au débat.
Le Parti socialiste a répondu positivement à l’invitation de France 2 et sera donc présent, selon l’entourage du premier secrétaire Olivier Faure.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le chef de file de La France insoumise s’envolera pour Moscou lundi. Il participera au défilé « Immortel » qui célèbre, le 9 mai, les combattants soviétiques de la seconde guerre mondiale.
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Jean-Luc Mélenchon va rencontrer un leadeur de l’opposition en Russie

Le chef de file de La France insoumise s’envolera pour Moscou lundi. Il participera au défilé « Immortel » qui célèbre, le 9 mai, les combattants soviétiques de la seconde guerre mondiale.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h33
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante) et 
Abel Mestre








                        


« C’est le moment pour le faire. » Jean-Luc Mélenchon s’envolera lundi 7 mai pour Moscou afin d’y rencontrer Sergueï Oudaltsov, un des leadeurs de l’opposition de gauche à Vladimir Poutine. Le député des Bouches-du-Rhône participera également au défilé du « Régiment Immortel ». Organisé chaque 9 mai, à l’issue de la traditionnelle parade militaire, il célèbre la mémoire des combattants soviétiques contre l’Allemagne nazie.
« C’est une manifestation magnifique et émouvante. On défile en portant une pancarte sur laquelle il y a la photo d’un parent qui est mort pendant la guerre ou qui a servi une unité de combat pendant la guerre, a confié M. Mélenchon lors d’une conférence de presse vendredi. Je porterai une photo, mais je ne sais pas encore de qui. » Lancée en 2012 dans la ville de Tomsk, en Sibérie, l’initiative, devenue populaire, a cependant été récupérée par la suite par le pouvoir.
M. Mélenchon en profitera également pour rencontrer Sergueï Oudaltsov. A 41 ans, ce juriste de formation est le coordinateur du Front de gauche russe. Il a également été l’un des organisateurs des grandes manifestations anti-Poutine de l’hiver 2011-2012. Arrêté en 2013, il avait été condamné l’année suivante à quatre ans et demi de colonie pénitentiaire pour « organisation d’émeute publique ». Il en sortira en août 2017.
M. Oudaltsov a aussi soutenu l’annexion de la Crimée et les séparatistes pro-russes dans le Donbass, à l’est de l’Ukraine. Cependant M. Mélenchon ne participera pas à la manifestation organisée par M. Oudaltsov sur la place de la Révolution à Moscou, dimanche, à la veille de l’investiture officielle du chef du Kremlin, en route pour un nouveau mandat à la tête de l’Etat russe jusqu’en 2024.
« Les Russes sont des amis et des partenaires »
Cette rencontre doit, en tout cas, permettre à M. Mélenchon de faire démentir les liens de proximité avec le pouvoir russe que nombre de ses adversaires lui adressent. « Je vais voir un opposant au pouvoir, ça va être difficile de dire que je suis un poutinien », a encore souligné M. Mélenchon. L’ancien candidat à la présidentielle veut profiter de ce voyage pour « rompre l’atmosphère de guerre froide qui a été rétablie par les idéologues atlantistes et nord-américains » et donner une preuve « de sympathie active au peuple russe, pas aux dirigeants ». Et d’ajouter que, malgré des divergences, « les Russes sont des amis et des partenaires. Il ne faut les traiter comme des ennemis ».
« Je suis un anti-atlantiste absolu, je suis pour la sortie de l’OTAN. (…) Nous allons au-devant de très grandes violences entre l’Iran, Israël, l’Arabie saoudite, la Turquie, dans cette région du monde, et comme certains de ces pays ont des frontières communes avec la Russie, il est important qu’on manifeste que le monde entier n’est pas en noir et blanc », a continué M. Mélenchon.
Plusieurs autres déplacements sont prévus d’ici à la fin de l’année. L’ancien sénateur socialiste ira en Allemagne en juin, à Madrid en juillet et aux Etats-Unis en octobre pour rencontrer l’ancien candidat à la primaire démocrate Bernie Sanders.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Les numéros un de la CFDT, CGT et FO ont annnoncé leur venue. Les neuf syndicats représentatifs de la fonction publique appellent à se mobiliser contre les projets du gouvernement concernant les fonctionnaires.
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Fonctionnaires : Berger, Martinez et Pavageau manifesteront ensemble le 22 mai à Paris

Les numéros un de la CFDT, CGT et FO ont annnoncé leur venue. Les neuf syndicats représentatifs de la fonction publique appellent à se mobiliser contre les projets du gouvernement concernant les fonctionnaires.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h04
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 17h33
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières








                        


On ne les a plus vus défiler ensemble depuis des lustres. Mais la fonction publique vaut bien une exception. Le 22 mai, les numéros un des confédérations syndicales vont mettre leurs désaccords de côté pour manifester dans le cortège parisien. « On sera tous là, tous ceux qui appellent » à cette journée d’action, indique Laurent Berger au Monde. Le secrétaire général de la CFDT y retrouvera en effet ses homologues syndicaux.
« Philippe Martinez sera présent », confirme Jean-Marc Canon, à la tête de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires CGT. « J’y serai avec le bureau confédéral », précise également Pascal Pavageau, le nouveau dirigeant de FO.
François Hommeril, président de la CFE-CGC, a prévu de longue date ce jour-là un déplacement en province mais y enverra un représentant. « C’est un crève-cœur pour moi, confie-t-il. La photo aurait eu de la gueule. » M. Hommeril va cependant tenter de s’organiser car, selon lui, « la symbolique est forte. Nous sommes à un moment de tensions très vives car le gouvernement ne sait pas s’y prendre avec les syndicats. Il n’a ni le savoir-faire ni la culture. Sur le service public, où l’urgence est peut-être encore plus forte qu’ailleurs, c’est important qu’il y ait quelque chose qui aide à la prise de conscience du gouvernement ».
Refondation du contrat social
Reste à savoir comment ces retrouvailles seront mises en scène. Pour M. Canon, « c’est évident que les leadeurs syndicaux seront à la banderole » dans le carré de tête. Le 22 mai, les neuf syndicats représentatifs de la fonction publique (CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU, Solidaires, CFTC, CFE-CGC et FA-FP) appellent les 5,6 millions d’agents à faire grève et à défiler contre les projets du gouvernement les concernant. En cause notamment : le projet de supprimer 120 000 postes, le gel du point d’indice, le rétablissement du jour de carence en cas d’arrêt-maladie ou encore la compensation de la CSG.
Début avril, le gouvernement a lancé, dans un climat de défiance, le premier des quatre chantiers de la refondation du contrat social qu’il souhaite mettre en place avec les fonctionnaires. Cette première discussion porte sur le dialogue social. Suivront ensuite le recours accru aux contractuels, la rémunération au mérite et les plans de départs volontaires. Dans le cadre du Comité action publique 2022, un rapport d’experts, attendu ces prochaines semaines et qui doit préconiser des pistes pour réduire la dépense publique, alimente en outre les craintes.
Le 10 octobre 2017, une première action unitaire avait eu lieu – ce qui n’était pas arrivé depuis une dizaine d’années. Des fissures étaient cependant apparues par la suite et la CFDT et l’UNSA n’avaient pas souhaité participer à une seconde journée de mobilisation, le 22 mars, estimant cette date « prématurée ». Mais ces deux syndicats ont finalement rejoint le mouvement. Dans un communiqué envoyé vendredi, l’intersyndicale invite d’ores et déjà les fonctionnaires à se rassembler le 15 mai devant Bercy à l’occasion de l’ouverture du chantier consacré au recours au contrat.



                            


                        

                        


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Française des jeux : « Ne substituons pas un monopole privé à un monopole public »

Si le gouvernement voulait vraiment rendre vertueux le secteur des jeux de loterie, il pourrait laisser de nouveaux acteurs proposer la formule de l’épargne-loterie, plaide dans une tribune au « Monde » Florent Aubert, coordinateur de Students for Liberty France.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 16h22
    |

Florent Aubert (Coordinateur du mouvement de défense des idées libérales « Students for Liberty » en France)







                        



                                


                            

Tribune. Alors qu’il est actuellement question de privatiser – partiellement – la Française des jeux (FDJ), le gouvernement ne semble pas avoir l’intention de remettre en cause son monopole. Or, celui-ci s’exerce notamment au détriment des populations à faible revenu, les plus touchées par l’addiction au jeu.
L’Etat a un rôle ambigu dans le secteur des jeux d’argent : bénéficiaire direct du monopole, il est à la fois juge et partie. Il se targue de vouloir prévenir les risques liés à l’addiction, mais il bénéficie d’autant plus de ressources financières qu’il y a de joueurs.
Au total, entre prélèvements sur les mises des parieurs, impôts sur les sociétés et dividendes versés via sa participation dans la FDJ, l’Etat perçoit plus de 3 milliards d’euros chaque année. L’entreprise publique va jusqu’à puiser dans ses réserves pour continuer à verser de généreux dividendes même lorsqu’elle fait des pertes.

Plus dérangeant encore, un certain nombre de petits actionnaires (à hauteur de 23 %, l’Etat détenant 72 % de la FDJ et ses salariés 5 %), devenus propriétaires au gré de l’histoire mouvementée de l’entreprise publique, jouissent également de cette manne colossale. L’amiral Henri Lacaille, président d’une association d’anciens combattants, ne rappelait-il pas que la Française des jeux [offre] « le meilleur rendement sur la place de Paris, plus juteux que tout ce qu’on trouve ailleurs » ? N’est-il pas problématique qu’un petit groupe de particuliers (qui rapetisse d’année en année, les anciens combattants n’étant pas immortels…) profite des largesses immenses d’un monopole public au détriment des joueurs, qui ne peuvent se tourner vers aucun autre système moins pernicieux ?
Concept surprenant
Pourtant, il existe une voie que personne ne semble connaître en France, étant donné le silence général (délibéré ?) sur le sujet. En novembre 2017, le Texas est devenu le 26e Etat américain à autoriser...




                        

                        


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Reportage

En Tunisie, des élections municipales historiques accueillies sans enthousiasme

Le 6 mai, la démocratie va enfin pouvoir s’ancrer au niveau local. Mais dans les régions intérieures sinistrées, la résignation semble l’emporter.

Frédéric Bobin (Metlaoui, Tunisie, envoyé spécial)
    



LE MONDE
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        Le 04.05.2018 à 15h10

     •
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        Mis à jour le 05.05.2018 à 06h45






    
Des militants du parti Ennahda font du porte à porte à Monastir, le 3 mai.
Crédits : ZOUBEIR SOUISSI / REUTERS


Il n’y a pas beaucoup de fièvre autour de l’ancien « quartier européen » de Metlaoui, dans l’ouest de la Tunisie. Un village dans la ville, enclave de maisons aux toits de tuile rosâtre d’où émerge une église désaffectée. On l’appelait le « Petit Paris » à l’époque de l’âge d’or du phosphate, mis en exploitation par les Français à la fin du XIXe siècle. Le quartier est bordé d’un convoyeur, long boyau de tôle qui serpente au-dessus de la cité fanée par les poussières acides, l’un des quatre centres d’extraction du bassin minier de Gafsa. Autour s’étend la vaste steppe caillouteuse qui annonce, plus au sud, le Sahara tunisien.

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On quête une ferveur électorale, des panneaux d’affichage, des processions politiques. Mais il n’y a qu’une torpeur vaguement résignée. Dimanche 6 mai, les Tunisiens sont invités à voter pour des élections municipales pourtant historiques. Depuis la révolution de 2011, qui a mis à bas le régime autocratique de Ben Ali, la transition démocratique va enfin pouvoir s’ancrer au niveau local, le chaînon qui manquait au « laboratoire tunisien ». Après les élections constituantes de 2011 et le double scrutin législatif et présidentiel de 2014, la Tunisie post-révolution va connaître sa quatrième consultation. « On respire l’air de la liberté », se félicite Sihem Dinari, une architecte que le parti islamiste Ennahda a choisie comme tête de liste.
« Il faut secouer nos dirigeants »
L’enjeu de proximité – élire 350 conseils municipaux – confère au scrutin un relief particulier. Après la dissolution en 2011 des anciens conseils municipaux élus sous Ben Ali, le pouvoir local incombait à des « délégations spéciales », composées de citoyens non élus et dirigées par un sous-préfet (le « délégué »). Ce déficit démocratique devrait en principe être comblé par le scrutin du 6 mai. L’inquiétude sourd néanmoins : la participation sera-t-elle au rendez-vous, alors que les difficultés économiques et sociales – chômage à 15 %, inflation à 7 % – brouillent la perception que les Tunisiens ont de leur démocratie tant louée à l’étranger ?
La quarantaine énergique, Mohamed Dinari, tête de la liste indépendante Metlaoui notre avenir, veut démentir le scepticisme ambiant. « Il faut secouer nos dirigeants », clame-t-il alors qu’il pose pour une photo de groupe, flanqué de ses colistiers. A ses yeux, « secouer » le pouvoir de Tunis, c’est adresser un avertissement aux partis Nidaa Tounès (qualifié de « moderniste ») et Ennahda (islamiste), alliés au sein d’une coalition gouvernementale depuis 2015.

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L’alternative pourtant tarde à se dessiner. Selon toute vraisemblance, les deux partis, qui concourent séparément, devraient se partager l’essentiel des municipalités. Ennahda – dont la rhétorique officielle s’est éloignée de son islamisme originel – dispose d’un enracinement à travers le pays et d’une machine militante sans équivalent. Quant à Nidaa Tounès, le parti du chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, il a récupéré les réseaux de notables issus du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), l’ex-parti-Etat de Ben Ali dissous en 2011. « Ils ont de l’expérience, souffle Mohamed Dinari. Ils savent faire de la politique. »
Sentiment victimaire
A Metlaoui, une préoccupation domine : l’avenir de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), l’entreprise hégémonique dans toute la région, véritable Etat dans l’Etat. Villages ouvriers, écoles, santé, salaires élevés, loisirs : la CPG, nationalisée en 1962 après l’indépendance, a longtemps dispensé un paternalisme social aujourd’hui en crise. « La population conserve une profonde nostalgie pour l’âge d’or de la CPG », soupire Façal Ahmidi, un cadre à la retraite.
A Metlaoui, comme ailleurs dans le bassin minier, les jeunes chômeurs s’agitent régulièrement pour décrocher un emploi au sein de la CPG ou de ses entreprises satellites, dont les effectifs ont bondi, depuis la révolution, de 9 000 à près de 30 000 salariés. Ces protestations récurrentes se nourrissent d’un sentiment victimaire, celui d’une population s’estimant spoliée par les élites de Tunis et du Sahel (le littoral de Hammamet à Mahdia). « Les gros poissons nous volent notre ressource », grince Mohamed Housan Chebeb, porte-parole de la liste d’Harak Tounès Al-Irada, le parti de l’ancien président Moncef Marzouki (2011-2014).

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Mais, au-delà de cette cause commune, Metlaoui est traversée de lignes de fracture, les plus importantes étant de nature tribale. Celles-ci ne risquent-elles pas de s’approfondir avec la future affirmation d’un pouvoir municipal ? Sur les dix listes en lice à Metlaoui, trois émanent de partis politiques (Nidaa Tounès, Ennahda et Harak Tounès Al-Irada) et les sept autres sont « indépendantes ». Parmi ces dernières, les affiliations tribales sont assez marquées. Trois grandes tribus dominent à Metlaoui : les Awled Bouyahya, les Awled Jrediya et les Awled Slama.
Une coloration tribale
Hors les quartiers du centre-ville, chaque communauté vit dans son propre faubourg. Dans ses recrutements, la CPG a toujours pratiqué une politique non dite de quotas tribaux afin de préserver la paix sociale. Dans la foulée de la révolution de 2011, de violents heurts avaient pourtant opposé les Awled Bouyahya, « autochtones » qui tiennent à une forme de légitimité historique, aux Awled Jrediya, « immigrés » originaires des villes voisines de Tozeur et Nefta. Les affrontements, au fusil et à l’arme blanche, avaient fait une vingtaine de morts. Une manipulation d’éléments de l’ancien régime déchu avait alors été évoquée par nombre d’habitants.

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Sept ans plus tard, la situation s’est apaisée, mais les identifications communautaires demeurent. « Malheureusement, ce fait tribal est une vérité », observe Ezzedine Bacouri, tête d’une liste indépendante. Tous les candidats l’admettent, tout en relativisant son importance. « Oui, le facteur tribal existe, mais il ne sera pas décisif », dit Mohamed Dinari, de Metlaoui notre avenir. « Les habitants ont oublié les affrontements de 2011 », souligne Abderahman Shimi, tête de liste de Nidaa Tounès. « Nous sommes dans l’obligation d’oublier car nous sommes voisins », abonde Basset Hlayem, tête d’une liste indépendante.
A sa manière, la gravité du conflit de 2011 a vacciné Metlaoui contre le péril d’un tribalisme débridé. Mais dans les autres régions de la Tunisie intérieure, aucune mémoire traumatique de ce type ne vient jouer le rôle de garde-fou et la crainte que des enjeux municipaux prennent une coloration tribale est réelle. « Le fait tribal dans ces élections est ambigu, analyse Hamza Meddeb, chercheur à l’Institut universitaire européen de Florence (Italie). D’un côté, il assure une représentativité démocratique des groupes sociaux. Mais de l’autre, il porte en germe le risque d’une conflictualité autour de la distribution des ressources, surtout en période de rareté. »

