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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Malgré des clichés esthétisants, la série propose des portraits de chefs extrêmement informatifs (sur Netflix à la demande).
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TV - « Chef’s Table », snob, irritante et passionnante

Notre choix du soir. Malgré des clichés esthétisants, la série propose des portraits de chefs extrêmement informatifs (sur Netflix à la demande).



Le Monde
 |    05.05.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur Netflix à la demande

Chef’s Table, la série documentaire culinaire créée en 2015 par David Gelb, est à la fois irritante et attachante. La réalisation, remarquable mais bourrée de tics esthétisants, fait le portrait de chefs parmi les plus singuliers du monde culinaire international.
Ils sont rarement laids, prennent la pose, avec des airs inspirés dont la caméra prolonge la portée par des ralentis lassants. Les messieurs ont souvent la barbe des hipsters, des tatouages, des enfances de mauvais garçons tombés parfois dans la drogue. Ils vont tous se ressourcer dans la nature – que, bien sûr, ils respectent –, la cueillent, la goûtent et la hument.
Dans la saison 3, que Netflix vient de rendre disponible (avec une quatrième dévolue aux pâtissiers), le Péruvien Virgilio Martinez propose à sa carte des bonsaïs de parterres végétaux, présentés selon l’altitude de la cueillette. On voit le jeune homme porter à son visage de la glaise. Horreur ! Va-t-il concocter un sorbet de boue agrémenté d’une limace confite ?
Rien n’est impossible, car, ainsi que le rappelle un thuriféraire chargé d’expliquer la règle, comme dans un couvent austère et mortificateur, « les plats de Virgilio peuvent parfois avoir un goût désagréable ». On n’est pas là pour se goberger, mais pour « vivre une expérience », être « transformé », « questionné » – entre autres clichés répétés ad nauseam depuis le début de cette série.
Si l’on est souvent tenté de rétorquer : « Quand est-ce qu’on mange ? » à ce propos assez snob et hautain, on convient volontiers que cette quête avant-gardiste est souvent passionnante, d’autant plus que les six personnalités retenues ne sont pas toutes d’obédience postmoléculaire.
Assemblages végétaliens
Vladimir Mukhin, jeune chef russe, tente par exemple de recréer les recettes traditionnelles de la Russie présoviétique ; Nancy Silverton a apporté aux Etats-Unis la maîtrise d’un pain d’exception et imposé la « vraie » pizza italienne, peu épaisse et croustillante.
Le plus extraordinaire des six épisodes est celui dévolu à Jeong Kwan, cuisinière révérée par les plus grands mais qui ne sort que rarement de son pays, la Corée du Sud, et de son monastère bouddhiste, où elle prépare les repas depuis des lustres (elle y est entrée en 1974, à l’âge de 17 ans).
La voir organiser ses assemblages végétaliens (ni viande, ni poisson, ni dérivés) est une expérience d’un esthétisme d’autant plus fort qu’il tient surtout à la justesse du geste. Sa cuisine, disent ceux qui l’ont goûtée, est à la fois un gage de santé et un ­concentré de subtilité, obtenue par des légumes cueillis dans un jardin 100 % biodynamique, des techniques de fermentation naturelle et des ingrédients rares mais savamment dosés.

   


Parfois, l’aspect biographique prend trop le pas sur le propos strictement culinaire, notamment pour évoquer des événements tragiques dans la vie personnelle de certains des chefs portraiturés. On ne doute pas de l’authenticité des sentiments exprimés, mais, en raison des musiques dégoulinantes qui les surlignent, ils finissent par ressembler à ceux qu’on trouve dans les vulgaires émissions de télé-réalité.
La musique reste d’ailleurs sûrement trop présente dans Chef’s Table. Elle est conçue comme un nappage assez inventif (constitué notamment de pastiches de musique savante, quand ce ne sont pas des extraits d’œuvres originales), mais qui finit par écœurer comme le ferait une sauce trop riche.
Chef’s Table, saison 3, série documentaire créée par David Gelb (EU, 2017, 6 × 54 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Racheté par TF1, le média, qui tire l’ensemble de ses revenus de la publication de contenus sponsorisés, ouvre un pôle data à Lyon.
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MinuteBuzz, champion français du « brand content »

Racheté par TF1, le média, qui tire l’ensemble de ses revenus de la publication de contenus sponsorisés, ouvre un pôle data à Lyon.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 13h04
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



                                


                            
« Nous sommes habitués à changer en permanence. » Confrontée aux ajustements réguliers de l’algorithme de Facebook, censé favoriser les publications des proches au détriment de celles des médias, l’équipe de MinuteBuzz n’a d’autre choix que de s’adapter. Premier éditeur à publier des vidéos exclusivement sur les réseaux sociaux, sa survie en dépend. En 2017, la dernière modification de Facebook a entraîné une baisse de 17 % de l’audience de ce média émergent, qui poste uniquement des contenus viraux destinés aux adolescents. « Cela n’a aucun impact sur le business », relativise Maxime Barbier, cofondateur de l’entreprise.

Pourtant, l’audience est la pièce maîtresse du modèle économique de MinuteBuzz, qui est entièrement financé par la publication de vidéos sponsorisées par des marques que la start-up produit. « Chaque jour, nous parlons à près de 12 millions de personnes », proclame fièrement le site réservé aux annonceurs. Conserver cette audience est donc primordial. Pour cela, M. Barbier est en contact permanent avec les équipes françaises de Facebook. « Cette proximité est utile pour améliorer notre capacité d’adaptation. On se voit tous les mois », explique-t-il.

« Synergies »
MinuteBuzz peut aussi compter sur la force de frappe de la régie publicitaire de TF1, qui l’a acquis en décembre 2016. « Cela nous ouvre les portes de nombreux annonceurs », reconnaît Laure Lefevre, présidente de la société, qui précise que 20 % du chiffre d’affaires de 2017 « a été apporté par TF1 ». « Nous sommes satisfaits des synergies qui se mettent en place avec MinuteBuzz », se félicite de son côté Philippe Denery, directeur général adjoint finances et achats du groupe TF1.

Pour consolider sa place de leader du « brand content » (contenu sponsorisé) sur les réseaux sociaux, l’entreprise investit pour toujours mieux connaître son public. « Nous avons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ La Sant Jordi est la fête du livre et de la Rose à Barcelone. L’occasion de rencontrer les écrivains catalans dont les interprétations de la réalité s’affrontent.
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L’indépendance divise les plumes catalanes

La Sant Jordi est la fête du livre et de la Rose à Barcelone. L’occasion de rencontrer les écrivains catalans dont les interprétations de la réalité s’affrontent.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 13h00
    |

            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Alors que les rues de Barcelone sont prises d’assaut par des dizaines de milliers de lecteurs et des centaines d’écrivains à l’occasion de la Sant Jordi, la fête du livre et de la rose, deux manières de voir la réalité catalane se font jour sur les stands des librairies et des maisons d’édition ce 23 avril. La tentative de sécession du mois d’octobre 2017, la mise sous tutelle de la région décrétée par le gouvernement espagnol et les peines de prison préventive prononcées contre les dirigeants indépendantistes ont creusé le fossé entre les auteurs catalans favorables à la sécession et les « constitutionnalistes », qui s’y opposent.
Javier Cercas, auteur des Soldats de Salamine (Actes Sud, 2002), est l’écrivain catalan le plus engagé contre l’indépendance : il multiplie les tribunes dans les médias internationaux. « M’engager me porte préjudice personnellement et professionnellement mais je n’ai pas su ne pas le faire, explique l’auteur, qui vit dans un village près de Gérone où flottent partout des drapeaux indépendantistes. J’ai été insulté dans la rue. J’ai perdu de nombreux amis. La situation était exceptionnelle, je percevais un risque d’affrontement civil. Les indépendantistes déversaient des tonnes de mensonges et le gouvernement espagnol était incompétent pour expliquer ce qui se passait. Je n’ai pas su me taire… »
Pour lui, il ne fait aucun doute que la Catalogne a subi un « coup d’Etat » lors de l’approbation polémique des lois de « déconnexion » des 6 et 7 septembre 2017, quand, par le biais d’une procédure urgente et exceptionnelle, les indépendantistes ont voté les lois de référendum et de « transition juridique » qui devaient poser les bases de la nouvelle République catalane.
« Il ne faut pas forcément des fusils pour faire un coup d’Etat, affirme l’auteur. Il suffit de voir l’exemple de Primo de Rivera [ancien dictateur espagnol de 1923 à 1930] ou de Fujimori [l’ancien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Un long travail d’écoute de ses concitoyennes noires a permis à l’écrivaine de rendre compte, dans « Mille petits riens », du racisme institutionnel aux Etats-Unis.
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La romancière Jodi Picoult se met à la place d’une Afro-Américaine

Un long travail d’écoute de ses concitoyennes noires a permis à l’écrivaine de rendre compte, dans « Mille petits riens », du racisme institutionnel aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 09h00
    |

                            Gladys Marivat (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            
Mille petits riens (Small Great Things), de Jodi Picoult, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie Chabin, Actes Sud, 592 p., 23,50 €.

Quand la romancière américaine Jodi Picoult achève Mille petits riens, en mars 2016, elle s’attend à des réactions négatives. L’auteure de best-sellers (Le Pacte, Ma vie pour la tienne, Presses de la Cité, 1999, 2006 ; La Tristesse des éléphants, Actes Sud, 2017), née à Long Island en 1966, pense avoir pris un risque en abordant la question du racisme dans l’Amérique d’aujourd’hui. « Des personnes de couleur me reprocheront sans doute d’avoir choisi un sujet qui ne m’appartient pas. Des Blancs me reprocheront de les accuser de racisme », anticipe-t-elle dans la postface. Mais ce sera pire.
« Mon roman est paru un mois avant l’élection de Donald Trump [novembre 2016], qui avait construit sa campagne sur la division et la haine, explique-t-elle au “Monde des livres”. J’ai reçu des commentaires dont la fréquence et la violence m’ont surprise. La plupart venaient de lecteurs blancs. Certains m’accusaient de “trahir ma race”. » La possibilité d’une pareille critique ne l’avait pas effleurée. Ce qui l’a longtemps empêchée d’écrire sur le racisme est la question de sa légitimité.

En 1996, Picoult s’y essaye une première fois, après avoir lu l’histoire d’un policier noir que des collègues avaient tué par erreur lors d’une intervention. « Je voulais parler de l’injustice vécue par les Afro-Américains dans mon pays, mais tout sonnait faux. Avais-je le droit de raconter cette histoire ? Il m’a paru plus simple de ne pas le faire plutôt que d’essayer de comprendre pourquoi je n’y arrivais pas. »
Raconter l’histoire selon trois points
Le sujet la rattrape à l’occasion d’un autre épisode. En 2013, à Flint (Michigan), un hôpital interdit à une infirmière afro-américaine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Après avoir été plébiscité dans les années 1970-1980, ce courant protéiforme a connu une éclipse sur le marché de l’art. Ses figures de proue, comme Gustave Moreau, voient désormais leur cote s’envoller.
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Le retour en grâce du symbolisme

Après avoir été plébiscité dans les années 1970-1980, ce courant protéiforme a connu une éclipse sur le marché de l’art. Ses figures de proue, comme Gustave Moreau, voient désormais leur cote s’envoller.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 18h46
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Le symbolisme est dans l’air du temps. On le retrouve, version balte, au Musée d’Orsay, à Paris, jusqu’au 15 juillet. La Maison Caillebotte, à Yerres (Essonne), expose quant à elle jusqu’au 29 juillet une superbe collection privée sertie de pépites du genre. Surfant sur ce regain d’intérêt, Christie’s propose à la vente, le 20 juin, une trentaine d’œuvres symbolistes.

Difficile de définir ce courant protéiforme qui s’est propagé dans toute l’Europe à la fin du XIXe siècle. Certains artistes n’ont été symbolistes qu’un temps, à l’instar de Frantisek Kupka (1871-1957), qui s’est intéressé à l’occultisme et au spiritisme avant de dévier vers l’abstraction. D’autres, comme Gustave Moreau (1826-1898), y sont de plain-pied. « Il y a autant de symbolismes que d’artistes, résume Lucile Audouy, fondatrice de la galerie Elstir, à Paris. Mais tous veulent explorer les tréfonds de l’âme, poétiser la vie, échapper au réel, à la civilisation industrielle, au monde bourgeois étriqué. » Schématiquement, le symbolisme se ramifie en deux branches. L’un privilégie les atmosphères ouatées, les paysages idylliques et les femmes idéalisées. L’autre versant, plus noir et vénéneux, est jalonné d’hallucinations, de chimères, de sphinges et autres femmes fatales.
Visions douloureuses
Après avoir été plébiscité dans les années 1970-1980, le mouvement a connu une éclipse aux enchères. Avant de se rappeler depuis peu à notre bon souvenir. « On a compris qu’une lecture chronologique et essentiellement formelle de l’histoire de l’art, qui conduirait directement de Delacroix aux impressionnistes, était invalide, explique Rodolphe Rapetti, commissaire de l’exposition « Ames sauvages. Le symboliste dans les pays baltes » à Orsay. Les visions douloureuses parlent plus aujourd’hui que les paysages hédonistes des impressionnistes. »

D’autres raisons, plus pragmatiques, expliquent cette résurgence. « On trouve...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale » vous propose un choix d’émissions ou de podcasts à voir ou écouter en différé.
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Boulot, pavés, fiasco : nos choix de podcasts et de replays

Chaque samedi, « La Matinale » vous propose un choix d’émissions ou de podcasts à voir ou écouter en différé.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 06h28
   





                        



   


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, la politique – ses grandeurs et ses bassesses – est au cœur de notre liste de replays et podcasts.
De la défaite en politique

   


La société française a du mal à accepter la défaite et ses responsables politiques ne font pas exception. Il semble que parler d’un échec électoral, même de longues années après, soit un exercice trop douloureux pour beaucoup de nos représentants.
Grégory Magne, auteur de ce documentaire instructif, a dû batailler pour faire venir, face caméra, des femmes et des hommes politiques qui acceptent d’évoquer ces moments où ils ont été battus. Sur la soixantaine de personnalités contactées, seules un quart d’entre elles ont accepté. Ces témoignages, souvent émouvants, confirment cette difficulté française à accepter une défaite. Et comme le résume l’ancienne maire de Strasbourg Catherine Trautmann : « Un échec, c’est un passage. Il faut savoir le réussir. » Alain Constant
« Jours de défaite, perdre en politique », de Grégory Magne (France, 2018, 50 min). Sur France.tv.
Sauvage vie de bureau

   


Le capitalisme est décidément très pervers. Cet épatant numéro de l’émission « Du Grain à moudre » consacré à la vie de bureau vaut ses quarante minutes d’écoute. Du calvaire du stagiaire au droit à la déconnexion en passant par le retour du travail à la tâche, la théâtralité de l’open space, la fausse coolitude de la vie en start-up ou les techniques de SEA (signe extérieur d’activité), on en apprend de belles sur le quotidien au travail au XXIe siècle.
Interrogés par Hervé Gardette, les trois invités − Mathilde Ramadier, Nicolas Santolaria et Sandrine Foulon − fourmillent d’anecdotes à peine croyables (et pourtant vraies), d’expériences parfois traumatisantes et d’humour. Allez, courage, au boulot… A. Ct
« Du Grain à moudre » : « On ne serait pas mieux au bureau ? » Sur Franceculture.fr.
Mai-68 de l’autre côté des barricades

   


Cinquante ans après les événements de Mai-68, la parole est donnée aux oubliés de ces journées qui ébranlèrent la France.
Dans le documentaire de François Pomès diffusé sur la chaîne Toute l’Histoire, la multiplicité des points de vue (policiers, pompiers, historiens, photojournalistes, meneurs du mouvement étudiant tel Alain Geismar) permet d’élargir les problématiques. Ne se cantonnant pas aux seules rues du Quartier latin, le documentaire aborde la question des affiches représentant la brutalité policière à Toulouse et à Lyon. Il rappelle aussi que l’histoire de Mai-68 se décline au masculin.
Dans celui qui a été diffusé sur France 3, David Korn-Brzoza, s’appuyant sur des archives filmiques en couleurs souvent inédites, se concentre sur les témoignages d’anciens CRS, de gendarmes mobiles, de commissaires et de policiers infiltrés. Antoine Flandrin
« Mai-68, dans l’œil de la police », de François Omès (France, 2018, 55 min). Sur Toute l’Histoire.
« 68 : sous les pavés… les flics », de David Korn-Brzoza et Laurent Chabrun (France, 2018, 100 min). Sur France.tv à la demande.
RTL au cœur des affrontements de Mai-68

   


Il y a cinquante ans, dans les rues enflammées du Quartier latin, les radioreporters de RTL étaient (en compagnie de leurs rivaux d’Europe 1), en première ligne. Dans un pays où la télé n’avait pas encore supplanté le transistor, les reportages saisis sur le vif par ses journalistes ont marqué les esprits.
Pendant vingt-quatre heures, la première radio de France a décidé de diffuser ses meilleures archives sonores de l’époque. Au menu : des pavés qui volent, des reporters qui s’invitent chez des particuliers pour faire passer des messages d’aide aux blessés, des mises en contact entre syndicalistes et dirigeants d’université. Mise en onde par Laurent Marsick avec les archives de la station, cette radio éphémère ressemble à un feuilleton haletant. A. Ct 
« RTL Radio 68 » à réécouter sur RTL.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Lors du festival qui se tient à Lille, Reed Hastings a précisé sa stratégie de développement. Il est également revenu sur son différend avec le Festival de Cannes.
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Le patron de Netflix défend sa stratégie à Séries Mania

Lors du festival qui se tient à Lille, Reed Hastings a précisé sa stratégie de développement. Il est également revenu sur son différend avec le Festival de Cannes.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 01h38
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 02h17
    |

                            Martine Delahaye








                        


Reed Hastings, fondateur et patron de Netflix, a de nouveau clairement défini le champ d’action de sa plateforme, jeudi 3 mai, lors de la journée « Dialogues Transatlantiques de Lille » organisée dans le cadre du festival Séries Mania.
Lors de cette journée qui réunissait les principaux acteurs de l’audiovisuel, dont les PDG de France Télévisions, de TF1 et d’Orange, Reed Hastings a indiqué qu’en 2018, Netflix dépenserait un milliard d’euros dans la création originale européenne, et plus encore en 2019, en fonction de l’augmentation des souscriptions à la plateforme. Deux séries européennes, The End of the F****** World et La Casa de papel, ont d’ailleurs figuré parmi les shows les plus populaires au niveau mondial, ce dernier trimestre, équivalant le visionnage des blockbusters de la plate-forme.
Comprendre les cultures
Se voulant résolument œcuménique, Reed Hasting estime que Netflix, en investissant un peu partout et en diffusant ces productions nationales à l’ensemble du monde, participe à un approfondissement global de la connaissance des uns et des autres et à une meilleure compréhension entre les cultures. Tout en ajoutant que c’est cette audience globale qui permet à Netflix d’investir et de créer de grandes productions dans des pays qui, seuls, n’en auraient jamais eu les moyens.
Mais Netflix n’est pas seul dans ce domaine, a-t-il insisté : qu’il s’agisse des GAFA ou des circuits traditionnels, tout le monde, aujourd’hui, investit très largement dans la création sérielle. Et il ne s’agit en rien d’une bulle : cela tient tout simplement aux gigantesques et innombrables nouvelles voies qu’offre la révolution Internet, qui permet de découvrir tout ce qui se fait ailleurs, sur différents types de supports, et de la manière que l’on souhaite. « Dans la mesure où tout cela rend les gens plus libres de voir ce qu’ils veulent comme ils veulent, c’est un modèle qui devrait être durable, note-t-il. (…) Peu à peu, les gens souscriront à plusieurs plates-formes ou services audiovisuels, de la même manière qu’ils écoutent une diversité de musiciens et lisent différents types de livres. »
Privé de Croisette
Interrogé sur la polémique entre sa plateforme et le festival de Cannes, Reed Hastings a fait montre de tempérance et de sérénité. Rappelons que l’année dernière, la présentation par Netflix de deux films en compétition officielle à Cannes avait engendré un tollé de la part de la profession, la plateforme ne respectant pas la chronologie des médias française, et un débat sur la place à accorder à une plateforme de vidéo par abonnement. Le nouveau règlement du festival, pour 2018, qui impose que tout film en compétition sorte d’abord au cinéma, et seulement trois ans, ensuite, sur une plateforme de vidéo à la demande, a amené Netflix à refuser de présenter tout film sur la Croisette cette année, dans quelque section que ce soit. « Notre plateforme doit suivre les régulations de chaque pays, a commenté Reed Hastings. Nous sommes vus comme des perturbateurs et parfois nous faisons des erreurs. Concernant le festival de Cannes, nous avons créé une controverse plus importante que nous ne le souhaitions. Nous n’avons pas l’intention de perturber le système cinématographique. Tout ce que nous voulons, c’est rendre nos souscripteurs heureux grâce à nos créations. Nous allons maintenant nous focaliser principalement sur les séries, les docu-séries, le stand-up, les émissions pour enfants, toutes productions qui permettent de faire de la grande qualité, sans que l’on puisse nous percevoir comme perturbant la production cinématographique. »

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Rumeurs
Assurant que des acheteurs de sa compagnie seront encore au festival de Cannes cette année, Reed Hastings évoque des discussions de bonne foi, malgré tout : « Le festival veut vraiment trouver un modèle qui fonctionne pour eux et pour nous, et cela va finir par arriver. (…) Il n’y a aucun problème tant que nous traitons nos films comme nos séries, en les rendant disponibles à nos souscripteurs sans tenter d’entrer en compétition avec le système de sortie des films au cinéma. » Ce qui l’a amené à contredire la rumeur selon laquelle Netflix serait sur le point d’acheter une chaîne de cinémas aux Etats-Unis : « Tout le monde veut vendre quelque chose à Netflix, désormais. (…) Ne prenez pas ces rumeurs au sérieux », a-t-il ajouté.
Invité à se projeter dans le futur, Reed Hastings évoque tout d’abord les auteurs, qui vivent actuellement un « âge d’or » et qu’il invite à oser faire des erreurs, sachant qu’il est impossible de prévoir si un show rencontrera ou non le succès. Et d’ajouter, concernant sa plateforme : « Nous voulons des créations qui aillent dans tous les sens possibles, c’est comme ça que l’on découvre des pépites. (…) Le futur, pour nous, c’est devenir le grand producteur mondial travaillant avec différentes cultures pour en divulguer les contenus, plutôt que ce soit Hollywood qui produise pour le reste du monde. » Malin qui saura déconstruire ce projet.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le chanteur qui a renoncé aux festivals d’été et vu ses concerts annulés à l’Olympia en raison d’une contestation grandissante se produira au Zénith, à Paris, le 7 juin.
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Bertrand Cantat programmé au Zénith, après l’annulation de ses concerts à l’Olympia

Le chanteur qui a renoncé aux festivals d’été et vu ses concerts annulés à l’Olympia en raison d’une contestation grandissante se produira au Zénith, à Paris, le 7 juin.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 22h49
   





                        



   


Bertrand Cantat, qui a renoncé aux festivals d’été et vu ses concerts annulés à l’Olympia en raison d’une contestation grandissante se produira au Zénith, à Paris, le 7 juin, ont annoncé vendredi 4 mai le chanteur et la salle de concerts.
« Suite à l’annulation par l’Olympia des concerts prévus les 29 et 30 mai 2018, un concert est programmé le jeudi 7 juin 2018 au Zénith de Paris », lit-on sur la page Facebook du musicien, dont les concerts déchaînent les passions, quinze ans après la mort, sous ses coups, de Marie Trintignant. Le Zénith a annoncé sur Twitter la mise en vente de billets dès samedi.
Mercredi, l’Olympia avait fait état de « risques sérieux de trouble à l’ordre public » pour annuler ses deux concerts, à la satisfaction de militantes féministes qui avaient appelé à un rassemblement le 30 mai devant la salle parisienne.

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Protestations
Quinze ans après qu’il a tué sa compagne, l’actrice Marie Trintignant, l’ancien leadeur de Noir Désir, qui a été condamné à huit ans de prison et a purgé sa peine, a vu ces dernières semaines la pression s’intensifier autour de sa tournée.
Face à la colère des défenseurs des droits des femmes, le chanteur de 54 ans avait déjà renoncé aux festivals d’été. Les premiers concerts de sa tournée en solo ont suscité des protestations, certains manifestants estimant qu’il ne devait plus se produire en public.

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A l’inverse, ses défenseurs estiment que lui interdire de remonter sur une scène revient à le condamner à une double peine et qu’au surplus chacun est libre d’assister ou non à ses concerts.

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Le chanteur, icône pop rock des années 1990, a progressivement repris son activité publique à partir de 2010 au sein du groupe Détroit, avant de revenir dans la lumière sous son nom en décembre, avec Amor Fati.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Seize comédiennes noires et métisses qui monteront les marches à Cannes ont épinglé dans un livre les clichés, plaisanteries douteuses, voire carrément racistes, entendus dans l’exercice de leur métier.
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« Noire n’est pas mon métier » : des actrices dénoncent un racisme latent du cinéma français

Seize comédiennes noires et métisses qui monteront les marches à Cannes ont épinglé dans un livre les clichés, plaisanteries douteuses, voire carrément racistes, entendus dans l’exercice de leur métier.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 18h40
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 06h31
   





                        


Noire n’est pas mon métier. Seize actrices noires et métisses qui monteront les marches à Cannes le 16 mai ont épinglé dans un livre (paru cette semaine aux Editions du Seuil, 128 pages, 17 euros), les clichés, plaisanteries douteuses, voire carrément racistes, qu’elles ont entendus dans l’exercice de leur métier en France.
« Heureusement que vous avez les traits fins », « vous parlez africain ? », « trop noire pour [jouer] une métisse », « pas assez africaine pour une Africaine », telles sont les réflexions entendues par Nadège Beausson-Diagne (Bienvenue chez les Ch’tis, Brillantissime), une des comédiennes livrant son témoignage. Dans ce recueil témoignent également l’ex-Miss France Sonia Rolland, la comédienne Eye Haïdara, nommée aux Césars pour son rôle dans Le Sens de la fête, ou encore Assa Sylla, révélée dans Bande de filles avec Karidja Touré.
« L’imaginaire des productions françaises est encore empreint de clichés hérités d’un autre temps », explique l’actrice Aïssa Maïga (Il a déjà tes yeux), à l’initiative du livre. « Les choses évoluent mais tellement lentement », affirme-t-elle, dénonçant une « sclérose ». « Le sursaut que j’attends pour une représentation plus juste n’ayant pas lieu, j’ai besoin de m’exprimer. »
« Notre présence dans les films français est encore trop souvent due à la nécessité incontournable ou anecdotique d’avoir un personnage noir », rappelle celle qui s’interroge sur la faible présence d’actrices noires « dans ce pays pourtant métissé qu’est la France ».
Rôles d’infirmières proposés à la pelle
Des rôles d’infirmières proposés à la pelle à Firmine Richard (Huit femmes, La Première Etoile) à ceux d’avocates pour lesquels on ne pense pas à une actrice noire, le livre recense, sans donner de noms, mais avec l’envie de faire bouger les lignes, les réflexions entendues lors de castings, par exemple.
Une mobilisation qui n’aurait probablement pas eu lieu sans le mouvement #metoo et la libération de la parole des femmes qui s’est ensuivie. « J’ai été imprégnée par l’air du temps. La preuve que les choses évoluent est qu’on sort les cadavres du placard », confirme d’ailleurs Aïssa Maïga.
Les seize comédiennes seront à Cannes pour exposer leur démarche et fouler le tapis rouge. « C’est important d’y être pour interpeller le public français et les médias étrangers car la France est un pays regardé », poursuit l’actrice.
La question de la représentation des Noirs au cinéma devrait aussi s’inviter sur la Croisette lors de la master class le 10 mai de Ryan Coogler, le réalisateur de Black Panther, premier film de super-héros Marvel noir qui multiplie les records au box-office, dépassant d’ores et déjà Titanic.
« Il n’y a pas tant de films que ça sur la présence de l’homme noir dans les images du cinéma américain, mais il y a eu celui-là. C’est un film pierre de touche », avait estimé Thierry Frémaux, le délégué général en annonçant la sélection cannoise à la mi-avril.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Né au Cameroun, élevé à la Courneuve (Seine-Saint-Denis), le chanteur sort son premier album.
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Dinos, rappeur mélancolique

Né au Cameroun, élevé à la Courneuve (Seine-Saint-Denis), le chanteur sort son premier album.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 18h15
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 05h05
    |

                            Stéphanie Binet








                        



                                


                            

Dinos donne rendez-vous en bas de la barre Robespierre, à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis. Un des derniers immeubles encore debout de la Cité des 4 000, ce grand ensemble qui, pendant longtemps, a fait honte à la France et a été progressivement réhabilité jusqu’à aujourd’hui. C’est ici que le rappeur, de son vrai nom Jules Jomby, a grandi dès son arrivée du Cameroun, à l’âge de 4 ans. C’est là aussi qu’il a tenu à réaliser la pochette de son premier album, Imany.
Assis sur un muret sous le hall balayé par le vent, le grand gaillard explique : « J’habitais en face, ça traînait un peu ici mais en fait tout a été détruit. Ils ont mis un coup de peinture pour le Grand Paris. C’est mieux en termes de qualité de vie mais sinon c’est du pareil au même : les clients viennent toujours acheter leurs drogues ici, les écoles sont toujours classées REP [réseau d’éducation prioritaire]… » Dans la cour de la maternelle voisine, les enfants jouent. La sonnerie de fin de récréation retentit. La complainte du rappeur s’arrêtera là. Blouson en cuir sur le dos, Dinos propose son aide à une dame qui peine à ouvrir la porte avec ses deux paquets d’eau minérale.

Ses raps n’ont rien à voir avec la monotonie du top album, entre le Tant pis du roi de la pop urbaine Maître Gims, et le gangsta rap ­Mamacita de Ninho. Les dix-sept morceaux d’Imany redonnent foi en un rap français à la verve littéraire, dans la lignée d’Oxmo ­Puccino. On y trouve aussi la technicité du flow des rappeurs de X-Men, et une écriture fragmentaire qui rappelle les dialogues du cinéma de Quentin Tarantino. Le tout en gardant la fraîcheur de son époque, avec des compositions aérées comme « Beuh et Liqueurs » (en duo avec Joke, qui se fait désormais appeler Ateyaba), le très mélancolique « Les Pleurs du mal » ou le plus coloré « Havana & Malibu », futur tube de l’été.
« Helsinki » métaphore de la fin d’un amour
Dinos...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le groupe de médias français a perdu la majorité au conseil d’administration de l’opérateur télécoms italien aux dépens du fonds spéculatif américain Elliott. Un nouveau coup dur pour Vincent Bolloré.
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Vivendi voit le contrôle de Telecom Italia lui échapper

Le groupe de médias français a perdu la majorité au conseil d’administration de l’opérateur télécoms italien aux dépens du fonds spéculatif américain Elliott. Un nouveau coup dur pour Vincent Bolloré.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 18h09
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 06h52
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


La campagne d’Italie s’est transformée en défaite en rase campagne pour Vincent Bolloré et Vivendi, dont il est premier actionnaire. Le groupe de médias français a perdu, vendredi 4 mai, la majorité au conseil d’administration de Telecom Italia (TIM), dont il possède 24 % du capital. A l’issue d’une assemblée générale exceptionnelle des actionnaires, le fonds spéculatif américain Elliott, avec 9 % du capital, a fait élire 10 des 15 administrateurs, l’emportant avec 49,84 % des voix contre 47,18 % en faveur de Vivendi.

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Choisis par Elliott, dix administrateurs italiens indépendants – parmi lesquels Luigi Gubitosi, administrateur d’Alitalia, et Fulvio Conti, ex-directeur général d’Enel – font leur entrée au conseil, tandis que Vivendi conserve cinq représentants. Ainsi, Amos Genish, qui est également le patron de TIM, et Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi continuent de siéger au conseil. En revanche, le groupe de médias a dû renoncer à d’autres candidats de poids, à commencer par Franco Bernabe , ex-administrateur délégué de TIM, Frédéric Crépin, secrétaire général de Vivendi, et Stéphane Roussel, le directeur général chargé des opérations, pour ne conserver que trois autres administrateurs indépendants.
Campagne de déstabilisation
« Elliott accueille positivement le pas effectué par Telecom Italia en matière de gouvernance », a expliqué le fonds, qui a fondé toute sa campagne de déstabilisation de Vivendi sur le fait que le groupe de médias français favorisait davantage ses intérêts que ceux de l’ensemble des actionnaires. De son côté, Vivendi a averti qu’il s’assurerait que les administrateurs d’Elliott veillent au respect du plan stratégique conduit par Amos Genish et évitent « le démantèlement ».

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Si Elliott dit « soutenir entièrement Amos Genish et son management, et être aligné sur son plan », des dissensions pourraient rapidement apparaître. Au coeur des interrogations, l’avenir d’Amos Genish. Avant le vote, le dirigeant isarélien avait clairement pris par parti pour Vivendi, expliquant que la situation deviendrait « intenable » si jamais le groupe de médias français était évincé.
La première confrontation entre Vivendi et les nouveaux administrateurs choisis par Elliott aura lieu lundi à l’occasion de la nomination par le conseil d’administration de son président et « l’amministratore delegato » (équivalent du directeur général). Selon Il Sole24Ore, Il pourrait s’agir Fulvio Conti, ancien patron d’Enel jusqu’en 2014 et choisi par Elliott. Amos Genish est censé conserver son poste de directeur général.
Mais le premier test entre les parties interviendra au moment où l’avenir du réseau Internet de TIM sera mis sur la table. Elliott, qui s’était montré discret juste avant l’assemblée générale, a levé le voile sur ses désirs. Dans un communiqué, il a appelé le nouveau conseil à réexaminer les orientations qu’il avait proposées, et a invité les administrateurs à étudier « les alternatives stratégiques sur Netco [le réseau Internet de TIM logé dans une filiale ] ». Le fonds souhaitait céder 51% d’un actif qu’il évalue à 15 milliards d’euros afin de désendetter l’entreprise.
De son côté, Amos Genish a toujours dit qu’il était hors de question de s’en séparer. Dernièrement, il avait mis de l’eau dans son vin, se disant ouvert à l’entrée d’actionnaires minoritaires.
Une chose est sûre, ce projet porté par Elliott converge avec les intentions du gouvernement. Ce dernier pourrait saisir l’occasion pour fusionner le réseau de TIM et Open Fiber, le réseau de fibre concurrent lancé au printemps 2016 sous la houlette de l’ancien président du conseil Matteo Renzi.

   


Open Fiber compte à son capital Enel et la Cassa Depositi e Prestiti (CDP), la Caisse des dépots italienne. Cette dernière a d’ailleurs été un soutien de poids dans le bras de fer entre Vivendi et Elliott. Elle avait récemment racheté 4,8 % de Telecom Italia, afin d’avoir son mot à dire au moment de l’Assemblée générale. Son vote a d’ailleurs permis au « hedge fund » de l’emporter. « Ce n’est pas une victoire conduite par le marché. La CDP contrôlée par le gouvernement a fait la différence en votant pour un fonds, au lieu d’un actionnaire industriel sur le long terme », s’est d’ailleurs ému Vivendi.
Si Vivendi en est arrivé là, c’est aussi parce que le groupe de médias n’a pas su décourager Matteo Renzi de faire émerger un réseau concurrent au sien. Ce qui a eu pour effet de faire chuter le cours de Bourse. Pourquoi cette initiative ? Certains critiquaient la faiblesse des investissements de TIM dans la fibre. Selon d’autres, l’ex-chef du gouvernement souhaitait mettre des batons dans les roues des Français, qui avaient pris le pouvoir chez Telecom Italia quelques mois plus tôt, hérissant les pouvoirs publics.
Chez Vivendi, on préfère rappeler les mauvaises relations qu’entretenaient les dirigeants de TIM avec le gouvernement. Une chose est sûre, perdre le contrôle de la filiale dédiée au réseau est une mauvaise nouvelle pour Telecom Italia. Coincée avec la Cassa depositi e prestiti, Enel ou d’autres actionnaires, l’opérateur, qui supporterait une dette encore importante, n’aura plus la maîtrise des investissements de cette filiale. Poussée par le gouvernement, la nouvelle structure pourrait décider de mettre les bouchées doubles dans la fibre pour couvrir le plus vite possible le territoire.
Seule consolation pour Vincent Bolloré, depuis l’arrivée d’Elliott au capital de Telecom Italia en mars dernier, le cours de Bourse a fait un bond de 30%. Depuis fin décembre, la moins value latente de son investissement dans Telecom Italia est ainsi passé de 1,3 milliard fin 2017 à 800 millions d’euros.
Pour Vincent Bolloré, la défaite est d’autant plus cruelle qu’il est toujours en conflit avec les Berlusconi autour de Mediaset, où il a dû geler 19,2% des 28,8% de participation. Celui dont il voulait faire un partenaire dans la télévision payante le traîne désormais devant les tribunaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ A écouter cette semaine : Un concerto pour violon hybride, le concert anniversaire des 30 ans de l’ONJ, un vague à l’âme pop aérien …
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Sélection albums : John Adams, Orchestre National de Jazz, Cascadeur…

A écouter cette semaine : Un concerto pour violon hybride, le concert anniversaire des 30 ans de l’ONJ, un vague à l’âme pop aérien …



Le Monde
 |    04.05.2018 à 17h53
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 17h54
   





                        


John Adams Concerto pour violon Leila Josefowicz (violon), St. Louis Symphony, David Robertson (direction)

   


Un quart de siècle après sa conception (1993), le Concerto pour violon de John Adams apparaît toujours comme une œuvre majeure, non seulement du compositeur (cet Américain, né en 1947, qui va de l’avant sans penser « moderne ») mais aussi d’une époque vouée à l’hybridation des sources. D’essence bergienne, le premier mouvement procède d’un filage aussi sophistiqué dans son processus de métamorphose que naturel dans son abord immédiat. Frémissante et sombre, la Chaconne centrale finit dans un mirage extatique avec des sonorités presque vocales (synthétiseurs). Quant au dernier mouvement, il se propage telle une vague appelée à déborder du cadre tant formel (toccata) qu’esthétique (accents de folk et de jazz). Le tissage orchestre-soliste est de toute beauté : instinctive et rigoureuse, Leila Josefowicz y évolue comme une araignée dans sa toile. Pierre Gervasoni
1 CD Nonesuch.
Anton Bruckner Symphonie n° 7 en mi majeur, de Bruckner. Marche funèbre de Siegfried, extrait du Crépuscule des dieux, de Wagner. Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, Andris Nelsons (direction)

   


Enregistré en mars, ce concert donné par Andris Nelsons à la tête de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, dont il vient de prendre les rênes, témoigne d’une incroyable osmose entre le jeune « Kapellmeister » et la prestigieuse phalange allemande qui fête cette année ses 275 ans. Avec Wagner et surtout Bruckner, Nelsons joue évidemment sur du velours tant l’ADN des musiciens allemands, créateurs de cette septième symphonie en 1884 sous la baguette fondatrice d’Arthur Nikisch, est resté vivace. Mais c’est bien le Letton qui sculpte ces formes aux contours juvéniles et raffinés, lui qui distille ce lyrisme sensuel et poignant, ces couleurs mouvantes, ces dynamiques puissantes, lui qui chante aussi, éperdument, et donne à la musique une éloquence profonde sans spectaculaire ni grandiloquence. Son Bruckner est à la fois poète, nocturne, visionnaire et lumineux. Délestée de la scène et du drame, la Marche funèbre de Siegfried avance telle une procession mystique qui parle de perte et de renoncement, une acception sans doute plus brucknérienne que wagnérienne. Marie-Aude Roux
1 CD Deutsche Grammophon/Universal
Orchestre national de jazz Concert anniversaire 30 ans

   


Le 2 septembre 2016, à La Cité de la musique de Paris, l’Orchestre national de jazz (ONJ) fêtait ses 30 ans d’existence lors d’un concert réunissant ses dix chefs, de François Jeanneau, premier nommé, en 1986, à Olivier Benoît, son actuel titulaire. Une composition par chef, issue du répertoire de l’ONJ qu’ils ont dirigé, un orchestre commun, celui d’Olivier Benoît (faire revenir chaque formation aurait été compliqué) qui, remarquablement, avec des arrangements adaptés et des solistes différents, retrouve les sons, les couleurs, l’identité de chaque formation. Enregistrée et filmée, cette soirée anniversaire résume une histoire toujours en mouvement. Un livret accompagne cette parution, avec témoignages des chefs, discographie et photographies de la soirée. Laquelle enthousiasme le plus par les interprétations d’A plus tard de Denis Badault, In Tempo de Laurent Cugny, Out Of de Didier Levallet, Valse de Franck Tortiller et Shipbuilding (musique de Clive Langer, paroles d’Elvis Costello), thème choisi par Daniel Yvinec, que chantait ce soir-là Yael Naim. Sylvain Siclier
1 CD et 1 DVD ONJ Records/L’Autre Distribution.
Jun miyake Lost Memory Theatre – Act3

   


Jun Miyake cultive l’hybridation et l’élève au rang de grand art. Cet album, comme ses précédents, foisonne de couleurs, d’ambiances, de suggestions et d’allusions. Il a l’excentricité du rêve. Les filtres de la raison n’y ont pas prise, tout se mélange, personnages, époques, sensations. Toujours très entouré d’amis bien attentionnés (Arto Lindsay, Vincent Segal, Vinicius Cantuaria, Lisa Papineau, Dhafer Youssef, Melvin Gibbs…), le multi-instrumentiste (piano, trompettes, samples, programmations) et compositeur japonais clôt sa trilogie consacrée à ce qui ressemblerait pour lui à un « théâtre de la mémoire perdue ». Piano et voix diaphanes, cordes romantiques, bribes de conversations, chœur bulgare, miroitements orientaux et sensualité brésilienne tissent la partition d’un savoureux voyage immersif dans un monde singulier. Patrick Labesse
1 CD Enja Yellow Bird/L’Autre Distribution.
Cascadeur Camera

   


Sous son casque blanc à étoile rouge de pilote de MiG ou derrière un masque de catcheur mexicain, le pianiste messin Alexandre Longo a façonné le personnage de Cascadeur, mystérieux rêveur dédaignant les courses à tombeau ouvert au profit de blues en apesanteur. Si les deux premiers albums, The Human Octopus (2011) et Ghost Surfer (2014), pouvaient séduire par la cohérence de leur univers et une façon de théâtraliser un vague à l’âme aérien, les chansons étaient souvent trop vaporeuses pour imprégner réellement. Dans Camera, son troisième opus, le troubadour interstellaire, lointain cousin du Bowie de Space Oddity, enrichit ses volutes d’un nombre impressionnant de mélodies et gimmick accrocheurs, donnant une très attrayante efficacité pop à son répertoire éthéré. Malgré un chant anglophone encore trop impersonnel et des grésillements maniérés, qui parcourent l’album comme s’il s’agissait d’un disque usé. Stéphane Davet
1 CD Mercury/Universal.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Notre choix du soir. Rachid Bouchareb porte un regard intimiste sur le périple d’une femme à la recherche de sa fille partie en Syrie (sur Arte à 20 h 55).
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TV - « La Route d’Istanbul » : chemins de guerre

Notre choix du soir. Rachid Bouchareb porte un regard intimiste sur le périple d’une femme à la recherche de sa fille partie en Syrie (sur Arte à 20 h 55).



Le Monde
 |    04.05.2018 à 17h45
    |

            Véronique Cauhapé








                        


Téléfilm sur Arte à 20 h 55


La Route d'Istanbul | Un film de Rachid BOUCHAREB from 3B/Tessalit on Vimeo.

La maison isolée sur le bord du lac saisie en plongée panoramique, dès les premières minutes du film, ne laisse aucun doute sur la nature de ce qui va advenir : de cet endroit paisible, aux contours obscurs, va surgir l’effroi. Reste à attendre que l’histoire nous mène à ce point de basculement, au drame qu’annoncent la mise en scène, le décor et ses ombres.
L’histoire, justement, quelle est-elle ? Celle d’Elisabeth (Astrid Whettnall), infirmière à domicile, et de sa fille, Elodie (Pauline Burlet), 18 ans, qu’elle a élevée seule dans cet endroit de la campagne belge, loin de la ville et de ses tumultes. La relation entre les deux femmes ne laisse deviner aucun conflit. Il n’y en a d’ailleurs pas. Le jour où Elodie dit à sa mère qu’elle va passer le week-end chez une amie pour réviser, Elisabeth ne s’y oppose pas, se livre à quelques recommandations d’usage, par habitude, elle a confiance.
Elodie, pourtant, ne reviendra pas. Elisabeth apprend d’abord, par l’une de ses amies, que sa fille s’est rendue à Chypre, en compagnie d’un garçon. Puis, par la police, qu’elle s’est convertie à l’islam sous le nom d’Oum Sana, a pris un billet d’avion à destination d’une ville frontière turque… probablement pour rejoindre la Syrie.
« Solitude absolue »
C’est l’image, vue à la télévision, d’une mère qui avait essayé de passer en Syrie pour retrouver sa fille qui a donné à Rachid Bouchareb l’envie de faire ce film. Et qui, du même coup, en a déterminé le périmètre. La Route d’Istanbul ne déborde jamais du cadre de l’intime, de la quête de son personnage central, vaillant et déterminé, en proie aussi aux doutes, aux interrogations, à la culpabilité.
Petite soldate qui part en guerre tête baissée, sans crainte des militaires qui lui barrent la route à Rakka, en Syrie, ni reproches envers sa fille qu’elle ne reconnaît plus, cette femme ordinaire – et mère universelle – se charge progressivement d’une dimension héroïque. Filmée en plan large dans les paysages arides de la frontière turco-syrienne, sa fine silhouette qui avance sur les sentiers, tremblante comme un mirage, dit mieux que tout autre artifice son peu de poids dans le désastre qui l’entoure.

   


Ecrit – avant les attentats du 13 novembre 2015 – par Yasmina Khadra, Olivier Lorelle, Zoé Galeron et Rachid Bouchareb, le scénario, dégagé du superflu et de toute rhétorique explicative, tient le fil tendu.
Un fil sur lequel l’actrice belge Astrid Whettnall a su se tenir en équilibre, telle une funambule, l’esprit guidant le corps, et les sentiments l’action. L’émotion, dans La Route d’Istanbul, ne naît pas tant des mots que de la force physique dont fait preuve le personnage d’Elisabeth dans ce périple où, par la volonté du réalisateur, nous n’avons pas d’autre choix que de la suivre.
« Ce film parle seulement du chemin accompli par une femme prête à tout pour sauver sa fille et rétablir le contact avec elle, confie Rachid Bouchareb au magazine d’Arte. Il décrit aussi sa solitude absolue. » En nous rendant témoins, sans échappatoire, de cette solitude, le cinéaste finit par nous en faire les compagnons admiratifs et émus.
La Route d’Istanbul, de Rachid Bouchareb. Avec Astrid Whettnall, Pauline Burlet, Patricia Ide, Abel Jafri (Fr.-Bel.-Alg., 2016, 90 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Quelques femmes magiciennes s’attaquent à ce milieu très masculin.
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Trop de mâles parmi les mages

Quelques femmes magiciennes s’attaquent à ce milieu très masculin.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 11h40
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Le magicien n’est pas une magicienne. Alors que l’illusionnisme et le men­talisme font grimper aux rideaux les spectateurs de tous bords, au cabaret, au théâtre et devant les écrans, les femmes restent en minorité dans ce milieu. « La magicienne est ­histo­riquement plus proche de la ­sorcière ou de la diseuse de bonne aventure », commente Thierry Collet, mentaliste et figure de la scène du spectacle ­vivant depuis le milieu des années 1990. « Elle est aussi devenue l’assistante-potiche et l’appât glamour du prestidigitateur ou encore celle que l’on enferme et coupe en deux. Mais heureusement, Harry Potter est arrivé, et avec lui Hermione Granger, une sorcière moderne, jolie, cultivée et intello ! »

Mille mercis Harry, la magicienne peut enfin sortir sa ­baguette de son cartable ! Mais le combat ne fait que commencer. Près de trois cents magiciens professionnels sont actuellement répertoriés à la Fédération française des artistes prestidigitateurs. Et seulement une petite vingtaine de femmes en tout et pour tout, selon Raphaël Navarro, metteur en scène, copilote avec Clément Debailleul, Yann Frisch, Valentine Losseau et Etienne Saglio du nouveau festival Magie nouvelle au Théâtre du Rond-Point, à Paris.
« Il y a tout de même de plus en plus de filles qui suivent la formation que je propose depuis 2006 au Centre national des arts du cirque à Châlons-en-Champagne, précise-t-il. Il n’y en avait qu’une il y a douze ans. Elles sont neuf sur un groupe de quinze cette année. C’est une profession où le stéréotype du genre reste très fort.Le modèle de l’assistante perdure dans les mentalités de la même manière que c’est le boulanger qui fait le pain et la boulangère qui encaisse ou que la sage-femme n’est pas un homme. »
Dans les boîtes à double fond
Difficile de faire voler en éclats le cliché de l’illusionniste servi au doigt et au clin d’œil par une petite main féminine faire-valoir. « Le stéréotype de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ L’ex leader de Supergrass sonde les archives de la Toile, à l’occasion de la sortie d’un troisième album solo ambitieux, « World’s Strongest Man ».
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La YouTubothèque de Gaz Coombes

L’ex leader de Supergrass sonde les archives de la Toile, à l’occasion de la sortie d’un troisième album solo ambitieux, « World’s Strongest Man ».



Le Monde
 |    04.05.2018 à 17h01
    |

            Franck Colombani








                        



   


La série « YouTubothèque » invite des artistes à choisir leurs œuvres favorites sur la plateforme de vidéos en ligne YouTube. Une carte blanche permettant de s’ouvrir à leurs différentes influences, qu’elles soient musicales, cinématographiques, littéraires, voire au-delà de la sphère culturelle.

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De l’ex Blur Damon Albarn aux frères Ghallagher d’Oasis, en passant par Gruff Rhys des Super Furry Animals, les figures de la vague britpop des années 1990 mènent remarquablement bien leur reconversion en solo. Même constat pour l’ex rocker de Supergrass, Gaz Coombes, dont la carrière en solitaire s’avère passionnante, même s’il ne bénéficie pas tout à fait du succès public de ses camarades. Sur son second album solo Matador (2015), le chanteur aux rouflaquettes s’était brillamment réinventé en multi instrumentiste, explorant une pop sophistiquée mâtinée d’electro, de kraut rock et même de hip hop façon DJ Shadow. Plus ambitieux que jamais, son troisième album, World’s Strongest Man (Hot Fruit), pourrait évoquer Radiohead, en moins cérébral. Car si ce musicien originaire d’Oxford s’est désormais éloigné des guitares électriques, il subsiste de son passé une volonté de ne pas trop se prendre au sérieux, à tourner en dérision certains clichés rock du mâle alpha. Pour preuve, l’album s’inspire de l’essai The Descent of Man du Britannique Grayson Perry, manifeste sur la masculinité aujourd’hui et ses conséquences destructrices sur l’homme. Avec World’s Strongest Man, Gaz Coombes signe son acte d’émancipation définitif.



1. Birotron B90 (music’s rarest instrument)

Gaz Coombes : Je suis tombé sur cette perle il y a quatre ou cinq ans alors que je cherchais à acheter un mellotron pour mon installation en direct. A partir du moment où j’ai regardé cette vidéo, l’idée du Birotron m’a fasciné, ce « grand père » de tous les mellotrons... C’était à l’origine un projet financé par Rick Wakeman (claviériste de Yes) qui n’a jamais vraiment dépassé le stade du prototype. J’adore les sons que cette chose produit, si sombres et si beaux. Un instrument très intrigant... Il faut absolument que je mette la main là-dessus!  
2. Captain Beefheart & Magic Band - Sure ’nuff ’n Yes I do

Un de mes morceaux préférés de Beefheart. L’extrait a été tourné sur une plage de Cannes, autour de 1967 je pense. J’adore la façon dont c’est filmé, il y a tellement d’énergie qui se dégage des angles de la caméra Super 8. Et la performance est si tenue. Cela devait être incroyable que de marcher sur la promenade à Cannes et d’assister à ce concert.
 3. Raising Arizona (Arizona Junior)

Je me souviens avoir regardé Arizona Junior de Joel Cohen pour la première fois quand j’étais adolescent. Il reste encore à ce jour dans le top dix de mes films préférés. Tout, du jeu d’acteur à la bande-son en passant par l’esthétique, est génial dans ce film. Et il y a tant de dialogues et de monologues devenus des classiques, comme dans la scène du dépanneur, ici présente.  4. Patti Smith - Horses (Old Grey Whistle Test 1976)

J’adore cet extrait tiré de l’émission britannique “Old Grey Whistle Test”, qui date de 1976. Patti Smith a une présence incroyable, j’ai toujours aimé ses paroles et sa voix. Je me souviens, quand j’étais dans Supergrass, je voulais sonner comme le groupe de Patti Smith, leur énergie était vraiment une inspiration pour nous. Horses demeure un de mes albums préférés.
5. Is this some kind of joke? - Big Train - BBC comedy

Pour ma génération, dans la période qui correspond à la fin de mon adolescence, “Big Train” fut une grande émission de télévision. Elle n’a pas du tout vieilli. J’ai toujours aimé cette détermination à vouloir mélanger la comédie avec le drame. C’est juste une troupe d’acteurs géniale qui fait des trucs stupides et surréalistes, c’est génial !
Gaz Coombes, World’s Strongest Man (Hot Fruit/ Caroline International)
En concert le 29 Mai à La Maroquinerie, Paris
http://www.gazcoombes.com/




                            


                        

                        


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Sélection livre d’art : Quand les « indigènes » d’Afrique du Nord étaient pittoresques

L’historienne Christine Peltre a composé une anthologie richement illustrée de l’essor du tourisme pendant la période coloniale.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h21
    |

                            Philippe Dagen








                        



   


D’une part, les archives rassemblées par le collectionneur Pierre de Gigord : photographies, cartes postales, affiches, prospectus et dépliants, qui datent de la période coloniale en Afrique du Nord, de la conquête de l’Algérie (1830) à son indépendance (1962), en passant par les protectorats en Tunisie et au Maroc. D’autre part, une anthologie d’articles, romans, livres d’histoire et de géographie, mémoires et guides contemporains de ces images. Entre eux, l’art du montage de l’historienne Christine Peltre, spécialiste de l’orientalisme, qui fait apparaître une unité de ton : celle de la présence coloniale française, sereine, sûre d’elle, de son bon droit et de ses bienfaits. Les « indigènes » sont pittoresques et conformes aux stéréotypes. Deux fonctions principales pour les hommes : chameliers ou cavaliers de fantasia. Et deux pour les femmes : passantes voilées ou prostituées des « quartiers réservés ». Autre intérêt du livre, il montre comment s’organise le tourisme, avec ses thèmes préférés : le soleil, le Sahara et ses oasis, les vestiges de l’Afrique romaine, l’architecture musulmane à Kairouan et Tlemcen. Quelques phrases d’observateurs lucides – André Gide et Louis Bertrand – viennent, en contrepoint de la rhétorique officielle, suggérer que quelques-uns se sont assez vite doutés que l’histoire ne pouvait que mal finir.
Le Voyage en Afrique du Nord. Images et mirages d’un tourisme, de Christine Peltre, Bleu autour, 232 p., 28 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le Centre Pompidou à Paris consacre une rétrospective à ce réalisateur iranien résolument moderne, dont l’envergure égale celle d’Abbas Kiarostami.
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La course de fond d’Amir Naderi

Le Centre Pompidou à Paris consacre une rétrospective à ce réalisateur iranien résolument moderne, dont l’envergure égale celle d’Abbas Kiarostami.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 15h46
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 17h29
    |

                            Mathieu Macheret








                        



                                


                            

La rétrospective que le ­Centre Pompidou consacre jusqu’au 17 juin à Amir Naderi tombe à pic pour élargir notre connaissance du ­cinéma iranien et, plus précisément, du virage moderne qu’il connut à la fin des années 1960 et qu’on rapporte parfois un peu vite à la seule figure d’Abbas ­Kiarostami (1940-2016).
Né en 1945 à Abadan, port pétrolier du sud de l’Iran, Naderi se révèle un cinéaste d’une envergure tout aussi considérable, dont la filmographie est restée en France ­relativement méconnue, en ­dehors d’un chef-d’œuvre, Le Coureur (1985), bouleversant ­portrait d’une enfance à bout de souffle.
Dans ce film, un orphelin errant sillonne les bords du golfe Persique, admire les cargos mouillant dans la baie, rêve d’avions, se lance dans des courses effrénées avec des bandes d’autres petits ­vagabonds. Difficile de ne pas ­reconnaître là, à peine voilée, la biographie de Naderi, orphelin à 5 ans, telle qu’il l’évoque en présentation de la rétrospective :
« J’ai grandi à côté de ces docks, dans l’odeur du pétrole, et les ­bateaux que je voyais ont été ma première source d’inspiration. (…) On croisait ­souvent des marchands étrangers, des marins et des ouvriers du ­pétrole, dont je ­cirais les ­chaussures pour quelques pièces de ­monnaie, destinées à payer des tickets de ­cinéma ou à acheter des magazines avec des photos d’avion. »
En autodidacte, Naderi ­façonne très tôt son rapport à l’image par la pratique de la ­photographie, qui le conduira jusqu’à Téhéran, sur les plateaux de cinéma, où il exerce toutes sortes de métiers (critique, ­scénariste, assistant à la réalisation, etc.). Il tourne ses trois ­premiers films – Au revoir l’ami (1971), L’Impasse (1973) et Tangsir (1973) – dans le système ­cadenassé de la production traditionnelle, dont il ne ­tardera pas à s’évader. Il trouve ensuite refuge au sein de l’Institut pour le ­développement intellectuel des ­enfants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le jeune magicien, clown, jongleur mais aussi conteur et poète, joue son nouveau spectacle, « Le Paradoxe de Georges », au Théâtre du Rond-Point à Paris.
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Le magicien Yann Frisch rebat les cartes

Le jeune magicien, clown, jongleur mais aussi conteur et poète, joue son nouveau spectacle, « Le Paradoxe de Georges », au Théâtre du Rond-Point à Paris.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 15h16
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 06h30
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Yann Frisch est là et bien là, devant vous, pendant plus de deux heures. Et pourtant, il semble apparaître et disparaître, s’échapper, se cacher et ressortir là où on ne l’attend pas, comme les cartes à jouer qu’il manie avec une virtuosité époustouflante dans son spectacle, Le Paradoxe de Georges.
A 28 ans, et une petite poignée de spectacles, il est devenu un des chefs de file de ce que l’on appelle la « magie nouvelle », un mouvement qui, depuis quinze ans, dans la lignée du nouveau cirque, a fait entrer les arts de l’illusion dans le champ de la création contemporaine.
Démasquer le réel comme illusion
Il est magicien, donc, mais aussi clown, conteur, un peu jongleur, manipulateur d’objets. Il est étrange. Ses grands yeux bleus et rêveurs semblent ouverts sur d’autres réalités que celles communément admises. Son jeu de cartes, rapidement sorti de sa sacoche, semble un prolongement de son corps. Il est un inclassable absolu et brillant, comme il en apparaît depuis trente ans sur une planète des arts de la scène en pleine ébullition, à l’image de Johann Le Guillerm, qu’il admire, ou de son ami Sébastien Barrier, le « paroliculteur ».

Pour le dessous des cartes, c’est une autre paire de manches. Le garçon n’est pas très enclin à l’introspection, et à creuser plus que nécessaire les lignes de vie qui l’ont poussé à sortir des chemins tracés par son honorable famille de médecins du Mans, pour partir sur la route des saltimbanques.
Il a commencé le jonglage et la magie à 10 ans, et il n’a pas arrêté. « Je n’ai jamais considéré ces activités comme un hobby. Très jeune, je me suis produit devant le public. A l’école, j’avais beaucoup de moments d’absence, je n’étais pas vraiment là. J’attendais la suite. »
La suite, ce sera l’école de cirque de Lyon, puis celle de Toulouse, le Lido. « Je crois que j’ai eu très vite l’intuition que la magie pouvait servir à montrer à quel point on se fait souvent de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le jeune prodige Yann Frisch présente son nouveau spectacle« Le Paradoxe de Georges » au Rond-Point à Paris du 2 au 30 mai.
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Carré d’as dans un camion-théâtre

Le jeune prodige Yann Frisch présente son nouveau spectacle« Le Paradoxe de Georges » au Rond-Point à Paris du 2 au 30 mai.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 15h06
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Bluffant ! C’est le mot qui est venu à la bouche de nombre de spectateurs, au soir de la première, mercredi 2 mai, au Théâtre du Rond-Point à Paris, du Paradoxe de Georges, le nouveau spectacle du jeune prodige Yann Frisch. Bluffant, oui, brillant, vertigineux, il l’est, ce Paradoxe, mais pas seulement : avec Frisch, la cartomagie devient un art théâtral, celui d’un conteur qui emmène sur les chemins de son art et de sa pratique, une des plus anciennes qui soient, et qui depuis toujours joue le rôle d’intercesseur entre le monde tangible et celui des esprits – ou de l’esprit.
Pour vivre le voyage, il faut entrer dans le camion-théâtre installé dans le jardin du Rond-Point : il a été conçu par le magicien pour pouvoir partir sur toutes les routes du monde, et accueillir une petite centaine de spectateurs. Quand on entre, Yann Frisch est déjà là, dans sa grotte magique, vêtu d’un costume bleu défraîchi qui serait celui d’un M. Loyal légèrement sur le retour.
Et très vite, en compagnie de spectateurs choisis au hasard et conviés sur le plateau, il attaque ses tours de cartes, ses jeux d’apparitions et de disparitions qui donnent le tournis, tant les cartes semblent voyager par une force proprement surnaturelle, se retrouvant dans une pochette de disque ou dans une chaussure, s’évanouissant à nouveau, ressurgissant dans le jeu, formant un carré d’as ou une suite de couleur.
Spectateurs hilares et déstabilisés
Cette virtuosité est évidemment jouissive, mais l’essentiel, pourtant, se joue ailleurs, dans Le Paradoxe de Georges : dans le rapport que Yann Frisch instaure avec les spectateurs – le garçon a aussi du talent pour le stand-up –, à la fois hypnotisés, hilares et déstabilisés. Et dans la pérégrination libre qu’il propose à travers sa discipline, art de divertissement par excellence qui, pourtant, ouvre des abîmes de doute sur le réel – ou ce qui s’est construit comme tel.
Yann Frisch nous emmène ainsi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Documentariste, écrivain, globe-trotter, musicien… Chris Marker, mort en 2012, a eu plusieurs vies, comme les chats, qu’il affectionnait tant. La Cinémathèque française consacre une grande exposition à son œuvre protéiforme.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                
                                       
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Toutes les vies de Chris Marker


                      Documentariste, écrivain, globe-trotter, musicien… Chris Marker, mort en 2012, a eu plusieurs vies, comme les chats, qu’il affectionnait tant. La Cinémathèque française consacre une grande exposition à son œuvre protéiforme.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h59
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                            Roxana Azimi








                              

                        

Chris Marker, auquel la Cinémathèque française rend hommage jusqu’au 29 juillet, n’était pas un habitué du festival de Cannes. La seule récompense qu’y a remportée le cinéaste, décédé en 2012 à l’âge de 91 ans, était le Prix de la critique internationale en 1963 pour le film Le Joli Mai. Mais Marker n’était pas vraiment chez lui à Cannes, tout simplement parce que le monde du cinéma a toujours été trop petit pour lui, qui était à la fois écrivain, éditeur, documentariste, globe-trotter, vidéaste, photographe, musicien, résistant, archiviste, geek passionné de nouveaux médias et de chats. Et qui a toujours été aussi secret que modeste.
Marker à la place de la Sorbonne
Pourtant, le cinéaste Alain Resnais le mettait sur un pied d’égalité avec Léonard de Vinci. Et le poète Henri Michaux exhortait à raser la Sorbonne pour y installer Marker à la place. Co-commissaire de l’exposition à la Cinémathèque, Christine Van Assche le compare même à un autre intellectuel à facettes, l’écrivain Michel Leiris. C’est dire son influence. Du réalisateur Terry Gilliam au street artist Thoma Vuille, alias Monsieur Chat, nombreux sont les créateurs qui le citent ou s’en réclament.

Lire aussi : Sur les pas de Chris Marker, explorateur du siècle
Lorsque les trois commissaires Christine Van Assche, Jean-Michel Frodon et Raymond Bellour commencent à débroussailler les archives léguées à la Cinémathèque après la mort de Chris Marker, ils n’en croient pas leurs yeux. Plus de 30 000 photos, 450 dossiers sur des thèmes divers, allant de Resnais à Obama, de l’informatique à l’Afrique. Sans compter une vingtaine de pseudonymes ! Car l’artiste aimait brouiller les pistes. Peu d’interviews, encore moins de portraits photographiques. Né Christian Bouche-Villeneuve, l’homme cultivait la discrétion. Au point qu’il change souvent de nom, d’abord pour publier, en 1941, La Revue française-Les Cahiers de...



