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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ La Sant Jordi est la fête du livre et de la Rose à Barcelone. L’occasion de rencontrer les écrivains catalans dont les interprétations de la réalité s’affrontent.
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L’indépendance divise les plumes catalanes

La Sant Jordi est la fête du livre et de la Rose à Barcelone. L’occasion de rencontrer les écrivains catalans dont les interprétations de la réalité s’affrontent.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 13h00
    |

            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Alors que les rues de Barcelone sont prises d’assaut par des dizaines de milliers de lecteurs et des centaines d’écrivains à l’occasion de la Sant Jordi, la fête du livre et de la rose, deux manières de voir la réalité catalane se font jour sur les stands des librairies et des maisons d’édition ce 23 avril. La tentative de sécession du mois d’octobre 2017, la mise sous tutelle de la région décrétée par le gouvernement espagnol et les peines de prison préventive prononcées contre les dirigeants indépendantistes ont creusé le fossé entre les auteurs catalans favorables à la sécession et les « constitutionnalistes », qui s’y opposent.
Javier Cercas, auteur des Soldats de Salamine (Actes Sud, 2002), est l’écrivain catalan le plus engagé contre l’indépendance : il multiplie les tribunes dans les médias internationaux. « M’engager me porte préjudice personnellement et professionnellement mais je n’ai pas su ne pas le faire, explique l’auteur, qui vit dans un village près de Gérone où flottent partout des drapeaux indépendantistes. J’ai été insulté dans la rue. J’ai perdu de nombreux amis. La situation était exceptionnelle, je percevais un risque d’affrontement civil. Les indépendantistes déversaient des tonnes de mensonges et le gouvernement espagnol était incompétent pour expliquer ce qui se passait. Je n’ai pas su me taire… »
Pour lui, il ne fait aucun doute que la Catalogne a subi un « coup d’Etat » lors de l’approbation polémique des lois de « déconnexion » des 6 et 7 septembre 2017, quand, par le biais d’une procédure urgente et exceptionnelle, les indépendantistes ont voté les lois de référendum et de « transition juridique » qui devaient poser les bases de la nouvelle République catalane.
« Il ne faut pas forcément des fusils pour faire un coup d’Etat, affirme l’auteur. Il suffit de voir l’exemple de Primo de Rivera [ancien dictateur espagnol de 1923 à 1930] ou de Fujimori [l’ancien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Les Etats-Unis sont passés à l’offensive dans la lutte d’influence menée entre les deux pays par le biais de moyens économiques, analyse Nigel Gould-Davies, économiste et ancien diplomate britannique, dans une tribune au « Monde ».
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Les guerres commerciales de Trump : « Les nouvelles sanctions américaines à l’encontre de la Russie changent les règles du jeu »

Les Etats-Unis sont passés à l’offensive dans la lutte d’influence menée entre les deux pays par le biais de moyens économiques, analyse Nigel Gould-Davies, économiste et ancien diplomate britannique, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    05.05.2018 à 12h16
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 16h12
    |

Nigel Gould-Davies (chercheur associé au programme Russie et Eurasie du Royal Institute of International Affairs (Chatham House, Londres)







                        



                                


                            

Tribune. Les Etats-Unis ont imposé le 6 avril les plus fortes sanctions économiques qu’ils aient prises à ce jour à l’encontre de la Russie. Ces nouvelles mesures marquent un tournant dans les relations américano-russes : l’Amérique est passée à l’offensive dans la longue lutte d’influence menée entre les deux pays par le biais de moyens économiques.
Depuis la fin de la guerre froide en 1991, l’Occident a d’abord essayé d’attirer la Russie au sein de l’économie mondiale. Au-delà de la recherche de nouvelles opportunités de commercer et d’investir, un calcul stratégique s’est imposé : l’entrée de la Russie dans la mondialisation serait susceptible de normaliser les relations entre les anciens blocs. La Russie deviendrait prospère et pacifique si elle était impliquée dans les institutions et les pratiques d’une économie de marché mondialisée. L’Occident était parvenu à contenir l’Union soviétique, il pouvait désormais (ré) intégrer la Russie.
« Mondialisation souveraine »
Mais Vladimir Poutine n’a seulement accepté qu’une partie de ce marché. Il a compris que la Russie pourrait bénéficier de l’économie mondiale, mais n’a pas l’intention de se plier à une vision occidentale de l’avenir de son pays. A l’inverse, le président Poutine a ajouté aux gains de l’engagement économique – avant tout, les exportations d’énergie et les investissements étrangers – sa propre vision d’un pouvoir autoritaire centralisé et d’une politique étrangère affirmée. A l’intérieur, il a instauré la « démocratie souveraine » – une forme de gouvernance démocratique, mais suspendue au contrôle de l’Etat. A l’étranger, il a déployé une « mondialisation souveraine » – c’est-à-dire l’interdépendance subordonnée à la puissance russe.

Cette approche a fonctionné pendant un temps. De 2000 à 2008, l’économie russe a doublé de volume, et la Russie a rejoint une kyrielle de clubs internationaux et a même présidé le G8 en 2006. En même temps, le système...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Pour Douglas Irwin, spécialiste du commerce, l’alternance entre politiques protectionnistes et libres-échangistes est, dans l’histoire des Etats-Unis, le résultat de l’évolution des rapports de force entre groupes d’intérêt.
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Les guerres commerciales de Trump : « C’est la politique qui mène la danse, pas l’économie »

Pour Douglas Irwin, spécialiste du commerce, l’alternance entre politiques protectionnistes et libres-échangistes est, dans l’histoire des Etats-Unis, le résultat de l’évolution des rapports de force entre groupes d’intérêt.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 11h46
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Douglas Irwin est professeur à l’université Dartmouth (New Hampshire) et a publié un ouvrage de référence sur les guerres commerciales américaines (Clashing over Commerce, A History of US Trade Policy, 860 pages, The University of Chicago Press, 2017). Dans un entretien au « Monde », il replace la guerre commerciale menée par Donald Trump dans son contexte historique.
A écouter le discours de Donald Trump mais aussi celui de nombreux élus américains, les Etats-Unis donnent le sentiment d’être assaillis, et d’avoir des partenaires commerciaux inéquitables. Comment expliquer cette attitude ?
Ce sentiment d’être traité de manière inéquitable dans les relations commerciales remonte à la Révolution américaine. Avant l’Indépendance, nous nous plaignions que les Anglais ne nous traitaient pas équitablement. Mais après aussi, nous les avons accusés de maltraiter nos biens et nos navires marchands. En 1793, un rapport de Thomas Jefferson, alors secrétaire d’Etat, se plaint de ce que les puissances européennes ne traitent pas nos produits de manière favorable. Ces nombreux griefs ont disparu au cours du XIXe siècle, du fait que la Grande-Bretagne pratiquait le libre-échange et que les Etats-Unis n’étaient pas tellement impliqués dans le commerce mondial.
Mais depuis les années 1970, nous nous plaignons de nouveau beaucoup des politiques commerciales des autres pays. Et l’administration Trump porte ce contentieux à un niveau élevé, en affirmant qu’un déficit commercial est la preuve d’un accord commercial inéquitable. Cette interprétation est inexacte, car la véritable explication est, tout simplement, que les Américains consomment trop et n’épargnent pas assez. Et la politique de Trump, avec une forte baisse des impôts et une augmentation des dépenses publiques, va conduire à un accroissement des déficits budgétaire et commercial.
Guerre d’indépendance, guerre de Sécession, Grande...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ L’accord signé entre les deux Corées lors du sommet du 27 avril prévoit de « promouvoir une croissance économique équilibrée et la coprospérité ». Le budget alloué par le gouvernement sud-coréen à la coopération avec Pyongyang a augmenté de 78 %.
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Séoul prépare la future coopération économique avec la Corée du Nord

L’accord signé entre les deux Corées lors du sommet du 27 avril prévoit de « promouvoir une croissance économique équilibrée et la coprospérité ». Le budget alloué par le gouvernement sud-coréen à la coopération avec Pyongyang a augmenté de 78 %.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 14h29
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



                                


                            

Souhaitée par Séoul et Pyongyang, la reprise de la coopération économique entre les deux Corées dépend de la dénucléarisation du Nord, condition à la levée des sanctions imposées par le Conseil de sécurité de l’ONU.

La dynamique amorcée par le sommet intercoréen du 27 avril à Panmunjom, dans la zone démilitarisée (DMZ), intensifie les réflexions sur ce sujet, l’un des trois objectifs de la politique nord-coréenne du président sud-coréen Moon Jae-in, avec la dénucléarisation et la paix, d’une part, et l’établissement de relations durables, d’autre part. Le dirigeant du Nord, Kim Jong-un, veut de son côté et conformément à ses engagements vite développer l’économie de son pays afin d’améliorer le quotidien de sa population.
Le texte signé à la fin du sommet prévoit « la mise en œuvre des projets décidés dans la déclaration du 4 octobre 2007, afin de promouvoir une croissance économique équilibrée et la coprospérité ». La déclaration d’octobre 2007 avait été adoptée lors du précédent sommet intercoréen, à l’époque de la politique de rapprochement dite « du rayon de soleil » (2000-2008). Elle n’a jamais été appliquée en raison du gel progressif des relations, qui a suivi le changement de majorité présidentielle au Sud, en 2008.
Industrie, transports et tourisme
« Différents scénarios et leurs financements sont à l’étude », a expliqué mercredi 2 mai le ministre des finances, Kim Dong-yeon. Le budget du gouvernement sud-coréen alloué à la coopération économique avec le Nord a été fixé en 2018 à 248 milliards de wons (192 millions d’euros), 78 % de plus qu’en 2017.

L’administration Moon promeut trois axes de développement dans la péninsule, formant un « H » sur la carte. L’industrie et la logistique seraient la priorité le long de la côte de la mer Jaune (Ouest). Le transport et l’exploitation des ressources seraient celle le long de la côte de la mer de l’Est (mer du Japon). Tout au long de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Guillaume Bazot s’interroge, au moment ou le gouvernement abolit certaines taxes, s’attaque au statut des cheminots et augmente la CSG des retraités, sur les critères de « justice » qui accompagnent ces bouleversements sociaux.
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Réformes : « Comment choisir entre utilitarisme et justice sociale ? »

Dans cette chronique, l’économiste Guillaume Bazot s’interroge, au moment ou le gouvernement abolit certaines taxes, s’attaque au statut des cheminots et augmente la CSG des retraités, sur les critères de « justice » qui accompagnent ces bouleversements sociaux.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 16h14
    |

Guillaume Bazot (Maître de conférences en histoire de la pensée et des faits économiques à l’université Paris-VIII)







                        



                                


                            
Recherches. Lorsque le gouvernement abolit l’« exit tax », supprime le statut des cheminots, augmente la CSG des retraités ou impose la sélection à l’entrée des universités, l’idée de « justice » influence notre manière d’appréhender les réformes. Mais sur quels critères nous basons-nous alors ?
Dans notre société, deux principes se font généralement face : l’utilitarisme et la justice sociale. L’utilitarisme a pour principe le meilleur usage possible des ressources. Une question récurrente lui est sous-jacente : un euro dépensé ici ne serait-il pas plus utile là ? Puisqu’une loi ou une taxe, par ses effets redistributifs, affecte le système productif, la consommation, les prix et les revenus, il peut être « utile », selon les circonstances, de réglementer une activité ou de taxer un groupe d’individus.

Comme l’explique Jean Tirole dans son livre Economie du bien commun (PUF, 2016), une réforme ne se justifie que par l’accroissement du bien-être qu’elle entraîne pour la population. C’est pour cette raison que l’Etat subventionne les activités de recherche-développement, encourageant ainsi la connaissance, l’innovation et la croissance, quand bien même cela augmenterait les rentes de certaines entreprises (par exemple pharmaceutiques). L’égalité n’est ici qu’un paramètre parmi d’autres, jamais une finalité.
Le « voile d’ignorance »
La justice sociale, elle, vise principalement l’équité. Elle traite de l’égalité des droits, de la solidarité, du mérite, voire de la « décence ». Mais le grand nombre de variables rend difficile l’émergence d’une règle de justice objective et universelle. Dans son ouvrage Théorie de la justice, paru en 1971 (traduit au Seuil en 1987), le philosophe américain John Rawls (1921-2002) propose une expérience de pensée simple et élégante pour résoudre ce problème.
Imaginons que l’ensemble des individus d’une société doive choisir les règles régissant son fonctionnement. Afin...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Douze experts prônent l’utilisation des techniques de géoingénierie pour tenter d’enrayer la hausse des températures, qui touche en premier lieu les pays du Sud. Des projets extrêmement périlleux.
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Des chercheurs de pays du Sud veulent voiler le Soleil

Douze experts prônent l’utilisation des techniques de géoingénierie pour tenter d’enrayer la hausse des températures, qui touche en premier lieu les pays du Sud. Des projets extrêmement périlleux.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 11h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Rapport d’étonnement. Voici venu le temps des « dilemmes lamentables ». L’humanité y est désormais acculée pour s’opposer au changement climatique. Douze chercheurs réputés des pays du Sud, dont un physicien du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évo­lution du climat (GIEC), nous en préviennent dans un ­article retentissant publié dans Nature le 3 avril.
Ils y font ce constat aussi effrayant qu’injuste : « Les gens du Sud sont en première ligne sur le front climatique. » La liste des calamités qu’ils subissent suit : « Tandis que les températures montent, le GIEC prévoit une érosion des petits Etats insulaires, une baisse de la production alimentaire dans de nombreuses régions d’Asie, un stress ­hydrique en Afrique, et une perte importante de la ­biodiversité en Amérique du Sud. »
Ces chercheurs avertissent : « Il y a une limite à ce que les populations menacées (…) peuvent endurer. » Pour elles, la situation a assez duré. Elles ne veulent plus que ce soit les pays du Nord, épargnés par ces fléaux alors qu’ils en sont en grande partie responsables, qui décident de la politique climatique globale et des recherches à mener. Elles n’ont plus confiance.
S’appuyant sur la dernière mise à jour du consortium d’organisations scientifiques Climate Action Tracker, les douze chercheurs assurent que « les réductions d’émissions de gaz à effet de serre ­convenues lors de l’accord de Paris [décembre 2015] ne sont pas suffisantes, et porteront le monde à une hausse des températures de 3 °C d’ici à 2100 ». Ce qui sera dévastateur pour le Sud. Dans ce contexte dramatique, ­l’atténuation rapide du changement climatique devient « cruciale » et l’adaptation, « essentielle » : il faut réfléchir à des solutions de « géoingénierie solaire », c’est-à-dire les techniques globales, agissant à très grande échelle, ­capables de modifier efficacement le système...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ La compagnie aérienne demeure nettement moins rentable que ses deux principales concurrentes européennes, Lufthansa et British Airways.
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Air France : le départ de Janaillac laisse le groupe sans plan de vol

La compagnie aérienne demeure nettement moins rentable que ses deux principales concurrentes européennes, Lufthansa et British Airways.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 10h54
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 11h01
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Jean-Marc Janaillac aura donc passé moins de deux ans à la tête d’une entreprise réputée comme l’une des plus difficiles à piloter. Nommé PDG d’Air France-KLM en juillet 2016, trois mois après la démission surprise d’Alexandre de Juniac dans un climat social délétère, il quitte la compagnie aérienne un an avant la fin de son mandat.

La société est en voie de redressement, même s’il constate qu’elle reste « nettement moins rentable » que ses deux principales concurrentes européennes, Lufthansa et British Airways, avec un résultat de 590 millions d’euros en 2017. Une situation qui explique son refus des exigences salariales des 46 700 salariés français (sur un total de 83 000) – à commencer par celles des 4 000 pilotes.
Venu du groupe de transport Transdev (Caisse des dépôts-Veolia), ce condisciple de François Hollande à HEC et à l’ENA (promotion Voltaire) avait repris le manche après une grève dure, de violentes manifestations et l’agression de deux cadres dirigeants. Fin 2015, les images de leurs chemises arrachées avaient fait le tour du monde. M. Janaillac était arrivé chez Air France-KLM auréolé de ses succès de démineur du dossier SNCM, la compagnie maritime corse en dépôt de bilan, et de redresseur de Transdev en 2012-2013.
Des gages donnés aux salariés
L’homme, dont on souligne volontiers la forte éthique, la liberté d’esprit et la détermination, avait une hantise : que faute d’un vigoureux plan de redressement et de développement, la compagnie tricolore ne subisse le sort d’Alitalia, dont le chiffre d’affaires a fondu avant qu’elle ne soit ballottée de plans sociaux en repreneurs. Dès novembre 2016, il avait présenté un projet d’entreprise baptisé « Trust Together » (« Avoir confiance ensemble »), pour « reprendre l’offensive » face à une concurrence de plus en plus féroce des compagnies à bas coûts et des géants du Golfe et d’Asie.

Il avait demandé des efforts de productivité aux salariés,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Après le rejet lors d’une consultation inédite d’un accord salarial, le PDG du groupe Air France-KLM a annoncé sa démission. Renouer le dialogue entre la direction et les syndicats devient urgent.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Référendum chez Air France : une partie de poker perdant-perdant

Editorial. Après le rejet lors d’une consultation inédite d’un accord salarial, le PDG du groupe Air France-KLM a annoncé sa démission. Renouer le dialogue entre la direction et les syndicats devient urgent.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 10h05
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 10h22
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Jean-Marc Janaillac a tenté un coup de poker et il a perdu. A la grande surprise de la direction de la compagnie aérienne, les salariés d’Air France ont rejeté majoritairement, vendredi 4 mai, le projet qui prévoyait une augmentation des salaires de 7 % sur quatre ans. Le vote a été sans appel : 80,33 % des 46 771 salariés y ont participé, et 55,44 % d’entre eux ont répondu non au PDG d’Air France-KLM. Comme il avait mis son poste en jeu, ce qui ressemblait à un chantage dramatisant l’enjeu, M. Janaillac, 65 ans, qui est resté à peine deux ans aux commandes du cockpit, a tiré sa révérence : « J’assume les conséquences de ce vote, a-t-il aussitôt déclaré, et je remettrai dans les prochains jours ma démission aux conseils d’administration d’Air France et d’Air France-KLM ». Il a évoqué un « immense gâchis ».
Cet « artifice de consultation » que dénonçait Philippe Evain, le président du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), s’est ainsi transformé, selon la formule cruelle de Jean-Luc Mélenchon, le leadeur de La France insoumise, en « référendum révocatoire ». En 1994, Christian Blanc, alors PDG de la compagnie, avait tenté le même pari. Il avait organisé un référendum pour faire valider par les salariés un plan de redressement prévoyant la suppression de 5 000 postes, menaçant de démissionner en cas de rejet. Mais il avait obtenu un soutien massif, avec 81,3 % de oui et une participation de 83,6 %. Cette fois, le résultat a été inverse, révélant un malaise qui va bien au-delà de la question salariale.
Intransigeance
Air France vient d’inventer le poker perdant-perdant. M. Janaillac comptait sur l’impopularité du SNPL parmi les autres catégories de personnel, dans une entreprise où la CFE-CGC, avec 18,11 %, a ravi la première place à la CGT aux dernières élections de 2015. Il comptait aussi sur la lassitude des salariés après treize journées de grève, qui ont déjà coûté plus de 300 millions d’euros à une compagnie qui vient de repasser dans le rouge à l’issue du premier trimestre. M. Evain campait fermement sur sa position intransigeante, refusant tout compromis et continuant à réclamer 6 % d’augmentation immédiate pour rattraper l’inflation après six ans de blocage des salaires. Face aux critiques, il restait inflexible, même quand Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT – cinquième syndicat d’Air France –, le traitait de « lider maximo » qui entraîne la compagnie « vers le fond ».

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                Le vote sanction des salariés pousse le PDG d’Air France-KLM à la démission



A ce stade du conflit, il n’y a donc que des perdants. Le référendum n’avait aucune base légale, et, si le oui l’avait emporté, il n’aurait pas mis automatiquement fin à la grève. Son échec montre qu’il est toujours risqué de contourner les organisations syndicales et de tirer un trait sur le dialogue social, qui reste la meilleure méthode pour trouver un compromis. Encore faut-il le vouloir. A l’incertitude sur la future gouvernance d’Air France – le conseil d’administration veut se donner du temps pour rechercher un PDG capable de dénouer la crise – s’ajoute une impasse sociale qui est préjudiciable pour la compagnie face à la concurrence et pour les usagers, alors que la grève des cheminots se poursuit.
Dans un communiqué commun, Bruno Le Maire, ministre de l’économie, et Elisabeth Borne, ministre des transports, ont appelé classiquement « au sens de la responsabilité de chacun ». Mais les bonnes paroles ne suffiront pas. Le temps est peut-être venu de faire appel à un médiateur pour renouer les fils du dialogue.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Les magasins de circuit court où chacun peut devenir l’acteur de sa propre consommation gagnent peu à peu les villes moyennes, constate notre chroniqueur Frédéric Potet.
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« Une dizaine de supermarchés coopératifs et participatifs affichent leurs différences »

Les magasins de circuit court où chacun peut devenir l’acteur de sa propre consommation gagnent peu à peu les villes moyennes, constate notre chroniqueur Frédéric Potet.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 10h00
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            
Chronique3. Manger plus sainement. Favoriser les filières courtes. Encourager le commerce équitable. Donner du sens à nos actes d’achat… Si les comportements changent depuis plusieurs années dans notre relation à la consommation, un chaînon essentiel fait encore défaut : un lieu de vente extérieur à la grande distribution, où l’on pourrait trouver tout aussi bien des denrées alimentaires que des produits d’hygiène et d’entretien respectueux de l’environnement ; un lieu où chaque client déciderait du choix et de l’origine des articles en rayon ; un lieu dépourvu de marchandises industrielles et de gondoles tentatrices, où chacun, finalement, pourrait devenir l’acteur de sa propre consommation.
Pour pouvoir y faire ses courses, chaque client est obligé d’en devenir adhérent, et d’y travailler bénévolement à raison de trois heures par mois, cela afin de réduire le prix de vente des articles
Ce type de lieu existe, depuis peu, sous le nom de « supermarché coopératif et participatif ». Le premier à avoir ouvert ses portes, en France, est La Louve, dans le 18e arrondissement de Paris. Inspiré du Park Slope Food Coop, une coopérative pionnière installée à Brooklyn depuis les années 1970, ce magasin d’un genre nouveau fonctionne selon un principe immuable : pour pouvoir y faire ses courses, chaque client est obligé d’en devenir adhérent, et d’y travailler bénévolement à raison de trois heures par mois, cela afin de réduire le prix de vente des articles.
Dans la foulée de La Louve, dont la formule définitive a été inaugurée en novembre 2017, une petite dizaine de supermarchés coopératifs et participatifs affichent aujourd’hui leurs différences, à travers des appellations librement choisies : SuperQuinquin à Lille, La Chouette à Toulouse, La Cagette à Montpellier, Scopéli à Nantes, Supercoop à Bordeaux…
Des marques exclues de fait
Le phénomène ne touche pas seulement les grandes agglomérations. Des projets autogérés du même type...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Les analyses de ce géopoliticien bulgare sur les démocraties populistes de l’ancien bloc soviétique suscitent une attention croissante. En septembre, il occupera la prestigieuse chaire Kissinger à la bibliothèque du Congrès, à Washington.
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Ivan Krastev, cette voix de l’Est que l’Occident écoute

Les analyses de ce géopoliticien bulgare sur les démocraties populistes de l’ancien bloc soviétique suscitent une attention croissante. En septembre, il occupera la prestigieuse chaire Kissinger à la bibliothèque du Congrès, à Washington.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 09h00
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Un strudel pour la route, arrosé de petites gorgées de Melange, ce café que l’on boit dans l’ancienne capitale impériale. Au Sperl, un établissement qu’affectionne l’intelligentsia autrichienne, Ivan Krastev est venu en voisin. Membre permanent depuis 2009 de l’Institut des sciences humaines de Vienne (IWM) et directeur du think tank Centre for ­Liberal Strategies de Sofia, dans sa Bulgarie natale, il prend le temps de savourer cette pause entre deux avions tout en répondant aux centaines de courriers électroniques qu’il reçoit en continu sur sa tablette. Car ce philosophe de formation, connu désormais dans le monde entier pour ses analyses géostratégiques post-guerre froide, n’a pas de téléphone portable.
Le lendemain, il doit donner une conférence à Téhéran. « Une première pour moi, avoue-t-il avec gourmandise, à 53 ans. Cela va élargir encore mes perspectives. » En septembre, il occupera la prestigieuse chaire Kissinger de la bibliothèque du Congrès, à Washington. De quoi faire définitivement de cet intellectuel en blouson de cuir et au sourire farceur l’une des voix les plus écoutées des deux côtés de l’Atlantique, lorsque l’on évoque tout ce qui va mal, depuis quelques années : la démocratie, la construction européenne, l’Occident et ses « valeurs universelles ».
Comme il y a eu une « période Zizek » après la crise financière de 2008, nous vivons actuellement un « moment Krastev », car, selon ­Jacques Rupnik, grand spécialiste français de l’Europe centrale et orientale, tous deux ont réussi à diffuser leurs idées auprès d’un large public et dans les arènes les plus prestigieuses du débat. Slavoj Zizek, le Slovène, remplit les amphithéâtres partout. Performeur au style polémique, philosophe influencé par la psychanalyse, il se revendique du marxisme.
Vision globale
Ivan Krastev est tout son contraire : posé, il se situe au cœur du courant de pensée capitaliste dominant et publie une fois par mois un commentaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au Monde, l’ancien secrétaire général de la CFDT Jean Kaspar estime que la réforme de la SNCF telle qu’elle a été engagée révèle le schéma de pensée ancien d’Emmanuel Macron.
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« Non, la concertation ne suffit pas pour transformer un pays »

Dans une tribune au Monde, l’ancien secrétaire général de la CFDT Jean Kaspar estime que la réforme de la SNCF telle qu’elle a été engagée révèle le schéma de pensée ancien d’Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 07h15
    |

Jean Kaspar (consultant en stratégies sociales, ancien secrétaire général de la CFDT (1988-1992)







                        



                                


                            
Tribune. La grande ambition du président de la République est d’engager notre pays dans un processus de transformations à la fois économiques, sociales, politiques et culturelles. Cette ambition répond, j’en suis convaincu, aux besoins mais aussi aux attentes profondes d’une majorité de la population, si nous voulons que notre pays pèse dans la construction européenne et dans celle d’une mondialisation porteuse de paix, génératrice d’un développement durable et écologiquement soutenable. Mais elle nécessite aussi une attention toute particulière à la méthode. C’est là que se situe le problème aujourd’hui.
Transformer durablement et en profondeur un pays ne peut se faire sans une implication des acteurs dans le processus de transformation, sans une réflexion approfondie sur ce processus et sans qu’on définisse ensemble une ambition partagée.
La méthode, mise en œuvre par le président et son gouvernement, reste encore marquée sur de nombreux points par la culture de l’ancien monde. Cette culture où l’on donne aux dirigeants politiques une responsabilité trop grande dans le domaine social, celle où l’Etat prétend incarner à lui seul l’intérêt général, celle où l’intelligence technocratique se croit supérieure à celle des corps intermédiaires, celle enfin des a priori (justifiés pour certains acteurs) qui considèrent que tous ces intermédiaires sont archaïques, incapables d’évoluer et de comprendre les grands défis de ce siècle.
Continuer dans cette logique peut être payant à court terme, mais risque de nous conduire rapidement à des formes de radicalisation tragiques pour la démocratie et le vivre-ensemble, mais aussi destructeur pour le développement économique et la cohésion sociale.
Un rapport comme point de départ
L’exemple de ce qui se passe à la SNCF est édifiant. Plutôt que de proposer aux différents acteurs de l’entreprise la construction d’une ambition commune, on fait appel à une personnalité (Jean-Cyril Spinetta)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans un entretien au Monde, l’essayiste analyse la première année d’exercice du pouvoir du chef de l’Etat, qu’il a autrefois accueilli au sein de la revue « Esprit ».
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Olivier Mongin : « A vouloir passer en force, Macron s’installe dans la joute verbale chère au populisme »

Dans un entretien au Monde, l’essayiste analyse la première année d’exercice du pouvoir du chef de l’Etat, qu’il a autrefois accueilli au sein de la revue « Esprit ».



Le Monde
 |    05.05.2018 à 07h15
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
Entretien. Essayiste, auteur de La Ville des flux : L’envers et l’endroit de la mondialisation urbaine (Fayard, 2013), Olivier Mongin fut directeur de la rédaction de la revue Esprit (1988-2012) à l’époque où Emmanuel Macron collaborait à celle-ci. Un an après avoir assuré que « le macronisme n’existe pas » (Le Monde du 25 mai 2017), Olivier Mongin – qui s’exprime à titre personnel – revient sur la première année de présidence d’une « bête politique » qui, toutefois déclare-t-il, « attise » les conflits.
Un an après, quel bilan tirez-vous de l’exercice du pouvoir d’Emmanuel Macron ?
Un sentiment paradoxal. En effet, j’entends Emmanuel Macron parler dans son récent entretien à la NRF d’un « tragique de l’histoire » et s’inquiéter de la montée des démocraties illibérales en Europe (Hongrie, Pologne, Roumanie, etc.). Il a évoqué à ce sujet Les Somnambules (1931), d’Hermann Broch, qui raconte une époque non pas de désenchantement mais d’aveuglement et d’irresponsabilité. Cela n’est pas surprenant quand on connaît son intérêt pour des écrivains comme René Char, Simone Weil ou pour Albert Camus et son Mythe de Sisyphe.
Il y a un an, Macron était certes conscient de ses responsabilités dans un pays où la droite, extrême ou non, occupe une très large partie du terrain politique et le mine. Mais un certain optimisme, lié à sa passion pour l’innovation et sa croyance dans le progrès, l’emportait. Depuis, grâce aux voyages et rencontres, puis à la reconnaissance tardive de la place décisive de l’écologie, il a appris à regarder le monde, et pas seulement dans la loupe des nouvelles technologies ou d’une économie mondialisée à propos de laquelle il n’évoque d’ailleurs plus, lui qui s’est laissé encarter comme le « président des riches », la « théorie du ruissellement ».

N’a-t-il pas renié...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans son ouvrage « Emmanuel Macron : une révolution bien tempérée », Philippe Raynaud livre son analyse de la conquête du pouvoir par le président.
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Macron, chef des « whigs » français

Dans son ouvrage « Emmanuel Macron : une révolution bien tempérée », Philippe Raynaud livre son analyse de la conquête du pouvoir par le président.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 07h00
    |

            Alain Beuve-Méry








                        



                                


                            

On se demandait naïvement s’il était encore possible pour des journalistes, des professeurs de sciences politiques ou des politologues de tout bord de continuer à écrire des livres d’actualité ou d’analyse politique, après le pavé lancé par Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Un président ne devrait pas dire ça…, publié à l’automne 2016, un livre qui, en un sens, a révolutionné le genre. La réponse est oui.
En quatre chapitres, Philippe Raynaud nous livre son analyse de la conquête du pouvoir par Emmanuel Macron, devenu sans que l’on n’y prenne garde le plus jeune président de la Ve République. Si vous avez été absent de France pendant dix-huit mois, l’auteur donne d’abord un récit linéaire mais honnête des événements qui ont conduit à l’éviction des candidats issus des rangs du PS ou des Républicains, ces deux forces, qui avec des noms différents pour les partis de droite, pratiquent l’alternance au sommet du pouvoir, depuis le départ du général de Gaulle de l’Elysée.
Spécialiste des régimes politiques Philippe Raynaud explique d’ailleurs que la Ve République, si décriée et qui devait, selon ses détracteurs forcément laisser la place à un sixième opus, a au contraire démontré pendant la période de formidables qualités d’adaptation. Les institutions ont accompagné le changement.
Risque contre rente
Si en revanche, vous êtes à jour sur votre agenda politique, vous pouvez directement aller au quatrième et dernier chapitre, consacré à l’analyse du programme d’Emmanuel Macron. M. Raynaud a lu soigneusement Révolution, le livre programme du candidat Macron et le décortique à l’intention de ses lecteurs. L’oxymore que constitue le titre de son ouvrage y fait d’ailleurs écho « une révolution bien tempérée ».

L’auteur explique que la révolution marconienne qui consiste à se dire « et de droite et de gauche » permet de privilégier une démarche inclusive, alors que se dire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans sa chronique au « Monde », l’économiste explique que le mouvement social a ouvert une période de très forte réduction des inégalités sociales en France.
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Thomas Piketty : « Mai 68 et les inégalités »

Dans sa chronique au « Monde », l’économiste explique que le mouvement social a ouvert une période de très forte réduction des inégalités sociales en France.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 06h30
    |

                            Thomas Piketty (Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            

Chronique. Faut-il brûler Mai 68 ? Selon ses détracteurs, l’esprit de mai aurait contribué au triomphe de l’individualisme, voire de l’ultralibéralisme. En vérité, de telles affirmations ne résistent pas à l’examen : le mouvement de Mai 68 a, au contraire, été le coup d’envoi d’une période historique de très forte réduction des inégalités sociales en France, qui s’est ensuite essoufflée pour de tout autres raisons. La question est importante, car elle conditionne l’avenir.
Revenons en arrière. La période 1945-1967 se caractérise en France par une forte croissance, mais également par un mouvement de reconstruction des inégalités, avec à la fois une forte hausse de la part des profits dans le revenu national et une reconstitution des hiérarchies salariales. La part des 10 % des revenus les plus élevés, qui était d’à peine 30 % du revenu total en 1945, s’élève progressivement à 37 % en 1967. Le pays est tout entier concentré sur la reconstruction, et la priorité n’est pas la diminution des inégalités, d’autant plus que chacun sent bien qu’elles ont énormément diminué à la suite des guerres (destructions, inflation) et des bouleversements politiques de la Libération (Sécurité sociale, nationalisations, grilles salariales resserrées).
Dans ce nouveau contexte, les salaires des cadres et ingénieurs progressent structurellement plus vite que les salaires bas et moyens dans les années 1950-1960, et dans un premier temps personne ne semble s’en émouvoir. Un salaire minimum a bien été créé en 1950, mais il n’est presque jamais revalorisé par la suite, si bien qu’il décroche fortement par comparaison à l’évolution du salaire moyen. La société n’a jamais été aussi patriarcale : dans les années 1960, 80 % de la masse salariale est touchée par les hommes. Les femmes sont dotées de nombreuses missions (en particulier s’occuper des enfants, apporter du réconfort et de la tendresse à l’âge industriel), mais la maîtrise du portefeuille n’en fait clairement pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le premier secrétaire du PS dénonce la stratégie de la tension que mènerait Emmanuel Macron et plaide pour une démocratie humaniste.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/05/2018
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Olivier Faure, premier secrétaire du PS : « Violence partout, raison nulle part… »

Dans une tribune au « Monde », le premier secrétaire du PS dénonce la stratégie de la tension que mènerait Emmanuel Macron et plaide pour une démocratie humaniste.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 12h27
    |

Olivier Faure (Premier secrétaire du Parti socialiste)







                        



                                


                            

Tribune. Violence partout, raison nulle part… La formule est abrupte, mais elle traduit une évolution inquiétante. Le terrorisme, sur tous les continents, a déclaré la guerre à la vie et à la civilisation. Sur la planète, la liste est longue des conflits déclenchés par des Etats ou par des groupes armés, qui jettent sur les routes de l’exil des populations menacées par l’insécurité et la pauvreté.

De nouveaux pouvoirs autoritaires émergent et font de la brutalité et de la violence – des actes ou des mots – les ressorts de leur action. Poutine, Trump, Erdogan, Orban sont les incarnations de ce basculement.
La démocratie n’est plus – si elle l’a jamais été – le modèle attractif, naturel, absolu, irrésistible. Les pays démocratiques sont eux-mêmes traversés par des tensions nouvelles qui les fragilisent.
En France, le populisme n’est plus l’exclusivité des nationalistes. Il a gangrené jusqu’au centre de l’échiquier politique. Tout devient affaire de victoire des uns sur les autres, des uns contre les autres. Tout débat se transforme en combat et exige la défaite totale de l’adversaire.
Stratégie de la tension
Au-delà de la violence inacceptable de quelques groupuscules, cette brutalité s’exprime sans fard sur les réseaux sociaux dans le confort de l’anonymat qu’autorisent les pseudonymes. La politique s’y résume de manière croissante à la polémique.
Cette brutalité, c’est celle du débat public où la « disruption » vaut la conviction, la « transgression » fait la réputation. Dans les médias, le slogan a remplacé l’argument, l’agressivité devient le charisme. Cette violence, les partis et les responsables politiques peuvent choisir de s’en accommoder, voire de l’encourager et « en même temps » de la déplorer.
C’est le choix que le gouvernement confirme, mois après mois. Loin de chercher à établir des ponts, à engager le dialogue pour bâtir des compromis, l’exécutif cherche au contraire à exacerber...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Si le gouvernement voulait vraiment rendre vertueux le secteur des jeux de loterie, il pourrait laisser de nouveaux acteurs proposer la formule de l’épargne-loterie, plaide dans une tribune au « Monde » Florent Aubert, coordinateur de Students for Liberty France.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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Française des jeux : « Ne substituons pas un monopole privé à un monopole public »

Si le gouvernement voulait vraiment rendre vertueux le secteur des jeux de loterie, il pourrait laisser de nouveaux acteurs proposer la formule de l’épargne-loterie, plaide dans une tribune au « Monde » Florent Aubert, coordinateur de Students for Liberty France.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 16h22
    |

Florent Aubert (Coordinateur du mouvement de défense des idées libérales « Students for Liberty » en France)







                        



                                


                            

Tribune. Alors qu’il est actuellement question de privatiser – partiellement – la Française des jeux (FDJ), le gouvernement ne semble pas avoir l’intention de remettre en cause son monopole. Or, celui-ci s’exerce notamment au détriment des populations à faible revenu, les plus touchées par l’addiction au jeu.
L’Etat a un rôle ambigu dans le secteur des jeux d’argent : bénéficiaire direct du monopole, il est à la fois juge et partie. Il se targue de vouloir prévenir les risques liés à l’addiction, mais il bénéficie d’autant plus de ressources financières qu’il y a de joueurs.
Au total, entre prélèvements sur les mises des parieurs, impôts sur les sociétés et dividendes versés via sa participation dans la FDJ, l’Etat perçoit plus de 3 milliards d’euros chaque année. L’entreprise publique va jusqu’à puiser dans ses réserves pour continuer à verser de généreux dividendes même lorsqu’elle fait des pertes.

Plus dérangeant encore, un certain nombre de petits actionnaires (à hauteur de 23 %, l’Etat détenant 72 % de la FDJ et ses salariés 5 %), devenus propriétaires au gré de l’histoire mouvementée de l’entreprise publique, jouissent également de cette manne colossale. L’amiral Henri Lacaille, président d’une association d’anciens combattants, ne rappelait-il pas que la Française des jeux [offre] « le meilleur rendement sur la place de Paris, plus juteux que tout ce qu’on trouve ailleurs » ? N’est-il pas problématique qu’un petit groupe de particuliers (qui rapetisse d’année en année, les anciens combattants n’étant pas immortels…) profite des largesses immenses d’un monopole public au détriment des joueurs, qui ne peuvent se tourner vers aucun autre système moins pernicieux ?
Concept surprenant
Pourtant, il existe une voie que personne ne semble connaître en France, étant donné le silence général (délibéré ?) sur le sujet. En novembre 2017, le Texas est devenu le 26e Etat américain à autoriser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Cette photo d’Hannah McKay fait partie d’une série réalisée par des photojournalistes de l’agence Reuters et récompensée, le 16 avril, par le prix Pulitzer.
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Comment cette photo d’une réfugiée rohingya nous éclaire-t-elle sur le drame birman ?

Cette photo d’Hannah McKay fait partie d’une série réalisée par des photojournalistes de l’agence Reuters et récompensée, le 16 avril, par le prix Pulitzer.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h00
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            Adrien Le Gal








                        



                                


                            

C’est d’abord une histoire de couleurs. Sur cette photographie, les réfugiés musulmans fuyant la Birmanie portent des vêtements uniformes, aux tons rouges et bordeaux, anonymes dans le drame de l’exode. Mais, comme un coup de projecteur sur une souffrance singulière, un voile jaune illumine l’une d’entre eux, tombée sur le bord du chemin, appelant à l’aide.
Techniquement, la composition est parfaite : la diagonale du chemin crée une ­dynamique de déséquilibre, comme si les exilés marchaient sur un fil tendu vers le haut. La jeune femme, elle, semble flotter sur la ligne qui coupe cette diagonale à angle droit, que les photographes appellent « ligne réciproque ». Figée dans cette position de supplique, elle évoque autant une sculpture de Camille Claudel qu’une peinture d’Ary Scheffer, maître du romantisme français.
La scène, d’une rare intensité, a pourtant failli échapper à la photographe britannique Hannah McKay, ce 2 novembre 2017, près de Cox’s Bazar, au Bangladesh. Elle a rejoint l’agence Reuters trois mois plus tôt, et c’est sa première mission à l’étranger :
« Je photographiais des ­réfugiés qui marchaient sur le chemin en portant leurs affaires, quand j’ai vu, dans un coin de mon œil, cette jeune femme allongée par terre, raconte-t-elle. J’ai d’abord cru qu’elle se cachait, alors je me suis approchée. Quand elle a levé son bras, j’ai réalisé qu’elle était complètement épuisée et qu’elle appelait à l’aide. » 
Elle fait partie d’un groupe de 5 000 réfugiés qui ont, la veille, traversé le Naf, grand fleuve marquant la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh, pour fuir les persécutions de l’armée birmane. Retenus pendant vingt-quatre heures par les gardes-frontières bangladais, ils viennent d’obtenir l’autorisation de rejoindre un camp de réfugiés. La plupart sont exténués d’avoir tant attendu, avec si peu d’eau et de nourriture, dans une chaleur écrasante.
Pourquoi cette photo nous interpelle-t-elle ?...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Eric Blanchet, directeur de Ladapt, estime que le gouvernement ne peut prôner « en même temps » une vision inclusive de la société et demander d’économiser les moyens financiers et humains dans le domaine de la santé.
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« Il faut donner les moyens de remplir leurs missions à ceux qui luttent contre toutes les formes d’exclusion »

Dans une tribune au « Monde », Eric Blanchet, directeur de Ladapt, estime que le gouvernement ne peut prôner « en même temps » une vision inclusive de la société et demander d’économiser les moyens financiers et humains dans le domaine de la santé.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h00
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Eric Blanchet (Directeur général de Ladapt, association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées.)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis le début de l’année, les personnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et des hôpitaux sont mobilisés pour protester contre leurs conditions de travail de plus en plus difficiles, qui engendrent une dégradation de la qualité de l’accueil et des soins dispensés. Le face-à-face tendu entre le président de la République et des soignants du CHU de Rouen, le 5 avril, symbolise l’incompréhension entre un personnel réclamant des moyens humains et financiers, et un gouvernement lui opposant une logique gestionnaire de réduction de la dette. Or c’est cette logique de la performance, à travers une gestion déconnectée des besoins sanitaires et sociaux, qui a conduit à une telle situation.
avec le changement climatique ou la crise des réfugiés, l’europe doit faire face à des enjeux qui ne se solderont pas avec de simples indicateurs financiers
Pour beaucoup de nos concitoyens, la notion de performance se résume à la réussite économique. En existant uniquement à travers une union économique et monétaire, l’Europe favorise cette perception limitée de la performance. Or, avec le changement climatique ou la crise des réfugiés, elle doit faire face à des enjeux qui ne se solderont pas avec de simples indicateurs financiers. C’est pourquoi toute performance devrait être évaluée au regard d’un projet commun de vivre ensemble.
Que signifie en effet « performance » pour une association d’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées, par rapport, par exemple, à un constructeur automobile ou une banque ? Il est évident que le critère quantitatif compte plus pour les seconds que pour la première, dont la performance dépend avant tout de la qualité des services rendus par ses acteurs pour améliorer les conditions de vie des personnes qu’elle aide. Dès lors, parler « des » performances, au pluriel et d’un point de vue collectif, apparaît comme un bon moyen de sortir du prisme restrictif...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, des acteurs de l’aide sociale, parmi lesquels Louis Gallois, Véronique Fayet et Laurent Desmard, regrettent que le gouvernement laisse les associations spectatrices de décisions prises en amont ou ailleurs.
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« Changer la société ne se décrète pas d’en haut, sans le public ­concerné et sans les corps intermédiaires »

Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, des acteurs de l’aide sociale, parmi lesquels Louis Gallois, Véronique Fayet et Laurent Desmard, regrettent que le gouvernement laisse les associations spectatrices de décisions prises en amont ou ailleurs.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 15h16
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Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Le secteur associatif a le sentiment de ne plus être reconnu comme un ­interlocuteur naturel du gouvernement dans l’élaboration des politiques publiques. Les phases de concertation sont réduites à leur plus simple expression, lorsqu’elles ne sont pas simplement supprimées. Elles portent au mieux sur la mise en œuvre des décisions, mais très rarement sur leur préparation et leurs impacts.
La diminution des aides personnalisées au logement (APL), la réduction drastique du nombre d’emplois aidés, l’intensification du contrôle des migrants, la réduction des crédits, le projet de loi logement… la liste est longue des ­sujets sur lesquels les associations n’ont pas été écoutées par les pouvoirs publics avant que soient prises des décisions majeures.
Le gouvernement se prive de l’expertise de ceux qui sont au plus près des populations concernées
C’est un signal négatif pour les associations, dont l’avis ne semble pas intéresser les pouvoirs publics. C’est aussi une perte d’efficacité car le gouvernement se prive de l’expertise de ceux qui sont au plus près des ­populations concernées. Les associations n’ont pas le monopole de la vérité, mais elles ont leur part de vérité. Changer la société ne se décrète pas d’en haut, sans le public ­concerné et sans les corps intermédiaires.
Dans le secteur de la lutte contre l’exclusion, un exemple illustre notre propos : la circulaire du 12 décembre 2017, qui impose la visite des services de l’Office français de l’immigration et de l’intégration et des préfectures dans les centres d’hébergement pour vérifier le statut juridique des ­migrants. Ce texte remet en cause plusieurs droits essentiels et se révèle d’une application pour le moins chaotique.
Les associations ont déposé un référé devant le conseil d’Etat. Celui-ci a rejeté la demande d’annulation de la circulaire mais en a fait une interprétation qui donne raison aux associations sur plusieurs points décisifs. Le Défenseur des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Deux députés français et allemand, Rüdiger Kruse et Franck Riester, proposent dans une tribune au « Monde » d’unifier le code des affaires des deux pays, afin d’incarner le projet européen dans une réalisation concrète et créatrice de richesses.
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« Rendre le droit européen des affaires plus lisible et accessible »

Deux députés français et allemand, Rüdiger Kruse et Franck Riester, proposent dans une tribune au « Monde » d’unifier le code des affaires des deux pays, afin d’incarner le projet européen dans une réalisation concrète et créatrice de richesses.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h00
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Rüdiger Kruse (Député (CDU) de Hambourg au Bundestag) et Franck Riester (Député (Agir) de Seine-et-Marne, coprésident du groupe « UDI, Agir et indé...







                        



                                


                            
Tribune. Tous les Européens convaincus en ont conscience, l’immobilisme n’est plus une option. Pour remettre l’Europe en capacité d’agir, il est nécessaire que la France et l’Allemagne se décident à définir un projet commun.
En matière économique, la réforme de la zone euro est un chantier que la France et l’Allemagne doivent envisager sur le long terme, en tenant compte des différences de points de vue portés par nos deux gouvernements. Le président Macron a présenté en septembre le projet d’une Europe refondée, doté notamment d’un ministre des finances et d’un budget de la zone euro. La grande coalition qui gouverne en Allemagne a formulé la promesse d’un « renouveau européen », centré sur des projets d’avenir, mais elle reste réticente à soutenir tout projet qui pourrait conduire à mettre les dettes en commun…
»
Construire un compromis impose peut-être de redéfinir les priorités. S’il est important de favoriser la coordination entre les politiques monétaires et budgétaires au sein de la zone euro, il est avant tout nécessaire de sortir d’une vision purement financière de l’Europe. La question de la répartition des richesses ne se pose qu’une fois la richesse créée, et la compétitivité de notre économie ne se laisse pas réduire à des transferts financiers. Nous croyons nécessaire de revenir à l’origine du projet européen, à cette époque où, comme l’exprimait Jean Monnet, des réalisations concrètes devaient créer des « solidarités de fait ».
L’ambition européenne reposait à l’origine sur la formation d’un espace économique unifié, permettant aux entreprises de produire et d’échanger plus facilement, pour favoriser la croissance et les investissements. Malgré des avancées remarquables, le marché unique est encore loin d’être achevé. Un entrepreneur qui veut créer...




                        

                        

