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Les mesures de la première année d’Emmanuel Macron avantagent-elles vraiment les plus riches ?

Depuis l’élection présidentielle, le gouvernement a multiplié les mesures favorables aux plus fortunés, qui sont les grands gagnants du début de ce quinquennat.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 16h04
    |

            Adrien Sénécat








                        


L’« exit tax », un impôt destiné à juguler l’évasion fiscale de chefs d’entreprise, sera supprimée dès 2019. Emmanuel Macron, qui en a fait l’annonce dans un entretien au magazine américain Forbes, juge la mesure néfaste pour l’entrepreneuriat.
Par ce choix, le président français ravive un débat qui le poursuit depuis son élection, il y a tout juste un an : le candidat qui se revendiquait « et de droite et de gauche » est-il le « président des riches », comme l’affirme une partie de l’opposition ? Eléments de réponse à partir des différents arbitrages sur la fiscalité et le pouvoir d’achat du gouvernement depuis mai 2017.
Les principales mesures favorables aux plus riches
La « transformation » de l’impôt sur la fortune (ISF)
La réforme annoncée pendant la campagne présidentielle par Emmanuel Macron entre en vigueur dès 2018. Désormais, seuls les biens immobiliers (avec une décote de 30 % pour la résidence principale) seront soumis à l’impôt sur la fortune (ISF), rebaptisé IFI, impôt sur la fortune immobilière pour l’occasion.
Présentée par Emmanuel Macron comme une mesure censée encourager les investissements dans l’économie française, cette opération représentera un manque à gagner de 3,2 milliards d’euros par an pour l’Etat, selon le gouvernement. De 4,1 milliards d’euros, les recettes de l’ISF fondront pour atteindre 850 millions d’euros annuels environ. Cela représentera en moyenne une économie de 9 700 euros d’impôt pour les 330 000 contribuables qui étaient redevables de l’ISF jusqu’ici.
L’instauration d’une « flat tax » sur les revenus du capital
Autre promesse de campagne rapidement concrétisée : l’instauration d’un « prélèvement forfaitaire unique » (PFU) sur les revenus du capital à 30 % (à l’exception des livrets défiscalisés), là où il existait auparavant une multitude de régimes. Selon les chiffrages gouvernementaux, la mesure coûtera 1,3 milliard d’euros par an. Ce coût suscite une controverse parmi les économistes, certains estimant qu’il pourrait être bien plus élevé en réalité, d’autres contestant cette idée. Quoi qu’il en soit, il s’agit bien d’un geste en faveur des plus grands capitaux.
La baisse de l’impôt sur les sociétés
Le gouvernement s’est engagé à diminuer nettement l’impôt sur les sociétés. De 33,3 % en 2017, le taux normal pour les bénéfices au-delà de 500 000 euros devrait d’abord baisser progressivement jusqu’à rejoindre, en 2020, le taux actuel des bénéfices en dessous de 500 000 euros, qui est de 28 %. Le nouveau taux unique de l’impôt sur les sociétés diminuera ensuite à 26,5 % en 2021, puis à 25 % en 2022.
Le coût estimé de cette mesure est de 11 milliards d’euros par an à terme, selon le gouvernement. Contrairement à la réforme de l’ISF, cette mesure ne profitera pas qu’aux plus fortunés et ne touche pas directement l’imposition des contribuables. Reste que les dirigeants d’entreprise pourront tout à fait en profiter en partie pour augmenter leurs dividendes.
La suppression de l’« exit tax » en 2019
Cet impôt censé lutter contre l’évasion fiscale porte sur les plus-values « latentes » des contribuables, c’est-à-dire la différence entre la valeur d’acquisition de leurs titres et celle constatée au moment du transfert de leur résidence fiscale hors de France.
Par exemple, un contribuable possède 20 000 actions de la société Dupont et fils, d’une valeur de 100 euros chacune au moment de leur acquisition. Quelques années plus tard, ce contribuable quitte la France pour la Belgique. A son départ, ses actions valent 200 euros chacune, soit une plus-value hypothétique de 2 millions d’euros. S’il vend ses actions, même alors qu’il réside à l’étranger, la France exigera une taxe sur la plus-value (différence entre achat et vente) réalisée alors qu’il résidait dans le pays.
Le gouvernement estime que cette « exit tax » était un frein à l’investissement sans être rentable pour les finances publiques pour autant. Sur des recettes potentielles estimées à près de 800 millions d’euros en 2016 par le Conseil des prélèvements obligatoires, elle ne rapporterait « quasiment rien », selon le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, qui évoquait jeudi 3 mai sur France 2 un rendement effectif de l’ordre de 15 millions d’euros par an.
Reste que la disparition de cet impôt sera favorable à des contribuables pour beaucoup très aisés (depuis 2014, il faut détenir au moins 800 000 euros en actions ou la moitié des parts d’une société pour y être assujetti).

        Comprendre :
         

          Qu’est-ce que « l’exit tax », que Macron souhaite supprimer ?



Les principales mesures qui profiteront aux moins aisés
La baisse des cotisations salariales
En 2018, les salariés du privé verront leur salaire net augmenter grâce à une baisse de leurs cotisations de 3,15 points, en contrepartie d’une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) de 1,7 point. Cela représente un gain net d’environ 22 euros par mois (250 euros par an) pour le salaire minimal, à terme. Mais la mesure ne prendra pleinement effet qu’en octobre : si la CSG a bien augmenté en janvier, comme prévu, les cotisations n’ont pour l’heure baissé que de 2,2 points, d’où un gain limité pour les salariés concernés.
Contrairement à d’autres mesures, cette « bascule » de cotisations a été pensée pour être neutre pour le budget de l’Etat : ce sont les 60 % de retraités les plus aisés qui la financeront, puisque leur CSG a augmenté sans contrepartie. Et comme une partie des baisses de cotisations a été différée à octobre, les finances publiques en sortiront même gagnantes en 2018, de l’ordre de 4,5 milliards d’euros.
La suppression progressive de la taxe d’habitation
La taxe d’habitation sera supprimée en 2020 pour l’intégralité des ménages. En attendant, 80 % d’entre eux la verront diminuer d’un tiers en 2018, puis d’un second tiers en 2019. Cela représente, à terme, un coût d’environ 18,3 milliards d’euros par an pour les finances publiques, mais « seulement » 3,5 milliards en 2018, puis 7 milliards environ en 2019. Par ailleurs, la moitié du montant de l’exonération finale profitera aux 20 % des ménages les plus riches.
Les revalorisations de prestations sociales
La prime d’activité (+ 80 euros par mois), l’allocation aux adultes handicapés (+ 90 euros) ainsi que l’allocation de solidarité aux personnes âgées (+ 100 euros) seront revalorisées par le gouvernement. Ces hausses seront néanmoins étalées jusqu’en 2019 ou en 2020, selon les cas, et auront donc un effet limité en 2018.

        Lire aussi :
         

                A la hausse ou à la baisse, 24 mesures qui affectent votre pouvoir d’achat



Les inégalités pourraient se creuser en 2018
Une fois toutes ces mesures prises en compte, il est possible d’estimer dans quelles proportions les différentes catégories de contribuables français bénéficieront ou non de la politique d’Emmanuel Macron. C’est ce qu’a fait l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), un organisme de prévision et d’évaluation des politiques publiques, dans une étude publiée le 15 janvier.
Selon ses estimations, les 5 % les plus riches sortiront, proportionnellement, nettement gagnants de l’année 2018, avec un gain de 1,6 % de pouvoir d’achat, qui s’explique principalement par la baisse de l’ISF et la mise en place du prélèvement forfaitaire unique (PFU). Inversement, la plupart des catégories de ménages verront leur pouvoir d’achat stagner ou presque. Enfin, deux catégories de foyers verront leur niveau de vie diminuer :
les 25 % de ménages les plus aisés (à l’exception des 5 % les plus fortunés), essentiellement des retraités pénalisés par la hausse de la CSG ;les 5 % de ménages les plus pauvres, à cause de la hausse de la fiscalité écologique et des prix du tabac. Deux mesures qui répondent à des enjeux de santé publique et environnementaux, mais qui les pénaliseront plus fortement.


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Les 5 % les plus riches, grands gagnants du budget 2018
Impact estimé du budget 2018 par vingtile de niveau de vie (en moyenne sur l'ensemble de l'année). V1 correspond aux 5 % les moins aisés, V20 aux 5 % les plus aisés.

Source : OFCE



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Derrière ces moyennes se cachent des situations bien différentes : parmi les ménages les plus pauvres, ceux qui ne comportent pas de fumeurs ne seront pas, en moyenne, pénalisés par le budget 2018. Le gouvernement considère par ailleurs que l’OFCE a sous-estimé la baisse de la consommation de cigarettes liée à la hausse des prix, et donc surévalué le poids de cette dernière sur le pouvoir d’achat.
Un rééquilibrage progressif d’ici à 2020
Le tableau est en revanche nettement plus équilibré si l’on tient cette fois compte de l’ensemble des mesures qui entreront progressivement en vigueur. L’OFCE a ainsi procédé à une seconde estimation de la situation des mêmes types de foyers à horizon fin 2019. A cette date, la plupart des catégories de revenus sortiront gagnantes de la politique socio-économique du gouvernement, selon l’organisme.
Seule exception, les ménages qui se situent parmi les 15 % les plus aisés, à l’exception des 5 % les plus riches, là aussi, toujours à cause de la hausse de la CSG pour les retraités et de la fiscalité écologique.


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Une politique moins inégalitaire à l'horizon 2019
Effet estimé de la politique du gouvernement à la fin de l'année 2019 par rapport à 2017, par vingtile de niveau de vie (en moyenne sur l'ensemble de l'année). V1 correspond aux 5 % les moins aisés, V20 aux 5 % les plus aisés.

Source : OFCE



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A cet horizon, les arbitrages gouvernementaux apparaissent beaucoup plus égalitaires, dans le sens où ils favoriseront plutôt les ménages les moins aisés en proportion… à deux exceptions notables, aux deux extrémités de l’échelle :
malgré les mesures prises en faveur de leur pouvoir d’achat, les 5 % de ménages les moins aisés sortiraient en moyenne très peu gagnants (0,2 %), toujours à cause de la hausse des prix du tabac et de la fiscalité environnementale ;les 5 % les plus riches, quant à eux, resteraient les grands gagnants, toujours grâce aux réformes de la fiscalité du capital.
L’OFCE n’a pas reproduit ses estimations pour l’année 2020, au cours de laquelle une dernière série de mesures favorables au pouvoir d’achat entrera en vigueur. On peut néanmoins anticiper que le rééquilibrage observé entre 2018 et la fin de 2019 se poursuivra, toutes choses égales par ailleurs.
Dans tous les cas, les plus fortunés devraient bien rester les grands gagnants des premières années de mandat d’Emmanuel Macron. Le président de la République a toujours réfuté faire tout « cadeau » aux plus riches, justifiant l’orientation de sa politique par la nécessité de favoriser les « investissements » dans l’économie française. A ceci près que rien n’oblige les grandes fortunes bénéficiaires de la baisse de l’ISF à investir.
Interpellé sur ce point par Edwy Plenel, le 15 avril, à la télévision, Emmanuel Macron a reconnu n’avoir « pas plus de garanties que » le journaliste sur le fait que la baisse de la fiscalité du capital favorisera effectivement les investissements, renvoyant l’objection à une évaluation des réformes « dans deux ans ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Plusieurs milliers de personnes avaient répondu samedi à l’appel de l’opposant Alexeï Navalny, qui a lui-même été interpellé par la police.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Russie : plus de 1 300 opposants arrêtés lors de manifestations contre le « tsar Poutine »

Plusieurs milliers de personnes avaient répondu samedi à l’appel de l’opposant Alexeï Navalny, qui a lui-même été interpellé par la police.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 13h52
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 18h24
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Cela devait être une sorte de « fête à Poutine » sous le slogan « il n’est pas un tsar ». Mais ceux qui s’étaient imprudemment coiffé d’une couronne de papier ont été les premiers embarqués dans les fourgons de police. Plus de 1 300 manifestants qui avaient répondu à l’appel de l’opposant Alexeï Navalny ont été interpellés dans plusieurs villes de Russie, samedi 6 mai, dont plus de la moitié, 592, à Moscou, selon des chiffres encore provisoires communiqués en fin d’après-midi par l’association OVD-Info, qui relève les arrestations.

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Organisés deux jours avant l’investiture officielle, lundi, de Vladimir Poutine, réélu pour un nouveau mandat jusqu’en 2024 à la tête du pays, les rassemblements ont été très vite dispersés par les forces de sécurité, déployées en nombre. Alexeï Navalny, empêché de se présenter à l’élection présidentielle, n’a eu lui-même que quelques minutes pour s’adresser à la foule. « Nous obligerons les autorités, constituées d’escrocs et de voleurs, à tenir compte des millions de citoyens qui n’ont pas voté Poutine », a-t-il lancé avant de disparaître entre deux cordons de policiers.
A peine arrivés sur la place Pouchkine, dans la capitale, les premiers contestataires ont eu la mauvaise surprise de trouver l’endroit occupé. Au pied de la statue du célèbre poète russe les attendaient des Cosaques. Des hommes, des femmes, aussi, qui arboraient tous un ruban de Saint-George, devenu un symbole patriotique, à la boutonnière. Une contre-manifestation des pro-pouvoir.
« C’est la première fois que je vois ça », observait sourcils froncés Alex, un médecin de 31 ans, porteur d’un autre badge sur la poitrine, la lettre « N », pour Alexeï Navalny. « Moi je viens parce que c’est la seule façon de faire quelque chose et de sortir des discussions sur Internet », poursuivait-il dans un environnement plutôt hostile.
Même les journalistes sont interpellés
Tout près, un homme aboie « je n’aime pas ça ! Je n’aime pas ça ! » en arrachant une pancarte de papier des mains d’une jeune fille apeurée. Un autre filme avec son téléphone un petit groupe d’étudiants en train de crier « La Russie sera libre ». « Tu vois, je vais mettre ça sur les réseaux sociaux comme ça tes parents sauront ce que tu fais ! » lâche-t-il d’un air mauvais. Les jeunes sont pris à partie. On les sermonne. On leur fait la leçon. On leur distribue des morceaux de papier donnant rendez-vous le 9 mai, jour de la victoire de la seconde guerre mondiale, pour rejoindre le « Régiment immortel » qui célèbre les combattants soviétiques sur l’armée nazie.
Même les journalistes sont interpellés. On nous glisse le même papier dans la poche. « Qu’est-ce qu’ils ont fait ces jeunes pour construire le pays ? Rien ! », assure Olga, 66 ans, les mains crispées sur un sac doré qui projette des reflets sous le soleil.
La vieille dame n’a pas le temps de poursuivre. Une première charge d’Omon, la police anti-émeute, secondée par les Cosaques, fonce dans la foule. Les interpellations musclées ont commencé, avec le renfort de la Garde Nationale, qui se poursuivent à un rythme accéléré et souvent de façon brutale. Empoignés à l’horizontale, ou les bras tordus dans le dos, les manifestants filent à grande vitesse vers les fourgons.
Quelques milliers d’autres refluent dans le calme mais ne lâchent pas prise, malgré les messages inquiétants diffusés par haut-parleur les incitant à quitter les lieux, faute de quoi « la force, ou des produits spéciaux, pourront être utilisés ». Quels « produits spéciaux » ? Des gaz lacrymogènes ? La foule se regroupe, indifférente, beaucoup s’applaudissent. Un hélicoptère assourdissant les surplombe. Encore des cris « A bas le tsar ! » et puis le rassemblement commence à se disloquer, sans rompre. En début de soirée, des contestataires étaient toujours sur place.

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                De 2000 à aujourd’hui, la mainmise électorale de Poutine et de Russie unie






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ 38 900 personnes ont défilé entre les places de l’Opéra et de la Bastille, samedi, selon un comptage indépendant réalisé pour un collectif de médias, dont « Le Monde ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

A Paris, des dizaines de milliers de manifestants réunis pour faire « la fête à Macron »

38 900 personnes ont défilé entre les places de l’Opéra et de la Bastille, samedi, selon un comptage indépendant réalisé pour un collectif de médias, dont « Le Monde ».



Le Monde
 |    05.05.2018 à 07h33
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 18h35
   





                        



   


A l’initiative du député de La France insoumise (LFI) François Ruffin et de l’intellectuel Frédéric Lordon, 38 900 personnes – selon un comptage indépendant réalisé pour un collectif de médias, dont Le Monde –, ont afflué samedi 5 mai à Paris pour faire « la fête à Macron ». Ils étaient 40 000 selon la préfecture de police, 100 000 pour les organisateurs de la marche et 160 000 d’après La France insoumise. Des rassemblements ont également lieu dans plusieurs villes de France dont Toulouse, Bordeaux, Lyon, Strasbourg et Rennes.
Conformément aux souhaits des organisateurs, et quelques jours après les débordements du 1er Mai, l’ambiance à Paris était festive et bon enfant, certains manifestants parisiens venus en famille pique-niquant place de l’Opéra Garnier au milieu de banderoles reprenant des slogans de LFI. Ils ont rejoint la place de la Bastille dans l’après-midi, où un concert est prévu autour de 20 heures.
Quatre chars se mêlaient au cortège parisien : le char Jupiter, le char Dracula, le char Napoléon, avec sur chacun d’entre eux une personne grimée en Macron, et enfin un char « Résistance », où les manifestants exposent leurs revendications.
Notre journaliste, Jérémie Lamothe, était dans le cortège :

Macron en Napoleon et Macron derrière les barreaux sur des chars de la manifestation pic.twitter.com/eod912mw3O— Jérémie Lamothe (@Jer_Lamothe) 5 mai 2018


« Donner du courage aux cheminots, aux hospitaliers »
Avant que le cortège ne s’élance, M. Ruffin est revenu devant la presse sur cette initiative :
« On a voulu un rassemblement festif et convivial pour rassembler le maximum de gens, qu’il y ait un appel d’air. On veut mettre en valeur tous les gens à qui on ne laisse pas la parole, ceux qui n’ont pas de visage. J’espère que ce seront eux les héros de la journée. »
« Nous sommes tous là pour donner du courage aux cheminots, aux hospitaliers, aux travailleurs de tous les secteurs », a lancé de son côté le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, dans une harangue à la foule en milieu d’après-midi. « Nous sommes un rassemblement qui condamne la violence et d’abord la violence verbale des tout-puissants. Ceux qui ont dit qu’il y avait dans les gares des gens qui n’étaient rien, ceux qui ont traité le peuple travailleur de fainéants, d’illettrés et d’alcooliques », a poursuivi le député de Marseille dans un florilège de citations d’Emmanuel Macron.

Petit best-of de pancartes vu place de l’Opera pour la fête à Macron https://t.co/hKibpWy2aH— Jer_Lamothe (@Jérémie Lamothe)


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Sur la place de l’Opéra, avant le début du défilé, Paul et Maxime ne se disent pas surpris par la première année de M. Macron à l’Elysée. « L’évacuation de la ZAD, la loi asile et immigration, les évacuations de fac… Tout ce qu’il a fait, je ne l’aurai pas fait », lance Maxime. « Je m’attendais à tout ça, renchérit Paul à ses côtés.
A quelques mètres de là, Françoise et Isabel sont en « colère ». En colère contre un président qui « détruit tout : l’économie, le social, le médical, la SNCF ». « Il s’attaque à tout en même temps mais derrière il ne reconstruit rien », regrette Isabel, 47 ans. Françoise, à la retraite après 44 ans de fonction publique est « en colère contre la hausse de la CSG ». Alors elles sont venues aujourd’hui pour participer à « cette convergence des luttes » qu’elles attendent tant : cheminots de la SNCF, étudiants, personnels médical, fonctionnaires… Dans le cortège des représentants de la CGT, de SUD, de Solidaires, d’Attac étaient également présents.
La plupart des militants interrogés attendent maintenant une date : le 26 mai, qui doit réunir dans la rue les partis de gauche (hors PS), la CGT, Sud solidaires, Attac et plusieurs autres associations.
Un « moment de fraternité tranquille »
Si le défilé s’est déroulé dans le calme, quelques échauffourées entre des manifestants et des CRS ont eu lieu place de la Bastille où un véhicule de Radio France a été vandalisé. Aucun journaliste ne se trouvait à l’intérieur du camion mais un policier a été légèrement blessé par un jet de projectile lors de l’extraction du véhicule.
En fin d’après-midi, le ministre de l’intérieur Gérard Collomb a condamné fermement cette « attaque ». « Quand certains s’attaquent à la presse, il n’y a plus de limites », a-t-il déclaré à l’Agence France-Presse alors qu’il se trouvait à la préfecture de police. Après les débordements du 1er-Mai, un important dispositif policier avait été prévu pour cette manifestation, 2 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés.

        Lire notre analyse :
         

          Maintien de l’ordre : ce que révèle le 1er-Mai



Depuis deux jours, le ton était monté entre l’exécutif et LFI, qui s’accusent mutuellement de « remettre en cause la démocratie ». Ils veulent « tenir un discours d’agitation », « ils n’ont jamais accepté la défaite », « ils aiment la démocratie quand ils gagnent », a accusé le chef de l’Etat, dans une allusion implicite aux « insoumis ».

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                Poussée de fièvre entre Macron et Mélenchon



« Nous sommes absolument pour la non-violence, c’est une ligne stratégique », a répliqué le député de Marseille, en dénonçant le « déchaînement de [LRM] contre LFI ». « Je suis sûr que la police va faire ce qu’il faut », « on travaille bien » avec elle, « on lui fait confiance ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Le propriétaire du club, Jacky Lorenzetti, a loué pour plusieurs semaines son enceinte – la U Arena – au couple de stars, qui y effectue des répétitions en vue de sa tournée.
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Jay Z et Beyoncé obligent les rugbymen du Racing à se délocaliser à Vannes

Le propriétaire du club, Jacky Lorenzetti, a loué pour plusieurs semaines son enceinte – la U Arena – au couple de stars, qui y effectue des répétitions en vue de sa tournée.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 16h05
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 16h18
    |

                            Grégor Brandy








                        



   


Pas encore qualifié pour les demi-finales du Top 14, le Racing 92 a beaucoup à jouer durant la dernière journée de championnat de France, samedi 5 mai (à 21 heures). Deuxièmes, les Franciliens ne possèdent qu’un point d’avance sur Toulouse et deux sur Toulon.
Autant dire que la réception d’Agen, déjà maintenu, est cruciale et permettrait d’éviter de passer par les barrages, en rejoignant dès samedi le dernier carré des playoffs. Une situation qui serait idéale pour se concentrer pleinement sur la finale de coupe d’Europe, la semaine prochaine.
Laurent Travers, l’entraîneur des Racingmen, ne s’y est d’ailleurs pas trompé au moment de résumer l’importance de cette rencontre au Parisien : « On a un quart à jouer ce week-end. »

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                Racing 92 : grand club de rugby cherche public et ferveur



Reste que les Ciel et Blanc ont beau officiellement recevoir Agen, en réalité, ils seront eux aussi en déplacement dans un stade qu’ils ne connaissent pas, et loin de leurs (rares) supporteurs. L’U Arena dans laquelle ils évoluent depuis le mois de décembre 2017 n’est pas en mesure de les accueillir pour cette rencontre.

Le Racing 92 va nouer un partenariat avec le RC Vannes et pour marquer le coup ils délocaliseront leur match de Top… https://t.co/w3skS1pchP— ArnaudBecquet (@Arnaud BECQUET)


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Jay Z et Beyoncé en répétition à la U Arena
Dans un premier temps, le club avait annoncé que cette délocalisation était le simple résultat d’un partenariat avec le RC Vannes. La vraie raison a été révélée, quelques jours plus tard, le 10 avril : le propriétaire de l’enceinte, Jacky Lorenzetti, qui est également le président du Racing 92, a choisi de la louer à Jay Z et Beyoncé. Les deux artistes américains doivent y répéter leur tournée, qui doit passer par le Stade de France le 14 juillet.
Quand il avait révélé cette seconde information, le journal L’Equipe écrivait que le président du Racing « ne pouvait refuser une offre financière pareille ». Sans confirmer l’information, Jacky Lorenzetti avait alors expliqué qu’il « n’a jamais caché qu’en fonction des événements majeurs, on devrait faire des arbitrages. Et ce qui guide le choix, c’est l’avenir du club, hein ».

Jacky nous a fait croire au partenariat entre le Racing et Vannes pour la délocalisation du dernier match...mainten… https://t.co/oX6BSl1AfX— CaroBasbayon (@Caro Basbayon)


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Résultat : un premier « quart de finale » à jouer à Vannes, en Bretagne, à 465 km de ses bases, dans un stade de 9 000 places. Dans une interview accordée à Ouest France, Laurent Travers a cependant tenté de relativiser ce choix :
« Il était très clair depuis le départ que l’U Arena serait une salle de spectacle dans laquelle on joue au rugby. C’est ce qui permet au club d’équilibrer ses comptes, de payer ses salariés. Ce n’est pas une salle publique mais privée. Il y a un équilibre financier en jeu. C’est donc facile d’accepter de délocaliser un match de temps en temps. »
Un barrage à domicile à l’extérieur ?
Pas sûr que tout le monde ne partage son avis. En avril, L’Equipe assurait que « cette realpolitik économique passe mal auprès des joueurs et du staff, qui se souviennent que le président avait promis : “Pas de délocalisation cette saison.” »
Tous vont cependant devoir passer outre et se concentrer sur le match contre Agen. Un mauvais résultat des Racingmen, et ces derniers devront probablement passer par les barrages. Et devinez quoi ? Là encore, ils auront beau officiellement « recevoir » leurs adversaires, ils devront jouer loin de leur U Arena.
C’est peu dire que c’est se tirer une balle dans le pied : les Ciel et Blanc sont toujours invaincus dans leur nouvelle enceinte depuis leur arrivée en décembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Telles la journaliste Nadia Daam ou la militante féministe Caroline De Haas, les femmes sont les victimes de véritables lynchages numériques sur Twitter. Et encore plus lorsqu’elles portent un engagement ou sont issues d’une minorité.
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Cyber-harcèlement sur Twitter : « Je vais t’égorger et violer ton cadavre »


                      Telles la journaliste Nadia Daam ou la militante féministe Caroline De Haas, les femmes sont les victimes de véritables lynchages numériques sur Twitter. Et encore plus lorsqu’elles portent un engagement ou sont issues d’une minorité.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 08h30
    |

                            Brice Laemle








                              

                        

Une mise au pilori numérique. Chaque jour, et pendant des semaines voire des mois, sur Twitter, elles sont la cible d’insultes, de diffamations, de menaces ou encore de doxxing (comprendre qu’elles sont victimes de divulgation d’informations personnelles sur le Web). Leurs agresseurs ? Des internautes, souvent anonymes, mais toujours galvanisés par l’effet de meute. « En l’espace de trois heures, ils sont passés de “sale pute”, à “je vais t’égorger, violer ton cadavre, et faire de même avec ton enfant”. » Six mois après avoir été la cible d’un « raid numérique » sur Twitter – une attaque coordonnée et simultanée par plusieurs centaines d’internautes –, les angoisses sont moins quotidiennes, mais la journaliste Nadia Daam reste choquée par la violence dont elle a été la cible.
Humilier, terroriser, faire taire
Tout a commencé le 1er novembre 2017, après une chronique sur Europe 1. La journaliste y soutenait Clara Gonzales et Elliot Lepers, qui venaient de mettre en place un système de messagerie pour se débarrasser des dragueurs insistants et qui avaient eux-mêmes été victimes de cyber-harcèlement en provenance du forum Blabla 18-25 ans de Jeuxvideo.com. Nadia Daam y qualifiait les internautes agresseurs de « gens dont la maturité cérébrale n’a pas excédé le stade embryonnaire ». Dès l’après-midi, c’est le déferlement : appels au viol et au meurtre, divulgation de l’adresse de son domicile et du collège de sa fille, diffusion d’un photomontage avec sa tête sur le corps d’un otage de Daech sur le point de se faire décapiter. Des internautes tentent également de pirater sa boîte mail, ses comptes Facebook, Twitter et PayPal.

Le but de la manœuvre : humilier et terroriser afin de contraindre la personne attaquée à s’autocensurer et à se taire. Un lynchage public d’autant plus facile à commettre qu’on ne voit pas la victime, elle est ainsi déshumanisée. « Les attaques auxquelles j’ai eu droit étaient...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ La mission de la NASA, qui a pour objectif de sonder l’intérieur de la Planète rouge, doit décoller de Californie samedi et se poser sur Mars fin novembre.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/05/2018
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La mission InSight part sonder les entrailles martiennes

La mission de la NASA, qui a pour objectif de sonder l’intérieur de la Planète rouge, doit décoller de Californie samedi et se poser sur Mars fin novembre.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 02h29
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 17h47
    |

            Pierre Barthélémy (Base de Vandenberg (Californie), envoyé spécial)








                        



   


La terre a tremblé, avant l’aube, en Californie, samedi 5 mai. Non pas en raison d’un des séismes redoutés dans la région mais à l’occasion du décollage, depuis la base militaire de Vandenberg, d’une fusée Atlas-V emportant à son bord une mission à 1 milliard de dollars (835 millions d’euros), InSight. Direction Mars, sur laquelle cet engin de la NASA se posera le 26 novembre, après un voyage de plus de six mois et de 485 millions de kilomètres.
« C’est un grand jour. Nous retournons sur Mars », a lancé Jim Bridenstine, patron de la NASA, après le décollage. « C’est important pour notre pays. C’est également important pour le monde et cela établit vraiment le leadership des Etats-Unis de nombreuses façons ». Après environ 1 h 40 de vol, la sonde s’est séparée comme prévu de l’étage supérieur de la fusée: « Je suis toute seule maintenant », peut-on lire sur le compte Twitter d’InSight.

I'm on my own now. Separation from the upper stage of my #AtlasV rocket is confirmed. This marks the beginning of m… https://t.co/WMEyHWNmUB— NASAInSight (@NASAInSight)


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Quitte à décevoir les enthousiastes du spatial, ce ne sera pas une mission spectaculaire avec un rover escaladant des collines, examinant des cailloux ou prenant des photographies de paysage à couper le souffle. Non, InSight est un atterrisseur, c’est-à-dire une plateforme immobile d’instruments scientifiques. Et il ne va pas vraiment s’intéresser à ce qu’il y a sur Mars, mais à ce qu’il y a dedans.
InSight est l’acronyme d’« Interior Explorations Using Seismic Investigations, Geodesy and Heat Transfert ». Ainsi que le résumait, avant le lancement, le responsable du projet, Tom Hoffman (Jet Propulsion Laboratory, NASA/Caltech), malgré tous les engins envoyés sur la Planète rouge depuis des décennies, « jusqu’ici, sur Mars, on n’a littéralement fait que gratter la surface. Avec InSight ce sera la première fois qu’on étudiera la structure interne » d’une autre planète que la Terre.
Une fois posé non loin de l’équateur martien, dans la plaine d’Elysium Planitia, InSight ouvrira, comme des éventails qu’on déploie, ses deux panneaux solaires, puis prendra quelques semaines pour installer ses deux principaux instruments.
Le premier, SEIS (Seismic Experiment for Interior Structures), est un sismomètre ultra-précis fourni par le Centre national d’études spatiales (CNES). La NASA a en effet profité de l’expérience du Français Philippe Lognonné (Institut de physique du globe de Paris, IPGP) en la matière. Expérience malheureuse jusqu’ici : depuis trois décennies Philippe Lognonné travaille sur un projet de sismomètre martien. Son premier instrument était à bord de la mission russe Mars96 mais celle-ci ne devait jamais vraiment quitter la Terre en raison d’une défaillance de sa fusée après le décollage et se désintégra dans le Pacifique le 17 novembre 1996. Le projet suivant, NetLander (CNES et Agence spatiale européenne), de quatre petits atterrisseurs destinés à étudier la géophysique de Mars, ne vit jamais le jour, abandonné après la phase d’études…
Une planète à remonter le temps
Sauf catastrophe – par exemple lors de l’entrée, toujours délicate, dans l’atmosphère martienne, ou au cours de l’atterrissage –, la troisième tentative devrait être la bonne pour le sismomètre d’inspiration française. Posé à terre et placé sous une sorte de cloche à fromage qui le protégera des intempéries martiennes, SEIS « écoutera » l’intérieur de la Planète rouge, à l’affût de ses moindres vibrations. Au cours des deux années de la mission, les chercheurs espèrent ainsi détecter plusieurs dizaines de « tremblements de Mars ».

   


Comme on en a fait l’expérience sur Terre depuis longtemps, l’analyse des ondes sismiques est un outil précieux pour sonder les entrailles d’une planète. Elles livrent des indices sur les différentes couches qu’elles traversent. Les planétologues attendent donc de SEIS qu’il leur dise à quelles profondeurs se situent les frontières entre croûte et manteau, entre manteau et noyau, et qu’il leur fournisse des données sur la composition de ces couches.
Pour ces scientifiques, qui veulent remonter à la formation des planètes rocheuses dans le Système solaire, l’information est d’importance : tandis que, sur Terre, la tectonique des plaques a progressivement digéré toute la croûte originelle, le phénomène ne s’est pas produit sur la Planète rouge, très peu active (voire pas du tout) sur le plan tectonique, probablement à cause de sa petite taille.
Mars pourrait donc servir de témoin de l’état initial d’une planète tellurique. Il sera même possible de remonter plus avant dans le temps et d’avoir des informations plus précises sur la composition du disque proto-planétaire, cette nébuleuse de matière tournant autour du Soleil naissant, à partir de laquelle se sont formées les planètes.
Les géophysiciens espèrent aussi comprendre comment le volcanisme martien, qui a jadis été impressionnant, s’est affaibli au point de sembler avoir disparu. Cerise sur le gâteau : la précision de SEIS devrait aussi permettre de détecter les ondes sismiques émises par… les impacts des quelques météorites qui s’écrasent chaque année sur Mars.
Taupe robotisée
Le deuxième gros instrument, HP3 (Heat Flow and Physical Properties Probe), fourni par le DLR, équivalent allemand du CNES, constitue lui aussi une première.
Il s’agit d’une sorte de taupe robotisée qui, en donnant pendant plusieurs semaines de nombreux petits coups de marteau, s’enfoncera entre 3 et 5 mètres sous la surface martienne pour y installer des capteurs de température. L’objectif est de mesurer la quantité de chaleur qui remonte et s’échappe de l’intérieur de Mars, de déterminer à quelle vitesse les entrailles de la planète se refroidissent mais aussi de dire à quelle profondeur l’eau martienne se trouve sous forme liquide.
Même si, pour l’heure, la question de la vie sur Mars reste ouverte, la question de la vie de Mars en tant qu’organisme géophysique devrait, d’ici au début de 2019, avoir des réponses. N’est-il pas tentant en effet de voir en SEIS un stéthoscope prenant le pouls de la planète et en HP3 un thermomètre prenant sa température ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Huit mois après la reprise du sous-traitant automobile creusois, ils sont 97, sur les 157 ouvriers licenciés, à n’avoir aucune perspective d’emploi.
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A La Souterraine dans la Creuse, la dure vie d’après des anciens salariés de GM&S

Huit mois après la reprise du sous-traitant automobile creusois, ils sont 97, sur les 157 ouvriers licenciés, à n’avoir aucune perspective d’emploi.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 14h45
    |

            Charlotte Chabas (La Souterraine (Creuse), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Les récompenses, ce n’était « pas son truc ». « Que des breloques », jugeait Jean-Yves Delage, 50 ans. Et puis, ça a commencé à « sentir le roussi » pour les 279 salariés de GM&S Industry, à La Souterraine (Creuse). Alors, il a fini par la demander, sa médaille du travail. Il y a dix jours, sous un soleil de plomb, son chef d’équipe, Bernard, lui a épinglé la petite plaque d’argent, rehaussée d’un ruban tricolore. Ou plutôt, son ex-chef d’équipe. Car, le 11 septembre 2017, M. Delage a reçu, comme 156 de ses collègues, sa lettre de licenciement.
Plus de sept mois après la reprise du sous-traitant automobile par l’emboutisseur GMD, ils étaient une trentaine de GM&S à être célébrés, ce matin-là. Il y avait même une « grand or » : Nadine Aucharles, 58 ans, licenciée après « quarante ans, onze mois et dix-huit jours » dans l’entreprise. « Forcément, il y a de l’amertume. On célèbre une carrière qu’on nous a volée », reprend Jean-Yves Delage, qui a passé dix-sept ans comme ­conducteur de ligne aux presses. « Mais ça fait toujours du bien de se retrouver entre nous », dit celui qui a fait 200 kilomètres pour rejoindre ses anciens collègues.
Ce grand brun aux lunettes fumées a mis sa maison en vente à l’été. C’est une famille de la région parisienne qui l’a achetée, après « une négociation rapide ». « Il fallait pas rêver. » En septembre, sa femme a obtenu une mutation en Charente. « On se disait que ça pouvait être l’occasion d’un nouveau départ, car les familles ont trinqué. » Et d’obtenir plus « d’opportunités professionnelles, aussi », reconnaît l’ancien ouvrier, qui garde en travers de la gorge la réplique d’Emmanuel Macron à l’intention des GM&S.

En déplacement en Corrèze, le président avait dit à « ceux qui foutent le bordel » qu’ils « feraient mieux » d’aller travailler à l’usine Constellium d’Ussel, à 140 kilomètres de La Souterraine....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Pour Enedis, ces boîtiers permettront au consommateur d’économiser de l’argent. Pour l’UFC-Que choisir, rien n’est moins sûr.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Sans prendre expressément position dans le débat pour le référendum du 4 novembre, le chef de l’Etat a affirmé vouloir « construire » ensemble l’avenir.
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Macron plaide pour le maintien d’une relation étroite entre la France et la Nouvelle-Calédonie

Sans prendre expressément position dans le débat pour le référendum du 4 novembre, le chef de l’Etat a affirmé vouloir « construire » ensemble l’avenir.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 09h20
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 15h54
    |

            Patrick Roger (envoyé spécial en Nouvelle Calédonie)








                        



   


En conclusion de ses deux jours et demi de séjour en Nouvelle-Calédonie, Emmanuel Macron a délivré, samedi 5 mai au Théâtre de l’île de Nouméa, un discours résolument tourné vers l’avenir du territoire et de la France dans la région indo-pacifique. « Je crois à l’axe indo-pacifique, à cette ambition géopolitique, a déclaré le chef de l’Etat, qui avait déjà développé ce thème au cours de sa précédente étape en Australie. Nous avons un rôle à jouer. Cette stratégie est essentielle si nous ne voulons pas que cette région tombe sous une nouvelle hégémonie. » Référence explicite aux ambitions chinoises dans cette région.
Il a ainsi longuement développé les atouts de la Nouvelle-Calédonie, ses perspectives de développement en matière d’économie, de souveraineté alimentaire et énergétique, de tourisme, de « croissance bleue », tout en mettant en parallèle, systématiquement, ce que pouvaient être l’apport et l’investissement de la France pour accompagner ces projets. « Nous investirons, nous protégerons, la France s’engagera pleinement dans cette stratégie indo-pacifique, a insisté le président de la République. Je veux que nous construisions ensemble cet avenir. »
Alors, bien sûr, M. Macron n’a pas pris expressément position dans le débat pour le référendum du 4 novembre lors duquel les Calédoniens devront se prononcer sur l’accession à la pleine souveraineté. « Je ne prendrai pas partie dans ce référendum qui vient, a assuré le chef de l’Etat. Non pour me soustraire à mes responsabilités mais, précisément, parce que cela tient à mes responsabilités. » Tout son discours, cependant, plaidait pour le maintien d’une étroite relation – si ce n’est d’un lien structurel maintenu – entre la France et la Nouvelle-Calédonie.
« Dimension géostratégique »
Ces propos, cependant, n’ont en rien heurté les dirigeants indépendantistes présents dans la salle. Bien au contraire. Paul Neaoutyine, le président indépendantiste de la province Nord, figure du Palika, une des composantes du FLNKS, se « félicite de son intervention ». M. Macron, lorsqu’il s’était déplacé dans la province Nord, vendredi, s’était longuement entretenu avec son président. Des échanges qui, visiblement, n’auront pas été vains. « Nous nous inscrivons totalement dans l’esprit de ce qu’il a dit, déclare au Monde le président de la province Nord. Cela ne me choque pas que le président de la République éclaire nos amis sur l’avenir. »
Roch Wamytan, président du groupe de l’Union calédonienne, la principale composante du FLNKS au Congrès du territoire, n’est pas moins élogieux. « C’était un discours, vraiment, de haute tenue, s’enthousiasme le chef de la tribu de Saint-Louis, un des principaux nœuds de tension dans la banlieue de Nouméa. Il a vraiment donné une dimension géostratégique qui nous convient parfaitement, qu’on soit indépendantiste ou non. Ça change avec tous les chefs d’Etat précédents. »

        Lire aussi :
         

                Macron en Nouvelle-Calédonie, un déplacement à haute portée politique et symbolique



Est-ce que ce discours aura la même résonance dans les rangs des militants indépendantistes ? Cela reste à vérifier.
Tensions
Du côté des non-indépendantistes, ou du moins de Calédonie ensemble, la formation la plus ouverte au dialogue avec les indépendantistes, l’appréciation était tout aussi enthousiaste. « Il a réalisé une prestation sans faute. Je lui accorde dix sur dix », se réjouit Nicolas Metzdorf, le jeune et prometteur ministre de l’énergie et de l’agriculture du gouvernement du territoire.
Le discours de M. Macron, au terme d’une visite où il aura incontestablement apposé sa marque, lui qui n’était jamais venu sur le territoire, a été très favorablement accueilli. A l’issue de son intervention, il a par ailleurs pris le temps de s’entretenir avec chacun, de ménager les uns et les autres. Mais les tensions qu’engendre le référendum à venir ou, tout simplement, les discriminations et les inégalités de la vie quotidienne, restent d’une tenace réalité.

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                En Nouvelle-Calédonie, le long chemin du pardon




Hommage à Ouvéa
Peu de temps avant, M. Macron avait participé à une cérémonie d’hommage à la mémoire des dix-neuf militants indépendantistes tués dans l’assaut de la grotte d’Ouvéa, trente ans jour pour jour après le drame.
La venue du chef de l’Etat à cette commémoration, point d’orgue de sa visite d’Etat de trois jours, était contestée par un collectif de la tribu où se trouve la grotte de Gossanah. Pour « apaiser tout le monde » et « compte tenu de cette voix dissidente », M. Macron a décidé de ne pas déposer de gerbe sur la tombe des 19 Kanak tués lors de l’assaut. Il est resté de l’autre côté de la route, entouré d’enfants et d’officiels, au moment où les familles des militants ont déposé une gerbe sur le mémorial de Wadrilla.
Le président de la République, le premier à se rendre à Ouvéa depuis 1988, a été chaleureusement accueilli selon les rites coutumiers avec un échange d’offrande – tissus, fleurs, sculptures – dans une ambiance à la fois solennelle et heureuse, et remercié par la population touchée par sa présence en « ce moment fort ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Plus de cent personnes avaient été placées en garde à vue après les dégradations et les violences commises en marge de la manifestation parisienne.
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Violences du 1er-Mai : sept personnes mises en examen

Plus de cent personnes avaient été placées en garde à vue après les dégradations et les violences commises en marge de la manifestation parisienne.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 10h51
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 12h44
   





                        


Sept personnes, soupçonnées d’avoir commis des dégradations en marge de la manifestation du 1er-Mai à Paris, ont été mises en examen et placées sous contrôle judiciaire a appris, samedi 5 mai, l’Agence France-Presse de source judiciaire. Le parquet, qui avait requis leur mise en détention provisoire, va faire appel de leur mise en liberté sous contrôle judiciaire.
Elles ont été mises en examen dans la nuit de vendredi à samedi par un juge d’instruction pour « dégradations en réunion » et « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences aux personnes ou des atteintes aux biens », a précisé la source judiciaire.
Abribus saccagés, voitures brûlées, panneaux publicitaires et vitres de restaurants brisées : le traditionnel défilé du 1er-Mai a été marqué par de nombreux heurts dans la capitale, attribués par les autorités à des militants de l’ultragauche. Perturbé, le défilé des syndicats n’avait pas pu se dérouler comme prévu et le gouvernement s’est retrouvé sous le feu des critiques de l’opposition.

        Lire l’analyse :
         

          Maintien de l’ordre : ce que révèle le 1er-Mai



102 gardes à vue
Dans la foulée de ces incidents, les forces de l’ordre ont interpellé quelque 200 personnes et 109 ont été placées en garde à vue mardi. De cette masse considérable, une faible part a, pour l’heure, été traduite devant la justice tant il est difficile d’identifier des responsabilités individuelles et pénales.
Seize personnes ont par ailleurs été jugées, jeudi et vendredi, en comparution immédiate. Bilan de ces audiences en urgence : treize prévenus ont obtenu le renvoi de leur procès fin mai ou début juin – parmi eux, quatre restent en détention provisoire pour avoir menti sur leur identité. Les trois autres ont choisi d’être jugés immédiatement : trois relaxes, inévitables compte tenu de la légèreté des dossiers.

        Sur les comparutions immédiates :
         

          « Mais où sont les “black bloc” ? »



L’information judiciaire ouverte par le parquet vendredi est distincte de l’enquête qu’il a lancée mercredi pour « association de malfaiteurs » afin d’identifier les personnes ayant organisé ou encouragé les passages à l’acte.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ L’ancien maire de New York, Rudy Giuliani, a contredit le président américain, dont il est l’avocat, dans le scandale qui l’oppose à l’ancienne actrice de films pornographiques.
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Donald Trump pris à revers dans l’affaire « Stormy Daniels »

L’ancien maire de New York, Rudy Giuliani, a contredit le président américain, dont il est l’avocat, dans le scandale qui l’oppose à l’ancienne actrice de films pornographiques.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 13h35
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            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Donald Trump regrette-t-il déjà d’avoir pris à son service le 19 avril comme avocat son vieil allié Rudy Giuliani ? Trois jours après le tumulte créé par une affirmation de l’ancien procureur et ancien maire de New York contredisant le président et la Maison Blanche à propos de l’affaire « Stormy Daniels », le président des Etats-Unis n’a pas caché son irritation, vendredi 4 mai. « Rudy est un type bien, mais il a juste commencé hier [son travail], il va vérifier ce qu’il a avancé », a-t-il commenté avant de s’envoler pour Dallas où se tient le congrès de la National Rifle Association, le lobby pro-armes. Quelques instants plus tard, Rudy Giuliani a publié un communiqué corrigeant en partie ses déclarations précédentes.
Invité, mercredi 2 mai, de l’animateur de la chaîne Fox News Sean Hannity, un proche de Donald Trump, Rudy Giuliani a créé la stupeur en assurant que Donald Trump avait remboursé à l’un de ses avocats, Michael Cohen, la somme de 130 000 dollars versée, à quelques semaines de la présidentielle de 2016, pour le prix de son silence, à une ancienne actrice de films pornographiques, Stephanie Clifford, connue également sous son nom de scène, Stormy Daniels.

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Depuis la révélation de ce contrat par le Wall Street Journal, confirmé par l’avocat en question, en janvier, Mme Clifford estime ne plus être tenue à la discrétion à propos de la relation extraconjugale qu’elle assure avoir eue avec le magnat de l’immobilier en 2005, peu de temps après le troisième mariage de ce dernier. Donald Trump n’a cessé de nier publiquement à la fois cette relation et le versement de la somme évoquée.
Changement brutal de ligne de défense
L’initiative de Rudy Giuliani visait sans doute à éviter l’écueil d’une infraction à la législation sur les comptes de campagne. Un risque jugé suffisamment élevé pour justifier un changement brutal de la ligne de défense. Versée juste avant l’élection pour éviter une publicité indésirable, cette somme non déclarée a pu en effet jouer sur le scrutin présidentiel. Revenu une première fois sur un plateau de Fox News, jeudi matin, après le tumulte créé par ses déclarations, Rudy Giuliani a pourtant aggravé son cas en précisant que ce versement avait pour but d’éviter que le sujet soit évoqué avant le scrutin, introduisant un lien direct entre l’affaire et l’élection présidentielle.
Cette initiative non concertée avec l’entourage du président a pris à revers la Maison Blanche. « Je vous ai donné les meilleures informations dont je disposais », n’a cessé de répéter à la presse jeudi la porte-parole, Sarah Sanders, lors d’un briefing inconfortable, après avoir longtemps campé sur la même ligne de dénégation. Sommé de limiter les dégâts, Rudy Giuliani a finalement assuré vendredi qu’il avait livré son interprétation personnelle des faits, et qu’il s’agissait en fait de « protéger la famille du président » contre des « allégations mensongères ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ En 1988, le journaliste succédait à Yves Mourousi à la tête du « 13 heures » de TF1. Trente ans plus tard, son JT qui joue sur la proximité et le patrimoine rassemble en moyenne plus de 5 millions de téléspectateurs.
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Jean-Pierre Pernaut, recettes régionales

En 1988, le journaliste succédait à Yves Mourousi à la tête du « 13 heures » de TF1. Trente ans plus tard, son JT qui joue sur la proximité et le patrimoine rassemble en moyenne plus de 5 millions de téléspectateurs.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h06
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            Renaud Machart








                        



   


Pour un actif urbain à la pause déjeuner réduite, il ne va pas de soi de regarder le « 13 heures » de TF1, et ce même en dépit des écrans multiples et des podcasts. Ils sont pourtant des millions (5,25 en moyenne en 2017, chiffre qui talonne celui du « 20 heures ») chaque jour, à l’heure du repas de midi, à suivre depuis des lustres – six, c’est-à-dire trente ans –, Jean-Pierre Pernaut, qui en prit les commandes après qu’Yves Mourousi en fut limogé.
Pendant treize ans (1975-1988), l’insolent et inventif Mourousi avait été la vedette de ce journal télévisé et le premier véritable casseur de ses codes ordinaires : en lançant son fameux « Bonjour ! » (sans le faire précéder du « Madame, Mademoiselle, Monsieur » de rigueur), en délocalisant le programme dans des lieux parfois improbables et en posant un demi-fessier sur le coin du bureau de François Mitterrand – image restée fameuse…
L’arrivée de Jean-Pierre Pernaut, le 22 février 1988 à ce poste, fut accueillie avec stupéfaction et incrédulité, dans la maison et par le « métier ». On l’avait certes vu à l’antenne depuis cinq ans, notamment au journal de la nuit, mais il n’était alors, selon les termes de son livre autobiographique, Pour tout vous dire (éd. Michel Lafon, 2006), qu’un « semi-inconnu de trente-huit ans, provincial de surcroît… » Un peu cruellement, Le Figaro l’accueillera alors par ce titre : « Pour remplacer Mourousi, Jean-Pierre qui ? »



« Le journal de Mourousi eut d’abord un fort caractère international, puis il courut à sa perte en devenant de plus en plus parisien, se souvient Pernaut. Pour ma part, j’ai voulu d’emblée le réorienter et lui donner un caractère national, c’est-à-dire axé sur les régions. » 
Pour cet homme attaché à ce qu’il appelle volontiers « la vraie vie » et « les vrais gens », il n’est pas question de rougir du label « journal des régions » : « Je le revendique pleinement, dit cet homme qui aime à rappeler souvent ses origines picardes. Et d’ailleurs, à peu près tout le monde nous a suivis sur ce chemin… » 
Alors qu’on arrive au rendez-vous, en cette matinée ensoleillée du mardi 17 avril – la première depuis un bon moment – on découvre un bureau dont les larges vitres ont vue sur des frondaisons. Au point qu’on se croirait à la campagne alors que le boulevard périphérique est à deux pas. « Tiens, c’est vrai… Je n’ai pas choisi l’emplacement de mon bureau mais on y a une jolie vue en effet. Pour moi, je le dis depuis toujours, Paris est une région comme une autre… »

   


L’espace est simple, assez dépouillé et très ordonné : une table carrée, quelques sièges, un plateau annexe avec ordinateur, quelques chaises, une machine à café. De l’autre côté de la vitre, une salle de rédaction encore assez déserte quand on arrive, à 10 heures, mais comble quand on quitte les lieux, un peu plus d’une heure après.
Jean-Pierre Pernaut prend la peine de présenter chacun, ses chefs d’édition, ses réalisateurs, son assistant, les coordinatrices des sujets en région, que le « 13 heures » diffuse chaque jour. « Quand je suis arrivé, nous avons mis au point ce principe de collaboration active avec les bureaux régionaux. Ceux de France 3 à l’époque travaillaient pour leur édition régionale de 19 h 20. Ceux de France 2 et de TF1 pour le 20 heures essentiellement. C’est une des raisons pour lesquelles Mourousi avait tant d’invités à 13 heures, ce qui l’arrangeait bien car il adorait ça. »
« Aujourd’hui, nous assurons une coordination entre les dix-neuf bureaux régionaux et une autre entre les éditions du groupe. » Car les sujets peuvent être diffusés dans les différents journaux de la grille et aussi sur LCI, la chaîne d’info en continu du groupe TF1. Au point de susciter un sentiment de redite si l’on regarde les deux : « A vrai dire, rares sont ceux à regarder le 13 heures et LCI, donc ce sentiment est relatif » précise le journaliste qui, volontiers modeste, se dit « présentateur ».
« Il ne faut pas oublier que nous sommes leaders sur ce créneau pour ce qui est de la tranche d’âge de 25 à 49 ans… » Jean-Pierre Pernaut
Alors que les invités sont rarissimes sur son plateau, Jean-Pierre Pernaut a reçu, le 12 avril, un hôte de marque en la personne du président de la République. Le Monde avait sollicité le rendez-vous avant d’apprendre qu’Emmanuel Macron serait interrogé par le journaliste, mais difficile de ne pas aborder le sujet dont tout le monde parle. « J’avais reçu Nicolas Sarkozy, mais dans le cadre de l’émission “Face aux Français” ; quant à François Hollande, il avait préféré se produire dans d’autres types d’émissions… » 
Il a été beaucoup dit qu’il entrait dans la stratégie de l’Elysée de faire s’adresser Emmanuel Macron à un certain public, sur TF1, le jeudi midi, et à un autre, sur BFMTV, le dimanche soir, face à Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel… « Il n’est pas impossible qu’il y ait eu stratégie de la part de la présidence, mais la demande est venue de nous, assure Jean-Pierre Pernaut. Et il a été accepté que nous nous délocalisions, dans une école en région, mais sous la forme habituelle d’un journal avec des reportages. »
La cible présumée de ce « 13 heures » serait-elle les seniors et les non urbains qu’on dit délaissés par le pouvoir en place ? « S’il a voulu les toucher à travers ce journal, Emmanuel Macron est resté droit dans ses bottes au sujet des pensions et ne leur a rien concédé… » D’ailleurs, rappelle Pernaut, « il ne faut pas oublier que nous sommes leaders sur ce créneau pour ce qui est de la tranche d’âge de 25 à 49 ans… Le public de ce “13 heures” s’est beaucoup diversifié. »

Jean-Pierre Pernaut nous dira-t-il ce qu’il a pensé de l’autre débat et de ses confrères ? « Non ! » lance-t-il avec un grand sourire qu’on aura interprété comme légèrement carnassier. Mais il ajoute cependant : « Nous n’avons pas la même manière de travailler. » Plus tard, sur un sujet connexe, il dira : « L’idée est de mettre à l’aise l’invité pour lui faire livrer autant d’informations que possible. J’ai toujours considéré que le plus important n’est pas moi, mais l’invité. Je ne suis qu’un médiateur. » On aura donc eu finalement notre réponse.
Il peut être serein, ce rendez-vous exceptionnel ayant agrégé une audience moyenne de 6,4 de téléspectateurs, avec un pic à 7 millions, c’est-à-dire près du double des résultats de BFMTV trois jours plus tard (3,82 millions de téléspectateurs en moyenne).
Jean-Pierre Pernaut aura aussi constaté comment les commentaires parfois peu aimables le concernant ont été relativisés après le débat suivant. Le côté “pépère”, voire complaisant, que certains lui reprochent (Yann Barthès et « Les Guignols de l’info » ne l’ont pas épargné…) s’est mué en une vertu finalement assez peu partagée sur les plateaux d’émissions politiques.
« Lorsqu’un entretien tourne à l’altercation, l’agressé en sort toujours gagnant et l’agresseur toujours vaincu, analyse Jean-Pierre Pernaut. Alors que je considérais qu’il était improductif d’agresser Marine Le Pen, celle-ci a d’ailleurs fait les frais de sa propre agressivité face à Emmanuel Macron lors du débat du second tour de l’élection présidentielle… »

Calmement, sans prompteur – il aime le rappeler, improvisant parfois, l’indémodable Pernaut continue de livrer l’essentiel de l’actualité nationale et internationale avant de faire voyager le téléspectateur partout en France, à la découverte des anonymes, « parfois remarquables », et du patrimoine, « son dada ». Sa façon de participer au récit national, avec en vue l’élection du plus beau marché français, concours qui passionne son public de votants.
Quant à son départ, on préfère ne pas lui demander s’il a une date en tête tant son humeur et son appétit ont l’air intacts. D’ailleurs, Jean-Pierre Pernaut semble avoir trouvé la formule de l’élixir de jouvence : « Ce sont les jours où l’on pense qu’il n’y a pas d’actu que cela devient passionnant. Car il se passe toujours plein de choses, partout, en dehors de l’actu économique et sociale. On peut toujours par exemple parler d’un fabriquant de sabots ! », plaisante-t-il (mais à moitié) à propos de ce sujet de moquerie récurrente à son propos. « D’ailleurs, la dernière fois qu’on a parlé de sabots au “13 heures”, c’était sur une chaîne concurrente… »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ « Le Monde » a pris connaissance d’une étude fouillée de la direction des affaires criminelles et des grâces réalisée à partir des enquêtes judiciaires ouvertes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/05/2018
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Qui sont les femmes djihadistes ? une étude inédite sur leur profil et leurs motivations

« Le Monde » a pris connaissance d’une étude fouillée de la direction des affaires criminelles et des grâces réalisée à partir des enquêtes judiciaires ouvertes.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 11h57
    |

            Soren Seelow








                        



                                


                            

Les femmes ayant rejoint les rangs de l’organisation Etat islamique (EI) ont longtemps bénéficié d’un biais de genre inversé, conduisant les acteurs de l’antiterrorisme à sous-estimer leur degré de radicalité. « On a peut-être été trop scrupuleux au début en se disant que les femmes suivaient leur mari et se cantonnaient à des tâches ménagères en Syrie », reconnaissait le procureur de Paris, François Molins, dans un entretien au Monde en 2016.
Une analyse plus fine du phénomène a convaincu le système judiciaire de prendre en compte la spécificité des muhajirat (femmes migrantes), qui sont aujourd’hui systématiquement arrêtées à leur retour.
La direction des affaires criminelles et des grâces (DACG), une direction centrale du ministère de la justice, a même consacré en mars une étude au « djihad des femmes » à partir des auditions de Françaises rentrées de Syrie, trois ans après avoir produit un travail similaire sur les hommes en 2015. Le Monde a pris connaissance de ce document interne.

Destiné aux magistrats, il relève en préambule que le phénomène est historique : la proclamation du « califat », en juin 2014, a été à l’origine d’un « mouvement inédit » de migration de femmes occidentales désireuses d’intégrer une entité terroriste. Au 19 janvier, les services comptabilisaient 298 Françaises ayant rejoint l’EI, soit près de la moitié des 676 adultes recensés sur zone (ces chiffres ne tiennent pas compte des nombreux décès survenus ces derniers mois). Sur les 72 femmes rentrées en France, vingt-six sont mises en examen – dont quinze sont en détention provisoire – et six ont été jugées.
Malgré la difficulté à « dégager une figure type » permettant de fixer une politique de poursuite unique, la DACG met en avant quelques grandes tendances permettant d’interpréter leurs motivations, leurs activités sur zone et la menace que certaines sont susceptibles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Depuis plus de vingt ans, la capitale autrichienne s’est engagée dans un processus d’urbanisme « sensible au genre ».
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Vienne, capitale du « féminisme urbain » ?

Depuis plus de vingt ans, la capitale autrichienne s’est engagée dans un processus d’urbanisme « sensible au genre ».



Le Monde
 |    04.05.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 10h40
    |

            Jessica Gourdon (Vienne, envoyée spéciale)








                        



   


Franziska Ullmann a-t-elle construit le premier quartier féministe de Vienne ? « En réalité, j’ai surtout fait preuve de bon sens, pour améliorer la qualité de vie de toutes et de tous », répond l’architecte autrichienne en déambulant dans les allées de Frauen Werk Stadt (« femmes, travail, ville »). Achevé en 1997, cet ensemble d’immeubles d’habitat social, construit par quatre femmes architectes, est devenu une référence internationale en matière de logement pensé pour l’égalité entre femmes et hommes.
Au cœur de ce projet : la volonté de faciliter au maximum les tâches du quotidien, qui restent majoritairement, en Autriche comme ailleurs, assurées par des femmes : s’occuper d’enfants, de personnes âgées, faire la cuisine, les courses, le ménage… « L’idée, explique Giulia Custodi, chercheuse en architecture et en politiques urbaines genrées, c’est de considérer la maison comme un lieu de travail, et de rendre plus facile la routine qui lui est associée. » Afin que ces tâches domestiques puissent, in fine, être mieux partagées entre les sexes.
Susciter les rencontres et la confiance
Premier geste fort, une crèche publique et un cabinet médical ont été installés au cœur de la résidence Frauen Werk Stadt. Mais ce qui frappe en visitant ce complexe d’immeubles modernes, c’est l’attention portée aux espaces communs. Des espaces protégés et piétons que partagent les 357 appartements : allées, jeux pour les enfants et les adolescents, bancs, jardins, garages à vélos… « L’idée a été de créer de vastes espaces sécurisants dont les gens se sentent responsables, explique Mme Ullmann. D’ailleurs, les bâtiments comportent six étages maximum et ont tous de larges fenêtres et des balcons, pour garder un lien fort avec ce qui se passe en bas. De sa cuisine, on a une vue directe sur l’allée piétonne et sur les jeux. »
A Frauen Werk Stadt, tout est fait pour susciter les rencontres, et générer cette confiance entre voisins qui facilite la vie : échange de services, de garde d’enfant, etc. Les couloirs et escaliers sont larges et éclairés par la lumière du dehors, « car quand il n’y a pas de lumière naturelle, on n’a pas envie de s’arrêter pour discuter ». Chaque étage ne comprend que quatre logements, pour éviter l’anonymat. La salle commune avec les machines à laver n’a pas été reléguée au sous-sol, mais installée au dernier étage, et s’ouvre sur un toit en terrasse aménagé. « Une idée simple, mais personne n’y avait pensé », poursuit l’architecte. Pour créer un sentiment de sécurité, le parking est éclairé par la lumière du jour, moins angoissante que les néons des souterrains. Et ainsi de suite.

   


Depuis le projet pilote de Frauen Werk Stadt, la capitale autrichienne a engagé une cinquantaine de projets de développement urbain sensibles au genre — « gender mainstreaming », selon le vocabulaire de l’Union européenne, qui promeut cette politique. Une philosophie également appliquée en Allemagne, au Danemark et en Suède depuis plusieurs années, mais encore peu commune en France.
A Vienne, cette politique a pris une ampleur inégalée. Il faut dire qu’en termes d’urbanisme, la capitale de l’Autriche a une particularité : 60% des appartements de la ville sont des logements sociaux subventionnés par la municipalité - à Vienne, les HLM hébergent une bonne partie de la classe moyenne. La grande majorité des nouvelles constructions sont initiées par la ville.

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Prise en compte de tous les âges de la vie
Pionnière sur ce sujet, la capitale autrichienne l’a aussi théorisé, en produisant guides, check-lists et articles sur ce thème qui s’étend, au-delà de la question de l’égalité femmes-hommes, à la prise en compte de tous les âges de la vie. Certains immeubles d’habitat social ont, par exemple, été conçus pour permettre des regroupements entre des personnes âgées, installées dans des appartements adaptés, et leurs enfants. D’autres sont construits avec des plans flexibles, dans lesquels on peut changer facilement le nombre de pièces selon les étapes de la vie.
A Vienne, l’urbanisme « sensible au genre » est l’aboutissement d’une longue réflexion, engagée en 1991. Cette année-là, Eva Kail, qui travaillait comme urbaniste à la mairie, organisait une exposition sur la place des femmes dans la ville. « On montrait des choses dont les gens n’avaient pas conscience, comme le fait que la majorité des automobilistes sont des hommes, ou que les femmes, qui assument davantage de tâches du quotidien, ont des trajectoires de déplacement très complexes. On a aussi abordé les questions de sécurité dans la rue. L’exposition a eu énormément de succès », se souvient Mme Kail. Une dynamique était lancée.
Un an plus tard, la ville se dote d’un bureau des femmes, qui traite particulièrement des questions de violence et de harcèlement, puis d’un bureau de coordination pour la planification urbaine chargé des besoins des femmes, rattaché à la direction générale de l’urbanisme.

   


Aujourd’hui, s’il est un domaine où cette planification genrée est particulièrement visible, c’est dans l’aménagement des parcs. Après enquête, la mairie s’est aperçue que ceux-ci étaient désertés par les filles à partir de l’âge de 10 ans. Elle a alors initié toute une série de mesures pour inverser cette tendance.
Construit sur un ancien site industriel, le nouveau parc Rudolf-Bednar reflète cette volonté. Cette vaste étendue verte comporte un terrain de volley, des plates-formes îlots qui permettent de s’y rassembler, des hamacs dans des zones calmes, des toilettes… Entouré d’immeubles d’habitation, sans bosquet, grilles ou obstacle visuel, le parc a été conçu pour créer un sentiment de sécurité. Pour attirer les familles et les personnes âgées, dont la présence est un facteur de confiance, de nombreux jeux pour enfants, bancs au soleil ou à l’ombre ont été installés.
A Mariahilf, autre quartier pilote de cette politique, certains feux de circulation prévoient du temps supplémentaire pour les piétons pour traverser, des trottoirs ont été élargis, l’éclairage de nuit a été renforcé sur certains axes, des toilettes publiques ont été construites.
La signalétique également concernée
La ville a aussi engagé un travail sur la signalétique. Dans les bus, le pictogramme représentant une personne avec un enfant, prioritaire pour s’asseoir à certaines places, est présenté soit dans une version féminine, soit dans une version masculine. « De détails qui permettent de changer les représentations », affirme Ursula Bauer, chargée des politiques de « gender mainstreaming » à la mairie de Vienne.
Reste que cette approche suscite des critiques. En s’évertuant à différencier les comportements et besoins des femmes, ne risque-t-on pas de renforcer certains stéréotypes, qui assimilent les femmes à des victimes, à des mères ou à des personnes chargées du foyer ? « Ne rien faire équivaut à occulter la réalité des inégalités », répond Ursula Bauer. « L’effet positif du “gender mainstreaming” s’exerce sur la majorité des femmes, mais aussi sur un nombre croissant d’hommes, qui sont de plus en plus disponibles pour accomplir ces tâches », note Giulia Custodi.

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Au-delà de l’urbanisme, cette prise en compte du genre s’est étendue à presque tous les services de la mairie de Vienne — sports, santé, social, développement économique —, avec des formations, et des experts référents sur ces sujets. Depuis 2005, la ville a aussi mis en place un budget sensible au genre : tous les départements doivent montrer qu’ils atteignent les hommes et les femmes de la même manière.
« Cette démarche a obligé les services à réfléchir à leur public, à mettre en place des comptages », explique Ursula Bauer. La mairie s’est aussi dotée d’une plate-forme en ligne, qui permet de voir pour chaque type de données lié à la ville,les différences d’usages entre hommes et femmes. Un levier « très efficace », selon Mme Bauer, pour révéler des inégalités parfois devenues invisibles.
Le Monde organise à Lyon, jeudi 17 mai 2018, un événement sur les villes inclusives et les innovations urbaines, avec, notamment, l’intervention de la ville de Vienne et une table-ronde sur la question du genre dans la ville. Inscription et programme ici (gratuit).

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Les Crocodiles nîmois ont gagné leur accession en Ligue 1 en battant vendredi soir le Gazélec d’Ajaccio (4-0). Le club gardois espère renouer avec son riche passé.
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Football : 25 ans après, Nîmes retrouve la Ligue 1

Les Crocodiles nîmois ont gagné leur accession en Ligue 1 en battant vendredi soir le Gazélec d’Ajaccio (4-0). Le club gardois espère renouer avec son riche passé.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 15h41
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 15h49
    |

            Anthony Hernandez








                        



   


Après vingt-cinq ans d’absence, la Ligue 1 retrouve l’un de ses clubs historiques. Le Nîmes olympique a validé son accession vendredi en battant largement le Gazélec Ajaccio, 4 à 0. L’autre club ajaccien, l’AC Ajaccio, relégué désormais à cinq points, ne peut plus inquiéter les Gardois à un match de la fin du championnat de Ligue 2. L’attaquant franco-turc Umut Bozok a largement contribué à cette montée en inscrivant 24 buts en 35 matchs.

La dernière saison des Nîmois en première division remonte à 1992-1993. Depuis, le club sudiste a fait le yoyo entre la deuxième division (16 saisons) et le troisième échelon, le National (9 saisons). En 2015, à cause d’une affaire de soupçons de matchs arrangés lors de la saison 2013-2014, le club, alors en Ligue 2, avait failli être rétrogradé en National. La sanction sportive – le procès pénal aura lieu en juin – avait finalement consisté en une pénalité de huit points à l’entame de la saison. Malgré ce handicap, le club s’était maintenu.
« Il y a trois ans, le club était moribond »
L’homme fort de la saison nîmoise, l’entraîneur Bernard Blaquart, n’oublie pas le chemin parcouru depuis son arrivée en 2015 : « Il y a trois ans, le club était moribond, avec une image déplorable et catastrophique. Tous ces résultats depuis trois saisons, on ne pouvait pas les imaginer, ni même les rêver. On n’avait rien à perdre. Cette accession, c’est aussi beau que d’avoir sauvé le club il y a deux saisons. »

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Après cette période difficile, le projet nîmois a été relancé par l’arrivée d’un nouvel actionnaire, d’abord minoritaire (en 2014), puis majoritaire (2015), avant qu’il ne prenne totalement le contrôle du club en 2016. Rani Assaf est un haut dirigeant du groupe Free, dont le PDG, Xavier Niel, est également copropriétaire du Monde.
Une autre personnalité est partie prenante de l’aventure nîmoise : le journaliste Jean-Jacques Bourdin, conseiller du président Assaf et parrain des Crocodiles. « C’est une saison exceptionnelle, pour un club dont on ne parlait plus. Il y avait 18 000 personnes ce soir. On aurait pu remplir deux ou trois stades des Costières. C’est le début d’une aventure. Je sais que Rani [Assaf] va pérenniser le club. Un nouveau stade sera construit dans les deux ans à venir. On va essayer de se maintenir en Ligue 1 et ensuite de redevenir un vrai club de Ligue 1 », a-t-il réagi sur la radio qui l’emploie, RMC.

La dernière fois que la France du football avait entendu parler positivement du Nîmes olympique, c’était lors de la Coupe de France 1996. Les Gardois s’étaient hissés en finale (une première pour un club de troisième division) en éliminant au cours de leur parcours trois clubs de Ligue 1 : Saint-Etienne, Strasbourg et Montpellier. En finale face à Auxerre, champion de France cette année-là, Nîmes avait ouvert le score avant de s’incliner sur des buts de Laurent Blanc et Lilian Laslandes.
« On rêvait tous de jouer au Nîmes olympique »
Acteur de cette épopée, le défenseur Johnny Ecker, formé au club et pro à Nîmes de 1993 à 1999, se souvient : « A notre retour, on avait l’impression que toute la ville nous faisait la fête. Le public nîmois, s’il est exigeant, est un public de connaisseurs qui reconnaît les efforts entrepris même en cas de défaite. » Par la suite joueur de Lille et de Marseille, Ecker a conservé un fort attachement à son club de cœur : « On rêvait tous de jouer au Nîmes olympique. Même si le club a connu le purgatoire pendant vingt-cinq ans, les Crocodiles, ce sont des valeurs, une identité locale. Le nouveau président a remanié le club malgré les problèmes qu’il a eu à régler. Le coach a cette mentalité de faire jouer les jeunes. Cela donne une équipe de copains, qui n’a peur de rien, comme nous à l’époque. »
Mais l’histoire du Nîmes olympique débute bien avant. Fondé en 1937, le club a connu ses plus belles heures dans les années 1950 et 1960, souvent dans l’ombre du grand Stade de Reims. Joueur de 1948 à 1954, puis entraîneur emblématique (de 1955 à 1962 et de 1969 à 1978), le Franco-Algérien Kader Firoud a incarné cet âge d’or. Les footballeurs nîmois ont été quatre fois vice-champions de France en 1958, 1959, 1960 et 1972. Leur palmarès reste néanmoins mince : deux titres de champion de National, un titre de champion de Ligue 2 et deux compétitions aujourd’hui disparues (Coupe Drago et Coupe des Alpes).

Ancien entraîneur des espoirs, membre de la direction technique nationale pendant des années, le Gardois René Girard a joué de 1972 à 1980 à Nîmes avant de revenir pour y finir sa carrière (1988-1991). « Il y a d’abord eu l’ère Kader Firoud, Mustapha Bettache, puis celle de Jean-Pierre Adams et Michel Mézy. Notre génération s’est inscrite dans cette continuité. Nîmes faisait partie des meilleures équipes françaises avant la chute en deuxième division dans les années 80 », raconte-t-il.
René Girard a aussi été l’un des acteurs d’une des saisons les plus étranges du Nîmes olympique. En 1991-1992, les Nîmois viennent tout juste de remonter sous la houlette de leur coach argentin Daniel Romeo. Le sponsor principal, Catavana – qui déposera le bilan en octobre 1992 –, décide de frapper fort et investi 44 millions de francs, une somme importante pour l’époque avec l’achat de joueurs renommés comme William Ayache ou Philippe Vercryusse. Nîmes recrute surtout Eric Cantona, pour 10 millions de francs.
La Vidourle comme frontière entre le Gard et l’Hérault
L’aventure tourne au fiasco puisque Cantona ne marque que deux buts en 17 matchs. Surtout, il jette un ballon sur l’arbitre lors d’un match contre Saint-Etienne en décembre 1991. D’abord suspendu quatre matchs, il traite ses juges de « bande d’idiots » avant de voir sa suspension élargie à deux mois. Il ne jouera plus jamais en France. « Je venais de stopper ma carrière et j’avais pris des fonctions au sein du centre de formation. On m’a confié un intérim de six mois sur le banc après le départ de Romeo vers Noël. On s’est sauvés mais la saison d’après, le club est descendu. Il y avait une grosse envie de réussir et la déception a été à la hauteur. On n’était peut-être pas prêts », confie René Girard.

Nîmes de retour en Ligue 1, cela promet aussi deux derbys passionnels à jouer contre le voisin montpelliérain, distant d’environ 50 km. Champion de France avec le Montpellier Hérault en 2012, un véritable exploit au nez et à la barbe du PSG, le Gardois René Girard est bien placé pour parler de cette rivalité : « Quand je jouais dans les années 70, le derby c’était plutôt contre l’OM. Avec l’arrivée de Louis Nicollin, Montpellier a franchi tous les niveaux et petit à petit, la rivalité sportive s’est instaurée. Le Gard et l’Hérault sont juste séparés par la Virdoule… » 
Un temps en course pour l’Europe, Montpellier a pris de l’avance. Nîmes a encore beaucoup de travail avant d’espérer bousculer la hiérarchie régionale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le cadeau de la Chine a heurté tant les écologistes à la mairie de Trèves que l’extrême droite.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/05/2018
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Une statue de Marx offerte à sa ville natale fait polémique en Allemagne

Le cadeau de la Chine a heurté tant les écologistes à la mairie de Trèves que l’extrême droite.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 14h11
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Karl Marx est de retour dans sa ville natale, mais cela ne plaît pas à tout le monde. Deux cents ans jour pour jour après sa naissance, l’inauguration d’une statue du philosophe allemand dans le cœur historique de Trèves (Rhénanie-Palatinat), samedi 5 mai, suscite une vive controverse.
En réalité, l’affaire agite les esprits depuis déjà trois ans. A l’origine : une proposition de la République populaire de Chine, faite en 2015, d’offrir une statue de l’auteur du Capital à la ville où ce dernier vécut jusqu’à ses 17 ans. Fallait-il accepter ? La question fut mise à l’ordre du jour d’un conseil municipal, le 13 mars 2017. Après des débats enflammés, un vote fut organisé. Résultat : 42 voix pour, 7 contre, 4 abstentions. Le feu vert fut donc donné.
La décision a toutefois eu du mal à passer. Sur place, la coalition à la tête de Trèves, qui réunit les sociaux-démocrates (SPD), les conservateurs (CDU) et la gauche radicale (Die Linke), s’est heurtée à une opposition hétéroclite mais déterminée.
Pour les Verts, le problème n’était pas tant de célébrer Marx que d’accepter un présent de Pékin. « Celui qui reçoit un cadeau rend honneur à celui qui l’offre. Or, le Parti communiste chinois ne mérite pas d’être honoré », firent valoir les écologistes. Pour le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), c’était l’idée même de rendre hommage à « un homme qui a rejeté la démocratie parlementaire » qui était insupportable.
Inciter le public à débattre
Mais le débat ne s’est pas limité à la cité de Trèves. Des centaines de kilomètres plus à l’est, dans cette partie de l’Allemagne jadis située de l’autre côté du rideau de fer, des associations défendant la mémoire des victimes du communisme ont exprimé leur colère.
Près de trente ans après la chute du mur de Berlin, elles ont considéré comme une injure d’ériger un monument à celui dont la pensée servit de catéchisme à certains des pires dictateurs du XXe siècle.
Pour apaiser les esprits, Trèves a obtenu de la Chine que la statue qui sera finalement livrée soit un peu moins imposante que prévu : 5,50 m au lieu de 6,30 m, socle compris. Parallèlement, les dirigeants de la cité mosellane ont martelé que ce monument de bronze n’était pas un outil de propagande mais qu’il était là, au contraire, pour inciter le public à débattre de la pensée et de l’héritage de Karl Marx.
Trèves, qui accueille chaque année plus de 150 000 touristes chinois, pouvait-elle refuser un tel cadeau, au risque de se brouiller avec Pékin ? Sans doute pas. La polémique a surtout rappelé à quel point la mémoire de Marx reste ambivalente dans l’Allemagne d’aujourd’hui.
Ambivalence que le président de la République, Frank-Walter Steinmeier, a lui-même exprimée, jeudi, en déclarant prudemment, lors d’une table ronde organisée à Berlin pour le bicentenaire de la naissance du philosophe : « En tant qu’Allemands, nous ne devons ni surestimer Karl Marx ni le bannir de notre histoire. Nous ne devons ni avoir peur de lui ni lui ériger des statues dorées. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Dans un pays très permissif quant au financement des campagnes, l’approche des législatives dope le marché de l’entretien politique ou de la retransmission de meetings.
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édition abonné


Liban : pendant la campagne électorale, les télés vendent leur antenne au prix cher

Dans un pays très permissif quant au financement des campagnes, l’approche des législatives dope le marché de l’entretien politique ou de la retransmission de meetings.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 09h00
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

L’approche des élections législatives au Liban, programmées dimanche 6 mai, ne réjouit pas seulement les citoyens désireux de faire entendre leurs voix après neuf années sans scrutin. Elle ravit aussi les patrons des chaînes de télévision privées, impatients de renflouer leurs caisses, vidées par la baisse des rentrées publicitaires. Au pays du Cèdre, les médias audiovisuels monnayent en effet sans complexe les apparitions des candidats sur leurs antennes.
Qu’il s’agisse de clips promotionnels, d’entretiens en plateau ou de retransmission de meetings, tout est facturé, à un tarif qui va crescendo à mesure que se rapproche le jour du vote. Entre le début et la fin du mois d’avril, le prix de la minute d’antenne est ainsi passé d’environ 1 000 dollars à 6 000 dollars (de 830 euros à 5 000 euros).
Pour un passage dans une émission matinale, selon des témoignages convergents de candidats, il faut débourser entre 50 000 et 75 000 dollars. Pour les talk-shows de la soirée, programmes phares de la télévision libanaise, comme « Kalam Ennass » sur la chaîne LBCI ou « Da Jarass », sur MTV, il peut en coûter jusqu’à 250 000 dollars.
« Trop cher pour nous »
« Je connais un candidat qui s’est offert un package à un million de dollars, mêlant publicités et invitations dans des émissions en prime time », témoigne Paula Yacoubian, une ancienne présentatrice de télévision, candidate à Beyrouth sur la liste de la société civile Kulluna Watani. « Une chaîne nous a proposé un forfait à 2 millions de dollars, qui aurait permis de faire passer à l’écran nos 66 candidats, ajoute Lucien Bourjeily, qui concourt sur la même plateforme. C’était beaucoup trop cher pour nous, on a dû refuser. »
L’Etat ne remboursant pas les dépenses de campagne, ce système favorise les candidats fortunés au détriment des plus modestes. Il contribue à entretenir la domination de quelques castes politiques, comme les grandes familles, les hommes d’affaires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Partie fin mars du sud du Mexique, la caravane « Viacrucis », constituée de demandeurs d’asile centraméricains, est arrivée à Tijuana le 29 avril, provoquant l’ire de Donald Trump, qui dénonce le laxisme des lois sur l’immigration.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ 
<article-nb="2018/05/05/19-19">
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Editorial. Après le rejet lors d’une consultation inédite d’un accord salarial, le PDG du groupe Air France-KLM a annoncé sa démission. Renouer le dialogue entre la direction et les syndicats devient urgent.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Référendum chez Air France : une partie de poker perdant-perdant

Editorial. Après le rejet lors d’une consultation inédite d’un accord salarial, le PDG du groupe Air France-KLM a annoncé sa démission. Renouer le dialogue entre la direction et les syndicats devient urgent.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 10h05
 • Mis à jour le
05.05.2018 à 10h22
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Jean-Marc Janaillac a tenté un coup de poker et il a perdu. A la grande surprise de la direction de la compagnie aérienne, les salariés d’Air France ont rejeté majoritairement, vendredi 4 mai, le projet qui prévoyait une augmentation des salaires de 7 % sur quatre ans. Le vote a été sans appel : 80,33 % des 46 771 salariés y ont participé, et 55,44 % d’entre eux ont répondu non au PDG d’Air France-KLM. Comme il avait mis son poste en jeu, ce qui ressemblait à un chantage dramatisant l’enjeu, M. Janaillac, 65 ans, qui est resté à peine deux ans aux commandes du cockpit, a tiré sa révérence : « J’assume les conséquences de ce vote, a-t-il aussitôt déclaré, et je remettrai dans les prochains jours ma démission aux conseils d’administration d’Air France et d’Air France-KLM ». Il a évoqué un « immense gâchis ».
Cet « artifice de consultation » que dénonçait Philippe Evain, le président du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), s’est ainsi transformé, selon la formule cruelle de Jean-Luc Mélenchon, le leadeur de La France insoumise, en « référendum révocatoire ». En 1994, Christian Blanc, alors PDG de la compagnie, avait tenté le même pari. Il avait organisé un référendum pour faire valider par les salariés un plan de redressement prévoyant la suppression de 5 000 postes, menaçant de démissionner en cas de rejet. Mais il avait obtenu un soutien massif, avec 81,3 % de oui et une participation de 83,6 %. Cette fois, le résultat a été inverse, révélant un malaise qui va bien au-delà de la question salariale.
Intransigeance
Air France vient d’inventer le poker perdant-perdant. M. Janaillac comptait sur l’impopularité du SNPL parmi les autres catégories de personnel, dans une entreprise où la CFE-CGC, avec 18,11 %, a ravi la première place à la CGT aux dernières élections de 2015. Il comptait aussi sur la lassitude des salariés après treize journées de grève, qui ont déjà coûté plus de 300 millions d’euros à une compagnie qui vient de repasser dans le rouge à l’issue du premier trimestre. M. Evain campait fermement sur sa position intransigeante, refusant tout compromis et continuant à réclamer 6 % d’augmentation immédiate pour rattraper l’inflation après six ans de blocage des salaires. Face aux critiques, il restait inflexible, même quand Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT – cinquième syndicat d’Air France –, le traitait de « lider maximo » qui entraîne la compagnie « vers le fond ».

        Lire aussi :
         

                Le vote sanction des salariés pousse le PDG d’Air France-KLM à la démission



A ce stade du conflit, il n’y a donc que des perdants. Le référendum n’avait aucune base légale, et, si le oui l’avait emporté, il n’aurait pas mis automatiquement fin à la grève. Son échec montre qu’il est toujours risqué de contourner les organisations syndicales et de tirer un trait sur le dialogue social, qui reste la meilleure méthode pour trouver un compromis. Encore faut-il le vouloir. A l’incertitude sur la future gouvernance d’Air France – le conseil d’administration veut se donner du temps pour rechercher un PDG capable de dénouer la crise – s’ajoute une impasse sociale qui est préjudiciable pour la compagnie face à la concurrence et pour les usagers, alors que la grève des cheminots se poursuit.
Dans un communiqué commun, Bruno Le Maire, ministre de l’économie, et Elisabeth Borne, ministre des transports, ont appelé classiquement « au sens de la responsabilité de chacun ». Mais les bonnes paroles ne suffiront pas. Le temps est peut-être venu de faire appel à un médiateur pour renouer les fils du dialogue.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ La comédie sociale de Xabi Molia plonge parfois dans la grisaille mais retrouve vite de l’allant grâce à ses formidables acteurs.
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« Comme des rois » : une dynastie de perdants charmants

La comédie sociale de Xabi Molia plonge parfois dans la grisaille mais retrouve vite de l’allant grâce à ses formidables acteurs.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 09h10
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 11h13
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde - A voir »
Sur ce sol – la périphérie d’une ville française loin de Paris –, les catastrophes poussent mieux que le bonheur. « Comme des rois », c’est une antiphrase. Joseph (Kad Merad), le patriarche de la dynastie, est un petit escroc qui risque tous les jours la prison pour quelques dizaines d’euros. Val (Sylvie Testud), la reine mère, a transformé l’appartement en crèche, à l’insu des autorités compétentes. Il suffit qu’un bambin fasse une grosse bêtise pour qu’elle aussi se retrouve derrière les barreaux. Quant au prince héritier, Micka (Kacey Mottet Klein), il seconde de mauvaise grâce son père dans ses petites entreprises, dont la confection et la vente à domicile de grands crus frelatés. Malgré son industrie, le clan est au bord de l’expulsion. Dans ces zones grises de l’économie, la procédure ne sera pas confiée aux huissiers mais à quelques gros bras du coin, qui ont déjà sérieusement amoché Joseph, en guise de première mise en demeure.

        Lire aussi le portrait :
         

          Kad Merad, au nom du père



Bref, Comme des rois pourrait être l’une de ces chroniques de la précarité comme en produit régulièrement le cinéma français, observation minutieuse et navrée de la décomposition sociale qui se conclurait par une petite apocalypse. Mais voilà, Xabi Molia a décidé de faire une comédie. On dirait que ça ne lui vient pas facilement. Lesté par les circonstances esquissées plus haut, son film plonge parfois dans la grisaille. Reste que ce n’est pas d’elle qu’on se souviendra, en repensant à Comme des rois, mais au plaisir de voir deux personnages s’épanouir, deux acteurs trouver le­ terrain de jeu sur lequel ils vont délivrer une performance hors du commun.
Monstre bien intentionné
Un désir loufoque détourne le récit dans sa course. Micka veut devenir acteur. Il y a bien longtemps, une décennie, que Kacey Mottet Klein, qui a aujourd’hui 19 ans, a choisi cette voie (à moins que ce ne soit l’inverse), en faisant ses débuts devant la caméra ­d’Ursula Meier, dans Home, en 2008, puis dans L’Enfant d’en haut, en 2012. Dans Comme des rois, il incarne à merveille la métamorphose qui fait qu’un adolescent gauche, pas très futé (son père ne se prive pas de le lui faire remarquer), se mue en un jeune premier charmant par la grâce de quelques lumières et d’un texte.
Micka participe à un atelier de théâtre et voudrait monter à Paris dans une école d’« acting ». ­Joseph, qui s’enfonce chaque jour un peu plus dans la mouise, préférerait garder auprès de lui cet ­acolyte maladroit, qu’il croit d’une loyauté à toute épreuve. Kad Merad s’était déjà essayé par le passé à la noirceur, avec des fortunes diverses. C’est probablement son travail dans la série ­Baron noir qui lui a permis d’atteindre les recoins les plus sombres de son registre. Chez Xabi Molia, il navigue avec assurance entre la rancœur mesquine face à un monde qui se refuse à lui et un amour paternel envahissant, toxique. Le comédien prend un plaisir manifeste à mener à bien les méfaits virtuoses et dérisoires de son personnage pour, l’instant d’après, se transformer en monstre bien intentionné. Logiquement, pour un acteur qui a joué dans L’Italien, d’Olivier Baroux, son travail tire le film vers les ­comédies transalpines d’antan.
On aimerait bien que Xabi ­Molia assume plus franchement la dimension comique de son histoire. C’est finalement à Kad ­Merad, plus qu’à la mise en scène, qu’incombera la tâche de faire rire, ce qui arrive à intervalles réguliers au long de la projection. L’image numérique ultra-réaliste, la caméra portée ne favorisent pas non plus la mise en œuvre de la mécanique comique, qui doit insuffler un peu d’allant à cette ambiance venue d’un autre genre. Ce n’est pas très grave : au bout du compte, Comme des rois tient en respect le désespoir, donne foi en ses personnages.

Film français de Xabi Molia. Avec Kad Merad, Kacey Mottet Klein, Sylvie Testud (1 h 24). Sur le web : www.hautetcourt.com/film/fiche/324/comme-des-rois, facebook.com/hautetcourt

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 2 mai)
Senses 1 & 2, film japonais de Ryusuke Hamaguchi (chef d’œuvre)Les anges portent du blanc, film français et chinois de Vivian Qu (à ne pas manquer)Nous, les intranquilles, documentaire de Nicolas Contant (à ne pas manquer)Comme des rois, film français de Xabi Molia (à voir)Hotel Salvation, film indien de Shubhashish Bhutiani (à voir)Takara, la nuit où j’ai nagé, film français et japonais de Damien Manivel et Kohei Igarashi (à voir)Cornelius le meunier hurlant, film français de Yann Le Quellec (pourquoi pas)La révolution silencieuse, film allemand de Lars Kraume (pourquoi pas)Big Time : dans la tête de Bjarke Ingels, documentaire danois de Kaspar Astrup Schröder (pourquoi pas)Otages à Entebbe, film britannique de José Padilha (pourquoi pas)Daphné, film anglais de Peter Mackie Burns (pourquoi pas)Action ou Vérité, film américain de Jeff Wadlow (on peut éviter)
Nous n’avons pas vu :
Milf, film français de Axelle LafontRampage - hors de contrôle, film américain de Brad Peyton





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Jamie Acourt est soupçonné d’être impliqué dans un vaste trafic de drogue. Une procédure d’extradition est en cours.
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Un des fugitifs les plus recherchés au Royaume-Uni a été arrêté en Espagne

Jamie Acourt est soupçonné d’être impliqué dans un vaste trafic de drogue. Une procédure d’extradition est en cours.



Le Monde
 |    05.05.2018 à 12h43
   





                        


Jamie Acourt, un des fugitifs les plus recherchés du Royaume-Uni, a été arrêté vendredi 4 mai à Barcelone, en Espagne, a annoncé l’agence britannique de lutte contre la criminalité (NCA). L’homme de 41 ans, originaire du sud de Londres, est soupçonné d’être impliqué dans un un vaste trafic de drogue, a indiqué la NCA. Scotland Yard a précisé que l’arrestation était liée à une enquête de 2016.
« Acourt pensait pouvoir échapper à une arrestation mais à la suite d’une opération menée par les services de renseignement, sa fuite a pris fin », a déclaré Ian Cruxton, chef des opérations internationales de la NCA.
Mandat d’arrêt européen
Jamie Acourt est un ancien suspect dans l’enquête sur le meurtre de Stephen Lawrence – jeune Noir victime d’un crime raciste en 1993, un drame qui avait profondément marqué le pays et entraîné un examen de conscience sur ses problèmes de racisme et de discrimination. L’adolescent avait été poignardé à mort à un arrêt de bus du sud de Londres. Jamie Acourt n’a jamais été jugé dans l’affaire Lawrence et a toujours clamé son innocence.
Il a été arrêté en vertu d’un mandat d’arrêt européen alors qu’il quittait une salle de sports de Barcelone. Il doit comparaître devant le tribunal de Madrid en début de semaine prochaine pour une audience d’extradition. La NCA a précisé que Jamie Acourt est le 81e fugitif d’une liste de 96 à être localisé dans le cadre de l’opération « Captura », qui cible les Britanniques les plus recherchés en Espagne.



                            


                        

                        

