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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Il ne suffit pas de rêver transformer un secteur économique pour que cela se produise instantanément. Comme le rappelle Philippe Escande, éditorialiste au « Monde », l’industrie est affaire d’anticipation, d’organisation et de travail.
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Tesla et Vélib’ frappées par « la malédiction du court terme »

Il ne suffit pas de rêver transformer un secteur économique pour que cela se produise instantanément. Comme le rappelle Philippe Escande, éditorialiste au « Monde », l’industrie est affaire d’anticipation, d’organisation et de travail.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 14h04
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Elon Musk, le patron de Tesla et SpaceX, a une façon particulière de séduire la communauté financière. A un analyste qui lui demandait lors d’une conférence téléphonique, mercredi 2 mai, s’il allait devoir augmenter à nouveau son capital pour couvrir les difficultés de montée en cadence de son dernier modèle de voiture, il l’a coupé sèchement en lâchant « les questions stupides et ennuyeuses ne sont pas cool », avant d’aller répondre aux questions nettement moins agressives d’un Youtubeur. Durant 20 minutes, ce dernier a pu l’interroger sur ses projets dans la voiture autonome et les batteries. Enfin, de bonnes questions !

Comme tous les patrons, Elon Musk préfère qu’on lui parle du futur que du présent, de ses ambitions plutôt que de ses problèmes. C’est humain, et les deux sujets sont pertinents et intimement liés.
« L’intendance suivra »
La stratégie est destinée à se transformer en gestion quotidienne. Mais il est risqué de penser, comme on l’a prêté à De Gaulle : « Rétablissons la confiance, l’intendance suivra. » Bien plus tard, le général niera avoir prononcé une phrase aussi dangereuse. Car c’est bien souvent l’intendance qui fait gagner ou perdre des guerres.
Dans le cas d’Elon Musk, l’intendance ce sont à la fois les moyens industriels qu’il déploie et les milliards que lui procure la Bourse pour poursuivre son aventure. Il ne suffit pas de rêver transformer l’industrie automobile, passer de 50 000 voitures par an à 500 000 en terrassant les dinosaures qui la dominent actuellement, pour que cela se produise instantanément. L’industrie, comme son nom l’indique, est affaire d’anticipation, d’organisation et de travail.
Ce n’est pas pour rien que les deux « inventeurs » de l’industrie du XXe siècle, Henry Ford, le fondateur de Ford, et Alfred Sloan, le patron de General Motors, sont aussi les pionniers de l’organisation, du management et des techniques de production....




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Une publication baptisée « Nature Machine Intelligence » doit voir le jour en 2019. Deux mille cinq cents chercheurs dénoncent son accès payant.
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Des chercheurs en intelligence artificielle boycottent une nouvelle revue de l’éditeur de « Nature »

Une publication baptisée « Nature Machine Intelligence » doit voir le jour en 2019. Deux mille cinq cents chercheurs dénoncent son accès payant.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 14h35
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 14h43
   





                        



   


Springer Nature, l’éditeur de la prestigieuse revue scientifique Nature, a prévu de lancer l’an prochain un nouveau titre consacré à l’intelligence artificielle (IA) baptisé « Nature Machine Intelligence ». Une annonce qui n’a pas réjoui tous les chercheurs en IA. Deux mille cinq cents spécialistes ont signé un texte assurant qu’ils boycotteraient la revue – c’est-à-dire qu’ils ne lui soumettront pas d’articles, et ne participeront pas à l’indispensable processus d’évaluation des articles par les pairs.
Parmi eux, on compte de nombreux employés des grandes entreprises du Web, des membres de célèbres institutions comme le MIT ou Harvard, et les plus grands noms du secteur comme Yann LeCun, responsable des laboratoires de recherche en IA de Facebook, le pionnier du « deep learning » Yoshua Bengio ou encore Jeff Dean, cofondateur du projet Google Brain.
La raison de leur colère ? L’accès « fermé » à cette revue, ce qui signifie qu’il faut payer pour accéder à ses articles, qui ne seront donc pas mis à disposition de tous. Or un grand nombre de chercheurs en intelligence artificielle s’engagent à ce que leurs travaux soient accessibles gratuitement et réutilisables par tous ceux qui le souhaiteraient. « Il n’y a pas de place » pour ce type de publication « dans le futur de la recherche sur l’apprentissage automatique », peut-on lire dans ce message, qui évoque même « un retour en arrière ». « En revanche, nous accueillerons à bras ouverts de nouvelles revues ou conférences sur l’intelligence artificielle et l’apprentissage machine dont l’accès serait ouvert et gratuit. »
Un débat qui dépasse l’intelligence artificielle
Ce débat dépasse largement le secteur de l’intelligence artificielle : de nombreux chercheurs s’insurgent depuis longtemps contre les éditeurs qui font payer, à un prix souvent élevé, l’accès à leurs publications. Or, comme l’a rappelé dans les colonnes de Motherboard Tom Diettriech, chercheur en IA à l’université de l’Oregon à l’origine de ce boycott, ce sont souvent les universités qui produisent ces articles, les corrigent et les évaluent… avant de devoir payer l’abonnement à ces revues. « Pourquoi nos employeurs devraient payer à nouveau pour lire l’article publié ? », demande-t-il.

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                Des chercheurs se mobilisent pour un accès gratuit aux publications



Un porte-parole de Nature Machine Intelligence a expliqué à Motherboard que des titres comme le sien « impliquaient un travail éditorial substantiel », et nécessitaient donc des financements. « Nous pensons que la façon la plus juste de produire ces revues, et d’assurer leur survie à long terme comme ressource pour la communauté la plus large possible, est de partager ces coûts entre de nombreux lecteurs – et pas seulement de les faire porter à quelques auteurs seulement. »
Le débat est épineux, attisé ces dernières années par le succès de sites comme Sci-Hub, qui mettent à disposition, gratuitement et illégalement, des milliers d’articles de recherche au nom de l’accès ouvert.

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                Alexandra Elbakyan, la Kazakhe pirate d’articles scientifiques






                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Ce chercheur et cancérologue, pionnier des traitements d’immunothérapie dans les tumeurs, a dirigé pendant seize ans l’Institut Gustave-Roussy.
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Le cancérologue Thomas Tursz est mort

Ce chercheur et cancérologue, pionnier des traitements d’immunothérapie dans les tumeurs, a dirigé pendant seize ans l’Institut Gustave-Roussy.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 16h22
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Eminent cancérologue et chercheur, le professeur Thomas Tursz est mort le 27 avril à Paris, à l’âge de 71 ans. Pendant seize ans, de 1994 à 2010, ce visionnaire à la forte personnalité a dirigé l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif (IGR), la « maison » où il a fait la plus grande partie de sa carrière et qui est aujourd’hui le premier centre de lutte contre le cancer en Europe.
Il a également présidé pendant six ans la fédération des centres de lutte contre le cancer (Unicancer), puis, à partir de 2013, le comité d’orientation de la recherche de la Fondation ARC.
Né à Cracovie (Pologne) en 1946, c’est d’abord dans les récits de son père, qui fut médecin dans le ghetto de Varsovie, que Thomas Tursz puise son goût pour ce métier. Il se lance dans des études médicales puis scientifiques à la fin des années 1960. « Juste à la fin de cette période faste où on croyait encore que les progrès dans le traitement du cancer allaient continuer naturellement, rapidement et régulièrement jusqu’à la victoire finale, que nous étions censés connaître avant la fin de notre carrière médicale », écrit-il dans La Nouvelle Médecine du cancer (Odile Jacob, 2013). Enseignant à partir de 1986 au sein de l’université Paris-Sud, il passera la plus longue partie de sa vie professionnelle dans « une dualité frustrante » entre les soins aux patients et la recherche au laboratoire.
« Ma vieille et unique ennemie : la mort »
Comme clinicien, sa carrière est riche en rencontres fortes, en « moments d’espoir, de luttes pour repousser de quelques semaines, voire de quelques jours [sa] vieille et unique ennemie : la mort », mais elle est aussi remplie de « désillusions, d’espoirs déçus, d’échecs répétés… ». Les années 1970-2000 sont en effet selon lui « les années noires de la cancérologie », une période où les médecins ont la sensation que les avancées importantes ont été faites et qu’ils ne participent qu’à...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Un rassemblement a eu lieu, à Paris, à l’initiative de l’Association française des malades de la thyroïde.
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Levothyrox : des malades réclament toujours le retour de l’ancienne formule

Un rassemblement a eu lieu, à Paris, à l’initiative de l’Association française des malades de la thyroïde.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 13h00
    |

                            Cécile Fragne








                        



   


La mobilisation pour le retour définitif de l’ancienne formule du Levothyrox, ce médicament destiné à corriger l’hypothyroïdie, ne faiblit pas. Mercredi 2 mai après-midi, à l’initiative de l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT), quelques centaines de personnes – une majorité de femmes – se sont rassemblées devant le ministère de la santé, à Paris.
Pendant que la ministre, Agnès Buzyn, recevait des représentants d’associations de patients et des professionnels de santé, les témoignages de responsables associatifs et de malades se sont succédé, avec un message commun : réclamer le maintien de l’ancienne formule du médicament, appelée Euthyrox, actuellement distribuée au compte-gouttes dans les pharmacies françaises.

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                La polémique sur le Levothyrox expliquée en six points



Face aux polémiques et aux plaintes suscitées par la mise sur le marché, à la fin de mars 2017 par le laboratoire Merck, d’une nouvelle formule du Levothyrox, le gouvernement avait, à l’automne, annoncé le rétablissement de l’ancienne formule. Les autorités avaient toutefois précisé que ce retour était temporaire. Aujourd’hui, l’arrêt définitif de la commercialisation de l’Euthyrox au-delà de 2018 inquiète particulièrement les malades.
Approvisionnement en Allemagne
« J’ai fait des stocks pour deux ans, explique par exemple Christine Froment, présidente du collectif Victimes du Levothyrox Champagne-Ardenne, venue de Troyes pour l’occasion. Après huit ans de traitement à l’Euthyrox, elle dit que le passage à la nouvelle formule sans avertissements lui a provoqué en l’espace de vingt et un jours « une extrême fatigue, des envies de suicide », ainsi que des problèmes moteurs. Le retour à l’ancienne formule lui à « redonné la forme en à peine cinq jours », assure-t-elle.
Comme beaucoup d’autres patients, elle s’approvisionne désormais en Allemagne, malgré les dépenses supplémentaires que cela implique. « Les pharmacies étrangères ont désormais un fonctionnement bien rodé », confirme Brigitte Chardigny, malade de la thyroïde depuis vingt-cinq ans. Elle-même dit avoir subi des effets secondaires de la nouvelle formule du Levothyrox pendant six mois, jusqu’à devenir « l’ombre d’elle-même ».
Depuis octobre, cette Lyonnaise a traversé une fois la frontière italienne, et commandé deux fois des boîtes d’Euthyrox par téléphone à une pharmacie allemande. Malgré le retour à l’ancienne formule, elle dit garder des séquelles au niveau du système neurologique, visuel et cardiaque.
« Fini d’être cobayes »
L’arrivée sur le marché français de cinq nouveaux médicaments alternatifs au Levothyrox (L-Thyroxin Henning, Thyrofix, TCAPS) n’a pas convaincu un certain nombre de malades d’abandonner l’ancienne formule. « C’est fini d’être cobayes, s’insurge Annie Attias, 59 ans, contrainte de prendre de l’Euthyrox depuis son cancer de la thyroïde en 2011. Je ne vais pas revivre les effets secondaires d’il y a un an. »

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                Un million de Français malades de la thyroïde ont abandonné le Levothyrox, selon une association



Certaines personnes se disent néanmoins prêtes à sauter le pas de ces nouveaux médicaments. Membre de l’AFMT, Sylvie Guillota raconte avoir subi les effets secondaires du nouveau traitement à l’été 2017. Elle cite des problèmes articulaires, des vertiges, des troubles de la vision… « C’est bien simple, je n’arrivais même pas à marcher 500 mètres sur la plage de Saint-Malo, se souvient-elle. C’est comme si on m’avait débranché la prise et je n’avais plus aucune énergie vitale. »
Il lui a fallu changer d’endocrinologue pour pouvoir se faire prescrire de la L-Thyroxine, produite par les laboratoires Serb, seule alternative au Levothyrox il y a un an. Elle dit aller mieux aujourd’hui, malgré une fatigue encore difficile à endiguer, et s’apprête à délaisser son traitement actuel pour le médicament TCAPS, des laboratoires Genevrier qui ont obtenu l’autorisation de le commercialiser en France depuis avril. « J’avais des inquiétudes sur le dosage, mais tous les retours que nous avons sont positifs », dit-elle.
« Il n’y a pas de volonté de la part du gouvernement de faire bouger les lignes afin d’imposer plus de transparence aux industriels »
Outre le maintien de la production et de la commercialisation de l’ancienne formule Euthyrox, les malades sont surtout en quête de réponses de la part de Merck et du gouvernement. Pourquoi avoir voulu retirer une formule qui convenait à 3 millions de patients ? Pourquoi ne pas avoir conservé les deux versions en circulation ? Et pourquoi les effets secondaires n’ont-ils pas atteint tous les malades ?
« Je me moque des dédommagements, explique Sylvie Guillot. Je veux qu’on fasse la lumière sur ce qu’il s’est passé, pour que cela ne puisse plus se reproduire. » Beaucoup de patients se disent toutefois sans illusions. « Il n’y a pas de volonté de la part du gouvernement de faire bouger les lignes afin d’imposer plus de transparence aux industriels, dit en soupirant Edith, sous traitement depuis qu’on lui a retiré la thyroïde. La ministre, Agnès Buzyn, ne reconnaîtra surtout jamais que l’Agence nationale de santé et du médicament [ANSM] a commis des erreurs. »

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                Levothyrox : le rapport de l’Agence du médicament soulève encore de nombreuses questions



Le ministère de la santé comptabilise 17 000 cas de malades ayant subi des effets indésirables. Il s’appuie sur le nombre de signalements effectués auprès de l’Agence du médicament, soit 0,75 % des patients.
« Il faut que la France cesse d’être dans le déni », lance Nell Gaudry, porte-parole de l’AFMT. « On ne demande pas la guillotine, assure Edith. On souhaite simplement que les choses rentrent dans l’ordre pour pouvoir reprendre nos vies. » 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ L’Anses considère qu’il faut intégrer la « dimension mentale » du ressenti de l’animal. Une recommandation fondée sur l’évolution des connaissances scientifiques.
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Souffrances, frustration, satisfaction : l’agence sanitaire française définit le bien-être animal

L’Anses considère qu’il faut intégrer la « dimension mentale » du ressenti de l’animal. Une recommandation fondée sur l’évolution des connaissances scientifiques.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 15h34
    |

                            Sylvie Burnouf








                        



                                


                            

« Le bien-être d’un animal est l’état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que de ses attentes. » Pour la première fois, une agence officielle française propose une définition de ce concept, qui s’applique aux bêtes d’élevage, de zoo, de cirque, de compagnie, de laboratoire, celles utilisées pour les loisirs (chasse, pêche, corridas...) ou à des fins d’enseignement. 
Mercredi 25 avril, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié un avis qui se veut en adéquation avec l’évolution des connaissances scientifiques sur les capacités cognitives et émotionnelles des animaux. Une telle définition était notamment attendue par des associations de défense des bêtes.
Ainsi, estime l’Anses, l’idée de bien-être nécessite de considérer comme centrale la « dimension mentale » du ressenti de l’animal dans son environnement. Cela passe notamment par la prise en compte de ce que ce dernier perçoit comme déplaisant – et qui est à l’origine de douleurs, de souffrances et de frustrations –, mais aussi par la mise en place de mesures favorisant l’expression de ses émotions positives, telles que le plaisir ou la satisfaction. Il faut aussi y associer une dimension temporelle : la notion de qualité de vie implique que l’animal soit satisfait « pendant toute sa vie », ce qui englobe « son passé, sa vision du futur mais aussi les conditions de sa mort ».
L’Anses ne pousse pas la logique jusqu’à remettre en question le principe de l’appropriation et de l’exploitation des animaux par les humains. L’agence se positionne plutôt du côté du « welfarisme », un courant qui prône l’amélioration des conditions de vie des bêtes sans interroger la finalité de leur « mise sous tutelle humaine ».
« Bouteille à la mer »
Brigitte Gothière, cofondatrice de l’association L214, qui lutte pour...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Quelque 27 000 patients israéliens suivent un traitement à base de cannabis, pour lutter contre des douleurs chroniques ou l’épilepsie.
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Exploration en BD de la cuisine du futur, où la physique rejoint la gastronomie.
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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Septième volet de la collection « Génies des mathématiques », Georg Cantor est un mathématicien allemand, connu pour être le créateur de la théorie des ensembles.
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Georg Cantor, la passion des infinis

Septième volet de la collection « Génies des mathématiques », Georg Cantor est un mathématicien allemand, connu pour être le créateur de la théorie des ensembles.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 08h33
    |

                            Gilles Godefroy (Directeur de recherche au CNRS au laboratoire de mathématiques de Jussieu-Paris Rive Gauche)








                        



                                


                            

Collection « Génies des maths ». La théorie des ensembles constitue, depuis le début du XXe siècle, le fondement des mathématiques, et le tome 1 des Eléments de mathématique, de Bourbaki, lui est consacré. Les lecteurs qui ont connu les années 1960-1970 au collège, lors desquelles l’influence du groupe Bourbaki sur l’enseignement des mathématiques en France était maximale, ont pu découvrir quelques rudiments de cette théorie.
Cette époque est révolue, mais la théorie des ensembles n’en est pas moins fondamentale pour autant. Et c’est à Georg Cantor que nous la devons. Ce ­mathématicien allemand, né en 1845 à Saint-Pétersbourg, est le fils aîné d’une famille aisée où l’on cultive les capacités intellectuelles et artistiques dans le ­cadre rigoureux d’un protestantisme fervent. Violoniste exceptionnel, dessinateur de talent, le jeune Georg est remarqué à la Realschule de Darmstadt pour sa réussite éclatante en mathématiques, à la suite de quoi il poursuit ses études à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, puis à Berlin où il soutient, en 1867, une thèse de théorie des nombres.
Son œuvre bien vivante inspire jusqu’à aujourd’hui des générations de mathématiciens
Il accepte, en 1870, un poste à l’université de Halle, où se déroulera toute sa ­carrière. Il se marie en 1874 avec Vally Guttman, et de leur union naissent six enfants. Le plus jeune d’entre eux, ­Rudolf, meurt subitement en 1899, à 13 ans, et la mort de ce fils chéri plonge Cantor dans une tristesse qui ne le quittera plus. Accablé par ce chagrin, déçu de n’avoir pas ­obtenu les postes prestigieux dont il ­rêvait, tourmenté par les défis scientifiques que suscite sa théorie des ensembles, affecté enfin par ce qu’on identifie aujourd’hui comme un trouble bipolaire, Cantor ne retrouvera jamais la créativité de sa décennie dorée 1874-1884.
Il mourra en 1918 à l’hôpital psychiatrique de Halle, alors que le froid et les pénuries de cette dernière...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ La force d’évocation des parfums n’échappe pas aux stéréotypes, suggère une étude américaine.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/05/2018
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Les odeurs ont un sens et une classe sociale

La force d’évocation des parfums n’échappe pas aux stéréotypes, suggère une étude américaine.



Le Monde
 |    01.05.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 07h07
    |

                            Baptiste Coulmont (Sociologue, maître de conférences à l’université Paris-VIII et contributeur "Sciences")








                        



                                


                            
Carte blanche. Marcel Proust écrivait, en substance, que « quand d’un passé ­ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres (…), seules, plus frêles mais plus vivaces (…), plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps (…) à porter sans fléchir (…) l’édifice immense du souvenir ». L’odeur est l’une des clés qui ouvrent la porte de cet « édifice immense » du souvenir personnel. Mais pas seulement le souvenir personnel, comme le montre Karen Cerulo dans « Scents and Sensibility » (American Sociological Review, non traduit).
Effet proustien par excellence
La sociologue de Rutgers University (New Jersey) se demande comment on attribue un sens à ce que l’on sent, une signification à l’olfaction. Elle a choisi trois parfums très différents vendus dans le commerce. Le premier coûte environ 300 euros les 100 ml, le second 150, et le dernier 11. Et elle a demandé à plus de 70 personnes, plutôt des femmes, réparties dans une douzaine de groupes, de renifler, à l’aveugle, ces odeurs.
La grande majorité des participantes à cette enquête savent reconnaître les grandes ­ classifications olfactives de ces parfums : « boisé », « floral »…, et quand elles offrent leurs propres termes (« sexy », « vanille », « puissant »…), ces termes sont très souvent des synonymes des mots que les parfumeurs utilisent dans leurs publicités. Premier résultat donc : les odeurs font sens parce qu’il existe un « code public », socialement partagé, une forme de classification générale.
Mais il n’y a pas que ce code. Il y a aussi une forme de culture personnelle presque indicible. En observant comment reniflent les participants à son enquête, Karen Cerulo remarque des yeux fermés, des larmes parfois, des hésitations. Et quand elle leur demande : « Vous avez dit que ce parfum était sexy, pourquoi ? », les enquêtés ont du mal à répondre, sauf à faire intervenir des images (« J’ai vu une nuit de noces… »), des...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Le pédopsychiatre Daniel Marcelli constate, avec tous les professionnels de la petite enfance, l’apparition de comportements inquiétants avec une fréquence croissante.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/05/2018
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« L’exposition précoce aux écrans est un nouveau trouble neuro-développemental »

Le pédopsychiatre Daniel Marcelli constate, avec tous les professionnels de la petite enfance, l’apparition de comportements inquiétants avec une fréquence croissante.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 06h55
    |

            Pascale Santi et 
Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Les écrans peuvent-ils nuire au développement des très jeunes enfants et provoquer divers troubles, en particulier des « symptômes d’allure autistique » ? La polémique enfle et divise les professionnels de la petite enfance. Le Collectif surexpositions écrans (COSE) et l’une de ses fondatrices, Anne-Lise Ducanda, médecin de protection materno-infantile, qui alertent l’opinion publique sur les effets graves d’une surexposition massive et précoce aux écrans, sont sous le feu des critiques.
Dans une tribune (Le Monde du 14 février), un collectif de médecins, psychologues… estime « qu’aucune étude ne peut établir une relation de causalité entre consommation d’écrans et autisme », et qu’il est peu probable que l’addiction aux écrans concerne les moins de 4 ans.
Président de la Société française de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et disciplines associées (Sfpeada), professeur émérite de ­pédopsychiatrie, Daniel Marcelli s’est engagé aux côtés du Collectif Surexpositions écrans.
Que pensez-vous des tableaux cliniques spectaculaires décrits par certains médecins ?
Depuis un petit nombre d’années, tous les professionnels de la petite enfance, médecins pédiatres ou pédopsychiatres, mais aussi ­psychologues, enseignants de maternelle, personnel de crèche… constatent l’apparition de comportements inquiétants avec une ­ fréquence croissante.

Les signes sont nombreux : retard de communication et de langage devenant patent vers 18-30 mois, prosodie particulière, centrage d’intérêt de plus en plus exclusif sur les écrans, difficulté de contact avec les autres enfants, conduites d’allure agressive, agitation et instabilité d’attention, manque d’intérêt pour les jeux habituels… Ces troubles ont été très bien résumés dans une vidéo postée sur YouTube en 2017 par les docteurs Terrasse et Ducanda.
Voilà vingt ans que les effets délétères de la surexposition des enfants et adolescents...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ En utilisant la microscopie à force atomique, une équipe a montré que les fleurs se forment, dans le méristème, sur un anneau aux parois plus molles que le centre.
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Comment la plante sait qu’il est temps de fleurir

En utilisant la microscopie à force atomique, une équipe a montré que les fleurs se forment, dans le méristème, sur un anneau aux parois plus molles que le centre.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 13h00
    |

                            Florence  Rosier








                        



                                


                            
Une étude d’une équipe de l’université Cornell (Etats-Unis) publiée le 13 mars, dans les PNAS, aide à ­retracer un processus aux rouages délicats. Il fallait bien cette finesse pour fabriquer une fleur ! Tout commence lorsque les feuilles détectent une photopériode propice, c’est-à-dire une succession favorable de périodes de jour et de nuit. Mais la fleur se développe à distance de ces feuilles, dans le bourgeon floral. Il fallait donc un signal mobile, nommé « florigène ».
Déjà connue, la protéine FT (Flowering locus T) est un des composants de ce florigène.Les chercheurs américains ont montré qu’elle était produite dans des cellules du système vasculaire des feuilles : quand les jours rallongent, c’est là qu’elle s’accumule. Puis elle est transportée vers le « méristème », lieu où le bourgeon floral se développe à partir de ­cellules souches. Là, cette protéine va induire la floraison en activant des gènes-clés de la floraison.
« Forces mécaniques »
En parallèle, une autre hormone, l’auxine, intervient pour déterminer le lieu de la formation des fleurs. « L’accumulation d’auxine est un autre signal déclencheur », indique Teva Vernoux, qui suit ces processus au CNRS et à l’ENS de Lyon. L’auxine agit notamment en modifiant les propriétés mécaniques des cellules.
« A l’intérieur des cellules végétales, la pression est bien supérieure à celle que l’on trouve à l’intérieur des cellules animales, notamment parce que ces cellules contiennent beaucoup de sucres », explique Françoise Monéger, de l’ENS de Lyon. Du coup, cette pression ­interne va gouverner la croissance des plantes – notamment celle des fleurs.
« La formation d’une fleur commence par une excroissance », ­raconte Olivier Hamant, de l’ENS de Lyon. Cette excroissance est due à un ramollissement de la ­paroi des cellules végétales. Une bosse se forme alors, comme sur un ballon dont on assouplirait ­localement l’enveloppe. En utilisant la microscopie à force...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », des préhistoriens et des paléontologues s’inquiètent de l’impact de l’élimination de lisiers issus d’activités de méthanisation sur le patrimoine souterrain de ces zones calcaires.
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤                     
                                                   
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« Non aux épandages polluants qui menacent les sites archéologiques des causses du Lot »

Dans une tribune au « Monde », des préhistoriens et des paléontologues s’inquiètent de l’impact de l’élimination de lisiers issus d’activités de méthanisation sur le patrimoine souterrain de ces zones calcaires.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 16h52
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Un gros méthaniseur industriel, qui va traiter 67 000 tonnes de déchets par an, vient de s’installer à Gramat (Lot). Ces ­déchets proviendront de cinq départements dans un rayon de 130 kilomètres. Ils comprendront des déchets d’abattoirs, de stations d’épuration des villes, de restauration collective, d’élevages industriels, de laiteries, etc.
En cas d’épidémie de grippe aviaire, ce méthaniseur est envisagé comme moyen d’élimination des lisiers contaminés. Ces différents intrants contiennent des matières polluantes (métaux lourds, PCB, perturbateurs endocriniens, germes, pesticides, biocides, antibiotiques, éléments minéraux et organiques divers dont l’azote et le phosphore). Un méthaniseur industriel plus petit se développe aussi sur le causse de Martel à Mayrac, qui traitera 15 000 tonnes de déchets par an, et quatre autres projets sont en construction dans la région.
Les digestats s’infiltrent immédiatement dans les sols et sous-sols
Ces installations produiront du ­méthane, de l’électricité et un sous-produit, le digestat brut liquide, présenté comme un « fertilisant », qui sera épandu sur 6 000 hectares au cœur du parc naturel des causses du Quercy et 800 hectares du causse de Martel. Rappelons que tout ce qui ­entre dans le méthaniseur se retrouve en sortie dans le digestat, même si une hygiénisation incomplète est effectuée. Les digestats s’infiltrent immédiatement dans les sols et sous-sols.
La région calcaire des causses est un milieu particulièrement vulnérable déjà victime des épandages du lisier des élevages industriels, qui provoquent l’expansion extraordinaire de la végétation aquatique dans le lit de la Dordogne, du Célé et de leurs affluents ainsi que des pollutions d’eau potable enregistrées notamment à Cahors au printemps 2017. Une opposition ­citoyenne locale s’organise.
Nous, préhistoriens et paléontologues, voulons aussi attirer l’attention des pouvoirs publics sur le risque de pollution des...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ De l’art de jouer sur l’imperfection pour créer du bleu... et attirer les insectes.
<filname="PROF-env_sciences-13"> ¤                     
                                                   
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L’alchimie du bleu des fleurs

De l’art de jouer sur l’imperfection pour créer du bleu... et attirer les insectes.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 13h00
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            
Fleur rime avec couleur. Les mille et une nuances de leurs pétales sont dues, pour l’essentiel, à trois grandes familles de pigments végétaux. Les anthocyanes sont responsables des nuances ­violette, rouge et rose. Les caroténoïdes donnent les couleurs jaune et orange. Et les bêtalaïnes, beaucoup moins répandues, confèrent un rouge-violet très profond, comme celui de la betterave.
Couleurs mauves
Et le bleu ? « La façon classique de faire du bleu, pour une fleur, est d’utiliser les anthocyanes. Mais la plante doit les coupler à une autre astuce : il faut qu’elle modifie l’acidité de ses cellules, ou qu’elle combine ces pigments à des ions métalliques », indique ­Edwige Moyroud, de l’université de Cambridge (Royaume-Uni). C’est ainsi qu’un sol enrichi en ions métalliques, par exemple, fait virer du rose au bleu la couleur des ­hortensias qui y poussent. Un phénomène bien connu des Bretons.
Un des graals des horticulteurs est l’obtention de fleurs bleues rares. On trouve déjà des roses ou des œillets bleus – OGM – sur le marché. En juillet 2017, une étude japonaise, publiée dans Science Advances, a annoncé la création du premier chrysanthème bleu : les chercheurs ont introduit dans son ­génome des gènes issus d’une campanule ou d’un pois bleu. Mais toutes ces fleurs au génome remanié affichent en réalité des couleurs mauves.
L’iridescence
Une autre voie de production d’un bleu ­végétal, inattendue, a été découverte l’an dernier. En octobre 2017, Edwige Moyroud a publié dans la revue Nature, en première auteure, ce travail réalisé à Cambridge. « Nous avons d’abord observé que certaines fleurs produisent une iridescence tirant vers le bleu et le violet. Fait étonnant, ces fleurs étaient issues de familles très éloignées : des marguerites, des pivoines, des pois de senteur, des tulipes… » L’iridescence, c’est ce qui donne des reflets multicolores à un scarabée ou à un CD qu’on incline à la lumière, par exemple :...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ De nombreux objets bloqués dans ce petit diverticule du tube digestif ont été décrits dans la littérature médicale.
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<article-nb="2018/05/04/19-15">
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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Une équipe française infère les origines géographiques de diverses professions à partir des noms de famille et met en évidence la sous-représentation de certaines origines.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤                     
                                                   
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Etudier la diversité grâce aux patronymes

Une équipe française infère les origines géographiques de diverses professions à partir des noms de famille et met en évidence la sous-représentation de certaines origines.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 08h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Combien de députés ou ­sénateurs sont d’origine slave, arabe ou asiatique ? Y a-t-il plus de pharmaciens d’origine indienne qu’africaine ? Et chez les vétérinaires ? Les polytechniciens d’origine arabe sont-ils sous-représentés par rapport à ceux d’origine asiatique ? En France, ces questions sonnent étrangement car les informations révélant l’origine ethnique ne sont pas collectées comme elles peuvent l’être dans d’autres pays.
Pourtant, deux chercheurs français, Antoine Mazières, post-doctorant au Centre Marc Bloch de Berlin, et Camille Roth, professeur à Sciences Po Paris, viennent de répondre à ces questions sociologiques sensibles en inférant les origines géographiques à partir des noms de famille. Leur article, accepté par le Bulletin of Sociological Methodology et en ligne sur Namograph.antonomase.fr, étudie ainsi les sous et surreprésentations de personnes originaires de sept familles géographiques dans quatorze professions, fonctions ou diplômes.
Sept groupes de « langues »
Conscients des risques à aborder un tel sujet, les chercheurs ont posé des garde-fous. D’abord, les catégories utilisées pour étiqueter les personnes ne sont pas « ethniques » ou « nationales », au sens de celles déclarées par questionnaire ou recensement. Elles correspondent à l’origine géographique du nom de famille. Surtout, ces catégories n’ont pas été posées a priori mais ont émergé des données elles-mêmes.
Comment ? Les chercheurs ont puisé dans la base de données ouverte de 25 millions d’articles scientifiques Pubmed pour ­extraire les noms de tous les chercheurs et leur laboratoire. Ce qui a donné, après traitement statistique, 650 000 paires nom-pays « utilisables ». Ils ont ensuite découpé en morceaux chaque nom, par groupe d’une, deux, trois lettres… Puis une analyse statistique basée sur la fréquence d’apparition de ces portions de patronyme a permis de regrouper les noms par similarité : le couple « cz » est plus fréquent en Europe centrale qu’en...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Déjà présents dans l’air du sud de la France, les pollens de graminées devraient arriver à Lyon et à Paris dans les premiers jours de mai.
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Sportifs, attention aux pics polliniques

Déjà présents dans l’air du sud de la France, les pollens de graminées devraient arriver à Lyon et à Paris dans les premiers jours de mai.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 12h48
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Les concentrations de pollens de bouleau ont atteint ces derniers jours des records, notamment dans le nord du pays. Des niveaux jamais atteints depuis 1993 en Ile-de-France, comme l’a fait savoir le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA). Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les personnes allergiques et asthmatiques. Rappelons que l’asthme touche 4 millions de personnes en France. Déjà présents dans l’air du sud de la France, les pollens de graminées devraient arriver à Lyon et à Paris dans les premiers jours de mai.
Si le sport – on vous l’a déjà dit au fil de ces chroniques – a des effets positifs sur la santé, et évidemment pour les personnes allergiques, ne faut-il pas ­limiter la pratique sportive lors des pics polliniques ? « Il faut l’adapter », répondent les allergologues.
Tôt le matin ou tard le soir
Ils sont unanimes : il n’est pas conseillé de courir en plein air lors d’un pic de concentration de pollens. En effet, « la surventilation entraînée par la course fait que l’on inhale cinq à dix fois plus de pollens », explique l’allergologue Pierrick Hordé. Les symptômes (rhinite, conjonctivite, asthme…) peuvent s’amplifier, jusqu’à aller vers une crise allergique. Il n’est donc pas conseillé de faire du sport à l’extérieur, sauf tôt le matin ou tard le soir, lorsque les concentrations sont moins fortes, surtout lorsqu’il a plu, car les pollens sont à terre.
Lors des pics, mieux vaut avoir son bronchodilatateur à portée de main, prendre des antihistaminiques, mettre des lunettes de soleil, un chapeau, pour éviter que les pollens se déposent dans les cheveux et ensuite sur l’oreiller – le mieux est de prendre une douche le soir.
Autre sport à éviter : la natation dans les piscines. Présent dans l’eau de la plupart des piscines, le chlore, mélangé aux matières azotées apportées par les baigneurs (sueur, urines, cosmétiques…), produit des chloramines, gaz irritants...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ L’anthropologue islandais Gisli Palsson a pu retracer  le parcours d’un mulâtre grâce aux fragments d’ADN de ses 788 descendants.
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Le génome d’un esclave reconstitué

L’anthropologue islandais Gisli Palsson a pu retracer  le parcours d’un mulâtre grâce aux fragments d’ADN de ses 788 descendants.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 12h44
    |

                            Catherine Mary








                        



                                


                            
Le livre. Dans quelles conditions un être ­humain peut-il se voler lui-même pour gagner sa liberté ? Telle est la question posée par L’Homme qui vola sa ­liberté, la biographie de l’esclave Hans ­Jonathan par l’anthropologue islandais Gisli ­Palsson. S’appuyant sur une enquête fouillée, le récit analyse minutieusement les ferments de cette liberté.
Hans Jonathan était opiniâtre, honnête, vaillant et intelligent, nous renseigne-t-il. Mais son audace résulte aussi d’un contexte. Il était né en 1784 d’une mère esclave noire et d’un père blanc sur l’île Sainte-Croix, dans les Caraïbes, alors colonie danoise. Son statut de mulâtre lui valait, suivant la théorie raciale de l’époque, d’être considéré comme plus intelligent que les enfants nés de deux parents noirs.
Elevé au sein de la puissante famille Schimmelmann, où sa mère était « esclave de maison », il côtoya les enfants de ses maîtres et apprit à lire, compter, et jouer du violon. Transféré à l’âge de 7 ans à Copenhague, il fréquenta d’autres esclaves et se familiarisa avec les idées des Lumières.
Restaurer l’histoire
C’est ainsi que germa en lui le désir de ­liberté. A l’âge de 16 ans, il s’enfuit, échappant aux poursuites judiciaires intentées par sa maîtresse. Mais il finit par être arrêté et jugé au cours d’un procès qui défraya la chronique de la bonne société danoise. Condamné à être revendu comme esclave, il parvint à s’enfuir encore en gagnant l’Islande, où il devint un respectable commerçant et fonda une famille. Il compte aujourd’hui 788 descendants.
L’analyse de Gisli Palsson fait écho à une prouesse génétique récente de la société ­islandaise deCODE, qui a reconstitué 19 % du génome de Hans Jonathan, uniquement à partir de l’ADN de ses descendants. D’après le « Livre des Islandais », une base de données ­répertoriant l’histoire complète des familles, il serait le seul homme noir à s’être installé en Islande avant 1920.
Partant de ce...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Tardivement apparues dans l’histoire évolutive, les plantes à fleurs ont conquis la planète en un temps record. Retour sur un prodigieux succès, qui nous conduit à voir d’un autre œil ces « fausses ingénues ».
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤                     
                                                   
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Les fleurs, redoutables séductrices

Tardivement apparues dans l’histoire évolutive, les plantes à fleurs ont conquis la planète en un temps record. Retour sur un prodigieux succès, qui nous conduit à voir d’un autre œil ces « fausses ingénues ».



Le Monde
 |    30.04.2018 à 06h25
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                            Florence Rosier








                        



                                


                            

L’émerveillement renaît chaque année, quand la nature se revêt de vert tendre et se pare de fleurs. Et le printemps ­réveille ces questions : comment naissent les fleurs ? D’où viennent les forces obscures à l’œuvre dans la sève, lorsque les jours rallongent ? La science des fleurs bénéficie d’un bouquet de découvertes récentes. « C’est un domaine très dynamique », se réjouit François Parcy, expert en biologie végétale dans une équipe CNRS-INRA-CEA, à l’université Grenoble-Alpes.
Les fleurs, fragiles objets pour doux rêveurs ? ­Détrompez-vous. Ce sont de redoutables séductrices – c’est même leur mission. Si les plantes ­exhibent ces parures, c’est bien pour attirer insectes et autres pollinisateurs qui favorisent leur ­reproduction et leur dissémination. Les faits sont là : sous leur air enjôleur, ces fausses ingénues ont si bien servi l’intérêt des « plantes à fleurs » que celles-ci dominent aujourd’hui à plus de 90 % le monde ­végétal. Sans doute ont-elles ainsi favorisé la survie et l’expansion de notre espèce. « Tous nos aliments d’origine végétale – fruits, légumes, ­graines – proviennent des plantes à fleurs », souligne François Parcy.
« Ruses », « inventions », « intelligence » des plantes à fleurs ? Disons-le tout net : c’est de l’anthropomorphisme assumé
Grâce et pesanteur du pouvoir des fleurs, quand elles déplient leurs corolles et déploient leurs couleurs ! « La plupart [des fleurs] ont recours à des ­ruses, à des combinaisons, à une machinerie, à des pièges, qui, sous le rapport de la mécanique, de la ­balistique, de l’aviation, de l’observation des insectes, par exemple, précédèrent souvent les inventions et les connaissances de l’homme », écrivait l’écrivain belge Maurice Maeterlinck (1862-1949), Prix Nobel de littérature, dans son ouvrage L’Intelligence des fleurs, publié en 1907.

« Ruses », « inventions », « intelligence » des plantes à fleurs ? Disons-le tout net :...




                        

                        


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Dans la peau d’un patient atteint de la maladie de Crohn

Avec l’appli mobile du projet « In Their Shoes », les soignants s’immergent dans le quotidien des personnes souffrant de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. « Le Monde » a tenté l’expérience.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 14h00
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            Pascale Santi








                        



                                


                            

« Vous avez dix minutes pour aller aux toilettes », ce message est envoyé à de nombreuses reprises. C’est l’une des 70 notifications que va m’envoyer l’application du projet « In Their Shoes », qui consiste à se mettre durant trente-six heures dans la peau d’un patient souffrant de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). Pour percevoir ce que ressentent ces patients, j’ai fait cette expérience. Tout comme 23 personnes de l’équipe de gastro-entérologie de l’hôpital Saint-Antoine à Paris (AP-HP), infirmiers, médecins, internes, aides-soignants, soit environ la moitié du service.
Lorsque ce message est arrivé, j’étais dans le métro, une autre fois, dans la rue. Pas simple de trouver des toilettes dans le métro, et je n’ai pas trouvé de café… bref, je n’ai pas eu le temps. Je reçois une notification : « Raté ! » en rouge. Et des messages qui sont de vrais témoignages de patients : « J’étais chez des amis, j’ai eu une crampe, je n’ai pas eu le temps d’arriver aux toilettes, mon pantalon était taché. Je suis rentré, très contrarié », ou « J’étais coincée dans les embouteillages, j’étais en pleurs »… C’est l’un des enjeux principaux : « Où pensez-vous aller en cas de poussée de la maladie ? Connaissez-vous l’emplacement des toilettes ? » Lorsque le défi est lancé, il faut envoyer une photo de la porte des toilettes pour être sûr qu’on ne triche pas.
Une ceinture pour simuler des gênes abdominales
Les MICI recouvrent principalement la maladie de Crohn et la rectocolique hémorragique, et touchent environ 250 000 personnes en France, dont la maladie débute souvent entre 15 et 30 ans. Elles évoluent par poussées entrecoupées de périodes de rémission. Les MICI provoquent notamment des douleurs abdominales, des diarrhées (avec parfois des émissions de sang), souvent nombreuses… jusqu’à 15 à 20 par jour. A cela s’ajoute un état général dégradé (fatigue, fièvre…). Autant de symptômes qui altèrent...




                        

                        


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Le sacrifice suprême de la fourmi explosive

Tordre son corps jusqu’à le faire éclater et en expulser une substance toxique : c’est l’arme fatale utilisée par l’insecte découvert sur l’île de Bornéo.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 06h27
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            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Au premier abord, c’est juste une simple fourmi. Une parmi les quelque 12 000 espèces déjà répertoriées. Encore que pour approcher l’animal, sa tête rouge et son corps virant sur le noir, un voyage au cœur de la forêt primaire du sultanat de Brunei, dans l’île de Bornéo, s’impose. Une fois arrivé sur place, deux solutions s’offrent à vous : fuir dare-dare ou rester pétri d’admiration. Car pour affronter ses ennemis, l’insecte a développé une arme aussi impressionnante que redoutable : il explose et libère une substance empoisonnée. Cette technique de défense a été décrite pour la première fois en 1916. Mais une équipe internationale (Autriche, Thaïlande, Brunei) vient de découvrir plusieurs nouvelles espèces dotées de ces supers pouvoirs. Elle a élevé l’une d’entre elles au rang d’« espèce modèle », représentant ce comportement type, dont elle publie une description minutieuse dans la revue Zookeys. Et puisqu’elle appartient au groupe Colobpsis, les scientifiques l’ont assez naturellement nommée Colobopsis explodens.
Parfum de curry
Confrontée à un prédateur, notre nouvelle amie commence par employer la dissuasion. Elle dresse son arrière-train, sorte de premier et dernier avertissement. Si l’importun ne comprend toujours pas, elle se précipite sur lui et plante ses mandibules dans la chair ennemie. Puis elle tord violemment son corps jusqu’à faire rompre l’exosquelette qui l’entoure. Et c’est l’explosion. Des entrailles de la fourmi gicle alors un liquide jaune et brillant.
L’odeur de la substance n’a rien d’incommodant. L’entomologiste Alice Laciny, du Musée d’histoire naturelle de Vienne, et ses collègues décrivent plutôt un doux parfum rappelant celui du curry. Mais au toucher, c’est autre chose : collante, brûlante et toxique, c’est une arme fatale. Pour l’assaillant qui n’aurait pas perçu le danger mais aussi pour l’insecte lui-même.
Seules les fourmis dites « mineures », les plus petites, usent de ce mode d’affrontement....




                        

                        

