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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Le chef de file de La France insoumise s’envolera pour Moscou lundi. Il participera au défilé « Immortel » qui célèbre, le 9 mai, les combattants soviétiques de la seconde guerre mondiale.
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Jean-Luc Mélenchon va rencontrer un leadeur de l’opposition en Russie

Le chef de file de La France insoumise s’envolera pour Moscou lundi. Il participera au défilé « Immortel » qui célèbre, le 9 mai, les combattants soviétiques de la seconde guerre mondiale.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h33
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante) et 
Abel Mestre








                        


« C’est le moment pour le faire. » Jean-Luc Mélenchon s’envolera lundi 7 mai pour Moscou afin d’y rencontrer Sergueï Oudaltsov, un des leadeurs de l’opposition de gauche à Vladimir Poutine. Le député des Bouches-du-Rhône participera également au défilé du « Régiment Immortel ». Organisé chaque 9 mai, à l’issue de la traditionnelle parade militaire, il célèbre la mémoire des combattants soviétiques contre l’Allemagne nazie.
« C’est une manifestation magnifique et émouvante. On défile en portant une pancarte sur laquelle il y a la photo d’un parent qui est mort pendant la guerre ou qui a servi une unité de combat pendant la guerre, a confié M. Mélenchon lors d’une conférence de presse vendredi. Je porterai une photo, mais je ne sais pas encore de qui. » Lancée en 2012 dans la ville de Tomsk, en Sibérie, l’initiative, devenue populaire, a cependant été récupérée par la suite par le pouvoir.
M. Mélenchon en profitera également pour rencontrer Sergueï Oudaltsov. A 41 ans, ce juriste de formation est le coordinateur du Front de gauche russe. Il a également été l’un des organisateurs des grandes manifestations anti-Poutine de l’hiver 2011-2012. Arrêté en 2013, il avait été condamné l’année suivante à quatre ans et demi de colonie pénitentiaire pour « organisation d’émeute publique ». Il en sortira en août 2017.
M. Oudaltsov a aussi soutenu l’annexion de la Crimée et les séparatistes pro-russes dans le Donbass, à l’est de l’Ukraine. Cependant M. Mélenchon ne participera pas à la manifestation organisée par M. Oudaltsov sur la place de la Révolution à Moscou, dimanche, à la veille de l’investiture officielle du chef du Kremlin, en route pour un nouveau mandat à la tête de l’Etat russe jusqu’en 2024.
« Les Russes sont des amis et des partenaires »
Cette rencontre doit, en tout cas, permettre à M. Mélenchon de faire démentir les liens de proximité avec le pouvoir russe que nombre de ses adversaires lui adressent. « Je vais voir un opposant au pouvoir, ça va être difficile de dire que je suis un poutinien », a encore souligné M. Mélenchon. L’ancien candidat à la présidentielle veut profiter de ce voyage pour « rompre l’atmosphère de guerre froide qui a été rétablie par les idéologues atlantistes et nord-américains » et donner une preuve « de sympathie active au peuple russe, pas aux dirigeants ». Et d’ajouter que, malgré des divergences, « les Russes sont des amis et des partenaires. Il ne faut les traiter comme des ennemis ».
« Je suis un anti-atlantiste absolu, je suis pour la sortie de l’OTAN. (…) Nous allons au-devant de très grandes violences entre l’Iran, Israël, l’Arabie saoudite, la Turquie, dans cette région du monde, et comme certains de ces pays ont des frontières communes avec la Russie, il est important qu’on manifeste que le monde entier n’est pas en noir et blanc », a continué M. Mélenchon.
Plusieurs autres déplacements sont prévus d’ici à la fin de l’année. L’ancien sénateur socialiste ira en Allemagne en juin, à Madrid en juillet et aux Etats-Unis en octobre pour rencontrer l’ancien candidat à la primaire démocrate Bernie Sanders.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Les numéros un de la CFDT, CGT et FO ont annnoncé leur venue. Les neuf syndicats représentatifs de la fonction publique appellent à se mobiliser contre les projets du gouvernement concernant les fonctionnaires.
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Fonctionnaires : Berger, Martinez et Pavageau manifesteront ensemble le 22 mai à Paris

Les numéros un de la CFDT, CGT et FO ont annnoncé leur venue. Les neuf syndicats représentatifs de la fonction publique appellent à se mobiliser contre les projets du gouvernement concernant les fonctionnaires.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h04
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 17h33
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières








                        


On ne les a plus vus défiler ensemble depuis des lustres. Mais la fonction publique vaut bien une exception. Le 22 mai, les numéros un des confédérations syndicales vont mettre leurs désaccords de côté pour manifester dans le cortège parisien. « On sera tous là, tous ceux qui appellent » à cette journée d’action, indique Laurent Berger au Monde. Le secrétaire général de la CFDT y retrouvera en effet ses homologues syndicaux.
« Philippe Martinez sera présent », confirme Jean-Marc Canon, à la tête de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires CGT. « J’y serai avec le bureau confédéral », précise également Pascal Pavageau, le nouveau dirigeant de FO.
François Hommeril, président de la CFE-CGC, a prévu de longue date ce jour-là un déplacement en province mais y enverra un représentant. « C’est un crève-cœur pour moi, confie-t-il. La photo aurait eu de la gueule. » M. Hommeril va cependant tenter de s’organiser car, selon lui, « la symbolique est forte. Nous sommes à un moment de tensions très vives car le gouvernement ne sait pas s’y prendre avec les syndicats. Il n’a ni le savoir-faire ni la culture. Sur le service public, où l’urgence est peut-être encore plus forte qu’ailleurs, c’est important qu’il y ait quelque chose qui aide à la prise de conscience du gouvernement ».
Refondation du contrat social
Reste à savoir comment ces retrouvailles seront mises en scène. Pour M. Canon, « c’est évident que les leadeurs syndicaux seront à la banderole » dans le carré de tête. Le 22 mai, les neuf syndicats représentatifs de la fonction publique (CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU, Solidaires, CFTC, CFE-CGC et FA-FP) appellent les 5,6 millions d’agents à faire grève et à défiler contre les projets du gouvernement les concernant. En cause notamment : le projet de supprimer 120 000 postes, le gel du point d’indice, le rétablissement du jour de carence en cas d’arrêt-maladie ou encore la compensation de la CSG.
Début avril, le gouvernement a lancé, dans un climat de défiance, le premier des quatre chantiers de la refondation du contrat social qu’il souhaite mettre en place avec les fonctionnaires. Cette première discussion porte sur le dialogue social. Suivront ensuite le recours accru aux contractuels, la rémunération au mérite et les plans de départs volontaires. Dans le cadre du Comité action publique 2022, un rapport d’experts, attendu ces prochaines semaines et qui doit préconiser des pistes pour réduire la dépense publique, alimente en outre les craintes.
Le 10 octobre 2017, une première action unitaire avait eu lieu – ce qui n’était pas arrivé depuis une dizaine d’années. Des fissures étaient cependant apparues par la suite et la CFDT et l’UNSA n’avaient pas souhaité participer à une seconde journée de mobilisation, le 22 mars, estimant cette date « prématurée ». Mais ces deux syndicats ont finalement rejoint le mouvement. Dans un communiqué envoyé vendredi, l’intersyndicale invite d’ores et déjà les fonctionnaires à se rassembler le 15 mai devant Bercy à l’occasion de l’ouverture du chantier consacré au recours au contrat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Si le gouvernement voulait vraiment rendre vertueux le secteur des jeux de loterie, il pourrait laisser de nouveaux acteurs proposer la formule de l’épargne-loterie, plaide dans une tribune au « Monde » Florent Aubert, coordinateur de Students for Liberty France.
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Française des jeux : « Ne substituons pas un monopole privé à un monopole public »

Si le gouvernement voulait vraiment rendre vertueux le secteur des jeux de loterie, il pourrait laisser de nouveaux acteurs proposer la formule de l’épargne-loterie, plaide dans une tribune au « Monde » Florent Aubert, coordinateur de Students for Liberty France.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 16h22
    |

Florent Aubert (Coordinateur du mouvement de défense des idées libérales « Students for Liberty » en France)







                        



                                


                            

Tribune. Alors qu’il est actuellement question de privatiser – partiellement – la Française des jeux (FDJ), le gouvernement ne semble pas avoir l’intention de remettre en cause son monopole. Or, celui-ci s’exerce notamment au détriment des populations à faible revenu, les plus touchées par l’addiction au jeu.
L’Etat a un rôle ambigu dans le secteur des jeux d’argent : bénéficiaire direct du monopole, il est à la fois juge et partie. Il se targue de vouloir prévenir les risques liés à l’addiction, mais il bénéficie d’autant plus de ressources financières qu’il y a de joueurs.
Au total, entre prélèvements sur les mises des parieurs, impôts sur les sociétés et dividendes versés via sa participation dans la FDJ, l’Etat perçoit plus de 3 milliards d’euros chaque année. L’entreprise publique va jusqu’à puiser dans ses réserves pour continuer à verser de généreux dividendes même lorsqu’elle fait des pertes.

Plus dérangeant encore, un certain nombre de petits actionnaires (à hauteur de 23 %, l’Etat détenant 72 % de la FDJ et ses salariés 5 %), devenus propriétaires au gré de l’histoire mouvementée de l’entreprise publique, jouissent également de cette manne colossale. L’amiral Henri Lacaille, président d’une association d’anciens combattants, ne rappelait-il pas que la Française des jeux [offre] « le meilleur rendement sur la place de Paris, plus juteux que tout ce qu’on trouve ailleurs » ? N’est-il pas problématique qu’un petit groupe de particuliers (qui rapetisse d’année en année, les anciens combattants n’étant pas immortels…) profite des largesses immenses d’un monopole public au détriment des joueurs, qui ne peuvent se tourner vers aucun autre système moins pernicieux ?
Concept surprenant
Pourtant, il existe une voie que personne ne semble connaître en France, étant donné le silence général (délibéré ?) sur le sujet. En novembre 2017, le Texas est devenu le 26e Etat américain à autoriser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Le 6 mai, la démocratie va enfin pouvoir s’ancrer au niveau local. Mais dans les régions intérieures sinistrées, la résignation semble l’emporter.
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Reportage

En Tunisie, des élections municipales historiques accueillies sans enthousiasme

Le 6 mai, la démocratie va enfin pouvoir s’ancrer au niveau local. Mais dans les régions intérieures sinistrées, la résignation semble l’emporter.

Frédéric Bobin (Metlaoui, envoyé spécial)
    



LE MONDE
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        Le 04.05.2018 à 15h10

     •
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        Mis à jour le 04.05.2018 à 15h15






    
Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi (au centre), visite une unité de production de phosphate à Metlaoui, le 14 janvier 2017.
Crédits : AYMEN ZAOUALI / AFP


Il n’y a pas beaucoup de fièvre autour de l’ancien « quartier européen » de Metlaoui, dans l’ouest de la Tunisie. Un village dans la ville, enclave de maisons de toits de tuile rosâtre d’où émerge une église désaffectée. On l’appelait le « Petit Paris » à l’époque de l’âge d’or du phosphate, mis en exploitation par les Français à la fin du XIXe siècle. Le quartier est bordé d’un convoyeur, long boyau de tôle qui serpente au-dessus de la cité fanée par les poussières acides, l’un des quatre centres d’extraction du bassin minier de Gafsa. Autour s’étend la vaste steppe caillouteuse qui annonce, plus au sud, le Sahara tunisien.

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On quête une ferveur électorale, des panneaux d’affichage, des processions politiques. Mais il n’y a qu’une torpeur vaguement résignée. Dimanche 6 mai, les Tunisiens sont invités à voter pour des élections municipales pourtant historiques. Depuis la révolution de 2011 qui a mis à bas le régime autocratique de Ben Ali, la transition démocratique va enfin pouvoir s’ancrer au niveau local, le chaînon qui manquait au « laboratoire tunisien ». Après les élections constituantes de 2011 et le double scrutin législatif et présidentiel de 2014, la Tunisie post-révolution va connaître sa quatrième consultation. « On respire l’air de la liberté », se félicite Sihem Dinari, une architecte que le parti islamiste Ennahda a choisie comme tête de liste.
« Il faut secouer nos dirigeants »
L’enjeu de proximité – élire 350 conseils municipaux – confère au scrutin un relief particulier. Après la dissolution en 2011 des anciens conseils municipaux élus sous Ben Ali, le pouvoir local incombait à des « délégations spéciales » composées de citoyens non élus et dirigées par un sous-préfet (le « délégué »). Ce déficit démocratique devrait en principe être comblé par le scrutin du 6 mai. L’inquiétude sourd néanmoins : la participation sera-t-elle au rendez-vous alors que les difficultés économiques et sociales – chômage à 15 %, inflation à 7 % – brouillent la perception que les Tunisiens ont de leur démocratie tant louée à l’étranger ?
La quarantaine énergique, Mohamed Dinari, tête de la liste indépendante Metlaoui notre avenir, veut démentir le scepticisme ambiant. « Il faut secouer nos dirigeants », clame-t-il alors qu’il pose pour une photo de groupe, flanqué de ses colistiers. A ses yeux, « secouer » le pouvoir de Tunis, c’est adresser un avertissement aux partis Nidaa Tounès (qualifié de « moderniste ») et Ennahda (« islamiste »), alliés au sein d’une coalition gouvernementale depuis 2015.

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L’alternative pourtant tarde à se dessiner. Selon toute vraisemblance, les deux partis, qui concourent séparément, devraient se partager l’essentiel des municipalités. Ennahda – dont la rhétorique officielle s’est éloignée de son islamisme originel – dispose d’un enracinement à travers le pays et d’une machine militante sans équivalent. Quant à Nidaa Tounès, le parti du chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, il a récupéré les réseaux de notables issus du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, dissout), l’ex-parti-Etat de Ben Ali. « Ils ont de l’expérience, souffle Mohamed Dinari. Ils savent faire de la politique. »
Sentiment victimaire
A Metlaoui, une préoccupation domine : l’avenir de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), l’entreprise hégémonique dans toute la région, véritable Etat dans l’Etat. Villages ouvriers, écoles, santé, salaires élevés, loisirs : la CPG, nationalisée en 1962 après l’indépendance, a longtemps dispensé un paternalisme social aujourd’hui en crise. « La population conserve une profonde nostalgie pour l’âge d’or de la CPG », soupire Façal Ahmidi, un cadre à la retraite.
A Metlaoui, comme ailleurs dans le bassin minier, les jeunes chômeurs s’agitent régulièrement pour décrocher un emploi au sein de la CPG ou de ses entreprises satellites, dont les effectifs ont bondi, depuis la révolution, de 9 000 à près de 30 000 salariés. Ces protestations récurrentes se nourrissent d’un sentiment victimaire, celui d’une population s’estimant spoliée par les élites de Tunis et du Sahel (littoral de Hammamet à Mahdia). « Les gros poissons nous volent notre ressource », grince Mohamed Housan Chebeb, porte-parole de la liste d’Harak Tounes Al-Irada, le parti de l’ancien président Moncef Marzouki (2011-2014).

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Mais au-delà de cette cause commune, Metlaoui est traversée de lignes de fracture, les plus importantes étant de nature tribale. Celles-ci ne risquent-elles pas de s’approfondir avec la future affirmation d’un pouvoir municipal ? Sur les dix listes en lice à Metlaoui, trois émanent de partis politiques (Nidaa Tounès, Ennahda et Harak Tounes Al-Irada) et les sept autres sont « indépendantes ». Parmi ces dernières, les affiliations tribales sont assez marquées. Trois grandes tribus dominent à Metlaoui : les Awled Bouyahya, les Awled Jrediya et les Awled Slama.
Une coloration tribale
Hors les quartiers du centre-ville, chaque communauté vit dans son propre faubourg. Dans ses recrutements, la CPG a toujours pratiqué une politique non dite de quotas tribaux afin de préserver la paix sociale. Dans la foulée de la révolution de 2011, de violents heurts avaient pourtant opposé les Awled Bouyahya, « autochtones » qui tiennent à une forme de légitimité historique, aux Awled Jrediya, « immigrés » originaires des villes voisines de Tozeur et Nefta. Les affrontements, au fusil et à l’arme blanche, avaient fait une vingtaine de morts. Une manipulation d’éléments de l’ancien régime déchu avait alors été évoquée par nombre d’habitants.

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Sept ans plus tard, la situation s’est apaisée, mais les identifications communautaires demeurent. « Malheureusement, ce fait tribal est une vérité », observe Ezzedine Bacouri, tête d’une liste indépendante. Tous les candidats l’admettent, tout en relativisant son importance. « Oui, le facteur tribal existe, mais il ne sera pas décisif », dit Mohamed Dinari, de Metlaoui notre avenir. « Les habitants ont oublié les affrontements de 2011 », souligne Abderahman Shimi, tête de liste de Nidaa Tounes. « Nous sommes dans l’obligation d’oublier car nous sommes voisins », abonde Basset Hlayem, tête d’une liste indépendante.
A sa manière, la gravité du conflit de 2011 a vacciné Metlaoui contre le péril d’un tribalisme débridé. Mais dans les autres régions de la Tunisie intérieure, aucune mémoire traumatique de ce type ne vient jouer le rôle de garde-fou et la crainte que des enjeux municipaux prennent une coloration tribale est réelle. « Le fait tribal dans ces élections est ambigu, analyse Hamza Meddeb, chercheur à l’Institut universitaire européen de Florence. D’un côté, il assure une représentativité démocratique des groupes sociaux. Mais de l’autre, il porte en germe le risque d’une conflictualité autour de la distribution des ressources, surtout en période de rareté ».


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Emmanuel Macron ne se rendra pas au prestigieux festival, préférant inviter à dîner à l’Elysée des personnalités du cinéma. Le président français perpétue ainsi une « tradition » d’évitement de cet événement trop connoté strass et paillettes.
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Les marches de Cannes, trop glissantes pour les chefs d’Etat


                      Emmanuel Macron ne se rendra pas au prestigieux festival, préférant inviter à dîner à l’Elysée des personnalités du cinéma. Le président français perpétue ainsi une « tradition » d’évitement de cet événement trop connoté strass et paillettes.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h54
    |

                            Laurent Telo








                              

                        

Dès son retour de voyage officiel aux États-Unis, sans doute afin de récupérer des gros câlins de Donald Trump et du décalage horaire, le président Macron s’est organisé une petite soirée cinoche à la maison, avec Brigitte. Le 26 avril, près de quinze jours avant l’ouverture du 71e Festival de Cannes, une grosse centaine de « personnalités » du cinéma, qu’elles exercent devant ou derrière la caméra, étaient invitées à l’Élysée pour partager un buffet dînatoire préparé par quelques meilleurs ouvriers de France – les tartelettes au citron sucrées sans sucre, notamment, ont fait sensation.
Balibar, Bellucci, Dujardin…
L’Élysée a poussé le chic de sa discrète et glamour opération de com’ jusqu’à n’inviter que quatre journalistes de la presse spécialisée, à ne faire fuiter que quelques noms d’invités prestigieux (les acteurs Jeanne Balibar, Monica Bellucci, Jean Dujardin, Guillaume Gallienne, le réalisateur Gérard Krawczyk, les producteurs Alain Terzian, Dominique Besnehard et Jérôme Seydoux…) et à ne diffuser aucune photo officielle des agapes. Fantasmes garantis. L’occasion, selon le service de presse de la présidence, de mettre « à l’honneur » le septième art, comme le président l’avait déjà fait avec le secteur de la mode, en mars, en marge de la Fashion Week parisienne.

L’occasion aussi pour l’hôte présidentiel de faire un discours de vingt minutes sur les enjeux du cinéma français – la lutte contre le piratage, le crédit d’impôt, le financement de la filière… – sans pour autant faire la moindre annonce. L’assurance de ne fâcher personne au risque de décevoir tout le monde. L’opportunité surtout pour le président de participer à la grande fête du cinéma français avant l’heure sans donner l’air de trop y toucher. De trouver une distance raisonnable, une hauteur de vue et une voie médiane entre l’indispensable utilité protocolaire de marquer son intérêt de chef d’État pour le cinéma français et, en même temps, le risque...




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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Deux articles, datés du 6 mai et du 11 mai 1988, relataient l’attaque d’une gendarmerie à Fayaoué, la prise d’otages et l’assaut de la grotte de Gossanah par les forces de l’ordre.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤                     
                                                   
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La prise d’otages d’Ouvéa : le récit que « Le Monde » en avait fait en 1988

Deux articles, datés du 6 mai et du 11 mai 1988, relataient l’attaque d’une gendarmerie à Fayaoué, la prise d’otages et l’assaut de la grotte de Gossanah par les forces de l’ordre.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h27
   





                        



                                


                            
Le président de la République, Emmanuel Macron, est arrivé jeudi 3 mai en Nouvelle-Calédonie, il y restera trois jours. L’un des temps forts de son séjour sera sa visite à Ouvéa, samedi 5 mai, date anniversaire de l’assaut par l’armée et la gendarmerie de la grotte de Gossanah, en 1988. Au cours de cette attaque, dix-neuf militants indépendantistes, qui retenaient des gendarmes en otages, trouvèrent la mort. C’est la première fois qu’un chef de l’Etat se rend sur place.

En 1988, « Le Monde » avait fait le récit ces événements. Voici notamment deux articles, datés du 6 mai et du 11 mai 1988, qui relataient l’attaque d’une gendarmerie à Fayaoué, la prise d’otages et l’assaut de la grotte de Gossanah par les forces de l’ordre.
22 avril : attaque de la gendarmerie
Des militants indépendantistes kanaks prennent en otage une trentaine de gendarmes. Quatre d’entre eux sont tués.
Après le service de Dieu, le Père François-Xavier de Viviès, curé d’Ouvéa, cultive une passion peu ordinaire : capter les messages radio de la gendarmerie. Lieutenant en Algérie avant d’entrer dans les ordres, il a conservé le goût des transmissions. Alors, pour briser cette torpeur tropicale qui parfois engourdit son presbytère, il branche son petit récepteur radio sur la fréquence de la gendarmerie.
Le matin du vendredi 22 avril, le Père de Viviès avait placé son transistor en « veille ». Subitement, l’appareil crachote : « 2-97, 2-97, nous sommes occupés… ». Le Père tend l’oreille. Puis une réponse enchaîne, de Nouméa : « 97, répondez, 97, répondez… ». Ensuite, plus rien. Un grésillement qui s’éternise. La brigade de gendarmerie de Fayaoué ne répond plus à l’appel. Intrigué, le curé enfourche sa mobylette et parcourt les vingt kilomètres qui séparent le presbytère de Saint-Joseph du centre administratif de Fayaoué. Lorsqu’il franchit le portail de la brigade de gendarmerie, il n’en croit pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Eric Blanchet, directeur de Ladapt, estime que le gouvernement ne peut prôner « en même temps » une vision inclusive de la société et demander d’économiser les moyens financiers et humains dans le domaine de la santé.
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« Il faut donner les moyens de remplir leurs missions à ceux qui luttent contre toutes les formes d’exclusion »

Dans une tribune au « Monde », Eric Blanchet, directeur de Ladapt, estime que le gouvernement ne peut prôner « en même temps » une vision inclusive de la société et demander d’économiser les moyens financiers et humains dans le domaine de la santé.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h00
    |

Eric Blanchet (Directeur général de Ladapt, association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées.)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis le début de l’année, les personnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et des hôpitaux sont mobilisés pour protester contre leurs conditions de travail de plus en plus difficiles, qui engendrent une dégradation de la qualité de l’accueil et des soins dispensés. Le face-à-face tendu entre le président de la République et des soignants du CHU de Rouen, le 5 avril, symbolise l’incompréhension entre un personnel réclamant des moyens humains et financiers, et un gouvernement lui opposant une logique gestionnaire de réduction de la dette. Or c’est cette logique de la performance, à travers une gestion déconnectée des besoins sanitaires et sociaux, qui a conduit à une telle situation.
avec le changement climatique ou la crise des réfugiés, l’europe doit faire face à des enjeux qui ne se solderont pas avec de simples indicateurs financiers
Pour beaucoup de nos concitoyens, la notion de performance se résume à la réussite économique. En existant uniquement à travers une union économique et monétaire, l’Europe favorise cette perception limitée de la performance. Or, avec le changement climatique ou la crise des réfugiés, elle doit faire face à des enjeux qui ne se solderont pas avec de simples indicateurs financiers. C’est pourquoi toute performance devrait être évaluée au regard d’un projet commun de vivre ensemble.
Que signifie en effet « performance » pour une association d’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées, par rapport, par exemple, à un constructeur automobile ou une banque ? Il est évident que le critère quantitatif compte plus pour les seconds que pour la première, dont la performance dépend avant tout de la qualité des services rendus par ses acteurs pour améliorer les conditions de vie des personnes qu’elle aide. Dès lors, parler « des » performances, au pluriel et d’un point de vue collectif, apparaît comme un bon moyen de sortir du prisme restrictif...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, des acteurs de l’aide sociale, parmi lesquels Louis Gallois, Véronique Fayet et Laurent Desmard, regrettent que le gouvernement laisse les associations spectatrices de décisions prises en amont ou ailleurs.
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« Changer la société ne se décrète pas d’en haut, sans le public ­concerné et sans les corps intermédiaires »

Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, des acteurs de l’aide sociale, parmi lesquels Louis Gallois, Véronique Fayet et Laurent Desmard, regrettent que le gouvernement laisse les associations spectatrices de décisions prises en amont ou ailleurs.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 15h16
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Le secteur associatif a le sentiment de ne plus être reconnu comme un ­interlocuteur naturel du gouvernement dans l’élaboration des politiques publiques. Les phases de concertation sont réduites à leur plus simple expression, lorsqu’elles ne sont pas simplement supprimées. Elles portent au mieux sur la mise en œuvre des décisions, mais très rarement sur leur préparation et leurs impacts.
La diminution des aides personnalisées au logement (APL), la réduction drastique du nombre d’emplois aidés, l’intensification du contrôle des migrants, la réduction des crédits, le projet de loi logement… la liste est longue des ­sujets sur lesquels les associations n’ont pas été écoutées par les pouvoirs publics avant que soient prises des décisions majeures.
Le gouvernement se prive de l’expertise de ceux qui sont au plus près des populations concernées
C’est un signal négatif pour les associations, dont l’avis ne semble pas intéresser les pouvoirs publics. C’est aussi une perte d’efficacité car le gouvernement se prive de l’expertise de ceux qui sont au plus près des ­populations concernées. Les associations n’ont pas le monopole de la vérité, mais elles ont leur part de vérité. Changer la société ne se décrète pas d’en haut, sans le public ­concerné et sans les corps intermédiaires.
Dans le secteur de la lutte contre l’exclusion, un exemple illustre notre propos : la circulaire du 12 décembre 2017, qui impose la visite des services de l’Office français de l’immigration et de l’intégration et des préfectures dans les centres d’hébergement pour vérifier le statut juridique des ­migrants. Ce texte remet en cause plusieurs droits essentiels et se révèle d’une application pour le moins chaotique.
Les associations ont déposé un référé devant le conseil d’Etat. Celui-ci a rejeté la demande d’annulation de la circulaire mais en a fait une interprétation qui donne raison aux associations sur plusieurs points décisifs. Le Défenseur des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Comores et Mayotte, si loin, si proches (3/4). Tout en durcissant le ton face à Paris sur la question mahoraise, Moroni se dit ouvert à « toute initiative de rapprochement ».
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Décryptage

Aux Comores, on ne transige pas avec la « fierté nationale »

Comores et Mayotte, si loin, si proches (3/4). Tout en durcissant le ton face à Paris sur la question mahoraise, Moroni se dit ouvert à « toute initiative de rapprochement ».

Par                                            Ghalia Kadiri (Moroni (Comores), envoyée spéciale)




LE MONDE
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        Le 04.05.2018 à 12h15

     •
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        Mis à jour le 04.05.2018 à 18h56






                        

Crédits : IBRAHIM YOUSSOUF / AFP


                    

A Moroni, mieux vaut faire attention aux mots qu’on utilise, au risque d’irriter les plus sensibles. « Il n’y a pas de peuple mahorais, martèlent les responsables politiques aux journalistes étrangers. Il y a un seul peuple : c’est le peuple comorien. » Quant au terme « clandestin » pour parler des Comoriens sans papiers à Mayotte, il est banni du vocable officiel. L’administration insiste : « pas même entre guillemets ».
Dans la capitale comorienne, située sur l’île de Ngazidja (Grande Comore), la polémique sur « Mayotte comorienne » est sur toutes les lèvres depuis l’indépendance du pays, en 1975. Mais un événement a enflammé le débat sémantique : le 21 mars, le gouvernement comorien a refusé d’accueillir un navire transportant ses ressortissants expulsés à ses yeux illégalement de Mayotte – énième épisode d’un bras de fer franco-comorien vieux de plus de quarante ans.

Une telle mesure a déjà été prise par le passé, mais c’est la première fois que Moroni tient tête aussi longtemps. « On ne peut pas rester insensible aux exactions subies par les Comoriens à Mayotte », souligne le patron d’un restaurant fréquenté par des intellectuels et artistes comoriens. Ainsi, pendant qu’à l’autre bout de l’archipel Mayotte s’insurge contre l’immigration clandestine, source, veut-elle croire, de l’insécurité grandissante, plusieurs centaines de Comoriens ont défilé le 12 avril à Moroni. Sur les pancartes brandies, on pouvait lire : « Les seuls étrangers à Mayotte sont les Français. »
« La France a asphyxié l’archipel »
Dans une salle climatisée d’un vieux bâtiment de Moroni, à l’abri de la moiteur et des moustiques, Mohamed El-Amine Souef défend mordicus la « fierté nationale ». Flottant dans sa chemisette fleurie, le ministre comorien des affaires étrangères n’est pas prêt à faire des concessions. « A Mayotte, les postes stratégiques sont occupés par des Blancs. Sans parler...



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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Le 14 mai 1988, le journal publiait un article intitulé « Sept questions et un mystère sur l’affaire d’Ouvéa ».
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Affaire d’Ouvéa : ce que « Le Monde » révélait sur la prise d’otages et l’assaut en mai 1988

Le 14 mai 1988, le journal publiait un article intitulé « Sept questions et un mystère sur l’affaire d’Ouvéa ».



Le Monde
 |    04.05.2018 à 12h09
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 14h24
   





                        



                                


                            
Le président de la République, Emmanuel Macron, est arrivé jeudi 3 mai en Nouvelle-Calédonie, il y restera trois jours. L’un des temps forts de son séjour sera sa visite à Ouvéa, samedi 5 mai, date anniversaire de l’assaut de la grotte de Gossanah par l’armée et la gendarmerie, en 1988. Au cours de cette attaque, dix-neuf militants indépendantistes, qui retenaient des gendarmes en otages, trouvèrent la mort. C’est la première fois qu’un chef de l’Etat se rend sur place.

En mai 1988, Le Monde avait fait le récit de ces événements. Dans un article intitulé « Sept questions et un mystère sur l’affaire d’Ouvéa », le journal avait notamment analysé la version officielle de l’assaut de la grotte, montrant qu’elle ne coïncidait « pas avec les faits ». Voici l’article publié le 14 mai 1988.
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Sept questions et un mystère sur l’affaire d’Ouvéa
Réclamée par SOS-Racisme et par la Ligue des droits de l’homme, la désignation d’une commission d’enquête sur l’assaut d’Ouvéa s’appuie sur un constat de bon sens : il y a trop d’imprécisions, sinon de contradictions, dans les différentes versions officielles rendant compte de l’assaut. La polémique sur les morts des deux chefs du commando indépendantiste – le « politique », Alphonse Dianou, et le « militaire », Wenceslas Lavelloi – et d’un des « porteurs de thé », chargés de ravitailler les otages et leurs gardiens, Waina Amossa, leur a donné une dimension nouvelle, autrement accusatrice.
Mais bien d’autres faits sèment le doute sur la cohérence des versions officielles : des détails, plus ou moins importants, se révèlent aujourd’hui mensongers ; des versions différentes de moments capitaux circulent entre l’Elysée et les autorités militaires, voire même au sein du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale. Il y a ainsi, au moins, sept points litigieux.
L’attaque de la gendarmerie de Fayaoué. Organisée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Le préfet de police de Paris veut mobiliser 2 000 policiers et gendarmes samedi pour la manifestation imaginée par François Ruffin.
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Après les débordements du 1er-Mai, important dispositif policier prévu pour la « fête à Macron »

Le préfet de police de Paris veut mobiliser 2 000 policiers et gendarmes samedi pour la manifestation imaginée par François Ruffin.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 12h18
    |

            Julia Pascual








                        


Pris dans une polémique au lendemain du 1er mai qui a vu un groupe de 1 200 black blocs contester la légitimité du cortège officiel et commettre des dégradations matérielles sur son passage, le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, est tourné vers l’organisation du maintien de l’ordre du rendez-vous d’après.
Avant la « fête à Macron », qu’organisent samedi 5 mai à Paris entre la place de l’Opéra et Bastille, François Ruffin, député La France insoumise de la Somme, l’intellectuel et figure de la gauche radicale Frédéric Lordon et plusieurs acteurs associatifs, le préfet de police entend faire en sorte que celle-ci « se passe dans de bonnes conditions ». Plusieurs dizaines de milliers de personnes pourraient participer à la manifestation. « J’ai échangé personnellement avec M. Ruffin ce matin, nous avons le même objectif », a expliqué vendredi M. Delpuech au Monde.
Au Conseil de Paris, jeudi, le préfet a été interrogé par des élus sur la sécurisation du 1er-Mai. Il a notamment rappelé que l’organisation de contrôles et fouilles systématiques en amont de la manifestation est, juridiquement, impossible. Il promet cependant plus de contrôles.
Mauvais procès
Alors même que le bilan matériel et humain (4 blessés légers) a été très limité eu égard au nombre inédit de black blocs, des élus de gauche et de droite ont reproché au préfet l’insuffisance, selon eux, des forces de l’ordre et le trop long délai d’intervention lors des premières dégradations. Un mauvais procès selon des spécialistes du maintien de l’ordre.

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                Maintien de l’ordre : ce que révèle le 1er-Mai



« Pour intervenir, il faut avoir un rapport de force numérique imparable et rassembler les effectifs disséminés sur un périmètre très long prend du temps », défend auprès du Monde un membre de l’encadrement CRS. En outre, explique cette même source, une intervention sur le pont d’Austerlitz, depuis lequel a émergé le black bloc, était impossible car trop risquée. « Ce qu’on peut dire, c’est que les événements récents ont démontré combien le choix du tracé peut avoir une incidence », analyse Jérémie Dumont, du Syndicat des commissaires de la police nationale.
Mercredi, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a promis « encore plus de forces de l’ordre » lors des prochaines manifestations. Le préfet annonce 2 000 policiers et gendarmes samedi contre 1 500 le 1er mai. Le risque de violences est difficile à mesurer. Selon une source policière, les services de renseignement tableraient, comme lors du 1er mai, sur « 1 000 à 1 500 » fauteurs de troubles.
Une estimation haute qui permettrait aux services d’« ouvrir le parapluie » en cas de débordements, suppute un cadre de la police. « Bien malin qui peut savoir ce que le black bloc concocte », dit-il. « Nous n’avons pas observé des messages sur les réseaux sociaux appelant à faire vivre une journée en enfer, comme avant le 1er-Mai », fait remarquer M. Delpuech. 
« Quel qu’ait été le bilan de la manifestation du 1er-Mai, on a pris un plomb, affirme une autre source policière. L’extrême gauche a fait une démonstration de force. C’est une génération qui monte et c’est une culture qu’on a perdue dans la police. »

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                Poussée de fièvre entre Macron et Mélenchon






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette estime que la réforme de la négociation d’entreprise, qui prendra effet au plus tard le 1er janvier 2020 pour les entreprises d’au moins onze salariés, est encore imparfaite.
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« La réforme des institutions représentatives du personnel demeure inachevée »

Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette estime que la réforme de la négociation d’entreprise, qui prendra effet au plus tard le 1er janvier 2020 pour les entreprises d’au moins onze salariés, est encore imparfaite.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 12h00
    |

                            Gilbert Cette (Professeur d’économie associé à l’université d’Aix-Marseille)








                        



                                


                            
Entreprises. Les ordonnances travail du 22 septembre 2017, auxquelles la loi de ratification publiée au Journal officiel du 31 mars 2018 a donné une force légale, ont profondément réformé les institutions représentatives du personnel (IRP). Il y est prévu que, le 1er janvier 2020 au plus tard, le comité social et économique (CSE) se substituera dans toutes les entreprises d’au moins onze salariés aux trois institutions que sont les délégués du personnel (DP), le comité d’entreprise (CE) et le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

Cette réforme réduira des coûts procéduraux importants. La juxtaposition actuelle de trois institutions est un produit de l’histoire, les DP ayant été créés en 1936 au moment du Front populaire, le CE en 1945 à la Libération et le CHSCT en 1982 par la gauche victorieuse aux élections de mai et juin 1981. Elle est une particularité française, et rien n’a jusqu’ici montré que les travailleurs sont ainsi mieux protégés que dans d’autres pays, par exemple nordiques et scandinaves, où n’existe généralement qu’une seule institution.
Le nombre d’heures de délégation est d’environ 0,5 % des heures travaillées pour les entreprises de moins de 50 salariés, mais il atteint plus de 1,5 % de ces heures passé ce seuil
Le décret du 29 décembre 2017 a défini le nombre de titulaires et le nombre d’heures de délégations du CSE. Il s’agit d’un socle minimal réglementaire, qui dépend de la taille des entreprises et peut, bien évidemment, être augmenté par la voie conventionnelle, à travers des accords de branches et d’entreprises. Une publication de la direction générale du Trésor indique que ce socle, bien qu’abaissé dans les entreprises de moins de 300 salariés par la loi Rebsamen sur le dialogue social d’août 2015, peut susciter des interrogations (« 30 ans de modernisation du dialogue social en France », Trésor-Éco no 160, 20 janvier 2016).
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Plusieurs cérémonies ont permis de cicatriser les plaies de l’année 1988 au cours de laquelle 19 militants indépendantistes sont morts lors de l’assaut de la grotte de Gossanah.
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En Nouvelle-Calédonie, le long chemin du pardon

Plusieurs cérémonies ont permis de cicatriser les plaies de l’année 1988 au cours de laquelle 19 militants indépendantistes sont morts lors de l’assaut de la grotte de Gossanah.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 14h43
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            

C’était il y a trente ans. Les commémorations des « événements » de 1988 ont commencé à Ouvéa. Un office œcuménique s’est déroulé dimanche 22 avril à l’intérieur et à l’extérieur de l’église Saint-Michel, trop petite pour accueillir une foule compacte dans laquelle se mêlaient habitants d’Iaaï (le nom kanak d’Ouvéa), élus et chefs coutumiers, représentants de l’Etat et des institutions, gendarmes et militaires. Beaucoup de femmes en robes missionnaires et de jeunes arborant des t-shirts sur lesquels était inscrit « Il y a trente ans déjà ».
Le 22 avril 1988, un groupe d’une quarantaine de militants indépendantistes, conduit par Alphonse Dianou, attaque la brigade de gendarmerie de Fayaoué, sur l’île d’Ouvéa, alors que le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a décidé de boycotter les élections régionales qui doivent se tenir le 24 avril, en même temps que le premier tour de l’élection présidentielle. Ce scrutin est censé entériner le « statut Pons », nettement défavorable aux indépendantistes. L’attaque dégénère : quatre gendarmes sont tués, vingt-sept pris en otages, et trois indépendantistes sont blessés.
Les otages sont divisés en deux groupes. Le premier, dirigé par Chanel Kapoeri, part vers le sud de l’île, à Mouly. Il relâchera ses otages trois jours plus tard. Alphonse Dianou emmène le second groupe de seize otages dans le nord de l’île, à Gossanah, et les retient dans la « grotte sacrée » de Wateto. Coupée du monde, l’île est déclarée « zone militaire interdite ». D’importants renforts militaires et de gendarmerie sont dépêchés, dont le 11e régiment parachutiste de choc (RPC) et le groupe d’intervention de la gendarmerie nationale.
« Mission de dialogue »
Le 5 mai, trois jours avant le second tour de la présidentielle, l’opération « Victor » est déclenchée. Dix-neuf militants indépendantistes et deux militaires y trouveront la mort. Les arbres et les roches portent encore les stigmates de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Apparu pendant la mobilisation contre la « loi travail », en 2016, le cortège de tête réunit des militants, surtout issus de la mouvance anarcho-autonome ou antifasciste ainsi que des black blocs.
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Qui sont les 15 000 personnes qui ont défilé devant le cortège syndical du 1er mai ?

Apparu pendant la mobilisation contre la « loi travail », en 2016, le cortège de tête réunit des militants, surtout issus de la mouvance anarcho-autonome ou antifasciste ainsi que des black blocs.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 18h37
    |

            Julia Pascual, 
Pierre Bouvier, 
Camille Stromboni, 
                                Mattea Battaglia, 
Violaine Morin, 
Isabelle Rey-Lefebvre et 
Cécile Bouanchaud








                        



                                


                            

Jamais ils n’avaient été aussi nombreux. Et jamais le défilé officiel n’avait autant souffert de la comparaison. Mardi 1er mai, le « cortège de tête », agrégat de manifestants qui se positionnent au-devant du carré syndical traditionnel dans les manifestations, a réuni 14 500 personnes à Paris, selon les chiffres de la préfecture de police, tandis que 20 000 personnes défilaient derrière les banderoles de la CGT, de Solidaires, de la FSU et de plusieurs partis de gauche.
Apparu pendant la mobilisation contre la « loi travail », en 2016, le cortège de tête a d’abord réuni quelques centaines de militants, surtout issus de la mouvance anarcho-autonome ou antifasciste, dans toute sa complexe diversité. Il est allé grossissant, atteignant deux ans plus tard une ampleur inédite. Composante inhérente à ce cortège de tête, les black blocs, militants vêtus de noir et encapuchés, ont pour vocation de s’affronter aux forces de l’ordre et de porter atteinte aux symboles matériels du capitalisme. Mardi 1er mai, la préfecture de police en a décompté 1 200. « Casser, c’est récupérer l’argent que les multinationales volent au peuple », revendiquait un tract distribué en marge de la manifestation.

Sur les panneaux publicitaires JC Decaux dégradés, on pouvait notamment voir le sigle anarchiste ou le message « no border ». Sur les banderoles, les slogans révolutionnaires détournent la culture populaire à coups de « Marx attack » et autres « Sous les k-ways la plage ».
Une « certaine fascination pour ces mouvements de foule »
Le cortège de tête a revêtu une dimension « exceptionnelle », concède l’historien Sylvain Boulouque. « Dans toutes les catégories sociales et professionnelles venues manifester, à commencer par les étudiants et les cheminots, on trouve aujourd’hui des personnes solidaires des manifestants ultras, estime ce spécialiste des gauches radicales. Je dirai même dans toutes les strates...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ A Tiendanite, fief de la famille Tjibaou, la communauté kanak, pro-indépendantiste, réclame toujours la prise en compte de ses besoins.
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« Pour vivre ensemble, ce sont surtout les Kanak qui ont fait le chemin »

A Tiendanite, fief de la famille Tjibaou, la communauté kanak, pro-indépendantiste, réclame toujours la prise en compte de ses besoins.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h18
    |

            Patrick Roger (Hienghène (Nouvelle-Calédonie), envoyé spécial)








                        



                                


                            
A partir de la sortie de Hienghène, sur la côte est, dans le nord de la Nouvelle-Calédonie, la piste s’élève doucement sur une vingtaine de kilomètres, au milieu d’une végétation touffue. Les sommets environnants ont revêtu leurs habits de brume. Passé l’emblématique pont vert qui enjambe la rivière, on pénètre sur les terres de la tribu de Tiendanite. En 1984 et les années suivantes, après que dix Kanak, dont deux frères de Jean-Marie Tjibaou, eurent péri dans une embuscade tendue par des colons caldoches et que la maison de Tjibaou eut été incendiée, ce pont était sévèrement gardé par des militants armés. Un barrage en empêchait le franchissement à quiconque n’était pas admis.
Au fond de la vallée, alors que la piste se resserre, l’espace s’ouvre sur un tertre verdoyant. Quelques habitations, dont celle des Tjibaou, l’église de la mission, la case du conseil des anciens, surmontée de la flèche faîtière, et deux hangars collectifs sans parois servant à la fois de cuisine et de lieux de repas ou de réunion. La mémoire de l’ancien dirigeant du FLNKS hante les lieux. Une fresque reproduisant le visage du « Vieux » occupe tout un pan de mur.

Jean-Marie Tjibaou, assassiné le 4 mai 1989, repose au milieu d’un enclos fleuri et décoré, veillé par douze statues en bois. A côté se dresse une statue monumentale offerte par la mairie de Canala. Une plaque de marbre rappelle la réconciliation qui a eu lieu ici même, le 17 juillet 2004, entre les familles de Tjibaou et de Yeiwéné Yeiwéné, son bras droit, et le clan Wéa, venu d’Ouvéa faire la coutume pour réclamer le pardon quinze ans après le geste fatal commis par Djubelly Wéa, le meurtrier des deux dirigeants du FLNKS. Une simple inscription : « Do kan ôdani vin malada » (« pardon »).
Plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement français sont venus jusqu’ici rendre hommage sur la tombe du chef kanak. Michel Rocard, bien sûr, l’artisan des accords de Matignon de 1988, mais aussi Lionel Jospin,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ A un an des élections européennes de mai 2019, Berlin se montre très réservé sur les propositions françaises de réforme de la zone euro et de « taxe Google ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤                     
                                                   
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L’Allemagne lâche-t-elle la France sur l’Europe ?

A un an des élections européennes de mai 2019, Berlin se montre très réservé sur les propositions françaises de réforme de la zone euro et de « taxe Google ».



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h11
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

La France est déçue par l’Allemagne. Dès son élection à la présidence de la République, en mai 2017, Emmanuel Macron a présenté des réformes ambitieuses pour l’Europe, incluant notamment une intégration poussée de la zone euro avec un super-ministre des finances, un budget et un parlement propres. Afin d’asseoir sa crédibilité, il a fait le pari de poursuivre la politique de normalisation des finances publiques entreprise par son prédécesseur, François Hollande, conscient qu’il s’agissait d’un préalable à toute négociation avec Berlin. Un an plus tard, ce pari est en passe d’être remporté.
Le 23 mai, Bruxelles devrait déclarer que la France sort enfin de la catégorie des pays européens en situation de « déséquilibres excessifs », avec des déficits publics pour 2017 et 2018 sous les 3 % du produit intérieur brut (PIB). Quant aux réformes au pas de charge engagées par M. Macron, elles correspondent exactement à ce que réclamaient les Allemands ces dernières années.
Mais à un an des élections européennes de mai 2019, Paris a le sentiment que Berlin n’est pas au rendez-vous. Les Français ont-ils trop misé sur l’arrivée du social-démocrate Olaf Scholz au ministère des finances ? S’il a pris soin de ne pas les balayer en public, l’ancien maire de Hambourg s’est montré plus que réservé à l’égard des propositions françaises lors de ses premières discussions avec ses collègues européens, fin avril, à Sofia (Bulgarie).

Ainsi, l’idée d’un « super-ministre » de la zone euro n’y a pas été évoquée, tant les Allemands y sont opposés. Très prudent sur la création d’un budget de la zone euro, M. Scholz n’est par ailleurs pas intervenu lors du débat sur la taxation des géants du numérique, un nouvel impôt proposé par la Commission européenne sur l’insistance de Paris. Cette « taxe Google » avait pourtant été soutenue par son prédécesseur, le conservateur Wolfgang Schäuble.
« Tout ministre des finances qu’il est,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Depuis la manifestation du 1er-Mai, l’exécutif accuse le leadeur de La France insoumise « d’attiser la colère » alors que ce dernier a des rapports tendus avec les black blocs.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤                     
                                                   
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Poussée de fièvre entre Macron et Mélenchon

Depuis la manifestation du 1er-Mai, l’exécutif accuse le leadeur de La France insoumise « d’attiser la colère » alors que ce dernier a des rapports tendus avec les black blocs.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 17h31
    |

            Abel Mestre et 
Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

En langage militaire, on appelle ça une offensive concertée. Dans les heures qui ont suivi les débordements de la manifestation du 1er-Mai à Paris, l’exécutif a souligné d’une même voix la responsabilité de certains politiques qui auraient inspiré les quelque 1 200 black blocs qui s’en sont pris aux forces de l’ordre et aux magasins ou Abribus situés près de la gare d’Austerlitz. « Je constate qu’à l’extrême droite ou à l’extrême gauche, on trouve beaucoup de gens qui attisent la colère et parfois la provoquent », a ainsi attaqué Edouard Philippe, mercredi 2 mai sur BFM-TV. « Les élus qui tiennent constamment un discours d’agitation, c’est leur faute », a poursuivi Emmanuel Macron dans l’avion qui l’emmenait, depuis l’Australie, vers la Nouvelle-Calédonie, où il est arrivé jeudi 3 mai. Vendredi matin, sur LCP, le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a, lui, accusé M. Mélenchon de reprendre « des méthodes de l’extrême droite » avant de dénoncer son « poujado-castrisme ».
Au sein de l’exécutif, on dément pour autant toute concertation et toute préméditation. « Le président de la République et le premier ministre ne se sont pas mis d’accord avant de s’exprimer, il n’y a pas de stratégie élaborée pour pointer du doigt tel ou tel, assure-t-on à Matignon. Mais il y a une volonté de montrer de la fermeté, de dire que des choses ne sont pas acceptables. On ne peut pas minorer, ni excuser ce qu’on a vu. C’est pourquoi on appelle tous les acteurs publics à mesurer leur parole. »
Certains membres de l’exécutif se frottent les mains devant l’embarras de Jean-Luc Mélenchon face aux exactions des casseurs. « En essayant de détourner l’attention vers l’extrême droite, Mélenchon s’est lui-même désigné comme l’instigateur des émeutes, il n’a pas vu le piège dans lequel il allait tomber », analyse un conseiller de l’exécutif. Le chef de file de La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Si le monde entier vivait comme les Français, les ressources naturelles que la planète peut renouveler en un an seraient consommées dès le 5 mai.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/05/2018
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La France creuse sa « dette écologique »

Si le monde entier vivait comme les Français, les ressources naturelles que la planète peut renouveler en un an seraient consommées dès le 5 mai.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 00h41
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 09h48
    |

            Pierre Le Hir








                        



   


La France a commencé à réduire son déficit budgétaire, mais son déficit écologique, lui, continue de se creuser inexorablement. C’est l’alerte que lance le WWF dans un rapport publié vendredi 4 mai. A compter du samedi 5, les Français vivront en quelque sorte à crédit : si leur niveau de consommation était généralisé à la planète, l’ensemble des ressources que la nature peut renouveler en un an serait d’ores et déjà épuisé.
L’ONG a travaillé en collaboration avec le Global Footprint Network, un institut de recherche international qui, chaque année, calcule le « jour du dépassement » : celui à partir duquel l’empreinte écologique de l’humanité – émissions de carbone, utilisation de terres agricoles, de prairies, de forêts et de milieux aquatiques, ou encore artificialisation des sols – excède la biocapacité de la planète, c’est-à-dire sa capacité annuelle à absorber les gaz à effet de serre d’origine anthropique et à reconstituer ses réserves.

   


Sans doute cet indicateur présente-t-il des limites. Il donne en effet un poids prépondérant aux émissions carbonées (60 % de l’empreinte écologique) et ne prend pas en compte des facteurs tels que la perte de biodiversité, la pollution ou la pression sur la ressource en eau. Il n’en permet pas moins de mesurer, année après année et à paramètres constants, l’évolution de la situation. Et la tendance n’est pas bonne.
Alors que jusqu’au début des années 1970 l’humanité consommait moins de ressources que ce que pouvait lui procurer la nature, elle est ensuite devenue débitrice. Et le jour fatidique du dépassement est de plus en plus précoce : le 1er décembre en 1975, le 5 novembre en 1985, le 5 octobre en 1995, le 26 août en 2005, le 4 août en 2015, le 2 août en 2017, peut-être plus tôt encore cette année, pour laquelle le Global Footprint Network rendra son verdict cet été. Autrement dit, il faudrait désormais 1,7 planète pour subvenir aux besoins annuels des quelque 7,5 milliards d’humains.
Modèle de développement
Le WWF s’est penché, pour la première fois, sur le cas particulier de l’Hexagone. Il apparaît que, si le monde entier vivait comme les Français, la capacité des écosystèmes à se régénérer serait épuisée dès le 5 mai, en à peine plus de quatre mois. Il faudrait donc 2,9 planètes pour que les océans et les forêts stockent le CO2 relâché en un an par les activités humaines, et pour assurer l’alimentation en bétail et en poissons, ou l’approvisionnement en bois de la population mondiale.
Certes, l’empreinte écologique de la France est moindre, si on la rapporte à la biocapacité du territoire national, en métropole mais aussi dans les outre-mer. Avec ce calcul, les Français consomment 1,8 fois plus de ressources que ce que « leurs » milieux naturels sont en mesure de leur fournir. « Ce rapport ne met pas en avant une approche “nationaliste”, mais pointe un modèle de développement qui conduit à une aggravation de notre dette écologique », précise Pascal Canfin, directeur général du WWF-France.

   


Au reste, la France se classe dans le groupe de tête des pays les plus « prédateurs », loin derrière le Qatar (avec le train de vie qatari, le jour du dépassement planétaire serait le… 9 février), les Etats-Unis, le Canada ou l’Australie, mais à peu près au même niveau que l’Allemagne et le Royaume-Uni, devant le Japon, la Grèce ou l’Italie. A titre de comparaison, avec le mode de vie du Vietnam, le jour du dépassement n’interviendrait que le 20 décembre !
Dans le détail, les émissions de carbone pèsent pour plus de moitié (56 %) dans l’empreinte écologique des Français, devant l’utilisation des terres agricoles pour l’alimentation humaine et animale (20 %), l’exploitation forestière (11 %), l’affectation des prairies à l’élevage du bétail (5 %), la pêche (4 %) et la couverture des sols par des infrastructures industrielles, des voies de transports ou des habitations (4 %). Globalement, le logement, les transports et l’alimentation sont à l’origine de plus des deux tiers de la pression exercée sur les milieux naturels, du fait notamment des émissions de gaz à effet de serre qu’ils génèrent.

   


Pour le WWF, ce constat est d’autant plus alarmant que l’Hexagone avait, sur la période 2008-2015, réduit de façon continue son empreinte écologique. Celle-ci est depuis repartie à la hausse, avec une augmentation de 5 % entre 2015 et 2018. Un mauvais résultat dû principalement à une poussée des émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs du bâtiment et des transports.

        Lire aussi :
         

                Gaz à effet de serre : la France sur la mauvaise pente



« Le paradoxe est que cette dégradation a commencé en 2015, l’année de l’adoption de l’accord de Paris sur le climat », commente Pascal Canfin. Au-delà d’explications conjoncturelles, telles que la baisse des cours du pétrole ayant favorisé un regain de consommation, l’ONG y voit la preuve que la politique nationale de transition écologique « n’est pas assez ambitieuse ».
« Pas de planète B »
« Si la planète était une entreprise, elle serait en faillite, ajoute son directeur général. Le dérèglement climatique, la disparition du vivant, la destruction des forêts primaires et la transformation des océans en soupe de plastique sont les signes de cette faillite écologique. »
L’ONG estime pourtant qu’il n’est pas trop tard pour redresser la barre. « Les technologies sont aujourd’hui disponibles, qu’il s’agisse des véhicules électriques, de l’habitat à basse consommation, des énergies renouvelables ou de l’alimentation biologique, souligne M. Canfin. C’est donc une question de volonté politique. Le président de la République a fait de la bonne gestion financière un élément-clé de son quinquennat. Il doit désormais mettre en place une stratégie de désendettement écologique. »
Et de prendre au mot Emmanuel Macron qui, le 25 avril, devant le Congrès américain, déclarait : « Il n’y a pas de planète B. » Autrement dit, pas d’autre choix que de vivre avec la finitude de notre Terre nourricière.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Un mois après le début de la grève des cheminots, Guillaume Pepy fait le point sur le mouvement et la réforme de la SNCF.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Trente ans après les morts d’Ouvéa, et à l’approche du ­référendum du 4 novembre sur l’accès à la pleine souveraineté de ce territoire, il n’est pas sûr que la construction d’un « destin commun » ait totalement abouti.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤                     
                                                   
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« Décolonisation et construction d’une nation “arc-en-ciel” semblent hypothétiques en Nouvelle-Calédonie »

Trente ans après les morts d’Ouvéa, et à l’approche du ­référendum du 4 novembre sur l’accès à la pleine souveraineté de ce territoire, il n’est pas sûr que la construction d’un « destin commun » ait totalement abouti.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 17h06
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 17h33
    |

                            Michel Naepels (Anthropologue)








                        



                                


                            

Résonances. La violence politique ouvre des temporalités hantées, des souvenirs douloureux, des géographies bouleversées, des traumatismes transmis silencieusement par-delà les générations. Un accord de paix ne met jamais tout à fait fin à la guerre. Quand une plaie se referme-t-elle ? Et à quelles conditions ?
Après la guerre de Bosnie, les accords de Dayton, en 1995, n’ont certainement pas suffi à tourner la page de l’épuration ethnique, à effacer le siège de Sarajevo, les massacres de Prijedor, de Srebrenica et d’ailleurs. Pire, ratifiant dans l’organisation de l’Etat l’ethnicisation du corps ­politique désirée par les nationalistes, ils ont ouvert une crise permanente dans la citoyenneté bosnienne. ­Vingt-trois ans plus tard, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie vient de terminer ses procès, avec la condamnation de Ratko Mladic. Mais il reste beaucoup de silence, de tristesse, et le sentiment de l’abandon par l’Union européenne. La lutte contre l’oubli, pour la ­réconciliation, pour la démocratie est loin d’être achevée.
Rares sont les pays qui ont pleinement affronté la violence politique. La Commission vérité et réconciliation sud-africaine a certainement été un modèle : des mois d’audiences retransmises à la télévision, fondées sur la révélation franche et complète des crimes politiques commis, pour construire la « nation arc-en-ciel ». La situation est loin d’être parfaite, les traumatismes ­individuels n’ont pas été réparés, les injustices héritées de la colonisation et de l’apartheid n’ont pas disparu. Et le parti au pouvoir, l’ANC, n’a pas toujours su incarner la vision politique et la promesse qu’incarnait Nelson Mandela. Mais les torts ont été reconnus.
Une Nouvelle-Calédonie « arc-en-ciel » ?
C’est une autre nation que la Nouvelle-Calédonie est amenée à construire. Il y a trente ans, la mort de quatre gendarmes, le 22 avril 1988, et de dix-neuf Kanak indépendantistes à Ouvéa, preneurs d’otages...




                        

                        

